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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Le Conseil de presse du Qu&#233;bec</title>
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		<dc:date>2018-07-16T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Les pratiques du journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Critiques du journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Conseils de presse</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Libert&#233; de la presse ou droit du public &#224; l'information ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Au-Canada-au-Quebec-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Canada, au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Les-pratiques-du-journalisme-+" rel="tag"&gt;Les pratiques du journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Critiques-du-journalisme-+" rel="tag"&gt;Critiques du journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Conseils-de-presse-+" rel="tag"&gt;Conseils de presse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Deontologie-+" rel="tag"&gt;D&#233;ontologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton5770-ab493.jpg?1776732035' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au XX&#232;me et au d&#233;but du XXI&#232;me si&#232;cle, de nombreux pays se sont dot&#233;s d'un conseil de la presse. On en compte aujourd'hui une centaine dans le monde. Une forte majorit&#233; de pays europ&#233;ens, une trentaine, dont la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Su&#232;de, la Belgique, ont cr&#233;&#233; de telles instances. Mais c'est le conseil de presse de la province canadienne francophone du Qu&#233;bec qui a sans doute la r&#233;putation la plus forte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant le scandale des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques du journal de Rupert Murdoch, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui a inspir&#233; nombre d'autres conseils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, l'id&#233;e revient p&#233;riodiquement d'instaurer un conseil de d&#233;ontologie du journalisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une association a m&#234;me &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e sp&#233;cialement &#224; cet effet, l'Association de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et tout r&#233;cemment, Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait du texte de la p&#233;tition lanc&#233;e par la France insoumise, &#171; Pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Emmanuel Macron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V&#339;ux &#224; la presse, 3 janvier 2018 : &#171; Le deuxi&#232;me type d'action indispensable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont tous deux abord&#233; la question de la d&#233;ontologie, voire propos&#233; la cr&#233;ation d'une structure d&#233;di&#233;e dans le cas du responsable de la France Insoumise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article traite plus particuli&#232;rement du Conseil de presse du Qu&#233;bec, non pour en faire un mod&#232;le, chaque pays ayant en ce domaine une histoire et une approche propres, mais pour &#233;ventuellement tirer quelques le&#231;ons de son exp&#233;rience et appr&#233;hender les limites d'une telle entreprise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Qu'est-ce qu'un conseil de presse ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il peut &#234;tre aussi d&#233;nomm&#233; conseil de d&#233;ontologie des m&#233;dias ou conseil des m&#233;dias. Le conseil de presse est un organe professionnel d'autor&#233;gulation. En tant que tel, il peut &#234;tre compar&#233; &#224; l'Ordre des avocats ou &#224; celui des m&#233;decins, mais la comparaison s'arr&#234;te l&#224;, dans la mesure o&#249; les conseils de presse n'ont g&#233;n&#233;ralement pas de pouvoir de sanction et concernent des salari&#233;s et non des professions lib&#233;rales. Ils font office, sinon de tribunal, du moins d'instance de concertation, de m&#233;diation et d'arbitrage pour r&#233;gler les conflits entre le public et la profession ; selon la formule souvent cit&#233;e de Robert Pinker (Conseil de presse britannique) : &lt;i&gt;&#171; Les conseils de presse servent &#224; prot&#233;ger la libert&#233; de la presse et &#224; prot&#233;ger le public des exc&#232;s de cette libert&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conseils de presse sont compos&#233;s de repr&#233;sentants des journalistes, des &#233;diteurs et du public, en proportions variables selon les pays : uniquement des journalistes (Italie), journalistes et &#233;diteurs (Allemagne), journalistes et public (Ukraine), &#233;diteurs et public (Grande-Bretagne), journalistes, &#233;diteurs et public (B&#233;nin, o&#249; les journalistes sont les plus nombreux, Qu&#233;bec o&#249; les repr&#233;sentants du public sont les plus nombreux). Ces repr&#233;sentants sont d&#233;sign&#233;s soit par la communaut&#233; professionnelle, soit par des comit&#233;s ind&#233;pendants, qui visent toujours &#224; assurer l'ind&#233;pendance du conseil par rapport aux diverses formes de pouvoir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui fait par exemple du CSA une sorte d'anti-mod&#232;le de conseil des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le financement des conseils est g&#233;n&#233;ralement assur&#233; par ses membres, hors public, avec souvent une participation de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur de l'activit&#233; des conseils de presse concerne les litiges qui ne rel&#232;vent pas de la loi et des tribunaux mais qui soul&#232;vent des questions relatives &#224; la d&#233;ontologie ou &#224; l'&#233;thique professionnelle, soit l'ensemble des r&#232;gles r&#233;gissant les pratiques professionnelles, parfois rassembl&#233;es dans des codes de d&#233;ontologie. De telles r&#232;gles condamnent, par exemple, le fait de d&#233;guiser des publicit&#233;s en articles (publi-r&#233;dactionnel, publi-reportages), de d&#233;guiser en &#171; experts &#187; ou &#171; sp&#233;cialistes &#187; neutres sur les plateaux de t&#233;l&#233;vision des intervenants dont les activit&#233;s professionnelles ou les engagements politiques pouvant nourrir des partis-pris ne sont pas mentionn&#233;s, les bidonnages (comme la fausse interview de Fidel Castro par Patrick Poivre d'Arvor), les fausses nouvelles (comme le &#171; charnier &#187; de Timisoara), les &#171; m&#233;nages &#187; (prestations juteuses de journalistes &#224; des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont Christine Ockrent est la reine incontest&#233;e.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), les manifestations de sexisme, d'homophobie, mais aussi les conflits d'int&#233;r&#234;t, les atteintes &#224; la vie priv&#233;e, etc. Autant de pratiques dont les critiques abondent dans les articles gracieusement mis &#224; la disposition du public par Acrimed. Nombre de ces offenses &#224; la d&#233;ontologie professionnelle ne sont pas passibles de sanctions par les tribunaux. Mais m&#234;me lorsqu'elles le sont, comme dans les cas d'atteinte &#224; l'honneur, &#224; la consid&#233;ration des personnes, les justiciables pr&#233;f&#232;reront souvent s'adresser au conseil de presse (s'il existe) plut&#244;t que se lancer dans des proc&#232;s co&#251;teux et au r&#233;sultat incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays, comme la France, qui en sont d&#233;pourvus, l'absence de conseil de presse favorise la prolif&#233;ration des m&#233;diateurs, qui sont plut&#244;t des amortisseurs des reproches du public &#224; leur m&#233;dia voire des chiens de garde corporatistes patent&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet la rubrique de notre site qui leur est consacr&#233;e.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et celle de risibles &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Pour-la-dissolution-des-Comites-dits-d-ethique?recherche=%26quot%3Bcomit%C3%A9%20d%26%23039%3B%C3%A9thique%26quot%3B&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; comit&#233;s d'&#233;thique &#187; maison&lt;/a&gt;, rendus obligatoires par la loi Bloche et compos&#233;s sur mesure par les grands m&#233;dias. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t des conseils de presse, o&#249; les m&#233;dias interpell&#233;s par le public sont normalement contraints de lui apporter une r&#233;ponse argument&#233;e. Notons &#233;galement que les &#233;diteurs et les journalistes sont souvent favorables &#224; la cr&#233;ation de conseils de presse dans lesquels ils voient un moindre mal face &#224; des projets de r&#233;glementation &#233;tatique des m&#233;dias beaucoup plus contraignants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, r&#233;cemment, suite au scandale des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques &#233;voqu&#233; plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et un moyen d'am&#233;liorer leur image aux yeux du public.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le Conseil de presse du Qu&#233;bec&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La naissance du Conseil de presse du Qu&#233;bec, en 1973, s'inscrit dans un triple contexte : celui o&#249; la presse francophone avait fort mauvaise r&#233;putation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La pr&#233;occupation initiale qui a motiv&#233; la cr&#233;ation d'un conseil de presse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, celui d'une forte concentration des m&#233;dias, et surtout au moment o&#249; le gouvernement envisageait de r&#232;glementer le secteur des m&#233;dias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le dit Mario Cardinal : &#171; Le Conseil de presse a &#233;t&#233; un des &#233;l&#233;ments (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il se d&#233;nomme plus pr&#233;cis&#233;ment &#171; Tribunal d'honneur de la presse &#187;, une appellation qui, quoique un peu grandiloquente, exprime bien le r&#244;le du Conseil qui fonctionne comme un tribunal classique, mais un tribunal sans pouvoir de sanction autre que morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organisme priv&#233; sans but lucratif, il &#339;uvre depuis 45 ans &lt;i&gt;&#171; &#224; la protection de la libert&#233; de la presse et &#224; la d&#233;fense du droit du public &#224; une information de qualit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Il s'appuie pour cela sur un code de d&#233;ontologie publi&#233; en 2003&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pendant les 30 premi&#232;res ann&#233;es, le Conseil a donc fonctionn&#233; sans code. Ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et largement r&#233;nov&#233; en 2015. Ce &lt;a href=&#034;https://conseildepresse.qc.ca/guide/preambule/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;guide de d&#233;ontologie&lt;/a&gt; sert de r&#233;f&#233;rence &#224; ses d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil est compos&#233; de trois coll&#232;ges : 6 journalistes, 6 repr&#233;sentants des &#233;diteurs, et 7 repr&#233;sentants du public. Il est pr&#233;sid&#233; par un repr&#233;sentant du public. Les journalistes sont choisis par l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de la f&#233;d&#233;ration des journalistes qu&#233;b&#233;cois, les repr&#233;sentants des &#233;diteurs par ces derniers, et les repr&#233;sentants du public par le CA du Conseil apr&#232;s appel public de candidatures dans les m&#233;dias et recommandations d'un comit&#233; de s&#233;lection compos&#233; des repr&#233;sentants du public. L'adh&#233;sion des m&#233;dias au Conseil est libre. Il est financ&#233; par les m&#233;dias adh&#233;rents (60%), les revenus de ses fonds propres (16%), la F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes (2,5%) et le gouvernement (22,5%), pour un total compris entre 500 000 $ (328 000 &#8364;) et 700 000 $ (460 000 &#8364;) annuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa comp&#233;tence s'&#233;tend &#224; tous les m&#233;dias du Qu&#233;bec, qu'ils adh&#232;rent ou pas, mais il n'est financ&#233; que par ses adh&#233;rents. Il est comp&#233;tent pour tout litige ayant trait &#224; la d&#233;ontologie, y compris s'il oppose un journaliste salari&#233; &#224; son employeur ; mais il s'abstient ou se retire si d'autres tribunaux sont saisis de la m&#234;me affaire. Le Conseil ne peut pas s'autosaisir, mais tout citoyen, tout organisme priv&#233; ou public, peut le saisir gratuitement d'une plainte qui, si elle est estim&#233;e recevable, fait l'objet d'une d&#233;cision susceptible d'appel sous 30 jours. Le Conseil n'a aucun pouvoir coercitif mais invite vivement les m&#233;dias, en particulier celui qui est vis&#233; par une plainte, &#224; publier sa d&#233;cision. Depuis le 15 novembre 2017, le Conseil de presse a mis en place un service de m&#233;diation qui recherche dans un d&#233;lai de 30 jours une &lt;i&gt;&#171; entente &#233;quitable et durable &#187;&lt;/i&gt; entre les parties. &#192; d&#233;faut d'entente, la proc&#233;dure ordinaire est engag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaintes, dont l'immense majorit&#233; &#233;manent de particuliers, furent pendant longtemps au nombre d'une centaine par an ; elles ont augment&#233; depuis 1998, lorsque le Conseil s'est dot&#233; d'un site Internet sur lequel elles peuvent &#234;tre d&#233;pos&#233;es, et r&#233;cemment, on en comptait environ 220 en moyenne par an (2014-2016), avant que leur nombre ne fasse un bond pour atteindre le chiffre de 735 en 2017. C'est &#233;galement en 2017 que le nombre de plaintes concernant la presse &#233;crite, qui fut longtemps la principale cible, a &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; par celui concernant les autres m&#233;dias (radio, t&#233;l&#233;vision, Internet &#8211; y compris les versions Internet des journaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaintes jug&#233;es recevables sont ensuite trait&#233;es par une Commission des plaintes et, apr&#232;s notification d'argumentaires par les parties, font l'objet d'une analyse par la Commission et d'une d&#233;cision. Les d&#233;cisions favorables au plaignant, dites &lt;i&gt;&#171; retenues &#187;&lt;/i&gt;, sont parfois accompagn&#233;es d'un bl&#226;me, voire d'un bl&#226;me s&#233;v&#232;re &#224; l'intention du journaliste et/ou du m&#233;dia. Ces d&#233;cisions ont permis l'&#233;dification au fil du temps d'un v&#233;ritable corpus de jurisprudence sur la d&#233;ontologie du journalisme, chaque d&#233;cision faisant l'objet d'un rapport circonstanci&#233; o&#249; figurent les positions des parties et les conclusions du Conseil. Pour exemple, on trouvera en annexe une d&#233;cision r&#233;cente du Conseil prise &#224; la suite d'un afflux exceptionnel de plaintes. Ce sont plus de 2 000 d&#233;cisions qui sont ainsi accessibles sur le site du Conseil, par th&#232;mes, titres des journaux et ann&#233;es, crit&#232;res de recherche que l'on peut croiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de savoir si l'existence du Conseil a modifi&#233; s&#233;rieusement les pratiques professionnelles des journalistes qu&#233;b&#233;cois, mais on ne peut douter qu'il a favoris&#233;, au moins par les commentaires que ses d&#233;cisions ont suscit&#233;s dans le milieu m&#233;diatique, des r&#233;flexions et une conscience plus aig&#252;e et avertie des questions de d&#233;ontologie. De m&#234;me pour le public : depuis que le Conseil de presse a acquis une certaine notori&#233;t&#233;, il a incontestablement contribu&#233; &#224; familiariser le public &#224; la d&#233;ontologie des m&#233;dias, &#224; ce que peuvent faire et ne pas faire, dire et ne pas dire les journalistes, et partant, &#224; une vigilance accrue &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; s'arr&#234;te la libert&#233; d'expression ? O&#249; commence le droit du public &#224; une information de qualit&#233; ? Devant trancher ces d&#233;licates questions au cas par cas, dans une &#233;poque de vive concurrence entre les m&#233;dias, le Conseil de presse du Qu&#233;bec a fait l'objet de nombreuses critiques.