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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Napol&#233;on-mania dans les JT</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Napoleon-mania-dans-les-JT</link>
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		<dc:date>2021-05-19T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Galliere, Sophie Eustache</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>TF1</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Bicentenaire de la mort de Napol&#233;on : entre sujets &#171; conso &#187; et culte de la personnalit&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-TF1-+" rel="tag"&gt;TF1&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L95xH150/arton6348-30a9a.png?1776732490' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le bicentenaire de la mort de Napol&#233;on, le 5 mai 1821, a fait l'objet d'une quinzaine de reportages dans les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de France 2 et de TF1. Sur les deux cha&#238;nes, le traitement m&#233;diatique se r&#233;sume &#224; deux angles : des reportages &#171; consommation &#187; (ax&#233;s notamment sur les collectionneurs et des tenanciers de magasins de souvenirs) et des sujets marqu&#233;s par le &#171; culte de la personnalit&#233; &#187;. Le r&#233;tablissement de l'esclavage (entre autres) est rarement &#233;voqu&#233;. Et quand il l'est, le fait est minimis&#233;, pour ne pas dire&#8230; revisit&#233;. En r&#233;sum&#233;, c'est une vision &#171; commerciale &#187; du personnage qui domine, et une contribution m&#233;diatique &#224; l'&#233;criture d'un &#171; roman national &#187; par le haut, sans recul critique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour analyser ce traitement m&#233;diatique, nous avons visionn&#233; les JT de France 2 et de TF1 diffus&#233;s entre le 1er avril et le 5 mai. Sur France 2, les JT oscillent entre l'anecdotique et les descriptions &#233;logieuses de Napol&#233;on, nuanc&#233;es &#224; la marge par quelques bribes de critiques. L'anecdotique d'abord : ce sont trois reportages (13/04 - 13h ; 25/04 - 20h ; 02/05 - 13h) consacr&#233;s &#224; des collectionneurs, des marchands d'arts, fascin&#233;s par Napol&#233;on ou officiant dans le commerce f&#233;tichiste d'objets li&#233;s au personnage et &#224; sa famille. &#192; chaque fois, les interview&#233;s t&#233;moignent de leur passion pour l'homme, qui remonte souvent &#224; l'enfance. Napol&#233;on est r&#233;duit &#224; des objets que l'on collectionne et &#224; des clich&#233;s. Quant &#224; son bilan politique, il se limite aux aspects les plus connus et les moins controvers&#233;s, caract&#233;ristiques d'une narration historique &#171; par le haut &#187; (grandes batailles, mort).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans le reportage du 25 avril, intitul&#233; &#171; Des objets de Napol&#233;on s'arrachent &#224; prix d'or chez les collectionneurs &#187;, France 2 r&#233;alise un reportage de terrain dans l'appartement d'une collectionneuse &#8211; &lt;i&gt;&#171; son petit paradis Napol&#233;onien &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Plus d'un millier d'objets cohabitent entre les murs de son appartement [...]. Parfois, elle s'offre une part de r&#234;ve &#224; Paris, dans cet h&#244;tel particulier &#187;&lt;/i&gt;. France 2 est b&#233;at : &lt;i&gt;&#171; Deux si&#232;cles apr&#232;s sa mort, Napol&#233;on fait toujours recette aux quatre coins de la plan&#232;te [...]. En Chine les affaires [&#8230;] [d'un marchand d'art] sont en plein essor &#187;&lt;/i&gt;. &#192; cela s'ajoute le reportage du 20h du 5 mai qui, &#224; un t&#233;moignage pr&#232;s, est une enfilade de micros-trottoirs (et de clich&#233;s) de personnes vivant &#224; l'&#233;tranger, invit&#233;es &#224; donner leur avis sur Napol&#233;on&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Des hagiographies&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;D'autres reportages, &#233;logieux avec des critiques &#224; la marge, se consacrent &#224; l'histoire de Napol&#233;on. C'est le cas du 20h du 19 avril et du 13h du 5 mai sur France 2, jour d'anniversaire de sa mort. Trois historiens y sont interrog&#233;s, respectivement Jacques-Olivier Boudon, Patrice Gueniffey et Xavier Mauduit. Dans les deux cas, on nous annonce un personnage &#171; controvers&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Napol&#233;on Bonaparte est au c&#339;ur d'un nouveau champ de bataille : celui du bicentenaire de sa mort &#187;&lt;/i&gt;, annonce le reportage du 19 avril. France 2 m&#233;lange ainsi, dans une confrontation faisant penser &#224; un match de boxe, des arguments historiques et des r&#233;flexions politiques. Les t&#233;moignages d'historiens alternent avec ceux de personnalit&#233;s du monde politique et associatif (Jean-Marc Ayrault, Alexis Corbi&#232;re, Lova Rinel, la pr&#233;sidente du Conseil repr&#233;sentatif des associations noires de France &#8211; le Cran) sans distinction entre ce qui tient de l'analyse historique d'une part et de choix de comm&#233;moration (des choix politiques) de l'autre. Si le reportage d&#233;cline bien deux parties, une premi&#232;re sur l'h&#233;ritage de Napol&#233;on et une seconde sur &#171; Comment Emmanuel Macron doit-il comm&#233;morer son lointain pr&#233;d&#233;cesseur ? &#187;, le m&#233;lange des intervenants politiques et chercheurs, ainsi que leurs prises de position tend &#224; flouter la distinction entre les deux champs et ne permet pas de poser les termes d'un d&#233;bat politique sur ce qu'il faudrait comm&#233;morer ou non en 2021 en France. D&#233;bat &#233;clair&#233;, entre autres, par les travaux des historiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage du 5 mai se concentre quant &#224; lui sur la psychologie de Napol&#233;on, dressant le portrait d'un enfant &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s dou&#233; mais taciturne&lt;/i&gt; &#187;, et d'un adulte &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s soucieux de son image, tendance parano&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;On le dirait bipolaire aujourd'hui&lt;/i&gt; &#187;, hasarde la journaliste qui signe ce reportage.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il va mourir d'ennui &#224; 51 ans dans son second exil &#224; Sainte-H&#233;l&#232;ne [...]. Ce personnage complexe ne s'est pas arr&#234;t&#233; aux centaines de milliers de morts qu'il a provoqu&#233;es, c'est la part d'ombre d'un destin flamboyant.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Personnage &#171; &lt;i&gt;complexe&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;part d'ombre&lt;/i&gt; &#187;&#8230; France 2 ne manque pas d'euph&#233;mismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur &#171; T&#233;l&#233;matin &#187; (24/04), le bicentenaire fait l'objet d'une chronique en plateau, par Fr&#233;d&#233;rick Gersal : &#171; Napol&#233;on : une figure encombrante &#187;. Le titre est quelque peu trompeur car le chroniqueur ne reviendra jamais sur l'&#171; encombrement &#187; en question. Il s'agit plut&#244;t d'un r&#233;cit extasi&#233; sur le rapatriement du corps de Napol&#233;on depuis Sainte-H&#233;l&#232;ne et le d&#233;corum de son enterrement :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au pont de Neuilly, o&#249; le char fun&#232;bre, magnifique, somptueux, tir&#233; par six chevaux, qui va transporter le corps &#224; travers Paris, avec une foule incroyable qui crie sur son passage &#171; vive l'Empereur ! &#187;. Et puis on descend les Champs &#201;lys&#233;es, il passe sous l'Arc de Triomphe, qui &#233;tait voulu par l'Empereur et inaugur&#233; par Louis-Philippe 1er, c'est dire si la boucle est boucl&#233;e, il descend les Champs &#201;lys&#233;es direction les Invalides. C'est dire si c'est une f&#234;te incroyable [...]. Regardez ces images magnifiques, o&#249; l'on voit son tombeau, que l'on peut voir aujourd'hui si l'on se rend aux Invalides.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, les historiens interrog&#233;s par France 2 sont largement &#233;logieux de Napol&#233;on, tandis que les JT n'op&#232;rent aucune hi&#233;rarchisation dans son bilan : la cr&#233;ation du bac et le r&#233;tablissement de l'esclavage sont mis au m&#234;me niveau, quand le second n'est pas tout simplement revisit&#233; : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait une &#233;poque o&#249; ce type de question n'&#233;tait pas pos&#233;e. C'est regrettable, mais on ne peut pas aller 200 ans en arri&#232;re leur expliquer que ce n'&#233;tait pas comme &#231;a qu'il fallait faire &#187;&lt;/i&gt; explique ainsi tranquillement Thierry Lentz, de la Fondation Napol&#233;on. Une d&#233;claration &lt;i&gt;pro domo&lt;/i&gt;, dont France 2 ne rel&#232;vera nullement l'aspect n&#233;gationniste, ne notant &#224; aucun moment que ces propos cens&#233;s compl&#233;ter ceux de Jean-Marc Ayrault, interrog&#233; comme ancien Premier ministre et pr&#233;sident de la Fondation pour la m&#233;moire de l'esclavage, les contredisent en fait ouvertement : l'esclavage avait &#233;t&#233; aboli avant son r&#233;tablissement, preuve s'il en est, parmi de multiples autres mobilisations et r&#233;voltes, que &#171; ce type de question &#187; &#233;tait bel et bien &#171; pos&#233;e &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me constat sur TF1, qui a consacr&#233; moins de reportages que France 2 au bicentenaire, o&#249; l'on retrouve les m&#234;mes angles : &#171; tourisme et conso &#187;, avec deux reportages &#224; Ajaccio (&#171; Bicentenaire de la mort de Napol&#233;on : sur les traces de l'empereur &#224; Ajaccio &#187;, 4 mai, et &#171; Napol&#233;on : &#224; Ajaccio, ses traces sont partout &#187;, 5 mai)&#8230; et les m&#234;mes experts : &#201;milie Robbe, conservatrice du Mus&#233;e de l'Arm&#233;e, et Thierry Lentz, auteur de &lt;i&gt;Pour Napol&#233;on&lt;/i&gt; (publi&#233; aux &#233;ditions Perrin) et directeur de la Fondation Napol&#233;on. Ce dernier a en effet &#233;t&#233; interview&#233; deux fois sur France 2 et une fois sur TF1.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Les JT de France 2 et de TF1 ont trait&#233; de mani&#232;re similaire le bicentenaire de la mort de Napol&#233;on, tant par les angles choisis que par les experts invit&#233;s &#224; s'exprimer. Deux cat&#233;gories permettent de classer la majorit&#233; des reportages : une premi&#232;re &#171; sujets consommation &#187; et une seconde, ax&#233;e sur le &#171; culte de la personnalit&#233; &#187;. Les JT, qui d&#233;politisent compl&#232;tement l'enjeu de la comm&#233;moration et la fabrication de l'histoire, mettent sur le m&#234;me plan des &#233;v&#233;nements difficilement comparables, comme la cr&#233;ation de la Banque de France et le r&#233;tablissement de l'esclavage&#8230; Bref, un &#233;pisode &#224; ajouter &#224; la longue liste des m&#233;susages m&#233;diatiques de l'histoire, abord&#233;s par &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/L-histoire-racontee-par-les-medias-un-entretien&#034;&gt;quatre historiens dans un entretien crois&#233; accord&#233; &#224; Acrimed&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Sophie Eustache&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Arnaud Galli&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Annexe : Liste des reportages consacr&#233;s au bicentenaire de Napol&#233;on&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
FRANCE 2&lt;br class='autobr' /&gt;
05/05 - 20h : &#171; Bicentenaire de Napol&#233;on : h&#233;ros ou tyran, quelle image a-t-il &#224; l'&#233;tranger ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
05/05 - 13h : &#171; Bicentenaire de Napol&#233;on : un personnage historique &#224; la personnalit&#233; complexe &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
02/05 - 13h : &#171; Napol&#233;on : les &#233;crits de l'empereur se vendent &#224; prix d'or &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
25/04 - 20h : &#171; Des objets de Napol&#233;on s'arrachent &#224; prix d'or chez les collectionneurs &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
19/04 - 20h : &#171; Napol&#233;on : pourquoi la comm&#233;moration du bicentenaire de sa mort fait d&#233;bat ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
13/04 - 20h : &#171; La tableau &#034;Le sacre de Napol&#233;on&#034; de David, un sommet de la communication politique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
13/04 - 13h : &#171; Histoire : Napol&#233;on, un personnage qui passionne toujours autant &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
10/04 - 20h : &#171; Patrimoine : des restaurations minutieuses pour entretenir la m&#233;moire de Napol&#233;on &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TF1&lt;br class='autobr' /&gt;
02/05 &#8211; 13h : &#171; Napol&#233;on : un souvenir encore tr&#232;s pr&#233;sent &#224; Sainte-H&#233;l&#232;ne &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
04/05 &#8211; 13h : &#171; Bicentenaire de la mort de Napol&#233;on : sur les traces de l'empereur &#224; Ajaccio &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
27/04 &#8211; 20h : &#171; Bicentenaire de la mort de Napol&#233;on : ce qu'il a chang&#233; en France &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
05/05 &#8211; 20h : &#171; Napol&#233;on : &#224; Ajaccio, ses traces sont partout &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les &#233;lucubrations de St&#233;phane Bern sur l'&#233;cole au Moyen &#194;ge</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-elucubrations-de-Stephane-Bern-sur-l-ecole-au</link>
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		<dc:date>2019-09-04T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Rideau-Kikuchi, Florian Besson</dc:creator>


		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>
		<dc:subject>France 2</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'histoire une nouvelle fois mal trait&#233;e sur France T&#233;l&#233;visions&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L94xH150/arton5994-eb960.png?1776745061' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mardi 27 ao&#251;t, France 2 diffusait &#171; &lt;a href=&#034;https://www.france.tv/france-2/la-fabuleuse-histoire/1050103-de-l-ecole.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La fabuleuse histoire de l'&#233;cole&lt;/a&gt; &#187;, nouvel &#233;pisode d'une s&#233;rie de vulgarisation historique portant sur un th&#232;me transversal, comme l'hygi&#232;ne, la maison, le restaurant... En soi, le principe d'une &#233;mission grand public, mobilisant de gros moyens (acteurs en costumes, reconstitution de diff&#233;rentes &#233;poques &#224; travers lesquels le pr&#233;sentateur voyage, etc.) et diffus&#233;e sur une cha&#238;ne du service public &#224; une heure de grande &#233;coute est int&#233;ressant. Seul probl&#232;me : comme pour la plupart de ses &#233;missions historiques, France 2 fait (une nouvelle fois) appel &#224; l'in&#233;narrable St&#233;phane Bern, qui gratifie (une nouvelle fois) les t&#233;l&#233;spectateurs de ses approximations et de sa vision caricaturale de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous publions, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cet article des historiens Catherine Rideau-Kikuchi et Florian Besson, d&#233;velopp&#233; pour Acrimed &#224; partir des r&#233;actions &#224; l'&#233;mission initialement exprim&#233;es sur Twitter par le &lt;a href=&#034;https://actuelmoyenage.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collectif Actuel Moyen &#194;ge&lt;/a&gt;, dont ils sont tous les deux membres. De m&#234;me, en annexe, est reproduit un extrait de &lt;a href=&#034;https://echosdeslumieres.home.blog/2019/09/02/la-frauduleuse-histoire-de-lecole/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'article&lt;/a&gt; du doctorant en histoire contemporaine Guillaume Lancereau, critique du volet de l'&#233;mission consacr&#233;e &#224; l'&#233;poque moderne.(Acrimed)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t la propension de St&#233;phane Bern, dans son &#233;mission &#171; Secrets d'histoire &#187;, &#224; laisser libre cours &#224; son penchant pour une histoire aristocratique, voire royaliste, centr&#233;e sur les grandes figures de l'histoire de France. Plus r&#233;cemment, dans une &#233;mission sur le Paris r&#233;volutionnaire, il diffusait avec Lor&#224;nt Deutsch une vision dat&#233;e et r&#233;actionnaire de cette p&#233;riode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : &#224; ce sujet, voir nos articles : &#171; &#034;Laissez-vous guider&#034; (France 2) : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet choisi pour cette &#233;mission de &#171; La fabuleuse histoire &#187;, l'&#233;cole, semblait a priori moins pol&#233;mique que ne peut l'&#234;tre la R&#233;volution fran&#231;aise ou la pr&#233;sidence de De Gaulle. Mais on y retrouve en r&#233;alit&#233; les m&#234;mes d&#233;fauts, les m&#234;mes erreurs, le m&#234;me message politique sous-jacent. L'&#233;mission, d&#232;s lors, pose en creux la m&#234;me question lancinante que &#171; Secrets d'histoire &#187; : comment se fait-il qu'une cha&#238;ne du service public laisse un tel monopole sur l'histoire &#224; une personnalit&#233; m&#233;diatique qui n'est pas un historien, et qui &#8211; ce qui est beaucoup plus g&#234;nant &#8211; propose syst&#233;matiquement des perspectives d&#233;connect&#233;es de l'historiographie contemporaine ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Qui a d&#233;truit l'&#233;cole... ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Les approximations et erreurs factuelles sont d'autant plus frustrantes que l'&#233;mission cherche explicitement &#224; rompre avec certains clich&#233;s. Ainsi entend-on &#224; raison que Charlemagne n'a pas invent&#233; l'&#233;cole, m&#234;me si cette affirmation est un peu contrebalanc&#233;e par le choix de commencer l'&#233;mission au Moyen &#194;ge, alors qu'il existe des institutions d'&#233;ducation dans l'Antiquit&#233;. Plus loin, St&#233;phane Bern propose une belle d&#233;monstration de l'abaque, ces tables &#224; calculer m&#233;di&#233;vales, et on pr&#233;cise que les m&#233;di&#233;vaux &#171; &lt;i&gt;savaient compter tr&#232;s loin&lt;/i&gt; &#187;, maniant couramment des unit&#233;s de grandeur de l'ordre des centaines de milliers. Mais cette volont&#233; de d&#233;faire les id&#233;es re&#231;ues reste superficielle et, le plus souvent, l'animateur reprend sans les discuter un ensemble de clich&#233;s sur l'&#233;ducation au Moyen &#194;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons rapidement sur les erreurs factuelles, m&#234;me si celles-ci sont assez r&#233;v&#233;latrices. Ainsi St&#233;phane Bern s'enthousiasme-t-il sur la Sorbonne, &#171; &lt;i&gt;la premi&#232;re universit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Une jolie vision patriotique &#224; souhait&#8230; mais assez fausse. De nombreuses &#233;coles existaient en effet partout en Europe, et leur institutionnalisation se fait progressivement, et quasi simultan&#233;ment : Bologne, Paris, Parme ou encore Oxford se constituent en universit&#233; entre la fin du XIIe et le d&#233;but du XIIIe si&#232;cle. De m&#234;me, le terme m&#234;me de &#171; Sorbonne &#187; est largement anachronique, puisqu'on parle &#224; l'&#233;poque de l'universit&#233; de Paris. En plus de ces erreurs, l'&#233;mission multiplie les raccourcis et reste le plus souvent &#224; un niveau purement anecdotique : parlant de l'universit&#233;, la voix off explique combien les &#233;tudiants de l'&#233;poque aiment faire la f&#234;te (ce qui est vrai), mais on ne saura rien des mati&#232;res enseign&#233;es, des dipl&#244;mes, des examens, de la p&#233;dagogie. Ces petites erreurs et rapidit&#233;s, nombreuses et r&#233;p&#233;t&#233;es, sont probl&#233;matiques (car on ass&#232;ne des choses fausses ou tr&#232;s partielles) mais la construction globale de la s&#233;quence l'est plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Bern choisit de se situer sur un chantier m&#233;di&#233;val reconstitu&#233;, au XIIIe si&#232;cle, &#233;poque marqu&#233;e en effet par un dynamisme &#233;conomique et intellectuel majeur. En soi, ce choix est int&#233;ressant : il rappelle l'importance des savoirs non-lettr&#233;s durant l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale &#8211; on voit comment les tailleurs de pierre comptent, mesurent, calculent, etc. &#8211; et attire l'attention sur des lieux non-scolaires de formation. Il permet en outre de mettre &#224; l'honneur le formidable travail que font aujourd'hui des ouvriers et artisans qui, dans une perspective d'arch&#233;ologie exp&#233;rimentale, cherchent &#224; retrouver les gestes et les techniques du pass&#233; (pensons au &lt;a href=&#034;https://www.arte.tv/fr/videos/082723-000-A/guedelon-ii-une-aventure-medievale/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chantier de Gu&#233;d&#233;lon&lt;/a&gt; par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons cependant que St&#233;phane Bern exag&#232;re totalement la situation : on l'entend en effet expliquer qu'&#224; l'&#233;poque, &#171; &lt;i&gt;la plupart des enfants&lt;/i&gt; &#187; sont sur ces chantiers, ce qui est &#233;videmment une absurdit&#233; d&#233;mographique vu le petit nombre de tailleurs de pierre... &#192; une &#233;poque o&#249; la paysannerie repr&#233;sente au minimum 90 % de la population, on peut sans risque avancer que &#171; la plupart &#187; des enfants vivent aupr&#232;s de leurs parents, &#224; la campagne, et que c'est l&#224;, entre les champs, le village, l'&#233;glise et la maison familiale, que se fait l'essentiel de leurs apprentissages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, l'insistance de l'animateur &#224; r&#233;p&#233;ter que ces chantiers sont alors une v&#233;ritable &#171; &lt;i&gt;&#233;cole de la vie&lt;/i&gt; &#187; (l'expression revient trois fois en vingt minutes) interroge : s'agit-il, par opposition, de d&#233;nigrer nos &#233;coles contemporaines, auxquelles St&#233;phane Bern reprocherait d'&#234;tre trop th&#233;oriques, et donc &#171; d&#233;connect&#233;es du r&#233;el &#187; ? Dans cette premi&#232;re partie, son invit&#233;, l'humoriste Jarry, rench&#233;rit &#224; la fin de la s&#233;quence : cette &#171; &lt;i&gt;&#233;cole m&#233;di&#233;vale&lt;/i&gt; &#187; est &#171; &lt;i&gt;super&lt;/i&gt; &#187; car elle transmet du concret. On a l'impression &#8211; impression du reste confirm&#233;e dans la suite de l'&#233;mission &#8211; qu'il s'agit surtout de diffuser un message critiquant l'&#233;cole d'aujourd'hui, sous couvert d'une nostalgie discr&#232;te pour une &#233;poque o&#249; les enfants, sur les chantiers d&#232;s huit ans, &#171; &lt;i&gt;apprenaient un m&#233;tier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Sombre Moyen &#194;ge&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cette nostalgie n'est pas sans ambigu&#239;t&#233;, car la s&#233;quence reprend dans le m&#234;me temps une vision tout &#224; fait classique du Moyen &#194;ge, pr&#233;sent&#233; d'un bout &#224; l'autre comme une p&#233;riode sombre, violente, primitive, marqu&#233;e par la brutalit&#233; des m&#339;urs et l'ignorance des gens. Jarry note ainsi avec ironie que &#171; &lt;i&gt;les gens sont assez mal habill&#233;s&lt;/i&gt; &#187; : il s'agit bien s&#251;r d'une plaisanterie, mais l'humour permet de faire passer des &#233;l&#233;ments qu'on aurait plus de mal &#224; affirmer sur un ton s&#233;rieux. Dans des &#233;missions aussi &#171; &#233;crites &#187; que peut l'&#234;tre celle-ci, force est de constater que l'humour n'est en tout cas pas utilis&#233; pour retourner certains clich&#233;s, mais plut&#244;t pour les ent&#233;riner. C'est d'ailleurs encore Jarry qui s'offusque en voyant des enfants boire du vin. Fa&#231;on, l&#224; encore, de pr&#233;senter la p&#233;riode comme un &#226;ge primitif et assez fruste : le fait de pr&#233;ciser que ce vin est en r&#233;alit&#233; tr&#232;s peu alcoolis&#233; (et qu'il se boit en outre largement coup&#233; d'eau) ne change pas la premi&#232;re impression produite par la s&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, St&#233;phane Bern explique qu'au Moyen &#194;ge, &#171; &lt;i&gt;les gens ne savaient ni lire ni compter&lt;/i&gt; &#187;, ce qui est totalement caricatural. Si la ma&#238;trise de l'&#233;crit reste en effet souvent le privil&#232;ge d'une &#233;lite sociale et intellectuelle, il n'emp&#234;che qu'elle se diffuse dans la soci&#233;t&#233;, notamment &#224; partir du XIIIe si&#232;cle. Cette &#233;poque est marqu&#233;e par la multiplication des &#233;crits qui p&#233;n&#232;trent toutes les couches de la soci&#233;t&#233; : l'administration se d&#233;veloppe et avec elle, la &#171; paperasse &#187; en tout genre ; les individus passent des contrats pour tout type de transaction et m&#234;me des vagabonds font r&#233;diger des testaments devant un notaire. Une part non n&#233;gligeable de la population sait lire et &#233;crire &#8211; peut-&#234;tre un quart, m&#234;me si c'est difficile &#224; chiffrer &#8211;, tandis qu'une part encore plus grande sait lire et signer de son nom. Rappelons par ailleurs qu'il existait au Moyen &#194;ge de &#171; petites &#233;coles &#187;, la&#239;ques ou religieuses, qui se d&#233;veloppent &#224; partir du XIIIe si&#232;cle et accueillent les enfants &#224; partir de 5 ans ; m&#234;me si elles ne concernent qu'une part minoritaire de la population &#8211; un quart des gar&#231;ons florentins en 1480 par exemple &#8211;, elles contribuent largement au progr&#232;s de l'alphab&#233;tisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est donc tr&#232;s loin de l'image d'un Moyen &#194;ge analphab&#232;te... Le fait de reprendre ainsi ce clich&#233; tr&#232;s dat&#233;, qu'on retrouve dans de nombreuses &#339;uvres de fiction, est r&#233;v&#233;lateur d'un point de vue tr&#232;s &#233;loign&#233; de l'histoire comme discipline scientifique. Le d&#233;calage est d'autant plus flagrant en cette ann&#233;e 2019, o&#249; &#171; l'&#233;crit &#187; est justement la question d'histoire m&#233;di&#233;vale qui est au programme de l'agr&#233;gation d'histoire : il aurait litt&#233;ralement suffi &#224; St&#233;phane Bern d'ouvrir le premier manuel venu, ou de feuilleter le dernier num&#233;ro du mensuel &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt;, pour actualiser son propos. M&#234;me la page Wikip&#233;dia consacr&#233;e &#224; l'enseignement au Moyen &#194;ge est plus actuelle que le discours de l'animateur, parvenant &#224; nier en quelques secondes vingt ans de recherches historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas fini ! Quelques minutes plus tard, la jeune chanteuse Ang&#233;lina note quant &#224; elle que &#171; &lt;i&gt;la vie des filles au Moyen &#194;ge n'&#233;tait pas trop trop cool&lt;/i&gt; &#187;. Rebondissant sur cette affirmation, que l'on aurait pu d&#233;construire pour faire &#339;uvre de vulgarisation historique, la voix off rench&#233;rit : les femmes nobles sont certes lettr&#233;es, mais doivent &#171; &lt;i&gt;renoncer &#224; leurs &#233;tudes&lt;/i&gt; &#187; lorsqu'elles se marient. Non seulement ce vocabulaire contemporain n'a pas de sens appliqu&#233; &#224; la p&#233;riode, mais le propos global est surtout erron&#233; : le mariage n'est en effet pas forc&#233;ment synonyme de mort intellectuelle pour les femmes de l'&#233;poque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On pourrait ainsi convoquer d'illustres exemples, de la comtesse Marie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La voix off poursuit en pr&#233;cisant, avec une d&#233;lectation mise en valeur par la bande sonore, que les filles peuvent alors &#234;tre mari&#233;es &#224; treize ans &#8211; ce qu'Ang&#233;lina, elle-m&#234;me &#226;g&#233;e de douze ans, commente d'une moue l&#233;g&#232;rement d&#233;go&#251;t&#233;e. Encore une fois, le Moyen &#194;ge est pr&#233;sent&#233; comme une p&#233;riode barbare, teint&#233;e de p&#233;dophilie, sans que cette pratique (en effet attest&#233;e m&#234;me si en rien syst&#233;matique) ne soit jamais remise en contexte. Il aurait fallu, au minimum, rappeler qu'on est alors, &#224; cet &#226;ge-l&#224;, consid&#233;r&#233; comme adulte, et qu'on peut donc se marier certes, mais aussi diriger un royaume ou exercer un m&#233;tier. On aurait &#233;galement pu aller plus loin en soulignant que c'est au Moyen &#194;ge que