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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Pour une critique de l'&#233;dition dominante</title>
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		<dc:date>2010-06-16T21:37:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Schwartz</dc:creator>


		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Lagard&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Critique litt&#233;raire</dc:subject>
		<dc:subject>Florence Aubenas</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Parce que le livre est un m&#233;dia, son &#233;dition ne peut pas &#233;chapper &#224; la critique des m&#233;dias....&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Florence-Aubenas-+" rel="tag"&gt;Florence Aubenas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce que le livre est un m&#233;dia, il ne peut pas &#233;chapper &#224; la critique des m&#233;dias. Son industrie est concern&#233;e par des probl&#233;matiques similaires &#224; celles de la presse &#233;crite ou de la t&#233;l&#233;vision : exigence de rentabilit&#233; et de rapidit&#233;. Etouff&#233;e par un puissant oligopole qui fabrique, diffuse et promeut une grande partie des livres, l'&#233;dition alternative doit se retrousser les manches pour survivre. Nous reproduisons ci-dessous l'intervention d'Antoine Schwartz lors du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3373.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jeudi d'Acrimed&lt;/a&gt; du 27 mai 2010 consacr&#233; &#224; ce sujet. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1999, l'&#233;diteur franco-am&#233;ricain Andr&#233; Schiffrin publiait un ouvrage au titre &#233;quivoque (et fort bien trouv&#233;) : &lt;i&gt;L'&#233;dition sans &#233;diteurs&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En r&#233;alit&#233;, ce titre reprenait celui d'un article de J&#233;rome Lindon dans Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (La Fabrique). Il y racontait la mani&#232;re dont la maison &#224; laquelle il appartenait, Pantheon Books, s'&#233;tait fait racheter par des g&#233;ants du secteur. R&#233;put&#233;e pour son catalogue exigeant, elle avait alors subi une restructuration drastique au point que Schiffrin d&#233;cide de la quitter pour fonder sa propre boutique, ind&#233;pendante et engag&#233;e, The New Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, Pierre Bourdieu publiait dans la revue scientifique, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, un article intitul&#233; &#171; R&#233;volution conservatrice dans l'&#233;dition &#187; (n&#176;126-127, ann&#233;e 1999). Le sociologue y d&#233;crivait le secteur de l'&#233;dition comme un espace autonome organis&#233; selon des logiques &#224; la fois &#233;conomiques et symboliques : tout oppose, par exemple, la grande maison d'&#233;dition commerciale qui privil&#233;gie les best-sellers am&#233;ricains au petit &#233;diteur qui met un point d'honneur &#224; publier des &#233;crivains difficile d'acc&#232;s, et &#224; la diffusion restreinte. Bourdieu soulignait en conclusion l'emprise croissante des logiques &#233;conomiques sur le secteur, et le risque pour l'&#233;dition fran&#231;aise de subir une normalisation men&#233;e au nom des diktats de la rentabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits donnaient raison &#224; ces inqui&#233;tudes. Un processus de concentration &#233;tait &#224; l'&#339;uvre : en 2004, il devait prendre un tour spectaculaire avec, d'une part le rachat du Seuil par La Martini&#232;re, et d'autre part celui de la majeure partie du g&#233;ant de l'&#233;dition, Editis, propri&#233;t&#233; de Vivendi, par Wendel Investissement. Tout un symbole : Wendel Investissement &#233;tait en effet, non pas un groupe d'&#233;dition, mais un holding financier &#8211; &#224; ce titre peu pr&#233;occup&#233; de po&#233;sie &#8211;, qui plus est dirig&#233; par une personnalit&#233; bien connue, le baron Ernest Antoine Seilli&#232;re, alors pr&#233;sident du MEDEF (Mouvement des entreprises de France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il aujourd'hui ?&lt;i&gt; &#171; La situation actuelle est bien pire que ce que je d&#233;peignais&lt;/i&gt; [il y a dix ans], &lt;i&gt;pire que ce &#224; quoi je m'attendais &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Schiffrin en ouverture de son nouvel ouvrage &lt;i&gt;L'argent et les mots&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Schiffrin, L'argent et les mots, Paris, La Fabrique, 2010, p.9.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le diagnostic critique formul&#233; &#224; l'&#233;poque par cet auteur (et d'autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. en particulier l'ouvrage de Janine et Greg Br&#233;mond, L'&#233;dition sous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) conserverait, &#224; l'entendre, toute son actualit&#233;. On se propose donc d'y revenir, bri&#232;vement, en quatre points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;tau de la rentabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier probl&#232;me se trouve &#234;tre, bien s&#251;r, celui de la concentration, qui soumet des pans entiers du secteur &#224; des grandes multinationales qui, pour certaines, contr&#244;lent toute la cha&#238;ne du livre, depuis sa conception jusqu'&#224; sa distribution dans les points de vente. Aujourd'hui, en France, deux mastodontes dominent le secteur. Le premier est Hachette Livre, qui appartient au groupe Lagard&#232;re. Avec un chiffre d'affaire de 2 159 millions d'euros en 2008 (et pr&#232;s de 20% de part de march&#233;), il est le premier &#233;diteur fran&#231;ais et le 2e groupe d'&#233;dition au niveau mondial. Il poss&#232;de des dizaines de &#171; marques &#187; &#8211; selon l'expression des gestionnaires &#8211; telles Armand Colin, Calmann-L&#233;vy, Stock, Fayard, Grasset, Hachette, Hatier, Latt&#232;s, Larousse, etc. Le deuxi&#232;me g&#233;ant est Editis, achet&#233; 650 millions d'euros par Wendel Investissement et revendu pour plus d'un milliard &#224; Planeta, une entreprise espagnole &#8211; une op&#233;ration dont le b&#233;n&#233;fice fait figure de record en la mati&#232;re. Editis comprend, entre autres, La D&#233;couverte, Le Cherche-midi, Perrin, Plon, Robert Laffont, XO, Nathan, etc. D'autres groupes (un peu) moins puissants p&#232;sent &#233;galement de tout leur poids, tels Albin Michel, Flammarion (RSC Mediagroup), Gallimard, France Loisirs (Bertelsmann), La Martini&#232;re et M&#233;dias-participation. Aux marges de l'oligopole, les petites et moyennes maisons d'&#233;ditions se comptent en revanche par centaines, et m&#234;me par milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette concentration traduit en fait quelque chose de plus profond : l'emprise croissante de la logique financi&#232;re sur le secteur. C'est le deuxi&#232;me point. Ce n'est pas que les &#233;diteurs rechignaient par le pass&#233; &#224; faire du profit &#8211; publier des livres est un commerce, et aucun &#233;diteur ne saurait se soustraire &#224; ces contraintes, sous peine de p&#233;ricliter. Mais en exigeant des taux de rentabilit&#233; toujours plus &#233;lev&#233;s, on a boulevers&#233; insensiblement toute l'&#233;conomie du secteur. &lt;i&gt;&#171; Pendant tout le XIXe si&#232;cle et l'essentiel du XXe si&#232;cle, le b&#233;n&#233;fice moyen des maisons d'&#233;dition en Europe et aux &#201;tats-Unis se situait autour de 3-4% par an &#187;&lt;/i&gt; indique Schiffrin, qui pr&#233;cise que &lt;i&gt;&#171; ce rendement paraissait tout &#224; fait normal&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Schiffrin, L'argent et les mots, op. cit., p.17.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Dans les grands groupes, on peut exiger d&#233;sormais des taux s'&#233;levant &#224; 10, 15, voir 25 %. Or, quand la logique de la rentabilit&#233; prime, toute une s&#233;rie de livres exigeants, qui se vendent peu et n&#233;cessitent du temps pour trouver leur public, deviennent probl&#233;matiques. La course au best-seller imprime ses marques, celle du temps court et du succ&#232;s commercial &#8211; contrairement au temps long des livres qui se vendent moins mais fondent un catalogue digne de ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette observation ne signifie aucunement que les grandes maisons ne publient que des livres de pi&#232;tre int&#233;r&#234;t ou de grande consommation. Quiconque, par exemple, appr&#233;cie les ouvrages de sciences humaines et sociales, n'ignore certainement pas que Fayard (qui appartient &#224; Lagard&#232;re) ou La D&#233;couverte (propri&#233;t&#233; d'Editis), en publient d'excellents dans ces domaines &#8211; y compris des ouvrages engag&#233;s &#224; gauche. Simplement, de fait, l'audace en mati&#232;re de cr&#233;ation litt&#233;raire, et la critique sociale en mati&#232;re de politique, se situent essentiellement du c&#244;t&#233; des petits &#233;diteurs ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des &#171; documents choc &#187; vite oubli&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me point : qui dit logique commerciale dit aussi ing&#233;rence des logiques de marketing pour d&#233;multiplier les ventes. On observe ainsi, de mani&#232;re croissante, une profusion de livres qui sont (plus ou moins) con&#231;us &#224; la va-vite, pens&#233;s comme des coups marketings, et promus comme tels dans les grands m&#233;dias. Les auteurs de romans de gare &#224; succ&#232;s (type Dan Brown ou Marc L&#233;vy) ne sont pas seuls en cause. Il faut aussi avoir &#224; l'esprit tous ces essais (g&#233;n&#233;ralement inconsistants) publi&#233;s par des &#233;ditorialistes ou des intellectuels m&#233;diatiques, syst&#233;matiquement pr&#233;sent&#233;s dans la grande presse comme des chefs d'&#339;uvre de la pens&#233;e. Ce n'est pas un hasard si parmi les secteurs tr&#232;s lucratifs figure celui du &#171; document d'actualit&#233; &#187;, dont le succ&#232;s repose souvent sur du sensationnel : de 1990 &#224; 2005, son chiffre d'affaire a augment&#233; de 124 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Martine Prosper, Edition, l'envers du d&#233;cor, Paris, Lignes, 2009, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Depuis l'&#233;lection de Nicolas Sarkozy, et la profusion de livres le concernant, tout laisse &#224; penser que le ph&#233;nom&#232;ne s'est poursuivi, et m&#234;me amplifi&#233;. C'est aujourd'hui le genre de livre qui recouvre les &#233;talages des libraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la promotion marketing fait vendre et rapporte gros. Un exemple, celui l'ouvrage de Florence Aubenas, intitul&#233; &lt;i&gt;le Quai de Ouistreham&lt;/i&gt; (&#233;ditions de l'Olivier), dans lequel la journaliste raconte son exp&#233;dition de Paris &#224; Caen, des quartiers cossus de la capitale au monde des travailleurs pr&#233;caires &#8211; une intr&#233;pidit&#233; que le gratin du journalisme parisien a jug&#233;e digne des reportages d'Albert Londres ou de Joseph Kessel&#8230; en oubliant cependant que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, une jeune journaliste avait d&#233;j&#224; men&#233; une enqu&#234;te de ce type, dans des conditions tr&#232;s semblables, sans que le milieu ne s'en &#233;meuve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elsa Fayner, Et pourtant je me suis lev&#233;e t&#244;t&#8230; Une immersion dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est vrai que tous les ouvrages ne b&#233;n&#233;ficient pas, comme le document choc d'Aubenas, d'un plan de lancement aussi soign&#233; : tandis que &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, o&#249; officie la journaliste, y consacre sa Une et en a publi&#233; les bonnes feuilles, les autres r&#233;dactions, afin de cr&#233;er la surprise, ne re&#231;oivent le livre que quelques jours avant sa parution ; campagne de promotion oblige, Aubenas se lance ensuite dans une tourn&#233;e fr&#233;n&#233;tique, multipliant les interviews dans les journaux, la t&#233;l&#233;vision et la radio&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article d'Acrimed : &#171; La m&#233;diatisation de l'enqu&#234;te de Florence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. R&#233;sultat, &#224; peine sorti, le livre se trouve propuls&#233; en t&#234;te des meilleures ventes. Deux mois apr&#232;s sa sortie, les ventes atteignent 120 000 exemplaires (&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, 12 avril 2010) &#8211; un chiffre certainement sup&#233;rieur &#224; la diffusion du fameux &lt;i&gt;Quai de Wigan&lt;/i&gt; de George Orwell, auquel le titre de l'ouvrage de Aubenas fait (malheureusement) r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons, en passant, qu'il arrive (certes rarement !) que la promotion m&#233;diatique &#233;choue : &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; r&#233;v&#233;lait ainsi que Bernard-Henri L&#233;vy, malgr&#233; une campagne m&#233;diatique proprement ph&#233;nom&#233;nale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article d'Acrimed : Le lynchage m&#233;diatique de Bernard-Henri L&#233;vy : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'avait vendu &#171; que &#187; 3 700 exemplaires de ses Pi&#232;ces d'identit&#233;s (Grasset), et 5 000 exemplaires de sa Guerre en philosophie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ils r&#234;vaient d'un best-seller&#8230; &#187;, Le Parisien, 12 avril 2010.