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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (3) : &#171; Exclusif : les sondages ne se sont pas tromp&#233;s. &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-3-Exclusif-les-sondages-ne-se-sont-pas</link>
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		<dc:date>2005-06-08T10:41:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Lehingue</dc:creator>


		<dc:subject>Sondages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A cette assurance retrouv&#233;e des instituts, on opposera volontiers quelques b&#233;mols&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Attention-Sondages-" rel="directory"&gt;Attention ! Sondages [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chacun depuis 1981 aura, au moins une fois, proc&#233;d&#233; &#224; cette exp&#233;rience ludique : tenter de deviner, au vu et au su des mines, r&#233;jouies ou d&#233;confites, des participants aux plateaux t&#233;l&#233;s, le r&#233;sultat d'une consultation avant l'heure fatidique (20h parfois 22) de divulgation des op&#233;rations estimations r&#233;alis&#233;es (ceci n'est pas un sondage...) &#224; partir des premiers d&#233;pouillements des bureaux provinciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;vision, vaguement teint&#233;e de morpho-psychologie, n'est certes pas exempte d'incertitudes et comme en toutes choses, l'interpr&#233;tation des &#171; donn&#233;es visagi&#232;res &#187; se doit d'&#234;tre prudente. Pour reprendre l'expression consacr&#233;e, elle n'est &#171; &lt;i&gt;qu'une photographie de l'&#233;tat de l'opinion &lt;/i&gt; &#187; ... de ceux qui, d&#233;j&#224; et avant les autres, savent et s'appr&#234;tent &#224; pr&#233;-dire - et assez souvent, ce dimanche 29 mai, &#224; (m&#233;)dire en toute (m&#233;)connaissance de cause-... bref &#224; dire - au nom et &#224; la place de ceux qui viennent de voter - ce que leurs voix, &#224; peine exprim&#233;es et additionn&#233;es, veulent v&#233;ritablement ... dire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rayonnement dont faisait montre Roland Cayrol, directeur de l'institut C.S.A. vers 21h30 sur FR3, ne devait donc pas abuser : il ne signalait pas une victoire du oui, mais plus prosa&#239;quement la certitude de pouvoir rendre, une demie heure plus tard, un verdict non &#233;quivoque (ce que le sondage sortie des urnes - SSU - r&#233;alis&#233; durant la journ&#233;e par le m&#234;me C.S.A. interdisait) et surtout (on con&#231;oit ais&#233;ment l'amplitude du soulagement), la &#171; confirmation &#187; survenant apr&#232;s une s&#233;rie noire de d&#233;convenues, d'une divine surprise : &lt;i&gt;&#171; les sondages pr&#233;-&#233;lectoraux ne s'&#233;taient pas tromp&#233;s &lt;/i&gt; &#187; (titre d'un encart du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; publi&#233; d&#232;s le lendemain des r&#233;sultats). Le micro-univers des enqu&#234;tes d'opinions &#233;tant, lui aussi, soumis &#224; des imp&#233;ratifs de concurrence sauvage et imparfaite, et le sondage d'intention de vote demeurant la vitrine publique et le produit d'appel des instituts, l'IFOP par l'entremise d'un communiqu&#233; aussit&#244;t envoy&#233; &#224; l'AFP, s'empressait d'annoncer que ses derni&#232;res pr&#233;visions (56% pour le oui), annon&#231;aient, plus et mieux que les autres, le r&#233;sultat final, information reprise sept jours plus tard par son commanditaire, le &lt;i&gt;Journal du Dimanche&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette assurance retrouv&#233;e des instituts, on opposera volontiers ce triple b&#233;mol :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) La v&#233;racit&#233; des ultimes enqu&#234;tes n'a rien de stup&#233;fiante et n'est gage de rien sur l'ensemble de la p&#233;riode. &lt;br /&gt;
b) Elle n'est, du reste, pas si av&#233;r&#233;e que ces divers communiqu&#233;s de victoire ne le proclament.&lt;br /&gt;
c) Le probl&#232;me, si probl&#232;me on conc&#232;de qu'il puisse y avoir, ne r&#233;side que tr&#232;s marginalement dans l'&#233;cart qui s&#233;pare derni&#232;res pr&#233;visions et r&#233;sultat final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La moindre artificialit&#233; des ultimes enqu&#234;tes&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a presque honte de le rappeler : les enqu&#234;tes r&#233;alis&#233;es la derni&#232;re semaine pr&#233;c&#233;dant un scrutin, ont toutes chances d'&#234;tre plus fiables que celles publi&#233;es 4, 8, voire 16 semaines avant le scrutin. La proportion de votants -sond&#233;s d&#233;clarant n'avoir d&#233;cid&#233; de leur vote que lors du dernier mois de campagne aurait &#233;t&#233; de 38% pour Louis Harris, de 43% pour IPSOS, de 36% pour CSA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout d&#233;pend du mode de structuration et d'appropriation des enjeux que r&#233;alise et autorise une campagne &#233;lectorale mais g&#233;n&#233;ralement, (c'est l&#224; encore une lapalissade), l'int&#233;ressement &#224; la consultation, la cristallisation des choix, la moindre labilit&#233; des orientations &#233;lectorales croissent &#224; mesure qu'on s'approche de l'&#233;ch&#233;ance. Surtout, les opinions sollicit&#233;es par les enqu&#234;teurs, de simples professions de foi verbales n'engageant pas &#224; grand chose &#224; cinq ou trois semaines du vote, deviennent de plus en plus, pour ceux qui ont d&#233;cid&#233; d'y participer, la pr&#233;figuration d'une pratique dont on sait que l'on aura &#224; s'acquitter dans quelques jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artificialit&#233; des r&#233;ponses est encore r&#233;duite par la technique (utilis&#233;e par la SOFRES dans ces enqu&#234;tes en face &#224; face) des urnes fictives, au terme de laquelle on invite le sond&#233; &#224; simuler ce qui sera, dans quelques jours, &#171; son &#187; acte de vote. Pour peu que la participation &#233;lectorale soit forte (elle le f&#251;t, dissimulant toutefois de puissants ph&#233;nom&#232;nes d'abstention diff&#233;rentielle ), pour peu que les arbitrages de derni&#232;re heure soient relativement rares (pour les votants, 6% de prises de d&#233;cision le dernier jour selon le S.S.U. IPSOS, m&#234;me chiffre pour L. Harris, 9% pour C.SA.), pour peu que la gamme de choix soit institutionnellement peu dispers&#233;e (ici deux seules options, oui ou non ; quatre en int&#233;grant le vote blanc et l'abstention)... et les conditions d'une faible impr&#233;cision sont id&#233;alement r&#233;unies. A condition de se souvenir que ce dosage optimal ne vaut que pour les tous derniers jours, et que cette pr&#233;somption g&#233;n&#233;rale de fiabilit&#233; ne saurait &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e aux semaines ayant pr&#233;c&#233;d&#233; la campagne, quand le nombre de sond&#233;s v&#233;ritablement &#171; fiables &#187; oscillait entre 250 et 400 sur mille...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marges d'erreur sur les niveaux, erreurs &#224; la marge sur les pentes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fiabilit&#233; des ultimes enqu&#234;tes demeure toutefois relative et la marge d'erreur pourrait s'av&#233;rer ne pas &#234;tre aussi faible qu'on l'a pr&#233;tendu. Comme l'a rappel&#233; Lo&#239;c Blondiaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lo&#239;c Blondiaux, La fabrique de l'opinion, Seuil, 1998.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en 1936, G. Gallup avait assur&#233; sa fortune (symbolique puis commerciale) en pr&#233;disant, contre toute attente, une r&#233;&#233;lection de F.D. Roosevelt. La r&#233;&#233;criture enchant&#233;e de l'histoire (avec un petit h) a souvent omis que ce &#171; scoop &#187; s'&#233;tait pay&#233; d'une erreur proche de 7 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les deux instituts (CSA, SOFRES) ayant proc&#233;d&#233; &#224; des enqu&#234;tes jusqu'&#224; la derni&#232;re minute (avant-veille du scrutin), une m&#233;saventure similaire faillit se produire, les deux derniers sondages concluant &#224; un &#233;ni&#232;me resserrement des &#233;carts (le oui remontant &#224; 48%, +3 pour CSA, &#224; 49%, +4, pour la SOFRES). Cette remont&#233;e &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt; n'en f&#251;t probablement pas une, les S.S.U. nous apprenant par ailleurs qu'une forte majorit&#233; (pr&#232;s des deux tiers) de ceux qui se d&#233;cid&#232;rent au tout dernier moment le dimanche, soit apr&#232;s la r&#233;alisation de ces derniers sondages, avaient opt&#233; pour le oui qui e&#251;t donc d&#251;, en toute logique, l'emporter... Ev&#233;nement artificiellement cr&#233;e par l'instrument, cet ultime rebond (mais comme au rugby, non conclu) autorisera cependant quelques ultimes (mais vaines) mobilisations de papier : telle manchette d'un grand quotidien national (&lt;i&gt;Tout bouge, rien n'est jou&#233;&lt;/i&gt;, titre &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, la veille du scrutin), ou tel mail adress&#233; par un enseignement de Science Po Paris, &#224; ses coll&#232;gues qui, en terme de r&#233;v&#233;lations, n'en demandaient pas tous autant : (&#171; &lt;i&gt;Vendredi 27 mai : 52/48 pour le non selon CSA. Samedi 28 mai : 51/49 pour la Sofres. Tout est possible ! Votez et faites voter oui ! vive l'Europe ! &lt;/i&gt; &#187;, (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit exercice parfaitement gratuit et n&#233;cessairement vain de r&#233;tro-fiction : que se serait il pass&#233; si le oui l'avait emport&#233; ? A n'en pas douter, la m&#234;me chose que le 21 avril 2002 (en l'esp&#232;ce, comparaison est, un petit peu, raison ...). Les instituts auraient conc&#233;d&#233; s'&#234;tre tromp&#233;s en niveau, mais (et n'est ce pas l'essentiel ?) avoir vu juste en pente, argumentaire ayant d&#233;j&#224; servi pour rendre compte du score de J.M. Le Pen...Argument infalsifiable, ou si peu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si le probl&#232;me &#233;tait ailleurs...