s'impose, du fait des efforts de l'&#201;glise, le mod&#232;le d'un mariage consensuel, c'est &#224; dire qui repose, au moins en th&#233;orie, sur la libre volont&#233; des deux &#233;poux. Bref, on aurait pu partir de la surprise d'Ang&#233;lina &#8211; tout &#224; fait compr&#233;hensible et l&#233;gitime &#8211; pour enseigner la complexit&#233; de la situation, au lieu de rester sur un constat qui a tout du jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission continue en expliquant qu'&#224; l'&#233;poque, les femmes ne peuvent pas acc&#233;der aux m&#234;mes m&#233;tiers que les hommes (ou plut&#244;t que &#171; &lt;i&gt;les filles&lt;/i&gt; &#187; ne font pas les m&#234;mes m&#233;tiers que &#171; &lt;i&gt;les gar&#231;ons&lt;/i&gt; &#187;, un vocabulaire enfantin qui est en lui-m&#234;me assez r&#233;v&#233;lateur). Il s'agit d'une erreur majeure &#8211; ou &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt; d'un raccourci probl&#233;matique &#8211;, reposant sur une vision tr&#232;s orient&#233;e de la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale. Certes, des voies sont r&#233;serv&#233;es aux hommes, ne serait-ce que la cl&#233;ricature : impossible pour une femme de devenir pr&#234;tre, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; abb&#233; ou pape. N&#233;anmoins, on trouve pendant toute la p&#233;riode des femmes qui travaillent dans de tr&#232;s nombreux domaines, comme l'atteste du reste l'existence d'un vocabulaire professionnel f&#233;minin consid&#233;rablement plus d&#233;velopp&#233; que le n&#244;tre : doctoresse et forgeronne, marchande d'or ou mar&#233;chale-ferrande, banqui&#232;re ou seigneuresse, etc. Il existe des m&#233;tiers majoritairement masculins, d'autres majoritairement f&#233;minins, mais on trouve pourtant, malgr&#233; la repr&#233;sentation que propose St&#233;phane Bern, des femmes sur des chantiers de construction, o&#249; elles sont porteuses ou tailleuses de pierres. C'est au contraire au XVIe si&#232;cle, dans un contexte professionnel et intellectuel tr&#232;s particulier, que les m&#233;tiers se ferment progressivement aux femmes. Au XIXe si&#232;cle triomphe un message bourgeois qui exclut les femmes du monde du travail, message qui impr&#232;gne en profondeur le r&#233;cit historique : ainsi continue-t-on souvent &#224; dire que c'est la Premi&#232;re Guerre mondiale qui permet aux femmes de &#171; &lt;i&gt;prendre la place des hommes&lt;/i&gt; &#187;, en niant le fait qu'une grande partie d'entre elles travaillent depuis des si&#232;cles (sans m&#234;me parler de l'importance de leur travail domestique, totalement invisibilis&#233; par de tels discours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision permet &#224; nouveau de noircir l'image du Moyen &#194;ge : Ang&#233;lina explique ainsi qu'elle n'aurait pas aim&#233; vivre &#224; cette &#233;poque, car maintenant, au moins, elle peut devenir &#171; &lt;i&gt;ce qu'elle veut&lt;/i&gt; &#187; (notons qu'on ne lui a visiblement jamais parl&#233; du plafond de verre, et qu'elle se pr&#233;pare une m&#233;chante d&#233;convenue). La conclusion de tout ce passage est laiss&#233;e &#224; la chanteuse : &#171; &lt;i&gt;ils &#233;taient tr&#232;s m&#233;chants&lt;/i&gt; &#187;. La na&#239;vet&#233; du propos peut &#233;videmment faire sourire. Reste que cette affirmation n'est ni discut&#233;e, ni nuanc&#233;e, et mise litt&#233;ralement sur le m&#234;me plan que la parole de l'historienne invit&#233;e pour cette s&#233;quence. Le jugement moral (&#171; &lt;i&gt;m&#233;chants&lt;/i&gt; &#187;) se conjugue &#224; un jugement historique globalisant (&#171; &lt;i&gt;ils &#233;taient ainsi&lt;/i&gt; &#187;) pour mieux donner &#224; voir un Moyen &#194;ge uniform&#233;ment sombre et arri&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Moyen &#194;ge &#171; &lt;i&gt;pas tr&#232;s tr&#232;s cool&lt;/i&gt; &#187; s'ach&#232;ve, &#233;videmment, par l'invention de l'imprimerie, explicitement pr&#233;sent&#233;e comme une &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187; par St&#233;phane Bern. L&#224; encore, il s'agit de r&#233;activer un c&#233;l&#232;bre clich&#233;, pourtant battu en br&#232;che par les recherches r&#233;centes, qui insistent au contraire sur la progressivit&#233; des changements induits par l'invention. Selon l'&#233;mission, l'imprimerie provoque en effet un bouleversement imm&#233;diat du paysage &#233;ducatif, permettant &#171; &lt;i&gt;heureusement&lt;/i&gt; &#187; aux moines de ne plus avoir &#224; copier les textes &#224; la main, ou entra&#238;nant l'apparition d'&#233;coles diffusant &#171; une instruction sommaire &#187; aux pauvres. &#192; nouveau, le jugement moral (&#171; &lt;i&gt;heureusement&lt;/i&gt; &#187;) s'articule &#224; l'erreur historique (il y avait d&#233;j&#224; des &#233;coles urbaines bien avant l'imprimerie, et celle-ci n'a en aucun cas amen&#233; une alphab&#233;tisation massive et soudaine), pour mieux d&#233;peindre un Moyen &#194;ge obscur dont on sort avec soulagement, pour bondir en un saut brutal jusqu'&#224; l'&#233;poque de Louis XIV. Une deuxi&#232;me s&#233;quence elle-m&#234;me emplie d'erreurs, comme l'ont montr&#233; &lt;a href=&#034;https://echosdeslumieres.home.blog/2019/09/02/la-frauduleuse-histoire-de-lecole/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plusieurs historiens modernistes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Qui parle, et de quoi parle-t-on ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Au-del&#224; de ces erreurs et errements historiques, l'&#233;mission interroge quant aux modalit&#233;s de distribution de la parole. Deux s&#233;quences sont accord&#233;es &#224; Nathalie Gorochov, m&#233;di&#233;viste et professeure &#224; l'universit&#233;. Elle propose un &#233;clairage nuanc&#233; et mesur&#233;, qui entre par ailleurs en contradiction avec ce que dit St&#233;phane Bern : quand celui-ci explique que seuls les clercs savaient lire et &#233;crire, l'historienne pr&#233;cise que les &#233;coles sont eccl&#233;siastiques &#171; &lt;i&gt;jusqu'&#224; la fin du XIe si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;, ce qui sous-entend qu'elles cessent de l'&#234;tre ensuite. Mais ce propos n'intervient qu'au second plan : on entend ainsi davantage l'humoriste Jarry plaisanter sur ses faibles talents manuels que l'historienne sp&#233;cialiste de la question &#8211; ce qui semble tout de m&#234;me tr&#232;s &#233;trange dans une &#233;mission historique. Le propos de la m&#233;di&#233;viste b&#233;n&#233;ficie en outre d'une exposition bien moindre &#8211; et est mis sur le m&#234;me plan &#8211; que celui d'Ang&#233;lina : sans d&#233;nigrer ni les savoirs des enfants, ni l'int&#233;r&#234;t que constitue leur pr&#233;sence dans des d&#233;marches de vulgarisation historique, un tel choix pose question dans la mesure o&#249; il revient &#224; relativiser la parole de l'historienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chercheuse est, par ailleurs, film&#233;e dans une biblioth&#232;que, ou dans son bureau, en tout cas dans un d&#233;cor int&#233;rieur tapiss&#233; de livres. Une fa&#231;on certes classique d'illustrer &#224; la t&#233;l&#233; la posture de l'universitaire sp&#233;cialiste, mais qui entretient &#233;galement le clich&#233; de l'historien enferm&#233; dans sa tour d'ivoire, pendant que St&#233;phane Bern, lui, va dans le &#171; vrai monde &#187;, au contact des gens et des pratiques. Enfin, notons que l'historienne ne r&#233;pond &#224; personne : elle ne dialogue pas avec St&#233;phane Bern, ni m&#234;me avec la voix off (contrairement &#224; Ang&#233;lina). Elle ne semble pas non plus avoir eu acc&#232;s au texte du pr&#233;sentateur avant de tourner la s&#233;quence &#8211; dans le cas contraire, on a en effet du mal &#224; imaginer qu'elle ne l'ait pas repris. Sa parole semble ainsi d&#233;connect&#233;e, et coup&#233;e de la trame des dialogues. D'une fa&#231;on insidieuse, l'&#233;mission d&#233;construit la parole de la sp&#233;cialiste en feignant de lui laisser une place. Bien plus, et du fait de l'absence d'&#233;changes, sa pr&#233;sence donne une caution &#224; ce qui est racont&#233; par l'animateur, et semble l'avaliser. En d'autres termes, les deux minutes de parole de l'universitaire l&#233;gitiment les vingt-huit minutes o&#249; elle ne parle pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, on peut se demander si, en tant qu'historiens, il vaut mieux refuser de participer &#224; ces &#233;missions &#8211; ce qui pose le probl&#232;me de se couper de m&#233;dias potentiellement utiles, et de laisser le monopole de la parole &#224; des non-historiens &#8211; ou jouer le jeu, en sachant que nos propos vont &#234;tre utilis&#233;s pour renforcer des discours faux et biais&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : sur ce sujet, voir notre entretien : &#171; L'histoire racont&#233;e par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de ces trente minutes &#8211; seulement ! &#8211; d'&#233;mission, qu'a-t-on appris ? On aura retenu que les chantiers m&#233;di&#233;vaux sont des lieux o&#249; se transmettent des savoirs complexes, notamment abstraits : c'est une bonne chose. Mais on n'aura rien entendu sur les &#233;coles urbaines, sur la p&#233;dagogie m&#233;di&#233;vale, sur les usages de l'&#233;crit, sur le profil sociologique des ma&#238;tres ou des &#233;tudiants. On aura, par contre, entendu beaucoup d'erreurs, de clich&#233;s, d'affirmations dat&#233;es, rejet&#233;es depuis plusieurs d&#233;cennies par les historiens et historiennes. On n'aura pas parl&#233; des &#233;volutions internes &#224; la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale, qui n'est pr&#233;sent&#233;e que comme un bloc dont on finit &#171; heureusement &#187; par sortir gr&#226;ce &#224; l'imprimerie. On n'aura jamais rien dit des sources qui permettent d'&#233;tudier l'enseignement au Moyen &#194;ge. Pour le dire autrement et le r&#233;sumer d'un mot, malgr&#233; le titre de l'&#233;mission, on n'aura pas fait d'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cette &#171; fabuleuse histoire de l'&#233;cole &#187; s'av&#232;re ainsi tenir bien plus de la fable que de l'histoire. Ce genre d'&#233;missions &#8211; diffus&#233;es sur une cha&#238;ne du service public et donc r&#233;alis&#233;es en partie, rappelons-le sans cesse, avec l'argent de tous et toutes &#8211; font &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; plus de mal que de bien. Elles donnent, face &#224; une audience de pr&#232;s de deux millions de t&#233;l&#233;spectateurs, le monopole de la parole historique &#224; des non-historiens qui s'en servent pour diffuser des erreurs grossi&#232;res et, plus discr&#232;tement, un certain nombre de visions politiques tr&#232;s connot&#233;es (&#171; &lt;i&gt;l'&#233;cole &#233;tait mieux avant&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;les &#233;tudiants font la f&#234;te&lt;/i&gt; &#187;). Un bilan que ne parvient pas &#224; contrebalancer la pr&#233;sence d'historiens et d'historiennes sp&#233;cialistes de la question, qui participe finalement, gr&#226;ce &#224; la caution de &#171; sachants &#187; qu'elle fournit, &#224; l&#233;gitimer les discours dominants de l'&#233;mission, enrob&#233;s dans de belles reconstitutions et dans les sourires de l'animateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me que les initiatives de diffusion de la recherche se multiplient, de Twitter &#224; YouTube en passant par des podcasts et des bandes dessin&#233;es, la t&#233;l&#233;vision reste la chasse-gard&#233;e d'une poign&#233;e de pseudo-historiens, dont le discours est en r&#233;alit&#233; anti-historique. C'est d'autant plus dommage que ces nouvelles formes de diffusion de la recherche allient art du r&#233;cit et de la mise en sc&#232;ne et rigueur du propos. Des r&#233;alisateurs, des dessinateurs, des metteurs en sc&#232;ne et des chercheurs travaillent de plus en plus ensemble pour proposer des &#339;uvres et des divertissements qui diffusent des visions historiques &#224; jour. L'histoire est suffisamment vaste et riche pour offrir un merveilleux terrain de jeu pour les cr&#233;ateurs et beaucoup d'historiens sont pr&#234;ts &#224; la faire d&#233;couvrir &#224; un public aussi large que possible. La t&#233;l&#233;vision publique gagnerait probablement &#224; se mettre &#224; l'&#233;cole de ces initiatives qui peuplent aujourd'hui internet, les th&#233;&#226;tres aussi bien que les librairies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Catherine Rideau-Kikuchi&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Florian Besson&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Annexe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme nous le mentionnions plus haut, le doctorant en histoire contemporaine et enseignant Guillaume Lancereau s'est &#233;galement livr&#233; &#224; &lt;a href=&#034;https://echosdeslumieres.home.blog/2019/09/02/la-frauduleuse-histoire-de-lecole/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une analyse critique du volet de l'&#233;mission consacr&#233; &#224; l'&#233;poque moderne&lt;/a&gt;. Avec son autorisation, nous reproduisons ci-dessous les deux derniers paragraphes de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : un plaidoyer &lt;i&gt;pro domo &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#233;l&#233;vision persiste donc &#224; malmener l'histoire, avec le soutien des institutions culturelles et p&#233;dagogiques les plus l&#233;gitimes, puisque Lor&#225;nt Deutsch continue d'&#234;tre invit&#233; dans divers coll&#232;ges et &#233;coles publics en pr&#233;sence d'&#233;lus, tandis que St&#233;phane Bern poursuit son entreprise de vulgarisation traditionaliste sur le service public et re&#231;oit la cons&#233;cration de l'Institut de France sous la forme d'une &#171; Fondation St&#233;phane Bern pour l'histoire et le patrimoine &#187;. De surcro&#238;t, ce travail m&#233;diatique s'op&#232;re, dans le cas de l'&#233;mission concern&#233;e, au nom d'un principe dont il livre lui-m&#234;me la justification : il faut apprendre en s'amusant, par opposition aux savoirs scolaires et universitaires pos&#233;s comme r&#233;barbatifs et intellectualistes. Ce postulat transpara&#238;t nettement lorsque l'animateur c&#233;l&#232;bre les aristocratiques acad&#233;mies d'Ancien R&#233;gime au sein desquelles &lt;i&gt;&#171; on apprenait en s'amusant &#187;&lt;/i&gt; (postulat au demeurant bien discutable), ce que les enseignants de notre soci&#233;t&#233; contemporaine seraient incapables d'entendre &#8211; d'o&#249; la l&#233;gitimit&#233; suppos&#233;e des &#233;missions d'un St&#233;phane Bern. Au-del&#224; du fait que cette lecture ignore tout de la pr&#233;sence effective du jeu dans nos salles de classe, cette d&#233;finition promeut en d&#233;finitive une bien m&#233;diocre d&#233;finition de la vulgarisation des savoirs, en mettant dos &#224; dos s&#233;rieux et l'amusant, la connaissance et le divertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au nom d'une conception toute contraire que nous continuons et continuerons &#224; d&#233;crypter et pointer du doigt les limites des contenus m&#233;diatiques de ce type. Notre but ne consiste pas ici &#224; pousser les vices de notre m&#233;tier d'enseignants jusqu'&#224; pr&#233;tendre corriger des contenus t&#233;l&#233;visuels comme nous corrigeons nos copies, de distribuer des bons et de mauvais points en fl&#233;trissant inlassablement les mauvais &#233;l&#232;ves, au risque de l'acharnement. Le fond de notre d&#233;marche vise, plus simplement, &#224; affirmer que le service public et les personnes qui y recourent pour d&#233;couvrir le pass&#233;, m&#233;ritent mieux ; &#224; affirmer que les contenus rigoureusement compos&#233;s, empiriquement fond&#233;s, intellectuellement stimulants, devraient &#234;tre un bien commun et non pas l'apanage lointain et jaloux des c&#233;nacles universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas n&#233;cessairement toutes les positions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDLR : &#224; ce sujet, voir nos articles : &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Laissez-vous-guider-France-2-la-balade&#034;&gt;&#171; &#034;Laissez-vous guider&#034; (France 2) : la balade r&#233;actionnaire de Bern et Deutsch dans le Paris r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Secrets-d-histoire-le-magazine-royaliste-de-France-2&#034;&gt;&#171; &#034;Secrets d'histoire&#034;, le magazine royaliste de France 2 ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourrait ainsi convoquer d'illustres exemples, de la comtesse Marie de Champagne (1174-1204), qui tient une cour prestigieuse dans laquelle artistes et po&#232;tes se pressent, &#224; Christine de Pisan (1364-1431), veuve &#224; 25 ans et qui devient la premi&#232;re &#233;crivaine &#224; vivre de sa plume.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDLR : sur ce sujet, voir notre entretien : &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/L-histoire-racontee-par-les-medias-un-entretien&#034;&gt;&#171; L'histoire racont&#233;e par les m&#233;dias : un entretien crois&#233; &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Laissez-vous guider &#187; (France 2) : la balade r&#233;actionnaire de Bern et Deutsch dans le Paris r&#233;volutionnaire</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Laissez-vous-guider-France-2-la-balade</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Laissez-vous-guider-France-2-la-balade</guid>
		<dc:date>2019-05-28T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Naudin, Guillaume Lancereau, Manon Bril</dc:creator>


		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>
		<dc:subject>Pluralisme</dc:subject>
		<dc:subject>France 2</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Monopole des deux clients m&#233;diatiques sur l'histoire &#224; la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pluralisme-+" rel="tag"&gt;Pluralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH149/arton5947-cbc86.jpg?1776685780' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 2 mai en premi&#232;re partie de soir&#233;e, France 2 diffusait le second num&#233;ro de &#171; Laissez-vous guider &#187;, la derni&#232;re &#233;mission grand public de France 2, anim&#233;e (et produite) par St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;mission est produite par Prod et Compagnie, Morgane Production, Carpo 16 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; grands renforts d'effets sp&#233;ciaux, cette &#233;mission a &#233;t&#233; l'occasion pour les deux &#171; historiens de garde &#187; de revisiter la R&#233;volution fran&#231;aise en multipliant les impr&#233;cisions et les points de vue biais&#233;s dont ils sont coutumiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant d'&#233;voquer ce nouveau num&#233;ro de &#171; Laissez-vous guider &#187;, il est int&#233;ressant de revenir sur le choix, de la part de France 2, de laisser les cl&#233;s d'une nouvelle &#233;mission historique &#224; deux figures m&#233;diatiques aux accointances monarchistes, St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le choix de France 2 : la R&#233;volution racont&#233;e par deux monarchistes m&#233;diatiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&#192; commencer par St&#233;phane Bern. L'animateur n'a jamais cach&#233; ses sympathies royalistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la postface des Historiens de garde.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; son &#233;mission &#171; Secrets d'histoire &#187; consiste d'ailleurs, la plupart du temps, en un &#233;loge des t&#234;tes couronn&#233;es &#8211; l'histoire du peuple n'int&#233;ressant pas le public, selon Bern lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors d'un passage &#224; l'&#233;mission &#171; M&#233;dias le Magazine &#187; (France 5), 19 mai 2013.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet &#233;pisode de &#171; Laissez-vous guider &#187; se pr&#233;sente lui-m&#234;me comme un passage en revue de l'histoire r&#233;volutionnaire, &lt;i&gt;&#171; de la prise de la Bastille o&#249; tout a commenc&#233;, &#224; la place de la Concorde qui a vu l'ex&#233;cution du roi de France &#187;&lt;/i&gt; &#8211; et o&#249;, laisse-t-on entendre, tout aurait fini !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lor&#224;nt Deutsch d&#233;fend lui aussi la monarchie, et sa vision de la R&#233;volution interroge&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; J'ai des sympathies, je ne m'en cache pas, pour la monarchie, a-t-il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 2011, il d&#233;clare dans &lt;i&gt;Le Figaro TV magazine&lt;/i&gt; que le moment r&#233;volutionnaire met &lt;i&gt;&#171; fin &#224; notre civilisation &#187;&lt;/i&gt;, et d&#233;plore un &#233;v&#233;nement qui aurait &lt;i&gt;&#171; coup&#233; la t&#234;te &#224; nos racines &#187;&lt;/i&gt;. Dans &lt;i&gt;M&#233;tronome&lt;/i&gt;, il se montre particuli&#232;rement virulent au sujet de cette p&#233;riode historique, insistant beaucoup sur la violence du peuple en R&#233;volution, sur les mensonges des r&#233;volutionnaires, et sur les pr&#233;tendues destructions de patrimoine. Lor&#224;nt Deutsch est &#233;galement un fervent partisan de la th&#233;orie du g&#233;nocide vend&#233;en, notamment relay&#233;e dans les grands m&#233;dias par l'interm&#233;diaire d'un &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Un-enieme-proces-de-la-Revolution-francaise-par&#034;&gt;&#233;ditorialiste tel qu'&#201;ric Brunet&lt;/a&gt; ; un r&#233;cit id&#233;ologiquement marqu&#233; et caract&#233;ristique d'une droite catholique, traditionaliste et contre-r&#233;volutionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Cl&#233;ment Martin, La Vend&#233;e de la m&#233;moire, Paris, Seuil 1989 ; ou encore (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut difficilement croire que France T&#233;l&#233;visions ignorait le caract&#232;re id&#233;ologique des productions de St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch. Une explication possible &#224; ce choix est celle d'une logique d'audience : les deux animateurs b&#233;n&#233;ficieraient d'une image de vulgarisateurs &#224; m&#234;me de &#171; passionner &#187; les spectateurs &#8211; ne sont-ils pas eux-m&#234;mes &lt;i&gt;&#171; deux grands passionn&#233;s d'histoire et de patrimoine &#187;&lt;/i&gt;, comme l'annonce l'&#233;mission d&#232;s ses premi&#232;res secondes ? Pourtant, les succ&#232;s d'audience sont loin d'&#234;tre toujours au rendez-vous pour les deux &#171; historiens de garde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diffus&#233; sur France 2 le 27 mars 2018, le premier num&#233;ro de &#171; Laissez-vous guider &#187;, consacr&#233; &#224; Paris et Marseille, n'avait gu&#232;re convaincu, n'attirant que 2,4 millions de t&#233;l&#233;spectateurs pour 10,4 % de parts de march&#233;. Un r&#233;sultat en demi-teinte, provoquant d'ailleurs un recentrage de l'&#233;mission sur Paris. Le concept de d&#233;part &#233;tait une balade entre deux villes fran&#231;aises. Pour expliquer la faible audience, Lor&#224;nt Deutsch affirme &lt;a href=&#034;http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/lorant-deutsch-il-faut-vulgariser-l-histoire-pour-la-rendre-accessible_cd2d9e3e-6b2c-11e9-864e-4083dec1dab1/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans une interview&lt;/a&gt; que la premi&#232;re &#233;mission aurait perturb&#233; le public, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle se passait dans deux villes. Une analyse qui se passe de commentaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que si les &#233;missions de St&#233;phane Bern continuent de bien &#171; fonctionner &#187;, l'image d'&#233;ternel ado sympa de Lor&#224;nt Deutsch semble un peu ternie depuis quelques temps. Il y a d'abord eu les pol&#233;miques autour de &lt;i&gt;M&#233;tronome&lt;/i&gt;. Le com&#233;dien a &#233;t&#233; vilipend&#233; pour sa vision partisane de l'histoire. Il a r&#233;pondu en tentant de discr&#233;diter les historiens critiques, les accusant d'&#234;tre des id&#233;ologues. Puis, fin 2013, son approche de la bataille de Poitiers, dans son livre &lt;i&gt;Hexagone&lt;/i&gt; pose &#224; nouveau question&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, lire &#171; Lor&#224;nt Deutsch et le mythe de l'invasion musulmane &#187;.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, trois ans plus tard, le site Buzzfeed enqu&#234;te sur un vrai-faux compte Twitter (et Facebook) dans lequel le com&#233;dien, ou quelqu'un se faisant passer pour lui, attaque violemment ses adversaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Insultes, menaces : les myst&#233;rieux tweets cach&#233;s de Lor&#224;nt Deutsch &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pol&#233;miques, ainsi que les ventes un peu d&#233;cevantes d'&lt;i&gt;Hexagone&lt;/i&gt; et m&#234;me &lt;i&gt;M&#233;tronome 2&lt;/i&gt;, ont contribu&#233; &#224; une relative perte de vitesse du com&#233;dien. Parall&#232;lement &#224; la sortie d'un ouvrage sur la langue fran&#231;aise (&lt;i&gt;Romanesque&lt;/i&gt;), qui lui vaut &#233;galement une (nouvelle) petite pol&#233;mique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment lorsque le com&#233;dien argua de la pr&#233;sence de 600 mots d'arabe dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de nouveaux proc&#232;s en incomp&#233;tence (et toujours beaucoup de promo t&#233;l&#233;), le com&#233;dien lance fin 2018 sa chaine Youtube, &#171; &#192; toute berzingue &#187;, dont le concept de d&#233;part est d'apprendre l'histoire des principales villes de France en cinq minutes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; noter qu'une des &#233;missions de cette cha&#238;ne, d&#233;di&#233;e &#224; Gen&#232;ve, a &#233;galement &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cha&#238;ne qui compte, &#224; ce jour, un peu plus de 3000 abonn&#233;s, ce qui reste incroyablement anecdotique, si l'on compare ce chiffre aux ventes de livres du com&#233;dien, et surtout aux principales chaines Youtube sp&#233;cialis&#233;es dans l'histoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La principale chaine fran&#231;aise Youtube d'histoire, &#171; Nota Bene &#187;, compte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant&#8230; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Un-documentaire-sur-la-tournee-de-BHL-finance-par&#034;&gt;Comme dans le cas de BHL&lt;/a&gt;, ces diff&#233;rents signes n'emp&#234;chent pas les grands m&#233;dias et les cercles du pouvoir de continuer &#224; maintenir les deux bons clients de la t&#233;l&#233; sous respiration artificielle. En les consacrant comme les deux charg&#233;s &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; des sujets d'histoire, mais &#233;galement en entretenant leur capital symbolique &#224; grand renfort de prix, et autres reconnaissances institutionnelles. Ainsi St&#233;phane Bern fut-il consacr&#233; officiellement par Emmanuel Macron, qui l'a nomm&#233; &#224; la t&#234;te d'une &#171; Mission patrimoine &#187; en novembre 2017. Par ailleurs, l'Institut de France, qui fait office depuis le 19&#232;me si&#232;cle d'instance de validation de la production historique anecdotique, a ajout&#233; sa propre cons&#233;cration &#224; la &#171; Fondation St&#233;phane Bern pour l'histoire et le patrimoine &#187;. Cette structure cr&#233;&#233;e en 2016 r&#233;compense ainsi chaque ann&#233;e des ouvrages ou initiatives en faveur du patrimoine au moyen de deux prix, de 5 000 et 25 000 euros, somme bien rondelette en ces temps de disette impos&#233;e des universit&#233;s publiques o&#249; s'enseigne l'histoire ! Le tout agr&#233;ment&#233; d'une m&#233;daille &#224; l'effigie de l'animateur-producteur, prouvant une fois de plus que le ridicule ne tue pas les tenants du pouvoir m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pol&#233;miques m&#233;diatiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Autre explication du choix de France 2 : les deux animateurs proposant &#224; la fois un r&#233;cit simpliste et pol&#233;mique de la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; Paris, ils ne manqueront pas de faire parler de l'&#233;mission, cr&#233;er un buzz et apporter de l'audience. Et de fait, les r&#233;actions n'ont pas manqu&#233;. Dans les m&#233;dias et sur les r&#233;seaux sociaux plus encore, des historiens et historiennes, des vulgarisateurs et vulgarisatrices d'histoire, mais aussi des politiques, ont finalement choisi d'interpeller France T&#233;l&#233;visions, et de s'&#233;tonner publiquement de ce choix. Dans &lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualite/medias/france-2-la-revolution-francaise-vue-par-bern-et-deutsch-fait-grincer-des-dents_2072186.