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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Les revues de sciences humaines et sociales (2) : l'&#233;valuation de la recherche et des chercheurs</title>
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		<dc:date>2015-01-09T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Revues intellectuelles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Classer &#171; objectivement &#187; les revues et les chercheurs ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Edition-" rel="directory"&gt;&#201;dition&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Revues-intellectuelles-+" rel="tag"&gt;Revues intellectuelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'importance &#233;conomique des revues de SHS est faible, comme nous l'avons expos&#233; dans un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4528.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premier article&lt;/a&gt;, elles ont par contre un r&#244;le central dans l'&#233;valuation des chercheurs et des laboratoires, &#233;valuation dont d&#233;pendent en grande partie la carri&#232;re des uns et les subventions des autres. Cette &#233;valuation s'appuie essentiellement sur la bibliom&#233;trie, d&#233;j&#224; utilis&#233;e de longue date dans les STM (sciences, techniques et m&#233;decine) o&#249; elle est fortement contest&#233;e, et qui est encore moins adapt&#233;e aux sp&#233;cificit&#233;s des SHS. Dans la derni&#232;re d&#233;cennie, &#224; la suite d'une politique volontariste en Europe et en France, l'&#233;valuation des revues a m&#234;me d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en un syst&#232;me de classement en proie &#224; toutes les critiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La bibliom&#233;trie et les SHS&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'instrument privil&#233;gi&#233; de l'&#233;tude de la production scientifique, la bibliom&#233;trie, consiste &#224; mesurer cette production &#224; partir des articles publi&#233;s dans les revues et &#224; l'&#233;valuer &#224; partir des citations de ces articles dans les autres revues. &#192; l'origine il ne s'agissait pas de classer les revues et les chercheurs (et par extension, les laboratoires de recherche, les universit&#233;s, etc.). Dans les ann&#233;es 1920 et 1930, &#224; la suite de l'explosion du nombre de revues scientifiques, et parfois de leur prix, les biblioth&#233;caires ont cherch&#233; des m&#233;thodes de s&#233;lection plus objectives que les demandes des chercheurs pour choisir les abonnements utiles &#224; ces derniers. La bibliom&#233;trie s'est affirm&#233;e alors comme un outil permettant de rep&#233;rer les revues les plus cit&#233;es, la progression dans le temps du nombre de ces citations et en cons&#233;quence de choisir celles qui pouvaient int&#233;resser les chercheurs dans un domaine particulier. Longtemps artisanale, la bibliom&#233;trie est devenue, &#224; partir des ann&#233;es 1950, avec l'informatisation de ses outils, un remarquable moyen d'analyse de la production scientifique : &lt;i&gt;&#171; La bibliom&#233;trie est essentielle pour cartographier de fa&#231;on globale l'&#233;tat des recherches &#224; un moment et en un lieu donn&#233;, et ainsi d&#233;passer les perceptions locales et anecdotiques. Elle permet &#233;galement d'identifier des tendances &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles : r&#233;gionale, nationale et mondiale, qu'il serait impossible de faire &#233;merger autrement &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yves Gingras, Les d&#233;rives de l'&#233;valuation de la recherche. Du bon usage de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces informations sont obtenues gr&#226;ce &#224; un traitement &#224; grande &#233;chelle des donn&#233;es fournies par les notices bibliographiques des articles (auteur, date de publication, titre de la revue, unit&#233; de rattachement, domaine de l'article, etc.) des grandes bases de donn&#233;es. Ce n'est qu'apr&#232;s son utilisation comme moyen d'&#233;valuation des revues et des chercheurs que la bibliom&#233;trie a &#233;t&#233; remise en cause par nombre de ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'outil d'&#233;valuation (incluant l'analyse des citations), et non plus seulement de mesure, de l'activit&#233; scientifique, la bibliom&#233;trie s'est d'abord appliqu&#233;e aux STM. Destin&#233;e &#224; pallier la subjectivit&#233; et l'&#233;troitesse de l'&#233;valuation par les pairs, elle participe de l'introduction dans le domaine de la recherche scientifique des techniques de gestion de la qualit&#233; (benchmarking) des entreprises priv&#233;es. L'&#233;valuation des revues est fonction de leur facteur d'impact, chiffre qui d&#233;signe leur rang dans la hi&#233;rarchie des revues gr&#226;ce au nombre de citations qu'elles ont obtenu dans les autres revues. Les revues qui ont le facteur d'impact le plus &#233;lev&#233; seront les plus convoit&#233;es par les chercheurs pour y publier leurs articles. Parmi les nombreuses critiques qui ont &#233;t&#233; adress&#233;es &#224; ce facteur d'impact comme nous l'avons d&#233;j&#224; signal&#233; dans &lt;a href='https://www.acrimed.org/L-edition-scientifique-1-un-oligopole-profitable' class=&#034;spip_in&#034;&gt;un article sur les STM&lt;/a&gt;, certaines concernent plus particuli&#232;rement son application aux SHS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les revues sont le mode de communication de loin le plus usit&#233; dans les STM (plus de 80% de la production) ce n'est pas du tout le cas des SHS dont la production se partage &#224; peu pr&#232;s &#233;galement entre les revues et les livres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec des variations selon les disciplines. Ainsi, pour ce qui concerne les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En admettant, pour simplifier, qu'un livre &#233;gale un article, ce qui n'est pas, &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, &#224; l'avantage du livre, c'est d&#232;s lors une bonne moiti&#233; de la production scientifique des SHS qui se trouve ainsi marginalis&#233;e par l'approche bibliom&#233;trique transpos&#233;e sans adaptation des STM aux SHS. Ce qui fait dire &#224; Gr&#233;goire Chamayou : &lt;i&gt;&#171; pour vos publications, oubliez les monographies - dans notre nouveau r&#233;gime de production du savoir, &#231;a vaut peanuts. Si vous &#234;tes chercheur en sciences humaines et sociales surtout, renoncez &#224; &#233;crire des livres. &#192; quoi bon, puisqu'ils ne seront pas directement recens&#233;s par les bases de donn&#233;es bibliom&#233;triques ? C'est bien simple : aujourd'hui, leur monnaie n'a plus cours &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gr&#233;goire Chamayou, &#171; Petits conseils aux enseignants-chercheurs qui voudront (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, sur ce terrain limit&#233; aux seules revues, la bibliom&#233;trie ignore certaines sp&#233;cificit&#233;s des publications de SHS. Par exemple, la dur&#233;e de deux ans &#233;tablie pour mesurer le facteur d'impact d'une revue, si elle est pertinente pour les STM, est tr&#232;s insuffisante en mati&#232;re de SHS o&#249; plusieurs ann&#233;es sont souvent n&#233;cessaires pour qu'une contribution atteigne son lectorat et soit cit&#233;e par d'autres chercheurs. Par ailleurs, les sujets trait&#233;s dans les revues de SHS sont moins &#171; universels &#187; que ceux trait&#233;s en STM, et, de ce fait, moins cit&#233;s par les autres revues. D'o&#249; une sous-estimation chronique de l'impact des revues de SHS, avec les cons&#233;quences que l'on peut imaginer sur leur financement et la carri&#232;re des chercheurs qui les alimentent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, bien que l'ISI (Institut for Scientific Information) de Thomson Reuters ait constitu&#233;, depuis 1973 pour les sciences sociales et depuis 1978 pour les sciences humaines, un facteur d'impact propre aux revues de SHS, ces derni&#232;res sont relativement peu nombreuses dans sa base de donn&#233;es (2864 en 2010). Concurrent de l'ISI depuis 2004, Scopus, initi&#233; par Elsevier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera que les organismes qui g&#232;rent, au niveau mondial, l'&#233;valuation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en recense 3453 (en 2010), soit &#224; peu pr&#232;s un tiers de l'ensemble &#233;valu&#233; &#224; 9551 revues (avec comit&#233; de lecture, contr&#244;le par les pairs). Mais surtout, les revues r&#233;pertori&#233;es par ces organismes sont tr&#232;s majoritairement anglo-saxonnes. Les revues d'autres bassins linguistiques y sont manifestement sous-repr&#233;sent&#233;es : par exemple, on trouve dans la base de donn&#233;es de l'ISI 90 revues fran&#231;aises de SHS et 36 espagnoles et, dans Scopus, 47 revues fran&#231;aises et 28 espagnoles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joachim Sch&#246;pfel, H&#233;l&#232;ne Prost, &#171; Le JCR facteur d'impact (IF) et le Scimago (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'o&#249; une impossibilit&#233; pour la plus grande partie des revues de ces pays de conna&#238;tre leur facteur d'impact, c'est-&#224;-dire leur reconnaissance internationale, sauf &#224; se fier &#224; Google Scholar, le troisi&#232;me fournisseur de facteur d'impact dont le recouvrement est beaucoup plus large mais peu s&#233;lectif et en variation constante, donc peu reconnu par la communaut&#233; scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Les classements et l'AERES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action &#224; ce quasi monopole linguistique de l'anglais, au niveau europ&#233;en, l'European Science Fondation a cr&#233;&#233; sa propre base multilingue de recension de revues SHS, limit&#233;e pour l'instant aux sciences humaines (&#224; l'exclusion des sciences sociales). L'ERIH (European reference index for the humanities) r&#233;pertorie, pour ce seul secteur et &#224; l'&#233;chelle mondiale, 5179 revues, tandis qu'en France, une politique nationale d'&#233;valuation des revues scientifiques a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre avec la cr&#233;ation en 2006 d'un organisme public, l'AERES (Agence d'&#233;valuation de la recherche et de l'enseignement sup&#233;rieur), qui recense de son c&#244;t&#233;, en s'appuyant beaucoup sur les listes de l'ERIH, 6300 revues