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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>20 ans apr&#232;s, retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005 (5/5)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-5</link>
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		<dc:date>2025-08-25T05:00:00Z</dc:date>
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		<description>&lt;p&gt;&#171; M&#233;dias en campagne &#187;, Syllepse, 2005, conclusion.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Referendum-de-2005-" rel="directory"&gt;R&#233;f&#233;rendum de 2005 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L96xH150/mediasencampagne-5-ab006.jpg?1776746482' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 mai 2005, le trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#233;tait rejet&#233; par r&#233;f&#233;rendum. &#192; l'&#233;poque, nous y avions consacr&#233; de nombreux articles et un livre : &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne. Retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005&lt;/i&gt; (Henri Maler et Antoine Schwartz, &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/medias-en-campagne-_r_25_i_271.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syllepse&lt;/a&gt;, 2005). &#192; l'occasion de ce vingti&#232;me anniversaire, nous publions au fil de l'&#233;t&#233; les diff&#233;rents chapitres de cet ouvrage. Au programme ici : la conclusion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH471/medias-en_campagne-90f57.jpg?1776689247' width='300' height='471' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Et apr&#232;s ? D'autres m&#233;dias pour un autre monde&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Une fois de plus, les m&#233;dias dominants &#8211; ou plus exactement : leur porte-voix les plus influents &#8211; ont oppos&#233; leur arrogance aux d&#233;fenseurs des opinions qu'ils r&#233;prouvent. Alors qu'ils se targuent d'encourager le d&#233;bat public, ils ont tent&#233; de le confisquer. Une fois de plus&#8230; Mais cette fois-ci sans succ&#232;s. Loin de se confondre avec le tohu-bohu orchestr&#233; par les m&#233;dias, le d&#233;bat politique s'est propag&#233; sans eux, &lt;i&gt;malgr&#233; eux&lt;/i&gt;, et n'a pas respect&#233; le choix forc&#233; de &#171; la seule politique possible &#187;, celle dont ils sont non seulement les promoteurs mais aussi les acteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Pierre Bourdieu, &#171; Contre la politique de la d&#233;politisation &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourtant, leur &#233;chec politique n'est pas ou n'est pas encore, sur la question des m&#233;dias, une victoire d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, tirant un premier bilan de la campagne, l'association Acrimed adressait aux lendemains du 29 mai une &#171; Lettre ouverte &#224; la gauche de gauche &#187; destin&#233;e &#224; appeler &#224; la poursuite de l'action&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233;e le 6 juin 2005, cette lettre est sign&#233;e, pour le Collectif (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quelle autre conclusion tirer de la campagne r&#233;f&#233;rendaire que celle-ci : &#171; &lt;i&gt;Faut-il une fois pass&#233;s les moments forts de la mobilisation, remiser notre r&#233;volte et n'avoir pour seule ambition que de tenter, non sans cynisme nous aussi, de nous servir des m&#233;dias dominants sans contester leur domination ? Il n'est que trop &#233;vident qu'une telle domination, parce qu'elle s'exerce en permanence, doit faire l'objet d'une vigilance, d'une critique et d'une action permanentes.&lt;/i&gt; &#187; Pour quelles raisons et avec quels objectifs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons d&#233;j&#224; soulign&#233; : dans le meilleur des cas et par temps calme, l'expression des diff&#233;rents courants politiques dans les m&#233;dias audiovisuels est proportionn&#233;e &#8211; si l'on peut dire &#8211; aux r&#233;sultats de modes de scrutin qui laminent les diff&#233;rences et les minorit&#233;s. Le pr&#233;tendu &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187; se borne alors &#224; d&#233;calquer et &#224; conforter la composition des pouvoirs ex&#233;cutif et l&#233;gislatif. Qui nous dira quel est le principe d&#233;mocratique qui pr&#233;side &#224; un tel cumul ? Et comme si cela ne suffisait pas, la libert&#233; de la presse, condition et moyen de la libert&#233; d'expression, est invoqu&#233;e pour justifier les abus de position dominante d'une minorit&#233; de responsables, &#233;ditorialistes, pr&#233;sentateurs et &#171; experts &#187; qui exercent leur magist&#232;re non seulement au nom de tous les journalistes, et au d&#233;triment d'un certain nombre d'entre eux, mais surtout au nom d'une &#171; &#233;lite &#187; autoproclam&#233;e qui d&#233;fie l'expression d&#233;mocratique du plus grand nombre. Qui nous dira quel est le principe d&#233;mocratique qui justifie une telle confiscation ? D&#232;s lors, le pluralisme r&#233;ellement existant est seulement conc&#233;d&#233; et circonscrit : une forme de maintien de l'ordre m&#233;diatique au service de la &#171; fabrique de l'opinion &#187;. Que ce maintien de l'ordre ne soit pas comparable &#224; celui qui pr&#233;vaut dans les r&#233;gimes autoritaires et dictatoriaux o&#249; la presse est musel&#233;e est, &#233;videmment, ind&#233;niable. Mais un tel argument ne peut satisfaire que ceux qui pensent que le pire doit toujours excuser le mal quand il est moindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, n'en d&#233;plaise &#224; nos majest&#233;s &#233;ditoriales, parmi les le&#231;ons du scrutin du 29 mai, il en est une au moins qui devrait retenir l'attention : &lt;i&gt;les m&#233;dias dominants sont partie prenante de la crise politique et sociale qu'ils pr&#233;tendent observer&lt;/i&gt;. Comment ne pas voir que le &#171; d&#233;ficit d&#233;mocratique &#187;, comme on dit, qui affecte la repr&#233;sentation politique et partisane s'&#233;tend aux m&#233;dias dominants eux-m&#234;mes ? La perte croissante de cr&#233;dibilit&#233; qui touche &#224; la fois les journalistes et l'information qu'ils d&#233;livrent est du m&#234;me ordre que celle qui mine la politique et ceux qui l'exercent quand ils ne proposent qu'une alternance entre un lib&#233;ralisme pr&#233;tendument social et un socialisme honteusement lib&#233;ral. La question m&#233;diatique et la question politique sont donc &#233;troitement m&#234;l&#233;es. &#192; bien des &#233;gards, il s'agit d'une seule et m&#234;me question. Mais la question m&#233;diatique ne saurait &#234;tre plus longtemps n&#233;glig&#233;e et doit &#234;tre affront&#233;e pour elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; des gardiens de l'ordre m&#233;diatique qui transforment le pluralisme en argument de vente destin&#233; &#224; flatter les consommateurs ou en arme de dissuasion employ&#233;e pour juguler les dissidences, il est urgent d'opposer la d&#233;fense d'un pluralisme de principe qui est aussi un pluralisme de pr&#233;caution. Pluralisme de principe : parce c'est de diversit&#233; effective dont a imp&#233;rativement besoin la conflictualit&#233; n&#233;cessaire &#224; toute vie d&#233;mocratique et &#224; tout projet de transformation sociale. Pluralisme de pr&#233;caution : parce que le pouvoir de conditionnement des m&#233;dias est sans doute d'autant plus efficace qu'il n'est ni omnipotent, ni m&#233;canique, ni uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui peut croire qu'il suffit de hausser le ton pour d&#233;jouer la surdit&#233; des dignitaires des m&#233;dias qui, convergeant sur ce point avec les &#171; guides &#187; politiques et &#233;conomiques qu'ils r&#233;v&#232;rent, consid&#232;rent que le peuple n'a d'autres choix que d'ob&#233;ir &#224; leurs injonctions ? Ou qu'il faudrait se contenter de demander, au coup par coup, une meilleure r&#233;partition des temps de parole ou des surfaces de papier, comme si la question du pluralisme &#233;tait seulement une question de dosage des intervenants ? Ou qu'il s'agirait seulement de s'en remettre &#224; une segmentation du march&#233; et d'offrir, en guise de diversit&#233;, des produits ajust&#233;s aux pr&#233;tendues demandes des consommateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pluralisme effectif et, partant, conflictuel, suppose une transformation en profondeur de l'ordre m&#233;diatique existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or depuis 1981, un &#233;norme trou noir a englouti les projets qui contestent l'ordre m&#233;diatique existant. Trop longtemps, seuls (ou presque) les syndicats de journalistes et de professionnels des m&#233;dias ont r&#233;sist&#233; au d&#233;membrement du secteur public de l'audiovisuel et &#224; sa soumission &#224; une logique purement commerciale, confort&#233;e par le recours massif &#224; la publicit&#233;. Seules (ou presque) les radios et les t&#233;l&#233;s associatives ont tent&#233; de faire pr&#233;valoir le droit &#224; une information et une culture diff&#233;rentes. Pendant ce temps, la concentration des m&#233;dias, leur d&#233;ploiement multinational et multim&#233;dias, leur financiarisation et leur soumission &#224; la logique du profit n'ont pas cess&#233; de s'accro&#238;tre. En France, seulement une demi douzaine de groupes quadrillent aujourd'hui les m&#233;dias d'informations g&#233;n&#233;rales : Hachette-Lagard&#232;re, la Socpress du groupe Dassault, Bouygues, Vivendi, La Lyonnaise-Suez et le groupe &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;. En mati&#232;re de presse &#233;crite, deux g&#233;ants de l'armement qui vivent des commandes de l'&#201;tat (Dassault et Lagard&#232;re) contr&#244;lent pr&#232;s des deux tiers du tirage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; titre d'exemple, le groupe Lagard&#232;re, empire industriel de l'a&#233;ronautique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, les entreprises de presse sont donc devenues des acteurs de premier plan de l'&#233;conomie, &#224; tel point qu'&#224; la fin de l'ann&#233;e 2002 TF1, Canal + et M6 r&#233;unis pesaient plus en Bourse que le secteur automobile (&lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;, novembre 2000). Somme toute, les fameux propos du PDG de TF1 sur la vocation de son groupe (&#171; &lt;i&gt;ce que nous vendons &#224; Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Le Lelay interrog&#233; dans Les Dirigeants face au changement, Editions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ne traduisent qu'un renforcement plus g&#233;n&#233;ral des logiques du march&#233; dans l'ensemble de l'&#233;conomie du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces acteurs et propagandistes de la mondialisation lib&#233;rale, le mouvement altermondialiste ne peut pas &#233;vacuer les probl&#232;mes que soul&#232;vent leurs transformations et leurs effets sans se renier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que des propositions pour une r&#233;appropriation d&#233;mocratique des m&#233;dias existent &#8211; nous y reviendrons dans d'autres publications. Il suffit ici de planter quelques jalons. Une telle r&#233;appropriation exige une red&#233;finition des politiques publiques de l'audiovisuel et la constitution d'un service public ind&#233;pendant du financement commercial, reposant sur deux formes de propri&#233;t&#233; : un secteur public lib&#233;r&#233; du double assujettissement au pouvoir politique et aux contraintes publicitaires, et un secteur associatif, ind&#233;pendant et la&#239;c. Elle requiert en outre des dispositions contre la concentration et la financiarisation des m&#233;dias, la remise en cause de leur appropriation par des groupes b&#233;n&#233;ficiant de march&#233;s publics et la lev&#233;e du tabou sur l'appartenance de la premi&#232;re cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise (et europ&#233;enne) &#224; un groupe priv&#233;. Elle suppose &#233;galement un financement public du secteur public et du secteur associatif, notamment par une taxe sur ce v&#233;ritable imp&#244;t indirect que constitue la publicit&#233; commerciale, ainsi qu'une red&#233;finition de l'aide publique &#224; la presse, aujourd'hui d&#233;tourn&#233;e au profit des entreprises commerciales. Cette reconqu&#234;te citoyenne pourrait passer enfin, cette liste n'est pas exhaustive, par le renforcement des soci&#233;t&#233;s de r&#233;dacteurs ind&#233;pendantes et, plus g&#233;n&#233;ralement, par le contr&#244;le de tous les salari&#233;s de l'information sur leurs entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de tels objectifs ne peuvent &#234;tre atteints sans une action concert&#233;e soutenue par une critique sans complaisance. Une critique sans complaisance : des succ&#232;s effectifs ne pourront &#234;tre en effet remport&#233;s tant que persistera, notamment parmi les porte-parole, l'illusion que l'on peut se servir des m&#233;dias dominants sans prendre le risque de leur &#234;tre asservi et que les seuls combats qui m&#233;ritent d'&#234;tre men&#233;s sur ce terrain consistent &#224; qu&#233;mander des strapontins et en payer la location &#224; n'importe quel prix. Et d'abord au prix du silence sur l'ordre m&#233;diatique existant. Une action concert&#233;e : les m&#233;dias ne changeront pas tout seuls, en raison notamment des contraintes &#233;conomiques et sociales qui les enserrent et qui, pr&#233;sent&#233;es comme des fatalit&#233;s naturelles, servent d'alibi &#224; leurs d&#233;fenseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il importe de s'inscrire dans la perspective d'une action collective de longue dur&#233;e qui f&#233;d&#232;re les r&#233;seaux d'observation et de critique des m&#233;dias, les syndicats de journalistes, les m&#233;dias sans but lucratif, les salari&#233;s de l'information et plus g&#233;n&#233;ralement tous les citoyens qui ne se satisfont pas du &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;. Cette convergence devrait s'&#233;largir aux associations et aux formations politiques qui, quelles que soient les cibles principales de leurs activit&#233;s respectives, sont dispos&#233;es &#224; int&#233;grer la critique de l'ordre m&#233;diatique &#224; leurs d&#233;bats, &#224; leurs actions et &#224; leurs propositions. La contestation de l'ordre m&#233;diatique qui se d&#233;veloppe avec vigueur depuis quelques ann&#233;es montre que cela est possible. Les r&#233;unions publiques, les publications ou les films se multiplient. Les actions contre la pollution publicitaire, les combats des intermittents du spectacle et des pr&#233;caires de la culture, les r&#233;sistances de journalistes r&#233;fractaires, des documentaristes ou des sc&#233;naristes, avec celles des m&#233;dias ind&#233;pendants et associatifs, &#233;bauchent une sorte de front commun contre l'emprise et l'offensive des m&#233;dias financiaris&#233;s. Les multiples initiatives qui ont marqu&#233; la campagne, des protestations individuelles aux actions collectives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi elles : la &#171; Lettre ouverte au CSA, &#224; Radio France et au Minist&#232;re de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, devraient donner le signal d'une riposte plus g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#233;chec politique des prescripteurs d'opinion juch&#233;s au sommet du journalisme ne sera une (premi&#232;re) victoire d&#233;mocratique sur la question des m&#233;dias qu'&#224; la condition de donner naissance &#224; un mouvement de contestation coh&#233;rent et durable : &#171; &lt;i&gt;La question des m&#233;dias et de leur avenir est une question trop s&#233;rieuse pour &#234;tre abandonn&#233;e seulement &#224; leurs responsables. C'est une question trop grave pour que seuls s'en pr&#233;occupent quelques syndicats et associations. C'est une question politique : elle concerne toutes celles et tous ceux qui n'entendent pas que le march&#233; pense pour eux et agisse &#224; leur place.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Lette ouverte &#224; la gauche de gauche &#187;.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un autre monde est possible, d'autres m&#233;dias le sont aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Annexe. Lettre ouverte &#224; la gauche de gauche. Les m&#233;dias d&#233;savou&#233;s ? Et maintenant ? (&lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Lettre-ouverte-a-la-gauche-de-gauche-Les-medias-desavoues-Et-maintenant&#034;&gt;lien&lt;/a&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Extrait de &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne&lt;/i&gt;, Henri Maler et Antoine Schwartz, Acrimed, Syllepse, 2005, p. 119-126.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Pierre Bourdieu, &#171; Contre la politique de la d&#233;politisation &#187;, in &lt;i&gt;Contre-feux 2&lt;/i&gt;, Paris, Raisons d'Agir, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Publi&#233;e le 6 juin 2005, cette lettre est sign&#233;e, pour le Collectif d'Animation d'Acrimed, par Patrick Champagne, Henri Maler et Aline Pailler. Voir ici m&#234;me en annexe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; titre d'exemple, le groupe Lagard&#232;re, empire industriel de l'a&#233;ronautique et de l'armement, poss&#232;de des dizaines de titres de presse (&lt;i&gt;Elle, T&#233;l&#233;7jours, Paris-Match, le Journal de Mickey, La Provence&lt;/i&gt; etc.), mais aussi des cha&#238;nes de radio et de t&#233;l&#233;vision (Europe 1, Canal J&#8230;), des maisons d'&#233;dition (Fayard, Grasset, Larousse&#8230;) ou des cha&#238;nes de magasins (Relay, Virgin Megastor&#8230;). Une base de donn&#233;es sur la propri&#233;t&#233; des m&#233;dias a &#233;t&#233; constitu&#233;e par l'Observatoire fran&#231;ais des m&#233;dias (OFM).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Le Lelay interrog&#233; dans &lt;i&gt;Les Dirigeants face au changement&lt;/i&gt;, Editions du huiti&#232;me jour, 2004, p. 92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parmi elles : la &#171; Lettre ouverte au CSA, &#224; Radio France et au Minist&#232;re de la propagande &#187;, la manifestation du 9 mai 2005 impuls&#233;e par l'OFM (&#171; Constitution europ&#233;enne : O&#249; est le d&#233;bat dans les m&#233;dias ? &#187;), &#171; L'Appel pour une information impartiale &#187; qui a recueilli plus de 18 000 signatures. Pour plus de d&#233;tails, consulter le site d'Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Lette ouverte &#224; la gauche de gauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>20 ans apr&#232;s, retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005 (4/5)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-4</link>
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		<dc:date>2025-08-18T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;&#171; M&#233;dias en campagne &#187;, Syllepse, 2005, chapitre 3.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Referendum-de-2005-" rel="directory"&gt;R&#233;f&#233;rendum de 2005 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L96xH150/mediasencampagne-ea9d9.jpg?1776746483' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 mai 2005, le trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#233;tait rejet&#233; par r&#233;f&#233;rendum. &#192; l'&#233;poque, nous y avions consacr&#233; de nombreux articles et un livre : &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne. Retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005&lt;/i&gt; (Henri Maler et Antoine Schwartz, &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/medias-en-campagne-_r_25_i_271.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syllepse&lt;/a&gt;, 2005). &#192; l'occasion de ce vingti&#232;me anniversaire, nous publions au fil de l'&#233;t&#233; les diff&#233;rents chapitres de cet ouvrage. Au programme ici : le chapitre 3.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH471/medias-en_campagne-90f57.jpg?1776689247' width='300' height='471' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Vous avez dit &#171; d&#233;mocratie &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;29 mai 2005. Les &#233;lecteurs se sont prononc&#233;s majoritairement contre le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Toutes les autorit&#233;s qui se sont mobilis&#233;es en faveur de son adoption sont d&#233;mocratiquement d&#233;savou&#233;es. Les commentaires politiques et &#233;ditoriaux du soir du scrutin et du lendemain, comme il fallait s'y attendre, brodent sur ce th&#232;me. Mais d'abord pour disqualifier ce peuple qui a mal vot&#233;. Et dans les jours qui suivent, on a beau r&#233;ajuster ses lunettes et tendre l'oreille, on ne lit, ne voit et n'entend rien qui vienne remettre en question la d&#233;b&#226;cle des m&#233;dias dominants. On se dit ironiquement : &#171; C'est s&#251;r : tous les chroniqueurs et &#233;ditorialistes, donneurs de le&#231;on &#224; tous vents et sp&#233;cialistes de l'autocritique des autres, ne vont pas tarder &#224; s'interroger sur leur implication et sur celle des m&#233;dias qu'ils orientent. Et, si cela advient, ce sera, une fois de plus, apr&#232;s avoir (&#233;ventuellement) reconnu quelques erreurs v&#233;nielles, pour n'en tirer aucune cons&#233;quence &#187;. Mais rien de ce genre n'a eu lieu. Ce sera pour un autre jour, peut-&#234;tre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, plus que la campagne elle-m&#234;me, ses lendemains permettent de comprendre quelle id&#233;e les principales sommit&#233;s m&#233;diatiques se font de la d&#233;mocratie quand elle ne conforte pas leur pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#171; Equit&#233; &#187; ? (bis) : l'h&#233;g&#233;monie des bien votants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Le dimanche 29 mai 2005 au soir, avant m&#234;me l'heure fatidique de l'annonce des r&#233;sultats, les mines r&#233;jouies ou d&#233;confites des participants aux plateaux t&#233;l&#233;s (celles des politiques, mais aussi des journalistes et des experts) permettent de deviner assez facilement l'issue de la consultation. Pour les &#233;lites m&#233;diatiques et politiques mobilis&#233;es pour la ratification du trait&#233;, le choc est rude, et l'amertume se m&#234;le &#224; la col&#232;re. Lors de la soir&#233;e &#233;lectorale, puis les jours suivants, s'engage une lutte d'interpr&#233;tations sur le sens des r&#233;sultats du scrutin et sur les le&#231;ons &#224; en tirer pour l'avenir. Les professionnels de la politique sont bien entendu en premi&#232;re ligne pour faire pr&#233;valoir leurs propres interpr&#233;tations globalisantes, avec tous les risques de d&#233;possession que cela implique ; parmi eux, les m&#233;dias privil&#233;gient les repr&#233;sentants des partis, et particuli&#232;rement ceux qui viennent d'essuyer un &#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette lutte sur l'interpr&#233;tation du vote, il faut aussi compter avec leurs auxiliaires, les journalistes dominants. Leur r&#244;le ? Poursuivre, malgr&#233; tout, leur grande &#339;uvre p&#233;dagogique et en conserver le monopole. Avec deux effets : continuer d'imposer des conditions biais&#233;es au d&#233;bat d&#233;mocratique et contribuer, ce faisant, &#224; faire pr&#233;valoir leurs propres analyses des r&#233;sultats. Et cela, d&#232;s le soir du 29 mai. &#171; Equit&#233; &#187; : Sur France 2, le dimanche soir, la directrice de l'information Arlette Chabot refuse de laisser entrer plusieurs repr&#233;sentants du &#171; non de gauche &#187; que la cha&#238;ne publique avait pourtant invit&#233;s au d&#233;part &#8211; et pour cause, le plateau est d&#233;j&#224; encombr&#233; de partisans du &#171; oui &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Patrick Braouzec, G&#233;rard Filoche, Jacques Nikonoff, Georges Sarre, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; P&#233;dagogie &#187; : sur le plateau de TF1, la pr&#233;sentatrice Claire Chazal multiplie les questions &#171; bien intentionn&#233;es &#187;, comme celle-ci, &#224; l'adresse de S&#233;gol&#232;ne Royal (&#171; oui &#187;) : &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'il n'y a pas eu au fond un d&#233;faut de communication ou d'efficacit&#233; de la part des dirigeants du Parti socialiste ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute pour combler ce &#171; &lt;i&gt;d&#233;faut de communication&lt;/i&gt; &#187; que les pr&#233;sentateurs des &#233;missions d'information du lendemain choisissent d'inviter des partisans du &#171; oui &#187; pour expliquer la victoire du &#171; non &#187;. Le matin du 30 mai 2005, sur France Inter, on compte 5 d&#233;fenseurs du trait&#233; contre trois opposants. Sur Europe 1, le d&#233;s&#233;quilibre est encore plus flagrant. Jean-Pierre Elkabbach re&#231;oit 9 invit&#233;s le matin du 30 mai : Julien Dray (&#171; oui &#187;) ; Claude Bartolone (&#171; non &#187;), Fran&#231;ois Bayrou (&#171; oui &#187;), Fran&#231;ois Baroin (&#171; oui &#187;), Jacques Barrot (&#171; oui &#187;), Philippe de Villiers (&#171; non &#187;), Bertrand Delano&#235; (&#171; oui &#187;) et Nicolas Baverez (&#171; oui &#187;). &#201;videmment, Elkabbach persiste &#224; interroger ses invit&#233;s avec une grande impartialit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Claude Bartolone, c'est extraordinaire d'entendre souvent le mot &#034;rassembler&#034; : les diviseurs qui ont cass&#233; la porcelaine veulent la raccommoder. Est-ce qu'ils sont cr&#233;dibles ?&lt;/i&gt; &#187;. Enfin sur RTL, on peut entendre discourir, au micro de Jean-Michel Aphatie, 3 repr&#233;sentants du &#171; oui &#187; et seulement un pour le &#171; non &#187;, en la personne de Christine Boutin de l'UMP. Aphatie justifie sans &#233;tats d'&#226;mes ce choix des invit&#233;s sur son blog : &#171; &lt;i&gt;Fallait-il &#224; tout prix, au lendemain du r&#233;f&#233;rendum, rechercher ou maintenir un &#233;quilibre entre les tenants du &#034;oui&#034; et du &#034;non&#034; au trait&#233; ? Journalistiquement, non&lt;/i&gt; &#187;. &#201;tonnante conception du journalisme, soutenue par une affirmation p&#233;remptoire qui tient lieu d'explication. Si le &#171; oui &#187; l'avait emport&#233;, les invit&#233;s auraient-ils &#233;t&#233; choisis dans le camp du &#171; non &#187; pour qu'ils commentent leur d&#233;faite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#233;missions de &#171; d&#233;bat &#187;, on constate les m&#234;mes d&#233;s&#233;quilibres : les perdants de la veille sont convi&#233;s &#224; faire la le&#231;on aux vainqueurs. Ainsi, dans l'&#233;mission &#171; Ripostes &#187; qu'anime Serge Moati sur France 5, la porte-parole du PCF Marie-George Buffet (&#171; non &#187;) affronte le 5 juin 2005 trois autres politiques, Pierre Moscovici (&#171; oui &#187;), Marielle de Sarnez (&#171; oui &#187;) et Brice Hortefeux (&#171; oui &#187;) ainsi que deux journalistes, Jean-Michel Aphatie (&#171; oui &#187;) et Claude Askolovitch du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; (&#171; oui &#187;). Sans surprise, on retrouve une m&#234;me surrepr&#233;sentation du &#171; oui &#187; dans l'&#233;mission &#171; France Europe Express &#187; du 31 mai 2005, o&#249; les arguments du &#171; non de gauche &#187; se heurtent aux interventions des journalistes du &#171; oui &#187; (Serge July, Jean-Michel Blier) et aux analyses des &#171; experts &#187; du &#171; oui &#187; (Pascal Perrineau, Bernard Bruhnes ou encore Nicolas Baverez). Un plateau aussi &#171; &#233;quitable &#187; que lors de la campagne, comme le remarque avec humour Olivier Cyran : &#171; &lt;i&gt;Deux jours apr&#232;s la grosse baffe du 29 mai, Christine Ockrent tenait salon sur France 3. Tout l'ancien r&#233;gime y &#233;tait r&#233;uni, rose et poudr&#233; comme &#224; Versailles, continuant &#224; d&#233;guster du Oui comme Marie-Antoinette de la brioche&lt;/i&gt; &#187;. Geste de majest&#233;, le &#171; camp du non &#187; avait tout de m&#234;me le droit &#224; un tabouret en bout de table, &#171; pr&#232;s du rince-doigts en fa&#239;ence et du crachoir Louis 15&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Olivier Cyran &#171; Le &#034;oui&#034; repasse en t&#234;te &#187;, CQFD n&#176; 24, 17 juin 2005. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'&#233;mission la plus m&#233;morable de l'apr&#232;s r&#233;f&#233;rendum restera certainement celle du lundi 30 mai 2005 au soir, pr&#233;sent&#233;e par Arlette Chabot&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La transcription de cette &#233;mission d'anthologie a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par l'&#233;quipe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. France 2 n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; d&#233;programmer ce jour l&#224; un t&#233;l&#233;film au profit d'une &#171; &lt;i&gt;grande &#233;mission sp&#233;ciale de la r&#233;daction sur le th&#232;me : Pourquoi les Fran&#231;ais disent non ?&lt;/i&gt; &#187;. Le plateau, fort encombr&#233;, est cens&#233; repr&#233;senter la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ce soir&lt;/i&gt;, explique la directrice de l'information de la cha&#238;ne, &lt;i&gt;nous avons choisi d'inviter ceux qui sont dans la vie, ceux qui appartiennent &#224; cette France qui vit, qui travaille tous les jours&lt;/i&gt; &#187;. En r&#233;alit&#233;, remarque &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;, except&#233; trois syndicalistes, &#171; &lt;i&gt;la &#034;France qui travaille&#034; &#224; la t&#233;l&#233;vision d&#233;calque le plan de table des d&#238;ners en ville&lt;/i&gt; &#187; : Bernard Kouchner (ex-ministre socialiste, Monsieur Christine Ockrent) y c&#244;toie en effet Renaud Donnedieu de Vabres (ministre de la culture), Philippe Torreton (com&#233;dien, Monsieur Claire Chazal) ou bien encore Guillaume Sarkozy (pr&#233;sident de l'Union des industries textiles et fr&#232;re de Nicolas). Au total, 8 partisans du &#171; oui &#187; contre seulement 4 pour le &#171; non &#187;. Mais il faut prendre aussi en compte les &#233;clairages apport&#233;s par trois &#171; experts &#187;. D'abord &#201;ric Le Boucher qui, explique Arlette Chabot, &#171; &lt;i&gt;est journaliste au&lt;/i&gt; Monde &lt;i&gt;et a publi&#233; un papier dans&lt;/i&gt; Le Monde &lt;i&gt;du week-end dernier dont on parle beaucoup ; je lis le titre : &#034;La France sociale n'est plus capable d'exporter autre chose que ses &#233;checs&#034;&lt;/i&gt; &#187;. Deuxi&#232;me invit&#233;-surprise : l'ancien premier ministre Raymond Barre qui, selon Bernard Kouchner, tient &#171; &lt;i&gt;un discours toujours jeune&lt;/i&gt; &#187;. Enfin, Roger Cohen, journaliste de &lt;i&gt;l'International Herald Tribune&lt;/i&gt;, qui est venu expliquer que le discours en France &#233;tait &#171; &lt;i&gt;de plus en plus gauchiste&lt;/i&gt; &#187;. Mais rien ne r&#233;sume mieux l'esprit de cette soir&#233;e, et celui de tant d'autres, que cette question presque innocente d'Arlette Chabot au secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT-Cheminots : &#171; &lt;i&gt;Didier Le Reste, est-ce que vous incarnez une France un peu repli&#233;e sur elle-m&#234;me, qui d&#233;fend ses avantages acquis, qui n'est pas ouverte aux travailleurs &#233;trangers, ouverte &#224; l'Union europ&#233;enne ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cause est entendue : l'interpr&#233;tation des r&#233;sultats du scrutin appartient prioritairement &#224; ceux qu'ils ont d&#233;savou&#233;s : aux d&#233;tenteurs du quasi-monopole du discours m&#233;diatiquement l&#233;gitime, immerg&#233; dans un oc&#233;an de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les matins du &#171; oui &#187; sur France Culture&#8230; apr&#232;s le choc !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article de Mathias Reymond, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux lendemains du r&#233;f&#233;rendum, les &#171; Matins de France Culture &#187; consacrent la plupart des &#233;missions &#224; l'analyse des r&#233;sultats, avec des invit&#233;s officiellement charg&#233;s de tirer objectivement les le&#231;ons du scrutin puisque ce sont des &#171; savants &#187; ou des &#171; personnalit&#233;s &#187; qui connaissent bien l'Europe. Ainsi, Pierre Rosanvallon (le 30/05), Kalypso Nicola&#239;dis (31/05), Yann Moulier-Boutang (01/06), Ren&#233; R&#233;mond (02/06), Ezra Suleiman (07/06) et Jean-Luc Dehaene (08/06), tous farouches partisans du &#171; oui &#187;, sont venus s'exprimer sur le plateau. Seul Ren&#233; Passet, invit&#233; une semaine apr&#232;s les r&#233;sultats (06/06), est venu pr&#233;senter une analyse &#233;manant du camp du &#171; non &#187;. Six &#171; oui &#187; &#233;galent donc un seul &#171; non &#187; : telle est l'&#233;trange conception de &#171; l'&#233;quit&#233; &#187; des responsables de l'&#233;mission. Le premier invit&#233;, Pierre Rosanvallon, professeur au Coll&#232;ge de France, discourt doctement sur cette &#171; &lt;i&gt;implosion politico-sociale en France&lt;/i&gt; &#187;. Il n'y va pas par quatre chemins : &#171; &lt;i&gt;la r&#233;ponse de beaucoup de personnes qui ont vot&#233; &#034;non&#034;, c'est de dire : &#034;on n'est pas tellement partisans de la solidarit&#233; et de la redistribution &#233;conomique avec un certain nombre d'Europ&#233;ens.&#034;&lt;/i&gt; &#187;. Ou encore : &#171; &lt;i&gt;toute une partie de la gauche, qui &#233;tait une gauche internationaliste, est devenue plus nationaliste aujourd'hui&lt;/i&gt; &#187;. Il insiste : &#171; &lt;i&gt;les partisans du &#034;non&#034; ont dit : &#034;Oui &#224; une Europe protectionniste et non &#224; une Europe de la redistribution !&#034;&lt;/i&gt; &#187; Ainsi, le &#171; non de gauche &#187; serait nationaliste et contre la redistribution ! Sur le plateau des &#171; Matins de France Culture &#187;, personne ne contestera ces propos, et pour cause, puisque sur les six personnes qui entourent Pierre Rosanvallon (Adler, Duhamel, Slama, Pastr&#233;, Kravetz et Demorand) aucune ne s'est prononc&#233;e pour le &#171; non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, Kalypso Nicola&#239;dis, ancienne conseill&#232;re du ministre grec des affaires &#233;trang&#232;res, d&#233;plore, elle aussi, la victoire du &#171; non &#187; qu'elle interpr&#232;te comme &#233;tant &#171; &lt;i&gt;d'un c&#244;t&#233; eurosceptique, de l'autre peut-&#234;tre x&#233;nophobe...&lt;/i&gt; &#187;. Lorsque Nicola&#239;dis affirme qu'elle &#171; &lt;i&gt;ne participe pas &#224; la diabolisation du &#034;non&#034;&lt;/i&gt; &#187;, Nicolas Demorand, dans un grand mouvement de d&#233;n&#233;gation, s'&#233;crie : &#171; &lt;i&gt;Nous ne l'avons pas fait l&#224;, en tout cas !&lt;/i&gt; &#187;. Sans doute le pr&#233;sentateur a-t-il la m&#233;moire courte. Poursuivant sur les enseignements qu'il convient de tirer des r&#233;sultats du r&#233;f&#233;rendum, Demorand invite ensuite un politologue, l'incontournable Ren&#233; R&#233;mond. L'acad&#233;micien, &#224; son tour, ne fait pas dans la nuance : &#171; [le &#034;non&#034;] &lt;i&gt;c'est les r&#233;surgences des &#233;go&#239;smes nationaux.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;On a probablement d&#233;truit la plus grande entreprise de l'histoire !&lt;/i&gt; &#187;. La raison en est que &#171; &lt;i&gt;les &#233;lecteurs n'ont pas &#233;t&#233; &#233;clair&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Cela est d'autant plus triste &#224; ses yeux que selon lui &#171; &lt;i&gt;les m&#233;dias, dont le comportement a &#233;t&#233; irr&#233;prochable dans la derni&#232;re campagne, ont fait un grand effort d'information&lt;/i&gt; &#187;. Un grand effort d'information ! Puis une comparaison historique s'impose aux yeux de cet &#171; &#233;minent &#187; historien : &#171; &lt;i&gt;Je suis tent&#233; de dire que c'est aussi grave que Munich. &#199;a ne veut pas du tout dire que les motivations des &#233;lecteurs ont fait d'eux des munichois.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Ils ont m&#234;me eu le sentiment, au contraire, d'&#234;tres des r&#233;sistants.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Objectivement je ne suis pas s&#251;r qu'en d&#233;finitive ce ne soit pas le &#034;non&#034; qui &#233;tait plut&#244;t collaborateur, parce que l'on fait le jeu de l'Angleterre.&lt;/i&gt; &#187; Pas &#171; munichois &#187; dans leur motivation, mais &#171; collabos &#187; malgr&#233; tout : faut-il commenter cette abjection ? Le pr&#233;sident de la Fondation nationale des sciences politiques tient toutefois &#224; nous rassurer : &#171; &lt;i&gt;c'est la peur qui l'a emport&#233;&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;rien ne justifie cette morosit&#233;, c'est de l'ordre du psychodrame !&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accompagnant ces d&#233;&#231;us du r&#233;f&#233;rendum, les &#233;ditorialistes reprennent en ch&#339;ur le m&#234;me leitmotiv, dans leurs chroniques ou lors d'entretiens avec des invit&#233;s. Pour Alexandre Adler, dont les pr&#233;visions ne s'av&#232;rent que rarement v&#233;rifi&#233;es, &#171; &lt;i&gt;nous allons rentrer dans une phase de cacophonie&lt;/i&gt; &#187; (30.03.05) et l'Europe &#171; &lt;i&gt;est au bord du gouffre&lt;/i&gt; &#187; (31.05.05). Pour Olivier Pastr&#233;, qui se pr&#233;sente comme &#233;conomiste, tout est simple puisque &#171; &lt;i&gt;&#224; long terme, l'Europe a des chances de dispara&#238;tre de la carte&lt;/i&gt; &#187; (30.05.05). D&#233;&#231;u par les jeunes qui ont vot&#233; &#171; non &#187;, il se f&#226;che : &#171; &lt;i&gt;C'est pour eux qu'on a construit l'Europe. S'ils n'en veulent pas, on n'est pas bien barr&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. De son c&#244;t&#233;, Alain G&#233;rard Slama, tout en finesse, revient quant &#224; lui sur les &#171; &lt;i&gt;erreurs de la campagne&lt;/i&gt; &#187;. Pour lui, &#171; &lt;i&gt;la diabolisation du mot &#034;lib&#233;ralisme&#034;, qui n'est plus appel&#233; que l'ultralib&#233;ralisme, a &#233;t&#233; vraiment une des fautes majeures de cette campagne. Qui a pris position en faveur de l'Europe de la libert&#233; ? Personne !&lt;/i&gt; &#187;. Bref, &#171; &lt;i&gt;on a trop exalt&#233; l'&#201;tat Providence et la protection&lt;/i&gt; &#187;. Et ce n'est pas Olivier Duhamel qui va lui donner tort : selon lui le &#171; non &#187; serait un &#171; &lt;i&gt;fiasco&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;missions r&#233;servent parfois de bonnes surprises. Dans un grand moment d'euphorie, avec comme invit&#233; Jean-Luc Dehaene (l'ancien vice-pr&#233;sident de la Convention), Adler lance une id&#233;e ing&#233;nieuse : &#171; &lt;i&gt;Il y a au fond une seule innovation politique ces derni&#232;res ann&#233;es &#8211; et je le d&#233;plore profond&#233;ment mais c'est ainsi &#8211; c'est le mouvement ATTAC en France ; qui a d'ailleurs fait des adeptes en Allemagne, en Belgique, un peu partout ; et qui d&#233;nonce la mondialisation et aussi bien s&#251;r l'Europe. Et, pourquoi ne ferions-nous pas &#8211; les Europ&#233;ens &#8211; un mouvement qui s'appellerait &#034;D&#233;fense&#034;, par exemple, ou autre chose encore, et qui serait le contrepoids de cette organisation qui d&#233;passe les partis mais qui a cristallis&#233; finalement un refus, qui est devenu op&#233;rant, en tout cas en France, et &#224; certains &#233;gards aux Pays-Bas ?&lt;/i&gt; &#187; (08.06.05). Ravi, Duhamel encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;Pour le titre, je vous propose &#034;Contre-Attac&#034; !&lt;/i&gt; &#187; Heureuse r&#233;partie qui suscite enfin un peu de bonne humeur dans le studio.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#171; P&#233;dagogie &#187; ? (bis) : l'h&#233;g&#233;monie des biens pensants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;On l'a compris : le pluralisme d&#233;mocratique doit s'incliner devant les raisons sup&#233;rieures de la &#171; p&#233;dagogie &#187;. Et quand celle-ci &#233;choue, c'est que le peuple ne la m&#233;rite pas : haro sur le peuple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'annonce des r&#233;sultats, le haut clerg&#233; m&#233;diatique avoue volontiers sa tristesse. Ainsi Laurent Joffrin : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi dissimuler nos sentiments ? Nous sommes tristes. Amers ? Furieux ? D&#233;courag&#233;s ? Non. Tristes. Ainsi les arguments les plus sinc&#232;res n'y ont rien fait, l'appel &#224; la raison a &#233;t&#233; vain, les le&#231;ons du pass&#233; sont rest&#233;es inutiles. Nous avons argument&#233;, ferraill&#233;, bataill&#233;. En vain.&lt;/i&gt; &#187; Cependant, contrairement &#224; ce qu'affirme le directeur de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, ses confr&#232;res, responsables de presse et autres &#233;ditorialistes patent&#233;s, sont aussi tr&#232;s amers et on ne peut plus furieux. &#192; commencer par ceux qui s'&#233;panchent dans les colonnes de l'hebdomadaire, qui titre en couverture : &#171; &lt;i&gt;&#201;tat de choc&lt;/i&gt; &#187; (02.06.05). Tandis que Jacques Julliard &#233;voque &#171; &lt;i&gt;la fi&#232;vre, la fureur, la rage, un parfum de guerre civile&lt;/i&gt; &#187;, Jean Daniel explique que les porte-parole du &#171; non de gauche &#187; ont r&#233;ussi &#171; &lt;i&gt;&#224; donner une dignit&#233; id&#233;ologique &#224; un ensemble de rejets populistes&lt;/i&gt; &#187;. Choqu&#233; comme ses confr&#232;res, Robert Schneider tient des propos du m&#234;me ordre : &#171; &lt;i&gt;c'est le populisme, la tentation du repli, la peur de l'&#233;tranger qui l'ont d'abord emport&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, c'est une clameur quasi-unanime qui s'&#233;l&#232;ve dans les trav&#233;es du &#171; pluralisme &#187; m&#233;diatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La presse r&#233;gionale ne fait pas exception. Lire, par exemple, sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Des tombereaux d'invectives, souvent haineuses, s'abattent sur les &#233;lecteurs coupables d'avoir contredit les aspirations de leurs ma&#238;tres d&#233;bonnaires. Pour Serge July, le patron de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, la victoire du &#171; non &#187; signifie &#171; &lt;i&gt;un d&#233;sastre g&#233;n&#233;ral et une &#233;pid&#233;mie de populisme qui emportent tout sur leur passage&lt;/i&gt; &#187; (30.05.05). Pour Jean-Marie Colombani, le patron du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;les tenants du non voulaient en effet en finir avec ce qu'ils consid&#232;rent comme le mythe europ&#233;en. Par nationalisme, par x&#233;nophobie, par dogmatisme ou par nostalgie, ils voulaient se d&#233;barrasser de cette Europe qui barre l'horizon, qui d&#233;range les habitudes&lt;/i&gt; &#187; (31.05.05). Fran&#231;oise Fressoz, &#233;ditorialiste aux &lt;i&gt;&#201;chos&lt;/i&gt;, le confirme : &#171; &lt;i&gt;La France est devenue hier soir l'homme malade de l'Europe&lt;/i&gt; &#187; (30.5.05). M&#234;me le directeur de la r&#233;daction du quotidien gratuit &lt;i&gt;20 minutes&lt;/i&gt; prend exceptionnellement la plume, pour hurler son d&#233;sarroi rageur : &#171; &lt;i&gt;C'est la France du repli, la France recroquevill&#233;e sur ses craintes qui a gagn&#233; ce r&#233;f&#233;rendum. Elle a succomb&#233; &#224; des mois d'un discours social-pleurnichard dans lequel la r&#233;alit&#233; des faits avait c&#233;d&#233; le pas &#224; l'&#233;motionnel collectif&lt;/i&gt; &#187; (30.05.