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Ce qu’il reste de l’empire Hersant : France Antilles

La transaction qui, rapidement menĂ©e par Dassault, lui a permis de s’emparer de la Socpresse, propriĂ©tĂ© jusqu’alors du groupe Hersant ne concernait pas le groupe France-Antilles, l’autre tĂŞte de l’empire. OĂą en est ce groupe ?

L’empire de presse Hersant, nĂ© au dĂ©but des annĂ©es cinquante avec L’Auto-Journal et Oise-Matin, et dĂ©veloppĂ© au fil des ans par le papivore (dĂ©cĂ©dĂ© en 1996), a subi maintes rĂ©organisations et restructurations, alliances et cessions. Il avait Ă©tĂ© structurĂ© en deux groupes : la Socpresse, d’une part, France-Antilles d’autre part. Lire ici mĂŞme : « Le Groupe Hersant : un empire Ă  deux tĂŞtes (2002) » et « Le groupe Hersant : l’Ă©tendue de l’empire en 2002 ».

On sait que, en 2004, la Socpresse s’est trouvĂ©e dans l’incapacitĂ© de rembourser le prĂŞt important accordĂ© par Dassault, qui s’Ă©tait dĂ©jĂ  introduit dans le capital. Ce dernier a pu reprendre l’essentiel des actions dĂ©tenues par les hĂ©ritiers Hersant, passant ainsi de 30 Ă  82 % du capital. Un seul membre de la famille, Aude Jacques-Ruettard, domiciliĂ©e aux Etats-Unis, a conservĂ© ses parts, soit 13% ; elle est reprĂ©sentĂ©e au conseil d’administration rĂ©formĂ© par Serge Dassault dès le dĂ©but de juillet - nouveau prĂ©sident, Serge Dassault est dorĂ©navant Ă  la tĂŞte d’un empire d’environ 80 titres de presse.

France-Antilles, qui doit son nom aux journaux dĂ©tenus dans les dĂ©partements d’Outre-Mer, n’Ă©tait pas concernĂ© par la transaction si rapidement menĂ©e par Dassault. DirigĂ© par Philippe Hersant, il reprĂ©sente des enjeux considĂ©rables dans les DOM-TOM, en Champagne-Ardennes et en Normandie ; et il investit dans les journaux gratuits et la tĂ©lĂ©vision hertzienne locale.

France-Antilles - 5000 collaborateurs et 565 millions d’euros de chiffre d’affaires - est devenu depuis 2002 le N°1 en France dans le secteur des gratuits - non les quotidiens gratuits qui se sont rĂ©cemment dĂ©veloppĂ©s dans nos plus grandes villes, mais les bulletins (souvent hebdomadaires) consultĂ©s principalement pour leurs petites annonces.

Au moment mĂŞme oĂą Vivendi cĂ©dait Ă  la Socpresse L’Express/L’Expansion et L’Etudiant, France-Antilles lui rachetait la Comareg, qui Ă©tait alors son principal concurrent avec 155 journaux gratuits. FondĂ©e Ă  Grenoble par Paul Dini, reprise par Havas en 1988, la Comareg Ă©tait devenue - consĂ©quence de la fusion de Havas avec Vivendi sous la houlette de Messier - filiale Ă  100% de Vivendi-Universal-Publishing, avec notamment le titre Bonjour. France-Antilles ayant fusionnĂ© les titres issus de la Comareg avec les siens.

Connus gĂ©nĂ©ralement sous le titre Paru-Vendu, les gratuits du groupe, prĂ©sents dans 240 villes, totaliseraient 17 millions d’exemplaires chaque semaine. Le financement est assurĂ© Ă  80% par la publicitĂ©, le reste par les petites annonces.

Pour mieux s’installer sur le vaste marchĂ© parisien, le groupe innove en cette rentrĂ©e 2004. Se retirant du titre A nous Paris, oĂą il est minoritaire face Ă  Metrobus (Publicis) et au Parisien, il lance un Paru-Vendu de 56 pages : 700 000 exemplaires sur Paris et la petite couronne, en 500 points de diffusion (d’après Les Echos du 25 aoĂ»t 2004).

AppuyĂ© sur une solide logistique publicitaire nationale et locale, France-Antilles a posĂ© candidature sur plusieurs projets de chaĂ®nes TV locales, et s’est associĂ© dans ce but avec Antennes locales, la sociĂ©tĂ© de Jacques Rosselin [1] . En juillet 2004 France-Antilles a pris une participation de 34% dans Antennes Locales, avec - selon le communiquĂ© officiel - la perspective de passer Ă  51%.

Daniel Sauvaget

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