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« Jeudi d’Acrimed » : le traitement médiatique des violences faites aux femmes (26 novembre 2015)

À la fin du mois d’août, le quotidien L’Indépendant titrait à la « une » : « L’amoureux est passé aux aveux », avec pour surtitre « Perpignan : égorgée par dépit ». Cette « une » faisait suite au meurtre d’une jeune femme par son ex-compagnon à Perpignan. Ce cas n’est que l’un des derniers exemples du traitement médiatique déplorable des violences faites aux femmes. Le vocabulaire utilisé dédouane le meurtrier, forcément trop « amoureux », le crime est « passionnel », la parole est toujours donnée à l’agresseur plutôt qu’à l’agressée ou aux parties civiles, et tout est souvent bon pour trouver des responsabilités à la victime.



Le prochain « jeudi d’Acrimed » propose de discuter du traitement médiatique des violences faites aux femmes. Pour cela, nous recevrons Audrey Guiller, journaliste indépendante et co-autrice (avec Nolwenn Weiler) de Le viol, un crime presque ordinaire [1] et Lénaïg Bredoux, journaliste à Médiapart et membre du collectif « Prenons la Une ».


« Jeudi d’Acrimed »
jeudi 26 novembre 2015 à 19 heures
à la Bourse du travail de Paris
3 rue du Château-d’Eau, Paris 10e
Entrée libre et gratuite



Pourquoi les questions de violences conjugales, de violences dans les transports ou dans l’espace public, d’agressions physiques ou sexuelles, de viol, etc. sont-elles si souvent reléguées dans les pages « faits divers » des journaux, sans mise en perspective sociale du problème ? Pourquoi les titres de ces articles se permettent parfois le ton de l’anecdote, du bon mot ? Pourquoi ces questions n’arrivent-elles en une des journaux que quand l’affaire prend un tour particulier, parce que l’auteur est une personnalité par exemple, ou parce que le contexte du crime est « sensationnel » ?

Comment expliquer l’absence du point de vue de la victime ou de ses proches quand est relatée une telle affaire ? Comment éviter le voyeurisme tout en donnant les détails nécessaires à la compréhension du contexte ? Comment finalement respecter la victime tout en faisant son travail d’information ?

Pourquoi note-t-on une telle absence de réflexion autour des violences faites aux femmes dans les médias ? Le sensationnalisme des affaires relatées est-il seulement lié aux difficultés économiques des groupes de presse, qui ne prennent donc pas le temps d’interroger les experts, les associations de victimes, et ne réalisent qu’un travail de court terme, ou doit-on également interroger la composition des rédactions et leur perméabilité à l’idéologie sexiste ? Y’a-t-il un travail de prise de conscience à effectuer dans les rédactions, face à des crimes et délits trop souvent banalisés ou réduits à des euphémismes ?

Autant de questions que nous tenterons d’aborder lors de ce « jeudi d’Acrimed ».

On pourra d’ores et déjà (re)lire le n°2 de notre magazine Médiacritique(s) dont le dossier principal est consacré au sexisme médiatique.

 
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Notes

[1Le Cherche Midi, 2011. Nous avions publié sur notre site un extrait de l’ouvrage : « Le viol dans les médias : un fait divers ».

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