&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, focaliser l'attention sur la justesse (relative) des derniers barom&#232;tres, c'est reproduire la posture souvent d&#233;nonc&#233;e ici m&#234;me : se polariser sur un bin&#244;me chiffr&#233; (oui/non), en omettant que l'essentiel se joue peut &#234;tre ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs ? En premier lieu, et sous peine de d&#233;multiplier les pseudo-&#233;v&#233;nements (la p&#233;riodisation de la campagne au vu des croisements de courbe, par exemple), dans l'&#233;valuation, m&#234;me grossi&#232;re, des niveaux d'ind&#233;cision, d'abstention, d'int&#233;ressement des citoyens, &#233;rig&#233;s l'espace d'un jour (ce qui ne va jamais de soi) en juges-arbitres de questions qu'ils ne s'&#233;taient souvent pas pos&#233;es, au moins sous la forme sous laquelle on la leur pose. De ce point de vue, quelques progr&#232;s dans la lecture et l'interpr&#233;tation des r&#233;sultats, auront &#233;t&#233; enregistr&#233;s en fin de campagne, sans que l'hypoth&#232;se hardie et immodeste d'une lecture avide du site Acrimed par les ex&#233;g&#232;tes, puisse &#234;tre raisonnablement retenue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs ? Dans la restitution (m&#234;me fugitive et par bribes) de paroles d'&#233;lecteurs, que la raison chiffr&#233;e de fragiles pourcentages trop souvent ignore. Discours et raisons d'&#233;lecteurs, qui, parce que non exclusivement r&#233;gis par une logique juridique, auront &#233;t&#233; doctement not&#233;s et annot&#233;s comme nuls puisque que &#171; hors sujet &#187;, la victoire du non (sch&#232;me structural des commentaires d'apr&#232;s scrutin) n'ayant pu &#234;tre acquise qu'au prix d'un &#233;norme malentendu. Comme s'il &#233;tait scandaleux (en mati&#232;re de r&#233;f&#233;rendum comme de sondages) qu'une m&#234;me question puisse &#234;tre appropri&#233;e, re&#231;ue et d&#233;crypt&#233;e diff&#233;remment (mais jamais arbitrairement...) ce que toute la sociologie des biens symboliques nous a appris depuis longtemps en mesurant la distance s&#233;parant les desseins d'un auteur (romancier ou chef d'&#233;tat) des modes de r&#233;ception de ses lecteurs (&#233;lecteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs ? Dans la prise de conscience que les questions pos&#233;es dans les enqu&#234;tes d'opinion nous en apprennent souvent plus que les r&#233;ponses laborieusement collect&#233;es. Plus exactement, renseignent plus sur ce qui pose probl&#232;me aux concepteurs- commanditaires des sondages que ce &#224; quoi pensent r&#233;ellement ceux &#224; qui ces questions sont administr&#233;es et &#224; qui on demande d'opiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Champagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Champagne, Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique, Minuit, 1990.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Pierre Bourdieu l'avaient sugg&#233;r&#233; d&#232;s les ann&#233;es 70 : la question pr&#233;judicielle pourrait bien souvent se r&#233;sumer &#224; ceci : &#171; &lt;i&gt;les questions pos&#233;es m&#233;ritent-elles, toutes, de l'&#234;tre ? et pour qui &lt;/i&gt; ? &#187;. De ce point de vue, l'avalanche, commune aux six instituts (concurrence oblige) de graves interrogations autour des vainqueurs putatifs du scrutin (X, Y, Z, F, ou D, S ou K ?) , les premi&#232;res simulations autour d'hypoth&#233;tiques duels pr&#233;sidentiels &#224; 90 semaines du scrutin, invitent &#224; reposer la question scolaire des &#171; hors sujets &#187; qui, au m&#234;me titre que les &#171; malentendants &#187;, ne sont peut &#234;tre pas toujours ceux que l'on croit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ne &#171; formatant &#187; le jeu politique que sous les traits d'une course (marathonienne) de &#171; petits chevaux &#187; in&#233;galement fougueux, les interrogations sondagi&#232;res contribuent &#224; d&#233;cr&#233;dibiliser des combats politiques qui n'ont quelque chance de r&#233;sonner et de faire raisonner, qu'articul&#233;s aux probl&#232;mes sociaux du moment, lesquels, sauf erreur, ne manquent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Lehingue, professeur de science politique &#224; l'Universit&#233; de Picardie, chercheur au C.U.R.A.P.P.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lo&#239;c Blondiaux, &lt;i&gt;La fabrique de l'opinion&lt;/i&gt;, Seuil, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Champagne, &lt;i&gt;Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique&lt;/i&gt;, Minuit, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (2) : &#171; tout bouge, rien ne bouge... &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-2-tout-bouge-rien-ne-bouge</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-2-tout-bouge-rien-ne-bouge</guid>
		<dc:date>2005-05-12T07:15:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Lehingue</dc:creator>


		<dc:subject>Sondages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des barom&#232;tres qui s'affolent. Des changements qui ne changent pas. Bref, en guise de r&#233;sultats, des artefacts&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretenant ce d&#233;licieux suspense qui avait tant fait d&#233;faut lors de la longue campagne pr&#233;sidentielle de 2002, les barom&#232;tres s'affolent...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout bouge...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pronostiqu&#233; un triomphe du &#171; oui &#187; (60% voire plus) jusqu'&#224; la fin du mois de mars, les instituts de sondage enregistrent une remont&#233;e spectaculaire du &#171; non &#187;, majoritaire pendant pr&#232;s de cinq semaines. Sous l'effet pr&#233;sum&#233; d'interventions suppos&#233;es d&#233;cisives (celle de L. Jospin, l'oral de rattrapage de J. Chirac..., sans que, notons le au passage, la repr&#233;sentation pour le moins d&#233;s&#233;quilibr&#233;e des argumentaires par les principaux m&#233;dias ne soit jamais consid&#233;r&#233;e comme variable potentiellement agissante), les intentions de vote en faveur du &#171; oui &#187; remontent fin avril jusqu'&#224; redevenir majoritaires pour plusieurs instituts et ... pour quelques jours. Aux derni&#232;res &#171; nouvelles &#187; (mi mai), la progression du &#171; oui &#187; serait enray&#233;e, et le &#171; oui &#187; et le &#171; non &#187; &#224; &#233;galit&#233; pratiquement (en dramaturgie : id&#233;alement ?) parfaite. Pour P. Giacometti, &#171; &lt;i&gt;un tel troisi&#232;me retournement de tendance n'a jamais &#233;t&#233; observ&#233; dans l'histoire des enqu&#234;tes pr&#233;&#233;lectorales en France.&lt;/i&gt; &#187; Et le directeur g&#233;n&#233;ral d'IPSOS d'&#233;voquer, antienne connue quand le barom&#232;tre peine &#224; fixer la pression atmosph&#233;rique, &#171; &lt;i&gt;l'extraordinaire instabilit&#233; de la structuration des choix&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout bouge... A quinze jours d'intervalle (entre les deuxi&#232;me et quatri&#232;me semaines d'avril, dates de r&#233;alisation des enqu&#234;tes que l'on va comparer), IPSOS croit pouvoir enregistrer un gain de huit points pour le &#171; oui &#187; (53%, +8) ; BVA d&#233;c&#232;le une progression moindre (+6) mais situe le &#171; oui &#187; &#224; seulement 48% ; Louis Harris ne rel&#232;ve que 2 points de progression avec un &#171; oui &#187; &#224; 49% ; la Sofres est &#224; respectivement +7 points et 52%, l'IFOP &#224; + 4 points et 48%. En bref, accord sur le niveau, mais pas sur l'intensit&#233; de la pente et r&#233;ciproquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin avril, le &#171; oui &#187; est point&#233; majoritaire chez les sympathisants du PS par tous les instituts, mais la marge de progression en quinze jours varie du simple au triple, entre + 5 (SOFRES, L. Harris) et + 15 points (BVA). Fin avril toujours, la proportion d'enqu&#234;t&#233;s d&#233;clarant souhaiter une victoire du &#171; oui &#187; &#233;tait de 35% pour BVA (moins un point en douze jours), mais de 46% pour IPSOS (+ neuf points en huit jours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiatus et sur le niveau et sur la pente, pour des dates de r&#233;alisation - &#224; un ou deux jours pr&#232;s - identiques, des m&#233;thodes d'&#233;chantillonnage similaires, et un nombre d'&#233;lecteurs ayant accept&#233; de se pr&#234;ter au jeu de l'enqu&#234;te globalement proche (un petit millier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien ne bouge ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obnubil&#233;s par l'&#226;pret&#233; du match entre &#171; oui &#187; et &#171; non &#187;, fascin&#233;s par le d&#233;licat entrelacement de leurs courbes respectives, les organes de presse commanditaires de ces enqu&#234;tes persistent &#224; omettre l'essentiel, soit la cohorte, sociologiquement passionnante mais politiquement informe, des &#233;lecteurs d&#233;cid&#233;s &#224; s'abstenir, des &#233;lecteurs incertains quant &#224; leur participation, des &#233;lecteurs d&#233;cid&#233;s &#224; voter mais totalement ind&#233;cis, des &#233;lecteurs d&#233;cid&#233;s &#224; voter mais arm&#233;s d'une intention de vote encore fragile. Soit &#224; ce jour, la majorit&#233; - autour des trois cinqui&#232;mes - du corps &#233;lectoral et des enqu&#234;t&#233;s. Le d&#233;ni de prise en compte, voire d'existence, de cette majorit&#233; silencieuse se lit implicitement dans les strat&#233;gies de publications des r&#233;sultats. Les menus &#233;carts enregistr&#233;s quand il s'agit, en manchette, d'arbitrer entre oui et non, deviennent, dans ce cas, abyssaux et les chiffres incommensurables. Pour le &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt; (sondage IFOP, 28 avril), 10% du total des sond&#233;s ne se prononcent pas, et 30% peuvent encore changer d'avis. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, RTL et LCI (sondage TNS Sofres, publi&#233; le 28 du m&#234;me mois) trouvent 13% de sond&#233;s exprimant un vote (7 pour le &#171; oui &#187;, 6 pour le &#171; non &#187;) mais pouvant changer d'avis et 24% &#171; n'exprimant pas d'intention de vote &#187;. Sans plus de pr&#233;cision, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, associ&#233; &#224; I T&#233;l&#233; et &#224; Yahoo (sondage Louis Harris, 29-30 avril) se contente de nous informer que 18% des membres de l'&#233;chantillon &#171; ne sont pas surs de leur choix &#187;, quand &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; (sondage BVA, 27-30 avril), ne trouve que 28% de sond&#233;s &#171; n'ayant pas exprim&#233; d'intentions de vote &#187;. &lt;i&gt;Le Parisien -Aujourd'hui&lt;/i&gt;, associ&#233; &#224; France Info et &#224; FR3 (sondage CSA, 30 avril-2 mai) ne livre, lui aussi, qu'un seul pourcentage, mais celui des abstentions, &#233;valu&#233;es &#224; 44%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 ? 30 ? 24 ? 18 ? 28 ? 44 ? Comprenne qui pourra...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout bouge apparemment, mais est ce si sur ? Si, pendant quelques instants, on accepte de s'abstraire de la partition oui/non sur la foi de laquelle toutes les gloses sont permises et toutes les anticipations fond&#233;es, &#171; l'extraordinaire instabilit&#233; &#171; &#233;voqu&#233;e plus haut n'est pas absolument d&#233;montr&#233;e. Reprenons en d&#233;tail le barom&#232;tre IPSOS-&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;- Europe 1 qui, on peut lui rendre cet hommage, est le seul &#224; d&#233;composer dans le d&#233;tail la population globale des sond&#233;s : on est frapp&#233;, sur trois mois, par la (relativement) faible progression des enqu&#234;t&#233;s t&#233;moignant d'un avis tranch&#233; et d&#233;finitif, et partant par l'&#233;troitesse persistante des &#233;chantillons servant de base de calcul aux quelques 40 pr&#233;dictions &#233;nonc&#233;es durant la p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un niveau de mobilisation peut &#234;tre sommairement calcul&#233; en effectuant le produit entre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) le pourcentage d'enqu&#234;t&#233;s certains d'aller voter (48% fin mars pour IPSOS, 61% d&#233;but mai &#224; trois semaines de l'&#233;ch&#233;ance) &lt;br /&gt;
b) au sein de ceux ci le % d'enqu&#234;t&#233;s d&#233;clarant une intention de vote (69% fin mars, 80% d&#233;but mai). &lt;br /&gt;
c) et parmi ces derniers, le % d'enqu&#234;t&#233;s d&#233;clarant d&#233;finitive cette intention de vote (71% fin mars, 82% d&#233;but mai).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels calculs sugg&#232;rent un taux de r&#233;pondants effectifs et suppos&#233;s certains, d'&#224; peine 24% fin mars, 34% mi avril, et 40% d&#233;but mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout bouge, rien ne bouge...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces proportions, il est possible, &#224; moins de trois semaines du scrutin, d'inf&#233;rer deux hypoth&#232;ses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) La campagne &#233;lectorale, telle qu'elle est men&#233;e par les politiques et (surtout ?) repr&#233;sent&#233;e par les m&#233;dias, n'aurait que m&#233;diocrement d&#233;cant&#233; les pr&#233;f&#233;rences. D&#233;but mai, le pourcentage d'intentions de vote certaines aurait m&#234;me cess&#233; de progresser (IPSOS), quand la proportion de sond&#233;s ne r&#233;pondant pas &#224; la question des souhaits de victoire augmentait (+7 pour BVA), et celle des enqu&#234;tes trouvant tr&#232;s ou plut&#244;t int&#233;ressante la consultation, diminuait (-3 pour la Sofres), toutes indications qui, &#224; ce stade terminal de campagne, sont assez &#233;tonnantes. On pourra juger (cette explication en valant d'autres) que ramener l'issue de la consultation &#224; la d&#233;signation d'un vainqueur (Le Pen si le &#171; non &#187; l'emporte, Chirac si c'est le &#171; oui &#187;), principal &#171; enseignement &#187; du sondage IFOP-JDD du 8 mai) est peu susceptible d'int&#233;resser une majorit&#233; d'agents sociaux, qui peinent &#224; d&#233;couvrir dans ce probl&#232;me ou dans d'autres de m&#234;me nature (le successeur &#224; droite, du premier ministre par exemple, autre sujet de pr&#233;dilection des enqu&#234;tes), l'expression de leurs int&#233;r&#234;ts, mat&#233;riels ou symboliques, imm&#233;diats ou lointains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) 24% d'enqu&#234;t&#233;s &#171; mobilis&#233;s &#187; sur la question pos&#233;e fin mars, 40% actuellement : rapport&#233; &#224; des &#233;chantillons d'un millier de personnes, le nombre de r&#233;pondants &#171; solides &#187; sur lesquels on peut faire reposer une estimation fiable oscille donc entre 240 et 400, ce qui m&#233;nage une confortable fourchette d'incertitude... Il se pourrait alors qu'au principe des folles oscillations qui affectent les pourcentages d'intentions de vote en faveur du &#171; oui &#187; ou du &#171; non &#187;, se glisse ce simple fait : les mouvements que l'on analyse, scrute et soup&#232;se savamment seraient tout bonnement compris dans la marge d'erreur. Ils traduiraient moins les r&#233;els mouvements d'une &#171; Opinion &#187; fort peu mobilis&#233;e qu'ils ne trahiraient une banale incertitude probabiliste : le &#171; oui &#187; (ou le non) &#224; x (= 50% ?) des exprim&#233;s, avec un intervalle de confiance de plus ou moins cinq &#224; sept points selon la date de passation des questionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A prendre au s&#233;rieux cette conjecture, l'instabilit&#233; affecterait moins la structuration des pr&#233;f&#233;rences que les outils utilis&#233;s pour (d)&#233;valuer cette derni&#232;re. Ainsi peut-on faire tenir dans un m&#234;me mouvement, ces deux propositions triviales : tout bouge, rien ne bouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos, comment nomme-t-on les pseudo faits artificiellement cr&#233;es par un instrument de mesure et sans lequel ils n'auraient aucune existence av&#233;r&#233;e ? Sauf erreur, des art&#233;facts. Sous ce rapport, la campagne r&#233;f&#233;rendaire telle que refl&#233;t&#233;e et pour partie structur&#233;e par l'outil sondagier, pourrait bien n'&#234;tre que pure et simple succession d'art&#233;facts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Lehingue&lt;/i&gt;, &lt;br /&gt;
Professeur de science politique &#224; l'Universit&#233; de Picardie&lt;br /&gt;
Chercheur au CURAPP&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_291 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/38Europe_Coups_de_sondes_2_.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 120.1 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1760743042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lire, du m&#234;me auteur, &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (1)&lt;/a&gt; et notre rubrique &lt;a href='https://www.acrimed.org/-Sondologie-et-sondomanie-Sondages-et-elections-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sondologie et sondomanie : Sondages et &#233;lections&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Haro sur Bourdieu et vive le printemps !</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Haro-sur-Bourdieu-et-vive-le-printemps</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Haro-sur-Bourdieu-et-vive-le-printemps</guid>
		<dc:date>2005-04-22T13:14:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Sondages</dc:subject>
		<dc:subject>Europe 1</dc:subject>
		<dc:subject>Roland Cayrol</dc:subject>
