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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Venezuela : &#171; Il y a une richesse et une complexit&#233; politique dont la presse ne rend pas du tout compte &#187;</title>
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		<dc:date>2026-02-03T11:04:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Younes</dc:creator>


		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien avec Pablo Aiquel.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Loin-de-l-Amerique-Latine-" rel="directory"&gt;Loin de l'Am&#233;rique Latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pablo Aiquel est secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT) et vice-pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne des journalistes (EFJ). Il est aussi franco-v&#233;n&#233;zu&#233;lien et ancien correspondant &#224; Caracas de nombreux m&#233;dias francophones au moment de la r&#233;volution chaviste, en 1998. Pourtant, il n'a pas &#233;t&#233; sollicit&#233; par les grands m&#233;dias au moment de l'agression imp&#233;rialiste des &#201;tats-Unis au Venezuela, le 3 janvier 2026, qui lui ont pr&#233;f&#233;r&#233; les toutologues de la g&#233;opolitique. Pablo Aiquel r&#233;pond &#224; quelques questions sur le traitement journalistique de cet &#233;v&#233;nement, et sur les angles morts habituels inh&#233;rents &#224; la fonction de correspondant &#224; Caracas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Acrimed : Pouvez-vous nous parler de votre exp&#233;rience en tant que correspondant au Venezuela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pablo Aiquel :&lt;/strong&gt; Je suis V&#233;n&#233;zu&#233;lien, et j'ai fait mes &#233;tudes en France. J'ai &#233;t&#233; dipl&#244;m&#233; de l'&#233;cole de journalisme de Lille en 1997. Et j'avais vocation &#224; rentrer au Venezuela pour y travailler. C'est ce que j'ai fait. Je suis arriv&#233; au Venezuela fin 1997, en gros, un an avant la premi&#232;re &#233;lection de Ch&#225;vez. Mais j'&#233;tais un correspondant particulier, parce que contrairement &#224; d'autres correspondants fran&#231;ais ou francophones &#224; l'&#233;tranger, la correspondance &#233;tait pour moi un compl&#233;ment de salaire et pas mon travail &#224; temps plein. J'&#233;tais journaliste dans des m&#233;dias importants au Venezuela, j'ai pass&#233; un an &#224; &lt;i&gt;El Universal&lt;/i&gt; &#8211; qui est l'&#233;quivalent en gros du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; ici. Et j'ai pass&#233; deux ans au &lt;i&gt;Nacional&lt;/i&gt; &#8211; qui est en gros l'&#233;quivalent du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; ici. J'ai eu aussi une &#233;mission de radio en fran&#231;ais, parrain&#233;e par l'ambassade de France. Ils m'ont embauch&#233; pour animer une &#233;mission de radio pendant des ann&#233;es pour la communaut&#233; francophone du Venezuela. Donc j'avais aussi plusieurs points d'observation de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, et je gardais toujours un lien avec la France ou avec la langue fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que correspondant, principalement, j'ai travaill&#233; pour Radio France Internationale en espagnol, mais aussi de temps en temps en fran&#231;ais. Parfois pour la Radio Suisse Romande ou pour Radio-Canada. Et en presse &#233;crite, j'ai surtout travaill&#233; pour &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Mais aussi ponctuellement pour &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, pour 24h.ch en Suisse, et je ne me souviens m&#234;me plus combien d'autres journaux. J'ai aussi beaucoup travaill&#233; comme &#171; fixeur &#187; francophone, quand des journalistes t&#233;l&#233;s venaient au Venezuela. France 2, France 5&#8230; Je suis rentr&#233; en France en 2003, pour plein de raisons, et en 2006, j'y suis retourn&#233; avec France 2 pour &#171; Un &#339;il sur la plan&#232;te &#187;, au moment des &#233;lections, avec Arnauld Miguet et &#201;douard Perrin, parce que mes r&#233;seaux, notamment dans les milieux chavistes, &#233;taient encore tr&#232;s bons. Nous avons d'ailleurs interview&#233; les parents de Ch&#225;vez pour faire un portrait de Ch&#225;vez sans Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Sur quels sujets &#233;tiez-vous sollicit&#233; par la presse fran&#231;aise, pour parler du Venezuela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirais que mon boulot comme correspondant a commenc&#233; par le sommet ib&#233;ro-am&#233;ricain de Margarita. C'&#233;tait en 1997, donc avant que Ch&#225;vez ne soit &#233;lu, avec Aznar, Fidel Castro et plein d'autres pr&#233;sidents de l'&#233;poque. Globalement, avant que Ch&#225;vez ne soit &#233;lu, le Venezuela int&#233;ressait relativement peu en France. Et donc je n'avais pas &#233;norm&#233;ment de boulot comme correspondant. Ensuite, une fois que Ch&#225;vez a &#233;t&#233; &#233;lu, forc&#233;ment, &#231;a a mis le Venezuela sous le feu des projecteurs. Mon travail en tant que correspondant &#233;tait tr&#232;s rythm&#233; par l'actualit&#233; et les mont&#233;es de tensions, que ce soit entre &#201;tats ou quand il y avait des manifestations anti-chavistes. Je me souviens, par exemple, des tensions et des rencontres entre Ch&#225;vez et &#193;lvaro Uribe V&#233;lez, qui &#233;tait le pr&#233;sident de droite colombien &#224; l'&#233;poque. J'ai couvert ce type de rencontres bilat&#233;rales. On &#233;tait une flop&#233;e de correspondants &#233;trangers &#224; suivre ce type de rencontres avec Ch&#225;vez et &#193;lvaro Uribe. Ils s'invitaient, ils se faisaient des &#233;treintes &#8211; un peu &#224; la Macron-Trump &#8211; et &#224; d'autres moments, ils s'engueulaient &#224; distance, ils s'insultaient presque. Donc ce type de rapport avec la droite colombienne &#233;tait relativement suivi. C'est &#231;a qui int&#233;ressait les journaux et non pas les enqu&#234;tes de terrain qui faisaient comprendre pourquoi les quartiers populaires avaient un attachement profond au chavisme naissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a eu le moment o&#249; les manifestations de Ch&#225;vez face &#224; l'opposition ont vraiment pris de l'ampleur, en 2001-2002. Et notamment le coup d'&#201;tat manqu&#233;, ou plut&#244;t r&#233;ussi mais &#233;ph&#233;m&#232;re, d'avril 2002, qui a &#233;t&#233; un peu le climax de mon travail au Venezuela. Je faisais beaucoup de radio &#224; l'&#233;poque, et ces journ&#233;es du 11, 12 et 13 avril, j'ai eu l'impression d'avoir travaill&#233; presque 24 heures sur 24 et d'avoir t&#233;moign&#233; pour de tr&#232;s nombreux m&#233;dias de la francophonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous d&#233;velopper sur le manque d'int&#233;r&#234;t des r&#233;dactions pour les reportages de terrain que vous proposiez, au profit des rencontres diplomatiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que je disais que j'&#233;tais un peu un correspondant particulier. Dans la derni&#232;re partie de mon travail au Venezuela, j'ai travaill&#233; pour &lt;i&gt;El Nacional&lt;/i&gt;, entre 2001 et 2003, d'abord au service enqu&#234;te puis au service politique. Et le &lt;i&gt;Nacional&lt;/i&gt; avait &#233;t&#233; un journal qui, jusqu'&#224; d&#233;but 2000 disons, jusqu'&#224; la premi&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle sur la base de la nouvelle constitution, avait &#233;t&#233; plut&#244;t favorable au mouvement bolivarien. Le directeur du journal, &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Alfredo_Pe%C3%B1a&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alfredo Pe&#241;a&lt;/a&gt;, a &#233;t&#233; un &#233;lu du Mouvement pour la Cinqui&#232;me R&#233;publique de Ch&#225;vez (Movimiento Quinta Rep&#250;blica). Mais assez rapidement, apr&#232;s la premi&#232;re &#233;lection de 2000 et avec les premi&#232;res d&#233;cisions de Ch&#225;vez, comme la r&#233;forme agraire, des choses peut-&#234;tre un peu basiques mais qui n'allaient pas n&#233;cessairement en faveur des int&#233;r&#234;ts du capital, ils avaient retourn&#233; assez vite le journal contre Ch&#225;vez. On se retrouvait dans une situation dans laquelle il y avait une guerre entre les m&#233;dias priv&#233;s qui essayaient de d&#233;zinguer le gouvernement, et les m&#233;dias publics qui essayaient de le d&#233;fendre. Cette polarisation est arriv&#233;e assez vite et d'une mani&#232;re assez impressionnante pour certains alli&#233;s de 1999-2000 qui assez vite, en 2001-2002, &#233;taient devenus des opposants. Le travail qu'on m'a fait faire, quand on m'a embauch&#233; au &lt;i&gt;Nacional&lt;/i&gt;, c'&#233;tait justement d'aller couvrir les secteurs populaires du chavisme naissant et d'essayer de comprendre pourquoi, dans les quartiers populaires, on pouvait &#224; un moment donn&#233; en avoir ras-le-bol du maire chaviste, du d&#233;put&#233; chaviste. Et &#233;ventuellement, quand est-ce que l'&#233;tat de gr&#226;ce avec Ch&#225;vez allait se terminer ? C'est la commande qui m'&#233;tait faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces reportages de terrain m'ont permis de cerner assez vite que l'identification des quartiers populaires avec Ch&#225;vez &#233;tait visc&#233;rale et que m&#234;me s'ils &#233;taient plut&#244;t d&#233;&#231;us de tel maire ou de tel d&#233;put&#233;, le lien avec Ch&#225;vez &#233;tait extr&#234;mement fort et qu'il n'allait pas s'&#233;teindre si rapidement. Je proposais donc des reportages pour expliquer cela, mais ce n'&#233;tait pas ce qui int&#233;ressait les r&#233;dactions &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que cette polarisation qui est arriv&#233;e tr&#232;s vite a eu des effets sur votre travail de correspondant, sur le type de sujets que l'on vous commandait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Avec, comme je le disais plus t&#244;t, une focalisation sur les moments de &#171; mont&#233;e de tension &#187;. Parfois je proposais des sujets plus froids, sur des situations qui me paraissaient int&#233;ressantes. On me disait &#171; non, on ne va pas prendre, personne n'en parle &#187;. En revanche, si quelques jours plus tard, il y avait des mont&#233;es de tensions en manifestation, et que l'AFP faisait une d&#233;p&#234;che, &#224; ce moment-l&#224;, on m'appelait pour que je fasse le papier. J'avais envie de dire &#171; mais je te l'ai dit il y a 5 jours, on aurait pu devancer l'AFP &#187;. Donc un fort int&#233;r&#234;t pour cette mise en sc&#232;ne entre, d'un c&#244;t&#233;, les manifestations chavistes, de l'autre c&#244;t&#233;, les manifestations anti-chavistes. Mais relativement peu sur du reportage, du terrain, qui permettent de faire un pas de c&#244;t&#233;, d'essayer de comprendre vraiment le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Pour pr&#233;parer cette interview, vous nous avez parl&#233; de &#171; l'isolement sociologique &#187; des correspondants au Venezuela &#8211; qui n'aide pas pour comprendre la soci&#233;t&#233;. Pouvez-vous d&#233;velopper ce point ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est l'autre t&#233;moignage que je peux apporter comme ancien correspondant. Je ne voyais aucun inconv&#233;nient &#224; ce que, quand il y avait des temps forts, les m&#233;dias pour lesquels je travaille envoient quelqu'un, un envoy&#233; sp&#233;cial. Mon exp&#233;rience comme fixeur t&#233;l&#233; m'avait fait voir que c'&#233;tait aussi int&#233;ressant qu'un journaliste canadien, un journaliste suisse, un journaliste fran&#231;ais vienne voir de lui-m&#234;me et fasse lui-m&#234;me le travail, m&#234;me si je peux l'aider en lui donnant quelques contacts, des sources. J'avais notamment &#8211; &#231;a peut surprendre &#8211; des sources francophones dans les quartiers populaires chavistes. Mais j'ai &#233;t&#233; souvent surpris que certains journalistes veuillent &#224; tout prix rester dans les quartiers hupp&#233;s de Caracas, dans l'h&#244;tel qui est tenu par un Fran&#231;ais, &#224; rendre compte de la vision de cette famille, disons des Fran&#231;ais de Caracas et de leur entourage. Ils n'allaient pas dans les quartiers populaires, ils n'allaient pas interroger des intellectuels favorables au mouvement bolivarien, etc., ce qui revenait de fait &#224; privil&#233;gier un narratif &#171; anti-chaviste &#187;. Et &#224; la limite, quand ils tendaient le micro &#224; des partisans du chavisme c'&#233;tait sous la forme du micro-trottoir &#8211; ce qui ne permet que d'&#233;voquer des positions simples. Il y a une richesse et une complexit&#233; politique dans ce pays dont la presse ne rend pas du tout compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;De m&#234;me, en lisant la presse fran&#231;aise et m&#234;me internationale, on a l'impression qu'il n'existe qu'une seule opposition au Venezuela et que c'est celle de Mar&#237;a Corina Machado. Il n'existe pas de gauche anti-Maduro, de droite mod&#233;r&#233;e, de centristes, etc. ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que c'est important. Il existe cette autre opposition et ce sont des gens &#224; qui il faudrait donner la parole. Je pense par exemple &#224; Claudio Ferm&#237;n d'Action d&#233;mocratique qui, en d&#233;cembre, disait qu'on ne pouvait pas, tout en &#233;tant dans l'opposition, accepter les menaces d'un pays &#233;tranger sur son propre pays. Ou &#224; Henrique Capriles, qui a quand m&#234;me pris ses distances avec l'extr&#234;me droite. Mar&#237;a Corina Machado au contraire est l'une des principales personnalit&#233;s v&#233;n&#233;zu&#233;liennes qui demandait une invasion am&#233;ricaine, depuis des ann&#233;es. Et c'est une faute assez importante, je pense, du journalisme fran&#231;ais et europ&#233;en que de ne pas avoir produit de grandes enqu&#234;tes sur ce que faisait Mar&#237;a Corina Machado dans les ann&#233;es 2000. Pour rappel, en avril 2002, des militaires ont r&#233;alis&#233; un coup d'&#201;tat, ont enlev&#233; Ch&#225;vez et ont d&#233;sign&#233; le patron de l'&#233;quivalent du MEDEF, Pedro Carmona, comme nouveau pr&#233;sident. La premi&#232;re d&#233;cision de Carmona a &#233;t&#233; de dissoudre tous les pouvoirs constitu&#233;s. D'autres militaires ont utilis&#233; cela comme preuve que le fil constitutionnel &#233;tait rompu et ont fait sortir ces gens-l&#224; du palais de Miraflores, ramenant Ch&#225;vez au pouvoir le lendemain. Donc ce coup d'&#201;tat a dur&#233; 48 heures. Mar&#237;a Corina Machado est l'une des signataires du d&#233;cret qui a dissous tous les pouvoirs constitu&#233;s le 12 avril 2002. Donc pour les V&#233;n&#233;zu&#233;liens, elle fait partie des putschistes depuis plus de 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Pour revenir &#224; la fa&#231;on dont est trait&#233;e l'agression militaire du 3 janvier et ses suites dans les m&#233;dias fran&#231;ais, nous avons remarqu&#233; une focalisation sur les t&#233;moignages de V&#233;n&#233;zueliens expatri&#233;s &#8211; qui sont bien s&#251;r &#224; entendre mais qui constituent notre seul &#171; acc&#232;s &#187; &#224; la parole du peuple v&#233;n&#233;zuelien dans la presse fran&#231;aise. Est-ce que vous, avec votre casquette de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du SNJ-CGT, de vice-pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des journalistes, d'ancien correspondant &#224; Caracas, et de V&#233;n&#233;zu&#233;lien, vous avez &#233;t&#233; sollicit&#233; par les m&#233;dias fran&#231;ais ces derni&#232;res semaines ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, je n'ai pas &#233;t&#233; beaucoup sollicit&#233;. Mais je viens de donner une interview &#224; un m&#233;dia tch&#232;que. Les m&#233;dias fran&#231;ais pr&#233;f&#232;rent sans doute des gens qui travaillent encore actuellement sur le sujet. Les citoyens v&#233;n&#233;zu&#233;liens qui sont sollicit&#233;s sont ceux qui, comme vous le disiez, sont en exil et qui ont un t&#233;moignage de v&#233;cu &#224; apporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rejoint le th&#232;me de la polarisation que j'&#233;voquais tout &#224; l'heure, et qui n'a fait que s'approfondir au cours des ann&#233;es. Cela am&#232;ne &#224; avoir chacun ses m&#233;dias, chacun ses canaux. En France, nous entendons tr&#232;s souvent la parole des exil&#233;s et tr&#232;s rarement celle du &#171; peuple chaviste &#187;, mais l'inverse est &#233;galement vrai. Aujourd'hui, le Venezuela a aussi les m&#233;dias de ses alli&#233;s. Sur les cha&#238;nes hertziennes au Venezuela, on a des canaux iraniens en espagnol, des cha&#238;nes chinoises, russes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai envie de reprendre les mots de la politologue espagnole, Arantxa Tirado S&#225;nchez, qui est une chercheuse ouvri&#233;riste qui a v&#233;cu &#224; Caracas, et qui a dit : &#171; Le journalisme est mort au Venezuela &#187;. Je suis assez d'accord avec elle. Les m&#233;dias ont beaucoup jou&#233; le r&#244;le d'&#234;tre vecteur d'une certaine propagande, et pas du tout celui qu'on attend vraiment d'eux : informer de fa&#231;on impartiale et &#233;quilibr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;J&#233;r&#233;mie Younes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Affaires sensibles &#187; sur Hugo Ch&#225;vez et la &#171; fermeture &#187; de RCTV</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Affaires-sensibles-sur-Hugo-Chavez-et-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Affaires-sensibles-sur-Hugo-Chavez-et-la</guid>
		<dc:date>2017-05-24T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nils Solari</dc:creator>


		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Erreur d'appr&#233;ciation ou mensonge persistant ?&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L123xH150/arton5533-1f393.jpg?1776697075' class='spip_logo spip_logo_right' width='123' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La crise &#233;conomique, sociale et politique que traverse le Venezuela depuis plusieurs ann&#233;es fait l'objet, en France, d'un traitement m&#233;diatique fortement marqu&#233; par des partis-pris souvent unilat&#233;raux qui alt&#232;rent gravement l'information. Nous y reviendrons. Mais, de m&#234;me que nous nous sommes toujours gard&#233;s d'opposer &#224; la propagande anti-Ch&#225;vez une contre propagande, que l'on ne compte pas sur nous pour nous ranger dans un camp contre l'autre en lui accordant un soutien inconditionnel, comme le font de nombreux m&#233;dias hostiles au gouvernement actuel. Ce sont l'exactitude et la qualit&#233; de l'information qui nous importent avant tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet de cet article est tr&#232;s limit&#233; : il vise simplement &#224; relever une d&#233;sinformation persistante et significative sur un &#233;pisode de la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce 18 mai, l'&#233;mission de France Inter &#171; &lt;a href=&#034;https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-18-mai-2017&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Affaires sensibles&lt;/a&gt; &#187;, anim&#233;e par Fabrice Drouelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auquel nous avions consacr&#233; un article, au moment o&#249; son &#233;mission se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;tait consacr&#233;e &#224; &#171; &lt;i&gt;Hugo Ch&#225;vez et la r&#233;volution bolivarienne&lt;/i&gt; &#187;. S'il ne s'agit pas, ici, de revenir sur le contenu de celle-ci dans son ensemble, il convient tout de m&#234;me de souligner la perp&#233;tuation d'un mensonge qui, d&#233;cid&#233;ment, a la vie longue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout auditeur de France Inter a probablement eu l'occasion d'entendre au moins une fois la promotion de l'&#233;mission &#171; Affaires sensibles &#187;, dans laquelle son animateur annonce fi&#232;rement : &#171; &lt;i&gt;Quand l'histoire &#233;claire l'actualit&#233;&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce jour, Fabrice Drouelle se proposait donc de nous &#233;clairer, &#224; la lumi&#232;re de l'histoire, sur &#171; &lt;i&gt;Hugo Ch&#225;vez et ses 14 ann&#233;es d'exp&#233;rience socialiste&lt;/i&gt;. &#187;. L'ambition n'est pas des moindres, puisque, comme le rappelait la page de pr&#233;sentation du programme, il s'agissait de &#171; [&#8230;] &lt;i&gt;tenter de comprendre ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233; durant ces 14 ann&#233;es de &#171; Chavisme &#187; et d'exp&#233;rience socialiste. L'objectif est que chacun puisse se faire sa propre id&#233;e et se forger sa propre conviction !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, pr&#233;tendre revenir sur 14 ann&#233;es de r&#233;gime, voire m&#234;me sur ce qui les a pr&#233;c&#233;d&#233;es sur le plan historique, en moins d'une heure est une gageure, que m&#234;me un journaliste mieux renseign&#233; et plus consciencieux que Fabrice Drouelle, aurait du mal &#224; soutenir. On notera, par exemple, que l'&#233;v&#233;nement tragique du &#171; &lt;i&gt;Caracazo&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Caracazo ou sacud&#242;n est l'ensemble de manifestations et d'&#233;meutes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui explique pourtant en partie comment un outsider comme Chavez a pu arriver au pouvoir quelque neuf ans apr&#232;s, a malheureusement &#233;t&#233; n&#233;glig&#233;&#8230; Mais passons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui nous int&#233;resse particuli&#232;rement, c'est lorsqu'il est fait mention de la politique en mati&#232;re de m&#233;dias men&#233;e par l'ancien chef d'&#201;tat v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Dans cette perspective, nous ne pouvions faire autrement que de relever ce passage (&#224; 31'44 du podcast) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; En l'espace de quelques mois, sous l'impulsion du pr&#233;sident Ch&#225;vez, le Venezuela prend un virage socialiste radical. Malgr&#233; la contestation populaire, le gouvernement d&#233;cide d'imposer plusieurs mesures fortes, &#224; la symbolique politique non moins forte : d'une part, &lt;strong&gt;un contr&#244;le des m&#233;dias, on notera la fermeture d'une cha&#238;ne de radio-t&#233;l&#233; dont la ligne &#233;ditoriale faisait, selon les chavistes, le jeu de l'opposition&lt;/strong&gt; [&#8230;] &#187; &lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Du &#171; &lt;i&gt;contr&#244;le des m&#233;dias&lt;/i&gt; &#187;, l'auditeur avis&#233; de France Inter ne saura pas grand-chose, si ce n'est la mention de la &#171; &lt;i&gt;fermeture d'une cha&#238;ne de radio-t&#233;l&#233;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;Cette cha&#238;ne dont il est question et que Fabrice Drouelle ne prend pas le soin de nommer, c'est RCTV (Radio Caracas T&#233;l&#233;vision). Or, comme nous l&#8216;avions expliqu&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Fin-de-la-concession-attribuee-a-RCTV-Concert-de-desinformation-a-la-francaise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt;, RCTV n'a pas &#233;t&#233; &#171; ferm&#233;e &#187; par Ch&#225;vez. Sa concession n'a tout simplement pas &#233;t&#233; renouvel&#233;e ! Et le motif n'&#233;tait pas simplement que &#171; &lt;i&gt;la ligne &#233;ditoriale faisait, selon les chavistes, le jeu de l'opposition&lt;/i&gt; &#187;, mais, comme le rappelait &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; &#8211; que l'on peut difficilement suspecter de &#171; chavisme &#187; &#8211;, du 26 mai 2007, que &#171; &lt;i&gt;pendant des ann&#233;es, la cha&#238;ne a ouvertement conspir&#233; contre le pr&#233;sident en place en relayant les appels &#224; renverser le r&#233;gime. Lors du coup d'&#201;tat du 11 avril 2002, le canal [RCTV ndlr] annon&#231;ait qu'Hugo Ch&#225;vez avait d&#233;missionn&#233; et accept&#233; que le dirigeant du patronat local, Pedro Carmona, assure l'int&#233;rim &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat. En r&#233;alit&#233;, le pr&#233;sident &#233;tait maintenu au secret dans une &#238;le au large du Venezuela par des militaires putschistes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire, sur la page Internet de l'&#233;mission de France Inter, cette observation d'une grande sagesse : &#171; &lt;i&gt;Une chose est s&#251;re : la personnalit&#233; et les id&#233;es d'Hugo Ch&#225;vez suscitent toujours un vif d&#233;bat parmi les intellectuels que ce soit en France ou &#224; l'&#233;tranger. Et bien souvent, ce d&#233;bat engendre avec lui &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dans la presse ou sur les plateaux t&#233;l&#233;vis&#233;s des raccourcis historiques ou des amalgames maladroits &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; France Inter : &#171; raccourci historique &#187; ou &#171; amalgame maladroit &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nils Solari&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Auquel nous avions consacr&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Les-bonnes-affaires-de-Fabrice-Drouelle-de-France-Inter&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un article&lt;/a&gt;, au moment o&#249; son &#233;mission se substituait &#224; celle de Daniel Mermet sur les ondes de la radio publique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Le Caracazo ou sacud&#242;n est l'ensemble de manifestations et d'&#233;meutes survenues le 27 f&#233;vrier 1989 &#224; Caracas, la capitale du Venezuela, et dans les villes alentour. Ces &#233;meutes, les pires de l'histoire du Venezuela, caus&#232;rent la mort, selon les estimations, de 300 &#224; 3 000 personnes, en majorit&#233; du fait des forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;, comme on peut le lire sur &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Caracazo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Venezuela 2002 : retour sur un &#171; coup d'&#201;tat m&#233;diatique planifi&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Venezuela-2002-retour-sur-un-coup-d-Etat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Venezuela-2002-retour-sur-un-coup-d-Etat</guid>
		<dc:date>2016-09-05T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>George Ciccariello-Maher</dc:creator>


		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Extraits de La R&#233;volution au Venezuela, de George Ciccariello-Maher (&#233;ditions La Fabrique).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L103xH150/arton5339-512ac.png?1776733164' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=961&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paru r&#233;cemment aux &#233;ditions La Fabrique&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La R&#233;volution au Venezuela&lt;/i&gt; propose &#8211; comme l'indique le sous-titre &#8211; une &#171; histoire populaire &#187; du processus de transformation sociale impuls&#233; par Hugo Ch&#225;vez en 1998, mais surtout des mouvements de contestation sociale et politique qui ont pr&#233;par&#233; ce processus, des ann&#233;es 1950 aux ann&#233;es 1990, et se sont maintenus depuis. George Ciccariello-Maher y d&#233;crit de mani&#232;re pr&#233;cise le r&#244;le crucial qu'ont jou&#233; ces mouvements et sans lesquels la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; demeurerait incompr&#233;hensible, dans sa long&#233;vit&#233; comme dans sa radicalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit donc pas d'un livre sur les m&#233;dias, du Venezuela et d'ailleurs. Toutefois, l'auteur consacre une partie de son analyse au r&#244;le sp&#233;cifique jou&#233; par les m&#233;dias dominants durant ce qu'il nomme un &lt;i&gt;&#171; coup d'&#201;tat m&#233;diatique planifi&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Les classes dominantes v&#233;n&#233;zueliennes avaient en effet cherch&#233;, en 2002, &#224; mettre un coup d'arr&#234;t au changement social et politique alors en cours par le renversement de Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;pisode rappelle tr&#232;s utilement que les &#171; grands &#187; m&#233;dias ne sont pas tout-puissants, comme l'avait d&#233;j&#224; montr&#233; - &#224; une &#233;chelle moindre - la victoire du &#171; non &#187; en France lors du r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; de constitution europ&#233;enne en 2005 ; mais il signale &#233;galement que seule une vaste mobilisation populaire peut permettre de contester r&#233;ellement le pouvoir qu'ils exercent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'aimable autorisation des &#233;ditions La Fabrique, nous reproduisons donc ici l'analyse que George Ciccariello-Maher propose de cette &lt;i&gt;&#171; guerre de l'information &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB : La publication de ces extraits, pr&#233;vue depuis plusieurs semaines, n'est &#233;videmment pas &#224; lire comme une prise de position par rapport aux &#233;v&#233;nements en cours au Venezuela et au r&#244;le qu'y jouent les m&#233;dias (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un coup d'&#201;tat m&#233;diatique planifi&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 11 avril 2002, l'opposition v&#233;n&#233;zu&#233;lienne activa des snipers qui firent feu sur la foule majoritairement pro-Ch&#225;vez qui s'&#233;tait rassembl&#233;e pr&#232;s du palais Miraflores pour d&#233;fendre le pr&#233;sident contre la menace d'une manifestation agressive de l'opposition. Cette manifestation, il est vrai massive, avait b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien ind&#233;fectible et unanime des m&#233;dias priv&#233;s anti-chavistes ; pendant des jours, les m&#233;dias avaient appel&#233; la population non seulement &#224; y participer, mais &#224; faire le n&#233;cessaire pour se d&#233;barrasser une fois pour toute du &#171; tyran &#187;. Ce jour-l&#224;, les forces d'opposition se r&#233;unirent au Parque del Este pour une manifestation en direction du si&#232;ge de la compagnie p&#233;troli&#232;re d'&#201;tat PDVSA. C'est l&#224; que les leaders de l'opposition prirent la parole, poussant la foule &#224; des actions plus violentes contre le gouvernement, et c'est l&#224; que Carlos Ortega, chef de la conf&#233;d&#233;ration syndicale discr&#233;dit&#233;e et corrompue CTV (lire chapitre 7), appela &#224; une manifestation non pr&#233;vue et non autoris&#233;e vers le palais pr&#233;sidentiel, &#224; une dizaine de kilom&#232;tres &#224; l'ouest, o&#249; des milliers de chavistes &#233;taient d&#233;j&#224; r&#233;unis. &#192; mesure que la manifestation de l'opposition se rapprochait du palais, la confrontation apparaissait de plus en plus in&#233;vitable et les slogans &#171; Ch&#225;vez, Fuera ! &#187; (Ch&#225;vez dehors !) se heurt&#232;rent bient&#244;t aux &#171; No Pasar&#225;n ! &#187; (Ils ne passeront pas !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce point qu'une soci&#233;t&#233; entre en &#233;bullition, et c'est &#224; ce moment pr&#233;cis que les balles commenc&#232;rent &#224; pleuvoir sur la foule en contrebas. Alors que des innocents des deux camps &#233;taient tomb&#233;s sous le feu des snipers, une vid&#233;o de la fusillade qui montrait des chavistes ripostant contre les snipers depuis Puente Llaguno fut int&#233;gr&#233;e &#224; une strat&#233;gie m&#233;diatique pr&#233;fabriqu&#233;e, avec images pass&#233;es en boucle et commentaires en voix off, afin de convaincre la population v&#233;n&#233;zu&#233;lienne que les partisans du gouvernement &#233;taient responsables des morts et qu'ils avaient agi directement sur les ordres de Ch&#225;vez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La strat&#233;gie de l'opposition et les man&#339;uvres des forces militaires et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si les m&#233;dias manipulaient d&#233;lib&#233;r&#233;ment leur propre population, la presse internationale fut &#233;galement un terrain fertile pour la d&#233;sinformation, les m&#233;dias aux &#201;tats-Unis et ailleurs r&#233;p&#233;tant sans la moindre nuance la version de l'opposition, aujourd'hui discr&#233;dit&#233;e. Ainsi, Ray Suarez, de PBS, rapporta les &#233;v&#233;nements de la sorte : &lt;i&gt;&#171; Hier, Ch&#225;vez ordonna aux soldats de la garde nationale et &#224; des civils arm&#233;s de tirer sur les 200 000 manifestants pour les emp&#234;cher d'approcher de son palais&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; The NewsHour with Jim Lehrer &#187;, 12 avril 2002. M&#234;me le Guardian a commis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'opposition ait planifi&#233; le massacre d'innocents, c'est ce qui ressort clairement de la d&#233;claration publique de membres du haut commandement militaire, citant un nombre pr&#233;cis de victimes (cinq morts) et appelant Ch&#225;vez &#224; d&#233;missionner, d&#233;claration film&#233;e bien avant qu'il n'y ait en effet des morts&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bartley et &#211; Briain, The Revolution Will Not Be Televised. Ce message a &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Que le r&#244;le des m&#233;dias ait &#233;t&#233; primordial, c'est ce que r&#233;v&#232;le le fait que cette d&#233;claration ait &#233;t&#233; enregistr&#233; chez le journaliste de l'opposition et pr&#233;sentateur de l'&#233;mission &#171; 24 Horas &#187; Napole&#243;n Bravo. C'est d'ailleurs dans cette &#233;mission que beaucoup de V&#233;n&#233;zu&#233;liens apprirent pour la premi&#232;re fois ce qui s'&#233;tait pass&#233; pendant la nuit. Bravo commen&#231;a son &#233;mission du 12 avril par la d&#233;claration suivante, incroyablement mielleuse vu les circonstances : &lt;i&gt;&#171; Bonjour, il est 6 h 14. Gr&#226;ce &#224; la soci&#233;t&#233; civile et aux forces arm&#233;es, nous nous r&#233;veillons diff&#233;rents. Bonjour, nous avons un nouveau pr&#233;sident &#187;&lt;/i&gt;. Bravo poursuivit en lisant une fausse lettre de d&#233;mission de Ch&#225;vez et en discutant du coup d'&#201;tat apparemment victorieux avec certains de ses leaders qui, t&#233;moignant d'une honn&#234;tet&#233; peu commune, exprim&#232;rent leur gratitude envers &lt;i&gt;&#171; tous les m&#233;dias priv&#233;s &#187;&lt;/i&gt; qui avaient rendu ce coup d'&#201;tat possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias sont une force avec laquelle il faut compter et c'est une chose que l'on sait depuis longtemps au Venezuela, o&#249; m&#234;me les pr&#233;sidents en place ont subi la col&#232;re du &#171; veto m&#233;diatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lorsque Luis Herrera Campins interdit la publicit&#233; pour les cigarettes et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais &#224; mesure que le vieux syst&#232;me des partis s'effondrait, ce pouvoir critique de &#171; veto &#187; devint un pouvoir plus nettement incitatif, les m&#233;dias priv&#233;s s'engouffrant dans la br&#232;che pour remplir le vide laiss&#233; par les partis discr&#233;dit&#233;s et constituer ce que Luis Britto Garc&#237;a a appel&#233; un &lt;i&gt;&#171; quatri&#232;me pouvoir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luis Britto Garc&#237;a, Dictadura Medi&#225;tica en Venezuela, Caracas, MPPCI, 2008.