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Grasset) &#8211; un ouvrage pourtant m&#233;morable en ce qu'il &#233;voque un philosophe, M. Botul&#8230; qui n'existe pas. Pour &#171; BHL &#187;, c'est peu de dire que de tels chiffres sonnent comme une d&#233;confiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier point concerne la distribution et la diffusion des livres. En ces domaines &#233;galement, la concentration a imprim&#233; sa marque puisque le 1er distributeur n'est autre que Hachette-Livre, le 1er &#233;diteur &#8211; son Centre de Distribution du livre &#224; Maurepas verrait passer chaque ann&#233;es plus 180 millions de volumes &#224; destination de 20 000 points de vente. S'agissant des ces points de vente, on estime, en ordre de grandeur, que 80% du chiffre d'affaire est r&#233;alis&#233; par seulement 20 % des librairies. Si le prix unique du livre constitue un garde-fou essentiel, il n'en reste pas moins que la sant&#233; financi&#232;re des librairies ind&#233;pendantes &#8211; auquel le sort de la petite &#233;dition est intimement li&#233; &#8211; apparait tr&#232;s fragile, tant la concurrence avec les grandes enseignes et internet (la librairie Amazon notamment) s'av&#232;re rude. D'autant qu'une incertitude r&#233;elle r&#232;gne quant aux effets de la r&#233;volution num&#233;rique sur le commerce de livre, qu'il s'agisse de l'introduction des liseuses num&#233;riques ou des vis&#233;es gargantuesques de Google&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le cas Google, lire Robert Darnton, &#171; La biblioth&#232;que universelle, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, au-del&#224; des sp&#233;culations sur le futur, il est un effet imm&#233;diat, tr&#232;s visible et particuli&#232;rement n&#233;faste, caus&#233; par les transformations &#233;conomiques : la surproduction de livres, qui enrichit les distributeurs et permet aux grands &#233;diteurs d'asseoir leur pr&#233;sence sur le march&#233; et les chances de succ&#232;s. En 2009, sont parues 63 000 nouveaut&#233;s et r&#233;&#233;ditions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s le Centre national du Livre.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cinq ann&#233;es auparavant, en 2004, c'&#233;tait environ 10 000 titres de moins &#8211; dix ans avant, 25 000 de moins ! Cela implique concr&#232;tement que tous les livres ne peuvent figurer sur les &#233;talages des librairies et qu'il existe une rotation tr&#232;s importante diminuant d'autant les chances pour le livre de trouver son public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle audience pour les &#233;diteurs engag&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que retenir de ces quatre points ? Essentiellement que le renforcement g&#233;n&#233;ral des logiques commerciales dans le milieu de l'&#233;dition exerce des effets puissants, &#224; la fois sur les types de livres susceptibles d'&#234;tre publi&#233;s et sur les types de livre qui ont une chance de trouver un large public. Le probl&#232;me se pose tout particuli&#232;rement pour les ouvrages publi&#233;s par les maisons d'&#233;ditions engag&#233;es. Les id&#233;es dissidentes, on le sait, sont structurellement marginalis&#233;es dans le d&#233;bat politique ; leurs chances de se faire conna&#238;tre d'une large audience et de peser dans le d&#233;bat public sont relativement minces. C'est peu dire, par exemple, que les livres contestataires sont &#224; peu pr&#232;s invisibles dans l'espace m&#233;diatique dominant ; ou qu'ils subissent les censures insensibles du syst&#232;me de distribution des livres, avec la surproduction et la rotation rapide qui le caract&#233;risent. Au mieux, ces ouvrages sont emport&#233;s, pour ne pas dire noy&#233;s, dans le grand flux des nouveaut&#233;s, des livres de bric-et-de broc qui alimentent la grande chaudi&#232;re de la surconsommation m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, il importe toujours de rappeler, comme le fait Andr&#233; Schiffrin au d&#233;but de L'&#233;dition sans &#233;diteurs, &#171; &lt;i&gt; qu'il n'a pas toujours &#233;t&#233; admis que le grand public ne souhaite que du divertissement &#187;&lt;/i&gt; &#8211; qui plus est, du mauvais divertissement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Schiffrin, op. cit., p.7.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De nombreuses exp&#233;riences historiques t&#233;moignent que rien n'oblige les marchands de culture &#8211; hormis la recherche inconsid&#233;r&#233;e du profit &#8211; &#224; concevoir les livres exigeants et porteurs de critique sociale au seul b&#233;n&#233;fice des classes favoris&#233;es. Schiffrin cite, entre autres, les exemples de Penguin Books, dont l'ambition, &#224; ses d&#233;buts, &#233;tait d'offrir &#224; un public populaire &#224; la fois savoir et d&#233;lassement, ou du Left Book Club &#8211; qui avait publi&#233; en son temps The Road to Wigan Peer, de George Orwell, d&#233;j&#224; mentionn&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; [...] le Left Book Club mettait &#224; la disposition d'un vaste public une ph&#233;nom&#233;nale quantit&#233; de travaux et d'&#233;tudes importante. Sous leur marque parurent les livres d'Edgar Snow sur la r&#233;volution chinoise et les principaux textes analysant la mont&#233;e du nazisme et l'imminence du conflit en Europe. Ces livres qui se vendaient par dizaines de milliers d'exemplaires, &#224; des prix comparables &#224; ceux de Penguin, ont contribu&#233; &#224; cr&#233;er une opinion publique de gauche extr&#234;mement bien inform&#233;e. Il est int&#233;ressant de noter que les livres du m&#234;me type publi&#233;s aujourd'hui sortent de presses universitaires avec des tirages minuscules et des prix prohibitifs, sous le pr&#233;texte qu'il n'y a pas de public pour ce genre d'ouvrages. Pourtant cette exp&#233;rience des ann&#233;es trente, &#233;videmment appuy&#233;e sur un autre contexte politique, montre qu'il a &#233;t&#233; possible de trouver alors une grande masse de lecteurs pour des livres exigeants, sur des sujets qui devaient souvent para&#238;tre tr&#232;s &#233;loign&#233;s des pr&#233;occupations quotidiennes de la plupart des Anglais. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.28&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En France, cette conception du travail d'&#233;diteur, beaucoup l'ont partag&#233;e. Mentionnons seulement deux maisons embl&#233;matiques de la gauche communiste d'apr&#232;s-guerre : les &#233;ditions Maspero et les Editions sociales. Leur exp&#233;rience respective, rappelons-le, apparait &#233;troitement li&#233;e &#224; l'existence d'un tissu de librairies militantes &#8211; on peut lire quelques bribes de cette histoire dans un bel ouvrage, l'Histoire de la librairie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patricia Sorel et Fr&#233;d&#233;rique Leblanc (dir.), Histoire de la librairie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On y apprend, par exemple, comment le Parti communiste fran&#231;ais a construit au sortir de la guerre un grand r&#233;seau de librairies (dit de La Renaissance fran&#231;aise) attach&#233;es aux f&#233;d&#233;rations du parti ; ou bien, comment l'organisation avait cr&#233;&#233; son propre syst&#232;me de diffusion dans le but de ne pas d&#233;pendre d'Hachette ; on y d&#233;couvre aussi comment ces librairies se trouvaient associ&#233;s &#224; tous les relais culturels des villes communistes, ainsi qu'aux entreprises qui, par le biais des syndicats, faisaient acheter des quantit&#233;s de livres par les comit&#233;s d'entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1970 on comptait ainsi une quarantaine de librairies dans ce r&#233;seau &#8211; sans compter le club Diderot qui assurait la vente par courtage. Au tournant des ann&#233;es 1980, le groupe Messidor fait m&#234;me partie des dix plus grands groupes de l'&#233;dition fran&#231;aise. L'histoire des &#233;ditions Maspero s'av&#232;re, &#233;videmment, tr&#232;s diff&#233;rente : on ne saurait, toutefois, oublier que la c&#233;l&#232;bre librairie fond&#233;e par Fran&#231;ois Maspero au quartier latin (&#171; La Joie de lire &#187;) repr&#233;sente une sorte de mod&#232;le des dizaines de libraires militantes qui fleurirent dans les ann&#233;es 1960 et 1970, &#224; travers toute la France. Ces librairies ont constitu&#233; des outils essentiels de formation des militants, ainsi qu'un vecteur important de politisation des &#233;tudiants. La plupart toutefois ne devaient pas survivre &#224; la r&#233;action conservatrice des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ce genre d'exp&#233;riences rappelle le r&#244;le que jouent aujourd'hui les librairies engag&#233;es et les libraires consciencieux dans la diffusion des livres exigeants, et en particulier des livres porteurs de pens&#233;es r&#233;tives &#224; l'ordre &#233;tabli. N&#233;anmoins, la fa&#231;on de s'attaquer r&#233;ellement au probl&#232;me est certainement tout autre. Il convient d'imaginer &#8211; et d'imposer &#8211; des mesures qui permettraient de desserrer l'&#233;tau de la contrainte &#233;conomique qui p&#232;se si fortement sur le secteur de l'&#233;dition. Ce peut &#234;tre un encouragement donn&#233; par les pouvoirs publics &#8211; gr&#226;ce &#224; la modulation des aides publiques &#8211; au d&#233;veloppement de statuts du type &#171; soci&#233;t&#233;s &#224; but non lucratif &#187;. Ce pourrait &#234;tre aussi, un jour, le vote par ces m&#234;mes pouvoirs publics de lois anti-concentration qui viseraient &#224; restreindre consid&#233;rablement la puissance des grands groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Schwartz&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En r&#233;alit&#233;, ce titre reprenait celui d'un article de J&#233;rome Lindon dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 9 juin 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Schiffrin, &lt;i&gt;L'argent et les mots&lt;/i&gt;, Paris, La Fabrique, 2010, p.9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. en particulier l'ouvrage de Janine et Greg Br&#233;mond, &lt;i&gt;L'&#233;dition sous influence&lt;/i&gt;, Paris, Ed. Liris, 2002. (2004). A ce sujet voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article861.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'introduction au jeudi d'Acrimed&lt;/a&gt;, du 19 d&#233;cembre 2002, consacr&#233; &#224; la concentration dans l'&#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Schiffrin, &lt;i&gt;L'argent et les mots,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p.17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Martine Prosper, &lt;i&gt;Edition, l'envers du d&#233;cor&lt;/i&gt;, Paris, Lignes, 2009, p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elsa Fayner, &lt;i&gt;Et pourtant je me suis lev&#233;e t&#244;t&#8230; Une immersion dans le quotidien des travailleurs pr&#233;caires&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions du Panama, 2008. Cet ouvrage n'a rien du coup de t&#234;te d'une diva : pour preuve, son auteur tient un blog consacr&#233; &#224; ces questions, intitul&#233; : &lt;a href=&#034;http://voila-le-travail.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Et voil&#224; le travail, chroniques de l'humain en entreprise &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article d'Acrimed : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3323.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La m&#233;diatisation de l'enqu&#234;te de Florence Aubenas : un cache-mis&#232;re ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article d'Acrimed : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3319.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le lynchage m&#233;diatique de Bernard-Henri L&#233;vy : c'est assez !&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ils r&#234;vaient d'un best-seller&#8230; &#187;, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, 12 avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le cas Google, lire Robert Darnton, &#171; La biblioth&#232;que universelle, de Voltaire &#224; Google &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mars 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://www.centrenationaldulivre.fr/?Chiffres-cles-du-livre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le Centre national du Livre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Schiffrin, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p.7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p.28&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patricia Sorel et Fr&#233;d&#233;rique Leblanc (dir.), &lt;i&gt;Histoire de la librairie&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions du Cercle de la Librairie, 2008 ; voir les contributions de Julien Hage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La m&#233;diatisation de l'enqu&#234;te de Florence Aubenas : un cache-mis&#232;re ? </title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-mediatisation-de-l-enquete-de-Florence-Aubenas-un-cache-misere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/La-mediatisation-de-l-enquete-de-Florence-Aubenas-un-cache-misere</guid>
