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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Mai 68 sur RTL - Trois mois de festin, trois mois de digestion</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Mai-68-sur-RTL-Trois-mois-de-festin-trois-mois-de</link>
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		<dc:date>2008-07-16T07:01:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadine Floury</dc:creator>


		<dc:subject>1968 - Le mouvement de mai-juin</dc:subject>
		<dc:subject>RTL</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une c&#233;l&#233;bration qui tourne &#224; l'autoc&#233;l&#233;bration, des commentaires qui se passent de commentaires, des d&#233;bats pour ne rien dire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mai-68-Quarante-ans-apres-" rel="directory"&gt;Mai 68... Quarante ans apr&#232;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-1968-Le-mouvement-de-mai-juin-+" rel="tag"&gt;1968 - Le mouvement de mai-juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RTL-+" rel="tag"&gt;RTL&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;partie sur trois mois, la comm&#233;moration de Mai 68 s'est r&#233;pandue dans tous les m&#233;dias. Un raz-de-mar&#233;e &#233;ditorial qu'il est quasiment impossible de restituer, mais dont il n'est pas inutile de se demander ce qu'il a laiss&#233; apr&#232;s son passage. Parce que RTL est la premi&#232;re station de radio par son audience et qu'elle se targue d'avoir &#233;t&#233;, il y a 40 ans, au c&#339;ur des &#233;v&#232;nements, elle m&#233;rite d'&#234;tre prise pour exemple : que reste-t-il apr&#232;s trois mois pendant lesquels les archives sonores de RTL ont &#233;t&#233; diffus&#233;es en boucle et apr&#232;s que trente &#233;missions et s&#233;quences ont-&#233;t&#233; consacr&#233;es aux &#171; Ev&#233;nements &#187; ? A dire vrai, pas grand-chose&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ils n'ont pas m&#233;nag&#233; leur peine &#187;, est on tent&#233; de penser en lisant, sur le site de la station, la longue liste qui constitue le dossier consacr&#233; &#224; Mai 68 et dont le titre est particuli&#232;rement solennel : &lt;i&gt;&#171; RTL c&#233;l&#232;bre le quaranti&#232;me anniversaire des &#8220; &#233;v&#232;nements &#8221; qui ont transform&#233; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 1er mars au 26 mai, le th&#232;me Mai 68 a &#233;t&#233; abord&#233; plus de trente fois, sur RTL matin, sur RTL soir, en compagnie des chroniqueurs attitr&#233;s et d'illustres invit&#233;s, au travers de livres, BD, CD, DVD&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Inventaire complet : Le 1er mars : &#171; Le Journal inattendu &#187; de Laurence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les festivit&#233;s ont d&#233;but&#233; d&#232;s le 1er mars avec &#171; Le journal inattendu &#187; de Laurence Ferrari. Elles se sont closes subrepticement au petit matin du 26 mai dans la rubrique &#171; C'est sur le Net &#187; de Pascale Laverton. Le 1er mars le titre de l'&#233;mission annon&#231;ait : &#171; Le journal inattendu &lt;strong&gt;refait&lt;/strong&gt; mai 68 &#187;. Non pas &#171; faire &#224; nouveau &#187;, ni m&#234;me &#171; rejouer &#187; ou &#171; revivre &#187;, mais refaire comme on refait une toiture : une entreprise de r&#233;fection. Le 26 mai &#171; C'est sur le Net &#187; &#233;voquait la vente de mai 68 par des marques c&#233;l&#232;bres, par ce terrible constat &lt;i&gt;&#171; Le business est plus fort que la r&#233;volution &#187;..&lt;/i&gt; Mais parmi ces marques, manquait&#8230; RTL qui a largement couvert l'&#233;v&#233;nement et lui a m&#234;me consacr&#233; un CD en collaboration avec &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; : mais pour c&#233;l&#233;brer qui et quoi ? D'abord RTL !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;I. Autoc&#233;l&#233;bration&lt;br /&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 1er mars, donc, dans &#171; le journal inattendu &#187; de Laurence Ferrari Christian Brincourt rapportait les propos de Christian Fouchet alors ministre de l'int&#233;rieur : &lt;i&gt;&#171; Dites &#224; votre ami Farkas de cesser de radioguider les manifestants, il nous complique la t&#226;che. &#187; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&#192; force d'entendre et r&#233;entendre, gr&#226;ce aux archives de RTL, les reporters &#233;viter de justesse le pav&#233; qui vole ou suffoquer sous les gaz lacrymog&#232;nes, leurs voix haletantes se superposant &#224; celles des &#171; bellig&#233;rants &#187;, on pourrait &#234;tre tent&#233; de croire qu'ils ont &#233;t&#233; les principaux acteurs de l'&#233;v&#232;nement. Le pas n'est pas loin d'&#234;tre franchi d'ailleurs avec Charles Pasqua, lors de cette m&#234;me &#233;mission, lorsqu'il dit, &#224; propos des envoy&#233;s sp&#233;ciaux des radios : &lt;i&gt;&#171; Ce sont eux qui ont suscit&#233; la diffusion de cette atmosph&#232;re, qui ont enclench&#233; le d&#233;veloppement d'une atmosph&#232;re insurrectionnelle. &#187; &lt;/i&gt; July lui accorde :&lt;i&gt; &#171; &#199;a contribue &#224; dramatiser ; il y a une dramatisation qui est faite sur le m&#233;dia par le m&#233;dia. &#187; &lt;/i&gt;Patrick Pesnot, reporter &#224; RTL en 68, confirme sur France Culture le 5 mai dans &#171; La fabrique de l'histoire &#187; :&lt;i&gt; &#171; Il y avait donc les &#233;tudiants, les forces de l'ordre et entre les deux les journalistes qui commencent &#224; rendre compte de ce qui se passait et la radio a commenc&#233; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#224; jouer un r&#244;le &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#224; partir de ce moment-l&#224; et de fa&#231;on croissante jusqu'au 30 mai, un r&#244;le consid&#233;rable dans les &#233;v&#232;nements [&#8230;] &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un peu trop consid&#233;rable&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, si je puis en juger aujourd'hui. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#244;le dont s'enorgueillit Herv&#233; B&#233;roud, directeur de la r&#233;daction de RTL qui pr&#233;sente ainsi le CD r&#233;alis&#233; en collaboration avec &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama, &lt;/i&gt; pour en faire la promotion : &lt;i&gt;&#171; Mai 68 c'est avant tout le temps des radios priv&#233;es p&#233;riph&#233;riques [&#8230;] C'est &#224; la radio que le d&#233;bat politique se noue et se joue. C'est &#224; la radio, sur RTL, que l'histoire s'&#233;coute [&#8230;]. &#187; &lt;/i&gt; Et on peut lire, sur le site de RTL, du m&#234;me B&#233;roud : &lt;i&gt;&#171; En 1968, l'ORTF &#233;tait en gr&#232;ve, t&#233;l&#233; et radio publiques muettes. Pour vivre en direct, minute par minute les &#233;v&#233;nements du Printemps, les Fran&#231;ais avaient donc l'oreille coll&#233;e aux radios &#8220; p&#233;riph&#233;riques &#8221;, Europe 1 et la toute jeune RTL.[&#8230;] Quand on se plonge, comme je l'ai fait, dans les archives sonores de RTL, on per&#231;oit le privil&#232;ge des journalistes de la station, dirig&#233;s &#224; l'&#233;poque par Jean-Pierre Farkas. Tout ou presque passe par eux, le pouvoir gaulliste et les manifestants dialoguent en direct &#224; l'antenne, la France vit au rythme de leurs reportages, c&#339;ur battant ou c&#339;ur serr&#233;. &#187; .&lt;/i&gt; Rien que &#231;a ! Dans l'euphorie g&#233;n&#233;rale, Patrick Pesnot reconna&#238;t pourtant le 25 avril que l'omnipr&#233;sence m&#233;diatique de la station ne rimait pas forc&#233;ment avec qualit&#233;, et que la surench&#232;re spectaculaire r&#244;dait : &lt;i&gt;&#171; On nous donnait exag&#233;r&#233;ment l'antenne, Paris n'&#233;tait pas non plus &#224; feu et &#224; sang. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site 20minutes.fr (avec l'AFP) dans l'article &#171; Les radio priv&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conc&#233;der cette &#171; exag&#233;ration &#187; permet de mieux c&#233;l&#233;brer un enfantement. Est-ce RTL qui a fait Mai 68 ? Rien n'est moins s&#251;r&#8230;Est-ce Mai 68 qui a fait RTL ? C'est peu probable... Ce qui est certain c'est que Mai 68 fut l'acte de naissance de la libert&#233; radiophonique&#8230; fa&#231;on RTL. C'est du moins ce que, &#224; l'antenne de RTL, quarante ans apr&#232;s, on ne cesse de dire et de r&#233;p&#233;ter. : Mai 68 c'est d'abord et avant tout la naissance de la radio libre, et ajoute Vincent Parizot le 1er avril &lt;i&gt;&#171; la naissance finalement de la radio moderne &#187;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; la r&#233;volution m&#233;diatique &#187; &lt;/i&gt;puisque &lt;i&gt;&#171; l'actualit&#233; se fait en direct &#187; &lt;/i&gt;et &#233;chappe &#224; la censure &#233;tatique qui frappait France Inter&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;La d&#233;esse Aphrodite &#233;tait sortie des ondes&#8230;en 68, ce sont les ondes qui s'&#233;chappent du chaos de la rue ! RTL qui se glorifie d'&#234;tre une radio populaire et une des plus &#233;cout&#233;es encore aujourd'hui se donne une naissance quasiment mythique, non pas fruit du pouvoir des dieux qui contr&#244;lent le monde mais fruit du peuple d&#233;cha&#238;n&#233; : c'est grandiose et &#233;mouvant. RTL ce ne serait pas Radio T&#233;l&#233; Luxembourg, mais R comme rebelle, T comme transistor, L comme libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&lt;/strong&gt;ransistor ? C'est vrai : si l'explosion du transistor qui a d&#233;tr&#244;n&#233; le gros poste de TSF, si&#233;geant sur le buffet dans la maison, pour aller s'encanailler dans la rue n'a pas &#233;t&#233; la cause des &#233;v&#232;nements, elle