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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Le Repli : une critique de la normalisation m&#233;diatique de l'autoritarisme et du racisme</title>
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		<dc:date>2024-12-10T14:28:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise Sandrine</dc:creator>


		<dc:subject>Islamophobie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un documentaire de Joseph Paris.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-presentations-de-films-" rel="directory"&gt;Des pr&#233;sentations de films&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Islamophobie-+" rel="tag"&gt;Islamophobie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L113xH150/lerepli-41783.jpg?1776676575' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le film-essai &lt;i&gt;Le Repli&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; par Joseph Paris, suit le parcours du militant des droits humains Yasser Louati et retrace l'histoire du durcissement autoritaire de l'&#201;tat. En alternant archives, t&#233;moignages et analyses de chercheurs, il revient sur la longue construction du &#171; probl&#232;me musulman &#187;, la mont&#233;e du racisme, la r&#233;pression des minorit&#233;s et le recul progressif de nos libert&#233;s fondamentales. Les m&#233;dias dominants y apparaissent comme un rouage essentiel &#224; double titre : d'un c&#244;t&#233;, en agissant comme une caisse de r&#233;sonance des discours identitaires et s&#233;curitaires qui saturent le champ politique ; de l'autre, en &#233;touffant les contre-discours et en effa&#231;ant du d&#233;bat public le point de vue et les mobilisations des populations victimes des politiques liberticides.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cadrages biais&#233;s, stigmatisation des musulmans, surench&#232;re s&#233;curitaire, hyst&#233;risation des d&#233;bats, mise en r&#233;cit complaisante des interventions polici&#232;res, plateaux irresponsables sur une sortie partielle ou totale de l'&#201;tat de droit&#8230; Tels sont quelques-uns des ressorts journalistiques que d&#233;nonce &lt;i&gt;Le Repli&lt;/i&gt;. Si les m&#233;dias dominants ne constituent pas le c&#339;ur du film, leur critique &#233;maille de nombreuses s&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#201;tat d'urgence : amalgames et angles morts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Le film s'ouvre d'ailleurs sur un contrechamp de Yasser Louati analysant son interview sur CNN au lendemain des attentats du Bataclan. Une mise en lumi&#232;re de la brutalit&#233; d'un certain journalisme. Le dispositif, dont il se rappelle avoir &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;captif&lt;/i&gt; &#187;, le place alors &#171; &lt;i&gt;tout seul&lt;/i&gt; &#187; face &#224; deux journalistes qui le somment d'endosser une responsabilit&#233; au nom d'une &#171; &lt;i&gt;communaut&#233; musulmane&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Yasser, si vous &#234;tes dans le camp fran&#231;ais, pourquoi personne de la communaut&#233; musulmane n'a averti de ce qui se tramait ? [&#8230;] Il me semble que c'&#233;tait un plan de grande envergure, montrant qu'il y a s&#251;rement quelqu'un au-del&#224; des sept terroristes qui devait savoir quelque chose, et c'&#233;tait probablement dans la communaut&#233; musulmane. Et pourtant, personne n'a rien dit.&lt;/i&gt; &#187; Une violence symbolique : ainsi donc, traduit Yasser Louati, &#171; &lt;i&gt;je repr&#233;sentais ce quelqu'un qui devait savoir quelque chose et qui ne l'a pas dit&lt;/i&gt; &#187;. Apr&#232;s son d&#233;part, les journalistes continuent d'afficher ouvertement leurs partis pris, invalidant ses r&#233;ponses et r&#233;affirmant leurs certitudes en son absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s loin du bruit m&#233;diatique, les cons&#233;quences des politiques mises en &#339;uvre apr&#232;s les attentats sont peu connues du public. Joseph Paris revient notamment sur les milliers de perquisitions, assignations &#224; r&#233;sidence, etc. autoris&#233;es sous l'&#233;tat d'urgence, qui ont cibl&#233; presque exclusivement des personnes issues de l'immigration maghr&#233;bine et dont la tr&#232;s grande majorit&#233; &#233;taient injustifi&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, selon Amnesty international, &#171; de la fin 2015 &#224; la fin 2016, seules (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un processus largement ignor&#233; par la sph&#232;re m&#233;diatique, tout comme le traumatisme et l'injustice qu'ont pu repr&#233;senter ces interventions polici&#232;res pour les personnes cibl&#233;es. Le r&#233;alisateur a ainsi film&#233; une conf&#233;rence de presse organis&#233;e par certaines de ces victimes qui, malgr&#233; la gravit&#233; des faits &#8211; un tabassage policier d'un jeune gar&#231;on et de sa m&#232;re &#8211; n'a pas suscit&#233; l'attention m&#233;diatique : &#171; &lt;i&gt;Que deux m&#233;dias &#224; peine se soient d&#233;plac&#233;s le jour de ce t&#233;moignage n'avait malheureusement rien pour surprendre.&lt;/i&gt; &#187; Une invisibilisation g&#233;n&#233;rale, qui aura priv&#233; la population de toute information sur les effets concrets des politiques publiques &#8211; particuli&#232;rement celles relevant de l'&#233;tat d'urgence &#8211;, &#224; l'aube d'une criminalisation &#233;largie des groupes contestataires (militants politiques, &#233;cologistes, syndicalistes, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La co-construction politique et m&#233;diatique du &#171; probl&#232;me musulman &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;En revisitant des &#233;v&#233;nements sur quatre d&#233;cennies, comme les gr&#232;ves dans le secteur automobile en 1983 ou l'&#171; affaire du foulard &#187; de Creil en 1989, le film met en lumi&#232;re les moments charni&#232;res de la fabrique de l'islam comme probl&#232;me public. Dans le premier cas, le gouvernement socialiste de l'&#233;poque stigmatise les travailleurs immigr&#233;s et tente de discr&#233;diter leur mobilisation en lui pr&#234;tant des motifs religieux imaginaires : une &#171; &lt;i&gt;racialisation des ouvriers en lutte&lt;/i&gt; &#187; document&#233;e par le sociologue Vincent Gay&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vincent Gay, Pour la dignit&#233;. Ouvriers immigr&#233;s et conflits sociaux dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, interview&#233; dans le film. Les archives diffus&#233;es par Joseph Paris permettent de prendre du champ et de voir combien certains m&#233;dias de masse &#8211; plus de trente ans avant l'av&#232;nement de l'empire Bollor&#233;&#8230; &#8211; auront contribu&#233; &#224; normaliser les discours identitaires, les sch&#232;mes et les rh&#233;toriques racistes dans la roue du pouvoir politique. Ainsi de l'&#233;mission &#171; Sept sur sept &#187; diffus&#233;e sur TF1, dont le pr&#233;sentateur lan&#231;ait &#224; propos d'Akka Ghazi, secr&#233;taire de la CGT de Citro&#235;n-Aulnay : &#171; &lt;i&gt;Akka Ghazzi est-il donc un pion de la CGT [&#8230;] ou serait-il l'ayatollah d'Aulnay, une sorte de chef d'orchestre clandestin de cet int&#233;grisme musulman dont certains ont cru d&#233;celer l'influence chez les travailleurs immigr&#233;s ?&lt;/i&gt; &#187; Un proc&#233;d&#233; consistant &#224; imposer une lecture raciale et religieuse de la question sociale, d&#233;bouchant sur des accusations aussi ineptes qu'impr&#233;gn&#233;es de racisme qui ressurgissent pourtant r&#233;guli&#232;rement dans le d&#233;bat public.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une seule r&#233;sonance, d'actualit&#233;, voir par exemple le traitement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le moindre m&#233;rite du documentaire que de rappeler que la banalisation m&#233;diatique du racisme &#8211; ici mise au service de la disqualification d'un mouvement social &#8211; n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;cent : &#171; &lt;i&gt;Je d&#233;couvrais cette s&#233;quence avec l'impression d'avoir vu sa construction des milliers de fois,&lt;/i&gt; rel&#232;ve d'ailleurs Joseph Paris &#224; propos de TF1. [&#8230;] &lt;i&gt;Sans doute l'information &#224; la t&#233;l&#233;vision se r&#233;sume-t-elle &#224; cela. &#192; mettre en rapport des images qui n'en ont pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, en 1989, l'&#171; affaire du foulard &#187; montrera de nouveau le poids pr&#233;pond&#233;rant des grands m&#233;dias, notamment du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; et d'Antenne 2, dans la construction de &#171; la peur de l'islam &#187;, comme le retrace Thomas Deltombe, interview&#233; par Joseph Paris, dans son ouvrage &lt;i&gt;L'Islam imaginaire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Deltombe, L'islam imaginaire. La construction m&#233;diatique de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le documentaire rappelle les centaines de reportages consacr&#233;s au voile qui ont suivi et qui ont contribu&#233; &#224; fa&#231;onner durablement le d&#233;bat public sur la la&#239;cit&#233;, jusqu'&#224; aboutir &#224; la loi de 2004. &#171; &lt;i&gt;Il est certain qu'on n'avait jamais produit autant d'images d'un v&#234;tement dont il est pourtant dit que la visibilit&#233; pose probl&#232;me. &#201;tait-ce pour nourrir cet app&#233;tit m&#233;diatique qu'on traquait des jeunes filles au t&#233;l&#233;objectif ?&lt;/i&gt; &#187; Vingt ans et quantit&#233; de &#171; pol&#233;miques &#187; politico-m&#233;diatiques islamophobes plus tard, ces pratiques journalistiques sont totalement banalis&#233;es et la violence symbolique s'est d'autant intensifi&#233;e. Rappelons qu'en 2023, alors que &#171; l'abaya &#187; faisait la Une de tous les grands m&#233;dias, le duo Truchot/Marschall infligeait &lt;a href=&#034;https://www.arretsurimages.net/chroniques/sur-le-gril/bfmtv-premiere-chaine-dexamen-des-tenues-des-jeunes-filles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un interrogatoire en r&#232;gle&lt;/a&gt; &#224; deux lyc&#233;ennes &#224; propos de leur tenue vestimentaire, tandis qu'elles &#233;taient film&#233;es de la t&#234;te aux pieds par les cam&#233;ras de BFM-TV. Loin de valoir &#224; leurs promoteurs une mise au ban de la sph&#232;re m&#233;diatique, l'islamophobie est valoris&#233;e, pour ne pas dire promue : &#171; &lt;i&gt;On a peine &#224; voir ce qui pourrait entraver la progression de ces discours,&lt;/i&gt; souligne ainsi Joseph Paris, &lt;i&gt;puisque toute personne qui les adopte semble assur&#233;e de faire carri&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; Pour s'en convaincre, il suffit de rappeler, parmi de nombreux exemples, la &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/IMG/pdf/mediacritiques41.pdf&#034;&gt;fr&#233;n&#233;sie m&#233;diatique g&#233;n&#233;rale autour du &#171; ph&#233;nom&#232;ne Zemmour &#187;&lt;/a&gt;, en 2021 et 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un journalisme de pr&#233;fecture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Dans la seconde moiti&#233; du documentaire, Joseph Paris s'attarde sur un autre versant du durcissement autoritaire de l'&#201;tat : la r&#233;pression et les violences polici&#232;res. Des combats &#171; v&#233;rit&#233; et justice &#187; men&#233;s par de nombreuses familles et habitants des quartiers populaires jusqu'&#224; la r&#233;volte des Gilets jaunes en passant par des manifestations d'exil&#233;s &#224; Calais ou de sans-papiers &#224; Paris, le documentaire pointe le r&#244;le des grands m&#233;dias, tant&#244;t absents, tant&#244;t auxiliaires de la r&#233;pression. Joseph Paris interroge les images, comme celles de cette cam&#233;ra de l'AFP &#171; &lt;i&gt;positionn&#233;e derri&#232;re la rang&#233;e de CRS&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'occasion d'une manifestation d'exil&#233;s &#224; Calais, et qui, de facto, construit un r&#233;cit visuel opposant un &#171; nous &#187; l&#233;gitime &#224; des &#171; autres &#187; ind&#233;sirables. Et l&#224; encore, si le documentaire souligne la droitisation g&#233;n&#233;rale du champ politique et &#171; &lt;i&gt;l'inflation identitaire des derni&#232;res ann&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, il n'a pas la m&#233;moire courte : l'interview de la chercheuse Vanessa Codaccioni&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment Vanessa Codaccioni, La l&#233;gitime d&#233;fense. Homicides (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; revient par exemple sur la promotion de dogmes s&#233;curitaires au d&#233;but des ann&#233;es 1980&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En relevant par exemple le r&#244;le de Gaston Deferre, ministre de l'Int&#233;rieur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et en donnant la parole aux personnes cibl&#233;es par la r&#233;pression polici&#232;re, le documentaire prend la forme d'une critique des m&#233;dias en actes : visibiliser les luttes pour l'&#233;galit&#233;, contre l'impunit&#233;, et faire entendre leurs protagonistes, qui, la plupart du temps, se battent en dehors des radars journalistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il faut souligner que le documentaire de Joseph Paris a fait l'objet de critiques positives &#224; sa sortie, notamment dans &lt;a href=&#034;https://www.telerama.fr/cinema/repli-de-joseph-paris-un-documentaire-coup-de-poing-sur-le-phenomene-identitaire-en-france_cri-7035224.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/societe/attentat-de-nice/joseph-paris-et-yasser-louati-un-antidote-au-repli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, la pol&#233;mique qui est n&#233;e &#224; la suite d'une projection du film appara&#238;t comme un prolongement de son propos. Un communiqu&#233; d'une association de professeurs d'Histoire-G&#233;ographie de Metz qualifiant le documentaire de &#171; &lt;i&gt;trompeur&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;malhonn&#234;te&lt;/i&gt; &#187; aura par exemple suffi &#224; nourrir un &lt;a href=&#034;https://www.marianne.net/societe/laicite-et-religions/pseudo-islamophobie-d-etat-samuel-paty-et-dominique-bernard-oublies-le-repli-le-doc-qui-ulcere-les-profs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; titr&#233; &#171; &lt;i&gt;le doc qui ulc&#232;re les profs&lt;/i&gt; &#187; (11/11). En parall&#232;le, le documentaire a &#233;t&#233; abondamment &lt;a href=&#034;https://www.telerama.fr/cinema/le-repli-documentaire-sur-l-islamophobie-en-france-nouvelle-cible-de-l-extreme-droite-7023115.