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; procession des fulminants &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; La procession des fulminants &#187;, publi&#233; par Acrimed (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rappelle la col&#232;re et l'effarement des monarques et des marquis qui se sentent trahis par un peuple indocile. D&#233;j&#224;, durant toute la campagne r&#233;f&#233;rendaire, les commentateurs volubiles r&#233;p&#233;taient &#224; longueurs de chroniques et de bavardages t&#233;l&#233;vis&#233;s que les &#233;lecteurs n'allaient pas se prononcer sur les enjeux de la consultation elle-m&#234;me. &#171; &lt;i&gt;C'est le drame r&#233;p&#233;t&#233; des r&#233;f&#233;rendums de n'&#234;tre jamais pris pour ce qu'ils sont mais de servir d'exutoire &#224; tous les m&#233;contentements&lt;/i&gt; &#187; expliquait par exemple Jean-Michel Th&#233;nard de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (19.03.05). Le vote &#171; non &#187; ne pouvait &#234;tre motiv&#233; que par des peurs &#171; irrationnelles &#187; et peu avouables qui devaient conduire &#224; une &#171; &lt;i&gt;com&#233;die des erreurs&lt;/i&gt; &#187;, selon les termes d'un autre &#233;ditorialiste du quotidien, G&#233;rard Dupuy (05.05.05). Aux lendemains du 29 mai, les m&#234;mes principes de d&#233;figuration de la r&#233;alit&#233; sociale et politique continuent de pr&#233;valoir. Comme l'&#233;crit avec justesse Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; &lt;i&gt;le monde r&#233;el contredit le monde voulu, et cet attentat au d&#233;sir des Grands est un choc si insupportable que le monde lui-m&#234;me est d&#233;clar&#233; abominable&lt;/i&gt; &#187;. Et comme le comble de l'abominable est atteint quand l'extr&#234;me-droite leur semble victorieuse, il suffit de d&#233;cr&#233;ter que le &#171; non &#187; de gauche et le &#171; non &#187; de droite sont si proches qu'ils sont parents, voire identiques. Rien n'arr&#234;te le &lt;i&gt;delirium&lt;/i&gt; qui frappe les conducteurs &#233;clair&#233;s de l'opinion. Edwy Plenel, l'ancien directeur de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, parle d'&#171; &lt;i&gt;une col&#232;re contre le monde et la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187;, et n'h&#233;site pas &#224; agiter le spectre p&#233;tainiste de la &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution nationale&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Monde 2&lt;/i&gt;, 04.06.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc pour les t&#233;nors de la parole autoris&#233;e de disqualifier la victoire du &#171; non &#187; en l'identifiant globalement &#224; un triomphe du &#171; &lt;i&gt;populisme&lt;/i&gt; &#187; et de la &#171; &lt;i&gt;x&#233;nophobie&lt;/i&gt; &#187;. Mais, parce qu'il est porteur de remises en cause de l'ordre lib&#233;ral, c'est le &#171; non de gauche &#187; qui est particuli&#232;rement vis&#233;. Colombani n'h&#233;site pas &#224; &#233;crire que &#171; &lt;i&gt;les anti-europ&#233;ens de gauche n'ont pas seulement additionn&#233; leurs voix avec celles de Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers. Ils ont m&#234;l&#233; leurs voix&lt;/i&gt; &#187; (31.05.05). Les jours passent, et Philippe Val, fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me, persiste dans sa campagne contre les altermondialistes : &#171; &lt;i&gt;les deux poujadismes&lt;/i&gt; [le poujadisme de droite et le poujadisme de gauche, selon Philippe Val] &lt;i&gt;ont la m&#234;me haine des &#233;lites, notre ami Bernard Cassen l'a amplement prouv&#233; pendant la campagne.&lt;/i&gt; &#187; Pourquoi ? Parce qu'il a os&#233; citer la cohorte des &#233;ditorialistes (d'&#233;lite, forc&#233;ment) favorables au &#171; oui &#187;. Mais Philippe Val n'a pas fini de nous &#233;blouir : &#171; &lt;i&gt;Tous deux&lt;/i&gt; [les deux poujadismes] &lt;i&gt;aiment la saine ruralit&#233;, oppos&#233;e &#224; la d&#233;cadente urbanit&#233; parisienne pleine d'apatrides et d'homosexuels.&lt;/i&gt; &#187; Non contents d'&#234;tre anti-intellectuels, Bernard Cassen et ses semblables sont urbanophobes, x&#233;nophobes et homophobes. (&lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, le 22.06.05)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire l'article d'Yves Rebours, &#171; Philippe Val, d&#233;fenseurs des &#233;ditorialistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De son c&#244;t&#233;, Olivier Duhamel n'en finit pas de marteler le m&#234;me refrain : &#171; &lt;i&gt;Il s'est trouv&#233; des dirigeants politiques de gauche au PS, &#224; Attac, pour reprendre la petite musique x&#233;nophobe, pour stigmatiser le plombier polonais&lt;/i&gt; &#187; (France Culture, 17.06.05). Ah, la ritournelle du &#171; plombier polonais &#187; ! Il fallait aux journalistes ou aux experts oui-ouistes un symbole qui r&#233;sume en deux mots l'id&#233;e qu'ils se faisaient des raisons du refus. Les porte-voix du &#171; non de gauche &#187; sont accus&#233;s d'avoir fait leur fonds de commerce de l'hostilit&#233; aux travailleurs &#233;trangers. Bernard Kouchner professe sur le plateau de France 2 : &#171; &lt;i&gt;On a parl&#233; du plombier polonais parce que c'&#233;tait tr&#232;s raciste&lt;/i&gt; &#187; (30.05.05). Qu'importe si la m&#233;taphore &#233;tait en r&#233;alit&#233; l'invention du commissaire ultralib&#233;ral Fritz Bolkestein et de Philippe de Villiers&#8230; Et qu'importe si les partisans du &#171; non &#187; de gauche ne l'ont que rarement &#233;voqu&#233;e et seulement pour en appeler &#224; une harmonisation sociale au b&#233;n&#233;fice de la solidarit&#233; des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les porte-parole de &#171; non &#187; se voient donc accus&#233;s d'avoir manipul&#233; des classes populaires ignorantes, voire incr&#233;dules, et surtout d&#233;vor&#233;es par leur ressentiment &#224; l'&#233;gard des &#171; &#233;lites &#187; et des &#171; &#233;trangers &#187;. Cette analyse qui stigmatise les groupes sociaux les plus d&#233;munis ne repose sur rien, si ce n'est sur des lectures biais&#233;es de quelques sondages d'opinion, mais cela importe peu &#224; ces grands experts en d&#233;mocratie censitaire. Comme l'explique la politiste Annie Collovald, les usages du terme &#171; populisme &#187;, qui fonctionne &#224; l'insulte et aux pr&#233;jug&#233;s sociaux, &#171; &lt;i&gt;participent d'une red&#233;finition de l'acceptable et de l'inacceptable en politique&lt;/i&gt; &#187; en autorisant le retour des th&#232;ses les plus r&#233;actionnaires &#171; &lt;i&gt;justifiant la sup&#233;riorit&#233; morale des &#233;lites sociales et politiques &#233;tablies&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Annie Collovald, &#171; Les m&#233;susages politiques du populisme &#187;, Flash de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans les organes de presse du &#171; oui &#187;, qu'ils soient r&#233;put&#233;s &#171; de droite &#187; ou &#171; de gauche &#187;, l'aversion &#224; l'&#233;gard du peuple n'est plus quelque chose d'inavouable. On se souviendra de cette harangue m&#233;morable de Claude Imbert, le patron du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; qui, avant le scrutin en tirait d&#233;j&#224; la le&#231;on : &#171; &lt;i&gt;Le r&#233;f&#233;rendum, chez nous, ne d&#233;posera pas son innocente question dans une d&#233;mocratie apais&#233;e, chez un peuple p&#233;n&#233;tr&#233; du soin d'y r&#233;pondre. Dans les urnes qu'il va ouvrir, un tourbillon menace de s'engouffrer qui ne porte encore que la rogne et la grogne.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;L'Europe, o&#249; s'enracine, pour chaque Fran&#231;ais, une certaine id&#233;e de l'avenir, m&#233;rite mieux que la criaillerie, le d&#233;cha&#238;nement m&#233;diocre des int&#233;r&#234;ts corporatifs et des querelles carri&#233;ristes. Ne laissons pas le subalterne et la chienlit d&#233;magogique envahir l'horizon !&lt;/i&gt; &#187; (31.03.05). Bref : le peuple ne m&#233;rite pas la d&#233;mocratie. Que faire ? Juguler le peuple ou &#233;trangler la d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BHL et Kant contre le &#171; non de gauche &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Mathias Reymond, &#171; Le &#034;non&#034; de gauche ? Alli&#233; du FN contre BHL et&#8230; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omnipr&#233;sent dans les grands m&#233;dias, Bernard-Henri L&#233;vy y multiplie en permanence les invectives contre ses adversaires. Pendant plusieurs semaines, apr&#232;s la grande d&#233;b&#226;cle du 29 mai, &#171; BHL &#187; continue de r&#233;pandre dans son &#171; Bloc Notes &#187; hebdomadaire du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; son animosit&#233; &#233;minemment philosophique contre les mal-votants. Dans un premier temps, il professe avec une grande subtilit&#233; que le rejet du trait&#233; &#171; &lt;i&gt;arrange les islamistes qui se sentent mieux dans une Europe passoire que dans une Europe aux polices et justices concert&#233;es. Il facilite la vie des seigneurs de la guerre africains qui savent que la France seule ne viendra jamais trop leur chercher noise et que le dernier espoir de leurs populations affam&#233;es, massacr&#233;es, humili&#233;es, &#233;tait dans une force d'intervention diplomatique et militaire europ&#233;enne.&lt;/i&gt; &#187; (02.06.05). Toutes les dictatures du monde qui fredonnent leur satisfaction de n'&#234;tre pas inqui&#233;t&#233;es gr&#226;ce au &#171; non &#187; fran&#231;ais, il fallait oser ! Le philosophe, qui est aussi un savant &#233;conomiste, estime que le &#171; non &#187; &#171; &lt;i&gt;va faire les affaires de ce que les altermondialistes appellent le grand capital&lt;/i&gt; &#187;. Une semaine plus tard, &#171; BHL &#187; revient sur la soir&#233;e &#233;lectorale t&#233;l&#233;vis&#233;e, et s'interroge : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi Fabius ne s'est-il pas montr&#233; ? Pourquoi, chez les partisans du non &#034;de gauche&#034;, ce malaise &#233;trange, palpable ?&lt;/i&gt; &#187; C'est vrai, pourquoi ? La r&#233;ponse du philosophe-politologue tombe comme un couperet : &#171; &lt;i&gt;Parce qu'ils ont assez d'oreille, ceux-l&#224; au moins, pour entendre Marine Le Pen d&#233;noncer, &#224; 20 h 10, l'&#034;&#233;lite politico-m&#233;diatique&#034; dans les termes m&#234;mes o&#249; &#224; 20h05 la fustigeait Emmanuelli. Parce que les plus cyniques d'entre eux, ceux qui ont jou&#233; le plus &#233;hont&#233;ment sur les peurs, les x&#233;nophobies, les r&#233;flexes souverainistes et chauvins, se sentent quand m&#234;me embarrass&#233;s de retrouver leurs mots, presque leur voix, dans la bouche goguenarde du vieux Le Pen.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre philosophe-d&#233;mocrate parle aussi d'une &#171; &lt;i&gt;campagne de d&#233;sinformation sans pr&#233;c&#233;dent&lt;/i&gt; &#187; qui aurait jet&#233; l'innocente Constitution europ&#233;enne &#171; &lt;i&gt;aux chiens des populismes de droite et de gauche.&lt;/i&gt; &#187;. Une semaine plus tard, &#171; BHL &#187; persiste et signe une fois de plus son tr&#232;s philosophique amalgame : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait Emmanuelli qui&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;r&#233;clamait la d&#233;mission du pr&#233;sident de la R&#233;publique sur le ton et dans les termes du Front national&lt;/i&gt; &#187; (09.06.05). Et encore &#171; &lt;i&gt;Krivine ou Besancenot retrouvant l'antienne FN pour rappeler que les parlementaires, s'il leur avait &#233;t&#233; donn&#233; de voter, auraient ratifi&#233; le trait&#233; &#224; 90 %&lt;/i&gt; &#187;. Puis c'est au tour des altermondialistes, et des &#171; &lt;i&gt;dirigeants d'Attac appelant, dans la langue frontiste toujours, &#224; la &#034;r&#233;sistance&#034; contre une &#034;mondialisation&#034;&lt;/i&gt; &#187;. Et de conclure : &#171; &lt;i&gt;Jamais, depuis des ann&#233;es, l'on n'avait vu cette gauche souverainiste et nationale aller si loin dans le bord &#224; bord, sans complexes, avec son double ennemi.&lt;/i&gt; &#187; Toutefois, Bernard-Henri L&#233;vy n'oublie pas de faire la promotion de ses amis (ou de se faire des amis par la promotion) : &#171; &lt;i&gt;Il y a un excellent petit livre,&lt;/i&gt; Le r&#233;f&#233;rendum des l&#226;ches&lt;i&gt;, de Philippe Val, paru avant le scrutin mais qui ouvre tant de perspectives que la d&#233;faite ne l'a pas rendu obsol&#232;te, loin de l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une parenth&#232;se consacr&#233;e &#224; la lib&#233;ration de Florence Aubenas (16.06.05), &#171; BHL &#187;, qui semble avoir oubli&#233; que le vote a d&#233;j&#224; eu lieu, reprend son leitmotiv contre le &#171; non &#187; : le projet de Constitution europ&#233;enne avait pour horizon &#171; &lt;i&gt;l'impossibilit&#233; programm&#233;e de la guerre entre les nations d'Europe&lt;/i&gt; &#187;, explique le trublion. Qui pr&#233;cise aussit&#244;t que &#171; &lt;i&gt;pour une oreille m&#234;me moyennement philosophique&lt;/i&gt; &#187; une telle offre &#171; &lt;i&gt;n'aurait pas d&#251; rester sans &#233;cho&lt;/i&gt; &#187;. Pourquoi donc ? Le farceur d&#233;ploie alors tout son art : &#171; &lt;i&gt;ce projet de constituer l'Europe et, en la constituant, de la pacifier, cette double id&#233;e de f&#233;d&#233;rer ses &#201;tats et, en les f&#233;d&#233;rant, d'entrer dans la voie du cosmopolitisme, c'&#233;tait tr&#232;s exactement, d&#233;j&#224;, le programme d'Emmanuel Kant dans le texte fameux qui s'appelait &#034;Qu'est-ce que la Aufkl&#228;rung ?&#034;&lt;/i&gt;(23.06.05)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Aufkl&#228;rung &#187; = les Lumi&#232;res. Dans les colonnes du Point, doivent se dire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Le projet de Constitution &#233;tait donc sign&#233; Kant ? Non, mais peu importe : &#171; &lt;i&gt;Les Fran&#231;ais, autrement dit, n'ont pas seulement dit non &#224; Chirac, mais &#224; Kant. Ils n'ont pas vot&#233; contre l'Europe, mais contre le texte fondateur des Lumi&#232;res&lt;/i&gt; &#187;. Tout simplement ! Apr&#232;s avoir fait voter Kant en faveur du &#171; oui &#187;, BHL r&#233;p&#232;te finalement ce que nombre d'&#233;ditorialistes et de journalistes partisans du &#171; oui &#187; n'ont cess&#233; d'affirmer : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait un vote souverainiste, populiste, nationaliste, parfois x&#233;nophobe &#8211; mais c'&#233;tait un vote qui, avant cela, en amont de ces r&#233;flexes, prenait partie contre les Lumi&#232;res et leur id&#233;al kantien de libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Pour Bernard-Henri L&#233;vy, tout est limpide. Les oreilles &#171; &lt;i&gt;m&#234;me moyennement philosophiques&lt;/i&gt; &#187; se rendaient compte qu'en votant contre le TCE, elles votaient contre Kant et les Lumi&#232;res. Avec les oreilles des grands philosophes, sans doute fallait-il voter &#171; oui &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;mocratie &#187; ? : L'escamotage du scrutin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Quels enseignements tirer des r&#233;sultats du r&#233;f&#233;rendum ? Ce vote populaire remettra-t-il en cause l'orientation lib&#233;rale de l'Europe ? Pour les journalistes dominants, la r&#233;ponse est &#171; simple &#187; : c'est non. Et la solution tient en trois mots : plus de lib&#233;ralisme ! &#171; &lt;i&gt;Depuis plus de vingt ans, pour ne pas dire trente&lt;/i&gt;, pouvait-on lire dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;la facilit&#233; consiste &#224; maintenir tant bien que mal les&lt;/i&gt; statu quo, &lt;i&gt;&#224; b&#233;tonner les lobbies et les corporations&lt;/i&gt; &#187; (31.05.05). Sur le plateau de &#171; France Europe Express &#187;, Jean-Michel Blier chante le m&#234;me refrain : &#171; &lt;i&gt;On voit bien que la soci&#233;t&#233; est en crise, qu'il y a des r&#233;formes indispensables. Est-ce que &#231;a ne peut pas &#234;tre pouvoir d'achat et salaires contre r&#233;formes ?&lt;/i&gt; &#187; (France 3, 31.05.05). Le fait que la campagne du &#171; non &#187; victorieux ait port&#233; sur la remise en cause de l'ordre lib&#233;ral leur est insupportable. Voici donc ressortie la vieille rengaine des rh&#233;toriques conservatrices : quand les &#171; r&#233;formes &#187; &#233;chouent, c'est la preuve qu'elles n'ont pas &#233;t&#233; assez brutales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le dossier de Pour Lire Pas Lu consacr&#233; &#224; l'entre-deux tours des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, l'&#233;ditorialiste Denis Jeambar est tout &#224; fait explicite : &#171; &lt;i&gt;Il faut trancher le n&#339;ud gordien de ce mal-&#234;tre politique fran&#231;ais en cessant de croire que la mondialisation n'existe pas, que la concurrence est diabolique, que le march&#233; n'a pas triomph&#233;, que le syst&#232;me collectiviste n'a pas &#233;chou&#233;, que le lib&#233;ralisme est une menace qui rend obsol&#232;te tout keyn&#233;sianisme, qu'un choix existe encore entre radicalisme et r&#233;formisme&lt;/i&gt; &#187; (30.05.05). Ainsi, dans l'interpr&#233;tation du vote du 29 mai, sont de nouveau mobilis&#233;s les discours favorables au patronat qui dominent dans les m&#233;dias depuis une trentaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre sujet de d&#233;n&#233;gations, li&#233; au pr&#233;c&#233;dent : le caract&#232;re socialement marqu&#233; du vote. 82,5 % des &#233;lecteurs de la ville bourgeoise de Neuilly ont vot&#233; &#171; oui &#187; ; 81,2 % des &#233;lecteurs de la ville ouvri&#232;re du Grand-Quevilly ont vot&#233; &#171; non &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 19.07.05). D'apr&#232;s l'enqu&#234;te &#171; sortie des urnes &#187; de l'institut de sondages Ipsos (29.05.05), environ 76 % des personnes gagnant plus de 4 500 euros par mois ont vot&#233; &#171; oui &#187;, contre 37 % parmi celles gagnant moins de 2 000 euros. Comment ne pas parler de &#171; vote de classe &#187; ? Le scrutin du 29 mai est sans doute l'un des plus polaris&#233; de l'histoire contemporaine. Des experts sont pourtant mobilis&#233;s pour apporter des d&#233;mentis. Sur le plateau de &#171; France Europe Express &#187;, deux jours apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum, le politologue Pascal Perrineau s'emporte : &#171; &lt;i&gt;On nous dit : les &#233;lites et le peuple. Excusez-moi, c'est un peu plus compliqu&#233; !&lt;/i&gt; &#187;, avant d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;quand on est analyste, &#233;pargnons-nous les raisonnements binaires. Effor&#231;ons-nous d'&#234;tre un peu plus subtils !&lt;/i&gt; &#187; (France 3, 31.05.05). Aux lecteurs du &lt;i&gt;Journal du Dimanche&lt;/i&gt;, Dominique Reyni&#233;, autre expert de Sciences-Po, explique &#224; son tour combien une telle grille de lecture sociologique est &#171; &lt;i&gt;insuffisante&lt;/i&gt; &#187; (05.06.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et moins d'une semaine apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum, Edwy Plenel re&#231;oit une autre politologue de Sciences-Po, Nona Mayer, dans son &#233;mission &#171; Le Monde des id&#233;es &#187; sur LCI (04.06.05). L'ancien directeur de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, qui a milit&#233; pour le &#171; oui &#187;, se lance alors dans un grand num&#233;ro d'escamotage : &#171; &lt;i&gt;l'&lt;/i&gt;Establishment&lt;i&gt;, les &#233;lites, le peuple contre les &#233;lites, c'est le Front national ! Est-ce que quelque part le langage qu'a diffus&#233; l'extr&#234;me droite &#8211; et elle a toujours dit que la bataille des mots &#233;tait importante &#8211; est-ce qu'il n'est pas en train de progresser ?&lt;/i&gt; &#187;. Affirmation qui est une pure contre-v&#233;rit&#233;, car l'opposition entre &#171; les nantis &#187; et les &#171; sans-grades &#187; est une constante des discours de gauche depuis longtemps. Satisfait de ne pas &#234;tre contredit par son invit&#233;e, Plenel encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas d'un c&#244;t&#233; un vote &#034;non&#034; qui aurait qu'une &#233;tiquette sociale et un vote &#034;oui&#034; &#8211; en clair, le peuple et les privil&#233;gi&#233;s &#8211; entre le &#034;oui&#034; et le &#034;non&#034;, c'est faux, &#231;a ?&lt;/i&gt; &#187;. Nona Mayer r&#233;pond que c'&#233;tait effectivement faux, mais conc&#232;de qu'il y a tout de m&#234;me des &#171; &lt;i&gt;tendances&lt;/i&gt; &#187;. En effet, explique-t-elle, &#171; &lt;i&gt;les ouvriers ils ont vot&#233; &#034;non&#034; &#224; 81% et les cadres et les professions intellectuelles sup&#233;rieures elles ont vot&#233; &#034;oui&#034;, dans les m&#234;mes proportions&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;cidemment, il &#233;tait bien difficile pour les sp&#233;cialistes en &#171; opinion publique &#187;, habituellement si prompts &#224; prendre leurs d&#233;sirs pour la r&#233;alit&#233;, d'admettre l'&#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la sociologie des votants recoupe de mani&#232;re flagrante la hi&#233;rarchie sociale, mais la campagne a suscit&#233; des formes inattendues de politisation, en particulier au sein des classes populaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la tribune du politiste Bernard Pudal, &#171; Politisations et comportements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans les caf&#233;s, les entreprises, les familles, dans des centaines de r&#233;unions publiques, les discussions et les pol&#233;miques ont int&#233;ress&#233; de nombreux citoyens &#224; des sujets qui apparaissent souvent comme la chasse gard&#233;e des professionnels de la politique ou des experts savants. Mais les &#171; &#233;lites &#187; journalistiques ne l'entendent pas de cette oreille. D&#233;battant de la campagne avec son complice et ami Luc Ferry, Jacques Julliard tire cette conclusion sans appel : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e m&#234;me du r&#233;f&#233;rendum est morte en France pour longtemps. C'est une des proc&#233;dures de la d&#233;mocratie qu'un certain nombre de partisans du &#034;non&#034; ont totalement d&#233;consid&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187; (LCI, 03.05.05). Dans les colonnes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, l'essayiste Laurent Cohen-Tanugi disserte sur sa passion pour la d&#233;mocratie : &#171; &lt;i&gt;Une voix &#233;gale une voix, certes, mais toutes les opinions ne se valent pas ; il y a des opinions inform&#233;es et d'autres qui ne le sont pas&lt;/i&gt; &#187; (14.06.05). Par une de ces entourloupes dont certains &#233;ditorialistes ont le secret, le vote populaire du 29 mai devient le signe d'une &#171; &lt;i&gt;&#233;clipse de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187;. C'est en effet le titre de l'&#233;ditorial de Fran&#231;ois Lenglet dans le mensuel &lt;i&gt;Enjeux-Les &#201;chos&lt;/i&gt; de juillet-ao&#251;t 2005. &#171; &lt;i&gt;&#192; consulter le peuple &#224; tout propos&lt;/i&gt;, &#233;crit-il, &lt;i&gt;&#224; redouter ses col&#232;res, &#224; flatter ses craintes, l'ex&#233;cutif fran&#231;ais a affaibli le pays et min&#233; le suffrage universel&lt;/i&gt; &#187;. Heureusement qu'il y a les &#233;lections ! Car &#171; &lt;i&gt;le peuple sait qu'il n'est pas toujours sage&lt;/i&gt; &#187; et choisit par cons&#233;quent de se d&#233;partir de son pouvoir &#171; &lt;i&gt;au profit que ceux qu'il &#233;lit parce qu'il sait que ceux-l&#224; verront loin. Et qu'ils sauront &#234;tre impopulaires s'il le faut&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait &#234;tre plus clair : le suffrage universel n'est l&#233;gitime que s'il approuve les gardiens m&#233;diatiques de l'ordre &#233;tabli. &#201;videmment satisfaits d'avoir rempli leur fonction.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les prescriptions du &lt;i&gt;Quotidien du M&#233;decin&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Jean M&#233;na, &#171; Les prescriptions du Quotidien du M&#233;decin contre le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Quotidien du M&#233;decin&lt;/i&gt;, beau succ&#232;s de la presse sp&#233;cialis&#233;e, ne se borne pas &#224; donner des informations m&#233;dicales. Son r&#233;dacteur en chef, Richard Liscia, r&#233;dige chaque jour une chronique qu'il serait dommage de r&#233;server aux seuls m&#233;decins. Ayant ardemment milit&#233; pour le &#171; oui &#187;, l'&#233;ditorialiste est d&#233;prim&#233; par le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum. &#171; &lt;i&gt;C'est l'Europe qu'on assassine&lt;/i&gt; &#187;, tel est le titre de sa chronique du 3 juin 2005. Elle commence par un constat, suivi d'une d&#233;ploration : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s l'estocade fran&#231;aise, les Hollandais ont donn&#233; le coup de gr&#226;ce au trait&#233; europ&#233;en&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. D&#233;cid&#233;ment, le trait&#233; si savamment r&#233;dig&#233; par Val&#233;ry Giscard d'Estaing et la centaine d'&#233;lus comp&#233;tents qui l'entouraient n'avait aucune chance&lt;/i&gt; &#187;. Affectant de vouloir comprendre, Richard Liscia fait appel &#224; un expert : &#171; &lt;i&gt;Dans Le Figaro, Andr&#233; Grj&#233;bine, directeur de recherche &#224; Sciences Po,&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;estime d'abord que les Fran&#231;ais, &#224; part l'extr&#234;me droite, n'ont pas vot&#233; contre l'Europe ; et que, &#224; part Attac, l'extr&#234;me gauche et les altermondialistes, ils n'ont pas non plus vot&#233; contre le lib&#233;ralisme&lt;/i&gt; &#187;. Une telle &#171; explication &#187; &#8211; qui pr&#233;serve le lib&#233;ralisme &#8211; devrait rassurer Richard Liscia. Eh bien non ! &#171; &lt;i&gt;Les intentions des &#233;lecteurs&lt;/i&gt;, explique-t-il, &lt;i&gt;ont infiniment moins d'importance que le r&#233;sultat de leur vote, qui est souverain, comme le dit fort bien M. Chirac, mais qui, en toute d&#233;mocratie, peut &#234;tre d'autant plus d&#233;sastreux qu'il est d&#233;finitif et sans appel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Liscia est d&#233;cid&#233;ment tr&#232;s triste, car les peuples sont non seulement des fain&#233;ants, qui roupillent depuis cinquante ans pendant que leurs courageux dirigeants, seuls au turbin, s'&#233;chinent &#224; les enrichir pendant leur sommeil, mais ce sont surtout des ingrats : &#171; &lt;i&gt;Tout &#224; coup, soixante millions de Fran&#231;ais, douze millions de N&#233;erlandais sortent de leur l&#233;thargie, et m&#234;me de la longue sieste pendant laquelle leurs dirigeants oeuvraient &#224; leur s&#233;curit&#233;, &#224; leur enrichissement, &#224; la &#034;communion&#034; (pour reprendre un mot religieux) de presque 500 millions d'&#234;tres humains,&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;pour dire que le troisi&#232;me paragraphe du cinqui&#232;me article contient un vice de forme ou une disposition suspecte ?&lt;/i&gt; &#187; Sans doute, il &#233;tait pr&#233;f&#233;rable de prescrire &#224; ces trop nombreux ex&#233;g&#232;tes de puissants s&#233;datifs&#8230; Mais ce n'est pas tout : &#171; &lt;i&gt;On s'est f&#233;licit&#233; de la &#034;qualit&#233;&#034; du d&#233;bat avant le 29 mai, du fait qu'enfin l'Europe a soulev&#233; les passions, et que l'on s'est respect&#233; r&#233;ciproquement, les uns les autres, et mutuellement. Mais c'est le d&#233;bat qui a tu&#233; le trait&#233; (et peut-&#234;tre l'Europe) parce que se concentrer sur l'ex&#233;g&#232;se d'un texte forc&#233;ment imparfait, technique, juridique, parfois incompr&#233;hensible, prodigieusement ennuyeux, c'est fatalement &#234;tre agac&#233;, irrit&#233;, f&#226;ch&#233;. Donc, je ne me f&#233;licite pas de la qualit&#233; d'un d&#233;bat qui a priv&#233; l'Europe d'un surcro&#238;t de fraternit&#233;, de d&#233;mocratie, de libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi ce n'&#233;tait pas la peine d'analyser le trait&#233;. Fouiller le texte, c'&#233;tait prendre le risque d'y relever des imperfections. Ce qui aurait &#171; &lt;i&gt;fatalement&lt;/i&gt; &#187; agac&#233;, irrit&#233;, f&#226;ch&#233; les lecteurs du &lt;i&gt;Quotidien du M&#233;decin&lt;/i&gt;. Mieux vaut donc &#233;viter le sujet. Le 9 juin 2005, l'&#233;ditorialiste pr&#233;cise tout de m&#234;me le fond de sa pens&#233;e dans cette d&#233;claration d'amour au lib&#233;ralisme : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes convaincus que le salut de la France passe par une r&#233;duction des charges pay&#233;es par les citoyens et par les entreprises, donc des d&#233;penses sociales ; et par une relance de l'activit&#233; industrielle par diverses mesures d'all&#232;gement des cotisations et des formalit&#233;s bureaucratiques. Mais le &#034;non&#034; au trait&#233; europ&#233;en &#233;tait aussi un &#034;non&#034; &#224; un regain de libert&#233; pour les entreprises. Ce serait folie de dire le contraire, folie de passer au-dessus de la t&#234;te de syndicats d&#233;cid&#233;s &#224; en d&#233;coudre, folie de ne pas entendre l'&#233;lectorat. En cons&#233;quence de quoi, c'est clair, on ne peut pas toucher au code du travail. On ob&#233;it ainsi &#224; un diktat syndical&lt;/i&gt; &#187;. Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Les Fran&#231;ais ont rejet&#233; la politique du r&#233;el ; le gouvernement doit tenir compte de cet &#233;l&#233;ment grossi&#232;rement irrationnel&lt;/i&gt; &#187;. Richard Liscia ne se plie au suffrage universel que contraint et forc&#233;. Aussi peut-il conclure sa chronique, &#224; la fa&#231;on d'un aristocrate d'ancien r&#233;gime mal remis de 1789 : &#171; &lt;i&gt;Le peuple est souverain, h&#233;las !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;mocratie &#187; ? (bis) : Un festival d'autosatisfaction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Non contents d'avoir exerc&#233; un quasi-monopole d'expression en faveur du trait&#233; constitutionnel, notamment dans les m&#233;dias publics, nos &#233;ditorialistes importants (forc&#233;ment !) et multicartes (tr&#232;s souvent) n'avaient pas support&#233;, pendant le cours de la campagne, que leur contribution &#224; un ch&#339;ur quasi-unanime soit remise en question. De l&#224; quelques &#233;mouvants cris du c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le 29 mai, l'&#171; &#233;lite &#187; journalistique n'a cess&#233; de disqualifier toutes les critiques, qu'elles proviennent des auditeurs, de syndicats de journalistes ou d'organisations politiques. Par exemple, le PDG de Radio France, Jean-Paul Cluzel, assurait au quotidien &#233;conomique &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; que &#171; &lt;i&gt;les chroniqueurs n'ont pas une seule ligne&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;lire les articles de la Constitution et les expliquer&lt;/i&gt; &#187;, ce n'&#233;tait pas &#171; &lt;i&gt;faire de la propagande&lt;/i&gt; &#187; (09.05.05). Dans &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt;, Alain Genestar d&#233;plorait que le &#171; oui &#187;, &#171; &lt;i&gt;ce joli mot prononc&#233; avec le sourire d&#233;clenche, en retour, des r&#233;actions mesquines et de la haine&lt;/i&gt; &#187; alors que les journalistes cherchaient seulement &#171; &lt;i&gt;&#224; provoquer le d&#233;bat, honn&#234;tement, sans s'embarrasser de cette gestion &#233;pici&#232;re qui r&#233;glemente les temps de parole dans les t&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt; &#187; (05.05.05). Dans une tribune de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (11.05.05), Philippe Fr&#233;meaux, directeur du mensuel &lt;i&gt;Alternatives &#233;conomiques&lt;/i&gt; affirmait avec autorit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les grands m&#233;dias audiovisuels expliquent le trait&#233; au bon peuple&lt;/i&gt; &#187;. Et ce p&#233;dagogue alternatif et condescendant ajoutait : &#171; &lt;i&gt;Ne pas accorder la m&#234;me place aux deux camps n'est pas un signe de malhonn&#234;tet&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse plus d&#233;taill&#233;e, lire Henri Maler, &#171; Ils votent &#034;oui&#034; &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais n'&#233;tait-ce pas le signe d'un manque de pluralisme inqui&#233;tant en d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aveuglement des caciques du journalisme sur ce sujet, comme sur tant d'autres, est confondant. Nul ne conteste la libert&#233; d'expression des prescripteurs d'opinion pris un &#224; un, bien que les nuances qui les distinguent n'affectent gu&#232;re leur consensus. Mais comment ne pas constater que, pris dans leur grande majorit&#233;, ils d&#233;tiennent un quasi-monopole qui s'exerce au m&#233;pris du d&#233;bat d&#233;mocratique dont ils se croient les tenanciers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment la question qu'ils ne veulent pas entendre. Le lundi 30 mai 2005, I-t&#233;l&#233;vision re&#231;oit St&#233;phane Paoli, le pr&#233;sentateur du &#171; 7/9 &#187; de France Inter, le journal radio le plus &#233;cout&#233; du matin. La journaliste l'interroge : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que aujourd'hui vous vous dites &#034;c'est un peu notre d&#233;faite &#224; nous&#034; ?&lt;/i&gt; &#187;. Paoli r&#233;torque que &#171; &lt;i&gt;pas du tout, pas du tout&lt;/i&gt; &#187;, et ajoute quelques minutes plus tard : &#171; &lt;i&gt;J'ai le sentiment, vraiment, que dans ce pays, les m&#233;dias ont fait leur travail&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par PLPL n&#176; 25, juin-ao&#251;t 2005.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais ce sentiment ne semble pas partag&#233; par tous les auditeurs de la cha&#238;ne de radio. Un mois plus tard, l'un d'entre eux, se pr&#233;sentant comme &#171; &lt;i&gt;un adversaire des m&#233;dias qui mentent&lt;/i&gt; &#187;, l'interpelle sur l'engagement des &#233;ditorialistes et de certains &#171; &lt;i&gt;journalistes d'op&#233;rette&lt;/i&gt; &#187;, parlant m&#234;me d'une &#171; &lt;i&gt;propagande non-stop&lt;/i&gt; &#187;. St&#233;phane Paoli r&#233;plique, d'un ton outr&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas eu de campagne ici &#224; France Inter ! Il y a eu &#8211; encore une fois ! &#8211; des chroniqueurs que nous avons engag&#233;s pour leur talent. Et qui se sont positionn&#233;s comme tels. Et tant mieux. Et vive Guetta en ce qui me concerne !&lt;/i&gt; &#187; (20.06.05). Entre-temps pourtant, Paoli avait conc&#233;d&#233; l'existence d'un d&#233;s&#233;quilibre m&#233;diatique durant la campagne r&#233;f&#233;rendaire : &#171; &lt;i&gt;Je suis convaincu que la plupart des grands m&#233;dias &#233;tait assez dans le courant du &#034;oui&#034;&lt;/i&gt; &#187; (France 2, 02.06.05). Il avait m&#234;me tent&#233; d'&#233;tablir une sorte de &#171; bilan &#187; et de s'interroger sur le r&#244;le des journalistes en invitant un sp&#233;cialiste m&#233;diatique des m&#233;dias, Dominique Wolton : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes l&#224; parce qu'ici &#224; France Inter, &#224; la r&#233;daction, nous cherchons &#224; comprendre ce qui nous arrive. C'est un nous collectif. Qu'arrive-t-il au pays ? Qu'arrive-t-il&#8230; Qu'en est-il du lien entre le pays et sa repr&#233;sentation politique ? Et qu'en est-il du lien entre le pays et les principaux m&#233;dias ?&lt;/i&gt; &#187;. Mais la critique, gu&#232;re encourag&#233;e par les analyses &#171; complexes &#187; de Wolton, atteignait rapidement ses limites (&#171; &lt;i&gt;je ne voudrais pas qu'on vous donne le sentiment que nous sommes en train de nous flageller&lt;/i&gt; &#187;) et se concluait d'une mani&#232;re peu originale : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes ici heureux &#224; France Inter que Guetta soit avec nous ! Et on lui fait un grand signe d'amiti&#233; !&lt;/i&gt; &#187; (07.06.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; les entendre, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes m&#233;diatiques possibles. &#192; quelques nuances pr&#232;s, ils continuent de nier les &#233;vidences. Au lendemain du r&#233;f&#233;rendum, Jean-Paul Cluzel re&#231;oit la Soci&#233;t&#233; des Journalistes de Radio France et tire la le&#231;on qui s'impose : il fallait dissimuler la r&#233;alit&#233; pour que le &#171; oui &#187; l'emporte ! Le reportage, voil&#224; l'ennemi : &#171; &lt;i&gt;&#192; mettre en lumi&#232;re sans plus de d&#233;cryptage les d&#233;localisations ou les fermetures d'usine, peut-&#234;tre avons-nous nourri le vote n&#233;gatif au r&#233;f&#233;rendum&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Communiqu&#233; de la Soci&#233;t&#233; des journalistes de Radio France (SDJ), 15 juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les m&#233;dias n'avaient-ils pas fait le jeu du &#171; non &#187; ? On croit r&#234;ver. Certains se veulent pourtant rassurants, comme Arlette Chabot. S'avouant &#171; &lt;i&gt;parfois indign&#233;e, ou un peu agac&#233;e, par les reproches qui sont faits&lt;/i&gt; &#187;, elle affirme qu'elle &#171; &lt;i&gt;pr&#233;f&#232;re non pas &#234;tre sourde mais &#233;couter les critiques&lt;/i&gt; &#187; (France 5, 12.06.05). D'autres semblent d&#233;cid&#233;s &#224; faire leur &#171; &lt;i&gt;autocritique&lt;/i&gt; &#187; comme Jean Daniel, le responsable du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; (09.06.05)&#8230; pour r&#233;affirmer aussit&#244;t qu'il ne regrette rien, car &#171; &lt;i&gt;il fallait tout faire, exercer toutes les pressions&lt;/i&gt; &#187; pour faire triompher le camp du &#171; oui &#187;. L'&#233;ditorialiste du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; St&#233;phane Denis explique quant &#224; lui que ceux qui mettent en cause les abus de position des &#233;ditorialistes souhaitent en r&#233;alit&#233; &#171; &lt;i&gt;un monde sans journaux&lt;/i&gt; &#187; (31.05.05). Un tel enfermement intellectuel semble complet. &#192; la lecture d'un article de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, Yves Decaens, pr&#233;pos&#233; &#224; la revue de presse matinale de France Inter, constate que &#171; &lt;i&gt;dans la presse, seuls les lecteurs de&lt;/i&gt; La Croix&lt;i&gt;, du &lt;/i&gt;Figaro&lt;i&gt;, du &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; et des &lt;/i&gt;&#201;chos&lt;i&gt; ont vot&#233; &#034;oui&#034;, d'extr&#234;me justesse d'ailleurs pour les lecteurs du&lt;/i&gt; Monde &#187; et en tire les conclusions appropri&#233;es : &#171; [cela] &lt;i&gt;prouve qu'ils font la part des choses, les auditeurs, et que les &#233;ditorialistes ont eu bien raison d'&#233;ditorialiser, de faire leur boulot quoi&lt;/i&gt; &#187; (01.06.05)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s J&#233;r&#244;me Lefaure, &#171; En guise de bilan, sur France Inter : un &#233;loge des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces m&#234;mes &#233;ditorialistes qui s'indigneraient pour le compte des quelques 40 000 titulaires d'une carte de journaliste que l'on puisse les mettre tous dans le m&#234;me sac n'h&#233;sitent pas &#224; couvrir leurs turpitudes en s'abritant &#8211; corporatisme oblige &#8211; derri&#232;re le travail difficile et dangereux des reporters de guerre : la lib&#233;ration de la journaliste Florence Aubenas, ex-otage en Irak, suscite une nouvelle occasion de continuer le petit jeu du &#171; louons-nous les uns les autres &#187;. Dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; du 16 juin 2005, Franz-Olivier Giesbert fanfaronne et pousse son cri du c&#339;ur : &#171; &lt;i&gt;On &#233;tait fier d'exercer le m&#234;me m&#233;tier qu'elle. Merci, Florence.&lt;/i&gt; &#187; Merci &#224; la fois pour Franz-Olivier Giesbert, directeur de l'hebdomadaire, pour Claude Imbert, son fondateur et &#233;ditorialiste, pour Bernard-Henri L&#233;vy et Alain Duhamel, deux des chroniqueurs du magazine. Merci de les avoir rendus aussi fiers de faire ce qu'ils font depuis des d&#233;cennies&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le grand prix de l'humour d&#233;cern&#233; au &#171; Figaro magazine &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Joseph Labat, &#171; Quand le Fig mag enqu&#234;te sur la France du &#034;oui&#034;&#8230; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son image d'hebdo &#171; r&#233;ac &#187; de la bourgeoisie parisienne n'est peut-&#234;tre qu'une fa&#231;ade apr&#232;s tout. Et si le &lt;i&gt;Figaro magazine&lt;/i&gt; &#233;tait en r&#233;alit&#233; un grand journal satirique ? En tout cas, sa couverture dat&#233;e du 11 juin 2005 ne manque pas d'humour : &#171; &lt;i&gt;L&#226;ch&#233;e par les m&#233;dias, boud&#233;e par les politiques, snob&#233;e par les &#233;lites&#8230; Enqu&#234;te sur la France qui dit OUI&lt;/i&gt; &#187;. Il fallait oser tout de m&#234;me ! Malheureusement, le &lt;i&gt;Fig mag&lt;/i&gt; est tristement s&#233;rieux, comme le montre l'&#233;ditorial de Joseph Mac&#233;-Scaron, le directeur de la r&#233;daction. Commentant les r&#233;sultats du 29 mai, Mac&#233;-Scaron parle de &#171; &lt;i&gt;r&#233;volte &#224; froid&lt;/i&gt; &#187; et m&#234;le &#171; &lt;i&gt;d&#233;cembre 1995, avril 2002, mai 2005...