a contribu&#233; &#224; sa diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&lt;/strong&gt;ibert&#233; ? C'est pour le moins discutable : si les deux radios alors qualifi&#233;es de &#171; p&#233;riph&#233;riques &#187; (RTL et Europe 1) &#233;chappaient &#224; la censure minist&#233;rielle sur l'information, la suite prouva qu'elles sont en libert&#233; conditionnelle : RTL n'est pas plus &#171; libre &#187; que l'Ecole (priv&#233;e) qui se qualifie ainsi par opposition &#224; l'Ecole publique ; elle n'&#233;chappe pas au contr&#244;le de ses propri&#233;taires et actionnaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;RTL est avant tout une radio priv&#233;e. La marque RTL, qui signifie &#171; radio (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&lt;/strong&gt;&#233;bellion ? Le 1er avril Nathalie Portevin, directrice des hors-s&#233;rie de &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, s'est enflamm&#233;e jusqu'&#224; surnommer RTL &lt;i&gt;&#171; radio barricades&lt;/i&gt; &#187; C'est aller un peu vite en besogne ! Pensait-elle &#224; Radio Planton&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Radio Planton qu'on peut traduire par radio &#171; piquet de gr&#232;ve &#187; &#233;tait la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette radio qui, avec d'autres, lors des journ&#233;es d'&#233;meutes &#224; Oaxaca contre les forces de police, contribuait &#224; organiser les barricades signalant les lieux menac&#233;s par les paramilitaires et les casseurs ? Une diff&#233;rence de taille : ses animateurs &#233;taient avant tout des militants engag&#233;s consciemment dans la lutte contre le pouvoir en place&#8230;Ce qu'on ne peut pas dire des reporters de RTL en 68, m&#234;me s'il est probable que certains d'entre eux sympathisaient avec le mouvement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Farkas, r&#233;dacteur en chef de l'information &#224; l'&#233;poque, r&#233;agit avant tout comme un professionnel, lucide quant aux d&#233;rives possibles de son m&#233;tier, et non comme un militant engag&#233;. Il l'explique sur France Culture le 5 mai dans &#171; La fabrique de l'histoire &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le vendredi matin quand &#231;a commence &#224; castagner, tout de suite je me rends compte que la cl&#233; va &#234;tre dans du direct, y a la surprise de mon &#233;quipe, des jeunes reporters qui &#233;taient l&#224; devant tant de violence [&#8230;] L&#224; quand &#231;a commence &#224; &#233;clater dans le Quartier Latin, j'entends encore Pesnot qui r&#233;agit comme quelqu'un qui a peur,[&#8230;] il faut savoir qu'un reporter, surtout un reporter radio, c'est comme un photographe, il peut pas tricher, il est oblig&#233; d'&#234;tre sur le coup[&#8230; ]C'est-&#224;-dire que faire du direct &#224; la radio &#231;a a quand m&#234;me quelques inconv&#233;nients. Le premier c'est que &#224; l'oreille on ne distingue pas une manifestation de gauche d'une manifestation de droite, deuxi&#232;mement quand vous dites au flash de 14h, bon il y a place de l'Od&#233;on, au carrefour machin 300 personnes qui sont l&#224;, vous pouvez &#234;tre s&#251;r qu'au flash de 3 h ils sont 10 000 donc il y a un effet d&#233;multiplicateur et d'autre part le fait que ce que vous dites est port&#233; directement dans la rue . &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Pesnot, pr&#233;sent &#224; la m&#234;me &#233;mission, compl&#232;te un peu apr&#232;s ces propos, honn&#234;tement, sans chercher &#224; se donner un r&#244;le qui n'&#233;tait pas le sien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On n'&#233;tait pas fautif, si on nous a offert pendant un mois la libert&#233; des ondes on en a profit&#233; , moi j'ai jamais &#233;t&#233; chroniqueur sportif mais y avait un peu de &#231;a quand m&#234;me ; on nous permettait soir apr&#232;s soir de d&#233;crire comme on aurait d&#233;crit un match de foot les affrontements entre les policiers et les &#233;tudiants[&#8230;] Faut pas le cacher on y a pris un v&#233;ritable plaisir ; tant qu'on nous a pas interdit de parler on a parl&#233;, c'&#233;tait notre boulot au fond. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi la libert&#233; laiss&#233;e aux reporters ne rimait pas forc&#233;ment avec qualit&#233; de l'information mais souvent aussi et d&#233;j&#224; avec spectacle. Quelques semaines plus t&#244;t, le 25 avril, Patrick Pesnot confesse &#233;galement que l'omnipr&#233;sence m&#233;diatique de la station avait pour cons&#233;quence de favoriser une forme de surench&#232;re : &lt;i&gt;&#171; On nous donnait &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;exag&#233;r&#233;ment &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;l'antenne, Paris n'&#233;tait pas non plus &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#224; feu et &#224; sang&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site 20minutes.fr (avec l'AFP) dans l'article &#8220;Les radio priv&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&lt;br /&gt;II. Interpr&#233;tations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;RTL ne dispose pas seulement d'une r&#233;serve d'archives ; la station dispose &#233;galement de chroniqueurs attitr&#233;s. Pluralisme garanti, avec : Serge July, dans le r&#244;le de l'historien de gauche ; Alain Duhamel, dans le r&#244;le de l'&#233;quilibriste du centre et Franz-Olivier Giesbert,, dans le r&#244;le de l'impr&#233;cateur de droite. Autant dire : diversit&#233; des services d'enterrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge July, l'ex soixante-huitard, le reconverti au &#171; lib&#233;ralisme-libertaire &#187; , celui qui dans son &#233;dito de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, le 3 mai 1978, disait d&#233;j&#224; qu'il y en avait &#171; Ras l'mai &#187; , a choisi 14 mots pour nous raconter &lt;strong&gt;Son&lt;/strong&gt; Mai 68 (Nanterre, Cohn-Bendit, la Sorbonne, pav&#233;, barricades, CRS, manifs, gr&#232;ves, imagination, chienlit, Grenelle, crise, de Gaulle, juin). Pr&#233;sent&#233; comme &lt;i&gt;&#171; un acteur important de mai 68 &#187;,&lt;/i&gt; un de ceux &lt;i&gt;&#171; qui ont fortement politis&#233; le mouvement &#187; &lt;/i&gt;, il ne semble pas avoir laiss&#233; de trace dans la m&#233;moire collective des participants aux &#233;v&#232;nements. Une chose est s&#251;re, en 2008, il s'attache avant tout &#224; prendre le ton le plus neutre possible et s'emp&#234;tre dans l'&#233;pineuse question du pouvoir. Il d&#233;clare le 5 mai que &lt;i&gt;&#171; La question du pouvoir est pos&#233;e au cours des discussions, la cogestion est &#233;voqu&#233;e, certains parlent m&#234;me d'autogestion &#187; ,&lt;/i&gt; se reprend le 6 mai en disant que &lt;i&gt;&#171; La France &#224; partir du 13 mai s'int&#233;resse plus &#224; la prise de parole qu'&#224; la prise du pouvoir &#187; , &lt;/i&gt;h&#233;site &#224; nouveau dans sa chronique du 9 mai en commen&#231;ant par reconna&#238;tre que&lt;i&gt; &#171; Du 24 au 30 mai la question du pouvoir est pos&#233;e &#187; &lt;/i&gt;pour s'empresser de conclure &lt;i&gt;&#171; Ils (les &#233;tudiants) ne veulent d&#233;cid&#233;ment ni du pouvoir, ni de l'insurrection &#187; &lt;/i&gt; : On chasse comme on peut ses vieux d&#233;mons ! Notons au passage que, bien que cens&#233; &lt;i&gt;&#171; avoir v&#233;cu mai 68 de l'int&#233;rieur &#187; ,&lt;/i&gt; il a pris de la hauteur et ne dit plus &#171; nous &#187; mais &#171; ils &#187; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Duhamel, pas franchement contre mais pas franchement pour non plus&lt;i&gt; &lt;/i&gt;est tout aussi p&#233;remptoire dans sa chronique du 1er mai, dans RTL matin. Il voit 68 &#171; &lt;i&gt; Comme un psychodrame gigantesque et comme une rupture profond&#233;ment anti autoritaire.[&#8230;] C''tait d'abord un mouvement, une aspiration culturelle, profond&#233;ment culturelle, profond&#233;ment nouvelle, profond&#233;ment incoh&#233;rente d'ailleurs aussi. Ce qui &#233;tait frappant c'est qu'&#224; cette &#233;poque-l&#224; les deux principaux protagonistes qu'&#233;taient les &#233;tudiants et les ouvriers voulaient exactement le contraire. Les ouvriers voulaient la soci&#233;t&#233; de consommation, l'acc&#232;s &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation et les &#233;tudiants voulaient la fin de la soci&#233;t&#233; de consommation. &#187; .&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franz-Olivier Giesbert, lui, est franchement contre et ne cache pas sa haine des soixante-huitards : &#171; &lt;i&gt;Notre pays qui aime tant se pencher sur son pass&#233; [&#8230;] est en effet atteint de comm&#233;morite aig&#252;e, &#233;gotisme et pass&#233;isme sont en effet les deux sympt&#244;mes de ce mal &#233;trange, il n'y a pas de jour sans que nous ayons &#224; comm&#233;morer quelque chose : la mort de Sacha Distel, la premi&#232;re dent de Staline[&#8230;]C'est une g&#233;n&#233;ration qui s'auto c&#233;l&#232;bre, la mienne, une g&#233;n&#233;ration narcissique, tr&#232;s contente d'elle[&#8230;] Elle a bien profit&#233; cette g&#233;n&#233;ration, elle s'est bien servi et elle a d&#233;cid&#233; de faire payer ses avanc&#233;es sociales, ses retraites, son train de vie, ses 35 heures et tout le toutim par les g&#233;n&#233;rations futures &#224; qui elles laisseront, soit dit en passant, une dette de l'&#233;tat maousse. Excusez-moi de g&#226;cher la f&#234;te, mais la g&#233;n&#233;ration de 68 est bien celle qui a mis la France dans la situation difficile d'o&#249; elle peine &#224; sortir aujourd'hui. Cela n'emp&#234;che pas cette g&#233;n&#233;ration, la mienne, je le r&#233;p&#232;te, de s'auto comm&#233;morer et de s'&#233;lever elle-m&#234;me ses statues, on n'est jamais mieux servi que par soi-m&#234;me.