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par exemple, Jean-Christophe Piot exprime &lt;i&gt;&#171; une m&#233;fiance de principe &#187;&lt;/i&gt;, craignant que la R&#233;volution ne soit r&#233;sum&#233;e &#224; ses &lt;i&gt;&#171; aspects noirs et d'en oublier ce qui en est rest&#233; d'un peu plus positif &#187;&lt;/i&gt;. Dans le m&#234;me article, l'historienne Mathilde Larr&#232;re, &#233;galement tr&#232;s active sur les r&#233;seaux sociaux, d&#233;plore le choix de France T&#233;l&#233;visions, service public, alors que d'autres historiens &#233;taient tout &#224; fait capables de raconter cette p&#233;riode. Surtout, elle voudrait que France T&#233;l&#233;visions annonce clairement le &lt;i&gt;&#171; biais monarchiste &#187;&lt;/i&gt; des deux animateurs, par honn&#234;tet&#233; pour le public, alors que Guillaume Mazeau, historien sp&#233;cialiste de la R&#233;volution, regrette le &lt;i&gt;&#171; monopole &#187;&lt;/i&gt; de Bern et Deutsch sur l'histoire &#224; la t&#233;l&#233;vision publique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#244;t&#233; politiques, comme ce fut le cas lors de la sortie de M&#233;tronome, c'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; leur habitude, St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch ont r&#233;pondu en se d&#233;fendant d'&#234;tre des historiens, mais uniquement des &lt;i&gt;&#171; conteurs &#187;&lt;/i&gt; : Bern se pr&#233;sente m&#234;me en &lt;i&gt;&#171; visiteur un peu na&#239;f &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;duisant les critiques &#224; des &lt;i&gt;&#171; donneurs de le&#231;ons &#187;&lt;/i&gt;, tout en s'estimant victime de&#8230; &lt;i&gt;&#171; proc&#232;s en sorcellerie &#187;&lt;/i&gt; ! Le discours de St&#233;phane Bern joue sur l'ambigu&#239;t&#233; de ce type de programme, pr&#233;tendant notamment qu'il ne s'agit pas d'une &#233;mission d'histoire, mais d'&lt;i&gt;&#171; une &#233;mission de patrimoine &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; nouveau cet article de L'Express.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pratique !&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une &#233;mission &#171; d'histoire-entertainment &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Sur le fond, l'&#233;mission a &#233;t&#233; critiqu&#233;e avant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'historienne Sophie Wahnich, notamment, a pu y avoir acc&#232;s.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pendant et apr&#232;s sa diffusion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, l'&#233;mission d'Arr&#234;t sur images &#224; ce sujet.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'une des principales critiques porte sur l'&#233;clatement de la chronologie, qui ne permet pas de comprendre l'enchainement des &#233;v&#233;nements, et fait perdre toute coh&#233;rence. Pour Bern et Deutsch, &lt;i&gt;&#171; tout commence &#224; la Bastille &#187;&lt;/i&gt;, oubliant par exemple les &#201;tats G&#233;n&#233;raux ou le Serment du Jeu de Paume. L'omission appara&#238;t assez amusante quand on sait que les historiens de garde, et les conservateurs en g&#233;n&#233;ral (notamment le ministre de l'&#201;ducation nationale) se plaignent r&#233;guli&#232;rement de &#171; la fin de la chronologie &#187; dans l'histoire scolaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite l'absence du peuple, ce que remarque en particulier Sophie Wahnich&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations qui suivent sont extraites de l'article des Inrockuptibles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon elle, &lt;i&gt;&#171; de ce qui fait de la r&#233;volution un &#233;v&#233;nement politique populaire, on ne saura rien. Le peuple comme acteur politique dou&#233; de libert&#233; est absent&#233; &#187;&lt;/i&gt;. L'historienne rel&#232;ve &#233;galement &lt;i&gt;&#171; un tropisme royaliste et contre-r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/i&gt;, avec l'insistance sur l'&#233;motion au moment d'&#233;voquer le sort du couple royal, leurs conditions de d&#233;tention &lt;i&gt;&#171; &#233;pouvantables &#187;&lt;/i&gt;, la suppos&#233;e cruaut&#233; de Marat ou la fin de Louis XVI, annonc&#233;e par une musique des plus dramatiques. Les autres critiques pointent p&#234;le-m&#234;le des erreurs factuelles, des id&#233;es re&#231;ues, l'absence d'historiens sp&#233;cialistes (les intervenants, simplement d&#233;sign&#233;s comme &#171; historiens &#187;, sont le plus souvent conf&#233;renciers ou consultants en histoire, et par ailleurs habitu&#233;s de l'&#233;mission de Bern, &#171; Secrets d'histoire &#187;), et l'aspect &lt;i&gt;entertainment&lt;/i&gt; d'un produit marketing qui r&#233;duit l'histoire &#224; des anecdotes et des reconstitutions 3D spectaculaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au passage, nombre d'historiens attach&#233;s &#224; une vraie d&#233;mocratisation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel bilan tirer de tout cela ? On peut, pour commencer, s'&#233;tonner du choix de France 2 de confier une &#233;mission sur la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; deux monarchistes sans que rien n'en soit dit aux t&#233;l&#233;spectateurs. Un choix dont on peut gager qu'il s'explique par des logiques d'audience anticip&#233;e... quoiqu'en grande partie d&#233;menties par la r&#233;alit&#233; des chiffres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S'ils ne sont pas nuls, les r&#233;sultats d'audience restent en effet en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble ainsi qu'il ne soit pas possible, pour France 2, d'envisager de se passer de ses &#171; historiens de garde &#187; patent&#233;s, devenus de v&#233;ritables entrepreneurs m&#233;diatiques. Pourtant, le succ&#232;s des &#233;missions de vulgarisation historique sur Youtube par exemple, montre que d'autres &#233;missions d'histoire, s&#233;rieuses, sourc&#233;es et n&#233;anmoins divertissantes, sont possibles. Mais tout porte &#224; croire qu'il demeure une cloison entre deux mondes : la t&#233;l&#233;vision d'une part, internet et les r&#233;seaux sociaux d'autre part, ainsi que leurs publics respectifs. En t&#233;moigne le faible nombre d'abonn&#233;s &#224; la chaine Youtube de Deutsch. Autre illustration : la pol&#233;mique sur l'&#233;mission n'a &#233;t&#233; r&#233;ellement visible que sur le net &#8211; Twitter notamment, ou des articles en ligne de journaux. Pas un mot, &#224; notre connaissance, sur les chaines infos ou dans les diff&#233;rents talkshows &#224; succ&#232;s. Ni m&#234;me d'ailleurs &#224; la radio.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;La t&#233;l&#233;vision demeure encore le principal m&#233;dia et le plus regard&#233;. Un m&#233;dia qui continue d'&#234;tre la chasse gard&#233;e des &#171; historiens de garde &#187;, particuli&#232;rement dans le cas du service public. Cette situation conduit &#224; arroger un quasi-monopole &#224; des discours conservateurs et r&#233;actionnaires sur l'histoire, au m&#233;pris du pluralisme. Au-del&#224; de la critique n&#233;cessaire des &#171; historiens de garde &#187;, de leur position de pouvoir dans les champs m&#233;diatique et politique, et de leur production &#233;ditoriale, c'est bien cette captation des savoirs, d'autant plus contestable qu'elle concerne l'audiovisuel public, qu'il convient inlassablement de remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Guillaume Lancereau&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Manon Bril&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;mission est produite par Prod et Compagnie, Morgane Production, Carpo 16 (la bo&#238;te de production de &lt;a href=&#034;https://carpo16prod.wixsite.com/carpo16prod&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lor&#224;nt Deutsch&lt;/a&gt;) et Kisayang (celle de &lt;a href=&#034;https://www.challenges.fr/media/audiovisuel/maison-de-production-pourquoi-stephane-bern-devient-un-pdg-animateur_486867&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.editionslibertalia.com/IMG/pdf/libertalia-les_historiens_de_garde-postface2018.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la postface des &lt;i&gt;Historiens de garde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lors d'un passage &#224; l'&#233;mission &#171; M&#233;dias le Magazine &#187; (France 5), 19 mai 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai des sympathies, je ne m'en cache pas, pour la monarchie, a-t-il reconnu. Mais en tant que d&#233;mocrate ! Comme tous les d&#233;mocrates, je m'int&#233;resse aux meilleurs syst&#232;mes politiques possibles. Et il se trouve que les pays d'Europe o&#249; on a la sensation que la d&#233;mocratie s'exprime le mieux, c'est syst&#233;matiquement dans les monarchies du Nord, &#224; savoir des monarchies parlementaires &#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-il dans un entretien &#224; &lt;a href=&#034;https://www.voici.fr/news-people/actu-people/laissez-vous-guider-lorant-deutsch-repond-aux-critiques-contre-lui-et-stephane-bern-659341&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Voici&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2/05/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Cl&#233;ment Martin, &lt;i&gt;La Vend&#233;e de la m&#233;moire&lt;/i&gt;, Paris, Seuil 1989 ; ou encore du m&#234;me Jean-Cl&#233;ment Martin, &#171; La Vend&#233;e dans la m&#233;moire des droites &#187;, dans Jean-Fran&#231;ois Sirinelli (dir.), &lt;i&gt;Histoire des droites en France&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1992, tome II, p. 437-469. &#192; ce sujet, voir &#224; nouveau &lt;i&gt;Les historiens de garde&lt;/i&gt;, Libertalia, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, lire &lt;a href=&#034;https://www.huffingtonpost.fr/christophe-naudin/lorant-deutsch-hexagone_b_4015871.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Lor&#224;nt Deutsch et le mythe de l'invasion musulmane &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; Insultes, menaces : les myst&#233;rieux tweets cach&#233;s de Lor&#224;nt Deutsch &#187; sur &lt;a href=&#034;https://www.buzzfeed.com/fr/paulaveline/insultes-menaces-les-mysterieux-tweets-caches-de-lorant-deut&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site de Buzzfeed&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment lorsque le com&#233;dien argua de la pr&#233;sence de 600 mots d'arabe dans la langue fran&#231;aise actuelle pour en conclure qu'il ne voyait &lt;a href=&#034;https://www.huffingtonpost.fr/2018/10/24/lorant-deutsch-ne-voit-aucun-interet-a-apprendre-larabe-a-lecole_a_23570305/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; aucun int&#233;r&#234;t &#187;&lt;/i&gt; &#224; enseigner l'arabe &#224; l'&#233;cole !&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; noter qu'une des &#233;missions de cette cha&#238;ne, d&#233;di&#233;e &#224; Gen&#232;ve, a &#233;galement &#171; fait pol&#233;mique &#187; et surtout&#8230; d&#233;clench&#233; les rires de nos voisins helv&#232;tes &#224; cause de plusieurs erreurs grossi&#232;res. Lor&#224;nt Deutsch a m&#234;me &#233;t&#233; oblig&#233; de faire une mise au point sur sa chaine Youtube, remerciant au passage les 1500 abonn&#233;s qui le suivent&#8230; La d&#233;marche des deux stars m&#233;diatiques a &#233;galement r&#233;cemment inspir&#233; &#224; l'historien Laurent Turcot une parodie appliqu&#233;e au cas de Montr&#233;al, intitul&#233;e &#171; Secrets de Montr&#233;al &#187;, un &#233;pisode diffus&#233; sur sa cha&#238;ne Youtube &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=-uMuUsDB5uc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'histoire nous le dira &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La principale chaine fran&#231;aise Youtube d'histoire, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCP46_MXP_WG_auH88FnfS1A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Nota Bene &#187;&lt;/a&gt;, compte plus de 900 000 abonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#244;t&#233; politiques, comme ce fut le cas lors de la sortie de &lt;i&gt;M&#233;tronome&lt;/i&gt;, c'est le d&#233;put&#233; de la France insoumise, Alexis Corbi&#232;re, qui est mont&#233; au cr&#233;neau, en &lt;a href=&#034;https://www.marianne.net/medias/alexis-corbiere-avec-stephane-bern-et-lorant-deutsch-ne-comprend-pas-la-naissance-de-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;non&#231;ant le &lt;i&gt;&#171; biais id&#233;ologique &#187;&lt;/i&gt; de l'&#233;mission&lt;/a&gt;. Le jour m&#234;me de l'&#233;mission, Jean-Luc M&#233;lenchon y est all&#233; lui aussi de &lt;a href=&#034;https://twitter.com/jlmelenchon/status/1124032537150541824?lang=bg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son tweet&lt;/a&gt;, estimant que les &lt;i&gt;&#171; deux royalistes pas m&#234;me historiens d&#233;figurent la glorieuse r&#233;volution qui a cr&#233;&#233; le peuple fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; nouveau &lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualite/medias/france-2-la-revolution-francaise-vue-par-bern-et-deutsch-fait-grincer-des-dents_2072186.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'historienne Sophie Wahnich, notamment, a pu y avoir acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, &lt;a href=&#034;https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/bern-deutsch-tout-est-fait-pour-susciter-lempathie-pour-marie-antoinette&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;mission d'Arr&#234;t sur images&lt;/a&gt; &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les citations qui suivent sont extraites de l'article des &lt;a href=&#034;https://www.lesinrocks.com/2019/04/30/medias/medias/on-a-fait-regarder-lemission-de-stephane-bern-et-lorant-deutsch-sur-la-revolution-francaise-a-une-historienne/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Inrockuptibles&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (30/04/19), &#171; On a fait regarder l'&#233;mission de St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch sur la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; une historienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au passage, nombre d'historiens attach&#233;s &#224; une vraie d&#233;mocratisation des savoirs n'ont clairement pas de tels moyens &#224; disposition !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S'ils ne sont pas nuls, les r&#233;sultats d'audience restent en effet en demi-teinte. Le lendemain de l'&#233;mission, France 2 s'est f&#233;licit&#233;, dans un tweet, du bon score de l'&#233;mission. Pourtant, si la part de march&#233; est un peu meilleure que lors du premier &#233;pisode (12,1 % contre 10,4 %), le nombre de spectateurs n'a pas &#233;volu&#233; de mani&#232;re extraordinaire, passant de 2,4 &#224; 2,5 millions. La pol&#233;mique a-t-elle vraiment contribu&#233; &#224; faire gagner 100 000 curieux ? Ce n'est en tout cas pas spectaculaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un (&#233;ni&#232;me) proc&#232;s de la R&#233;volution fran&#231;aise, par &#201;ric Brunet et Claude Qu&#233;tel</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Un-enieme-proces-de-la-Revolution-francaise-par</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Un-enieme-proces-de-la-Revolution-francaise-par</guid>
		<dc:date>2019-05-14T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Lancereau</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;ric Brunet</dc:subject>
		<dc:subject>RMC</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand &#201;ric Brunet (RMC) invite Claude Qu&#233;tel pour &#171; se payer la R&#233;volution fran&#231;aise &#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Eric-Brunet-+" rel="tag"&gt;&#201;ric Brunet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RMC-+" rel="tag"&gt;RMC&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton5936-33c39.png?1776685780' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mercredi 24 avril, sur RMC, &#201;ric Brunet consacrait son &#233;mission &#224; la promotion du dernier ouvrage de l'historien Claude Qu&#233;tel : &lt;i&gt;Crois ou meurs ! Histoire incorrecte de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/i&gt; (Tallandier, 2019)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;mission est t&#233;l&#233;chargeable ici en podcast. Les minutes indiqu&#233;es dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s les premi&#232;res secondes, le ton est donn&#233;. L'invit&#233; de Radio Brunet &#171; &lt;i&gt;a plut&#244;t envie de se payer la R&#233;volution fran&#231;aise et la fa&#231;on dont on en parle depuis des d&#233;cennies&lt;/i&gt; &#187; (0'30), d'apr&#232;s l'animateur qui ne voit lui-m&#234;me dans l'&#233;v&#233;nement qu'&#171; &lt;i&gt;une esp&#232;ce d'espace qui a laiss&#233; la dictature et la folie meurtri&#232;re se d&#233;velopper&lt;/i&gt; &#187; (1'20). Cet accueil r&#233;serv&#233;, &#224; une heure de grande &#233;coute et sans contradicteur sur le plateau, &#224; un historien-pamphl&#233;taire en passe de devenir une r&#233;f&#233;rence intellectuelle dans la n&#233;buleuse de la vulgarisation contre-r&#233;volutionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce propos les huit pages de texte offertes &#224; cet auteur dans Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, appelle quelques r&#233;flexions sur les formes et enjeux de cette m&#233;diatisation du discours sur l'histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au sein de l'espace m&#233;diatique, les &#233;ditorialistes et animateurs distribuent la parole et contribuent ainsi &#224; produire les standards de l&#233;gitimit&#233; intellectuelle. Dans l'ensemble, l'opinion des chercheurs universitaires s'y trouve moins souvent sollicit&#233;e que celle des chroniqueurs et autres figures d'&#171; experts &#187; m&#233;diatiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la construction m&#233;diatique des &#171; experts &#187; historiques, voir notre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De surcro&#238;t, les points de vue des uns et des autres tendent &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#233;quivalents, ce qui permet r&#233;guli&#232;rement auxdits chroniqueurs de balayer d'un revers de main les conclusions de travaux universitaires : ainsi lorsqu'un &#201;ric Zemmour ou un Alain Finkielkraut sont jug&#233;s l&#233;gitimes &#224; d&#233;savouer le travail historiographique d&#233;velopp&#233; par une cohorte d'historiens de m&#233;tier dans l'&lt;i&gt;Histoire mondiale de la France&lt;/i&gt; dirig&#233;e par Patrick Boucheron, professeur au Coll&#232;ge de France &#8211; &#171; &lt;i&gt;une arme de gros calibre au service de l'historiquement correct&lt;/i&gt; &#187; selon Zemmour ; &#171; &lt;i&gt;un br&#233;viaire de la biens&#233;ance et de la soumission&lt;/i&gt; &#187; d'apr&#232;s Finkielkraut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Zemmour, &#171; Dissoudre la France en 800 pages &#187;, FigaroVox, 18 janvier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'en va pas autrement, d'ailleurs, dans le cas de la sociologie, puisque tout chroniqueur de t&#233;l&#233;vision ou de radio s'estime manifestement autoris&#233; &#224; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/C-l-hebdo-France-5-censure-et-concert-de-chiens&#034;&gt;contester en plateau&lt;/a&gt; les conclusions empiriques des enqu&#234;tes men&#233;es depuis trente ans par les Pin&#231;on-Charlot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remise &#224; plat de la l&#233;gitimit&#233; intellectuelle s'av&#232;re toutefois &#224; g&#233;om&#233;trie variable : les titres et dipl&#244;mes universitaires peuvent, en effet, avoir une certaine valeur, mais seulement dans le cas o&#249; leur porteur d&#233;veloppe une th&#232;se conforme &#224; celle des tenants du pouvoir m&#233;diatique. L'entretien d'&#201;ric Brunet et Claude Qu&#233;tel, le 24 avril sur RMC, en donne une illustration. Charm&#233; d'entendre un discours en tous points semblable &#224; ses repr&#233;sentations contre-r&#233;volutionnaires de l'histoire, l'animateur n'a de cesse, au long de cet &#233;change complaisant, de marteler les titres de son invit&#233; : ancien directeur de recherches au CNRS, ancien directeur scientifique du M&#233;morial de Caen, &#171; &lt;i&gt;un historien s&#233;rieux&lt;/i&gt; &#187; (8'30), &#171; &lt;i&gt;un historien de premi&#232;re cat&#233;gorie&lt;/i&gt; &#187; (21'30) ! Ce m&#234;me surcro&#238;t de l&#233;gitimit&#233; intellectuelle que les grands m&#233;dias refusent habituellement aux historiens universitaires constitue donc ici, fait exceptionnel, une supr&#234;me garantie de s&#233;rieux en faveur de la th&#232;se du dernier contempteur de la R&#233;volution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une th&#232;se qui s'av&#232;re conforme aux canons de la doxa contre-r&#233;volutionnaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes historien, vous ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Les m&#234;mes variations s'observent dans le rapport &#224; l'opinion des auditeurs. Alors que la parole des intellectuels universitaires est souvent d&#233;pr&#233;ci&#233;e comme une expression &#233;litiste contraire au &#171; bon sens &#187; populaire, nous assistons &#224; l'inverse, dans l'&#233;mission d'&#201;ric Brunet, &#224; la disqualification de la parole d'un auditeur, certes critique, face &#224; celle de l'historien au statut valid&#233; par l'animateur. Un moment-clef de l'&#233;mission est en effet l'intervention d'un certain Daniel, de Voiron (Is&#232;re). D&#232;s que celui-ci intervient pour d&#233;noncer l'obsession de Qu&#233;tel pour le &#171; g&#233;nocide &#187; vend&#233;en, les &#171; morts &#187; de la R&#233;volution et la r&#233;f&#233;rence permanente &#224; la &#171; terreur &#187;, l'objection d'&#201;ric Brunet ne se fait pas attendre : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes historien, vous, Daniel ?&lt;/i&gt; &#187; (22'10).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ensuivent alors deux minutes d'argumentation de l'auditeur, soucieux de restituer les envol&#233;es lyriques que Victor Hugo consacrait &#224; la Convention, de rappeler que les morts de 1793 ou d'octobre 1917 furent bien peu de choses relativement &#224; ceux de deux guerres mondiales orchestr&#233;es contre et malgr&#233; les peuples, et de noter enfin la partialit&#233; de l'historien pr&#233;sent sur le plateau : &#171; &lt;i&gt;Et votre historien de pacotille, c'est pas parce qu'on a &#233;t&#233; au CNRS que c'est glorieux, parce que c'est aussi un militant politique, un militant politique contre-r&#233;volutionnaire, comme Courtois sur la R&#233;volution d'Octobre, comme Courtois sur le communisme, ce sont des contre-r&#233;volutionnaires, et vous leur facilitez la t&#226;che&lt;/i&gt; &#187; (24'50). Manifestement d&#233;sarm&#233; face aux tirades dudit Daniel sur le Comit&#233; de Salut public, &#201;ric Brunet profite de cette allusion au communisme pour reprendre la main : il fait alors bifurquer la discussion sur le stalinisme et le mao&#239;sme, et cl&#244;t aussi abruptement qu'arbitrairement l'&#233;change, apr&#232;s avoir exprim&#233; sa d&#233;testation de tout r&#233;gime issu d'un mouvement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plateau, &#201;ric Brunet est donc le seul &#224; autoriser la tenue d'un discours l&#233;gitime sur le pass&#233;. Le fait est notable et d'autant plus dommageable que les rares figures historiennes convi&#233;es &#224; &#171; Radio Brunet &#187; appartiennent dans leur &#233;crasante majorit&#233; au s&#233;rail des &#171; historiens de garde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;William Blanc, Aurore Ch&#233;ry, Christophe Naudin, Les historiens de garde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. N'&#233;tant qu'exceptionnellement confront&#233;s &#224; la contradiction d'universitaires ou de professeurs d'histoire &#8211; ainsi en 2014 de Nicolas Offenstadt, l'un des fondateurs du Comit&#233; de Vigilance contre les Usages publics de l'Histoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Carr&#233;ment Brunet : Pour &#201;ric Brunet, les Fran&#231;ais n'accepteraient plus de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; ces historiens de garde ont g&#233;n&#233;ralement toute latitude pour d&#233;rouler les interpr&#233;tations les plus conservatrices du pass&#233; comme du pr&#233;sent. Parmi les habitu&#233;s du plateau d'&#201;ric Brunet, on rep&#232;re ainsi Dimitri Casali, invit&#233; en novembre 2014, en juin et en octobre 2015, pour bavarder de la Premi&#232;re Guerre mondiale, de l'&#233;pop&#233;e napol&#233;onienne ou encore du g&#233;n&#233;ral de Gaulle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem ; &#171; Carr&#233;ment Brunet : les Fran&#231;ais doivent-ils arr&#234;ter d'idol&#226;trer le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : autant d'occasions pour ce descendant auto-proclam&#233; d'Ernest Lavisse de faire la promotion de ses th&#232;ses nationalistes et anti-d&#233;mocratiques &lt;a href=&#034;https://ripostelaique.com/Dimitri-Casali-Reapprenons-a-nos.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;relay&#233;es par Riposte La&#239;que&lt;/a&gt;. Mais le plus souvent, chaque probl&#232;me a son historien. S'agit-il de s'interroger sur le marronnier des cr&#232;ches de No&#235;l ? Brunet fait appel au catholique ultra Jean S&#233;villia, chroniqueur au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; et ancien de Radio Courtoisie, interview&#233; en 2011 par l'&lt;i&gt;Action Fran&#231;aise&lt;/i&gt; pour son essai &lt;i&gt;Historiquement correct&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Carr&#233;ment Brunet : Est-il absurde de demander aux mairies de renoncer aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Manque-t-on cette fois de th&#232;ses historiques contre-r&#233;volutionnaires ? Brunet sollicite en mars 2018 Reynald Secher pour d&#233;velopper sereinement sa th&#232;se du &#171; &lt;i&gt;g&#233;nocide vend&#233;en&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'&#233;mission du 20 mars 2018 sur RMC, l'entretien du 13 d&#233;cembre 2017 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mille fois invalid&#233;e par les chercheurs les plus reconnus du champ acad&#233;mique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une critique de cette th&#232;se, voir Jean-Cl&#233;ment Martin, &#171; &#192; propos du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt; L'histoire asservie : des m&#233;susages de l'histoire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Ce positionnement s'explique ais&#233;ment : il correspond en effet chez &#201;ric Brunet &#224; une revendication assum&#233;e d'iconoclasme intellectuel, en rupture avec les certitudes de l'histoire universitaire et de la litt&#233;rature scolaire, toujours suspectes de colporter les conceptions id&#233;ologiquement marqu&#233;es de l'&#171; histoire officielle &#187;. L'animateur se compla&#238;t abondamment dans cette posture, trop heureux de clamer d&#232;s l'ouverture de son &#233;mission : &#171; &lt;i&gt;Depuis plus d'un si&#232;cle, l'&#233;cole id&#233;alise la R&#233;volution fran&#231;aise, pour moi c'est une supercherie car la R&#233;volution c'est avant tout la dictature de la folie meurtri&#232;re&lt;/i&gt; &#187; (7'30). L'&#233;cole, c'est la R&#233;publique, et la R&#233;publique, c'est la R&#233;volution : aussi les manuels et les professeurs doivent-ils par d&#233;finition &#234;tre les vecteurs d'une histoire d'&#201;tat partisane et unanimement pro-1789. Dans un registre analogue, Claude Qu&#233;tel joue et surjoue la carte de la marginalit&#233; et de la subversion intellectuelles contre cette suppos&#233;e lecture &#171; officielle &#187; de la R&#233;volution fran&#231;aise, une histoire selon lui &#171; &lt;i&gt;un peu fabriqu&#233;e et suspecte&lt;/i&gt; &#187; (9'20), &#224; la limite du complot id&#233;ologique. &#171; &lt;i&gt;On nous a menti ?