de SHS (toujours &#224; l'&#233;chelle mondiale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revues de SHS ont ensuite fait l'objet d'un classement par l'ERIH et l'AERES en trois cat&#233;gories : A, B et C, par des petits comit&#233;s &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt;, nomm&#233;s par l'administration et non &#233;lus par leurs pairs, comme c'est l'usage en la mati&#232;re, sans que les crit&#232;res de ces classements soient publics. Ces cat&#233;gories sont devenues, surtout avec l'AERES, des indicateurs de la qualit&#233; des revues, avec les cons&#233;quences que l'on peut facilement deviner : les chercheurs qui publiaient des articles dans les revues class&#233;es A re&#231;urent de l'AERES le titre de &#171; publiant &#187; et furent class&#233;s en fonction du nombre de ces publications&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera que ce classement fait &#233;galement l'impasse sur la publication de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tandis que les laboratoires furent class&#233;s et financ&#233;s en fonction du nombre de leurs &#171; publiants &#187;. Les revues class&#233;es A furent tr&#232;s demand&#233;es, notamment par les jeunes chercheurs. Inversement, le classement d'une revue en cat&#233;gorie C peut &#234;tre catastrophique pour elle puisque, bien &#233;videmment, les chercheurs ne vont pas se bousculer pour y publier des articles, ni les lecteurs pour s'y abonner. &lt;i&gt;&#171; En France comme dans d'autres pays [&#8230;], nombreux sont ceux qui d&#233;noncent les immenses dangers de ces machines pour la qualit&#233; des &#233;valuations, mais aussi pour la survie du tissu si fragile des revues : une fois li&#233;e la notation des &#171; publiants &#187; &#224; celle des revues, l'engrenage est en route qui fera bient&#244;t dispara&#238;tre les revues moins bien en cour, qu'elles soient trop h&#233;t&#233;rodoxes, trop jeunes, trop pointues, trop interdisciplinaires ou trop innovantes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Topalov, &#171; Aeres. En finir avec l'Agence de notation de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la multiplication des protestations des revues et des chercheurs contre l'arbitraire de ses classements, l'AERES a d&#251; y renoncer, et, dans la foul&#233;e, a m&#234;me disparu, supprim&#233;e par la loi Fioraso sur l'enseignement sup&#233;rieur et la recherche du 22 juillet 2013 (ce qu'avait express&#233;ment demand&#233; l'Acad&#233;mie des sciences) pour &#234;tre remplac&#233;e par un &#171; Haut conseil &#224; l'&#233;valuation de la recherche et de l'enseignement sup&#233;rieur &#187; (HCERES). Le classement des revues n'est plus dans ses attributions. Mais on voit mal comment la concurrence n&#233;olib&#233;rale g&#233;n&#233;ralis&#233;e entre les chercheurs, les unit&#233;s de recherche, les universit&#233;s, les revues, mise en &#339;uvre &#224; l &#8216;&#233;chelle europ&#233;enne depuis 1999 (processus de Lisbonne), poursuivie en 2010 avec le programme &#171; Europe 2020 &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qu'exprime fort bien la Commission europ&#233;enne : &#171; Le temps o&#249; les savoirs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et traduite en France par la loi LRU pourrait se traduire autrement que par la promotion et la disqualification de nombre de ces instances.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pour une autre politique de la recherche scientifique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4528.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Peu rentables sur le plan &#233;conomique&lt;/a&gt;, mais requinqu&#233;es par leur mise en ligne, les revues de SHS se trouvent d&#233;sormais confront&#233;es &#224; des questions relevant des politiques scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promotion du libre acc&#232;s par les instances europ&#233;ennes pour les seuls motifs de concurrence internationale risquerait de mettre en p&#233;ril, si elle s'imposait avec la brutalit&#233; inscrite dans la recommandation europ&#233;enne, le fragile &#233;quilibre &#233;conomique des revues priv&#233;es et leurs rapports jusque l&#224; positifs avec le secteur public. Si une promotion publique du libre acc&#232;s semble souhaitable et l&#233;gitime, elle ne devrait intervenir que progressivement et en coop&#233;ration avec les divers acteurs qui ont su maintenir et m&#234;me d&#233;velopper le &#171; tissu fragile &#187; des revues de SHS. D&#233;j&#224; financ&#233; en amont et en aval et par diverses subventions par l'argent public, le libre acc&#232;s aux articles des revues de SHS devrait, &#224; terme, &#234;tre assur&#233; ouvertement par la puissance publique, comme c'est d&#233;j&#224; le cas pour les portails Pers&#233;e et Gallica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la politique d'&#233;valuation de la recherche et des chercheurs, elle avait notamment pour objectif de r&#233;duire la subjectivit&#233; plus ou moins intentionnelle des &#233;valuations par les pairs, voire les pratiques de favoritisme, copinage, cooptations et autres &#233;changes de bons services. Sur ce terrain, &#224; supposer que l'objectif soit atteint, ce qui est loin d'&#234;tre assur&#233;, on ne peut que constater que le rem&#232;de est pire que le mal. Et surtout qu'il a consist&#233; &#224; retirer aux scientifiques eux-m&#234;mes la ma&#238;trise de leurs domaines de comp&#233;tence. Les crit&#232;res &#171; objectifs &#187; de la bibliom&#233;trie, dont on a vu les limites, sont en effet utilisables par tout un chacun, et notamment par les administrateurs et les politiques, sans qu'ils aient besoin d'une quelconque comp&#233;tence dans les domaines consid&#233;r&#233;s. Sous couvert d'une approche scientifique (la bibliom&#233;trie), il s'agit en fait d'une tentative de contr&#244;le politique de l'activit&#233; scientifique, en sciences humaines et sociales, comme en STM. &lt;i&gt;&#171; Les tentatives pour imposer une &#233;valuation bibliom&#233;trique ne s'expliquent que par le souci de remplacer des sp&#233;cialistes reconnus par leur communaut&#233; pour leurs comp&#233;tences par des instances d&#233;sign&#233;es par l'autorit&#233; politique du moment, appr&#233;ci&#233;es pour leur suivisme. Ici comme ailleurs, la fr&#233;n&#233;sie &#233;valuatrice aboutit &#224; dessaisir les chercheurs et leurs repr&#233;sentants l&#233;gitimes et &#224; gonfler un personnel bureaucratique qui se p&#233;rennise en acceptant d'asphyxier progressivement la vie scientifique &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Espagne, &#171; Les SHS au casino de la bibliom&#233;trie &#233;valuative : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre cette perspective, on ne peut que souscrire &#224; la proposition de Christian Topalov : &lt;i&gt;&#171; L'enseignement sup&#233;rieur et la recherche ont besoin d'&#233;valuations &#233;labor&#233;es de fa&#231;on collective, contradictoire et publique, au sein d'instances mandat&#233;es pour cette t&#226;che par la communaut&#233; au nom de laquelle elles portent des jugements, jugements dont elles ont &#224; r&#233;pondre &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Topalov, op. cit.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yves Gingras, &lt;i&gt;Les d&#233;rives de l'&#233;valuation de la recherche. Du bon usage de la bibliom&#233;trie&lt;/i&gt;, Raison d'agir, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avec des variations selon les disciplines. Ainsi, pour ce qui concerne les humanit&#233;s (langues et litt&#233;rature anciennes), la proportion des livres est de 75% depuis 30 ans, tandis qu'en &#233;conomie, elle a baiss&#233; de 55% &#224; 30% dans la m&#234;me p&#233;riode (Yves Gingras, &lt;i&gt;op.cit.&lt;/i&gt;, p. 39). Des variations aussi selon des usages locaux. Aux &#201;tats-Unis, par exemple, &lt;i&gt;&#171; les sociologues des universit&#233;s priv&#233;es mettent l'accent sur la publication des livres alors que leurs homologues des universit&#233;s publiques publient de pr&#233;f&#233;rence des articles &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt;, p. 40).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gr&#233;goire Chamayou, &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/petits-conseils-enseignants-chercheurs-qui-voudront-reussir-leur-evaluation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Petits conseils aux enseignants-chercheurs qui voudront r&#233;ussir leur &#233;valuation &#187;&lt;/a&gt;, f&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera que les organismes qui g&#232;rent, au niveau mondial, l'&#233;valuation des revues et des chercheurs associ&#233;s, sont de grandes soci&#233;t&#233;s priv&#233;es commerciales, cot&#233;es en bourse, elles-m&#234;mes &#233;ditrices de revues scientifiques, et non des moindres puisque Elsevier et Thomson-Reuters sont respectivement le deuxi&#232;me et le troisi&#232;me &#233;diteur mondial, toutes cat&#233;gories confondues. C'est dire que, d'une part, les prix de l'acc&#232;s &#224; ces bases de r&#233;f&#233;rences sont exorbitants, et que d'autre part, l'impartialit&#233; de l'&#233;valuation des revues par ces grands propri&#233;taires de revues peut &#234;tre sujette &#224; caution. Pourquoi une activit&#233; si importante pour la communaut&#233; scientifique mondiale ne serait-elle pas confi&#233;e &#224; un organisme ind&#233;pendant financ&#233; par les &#201;tats ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Joachim Sch&#246;pfel, H&#233;l&#232;ne Prost, &lt;a href=&#034;http://www.google.fr/url?sa=t&amp;rct=j&amp;q=&amp;esrc=s&amp;source=web&amp;cd=4&amp;ved=0CD0QFjAD&amp;url=http%3A%2F%2Farchivesic.ccsd.cnrs.fr%2Fdocs%2F00%2F56%2F78%2F47%2FDOC%2FJournal_Indicator_France_6.1.doc&amp;ei=qRJ2U4W-OonPObPvgdgK&amp;usg=AFQjCNGd1fY6uPMZTjdjVBhf2CHjQiXjnA&amp;bvm=bv.66699033,d.ZWU&amp;cad=rja&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le JCR facteur d'impact (IF) et le Scimago Journal Rank Indicator (SJR) des revues fran&#231;aises : une &#233;tude comparative &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera que ce classement fait &#233;galement l'impasse sur la publication de livres qui, comme d&#233;j&#224; dit, ont une importance &#233;gale &#224; celle d'articles de revues dans la production scientifique des chercheurs en SHS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Topalov, &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210513/aeres-en-finir-avec-l-agence-de-notation-de-lenseignement-superieur-et-de-l&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Aeres. En finir avec l'Agence de notation de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche &#187;, M&#233;diapart, 21 mai 2013&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qu'exprime fort bien la Commission europ&#233;enne : &lt;i&gt;&#171; Le temps o&#249; les savoirs acquis dans l'espace scientifique acad&#233;mique constituaient un patrimoine ouvert, mis &#224; la disposition de tous, appartient au pass&#233;. [&#8230;] Le but ultime de la recherche n'est plus simplement de produire des connaissances scientifiques, mais de promouvoir l'exploitation concr&#232;te des avanc&#233;es qu'elle g&#233;n&#232;re. Or cette exploitation, dans une &#233;conomie de march&#233;, a une dimension intrins&#232;quement &#233;conomique &#187;&lt;/i&gt; (Commission europ&#233;enne, &#171; Vers un march&#233; des connaissances &#187;, RDT Info, n&#176; 34, juillet 2002, p. 16, cit&#233; par Bernard Thomann, &lt;a href=&#034;http://www.laviedesidees.fr/L-evaluation-de-la-recherche-en,732.