[&#8230;] Souvent recycl&#233;s depuis dans le gotha des affaires, de la banque, ou des m&#233;dias, les anciens combattants de mai 68 font doucement rigoler quand m&#234;me avec leurs faits d'armes.[&#8230;] &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui sont donc ces anciens combattants recycl&#233;s auxquels il fait allusion ? Serge July, peut-&#234;tre !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;III. Confrontations&lt;br /&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parmi les porteurs de paroles autoris&#233;es et les souffleurs de bougies labellis&#233;es, figurent non seulement les chroniqueurs, mais &#233;galement les invit&#233;s. Pour de vastes d&#233;bats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Cohn-Bendit, incontournable, non seulement a occup&#233; une place de choix dans les archives sonores de la radio, mais le 1er mars, fait &#171; l'ouverture &#187; dans une &#233;mission de divertissement et de conciliation que, bon enfant, il a anim&#233;e avec Charles Pasqua (et que nous avons d&#233;crypt&#233;e ici m&#234;me sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2866.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Journalisme d'entente cordiale sur RTL &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les autres &#171; t&#233;moins &#187;, invit&#233;s &#224; s'exprimer, Brice Lalonde et Henri Weber. C'est &#224; eux que, le 21 mars, il est confi&#233; de confirmer que &#8211; c'est le titre de l'&#233;mission - &#171; Tout a commenc&#233; le 22 mars &#187; &#8230; et que de ce pass&#233;, il fallait faire table rase pour fr&#233;quenter les all&#233;es du pouvoir. Certes, on a pu entendre, le 11 avril, le dessinateur Tardi et la chanteuse Dominique Grange renoncer&#8230; au reniement et lancer un tout autre appel : &lt;i&gt;&#171; N'effacez pas nos trace &#187;.. &lt;/i&gt;Un, appel que Bernard Poirette qui les interroge s'empresse de tourner en d&#233;rision : &lt;i&gt;&#171; Elle a encore le feu &#187;, &lt;/i&gt; dit-il en riant. Et de clore le d&#233;bat en d&#233;cr&#233;tant : &lt;i&gt;&#171; 40 ans apr&#232;s, la gr&#232;ve illimit&#233;e, moi j'ai l'impression que &#231;a n'existe plus [&#8230;] Aujourd'hui, c'est l'individualisme qui prime. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours auparavant, le 8 avril dans l'&#233;mission &#171; Laissez-vous tenter &#187; , c'est Patrick Rotman, invit&#233; &#224; l'occasion de la diffusion de son documentaire &#171; 68 &#187; , qui avait d&#251; supporter le ton badin et d&#233;contract&#233; de Christophe Hondelatte et Isabelle Morini qui ont eu recours &#224; tous les registres du d&#233;samor&#231;age&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Se lamenter sur les comm&#233;morations auxquelles ils participent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Isabelle Morini :&lt;i&gt; &#171; on saute en France de comm&#233;moration t&#233;l&#233; &#224; comm&#233;moration t&#233;l&#233;, y a eu le disco, la disparition de Claude Fran&#231;ois, et chaque fois y a eu une telle &#233;ruption dans les m&#233;dias [&#8230;]&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christophe Hondelatte :&lt;i&gt; &#171; C'est vrai que c'est &#233;nervant &#187; &lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Isabelle Morini :&lt;i&gt; &#171; C'est vrai qu'on en a marre avant que l'&#233;v&#232;nement qu'on c&#233;l&#232;bre ait eu lieu,[&#8230;]je me suis mise devant ma t&#233;l&#233; avec une certaine lassitude m&#234;me si le nom de Rotman est label de qualit&#233;[&#8230;] &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tourner en d&#233;rision le pass&#233; que l'on pr&#233;tend resituer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christophe Hondelatte : &#171; &lt;i&gt;Est-ce donc que le vieux gauchiste que vous avez &#233;t&#233; rit des slogans, des discours, des envol&#233;es lyriques, des meetings de mai 68 qu'on voit dans votre documentaire qui paraissent aujourd'hui &#224; mourir de rire &#187; . &lt;/i&gt;Il insiste&lt;i&gt; : &#187; Dans votre documentaire, c'est vraiment saisissant, y a des discours, des envol&#233;es lyriques des types en assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales [&#8230;] &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Papoter de tout un peu au caf&#233; du commerce :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Isabelle Morini : &#171; &lt;i&gt;J'ai aussi beaucoup aim&#233; les dialogues, par exemple quand vous dites qu'en mai 68 la France s'est ouverte une immense psychanalyse &#187; &lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;C'est pas pour minimiser notre mouvement mais en passant du Vietnam &#224; mai 68 en France est-ce qu'on ne passe pas de l'infiniment grand &#224; l'infiniment petit, est-ce qu'on ne gonfle pas notre &#233;v&#232;nement &#224; nous jusqu'&#224; en faire un &#233;v&#232;nement international ? &#187; &lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christophe Hondelatte : &#171; &lt;i&gt;Les ouvriers des usines, Peugeot, Renault, chantant l'Internationale lorsqu'ils retournent &#224; l'usine, poing en l'air etc &#187; &lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Isabelle Morini encha&#238;ne : &#171; &lt;i&gt;apr&#232;s avoir &#233;t&#233; contre les &#233;tudiants au d&#233;part [&#8230;] &#187; &lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Patrick Rotman, visiblement un peu g&#234;n&#233; par ces propos d&#233;cousus : &#171; C&lt;i&gt;'est un peu compliqu&#233;, il faudrait avoir beaucoup plus de temps y a eu plusieurs mouvements de mai en mai c'est ce que j'arr&#234;te pas de dire [&#8230;] &#187; . &lt;/i&gt;Il n'aura plus le temps d'en dire plus, l'&#233;mission s'ach&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les invit&#233;s sans titre de gloire ? Ils ont eu le droit de se glisser dans la f&#234;te, mais tr&#232;s, tr&#232;s vite. Nous avons entendu, parit&#233; oblige, des vieux : un vieux commissaire d'arrondissement traumatis&#233; par 68 (le 12 mai), une poign&#233;e d'irr&#233;ductibles vieux soixante-huitards qui autog&#232;rent leur HLM &#224; Angers mais semblent vivre repli&#233;s sur eux-m&#234;mes puisque, nous est-il pr&#233;cis&#233;, &lt;i&gt;&#171; Ne rentre pas qui veut &#187;&lt;/i&gt;. Des jeunes : &lt;i&gt;&#171; Qui ont du mal &#224; trouver des slogans originaux &#187;, &lt;/i&gt; nous signale Vincent Parizot le 1er avril ; par contre ceux de l'UMP n'ont pas de mal &#224; en trouver, nous est-il dit le 15 avril. Et &#224; Nanterre ? Nous apprenons juste que l&#224;-bas &lt;i&gt;&#171; il y a toujours des sujets de grogne &#187;, &lt;/i&gt;mais qu'il n'y a pas eu assez de volontaires pour c&#233;l&#233;brer le mouvement du 22 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 avril, un sujet attire notre attention : Laurent Marsick croise les regards d'un ancien manifestant et d'un ancien CRS. Le premier, devenu &#233;ducateur, est rest&#233; fid&#232;le &#224; ses convictions (&#8230;c'est donc possible !), le deuxi&#232;me a abandonn&#233; la police et s'occupe de jeunes en entreprise. Nous n'en saurons pas plus : les m&#234;me-pas-deux-minutes r&#233;glementaires sont &#233;coul&#233;es&#8230;Dommage !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;capitulons : Nous avons entendu des journalistes (beaucoup), d'ex-&#233;tudiants, d'ex-policiers. Mais o&#249; sont les autres ?&lt;strong&gt; O&#249; sont les gr&#233;vistes, o&#249; sont les ouvriers ? &lt;/strong&gt;Peut-&#234;tre dans le CD ? Eh, bien, non ! Les archives s&#233;lectionn&#233;es font entendre longuement les discours de Cohn-Bendit et ceux du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, les dirigeants politiques et les dirigeants syndicaux&#8230;et l'archev&#234;que Marty. Nous entendons les reporters tant&#244;t derri&#232;re les &#233;tudiants, tant&#244;t derri&#232;re les CRS qui crient &#171; Ouille &#187; et &#171; A&#239;e &#187; et ceux qui pistent le g&#233;n&#233;ral enfui. Une fois seulement la parole est donn&#233;e &#224; un anonyme : c'est un &#233;tudiant &#224; qui on pose cette question &lt;i&gt;&#171; Un ouvrier, pour un &#233;tudiant, qu'est-ce que c'est ? &#187; &lt;/i&gt;Les ouvriers n'ont pas la parole, ni dans les &#233;missions, ni dans le CD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, on s'interroge&#8230; Ou bien les reporters de RTL en 68 ont &#171; oubli&#233; &#187; d'interroger les acteurs de base du mouvement : ce qui contribuerait &#224; montrer que la radio n'avait rien de rebelle. Ou bien, ces archives ont &#233;t&#233; censur&#233;es 40 ans apr&#232;s : ce qui prouverait qu'elle n'est pas libre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il donc de Mai 68 sur RTL ? Les archives de RTL et &lt;i&gt;&#171; Des livres &#187; ,&lt;/i&gt; nous dit on, le 2 avril. Une liste figure sur le site, mais &#224; l'antenne sont &#233;voqu&#233;s &lt;i&gt;Ces jolies filles de mai&lt;/i&gt; , &lt;i&gt;Pilote&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Sous les pav&#233;s l'orage&lt;/i&gt; &#187; : un polar pr&#233;sent&#233; comme le &lt;i&gt;&#171; Mai 68 chez les Ch'tis &#187; &lt;/i&gt; (il faut faire feu de tous bois). C'est maigre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on les met bout &#224; bout, il devient manifeste que les bribes d'interpr&#233;tations entendues au fil de ces trois mois ont propos&#233; aux auditeurs, sans d&#233;bat contradictoire, une m&#234;me version de Mai 68 : un mouvement anti autoritaire et individualiste, une r&#233;volution des m&#339;urs et de la sexualit&#233;, un mouvement, somme toute, apolitique. Et surtout, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est &#224; peine mentionn&#233;e, jamais analys&#233;e. RTL a bien r&#233;gurgit&#233; le mouvement &#233;tudiant, l'a dig&#233;r&#233;&#8230;mais le mouvement populaire lui est, apparemment, rest&#233; au travers de la gorge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les archives, l'amn&#233;sie ! &#8230; Et gr&#226;ce aux archives ? &lt;i&gt;&#171; On voulait une vraie plus-value de RTL sur 68 et la vraie plus-value, c'&#233;tait le son, c'&#233;tait le direct &#187; . &lt;/i&gt;De quelle &#171; plus-value &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;parlait le&lt;i&gt; &lt;/i&gt;directeur de la r&#233;daction, Herv&#233; B&#233;roud, lorsqu'il pr&#233;sentait ainsi le magazine et le CD consacr&#233;s &#224; 68. Celle qui permet de parfaire la compr&#233;hension ou celle qui permet de r&#233;aliser des profits ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Nadine Floury&lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Inventaire complet : &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 1er mars : &#171; Le Journal inattendu &#187; de Laurence Ferrari re&#231;oit Daniel Cohn-Bendit, Serge July, Christian Brincourt et Charles Pasqua. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 21 mars deux reportages, une chronique : les &#233;tudiants de Nanterre en 2008 et &lt;i&gt;&#171; Tout a commenc&#233; le 22 mars &#187; &lt;/i&gt; avec les voix de Daniel Cohn-Bendit, Brice Lalonde, Henri Weber ; pr&#233;sentation du site Internet de l'INA. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 1er avril sur RTL info : RTL et T&#233;l&#233;rama s'associent pour le 40&#232;me anniversaire de mai 68, Vincent Parizot re&#231;oit Herv&#233; B&#233;rout de RTL et Catherine Portevin de &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama.&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 2 avril : sur RTL info une s&#233;quence nostalgie : Olivier Geay pr&#233;sente des morceaux choisis du CD audio ; Bernard Lehut nous parle de &lt;i&gt;&#171; la montagne de pav&#233;s en librairie &#187; &lt;/i&gt; et du polar de Philippe Delepierre ; nouvelle pr&#233;sentation des archives sonores et du CD. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 3 avril : la chronique livres : le polar de Delepierre (bis) : &lt;i&gt;Mai 68 chez les Ch'tis &#187;. &lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;_ - Le 8 avril : Christophe Hondelatte re&#231;oit Patrick Rotman dans &#171; Laissez-vous tenter &#187; pour son documentaire &#171; 68 &#187; et Laurent Marsick croise les regards d'un ancien manifestant et d'un ancien CRS. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 11 avril : Monique Younes dans sa chronique sur &#171; Laissez-vous tenter &#187; pr&#233;sente &lt;i&gt;Pilote &lt;/i&gt; qui &lt;i&gt;&#171; consacre un num&#233;ro sp&#233;cial Mai 68 avec RTL &#187; ; &lt;/i&gt;Tardi et Dominique Grange sont les invit&#233;s de RTL soir. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 15 avril : Mai 68 &#224; la sauce des jeunes de l'UMP. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 28 avril &#171; C'est sur le net &#187; : hommage au symbole de 68, le pav&#233;. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Du 28 avril au 11 mai : Serge July raconte Son mai 68 en 14 mots cl&#233;s. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 1er mai : la chronique d'Alain Duhamel. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 3 mai : La semaine politique de Franz-Olivier Giesbert : la France dans la &#171; comm&#233;morite &#187; de mai 68. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 12 mai : deux reportages : Mai 68 encore d'actualit&#233; dans un quartier HLM &#224; Angers ; Mai 68 vu de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade par un commissaire d'arrondissement. &lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le 22 mai sur RTL soir : le sociologue Eric Donfu parle de son livre &lt;i&gt;Les jolies filles de Mai &lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le 26 mai &#171; C'est sur le net &#187; , chronique de Pascale Laverton : le business des &#233;v&#232;nements de Mai 68.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le site 20minutes.fr (avec l'AFP) dans l'article &#171; Les radio priv&#233;es rejouent leur r&#233;volte &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;RTL est avant tout une radio priv&#233;e. La marque RTL, qui signifie &#171; radio t&#233;l&#233;vision Luxembourg &#187; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en octobre 1966 par Jean Prouvost et fait partie de la CLT (compagnie luxembourgeoise de t&#233;l&#233;diffusion). En 2000 la fusion de la CLT-UFA (le groupe de m&#233;dias de Berteslmann AG et du groupe Bruxelles Lambert) avec la soci&#233;t&#233; de production britannique Pearson TV donne naissance &#224; RTL Group dont le groupe allemand Bertelsmann devient l'actionnaire majoritaire en 2001. Le groupe poss&#232;de ou participe au capital de 42 cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision( entre autres M6) et de 32 r&#233;seaux de radio dans dix pays europ&#233;ens, c'est aussi une importante soci&#233;t&#233; de production t&#233;l&#233;vis&#233;e.( Sources : Wikip&#233;dia).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Radio Planton&lt;/i&gt; qu'on peut traduire par radio &#171; piquet de gr&#232;ve &#187; &#233;tait la radio de la section 22 du syndicat des enseignants, au Mexique, la section qui refuse la bureaucratie et la compromission avec le pouvoir et qui a &#233;t&#233; &#224; la pointe du combat contre le gouverneur Ulises Ruiz&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le site 20minutes.fr (avec l'AFP) dans l'article &#8220;Les radio priv&#233;es rejouent leur r&#233;volte &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mai 68 - Un mot d'ordre d'Arte : &#171; Ce n'&#233;tait qu'un docu, enterrons-le sous un d&#233;bat &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Mai-68-Un-mot-d-ordre-d-Arte-Ce-n-etait-qu-un-docu-enterrons-le-sous-un-debat</link>
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		<dc:date>2008-05-05T05:58:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Arte</dc:subject>
		<dc:subject>1968 - Le mouvement de mai-juin</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bats audiovisuels</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Val</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Leconte</dc:subject>
		<dc:subject>Documentaires</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cole, universit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;O&#249; il est question d'une soir&#233;e patronn&#233;e par Daniel Leconte (avec Philippe Val dans le r&#244;le de l'invit&#233;), suivie d'une lettre ouverte des participants &#224; un documentaire sur l'&#233;cole Vitruve.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mai-68-Quarante-ans-apres-" rel="directory"&gt;Mai 68... Quarante ans apr&#232;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Arte-+" rel="tag"&gt;Arte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-1968-Le-mouvement-de-mai-juin-+" rel="tag"&gt;1968 - Le mouvement de mai-juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-televises-1260-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-audiovisuels-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats audiovisuels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Val-+" rel="tag"&gt;Philippe Val&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Leconte-+" rel="tag"&gt;Daniel Leconte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Documentaires-+" rel="tag"&gt;Documentaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ecole-universite-+" rel="tag"&gt;&#201;cole, universit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mardi 15 avril 2008, Arte propose une soir&#233;e &#171; Th&#233;ma &#187; sur 68 et ses suites. Elle est introduite par deux documentaires, dont l'un porte sur l'&#233;cole Vitruve. La mise en perspective de la diffusion de ce dernier et, surtout, le &#171; d&#233;bat &#187; qui l'a suivie ont suscit&#233; la col&#232;re de l'une de ses auteurs, d'anciens &#233;l&#232;ves et des deux instituteurs qui, tous, ont particip&#233; &#224; sa r&#233;alisation. Une col&#232;re l&#233;gitime qu'exprime la &#171; lettre ouverte &#187; qu'on lira plus loin et que justifient les pr&#233;cisions et compl&#233;ments qui la pr&#233;c&#232;dent ici&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gr&#226;ce &#224; l'une des signataires de cette lettre qui nous l'a transmise avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un &#171; d&#233;bat &#187; mis en sc&#232;ne par Daniel Leconte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Titre de la soir&#233;e &#171; Th&#233;ma &#187; propos&#233;e par Arte le mardi 15 avril 2008 ? &lt;i&gt;&#171; Faut-il interdire d'interdire ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Un slogan de mai 68 &#8211; &#171; Il est interdit d'interdire &#187; - sorti de son contexte, permet de formuler &#8211; simple figure de rh&#233;torique - une question qu'il suffit de poser pour que l'on connaisse aussit&#244;t la r&#233;ponse. La pr&#233;sentation de cette m&#234;me soir&#233;e renvoie pourtant &#224; un d&#233;bat autrement plus vaste : &lt;i&gt;&#171; Des utopies les plus g&#233;n&#233;reuses aux d&#233;rives les plus absurdes, que reste-t-il de Mai-68 ? &#187; &lt;/i&gt;De quelles &#171; utopies g&#233;n&#233;reuses &#187; et surtout de&lt;i&gt; &lt;/i&gt;quelles &#171; d&#233;rives absurdes &#187; s'agit-il ? On ne le sait pas, ou pas encore. Mais &#8211; nouvelle figure de rh&#233;torique -, la sentence est partiellement prononc&#233;e avant le &#171; d&#233;bat &#187;. Quoi qu'il en soit, la suite de pr&#233;sentation annonce une troisi&#232;me approche : &lt;i&gt;&#171; Daniel Leconte ouvre le d&#233;bat pour tenter de comprendre ce que fut cette &#8220;r&#233;volution&#8221; pour ceux qui l'ont v&#233;cue, et ce qu'ils en ont transmis &#224; leurs enfants. &#187;&lt;/i&gt; L'embo&#238;tement des ces trois th&#232;mes fait craindre le pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que la confusion tr&#232;s orient&#233;e du cadrage est confort&#233;e par la confusion des r&#244;les : si Daniel Leconte &#171; ouvre le d&#233;bat &#187;, c'est qu'il est &#224; la fois son animateur-pr&#233;sentateur et&#8230; le pr&#233;sident de la soci&#233;t&#233; qui a produit les deux documentaires qui l'introduisent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme il l'&#233;tait notamment des deux documentaires qui introduisaient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.docenstock.