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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>&#171; Successions 2027 &#187; (France 2) : un safari politique d&#233;politis&#233;</title>
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		<dc:date>2026-07-07T05:46:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cl&#233;ment S&#233;n&#233;chal</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Journalisme politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;France 2, 14 juin 2026.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Election-presidentielle-de-2027-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2027&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-journalisme-politique-+" rel="tag"&gt;Journalisme politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/successions-cc49b.png?1783413049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a des &#233;missions qui pr&#233;tendent r&#233;concilier les citoyens avec la politique. Et qui, pour y parvenir, commencent par retirer &#224; la politique tout ce qui la rend compr&#233;hensible : les conflits, les rapports de force, les id&#233;ologies, les int&#233;r&#234;ts sociaux, les contradictions. &#171; Successions 2027 &#187;, diffus&#233;e en deux &#233;pisodes sur France 2 le 14 juin dans &#171; 13h15, le dimanche &#187; &#8211; donc en pleine tranche info &#8211;, appartient &#224; cette cat&#233;gorie. Sous couvert de (re)mettre les responsables politiques &#171; au contact des Fran&#231;ais &#187;, l'&#233;mission ressemble surtout &#224; une vaste op&#233;ration de d&#233;sarmement intellectuel et symbolique : la pr&#233;sidentielle 2027 n'y appara&#238;t plus comme un affrontement entre visions du monde, projets et programmes, mais comme un diaporama de rencontres humaines, de poign&#233;es de main, de regards et de sourires, d'o&#249; toute dimension proprement &#171; politique &#187; est soigneusement tenue &#224; distance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un &#171; casting &#187; pr&#233;sidentiel avant la pr&#233;sidentielle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;France 2 nous propose de suivre une dizaine de personnalit&#233;s politiques li&#233;es, de pr&#232;s ou de loin, &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2027, qui seront plong&#233;es pour l'occasion dans un ersatz de vie sociale ordinaire. Le titre &#233;voque un soap-op&#233;ra, et le &lt;a href=&#034;https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/77384146&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233; de presse&lt;/a&gt; de l'&#233;mission donne un avant-go&#251;t du spectacle : &#171; &lt;i&gt;10 politiques au contact des Fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;, un &#171; &lt;i&gt;casting in&#233;dit&lt;/i&gt; &#187;, des rencontres dans des &#171; &lt;i&gt;lieux inattendus&lt;/i&gt; &#187;, des discussions &#171; &lt;i&gt;sans interm&#233;diaire&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;les yeux dans les yeux&lt;/i&gt; &#187;. Marine Le Pen (RN), &#201;douard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Marine Tondelier (Les &#201;cologistes), Rapha&#235;l Glucksmann (Place publique), Fran&#231;ois Hollande (PS), Bruno Retailleau (LR), Fran&#231;ois Ruffin (Debout), Manuel Bompard (LFI), Sarah Knafo (Reconqu&#234;te) : voici les personnages principaux d'une saison &#233;lectorale dont France T&#233;l&#233;visions tente de r&#233;diger la dramaturgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, c'est un &#171; show &#187;, comme le montre le lexique promotionnel de l'&#233;mission. Cette id&#233;e de &#171; casting &#187;, d'abord, pour &#233;valuer les personnalit&#233;s de responsables politiques au cours de s&#233;quences sc&#233;naris&#233;es ; les &#171; lieux inattendus &#187;, &#233;voquant une simple PME comme un d&#233;cor insolite ; les &#171; nuances et sourires &#187;, indiquant que les conflits et les clivages ne sauraient troubler l'&#233;piphanie de la rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission a d'ailleurs choisi de placer &#201;douard Philippe en exergue, dans la partie g&#233;n&#233;rique, lui octroyant une forme de pr&#233;emption &#233;ditoriale : assis &#224; une table, l'ancien Premier ministre sermonne : &#171; &lt;i&gt;Une campagne, c'est bien saisir l'intimit&#233; du pays.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; la cl&#233; du programme. &#171; Successions &#187; cherche bien une intimit&#233; : celle des int&#233;rieurs, des trajets, des petits objets, des pr&#233;noms, des maladresses, des rires et des confidences. Mais cette intimit&#233; vaguement voyeuriste se substitue &#224; la politique. Elle ne r&#233;v&#232;le pas les structures ; elle les &#233;vapore.