		<dc:date>2010-03-09T06:34:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Florence Aubenas</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Que faut-il entendre quand les sopranos et les t&#233;nors du journalisme couvrent d'&#233;loges une enqu&#234;te sociale ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Travail-salaires-emploi-etc-" rel="directory"&gt;Travail, salaires, emploi, etc.&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Florence-Aubenas-+" rel="tag"&gt;Florence Aubenas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;cision imm&#233;diate : il ne sera question ici, pour l'essentiel, ni de Florence Aubenas, ni de la m&#233;thode employ&#233;e pour mener son enqu&#234;te, ni du livre - &lt;i&gt;Le Quai de Ouistreham&lt;/i&gt; - &lt;i&gt; &lt;/i&gt;qu'elle a r&#233;dig&#233;, mais de leur m&#233;diatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non que le travail de Florence Aubenas ne m&#233;rite ni d'&#234;tre salu&#233;, ni d'&#234;tre discut&#233;. Mais quand les journalistes couvrent de fleurs l'un-e des leurs, il vaut la peine de s'attarder sur ce qui retient leur attention et m&#233;rite leurs &#233;loges&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8230; Des &#233;loges unanimes venus de tous les horizons du microcosme journalistique. Mais de quoi parlent-ils ? De Florence Aubenas, de sa m&#233;thode, du style de son r&#233;cit, mais fort peu de ce que ce dernier rapporte. Comme s'il ne s'agissait que de mettre en lumi&#232;re un exemple exemplaire du journalisme lui-m&#234;me, quitte &#224; rejeter dans l'ombre ces &#171; invisibles &#187; que Florence Aubenas a voulu rendre visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si l'h&#233;ro&#239;sation d'une journaliste (qui n'en demandait pas tant) et les dithyrambes qui ont accueilli son livre devaient et pouvaient dissimuler les graves d&#233;faillances du journalisme ordinaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une m&#233;diatisation r&#233;ussie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florence Aubenas doit sa notori&#233;t&#233; non seulement &#224; ses mois de captivit&#233; (dont elle a toujours refus&#233; de r&#233;diger un r&#233;cit h&#233;ro&#239;que), mais &#224; son travail de journaliste. Que cette notori&#233;t&#233;, qui ne pr&#233;sage en rien des qualit&#233;s propres de son entreprise, ait servi la promotion de son livre, cela ne fait gu&#232;re de doute. Elle-m&#234;me se r&#233;jouit de cette &lt;i&gt;&#171; chance &lt;/i&gt; &#187;, comme elle le dit notamment dans un entretien accord&#233; &#224; Rue89.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tout cas un feu nourri d'&#233;loges qui va accueillir son livre, apr&#232;s que le journal qui l'emploie - &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; - a fait &lt;a href=&#034;http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2362/dossier/a418727-dans_la_peau_dune_femme_de_m&#233;nage.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa &#171; Une &#187; le 11 f&#233;vrier dernier&lt;/a&gt;, sur la parution de son enqu&#234;te : interview&#233;e par &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/02/18/florence-aubenas-voir-les-choses-a-hauteur-d-etre-humain_1307712_3260.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; le 18 f&#233;vrier&lt;/a&gt;, chroniqu&#233;e par &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/livres/0101619969-florence-aubenas-en-femme-invisible&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; le m&#234;me jour&lt;/a&gt;, salu&#233;e par &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/editos/2010/02/23/01031-20100223ARTFIG00006-la-chronique-d-yves-de-kerdrel-.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; le 22 f&#233;vrier&lt;/a&gt;, &#171; Florence &#187; est devenue une h&#233;ro&#239;ne de la presse quotidienne. Et pour &#224; peu pr&#232;s tout ce que la France compte de m&#233;dias (t&#233;l&#233;, radio, presse, web), son livre fait &#171; &#233;v&#233;nement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s du livre &#8211; ce qui n'enl&#232;ve rien &#224; ses qualit&#233;s &#8211; est, dans un premier temps, le produit d'une campagne de lancement r&#233;ussie, comme le rel&#232;ve &lt;i&gt;Le Magazine litt&#233;raire&lt;/i&gt;, sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.magazine-litteraire.com/content/Breves/article.html?id=15586&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Florence Aubenas propuls&#233;e en t&#234;te des ventes &#187;&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Plateaux t&#233;l&#233;, &#233;missions de radio, bonnes feuilles dans le &lt;/i&gt;Nouvel Obs&lt;i&gt; et pleines pages dans les quotidiens qui comptent&#8230; Ces jours derniers, difficile d'&#233;chapper au &lt;/i&gt;Quai de Ouistreham,&lt;i&gt; soit Florence Aubenas en femme de m&#233;nage encha&#238;nant les contrats pr&#233;caires. Il faut dire que l'ouvrage avait tout du succ&#232;s programm&#233;. D'abord, Aubenas, dont le nom est encore associ&#233; &#224; cinq mois de captivit&#233; en Irak, et &#224; de multiples manifestations de soutien en 2005. Ensuite, la m&#233;thode (&#8230;) &#187;. &lt;/i&gt;Et, enfin, le &#171; plan m&#233;dias &#187; : &#171; &lt;i&gt;Malin, l'&#233;diteur a choisi de faire monter le d&#233;sir par l'absence : les r&#233;dactions ont re&#231;u le livre seulement quelques jours avant sa parution (exception faite du &lt;/i&gt;Nouvel Observateur,&lt;i&gt; o&#249; Aubenas officie en qualit&#233; de grand reporter). Bien s&#251;r, l'objet de toutes les curiosit&#233;s s'arrache et, sans surprise, cr&#233;e l'&#233;v&#233;nement&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#232;s le 11 f&#233;vrier, l'AFP publie une d&#233;p&#234;che qui r&#233;sume l'essentiel du propos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;Simple coup m&#233;diatique ? Pas seulement, compte tenu de la sinc&#233;rit&#233; et de l'investissement de Florence Aubenas, qui compose ici une v&#233;ritable enqu&#234;te journalistique ; mais parution d&#251;ment orchestr&#233;e, ind&#233;niablement. Force est de constater que la strat&#233;gie se r&#233;v&#232;le payante. Lanc&#233; le 18 f&#233;vrier &#224; 50.000 exemplaires, (&#8230;) &lt;/i&gt;Le Quai de Ouistreham&lt;i&gt; atteint aujourd'hui 210.000 exemplaires de tirage apr&#232;s quatre r&#233;impressions. Et culmine au sommet du Top 20 Ipsos/Livres Hebdo des meilleures ventes de la semaine du 15 au 21 f&#233;vrier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre est donc un succ&#232;s de librairie. Que retiendront les lecteurs ? On ne le sait &#233;videmment pas. Mais qu'en ont retenu les journalistes eux-m&#234;mes, du moins ceux qui ont rendu compte du livre ? Essentiellement, &#171; l'aventure &#187; journalistique qui a pr&#233;sid&#233; &#224; son &#233;criture. Et beaucoup moins ce qu'il tente de faire partager sur les pr&#233;caires surexploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des &#233;loges ambigus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de le constater : les &#233;loges portent moins sur l'objet de l'enqu&#234;te &#8211; les conditions de vie des &#171; agents d'ex&#233;cution &#187; pr&#233;caires &#8211; de Florence Aubenas, que sur l'audace de sa d&#233;marche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui, comme on le sait, n'est pas sans pr&#233;c&#233;dents. Les plus connus &#233;tant : de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et les qualit&#233;s journalistiques, voire litt&#233;raires, de son &#233;criture. Soit, mais &#224; quel prix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours d'un &lt;i&gt;chat&lt;/i&gt; sur le site de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, le 25 f&#233;vrier, Florence Aubenas d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; C'est leur vie que j'avais envie de raconter, pas la mienne. Je crois que les journalistes sont plus utiles quand ils rendent les autres visibles mais restent invisibles eux-m&#234;mes dans leur travail. &#187;&lt;/i&gt; Pourtant ce que nombre de ses confr&#232;res ont surtout rendu visible, ce n'est pas la vie &#171; des autres &#187;, mais la sienne ou du moins son exp&#233;rience de reporter. Comme s'il s'agissait d'informer d'abord sur cette exp&#233;rience, voire m&#234;me de s'informer aupr&#232;s d'elle de la conception qu'elle se fait de son m&#233;tier. De l&#224; des articles et des entretiens d'un int&#233;r&#234;t in&#233;gal &#8211; le plus vivant &#233;tant sans doute celui qu'a r&#233;alis&#233; Rue89 &#8211; mais o&#249; se d&#233;couvre, de la part des interlocuteurs de Florence Aubenas, une forme d'ethnocentrisme professionnel, quand ce n'est pas une tentative de construire, &#224; travers un mod&#232;le qui n'en revendique en rien le titre, une image id&#233;ale qui magnifie et dissimule le journalisme r&#233;el. Pour un-e journaliste, c&#233;l&#233;brer un-e journaliste, c'est toujours peu ou prou c&#233;l&#233;brer la profession et tenter de lui redonner un peu de prestige alors qu'elle se sait critiqu&#233;e et remise en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les &#201;chos &lt;/i&gt;du 16 f&#233;vrier publient un article dont le titre r&#233;sume assez bien &#171; l'angle &#187; choisi : &#171; Florence recherche emploi, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#187;. Il commence par cet &#233;tonnement qui va droit&#8230; &#224; l'inessentiel : &lt;i&gt;&#171; Le plus surprenant dans cette affaire, qui ne manque pas de surprises, c'est peut-&#234;tre que Florence Aubenas ait pu passer six mois dans le plus pur incognito &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tonnement partag&#233; par B&#233;atrice Vellayes qui, dans Lib&#233;ration consacre le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me si au d&#233;tour des phrases, il est question des conditions de vie et de travail mises au jour par Florence Aubenas, c'est toujours d'elle &#8211; g&#233;n&#233;ralement d&#233;sign&#233;e par son seul pr&#233;nom &#8211; qu'il est question. Exemple de cette pr&#233;sentation : &lt;i&gt;&#171; Des employ&#233;s stress&#233;s de P&#244;le emploi aux cadres m&#233;prisants de certaines bo&#238;tes d'int&#233;rim o&#249; on traite les postulants comme des demeur&#233;s, des Salons du nettoyage aux trains pour l'emploi, des entretiens d'embauche aux &#233;valuations, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Florence Aubenas a effectu&#233; un parcours du combattant,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;souvent humiliant, parfois &#233;clair&#233; du rayon de soleil de la solidarit&#233; ou du rire. &#187;&lt;/i&gt; La phrase qui suit et qui ach&#232;ve l'article ne retient que des personnages et une &#233;trange le&#231;on : &lt;i&gt;&#171; On n'est pas pr&#232;s d'oublier Victoria, Fran&#231;oise, Marguerite, Karine, Marilou, Mimi, Philippe, Germain et les autres. Ceux qui s'accrochent, comme ceux qui d&#233;crochent. &#187;&lt;/i&gt; L'auteur de l'article n'est peut-&#234;tre &#171; pas pr&#232;s de les oublier &#187;. Mais son lecteur n'est pas pr&#232;s de les conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 18 f&#233;vrier publie un entretien &#8211; ou, plus exactement, un article entrelard&#233; de propos recueillis aupr&#232;s de Florence Aubenas &#8211; sous le titre : &#171; Entretien. Florence Aubenas : &#034;Voir les choses &#224; hauteur d'&#234;tre humain&#034; &#187;&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt;Il est presque enti&#232;rement consacr&#233;, non au livre lui-m&#234;me et &#224; son contenu (qui ne sont &#233;voqu&#233;s que tr&#232;s indirectement), mais aux conditions de son &#233;laboration et &#224; son auteure.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au site LCI.fr, le 22 f&#233;vrier, il titre : &#171; Moi, Florence Aubenas, femme de m&#233;nage &#187;. Un titre qui, ce disant, r&#233;sume &#224; contre-sens le projet de la journaliste qui, comme on pourra le v&#233;rifier plus loin, entendait ne pas s'identifier &#224; sa tr&#232;s provisoire condition. Et l'article commence ainsi :&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Elle est devenue le &#034;&lt;/i&gt;prolongement d'un aspirateur&lt;i&gt;&#034;. De f&#233;vrier &#224; juillet 2009, Florence Aubenas &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;s'est gliss&#233;e dans la peau&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; d'un travailleur pr&#233;caire. Celui qui gal&#232;re &#224; trouver un emploi. Celui qui survit gr&#226;ce au syst&#232;me D. Celui qui illustre tant de reportages sur la crise. &#187; &lt;/i&gt;Non, Florence Aubenas ne s'est pas &#171; gliss&#233;e dans leur peau &#187;. Mais c'est vrai : les travailleurs pr&#233;caires &lt;i&gt;&#171; illustrent &#187;&lt;/i&gt; les reportages &#8211; pas si nombreux que &#231;a &#8211; sur la crise. Coh&#233;rent avec son titre, l'article est essentiellement consacr&#233; &#224; Florence Aubenas, m&#234;me s'il rappelle en quelques mots l'arri&#232;re-plan du livre : &lt;i&gt;&#171; Les horaires anarchiques, les salaires de mis&#232;re mais aussi l'humiliation, la fatigue... Les &#034;filles&#034;, comme s'appellent entre elles les femmes de m&#233;nage, sont une population corv&#233;able &#224; merci, vuln&#233;rable &#224; l'exc&#232;s, us&#233;e jusqu'&#224; la corde. &#187;&lt;/i&gt; Avant de s'attarder sur les portraits &lt;i&gt;&#171; extr&#234;mement touchants, jamais mis&#233;rabilistes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette h&#233;ro&#239;sation de l'enqu&#234;trice contredit ce qu'elle d&#233;clare elle-m&#234;me. Ainsi,&lt;i&gt; Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; titre &#171; Le livre &#233;v&#233;nement de Florence Aubenas &#187;. Sous titre : &lt;strong&gt;&#171; Dans la peau d'une femme de m&#233;nage &#187;&lt;/strong&gt;. Vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du &lt;i&gt;chat&lt;/i&gt; de Lib&#233;ration.fr, deux internautes donnent l'occasion &#224; Florence Aubenas de pr&#233;ciser ce que ses laudateurs n&#233;gligent souvent : &lt;br class='manualbr' /&gt;- Dodcoquelicot : &lt;i&gt;&#171; Il n'emp&#234;che, et sans vouloir vous offenser, votre d&#233;marche, si louable soit-elle,&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ce n'est quand m&#234;me pas la vraie vie, non ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Vous aviez un projet, un d&#233;tachement, un peu comme les &#034;saisonniers&#034;, que n'ont pas forc&#233;ment les personnes qui n'ont pas le choix ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Florence Aubenas : &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt; Non, ce n'est pas la vraie vie.&lt;/strong&gt; Les perspectives sont tr&#232;s diff&#233;rentes si vous avez en poche un billet de train pour Paris et un contrat confortable dans la presse (m&#234;me si j'&#233;tais en cong&#233; sans solde) : les personnes avec lesquelles je travaillais n'avaient, elles, pas de &#034;vie de rechange&#034;. Je ne consid&#232;re pas que je suis devenue une pr&#233;caire, avec l'incertitude pour horizon, par un coup de baguette magique : &lt;strong&gt;j'ai juste partag&#233; leur quotidien quelques mois&lt;/strong&gt;, ce n'est pas la m&#234;me chose. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Geaz : &lt;i&gt;&#171; Quel souvenir le plus fort gardez-vous de ces six mois dans la peau d'une autre ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Florence Aubenas : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; Je n'&#233;tais pas dans la peau d'une autre, mais dans la situation d'une autre. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est leur vie qu'elle voulait raconter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est encore ce qu'elle d&#233;clare &#224; Biblobs : &#171; [&#8230;.] &#231;a ne m'int&#233;resse pas de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Mais c'est sa vie &#224; elle que nombre de commentateurs commentent. Ainsi cette phrase apparemment anodine du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;, qui r&#233;sume &#171; l'angle &#187; de l'article : &lt;i&gt;&#171; Florence raconte de fa&#231;on saisissante ce qu'elle a v&#233;cu. &#187;&lt;/i&gt; Et &lt;i&gt;La Voix du Nord&lt;/i&gt; du jeudi 25 f&#233;vrier titre : &#171; Florence Aubenas se plonge dans la France de tout en bas des travailleurs pr&#233;caires &#187;. Florence Aubenas &#171; plonge &#187;&#8230; et &lt;i&gt;La Voix du Nord&lt;/i&gt; trempe un orteil : sur les 3400 signes de l'article, 330 seulement sont consacr&#233;s aux travailleurs pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De rares exceptions confirment la r&#232;gle. Ainsi, dans &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt; du 25 f&#233;vrier, sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.la-croix.com/livres/article.jsp?docId=2415306&amp;rubId=43500&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Invisible parmi les invisibles &#187;&lt;/a&gt;, Jean-Claude Raspiengeas consacre l'essentiel de son article &#224; la condition des pr&#233;caires telle que le livre de Florence Aubenas la relate avant de conclure : &lt;i&gt;&#171; Florence Aubenas ram&#232;ne de ces six mois d'immersion dans la France de la crise un r&#233;cit accablant, un constat terrifiant sur une &#233;poque impitoyable. Mais aussi de beaux portraits de femmes qui s'accrochent, d'hommes fragiles qui ne veulent pas tomber. Des sourires, de l'entraide, aussi. De la g&#233;n&#233;rosit&#233; sans contrepartie. &#192; la pointe s&#232;che de ce qu'elle a v&#233;cu, Florence Aubenas dessine le portrait d'un pays ignor&#233;, recouvert par des discours qui enfouissent la r&#233;alit&#233;. Elle fait entendre le cri silencieux d'une nouvelle classe d'oubli&#233;s. Dans un d&#233;cor et sous des ciels qui ont la couleur grise de cette mis&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autre exception, parmi les entretiens cette fois : les questions pos&#233;es par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#171; Oubli&#233;s &#187;, certes&#8230; mais par qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre d'articles s'attachent particuli&#232;rement &#224; la forme de son livre. Rien de plus l&#233;gitime que de souligner ses qualit&#233;s d'&#233;criture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une &#233;criture sur laquelle Florence Aubenas s'explique notamment en r&#233;ponse &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. B&#233;atrice Vallaez, par exemple, sous le titre &#171; Florence Aubenas en femme invisible &#187; commence ainsi son article publi&#233; dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;le 18 f&#233;vrier : &lt;i&gt;&#171; C'est un long reportage. Une &#339;uvre journalistique. Une histoire vraie, nullement romanc&#233;e, qui ne manque pourtant pas de romanesque. &#187;&lt;/i&gt; Romanesque, vraiment ? &lt;i&gt;&#171; C'est une somme d'aventures v&#233;cues avec des hommes et des femmes (essentiellement des femmes) qui forme une aventure. Celle dans laquelle Florence Aubenas s'est lanc&#233;e en f&#233;vrier 2009. &#187;&lt;/i&gt; Une fois de plus c'est l'aventure de Florence Aubenas qui occupe le devant de la sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les proc&#233;d&#233;s d'&#233;criture, ce sont les portraits qui retiennent l'attention de nombre de commentateurs, au point qu'ils en oublient que ces portraits sont avant tout des personnifications d'une situation sociale &#8211; &#171; qu'on sait f&#233;roce &#187;, comme dit &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, raison toute trouv&#233;e pour s'en d&#233;tourner : &lt;i&gt;&#171; Plus que la description des conditions de travail, qu'on sait f&#233;roces, c'est de ces femmes invisibles que Florence Aubenas fait son miel pour dresser une galerie de portraits &#233;difiants, sans apitoiement. En saisissant au vol des paroles, opinions, sentences, elle donne &#224; ces &#234;tres &#034;transparents&#034; une &#233;paisseur &#233;mouvante, jamais larmoyante. &#187;&lt;/i&gt; Et le quotidien de livrer, sous forme de &#171; morceaux choisis &#187;, quelques-uns de ces propos. Mais, coup&#233;s de leur contexte, ils sont simplement pittoresques. On n'ose croire que &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; f&#233;licite&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ainsi Florence Aubenas pour avoir r&#233;dig&#233; &#8211; alors qu'il n'en est rien - les aveux mal dissimul&#233;s d'un ethnocentrisme de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se passe donc comme si, dans le meilleur des cas, la r&#233;flexion sur les m&#233;thodes d'enqu&#234;te et sur l'&#233;criture journalistique l'emportait sur toute autre consid&#233;ration. Comme si Florence Aubenas avait d'abord tendu un miroir &#224; la corporation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cache-mis&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ambigu&#239;t&#233;s de ces &#233;loges ne les disqualifient &#233;videmment pas tous et encore moins l'enqu&#234;te et le livre de Florence Aubenas. Mais ils sont symptomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Symptomatiques d'abord d'une certaine culture journalistique qui ne conna&#238;t du monde social que ce que les m&#233;dias eux-m&#234;mes en disent, c'est-&#224;-dire &#8211; pour &#234;tre aimable &#8211; fort peu de choses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certes, la sociologie-r&#233;ellement-existante ne constitue pas toujours une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Appelons &#171; na&#239;vet&#233; &#187; cette m&#233;connaissance &#8211; que Florence Aubenas partageait d'ailleurs, s'agissant des travailleurs pr&#233;caires, comme elle le reconna&#238;t elle-m&#234;me, non sans humour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple ce qu'elle dit dans un entretien accord&#233; aux Derni&#232;res (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, tenter de comprendre de l'int&#233;rieur, en quelque sorte, les conditions de vie et de travail de travailleurs pr&#233;caires n'est gu&#232;re fr&#233;quent, particuli&#232;rement dans la presse &#233;crite. Mais il est pour le moins abusif de pr&#233;senter comme une d&#233;couverte sans pr&#233;c&#233;dents &#8211; et Florence Aubenas se garde de le faire - ce que des dizaines d'ouvrages et une fr&#233;quentation m&#234;me limit&#233;e des associations qui soutiennent les travailleurs pr&#233;caires permettent de savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un simple d&#233;tour par le site de la Fnac permet de relever, gr&#226;ce au mot-cl&#233; &#171; pr&#233;carit&#233; &#187;, plus de soixante titres d'ouvrages en tous genres, parus depuis 1998. Qui peut croire qu'ils sont tous d'un int&#233;r&#234;t moindre que celui de Florence Aubenas ? Or, combien ont valu &#224; leurs auteurs les honneurs des pages de la presse &#233;crite et des studios de radio et de t&#233;l&#233;vision ? En 2007, par exemple, paraissait aux &#233;ditions Panama, &lt;i&gt;Et pourtant je me suis lev&#233;e t&#244;t... - Une immersion dans le quotidien des travailleurs pr&#233;caires&lt;/i&gt;, par Elsa Fayner, journaliste comme Florence Aubenas et qui, comme elle, a partag&#233; le quotidien des travailleurs pr&#233;caires. Pourquoi les grands m&#233;dias en ont-ils si peu parl&#233; ? On ne saurait trop conseiller aux journalistes qui m&#232;nent leurs enqu&#234;tes &#224; partir d'Internet de consulter son blog, &lt;a href=&#034;http://voila-le-travail.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Et voil&#224; le travail &#187;&lt;/a&gt;. Un vrai travail de journaliste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;loges sont symptomatiques aussi de cette cl&#244;ture du journalisme en CDI qui l'emp&#234;che de voir ce qu'il a sous les yeux, &#224; commencer par la pr&#233;carit&#233; qui s&#233;vit dans le monde du journalisme lui-m&#234;me, certes moins d&#233;gradante que celle des &#171; femmes de m&#233;nages &#187; dont Florence Aubenas a partag&#233; la situation, mais &#224; peine moins mis&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;loges sont symptomatiques, enfin, des crit&#232;res d'&#233;valuation du journalisme qui leur sont sous-jacents. Car enfin qui peut croire qu'il n'existe pas d'autre alternative que l'immersion ou le silence et qu'il n'existe pas d'autres fa&#231;ons de donner la parole &#224; des pr&#233;caires surexploit&#233;s que de t&#233;moigner pour eux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que dire de certains de ces laudateurs qui ne tarissent pas&#8230; d'ind&#233;cence ? Sur Europe 1, &lt;a href=&#034;http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/Mediapolis/Sons/Mediapolis-27-02-10-147547/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans l'&#233;mission Mediapolis&lt;/a&gt; du 27 f&#233;vrier, Michel Field, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3317.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;homme de &#171; m&#233;nages &#187;&lt;/a&gt; pour Casino qui traite si bien ses caissi&#232;res, a d&#233;clar&#233; sa flamme au journalisme social de Florence Aubenas. Dans &#171; Le Grand Journal &#187; de Canal Plus, celle-ci a &#233;t&#233; re&#231;ue avec tous les &#233;gards par des journalistes dont on n'a pas souvenir que la mis&#232;re sociale soit leur principale pr&#233;occupation professionnelle. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il s'&#233;tonner, dans ces conditions, que la promotion du livre d'Aubenas suscite, notamment parmi certains journalistes, un vif agacement ? Qu'une journaliste pr&#233;caire s'insurge sur son blog &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.lejardindedb.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le jardin de DB &#187;&lt;/a&gt; &#8211; contre une forme de m&#233;pris social qu'elle croit percevoir chez Florence Aubenas ? Que des &#171; forumeurs &#187; d&#233;noncent ce qu'ils ressentent comme une imposture, voire reprochent &#224; Florence Aubenas (avec une virulence &#224; laquelle on ne peut souscrire), d'avoir exploit&#233; le sujet de la pr&#233;carit&#233; parce qu'il serait vendeur ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Question et r&#233;ponse sur le site de Biblioobs, sous le titre &#171; Florence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque le livre de Florence Aubenas leur a ouvert les yeux, non sur les chiffres de la pr&#233;carit&#233;, mais sur les conditions de travail et d'existence des travailleurs pr&#233;caires, peut-&#234;tre les z&#233;lateurs occasionnels du journalisme social feront-ils pression pour que les responsables des m&#233;dias d&#233;p&#234;chent des cohortes d'enqu&#234;teurs aupr&#232;s de la Coordination des intermittents et pr&#233;caires, d'Agir contre le ch&#244;mage (AC), ou de l'Association pour l'emploi, l'information et la solidarit&#233; (Apeis), pour que ces associations les aident dans leur travail. Ou, plus simplement, aupr&#232;s des journalistes pr&#233;caires qui vivotent dans les r&#233;dactions ou autour d'elles. Peut-&#234;tre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le taire ? Les journalistes-enqu&#234;teurs, s'ils ont toujours &#233;t&#233; une minorit&#233;, sont devenus de plus en plus rares. De gr&#233; ou de force, des journalistes toujours plus nombreux sont devenus des journalistes-animateurs, souvent pr&#233;caires, pay&#233;s pour observer &#171; l'info &#187;, commenter, chroniquer, &#233;ditorialiser, synth&#233;tiser, interviewer. Combien d&#233;sormais sont charg&#233;s de re-mouliner des informations glan&#233;es sur le web et dans des d&#233;p&#234;ches d'agences de presse, voire de cr&#233;er des &#171; buzz &#187; cens&#233;s rabattre le lecteur potentiel vers la lecture du journal papier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De gr&#233; ou de force&#8230; De leur plein gr&#233;, pour ceux d'entre eux qui ne se contentent pas de subir, mais devancent la commande, par un conformisme qui est &#224; peine alt&#233;r&#233; par un brin de mauvaise conscience. Par la force de l'inertie qui s'impose &#224; eux, malgr&#233; eux, pour ceux qui r&#233;sistent encore et tentent (et parfois r&#233;ussissent) &#224; imposer quelques &#171; sujets &#187; sociaux qui ne soient pas trait&#233;s en simples faits-divers. Ceux-l&#224; devinent que la glorification de Florence Aubenas ne leur sera vraisemblablement d'aucun secours : la fr&#233;n&#233;sie m&#233;diatique autour de son travail d&#8216;enqu&#234;trice le transfigure d'autant mieux en embl&#232;me du journalisme id&#233;al qu'il sert de cache-mis&#232;re au journalisme r&#233;el, dont ce travail est un contre-exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une critique du journalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te et le livre de Florence Aubenas, en effet, sont une critique en acte du journalisme dominant puisqu'elle s'est propos&#233; de faire ce que fort peu de journalistes seulement savent ou peuvent faire. Cette critique, Florence Aubenas elle-m&#234;me l'explicite &#224; sa fa&#231;on (mesur&#233;e&#8230;) quand elle est interrog&#233;e par Nelly Kapri&#232;lian pour &lt;i&gt;Les Inrocks&lt;/i&gt; (&#171; Entretien avec Florence Aubenas : une saison en pr&#233;caire &#187;, paru le 20 f&#233;vrier) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les Inrocks : &lt;i&gt;&#171; Pourquoi avoir choisi d'en faire un livre et pas un feuilleton pour un magazine ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Florence Aubenas : &lt;i&gt;&#171; Je crois qu'il y a un certain nombre de sujets sociaux &#8211; les sans-papiers, la pr&#233;carit&#233; &#8211; qui posent probl&#232;me pour les journaux. Ils veulent les traiter tout en craignant d'avoir l'air ennuyeux, sinistres pour le lecteur. Face &#224; ce type de sujets que les journalistes proposent, j'ai vu des g&#233;n&#233;rations de chefs de service lever les yeux au ciel, commander cinq feuillets et les r&#233;duire &#224; deux, voire ne pas passer le papier du tout. Si la presse jouait pleinement son r&#244;le d'intervention, d'engagement, ces papiers passeraient. Je ne me voyais pas aller en r&#233;union de r&#233;daction au &lt;/i&gt;Nouvel Obs&lt;i&gt; pour dire que je voulais faire de longs articles sur les femmes de m&#233;nage et la pr&#233;carit&#233;. Trait&#233;s au cin&#233;ma ou dans des livres, ces sujets prennent une autre dimension. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est dans la presse &#233;crite que l'on a pu lire les &#233;loges d'un livre, c'est-&#224;-dire d'une enqu&#234;te qui a peu d'&#233;quivalents dans ses colonnes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore : &lt;br class='manualbr' /&gt;- Les Inrocks : &lt;i&gt;&#171; Allez-vous continuer &#224; &#233;crire des livres ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Florence Aubenas : &lt;i&gt;&#171; Oui, car je n'ai pas &#224; y subir le formatage de la presse &#8211; les longueurs impos&#233;es, et tous ces petits encadr&#233;s qui ne servent &#224; rien sinon &#224; d&#233;tourner le lecteur de la lecture du papier lui-m&#234;me. Je suis tr&#232;s &#233;nerv&#233;e par les petits encadr&#233;s ! La presse devrait &#234;tre souple, &#231;a devrait &#234;tre un bolide et on en a fait un tracteur. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Les Inrocks : &lt;i&gt;&#171; La presse a chang&#233; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Florence Aubenas : &lt;i&gt;&#171; En plus de vingt ans, compl&#232;tement. En presse &#233;crite, on a pris les tr&#232;s mauvais c&#244;t&#233;s de la t&#233;l&#233; &#8211; les petites interviews express, etc. &#8211;, on s'est mis en rivalit&#233; avec elle de fa&#231;on idiote. L'autre drame, c'est l'informatique. Avant, quand on montait le journal avec son cutter et des collages, il n'&#233;tait pas question de faire des fioritures. Maintenant que la maquette est facilit&#233;e par l'informatique, on a rajout&#233; des petites choses dans tous les coins, colori&#233;es avec des teintes atroces, qui emp&#234;chent de lire l'essentiel. Le propre de la presse &#233;crite &#233;tait de pouvoir aller plus loin, de creuser le fond et faire plus long, c'&#233;tait notre carte &#224; jouer. Aujourd'hui, &#224; force de singer la t&#233;l&#233; ou l'internet, on perd sur tous les tableaux. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rares sont les journalistes de la renomm&#233;e de Florence Aubenas qui se risquent &#224; ce genre de critiques internes de leur propre m&#233;tier : des critiques qui en disent plus long que ne le revendique leur auteure sur la m&#233;diocrit&#233; du journalisme social dans la presse &#233;crite. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le journalisme d'enqu&#234;te, et particuli&#232;rement d'enqu&#234;te sociale, se r&#233;fugie dans les livres ou tente d'exister sur la toile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi ces livres, Quartier Nord, de Fran&#231;ois Ruffin (Fayard, 2006).&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te de Florence Aubenas ouvre-t-elle un chemin que d'autres journalistes vont pouvoir emprunter, dans la presse &#233;crite elle-m&#234;me ? Il existe de s&#233;rieuses raisons d'en douter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler (avec Olivier Aubert et Amir Si-Larbi)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#232;s le 11 f&#233;vrier, l'AFP publie une d&#233;p&#234;che qui r&#233;sume l'essentiel du propos du livre et que r&#233;sume, &#224; son tour, cette phrase : &lt;i&gt;&#171; L'auteur raconte de l'int&#233;rieur la vie des femmes qui se disputent l'unique emploi accessible dans cette r&#233;gion sinistr&#233;e : &#034;des heures&#034; de nettoyage sous la f&#233;rule d'employeurs sans &#233;tats d'&#226;me. &#187;&lt;/i&gt;. Mais on y apprend aussi que &lt;i&gt;&#171; Florence Aubenas&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;a refus&#233; de r&#233;pondre aux questions de l'AFP jusqu'&#224; la sortie du livre le 18 f&#233;vrier&lt;/i&gt; &#187; (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui, comme on le sait, n'est pas sans pr&#233;c&#233;dents. Les plus connus &#233;tant : de G&#252;nter Walraff, &lt;i&gt;T&#234;te de Turc&lt;/i&gt; (&#201;ditions La D&#233;couverte, 1986) et d'Anne Tristan, &lt;i&gt;Au Front&lt;/i&gt; (Gallimard, 1987).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tonnement partag&#233; par B&#233;atrice Vellayes qui, dans &lt;i&gt;Lib&#233;ratio&lt;/i&gt;n consacre le quart de son article &#224; cette question : &lt;i&gt;&#171; Comment a-t-elle fait pour ne pas &#234;tre reconnue, c'est la premi&#232;re &#233;nigme qui vient &#224; l'esprit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est encore ce qu'elle d&#233;clare &#224; &lt;a href=&#034;http://bibliobs.nouvelobs.com/20100304/18095/florence-aubenas-et-la-vie-des-autres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biblobs&lt;/a&gt; : &#171; [&#8230;.] &lt;i&gt;&#231;a ne m'int&#233;resse pas de parler de moi. &lt;/i&gt;Quai de Ouistreham&lt;i&gt;, ce n'est pas mon histoire, c'est leur vie &#224; eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Autre exception, parmi les entretiens cette fois : les questions pos&#233;es par une journaliste dans un entretien paru dans les &lt;i&gt;Derni&#232;res Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt; le 24 f&#233;vrier, qui portent plus sur les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te que sur ses conditions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une &#233;criture sur laquelle Florence Aubenas s'explique notamment en r&#233;ponse &#224; &lt;a href=&#034;http://bibliobs.nouvelobs.com/20100304/18095/florence-aubenas-et-la-vie-des-autres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BibliObs&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- BibliObs : &lt;i&gt;&#171; Votre livre est plus qu'un reportage. On sent aussi un travail litt&#233;raire : dans les portraits, la construction g&#233;n&#233;rale... Aviez-vous des mod&#232;les en t&#234;te ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- F. Aubenas : &lt;i&gt;&#171; Je ne voulais pas &#233;crire un livre de sociologue, mais un livre dont on ait envie de tourner les pages, pour conna&#238;tre la suite. Pour moi, c'&#233;tait un peu comme &#231;a &#224; Caen : il y avait comme un parcours. D'abord arriver, ensuite trouver un boulot, trouver un CDI... Je voulais que le livre garde la trace de ce rythme, de ce parcours. Et puis j'ai rencontr&#233; des gens passionnants. Et je voulais aussi que &#231;a se ressente &#224; la lecture. Apr&#232;s, pour ce qui est des mod&#232;les... Je lis beaucoup, de la litt&#233;rature fran&#231;aise, des romans du XIXe... mais je ne parlerais pas de mod&#232;les, non &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Certes, la sociologie-r&#233;ellement-existante ne constitue pas toujours une voie royale, mais combien d'enqu&#234;tes journalistiques se sont inspir&#233;es de &lt;i&gt;La Mis&#232;re du Monde&lt;/i&gt;, dirig&#233;e par Pierre Bourdieu et publi&#233;e en&#8230; 1993 ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple ce qu'elle dit dans un entretien accord&#233; aux &lt;i&gt;Derni&#232;res nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt; (24 f&#233;vrier) : &lt;i&gt;&#171; En arrivant sur le terrain, j'ai pu mesurer le nombre d'id&#233;es re&#231;ues que j'avais sur le sujet. Je les avais toutes. J'ai commenc&#233; comme B&#233;cassine chez les pr&#233;caires ! Je savais que le ch&#244;mage existe, qu'il est subi et que l'emploi est incertain. Pourtant, en arrivant &#224; Caen, j'&#233;tais persuad&#233;e que j'allais trouver du travail dans la semaine ! J'ai mis deux mois et demi &#224; trouver deux heures de m&#233;nage... J'ai aussi d&#233;couvert que pour trouver un travail, il faut d&#233;j&#224; un certain niveau de confort mat&#233;riel : poss&#233;der une voiture, un t&#233;l&#233;phone portable et l'internet. L'&#233;quipement n&#233;cessaire pour &#234;tre demandeur d'emploi est impressionnant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Question et r&#233;ponse sur le site de Biblioobs, sous le titre &lt;a href=&#034;http://bibliobs.nouvelobs.com/20100304/18095/florence-aubenas-et-la-vie-des-autres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Florence Aubenas et &#8220;la vie des autres&#8221; &#187;&lt;/a&gt; :&lt;br class='manualbr' /&gt;- BibliObs : &lt;i&gt;&#171; Certains vous reprochent d'exploiter le sujet de la pr&#233;carit&#233;...&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- F. Aubenas : &lt;i&gt;&#171; Je ne comprends pas &#231;a. Le journalisme par d&#233;finition s'int&#233;resse &#224; la vie des autres. Il y a eu des reportages, des enqu&#234;tes &#224; Ha&#239;ti, parmi les SDF, les sans-papiers... C'est le principe m&#234;me de la presse. Elle a toujours fait des reportages sociaux, et &#224; mon avis, l'erreur serait justement de ne plus en faire. On nous reproche assez, nous les journalistes, de rester dans notre petit monde, de nous interviewer les uns les autres... Je fais des reportages sociaux depuis vingt ans, je ne vois pas pourquoi &#231;a pose un probl&#232;me maintenant. Quant &#224; dire que je fais du fric... Franchement, si je veux vraiment gagner de l'argent facilement, je fais un livre sur l'Irak &lt;/i&gt;[Sans doute fait-elle allusion &#224; sa captivit&#233;]. &lt;i&gt;J'ai toujours refus&#233;, &#231;a ne m'int&#233;resse pas de parler de moi. &#034;Quai de Ouistreham&#034;, ce n'est pas mon histoire, c'est leur vie &#224; eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parmi ces livres, &lt;i&gt;Quartier Nord&lt;/i&gt;, de Fran&#231;ois Ruffin (Fayard, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paul Amar &#171; revoit et corrige &#187; sur France 5 : sans &#171; Droit au Logement &#187;, mais jamais sans la ministre (Vid&#233;o)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Paul-Amar-revoit-et-corrige-sur-France-5-sans-Droit-au-Logement-mais-jamais</link>
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		<dc:date>2007-10-30T08:25:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France 5</dc:subject>
		<dc:subject>Pressions</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, immobilier</dc:subject>
		<dc:subject>Florence Aubenas</dc:subject>
		<dc:subject>Sur le vif</dc:subject>
		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Amar</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Revu et corrig&#233;&#034;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand Florence Aubenas embarrasse Christine Boutin et Paul Amar.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Pressions-censures-et-collusions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Pressions, censures et collusions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-5-22-+" rel="tag"&gt;France 5&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pressions-+" rel="tag"&gt;Pressions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Logement-immobilier-+" rel="tag"&gt;Logement, immobilier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Florence-Aubenas-+" rel="tag"&gt;Florence Aubenas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sur-le-vif-+" rel="tag"&gt;Sur le vif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Independance-+" rel="tag"&gt;Ind&#233;pendance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Paul-Amar-+" rel="tag"&gt;Paul Amar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Revu-et-corrige-+" rel="tag"&gt;&#034;Revu et corrig&#233;&#034;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Christine Boutin, ministre du Logement, aurait &lt;i&gt;&#171; fait comprendre &#187;&lt;/i&gt; &#224; la production de &#171; Revu et corrig&#233; &#187; sur France 5 qu'elle ne souhaitait pas d&#233;battre avec Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Droit au Logement (DAL). Cet interdit politique a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; en direct, lors de l'&#233;mission du 28 octobre 2007, par Florence Aubenas. Retour sur l'incident. Car, comme le dit, fort &#224; propos et non sans malice, la journaliste : &lt;i&gt;&#171; Il est int&#233;ressant de voir comment se fabrique l'information puisqu'on est dans une &#233;mission qui parle pr&#233;cis&#233;ment de &#231;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe title=&#034;Paul Amar : sans &#171; Droit au Logement &#187;, mais jamais sans la ministre&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/Z9tkq9KEuqw?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;