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cibl&#233; par la fachosph&#232;re&lt;/a&gt; et qualifi&#233; par &lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/vox/monde/laurence-de-charette-donald-trump-la-verite-si-je-mens-20241107&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&#8230; de &#171; &lt;i&gt;film de propagande fr&#233;riste&lt;/i&gt; &#187; (8/11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi approfondir la critique du documentaire : les grands m&#233;dias ne se bousculent pas pour mettre &#224; l'agenda la &#171; &lt;i&gt;longue d&#233;rive s&#233;curitaire&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'&#339;uvre en France. En faisant le choix de ne pas d&#233;battre des faits ou des m&#233;canismes analys&#233;s par Joseph Paris, ils nous invitent &#224; un constat somme toute classique : celui de m&#233;dias qui refusent d'interroger leur propre r&#244;le dans la banalisation du racisme, de l'islamophobie et dans la normalisation de l'autoritarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;oise Sandrine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, selon Amnesty international, &#171; &lt;i&gt;de la fin 2015 &#224; la fin 2016, seules 0,3% des mesures li&#233;es &#224; l'&#233;tat d'urgence ont d&#233;bouch&#233; sur une enqu&#234;te judiciaire pour faits de terrorisme.&lt;/i&gt; &#187; France Info, 22/02/2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vincent Gay, &lt;i&gt;Pour la dignit&#233;. Ouvriers immigr&#233;s et conflits sociaux dans les ann&#233;es 1980&lt;/i&gt;, Presses universitaires de Lyon, 2021. Voir notamment le chapitre &lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pul/34842?&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Immigr&#233;s, bougnoules, ayatollahs : l'alt&#233;rit&#233; reconfigur&#233;e &#187;&lt;/a&gt;, p. 257-280.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une seule r&#233;sonance, d'actualit&#233;, voir par exemple &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Palestine-et-mobilisations-etudiantes-calomnies&#034;&gt;le traitement m&#233;diatique des mobilisations &#233;tudiantes en soutien &#224; la Palestine&lt;/a&gt; et notamment, les deux &#171; pol&#233;miques &#187; avec l'ayatollah Khamenei et les &#171; mains rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thomas Deltombe, &lt;i&gt;L'islam imaginaire. La construction m&#233;diatique de l'islamophobie en France, 1975-2005&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment Vanessa Codaccioni, &lt;i&gt;La l&#233;gitime d&#233;fense. Homicides s&#233;curitaires, crimes racistes et violences polici&#232;res&lt;/i&gt;, CNRS &#201;ditions, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En relevant par exemple le r&#244;le de Gaston Deferre, ministre de l'Int&#233;rieur socialiste, qui souhaita &#171; &lt;i&gt;&#233;largir le champ d'application de la l&#233;gitime d&#233;fense polici&#232;re&lt;/i&gt; &#187; en 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Pin&#231;on-Charlot et les m&#233;dias : &#224; propos du documentaire &#192; demain mon amour </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-Pincon-Charlot-et-les-medias-a-propos-du</link>
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		<dc:date>2022-04-02T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Daur&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Documentaires</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien avec le r&#233;alisateur Basile Carr&#233;-Agostini.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-presentations-de-films-" rel="directory"&gt;Des pr&#233;sentations de films&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Documentaires-+" rel="tag"&gt;Documentaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton6465-046d1.jpg?1776676575' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un documentaire au plus pr&#232;s des sociologues Monique et Michel Pin&#231;on-Charlot est sorti en salle le 9 mars : &lt;a href=&#034;https://jour2fete.com/film/a-demain-mon-amour/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; demain mon amour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Nous nous sommes entretenus avec le r&#233;alisateur, Basile Carr&#233;-Agostini, sur les diff&#233;rents aspects du film qui concernent la critique des m&#233;dias.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13344 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH666/a_demain_mon_amour-747e7.jpg?1776676576' width='500' height='666' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Acrimed : La question des m&#233;dias et de leur critique jalonne &lt;i&gt;&#192; demain mon amour&lt;/i&gt;, est-ce un choix conscient au-del&#224; du souci de refl&#233;ter les pr&#233;occupations et la pratique des Pin&#231;on-Charlot ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Basile Carr&#233;-Agostini :&lt;/strong&gt; Oui, absolument. Mais avant m&#234;me de parler pr&#233;cis&#233;ment du film, je pense pouvoir affirmer que le geste documentaire est en soi une forme de r&#233;sistance au bruit permanent qu'imposent les m&#233;dias dominants, et ce d'autant plus quand les productions sont destin&#233;es au calme des salles de cin&#233;ma. Mon documentaire est aussi un film sur deux sociologues, deux chercheurs, qui ont pass&#233; une vie de labeur &#224; produire de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin du fracas m&#233;diatique, dans leur travail scientifique au CNRS, ils ont cependant, surtout &#224; la retraite, d&#233;cid&#233; de prendre la parole pour offrir au plus grand nombre le fruit de leur recherche, d'une part en &#233;crivant des livres plus accessibles et d'autre part en allant en parler &#224; la t&#233;l&#233;vision et &#224; la radio. Petite anecdote &#224; ce propos : c'est Pierre Bourdieu lui-m&#234;me qui, dans la cour du Coll&#232;ge de France, a f&#233;licit&#233; Monique et Michel Pin&#231;on-Charlot : &#171; &lt;i&gt;J'appr&#233;cie la fa&#231;on dont vous arrivez &#224; travailler avec les m&#233;dias, je vous &#233;coute &#224; la radio. Vous arrivez vraiment &#224; faire passer la sociologie !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monique a pris cette injonction du &#171; ma&#238;tre &#187; tr&#232;s &#224; c&#339;ur, ce n'&#233;tait pourtant pas dans son temp&#233;rament, et j'ai pu la filmer de nombreuses fois en train de se pr&#233;parer &#224; affronter des plateaux g&#233;n&#233;ralement hostiles. Il fallait la r&#233;conforter quand elle en revenait, apr&#232;s s'&#234;tre retrouv&#233;e seule face &#224; des contradicteurs lib&#233;raux unis pour la d&#233;cr&#233;dibiliser ; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/C-l-hebdo-France-5-censure-et-concert-de-chiens&#034;&gt;un article d'Acrimed&lt;/a&gt; d&#233;nonce les manipulations de montage dont la parole de Monique a &#233;t&#233; victime dans une &#233;mission de France 5, comme si le d&#233;s&#233;quilibre flagrant du plateau ne suffisait pas. Dans ces moments, Monique vit la sociologie comme un vrai sport de combat. Aujourd'hui c'est plus simple, elle n'est presque plus invit&#233;e dans les grands m&#233;dias depuis le d&#233;but du quinquennat d'Emmanuel Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parler du film, au tournage comme au montage, une de mes obsessions &#233;tait bien de d&#233;noncer la fiction dans laquelle je consid&#232;re que les m&#233;dias dominants nous font vivre. Ainsi, si je suis entr&#233; dans la chambre de Monique et Michel pour les filmer, ce n'est pas par voyeurisme, mais bien pour mesurer la diff&#233;rence entre le r&#233;el que nous avions v&#233;cu ensemble la journ&#233;e, par exemple lors d'une mobilisation sociale, et le traitement m&#233;diatique dans le JT du soir. Ma chance de cin&#233;aste est que leur grande t&#233;l&#233;vision est au pied du lit. Ainsi, le message est clair d&#232;s le premier dialogue du film, on entend Monique dans la p&#233;nombre de la chambre dire &#224; son mari : &#171; &lt;i&gt;Oh j'ai la flemme, c'est toi qui vas &#233;teindre la t&#233;l&#233;&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Il &#233;teint la t&#233;l&#233; mais la lecture studieuse du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; semble &#234;tre un rituel quotidien chez les deux sociologues. L'objectif est-il d'&#171; &#233;teindre &#187; les m&#233;dias dominants, voire de faire comme s'ils n'existaient pas, ou plut&#244;t de les combattre r&#233;solument, frontalement, comme Monique le conseille &#224; deux Gilets jaunes venus chez elle pour discuter de l'attitude &#224; adopter sur les plateaux t&#233;l&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B.C.-A. :&lt;/strong&gt; Monique et Michel ont un rapport intime avec le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, ils le d&#233;coupent, l'annotent, en discutent tous les deux. Pour eux, ce journal est une mine d'informations, malgr&#233; ses orientations. Comme intellectuels, ils sont actifs &#224; sa lecture, identifient les signatures, essaient de rep&#233;rer les &#233;volutions d'un discours au fil des mois. Ils sont tr&#232;s organis&#233;s, leur grenier est rempli de cartons th&#233;matiques qui regroupent des coupures de presse. De plus, l'avantage du collectif que constitue leur couple fait qu'ils ne sont pas seuls dans leur rapport aux m&#233;dias, ils confrontent au quotidien la r&#233;ception de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se couper ou non des m&#233;dias dominants ? Je n'ai pas la r&#233;ponse, mais il para&#238;t essentiel, et c'est le conseil que je me donne &#224; moi-m&#234;me, de mesurer la fatigue que le bruit m&#233;diatique impose &#224; nos cerveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la sc&#232;ne du film o&#249; le salon de Monique et Michel est devenu le temps d'une apr&#232;s-midi, une cellule de communication pour les Gilets jaunes venus les interroger, il faut se souvenir de l'agression permanente que subissait le mouvement au fil des semaines. Il me semble important de mesurer la diff&#233;rence de mobilisation de la classe dominante et de ses agents m&#233;diatiques selon que le pays se trouve &#234;tre ou non en temps de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la monteuse, Cl&#233;mence Carr&#233;, nous avons construit le montage du film &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt; et ce sur diff&#233;rents objets que j'ai document&#233;s au fil de ces quatre ann&#233;es de tournage. Nous commen&#231;ons le film en parlant de violence symbolique, le continuons en sugg&#233;rant la violence fiscale des premi&#232;res mesures du gouvernement d'&#201;douard Philippe et nous finissons par documenter la violence brutale de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons construit la r&#233;flexion sur les m&#233;dias en variant les rythmes, en ma&#238;trisant au montage l'intensit&#233; de la violence m&#233;diatique, avec pour point d'orgue, au moment du mouvement des Gilets jaunes, la s&#233;quence o&#249; Michel &#233;coute Luc Ferry &#224; la radio qui appelle les policiers &#224; se servir de leurs armes sur &#171; &lt;i&gt;ces salopards d'extr&#234;me droite [&#8230;], d'extr&#234;me gauche ou des quartiers&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette s&#233;quence n'est pas le fruit d'un montage sonore a posteriori. Michel &#233;coute beaucoup de musique classique dans la journ&#233;e, je lui ai propos&#233; de se brancher sur Radio Classique peu de temps apr&#232;s un des actes de d&#233;cembre 2018 ; j'&#233;coute moi-m&#234;me cette radio pour entendre la bourgeoisie discuter dans le confort de l'entre-soi, les mots qu'on peut y entendre sont un bon moyen de se faire, sans filtre, une id&#233;e des opinions r&#233;elles de cette classe sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, &#231;a n'a pas loup&#233;. Alors, d'entendre, tout en filmant Michel replier soigneusement son propre gilet, un ancien ministre de la R&#233;publique appeler &#171; &lt;i&gt;la quatri&#232;me arm&#233;e du monde&lt;/i&gt; &#187; &#224; mettre fin &#224; un mouvement social, nous a permis de construire, je crois, une belle s&#233;quence de cin&#233;ma documentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Serait-il correct de voir le film comme une sorte d'antidote au traitement m&#233;diatique dominant des mouvements sociaux et de ceux qui les soutiennent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B.C.-A. :&lt;/strong&gt; Le tournage m&#234;me a &#233;t&#233; pour moi un antidote au traitement m&#233;diatique que je savais que j'allais devoir supporter une fois de plus sous la pr&#233;sidence d'Emmanuel Macron. J'ai rencontr&#233; Monique et Michel Pin&#231;on-Charlot fin 2016, je leur ai propos&#233; que nous prenions le temps de vivre ensemble ce quinquennat. J'avais besoin de prendre, en tant que documentariste, la mesure des d&#233;g&#226;ts de la loi Travail et je devinais l'ampleur des mouvements sociaux &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais besoin d'&#234;tre moi-m&#234;me accompagn&#233; pour soutenir le m&#233;pris de classe qui se d&#233;complexait de mois en mois. J'ai eu envie de me poser sur le nez les lunettes de ces deux sociologues pour vivre autrement la r&#233;alit&#233; de mon pays, pas de la fa&#231;on impos&#233;e par les m&#233;dias dominants. J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s privil&#233;gi&#233; de partager ces ann&#233;es avec Monique et Michel, ils m'ont offert des perspectives que j'ai ensuite &#224; mon tour propos&#233;es au spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, au fil du documentaire, mes personnages principaux disparaissent presque de certaines s&#233;quences. En effet, nous avons travaill&#233; le montage de mani&#232;re &#224; ce que le spectateur soit rapidement &#233;quip&#233; du point de vue des Pin&#231;on-Charlot, pour qu'ensuite, qu'il l'accepte ou non, il soit libre de consid&#233;rer le r&#233;el que je lui expose sans qu'il ne soit n&#233;cessaire de le commenter. C'&#233;tait important de sortir tr&#232;s vite des mots et de l'analyse, de mani&#232;re &#224; ce qu'une &#233;motion puisse na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas par exemple d'une de mes s&#233;quences pr&#233;f&#233;r&#233;es du film, o&#249; je documente une intersyndicale sur le parvis de la gare d'Amiens autour de la r&#233;forme des retraites fin 2019. Le traitement du mouvement cheminot est symptomatique de la propagande m&#233;diatique depuis des ann&#233;es, le micro-trottoir &#171; preneur d'otage &#187; est devenu un marronnier. Offrir la parole, comme je le fais, &#224; ces cheminotes et cheminots, pour construire une vraie s&#233;quence de cin&#233;ma autour de la d&#233;fense du service public, t&#233;moignant du sens du devoir de ces agents, est effectivement un contrepoint tr&#232;s fort au traitement m&#233;diatique des mouvements sociaux. Les mots, les envol&#233;es, les sourires, les musiques et la solidarit&#233; que j'ai mis en image ce jour-l&#224; n'ont jamais leur place &#224; la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une s&#233;quence o&#249; d'ailleurs des journalistes de cha&#238;nes d'info en continu sont pr&#233;sents dans l'assembl&#233;e ; j'ai conserv&#233; au montage le moment o&#249; des syndicalistes les d&#233;signent comme les chiens de garde du syst&#232;me. Ce jour-l&#224;, il y avait aussi une &#233;quipe de France 3 Picardie. J'ai voulu v&#233;rifier le soir comment eux avaient trait&#233; la journ&#233;e de mobilisation, et, bonne surprise, leur sujet &#233;tait hyper respectueux de la r&#233;alit&#233; g&#233;n&#233;reuse de la journ&#233;e. Depuis, c'est un des seuls JT que je regarde ; je ne sais pas par quel miracle, cette r&#233;daction semble raisonnablement libre. J'esp&#232;re que le fait de les mentionner favorablement chez Acrimed ne leur causera pas de tort&#8230; Je conseille en tout cas &#224; tous d'aller jeter un &#339;il &#224; cette &#233;dition r&#233;gionale disponible sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_13345 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH282/visuel_1_a_demain_mon_amour-03791.jpg?1776676576' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Il est amplement question du mouvement des Gilets jaunes dans le film. Les Pin&#231;on-Charlot s'y sont inscrits avec enthousiasme, &#224; la fois pour l'&#233;tudier et y participer. Quel est votre regard sur le traitement m&#233;diatique &#8211; puis plus tard cin&#233;matographique &#8211; des Gilets jaunes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B.C.