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt; Le coup d'&#201;tat de 2002 &#233;tait le couronnement de cette force m&#233;diatique grandissante, que l'un des leaders du coup d'&#201;tat d&#233;signa ouvertement comme leur &lt;i&gt;&#171; arme la plus puissante &#187;&lt;/i&gt;. Mais ce qui est tout aussi clair r&#233;trospectivement, c'est le fait que ces &lt;i&gt;golpistas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Putschistes (note d'Acrimed).&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avaient surestim&#233; le contr&#244;le h&#233;g&#233;monique que ces m&#233;dias exer&#231;aient sur l'ensemble de la population. T&#233;moignant d'un manque d'int&#233;r&#234;t aussi commun qu'arrogant pour les couches les plus pauvres de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, fond&#233; sur le pr&#233;suppos&#233; que les masses populaires sont essentiellement inertes, stupides et incapables d'action autonome, les personnes &#224; la t&#234;te du gouvernement ill&#233;gitime ont consid&#233;r&#233; qu'il suffisait de disposer du contr&#244;le de l'arm&#233;e et des m&#233;dias. Si l'histoire nous apprend quoi que ce soit, c'est que quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, cette strat&#233;gie est victorieuse, et elle l'aurait certainement &#233;t&#233; ailleurs et &#224; un autre moment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cela s'applique &#233;galement au coup d'&#201;tat de 2009 contre le pr&#233;sident du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais malgr&#233; la complicit&#233; de presque tous les m&#233;dias et malgr&#233; le black-out m&#233;diatique qui suivit l'&#233;viction de Ch&#225;vez, le coup d'&#201;tat fut de courte dur&#233;e. La question fondamentale &#224; poser est : pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est dans l'expression populaire r&#233;cente, &lt;i&gt;&#171; tout 11 a son 13 &#187;&lt;/i&gt;. La r&#233;bellion populaire contre le coup d'&#201;tat fut imm&#233;diate ; des millions de V&#233;n&#233;zu&#233;liens pauvres afflu&#232;rent apparemment spontan&#233;ment des &lt;i&gt;cerros&lt;/i&gt;, les collines qui entourent Caracas. Pour Samuel Moncada, ancien ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur et professeur d'histoire &#224; l'Universit&#233; centrale, cette r&#233;action populaire massive pulv&#233;risa en un instant des si&#232;cles d'id&#233;ologie &#233;litiste : &lt;i&gt;&#171; Ces intellectuels qui disaient qu'il s'agissait d'un gouvernement de brutes [&#8230;] et que nous sommes la lumi&#232;re du pays, eh bien, ce sont les plus &#8220;obscurs&#8221;, les gens des barrios, qui ont reconnu qu'ils s'&#233;taient r&#233;veill&#233;s sans leurs droits ce samedi [12 avril]. [&#8230;] le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien a compris qu'on &#233;tait en train de les transformer en esclaves &#187;&lt;/i&gt;. En effet, malgr&#233; les d&#233;formations des faits par les m&#233;dias, les participants aux premi&#232;res mobilisations du 12 avril t&#233;moign&#232;rent d'une compr&#233;hension remarquable de la situation : on pouvait voir des pancartes accusant la &#171; droite fasciste &#187; d'avoir provoqu&#233; la mort des manifestants chavistes le 11 avril et exigeant que les droits humains des ministres de Ch&#225;vez soient respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une r&#233;cente comm&#233;moration des morts de Puente Llaguno, j'ai parl&#233; &#224; quelqu'un qui avait particip&#233; au soul&#232;vement populaire ce jour-l&#224;. Le plus frappant, se souvenait-il, &#233;tait la masse de gens qui descendaient des &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; pauvres, bloquant toutes les avenues et toutes les rues et convergeant vers le centre historique de Caracas pour entourer le palais Miraflores. Le choc de ce t&#233;moin, dans un pays o&#249; il n'est pas rare de voir plus d'un million de personnes dans les rues, en dit long sur la magnitude de la r&#233;bellion. Pendant que nous discutons, je re&#231;ois plusieurs vigoureuses tapes dans le dos : on m'invite &#224; &lt;i&gt;&#171; rencontrer un h&#233;ros &#187;&lt;/i&gt;. En me retournant, je me trouve face &#224; Jorge Recio, assis dans un fauteuil roulant. Recio prenait des photos sur le pont le jour du coup d'&#201;tat lorsqu'il fut touch&#233; par une balle de sniper, qui vint se loger dans son dos, le rendant infirme jusqu'&#224; la fin de ses jours. Avec d'autres photographes, il repr&#233;sentait des m&#233;dias d'un autre type, risquant sa vie en prenant des photos et en dissimulant ses films &#224; la police pour r&#233;v&#233;ler la v&#233;rit&#233; sur le 11 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la mobilisation devant le palais pr&#233;sidentiel le 12 avril, une foule importante se rassembla &#233;galement pr&#232;s de Fuerte Tiuna, une base militaire au sud de la ville o&#249; avaient lieu des n&#233;gociations agit&#233;es entre les participants au coup d'&#201;tat, civils comme militaires, et devant la base militaire de Maracay, si&#232;ge de l'ancien r&#233;giment de parachutiste de Ch&#225;vez. L&#237;dice Navas, ancienne gu&#233;rill&#233;ra et militante f&#233;ministe radicale, se souvient avoir re&#231;u un appel de Nora Casta&#241;eda &#224; 7 heures le matin du 12 avril lui demandant de rejoindre la manifestation de Fuerte Tiuna. Quand elle arriva sur place vers 9 h 30, il n'y avait qu'une trentaine de personnes, mais la foule grossit consid&#233;rablement au cours de la journ&#233;e. Agust&#237;n Prieto, un ing&#233;nieur &#233;lectrique qui contribua &#224; l'organisation des mobilisations devant Fuerte Tiuna, se souvient du choc que le coup d'&#201;tat a provoqu&#233;, mais aussi de la lutte d&#233;termin&#233;e qu'il a d&#233;clench&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Ce processus, pour beaucoup de V&#233;n&#233;zu&#233;liens, nous a co&#251;t&#233; trop de sacrifices et tant d'ann&#233;es de luttes. C'est pour cela que je dis qu'on n'effacera jamais de nos m&#233;moires ce qui s'est pass&#233; le 11 avril et ce qui s'est pass&#233; le 12. [&#8230;] Nous avons commenc&#233; &#224; inciter &#224; la mobilisation de tous les habitants de Caracas devant Fuerte Tiuna, et c'est l&#224; que tout a commenc&#233; le 12 &#224; partir de midi&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cr&#243;nica de un golpe, parte 2, &#171; El Rostro del Fascismo &#187; (documentaire).&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression fut rapide et brutale. &#192; Fuerte Tiuna, la Police m&#233;tropolitaine attendit la tomb&#233;e de la nuit pour attaquer la foule rassembl&#233;e avec du gaz lacrymog&#232;ne, des v&#233;hicules blind&#233;s arm&#233;s de canons &#224; eau et des tirs &#224; balles r&#233;elles. Des vid&#233;os montrent la foule se dispersant &#224; 22 h 45, et une victime d&#233;clarant dans un h&#244;pital voisin : &lt;i&gt;&#171; nous sommes en dictature &#187;&lt;/i&gt;. Comme le dit Moncada : &lt;i&gt;&#171; en un seul jour, on a viol&#233; plus de droits humains que, non dans les trois derni&#232;res ann&#233;es, mais les trente derni&#232;res ann&#233;es &#187;&lt;/i&gt;. Perquisitions et d&#233;tentions ill&#233;gales, chasse aux sorci&#232;res et humiliations publiques contre les leaders chavistes, assaut contre l'ambassade cubaine et des dizaines de morts dans les rues : telle &#233;tait la fureur fanatique du fascisme v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Le visage souriant de ce fascisme n'&#233;tait autre que celui de Pedro Carmona Estanga, le chef de la Chambre nationale de commerce (&lt;i&gt;Fedec&#225;maras&lt;/i&gt;) et leader par int&#233;rim du nouveau gouvernement. Devant une foule d&#233;lirante, Carmona annon&#231;a avec jubilation qu'il dissolvait tous les pouvoirs du gouvernement pr&#233;c&#233;dent et frappa de nullit&#233; la Constitution de 1999, qui incarnait les aspirations de plusieurs d&#233;cennies de mouvements r&#233;volutionnaires et avait &#233;t&#233; approuv&#233;e par pr&#232;s de 72 pour cent de l'&#233;lectorat &#8211; et sur ce point, les partisans du coup d'&#201;tat le trouv&#232;rent eux-m&#234;mes excessif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la haine de cette minorit&#233; enrag&#233;e ne compensait pas son petit nombre, et leur furie n'&#233;tait rien &#224; c&#244;t&#233; de celle d'un peuple auquel on avait vol&#233; ses repr&#233;sentants l&#233;gitimes. Le 13 avril, malgr&#233; la poursuite du black-out dans les m&#233;dias priv&#233;s, le conflit atteignit son paroxysme, aid&#233; en cela par l'outrance effarante de Carmona. Les millions de personnes dans la rue encourag&#232;rent les militaires loyaux &#224; passer &#224; l'action, recr&#233;ant ainsi l'&#171; alliance civile-militaire &#187; si importante depuis le d&#233;but de la r&#233;volution bolivarienne. Mais l'affirmation de l'opposition selon laquelle le retour de Ch&#225;vez fut largement le fait des militaires ne correspond pas &#224; la mani&#232;re dont les gens se rappellent l'&#233;v&#233;nement, qu'ils soient civils ou militaires. Les militaires ont agi, mais ils l'ont fait au signal du peuple, et malgr&#233; le black-out m&#233;diatique total, la fermeture de la cha&#238;ne publique Canal 8, et la r&#233;pression polici&#232;re massive, ce signal &#233;tait fort et clair pour les deux camps. Pour les &#233;l&#233;ments loyaux de l'arm&#233;e, la pr&#233;sence des masses dans la rue fut aussi d&#233;cisive qu'elle l'avait &#233;t&#233; en 1989 : elle cimenta leur conviction que non seulement il &#233;tait n&#233;cessaire de se battre, mais que le combat pouvait &#234;tre victorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Entrer dans la guerre de l'information
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;&#226;tre strat&#233;gique des op&#233;rations du coup d'&#201;tat, la sph&#232;re de l'information fut aussi un important terrain de r&#233;sistance. En d&#233;pit du black-out m&#233;diatique total, la spontan&#233;it&#233; des masses v&#233;n&#233;zu&#233;liennes s'&#233;tendit &#224; sa compr&#233;hension du r&#244;le des m&#233;dias dans le coup d'&#201;tat, et on pouvait lire sur une banderole d&#233;ploy&#233;e le 12 avril &#171; Non &#224; la dictature m&#233;diatique &#187;, tandis qu'un tract distribu&#233; le m&#234;me jour affirmait &lt;i&gt;&#171; Nous ne tol&#233;rerons pas cette dictature du pouvoir &#233;conomique et m&#233;diatique &#187;.&lt;/i&gt; Ces efforts informels pour r&#233;sister et contrecarrer la communication (ou plus exactement la non-communication) de l'information furent fondamentaux : si les &lt;i&gt;motorizados&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Livreurs &#224; moto (note d'Acrimed).&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; furent un &#233;l&#233;ment crucial de coordination des explosions diss&#233;min&#233;es qui constituaient le &lt;i&gt;Caracazo&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Manifestations et &#233;meutes qui se d&#233;roul&#232;rent durant plusieurs jours &#224; partir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, permettant leur g&#233;n&#233;ralisation et leur unification, en 2002, la coordination physique des corps en mouvement fut soutenue et facilit&#233;e par la communication massive par SMS, alertant la population sur des &#233;v&#233;nements qui n'&#233;taient pas signal&#233;s par les m&#233;dias. L&#224; encore, cette spontan&#233;it&#233; t&#233;moignait de l'existence de courants organis&#233;s, en m&#234;me temps qu'elle les renfor&#231;ait : dans la p&#233;riode de tension qui pr&#233;c&#233;da le coup d'&#201;tat, les forces populaires dans les &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; et les tout jeunes conseils populaires se r&#233;unirent pour former ce qu'on appela l'Assembl&#233;e populaire r&#233;volutionnaire (APR), que Gonzalo G&#243;mez, qui y participa, me d&#233;crivit comme &lt;i&gt;&#171; une articulation du pouvoir populaire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Gonzalo G&#243;mez, 19 mai 2008.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#243;mez, avec une longue carri&#232;re de militant syndical derri&#232;re lui, avait toujours contribu&#233; &#224; la radicalisation de l'information, d'abord en tant que r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;La Chispa&lt;/i&gt;, un journal radical fond&#233; peu apr&#232;s le renversement d'Allende, puis &#224; travers une s&#233;rie d'&#233;missions de radio et de sites Internet. Dans le contexte du coup d'&#201;tat et du black-out m&#233;diatique qui suivit, l'APR, officiellement cr&#233;&#233;e le 10 avril, d&#233;cida de faire de la radicalisation et de la d&#233;mocratisation de l'information ses priorit&#233;s. &#192; mesure que le coup d'&#201;tat approchait, ceux qui &#233;taient r&#233;unis dans l'Assembl&#233;e avaient le sentiment que &lt;i&gt;&#171; les choses n'&#233;taient pas sous contr&#244;le &#187;&lt;/i&gt; et que c'&#233;tait en partie d&#251; au fait que &lt;i&gt;&#171; le discours de l'&#201;tat ne parvenait pas &#224; mobiliser les gens &#187;&lt;/i&gt;. Le matin du 11 avril, plusieurs heures avant le coup d'&#201;tat, l'APR distribuait 100 000 tracts dans les &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; autour de Caracas, appelant la population &#224; manifester devant le palais Miraflores et &#224; d&#233;fendre son gouvernement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La Asamblea Popular Revolucionaria : Origen de Aporrea.org &#187;.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un auteur partisan de l'opposition reconna&#238;t m&#234;me &#224; l'APR des capacit&#233;s fondamentales de renseignement, affirmant que des membres de l'Assembl&#233;e avaient re&#231;u des informations au sujet du plan pour d&#233;tourner la manifestation de l'opposition vers le palais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francisco Toro, &#171; Venezuela's 2002 Coup Revisited : The Evidence Two Years On &#187;.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins d'un mois plus tard, &#171; l'organisation de contingence &#187; n&#233;e dans l'urgence du coup d'&#201;tat prit la forme de ce qui est devenu depuis un &#233;l&#233;ment permanent de la vie radicale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne : Aporrea.org. Avec son nom militant qui fait du m&#233;dia populaire un gourdin m&#233;taphorique pour &#171; taper &#187; sur l'opposition, Aporrea est d&#233;sormais l'un des sites les plus populaires du Venezuela, gr&#226;ce &#224; un m&#233;lange d'informations, d'interviews, de tribunes et de contributions r&#233;guli&#232;res de penseurs v&#233;n&#233;zu&#233;liens importants de l'aile la plus radicale du mouvement chaviste. Il s'est fix&#233; pour but de pr&#233;server l'esprit d'insurrection qui a caract&#233;ris&#233; le 13 avril 2002 comme un trait permanent de la r&#233;volution bolivarienne, poussant &#224; sa radicalisation continue par le m&#233;canisme de la mobilisation populaire. Aporrea ayant pour origine tant l'APR que la lutte contre le black-out m&#233;diatique, il n'est gu&#232;re &#233;tonnant que ses initiateurs se soient ensuite consacr&#233;s au d&#233;veloppement des assembl&#233;es populaires et des conseils communaux naissants (lire la conclusion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le r&#244;le des m&#233;dias priv&#233;s dans cette fugace dictature ne se limita pas &#224; la mettre au pouvoir, et des magnats de la presse comme Gustavo Cisneros de Venevisi&#243;n, Marcel Granier de RCTV et Guillermo Zuloaga de Globovisi&#243;n n'ont pas abandonn&#233; leur poste une fois le pr&#233;sident destitu&#233;. Apr&#232;s avoir tromp&#233; le public sur les morts du 11 avril, apr&#232;s avoir encourag&#233; et soutenu le coup d'&#201;tat, et r&#233;p&#233;t&#233; que ce n'en &#233;tait pas un (d'apr&#232;s ses instigateurs, la d&#233;mission falsifi&#233;e de Ch&#225;vez avait cr&#233;&#233; une &#171; vacance de pouvoir &#187; qu'ils avaient occup&#233;e), les m&#233;dias priv&#233;s commenc&#232;rent imm&#233;diatement &#224; faire tout leur possible pour dissimuler la r&#233;bellion populaire massive dans les rues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'argument de la &#171; vacance de pouvoir &#187; fut renforc&#233; plus tard par une Haute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour cela, leur tactique &#233;tait le silence : Jesse Chac&#243;n, qui fut par la suite ministre de l'Int&#233;rieur, observa : &lt;i&gt;&#171; Il y a des manifestations dans le centre de Caracas, &#224; Guarenas, &#224; Petare, et on ne voit que des feuilletons et des films. Demandez-vous : pourquoi ces manifestations ne sont pas couvertes ? Pourquoi on ne nous a pas inform&#233;s sur les 20 morts hier soir &#224; Fuerte Tiuna ? O&#249; sont nos m&#233;dias ? &#187;&lt;/i&gt; Les patrons des m&#233;dias priv&#233;s, comme on a pu le constater par la suite, &#233;taient parfaitement conscients de la volont&#233; populaire de remettre Ch&#225;vez au pouvoir, mais les journalistes avaient re&#231;u l'ordre de montrer &#171; z&#233;ro chavisme &#187; &#224; l'&#233;cran, selon Andr&#233;s Izarra, alors journaliste pour l'&#233;mission de RCTV &#171; El Observador &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fils de William Izarra, l'un des camarades de conspiration de Ch&#225;vez en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si ce voile m&#233;diatique fut contourn&#233; par la prolif&#233;ration des m&#233;dias populaires et des mobilisations de rue, il fut aussi d&#233;chir&#233;, en un moment bref mais intense, lorsque le procureur g&#233;n&#233;ral Isa&#237;as Rodr&#237;guez reprit &#224; son compte l'une des strat&#233;gies m&#233;diatiques employ&#233;es par Ch&#225;vez lui-m&#234;me en 1992 : apr&#232;s avoir promis &#224; la presse d'opposition qu'il allait annoncer sa d&#233;mission en faveur du gouvernement ill&#233;gitime, Rodr&#237;guez annon&#231;a en direct &#224; la nation que le Venezuela avait subi un coup d'&#201;tat. Mais le peuple le savait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;George Ciccariello-Maher&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;La R&#233;volution au Venezuela : une histoire populaire&lt;/i&gt; (traduit de l'anglais par &#201;tienne Dobenesque), &#233;ditions La Fabrique, Paris, 2016, 384 pages, 20 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La strat&#233;gie de l'opposition et les man&#339;uvres des forces militaires et de police impliqu&#233;es furent d&#233;voil&#233;es dans le film de Kim Bartley et Donnacha &#211; Briain, &lt;i&gt;The Revolution Will Not Be Televised&lt;/i&gt;, Irlande, Power Pictures, 2003. La v&#233;racit&#233; du film a fait l'objet d'un d&#233;bat, mais dans la mesure o&#249; parmi les critiques du film figurait Phil Gunson, dont j'ai pu constater plus r&#233;cemment le manque d'int&#233;grit&#233; journalistique &#224; l'occasion des luttes &#233;tudiantes au Venezuela (lire chapitre 4), il nous est permis d'&#234;tre sceptique quant &#224; ces critiques. Lire le d&#233;bat dans &lt;i&gt;Columbia Journalism Review&lt;/i&gt; (mai-juin 2004) entre Phil Gunson, &#171; Director's Cut &#187; (p. 59-61) et Kim Bartley et Donnacha &#211; Briain, &#171; Who's Right ? The Filmmakers Respond &#187; (p. 60-61).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; The NewsHour with Jim Lehrer &#187;, 12 avril 2002. M&#234;me le &lt;i&gt;Guardian&lt;/i&gt; a commis cette erreur en affirmant que &lt;i&gt;&#171; des snipers pro-Ch&#225;vez avaient tu&#233; au moins 13 personnes &#187;&lt;/i&gt; (Alex Bellos, &#171; Ousted Chavez Detained by Army &#187;,&lt;a href=&#034;http://www.guardian.co.uk/world/2002/apr/13/venezuela.alexbellos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt; The Guardian&lt;/i&gt;, 13 avril 2002&lt;/a&gt;). La plupart des preuves accusent d&#233;sormais la fameuse Police m&#233;tropolitaine, qui aurait fourni les snipers, mais dans un premier temps, cet &#233;l&#233;ment n'aida pas &#224; &#233;claircir le d&#233;roulement des faits : comme si l'existence de diff&#233;rents maires &#224; Caracas ne suffisait pas &#224; compliquer les choses, le maire m&#233;tropolitain Alfredo Pe&#241;a, qui &#233;tait aux commandes de la Police m&#233;tropolitaine ce jour-l&#224;, avait &#233;t&#233; &#233;lu avec le soutien de Ch&#225;vez, avant de se retourner violemment contre lui dans les mois qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; le coup d'&#201;tat. Beaucoup contestent encore cela, y compris Brian Nelson dans &lt;i&gt;The Silence and the Scorpion&lt;/i&gt;, New York, Nation Books, 2009. Cependant, m&#234;me pour Nelson, la question des snipers demeure une &#171; &#233;nigme &#187;. Gregory Wilpert critique &#224; juste titre le livre de Nelson et attire l'attention sur les vid&#233;os n&#233;glig&#233;es de la Police m&#233;tropolitaine pr&#233;sentes dans le documentaire Claves de una masacre (Wilpert, &#171; The Venezuelan Coup Revisited : Silencing the Evidence &#187;, &lt;i&gt;NACLA Report&lt;/i&gt;, 42, n&#176; 4, &lt;a href=&#034;https://nacla.org/node/5944&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;juillet-ao&#251;t 2009&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bartley et &#211; Briain, &lt;i&gt;The Revolution Will Not Be Televised&lt;/i&gt;. Ce message a &#233;t&#233; film&#233; par un correspondant de CNN, Otto Neustaldt, qui d&#233;non&#231;a publiquement les personnes impliqu&#233;es et fit para&#238;tre la vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lorsque Luis Herrera Campins interdit la publicit&#233; pour les cigarettes et l'alcool &#224; la t&#233;l&#233;vision, il fut attaqu&#233; et diffam&#233; violemment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Luis Britto Garc&#237;a, &lt;i&gt;Dictadura Medi&#225;tica en Venezuela&lt;/i&gt;, Caracas, MPPCI, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Putschistes (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela s'applique &#233;galement au coup d'&#201;tat de 2009 contre le pr&#233;sident du Honduras Manuel Zelaya, qui n'avait pas le m&#234;me rapport organique avec des mouvements sociaux puissants que le r&#233;gime de Ch&#225;vez. Lire George Ciccariello-Maher, &#171; The Counter-Revolution Will Not Be Tweeted : The Honduran Coup and the Limits of Hope and Change &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.counterpunch.org/2009/07/03/the-counter-revolution-will-not-be-tweeted&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Counterpunch&lt;/i&gt;, 3 juillet 2009&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cr&#243;nica de un golpe&lt;/i&gt;, parte 2, &#171; El Rostro del Fascismo &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=TxQzKNPwEoQ.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;documentaire&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Livreurs &#224; moto (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Manifestations et &#233;meutes qui se d&#233;roul&#232;rent durant plusieurs jours &#224; partir du 27 f&#233;vrier 1989 &#224; Caracas, et dont la violente r&#233;pression (plusieurs centaines de victimes) fut condamn&#233;e en 2002 par la Cour interam&#233;ricaine des droits de l'homme (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Gonzalo G&#243;mez, 19 mai 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://aporrea.org/nosotros.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Asamblea Popular Revolucionaria : Origen de Aporrea.org&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Francisco Toro, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.proveo.org/11A.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Venezuela's 2002 Coup Revisited : The Evidence Two Years On&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'argument de la &#171; vacance de pouvoir &#187; fut renforc&#233; plus tard par une Haute Cour dans un jugement qui invalida les tentatives pour tenir les militaires impliqu&#233;s pour responsables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fils de William Izarra, l'un des camarades de conspiration de Ch&#225;vez en 1992, Andr&#233;s Izarra s'empressa de pr&#233;senter sa d&#233;mission et depuis lors, il a travaill&#233; avec le gouvernement Ch&#225;vez, notamment &#224; la t&#234;te de la cha&#238;ne d'information internationale TeleSUR et en tant que ministre de la Communication.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conflits m&#233;diatiques au Venezuela (3) : des suppressions liberticides du droit d'&#233;mettre ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Conflits-mediatiques-au-Venezuela-3-des-suppressions-liberticides-du-droit-d</link>
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		<dc:date>2009-08-30T22:23:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; Censure ou d&#233;mocratisation ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-au-Venezuela-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Venezuela&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois d'ao&#251;t, trois &#171; &#233;v&#233;nements &#187; survenus au Venezuela ont retenu l'attention de quelques m&#233;dias en France et &#224; l'&#233;tranger, ainsi que de diverses ONG : la suppression de la licence de 34 radios et t&#233;l&#233;visions priv&#233;es, l'annonce d'un &#171; Projet de loi sur les d&#233;lits m&#233;diatiques &#187; et une attaque de la t&#233;l&#233;vision Globovision. La quasi-simultan&#233;it&#233; des faits et des informations correspondantes se pr&#234;tait &#224; leur association. Et cela n'a pas manqu&#233; : chaque d&#233;p&#234;che de l'AFP sur l'un de ces faits a &#233;t&#233; l'occasion de parler des deux autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux premiers articles de cette (br&#232;ve) s&#233;rie &#233;taient consacr&#233;s &#224; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3196.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'attaque de Globovision&lt;/a&gt;&#8230; condamn&#233;e par le gouvernement et au &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3197&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Projet de loi sp&#233;cifique sur les d&#233;lits m&#233;diatiques &#187;&lt;/a&gt;, pr&#233;sent&#233; par Mme le Procureur de la R&#233;publique et&#8230; abandonn&#233;, du moins en l'&#233;tat. Reste la suppression de la licence de 34 radios et t&#233;l&#233;visions priv&#233;es. Une grave atteinte &#224; la libert&#233; d'expression ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; 55% des radios et des t&#233;l&#233;visions en danger de mort &#187; ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 juillet 2009, au cours d'une conf&#233;rence de presse &#8211; qu'il faudrait reproduire int&#233;gralement et dont la vid&#233;o et la transcription figurent &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/medios/n139722.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site &#171; Aporrea &#187;&lt;/a&gt; - , Diosdado Cabello, ministre v&#233;n&#233;zu&#233;lien des Travaux publics et du Logement (en charge du &#171; dossier &#187;), annonce que l'autorisation d'&#233;mettre de 32 stations de radio et de 2 cha&#238;ne de t&#233;l&#233;visions a &#233;t&#233; supprim&#233;e. Et tout laisse penser qu'il y en aura d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en fallait pas plus pour que le quotidien d'opposition &lt;i&gt;El Universal&lt;/i&gt; titre le lendemain &lt;a href=&#034;http://www.eluniversal.com/2009/08/02/pol_art_55-de-las-emisoras_1502852.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; 55% de las emisoras del pa&#237;s est&#225;n en peligro de cierre&lt;/a&gt; (&#171; 55% des radios et des t&#233;l&#233;visions en danger de mort &#187;) et affirme que 360 de ces stations : &#171; courent le risque de devoir cesser leurs transmission par d&#233;cision du gouvernement d'Hugo Chavez.&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le&#8230; Journal Du Dimanche (JDD), qui, dans un article cit&#233; plus loin, a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le chiffre de 360 stations menac&#233;es est celui de la totalit&#233; des radios et t&#233;l&#233;visions priv&#233;es, alors qu'environ 200 font l'objet de proc&#233;dures de v&#233;rification de leur l&#233;galit&#233;. Dramatisation et d&#233;sinformation d' &lt;i&gt;El Universal&lt;/i&gt;, donc qui &#171; oublie &#187; de surcro&#238;t de mentionner que les fr&#233;quences seront r&#233;affect&#233;es, notamment &#224; des &#171; m&#233;dias communautaires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette expression d&#233;signe tout des &#171; m&#233;dias associatifs &#187;.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme le d&#233;clarait le ministre concern&#233; dans la conf&#233;rence de presse d&#233;j&#224; mentionn&#233;e.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;Une d&#233;cision arbitraire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision est-elle totalement arbitraire ?, Aucun m&#233;dia, du moins en France, ne va jusque-l&#224;, m&#234;me si la plupart d'entre eux le laissent entendre. Mais, &#224; de tr&#232;s rares exceptions pr&#232;s, aucun ne mentionne la l&#233;galit&#233; des d&#233;cisions prises. Parmi les exceptions, un article paru dans le &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt;. On peut y lire en effet : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;sur le plan l&#233;gal, le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien est dans son droit. Il ne s'agit pas, en effet, de la fermeture d'un canal ou d'une suppression de licence mais du simple non-renouvellement d'une concession &#224; l'&#233;ch&#233;ance de son terme. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste qu'une d&#233;cision peut &#234;tre l&#233;gale dans son principe et arbitraire par ses motifs et ses modalit&#233;s. Encore convient-il de disposer, pour en juger, des informations les plus exactes et les plus compl&#232;tes possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quelles sont les raisons de cette suppression des licences ? &#171; &lt;i&gt;Officiellement pour des raisons administratives&lt;/i&gt; &#187;, peut-on lire le 1er ao&#251;t 2009, sur le Monde.fr (avec AP et AFP) sous le titre &#171; Le Venezuela fait fermer 34 radios et t&#233;l&#233;visions &#187;. &lt;i&gt;&#171; Des raisons technico-administratives &#187;, &lt;/i&gt;&#233;crit&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Beatriz Lecumberri (AFP), le 2 ao&#251;t, dans une d&#233;p&#234;che intitul&#233;e &#171; Venezuela : examen du projet de loi controvers&#233; sur les &#034;d&#233;lits m&#233;diatiques&#034; &#187;. &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Des raisons administratives sont invoqu&#233;es par le pouvoir v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Officiellement, les 34 m&#233;dias vis&#233;s n'auraient pas effectu&#233; les d&#233;marches n&#233;cessaires pour le renouvellement de leur concession &#187;&lt;/i&gt; : c'est ce que l'on peut lire le 3 ao&#251;t, sur le figaro.fr dans un article sign&#233; J.Z. (&#171; avec AFP &#187;), sous le tire &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/international/2009/08/03/01003-20090803ARTFIG00368-chavez-fait-fermer-34-medias-d-opposition-.