&lt;p&gt;Plus qu'embarrass&#233;e, dans un premier temps, la ministre nie. Puis elle admet (ou semble admettre) la v&#233;rit&#233; quand Paul Amar lui propose une porte de sortie &#171; honorable &#187;, sugg&#233;r&#233;e par le r&#233;dacteur en chef &#224; l'oreillette : &lt;i&gt;&#171; Vous ne vouliez pas d&#233;battre &#224; la t&#233;l&#233;vision, c'est vrai que vous l'avez rencontr&#233; dans votre bureau &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peu nous importent ici les tergiversations minist&#233;rielles (m&#234;me si le mensonge est un p&#233;ch&#233;, Madame&#8230;) : Christine Boutin avait parfaitement le droit de refuser de d&#233;battre avec Jean-Baptiste Eyraud, pour peu qu'elle s'en explique publiquement, &#224; ses risques et p&#233;rils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, contestables, sinon path&#233;tiques, les explications, &#224; chaud, de Paul Amar m&#233;ritent qu'on s'y arr&#234;te :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On avait le choix entre ne pas faire du tout de d&#233;bat donc ne pas du tout en parler ou en parler en vous invitant vous [Florence Aubenas] et en plus en &#233;tant dans l'esprit de l'&#233;mission qui consiste &#224; inviter des journalistes. Si on avait acc&#233;d&#233; &#224; ce d&#233;sir de pas de d&#233;bat entre Mme Boutin et M. Eyraud, on en aurait pas du tout parl&#233;. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Pas d'autre choix ? Vraiment ? Il &#233;tait donc inconcevable , particuli&#232;rement, dans une &#233;mission &#171; de d&#233;cryptage &#187;, de se passer de la pr&#233;sence d'une ministre ? Le pouvoir UMP est-il &#224; ce point invisible dans les m&#233;dias qu'il faille priver d'acc&#232;s au plateau de t&#233;l&#233;vision le porte-parole d'une association comme Droit au Logement ? La question du traitement m&#233;diatique des luttes sur le logement &#233;tait donc inabordable &#8211; &#171; on en aurait pas du tout parl&#233; &#187; &#8211; sans la caution d'un repr&#233;sentant du gouvernement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant de d&#233;f&#233;rence vaut d&#233;cryptage de certaines pratiques journalistiques. Et de la critique m&#233;diatique des m&#233;dias dans sa version &#171; revue et corrig&#233;e &#187; par Paul Amar.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe : Un communiqu&#233; &#187; du SNJ-CGT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France malade de son information b&#226;illonn&#233;e&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
France 5 doit des explications et des excuses &#224; propos des &#171; incidents &#187; qui ont &#233;maill&#233; l'&#233;mission &#171; Revu et corrig&#233; &#187;, pr&#233;sent&#233;e par Paul Amar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;battre du sujet des mal log&#233;s, les journalistes de l'&#233;mission avaient invit&#233; la ministre en charge du dossier, Christine Boutin, et Jean-Baptiste Eyraud du DAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre aurait exig&#233; le retrait du militant associatif et c'est Florence Aubenas qui a pos&#233; la question de son absence sur le plateau. La g&#234;ne de Paul Amar et, surtout, de la ministre &#233;tait visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est hautement symbolique qu'une &#233;mission de d&#233;cryptage des m&#233;dias, sur une cha&#238;ne de service public soit le th&#233;&#226;tre d'un tel acte de censure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SNJ-CGT demande que toutes les explications soient fournies aux t&#233;l&#233;spectateurs et que le CSA condamne les interventions intempestives de ministres sur le contenu de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera que cet acte s'est produit le jour o&#249; le pr&#233;sident de la R&#233;publique a provoqu&#233; un autre incident sur la cha&#238;ne am&#233;ricaine CBS, quittant le plateau parce qu'une question lui d&#233;plaisait. Il est vrai que Nicolas Sarkozy, ami de tous les patrons de presse, a l'habitude d'avoir des journalistes complaisants face &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le SNJ-CGT, ces deux faits sont les derni&#232;res manifestations du malaise de l'information en France. Le syndicat appelle les journalistes &#224; entrer en r&#233;sistance et &#224; participer aux manifestations pr&#233;vues le 5 novembre (dans toute l'Europe) pour un journalisme de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montreuil, le 29 octobre 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Deux poids, deux mesures</title>
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		<dc:date>2005-05-27T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Dominique Reyni&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Florence Aubenas</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Selon que vous serez un v&#233;n&#233;rable partisan du Trait&#233; ou son m&#233;prisable adversaire...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Vous-avez-dit-equite-" rel="directory"&gt;Vous avez dit &#034;&#233;quit&#233;&#034; ? [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Dominique-Reynie-+" rel="tag"&gt;Dominique Reyni&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Florence-Aubenas-+" rel="tag"&gt;Florence Aubenas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Selon que vous serez un v&#233;n&#233;rable partisan du Trait&#233; ou son m&#233;prisable adversaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/HALIMI/12168&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; M&#233;dias en tenue de campagne europ&#233;enne &#187;&lt;/a&gt;, paru dans &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; de mai 2005, Serge Halimi relevait l'indignation s&#233;lective et asym&#233;trique des moralistes des m&#233;dias face &#224; des propos qu'ils jugent choquants : &#171; Ils furent nombreux &#224; fustiger M. Henri Emmanuelli quand celui-ci rapprocha les actuels minoritaires du Parti socialiste et les anciens opposants au mar&#233;chal P&#233;tain : &lt;i&gt;&#171; On est loin du d&#233;bat &#233;clair&#233; et d&#233;mocratique ; on est plut&#244;t dans l'invective et l'outrance verbale &#187;&lt;/i&gt; (Dominique Reyni&#233;, i-t&#233;l&#233;vision, 14 mars). Mais les m&#234;mes se montr&#232;rent moins &#171; choqu&#233;s &#187; quand, parlant cette fois des opposants au trait&#233;, Mme Martine Aubry leur reprocha un &lt;i&gt;&#171; populisme qui a conduit l'Italie d'autrefois &#224; ce qu'on sait &#187;.&lt;/i&gt; Mussolini, est-ce beaucoup moins grave que P&#233;tain ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques nouveaux &#233;chantillons de traitement asym&#233;trique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#171; gaffe &#187; de Fran&#231;ois Hollande ? N'en parlons pas....&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur France Culture, le 26 mai &#224; 13 heures, Fran&#231;ois Hollande tient des propos en rupture totale avec le discours habituel des partisans du &#171; Oui &#187;, qui soutiennent que le Trait&#233; est un bon trait&#233;, le plus social et le plus d&#233;mocratique que l'on puisse esp&#233;rer. En rupture surtout, avec l'invitation insistante &#224; d&#233;connecter les enjeux int&#233;rieurs et europ&#233;ens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Fran&#231;ois Hollande : &lt;i&gt;Mais de toute mani&#232;re, on aura le m&#234;me pr&#233;sident jusqu'en 2007. &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; D&#232;s lors qu'il ne met pas sa personne en cause, on peut le regretter ou on peut ...&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Journaliste : &lt;i&gt;Vous souhaiteriez qu'il mette sa personne en cause ?&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Fran&#231;ois Hollande : &lt;i&gt;Non, non, aujourd'hui il n'y a pas de raison qu'il le fasse puisqu'il ne l'a pas fait &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;et s'il l'avait fait d'ailleurs, nous aurions appel&#233; &#224; voter non&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En gras : soulign&#233; par nous.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; [...]&lt;br class='manualbr' /&gt;- Autre journaliste : &lt;i&gt;Fran&#231;ois Hollande, pardon, mais vous m'avez fait sursauter. Vous avez dit : si Jacques Chirac avait mis en quelque sorte son poste en balance, si le r&#233;f&#233;rendum e&#251;t &#233;t&#233; donc un pl&#233;biscite, vous auriez appel&#233; &#224; voter non. Donc pas de trait&#233; ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Fran&#231;ois Hollande : &lt;i&gt;Ecoutez, &#231;a on l'avait signal&#233; d&#232;s le d&#233;part. On avait dit : nous, nous sommes pour un r&#233;f&#233;rendum &#224; condition qu'il n'y ait effectivement pas de pl&#233;biscite. Sinon, c'est une autre question qui est pos&#233;e. &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; L&#224;, il ne s'agit pas de &#231;a, il ne met pas sa personne en cause. On le conna&#238;t trop bien, Jacques Chirac, il ne remet aucun de ses mandats en cause. A partir de l&#224;, le seul sujet c'est le trait&#233; constitutionnel.&lt;/i&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Si &#231;a avait &#233;t&#233; sa personne, c'&#233;tait un autre d&#233;bat politique, une autre configuration&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En version sonore :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_288 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-288 &#034; data-id=&#034;1b3655e19734a906d100ee6949b6cc97&#034; src=&#034;IMG/mp3/Hollande_FC_26-05-05_13h-2.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est remarquable que la presse, avec sa scrupuleuse honn&#234;tet&#233;, n'ait pas fait davantage &#233;cho &#224; cette d&#233;claration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, 27 mai, Fran&#231;ois Hollande est l'invit&#233; de St&#233;phane Paoli sur France Inter. Et c'est un auditeur, pas Paoli, qui l&#232;vera le li&#232;vre de sa tr&#232;s &#233;tonnante d&#233;claration de la veille. Le moins que l'on puisse dire c'est que la r&#233;ponse de Fran&#231;ois Hollande &#233;tait embarrass&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent - mais sait-on jamais ? - silence total dans &#171; nos &#187; m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un slogan sexiste de l'UMP ? Fermons les yeux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Un journaliste de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, entre autres, s'insurgeait contre la violence - &lt;i&gt;&#171; saillies &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; vol&#233;e d'insultes &#187;&lt;/i&gt; - des partisans du &#171; non &#187; sur Internet, dont on nous dit qu'il est devenu le quasi-monopole des adversaires du Trait&#233; (Voir dans : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Paris-Normandie-en-mission-d-information' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt; en &#171; mission d'information &#187;&lt;/a&gt;, &#171; Halte au &#8220;&lt;i&gt;non totalitaire du Net &#8221; &#187;&lt;/i&gt;).&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;Nous lui soumettons, ainsi qu'aux plus charitables de ses confr&#232;res ulc&#233;r&#233;s, ce slogan paru sur un &lt;a href=&#034;http://www.ngdev.com/~jeunesudf80/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site &#171; jeunes &#187; de l'UDF de &#187; la Somme&lt;/a&gt; (o&#249; il figurait dans les &#171; goodies &#187;, mais d'o&#249; il a semble-t-il disparu...)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L288xH384/UDF_trop_bonne-2-b3296.jpg?1776738810' width='288' height='384' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;strong&gt;
&lt;p&gt;Des dessins ind&#233;cents de Cabu ? Ce n'est que de l' humour... &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons qu'un partisan du non pr&#233;tende que Florence Aubenas vote &#171; non &#187; mais que ses ravisseurs br&#251;lent de ratifier de Trait&#233; de Constitution pour l'Europe... &#201;norme scandale ! Mais lorsque par deux fois le dessinateur Cabu se livre &#224; ce genre de tripatouillage &#224; des fins de propagande, nul ne s'indigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re page de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; du 13 avril 2005, Cabu nous sugg&#232;re d'abord qu'Aubenas vote &#171; Oui &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_285 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L280xH288/TCE_Cabu1-2-8a332.gif?1776738810' width='280' height='288' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis le dessinateur explique dans &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; (11 mai 2005) que les ravisseurs de la journaliste sont de fervents partisans du &#171; Non &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_286 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L236xH250/TCE_Cabu2-2-49e7d.gif?1776738810' width='236' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;NB : L'humour ayant, semble-t-il, tous les droits, y compris les droits d'auteur, nous retirerons ces dessins sur simple demande de l'auteur s'il veut les soustraire &#224; la critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le dessinateur Cabu fait voter Florence Aubenas (pour le &#171; oui &#187;) et ses ravisseurs (pour le &#171; non &#187;), Robert M&#233;nard, contre toute attente, oublie de d&#233;plorer, au nom de Reporters sans fronti&#232;res qu'une otage soit mise au service de la propagande d' un dessinateur sans scrupule ; Serge July, patron de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et partisan du trait&#233;, se garde de condamner le cynisme et la d&#233;magogie de Cabu ; Philippe Val, directeur de &lt;i&gt;Charlie Hebdo et &lt;/i&gt;pr&#233;pos&#233; aux le&#231;ons de morale, couvre le d&#233;tournement du soutien &#224; Florence Aubenas en soutien au Trait&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est entendu : pour le &#171; Oui &#187;, tout est permis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Documentation : Acrimed et PLPL]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En gras : soulign&#233; par nous.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lu, vu, entendu : &#171; Joies simples &amp; id&#233;es saines &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Lu-vu-entendu-Joies-simples-idees-saines</link>
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		<dc:date>2005-01-17T00:11:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Laure Adler</dc:subject>
		<dc:subject>Edwy Plenel</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Marie Colombani</dc:subject>
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		<dc:subject>Elisabeth L&#233;vy</dc:subject>
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		<dc:subject>Pascale Clark</dc:subject>
		<dc:subject>Denis Jeambar</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard Guetta</dc:subject>