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Doc en stock&lt;/a&gt;. Un stup&#233;fiant cumul !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que ces deux documentaires portent effectivement sur ce que furent deux des suites de 68 pour certains de ceux qui les ont v&#233;cues. Diffus&#233; &#224; 21 h, le premier film - &#171; En mai, fais ce qu'il te pla&#238;t &#187; - revient sur un fragment de l'histoire de l'&#233;cole Vitruve, &#224; Paris, en s'appuyant sur des images tourn&#233;es en 1974 et sur les t&#233;moignages, plus de 30 ans apr&#232;s, d'enfants d'alors et de leurs instituteurs. Diffus&#233; &#224; 21h45 le second - &#171; Jouissez sans entraves &#187; - revient sur un festival de films &#233;rotiques et pornographiques organis&#233; &#224; Amsterdam en 1970 et 1971 et sur la &lt;i&gt;&#171; nuit de musique, de drogue et d'orgie sexuelle &#187;&lt;/i&gt; qui, sur un bateau affr&#233;t&#233; &#224; cet effet, a marqu&#233; la cl&#244;ture de la deuxi&#232;me session.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les th&#232;mes choisis pour introduire le d&#233;bat sont hautement s&#233;lectifs. Et s'ils &#171; justifient &#187; le titre de l'&#233;mission et le petit pot-pourri de questions qu'elle pr&#233;tend soulever, c'est apr&#232;s coup et sous la seule responsabilit&#233; de son animateur-producteur. Mais surtout, le rapprochement entre une exp&#233;rience &#233;ducative dans une &#233;cole et des pratiques transgressives de la sexualit&#233; se pr&#234;te &#224; tous les amalgames. Ils ne manqueront pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les documentaires eux-m&#234;mes &#8211; dont la pr&#233;sentation sur le site d'Arte, est, pour l'essentiel, conforme &#224; leur contenu (voir ci-dessous) &#8211; valent beaucoup mieux que le traitement qui leur sera r&#233;serv&#233; : s'ils sont, litt&#233;ralement, discutables, c'est parce qu'ils m&#233;riteraient, avec leurs qualit&#233;s et leurs d&#233;faut, d'&#234;tre discut&#233;s pour ce qu'ils montrent. Ce ne sera pas le cas. Cela est particuli&#232;rement vrai du premier d'entre eux qui, respectueux de la parole des t&#233;moins, laisse s'exprimer les souvenirs et les le&#231;ons divers, contrast&#233;s, voire oppos&#233;s, que, devenus adultes, quelques enfants scolaris&#233;s &#224; Vitruve en 1974 ont retenu de leur pass&#233;. Mais pris dans le cadre de l'&#233;mission, ce documentaire et les paroles qu'il fait entendre sont d&#233;tourn&#233;s de leur sens et vid&#233;s de leur contenu. Les t&#233;moins sont trait&#233;s en cobayes d'un &#171; d&#233;bat &#187; qui n'est pas le leur.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un &#171; d&#233;bat &#187; livr&#233; &#224; des procureurs&lt;br /&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la diffusion de documentaires qui appelleraient des d&#233;bats distincts, en effet, la confrontation s'ouvre sur leur amalgame. Elle oppose Bettina R&#246;lh, fille de Ulrike Meinhof, et Philippe Val, cycliste de 16 ans en 68 et expert en tout que Daniel Leconte n'oublie jamais d'inviter quand il s'agit d'en administrer la preuve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme ce fut les cas, en avril 2004, pour une &#233;mission d&#233;di&#233;e &#224; la th&#233;orie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Bettina R&#246;lh, Mai 68 fut essentiellement destructeur. Aussi condamne-t-elle &#224; la fois &lt;i&gt;&#171; l'exp&#233;rimentation sur des &#234;tre humains &#187;&lt;/i&gt; dont t&#233;moignerait purement et simplement le documentaire sur Vitruve et la complaisance des soixante-huitards pour le r&#244;le qu'ils auraient jou&#233; dans une pr&#233;tendue lib&#233;ration sexuelle. Philippe Val, lui, est plus nuanc&#233; (mais si&#8230;) puisqu'il soutient ladite lib&#233;ration, mais apr&#232;s avoir condamn&#233; &lt;i&gt;&#171; ce qu'on appelait en gros l'&#233;ducation parall&#232;le &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; foutaises &#187; de Philippe Val&#8230; &#171; quand m&#234;me &#187;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Daniel Leconte qui lui demande ce qu'il retient et ce qu'il rejette, Philippe Val, puisant dans ses souvenirs, r&#233;pond :&lt;i&gt; &#171; J'ai &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un souvenir assez pr&#233;cis&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; [comme on va le voir&#8230;] &lt;i&gt;de cette &#233;poque, de la p&#233;riode des ann&#233;es 70 qui a suivi 68. Mai 68, c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;quand m&#234;me&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; un petit peu autre chose. C'est les cons&#233;quences bizarres de 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord en ce qui concerne Vitruve, c'est ce qu'on appelait en gros l'&#233;ducation parall&#232;le, les &#233;coles parall&#232;les ou des choses comme &#231;a. &lt;/i&gt;[Ce qui est totalement faux s'agissant de Vitruve, qui a toujours &#233;t&#233; une &#233;cole publique : &#171; une &#233;cole diff&#233;rente, &#224; l'int&#233;rieur de l'Education Nationale &#187;, comme elle se pr&#233;sente elle-m&#234;me et qui a toujours contest&#233; les exp&#233;riences qui servent de cibles &#224; Philippe Val.]&lt;i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On &#233;tait &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;quand m&#234;me&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; tr&#232;s nombreux &#224; penser que c'&#233;tait une sacr&#233;e foutaise et que c'&#233;tait en plus une violence faite aux enfants&lt;/i&gt;, poursuit le directeur de &lt;i&gt;Charlie Hebdo. D'abord parce qu'ils &#233;taient tout le temps en communaut&#233;&lt;/i&gt; [Ce qui est totalement faux s'agissant de Vitruve] &lt;i&gt;et rien ne dit que qu'un enfant a envie de vivre dans cette communaut&#233;-l&#224; en permanence. Il a besoin de solitude. Il a peut-&#234;tre &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; besoin de ses parents. Enfin, bon&#8230; Moi je trouvais &#231;a extr&#234;mement choquant. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'autre chose, c'est que &#8211; je suis d'accord avec Bettina &#8211; c'est de l'exp&#233;rimentation sur enfants &lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne Philippe Val qui, soucieux d'exactitude, &#171; pr&#233;cise &#187; aussit&#244;t : &lt;i&gt;&#171; Toutes ces &#233;coles &#233;taient tr&#232;s diff&#233;rentes les unes des autres. On ne peut pas faire de g&#233;n&#233;ralit&#233;.&lt;/i&gt; [Mais c'est exactement ce que Val vient de faire et s'appr&#234;te &#224; faire &#224; nouveau.] &lt;i&gt;Mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;quand m&#234;me&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; le fait qu'ils exp&#233;rimentaient&#8230; On militait avec ses enfants&lt;/i&gt; [Qui est ce &#171; on &#187; et de quoi s'agit-il, &#171; sans faire de g&#233;n&#233;ralit&#233; &#187; ?] &lt;i&gt; : on ne milite pas avec ses enfants&#8230; Le fait qu'on essayait des trucs&lt;/i&gt; [lesquels ? C'est ce que la suite sugg&#232;re en le niant&#8230;] &lt;i&gt;sur les enfants, des trucs d'&#233;ducation&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;. De l&#224; &#224; la p&#233;dophilie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Vraiment je ne dis pas que tous ces gens &#233;taient tent&#233;s par &#231;a et m&#234;me y pensaient. Les &#233;ducateurs &#233;taient nombreux &#224; n'avoir aucune perversion. &#187;&lt;/i&gt; Mais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mais ils &#233;taient &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;quand m&#234;me&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; pas mal &#224; franchir ce pas dans leurs t&#234;tes d&#233;j&#224;, en assujettissant les enfants &#224; leurs propres fantasmes de libert&#233;.&lt;/i&gt; [Traduction : ils &#233;taient p&#233;dophiles dans leur t&#234;te] &lt;i&gt;Et &#231;a j'ai trouv&#233; &#231;a insupportable. Apr&#232;s, le film sur Amsterdam, c'est autre chose. Tout se passe entre adultes &lt;/i&gt;[&#8230;].