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un safari politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Pour susciter l'int&#233;r&#234;t du t&#233;l&#233;spectateur, France 2 entreprend d'emmener ses protagonistes dans des lieux qui laissent entrevoir, sur le papier, une tension entre l'appartenance partisane de la personnalit&#233; politique et le public rencontr&#233; : Manuel Bompard dans l'usine d'un patron de PME, Fran&#231;ois Hollande dans une entreprise de lingerie en redressement judiciaire, Bruno Retailleau dans une fonderie autog&#233;r&#233;e, Fran&#231;ois Ruffin au Puy du Fou, Sarah Knafo dans l'&#233;cole de formation de Thierry Marx (o&#249; se trouvent des &#233;trangers), Rapha&#235;l Glucksmann dans les quartiers nord de Marseille, &#201;douard Philippe dans un village de l'Arm&#233;e du salut au Havre, Marine Tondelier dans l'exploitation productiviste d'un c&#233;r&#233;alier adh&#233;rent &#224; la FNSEA, et Gabriel Attal dans un foyer protestant pour seniors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occasion d'explorer les contradictions entre des situations sociales r&#233;elles et des programmes politiques, en laissant appara&#238;tre &#224; l'&#233;cran divers points de friction ? Pas vraiment. Si chaque lieu est choisi pour produire un antagonisme attendu &#8211; &#233;cologie contre agriculture industrielle, gauche institutionnelle face aux quartiers populaires, droite gestionnaire confront&#233;e &#224; la pr&#233;carit&#233; &#8211;, l'&#233;mission ram&#232;ne presque toujours ces sc&#232;nes vers la proximit&#233; : le tutoiement, la blague, les formules de politesse. La contradiction sociale ou politique attendue est aussit&#244;t oubli&#233;e, chass&#233;e par les priorit&#233;s &#233;ditoriales de l'&#233;mission : &#171; l'intimit&#233; &#187; de la rencontre &#8211; avec une science ind&#233;niable de la mise en situation : Fran&#231;ois Ruffin dans un man&#232;ge, chambri&#232;re en main ; Marine Tondelier &#224; genoux, occup&#233;e &#224; arracher quelques mauvaises herbes ; Bruno Retailleau maniant une grosse louche de coul&#233;e, souffle court ; Glucksmann jouant &#224; la passe &#224; dix avec des jeunes ; Bompard p&#233;dalant sur une nationale, un casque viss&#233; sur la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet effacement est d'autant plus facile que les responsables politiques sont souvent pr&#233;sent&#233;s comme des visiteurs presque ordinaires, en g&#233;n&#233;ral mal identifi&#233;s par celles et ceux qu'ils rencontrent :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;- Je m'appelle Sarah Knafo et je suis d&#233;put&#233;e europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Oh, une d&#233;put&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Je ne fais pas &#231;a depuis longtemps, je viens de commencer.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si la sc&#232;ne semble anodine, elle en dit long sur le dispositif : la fonction, le bilan, l'appartenance partisane ou le programme passent au second plan derri&#232;re la sc&#232;ne de contact. On ne voit plus un ancien Premier ministre, un pr&#233;sident de groupe parlementaire ou une dirigeante de parti, mais quelqu'un qui arrive, serre la pince, plaisante, &#233;coute, s'&#233;tonne, compatit, admire : &#171; &lt;i&gt;C'est hyper dur ce geste&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;J'apprends&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Est-ce que vous vous &#234;tes d&#233;j&#224; br&#251;l&#233; ? Oui hein, il faut prot&#233;ger les yeux surtout&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;&#199;a me fascine, moi je suis plut&#244;t litt&#233;raire&lt;/i&gt; &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence consacr&#233;e &#224; &#201;douard Philippe &#224; l'Arm&#233;e du salut condense cette logique. Un lieu socialement lourd &#8211; o&#249; pourrait surgir la question du logement, de la pr&#233;carit&#233;, des politiques publiques, du bilan gouvernemental ou municipal &#8211; est converti en d&#233;corum d'humanit&#233; : accolades, visite attendrie, petit p&#232;re No&#235;l, doudou, tomates, tr&#233;molo sur &#171; c'est beau ce qui se passe ici &#187;. Quand la responsable du site commence pourtant &#224; formuler une demande mat&#233;rielle &#8211; &#171; &lt;i&gt;Nous avons dix chalets, et il nous en faudrait dix suppl&#233;mentaires&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, l'ancien Premier ministre la coupe net, sur le registre de la plaisanterie : &#171; &lt;i&gt;Vous nous en mettrez dix suppl&#233;mentaires pour octobre !&lt;/i&gt; &#187; Fin de la &#171; discussion &#187;. La dol&#233;ance existe, mais le montage n'en fait qu'une r&#233;plique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Bruno Retailleau, il commence son exp&#233;dition par une longue extase patrimoniale sur les briques d'Albi : &#171; &lt;i&gt;C'est fantastique, qu'est-ce que c'est beau, toute cette brique&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;C'est extraordinaire, et c'est doux&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Avec le soleil du matin, c'est ros&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Le lieu de travail &#8211; la fonderie Gillet &#8211; dispara&#238;t derri&#232;re la carte postale.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Des Fran&#231;ais &#171; de tous les jours &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Quant aux personnes rencontr&#233;es, pr&#233;sent&#233;es comme des incarnations &#171; concr&#232;tes &#187; du r&#233;el &#8211; ouvriers et ouvri&#232;res, jeunes de Marseille, intermittents du spectacle, retrait&#233;s, pr&#233;caires, &#233;trangers &#8211;, l'&#233;mission leur donne peu la parole. La plupart du temps, celle-ci est d'ailleurs prise en charge par un directeur, un responsable de site, un chef d'entreprise ou un interm&#233;diaire afin d'assurer une transmission conciliante entre les classes populaires et la classe politique en balade. Les tensions potentielles sont ainsi largement &#233;dulcor&#233;es, filtr&#233;es par l'habitus mondain de celles et ceux qui dirigent, administrent ou encadrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission ne fait donc pas dispara&#238;tre les &#171; Fran&#231;ais &#187; &#8211; au contraire, elle