		<dc:subject>&#034; On refait le monde &#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Florence Aubenas</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les joies simples du journalisme et du consum&#233;risme - Les joies saines des id&#233;es simples&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Lu-vu-entendu-" rel="directory"&gt;Lu, vu, entendu&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laure-Adler-+" rel="tag"&gt;Laure Adler&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Edwy-Plenel-+" rel="tag"&gt;Edwy Plenel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Marie-Colombani-+" rel="tag"&gt;Jean-Marie Colombani&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Pierre-Pernaut-+" rel="tag"&gt;Jean-Pierre Pernaut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Elisabeth-Levy-+" rel="tag"&gt;Elisabeth L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Dassault-+" rel="tag"&gt;Le groupe Dassault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pascale-Clark-+" rel="tag"&gt;Pascale Clark&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Denis-Jeambar-+" rel="tag"&gt;Denis Jeambar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Guetta-+" rel="tag"&gt;Bernard Guetta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-On-refait-le-monde-+" rel="tag"&gt;&#034; On refait le monde &#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Florence-Aubenas-+" rel="tag"&gt;Florence Aubenas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Les joies simples du journalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;A Edwy, Laure Adler reconnaissante.&lt;/strong&gt; Dans &lt;i&gt;Le Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 29 d&#233;cembre 2004 : &lt;i&gt;&#171; Laure Adler, la directrice de France Culture, sait renvoyer les ascenseurs. Les &#233;missions de sa radio &#233;tant bien annonc&#233;es dans &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt; et son suppl&#233;ment radio-t&#233;l&#233;vision, elle a d&#233;cid&#233; d'&#034;&lt;/i&gt;am&#233;nager&#034;&lt;i&gt; la grille de janvier pour faire une petite place &#224; Edwy Plenel. Chaque semaine, l'ex directeur de la r&#233;daction du Monde, toujours journaliste au quotidien, viendra &#233;voquer durant cinq minutes ses coups de coeur pour un bouquin, un film ou une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre. Ou un tr&#232;s bel &#233;ditorial ? &#187; &lt;/i&gt;Une joie simple pour Plenel. Et une &#233;mission de plus pour &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; sur France Culture (il y a d&#233;j&#224; Colombani et, juste avant, une &#233;mission sur les sciences avec &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les confidences de Jean-Pierre Pernaut.&lt;/strong&gt; Dans le suppl&#233;ment TV du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; dat&#233; du 9 janvier 2005, le pr&#233;sentateur du &#171; &lt;i&gt;premier journal de France&lt;/i&gt; &#187; ouvre &#171; &lt;i&gt;en exclusivit&#233;&lt;/i&gt; &#187; son &#171; &lt;i&gt;album de jeunesse&lt;/i&gt; &#187;. Bourgeois provincial, fils de pharmacienne et d'ing&#233;nieur &#224; la t&#234;te d'une entreprise de machine outil, enfance heureuse dans une belle maison en Picardie entour&#233;e d'un hectare, s&#233;minaire. Tout est normal. Quand viennent ces confidences : &#171; &lt;i&gt;Quand mai 68 a &#233;clat&#233;, j'&#233;tais en premi&#232;re. Je ne peux pas dire que j'aie jamais &#233;t&#233; un &#233;l&#232;ve tr&#232;s assidu...Je passais du temps &#224; jouer au Baby-foot avec les copains et je s&#233;chais parfois les cours pour aller au cin&#233;ma : il y en avait alors une quinzaine &#224; Amiens. Mais l&#224;,&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt; en regardant &#224; la t&#233;l&#233; ce qui se passait un peu partout en France, je suis redevenu un homme d'ordre. Je ne me suis jamais senti l'&#226;me d'un id&#233;aliste, j'ai toujours &#233;t&#233; proche de la terre et je me suis certainement dit alors que, d&#233;cid&#233;ment, je n'aimais pas la &#034;chienlit&#034;. C'est comme &#231;a que j'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; : pour gagner sa vie, il faut bosser. Et cette ann&#233;e-l&#224;, alors que l'agitation &#233;tait partout, je n'ai pas s&#233;ch&#233; du tout&lt;/i&gt;. &#187;. &lt;br /&gt;
On ne commente pas, on savoure...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Bernard Guetta en pr&#233;lat du journalisme. &lt;/strong&gt;Le 12 janvier 2005 &#224; 8h15, France Inter, &#034;G&#233;opolitique&#034; de Bernard Guetta. Titre de la chronique : &#171; Parce qu'elle est rare &#187;. Guetta, chroniqueur pas rare, rend ainsi hommage &#224; Florence Aubenas, disparue en Irak :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans &lt;/i&gt;[la]&lt;i&gt; g&#233;n&#233;ration &lt;/i&gt;[de Florence Aubenas]&lt;i&gt;, beaucoup de journalistes sont fascin&#233;s par l'investigation. Ils croient qu'&#224; traquer et d&#233;voiler les scandales de la corruption, ils rendront le monde plus pur. C'est parfois vrai. Il est des silences qu'il faut rompre, des connivences &#224; briser mais les &#171; affaires &#187; comme on dit ne sont que l'&#233;cume de l'injustice, le fruit et non la cause de d&#233;r&#232;glements autrement plus graves que sont l'indiff&#233;rence au malheur d'autrui, l'incapacit&#233; &#224; reconna&#238;tre l'homme, son prochain, son semblable, sur d'autres terres, dans d'autres civilisations, d'autres quartiers que les siens&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre ce proc&#232;s du journalisme d'investigation (qui vise perfidement Edwy Plenel au risque d'atteindre perfidement Florence Aubenas) ? Les journalistes comme Florence Aubenas perdraient-ils leur temps ? Faudrait-il renoncer &#224; regarder le dessous des cartes et &#224; tenter de saisir les d&#233;terminations profondes de pour se contenter de diagnostiquer comme &#171; d&#233;r&#233;glements plus graves &#187; [que les &#171; affaires &#187;]... &lt;i&gt;l'indiff&#233;rence au malheur d'autrui, l'incapacit&#233; &#224; reconna&#238;tre l'homme, son prochain, son semblable, sur d'autres terres, dans d'autres civilisations, d'autres quartiers que les siens&lt;/i&gt; &#187; ? Pour mener une investigation sur les causes de &#171; d&#233;r&#233;glements &#187; ainsi pr&#233;sent&#233;s, nul besoin de journalistes comme Florence Aubenas : quelques moralistes et quelques pr&#233;lats suffisent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Elisabeth L&#233;vy &#171; vir&#233;e &#187; par Pascale Clark. &lt;/strong&gt;Elisabeth L&#233;vy, journaliste multi-carte disposait d'un micro r&#233;gulier dans l'&#233;mission de &#171; On refait le monde &#187;, l'&#233;mission que Pascale Clark anime sur RTL. Le 30 novembre dernier, Elisabeth s'indigne en direct de la pr&#233;sentation du nouveau ministre de l'&#233;conomie que propose Pascale, qui ironise sur ce catholique, p&#232;re de huit enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indign&#233;e de l'indignation d'Elisabeth, Pascale, majest&#233; &#233;ditoriale indign&#233;e de l'irr&#233;v&#233;rence d'une autre majest&#233;, met un terme, quelques temps plus tard, &#224; la collaboration d'Elisabeth &#224; l'&#233;mission. Un acte de censure qui vaut &#224; sa victime, dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; du 13 d&#233;cembre 2004, l'honneur d'une &#171; br&#232;ve &#187; - intitul&#233;e &#171; &lt;i&gt;Elisabeth L&#233;vy attaque Pascale Clark&lt;/i&gt; &#187;. qui donne la parole &#224; Elisabeth L&#233;vy et qui &#233;voque &#171; &lt;i&gt;un chapeau sarcastique et engag&#233; dans lequel elle attaquait Herv&#233; Gaymard avec des arguments insupportables, comme celui qui consiste &#224; dire ironiquement qu'il a huit enfants&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;s'&#233;tonne&lt;/i&gt; &#187; de la r&#233;action de Pascale Clark : &#171; &lt;i&gt;Pascale Clark n'est pas un arbitre neutre&lt;/i&gt;, estime Elisabeth L&#233;vy. &lt;i&gt;Bon, je pouvais m'en accommoder tant que le d&#233;bat existait. Mais l&#224;, ce qui est grave, c'est qu'elle n'accepte pas qu'on conteste ses points de vue et qu'on attaque sa parole. Cela pose un probl&#232;me dans un rendez-vous qui repose sur la confrontation des id&#233;es et sur la libert&#233; d'expression.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elisabeth L&#233;vy a raison. Et elle sait de quoi elle parle depuis qu'elle a censur&#233; Acrimed, &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; et Pierre Carle dans une &#233;mission qu'elle leur a consacr&#233;e sur France Culture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Le Premier pouvoir &#187; : Analyse d'un non passage &#224; l'antenne (1) et &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La diff&#233;rence ? Elisabeth L&#233;vy peut continuer &#224; parler et &#233;crire sur France Culture, dans l'&#233;mission &#171; Culture et d&#233;pendances &#187;, dans &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Le Figaro Magazine&lt;/i&gt;. Il reste que ce n'est pas bien de l'avoir priv&#233;e de l'un de ses micros...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ich bin ein ignorant (1).&lt;/strong&gt; Dans le c&#233;l&#232;bre &#233;ditorial de Jean-Marie Colombani&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur une id&#233;e de Bernard Kouchner, lire &#034; Tous Am&#233;ricains &#034; : Colombani (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#034; Nous sommes tous Am&#233;ricains &#034; (13 septembre 2001), le directeur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; situait en 1962 la d&#233;claration de Kennedy &#224; Berlin &#034; Ich bin ein Berliner &#034;, phrase prononc&#233;e en r&#233;alit&#233; le 26 juin 1963. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; n'a jamais publi&#233; de rectificatif (lire &lt;a href='https://www.acrimed.org/Nous-sommes-tous-Americains-1-le-celebre-editorial' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#034;Nous sommes tous Am&#233;ricains&#034; (1) : le c&#233;l&#232;bre &#233;ditorial &lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.acrimed.org/Colombani-et-Le-Monde-brouilles-avec-les-dates' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Colombani et &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; brouill&#233;s avec les dates&lt;/a&gt;), le fameux &#233;dito &#233;tant m&#234;me repris tel quel d&#233;but 2002 dans le livre de Colombani &lt;i&gt;Tous Am&#233;ricains ?&lt;/i&gt; (Fayard).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phrase de Kennedy ne porte pas bonheur aux tycoons de la presse parisienne, puisque le 6 d&#233;cembre 2004, c'est le patron de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; Denis Jeambar qui commet la m&#234;me bourde dans son &#233;dito (lien p&#233;rim&#233;), clamant avec grandiloquence &#224; propos de Chypre : &lt;i&gt;&#034; Y aura-t-il un homme politique europ&#233;en pour oser d&#233;clarer, &#224; la mani&#232;re de Kennedy devant le mur de Berlin en 1961, devant cette construction de la honte : &#034;Ich bin ein Nicosier&#034; ? &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ich bin ein ignorant (2). &lt;/strong&gt;Dans la rubrique &#034;on a beau &#234;tre (incommensurablement) riche, les journalistes ne sont toujours pas fichus d'&#233;crire votre nom&#034;, on peut s'&#233;tonner de lire ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e des articles sur Warren Buffett, deuxi&#232;me fortune des Etats-Unis apr&#232;s Bill Gates, dont des papiers commis par un paquet de journalistes &#233;co (y compris dans &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt; ou le &lt;i&gt;Figaro Economie&lt;/i&gt;, a priori sp&#233;cialis&#233;s), qui persistent &#224; l'&#233;crire avec un seul T. (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 16 d&#233;cembre 2004 : &#171; &lt;i&gt;Bill Gates : un peu plus pr&#232;s de Warren Buffet&lt;/i&gt; &#187;).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Un reportage hors du temps.&lt;/strong&gt; Didier Robert, de Bruxelles nous &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [...] &lt;i&gt;j'ai &#233;t&#233; r&#233;vuls&#233; par une intervention sur TF1, au cours du JT de 20 heures du dimanche 26 d&#233;cembre, pr&#233;sent&#233;e par Mme Claire Chazal, que l'on ne pr&#233;sente plus.&lt;br /&gt;