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;valuation de la recherche en question&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Espagne, &#171; Les SHS au casino de la bibliom&#233;trie &#233;valuative : impasses, impairs et manques &#187;, &lt;i&gt;La Vie de la recherche scientifique&lt;/i&gt;, septembre 2008, p. 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Topalov, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les revues de sciences humaines et sociales (1) : une &#233;conomie fragile </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-revues-de-sciences-humaines-et-sociales-1-une-economie-fragile</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-revues-de-sciences-humaines-et-sociales-1-une-economie-fragile</guid>
		<dc:date>2014-12-18T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Revues intellectuelles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#201;tat des lieux d'un secteur en pleine mutation&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Edition-" rel="directory"&gt;&#201;dition&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Revues-intellectuelles-+" rel="tag"&gt;Revues intellectuelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les revues, qui sont le support central de la communication scientifique en STM (sciences, techniques et m&#233;decine), n'ont pas la m&#234;me importance dans l'&#233;dition de recherche en SHS (sciences humaines et sociales) o&#249; les livres jouent encore un r&#244;le &#233;quivalent. Associ&#233;s dans les activit&#233;s de publication de tout chercheur qui se respecte, ces deux supports s'inscrivent cependant dans des logiques assez ind&#233;pendantes. Alors que les livres de SHS sont l'objet de bien des attentions depuis plusieurs d&#233;cennies autour du th&#232;me de &lt;a href='https://www.acrimed.org/L-edition-en-sciences-humaines-et-sociales-1-crise-ou-pas-crise' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; la crise de l'&#233;dition de sciences humaines &#187;&lt;/a&gt;, les revues n'ont &#233;merg&#233; dans le d&#233;bat public, m&#234;me limit&#233; aux sph&#232;res universitaires, que depuis une dizaine d'ann&#233;es, &#224; l'occasion de leur num&#233;risation, de la question concomitante du libre acc&#232;s &#224; leur contenu et du r&#244;le qu'elle sont conduites &#224; jouer dans l'&#233;valuation de la recherche et des chercheurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce premier article traite de la faible rentabilit&#233; des revues de SHS et, &#224; la suite du succ&#232;s de leur mise en ligne, de la question du libre acc&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Les revues de SHS : une faible rentabilit&#233;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les revues de SHS ont &#233;volu&#233;, tout comme les livres, et pour les m&#234;mes raisons, vers des publications de plus en plus nombreuses et sp&#233;cialis&#233;es. &#192; cette diff&#233;rence pr&#232;s qu'elles int&#233;ressent traditionnellement assez peu les gros &#233;diteurs en raison de leur faible rentabilit&#233;, qui n'est pas nouvelle, mais qui ne s'est pas am&#233;lior&#233;e avec le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison principale pour laquelle les &#233;diteurs g&#233;n&#233;ralistes qui sont encore bien pr&#233;sents sur le march&#233; du livre de SHS sont presque absents de celui des revues, qui n'ont d'ailleurs pas &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;es, malgr&#233; leur situation d&#233;grad&#233;e, au cours du d&#233;bat sur la crise de l'&#233;dition de SHS. Ainsi, le groupe Hachette ne dispose que des 17 revues d'Armand Colin, le groupe Editis poss&#232;de les 9 revues de La D&#233;couverte, le groupe La Martini&#232;re-Le Seuil, 4 revues, et Gallimard-Flammarion, 2. Ce qui, ind&#233;pendamment de la qualit&#233; de ces revues, est tr&#232;s peu par rapport &#224; un ensemble estim&#233; en France &#224; quelque 2000 revues parmi lesquelles plus de 500 sont jug&#233;es importantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc Minon, Ghislaine Chartron : &#201;tat des lieux comparatif de l'offre de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La raison du d&#233;sint&#233;r&#234;t des &#233;diteurs g&#233;n&#233;ralistes pour les revues est fort bien exprim&#233;e par Sophie Barluet : &lt;i&gt;&#171; Pour une maison d'&#233;dition, l'int&#233;r&#234;t des revues est moindre quand leur audience, plus marginale, ne compense pas un co&#251;t financier et humain devenu lourd pour des structures &#233;conomiquement fragiles et contraintes par leurs actionnaires &#224; certains niveaux de rentabilit&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophie Barluet, Les revues fran&#231;aises aujourd'hui : entre d&#233;sir et d&#233;rives, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi en raison de leur faible rentabilit&#233; que les revues francophones de SHS int&#233;ressent traditionnellement assez peu les grands &#233;diteurs internationaux qui font leurs choux gras des revues de STM. Parmi les revues fran&#231;aises de SHS, seules 2% des 540 les plus importantes sont &#224; leur catalogue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marc Minon, Ghislaine Chartron, op. cit., p. 71.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien que le plus grand nombre des revues SHS sont &#233;dit&#233;es par les &#233;diteurs sp&#233;cialis&#233;s dans ce domaine ; soit des &#233;diteurs priv&#233;s, comme L'Harmattan (47 titres vivants), &#201;r&#232;s (33), les PUF (29), De Boeck (belge, 28), soit publics comme le CNRS (28 titres) ou les diff&#233;rentes presses universitaires. Mais ce sont surtout les petits &#233;diteurs qui publient la grande majorit&#233; des revues de SHS. Sur le seul portail cairn.info, on trouve 37 &#233;diteurs de 2 &#224; 9 revues et 127 &#233;diteurs d'une seule revue ; le Groupement Fran&#231;ais de l'Industrie de l'Information (Gfii) &#233;value de son c&#244;t&#233; &#224; 1200 le nombre total d'&#233;diteurs d'une seule revue de SHS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gfii, L'&#233;dition scientifique fran&#231;aise en sciences sociales et humaines, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de la faible rentabilit&#233; des revues de SHS sont nombreuses. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, elles s'inscrivent dans un environnement institutionnel et &#233;conomique beaucoup moins favorable que celui des revues STM, ainsi d&#233;crit par Patrick Fridenson : &lt;i&gt;&#171; ces disciplines sont, depuis longtemps, les plus riches du paysage universitaire : elle ont besoin d'infrastructures, mettent en &#339;uvre de grands programmes de recherche tr&#232;s co&#251;teux, doivent disposer d'outils performants&#8230; Ces financements, en g&#233;n&#233;ral, ne posent pas probl&#232;me aux acteurs publics, car les progr&#232;s dans ces domaines sont spectaculaires, et influencent la vie quotidienne de tous les citoyens. Les laboratoires de sciences sont donc habitu&#233;s &#224; d&#233;penser largement et g&#233;n&#233;reusement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Revues et acc&#232;s libre : les pi&#232;ges de la transparence, Entretien avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui est loin d'&#234;tre le cas des d&#233;partements universitaires de SHS : entre 2005 et 2011, seuls 4.5% du budget de l'Agence nationale de la recherche a &#233;t&#233; consacr&#233; aux SHS ; le reste, soit 95.5%, est d&#233;volu aux STM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compar&#233;es aux revues STM, les revues SHS souffrent par ailleurs, du point de vue commercial, de handicaps certains :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Souvent &#233;crites en langues nationales, contrairement aux revues STM qui sont &#233;crites en anglais, elles ont un public plus restreint (ce qui joue moins, &#233;videmment, pour les publications SHS anglo-saxonnes).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les th&#232;mes abord&#233;s par les SHS sont souvent des &#233;tudes locales qui, a priori, n'int&#233;ressent pas un vaste lectorat.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les deux raisons ci-dessus impliquent que les revues SHS auront un nombre d'abonn&#233;s bien moindre que les revues STM. Selon les chiffres fournis par le Gfii (&lt;i&gt;&#171; Pour les revues de recherche en SHS le nombre d'abonnements payants moyen s'&#233;tage en moyenne entre 150 et 1200 abonn&#233;s avec une m&#233;diane de l'ordre de 300 abonn&#233;s. Les &#233;diteurs publics affichent des performances similaires ou inf&#233;rieures &#187;&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gfii, op. cit., p. 28.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut affirmer que le nombre des abonn&#233;s est dans un rapport d'au moins 1 &#224; 6 en faveur des revues STM. On note aussi que le nombre de revues &#224; petits tirages augmente par rapport aux autres : Sophie Barluet, &#224; partir d'une analyse r&#233;alis&#233;e sur 1100 revues ayant fait au moins une demande d'aide au CNL entre 1997 et 2005, constate : &lt;i&gt;&#171; Au total, la proportion des revues diffus&#233;es &#224; plus de 1000 exemplaires a baiss&#233; en 8 ans de pr&#232;s de 26% tandis que celle des revues &#224; moins de 500 exemplaires a augment&#233; de plus de 30% &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophie Barluet, op. cit., p. 82.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et ce d&#233;ficit d'audience ne peut pas &#234;tre compens&#233; par une augmentation du prix des abonnements car les revues SHS sont moins indispensables aux chercheurs que les revues STM et de ce fait, leur client&#232;le, d&#233;j&#224; moins solvable, est aussi moins captive. Par cons&#233;quent, les prix des abonnements &#224; ces revues seront tr&#232;s inf&#233;rieurs (de 1 &#224; 4, voire de 1 &#224; 10 selon Marc Minon) &#224; ceux des revues STM.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il est par ailleurs notoire que les biblioth&#232;ques universitaires consacrent une part croissante de leur budget d'acquisition (qui lui n'augmente pas ou peu) aux revues de STM dont les prix augmentent de mani&#232;re vertigineuse, au d&#233;triment des livres et des revues de SHS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;volution num&#233;rique devait modifier ce triste paysage.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une renaissance num&#233;rique