les surexpose : visages en gros plan, sourires prolong&#233;s, int&#233;rieurs visit&#233;s, objets personnels, anecdotes biographiques. Mais cette pr&#233;sence, intimiste, &#233;vacue les rapports de classe, de travail, de propri&#233;t&#233;, de d&#233;pendance ou de domination dans lesquels ils sont pris. &#171; Les Fran&#231;ais &#187; ne valent ici que comme supports d'ambiance, charg&#233;s d'attester que le responsable politique est bien all&#233; &#171; au contact &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, on en apprend tr&#232;s peu sur leurs trajectoires individuelles, leurs conditions mat&#233;rielles d'existence, leurs pr&#233;f&#233;rences partisanes ou les enjeux existentiels qui traversent leurs pr&#233;occupations du moment. Quand une br&#232;che s'ouvre, elle se referme presque aussit&#244;t. Un retrait&#233; explique qu'il ne gagne que 900 euros par mois ? La s&#233;quence ne lui donne ni le temps ni les moyens de contrecarrer la langue de bois professionnelle que lui oppose Gabriel Attal. Un jeune de Marseille confie &#224; Rapha&#235;l Glucksmann qu'il pr&#233;f&#232;re M&#233;lenchon ? Il dispara&#238;t aussit&#244;t dans le flux, comme un incident mineur de la d&#233;ambulation. Ils ne sont jamais constitu&#233;s en sujets politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les lieux de travail, cette logique est particuli&#232;rement frappante. L'&#233;mission ne montre que le fonctionnement g&#233;n&#233;rique de la production : un geste technique, une machine, un savoir-faire, une d&#233;monstration. On fabrique, on coule, on d&#233;sherbe, on apprend. Le travail n'appara&#238;t presque jamais comme rapport social conflictuel, que ce soit sur les salaires ou les conditions de travail. L'empirisme na&#239;f d&#233;ploy&#233; par France 2 d&#233;branche les protagonistes du monde social, pour les prendre comme figurants dans sa s&#233;rie au &#171; casting in&#233;dit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le r&#233;el en miettes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cette r&#233;duction du r&#233;el ne tient pas seulement au choix des lieux ou des interlocuteurs. Elle est &#233;galement produite par la forme m&#234;me de l'&#233;mission, qui fragmente chaque sc&#232;ne &#224; l'exc&#232;s, au point d'emp&#234;cher toute continuit&#233; argumentative (alors m&#234;me que chaque candidat dispose d'un temps extr&#234;mement comprim&#233; : moins de neuf minutes en moyenne). &#171; Successions &#187; ne raconte pas vraiment des rencontres ; elle juxtapose des &#233;clats d'interactions et mime &#171; l'intimit&#233; recherch&#233;e &#187; par des plans (tr&#232;s) rapproch&#233;s sur le visage des candidats, notamment au moment de l'in&#233;vitable s&#233;quence (faussement) backstage en train ou en voiture. D&#232;s lors, la vie &#171; politique &#187; appara&#238;t comme une succession de bribes sans cons&#233;quences, jamais comme une cha&#238;ne de causalit&#233;, de choix ou de responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le montage fabrique ainsi une fausse nervosit&#233;. Il donne l'impression d'un pays sillonn&#233;, d'une campagne en mouvement, d'une soci&#233;t&#233; saisie sur le vif. Mais cette mobilit&#233; permanente interdit au d&#233;bat de s'installer. &#192; peine une objection appara&#238;t-elle qu'elle est recouverte par une plaisanterie, un plan de coupe, un changement de lieu ou le retour &#224; un autre personnage du &#171; casting &#187;. Un plan ne dure jamais plus d'une poign&#233;e de secondes, les images sont film&#233;es cam&#233;ra &#224; l'&#233;paule. La s&#233;quence ne d&#233;veloppe pas : elle papillonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une s&#233;quence exemplaire, l'&#233;mission passe ainsi sans cesse de Hollande &#224; Retailleau, chacun en visite dans une PME, dans une sorte de ping-pong effr&#233;n&#233; : Hollande descend de voiture avec la directrice, on entre dans l'atelier, elle commence &#224; expliquer que l'entreprise fait &#171; &lt;i&gt;tout sur place&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;de la conception &#224; la commercialisation&lt;/i&gt; &#187;. Mais d&#233;j&#224;, on zappe sur Retailleau qui observe des &#171; crochets &#187; et un moule en impression 3D. Retour illico chez Hollande : &#171; &lt;i&gt;Bonjouuuur. Alors, quelle partie c'est, &#231;a ?&lt;/i&gt; &#187; On mentionne les bonnets de soutien-gorge. Retour chez Retailleau : &#171; &lt;i&gt;Ah, c'est manuel quand m&#234;me&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;tonne-t-il, avant de siffler. Nouvelle coupe : Hollande devant une machine &#224; coudre, puis Retailleau demandant &#224; un fondeur s'il s'est d&#233;j&#224; br&#251;l&#233;, puis Hollande interrogeant une couturi&#232;re, puis Retailleau maniant un outil, puis Hollande &#8211; et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette lessiveuse ne peuvent ressortir que des g&#233;n&#233;ralit&#233;s confondantes, interchangeables, en guise de parole politique. Bruno Retailleau parle de &#171; &lt;i&gt;privil&#233;gier le travail&lt;/i&gt; &#187;, Fran&#231;ois Hollande explique que le th&#232;me de 2027 sera &#171; &lt;i&gt;l'unit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, Marine Le Pen disserte sur les &#171; &lt;i&gt;qualit&#233;s humaines&lt;/i&gt; &#187; qui auraient manqu&#233; aux autres dirigeants, Gabriel Attal promet de &#171; &lt;i&gt;rassembler les g&#233;n&#233;rations&lt;/i&gt; &#187;. Mis bout &#224; bout, ces fragments semblent parfois composer une conversation. Mais en r&#233;alit&#233;, personne ne se croise jamais et personne ne se r&#233;pond. L'&#233;mission promettait des discussions &#171; &#224; b&#226;tons rompus &#187; ; elle livre une litanie de banalit&#233;s d&#233;coup&#233;e en morceaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;miettement s'ajoute l'int&#233;gration des &#233;quipes de tournage &#224; la dramaturgie de la sympathie. On s'est bien gard&#233; de couper les apart&#233;s et autres enfantillages avec la cam&#233;ra : les moments de connivence avec les journalistes comme autant de preuves de naturel et d'&#233;preuves de d&#233;contraction. &#201;douard Philippe plaisante avec la cam&#233;raman en voiture (&#171; &lt;i&gt;Vous n'&#234;tes pas morte ?