Il s'agissait d'un petit reportage sur la fabrication des jouets en Chine, comme on le sait, premier producteur mondial de ce qui est cens&#233; ravir nos ch&#232;res t&#234;tes blondes et brunes [ au cours duquel], on ne manque pas de souligner &#171; que la Chine produit des jouets en masse, mais pas toujours en respectant les travailleurs, en majorit&#233; des femmes, jeunes, qui s'&#233;chinent jusqu'&#224; 14 heures par jour &#224; fabriquer les millions de jouets qui seront ensuite vendus aux 4 coins du monde &#187;. Et les images de comparer &#171; une bonne usine &#187; et ses travailleuses souriantes et appliqu&#233;es, puis &#171; une mauvaise usine &#187;, o&#249; l'on voit des femmes affal&#233;es sur l'&#233;tal, tout simplement &#233;puis&#233;es par les cadences impos&#233;es. &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est donc le 26 d&#233;cembre et non le 31 novembre ou le 4 d&#233;cembre, que la r&#233;daction de TF1 (je cite pour exemple, les autres ne valent gu&#232;re mieux, sans doute) que [exemple significatif : r&#233;am&#233;nagement opportuniste o&#249; l'on esquisse une situation sociale point&#233;e comme &#171; d&#233;rangeante &#187;, alors qu'elle est tout simplement monstrueuse &#224; en croire les rapports plus exhaustifs de diff&#233;rentes ONG.&lt;/i&gt; [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une petite le&#231;on sociale, mais &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt;. Y a un temps pour tout : un temps pour la consommation (et la publicit&#233;), un temps pour l'information (et la morale) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Flagorneries et enflures.&lt;/strong&gt; V&#233;ronique Goussard po&#233;tise dans &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;, 7 janvier 2004 : &#171; &lt;i&gt;Patrick Le Lay tient de ces guerriers qui, sit&#244;t qu'une monture s'&#233;croulait sous eux, en enfourchaient une nouvelle. &lt;/i&gt; &#187;. Le titre de l'article ? &#171; &lt;i&gt;La v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; (sic) &lt;i&gt;sur...le lobbying anti-TNT de TF1&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Les joies simples de la consommation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Suppl&#233;ments cadeaux.&lt;/strong&gt; Parmi la collection de catalogues dont nous ont &#171; gratifi&#233;s &#187; nos m&#233;dias, ce slogan au hasard &#171; &lt;i&gt;la f&#234;te est un art&lt;/i&gt; &#187;. De vendre ? (Suppl&#233;ment &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 9 d&#233;cembre).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Aux consommateurs de journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s. &lt;/strong&gt;La newsletter de &lt;i&gt;CB news&lt;/i&gt; 10 d&#233;cembre 2003, relaie le r&#233;sultat d'une &#233;tude britannique du docteur Attila Szabo (de l'Universit&#233; de Nottingham Trent), selon lequel &#171; &lt;i&gt;regarder les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s serait mauvais pour la sant&#233; &#187;. &lt;/i&gt;Ainsi &#171; &lt;i&gt; le fait d'&#234;tre expos&#233;, dans une courte p&#233;riode de temps, aux &#233;v&#233;nements qui se d&#233;roulent dans le monde serait g&#233;n&#233;rateur de d&#233;pression, de col&#232;re et d'anxi&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187;. Cette &#233;tude n'indique pas, en revanche, si les publicit&#233;s et leurs repr&#233;sentations id&#233;ales qui bordent les JT sont des antid&#233;presseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Aux consommateurs d'informations.&lt;/strong&gt; De nos jours, c'est la fiction qui doit enrober l'information pour pi&#233;ger l'imaginaire du lecteur en grimant la r&#233;alit&#233;. C'est ce que rappelle Denis Muzet, pr&#233;sident de l'Observatoire du d&#233;bat public, qui vend son &#233;tude... dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 23 d&#233;cembre puis &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 3 janvier : &#171; &lt;i&gt;Ce sont les m&#233;dias qui d&#233;sormais font l'Histoire avec un grand H &lt;/i&gt;[sic !],&lt;i&gt; qui donnent du sens au monde. Et ce sur un mode curieusement peu rationnel. Que ce soit le traitement du film Am&#233;lie Poulain ou le combat Chirac-Sarkozy, les m&#233;dias adoptent des formes de r&#233;cit qui empruntent &#224; la fiction. Sur une cha&#238;ne comme Plan&#232;te, on voit des documentaires qui sc&#233;narisent des cataclysmes. Avec une voix off type t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; en commentaire. Cette vision catastrophiste du monde finit par s'imposer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'exemple de la transformation de la politique en fiction, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; du 3 janvier qui use d'accroches que l'on croiraient tir&#233;es&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;de bandes dessin&#233;es ou de polar : &#171; &lt;i&gt;LES MYSTERES DE 2005 &lt;/i&gt;/ &lt;i&gt;Jacques Chirac : Le myst&#232;re de la statuette ; Jean-Pierre Raffarin - Le myst&#232;re du 4 x 4 ; Dominique de Villepin, Mich&#232;le Alliot-Marie, Jean-Louis Borloo, Jean-Louis Debr&#233; - Le myst&#232;re de l'antichambre ; Nicolas Sarkozy Le myst&#232;re du costume ; Fran&#231;ois Bayrou - Le myst&#232;re de Mitterrand, Fran&#231;ois Hollande ; Le myst&#232;re de l'incarnation - Lionel Jospin, Laurent Fabius, Le myst&#232;re de la r&#233;surrection&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ventes de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; souffrent, y a pas de myst&#232;re ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Les joies saines des id&#233;es simples &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; et l'ultralib&#233;ralisme.&lt;/strong&gt; Dans la s&#233;rie des id&#233;es saines, extrait ci-dessous d'une petite chronique sign&#233;e Jean-Pierre Robin&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;d'un essai sur l'ultralib&#233;ralisme (&#171; Des id&#233;es en &#233;conomie pour le nouveau mill&#233;naire &#187;, de Robert J. Barro), tranquillement post&#233;e en page saumon du Figaro du Lundi 3 Janvier 2005 et titr&#233; &lt;strong&gt;&#171; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Les id&#233;es&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;d&#233;capantes&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;d'un ultralib&#233;ral &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Extraits : &#171; &lt;i&gt;Voici quelqu'un qui n'a pas peur de se qualifier d'ultralib&#233;ral.&lt;/i&gt; &#187;, un livre &#171; &lt;i&gt;bourr&#233; d'id&#233;es&lt;/i&gt; &#187; dont le &#171; &lt;i&gt;credo est de laisser agir les march&#233;s : les acteurs priv&#233;s disposent de bien plus d'informations et de jugement qu'un bureau administratif. L'action de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie vise moins &#224; favoriser l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, comme elle le pr&#233;tend, qu'&#224; favoriser les conservatismes de tout poil&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la s&#233;rie, &#034;une chose dont on ne parle pas n'existe pas&#034; (cf. La derni&#232;re sortie de Le Pen) on peut accessoirement s'interroger sur le fait que &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; choisisse de chroniquer ce livre en faisant mine de prendre ses distances. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Haro sur les gr&#233;vistes.&lt;/strong&gt; Avant les gr&#232;ves des 19 janvier 2005 et du 5 f&#233;vrier 2005, un rappel : le 25 novembre 2004, &#224; l'appel de huit syndicats (CGT, CFDT, FO, CFTC, Sud-Rail, Unsa, CGC et FGAAC), des dizaines de milliers de cheminots d&#233;filaient &#224; Paris pour d&#233;fendre l'emploi, les salaires, le service public, le droit de gr&#232;ve et assurer l'avenir du fret. L'occasion de saluer le retour des sempiternelles figures impos&#233;es enfumant les reportages consacr&#233;s &#224; la manifestation tels que &#171; &lt;i&gt;l'ire &lt;/i&gt;(sic)&lt;i&gt; des voyageurs pris au pi&#232;ge&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, 25 novembre), ou ce commentaire aux relents de &#171; grand soir &#187; du JT de 20.00 de TF1 : &#171; &lt;i&gt;et gare &#224; ceux qui ne comprendraient pas leur mouvement !&lt;/i&gt; &#187;. Tremblez !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En garant de la tranquillit&#233;, les quotidiens sont venus rassurer le t&#233;l&#233;spectateur de la premi&#232;re cha&#238;ne terroris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, le 26 novembre les gr&#233;vistes &#233;taient dociles. &#171; &lt;i&gt;Les cheminots manifestent dans le calme pour le service public&lt;/i&gt; &#187; car cette gr&#232;ve semblait sans objet : &#171; &lt;i&gt;Pourtant, la situation s'est d&#233;crisp&#233;e ces derniers mois. Ainsi, apr&#232;s un premier accord salarial depuis 10 ans sign&#233; par les syndicats, une &#233;tape importante a &#233;t&#233; franchie fin octobre avec la signature d'un accord sur le dialogue social et la pr&#233;vention des conflits, premi&#232;re &#233;tape dans la mise en place d'un service garanti dans les transports&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt; - m&#234;me jour, y voyaient plut&#244;t une manifestation strat&#233;gique sous fond de luttes syndicales &#171; &lt;i&gt;plusieurs observateurs estiment qu'alors que SUD-rail (non-signataire) d&#233;pose de nombreux pr&#233;avis de gr&#232;ve, la CGT tient &#224; continuer &#224; jouer son r&#244;le de syndicat revendicateur m&#234;me s'il a sign&#233; l'accord fin octobre.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Haro sur les fonctionnaires.&lt;/strong&gt; Une question &#171; qu'elle est bonne &#187; bord&#233;e par un arsenal technique d'articles b&#234;tes et autres artifices de remplissage (&#171; &lt;i&gt;Mon pouvoir d'achat a baiss&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es&lt;/i&gt; &#187;) qui n'y r&#233;pondent pas (g&#233;n&#233;ralit&#233;s oblige) : &#171; &lt;i&gt;Les fonctionnaires sont-ils encore des privil&#233;gi&#233;s ? &lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, le 8 d&#233;cembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Serge Dassault n'ach&#232;te pas pour perdre de l'argent - &lt;/strong&gt;Evoquant le Football-Club de Nantes, dont il est propri&#233;taire, Serge Dassault d&#233;ment la rumeur selon laquelle il serait sur le point de le vendre, mais pr&#233;cise n&#233;anmoins : &#171; &lt;i&gt;j'adore le football. Mais quand j'ach&#232;te quelque chose, ce n'est pas pour perdre de l'argent&lt;/i&gt;. &#187; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 17 d&#233;cembre.2004). Dans la presse aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Dassault radote. &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, du 15 d&#233;cembre 2004 rapporte : &#171; &lt;i&gt;Serge Dassault a remis &#231;a, le 9 d&#233;cembre, au s&#233;nat : diatribes contre les 35 heures, la RRT, &#8220;&lt;/i&gt;les contraintes syndicales paralysantes&lt;i&gt;&#8221;, la lutte des classes, l'absence de &#8220;&lt;/i&gt;cadeaux fiscaux&lt;i&gt;&#8221; aux entreprises, l'ISF... Tout ce par quoi les socialistes ont &#8220;&lt;/i&gt;cr&#233;e la d&#233;cadence de la France&lt;i&gt;&#8221; en lui &#8220;&lt;/i&gt;donnant le cancer&lt;i&gt;&#8221;, si bien qu' &#8220;&lt;/i&gt;on va tous crever, point&lt;i&gt;&#8221;.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains plus que d'autres auront certainement droit &#224; un enterrement de premi&#232;re classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Publicit&#233; pour la publicit&#233; ? &lt;/strong&gt;Le 23 d&#233;cembre 2004 (aux alentours de 12h43), France Inter diffuse un enregistrement du &lt;i&gt;Jeu des milles euros&lt;/i&gt; depuis Bourganeuf dans la Creuse. L'animateur Louis Bozon commence, comme &#224; l'accoutum&#233;e, par une note historique. Il &#233;voque ainsi entre autres Emile de Girardin, ch&#226;telain de la r&#233;gion au XIXe si&#232;cle. &#171; &lt;i&gt;Il fut le Napol&#233;on de la presse, et l'inventeur dans ses nombreux journaux de la r&#233;clame - la publicit&#233; - sans qui aucun journal ne pourrait subsister aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;{}&lt;br /&gt;{}&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. Et pour finir : les joies simples du canular&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Crobard pi&#233;ge une fois de plus une cha&#238;ne TV. &lt;/strong&gt;R&#233;cit des protagonistes ci-dessous.&lt;strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; PARIS, 30 d&#233;cembre 2004 - La Crobard team, artistes-humoristes, qui &#233;dite depuis 1999 un webzine humoristique du m&#234;me nom, d&#233;j&#224; connue pour avoir mont&#233; un canular sur la location de punks &#224; TF1 cet &#233;t&#233;, a de nouveau pi&#233;g&#233; une &#233;quipe de journalistes TV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveau, contact&#233;s via leur site web, relatant pourtant largement l'aventure avec TF1, ils ont cette fois &#233;labor&#233; un sc&#233;nario visant &#224; satisfaire le magazine de soci&#233;t&#233; &#034; Affaire de familles&#034; diffus&#233; sur M6. Sc&#233;nario abracadabrant &#224; base d'orpheline de gendarme mort en d&#233;fendant un champs d'OGM, orpheline catholique pratiquante se retrouvant h&#233;berg&#233;e chez un couple de punks. Une blague potache sans vice aucun qui finira par se transformer en un des pires clich&#233; du journalisme moderne confinant le tout au vaudeville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que lors du comit&#233; de r&#233;daction pour la pr&#233;sentation du reportage que la supercherie sera d&#233;couverte, &#233;vitant &#224; M6 de diffuser le canular dans son &#233;mission &#034;Affaire de familles&#034; du 14 d&#233;cembre 2004 et mena&#231;ant par avance le crobard contre tout usage des &#233;l&#233;ments soup&#231;onn&#233;s d'avoir &#233;t&#233; obtenus lors du reportage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;tails canular M6 : r&#233;cit, photos et vid&#233;os &lt;a href=&#034;http://crobard.propagande.org/merderie/canular2/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du Crobard&lt;/a&gt; (lien corrig&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;N'ayez plus peur&lt;/strong&gt;. &#171; &lt;i&gt;Taper sur tout ce qui bouge c'est r&#233;volu, t&#233;moigne un ancien. Les recrues sont plus instruites, elles veulent comprendre la justification de leurs actes. Certains gars patrouillent dans les cit&#233;s o&#249; ils ont grandi.&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, 16 d&#233;cembre : &#171; &lt;i&gt;A 60 ans, les CRS pr&#233;sentent de nouveaux visages&lt;/i&gt; &#187;. Rectificatif : non, ces propos ne sont pas un canular...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Premier-pouvoir-Analyse-d-un-non-passage-a-l-antenne-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Le Premier pouvoir &#187; : Analyse d'un non passage &#224; l'antenne (1)&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Premier-pouvoir-Analyse-d-un-non-passage-a-l-antenne-2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Le Premier pouvoir &#187; : Analyse d'un non passage &#224; l'antenne (2)&lt;/a&gt; &lt;i&gt;(note d'Acrimed)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur une id&#233;e de Bernard Kouchner, lire &lt;a href='https://www.acrimed.org/Tous-Americains-Colombani-plagiaire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;&#034; Tous Am&#233;ricains &#034;&lt;/i&gt; : Colombani plagiaire ?&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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