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Procès : La Croix-Rouge « soigne » CQFD
Avec le printemps vient la saison des procès. Après Le Courrier Picard contre Fakir [1], la Croix-Rouge française poursuit CQFD pour « diffamation » suite à un article paru dans le numéro 6 du mensuel alternatif. Une nouvelle forme d’action humanitaire ? Elle n’a pas plu à la Croix-Rouge la double page parue dans le numéro 6 de CQFD, mensuel alternatif et néanmoins national, basé à Marseille. Bilan : un droit de réponse et une assignation en justice. Olivier Cyran, un des principaux collaborateurs de CQFD, prend les choses du bon côté : « C’est quelque part bon signe, s’il [Marc Gentilini, président de la Croix-Rouge] considère que ça lui porte préjudice. » [2] Un « bon signe » un peu cher puisque la Croix-Rouge réclame 30 000 euros pour préjudice, dont 15 000 pour son président, et 5 000 pour les frais de justice. « L’institution diversifie ses sources de financement » résume, avec humour, le mensuel en Une de son numéro 9. Il était rappelé dans son numéro 8 que CQFD est un « journal associatif réalisé en grande partie par des chômeurs », que ces 35 000 euros pourraient « couler le canard ». Avant de se rassurer : « Mais soyons confiants : par sa plainte, la Croix-Rouge cherche sans doute à convaincre les pouvoirs publics d’augmenter considérablement les minima sociaux. Avec un RMI multiplié par cent, pas de problème, on s’en sortira. Merci la Croix-Rouge ! » C’est justement des rapports de la Croix-Rouge avec les pouvoirs publics - avec le ministère de l’intérieur précisément - dont il était question dans l’article titré « Une Croix-Rouge sous un képi bleu », objet de l’assignation. Quant au droit de réponse signé M. Gentilini, il a été publié dans le numéro 9, conformément à la législation. Il se rapportait à l’encadré d’une double page du numéro 6, qui concernait la fermeture du centre de santé de la Croix-Rouge à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Un droit de réponse sur l’encadré et une assignation en justice sur le texte principal, donc. Déjà on se demande pourquoi la Croix-Rouge ne s’est pas contentée d’un droit de réponse sur l’ensemble de la double page. Mais il y a plus étonnant, comme le note Olivier Cyran : « C’est rigolo, dans l’assignation ils poursuivent absolument chaque passage de l’article, et à un moment on cite un article du Canard qui raconte la réaction de Gentilini à un rapport sur les finances de la Croix-Rouge où ils avaient un peu camouflés les trucs. Et Marc Gentilini à l’époque n’avait pas poursuivi le Canard. En revanche il nous poursuit pour avoir cité cet article. » Peut-être la Croix-Rouge accorde-t-elle un plus grand respect au Canard Enchaîné qu’à CQFD ? Pas sûr si l’on en croit les propos de M. Gentilini cité par CQFD : « Le Canard Enchaîné est animé par une certaine voyoucratie. » [3] Pas moins. Fidèle à ses objectifs, l’organisation caritative préfère peut-être tout simplement continuer à « soigner » les faibles car pour la Croix-Rouge, « il n’y a pas de guerre juste et de guerre injuste, il n’y a que des victimes qui ont besoin d’aide. » [4]
Les articles concernés, le droit de réponse de Marc Gentilini et la réponse au droit de réponse sont sur le site de CQFD : www.cequilfautdetruire.org _________________________________________________ [1] Lire Appel à la défense du journal Fakir [2] Les propos d’Olivier Cyran ont été recueillis par Jacques-Olivier Teyssier le 17 février 2004 [3] Marc Gentilini, à propos de la révélation par le Canard Enchaîné d’un trou de 200 millions de francs dans les caisses de la Croix-Rouge, RTL, 1er octobre 1997, cité dans CQFD, numéro 6. [4] Jean Pictet, ancien vice-président du Comité International de la Croix-Rouge, 1979, cité sur le site de la Croix-Rouge |
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