&lt;/i&gt; &#187;) ; Marine Tondelier interpelle &#171; C&#233;sar &#187; sur son stationnement (&#171; &lt;i&gt;On va plier le r&#233;troviseur&lt;/i&gt; &#187;) ; Rapha&#235;l Glucksmann redirige des cris ext&#233;rieurs vers le cadreur (&#171; &lt;i&gt;You are the problem&lt;/i&gt; &#187;). D&#233;f&#233;rente, la m&#233;diation journalistique ne r&#233;introduit pas de la contradiction ; elle ajoute une couche de familiarit&#233; dans laquelle la dilution du contenu politique s'accentue.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le f&#233;tichisme de la concorde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Derri&#232;re la chor&#233;graphie du terrain et la m&#233;canique du montage se dessine cependant le projet &#233;ditorial de France T&#233;l&#233;visions avec cette &#233;mission : nourrir le f&#233;tichisme de la concorde pour temp&#233;rer une ambiance pr&#233;sidentielle marqu&#233;e par la &lt;a href=&#034;https://www.france.tv/france-5/c-politique/saison-17/8436243-presidentielle-la-tentation-radicale.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; radicalit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, en montrant que toute conflictualit&#233; politique peut &#234;tre absorb&#233;e par l'&#233;coute, l'empathie et le compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle traverse l'ensemble des exp&#233;riences de terrain propos&#233;es aux candidats, cette concorde appara&#238;t d&#232;s l'ouverture de la s&#233;quence avec Fran&#231;ois Hollande qui, par un heureux hasard, croise dans le train le ministre des PME. Pierre Papin en profite pour lier &#171; spontan&#233;ment &#187; conversation et s'assoit &#224; c&#244;t&#233; de l'ancien pr&#233;sident sous l'&#339;il gourmand des cam&#233;ras, avides de complicit&#233; transpartisane : &#171; &lt;i&gt;Non mais je ne vais pas vous emb&#234;ter longtemps : cinq minutes. C'est dur parce qu'on g&#232;re une fin de mandat, on essaye de ne pas rester dans les affaires courantes, d'amener une dynamique, un legs qui soit int&#233;ressant.&lt;/i&gt; &#187; Hollande opine, pr&#233;venant : &#171; &lt;i&gt;Il faut faire comme si &#231;a ne s'arr&#234;tait pas.&lt;/i&gt; &#187; Le ministre poursuit : &#171; &lt;i&gt;Oui, et puis la crise iranienne&#8230; on essaye de ne pas trouver de bouc &#233;missaire, mais on n'a pas de pognon dans les caisses.&lt;/i&gt; &#187; Les fausses confidences n'iront pas plus loin : une poign&#233;e de main chaleureuse appara&#238;t subitement &#224; l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance &#224; la &#171; concorde &#187; appara&#238;t clairement dans les s&#233;quences de Fran&#231;ois Ruffin au Puy du Fou. Si le d&#233;put&#233; &#233;tait venu pour porter des &#171; critiques sur la vision de l'histoire &#187; propos&#233;e par le parc, il capitule rapidement face au dispositif, et finit par rire de bon c&#339;ur avec son directeur, De Villiers junior. Elle appara&#238;t aussi, et de fa&#231;on spectaculaire, dans la s&#233;quence Tondelier en visite d'une exploitation gorg&#233;e d'intrants chimiques. Tout commence pourtant par un d&#233;saccord tr&#232;s concret : &#171; &lt;i&gt;Fini les n&#233;onicotino&#239;des, le probl&#232;me c'est qu'on ne m'a pas donn&#233; d'alternative&lt;/i&gt; &#187;, explique l'agriculteur. Mais la s&#233;quence bifurque rapidement vers la recherche d'un point d'accord. Apr&#232;s avoir d&#233;pos&#233; son fils &#224; l'&#233;cole &#8211; &#171; &lt;i&gt;Donc on peut &#234;tre en campagne pr&#233;sidentielle et d&#233;poser son enfant le matin &#224; l'&#233;cole ?&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, Marine Tondelier rappelle au journaliste que son &#171; &lt;i&gt;grand-p&#232;re &#233;tait agriculteur&lt;/i&gt; &#187;, qu'il faisait &#171; &lt;i&gt;des pommes de terre, des betteraves, des petits pois, enfin bref : le Nord quoi&lt;/i&gt; &#187;, avant d'assurer qu' &#171; &lt;i&gt;on a int&#233;r&#234;t &#224; trouver un terrain d'entente l&#224;-dessus&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;tout le monde s'accorde &#224; dire que oui, on a besoin de bosser ensemble&lt;/i&gt; &#187;. L'agriculteur formule lui-m&#234;me la concorde possible : avec Tondelier et les &#201;cologistes, &#171; &lt;i&gt;on a la m&#234;me destination&lt;/i&gt; &#187;, seul le &#171; &lt;i&gt;chemin&lt;/i&gt; &#187; diff&#232;re &#8211; elle voudrait aller vite, lui plus lentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis la rencontre se poursuit sur le mode de la proximit&#233; : les bouteilles, la bise, jardinage en commun, rigolades. Et sur les n&#233;onicotino&#239;des ou le glyphosate, les formules d'accord prennent le dessus : &#171; &lt;i&gt;Non mais on est d'accord l&#224;-dessus que &#231;a devrait &#234;tre interdit partout&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Il faut harmoniser&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Je suis d'accord, il faudrait que les &#201;cologistes g&#232;rent la France et l'Europe, et l&#224; ce serait hyper harmonis&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Pour finir, tous deux trinquent pour la cam&#233;ra pendant que Tondelier porte un toast &#171; &lt;i&gt;&#224; l'avenir de l'&#233;cologie et de l'agriculture : ensemble&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou comment vaporiser la politique dans une aimable conversation. Et quand on applique ce genre de recettes avec l'extr&#234;me droite, le r&#233;sultat devient vite immangeable.