&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le droit de Philippe Val de raconter n'importe quoi est un droit imprescriptible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Peut-&#234;tre se d&#233;clarera-t-il &#171; navr&#233; &#187; dans quelques mois , comme il vient de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! Et ce qu'il dit ne m&#233;riterait pas qu'on s'y attarde si Daniel Leconte, sans doute tr&#232;s inform&#233; sur l'&#233;cole Vitruve et sur le documentaire qu'il a produit, avait os&#233; r&#233;agir ; et si la place accord&#233;e &#224; l'expertise de son acolyte n'achevait pas de d&#233;figurer d&#233;finitivement le sens d'un documentaire qui permettait de mettre pr&#233;cis&#233;ment en discussion ce qui a &#233;t&#233; tent&#233; alors &#224; l'&#233;cole Vitruve ; qu'on l'approuve ou non, mais &#224; condition d'en respecter le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'aide de ses invit&#233;s, Daniel Leconte n'a pas pour autant fini d'instrumentaliser les documentaires qu'il produit. &lt;strong&gt;Sept minutes&lt;/strong&gt; viennent d'&#234;tre consacr&#233;es &#224; faire semblant d'en parler et d'ex&#233;cuter en quelques phrases celui sur Vitruve. Les &lt;strong&gt;vingt minutes&lt;/strong&gt; de d&#233;bat restantes permettront de les enterrer d&#233;finitivement sous un flot de commentaires sans rapport avec eux : en comparant les exp&#233;riences personnelles de Philippe Val et de Bettina R&#246;lh ; ou en p&#233;rorant sur le terrorisme et sur l'anticommunisme, r&#233;el ou pr&#233;sum&#233;, de 68. Pour aboutir &#224; cette conclusion : il n'y a pas un h&#233;ritage, mais des h&#233;ritages de 68. Les h&#233;ritages multiples et controvers&#233;s de Vitruve en 1974, eux, ont &#233;t&#233; (alors que cette &#233;cole existe encore), sold&#233;s sans d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Henri Maler&lt;/h3&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; cette instrumentalisation, des &lt;i&gt;&#171; participants au film &#034;En mai fais ce qu'il te pla&#238;t&#034; en col&#232;re &#187;&lt;/i&gt; ont adress&#233; une &lt;i&gt;&#171; Lettre ouverte &#224; Daniel Leconte, producteur &#224; Arte, Fabrice Gardel, r&#233;dacteur en chef &#224; Doc en stock, Philippe Val et Bettina R&#246;lh participants au &#8220;d&#233;bat&#8221; sur le documentaire &#8220;En mai fais ce qu'il te pla&#238;t&#8221; (r&#233;alisatrice St&#233;phanie Ka&#239;m) diffus&#233; sur Arte le 15 avril dans le cadre du Th&#233;ma &#8220;Est-il interdit d'interdire ?&#8221; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
La voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lettre ouverte : &#171; Comment liquider 68 le temps d'un d&#233;bat sur Arte &#187;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous avons &#233;t&#233; contact&#233;s pour participer &#224; un reportage sur nos ann&#233;es Vitruve (autour de 1975), nous &#233;tions partag&#233;s entre le plaisir d'&#233;voquer cette p&#233;riode sp&#233;ciale si riche pour nous et la crainte d'&#234;tre incompris&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;voire instrumentalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations que nous avons pu tisser avec la journaliste r&#233;alisatrice Stephanie Kaim et la boite de production nous ont permis de peser sur quelques choix de montage et finalement de nous reconna&#238;tre dans la version finale du documentaire (&#171; En mai fais ce qu'il te pla&#238;t &#187;). C'est avec plaisir que nous l'avons regard&#233;e, m&#234;me si sa dur&#233;e l'emp&#234;chait d'apporter toutes les cl&#233;s pour comprendre l'exp&#233;rience &#171; Vitruve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous voulons dire notre d&#233;ception et notre col&#232;re par rapport au cadre&lt;i&gt; &lt;/i&gt;dans lequel le film &#233;tait programm&#233;. En effet, n'est-il pas manipulateur d'associer dans un m&#234;me Th&#233;ma une exp&#233;rience p&#233;dagogique et un festival pornographique (avec d&#233;rives p&#233;dophiles), puis de tenter d'en d&#233;battre simultan&#233;ment ? Les glissements d'un th&#232;me &#224; l'autre &#233;taient in&#233;vitables et ne furent pas &#233;vit&#233;s lors du &#171; d&#233;bat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous demandons si Daniel Leconte (producteur des deux documentaires, donc responsable de leur accolage) et ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie ne participe pas ainsi (involontairement ?) du &#171; liquider 68 &#187;. De plus, inviter Philippe Val parce qu'il avait 16 ans en 68 et allait en v&#233;lo au Quartier Latin, c'est un peu court ! ...&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Et avec l'autre invit&#233;e, Bettina R&#246;lh, fille de Ulrike Meinhof, dont on comprend tr&#232;s bien qu'elle ait des comptes &#224; r&#233;gler et diabolise 68, on savait d'avance qu'on ne parlerait pas &#171; des lendemains qui chantent &#187; ! Et ni l'un ni l'autre ne semblaient comp&#233;tents pour d&#233;battre sur l'&#233;cole, ni m&#234;me un tant soit peu int&#233;ress&#233;s par le sujet ! De toute &#233;vidence, ils venaient faire la promo de leurs bouquins. Daniel Leconte leur passait les plats, les laissant bla-blater sur &#171; l'esprit 68 &#187; sous ses aspects les plus caricaturaux et &#233;cul&#233;s (p&#233;dophilie, terrorisme, dont on a appris avec surprise, que Lacan avec son divan nous avait sauv&#233; en France (dixit P. Val&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les r&#233;volutionnaires les plus radicaux [ &#8230;] - et &#231;a je pense que c'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) !&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, les invit&#233;s se sont accord&#233;s pour rejeter d'embl&#233;e et en quelques minutes l'exp&#233;rience de l'&#233;cole Vitruve comme participant des &#171; d&#233;rives &#187; de 68 (savent-ils que Vitruve existe encore ? Que les exp&#233;riences p&#233;dagogiques existent encore et existaient, - et heureusement ! - depuis bien avant 68 ?), assimilant ces exp&#233;riences &#224; des &#171; exp&#233;rimentations &#187; dont les enfants &#233;taient les &#171; cobayes &#187; (ont-ils seulement regard&#233; le reportage qui montrait pr&#233;cis&#233;ment l'inverse ? Que savent-ils du projet de Vitruve ?), qualifiant ces exp&#233;riences p&#233;dagogiques de &#171; sacr&#233;e foutaise &#187;, parlant d' &#171; assujettissement des enfants aux fantasmes d'adultes &#187;, donc &#171; de l&#224; &#224; la p&#233;dophilie... &#187;, voire au terrorisme !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi Daniel Leconte, animateur du d&#233;bat et producteur du film, n'a-t-il pas une seule fois tent&#233; d'expliquer le propos du film, et pourquoi ne pas le d&#233;fendre en tant que producteur, et pourquoi n'a-t-il pas recentr&#233; le d&#233;bat sur l'&#233;ducation ? Pourquoi n'a-t-il pas apport&#233; les &#233;l&#233;ments de contexte n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension du documentaire qu'il connaissait bien (que Vitruve est une &#233;cole publique exp&#233;rimentale qui existe depuis 62 et encore aujourd'hui, qu'il n'y a jamais eu de d&#233;rives p&#233;dophiles dans cette &#233;cole, que le projet p&#233;dagogique pr&#233;sent&#233; dans le documentaire mettait en &#339;uvre des valeurs tr&#232;s honorables et malheureusement novatrices &#224; l'&#233;cole, de responsabilisation, autogestion, d&#233;mocratie, citoyennet&#233;, libert&#233;, etc&#8230;) ? Pourquoi son silence l&#224;-dessus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, quand nous coupons la t&#233;l&#233; &#224; la fin du non-d&#233;bat, nous sommes en col&#232;re et bless&#233;s par un tel traitement, un tel m&#233;pris, une telle incompr&#233;hension. Nous sommes stup&#233;faits aussi que de tels amalgames et un si pi&#232;tre niveau de discussion soit possible sur Arte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rions que cette exp&#233;rience p&#233;dagogique si singuli&#232;re cette ann&#233;e l&#224; (et Vitruve en g&#233;n&#233;ral ainsi que d'autres exp&#233;riences p&#233;dagogiques fortes) soit au moins l'occasion d'une discussion sur l'&#233;ducation et la p&#233;dagogie au del&#224; des mots (ou des maux) du jour &#171; programme, &#233;litisme, autorit&#233;, ob&#233;issance, s&#233;curit&#233;, tol&#233;rance z&#233;ro &#187; qui caract&#233;risent les fantasmes politiques actuels sur l'&#233;ducation de nos enfants. C'est rat&#233;. L'esprit de mai est-il &#224; ce point &#171; liquid&#233; &#187; ? Victime du conformisme &#171; b&#234;te et m&#233;chant &#187;, d'amalgames malhonn&#234;tes et ne reste-t-il que le marketing triomphant (l'un vend ses documentaires, les autres leurs livres) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait le 18 avril 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des participants au film &#034;En mai fais ce qu'il te pla&#238;t&#034; en col&#232;re,&lt;br /&gt;