		<dc:subject>Christophe Barbier</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Poujadisme&#034;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand les sondages se contredisent, Roland Cayrol insulte Bourdieu et Christophe Barbier annonce le printemps.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Attention-Sondages-" rel="directory"&gt;Attention ! Sondages [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Europe-1-+" rel="tag"&gt;Europe 1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Roland-Cayrol-+" rel="tag"&gt;Roland Cayrol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christophe-Barbier-+" rel="tag"&gt;Christophe Barbier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Poujadisme-+" rel="tag"&gt;&#034;Poujadisme&#034;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Arr&#234;t sur infos &#187;, le 21 avril 2005 sur Europe 1, soul&#232;ve cette immense question, sans doute test&#233;e par une &#233;tude de march&#233; : &#171; R&#233;f&#233;rendum : faut-il enterrer le oui ou les sondages ? &#187; L'occasion d'entendre des r&#233;ponses &#224; la hauteur des enjeux...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les sondages se contredisent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toujours &#233;mouvant d'entendre des repr&#233;sentants des m&#233;dias, grands commanditaires et consommateurs de sondages, s'inqui&#233;ter p&#233;riodiquement de leur faible validit&#233; et de leur maigre port&#233;e d&#233;mocratique (dont Patrick Lehingue a dit tout le bien qu'il fallait penser, comme on peut le lire ici m&#234;me : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (1)&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#233;galement notre rubrique Sondologie et sondomanie : Sondages en tous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233;, sur Europe 1 le 21 avril 2005 &#224; 19h20, sur &lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/le-raz-de-maree-du-non_486190.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un sondage de BVA-&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; indiquant un non &#224; 58%&lt;/a&gt;, le directeur adjoint de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; Christophe Barbier indique que le &#171; non &#187; brut non corrig&#233; sort &#224; 60%-61%. &lt;i&gt;&#171; Six points d'&#233;cart entre deux sondages, ce n'est pas normal, entre deux sondages faits presque au m&#234;me moment. &lt;/i&gt;[...] &#187;, note alors Roland Cayrol, dont l'institut CSA vient d'annoncer un recul de quatre points du non (52% au lieu de 56%), aussit&#244;t comment&#233; triomphalement par les propagandistes du oui, Dominique Reyni&#233; en particulier (i-t&#233;l&#233;vision, 21 avril 2005.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, notre expert sondologue &#233;claire sans tarder les auditeurs, &#224; qui on vient de rappeler que, compte tenu de la marge d'erreur des deux sondages, le non pourrait &#234;tre &#224; 50% (la fourchette basse de CSA) ou... &#224; 60% (la fourchette haute de BVA) : &lt;br /&gt; &#171; &lt;i&gt;L'une de ces enqu&#234;tes a probablement rencontr&#233; un probl&#232;me technique &#187;, &lt;/i&gt;admet Roland Cayrol : &lt;i&gt;&#171; Un des deux se trompe &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;J'ai la faiblesse de penser que ce qui se passe chez nous est plus proche de la r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par chance, l'autre expert, repr&#233;sentant de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; et chroniqueur &#224; Europe 1, d&#233;sireux de soulager les avocats du Trait&#233; de leur accablement, se charge de jouer les hirondelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evoquant la p&#233;riode du 8 mai au 12 mai (8 mai fin de la guerre, 9 mai journ&#233;e de l'Europe, 10 mai anniversaire pour Mitterrand pro-europ&#233;en, 11 mai rejet attendu par le Parlement europ&#233;en de la circulaire Bolkestein, 12 mai ratification du TCE par l'Allemagne), Christophe Barbier proph&#233;tise : &lt;i&gt;&#171; Il y a quatre jours qui vont &#234;tre pain b&#233;ni pour les partisans du oui &lt;/i&gt;[...] &#187; ; et envisage en cons&#233;quence &#171; &lt;i&gt;un printemps du oui &lt;/i&gt; &#187; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Une embellie que la suppression du lundi f&#233;ri&#233; de Pentec&#244;te, le 16 mai, pourrait toutefois assombrir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'&#233;clairante discussion se poursuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Pen et Bourdieu ? C'est pareil...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on lui &#233;gr&#232;ne la liste des sondages rat&#233;s de 1995 et 2002, Roland Cayrol, responsable d'un sondage CSA qui donne le non &#224; 52%, en baisse de 4% par rapport &#224; un pr&#233;c&#233;dent sondage, explose :&lt;i&gt; &#171; C'est trop facile ce poujadisme-l&#224;, c'est un poujadisme pur et simple. &#187; &lt;/i&gt;Et de se lancer sans une explication tout aussi fine et nuanc&#233;e que l'est son &#233;ructation finale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; [...] Ce qui me met hors de moi, franchement, c'est le '&#034;les sondages nous trompent&#034;, c'est le coup de la manip. On vit dans un monde o&#249; il faut d&#233;cid&#233;ment aller r&#233;v&#233;ler sans arr&#234;t derri&#232;re le v&#233;ritable chef d'orchestre clandestin. Le Pen nous fait &#231;a sans arr&#234;t, Bourdieu nous l'a fait en sociologie. On va r&#233;v&#233;ler les vraies forces qui sont derri&#232;re les choses... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau docteur &#232;s-th&#233;ories du complot (un titre tr&#232;s convoit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les experts en &#034;th&#233;orie du complot&#034;, lire notamment Arte et la th&#233;orie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;...), Roland Cayrol a donc d&#233;couvert (sans doute gr&#226;ce &#224; un sondage...), l'affinit&#233; secr&#232;te entre Le Pen et Pierre Bourdieu, dont chacun sait que son travail de sociologue d&#233;busque syst&#233;matiquement des chefs d'orchestre clandestins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La haine, surtout quand elle est polic&#233;e par la sondologie, m&#233;rite bien qu'on lui consacre les extraits que voici&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les coupes sont signal&#233;es par un motif sonore.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_247 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-247 &#034; data-id=&#034;0f1a830c9eb90a40d479b23163597010&#034; src=&#034;IMG/rm/Cayrol_contre_Bourdieu.rm&#034; type=&#034;audio/x-pn-realaudio&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Roland Cayrol est un savant. C'est pourquoi il r&#233;cuse ensuite la v&#233;nalit&#233; des instituts de sondages et tente d'expliquer que les sondeurs, compte tenu de la vari&#233;t&#233; des publications pour lesquelles ils travaillent, n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; promouvoir un r&#233;sultat plut&#244;t qu'un autre. Comme si c'&#233;tait l&#224; la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parler du &#171; non &#187; et lui donner la parole ? C'est pareil...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; [...] si vous prenez toutes les &#233;missions confondues[...], vous avez 90% du temps d'antenne pour ceux qui font campagne, peu ou prou, pour le &#8220;oui&#8221;&lt;/i&gt;[...] &#187;, s'exclame un auditeur. Fran&#231;ois Bazin s'inscrit aussit&#244;t en faux contre cette protestation, en effet inadmissible pour quiconque &#233;coute les entretiens merveilleusement &#233;quilibr&#233;s conduits le matin &#224; 8h20 par Jean-Pierre Elkabbach, patron d'Europe 1 par la gr&#226;ce r&#233;cente d'Arnaud Lagard&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir dans Lu, vu, entendu : &#171; La France malade de ses fain&#233;ants &#187;.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je ne peux pas laisser dire que le non est d&#233;favoris&#233; dans les m&#233;dias. Non, on a fait deux unes &lt;/i&gt;[&#233;voquant la puissance du non]. &lt;i&gt;On ne peut pas dire que c'est favorable au oui. Ce proc&#232;s est idiot &#187;&lt;/i&gt;, s'exclame Christophe Barbier de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, la semaine o&#249; son hebdomadaire publie trois chroniques et &#233;ditoriaux favorables au oui (Denis Jeambar, Bernard Guetta et Claude All&#232;gre - liens p&#233;rim&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autre chroniqueur de L'Express, Jacques Attali n'est pas en reste (lien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et z&#233;ro favorable au non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appr&#233;ciera la subtilit&#233; du propos : commenter les intentions de vote favorables au non dans un sondage qu'on a command&#233; &#233;quivaut &#224; donner la parole &#224; ses partisans. D'ailleurs, c'est parce qu'on parle du printemps que le soleil brille...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et pour finir : l'aveu du sondologue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Trahissant &#187; sa pr&#233;f&#233;rence, Cayrol r&#233;pond enfin &#224; une adversaire des sondages en lui expliquant que la r&#233;v&#233;lation de la mont&#233;e du non permet &#224; chacun de ne plus imaginer que le oui va l'emporter facilement. Dans le cas contraire, &lt;i&gt;&#171; beaucoup de gens se seraient dit : ah, si j'avais su &lt;/i&gt;[que le non avait ses chances]&lt;i&gt; peut-&#234;tre que je serais all&#233; voter. Trop tard ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on vous disait qu'il ne faut pas d&#233;sesp&#233;rer des sondages !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;br/&gt;