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Intronisation de l'extr&#234;me droite&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Or, il faut souligner que Marine Le Pen b&#233;n&#233;ficie d'un traitement de faveur qui laisse pantois. Comme on lui accorde de pouvoir choisir elle-m&#234;me son terrain &#8211; sans que l'on sache pourquoi &#8211;, elle profite d'un accueil triomphal : un bain de foule acquis &#224; sa personne. C'est la seule que l'on voit entour&#233;e d'un r&#233;el soutien populaire, d&#233;ambulant librement en terrain conquis : une foire &#224; Sens, dans l'Yonne, un d&#233;partement tomb&#233; dans l'escarcelle du RN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marine Le Pen a &#233;galement le privil&#232;ge d'ouvrir l'&#233;mission, sur une musique rock conqu&#233;rante (&#171; Kashmir &#187;, de Led Zeppelin). On la voit descendre de voiture sous les hourras de la foule, qui scande &#171; Marine pr&#233;sidente ! &#187;, visiblement pr&#233;venue. Rapide contrepoint : quelques militants insoumis haranguent au loin sur les d&#233;tournements de fonds europ&#233;ens. Mais ils ne sont pas interrog&#233;s : le montage encha&#238;ne imm&#233;diatement sur une voix non identifi&#233;e qui lui demande un selfie en hurlant. Les photos s'encha&#238;nent. On peut entendre des &#171; On vous aime ! &#187;, dans une intense effervescence sonore et visuelle. France 2 s&#233;lectionne ensuite l'interpellation d'une sympathisante, une commer&#231;ante qui va finir avec 600 euros bruts de retraite, qui r&#233;p&#232;te qu'elle en a &#171; &lt;i&gt;marre&lt;/i&gt; &#187; de l'AME (aide m&#233;dicale de l'&#201;tat), comme tous les gens &#171; qui bossent&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Mais pour ceux qui l'ont d&#233;j&#224; ?&lt;/i&gt; &#187; questionne-t-elle. &#171; &lt;i&gt;Ah bah ceux qui l'ont d&#233;j&#224; ils ne l'auront plus&lt;/i&gt; &#187;. Fin de la pastille. &#171; &lt;i&gt;Une femme au pouvoir, &#231;a fera du bien&lt;/i&gt; &#187;, entend-on alors. &#171; &lt;i&gt;Mais si c'est monsieur Bardella, allons-y banco&lt;/i&gt; &#187;, retient tout de m&#234;me France 2. De toute fa&#231;on, &#171; &lt;i&gt;ils pourront dire tout ce qu'ils voudront sur Jordan ou Marine, &#231;a ne changera pas notre vote&lt;/i&gt; &#187;. Le Pen se fraie difficilement un chemin vers un stand, o&#249; la cam&#233;ra l'attend d&#233;j&#224; poliment, pour un nouvel exercice d'admiration, t&#226;te un nourrisson (une voix commente : &#171; &lt;i&gt;Vous pouvez &#234;tre s&#251;re qu'elle votera pour vous quand elle sera majeure&lt;/i&gt; &#187;). Le reste &#224; l'avenant, ponctu&#233; de relances journalistiques d'une pugnacit&#233; rare : &#171; &lt;i&gt;On est en temps de crise, Madame Le Pen ?&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Vous pensez que c'est une campagne qui va se jouer sur le pouvoir d'achat ?&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Vous restez &#034;ni droite ni gauche&#034;, finalement&lt;/i&gt; &#187;, etc. Les derniers mots de la s&#233;quence qui lui est d&#233;di&#233;e sont pour elle : &#171; &lt;i&gt;Nous, nous d&#233;fendons les int&#233;r&#234;ts du peuple fran&#231;ais.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;C'est ainsi que &#171; Successions &#187; d&#233;politise la politique elle-m&#234;me, ce qui reste une fa&#231;on de faire de la politique. &#192; force de tout ramener artificiellement au &#171; contact &#187; le plus &#233;ph&#233;m&#232;re, France 2 encourage une d&#233;mocratie fant&#244;me, o&#249; les oppositions disparaissent derri&#232;re les images de cordialit&#233;. Avec une pr&#233;f&#233;rence pour celles de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Cl&#233;ment S&#233;n&#233;chal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les journalistes politiques d&#233;j&#224; obnubil&#233;s par 2027</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-journalistes-politiques-deja-obnubiles-par</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-journalistes-politiques-deja-obnubiles-par</guid>
		<dc:date>2023-09-08T10:12:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Friot, Pauline Perrenot</dc:creator>


		<dc:subject>Journalisme politique</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections</dc:subject>