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que les revues STM ont &#233;t&#233; num&#233;ris&#233;es tr&#232;s rapidement gr&#226;ce aux capacit&#233;s financi&#232;res des membres de l'oligopole, la num&#233;risation des revues SHS a &#233;t&#233; plus progressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revues de SHS anglo-saxonnes furent mises en ligne au d&#233;but des ann&#233;es 1990 par l'oligopole (notamment les anglais Taylor &amp; Francis et Wiley-Blackwel,) qui en d&#233;tient un certain nombre et surtout par des agr&#233;gateurs comme Ingenta (anglais), Jstor, Ebsco et Muse (am&#233;ricains)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les agr&#233;gateurs sont des distributeurs qui rassemblent sur un portail commun (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez rapidement, en r&#233;action, ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s &#224; la fin des ann&#233;es 1990 des portails francophones, dont le premier fut une initiative qu&#233;b&#233;coise, le consortium Erudit (147 revues) cr&#233;&#233; en 1998, suivi de pr&#232;s par le portail revues.org (346 revues) en 1999, financ&#233; par le Minist&#232;re de la recherche et le CNRS, qui rassemble surtout des revues universitaires. Pour les revues publi&#233;es par les &#233;diteurs priv&#233;s, la plateforme est cairn.info (414 revues), n&#233; en 2005, soutenu par le CNL (Centre national du livre) et la BNF. Si on ajoute les sites publics Pers&#233;e (159 collections de revues) et Gallica de la BNF (700 revues) &#224; vocation patrimoniale (revues historiques qui ne paraissent plus ou bien anciens num&#233;ros de revues vivantes), ainsi que nombre de revues qui sont rassembl&#233;es sous le portail f&#233;d&#233;rateur &lt;a href=&#034;https://www.isidore.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Isidore&lt;/a&gt;, on constate qu'en 10 &#224; 15 ans, l'offre de revues en ligne francophones est devenue comparable, proportionnellement, &#224; l'offre en langue anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en ligne des revues de SHS est une v&#233;ritable aubaine pour les chercheurs et pour les &#233;diteurs. Pour les chercheurs, elle multiplie &#224; l'infini les possibilit&#233;s d'acc&#232;s &#224; leurs articles via les sites sp&#233;cialis&#233;s et les moteurs de recherche universels comme Google ou Yahoo. Pour les &#233;diteurs commerciaux, elle repr&#233;sente la constitution d'un nouveau march&#233; beaucoup plus large, d&#233;barrass&#233; des contraintes de la distribution et de l'impression, plus profitable que le march&#233; des revues papier dont on a vu les limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convergence des int&#233;r&#234;ts des chercheurs et des &#233;diteurs s'est traduite dans un premier temps par une bonne entente entre les diff&#233;rents portails se concr&#233;tisant parfois par des accords de coop&#233;ration. Ainsi, cairn.info commercialise les num&#233;ros r&#233;cents de 48 revues mises en ligne par revues.org ; Pers&#233;e assure la mise en ligne des collections de revues dont les num&#233;ros plus r&#233;cents sont sur revues.org ou cairn.info ; Erudit donne acc&#232;s aux revues de Pers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes quand une recommandation de la Commission europ&#233;enne vint cristalliser une opposition latente entre les &#233;diteurs commerciaux et les partisans du libre acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La recommandation europ&#233;enne : l'acc&#232;s ouvert
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La recommandation de la Commission europ&#233;enne du 17 juillet 2012 &lt;i&gt;&#171; relative &#224; l'acc&#232;s aux informations scientifiques et &#224; leur conservation &#187;&lt;/i&gt; invite en effet les &#201;tats membres &#224; veiller &lt;i&gt;&#171; &#224; ce que les publications issues de la recherche financ&#233;e par des fonds publics soient librement accessibles dans les meilleurs d&#233;lais, de pr&#233;f&#233;rence imm&#233;diatement et, dans tous les cas, au plus tard six mois apr&#232;s leur date de publication, et au plus tard douze mois pour les publications dans les domaines des sciences sociales et humaines &#187;&lt;/i&gt;. Cette recommandation n'est pas le fruit d'une soudaine adh&#233;sion de la Commission europ&#233;enne aux revendications des chercheurs en faveur du libre acc&#232;s, mais s'inscrit dans le cadre de la strat&#233;gie de Lisbonne pour le d&#233;veloppement en Europe d'une &#233;conomie de la connaissance comp&#233;titive &#224; l'&#233;chelle mondiale. La promotion de l'acc&#232;s ouvert, consid&#233;r&#233; comme le meilleur moyen de faire valoir la recherche europ&#233;enne, s'inscrit dans cette strat&#233;gie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La notion d'acc&#232;s ouvert, que nous ne distinguerons pas ici de celle de &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;diteurs priv&#233;s commerciaux ont r&#233;agi vivement &#224; cette recommandation. Ainsi, le 11 janvier 2013, le Gfii recommande au gouvernement &lt;i&gt;&#171; une &#233;tude d'impact ind&#233;pendante &#187;&lt;/i&gt; sur les cons&#233;quences de cette recommandation, &#233;tude pour laquelle il &lt;i&gt;&#171; se tient &#224; la disposition des pouvoirs publics &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien que le Gfii se pr&#233;sente lui-m&#234;me comme un lieu de rencontre entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le 18 janvier 2013, c'est le Syndicat national de l'&#233;dition (SNE) qui publie un communiqu&#233; catastrophiste affirmant notamment que &lt;i&gt;&#171; dans le domaine des sciences humaines et sociales, les mesures pr&#233;conis&#233;es par la Commission europ&#233;enne aboutiront &#224; terme &#224; la disparition de la plupart des revues de langue fran&#231;aise, voire &#224; la disparition des maisons d'&#233;dition ou structures &#233;ditoriales qui les portent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que le portail cairn.info r&#233;unit le 11 f&#233;vrier une cinquantaine d'&#233;diteurs priv&#233;s publiant 120 revues de SHS. &#192; l'issue de la r&#233;union, une motion est publi&#233;e qui se termine ainsi : &lt;i&gt;&#171; En cons&#233;quence, nous appelons &#224; la r&#233;alisation urgente d'une &#233;tude d'impact ind&#233;pendante sur ces questions, &#233;tude d'impact qui devrait tenir compte &#224; la fois des sp&#233;cificit&#233;s du domaine des sciences humaines et sociales et de celles des publications de langue fran&#231;aise. Nous attendons aussi l'ouverture sans tarder d'une v&#233;ritable concertation sur ces enjeux entre les acteurs publics pr&#233;cit&#233;s, les associations de chercheurs, les soci&#233;t&#233;s savantes, les responsables des revues de sciences humaines et sociales et les &#233;diteurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux partisans de l'acc&#232;s ouvert, r&#233;unis les 24 et 25 janvier 2013 aux 5&#232;mes journ&#233;es de l'Open access intitul&#233;es sans ambig&#252;it&#233; &#171; G&#233;n&#233;raliser l'acc&#232;s ouvert aux r&#233;sultats de la recherche &#187;, ils publient le 15 mars dans Le Monde une tribune &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/03/15/qui-a-peur-de-l-open-acces_1848930_1650684.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Qui a peur de l'open access ? &#187;&lt;/a&gt;dans laquelle ils d&#233;veloppent leurs arguments, tout autant catastrophistes, autour de cette id&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Craindre l'acc&#232;s ouvert nous para&#238;t relever d'une vision &#233;troite et, pour tout dire, erron&#233;e de l'avenir. Isoler, aujourd'hui, les SHS dans un espace sp&#233;cifique ferait de ce dernier un conservatoire vou&#233; &#224; la disparition. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disparition des maisons d'&#233;dition pour les uns, disparition des SHS pour les autres, le d&#233;bat est vif et certains mots doux ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;s &#224; cette occasion, Ghislaine Chartron et Philippe Minard, tous deux chercheurs, &#233;voquant les &lt;i&gt;&#171; ayatollah de l'open access &#187;&lt;/i&gt; tandis que Bernard Rentier, recteur-pr&#233;sident de l'universit&#233; de Li&#232;ge, l&#226;chait : &lt;i&gt;&#171; Moi, votre petit business model, je n'en ai rien &#224; faire &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos rapport&#233;s par Max Szczepanski sur son blog.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Les positions en pr&#233;sence &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le d&#233;fendu par Cairn, pris&#233; par les &#233;diteurs commerciaux, mais aussi par certains &#233;diteurs publics, est celui de la barri&#232;re mobile : les num&#233;ros parus au cours des 3 ou 5 (parfois plus) derni&#232;res ann&#233;es sont payants et tous les num&#233;ros ant&#233;rieurs sont en acc&#232;s gratuit. Pour acc&#233;der aux num&#233;ros payants, il faut acquitter une licence d'acc&#232;s &#224; des bouquets th&#233;matiques de revues ou &#224; l'ensemble des revues, licence dont le montant est fonction du nombre de revues du bouquet et du nombre d'utilisateurs. On peut aussi payer &#224; l'article (&lt;i&gt;pay per view&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si certaines formes de commercialisation (acc&#232;s par bouquets, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est contre l'abaissement de la barri&#232;re mobile &#224; un an maximum que se mobilisent surtout les &#233;diteurs, arguant que &lt;i&gt;&#171; 80 % des consultations d'articles enregistr&#233;es au sein des institutions de recherche portent sur des articles publi&#233;s il y a plus d'un an &#187;&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.sne.fr/img/pdf/Communiques/cp-universitaire-18-01-13.