(avec Arnaud Rindel et un claviste de &lt;/i&gt;PLPL&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#233;galement notre rubrique &lt;a href='https://www.acrimed.org/-Sondologie-et-sondomanie-Sondages-en-tous-genres-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sondologie et sondomanie : Sondages en tous genres&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les experts en &lt;i&gt;&#034;th&#233;orie du complot&#034;&lt;/i&gt;, lire notamment &lt;a href='https://www.acrimed.org/Arte-et-la-theorie-du-complot-une-emission-de-propagande-de-Daniel-Leconte' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Arte et la th&#233;orie du complot : une &#233;mission de propagande de Daniel Leconte&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.acrimed.org/Arte-et-la-theorie-du-complot-suite-et-fin-un-debat-a-sens-unique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Arte et la th&#233;orie du complot (suite et fin) : un &#171; d&#233;bat &#187; &#224; sens unique&lt;/a&gt;, ainsi que &lt;a href='https://www.acrimed.org/La-face-cachee-du-Monde-3-la-contre-attaque-preventive-de-Spinoza' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La face cach&#233;e du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#187; (3) : la contre-attaque pr&#233;ventive de Spinoza&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.acrimed.org/Deux-lettres-sans-echo-de-Serge-Halimi-au-mediateur-du-Monde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Deux lettres sans &#233;cho de Serge Halimi au m&#233;diateur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;(note d'Acrimed)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les coupes sont signal&#233;es par un motif sonore.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir dans &lt;a href='https://www.acrimed.org/Lu-vu-entendu-La-France-malade-de-ses-faineants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lu, vu, entendu : &#171; La France malade de ses fain&#233;ants &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Autre chroniqueur de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, Jacques Attali n'est pas en reste (lien p&#233;rim&#233;) &lt;i&gt;(note d'Acrimed)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (1)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-1</guid>
		<dc:date>2005-04-07T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Lehingue</dc:creator>


		<dc:subject>Sondages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des intentions de vote fr&#233;n&#233;tiquement collect&#233;es et avidement comment&#233;es. Mais que valent de telles informations ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Attention-Sondages-" rel="directory"&gt;Attention ! Sondages [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les sondages d'intention de vote ont une tr&#232;s faible valeur scientifique. Comment peut-on leur accorder une r&#233;elle port&#233;e d&#233;mocratique quand leurs r&#233;sultats douteux alimentent l'essentiel des commentaires, souvent en lieu et place de la discussion sur le fond ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'o&#249; le &#171; non &#187; au projet de constitution europ&#233;enne se hissera-t-il dans les intentions de vote fr&#233;n&#233;tiquement collect&#233;es et avidement comment&#233;es en France depuis quelques semaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti d'&#224; peine 40% d&#233;but mars, le voil&#224; caracolant &#224; 53... 54... 55%, les chiffres variant (assez peu) selon les instituts. Et les commentateurs de r&#233;activer les m&#233;taphores, passablement us&#233;es depuis le 21 avril 2002, du s&#233;isme, du tremblement de terre ou de la bombe, ce qui, au passage, g&#233;n&#232;re implicitement de troubles &#233;quivalences (s&#233;isme 2002 = qualification de Le Pen = victoire redout&#233;e du &#171; non &#187; en 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques calculs simples&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour entretenir le suspense et maintenir le minimum d'effervescence qui sied aux rendez-vous &#233;lectoraux, on peut, sans imagination aucune, pr&#233;dire pour les semaines &#224; venir, soit un resserrement de l'&#233;cart (et pourquoi pas son inversion) soit encore un resserrement des pr&#233;dictions offertes : non plus 54 %, mais d&#233;sormais 54,5 % ou, mieux encore 53,55 %. Pour reprendre la boutade fameuse de Bachelard, nous serons alors certains du dernier chiffre apr&#232;s la virgule, tout en conservant un s&#233;rieux doute sur le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au juste, de quoi parle-t-on ou sur quoi s'appuie-t-on quand complaisamment sont exhib&#233;s et cent fois instrumentalis&#233;s de tels pourcentages ? Op&#233;rateur simple et banal de mise en &#233;quivalence, un pourcentage a souvent pour effet (c'est sa vertu mais &#233;galement son vice) d'occulter les chiffres bruts &#224; partir desquels il est calcul&#233;. Et de fait, il faut avoir quelques m&#233;rites (et parfois d'assez bons yeux) pour recomposer ces &#171; donn&#233;es &#187;...qui ne le sont gu&#232;re. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exercice &#233;l&#233;mentaire de calcul mental : soit par exemple la derni&#232;re enqu&#234;te IPSOS (on aurait pu choisir un autre institut, le raisonnement serait malheureusement le m&#234;me) r&#233;alis&#233;e les 25 et 26 mars dernier et publi&#233;e par &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; le 29. D&#233;laissons la &#171; une &#187; de pr&#233;sentation synth&#233;tisant l'information suppos&#233;e d&#233;cisive (&#171; &lt;i&gt;Le non progresse encore et devient majoritaire au P.S. &#187;&lt;/i&gt;) et le tableau central (titr&#233; : &#171; &lt;i&gt;54 % pour le non, 46% pour le oui &#187;&lt;/i&gt;) et, en nous munissant de bonnes lunettes, consid&#233;rons la &#171; fiche technique &#187; reproduite en petits caract&#232;res et rendue obligatoire par la loi de juillet 1977 sur la publication des sondages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y apprend qu'ont &#233;t&#233; interrog&#233;es (en fait, &#171; ont bien voulu r&#233;pondre &#187;) 944 personnes constituant, selon la formule consacr&#233;e, &#171; &lt;i&gt;un &#233;chantillon national repr&#233;sentatif de la population fran&#231;aise inscrite sur les listes &#233;lectorales&lt;/i&gt; &#187;. Ce que l'on veut bien croire, tout en sachant que, de l'aveu m&#234;me des sondeurs, les &#233;chantillons pr&#233;lev&#233;s sont de moins en moins repr&#233;sentatifs de la population m&#232;re (f&#251;t-elle &#233;lectorale) sous le rapport de l'&#226;ge, du dipl&#244;me ou du niveau de revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre information, nullement marginale malgr&#233; la taille des caract&#232;res utilis&#233;e, la proportion des &#171; personnes se d&#233;clarant certaines d'aller voter &#187; s'&#233;l&#232;verait (chiffre probablement sur&#233;valu&#233;) &#224; 48 %. Notre base d'&#233;chantillonnage se r&#233;duit ainsi &#224; 453 enqu&#234;t&#233;s, pour &#234;tre formellement pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En italique, petites lettres, et notules de bas de tableau, on apprend incidemment que 31% &#171; &lt;i&gt;des personnes interrog&#233;es certaines d'aller voter, n'ont pas exprim&#233; d'intention de vote &lt;/i&gt; &#187;. Exit &#224; nouveau un lot de 140 enqu&#234;t&#233;s, ce qui, si l'on compte bien, ne laisse plus subsister que 313 personnes dont 54 % (n= 169) ont d&#233;clar&#233; &#171; pouvoir &#187; voter non et 46 % (n= 144) &#171; pouvoir &#187; voter oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la formule restrictive : &#171; d&#233;clar&#233; pouvoir &#187; ? Parce qu'incidemment toujours, une lecture non obnubil&#233;e par le seul effet d'affichage r&#233;v&#232;le que 29 % des personnes qui se sont prononc&#233;es, &#171; &lt;i&gt;affirment qu'elles peuvent encore changer d'avis &lt;/i&gt; &#187;, ce qui, rapport&#233; aux 313 personnes composant encore notre &#233;chantillon, fait encore appara&#238;tre une &#171; fuite &#187; de 91 individus (ne subsistent plus d&#232;s lors que 222 intentions de vote fermes).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre enseignements&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette cascade de calculs simples, on pourra tirer quatre enseignements, qui, en plus-value cognitive, rivalisent avantageusement avec les proph&#233;ties d'un &#171; non &#187; &#224; 54 % (du reste, les m&#234;mes le&#231;ons vaudraient si le &#171; oui &#187; avait capitalis&#233; le m&#234;me pourcentage.) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Dans un &#233;chantillon standard d'un millier de personnes interrog&#233;es deux mois avant le scrutin r&#233;f&#233;rendaire, &#224; peine un tiers (ici 34%) entre dans les termes de l'&#233;change sondagier en acceptant de r&#233;pondre &#224; la question pos&#233;e et &#224; peine un sur quatre (un peu moins de 24 %, ou encore ici 222 individus sur 944) exprime une intention de vote que l'on peut pr&#233;sumer &#171; ferme &#187;, sinon certaine. L'information principale, ou dans une autre logique, le &lt;i&gt;scoop&lt;/i&gt;, si &lt;i&gt;scoop&lt;/i&gt; il doit y avoir, r&#233;siderait plut&#244;t dans ces proportions qui, en consid&#233;ration de la complexit&#233; de l'enjeu et de la mani&#232;re dont il est actuellement (re)pr&#233;sent&#233; politiquement et m&#233;diatiquement, n'ont rien de sociologiquement aberrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) En supposant les &#233;chantillons constitu&#233;s de mani&#232;re al&#233;atoire (ce qu'ils ne sont pas, les chiffres qui suivent ne peuvent donc &#234;tre qu'indicatifs, mais probablement pas exag&#233;r&#233;s), les marges d'erreur sont, dans le cas le plus favorable (n= 313 r&#233;pondants) sup&#233;rieures &#224; plus ou moins sept points. Traduction simple : la &#171; bande de fluctuations &#187; &#224; l'int&#233;rieur de laquelle oscilleraient actuellement les intentions de vote &#171; non &#187; serait de 15%, comprise (rapport&#233;s