		<dc:subject>Sondages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Hippisme et fr&#233;n&#233;sie sondagi&#232;re.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Election-presidentielle-de-2027-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2027&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-journalisme-politique-+" rel="tag"&gt;Journalisme politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Elections-+" rel="tag"&gt;&#201;lections&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L117xH150/logo_2027-f77b6.jpg?1776674636' class='spip_logo spip_logo_right' width='117' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout au long de l'ann&#233;e, et plus encore depuis la rentr&#233;e, les journalistes politiques jouent les oracles en vue de la future &#233;lection pr&#233;sidentielle. Au menu : cueillette de &#171; off &#187; indiscrets, dissertations autour d'interviews &#171; exclusives &#187;, accompagnement des plans de comm' de (certaines) rentr&#233;es politiques, bavardage sondagier... L'indigestion est proche, mais les professionnels du commentaire, eux, se r&#233;galent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;2027 est encore loin&#8230; mais la prochaine pr&#233;sidentielle est dans toutes les t&#234;tes des politiques&lt;/i&gt; &#187;, semble s'amuser &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; (2/09). Mais la course de petits chevaux pour 2027 est surtout anim&#233;e dans (et par) les m&#233;dias. Intentions de votes quatre ans avant l'&#233;lection, cotes de popularit&#233;, bruits de couloir, silences qui &#171; en disent long &#187;... : la bulle sp&#233;culative du journalisme politique ne cesse de gonfler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2022, le &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt; se d&#233;menait pour attirer du clic en tentant d'expliquer &#171; &lt;i&gt;pourquoi la pr&#233;sidentielle de 2027 commence d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; &#187; (25/05/2022). Et depuis, les articles, chroniques, &#233;ditoriaux et &#171; reportages &#187; se multiplient : &#171; Gabriel Attal &#224; l'&#201;lys&#233;e en 2027 ? Ce &#034;r&#234;ve&#034; qui inqui&#232;te en macronie &#187; (&lt;i&gt;Gala&lt;/i&gt;, 2/03) ; &#171; Fabien Roussel se pr&#233;pare pour 2027 &#187; (Franceinfo, 8/08) ; &#171; Laurent Berger, possible candidat pour 2027 ? &#187; (&#171; C dans l'air &#187;, 12/04) ; &#171; Pr&#233;sidentielle 2027 : Fran&#231;ois Bayrou &#034;n'&#233;carte pas&#034; l'&#233;ventualit&#233; d'une candidature &#187; (BFM-TV, 15/01) ; &#171; Pr&#233;sidentielle 2027 : comment Fran&#231;ois Ruffin se pr&#233;pare &#187; (&lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt;, 5/06) ; &#171; Comment Wauquiez, Lisnard et Bertrand pr&#233;parent la pr&#233;sidentielle 2027 &#187; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 20/04) ; &#171; Lisnard veut rempiler &#224; la t&#234;te de l'association des maires... et vise 2027 &#187; (&lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt;, 3/09) ; &#171; Comment l'anti-Nupes Carole Delga veut tracer sa route vers 2027 &#187; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 7/04) ; &#171; Bernard Cazeneuve se positionne pour 2027 &#187; (&lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;, 10/06) ; &#171; Jordan Bardella confirme qu'il sera t&#234;te de liste aux &#233;lections europ&#233;ennes, un marchepied vers 2027 &#187; (Europe 1, 4/09)... La liste est (d&#233;j&#224;) infinie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce grand bric-&#224;-brac, la presse fait son march&#233;. Pr&#233;tendant simplement d&#233;crypter les strat&#233;gies de communication, elle ne cesse de gonfler le capital politique des personnalit&#233;s qui lui si&#233;ent. Une perp&#233;tuelle co-construction, qu'alimentent les politiques en promouvant leurs propres images de marque, lesquelles requi&#232;rent notamment une participation servile et inconditionnelle... au grand jeu m&#233;diatique. Si Fabien Roussel excelle en la mati&#232;re, recueillant en retour les faveurs r&#233;guli&#232;res de la presse (de droite) &#8211; &#171; Fabien Roussel devient la personnalit&#233; pr&#233;f&#233;r&#233;e des &#233;lecteurs de gauche, selon un sondage &#187; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 4/08) ; &#171; Pr&#233;sidentielle 2027 : Fabien Roussel candidat ? &#034;Il n'y a pas de myst&#232;re&#034;, r&#233;pond-il. &#187; (RTL, 31/08) &#8211;, la droite de l'&#233;chiquier politique demeure la premi&#232;re pr&#233;occupation des grands m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; &lt;i&gt;Qui sera le champion de la droite en 2027 ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;C'est ainsi qu'&#224; la Une de &lt;i&gt;L'Opinion&lt;/i&gt;, le 30 ao&#251;t, Alain Minc r&#233;clamait &#171; &lt;i&gt;une primaire ouverte pour tous les mod&#233;r&#233;s en 2027&lt;/i&gt; &#187;, soit, dans l'esprit de l'illustre th&#233;oricien du &#171; cercle de la raison &#187;, &#171; &lt;i&gt;les trois partis macronistes (Renaissance, Modem et Horizons) et LR&lt;/i&gt; &#187;... BFM-TV et &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, sur la m&#234;me longueur d'ondes, se charg&#232;rent d'orchestrer la comp&#233;tition par le biais de sondages cens&#233;s d&#233;signer &#171; &lt;i&gt;qui pour succ&#233;der &#224; Emmanuel Macron&lt;/i&gt; &#187; (BFM-TV avec Elabe, 30/08) et la personnalit&#233; &#171; &lt;i&gt;la mieux plac[&#233;e] pour rassembler les &#233;lectorats de la droite et du centre en 2027&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; avec OpinionWay, 3/09). Deux mois apr&#232;s avoir fait la Une de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; &#224; l'occasion d'un &#171; entretien exclusif &#187; (sur l'immigration), &#201;douard Philippe tr&#244;nait ainsi sur les &#233;crans de BFM-TV et en couverture du quotidien de Bernard Arnault, tandis que Laurent Wauquiez h&#233;ritait du titre de &#171; &lt;i&gt;mal aim&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_15527 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L414xH466/2027_1-91fd1.png?1776674636' width='414' height='466' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Et de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; &#224; France Info, tout le gratin du journalisme politique y alla de son commentaire. Le &#171; 20h &#187; de France 2 sc&#233;narisa les sondages &#8211; &#171; Qui sera le champion de la droite en 2027 ? &#187; (3/09) &#8211; et envoya ses journalistes courir apr&#232;s Laurent Wauquiez sur les chemins du mont M&#233;zenc : &#171; &lt;i&gt;Une petite question, c'est possible ? Qu'est-ce qu'elle signifie cette mont&#233;e pour vous ?