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Chavez fait fermer 34 m&#233;dias d'opposition &#187;&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;&#171; Des raisons technico-administratives &#187;&lt;/i&gt;, peut-on encore lire dans &lt;i&gt;M&#233;tro &lt;/i&gt;du 4 ao&#251;t qui recopie l'AFP sans citer sa source. Et c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des raisons technico-administratives, tout simplement ? Voici, un r&#233;sum&#233; de celles qui sont avanc&#233;es par Diosdado Cabello lors de la conf&#233;rence de presse mentionn&#233;e plus haut : l'expiration ou l'annulation de leurs concessions, par d&#233;c&#232;s ou abandon de l'ancien titulaire, l'arriv&#233;e &#224; &#233;ch&#233;ance de la date de la concession ou parce que les titulaires de ces stations &#233;mettrices ne se sont pas pr&#233;sent&#233;s &#224; la Conatel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Conatel (Commission nationale des t&#233;l&#233;communications) d&#233;pend du minist&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pendant la p&#233;riode indiqu&#233;e ou parce que s'est av&#233;r&#233; infond&#233; le changement de titulaire, ce qui conduit &#224; l'expiration de la concession&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; El ministro del Poder Popular para las Obras P&#250;blicas y Vivienda, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces transgressions sont &#233;tablies &#8211; et rien n'indique que ce ne soit pas le cas -, qui peut affirmer que tous les CSA du monde auraient agi diff&#233;remment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Restent les modalit&#233;s. Ce sont elles d'abord que contestent les m&#233;dias priv&#233;s et leurs supporters. Le &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt; informe : &lt;i&gt;&#171; Dans la presse anti-chaviste, les propri&#233;taires des m&#233;dias concern&#233;s d&#233;noncent la m&#233;thode.&lt;/i&gt; &#034;Il n'y a eu aucune proc&#233;dure administrative&#034;, &lt;i&gt;a ainsi critiqu&#233; Nelson Belfort, pr&#233;sident de la Chambre de l'Industrie de la radiodiffusion et pr&#233;sident de la CNB, groupe de m&#233;dias priv&#233;s concern&#233; par le non-renouvellement des concessions. Dans un communiqu&#233;, cette Chambre &#233;voque un&lt;/i&gt; &#034;ordre de fermeture&#034;. &#034;C'est inconstitutionnel de fermer des stations de radio sans qu'une proc&#233;dure n'ait &#233;t&#233; ouverte au pr&#233;alable, sans que les personnes concern&#233;es n'aient pu se d&#233;fendre et conna&#238;tre ce qu'on leur reproche (...) Cette d&#233;cision viole le droit &#224; la libert&#233; d'expression, le droit du peuple &#224; une information plurielle&#034;, &lt;i&gt;peut-on lire dans ce texte. Et d'annoncer son intention de demander l'annulation de la proc&#233;dure devant les tribunaux. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; commente ainsi le 3 ao&#251;t sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.humanite.fr/node/21284&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Des M&#233;dias en guerre &#187;&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; Pas franchement une surprise dans la mesure o&#249; son pr&#233;sident, Nelson Belfort, dirige &#233;galement cinq radios vis&#233;es, dont la concession, pour l'une d'elles, est au nom d'une autre personne. Un passe-droit hier courant mais d&#233;sormais contraire &#224; la l&#233;gislation en vigueur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;cision liberticide ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, Reporters sans fronti&#232;res (RSF) s'est imm&#233;diatement port&#233; au secours de la libert&#233; d'expression&#8230; des m&#233;dias d'opposition priv&#233;s&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#171; Trente-quatre m&#233;dias audiovisuels sacrifi&#233;s par caprice gouvernemental &#187; : tel est le titre du &lt;a href=&#034;http://www.rsf.org/Trente-quatre-medias-audiovisuels.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233; de RSF&lt;/a&gt;. Des m&#233;dias &#171; sacrifi&#233;s &#187; ? RSF laisse entendre qu'il s'agit d'une fermeture d&#233;finitive, l&#224; o&#249; il s'agit de la fin de concessions. Par &#171; caprice &#187; ? Manifestement, pas seulement, si l'on en croit cette explication sans fronti&#232;res : &lt;i&gt;&#171; Cette fermeture massive de m&#233;dias r&#233;put&#233;s d'opposition, dangereuse pour l'avenir du d&#233;bat d&#233;mocratique&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;, n'ob&#233;it qu'&#224; la volont&#233; gouvernementale de faire taire les voix discordantes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, et ne fera qu'aggraver les divisions au sein de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre cette interpr&#233;tation, les motifs invoqu&#233;s ne peuvent &#234;tre que de simples pr&#233;textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faire taire les voix discordantes &#187;&#8230; ou donner la parole &#224; ceux qui en sont priv&#233;s ? La question - ne serait-ce que la question - ne sera jamais pos&#233;e dans les communiqu&#233;s de RSF ou dans la quasi totalit&#233; des m&#233;dias. A peine mentionnera-t-on, en recopiant une fois encore les d&#233;p&#234;ches de l'AFP, que &lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;sident Chavez parle de d&#233;mocratisation d'un secteur encore largement concentr&#233;. Selon lui, les fr&#233;quences ont &#233;t&#233; reprises &#224; la &#034;bourgeoisie&#034; afin de les rendre au peuple. &#187;&lt;/i&gt; (AFP, 3 ao&#251;t). Ou encore (article du figaro.fr du 3 ao&#251;t) : &lt;i&gt;&#171; Le directeur de Conatel, Diosdado Cabello, a affirm&#233; que leurs fr&#233;quences seraient redistribu&#233;es &#224; des personnes qui attendent depuis longtemps de pouvoir &#233;mettre. &#187;&lt;/i&gt; Mais le figaro.fr de pr&#233;ciser aussit&#244;t : &lt;i&gt;&#171; Depuis son arriv&#233;e au pouvoir, Hugo Chavez multiplie ce type de mesures &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;antilib&#233;rales&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; visant &#224; contr&#244;ler les m&#233;dias priv&#233;s, en cr&#233;ant notamment de nouvelles antennes plac&#233;es sous la houlette de l'Etat ou d'associations. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article se poursuit ainsi : &#171; La cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision priv&#233;e Globovision, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, comme l'&#233;crit Thierry Deronne (&lt;a href=&#034;http://www.legrandsoir.info/Au-Venezuela-la-bataille-populaire-pour-democratiser-le.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Au Venezuela, la bataille populaire pour d&#233;mocratiser le &#8220;latifundio&#8221; des ondes &#187;&lt;/a&gt;), le motif &#233;minemment d&#233;mocratique existe bel et bien :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au Venezuela, les collectifs pour la lib&#233;ration des ondes (tels la &lt;a href=&#034;http://www.medioscomunitarios.org/pag/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Asociacion Nacional de Medios Alternativos y Comunitarios ANMCLA&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; , la &lt;i&gt;Red de medios comunitarios venezolanos&lt;/i&gt; ou la &lt;a href=&#034;http://www.albatv.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Red Alba TV&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), se plaignent de ce que la loi qui favorise depuis la r&#233;volution, la cr&#233;ation de m&#233;dias libres, participatifs, g&#233;r&#233;s par les habitants, reste parfois lettre morte &#224; cause de la saturation commerciale des ondes. Les associations les plus diverses - syndicats, mouvements de travailleurs, organisations de femmes, communaut&#233;s indig&#232;nes ou afro-am&#233;ricaines, etc.., d&#233;sireuses de cr&#233;er une radio ou une t&#233;l&#233;vision associative se voient souvent l&#233;s&#233;es dans leur droit fondamental &#224; la libert&#233; d&#180;expression par le quasi monopole priv&#233; des radios et t&#233;l&#233;visions. Localement et r&#233;gionalement pullulent des stations commerciales ou &#233;vang&#233;listes vivant de la pub ou du pros&#233;lytisme. Leurs autorisations d&#180;&#233;mettre sont souvent d&#180;origine douteuse, voire inexistantes. Un nombre croissant de citoyen(ne)s exigeaient donc d&#180;en finir avec l`impunit&#233; et d&#180;appliquer la loi pour lib&#233;rer des fr&#233;quences associatives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sur les 656 radios et t&#233;l&#233;visions qui forment le paysage audiovisuel (selon un chiffre avanc&#233; par&#8230; &lt;i&gt;El Universal&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'article d&#233;j&#224; cit&#233;.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais que nous n'avons pas pu v&#233;rifier), 193 &#233;taient, en 2006, des m&#233;dias associatifs sans but lucratif &#8211; des &#171; m&#233;dias alternatifs et communautaires &#187; - autoris&#233;s par la Conatel, selon cet organisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 2009, selon les chiffres de source gouvernementale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fiche d'information de la &#171; Direction G&#233;n&#233;rale des m&#233;dias alternatifs et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que nous a transmis un correspondant, 282 de ces m&#233;dias &#233;taient autoris&#233;s au niveau national (245 radios et 37 t&#233;l&#233;visions), parmi lesquels seuls 120 avaient mis &#224; jour leurs donn&#233;es (les 162 autres devaient donc faire les d&#233;marches n&#233;cessaires), tandis 81 n'&#233;taient pas encore autoris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, si tous les m&#233;dias communautaires &#233;taient autoris&#233;s, ils repr&#233;senteraient, approximativement, la moiti&#233; des radios et t&#233;l&#233;visions, avec des moyens notablement moins importants que ceux dont b&#233;n&#233;ficient les m&#233;dias priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir selon quelles modalit&#233;s et quels crit&#232;res seront r&#233;affect&#233;es les concessions non-renouvel&#233;es. Bien qu'il soit peu probable que la priorit&#233; absolue qu'ils revendiquent soit donn&#233;e aux m&#233;dias priv&#233;s, il faut souhaiter que le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien ne prenne pas pour mod&#232;le l'arbitraire, mais d&#233;vou&#233; aux groupes priv&#233;s, du CSA fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui a oubli&#233; la quasi-totalit&#233; des t&#233;l&#233;visions associatives lors des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre pass&#233; et avenir&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, deux questions, distinctes en droit, se posent : celle des formes d'appropriation des m&#233;dias, et celle du pluralisme politique et de la diversit&#233; culturelle. Or au Venezuela, plus encore que dans bien d'autres pays, ces deux questions, en fait, tendent &#224; se confondre, puisque dans ce pays, les m&#233;dias priv&#233;s sont, &#224; des degr&#233;s divers, des m&#233;dias d'opposition, voire de d&#233;stabilisation active, que les m&#233;dias publics sont des porte-voix du gouvernement et que les m&#233;dias communautaires, bien qu'ils n'h&#233;sitent pas &#224; interpeler le gouvernement et les &#233;lus, soutiennent les processus de transformation sociale en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, au nom de la libert&#233; d'expression et du pluralisme qu'ils n'ont pourtant pas cess&#233; de bafouer depuis des d&#233;cennies, ce ne sont pas seulement leur droit &#224; la critique (qui est aussi, &#224; leurs yeux, un droit &#224; l'action directe contre le gouvernement) que d&#233;fendent les m&#233;dias d'opposition et ceux qui les soutiennent : c'est aussi la domination d'une appropriation priv&#233;e des m&#233;dias, qu'ils essaient de soustraire &#224; toute forme de l&#233;gislation et qu'ils entendent pr&#233;server contre toute forme d'extension de la libert&#233; d'expression populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand au nom de la d&#233;mocratie participative qu'ils s'efforcent de mettre en &#339;uvre, le gouvernement et ses partisans proc&#232;dent &#224; l'extension de l'appropriation publique et de l'appropriation associative des m&#233;dias contre les pr&#233;tentions de &#171; l'oligarchie m&#233;diatique &#187;, ce sont, de fait, les voix du gouvernement et des secteurs populaires qui le soutiennent que ces formes d'appropriation font principalement entendre. Mais d'o&#249; tient-on que l'appropriation publique doive &#234;tre, par principe, moins d&#233;mocratique que l'appropriation priv&#233;e et que les voix des m&#233;dias associatifs qui s'approprient les conditions des transformations sociales (et parmi elles de l'expression audiovisuelle), constituent une menace pour la d&#233;mocratie et la libert&#233; d'expression ? Est-ce &#224; dire que seuls en seraient les garants les entreprises priv&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, quand la plupart des m&#233;dias fran&#231;ais, ou des organisations comme Reporters sans fronti&#232;res, confondent la libert&#233; de la presse et la libert&#233; des entreprises priv&#233;es, elles se comportent en d&#233;fenseurs d'un &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt; qui attribuait aux m&#233;dias d'opposition un quasi-monopole et privait non seulement le gouvernement, mais surtout les voix &#171; d'en bas &#187; de possibilit&#233;s qu'elles n'ont pas fini de conqu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'entretenir la confusion entre la libert&#233; d'informer (d'int&#233;r&#234;t public) et la libert&#233; d'entreprendre (sur capitaux priv&#233;s), les m&#233;dias fran&#231;ais seraient mieux inspir&#233;s s'ils mettaient &#224; la disposition de leurs lecteurs, auditeurs et t&#233;l&#233;spectateurs, des enqu&#234;tes effectives auxquelles des articles de circonstance (qui recyclent pour la plupart des d&#233;p&#234;ches d'agence) ne peuvent se substituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; a-t-on lu sous la plume de correspondants permanents ou d'envoy&#233;s sp&#233;ciaux, une &#233;tude de la r&#233;partition de l'occupation du spectre radio&#233;lectrique et, en particulier, les chiffres m&#234;mes donn&#233;s par le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien qui ne sont m&#234;me pas mentionn&#233;s ni, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt;, discut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quel m&#233;dia fran&#231;ais a-t-on pu d&#233;couvrir une analyse des programmes diffus&#233;s par les radios et t&#233;l&#233;visions priv&#233;es qui permettent de ne pas r&#233;duire la question du pluralisme &#224; sa seule dimension quantitative ? M&#234;me question s'agissant des radios et t&#233;l&#233;visions publiques, dont il ne suffit pas de relever qu'elles soutiennent le gouvernement pour comprendre les objectifs et les d&#233;fauts de leur programmation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un article intitul&#233; &#171; Les radios, cibles de Ch&#225;vez &#187; paru dans Lib&#233;ration le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles enqu&#234;tes effectives (et le cas &#233;ch&#233;ant divergentes) sur la r&#233;alit&#233; des m&#233;dias communautaires, leurs programmes, leurs projets, ont-elles &#233;t&#233; propos&#233;es dans les m&#233;dias de nos contr&#233;es si l'on excepte, par exemple, les articles publi&#233;s ici m&#234;me ou sur le site R&#233;seau d'information et de solidarit&#233; avec l'Am&#233;rique latine (Risal) ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple, la &#171; tribune &#187; que nous avons publi&#233;e ici : &#171; L'essor du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien saura-t-il et pourra-t-il &#233;tendre l'appropriation d&#233;mocratique des m&#233;dias et l'expression des m&#233;dias communautaires, sans restreindre la libert&#233; d'expression des oppositions ? Vigilance oblige, certes, mais pas &#224; sens unique et sans le secours d'une r&#233;elle information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;crivions en 2007 &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2639.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Fin de la concession attribu&#233;e &#224; RCTV : Concert de d&#233;sinformation &#224; la fran&#231;aise &#187;&lt;/a&gt; &#8211; que le &lt;i&gt;pluralisme externe&lt;/i&gt; qui r&#233;sulte de la diversit&#233; des opinions politiques entre les divers m&#233;dias n'&#233;tait pas alors menac&#233;, mais que le &lt;i&gt;pluralisme interne&lt;/i&gt; &#224; chaque cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision &#233;tait inexistant. Avec cette conclusion : &lt;i&gt;&#171; Le gouvernement du Venezuela dispose enfin de moyens notablement accrus pour faire vivre et d&#233;velopper, du moins s'agissant de la t&#233;l&#233;vision, le pluralisme politique et la diversit&#233; culturelle. Comme tout pouvoir, il peut abuser de celui dont il dispose. Mais, comme tout pouvoir d&#233;mocratique, il peut contribuer &#224; d&#233;velopper une d&#233;mocratie sociale et participative conforme &#224; ses ambitions. Le gouvernement du Venezuela s'est heureusement plac&#233; lui-m&#234;me &#224; la crois&#233;e des chemins. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, la mise &#224; plat du spectre radio&#233;lectrique accroit les chances que la r&#233;duction de l'emprise des m&#233;dias priv&#233;s b&#233;n&#233;ficie aux m&#233;dias associatifs. Mais elle accroit aussi les risques que ce d&#233;placement des rapports de forces s'effectue sans d&#233;veloppement d'un effectif pluralisme interne &#224; chaque m&#233;dia, en particulier au sein du secteur public&lt;i&gt; &lt;/i&gt; :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;un pluralisme que les m&#233;dias priv&#233;s revendiquent, mais que, au Venezuela, ils n'ont jamais respect&#233; et n'ont certes pas pour projet de garantir, alors m&#234;me qu'ils le r&#233;clament. Ce sera donc sans eux ou malgr&#233; eux. Mais il faut souhaiter que cela devienne possible et que cela soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4689 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/169Venezuela_droit_d_emettre.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 73.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le&#8230; &lt;i&gt;Journal Du Dimanche &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt;), qui, dans un article cit&#233; plus loin, a attir&#233; notre attention sur cet article d'&lt;i&gt;El Universal&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette expression d&#233;signe tout des &#171; m&#233;dias associatifs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Conatel (Commission nationale des t&#233;l&#233;communications) d&#233;pend du minist&#232;re des Travaux publics. Voir &lt;a href=&#034;http://www.conatel.gob.ve/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son site&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt; El ministro del Poder Popular para las Obras P&#250;blicas y Vivienda, Diosdado Cabello, anunci&#243; las primeras 34 decisiones tomadas por su despacho y la Comisi&#243;n Nacional de Telecomunicaciones (Conatel) en torno a decisiones inmediatas contra emisoras de radio y televisi&#243;n por el vencimiento o la anulaci&#243;n de sus concesiones, ya sea por el fallecimiento o la renuncia del anterior titular, por el vencimiento de la fecha de concesi&#243;n o porque los titulares de la misma no se presentaron en Conatel durante el per&#237;odo indicado, o donde se declar&#243; improcedente el cambio de t&#237;tulo, lo que lleva a la extinci&#243;n de la concesi&#243;n. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'article se poursuit ainsi : &#171; &lt;i&gt;La cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision priv&#233;e Globovision, qui figure parmi les 200 stations menac&#233;es, pourrait &#234;tre parmi les prochaines vis&#233;es par ces mesures. Lundi, le si&#232;ge de l'antenne a &#233;t&#233; pris d'assaut par une trentaine de sympathisants arm&#233;s, du parti UPV alli&#233; de Hugo Chavez, qui ont jet&#233; deux grenades lacrymog&#232;nes &#224; l'int&#233;rieur des locaux. &#8220;Nous tenons le pr&#233;sident pour responsable de ce qui s'est pass&#233;&#8221;, a affirm&#233; le directeur de la cha&#238;ne, Alberto Federico, d&#233;non&#231;ant une attaque men&#233;e &#8220;en plein jour&#8221; par &#8220;un groupe de ses partisans&#8221;. Les d&#233;fenseurs de la libert&#233; d'expression voient une censure, derri&#232;re ces suspensions et ces pressions. &#8220;Nous assistons au plus important dispositif de restrictions &#224; la libert&#233; d'expression jamais mis en place au Venezuela, sans pr&#233;c&#233;dent en p&#233;riode de d&#233;mocratie&#8221;, a d&#233;clar&#233; Carlos Correa, directeur de l'organisation non-gouvernementale de d&#233;fense de la libert&#233; d'expression, Espacio P&#250;blico. Parmi les stations suspendues, le r&#233;seau CNB, qui comprend cinq radios d'information, se montrait critique &#224; l'&#233;gard du pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien.&lt;/i&gt; &#187;. Comme si les seuls &#171; d&#233;fenseurs de la libert&#233; d'expression &#187; &#233;taient ceux qui soutiennent les m&#233;dias priv&#233;s ; comme si parler d'un r&#233;seau &#171; qui se montrait critique &#187; n'&#233;tait pas un euph&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'article &lt;a href=&#034;http://www.eluniversal.com/2009/08/02/pol_art_55-de-las-emisoras_1502852.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;j&#224; cit&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fiche d'information de la &#171; Direction G&#233;n&#233;rale des m&#233;dias alternatifs et communautaires &#187; qui d&#233;pend du &lt;a href=&#034;http://www.minci.gob.ve/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Minist&#232;re du Pouvoir populaire pour la communication et l'information&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui a oubli&#233; la quasi-totalit&#233; des t&#233;l&#233;visions associatives lors des attributions des fr&#233;quences de la TNT et ne semble pas d'&#233;mouvoir outre mesure de l'avenir r&#233;serv&#233; aux radios associatives avec le passage au num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un article intitul&#233; &#171; Les radios, cibles de Ch&#225;vez &#187; paru dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; le 8 ao&#251;t 2009, s'ach&#232;ve par cette phrase consacr&#233;e &#224; TVes, la cha&#238;ne publique qui a remplac&#233; RCTV dans sa version hertzienne : &lt;i&gt;&#171; Sa programmation est tr&#232;s m&#233;diocre et ses journaux d'une servilit&#233; absolue vis-&#224;-vis du pouvoir, comme tous ceux des m&#233;dias d'Etat. &#187;&lt;/i&gt;. Le jugement est s&#233;v&#232;re. Manque pourtant l'&#233;valuation des t&#233;l&#233;visions priv&#233;es. Un article qui leur serait consacr&#233; montrerait-il que &#171; leur programmation est d'une qualit&#233; rare et leurs journaux d'une ind&#233;pendance totale vis-&#224;-vis de l'opposition, comme tous ceux des m&#233;dias priv&#233;s &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple, la &#171; tribune &#187; que nous avons publi&#233;e ici : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2307.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'essor du mouvement des radios communautaires au Venezuela &#187;&lt;/a&gt;.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;A noter que le 29 mai 2009, le journal d'opposition &lt;i&gt;Ultimas noticias&lt;/i&gt; publiait un article tr&#232;s hostile intitul&#233; : &#171; Sin real medias communotarios &#187; auquel r&#233;pondit une &#171; Lettre ouverte des m&#233;dias communautaires &#224; &lt;i&gt;Ultimas noticias&lt;/i&gt; &#187;. L'article et la lettre ouverte peuvent &#234;tre consult&#233; &lt;a href=&#034;http://www.albatv.org/CARTA-ABIERTA-DE-MEDIOS.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site &#171; Alba TV &#8211; Canal communautaire international &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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		<title>Conflits sur les m&#233;dias au Venezuela (2) : Une loi sur les &#171; d&#233;lits m&#233;diatiques &#187; ? </title>
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		<dc:date>2009-08-19T22:47:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un texte controvers&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-au-Venezuela-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Venezuela&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois d'ao&#251;t, trois &#171; &#233;v&#233;nements &#187; survenus au Venezuela ont retenu l'attention de quelques m&#233;dias en France et &#224; l'&#233;tranger, ainsi que de diverses ONG : la suppression de la licence de 34 radios et t&#233;l&#233;visions priv&#233;es, l'annonce d'un &#171; Projet de loi sur les d&#233;lits m&#233;diatiques &#187; et une attaque de la t&#233;l&#233;vision Globovision. La quasi-simultan&#233;it&#233; des faits et des informations correspondantes se pr&#234;tait &#224; leur association. Et cela n'a pas manqu&#233; : chaque d&#233;p&#234;che de l'AFP sur l'un de ces faits est l'occasion de parler des deux autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier article de cette (br&#232;ve) s&#233;rie &#233;tait consacr&#233; &#224; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3196.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'attaque de Globovision&lt;/a&gt;. Mais que dire du &#171; Projet de loi sp&#233;cifique sur les d&#233;lits m&#233;diatiques &#187; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Une loi contre les d&#233;lits m&#233;diatiques ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'abord, qu'avons nous appris, par m&#233;dias interpos&#233;s, sur le contenu du texte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 juillet 2009, le procureur g&#233;n&#233;ral de la R&#233;publique, Mme Luisa Ortega, pr&#233;sente un &#171; Projet de loi sp&#233;cifique contre les d&#233;lits m&#233;diatiques &#187;, divulgu&#233;, en fichiers .pdf, sur le site de la presse d'opposition &lt;i&gt;El Nacional&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;El Universal&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er ao&#251;t, le monde.fr, recyclant des d&#233;p&#234;ches d'AP et de l'AFP, publie un article intitul&#233; &#171; Le Venezuela fait fermer 34 radios et t&#233;l&#233;visions &#187; qui associe ces &#171; fermetures &#187; au texte du Procureur g&#233;n&#233;ral. Sous-titre : &#171; Crimes m&#233;diatiques &#187;. Et voici l'encha&#238;nement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ces fermetures &#034;administratives&#034; interviennent au moment o&#249; le gouvernement pr&#233;pare une s&#233;rie de r&#233;formes visant selon lui &#224; &#034;d&#233;mocratiser&#034; un secteur encore aujourd'hui tr&#232;s concentr&#233;. Cette nouvelle loi punissant les &#034;crimes m&#233;diatiques&#034; &lt;/i&gt;[dont il n'a pas &#233;t&#233; question jusqu'alors, qui ne concerne en rien les projets de &#171; d&#233;mocratisation &#187; et qui porte non sur des &#171; crimes &#187;, mais sur des &#171; d&#233;lits &#187;&#8230;], &#224; &lt;i&gt;laquelle le quotidien espagnol El Pais consacre un dossier&lt;/i&gt; [en r&#233;alit&#233; un article d'analyse paru le 31 juillet sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.elpais.com/articulo/internacional/Chavez/prepara/ley/mordaza/castigar/prensa/critica/elpepuint/20090731elpepuint_12/Tes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ch&#225;vez prepara una 'ley mordaza' para castigar a la prensa cr&#237;tica &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;devrait &#234;tre adopt&#233;e avant la fin de l'ann&#233;e. &#187; &lt;/i&gt;Ouf !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fait, quel est le contenu de ce projet ? Le Monde.fr r&#233;sume : &lt;i&gt;&#171; Cette nouvelle l&#233;gislation sanctionnerait les propri&#233;taires de stations de radio, de cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et de journaux accus&#233;s d'avoir tent&#233; de &#034;semer la panique&#034; ou encore &#034;troubl&#233; l'ordre social&#034;&lt;/i&gt; [le projet pr&#233;cise &#171; en diffusant de fausses nouvelles &#187;&#8230;] &lt;i&gt;les m&#233;dias qui&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#034;manipulent les informations en vue de propager une perception erron&#233;e des faits&#034;&lt;/i&gt; [le projet pr&#233;cise &#171; une perception qui porte atteinte &#224; la paix sociale, &#224; l'ordre public ou la sant&#233; mentale ou &#224; la morale publique &#187;] &lt;i&gt;sont &#233;galement dans la ligne de mire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut d'une information pr&#233;cise sur le contenu du projet (r&#233;sum&#233; en 300 signes espaces compris&#8230;), nous disposons, gr&#226;ce au Monde.fr, d'un premier recueil de protestations (qui b&#233;n&#233;ficient de 750 signes&#8230;) : &lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias priv&#233;s estiment que ces r&#233;formes aboutiraient &#224; renforcer l'emprise de l'Etat sur l'information. Une inqui&#233;tude que n'a pas cherch&#233; &#224; dissiper le premier procureur du pays, Mme Luisa Ortega, qui a insist&#233; jeudi sur le fait que la libert&#233; d'expression devait &#234;tre &#034;limit&#233;e&#034; au Venezuela. Jose Miguel Vivanco, responsable &#034;Am&#233;riques&#034; de l'organisation Human Right Watch, s'inqui&#232;te d'ores et d&#233;j&#224; d'une &#034;terrible r&#233;gression de la libert&#233; d'expression&#034;. Carlos Lauria, du Comit&#233; de protection des journalistes, bas&#233; &#224; New York, consid&#232;re pour sa part le projet de loi comme une &#034;r&#233;miniscence des jours les plus sombres des dictatures sud-am&#233;ricaines avec son cort&#232;ge de dispositions archa&#239;ques visant les soi-disant crimes m&#233;diatiques&#034;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 ao&#251;t 2009, l'AFP publie une d&#233;p&#234;che sign&#233;e Beatriz Lecumberri et intitul&#233;e &#171; Venezuela : examen du projet de loi controvers&#233; sur les &#034;d&#233;lits m&#233;diatiques&#034; &#187;. Reprise sur de tr&#232;s nombreux sites, elle associe la suppression des licences de 34 radios et l'examen d'un projet : &lt;i&gt;&#171; Le gouvernement du Venezuela lance mardi l'examen d'un projet de loi sur les &#034;d&#233;lits m&#233;diatiques&#034;, trois jours apr&#232;s avoir ferm&#233; 34 radios et t&#233;l&#233;visions, renfor&#231;ant les critiques de journalistes et d'associations qui d&#233;noncent une atteinte &#224; la libert&#233; d'expression. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or qu'apprend-on sur le &#171; projet &#187; ? Ceci : &lt;i&gt;&#171; Le texte est d&#233;battu cette semaine en commission des m&#233;dias au Parlement. Son adoption d&#233;finitive pourrait prendre des mois, mais il a d&#233;j&#224; fait beaucoup couler d'encre. En cause, &lt;strong&gt;une&lt;/strong&gt; disposition pr&#233;voyant une peine maximale de quatre ans de prison pour la divulgation d'une information jug&#233;e &#034;fausse&#034;, &#034;manipul&#233;e&#034; ou &#034;d&#233;form&#233;e&#034;, portant &#034;pr&#233;judice aux int&#233;r&#234;ts de l'Etat&#034; ou constituant une atteinte &#224; la &#034;morale publique&#034; et la &#034;sant&#233; mentale&#034;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette information minimaliste fusionne ainsi, en &lt;strong&gt;une seule&lt;/strong&gt; disposition au moins deux articles du projet et n'&#233;voque que ceux-l&#224;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le m&#234;me genre d'abr&#233;g&#233; que l'on retrouve dans l'article du Monde dat&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comment se prononcer sur la base d'un tel r&#233;sum&#233; ? Il n'emp&#234;che : une fois de plus, la priorit&#233; est donn&#233;e aux condamnations du projet, &#171; &#233;quilibr&#233;es &#187; par une phrase de la ministre de l'Information, Blanca Eeckhout qui ne dit rien sur le projet lui-m&#234;me : &lt;i&gt;&#171; Que les m&#233;dias assument les cons&#233;quences de leurs actes ! Si vous commettez un d&#233;lit, vous devez &#234;tre sanctionn&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelles informations pr&#233;cises et ais&#233;ment accessibles disposent alors ceux qui n'ont m&#234;me pas acc&#232;s aux d&#233;p&#234;ches de l'AFP ? Pratiquement aucune&#8230; sur un &#171; projet &#187; qui va &#234;tre (provisoirement ?) abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel retrait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 3 ao&#251;t, l'Agence Bolivarienne d'information (sous le titre &#171; Ley contra Delitos Medi&#225;ticos proteger&#225; a los venezolanos de la manipulaci&#243;n &#187;) confirme la discussion du projet annonc&#233;e par les m&#233;dias fran&#231;ais et v&#233;n&#233;zu&#233;liens en ces termes : &lt;i&gt;&#171; Le projet de Loi contre les D&#233;lits M&#233;diatiques qui sera discut&#233;e &#224; partir de ce mardi &#224; l'Assembl&#233;e Nationale est destin&#233; &#224; prot&#233;ger les v&#233;n&#233;zu&#233;liens et les v&#233;n&#233;zu&#233;liennes de l'abus des moyens de communication sociale et de la manipulation de l'information &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le lendemain l'examen du projet est (provisoirement ?) abandonn&#233;. C'est ce qu'annoncent notamment deux d&#233;put&#233;s - Manuel Villalba, membre de la commission des m&#233;dias de l'Assembl&#233;e nationale, et Iv&#225;n Zerpa secr&#233;taire de l'Assembl&#233;e Nationale - dont les d&#233;clarations, partiellement reproduites au Venezuela le seront aussi dans les d&#233;p&#234;ches ult&#233;rieures de l'AFP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le mardi 4 ao&#251;t une nouvelle d&#233;p&#234;che de l'AFP annonce - c'est son titre &#8211; &#171; Venezuela : coup d'arr&#234;t &#224; la loi pol&#233;mique sur les d&#233;lits de presse &#187;. Et d'indiquer : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Le parlement du Venezuela a donn&#233; un coup d'arr&#234;t &#224; l'initiative pol&#233;mique du procureur g&#233;n&#233;ral visant &#224; sanctionner les d&#233;lits de presse, en d&#233;mentant l'existence d'un projet de loi sur ce sujet qui divise les d&#233;put&#233;s au sein m&#234;me de la majorit&#233;. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;p&#234;che, reprise sur quelques sites Internet en France (nous n'avons pas pu v&#233;rifier sur les &#233;ditions imprim&#233;es) cite plut&#244;t correctement des d&#233;clarations de d&#233;put&#233;s sur lesquelles nous reviendrons. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut attendre le 6 ao&#251;t pour que le site du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; (le 7 ao&#251;t pour la version imprim&#233;e) publie un article de sa correspondante &#224; Bogota intitul&#233; : &#171; Au Venezuela, le projet de loi sur les &#034;d&#233;lits m&#233;diatiques&#034; n'est plus d'actualit&#233; &#187;. Mais pr&#232;s des trois quarts de l'article sont consacr&#233;s &#224; &lt;i&gt;&#171; l'inqui&#233;tude des m&#233;dias et des d&#233;fenseurs de la libert&#233; de la presse &#187;&lt;/i&gt;, en raison du non renouvellement des fr&#233;quences, des manifestations qui s'ensuivent et de l'attaque de Globovision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le projet de loi, on lit seulement : &#171; Les m&#233;dias restent au c&#339;ur du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel projet (bis) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pr&#233;sentation moins &#171; ramass&#233;e &#187; des principaux articles du projet que celles qui ont &#233;t&#233; diffus&#233;es en France, rel&#232;verait notamment ceci (cit&#233; ici d'apr&#232;s les versions publi&#233;es, en .pdf, par les quotidiens d'opposition &lt;i&gt;El Nacional&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;El Universal&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces liens sont p&#233;rim&#233;s. Le projet de loi est disponible ici (lien p&#233;rim&#233;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, que cela plaise ou non : &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 5 pr&#233;voit de sanctionner la &lt;strong&gt;&#171; divulgation de fausses nouvelles &#187; &lt;/strong&gt;qui &lt;i&gt;&#171; occasionnent une grave alt&#233;ration de la tranquillit&#233; publique, la panique dans la population, entretenant son angoisse, qui perturbe l'ordre public, qui porte pr&#233;judice aux int&#233;r&#234;ts de l'Etat&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 6 pr&#233;voit de sanctionner pour &lt;strong&gt;&#171; manipulation des informations &#187;&lt;/strong&gt; toute personne qui &lt;i&gt;&#171; manipule ou d&#233;forme les informations, engendrant une fausse perception des faits ou en cr&#233;ant une matrice d'opinion au sein de la soci&#233;t&#233; qui porte atteinte &#224; la paix sociale, &#224; l'ordre public ou la sant&#233; mentale ou &#224; la morale publique. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 7 pr&#233;voit de sanctionner le &lt;strong&gt;&#171; refus de r&#233;v&#233;ler une information &#187;&lt;/strong&gt; : en l'occurrence le refus de &lt;i&gt;&#171; r&#233;v&#233;ler l'identit&#233; de l'auteur de l'&#233;mission ou de l'article de journal publi&#233; sous un pseudonyme ou de fa&#231;on anonyme, quand le Minist&#232;re public le demande. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 9 pr&#233;voit de sanctionner la &#171; &lt;strong&gt;contrainte m&#233;diatique &#187;&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire l'utilisation des m&#233;dias pour &#171; menacer, intimider, contraindre ou, de quelque autre fa&#231;on, r&#233;pandre la crainte chez les autres. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 10 pr&#233;voit de sanctionner l' &#171; &lt;strong&gt;omission volontaire de diffuser une information&lt;/strong&gt; &#187; et leurs responsables : ceux qui &lt;i&gt;&#171; refuseront d'informer sur des faits ou des situations dont l'occultation constituerait une atteinte au droit &#224; l'information, pr&#233;vu &#224; l &#8216;article 58 de la Constitution de la R&#233;publique Bolivarienne du Venezuela &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article 11 pr&#233;voit de sanctionner l' &lt;strong&gt;&#171; instigation &#187;&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;&#171; les publications ou transmissions destin&#233;es &#224; promouvoir la guerre, la violence, la haine ou l'hostilit&#233; entre les habitants ou les collectivit&#233;s, en raisons de leur race, de leur sexe, de leur religion, de leur nationalit&#233;, de leur id&#233;ologie ou de leur militantisme politique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les articles, les sanctions pr&#233;vues s'&#233;chelonnent de 6 mois &#224; 4 ans de prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moins de cultiver un m&#233;lange &#8211; tr&#232;s pris&#233; &#8211; de na&#239;vet&#233; et de cynisme, force est d'admettre que les transgressions les plus graves commises au Venezuela ne concernent pas (ou pas seulement) les atteintes &#224; la vie priv&#233;e (comme le SMS attribu&#233; &#224; Nicolas Sarkozy ou les photos du nouveau compagnon de S&#233;gol&#232;ne Royal), mais bien la plupart des pratiques que le projet envisage de sanctionner comme des d&#233;lits et auxquelles les m&#233;dias d'opposition recourent abondamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; tous ceux qui s'offusquent, &#224; tort ou &#224; raison, des atteintes &#224; la libert&#233; d'expression et des affirmations selon lesquelles celle-ci doit &#234;tre limit&#233;e, il faut rappeler que la loi fran&#231;aise, pourtant justement &#233;conome en mati&#232;re de d&#233;lits de presse, pr&#233;voit un ensemble d'obligations qui, faute d'&#234;tre respect&#233;es, sont passibles de sanctions. Mais surtout la loi (Chapitre IV) pr&#233;voit de punir les &#171; crimes et d&#233;lits commis par la voie de la presse ou par tout autre moyen de publication &#187;. Parmi eux, le paragraphe 2 de ce chapitre d&#233;finit les &#171; D&#233;lits contre la chose publique &#187;. On peut y lire notamment (article 27) ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pi&#232;ces fabriqu&#233;es, falsifi&#233;es ou mensong&#232;rement attribu&#233;es &#224; des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troubl&#233; la paix publique, ou aura &#233;t&#233; susceptible de la troubler, sera punie d'une amende de 45000 euros. Les m&#234;mes faits seront punis 135000 euros d'amende, lorsque la publication, la diffusion ou la reproduction faite de mauvaise foi sera de nature &#224; &#233;branler la discipline ou le moral des arm&#233;es ou &#224; entraver l'effort de guerre de la Nation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Est-ce c&#233;der &#224; un ethnocentrisme franco-fran&#231;ais de mauvais aloi que de constater que le projet de Mme le Procureur ne se limite pas &#224; de telles dispositions, m&#234;me adapt&#233;es &#224; la situation v&#233;n&#233;zu&#233;lienne ? Ce projet est d'une tout autre envergure, comme en t&#233;moignent l'extr&#234;me s&#233;v&#233;rit&#233; des sanctions pr&#233;vues et leurs cibles. En effet le projet vise non seulement les journalistes, mais tous ceux qui s'expriment dans les m&#233;dias ou dont les propos sont rapport&#233;s par eux. Et surtout, il pr&#233;sente comme d&#233;lictueuses des d&#233;formations de l'information et des atteintes au droit d'&#234;tre inform&#233; qui rel&#232;vent d'interpr&#233;tations qui peuvent &#234;tre divergentes, voire oppos&#233;es, sans qu'il soit possible de se r&#233;f&#233;rer &#224; une v&#233;rit&#233; &#233;tablie, si ce n'est une v&#233;rit&#233; officielle, avec tous les risques s&#233;rieux que cela comporte. Pour ne rien dire des interpr&#233;tations qui peuvent &#234;tre donn&#233;es de notions aussi floues que la &#171; sant&#233; mentale &#187; ou &#171; la morale publique &#187;. Si l'on veut &#233;viter de recourir &#224; des dispositions l&#233;gales dont l'application menace d'&#234;tre arbitraire, c'est essentiellement par des moyens m&#233;diatiques et des mobilisations si possible pacifiques que l'on peut esp&#233;rer combattre le plus efficacement les d&#233;rives m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel retrait (bis) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi l'examen de ce projet n'a-t-il pas &#233;t&#233; mis &#224; l'ordre du jour de l'Assembl&#233;e nationale du Venezuela ? Il n'est pas ais&#233; de le savoir en croisant les sources v&#233;n&#233;zu&#233;liennes et fran&#231;aises, en d&#233;pit de la relative pr&#233;cision de ces derni&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier argument invoqu&#233; : Il n'existe pas de projet de loi - &#171; L'Assembl&#233;e nationale nie l'existence de la Loi contre les d&#233;lit m&#233;diatiques &#187;, titrait, le 4 ao&#251;t, le site du &#171; Gouvernement bolivarien du Venezuela [Lien prim&#233;, f&#233;vrier2015], rendant compte d'une conf&#233;rence de presse du d&#233;put&#233; Manuel Villalba, de la commission des m&#233;dias de l'Assembl&#233;e nationale, dont la d&#233;p&#234;che de l'AFP du 4 ao&#251;t reprend partiellement les propos : &lt;i&gt;&#171; Il n'existe pas de projet de loi sur les d&#233;lits de presse au sein de cette Assembl&#233;e nationale. C'est totalement faux &#187;&lt;/i&gt;, mais seulement d'une contribution du Procureur. Et de pr&#233;ciser, toujours selon le site du gouvernement bolivarien que le d&#233;bat sur le sujet doit se poursuivre au sein de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. L'AFP commente : &lt;i&gt;&#171; Cette mise au point survient cinq jours apr&#232;s la pr&#233;sentation aux d&#233;put&#233;s &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d'une &#233;bauche de proposition de loi extraordinaire&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; sur le sujet par le procureur g&#233;n&#233;ral du Venezuela, Mme Luisa Ortega &lt;/i&gt;[&#8230;] &#187; Il ne s'agissait donc que d'une &#171; &#233;bauche &#187; ? ET l'AFP d'indiquer aussi : &lt;i&gt;&#171; D'autres d&#233;put&#233;s ont pr&#233;cis&#233; que le parquet n'avait pas le pouvoir de proposer des lois et ne pouvait donc fournir que des &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me argument invoqu&#233; (qui ne recoupe que partiellement le pr&#233;c&#233;dent) : l'existence de divergences &#8211; &#171; &lt;i&gt;L'absence de consensus&lt;/i&gt; &#187;, selon Manuel Villaba, dont l'AFP rapporte les propos ainsi : &#171; &lt;i&gt;&#034;Nous avons d&#233;battu des &#233;l&#233;ments soumis par le procureur et il n'y a pas de consensus au sein de cette commission. Il y a des divergences&#034;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;a ajout&#233; M. Villalba, tout en critiquant &#034;l'impunit&#233; dont b&#233;n&#233;ficient ceux qui portent atteinte aux institutions au nom de la libert&#233; d'expression&#034; &lt;/i&gt; &#187;. Et l'AFP de pr&#233;ciser encore : &lt;i&gt;&#171; Quelques heures auparavant, un autre membre de la commission, Earle Herrera, qui fait partie de la majorit&#233;, avait affich&#233; ses r&#233;ticences &#224; propos de ce texte.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#034;Tel qu'il est pr&#233;sent&#233;, je ne le voterai pas&#034;, avait-il d&#233;clar&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me argument invoqu&#233; : il suffit d'appliquer les lois existantes. Affirmer cela reviendrait, autant le dire, &#224; retirer purement et simplement le projet d'une loi nouvelle et sp&#233;cifique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un aper&#231;u des dispositions existantes, on peut consulter sur site &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat et la confrontation continuent parmi ceux qui soutiennent plus ou moins, le gouvernement. Mais qui voudrait en savoir plus sur la nature des arguments en pr&#233;sence devra attendre des enqu&#234;tes effectives (qui, pourtant risquent de manquer), se contenter des d&#233;p&#234;ches de l'AFP (pour peu qu'il y ait acc&#232;s) ou chercher l'information en surfant pendant des heures sur la toile&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est le m&#234;me genre d'abr&#233;g&#233; que l'on retrouve dans l'article du Monde dat&#233; du 7 ao&#251;t que nous mentionnons plus loin : &#171; Le projet de loi contest&#233; proposait des peines allant jusqu'&#224; 4 ans de prison pour les auteurs de nouvelles &#034;fausses&#034; ou &#034;manipul&#233;es&#034; portant atteinte &#224; la &#034;paix sociale, la s&#233;curit&#233; nationale ou la morale publique&#034;. Le texte a soulev&#233; un toll&#233; parmi les organisations non gouvernementales (ONG) telles que Human Rights Watch, Amnesty International et Reporters sans fronti&#232;res. &#187;. A noter qu'Amnesty International, dans son &lt;a href=&#034;http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/venezuela-globovisi%C3%B3n-attack-must-be-urgently-investigated-and-journalis&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;craint&lt;/strong&gt; que cette loi, si elle est adopt&#233;e, n'impose des restrictions inacceptables &#224; la libert&#233; d'expression au Venezuela. &#187;&lt;/i&gt; Une crainte qui peut &#234;tre partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le projet de loi, on lit seulement : &lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias restent au c&#339;ur du d&#233;bat politique v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Pr&#233;sent&#233; lundi 3 ao&#251;t, un projet sur les &#034;d&#233;lits m&#233;diatiques&#034; a &#233;t&#233; enterr&#233; mercredi. &#034;Son examen n'est pas d'actualit&#233;&#034;, a pr&#233;cis&#233; Ivan Zerpa, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Assembl&#233;e. Plusieurs d&#233;put&#233;s de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle avaient exprim&#233; leur d&#233;saccord avec le texte, pr&#233;sent&#233; par le procureur g&#233;n&#233;ral de la R&#233;publique, Mme Luisa Ortega. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mais,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; au cours d'une conf&#233;rence de presse, le pr&#233;sident Hugo Chavez a d&#233;fendu la n&#233;cessit&#233; pour l'Etat de r&#233;guler la libert&#233; de presse. &#034;Lorsqu'il existe des lois et une Constitution, aucune libert&#233; n'est illimit&#233;e, a rappel&#233; le chef de l'Etat, mercredi. Si vous voulez vivre l&#224; o&#249; il n'y a pas de loi, allez donc vivre avec Tarzan dans la jungle&#034; &#187;&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;Mais&lt;/i&gt; &#187;, dit &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;...Pourquoi ? En quoi l'affirmation de la n&#233;cessit&#233; de lois s'oppose-t-elle, du moins tant que l'on ne pr&#233;cise pas &#8211; comme le fait ici Chavez - de quelles lois il s'agit, &#224; la libert&#233; de la presse, sauf &#224; s'opposer, comme le fait l'opposition au Venezuela, &#224; toute disposition l&#233;gislative ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces liens sont p&#233;rim&#233;s. Le projet de loi est disponible ici (lien p&#233;rim&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un aper&#231;u des dispositions existantes, on peut consulter sur site &#171; Deontoscopio &#187; (d&#233;di&#233; &#224; la discussion sur le journalisme, les m&#233;dias, la communication, et tr&#232;s critique &#224; l'&#233;gard du gouvernement), un article intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://deontoscopio.wordpress.com/2009/07/31/delitos-mediaticos-grosera-redundancia/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Delitos medi&#225;ticos : grosera redundancia &#187;&lt;/a&gt;, publi&#233; le 31 juillet 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conflits sur les m&#233;dias au Venezuela (1) : L'attaque de Globovision</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Conflits-sur-les-medias-au-Venezuela-1-L-attaque-de-Globovision</link>
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		<dc:date>2009-08-17T22:08:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Informations partielles ou partiales ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-au-Venezuela-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Venezuela&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois d'ao&#251;t, trois &#171; &#233;v&#233;nements &#187; survenus au Venezuela ont retenu l'attention de quelques m&#233;dias en France et &#224; l'&#233;tranger, ainsi que de diverses ONG : la suppression de la licence de 34 radios et t&#233;l&#233;visions priv&#233;es, l'annonce d'un &#171; Projet de loi sur les d&#233;lits m&#233;diatiques &#187; et une attaque de la t&#233;l&#233;vision Globovision. La quasi-simultan&#233;it&#233; des faits et des informations correspondantes se pr&#234;tait &#224; leur association. Et cela n'a pas manqu&#233; : chaque d&#233;p&#234;che de l'AFP sur l'un de ces faits est l'occasion de parler des deux autres.
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
Mais pour &#233;valuer sereinement, encore faut-il informer exactement. C'est loin d'&#234;tre le cas, comme on peut le v&#233;rifier en commen&#231;ant par l'attaque de Globovision, avant de revenir dans un prochain article sur les questions les plus controvers&#233;es : le &#171; projet de loi &#187; et la suppression des licences de radios et de t&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de pr&#233;ambule :&lt;br /&gt;
Comment on r&#233;&#233;crit l'histoire&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des conflits d'une rare intensit&#233; opposent, depuis la premi&#232;re &#233;lection d'Hugo Ch&#225;vez &#224; la Pr&#233;sidence du Venezuela, le gouvernement et ses partisans, d'une part et les m&#233;dias priv&#233;s d'opposition et leurs supporters, d'autre part. Pour comprendre les &#233;v&#233;nements et la situation, encore conviendrait-il de les replacer dans leur contexte et dans leur histoire. Or, le contexte, dans la plupart des m&#233;dias fran&#231;ais, ce ne sont ni les formes d'appropriation des m&#233;dias au Venezuela, ni le r&#244;le des m&#233;dias et la nature des informations qu'ils diffusent, ni les poids respectifs des radios priv&#233;es et des radios associatives : pour l'&#233;tablir, il faudrait enqu&#234;ter. Non : le contexte, ce n'est pas la situation g&#233;n&#233;rale, mais, pour chaque acte imputable au gouvernement ou &#224; ses partisans, les autres &#171; &#233;v&#233;nements &#187; que l'on peut lui raccorder. Pour le cas qui nous occupe, informer sur une &#171; affaire &#187;, c'est in&#233;vitablement &#233;voquer les deux autres. Et c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'histoire, il suffit de relever quelques &#233;chantillons des &#171; mises en perspective &#187; dont ont b&#233;n&#233;fici&#233; les &#233;v&#233;nements r&#233;cents, pour &#234;tre&#8230; stup&#233;fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, sur le site de &lt;i&gt;M&#233;tro&lt;/i&gt;, le 4 ao&#251;t 2009, on pouvait lire cette pr&#233;sentation (sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.metrofrance.com/infos/venezuela-un-nouveau-pas-vers-la-censure/mihd!c7wwM1wXc7e02/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Venezuela : un nouveau pas vers la censure ? &#187;&lt;/a&gt;) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Depuis &lt;strong&gt;son &lt;/strong&gt;coup d'Etat [sic !] avort&#233; de 2002, lorsque les m&#233;dias d'opposition avaient &lt;strong&gt;occult&#233;&lt;/strong&gt; les manifestations en faveur de son retour au pouvoir, M. Ch&#225;vez s'est montr&#233; de plus en plus m&#233;fiant.&lt;/i&gt; &#187; Passons sur ce coup d'Etat de Ch&#225;vez : les doigts de la journaliste ont d&#251; d&#233;raper sur son clavier&#8230; Mais o&#249; celle-ci est-elle all&#233;e chercher cette pr&#233;sentation qui &#171; occulte &#187; la participation des m&#233;dias d'opposition au coup d'Etat ? Dans une d&#233;p&#234;che de l'AFP, reproduite, sans la mentionner : &#171; &lt;i&gt;La rupture entre le dirigeant socialiste et une partie de la presse remonte au coup d'Etat avort&#233; de 2002, lorsque les m&#233;dias d'opposition avaient &lt;strong&gt;occult&#233;&lt;/strong&gt; les manifestations en faveur du retour au pouvoir de M. Ch&#225;vez.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'Express.fr, on s'y conna&#238;t en mati&#232;re d'occultation&#8230;. Un article intul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/chavez-et-les-medias_778892.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ch&#225;vez et les m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt; en administre la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citation : &lt;i&gt;&#171; Avril 2002 : &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dans les 3 jours mouvement&#233;s qui pr&#233;c&#232;dent le retour de Ch&#225;vez le 11 avril 2002, &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; [sic !] &lt;i&gt;l'information est devenue un enjeu. Le gouvernement utilise &#224; plus de trente reprises l'article 192 de la Loi sur les t&#233;l&#233;communications qui lui donne le droit de r&#233;quisitionner l'antenne de l'ensemble des t&#233;l&#233;visions et radios. Le 11 avril, les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, ayant majoritairement soutenu la tentative de coup d'Etat contre Ch&#225;vez&lt;/i&gt; [Ah bon ? Il y a eu un coup d'Etat ?], &lt;i&gt;sont oblig&#233;es de diffuser un nouveau discours du Pr&#233;sident Ch&#225;vez. Elles pensent pouvoir retransmettre simultan&#233;ment l'allocution pr&#233;sidentielle et la manifestation de l'opposition en partageant l'&#233;cran en deux. Mais Hugo Ch&#225;vez annonce que le signal hertzien des principales cha&#238;nes, accus&#233;es d'&#034;inciter &#224; la violence&#034;, est coup&#233;. Celles-ci poursuivent alors leurs retransmissions par satellite. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt; Les faits &#233;voqu&#233;s sont, pris isol&#233;ment, &#224; peu pr&#232;s exacts, mais la pr&#233;sentation du coup d'Etat le r&#233;duit &#224; un &#233;pisode mineur, &#224; peine mentionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite n'est pas mal non plus : &lt;i&gt;&#171; D&#233;cembre 2002-Janvier 2003 : une importante partie de la presse priv&#233;e apporte son soutien &#224; une gr&#232;ve d&#233;cr&#233;t&#233;e par l'opposition pour obtenir la d&#233;mission du pr&#233;sident Ch&#225;vez&lt;/i&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Diffusion de spots incitant &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile, retransmission d'appels au soul&#232;vement de l'arm&#233;e, diffusion de fausses informations...&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; La riposte du gouvernement est rapide : augmentation du nombre d'agressions contre les journalistes, si&#232;ges de plusieurs m&#233;dias priv&#233;s assi&#233;g&#233;s, v&#233;hicules de cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision br&#251;l&#233;s. &#187; &lt;/i&gt;Les faits, allusivement mentionn&#233;s, sont attribu&#233;s &#224; une &#171; riposte du gouvernement &#187; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout :&lt;i&gt; &#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Puis fin janvier 2003, Hugo Ch&#225;vez utilise les exc&#232;s commis par les m&#233;dias pour lancer des repr&#233;sailles &#224; leur encontre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt;Qu'appelle-t-on de (simples) &#171; exc&#232;s &#187; ? Ce qui &#233;tait mentionn&#233; plus haut : &#171; Diffusion de spots incitant &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile, retransmission d'appels au soul&#232;vement de l'arm&#233;e, diffusion de fausses informations &#187;. Et qu'appelle-t-on &#171; des &#171; repr&#233;sailles &#187; ? Ceci :&lt;i&gt; &#171; projet de loi sur leur &#034;responsabilit&#233; sociale&#034;, poursuites administratives lanc&#233;es contre des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;visions, pressions fiscales sur plusieurs m&#233;dias d'opposition&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;p&#234;che de l'AFP mentionn&#233;e plus haut poursuit : &lt;i&gt;&#171; Cinq ans plus tard, cette &lt;strong&gt;prise de position&lt;/strong&gt; (selon l'AFP : l'occultation des manifestations en faveur de Ch&#225;vez&#8230;) fut l'un des motifs de la r&#233;siliation de la licence de la cha&#238;ne RCTV, tr&#232;s critique &#224; l'&#233;gard du r&#233;gime. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste de &lt;i&gt;M&#233;tro&lt;/i&gt; traduit : &#171; &lt;i&gt; Ces derni&#232;res semaines, il a menac&#233; la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision priv&#233;e Globovision de subir le m&#234;me sort que sa cons&#339;ur RCTV, disparue des canaux hertziens en 2007 sur ordre du gouvernement qui lui reprochait son &lt;strong&gt;ton acerbe&lt;/strong&gt; &#224; l'&#233;gard du pouvoir. &#187;&lt;/i&gt; Cette fois la participation de RCTV au coup d'Etat n'est m&#234;me plus une &#171; occultation &#187;, c'est un &#171; ton acerbe &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression a sans doute &#233;t&#233; reprise d'autres d&#233;p&#234;ches d'agence&#8230;&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques exemples de mise en perspective ne sont peut-&#234;tre pas g&#233;n&#233;ralisables, mais ils t&#233;moignent, au mieux, d'une m&#233;connaissance qui n'est pas sans effet sur la pr&#233;sentation des faits, comme l'attaque de Globovision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. L'attaque de Globovision &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mots sur le contexte. Comme nombre de m&#233;dias ne manquent pas de le rappeler, Globovision a fait l'objet, depuis quelques mois, de plusieurs proc&#233;dures judiciaires et administratives, assorties de menaces prononc&#233;es par Hugo Ch&#225;vez. Mais, comme fort peu de m&#233;dias le relatent, cette cha&#238;ne ne se borne pas &#224; critiquer le gouvernement : elle multiplie agressions et d&#233;sinformations. Du moins si l'on en croit Fran&#231;ois Meurisse, de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, peu suspect de complaisance &#224; l'&#233;gard du gouvernement bolivarien. Evoquant la diffusion par l'une des radios priv&#233;es d'antenne d'&lt;i&gt;Al&#243; Ciudadano, &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;un des programmes phares de l'antichavisme radical diffus&#233; sur la cha&#238;ne Globovisi&#243;n &#187;&lt;/i&gt; , Fran&#231;ois Meurisse l'&#233;value ainsi : &lt;i&gt;&#171; Une &#233;mission o&#249; les lignes rouges de la diffamation et de l'injure sont d&#233;pass&#233;es quasi quotidiennement. Et o&#249; l'on continue &#224; nier le soutien actif de la majorit&#233; des m&#233;dias priv&#233;s au coup d'Etat contre Ch&#225;vez en avril 2002&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les radios, cibles de Ch&#225;vez &#187;, Lib&#233;ration, 8 ao&#251;t 2009.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; De quoi susciter r&#233;volte et col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une attaque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 3 ao&#251;t 2009. Plusieurs d&#233;p&#234;ches de l'AFP font &#233;tat des informations suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Un groupe arm&#233; a lanc&#233; deux grenades lacrymog&#232;nes &#224; l'int&#233;rieur du si&#232;ge de la t&#233;l&#233;vision priv&#233;e Globovision, tr&#232;s critique &#224; l'encontre du pr&#233;sident du Venezuela Hugo Chavez, a annonc&#233; l'une des directrices de la cha&#238;ne. Une trentaine de personnes sont arriv&#233;es en moto au si&#232;ge de Globovision dans la capitale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. Ils ont menac&#233; les vigiles avec des armes &#224; feu et sont entr&#233;s dans les locaux o&#249; ils ont jet&#233; ces grenades, a racont&#233; Maria Fernanda Flores. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la suite de la d&#233;p&#234;che de pr&#233;ciser : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &#034;Nous tenons le pr&#233;sident pour responsable de ce qui s'est pass&#233;&#034;, &lt;i&gt;a affirm&#233; le directeur de la cha&#238;ne, Alberto Federico, d&#233;non&#231;ant une attaque men&#233;e &lt;/i&gt;&#034;en plein jour&#034; &lt;i&gt;par&lt;/i&gt; &#034;un groupe de ses partisans&#034;. &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Quant aux condamnations imm&#233;diates de ces actions par des membres du gouvernement, elles attendront&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces informations, plus ou moins r&#233;sum&#233;es, figurent &#233;galement dans des d&#233;p&#234;ches qui font &#233;tat de diverses condamnation de la suspension des licences de radio ou du &#171; projet de loi sur les d&#233;lits m&#233;diatiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi dans une d&#233;p&#234;che intitul&#233;e &#171; Venezuela : le CPJ d&#233;nonce l'op&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Comme si tous ces faits avaient le m&#234;me sens et la m&#234;me port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de m&#233;dias en ligne se sont born&#233;s &#224; reproduire tout ou partie de ces d&#233;p&#234;ches. C'est le cas par exemple du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; sous le titre : &#171; Venezuela : Globovision prise pour cible &#187; ou de &lt;i&gt;M&#233;tro&lt;/i&gt;, le 4 ao&#251;t, dans l'article intitul&#233; &#171; Venezuela : un nouveau pas vers la censure ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte consciencieusement reproduit, sans alt&#233;ration ni mention d'origine sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ouest France&lt;/i&gt;, en revanche, a propos&#233; une adaptation significative de l'information. Publi&#233; le 3 ao&#251;t &#224; 22h44, un articulet intitul&#233; &#171; Venezuela : des partisans de Chavez attaquent une station de TV d'opposition &#187; r&#233;sumait l'attaque et &#171; pr&#233;cisait &#187; : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Globovision est une petite station qui diffuse des programmes d'information critiques envers Ch&#225;vez. &#187;&lt;/i&gt; La &#171; petite station &#187; en question &#171; couvre &#187; plusieurs r&#233;gions (dont Caracas) o&#249; vivent pr&#232;s de la moiti&#233; des v&#233;n&#233;zu&#233;liens. Quant aux &#171; programmes d'information critiques &#187;, nombre d'entre eux rel&#232;vent de la diffamation et de la d&#233;sinformation. Le taire, c'est interdire de comprendre les motifs des assaillants, aussi condamnable que puisse &#234;tre leur action. Et, information &#233;quilibr&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Le gouvernement Ch&#225;vez a condamn&#233; l'attaque, mais les propri&#233;taires de Globovision disent soup&#231;onner le pr&#233;sident d'en &#234;tre l'instigateur. &#187;. &lt;/i&gt;Soit le type m&#234;me de ces accusations qui entretiennent le &#171; d&#233;bat d&#233;mocratique &#187; au Venezuela. Plus pr&#233;cise, la d&#233;p&#234;che de l'AFP t&#233;moignait d'une accusation l&#233;g&#232;rement plus prudente : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &#034;Nous tenons le pr&#233;sident pour responsable de ce qui s'est pass&#233;&#034;, &lt;i&gt;a affirm&#233; le directeur de la cha&#238;ne, Alberto Federico&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;p&#234;ches de l'AFP font &#233;tat des condamnations internationales, mais aussi de celle d'un &#171; &lt;i&gt;Comit&#233; pour la protection des journalistes (CPJ), une organisation non gouvernementale bas&#233;e &#224; New York &#187;&lt;/i&gt; - sans fournir la moindre indication sur la nature exacte des cette organisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Venezuela : le CPJ d&#233;nonce l'op&#233;ration visant la cha&#238;ne Globovision (AFP (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En revanche, les condamnations de l'attaque par les autorit&#233;s v&#233;n&#233;zu&#233;liennes sont consciencieusement minor&#233;es, voire omises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des condamnations&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or d&#232;s le 3 ao&#251;t &#224; 14h40 (alors que l'attaque avait eu lieu dans la matin&#233;e), on pouvait lire (et entendre) sur le site de VTV (Venezolana de Televisi&#243;n) &#8211; la cha&#238;ne du gouvernement - une d&#233;claration du Ministre de l'int&#233;rieur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous voulons, au nom du Gouvernement Bolivarien, condamner &#233;nergiquement et rejeter ce type d'actions violentes qui se sont produites &#224; l'encontre de la cha&#238;ne Globovision. Nous n'acceptons pas que la violence soit l'instrument par lequel on tranche dans nos divergences. Nous avons, en cons&#233;quence, suivi strictement la loi et avons fait une d&#233;marche juridique vis &#224; vis de la direction Nationale contre les D&#233;lits Organis&#233;s afin d'ouvrir l'enqu&#234;te correspondante ; et quelle que soit la personne impliqu&#233;e dans cette action violente et d&#233;lictueuse, elle doit &#234;tre mise &#224; disposition de la justice v&#233;n&#233;zu&#233;lienne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voici le lien vers la nouvelle dans la VTV, sur le site du Minist&#232;re de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, la ministre de l'Information et de la Communication du Venezuela, Blanca Ekhout, lors d'un contact t&#233;l&#233;phonique avec TeleSur confirme la d&#233;claration du Ministre de l'int&#233;rieur et pr&#233;cise que ce sont les actions comme l'attaque &#224; cette cha&#238;ne priv&#233;e qui permettent aux m&#233;dias d'opposition de &lt;i&gt;&#171; se victimiser afin de d&#233;fendre leur agenda d'agression contre le Gouvernement bolivarien et contre le pr&#233;sident l&#233;gitime Hugo Ch&#225;vez &#187; &lt;/i&gt;Et d'ajouter notamment : &lt;i&gt;&#171; Jamais le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien ne s'est comport&#233; de la sorte : toujours il s'est tenu au respect du droit. Jamais les partisans de notre gouvernement et ceux qui ont d&#233;fendu cette r&#233;volution (qualifi&#233;e de pacifique en d&#233;pit des agressions) n'ont cess&#233; de respecter l' &#233;tat de droit ; nous avons agi sans accepter les provocations dans le but de maintenir la paix et la stabilit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur le site de Telesur. Informations reprises sur le site du minist&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces d&#233;clarations, nous n'avons trouv&#233; aucune trace dans les d&#233;p&#234;ches du m&#234;me jour de l'AFP (du moins parmi celles que nous avons pu consulter). Et nous n'avons d&#233;couvert que de rares allusions &#224; ces d&#233;clarations sur les sites des quotidiens d'opposition du Venezuela. Ainsi sur &lt;a href=&#034;http://www.talcualdigital.com/Avances/Viewer.aspx?id=23957&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site de Tal Cual&lt;/a&gt;, cette &#171; br&#232;ve &#187; elliptique, titr&#233;e &#171; Il promet qu'il va &#8220;punir&#8221; les agresseurs &#187; : &lt;i&gt;&#171; Le ministre de l'int&#233;rieur et de la justice Tareck El Aissami, manifeste son rejet et condamne l'action violente contre Globovision et assure qu'il a donn&#233; des instructions pour trouver les responsables. &#187;&lt;/i&gt; La plupart de ces m&#233;dias manifestent le m&#234;me scepticisme. Et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t, Lina Ron, organisatrice pr&#233;sum&#233;e de l'attaque, se livre volontairement et est arr&#234;t&#233;e. Une d&#233;p&#234;che de l' &lt;a href=&#034;http://www.abn.info.ve/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Agencia Bolivariana de Noticias&lt;/a&gt; (ABN) intitul&#233;e &#171; Le Pr&#233;sident Ch&#225;vez informe de la d&#233;tention de Lina Ron &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lisible sur le site &#171; Aporrea &#187;.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rapporte les propos suivants du pr&#233;sident de la R&#233;publique : &#171; &lt;i&gt;Des &#233;v&#233;nements de ce genre nuisent &#224; la r&#233;volution socialiste car ils sont contre-r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187; Et apr&#232;s avoir fait &#233;tat des remarques priv&#233;es et publiques qu'il dit lui avoir adress&#233;es depuis longtemps : &lt;i&gt;&#171; La camarade Lina Ron fait du mal &#224; la r&#233;volution. Elle fait le jeu de l'ennemi. &#187;&lt;/i&gt; Enfin, apr&#232;s avoir annonc&#233; la mise en d&#233;tention de cette derni&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Elle est arr&#234;t&#233;e, il n'y a pas d'autre solution, elle a viol&#233; la loi et il faut lui appliquer la loi en toute rigueur ainsi qu'&#224; ceux qui l'accompagnaient. On ne peut pas tol&#233;rer des actes de ce genre, qu'ils soient le fait de l'opposition ou de la r&#233;volution. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il des d&#233;clarations d'Hugo Ch&#225;vez dans les m&#233;dias d'opposition au Venezuela ? A dire vrai, pas grand-chose. Qu'en reste-t-il dans les m&#233;dias fran&#231;ais ? Presque rien, si l'on excepte une citation tardive dans le &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;. C'est ainsi que, &lt;strong&gt;le 7 ao&#251;t&lt;/strong&gt;, au d&#233;tour d'un article &#8211; &#171; Au Venezuela, le projet de loi sur les &#034;d&#233;lits m&#233;diatiques&#034; n'est plus d'actualit&#233; &#187; - qui met bout &#224; bout l'abandon de l'examen du &#171; projet de la loi, la suspension de 34 radios et t&#233;l&#233;visions et l'attaque contre Globovision, l'on apprend ceci : &#171; &lt;i&gt;Le parquet a imm&#233;diatement ordonn&#233; la d&#233;tention de la dirigeante politique. Ch&#225;vez a approuv&#233; la mise en d&#233;tention de Lina Ron et critiqu&#233; publiquement l'agression contre le si&#232;ge de Globovision &#187;. &lt;/i&gt;Et l'auteure de l'article de citer Hugo Ch&#225;vez&lt;i&gt; : &#171; &#034;Des actes de cette nature ne peuvent &#234;tre tol&#233;r&#233;s, qu'ils viennent de l'opposition ou non, qu'ils viennent de r&#233;volutionnaires ou de pseudo-r&#233;volutionnaires ou de qui que ce soit&#034;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;a d&#233;clar&#233; le chef de l'Etat. Lina Ron s'est livr&#233;e, mercredi, aux autorit&#233;s. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sait ? Peut-&#234;tre les lecteurs de la presse &#233;crite ou &#233;lectronique en France auraient-ils aim&#233; en &#234;tre inform&#233;s imm&#233;diatement et en savoir plus ? Par exemple sur le fait que la condamnation politique de Lina Ron et son arrestation ont divis&#233; ceux qui soutiennent le gouvernement, entre ceux qui approuvent ses prises de position et ceux qui d&#233;clarent une solidarit&#233; ind&#233;fectible avec Lina Ron et avec son action. Tout n'est pas simple, m&#234;me au Venezuela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;br class='manualbr' /&gt;- Documentation r&#233;unie avec Ra&#250;l Guill&#233;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A suivre : Le &#171; Projet de loi sur les d&#233;lits m&#233;diatiques &#187; et la suppression des licences des radios et t&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression a sans doute &#233;t&#233; reprise d'autres d&#233;p&#234;ches d'agence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les radios, cibles de Ch&#225;vez &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 8 ao&#251;t 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi dans une d&#233;p&#234;che intitul&#233;e &#171; Venezuela : le CPJ d&#233;nonce l'op&#233;ration visant la cha&#238;ne Globovision (AFP 03.08.09 | 21h53) ou dans cette autre : &#171; Venezuela : les USA &#034;profond&#233;ment pr&#233;occup&#233;s&#034; par la fermeture de m&#233;dias. &#187; (AFP 03.08.09 | 23h53).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte consciencieusement reproduit, sans alt&#233;ration ni mention d'origine sur le site de &lt;i&gt;M&#233;tro&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Venezuela : le CPJ d&#233;nonce l'op&#233;ration visant la cha&#238;ne Globovision (AFP 03.08.09 | 21h53 )&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voici le lien vers la nouvelle &lt;a href=&#034;http://www.vtv.gov.ve/noticias-nacionales/21702&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans la VTV&lt;/a&gt;, sur &lt;a href=&#034;http://www.mpprij.gob.ve/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=912:ministro-tarek-el-aissami-rechazo-actos-violentos-contra-globovision&amp;catid=1:ultimas-noticias&amp;Itemid=18&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site du Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et de la Justice&lt;/a&gt;, et sur le portail du Gouvernement (lien p&#233;rim&#233;, octobre 2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur le &lt;a href=&#034;http://www.telesurtv.net/noticias/secciones/nota/55139-NN/gobierno-venezolano-rechaza-ataque-contra-televisora-privada/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de Telesur&lt;/a&gt;. Informations reprises sur le &lt;a href=&#034;http://www.minci.gob.ve/noticias-minci/1/190853/globovision_pretende_%5Cvictimizarse.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du minist&#232;re de l'Information&lt;/a&gt; et sur le &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/oposicion/n139866.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site &#171; Aporrea &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lisible sur &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/ddhh/n139916.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site &#171; Aporrea &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fin de la concession attribu&#233;e &#224; RCTV : Concert de d&#233;sinformation &#224; la fran&#231;aise</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Fin-de-la-concession-attribuee-a-RCTV-Concert-de-desinformation-a-la-francaise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Fin-de-la-concession-attribuee-a-RCTV-Concert-de-desinformation-a-la-francaise</guid>
		<dc:date>2007-06-01T12:00:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
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		<dc:subject>Lib&#233;ration</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Informations unilat&#233;rales et tendancieuses, biais&#233;es et lacunaires, au service d'une condamnation sans appel.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Loin-de-l-Amerique-Latine-" rel="directory"&gt;Loin de l'Am&#233;rique Latine&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Figaro-9-+" rel="tag"&gt;Le Figaro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liberation-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-AFP-+" rel="tag"&gt;AFP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Alexandre-Adler-+" rel="tag"&gt;Alexandre Adler&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reporters-Sans-Frontieres-+" rel="tag"&gt;Reporters Sans Fronti&#232;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le non-renouvellement depuis le 27 mai de la concession hertzienne attribu&#233;e &#224; la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision v&#233;n&#233;zu&#233;lienne Radio Caracas T&#233;l&#233;vision (RCTV) nous a valu un d&#233;ferlement d'informations unilat&#233;rales et tendancieuses, biais&#233;es et lacunaires au service d'une condamnation sans appel. Titres falsificateurs et commentaires acerbes contre Ch&#225;vez &#224; l'appui, les m&#233;dias fran&#231;ais, soutenus par les ma&#238;tres-penseurs du microcosme m&#233;diatique et par l'association anti-chaviste Reporters sans Fronti&#232;res (RSF), ont repris en ch&#339;ur le m&#234;me refrain, r&#233;sum&#233; &#224; merveille par le titre de l'&#233;ditorial du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Censure &#224; la Ch&#225;vez &#187;&lt;/i&gt; (28 mai 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert de r&#233;pondre &#224; des questions s&#233;rieuses et l&#233;gitimes, un concert de d&#233;sinformation... et de propagande &#224; sens unique en guise de controverse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;cision ill&#233;gale ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RCTV, propri&#233;t&#233; de 1 Broadcasting Caracas (1BC), entreprise fond&#233;e en 1930 par William H. Phelps, homme d'affaire &#233;tats-unien vivant &#224; Caracas, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1953. En 1987, sous la pr&#233;sidence de Jaime Lusinchi (du parti &lt;i&gt;Accion&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Democratica&lt;/i&gt;), est adopt&#233; un d&#233;cret qui stipule dans son article 1 : &lt;i&gt;&#171; Les concessions pour la transmission et l'exploitation de cha&#238;nes de t&#233;l&#233;visions et fr&#233;quences de radio seront d&#233;livr&#233;es pour une p&#233;riode de 20 ans &#187;&lt;/i&gt; et reconduit pour une dur&#233;e de 20 ans les concessions d&#233;livr&#233;es avant la date&lt;i&gt; &lt;/i&gt;du d&#233;cret. La concession attribu&#233;e &#224; la cha&#238;ne RCTV par l'Etat devait donc &#234;tre renouvel&#233;e ou prendre fin le 27 mai 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc l&#233;galement que le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien a d&#233;cid&#233; de ne pas renouveler la concession. A strictement parler, il ne s'agit ni de la suppression d'une licence, contrairement &#224; ce qu'affirment &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt; d&#232;s le 10 janvier 2007, quand ils &#233;voquent &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la suppression de la licence&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de la cha&#238;ne de radiot&#233;l&#233;vision d'opposition RCTV&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anne Denis, &#171; Hugo Ch&#225;vez va renationaliser les t&#233;l&#233;coms et l'&#233;lectricit&#233; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;, ni de la fermeture d'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision qui peut continuer &#224; diffuser par d'autres voies que par la voie hertzienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit d'un titre digne d'un &#233;ditorial mensonger - &lt;i&gt;&#171; Ch&#225;vez b&#226;illonne &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;t&#233;l&#233; d'opposition &#187;&lt;/i&gt; - Lamia Oualalou dans &lt;i&gt;Le Figaro &lt;/i&gt;du 26 mai rappelle simplement : &lt;i&gt;&#171; Sur le plan l&#233;gal, le gouvernement est dans son droit. Il ne s'agit pas de la fermeture d'un canal mais du non-renouvellement d'une concession. &lt;/i&gt;&#8220; C'est une d&#233;cision souveraine, l'espace t&#233;l&#233;visuel est public, pas priv&#233;, et faire de RCTV le repr&#233;sentant de la d&#233;mocratie est une blague&#8221;&lt;i&gt;, insiste le sociologue Luis Lander. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, l'&#233;ditorialiste anonyme du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; (dat&#233; du 27-28 mai) - sous le titre &#233;loquent, mais litt&#233;ralement faux : &#171; Censure &#224; la Ch&#225;vez &#187; - affirme que &lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez a ordonn&#233; la disparition de RCTV &#187;&lt;/i&gt;.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;La passion du commentaire hostile d&#233;figure l'information, puisque RCTV pourra continuer &#224; diffuser &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; Internet, le c&#226;ble ou le satellite. Mais selon la loi, sa fr&#233;quence hertzienne revient au service public. &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confondant all&#232;grement libert&#233; de l'information et de la culture et libert&#233; des entreprises m&#233;diatiques priv&#233;es, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; consid&#232;re sans doute qu'une concession de l'espace public hertzien, voire m&#234;me la privatisation d'une entreprise, devient d&#233;finitive lorsqu'elle est accord&#233;e. Avec de tels gardiens des lois, TF1-Bouygues est bien prot&#233;g&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2007, interrog&#233; par le &lt;i&gt;T&#233;l&#233;gramme de Brest&lt;/i&gt; sur la n&#233;cessit&#233; de &#171; &lt;i&gt;remettre en cause l'attribution de TF1 au groupe Bouygues &lt;/i&gt; &#187;, un apprenti dictateur r&#233;pondait qu'il faillait avant tout &#171; &lt;i&gt;faire respecter la loi&lt;/i&gt; &#187; avant d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;La loi vot&#233;e il y a vingt ans&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;stipulait qu'il fallait v&#233;rifier que les engagements pris par les cha&#238;nes, notamment en mati&#232;re de programmes culturels, &#233;taient tenus. Ces rendez-vous fix&#233;s par la loi n'ont jamais &#233;t&#233; honor&#233;s. Et l'on a prolong&#233;, sans que personne ne s'en aper&#231;oive, les concessions sans la moindre discussion. Ce n'est pas juste&lt;/i&gt;. &#187; Cette d&#233;claration de Fran&#231;ois Bayrou - puisque c'est de ce redoutable &#171; chaviste &#187; qu'il s'agit - n'avait pas particuli&#232;rement &#233;mu la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;cision arbitraire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Une d&#233;cision peut &#234;tre l&#233;gale dans son principe et arbitraire par ses motifs et ses modalit&#233;s. Avant d'en juger, pour en juger, encore faut-il disposer d'une information la plus exacte et la plus compl&#232;te possible. Tel n'est pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soucieux de pouvoir affirmer sans crainte d'&#234;tre contredit que la d&#233;cision d'Hugo Ch&#225;vez est totalement arbitraire, Paulo A. Paranagua, dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 25 mai 2007 (sous le titre &lt;strong&gt;&#171; &lt;/strong&gt;Hugo Ch&#225;vez fragilis&#233; par les protestations contre la fermeture d'une cha&#238;ne d'opposition &#187;), &#233;conomise les informations : &lt;i&gt;&#171; Devant le toll&#233; suscit&#233; aussi bien au Venezuela qu'&#224; l'&#233;tranger, il &lt;/i&gt;[le gouvernement] &lt;i&gt;a finalement pr&#233;par&#233; une riposte et publi&#233; un &#034;Livre blanc sur RCTV&#034;, qui m&#233;lange arguments juridiques et politiques. &#187;&lt;/i&gt; Fort de cette affirmation p&#233;remptoire, Paulo A. Paranagua ne retient des 184 pages du &#171; Livre blanc sur RCTV &#187; (qui, publi&#233; en mars 2007 par le Minist&#232;re du Pouvoir Populaire pour la Communication et l'Information du Venezuela, propose sa version de l'&#233;tat des concentrations au Venezuela, de la r&#233;gulation des concessions, des transgressions des lois et r&#232;glements en vigueur), que l'incoh&#233;rence qu'il lui pr&#234;te : &lt;i&gt;&#171; RCTV a &lt;/i&gt;&#034;stimul&#233; la guerre civile et le coup d'Etat&#034;&lt;i&gt;, affirme le livre, en r&#233;f&#233;rence au putsch rat&#233; contre M. Ch&#225;vez en 2002, mais &lt;/i&gt;&#034;il ne s'agit pas de vindicte politique&#034;.&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Si vous voulez en savoir plus et, au moins la version exacte du gouvernement, il ne vous reste plus qu'&#224; lire le Livre Blanc lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui n'est malheureusement plus diponible ou dont l'adresse a chang&#233; sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les motifs du non-renouvellement de la concession, figure en premi&#232;re place la participation de RCTV au coup d'Etat d'avril 2002, traditionnellement affubl&#233; d'adjectifs - &#171; &#233;ph&#233;m&#232;re &#187;, &#171; manqu&#233; &#187;, &#171; avort&#233; &#187; - qui en r&#233;duisent r&#233;trospectivement le sens, comme si son &#233;chec n'&#233;tait pas d&#251; au soutien populaire dont a b&#233;n&#233;fici&#233; Hugo Ch&#225;vez et comme si sa bri&#232;vet&#233; valait absolution politique. Sur France 24, par exemple, le samedi 23 est diffus&#233; un reportage qui se veut &#171; &#233;quilibr&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;et que l'on peut encore voir pendant quelque temps encore sur le site de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui r&#233;sume ainsi : &lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez l'accuse &lt;/i&gt;[RCTV] &lt;i&gt;d'avoir soutenu &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un mini coup d'Etat&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; contre lui en en 2002. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette accusation est-elle fond&#233;e ? La plupart des journalistes, au terme d'une investigation de 5 ans, ne sont pas encore parvenus &#224; se prononcer sur une accusation qu'ils attribuent au seul Hugo Ch&#225;vez et qu'ils n'ont pas encore &#171; recoup&#233;e &#187; ! Deux exceptions m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, Fran&#231;ois Meurisse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans doute moins passionn&#233; que Jean-Herbert Armengaud qui &#171; couvre &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; rapporte partiellement les faits : &lt;i&gt;&#171; Personne dans le pays n'a oubli&#233; l'attitude de la cha&#238;ne durant l'&#233;ph&#233;m&#232;re coup d'Etat contre Hugo Ch&#225;vez qui a eu lieu entre le 11 et le 13 avril 2002. Le 11, la cha&#238;ne avait diffus&#233; des appels &#224; marcher sur le palais pr&#233;sidentiel, une manifestation qui permettra de d&#233;clencher le putsch. Le 13, au contraire, alors que de grands rassemblements r&#233;clament le retour du pr&#233;sident Chavez retenu prisonnier, la cha&#238;ne tait l'information et diffuse &lt;/i&gt;le Livre de la jungle&lt;i&gt;, pr&#233;textant des risques trop &#233;lev&#233;s pour ses &#233;quipes dans les rues de Caracas. Aujourd'hui encore, la directrice de l'information Soraya Castellano soutient que l'attitude de la cha&#238;ne a toujours &#233;t&#233; correcte. Et qu'il n'y a alors pas eu, en avril 2002, de &#8220;coup d'Etat&#8221; mais &#8220;un vide du pouvoir&#8221;, th&#232;se qui n'est plus d&#233;fendue que par les plus &#8220;durs&#8221; de l'opposition. &#187;&lt;/ br &gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L'article paru dans&lt;i&gt; Le Figaro &lt;/i&gt;du 26 mai, d&#233;j&#224; cit&#233;, apr&#232;s avoir soulign&#233; la l&#233;galit&#233; de la d&#233;cision prise, rappelle lui aussi quelques faits &#233;l&#233;mentaires : &lt;i&gt;&#171; Pendant des ann&#233;es, la cha&#238;ne a ouvertement conspir&#233; contre le pr&#233;sident en place en relayant les appels &#224; renverser le r&#233;gime. Lors du coup d'&#201;tat du 11 avril 2002, le canal annon&#231;ait qu'Hugo Ch&#225;vez avait d&#233;missionn&#233; et accept&#233; que le dirigeant du patronat local, Pedro Carmona, assure l'int&#233;rim &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat. En r&#233;alit&#233;, le pr&#233;sident &#233;tait maintenu au secret dans une &#238;le au large du Venezuela par des militaires putschistes. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore ne s'agit-il l&#224; que du r&#244;le jou&#233; par RCTV (et d'autres m&#233;dias priv&#233;s) lors du coup d'Etat. Les actes de d&#233;sinformation intentionnelle et de d&#233;stabilisation, &#224; commencer par le soutien &#224; la gr&#232;ve patronale de 2002, se sont poursuivis depuis et sur RCTV jusqu'&#224; aujourd'hui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; Venezuela : Des m&#233;dias qui r&#234;vent d'un putsch (2002-2004), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons enfin que le lourd passif de RCTV ne date pas de l'arriv&#233;e au pouvoir d'Hugo Ch&#225;vez : la quasi-totalit&#233; des m&#233;dias omettent de mentionner les multiples transgressions de la l&#233;galit&#233; de RCTV qui lui avaient valu d'&#234;tre ferm&#233;e &#224; plusieurs reprises par des pr&#233;d&#233;cesseurs sociaux-d&#233;mocrates ou d&#233;mocrates-chr&#233;tiens de l'actuel Pr&#233;sident&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trois jours de fermeture pour diffusion d'informations erron&#233;es et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pouvant simplement nier ces faits (quand ils ne les dissimulent pas...), des commentateurs se r&#233;fugient derri&#232;re une fine ligne de d&#233;fense : le r&#244;le de RCTV pendant le coup d'Etat aurait d&#251; faire l'objet d'une proc&#233;dure judiciaire. Dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, Fran&#231;ois Meurisse souscrit ainsi aux propos qu'il rapporte : &lt;i&gt;&#171; Le directeur de l'association civile Espace public, Carlos Correa, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;rappelle, lui,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; que la d&#233;fense de la libert&#233; d'expression n'a pas pour objectif&lt;/i&gt; &#8220;de juger de la bonne ou mauvaise pratique du journalisme. Il y a d'autres m&#233;canismes pour &#231;a. Dans le cas de la conduite de RCTV durant le coup d'Etat, c'est &#233;ventuellement un processus judiciaire qui aurait d&#251; se mettre en place contre elle, ce qui n'a jamais &#233;t&#233; fait&#8221;.&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la mansu&#233;tude du gouvernement d'Hugo Ch&#225;vez &#224; l'&#233;gard des participants au coup d'Etat est mise &#224; son d&#233;bit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reste une ultime ligne de d&#233;fense, h&#226;tivement &#233;rig&#233;e par RSF : la preuve que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;cision impopulaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux m&#233;dias fran&#231;ais sont unanimes : la d&#233;cision de Ch&#225;vez est impopulaire au Venezuela. &lt;i&gt;&#171; A en croire des sondages, 80 % des V&#233;n&#233;zu&#233;liens d&#233;sapprouvent la disparition de RCTV, au nom de la libert&#233; de choix des programmes &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Paulo A. Paranagua, d&#232;s le 22 avril 2007, avant de r&#233;p&#233;ter, le 26 mai : &lt;i&gt;&#171; A en croire les sondages, 80% des V&#233;n&#233;zu&#233;liens (...) seraient d&#233;favorables &#224; la fermeture de RCTV. &#187;&lt;/i&gt; Des sondages, dont l'envoy&#233; sp&#233;cial du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; se garde bien de rappeler de quels instituts partisans ils sont l'&#339;uvre : ces m&#234;mes instituts qui pr&#233;disaient une victoire limit&#233;e de Ch&#225;vez lors des derni&#232;res &#233;lections alors qu'il les a remport&#233;es &#224; 63%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les instituts de sondages, voir sur le site de RISAL : Romain Migus, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De son c&#244;t&#233;, Fran&#231;ois Meurisse dans&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt; fait &#233;tat de sondages qui &lt;i&gt;&#171; affirment que 70 % de la population regrette la d&#233;cision de Ch&#225;vez &#187;, &lt;/i&gt;avant d'ajouter, plus prudemment : &lt;i&gt;&#171; Le chiffre est peut-&#234;tre exag&#233;r&#233; mais la mesure est tr&#232;s loin d'&#234;tre populaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons qu'une telle impopularit&#233; soit v&#233;rifi&#233;e. Une information rigoureuse s'interdirait de confondre la question du choix des programmes de divertissement et celle du pluralisme des informations. Accepterait-on, en France, qu'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision comme TF1 puisse se pr&#233;valoir de la popularit&#233; de &#171; Qui veut gagner des millions ? &#187; pour transgresser impun&#233;ment la l&#233;gislation en vigueur ? &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; s'&#233;meut parce que la &#171; censure &#187; &lt;i&gt;&#171; prive un public populaire de ses programmes favoris &#187;&lt;/i&gt;. Qu'on s'en r&#233;jouisse ou le d&#233;plore, c'est vraisemblable. Faut-il en conclure que des programmes populaires ne peuvent pas &#234;tre remplac&#233;s par d'autres ? Et que le quotidien vesp&#233;ral aurait protest&#233; si le public fran&#231;ais avait &#233;t&#233; priv&#233; des &#233;missions de t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233;, en s'insurgeant, comme il le fait &#224; propos du Venezuela contre un &lt;i&gt;&#171; coup rude port&#233; &#224; la libert&#233; d'expression &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;cision liberticide ? &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre d'une d&#233;p&#234;che AFP (28 mai 2007) donne le ton : &lt;i&gt;&#171; Venezuela : &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la derni&#232;re &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;cha&#238;ne d'opposition &#224; Ch&#225;vez a cess&#233; d'&#233;mettre &#187;&lt;/i&gt;. Sur le site de France 2, on pouvait lire, publi&#233; le 28 mai &#224; 11h14, un article titr&#233;&lt;i&gt; &#171; Venezuela : il n'y a plus de t&#233;l&#233; d'opposition. &#187;&lt;/i&gt;. Sur la m&#234;me cha&#238;ne, Philippe Rochot entame ainsi son commentaire dans le JT de 13 heures du 29 mai (France 2) : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait l'un des derniers bastions de la libert&#233; de la presse au Venezuela et toute la nuit ces manifestants ont tent&#233; de le d&#233;fendre. &#187;&lt;/i&gt; La derni&#232;re cha&#238;ne d'opposition, vraiment ? L'un des derniers bastions de la libert&#233; de la presse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erreur de traduction ou d&#233;sinformation intentionnelle ? La d&#233;p&#234;che de l'AFP, d&#233;j&#224; cit&#233;e, annonce : &lt;i&gt;&#171; la naissance de la nouvelle cha&#238;ne de&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &#034;t&#233;l&#233;vision socialiste&#034;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; (TVES) &#187;&lt;/i&gt;. On chercherait en vain l'adjectif &#171; socialiste &#187; dans la d&#233;nomination de la cha&#238;ne : &#171; Televisora Venezolana Social &#187;. Ignorance significative ou omission d&#233;lib&#233;r&#233;e ? Le r&#233;dacteur de l'AFP oublie de signaler que le nom de la nouvelle cha&#238;ne TVES est un acronyme qui fonctionne comme un jeu de mot. En espagnol, T Ves veut dire &#171; tu te vois &#187; ce qui indique la volont&#233; de ses promoteurs d'en faire &#171; la premi&#232;re cha&#238;ne de service public &#187; nationale. Cette d&#233;formation de la r&#233;alit&#233; est reprise par &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (28 mai 2007) : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;RCTV&lt;i&gt; sera remplac&#233;e par une t&#233;l&#233; dite &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#034;socialiste&#034;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la &#171; derni&#232;re &#187; cha&#238;ne d'opposition est remplac&#233;e par une &#171; cha&#238;ne socialiste &#187;, c'est &#233;videmment une dictature qui s'instaure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, aujourd'hui encore, les m&#233;dias priv&#233;s utilisent 78% des fr&#233;quences VHF et 82% des fr&#233;quences UHF disponibles au Venezuela... et toutes les cha&#238;nes priv&#233;es (radios et t&#233;l&#233;visions) sont loin d'&#234;tre favorables &#224; Ch&#225;vez. Avec un peu plus de rigueur, le r&#233;dacteur de l'AFP n'aurait pas &#233;crit la &lt;i&gt;&#171; derni&#232;re &#187;&lt;/i&gt; cha&#238;ne d'opposition mais, plut&#244;t, &#171; la plus virulente &#187; des cha&#238;nes d'opposition. Il est vrai que RCTV est l'une des plus importantes et la plus ancienne cha&#238;ne priv&#233;e du Venezuela mais ce n'est pas la seule. Les cha&#238;nes nationales de TV, Globovision, Televen, CMT et Venevision du magnat latino am&#233;ricain Gustavo Cisneros (dont les locaux servirent &#224; pr&#233;parer le putsch d'avril 2002), sont toutes des cha&#238;nes d'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, une fois de plus, d&#233;sinforme par omission. Dans un inimitable commentaire, l'&#233;ditorialiste anonyme ass&#232;ne que l'attribution &#224; TVES de la fr&#233;quence hier encore &#224; RCTV &lt;i&gt;&#171; r&#233;duit le pluralisme et augmente la concentration de l'audiovisuel aux mains du gouvernement &#187;. &lt;/i&gt;Une concentration qui existait d&#233;j&#224; &lt;i&gt;&#171; aux mains du gouvernement &#187;&lt;/i&gt; et qui &lt;i&gt;&#171; augmente &#187;&lt;/i&gt; ? Un &lt;i&gt;&#171; pluralisme &#187;&lt;/i&gt; qui se r&#233;duit ? &lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; manifestement, est mal inform&#233; et entend le rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore dans le &lt;i&gt;Figaro &lt;/i&gt;que l'on peut lire quelques fragments de v&#233;rit&#233;, en d&#233;pit du flou partisan du commentaire final : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Pendant des ann&#233;es, le secteur priv&#233;, contr&#244;l&#233; par l'opposition, a domin&#233; le paysage de la presse &#233;crite et t&#233;l&#233;visuelle&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, avec cinq cha&#238;nes - Venevisi&#243;n, RCTV, Globovisi&#243;n, Televen and CMT - et neuf des dix principaux quotidiens. &#192; chaque offensive pour d&#233;loger Hugo Ch&#225;vez, les m&#233;dias ont perdu de la cr&#233;dibilit&#233;, alors que le chef de la r&#233;volution bolivarienne en profitait pour concentrer les pouvoirs. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne demandons pas au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; plus qu'il ne peut donner. Quelques pr&#233;cisions font ici d&#233;faut, et notamment celle-ci : jusqu'&#224; pr&#233;sent, c'est gr&#226;ce au gouvernement d'Hugo Ch&#225;vez que le pluralisme n'a pas &#233;t&#233; totalement confisqu&#233; par l'opposition, que la diversit&#233; sociale du pays a &#233;t&#233; enfin respect&#233;e et que la diversit&#233; culturelle a &#233;t&#233; &#233;tendue : par la cr&#233;ation de la cha&#238;ne &lt;i&gt;Vive TV&lt;/i&gt; et le d&#233;veloppement des m&#233;dias communautaires. Rares, tr&#232;s rares, sont les informations les concernant dans les principaux m&#233;dias fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les m&#233;dias communautaires, lire ici m&#234;me : Venezuela : &#171; M&#233;dias contre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias fran&#231;ais s'inqui&#232;tent d'un &#233;ventuel &#233;tranglement du pluralisme politique, Mais de quel pluralisme parle-t-on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- S'agit-il du &lt;i&gt;pluralisme externe&lt;/i&gt; qui r&#233;sulte de la diversit&#233; des opinions politiques entre les divers m&#233;dias ? Il faut alors souligner que si le pluralisme audiovisuel au Venezuela rev&#234;t, jusqu'&#224; pr&#233;sent, la forme d'une confrontation entre cha&#238;nes d'opposition et cha&#238;nes pro-gouvernementales, c'est d'abord en raison de l'h&#233;g&#233;monie initiale... des cha&#238;nes d'opposition : une h&#233;g&#233;monie qui n'a gu&#232;re inqui&#233;t&#233; les m&#233;dias dominants en France. Or, soudainement,&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt; s'insurge contre un &lt;i&gt;&#171; coup rude port&#233; &#224; la libert&#233; d'expression au Venezuela &lt;/i&gt; &#187; et s'indigne : &lt;i&gt;&#171; A la suite de la disparition de RCTV des ondes hertziennes, lundi 28 mai, il ne restera plus qu'une cha&#238;ne d'opposition, dont le signal ne d&#233;passe pas Caracas et dont l'audience est n&#233;gligeable. &#187;&lt;/i&gt; C'est une falsification grossi&#232;re... digne des Rantanplans sans Fronti&#232;res (voir plus bas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- S'il s'agit, non plus du pluralisme externe, mais du &lt;i&gt;pluralisme interne&lt;/i&gt; &#224; chaque cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision, force est de constater qu'il est plut&#244;t maltrait&#233;. Mais, jusqu'&#224; une date r&#233;cente, la responsabilit&#233; en incombait d'abord &#224; l'h&#233;g&#233;monie exerc&#233;e par des m&#233;dias priv&#233;s intervenant comme des acteurs politiques &#224; part enti&#232;re pour tenter de d&#233;stabiliser le r&#233;gime d'Hugo Ch&#224;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article qui ne comporte que des informations &#171; &#224; charge &#187; et le plus souvent biais&#233;es, Paulo A. Paranagua, sous le titre &lt;i&gt;&#171; Hugo Ch&#225;vez fait taire la principale cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;dige pour &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (dat&#233; du 29 mai 2007) un &#233;ditorial compl&#233;mentaire dans lequel chaque expression est un commentaire hostile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le m&#234;me Paolo A. Paranagua a offert aux lecteurs du Monde un portrait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Exemple d'information partisane, unilat&#233;rale et tronqu&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Les ondes hertziennes offrent d&#233;sormais&lt;/i&gt; &#034;un paysage audiovisuel monocolore&lt;i&gt;&#034;, estime Marcelino Bisbal, de l'Universit&#233; catholique. Une &#233;tude de l'Institut de recherches en communication (Ininco) r&#233;v&#232;le que 74 % des contenus de la cha&#238;ne publique Venezolana de Television rel&#232;vent de la propagande gouvernementale. &#187;&lt;/i&gt; Sans doute l'envoy&#233; sp&#233;cial du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; ignore-t-il ce que rappelle &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; sur son site : &lt;i&gt;&#171; Des &#233;tudes de contenu effectu&#233;es sur le mois de janvier 2007 montrent que, dans ses programmes, elle &lt;/i&gt;[RCTV] &lt;i&gt;a invit&#233; 21 personnalit&#233;s hostiles au gouvernement, et aucune qui lui soit favorable. Le m&#234;me mois, une des quatre autres grandes cha&#238;nes priv&#233;es, Globovisi&#243;n, a invit&#233; 59 opposants &#224; M. Ch&#225;vez et 7 de ses partisans. Seule Televen a respect&#233; la parit&#233; : deux de chaque camp. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Cassen, &#171; D&#233;sinformation sur le Venezuela &#187;, mai 2007.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'importe quel observateur de la r&#233;alit&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne sait que la cha&#238;ne publique&lt;i&gt; Venezolana de Television &lt;/i&gt;n'avait - h&#233;las - pas le choix face &#224; l'h&#233;g&#233;monie m&#233;diatique des m&#233;dias priv&#233;s d'opposition. Elle dispose de ce choix d&#233;sormais : qui pourrait s'en plaindre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre Alexandre Adler et ses &#233;mules... Pour le grand Alexandre, sur France Culture (29 mai 2007), tout est simple (et m&#234;me amusant...) : &lt;i&gt;&#171; c'est une affaire qui ne peut que, comme d'habitude, soulever l'indignation et faire sourire car nous sommes quand m&#234;me dans un pays cr&#233;ole. (...) &lt;/i&gt;Ce&lt;i&gt; pouvoir autoritaire et ces mesures qui rappellent Cuba, mais un Cuba disons dans lequel les munitions auraient &#233;t&#233; remplac&#233;es par des balles en plastique. &#187; &lt;/i&gt;Dans sa chronique matinale, il en profite pour bougonner contre France Culture, trop complaisante &#224; son go&#251;t &#224; l'&#233;gard de Ch&#225;vez : &lt;i&gt;&#171; On a un peu comment&#233;, tr&#232;s favorablement sur cette antenne, un peu moins favorablement ailleurs, la fermeture de la t&#233;l&#233;vision, la derni&#232;re t&#233;l&#233;vision ind&#233;pendante au Venezuela, par Hugo Ch&#225;vez. &#187;&lt;/i&gt; Grognement qui fait sourire Ali Badou, l'animateur de la tranche matinale : &lt;i&gt;&#171; une pr&#233;cision, Alexandre : mais qui a vu sur notre antenne d'un &#339;il favorable la fermeture de la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision par Hugo Ch&#225;vez ? &#187; &lt;/i&gt;C'est vrai, ce serait &#233;tonnant... La r&#233;ponse d'Alexandre Adler ne l'est pas vraiment : &lt;i&gt;&#171; Ah bien, on a rappel&#233; lourdement que cette cha&#238;ne avait soutenu le coup d'&#233;tat pendant deux jours, que donc il ne l'avait pas vol&#233; et que finalement ce n'&#233;tait qu'une justice redistributive ou r&#233;tributive, qui la frappait enfin. Pour l'instant les Barrios de Caracas n'ont pas vu la subtilit&#233; qu'&#233;videmment une cha&#238;ne culturelle comme la n&#244;tre est en droit de mettre en avant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Transcription de Thierry.&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Rappeler que la cha&#238;ne RCTV avait soutenu plus que symboliquement le coup d'&#233;tat orchestr&#233; contre Hugo Ch&#225;vez, ce serait commenter &lt;i&gt;&#171; tr&#232;s favorablement &#187;&lt;/i&gt; la fermeture de la RCTV. La devise d'Adler ? La propagande ou le chaos !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement du Venezuela dispose enfin de moyens notablement accrus pour faire vivre et d&#233;velopper, du moins s'agissant de la t&#233;l&#233;vision, le pluralisme politique et la diversit&#233; culturelle. Comme tout pouvoir, il peut abuser de celui dont il dispose. Mais, comme tout pouvoir d&#233;mocratique, il peut contribuer &#224; d&#233;velopper une d&#233;mocratie sociale et participative conforme &#224; ses ambitions. Le gouvernement du Venezuela s'est heureusement plac&#233; lui-m&#234;me &#224; la crois&#233;e des chemins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'observation des m&#233;dias, aussi engag&#233;e soit-elle, est ind&#233;pendante des gouvernements quels qu'ils soient. Mais la vigilance quand elle est solidaire a besoin d'informations : ce n'est pas dans les m&#233;dias dominants que nous les trouverons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire nos rubriques &#171; Loin du Venezuela &#187; et &#171; Ch&#225;vez, antis&#233;mite ? &#187;.&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler et Mathias Reymond&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'avant-garde....&lt;/ br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rantanplans Sans Fronti&#232;res (RSF) &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilis&#233;e au secours de la libert&#233; (d'entreprendre), sous couvert de d&#233;fendre le pluralisme dont la quasi-inexistence au Venezuela l'inqui&#233;tait fort peu tant que la majorit&#233; de la population en &#233;tait la victime, Reporters Sans Fronti&#232;res s'indigne et &lt;i&gt;&#171; appelle la communaut&#233; internationale &#224; se mobiliser pour d&#233;noncer ce coup de force et d&#233;fendre ce qui reste de m&#233;dias ind&#233;pendants au Venezuela &#187;&lt;/i&gt;. Pour quels motifs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; En s'en prenant &#224; RCTV, Hugo Ch&#225;vez a r&#233;duit au silence la t&#233;l&#233;vision la plus populaire du pays et la seule cha&#238;ne nationale encore critique &#224; son &#233;gard. &#187;&lt;/i&gt;. La t&#233;l&#233;vision la plus populaire ? Sans doute, si l'on s'en remet &#224; son audience. RSF qui ne recule devant aucun argument condamne ainsi par avance toute remise en cause de la concession de TF1 &#224; Bouygues ou &#224; un quelconque groupe priv&#233;. La seule cha&#238;ne vraiment nationale ? C'est &#224; peu pr&#232;s exact, &#224; condition de pr&#233;ciser que les autres, &#224; commencer par les cha&#238;nes publiques elles-m&#234;mes, ne sont pas toutes strictement provinciales. Mais la seule cha&#238;ne &lt;i&gt;&#171; encore critique &#187; &lt;/i&gt; ? C'est &#233;videment totalement faux. Et RSF de pr&#233;ciser un peu plus loin que si les autres cha&#238;nes n'ont pas &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;es, c'est parce qu'elles ont &lt;i&gt;&#171; adopt&#233; une position complaisante vis-&#224;-vis du r&#233;gime &lt;/i&gt; &#187;. Mensonge &#233;hont&#233; s'agissant non seulement de Globovision qui poursuit son entreprise de d&#233;stabilisation du r&#233;gime, mais de la plupart des autres cha&#238;nes, libres d'exprimer les critiques les plus virulentes. Doit-on en conclure que pour RSF, la &#171; complaisance &#187; ne cesse que lorsqu'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision incite &#224; bafouer la l&#233;gislation en vigueur ? Et la tr&#232;s &#171; subversive &#187; RSF, quand les int&#233;r&#234;ts des propri&#233;taires des m&#233;dias sont en cause, de conclure : &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, Hugo Ch&#225;vez contr&#244;le directement ou indirectement la quasi-totalit&#233; des m&#233;dias audiovisuels. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; concluait : &#171; &lt;i&gt;Avec M. Ch&#225;vez, la d&#233;mocratie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne est menac&#233;e. &#187; &lt;/i&gt;RSF va plus loin : la menace est d&#233;j&#224; ex&#233;cut&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anne Denis, &#171; Hugo Ch&#225;vez va renationaliser les t&#233;l&#233;coms et l'&#233;lectricit&#233; &#187;, &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;, 10/01/2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui n'est malheureusement plus diponible ou dont l'adresse a chang&#233; &lt;a href=&#034;http://www.rnv.gov.ve&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site&lt;/a&gt; (12 mars 2010).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;et que l'on peut encore voir pendant quelque temps encore &lt;a href=&#034;http://www.france24.com/france24Public/fr/nouvelles/amerique/20070526-venezuela-Ch&#225;vez-rctv-fermeture-armee.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de la cha&#238;ne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans doute moins passionn&#233; que Jean-Herbert Armengaud qui &#171; couvre &#187; r&#233;guli&#232;rement le Venezuela pour le quotidien. Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/mot839.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1899.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Venezuela : Des m&#233;dias qui r&#234;vent d'un putsch (2002-2004)&lt;/a&gt;, par Fernando Malverde. Le &#171; Livre Blanc &#187; recense plus de 100 actes que ses auteurs estiment ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Trois jours de fermeture pour diffusion d'informations erron&#233;es et tendancieuses contre le pr&#233;sident de la R&#233;publique en 1976 ; 36 heures de fermeture pour programmation sensationnaliste en 1980 ; 24 heures pour diffusion de programme &#224; caract&#232;re pornographique en 1981 ; 24 heures de fermeture pour publicit&#233; pour le tabac en 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Reste une ultime ligne de d&#233;fense, h&#226;tivement &#233;rig&#233;e par RSF : la preuve que le non-renouvellement est un pr&#233;texte, c'est que les autres t&#233;l&#233;visions n'ont pas &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;es. L'auraient-elles &#233;t&#233;, nul doute que l'association se serait tue !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les instituts de sondages, voir sur le site de RISAL : Romain Migus, &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1965&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Derri&#232;re le masque d&#233;mocratique de l'opposition v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1063&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sondages tendancieux et manipulations au Venezuela&lt;/a&gt;, par Jonah Gindin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les m&#233;dias communautaires, lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2147.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Venezuela : &#171; M&#233;dias contre m&#233;dias &#187; (&lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, extraits)&lt;/a&gt;, par Renaud Lambert et l'article complet &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2005/06/LAMBERT/12520&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; - Sur &lt;i&gt;Vive TV&lt;/i&gt;, lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1742.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Venezuela : &lt;i&gt;Vive TV&lt;/i&gt;, une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision communautaire publique &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le m&#234;me Paolo A. Paranagua a offert aux lecteurs du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; un portrait hagiographique &#224; la gloire d''une &#171; &lt;i&gt;grande vedette de la t&#233;l&#233;vision v&#233;n&#233;zu&#233;lienne&lt;/i&gt; &#187; : &#171; Miguel Angel Rodriguez, une voix de trop pour Hugo Ch&#225;vez &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 25 mai 2007). Pour un anti-portait, lire, de Romain Migus, &lt;a href=&#034;http://cbparis.over-blog.com/article-10643173.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; encense un journaliste de &lt;i&gt;RCTV&lt;/i&gt; employ&#233; par le gouvernement des Etats-Unis &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Cassen, &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-05-30-Venezuela&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; D&#233;sinformation sur le Venezuela &#187;&lt;/a&gt;, mai 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Transcription de Thierry.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire nos rubriques &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique179.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Loin du Venezuela &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique355.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ch&#225;vez, antis&#233;mite ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gustavo Cisneros, le Murdoch du Venezuela </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Gustavo-Cisneros-le-Murdoch-du-Venezuela</link>
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		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;... aime se pr&#233;senter comme l'homme le plus riche d'Am&#233;rique latine et comme le plus puissant baron des m&#233;dias du continent&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-au-Venezuela-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Venezuela&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de &#171; Tribune &#187;, un article de Richard Gott publi&#233; dans le n&#176;39, mai-juin 2006 de la &lt;a href=&#034;http://newleftreview.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;New Left Review&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et traduit par Raphaelle Barret, Fr&#233;d&#233;ric L&#233;v&#234;que &amp; Isabelle Dos Reis, pour le &lt;a href=&#034;http://www.risal.collectifs.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RISAL (R&#233;seau d'information et de solidarit&#233; avec l'Am&#233;rique latine)&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;Acrimed)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec une fortune de plus de 4 milliards de dollars, Gustavo Cisneros aime se pr&#233;senter comme l'homme le plus riche d'Am&#233;rique latine et comme le plus puissant baron des m&#233;dias du continent, l'&#233;quivalent latino-am&#233;ricain de Murdoch ou de Berlusconi. Depuis 1961, l'Organizaci&#243;n Cisneros est propri&#233;taire de Venevisi&#243;n, la principale cha&#238;ne commerciale de t&#233;l&#233;vision du Venezuela - mieux connue &#224; l'&#233;tranger pour sa f&#233;roce opposition &#224; Chavez lors du coup d'Etat de 2002&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Consultez le dossier Coup d'&#201;tat au Venezuela sur le RISAL [NDLR - Note du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et pour qualifier sans rel&#226;che les supporters de ce dernier de &#171; populace &#187; et de &#171; singes &#187;. Depuis les ann&#233;es 1980, il a &#233;tendu son empire &#224; travers l'Am&#233;rique latine avec Chilevisi&#243;n au Chili, Caracol TV en Colombie et en acqu&#233;rant une part majoritaire dans DirecTV Latin America dont le satellite transmet un menu &#224; base de sports, de jeux t&#233;l&#233;vis&#233;s, de &lt;i&gt;telenovelas &lt;/i&gt;et de journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s &#171; pr&#233;dig&#233;r&#233;s &#187; dans vingt pays d'Am&#233;rique latine. Gustavo Cisneros d&#233;tient &#233;galement une part lucrative de Univisi&#243;n, la principale cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision de langue espagnole aux Etats-Unis et un &lt;i&gt;joint-venture&lt;/i&gt; avec Aol/TimeWarner d'acc&#232;s &#224; Internet en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2305 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/IMG/bmp/gustavo-cisneros.bmp' width='254' height='222' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme de nombreux riches latino-am&#233;ricains, Cisneros est un vrai cam&#233;l&#233;on en mati&#232;re de nationalit&#233;. V&#233;n&#233;zu&#233;lien &#224; l'origine - il est n&#233; &#224; Caracas en 1945, d'un p&#232;re chef d'entreprise cubain et d'une m&#232;re v&#233;n&#233;zu&#233;lienne -, il fit ses &#233;tudes et son apprentissage des m&#233;dias aux Etats-Unis. Mais il est aussi citoyen espagnol, &#224; la demande personnelle du roi Juan Carlos, am&#233;ricain &#224; New York, cubain &#224; Miami, et dominicain en R&#233;publique dominicaine o&#249; sa base principale - la Casa Bonita, pr&#232;s de la plage La Ramona - est situ&#233;e dans un ghetto de retrait&#233;s milliardaires eux aussi d'origine cubaine, qui ont fait fortune dans le sucre, le rhum ou l'immobilier. Le style de vie cosmopolite de Cisneros lui permet d'&#233;largir les horizons limit&#233;s qui sont ceux d'un pays d'Am&#233;rique latine qui joue traditionnellement dans une &#233;quipe de seconde division. Un V&#233;n&#233;zu&#233;lien, selon une vieille et irr&#233;v&#233;rencieuse plaisanterie latino-am&#233;ricaine, est un Panam&#233;en qui pense qu'il est un Argentin. Comme de nombreux riches hispano-am&#233;ricains, Cisneros a toujours trouv&#233; son propre pays trop &#233;troit pour lui permettre d'exploiter tous ses talents et trop instable pour y laisser toute la fortune qu'il a accumul&#233;e. Homme de l'ombre fournissant au capitalisme am&#233;ricain une puissance locale &#224; l'ext&#233;rieur des Etats-Unis, il est une illustration saisissante du pourquoi il n'y a aucune bourgeoisie nationale au Venezuela. Cisneros est pieds et poings li&#233; &#224; l'Empire et en a &#233;t&#233; &#233;l&#233;gamment r&#233;compens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habile en mati&#232;re d'autopromotion, Cisneros peut aujourd'hui se vanter d'une brillante biographie, de Pablo Bachelet, avec une pr&#233;face &#233;logieuse sign&#233;e par le romancier lib&#233;ral mexicain Carlos Fuentes. Les motifs pour lesquels Bachelet - moiti&#233; Chilien, journaliste financier &#224; Washington, ex-Dow Jones, aujourd'hui Reuters - a accept&#233; d'&#233;crire cette biographie sont faciles &#224; comprendre. En effet, Bachelet a eu un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; &#224; la famille Cisneros, et la plus grande partie de son r&#233;cit - qui se lit tr&#232;s facilement - est tir&#233; mot pour mot des id&#233;es de Gustavo lui-m&#234;me, qui a sans doute &#233;galement fourni toutes les photos montrant le &#171; chef d'entreprise mondial &#187; tout sourire avec le Pape, le Dalai Lama, Kissinger, Deng Xiaoping, Walesa, Mandela, Thatcher, Netanyahu, Agnelli et bien s&#251;r les pr&#233;sidents Carter, Reagan, Bush, Clinton et Bush. Pourquoi Fuentes, autrefois pilier de la litt&#233;rature progressiste latino-am&#233;ricaine et d&#233;fenseur de la premi&#232;re heure de la r&#233;volution cubaine, a-t-il choisi d'accrocher son wagon &#224; un personnage tel que Cisneros, quand d'autres ren&#233;gats litt&#233;raires des sph&#232;res anglo-saxonnes ou europ&#233;ennes h&#233;siteraient &#224; faire de m&#234;me pour Murdoch ou Berlusconi ? Cela ne peut se comprendre que dans le contexte latino-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gustavo est le quatri&#232;me fils de Diego Cisneros, qui &#233;tait d&#233;j&#224; un important chef d'entreprise &#224; Caracas. A la mort de son p&#232;re cubain, le jeune Diego partit avec sa m&#232;re v&#233;n&#233;zu&#233;lienne &#224; Trinidad o&#249; il fit sa scolarit&#233; en bon &#233;colier d'un dominion britannique. Devenu jeune homme, il s'installa &#224; Caracas et peu apr&#232;s, gr&#226;ce &#224; son anglais courant et &#224; son charme consid&#233;rable, il devint vendeur pour des firmes &#233;tats-uniennes d'automobiles, vendant des Chrysler et des Studebakers sur un march&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lien en plein essor dans les ann&#233;es 1930. Il g&#233;rait en m&#234;me temps un r&#233;seau de bus - des camions reconvertis - qui desservait Catia, une banlieue de travailleurs de Caracas perch&#233;e au sommet d'une colline. La fortune de Cisneros d&#233;colla au d&#233;but de la Seconde guerre mondiale quand la famille acquit les droits de mise en bouteille et de distribution de Pepsi Cola. Selon la l&#233;gende locale (bien que Bachelet ne mentionne pas cet &#233;pisode), des hommes au service de Diego ont pouss&#233; les camions Coca-Cola du haut d'une falaise, privant ainsi son rival de ses si facilement reconnaissables bouteilles en forme de jupe, introuvables jusqu'&#224; ce que la paix soit d&#233;clar&#233;e. Pepsi est rapidement devenu num&#233;ro un - en Am&#233;rique latine uniquement - et il l'est rest&#233; au Venezuela pendant des ann&#233;es. Comme Bachelet le rapporte sur un ton approbateur, Cisneros &lt;i&gt;p&#232;re&lt;/i&gt; mit bient&#244;t sous son contr&#244;le tout produit intervenant dans la production du Pepsi : verre, bouteilles, bouchons, sucre, ph&#233;nol, caisses et emballage. Un peu plus tard, l'entreprise commen&#231;a &#224; op&#233;rer dans d'autres pays d'Am&#233;rique latine, d'abord en Colombie, puis au Br&#233;sil. Dans les ann&#233;es 1950, Diego se tourna vers la radio et l'embryonnaire industrie t&#233;l&#233;visuelle. En 1961, il fonda une nouvelle cha&#238;ne, Venevisi&#243;n, &#224; laquelle Gustavo allait consacrer une attention toute particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compagnie Cisneros des ann&#233;es 50 et 60 &#233;tait dans une position centrale pour ouvrir la voie au capital nord-am&#233;ricain. Ainsi, elle devint membre d'une nouvelle &#233;lite au Venezuela qui fleurit &#224; travers la distribution lib&#233;rale par l'Etat (plus exactement par les partis politiques) des revenus p&#233;troliers croissants. La richesse et le pouvoir de l'oligarchie terrienne s'&#233;taient affaiblis depuis les premi&#232;res ann&#233;es du 20e si&#232;cle, quand l'agriculture avait commenc&#233; &#224; d&#233;cliner de fa&#231;on importante. Avec une urbanisation et un secteur public en expansion, les profits du secteur priv&#233; &#233;taient li&#233;s dans l'apr&#232;s-guerre aux croissantes importations de biens - surtout des Etats-Unis. Le projet de la famille Cisneros, comme ceux d'autres familles blanches de chefs d'entreprise install&#233;es dans beaucoup d'autres pays d'Am&#233;rique latine, &#233;tait d'apporter aux classes moyennes florissantes d'Am&#233;rique latine les conforts particuliers de la civilisation nord-am&#233;ricaine - son alimentation, sa culture, ses loisirs, ses produits de beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diego Cisneros &#233;tait un bon ami de R&#243;mulo Betancourt, le leader fondateur de Acci&#243;n Democr&#225;tica, qui l'avait aid&#233; lors du lancement de Venevisi&#243;n. La famille resterait toujours tr&#232;s proche des leaders ult&#233;rieurs d'Acci&#243;n Democr&#225;tica tout comme de ceux de COPEI, l'autre principal parti bourgeois, dans les rotations &#224; la &lt;i&gt;Tweedledum et Tweedledee&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Personnages jumeaux de &#171; Alice aux pays des merveilles &#187;. [NDLR]&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui ont constitu&#233; la d&#233;mocratie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne pendant quarante ans apr&#232;s 1958. La famille &#233;tait particuli&#232;rement proche du notoirement corrompu Carlos Andr&#233;s P&#233;rez, pr&#233;sident &#224; deux reprises durant les ann&#233;es fastes au milieu des ann&#233;es 1970 et au tournant de la crise des ann&#233;es 1990, quand il fut chass&#233; pour d&#233;tournement de fonds. Pedro Tinoco, puissant banquier d'Acci&#243;n Democr&#225;tica, fut un autre alli&#233; vital de la famille. Il joua le r&#244;le de &lt;i&gt;consigliere &lt;/i&gt;pour la famille Cisneros dans ses transactions avec des entreprises nord-am&#233;ricaines. Tinoco fut ministre des Finances du Venezuela de 1969 &#224; 1972 et pr&#233;sident de la Banque centrale sous P&#233;rez de 1989 &#224; 1992. Il est mort juste avant l'effondrement de la banque Banco Latino, dont il avait &#233;t&#233; le pr&#233;sident, qui a provoqu&#233; la crise financi&#232;re v&#233;n&#233;zu&#233;lienne de 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970, Gustavo, alors &#226;g&#233; de 25 ans, reprit l'affaire familiale, quand son p&#232;re devint handicap&#233; suite &#224; une attaque c&#233;r&#233;brale. Il avait obtenu un dipl&#244;me au Babson College en 1968 et puis avait travaill&#233; deux ans chez ABC Television &#224; Detroit, Chicago, Los Angeles et New York. En 1970, il se maria &#171; en toute simplicit&#233; &#187; &#224; la Cath&#233;drale Saint Patrick de Manhattan. Un mariage dynastique r&#233;ussi avec Patty Phelps, dont le p&#232;re am&#233;ricain, comme Diego Cisneros, s'&#233;tait lui-m&#234;me &#233;tabli &#224; Caracas comme vendeur pour Ford Motors, les machines &#224; coudre Singer et les machines &#224; &#233;crire Underwood. Les Phelps &#233;taient aussi les propri&#233;taires fondateurs de Radio Caracas, dont la branche t&#233;l&#233;visuelle, RCTV, &#233;tait le principal concurrent de Venevisi&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les ann&#233;es 1970, le Venezuela riche en p&#233;trole fut inond&#233; de p&#233;trodollars. Ses relations politiques n'&#233;taient pas suffisantes en 1975 pour assurer &#224; Cisneros sa participation dans un ambitieux plan d'acquisition d'usines p&#233;trochimiques. Bachelet rapporte que malheureusement &#171; &lt;i&gt; avoir convaincu le Pr&#233;sident n'&#233;tait pas suffisant &lt;/i&gt; &#187; : en d&#233;pit du soutien de Carlos Andr&#233;s P&#233;rez, le projet Pentacom de Cisneros &#233;tait bloqu&#233; du fait d'une forte opposition de d&#233;put&#233;s - dont les noms ne sont pas mentionn&#233;s dans le texte plut&#244;t opaque de Bachelet - qui estimaient que cela revenait &#224; remettre une industrie strat&#233;gique du Venezuela aux mains d'entreprises transnationales. Mais, coup du destin, en 1976, l'empire des supermarch&#233;s de la famille Rockefeller en Am&#233;rique latine fut d&#233;membr&#233; sous la r&#233;glementation du Pacte andin. Assist&#233;e par Tinoco, la famille Cisneros s'empara alors d'un coup de la branche v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, acquerrant 48 supermarch&#233;s et une douzaine de distributeurs de boissons gazeuses. Les Cisneros &#233;taient maintenant en mesure d'int&#233;grer leurs diff&#233;rents int&#233;r&#234;ts, se servant des uns pour faire valoir les autres. Venevisi&#243;n, devenue &#224; l'&#233;poque la principale cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision du pays, faisait de la publicit&#233; pour les produits des supermarch&#233;s &lt;i&gt;Cada&lt;/i&gt;. Les stars des tout nouvelles s&#233;ries &#224; l'eau de rose invent&#233;es par Venevisi&#243;n buvaient le champagne franchis&#233; par les Cisneros et se lavaient les cheveux avec le shampooing Cisneros. Tr&#232;s vite les distributeurs de soda acquis de Rockefeller avait pris le nom de Burger King ; les Cisneros acquirent &#233;galement les franchises Taco Bell et Pizza Hut dont ils firent la promotion sur leur t&#233;l&#233;vision, suivies peu de temps apr&#232;s par la cha&#238;ne [de distribution] locale Sears, ainsi que les grands magasins Roebuck, rebaptis&#233;s plus tard Maxys.