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233; du SNE du 18 janvier 2013&lt;/a&gt;), ce qui r&#233;duirait consid&#233;rablement la r&#233;mun&#233;ration des &#233;diteurs et les conduirait &#224; la faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce mod&#232;le s'opposent les partisans du libre acc&#232;s, acteurs publics ou associatifs rassembl&#233;s autour de la plateforme revues.org&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Revues.org fait partie d'un ensemble intitul&#233; OpenEdition qui propose 4 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, plus attach&#233;s &#224; la communication scientifique et &#224; la gratuit&#233; de l'acc&#232;s aux revues. S'appuyant sur d'autres exp&#233;riences dans le monde, (notamment au Br&#233;sil et au Mexique), ils proposent un mod&#232;le &#233;conomique permettant l'acc&#232;s gratuit aux revues SHS, le mod&#232;le Freemium (association de free et premium). Ce mod&#232;le consiste &#224; ne faire payer qu'une partie des usagers en &#233;change de services sp&#233;cifiques pour financer l'acc&#232;s gratuit de tous. Il ne s'agit pas d'une prestation &#224; deux vitesses, une sophistiqu&#233;e pour les riches qui peuvent payer et une autre bas de gamme pour les particuliers et petites institutions imp&#233;cunieuses. Les services suppl&#233;mentaires propos&#233;s sont surtout des fonctionnalit&#233;s destin&#233;es &#224; des entit&#233;s qui desservent de nombreux usagers et ont besoin pour ce faire de d&#233;veloppements sp&#233;cifiques (catalogage, formations, informations, etc.). Ce sont principalement des biblioth&#232;ques dont une cinquantaine sont d&#233;j&#224; partenaires du dispositif. &#192; ce jour, revues.org diffuse, selon ce mod&#232;le, une centaine de revues en texte int&#233;gral gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que le mod&#232;le de revues.org (tout comme celui des archives ouvertes) est coh&#233;rent avec la recommandation europ&#233;enne dans la mesure o&#249; il assure le libre acc&#232;s, ce qui n'est pas le cas pour cairn.info qui ne l'assure qu'au-del&#224; de la barri&#232;re mobile de 3 &#224; 5 ans. Il est par ailleurs vraisemblable que la formule cairn.info soit plus avantageuse pour les &#233;diteurs que celle de revues.org qui pr&#233;voit, cependant, dans son mod&#232;le Freemium, une r&#233;mun&#233;ration des &#233;diteurs (2/3 des revenus leur sont revers&#233;s). Avantage pour cairn.info : son mod&#232;le fonctionne depuis 2005, semble-t-il &#224; la satisfaction des &#233;diteurs, alors que le mod&#232;le Freemium n'a &#233;t&#233; mis en place qu'en 2011. Jusque-l&#224;, le financement de revues.org &#233;tait uniquement public, par le CNRS.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une situation qui reste fragile
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement, par la voix de Mme Fioraso, ministre de l'enseignement et de la recherche, s'est d&#233;clar&#233; favorable &#224; l'acc&#232;s ouvert (libre, gratuit) tout en demandant aux divers acteurs de se prononcer sur les dur&#233;es de barri&#232;re mobile qui leur paraissent pertinentes (&lt;a href=&#034;http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid66992/discours-genevieve-fioraso-lors-des-journees-open-access.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cf. 5&#232;me journ&#233;e de l'Open access&lt;/a&gt;). Une position nuanc&#233;e qui, malgr&#233; une approbation de principe de l'acc&#232;s ouvert, laisse augurer d'un maintien du statu quo. Ce qui ne serait pas la pire solution dans la mesure o&#249; la situation actuelle est le r&#233;sultat d'initiatives fort bien men&#233;es par des personnes qui sont elles-m&#234;mes des chercheurs, comme Marin Dacos, cr&#233;ateur de revues.org, et Marc Minon, cr&#233;ateur de cairn.info, initiatives qui ont permis aux revues francophones de SHS d'acc&#233;der &#224; une visibilit&#233; beaucoup plus grande tout en aidant les &#233;diteurs de ces revues &#224; se maintenir &#224; flots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, on retrouve dans le domaine des SHS les m&#234;mes incoh&#233;rences que dans celui des STM. &#192; savoir que ce sont les deniers publics qui financent, en amont et en aval, les revues du secteur priv&#233; commercial. Car les &#233;diteurs de ces revues b&#233;n&#233;ficient des services des chercheurs financ&#233;s sur fonds publics qui assurent tout le travail de publication sans &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;s, ou rarement, tandis que le produit de ce travail est vendu, pour l'essentiel, &#224; des organismes publics. Qui sont les acheteurs des bouquets commercialis&#233;s par cairn.info ? Et les clients du service Freemium de revues.org ? Principalement les biblioth&#232;ques publiques, universitaires ou des laboratoires de recherche, ou d'organismes subventionn&#233;s par l'&#201;tat ou les collectivit&#233;s territoriales. Ce double financement public du secteur priv&#233;, bien qu'il se situe bien en-de&#231;&#224; des sommes pharaoniques qu'engloutit l'oligopole propri&#233;taire des revues de STM, pose n&#233;anmoins probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marc Minon, Ghislaine Chartron : &lt;a href=&#034;http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00001561/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;tat des lieux comparatif de l'offre de revues SHS France&lt;/i&gt; &#8211; Espagne &#8211; Italie&lt;/a&gt;, &#201;tude r&#233;alis&#233;e pour le Minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale, de l'enseignement sup&#233;rieur et de la recherche, juin 2005, p. 68-69&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sophie Barluet, &lt;i&gt;Les revues fran&#231;aises aujourd'hui : entre d&#233;sir et d&#233;rives, une identit&#233; &#224; retrouver&lt;/i&gt;, Rapport de mission pour le Centre national du livre, avril 2006, p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marc Minon, Ghislaine Chartron, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 71.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gfii, &lt;i&gt;L'&#233;dition scientifique fran&#231;aise en sciences sociales et humaines&lt;/i&gt;, octobre 2009, vol. 2, p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Revues et acc&#232;s libre : les pi&#232;ges de la transparence, Entretien avec Patrick Fridenson &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, mai 2013, p. 97-108.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gfii, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sophie Barluet, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 82.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les agr&#233;gateurs sont des distributeurs qui rassemblent sur un portail commun souvent appel&#233; plateforme un certain nombre de revues SHS devenant ainsi accessibles au public sans que ce dernier ait &#224; courir d'un site &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La notion d'acc&#232;s ouvert, que nous ne distinguerons pas ici de celle de &#171; libre acc&#232;s &#187;, signifie que l'acc&#232;s aux documents en ligne est gratuit pour l'usager. Le financement de cette gratuit&#233; pour l'usager est r&#233;alis&#233;, soit en faisant payer l'auteur (le plus souvent son institution), c'est la &#171; voie dor&#233;e &#187;, soit un organisme public dans le cadre d'une archive ouverte telle que, en France, Hal-Shs, mise en place par le CNRS, c'est la &#171; voie verte &#187; ; soit encore en faisant payer seulement certains usagers en &#233;change de services suppl&#233;mentaires (revues.org).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bien que le Gfii se pr&#233;sente lui-m&#234;me comme un lieu de rencontre entre acteurs priv&#233;s et publics, sa neutralit&#233; semble douteuse dans la mesure o&#249; son pr&#233;sident est un directeur du groupe Wolters Kluwer, un de ses vice-pr&#233;sidents un directeur du groupe Elsevier, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral un directeur de Springer. C'est pourquoi nous l'avons situ&#233; parmi les d&#233;fenseurs du secteur priv&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Propos rapport&#233;s par &lt;a href=&#034;http://blog.univ-angers.fr/mxsz/2013/02/15/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Max Szczepanski sur son blog&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me si certaines formes de commercialisation (acc&#232;s par bouquets, facturation au nombre d'usagers) ressemblent &#224; celles des gros &#233;diteurs de STM, la politique de cairn.info est moins d&#233;favorable &#224; ses clients. Les prix sont beaucoup plus abordables et les conditions de n&#233;gociation bien plus souples, conform&#233;ment &#224; la solvabilit&#233; variable des acteurs du secteur des SHS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Revues.org fait partie d'un ensemble intitul&#233; OpenEdition qui propose 4 plateformes : une pour l'actualit&#233; de la recherche, Calenda, une qui diffuse des carnets de recherche, Hypoth&#232;ses, une autre des livres &#233;lectroniques, OpenEditionBooks, et revues.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Monde d'avant Colombani &#233;tait p&#233;tainiste, affirme BHL</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-Monde-d-avant-Colombani-etait-petainiste-affirme-BHL</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Le-Monde-d-avant-Colombani-etait-petainiste-affirme-BHL</guid>
		<dc:date>2004-05-22T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Lemaire</dc:creator>


		<dc:subject>Ethnocentrisme, x&#233;nophobie</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Antis&#233;mitisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edwy Plenel</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Marie Colombani</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard-Henri L&#233;vy</dc:subject>
		<dc:subject>Alain Minc</dc:subject>
		<dc:subject>Intellectuels</dc:subject>