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Critiques et limites&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une critique r&#233;currente souligne la lenteur des d&#233;cisions du Conseil. Malgr&#233; une volont&#233; constante de r&#233;duire les d&#233;lais, ceux-ci tournent autour d'une ann&#233;e, si ce n'est plus ; onze mois (un record de bri&#232;vet&#233; !) en moyenne en 2017. Et il n'y a pas de proc&#233;dure acc&#233;l&#233;r&#233;e pour des cas qui l'exigeraient. Dans de nombreuses affaires li&#233;es &#224; l'actualit&#233;, ce d&#233;lai peut constituer un v&#233;ritable pr&#233;judice pour les plaignants, notamment en cas d'atteinte &#224; la consid&#233;ration de la personne. En cause sans doute, une proc&#233;dure lourde comprenant de nombreuses &#233;tapes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tude sommaire de recevabilit&#233;, tentative de r&#233;solution amiable, nouvelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; auxquelles se sont surajout&#233;es r&#233;cemment une formalisation de la tentative de r&#233;solution amiable, plus &#233;toff&#233;e, et la possibilit&#233; pour les parties de demander une audition. Mais surtout, le budget manifestement trop faible du Conseil, qui ne permet d'employer que cinq salari&#233;s, laisse une charge de travail consid&#233;rable aux membres charg&#233;s d'instruire les requ&#234;tes et de prendre les d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a aussi &#233;t&#233; reproch&#233; au Conseil de limiter son activit&#233; au recueil et au traitement des plaintes, plut&#244;t que de mener de vastes enqu&#234;tes sur les m&#233;dias et le journalisme et, le cas &#233;ch&#233;ant de rapporter de fa&#231;on autonome des dysfonctionnements constat&#233;s. M&#234;me si de temps &#224; autre une subvention ponctuelle du minist&#232;re de la Culture permet de lancer des &#233;tudes approfondies sur des sujets pr&#233;cis, comme ce fut le cas en 2009 sur l'&#233;tat de l'information locale, r&#233;gionale et nationale au Qu&#233;bec, ou encore en 2013 sur l'ind&#233;pendance des journalistes, le Conseil p&#226;tit en la mati&#232;re de ses contraintes budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil serait par ailleurs trop peu connu du public, m&#234;me si cette tendance semble &#233;voluer au vu de l'accroissement du nombre de plaintes re&#231;ues. Ce handicap est important dans la mesure o&#249; la seule sanction des m&#233;dias bl&#226;m&#233;s par une d&#233;cision du Conseil consiste &#224; publier cette d&#233;cision : cette publication sera rarement en premi&#232;re page et en gros caract&#232;res et elle pourra passer inaper&#231;ue &#224; un public ignorant le Conseil et son r&#244;le (dans l'hypoth&#232;se o&#249; le m&#233;dia publie la d&#233;cision, ce qui n'est pas toujours le cas, loin de l&#224;, et m&#234;me si d'autres m&#233;dias, non concern&#233;s par la d&#233;cision la publient de leur c&#244;t&#233;). En outre, faire conna&#238;tre le Conseil de presse au public demanderait un financement autrement plus important que celui dont il dispose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une campagne de publicit&#233; pour le Conseil de presse a tout de m&#234;me &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil de presse a souvent &#233;t&#233; attaqu&#233; pour sa &#171; partialit&#233; &#187;. Certains &#233;diteurs et journalistes lui reprochent, parfois vivement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En apprenant la d&#233;cision du Conseil, l'&#233;diteur adjoint de La Presse, &#201;ric (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des d&#233;cisions les concernant. Pour d'autres, c'est &lt;i&gt;&#171; la faiblesse des motifs justifiant les d&#233;cisions, leur caract&#232;re arbitraire et leur absence de rigueur &#187;&lt;/i&gt; (groupe Qu&#233;becor cit&#233; par &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; du 15 septembre 2010), qui sont en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vue par le milieu universitaire, la partialit&#233; du Conseil s'exprime au contraire dans des d&#233;cisions trop favorables aux m&#233;dias. Ainsi, Armande Saint-Jean, ancienne journaliste devenue chercheuse universitaire se fait l'&#233;cho de ces critiques : &lt;i&gt;&#171; Il [le Conseil de presse] serait domin&#233; par les patrons et les journalistes dont les int&#233;r&#234;ts corporatistes se rejoignent, et le public n'y est repr&#233;sent&#233; que par une certaine &#233;lite issue des corps interm&#233;diaires, jamais par &#034;des Noirs, des &#233;tudiants, des mineurs&#034; (Sauvageau, 1980). &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op.cit. p.98.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans le m&#234;me sens, une &#233;tude portant sur les crit&#232;res d&#233;ontologiques retenus par 1489 jugements du Conseil de presse du Qu&#233;bec &#233;tablit que &lt;i&gt;&#171; les r&#233;sultats de l'analyse confirment les pr&#233;somptions voulant que le Conseil de presse prot&#232;ge avec vigueur la libert&#233; des entreprises de presse et des journalistes &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur pr&#233;cise apr&#232;s analyse des contenus des jugements : &lt;i&gt;&#171; Si la jurisprudence du Conseil de presse se r&#233;v&#232;le partiale par ses taux de rejet des griefs, elle l'est bien davantage par les conceptions qu'elle v&#233;hicule &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L&#233;gitimation et syst&#232;me normatif : une &#233;tude de la jurisprudence du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Jugement confirm&#233; par Marc-Fran&#231;ois Bernier, titulaire de la chaire de recherche en &#233;thique du journalisme de l'universit&#233; d'Ottawa, pour lequel les syst&#232;mes d'autor&#233;gulation, dont le Conseil de presse fait partie, ne sont que &lt;i&gt;&#171; des mythes professionnels assurant la protection des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des m&#233;dias, au d&#233;triment du droit du public &#224; une information de qualit&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Adeline Hulin, &#171; L'autor&#233;gulation des m&#233;dias, glaive ou bouclier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Consult&#233;s par sondage en 2011, les Qu&#233;b&#233;cois semblent du m&#234;me avis, n'&#233;tant que 16% &#224; d&#233;signer le Conseil de presse en r&#233;ponse &#224; la question : &lt;a href=&#034;http://crej.ca/CPQ20092011.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Qui devrait assurer que les journalistes respectent l'&#233;thique et la d&#233;ontologie de leur m&#233;tier ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un sondage &#224; prendre toutefois avec pr&#233;caution, a fortiori puisque, comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La d&#233;pendance vis-&#224;-vis des groupes de m&#233;dias&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu plus haut, une part notable des difficult&#233;s du Conseil tient &#224; son sous financement. Pourtant, parmi les g&#233;n&#233;reux contributeurs au maigre budget du Conseil, tout le monde ne souffre pas d'imp&#233;cuniosit&#233;. Par exemple le groupe Gesca, filiale de Power corporation, compte 33 700 salari&#233;s de par le monde, dont 3 150 au Qu&#233;bec, et chiffrait &#224; 28 milliards de dollars canadiens (soit 18 milliards d'euros) ses revenus en 2013. C'est &#233;galement le cas jusqu'en 2009 (o&#249; il quitta le Conseil) de Qu&#233;becor, un groupe de presse rassemblant plus de 17 000 salari&#233;s et dont les revenus s'&#233;levaient en 2015 &#224; 4 milliards de dollars canadiens (soit 2,6 milliards d'euros) de revenus. Que comptent, pour de tels groupes, les quelques dizaines de milliers de dollars accord&#233;s au Conseil de presse et &#224; ses cinq salari&#233;s ? Le sous-financement semble d&#233;lib&#233;r&#233;, d'autant plus que les grands &#233;diteurs se sont toujours oppos&#233;s &#224; ce que le Conseil ait les moyens de s'occuper d'autre chose que du traitement des plaintes du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression &#233;conomique est d'autant plus forte du fait que le Qu&#233;bec est une r&#233;gion o&#249; les m&#233;dias sont extr&#234;mement concentr&#233;s : deux groupes contr&#244;lent 97% des quotidiens (Qu&#233;becor et Gesca&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera que les quotidiens du groupe Gesca ont &#233;t&#233; achet&#233;s en 2015 par un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), trois autres 97% de l'audience radio (Cogeco, Astral et Radio-Canada), trois autres 82 % de l'audimat t&#233;l&#233;vision (Bell, Qu&#233;becor, Radio-Canada).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation de d&#233;pendance rend pr&#233;caire la stabilit&#233; du Conseil. Quand le groupe Qu&#233;becor, qui contr&#244;le 40 % de l'information du Qu&#233;bec, quitte le Conseil de presse en 2009, il met de fait l'institution en danger sur le plan mat&#233;riel, en amputant un budget que l'&#201;tat sera contraint d'abonder&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce moment-l&#224;, comme les autres financeurs n'ont pas augment&#233; leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce d&#233;part affecte aussi la l&#233;gitimit&#233; (au sens de &#171; repr&#233;sentativit&#233; &#187;) du Conseil puisqu'il n'est plus reconnu par son principal partenaire. Certes, le Conseil garde la possibilit&#233; de traiter les plaintes concernant Qu&#233;becor, et il le fait, mais les m&#233;dias appartenant &#224; Qu&#233;becor ne participent pas au traitement de ces plaintes (en exposant leur point de vue en d&#233;fense), si bien que les d&#233;cisions du Conseil les concernant sont formellement biais&#233;es car issues de proc&#233;dures incompl&#232;tes. En outre, &#233;videmment, les m&#233;dias du groupe Qu&#233;becor ne publient jamais les d&#233;cisions du Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;part de Qu&#233;becor, le Conseil a d&#251; encore affronter les revendications de Radio Canada, radio-t&#233;l&#233;vision publique, portant sur la proc&#233;dure de traitement des plaintes (2015), revendications qu'il a d&#251; satisfaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit des r&#233;formes de la proc&#233;dure de r&#233;solution amiable et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus r&#233;cemment (2017), il a d&#251; faire face aux protestations du groupe Gesca contre des d&#233;cisions qui impliquaient le groupe en question, avec, &#224; chaque fois, des menaces de d&#233;part, d&#233;parts qui auraient mis cette fois son existence directement en p&#233;ril.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Au vu de l'histoire du Conseil, m&#234;me rapidement bross&#233;e, et de la constance de ses difficult&#233;s, on est conduit &#224; penser que son fonctionnement &#224; bas r&#233;gime, qui dure depuis 45 ans, ne disconvient pas &#224; tout le monde, en particulier &#224; ceux qui pourraient le modifier : les grands m&#233;dias partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des divers freins &#224; ce fonctionnement, le plus saillant est sans doute le double r&#244;le des &#233;diteurs (patrons de m&#233;dias), en tant que financeurs et d&#233;cideurs au sein du Conseil. Position dominante qui est encore facilit&#233;e par la libert&#233; d'adh&#233;sion au Conseil et la libert&#233; de publier ou non ses d&#233;cisions, libert&#233;s dont les &#233;diteurs usent sans se priver, tout en maintenant le Conseil dans une situation financi&#232;re pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans une &#233;conomie des m&#233;dias de type capitaliste, et qui plus est tr&#232;s concentr&#233;e, l'autonomie des journalistes est tr&#232;s sujette &#224; caution. Comme ils sont sous la d&#233;pendance, directe en tant que salari&#233;s, ou indirecte sur le march&#233; du travail, des &#233;diteurs, il y a de fortes chances que leur contribution aux d&#233;cisions du Conseil aille dans le m&#234;me sens que celle des &#233;diteurs, et rompe ainsi l'&#233;quilibre initialement pr&#233;vu entre les trois coll&#232;ges d&#233;cisionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au public, peu instruit de l'existence et du r&#244;le du Conseil, isol&#233;, inorganis&#233; et devant porter seul la charge de la preuve, il voit la majorit&#233; de ses plaintes d&#233;clar&#233;es irrecevables et la moiti&#233; de celles qui restent rejet&#233;es, et il doit en outre attendre une ann&#233;e avant de voir aboutir ses requ&#234;tes. Malgr&#233; un effort initial pour qu'il soit repr&#233;sent&#233; plus efficacement, ce public demeure l'enfant pauvre d'un processus pourtant cens&#233; &#234;tre en sa faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Annexe : une d&#233;cision du Conseil de presse, tribunal d'honneur des m&#233;dias du Qu&#233;bec (15-09-2017) : Prudence dans la couverture de verdicts de culpabilit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Le Conseil a observ&#233; une r&#233;action exceptionnelle du public avec le d&#233;p&#244;t de 161 plaintes &#224; l'encontre de l'article &#171; Coupables d'agression sexuelle : les proches des trois jeunes hommes condamn&#233;s pour le viol d'une adolescente sont d&#233;molis &#187;, publi&#233; dans Le Journal de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaignants reprochaient au journaliste Yanick Poisson d'avoir fait preuve d'un parti pris et d'un manque d'&#233;quilibre dans son compte-rendu du verdict. Apr&#232;s analyse, la majorit&#233; des membres du comit&#233; des plaintes (5/6) a jug&#233; que le journaliste a manqu&#233; d'impartialit&#233; en pr&#233;sentant les trois hommes condamn&#233;s pour agression sexuelle en victimes, notamment en mettant l'accent sur l'impact que le verdict a eu sur eux et leurs familles, dans le choix de mots comme &#171; sont d&#233;molis &#187; ou encore l'intertitre &#171; Une soir&#233;e qui co&#251;te cher &#187; qui fait r&#233;f&#233;rence au prix pay&#233; par les coupables. Le Conseil a rappel&#233; le devoir d'impartialit&#233; des journalistes factuels, en particulier lors de la couverture d'un proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mis en cause ont &#233;galement &#233;t&#233; bl&#226;m&#233;s pour le manque d'&#233;quilibre dont t&#233;moigne l'article en ne faisant pas &#233;tat de la r&#233;action de la victime et de ses proches au moment du verdict. Indiquer que la victime, qui &#233;tait pr&#233;sente, ou que ses proches n'avaient pas souhait&#233; commenter la d&#233;cision du jury aurait permis de remplir minimalement cette obligation d&#233;ontologique, a fait remarquer le Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil a rejet&#233; les griefs d'atteinte &#224; la dignit&#233;, de manque de respect devant un drame humain et d'atteinte &#224; la sensibilit&#233; du public et celui d'expression de m&#233;pris et d'entretien de pr&#233;jug&#233;s. Cependant, le Conseil a rappel&#233; aux m&#233;dias de faire preuve d'une prudence accrue, notamment dans le choix des mots, lors de la couverture de proc&#233;dures judiciaires aussi sensibles qu'une cause de viol collectif dont la victime est mineure. On peut lire &lt;a href=&#034;https://conseildepresse.qc.ca/decisions/d2017-05-068/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici l'int&#233;gralit&#233; de la d&#233;cision&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Post-Scriptum :&lt;/strong&gt; Nous remercions le Conseil de presse du Qu&#233;bec de nous avoir fourni avec diligence quelques informations qui nous manquaient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant le scandale des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques du journal de Rupert Murdoch, &lt;i&gt;News of the world&lt;/i&gt;, en 2011, le conseil de presse britannique, la Press complaint commission (PCC), cr&#233;&#233; en 1953, &#233;tait aussi une r&#233;f&#233;rence. Plusieurs de ses membres ayant &#233;t&#233; lourdement compromis dans cette affaire, il fut supprim&#233; en 2014 et remplac&#233; par un nouvel organisme, l'Independent press standards organisation (IPSO). Cette m&#233;saventure du PCC a jet&#233; un fort discr&#233;dit sur l'ensemble des conseils de presse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une association a m&#234;me &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e sp&#233;cialement &#224; cet effet, &lt;a href=&#034;http://apcp.unblog.