-A. :&lt;/strong&gt; En ce qui concerne le cin&#233;ma, je conseille vivement &#224; vos lecteurs de courir voir le documentaire d'Emmanuel Gras, &lt;i&gt;Un peuple&lt;/i&gt;, sorti deux semaines avant &lt;i&gt;&#192; demain mon amour&lt;/i&gt;. En plus d'&#234;tre un tr&#232;s beau film, c'est aussi un document pr&#233;cieux qui, j'en suis certain, sera aussi &#233;tudi&#233; par les chercheurs dans les ann&#233;es &#224; venir. Emmanuel Gras a pass&#233; presque une ann&#233;e &#224; suivre le quotidien d'un rond-point &#224; Chartres. C'est un film qui a cette qualit&#233; rare de r&#233;ussir un bel exercice de g&#233;ographie urbaine tout en d&#233;roulant une dramaturgie tr&#232;s &#233;mouvante. &#201;mouvante comme l'&#233;chec et la r&#233;pression de ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la t&#233;l&#233;vision, je veux remercier la b&#234;tise dont les m&#233;dias dominants ont fait preuve au d&#233;but du mouvement des ronds-points. Leur erreur de diagnostic a permis au mouvement de prendre rapidement de l'ampleur. Les cha&#238;nes d'info en continu ont pens&#233; alimenter le moulin de la pens&#233;e lib&#233;rale en donnant la parole &#224; des citoyens qu'ils croyaient anti-&#233;colo, anti-taxes, etc. Mais ce n'est malheureusement pas (pour eux) ce qui s'est pass&#233;. Pensant bien faire, ces m&#233;dias ont mandat&#233; &#224; travers la France des envoy&#233;s sp&#233;ciaux pour recueillir la d&#233;tresse et la col&#232;re de centaines de femmes et d'hommes t&#233;moignant de leurs conditions de vie. Ce qui n'arrive jamais &#224; la t&#233;l&#233;vision !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mois de d&#233;cembre 2018 est &#224; graver dans les annales de la t&#233;l&#233;vision, on a assist&#233; &#224; une irruption du r&#233;el sur le petit &#233;cran. C'est personnellement un aspect de cette p&#233;riode qui me rassure grandement en tant que citoyen, mais aussi qui conforte mon choix de consacrer ma vie au documentaire, &#224; savoir qu'il suffit que l'on sorte, ne serait-ce qu'un instant, de la fiction m&#233;diatique habituelle, que l'on prenne collectivement conscience de la r&#233;alit&#233; sociologique de ce pays, pour qu'il r&#233;agisse. Et d&#233;cide ne plus se laisser abuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Quelle a &#233;t&#233; la r&#233;ception m&#233;diatique d'&lt;i&gt;&#192; demain mon amour&lt;/i&gt; ? On imagine mal la presse bourgeoise accueillir favorablement un film qui donne une large place aux analyses critiques de deux sociologues bourdieusiens, a fortiori quand celles-ci la concernent directement... Avez-vous observ&#233; des diff&#233;rences de traitement entre les types de m&#233;dias (g&#233;n&#233;ralistes, sp&#233;cialis&#233;s, PQR, etc.) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B.C.-A. :&lt;/strong&gt; Il serait injuste de ma part de ne pas reconna&#238;tre que la presse &#233;crite a globalement soutenu mon film. La moyenne des notes presse d'AlloCin&#233; est de 3,5/5, c'est tr&#232;s bien pour un documentaire. D'autres films encore meilleurs que le mien n'ont pas toujours la chance d'avoir cette visibilit&#233;, je ne peux globalement pas me plaindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait le plus mal &#224; ce genre de films, c'est plut&#244;t quand ils sont totalement ignor&#233;s, ce qui a &#233;t&#233; le cas sur France Culture et dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, mais il faut croire que des documentaires qui suivent pendant quatre ann&#233;es l'intimit&#233; de sociologues dans leur travail de terrain, leurs doutes existentiels quant &#224; la violence du monde moderne, il en sort chaque semaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux ou trois journalistes qui ont effectivement essay&#233; de moquer le film, mais c'est moins pire que le silence ; en effet, quand par exemple sur France Inter un journaliste raille le documentaire parce qu'on y voit des sociologues en cale&#231;on au r&#233;veil, il prouve son manque de s&#233;rieux. Il parle de la premi&#232;re sc&#232;ne, peut-&#234;tre n'est-il pas all&#233; plus loin que les trois premi&#232;res minutes du film dans le lien de visionnage qui lui a &#233;t&#233; envoy&#233; ? En outre, cette sc&#232;ne se passe au coucher et non au r&#233;veil, et Michel porte un slip et non un cale&#231;on&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blague &#224; part. Les spectateurs, a contrario, comprennent bien l'intention que j'ai plac&#233;e dans le fait de filmer les corps des Pin&#231;on-Charlot. Beaucoup voient le tissage fin que j'ai tent&#233; de faire entre l'implication du corps du sociologue dans ses &#233;tudes, et plus pr&#233;cis&#233;ment ceux de mes personnages, qui rappelle la violence symbolique qu'ils ont ressentie pendant leurs ann&#233;es de travail dans les beaux quartiers. D'autres comprennent l'int&#233;r&#234;t de filmer ce couple et leurs gestes de tendresse quand la violence de l'&#201;tat ou les injustices criantes les atteignent jusque dans leur chair. D'autres enfin me remercient d'avoir rendu plus humaine et accessible l'aura du chercheur, t&#233;moignant que la fragilit&#233; et l'engagement physique de mes personnages leur donnent envie de s'engager dans la lutte, et surtout les spectateurs ressentent l'int&#233;r&#234;t vital de rester curieux et ouverts au monde jusqu'&#224; leur dernier souffle.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_13346 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH282/visuel_2_a_demain_mon_amour-9d402.jpg?1776676576' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Un journaliste de la PQR &#224; Montpellier a consid&#233;r&#233; que le film &#233;tait totalement paradoxal dans son propos parce qu'il rendait compte de la vie de deux personnes r&#233;volt&#233;es, qui selon lui &#233;taient des grands bourgeois ; certainement &#224; la vue des images du confortable et lent am&#233;nagement que Monique et Michel ont fait de leur petit pavillon de banlieue sur 40 ans. Je ne saurais mieux lui conseiller que de lire un peu plus de sociologie pour &#233;viter de faire de telles erreurs de jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel des critiques &#171; critiques &#187; ont eu pour point commun de ne pas &#234;tre tr&#232;s s&#233;rieuses et parfois d'une virulence &#233;videmment gratuite. J'ai pu constater que certaines avaient &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;es &#224; partir de la seule bande-annonce, qui comporte des plans ne figurant pas dans mon film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La palme de la brutalit&#233; revient au &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;. Plut&#244;t que de ranger le film dans la case &#171; &lt;i&gt;Les films qu'on peut ne pas voir&lt;/i&gt; &#187;, ils auraient mieux fait de le classer dans une cat&#233;gorie nouvelle : &#171; Les films qu'on essaie de massacrer par r&#233;flexe id&#233;ologique &#187; ou encore &#171; Les films sur des sociologues qu'on n'a pas lus &#187;. Le journaliste se permet de qualifier les livres de Monique et Michel de &#171; &lt;i&gt;pittoresques&lt;/i&gt; &#187;, ignorant probablement que la majorit&#233; de leurs ouvrages sont tr&#232;s largement diffus&#233;s &#224; l'universit&#233;, que leurs articles ont &#233;t&#233; reconnus internationalement par leurs pairs et que notamment leur ouvrage de m&#233;thodologie &lt;i&gt;Voyage en grande bourgeoisie&lt;/i&gt; (2005, PUF) est un texte de r&#233;f&#233;rence et n'a franchement rien de pittoresque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir son article, le journaliste se permet de dire que &#171; &lt;i&gt;leurs commentaires&lt;/i&gt; &#187;, comme mon travail je suppose, &#171; &lt;i&gt;sont d'une grande pauvret&#233;&lt;/i&gt; &#187;, ce qui pourrait &#234;tre son avis bien personnel et je ne l'aurais pas relev&#233;, mais comme, tr&#232;s vulgairement, il se demande si c'est &#171; &lt;i&gt;par solidarit&#233; de classe&lt;/i&gt; &#187; que nous avons produit ce travail... Je ne peux m'emp&#234;cher d'&#234;tre interloqu&#233; par le fait qu'&#224; l'occasion d'une critique de film, le journaliste diffuse l'id&#233;e que les pauvres m&#233;riteraient une pens&#233;e pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crit-il ceci par... solidarit&#233; de classe ? Je l'ignore. Encore une fois, je ne saurais mieux conseiller &#224; ce journaliste &#8211; comme aux autres partageant cette inclination anti-peuple &#8211; que de lire (davantage) Pierre Bourdieu pour comprendre qu'il ne fait pas partie de la classe qu'il pense d&#233;fendre mais qu'il n'en est qu'un de ses serviteurs z&#233;l&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, il est aussi tout &#224; fait possible que ce soit moi qui fasse une erreur de diagnostic. Ce monsieur fait peut-&#234;tre effectivement partie de la grande bourgeoisie, quoique journaliste au &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;. Peut-&#234;tre a-t-il effectivement tr&#232;s bien lu Monique et Michel Pin&#231;on-Charlot et par cet article il d&#233;cide de faire en sorte que le moins possible de spectateurs se retrouvent autour du film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a bien quelque chose que j'ai compris gr&#226;ce au travail de Monique et Michel c'est que la conscience de classe de la bourgeoisie se construit du fait d'une sociabilit&#233; mondaine quasi quotidienne qui permet &#224; cette classe de cr&#233;er un sentiment d'appartenance et donc une solidarit&#233;. &#201;crire un article destructeur, consciemment ou non, &#224; propos d'un film documentaire dont la survie en salle est surtout li&#233;e &#224; des rencontres dans les cin&#233;mas est effectivement un bon moyen de continuer &#224; nous isoler les uns des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Laurent Daur&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un film &#224; voir : &#171; Cas d'&#233;cole &#187; de Gilles Balbastre</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Un-film-a-voir-Cas-d-ecole-de-Gilles-Balbastre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Un-film-a-voir-Cas-d-ecole-de-Gilles-Balbastre</guid>
		<dc:date>2015-09-15T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;cole, universit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur la lamentable couverture m&#233;diatique du suicide d'une coll&#233;gienne de 12 ans.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-presentations-de-films-" rel="directory"&gt;Des pr&#233;sentations de films&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ecole-universite-+" rel="tag"&gt;&#201;cole, universit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L107xH150/arton4750-03f9e.png?1776676576' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Retour sur la lamentable couverture m&#233;diatique du suicide d'une coll&#233;gienne de 12 ans. Tous les ingr&#233;dients sont pr&#233;sents : coupables d&#233;sign&#233;s, racolage, d&#233;sinformation&#8230; Les grands m&#233;dias dans toute leur splendeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7666 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L354xH500/nada-infos-cas-ecole-4d76f.gif?1776676576' width='354' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but 2012, une &#233;l&#232;ve scolaris&#233;e dans un coll&#232;ge du Pas-de-Calais se suicide. Pour les m&#233;dias, cela ne fait aucun doute : ce cas r&#233;v&#232;le le harc&#232;lement scolaire et l'institution &#8211; qui n'aurait rien vu venir &#8211; devient le coupable id&#233;al. Le sc&#233;nario est donc simple, les m&#233;chants sont d&#233;sign&#233;s et la surench&#232;re sera de mise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film &#171; Cas d'&#233;cole &#187; relate la couverture m&#233;diatique de ces &#233;v&#233;nements avec comme acteurs principaux les personnels de cet &#233;tablissement qui, avec le recul &#8211; notion que ne semblent pas conna&#238;tre les m&#233;dias &#8211; analysent et commentent la d&#233;ferlante qu'ils ont d&#251; subir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la violence de la mort d'une de leurs &#233;l&#232;ves s'ajoute celle des m&#233;dias accusateurs. Tous les m&#233;dias ? Oui, tous. Au premier rang desquels les cha&#238;nes d'information (sic) en continu, qui harc&#232;lent les &#233;l&#232;ves et les parents &#224; la sortie du coll&#232;ge, les journalistes de BFM-TV allant m&#234;me jusqu'&#224; interviewer des faux t&#233;moins. Tous les m&#233;dias ? Oui, tous. &#171; Le Grand Journal &#187; de Canal Plus qui r&#233;sume en quelques minutes &#8211; entre deux pages de publicit&#233; et trois clowneries potaches &#8211; le drame. Tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me lorsqu'ils prennent le temps de l'analyse, les m&#233;dias d&#233;sinforment et flattent les bas instincts. Ainsi, quinze mois plus tard, l'&#233;mission &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; de France 2 revient sur la souffrance des parents et la &lt;i&gt;&#171; n&#233;gligence &#187;&lt;/i&gt; des enseignants. Comble de l'obsc&#233;nit&#233;, les journalistes racoleurs vont filmer les parents en pleurs se recueillir sur la tombe de leur fille d&#233;c&#233;d&#233;e. Accompagn&#233;e d'une musique larmoyante, la voix-off commente : &lt;i&gt;&#171; En fin de journ&#233;e, comme ils s'y efforcent chaque semaine, ils vont rendre la plus douloureuse des visites. &#187;&lt;/i&gt; Que peut-on dire et &#233;crire apr&#232;s cela ? Rien, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur fonctionnement binaire, les grands m&#233;dias &#233;crivent un sc&#233;nario et mettent en sc&#232;ne les victimes et les coupables. Avant de passer au prochain sujet. Le documentaire de Gilles Balbastre est un vrai exercice de critique des m&#233;dias. Images d'archives &#224; l'appui, le r&#233;alisateur donne la parole aux victimes de la m&#233;diatisation : les enseignants du coll&#232;ge. Ensemble ils d&#233;construisent le discours dominant et reviennent sur ce qui constitue l'un des pires travers m&#233;diatiques : l'emballement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, chaque &#233;v&#233;nement est trait&#233; avec le m&#234;me emballement et la hi&#233;rarchie de l'information n'est plus qu'un concept. La place qu'occupent les diff&#233;rents sujets oscille en fonction de l'audience attendue. D&#232;s lors, il n'existe pas d'actualit&#233; plus importante qu'une autre : juste des parts de march&#233; &#224; conqu&#233;rir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La hi&#233;rarchie de l'information n'existe pas &#187;, L'Humanit&#233;, 20 avril 2015.