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours tr&#232;s modernes et am&#233;ricains, les Cisneros furent des promoteurs de la premi&#232;re heure de l'&#233;rotisme en s'emparant de l'organisation de Miss Venezuela : une entreprise qui encadrait des jeunes femmes aspirant &#224; participer &#224; des concours de beaut&#233; au niveau national et international. Ces femmes tr&#232;s l&#233;g&#232;rement v&#234;tues, toutes sinistrement blanches dans un pays d'indiens et de noirs, non seulement apparaissaient r&#233;guli&#232;rement dans les grands magasins Maxys et sur Venevisi&#243;n, mais &#233;taient aussi un moyen de faire de la publicit&#233; pour les produits Cisneros des supermarch&#233;s Cisneros. Comme Carlos, le neveu de Cisneros, s'en vantera plus tard lorsqu'ils achet&#232;rent les droits de Playboy TV pour l'Am&#233;rique latine : &#171; &lt;i&gt;Nous avons compris que [Playboy] &#233;tait le seul et vrai tr&#233;sor que l'Am&#233;rique latine n'avait pas import&#233; des Etats-Unis parce que tout le monde pensait que c'&#233;tait un continent tr&#232;s catholique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revenus p&#233;troliers massifs des ann&#233;es 1970 avaient servi &#224; &#233;tayer un vaste r&#233;seau de patronage pour les dirigeants du Venezuela, ainsi qu'une multitude de projets de r&#233;novation des infrastructures. Quand les prix du p&#233;trole commenc&#232;rent &#224; chuter, les gouvernements P&#233;rez puis Herrera cherch&#232;rent &#224; soutenir la diarchie AD-COPEI en recourant &#224; toujours plus d'emprunts. Suite &#224; la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t nord-am&#233;ricains en 1979, la dette ext&#233;rieure du pays entra dans une spirale infernale, atteignant 31 milliards de dollars en 1982 - soit presque le double du chiffre de 1978. L'&#233;conomie se contracta brusquement, l'inflation augmenta et la fuite des capitaux s'acc&#233;l&#233;ra, faisant pression sur un bolivar [monnaie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, ndlr] sur&#233;valu&#233; qui ne pouvait pas r&#233;sister. Il en r&#233;sulta la mise en place du contr&#244;le des changes et la d&#233;valuation en 1983, que Bachelet &#233;voque uniquement en terme d'impacts - &#171; &lt;i&gt;un souffle d&#233;vastateur&lt;/i&gt; &#187; - pour les &#233;lites dont l'avidit&#233; avait contribu&#233; &#224; provoquer la crise. Selon Julia Buxton dans son essai &#171; &lt;i&gt;Economic Policy and the Rise of Ch&#225;vez&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Buxton, Julia, Economic Policy and the Rise of Chavez, 2003, in Ellner, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les nouveaux contr&#244;les mis en place ont r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour que quelques 11 milliards de dollars de r&#233;serves de devises avaient &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s par des &#8216;clients' privil&#233;gi&#233;s des partis politiques au pouvoir, afin de leur permettre de financer leurs dollars bon march&#233;s. Pendant les six ann&#233;es d'application du contr&#244;le de change, les salaires r&#233;els chut&#232;rent de 20%, les d&#233;penses publiques d&#233;gringol&#232;rent, le taux de ch&#244;mage passa &#224; un pourcentage &#224; deux chiffres et l'inflation atteignit 40%. En 1978, seulement 10% des V&#233;n&#233;zu&#233;liens vivaient dans la pauvret&#233; ; en 1988, le taux &#233;tait pass&#233; &#224; 39%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cisneros et son clan ont bien s&#251;r eu recours &#224; la fuite des capitaux. Citant sans d&#233;tour la devise de Cisneros - &#171; &lt;i&gt;Les meilleures et les plus grandes opportunit&#233;s &#233;mergent des crises&lt;/i&gt; &#187; -, Bachelet explique en d&#233;tail les investissements de Cisneros &#224; l'&#233;tranger. En 1984, il acheta Spalding, la cha&#238;ne g&#233;ante d'articles de sport &#233;tats-unienne et les Galer&#237;as Preciados &#224; Madrid, un autre magasin phare. Le r&#233;sultat fut d&#233;sastreux : le promoteur immobilier britannique que Cisneros avait esp&#233;r&#233; voir prendre des parts dans l'affaire a coul&#233; dans le crash de Wall Street en 1987, et, au lieu d'argent liquide, Cisneros se retrouva avec un terrain prestigieux sur les bras, situ&#233; pr&#233;s de la cath&#233;drale Saint-Paul &#224; Londres, sur lequel le Prince de Galles avait d&#233;j&#224; des vues. Cisneros, obs&#233;quieusement d&#233;sireux de plaire au Prince mais plus int&#233;ress&#233; encore par l'argent que le projet pourrait produire, pr&#233;senta &#224; Charles, dans la r&#233;sidence ultra-moderniste de l'ambassadeur britannique &#224; Caracas, les plans du site &#233;labor&#233;s par Arup. Le Prince rejeta le projet d'Arup, exigeant des b&#226;timents moins hauts et moins de magasins, et Cisneros fut oblig&#233; d'abandonner le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1988, les salaires r&#233;els avaient chut&#233; de 40% et le co&#251;t du service de la dette avait augment&#233;, atteignant jusqu'&#224; 5 milliards de dollars par an. En d&#233;cembre de cette ann&#233;e-l&#224;, Carlos Andr&#233;s P&#233;rez fut r&#233;&#233;lu pr&#233;sident apr&#232;s une campagne con&#231;ue pour conjurer les ann&#233;es fastes de d&#233;penses extravagantes de son mandat des ann&#233;es 1970. Une fois &#233;lu, il changea cependant son fusil d'&#233;paule, s'engageant personnellement &#224; respecter un Programme d'Ajustement Structurel (PAS) dict&#233; par le Fonds Mon&#233;taire International (FMI) et &#224; mettre en place une multitude de mesures n&#233;o-lib&#233;rales, r&#233;duisant les subventions des services publics et annulant les contr&#244;les des prix. En un an, l'&#233;conomie se contracta de 8%. La pauvret&#233; grimpa de 44% en 1988 &#224; 67% en 1989 et l'extr&#234;me pauvret&#233; de 14 &#224; 30% sur la m&#234;me p&#233;riode. Lorsque les prix des tickets de bus mont&#232;rent en fl&#232;che en raison de l'augmentation du prix du p&#233;trole en f&#233;vrier 1989, Caracas explosa en une d&#233;bandade de pillages et d'&#233;meutes. Quatre des supermarch&#233;s Cisneros furent mis &#224; sac. Le soul&#232;vement, connu sous le nom de &lt;i&gt;Caracazo&lt;/i&gt;, fut finalement &#233;cras&#233; par l'arm&#233;e, avec plus d'un millier de personnes tu&#233;es.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce propos Fr&#233;d&#233;ric L&#233;v&#234;que, Le Caracazo, c'&#233;tait il y a quinze ans, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fendant &#171; l'ensemble des mesures douces &#187; de P&#233;rez, Bachelet admet que &#171; &lt;i&gt; le Venezuela n'avait pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; pendant la campagne &#233;lectorale &#224; affronter la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Mais le souci principal de Bachelet reste la fortune de son h&#233;ros. Le &lt;i&gt;Caracazo &lt;/i&gt;fut un tournant pour Cisneros. En effet, il lui fit r&#233;aliser que sa fortune n'&#233;tait plus en lieu s&#251;r &#224; Caracas. Son simple r&#244;le r&#233;mun&#233;rateur de serviteur du capitalisme &#233;tats-unien &#233;tait alors s&#233;rieusement menac&#233;. L'Etat v&#233;n&#233;zu&#233;lien lui-m&#234;me &#233;tait en train de s'effondrer, ses fondations pourrissaient de l'int&#233;rieur. Cisneros d&#233;cida de transf&#233;rer l'ensemble de la fortune de sa famille hors du pays. Alors que la th&#233;rapie de choc se poursuivait, l'&#233;conomie se contractait toujours plus et la pauvret&#233; continuait de progresser. En f&#233;vrier 1992, Ch&#225;vez, alors colonel, tenta un coup d'Etat qui &#233;choua. Celui-ci avait pour but de mettre fin au fl&#233;au lib&#233;ral que P&#233;rez avait lanc&#233;. Cisneros mit Venevisi&#243;n &#224; la disposition de P&#233;rez et le passage &#224; l'antenne du pr&#233;sident le jour du coup d'Etat sauva sa vie politique. Mais l'impopularit&#233; de P&#233;rez &#233;tait telle que la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision en fut affect&#233;e. L'audimat chuta de fa&#231;on dramatique, provoquant une baisse consid&#233;rable des revenus de la publicit&#233;. La cha&#238;ne ne reprit une position de force que lorsqu'elle retransmit la coupe du monde de football en 1994, qui se passait alors aux Etats Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au printemps 1993, le gouvernement P&#233;rez s'effondra suite &#224; des accusations &#224; son &#233;gard de d&#233;tournements de fonds gouvernementaux pour quelque 250 millions de bolivars&lt;i&gt; &lt;/i&gt;(2,8 millions de dollars) - un &#233;pisode que Bachelet ne relate que de fa&#231;on tr&#232;s discr&#232;te, insistant plut&#244;t sur les d&#233;buts de l'instabilit&#233; de la d&#233;mocratie au Venezuela. En d&#233;cembre eurent lieu de nouvelles &#233;lections. Acci&#243;n Democr&#225;tica fut vaincue ; Cisneros avait alors perdu son alli&#233; du palais de Miraflores [le palais pr&#233;sidentiel, ndlr]. Ensuite, en janvier 1994, la principale banque du pays, Banco Latino, fut mise sous administration judiciaire, faisant peser une menace sur les &#233;conomies des classes moyennes. La famille Cisneros fut lourdement impliqu&#233;e dans la d&#233;b&#226;cle : leur ami Tinoco avait &#233;t&#233; pr&#233;sident de la banque et avait invit&#233; le fr&#232;re de Gustavo, Ricardo, &#224; son conseil d'administration. La rafale d'accusations contre son fr&#232;re obligea Cisneros &#224; faire une apparition publique sur Venevisi&#243;n d&#233;non&#231;ant les accusations faites &#224; l'encontre de sa famille et la douleur que celles-ci lui avaient caus&#233;e. Bien que Bachelet passe rapidement sur le scandale, pr&#233;f&#233;rant laisser la place aux sentiments fraternels plut&#244;t qu'aux faits, la r&#233;putation des Cisneros en fut lourdement affect&#233;e. L'effet sur l'&#233;conomie du pays fut pire encore. Le gouvernement de Rafael Caldera [1994-1998, ndlr] consacra en 1994 12% du Produit Int&#233;rieur Brut (PIB) &#224; la stabilisation du syst&#232;me financier du pays. La fuite des capitaux et la d&#233;valuation de la monnaie avaient provoqu&#233; des taux d'inflation de plus de 70% et des coupes encore plus drastiques dans les d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cisneros fit alors sortir tous ses fonds du Venezuela plus rapidement encore. Il brada ses parts de Pepsi &#224; son concurrent, Coca-Cola - provoquant la consternation des sentimentalistes du libre-&#233;change, et prouvant une fois de plus que l'honneur n'existe pas chez les voleurs - ainsi que Maxys et les supermarch&#233;s Cada qui furent brad&#233;s &#224; une cha&#238;ne colombienne. Il se d&#233;barrassa m&#234;me de Spalding. Il r&#233;investit les recettes de ses ventes dans les supermarch&#233;s Pueblo Extra, bas&#233;s aux Etats-Unis, dans des magasins situ&#233;s dans des r&#233;gions plus s&#251;res comme la Floride et Puerto Rico. Il commen&#231;a &#224; transf&#233;rer ses fonds des anciens moyens de consommation de masse - les supermarch&#233;s, les cha&#238;nes de fast-food, les glaces, le shampooing - vers les sources de revenus de la nouvelle &#232;re : la t&#233;l&#233;vision, les t&#233;l&#233;communications, l'Internet, la musique pop et bien s&#251;r, tout ce qui va avec, les boissons non alcoolis&#233;es et la bi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venevisi&#243;n fut exempt&#233;e de cette braderie. En effet, la cha&#238;ne avait prouv&#233; sa valeur gr&#226;ce aux succ&#232;s internationaux de ses &lt;i&gt;telenovelas&lt;/i&gt;, qui furent export&#233;es dans le monde entier dans les ann&#233;es 1990. Leur formule accrocheuse s'est av&#233;r&#233;e irr&#233;sistible : un sc&#233;nario &#224; suspense, une trame dramatique et &#233;motionnelle &#224; faire pleurer et un brin d'&#233;rotisme. En se basant sur ce triomphe, Cisneros nourrissait de grands espoirs d'investir sur le march&#233; t&#233;l&#233;visuel am&#233;ricain, avec ses millions de t&#233;l&#233;spectateurs latinos. Son ami Emilio Azc&#225;rraga, propri&#233;taire de Televisa au Mexique, avait d&#233;j&#224; essay&#233; dans les ann&#233;es 1980. Il avait cr&#233;&#233; une entreprise connue sous le nom d'Univisi&#243;n, mais avait &#233;t&#233; oblig&#233; de la vendre en 1986 &#224; la suite d'un conflit avec la Commission f&#233;d&#233;rale des communications &#233;tats-unienne sur le pourcentage de capitaux &#233;trangers. Azc&#225;rraga, de 15 ans l'a&#238;n&#233; de Cisneros, lui ressemblait : un fils de magnat local qui consolida et d&#233;veloppa les affaires familiales autour d'un projet pan-latino-am&#233;ricain. Bachelet &#233;voque les fr&#233;quents voyages en yacht de Azc&#225;rraga pour rendre visite &#224; Cisneros en R&#233;publique dominicaine. Cisneros proposa alors gentiment un &lt;i&gt;joint venture&lt;/i&gt; entre lui, Azc&#225;rraga et un partenaire &#233;tats-unien pour apaiser la Commission f&#233;d&#233;rale des communications. En 1992, l'accord fut scell&#233; et Univisi&#243;n commen&#231;a &#224; &#233;mettre pour les latinos des Etats-Unis - des &lt;i&gt;telenovelas&lt;/i&gt;, des talk shows insipides, et des &#171; journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s &#187; -faits au Venezuela et au Mexique. Cela pourrait &#234;tre vu comme de l'imp&#233;rialisme culturel &#224; l'envers, mais en pratique la programmation &#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s am&#233;ricanis&#233;e et n'&#233;tait qu'une r&#233;gurgitation pour un public de latinos vivant aux Etats-Unis de programmes qui leur &#233;taient d&#233;j&#224; tr&#232;s familiers. Ironiquement, Venevisi&#243;n fut alors oblig&#233;e d'introduire une dimension multiethnique dans ses programmes - une chose tout &#224; fait in&#233;dite dans l'atmosph&#232;re blanche et raciste de Caracas mais une condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; dans la culture de l'&#233;poque aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, le gouvernement boiteux de Caldera fut forc&#233; de se tourner vers le FMI. Le brutal &#171; Agenda Venezuela &#187; leva les contr&#244;les des prix, entre autres, et l'inflation augmenta jusqu'&#224; atteindre un taux de 100%. A la fin de l'ann&#233;e 1996, la pauvret&#233; touchait 86% de la population et l'extr&#234;me pauvret&#233; 65%. Ce fut une p&#233;riode florissante pour Cisneros. Il reprit les parts d'Azc&#225;rraga dans Univisi&#243;n et, ayant les Etats-Unis &#224; son actif, il commen&#231;a &#224; acheter des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision en Am&#233;rique latine, notamment Chilevisi&#243;n au Chili et Caracol TV en Colombie. En 1995, il mit sur pied DirectTV en &lt;i&gt;joint venture&lt;/i&gt; avec Hughes Communications, un rejeton de la General Motors. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien qu'il soit entr&#233; sur le march&#233; en m&#234;me temps que Sky de Rupert Murdoch, qui avait d&#233;j&#224; conclu un accord avec Televisa [Mexique, ndlr] et Globo de Roberto Marinho au Br&#233;sil, en cinq ans DirecTV comptait plus d'un million d'abonn&#233;s. C'est &#224; ce moment-l&#224; que Cisneros s'int&#233;ressa &#224; l'Internet, lan&#231;ant sa &lt;i&gt;joint venture&lt;/i&gt; pour &#233;tendre la couverture d'AOL en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment des &#233;lections v&#233;n&#233;zu&#233;liennes de 1998, &lt;i&gt;l'establishment&lt;/i&gt; politique avait &#233;t&#233; compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;. Emprisonn&#233; pendant deux ans apr&#232;s son coup d'Etat manqu&#233; (1992), Ch&#225;vez avait acquis un soutien populaire consid&#233;rable en raison de son rejet de l'orthodoxie n&#233;olib&#233;rale et de sa vraie d&#233;fense des pauvres - qui repr&#233;sentaient alors la majorit&#233; de la population. Il fut propuls&#233; au pouvoir en d&#233;cembre 1998 avec 56% des votes. Cisneros faisait partie de ceux qui, chez les oligarques financiers du pays, esp&#233;raient encore que l'officier novice au pouvoir se plierait &#224; leur volont&#233;. La nuit des &#233;lections, les membres de cette oligarchie se sont r&#233;unis en toute amiti&#233; dans les studios de Venevisi&#243;n. Bachelet rapporte les conversations qui ont suivi avec le nouveau pr&#233;sident, au cours desquelles Cisneros fait part de sa pr&#233;occupation pour la solidarit&#233; sociale. Lors d'une r&#233;union que Bachelet n'&#233;voque pas, Cisneros sugg&#233;ra que l'un de ses hommes prenne en charge la Commission Nationale des T&#233;l&#233;communications (CONATEL), un organe public r&#233;gulateur qui pouvait en faire beaucoup pour servir les plans de l'Organizaci&#243;n Cisneros. Ch&#225;vez refusa l'offre. Il avait en t&#234;te un programme de remise sur pied du pays sans l'assistance des dirigeants traditionnels, politiques ou financiers. En novembre 2001, il introduisit une multitude de lois sur la r&#233;forme agraire, les hydrocarbures et la s&#233;curit&#233; sociale. Cisneros rejoignit bient&#244;t la croissante et bruyante &#233;lite d'opposition, qui se plaignait du fait qu'un populiste autoritaire s'&#233;tait empar&#233; du pays et qui insistait sur la situation &#233;conomique difficile qui perdurait - une situation d&#233;j&#224; existante bien avant l'&#233;lection de Ch&#225;vez, cr&#233;&#233;e par toute une s&#233;rie de gouvernements que ce groupe d'opposition avait toujours soutenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cisneros fut un pilier du secteur qui planifia le renversement de Ch&#225;vez en 2002. La nuit du 11 avril, apr&#232;s que Chavez ait &#233;t&#233; enlev&#233; &#224; main arm&#233;e du palais de Miraflores, les principaux conspirateurs se r&#233;unirent dans la suite de Cisneros &#224; Venevisi&#243;n (pour Bachelet, qui cherche &#224; distancer Cisneros du coup d'Etat appuy&#233; par les Etats-Unis, ce n'&#233;tait qu'un lieu o&#249; &#171; &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; &lt;i&gt;leaders politiques, des hommes d'affaire, des dirigeants syndicaux et des intellectuels s'&#233;taient r&#233;unis en temps de crise&lt;/i&gt; &#187;). T&#244;t le lendemain matin, Pedro Carmona, chef de la conf&#233;d&#233;ration patronale, annon&#231;a &#224; la t&#233;l&#233;vision depuis Fuerte Tiuna, la principale base militaire de la capitale, qu'il &#233;tait le nouveau pr&#233;sident - une grande surprise pour Cisneros, selon Bachelet, qui trouva &#233;galement inutile de mentionner que le jour suivant, le 13 avril, Cisneros se rendit au palais de Miraflores, qui &#233;tait d&#233;j&#224; entour&#233; par une foule en col&#232;re qui r&#233;clamait le retour de Chavez. Carmona venait d'annoncer la fermeture du Congr&#232;s et de la Cour supr&#234;me, ainsi que la suppression de la Constitution. Cisneros, arrivant avec des repr&#233;sentants des m&#233;dias locaux, sugg&#233;ra que la strat&#233;gie du nouveau gouvernement en mati&#232;re de communications soit laiss&#233;e entre ses mains. Carmona accepta, t&#233;moignant ainsi sa reconnaissance. Quelques minutes apr&#232;s le d&#233;part de la d&#233;l&#233;gation Cisneros du palais pr&#233;sidentiel, les soldats de la Garde pr&#233;sidentielle le reprirent, arr&#234;t&#232;rent certains des leaders du coup d'Etat tandis que Carmona s'&#233;chappait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;l&#233;ment, une fois de plus, non report&#233; par Bachelet, Cisneros donna l'ordre &#224; ses cha&#238;nes de ne donner aucune nouvelle de ce contre-coup d &#8216;Etat, ou de ne montrer aucune image des dizaines de milliers de gens qui descendaient des bidonvilles pour s'assurer du retour de &#171; leur &#187; pr&#233;sident - d&#233;crit par Bachelet comme &#171; &lt;i&gt;quelques contre-manifestants en faveur du chef de l'Etat d&#233;chu de ses fonctions&lt;/i&gt; &#187;. Durant tout le reste de la journ&#233;e, les &#233;crans de Cisneros ne transmirent que de vieux films et des dessins anim&#233;s. Seul CNN retransmettait les &#233;v&#233;nements de la capitale. Le retour de Chavez au pouvoir le 14 avril ne dissuada pas Cisneros et les autres membres de l'opposition de tenter un autre coup d'Etat, en organisant cette fois un arr&#234;t des activit&#233;s de l'industrie p&#233;troli&#232;re du pays en d&#233;cembre 2002. Chavez surv&#233;cut aussi bien &#224; la suspension de l'activit&#233; p&#233;troli&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Consultez le dossier &#171; Lock out &amp; sabotage p&#233;trolier &#187; sur le RISAL. [NDLR]&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;- qui co&#251;ta au pays environ 6 milliards de dollars - qu'au r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire qui suivit en ao&#251;t 2004&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Consultez le dossier &#171; R&#233;f&#233;rendum au Venezuela &#187; sur le RISAL. [NDLR]&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le jour viendra&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clara Chavez en mai 2004, au d&#233;but de la campagne du r&#233;f&#233;rendum, &#171; &lt;i&gt;o&#249; nous aurons une &#233;quipe de juges qui n'aura pas peur et qui agira en accord avec la Constitution et mettra en prison ces chefs de la mafia comme Gustavo Cisneros&lt;/i&gt; &#187;. C'est, bien s&#251;r, l'existence d'un gouvernement Chavez radical, pr&#233;sentant une alternative au projet de libre-&#233;change auquel Fuentes et beaucoup de la vieille gauche latino-am&#233;ricaine ont maintenant souscrit, qui explique l'ode rococo du romancier lib&#233;ral offerte au milliardaire de droite. Vu &#224; travers les binoculaires flagorneuses de Fuentes, Cisneros est un citoyen mod&#232;le, un visionnaire et un chef d'entreprise &#171; mondial &#187;. Le colporteur de feuilletons &#224; l'eau de rose, de blondes et de shampooings est port&#233; aux nues pour avoir cr&#233;&#233; une culture des affaires en Am&#233;rique latine &#171; &lt;i&gt;comparable en terme d'&#233;tendue et de dur&#233;e&lt;/i&gt; &#187; aux traditions litt&#233;raires et esth&#233;tiques du continent. Ses minables affaires immobili&#232;res de Madrid ont &#171; &lt;i&gt;aboli l'oc&#233;an&lt;/i&gt; &#187;. Il a &#233;t&#233; &#171; un &lt;i&gt;d&#233;fenseur de la langue espagnole au c&#339;ur de l'Am&#233;rique anglo-saxonne&lt;/i&gt; &#187;. Dans ses relations d'affaires aux Etats-Unis, Cisneros a &#233;t&#233; &#171; un &lt;i&gt;adelantado&lt;/i&gt; &#187; - le courageux aventurier espagnol de l'&#232;re coloniale - &#171; &lt;i&gt;qui a cr&#233;&#233; des relations de profit mutuel&lt;/i&gt; &#187;. Mais surtout, quand il a &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;oblig&#233; de jouer un r&#244;le politique dans son Venezuela d'origine&lt;/i&gt; &#187;, Cisneros a su &#233;tablir un &#171; &lt;i&gt;centre d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187; contre le Pr&#233;sident &#233;lu, ici (sans doute) compar&#233; &#224; Hitler, Mussolini ou/et Per&#243;n. Aucune mention n'est faite &#224; la forme qu'a prise cette intervention hautement inspir&#233;e - le coup d'Etat de 2002 qui cherchait &#224; mettre un terme &#224; la d&#233;mocratie au Venezuela, avec Venevisi&#243;n qui jouait un r&#244;le majeur dans le d&#233;roulement des &#233;v&#233;nements, sur et hors de l'&#233;cran, et Cisneros lui-m&#234;me qui &#233;tait un des principaux meneurs du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;trospectivement, l'enthousiasme de Fuentes pour Cisneros n'est dans l'ensemble pas si surprenant. En tant que fils de diplomate mexicain, Fuentes appartient au m&#234;me monde trans-culturel que le chef d'entreprise v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Il peut lui aussi &#234;tre am&#233;ricain &#224; New York quand l'occasion l'exige, ou europ&#233;en &#224; Paris ou &#224; Madrid. Sa vision am&#232;re des traditions r&#233;volutionnaires de l'Am&#233;rique latine s'est accrue et prononc&#233;e de plus en plus au fil des ans et explique clairement son attitude envers Chavez, condamn&#233; avant m&#234;me le d&#233;but de la r&#233;volution bolivarienne. Un tel venin, accompagn&#233; souvent d'un racisme non dissimul&#233; ou de l'appartenance &#224; une caste &#233;litiste, est assez commun non seulement au sein de l'&#233;lite dor&#233;e am&#233;ricanophile d'Am&#233;rique latine, mais aussi au sein de sa gauche intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on ironique, depuis l'&#233;chec du r&#233;f&#233;rendum r&#233;vocatoire de 2004 pour d&#233;loger le pr&#233;sident, l'&lt;i&gt;adelantado &lt;/i&gt;de Fuentes semble avoir adopt&#233; un point de vue plus cynique et r&#233;aliste. La menace de Chavez a toujours repos&#233; largement dans sa capacit&#233; &#224; proposer une alternative id&#233;ologique au Consensus de Washington, soutenue par une r&#233;elle, m&#234;me si in&#233;gale, extension des dispositions sociales. Ses mesures de redistribution ont &#224; peine affect&#233; les fortunes que Cisneros et les siens ont vol&#233;es aux V&#233;n&#233;zu&#233;liens ordinaires, durant des d&#233;cennies de corruption de l'Etat et de banques de m&#232;che avec eux. Fin 2004, Cisneros organisa une r&#233;union avec Chavez gr&#226;ce &#224; la m&#233;diation de Jimmy Carter. Si Chavez se d&#233;brouillait pour introduire Cisneros aupr&#232;s du gouvernement de Lula au Br&#233;sil, Venevisi&#243;n diminuerait sa propagande contre le gouvernement. Cisneros a depuis intensifi&#233; ses oeuvres de semi-charit&#233; au Venezuela, beaucoup d'entre elles supervis&#233;es par sa femme - &#171; &lt;i&gt;une alli&#233;e magnifique&lt;/i&gt; &#187;, selon les mots de Fuentes - dont les collections d'art europ&#233;en du 20e si&#232;cle et de l'expressionnisme abstrait d'Am&#233;rique latine ont procur&#233; &#224; l'Organizaci&#243;n Cisneros un vernis culturel substantiel. Toujours en alerte pour ce qui est des modes, Patty Phelps de Cisneros en est venue &#224; s'int&#233;resser aux populations tribales de l'Or&#233;noque, invitant notamment des c&#233;l&#233;brit&#233;s dans son camp de vacances sur le fleuve du m&#234;me nom et accumulant une immense collection d'art et d'art&#233;facts indig&#232;nes. L'int&#233;r&#234;t de Patty Phelps pour cette r&#233;gion va de pair avec celui que son mari, qui d&#233;tient une mine d'or dans l'Etat voisin de Guyana, a d&#233;velopp&#233; avec la Gold Fields Ltd., une compagnie sud-africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Cisneros a fait du chemin selon son pan&#233;gyriste, il a accord&#233; en retour &#224; Fuentes une faveur, sans comparaison aucune avec les honoraires m&#234;mes les plus &#233;lev&#233;s auxquels l'&#233;crivain qui a sign&#233; la pr&#233;face peut pr&#233;tendre : un personnage de la vie r&#233;elle dont la biographie est calqu&#233;e sur sa propre fiction. Aucun romancier ne pouvait esp&#233;rer plus grande flatterie. Le personnage principal d'un des premiers romans et parmi les plus c&#233;l&#232;bres de Fuentes, &lt;i&gt;La mort d'Artemio Cruz, &lt;/i&gt;publi&#233; en 1962, est un portrait de Cisneros &lt;i&gt;avant la lettre&lt;/i&gt; : un homme qui saisit sa chance quand il peut, devenant un homme d'affaires corrompu et fortun&#233;, maniant le pouvoir &#224; travers ses usines, ses journaux, ses contacts et sa fortune, acquise &#224; travers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;des pr&#234;ts &#224; court terme et &#224; taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s octroy&#233;s &#224; des paysans de Puebla [Mexique, ndlr] ; des hectares &#224; diviser&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'acquisition d'hectares de terrains immobiliers pour les diviser et ensuite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; dans la ville de M&#233;xico, acquis gr&#226;ce aux interventions amicales des pr&#233;sidents successifs ; le journal quotidien ; l'achat d'actions d'entreprises d'exploitation mini&#232;re ; (...)&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une carte repr&#233;sentant l'&#233;tendue et les interconnexions de vos activit&#233;s recouvre un mur entier de votre bureau : le journal de la ville de Mexico, l'immobilier ici et &#224; Puebla, &#224; Guadalajara, &#224; Monterrey, &#224; Culiac&#225;n, Hermosillo, Guaymas, et Acapulco. Les d&#244;mes de soufre &#224; J&#225;ltipan, les mines de l'Hidalgo, les concessions de bois dans le Tarahumara. La cha&#238;ne d'h&#244;tels, la fonderie de tuyaux, le business de la p&#234;che. Les op&#233;rations financi&#232;res, les grandes holdings, l'administration de l'entreprise form&#233;e pour pr&#234;ter de l'argent pour les voies ferr&#233;es, la repr&#233;sentation juridique d'entreprises d'Am&#233;rique du Nord, la dictature des maisons bancaires, les actions &#233;trang&#232;res - colorants, acier, d&#233;tergents ; et un tout petit d&#233;tail qui ne sera pas sur le mur : les 15 millions de dollars en d&#233;p&#244;t dans des banques &#224; Zurich, &#224; Londres et &#224; New York.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Cisneros lui aussi sera sur son lit de mort &#224; la fin de sa vie, peut-&#234;tre conjurera-t-il les derniers moments de son &lt;i&gt;alter ego :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Oui, tu soupireras.... vingt bonnes ann&#233;es, des ann&#233;es de progr&#232;s, de paix, de progr&#232;s au dessus des classes ... Vingt ann&#233;es de leaders syndicaux soumis, de gr&#232;ves cass&#233;es, de protection de l'industrie. Et alors, tu poseras tes mains sur ton estomac, sur ta chevelure gris noisette, sur ton visage gras, et tu verras ton reflet dans le dessus en verre de ton bureau ... Quand soudainement tes oreilles n'entendront plus aucun bruit, tout se sera arr&#234;t&#233;, les bruits moqueurs, des hommes suant d'effort danseront autour de toi et leurs corps te feront suffoquer et toi, toi tu perdras conscience..... et tu ne sauras pas quels &#233;v&#233;nements de ta vie seront relat&#233;s dans ta biographie, quels &#233;v&#233;nements de ta vie seront supprim&#233;s ou cach&#233;s ; non, tu ne le sauras pas....&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tu te rappelleras d'autres choses, d'autres jours....des jours o&#249; le destin te suivra &#224; la trace comme un fin limier, te trouvera et te fera peur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Richard Gott&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Article publi&#233; dans n&#176;39, mai-juin 2006 de la &lt;a href=&#034;http://newleftreview.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;New Left Review&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et traduit par Raphaelle Barret, Fr&#233;d&#233;ric L&#233;v&#234;que &amp; Isabelle Dos Reis, pour le &lt;a href=&#034;http://www.risal.collectifs.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RISAL (R&#233;seau d'information et de solidarit&#233; avec l'Am&#233;rique latine)&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Consultez le dossier &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/mot.php3?id_mot=135&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Coup d'&#201;tat au Venezuela&lt;/a&gt; sur le RISAL [NDLR - Note du Risal]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Personnages jumeaux de &#171; Alice aux pays des merveilles &#187;. [NDLR]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Buxton, Julia, Economic Policy and the Rise of Chavez, 2003, in Ellner, Steve and David Hellinger, eds., Venezuelan Politics in the Ch&#225;vez Era, Boulder, Lynne Rienner Publishers, pp. 113-130. [NDLR]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos Fr&#233;d&#233;ric L&#233;v&#234;que, &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=860&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Caracazo, c'&#233;tait il y a quinze ans&lt;/a&gt;, RISAL, f&#233;vrier 2004. [NDLR]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Consultez le dossier &#171; &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/mot.php3?id_mot=207&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lock out &amp; sabotage p&#233;trolier&lt;/a&gt; &#187; sur le RISAL. [NDLR]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Consultez le dossier &#171; &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/mot.php3?id_mot=124&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;f&#233;rendum au Venezuela&lt;/a&gt; &#187; sur le RISAL. [NDLR]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'acquisition d'hectares de terrains immobiliers pour les diviser et ensuite les revendre afin de faire plus de profits. [NDLR]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'essor du mouvement des radios communautaires au Venezuela</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-essor-du-mouvement-des-radios-communautaires-au-Venezuela</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/L-essor-du-mouvement-des-radios-communautaires-au-Venezuela</guid>