&lt;/i&gt; &#187;, interroge candidement Brunet. R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Oui, oui, oui, on nous a menti. Mais vous savez, dans le roman national, les historiens ne cessent de mentir. Les historiens sont des menteurs professionnels&lt;/i&gt; &#187; (10'20). Merci pour eux. Pourtant, ces derniers ne manqueraient pas de rappeler &#224; ce duo d'&#171; iconoclastes &#187; amis de l'Ancien R&#233;gime, dont l'un enseigna pourtant suffisamment d'ann&#233;es pour le savoir, que les manuels scolaires sont r&#233;dig&#233;s par des sp&#233;cialistes agissant &#224; titre priv&#233; pour des maisons d'&#233;dition priv&#233;es, et que le seul et unique texte ayant force de loi pour tous les enseignants, c'est-&#224;-dire le Bulletin officiel, n'impose aucunement une c&#233;l&#233;bration sans nuance des r&#233;alisations ou de l'h&#233;ritage de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La question traite de la mont&#233;e des id&#233;es de libert&#233; avant la R&#233;volution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien regrettable, dans cette perspective de production d'une contre-histoire, que ni Claude Qu&#233;tel, ni a fortiori &#201;ric Brunet, ne nous enseignent quoi que ce soit au sujet de la R&#233;volution fran&#231;aise. Nous sommes ici davantage dans le registre du discours pamphl&#233;taire que dans l'espace de la vulgarisation historique. Pas un fait nouveau ou une source in&#233;dite, par un &#233;pisode concret ou m&#234;me une anecdote piquante, qui viendraient nous &#233;clairer sur cet &#233;v&#233;nement. Bien loin de chercher &#224; contester, stimuler, approfondir ou nuancer la r&#233;flexion de son interlocuteur, &#201;ric Brunet s'en tient ici &#224; une position d'entra&#238;neur. Son r&#244;le se borne en l'esp&#232;ce &#224; approuver la vulgate contre-r&#233;volutionnaire serin&#233;e par Qu&#233;tel, voire &#224; surench&#233;rir en ajoutant sa propre outrance aux exc&#232;s de son interlocuteur. C'est ainsi que l'on passe sans transition de la th&#232;se du &#171; g&#233;nocide &#187; vend&#233;en &#224; la remise en cause des principes r&#233;publicains originels : &#171; &lt;i&gt;En gros, vous nous dites, les valeurs de la R&#233;publique elles sont pas si belles, transparentes, translucides et jolies que &#231;a, parce que les valeurs de la R&#233;publique d'embl&#233;e on est sur une R&#233;publique qui va g&#233;nocider &#8211; pardon si &#231;a choque le&#8230;, si le mot choque &#8211; mais enfin qui va assassiner en tous cas 250 000 Vend&#233;ens, et dont des femmes et des enfants qui avaient rien &#224; voir avec le combat id&#233;ologique. On d&#233;cr&#232;te de tuer les enfants !&lt;/i&gt; &#187; (12').&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vacuit&#233; informative ne r&#233;sulte pas seulement du format m&#233;diatique en question, sans doute quelque peu r&#233;duit pour pr&#233;tendre prononcer &#8211; en trente minutes &#8211; le fin mot de l'historiographie sur la R&#233;volution fran&#231;aise. Plus largement, ce discours vide s'explique par la volont&#233; conjointe de l'animateur et de son interlocuteur de privil&#233;gier &#224; l'analyse rigoureuse du pass&#233; les parall&#232;les les plus hardis et les plus anachroniques avec l'actualit&#233; des luttes politiques et sociales. L'ouvrage &lt;i&gt;Crois ou meurs !&lt;/i&gt; et l'entretien faisant sa promotion s'inscrivent en effet plus largement dans une entreprise de discr&#233;ditation, en l'occurrence &#224; travers l'exemple d&#233;figur&#233; de 1789, des actions et revendications de la gauche fran&#231;aise dans le contexte du mouvement des gilets jaunes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; - &lt;strong&gt;Claude Qu&#233;tel&lt;/strong&gt; : Le roi est en train de donner raison au peuple. Parce que, l&#224;, le peuple, tout de m&#234;me, s'est exprim&#233;. Mais c'est d&#233;j&#224; trop tard. Parce que d&#233;j&#224; l&#224;, il y a ce noyau dur de futurs jacobins qui ne veulent m&#234;me plus &#231;a, eux ils veulent liquider la monarchie, ils veulent liquider le roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;&#201;ric Brunet&lt;/strong&gt; : C'est-&#224;-dire que l'id&#233;e que Louis XVI comprenne le peuple et dise &#034;D'accord, je vais faire l'&#233;galit&#233; fiscale que vous r&#233;clamez&#034;, &#231;a rend fous de rage les futurs jacobins, la gauche de la gauche, qui dit : &#034;Il va falloir &#224; un moment donn&#233; qu'on liquide ce Bourbon&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;CQ&lt;/strong&gt; : [&#8230;] C'est tout de m&#234;me int&#233;ressant de voir que ces dol&#233;ances, qui ressemblent pour certaines d'entre elles &#224; celles d'aujourd'hui, qui auraient pu aboutir, n'aboutissent pas, parce qu'on a d&#233;j&#224; les r&#233;volutionnaires qui ne veulent pas de &#231;a : eux, ce qu'ils veulent, c'est renverser la monarchie et instaurer leur dictature (34'10-35'10). [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;CQ&lt;/strong&gt; : On retrouve des parent&#233;s hein&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;EB&lt;/strong&gt; : Ah moi je suis d&#233;sol&#233;, mais c'est ce que j'allais dire. Comparaison n'est pas raison mais on retrouve dans ce que vous dites beaucoup de parent&#233;s avec ce que l'on vit aujourd'hui ! C'est-&#224;-dire qu'au d&#233;part on a des revendications, pr&#233;cises, c'est le 17 novembre, mais il y a un noyau dur qui fait qu'aujourd'hui, le roi &#8211; je le fais expr&#232;s, mais&#8230; &#8211; le roi Macron va annoncer des choses, &#231;a va venir, dans les jours qui viennent, dans les heures qui viennent, mais quoi qu'il arrive, il y a un noyau dur qui ne veut qu'une chose, c'est se d&#233;barrasser de Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;CQ&lt;/strong&gt; : Votre comparaison me fait peur parce que si notre pr&#233;sident est aussi faible que l'&#233;tait Louis XVI, il y a de quoi s'inqui&#233;ter. (36'-36'40)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;En somme, nous avons assist&#233; une fois encore, &#224; une heure de grande &#233;coute et sans contradiction sur le plateau, aux p&#233;roraisons d'un historien-pamphl&#233;taire, appuy&#233; par un animateur acquis &#224; une lecture de l'histoire d'autant moins iconoclaste ou &#171; incorrecte &#187; qu'elle &#233;gr&#232;ne des poncifs contre-r&#233;volutionnaires rebattus depuis pr&#232;s de deux si&#232;cles. Cet &#233;change vient opportun&#233;ment nous rappeler que la t&#226;che des praticiens de l'histoire entendant leur pratique comme un instrument d'&#233;mancipation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurence De Cock, Mathilde Larr&#232;re &amp; Guillaume Mazeau, L'histoire comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; devra consister &#224; inventer des modes d'articulation du pass&#233; et du pr&#233;sent qui ne c&#232;dent pas &#224; leur tour aux anachronismes les plus frauduleux, des formes de pr&#233;sentisme raisonn&#233; qui n'ambitionnent pas simplement de produire un &#171; contre-roman &#187; national, mais aussi &#224; combattre les complaisances m&#233;diatiques envers les plus malhonn&#234;tes mystifications historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Guillaume Lancereau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;mission est &lt;a href=&#034;https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/audio/rmc-2404-radio-brunet-l-ecole-idealise-t-elle-la-revolution-francaise-13h-14h-466267.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;l&#233;chargeable ici&lt;/a&gt; en podcast. Les minutes indiqu&#233;es dans notre texte &#224; chaque citation correspondent &#224; ce podcast.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce propos les huit pages de texte offertes &#224; cet auteur dans &lt;i&gt;Le Figaro Histoire&lt;/i&gt; consacr&#233; &#224; &#171; La fabrique de la Terreur &#187;, et la recension enjou&#233;e de l'ouvrage par &#201;ric Zemmour dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; : Claude Qu&#233;tel, &#171; Comme un fleuve de sang &#187;, &lt;i&gt;Le Figaro Histoire&lt;/i&gt;, avril-mai 2019, p. 56-65 ; &#201;ric Zemmour, &#171; La R&#233;volution n'est pas ce qu'on vous a dit ! &#187;, FigaroVox, 8 mai 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la construction m&#233;diatique des &#171; experts &#187; historiques, voir notre &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/L-histoire-racontee-par-les-medias-un-entretien&#034;&gt;pr&#233;c&#233;dent article&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ric Zemmour, &#171; Dissoudre la France en 800 pages &#187;, FigaroVox, 18 janvier 2017 ; Alain Finkielkraut, &#171; La charge d'Alain Finkielkraut contre &#8220;les fossoyeurs du grand h&#233;ritage fran&#231;ais&#8221; &#187;, FigaroVox, 25 janvier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une th&#232;se qui s'av&#232;re conforme aux canons de la doxa contre-r&#233;volutionnaire, et va m&#234;me au-del&#224; de la vulgate r&#233;visionniste qui distingue depuis Fran&#231;ois Furet une &#171; bonne &#187; R&#233;volution, d'inspiration lib&#233;rale, et, apr&#232;s le &#171; d&#233;rapage &#187; du 10 ao&#251;t 1792, une &#171; mauvaise &#187; R&#233;volution, sanguinaire et proto-totalitaire. En effet, pour l'invit&#233; d'&#201;ric Brunet, &#171; &lt;i&gt;il y a une mauvaise R&#233;volution, un d&#233;rapage d&#232;s le d&#233;part&lt;/i&gt; &#187; (10'50), n'annon&#231;ant rien d'autre qu'un r&#233;gime dictatorial et des morts par centaines de milliers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;William Blanc, Aurore Ch&#233;ry, Christophe Naudin, &lt;i&gt;Les historiens de garde&lt;/i&gt;, pr&#233;fac&#233; par Nicolas Offenstadt, Paris, Inculte, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Carr&#233;ment Brunet : Pour &#201;ric Brunet, les Fran&#231;ais n'accepteraient plus de mourir pour leur pays &#187;, RMC, 11 novembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem ; &#171; Carr&#233;ment Brunet : les Fran&#231;ais doivent-ils arr&#234;ter d'idol&#226;trer le g&#233;n&#233;ral de Gaulle ? &#187;, RMC, 15 octobre 2015 ; &#171; Carr&#233;ment Brunet : Pour &#201;ric Brunet, l'&#233;pop&#233;e napol&#233;onienne est une des pages les plus glorieuses de la France &#187;, RMC, 23 juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Carr&#233;ment Brunet : Est-il absurde de demander aux mairies de renoncer aux cr&#232;ches de No&#235;l ? &#187;, RMC, 30 novembre 2015 ; entretien avec Jean S&#233;villia : &#8220;Historiquement incorrect&#8221;&#8221;, L'Action fran&#231;aise, n&#176;2829, 1er-14 d&#233;cembre 2011, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'&#233;mission du 20 mars 2018 sur RMC, l'entretien du 13 d&#233;cembre 2017 avec Patrick Buisson sur le m&#234;me sujet, mais aussi l'article d'&#201;ric Brunet sur le site de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; : &lt;a href=&#034;https://www.valeursactuelles.com/societe/la-france-doit-reconnaitre-le-genocide-vendeen-91852&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La France doit reconna&#238;tre le g&#233;nocide vend&#233;en &#187;&lt;/a&gt; (la version papier de l'article a &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;https://www.actionfrancaise.net/2017/12/28/eric-brunet-dernier-valeurs-actuelles-france-reconnaitre-genocide-vendeen/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;recens&#233;e par l'Action fran&#231;aise&lt;/a&gt; le 28 d&#233;cembre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une critique de cette th&#232;se, voir Jean-Cl&#233;ment Martin, &#171; &#192; propos du &#8220;g&#233;nocide vend&#233;en&#8221;. Du recours &#224; la l&#233;gitimit&#233; de l'historien &#187;, Soci&#233;t&#233;s Contemporaines, n&#176;39, 2000, p. 23-38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La question traite de la mont&#233;e des id&#233;es de libert&#233; avant la R&#233;volution fran&#231;aise, de son d&#233;clenchement et des exp&#233;riences politiques qui l'ont marqu&#233;es jusqu'au d&#233;but de l'Empire. On met l'accent sur quelques journ&#233;es r&#233;volutionnaires significatives, le r&#244;le d'acteurs, individuels et collectifs, les bouleversements politiques, &#233;conomiques, sociaux et religieux essentiels &#187; (BO du 29 avril 2010, r&#233;cemment r&#233;form&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurence De Cock, Mathilde Larr&#232;re &amp; Guillaume Mazeau, &lt;i&gt;L'histoire comme &#233;mancipation&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'histoire racont&#233;e par les m&#233;dias : un entretien crois&#233;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-histoire-racontee-par-les-medias-un-entretien</link>
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		<dc:date>2019-04-12T11:03:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lemaire, Pauline Perrenot</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Un entretien d'Acrimed avec les historiennes et historiens Manon Bril, Catherine Kikuchi, Guillaume Mazeau et Christophe Naudin.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L131xH150/arton5912-2c725.jpg?1776748985' class='spip_logo spip_logo_right' width='131' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin mars, France 2 lan&#231;ait &#171; Laissez-vous guider &#187;, un nouveau magazine historique dont les cl&#233;s ont &#233;t&#233; confi&#233;es &#224; deux &#171; personnalit&#233;s &#187; bien connues pour leur omnipr&#233;sence dans les m&#233;dias, leur focalisation sur &#171; l'histoire des t&#234;tes couronn&#233;es &#187;, et leur manque de rigueur : Lor&#224;nt Deutsch et St&#233;phane Bern&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ces deux personnalit&#233;s m&#233;diatiques, voir un article consacr&#233; &#224; Lor&#224;nt (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'occasion pour notre association de r&#233;fl&#233;chir en compagnie de quatre historiens et historiennes sur la construction m&#233;diatique de ces &#171; experts &#187;, la mani&#232;re dont l'histoire est racont&#233;e dans les m&#233;dias, et sur le rapport que peut entretenir le champ universitaire avec les m&#233;dias dominants. Un entretien avec Manon Bril, Catherine Kikuchi, Guillaume Mazeau et Christophe Naudin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acrimed - Christophe Naudin, vous avez co-&#233;crit un livre avec Aurore Ch&#233;ry et William Blanc &#224; propos des &lt;a href=&#034;http://www.editionslibertalia.com/catalogue/poche/les-historiens-de-garde&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; historiens de garde &#187;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;William Blanc, Christophe Naudin et Aurore Ch&#233;ry, Les Historiens de garde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui sont particuli&#232;rement pr&#233;sents dans les m&#233;dias. Pourriez-vous pr&#233;senter le livre et la mani&#232;re dont il a &#233;t&#233; re&#231;u dans les m&#233;dias ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin :&lt;/strong&gt; On a commenc&#233; en 2012, avec William Blanc, &#224; &#233;crire chacun sur nos sites internet respectifs. &#192; l'&#233;poque c'&#233;tait &lt;a href=&#034;https://www.histoire-pour-tous.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'Histoire pour tous &#187;&lt;/a&gt; pour moi, un site internet g&#233;n&#233;raliste, et William avait &lt;a href=&#034;http://www.goliards.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son site &#171; Goliards &#187;&lt;/a&gt;. Le hasard a fait qu'on s'est int&#233;ress&#233;s tous les deux au &#171; ph&#233;nom&#232;ne &#187; &lt;i&gt;M&#233;tronome&lt;/i&gt; de Lor&#224;nt Deutsch, qui &#233;tait acclam&#233; par les m&#233;dias alors que son approche &#233;tait tr&#232;s orient&#233;e, faisant l'apologie de la monarchie, et r&#233;habilitait un roman national fantasm&#233;. On a &#233;crit des articles sur nos sites respectifs qui ont &#233;t&#233; tr&#232;s lus. &#199;a nous a permis ensuite, rejoints par Aurore Ch&#233;ry, de faire le bouquin sur les historiens de garde. Il s'agissait d'&#233;voquer le cas des Franck Ferrand, &#201;ric Zemmour ou Michel Onfray, qui, comme Lor&#224;nt Deutsch, contribuent &#224; r&#233;habiliter dans les m&#233;dias une version &#233;troite et orient&#233;e de l'histoire. &#192; partir de l&#224;, on a beaucoup &#233;t&#233; sollicit&#233;s, en lien avec ce livre, et tr&#232;s vite &#231;a tombait dans la demande de pol&#233;mique. On n'&#233;tait pas dupes, mais on a commenc&#233; &#224; s&#233;rieusement se m&#233;fier du rapport aux m&#233;dias, apr&#232;s avoir vu concr&#232;tement le &#171; deux poids deux mesures &#187; ; c'est-&#224;-dire comment les dispositifs pouvaient s'av&#233;rer en notre d&#233;faveur et laisser beaucoup plus de latitude aux historiens m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a eu des exemples concrets, par exemple pour une &#233;mission de Canal + : Aurore et William ont &#233;t&#233; interview&#233;s pendant trois heures au Louvre pour parler de notre livre, et le journaliste leur avait dit que Lor&#224;nt Deutsch ne serait pas en plateau. La veille de la diffusion, on apprend qu'il sera finalement en plateau. On a regard&#233; l'&#233;mission : il avait toute latitude pour r&#233;agir &#224; l'extrait d'Aurore et William, avec trois fois plus de temps que nous. Il y a eu plusieurs autres exp&#233;riences comme &#231;a. Une fois, Aurore a &#233;t&#233; interview&#233;e pour France 5, elle a &#233;t&#233; tr&#232;s largement coup&#233;e au montage. Plusieurs fois, on a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s, de fa&#231;on caricaturale, comme des agitateurs gauchistes. Le &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; m'avait sollicit&#233; pour r&#233;agir sur un propos de Lor&#224;nt Deutsch, et c'est moi qui leur ai dit : &lt;i&gt;&#171; ce serait bien que je puisse dire dans l'interview que je ne suis pas affili&#233; au Parti de gauche &#187;&lt;/i&gt;. On peut tr&#232;s vite nous reprocher d'&#234;tre historien &#171; militant &#187;, ou historien engag&#233;, c'est une fa&#231;on de nous d&#233;l&#233;gitimer. Bref, on &#233;tait souvent dans une situation de devoir se justifier. Tr&#232;s vite, on se retrouvait face &#224; des journalistes qui avaient un traitement &#224; g&#233;om&#233;trie variable, c'&#233;tait un peu fatigant, donc on a pris un peu de recul. Par la suite, on a r&#233;agi, soit &#224; notre initiative, soit vis-&#224;-vis de demandes pr&#233;cises : par exemple, quand Lor&#224;nt Deutsch, encore lui, a sorti son bouquin &lt;i&gt;Hexagone&lt;/i&gt;, avec une version tr&#232;s orient&#233;e et bancale de la bataille de Poitiers, on a vraiment fait le tri vis-&#224;-vis des demandes m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Acrimed - Comment expliquer que les historiens de garde aient tant de cr&#233;dit m&#233;diatique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin :&lt;/strong&gt; C'est une question difficile. Les historiens de garde font partie du &#171; syst&#232;me &#187;, certains comme St&#233;phane Bern sont producteurs et disposent de position de pouvoir dans les m&#233;dias. Quelque part, c'est ce &#171; syst&#232;me &#187; qui se d&#233;fend. Et puis il y a parfois une question de paresse ou de manque de temps. J'ai &#233;t&#233; interview&#233;, des fois, par de tr&#232;s bons journalistes, qui &#233;taient int&#233;ress&#233;s par le sujet mais qui disaient clairement qu'ils n'avaient pas pu fouiller, donc il fallait que j'aille droit au but, j'&#233;tais oblig&#233; de simplifier, et comme tout est complexe&#8230; c'est un autre type de probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manon Bril :&lt;/strong&gt; Ce n'est pas forc&#233;ment du cr&#233;dit, mais les journalistes se disent : &lt;i&gt;&#171; c'est cette personne l&#224; que les gens ont envie de voir &#187;&lt;/i&gt;, m&#234;me si c'est pour se moquer de lui, ou pas. Mais &#231;a fait parler, &#231;a donne envie de voir, donc on lui accorde plus de temps, parce que &#231;a va faire de l'audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin :&lt;/strong&gt; Les journalistes pensent que les gens veulent voir Lor&#224;nt Deutsch, mais on ne leur propose rien d'autre. Et lorsqu'on le fait, sur internet par exemple, &#231;a marche aussi. Donc il y a des choix notamment du service public, puisque ces gens-l&#224; sont tout de m&#234;me mis en avant et financ&#233;s par le service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guillaume Mazeau :&lt;/strong&gt; Lor&#224;nt Deutsch n'est pas le seul, il y a &#233;videmment St&#233;phane Bern, il y a Michel Onfray, qui se pr&#233;sente d'abord comme un historien de la philosophie plus que comme un philosophe. Leur succ&#232;s repose beaucoup sur un ressort, un discours de v&#233;rit&#233; oppos&#233; &#224; celui de l'universit&#233; qui d&#233;livrerait un savoir d'&#233;lite, un savoir officiel, une sorte de propagande. Et &#233;videmment, c'est beaucoup plus int&#233;ressant et croustillant d'aller dans ce sens. En r&#233;alit&#233;, c'est une manipulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Acrimed - Il y a aussi toute une m&#233;canique m&#233;diatique qui, au nom du spectacle, b&#233;n&#233;ficie aux &#171; pol&#233;mistes &#187;. Nous y &#233;tions revenus dans &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Dans-les-talk-shows-le-poids-des-editorialistes&#034;&gt;un pr&#233;c&#233;dent article &#224; propos d'&#201;ric Zemmour&lt;/a&gt;. Ils jettent un pav&#233; dans la mare, et tout le monde est somm&#233; (par les m&#233;dias) de r&#233;agir sur des d&#233;bats mal pos&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin :&lt;/strong&gt; C'est une des raisons pour lesquelles on ne r&#233;pond plus &#224; Lor&#224;nt Deutsch, parce qu'on sait qu'il le cherche, et on pense que &#231;a a &#233;t&#233; relativement efficace. Lorsqu'on lui avait r&#233;pondu &#224; propos de la bataille de Poitiers, &#231;a avait fait d&#233;bat entre nous, avec William et Aurore. Est-ce que la pol&#233;mique servait &#224; quelque chose ? Apr&#232;s on a encha&#238;n&#233; sur un travail de fond, avec le livre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;William Blanc et Christophe Naudin, Charles Martel et la bataille de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Donc &#231;a c'est important, de ne pas rester dans la pol&#233;mique. La pol&#233;mique alimente la machine m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Kikuchi :&lt;/strong&gt; On a eu exactement le m&#234;me d&#233;bat sur &#201;ric Zemmour, tr&#232;s r&#233;cemment au sein d'&lt;a href=&#034;https://actuelmoyenage.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Actuel Moyen &#194;ge &#187;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actuel Moyen &#194;ge est un site collectif auquel participe Catherine Kikuchi, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Florian Besson et Simon Hasdenteufel ont &#233;crit un article qui reprend un chapitre sur les croisades de Zemmour o&#249; il raconte n'importe quoi. On a essay&#233; de faire l'article le plus factuel possible, en reprenant une phrase de Zemmour et en r&#233;futant point par point. &#192; la suite de &#231;a, on a re&#231;u une esp&#232;ce de torrent sur Twitter, assez impressionnant, et c'est pas toujours tr&#232;s agr&#233;able. Ce qui me fascine, c'est qu'il n'y a plus de faits, plus de v&#233;rit&#233;&#8230; les r&#233;actions qu'on avait suite &#224; l'article contre Zemmour c'&#233;tait &#231;a : &lt;i&gt;&#171; Zemmour a sa v&#233;rit&#233;, vous avez votre v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Il y a une part d'interpr&#233;tation de l'histoire, &#233;videmment, une part de subjectivit&#233; dans la mani&#232;re dont on aborde les choses, mais derri&#232;re, il y a des sources, il y a des faits, une m&#233;thode, et je pense que c'est important de rappeler &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin :&lt;/strong&gt; C'est vrai que c'est un choix des m&#233;dias. Ils invitent Zemmour, et le journaliste n'est pas un contradicteur, il est l&#224; pour lui passer des plats, il peut dire n'importe quoi effectivement, m&#234;me si le journaliste sait qu'il dit n'importe quoi, il va estimer que son r&#244;le n'est pas d'apporter la contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Acrimed - Le discours de d&#233;voilement ou de v&#233;rit&#233; des historiens de garde appara&#238;t dans de nombreux titres d'&#233;mission grand public, comme &#171; L'ombre d'un doute &#187; de Franck Ferrand sur France 3 ou &#171; Secrets d'histoire &#187; de St&#233;phane Bern, sur France 2. Que pensez-vous de ces &#233;missions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Catherine Kikuchi :&lt;/strong&gt; J'ai regard&#233; une fois &#171; Secrets d'histoire &#187; car c'&#233;tait sur le cours que j'&#233;tais en train de faire &#224; mes &#233;tudiants, donc ils &#233;taient tous en train de me dire : &lt;i&gt;&#171; Madame, est-ce que vous l'avez vu ? &#187;&lt;/i&gt; Du coup je l'ai regard&#233;, c'&#233;tait sur la renaissance italienne. Le probl&#232;me de l'&#233;mission que j'avais regard&#233;e en gros, tenait aux interview&#233;s : il y avait certes un prof d'histoire-g&#233;o de lyc&#233;e, sauf que tous les autres &#233;taient des romanciers. Des choses tr&#232;s bien ont &#233;t&#233; dites, mais &#224; c&#244;t&#233; de &#231;a, il y avait par exemple la reproduction de fantasmes sur l'Italie de la Renaissance ; l'un d'entre eux consistant &#224; dire que les m&#339;urs &#233;taient tellement libres que les femmes pouvaient se balader nues sans probl&#232;me dans les rues. Un probl&#232;me plus g&#233;n&#233;ral r&#233;side dans le fait que persiste une vision de l'histoire comme quelque chose de poussi&#233;reux, et d'ennuyeux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manon Bril :&lt;/strong&gt; J'ai l'impression que pour parler d'un sujet historique, tout le monde a son petit v&#233;cu, sa petite exp&#233;rience, et on peut vite avoir, sur un plateau, un journaliste ou un romancier pr&#233;sent&#233; comme un &#171; expert &#187;. Alors que si on pose une question d'&#233;conomie, on ne va pas inviter un romancier sous pr&#233;texte qu'il a &#233;crit un livre qui se passe pendant la crise de 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin :&lt;/strong&gt; Des &#233;missions comme celles-ci, on en a regard&#233; notamment quand on a fait &lt;i&gt;Les Historiens de garde&lt;/i&gt;, parce qu'on en parlait, et j'en ai revu depuis. J'ai eu l'impression que Bern laissait un peu plus de place &#224; la contradiction. Mais apr&#232;s, c'est un peu comme la fameuse &#233;mission de Franck Ferrand sur Robespierre et la Vend&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans &#171; L'Ombre d'un doute &#187; sur France 3, Franck Ferrand avait livr&#233; une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est qu'il y a quand m&#234;me une grosse part pour la th&#232;se qu'ils vont d&#233;fendre, et puis ils vont laisser quelques miettes &#224; ceux qui disent l'inverse. &#171; Secrets d'histoire &#187; est moins caricatural que l'&#233;mission de Franck Ferrand, mais on voit toujours les m&#234;mes t&#234;tes et c'est toujours un peu les m&#234;mes sujets, trait&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manon Bril :&lt;/strong&gt; C'est aussi le probl&#232;me global de l'&#233;mission, c'est-&#224;-dire que c'est quand m&#234;me l'histoire des &#171; grands &#187;, des t&#234;tes couronn&#233;es, et des grands hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guillaume Mazeau :&lt;/strong&gt; Le dispositif donne aux gens une image g&#233;n&#233;rale de l'histoire, qui est effectivement que l'histoire est faite par les puissants, et c'est pour &#231;a qu'&#224; un moment, j'ai d&#233;cid&#233; personnellement de ne plus y aller du tout. J'avais essay&#233; une fois en 2007, en me disant que j'allais peut-&#234;tre arriver &#224; faire passer un message, et qu'il fallait parler &#224; tout le monde&#8230; En fin de compte, c'est le dispositif qui nous mange, et participer &#224; &#231;a, c'est collaborer &#224; la confiscation de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Acrimed - Les historiens de garde ont-ils toujours la main ? Des canaux alternatifs pour un autre mani&#232;re de raconter l'histoire se sont beaucoup d&#233;velopp&#233;s sur internet, sur Youtube en particulier. Peut-on dire qu'ils repr&#233;sentent une alternative aux &#233;missions et magazines mainstream d'histoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin :&lt;/strong&gt; Concernant Lor&#224;nt Deutsch, un des acquis, c'est que les journalistes vont presque toujours lui poser une question critique, donc il est presque toujours oblig&#233; de se justifier. Ses livres &lt;i&gt;Hexagone&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;M&#233;tronome 2&lt;/i&gt; se sont &#233;norm&#233;ment vendus, mais beaucoup moins que les pr&#233;c&#233;dents. &#199;a se compte toujours en dizaines de milliers, voire en centaines de milliers d'exemplaires, mais plus en millions. Franck Ferrand a perdu son &#233;mission sur France 3. &#171; L'Ombre d'un doute &#187; a &#233;t&#233; supprim&#233;e, et il a &#233;t&#233; d&#233;barqu&#233; d'Europe 1 r&#233;cemment. Maintenant, il est sur Radio Classique. Il y a des petites choses comme &#231;a. Deutsch a fait une &#233;mission il y a quelques mois sur France 2 avec St&#233;phane Bern, et &#231;a n'a pas march&#233;. &#199;a a &#233;t&#233; un &#233;chec d'audience, m&#234;me si apparemment, il va y avoir un deuxi&#232;me num&#233;ro. St&#233;phane Bern continue &#224; fonctionner, mais il recycle aussi des &#233;missions. C'est toujours en millions de t&#233;l&#233;spectateurs mais en parts de march&#233;, &#231;a arrive en troisi&#232;me ou quatri&#232;me position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manon Bril :&lt;/strong&gt; Sur le Youtube francophone, il y a de tout&#8230; mais il y a aussi de tr&#232;s bonnes cha&#238;nes d'histoire. La cha&#238;ne la plus importante pour l'histoire en France est &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCP46_MXP_WG_auH88FnfS1A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Nota Bene &#187;&lt;/a&gt;, avec presque 900 000 abonn&#233;s. L'audience d&#233;pend des vid&#233;os. Certaines sont vues autour d'un million de fois, et d'autres des centaines de milliers de fois selon le sujet. Ce sont des grosses audiences, je ne sais pas si c'est comparable &#224; &#171; Secrets d'histoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin :&lt;/strong&gt; Ponctuellement, peut-&#234;tre, mais je reste persuad&#233; que la t&#233;l&#233; a toujours &#233;norm&#233;ment de poids par rapport &#224; internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manon Bril :&lt;/strong&gt; Ce ne sont peut-&#234;tre pas les m&#234;mes tranches d'&#226;ge&#8230; Le gros de notre public a entre 18 et 35 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guillaume Mazeau :&lt;/strong&gt; &#192; titre de comparaison, le lectorat des livres d'histoire, c'est des hommes de plus de 50 ans. Donc c'est tr&#232;s important de varier les supports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manon Bril :&lt;/strong&gt; Un autre aspect est qu'il y a peu d'historiennes ou d'historiens au sens universitaire (comme c'est le cas pour Clothilde Chamussy, pour la cha&#238;ne &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCLhOJJbPciPdocXTaAk2SdA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pass&#233; sauvage &#187;&lt;/a&gt;, ou de Laurent Turcot, pour &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCN4TCCaX-gqBNkrUqXdgGRA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'histoire nous le dira &#187;&lt;/a&gt;). &#192; ma connaissance, dans le Youtube francophone, nous sommes donc trois. Pour la plupart, ce sont des passionn&#233;s, qui ne s'en cachent pas. Benjamin, qui tient la cha&#238;ne &#171; Nota Bene &#187;, le dit tout le temps : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas historien, je fais de mon mieux, n'h&#233;sitez pas &#224; corriger &#187;&lt;/i&gt;. Il se fait relire par des historiens, dans une d&#233;marche d'ouverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Acrimed - Cela pose la question de savoir qui est l&#233;gitime pour s'exprimer sur l'histoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin :&lt;/strong&gt; Tout le monde peut faire de l'histoire, c'est une question de m&#233;thode, de respect de la m&#233;thode. Ce que fait &#171; Nota Bene &#187;, comme tu dis, c'est bien, il est tout &#224; fait clair sur ce sujet. Il essaie de faire des choses, il permet de le corriger, on peut discuter avec lui, cette d&#233;marche l&#224;, c'est positif. L'histoire c'est d'abord une m&#233;thode, ce n'est pas un dipl&#244;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Catherine Kikuchi :&lt;/strong&gt; La question de savoir qui est l&#233;gitime pour parler de l'histoire dans les m&#233;dias de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale est un probl&#232;me sur lequel on n'est pas forc&#233;ment tous d'accord parmi les historiens. Lor&#224;nt Deutsch, dans sa r&#233;cente &#233;mission avec St&#233;phane Bern sur France 2, s'est pr&#233;sent&#233; comme un linguiste, c'&#233;tait &#233;crit dans le bandeau quand il s'exprimait. Une mani&#232;re facile de r&#233;pondre dans ces cas-l&#224;, c'est de dire : &lt;i&gt;&#171; Vous n'&#234;tes pas historien, vous n'&#234;tes pas linguiste, vous n'avez pas de titre universitaire &#187;&lt;/i&gt;. Mais je pense que ce n'est pas forc&#233;ment tr&#232;s satisfaisant, parce que l'histoire appartient &#224; tout le monde, la linguistique appartient &#224; tout le monde&#8230; Il faut en revanche expliquer ce qu'est une m&#233;thode d'historien, mais &#231;a prend du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guillaume Mazeau :&lt;/strong&gt; C'est pour &#231;a que c'est le pi&#232;ge : on est oblig&#233; de d&#233;construire, et de raconter en m&#234;me temps. Donc &#233;videmment, les armes ne sont pas &#233;gales. &#192; cela s'ajoute une r&#233;alit&#233;, qui explique en partie leur succ&#232;s, qui repose sur du ressentiment : les universitaires sont en tant que tels per&#231;us comme des &#171; &#233;lites &#187; intellectuelles et sociales. Ce qu'on n'est pourtant plus depuis longtemps ! Mais si on surjoue l'argumentaire &lt;i&gt;&#171; Moi j'ai un titre, et tu l'as pas &#187;&lt;/i&gt;, &#231;a nourrit ce processus&#8230; &#171; Titre &#187;, &#231;a veut dire privil&#233;gi&#233; en langage d'ancien r&#233;gime&#8230; Donc on n'a pas toujours int&#233;r&#234;t &#224; se d&#233;fendre comme &#231;a dans les m&#233;dias ; &#224; la fois pour de bonnes et de mauvaises raisons, c'est pour &#231;a qu'on est rejet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Manon Bril :&lt;/strong&gt; Ces rapports se jouent &#224; plein sur internet. Le vid&#233;aste de r&#233;f&#233;rence de l'extr&#234;me-droite, c'est le Raptor Dissident, qui se pr&#233;sente, comme son nom l'indique, comme &#171; dissident &#187; : &lt;i&gt;&#171; Si vous me suivez, c'est que vous n'&#234;tes pas des moutons, parce que je dis des choses que les autres n'osent pas dire &#187;&lt;/i&gt;, il y a un discours de cet ordre-l&#224;. On en revient &#224; la rupture avec les universitaires et les intellos&#8230; le discours le plus acad&#233;mique est d&#233;pr&#233;ci&#233; et en r&#233;alit&#233;, &#171; &lt;i&gt; si on veut me faire taire, c'est parce que j'ai raison &#187;&lt;/i&gt;. La m&#233;fiance envers l'institution est tr&#232;s forte sur internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Acrimed - Guillaume Mazeau, vous faites partie d'un collectif qui a d&#233;velopp&#233; une r&#233;flexion sp&#233;cifique vis-&#224;-vis des m&#233;dias. Il s'agit du &lt;a href=&#034;http://cvuh.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Comit&#233; de vigilance sur les usages publics de l'histoire &#187; (CVUH)&lt;/a&gt;, form&#233; autour de G&#233;rard Noiriel, Mich&#232;le Riot-Sarcey et Nicolas Offenstadt, au moment de l'adoption de la loi du 23 f&#233;vrier 2005. Une loi qui demandait d'enseigner et d'axer des recherches sur les apports positifs de la colonisation. Pourriez-vous nous en dire plus sur votre rapport aux m&#233;dias en tant qu'historien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guillaume Mazeau :&lt;/strong&gt; Notre position, au sein du CVUH, est que les historiens doivent jouer un r&#244;le dans l'espace public, de vigilance, de d&#233;construction, de r&#233;action par rapport aux usages de l'histoire. L'histoire a une fonction sociale et politique, et elle ne se fabrique que marginalement &#224; l'universit&#233;. Sur la R&#233;volution fran&#231;aise, qui est mon objet d'&#233;tude, l'imaginaire social, c'est-&#224;-dire l'image que se forgent les gens de la R&#233;volution, vient surtout des exp&#233;riences de divertissement et de la culture de masse comme les jeux vid&#233;o (Assassin's Creed ou le r&#233;cent We The Revolution), les parcs &#224; th&#232;me (le Puy du Fou, qui accueille plus de deux millions de visiteurs par an), de la t&#233;l&#233;, du cin&#233;ma, de la BD, de la culture digitale en g&#233;n&#233;ral etc... Or, on peut constater qu'en grande majorit&#233;, c'est une sorte de folklore r&#233;volutionnaire ou m&#234;me la m&#233;moire contre-r&#233;volutionnaire qui fa&#231;onnent la conscience historique de nos contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se fait dans les m&#233;dias et ce qui se fait dans l'espace public, &#231;a affecte la science elle-m&#234;me, notre mani&#232;re de penser. Les m&#233;dias ne sont pas simplement un espace de diffusion, de vulgarisation, voire de promotion, c'est un espace o&#249; on fait de l'histoire. Ma mani&#232;re de faire de l'histoire, elle commence dans les archives, mais elle se poursuit partout, dans la BD, au cin&#233;ma, au th&#233;&#226;tre, &#224; l'&#233;cole. La question des m&#233;dias fait partie, depuis le d&#233;but, de la recherche, elle n'est pas quelque chose qui est en aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble qu'il y a deux &#233;cueils vis-&#224;-vis des m&#233;dias : ne pas y intervenir du tout, et trop y intervenir. Beaucoup d'historiens s'abstiennent d'intervenir dans les m&#233;dias, car c'est tr&#232;s mal vu dans l'universit&#233; fran&#231;aise. On ne doit pas s'exprimer &#171; dans l'espace du vulgaire &#187;. Il y a un imp&#233;ratif de &#171; modestie &#187;. Nous pensons au contraire, au sein du CVUH, qu'on n'a pas assez occup&#233; le terrain. Il faut qu'on le fasse, parce que de toute fa&#231;on, notre travail est immerg&#233; en partie dans le pr&#233;sent et quoi qu'il arrive, il faut qu'on l'investisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, l'autre &#233;cueil, c'est d'intervenir syst&#233;matiquement et de devenir ce qu'on appelle un &#171; toutologue &#187;, quelqu'un qui parle &#224; tort et &#224; travers dans les m&#233;dias. C'est bien pire que de ne pas intervenir. Le probl&#232;me, c'est que &#231;a arrive tr&#232;s facilement. Cela bafoue un principe &#233;l&#233;mentaire selon lequel on est un expert dans un domaine. Pour devenir un expert, on a besoin de temps ; et si on devient &#171; toutologue &#187;, on ne peut plus prendre le temps de chercher. Mon &#233;thique vis-&#224;-vis des m&#233;dias consiste donc, d'une part, &#224; relier mes interventions dans les m&#233;dias &#224; une activit&#233; de recherche, et de l'autre, &#224; refuser de tenir chronique. Tenir chronique, &#231;a veut dire qu'on ne choisit pas sa p&#233;riodicit&#233;. Je veux bien intervenir dans les journaux, mais je choisis quand j'ai quelque chose &#224; dire. Et puis on devient le tenant d'une parole surm&#233;diatis&#233;e, au sein d'une petite &#233;lite qui se reproduit, d'hommes, parisiens, qui interviennent dans les quelques grands quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse &#224; cela, &#231;a peut &#234;tre de constituer des collectifs, comme le CVUH, le &lt;a href=&#034;https://aggiornamento.hypotheses.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collectif Aggiornamento hist-geo&lt;/a&gt;, tout en sachant que c'est une approche diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; la mani&#232;re dont fonctionnent les m&#233;dias, qui insistent pour individualiser, par exemple, qui ne souhaitent pas qu'on signe une tribune en tant que collectif. Il faut parfois savoir incarner l'histoire si on veut int&#233;resser le plus grand nombre. Mais probablement aussi r&#233;fl&#233;chir sur sa propre position au sein de l'espace intellectuel et m&#233;diatique afin de ne pas monopoliser le discours sur l'histoire : on doit ainsi r&#233;fl&#233;chir &#224; deux fois avant d'accepter une chronique personnelle ou un portrait individuel, lorsqu'on est un homme blanc et prof &#224; la Sorbonne et que l'on dispose d&#233;j&#224; d'une certaine visibilit&#233;. C'est tr&#232;s dur &#224; expliquer, parce qu'ils ne fonctionnent pas comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier aspect concerne la mani&#232;re d'intervenir dans les m&#233;dias. On ne peut pas se contenter d'&#234;tre dans une position d&#233;fensive, celle de &#171; l'historien sniper &#187;, qui consiste &#224; intervenir pour d&#233;construire certains m&#233;susages publics de l'histoire. &#199;a nous rend esclave du temps tr&#232;s court. Ne pas &#234;tre toujours dans la r&#233;action, mais aussi raconter, proposer des r&#233;cits, des imaginaires, c'est un travail qui s'inscrit dans le temps long.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Pauline Perrenot&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Blaise Magnin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ces deux personnalit&#233;s m&#233;diatiques, voir un article consacr&#233; &#224; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Sa-liberte-d-expression-est-en-danger-soutenons&#034;&gt;Lor&#224;nt Deutsch&lt;/a&gt; et m&#234;me &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+&#034;&gt;la rubrique d&#233;di&#233;e &#224; St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;William Blanc, Christophe Naudin et Aurore Ch&#233;ry, &lt;i&gt;Les Historiens de garde&lt;/i&gt;, &#201;ditions Libertalia, 2018, avec une postface in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;William Blanc et Christophe Naudin, &lt;i&gt;Charles Martel et la bataille de Poitiers : de l'histoire au mythe identitaire&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Libertalia, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Actuel Moyen &#194;ge est un site collectif auquel participe Catherine Kikuchi, qui met en lien l'histoire et la litt&#233;rature m&#233;di&#233;vales avec l'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans &#171; L'Ombre d'un doute &#187; sur France 3, Franck Ferrand avait livr&#233; une version particuli&#232;rement caricaturale des guerres de Vend&#233;e proche des th&#232;ses de l'extr&#234;me-droite. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#171; Secrets d'Histoire &#187; sur France 2 : de Gaulle couronn&#233;, de Gaulle sanctifi&#233;, de Gaulle peopolis&#233;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Secrets-d-Histoire-sur-France-2-de-Gaulle-couronne-de-Gaulle-sanctifie-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Secrets-d-Histoire-sur-France-2-de-Gaulle-couronne-de-Gaulle-sanctifie-de</guid>
		<dc:date>2014-09-22T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi L&#233;pinay</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Documentaires</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De Gaulle, le dernier roi de France ? Comment faire l'apologie d'un homme d'&#201;tat pendant 1h30 en ne faisant qu'effleurer son action politique&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Documentaires-+" rel="tag"&gt;Documentaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 28 ao&#251;t dernier sur France 2, St&#233;phane Bern pr&#233;sentait un nouveau num&#233;ro de l'&#233;mission &#171; Secrets d'Histoire &#187;. Ce programme, sous couvert de vulgarisation historique, n'est pour l'essentiel qu'un assemblage de sujets st&#233;r&#233;otyp&#233;s m&#234;lant anecdotes superficielles et parti pris simplistes, et se pr&#233;sente &#233;galement, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4409.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme nous l'avions relev&#233; dans un pr&#233;c&#233;dent article, comme le magazine royaliste de France 2&lt;/a&gt;. Le num&#233;ro du 28 ao&#251;t, intitul&#233; &#171; De Gaulle, le dernier des g&#233;ants &#187;, n'a pas d&#233;rog&#233; &#224; la r&#232;gle. De Gaulle, le dernier des rois de France ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'embl&#233;e, le titre choisi annonce un parti pris &#233;vident que la liste des intervenants ne peut que renforcer : sur les quatorze personnes sollicit&#233;es par St&#233;phane Bern, sept sont d'anciens proches du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, collaborateurs ou membres de la famille. Un choix qui interdit presque &#224; coup s&#251;r que soit port&#233; un regard distanci&#233; sur la personne du g&#233;n&#233;ral, et moins encore une r&#233;flexion critique sur son &#339;uvre politique&#8230; Si au moins les sept autres intervenants avaient &#233;t&#233; choisis pour faire contrepoint. Il n'en fut rien, &#233;videmment. Nous retrouvons par exemple Jean-Louis Debr&#233;, dont le p&#232;re fut Premier ministre de de Gaulle (ce qui n'est jamais pr&#233;cis&#233; dans de l'&#233;mission), et dont on se doute que les interventions n'&#233;reinteront pas trop le grand homme... Bref, ce qui &#233;tait &#224; craindre d&#232;s le d&#233;but de l'&#233;mission se confirme par la suite : ce n'est pas &#224; un documentaire de vulgarisation historique que nous avons affaire mais &#224; une v&#233;ritable hagiographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La naissance d'une b&#234;te m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien en phase avec le journalisme politique tel qu'il se pratique aujourd'hui, l'&#233;mission appr&#233;hende la politique essentiellement sous l'angle du spectacle et des petites phrases. Ainsi, apr&#232;s une premi&#232;re visite de la Boisserie o&#249; l'on apprend, d&#233;tail essentiel, que le t&#233;l&#233;phone est cach&#233; &#171; dans le cagibi, sous l'escalier &#187;, la voix off annonce sur fond de musique th&#233;&#226;trale : &#171; &lt;i&gt;Rebelle, insoumis, sarcastique, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle est &lt;strong&gt;le premier homme politique fran&#231;ais &#224; faire de la communication une arme de persuasion massive pour changer le cours de l'histoire&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; (sic). Pour tenter d'appuyer cette affirmation p&#233;remptoire, une premi&#232;re s&#233;rie d'intervenants nous vante les talents de communicant du g&#233;n&#233;ral de Gaulle. Que m&#233;rite d'&#234;tre abord&#233;e la mani&#232;re dont de Gaulle utilise les outils de communications modernes pour construire sa propre image, notamment pendant ses deux mandats pr&#233;sidentiels, cela ne fait pas de doute. Mais cette question n'est jamais &#233;voqu&#233;e, et la ma&#238;trise de sa communication par de Gaulle n'est abord&#233;e que pour mieux vanter la grandeur du personnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis, les grandes &#233;tapes de son parcours sont revues sous le seul angle du potentiel m&#233;diatique. Ainsi, la Seconde Guerre mondiale est principalement per&#231;ue comme un premier essai concluant de de Gaulle sous les feux des projecteurs. Des d&#233;buts qui ont &#233;t&#233; rendus possible par l'impr&#233;sario de circonstance du g&#233;n&#233;ral, un certain&#8230;Winston Churchill qui souhaite &#171; &lt;i&gt;lui donner les moyens de ses ambitions &lt;/i&gt; &#187; et d&#233;cide de &#171; &lt;i&gt;tout miser sur cet illustre inconnu &lt;/i&gt; &#187;. Il s'en suit une s&#233;rie d'interventions, photographies d'&#233;poque &#224; l'appui, sur les campagnes m&#233;diatiques que de Gaulle effectue dans le but de conqu&#233;rir le c&#339;ur du public. Une bien belle histoire, dont on ignore trop souvent le versant show-business !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On encha&#238;ne ensuite sur le retour en France en 1944 et la descente triomphale des Champs-&#201;lys&#233;es, au cours de laquelle &#171; &lt;i&gt;toutes les cam&#233;ras sont braqu&#233;es sur l'homme providentiel&lt;/i&gt; &#187; (on notera au passage l'anachronisme, &#224; une &#233;poque ou les principaux m&#233;dias sont encore la presse &#233;crite et la radio). Le temps de passer un extrait du fameux discours &#224; la Mairie de Paris et c'en est fini de la guerre. Ainsi, vu par &#171; Secrets d'Histoire &#187;, la place de de Gaulle dans la Seconde Guerre mondiale se r&#233;sume pour l'essentiel &#224; celle d'un produit m&#233;diatique cr&#233;&#233; de toute pi&#232;ce et dont le succ&#232;s serait m&#234;me devenu incontr&#244;lable : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;La cr&#233;ature m&#233;diatique finit cependant par &#233;chapper &#224; son cr&#233;ateur&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gaulle r&#232;gne sur la politique fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapide passage sur le gouvernement provisoire permet d'encha&#238;ner sur la &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;travers&#233;e du d&#233;sert m&#233;diatique&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; et le &#171; &lt;i&gt;retour fracassant&lt;/i&gt; &#187; de 1958. Inutile de dire que la mani&#232;re dont sont trait&#233;es les onze ann&#233;es de pr&#233;sidence de de Gaulle sont du m&#234;me acabit que ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233;. Sans surprise, les conf&#233;rences de presse constituent le premier point sur lequel l'&#233;mission s'attarde sans aucune distance critique. Seulement des commentaires d'intervenants b&#233;ats : &#171; &lt;i&gt;Les gens se battaient pour aller &#224; la conf&#233;rence de presse du g&#233;n&#233;ral De Gaulle. &lt;strong&gt;C'est un show !&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; raconte Jacques Vendroux, journaliste sportif et accessoirement&#8230; petit neveu de de Gaulle. Pour Alain Duhamel, &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;c'est un com&#233;dien prodigieux &lt;/strong&gt; ! Mais vraiment prodigieux ! Mais qui travaillait beaucoup... Ses discours, il les pronon&#231;ait sans note. Mais il les m&#233;morisait. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux &#233;v&#233;nements survenus au cours des deux mandats pr&#233;sidentiels sont bien &#233;voqu&#233;s. Mais lorsqu'ils ne sont pas pr&#233;sent&#233;s sous le seul angle de la vie priv&#233;e, ils en deviennent si sch&#233;matiques et anecdotiques qu'ils en perdent toute substance politique. Ainsi, sur la Guerre d'Alg&#233;rie, on serait tent&#233; de croire que le fait de dire &#171; Je vous ai compris &#187; a permis &#224; de Gaulle de se faire admettre unanimement comme le seul recours possible ; que sa rencontre avec le Chancelier Adenauer en 1963 se r&#233;sume pour l'essentiel &#224; un conflit familial pour savoir si ce dernier doit coucher &#224; la Boisserie ; ou que la &#171; Troisi&#232;me voie &#187; voulue comme alternative aux mod&#232;les am&#233;ricain et sovi&#233;tique, n'est qu'une mani&#232;re de &#171; &lt;i&gt;faire de la France l'arbitre de ce combat de titans &lt;/i&gt; &#187; ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la politique int&#233;rieure, ce n'est pas mieux. D'abord, alors qu'il &#233;voque la conception qu'avait de Gaulle de la France, St&#233;phane Bern ne peut s'emp&#234;cher de nous servir ses propres emballements monarchistes. Choisissant de se rendre &#224; Versailles pour nous faire visiter le Trianon-sous-Bois, r&#233;am&#233;nag&#233; en lieu de r&#233;sidence pr&#233;sidentielle &#224; la demande de De Gaulle, il introduit le sujet d'une dr&#244;le de mani&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Restaurer la grandeur de la France. Mais pas seulement : le g&#233;n&#233;ral de Gaulle veut aussi la r&#233;concilier avec son pass&#233; et souvenez-vous : son p&#232;re est monarchiste&lt;/i&gt; &#187; &#8230; Avant d'insister, quelques minutes plus tard : &#171; &lt;i&gt;Le g&#233;n&#233;ral de Gaulle a voulu restaurer la place de la France dans l'histoire en faisant de ce lieu le symbole d'une grandeur recouvr&#233;e &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre aspect incontournable de la personnalit&#233; de de Gaulle sur laquelle l'&#233;mission s'appesantit : ses rapports avec les artistes du show business et les sportifs. Pas d'inqui&#233;tude, ces rapports sont excellents, nous dit-on. Et s'agissant des sportifs, nous assistons &#224; une dr&#244;le de d&#233;monstration, consistant &#224; reprendre sans aucune distance un extrait des actualit&#233;s film&#233;es de l'&#233;t&#233; 1960 relatant le passage du Tour de France &#224; Colombey-les-Deux-&#201;glises, fief de la famille de Gaulle. Le journaliste de l'&#233;poque annonce que, &#171; grande surprise &#187;, de Gaulle est apparu &#171; au milieu des villageois de Colombey &#187; pour assister au passage du tour incognito. Si le caract&#232;re spontan&#233; de cette sc&#232;ne telle que rapport&#233;e par le reportage d'&#233;poque est plus que douteux, il est pourtant corrobor&#233; par le grand t&#233;moin convoqu&#233; par St&#233;phane Bern, Jacques Vendroux, qui pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Lui, il y a &#233;t&#233; tranquillement avec ses lunettes, comme un supporter... &#231;a a mis une pagaille, mais une pagaille ! Mais il y a des coureurs, des coureurs, mais des grands coureurs de l'&#233;poque hein, ils se sont arr&#234;t&#233;s, parce que c'&#233;tait le g&#233;n&#233;ral, mais leur seul souci c'&#233;tait de faire une photo en pleine comp&#233;tition avec le g&#233;n&#233;ral de Gaulle. C'&#233;tait extraordinaire.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s une telle d&#233;monstration, comment reprocher au reportage de conclure ce chapitre en faisant le constat que le g&#233;n&#233;ral de Gaulle &#233;tait adul&#233; des sportifs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gaulle au c&#339;ur de Mai 68&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus aberrant encore, le passage de l'&#233;mission consacr&#233; aux &#233;v&#233;nements de Mai 68. Alain Duhamel commence par expliquer doctement que &#171; &lt;i&gt;&#231;a faisait dix ans qu'il &#233;tait au pouvoir et les Fran&#231;ais sont les Fran&#231;ais, dix ans pour eux c'est toujours tr&#232;s long, m&#234;me si on a affaire au plus grand homme fran&#231;ais du XX&#232;me si&#232;cle &lt;/i&gt; &#187;. Les Fran&#231;ais, donc, en plus d'&#234;tre versatiles et incapables de reconna&#238;tre un &#171; grand homme &#187; quand ils en tiennent un, seraient des ingrats, ajoute l'historien &#8211; ou &#224; la lecture de ce qui suit, pr&#233;tendu tel &#8211; et chroniqueur au Point, Fran&#231;ois Kersaudy : &#171; &lt;i&gt;Il a quand m&#234;me redonn&#233; une extraordinaire prosp&#233;rit&#233; &#224; la France et d'un seul coup, il se fait traiter de dictateur par des gamins qui sont des gosses de riches en plus &lt;/i&gt; &#187;. Voil&#224; pour l'origine des &#233;v&#233;nements : une r&#233;bellion d'&#233;tudiants friqu&#233;s, bas du front et indignes du g&#233;n&#233;ral !