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En vente en DVD sur le site &lt;a href=&#034;http://nada-info.fr/site/?p=55&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nada.info&lt;/a&gt;, le film sera &#233;galement projet&#233; dans &lt;a href=&#034;http://nada-info.fr/site/?p=321&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les salles de cin&#233;ma&lt;/a&gt;, souvent suivi d'un d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici une liste (non exhaustive) des prochaines diffusions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- le 15 septembre &lt;a href=&#034;http://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; l'Utopia de Bordeaux&lt;/a&gt; &#224; l'initiative des AMD 33 et de la FSU ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le 16 &lt;a href=&#034;http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; l'Utopia de Toulouse&lt;/a&gt; &#224; l'initiative des AMD 31 ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le 17 &lt;a href=&#034;http://www.cap-cine.fr/carcassonne-colisee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au Colis&#233;e de Carcassonne&lt;/a&gt; &#224; l'initiative des AMD 11 ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le 18 &#224; La Cigale &#224; Quillan &#224; l'initiative des AMD 11 ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le 20 (en matinale) &lt;a href=&#034;http://www.cinemas-utopia.org/montpellier/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; l'Utopia de Montpellier&lt;/a&gt; &#224; l'initiative des AMD 34 ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le 22 &#224; Marseille &#224; l'initiative des AMD 13 et du SNES ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le 23 &lt;a href=&#034;http://lapennesurhuveaune.over-blog.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au Renoir de la Penne sur Huveaune&lt;/a&gt; &#224; l'initiative de le Repaire d'Aubagne ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le 24 &lt;a href=&#034;http://cinemajeanrenoir.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au Renoir de Martigues&lt;/a&gt; &#224; l'initiative de la FSU&lt;br class='manualbr' /&gt;- et enfin le 25 &lt;a href=&#034;http://www.cinemas-utopia.org/avignon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; l'Utopia d'Avignon&lt;/a&gt; &#224; l'initiative des AMD 84.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;Mathias Reymond&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; La hi&#233;rarchie de l'information n'existe pas &#187;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 20 avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Night Call : quand Hollywood arme (&#224; son corps d&#233;fendant ?) la critique des m&#233;dias </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Night-Call-quand-Hollywood-arme-a-son-corps-defendant-la-critique-des-medias</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Night-Call-quand-Hollywood-arme-a-son-corps-defendant-la-critique-des-medias</guid>
		<dc:date>2014-12-15T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Coutellier </dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Lire - &#233;couter - voir</dc:subject>
		<dc:subject>Journaliste reporter d'images (J.R.I.)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un film qui illustre notre critique (nonobstant les d&#233;clarations de certains ses auteurs)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-presentations-de-films-" rel="directory"&gt;Des pr&#233;sentations de films&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Deontologie-+" rel="tag"&gt;D&#233;ontologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Cinema-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Lire-ecouter-voir-+" rel="tag"&gt;Lire - &#233;couter - voir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journaliste-reporter-d-images-J-R-I-+" rel="tag"&gt;Journaliste reporter d'images (J.R.I.)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le film &lt;i&gt;Night Call&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Nightcrawler&lt;/i&gt; en version originale), sorti en France le 26 novembre, raconte l'histoire d'un homme devenant reporter d'image freelance &#224; Los Angeles. S'il n'est pas question d'aborder ici le contenu du film en profondeur, force est de constater que certains &#233;l&#233;ments du sc&#233;nario et certaines sc&#232;nes mettent en &#233;vidence des m&#233;canismes qui r&#233;gissent la fabrication des programmes d'information. Le film d&#233;crit ces m&#233;canismes dans un cadre tr&#232;s particulier (les bulletins d'information des cha&#238;nes r&#233;gionales &#224; Los Angeles), mais les exposer clairement permet de s'apercevoir qu'ils sont &#224; l'&#339;uvre dans bien d'autres contextes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;De la fiction &#224; la r&#233;alit&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le personnage principal du film est amen&#233; &#224; devenir un &#171; nightcrawler &#187;, reporter &lt;i&gt;freelance&lt;/i&gt; qui arpente Los Angeles la nuit, radio branch&#233;e sur les fr&#233;quences de la police. L'objectif est d'&#234;tre sur place au plus vite lorsqu'un incident se produit (agression, accident de voiture, incendie, fusillade), pour en tirer les images les plus explicites possible (&#171; &lt;i&gt;graphic&lt;/i&gt; &#187;, dit-on dans le film), et les vendre aux cha&#238;nes r&#233;gionales qui les utilisent pour booster les audiences de leurs programmes d'information matinaux. Le credo est assum&#233; : &lt;i&gt;&#171; si &#231;a saigne, &#231;a fera la une &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;&#171; If it bleeds, it leads &#187;&lt;/i&gt;). C'est ainsi que l'on voit les informations locales s'ouvrir sur les images en gros plan du corps d'une victime d'un accident de la route, ou de ceux d'une famille tu&#233;e au cours d'un cambriolage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le terme de &#171; &lt;i&gt;nightcrawler&lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; invent&#233;, le &#171; m&#233;tier &#187; existe bel et bien &#224; Los Angeles, sous l'appellation &#171; &lt;i&gt;stringer&lt;/i&gt; &#187; (terme d&#233;signant habituellement un reporter ou un correspondant local). Deux de ces &#171; &lt;i&gt;stringers&lt;/i&gt; &#187; ont d'ailleurs particip&#233; au film en tant que conseillers techniques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit des fr&#232;res Raishbrook, auxquels le LA Times a consacr&#233; un article (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un autre &#171; &lt;i&gt;stringer&lt;/i&gt; &#187;, Alexander Gitman, a &#233;t&#233; interview&#233; par le site du magazine &lt;i&gt;Dazed&lt;/i&gt;. Il indique notamment les &#233;l&#233;ments du film auxquels il est v&#233;ritablement confront&#233; dans son activit&#233;. &#192; la question de la possibilit&#233; de gagner sa vie en tant que &#171; &lt;i&gt;stringer&lt;/i&gt; &#187;, il r&#233;pond&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les traductions sont de l'auteur. L'interview int&#233;grale, en anglais, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Il y a beaucoup de concurrence (&#8230;) Si quelqu'un y passe beaucoup de temps, il va probablement bien s'en sortir &#187;&lt;/i&gt;. Quant &#224; la v&#233;racit&#233; de la maxime &lt;i&gt;&#171; If it bleeds, it leads &#187;&lt;/i&gt;, il livre sans fard : &lt;i&gt;&#171; C'est une affirmation qui est vraie. La question est de savoir ce qui se vend, et ce genre d'histoire se vend &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le film, le personnage de la r&#233;dactrice en chef explique le type d'images (toujours violentes) que sa cha&#238;ne cherche &#224; acqu&#233;rir : le &#171; reportage &#187; sera consid&#233;r&#233; comme meilleur lorsque la ou les victimes sont blanches, et que l'incident se produit dans un quartier plut&#244;t riche. Cette description des sujets recherch&#233;s est-elle cr&#233;dible pour Alexander Gitman ? &#171; &lt;i&gt; Absolument. Si une fusillade se produit dans un mauvais quartier (...) o&#249; tr&#232;s peu de gens blancs vivent &#8211; en particulier si c'est un crime commis par un noir contre un noir &#8211; alors ce genre de chose est ind&#233;niablement plus souvent ignor&#233; (&#8230;). Mais un vol dans un quartier blanc o&#249; quelqu'un a &#233;t&#233; cambriol&#233; quand il &#233;tait chez lui &#8211; c'est une tr&#232;s bonne histoire, &#231;a se vendra &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut noter l'ambigu&#239;t&#233; de la formule utilis&#233;e, &#171; that will sell &#187;, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malheureusement, ce &lt;i&gt;stringer&lt;/i&gt; ne peut expliquer ce qui pousse les responsables de cha&#238;nes &#224; d&#233;finir ainsi les sujets qui les int&#233;ressent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ses hypoth&#232;ses sur la question sont peu convaincantes : &#171; J'imagine qu'ils (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais il n'y a aucun doute : &lt;i&gt;&#171; Ce sont [les responsables de] l'information qui prennent les d&#233;cisions ; ce sont vraiment eux qui donnent le ton &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Des &lt;i&gt;stringers&lt;/i&gt; aux journalistes &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour les &lt;i&gt;stringers&lt;/i&gt;, la possibilit&#233; d'&#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233; d&#233;pend alors de leur capacit&#233; &#224; fournir des images en ad&#233;quations avec les attentes des cha&#238;nes. Cette recherche d'images crues, brutales, parfois gores, dans laquelle sont enr&#244;l&#233;s les stringers est donc initi&#233;e par les cha&#238;nes et leur responsables de l'information. Dan Gilroy, auteur et r&#233;alisateur du film, et Jake Gyllenhaal, acteur et producteur, ne sont pas des critiques radicaux. Selon eux, &lt;i&gt;&#171; tout le monde est responsable &#187;&lt;/i&gt; de cette course aux images chocs : les &lt;i&gt;stringers&lt;/i&gt; qui les filment, les responsables de cha&#238;nes qui les payent et les diffusent, et, en dernier ressort, les (nombreux) t&#233;l&#233;spectateurs qui les regardent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alberge, Dalya, &#171; Jake Gyllenhaal : we are all to blame for media scrum at (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le parall&#232;le est fait avec l'alimentation : puisqu'il y a des gens qui mangent des produits nuisibles, parfois en connaissance de cause, comment reprocher quoi que ce soit &#224; ceux qui les produisent ? &#192; l'&#233;vidence, ce raisonnement qui d&#233;douane les producteurs d'information va &#224; l'encontre d'une critique s&#233;rieuse, de la m&#234;me fa&#231;on qu'un argumentaire absolvant Monsanto ne saurait &#234;tre pris pour une analyse rigoureuse de la production alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse plus cons&#233;quente commencerait par constater que sur ces cha&#238;nes locales commerciales, les bulletins d'information n'ont pas pour objectif d'informer. Une &#233;tude publi&#233;e en 2010, portant sur 8 cha&#238;nes locales californiennes, r&#233;v&#233;lait le type de contenu le plus souvent diffus&#233;, et leurs dur&#233;es respectives, dans un bulletin d'information de 30 minutes : 10 minutes et 35 secondes de publicit&#233; et de bandes-annonces ; 3 minutes 36 de sports et m&#233;t&#233;o ; 2 minutes 50 d'information sur les &#171; crimes &#187;, ce type de sujet faisant la &#171; une &#187; dans un tiers des cas ; la politique locale &#233;tait trait&#233;e dans 2.5% des sujets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kaplan, M. et Hale, M. (2010), &#171; Local TV News in the Los Angeles Media (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces chiffres montrent le principe de ces bulletins d'information : comme pour la plupart des programmes, il s'agit de vendre les t&#233;l&#233;spectateurs aux annonceurs. La logique industrielle de l'information est alors de produire au moindre co&#251;t les sujets qui retiendront sur la cha&#238;ne le plus d'audience. Dans cette logique, le r&#244;le des stringers est identique &#224; celui de tous les journalistes employ&#233;s par les cha&#238;nes qui ont fait de l'information un app&#226;t pour l'audience qu'elles vendent aux annonceurs : produire des sujets qui retiennent le plus de public avec les moyens les plus modiques.