		<dc:subject>Proc&#232;s de presse</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Cohen</dc:subject>
		<dc:subject>Revues intellectuelles</dc:subject>
		<dc:subject>La R&#232;gle du jeu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A mettre &#224; l'actif de la direction actuelle : &lt;i&gt;&#034; la sortie hors du rang des p&#233;tainistes. &#034;&lt;/i&gt; Ni la direction ni les salari&#233;s n'ont encore r&#233;agi &#224; cette accusation gravissime.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-La-face-cachee-du-Monde-et-ses-suites-" rel="directory"&gt;La face cach&#233;e du Monde et ses suites&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ethnocentrisme-xenophobie-+" rel="tag"&gt;Ethnocentrisme, x&#233;nophobie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Antisemitisme-+" rel="tag"&gt;Antis&#233;mitisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Edwy-Plenel-+" rel="tag"&gt;Edwy Plenel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Marie-Colombani-+" rel="tag"&gt;Jean-Marie Colombani&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Henri-Levy-+" rel="tag"&gt;Bernard-Henri L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Alain-Minc-+" rel="tag"&gt;Alain Minc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Intellectuels-+" rel="tag"&gt;Intellectuels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Proces-de-presse-+" rel="tag"&gt;Proc&#232;s de presse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Cohen-+" rel="tag"&gt;Philippe Cohen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Revues-intellectuelles-+" rel="tag"&gt;Revues intellectuelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-Regle-du-jeu-+" rel="tag"&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'attente du &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=226'&gt;proc&#232;s &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; contre Philippe Cohen et Pierre P&#233;an&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, revue dirig&#233;e par Bernard-Henri L&#233;vy, propose dans sa derni&#232;re livraison (n&#176;25, mai 2004) plusieurs contributions sur &#034; l'affaire &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &#034;. Dans le premier de ces articles, Bernard-Henri L&#233;vy donne raison &#224; P&#233;an et Cohen aussi bien qu'&#224; Bernard Poulet, quand ils sugg&#232;rent que la direction actuelle du journal a rompu avec l'h&#233;ritage des pr&#233;c&#233;dents directeurs, en premier lieu celui du fondateur Hubert Beuve-M&#233;ry. Car &#034; BHL &#034; fait, lui, le proc&#232;s des pr&#233;d&#233;cesseurs de Colombani... Extraits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034; Cette id&#233;e d'un &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; jadis vou&#233; au service de l'identit&#233; nationale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'affirmation selon laquelle Le Monde &#233;tait &#034; jadis vou&#233; au service de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;et transform&#233;, maintenant, en organe central d'un parti x&#233;nophile, cette image d'un journal qui &#233;tait l'un des hauts lieux de la d&#233;fense et illustration de la France et dont un gang de francophobes aurait fini par prendre le contr&#244;le, ce ton, cette v&#233;h&#233;mence, cette exaltation demonstrative&lt;/i&gt; (sic) &lt;i&gt;, cette manie de voir des complots partout, cette mani&#232;re inimitable de pointer un trait, puis de le surinterpr&#233;ter et d'y voir une pi&#232;ce &#224; conviction essentielle dans un proc&#232;s pr&#233;fabriqu&#233;, tout cela, oui, signait le retour d'une musique que je ne connaissais que trop - encore, toujours, plus que jamais, les rengaines de &#8220;l'Id&#233;ologie fran&#231;aise&#8221;.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;C'est tout le tableau de bord de l'&#8220;Id&#233;ologie fran&#231;aise&#8221;, tous ses clignotants, ses clich&#233;s, qui se sont allum&#233;s ensemble, et sous nos yeux. &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dans &lt;i&gt;L'Id&#233;ologie fran&#231;aise&lt;/i&gt; (1981), Bernard-Henri L&#233;vy avait, dit-il, &lt;i&gt;&#034; fabriqu&#233; ce mod&#232;le d'un p&#233;tainisme rampant, transhistorique, op&#233;rant &#224; gauche autant qu'&#224; droite de l'&#233;chiquier politique &#034;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 19/09/2000). Ici, sous couvert de qualifier l'&#233;cole de pens&#233;e qu'il stigmatise, le philosophe m&#233;diatique (re)fait la promotion de son livre d'il y a 23 ans en le mentionnant une dizaine de fois (plus loin, il &#233;crira carr&#233;ment : &lt;i&gt;&#034; Relisez, l&#224; aussi, &lt;/i&gt;L'Id&#233;ologie fran&#231;aise&lt;i&gt; &#034;&lt;/i&gt;). D'ailleurs cet article (sur les ennuis du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;) s'intitule... &lt;i&gt;&#034; Le retour de l'id&#233;ologie fran&#231;aise &#034;&lt;/i&gt;.&lt;br/&gt;
Autres extraits de l'article de Bernard-Henri L&#233;vy dans &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt; de mai 2004 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034; Il y a un journal, et quel journal ! qui &#233;chappe au consensus ; il y a un journal, et c'est &lt;strong&gt;&lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt;, qui baigna peut-&#234;tre autrefois, lui aussi, dans le mar&#233;cage&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les passages soulign&#233;s le sont par nous.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; mais qui, pr&#233;cis&#233;ment, s'en est extrait ; et c'est bien l&#224;, dans cet &#233;cart, dans ce bond hors du rang des populistes, dans cette irr&#233;gularit&#233; politique, morale, m&#233;taphysique, qu'est &#224; chercher la vraie raison pour laquelle il est devenu si essentiel, si vital, de le discr&#233;diter ou de l'abattre. &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#034; Une sorte de zone lib&#233;r&#233;e &#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les intertitres sont d'Acrimed.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#034; Ce qui frappe, dans ce proc&#232;s, c'est qu'on le fait toujours au nom d'un autre &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt;, d'une autre image du &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; - ce qui frappe c'est ce c&#244;t&#233; aventurier du &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; perdu qu'ont tous ces Cohen, P&#233;an et autres Poulet. Ah, &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt; d'hier, semblent-ils dire ! Ah, &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt; de notre jeunesse ! Ah, ce &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; id&#233;al, adress&#233; &#224; un public id&#233;al&lt;/i&gt; (sic) &lt;i&gt;, sur lequel veillaient les figures tut&#233;laires de Beuve-M&#233;ry puis de Fauvet !&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;A quoi ressemblait, vraiment, ce &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; id&#233;al d'hier ? L'important, l'essentiel, c'est : quelle fut, par-del&#224; telle ou telle p&#233;rip&#233;tie, l'inspiration, sinon fondamentale, du moins originaire, du journal dont on est en train d'opposer l'image nostalgique et r&#234;v&#233;e au journal concret d'aujourd'hui ? Or, pardon d'y revenir. Mais relisez, l&#224; aussi, &lt;/i&gt;L'Id&#233;ologie fran&#231;aise&lt;i&gt;. Relisez les pages consacr&#233;es &#224; Uriage, cette &#233;cole de cadres qui entra en r&#233;sistance, fin 1942, au moment de l'occupation de la zone sud par l'arm&#233;e allemande mais qui fut, avant cela, l'un des hauts lieux de diffusion de ce mixte&lt;/i&gt; (sic) &lt;i&gt;de maurrassisme, de p&#233;guysme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans doute un autre P&#233;guy que la r&#233;f&#233;rence intellectuelle dont se r&#233;clame (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;, de proudhonisme, o&#249; tint l'essence du p&#233;tainisme. Il se trouve que ce premier &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; dont on nous chante partout la louange sortait, pour partie, d'Uriage. Il se trouve que certains de ses fondateurs, &#224; commencer par Beuve-M&#233;ry lui-m&#234;me, avaient &#233;t&#233; form&#233;s, comme toute une s&#233;rie de cadres politiques et culturels de la France de l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre, par ce moule si particulier et dont on a trop longtemps sous-estim&#233; l'importance dans la g&#233;n&#233;alogie de la France moderne. Je ne dis pas qu'ils en aient &#233;t&#233; prisonniers. Ni que se r&#233;sume &#224; cela l'identit&#233; politique du journal des ann&#233;es cinquante et soixante. Mais que &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt; actuel, ce &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; dont on est en train d'instruire le proc&#232;s et qui serait notamment coupable d'&#234;tre infid&#232;le &#224; son h&#233;ritage, soit &lt;strong&gt;un &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; qui a tremp&#233; dans &#8220;l'Id&#233;ologie fran&#231;aise&#8221;, qui en a m&#234;me &#233;t&#233; l'un des laboratoires et qui a fini par en sortir au terme d'un travail sur soi dont l'histoire reste &#224; faire mais dont on sait, d'ores et d&#233;j&#224;, ce qu'il doit &#224; son actuelle direction&lt;/strong&gt;, voil&#224; qui me para&#238;t assur&#233; et voil&#224; qui, &#224; y bien penser, est peut-&#234;tre son vrai crime aux yeux de ses procureurs d'aujourd'hui.