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'issue de la crise, &#171; Secrets d'histoire &#187; n'y voit qu'une explication : le &#171; coup de comm' &#187; g&#233;nial de de Gaulle lors de sa &#171; disparition &#187; &#224; Baden-Baden&#8230; Jacques Vendroux, encore lui, nous donne la cl&#233; de la psych&#233; des Fran&#231;aises et des Fran&#231;ais face &#224; l'&#233;v&#233;nement : &#171; &lt;i&gt;Tout le monde s'inqui&#232;te, tout le monde s'affole, et tout le monde se dit : &#8220;Ben finalement le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, c'est pas si mal que &#231;a&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. Et la voix off d'approuver : &#171; &lt;i&gt;Une disparition de deux heures qui va renverser la situation : le 30 mai, 500 000 personnes d&#233;filent sur les Champs-&#201;lys&#233;es aux cris de &#8220;Vive de Gaulle&#8221; ! &lt;/i&gt; &#187;. Plusieurs interventions viennent par la suite exalter encore les talents de de Gaulle pour les coups de poker m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sentation des choses est doublement simpliste, pour ne pas dire absurde. D'une part, la personnalisation atteint ici son paroxysme en ramenant le vaste bouillonnement social, culturel et politique, doubl&#233; de la plus grande gr&#232;ve ouvri&#232;re du XXe si&#232;cle en France, que fut mai 68, &#224; la seule question du maintien au pouvoir de de Gaulle. D'autre part, celle focalisation sur &#171; la communication &#187; et les &#171; strat&#233;gies m&#233;diatiques &#187;, d&#232;s qu'il s'agit de son action politique, ainsi que le r&#233;cit presque heure par heure de leur d&#233;roulement et de leurs effets, sont pour le moins excessifs, &#224; une &#233;poque o&#249; ni les sondages, ni les cha&#238;nes d'info en continu ne scandaient la vie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gaulle intime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission de St&#233;phane Bern ne serait pas ce qu'elle est sans cette avalanche d'anecdotes insignifiantes concernant la vie priv&#233;e et sentimentale de ceux dont il est question. Dans ce num&#233;ro, le ton est tout de suite donn&#233; : &#171; &lt;i&gt;On conna&#238;t l'homme public, moins l'homme priv&#233;, profond&#233;ment &#233;pris de sa femme Yvonne &lt;/i&gt; &#187;. Sur l'homme priv&#233;, l'&#233;mission tient effectivement toutes ses promesses, avec toute l'emphase m&#226;tin&#233;e de fausse pudeur qui fait le charme de l'exercice : &#171; &lt;i&gt;L'histoire de ce couple est indissociable de celle de la France&lt;/i&gt; &#187; ; les trois enfants de Charles et Yvonne de Gaulle sont le &#171; &lt;i&gt;ciment de cet amour&lt;/i&gt; &#187;, et tout particuli&#232;rement Anne, &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;leur fille trisomique &lt;/strong&gt;n&#233;e en 1928&lt;/i&gt; &#187;, dont nous apprendrons que la mort &#224; l'&#226;ge de 20 ans ne fera &#171; &lt;i&gt;que renforcer &lt;strong&gt;l'affection profonde qui unit ce couple de l&#233;gende&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, apr&#232;s avoir assist&#233; &#224; l'&#233;talage complet de ses infirmit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout : &#171; &lt;i&gt;Si Charles est visiblement tr&#232;s &#233;pris de son &#233;pouse, il n'en est pas pour autant insensible au charme de la gente f&#233;minine. Yvonne ne semble pas avoir de motif de jalousie, m&#234;me si parfois, elle peut montrer quelques signes d'agacement &lt;/i&gt; &#187; ose la voix off. L'honneur est sauf, semble-t-il, puisque, selon Alexandre Duval-Stalla, &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;la seule ma&#238;tresse qu'on conna&#238;t au g&#233;n&#233;ral de Gaulle, c'est la France&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire s'aventure ainsi tr&#232;s, trop longuement sur le terrain de la vie conjugale des de Gaulle et de la psychologie intime des deux protagonistes : &#171; &lt;i&gt;D'abord ils s'installent dans un petit appartement &#224; Paris, o&#249; c'est moche hein, c'est petit, il y a le m&#233;tro qui passe tout le temps, elle fait les courses, elle fait la cuisine, elle cire le plancher, [&#8230;], lui il est constamment en exp&#233;dition dans le d&#233;sert, elle est seule avec les enfants, &lt;strong&gt;jamais elle ne se plaint &lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, explique Christine Clerc. &#192; l'endurance d'Yvonne r&#233;pondent les failles cach&#233;es de Charles : &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le g&#233;n&#233;ral de Gaulle a toujours &#233;t&#233; un m&#233;lancolique&lt;/strong&gt;. Et peut-&#234;tre un peu un d&#233;pressif, un d&#233;pressif intermittent. &#199;a n'est pas un homme gai et &#231;a n'est pas un homme positif&lt;/i&gt; &#187; explique Alain Duhamel, avant que Christine Clerc ne revienne &#224; la charge : &#171; &lt;i&gt;Elle (Yvonne) conna&#238;t cette sensibilit&#233; cach&#233;e qu'il ne faut pas montrer, &lt;strong&gt;elle sait &#224; quel point il a souffert de ses &#233;checs&lt;/strong&gt;, de la naissance, du d&#233;veloppement et des crises de la petite Anne, &lt;strong&gt;elle voit &#224; quel point il souffre et elle ne le supporte pas&lt;/strong&gt; pour lui, elle cherche &#224; le prot&#233;ger &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;mission se termine par une critique &#224; mots couverts de certains aspects de l'action de de Gaulle, comme le m&#233;pris qu'il vouait &#224; ses opposants du fait d'une conception excessive de son propre r&#244;le politique, ou sa rencontre avec Franco en 1970, ces quelques objections, empil&#233;es dans les dix derni&#232;res minutes de l'&#233;mission, n'entament en rien le ton apolog&#233;tique qui pr&#233;vaut dans l'ensemble du film.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; l'accoutum&#233;e, l'&#233;mission de St&#233;phane Bern ne nous &#233;pargne donc pas les d&#233;tails futiles sur la vie intime de celui auquel elle se consacre, d&#233;tails que l'on tente na&#239;vement de faire passer pour les r&#233;sultats d'une investigation historique. Ce go&#251;t pour les anecdotes insignifiantes r&#233;v&#232;le surtout une extraordinaire confusion entre la vie collective d'une soci&#233;t&#233; &#224; une certaine &#233;poque et la vie intime de ceux qui en sont les acteurs les plus en vue. Pis, cette personnalisation extr&#234;me sugg&#232;re implicitement que l'histoire n'est que le produit de la volont&#233; et des d&#233;cisions de ceux qui gouvernent, de leur g&#233;nie, de leur clairvoyance et de leur charisme&#8230; Personnalisation et peopolisation : tel est le secret de &#171; Secrets d'histoire &#187;. C'est aussi la recette du journalisme politique du temps pr&#233;sent. Co&#239;ncidence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;mi L&#233;pinay (avec Blaise Magnin)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Secrets d'histoire &#187;, le magazine royaliste de France 2 ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Secrets-d-histoire-le-magazine-royaliste-de-France-2</link>
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		<dc:date>2014-07-21T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Blaise Magnin</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Documentaires</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e par St&#233;phane Bern, sp&#233;cialiste m&#233;diatique des t&#234;tes couronn&#233;es, l'&#233;mission, sous couvert de proposer un divertissement instructif, fait passer une tr&#232;s singuli&#232;re version de l'histoire de France.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Documentaires-+" rel="tag"&gt;Documentaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e par l'animateur-amuseur multicartes St&#233;phane Bern, et dot&#233;e d'un titre qui &#233;voque on ne sait quels myst&#232;res, &#171; Secrets d'histoire &#187;, l'&#233;mission historique de France 2, diffus&#233;e depuis 2007, n'a pas pour vocation d'attirer les sp&#233;cialistes, ni m&#234;me les amateurs &#233;clair&#233;s. Elle n'a pas non plus pour objectif de proposer au plus grand nombre une vision accessible et &#233;quilibr&#233;e de sujets historiques vari&#233;s, faisant &#233;tat des points de consensus dans la communaut&#233; historienne, tout en laissant une place suffisante au doute et au d&#233;bat. Elle n'est tout au plus qu'un divertissement audiovisuel qui prend quelques pr&#233;cautions historiennes. Le genre n'est pas &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; m&#233;prisable. Mais sous couvert de proposer un divertissement instructif, &#171; Secrets d'histoire &#187; fait passer une tr&#232;s singuli&#232;re version de l'histoire de France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, au moment o&#249; r&#233;appara&#238;t une &#171; histoire identitaire &#187;, dont la petite entreprise &#233;ditoriale de Lor&#224;nt Deutsch constitue l'exemple le plus frappant, et qui s'applique &#224; reconstruire une histoire nationale (ou plut&#244;t nationaliste) simpliste et fantasm&#233;e, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4230.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme on peut le lire ici m&#234;me&lt;/a&gt;, on s'assurera aussi que l'&#233;mission &#233;vite toute instrumentalisation grossi&#232;re du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6947 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L399xH355/secrets_d_histoire-c5697.jpg?1776733433' width='399' height='355' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e tant le choix de confier la pr&#233;sentation de cette &#233;mission &#224; St&#233;phane Bern est d&#233;concertant. Ni sa formation (il est dipl&#244;m&#233; de l'&#201;cole sup&#233;rieure de commerce de Lyon), ni son parcours m&#233;diatique ant&#233;rieur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon sa fiche Wikipedia, il fut r&#233;dacteur en chef du magazine Dynastie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'invitent &#224; penser qu'il d&#233;tient quelque comp&#233;tence en la mati&#232;re. &#192; moins de consid&#233;rer qu'une passion &#224; toute &#233;preuve pour tout ce qui a trait aux t&#234;tes couronn&#233;es, une sp&#233;cialisation journalistique (et mondaine) en la mati&#232;re, et surtout des convictions&#8230; royalistes jamais d&#233;menties conf&#232;rent &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; une l&#233;gitimit&#233; pour traiter de sujets historiques ! Enfin, si l'on peut encore parler de &#171; sujets historiques &#187; &#224; propos du contenu de &#171; Secrets d'histoire &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la recension des sujets diffus&#233;s depuis 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur Wikipedia.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permet de constater que St&#233;phane Bern (gr&#226;ce au concours des auteurs et des r&#233;alisateurs de l'&#233;mission) ne s'est pas priv&#233; de laisser libre cours &#224; sa fascination : pas moins de 50 sujets sur 85 traitent d'un roi ou d'une reine, d'un empereur ou d'une imp&#233;ratrice, d'un pharaon ou d'une pharaonne, ou encore d'un sultan ! Et encore, ce bilan est-il en partie trompeur, puisque l'ann&#233;e 2008, avec seulement 8 sujets &#171; monarque &#187; sur 21, fait baisser la moyenne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, &#171; Secrets d'histoire &#187; s'applique &#224; n'aborder que des sujets historiquement anecdotiques, qui prennent la forme d'&#233;nigmes insignifiantes et recuites (&#171; Quel est le myst&#232;re de la b&#234;te du G&#233;vaudan ? &#187; ; &#171; O&#249; est cach&#233; le tr&#233;sor des Templiers ? &#187;), ou qui font, encore, la part belle aux &#171; grands hommes &#187;, qu'il s'agisse de &#171; c&#233;l&#233;brit&#233;s &#187; historiques diverses et vari&#233;es (J&#233;sus, Barbe-Bleue, Casanova, Nostradamus, Robin des Bois), de g&#233;nies artistiques (Moli&#232;re, Mozart, Monet, Hugo), ou de quasi contemporains (Clemenceau, De Gaulle, &#171; les milliardaires am&#233;ricains depuis la Guerre de S&#233;cession &#187;). Et comme un souverain digne de ce nom ne se con&#231;oit pas sans son palais f&#233;&#233;rique, St&#233;phane Bern ne manque pas d'y conduire r&#233;guli&#232;rement les t&#233;l&#233;spectateurs (les r&#233;sidences d'&#233;t&#233;, le Vatican, l'&#201;lys&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du mode de traitement choisi, le portrait &#8211; autant dire l'hagiographie &#8211; domine largement, mais St&#233;phane Bern ne se refuse pas, pour varier les plaisirs, &#224; s'int&#233;resser r&#233;guli&#232;rement aux amours royales et aux amants ou aux maitresses des souveraines et des souverains. La presse &#224; scandales et le journalisme de trou de serrure n'existant pas &#224; ces &#233;poques, on sait gr&#233; &#224; St&#233;phane Bern de combler ces lacunes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les sommaires complets des saisons 2013 et 2014 permettront de mieux se figurer le menu indigeste et monomaniaque de l'&#233;mission :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;2013&lt;/strong&gt; : 15 janvier 2013 - Moli&#232;re tombe le masque ! ; 19 f&#233;vrier 2013 - Juan Carlos, le roi des Espagnols ; 26 mars 2013 - Si les murs du Vatican pouvaient parler ; 9 avril 2013 - Le myst&#232;re Picasso ; 7 mai 2013 - Un homme nomm&#233; J&#233;sus ; 14 juillet 2013 - 14 juillet 1789 : le matin du grand soir ; 6 ao&#251;t 2013 - Sarah Bernhardt, sa vie, ses folies ; 13 ao&#251;t 2013 - Richelieu le ciel peut attendre ; 20 ao&#251;t 2013 - Mozart : la libert&#233; ou la mort ! ; 27 ao&#251;t 2013 - La reine Am&#233;lie, une Fran&#231;aise au Portugal ! ; 3 septembre 2013 - Moi, Charles Quint, ma&#238;tre du monde ; 1er octobre 2013 - Gatsby et les magnifiques (portraits des milliardaires am&#233;ricains depuis la Guerre de S&#233;cession : John Davison Rockefeller, John Jacob Astor IV, John Pierpont Morgan, William Henry Vanderbilt et Andrew Carnegie) ; 5 novembre 2013 - Fr&#233;d&#233;ric II : le roi de Prusse est un peu baroque ; 3 d&#233;cembre 2013 - Georges Clemenceau : un tigre au grand c&#339;ur ; 26 d&#233;cembre 2013 - Gayatri Devi : une princesse au pays des Maharajas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;2014&lt;/strong&gt; : 25 f&#233;vrier 2014 - Nicolas II : le dernier tsar de Russie ; 28 juin 2014 - Fran&#231;ois-Ferdinand ou la fin du monde ; 14 juillet 2014 - Danton : aux armes citoyens ! ; 15 juillet 2014 - Vacances royales. Portrait des r&#233;sidences du pouvoir ; 22 juillet 2014 - La Pompadour ou le roi amoureux ; 29 juillet 2014 - Agn&#232;s Sorel, premi&#232;re des favorites ; 12 ao&#251;t 2014 - Saint Louis, sur la terre comme au ciel ; 19 ao&#251;t 2014 - Portrait de La Castiglione, ma&#238;tresse de Napol&#233;on III ; 25 ao&#251;t 2014 - De Gaulle, le dernier des g&#233;ants ; non encore programm&#233;s : La Grande-Duchesse de Luxembourg ; Gloire et douleurs de Maria Callas ; Les reines de Paris ; Portrait de Louis XIV dit Le Roi Soleil ; Portrait d'Anne de Bretagne ; L'irr&#233;sistible ascension de Madame de Maintenon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, selon France 2 et St&#233;phane Bern, l'histoire est avant tout l'histoire priv&#233;e &#8211; et m&#234;me intime &#8211; de celles et ceux qui ont r&#233;gn&#233; et gouvern&#233; par le pass&#233;. &#171; Secrets d'histoire &#187; est &#224; l'histoire ce que le fait divers, quand il n'est pas dramatique, est souvent &#224; l'information : une occasion de se divertir en racontant des histoires qui s&#233;duisent un large public. Or les belles histoires qui nous sont ainsi cont&#233;es, avec le concours et la caution de quelques historiens, ne sont pas seulement des divertissements que l'on aurait tort de m&#233;priser au nom de la &#171; haute culture &#187;. Elles affichent aussi des pr&#233;tentions savantes pour le moins f&#226;cheuses, quand on sait que depuis les ann&#233;es&#8230; 1930 et la fondation de l'&#201;cole des annales, les historiens s'efforcent de ne plus se focaliser sur les &#233;v&#233;nements militaires et politiques, ni sur leurs acteurs dominants, mais ambitionnent de rendre compte des ph&#233;nom&#232;nes culturels, &#233;conomiques et sociaux, et donc des modes de vie des masses anonymes du pass&#233; &#8211; ainsi que de leur &#233;volution &#8211;, dans leur totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision du pass&#233; propos&#233;e par &#171; Secrets d'histoire &#187; ne souffre pas seulement d'&#234;tre &#233;triqu&#233;e et partielle &#224; un point tel qu'elle en devient grotesque. Le propos, souvent apolog&#233;tique et tr&#232;s psychologisant, fait la part belle &#224; la vie sentimentale et familiale des souverains, &#224; leurs traits de caract&#232;re et &#224; leurs tourments int&#233;rieurs, &#224; leurs joies et &#224; leurs peines, interdisant toute mise en perspective critique &#8211; et toute mise en perspective tout court... Si bien que, m&#234;me assez inoffensive, l'&#233;mission est loin d'&#234;tre neutre politiquement. Certes, on est tr&#232;s loin des emportements nationalistes de Lor&#224;nt Deutsch et de ses &#233;pigones, mais diss&#233;quer sans fin les us et coutumes, les &#233;tats d'&#226;me et la libido des rois et des reines, pour, le plus souvent, se p&#226;mer sans retenue devant leur bon go&#251;t, leur grandeur, leur courage ou leur lucidit&#233; d&#233;note une conception de l'histoire et du monde social pour le moins partiale, et si d&#233;politis&#233;e qu'elle en devient&#8230; tr&#232;s politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, avec cette &#233;mission &#171; historique &#187;, &#224; mi chemin entre le reportage people et le manifeste monarchiste, France 2 se fourvoie une fois de plus en s'asseyant sur ses missions de service public, avec comme seul objectif, de maximiser l'audience. Proposer des documentaires historiques sous une forme divertissante ? Pourquoi pas ? Encore faudrait-il que le choix des sujets et leur mise en forme ne servent pas une version de l'histoire qui est tout sauf anodine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blaise Magnin&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Bern&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa fiche Wikipedia&lt;/a&gt;, il fut r&#233;dacteur en chef du magazine &lt;i&gt;Dynastie&lt;/i&gt; de 1985 &#224; 1987, ann&#233;e au cours de laquelle il collabore au magazine &lt;i&gt;Voici&lt;/i&gt;, avant de devenir journaliste &#224; &lt;i&gt;Jours de France&lt;/i&gt; en 1988. En 1992, St&#233;phane Bern entame une carri&#232;re radiophonique et t&#233;l&#233;visuelle fructueuse qui le voit animer ou participer &#224; quelques unes des plus grandes &#233;missions de divertissement sur France Inter, Europe 1 et RTL, ou, entre autres, assurer la pr&#233;sentation de &#171; grands &#233;v&#232;nements &#187; (comme en 2011 les mariages britannique et mon&#233;gasque) sur France 2. Depuis 1999, il est &#233;galement r&#233;dacteur en chef adjoint (rubrique &#201;v&#233;nements) du magazine &lt;i&gt;Le Figaro Madame&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Disponible sur &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Secrets_d'histoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Malheurs actuels de l'histoire : Valeurs actuelles et le roman national</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Malheurs-actuels-de-l-histoire-Valeurs-actuelles-et-le-roman-national</link>
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		<dc:date>2013-12-30T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Naudin, William Blanc</dc:creator>


		<dc:subject>Valeurs actuelles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La r&#233;surgence d'une histoire nationaliste port&#233;e par des historiens m&#233;diatiques de pacotille.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Presse-ecrite-" rel="directory"&gt;Presse &#233;crite&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Valeurs-actuelles-+" rel="tag"&gt;Valeurs actuelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, en tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et avec l'autorisation de ses auteurs, un article de Christophe Naudin et William Blanc &lt;a href=&#034;http://www.leshistoriensdegarde.fr/valeurs-actuelles-notre-histoire-massacree-gauche/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;paru sur le site qu'ils animent, Les historiens de garde&lt;/a&gt;. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://www.leshistoriensdegarde.fr/le-roman-de-lhexagone-par-lexpress/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le num&#233;ro hors-s&#233;rie de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qui en appelait &#224; un &#171; roman de l'Hexagone &#187;, c'est au tour du magazine &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; de s'int&#233;resser &#224; l'histoire de France, et plus sp&#233;cialement &#224; l'histoire enseign&#233;e. Comment celle-ci est-elle vue par un journal m&#234;lant valeurs r&#233;actionnaires et apologie du n&#233;olib&#233;ralisme &#233;conomique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des Unes &#171; chocs &#187; de&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&#224; Renaud Camus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6564 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L239xH274/img1_couv-valeurs-actuelles-2-dc190.jpg?1776739089' width='239' height='274' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Image 1 &#8211; Couverture de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; du 26 septembre 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois, le magazine a clairement adopt&#233; un angle plus que droitier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce titre &#171; &#8220;Valeurs actuelles&#8221;, le cabinet noir de la droite dure &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notamment dans ses Unes, reprenant souvent mot pour mot le discours de l'extr&#234;me droite, sur des sujets comme les Roms ou plus encore l'islam (&lt;strong&gt;image 1&lt;/strong&gt;). Ainsi, cette couverture mettant en sc&#232;ne une Marianne voil&#233;e, avec des titres sans ambigu&#239;t&#233; sur les dangers d'une &#171; invasion &#187; musulmane par les naturalisations, et le risque &#224; terme d'un &#171; changement &#187; de peuple dont la gauche serait complice. &lt;strong&gt;L'allusion au &#171; grand remplacement &#187; de &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Renaud_Camus&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;crivain Renaud Camus&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, qui voit dans l'immigration une op&#233;ration de &#171; changement de peuple &#187; et de &#171; r&#233;ensauvagement de l'esp&#232;ce &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; R&#233;voltez-vous non de Dieu &#187;, Bdvoltaire.fr, le 10 septembre 2013.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est limpide. &lt;strong&gt;Ce grand remplacement serait accompagn&#233; d'un &#171; grand effacement &#187; qui viserait &#224; d&#233;truire l'histoire de France&lt;/strong&gt;. Comme l'explique le m&#234;me Renaud Camus.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Grand Effacement&lt;/i&gt; me va tr&#232;s bien. C'est ce que j'ai appel&#233; moi-m&#234;me l'&lt;i&gt;enseignement de l'oubli&lt;/i&gt;, l'&lt;i&gt;industrie de l'h&#233;b&#233;tude&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;Grande D&#233;culturation&lt;/i&gt;. On en revient toujours &#224; la formule que je rab&#226;che exag&#233;r&#233;ment, mais il y a de quoi : &#171; Un peuple qui conna&#238;t ses classiques ne se laisse pas mener sans r&#233;volte dans les poubelles de l'histoire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La connexion est donc implicitement faite entre une immigration assimil&#233;e &#224; une colonisation et une op&#233;ration qui viserait &#224; annihiler l'histoire de France&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On remarquera au passage que les Identitaires (groupuscules d'extr&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La Une de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; est un r&#233;sum&#233; de cette th&#233;orie (&lt;strong&gt;image 2&lt;/strong&gt;). Elle pointe &#224; la fois ce qui est en train de dispara&#238;tre et d&#233;signe en m&#234;me temps les responsables. L'image de Charles Martel, h&#233;ros des islamophobes et des groupes d'extr&#234;me droite comme les identitaires, symbolise cette &#171; histoire pi&#233;tin&#233;e &#187; qui se r&#233;sume en fait &#224; une litanie de grands personnages, les m&#234;mes que ceux c&#233;l&#233;br&#233;s par les historiens de garde comme le montre la liste en bas &#224; droite de la Une : Clovis, Saint Louis, Louis XIV et Napol&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6565 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L238xH333/img2_couv-valeurs-actuelles-28272.jpg?1776739089' width='238' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Image 2 &#8211; Couverture de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; du 5 d&#233;cembre 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coupable de l'effacement est clairement d&#233;sign&#233; : la gauche. Elle &#171; [pi&#233;tine] &#187; les &#171; h&#233;ros fran&#231;ais &#187;, et &#171; [massacre] notre histoire &#187;. Mais il ne s'agit pas de n'importe quelle gauche. Comme le montrent les titres dans la partie sup&#233;rieure de la page, c'est la &#171; gauche antiraciste &#187;, et surtout &lt;strong&gt;Christiane Taubira&lt;/strong&gt; qui est vis&#233;e. Car si la ministre de la Justice est l'ennemie jur&#233;e des opposants au mariage pour tous, elle l'est aussi des chantres d'une histoire nationale purg&#233;e de la &#171; repentance droits de l'hommiste &#187;. C'est Max Gallo qui, le premier, l'a prise pour cible &lt;a href=&#034;http://www.leshistoriensdegarde.fr/max-gallo-lhomme-lame-partie-1-methode-programme-modeles/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans son livre &lt;i&gt;L'&#226;me de la France&lt;/i&gt; (publi&#233; en 2007)&lt;/a&gt; car elle a &#233;t&#233; &#224; l'initiative de la loi reconnaissant l'esclavage et la traite comme crime contre l'humanit&#233; en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, le propos du dossier de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; est simple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le dossier se situe p. 28-36 du magazine. Toutes les citations, sauf (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : d&#233;signer des coupables et revenir &#224; des fondamentaux qui se r&#233;sument &#224; livrer une vision h&#233;ro&#239;que des faits (d'arme) des &#171; grands hommes &#187;. A &#233;t&#233; mobilis&#233;e pour l'occasion la cohorte habituelle &lt;strong&gt;des historiens de garde, de Dimitri Casali &#224; Vincent Badr&#233;&lt;/strong&gt;. Avec m&#234;me un &#171; petit nouveau &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.leshistoriensdegarde.fr/bonus/philippe-de-villiers-lorant-deutsch-et-le-general-de-charette/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philippe de Villiers, dont nous avions parl&#233; dans un pr&#233;c&#233;dent article&lt;/a&gt;. Notons au passage que le dossier a &#233;t&#233; coordonn&#233; par Fabrice Madouas, auteur entre autres d'un livre-entretien avec Jean de France, (&lt;i&gt;Un prince fran&#231;ais, &lt;/i&gt;Pygmalion, 2009), pr&#233;tendant orl&#233;aniste au tr&#244;ne de France et proche de Lor&#224;nt Deutsch&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir cet article du site lafautearousseau.hautetfort.com relatant la venue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le monde des historiens de garde est d&#233;cid&#233;ment bien petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Histoire : notre m&#233;moire massacr&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; commence fort avec &lt;strong&gt;cette confusion entre histoire et m&#233;moire&lt;/strong&gt;, qui n'a &#233;videmment rien d'anodin. Pour les historiens de garde, le r&#244;le de l'histoire est avant tout de c&#233;l&#233;brer une m&#233;moire collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche voudrait donc, selon Fabrice Madouas, &#171; [priver] le peuple fran&#231;ais de sa m&#233;moire &#187;, par une &#171; entreprise de d&#233;racinement &#187;&lt;/strong&gt; et un effacement des h&#233;ros nationaux des manuels scolaires. Autre confusion, cette fois entre manuels scolaires et programmes, mais qui n'est pas &#233;tonnante, l'une des r&#233;f&#233;rences prises pour l'article &#233;tant &lt;strong&gt;Vincent Badr&#233;&lt;/strong&gt;, auteur d'un &#171; livre tr&#232;s fouill&#233; &#187; dixit F. Madouas, &lt;a href=&#034;http://aggiornamento.hypotheses.org/945&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'histoire fabriqu&#233;e&lt;/i&gt;, que d'autres ont d&#233;mont&#233; point par point sur le site &lt;i&gt;aggiornamento.hypotheses.org&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. L'autre historien de garde appel&#233; &#224; la rescousse est sans surprise &lt;strong&gt;Dimitri Casali&lt;/strong&gt; qui, hasard du calendrier sans doute, publie un &#233;ni&#232;me ouvrage, cette fois sur Napol&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une introduction o&#249; la France actuelle est compar&#233;e &#224; l'Union Sovi&#233;tique o&#249; l'on truquait les photos officielles, Fabrice Madouas reprend les grosses ficelles du discours des historiens de garde sur l'enseignement, souvent des contrev&#233;rit&#233;s : la chronologie (citant Michel Debr&#233;, &#171; l'histoire, c'est d'abord la chronologie &#187;) et le r&#233;cit auraient ainsi disparu, tout comme les grands hommes, &#171; effac&#233;s &#187; ou rel&#233;gu&#233;s en &#171; option &#187;, tel Napol&#233;on. Gu&#232;re &#233;tonnant non plus la r&#233;f&#233;rence &#224; &lt;strong&gt;Max Gallo&lt;/strong&gt;, qui avait vu &#171; les carences de l'enseignement de l'histoire &#187; d&#232;s 1983.