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Violences policières et journalisme présumé sur BFM TV

par Julien Salingue,

La vidéo d’un lycéen violemment frappé jeudi 24 mars au matin par un policier à proximité du lycée Henri Bergson, dans le 19ème arrondissement de Paris, a fait le tour des réseaux sociaux. À un point tel que les « grands médias » ont fini par reprendre l’information, qui a même fait l’ouverture du 20h de TF1.

Mais comme bien souvent dans les cas de violences policières, le ton et les termes adoptés témoignent d’une circonspection rarement à l’œuvre lorsque des « violences » sont commises, par exemple, par des syndicalistes. Comme l’a relevé Liberation.fr, plusieurs médias ont même fait circuler une fausse information, selon laquelle le lycéen violenté aurait été placé en garde à vue, voire même qu’il aurait commis des violences contre les policiers.

Nous n’avons pour notre part pas pu manquer de relever le bel artifice langagier de la chaîne d’information en continu BFM TV, que l’on a connue moins prudente dans bien d’autres dossiers, qui a évoqué, à l’antenne puis sur son site, des « violences policières présumées » :



Pour BFM TV, qui a pourtant diffusé la vidéo à l’antenne, les violences seraient donc « présumées ». On se demande bien ce qu’il aurait fallu que la vidéo montre de plus qu’un lycéen durement frappé et se retrouvant au sol, le visage en sang, pour que les violences soient « avérées ». Un certificat médical peut-être ?

Les images parlent d’elles-mêmes, mais visiblement cela ne suffit pas à BFM TV, qui semble en appeler au principe juridique de la présomption d’innocence (qui concerne les individus) pour l’appliquer à des « violences » qui sont pourtant avérées. Mais cette confusion n’est pas toujours à l’œuvre : le même jour, BFM TV n’a pas évoqué de « présumés incendies de poubelles » ou de « présumés jets d’œufs ». Parce qu’ils étaient l’œuvre de manifestants et non de policiers, et qu’à BFM TV on éprouve plus de sympathie pour les seconds que pour les premiers ?

Nous n’osons le croire.



Julien Salingue

- Merci au correspondant qui nous a transmis l’information.

 
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