aux seuls suffrages exprim&#233;s) entre 46,5 et 61,5 % (c'est-&#224;-dire 54 + ou - 7,5). On r&#233;alise mieux &#224; quel point les coups de sonde, tels qu'ils sont actuellement r&#233;alis&#233;s et, pire encore, comment&#233;s supportent un co&#251;t d'impr&#233;cision exorbitant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Le caract&#232;re artificiel de la mesure (et partant, de l'&#233;moi que sa divulgation suscite) devient vertigineux quand on travaille sur des sous-&#233;chantillons. En &#233;valuant g&#233;n&#233;reusement &#224; un quart la proportion d'enqu&#234;t&#233;s &#171; sympathisants socialistes &#187;, et en supposant globalement &#233;quivalente chez ces derniers, la proportion d'abstentionnistes d&#233;clar&#233;s et d'ind&#233;cis trouv&#233;e pour l'ensemble des individus interrog&#233;s, le nombre d'enqu&#234;t&#233;s socialistes certains &#224; l'heure actuelle de voter &#171; non &#187;, ne peut gu&#232;re dans notre &#233;chantillon t&#233;moin de 944 personnes, exc&#233;der la trentaine (57 % de 25 % de 222...), et monte (!) &#224; 45 si l'on y int&#232;gre ceux qui, d&#233;clarant pouvoir voter non, peuvent encore changer d'avis. Dans de telles conditions, pr&#233;senter comme &#171; &#233;v&#233;nement &#187;, le fait que &#171; &lt;i&gt;le non devient majoritaire au PS &lt;/i&gt; &#187; rel&#232;ve du d&#233;lire quantophr&#233;nique, la boutade de Bachelard se transformant en &#233;norme farce...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Le quatri&#232;me enseignement de ces proph&#233;ties que leurs grands pr&#234;tres et ex&#233;g&#232;tes souhaitent probablement n'&#234;tre pas auto-r&#233;alisatrices est sans doute le plus s&#233;rieux. En renversant la charge de la preuve, il faudrait presque s'&#233;tonner qu'un enqu&#234;t&#233; sur quatre ait &#224; la fois l'intention de voter, puisse indiquer une intention de vote et d&#233;clare vouloir s'y tenir. L'un des co&#251;ts pervers et cach&#233;s de la publication obsessionnelle de sondages pr&#233;-&#233;lectoraux r&#233;side, en fait, dans une r&#233;duction des &lt;i&gt;issues&lt;/i&gt; (en anglais, des enjeux) &#224; la seule et unique &lt;i&gt;issue&lt;/i&gt; (en fran&#231;ais, le d&#233;nouement). En focalisant le d&#233;bat sur des pronostics pour le moins fragiles quand ils ne sont pas irr&#233;alistes, on op&#232;re, plus ou moins sciemment, une r&#233;duction des attentions et des intentions aux seuls r&#233;sultats (sur le mode : qui va gagner ?) quand au contraire, il faudrait, pour assurer une mobilisation minimale, d&#233;canter, &#233;claircir et politiquement probl&#233;matiser un texte dont chacun s'accorde &#224; reconna&#238;tre le caract&#232;re opaque voire illisible. Et ce n'est sans doute pas en s'en tenant &#224; de vagues exordes (&#171; oui &#187; &#224; la paix, au d&#233;veloppement ou au bien-&#234;tre) ou &#224; de v&#233;ritables disqualifications (les tenants du &#171; non &#187; sont stigmatis&#233;s comme r&#233;trogrades, &#233;troits, born&#233;s, irr&#233;fl&#233;chis...) que ce texte recouvrera plus de lisibilit&#233;. Le texte est complexe ? Mais n'est-ce pas pr&#233;cis&#233;ment la raison d'&#234;tre sociale des acteurs du champ politique que de le d&#233;coder, de le traduire et, par un v&#233;ritable travail p&#233;dagogique, de convaincre chacun des implications pratiques qu il rec&#232;le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, que nous est-il donn&#233; &#224; voir et &#224; savoir ? Deux ou trois pourcentages cens&#233;s condenser une information qui, pr&#233;sent&#233;e sous forme de &#171; news &#187; imm&#233;diatement d&#233;pass&#233;es, est totalement d&#233;pourvue de fondements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
Patrick Lehingue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur de science politique &#224; l'Universit&#233; de Picardie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voir notre rubrique : &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=40'&gt;rubrique 40&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_254 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/34Europe_Coups_de_sonde.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 91.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1760743042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quatre &#171; r&#233;gionaux &#187; et un sondage</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Quatre-regionaux-et-un-sondage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Quatre-regionaux-et-un-sondage</guid>
		<dc:date>2005-03-29T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ColMar, Denis Perais, Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>La Provence</dc:subject>
		<dc:subject>Sud-Ouest</dc:subject>
		<dc:subject>Les Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Picard</dc:subject>
		<dc:subject>Paris Normandie</dc:subject>
		<dc:subject>Sondages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 22 mars, quatre &#171; r&#233;gionaux &#187; se sont pench&#233;s sur le berceau du sondage qui disait &#171; non &#187; &#224; 51%.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Attention-Sondages-" rel="directory"&gt;Attention ! Sondages [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-Provence-+" rel="tag"&gt;La Provence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sud-Ouest-+" rel="tag"&gt;Sud-Ouest&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Olivier-Picard-+" rel="tag"&gt;Olivier Picard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Paris-Normandie-+" rel="tag"&gt;Paris Normandie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le premier sondage donnant &#171; l'avantage &#187; au &#171; Non &#187; a fait l'objet d'innombrables commentaires des sondologues et sondomaniaques associ&#233;s. Et, bien s&#251;r, pas seulement dans les m&#233;dias nationaux. Dans la Presse Quotidienne R&#233;gionale (PQR), dont on ne dira jamais assez qu'elle se r&#233;duit g&#233;n&#233;ralement &#224; un seul titre par r&#233;gion, les prescripteurs d'opinion ne manquent pas. Quatre penseurs, parmi de nombreux autres, se sont pench&#233;s sur le berceau du sondage qui disait &#171; non &#187; &#224; 51%. Quant &#224; celui qui disait &#171; non &#187; &#224; 55%, c'est &#171; &#224; suivre &#187;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une seule &#171; vraie &#187; r&#233;ponse : &#171; oui &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; du mardi 22 mars, Gilles Dauxerre, dans un &#233;ditorial de premi&#232;re page titr&#233; &#171; Vrai campagne &#187;, m&#232;ne la seule vraie campagne possible &#224; ses yeux : la campagne pour le &#171; Oui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re phrase annonce d'embl&#233;e, avec tout l'effet de dramatisation qui sied, que cet &#233;ditorial est enti&#232;rement r&#233;dig&#233; du point de vue des partisans du &#8220;Oui&#8221; : &#171; &lt;i&gt;La pouss&#233;e du &#034;non&#034; dans les sondages concernant le r&#233;f&#233;rendum sur la Constitution europ&#233;enne a d&#233;clench&#233; la panique dans le camp du &#034;oui&#034;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit alors, pour expliquer sans doute cette &#171; panique &#187;, ce bijou : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les partisans du trait&#233; se rendent compte que leurs arguments rationnels, ardus et aust&#232;res, sont balay&#233;s par diverses all&#233;gations subjectives, simples et multiples&lt;/strong&gt;.&lt;/i&gt; &#187; [On souligne tout en gras, tellement c'est beau...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au risque d'&#234;tre pris en flagrant d&#233;lit d'argumentation d'une complexit&#233; rationnelle, ardue et aust&#232;re, notre p&#233;dagogue proven&#231;al simplifie et sch&#233;matise : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Sch&#233;matiquement, quand le &#8220;oui&#8221; rassemble les hommes politiques et les partis, de droite et de gauche, susceptibles d'assumer des responsabilit&#233;s, le &#8220;non&#8221; agglom&#232;re les souverainistes, les alter-mondialistes, les anti-europ&#233;ens, les anti-Turcs, le Parti communiste, la gauche du Parti socialiste, l'extr&#234;me droite et l'extr&#234;me gauche...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout, puisqu'il y a &#171; de surcro&#238;t &#187; : &#171; &lt;i&gt;De surcro&#238;t, ce &#8220;non&#8221; au r&#233;f&#233;rendum se nourrit de la col&#232;re sociale envers le gouvernement Raffarin, et plus g&#233;n&#233;ralement envers une sph&#232;re politique qui appara&#238;t d&#233;connect&#233;e des r&#233;alit&#233;s quotidiennes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient alors une liste de mobiles h&#233;t&#233;roclites, g&#233;n&#233;reusement pr&#234;t&#233;s aux partisans du &#8220;non&#8221; qui fabriquent &#171; &lt;i&gt;une sorte de &#8220;non r&#233;volutionnaire fran&#231;ais&#8221; que les partisans du &#8220;oui &#224; une Europe organis&#233;e&#8221; ont bien du mal &#224; endiguer.&lt;/i&gt; &#187; Ce partage, entre un &#171; non r&#233;volutionnaire &#187; et un &#8220;Oui&#8221; qui - c'est vrai ... - ne l'est pas, clarifie le d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici la seule question qui importe : &#171; &lt;strong&gt;Comment en sortir ?&lt;/strong&gt; &#187;. R&#233;ponse ? Faire comme &#171; chacun &#187;. Car &#171; &lt;i&gt;Chacun presse maintenant Jacques Chirac&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;d'intervenir solennellement.