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; p&#233;dagogistes abscons &#187; et &#171; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_des_Annales&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;cole des Annales&lt;/a&gt; &#187; seraient les principaux coupables (on doit donc comprendre qu'en plus de Christiane Taubira, ce sont eux &#171; la gauche &#187;), confondant &#171; salle de classe et laboratoire de recherche &#187;. Le journaliste s'appuie ici sur Jean-R&#233;mi Girard, du SNLAC (Syndicat National des Lyc&#233;es et des Coll&#232;ges, class&#233; &#224; droite), qui d&#233;plore &#171; la vision de l'histoire tr&#232;s universitaire [des concepteurs des programmes] &#187;. L'une des antiennes des historiens de garde est en effet de s&#233;parer histoire universitaire et histoire pour le grand public, y compris scolaire, cette derni&#232;re ayant pour seul but l'adh&#233;sion, en rien l'esprit critique. On retrouve l&#224; &lt;a href=&#034;http://www.leshistoriensdegarde.fr/historiens-garde-polemique-lorant-deutsch-bilan-mediatique-politique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les propos r&#233;cents de Karim Ouchikh&lt;/a&gt;, conseiller de Marine Le Pen &#224; la Culture, &#224; la Francophonie et &#224; la Libert&#233; d'expression qui promeut pour le grand public un roman national qui &#171; ne se confondrait pas avec les disciplines historiques scientifiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me partie de l'article s'attaque plus directement &#224; &#171; la vision id&#233;ologique de l'histoire [par la gauche], qu'il faudra corriger pour restaurer cet enseignement &#187; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;). Principales cibles : Christiane Taubira et les &#171; lois m&#233;morielles &#187;. Fabrice Madouas loue les anciens historiens r&#233;publicains du XIXe si&#232;cle et du d&#233;but du XXe, qui ne &#171; rejetaient pas l'h&#233;ritage de la monarchie ni l'h&#233;ritage chr&#233;tien &#187;. Il se situe ainsi dans le m&#234;me discours que Max Gallo, et sa volont&#233; de fusionner roman national r&#233;publicain et roman national monarcho-chr&#233;tien. L'ennemi est donc ceux qui d&#233;fendent &#171; une histoire amput&#233;e, manich&#233;enne &#187; (dixit Casali), comme Christiane Taubira et sa &#171; d&#233;sastreuse loi &#187; (critiqu&#233;e &#224; l'&#233;poque, entre autres, par Pierre Nora). Le fait que cette loi ne mentionnerait que la traite pratiqu&#233;e par les Europ&#233;ens et pas les traites interafricaines ou musulmanes prouverait, selon les historiens de garde, que le but de Taubira serait uniquement de culpabiliser les Fran&#231;ais et de les forcer &#224; la repentance. Bien entendu, l'article &#171; oublie &#187; de dire que suite &#224; cette loi, &lt;strong&gt;si la traite atlantique a &#233;t&#233; mise dans le programme de 4e, les traites interafricaines et musulmanes sont au programme de 5e&lt;/strong&gt;. Peu importe, il s'agit pour &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; de pointer cette histoire qui ne penserait qu'aux victimes, au d&#233;triment des h&#233;ros, se transformant en une &#171; longue plainte profond&#233;ment d&#233;moralisante &#187; pour les Fran&#231;ais, selon Vincent Badr&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La conclusion de l'article enfonce le clou. Le probl&#232;me est bien l'&#233;tude (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que propose alors le magazine pour sauver cette m&#233;moire de la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Panth&#233;on des h&#233;ros &#224; r&#233;habiliter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principal (unique ?) axe des programmes version &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; : &lt;strong&gt;la r&#233;habilitation de certains h&#233;ros&lt;/strong&gt;, &#171; expuls&#233;s ou rel&#233;gu&#233;s au second plan &#187; par l'histoire gauchiste. Les choix sont sans surprise : &lt;strong&gt;il n'est question que d'hommes&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; part un petit encart sur Jeanne d'Arc.&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;occupant des positions royales ou de commandement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Vercing&#233;torix&lt;/strong&gt;, lou&#233; ici parce qu'aujourd'hui &#171; marginalis&#233; [alors qu'il est] un h&#233;ros, un chef courageux, un combattant qui a fait le choix de l'action guerri&#232;re pour pr&#233;server sa culture &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Clovis&lt;/strong&gt; &#233;videmment. Selon Casali, &#171; le h&#233;ros franc a jet&#233; les bases spirituelles, dynastiques, politiques et culturelles de la monarchie fran&#231;aise et de notre nation &#187;. Pour Denis Tillinac, Clovis nous aurait plac&#233;s &#171; dans le giron d'une catholicit&#233; romaine qui a format&#233; l'essentiel de nos valeurs et de nos m&#339;urs &#187;. Mieux, selon le trio de journalistes charg&#233; de l'article, Clovis prouve que &#171; la France &#233;tait chr&#233;tienne avant d'&#234;tre la France, et c'est m&#234;me seulement gr&#226;ce &#224; cela qu'elle a pu devenir la France &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Charles Martel&lt;/strong&gt;, ce &#171; r&#233;sistant r&#233;prouv&#233; &#187;, qui semble redevenir &#224; la mode. Son m&#233;rite, avoir fait en sorte que les musulmans ne s'installent pas durablement dans le sud de la France, permettant ainsi de limiter l'apport de la culture islamique &#224; l'Europe. Selon les journalistes de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt;, Charles Martel aurait &#233;t&#233; &#233;cart&#233; des programmes pour &#171; ne pas choquer les &#233;l&#232;ves issus de la sph&#232;re arabo-musulmane &#187;. &lt;strong&gt;M&#234;me propos dans la bouche d'un candidat frontiste aux municipales dans le 3e arrondissement de Paris&lt;/strong&gt; cit&#233; page 20 de l'hebdomadaire (donc en dehors du dossier consacr&#233; &#224; l'histoire, preuve que la figure de Charles Martel est un lieu commun du discours d'extr&#234;me droite) pour qui &#171; Il ne faut surtout pas parler de Charles Martel arr&#234;tant les Arabes &#224; Poitiers, &#231;a risquerait de froisser les musulmans ! &#187;. &lt;strong&gt;Pourtant, Charles Martel n'a pas toujours &#233;t&#233; mis en avant dans l'enseignement scolaire&lt;/strong&gt;. Ainsi, il est absent de la version d&#233;finitive du Petit Lavisse (&lt;i&gt;Histoire de France : cours &#233;l&#233;mentaire&lt;/i&gt;, Armand Colin, 1913). Pareillement, quarante ans plus tard, il n'est pas cit&#233; par Paul Bernard et Frantz Redon, dans &lt;a href=&#034;http://manuelsanciens.blogspot.fr/2012/06/bernard-redon-notre-premier-livre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Notre premier livre d'histoire. Cours &#233;l&#233;mentaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, (image 3 &#8211; F. Nathan, 1950)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sa figure est toutefois remplac&#233; par celle de Roland, tu&#233; &#224; Roncevaux par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La disparition que d&#233;plore l'hebdomadaire est donc bel et bien fictive.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6566 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L451xH328/img3_pages-014-015-c850a.jpg?1776739089' width='451' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Image 3 &#8211; Paul Bernard et Frantz Redon, &#171; Notre premier livre d'histoire. Cours &#233;l&#233;mentaire &#187;, F. Nathan, 1950, p. 14 et 15. Les pages pr&#233;c&#233;dentes et suivantes ne parlent pas de Charles Martel&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Louis XIV&lt;/strong&gt;, Roi-Soleil victime d'une &#233;clipse, car rel&#233;gu&#233; en fin de 5e. L&#224;, la r&#233;f&#233;rence de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; est claire, puisque &lt;strong&gt;c'est Jacques Bainville&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journaliste d'Action fran&#231;aise mort en 1936, qui reste LA r&#233;f&#233;rence, peu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;qui est appel&#233; pour d&#233;fendre le monarque absolu&lt;/strong&gt; : &#171; [Versailles &#233;tait] le symbole d'une civilisation qui a &#233;t&#233; pendant de longues ann&#233;es la civilisation europ&#233;enne, notre avance sur les autres pays &#233;tant consid&#233;rable et notre prestige politique aidant &#224; r&#233;pandre notre langue et nos arts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Napol&#233;on&lt;/strong&gt;, &#171; aigle foudroy&#233; &#187; depuis la pol&#233;mique de 2005 autour du bicentenaire de la bataille d'Austerlitz&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lanc&#233;e notamment par Max Gallo. Voir l'article suivant.&#034; id=&#034;nh6-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Charles de Gaulle&lt;/strong&gt;, ce &#171; b&#226;tisseur ignor&#233; &#187;, en particulier le pr&#233;sident de 1958, soup&#231;onn&#233; par la gauche, selon &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, de vouloir r&#233;tablir, avec la Cinqui&#232;me R&#233;publique, une forme de royaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saint Louis et Philippe de Villiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t qu'un article sur Louis IX, ou une r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;dition en poche de la fabuleuse biographie sign&#233;e Jacques Le Goff&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Saint Louis, Gallimard, 1996.&#034; id=&#034;nh6-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le journaliste &#201;ric Branca propose de c&#233;l&#233;brer le travail de Philippe de Villiers sur le roi cap&#233;tien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quoi de plus normal, le journaliste n'est rien de moins que le biographe de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ancien ministre, ami du th&#233;oricien du g&#233;nocide vend&#233;en Reynald Secher, est compar&#233; ici &#224; Plutarque ! Branca ne peut s'emp&#234;cher une allusion au d&#233;bat sur le mariage pour tous, &#171; loi pi&#233;tinant plusieurs mill&#233;naires d'acquis anthropologiques &#187;, et r&#233;sume la th&#232;se de de Villiers sur le Cap&#233;tien. On croit r&#234;ver quand il affirme que le Moyen &#194;ge &#233;tait la p&#233;riode durant laquelle &#171; la la&#239;cit&#233; marchait main dans la main avec la pi&#233;t&#233; &#187; ! Villiers a &#233;galement une vision quelque peu surprenante des croisades, motiv&#233;es par &#171; la d&#233;fense de la libert&#233; de conscience des chr&#233;tiens d'Orient face &#224; une forme de totalitarisme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une vision un peu plus s&#233;rieuse des croisades, on lira avec plaisir le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; Nouvelle histoire &#187; de Dimitri Casali&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouquet final de ce dossier sur l'enseignement de l'histoire, une interview de Dimitri Casali, appuy&#233;e sur une enqu&#234;te r&#233;cente (et contest&#233;e) faisant &#233;tat d'une baisse de niveau des coll&#233;giens en histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cet entretien, Casali d&#233;roule son discours habituel, sur lequel il n'est pas utile de s'attarder : l'histoire ne passionnerait plus les &#233;l&#232;ves car elle aurait abandonn&#233; le &#171; r&#233;cit plein d'&#233;motion et de fureur &#187; au profit des &#171; courbes statistiques &#187; issues d'une &#171; mauvaise r&#233;ception de l'enseignement de l'&#233;cole des Annales &#187;. Autres coupables : la repentance et le politiquement correct pour complaire aux &#171; nouvelles populations d'&#233;l&#232;ves, celles qui refusent d'entrer dans une cath&#233;drale &#187;. Il milite lui pour &#171; une nouvelle histoire, &#233;quilibr&#233;e et sereine &#187;, et &lt;strong&gt;en profite pour d&#233;fendre Lor&#224;nt Deutsch contre les attaques&lt;/strong&gt;, se r&#233;jouissant de la transe qui emporte le com&#233;dien quand il touche une pierre de la cath&#233;drale de Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'iconographie historique de &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6567 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L349xH502/img4_Valeurs_actuelles_12_13_097-34ff6.jpg?1776739089' width='349' height='502' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Image 4 &#8211; &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, 5 d&#233;cembre 2013, p. 29. Mise en avant par l'iconographie d'une histoire coloniale catholique et fonci&#232;rement positive&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix iconographiques de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; appuient le propos de fond et en disent parfois plus long que les textes. Outre la couverture (image 2), reprenant une gravure de Charles Martel non dat&#233;e, mais faite d'apr&#232;s un mod&#232;le de Georg Bleibtreu (1828&#8211;1892), l'hebdomadaire reprend &#233;galement deux peintures sur toile du XIXe si&#232;cle afin de parler de Vercing&#233;torix (celle de Lionel Royer d&#233;j&#224; repris dans le &lt;i&gt;Dictionnaire amoureux de l'Histoire&lt;/i&gt; de France de Max Gallo) et du cardinal Richelieu (celle de Henri Paul Motte r&#233;alis&#233;e en 1881). S'ajoute &#224; cela sur une double page quelques extraits tir&#233;s, selon &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt;, d'un manuel d'histoire des ann&#233;es 50 que nous n'avons pas pu identifier (image 4). Ce choix n'a rien d'anodin. Sur les cinq pages, il est surtout question, on ne s'en &#233;tonnera pas, de grandes figures de l'histoire nationale. N&#233;anmoins, la page au premier plan traite de la colonisation, sujet qui n'est pas mis en avant dans le dossier et qui n'appara&#238;t qu'au rez-de-chauss&#233;e d'une des pages finales (p. 34), dans un court encart. On comprend facilement que le propos iconographique est inverse. Il s'agit au contraire de mettre en avant la r&#233;habilitation d'une image essentiellement (voire uniquement) positive de la colonisation, qui se r&#233;sumerait &#224; l'action humaniste de missionnaires catholiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de ces images a ainsi comme fonction de plonger le lecteur dans une forme de nostalgie. La pratique n'est pas nouvelle. Lors de la derni&#232;re rentr&#233;e, &lt;i&gt;Le Figaro Histoire&lt;/i&gt; avait ainsi rempli son dossier sur l'enseignement de l'histoire d'illustration de Job (1858-1931). Nous remarquons n&#233;anmoins que l'ann&#233;e 2013 marque un accroissement de ce type de pratique, comme le montre la r&#233;&#233;dition du Petit Lavisse sous forme de fac-simil&#233;, mais aussi la parution aux &#233;ditions Ouest-France d'un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;La France. Histoire curieuse et insolite&lt;/i&gt;. La couverture de ce dernier ouvrage s'&#233;vertue &#224; donner une image id&#233;alis&#233;e d'un pass&#233; o&#249; tout allait bien, o&#249; les &#233;l&#232;ves ob&#233;issaient &#224; leur ma&#238;tre d'&#233;cole (image 5 &#8211; les personnages, d'ailleurs, semblent tout droit sortis des ann&#233;es 50&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le contenu, lui aussi, est fait pour plonger le lecteur dans une image (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Face &#224; un pr&#233;sent complexe, n&#233;cessitant une r&#233;flexion importante, face &#224; une histoire qui elle aussi se complexifie, la nostalgie m&#233;morielle devient aussi, et peut-&#234;tre surtout, un rep&#232;re facilement commercialisable.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L249xH314/img5_canon_162-dc963.jpg?1776739089' width='249' height='314' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Image 5 &#8211; &#171; La France &#8211; Histoire curieuse et insolite. &#187; Une imagerie pass&#233;iste dans laquelle le professeur pointe &#224; deux &#233;l&#232;ves (deux gar&#231;ons) directement vers le grand homme du pass&#233;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; justifie le choix de ces images en expliquant qu'il s'agit de &#171; rep&#232;res parfois na&#239;fs, mais n&#233;cessaires &#224; la conscience nationale. &#187; Sans entrer dans le d&#233;bat de fond (l'histoire a-t-elle comme seule fonction de cr&#233;er de la conscience nationale ?) notons simplement que la conception d'images scolaires n'est pas un choix na&#239;f, mais au contraire, un projet m&#251;rement r&#233;fl&#233;chi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Y compris en optant pour une repr&#233;sentation &#171; na&#239;ve &#187; des &#233;v&#233;nements.&#034; id=&#034;nh6-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Repr&#233;senter Vercing&#233;torix et Clovis avec des accoutrements similaires (notamment le casque ail&#233;) marque ainsi une continuit&#233; entre les deux personnages. Repr&#233;senter Jeanne d'Arc durant l'&#233;pisode des voix plut&#244;t que sa confrontation au dauphin r&#233;v&#232;le aussi un parti pris des concepteurs du manuel. Faire une pareille analyse rel&#232;ve de l'histoire la plus basique, facilement accessible &#224; tous. Une ambition qui n'est pas celle de la r&#233;daction de Valeurs actuelles, qui pr&#233;f&#232;re vendre des mythes nostalgiques &#224; ses lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une radicalisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dossier de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; sur l'enseignement de l'histoire n'apporte finalement pas grand-chose au discours des historiens de garde. Sur le fond, ce n'est gu&#232;re diff&#233;rent de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;Figaro Histoire&lt;/i&gt;. Par contre, le discours se clarifie et les cibles encore plus clairement identifi&#233;es : la gauche et l'immigration. Enfin, les sources du discours deviennent de plus en plus claires : &lt;strong&gt;c'est chez les Identitaires et Renaud Camus que &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; et Dimitri Casali vont puiser leur inspiration et leur grille d'analyse&lt;/strong&gt;. On peut donc l&#233;gitimement s'interroger ? Pourquoi Dimitri Casali continue-t-il d'&#234;tre invit&#233; dans les m&#233;dias de masse comme &#171; sp&#233;cialiste de l'enseignement de l'histoire &#187;, avec pratiquement jamais quelqu'un pour lui porter contradiction. Et pourquoi Vincent Badr&#233; a-t-il particip&#233; au dernier num&#233;ro de la revue &lt;i&gt;Le D&#233;bat&lt;/i&gt;, dirig&#233;e par l'historien Pierre Nora&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notons n&#233;anmoins que Pierre Nora a eu des mots tr&#232;s durs &#224; l'encontre du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe Naudin et William Blanc&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce titre &lt;a href=&#034;http://www.lesinrocks.com/2013/11/12/actualite/valeurs-actuelles-cabinet-noir-droite-dure-11443114/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#8220;Valeurs actuelles&#8221;, le cabinet noir de la droite dure &#187;, &lt;i&gt;lesinrocks.com&lt;/i&gt;, 12 novembre 2013&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.bvoltaire.fr/renaudcamus/non-au-changement-de-peuple-et-de-civilisation,35190&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; R&#233;voltez-vous non de Dieu &#187;, &lt;i&gt;Bdvoltaire.fr&lt;/i&gt;, le 10 septembre 2013&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On remarquera au passage que les Identitaires (groupuscules d'extr&#234;me droite) ont &#233;t&#233; &#224; notre connaissance les premiers &#224; avoir employ&#233; le terme &#171; d'effacement &#187; &#224; propos de l'histoire, en ao&#251;t 2010. L'oubli de la &#171; cath&#233;drale &#187; souterraine o&#249; officiait saint Denis (qu'aurait red&#233;couvert Lor&#224;nt Deutsch) par les pouvoirs publics serait une trace, selon eux, &#171; la preuve de l'effacement progressif de ces &#8220;traces identitaires&#8221;. &#187; Voir au sujet de cette pseudo cath&#233;drale le chapitre I des &lt;i&gt;Historiens de garde&lt;/i&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.leshistoriensdegarde.fr/preuve-source/chapitre-1-le-discours-et-la-methode/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la page bonus qui lui est consacr&#233; sur notre site&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le dossier se situe p. 28-36 du magazine. Toutes les citations, sauf indication contraire, sont tir&#233;es de ces pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://lafautearousseau.hautetfort.com/album/le_prince_jean_de_france_heritier_de_la_dynastie_fondatrice_de_notre_nation/3441643907.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article du site lafautearousseau.hautetfort.com relatant la venue de l'acteur et du pr&#233;tendant &#224; la basilique de Saint-Denis&lt;/a&gt;. Cette rencontre semble avoir lieu lors du tournage de &lt;i&gt;M&#233;tronome TV&lt;/i&gt; en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La conclusion de l'article enfonce le clou. Le probl&#232;me est bien l'&#233;tude d'autres civilisations, africaines notamment, mais plus encore de l'Islam. Dans une r&#233;f&#233;rence implicite &#224; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvain_Gouguenheim&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la th&#232;se de Sylvain Gouguenheim&lt;/a&gt;, Fabrice Madouas caricature l'enseignement d'un Islam savant ayant eu un r&#244;le important dans le d&#233;veloppement scientifique de l'Europe, et fait croire qu'en 6e (alors que l'Islam est abord&#233; en 5e) on apprend aux enfants que l'Islam n'a progress&#233; que gr&#226;ce &#224; sa tol&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; part un petit encart sur Jeanne d'Arc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sa figure est toutefois remplac&#233; par celle de Roland, tu&#233; &#224; Roncevaux par des Sarrasins en 778. Or, il est admis aujourd'hui que Roland avait plut&#244;t affront&#233; des Vascons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journaliste d'Action fran&#231;aise mort en 1936, qui reste LA r&#233;f&#233;rence, peu avou&#233;e, des historiens de garde. Voir &lt;i&gt;Les Historiens de garde&lt;/i&gt;, chapitre V.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lanc&#233;e notamment par Max Gallo. &lt;a href=&#034;http://www.leshistoriensdegarde.fr/max-gallo-lhomme-lame-partie-1-methode-programme-modeles/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir l'article suivant&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Saint Louis&lt;/i&gt;, Gallimard, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quoi de plus normal, le journaliste n'est rien de moins que le biographe de l'ancien ministre, &lt;i&gt;Le myst&#232;re Villiers&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Rocher, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une vision un peu plus s&#233;rieuse des croisades, on lira avec plaisir le petit livre d'Alessandro Barber, &lt;i&gt;Histoires des croisades&lt;/i&gt;, Flammarion, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le contenu, lui aussi, est fait pour plonger le lecteur dans une image id&#233;alis&#233;e de l'&#233;cole de l'Apr&#232;s-guerre. &lt;a href=&#034;http://plus.lefigaro.fr/note/la-france-histoire-curieuse-et-insolite-par-pierre-deslais-et-rodolphe-ferron-editions-ouest-france-20130109-1726893&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comme l'explique une note du site &lt;i&gt;plus.lefigaro.fr&lt;/i&gt; (le 9 janvier 2013)&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Les auteurs, tous les deux professeurs d'histoire, ont voulu retracer l'&#233;volution historique de la France, &lt;strong&gt;&#224; la mani&#232;re des tr&#232;s anciens manuels&lt;/strong&gt; qui mettaient tr&#232;s naturellement l'accent sur les dates, les lieux, en faisant appel &#224; la m&#233;moire. De nombreuses cartes pour montrer l'&#233;volution g&#233;ographique de la nation. Des dates &#8211; et des jeux pour les m&#233;moriser de fa&#231;on amusante. Des reproductions de &#171; bons points &#187; sont pr&#233;vus pour les &#171; &#233;l&#232;ves m&#233;ritants &#187; !&lt;/i&gt; &#187; Texte en gras soulign&#233; par nos soins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Y compris en optant pour une repr&#233;sentation &#171; na&#239;ve &#187; des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notons n&#233;anmoins que Pierre Nora a eu des mots tr&#232;s durs &#224; l'encontre du num&#233;ro de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; dont nous parlons dans l'&#233;mission &lt;i&gt;La Grande Table&lt;/i&gt;, France Culture, 6 d&#233;cembre 2013. &#171; C'est pas vrai que l'histoire est massacr&#233;e dans l'enseignement. Absolument pas. Elle est cultiv&#233;e, elle est difficile, elle est compliqu&#233;e&#8230; elle n'est pas massacr&#233;e, c'est absurde. C'est (la couverture de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt;. NdA) inspir&#233; par un nationalisme archa&#239;que, b&#233;at, d&#233;suet et grotesque. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le magazine L'Histoire a trente ans : auto-c&#233;l&#233;bration, pens&#233;e dominante et lois du march&#233; </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-magazine-L-Histoire-a-trente-ans-auto-celebration-pensee-dominante-et-lois</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Le-magazine-L-Histoire-a-trente-ans-auto-celebration-pensee-dominante-et-lois</guid>
		<dc:date>2008-07-21T06:14:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Matthieu Vincent</dc:creator>