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Association de pr&#233;figuration d'un conseil de presse (APCP)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait du texte de la p&#233;tition lanc&#233;e par la France insoumise, &#171; Pour la cr&#233;ation d'un conseil de d&#233;ontologie du journalisme en France &#187; : &lt;i&gt;&#171; Nous demandons la cr&#233;ation d'un conseil de d&#233;ontologie du journalisme en France. Il devrait &#234;tre compos&#233; de repr&#233;sentants des usagers des m&#233;dias et de repr&#233;sentants des journalistes, y compris les pr&#233;caires et pigistes. Ainsi, les citoyens disposeraient d'un recours pour faire respecter leur droit &#224; une information objective. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;V&#339;ux &#224; la presse, 3 janvier 2018 : &lt;i&gt;&#171; Le deuxi&#232;me type d'action indispensable d&#233;pend de vous. Je sais que beaucoup parmi vous r&#233;fl&#233;chissent sur la d&#233;ontologie du m&#233;tier de journaliste. [&#8230;] Il vous revient d'organiser en quelque sorte les r&#232;gles de votre profession, si nous ne voulons plus que tout puisse se valoir et qu'aucune hi&#233;rarchie ne soit faite. L'heure est sans doute venue pour votre profession de s'unir autour de principes fortement r&#233;affirm&#233;s en un temps de fragilit&#233; d&#233;mocratique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qui fait par exemple du CSA une sorte d'anti-mod&#232;le de conseil des m&#233;dias. En effet, cantonn&#233; au seul domaine audiovisuel &#224; l'exclusion de la presse &#233;crite, ses membres sont nomm&#233;s par le pouvoir politique (sur ses 7 membres, 3 sont nomm&#233;s par le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale, 3 par celui du S&#233;nat, et le dernier, le pr&#233;sident, par celui de la R&#233;publique)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dont Christine Ockrent est &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Ockrent-reine-des-menages-et-donneuse-de-lecons?recherche=%26quot%3Breine%20des%20m%C3%A9nages%26quot%3B&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la reine incontest&#233;e&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/+-Mediateur-+&#034;&gt;la rubrique de notre site qui leur est consacr&#233;e&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, r&#233;cemment, suite au scandale des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques &#233;voqu&#233; plus haut, le gouvernement britannique a propos&#233; une &#171; Charte royale &#187; assez coercitive pour r&#233;guler les m&#233;dias. La majorit&#233; des journaux ont aussit&#244;t r&#233;pliqu&#233; en cr&#233;ant leur &lt;br class='autobr' /&gt;
conseil de presse, l'Ipso.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; La pr&#233;occupation initiale qui a motiv&#233; la cr&#233;ation d'un conseil de presse d&#233;coulait de l'affligeante m&#233;diocrit&#233; de la presse canadienne fran&#231;aise et visait &#224; instituer un m&#233;canisme susceptible de revaloriser la profession journalistique g&#233;n&#233;ralement m&#233;pris&#233;e et maltrait&#233;e&#8230; &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Ethique de l'information, fondements et pratiques au Qu&#233;bec depuis 1960&lt;/i&gt;, Armande Saint-Jean, PUM, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le dit Mario Cardinal : &lt;i&gt;&#171; Le Conseil de presse a &#233;t&#233; un des &#233;l&#233;ments qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour emp&#234;cher justement les l&#233;gislations r&#233;glementant l'information au Qu&#233;bec &#187;&lt;/i&gt; (Intervention de Mario cardinal, ex Ombudsman de Radio Canada, au colloque sur l'avenir des conseils de presse, organis&#233; par le Conseil de presse du Qu&#233;bec le 16 octobre 2008).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pendant les 30 premi&#232;res ann&#233;es, le Conseil a donc fonctionn&#233; sans code. Ce fut un choix d&#233;lib&#233;r&#233; de ses fondateurs qui tenaient &#224; &#233;viter de s'enfermer dans des crit&#232;res trop stricts. Mais, avec le temps, au vu de certaines incoh&#233;rences jurisprudentielles, l'utilit&#233; d'un tel code s'est faite ressentir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tude sommaire de recevabilit&#233;, tentative de r&#233;solution amiable, nouvelle &#233;tude de recevabilit&#233;, &#233;tude, commentaires &#233;crits des parties, d&#233;cision, appel &#233;ventuel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une campagne de publicit&#233; pour le Conseil de presse a tout de m&#234;me &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en 2013 ; ce qui explique sans doute en partie la croissance des plaintes dans la p&#233;riode suivante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; En apprenant la d&#233;cision du Conseil, l'&#233;diteur adjoint de La Presse, &#201;ric Trottier, a vivement r&#233;agi : &#034;Voil&#224; une autre d&#233;cision d&#233;plorable du Conseil de presse, a-t-il d&#233;clar&#233;. Les grands m&#233;dias le d&#233;noncent depuis longtemps : le Conseil de presse, au lieu de se comporter en v&#233;ritable tribunal impartial, tombe trop souvent dans le militantisme anti-journalistique. Dans ce cas, le Conseil va jusqu'&#224; modifier la d&#233;finition m&#234;me de l'int&#233;r&#234;t public pourtant reconnue par les tribunaux. C'est ridicule.&#034; &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 4 ao&#251;t 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op.cit.&lt;/i&gt; p.98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L&#233;gitimation et syst&#232;me normatif : une &#233;tude de la jurisprudence du Conseil de presse du Qu&#233;bec &#187;, Ulric Desch&#234;nes, in &lt;i&gt;Communication Information M&#233;dia Th&#233;orie&lt;/i&gt;, ann&#233;e 1996, 17-2, p. 177. L'article est consultable &lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/doc/comin_1189-3788_1996_num_17_2_1781&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Adeline Hulin, &#171; L'autor&#233;gulation des m&#233;dias, glaive ou bouclier pour la libert&#233; &#187;, in &lt;i&gt;Revue europ&#233;enne des m&#233;dias num&#233;riques&lt;/i&gt;, N&#176; 30-31, printemps-&#233;t&#233; 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un sondage &#224; prendre toutefois avec pr&#233;caution, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; puisque, comme nous l'avons mentionn&#233; plus haut, de tr&#232;s nombreux Qu&#233;b&#233;cois ne connaissent pas m&#234;me l'existence du Conseil de presse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera que les quotidiens du groupe Gesca ont &#233;t&#233; achet&#233;s en 2015 par un groupe moins puissant, Capitales M&#233;dias, &#224; l'exception du quotidien &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; devenu en 2017 un journal &#233;lectronique ind&#233;pendant sans but lucratif&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce moment-l&#224;, comme les autres financeurs n'ont pas augment&#233; leur contribution, l'&#201;tat est devenu le premier financeur avec plus de la moiti&#233; du budget, ce qui avait &#233;t&#233; soigneusement &#233;vit&#233; lors de la cr&#233;ation du Conseil de presse, pour des raisons d'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit des r&#233;formes de la proc&#233;dure de r&#233;solution amiable et de l'audition des parties, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobilisation sociale et critique des m&#233;dias au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Mobilisation-sociale-et-critique-des-medias-au-Quebec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Mobilisation-sociale-et-critique-des-medias-au-Quebec</guid>
		<dc:date>2012-06-11T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec (m&#233;dias du)</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L&#224;-bas comme ici ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-en-Europe-et-en-Amerique-du-Nord-2010-2012-et-au-dela-" rel="directory"&gt;Mobilisations en Europe et en Am&#233;rique du Nord : 2010-2012, et au-del&#224;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quebec-medias-du-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec (m&#233;dias du)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois poursuivent leur gr&#232;ve, la plus longue de l'histoire universitaire du pays, contre la hausse du montant des droits d'inscription &#224; l'universit&#233; et contre la loi 78, qui limite le droit de manifester, le r&#244;le des m&#233;dias dans ce mouvement a &#233;t&#233; mis en cause, non sans virulence parfois, par les acteurs de la mobilisation. Il vaut la peine d'essayer de comprendre pourquoi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ph&#233;nom&#232;ne qui ne manque pas d'int&#233;r&#234;t et qui n'a gu&#232;re d'&#233;quivalent en France (&#224; de trop rares exceptions pr&#232;s) : des journalistes, universitaires et blogueurs se sont efforc&#233;s, &#224; leur fa&#231;on, de se livrer &#224; un examen critique, t&#233;moignant ainsi &#224; cette occasion d'une certaine vigilance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un rapide survol du paysage m&#233;diatique qu&#233;b&#233;cois et des instruments de cette vigilance permet de comprendre cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concentration des m&#233;dias, observations des m&#233;dias&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Un blogueur proposait, le 9 mai, sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.vigile.net/Pourquoi-pas-enfin-une-manif&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pourquoi pas, enfin, une manif contre nos deux empires m&#233;diatiques ? &#187;&lt;/a&gt;, d'organiser une manifestation devant le si&#232;ge des deux grands groupes qui se partagent les m&#233;dias au Qu&#233;bec : Qu&#233;b&#233;cor et Gesca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier, Qu&#233;b&#233;cor, que nous avons d&#233;j&#224; largement &#233;voqu&#233; ici d&#233;tient notamment &lt;i&gt;Le Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Qu&#233;becor et Le Journal du Qu&#233;bec, voir &#171; Quinze mois de conflit au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ainsi que la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision TVA, qui a la plus forte audience au Qu&#233;bec. Le mastodonte concurrent, Gesca, est une filiale de la Power Corporation du Canada, pr&#233;sid&#233;e par Paul Desmarais, cinqui&#232;me fortune du pays et soutien actif de l'ex-pr&#233;sident fran&#231;ais Nicolas Sarkozy (il &#233;tait au Fouquet's). Gesca d&#233;tient le quotidien &lt;i&gt;La Presse,&lt;/i&gt; ainsi que six autres quotidiens et trois hebdomadaires. La concentration de la presse payante francophone bat au Qu&#233;bec tous les records des pays occidentaux : 97,2 % des journaux qu&#233;b&#233;cois appartiennent aux deux groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le quotidien &lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (3,5 % du tirage qu&#233;b&#233;cois, 30 &#224; 40 000 exemplaires, 349 000 lecteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Donn&#233;es 2008, selon Wikip&#233;dia, qui se r&#233;f&#232;re au Print Measurement Bureau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; demeure ind&#233;pendant depuis sa naissance, en 1910.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision publique, Radio Canada, accus&#233;e d'affinit&#233;s avec le gouvernement lib&#233;ral du Qu&#233;bec, elle a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e &#171; Radio Cadenas &#187; ou encore &#171; Radio Gesca &#187;, en raison de ses relations tr&#232;s amicales avec ce groupe, lui-m&#234;me tr&#232;s proche du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est notamment &#224; cause de cette extr&#234;me concentration des m&#233;dias, mais aussi des probl&#232;mes que soul&#232;vent les pratiques journalistiques, que s'est d&#233;velopp&#233;e de longue date et, donc, longtemps avant la mobilisation des &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois, une critique des m&#233;dias relativement autonome. Malgr&#233; son faible tirage, le quotidien &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; y contribue, en raison de son ind&#233;pendance, de la r&#233;putation de qualit&#233; de ses articles, notamment de sa rubrique &#171; M&#233;dias &#187;, tenue par St&#233;phane Baillargeon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une &#233;tude approfondie de ce quotidien a &#233;t&#233; publi&#233;e par la revue qu&#233;b&#233;coise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il n'est pas un m&#233;dia lui-m&#234;me, le &lt;a href=&#034;http://conseildepresse.qc.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conseil de presse du Qu&#233;bec&lt;/a&gt; joue un r&#244;le plus important. Cet organisme, o&#249; sont repr&#233;sent&#233;s &#224; &#233;galit&#233; les journalistes, les entreprises de m&#233;dias et le public (qui a une voix de plus), semble jouir d'une grande autorit&#233;, m&#234;me s'il ne dispose pas de pouvoir autre que moral. Cela dit, ses d&#233;cisions, sont toujours accompagn&#233;es de la mention : &lt;i&gt;Le Conseil de presse du Qu&#233;bec rappelle que : &#171; Lorsqu'une plainte est retenue, l'entreprise de presse vis&#233;e par la d&#233;cision a l'obligation morale de la publier ou de la diffuser. &#187; (R&#232;glement n&#176; 3, article 8. 