&lt;/i&gt; &#187; (3/09). Du c&#244;t&#233; de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, on n'oublia nullement de nourrir le &#171; feuilleton &#201;douard Philippe &#187; en recyclant des petites phrases glan&#233;es chez les confr&#232;res : &#171; &lt;i&gt;Pour [G&#233;rard Larcher], le maire du Havre et ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron fait &#034;bien s&#251;r&#034; partie de sa famille politique. Et Larcher d'ajouter sur France Inter dimanche qu'il ne le dit &#034;pas du bout des l&#232;vres&#034;.&lt;/i&gt; &#187; La tambouille ? Un art pris&#233; de tout journaliste politique qui se respecte. La circulation circulaire de la m&#233;diocrit&#233; ? Un passage oblig&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_15528 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH282/2027_2-895a3.png?1776674636' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Pronostiquer, divaguer, monter en &#233;pingle : telle est la passion de la profession. Quitte &#224; raconter n'importe quoi ? Ce ne sont ni les temps d'antenne, ni les colonnes qui manquent... BFM-TV, 3 septembre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Julie Hammett :&lt;/strong&gt; Vous y croyez, Sarkozy 2027 ? [...] Est-ce qu'il a envie vraiment d'y retourner &#224; nouveau ? [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Charles Consigny :&lt;/strong&gt; Moi j'aime &#233;norm&#233;ment Nicolas Sarkozy, je consid&#232;re qu'il a &#233;t&#233; un tr&#232;s bon pr&#233;sident et je suis certain qu'il aurait ses chances.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais en r&#233;alit&#233;, peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Ainsi le moindre soubresaut du personnel politique se voit-il diss&#233;qu&#233;, interpr&#233;t&#233;, et int&#233;gr&#233; au forceps au grand r&#233;cit journalistique de l'&#233;lection permanente :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt; (25/08) :&lt;/strong&gt; Reportage. [Bruno Le Maire] prend le contrepied de G&#233;rald Darmanin [...]. En restant dans son sillon de l'&#233;conomie, il compte recueillir les fruits des r&#233;sultats de la politique pro-business d'Emmanuel Macron. Une autre fa&#231;on de pr&#233;parer la pr&#233;sidentielle de 2027.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De ce type de faux &#171; reportages &#187; aux rubriques &#171; Confidentiels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'instar de celle de La D&#233;p&#234;che, qui excelle en la mati&#232;re : &#171; [Le] camp (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en passant par les &#171; d&#233;cryptages &#187; pr&#233;tendument analytiques, les productions m&#233;diatiques sont satur&#233;es des &#171; impressions &#187; et autres &#171; sons de cloche &#187; de tel &#171; proche de &#187; ou de &#171; l'entourage de &#187;, le tout en vue de faire monter la sauce de 2027.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Darmanite aigu&#235; dans la presse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Au cours des derniers mois, G&#233;rald Darmanin est sans doute celui qui aura le plus b&#233;n&#233;fici&#233; de ce grand bouillon m&#233;diatique. &#192; la mi-ao&#251;t, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; (14/08) consacrait une double page &#224; ses &#171; &lt;i&gt;nouvelles ambitions&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;crivant un &#171; &lt;i&gt;&#233;t&#233; o&#249; [le ministre] occupe le devant de la sc&#232;ne&lt;/i&gt; &#187; avant de raconter comment il avait &#171; &lt;i&gt;convoqu&#233; les projecteurs de la rentr&#233;e &#224; Tourcoing (Nord) pour le 27 ao&#251;t.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Il s'arrogera l'attention m&#233;diatique&lt;/i&gt; &#187;, gageait &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;. La servilit&#233; des chefferies m&#233;diatiques ne lui donna pas tort.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_15530 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/2027_3.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH188/2027_3-0cf3c.png?1776674636' width='500' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Entre-temps, les commentateurs avaient eu le loisir de valser dans les conjectures, &#233;puisant jusqu'&#224; plus soif le r&#233;pertoire classique du journalisme politique : &#171; Pr&#233;sidentielle 2027 : Quatre signes montrant que G&#233;rald Darmanin est d&#233;j&#224; en campagne &#187; (&lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt;, 27/08) ; &#171; Pr&#233;sidentielle 2027 : pourquoi Nicolas Sarkozy adoube G&#233;rald Darmanin &#187; (France Info, 18/08). Ici, G&#233;rald Darmanin &#171; &lt;i&gt;abat ses premi&#232;res cartes&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 25/08), &#171; &lt;i&gt;place ses pions pour la pr&#233;sidentielle de 