		<dc:subject>L'Histoire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un voyage au coeur du &#171; magazine de r&#233;f&#233;rence des passionn&#233;s d'histoire &#187; &#224; l'occasion de son anniversaire.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Presse-ecrite-" rel="directory"&gt;Presse &#233;crite&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-L-Histoire-+" rel="tag"&gt;L'Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le magazine &lt;i&gt;l'Histoire &lt;/i&gt;f&#234;te ses trente ans avec un num&#233;ro sp&#233;cial dat&#233; de mai 2008&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Histoire, N&#176;331, &#171; 30 ans qui ont chang&#233; l'Histoire &#187;, Mai 2008.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui revient, chronologiquement, sur la p&#233;riode 1978-2008. Auto c&#233;l&#233;bration, exaltation de la pens&#233;e dominante, histoire-spectacle et obsession du chiffre sont au menu. Petit voyage au coeur du &#171; magazine de r&#233;f&#233;rence des passionn&#233;s d'histoire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le magazine le claironne sur son site internet.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce num&#233;ro sp&#233;cial est divis&#233; en trente sections (une par ann&#233;e). Chacune d'elle comporte : un article de quatre pages, sign&#233; par un collaborateur de &lt;i&gt;l'Histoire, &lt;/i&gt;sur un &#233;v&#233;nement important pour la science historique datant de l'ann&#233;e dont il est question, trois dates soigneusement s&#233;lectionn&#233;es de cette m&#234;me ann&#233;e et trois &#233;v&#232;nements marquants dans la vie intellectuelle fran&#231;aise ayant un lien, plus ou moins &#233;vident, avec le champ des &#233;tudes historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de ces quelques quatre-vingt dix &#233;v&#232;nements choisis et comment&#233;s par la r&#233;daction du journal que l'on peut d&#233;gager les pr&#233;suppos&#233;s d'un magazine qui pr&#233;tend vouloir &lt;i&gt;&#171; douter de tout &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Editorial du num&#233;ro cit&#233;, p. 3.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et &lt;i&gt;&#171; faire une histoire ouverte &#224; toutes les &#233;coles historiques &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview de Michel Winock, fondateur du journal, sur son site internet.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un examen du choix de ces &#233;v&#232;nements, des commentaires qui les accompagnent et de certains articles qui traitent de questions qui ont donn&#233; lieu &#224; d'importants d&#233;bats dans la communaut&#233; des historiens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En particulier deux articles ont retenu notre attention : &#171; 89, l'ann&#233;e sans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, font ressortir trois traits particuli&#232;rement marquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, tout le champ des &#233;tudes historiques tourne autour du magazine lui-m&#234;me, de ses collaborateurs et des initiatives qu'il soutient. Ensuite, les d&#233;bats historiques se r&#233;sument aux positions des membres de la r&#233;daction ou de ceux qui en sont proches, la critique de ces positions &#233;tant &#224; peine &#233;voqu&#233;e ou d'embl&#233;e disqualifi&#233;e. Enfin, le magazine propose de l'histoire une version ludique, spectaculaire, et ... lucrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand l'Histoire c&#233;l&#232;bre ses collaborateurs et sa propre importance&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut sembler normal, lorsqu'un journal publie un num&#233;ro sp&#233;cial consacr&#233; &#224; son anniversaire, qu'il verse un tant soit peu dans l'autoc&#233;l&#233;bration. Dans le cas de &lt;i&gt;l'Histoire&lt;/i&gt;, c'est loin d'&#234;tre un travers mineur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal se pr&#233;sente comme un &#171; magazine de r&#233;f&#233;rence &#187; et tend &#224; asseoir cette l&#233;gitimit&#233; sur une prestigieuse liste d'universitaires qui y collaborent ou collabor&#232;rent. Sur le site du magazine&lt;i&gt; &lt;/i&gt;on peut lire que &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;L'Histoire&lt;i&gt; pr&#233;sente les travaux des meilleurs sp&#233;cialistes &#187;&lt;/i&gt; et que, &lt;i&gt;&#171; depuis sa cr&#233;ation, les plus prestigieux historiens lui ont &#233;t&#233; fid&#232;les &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suivent deux listes de grands noms de la science historique.&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes proc&#233;d&#233;s de l&#233;gitimation de la &#171; marque &#187; sont utilis&#233;s dans le num&#233;ro sp&#233;cial du trenti&#232;me anniversaire : pour chaque article, l'auteur est pr&#233;sent&#233; dans une petite notice qui rappelle ses titres universitaires, son dernier ouvrage paru et ... la date de sa premi&#232;re collaboration avec le journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me la derni&#232;re page du num&#233;ro sp&#233;cial est consacr&#233;e &#224; ceux qui ont &lt;i&gt;&#171; contribu&#233; &#224; ce num&#233;ro &#187;&lt;/i&gt;. Parmi eux, de grands universitaires, des professeurs &#224; l'EHESS, &#224; l'IEP de Paris et au Coll&#232;ge de France ainsi que des membres de l'acad&#233;mie fran&#231;aise. Mais cette liste impressionnante ne correspond pas aux r&#233;dacteurs des articles de ce num&#233;ro sp&#233;cial. Pour certains, la &#171; contribution &#187; au num&#233;ro correspond seulement &#224; la reproduction d'une dizaine de lignes d'un de leurs ouvrages. C'est le cas pour, Michel Vovelle, Paul Veyne et Roger Chartier notamment, respectivement pages 10, 34 et 105&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Or, parmi les pr&#233;tendus &#171; contributeurs &#187;, ce ne sont pas les moins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, peu importe &#224; la r&#233;daction de &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt; si tous les plus grands sp&#233;cialistes ne sont pas exactement des collaborateurs r&#233;guliers du journal : il lui suffit d'inviter les lecteurs &#224; penser que les collaborateurs r&#233;guliers du journal sont les &#171; plus grands sp&#233;cialistes &#187; et de laisser croire que la vie intellectuelle fran&#231;aise des trente derni&#232;res ann&#233;es a tourn&#233; autour du magazine. Sur les 90 &#233;v&#232;nements importants de ces trente derni&#232;res ann&#233;es recens&#233;s par &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt;, 11 sont en lien direct ou indirect avec le journal lui-m&#234;me, ses collaborateurs ou une initiative qu'il a soutenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces &#233;v&#233;nements, figure, pour l'ann&#233;e 1984 par exemple, au m&#234;me titre que la mort de Michel Foucault, la cr&#233;ation de la revue &lt;i&gt;Vingti&#232;me Si&#232;cle&lt;/i&gt; par, entre autres, Michel Winock, fondateur de &lt;i&gt;L'Histoire, &lt;/i&gt;et les premiers articles de Jacques Marseille dans le magazine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ce sujet on peut remarquer que c'est en 1984 que sort en librairie la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De m&#234;me, deux autres &#233;v&#232;nements &#171; cruciaux &#187; sont cit&#233;s pour les ann&#233;es 1999 et 2001 : ce sont la cr&#233;ation du site du magazine et un de ses records de ventes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ce sujet, le journal p&#233;rore : &#171; notre num&#233;ro [sur les Francs-ma&#231;ons] de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! Dernier exemple : le fondateur du journal, Michel Winock (dont il ne vient &#224; l'esprit de personne de m&#233;priser l'importance&#8230;) est cit&#233; &#224; de nombreuses reprises dans la rubrique que nous &#233;tudions, au titre de : co-fondateur de la revue &lt;i&gt;Vingti&#232;me si&#232;cle&lt;/i&gt; (p.34) ), d'auteur de &lt;i&gt;La fi&#232;vre hexagonale &lt;/i&gt;(p. 51), et de co-directeur (avec Jacques Julliard) du &lt;i&gt;Dictionnaire des intellectuels fran&#231;ais&lt;/i&gt; (p. 84), un ouvrage qui, nous dit&lt;i&gt; l'Histoire, &#171; s'impose en quelques mois comme une r&#233;f&#233;rence &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt; selon &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt; domine &#224; ce point la vie des id&#233;es historiennes que celle-ci tournerait largement autour des collaborateurs du journal et de ceux qui en furent proches, comme Fran&#231;ois Furet ou Ren&#233; R&#233;mond. On ne sera donc pas surpris si les d&#233;bats intellectuels qui ont pu &#233;merger durant ces trente ann&#233;es d'existence du magazine, sont ici circonscrits au cercle de la raison construit par les collaborateurs et amis du journal. Nul point de vue dissident n'est pr&#233;sent : on est entre gens de bonne compagnie, lib&#233;raux, pro-europ&#233;ens et farouchement anti-communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;battre entre soi&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce beau titre est emprunt&#233; &#224; G&#233;rard Noiriel dans Les fils maudits de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce num&#233;ro sp&#233;cial revient sur nombre de d&#233;bats qui ont agit&#233; le monde des historiens durant ces trente derni&#232;res ann&#233;es. Sans les d&#233;tailler tous, nous allons revenir sur deux d&#233;bats qui nous ont paru importants et significatifs : la controverse autour de l'histoire de la R&#233;volution fran&#231;aise qui eut lieu au moment des comm&#233;morations du bicentenaire de 1789 et celle qui a &#233;t&#233; lanc&#233;e par la publication en 1997 du &lt;i&gt;Livre noir du communisme &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces deux th&#233;matiques sont trait&#233;es respectivement aux pages 52-55 et 86-89 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pr&#233;sent&#233;s par deux historiens qui sont &#224; la fois juge et partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mona Ozouf, qui a co-dirig&#233; le &lt;i&gt;Dictionnaire critique de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouvrage embl&#233;matique de la &#171; r&#233;volution fur&#233;tienne &#187; des &#233;tudes sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt;avec Fran&#231;ois Furet a ainsi r&#233;dig&#233; l'article sur les controverses autour du bicentenaire de 1989 qui ont notamment oppos&#233; Michel Vovelle (pour ne citer que lui) et ... son coll&#232;gue Fran&#231;ois Furet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historienne conservatrice a beau jeu d'opposer deux visions antagonistes de la R&#233;volution pour les renvoyer dos &#224; dos : &lt;i&gt;&#171; Il &#233;tait donc in&#233;vitable de voir le bicentenaire r&#233;animer le vieil affrontement de la gauche et de la droite et nourrir l'histoire binaire de la r&#233;volution &#187;&lt;/i&gt; (p. 52). Loin de cette &#171; histoire binaire &#187;, Fran&#231;ois Furet et Mona Ozouf auraient su d&#233;passer les clivages id&#233;ologiques pour donner une vraie vision de l'&#233;v&#232;nement ... Un conte de f&#233;es contredit par nombre d'historiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi que l'on pense des positions de Fran&#231;ois Furet &#224; propos de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par manque de place, nous n'entrerons pas en d&#233;tail dans le d&#233;bat. Sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elles pr&#233;tendent &#224; cette neutralit&#233; que favoriserait le refroidissement des passions, alors qu'elle se pr&#233;sentent elles-m&#234;mes comme une attaque en r&#232;gle contre l'historiographie marxisante, repr&#233;sent&#233;e aujourd'hui encore par Michel Vovelle et dont le plus grand repr&#233;sentant fut Albert Soboul. Or s'il est fait r&#233;f&#233;rence &#224; la mort de ce dernier en 1982, c'est &#8211; sans le moindre hommage - pour r&#233;duire son &#339;uvre &#224; une vision &lt;i&gt;&#171; jacobine et marxiste de l'histoire de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;, battue en br&#232;che&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; par Fran&#231;ois Furet et quelques autres &#187;&lt;/i&gt; (p.26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, selon l'historien anglais Eric J. Hobsbawm, dans la postface datant de 2007 d'un ouvrage publi&#233; r&#233;cemment en fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux armes historiens, op. cit&#034; id=&#034;nh7-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Comme le fait remarquer Jay Smith&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jay Smith, &#171; Social categories, the language of patriotism, and the origins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;la &#171; r&#233;volution furetienne &#187; dans sa forme extr&#234;me &#8211; incluant &#224; la fois le rejet total des facteurs socio&#233;conomiques et le d&#233;ni de la port&#233;e historique de l'&#233;v&#232;nement et de ses r&#233;alisations - est aujourd'hui termin&#233;e. Elle a cependant laiss&#233; un h&#233;ritage regrettable. &#187;&lt;/i&gt;. De ce point de vue critique, et de biens d'autres, &#224; l'&#233;gard de Fran&#231;ois Furet, le lecteur de &lt;i&gt;l'Histoire&lt;/i&gt; ne saura absolument rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me &#224; propos de la controverse qui a accompagn&#233; la publication en 1997 du &lt;i&gt;Livre noir du communisme&lt;/i&gt;. Le r&#233;sum&#233; de cette controverse est ici r&#233;dig&#233; par Nicolas Werth, historien reconnu de l'URSS, qui a co-r&#233;dig&#233; lui-m&#234;me le &lt;i&gt;Livre noir&lt;/i&gt;. Il n'y avait pas mieux pour donner un point de vue nuanc&#233; sur la question. Ainsi, apr&#232;s avoir rappel&#233; que le livre eut un &lt;i&gt;&#171; succ&#232;s de librairie spectaculaire, &#233;quivalent &#224; celui d'un bon Goncourt &#187;&lt;/i&gt; (p. 86), Nicolas Werth rappelle que le livre a suscit&#233; en France de &lt;i&gt;&#171; nombreuses critiques &#187;&lt;/i&gt; (p. 87). Pour les discr&#233;diter plus ais&#233;ment, il ne les cite pas explicitement mais les r&#233;sume ainsi : &lt;i&gt;&#171; l'extr&#234;me gauche ressert l'argument &#233;cul&#233; d'un communisme sanglant &#224; son corps d&#233;fendant, explicit&#233; par Khroutchev au XXe congr&#232;s du PCUS &#187;&lt;/i&gt; (p. 86).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ignorance d&#233;lib&#233;r&#233;e ou malhonn&#234;tet&#233; intentionnelle ? Cette affirmation est totalement fausse. De quel communisme parle-t-on et de quelle extr&#234;me gauche ? Du PCF, de la LCR, des anarchistes ? De Gilles Perrault qui r&#233;digea une critique argument&#233;e du &lt;i&gt;Livre noir &lt;/i&gt;dans le &lt;i&gt;Monde Diplomatique &lt;/i&gt;de d&#233;cembre 1997 ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article est disponible dans les archives en ligne du journal.&#034; id=&#034;nh7-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du travail d'un important collectif d'historiens paru en 1999 sous le titre &lt;i&gt;Le si&#232;cle des Communismes &lt;/i&gt;aux &#233;ditions de l'Atelier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le si&#232;cle des communismes, l'Atelier, 1999, sous la direction de Bernard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour mieux &#171; d&#233;battre entre soi &#187;, il vaut mieux citer les critiques qui n'ont pas l'heur de nous plaire de fa&#231;on biais&#233;e et tronqu&#233;e ou encore occulter les d&#233;bats susceptibles de d&#233;ranger les collaborateurs du journal. Ainsi, les lecteurs de &lt;i&gt;L'Histoire &lt;/i&gt;ne conna&#238;tront pas l'existence d'un des plus grands historiens au niveau mondial encore vivant aujourd'hui. Mr Eric Hobsbawm a le malheur de ne pas avoir abjur&#233; ses convictions marxistes et d'avoir &#233;t&#233; censur&#233; par un collaborateur du journal, l'acad&#233;micien Pierre Nora. Ce dernier avait en effet refus&#233; de traduire et de publier un ouvrage majeur de l'historien anglais, &lt;i&gt;L'&#226;ge des extr&#234;mes&lt;/i&gt;. L'ouvrage fut publi&#233; en 1998 avec le concours d'un &#233;diteur belge, les &#233;ditions Complexe, et du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette controverse voir : Perry Anderson, La pens&#233;e ti&#232;de, le Seuil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on ne cite pas, ou tr&#232;s peu, les historiens &#171; critiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Except&#233; G&#233;rard Noiriel pour son ouvrage publi&#233; en 1988, Le creuset fran&#231;ais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais l'on encense les historiens conservateurs, m&#234;me lorsqu'ils publient des ouvrages de combat id&#233;ologique comme le fit Fran&#231;ois Furet avec &lt;i&gt;Le Pass&#233; d'une illusion&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il rab&#226;che tant de th&#232;mes datant de la guerre froide et d&#233;pass&#233;s depuis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intitul&#233;e &#171; l'opium des intellectuels &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; Raymond Aron, la rapide critique du livre vaut le d&#233;tour, nous la citons presque enti&#232;rement : &lt;i&gt;&#171; Fran&#231;ois Furet s'emploie dans un essai rapidement devenu &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un best-seller&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#224; rendre raison de &#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;l'illusion communiste&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;, dont tant d'Occidentaux, et lui-m&#234;me &#224; un moment donn&#233;, ont &#233;t&#233; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;victimes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. La &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;haine&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de la bourgeoisie, le &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;besoin de croyance&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, les &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;leurres&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de l'antifascisme, un &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;certain go&#251;t&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soulign&#233;s par nous&#034; id=&#034;nh7-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;pour la puissance d'Etat, l'h&#233;ro&#239;sme des combattants de Stalingrad, la conviction d'&#234;tre dans le sens de l'histoire aussi bien au nom de la science que de la morale, Fran&#231;ois Furet analyse au scalpel&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ou &#224; la hache ? Pour une r&#233;ponse &#224; cet ouvrage, voir : Denis Berger et Henri (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;les motivations de cet extraordinaire fourvoiement au long du XXe si&#232;cle et les diverses phases de la &#171; d&#233;sintoxication intellectuelle &#187;&lt;/i&gt; (p.80).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le magazine pr&#233;tend &#234;tre &lt;i&gt;&#171; ouvert &#224; toutes les &#233;coles historiques &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interview de Michel Winock, fondateur du journal, sur son site internet.&#034; id=&#034;nh7-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il est bien loin d'&#234;tre ouvert &#224; tous les historiens et &#224; tous les points de vue. Le &#171; magazine de r&#233;f&#233;rence &#187; qui c&#233;l&#232;bre sa propre importance c&#233;l&#232;bre en v&#233;rit&#233; sa contribution &#224; la construction de la pens&#233;e dominante&#8230;. &#224; grand renfort de recettes de marketing &#233;ditorial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Histoire spectaculaire marchande&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;valuer la valeur scientifique des travaux des historiens ? &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt; r&#233;pond en multipliant les r&#233;f&#233;rences au succ&#232;s des livres et aux chiffres de ventes dans les pages du magazine. Si l'on traite d'un fait important dans l'histoire intellectuelle des trente derni&#232;res ann&#233;es, c'est en premier lieu lorsque cela a &#171; march&#233; &#187; et bien moins souvent pour son &#233;ventuelle qualit&#233; sur le plan purement intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la seule r&#233;f&#233;rence &#224; Pierre Bourdieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;dont la mort, en 2002, n'est m&#234;me pas &#233;voqu&#233;e.&#034; id=&#034;nh7-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que ce num&#233;ro sp&#233;cial contient est li&#233;e au succ&#232;s de &lt;i&gt;La Mis&#232;re du monde&lt;/i&gt;, paru au Seuil en 1993 : sous le titre &#233;vocateur de &lt;i&gt;&#171; Bourdieu best-seller &#187;&lt;/i&gt;, un entrefilet &#233;voque tr&#232;s rapidement l'ouvrage &#224; la page 72 et rappelle presque exclusivement son succ&#232;s &lt;i&gt;&#171; inattendu &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre d'ouvrages, les chiffres de ventes sont &#233;voqu&#233;s, souvent pour l&#233;gitimer la qualit&#233; du travail : c'est le cas notamment pour le &lt;i&gt;Livre Noir du Communisme&lt;/i&gt; ou le &lt;i&gt;Dictionnaire critique de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/i&gt;. De m&#234;me, si l'ouvrage &lt;i&gt;Les Bienveillantes&lt;/i&gt;, quelle que soit sa qualit&#233;, r&#233;elle ou suppos&#233;e, est cit&#233;, c'est d'abord parce qu'il il a &#233;t&#233; vendu &#224; &lt;i&gt;&#171; 775 000 exemplaires &#187;&lt;/i&gt; : un chiffre si important et r&#233;v&#233;lateur que c'est le titre m&#234;me de la br&#232;ve qui lui est consacr&#233;e. Du livre lui-m&#234;me on ne saura pas grand-chose, si ce n'est son ph&#233;nom&#233;nal succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire marchande est, &#233;videmment, spectaculaire&#8230; dans tous les sens du terme. Ainsi, sans les 90 petits articles que nous avons analys&#233;s, un grand nombre font r&#233;f&#233;rence &#224; des &#233;v&#232;nements &#171; culturels &#187;, des films, des romans ou m&#234;me des s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es &#224; succ&#232;s : c'est le cas pour les repr&#233;sentations de spectacles au Puy du fou (p. 10), pour &lt;i&gt;Apocalypse Now&lt;/i&gt; (p.14), &lt;i&gt;Indiana Jones &lt;/i&gt;(p.22), &lt;i&gt;Gladiator &lt;/i&gt;(p. 104), la S&#233;rie &lt;i&gt;Rome &lt;/i&gt;(p.124) et ... le mariage de Nicolas Sarkozy et Carla Bruni (p. 136), dont on se demande bien ce qu'il fait l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat que nous faisons de la &#171; marchandisation &#187; du journal n'est pas nouveau, c'est le m&#234;me que faisait G&#233;rard Noiriel en 2005 dans &lt;i&gt;Les fils maudits de la R&#233;publique &lt;/i&gt;paru chez Fayard : &#171; [...] &lt;i&gt;Aujourd'hui, la dimension savante a quasiment disparu. On ne trouve plus dans &lt;/i&gt;L'Histoire&lt;i&gt; la liste des cours du Coll&#232;ge de France, mais les programmes de la t&#233;l&#233;vision. La plupart des num&#233;ros sont en rapport direct avec l'actualit&#233;, et la posture normative du journalisme intellectuel s'est impos&#233;e au d&#233;triment de la compr&#233;hension scientifique. &#187;&lt;/i&gt; (p. 156).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette remarque, qui repr&#233;sente une infime partie du livre de G&#233;rard Noiriel, &lt;i&gt;L'Histoire &lt;/i&gt; a r&#233;pondu par une &#233;tonnante mise au point dans son num&#233;ro 298 dat&#233; de Mai 2005. La r&#233;daction du journal rappelle sa r&#233;putation de s&#233;rieux et r&#233;affirme la l&#233;gitimit&#233; scientifique de ses collaborateurs, &lt;i&gt;&#171; universitaires, chercheurs au CNRS, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;et m&#234;me&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soulign&#233; par nous.&#034; id=&#034;nh7-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;professeurs au Coll&#232;ge de France &#187;&lt;/i&gt; et balaie rapidement les critiques de l'historien. La fin de cette mise au point est des plus significatives : &lt;i&gt;&#171; A moins que les raisons de ce mauvais proc&#232;s soient &#224; chercher ailleurs, par exemple dans un succ&#232;s public par nature ind&#233;cent &#187;&lt;/i&gt; (p. 4). C'est la sanction du public, du succ&#232;s, du march&#233; que le journal recherche, ce qui explique l'obsession des chiffres de ventes qui &#233;maillent le num&#233;ro sp&#233;cial que nous avons &#233;tudi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Fier de soi, ferm&#233; aux d&#233;bats, ouvert au march&#233; : ces traits n'annulent pas les qualit&#233;s du magazine &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt; et le s&#233;rieux de nombre d' articles qu'il publie. Mais un savant m&#233;lange de l&#233;gitimit&#233; universitaire, de fermeture id&#233;ologique et de th&#233;matiques destin&#233;es &#224; la vente, sont les principales composantes du cocktail offert par le &#171; magazine de r&#233;f&#233;rence des passionn&#233;s d'histoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matthieu Vincent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&lt;i&gt;Histoire, &lt;/i&gt;N&#176;331, &#171; 30 ans qui ont chang&#233; l'Histoire &#187;, Mai 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le magazine le claironne &lt;a href=&#034;http://www.histoire.presse.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son site internet&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Editorial du num&#233;ro cit&#233;, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interview de Michel Winock, fondateur du journal, sur son site internet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En particulier deux articles ont retenu notre attention : &#171; 89, l'ann&#233;e sans pareille &#187; de Mona Ozouf, autour des comm&#233;morations du bicentenaire de la R&#233;volution fran&#231;aise et &#171; Communisme, d&#233;p&#244;t de bilan &#187; de Nicolas Werth, &#224; propos du &lt;i&gt;Livre Noir du Communisme&lt;/i&gt; paru en 1997 sous la direction de St&#233;phane Courtois aux &#233;ditions Robert Laffont.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suivent deux listes de grands noms de la science historique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Or, parmi les pr&#233;tendus &#171; contributeurs &#187;, ce ne sont pas les moins prestigieux : Michel Vovelle est professeur &#233;m&#233;rite &#224; Paris I et ses deux coll&#232;gues sont professeurs au Coll&#232;ge de France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce sujet on peut remarquer que c'est en 1984 que sort en librairie la th&#232;se de Jacques Marseille, &lt;i&gt;Empire colonial et capitalisme fran&#231;ais&lt;/i&gt;, un travail de bon niveau, contrairement &#224; tous les livres de ce collaborateur du &lt;i&gt;Point &lt;/i&gt;et de &lt;i&gt;C dans l'Air &lt;/i&gt; qui ont suivi. Le livre n'est m&#234;me pas cit&#233;, ce sont les articles du journal qui le sont !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce sujet, le journal p&#233;rore : &lt;i&gt;&#171; notre num&#233;ro&lt;/i&gt; [sur les Francs-ma&#231;ons] &lt;i&gt;de l'&#233;t&#233; 2001 s'est vendu &#224; 100 000 exemplaires. Un record ! &#187;&lt;/i&gt; p. 108.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce beau titre est emprunt&#233; &#224; G&#233;rard Noiriel dans &lt;i&gt;Les fils maudits de la R&#233;publique&lt;/i&gt;, Fayard, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces deux th&#233;matiques sont trait&#233;es respectivement aux pages 52-55 et 86-89 du num&#233;ro sp&#233;cial.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ouvrage embl&#233;matique de la &#171; r&#233;volution fur&#233;tienne &#187; des &#233;tudes sur la R&#233;volution fran&#231;aise paru en 1988 chez Flammarion&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par manque de place, nous n'entrerons pas en d&#233;tail dans le d&#233;bat. Sur le sujet, de nombreux ouvrages int&#233;ressants existent : Steven L. Kaplan, &lt;i&gt;Adieu 89&lt;/i&gt;, Fayard, 1993 ; Patrick Garcia, &lt;i&gt;Le bicentenaire de la R&#233;volution fran&#231;aise. Pratiques sociales d'une commemoration&lt;/i&gt;, CNRS edition, 2000 ; Eric J. Hobsbawm, &lt;i&gt;Aux armes historiens, deux si&#232;cles d'histoire de la R&#233;volution fran&#231;aise&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2007.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; Voir aussi &lt;i&gt;Le Plan B &lt;/i&gt; N&#176;11, rubrique &#171; l'Histoire n'est pas finie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Aux armes historiens, op. cit&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jay Smith, &#171; Social categories, the language of patriotism, and the origins of the French Revolution : the debate over noblesse commer&#231;ante &#187;, &lt;i&gt;Journal of Modern History, &lt;/i&gt;72, N&#176;2, 2000, pp 339-374.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'article est disponible dans les archives en ligne du journal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le si&#232;cle des communismes&lt;/i&gt;, l'Atelier, 1999, sous la direction de Bernard Pudal et Claude Pennetier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur cette controverse voir : Perry Anderson, &lt;i&gt;La pens&#233;e ti&#232;de&lt;/i&gt;, le Seuil, 2005, (la r&#233;ponse de Pierre Nora est int&#233;gr&#233;e &#224; l'ouvrage lui-m&#234;me et revient de la page 128 &#224; 135 sur la question qui nous occupe) et la &#171; pr&#233;face &#224; l'&#233;dition fran&#231;aise &#187; de &lt;i&gt;L'&#226;ge des extr&#234;mes&lt;/i&gt;, Complexe-&lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Except&#233; G&#233;rard Noiriel pour son ouvrage publi&#233; en 1988, &lt;i&gt;Le creuset fran&#231;ais&lt;/i&gt; et Claude Liauzu, &#233;minent sp&#233;cialiste d'histoire de la colonisation et collaborateur occasionnel du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt; d&#233;c&#233;d&#233; en 2007, pour son combat contre la loi du 23 f&#233;vrier 2005 sur le &lt;i&gt;&#171; r&#244;le positif de la pr&#233;sence fran&#231;aise outre-mer &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Il rab&#226;che tant de th&#232;mes datant de la guerre froide et d&#233;pass&#233;s depuis longtemps, que de beaux esprits ont pu remarquer qu'il &#233;tait l'&#233;quivalent intellectuel d'une demande de remboursement des emprunts russes &#187;&lt;/i&gt; explique Perry Anderson &#224; propos de l'ouvrage dans &lt;i&gt;La pens&#233;e ti&#232;de op cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soulign&#233;s par nous&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ou &#224; la hache ? Pour une r&#233;ponse &#224; cet ouvrage, voir : Denis Berger et Henri Maler, &lt;i&gt;Une certaine id&#233;e du communisme, r&#233;pliques &#224; Fran&#231;ois Furet&lt;/i&gt;, Edition du F&#233;lin, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interview de Michel Winock, fondateur du journal, sur son site internet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;dont la mort, en 2002, n'est m&#234;me pas &#233;voqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soulign&#233; par nous.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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