&lt;/i&gt; &#187; Ou faire comme d'autres : &#171; d'autres &#187; que &#171; chacun &#187; ? Peu importe : &#171; &lt;i&gt;D'autres, comme Fran&#231;ois Bayrou, pr&#244;nent des meetings communs des partisans du &#034;oui&#034; pour souligner l'importance de l'enjeu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : &#171; &lt;i&gt;Bref, la vraie campagne doit commencer pour poser les vraies questions et obtenir une vraie r&#233;ponse &#224; la question pos&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs ce que vient de faire Gilles Dauxerre en menant compagne sans &#233;voquer le moindre argument (rationnel, ardu, aust&#232;re) pour une &#171; Vraie campagne &#187; : la campagne en faveur du &#171; Oui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A noter cependant que La Provence n'est pas le seul quotidien de la r&#233;gion, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_240 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L286xH394/La_Provence-83ca6.gif?1726239861' width='286' height='394' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une seule &#8220;vraie&#8221; r&#233;ponse : &#171; oui &#187; (bis)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt; du 22 mars 2005, le titre principal de la Une (toujours compos&#233; d'un gros titre, d'une photo et d'une accroche, le tout occupant la majeure partie de la page) interroge : &#171; Et si le non l'emportait ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accroche sous la photo pr&#233;cise cette question : &#171; &lt;i&gt;Improbable il y a seulement une semaine, le sc&#233;nario prend corps au fil des sondages. Quelles pourraient &#234;tre, pour l'Union et la vie politique fran&#231;aise les cons&#233;quences d'une victoire du non au r&#233;f&#233;rendum sur la constitution ? &lt;/i&gt;Sud Ouest&lt;i&gt; ouvre le dossier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Et le ferme aussit&#244;t par un &#233;ditorial de Frank De Bondt - &#171; Incr&#233;dulit&#233; europ&#233;enne &#187; - o&#249; l'on peut lire ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un sentiment d'incr&#233;dulit&#233; qui domine &#224; la publication des derniers sondages.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les partisans du non, ou du moins certains d'entre eux, se d&#233;fendent bien s&#251;r de vouloir la mort du projet europ&#233;en&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Mais ils seraient bien incapables de s'entendre sur un sch&#233;ma qui les satisfasse tous, et davantage encore de r&#233;unir une majorit&#233;, en Europe, pour les suivre. Cet &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;irr&#233;alisme extravagant&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; laisse pantois nos partenaires.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Mais ce n'est pas sur le texte lui-m&#234;me, qui est d'ailleurs susceptible d'&#234;tre am&#233;lior&#233; plus tard, comme vient de l'&#234;tre le pacte de stabilit&#233;, que se jouera le r&#233;f&#233;rendum. C'est sur le sentiment qu'ont trop de Fran&#231;ais, au-del&#224; de leur envie de sanctionner le chef de l'Etat et son gouvernement, d'&#234;tre d&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs acquis sociaux, voire de leur statut ou de leur emploi, par une Europe qu'ils ont vue grandir &#224; contre-coeur. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Cette peur sera difficile &#224; vaincre, parce qu'elle n'&#233;mane pas tant de Bruxelles que des transformations du monde auxquelles la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise r&#233;siste au lieu de s'adapter.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; [en gras : soulign&#233; par nous]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est rassurant de constater que &lt;i&gt;Sud Ouest,&lt;/i&gt; quotidien r&#233;gional de proximit&#233;, ne se laisse pas enfermer par les particularismes r&#233;gionaux et prend de la hauteur, pour nous offrir un &#233;ditorial vu d'Europe. Et il n'est pas &#233;tonnant de constater que vus d'une telle altitude, les arguments des partisans du &#171; non &#187; se r&#233;duisent &#224; leur irrationalit&#233; et &#224; leur peur. On apprend donc que d&#233;fendre des acquis sociaux, c'est r&#233;sister (le mal) au lieu de s'adapter (le bien)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frank De Bondt, d&#233;cid&#233;ment tr&#232;s en verve, b&#233;n&#233;ficie en outre d'une double page int&#233;rieure qui, sobrement intitul&#233;e &#171; Les cons&#233;quences d'un non fran&#231;ais &#187;, est un condens&#233; de l'argumentaire du partisan du &#171; oui &#187;. Sous le titre, cet avertissement qui r&#233;sume l'article : &#171; &lt;i&gt;Le rejet du trait&#233; constitutionnel par les Fran&#231;ais cr&#233;erait une situation de crise dont l'Union europ&#233;enne sortirait affaiblie et sans doute plus lib&#233;rale&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fragment : &#171; &lt;i&gt;Si les Fran&#231;ais devaient donner raison aux derniers sondages et se prononcer majoritairement contre le projet de trait&#233; constitutionnel, l'Union europ&#233;enne basculerait dans une crise profonde et la vie politique fran&#231;aise s'en trouverait boulevers&#233;e. A Bruxelles, certains parlent m&#234;me de chaos.&lt;/i&gt; [...] &#187;. A &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt;, apparemment aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre propos n'est pas ici de discuter ces arguments. Mais de souligner qu'ils se pr&#233;sentent comme indiscutables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extraits : &#171; 1. Mort du trait&#233;. [...] si la France rejetait le trait&#233;, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On pourrait attendre d'un journal qui ne se pr&#233;sente pas officiellement comme le journal d'un parti qu'il pr&#233;sente les arguments en pr&#233;sence et non les seuls arguments du ... parti du &#171; Oui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pourtant Jean-Claude Guillebaud, sous le titre &#171; Mauvais proc&#232;s &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aucune tribune libre, aucun entretien avec les partisans de la position adverse ne dispense les journalistes de faire leur propre travail. Quand on est aussi favorable &#224; la concurrence (sauf dans la presse r&#233;gionale...) que le sont les &#233;ditorialistes de &lt;i&gt;Sud Ouest&lt;/i&gt; et d'ailleurs, on devrait peut-&#234;tre veiller &#224; ne pas c&#233;der &#224; l'abus de position dominante. Or l'abus de position dominante est, dans la plupart des quotidiens r&#233;gionaux, ... quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une seule &#171; vraie &#187; r&#233;ponse : &#171; Oui &#187; (ter)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt;, ce m&#234;me 22 mars, est inquiet et titre en cons&#233;quence : &#171; &lt;i&gt;Et si le &#171; non &#187; gagnait...&lt;/i&gt; &#187;. Pr&#233;sentation : &lt;i&gt;&#171; Improbable hier, envisag&#233; aujourd'hui. Quelles seraient les cons&#233;quences d'un &#171; non fran&#231;ais au r&#233;f&#233;rendum sur la Constitution europ&#233;enne ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'abord, il faut expliquer pourquoi, le &#171; non &#187; gagne du terrain : &lt;i&gt;&#171; Les trois raisons de refus fran&#231;ais &#187;. &lt;/i&gt;Avec cette introduction&lt;i&gt; : &#171; Le brusque renversement de tendance en faveur du &#171; non &#187; dans les derniers sondages sur le r&#233;f&#233;rendum constitutionnel europ&#233;en appara&#238;t en grande partie, comme la conjonction des inqui&#233;tudes exprim&#233;es par plusieurs cat&#233;gories de Fran&#231;ais dans un climat social tendu &#187;.&lt;/i&gt; Et voici les trois raisons : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;pouvantail Bolkestein, le malaise social et le monde rural oubli&#233; &#187;.&lt;/i&gt; Le contenu m&#234;me du Trait&#233; europ&#233;en ? Exclu de la liste des &#171; raisons &#187;. Comme d'habitude, m&#233;pris des &#233;lecteurs convaincus d'ignorance et soup&#231;onn&#233;s de duplicit&#233;, puisqu'ils s'opposeraient au Trait&#233; pour des motifs tellement &#233;loign&#233;s de son contenu qu'il ne m&#233;rite pas d'&#234;tre &#233;voqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce hors d'&#339;uvre, le plat de r&#233;sistance : le recours &#224; trois &lt;i&gt;&#171; analystes &#187;, &lt;/i&gt;dont les titres devraient impressionner : Yves M&#233;ny, &lt;i&gt;&#171; Pr&#233;sident de l'Institut universitaire europ&#233;en, &#224; Florence, en Italie &#187;&lt;/i&gt;, Paul Magnette &lt;i&gt;&#171; de l'Universit&#233; Libre de Bruxelles &#187;&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;&#171; un diplomate &#187;. &lt;/i&gt;Ils sont tous favorables au &#171; oui &#187; ? Inutile de le pr&#233;ciser... D'ailleurs, ils ne sont pas engag&#233;s, puisque ce sont des &#171; experts &#187;... Un &#233;chantillon forc&#233;ment repr&#233;sentatif, qui permet d'affirmer ceci : &lt;i&gt;&#171; Un rejet de la Constitution Europ&#233;enne lors du r&#233;f&#233;rendum du 29 mai en France, porterait un coup fatal au trait&#233;, mais risquerait aussi de plonger l'Europe dans une crise politique majeure susceptible de durer longtemps selon &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;plusieurs&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; analystes. &#187; &lt;i&gt;Les &#171; plusieurs &#187; qui ne sont que trois permettent de recourir &#224; ce subterfuge habituel quand on tente de dissimuler une prise de position : &lt;/i&gt;se retrancher derri&#232;re des &#171; sp&#233;cialistes &#187;.... Qui ass&#232;nent les convictions tr&#232;s ordinaires des partisans du &#171; oui &#187;. Inutile par cons&#233;quent de les reproduire ici.