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Joseph Macé-Scaron plagiaire ?

par Acrimed,

Joseph Macé-Scaron est un donneur de leçons. Sur I-Télé il débat tous les soirs avec Yves Thréard. On le retrouve aussi comme chroniqueur régulier sur RTL dans « On refait le monde » et sur Canal + dans « Le Grand journal ». Mais sa passion, c’est les livres. Dans Marianne, dont il est directeur adjoint, il s’occupe des pages littéraires et distribue les bons et les mauvais points. Et surtout, il est le directeur du très sérieux Magazine littéraire

Il aime les livres au point d’en écrire. Son dernier roman, Ticket d’entrée (publié chez Grasset), a reçu un accueil dithyrambique. Europe 1, Le Point, Canal +, Le Nouvel Observateur… tout le monde a adoré. A tel point que les mêmes lui ont remis le très parisien prix littéraire de la Coupole (du nom de la célèbre brasserie de Montparnasse) [1].

Bravo.

Sauf que Macé-Scaron s’est fortement inspiré d’un livre de Bill Bryson, American rigolos - chroniques d’un grand pays (2003, éd. Payot & Rivages), qu’il ne cite qu’une seule fois et de manière anodine. Il pratique même le copier-coller à l’excès. Plagiat ? Au lecteur de juger...

Quelques exemples :

1) Macé-Scaron, p. 216 :

Et c’était reparti. Il s’avéra enfin que le numéro de série de mon ordinateur était gravé sur une petite plaque de métal vissée derrière la grosse boîte où il y avait mon ordinateur. J’étais peut-être un nouveau réac, mais si j’avais eu à inscrire un numéro d’identification sur les ordinateurs que je produisais, un numéro que le client aurait dû débiter à chaque fois qu’il entrait en contact avec moi, je ne pense pas que je l’aurais placé à un endroit qui exigeait d’appeler des collègues pour déménager le bureau à chaque demande de renseignements.

Bill Bryson, p. 14 :

Et c’est parti. Il s’avère enfin que le numéro de série de mon ordinateur est gravé sur une petite plaque de métal vissée sur le fond de la grosse boîte où il y a le tiroir à CD qui est si rigolo à ouvrir et fermer. Traitez-moi d’idéaliste passéiste si vous voulez, mais si moi j’avais à inscrire un numéro d’identification sur les ordinateurs que je produis, un numéro que mon client devrait me débiter à chaque fois qu’il veut entrer en contact avec moi, je ne pense pas que je le placerais à un endroit qui exige d’appeler le voisin pour déménager le bureau à chaque demande de renseignements.

2) Macé-Scaron, p. 216 :

– Et vous avez combien de RAM ?
J’ai fait semblant de ne pas entendre.
- Est-ce bien le numéro de mon appareil qui se trouve près de l’écran ?
- Ça dépend, votre modèle, c’est un ZX-40 multimédia HP ou bien le
ZX46/24 Chromium B-Bop ?

Bryson, p. 13 :

J’anticipe avec effroi le moment fatidique où il va me demander combien de RAM je possède.
- Est-ce que ça se trouverait par hasard près du bidule de l’écran de
télé ? je hasarde, désemparé.
- Ça dépend, votre modèle, c’est un ZX-40 LX Multimédia HPII ou bien le ZX46/2Y Chromium B-Bop ?

3) Macé-Scaron, p. 217 :

Du coup, une ou deux heures plus tard, pour me venger, j’ai appelé à nouveau le service informatique pour leur signaler que le porte-gobelet de mon ordinateur était cassé.
- Le porte-gobelet ? a demandé mon honorable correspondant (…)
- Pas du tout, il m’a été livré de série avec l’ordinateur.
- Mais nos ordinateurs ne sont pas dotés de porte-gobelets !
- Pardonnez-moi, je ne connais pas grand-chose à l’informatique mais ils le sont ! J’ai le mien précisément sous les yeux au moment où je vous parle. Je presse un petit bouton en bas de l’appareil et il y a un petit tiroir qui s’ouvre.
Comme vous n’êtes pas aussi handicapés que moi, vous aurez compris que je parlais du tiroir du lecteur de CD de mon ordinateur censé m’offrir un reposoir pour ma tasse à café.

Bryson, p. 131 :

Un homme appelle le service assistance d’un fabricant d’informatique pour signaler que le porte-gobelet de son ordinateur est cassé.
- Le porte-gobelet ? demande son correspondant, intrigué (…)
- Pas du tout il m’a été livré de série avec l’ordinateur.
- Mais nos ordinateurs ne sont pas livrés avec des porte-gobelets !
- Pardonnez-moi, mon ami, mais ils le sont ! (…) J’ai le mien
précisément sous les yeux en ce moment. On pousse un bouton en bas de l’appareil et il y a un petit tiroir qui s’ouvre.
On aura compris que l’homme s’était servi du tiroir du lecteur CD de
son ordinateur pour y déposer sa tasse de thé.

4) Macé-Scaron, p. 222 :

Il aimait quand le serveur dans un restaurant l’informait qu’il
s’appelait Bill et serait à sa disposition pour le servir toute la journée. Dans ce cas, je devais me retenir pour ne pas lancer : « C’est d’un cheeseburger que j’ai besoin, Bill, pas d’une liaison ».

Bryson, p. 187 :

Notamment quand le serveur m’informe que son nom est Bob et qu’il sera à ma disposition pour me servir toute la soirée, je dois me retenir pour ne pas lui lancer : « C’est un cheeseburger que je veux, Bob, pas une liaison ».

La suite

Acrimed (avec les informations fournies par Evelyne Larousserie)

Post-Scriptum :

Une heure après la publication de cet article, « Arrêts sur Images » publiait à son tour, sur son site, un article reprenant l’information, agrémenté d’une confirmation verbale de Joseph Macé-Scaron. Les extraits cités sont les mêmes, puisque la « source » est... la même.

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Notes

[1Le jury est composé de douze « personnalités » : François Armanet (président), Bayon, Sylvain Bourmeau, François Busnel, Clara Dupont-Monod, Guillaume Durand, Alix Girod de L’Ain, Marc Lambron, Gilles Martin-Chauffier, Fabienne Pascaud, Bertrand de Saint-Vincent (secrétaire général) et Pierre Vavasseur.

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