&lt;/i&gt; &#187;. Les gr&#232;ves contre le Plan Jupp&#233;, Le Pen au deuxi&#232;me tour, le &#171; non &#187; au TCE, tout &#231;a, c'est un peu la m&#234;me chose, &#231;a vient d'en bas, du plus profond, plus exactement &#171; &lt;i&gt;de plaques tectoniques que l'on croyait disparues&lt;/i&gt; &#187;. Une sorte de retour du refoul&#233; d&#233;mocratique qui, p&#233;riodiquement, s'exprime sur le mode du lapsus &#233;lectoral. Prenant tout de m&#234;me acte de l'existence d'&#171; &lt;i&gt;un peuple du &#034;non&#034;&lt;/i&gt; &#187;, l'&#233;ditorialiste en vient &#224; fustiger les journalistes, ces &#171; &lt;i&gt;modernes girouettes&lt;/i&gt; &#187; qui d&#233;laissent les &#171; &lt;i&gt;45% de Fran&#231;ais&lt;/i&gt; [qui] &lt;i&gt;ont quand m&#234;me vot&#233; pour le &#034;oui&#034;&lt;/i&gt; &#187;. Et l'&#233;ditorialiste de se lamenter : &#171; &lt;i&gt;Il est de plus en plus malais&#233; pour les esprits libres de trouver le droit &#224; l'expression dans une presse libre&lt;/i&gt; &#187;. Le constat est clair : dans une presse encha&#238;n&#233;e &#224; l'air du temps, oblig&#233;e de tenir compte du verdict des urnes, l'espace d'expression pour les &#171; libres penseurs &#187; tendance &lt;i&gt;Fig Mag&lt;/i&gt; se r&#233;duit comme une peau de chagrin. Ce M. Mac&#233;-Scaron est d&#233;cidemment tr&#232;s dr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette all&#233;chante introduction, place au d&#233;veloppement. L'&#171; enqu&#234;te &#187; proprement dite, qui court sur une quinzaine de pages, s'ouvre sur un article de Sylvie Pierre-Brossolette qui s'attache, dans le sillage de l'&#233;dito, &#224; r&#233;duire les partisans du &#171; oui &#187; &#224; des contestataires marginalis&#233;s. On apprend ainsi que &#171; &lt;i&gt;les Fran&#231;ais du &#034;oui&#034;&lt;/i&gt; &#187; sont &#171; &lt;i&gt;les oubli&#233;s du d&#233;bat politique&lt;/i&gt; &#187; depuis le 29 mai. Il est vrai que pendant la campagne, on avait &#224; peine parl&#233; d'eux, si ce n'est par la bouche des sondologues qui les avaient approch&#233;s par questionnaires interpos&#233;s. Puis la journaliste affirme que les tenants du &#171; non &#187;, forts de leur victoire, seraient d&#233;sormais &#171; &lt;i&gt;par&#233;s de toutes les vertus&lt;/i&gt; &#187;. &#192; croire que Sylvie Pierre-Brossolette est la seule journaliste qui ne lise pas ses confr&#232;res ! Mais poursuivons : les partisans du &#171; oui &#187; &#171; &lt;i&gt;croient &#224; la vie, &#224; l'effort, au progr&#232;s, &#224; l'autre&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me quand il &#171; &lt;i&gt;prend soudain le visage du plombier polonais ou du routier hongrois&lt;/i&gt; &#187;... Ils appr&#233;cient &#233;galement &#171; &lt;i&gt;la libre concurrence, la singularit&#233; individuelle, l'ouverture&lt;/i&gt; &#187;. On admirera au passage la subtilit&#233; du proc&#233;d&#233; qui, en parlant des partisans du &#171; oui &#187;, trace un portrait en creux &#8211; forc&#233;ment n&#233;gatif &#8211; des &#233;lecteurs du &#171; non &#187;. Et voter &#171; oui &#187;, poursuit-elle, d&#233;cid&#233;ment intarissable sur le sujet, c'&#233;tait aussi croire &#171; &lt;i&gt;au travail, &#224; la mobilit&#233;, &#224; l'adaptabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et &#224; un &#171; &lt;i&gt;mod&#232;le europ&#233;en r&#233;nov&#233;&lt;/i&gt; &#187;, par opposition &#224; la &#171; &lt;i&gt;frilosit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et au &#171; &lt;i&gt;repli sur des habitudes d&#233;pass&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Doux euph&#233;mismes ! &#192; lire son &#233;loge, le &#171; &lt;i&gt;Fran&#231;ais du &#034;oui&#034;&lt;/i&gt; &#187; n'a pas l'air franchement malheureux. Et pourtant... ce Fran&#231;ais souffre. Car il a mal &#171; &lt;i&gt;de n'&#234;tre jamais &#233;cout&#233;&lt;/i&gt; &#187;, snob&#233; &#224; son tour &#171; &lt;i&gt;par les &#233;lites&lt;/i&gt; &#187;... Ivre de col&#232;re, il veut &#171; &lt;i&gt;r&#233;ussir&lt;/i&gt; &#187; et enrage devant cet &#201;tat qui n'en finit pas de &#171; &lt;i&gt;panser les plaies de ceux qui baissent les bras&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais qu'on se rassure : les Fran&#231;ais qui disent &#171; oui &#187; n'ont plus honte, ils sortent du placard et acceptent &#171; &lt;i&gt;de se montrer au grand jour&lt;/i&gt; &#187;. De nouveau, le m&#233;canisme d'inversion fonctionne &#224; plein. Le reste du dossier est du m&#234;me acabit : qu'il s'agisse des jeunes partisans du &#171; oui &#187; &#224; Chartres, de Bondues, la banlieue cossue de Lille ou du village lorrain de Mittersheim, le &#171; oui &#187; est toujours porteur des m&#234;mes valeurs : &#171; &lt;i&gt;europhilie&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;fibre optimiste&lt;/i&gt; &#187; ; dynamisme ; &#171; &lt;i&gt;vote d'adh&#233;sion&lt;/i&gt; &#187;, etc. &lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, le &#171; non &#187;, &#171; &lt;i&gt;vote de d&#233;fiance&lt;/i&gt; &#187;, est &#171; &lt;i&gt;nombriliste&lt;/i&gt; &#187;, pessimiste, ses partisans sont &#171; &lt;i&gt;des souverainistes&lt;/i&gt; &#187; qui ont brad&#233; &#171; &lt;i&gt;la France pour des probl&#232;mes personnels&lt;/i&gt; &#187; et se sont prononc&#233; sur &#171; &lt;i&gt;des d&#233;tails de la Constitution&lt;/i&gt; &#187;. Quant aux chefs d'entreprises interrog&#233;s, sans surprise, ils ont dit &#171; oui &#187; au Trait&#233; et &#171; &lt;i&gt;non &#224; l'immobilisme&lt;/i&gt; &#187;. Alors, le camp du &#171; oui &#187;, &#171; &lt;i&gt;id&#233;ologiquement perdant&lt;/i&gt; &#187;, comme semble le craindre le &lt;i&gt;Figaro Magazine&lt;/i&gt; ? Rien n'est moins s&#251;r. Mais l'hebdomadaire se place sur le terrain de la contre-offensive, continuant inlassablement de marteler les valeurs de la &#171; modernit&#233; &#187;, celles du moins des capitalistes et de la grande presse. D&#233;cidemment, les dominants ne supportent pas les &#233;checs. La contestation de leur ordre est pour eux insupportable. Surtout lorsqu'elle est d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Extrait de &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne&lt;/i&gt;, Henri Maler et Antoine Schwartz, Acrimed, Syllepse, 2005, p. 85-117.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Patrick Braouzec, G&#233;rard Filoche, Jacques Nikonoff, Georges Sarre, &#171; Messieurs les censeurs, les urnes ont parl&#233; ! &#187;, publi&#233; par Acrimed, 1er juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Olivier Cyran &#171; Le &#034;oui&#034; repasse en t&#234;te &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 24, 17 juin 2005. Publi&#233; sur le site d'Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La transcription de cette &#233;mission d'anthologie a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par l'&#233;quipe de &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt;, qui en publie plusieurs extraits dans son dossier &#171; Les tigres de papier &#187;, n&#176; 25, juin-ao&#251;t 2005, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article de Mathias Reymond, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site d'Acrimed le 14 juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La presse r&#233;gionale ne fait pas exception. Lire, par exemple, sur le site d'Acrimed : &#171; &lt;i&gt;Les Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt; ne d&#233;sarment pas &#187; par ColMar (publi&#233; le 8 juin 2005) et &#171; Un dessin qui r&#233;sume la plupart des commentaires &#187; (le 2 juin 2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; La procession des fulminants &#187;, publi&#233; par Acrimed le 3 juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire l'article d'Yves Rebours, &#171; Philippe Val, d&#233;fenseurs des &#233;ditorialistes contre les &#034;poujadistes&#034; &#187;, publi&#233; par Acrimed le 11 ao&#251;t 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Annie Collovald, &#171; Les m&#233;susages politiques du populisme &#187;, Flash de la fondation Copernic, juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s Mathias Reymond, &#171; Le &#034;non&#034; de gauche ? Alli&#233; du FN contre BHL et&#8230; Emmanuel Kant &#187;, publi&#233; le 4 juillet 2005 sur le site d'Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Aufkl&#228;rung&lt;/i&gt; &#187; = les Lumi&#232;res. Dans les colonnes du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, doivent se dire en allemand.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire le dossier de &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt; consacr&#233; &#224; l'entre-deux tours des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002, &#171; Les Bacchanales de la vertu &#187;, &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; n&#176; 24, avril 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire la tribune du politiste Bernard Pudal, &#171; Politisations et comportements &#233;lectoraux &#187;, parue dans le quotidien &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du 27 juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s Jean M&#233;na, &#171; Les prescriptions du &lt;i&gt;Quotidien du M&#233;decin&lt;/i&gt; contre le d&#233;bat d&#233;mocratique &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 21 juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse plus d&#233;taill&#233;e, lire Henri Maler, &#171; Ils votent &#034;oui&#034; &#224; la propagande m&#233;diatique (1) &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 16 mai 2005. Voir aussi &#171; Ils votent &#034;oui&#034; &#224; la propagande m&#233;diatique (2) &#187;, par Yves Rebours, publi&#233; sur site d'Acrimed le 19 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; n&#176; 25, juin-ao&#251;t 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Communiqu&#233; de la Soci&#233;t&#233; des journalistes de Radio France (SDJ), 15 juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s J&#233;r&#244;me Lefaure, &#171; En guise de bilan, sur France Inter : un &#233;loge des &#233;ditorialistes inoffensifs &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 3 juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s Joseph Labat, &#171; Quand le &lt;i&gt;Fig mag&lt;/i&gt; enqu&#234;te sur la France du &#034;oui&#034;&#8230; &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 23 juillet 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>20 ans apr&#232;s, retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005 (3/5)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-3</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-3</guid>
		<dc:date>2025-08-11T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;&#171; M&#233;dias en campagne &#187;, Syllepse, 2005, chapitre 2.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Referendum-de-2005-" rel="directory"&gt;R&#233;f&#233;rendum de 2005 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L96xH150/mediasencampagne-2-9fa23.jpg?1776746483' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 mai 2005, le trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#233;tait rejet&#233; par r&#233;f&#233;rendum. &#192; l'&#233;poque, nous y avions consacr&#233; de nombreux articles et un livre : &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne. Retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005&lt;/i&gt; (Henri Maler et Antoine Schwartz, &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/medias-en-campagne-_r_25_i_271.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syllepse&lt;/a&gt;, 2005). &#192; l'occasion de ce vingti&#232;me anniversaire, nous publions au fil de l'&#233;t&#233; les diff&#233;rents chapitres de cet ouvrage. Au programme ici : le chapitre 2.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH471/medias-en_campagne-90f57.jpg?1776689247' width='300' height='471' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Vous avez dit &#171; p&#233;dagogie &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;La &#171; raison &#187; des dominants, &#224; bien les entendre, est toujours la meilleure, voire la seule. C'est m&#234;me la raison de leur domination C'est du moins ce que semble affirmer Alain Duhamel, avec sa hauteur de vue coutumi&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Il y a beaucoup de partisans du oui, c'est le cas de la majorit&#233; des &#233;ditorialistes. Mais c'est le propre de la majorit&#233; des &#233;lites fran&#231;aises, comme au sein de tous les pays europ&#233;ens d'ailleurs. Ce qui ne signifie pas qu'il y ait une domestication de la pens&#233;e ; ils b&#233;n&#233;ficient simplement d'une meilleure information que les autres et suivent de plus pr&#232;s les d&#233;bats &#8211; c'est leur m&#233;tier&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site &#171; expression-publique.com &#187;, janvier 2005. Cit&#233; par PLPL, &#171; Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. S'arrogeant ainsi le monopole de la &#171; raison &#187;, nos z&#233;l&#233;s prescripteurs d'opinion s'arrogent du m&#234;me coup le monopole de la &#171; p&#233;dagogie &#187;. Mais peu leur importe de savoir s'il est possible de distinguer cet &#233;tat de fait d'une pure et simple propagande. Des na&#239;fs pourraient croire qu'un peuple s'instruit par des d&#233;bats contradictoires. Que nenni ! Stigmatis&#233;s comme &#171; irrationnels &#187;, les citoyens r&#233;calcitrants doivent alors subir l'enseignement de ma&#238;tres irascibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;La raison des ma&#238;tres et les passions du peuple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Le jugement d'un ancien Premier ministre r&#233;sume ce que ne cesseront de r&#233;p&#233;ter nos meilleurs &#233;ditorialistes&#8230; en toute ind&#233;pendance. D&#232;s f&#233;vrier 2005, Michel Rocard confiait au &lt;i&gt;Journal du Dimanche&lt;/i&gt; sa vision du d&#233;bat europ&#233;en : d'un c&#244;t&#233;, les tenants du &#171; oui &#187;, qui incarneraient &#171; &lt;i&gt;la France moderne, jeune et dynamique&lt;/i&gt; &#187; ; de l'autre, le camp du &#171; non &#187;, qui serait &#171; &lt;i&gt;une pollution, une mystification et un mensonge, le choix du n&#233;ant, une piscine sans eau, de l'agitation d'analphab&#232;tes&lt;/i&gt; &#187; (13.2.05 ; cit&#233; par &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, 19.02.05). L'hebdomadaire &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; a compl&#233;t&#233; le tableau : &#171; &lt;i&gt;le &#034;non&#034; se nourrit de la col&#232;re, le &#034;oui&#034; de la raison&lt;/i&gt; &#187; (21.03.05). Jean-Marie Colombani, comme Jacques Chirac, ne comprend pas &#171; &lt;i&gt;cet &#233;tat d'irritabilit&#233; permanent de l'opinion&lt;/i&gt; &#187;, et s'exclame sur l'antenne de France Culture : &#171; &lt;i&gt;On voit bien que les arguments du &#034;non&#034; sont des arguments simples &#8211; non &#224; ci ! non &#224; &#231;a ! &#8211; et que les arguments du &#034;oui&#034; font plus appel &#224; la r&#233;flexion&lt;/i&gt;. &#187; (26.03.05.). Jean-Michel Th&#233;nard, &#233;ditorialiste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, tient le m&#234;me langage lorsqu'il affirme que le &#171; &lt;i&gt;&#034;oui&#034; de gauche&lt;/i&gt; &#187; aurait fait &#171; &lt;i&gt;le pari du rationnel contre le passionnel&lt;/i&gt; &#187; (19.03.05). Selon l'humeur des journalistes, le vote &#171; non &#187; est ainsi associ&#233; aux &#171; &lt;i&gt;tripes&lt;/i&gt; &#187;, &#224; un &#171; &lt;i&gt;ras-le-bol anarchique&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Les Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt;, 11.03.05), &#224; un &#171; &lt;i&gt;r&#233;flexe&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 19.02.05), ou bien &#224; la &#171; &lt;i&gt;d&#233;magogie&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Paris-Match&lt;/i&gt;, 24.03.05). Les classes &#233;duqu&#233;es qui pensent la &#171; complexit&#233; &#187; du monde, contre le peuple ignare qui ne comprend rien &#224; rien : voil&#224; des si&#232;cles que ces oppositions cardinales structurent le discours du parti de l'ordre. En 1992, Jean Boissonnat pontifiait d&#233;j&#224; : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un hasard si la construction europ&#233;enne doit plus au raisonnement des &#233;lites qu'aux impulsions des peuples.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;C'est un produit culturel. Non un &#233;lan irr&#233;fl&#233;chi, un hoquet des masses arrach&#233; dans un mouvement de foule.&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;, 03.09.92)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans Le B&#234;tisier de Maastricht, Paris, Arl&#233;a, 1997.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, le &#171; hoquet &#187; est toujours mena&#231;ant. C'est pourquoi le camp engag&#233; en faveur de la ratification du projet de Constitution europ&#233;enne pr&#233;f&#232;re mobiliser des artistes joyeux plut&#244;t que des ouvriers &#171; frileux &#187;. Lorsque le &#171; Comit&#233; de soutien pour le &#034;oui&#034; &#187; est rendu public par le Parti socialiste, &#224; la fin du mois de mars 2005, Jack Lang pr&#233;cise que les 300 repr&#233;sentants des arts, des lettres et du sport qui le composent, sont &#171; &lt;i&gt;tous unis sous la m&#234;me banni&#232;re : celle de la &#034;cr&#233;ation&#034; et de &#034;l'intelligence&#034;&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;L'Hebdo des socialistes&lt;/i&gt;, 26.03.05). Ces gens &#171; intelligents &#187; et &#171; cr&#233;atifs &#187; ont pour noms Laure Adler (alors directrice de France culture et se pr&#233;sentant comme telle&#8230;), Josiane Balasko, Fr&#233;d&#233;ric Beigbeder, Patrice Ch&#233;reau, Jean Daniel, Bernard-Henri L&#233;vy, Pierre Rosanvallon, Philippe Sollers, Philippe Torreton, Alain Touraine, etc. En effet, explique Philippe Val, le responsable du journal &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, l'argument des partisans du &#171; oui &#187; n&#233;cessite &#171; &lt;i&gt;des qualit&#233;s de philosophe, ou d'artiste, ou de scientifique&lt;/i&gt; &#187;, seules &#224; m&#234;mes de &#171; &lt;i&gt;saisir de mani&#232;re permanente et reproductible quelque chose de l'&#234;tre en perp&#233;tuel devenir&lt;/i&gt; &#187; (13.04.05). Pour une t&#226;che aussi difficile, il n'est pas s&#251;r que la convocation de tous les inscrits &#224; l'annuaire du parisianisme bien pensant aurait suffi. Mais il est significatif que cet annuaire recoupe la petite minorit&#233; des privil&#233;gi&#233;s pour qui &#171; modernit&#233; &#187; rime avec &#171; enrichissement &#187; (culturel, bien s&#251;r).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;pris social que nos majest&#233;s &#233;ditoriales manifestent &#224; l'&#233;gard des classes populaires n'est pas sans raison. Les journalistes ne flottent pas en &#233;tat d'apesanteur dans la soci&#233;t&#233; et n'&#233;chappent pas plus que les autres aux effets des appartenances sociales. Les plus influents d'entre eux appartiennent aux fractions les plus favoris&#233;es de la population fran&#231;aise, avec lesquelles ils partagent souvent un m&#234;me style de vie et surtout une mani&#232;re commune de voir le monde, qui est en r&#233;alit&#233; celle de leur monde. Cette proximit&#233; &#224; la fois sociale, g&#233;ographique et culturelle avec les classes dominantes explique pour partie l'existence de telles affinit&#233;s id&#233;ologiques. Avec aussi pour r&#233;sultat le regard vitreux que nombre de ces journalistes dominants portent sur leurs concitoyens lorsqu'ils n'appartiennent pas &#224; leur milieu, ou &#224; celui des artistes prosp&#232;res ou des cadres sup&#233;rieurs. Parlant pour bien d'autres, Serge Raffy, du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, d&#233;clare sur I-t&#233;l&#233;vision : &#171; &lt;i&gt;Malheureusement il faut dire aux Fran&#231;ais : oui, les probl&#232;mes sociaux, votre petit confort personnel, eh bien ! aujourd'hui &#231;a doit passer en second&lt;/i&gt; &#187; (29.03.05)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Serge Halimi, &#171; M&#233;dias en tenue de campagne europ&#233;enne &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et plus les sondages &#171; donnent &#187; des indications d&#233;favorables au &#171; oui &#187;, plus les portefaix m&#233;diatiques du trait&#233; constitutionnel regrettent qu'on ait choisi de consulter les Fran&#231;ais par voie r&#233;f&#233;rendaire. Pour Philippe Val, le r&#233;f&#233;rendum imposerait &#171; &lt;i&gt;un d&#233;bat compliqu&#233; que le Congr&#232;s aurait l&#233;gitimement pu mener&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Val, Le R&#233;f&#233;rendum des l&#226;ches, Paris, Le Cherche midi, 2005, p. 49.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec plus de franchise, le pr&#233;sident du Conseil de surveillance du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, Alain Minc d&#233;clare au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; que &#171; &lt;i&gt;le r&#233;f&#233;rendum est pareil &#224; une &#034;v&#233;role&#034; antid&#233;mocratique que la France aurait propag&#233;e dans l'ensemble de l'Europe&lt;/i&gt; &#187; (11.4.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine l'ampleur des efforts de &#171; p&#233;dagogie &#187; qu'il a fallu d&#233;ployer pour lutter, mais en vain, contre les manifestations cette &#171; v&#233;role &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le magazine &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; et la &#171; p&#233;dagogie &#187; de pointe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article de Denis Perais et Henri Maler, publi&#233; sous le m&#234;me titre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un &#233;ditorial publi&#233; dans l'&#233;dition du 28 mars 2005 du magazine &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, Mich&#232;le Fitoussi, qui se pr&#233;sente comme &#171; &lt;i&gt;une simple m&#232;re de famille&lt;/i&gt; &#187;, souhaite donner &#171; &lt;i&gt;quelques conseils de bon sens&lt;/i&gt; &#187; aux responsables politiques. L'&#233;ditorialiste dresse d'embl&#233;e un portrait maternaliste du peuple fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Vous avez sans doute remarqu&#233; que les Fran&#231;ais ont beau &#234;tre un peuple adulte &#8211; si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; leur &#226;ge canonique &#8211; ils se comportent tr&#232;s souvent comme des enfants qui n'auraient pas d&#233;pass&#233; le stade de l'opposition&lt;/i&gt; &#187;. Et Mich&#232;le Fitoussi d'analyser finement les principaux traits de ce peuple infantile : &#171; &lt;i&gt;Chez nous, le &#034;non&#034; fait carr&#233;ment partie de la culture nationale, c'est un sport et un passe-temps. Les petits l'apprennent d&#232;s le berceau ou presque, les lyc&#233;ens font leurs premi&#232;res armes politiques en manifestant contres les r&#233;formes de l'&#201;ducation Nationale, avec la b&#233;n&#233;diction de tous, et &#231;a ne va pas en s'am&#233;liorant. Nous disons &#034;non&#034; comme nous respirons, pour un oui ou pour un non en arrondissant la bouche pour prononcer le plus fort qu'on peut ces trois petites lettres d&#233;finitives, et en secouant la t&#234;te de droite &#224; gauche et de gauche &#224; droite&lt;/i&gt; &#187;. Quand le &#171; oui &#187; qui s'affiche comme celui de toutes les ob&#233;issances permet de d&#233;noncer le &#171; non &#187; qui s'oppose aux d&#233;tenteurs de l'autorit&#233;, on croit avoir fait le tour du &#171; &lt;i&gt;bon sens&lt;/i&gt; &#187; de notre &#171; &lt;i&gt;simple m&#232;re de famille&lt;/i&gt; &#187;. Mais ce serait oublier que derri&#232;res ces assauts de condescendance se cache un amour tendre pour les enfants : &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, en certaines circonstances, le syndrome du petit bonhomme &#224; moustache qui dit &#034;non, par Toutatis&#034; &#224; l'envahisseur nous a largement r&#233;ussi&lt;/i&gt; &#187;. Apr&#232;s le st&#233;r&#233;otype du peuple enfant, le poncif du Gaulois rebelle ! Mais c'est aussit&#244;t pour le mettre en garde : &#171; &lt;i&gt;D'autres fois cependant, ce &#034;non&#034; syst&#233;matique, qui se nourrit de lui-m&#234;me, peut conduire au blocage&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; non &#187;, &#224; la diff&#233;rence du &#171; oui &#187; qui ne saurait &#234;tre suiviste ou servile, rel&#232;ve de l'opposition &#171; &lt;i&gt;syst&#233;matique&lt;/i&gt; &#187;. Une seule solution, la &#171; p&#233;dagogie &#187;. Ou plus exactement ceci : &#171; &lt;i&gt;L&#224; dessus, mesdames et messieurs les politiques, les psys &#8211; dont les parents modernes usent et abusent &#8211; sont formels : un enfant s'oppose de fa&#231;on exag&#233;r&#233;e parce qu'il ne peut exprimer son malaise grandissant autrement que par un comportement de refus. Leurs conseils ? Favoriser l'&#233;coute et le dialogue. Rester ferme et explicite. Ne pas baisser les bras. Toutes choses que vous ne savez pas &#8211; ou plus faire&lt;/i&gt; &#187;. En d'autres termes, notre &#171; &lt;i&gt;simple m&#232;re de famille&lt;/i&gt; &#187;, devenue conseill&#232;re en communication, en appelle &#224; la sainte alliance des &#233;ducateurs qui doivent faire face &#224; un &#171; &lt;i&gt;malaise grandissant&lt;/i&gt; &#187; et non &#224; des arguments, certes discutables, mais raisonn&#233;s, qui sont forc&#233;ment r&#233;serv&#233;s aux &#171; adultes &#187; favorables au projet de Constitution. Cette le&#231;on de &#171; p&#233;dagogie &#187;, destin&#233;e aux responsables politiques, s'ach&#232;ve par une ultime le&#231;on. De modestie, cette fois : &#171; &lt;i&gt;Et gardez en t&#234;te que s'il n'existe pas d'enfants parfaits, il n'y a pas d'&#233;ducateurs irr&#233;prochables&lt;/i&gt; &#187;. Pas d'&#233;ducateurs irr&#233;prochables ? Except&#233; peut-&#234;tre le magazine &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;. Car quelques semaines plus tard, une autre &#233;ditorialiste de l'hebdomadaire, Marie-Fran&#231;oise Colombani, r&#233;digeait &#224; son tour une &#171; &lt;i&gt;Lettre &#224; une amie ind&#233;cise&lt;/i&gt; &#187; (25.04.05). Un court extrait suffit pour comprendre le caract&#232;re &#171; adulte &#187; des arguments employ&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Enfin, toi qui es folle de fringues, tu es bien plac&#233;e pour savoir que la mode a toujours une longueur d'avance sur la soci&#233;t&#233;. Et quelle est la couleur de l'&#233;t&#233; ? Le bleu ! Comme le drapeau de l'Europe&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Pierre Marcelle, &#171; Elle, folle de son oui &#187;, Lib&#233;ration, 9 mai 2005.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces &#233;ditoriaux s&#233;ditieux, le magazine d&#233;cide de publier un grand dossier sur le r&#233;f&#233;rendum intitul&#233; &#171; ELLEINFOREFERENDUM &#187; dans son &#233;dition du 9 mai 2005&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; comparer avec celui d'un autre magazine &#171; f&#233;minin &#187; : Marie Claire. Lire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Coinc&#233;e entre &#171; Elle &#187; et les &#171; r&#233;f&#233;rendum &#187;, l'&#171; Info &#187; prend la forme d'une pi&#232;ce en trois actes qui disent successivement &#171; oui &#187;, &#171; oui &#187; et &#171; oui &#187;. Acte 1 : pour ouvrir son dossier, le magazine offre &#224; ses lectrices un &#171; affrontement &#187; entre S&#233;gol&#232;ne Royal (&#171; oui &#187;) et Simone Veil (&#171; oui &#187;), dans une interview &#233;mouvante intitul&#233;e &#171; S&#233;gol&#232;ne Royal et Simone Veil disent Oui ensemble &#187;. Acte 2 : apr&#232;s le d&#233;bat, un reportage, intitul&#233; &#171; Manifestement pour l'Europe &#187; de Caroline Laurent et Olivier Basset et consacr&#233; &#224; la journ&#233;e du 29 avril organis&#233;e par la ministre de la Parit&#233; et de l'&#233;galit&#233; Professionnelle. Sans surprise, nous d&#233;couvrons que cette journ&#233;e organis&#233;e au Trocad&#233;ro n'avait rien d'un grand rassemblement populaire. S'y trouvaient en effet des &#171; &lt;i&gt;femmes politiques, artistes, intellectuelles connues et anonymes&lt;/i&gt; &#187; qui ont pour noms &#171; &lt;i&gt;Blandine Kriegel, Laure Adler, Annie Sugier, pr&#233;sidente de la Ligue internationale des droits des femmes, Fadela Amara, pr&#233;sidente de Ni putes ni soumises, Nicole Notat, Antoinette Fouque, la f&#233;ministe historique et Yamina Benguigui, la r&#233;alisatrice&lt;/i&gt; &#187; ainsi que &#171; &lt;i&gt;la lumineuse&lt;/i&gt; &#187; Simone Veil &#171; &lt;i&gt;dont l'arriv&#233;e d&#233;cha&#238;ne des salves d'applaudissements&lt;/i&gt; &#187;. Acte 3 : pour achever cette c&#233;l&#233;bration du &#171; oui &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; fait appel aux t&#233;moignages de &#171; sept personnalit&#233;s &#187; f&#233;minines dans un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Pourquoi elles votent oui&lt;/i&gt; &#187;. Inutile de pr&#233;ciser que l'article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Pourquoi elles votent non&lt;/i&gt; &#187; n'a pas &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;. Inutile de dire aussi que les &#171; personnalit&#233;s &#187; en question &#233;taient toutes issues des quartiers de rel&#233;gation sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Les merveilles de la p&#233;dagogie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;D&#233;but septembre 2004, les propos de Pierre Le Marc, chef du service politique de France Inter, r&#233;sonnent comme un mot d'ordre : &#171; &lt;i&gt;l'effort de rationalit&#233; qu'exige l'adh&#233;sion &#224; la Constitution reste &#224; construire dans l'opinion&lt;/i&gt; &#187; (France Inter, 08.09.04). En effet, pendant de longs mois, le microcosme politique et journalistique engag&#233; dans la ratification du trait&#233; constitutionnel va redoubler d'efforts, de &#171; p&#233;dagogie &#187;. Car pour les journalistes dominants, comme pour les responsables politiques auxquels ils servent souvent de faire valoir, il est inconcevable que des citoyens s'opposent en connaissance de cause &#224; une &#171; r&#233;forme &#187; quand elle est lib&#233;rale et &#224; un Trait&#233; quand il l'est aussi. Ils s'y opposent simplement parce qu'ils ne comprennent pas ce qu'on leur propose. Il faut donc expliquer les choses &#224; ces grands enfants et les rassurer, afin qu'ils rejoignent &#171; &lt;i&gt;le camp des raisonnables&lt;/i&gt; &#187;, comme dit l'ancien directeur de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, Edwy Plenel (21.10.04). Partant de ce campement, &#171; &lt;i&gt;tous les chemins m&#232;nent au Oui&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la formule employ&#233;e par Serge Halimi dans son article, &#171; M&#233;dias en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Leurs trac&#233;s, bitum&#233;s de p&#233;dagogie ou pav&#233;s de propagande, permettent de d&#233;couvrir quelques merveilles destin&#233;es &#224; l'&#233;dification du peuple indocile. Les r&#232;gles de la m&#233;thode &#171; p&#233;dagogique &#187;, en quelque sorte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#232;gle n&#176;1 : Monopoliser l'orchestration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voix des p&#233;dagogues ne s'additionnent pas seulement avec celles des responsables politiques favorables au &#171; oui &#187;. Ils sont charg&#233;s de l'orchestration d'au moins trois fa&#231;ons : ils confortent les partisans officiels du &#171; oui &#187; (tout en affectant de leur donner la le&#231;on) ; ils proposent des tours d'Europe r&#233;serv&#233;s aux partisans &#233;trangers du &#171; oui &#187; ; ils organisent un pluralisme de fa&#231;ade au service d'une mobilisation &#224; sens unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre bon p&#233;dagogue, il convient donc de ne pas laisser abusivement les adversaires s'exprimer. Par exemple, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a publi&#233; 40 tribunes favorables au trait&#233; constitutionnel, contre 14 hostiles, et interview&#233; 41 partisans du &#171; oui &#187; contre 18 pour le &#171; non &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s les calculs de Pour Lire Pas Lu, &#171; Les tigres de papier &#187;, n&#176;25, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le m&#233;diateur du quotidien Robert Sol&#233; s'est voulu rassurant en expliquant qu'&#171; &lt;i&gt;un journal ne se &lt;/i&gt;[faisait]&lt;i&gt; pas &#224; l'aide d'une calculette&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;l'&#233;quilibre &lt;/i&gt;[n'&#233;tait]&lt;i&gt; pas n&#233;cessairement arithm&#233;tique&lt;/i&gt; &#187; (15.05.05). Certes, mais le d&#233;s&#233;quilibre est encore plus pesant si l'on prend en compte les analyses des chroniqueurs et des &#233;ditorialistes associ&#233;s, comme celles de Thierry de Montbrial d&#233;non&#231;ant &#171; &lt;i&gt;les mirages du non&lt;/i&gt; &#187; (06.04.05) ou de Daniel Vernet &#233;voquant &#171; &lt;i&gt;un triste retournement de l'Histoire&lt;/i&gt; &#187; en cas de victoire du &#171; non &#187; (10-11.04.05). Ou bien les &#233;ditoriaux qui engagent l'ensemble de la r&#233;daction, tel celui du 2 f&#233;vrier 2005 f&#233;licitant le &#171; &lt;i&gt;premier oui&lt;/i&gt; &#187;, celui des parlementaires fran&#231;ais r&#233;unis &#224; Versailles, ou celui du 24 mars qui moquait l'&#171; &lt;i&gt;ingratitude paysanne&lt;/i&gt; &#187; lorsque des sondages laissaient pr&#233;sager un succ&#232;s du &#171; non &#187; chez les agriculteurs. Sans m&#234;me parler des &#233;lucubrations du directeur adjoint de la r&#233;daction, Patrick Jarreau, qui, dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 16 avril 2005, sous le titre &#171; Vote r&#233;volutionnaire pour le Non &#187;, sugg&#233;rait une connivence intentionnelle entre le parti d'extr&#234;me droite et la gauche oppos&#233;e au TCE : &#171; &lt;i&gt;La mode, aujourd'hui, chez les antieurop&#233;ens de gauche, pourrait se r&#233;sumer ainsi : &#034;Donnez-vous des frissons, votez avec Le Pen !&#034; Ce ne serait pas la premi&#232;re fois que le chef du Front national recevrait un renfort de ceux qui se pr&#233;sentent comme les plus d&#233;termin&#233;s &#224; le combattre.&lt;/i&gt; &#187; Que &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; s'engage, c'est son droit, mais qu'il cesse au moins de faire semblant d'offrir un d&#233;bat &#233;quilibr&#233;. Cette tromperie sur la marchandise n'est pas particuli&#232;re au quotidien dit &#171; de r&#233;f&#233;rence &#187; ; elle est tout aussi habituelle dans la presse &#233;crite la plus diffus&#233;e, la presse quotidienne r&#233;gionale qui, presque toujours en position de monopole, informe d'abord ses lecteurs du parti-pris de ses &#233;ditorialistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment : &#171; Comment Le Midi Libre cajolait les partisans du &#034;oui&#034; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#232;gle n&#176;2 : Raconter des contes pour enfants&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la critique raisonn&#233;e du projet de Constitution, pr&#233;f&#233;rez &#171; Alice aux pays des merveilles &#187; (constitutionnelles), dans une transposition bucolique, comme celle que propose Alain G&#233;nestar dans &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;La p&#233;dagogie est, en politique, plus difficile que la d&#233;magogie.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Le oui a la discr&#233;tion d'une violette cach&#233;e dans l'herbe folle de tous les m&#233;contentements et de tous les tapages.&lt;/i&gt; &#187; (24.3.05). Car, dans &#171; l'herbe folle &#187; se cache le grand m&#233;chant loup dont voici la fable : les partisans du &#171; non &#187; sont des alli&#233;s du Front National et des h&#233;ritiers de l'extr&#234;me droite. C'est ce que susurre l'&#233;ditorialiste et historien Jacques Julliard : &#171; &lt;i&gt;En v&#233;rit&#233;, cette politique porte un nom dans l'histoire : c'est la politique de la France seule. Elle a de plus un h&#233;ros &#233;ponyme : ce n'est pas Charles de Gaulle, c'est Charles Maurras !&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 07.04.05). On expliquera donc aux enfants que, s'ils ne sont pas sages, ils seront punis. En cas de victoire du &#171; non &#187;, proph&#233;tise Bernard-Henri L&#233;vy, les Fran&#231;ais risquent de &#171; &lt;i&gt;rompre purement et simplement la cha&#238;ne de l'esp&#233;rance&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 23.09.04). &#171; &lt;i&gt;C'est stopper une dynamique au pire moment, sans doute, de l'histoire du monde&lt;/i&gt; &#187; rench&#233;rit Alain Genestar (&lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt;, 24.3.05). Ainsi leur &#171; histoire du monde &#187; ne conna&#238;t que deux versions. Premi&#232;re version : la version catastrophique et catastroph&#233;e que professait d&#233;j&#224;, la veille du r&#233;f&#233;rendum pour la ratification du trait&#233; de Maastricht, le directeur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, Jacques Lesourne : &#171; &lt;i&gt;Un &#034;non&#034; au r&#233;f&#233;rendum serait pour la France et l'Europe la plus grande catastrophe depuis les d&#233;sastres engendr&#233;s par l'arriv&#233;e de Hitler au pouvoir&lt;/i&gt; &#187; (19.9.92). C'est cette version que ressert, plus sobrement, Charles Villeneuve, journaliste de TF1 qui dirige &#171; Le droit de savoir &#187; : &#171; &lt;i&gt;Tous ceux qui sont contre sont en r&#233;alit&#233; pour la ruine de ce pays.&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;TV Magazine&lt;/i&gt;, 17.4.05)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Remarquons d'ailleurs que ces commentaires ne sont que des &#233;chos &#224; peine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Deuxi&#232;me version de &#171; L'histoire du monde &#187; : la version paradisiaque et euphorique. Celle de Jacques Julliard : &#171; &lt;i&gt;L'Europe, c'est la paix. L'Europe, c'est la libert&#233;. L'Europe, c'est la prosp&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 07.04.05). Ou sa variante po&#233;tique offerte par Jean Daniel, expliquant que &#171; &lt;i&gt;la merveilleuse l&#233;gende de l'Europe&lt;/i&gt; &#187; constitue &#171; &lt;i&gt;le seul &#233;clair apparu dans les t&#233;n&#232;bres de l'histoire depuis qu'elle existe&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 25.11.04) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#232;gle n&#176;3 : Soustraire au d&#233;bat ce qui fait l'objet m&#234;me du d&#233;bat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors que les adversaires du Trait&#233; concentrent l'essentiel de leurs critiques sur sa partie III (d&#233;di&#233;e &#224; la politique &#233;conomique et sociale), voici ce que l'on peut entendre le vendredi 25 mars 2005 sur l'antenne de France Inter. L'&#233;ditorialiste Bernard Guetta s'emporte : &#171; &lt;i&gt;J'en ai passablement assez maintenant du couplet sur l'obscurit&#233; de ce texte constitutionnel. Lisons les 60 premi&#232;res pages ; on peut se dispenser des anciennes dispositions&lt;/i&gt; &#187;. Le pr&#233;sentateur, Pierre Weill, approuve et surench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;Val&#233;ry Giscard d'Estaing disait hier qu'il faut &#224; peu pr&#232;s une heure et demie pour ingurgiter les nouvelles pages, le d&#233;but de la Constitution&lt;/i&gt; &#187;. La porte-parole de l'UMP, Val&#233;rie P&#233;cresse, s'enflamme &#224; son tour : &#171; &lt;i&gt;Oui, ben, une heure et demie, vous savez, pour l'avenir de l'Europe, c'est quand m&#234;me pas si consid&#233;rable&lt;/i&gt; &#187;. Guetta enthousiaste : &#171; &lt;i&gt;C'est le temps de lecture d'un magazine !&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Tout &#224; fait !&lt;/i&gt; &#187;, conclut Pierre Weill. Traduction : &#171; Cachez de ce trait&#233; ce que je ne saurais voir &#187;. Un chef d'&#339;uvre de m&#233;pris pour les &#233;lecteurs, qu'ils soient ou non favorables au Trait&#233;, invit&#233;s &#224; voter &#171; oui &#187; sans que soit discut&#233; son contenu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un exemple r&#233;gional, lire : Pierre Huron et Alain Thorens, &#171; Cachez ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les lamentations des &#171; p&#233;dagogues &#187; incompris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article de Philippe Monti, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 avril 2005, le &#171; oui &#187; ronronne dans le &#171; 7/9 &#187; de France Inter, et les chroniqueurs Pierre Le Marc et Bernard Guetta poursuivent leurs efforts de &#171; p&#233;dagogie &#187;. Puis soudain dans le &#171; &lt;i&gt;Radiocom, c'est vous&lt;/i&gt; &#187; anim&#233; ce jour-l&#224; par Pierre Weill, c'est le drame ! Un auditeur proteste &#224; l'antenne contre le parti pris de France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Auditeur : &lt;i&gt;En tant qu'auditeur et citoyen, je m'inqui&#232;te un petit peu de voir que tous vos chroniqueurs, tous vos journalistes, pr&#244;nent le &#171; oui &#187; all&#232;grement...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Weill : &lt;i&gt;Non ! Non ! Non ! Non ! Non !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Auditeur : &lt;i&gt;... il n'y a aucune contradiction&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Weill [couvrant la voix de l'auditeur] : &lt;i&gt;Mais o&#249; allez-vous chercher tout &#231;a ? ! ? ! ? O&#249; allez-vous chercher tout &#231;a ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Auditeur : &lt;i&gt;... J'&#233;coute Monsieur Pierre Le Marc, j'&#233;coute Monsieur Guetta, j'&#233;coute tous les journalistes... Et citez-moi un seul journaliste qui ait fait la promotion du &#171; non &#187; ! &#192; part Daniel Mermet, il n'y en a pas un sur France Inter ! Donc, en tant qu'auditeur de France Inter, citoyen qui m'appr&#234;te &#224; voter, et en plus qui n'a pas encore d&#233;termin&#233; son choix &#8211; mais &#231;a, &#231;a me regarde &#8211; je trouve inadmissible ce bourrage de cr&#226;ne o&#249; aucun &#233;ditorialiste ne tient en compte les tenants du &#171; non &#187; ; et quand vous annoncez que le &#171; non &#187; est &#224; 53 ou 56 %, on dirait que vous annoncez la mort de quelqu'un !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Weill : &lt;i&gt;Non ! Non ! Pas du tout ! Ecoutez...&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Auditeur : &lt;i&gt;... j'aurais aim&#233; qu'il y ait un contradicteur &#224; Monsieur Guetta, un contradicteur &#224; Monsieur Le Marc et &#224; l'ensemble de vos.... L'autre jour, Monsieur... votre envoy&#233; sp&#233;cial en direct de...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Weill [tentant une nouvelle fois de faire taire l'effront&#233;] : &lt;i&gt;Je peux dire un mot ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Auditeur : &lt;i&gt;... Luxembourg s'est permis de faire un commentaire en disant que les Am&#233;ricains se r&#233;jouissaient du r&#233;f&#233;rendum car la tendance est plut&#244;t sur le &#171; non &#187;. En quoi il y a eu un commentaire d'un Am&#233;ricain qui s'est r&#233;joui du &#171; non &#187; &#224; 56 % ? C'est votre journaliste qui s'est permis de le mettre dans sa chronique !