&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Une seule &#171; vraie &#187; r&#233;ponse : &#171; Oui &#187; (quater)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater que &lt;i&gt;Les Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt; disposent d'&#233;ditorialistes dont l'arrogance n'a d'&#233;gal que le m&#233;pris pour tous ceux qui ne partagent pas leur point de vue (lire notamment : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-DNA-meprisent-les-lecteurs-et-l-electeur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les DNA m&#233;prisent les lecteur et l'&#233;lecteur&lt;/a&gt;). A quoi il faut ajouter une indiff&#233;rence hautaine pour les arguments qui reposeraient sur lecture du Trait&#233; (lire notamment : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Cachez-ce-Traite-que-je-ne-saurais-voir-Les-Dernieres-Nouvelles-d-Alsace' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Cachez ce Trait&#233; que je ne saurais voir &#187;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Picard est indubitablement l'un des meilleurs dans ce genre tr&#232;s pris&#233; par les &#233;ditorialistes-p&#233;dagogues : la morgue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun sondage ne semble l'&#233;mouvoir au point de changer, sinon de conviction, du moins de ton ! Le 22 mars 2005, il poursuit donc sur la lanc&#233;e de ses &#233;ditoriaux pr&#233;c&#233;dents en prenant &#224; parti &#171; &lt;i&gt;Fran&#231;ais, jusque-l&#224; nettement europ&#233;ens&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La mont&#233;e du non dans les sondages...met au jour les &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;stigmates&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; d'un pays en plein doute, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d&#233;clinant &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;au point de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;se perdre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; dans la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;confusion&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de ses choix, de ses priorit&#233;s, et de ses d&#233;fis&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En gras, ici comme dans les citations suivantes : soulign&#233; par nous&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Rien que &#231;a ! Et &#224; l'appui de la rh&#233;torique r&#233;actionnaire du d&#233;clin, cette larme : &#171; &lt;i&gt;Ainsi, nous voil&#224; pr&#234;ts &#224; tourner le dos &#224; une nouvelle &#233;tape de la construction europ&#233;enne en trouvant tous les bons pr&#233;textes &#224; ce &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;renoncement&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; historique. &#187;&lt;/i&gt; Excusez du peu !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Subitement, une phrase venue dont ne sait o&#249;, d&#233;chire la page : &#171; &lt;i&gt;Evidemment, les arguments des partisans du non sont &#224; la fois recevables et l&#233;gitimes&lt;/i&gt;. &#187; Cet &#233;clair de lucidit&#233; d&#233;mocratique n'annonce rien : aucun expos&#233; des &#171; arguments recevables et l&#233;gitimes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, le titre de l'&#233;ditorial est &#171; tr&#232;s sexy &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons aux lecteurs distraits que, selon Olivier Picard, pour &#234;tre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &lt;i&gt;La poup&#233;e qui dit non, non, non et non &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en guise&lt;i&gt; &lt;/i&gt;d'expos&#233; des &#171; arguments recevables et l&#233;gitimes &#187;, Olivier Picard &#171; explique &#187; que les partisans du &#171; non &#187; sont mus par &#171; &lt;i&gt;une s&#233;rie &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d'exasp&#233;rations hexagonales&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187; : &#171; Ce non-l&#224; est celui d'un pays qui n'a plus aucun complexe &#224; &#233;taler sa &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;frilosit&#233;,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; voire sa &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;peur&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; devant l'avenir. &#187;. &lt;/i&gt;Et pour effrayer, malgr&#233; tout, les partisans du oui, sans peur et sans reproche, quoi de mieux que les fant&#244;mes : &#171; &lt;i&gt;Le spectre du non r&#233;veille les fant&#244;mes qui hantent notre d&#233;mocratie depuis des ann&#233;es... &#187;. Autrement dit, le &#171; non &#187; ferait le jeu de &lt;/i&gt; l'extr&#234;me-droite. A quoi bon dans ces conditions, d&#233;battre des arguments des partisans du &#171; non &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule question : &#224; qui s'adressent ces &#233;ditorialistes et analystes des quotidiens r&#233;gionaux (qui sont presque tous en positions de monopole) quand ils p&#233;rorent contre ... une grande partie de leur lectorat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yves Rebours, avec Colmar et Denis Perais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A noter cependant que &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; n'est pas le seul quotidien de la r&#233;gion, en raison de l'existence de &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; dont nous reparlerons une autre fois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extraits : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;1. Mort du trait&#233;. [...]&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; si la France rejetait le trait&#233;, le coeur de l'Union serait touch&#233;. Ce serait un d&#233;saveu terrible pour ses dirigeants, une humiliation pour notre pays face &#224; l'Allemagne et aux quatre autres pays fondateurs.[...] La France perdrait, en outre, une bonne partie de son cr&#233;dit. Son influence en Europe, d&#233;j&#224; bien inf&#233;rieure &#224; ce qu'elle fut, ne pourrait que diminuer encore. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;2. Retour &#224; &#171; Nice &#187; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Les partisans du non minimisent les cons&#233;quences de leur choix [...] Concr&#232;tement, le statu quo, mais avec une Europe &#233;largie, signifierait la victoire des th&#232;ses britanniques. C'est-&#224;-dire celle du march&#233;. Il r&#233;duirait l'Union &#224; son mod&#232;le &#233;conomique et financier. Pour le coup, ceux qui redoutent une Europe lib&#233;rale, une Europe de la concurrence &#224; tout prix, sans contrepartie sociale, auraient du souci &#224; se faire. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;3. Ren&#233;gocier un trait&#233; ? &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;L'actuel projet de Constitution [...] est un compromis qui m&#233;nage les int&#233;r&#234;ts de tous dans le respect des cultures et des traditions politiques.[...] Sa ren&#233;gociation souhait&#233;e en France par les partisans du non semble impensable. [...] Le r&#233;sultat final (&#224; condition d'y parvenir) serait certainement plus lib&#233;ral et moins social, parce que de nombreux pays sont surtout int&#233;ress&#233;s par le march&#233; unique. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;4. Recul garanti &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Le rejet du trait&#233; constitutionnel serait bien une d&#233;faite pour la France et un succ&#232;s pour les plus lib&#233;raux. [...] Aucun trait&#233; europ&#233;en ne s'est r&#233;v&#233;l&#233; d&#233;finitif. La preuve : au trait&#233; de Rome, fondateur, ont succ&#233;d&#233; l'Acte unique, le trait&#233; de Maastricht, le trait&#233; d'Amsterdam et le trait&#233; de Nice. Tout est r&#233;visable. Y compris la Constitution fran&#231;aise, qui d&#233;tient m&#234;me le record europ&#233;en du changement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pourtant Jean-Claude Guillebaud, sous le titre &#171; Mauvais proc&#232;s &#187;, avertissait, le 20 mars 2005, dans ... &lt;i&gt;Sud Ouest&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;D'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, en effet, existent des arguments s&#233;rieux et qui m&#233;riteraient d'&#234;tre pris en consid&#233;ration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En gras, ici comme dans les citations suivantes : soulign&#233; par nous&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons aux lecteurs distraits que, selon Olivier Picard, pour &#234;tre convaincant, il faut &#234;tre &#171; sexy &#187;. Lire : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-DNA-meprisent-les-lecteurs-et-l-electeur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les &lt;i&gt;DNA&lt;/i&gt; m&#233;prisent les lecteurs et l'&#233;lecteur&lt;/a&gt;, ainsi que &lt;a href='https://www.acrimed.org/Lu-vu-entendu-D-ici-et-d-ailleurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lu, vu, entendu : &#171; D'ici et d'ailleurs &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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