2)&lt;/i&gt;. L'ind&#233;pendance du Conseil de la presse a d&#233;j&#224; provoqu&#233; le d&#233;part de certains de ses membres, dont Qu&#233;becor, ce qui fragilise son financement, d&#233;j&#224; modeste. Le Conseil de presse diffuse chaque jour sur son site une revue de presse et, r&#233;guli&#232;rement, des articles sur les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, moins r&#233;put&#233; que le Conseil de la presse, un dernier organisme m&#233;rite d'&#234;tre mentionn&#233; : Projet J (pour Projet Journalisme) qui se d&#233;finit comme un &#171; Observatoire du journalisme &#187;. Soutenu par la &lt;a href=&#034;http://cjf-fjc.ca/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fondation pour le journalisme canadien&lt;/a&gt;, Projet J, se pr&#233;sente comme &lt;i&gt;&#171; Observatoire ind&#233;pendant &#187; qui &#171; [&#8230;] vise &#224; favoriser l'excellence journalistique en proposant un espace de r&#233;flexion critique et des outils de perfectionnement. &#187; &lt;/i&gt;Ainsi, &#171; &lt;i&gt; il y est question, entre autres, de formation, d'&#233;thique et de recherche sur le journalisme. Il s'agit &#233;galement d'un lieu d'&#233;changes et de d&#233;bats entre journalistes, enseignants et &#233;tudiants sur les enjeux actuels et l'avenir du m&#233;tier. &#187;. &lt;/i&gt;Compos&#233; de journalistes, d'enseignants, de chercheurs et d'&#233;tudiants, Projet J diffuse sur son site des articles d'information et de r&#233;flexion ainsi que des recherches sur les m&#233;dias.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette liste de trois p&#244;les d'ind&#233;pendance n'est nullement exhaustive. Toute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vigilance (1) : &#233;ditorialistes et journalistes de terrain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du mouvement des &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois contre la hausse des frais de scolarit&#233;, la plupart des m&#233;dias dominants (ou, du moins, les commentateurs) ont pris position contre les &#233;tudiants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce parti pris qu'entend d&#233;montrer, par exemple, une vid&#233;o critique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En m&#234;me temps, pendant les manifestations, des reporters, cameramen ou photographes ont &#233;t&#233; malmen&#233;s par les &#233;tudiants parce qu'ils travaillaient pour tel journal, telle ou telle cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision. Pourquoi malmen&#233;s ? A cause des positions hostiles aux &#233;tudiants prises par les &#233;ditorialistes de leur m&#233;dia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils condamnent sans r&#233;serve la mise en cause des journalistes de terrain et les violences parfois exerc&#233;es contre eux, nombre d'observateurs s'interrogent, plus ou moins timidement, sur leurs causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Colette Brin, ex-journaliste de presse, t&#233;l&#233;vision et radio, professeure au D&#233;partement d'information et de communication de l'Universit&#233; Laval &#224; Qu&#233;bec dans un article paru sur le site de Projet J, invite &#224; ne pas confondre journalistes de terrain et &#233;ditorialistes : &lt;i&gt;&#171; [&#8230;] pour les journalistes de terrain, la couverture d'une manifestation qui tourne mal est d'autant plus risqu&#233;e que certaines personnes d&#233;cident de s'en prendre &#224; eux &#8211; parfois physiquement &#8211; pour les opinions de leurs coll&#232;gues chroniqueurs ou &#233;ditorialistes. Il faut &#233;videmment d&#233;noncer de tels gestes, qui portent atteinte non seulement &#224; l'int&#233;grit&#233; des personnes, mais aussi &#224; la libert&#233; de presse. Et rappeler que dans la tradition des quotidiens nord-am&#233;ricains, la salle de r&#233;daction et l'&#233;quipe &#233;ditoriale sont des entit&#233;s s&#233;par&#233;es&#8230; &#224; d&#233;faut d'&#234;tre compl&#232;tement ind&#233;pendantes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Brin,&#171; Le conflit &#233;tudiant : spectacle m&#233;diatique interactif et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins mesur&#233;, mais dans le m&#234;me sens, le pr&#233;sident du Conseil de presse du Qu&#233;b&#233;c, John Gomery, dans un communiqu&#233; diffus&#233; le 17 mai 2012, d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; Je remarque une radicalisation du discours de certains journalistes et commentateurs. Rarement aura-t-on pu lire ou entendre des opinions aussi virulentes que lors de ce conflit, et ce simple constat doit nous amener &#224; nous demander si une plus grande mod&#233;ration dans la libre expression des points de vue ne diminuerait pas le risque d'exacerber et de radicaliser le conflit, en plus de mieux respecter les droits de chacun. Cela &#233;tant dit, que certains journalistes aient p&#233;ch&#233; par exc&#232;s de z&#232;le ou non, rien n'excuse les gestes d'intimidation et de violence dont nous avons &#233;t&#233; t&#233;moin qui briment la libert&#233; d'expression, le droit &#224; l'information et la libert&#233; de presse &#187;&lt;/i&gt;. Un simple appel &#224; la mod&#233;ration, suivi d'une ferme condamnation, mais qui l&#233;gitime la critique de l'omnipr&#233;sence et de la virulence des commentateurs &#224; sens unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus radical, une fois de plus sur Projet J, dans un article au titre &#233;loquent &#8211; &#171; L'opinion nuit au journalisme &#187; &#8211; le professeur Normand Landry, sp&#233;cialiste des questions de libert&#233; d'expression et enseignant-chercheur, ne se borne pas &#224; rappeler une n&#233;cessaire distinction, mais souligne &#224; quel point et &#224; quel prix le journalisme de commentaires &#233;crase le journalisme d'information : &lt;i&gt;&#171; Quand on donne deux ou trois pages &#224; des chroniqueurs qui mart&#232;lent les m&#234;mes arguments et que de l'autre c&#244;t&#233; on a des journalistes extr&#234;mement comp&#233;tents qui font un travail de terrain fabuleux, mais auxquels on donne un espace plus limit&#233;, moins int&#233;ressant dans le journal, &#231;a n'aide pas &#224; changer la perception du public, explique-t-il. C'est difficile dans ce contexte de leur montrer que le journal n'est pas l&#224; pour prendre part au conflit et l'orienter, mais pour les aider &#224; le comprendre. &#187;&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le m&#234;me de conclure : &lt;i&gt;&#171; C'est beaucoup plus payant d'avoir quelques chroniqueurs vedettes qui assurent un grand lectorat qu'une arm&#233;e de journalistes qui font un travail d'analyse objectif sur le terrain. Je pense qu'il y a du grand journalisme qui se fait au Qu&#233;bec en ce moment, y compris sur la crise. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le probl&#232;me ne vient pas des journalistes, il vient des institutions m&#233;diatiques. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Des institutions qui ont la propension &#224; vendre de la copie plus qu'&#224; faire de l'information&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans &#171; L'opinion nuit au journalisme &#187;, Projet J, 25 mai 2012&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, St&#233;phane Baillargeon, journaliste au quotidien &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, chroniqueur &#224; la Radio Premi&#232;re Cha&#238;ne de Radio Canada et professeur charg&#233; de cours &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al : &#171; &#8230; &lt;i&gt;Une deuxi&#232;me opposition m&#233;diatique concerne les reporters et les chroniqueurs. Les premiers font globalement tr&#232;s bien leur travail : ils rapportent. Les seconds, enfin certains d'entre eux, ont pass&#233; les quinze derni&#232;res semaines &#224; jeter de l'huile sur le feu. &#201;videmment, chacun a le droit de s'exprimer, et absolument rien ne justifie les attaques contre les journalistes. On souhaiterait tout de m&#234;me un peu plus de respect de l'&#8220;&#233;thique de la communication&#8221; [&#8230;] de la part des communicateurs professionnels. En plus, maintenant, chaque m&#233;dia relaie des dizaines de chroniques et de blogues alors, quand tout le monde appuie dans le m&#234;me sens, ou presque, &#231;a finit par peser&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le&#231;on sur les donneurs de le&#231;ons &#187;, Le Devoir, 22 mai 2012.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en croit donc ces analystes, ce sont les &#233;ditocrates qu&#233;b&#233;cois qui suscitent l'hostilit&#233; des &#233;tudiants, mais ce sont les journalistes de terrain qui re&#231;oivent les coups. Ce qui ressort de ces observations convergentes, c'est la contradiction entre l'engagement partisan des &#233;ditorialistes et le souci d'exactitude inh&#233;rent au reportage, contradiction dont les journalistes de terrain, cameramen et porteurs de micros, font les frais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut &#233;videmment penser que les journalistes de terrain sont politiquement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A noter que ces m&#234;mes journalistes sont &#233;galement souvent la cible de violences polici&#232;res. Ce qui n'emp&#234;che pas leurs chefferies &#233;ditoriales de pr&#234;ter main forte &#224; cette police lorsque celle-ci le demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vigilance (2) : m&#233;dias et police &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias doivent-ils &#234;tre des auxiliaires de la police ? A la suite d'un avis de recherche lanc&#233; par la police de Montr&#233;al, les m&#233;dias ont d&#251; se demander s'ils devaient participer ou non &#224; l'identification de quatre &#233;tudiants photographi&#233;s par un quidam apr&#232;s qu'ils eurent jet&#233; des bombes fumig&#232;nes dans des stations de m&#233;tro de Montr&#233;al. Alors que les m&#233;dias dominants s'empressaient de participer au travail de la police, en publiant les photos et, dans un second temps, en identifiant (c'est-&#224;-dire en les nommant) les personnes recherch&#233;es, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, et aussi Radio Canada, ont eu une attitude plus circonspecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes du Qu&#233;bec (FPJQ), principal syndicat de journalistes, ne s'est pos&#233; aucune question sur la d&#233;lation de personnes pr&#233;sum&#233;e innocentes, sur le r&#244;le d'auxiliaires du maintien de l'ordre attribu&#233; aux journalistes &#171; &lt;i&gt;La FPJQ appuie la divulgation dans les m&#233;dias de l'identit&#233; des personnes suspect&#233;es par la police d'avoir lanc&#233; les bombes fumig&#232;nes. C'est une information d'int&#233;r&#234;t public qui permet &#224; la justice de s'exercer au vu et au su de tout le monde et non en cachette comme dans un &#201;tat totalitaire. Il y a un int&#233;r&#234;t l&#233;gitime &#224; cette information pour &#233;viter r&#233;p&#233;tition de tels &#233;v&#233;nements&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La FPJQ d&#233;nonce l'intimidation des manifestants &#224; l'encontre des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil de presse du Qu&#233;bec, dans un article intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://conseildepresse.qc.ca/actualites/chroniques/des-tetes-mises-a-prix/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Des t&#234;tes mises &#224; prix &#187;&lt;/a&gt;, s'est situ&#233; sur un terrain strictement d&#233;ontologique pour commenter l'attitude des diff&#233;rents m&#233;dias et leurs justifications, notamment en regard de la pr&#233;somption d'innocence que doivent respecter les journalistes qu&#233;b&#233;cois selon les termes m&#234;mes des codes de d&#233;ontologie du Conseil de presse et de la FPJQ &#8211; qui, comme on vient de le lire, ne s'est gu&#232;re pos&#233; de question d&#233;ontologique et a fortiori, politique. Pas plus qu'Eric Trottier, r&#233;dacteur en chef du quotidien &lt;i&gt;La Presse,&lt;/i&gt; qui avait relay&#233; imm&#233;diatement l'avis de recherche de la police et livr&#233; au public les noms des suspects. Voici ce qu'il r&#233;pond, dans l'article cit&#233; du Conseil de la Presse, sur la question de la pr&#233;somption d'innocence : &#171; &#8230;&lt;i&gt;&#201;ric Trottier, lorsqu'on lui demande s'il faut un tr&#232;s haut degr&#233; de certitude avant de nommer des suspects comme &lt;/i&gt;La Presse&lt;i&gt; l'a fait. &#8220;Bien s&#251;r. On l'a fait parce qu'on avait plusieurs sources qui nous confirmaient leur identit&#233;, notamment des gens qui les connaissent tr&#232;s bien.&#8221; Combien de sources ? &#8220;Trois.&#8221; Des sources cr&#233;dibles ? &#8220;Tr&#232;s.&#8221; &#187; &lt;/i&gt;Or, dans une mise &#224; jour du lendemain, le Conseil notait que parmi les quatre personnes nomm&#233;es par &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, il y en avait deux qui l'&#233;taient par erreur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore sur le terrain de la pr&#233;somption d'innocence et d'une d&#233;ontologie invitant aux plus grandes pr&#233;cautions dans le d&#233;voilement par les m&#233;dias des noms de personnes suspect&#233;es que s'est situ&#233; Projet J, dans un article &lt;a href=&#034;http://projetj.ca/article/suspects-du-metro-des-visages-des-noms-et-des-adresses-publies&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Suspects du m&#233;tro : des visages, des noms et des adresses publi&#233;s &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence appuy&#233;e aux codes de d&#233;ontologie par le Conseil de presse et Projet J, alors que, singuli&#232;rement, le syndicat des journalistes s'asseoit dessus (et notamment sur le sien !), peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme une invitation faite aux journalistes de respecter leurs propres r&#232;gles &#233;ventuellement &#224; l'encontre de leurs donneurs d'ordres. Mais le peuvent-ils quand ils d&#233;pendent des directions de la r&#233;daction des &#233;normes groupes de m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois ? Ces rappels de la d&#233;ontologie suffisent-ils quand ils sont invit&#233;s &#224; pr&#234;ter main forte &#224; la police alors que le gouvernement cherche &#224; dramatiser &#224; l'exc&#232;s les cons&#233;quences du lancer de fumig&#232;nes, allant jusqu'&#224; inculper les enfumeurs d'&#171; incitation &#224; craindre un acte terroriste &#187; relevant de la l&#233;gislation antiterroriste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont donc des &#233;tudiants qui ont r&#233;agi le plus vivement &#224; cette association police-m&#233;dias. Ainsi Force &#233;tudiante critique, groupe dissident de la Classe (Coalition large de l'Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante) qui f&#233;d&#232;re la majorit&#233; des syndicats &#233;tudiants mobilis&#233;s, a publi&#233;, le 12 mai sur son site, une lettre dans laquelle on peut lire&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Nous constatons qu'avant m&#234;me que des accusations formelles ne soient port&#233;es par le Service de police de la Ville de Montr&#233;al, les personnes soup&#231;onn&#233;es d'&#234;tre &#224; l'origine de l'action de jeudi matin dans le m&#233;tro de Montr&#233;al ont eu droit &#224; une inqui&#233;tante pr&#233;somption de culpabilit&#233;, relay&#233;e sans g&#234;ne par les m&#233;dias. Leurs adresses personnelles ont &#233;t&#233; d&#233;voil&#233;es, leur vie priv&#233;e scrut&#233;e &#224; la loupe, les commentaires d&#233;sobligeants de faux amis ont &#233;t&#233; publi&#233;s comme une v&#233;rit&#233; indiscutable. Leurs opinions politiques ont &#233;t&#233; ostracis&#233;es, en d&#233;pit de la pr&#233;somption d'innocence qui, dans un pays o&#249; les &#233;lites politiques et le consortium m&#233;diatique s'empressent &#224; tout bout de champs d'en vanter les m&#233;rites d&#233;mocratiques, semble ici avoir &#233;t&#233; curieusement balay&#233;e du revers de la main par les pi&#232;tres enqu&#234;teur-es et chroniqueur-es bas de gamme. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et d'en tirer cette cons&#233;quence, quelques lignes plus bas :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;En symbiose avec le pouvoir, les m&#233;dias d&#233;lateurs sont des cibles de choix pour les actions &#224; venir. &#187;&lt;/i&gt; Cette phrase ayant &#233;t&#233; ressentie comme une menace par le quotidien &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, les auteurs de la lettre ont ajout&#233; ult&#233;rieurement un &#171; post-scriptum &#187; dans lequel on peut lire que leur intention n'&#233;tait pas de &#171; leur faire peur &#187; : Les actions auxquelles nous faisions r&#233;f&#233;rence &#233;taient du type de celles &#233;num&#233;r&#233;es dans notre texte : vigile, manif, piquetage. &#187;&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.forceetudiantecritique.org/2012/05/show-must-go-down.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; The show must be down &#187;&lt;/a&gt;, 14 mai 2012)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici comme ailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#233;riodes de crise sociale exacerbent les tensions entre les acteurs de mobilisation et les journalistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;moignent explicitement de ces tensions les &#171; mandats de m&#233;fiance &#187; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, entre le droit d'informer des premiers et le droit d'informer des seconds li&#233; &#224; l'exercice de la libert&#233; de la presse. Alors que la soci&#233;t&#233; se divise progressivement en deux camps antagonistes, les conditions d'une information journalistique, sinon objective, du moins exacte et &#233;quilibr&#233;e, sont fragilis&#233;es. Si, comme au Qu&#233;bec, les journalistes d'information ne veulent pas &#234;tre confondus avec les pr&#233;pos&#233;s aux commentaires qui choisissent massivement le camp gouvernemental (comme ils l'avaient fait, en France, au moment du r&#233;f&#233;rendum de 2005), s'ils ne veulent pas &#234;tre trait&#233;s en auxiliaires de la police, du maintien de l'ordre, il est indispensable de mener cet autre combat pour la libert&#233; de l'information : celui qui vise les grands groupes m&#233;diatiques et des chiens de garde omnipr&#233;sents. C'est assez dire l'importance de lieux et de personnes, d'institutions qui observent et critiquent le fonctionnement des m&#233;dias et qui s'expriment avec le maximum d'ind&#233;pendance, au Qu&#233;bec comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean P&#233;r&#232;s (avec Henri Maler et un correspondant au Qu&#233;bec)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PS (&lt;/strong&gt;13 juin 2012). Un de nos lecteurs actuellement au Qu&#233;bec nous signale &#224; juste titre le r&#244;le important de contre-information que joue, notamment pour les internautes, la t&#233;l&#233;vision &#233;tudiante de l'universit&#233; de Concordia CUTV&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Semble ne plus &#233;mettre, f&#233;vrier 2014&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pr&#233;sent&#233;e sur le &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/collectif22/310512/cutv-montreal-la-television-etudiante-socialement-engagee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog du Collectif 22&lt;/a&gt;, h&#233;berg&#233; par M&#233;diapart. Cette t&#233;l&#233;vision soutient le mouvement &#233;tudiant, notamment en filmant les actions de la police au cours des manifestations ; ce qui vaut &#224; ses journalistes d'&#234;tre particuli&#232;rement vis&#233;s par ladite police.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5999 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/269Mobilisation_sociale_et_critique_des_me_dias_au_Que_bec.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 137.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur Qu&#233;becor et &lt;i&gt;Le Journal du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2505.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Quinze mois de conflit au Journal du Qu&#233;bec &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Donn&#233;es 2008, selon Wikip&#233;dia, qui se r&#233;f&#232;re au Print Measurement Bureau (PMB), organisme canadien qui mesure l'audience des publications&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une &#233;tude approfondie de ce quotidien a &#233;t&#233; publi&#233;e par la revue qu&#233;b&#233;coise &lt;i&gt;Communication,&lt;/i&gt; en mars 2012. Elle est accessible sur le portail &lt;a href=&#034;http://communication.revues.org/index2591.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revues.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette liste de trois p&#244;les d'ind&#233;pendance n'est nullement exhaustive. Toute information compl&#233;mentaire sera la bienvenue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est ce parti pris qu'entend d&#233;montrer, par exemple, une vid&#233;o critique r&#233;alis&#233;e par un enseignant sur son blog &lt;a href=&#034;http://sergeadam.blogspot.fr/2012/05/la-demagogie-des-medias-sur-le-conflit.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La d&#233;magogie des m&#233;dias sur le conflit &#233;tudiant au Qu&#233;bec &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.blogues.ulaval.ca/colette-brin/le-conflit-tudiant-un-spectacle-mdiatique-interactif-et-en-direct/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Colette Brin,&#171; Le conflit &#233;tudiant : spectacle m&#233;diatique interactif et en direct &#187;&lt;/a&gt; ; Projet J repris du blogue de Colette Brin sur Contact, le 24 mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &lt;a href=&#034;http://projetj.ca/article/lopinion-nuit-au-journalisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'opinion nuit au journalisme &#187;&lt;/a&gt;, Projet J, 25 mai 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/societe/medias/350554/medias-lecon-sur-les-donneurs-de-lecons&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le&#231;on sur les donneurs de le&#231;ons &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le Devoir,&lt;/i&gt; 22 mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut &#233;videmment penser que les journalistes de terrain sont politiquement d'accord avec les &#233;ditorialistes du m&#234;me m&#233;dia, mais ce n'est pas forc&#233;ment le cas. Le choix de travailler dans un organe conforme &#224; ses opinions n'est pas, en effet, au Qu&#233;bec peut-&#234;tre plus qu'ailleurs, d'une grande libert&#233; ; et on peut supposer, sans grand risque de se tromper, que les journalistes qui doivent gagner leur vie comme tout le monde, ne choisissent pas souvent de travailler pour Qu&#233;b&#233;cor ou Gesca parce qu'ils adh&#232;rent aux &#171; id&#233;es &#187; que ces groupes d&#233;fendent&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.newswire.ca/fr/story/974121/la-fpjq-denonce-l-intimidation-des-manifestants-a-l-encontre-des-journalistes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La FPJQ d&#233;nonce l'intimidation des manifestants &#224; l'encontre des journalistes&lt;/a&gt;, 14 mai 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;T&#233;moignent explicitement de ces tensions les &#171; mandats de m&#233;fiance &#187; &#224; l'&#233;gard des grands m&#233;dias adopt&#233;s par certaines associations d'&#233;tudiants affili&#233;es &#224; la Classe, ainsi que le rapporte Radio Canada &lt;a href=&#034;http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/06/06/003-associations-etudiantes-mandat-mefiance-medias.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les m&#233;dias objets de m&#233;fiance &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Semble ne plus &#233;mettre, f&#233;vrier 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quinze mois de conflit au Journal du Qu&#233;bec : libert&#233; d'informer contre libert&#233; d'exploiter</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Quinze-mois-de-conflit-au-Journal-du-Quebec-liberte-d-informer-contre-liberte-d</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Quinze-mois-de-conflit-au-Journal-du-Quebec-liberte-d-informer-contre-liberte-d</guid>
		<dc:date>2008-06-30T05:51:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Br&#233;ville</dc:creator>


		<dc:subject>Canada (m&#233;dias du)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le conflit le plus long de l'histoire de la presse francophone en Am&#233;rique du Nord&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Au-Canada-au-Quebec-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Canada, au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Canada-medias-du-+" rel="tag"&gt;Canada (m&#233;dias du)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quinze mois, les salari&#233;s du &lt;i&gt;Journal du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, en conflit avec leur direction &#224; la solde du groupe Qu&#233;becor, r&#233;sistent en publiant un quotidien gratuit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. : R&#233;unis en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale le mercredi 2 juillet, les syndiqu&#233;s ont vot&#233; en faveur de l'entente de principe intervenue la nuit pr&#233;c&#233;dente entre la partie patronale et l'ex&#233;cutif syndical du quotidien de Quebecor. D'autres informations &#224; suivre. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;, le 3 juillet 2008)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant le d&#233;but du conflit, &lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;se pr&#233;sente sous la forme d'un tablo&#239;d ob&#232;se (il atteint le record de 252 pages le 4 f&#233;vrier 2006), gav&#233; de publicit&#233;s, dont la majeure partie des pages est occup&#233;e par des r&#233;clames, des informations sportives et des faits divers. Comme tout quotidien qui se respecte, le journal a ses cumulards, au nombre desquels on retrouve par exemple le &#171; journaliste &#187; bavard Richard Martineau, qui s&#233;vit &lt;i&gt;au Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; avec qui il est li&#233; par contrat, mais dont les articles sont repris dans &lt;i&gt;le Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; et qui officie &#233;galement &#224; la t&#233;l&#233;vision sur LCN et TVA etc. &lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Filiale de &lt;i&gt;Corporate Sun Media, &lt;/i&gt;elle-m&#234;me succursale du g&#233;ant Quebecor, ce journal d&#233;gage des profits annuels nets qui atteignent les 25 millions de dollars. Depuis dix ans, ses recettes publicitaires n'ont cess&#233; d'augmenter. Mais cela ne suffit pas &#224; Pierre-Karl P&#233;ladeau, dirigeant de Quebecor, fils de Pierre P&#233;ladeau le fondateur du groupe, qui veut ajuster son journal &#224; la &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution du num&#233;rique &#187; &lt;/i&gt;[AFP, 15 juin 2008]&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;c'est-&#224;-dire maximiser la concentration pour satisfaire les actionnaires, aux d&#233;pens de la qualit&#233; et de la diversit&#233; de l'information. D&#233;j&#224; en situation de forte concentration verticale &#8211; les livres publi&#233;s par les maisons d'&#233;dition de Quebecor Media Inc., imprim&#233;s par Quebecor World, re&#231;oivent des critiques &#233;logieuses sur la cha&#238;ne de Quebecor, TVA, ou dans les colonnes du &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al, &lt;/i&gt;puis sont mis de l'avant dans les vitrines de la cha&#238;ne de librairies Archamabault, propri&#233;t&#233; de Quebecor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; L'empire Quebecor : Concentration verticale dans l'&#233;dition qu&#233;b&#233;coise &#187;.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - le groupe de Pierre-Karl P&#233;ladeau veut &#233;galement profiter du ph&#233;nom&#232;ne de concentration horizontale pour r&#233;duire les co&#251;ts de production de ses journaux. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plan de Qu&#233;becor&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche de la n&#233;gociation de la convention collective des employ&#233;s du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; lui permet de poser les jalons de sa nouvelle gestion qui s'appuierait sur une &#171; multi-plateforme &#187; d'&#233;changes de contenus r&#233;dactionnels entre les divers m&#233;dias du groupe. Au moment des premi&#232;res rencontres avec les syndicats, en septembre 2006, la direction d&#233;pose ses exigences qui sont autant de reculs dans les conditions de travail des employ&#233;s du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;et dans la qualit&#233; de l'information fournie&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Quebecor veut imposer une augmentation de la dur&#233;e de travail hebdomadaire, de 32h30 en 4 jours (ce qui est la norme dans les autres grands journaux francophones du Qu&#233;bec, tels que &lt;i&gt;La Presse, Le Journal de Montr&#233;al &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;Le Soleil)&lt;/i&gt; &#224; 37h30 en cinq sans compensation salariale, soit un recul des salaires de plus de 17%. L'employeur d&#233;sire &#233;galement hausser de 600% la part pay&#233;e par les salari&#233;s pour les assurances collectives. Pour les employ&#233;s de la r&#233;daction, le plan de Quebecor pr&#233;voit l'ajout de t&#226;ches aux journalistes comme la prise de photos, d'extraits sonores et le tournage d'images, destin&#233;s &#224; alimenter le futur site internet et les autres supports du groupe. Il pr&#233;conise la fusion des &#171; pupitres &#187; Sport et G&#233;n&#233;ral, et demande le droit pour la direction de reprendre le contenu du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;pour alimenter tous les m&#233;dias de Quebecor et inversement. Ce qui se traduirait par un gel des embauches de journalistes (alors m&#234;me que le &lt;i&gt;Journal du Qu&#233;bec&lt;/i&gt; se battait d&#233;j&#224; avec moins de journalistes que son concurrent direct, &lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;) et aurait pour cons&#233;quence l'uniformisation d'une information d&#233;j&#224; peu diversifi&#233;e. Les employ&#233;s de bureau sont eux aussi particuli&#232;rement g&#226;t&#233;s puisque la direction veut &#233;liminer de leur convention collective les restrictions sur la sous-traitance, afin de transf&#233;rer, par exemple, le service des petites annonces de Qu&#233;bec &#224; Kanata, dans la banlieue d'Ottawa. Cette modification entra&#238;nerait la suppression de 39 emplois sur 68, soit 57% des effectifs de bureau. Enfin, les travailleurs de l'imprimerie voient certaines de leurs t&#226;ches transf&#233;rer &#224; la r&#233;daction (comme la mise en page des pages r&#233;dactionnelles) et doivent accepter la sous-traitance d'une partie du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#224; d'autres imprimeries moins co&#251;teuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pr&#233;paratifs de Qu&#233;becor&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois syndicats concern&#233;s (r&#233;daction, bureau, imprimerie) rejettent ce &#171; &lt;i&gt;plan de terrorisme &#233;conomique &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Denis Bolduc, porte-parole des trois syndicats, MediaMatinQu&#233;bec, f&#233;vrier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;quand, le 24 f&#233;vrier 2007, 98% du personnel de bureau, 99% des employ&#233;s de l'imprimerie et 100% de la r&#233;daction refusent les &#171; propositions &#187; patronales. Quelques semaines plus tard, ils d&#233;posent une contre-offre globale &#224; laquelle la direction ne daigne pas r&#233;pondre. L'hostilit&#233; des employ&#233;s &#224; cette nouvelle convention collective n'est certes pas une surprise pour Quebecor qui, depuis des mois, pr&#233;pare ses arri&#232;res en pr&#233;vision d'un conflit. Ainsi, d&#232;s septembre 2006, le &lt;i&gt;Journal &lt;/i&gt;embauche 14 cadres, quelques jours avant la date limite pour qu'ils ne soient pas consid&#233;r&#233;s comme des briseurs de gr&#232;ve &lt;i&gt;(&lt;/i&gt;des &lt;i&gt;scabs)&lt;/i&gt;, advenant un conflit. Le 14 d&#233;cembre 2006, le quotidien &lt;i&gt;La Presse &lt;/i&gt;rend compte d'un courriel d'une responsable du &#171; contenu r&#233;daction &#187; des hebdomadaires du groupe Quebecor ; dat&#233;e du 17 novembre, cette missive secr&#232;te vise &#224; recruter des chefs de service qui s'implanteraient &#224; Toronto pour produire le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;une fois le conflit d&#233;clench&#233;. Une salle de presse fant&#244;me est alors mont&#233;e au troisi&#232;me &#233;tage du &lt;i&gt;Toronto Sun &lt;/i&gt;et des contacts sont nou&#233;s avec une imprimerie du nord de Montr&#233;al. Ces menues pr&#233;cautions prises, le terrain est balis&#233; pour lancer les hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lock-out&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 avril 2007 au matin, une compagnie de s&#233;curit&#233; installe des barri&#232;res anti-&#233;meutes autour de l'&#233;difice du journal et appose un panneau devant la porte d'entr&#233;e pour annoncer que la direction de l'entreprise d&#233;cr&#232;te le lock-out des employ&#233;s de bureau et de la r&#233;daction. Quelques heures plus tard, par solidarit&#233; avec leurs coll&#232;gues, le personnel de l'imprimerie vote la gr&#232;ve dans une proportion de 97%. Le &#171; lock-out &#187; est le jouet pr&#233;f&#233;r&#233; de Pierre-Karl qui en a fait son principal instrument de gestion des salari&#233;s de Quebecor Media. Entre 1994 et 2007, pas moins de 12 lock-out ont &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;s par le groupe : Videotron en 2002, TVA Montr&#233;al en juillet 2003, le &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al, &lt;/i&gt;en 2004 et 2006 etc. La m&#233;thode est simple : elle consiste &#224; mettre les employ&#233;s &#224; la rue au moment des n&#233;gociations des conventions collectives pour les forcer &#224; faire des concessions. Au total, le 22 avril au soir, ce sont 252 salari&#233;s du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;qui sont lock-out&#233;s ou en gr&#232;ve (68 employ&#233;s au bureau, 115 &#224; l'imprimerie et 69 &#224; la r&#233;daction). Quebecor esp&#232;re avoir ses salari&#233;s &#224; l'usure et il faut dire que l'histoire des conflits du travail au &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec, &lt;/i&gt;lui permet de nourrir quelques espoirs en ce sens : en 40 ans d'existence, le quotidien n'avait pas connu le moindre jour de gr&#232;ve. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;contre le &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt; &lt;/i&gt;	&lt;br /&gt;
Mais cette fois, les salari&#233;s sont d&#233;cid&#233;s &#224; tenir t&#234;te &#224; leur patron et optent pour un moyen de pression original, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre d'une efficacit&#233; absolue. Le 24 avril, le personnel prend la direction par surprise en lan&#231;ant &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec, &lt;/i&gt;un quotidien gratuit tir&#233; &#224; 40 000 exemplaires, afin de concurrencer le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;qui continue de para&#238;tre malgr&#233; le lock-out et la gr&#232;ve. Tandis que l'impression est confi&#233;e &#224; une entreprise install&#233;e &#224; Mirabel, dans le nord de Montr&#233;al, des cadres install&#233;s &#224; Toronto en assurent le contenu r&#233;dactionnel. Ils sont assist&#233;s par des salari&#233;s des agences de presse Nomade et Keystone que le syndicat consid&#232;re comme des &lt;i&gt;scabs&lt;/i&gt; (Briseurs de gr&#232;ve)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commission des relations du travail doit se prononcer bient&#244;t sur ce point.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est insolite : depuis plus d'un an, &lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec, &lt;/i&gt;&#171; Made in Toronto &#187;, imprim&#233; &#224; Mirabel, affronte &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec, &lt;/i&gt;quotidien gratuit&lt;i&gt; &lt;/i&gt;publi&#233; par le personnel du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec, &lt;/i&gt;sur fond de combats judiciaires. D&#232;s le 26 avril 2007, Quebecor saisit la Cour Sup&#233;rieur du Qu&#233;bec pour faire interdire la publication du quotidien gratuit. L'entreprise est d&#233;bout&#233;e. A leur tour, les syndicats ripostent en accusant le g&#233;ant qu&#233;b&#233;cois de bafouer la &#171; loi &lt;i&gt;anti-scabs &#187;&lt;/i&gt; de 1977 qui interdit aux employeurs d'avoir recourt &#224; des travailleurs de remplacement en p&#233;riode de conflit du travail. Ils d&#233;posent une plainte en novembre 2007 contre 17 personnes qui ne travaillaient pas avec le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;avant le lock-out. Le jugement est attendu dans les semaines &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;d&#233;tient d&#233;sormais plusieurs records : celui du conflit le plus long de l'histoire de la presse francophone en Am&#233;rique du Nord ; celui du journal le plus longtemps publi&#233; sans journalistes (ou presque&#8230;) au Qu&#233;bec. L'accueil favorable r&#233;serv&#233; par la population de Qu&#233;bec &#224; M&#233;diaMatinQu&#233;bec met en avant la crainte largement partag&#233;e d'une &#233;rosion de l'information locale et r&#233;gionale. La publication du quotidien gratuit a permis de modifier le rapport de force entre patrons de presse et salari&#233;s. Il reste que les recettes d&#233;gag&#233;es par le gratuit ne permettent pas de payer les employ&#233;s lock-out&#233;s ou gr&#233;vistes qui continuent de vivre des prestations de leur syndicat et de la solidarit&#233; des autres syndicats canadiens, comme le Syndicats des M&#233;tallos qui leur a accord&#233; un pr&#234;t de 700 000$ &#224; taux z&#233;ro. De surcro&#238;t, lutter contre la marchandisation de l'information en publiant un journal gratuit, certes surtout financ&#233; par le syndicat, mais aussi par la publicit&#233; est, pour le moins, paradoxal. Mais surtout l'impact financier (perte de lecteurs, perte de recettes publicitaires pour &lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec&#8230;&lt;/i&gt;) de &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec &lt;/i&gt;n'est pas suffisant pour faire vaciller un g&#233;ant comme Quebecor Media. Apr&#232;s quinze mois de conflit, la direction n'a toujours pas entreb&#226;ill&#233; de porte de sortie et s'appr&#234;terait m&#234;me &#224; lancer un quotidien gratuit &#224; Qu&#233;bec destin&#233; &#224; couler le journal des lock-out&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Soleil, 13 juin 2008&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; qui, de leur c&#244;t&#233;, n'ont pas baiss&#233; les bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une le&#231;on adress&#233;e &#224; tous ceux qui, en France comme au Qu&#233;bec, r&#234;vent d'harmonie entre la libert&#233; d&#233;mocratique d'informer et la libert&#233; capitaliste d'entreprendre et d'exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Br&#233;ville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. : R&#233;unis en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale le mercredi 2 juillet, les syndiqu&#233;s ont vot&#233; en faveur de l'entente de principe intervenue la nuit pr&#233;c&#233;dente entre la partie patronale et l'ex&#233;cutif syndical du quotidien de Quebecor. D'autres infrormations &#224; suivre. (Acrimed, le 3 juillet 2008)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2420.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'empire Quebecor : Concentration verticale dans l'&#233;dition qu&#233;b&#233;coise &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Denis Bolduc, porte-parole des trois syndicats, &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec, &lt;/i&gt;f&#233;vrier 2008, &#171; cahier sp&#233;cial &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Commission des relations du travail doit se prononcer bient&#244;t sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Soleil, &lt;/i&gt;13 juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'empire Quebecor : Concentration verticale dans l'&#233;dition qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-empire-Quebecor-Concentration-verticale-dans-l-edition-quebecoise</link>
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		<dc:date>2006-08-04T18:41:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Qu&#233;bec (m&#233;dias du)</dc:subject>
		<dc:subject>Concentrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; l'enseigne de Matra-Lagard&#232;re : m&#234;mes m&#233;thodes, m&#234;mes arguments.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Edition-" rel="directory"&gt;&#201;dition&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quebec-medias-du-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec (m&#233;dias du)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Concentrations-+" rel="tag"&gt;Concentrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le rachat des maisons d'&#233;dition et du r&#233;seau de distribution appartenant au groupe Sogides par Quebecor Media Inc., le g&#233;ant des m&#233;dias au Qu&#233;bec, n'est pas sans poser question. L'empire Quebecor est d&#233;j&#224; propri&#233;taire de journaux, quotidiens ou hebdomadaires, de magazines, d'un r&#233;seau de cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et de la cha&#238;ne de librairies Archambault, sans compter Vid&#233;otron, le plus important c&#226;blodistributeur au Qu&#233;bec. Cette fois, c'est une part importante de l'&#233;dition litt&#233;raire que l'ogre absorbe, parachevant ainsi la concentration verticale dont il jouit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les investissements publics qui font survivre mieux qu'ailleurs les petits &#233;diteurs exigeants, le Qu&#233;bec est donc frapp&#233; &#224; son tour par la vague de fusions et acquisitions qu'ont d&#233;j&#224; connue les march&#233;s de l'&#233;dition en France, en Italie, en Allemagne et aux &#201;tats-Unis notamment. Est-ce la fin d'une zone d'&#233;dition prot&#233;g&#233;e ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers le monopole&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quebecor Media Inc. a annonc&#233; en octobre 2005 l'acquisition du groupe Sogides Lt&#233;e, dont font partie les &#201;ditions de l'Homme, Le Jour, Utilis, Les Presses Libres et le groupe Ville-Marie Litt&#233;rature (autrement dit VLB &#233;diteur, L'Hexagone et Typo), ainsi que le gigantesque r&#233;seau de distribution des Messageries ADP. Le jour m&#234;me, sans attendre la d&#233;cision du Bureau f&#233;d&#233;ral de la concurrence, les sites internet des maisons d'&#233;dition d&#233;tenues par Sogides arboraient la Bonne Nouvelle. Pierre Lesp&#233;rance, ancien propri&#233;taire de Sogides, embo&#238;tait le pas des responsables marketing de son nouveau patron et se r&#233;jouissait avec eux de la chance que le nouveau g&#233;ant des m&#233;dias allait offrir &#224; l'&#233;dition qu&#233;b&#233;coise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Bureau f&#233;d&#233;ral de la concurrence a avalis&#233; le rachat en d&#233;cembre 2005. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut dire que la transaction pr&#233;voyait qu'il soit engag&#233; par Quebecor Media Inc. &#224; titre de directeur des &#233;ditions, et qu'il garde ses int&#233;r&#234;ts financiers dans le r&#233;seau des libraires Renaud-Bray, non concern&#233;es quant &#224; elles par le rachat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il vraiment question, comme l'affirme le communiqu&#233; de presse envoy&#233; par Quebecor le 12 octobre, d'offrir par &#171; amour du livre &#187; un &#171; &lt;i&gt;&#233;ventail plus complet de livres qu&#233;b&#233;cois &#187;, et de faire &#171; rayonner les auteurs d'ici en Europe&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A lire sur le site de Quebecor.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, ou s'agit-il plut&#244;t d'une transaction strictement commerciale o&#249;, sous de jolies couleurs, le livre est trait&#233; comme n'importe quelle autre marchandise ? L'exp&#233;rience des concentrations par fusions et acquisitions dans les univers &#233;ditoriaux fran&#231;ais, italien ou encore &#233;tasunien inciterait plut&#244;t &#224; la circonspection, voire &#224; la m&#233;fiance : la cr&#233;ation de situations de domination, voire de quasi monopole, s'y est r&#233;v&#233;l&#233;e une grave menace pour ce que l'on appelle le pluralisme culturel, c'est-&#224;-dire, au premier chef, pour toute pens&#233;e critique. Y a-t-il maintenant p&#233;ril en la demeure pour le livre qu&#233;b&#233;cois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'en finirait pas de dresser la carte des r&#233;gions de l'Empire Quebecor. En y ajoutant le puissant domaine Sogides, la maison dirig&#233;e par Pierre Karl P&#233;ladeau va encore accro&#238;tre son emprise sur l'&#233;dition qu&#233;b&#233;coise et accentuer la concentration verticale dont il jouit par la gr&#226;ce d'un r&#233;seau m&#233;diatique de plus en plus omnipr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne de la concentration verticale dans le monde de l'&#233;dition est mieux connu d&#233;sormais gr&#226;ce au livre de Janine et Greg Br&#233;mond&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Janine et Greg Br&#233;mond, L'&#233;dition sous influence, Liris, 2002.