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;De la Californie &#224; la France &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le propos n'est &#233;videmment pas ici de pr&#233;tendre que les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision fran&#231;aises ou europ&#233;ennes fonctionnent exactement comme une cha&#238;ne locale californienne. N&#233;anmoins, le cas extr&#234;me de ces cha&#238;nes, et des stringers qu'elles r&#233;tribuent au prorata de la quantit&#233; d'h&#233;moglobine, constitue un exemple presque chimiquement pur de ce qu'il advient de l'information lorsqu'elle est absolument n&#233;glig&#233;e en tant que telle, et d&#233;tourn&#233;e dans le but de vendre du fameux temps de cerveau disponible. Or cette logique commerciale est bien &#224; l'&#339;uvre en France, bien qu'elle ne se donne pas &#224; voir avec la m&#234;me intensit&#233;. Pour s'en convaincre, il suffit de consid&#233;rer l'attention avec laquelle les chiffres d'audience sont &#233;tudi&#233;s par les responsables des r&#233;dactions, du service public comme de TF1, et les r&#233;percussions de cette logique de &#171; course &#224; l'audimat &#187; : appauvrissement de la qualit&#233; des JT (rar&#233;faction des sujets &#171; de fond &#187;, place d&#233;mesur&#233;e faite aux faits divers, etc.), multiplication des &#233;missions de reportages &#171; &#224; sensation &#187;, omnipr&#233;sence des fictions polici&#232;res &lt;i&gt;made in USA&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, il est int&#233;ressant de noter l'&#233;volution constat&#233;e par Warren Olney, ancien pr&#233;sentateur et reporter d'une cha&#238;ne locale de Los Angeles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ali, Lorraine (2014). &#171; Nightcrawler' shows how the news worm has turned &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Quand j'ai commenc&#233; &#224; faire des reportages d'enqu&#234;tes [dans les ann&#233;es 1960, NdT], et que la p&#233;riode des mesures d'audience arrivait, les gens de la publicit&#233; venaient et me disaient &lt;/i&gt; &#034;Qu'est-ce que tu as ? Quel sujet sur lequel tu travailles pourrions-nous utiliser&#034; &lt;i&gt;[tandis que par la suite] le d&#233;partement de la pub nous disait que les enqu&#234;tes d'audimat montraient que les t&#233;l&#233;spectateurs aimeraient des sujets traitant de X, Y ou Z. (&#8230;) Les th&#232;mes &#233;taient dict&#233;s par le d&#233;partement commercial, et n'&#233;mergeaient plus de la r&#233;daction &#187;&lt;/i&gt;. Encore une fois il n'est pas question de pr&#233;tendre que la situation particuli&#232;re des cha&#238;nes locales californiennes est exactement celle des m&#233;dias en g&#233;n&#233;ral (y compris des m&#233;dias fran&#231;ais). Mais il est difficile d'ignorer que les images diffus&#233;es dans les m&#233;dias fran&#231;ais participent aussi, parfois, de la d&#233;rive qui m&#232;ne &#224; confondre reporter d'image et paparazzi, et que certains de ces m&#233;dias se sont &#233;galement lanc&#233;s dans la recherche d'images &#171; chocs &#187; et peu on&#233;reuses, tel BFM TV qui demande aux internautes (via la plateforme temoins.bfmtv.com) d'envoyer leurs photos ou vid&#233;os &#171; d'&#233;v&#233;nements &#187;. Et il est difficile ne pas penser &#224; ce que l'exemple extr&#234;me des cha&#238;nes locales californiennes montre de fa&#231;on criante : lorsque l'objectif est de vendre des &#233;crans publicitaires, et que le crit&#232;re de qualit&#233; est la rentabilit&#233; d&#233;finie comme l'audience maximale au moindre co&#251;t, l'information en ressort lamin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que le film &lt;i&gt;Night Call&lt;/i&gt; ne s'inscrive pas dans une d&#233;marche de critique radicale des m&#233;dias (comme le montrent clairement les d&#233;clarations du sc&#233;nariste-r&#233;alisateur et de l'acteur-producteur), il participe &#224; exposer les outrages subis par l'information lorsque les gens responsables de sa production la consid&#232;rent comme un spectacle. Aux USA comme ailleurs, cette conception semble gagner du terrain. &#192; quand les gros plans sanguinolents r&#233;currents en ouverture du 20h de France 2 ou de TF1 ? Nous pr&#233;f&#233;rons une autre question : comment faire en sorte que l'information, y compris et surtout dans les m&#233;dias ayant la plus large diffusion, (re)devienne un v&#233;ritable outil du d&#233;bat public d&#233;mocratique ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour des r&#233;ponses propos&#233;es &#224; cette question, voir la rubrique &#171; nos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin Coutellier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit des fr&#232;res Raishbrook, auxquels le&lt;i&gt; LA Times&lt;/i&gt; a consacr&#233; &lt;a href=&#034;http://www.latimes.com/entertainment/movies/la-et-mn-real-nightcrawlers-20141112-story.html#page=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un article (en anglais)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Toutes les traductions sont de l'auteur. L'interview int&#233;grale, en anglais, est accessible &lt;a href=&#034;http://www.dazeddigital.com/artsandculture/article/22364/1/what-its-really-like-to-be-a-nightcrawler&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut noter l'ambigu&#239;t&#233; de la formule utilis&#233;e, &lt;i&gt;&#171; that will sell &#187;&lt;/i&gt;, qui peut &#233;galement se traduire par &#171; &#231;a vendra &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; &#231;a fera de bonnes audiences &#187; ; ambigu&#239;t&#233; seulement apparente : ce qui se vend (du point de vue du &lt;i&gt;stringer&lt;/i&gt;) est ce qui vend (du point de vue de la cha&#238;ne).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ses hypoth&#232;ses sur la question sont peu convaincantes : &lt;i&gt;&#171; J'imagine qu'ils sentent d'une certaine fa&#231;on que ces histoires sont plus racontables, ou peut-&#234;tre ont-ils d&#233;termin&#233; la d&#233;mographie des gens qui regardent &#231;a et qui cela va int&#233;resser &#8211; un m&#233;lange de tout &#231;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alberge, Dalya, &#171; Jake Gyllenhaal : we are all to blame for media scrum at horror crime scenes &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/film/2014/oct/18/jake-gyllenhaal-nightcrawler-news-addiction&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;theguardian.com&lt;/a&gt;, 19 octobre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Kaplan, M. et Hale, M. (2010), &#171; Local TV News in the Los Angeles Media Market : Are Stations Serving the Public Interest ? &#187;, The Norman Lear Center, USC Annenberg School for Communication &amp; Journalism (disponible &lt;a href=&#034;http://www.learcenter.org/pdf/LANews2010.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ali, Lorraine (2014). &#171; Nightcrawler' shows how the news worm has turned &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.latimes.com/entertainment/movies/la-et-mn-nightcrawler-20141026-story.html#page=1, 24 octobre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du &lt;i&gt;Los Angeles Times&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour des r&#233;ponses propos&#233;es &#224; cette question, voir la rubrique &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique373.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; nos propositions &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Op&#233;ration Correa - 1&#232;re partie : Les &#226;nes ont soif (+ appel &#224; dons)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Operation-Correa-1ere-partie-Les-anes-ont-soif-appel-a-dons</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Operation-Correa-1ere-partie-Les-anes-ont-soif-appel-a-dons</guid>
		<dc:date>2014-11-04T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Equateur</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un film de Pierre Carles avec la collaboration de Nina Faure et Aurore Van Opstal&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-presentations-de-films-" rel="directory"&gt;Des pr&#233;sentations de films&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Equateur-+" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Controvers&#233;e, la politique suivie par le Pr&#233;sident de l'&#201;quateur, Rafael Correa ? Est-ce une raison pour ne rien en conna&#238;tre et ne rien en dire ? Nous publions ci-dessous un extrait de l'appel &#224; dons &lt;a href=&#034;http://www.cp-productions.fr/spip.php?article161&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publi&#233; sur le site de CP-Productions&lt;/a&gt; pour poursuivre la r&#233;alisation d'un film de Pierre Carles avec la collaboration de Nina Faure et Aurore Van Opstal (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Pierre Carles et son &#233;quipe s'appr&#234;tent &#224; prendre leur poncho et leur sac &#224; dos pour aller voir &#224; quoi ressemble le &#034;miracle &#233;quatorien&#034; boud&#233; et ignor&#233; par la presse fran&#231;aise. La 1&#176; partie de ce feuilleton documentaire est d'ores et d&#233;j&#224; propos&#233;e en acc&#232;s libre sur internet. Objectif : inciter les internautes &#224; financer la suite de l'enqu&#234;te outre-Atlantique, la faire circuler en 2015 et ainsi de suite... Trois ou quatre &#233;pisodes devraient voir le jour d'ici l'&#233;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise de 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&#232;re partie : Les &#226;nes ont soif&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La visite en France d'un champion de la croissance &#233;conomique passe rarement inaper&#231;ue, m&#234;me lorsqu'elle ne pr&#233;sente qu'un int&#233;r&#234;t m&#233;diocre. Un serrage de louches sur le perron de l'Elys&#233;e avec un pr&#233;sident chinois ou une chanceli&#232;re allemande rameute &#224; coup s&#251;r le ban et l'arri&#232;re-ban des troupes journalistiques. Pourquoi alors la presse hexagonale a-t-elle boud&#233; le dernier s&#233;jour &#224; Paris de Rafael Correa ? [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est pas rose dans le bilan de Rafael Correa, mais au moins le pr&#233;sident &#233;quatorien repr&#233;sente-t-il une preuve bien vivante que la politique du bulldozer contre les pauvres adopt&#233;e en Europe n'est pas n&#233;cessairement la seule envisageable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de grands m&#233;dias fran&#231;ais &#8211; &#224; l'exception du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; et de quelques journaux de presse &#233;crite - ont pr&#234;t&#233; attention &#224; la visite du pr&#233;sident &#233;quatorien. Aucune cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision ni radio nationale n'a repris le message qu'il souhaitait adresser aux populations europ&#233;ennes : ne faites pas la folie de vous plier aux injonctions des banques, regardez comment l'aust&#233;rit&#233; qu'elles vous infligent aujourd'hui a failli ruiner notre pays par le pass&#233;, et comment nous nous en sommes relev&#233;s en faisant tout le contraire. Pareil avertissement est-il sans valeur pour le public fran&#231;ais ? &lt;i&gt;&#034;On ne fait pas boire un &#226;ne qui n'a pas soif&#034;&lt;/i&gt;, a chuint&#233; Ivan Leva&#239;, v&#233;t&#233;ran chez France Inter, quand les comparses de Pierre Carles ont commenc&#233; &#224; enqu&#234;ter sur la question. Mais qui sont les &#226;nes ? Et comment redonner soif &#224; une presse goulument ravitaill&#233;e dans l'abreuvoir des experts du CAC 40 ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La bande-annonce du premier &#233;pisode :&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;//player.vimeo.com/video/97272576&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me &#233;pisode, dont le tournage est pr&#233;vu &#224; partir de f&#233;vrier-mars 2015, devrait s'intituler &#171; Le miracle &#233;quatorien ? &#187;. Les r&#233;alisateurs attendent d'avoir r&#233;uni au moins 25 000 &#8364; pour pouvoir d&#233;marrer sa fabrication. Aujourd'hui, ils en sont &#224; un peu plus de 19.000 euros de dons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour voir le premier &#233;pisode, et surtout pour faire un don, &lt;a href=&#034;http://www.cp-productions.fr/spip.php?article161&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;c'est ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;couter, voir : &#171; Un morceau de chiffon rouge &#8211; L'aventure de Radio Lorraine C&#339;ur d'acier &#187; </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Ecouter-voir-Un-morceau-de-chiffon-rouge-L-aventure-de-Radio-Lorraine-Coeur-d</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Ecouter-voir-Un-morceau-de-chiffon-rouge-L-aventure-de-Radio-Lorraine-Coeur-d</guid>
		<dc:date>2013-03-22T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Radios associatives</dc:subject>
		<dc:subject>Lire - &#233;couter - voir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;CD et vid&#233;o sur une radio de lutte et de libre parole, une authentique radio participative.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-presentations-de-films-" rel="directory"&gt;Des pr&#233;sentations de films&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Radios-associatives-36-+" rel="tag"&gt;Radios associatives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Lire-ecouter-voir-+" rel="tag"&gt;Lire - &#233;couter - voir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Septembre 1978 : Un pr&#233;tendu &#171; plan de sauvetage &#187; de la sid&#233;rurgie est annonc&#233;. D&#233;cembre 1978 : 21 750 suppressions d'emploi sont pr&#233;vues entre avril 1979 et d&#233;cembre 1980, dont 6 500 &#224; Longwy. La longue et massive mobilisation des sid&#233;rurgistes et de la population commence. Le 17 mars 1979, la CGT cr&#233;e Radio Lorraine C&#339;ur d'Acier (LCA) : elle est anim&#233;e par deux journalistes professionnels &#8211; Jacques Dupont et Marcel Trillat &#8211; dans un studio install&#233; dans le hall de la mairie de Longwy.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est cette radio de lutte et de libre parole que fait revivre, entre les voix d'hier et les t&#233;moignages d'aujourd'hui un documentaire radiophonique de Pierre Barron, Rapha&#235;l Mouterde et Fr&#233;d&#233;ric Rouzi&#232;s, en 5 CD, que compl&#232;te le DVD du film &#171; Lorraine Coeur d'Acier &#8211; Une radio dans la ville &#187;, d'Alban Poirier et Jean Serret qui est sorti en 1981, peu de temps apr&#232;s que LCA a cess&#233; d'&#233;mettre, en juin 1980.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6324 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH558/Un_morceau_de_chiffon_rouge-04927.jpg?1776676576' width='300' height='558' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le titre du coffret est emprunt&#233; aux &lt;a href=&#034;http://www.toupie.org/Chansons/Chiffon_rouge.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;paroles d'une chanson de Maurice Vidalin et Michel Fugain&lt;/a&gt; &#8211; &lt;i&gt;Le Chiffon rouge&lt;/i&gt; &#8211; qui passait quotidiennement &#224; l'antenne et &#233;tait devenu le chant des &#171; Longwy &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Accroche &#224; ton c&#339;ur un morceau de chiffon rouge&lt;/i&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;
Une fleur couleur de sang&lt;/i&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;
Si tu veux vraiment que &#231;a change et que &#231;a bouge&lt;/i&gt;&lt;br&gt;&lt;i&gt;