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Weill [exc&#233;d&#233;] : &lt;i&gt;Non ! Non ! C'est parce qu'on le lui a dit !&lt;/i&gt; [&#192; cet instant, on n'entend plus du tout la voix de l'auditeur qui vient manifestement d'&#234;tre coup&#233;.] &lt;i&gt;Vous savez, les journalistes rencontrent des gens... ils parlent avec des personnalit&#233;s, ils ont des informations ! Par ailleurs, nous avons ici des &#233;ditorialistes &#224; France Inter, nous avons aussi des journaux dans lesquels nous diffusons des interviews de partisans du &#171; oui &#187;, de partisans du &#171; non &#187;. Nous avons entendu ce matin Henri Emmanuelli. On essaye d'&#234;tre ouvert &#224; toutes les tendances avant ce r&#233;f&#233;rendum. Bernard Guetta, vous vouliez dire un petit mot ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bernard Guetta : &lt;i&gt;Non, je voudrais dire simplement une chose, Monsieur, c'est que je me soucie &#8211; puisque vous me mettez en cause directement avec Pierre Le Marc &#8211; je me soucie... euh... tellement... des objections, des critiques qui sont faites &#224; ce projet de Constitution que j'en &#233;tais ce matin &#8211; mais vous allez me le reprocher, mais vous aurez tort &#8211; &#224; ma 12e chronique d'explication&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je crois faire un &#233;norme travail d'explication, et puis je re&#231;ois des mails &#8211; pas tant que &#231;a d'ailleurs, mais quand m&#234;me ! &#8211; de la tonalit&#233; de votre intervention : disant &#171; c'est de la propagande ! &#187;, &#171; c'est du martelage ! &#187;, etc. Bien, &#233;coutez ! Moi je veux bien ! En quoi est-ce que j'ai fait de la propagande dans une seule de ces chroniques ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, Bernard Guetta, ne comprend pas qu'on ne le comprenne pas. &#192; l'en croire, il serait la cible personnelle d'une campagne v&#233;h&#233;mente qui serait &#224; l'image du climat qui r&#232;gnerait d&#233;sormais en France. Mais ce n'est pas en France que Bernard Guetta s'&#233;panche, c'est dans les colonnes d'un quotidien de Suisse romande (&lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt; du 16 avril 2005). Celui qui est aussi &#233;ditorialiste-p&#233;dagogue &#224; &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; se plaint d'&#234;tre pers&#233;cut&#233; par des &#171; &lt;i&gt;procureurs&lt;/i&gt; &#187;, mais sans oublier d'&#233;lever ces contingences individuelles &#224; la dignit&#233; sp&#233;culative d'un sympt&#244;me national : &#171; &lt;i&gt;Il se passe quelque chose en France. Quand des &#233;ditorialistes qui d&#233;fendent, contre vents et sondages, le &#034;oui&#034; au projet de Constitution europ&#233;enne re&#231;oivent quotidiennement des paquets de lettres et de courriels pleins d'une fureur vengeresse, il se passe quelque chose qui va bien au-del&#224; de la seule installation du &#034;non&#034; dans l'opinion.&lt;/i&gt; &#187; L'envol&#233;e finale de l'article entra&#238;ne le lecteur helv&#233;tique vers les sommets de la science politique : &#171; &lt;i&gt;Une radicalit&#233; pr&#233;-politique de type am&#233;ricain rencontre le vieux fonds r&#233;volutionnaire fran&#231;ais. Il y a quelque chose de mai 68, la haine en plus.&lt;/i&gt; &#187; Un tel exc&#232;s peu d&#233;concerter&#8230; Mais le plus stup&#233;fiant est que Bernard Guetta, comme ses autres confr&#232;res &#233;ditorialistes, est sans doute sinc&#232;re&#8230; Le d&#233;sarroi qui peut parfois saisir nos &#171; p&#233;dagogues &#187; confront&#233;s &#224; des &#233;lecteurs r&#233;calcitrants trahit seulement l'aveuglement de ceux dont la position dominante dans le champ m&#233;diatique les conduit &#224; croire na&#239;vement qu'ils sont au-dessus des engagements partisans et qu'ils font g&#233;n&#233;reusement don de leur sagesse &#224; une foule ignorante, passionnelle et incons&#233;quente ; quand on se sait indiscutablement l&#233;gitime, si l'opinion r&#233;siste &#224; vos efforts &#171; p&#233;dagogiques &#187;, c'est n&#233;cessairement qu'elle est injuste et qu'elle se berce de graves illusions. On est alors la victime innocente de l'incompr&#233;hensible violence de ceux pour lesquels on sacrifie son temps et son talent.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Les aventures de la sondomanie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Aux interpr&#233;tations unilat&#233;rales qui escamotent ce qui est mati&#232;re &#224; controverses, il faut ajouter la publication des sondages dont les commentaires contribuent &#224; faire dispara&#238;tre l'objet m&#234;me du d&#233;bat. La &#171; sondomanie &#187; ou le comble de la &#171; p&#233;dagogie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme avant chaque scrutin, durant les mois qui pr&#233;c&#233;dent le r&#233;f&#233;rendum, les sondages coulent &#224; flot. Le rythme fr&#233;n&#233;tique de leur publication alimente la mise en sc&#232;ne m&#233;diatique du d&#233;bat r&#233;f&#233;rendaire et lui imprime sa principale dynamique. Il est vrai que les sondages d'intention de vote, r&#233;put&#233;s mesurer les &#171; mouvements de l'opinion publique &#187; suscitent d'autant plus l'attention des journalistes et des acteurs politiques qu'ils semblent indiquer que la victoire du camp du &#171; oui &#187; n'a rien d'in&#233;luctable. Et l'inqui&#233;tude est grande parmi les sondeurs omnipr&#233;sents et les journalistes amateurs de pr&#233;dictions. Certes, il est parfois possible de se r&#233;jouir quand le &#171; &lt;i&gt;&#034;oui&#034; reprend des couleurs&lt;/i&gt; &#187; selon l'expression de Robert Schneider (nouvelobs.com, 21.04.05). Mais, le plus souvent, il faut constater la mont&#233;e des &#171; &lt;i&gt;nuages du &#034;non&#034;&lt;/i&gt; &#187; (Alexis Br&#233;zet, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 11.02.05) et exhorter inlassablement les partisans du &#171; oui &#187; &#224; redoubler leurs efforts. &#171; &lt;i&gt;Oui, le OUI peut encore gagner&lt;/i&gt; &#187; : la Une spectaculaire du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; dat&#233; du 21 avril 2005 se voulait-elle rassurante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois le manque de s&#233;rieux pr&#234;te &#224; sourire. Ainsi, dans son &#233;dition du 16 avril 2005, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; titre en pages politiques : &#171; &lt;i&gt;Chirac &#224; la t&#233;l&#233;vision : le jugement des Fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;, avec comme sous-titre : &#171; &lt;i&gt;L'institut M&#233;diascopie a mesur&#233; pour &lt;/i&gt;Le Figaro&lt;i&gt; les r&#233;actions des t&#233;l&#233;spectateurs&lt;/i&gt; &#187;. Pour ce faire, l'organisme a r&#233;uni et interrog&#233;&#8230; &#171; &lt;i&gt;cinquante personnes habitant l'Ile-de-France&lt;/i&gt; &#187; ! La mystification qui consiste &#224; d&#233;duire &#171; le jugement des Fran&#231;ais &#187; &#224; partir d'un &#233;chantillon de 50 personnes et &#224; &#171; &lt;i&gt;mesurer de mani&#232;re qualitative&lt;/i&gt; &#187; l'opinion &#224; partir d'un tel panel rel&#232;ve plus de la manipulation politique que de l'analyse scientifique. M&#233;diascopie et &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, courbes &#171; scientifiques &#187; &#224; l'appui, n'h&#233;sitent pas &#224; nous pr&#233;senter les r&#233;sultats en trois titres : &#171; &lt;i&gt;Les partisans du &#034;oui&#034; de droite ou de gauche sont confort&#233;s dans leurs choix&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Les tenants du &#034;non&#034; restent sceptiques, surtout lorsqu'ils sont de droite&lt;/i&gt; &#187; et enfin &#171; &lt;i&gt;les ind&#233;cis de droite sont plus r&#233;ceptifs que les ind&#233;cis de gauche&lt;/i&gt; &#187;. Traduction : partisans du &#171; Oui &#187; de droite, en avant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet usage abusif de la technique du sondage d'opinion ne disqualifie pas forc&#233;ment &#8211; ce qui est tout diff&#233;rent &#8211; les sondages dit &#171; d'intentions de vote &#187; dont les sp&#233;cialistes en la mati&#232;re pr&#233;cisent qu'ils ne sont que des &#171; instantan&#233;s &#187;. Pourtant ceux-ci sont fr&#233;quemment pr&#233;sent&#233;s, notamment par les journalistes, comme des votes r&#233;els ou une simulation de la consultation &#233;lectorale, alors que celle-ci peut intervenir plus tardivement et, parfois, beaucoup plus tardivement. En tout cas, si les derniers sondages pr&#233;&#233;lectoraux donnent, &#224; la veille du scrutin, des r&#233;sultats en g&#233;n&#233;ral proches de ceux de la consultation elle-m&#234;me, il n'y a pas lieu de s'en &#233;tonner puisqu'ils enregistrent alors des intentions de vote qui se manifesteront sans tarder. En revanche, on peut s'interroger sur la pr&#233;tention des sondologues &#224; mesurer les mouvements de l'opinion &#224; travers l'&#233;volution des courbes des sondages pendant les mois pr&#233;c&#233;dents le scrutin.&lt;br class='autobr' /&gt;
De tels sondages mesurent-ils vraiment les &#171; fluctuations de l'opinion &#187; ou, plus simplement, les incertitudes des sondages eux-m&#234;mes ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les sondages d'intention de vote, leur validit&#233; scientifique et leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; cette question, Patrick Lehingue r&#233;pond, en se fondant sur la fiche technique du sondage r&#233;alis&#233; par IPSOS les 25 et 26 mars 2005 et publi&#233;e par &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; le 29, que les marges d'erreurs sont d'autant plus consid&#233;rables que le nombre de sond&#233;s qui ne r&#233;pondent pas est important (les non r&#233;ponses, les sans opinion, les sond&#233;s qui ne savent pas encore pour qui ils vont voter et qui peuvent repr&#233;senter plus de 50% des enqu&#234;t&#233;s). Par cons&#233;quent : &#171; &lt;i&gt;Il se pourrait alors&lt;/i&gt;, explique Lehingue, &lt;i&gt;qu'au principe des folles oscillations qui affectent les pourcentages d'intentions de vote en faveur du &#034;oui&#034; ou du &#034;non&#034;, se glisse ce simple fait : les mouvements que l'on analyse, scrute et soup&#232;se savamment seraient tout bonnement compris dans la marge d'erreur&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Lehingue, &#171; Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (2)&#8230; &#187;, art.cit.&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et pourtant ce sont ces r&#233;sultats douteux qui deviennent la mati&#232;re premi&#232;re de commentaires envahissants, qui se substituent au d&#233;bat sur l'objet de la consultation &#233;lectorale. Peu importe alors aux sondomaniaques que ces sondages soient tr&#232;s approximatifs jusqu'&#224; la veille du scrutin et que leur fragilit&#233; puisse &#234;tre av&#233;r&#233;e &#8211; comme ce fut le cas lors de la pr&#233;sidentielle des 2002, pr&#233;c&#233;d&#233;e d'&#171; enqu&#234;tes &#187; qui avaient tr&#232;s insuffisamment mesur&#233; la mont&#233;e de Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sondages d'intention de vote ont au moins une utilit&#233; : ils permettent aux journalistes d'entretenir le &lt;i&gt;suspens&lt;/i&gt; et de vendre du papier et de l'audience &#224; bon compte. Sous couvert d'&#233;clairer le d&#233;bat, ils permettent de le d&#233;tourner de son v&#233;ritable objet. Mais surtout ne dites rien de la valeur d&#233;mocratique de tels sondages et de l'int&#233;r&#234;t de leurs commentaires. Vous risqueriez de vous attirer les foudres des sondologues comme Roland Cayrol, qui s'emporte ainsi sur l'antenne d'Europe 1 : &#171; &lt;i&gt;Ce qui me met hors de moi, franchement, c'est le &#034;les sondages nous trompent&#034;, c'est le coup de la manip. On vit dans un monde o&#249; il faut d&#233;cid&#233;ment aller r&#233;v&#233;ler sans arr&#234;t derri&#232;re le v&#233;ritable chef d'orchestre clandestin. Le Pen fait &#231;a sans arr&#234;t, Bourdieu nous l'a fait en sociologie&lt;/i&gt; &#187; (21.04.05). Constater qu'il est plut&#244;t raisonnable de se m&#233;fier de sondages incoh&#233;rents, voil&#224; qui ferait de vous un th&#233;oricien du complot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait que les pr&#233;tendues &#171; fluctuations de l'opinion &#187; ne constituent en d&#233;finitive que de simples artefacts n'est pas pour d&#233;courager les interpr&#232;tes autoris&#233;s des sondages. Car ces derniers leur permettent de se revendiquer comme les porte-parole de &#171; &lt;i&gt;l'opinion publique&lt;/i&gt; &#187;. Quand bien m&#234;me ils ne disposent d'aucune enqu&#234;te s&#233;rieuse pour &#233;tayer leurs analyses, &#233;ditorialistes et sondeurs aiment &#224; jouer les psychologues de l'&#226;me des peuples. L'&#233;ditorialiste multicarte Alain Duhamel en a par exemple fait sa sp&#233;cialit&#233;, dissertant un jour sur &#171; &lt;i&gt;les peurs fran&#231;aises&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 16.03.05), l'autre sur &#171; &lt;i&gt;le malaise fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187; (RTL, 29.03.05). Auscultant depuis des d&#233;cennies le &#171; &lt;i&gt;caract&#232;re politiques des Fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;, ou plut&#244;t des &#171; &lt;i&gt;Gaulois&lt;/i&gt; &#187;, notre bon m&#233;decin &#233;tablit toujours &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me diagnostic : &#171; &lt;i&gt;On voit bien que la France traverse en ce moment une crise psychologique grave, lourde, qu'elle est atteinte collectivement de pessimisme, qu'elle est anxieuse, qu'elle s'interroge sur elle-m&#234;me.&lt;/i&gt; &#187; (19.03.05). Deux jours avant le r&#233;f&#233;rendum, il &#233;voque encore avec tristesse sur l'antenne de RTL &#171; &lt;i&gt;les fi&#232;vres politiques qui saisissent la France&lt;/i&gt; &#187; (27.05.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sondages et les sp&#233;culations sur l'opinion des citoyens, d&#233;cid&#233;ment, sont de pr&#233;cieux atouts de la &#171; p&#233;dagogie &#187; et du (faux) d&#233;bat d&#233;mocratique. &#192; moins qu'ils ne soient les premiers supports de la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre &#171; r&#233;gionaux &#187; et un sondage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article de Denis Perais, Colmar et Alain Thorens, publi&#233; sous le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier sondage donnant un hypoth&#233;tique &#171; avantage &#187; au &#171; non &#187; a fait l'objet d'innombrables commentaires, non seulement dans les m&#233;dias nationaux, mais aussi dans la presse quotidienne r&#233;gionale, que l'on oublie trop souvent et dont on ne dira jamais assez qu'elle se r&#233;duit g&#233;n&#233;ralement &#224; un seul titre par r&#233;gion, m&#234;me si les prescripteurs d'opinion n'y manquent pas. Quatre grands &#171; penseurs &#187;, parmi de nombreux autres, se sont pench&#233;s sur le berceau du sondage qui &#171; donnait &#187; le &#171; non &#187; &#224; 51%. Ainsi, dans &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; du mardi 22 mars, Gilles Dauxerre, dans un &#233;ditorial de premi&#232;re page titr&#233; &#171; &lt;i&gt;Vraie campagne&lt;/i&gt; &#187;, m&#232;ne d'embl&#233;e la seule vraie campagne possible &#224; ses yeux : celle pour le &#171; Oui &#187;. La premi&#232;re phrase annonce en effet, avec tout l'effet de dramatisation qui sied, que l'article est enti&#232;rement r&#233;dig&#233; du point de vue des partisans du &#171; Oui &#187; : &#171; &lt;i&gt;La pouss&#233;e du &#034;non&#034; dans les sondages concernant le r&#233;f&#233;rendum sur la Constitution europ&#233;enne a d&#233;clench&#233; la panique dans le camp du &#034;oui&#034;.&lt;/i&gt; &#187; Suit alors ce commentaire d&#233;finitif, destin&#233; &#224; expliquer la &#171; panique &#187; : &#171; &lt;i&gt;Les partisans du trait&#233; se rendent compte que leurs arguments rationnels, ardus et aust&#232;res, sont balay&#233;s par diverses all&#233;gations subjectives, simples et multiples.&lt;/i&gt; &#187; Au risque d'&#234;tre pris en flagrant d&#233;lit d'argumentation d'une complexit&#233; rationnelle, ardue et aust&#232;re, notre p&#233;dagogue pose finalement la seule question qui lui importe : &#171; &lt;i&gt;Comment en sortir ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt; dat&#233; du m&#234;me jour, le titre principal de la Une qui occupe la majeure partie de la page, interroge : &#171; &lt;i&gt;Et si le non l'emportait ?&lt;/i&gt; &#187;. L'accroche sous la photo pr&#233;cise que &#171; &lt;i&gt;Sud Ouest ouvre le dossier.&lt;/i&gt; &#187; Mais il le ferme aussit&#244;t par un &#233;ditorial de Frank De Bondt, intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Incr&#233;dulit&#233; europ&#233;enne&lt;/i&gt; &#187;, o&#249; l'on peut lire ceci : &#171; &lt;i&gt;Cette peur&lt;/i&gt; [des Fran&#231;ais] &lt;i&gt;sera difficile &#224; vaincre, parce qu'elle n'&#233;mane pas tant de Bruxelles que des transformations du monde auxquelles la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise r&#233;siste au lieu de s'adapter&lt;/i&gt; &#187;. Il est rassurant de constater que &lt;i&gt;Sud Ouest&lt;/i&gt;, quotidien r&#233;gional de proximit&#233;, ne se laisse pas enfermer par les particularismes r&#233;gionaux et prend de la hauteur, pour nous offrir un &#233;ditorial &#171; vu d'Europe &#187;. Et il n'est pas &#233;tonnant de constater que per&#231;us &#224; une telle altitude, les arguments des partisans du &#171; non &#187; se r&#233;duisent &#224; leur &#171; &lt;i&gt;peur&lt;/i&gt; &#187; mais aussi &#224; leur &#171; &lt;i&gt;irrationalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Frank De Bondt, d&#233;cid&#233;ment tr&#232;s en verve, b&#233;n&#233;ficie en outre d'une double page int&#233;rieure, sobrement intitul&#233;e &#171; &lt;i&gt;Les cons&#233;quences d'un non fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;, qui est un condens&#233; de l'argumentaire des partisans du &#171; oui &#187;. Bien entendu, aucune tribune libre ou aucun entretien avec les partisans de la position adverse ne viennent contrebalancer ces &#171; analyses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;dacteurs de &lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt;, ce m&#234;me 22 mars, semblent eux aussi tr&#232;s inquiets et titrent en cons&#233;quence : &#171; &lt;i&gt;Et si le &#034;non&#034; gagnait...&lt;/i&gt; &#187;. Le quotidien explique d'abord pourquoi le &#171; non &#187; gagne du terrain dans un article qui pr&#233;tend d&#233;tailler &#171; &lt;i&gt;les trois raisons de refus fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;. Les voici : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;pouvantail Bolkestein, le malaise social et le monde rural oubli&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Le contenu m&#234;me du Trait&#233; europ&#233;en ? Exclu de la liste des &#171; raisons &#187;. Apr&#232;s ce hors d'&#339;uvre, le plat de r&#233;sistance : le recours &#224; trois &#171; &lt;i&gt;analystes&lt;/i&gt; &#187;, dont les titres devraient impressionner : Yves M&#233;ny, &#171; &lt;i&gt;Pr&#233;sident de l'Institut universitaire europ&#233;en, &#224; Florence, en Italie&lt;/i&gt; &#187;, Paul Magnette &#171; &lt;i&gt;de l'Universit&#233; Libre de Bruxelles&lt;/i&gt; &#187;, et &#171; &lt;i&gt;un diplomate&lt;/i&gt; &#187;, tous favorables au &#171; oui &#187;. Mais bien s&#251;r, ils ne sont pas engag&#233;s, puisque ce sont des &#171; experts &#187;. Un &#233;chantillon forc&#233;ment repr&#233;sentatif, qui permet d'affirmer ceci : &#171; &lt;i&gt;Un rejet de la Constitution europ&#233;enne lors du r&#233;f&#233;rendum du 29 mai en France, porterait un coup fatal au trait&#233;, mais risquerait aussi de plonger l'Europe dans une crise politique majeure susceptible de durer longtemps selon plusieurs analystes&lt;/i&gt; &#187;. Les &#171; plusieurs &#187; &#8211; qui ne sont que trois &#8211; permettent de recourir &#224; ce subterfuge habituel quand on tente de dissimuler une prise de position politique : se retrancher derri&#232;re des &#171; sp&#233;cialistes &#187; qui ass&#232;nent avec autorit&#233; les convictions tr&#232;s ordinaires des adeptes du &#171; oui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &lt;i&gt;Les Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt; choisissent eux aussi la seule r&#233;ponse qui vaille. Le 22 mars 2005, l'&#233;ditorialiste Olivier Picard explique ainsi que la mont&#233;e du &#171; non &#187; dans les sondages &#171; &lt;i&gt;met au jour les stigmates d'un pays en plein doute, d&#233;clinant au point de se perdre dans la confusion de ses choix, de ses priorit&#233;s, et de ses d&#233;fis&lt;/i&gt; &#187;. Rien que &#231;a ! Et &#224; l'appui de la rh&#233;torique r&#233;actionnaire du d&#233;clin, cette larme : &#171; &lt;i&gt;Ainsi, nous voil&#224; pr&#234;ts &#224; tourner le dos &#224; une nouvelle &#233;tape de la construction europ&#233;enne en trouvant tous les bons pr&#233;textes &#224; ce renoncement historique&lt;/i&gt; &#187;. Excusez du peu ! Subitement, une phrase, venue dont ne sait o&#249;, d&#233;chire la page : &#171; &lt;i&gt;&#201;videmment, les arguments des partisans du non sont &#224; la fois recevables et l&#233;gitimes&lt;/i&gt; &#187;. Mais cet &#233;clair de lucidit&#233; d&#233;mocratique n'annonce rien : en guise d'expos&#233; des &#171; arguments recevables et l&#233;gitimes &#187;, Olivier Picard affirme que les partisans du &#171; non &#187; sont mus par &#171; &lt;i&gt;une s&#233;rie d'exasp&#233;rations hexagonales&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ce non-l&#224; est celui d'un pays qui n'a plus aucun complexe &#224; &#233;taler sa frilosit&#233;, voire sa peur devant l'avenir&lt;/i&gt; &#187;. &#192; quoi bon dans ces conditions, d&#233;battre des arguments des partisans du &#171; non &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Les avatars de la propagande&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Comment distinguer la &#171; p&#233;dagogie &#187; et la &#171; propagande &#187; ? &#192; cette question, les journalistes dominants se sont charg&#233;s de r&#233;pondre eux-m&#234;mes sans le vouloir : la propagande commence avec la pr&#233;tendue p&#233;dagogie quand celle-ci est &#224; sens unique, quand le pluralisme est suffisamment contr&#244;l&#233; pour &#234;tre une arme de domination, quand l'abus de position dominante conduit &#224; n&#233;gliger les imp&#233;ratifs &#233;l&#233;mentaires d'une information rigoureuse. Cette propagande culmine avec quelques avatars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avatar n&#176;1 : Torsions et distorsions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait reconstituer la totalit&#233; de la campagne pour en saisir le &#171; climat &#187;. Car la partialit&#233; des m&#233;dias dominants s'exprime sous toutes les formes : titres, images ou vocabulaire. Chaque jour, des journalistes &#233;voquent par automatisme de langage &#171; &lt;i&gt;l'&#233;chec&lt;/i&gt; &#187; du r&#233;f&#233;rendum en cas de victoire du &#171; non &#187; et son &#171; &lt;i&gt;succ&#232;s&lt;/i&gt; &#187; dans le cas contraire ; chaque jour des reportages pr&#233;sentent le refus de la Constitution comme une calamit&#233;, un &#171; &lt;i&gt;rejet de l'Europe&lt;/i&gt; &#187;. Lorsque paraissent les premiers sondages donnant le &#171; non &#187; majoritaire, quelques maux d'estomac d'une poign&#233;e de dirigeants europ&#233;ens suffisent &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; pour titrer &#171; &lt;i&gt;L'Europe malade de la France&lt;/i&gt; &#187; (23.03.05). Un mois plus tard, &lt;i&gt;Courrier international&lt;/i&gt; r&#233;cidive avec en couverture la Tour Eiffel la t&#234;te en bas, et titre : &#171; &lt;i&gt;Ce non qui inqui&#232;te l'Europe&lt;/i&gt; &#187; (21.04.05). Bref, un bon p&#233;dagogue ne doit pas avoir trop de scrupules. &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; du 11 mai 2005 apporte un &#233;clairage utile sur ce point : &#171; &lt;i&gt;Dernier pr&#233;texte &#224; rigolade, au sein du &lt;/i&gt;Nouvel Observateur&lt;i&gt; : l'interview de Jacques Delors, jug&#233;e trop mod&#233;r&#233;e, voire gnangnan, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;crite par Laurent Joffrin, directeur de la r&#233;daction de l'hebdo. Et &#034;durcie&#034;, afin de pouvoir, face &#224; &#034;la flamb&#233;e du non&#034;, titrer &#224; la une (le 28/4), et en lettres &#233;normes : &#034;Ils vous mentent !&#034; Un ton agressif que, selon divers confr&#232;res du &lt;/i&gt;Nouvel Obs&lt;i&gt;, on a fait endosser &#224; Delors, qui n'en demandait pas tant, et le regrette&lt;/i&gt; &#187;. Vous avez dit &#171; manipulation &#187; ? L'&#233;dition du 25 mai 2005 du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; publiait ainsi, sur quatre colonnes &#224; la &#171; Une &#187;, une information fracassante : &#171; &lt;i&gt;L'appel des syndicats europ&#233;ens pour le oui&lt;/i&gt; &#187;. On pouvait imaginer que cet appel prenait la forme d'un manifeste sign&#233; par de nombreux responsables de conf&#233;d&#233;rations syndicales sommant les Fran&#231;ais de voter &#171; oui &#187;. Il n'en &#233;tait rien : en guise d'appel, le journal s'&#233;tait content&#233; d'interroger trois dirigeants syndicaux italiens et un allemand&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avatar n&#176;2 : Deux poids, deux mesures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la campagne r&#233;f&#233;rendaire, la r&#232;gle tacite des journalistes dominants est celle du &#171; deux poids, deux mesures &#187; : selon que vous serez un v&#233;n&#233;rable partisan du trait&#233; ou son m&#233;prisable adversaire, vous ne logerez pas &#224; la m&#234;me enseigne. La mise en sc&#232;ne m&#233;diatique de l'actualit&#233; permet, par exemple, de construire une &#171; pol&#233;mique &#187; autour des propos relativement anodins d'Henri Emmanuelli, quand celui-ci souligne, en &#233;voquant deux pr&#233;c&#233;dents historiques (en juin 40 contre P&#233;tain et en 1956 contre la guerre d'Alg&#233;rie), que parfois les minoritaires socialistes avaient eu raison. Imm&#233;diatement, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; titre : &#171; &lt;i&gt;Le non d&#233;rape, le oui jubile&lt;/i&gt; &#187; (14.03.05) et pendant plusieurs jours &#171; l'affaire &#187; fait les d&#233;lices des commentateurs. Mais nul ne s'indigne quand Martine Aubry &#233;voque, pour disqualifier les adversaires du trait&#233;, un &#171; &lt;i&gt;populisme qui a conduit l'Italie d'autrefois &#224; ce que l'on sait&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 01.04.05). Personne ne proteste lorsque le dessinateur Cabu sugg&#232;re, dans un premier dessin, que Florence Aubenas, la journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; alors otage en Irak, votait &#171; oui &#187; (&lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, 13.04.05) et, dans un second, que ses ravisseurs &#233;taient des partisans du &#171; non &#187; (&lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 11.05.05). M&#234;me la bonne vieille censure n'indispose plus les belles &#226;mes. Pourtant, durant la campagne r&#233;f&#233;rendaire, la t&#233;l&#233;vision publique a annul&#233; coup sur coup la diffusion de trois programmes, redoutant qu'ils ne favorisent les arguments des adversaires du trait&#233; : d'abord, l'&#233;mission &#171; Cent minutes pour convaincre &#187; avec Jos&#233; Manuel Barroso, pr&#233;sident tr&#232;s lib&#233;ral de la commission europ&#233;enne et partisan acharn&#233; de la guerre d'Irak ; ensuite, une &#233;mission du magazine &lt;i&gt;Un &#339;il sur la plan&#232;te&lt;/i&gt; consacr&#233; &#224; la Turquie ; enfin un documentaire sur la lutte des salari&#233;s en Moselle &#224; la suite d'une d&#233;localisation, un sujet inopportun (&lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, 04.05.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avatar n&#176;3 : Instrumentalisation de l'actualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans le cochon, tout est bon dans l'actualit&#233; pour faire avancer la grande cause de l'Europe lib&#233;rale. D&#233;form&#233;s par le prisme des m&#233;dias, la plupart des &#233;v&#233;nements d'actualit&#233; se transforment comme par magie en arguments pour la ratification du trait&#233; constitutionnel. Le Vatican a &#233;lu un nouveau pape ? Bernard Guetta y voit aussit&#244;t une victoire de l'Europe : &#171; &lt;i&gt;Le choix de ce pape dit que, en se faisant ou en ne se faisant pas, l'Europe jettera les bases d'un nouveau mill&#233;naire&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 25.04.2005). Guillaume Durand le confirme : &#171; &lt;i&gt;C'est un pape europ&#233;en, pas italien mais allemand, dans le contexte du r&#233;f&#233;rendum&lt;/i&gt; &#187; (I-T&#233;l&#233;vision, 19.04.05). Paris deviendra-t-elle une ville olympique ? Pour Jean-Pierre Elkabbach, &#171; &lt;i&gt;la France mobilis&#233;e et enthousiaste pour les jeux olympique &#8211; Paris 2012 &#8211; pourrait l'&#234;tre pour l'Europe, si je comprends bien&#8230;&lt;/i&gt; &#187; (Europe 1, 22.03.05). Elkabbach avait bien compris. Pourquoi se g&#234;ner ? M&#234;me l'art contemporain aurait vot&#233; &#171; oui &#187; ! Un patron milliardaire pr&#233;f&#232;re-t-il installer sa collection &#224; Venise plut&#244;t qu'&#224; Paris ? Alexandre Adler trouve des coupables : &#171; &lt;i&gt;Les partisans du &#034;non&#034; peuvent se f&#233;liciter d'une belle victoire. Ils ont fait partir les collections les plus int&#233;ressantes d'art contemporain qui existaient sur notre sol&lt;/i&gt; [celles de Fran&#231;ois Pinault] &lt;i&gt;vers le palais Grassi &#224; Venise&lt;/i&gt; &#187; (France Culture, 10.05.05). Et le lancement de l'Airbus A 380 ! Pour l'&#233;ditorialiste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, Patrick Sabatier, &#171; &lt;i&gt;le succ&#232;s d'Airbus commande d'aller vers plus d'Europe, ce dont la Constitution jettera les bases.&lt;/i&gt; &#187; (28.04.05). &#192; l'occasion d'un jour f&#233;ri&#233; dont l'origine n'est pas anodine, Laurence Ferrari re&#231;oit Laurent Fabius dans le journal de 20 heures de TF1. La journaliste lui pose d'embl&#233;e la question suivante : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes le 8 mai 2005. Toute l'Europe comm&#233;more la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, la paix revenue en Europe. Et vous venez nous dire donc ce soir qu'il faut dire &#034;non&#034; &#224; la Constitution europ&#233;enne&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, lorsque l'actualit&#233; semble donner raison aux partisans du &#171; non &#187;, on s'empresse de souligner que le projet de Constitution n'est pas concern&#233;, ou du moins pr&#233;f&#232;re-t-on en relativiser l'importance. Quand le faucon Paul Wolfowitz, grand ordonnateur de l'invasion de l'Irak, est nomm&#233; pr&#233;sident de la Banque mondiale avec le soutien des pays europ&#233;ens, les &#233;ditorialistes restent cois. Ni Bernard Guetta ni Christine Ockrent ne viennent souligner &#224; quel point cette d&#233;cision confirme que l'Europe n'existe pas diplomatiquement, et rappeler que la majorit&#233; de ses 25 membres a soutenu la guerre ill&#233;gale de George W. Bush en Irak. Si l'information a effectivement exist&#233;, elle a pourtant &#233;t&#233; d&#233;connect&#233;e des enjeux de la campagne. M&#234;me situation quand le dirigeant social-d&#233;mocrate allemand Oskar Lafontaine prend position pour le &#171; non &#187; : c'est &#224; peine si &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; le mentionne &#224; l'occasion du compte-rendu d'un meeting des partisans du &#171; non &#187; (29-05-2005). Lafontaine est pourtant un homme politique allemand de premier plan, ancien pr&#233;sident du parti social d&#233;mocrate allemand et ancien ministre des finances. Mais comme les partisans du &#171; non &#187; sont constamment pr&#233;sent&#233;s comme isol&#233;s en Europe, chaque concours qu'ils obtiennent est trait&#233; avec discr&#233;tion. Plus grave encore : une gaffe monumentale de Fran&#231;ois Hollande n'a b&#233;n&#233;fici&#233; d'aucune visibilit&#233; m&#233;diatique. Trois jours avant le r&#233;f&#233;rendum (26.05.05), un journaliste de France culture interroge le premier secr&#233;taire du Parti socialiste : &#171; &lt;i&gt;Vous souhaiteriez que&lt;/i&gt; [Jacques Chirac] &lt;i&gt;mette sa personne en cause ?&lt;/i&gt; &#187;. Hollande r&#233;torque alors : &#171; &lt;i&gt;Non, non, aujourd'hui il n'y a pas de raison qu'il le fasse puisqu'il ne l'a pas fait, et s'il l'avait fait d'ailleurs, nous aurions appel&#233; &#224; voter &#034;non&#034;&lt;/i&gt; &#187;. Extraordinaire ! Ces propos d&#233;molissent d'un coup les habituels couplets &#171; euro-b&#233;ats &#187; vantant les m&#233;rites du Trait&#233; constitutionnel et l'importance de d&#233;connecter les enjeux int&#233;rieurs des enjeux europ&#233;ens. Les jours suivants, on n'observe pourtant aucune &#171; reprise &#187;, aucune &#171; Une &#187;, aucun &#233;ditorial sur la bourde du leader socialiste. Et pour cause&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ces exemples et quelques autres, voir aussi &#171; Deux poids, deux mesure &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons &#224; nouveau qu'aucune concertation pr&#233;alable n'est n&#233;cessaire &#224; ces p&#233;dagogues pour remplir leur fonction : leur volont&#233;, quand elle existe, n'est le plus souvent que l'effet de leur position. Chacun de nos &#171; mentors &#187; invoque pour lui-m&#234;me une libert&#233; d'expression (que nul ne songe &#224; contester), quitte &#224; l'opposer &#224; l'expression d'un pluralisme politique effectif dans les m&#233;dias. Ils refusent non seulement de se compter, mais tout simplement d'entendre la musique qu'ils interpr&#232;tent collectivement. Chaque &#233;ditorialiste (notamment dans les m&#233;dias publics) revendique pour lui-m&#234;me un droit d'engagement imprescriptible ; chaque m&#233;dia, par la voix de ses tenanciers, se drape dans la d&#233;fense d'une libert&#233; d'opinion que rien ne menace vraiment, alors que celle des partisans du &#171; non &#187; est minor&#233;e. Mais tous se d&#233;sint&#233;ressent &#8211; non sans cynisme &#8211; de ces deux simples questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Comment expliquer et justifier le &#171; d&#233;calage &#187; (pour utiliser un terme pudique) entre, d'une part, un espace m&#233;diatique livr&#233; &#224; une domination pratiquement sans partage des tenants d'un lib&#233;ralisme plus ou moins social et, d'autre part, la diversit&#233; sociale, culturelle et politique des publics ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Comment y rem&#233;dier ? En d&#233;finitive, le seul pluralisme qu'ils d&#233;fendent, c'est un pluralisme de combat, mais de &lt;i&gt;leur&lt;/i&gt; combat.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laurent Joffrin esp&#232;re domestiquer la dissidence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article d'Henri Maler, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Laissons parler le &#034;non&#034; !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame Laurent Joffrin dans le titre de son &#233;ditorial du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; du 3 mai 2005. En effet, explique le directeur de la r&#233;daction de l'hebdomadaire, &#171; &lt;i&gt;on a grand tort de ne pas faire parler assez les d&#233;fenseurs du non&lt;/i&gt; &#187; car &#171; &lt;i&gt;moins ils s'expriment, plus ils convainquent&lt;/i&gt; &#187;. Qui cela &#171; on &#187; ? Le fin strat&#232;ge avertit avec solennit&#233; les grands m&#233;dias : &#171; &lt;i&gt;En donnant le sentiment de fausser le jeu d&#233;mocratique, les grands m&#233;dias alimentent une pol&#233;mique dans laquelle ils tiennent le mauvais r&#244;le&lt;/i&gt; &#187;. Aussi l'&#233;ditorialiste conseille-t-il &#224; ses confr&#232;res de laisser s'exprimer leurs adversaires &#171; &lt;i&gt;au moins en contrepoint&lt;/i&gt; &#187;. Avis aux contestataires : si &#171; on &#187; vous laisse vous exprimer, c'est &#171; &lt;i&gt;au moins en contrepoint&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour preuve de sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, Laurent Joffrin se fend d'une note de bas de page pour citer en exemple &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, grand sp&#233;cialiste en &#171; contrepoints &#187; : &#171; &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur le fait cette semaine en laissant un espace significatif &#224; Laurent Fabius ou &#224; Jean-Luc M&#233;lenchon.&lt;/i&gt; &#187; Mais, premi&#232;re pr&#233;cision, l'&#171; &lt;i&gt;espace significatif&lt;/i&gt; &#187; (une demi page du &lt;i&gt;newsmagazine&lt;/i&gt;) attribu&#233; &#224; Jean-Luc M&#233;lenchon est aussit&#244;t suivi d'une r&#233;ponse, tout aussi significative de... Laurent Joffrin &#224; M&#233;lenchon. Et, seconde pr&#233;cision, le propos de Laurent Fabius est pr&#233;c&#233;d&#233; d'une analyse favorable au &#171; oui &#187; de Simone Veil, laquelle suit une tribune, elle aussi favorable au &#171; oui &#187;, de J&#252;rgen Habermas, puis celle de Joffrin. Et laquelle des deux tribunes (Simone Veil ou Laurent Fabius) est annonc&#233;e en une ?... Oui, oui, oui : celle de l'avocate du &#171; oui &#187;. L'espace accord&#233; est donc un espace conc&#233;d&#233; et bien encadr&#233;. Moins envahissant que les pages de publicit&#233; du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, moins aguicheur que les pages &#171; people &#187; de l'aust&#232;re hebdomadaire qui ne manque jamais une occasion de se conformer &#224; la d&#233;finition qu'en donna Laurent Joffrin lui m&#234;me &#224; des &#233;tudiants en journalisme : un &#171; &lt;i&gt;Gala pour riches&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos rapport&#233; par Fran&#231;ois Ruffin dans Les petits soldats du journalisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;mocratie du contrepoint se transforme, comme par magie, en &#171; &#233;quilibre &#187;, quand il devient &#233;vident que le pluralisme doit au moins &#234;tre apparent pour mettre le d&#233;bat au service du juste combat : &#171; &lt;i&gt;Faute de cet &#233;quilibre&lt;/i&gt;, explique l'&#233;ditorialiste, &lt;i&gt;les d&#233;fenseurs du non peuvent d&#233;noncer &#8211; c'est de bonne guerre &#8211; la &#034;dictature de la pens&#233;e unique&#034; et gagner dans la bataille le prestige de ceux qui sont n&#233;glig&#233;s, censur&#233;s, b&#226;illonn&#233;s m&#234;me par &#034;l'information officielle&#034;.&lt;/i&gt; &#187; &#192; la guerre comme &#224; la guerre ! Joffrin propose alors un relev&#233; opportun du champ de bataille, car selon lui les partisans du &#171; non &#187; peuvent &#171; &lt;i&gt;d'autant plus facilement&lt;/i&gt; &#187; protester contre la domination des gentils &#233;ditorialistes &#171; &lt;i&gt;qu'ils disposent de leurs propres canaux d'expression&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sont ces redoutables &#171; &lt;i&gt;canaux d'expression&lt;/i&gt; &#187; ? C'est ce que Joffrin va nous apprendre. Car, voyez-vous, &#171; &lt;i&gt;depuis au moins dix ans en France, il n'y a pas un syst&#232;me m&#233;diatique mais deux&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Le premier est compos&#233; des grandes cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, des principaux r&#233;seaux radiophoniques, des quotidiens et des hebdos g&#233;n&#233;ralistes. Pour des raisons diverses &#8211; influence des actionnaires dans certains cas, convictions des &#233;ditorialistes dans d'autres, choix d&#233;lib&#233;r&#233;s des &#233;quipes r&#233;dactionnelles dans d'autres encore, le oui domine ce qu'on pourrait appeler le syst&#232;me &#034;classique&#034;.&lt;/i&gt; &#187; L&#224;, tout est simple et, croit-on comprendre, concentr&#233;, alors que &#171; &lt;i&gt;le second syst&#232;me est plus complexe et diffus&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;il compte des journaux militants, des radios moins traditionnelles, des r&#233;seaux associatifs ou d'&#233;ducation politique et, surtout, une myriade de sites Internet, collectifs ou individuels, permanents ou &#233;ph&#233;m&#232;res, dont l'influence n'a cess&#233; de grandir au fil des ann&#233;es. Dans ce syst&#232;me m&#233;diatique &#034;alternatif&#034; ou &#034;dissident&#034;, le non domine de mani&#232;re &#233;crasante&lt;/i&gt; &#187;. Dans le brouillard qui baigne cet oc&#233;an de complexit&#233;, notre sp&#233;cialiste des m&#233;dias poursuit : &#171; &lt;i&gt;Mais pourquoi, dira-t-on, introduire les partisans du non &#224; &#233;galit&#233; dans le syst&#232;me classique ?&lt;/i&gt; &#187;. Pas simplement parce qu'un v&#233;ritable &#233;quilibre serait plus d&#233;mocratique. Pour le grand strat&#232;ge, la raison est autre : le &#171; syst&#232;me classique &#187; ob&#233;irait en effet &#171; &lt;i&gt;&#224; des r&#232;gles professionnelles qui l'obligent &#224; pratiquer l'information &#233;quilibr&#233;e et la d&#233;lib&#233;ration rationnelle&lt;/i&gt; &#187;, alors que le &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me dissident&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;charrie ce qu'il y a de meilleur et de pire en mati&#232;re d'information&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne croyez pas que notre sp&#233;cialiste des &#171; &lt;i&gt;syst&#232;mes&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i&gt;r&#232;gles&lt;/i&gt; &#187; se satisfasse d'une opposition aussi sommaire. Il sait que, dans le &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me classique&lt;/i&gt; &#187;, les r&#232;gles professionnelles obligent tr&#232;s peu, que l'information est d&#233;s&#233;quilibr&#233;e et que la d&#233;lib&#233;ration rationnelle est une chim&#232;re. Gagn&#233; par le sens de la nuance, il argumente alors : &#171; &lt;i&gt;Instrument incomparable de diffusion et de culture, les m&#233;dias dominants sont aussi le royaume de la rumeur, de la manipulation, de l'arrogance pathologique et de l'invention pure et simple. Assujettis &#224; la financiarisation et &#224; la publicit&#233;, ils entretiennent les modes de domination les plus archa&#239;ques, &#224; la fois hyper lib&#233;raux et moyen&#226;geux. Premier vecteur du syst&#232;me de domination id&#233;ologique, ils flattent les penchants irrationnels autant que les virtualit&#233;s cr&#233;atrices.