		<dc:date>2006-03-22T14:59:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;Une composante d&#233;cisive des transformations du paysage m&#233;diatique du Venezuela.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-au-Venezuela-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Venezuela&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-dessous, sous forme de &#034;tribune&#034;, un article publi&#233; par &lt;a href=&#034;https://www.zmag.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Znet&lt;/a&gt; en anglais et par &lt;a href=&#034;https://www.risal.collectifs.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RISAL&lt;/a&gt; dans une traduction de Sophie Recordon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous-titres d'Acrimed&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une table, quelques micros&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre jeunes filles sont assises autour d'une grande table, &#233;crivant fr&#233;n&#233;tiquement au beau milieu de piles de notes, de cannettes de soda et de papiers entass&#233;s. &lt;i&gt;A priori&lt;/i&gt;, on pourrait les prendre pour des gamines en train de faire leurs devoirs scolaires ou d'&#233;tudier en vue des prochains examens. Mais, en r&#233;alit&#233;, ces jeunes filles des quartiers populaires, &#226;g&#233;es de 17 &#224; 22 ans, sont en pleine pr&#233;paration de l'&#233;mission de radio qu'elles animent et intitul&#233;e &#171; Pouvoir populaire &#187;. D'une dur&#233;e d'une heure, le programme est sur le point de d&#233;buter dans dix minutes sur la station de radio communautaire &#171; Radio Perola 92.3 FM &#187;, dans la municipalit&#233; de Caricuao &#224; Caracas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caricuao est l'une des paroisses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;[Note de RISAL] La ville de Caracas est form&#233;e de cinq municipalit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les plus recul&#233;es de l'ouest de Caracas. Alors que le m&#233;tro en provenance du centre de Caracas s'approche de la paroisse, nous passons devant des &lt;i&gt;ranchos &lt;/i&gt;aux allures pr&#233;caires, &#224; savoir de &#171; maisons &#187; peu solides faites de fer-blanc et de planches nich&#233;es sur les flancs des collines qui se dessinent devant nos yeux. Nous passons &#233;galement devant des lotissements dont les b&#226;timents arborent des barreaux en travers des fen&#234;tres. &#171; Radio Perola &#187; est situ&#233;e au rez-de-chauss&#233;e de l'un de ces lotissements ou immeubles populaires, connu sous le nom de &lt;i&gt;Canagua&lt;/i&gt;. Le studio d'enregistrement n'est autre qu'une petite pi&#232;ce peinte d'un jaune &#233;clatant et couverte de posters de mouvements sociaux et des radios communautaires. Sur l'une des grandes tables d'angle se trouve une table de mixage, un micro ainsi qu'un ordinateur et sur la table ronde entour&#233;e de chaises au milieu de la pi&#232;ce se trouvent plusieurs micros.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#034;barrio&#034; se tourne vers le &#034;barrio&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est le cas pour d'autres stations communautaires au Venezuela, &#171; Radio Perola &#187; a vu le jour en tant que cha&#238;ne radio clandestine voil&#224; presque neuf ans ; des militants se sont battus pour que son activit&#233; soit l&#233;galement autoris&#233;e par l'Etat. Avec un slogan inspir&#233; du mouvement hip-hop &#171; Respect maximum &#187;, les journalistes communautaires de Radio Perola cherchent &#224; cr&#233;er des espaces pour donner la parole &#224; de nouvelles voix, et notamment celles de nos jeunes femmes.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes femmes ont scind&#233; leur &#233;mission &#171; Pouvoir populaire &#187; en diff&#233;rentes parties. Le programme comprend l'intervention d'un invit&#233; sur un sujet qui int&#233;resse et concerne la communaut&#233; ; une partie consacr&#233;e aux informations ; une table-ronde sur un sujet d'actualit&#233; sp&#233;cifique et enfin une partie appel&#233;e &#171; R&#233;alit&#233;s communautaires &#187;. Tout au long de cette derni&#232;re partie qui vient clore le programme, les femmes d&#233;battent entre elles mais &#233;galement avec les auditeurs qui t&#233;l&#233;phonent ou qui envoient des messages depuis leur t&#233;l&#233;phone portable. Aujourd'hui, les jeunes femmes traitent du th&#232;me &#171; Vivre dans le &lt;i&gt;barrio&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le &lt;/i&gt;barrio,&lt;i&gt; &#231;a n'est pas juste des collines truff&#233;es d'escaliers, le &lt;/i&gt;barrio&lt;i&gt; c'est la communaut&#233;&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Lilibeth Marcano, un membre du collectif &#226;g&#233;e de 20 ans et qui ouvre la discussion dans cette partie du programme. &#171; &lt;i&gt;Je vis dans le &lt;/i&gt;barrio&lt;i&gt; de Santa Cruz de las Adjuntas. Ce n'est pas comme ils nous l'ont toujours dit, que si tu vis dans un &lt;/i&gt;barrio&lt;i&gt; tu n'as pas d'avenir, que si tu vis dans un &lt;/i&gt;barrio&lt;i&gt; tu n'es personne. Ce n'est pas comme &#231;a&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes, sp&#233;cialement ceux issus des &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt;, r&#233;alisent et ont pris conscience qu'ils ont un avenir et qu'ils peuvent jouer un r&#244;le important au sein de leur communaut&#233; respective. Chacune des quatre jeunes femmes du collectif &#171; Pouvoir populaire &#187; affirme que c'est la prise en otage de l'information par les m&#233;dias priv&#233;s durant le coup d'Etat perp&#233;tr&#233; par la droite &#224; l'encontre du pr&#233;sident de gauche, Hugo Chavez, en avril 2002&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;[Note de RISAL] Consultez le dossier &#171; Coup d'&#201;tat au Venezuela &#187; sur RISAL.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui les a inspir&#233;es &#224; devenir journalistes communautaires.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des membres du collectif, Gladys Romero, avait 14 ans &#224; l'&#233;poque du coup d'Etat. Elle se souvient : &#171; Il y avait beaucoup de d&#233;sinformation. Ils ont coup&#233; les transmissions des m&#233;dias alternatifs et en tant que jeune &#233;tudiante, j'ai ressenti le besoin de promouvoir une information objective afin d'informer la communaut&#233; sur ce qu'il se passait r&#233;ellement dans le pays. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Essor des m&#233;dias priv&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias priv&#233;s ont accumul&#233; un important pouvoir depuis la fin des ann&#233;es 70 du fait de la d&#233;r&#233;gulation et de la privatisation des m&#233;dias au Venezuela. En 1979, le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien a vendu le Canal 5 au secteur priv&#233; alors qu'il s'agissait d'une cha&#238;ne publique &#224; l'origine. Tout au long des ann&#233;es 80 et 90, les gouvernements successifs ont continu&#233; &#224; octroyer des concessions aux compagnies priv&#233;es de m&#233;dias, conduisant &#224; la concentration &#233;conomique des m&#233;dias en un petit nombre de conglom&#233;rats. La t&#233;l&#233;vision priv&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale a &#233;t&#233; monopolis&#233;e par les groupes Cisneros (Venevisi&#243;n) et 1BC de Phelps-Granier (Radio Caracas Televisi&#243;n - RCTV). Sur 44 r&#233;seaux de t&#233;l&#233;vision r&#233;gionale, presque tous ont &#233;t&#233; en partie rachet&#233;s par des r&#233;seaux priv&#233;s tels que Venevisi&#243;n, Radio Caracas Televisi&#243;n, Televen et Globovisi&#243;n. Ce petit groupe de compagnies li&#233;es &#233;conomiquement les unes aux autres contr&#244;lent &#233;galement des espaces radiophoniques ainsi que la presse nationale.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que Ch&#225;vez a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident en 1998, et plus particuli&#232;rement depuis la p&#233;riode tendue de gr&#232;ves dans le secteur p&#233;trolier orchestr&#233;es par les milieux d'affaires en d&#233;cembre 2002 ainsi que durant les &#233;v&#233;nements qui ont conduit au coup d'Etat en avril 2002, les m&#233;dias priv&#233;s tout puissants ont men&#233; une f&#233;roce campagne &#224; l'encontre de Ch&#225;vez en vue de le discr&#233;diter. Quelques heures apr&#232;s que ce dernier fut chass&#233; de son poste le 11 avril 2002, le journaliste d'opposition Napole&#243;n Bravo intervint sur les ondes radio et d&#233;clara &#224; tort que Ch&#225;vez avait d&#233;missionn&#233; de son poste de pr&#233;sident. Alors que l'opposition prenait le contr&#244;le du palais pr&#233;sidentiel et cherchait &#224; dissoudre les institutions d&#233;mocratiques, les m&#233;dias priv&#233;s continuaient &#224; diffuser leurs programmes habituels m&#234;lant &#233;missions culinaires, feuilletons t&#233;l&#233;vis&#233;s et dessins anim&#233;s. Comme les cha&#238;nes publiques de t&#233;l&#233;vision, telles que le Canal 8&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;[Note de RISAL] La premi&#232;re cha&#238;ne publique Venezolana de Televisi&#243;n.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et bien d'autres stations de radio ou cha&#238;nes de t&#233;l&#233;visions communautaires se trouvaient emp&#234;ch&#233;es de diffuser leurs programmes, les membres de la communaut&#233; se voyaient ainsi priv&#233;s de l'acc&#232;s &#224; l'information.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant ces moments, ce sont principalement les m&#233;dias alternatifs sur papier qui ont permis de diffuser le message aux gens sur ce qu'il se passait v&#233;ritablement. Selon Roberto, un ouvrier de l'Imprimerie municipale de Caracas, les militants se sont rendus &#224; l'imprimerie et ont &#339;uvr&#233; en vue de produire 100.000 copies d'un bulletin visant &#224; informer la population sur ce qui se passait dans le pays. Apr&#232;s &#234;tre parvenue &#224; nouveau &#224; diffuser son programme, la Radio Fe y Alegria put ainsi annoncer le coup d'Etat &#224; la population. Gr&#226;ce aux bulletins, aux cha&#238;nes de radio alternatives et &#224; l'&#233;change de messages via t&#233;l&#233;phone portable, la population put faire circuler l'information concernant le coup d'Etat et sortit alors dans la rue pour manifester massivement. Ce sont ces manifestations qui ont permis &#224; Chavez de revenir au pouvoir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque du coup d'Etat, les m&#233;dias communautaires et alternatifs rompirent le silence et mirent un terme &#224; la d&#233;sinformation diffus&#233;e par les m&#233;dias priv&#233;s. Le bouche-&#224;-oreille fit rena&#238;tre Radio Bemba, une ancienne tradition de comm&#233;rage et de communication dans les pays carib&#233;ens, qui a &#233;volu&#233; &#224; travers l'utilisation de la technologie telle que la radio afin de d&#233;multiplier les messages.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;le local de l'information&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que Ch&#225;vez r&#233;int&#233;gra la pr&#233;sidence le 13 avril 2002, deux jours apr&#232;s le coup d'Etat, le nombre de stations de radio communautaires s'est fortement accru. Les militants ont cherch&#233; &#224; travers tout le pays &#224; &#233;tablir un contr&#244;le local sur l'information atteignant leur communaut&#233;. Alors qu'en 2002 il existait 13 stations de radio communautaires agr&#233;&#233;es, elles &#233;taient au nombre de 170 en juin 2005. En plus de ces 170 stations radio reconnues et fond&#233;es l&#233;galement, plus de 300 stations de radio communautaires clandestines ont &#233;merg&#233; sur les ondes. Celles-ci ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es et fonctionnent gr&#226;ce &#224; tout un &#233;ventail de groupes locaux, comprenant &#233;galement des peuples indig&#232;nes d'Amazonie situ&#233;s au sud du Venezuela, des paysans des r&#233;gions andines, des afro-v&#233;n&#233;zu&#233;liens de la r&#233;gion c&#244;ti&#232;re au nord du pays ainsi que des r&#233;sidents des &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; entourant les principaux centres urbains.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le progr&#232;s technique a rendu la diffusion radio plus accessible. La station de radio communautaire &lt;i&gt;Un Nuevo D&#237;a&lt;/i&gt;, situ&#233;e dans un quartier tr&#232;s pauvre sur les collines au-dessus de l'ancienne autoroute pour sortir de Caracas est un exemple de radio qui fit ses d&#233;buts dans la chambre &#224; coucher de l'une des r&#233;sidentes. Les journalistes communautaires y install&#232;rent une table de mixage, un lecteur CD et un micro sur la commode de la jeune femme. Ils transmettaient leur programme gr&#226;ce &#224; une petite antenne et les intervenants invit&#233;s se voyaient contraints de s'asseoir sur le lit de la jeune femme. Cette technologie rudimentaire et accessible a permis &#224; des gens issus des quartiers populaires et &#224; des communaut&#233;s d&#233;favoris&#233;es &#224; travers tout le pays d'avoir la possibilit&#233; de s'exprimer via des stations radios de petite ampleur.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les activistes des radios communautaires ont d&#251; mener une bataille ardue contre le gouvernement pour voir leurs radios autoris&#233;es. Une fois Chavez &#233;lu en 1998, les activistes des m&#233;dias communautaires ont cherch&#233; &#224; soulever la probl&#233;matique du droit &#224; la communication. Cela conduisit &#224; l'adoption d'une nouvelle loi en 2000, intitul&#233;e &#171; R&#233;gulation des radios et t&#233;l&#233;visions communautaires &#187;. Cette loi donnait le droit aux communaut&#233;s de cr&#233;er leur propre cha&#238;ne ou station, cependant afin d'obtenir l'habilitation, la Commission nationale des t&#233;l&#233;communications (CONATEL) proposa que ces stations r&#233;pondent &#224; des exigences dans quatre domaines : social, juridique, technique et &#233;conomique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carlos Carles, un journaliste de &lt;i&gt;Radio Perola&lt;/i&gt;, fut impliqu&#233; dans le processus d'&#233;laboration des proc&#233;dures d'habilitation. Avec sa casquette portant la signature d'un joueur de base-ball&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;[Note de RISAL] Le base-ball, au Venezuela comme &#224; Cuba, est le sport &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ses v&#234;tements larges et son sourire b&#233;at, il passerait pour un &lt;i&gt;chamo&lt;/i&gt;, pour un des gamins de &lt;i&gt;Radio Perola&lt;/i&gt;. Toutefois, lors des nombreuses r&#233;unions avec des bureaucrates, Carles appara&#238;t comme un des leaders cl&#233;s du mouvement des m&#233;dias communautaires. Contrairement aux bureaucrates, il met en avant une vision forte bas&#233;e sur la communaut&#233; pour d&#233;terminer le caract&#232;re alternatif d'une radio. : &#171; &lt;i&gt;Pour d&#233;montrer leurs propos, ils proposent des techniques qui passent par les donn&#233;es statistiques. A cela, nous pr&#233;f&#233;rons une d&#233;finition passant par les connaissances locales, les r&#233;cits oraux, la m&#233;moire collective et le travail quotidien de la communaut&#233; &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Carles. &#171; &lt;i&gt;En raison de cette divergence, nous sommes entr&#233;s dans un grand d&#233;bat et nous avons totalement rejet&#233; la composante juridique de la proposition faite par le gouvernement Chavez&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les activistes des m&#233;dias communautaires ont vu leurs id&#233;es int&#233;grer le processus de l&#233;galisation. Toutefois, le processus d&#233;savantage lourdement les stations de radio des communaut&#233;s d&#233;favoris&#233;es disposant de peu de ressources. Durant ma visite aux bureaux de la CONATEL, dans les spacieux faubourgs des classes moyennes Las Mercedes, on me remit un guide d'instructions de 70 pages. Celui-ci &#233;tait destin&#233; &#224; &#234;tre compl&#233;t&#233; par des stations de radio communautaires souhaitant obtenir une habilitation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; les difficult&#233;s pour se conformer aux r&#232;gles de la CONATEL, les activistes des m&#233;dias communautaires ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er l'Association nationale des m&#233;dias communautaires et alternatifs (ANMCLA). Selon Carlos Lugo, un des fondateurs de l'ANMCLA et journaliste communautaire pour la station de radio &lt;i&gt;Radio Negro Primero&lt;/i&gt; &#224; Pinto Salinas, l'organisation est fond&#233;e sur le principe du droit &#224; la communication. &#171; &lt;i&gt;Toute communaut&#233; a le droit d'autoriser elle-m&#234;me l'existence d'une station. Une telle station de radio devient l&#233;gale d&#232;s lors qu'elle est reconnue comme telle par la communaut&#233;. Les cha&#238;nes av&#233;r&#233;es illicites doivent donc &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme un non-sens - tout le monde devrait jouir du droit &#224; la communication&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propagande d'Etat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, les m&#233;dias priv&#233;s accusent les stations de radio communautaires d'&#234;tres les vecteurs de propagande du gouvernement. Un article publi&#233; le 26 juin 2005 dans le quotidien priv&#233; &lt;i&gt;El Universal&lt;/i&gt; se r&#233;f&#232;re &#224; ces radios communautaires comme &#233;tant les &#171; &lt;i&gt;m&#233;dias radiodiffus&#233;s de l'Etat utilis&#233;s &#224; des fins de propagande et de pros&#233;lytisme politiques&lt;/i&gt; &#187;. L'auteur de l'article d&#233;plore ce qu'il consid&#232;re comme &#233;tant un manque de qualit&#233; et d'homog&#233;n&#233;it&#233; culturelle propre aux radios communautaires ainsi qu'un parti pris envers le gouvernement Chavez.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les radios communautaires ont cherch&#233; &#224; conserver leur autonomie vis-&#224;-vis de l'Etat, ce qui est manifeste non seulement &#224; la lumi&#232;re de leur lutte contre les bureaucrates de l'Etat afin d'assurer leur l&#233;galisation mais &#233;galement dans leur volont&#233; de rester critique sur des questions importantes face au gouvernement Chavez. En mars 2005, les activistes de l'ANMCLA se sont unis avec des organismes sociaux et des peuples indig&#232;nes afin de protester contre le plan du gouvernement qui consistait &#224; intensifier l'extraction du charbon dans la riche province p&#233;trolif&#232;re de Zulia. Les protestataires ont signal&#233; l'aggravation des probl&#232;mes de pollution de l'eau et des risques sanitaires que le plan pourrait engendrer pour la grande majorit&#233; de la population indig&#232;ne de la r&#233;gion qui d&#233;pend des ressources en eau d&#233;j&#224; peu abondantes. Ils ont argument&#233; que la proposition violait le protocole de Kyoto ainsi que d'autres articles de la constitution bolivarienne qui garantit un environnement sain et la protection des ressources indig&#232;nes. Bien que l'issue demeure incertaine, les activistes des radios communautaires ont d&#233;montr&#233; leur volont&#233; de critiquer le gouvernement lorsque des int&#233;r&#234;ts d'une communaut&#233; sont en jeu.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement est l'un des fondements essentiels de l'autonomie de ces stations de radio qui re&#231;oivent un montant limit&#233; de fonds provenant de l'Etat. Les cha&#238;nes autoris&#233;es par la CONATEL ou d'autres institutions publiques telles que le minist&#232;re de l'Information (MINCI) peuvent se voir attribuer des fonds pour l'achat d'&#233;quipement et d'infrastructures. Sur les ondes des radios communautaires, il arrive que de la publicit&#233; d'Etat soit diffus&#233;e en &#233;change de quoi ces stations re&#231;oivent une petite somme d'argent vers&#233;e par l'institution concern&#233;e.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce sont essentiellement les contributions vers&#233;es par les petits commerces du quartier qui permettent aux radios communautaires de pouvoir continuer leurs activit&#233;s. Certes, il arrive que l'Etat alloue, une fois, une contribution substantielle de 1 million de bolivares (pr&#232;s de 400 euros) mais ce sont les versements r&#233;guliers du garage automobile local de 100.000 bolivares (40 euros) ou ceux de 150.000 bolivares (60euros) provenant de la boulangerie du coin qui permettront le maintien des activit&#233;s de ces stations sur le long terme. En ce sens, les radios communautaires sont devenues une composante importante de l'&#233;conomie informelle de ces &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; qui existent en marge de l'&#233;conomie formelle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'id&#233;e n'est pas que nous devrions constituer des m&#233;dias communautaires soutenus par l'Etat mais plut&#244;t que nous avons la capacit&#233; d'&#234;tre autonomes financi&#232;rement &#187;, d&#233;clare Carles &#171; car s'ils te donnent de l'argent et qu'ils te donnent ton pain quotidien, ils commenceront &#224; te demander : pourquoi tu fais ceci ou cela ? Dans ce que nous faisons, nous pr&#233;f&#233;rons l'autonomie &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias communautaires donnent la parole &#224; tout un &#233;ventail de groupes et de membres d'une communaut&#233;. Ils diffusent des talk-shows, des &#233;missions &#233;ducatives, culturelles, sportives, sur le th&#232;me de l'histoire locale, des programmes destin&#233;s aux enfants, des &#233;missions culinaires ainsi qu'une grande vari&#233;t&#233; de programmes musicaux comprenant salsa, &lt;i&gt;bolero&lt;/i&gt;, hip-hop, rock,&lt;i&gt; llanero&lt;/i&gt; ou autre musique folklorique. Ils diffusent &#233;galement des &#233;missions politiques ou sociales qui cherchent &#224; rendre plus visibles certaines questions peu trait&#233;es telles que celle de l'appartenance ethnique. Le journaliste-radio Madera anime une &#233;mission sur &lt;i&gt;Radio Negra Primero&lt;/i&gt; qui se dit &#234;tre destin&#233;e &#171; &lt;i&gt;aux hommes et femmes de peau noire &lt;/i&gt; &#187;. Ce genre d'&#233;missions n'a pas sa place au sein de programmes diffus&#233;s par les m&#233;dias publics et encore moins au sein de ceux diffus&#233;s par les m&#233;dias priv&#233;s.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes des m&#233;dias communautaires sont en total d&#233;calage avec la r&#233;alit&#233; des &#233;missions, feuilletons et autres jeux t&#233;l&#233;visuels que bombardent les m&#233;dias priv&#233;s. Les &#233;missions diffus&#233;es par ces derniers entretiennent une culture du consum&#233;risme qui s'est r&#233;pandue conjointement avec la globalisation. Dans les all&#233;es du prestigieux &lt;strong&gt;c&lt;/strong&gt;entre commercial Sambil situ&#233; dans la zone est de Chacao&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;[Note de RISAL] Chacao est une des cinq municipalit&#233;s de Caracas. Les quatre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les jeunes issus de la classe moyenne passent leur temps &#224; comparer leurs montres de luxe et leurs chaussures de sport dernier cri. Les familles ais&#233;es quant &#224; elles font appel aux services de compagnies priv&#233;es pour fournir leurs enfants en jeux vid&#233;o afin d'occuper les bambins lors des f&#234;tes organis&#233;es pour ces derniers. Pendant ce temps, un nombre toujours plus important de jeunes des &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; de la zone ouest de Caracas cr&#233;ent leurs propres formes de loisir refl&#233;tant de bien plus pr&#232;s le nouvel activisme communautaire qui est devenu une part importante de leur quotidien.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arborant un sourire timide, Gladys, la jeune &#233;tudiante de &lt;i&gt;Radio Perola&lt;/i&gt;, d&#233;clare que dans le contexte politique actuel les jeunes ne devraient pas &#234;tre aussi &#171; &lt;i&gt;pitiyanqui &lt;/i&gt; &#187;, un argotisme p&#233;joratif utilis&#233; pour d&#233;crire celles et ceux qui imitent les Nord-Am&#233;ricains.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ce &#224; cette r&#233;volution, nous les jeunes d'aujourd'hui, nous commen&#231;ons &#224; m&#251;rir et &#224; voir le monde d'un autre point de vue&lt;/i&gt; &#187;, affirme Gladys. &#171; &lt;i&gt;Je pense que nous sommes des gens responsables, nous savons ce que nous faisons et que l'avenir est entre nos mains &lt;/i&gt; &#187;. Sur cette d&#233;claration, Gladys range ses livres dans son sac et s'en va en pouffant de rire, bras dessus, bras dessous avec sa camarade de classe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;par Sujatha Fernandes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consulter aussi les rubriques d'Acrimed :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique179.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Loin du Venezuela&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique355.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chavez antis&#233;mite ?&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique355.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerre m&#233;diatique et &#034;R&#233;volution bolivarienne&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sous-titres d'Acrimed&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[Note de RISAL] La ville de Caracas est form&#233;e de cinq municipalit&#233;s compos&#233;es chacune d'entre elles de plusieurs paroisses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[Note de RISAL] Consultez le dossier &#171; &lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/mot.php3?id_mot=135&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Coup d'&#201;tat au Venezuela&lt;/a&gt; &#187; sur RISAL.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[Note de RISAL] La premi&#232;re cha&#238;ne publique Venezolana de Televisi&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[Note de RISAL] Le base-ball, au Venezuela comme &#224; Cuba, est le sport &#171; national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[Note de RISAL] Chacao est une des cinq municipalit&#233;s de Caracas. Les quatre autres sont Sucre, Baruta, El Hatillo et Libertador.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Venezuela : &#171; M&#233;dias contre m&#233;dias &#187; (Le Monde diplomatique, extraits) </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Venezuela-Medias-contre-medias-Le-Monde-diplomatique-extraits</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Venezuela-Medias-contre-medias-Le-Monde-diplomatique-extraits</guid>
		<dc:date>2005-09-26T11:20:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud Lambert</dc:creator>


		<dc:subject>Le Monde diplomatique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;M&#233;dias communautaires contre m&#233;dias dominants&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-au-Venezuela-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Venezuela&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-diplomatique-+" rel="tag"&gt;Le Monde diplomatique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, pour le pr&#233;senter, des extraits d'un article de Renaud Lambert, publi&#233; par &lt;i&gt;Le Monde diplomatique &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous ne pouvez impulser un changement social si la parole est monopolis&#233;e par l'autre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gabriela Fuentes, cit&#233;e par Benito Perez dans &#171; Pas de r&#233;volution populaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Dans le contexte de r&#233;volution d&#233;mocratique que conna&#238;t le Venezuela, la question des rapports entre m&#233;dias et soci&#233;t&#233; se pose avec une acuit&#233; toute particuli&#232;re. Les m&#233;dias traditionnels priv&#233;s)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire neuf des dix quotidiens nationaux et, au total, pr&#232;s de 95 % (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et notamment les cinq grandes cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision du pays - Venevisi&#243;n, RCTV, Globovisi&#243;n, Televen et CMT -, donnent de la soci&#233;t&#233; une image qui surprend tout visiteur acceptant de sortir des quartiers chics de l'est de Caracas. A l'&#233;cran, les peaux sont blanches, les maquillages tr&#232;s &#171; tendance &#187;, les coupes de cheveux irr&#233;prochables. Berc&#233; par la ronde des biens de consommation, on y t&#233;moigne des affres de l'amour d&#233;&#231;u, trahi ou f&#233;cond que connaissent des conducteurs de 4 x 4 et de coup&#233;s sport. Bref, alors que plus de 60 % de la population vit dans la pauvret&#233;, on s'y sent plus proche de Miami que des quartiers populaires de Petare ou Catia, trop pauvres, il est vrai, pour int&#233;resser les annonceurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux mains d'int&#233;r&#234;ts financiers li&#233;s &#224; l'ancienne oligarchie, se substituant &#224; une opposition politique affaiblie par les d&#233;faites &#233;lectorales et les divisions, les m&#233;dias ont orchestr&#233; les diff&#233;rentes campagnes de d&#233;stabilisation auxquelles le gouvernement du pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez a d&#251; faire face&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Ignacio Ramonet, &#171; Un crime parfait &#187;, et Maurice Lemoine, &#171; Dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce dernier les a-t-il fait fermer pour autant ? A-t-il tent&#233; de les museler, comme l'en accuse assez r&#233;guli&#232;rement la presse internationale ? Il s'est content&#233;, pour briser cette &#171; dictature m&#233;diatique &#187;, de l&#233;galiser les organes de communication communautaires qui n'&#233;taient gu&#232;re que tol&#233;r&#233;s ou clandestins jusque-l&#224;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'une des premi&#232;res mesures prises par le patron des patrons Pedro Carmona, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en 2000. M. Ch&#225;vez est en visite &#224; Catia, l'un des quartiers les plus pauvres de Caracas. Dans son article 98, la nouvelle Constitution - qui instaure la cinqui&#232;me R&#233;publique - vient de reconna&#238;tre que le droit &#224; la communication est l'un des outils fondamentaux de la participation citoyenne. Toutefois, issue de la quatri&#232;me R&#233;publique, la loi qui r&#233;glemente le secteur des m&#233;dias est toujours en vigueur. &#171; Qu'entendez-vous par t&#233;l&#233;vision communautaire ? &#187;, demande le pr&#233;sident, vivement int&#233;ress&#233;, &#224; la jeune femme qui vient de l'interroger, se r&#233;clamant de ce type de m&#233;dia - ill&#233;gal selon la loi - fonctionnant &#224; Catia. &#171; On veut cr&#233;er un contre-pouvoir, d&#233;mythifier le langage des m&#233;dias. Montrer que ce sont des instruments, qu'ils doivent &#234;tre entre les mains des gens. &#187; Quelques mois plus tard, M. Ch&#225;vez inaugurera officiellement ce qui va devenir la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision Catia TVe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers populaires, en effet, on n'avait pas attendu le gouvernement bolivarien pour organiser la r&#233;sistance culturelle face aux m&#233;dias dominants. D&#232;s les ann&#233;es 1980, les premi&#232;res actions ont &#233;t&#233; organis&#233;es : projection de films, diffusion d'informations &#171; &#224; la cri&#233;e &#187; (les &#171; radios m&#233;gaphones &#187;), rencontres de quartier pour discuter d'une r&#233;alit&#233; rendue invisible, celle de la vie dans le barrio. Aid&#233;s par des cin&#233;astes professionnels, ceux qui ont une exp&#233;rience technique mettent sur pied des ateliers de formation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de &#171; m&#233;dia communautaire &#187;, fait par&lt;i&gt; &lt;/i&gt;et pour&lt;i&gt; &lt;/i&gt;la communaut&#233;, s'ancre dans la r&#233;alit&#233; des quartiers. Bien s&#251;r, la participation des domin&#233;s n'est pas &#224; elle seule un gage de qualit&#233;. La ligne &#233;ditoriale peut para&#238;tre r&#233;duite &#224; sa plus simple expression : si un programme ne donne pas dans la diffamation, &lt;i&gt;&#171; il passe &#187;&lt;/i&gt;. Alors, beaucoup de choses passent... Un peu faible comme alternative aux m&#233;dias dominants, ces projections dont on pourrait craindre qu'elles ne s'apparentent &#224; des s&#233;ances &#171; diapo vacances &#187;, avec leurs longueurs et leurs maladresses ? Pas si s&#251;r, car il n'est nullement question d'&#233;riger l'amateurisme en vertu. Par ailleurs, elles r&#233;pondent au besoin r&#233;el d'une population exclue des autres m&#233;dias : &lt;i&gt;&#171; Les gens, &lt;/i&gt;explique l'une des participantes,&lt;i&gt; avaient une soif immense de se reconna&#238;tre, de s'autorepr&#233;senter. &#187;&lt;/i&gt; [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[L'article se poursuit par une analyse de ces &#171; m&#233;dias communautaires &#187; (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] Ce que les t&#233;l&#233;visions communautaires locales font au niveau de leur quartier, Vive TV le met en &#339;uvre &#224; l'&#233;chelle nationale. Selon Blanca Eekhrout, le projet vise &#224; &#171; cr&#233;er une vitrine nationale pour tous les mouvements de communication locale &#187;. Contrairement &#224; ce qui se passe dans les autres m&#233;dias, on s'attache ici &#224; &#171; confronter les discours politiques &#224; la r&#233;alit&#233; du terrain &#187;. En favorisant cette communication entre citoyens &#224; l'&#233;chelle du pays, mais aussi entre les citoyens et l'Etat, Vive TV porte en elle le principe m&#234;me de la &#171; contralor&#237;a social &#187; (veille citoyenne), garante de la p&#233;rennit&#233; du projet bolivarien et moteur de la &#171; r&#233;volution dans la r&#233;volution &#187; qu'a r&#233;cemment &#233;voqu&#233;e le pr&#233;sident Ch&#225;vez. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renaud Lambert&lt;br /&gt;
Juin 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lire la totalit&#233; de l'article &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2005/06/LAMBERT/12520&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du Monde diplomatique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gabriela Fuentes, cit&#233;e par Benito Perez dans &#171; Pas de r&#233;volution populaire sans prise de parole &#187;, &lt;i&gt;Le Courrier&lt;/i&gt;, 18 juin 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire neuf des dix quotidiens nationaux et, au total, pr&#232;s de 95 % des fr&#233;quences de radio-t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Ignacio Ramonet, &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2002/06/RAMONET/16611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un crime parfait &#187;&lt;/a&gt;, et Maurice Lemoine, &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2002/08/LEMOINE/16761&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Dans les laboratoires du mensonge au Venezuela &#187;&lt;/a&gt;, Le Monde diplomatique, respectivement juin et ao&#251;t 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'une des premi&#232;res mesures prises par le patron des patrons Pedro Carmona, lors du bref coup d'Etat d'avril 2002, fut d'en faire fermer certains.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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