L&#232;ve-toi car il est temps&lt;/i&gt;&lt;br&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Radio de lutte, Radio Lorraine C&#339;ur d'acier pr&#233;pare la marche des sid&#233;rurgistes du 23 mars 1979 et ouvre son antenne &#224; toutes les informations sur les luttes sociales en Lorraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radio de libre parole, en d&#233;pit des r&#233;ticences, elle sera ouverte &#224; l'expression, pluraliste et le cas &#233;chant conflictuelle, de tous les intervenants et, en particulier, de la population locale (et notamment, ce qui est in&#233;dit, &#224; l'expression de femmes, ouvri&#232;res ou non, et d'immigr&#233;s). Une ouverture &#224; des r&#233;cits de vie d'acteurs qui s'expriment &#224; la premi&#232;re personne et pour leur propre compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une radio de lutte et de libre parole, mais aussi et peut-&#234;tre surtout une authentique radio participative. Et non cette caricature que proposent les &#171; grandes &#187; radios d'aujourd'hui quand elles accordent, disent-elles, &#171; la parole aux auditeurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coffret, &#233;dit&#233; par le magazine de la CGT, &lt;i&gt;La Nouvelle Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt; (NVO), est disponible en ligne chez l'&#233;diteur, au prix de 29,90 euros. Cliquez &lt;a href=&#034;http://www.librairie-nvo.com/html/abo/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ICI&lt;/a&gt;. Puis une fois sur le site, cliquez sur EDITION. Pour disposer d'un aper&#231;u il est vivement conseill&#233; de rendre visite au site &lt;a href=&#034;http://www.unmorceaudechiffonrouge.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un morceau de chiffon rouge &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;dias en campagne : &#224; propos du documentaire &#171; DSK, Hollande, etc. &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Medias-en-campagne-a-propos-du-documentaire-DSK-Hollande-etc</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Medias-en-campagne-a-propos-du-documentaire-DSK-Hollande-etc</guid>
		<dc:date>2012-05-02T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathias Reymond</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#8230; r&#233;alis&#233; par Julien Brygo, Pierre Carles et Aurore Van Opstal.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Elections-de-2012-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2012&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 18 avril, le film &#171; DSK, Hollande, etc. &#187; est en ligne sur le site &lt;a href=&#034;http://www.pierrecarles.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierrecarles.org/&lt;/a&gt;. Ce documentaire au montage &#233;volutif r&#233;alis&#233; par Julien Brygo, Pierre Carles et Aurore Van Opstal est autoproduit et a n&#233;cessit&#233; l'aide de techniciens b&#233;n&#233;voles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Film de critique des m&#233;dias, &#171; DSK, Hollande, etc. &#187; s'inscrit dans la lign&#233;e de &#171; Jupp&#233; forc&#233;ment &#187;, r&#233;alis&#233; par Pierre Carles en 1995, o&#249; il &#233;tait question du traitement m&#233;diatique de la campagne municipale de Bordeaux. Cette fois, on parle de la pr&#233;sidentielle de 2012. Les noms et les lieux ont chang&#233;&#8230; mais pas les m&#233;thodes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les institutions de la Ve R&#233;publique et en particulier l'&#233;lection pr&#233;sidentielle au suffrage universel qui ne laisse que deux candidats en lice au second tour favorisent la bipolarisation et la personnalisation de la vie politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les principaux m&#233;dias &#8211; souvent avec la complicit&#233; des partis politiques &#8211; contribuent &#224; accentuer ces tendances par leurs propres m&#233;pris des &#171; petits &#187; candidats, l'orchestration des d&#233;bats et la d&#233;limitation des sujets de discussion et surtout mise en sc&#232;ne de la comp&#233;tition &#233;lectorale sur le mod&#232;le d'une course hippique.., &#224; grands renforts de sondages et de commentaires de sondages.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5946 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH435/DSK_Hollande_etc-ea49b.jpg?1776676576' width='300' height='435' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le film &#171; DSK, Hollande, etc. &#187;, les r&#233;alisateurs &#8211; Julien Brygo, Pierre Carles et Aurore Van Opstal &#8211; s'int&#233;ressent &#224; tout cela, en montrant comment les m&#233;dias coordonnent une campagne et s&#233;lectionnent leurs candidats. En effet, &#224; l'occasion des &#233;lections et, surtout de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, les principaux m&#233;dias, quand ils se gardent de se prononcer pour un candidat, se posent toujours en chefs d'orchestre de la campagne et en administrateurs du d&#233;bat et se prononcent alors pour un candidat&#8230; sans le nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique Strauss-Kahn, attendu comme un messie, a longtemps &#233;t&#233; le chouchou des m&#233;dias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notre article ici-m&#234;me.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais &#171; l'affaire du Sofitel &#187; l'a fait tomber de son pi&#233;destal. Qu'importe : la presse habituellement class&#233;e &#224; gauche ou au centre-gauche lui a rapidement trouv&#233; un &#233;quivalent et un rempla&#231;ant en la personne de Fran&#231;ois Hollande. C'&#233;tait leur choix&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Seulement voil&#224; : les porte-voix de ces m&#233;dias le nient. Pis : ils s'offusquent qu'on puisse le croire. Et c'est tout l'int&#233;r&#234;t de ce film de le montrer, &#224; grand renfort d'entretiens. &#192; entendre Nicolas Demorand de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, Laurent Joffrin du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; ou Maurice Szafran de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, leur m&#233;dia ne &#171; roule &#187; pas pour le candidat socialiste&#8230; &#171; Pas &#231;a, pas nous &#187;, affirme en substance chacun d'eux en d&#233;clarant que tous les autres, en revanche, soutiennent bien Hollande. &#201;videmment. Cette com&#233;die devient transparente quand Szafran, alors que la cam&#233;ra semble arr&#234;t&#233;e, conc&#232;de : &lt;i&gt;&#171; L'&lt;/i&gt;Obs&lt;i&gt; a soutenu Hollande, &lt;strong&gt;nous&lt;/strong&gt;, on a plut&#244;t soutenu Hollande, &lt;/i&gt;Lib&#233;&lt;i&gt; a plut&#244;t soutenu Hollande&lt;/i&gt;, Le Monde&lt;i&gt; a plut&#244;t soutenu Hollande&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; L'arrogance avec laquelle ils affichent leur neutralit&#233; de fa&#231;ade est parfois burlesque, souvent d&#233;concertante. Alors, pourquoi ne pas l'admettre ? Pourquoi cette duplicit&#233; ? Pourquoi ne pas admettre que, &#224; l'instar du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; (supporter de Nicolas Sarkozy) ou de &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt; (supporter de Jean-Luc M&#233;lenchon), les journaux qui le nient sont des journaux de parti pris, voire des journaux partisans qui soutiennent Fran&#231;ois Hollande ? Cela irait mieux en le disant, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce film met &#233;galement en lumi&#232;re les passions qui agitent le microcosme m&#233;diatique et, en particulier, l'amour inconditionnel des journalistes de comp&#233;tition pour le seul arbitre de l'&#233;lection : le sondage. On invitera un candidat en fonction de sa popularit&#233; dans les sondages&#8230; sans jamais se demander si sa popularit&#233; dans les sondages n'est pas due, ne serait-ce que partiellement, &#224; sa pr&#233;sence dans les m&#233;dias. Ainsi, l'&#233;lection pr&#233;sidentielle est l'occasion de pointer du doigt le m&#233;pris r&#233;serv&#233; par les grands m&#233;dias &#224; ceux qu'ils appellent les &#171; petits &#187; candidats. Le cr&#233;dit qui leur est accord&#233; par les journalistes est malheureusement corr&#233;l&#233; &#224; leur score dans les sondages d'intention de vote&#8230; Et quand ils acc&#232;dent enfin au micro, les distorsions qualitatives se combinent aux distorsions quantitatives, car les contr&#244;leurs d'antenne et autres intervieweurs s'emploient &#224; les maltraiter. Exceptionnellement invit&#233;s pour parler du fond, ils doivent d'abord faire face &#224; une s&#233;rie de questions et remarques subalternes, consistant la plupart du temps &#224; justifier leur existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la campagne pour l'&#233;lection de 2012 n'a pas &#233;chapp&#233; &#224; cette r&#232;gle, c'est dans l'&#233;mission &#171; Le Grand Journal &#187; de Canal +, r&#233;guli&#232;rement &#233;pingl&#233;e par Acrimed, que les disparit&#233;s ont &#233;t&#233; les plus significatives. &lt;i&gt;&#171; Vous devez &#234;tre le prototype du candidat inutile dans cette campagne. Totalement inutile. &#187;&lt;/i&gt; C'est ainsi par exemple que Jean-Michel Aphatie, &#233;galement interrog&#233; dans le film, donnait son avis sur le pluralisme lorsqu'il s'exprimait face &#224; Jacques Cheminade, sur Canal Plus, le 31 janvier 2012&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet voir notre article &#171; M&#233;pris pour les &#171; petits candidats &#187; dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importent les rares moments consacr&#233;s au fond et au programme des candidats, le message principal reste : &lt;i&gt;il existe des candidats l&#233;gitimes et d'autres ill&#233;gitimes&lt;/i&gt;. Les premiers sont consacr&#233;s par les sondages, leurs commanditaires et leurs gardiens, les seconds sont enterr&#233;s, par les m&#234;mes juges, avec &#171; la morgue et le m&#233;pris &#187; qu'on leur conna&#238;t parfois. &#192; ce sujet, dans le film &#171; DSK, Hollande, etc. &#187;, Eva Joly revient sur la fa&#231;on dont elle a &#233;t&#233; trait&#233;e tout au long de cette campagne, et comment les m&#233;dias ont mis en doute, avec une r&#233;gularit&#233; insolente, sa candidature, ne l'interrogeant que rarement sur des enjeux politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En commentant une campagne comme un match &#224; coups de sondage quotidiens, on ne peut aborder le fond, les questions sociales, &#233;conomiques, internationales, qu'en pointill&#233;s. Et lorsque le fond est (enfin) abord&#233;, il se fait dans un cadre bien pr&#233;cis. Brygo, Carles et Van Opstal, montrent bien que si les m&#233;dias en question contribuent &#224; d&#233;politiser le d&#233;bat politique, ils se comportent en m&#234;me temps en fervents d&#233;fenseurs d'un &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; id&#233;ologique, politique et institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathias Reymond&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Souscrire :&lt;/strong&gt; Pour se r&#233;aliser, un film comme celui-l&#224; a eu besoin de travailleurs. Pour sortir en salle, un film comme celui-l&#224; aura besoin de soutiens. Pour &#234;tre &#233;dit&#233; en DVD, un film comme celui-l&#224; aura besoin d'euros. Alors n'h&#233;sitez pas &#224; apporter votre aide. C'est ici : &lt;a href=&#034;http://www.pierrecarles.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierrecarles.org/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3593.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet voir notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3784.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; M&#233;pris pour les &#171; petits candidats &#187; dans le &#171; Grand Journal &#187; de Canal Plus &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les Nouveaux Chiens de garde font leur cin&#233;ma</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-Nouveaux-Chiens-de-garde-font-leur-cinema</link>
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		<dc:date>2012-01-11T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acrimed</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ils sont sur grand &#233;cran, &#224; partir du 11 janvier, gr&#226;ce au film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat. Allez les voir !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-presentations-de-films-" rel="directory"&gt;Des pr&#233;sentations de films&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1997, deux ans apr&#232;s le mouvement social de novembre et d&#233;cembre 1995, la publication des &lt;i&gt;Nouveaux Chiens de garde, &lt;/i&gt;le livre de Serge Halimi, avait jet&#233; un sacr&#233; pav&#233; dans le mar&#233;cage. Les bouledogues et les toutous sont de retour : ils sont sur grand &#233;cran, gr&#226;ce au film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat. Allez les voir !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis une quinzaine d'ann&#233;es, des livres (comme ceux de Pierre Bourdieu et Serge Halimi), des films (comme ceux de Pierre Carles), des journaux (comme &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;, puis &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt;) et l'association Acrimed (son site et, d&#233;sormais, &lt;i&gt;M&#233;diacritique(s)&lt;/i&gt;, son magazine) contribuent &#224; une critique radicale et intransigeante des m&#233;dias qui s'&#233;tait assoupie pendant les d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes. Le film, &#224; la fois analytique et pamphl&#233;taire, reprend et prolonge cette critique avec une rare efficacit&#233; : on ne sera pas surpris que nous le pensions, puisque le combat que livre ce film est aussi le n&#244;tre (et que nous agissons depuis longtemps ensemble avec les r&#233;alisateurs et les auteurs) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grincheux diront (et certains l'ont d&#233;j&#224; dit) : &#171; On le savait d&#233;j&#224; ! &#187; Mais pourquoi ne le disent-ils pas publiquement, plus souvent, et &#224; un large public ? Les demi-habiles, que la satire d&#233;frise quand ils n'en sont pas les auteurs, diront : &#171; C'est plus complexe. &#187; Et il est toujours bon de l'affirmer, puisque c'est toujours vrai et vrai de tout. Mais tandis que les tr&#232;s subtils se perdent dans les m&#233;andres de la complexit&#233; qu'ils caressent et qu'ils se bornent souvent &#224; proclamer parce qu'elle les prot&#232;ge de toute prise de position, les chiens de garde aboient&#8230; et la (petite) caravane des forts en th&#232;me continue de se gargariser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les choses sont simples : &#171; &lt;i&gt;Mon pouvoir, excusez-moi, c'est une vaste rigolade. Le vrai pouvoir stable, c'est le pouvoir du capital. Il est tout &#224; fait normal que le vrai pouvoir s'exerce. &lt;/i&gt; &#187; On pourrait s'arr&#234;ter sur cette phrase de Franz-Olivier Giesbert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;France Inter, 1989.