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erratum ! Laurent Joffrin n'est pas l'auteur de cette citation ! Il &#233;crit au contraire : &#171; &lt;i&gt;Instrument incomparable de diffusion et de culture, Internet est aussi le royaume de la rumeur, de la manipulation, de la protestation pathologique et de l'invention pure et simple. La &#034;toile&#034; est une r&#233;alit&#233; &#224; la fois futuriste et archa&#239;que, hyper technologique et moyen&#226;geuse. Premier vecteur du syst&#232;me dissident des m&#233;dias, elle en flatte les penchants irrationnels autant que les virtualit&#233;s cr&#233;atrices.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, Laurent Joffrin se soucie du pluralisme comme d'une guigne. Seule l'int&#233;resse la victoire du &#171; oui &#187; et le maintien de la domination d'un &#171; syst&#232;me &#187; m&#233;diatique dont il est un fier d&#233;fenseur et un &#233;minent b&#233;n&#233;ficiaire. Son plan de bataille est pr&#234;t ; faraud, il ne peut s'emp&#234;cher de le d&#233;voiler : &#171; &lt;i&gt;L'int&#233;r&#234;t des partisans du oui, au-del&#224; des principes, c'est donc de ramener le d&#233;bat sur le terrain rationnel, en pleine lumi&#232;re, &#224; armes &#233;gales entre le oui et le non.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Au lieu de laisser s'&#233;battre sans contradicteurs les pythies et les gourous du Net, il faut les contraindre au d&#233;bat. Et cette fois, plus ils s'exprimeront, moins ils convaincront&lt;/i&gt; &#187;. La pauvre th&#233;orie des &#171; &lt;i&gt;deux syst&#232;mes&lt;/i&gt; &#187; n'&#233;tait donc que cela : l'alibi d'un projet, d&#233;risoire mais significatif, de domestication de la dissidence.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Extrait de &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne&lt;/i&gt;, Henri Maler et Antoine Schwartz, Acrimed, Syllepse, 2005, p. 49-83.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le site &#171; expression-publique.com &#187;, janvier 2005. Cit&#233; par &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;, &#171; Le grand cirque des oui-ouistes &#187;, n&#176;23, f&#233;vrier 2005, p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &lt;i&gt;Le B&#234;tisier de Maastricht&lt;/i&gt;, Paris, Arl&#233;a, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Serge Halimi, &#171; M&#233;dias en tenue de campagne europ&#233;enne &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Val, &lt;i&gt;Le R&#233;f&#233;rendum des l&#226;ches&lt;/i&gt;, Paris, Le Cherche midi, 2005, p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article de Denis Perais et Henri Maler, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site d'Acrimed le 6 avril 2005, et celui de Denis Perais &#171; Oui dit &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;. Une propagande totalit&lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; &#187; publi&#233; le 23 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Pierre Marcelle, &#171; &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, folle de son oui &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 9 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; comparer avec celui d'un autre magazine &#171; f&#233;minin &#187; : &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt;. Lire Christiane Restier-Melleray &#171; Oui ou non ? = oui. L'&#233;quation de &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt; &#187;, texte publi&#233; sur le site d'Acrimed le 25 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon la formule employ&#233;e par Serge Halimi dans son article, &#171; M&#233;dias en tenue de campagne europ&#233;enne &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s les calculs de &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt;, &#171; Les tigres de papier &#187;, n&#176;25, juin-ao&#251;t 2005, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment : &#171; Comment &lt;i&gt;Le Midi Libre&lt;/i&gt; cajolait les partisans du &#034;oui&#034; &#187;, par Mathias Reymond, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 28 juillet 2005 ; &#171; &lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt; en &#034;mission d'information&#034; &#187;, par Denis Perais (publi&#233; le 4 mai 2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Remarquons d'ailleurs que ces commentaires ne sont que des &#233;chos &#224; peine assourdis des propos de certains responsables politiques : en cas de victoire du &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum, pr&#233;dit Fran&#231;ois Bayrou, &#171; &lt;i&gt;il pleuvra plus de 40 jours&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 31.03.05), tandis que Dominique Strauss-Kahn parle sans sourcilier d'&#171; &lt;i&gt;un souffle de bombe atomique&lt;/i&gt; &#187; (France 2, 17.02.05).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un exemple r&#233;gional, lire : Pierre Huron et Alain Thorens, &#171; Cachez ce Trait&#233; que je ne saurais voir (&lt;i&gt;Les Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt;) &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 10 mars 2005 ; ColMar et Stanislas , &#171; Les &lt;i&gt;DNA&lt;/i&gt; m&#233;prisent les lecteurs et l'&#233;lecteur &#187; (14 f&#233;vrier 2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article de Philippe Monti, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site d'Acrimed le 25 avril 2005. Voir &#233;galement &#171; Bernard Guetta c&#233;l&#232;bre sa propre importance &#187; par Yves Rebours et Mathias Reymond, publi&#233; le 21 f&#233;vrier 2005 ; &#171; Bernard Guetta parle de Bernard Guetta &#187;, par Yves Rebours, publi&#233; le 27 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les sondages d'intention de vote, leur validit&#233; scientifique et leur port&#233;e d&#233;mocratique, lire les contributions de Patrick Lehingue sur le site d'Acrimed : &#171; Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (1) &#187; publi&#233; le 8 avril 2005 ; &#171; Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (2) : &lt;i&gt;tout bouge, rien ne bouge&lt;/i&gt; &#187;, publi&#233; le 12 mai 2005 ; &#171; Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (3) : &lt;i&gt;Exclusif : les sondages ne se sont pas tromp&#233;s&lt;/i&gt; &#187; publi&#233; le 8 juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Lehingue, &#171; Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (2)&#8230; &#187;, art.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article de Denis Perais, Colmar et Alain Thorens, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site d'Acrimed le 30 mars 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ces exemples et quelques autres, voir aussi &#171; Deux poids, deux mesure &#187; (Documentation d'Acrimed et de &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;) sur le site d'Acrimed. Publi&#233; le 28 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article d'Henri Maler, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site d'Acrimed le 6 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Propos rapport&#233; par Fran&#231;ois Ruffin dans &lt;i&gt;Les petits soldats du journalisme&lt;/i&gt;, &#201;ditions Les Ar&#232;nes, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>20 ans apr&#232;s, retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005 (2/5)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-2</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-2</guid>
		<dc:date>2025-08-04T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;&#171; M&#233;dias en campagne &#187;, Syllepse, 2005, chapitre 1.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Referendum-de-2005-" rel="directory"&gt;R&#233;f&#233;rendum de 2005 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L96xH150/mediasencampagne-3-00e27.jpg?1776746483' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 mai 2005, le trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#233;tait rejet&#233; par r&#233;f&#233;rendum. &#192; l'&#233;poque, nous y avions consacr&#233; de nombreux articles et un livre : &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne. Retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005&lt;/i&gt; (Henri Maler et Antoine Schwartz, &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/medias-en-campagne-_r_25_i_271.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syllepse&lt;/a&gt;, 2005). &#192; l'occasion de ce vingti&#232;me anniversaire, nous publions au fil de l'&#233;t&#233; les diff&#233;rents chapitres de cet ouvrage. Au programme ici : le chapitre 1.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH471/medias-en_campagne-90f57.jpg?1776689247' width='300' height='471' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Vous avez dit &#171; &#233;quit&#233; &#187; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Nous vivons dans un &#233;trange pays, o&#249; le scrutin majoritaire (qui &#233;crase les diff&#233;rences et exclut les minorit&#233;s) sert de mod&#232;le et de r&#233;f&#233;rence (alors que rien ne le justifie) pour calculer la r&#233;partition des temps de parole dans les m&#233;dias audiovisuels entre les formations politiques. O&#249;, de surcro&#238;t, une r&#232;gle coutumi&#232;re exige qu'en temps normal le gouvernement et la majorit&#233; du moment disposent des deux tiers de ce temps. O&#249; le Conseil sup&#233;rieur de l'audiovisuel (CSA) se pose en gardien d'une &#171; tradition &#187; (monarchique ?) selon laquelle les interventions du pr&#233;sident de la R&#233;publique ne doivent pas entrer dans la compatibilit&#233;. O&#249; le m&#234;me CSA invoque une impalpable &#171; &#233;quit&#233; &#187; qu'il &#233;value &#224; sa convenance, en ne prenant en compte que la dur&#233;e de la campagne officielle, en sous-traitant aux responsables des radios le soin de tenir la comptabilit&#233;, en omettant les prestations des chroniqueurs en tous genres. Bref, en couvrant du voile d'une expertise comptable illusoire l'expression m&#233;diatique d'une d&#233;mocratie confisqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Des chiffres et des lettres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Les partisans des deux camps ont-ils b&#233;n&#233;fici&#233; de la m&#234;me visibilit&#233; m&#233;diatique ? &#192; cette question, il est permis, en ces mois de campagne, de r&#233;pondre avec le maximum de d&#233;sinvolture. Ainsi, le 18 mars 2005, l'auditeur de France Info peut entendre le journaliste Olivier de la Garde fulminer : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait des semaines qu'on entend que les partisans du &#034;non&#034;. Les partisans du &#034;oui&#034;, on ne les entend pas beaucoup&lt;/i&gt; &#187;. Tiens donc&#8230; Le m&#234;me jour, Laurent Ruquier dans son &#233;mission de divertissement &#171; On va s'g&#234;ner &#187; sur Europe 1, commente un sondage qui donne 51% d'intentions de vote favorables au &#171; non &#187; : &#171; &lt;i&gt;Maintenant, moi je suis ravi de faire partie du c&#244;t&#233; des minoritaires..&lt;/i&gt;. &#187;. Un de ses comparses (G&#233;rard Miller) r&#233;torque : &#171; &lt;i&gt;Vous ne faites pas encore partie des minoritaires en temps de parole... dans les m&#233;dias et dans les journaux&lt;/i&gt; &#187;. Il d&#233;clenche aussit&#244;t les foudres de l'animateur qui s'exclame avec col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Ah non il faut arr&#234;ter de dire &#231;a ! &#199;a c'est pas vrai !&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;N'utilisez pas comme argument le fait que vous n'avez pas le m&#234;me temps de parole que les autres, c'est pas vrai on n'entend que vous tout le temps !&lt;/i&gt; &#187;. C'est totalement faux, mais qu'importe ! L'essentiel est de pouvoir s'&#233;trangler d'indignation : &#171; &lt;i&gt;C'est le m&#234;me argument que Le Pen, c'est le complot m&#233;diatique !&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article d'Yves Rebours, &#171; Laurent Ruquier nous divertit sans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Rien que cela ! Deux mois plus tard, dans les colonnes du &lt;i&gt;Monde T&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, la directrice de l'information de France 2, Arlette Chabot, fait part &#233;galement de sa col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Avant, on nous accusait de faire le jeu du &#034;non&#034;, et maintenant celui du &#034;oui&#034;. Et comme par hasard, c'est le service public, qui se d&#233;m&#232;ne pour pr&#233;parer des &#233;missions sp&#233;ciales et pour faire de la p&#233;dagogie tout au long de l'ann&#233;e, que l'on critique quand le r&#233;sultat semble serr&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Puis Arlette Chabot poursuivait par ce cri du c&#339;ur, tr&#232;s &#233;mouvant : &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas charg&#233;s de la campagne officielle ! Nous avons aussi le droit d'&#234;tre des journalistes !&lt;/i&gt; &#187; (22-23.05.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les donn&#233;es objectives suffisent &#224; montrer que le droit de dire n'importe quoi devrait s'imposer des limites. Et que le droit des journalistes ne devrait pas les soustraire &#224; quelques obligations. Quelques chiffres. D'abord, ceux du CSA, m&#234;me s'ils font l'objet des plus vives critiques. Son relev&#233; qui couvre la p&#233;riode du 4 au 29 avril indique que les d&#233;fenseurs du &#171; oui &#187;, dans l'ensemble des cha&#238;nes g&#233;n&#233;ralistes de t&#233;l&#233;vision, ont dispos&#233; de 63 % du temps d'antenne, contre 37 % pour leurs adversaires. Pour la p&#233;riode du 4 avril au 13 mai, le d&#233;s&#233;quilibre semble moindre, puisque le temps d'antenne &#233;tait de 57 % pour le camp du &#171; oui &#187;, 43 % pour celui du &#171; non &#187;. Si l'on prend l'exemple des magazines et journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de France 2, entre le 4 avril et le 27 mai, les partis ou groupements politiques favorables &#224; l'adoption du trait&#233; ont dispos&#233; de 7 heures et 13 minutes de temps de parole, contre 6h19 pour leurs adversaires. Sur TF1, l'&#233;quilibre est presque atteint, mais la cha&#238;ne n'a consacr&#233; que 2h43 de temps de parole aux organisations politiques. Les responsables de TF1 ont sans doute estim&#233; que la diffusion d'&#233;missions de t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; &#233;tait une action plus &#171; citoyenne &#187; que l'information de leurs t&#233;l&#233;spectateurs sur un enjeu aussi important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, l'&#233;mission de d&#233;cryptage des m&#233;dias &#171; Arr&#234;t sur images &#187;, sur France 5, a comptabilis&#233; le nombre des intervenants &#224; la t&#233;l&#233;vision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les &#233;missions du 10 avril 2005, du 8 mai 2005 et du 11 juin 2005. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Entre le 1er janvier et le 31 mars 2005, pr&#232;s de 70 % des intervenants &#224; la t&#233;l&#233;vision (journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, &#233;missions politiques et de divertissement) se situaient dans le camp du &#171; oui &#187;. Au mois d'avril 2005, 73 % des invit&#233;s des principaux journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s &#233;taient favorables au &#171; oui &#187; ; au mois de mai, ils sont encore pr&#232;s de 61 %. La disproportion est particuli&#232;rement flagrante dans certaines &#233;missions, comme &#171; France Europe Express &#187; de Christine Ockrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le journal &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt; a effectu&#233; des calculs concernant la radio&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; Les tigres de papier &#187;, PLPL, n&#176;25, juin-ao&#251;t 2005, p. 4.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du 1er mars au 28 avril, St&#233;phane Paoli a invit&#233; dans l'&#233;mission &#171; Question directe &#187; de France Inter 23 personnalit&#233;s favorables au &#171; oui &#187; contre seulement 4 pour le &#171; non &#187;. Au mois de mai, il devait conc&#233;der un r&#233;&#233;quilibrage. Sur Europe 1, entre le 7 mars et le 27 mai 2005, Jean-Pierre Elkabbach a re&#231;u (dans ses &#233;missions matinales et celles du dimanche soir) 45 partisans du trait&#233; constitutionnel, contre 12 opposants. Dans &#171; l'Invit&#233; de RTL &#187;, entre le 1er f&#233;vrier et le 27 mai 2005, le journaliste politique Jean-Michel Aphatie a quant &#224; lui interrog&#233; 40 dignitaires du &#171; oui &#187; et 22 d&#233;fenseurs du &#171; non &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pendant ce temps, l'AFP travaillait &#224; entretenir le d&#233;s&#233;quilibre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres accablants t&#233;moignent d'une conception pour le moins &#233;tonnante de l'&#171; &#233;quit&#233; &#187;, dont le flou artistique &#8211; en ce domaine comme en d'autres &#8211; permet d'habiller &#224; peu de frais les in&#233;galit&#233;s les plus flagrantes. Encore ne sont-ils que des indices. D'abord, il est indispensable de s'interroger sur le contexte de chaque intervention. Quelle &#233;tait l'attitude des journalistes &#224; l'&#233;gard des porte-parole des deux camps ? &#192; l'&#233;vidence, les tenants du &#171; non &#187; et ceux du &#171; oui &#187; ont subi &#8211; nous y reviendrons &#8211; un traitement journalistique qualitativement tr&#232;s diff&#233;rent. Ensuite, ces donn&#233;es ne prennent pas non plus en compte la place occup&#233;e par les experts et les &#233;ditorialistes, pourtant omnipr&#233;sents &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision, et indubitablement engag&#233;s dans la ratification du projet de Constitution. Sans m&#234;me &#233;voquer le cas de la presse, o&#249; quelques exceptions (&lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, pour ne citer qu'eux) ne peuvent masquer la campagne unanimiste, incessante et rageuse, d'un nombre impressionnant de titres mobilis&#233;s pour le &#171; oui &#187;. Qu'il s'agisse de la presse d'information g&#233;n&#233;raliste, nationale (de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; en passant par &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;) comme r&#233;gionale (de &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; en passant par &lt;i&gt;les Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt;), ou qu'il s'agisse de la presse magazine la plus vari&#233;e (de &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt; au magazine &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, en passant par &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;). Enfin, les chiffres avanc&#233;s n'enregistrent que quelques mois de campagne et ne repr&#233;sentent qu'une &#171; coupe &#187; effectu&#233;e dans plusieurs ann&#233;es d'une diffusion totalement disproportionn&#233;e d'une conception unique de la construction europ&#233;enne, que les partisans du &#171; oui &#187; se borneront seulement &#224; reprendre et intensifier &#224; l'occasion du d&#233;bat r&#233;f&#233;rendaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expression, pour une part, de rapports de forces qui pr&#233;existent &#224; une campagne qui en amplifie les effets, la minorisation m&#233;diatique des partisans du &#171; non &#187; ne traduit pas simplement le parti pris id&#233;ologique des journalistes dominants. En effet, les disproportions quantitatives et les distorsions qualitatives sont le produit de logiques structurelles qui conduisent invariablement les journalistes politiques &#224; privil&#233;gier les partis politiques les plus puissants et &#224; se focaliser sur les hommes politiques les plus consacr&#233;s. Avec, pour cons&#233;quences, d'une part une sous-repr&#233;sentation m&#233;diatique des responsables politiques &#171; de second plan &#187;, qui a pour corollaire une d&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;gard des plus puissants, et d'autre part une sous-repr&#233;sentation m&#233;diatique des petits partis, ce qui redouble d'une certain mani&#232;re les effets pervers du scrutin majoritaire. On mesure alors la difficult&#233; pour les tenants du &#171; non &#187; d'imposer sur la sc&#232;ne m&#233;diatique un d&#233;bat qui respecterait l'&#233;quilibre entre les points de vue ind&#233;pendamment des consid&#233;rations de &#171; repr&#233;sentativit&#233; politique &#187; ou de notori&#233;t&#233; journalistique des porte-voix respectifs des deux camps. De fait, il leur fallait affronter une v&#233;ritable course d'obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;quit&#233; : les &#233;mois d'un m&#233;diateur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article d'Henri Maler, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche 13 mars 2005, &#171; Au fil d'Inter &#187;, l'&#233;mission anim&#233;e par Brigitte Patient, est consacr&#233;e au r&#244;le des m&#233;diateurs. Patrick P&#233;pin, m&#233;diateur de Radio France, s'interroge sur les tombereaux de protestations des auditeurs face au traitement journalistique de la campagne par la cha&#238;ne de radio. &#171; &lt;i&gt;On a re&#231;u &#233;norm&#233;ment&lt;/i&gt; [de courrier], explique P&#233;pin, &lt;i&gt;mais &#231;a c'est depuis plusieurs semaines&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Je vais juste prendre une lettre parce que c'est la tonalit&#233; g&#233;n&#233;rale. Le gros des auditeurs, et l&#224; c'est un Monsieur qui nous fait remarquer qu'il &#034;serait heureux que France Inter lui serve une information impartiale sur le prochain r&#233;f&#233;rendum et non comme jusqu'&#224; pr&#233;sent un cheval pour le &#034;oui&#034; et une alouette pour le &#034;non&#034;&lt;/i&gt; &#187;. Cette formule amusante ayant stimul&#233; sa curiosit&#233;, le m&#233;diateur fait une d&#233;couverte bouleversante : &#171; &lt;i&gt;les gens qui avaient parl&#233; pour le &#8216;&#8216;non'' sur les antennes de Radio France &#233;taient plus nombreux que les gens qui s'&#233;taient exprim&#233;s pour le &#034;oui'&#034;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment ? Selon quelles sources autoris&#233;es ? Quels sont ces &#171; gens &#187; (responsables politiques, journalistes, experts) qui ont parl&#233; ? Les chroniqueurs et &#233;ditorialistes ont-ils &#233;t&#233; comptabilis&#233;s ? Pour quelles dur&#233;es et dans quelles conditions ? Qu'importe, en effet, leur nombre &lt;i&gt;stricto sensu&lt;/i&gt; si l'on ne conna&#238;t pas le temps de parole r&#233;serv&#233; aux intervenants, et surtout les conditions de leur expression ? En tout cas, le m&#233;diateur se refuse &#224; entendre les critiques des auditeurs : &#171; &lt;i&gt;On est dans quelque chose d'extr&#234;mement subjectif, violent, id&#233;ologique, automatiquement la perception est fauss&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Qui peut bien donc &#234;tre ce &#171; on &#187; ? En d&#233;finitive, ce quelque chose de &#171; &lt;i&gt;subjectif&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;violent&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;id&#233;ologique&lt;/i&gt; &#187; m&#233;conna&#238;t simplement le travail de &#171; p&#233;dagogie &#187; que r&#233;alisent les journalistes de la cha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;Pour les tenants du &#034;non&#034;&lt;/i&gt;, explique P&#233;pin, &lt;i&gt;tout le travail de p&#233;dagogie qui est une vraie fonction sociale, politique du journaliste, et raison de plus dans une antenne de service public, qui est d'expliquer, est per&#231;ue comme favorable au &#034;oui&#034;&lt;/i&gt; &#187;. Gr&#226;ce au m&#233;diateur, au moins, toutes les erreurs de perception sont d&#233;sormais corrig&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, deux mois plus tard, le point de vue de Patrick P&#233;pin semble avoir quelque peu &#233;volu&#233;, comme en t&#233;moigne son &#171; chat &#187; sur le site internet de Radio France (18.05.05). Certes, l'arbitre se refuse &#224; d&#233;savouer le comportement des interviewers des stations de Radio France : &#171; &lt;i&gt;Je ne peux pas admettre qu'il y ait un d&#233;s&#233;quilibre lorsque les repr&#233;sentants du &#034;oui&#034; et du &#034;non&#034; sont trait&#233;s avec impartialit&#233; &#224; l'antenne&lt;/i&gt; &#187;. Certes, le m&#233;diateur continue de r&#233;affirmer la &#171; &lt;i&gt;libert&#233; n&#233;cessaire&lt;/i&gt; &#187; des &#233;ditorialistes. Toutefois, press&#233; par les questions virulentes et pr&#233;cises des internautes, il doit admettre qu'il a &#171; &lt;i&gt;constat&#233; comme beaucoup d'auditeurs que tout le travail p&#233;dagogique indispensable &#224; la radio semble dans l'explication &#234;tre plut&#244;t favorable au &#034;oui&#034;&lt;/i&gt; &#187;. Il conc&#232;de aussi que &#171; &lt;i&gt;le point de vue des &#233;ditorialistes tend &#224; modifier la recherche d'&#233;quilibre et d'impartialit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, d'autant que leurs propos &#171; &lt;i&gt;ne sont pas d&#233;compt&#233;s du temps de parole&lt;/i&gt; &#187;, ce qui conduit &#224; &#171; &lt;i&gt;fausser la recherche d'&#233;galit&#233; qui est celle des antennes&lt;/i&gt; &#187;. Il fait m&#234;me observer que &#171; &lt;i&gt;l'orientation pro &#034;oui&#034; des chroniqueurs pose probl&#232;me&lt;/i&gt; &#187;, et que l'id&#233;e de les suspendre provisoirement de leurs fonctions ou de leur opposer des contradicteurs m&#233;ritait d'&#234;tre envisag&#233;e. De m&#234;me, les r&#233;actions indign&#233;es et les critiques lui semblent plus compr&#233;hensibles : &#171; &lt;i&gt;Il y a dans cette campagne une r&#233;action logique des citoyens qui comprennent mal qu'on leur pose une question ouverte et que majoritairement on leur indique une seule r&#233;ponse&lt;/i&gt; &#187;. Mais combien d'autres journalistes ont continu&#233; sans sourcilier de nier une v&#233;rit&#233; qui pourtant crevait les yeux et les oreilles ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Des interviewers &#224; pugnacit&#233; partisane&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Parmi les entraves &#224; l'expression des adversaires du projet de trait&#233;, la plus visible est l'engagement manifeste des interviewers, capables en d'innombrables occasions de transformer leurs questions en chroniques interrogatives ou d'oublier, tout simplement, leur fonction de journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#233;mission &#171; Arr&#234;t sur images &#187; du 3 avril 2005, une discussion s'engage sur l'attitude des interviewers &#224; l'&#233;gard de leurs invit&#233;s durant la campagne. Le politiste Raoul-Marc Jennar, adversaire du trait&#233;, se d&#233;clare surpris que St&#233;phane Paoli n'ait pas contredit Dominique Strauss-Kahn quand celui-ci a pr&#233;tendu que la directive Bolkestein &#233;tait d&#233;sormais retir&#233;e et perdue &#171; &lt;i&gt;dans les poubelles de l'histoire&lt;/i&gt; &#187; (09.03.05)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette directive de &#171; lib&#233;ralisation &#187; des services, dont le contenu n'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, selon Jennar, &#171; &lt;i&gt;la proposition n'a jamais &#233;t&#233; retir&#233;e, ni &#224; ce moment-l&#224; ni m&#234;me depuis le sommet europ&#233;en&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;il me semble&lt;/i&gt;, ajoute-t-il, &lt;i&gt;qu'un journaliste professionnel qui accueille un homme politique devrait garder un &#339;il critique sur les propos d'un homme politique qui est en campagne&lt;/i&gt; &#187;. Quentin Dickinson, le correspondant de France Inter &#224; Bruxelles r&#233;torque que &#171; &lt;i&gt;St&#233;phane Paoli n'a pas &#224; pol&#233;miquer avec son invit&#233;, c'est clair. Il lui laisse la responsabilit&#233; de ses propos&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant, quand un partisan du &#171; non &#187; s'exprime dans les grands m&#233;dias, les journalistes n'h&#233;sitent pas &#224; le contredire, voire &#224; le houspiller avec une agressivit&#233; non dissimul&#233;e. C'est le cas par exemple de Pierre Le Marc et ses collaborateurs recevant le socialiste Jean-Luc M&#233;lenchon dans l'&#233;mission politique de &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt; &#171; Respublica &#187; (10.03.05). Personne n'&#233;prouve alors l'obligation de lui laisser &#171; &lt;i&gt;la responsabilit&#233; de ses propos&lt;/i&gt; &#187; comme en t&#233;moigne cet extrait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;ponses de l'invit&#233; ont &#233;t&#233; parfois l&#233;g&#232;rement raccourcies afin de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;- Pierre Le Marc : &lt;i&gt;Comment expliquez vous alors que la majorit&#233; des syndicats europ&#233;ens se soient prononc&#233;s en faveur de cette Constitution, en faveur de ce trait&#233;, en estimant qu'il apporte des progr&#232;s sur le plan social ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon : &lt;i&gt;Je suis bien oblig&#233; de dire qu'ils se trompent&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Le Marc : &lt;i&gt;Vous &#234;tes seuls &#224; d&#233;tenir la v&#233;rit&#233; face &#224; 119 syndicats europ&#233;ens&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;L'approbation d'un tel nombre de syndicats pour vous n'a aucune importance.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon : &lt;i&gt;Je n'ai pas dit cela du tout, je dis que je pense qu'ils ont tort, et c'est mon droit. Je vais vous dire autre chose maintenant : si vous regardez les syndicats fran&#231;ais, la CGT est contre, l'UNSA&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Le Marc [qui le coupe] : &lt;i&gt;Non, la CGT et FO se sont abstenues lors de ce vote &#224; la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon : &lt;i&gt;Mais en France, le vote qui a eu lieu en France ? En France, les syndicats qui ont analys&#233; ce texte ont conclu qu'il ne correspondait pas aux objectifs&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Le Marc : &lt;i&gt;Vous savez les r&#233;serves qu'a admises M. Thibault sur le vote de la CGT tout de m&#234;me !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon : &lt;i&gt;Ah oui, mais &#233;coutez ! Vous ne pouvez pas m'opposer le vote du Parti socialiste et ensuite passer par-dessus bord le vote de la CGT. Il faut choisir hein ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Fran&#231;oise Degois : [&#8230;] &lt;i&gt;Le 29 mai la France vote Non, qu'est-ce qui se passe ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon : &lt;i&gt;La France un pays fondateur de l'Europe, c'est donc elle qui peut prendre l'initiative de relancer la n&#233;gociation, en disant : voici pourquoi les Fran&#231;ais ont refus&#233;&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Le Marc [goguenard] : &lt;i&gt;Et &#224; ce moment, tout le monde accourt &#224; la table, tout le monde accourt &#224; la table&#8230; tout le monde accourt &#224; la table&#8230; Vous n&#233;gociez avec qui ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon : &lt;i&gt;Avec les pays qui se trouvent l&#224;, avec qui voulez vous n&#233;gocier ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Le Marc : &lt;i&gt;Et qui sont bien s&#251;r tout &#224; fait pr&#234;ts &#224; n&#233;gocier le mod&#232;le social fran&#231;ais, le mod&#232;le du parti socialiste fran&#231;ais&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon : &lt;i&gt;Est-il normal de mettre dans une Constitution une politique &#233;conomique ? Vous m'obligez &#224; adopter, moi qui suis socialiste, un ensemble de dispositions qui r&#233;p&#232;tent toutes les trois lignes que c'est la concurrence libre et non fauss&#233;e qui est le grand principe&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Michel Feltin : &lt;i&gt;C'est vrai depuis le d&#233;but de l'Europe, depuis 1957&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Le Marc : &lt;i&gt;Mais retirer ces textes reviendrait au m&#234;me !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon [agac&#233;] : &lt;i&gt;Pour vous c'est tout du pareil au m&#234;me, vous &#234;tes hors de la r&#233;alit&#233;, pardonnez-moi de vous le dire&#8230;&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Le Marc : &lt;i&gt;Est-ce que vous n'introduisez pas une logique qui fait que les march&#233;s et le lib&#233;ralisme seront beaucoup plus puissants puisque vous brisez l'instrument de politique de la construction europ&#233;enne qui cherche &#224; renforcer les solidarit&#233;s ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Luc M&#233;lenchon : &lt;i&gt;Mais pas du tout. Le contenu de ce texte ne renforce pas les solidarit&#233;s&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pierre Le Marc : &lt;i&gt;C'est votre avis&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Alors que les pr&#233;sentateurs placent les adversaires du trait&#233; en position d'accus&#233;s soumis &#224; un interrogatoire, ils bichonnent les amoureux du projet constitutionnel, leur posant des questions comme on sert des friandises. Les interviewers deviennent alors de v&#233;ritables protagonistes des d&#233;bats. Parfois la complaisance n'est m&#234;me pas dissimul&#233;e. Ainsi, le pr&#233;sentateur Thomas Hughes salue en ces termes Simone Veil, convi&#233;e au 20 heures de TF1 pour bavarder sur les bienfaits de la construction europ&#233;enne, alors m&#234;me que son engagement est contest&#233; compte tenu du devoir de r&#233;serve li&#233; &#224; ses fonctions : &#171; &lt;i&gt;Merci de faire cette campagne m&#234;me si certains vous invitent &#224; d&#233;missionner du Conseil Constitutionnel&lt;/i&gt; &#187; (05.05.05). Lorsqu'ils interrogent les roitelets du &#171; oui &#187;, les interviewers patent&#233;s en rajoutent dans la r&#233;v&#233;rence. Aucune question g&#234;nante quand Arlette Chabot et David Pujadas &#171; interrogent &#187; Jacques Chirac (France 2, 04.05.05). Pourtant, comme le montre en d&#233;tail &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; deux jours plus tard (06.05.05), le pr&#233;sident de la R&#233;publique a multipli&#233; les affirmations pour le moins discutables, sans rencontrer la moindre opposition. Pas de &#171; pol&#233;mique &#187; non plus quand Alain Duhamel et Olivier Mazerolle interviewent successivement Val&#233;ry Giscard d'Estaing et Jean-Pierre Chev&#232;nement dans &#171; 100 minutes pour comprendre &#187; (France 2, 21.04.05). Entre la d&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;gard du premier et l'agressivit&#233; &#224; l'&#233;gard du second, lequel pouvait rarement aller au bout de ses arguments, le contraste est complet. Une analyse attentive montre que Duhamel est intervenu 17 fois face &#224; Giscard d'Estaing et 27 fois face &#224; Chev&#232;nement. Dans le premier cas, ses interventions &#233;taient de simples relances (parfois formul&#233;es comme des objections &#233;manant de partisans du &#171; non &#187;) ; dans le second cas, ses interventions &#233;taient des interruptions ou des objections. Quant &#224; Olivier Mazerolle, entre autres &#171; bons mots &#187;, on lui doit celui-ci : &#171; &lt;i&gt;Il se r&#233;pand en France une sorte de grande peur, comme il y a eu la peur de la grande peste, l&#224;, on a peur que cette Constitution, ce ne soit une machine lib&#233;rale &#224; la britannique&lt;/i&gt; &#187;. Une peur irrationnelle, certainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, les journalistes savent faire preuve d'impertinence. Comme Serge July, le directeur de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; qui, sur le plateau de &#171; France Europe Express &#187;, implore Giscard d'Estaing sous couvert d'une interrogation : &#171; &lt;i&gt;Que faire pour sauver le &#034;oui&#034; ?&lt;/i&gt; &#187; (France 3, 29.03.05). Mais dans l'art des questions d&#233;stabilisantes, Jean-Pierre Elkabbach est irr&#233;sistible. L'interviewer d'Europe 1 s'adressant au porte-parole du Parti socialiste, Fran&#231;ois Rebsamen : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi vous dites qu'il y a un &#034;oui&#034; p&#233;dagogique et un &#034;non&#034; d&#233;magogique ?&lt;/i&gt; &#187; (11.02.05). &#192; Bertrand Delano&#235;, qu'il re&#231;oit &#171; &lt;i&gt;avec plaisir&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que la France peut vaincre ses peurs ?&lt;/i&gt; &#187; (22.03.05). M&#234;me chose pour Manuel Valls : &#171; &lt;i&gt;Quels arguments il faut utiliser pour convaincre que l'Europe, avec sa nouvelle Constitution &#224; 25, est bonne pour les Fran&#231;ais, qu'elle garantit l'&#233;galit&#233; des chances et aussi leur avenir ?&lt;/i&gt; &#187; (21.03.05). Toutefois, face &#224; Laurent Fabius, Elkabbach change de ton : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que vous croyez vraiment ce que vous dites ?&lt;/i&gt; &#187;. Exc&#233;d&#233;, Fabius lui r&#233;plique : &#171; &lt;i&gt;Mais vous &#234;tes injurieux !&lt;/i&gt; &#187; (04.05.05). Notons que Jean-Pierre Elkabbach n'a pas r&#233;sist&#233; au plaisir d'afficher ses convictions : &#171; &lt;i&gt;Moi, je suis pour le &#034;oui&#034;. Je ne devrais pas le dire, mais je suis pour le &#034;oui&#034;. Mais je suis objectif !&lt;/i&gt; &#187; (Europe 1, 08.02.05). C'est peut-&#234;tre ce genre d'attachement visc&#233;ral &#224; l'objectivit&#233; qui explique qu'au lendemain de son entretien rat&#233; avec 83 jeunes sur TF1, Jacques Chirac aurait d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les journalistes politiques, &#231;a a du bon&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 19.04.05).&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un interrogatoire sur France 2 (service public)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Patrick Champagne, &#171; Exercice de propagande ordinaire sur France 2 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une interview de Laurent Fabius, r&#233;alis&#233;e en plateau et en direct, est pr&#233;c&#233;d&#233;e par deux reportages. L'un porte sur un meeting du Front national. La voix &lt;i&gt;off&lt;/i&gt; du journaliste insiste sur l'&#233;troit nationalisme des militants de ce parti qui, en outre, se prononcent pour le &#171; non &#187; alors qu'ils ne lisent m&#234;me pas la Constitution (il est bien connu que tous les partisans du &#171; oui &#187; connaissaient le trait&#233; sur le bout des doigts). Le journaliste mentionne &#233;galement le penchant de ces militants pour le vin ros&#233;... On voit et l'on entend surtout Le Pen qui cite au passage Laurent Fabius, ce dernier ayant constat&#233;, comme d'autres, que le trait&#233; ne sera pas facilement r&#233;visable. Cet extrait a &#233;t&#233; choisi, &#233;videmment, sans intention particuli&#232;re... Le second reportage reprend simplement les propos de Fran&#231;ois Hollande, un partisan du &#171; oui &#187; qui fustige Fabius, accus&#233; de poursuivre des ambitions personnelles et d'avoir choisi le &#171; non &#187; uniquement par calcul (sans doute parce qu'il est le seul &#224; calculer&#8230;). Cet extrait a sans doute, lui aussi, &#233;t&#233; choisi par la r&#233;daction de France 2 en fonction de sa haute teneur explicative. Vient le moment de l'interview. Plut&#244;t que d'interroger son invit&#233; sur ses positions au sujet du TCE, B&#233;atrice Sch&#246;nberg, la pr&#233;sentatrice du JT, lui pose les &lt;i&gt;questions-que-tout-le-monde-se-pose&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire les questions qu'elle se pose... &#224; la lumi&#232;re des reportages pr&#233;c&#233;dents. Ou plut&#244;t, elle lance des accusations, voire des insinuations plus ou moins calomnieuses (Fabius cohabiterait avec l'extr&#234;me droite, il serait un politicien acrobate, un agitateur de chiffon rouge, un socialiste isol&#233;, qui transformerait de braves militants socialistes en &#171; dindons de la farce &#187;, etc.). En revanche, elle ne pose aucune question pr&#233;cise &#8211; m&#234;me d&#233;rangeante &#8211; sur les raisons avanc&#233;es par l'invit&#233; en faveur du &#171; non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;i&gt;Les r&#233;ponses de Laurent Fabius n'ont pas &#233;t&#233; retranscrites pour mieux mettre en &#233;vidence le travail de la journaliste&lt;/i&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg : &lt;i&gt;Laurent Fabius, bonsoir. L'attaque&lt;/i&gt; [de Fran&#231;ois Hollande] &lt;i&gt;est claire et directe. J'imagine que votre r&#233;ponse le sera aussi.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg : &lt;i&gt;Est-ce que vous r&#233;pondrez en revanche &#224; Jean-Marie Le Pen puisqu'il &#233;tait particuli&#232;rement &#233;logieux avec vous, qu'il est pour le &#171; non &#187; comme vous l'&#234;tes. Est-ce que cette cohabitation du &#171; non &#187; vous va par exemple ?&lt;/i&gt; [En quoi s'agit-il d'apporter une &#171; r&#233;ponse &#187; &#224; Le Pen ? Fabius lui r&#233;torque : &#171; &lt;i&gt;Vous vous moquez de moi !&lt;/i&gt; &#187;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg [faussement innocente] : &lt;i&gt;Je vous pose la question.&lt;/i&gt; [C'est plus clair : la fausse question de Le Pen &#233;tait une vraie question de Schonberg !]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg [qui n'en d&#233;mord pas] : &lt;i&gt;C'est une cohabitation de circonstance !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg : &lt;i&gt;Si vous le voulez bien, toute une s&#233;rie de questions concr&#232;tes avec des r&#233;ponses concr&#232;tes. On a l'impression que cette semaine vous avez multipli&#233; les d&#233;clarations, les interventions. On vous a vu &#224; la t&#233;l&#233; avec Jos&#233; Bov&#233;. On a donc le sentiment que vous passez &#224; une vitesse sup&#233;rieure. Finalement&lt;/i&gt; [On voit mal l'encha&#238;nement avec ce qui pr&#233;c&#232;de] &lt;i&gt;est-ce que vous n'&#234;tes pas dans une position d'acrobate, o&#249; vous vous affichez sans faire campagne, on a un peu du mal... franchement, il faudrait un peu que les citoyens arrivent &#224; s'y retrouver&lt;/i&gt; [D'o&#249; tient-elle que les citoyens ne s'y retrouvent pas ?].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg : &lt;i&gt;Certains vous reprochent, chez les socialistes d'ailleurs, d'agiter un peu les chiffons rouges, de pr&#244;ner une certaine m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des &#233;trangers...