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour le rappeler, imaginons un roman, si possible &#233;crit par un(e) auteur(e) d&#233;j&#224; assis(e) sur sa notori&#233;t&#233;. Disons que ce roman est publi&#233; par une maison d'&#233;dition contr&#244;l&#233;e par Quebecor Media Inc. et r&#233;alis&#233; gr&#226;ce aux bons soins de l'imprimeur Quebecor World. Imaginons &#224; pr&#233;sent que ce roman fasse l'objet d'une critique &#233;logieuse sur les ondes de &#171; Sous les jaquettes &#187;, l'&#233;mission litt&#233;raire de la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision TVA, et dans les colonnes d'&lt;i&gt;Ici Montr&#233;al &lt;/i&gt;et de &lt;i&gt;Clin d'&#339;il&lt;/i&gt;, tous propri&#233;t&#233;s du m&#234;me groupe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il n'y aura que l'embarras du choix, puisque Quebecor poss&#232;de &#224; l'heure (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Voyons enfin l'heureux &#233;lu aboutir, par l'entremise des Messageries ADP nouvellement acquises, aux devantures des magasins Archambault, appartenant, eux aussi, &#224; Quebecor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le r&#233;sultat de la concentration verticale : le conglom&#233;rat contr&#244;le chaque &#233;tape de la production, de la diffusion et de la promotion du livre, il a &#224; sa disposition tous les maillons de la cha&#238;ne. Bien s&#251;r, il ne peut &#234;tre certain de cr&#233;er chaque fois un succ&#232;s de librairie, et les critiques litt&#233;raires qu'il emploie disposeront toujours, du moins l'esp&#232;re-t-on, de leur libre arbitre. Il n'emp&#234;che que toutes les pi&#232;ces de la machine travaillent pour amener le lecteur &#224; avoir l'impression qu'il choisit le roman en toute libert&#233; alors que son choix a &#233;t&#233; en fait dirig&#233; par une savante op&#233;ration de marketing. La promotion bien dirig&#233;e aboutit &#224; la manipulation pure et simple, particuli&#232;rement lorsqu'il s'agit d'un produit o&#249; l'on se fie volontiers au jugement d'autrui avant d'en faire l'acquisition.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Un argumentaire bien r&#233;gl&#233; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation que cr&#233;e le rachat de Sogides peut &#234;tre compar&#233;e, toutes proportions gard&#233;es, &#224; celle qu'a connue la France fin 2002&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une pr&#233;sentation plus d&#233;taill&#233;e des faits, voir Pascal Durand, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle de Vivendi Universal Publishing, le groupe Hachette, filiale de l'industrie d'armement et d'a&#233;ronautique Matra-Lagard&#232;re, tenta de racheter les lambeaux de l'ex n&#176; 2 mondial de la communication. Cette fusion aurait donn&#233; naissance &#224; un immense conglom&#233;rat, qui aurait contr&#244;l&#233; notamment pr&#232;s de 60 % du secteur du livre de poche, 98 % des dictionnaires fran&#231;ais et 65 % de la distribution. Ainsi se serait form&#233;, avec le concours des kiosques Relay plac&#233;s un peu partout dans les gares et les a&#233;roports, un ensemble monopolistique sans pr&#233;c&#233;dent en France, que les groupes de moindre taille (Gallimard) pas plus que les &#233;diteurs ind&#233;pendants comme Actes Sud n'auraient pu concurrencer. La fusion avorta finalement apr&#232;s l'intervention de la commission europ&#233;enne, qui jugea, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; alert&#233;e par un collectif d'&#233;diteurs et d'intellectuels, que le rachat total mettait en danger la libre concurrence. Il fallut &#224; Hachette c&#233;der la plus grosse part du g&#226;teau qui, sous le nom d'&#201;ditis, alla au groupe d'investissement Wendel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;trange ressemblance entre les situations fran&#231;aise et qu&#233;b&#233;coise ne concerne pas seulement les situations &#233;conomiques. Elle appara&#238;t aussi dans les discours d'escorte qu'ont employ&#233;&lt;strong&gt;s&lt;/strong&gt; les deux ogres pour justifier l'op&#233;ration et lui donner une petite saveur de sauvetage culturel. Passons en revue les cinq &#233;l&#233;ments-cl&#233;s de l'argumentaire d&#233;ploy&#233; par Quebecor et son porte-parole Luc Lavoie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Celui-ci s'exprimait lors d'une conf&#233;rence de presse dont ont rendu compte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) &lt;strong&gt;L'amour du livre et de la litt&#233;rature&lt;/strong&gt;. On ne peut qu'acquiescer et se garder de tout proc&#232;s d'intention. On se demandera cependant avec d'autres esprits chagrins quelle litt&#233;rature il s'agit l&#224; d'aimer et de d&#233;fendre. Nulle raison de craindre pour le sort des &#339;uvres de Paul Zumthor ou de Nicole Brossard, aux tirages plus confidentiels, r&#233;pond d'embl&#233;e Luc Lavoie en nous mettant sous le nez les r&#233;alisations pr&#233;c&#233;dentes de Quebecor, &#224; savoir le triomphe des m&#233;moires de Janette Bertrand (c&#233;l&#232;bre com&#233;dienne et journaliste) et les best-sellers du biographe de C&#233;line Dion, Georges-H&#233;bert Germain. Voil&#224; de quoi en effet apaiser quiconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) &lt;strong&gt;La pr&#233;servation du patrimoine qu&#233;b&#233;cois&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire (implicitement) la pr&#233;f&#233;rence accord&#233;e par le patron de Sogides lt&#233;e, Pierre Lesp&#233;rance, &#224; Quebecor plut&#244;t qu'&#224; des soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res. L'argument pourrait porter, mais encore faudrait-il savoir, puisque Quebecor est cot&#233; en bourse, dans quelle mesure le conglom&#233;rat appartient encore &#224; des actionnaires qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) &lt;strong&gt;Le rayonnement du livre qu&#233;b&#233;cois &#224; l'&#233;tranger&lt;/strong&gt;, gr&#226;ce au partenariat commercial dont le distributeur Sogides dispose avec le conglom&#233;rat fran&#231;ais &#201;ditis. On se r&#233;jouit de cette bonne intention, mais non sans avoir &#224; l'id&#233;e que cette meilleure diffusion concernera davantage les tr&#232;s vendeurs livres de cuisine que les recueils de po&#233;sie de l'Hexagone. &#192; ces arguments visant &#224; redorer son blason, Quebecor en ajoute deux, cette fois d'ordre &#233;conomique mais tout aussi discutables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&lt;strong&gt;) Le respect de la concurrence&lt;/strong&gt;, puisque l'int&#233;gration de Sogides lt&#233;e ne procurera &#224; Quebecor Media Inc. que 15 % du march&#233; de l'&#233;dition du livre. Il est vrai que Socadis, l'autre mammouth de la distribution, a de quoi assurer la concurrence, mais ce dernier ne peut faire jouer le syst&#232;me de la concentration verticale, d'une redoutable efficacit&#233;, sur lequel repose Quebecor. On objectera &#233;galement que des chiffres similaires n'ont pas emp&#234;ch&#233; les g&#233;ants Mondadori en Italie et Bertelsmann en Allemagne d'exercer une dangereuse mainmise sur l'&#233;dition de leur pays. Enfin, les chiffres deviennent plus impressionnants si on les lit par secteurs : Quebecor Media Inc., c'est d&#233;sormais 75 % de l'&#233;dition populaire et de l'&#233;dition de livres pratiques et 30 % du march&#233; de la litt&#233;rature g&#233;n&#233;rale au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) &lt;strong&gt;La stabilisation et la consolidation&lt;/strong&gt; d'un milieu &#171; &lt;i&gt;fragment&#233; et vuln&#233;rable aux soubresauts du march&#233; &lt;/i&gt; &#187;, selon l'expression de Luc Lavoir. Fragment&#233; entre un grand nombre de maisons aux ambitions et aux int&#233;r&#234;ts divers, le milieu de l'&#233;dition l'est par nature : c'est m&#234;me cela qui assure le pluralisme de la production esth&#233;tique et intellectuelle. La r&#233;ponse que risquera d'apporter le nouveau g&#233;ant &#224; cet &#233;parpillement, c'est le nivellement par le bas. Quant &#224; la vuln&#233;rabilit&#233;, bien r&#233;elle, du march&#233; de l'&#233;dition, elle est due pour bonne part &#224; la baisse des investissements publics par l'entremise de la d&#233;sormais fam&#233;lique Soci&#233;t&#233; de d&#233;veloppement des entreprises culturelles (SODEC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart, les arguments de Quebecor avaient &#233;t&#233; avanc&#233;s par Matra-Lagard&#232;re, sans convaincre les milieux sp&#233;cialis&#233;s ni la commission de Bruxelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse de l'argumentaire de l'&#233;quipementier Lagard&#232;re, on se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutefois, le Qu&#233;bec n'est pas la France, et les organismes subventionnaires publics (Conseil des arts du Canada et SODEC) disposent en principe de moyens de pression pour conserver un maximum de diversit&#233; &#233;ditoriale. En outre, il existera encore &#224; l'avenir des maisons &#224; haut prestige symbolique et &#233;conomiquement solides, telles les &#201;ditions du Bor&#233;al et Lem&#233;ac, ainsi qu'une myriade de petites niches &#233;ditoriales souvent porteuses de la nouveaut&#233; en litt&#233;rature. Mais, d'un c&#244;t&#233;, le levier des subventions f&#233;d&#233;rales emp&#234;chera-t-il Quebecor de proc&#233;der &#224; de nouvelles rationalisations, qui ne manqueront pas de se faire aux d&#233;pens des secteurs les moins rentables, dans la mesure o&#249; ces subventions sont g&#233;n&#233;ralement accord&#233;es en fonction du chiffre d'affaire et non de crit&#232;res qualitatifs ? Et, de l'autre c&#244;t&#233;, jusqu'&#224; quand les groupes et les maisons d'&#233;dition de faible ampleur pourront-ils r&#233;sister &#224; l'ogre Quebecor ? Face &#224; ces questions, les r&#233;actions plut&#244;t molles du milieu de l'&#233;dition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Signalons cependant les sorties de Stanley P&#233;an, au nom de l'Union Nationale (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; laissent craindre un r&#233;dhibitoire exc&#232;s de confiance : la menace que fait peser un Quebecor surpuissant sur l'&#233;dition litt&#233;raire qu&#233;b&#233;coise est pourtant bien r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anthony Glinoer&lt;br /&gt;
Professeur adjoint &#224; l'Universit&#233; de Toronto&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Bureau f&#233;d&#233;ral de la concurrence a avalis&#233; le rachat en d&#233;cembre 2005. Seule la participation financi&#232;re et administrative de Pierre Lesp&#233;rance au sein du r&#233;seau de librairies Renaud-Bray a fait tiquer l'organisme f&#233;d&#233;ral. Lesp&#233;rance, du fait du rachat par Quebecor, d&#233;j&#224; propri&#233;taire des librairies Archambault, allait en effet devenir son propre concurrent principal. Il fut donc d&#233;cid&#233; avec fermet&#233; qu'il devrait d&#233;missionner du conseil d'administration de Gestion Renaud-Bray Inc. et confier la gestion de sa participation financi&#232;re &#224; un mandataire ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A lire &lt;a href=&#034;http://www.quebecor.com/NewsCenter/PressReleasesDetails.aspx?PostingName=12102005&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de Quebecor&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Janine et Greg Br&#233;mond, &lt;i&gt;L'&#233;dition sous influence&lt;/i&gt;, Liris, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il n'y aura que l'embarras du choix, puisque Quebecor poss&#232;de &#224; l'heure actuelle 17 quotidiens (soit 45 % du tirage des quotidiens francophones au Canada) dont le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; et le quotidien gratuit &lt;i&gt;24 heures&lt;/i&gt;, ainsi que 45 magazines hebdomadaires ou mensuels (de &lt;i&gt;Filles d'aujourd'hui&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;&#201;chos-Vedettes&lt;/i&gt;). On trouvera un inventaire complet des soci&#233;t&#233;s dont le groupe Quebecor est propri&#233;taire &#224; la page&lt;a href=&#034;http://www.cem.ulaval.ca/portraits_entreprises/QUEBECOR.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du Centre d'&#233;tudes sur les m&#233;dias&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une pr&#233;sentation plus d&#233;taill&#233;e des faits, voir Pascal Durand, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1880.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'&#233;dition &#224; l'heure des trous noirs &#187;&lt;/a&gt;, article publi&#233; le 11 janvier 2005 ; et le livre d'Andr&#233; Schiffrin, &lt;i&gt;Le contr&#244;le de la parole : l'&#233;dition sans &#233;diteurs, suite&lt;/i&gt;, La Fabrique, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Celui-ci s'exprimait lors d'une conf&#233;rence de presse dont ont rendu compte &lt;i&gt;La Presse &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Le Devoir &lt;/i&gt;en date du 13 octobre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse de l'argumentaire de l'&#233;quipementier Lagard&#232;re, on se reportera ici encore &#224; Janine Br&#233;mond, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article861.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La concentration dans l'&#233;dition et ses effets &#187;&lt;/a&gt;, article publi&#233; le 4 janvier 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Signalons cependant les sorties de Stanley P&#233;an, au nom de l'Union Nationale des &#233;crivaines et &#233;crivains qu&#233;b&#233;cois, et de Denis Vaugeois, fondateur des &#233;ditions du Septentrion et ancien ministre des Affaires culturelles sous Ren&#233; L&#233;vesque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les journalistes du quotidien qu&#233;b&#233;cois Le Soleil contre la concentration</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-journalistes-du-quotidien-quebecois-Le-Soleil-contre-la-concentration</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-journalistes-du-quotidien-quebecois-Le-Soleil-contre-la-concentration</guid>
		<dc:date>2004-06-20T17:06:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Qu&#233;bec (m&#233;dias du)</dc:subject>