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Le p&#233;ch&#233; du trio Colombani-Minc-Plenel, leur crime le plus redoutable et le plus impardonnable est peut-&#234;tre d'avoir, je le r&#233;p&#232;te, cr&#233;&#233; une sorte de zone lib&#233;r&#233;e dans la France de &#8220;l'Id&#233;ologie fran&#231;aise&#8221;. &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous ne saurions trancher le d&#233;bat sur le r&#244;le de l'&#233;cole d'Uriage (Beuve-M&#233;ry n'est plus l&#224; pour r&#233;agir aux assertions de &#034; BHL &#034; comme il l'avait fait &#224; la parution de &lt;i&gt;L'Id&#233;ologie fran&#231;aise&lt;/i&gt;). Quelques pr&#233;cisions sont n&#233;anmoins utiles. Enseignant depuis 1926 &#224; l'Institut fran&#231;ais de Prague, Hubert Beuve-M&#233;ry devient le correspondant du journal &lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt;, dont il d&#233;missionne apr&#232;s les Accords de Munich (1938). Ceux-ci laissaient &#224; Hitler les mains libres en Europe de l'Est, mais furent accueillis en France par un &lt;i&gt;&#034; l&#226;che soulagement &#034;&lt;/i&gt; (selon les termes de L&#233;on Blum). Apr&#232;s la d&#233;faite de 1940, Beuve-M&#233;ry rejoint l'&#233;cole des cadres d'Uriage (Is&#232;re), cr&#233;&#233;e par le gouvernement de Vichy, mais qui deviendra un vivier pour la R&#233;sistance (voir r&#233;cemment dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; &#034; Un havre de guerre &#034; - lien p&#233;rim&#233;). Fin 1942, Vichy dissout l'&#233;cole, et la remplacera par celle des cadres de la Milice (suppl&#233;tifs de la Gestapo). En 1944, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle choisit Beuve-M&#233;ry pour diriger le quotidien de qualit&#233; dont il souhaite la naissance, sur les d&#233;combres d'une presse parisienne qui s'est largement d&#233;consid&#233;r&#233;e pendant l'Occupation. Mais &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; de Beuve-M&#233;ry ne tardera pas &#224; prendre ses distances avec le G&#233;n&#233;ral (en plaidant pour une Europe ind&#233;pendante, en soutenant Mendes-France...), jusqu'&#224;, apr&#232;s 1962, appara&#238;tre comme un journal d'opposition au pouvoir gaulliste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#034; La sortie hors du rang des p&#233;tainistes &#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Encore un extrait de l'article de Bernard-Henri L&#233;vy dans &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt; de mai 2004 :&lt;br/&gt; &lt;i&gt;&#034; Un autre reproche. &lt;/i&gt;(...) &lt;i&gt;Un &#8220;journal qui veut changer la France&#8221; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le livre de Bernard Poulet s'intitule Le Pouvoir du Monde. Quand un journal (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. Quoi, semble demander, et s'indigner, l'auteur de ce second livre ? La France, vraiment ? Pourquoi pas le monde, tant que l'on y est ?&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Est-ce l&#224; la t&#226;che d'un journal de pr&#233;tendre influer ainsi sur le cours concret de l'histoire des hommes ? Les journaux ne sont-ils pas l&#224;, telle la chouette de Minerve, pour traiter de l'Histoire advenue, commenter l'&#233;v&#233;nement survenu, attendre que la p&#233;rip&#233;tie ait refroidi pour, la purgeant de ses qualit&#233;s secondes, en donner la juste description et la remettre sur la bonne orbite ? Quelle insolence ! Quel culot ! Quelle singuli&#232;re et intol&#233;rable ambition, chez ces Borgia, ces Machiavel, ces manipulateurs auto-institu&#233;s censeurs, procureurs, arbitres des gloires et des v&#233;rit&#233;s, de pr&#233;tendre faire du langage journalistique, de sa chair grise et p&#233;rissable, autre chose, comme disait Foucault, qu'une surface neutre, transparente, juste vou&#233;e &#224; r&#233;fl&#233;chir, compos&#233;e, d&#233;composer le monde ! Tel est le second grand reproche. Tel, le second angle de l'attaque. Pas plus que le premier, il n'est compl&#232;tement infond&#233;. De m&#234;me, plus exactement, que &lt;strong&gt;le proc&#232;s en anti-France pointait, sans le vouloir, cet &#233;v&#233;nement r&#233;el qu'est, de la part du &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt;, la sortie hors du rang des p&#233;tainistes&lt;/strong&gt;, de m&#234;me cet &#233;tonnement, cette indignation, cet autre appel aux m&#226;nes des p&#232;res fondateurs suppos&#233;s d&#233;tenteurs du go&#251;t et du sens de l'information pure, disent ind&#233;niablement quelque chose de ce qu'est devenu le journal. &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; A l'heure o&#249; nous mettons en ligne, ni la direction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, ni sa Soci&#233;t&#233; des R&#233;dacteurs, ni m&#234;me l'Association Hubert Beuve-M&#233;ry n'ont encore r&#233;agi publiquement aux gravissimes accusations port&#233;es par Bernard-Henri L&#233;vy contre Hubert Beuve-M&#233;ry et Jacques Fauvet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'imputation de &lt;i&gt;&#034; p&#233;tainisme &#034;&lt;/i&gt; &#224; propos du pass&#233; du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; succ&#232;de &#224; celle d'&lt;i&gt;&#034; antis&#233;mitisme &#034;&lt;/i&gt; &#224; l'encontre des auteurs de &lt;i&gt;La Face cach&#233;e du&lt;/i&gt; Monde, Philippe Cohen et Pierre P&#233;an. Lire notamment &lt;a href='https://www.acrimed.org/La-face-cachee-du-Monde-3-la-contre-attaque-preventive-de-Spinoza' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La face cach&#233;e du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#187; (3) : la contre-attaque pr&#233;ventive de Spinoza&lt;/a&gt; ; &lt;a href='https://www.acrimed.org/La-face-cachee-judeophobie-contre-francophobie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La face cach&#233;e &#187; : jud&#233;ophobie contre francophobie ? &lt;/a&gt; ; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Deux-lettres-sans-echo-de-Serge-Halimi-au-mediateur-du-Monde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Deux lettres sans &#233;cho de Serge Halimi au m&#233;diateur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Deux-precisions-de-Daniel-Schneidermann' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Deux pr&#233;cisions de Daniel Schneidermann&lt;/a&gt;. Elle tend m&#234;me &#224; &#234;tre &#233;tendue &#224; la critique des m&#233;dias en g&#233;n&#233;ral : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Monde-contre-les-critiques-antimedias' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; contre &#171; les critiques antim&#233;dias &#187;, antid&#233;mocrates et antis&#233;mites&lt;/a&gt; &lt;i&gt;(note d'Acrimed)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2005 est paru, aux &#233;ditions Fayard, &lt;i&gt;BHL, une biographie&lt;/i&gt;, de Philippe Cohen (coauteur de &lt;i&gt;La Face cach&#233;e du&lt;/i&gt; Monde). &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; (10/01/05) en a publi&#233; des extraits, ainsi qu'un entretien avec Bernard-Henri L&#233;vy, pr&#233;sent&#233; comme une &#034; r&#233;ponse &#034;-, o&#249; il reprend, &#224; propos du p&#233;tainisme, certaines interpr&#233;tations mises en avant dans son article de &lt;i&gt;La R&#233;gle du jeu&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(note de P. Lemaire, mars 2005)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'affirmation selon laquelle &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &#233;tait &lt;i&gt;&#034; jadis vou&#233; au service de l'identit&#233; nationale &#034;&lt;/i&gt; ne figure nulle part dans &lt;i&gt;La Face cach&#233;e du&lt;/i&gt; Monde, de Philippe Cohen et Pierre P&#233;an (Ed. mille et une nuits, 2003), ou dans &lt;i&gt;Le Pouvoir du&lt;/i&gt; Monde, de Bernard Poulet (Ed. La D&#233;couverte, 2003). Comme on le verra plus loin, cette affirmation refl&#232;te en fait le point de vue de... Bernard-Henri L&#233;vy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les passages soulign&#233;s le sont par nous.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les intertitres sont d'Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans doute un autre P&#233;guy que la r&#233;f&#233;rence intellectuelle dont se r&#233;clame volontiers Edwy Plenel, directeur de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;. Lequel, quelques pages plus loin, apporte sa contribution &#224; ce dossier de &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt; (sous le titre &#034; Le Proc&#232;s du journalisme : Br&#232;ves remarques sur l'Affaire &#034;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le livre de Bernard Poulet s'intitule &lt;i&gt;Le Pouvoir du&lt;/i&gt; Monde. &lt;i&gt;Quand un journal veut changer la France&lt;/i&gt; (ed. La D&#233;couverte, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petite chronique d'une grande entreprise</title>
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		<dc:date>2002-08-19T22:00:00Z</dc:date>
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		<description>&lt;p&gt;Quelques aper&#231;us sur l'&#233;volution du groupe Le Monde depuis l'automne 2000&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-Monde-par-lui-meme-1999-2002-" rel="directory"&gt;Le Monde par lui-m&#234;me (1999-2002)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-TF1-+" rel="tag"&gt;TF1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Olivier-Mazerolle-+" rel="tag"&gt;Olivier Mazerolle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Marie-Colombani-+" rel="tag"&gt;Jean-Marie Colombani&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-diplomatique-+" rel="tag"&gt;Le Monde diplomatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ignacio-Ramonet-275-+" rel="tag"&gt;Ignacio Ramonet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Temps-+" rel="tag"&gt;Le Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Business-Week-+" rel="tag"&gt;Business Week&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Commentaire-+" rel="tag"&gt;Commentaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Financial-Times-+" rel="tag"&gt;Financial Times&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Revues-intellectuelles-+" rel="tag"&gt;Revues intellectuelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A d&#233;faut d'une histoire du &#034;Monde&#034; et en marge du processus d'&lt;a href='https://www.acrimed.org/-Le-Monde-en-Bourse-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;entr&#233;e du &#034;Monde&#034; en Bourse&lt;/a&gt;, nous offrons ici sous forme de nouvelles br&#232;ves quelques aper&#231;us sur l'&#233;volution du groupe Le Monde, depuis l'automne 2000.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; choisit ses partenaires &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#233;dition en date du 13 septembre 2000, notre quotidien du soir annonce, sous la forme d'un article en derni&#232;re page, que &#034; &lt;i&gt;Le Monde Interactif &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Business Week &lt;/i&gt;s'associent.