2027&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Courrier Picard&lt;/i&gt;, 28/08) et &#171; &lt;i&gt;ouvre le dossier de la succession de Macron&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 15/08). L&#224;, il &#171; &lt;i&gt;juge &#034;assez probable&#034; une victoire de Marine Le Pen&lt;/i&gt; &#187; (RTL, 24/08). Plus loin, il &#171; &lt;i&gt;reste sous le contr&#244;le de Macron&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;, 27/08) ou devient &#171; &lt;i&gt;l'&#233;l&#232;ve adoub&#233; par le ma&#238;tre [Nicolas Sarkozy]&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Var Matin&lt;/i&gt;, 17/08). Mais partout, G&#233;rald Darmanin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'aux mystifications et &#224; la vacuit&#233; la plus totale :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;ric Decouty (LCI, 14/08) :&lt;/strong&gt; Pas d'officialisation de sa candidature, mais [G&#233;rald Darmanin] pose les premiers jalons. [...] Ce qui est le plus int&#233;ressant, c'est la strat&#233;gie politique qu'il d&#233;veloppe [...] : la conqu&#234;te des classes populaires. [...] Lui, il a une certaine m&#233;thode qui... alors... veut parler, c'est ce qu'il dit hein, aux gens qui gagnent moins de 2 500 euros et auxquels les partis de gouvernement ne parviennent pas &#224; parler. Et lui, il compte leur parler &#224; ces gens-l&#224;. [...] La question sociale, c'est son credo, c'est son seul objectif.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#199;a saute aux yeux...&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_15529 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L454xH254/2027_4-6bce2.png?1776674636' width='454' height='254' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Mais l'une des r&#232;gles du journalisme politique est que quand il n'y a rien &#224; dire&#8230; il y a toujours &#224; dire : &#171; Le silence de Laurent Wauquiez : une strat&#233;gie pour 2027 ? &#187; (&lt;i&gt;Le Progr&#232;s&lt;/i&gt;, 3/09) ; &#171; Bruno Le Maire &#224; propos de la pr&#233;sidentielle de 2027 : &#034;Ce n'est pas mon sujet&#034; &#187; (BFM-TV, 3/09) ; &#171; &#034;2027, c'est bien loin&#034; : &#201;lisabeth Borne r&#233;agit &#224; une &#233;ventuelle candidature de G&#233;rald Darmanin &#187; (France Bleu, 23/08) ; &#171; Les militants LFI refusent de parler de la pr&#233;sidentielle de 2027 &#187; (&lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt;, 26/08) ; sans oublier, forc&#233;ment : &#171; Limitation des mandats : Emmanuel Macron pourrait-il se repr&#233;senter d&#232;s 2027 ? &#187; (Europe 1, 1/09). Jusqu'&#224; ce condens&#233; de journalisme hors sol, qui rejoue la partition d'un premier tour d&#233;j&#224; jou&#233; d'avance, sous couvert de faire parler &#171; Les-Fran&#231;ais &#187; : &#171; Les Fran&#231;ais se pr&#233;parent d&#233;j&#224; &#224; un match &#201;douard Philippe contre Marine Le Pen en 2027 &#187; (&lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;, 7/07). L'&#233;ternel recommencement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Le &#034;duel Macron-Le Pen&#034; : une construction sondagi&#232;re &#187; dans Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Circonscrire l'information politique &#224; la course &#233;lectorale, alimenter le feuilleton du th&#233;&#226;tre politique, faire de la moindre petite phrase un &#171; &#233;v&#233;nement &#187; et du moindre sondage un &#171; fait politique &#187;... On ne r&#233;p&#232;tera jamais assez combien une telle mise en sc&#232;ne m&#233;diatique des enjeux politiques, focalis&#233;e sur les questions qui (ne) pr&#233;occupent (que) le microcosme m&#233;diatico-politique, mod&#232;le une version politicienne (d&#233;l&#233;t&#232;re) de la politique et, en d&#233;finitive, fabrique des &#171; non-informations &#187; en s&#233;rie. &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Lu-Il-n-y-a-que-moi-que-ca-choque-de-Rachid&#034;&gt;Dans un ouvrage r&#233;cemment paru&lt;/a&gt;, un journaliste politique (repenti) de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; disait esp&#233;rer un sursaut de ses confr&#232;res &#224; ce sujet. Ils n'en prennent pas le chemin. Quatre ans... &#231;a va &#234;tre long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Pauline Perrenot&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Maxime Friot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'instar de celle de &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt;, qui excelle en la mati&#232;re : &#171; &lt;i&gt;[Le] camp darmaniste a donc ordre, en cette rentr&#233;e 2023, de tirer &#224; boulets rouges sur tous ceux qui auraient des ambitions pr&#233;sidentielles et donc sur Bruno Le Maire qui a paru, lui aussi, montrer des signes d'&#233;mancipation cet &#233;t&#233;. &#034;Il dit qu'il veut se pr&#233;senter mais c'est uniquement pour exister politiquement [...]&#034;, souffle un soutien du ministre de l'Int&#233;rieur qui ajoute fa&#231;on groupie : &#034;G&#233;rald, lui, ne fait que du one to one. Il prend le temps d'un ros&#233;, d'un caf&#233; ou d'une bi&#232;re selon l'heure. &#199;a change tout et il &#233;coute beaucoup plus qu'il ne parle.&#034;&lt;/i&gt; &#187; (3/09)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; Le &#034;duel Macron-Le Pen&#034; : une construction sondagi&#232;re &#187; dans &lt;i&gt;Les m&#233;dias contre la gauche&lt;/i&gt;, Acrimed/Agone, mars 2023, p. 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>



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