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg : &lt;i&gt;Vous dites, par exemple, l'ouverture des fronti&#232;res peut mettre en cause notre protection sociale, nos retraites.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg : &lt;i&gt;Est-ce qu'on peut avoir raison contre tous les socialistes europ&#233;ens et contre la majorit&#233; des syndicats europ&#233;ens ?&lt;/i&gt; [Est-ce que les responsables politiques doivent faire comme les journalistes et regarder ce que pensent leurs homologues pour savoir ce qu'ils doivent penser ?]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg : &lt;i&gt;Laurent Fabius, beaucoup de questions &#233;videmment sur l'apr&#232;s 29 mai. Vous vous posez en rassembleur du peuple de gauche. Quel r&#244;le allez-vous jouer, comment imaginez-vous ces lendemains ? Finalement... par exemple, Dominique Strauss-Kahn aujourd'hui dit &#171; faudra qu'il d&#233;missionne si le &#034;oui&#034; passe &#187;. Comment imaginez-vous que les militants qui donc ont vot&#233; pour la ligne du parti socialiste, donc pour le oui, vont prendre les choses. Est-ce que ce sont pas eux les dindons de la farce ?&lt;/i&gt; [Quelle farce ? Pourquoi ne pas se demander ce qu'en pensent les 50% d'&#233;lecteurs socialistes qui s'appr&#234;tent &#224; voter &#171; non &#187; alors que le Parti socialiste fait campagne pour le &#171; oui &#187; ?]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg [insistante] : &lt;i&gt;Parlez aux militants !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; B&#233;atrice Schonberg : &lt;i&gt;Merci Laurent Fabius d'avoir r&#233;pondu en direct &#224; nos questions.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci B&#233;atrice Schonberg de ne pas avoir pos&#233; une seule question sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Des &#171; experts &#187; &#224; engagement monocolore&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ditorialistes, pr&#233;sentateurs et interviewers sont second&#233;s par des &#171; experts &#187;. Comme par enchantement, la quasi-totalit&#233; d'entre eux sont favorables au &#171; oui &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le journal de 13 heures de France Inter, le 3 mai 2005, Florence Deloche-Gaudez est invit&#233;e &#224; commenter l'int&#233;r&#234;t des Fran&#231;ais pour la campagne europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s une conf&#233;rence de Serge Halimi.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#171; experte &#187; en science politique explique alors que &#171; &lt;i&gt;la Constitution europ&#233;enne marque une avanc&#233;e. Pour la premi&#232;re fois, elle donne davantage de pouvoirs aux citoyens europ&#233;ens.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Le trait&#233; &#233;tablissant une Constitution renforce non seulement la d&#233;mocratie participative&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;mais aussi la d&#233;mocratie repr&#233;sentative&lt;/i&gt; &#187;. Puis elle ajoute qu'&#171; &lt;i&gt;en r&#233;alit&#233; l'Europe n'est pas que lib&#233;rale. Elle n'a jamais &#233;t&#233; qu'un march&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Enfin, elle estime que &#171; &lt;i&gt;la ren&#233;gociation est plus difficile qu'on ne le croit&lt;/i&gt; &#187;. Le journaliste de France Inter s'aper&#231;oit alors que sur trois points essentiels du d&#233;bat (le caract&#232;re d&#233;mocratique du trait&#233; constitutionnel, le caract&#232;re lib&#233;ral de la construction europ&#233;enne, la possibilit&#233; de ren&#233;gocier), la pr&#233;tendue &#171; experte &#187; a repris les arguments des partisans du &#171; oui &#187; et r&#233;cus&#233; ceux de leurs adversaires. Il le lui fait remarquer : &#171; &lt;i&gt;Votre analyse n'est pas neutre. C'est tout pour le &#034;oui&#034; en ce moment.&lt;/i&gt; &#187;. Son invit&#233;e r&#233;torque : &#171; &lt;i&gt;Je ne m&#233;connais pas les limites de ce texte non plus. Mais, pour moi, les m&#233;rites l'emportent sur les limites.&lt;/i&gt; &#187; En effet, il suffisait pour en &#234;tre convaincu de lire son ouvrage &#224; pr&#233;tention p&#233;dagogique, pr&#233;fac&#233; par Christine Ockrent, qui indique sans d&#233;tours que l'auteur est &#171; &lt;i&gt;favorable &#224; l'adoption de la Constitution europ&#233;enne&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me si, tient &#224; pr&#233;ciser Ockrent, &#171; &lt;i&gt;elle ne fait pas &#339;uvre de propagande&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Florence Deloche-Gaudez, La Constitution europ&#233;enne : Que faut-il savoir ?, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Faut-il ajouter que Florence Deloche-Gaudez, qui enseigne &#224; Sciences-Po, &#233;tait &#233;galement charg&#233;e d'une chronique &#171; Constitution &#187; dans l'&#233;mission &#171; France Europe Express &#187; anim&#233;e par Christine Ockrent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des moyens que les m&#233;dias ont de s'engager sans en avoir l'air (et parfois sans m&#234;me s'en rendre compte) est de faire appel &#224; des &#171; experts &#187; ajust&#233;s aux attentes de leurs h&#244;tes, et qui pourront d&#233;velopper des analyses biais&#233;es se pr&#233;sentant comme des v&#233;rit&#233;s scientifiques. Plus g&#233;n&#233;ralement, le r&#244;le social de ces &#171; experts &#187;, qui officient le plus souvent dans les &#233;coles du pouvoir, est de l&#233;gitimer ou de pr&#233;parer les choix des gouvernants et d'avaliser les repr&#233;sentations dominantes. Ainsi, le 12 mai 2005, le directeur de Sciences-Po, Richard Descoings, comptait au nombre des grands t&#233;moins qui, en compagnie d'Arnaud Lagard&#232;re, de Jean-Fran&#231;ois Dehecq (PDG de Sanofi-Aventis) et de St&#233;phane Courbit (le fondateur d'End&#233;mol, pape de la t&#233;l&#233; r&#233;alit&#233;) soutenait Nicolas Sarkozy, l'UMP et le &#171; oui &#187; au r&#233;f&#233;rendum en compagnie du gouvernement Raffarin presque au complet lors d'un meeting au Palais des Sports de Paris (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 13.05.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs mois, sondeurs et politologues, journalistes sp&#233;cialis&#233;s et juristes sont omnipr&#233;sents, notamment dans les &#233;missions qui se pr&#233;sentent comme des forums du &#171; d&#233;bat d&#233;mocratique &#187;. Tel est le cas de &#171; C'dans l'air &#187;, anim&#233; par Yves Calvi sur France 5, qui a consacr&#233; au premier semestre 2005 11 &#233;missions &#224; la question de &#171; l'Europe &#187;. Sur 45 invit&#233;s, on comptait 18 invitations pour des journalistes, 17 pour des sondeurs, 8 pour des experts en questions europ&#233;ennes (dont Florence Deloche-Gaudez&#8230;) et enfin 2 pour des hommes politiques &#233;trangers. En r&#233;alit&#233;, les invitations &#233;taient monopolis&#233;es par un petit nombre de bons clients, comme le politologue Dominique Reyni&#233; (3 fois), le journaliste de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; Christophe Barbier (9 fois) ou les sondeurs Roland Cayrol (9 fois aussi) et Pierre Giacometti (6 fois)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article d'Yves Rebours &#171; Sur France 5, &#034;C'dans l'air&#034;... et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Petite devinette : combien de ces intervenants n'&#233;taient pas des partisans enthousiastes de la &#171; Constitution europ&#233;enne &#187; ? Aucun. M&#234;me s'ils n'ont pas tous conseill&#233; les militants de l'UMP en se pr&#233;sentant ouvertement comme &#171; &lt;i&gt;d&#233;fenseur du trait&#233;&lt;/i&gt; &#187;, comme l'a fait Pierre Giacometti, le directeur g&#233;n&#233;ral d'Ipsos (&lt;i&gt;Fil-Fax Normandie&lt;/i&gt;, 27.04.05).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour assurer leur l&#233;gitimit&#233;, ces &#171; savants &#187; peuvent se pr&#233;valoir de titres ou de dipl&#244;mes cens&#233;s garantir leurs comp&#233;tences de sp&#233;cialistes. Ils b&#233;n&#233;ficient d'autant plus d'une pr&#233;somption d'impartialit&#233; qu'ils officient sous le regard bienveillant de journalistes acquis &#224; leurs opinions et, qui plus est, dans des m&#233;dias qui ne revendiquent aucun engagement politique. C'est ainsi que Dominique Reyni&#233;, professeur &#224; Sciences-Po, a pu d&#233;velopper presque chaque jour sur I-T&#233;l&#233;vision des analyses partiales sans risquer le moins du monde d'&#234;tre contredit. Le journal &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt; d&#233;taille quelques-unes de ses interventions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dominique Reyni&#233;, le grand menteur du &#034;oui&#034; &#187;, PLPL n&#176; 24, avril 2005, p. 11.&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La directive Bolkestein ? &#171; &lt;i&gt;C'est exactement le genre de directive qui a plus de chances de voir le jour si la Constitution n'est pas adopt&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. La subordination &#224; l'Otan ? Reyni&#233; oublie de pr&#233;ciser le contenu des articles I-41.2 et I-41.7 du TCE : &#171; &lt;i&gt;ce qu'introduit la Constitution, c'est la perspective d'une politique militaire europ&#233;enne qui un jour &#233;videmment se substituera &#224; l'Otan&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article I-41-2 stipule que la politique de l'Union doit &#234;tre &#171; compatible (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les exemples de &#171; comp&#233;tence &#187; d&#233;sint&#233;ress&#233;e abondent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Alain Garrigou, &#171; Parole d'experts &#187;, Le Monde diplomatique, juillet 2005.&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur le plateau de &#171; C' dans l'air &#187;, Roland Cayrol annonce sans sourciller le taux d'abstention au r&#233;f&#233;rendum &#224; venir : &#171; &lt;i&gt;Y a d&#233;cid&#233;ment trop de gens que &#231;a n'int&#233;resse pas&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;50%, c'est s&#251;r&lt;/i&gt; &#187; (05.04.05). Mais la palme d'or des proph&#233;ties rat&#233;es revient &#224; Olivier Duhamel, ancien d&#233;put&#233; europ&#233;en socialiste et professeur de droit &#224; Sciences-Po, qui pouvait affirmer avec assurance dans un ouvrage de la Sofres sur &#171; l'&#233;tat de l'opinion &#187; : &#171; &lt;i&gt;Contrairement aux clich&#233;s complaisamment r&#233;pandus, on ne rel&#232;ve aucun rejet de la Constitution europ&#233;enne au sein des couches populaires&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sofres, L'&#201;tat de l'opinion 2005, Seuil, Paris, p. 57.&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un expert pris en flagrant d&#233;lit de comp&#233;tence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; du 26 avril 2005, Guy Carcassonne justifie la rupture par Simone Veil, membre du Conseil constitutionnel, de son devoir de r&#233;serve : &#171; &lt;i&gt;Elle a fait la preuve d'une grande dignit&#233;&lt;/i&gt;, estime le juriste, &lt;i&gt;en renon&#231;ant aux avantages de sa pr&#233;sence au Conseil pour servir publiquement ses convictions&lt;/i&gt; &#187;. Carcassonne est pr&#233;sent&#233; par le quotidien comme &#171; &lt;i&gt;professeur de droit constitutionnel&lt;/i&gt; &#187; et non comme &#233;ditorialiste au &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; ou auteur d'un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Ceux qui votent non rateront le train de l'Europe&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 28.02.05). Sa conclusion t&#233;moigne de la d&#233;licatesse de cet article : &#171; &lt;i&gt;Alors il est temps d'&#233;carter faux-semblants et faux-fuyants, d'appeler un chat un chat et un antieurop&#233;en par son nom : les Europ&#233;ens voteront oui, et ceux qui voteront non se feront peut-&#234;tre, quoi qu'ils en pensent, en disent, en vaticinent, les adversaires de l'Europe, ses fossoyeurs&lt;/i&gt; &#187;. Le 26 mai 2005, trois jours avant le scrutin, Guy Carcassonne d&#233;bat sur LCI face &#224; Marie-France Garaud, qui d&#233;fend un &#171; non &#187; souverainiste. Cette fois, l'expert est annonc&#233; comme partisan du &#171; oui &#187;. Comme le rapporte le journal &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les princes de la pens&#233;e &#187;, PLPL, n&#176;25, juin-ao&#251;t 2005, p. 4.&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Marie-France Garaud oppose &#224; Carcassonne, lors de cette &#233;mission, un article qu'il vient de publier dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, article qui contient plusieurs erreurs graves que l'expert devra admettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marie-France Garaud : &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; tout de m&#234;me tr&#232;s &#233;tonn&#233;e M. Carcassonne car j'ai lu le topo que vous avez fait dans&lt;/i&gt; Le Point&lt;i&gt;. Alors &#231;a doit pas &#234;tre si clair que &#231;a les institutions. Parce que dans le petit topo que vous avez fait, il y a des petites confusions quand m&#234;me ! Vous parlez tant&#244;t du Conseil europ&#233;en tant&#244;t du Conseil et vous ne parlez pas du Conseil des ministres dans la liste des institutions. Et vous citez le Conseil europ&#233;en en renvoyant &#224; l'article 23 qui vise le Conseil&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guy Carcassonne [peu fier] : &lt;i&gt;&#8230; des ministres, oui.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marie- France Garaud : &lt;i&gt;Oui, des ministres. Je pense que vous avez pas relu votre texte !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Carcassonne : &lt;i&gt;Oui, il y a eu un probl&#232;me. Oui, oui, mais je le confesse bien volontiers. Je le confesse bien volontiers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marie- France Garaud [impitoyable] : &lt;i&gt;Il me semblait bien. Il me semblait bien.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guy Carcassonne : &lt;i&gt;Il y a eu un probl&#232;me &#224; la relecture, dont je suis responsable.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marie-France Garaud : &lt;i&gt;Vous voyez, moi j'ai lu attentivement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guy Carcassonne : &lt;i&gt;Il y a eu un probl&#232;me&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marie-France Garaud [elle chausse ses lunettes et poursuit son ex&#233;cution] : &lt;i&gt;Vous n'avez pas relu, mais il y en a plusieurs. Par exemple, vous mettez&lt;/i&gt; &#171; Les ministres nationaux et les commissions europ&#233;ennes n'assistent plus au Conseil que si l'ordre du jour l'exige&#8230; &#187;. &lt;i&gt;Mais c'est sous le conseil europ&#233;en que vous mettez &#231;a. Or les ministres n'ont jamais&#8230; et vous renvoyez &#224; l'article 22. Mais l'article 22 ne vise pas du tout cette disposition ! Les ministres n'assistent pas du tout aux Conseils europ&#233;ens&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guy Carcassonne : &lt;i&gt;N'assistent plus.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marie-France Garaud : &lt;i&gt;C'est les chefs d'&#201;tat et de gouvernement. Vous voyez bien que ce n'est pas si clair que &#231;a.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie-France Garaud oublie seulement de pr&#233;ciser que les analyses savantes de son interlocuteur avaient &#233;t&#233; publi&#233; dans un num&#233;ro du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; dont la couverture clamait &#171; &lt;i&gt;Non aux falsificateurs et aux imposteurs&lt;/i&gt; &#187; (19.05.05).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Des &#233;ditorialistes &#224; sens unique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Parmi les journalistes, les &#233;ditorialistes ou chroniqueurs constituent une minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e, dont la fonction valoris&#233;e les autorise &#224; commenter &#171; l'actualit&#233; &#187; avec une assurance et une allure de savants. Certains d'entre eux ont fait leur sp&#233;cialit&#233; de gloser sur tout et rien, c'est-&#224;-dire aussi bien sur l'opportunit&#233; d'entrer en guerre que sur le mariage d'un prince anglais. Durant la campagne, usant et abusant de la position dominante qu'ils doivent &#224; leur appartenance &#224; des m&#233;dias dominants, la quasi-totalit&#233; a pris position en faveur du &#171; oui &#187; tout en se pr&#233;sentant comme des &#171; p&#233;dagogues &#187; (nous y reviendrons). Les exceptions se comptent sur les doigts d'une seule main. Comment peut-on alors se gargariser du &#171; pluralisme de l'information &#187; quand, par exemple, tous les commentateurs des principaux hebdomadaires politiques d&#233;fendent une seule et m&#234;me ligne et m&#233;prisent ceux qui n'y adh&#232;rent pas ? Ou bien quand tous les chroniqueurs matinaux d'une station de radio publique, comme France Inter ou France Culture, chantent chaque jour les louanges d'une seule et m&#234;me option, le &#171; oui &#187; ? Qu'ils aient la possibilit&#233; d'exprimer leur point de vue est une chose, qu'ils tiennent tous le m&#234;me refrain, avec aplomb et arrogance, en est une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que certains de ces commentateurs, v&#233;ritables machines multim&#233;dias, sont omnipr&#233;sents dans le d&#233;bat public. Alain Duhamel officie notamment sur RTL, dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; ; Bernard Guetta est sur France Inter et &#224; &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, Alain-G&#233;rard Slama et Alexandre Adler p&#233;rorent sur France Culture et dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; ; Jean-Marie Colombani (&#233;galement &#233;ditorialiste &#224; &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;) et Jean-Claude Casanova (directeur de la revue &lt;i&gt;Commentaires&lt;/i&gt;) discourent dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; et sur l'antenne de France Culture ; Edwy Plenel jase dans &lt;i&gt;Le Monde 2&lt;/i&gt;, &#224; LCI et &#224; France Culture ; Laurent Joffrin et Jacques Julliard, tous deux du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, babillent respectivement sur France Inter et sur LCI ; Philippe Val pavoise dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; et sur France Inter, etc. Et tous se retrouvent dans l'&#233;mission &#171; Ripostes &#187; pr&#233;sent&#233;e par Serge Moati sur France 5. Sans oublier la liste des sempiternels &#171; intellectuels m&#233;diatiques &#187;, les Jacques Attali, Andr&#233; Glucksmann, Philippe Sollers, Bernard-Henri L&#233;vy ou Alain Minc, tous &#171; naturellement &#187; favorables &#224; la ratification du TCE et aimant &#224; le faire savoir &#224; tous vents. Cela peut donner parfois des sc&#232;nes cocasses, comme le 14 mai 2005 sur LCI, lors du &#171; d&#233;bat &#187; hebdomadaire des comp&#232;res Jacques Julliard et Luc Ferry. Ce dernier tient &#224; rectifier une &#171; information &#187; du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; selon laquelle il serait favorable au &#171; non &#187;. &#171; &lt;i&gt;Les bras m'en tombent des mains&lt;/i&gt; [sic], s'exclame Ferry, &lt;i&gt;parce que je croyais que &#8211; ceux qui suivent cette &#233;mission l'ont compris &#8211; je milite depuis plus d'un an pour le &#034;oui&#034; &#224; la Constitution europ&#233;enne&lt;/i&gt; &#187;. Sous le coup de l'&#233;nervement, il r&#233;p&#232;te : &#171; &lt;i&gt;On n'a cess&#233; de le dire ici, nous votons tous les deux pour cette Constitution&lt;/i&gt; &#187;. Aucun doute l&#224;-dessus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non content de prendre position, comme il se doit, sur l'objet du r&#233;f&#233;rendum, ces &#233;ditorialistes patent&#233;s prescrivent aux formations engag&#233;es dans la campagne et aux responsables politiques les moyens qui &#224; leurs yeux permettraient au &#171; oui &#187; de l'emporter. Ainsi en va-t-il de la chronique de Jean-Marie Colombani publi&#233;e dans le n&#176; 243 du magazine &#233;conomique &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt; (17.03.05), et intitul&#233;e sobrement &#171; &lt;i&gt;Comment r&#233;futer les arguments du non&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse plus d&#233;taill&#233;e, lire l'article de Philippe Monti, &#171; Un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le directeur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; commence d'embl&#233;e par la dramatisation (&#171; &lt;i&gt;La France joue-t-elle &#224; se faire peur ?&lt;/i&gt; &#187;) puis r&#233;sume les raisons pour lesquelles les Fran&#231;ais pourraient &#234;tre tent&#233;s de &#171; &lt;i&gt;sanctionner l'Europe&lt;/i&gt; &#187; &#8211; voter &#034;non&#034;, n'est-ce pas voter contre l'Europe ? &#8211; &#224; seulement trois points : &#171; &lt;i&gt;la fronti&#232;re, la monnaie et l'activit&#233; &#233;conomique&lt;/i&gt; &#187;. Remarquons qu'il ne sera fait aucune allusion aux articles du trait&#233; constitutionnel. La fronti&#232;re ? C'est l'inqui&#233;tude des gens &#171; de droite &#187; au sujet de l'entr&#233;e de la Turquie dans l'UE. Probl&#232;me r&#233;gl&#233; : &#171; &lt;i&gt;La Constitution &lt;/i&gt;[est]&lt;i&gt; un rempart contre une adh&#233;sion automatique de la Turquie&lt;/i&gt; &#187;. Au gouvernement et &#224; la droite pourtant d'en convaincre leurs &#233;lecteurs. Des critiques &#8211; &#224; droite et &#224; gauche &#8211; contre l'euro ? Probl&#232;me r&#233;gl&#233; : &#171; &lt;i&gt;Sans l'euro, dans quel d&#233;sordre serions-nous ?&lt;/i&gt; &#187;. L'activit&#233; &#233;conomique ? Apr&#232;s avoir r&#233;duit le social &#224; l'&#233;conomique, Colombani cuisine un condens&#233; tr&#232;s personnel du non de gauche : &#171; &lt;i&gt;Europe = d&#233;localisation = ch&#244;mage&lt;/i&gt; &#187;. En leur attribuant cet unique et maigre slogan, il peut &#171; r&#233;futer &#187; sans effort l'absence d'arguments qu'il vient de fabriquer : les d&#233;localisations se font &#171; &lt;i&gt;&#224; l'int&#233;rieur d'un ensemble qui profite &#224; tous&lt;/i&gt; &#187;. Il tente alors de clouer le bec &#224; ceux qui, ayant lu le texte du projet de trait&#233;, affirment qu'il constitutionnalise le lib&#233;ralisme &#233;conomique : &#171; &lt;i&gt;Il appartient &#224; la couche&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;europ&#233;enne de rappeler qu'une Constitution ne d&#233;termine pas une politique &#233;conomique ; et que le texte fait, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de l'Europe, r&#233;f&#233;rence aux droits sociaux, donc &#224; un mod&#232;le social&lt;/i&gt; &#187;. Certes, aucune constitution existante ne d&#233;termine la politique &#233;conomique et sociale &#224; suivre&#8230; except&#233; le projet de Constitution europ&#233;enne dans sa troisi&#232;me partie !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. par exemple ATTAC, Cette &#034;Constitution&#034; qui pi&#232;ge l'Europe, Paris, Mille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; A-t-il vraiment lu cette Constitution ? En tout cas l'ordonnance s'ach&#232;ve par le chantage habituel : &#171; &lt;i&gt;Comment ne pas voir qu'un non fran&#231;ais serait une rupture majeure et un signe clair de recul ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Jean-Marie Colombani &#8211; comme nombre de ses confr&#232;res des m&#233;dias dominants &#8211; n'a pas r&#233;dig&#233; une chronique ou un &#233;ditorial, mais &lt;i&gt;un tract&lt;/i&gt;. Non une contribution de parti pris destin&#233;e &#224; une discussion argument&#233;e, mais un appel caricatural &#224; la mobilisation d'un parti qui n'ose pas s'avouer comme tel. Toutefois, dans le r&#244;le tr&#232;s pris&#233; de conseiller du prince, c'est certainement Serge July qui m&#233;rite le prix d'excellence. Ainsi, dans le quotidien &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 26 mai 2005, le PDG du journal et directeur de la publication fait para&#238;tre un surprenant &#233;ditorial titr&#233; &#171; &lt;i&gt;Pour sauver le oui&lt;/i&gt; &#187;, &#224; un moment o&#249; les sondages annoncent une victoire probable du &#171; non &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse plus d&#233;taill&#233;e, lire Patrick Champagne &#171; Serge July, patron (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cet article, Serge July s'adresse directement au chef de l'&#201;tat et lui indique la strat&#233;gie qui, &#224; ses yeux, pourrait encore faire gagner leur cause commune. Selon lui, &#171; &lt;i&gt;Les Fran&#231;ais veulent majoritairement sanctionner les &#233;quipes sortantes&lt;/i&gt; &#187; et c'est pour cela qu'ils &#171; &lt;i&gt;sont d&#233;mang&#233;s par l'envie de dire &#224; nouveau &#034;non&#034;. Un &#034;non&#034; qui vise Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin, la politique gouvernementale, et qui frappe l'Europe au passage&lt;/i&gt; &#187;. July conseille donc &#224; Chirac, le jour m&#234;me de l'ultime allocution t&#233;l&#233;vis&#233;e que celui-ci doit prononcer, de promettre de dissoudre l'Assembl&#233;e en septembre pour que les Fran&#231;ais puissent voter deux fois, la premi&#232;re pour l'Europe et la seconde contre le gouvernement. Mais pourquoi Jacques Chirac devrait-il prendre &#224; nouveau le risque d'une dissolution ? La raison avanc&#233;e par July est fort simple : c'est que cet appel aux urnes serait sans risques, du fait de la division, du manque de leaders et de l'absence de programme des partis de gauche. La conclusion s'impose : &#171; &lt;i&gt;Jacques Chirac peut trouver des avantages politiques &#224; dissoudre et m&#234;me &#224; esp&#233;rer, cette fois, gagner la l&#233;gislative.&lt;/i&gt; &#187; Autrement dit, par cette strat&#233;gie politicienne audacieuse qu'il conseille au Pr&#233;sident, non seulement notre &#233;ditorialiste pense faire gagner le &#171; oui &#187; mais il pense aussi faire triompher Chirac aux prochaines l&#233;gislatives. Que &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; professe de tels conseils serait sans surprise, mais que &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, journal fond&#233; par Jean-Paul Sartre, publie de telles &#233;lucubrations laisse songeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Pierre Rimbert, Lib&#233;ration de Sartre &#224; Rothschild, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs de cette d&#233;bauche de commentaires favorables au &#171; oui &#187; tirent argument de la libert&#233; d'expression des journalistes et de la libert&#233; de la presse pour justifier l'h&#233;g&#233;monie d'un seul point de vue. Plus grave encore : les m&#234;mes affectent de croire que l'exigence de pluralisme menacerait ces libert&#233;s, sans craindre de travestir ainsi une situation de plus en plus intol&#233;rable. Et d'autant plus intol&#233;rable qu'elle se pr&#233;vaut du r&#232;gne de la &#171; raison &#187; et des devoirs de la &#171; p&#233;dagogie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les matins du &#171; oui &#187; sur France Culture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article de Mathias Reymond, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;mission &lt;i&gt;Les Matins de France Culture&lt;/i&gt;, anim&#233;e par Nicolas Demorand, a lieu du lundi au vendredi de 7 heures &#224; 9 heures. Chaque jour, selon un ordre habituel, journaux et chroniques alternent avec interviews et revue de presse. Sur les deux heures effectives d'&#233;mission, l'invit&#233; n'est pr&#233;sent &#224; l'antenne que durant 45 minutes. Interrog&#233; par Nicolas Demorand, l'invit&#233; est contraint par un &#171; planning &#187; qui laisse une place importante aux chroniqueurs. Si les &#233;ditoriaux d'Alain-G&#233;rard Slama et Olivier Duhamel ne d&#233;passent que rarement les 4 minutes, les interventions d'Alexandre Adler avoisinent souvent les 8 minutes, ne laissant &#224; l'invit&#233; que peu de temps avant la chronique suivante. Lors de sa venue le 21 mars 2005, le partisan du &#171; non &#187; Paul Alli&#232;s n'a pu s'exprimer qu'1 minute et 48 secondes apr&#232;s la chronique de 4 minutes et 17 secondes de Slama, avant d'&#234;tre interrompu par le journal de 8 heures. Apr&#232;s la chronique d'Alexandre Adler, inhabituellement courte (5 minutes 51 secondes), l'invit&#233; n'a pu s'expliquer que 7 minutes et 7 secondes sur les 10 minutes qui lui sont apparemment imparties. Durant les 20 derni&#232;res minutes, l'invit&#233; doit r&#233;pondre &#224; un flot de remarques et d'interpellations des chroniqueurs et de l'animateur, et il n'est pas rare que les questions soient plus longues que le temps r&#233;serv&#233; aux r&#233;ponses. Au total, lors de sa venue, Paul Alli&#232;s ne s'est exprim&#233; que 28 minutes et 30 secondes sur les 45 minutes laiss&#233;es en principe &#224; l'invit&#233;. 28 minutes pour tenir un propos argument&#233; et coh&#233;rent quand on est sans cesse interrompu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette forme d'&#233;quit&#233; n'est pas la seule. Durant la campagne r&#233;f&#233;rendaire, les chroniqueurs de France Culture n'ont pas h&#233;sit&#233;, chaque jour, &#224; faire office de prescripteurs d'opinion, mais exclusivement en faveur du &#171; oui &#187;. Un parti pris qu'Adler avoue r&#233;guli&#232;rement, estimant sans doute que ses aveux doivent lui valoir absolution : &#171; &lt;i&gt;Je continue ma campagne &#233;hont&#233;e pour le &#034;oui&#034; au r&#233;f&#233;rendum du 29 mai&lt;/i&gt; &#187; (11.04.05) ; ou bien encore : &#171; &lt;i&gt;Je voudrais convaincre nos auditeurs ici que le vote &#034;oui&#034; &#224; la constitution europ&#233;enne s'impose&lt;/i&gt; &#187; (19.04.05). Admiratif devant l'intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e de Jacques Chirac, il affirme avec une apparente conviction : &#171; &lt;i&gt;Il a &#224; peu pr&#232;s fait passer le message. Peut-&#234;tre pas aussi bien que Olivier Duhamel tous les jours sur cette antenne. Evidemment moins bien que moi, &#231;a, &#231;a ne se compare pas, mais il a quand m&#234;me &#233;t&#233; tr&#232;s bon dans l'ensemble et tr&#232;s convaincant pour des gens qui n'&#233;taient pas convaincus&lt;/i&gt; &#187; (15.04.05). Lors de la venue de Jacques G&#233;n&#233;reux, un &#233;conomiste partisan du &#171; non &#187; (29.03.05), il n'h&#233;site pas, durant sa chronique pamphl&#233;taire, &#224; parler de &#171; &lt;i&gt;r&#233;f&#233;rendum sur l'Europe&lt;/i&gt; &#187; et &#224; soutenir cet &#233;l&#233;gant amalgame : &#171; &lt;i&gt;Il y a beaucoup de choses qui rapprochent Philippe De Villiers et Henri Emmanuelli, sauf peut-&#234;tre effectivement le vote de Vichy en 1940&lt;/i&gt; &#187;. Pour lui, les partisans du &#171; non &#187; repr&#233;sentent un &#171; &lt;i&gt;front anti-mondialiste&lt;/i&gt; &#187; compos&#233; de &#171; &lt;i&gt;petits bourgeois et chasseurs qui votent &#034;non&#034; &#224; droite et &lt;/i&gt;[de]&lt;i&gt; salari&#233;s qui votent &#034;non&#034; &#224; gauche&lt;/i&gt; &#187; car ils souhaitent &#171; &lt;i&gt;le maintien d'une France corporatiste, prot&#233;g&#233;e et si ceci doit signifier une rupture avec l'Europe, eh bien ils l'assument&lt;/i&gt; &#187;. Excessivement inquiet, notre chroniqueur continue : &#171; &lt;i&gt;la France qui est toujours &#224; l'avant-garde des luttes politiques va conna&#238;tre une v&#233;ritable guerre civile froide&lt;/i&gt; &#187;. Rien moins que cela ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout aussi passionn&#233;, mais moins alarmiste et provocateur qu'Adler, Olivier Duhamel a pour &#171; excuse &#187; d'&#234;tre un ancien eurod&#233;put&#233; PS, et d'avoir particip&#233; &#224; la r&#233;daction du trait&#233; constitutionnel. Ainsi Duhamel est en campagne permanente, la plupart de ses chroniques touchant de pr&#232;s ou de loin &#224; la question du r&#233;f&#233;rendum du 29 mai. Mais le plus souvent de tr&#232;s pr&#232;s, notamment sur les justifications dudit r&#233;f&#233;rendum : &#171; &lt;i&gt;On peut estimer que vu l'impopularit&#233; des gouvernants et au-del&#224;, vu la crise du politique dans notre pays, l'appel au peuple est folie parce que porteur de toutes les d&#233;rives pl&#233;biscitaires et contre-pl&#233;biscitaires&lt;/i&gt; &#187; (15.04.05). Au lendemain des premiers sondages donnant le &#171; non &#187; devant le &#171; oui &#187;, Duhamel &#233;voque &#171; &lt;i&gt;le risque du &#034;non&#034;&lt;/i&gt; &#187; (21.03.05) et &#233;tablit qu'un &#171; &lt;i&gt;&#034;non&#034; fran&#231;ais entra&#238;nerait pour l'Europe la stagnation, pour la France la marginalisation&lt;/i&gt; &#187;. Mais sa chronique s'accompagne alors d'une recommandation int&#233;ressante : &#171; &lt;i&gt;La confrontation d&#233;mocratique peut commencer &#224; armes &#233;gales&lt;/i&gt; &#187;. &#192; armes &#233;gales ? En quantit&#233; ? En espace ? Rappelons que l'ensemble des chroniqueurs des &lt;i&gt;Matins de France Culture&lt;/i&gt; d&#233;fend le &#171; oui &#187; au Trait&#233; Constitutionnel : outre Alexandre Adler et Olivier Duhamel, il y a aussi Alain-G&#233;rard Slama qui l'affirme &#224; son tour : &#171; &lt;i&gt;je suis fermement pour le &#034;oui&#034;&lt;/i&gt; &#187; (29.03.05) et Olivier Pastr&#233;, qui craint &#171; &lt;i&gt;qu'il faille voter &#034;oui&#034; depuis&lt;/i&gt; [le trait&#233; de] &lt;i&gt;Nice&lt;/i&gt; &#187; (21.03.05). La confrontation &#233;tait-elle r&#233;ellement &#224; &#171; &lt;i&gt;armes &#233;gales&lt;/i&gt; &#187; sur France Culture ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Extrait de &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne&lt;/i&gt;, Henri Maler et Antoine Schwartz, Acrimed, Syllepse, 2005, p. 15-46.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article d'Yves Rebours, &#171; Laurent Ruquier nous divertit sans la moindre g&#234;ne &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 31 mars 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. les &#233;missions du 10 avril 2005, du 8 mai 2005 et du 11 juin 2005. R&#233;sultats publi&#233;s sur le site d'Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &#171; Les tigres de papier &#187;, &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;, n&#176;25, juin-ao&#251;t 2005, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pendant ce temps, l'AFP travaillait &#224; entretenir le d&#233;s&#233;quilibre, certainement par simple routine. Sur le site d'Acrimed, lire : &#171; Souriez, vous &#234;tes photographi&#233;s pour l'AFP &#187; (19.04.05) et &#171; Quand l'AFP &#034;urgente&#034; sur le r&#233;f&#233;rendum &#187; (24.05.05).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article d'Henri Maler, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site d'Acrimed le 29 mars 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette directive de &#171; lib&#233;ralisation &#187; des services, dont le contenu n'est toujours pas d&#233;finitivement remis en cause, pourrait favoriser notamment le dumping social en appliquant le droit du travail du pays d'origine pour les salari&#233;s employ&#233;s dans d'autre pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les r&#233;ponses de l'invit&#233; ont &#233;t&#233; parfois l&#233;g&#232;rement raccourcies afin de mettre en valeur l'orientation des &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s Patrick Champagne, &#171; Exercice de propagande ordinaire sur France 2 (service public) &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 24 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s une conf&#233;rence de Serge Halimi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Florence Deloche-Gaudez, &lt;i&gt;La Constitution europ&#233;enne : Que faut-il savoir ?&lt;/i&gt;, Paris, Presses de Sciences-Po, coll. Nouveaux d&#233;bats, 2005, p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article d'Yves Rebours &#171; Sur France 5, &#034;C'dans l'air&#034;... et r&#233;serv&#233; aux &#034;experts&#034; &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 7 avril 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Dominique Reyni&#233;, le grand menteur du &#034;oui&#034; &#187;, &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; n&#176; 24, avril 2005, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'article I-41-2 stipule que la politique de l'Union doit &#234;tre &#171; compatible avec la politique &#187; arr&#234;t&#233;e dans le cadre de l'OTAN. L'article I-41-7 pr&#233;cise que les engagements et la coop&#233;ration dans le domaine de la politique de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense &#171; demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'OTAN qui reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur d&#233;fense collective et l'instance de sa mise en &#339;uvre &#187;. Comment dire plus clairement que la d&#233;fense de l'Europe sera plac&#233;e sous la tutelle de l'OTAN en cas d'adoption du Trait&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Alain Garrigou, &#171; Parole d'experts &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, juillet 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sofres, &lt;i&gt;L'&#201;tat de l'opinion 2005&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les princes de la pens&#233;e &#187;, &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;, n&#176;25, juin-ao&#251;t 2005, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse plus d&#233;taill&#233;e, lire l'article de Philippe Monti, &#171; Un tract de Jean-Marie Colombani &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 23 mars 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. par exemple ATTAC, &lt;i&gt;Cette &#034;Constitution&#034; qui pi&#232;ge l'Europe&lt;/i&gt;, Paris, Mille et une nuits, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse plus d&#233;taill&#233;e, lire Patrick Champagne &#171; Serge July, patron de presse, strat&#232;ge de papier et conseiller de Jacques Chirac &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed le 29 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Pierre Rimbert, Lib&#233;ration &lt;i&gt;de Sartre &#224; Rothschild&lt;/i&gt;, Paris, Raisons-d'agir, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article de Mathias Reymond, publi&#233; sous le m&#234;me titre sur le site d'Acrimed le 28 avril 2005. Lire &#233;galement &#171; Laure Adler, gardienne de l'orientation de France Culture &#187;, par Vincent Mutin (4 avril 2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>20 ans apr&#232;s, retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005 (1/5)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/20-ans-apres-retours-sur-le-referendum-de-2005-1</link>