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de pr&#233;ciser qu'&#224; partir du 12 septembre, &#034;&lt;i&gt;Le Monde Interactif&lt;/i&gt;, suppl&#233;ment du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; paraissant le mardi (...), publie un ensemble d'informations strat&#233;giques sur l'univers des hautes technologies et de la nouvelle &#233;conomie en association avec &lt;i&gt;Business Week&lt;/i&gt; et son suppl&#233;ment &lt;i&gt;e-biz&lt;/i&gt;. Lanc&#233; en mars 1999, &lt;i&gt;e-biz&lt;/i&gt; est d&#233;di&#233; aux effets des nouvelles technologies sur les entreprises, &#224; travers des enqu&#234;tes, des portraits d'entreprises et de dirigeants (...) Avec ce partenariat, &lt;i&gt;Le Monde Interactif&lt;/i&gt; renforce sa dimension &#233;conomique et permet &#224; ses lecteurs de b&#233;n&#233;ficier d'un panorama complet sur le d&#233;veloppement des nouvelles technologies aux Etats-Unis et l'&#233;volution g&#233;n&#233;rale de ce secteur. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se faire une id&#233;e de l'int&#233;r&#234;t de ce partenariat interactif, un article de Marc Laim&#233; sur minirezo.net : &lt;a href=&#034;http://www.uzine.net/article124.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; et les b&#233;rets verts&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Premi&#232;re publication : septembre 2000 - titre modifi&#233;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un quotidien g&#233;n&#233;reusement lib&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un entretien accord&#233; &#224; la revue &lt;i&gt;Commentaire &lt;/i&gt;(n&#176;92, hiver 2000-2001), Jean-Marie Colombani explique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Question de cr&#233;dibilit&#233; n&#176;1 : &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; des march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Tout se joue, dans notre univers surinform&#233;, en termes de plus-value. Le rival du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, aujourd'hui, c'est le &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;, parce que c'est un journal influent en Europe. Dans les zones de conqu&#234;te, il y en a surtout une qui doit continuer &#224; &#234;tre d&#233;velopp&#233;e, c'est la sph&#232;re &#034; entreprises, finances et march&#233;s &#034;. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; d'aujourd'hui se pr&#233;occupe de la strat&#233;gie des grands groupes industriels et financiers, de la vie des march&#233;s. Cela a &#233;t&#233; la naissance d'une s&#233;quence &#034; entreprises, finances et march&#233;s &#034;, dont notre probl&#232;me &#233;tait de la cr&#233;dibiliser, d'entr&#233;e de jeu, ce qui a &#233;t&#233; fait et dont, maintenant, le probl&#232;me est de la d&#233;velopper. Ce qui sera fait d&#233;s le premier trimestre de 2001 avec un nouveau cahier publi&#233; le week-end (&lt;i&gt;Ainsi naquit &#171; Le Monde-argent &#187;, ndlr&lt;/i&gt;). Un sondage command&#233; par l'&lt;i&gt;International Herald Tribune&lt;/i&gt; l'a montr&#233; : les deux journaux les plus influents en Europe sont le &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Question de cr&#233;dibilit&#233; n&#176;2 : &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; des d&#233;bats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il [le choix des tribunes] a permis de faire r&#233;appara&#238;tre &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; comme &#034; le &#034; lieu du d&#233;bat intellectuel. L'important est que le cr&#233;dit du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; passe de nouveau par sa capacit&#233; &#224; animer les grands d&#233;bats du pays, &#224; travers la s&#233;quence &#034; Horizons-D&#233;bats &#034;. J'en suis tr&#232;s heureux &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Question de cr&#233;dibilit&#233; n&#176;3 : &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; des gauches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; C'est un probl&#232;me propre &#224; toute la gauche europ&#233;enne : comment appr&#233;hender la multitude de petits entrepreneurs, par exemple, qui font d&#233;faut &#224; la gauche italienne dans le ord. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;Premi&#232;re publication : janvier 2001, avec&lt;/i&gt; PLPL)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, mensuel du &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; quotidien ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 27 f&#233;vrier 2001, publie un entretien accord&#233; par Marcos &#224; Ignacio Ramonet, directeur du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;. Passionnant. Au point que l'on oublierait de se demander quelles ont &#233;t&#233; les raisons et les conditions de publication de cet entretien dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; quotidien, et non dans le &lt;i&gt;Diplo&lt;/i&gt;. Un entretien tellement int&#233;ressant que l'on aurait pu laisser passer cette information &#233;tonnante, publi&#233;e dans le chap&#244; de pr&#233;sentation : &#171; Notre mensuel reviendra plus longuement sur cette rencontre dans son num&#233;ro en vente le 2 mars &#187;. Et le lecteur de s'&#233;tonner, avant de comprendre : &#034;Mais oui mais c'est bien s&#251;r : &lt;i&gt;Le Monde diplomatique &lt;/i&gt;est le mensuel du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;. Comment n'y avais-je pas pens&#233; plus t&#244;t ?&#034;. Mais peut-&#234;tre &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; n'a-t-il pris connaissance de cette OPA, qu'en lisant &#034;son&#034; quotidien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Premi&#232;re publication : 1 mars 2001)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, partenaire de TF1 : &#034; Un vrai tournant historique&#034; ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; ne cesse d'accueillir de nouveaux amis - ou de conforter la place des anciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi,&lt;i&gt; Le Figaro&lt;/i&gt; du 23 juillet 2001 nous annonce que Le Monde Publicit&#233;, filiale du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et de M&#233;dias R&#233;gies Europe, a d&#233;cid&#233; de devenir actionnaire &#224; 15 % de Cadremploi, site leader des offres d'emploi sur Internet. Les autres partenaires de Cadremploi sont &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt; (groupe qui imprime &#233;galement le &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;) et TF1 (qui, via LCI, offre une &#233;mission hebdomadaire &#224; Edwy Plenel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Corre, pr&#233;sident du Monde Publicit&#233; explique : &#034; On voit mal comment, avec de tels partenaires, les premiers quotidiens nationaux et la premi&#232;re cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision, Cadremploi pourrait &#233;chouer. &#034; Il ajoute : &#034; Au-del&#224; de ces int&#233;r&#234;ts d'entreprise, nous sommes persuad&#233;s que notre prise de participation dans Cadremploi est un vrai tournant historique. Il traduit la volont&#233; de la presse quotidienne nationale de continuer &#224; jouer un r&#244;le de premier plan dans le secteur des petites annonces et de l'emploi. &#034; De l'emploi des cadres, pas des manoeuvres. Intuition confirm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; pr&#233;cise en effet : &#034; Le site vise essentiellement une population de cadres, avec une majorit&#233; d'offres destin&#233;e aux commerciaux (26%), aux informaticiens (20%), et gestionnaires et financiers (11%). Par ailleurs, 55% des offres concernent la r&#233;gion parisienne, ce qui fait &#233;cho &#224; la r&#233;partition g&#233;ographique des cadres fran&#231;ais.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;Premi&#232;re publication : juillet 2001 - avec&lt;/i&gt; PLPL)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;est branch&#233; sur les &#034;d&#233;cideurs&#034;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; appara&#238;t d&#233;sormais une publicit&#233; pour &#034;expression-publique.com&#034;, un site qui pr&#233;sente &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; comme son partenaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce site multiplie les pr&#233;tendus &#034;sondages&#034; - dont la valeur scientifique et d&#233;mocratique est &#224; peu pr&#232;s nulle - et &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, sur son site, r&#233;alise de tels &#034;sondages&#034; en collaboration avec Expression-publique.com.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple de ces pr&#233;tendus sondages, relev&#233; cette semaine sur le site d'Expression-publique.com. &#034;Comment jugez-vous le travail des m&#233;dias ces derni&#232;res semaines ? Nous transmettons vos avis &#224; Olivier Mazerolle, directeur de la r&#233;daction de France 2 &#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est ce que ce myt&#233;rieux &#034;Expression-publique-com&#034; ? Il se pr&#233;sente lui-m&#234;me ainsi : &#034;Pour entendre, et &#234;tre entendu. Nous transmettons vos avis aux d&#233;cideurs.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, nous le savons, est un journal qui s'adresse ...aux &#034;d&#233;cideurs&#034;....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Premi&#232;re publication : 15 novembre 2001)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;licencie en Suisse &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ce titre &#034;choc&#034;, destin&#233; &#224; accro&#238;tre notre lectorat, est &#233;videmment inexact ... et malveillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est vrai, en revanche, c'est que Le Monde S.A pris une participation de 20 % dans le capital du journal Suisse &lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt;, et que &lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt; vient de supprimer 10,3 postes de travail sur les 153 que compte l'entreprise, soit une diminution de 6,8% de l'effectif, par le biais de licenciements ou de r&#233;ductions du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal supprimera deux suppl&#233;ments d&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e prochaine : le magazine du samedi &#171; Le Temps de vivre &#187; et le suppl&#233;ment &#171; Sciences &amp; Multim&#233;dia &#187; du mardi, dont les mati&#232;res seront r&#233;int&#233;gr&#233;es dans le corps du journal quotidien. Les trois autres suppl&#233;ments sont maintenus : l'agenda hebdomadaire culturel &#171; Sortir &#187; du jeudi, le &#171; Samedi culturel &#187; et le &#171; T&#233;l&#233;temps &#187; paraissant le samedi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Premi&#232;re publication : 30 novembre 2001)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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