		<dc:subject>Concentrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;... et ses effets. Entre autres : un m&#234;me chroniqueur publi&#233; dans les journaux du m&#234;me groupe.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Au-Canada-au-Quebec-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Canada, au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quebec-medias-du-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec (m&#233;dias du)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Concentrations-+" rel="tag"&gt;Concentrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ici, pr&#233;sent&#233; et transmis par un correspondant, un tract des journalistes du &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Soleil est un quotidien g&#233;n&#233;raliste qu&#233;b&#233;cois, fond&#233; en d&#233;cembre 1896. Il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en lutte au Qu&#233;bec contre les concentrations et leurs effets : en particulier la publication par tous les journaux du groupe des chroniques d'une m&#234;me &#171; auteur &#187; (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mercredi 16 juin 2004, les lecteurs assidus du journal qu&#233;b&#233;cois &lt;a href=&#034;http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ont d&#233;couvert que plusieurs articles de leur journal n'&#233;taient sign&#233;s par les journalistes-maison.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#233;dition du jeudi 17 juin, le journal pr&#233;cise, &#224; la page 2, dans une &#034;note aux lecteurs&#034; que :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous avez peut-&#234;tre not&#233; que, dans notre livraison d'hier, plusieurs textes &#233;taient sign&#233;s &#034;Le Soleil&#034; plut&#244;t que par le nom de leur auteur. Il s'agit d'un choix des journalistes du journal &lt;/i&gt;Le Soleil&lt;i&gt; qui veulent par l&#224; protester contre la concentration de la presse et la publication des chroniques de M. Alain Dubuc dans l'ensemble des quotidiens du r&#233;seau Gesca. Cette situation pourrait se reproduire tous les jours o&#249; para&#238;t la chronique de M. Dubuc, soit les mercredis, vendredis et samedis. &#192; noter que les chroniqueurs, &#233;ditorialistes, collaborateurs, journalistes surnum&#233;raires et stagiaires du &lt;/i&gt;Soleil &lt;i&gt;continuent de signer leurs textes&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt; &#187;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
V&#233;rification faite aupr&#232;s d'un journaliste du &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt;, ce dernier nous a expliqu&#233; que : &#171; &lt;i&gt;ce midi&lt;/i&gt; [mercredi 16 juin 2004], &lt;i&gt;les employ&#233;s du &lt;/i&gt;Soleil&lt;i&gt; ont pique-niqu&#233; sur le trottoir pour sensibiliser la population &#224; la &#171; montr&#233;alisation tranquille &lt;/i&gt; &#187; de l'information &#224; Qu&#233;bec (et au Qu&#233;bec) en g&#233;n&#233;ral et au &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; en particulier. &#171; &lt;i&gt;Dans le but de susciter un d&#233;but public sur la question, nous avons distribu&#233; &lt;/i&gt;[un tract]&lt;i&gt; &#224; tous ceux qui passaient &#224; proximit&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc le tract distribu&#233; hier par les journalistes du &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; : &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
DIX QUESTIONS SUR UNE MANIF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Est-ce que les employ&#233;s du Soleil manifestent pour obtenir un meilleur salaire ou de meilleures conditions de travail ?&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;NON. La manifestation d'aujourd'hui n'a rien &#224; voir avec l'argent ou avec la n&#233;gociation d'une nouvelle convention collective. Nous voulons informer le public des effets n&#233;fastes de la concentration de la presse sur &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; et sur la r&#233;gion de Qu&#233;bec. Nous ne pouvons plus rester silencieux devant la &#171; montr&#233;alisation &#187; grandissante de notre journal. &#192; Qu&#233;bec, &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; constitue la derni&#232;re grande salle de nouvelles capable de couvrir &#224; la fois les sports et la politique internationale, &#224; la fois la politique f&#233;d&#233;rale et les nouvelles r&#233;gionales. Mais pour combien de temps encore ?
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;La manifestation d'aujourd'hui aurait-elle pu se d&#233;rouler plus t&#244;t ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
NON. Depuis l'achat du &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; par le Groupe Gesca, en 2001, nous avions choisi de laisser le b&#233;n&#233;fice du doute au nouveau propri&#233;taire. La publication de la chronique d'Alain Dubuc, trois fois par semaine, dans tous les journaux du Groupe, constitue la goutte qui fait d&#233;border le vase. Lentement mais s&#251;rement, &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; se fait d&#233;pouiller de sa personnalit&#233;. Pour chaque texte du &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; publi&#233; dans &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, on retrouve d&#233;sormais quatre textes de &lt;i&gt;La Presse &lt;/i&gt;publi&#233;s dans &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt;. Un exemple &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;cent parmi tant d'autres ? En avril, &lt;i&gt;La Presse &lt;/i&gt;a exp&#233;di&#233; trois journalistes &#224; Boston pour couvrir la s&#233;rie entre le Canadien et les Bruins. &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; n'en a d&#233;p&#234;ch&#233; aucun, se contentant de reprendre les textes du &#171; grand fr&#232;re &#187; montr&#233;alais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Est-ce que vos moyens de pression vont se limiter &#224; une manifestation ?&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;NON. &#192; partir d'aujourd'hui, chaque fois que la chronique d'Alain Dubuc sera publi&#233;e dans &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt;, le mercredi, le jeudi et le samedi, les journalistes refuseront de signer leurs textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Votre mouvement est-il dirig&#233; contre Alain Dubuc ?&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;NON. Si les chroniques d'Alain Dubuc &#233;taient publi&#233;es dans un seul journal, personne n'y trouverait &#224; redire. C'est leur publication dans tous les quotidiens du groupe Gesca qui pose un probl&#232;me. &#192; quoi bon maintenir des journaux qui publient tous les m&#234;mes textes, les m&#234;mes points de vue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Est-ce que la concentration de la presse touche la population de Qu&#233;bec en g&#233;n&#233;ral ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
OUI. La concentration de la presse a tendance &#224; rendre tous les m&#233;dias semblables. Nous croyons que le public sort perdant d'un mouvement qui r&#233;duit le nombre de paires d'yeux scrutant l'actualit&#233;. Peu &#224; peu, les m&#233;dias de Qu&#233;bec et des r&#233;gions sont confin&#233;s &#224; un r&#244;le purement local. Ils deviennent de simples satellites des m&#233;dias montr&#233;alais. &#192; plus ou moins long terme, la concentration de la presse entra&#238;ne aussi le transfert des postes de direction &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;La concentration de la presse inqui&#232;te-t-elle seulement les journalistes du &lt;/i&gt;Soleil&lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
NON. La F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes (FPJQ) a d&#233;sapprouv&#233; la publication des chroniques d'Alain Dubuc dans tous les journaux Gesca. Il y a deux ans, l'Assembl&#233;e nationale a m&#234;me consacr&#233; une commission parlementaire &#224; l'&#233;tude des probl&#232;mes pos&#233;s par la concentration de la propri&#233;t&#233; de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Le public peut-il faire quelque chose par rapport &#224; la concentration de la presse ?&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;OUI. Les groupes de presse sont extr&#234;mement pr&#233;occup&#233;s par leur image de marque. Ils doivent tenir compte des sensibilit&#233;s de leurs lecteurs. Ces derniers ne doivent pas h&#233;siter &#224; exprimer leurs inqui&#233;tudes pour faire comprendre qu'ils n'accepteront pas n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Les propri&#233;taires du &lt;/i&gt;Soleil&lt;i&gt; ont-ils d&#233;j&#224; reconnu les dangers de la concentration de la presse ?&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;OUI. Peu apr&#232;s l'achat du &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt;, en 2001, les nouveaux propri&#233;taires s'&#233;taient engag&#233;s &#224; maintenir le &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; comme &#171; journal national &#187;. Ils avaient notamment promis de prot&#233;ger la personnalit&#233; du journal, en lui permettant de conserver ses propres articles d'opinion. Les propri&#233;taires du &lt;i&gt;Soleil&lt;/i&gt; ont reni&#233; leurs promesses.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Les employ&#233;s du &lt;/i&gt;Soleil&lt;i&gt; ne sont-ils pas un peu alarmistes ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
NON. Depuis 30 ans, l'&#233;volution des m&#233;dias de Qu&#233;bec est pour le moins inqui&#233;tante. Faut-il rappeler le transfert de la quasi-totalit&#233; de la production t&#233;l&#233; de Qu&#233;bec vers Montr&#233;al ? Faut-il rappeler que le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; et l'hebdomadaire &lt;i&gt;Voir-Qu&#233;bec&lt;/i&gt; publient un grand nombre de textes de leur &#171; maison m&#232;re &#187;, de Montr&#233;al ?
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Est-ce que certains textes continueront &#224; &#234;tre sign&#233;s ?&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;OUI. En vertu de la convention collective, les chroniqueurs et les &#233;ditorialistes doivent continuer &#224; signer leurs textes. Les journalistes &#224; statut pr&#233;caire (stagiaires, pigistes, surnum&#233;raires, etc.) continueront aussi &#224; signer leurs textes, pour ne pas faire l'objet de repr&#233;sailles.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
De notre correspondant :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Ahmed Fouednejm&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;mailto:fouednejm@hotmail.com&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;fouednejm@hotmail.com&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;mailto:fouednejm@yahoo.com&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;fouednejm@yahoo.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt; est un quotidien g&#233;n&#233;raliste qu&#233;b&#233;cois, fond&#233; en d&#233;cembre 1896. Il diffuse &#224; 115 000 exemplaires environs. Depuis 2000, il appartient au groupe Gesca qui poss&#232;de plus de moiti&#233; des quotidiens francophones du Qu&#233;bec, dont &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; (publi&#233; &#224; Montr&#233;al). (&lt;i&gt;note d'Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le centre d'&#233;tudes sur les m&#233;dias (Qu&#233;bec, Canada)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-centre-d-etudes-sur-les-medias-Quebec-Canada</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Le-centre-d-etudes-sur-les-medias-Quebec-Canada</guid>
		<dc:date>2003-12-31T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Canada (m&#233;dias du)</dc:subject>
		<dc:subject>Concentrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pr&#233;sentation du Centre et ressources offertes par son site.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Au-Canada-au-Quebec-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Canada, au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Canada-medias-du-+" rel="tag"&gt;Canada (m&#233;dias du)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Concentrations-+" rel="tag"&gt;Concentrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sentation du Centre et ressources offertes par son site.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
1. Pr&#233;sentation : &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cem.ulaval.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le centre d'&#233;tudes sur les m&#233;dias&lt;/a&gt; (Qu&#233;bec, Canada) se pr&#233;sente ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Centre d'&#233;tudes sur les m&#233;dias, un organisme sans but lucratif fond&#233; en 1992, est un lieu de recherche, mais il est &#233;galement un agent de concertation entre les entreprises de communication, les milieux gouvernementaux et universitaires qui poursuit deux objectifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- favoriser le d&#233;veloppement et l'organisation de la recherche sur les m&#233;dias ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- fournir aux professionnels de cette industrie un &#233;clairage ad&#233;quat sur les probl&#232;mes auxquels ils sont confront&#233;s et sur les contextes national et international dans lesquels ils &#233;voluent, en vue d'am&#233;liorer leur performance sur les plans &#233;conomique, social et culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les projets du Centre d'&#233;tudes sur les m&#233;dias re&#231;oivent un appui financier du minist&#232;re de la Culture et des Communications. Par ailleurs, le Centre compte deux partenaires universitaires : le d&#233;partement d'information et de communication de l'Universit&#233; Laval et l'&#201;cole des hautes &#233;tudes commerciales (HEC) de l'Universit&#233; de Montr&#233;al. Son conseil d'administration est form&#233; de repr&#233;sentants universitaires, gouvernementaux et de l'industrie des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Touchant principalement aux m&#233;dias traditionnels - presse &#233;crite, radio et t&#233;l&#233;vision (et leurs modes de distribution : c&#226;blodistribution, radiodiffusion directe par satellite) - le Centre s'int&#233;resse &#233;galement aux t&#233;l&#233;communications, &#224; la publicit&#233; de m&#234;me qu'aux nouveaux m&#233;dias qui naissent avec Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florian Sauvageau, professeur au d&#233;partement d'information et de communication de l'Universit&#233; Laval, assume la direction du Centre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour en savoir plus, le site du Centre : [&lt;a href=&#034;http://www.cem.ulaval.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cem.ulaval.ca&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Ressources :&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les ressources propos&#233;es par le Centre (et son site internet) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une synth&#232;se hebdomadaire de l'actualit&#233;, publi&#233;e chaque vendredi : &lt;strong&gt;Actualit&#233;s-m&#233;dias&lt;/strong&gt; - Cette publication a cess&#233; en 2006. Les archives sont disponibles &lt;a href=&#034;http://www.cem.ulaval.ca/archives/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; cette adresse&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des documents sur la &lt;a href=&#034;http://www.cem.ulaval.ca/TDM_concASSNat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Concentration des m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (2001) au Canada et dans d'autres pays (Australie, Etats-Unis, France, Irlande, Su&#232;de)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des &lt;a href=&#034;http://www.cem.ulaval.ca/observations.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;strong&gt;Observations&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.cem.ulaval.ca/publications.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;diverses &lt;strong&gt;publications&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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