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et consid&#233;rer que tout est dit. Ce n'est pas tout &#224; fait exact&#8230; Il y a bien d'autres choses &#224; dire. Et le film, sur le ton satirique qui est le sien, le dit. En tr&#232;s r&#233;sum&#233;, c'est dans la bande annonce :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe title=&#034;Les Nouveaux Chiens de garde font leur cin&#233;ma&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/PqC1dwtjq3s?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendance, objectivit&#233; et pluralisme : les ambitions fi&#232;rement affich&#233;es par les tr&#232;s hauts grad&#233;s des principaux m&#233;dias ne r&#233;sistent pas &#224; l'&#233;preuve. Certes, la France n'est pas la Cor&#233;e du Nord... Mais gr&#226;ce &#224; ce film, et entre autres, on apprendra comment la r&#233;daction de TF1 prot&#232;ge les int&#233;r&#234;ts de son employeur, le groupe Bouygues ; on d&#233;couvrira comment les mandarins du journalisme se vendent (et quels sont les tarifs de leurs &#171; m&#233;nages &#187;) ; on appr&#233;ciera les prestations des experts en expertise qui papotent partout et s'&#233;garent souvent : path&#233;tiques gardiens de l'ordre &#233;conomique et social, qui, de Michel Godet &#224; &#201;lie Cohen en passant par Alain Minc, tournent en boucle entre les entreprises et les plateaux de t&#233;l&#233; sans cesser de marmonner la m&#234;me antienne lib&#233;rale depuis plus de vingt ans. Et parce que rien n'est plus efficace que le t&#233;moignage des int&#233;ress&#233;s eux-m&#234;mes, la voix &lt;i&gt;off&lt;/i&gt;, caustique, laisse la parole &#224; la ribambelle des vedettes en tous genres : &#233;ditocrates, patrons, pr&#233;sentateurs, pseudo-savants. De moins m&#233;diatiques invit&#233;s (par les r&#233;alisateurs) ponctuent le sc&#233;nario de quelques remarques acides : les &#233;conomistes Fr&#233;d&#233;ric Lordon et Jean Gadrey, le journaliste Michel Naudy, le sociologue Fran&#231;ois Denord, et Henri Maler, l'un des fondateurs d'Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme ce film n'est pas un simple produit de consommation &#8211; livr&#233; aux consommateurs de contestation &#8211;, qu'il n'est, somme toute, qu'un point de d&#233;part et non un point d'arriv&#233;e, sa projection sera suivie un peu partout de d&#233;bats, dont vous trouverez &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1667.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la liste ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on se le dise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acrimed&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour en savoir plus, &lt;a href=&#034;http://www.lesnouveauxchiensdegarde.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un site : &#171; Les nouveaux chiens de garde &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;France Inter, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Un documentaire : &#171; &#192; la Une du New York Times &#187;, d'Andrew Rossi</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Un-documentaire-A-la-Une-du-New-York-Times-d-Andrew-Rossi</link>
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		<dc:date>2011-12-01T02:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustin Fontanier</dc:creator>


		<dc:subject>New York Times</dc:subject>
		<dc:subject>Documentaires</dc:subject>
		<dc:subject>Lire - &#233;couter - voir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Plong&#233;e au c&#339;ur d'une institution&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-presentations-de-films-" rel="directory"&gt;Des pr&#233;sentations de films&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-New-York-Times-+" rel="tag"&gt;New York Times&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Documentaires-+" rel="tag"&gt;Documentaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Lire-ecouter-voir-+" rel="tag"&gt;Lire - &#233;couter - voir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un article du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; de janvier 2005, Ignacio Ramonet s'interrogeait sur la crise qui commen&#231;ait &#224; traverser la presse traditionnelle : &lt;i&gt;&#171; Certains en viennent &#224; se demander si la presse &#233;crite ne serait pas une activit&#233; du pass&#233;, un m&#233;dia de l'&#232;re industrielle en voie d'extinction&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article complet est accessible ici.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; On en &#233;tait alors seulement aux d&#233;buts d'une crise qui, en France, touche particuli&#232;rement la presse quotidienne g&#233;n&#233;raliste. En 2009, dans &lt;i&gt;La fin des journaux et l'avenir de l'information&lt;/i&gt;, analys&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3148.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;, Bernard Poulet, que nous avons re&#231;u lors d'un Jeudi d'Acrimed (&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3278.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;visible en vid&#233;o&lt;/a&gt;) livrait lui aussi un sombre diagnostic. Aux &#201;tats-Unis, en 2010, alors que les titres de presse font faillite en s&#233;rie, le r&#233;alisateur Andrew Rossi se pose la m&#234;me question. Film&#233; en grande partie dans les locaux du c&#233;l&#232;bre quotidien, &#171; &#192; la Une du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; &#187; (sorti en salles le 23 novembre en France) cherche &#224; comprendre comment l'un des plus anciens et des plus respect&#233;s titres de presse r&#233;siste au bouleversement majeur introduit par les nouvelles technologies et les nouveaux modes d'appr&#233;hension de l'information.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;but du film donne le ton : un dixi&#232;me de la r&#233;daction du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; doit &#234;tre licenci&#233;, &#224; la suite des mauvais r&#233;sultats &#233;conomiques du journal. Pour les employ&#233;s, c'est une premi&#232;re. Certains travaillaient dans le journal depuis trente ans et n'avaient jamais connu une telle secousse. Pourtant, le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; est loin d'&#234;tre un cas isol&#233;. Comme le montre Andrew Rossi, il s'en sort m&#234;me plut&#244;t bien par rapport &#224; ses concurrents, qui pour plusieurs d'entre eux ont d&#251; d&#233;finitivement stopper les rotatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres connaissent un sort qui n'est gu&#232;re plus enviable en se faisant racheter par des hommes d'affaires peu port&#233;s sur les investigations &#224; la Bernstein et Woodward (l'affaire du Watergate). C'est le cas du groupe de presse Tribune Company (&lt;i&gt;Los Angeles Times&lt;/i&gt;), acquis en 2007 par le milliardaire Samuel Zell alors qu'il &#233;tait au bord de la faillite. Aux yeux de Zell, qui ne fait pas myst&#232;re de son m&#233;pris pour la profession de journaliste, la finalit&#233; d'un journal se r&#233;sume &#224; d&#233;gager assez de b&#233;n&#233;fices pour pouvoir racheter les autres titres. Bref, l'&#233;lectrochoc capitaliste r&#233;sum&#233; de la fa&#231;on la plus vulgaire par le financier lui-m&#234;me, dans &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=LDy7vn7-LX4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une s&#233;quence vid&#233;o digne d'une mauvaise parodie&lt;/a&gt;. La recherche &#224; tout prix de r&#233;sultats &#233;conomiques va jusqu'&#224; l'id&#233;e &#8211; envisag&#233;e s&#233;rieusement ? &#8211; d'ajouter une rubrique porno pour attirer les lecteurs. Dispara&#238;tre ou se vendre, c'est l'alternative qui menace le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les journalistes du quotidien, les causes de la crise travers&#233;e par la presse &#233;crite se trouvent d'abord dans le bouleversement technologique provoqu&#233; par le d&#233;veloppement d'Internet et de ses technologies d&#233;riv&#233;es (YouTube, Twitter, smartphones, etc.) Les sites Internet de type agr&#233;gateurs de flux et les blogs constituent une nouvelle voie, gratuite et plus souple, d'acc&#232;s &#224; l'information, qui attire un nombre croissant de lecteurs. Or ces nouveaux espaces publicitaires concurrents font chuter le prix de la publicit&#233; dans la presse, ce qui menace le mod&#232;le &#233;conomique des journaux comme le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, &#224; ce propos, un extrait du livre de Bernard Poulet, mentionn&#233; plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sites gratuits contre presse traditionnelle, c'est l'opposition quelque peu binaire du documentaire d'Andrew Rossi. &lt;i&gt;&#171; Il y a collision entre deux mondes &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Bruce Headlam, chef du Media Desk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce choc trouve une expression au sein m&#234;me de la r&#233;daction avec l'arriv&#233;e de Bryan Stelter, jeune blogueur dou&#233; et populaire, qui travaille sur plusieurs &#233;crans &#224; la fois. Pour lui, tout journaliste doit avoir son compte Twitter car, comme il le dit, on ne va pas acheter le journal pour apprendre &#224; midi ce qu'on pouvait savoir &#224; minuit. La rapidit&#233; et la r&#233;activit&#233; sont essentielles &#224; ses yeux. Face &#224; lui, au moins dans les premiers temps, il y a le vieux chroniqueur m&#233;dias, David Carr, qui fait institution dans le journal, mais qui finit par se rendre aux vertus du tweet apr&#232;s quelques r&#233;sistances, ce qui ne l'emp&#234;che nullement de toujours mener ses investigations &#224; l'ancienne. Et Carr en est certain : ce n'est pas le gratuit sur Internet qui remettra en cause la n&#233;cessit&#233; du journal traditionnel. D&#233;pouillez les pages informations du Web de ce qu'elles ont repris sur le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; ou sur d'autres m&#233;dias du m&#234;me genre, et il ne reste pas grand-chose, &#224; part les publicit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre point majeur du film, l'arriv&#233;e d'un nouvel acteur : WikiLeaks. La mise en ligne sur YouTube, en 2010, par l'organisation repr&#233;sent&#233;e par Julian Assange, d'une vid&#233;o issue de l'arm&#233;e am&#233;ricaine montrant une &#171; bavure &#187; en Irak&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les images film&#233;es en 2007 par une cam&#233;ra embarqu&#233;e sur un h&#233;licopt&#232;re &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a produit l'effet d'une bombe au sein de la r&#233;daction du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;. La diffusion d'un document aussi important n'est pas pass&#233;e par la voie classique de l'investigation et de l'expertise d'un m&#233;dia install&#233;. C'est pourquoi l'&#233;v&#233;nement est tomb&#233; comme une confirmation du sentiment qu'aujourd'hui les choses se passent sur Internet et non plus &#224; la &#171; une &#187; des grands quotidiens. Et ce dont les journalistes ont peur, c'est de ne plus &#234;tre indispensables. &lt;i&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; est que WikiLeaks n'a pas besoin de nous &#187;&lt;/i&gt;, reconna&#238;t avec d&#233;pit Bill Keller. Cependant, la suite vient nuancer le propos. Car lorsque WikiLeaks d&#233;cide de rendre publics 250.000 c&#226;bles confidentiels de la diplomatie &#233;tats-unienne, il passe par quatre m&#233;dias respect&#233;s, dont le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;. Le journalisme &#171; traditionnel &#187; s'affirme de nouveau comme un op&#233;rateur difficile &#224; &#233;carter dans le traitement et la diffusion de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'un des enseignements que semble tirer le documentaire d'Andrew Rossi : le s&#233;rieux que l'on attribue au &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; permet au titre de surnager dans la temp&#234;te. &lt;i&gt;&#171; On est l&#224; pour constater que le journalisme est bien vivant. Surtout au&lt;/i&gt; New York Times &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, triomphe Bill Keller, directeur de la r&#233;daction. Et le film n'a de cesse de mettre en avant, au risque de para&#238;tre parfois trop d&#233;f&#233;rent, les qualit&#233;s du travail accompli par ses journalistes. C'est ainsi qu'il insiste sur le d&#233;part d'un jeune journaliste pour l'Irak : &#224; rebours de la plupart de ses concurrents, qui font leurs &#233;conomies aux d&#233;pens de la qualit&#233; r&#233;dactionnelle et du journalisme de terrain, aggravant encore la d&#233;saffection de leur lectorat, le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; envoie toujours des correspondants sur place. Gr&#226;ce &#224; cette intransigeance sur les fondamentaux du journalisme, le film trouve une occasion de r&#233;pondre &#224; la question qui nous tourmentait : non, le vieux &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; n'est pas mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussi le probl&#232;me du documentaire d'Adrew Rossi : parce qu'il se concentre sur l'histoire de cette lutte men&#233;e par un acteur historique de l'information contre des concurrents r&#233;cents, dont l'arriv&#233;e est loin d'&#234;tre n&#233;cessairement synonyme de qualit&#233; renouvel&#233;e, il &#233;pargne &#224; la v&#233;n&#233;rable institution une v&#233;ritable remise en question. Il faut dire que, balayant en moins d'une heure et demie un grand nombre de sujets complexes, il a tendance &#224; se focaliser sur quelques figures individuelles remarquables en n&#233;gligeant certains des m&#233;canismes sociaux &#224; l'&#339;uvre dans la crise qu'il a prise pour sujet. Par exemple, il est regrettable que le succ&#232;s des sites Internet d'information ne soit pas davantage analys&#233; et expliqu&#233;, au-del&#224; du seul facteur de la gratuit&#233;. C'est pourtant l'un des aspects qui auraient &#233;t&#233; les plus int&#233;ressants &#224; d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Ignacio Ramonet, par exemple, s'interroge, dans l'article d&#233;j&#224; mentionn&#233;, sur les difficult&#233;s rencontr&#233;es par la presse en Europe et aux &#201;tats-Unis, il pointe des causes externes qui sont les m&#234;mes que celles montr&#233;es dans le film, mais il n'oublie pas pour autant de faire la part des causes internes &lt;i&gt;&#171; qui tiennent, principalement, &#224; la perte de cr&#233;dibilit&#233; de la presse &#233;crite &#187;&lt;/i&gt;. L'ADSL et les blogs n'expliquent pas tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire, il est vrai, rappelle deux des plus graves affaires dans lesquelles s'est compromis le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; : les plagiats de Jayson Blair et les fausses r&#233;v&#233;lations de Judith Miller&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journaliste au New York Times, Jayson Blair a &#233;t&#233; contraint de d&#233;missionner, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un extrait d'une interview de l'ancienne journaliste &#224; ce sujet est m&#234;me int&#233;gr&#233; au film. Mais, et cela est r&#233;v&#233;lateur, le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; ne semble pas vraiment se reconna&#238;tre en faute, et l'int&#233;ress&#233;e elle-m&#234;me rejette la plus grosse part de responsabilit&#233; sur ses sources. Aucune r&#233;flexion r&#233;elle sur la fa&#231;on dont elle a trait&#233; les &#233;l&#233;ments que lui ont r&#233;v&#233;l&#233;s ces sources (le Conseil national irakien d'Ahmed Chalabi et le Pentagone), traitement qui constitue pourtant le travail fondamental d'un journaliste. Il ne sera pas davantage question de la faillite morale que constitue le fait, pour le &lt;i&gt;New York Times,&lt;/i&gt; d'avoir embo&#238;t&#233; le pas &#224; la meute m&#233;diatique qui a d&#233;gag&#233; le terrain aux aventures guerri&#232;res de l'administration Bush, sans prendre la distance n&#233;cessaire et faire contrepoids. C'est l&#224; toute la limite de &#171; &#192; la Une du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'article complet est accessible &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2005/01/RAMONET/11796&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, &#224; ce propos, un extrait du livre de Bernard Poulet, mentionn&#233; plus haut : extrait publi&#233; ici m&#234;me sous le titre : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3207.