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		<dc:date>2025-07-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;&#171; M&#233;dias en campagne &#187;, Syllepse, 2005, introduction.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Referendum-de-2005-" rel="directory"&gt;R&#233;f&#233;rendum de 2005 &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L96xH150/mediasencampagne-4-9cc73.jpg?1776746483' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 mai 2005, le trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#233;tait rejet&#233; par r&#233;f&#233;rendum. &#192; l'&#233;poque, nous y avions consacr&#233; de nombreux articles et un livre : &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne. Retours sur le r&#233;f&#233;rendum de 2005&lt;/i&gt; (Henri Maler et Antoine Schwartz, &lt;a href=&#034;https://www.syllepse.net/medias-en-campagne-_r_25_i_271.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syllepse&lt;/a&gt;, 2005). &#192; l'occasion de ce vingti&#232;me anniversaire, nous publions au fil de l'&#233;t&#233; les diff&#233;rents chapitres de cet ouvrage. Au programme ici : l'introduction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH471/medias-en_campagne-90f57.jpg?1776689247' width='300' height='471' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;i&gt;Le livre que nous pr&#233;sentons ici a &#233;t&#233; coordonn&#233; et mis en forme par Henri Maler et Antoine Schwartz. Compos&#233; pour l'essentiel &#224; partir d'extraits remani&#233;s des quelque 60 articles publi&#233;s sur le site d'Acrimed pendant la campagne r&#233;f&#233;rendaire, il n'existerait pas sans l'activit&#233; collective de notre association et les contributions individuelles de ses membres, ainsi que celles de nos correspondants et de l'&#233;quipe du journal &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt;. Sauf pr&#233;cision, tous les articles mentionn&#233;s sont disponibles dans leur version int&#233;grale sur notre site o&#249; ils sont parus au cours m&#234;me de la campagne et quelques jours apr&#232;s le vote. Se reporter &#224; leur pr&#233;sentation : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/En-guise-de-presentation-Le-Traite-constitutionnel-europeen-les-medias-et-le&#034;&gt;Le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, les m&#233;dias et le d&#233;bat d&#233;mocratique&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;En guise de pr&#233;ambule : Des m&#233;dias d&#233;savou&#233;s, mais toujours dominants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&#171; &lt;i&gt;Fallait-il faire un r&#233;f&#233;rendum ?&lt;/i&gt; &#187;. Alors que les sondages laissent pr&#233;sager un possible rejet du trait&#233; europ&#233;en, Jean Daniel, comme beaucoup d'autres responsables m&#233;diatiques, m&#233;dite avec passion sur les vertus de la d&#233;mocratie. Le directeur du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; r&#233;pond, non sans une certaine franchise, qu'il n'a &#171; &lt;i&gt;jamais pens&#233;&lt;/i&gt; &#187; que consulter le peuple directement soit une sage d&#233;cision : &#171; &lt;i&gt;Tout ce qu'a de bon la volont&#233; g&#233;n&#233;rale, c'est la repr&#233;sentation populaire&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;qui le canalise et le cristallise. La collectivit&#233;, elle, est plus sensible au caprice et surtout &#224; la peur. Les partisans du &#034;non&#034; au r&#233;f&#233;rendum sont plus &#233;motifs, plus passionnels.&lt;/i&gt; &#187; Canaliser la volont&#233; populaire et &#233;duquer les r&#233;fractaires &#171; &#233;motifs &#187;, telles seraient donc les principales vocations de la repr&#233;sentation politique et de ses auxiliaires, les tenanciers des m&#233;dias qui tr&#244;nent au sommet du journalisme. Evidemment, les responsables politiques autoris&#233;s et les &#171; &#233;lites &#187; m&#233;diatiques autoproclam&#233;es ne peuvent remplir de telles fonctions sans disposer des moyens ad&#233;quats&#8230; c'est-&#224;-dire disproportionn&#233;s. Ainsi, au cours de l'&#233;t&#233;, le Conseil sup&#233;rieur de l'audiovisuel devait admettre que &#171; &lt;i&gt;le &#034;oui&#034; avait dispos&#233; d'un temps d'antenne sup&#233;rieur au &#034;non&#034; : 46 % de plus sur TF1, 53 % sur Antenne 2, 191 % sur France 3&lt;/i&gt; &#187;. Pr&#233;cision utile, ces propos et ces chiffres datent de 1992 et concernent la ratification du trait&#233; de Maastricht&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les propos de Jean Daniel (Le Nouvel Observateur, 27 ao&#251;t 1992) sont cit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qui s'en souvient ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors et pendant pr&#232;s de treize ans, la construction europ&#233;enne, puis le projet de &#171; Trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#187; (TCE) ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un traitement &#171; exemplaire &#187; dans les m&#233;dias dominants. &#192; plusieurs voix, certes, mais (presque) &#224; sens unique. Et avec un maximum d'intensit&#233; lors de la compagne r&#233;f&#233;rendaire proprement dite. Comme le constate &lt;i&gt;l'International Herald Tribune&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;le fait que beaucoup de gens per&#231;oivent un biais quasi-unanime de la presse en faveur de la Constitution europ&#233;enne incite &#224; se demander si les journaux fran&#231;ais d&#233;livrent ou non des informations impartiales &#224; leurs lecteurs&lt;/i&gt; &#187; (27.05.05). Pourtant, pour la minorit&#233; des patrons de presse, &#233;ditorialistes, et &#171; experts &#187; qui occupent le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique, la question n'existe m&#234;me pas. Quand, le 29 mai 2005, une nette majorit&#233; des &#233;lecteurs rejette par r&#233;f&#233;rendum le projet de Constitution, leur bilan est rapidement tir&#233;. Non seulement l'&#233;chec de leur engagement forcen&#233; en faveur de l'adoption du Trait&#233; n'aurait pas infirm&#233; l'excellence de leur travail, mais il aurait confirm&#233; son innocuit&#233;. La preuve, disent-ils, devenus soudainement modestes, que notre pouvoir est limit&#233;, c'est qu'il s'est r&#233;v&#233;l&#233; apparemment sans effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment&#8230; Car parmi d'autres &#171; pouvoirs &#187;, les m&#233;dias disposent de celui de se faire oublier ou, plus exactement, d'entretenir l'amn&#233;sie sur leurs &#339;uvres pass&#233;es quand celles-ci ne co&#239;ncident pas avec les contes et l&#233;gendes du &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187;. Le premier objet de ce livre est donc de proposer un aide-m&#233;moire pour que celles et ceux qui, journalistes inclus, ont eu &#224; subir l'omnipr&#233;sence et l'arrogance de l'oligarchie qui tr&#244;ne au sommet de l'espace m&#233;diatique, n'oublient pas. Et ne n&#233;gligent pas, s'ils sont tent&#233;s de le faire, d'en tirer quelques cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des m&#233;dias est en effet une question politique majeure en raison de ses enjeux d&#233;mocratiques, et ne serait-ce que pour ce motif : leurs &#233;checs n'emp&#234;chent pas ces m&#233;dias de rester dominants. Certes, le pouvoir dont ils disposent n'est ni uniforme, ni &#233;crasant : il diff&#232;re selon les m&#233;dias et ne s'exerce pas m&#233;caniquement sur des &#171; consommateurs &#187; passifs. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'&lt;i&gt;un&lt;/i&gt; &#171; pouvoir &#187;, mais de &lt;i&gt;plusieurs&lt;/i&gt; : pouvoir de cons&#233;cration ou de stigmatisation (des individus ou des groupes sociaux), pouvoir de r&#233;v&#233;lation ou d'occultation (des faits et des analyses dissimul&#233;s &#224; la connaissance publique), pouvoir de probl&#233;matisation (des questions et des solutions l&#233;gitimes), etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une pr&#233;sentation synth&#233;tique du probl&#232;me, voir Erik Neveu, Sociologie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; De surcro&#238;t, ces pouvoirs multiples, dont les effets varient selon les m&#233;dias et leurs publics, ne s'exercent pas isol&#233;ment et sans partage. Le &#171; pouvoir des m&#233;dias &#187; se conjugue g&#233;n&#233;ralement avec ceux d'autres pouvoirs sociaux, &#233;conomiques et politiques, dont le fonctionnement du microcosme m&#233;diatique est plus ou moins d&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux des pr&#233;tendues &#171; &#233;lites &#187; &#233;conomiques, politiques et m&#233;diatiques ne sont que la forme la plus apparente de proximit&#233;s sociales et d'interd&#233;pendances structurelles dont les configurations et l'intensit&#233; peuvent varier sans &#234;tre remises en cause. En raison, notamment, de leurs origines sociales, de leurs parcours scolaires et des conditions de leur recrutement, les journalistes les plus influents peuvent bien ne pas ob&#233;ir imm&#233;diatement aux ordres d'un gouvernement ou de leurs employeurs et pourtant &#234;tre spontan&#233;ment ajust&#233;s &#224; leurs exigences. Comme l'explique le sociologue Alain Accardo, &#171; &lt;i&gt;il n'est pas n&#233;cessaire que les horloges conspirent pour donner pratiquement la m&#234;me heure en m&#234;me temps, il suffit qu'au d&#233;part elles aient &#233;t&#233; mises &#224; l'heure et dot&#233;es du m&#234;me type de mouvement, de sorte qu'en suivant son propre mouvement chacune d'elles s'accordera grosso modo avec toutes les autres. La similitude du m&#233;canisme exclut toute machination&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Accardo, &#171; Un journalisme de classe moyenne &#187;, in Pascal Durand (dir.) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#233;taphore dont la rudesse n'enl&#232;ve rien &#224; la justesse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces d&#233;terminations sociales peuvent d'ailleurs l'emporter parfois sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faible autonomie du champ journalistique &#224; l'&#233;gard des pouvoirs &#233;tablis permet de comprendre pourquoi, en d&#233;pit de quelques conflits, la connivence des journalistes politiques dominants avec les repr&#233;sentants politiques majoritaires s'impose &#171; naturellement &#187; sans &#234;tre toujours intentionnelle (et il importe finalement assez peu de savoir si elle l'est vraiment). L'ing&#233;rence directe peut &#234;tre l'exception (et laisser le champ libre aux discours sur l'ind&#233;pendance des journalistes) et la subordination sociale et culturelle demeurer n&#233;anmoins la r&#232;gle. La focalisation sur les censures ou les malveillances les plus flagrantes peut ainsi d&#233;tourner de l'essentiel, car sans &#234;tre m&#233;canique, la soumission des m&#233;dias aux puissances financi&#232;res et aux logiques politiques s'exerce d'autant plus efficacement qu'elle demeure souvent peu visible. En d&#233;pit de toutes les d&#233;n&#233;gations int&#233;ress&#233;es, force est de le constater : les liens &#233;troits qu'entretiennent les m&#233;dias tels qu'ils sont avec le monde social tel qu'il est rendent solidaires la question politique de leur n&#233;cessaire transformation et la perspective plus globale des transformations &#233;conomiques, sociales et politiques de nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre propos, forc&#233;ment limit&#233;, n'est pas de proposer une &#233;tude exhaustive de ses liens, mais d'en rendre sensible l'existence. Et plut&#244;t que de sp&#233;culer sur les effets de persuasion unilat&#233;raux et indiff&#233;renci&#233;s que l'ordre m&#233;diatique produirait par sa seule action, mieux vaut s'arr&#234;ter sur deux des influences majeures qu'exercent ces m&#233;dias tout &#224; la fois dominants et assujettis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re repose sur leur pouvoir d'accr&#233;ditation de leur propre r&#244;le, et donc d'intimidation de celles et ceux qui, croyant &#224; la puissance que les m&#233;dias s'attribuent, contribuent &#224; la conforter : pouvoir d'intimidation des &#233;crivains, des cr&#233;ateurs, des chercheurs qui qu&#233;mandent la faveur des m&#233;dias dans l'espoir de faire conna&#238;tre leurs &#339;uvres ; et surtout des forces collectives, des militants et de leurs porte-parole qui pr&#233;f&#232;rent trop souvent ne pas trop importuner les tenanciers de l'information, dans l'espoir qu'ils se fassent l'&#233;cho de leurs propositions et de leurs les actions, favorisant ainsi leur popularisation. Pourtant, la campagne r&#233;f&#233;rendaire de 2005 l'a montr&#233;, des avanc&#233;es sont possibles sans les m&#233;dias et malgr&#233; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me influence exerc&#233;e par les m&#233;dias consiste dans leur pouvoir de l&#233;gitimation de certaines visions du monde qui p&#232;sent avec force sur la mani&#232;re dont sont construits les d&#233;bats publics et les enjeux politiques. Au point que, &#224; les entendre, les seules lunettes adapt&#233;es &#224; la compr&#233;hension et aux transformations souhaitables de la soci&#233;t&#233; devraient &#234;tre n&#233;o-lib&#233;rales, avec, il est vrai, diverses moutures et montures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, bien que les m&#233;dias exercent non pas &lt;i&gt;un&lt;/i&gt;, mais &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; pouvoirs, ceux-ci participent, pour la plupart, d'une m&#234;me domination : une domination id&#233;ologique ou, mieux, symbolique qui s'exerce souvent &#224; l'insu de ceux qui la subissent, m&#234;me quand ils lui r&#233;sistent. Et m&#234;me quand ils la battent en br&#232;che comme on a pu le voir, pr&#233;cis&#233;ment, &#224; l'occasion de la campagne r&#233;f&#233;rendaire sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre ouvrage se propose de saisir sur le vif les &#171; m&#233;canismes &#187; de cette domination, non pour eux-m&#234;mes, mais en s'effor&#231;ant de parcourir et d'expliquer quelques-unes de ses manifestations ; et donc de comprendre comment et pourquoi, &#224; l'occasion du r&#233;f&#233;rendum de 2005, les m&#233;dias dominants ont impos&#233;, sous couvert d'&#171; &#233;quit&#233; &#187;, de &#171; p&#233;dagogie &#187; et de &#171; d&#233;mocratie &#187;, un pluralisme tronqu&#233;, une propagande masqu&#233;e et un d&#233;bat d&#233;mocratique biais&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Extrait de &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne&lt;/i&gt;, Henri Maler et Antoine Schwartz, Acrimed, Syllepse, 2005, p. 7-12.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les propos de Jean Daniel (&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 27 ao&#251;t 1992) sont cit&#233;s dans &lt;i&gt;Le B&#233;tisier de Maastricht&lt;/i&gt;, Paris, Arl&#233;a, 1997 ; les chiffres du CSA ont &#233;t&#233; publi&#233;s par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; dat&#233; du 8 septembre 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une pr&#233;sentation synth&#233;tique du probl&#232;me, voir Erik Neveu, &lt;i&gt;Sociologie du journalisme&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, collection Rep&#232;res, 2004. Un livre qui propose un excellent &#233;tat des travaux sur le journalisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Accardo, &#171; Un journalisme de classe moyenne &#187;, in Pascal Durand (dir.) &lt;i&gt;M&#233;dias et censure. Figures de l'orthodoxie&lt;/i&gt;, Li&#232;ge, Ed. de l'Universit&#233; de Li&#232;ge, 2004 ; p. 46-47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces d&#233;terminations sociales peuvent d'ailleurs l'emporter parfois sur la logique financi&#232;re de court terme. Comme on le verra au cours de l'ouvrage, emport&#233;s par leur &#233;lan, les directions &#233;ditoriales de nombreux journaux n'ont pas craint de heurter de front une partie de leur lectorat, avec toutes les apparences d'une farouche ind&#233;pendance, quand bien m&#234;me ils n'ob&#233;issaient qu'&#224; leurs propres inclinations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>10 ans apr&#232;s, retour sur le traitement m&#233;diatique du r&#233;f&#233;rendum sur le TCE</title>
		<link>https://www.acrimed.org/10-ans-apres-retour-sur-le-traitement-mediatique-du-referendum-sur-le-TCE</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/10-ans-apres-retour-sur-le-traitement-mediatique-du-referendum-sur-le-TCE</guid>
		<dc:date>2015-05-29T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acrimed</dc:creator>


		<dc:subject>Union Europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Pluralisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un traitement caricatural, duquel aucune le&#231;on ne semble avoir &#233;t&#233; tir&#233;e.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Referendum-de-2005-" rel="directory"&gt;R&#233;f&#233;rendum de 2005 &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Union-Europeenne-+" rel="tag"&gt;Union Europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pluralisme-+" rel="tag"&gt;Pluralisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L107xH150/arton4676-68840.png?1776746483' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a 10 ans. Le 29 mai 2005, une majorit&#233; d'&#233;lecteurs et d'&#233;lectrices (54.67%) rejetait le Trait&#233; Constitutionnel Europ&#233;en (TCE). Une v&#233;ritable gifle pour les adorateurs de la d&#233;esse &#171; Union europ&#233;enne &#187;, cet horizon ind&#233;passable et incontestable du progr&#232;s humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils n'avaient pourtant pas m&#233;nag&#233; leurs efforts, &#233;ditocrates et m&#233;diacrates en t&#234;te, pour convaincre les masses sceptiques (et donc incultes) qu'il n'y avait pas d'alternative au &#171; Oui &#187; : pluralisme &#224; son z&#233;nith, avec les multiples d&#233;bats entre partisans du &#171; Oui &#187; et adversaires du &#171; Non &#187;, exercices de &#171; p&#233;dagogie &#187; destin&#233;s &#224; &#233;clairer les esprits (forc&#233;ment) obscurcis des opposants au TCE, multiplication des sondages contradictoires, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un concentr&#233;, en somme, des pratiques les plus d&#233;ontologiques de ces chantres de la d&#233;mocratie et de la libert&#233; d'expression et d'opinion, sur lesquelles il est utile de revenir 10 ans apr&#232;s. Car force est malheureusement de constater que rien, ou presque, n'a chang&#233;. Il suffira pour s'en convaincre de se reporter, par exemple, &#224; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/mot1171.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre rubrique consacr&#233;e &#224; la Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, o&#249; l'on constatera que les m&#234;mes m&#233;thodes sont toujours employ&#233;es par une caste d&#233;cid&#233;ment incapable de la moindre autocritique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons donc regroup&#233; une partie importante de nos articles de l'&#233;poque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette synth&#232;se est une reprise d'un travail r&#233;alis&#233; en juin 2005. On pourra (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, afin que chacun et chacune puisse se replonger dans l'atmosph&#232;re pr&#233;-r&#233;f&#233;rendum ou, pour les plus jeunes, la d&#233;couvrir. Un moyen de constater que l'observation critique des m&#233;dias qui avait, &#224; l'&#233;poque, contribu&#233; (modestement) &#224; rompre l'unanimisme ambiant, demeure plus que jamais une n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;SOMMAIRE&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Prologue&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
I. Contre le pluralisme &#224; une seule voix : interventions et prises de position&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
II. Quelques exemples de la passion d&#233;mocratique&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
III. Vous avez dit &#171; &#233;quit&#233; &#187; ?&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
IV. Vous avez dit &#171; p&#233;dagogie &#187; ?&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
V. Attention ! sondages&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
VI. Miettes du festin d&#233;mocratique &lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
VII. Un festival d'autosatisfaction&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
VIII. Apr&#232;s le scrutin du 29 mai 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de prologue : du Trait&#233; de Maastricht au Trait&#233; constitutionnel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1997, dans &lt;i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;, Serge Halimi, titrait un encadr&#233; de plusieurs pages consacr&#233; &#224; l'unanimisme &#233;ditorial en faveur du Trait&#233; de Maastricht en 1992 : &#171; Les cabris de Maastricht &#187;. Il paraphrasait ainsi - une fois n'est pas coutume - le g&#233;n&#233;ral de Gaulle qui le 14 d&#233;cembre 1965 d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l'Europe ! l'Europe ! l'Europe ! mais cela n'aboutit &#224; rien et cela ne signifie rien&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour le reste du livre d'Halimi, ses pourfendeurs, pour ne pas avoir &#224; se prononcer sur les faits - incontestables -, ont pr&#233;f&#233;r&#233; pol&#233;miquer contre ses &#171; mauvaises intentions &#187;. Ils n'ont pas d&#233;sarm&#233; depuis. Mais les faits sont l&#224;, et ils demeurent. En 2004-2005, les cabris sont de retour. Et le rappel des outrances de la propagande pass&#233;e permet de prendre la mesure de la troublante unanimit&#233; des discours pr&#233;sents : &lt;a href='https://www.acrimed.org/En-guise-de-prologue-Les-cabris-de-Maastricht-Les-Nouveaux-chiens-de-garde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En guise de prologue : &#171; Les cabris de Maastricht &#187; (&lt;i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat au sein du Parti socialiste, fin 2004, n'a pas emp&#234;ch&#233; - on s'en doute - les &#171; &#233;ditorialistes tous m&#233;dias &#187; de chanter d'une seule voix. Mais, en d&#233;pit de tous les brouillages, l'on a pu lire ou entendre dans les d&#233;bats et les tribunes, quelques fragments ou quelques &#233;chos des arguments en pr&#233;sence. Nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parenth&#232;se, d&#232;s que le Parti socialiste s'est prononc&#233;, s'est imm&#233;diatement referm&#233;e. Et, forts d&#233;sormais de l'apparente l&#233;gitimit&#233; que donne &#224; leurs le&#231;ons et commentaires la majorit&#233; en faveur du &#171; oui &#187; qui s'est d&#233;gag&#233;e au sein du Parti socialiste, nos amoureux du d&#233;bat d&#233;mocratique ont poursuivi avec un bel acharnement leurs prises de positions pluralistes en faveur du &#171; Oui &#187; et ... en faveur du &#171; Oui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. &lt;a href='https://www.acrimed.org/-Interventions-et-prises-de-position-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Interventions et prises de position&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pluralisme &#224; plusieurs voix, mais &#224; sens unique&lt;/strong&gt; : les m&#233;dias dominants, appuy&#233;s par le CSA et le gouvernement usent et abusent de leur domination.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
(1)&lt;/strong&gt; Raison suffisante de publier, pour information, le communiqu&#233; des syndicats, associations et formations politiques qui protestent contre le d&#233;s&#233;quilibre de l'information et revendiquent &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1927.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une information honn&#234;te pendant la campagne du r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
(2)&lt;/strong&gt; Raison suffisante &#233;galement d'interpeller, sous forme d'une &#171; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1928.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lettre ouverte au CSA, &#224; Radio France et au Minist&#232;re de la propagande&lt;/a&gt; &#187; les organismes responsables de la conception et de la diffusion d'une pr&#233;tendue information civique, simple alibi d'une campagne &#233;lectorale &#224; sens unique. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
(3)&lt;/strong&gt; Et comme le &#171; d&#233;bat &#187; dans les m&#233;dias, rel&#232;ve du quasi-monopole des &#233;ditorialistes et chroniqueurs favorables au trait&#233;, &lt;a href='https://www.acrimed.org/-&gt;http:/www.acrimed.org/article1994.html'&gt;une manifestation est organis&#233;e le 9 mai&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
(4)&lt;/strong&gt; Trop, c'est trop ! Le Syndicat National des Journalistes (SNJ) communique : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1990.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Critique du projet de trait&#233; et appel &#224; un traitement &#233;ditorial &#233;quitable (SNJ)&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
(5)&lt;/strong&gt; Trop, c'est trop ! Des personnels du service public se font entendre sous forme d'une appel - &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2006.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Appel : Le NON censur&#233; dans les m&#233;dias, &#231;a suffit !&lt;/a&gt; - suivi d'un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2020.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rassemblement&lt;/a&gt; pour remettre les 15 000 signatures alors recueillies. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
(6)&lt;/strong&gt; Autre prise de position : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2019.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Agression publicitaire et Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en &#187; (R.A.P)&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
(7)&lt;/strong&gt; Et quand &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; invente un appel des syndicats europ&#233;ens, des journalistes du SNJ-CGT r&#233;pliquent : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2037.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les syndicats ne sont pas tous favorables au TCE &#187; (SNJ-CGT)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Quelques exemples exemplaires de la passion d&#233;mocratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Amusant ? Il s'est m&#234;me trouv&#233; un important journaliste pour tenir les &#171; spots publicitaires &#187; du Minist&#232;re pour de la pure information : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Mieux-vaut-etre-riche-et-bien-portant-par-le-Ministere-de-la-propagande-et-ses' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mieux vaut &#234;tre riche et bien portant &#187; (par le Minist&#232;re de la propagande et ses auxiliaires)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Plus insidieuse et sans doute relativement inoffensive, la propagande, sponsoris&#233;e par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, se niche dans les questions biais&#233;es pos&#233;es par &#171; Expression-publique.com &#187;, un organisme pilot&#233; par un &#171; expert en opinion publique &#187;. Vous pouvez ainsi apprendre &lt;a href='https://www.acrimed.org/Comment-donner-votre-avis-en-partenariat-avec-Le-Monde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Comment donner &#171; votre avis &#187; en partenariat avec &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; On peut r&#234;ver d'un autre monde m&#233;diatique dans lequel seraient restitu&#233;s de fa&#231;on &#233;quilibr&#233;e les arguments rationnels des partisans et des adversaires du Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Dans le monde m&#233;diatique existant, en guise de pluralisme, c'est l'unanimisme des &#233;ditorialistes inconditionnellement mobilis&#233;s pour l'adoption du Trait&#233; qui dicte sa loi. Et en guise d'argumentation rationnelle, les m&#234;mes se livrent &#224; des exercices de pol&#233;mique &#224; sens unique, m&#233;prisants et m&#233;prisables. Et pas seulement dans les m&#233;dias nationaux : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-DNA-meprisent-les-lecteurs-et-l-electeur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les &lt;i&gt;DNA&lt;/i&gt; m&#233;prisent les lecteurs et l'&#233;lecteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Le m&#233;pris, souvent av&#233;r&#233;, parfois dissimul&#233;, pour les lecteurs, non seulement quand ils sont d&#233;favorables au Trait&#233;, mais &#233;galement quand ils lui sont favorables, trouve notamment son expression dans les tentatives d'inviter &#224; voter en sa faveur sans que soit discut&#233; son contenu. Encore une exemple r&#233;gional : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Cachez-ce-Traite-que-je-ne-saurais-voir-Les-Dernieres-Nouvelles-d-Alsace' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Cachez ce Trait&#233; que je ne saurais voir &#187; (&lt;i&gt;Les Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt;)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Mieux : Quand, au cours de l'&#233;mission &lt;i&gt;Eclectik&lt;/i&gt;, sur France Inter, l'existence m&#234;me d'un d&#233;bat devient l'enjeu d'un &#171; d&#233;bat &#187;, la sc&#232;ne vaut la peine d'&#234;tre &#233;tudi&#233;e de pr&#232;s : &lt;a href='https://www.acrimed.org/L-impossible-debat-sur-France-Inter' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'impossible d&#233;bat, sur France Inter&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; En revanche, les &#233;minences qui monopolisent le commentaire dans la plupart des m&#233;dias dominants r&#233;digent de plus en plus souvent non des chroniques ou des &#233;ditoriaux, mais des tracts. Non des contributions de parti pris destin&#233;es &#224; une discussion argument&#233;e, mais des appels, souvent caricaturaux, &#224; la mobilisation d'un parti qui n'ose s'avouer comme tel : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Un-tract-de-Jean-Marie-Colombani' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un tract de Jean-Marie Colombani&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(7)&lt;/strong&gt; Maccarthysme &#233;ditorial et rh&#233;torique r&#233;actionnaire : le directeur adjoint de la r&#233;daction du &#171; quotidien de r&#233;f&#233;rence &#187; fixe la &#171; ligne &#187; : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Monde-epure-la-gauche' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &#233;pure la gauche&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et peu de temps avant le scrutin, vient le temps des derniers assauts :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(8)&lt;/strong&gt; Sur quatre colonnes &#224; la &#171; une &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (&#233;dition du 25 mai) publie une information fracassante : &#171; L'appel des syndicats europ&#233;ens pour le oui &#187; (&lt;a href='https://www.acrimed.org/Un-faux-scoop-du-Monde-au-service-du-Oui' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un faux scoop du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; au service du &#171; Oui &#187;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(9)&lt;/strong&gt; Et le PDG de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (journal class&#233; &#224; gauche) conseille au Pr&#233;sident une strat&#233;gie audacieuse destin&#233;e non seulement &#224; faire gagner le &#171; oui &#187;, mais aussi &#224; faire gagner Chirac aux l&#233;gislatives suivantes : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Serge-July-patron-de-presse-stratege-de-papier-et-conseiller-de-Jacques-Chirac' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Serge July, patron de presse, strat&#232;ge de papier et conseiller de Jacques Chirac&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tonnez-vous apr&#232;s cela que les journalistes ne soient pas &#171; cr&#233;dibles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.acrimed.org/-Vous-avez-dit-equite-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;strong&gt;III. Vous avez dit &#171; &#233;quit&#233; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives de couvrir du voile d'une expertise comptable biais&#233;e l'expression m&#233;diatique d'une d&#233;mocratie confisqu&#233;e n'ont pas manqu&#233;. Et pourtant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Pr&#233;tendre que l'on n'entend que les partisans du non, seul un amuseur public pouvait l'oser ! &lt;a href='https://www.acrimed.org/Laurent-Ruquier-nous-divertit-sans-la-moindre-gene' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Laurent Ruquier nous divertit sans la moindre g&#234;ne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Pourtant les chiffres sur les intervenants politiques &#224; la t&#233;l&#233;vision entre le 1er janvier et le 31 mars fournissent un indice accablant : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Comptage-des-intervenants-a-la-tele-de-janvier-a-mars-2005-Arret-sur-images-F5' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Comptage des intervenants &#224; la t&#233;l&#233; de janvier &#224; mars 2005 (&#8220;Arr&#234;t sur images&#8221;, F5)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Un soir, Chirac parut. Le CSA, se posant, selon son propre mot, en gardien de la &#171; tradition &#187; (monarchique ?) ne comptera pas (cette fois comme les suivantes) cette allocution dans son livre de comptes des temps de parole. Mais, que l'intervention de Chirac figure ou non dans la comptabilit&#233;, les chiffres d'avril confirment ceux des mois pr&#233;c&#233;dents : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Comptage-des-intervenants-a-la-tele-en-avril-2005-Arret-sur-images-F5' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Comptage des intervenants &#224; la t&#233;l&#233; en avril 2005 (&#8220;Arr&#234;t sur images&#8221;, F5)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Pendant ce temps, l'AFP travaillait &#224; entretenir le d&#233;s&#233;quilibre, peut-&#234;tre par simple routine. Par exemple, du c&#244;t&#233; des photographies : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Souriez-vous-etes-photographies-pour-l-AFP' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Souriez, vous &#234;tes photographi&#233;s pour l'AFP &#187;&lt;/a&gt;. Ou encore dans un certain type de d&#233;p&#234;ches : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Quand-l-AFP-urgente-sur-le-referendum' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quand l'AFP &#171; urgente &#187; sur le r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Et selon &#171; Arr&#234;t sur images &#187;, le mois de mai ne corrigea gu&#232;re les d&#233;s&#233;quilibres constat&#233;s pendant les mois pr&#233;c&#233;dents : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Comptage-des-intervenants-a-la-tele-en-mai-2005-Arret-sur-images-F5' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Comptage des intervenants &#224; la t&#233;l&#233; en mai 2005 (&#8220;Arr&#234;t sur images&#8221;, F5)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la controverse l&#233;gitime sur les temps de parole ne doit pas dissimuler l'omnipr&#233;sence des &#233;ditorialistes, chroniqueurs et fantaisistes favorables au &#171; oui &#187; (qui s'excluent de la comptabilit&#233; des temps de parole), mais surtout les conditions qualitatives d'expression des arguments d&#233;favorables au Trait&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chroniqueurs, experts, interviewers, &#233;ditoralistes : tous contribuent &#224; l' &#171; &#233;quit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; Des chroniqueurs &#224; sens unique. Sur France Culture, favorables au &#171; oui &#187;, ils monopolisent la parole. Et quand un invit&#233; apporte la contradiction, tous montent au cr&#233;neau : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-matins-du-oui-sur-France-Culture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les matins du &#8220;oui&#8221; sur France Culture&lt;/a&gt;. Omnipr&#233;sence... et usage abusif des titres et des fonctions : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Laure-Adler-gardienne-de-l-orientation-de-France-Culture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Laure Adler, gardienne de l'orientation de France Culture&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(7)&lt;/strong&gt; Des &#171; experts &#187; &#224; engagement monocolore. Un seul exemple permet de mesurer &#224; quel point, plus g&#233;n&#233;ralement, les d&#233;s&#233;quilibres du traitement m&#233;diatique r&#233;cent peuvent &#234;tre &#233;clair&#233;s par des d&#233;s&#233;quilibres constants : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Sur-France-5-C-dans-l-air-et-reserve-aux-experts' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sur France 5, &#171; C'dans l'air &#187;... et r&#233;serv&#233; aux &#171; experts &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8)&lt;/strong&gt; Des interviewers &#224; pugnacit&#233; partisane, comme le montre B&#233;atrice Schonberg quand elle pose les questions que tout le monde se pose : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Exercice-de-propagande-ordinaire-sur-France-2-service-public' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Exercice de propagande ordinaire sur France 2 (service public)&lt;/a&gt;. Et des commentateurs &#224; indignation s&#233;lective... quand ils croient bons de s'indigner : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Deux-poids-deux-mesures' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Deux poids, deux mesures&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(9)&lt;/strong&gt; Bref, comme l'a montr&#233; l'&#233;mission &#171; Arr&#234;t sur images &#187; s'agissant de la t&#233;l&#233;vision, les m&#233;dias nous ont offert, en toute &#171; &#233;quit&#233; &#187;, des pr&#233;sentateurs impartiaux, des interviewers impavides et des experts d&#233;gag&#233;s : &lt;a href='https://www.acrimed.org/En-toute-equite-quelques-exemples-d-un-debat-equilibre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En toute &#171; &#233;quit&#233; &#187; : quelques exemples d'un d&#233;bat &#233;quilibr&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est vrai que tout cela est affaire de &#171; p&#233;dagogie &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. Vous avez dit &#171; p&#233;dagogie &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'arrogeant ainsi le monopole de la &#171; raison &#187;, nos z&#233;l&#233;s prescripteurs d'opinion s'arrogent du m&#234;me coup le monopole de la &#171; p&#233;dagogie &#187;. P&#233;dagogie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt;Des chroniqueurs, &#233;ditorialistes et pr&#233;sentateurs sont en campagne pour le &#171; oui &#187; ? Normal : &#224; France Inter (comme ailleurs), pour le m&#233;diateur, c'est de la &#171; p&#233;dagogie &#187; : &lt;a href='https://www.acrimed.org/France-Inter-et-la-pedagogie-1-Les-emois-du-mediateur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;France Inter et la &#171; p&#233;dagogie &#187; : (1) Les &#233;mois du m&#233;diateur &lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; De la th&#233;orie &#224; la pratique &#171; p&#233;dagogique &#187; : les &#233;lecteurs dispens&#233;s de lectures superflues par des journalistes de France Inter qui savent ce qui est bon pour eux. C'est du moins ce qu'ils professent : &lt;a href='https://www.acrimed.org/France-Inter-et-la-pedagogie-2-Les-T-P-de-Pierre-Weill-et-Bernard-Guetta' class=&#034;spip_in&#034;&gt;France Inter et la &#171; p&#233;dagogie &#187; : (2) Les T.P. de Pierre Weill et Bernard Guetta&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; C'est parce qu'ils sont - litt&#233;ralement - des enfants qu'une &#171; &#233;lite &#187; journalistique enferm&#233;e dans sa tour d'ivoire et perch&#233;e au sommet du &#171; savoir &#187; a pour fonction de leur faire la le&#231;on... jusque dans les colonnes d'un &#171; f&#233;minin &#187; class&#233; &#171; haut-de-gamme &#187; : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-magazine-Elle-et-la-pedagogie-de-pointe' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le magazine &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; et la &#171; p&#233;dagogie &#187; de pointe&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Cette &#171; p&#233;dagogie &#187; destin&#233;e aux femmes a connu deux versions. Un version doctrinaire dans le magazine &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; et un version toute en subtilit&#233;s dans le Magazine &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt;. Deux versions, donc : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Feminins-en-campagne-1-Oui-dit-Elle-Une' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; F&#233;minins &#187; en campagne (1). &#171; Oui &#187;, dit &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;. Une propagande totalit&lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.acrimed.org/Feminins-en-campagne-2-Oui-ou-non-Oui-L-equation' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; F&#233;minins &#187; en campagne (2) : &#171; Oui ou non ? &#187; = Oui. L'&#233;quation de &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Encore faut-il ne pas oublier que &#171; la campagne actuelle n'est que le point culminant des ann&#233;es de pr&#233;tendue &#034;p&#233;dagogie&#034; n&#233;olib&#233;rale &#187;, comme le d&#233;clarait l'un d'entre nous &#224; &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, le 29 mars 2005 : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Sous-l-appellation-mensongere-de-pedagogie-H-Maler-dans-L-Huma' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Sous l'appellation mensong&#232;re de &#8220;p&#233;dagogie&#8221; &#187; (H. Maler dans &lt;i&gt;L'Huma&lt;/i&gt;)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; Un soir, Chirac parut... Et il voulut, lui aussi, avec l'aide d'autres p&#233;dagogues, faire oeuvre de p&#233;dagogie. Il y eut d'abord la conception et la pr&#233;paration de l'&#233;mission. En attendant l'article &#224; para&#238;tre sur ce sujet, voici ce que l'un d'entre nous &#224; pu dire &#224; l'antenne de la ... Radio Suisse Romande, le jour m&#234;me de l'&#233;mission vers 12 h 30.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_260 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-260 &#034; data-id=&#034;6b7699fbcd1f73fedb9127251b625ef6&#034; src=&#034;IMG/mp3/14_04_2005-_12h30_-_Maler_-_Chirac_UE-RSR.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(7)&lt;/strong&gt; Puis, le 14 avril, on eut droit &#224; son d&#233;roulement : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Chirac-sur-TF1-le-simulacre-mediatique-du-debat-democratique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Chirac sur TF1 : le simulacre m&#233;diatique du d&#233;bat d&#233;mocratique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.acrimed.org/-Attention-Sondages-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;V. Attention ! sondages&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; La publication de sondages favorables au non mobilise les commentateurs. Ainsi, le 22 mars, quatre &#171; r&#233;gionaux &#187; se sont pench&#233;s sur le berceau du sondage qui disait &#171; non &#187; &#224; 51% : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Quatre-regionaux-et-un-sondage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quatre &#171; r&#233;gionaux &#187; et un sondage&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; 20 avril 2005 - Quand les sondages se contredisent, Roland Cayrol insulte et Christophe Barbier proph&#233;tise : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Haro-sur-Bourdieu-et-vive-le-printemps' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Haro sur Bourdieu et vive le printemps !&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Les intentions de vote fr&#233;n&#233;tiquement collect&#233;es et avidement comment&#233;es. Mais on peut l&#233;gitimement se demander ce que valent de telles informations : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (1)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Des barom&#232;tres qui s'affolent. Des changements qui ne changent pas. Bref, en guise de r&#233;sultats, des artefacts : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-2-tout-bouge-rien-ne-bouge' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (2) : &lt;i&gt;&#171; tout bouge, rien ne bouge... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Quand viennent le jour du scrutin et ses lendemains. Une occasion pour les sondologues de chanter victoire. &#192; cette belle assurance, on peut opposer au moins quelques b&#233;mols : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-3-Exclusif-les-sondages-ne-se-sont-pas' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (3) : &lt;i&gt;&#171; Exclusif : les sondages ne se sont pas tromp&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VI. Miettes du festin d&#233;mocratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Et si le &#171; non &#187; au Trait&#233; constitutionnel l'emportait ? D&#232;s que les sondages deviennent un motif d'inqui&#233;tude pour les partisans du Trait&#233;, les commentaires ne laissent gu&#232;re de place &#224; la pluralit&#233; des arguments et au pluralisme des positions. Premi&#232;re r&#233;colte (fin janvier-fin f&#233;vrier 2005) : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Quelques-miettes-de-pluralisme-a-sens-unique' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quelques miettes de &#171; pluralisme &#187; &#224; sens unique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Presque partout (notamment dans la presse r&#233;gionale) et avec les m&#234;mes (Alain Duhamel, Dominique Bromberger, Pierre Le Marc, etc.). Deuxi&#232;me r&#233;colte (fin mars-d&#233;but avril) : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Quelques-miettes-de-propagande-mediatique-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quelques miettes de propagande m&#233;diatique (1)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Sans discontinuer et de toutes les mani&#232;res : Deuxi&#232;me r&#233;colte de &#171; br&#232;ves &#187; qui en disent parfois plus long que bien des analyses (mi avril) : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Quelques-miettes-de-propagande-mediatique-2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quelques miettes de propagande m&#233;diatique (2)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Dans la presse r&#233;gionale, la plupart des titres font campagne pour le &#171; Oui &#187;. Un exemple parmi d'autres : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Paris-Normandie-en-mission-d-information' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt; en &#171; mission d'information &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; C'est l'overdose, sous toutes les formes, dans tous les styles, sur tous les tons (fin avril) : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Nouvelles-miettes-de-propagande-mediatique-3' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Nouvelles miettes de propagande m&#233;diatique (3)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; Et encore : quelques extraits d'&#233;ducation nationale et r&#233;gionale (mi-mai) : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Encore-et-encore-des-miettes-de-pedagogie-5' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Encore et encore des miettes de &#171; p&#233;dagogie &#187; (5)&lt;/a&gt;/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VII. &lt;a href='https://www.acrimed.org/-Un-festival-d-autosatisfaction-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un festival d'autosatisfaction&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non contents d'exercer un quasi-monopole d'expression en faveur du Trait&#233;, notamment dans les m&#233;dias publics, nos &#233;ditorialistes importants (forc&#233;ment !) et multicartes (tr&#232;s souvent) ne supportent pas que leur contribution &#224; un ch&#339;ur quasi-unanime soit remise en question. De l&#224; quelques &#233;mouvants cris du coeur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; &#192; peine l'h&#233;g&#233;monie des pr&#233;dicateurs favorables au Trait&#233; est-elle mise en cause que l'un d'entre eux s'indigne : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Bernard-Guetta-celebre-sa-propre-importance' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bernard Guetta c&#233;l&#232;bre sa propre importance&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Apr&#232;s plusieurs semaines de &#171; p&#233;dagogie &#187; ajust&#233;e aux besoins de la campagne en cours, nos chroniqueurs et journalistes dominants ne comprennent pas que leurs efforts leur valent quelques critiques : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Lamentations-des-pedagogues-incompris' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lamentations des &#171; p&#233;dagogues &#187; incompris&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; La partialit&#233; des m&#233;dias est devenue tellement visible que cette visibilit&#233; commence &#224; poser un probl&#232;me aux patrons de presse et &#224; leurs contrema&#238;tres. Un directeur de r&#233;daction r&#233;pond : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Laurent-Joffrin-espere-domestiquer-la-dissidence' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Laurent Joffrin esp&#232;re domestiquer la dissidence&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Un probl&#232;me ? Pas pour tout le monde : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Bernard-Guetta-parle-de-Bernard-Guetta' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Bernard Guetta parle de Bernard Guetta&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Finalement, &#171; Tout va pour le mieux - ou presque - dans le meilleur des monde m&#233;diatique possible &#187; : telle est en substance la r&#233;ponse qu'opposent les principaux partisans de la propagande m&#233;diatique en faveur du &#171; Oui &#187; &#224; ceux qui la contestent. Un premier exemple : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Ils-votent-oui-a-la-propagande-mediatique-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ils votent &#171; oui &#187; &#224; la propagande m&#233;diatique (1)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; Une m&#234;me autosatisfaction : du patron de Radio-France &#224; un chroniqueur de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, de l' &#171; expert &#187; patent&#233; de i-T&#233;l&#233;vision au directeur de la r&#233;daction (adjoint) du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, il sont contents : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Ils-votent-oui-a-la-propagande-mediatique-2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ils votent &#171; oui &#187; &#224; la propagande m&#233;diatique (2) &lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VIII. &lt;a href='https://www.acrimed.org/-Apres-le-scrutin-du-29-mai-2005-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Apr&#232;s le scrutin du 29 mai 2005&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/br &gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On prend les m&#234;mes, &#231;a continue et c'est souvent pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; La soir&#233;e &#233;lectorale sur les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision fut conforme &#224; ce que l'on pouvait en craindre : &lt;a href='https://www.acrimed.org/TF1-soiree-speciale-referendum-les-questions-bien-intentionnees-de-Claire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;TF1, soir&#233;e sp&#233;ciale &#171; r&#233;f&#233;rendum &#187; : les questions bien intentionn&#233;es de Claire Chazal&lt;/a&gt;. Et sur France 2, l'accueil fut d&#233;licieux : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Messieurs-les-censeurs-les-urnes-ont-parle' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Messieurs les censeurs &#187;, les urnes ont parl&#233; !&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; La presse &#233;crite nationale m&#233;rita ses meilleurs &#233;ditorialistes : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Un-cri-de-douleur-de-Serge-July-Extrait' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Un &#034; cri de douleur &#034; de Serge July &#187;(Extrait)&lt;/a&gt;- Et la presse r&#233;gionale ne fut pas en reste : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-Dernieres-Nouvelles-d-Alsace-ne-desarment-pas' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt; ne d&#233;sarment pas&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.acrimed.org/Un-dessin-qui-resume-la-plupart-des-commentaires' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Un dessin qui r&#233;sume la plupart des commentaires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Bref, de petits moments de journalisme machinal et de grands moments de rage : &lt;a href='https://www.acrimed.org/La-procession-des-fulminants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La procession des fulminants&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Bilan critique ? Aucun : &lt;a href='https://www.acrimed.org/En-guise-de-bilan-sur-France-Inter-un-eloge-des-editorialistes-inoffensifs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;En guise de bilan, sur France Inter : un &#233;loge des &#233;ditorialistes inoffensifs &lt;/a&gt;. Bien au contraire : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Figaro-contre-la-dictature-du-pluralisme' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; contre la dictature... du pluralisme&lt;/a&gt;. Et tout continua de plus belle : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-matins-du-oui-sur-France-Culture-apres-le-choc' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les matins du &#171; oui &#187; sur France Culture : apr&#232;s le choc...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Et pourtant... Premi&#232;re le&#231;on du scrutin : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-medias-dominants-desavoues' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les m&#233;dias dominants d&#233;savou&#233;s&lt;/a&gt;. Premier retour sur les commentaires avis&#233;s : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Lexique-pour-temps-d-Europe-et-de-Referendum' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lexique pour temps d'Europe et de R&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(6)&lt;/strong&gt; Et encore : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-choristes-du-oui' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les choristes du &#171; oui &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Oui-repasse-en-tete' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le &#171; Oui &#187; repasse en t&#234;te &lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-reportage-voila-l-ennemi' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le reportage, voil&#224; l'ennemi !&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.acrimed.org/Philippe-Val-defenseur-des-editorialistes-contre-les-poujadistes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Philippe Val, d&#233;fenseur des &#233;ditorialistes contre les &#171; poujadistes &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, aucune le&#231;on n'avait &#233;t&#233; tir&#233;e. 10 ans plus tard, ce verdict est confirm&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette synth&#232;se est une reprise d'un travail &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1950.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;alis&#233; en juin 2005&lt;/a&gt;. On pourra &#233;galement se procurer notre ouvrage consacr&#233; au traitement m&#233;diatique de la campagne r&#233;f&#233;rendaire, &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/33-dvd---livres-medias-en-campagnes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;toujours en vente dans notre boutique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La sondagite en 2005 : Pr&#233;sentation</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-sondagite-en-2005-Presentation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/La-sondagite-en-2005-Presentation</guid>
		<dc:date>2010-01-01T22:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Sondages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les sondages pendant la campagne r&#233;f&#233;rendaire de 2005 sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Sondologie-et-sondomanie-Sondages-en-tous-genres-" rel="directory"&gt;Sondologie et sondomanie : Sondages en tous genres&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les sondages pendant la campagne r&#233;f&#233;rendaire de 2005 sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Pr&#233;sentation de quelques articles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant la campagne r&#233;f&#233;rendaire de 2005 sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; La publication de sondages favorables au non mobilise les commentateurs. Ainsi, le 22 mars, quatre &#171; r&#233;gionaux &#187; se sont pench&#233;s sur le berceau du sondage qui disait &#171; non &#187; &#224; 51% : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Quatre-regionaux-et-un-sondage' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quatre &#171; r&#233;gionaux &#187; et un sondage&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; 20 avril 2005 - Quand les sondages se contredisent, Roland Cayrol insulte et Christophe Barbier proph&#233;tise : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Haro-sur-Bourdieu-et-vive-le-printemps' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Haro sur Bourdieu et vive le printemps !&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; Les intentions de vote fr&#233;n&#233;tiquement collect&#233;es et avidement comment&#233;es. Mais on peut l&#233;gitimement se demander ce que valent de telles informations : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (1)&lt;/a&gt;(fichier .pdf en fin d'article).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Des barom&#232;tres qui s'affolent. Des changements qui ne changent pas. Bref, en guise de r&#233;sultats, des artefacts : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-2-tout-bouge-rien-ne-bouge' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (2) : &lt;i&gt;&#171; tout bouge, rien ne bouge... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;](fichier .pdf en fin d'article).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(5)&lt;/strong&gt; Quand viennent le jour du scrutin et ses lendemains. Une occasion pour les sondologues de chanter victoire. A cette belle assurance, on peut opposer au moins quelques b&#233;mols : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-3-Exclusif-les-sondages-ne-se-sont-pas' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (3) : &lt;i&gt;&#171; Exclusif : les sondages ne se sont pas tromp&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (8 juin)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bernard Guetta, &#034;p&#233;dagogue&#034; au bord de la crise de nerf</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Bernard-Guetta-pedagogue-au-bord-de-la-crise-de-nerf</link>
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		<dc:date>2007-07-19T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Verni&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard Guetta</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Demorand</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les m&#233;saventures d'un chroniqueur matinal...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Apres-le-scrutin-du-29-mai-2005-" rel="directory"&gt;Apr&#232;s le scrutin du 29 mai 2005 [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Guetta-+" rel="tag"&gt;Bernard Guetta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nicolas-Demorand-+" rel="tag"&gt;Nicolas Demorand&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors de la campagne r&#233;f&#233;rendaire du TCE, Bernard Guetta s'est vant&#233; d'avoir r&#233;alis&#233; un &lt;i&gt;&#171; &#233;norme travail d'explication &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce sont ses propres mots. Voir l'article consacr&#233; aux &#171; lamentations des &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;, &#224;&lt;i&gt; l'Express&lt;/i&gt; et au &lt;i&gt;Temps&lt;/i&gt;&#8230; Il a excell&#233; dans son r&#244;le de &#171; p&#233;dagogue &#187;. Il a affront&#233;, croit-il encore, les hordes du &lt;i&gt;&#171; camp noniste &#187;&lt;/i&gt;, comme il le nomme subtilement, sur les ondes de &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourtant, ce Don Quichotte des temps modernes europ&#233;ens n'&#233;tait qu'un ardent propagandiste du &#171; oui &#187;. Avec moins de panache qu'un Alexandre Adler, avec moins de mauvaise foi qu'un Jean-Pierre Elkabbach, avec moins d'arrogance qu'un Philippe Val, ou avec moins d'humour qu'un Alain-G&#233;rard Slama (sic), il n'a &#233;t&#233; qu'une p&#226;le copie de ce que l'on pouvait entendre partout ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s une d&#233;faite qui est aussi un petit peu la sienne, il veille toujours, le verbe haut, le ton acerbe, en pol&#233;miste incontinent qui se pr&#233;vaut de sa fonction d'&#233;ditorialiste pour ass&#233;ner ses v&#233;rit&#233;s incontestables et ses mensonges qui ne le sont pas moins notamment quand il attribue aux partisans du &#034;non&#034; l'invocation d'un &#034;Plan B&#034; qu'ils ont aussi peu &#233;voqu&#233; que l'exemple du &#034;plombier polonais&#034;. Illustration de ce que peut oser la morgue sans contrepartie avec le 7-9 du 28 juin 2007 sur &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;, o&#249; il a fallu tout le flegme d'Henri Emmanuelli pour contenir les exc&#232;s du chroniqueur, dont il pr&#233;tendra sans doute qu'ils &#233;taient &lt;i&gt;&#171; p&#233;dagogiques &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait sonore&lt;/strong&gt; (savoureux) sans commentaire, suivi de la transcription &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Format &lt;i&gt;mp3&lt;/i&gt; - Dur&#233;e : 4' 33&#034; - T&#233;l&#233;chargeable &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/IMG/mp3/emmanuelli_guetta2_280607.mp3&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transcription&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un auditeur : &lt;/strong&gt;Monsieur Emmanuelli, lors du r&#233;f&#233;rendum du 29 mai 2005, les partisans du NON, dont vous faisiez partie, avaient parl&#233; d'un plan B. Aujourd'hui, 2 ans apr&#232;s, on a vu que le moteur europ&#233;en s'est arr&#234;t&#233;. Je voulais savoir o&#249; est pass&#233; ce plan B et en quoi consistait-il ?&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Henri Emmanuelli &lt;/strong&gt; : C'est pas les partisans du Non qui ont parl&#233; du plan B, c'est Monsieur Giscard d'Estaing qui a parl&#233; du plan B, en se montrant &#224; la t&#233;l&#233;vision (...) avec un gros ballon, qu'il a d'ailleurs fait exploser avec une &#233;pingle, je m'en souviens parfaitement. Et depuis 2 ans, on dit aux partisans du Non : le plan B, le plan B, le plan B ! (...)&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Nicolas Demorand&lt;/strong&gt; : Bernard Guetta...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Bernard Guetta&lt;/strong&gt; : Henri Emmanuelli, je ne sais pas si vous avez personnellement employ&#233; l'expression plan B, peu importe mais euh...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Non je ne l'ai jamais employ&#233;e...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant&lt;/i&gt;) : Bon, tr&#232;s bien, tr&#232;s bien. Dont acte, dont acte !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : &#8230;mais cela fait deux ans que je lis dans la presse et que j'entends dire que nous avons propos&#233; un plan B&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Alors vous, personnellement, peut-&#234;tre pas, mais le camp Noniste certainement oui.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Mais c'est quoi le camp Noniste ?&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; : Ben, c'&#233;tait les gens qui appelaient &#224; voter non.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Non, monsieur Guetta, y a eu&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Non, le camp Noniste&#8230; on va s'arr&#234;ter sur la d&#233;finition du camp Noniste ! Le camp Noniste, monsieur Emmanuelli, ce sont les gens qui ont vot&#233; non. Donc je poursuis&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : le camp Noniste c'est 54 virgule &#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Tr&#232;s exactement, c'est 54, 6%...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : &#8230;des Fran&#231;ais.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : &#8230;Donc les lignes, les grandes figures, les grandes figures de ce non disaient qu'il y avait &#233;videmment un plan B et notre auditeur a parfaitement raison &#8230;. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : il y a eu...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Et o&#249; il est ?&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; : Henri Emmanuelli !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : non, non Monsieur Guetta&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : &#8230;a parfaitement raison de dire qu'il n'y en avait pas&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : monsieur Guetta&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; : Henri Emmanuelli !!&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Monsieur Guetta, je suis sens&#233; r&#233;pondre &#224; l'auditeur, vous pouvez r&#233;pondre &#224; ma place, il n'y a pas de probl&#232;me...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Mais je ne vais pas r&#233;pondre &#224; votre place, je r&#233;ponds apr&#232;s vous !!!&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Il n'y a pas de probl&#232;me. Moi je r&#233;p&#232;te que la seule personne que j'ai entendue &#224; la t&#233;l&#233;, &#224; la radio parler de plan B s'appelait monsieur Giscard d'Estaing et qu'il s'est pr&#233;sent&#233; avec un gros ballon et une &#233;pingle et qu'il a fait exploser le ballon en disant le plan B,&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : on peut pas,&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : &#8230; &#231;a n'existe pas&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : on ne peut pas nier le pass&#233;...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Deuxi&#232;mement...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : &#8230;comme &#231;a enfin voyons...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : mais je ne nie rien du tout !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; : Henri Emmanuelli.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Mais monsieur Guetta, je sais que vous n'avez jamais admis les 54,6 mais c'est une r&#233;alit&#233; !!&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Mais qu'est-ce que &#231;a veut dire, jamais admis ? Bien &#233;videmment que je les ai admis !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; : Alors politiquement.. Alors politiquement on fait quoi derri&#232;re ? [brouhaha]&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Non, jamais ! Jamais : je vous &#233;coute depuis deux ans, vous expliquez que tout &#231;a, n'est-ce pas, a &#233;t&#233; catastrophique. Moi je r&#233;p&#232;te&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Ah oui, &#231;a oui !!!&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : ...je r&#233;p&#232;te que le non l'a emport&#233; dans ce pays, qu'il l'a emport&#233; aux Pays-Bas, qu'il l'aurait emport&#233; en Grande-Bretagne et en Pologne mais l&#224; on a &#233;vit&#233; de faire voter les populations. Je r&#233;p&#232;te que c'est parce que nous avons vot&#233; non qu'aujourd'hui on essaie de faire avancer les choses... Sinon... &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Parce que vous trouvez &#231;a mieux ? &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : sinon n'est-ce pas on se... Je vais voir, je vais voir ce que sont les travaux de la conf&#233;rence...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Mais o&#249; sont les mieux ?&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : ... intergouvernementale, je vais voir.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : O&#249; sont les mieux ?&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Je &#8230;.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Vous avez critiqu&#233; les anciens trait&#233;s, &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : ...et, et...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Ils sont toujours l&#224;, &#231;a n'a pas boug&#233; !!&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Je vous trouve tr&#232;s &#233;nerv&#233;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; : Henri Emmanuelli.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Je suis pas du tout &#233;nerv&#233; !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Oh, c'est un questionnement vif.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : O&#249; sont, o&#249; sont... Oui, je vois que la tension n'a pas baiss&#233; et que le sujet reste vif !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; : Il reste passionnant, hein !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Il reste passionnant, oui, monsieur Guetta, parce que je suis pour une Europe politique !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; (le coupant) &lt;/i&gt; : Mais moi aussi !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Je ne suis pas pour une zone de libre &#233;change&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Mais moi aussi !! Et c'est pour &#231;a que j'ai vot&#233; oui !!!&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Je suis pour des &#233;changes &#233;quilibr&#233;s. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Oui, moi aussi ! C'est pour &#231;a que j'ai vot&#233; oui !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Et bien vous avez eu tort parce que dans le trait&#233; il &#233;tait &#233;crit qu'il fallait faire sauter les derni&#232;res barri&#232;res douani&#232;res et contingent&#233;es !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Ah bon ? et les anciens trait&#233;s qui disaient &#231;a, o&#249; sont ils ???&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Non, Bernard Guetta...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Ils sont toujours en vigueur.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Non, non.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : t ils vont le rester !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant)&lt;/i&gt; : Allez, Henri Emmanuelli.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Vous ne les avez pas fait sauter&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Monsieur Guetta, vous n'&#234;tes pas... objectif.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Si, bien s&#251;r que si !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : Dans le trait&#233; que l'on nous demandait de voter, il &#233;tait &#233;crit qu'il fallait faire sauter celles qui restaient encore ! Je vous enverrai le trait&#233; puisque manifestement vous l'avez oubli&#233; et &#231;a a &#233;t&#233; une des raisons pour lesquelles j'ai dit &#171; ce n'est pas possible &#187; ! Nous devons avoir des &#233;changes &#233;quilibr&#233;s. Je constate aujourd'hui que le pr&#233;sident de la r&#233;publique parle lui de r&#233;ciprocit&#233;...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : Uh, uh&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : comme quoi je n'avais pas tout &#224; fait tort !!&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : La charte des droits, hein, et la charte des droits alors ?&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : La charte des droits...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(le coupant) &lt;/i&gt; : &#8230;qui dispara&#238;t l&#224;, hein ? Etc. c'est un progr&#232;s social ?&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;H. Emmanuelli&lt;/strong&gt; : La charte des droits, mais je me suis exprim&#233; &#224; l'&#233;poque dessus, je n'&#233;tais pas pour une charte des droits qui pouvait faire peser des menaces s&#233;rieuses sur certaines de nos libert&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;B. Guetta&lt;/strong&gt; : ah bah !!&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N. Demorand&lt;/strong&gt; : Allez Carole de Rh&#244;ne-Alpes nous appelle...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce sont ses propres mots. Voir l'article consacr&#233; aux &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1999.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; lamentations des &#171; p&#233;dagogues &#187; incompris &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Dessine-moi des m&#233;dias : retour sur un r&#233;f&#233;rendum </title>
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		<dc:date>2006-08-19T13:33:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mat Colloghan</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;... et sur la grande parade du &#171; oui &#187;. En dessins.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Dessine-moi-les-medias-" rel="directory"&gt;Dessine-moi les m&#233;dias&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un peu plus d'un an apr&#232;s la campagne r&#233;f&#233;rendaire, quelques journalistes (si peu) reconnaissent &#231;&#224; et l&#224;, le caract&#232;re unilat&#233;ral du traitement m&#233;diatique du trait&#233; constitutionnel en faveur du oui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lecteur qui n'en est pas convaincu peut se repporter &#224; l'ouvrage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Retour sur le cirque de 2005 et la grande parade du &#171; oui &#187; (pendant que se met d&#233;ja en place le ring pour le &#171; match &#187; du second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2006). En dessins, s'il vous pla&#238;t !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_1782 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/bd_mat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L425xH3313/bd_mat-bd097.jpg?1776746483' width='425' height='3313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le lecteur qui n'en est pas convaincu peut se repporter &#224; l'ouvrage d'Acrimed : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Un-livre-d-Acrimed-Medias-en-campagne-Retours-sur-le-referendum-de-2005' class=&#034;spip_in&#034;&gt;M&#233;dias en campagne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le m&#233;diateur du Midi Libre d&#233;couvre la lune et le pluralisme critique</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-mediateur-du-Midi-Libre-decouvre-la-lune-et-le-pluralisme-critique</link>
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		<dc:date>2006-07-12T07:44:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>M&#233;diateur</dc:subject>
		<dc:subject>Midi libre</dc:subject>
		<dc:subject>L'Accroche</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Campagne r&#233;f&#233;rendaire de 2005 : apr&#232;s un an de r&#233;flexion, le m&#233;diateur du &lt;i&gt;Midi libre&lt;/i&gt; donne raison &#224; &lt;i&gt;l'Accroche&lt;/i&gt; et &#224; Acrimed... et s'indigne.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Quelques-mois-plus-tard-" rel="directory"&gt;Quelques mois plus tard... [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Mediateur-+" rel="tag"&gt;M&#233;diateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Midi-libre-+" rel="tag"&gt;Midi libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-L-Accroche-+" rel="tag"&gt;L'Accroche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 28 juillet 2005, Acrimed publiait un article de l'un d'entre nous - Mathias Reymond - paru le 20 mai 2005 dans le n&#176;1 de &lt;i&gt;L'Accroche&lt;/i&gt;, &#171; le journal ind&#233;pendant de Montpellier &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lien p&#233;rim&#233;,f&#233;vrier 2015&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2105.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Avant le 29 mai : Comment &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; cajolait les partisans du &#8216;oui' &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un an de r&#233;flexion, le m&#233;diateur du &lt;i&gt;Midi libre&lt;/i&gt; nous donne raison ... et s'indigne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Paradoxal anniversaire &#187; : Le m&#233;diateur du &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; d&#233;couvre la lune&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 mai 2006, para&#238;t dans &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; une chronique d'Olivier Clerc, m&#233;diateur, intitul&#233;e &#171; Paradoxal anniversaire &#187; (voir reproduction int&#233;grale &#224; la fin de cet article). On peut y lire notamment ces lignes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; (...) Les chiffres sont l&#224; : un comptage pour les mois d'avril et mai 2005 (jusqu'au 29) sur les pages dtes &#171; toutes &#233;ditions &#187; de notre quotidien ne laise aucun doute. Neuf titres et huit photos &#233;voquant &#224; la &#171; une &#187; les partisans du oui, par exemple contre deux titres et trois photos traitant de ceux du non. Cinquante-sept textes importants ou moyens et soixante-trois photos sur le oui en pages d'informations g&#233;n&#233;rales contre vingt textes et dix-neuf photos &#233;voquant le non. (...) sur dix-sept chroniques abordant le sujet du referendum, neuf neutres, sept pour le oui, z&#233;ro pour le non. (...) &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Dont acte. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Paradoxal courrier &#187; : Le m&#233;diateur du &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &#233;crit &#224; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;l'Accroche&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce mot s'adresse plus particuli&#232;rement &#224; Mathias Reymond, auquel je dois un texte vachard dans L&lt;i&gt;'Accroche&lt;/i&gt; et sur le site d'Acrimed (Action critique m&#233;dias, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.acrimed.org&lt;/a&gt;, ndlr), voici un an, &#224; propos de la couverture par mon journal de la campagne du r&#233;f&#233;rendum sur le TCE (Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, ndlr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mot pour m'&#233;tonner que votre fort vertueuse publication n'ait pas jug&#233; utile de parler du travail que j'ai effectu&#233; sur ce m&#234;me sujet, et de la &#034;chronique-anniversaire&#034; que j'y ai consacr&#233; fin mai 2006. Sans doute s'agit-il d'un oubli : je ne peux imaginer &lt;i&gt;L'Accroche&lt;/i&gt; s'abandonnant &#224; la malhonn&#234;tet&#233; intellectuelle qui consisterait - Dieu ou le diable vous en pr&#233;serve - de ne publier que des textes qui conforteraient une vision simpliste et manich&#233;enne de votre environnement m&#233;diatique. Genre &#034;les grands journaux sont pervers et trompent leurs lecteurs, les petits comme &lt;i&gt;L'Accroche&lt;/i&gt; ont &#233;t&#233; nourris &#224; la mamelle de la V&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, je pousse un peu. Lisez ma chronique &#034;Paradoxal anniversaire&#034; du 27 mai, si ce n'est d&#233;j&#224; fait. Et ayez l'honn&#234;tet&#233; de donner une suite &#224; ce que vous avez mis en ligne sur le site ACRIMED voici un an. Site dont je suis un habitu&#233;, d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Clerc, m&#233;diateur de la r&#233;daction de &lt;i&gt;Midi Libre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Paradoxal courrier &#187; qui s'adresse &#224; &lt;i&gt;L'Accroche&lt;/i&gt;, et non &#224; Acrimed, &lt;i&gt; &lt;/i&gt;pour lui demander ... d'avoir &#171; &lt;i&gt;l'honn&#234;tet&#233; de donner une suite &#224; ce que vous avez mis en ligne sur le site ACRIMED voici un an.&lt;/i&gt; &#187; Ce que, tr&#232;s gentiment, Acrimed fait aujourd'hui...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mieux vaut tard &#187; : &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Acrimed &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; r&#233;pond au m&#233;diateur...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#171; Cher m&#233;diateur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous regrettons comme vous que &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, &#171; vertueuse publication &#187; s'il en fut, n'aie pas mentionn&#233; l'article de Mathias Reymond il y a un an... Et nous avouons notre coupable n&#233;gligence : ne pas avoir lu, un an apr&#232;s, la chronique qui - un peu tardivement, il est vrai - nous donne raison. Nous aurions d&#251; le faire. Le titre, sans grande originalit&#233;, &#233;tait tout trouv&#233; : &#171; Mieux vaut tard que jamais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce titre, vous pouvez nous l'emprunter pour publier, &#224; l'occasion d'une prochaine chronique, ces quelques mots que vous pouvez arranger &#224; votre convenance :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Acrimed (Action-Critique-M&#233;dias), association de critique des m&#233;dias dont &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; n'a jamais parl&#233; &#224; ses lecteurs, se f&#233;licite, avec quelques semaines de retard, que le m&#233;diateur dudit journal aie reconnu, apr&#232;s quelques mois de retard, que les critiques adress&#233;es &#224; ce vertueux quotidien il y a un an, &#224; propos de sa &#171; couverture &#187; de la campagne r&#233;f&#233;rendaire sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, &#233;taient fond&#233;es. C'est pourquoi, nous ne saurions trop recommander aux lecteurs de &lt;i&gt;Midi Libre &lt;/i&gt;de se reporter &#224; l'article paru le 20 mai 2005 dans le n&#176;1 de &lt;i&gt;L'Accroche&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.laccroche.info&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; le journal ind&#233;pendant de Montpellier &#187;&lt;/a&gt; dont nous n'avons jamais mentionn&#233; l'existence. Cet article peut &#234;tre consult&#233; en ligne sur le site d'Acrimed &#224; l'adresse suivante : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2105.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.acrimed.org/article2105.html&lt;/a&gt;. Nous recommandons &#233;galement la lecture des &lt;i&gt;M&#233;dias en campagne&lt;/i&gt;, paru aux &#233;ditions Syllepse : un livre (r&#233;dig&#233; par Henri Maler et Antoine Schwartz pour Acrimed) qui n'a fait l'objet d'aucune recension critique dans nos colonnes. Signalons enfin que &lt;i&gt;L'Accroche&lt;/i&gt;, dans son n&#176;11 (paru le 10 juillet 2006) publie la correspondance du m&#233;diateur et lui r&#233;pond. C'est notre inconstant du pluralisme qui nous incite &#224; livrer ces informations aux lecteurs de &lt;i&gt;Midi libre&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au cas o&#249; la place vous manquerait pour publier la r&#233;ponse de &lt;i&gt;l'Accroche&lt;/i&gt; &#224; la lettre du m&#233;diateur du &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, nous reproduisons ici cette r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mieux vaut tard &#187; : &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;L'Accroche&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; r&#233;pond au m&#233;diateur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Nous nous f&#233;licitons que &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; se souvienne que notre &#171; fort vertueuse publication &#187; existe apr&#232;s avoir pass&#233; sous silence son existence pendant un an. Et ce, malgr&#233; une volont&#233; affirm&#233;e du quotidien r&#233;gional de tendre vers une certaine exhaustivit&#233;. Cet oubli n'a, bien s&#251;r, rien &#224; voir avec les articles que &lt;i&gt;l'Accroche&lt;/i&gt; a consacr&#233; &#224; &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; et &#224; son ersatz gratuit, &lt;i&gt;Montpellier plus&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes articles signifient-ils pour autant que &lt;i&gt;l'Accroche&lt;/i&gt; ait &#233;t&#233; nourrie &#171; &lt;i&gt;&#224; la mamelle de la V&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e &lt;/i&gt; &#187; contrairement &#224; &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; ? Certainement pas, m&#234;me si notre diff&#233;rence principale r&#233;side dans l'absence de publicit&#233; et en particulier de celle en provenance des collectivit&#233;s locales. Pour autant, &#171; les journaux alternatifs sont-ils une alternatives aux m&#233;dias dominant &#187; (expression emprunt&#233;e &#224; plusieurs observateurs des m&#233;dias, proches d'Acrimed) ? A l'&#233;vidence, non. Et c'est bien pour cela que &lt;i&gt;l'Accroche&lt;/i&gt;, comme d'autres, consid&#232;re qu'il est essentiel de critiquer des m&#233;dias dominants dont le r&#244;le est essentiel - parfois d&#233;vastateur - dans l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;. Et certainement pas pour se placer au-dessus d'eux. D'ailleurs, m&#234;me si nous le voulions, nos modestes moyens ne nous le permettraient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant fallait-il &#233;voquer la chronique d'Olivier Clerc du 27 mai 2006&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Consultable ci-dessous et sur .&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que nous avons, bien entendu, lue avec attention ? Sans doute. Mais pour mieux la critiquer. D'abord parce qu'il faut une certaine dose de culot pour reconna&#238;tre, un an et quelques dizaines de chroniques apr&#232;s : &#171; &lt;i&gt;le net penchant de l'essentiel du syst&#232;me m&#233;diatique pour le &#171; oui &#187;. &lt;/i&gt;Midi Libre&lt;i&gt; compris.&lt;/i&gt; &#187; Il n'est jamais trop tard pour bien faire, direz-vous. Soit. Nous ne d&#233;sesp&#233;rons d'ailleurs pas que pour les 10 ans du r&#233;f&#233;rendum, &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; fasse r&#233;f&#233;rence dans ses colonnes &#224; l'article de Mathias Reymond. En attendant contentons-nous de la justification de ce rat&#233; par Roger Antech. Le directeur de la r&#233;daction de &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; frise le foutage de gueule de son lectorat quand il confie : &#171; &lt;i&gt;Nous avions autant de peine &#224; d&#233;nicher un interlocuteur &#171; noniste &#187; que de facilit&#233; &#224; trouver un &#171; ouiste &#187;. Pas simple de &#171; faire son march&#233; &#187; entre Le Pen et Besancenot. &lt;/i&gt; &#187; Les comit&#233;s du non, le PC, la gauche du PS, ATTAC, la LCR, MTE, Solidaires, la CGT, la FSU, l'UNEF - pour ne citer que quelques institutionnels - appr&#233;cieront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour notre part, nous sugg&#233;rions plut&#244;t &#224; Roger Antech ces quelques questions de fond : pourquoi autant de journalistes &#233;taient-ils favorables au TCE ? Quels probl&#232;mes cela pose-t-il en termes de traitement de l'information et en particulier de la position des opposants au n&#233;o-lib&#233;ralisme ? Depuis le 29 mai 2005, qu'a fait votre quotidien pour r&#233;&#233;quilibrer les choses ? Quels nouveaux chroniqueurs sont arriv&#233;s dans ses colonnes ? Combien payez-vous les &#233;ditoriaux que Claude Imbert publie dans &lt;i&gt;le Point&lt;/i&gt; et recyle dans &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, deux questions au m&#233;diateur : pourquoi dans vos chroniques avez-vous fait l'impasse sur la fausse information, relay&#233;e par votre journal, des chiens &#233;ventr&#233;s du Teknival (l'Accroche n&#176;10 et &lt;a href=&#034;http://www.laccroche.info&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.laccroche.info&lt;/a&gt;) et sur la d&#233;cision de Georges Fr&#234;chede couper publicit&#233;s et annonces l&#233;gales &#224; &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; ? Peut-on &#234;tre le m&#233;diateur ind&#233;pendant d'un journal dont on est salari&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;l'Accroche&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. Le message d'Olivier Clerc est transmis aux animateurs d'Acrimed. Nous croyons d'ailleurs avoir per&#231;u que la parution de nos articles sur le site d'Acrimed affecte plus les journalistes de Midi Libre et de Montpellier plus que leur publication dans l'Accroche. Nous continuerons donc.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_1765 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/Midi_Libre_-_Chronique_mediateur_TCE.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L346xH1169/Midi_Libre_-_Chronique_mediateur_TCE-92990.jpg?1776679890' width='346' height='1169' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lien p&#233;rim&#233;,f&#233;vrier 2015&lt;/p&gt;
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