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Publicit&#233; : les journaux asphyxi&#233;s &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les images film&#233;es en 2007 par une cam&#233;ra embarqu&#233;e sur un h&#233;licopt&#232;re &#171; Apache &#187; montrent le massacre de plusieurs civils &#8211; dont un journaliste de l'agence Reuters et son accompagnateur &#8211; dans un quartier &#224; l'est de Bagdad. &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=5rXPrfnU3G0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La vid&#233;o&lt;/a&gt;, intitul&#233;e &lt;i&gt;&#171; Collateral Murder &#187;&lt;/i&gt; (meurtre collat&#233;ral), a &#233;t&#233; rendue publique par WikiLeaks le 5 avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journaliste au &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, Jayson Blair a &#233;t&#233; contraint de d&#233;missionner, en 2003, apr&#232;s qu'on eut d&#233;couvert qu'il avait publi&#233; plusieurs plagiats et faux t&#233;moignages. Autre journaliste au &lt;i&gt;New York Times,&lt;/i&gt; Judith Miller a publi&#233; de fausses informations sur les recherches nucl&#233;aires du r&#233;gime de Saddam Hussein &#8211; accr&#233;ditant aveugl&#233;ment la th&#232;se (qui s'av&#233;rera fausse) des &#171; armes de destruction massive &#187; &#8211;, peu avant l'invasion de l'Irak par les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une critique des m&#233;dias au cin&#233;ma : Network de Sidney Lumet (avec un extrait)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Une-critique-des-medias-au-cinema-Network-de-Sidney-Lumet-avec-un-extrait</link>
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		<dc:date>2011-04-19T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Daur&#233;</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Un film de r&#233;f&#233;rence du r&#233;alisateur d&#233;c&#233;d&#233; le 9 avril 2011.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-presentations-de-films-" rel="directory"&gt;Des pr&#233;sentations de films&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est &#224; New York, sa ville de pr&#233;dilection, que le r&#233;alisateur Sidney Lumet est mort le 9 avril 2011 &#224; l'&#226;ge de 86 ans. Fort d'une solide exp&#233;rience acquise au th&#233;&#226;tre et la t&#233;l&#233;vision, Lumet avait fait ses d&#233;buts au cin&#233;ma en 1957 avec &lt;i&gt;12 hommes en col&#232;re&lt;/i&gt;. Parmi une filmographie riche d'une quarantaine de films (avec notamment &lt;i&gt;Serpico&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Un apr&#232;s-midi de chien&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Prince de New York&lt;/i&gt;), on trouve une &#339;uvre qui nous concerne plus particuli&#232;rement ici : &lt;i&gt;Network&lt;/i&gt;. Sorti en France en 1977&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les autres films cit&#233;s par la suite, c'est &#233;galement la date de sortie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sous le titre &lt;i&gt;Network, main basse sur la TV&lt;/i&gt;, c'est l'un des trop rares films de fiction &#224; se livrer frontalement &#224; une critique des m&#233;dias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus r&#233;cemment, en 2000, il y a eu R&#233;v&#233;lations (The Insider) de Michael (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En tant que cin&#233;aste, Sidney Lumet s'est souvent int&#233;ress&#233; aux institutions de son pays ; il s'est pench&#233; sur les rouages du monde de la justice, de la police et aussi, donc, des m&#233;dias. Il utilise la figure de l'intrus dans ses &#233;tudes de m&#339;urs. Le d&#233;r&#232;glement que cause l'apparition d'un &#233;l&#233;ment dissident au sein d'un groupe social lui permet de mettre en &#233;vidence les jeux de pouvoir qui interviennent entre ses membres et le fonctionnement du milieu &#233;tudi&#233;. C'est le cas avec &lt;i&gt;Network&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L352xH492/Network1-b8f3a.jpg?1776676576' width='352' height='492' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du film, Howard Beale (Peter Finch), pr&#233;sentateur du journal du soir sur la cha&#238;ne UBS depuis de nombreuses ann&#233;es, apprend qu'on ne veut plus de lui, pour cause d'audience sur le d&#233;clin. Le lendemain, il annonce &#224; l'antenne qu'il se tirera une balle dans la t&#234;te en direct dans une prochaine &#233;dition. Suite &#224; cet incident, UBS riposte en le cong&#233;diant imm&#233;diatement. Mais apr&#232;s l'intervention de son meilleur ami et coll&#232;gue, Max Schumacher (William Holden), la cha&#238;ne le laisse revenir une derni&#232;re fois, le temps de faire ses adieux dignement. Beale promet de s'excuser pour son coup d'&#233;clat. Mais une fois &#224; l'antenne, il se lance dans une tirade dans laquelle il dit sans d&#233;tour tout le mal qu'il pense de la vie et de la soci&#233;t&#233;. Ce nouveau scandale fait s'envoler l'audience du journal qui devient alors le centre de l'attention m&#233;diatique. Sur les conseils de Diana Christensen (Faye Dunaway), une jeune et ambitieuse responsable des programmes, UBS d&#233;cide alors de tirer parti de la nouvelle popularit&#233; d'Howard Beale en annulant son &#233;viction. Bien qu'il soit de plus en plus illumin&#233;, il se voit m&#234;me confier une &#233;mission dans laquelle il sera un &lt;i&gt;&#171; proph&#232;te en col&#232;re d&#233;non&#231;ant les hypocrisies de notre &#233;poque &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe title=&#034;Acrimed Netwok by Sidney Lumet Extrait&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/nYyZa_tbYco?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ces &#233;v&#233;nements, UBS subit un vaste plan de restructuration men&#233; par l'impitoyable Frank Hackett (Robert Duvall), le repr&#233;sentant du groupe financier qui poss&#232;de la cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film s'int&#233;resse aux diff&#233;rentes r&#233;actions que suscite le &#171; ph&#233;nom&#232;ne Howard Beale &#187; parmi les journalistes et la direction d'UBS. Il met en question le sensationnalisme dans le journalisme, la hi&#233;rarchie de l'information, le mod&#232;le &#233;conomique et le r&#233;gime de propri&#233;t&#233; des m&#233;dias dominants et leurs cons&#233;quences (culte du profit et de l'audimat, financiarisation, introduction de biais favorables aux puissances d'argent dans le traitement des sujets, etc.) Ce faisant, Sidney Lumet et le sc&#233;nariste Paddy Chayefsky proposent une r&#233;flexion critique sur le fonctionnement et le pouvoir de la t&#233;l&#233;vision. &lt;i&gt;Network&lt;/i&gt; traite m&#234;me des effets pervers d'une certaine forme de m&#233;diatisation sur le militantisme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Network &lt;/i&gt;est habituellement pr&#233;sent&#233; comme une satire. Or les auteurs s'en sont d&#233;fendus : &lt;i&gt;&#171; Les gens ont toujours dit de ce film, &lt;/i&gt;&#8220;Oh, quelle brillante satire&#8221;&lt;i&gt;, et Paddy et moi avons la m&#234;me r&#233;ponse. Nous disons,&lt;/i&gt; &#8220;Ce n'est pas une satire ; c'est un reportage.&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sidney Lumet, dans Sidney Lumet : Interviews, Conversations with filmmakers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Network &lt;/i&gt;a &#233;t&#233; con&#231;u pour susciter un d&#233;bat public et provoquer une prise de conscience sur une question que le cin&#233;ma aborde trop souvent de fa&#231;on marginale et tr&#232;s in&#233;galement critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans &lt;i&gt;Serpico&lt;/i&gt; (1974) ou &lt;i&gt;Le Prince de New York &lt;/i&gt;(1982), Sidney Lumet s'est aussi int&#233;ress&#233; avec &lt;i&gt;Network&lt;/i&gt; au m&#233;canisme de la corruption. &#192; ce sujet, voici ce qu'il dit dans &lt;i&gt;Faire un film&lt;/i&gt;, un livre qu'il a consacr&#233; &#224; son approche concr&#232;te du cin&#233;ma : &lt;i&gt;&#171; La t&#233;l&#233;vision ne corrompt pas les personnes ; ce sont des personnes qui corrompent d'autres personnes. &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sidney Lumet, Making Movies, Vintage Books, New York, 1996, p. 14. Cet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;M&#234;me si la charge contre la t&#233;l&#233;vision est franche, Lumet n'apporte pas de certitudes rigides qui seraient finalement peu &#233;clairantes, il montre &#8211; en s'en inqui&#233;tant, il est vrai &#8211; les effets que le syst&#232;me m&#233;diatique dominant produit &#224; la fois sur ceux qui en font partie et sur ceux qui y sont expos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de trente-cinq ans apr&#232;s sa sortie, &lt;i&gt;Network&lt;/i&gt;, que l'on souscrive ou non &#224; la totalit&#233; de son propos, reste une r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de critique des m&#233;dias au cin&#233;ma. Sidney Lumet aurait pu revendiquer ce jugement d'Arthur Penn, un cin&#233;aste dont il &#233;tait proche et qui a eu un parcours similaire au sien : &lt;i&gt;&#171; Ce qui m'ennuie le plus, dans le nouveau cin&#233;ma, c'est qu'il ne se soucie aucunement du contexte social, il n'existe pas dans un contexte, il n'est situ&#233; ni dans un pays ni dans une &#233;poque, et ce n'est pas un bien. Un m&#233;dium aussi important et populaire que le cin&#233;ma devrait se sentir davantage responsable d'une culture.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arthur Penn, dans un entretien avec Dominique Rabourdin, Cin&#233;ma 82, mars (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;Ce jugement peut para&#238;tre s&#233;v&#232;re et on peut l&#233;gitimement souhaiter le nuancer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arthur Penn pensait surtout au cin&#233;ma hollywoodien et d&#233;plorait &#224; l'&#233;poque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais n&#233;anmoins il sonne et vise juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Daur&#233; (avec &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/auteur149.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ricar&lt;/a&gt; pour la mise en forme de l'extrait du film)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Fiche technique du film :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;NETWORK, MAIN BASSE SUR LA TV (Network)&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;- 1976 (1977 en France) / &#201;tats-Unis / Metro-Goldwyn-Mayer et United Artists / 121' / Drame&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;alisation&lt;/i&gt; :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Sidney Lumet - &lt;i&gt;Sc&#233;nario&lt;/i&gt; : Paddy Chayefsky - &lt;i&gt;Photographie&lt;/i&gt; : Owen Roizman - &lt;i&gt;Montage&lt;/i&gt; : Alan Heim - &lt;i&gt;Musique&lt;/i&gt; : Elliot Lawrence - &lt;i&gt;Distribution&lt;/i&gt; : Faye Dunaway (Diana Christensen), William Holden (Max Schumacher), Peter Finch (Howard Beale), Robert Duvall (Frank Hackett), Wesley Addy (Nelson Chaney), Marlene Warfield (Laureen Hobbs), Ned Beatty (Arthur Jensen), Beatrice Straight (Louise Schumacher)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Network &lt;/i&gt; est disponible en DVD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour les autres films cit&#233;s par la suite, c'est &#233;galement la date de sortie en France que nous indiquerons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plus r&#233;cemment, en 2000, il y a eu &lt;i&gt;R&#233;v&#233;lations &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;The Insider&lt;/i&gt;) de Michael Mann. D'autres films de fiction traitent plus ou moins directement des m&#233;dias et du journalisme mais la plupart se servent de l'univers des m&#233;dias plut&#244;t comme toile de fond. Il en va tout autrement dans le cin&#233;ma documentaire, o&#249; la quasi-totalit&#233; des films sur les m&#233;dias rel&#232;vent de l'examen critique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sidney Lumet, dans &lt;i&gt;Sidney Lumet : Interviews, Conversations with filmmakers series&lt;/i&gt;, Joanna E. Rapf (&#233;d.), University Press of Mississippi, Jackson, 2006, p. 186. Les propos que nous traduisons ici ont &#233;t&#233; recueillis par Joanna E. Rapf en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sidney Lumet, &lt;i&gt;Making Movies&lt;/i&gt;, Vintage Books, New York, 1996, p. 14. Cet ouvrage tr&#232;s instructif sur le m&#233;tier de cin&#233;aste n'a malheureusement pas &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais. [M&#224;J du 27/02/2017 : le livre existe d&#233;sormais en fran&#231;ais sous le titre &lt;i&gt;Faire un film&lt;/i&gt; (Capricci, Nantes, 2016). La citation se trouve &#224; la p. 25.].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arthur Penn, dans un entretien avec Dominique Rabourdin, &lt;i&gt;Cin&#233;ma 82&lt;/i&gt;, mars 1982. Arthur Penn a notamment r&#233;alis&#233; &lt;i&gt;Bonnie and Clyde&lt;/i&gt; (1968), &lt;i&gt;Little Big Man &lt;/i&gt;(1971) et &lt;i&gt;Georgia &lt;/i&gt;(1982) ; il est mort &#224; New York le 28 septembre 2010 &#224; l'&#226;ge de 88 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Arthur Penn pensait surtout au cin&#233;ma hollywoodien et d&#233;plorait &#224; l'&#233;poque ses &#233;volutions r&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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