_- Julie Pagis, co-auteure du documentaire&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Juliette Bart, Cyrille Bouvet, Mathieu Crespin, Muriel Flouriot, Barbara Marie, Rafa&#235;lle Pignon, anciens &#233;l&#232;ves de Vitruve et &#171; personnages &#187; du documentaire&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Henry Chailli&#233; et Ma&#239;t&#233; Gourjault, anciens instituteurs de Vitruve l'ann&#233;e du cirque &#233;toil&#233;&lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230; et d'autres anciens &#233;l&#232;ves, parents d'&#233;l&#232;ves, instituteurs pass&#233;s et pr&#233;sents qui se sont manifest&#233;s &#224; nous dans ce sens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Annexe&lt;strong&gt; : La pr&#233;sentation des deux documentaires sur le site d'Arte.&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=893022,day=4,week=16,year=2008.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; En mai, fais ce qu'il te pla&#238;t &#187;&lt;/a&gt; (France, 2008, 45mn), ARTE F, R&#233;alisateur : St&#233;phanie Ka&#239;m - Producteur : Doc En Stock&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans les ann&#233;es 70, &#224; l'&#233;cole Vitruve, &#224; Paris, les enfants exp&#233;rimentent l'autogestion, la responsabilit&#233;, la libert&#233;, bref les id&#233;aux de 68. Quarante ans apr&#232;s, St&#233;phanie Ka&#239;m a retrouv&#233; sept de ses anciens &#233;l&#232;ves.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'histoire d'une &#233;cole pas comme les autres. Au lendemain des &#233;v&#233;nements de 68, les responsables de l'&#233;cole Vitruve, dans le XXe arrondissement, exp&#233;rimentent une p&#233;dagogie &#034;r&#233;volutionnaire&#034; : refus de la hi&#233;rarchie, pr&#233;pond&#233;rance du collectif, du partage, de l'engagement politique... et surtout positionnement de l'enfant &#224; &#233;galit&#233; avec l'adulte. L'envie de mettre &#224; bas les carcans &#233;ducatifs soul&#232;ve l'enthousiasme de nombreux parents qui voient dans cette &#233;cole sans notes, sans punitions et sans bons points le chemin de l'apprentissage &#034;heureux&#034;. Le film part &#224; la rencontre de Cyrille, Juliette, Rafaelle, Abraham, Barbara, Mathieu et Muriel, tous &#233;l&#232;ves dans la m&#234;me classe &#224; Vitruve, en 1974. &#192; pr&#233;sent, ce sont eux les parents. Ils ont 40 ans et reviennent dans leur &#233;cole primaire. Avec leurs instituteurs Ma&#239;t&#233; et Henri, ils d&#233;cident de rassembler les anciens de cette ann&#233;e-l&#224; devant un film et des photos d'eux r&#233;alis&#233;s en 1974. C'est l'occasion de faire revivre les souvenirs de cette incroyable aventure. Coinc&#233;s entre les r&#234;ves de leurs parents et la r&#233;alit&#233; sociale qui a fini par &#233;craser toutes les id&#233;ologies de l'&#233;poque, certains ont longtemps cherch&#233; &#224; effacer la marque &#034;Vitruve&#034;. D'autres, au contraire, ont revendiqu&#233; cette diff&#233;rence comme un atout. Pour la plupart, ils ont suivi des parcours anticonformistes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=893023,day=4,week=16,year=2008.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Jouissez sans entraves &#187;&lt;/a&gt; (France, 2008, 45mn) - ARTE F - R&#233;alisateur : Yvonne Debeaumarch&#233;- Producteur : Doc En Stock&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970, Jim Haynes, cofondateur de Suck, le journal phare de la r&#233;volution sexuelle, cr&#233;e &#224; Amsterdam le premier festival de films &#233;rotiques. Une folle aventure racont&#233;e par ses organisateurs et quelques-uns des participants - Sin&#233;, Catherine Robbe-Grillet, Georges Marbeck, Guy Sitbon...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s l'&#233;lectrochoc de 1968, Jim Haynes organise &#224; Amsterdam, alors &#233;picentre europ&#233;en de la r&#233;volution sexuelle, un festival sulfureux. Son nom : le Wet Dream Film Festival, le premier festival underground de films &#233;rotiques. Dans la salle, o&#249; sont projet&#233;es les oeuvres nomin&#233;es pour le Phallus d'or, un seul mot d'ordre : &#034;Every-thing's free !&#034; Les chemises tombent en m&#234;me temps que les inhibitions, les corps s'enlacent, les partenaires s'&#233;changent et les joints tournent. Pour la cl&#244;ture de la seconde &#233;dition, en 1971, les organisateurs d&#233;cident d'affr&#233;ter un bateau dans le port d'Amsterdam : trois cent cinquante personnes embarquent pour une nuit de musique, de drogue et d'orgie sexuelle en mer du Nord ! L'embarcation, sur laquelle chacun est libre de faire ce que bon lui semble, prend alors des airs de jardin d'&#201;den. &#034;Nous voulions vivre sans jalousie la multiplicit&#233; de nos d&#233;sirs, pour que notre r&#233;alit&#233; quotidienne ne soit pas cette lente agonie que la civilisation de la bombe, du plastique et du Coca-Cola nous imposait comme mod&#232;le d'existence&#034;, a &#233;crit Georges Marbeck dans un texte d&#233;di&#233; &#224; cette croisi&#232;re orgiaque. Yvonne Debeau-march&#233; a retrouv&#233; certains de ceux qui ont particip&#233; &#224; ce festival de l'amour lib&#233;r&#233; : le dessinateur Sin&#233;, le journaliste Guy Sitbon, les &#233;crivains Georges Marbeck et Catherine Robbe-Grillet, et, bien s&#251;r, l'organisateur Jim Haynes, chef de file de la contre-culture europ&#233;enne des ann&#233;es 70. Leurs t&#233;moignages font revivre une &#233;poque qui r&#234;vait de lib&#233;rer le d&#233;sir et le plaisir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gr&#226;ce &#224; l'une des signataires de cette lettre qui nous l'a transmise avec l'enregistrement de cette &#233;mission. Qu'elle en soit remerci&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme il l'&#233;tait notamment des deux documentaires qui introduisaient l'&#233;mission de propagande d&#233;di&#233;e &#224; la th&#233;orie du complot, en avril 2004. Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1583.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme ce fut les cas, en avril 2004, pour une &#233;mission d&#233;di&#233;e &#224; la th&#233;orie du complot. Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1584.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Arte et la th&#233;orie du complot (suite et fin) : un &#8220;d&#233;bat&#8221; &#224; sens unique &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Peut-&#234;tre se d&#233;clarera-t-il &#171; navr&#233; &#187; dans quelques mois , comme il vient de la faire &#224; propos des insultes prof&#233;r&#233;es contre l'association France-Palestine Solidarit&#233;. Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2872.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Philippe Val est &#8220;navr&#233;&#8221;, Philippe Val est navrant &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Les r&#233;volutionnaires les plus radicaux &lt;/i&gt;[ &#8230;] &lt;i&gt;- et &#231;a je pense que c'est historique, on peut le v&#233;rifier &#8211; les leaders des mouvements qui risquaient de basculer dans l'action violente - &#224; part ceux d'Action Directe, mais &#231;a a &#233;t&#233; quand m&#234;me tr&#232;s minoritaire en France - les autres ont fr&#233;quent&#233; les milieux psychanalytiques et notamment Lacan qui a d&#233;goupill&#233; cette grenade. C'est la psychanalyse qui a vraisemblablement sauv&#233; la France d'un mouvement violent &#187;&lt;/i&gt; (transcription d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mai 68 &#8211; Journalisme d'entente cordiale sur RTL </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Mai-68-Journalisme-d-entente-cordiale-sur-RTL</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Mai-68-Journalisme-d-entente-cordiale-sur-RTL</guid>
		<dc:date>2008-03-31T07:20:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Nadine Floury</dc:creator>


		<dc:subject>1968 - Le mouvement de mai-juin</dc:subject>
		<dc:subject>Serge July</dc:subject>
		<dc:subject>RTL</dc:subject>
		<dc:subject>Laurence Ferrari</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Cohn-Bendit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une &#233;mission de divertissement et de conciliation.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mai-68-Quarante-ans-apres-" rel="directory"&gt;Mai 68... Quarante ans apr&#232;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-1968-Le-mouvement-de-mai-juin-+" rel="tag"&gt;1968 - Le mouvement de mai-juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Serge-July-+" rel="tag"&gt;Serge July&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RTL-+" rel="tag"&gt;RTL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurence-Ferrari-+" rel="tag"&gt;Laurence Ferrari&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Cohn-Bendit-+" rel="tag"&gt;Daniel Cohn-Bendit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque samedi, de 12h 30 &#224; 13h30, Laurence Ferrari pr&#233;sente, sur RTL, &#171; Le Journal inattendu &#187; que le site de la station pr&#233;sente ainsi : &lt;i&gt;&#171; Ce rendez-vous chaleureux de la mi-journ&#233;e est empreint de la rigueur et de la spontan&#233;it&#233; de Laurence Ferrari. Chaque samedi, la journaliste confie les r&#234;nes de son &#233;mission &#224; une personnalit&#233; embl&#233;matique de l'actualit&#233; culturelle ou politique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mars 2008, Laurence Ferrari avait r&#233;uni, pour une &#171; Sp&#233;ciale Mai 68 &#187;, en guise de personnalit&#233;s embl&#233;matiques et aussi inattendues que son journal : l'in&#233;vitable Daniel Cohn-Bendit, l'incontournable Serge July (chroniqueur &#224; RTL et en tourn&#233;e de promotion d'un livre qu'il a pr&#233;fac&#233;), Christian Brincourt (Reporter &#224; RTL en 1968&#8230; et tr&#232;s longtemps employ&#233; de la station) et&#8230; l'inusable Charles Pasqua (co-fondateur du SAC &#8211; Service d'Action Civique &#8211; en 1959 et l'un des organisateurs de la contre-manifestation gaulliste du 30 mai 1968).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les adversaires politiques d'hier (et pour partie d'aujourd'hui) se font face. Pour confronter leurs versions et interpr&#233;tations de mai 68 ? Non. Pour s'amuser de leurs souvenirs et d'eux-m&#234;mes. En guise d'informations et de d&#233;bats, une &#233;mission de divertissement ; en guise de confrontation, une &#233;mission de conciliation.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;I. Une &#233;mission de divertissement &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission a commenc&#233; depuis 12 h30, quand apr&#232;s le journal de 13 heures, Laurence se r&#233;jouit de l'ambiance qui r&#232;gne sur le plateau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Laurence Ferrari : - &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; et nous sommes toujours avec Daniel Cohn-Bendit, Christian Brincourt, Charles Pasqua et Serge July qui se parlent beaucoup. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Y a une bonne ambiance&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, hein, Serge July, dans le studio ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; Excellente. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurence Ferrari : - &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les passions sont retomb&#233;es&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, 40 ans apr&#232;s. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous est alors propos&#233; est une &#233;mission de divertissement dont on retiendra d'abord quelques moments particuli&#232;rement d&#233;sopilants, puisque que 68 n'est plus qu'une occasion de rire. De l'impertinence subversive de Cohn-Bendit, en effet, il ne reste que les espi&#232;gleries dont il gratifie complaisamment Charles Pasqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence Ferrari pr&#233;sente ce dernier : &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurence Ferrari : - &lt;i&gt;&#171; Vous &#233;tiez aussi au c&#339;ur de mai 68 mais vous n'&#233;tiez pas tout &#224; fait du m&#234;me c&#244;t&#233;, on va dire ? Vous occupiez des fonctions politiques, c'est cela ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Charles Pasqua : - &lt;i&gt;&#171; On peut dire &#231;a comme &#231;a. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurence Ferrari : - &lt;i&gt;&#171; On peut dire &#231;a comme &#231;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : - &lt;i&gt;&#171; Mais il regrette. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurence Ferrari : - &lt;i&gt;&#171; C'est vrai, Daniel Cohn-Bendit, il regrette ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : - &lt;i&gt;&#171; Il regrette, il m'a dit &#224; Strasbourg qu'il regrettait de ne pas avoir &#233;t&#233; de notre c&#244;t&#233;, c'est un scoop ce soir &#187;&lt;/i&gt; [Tout le monde rit.]&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Charles Pasqua : - &#171; J'ai toujours &#233;t&#233; un peu contestataire, hein, m&#234;me quand je suis dans la majorit&#233;, je suis toujours un peu contestataire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard, &#224; propos des slogans de 68, nouveau sketch :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charles Pasqua : - &lt;i&gt;&#171; Y avait une certaine cr&#233;ativit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurence Ferrari : - &lt;i&gt;&#171; Lesquels vous ont marqu&#233; Monsieur Pasqua ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Charles Pasqua : - &lt;i&gt;&#171; Oh, par exemple, il est interdit d'interdire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : - &lt;i&gt;&#171; Il en a fait le slogan de sa vie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez dr&#244;le, en effet. Puis quand ils &#233;voquent, quasiment tous en ch&#339;ur le m&#234;me slogan - &#171; Jouir sans entraves &#187; -, c'est pour l'attribuer &#224; Nicolas Sarkozy. Et &#231;a les a fait bien rire. Bonne humeur de potaches&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Et souvenir d'anciens combattants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christian Brincourt : - &lt;i&gt;&#171; Tu as &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; le 3 mai, je l'avais relat&#233; &#224; l'antenne. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Charles Pasqua : - &lt;i&gt;&#171; Oh, c'&#233;tait pas une vraie arrestation. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christian Brincourt : - &lt;i&gt;&#171; Il a &#233;t&#233; embastill&#233; au Quai des Orf&#232;vres, je me souviens tr&#232;s bien. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : - &lt;i&gt;&#171; Et Pasqua est venu m'apporter des oranges ; c'est un scoop. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Et tous de s'esclaffer. Au concours de &#171; bons mots &#187;, Daniel Cohn-Bendit l'emporte et de loin. La preuve ?&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : &lt;i&gt;&#171; - Les manifestants, c'&#233;tait les joints et les flics c'&#233;tait la gnole. &#187; &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne boudons pas notre plaisir. Le moment viendra peut-&#234;tre de parler, sans abuser de l'esprit de s&#233;rieux, de choses s&#233;rieuses. Laurence Ferrari, dont c'est le r&#244;le, en sa qualit&#233; d'animatrice, certes, mais surtout de journaliste, va certainement s'y employer ! Et elle sera sans doute second&#233;e par cet autre journaliste, pr&#233;sent dans le studio : Serge July.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais auparavant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Laurence Ferrari : - &lt;i&gt;&#171; Daniel Cohn-Bendit a un scoop. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : &lt;i&gt;&#171; J'ai un scoop. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; Un scoop formidable d'ailleurs. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : - &lt;i&gt;&#171; Un scoop qui n'est pas de moi, qui est d'Alain Madelin qui m'a donc racont&#233; hier. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; Tout frais. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : - &#171; &lt;i&gt;Tout frais parce que c'est hier, il m'a racont&#233;&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; et de raconter enfin ce scoop exceptionnel : que Madelin lui aurait expliqu&#233; comment il avait &#233;t&#233; pr&#233;vu, le 3 mai, de proc&#233;der &#224; l'arrestation &#224; la fois des gauchistes et des militants d'extr&#234;me-droite&#8230;mais le vrai scoop n'est-il pas d'apprendre qu'entre Madelin, ex- d'Occident, et Cohn-Bendit, ex-anar, le courant passe plut&#244;t bien au point de se faire des confidences ? ! Un probl&#232;me ? Pas pour Cohn-Bendit en tous cas : &lt;i&gt;&#171; Il me dit ils sont rentr&#233;s lui, Longuet, Robert, qui sont des personnages politiques int&#233;ressants aujourd'hui ou pas, c'est pas &#231;a notre probl&#232;me. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge July, en sa qualit&#233; de chroniqueur de la station, conclut cet &#233;pisode &#233;difiant &lt;i&gt; : &lt;/i&gt;&#171; C'est mieux qu'un scoop, c'est une info aujourd'hui. &#187; C'est assez dire ce que l'ancien directeur de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; appelle une &#171; information &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Une &#233;mission de conciliation &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle &#171; ambiance &#187;, tout devient futile. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, les affrontements, les pav&#233;s qui volent ? C'est pour les archives. Dans le studio, Laurence Ferrari veille soigneusement &#224; d&#233;samorcer toute pol&#233;mique. Sans difficult&#233;s : les invit&#233;s communient de bonne gr&#226;ce &#224; tous propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D'abord dans l'hommage rendu aux forces de police. Le pr&#233;fet Grimaud affirme-t-il &#8211; dans un document sonore diffus&#233; &#224; l'antenne qu' &#171; il y a eu une relative mod&#233;ration des deux c&#244;t&#233;s &#187;&lt;i&gt; ? &lt;/i&gt; Serge July le f&#233;licite aussit&#244;t : &lt;i&gt;&#171; [&#8230;] on a eu beaucoup de chance : en janvier 67, on change le pr&#233;fet de police. Il faut savoir que le pr&#233;fet de police avant s'appelait Maurice Papon ; on a eu &#233;norm&#233;ment de chance, [&#8230;] &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; _ - Charles Pasqua : - &lt;i&gt;&#171; Les morts, y a un policier aussi&lt;/i&gt; &#187; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; C'est un commissaire de police, &#224; Lyon ; et y en a 3 en juin au moment de la reprise : 1 lyc&#233;en et 2 ouvriers de Peugeot ; y a trop mais c'est peu. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Charles Pasqua : - &#171; &lt;i&gt;Par rapport &#224; ce qui aurait pu arriver. &#187;&lt;br&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ne pas en convenir ? Mais c'est oublier un peu vite, ce que rappelait Christian Brincourt qui, &#224; la diff&#233;rence de Serge July, a gard&#233; en m&#233;moire sa qualit&#233; de journaliste :&lt;/ br /&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christian Brincourt : - &lt;i&gt;&#171; Moi ce qui me surprend - l&#224; non je parle s&#233;rieusement - c'est l'extr&#234;me violence des affrontements. Quant aux forces de l'ordre, ils sont d'une brutalit&#233; qu'on a rarement vue, et qu'on n'a plus jamais revue. J'ai encore en m&#233;moire ce jeune &#233;tudiant am&#233;ricain, qui n'avait rien &#224; voir avec les &#233;tudiants parisiens, qui tenait son &#339;il dans le creux la main, j'ai servi de t&#233;moin &#224; son proc&#232;s, je m'en souviens tr&#232;s bien &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une toute autre version du r&#244;le des forces de l'ordre qui sera class&#233;e &#171; sans suites &#187;, non seulement par les invit&#233;s politiques, mais surtout par les journalistes de RTL : Laurence Ferrari et Serge July. Il est vrai qu'il est d&#233;sormais m&#233;diatiquement convenable de pr&#233;senter les CRS comme les nouveaux h&#233;ros de 68&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'&#233;tait l'objet d'un reportage diffus&#233; dans l'&#233;mission &#171; Droit d'inventaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits, quand Serge July papote avec Charles Pasqua, se dissolvent aux contacts de commentaires conciliants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre sujet de discorde possible : les tentatives du pouvoir de verrouiller compl&#232;tement l'information. L&#224; encore, c'est Christian Brincourt qui avait tent&#233; d'amorcer le d&#233;bat, en citant les injonctions de Peyrefitte : &lt;i&gt;&#171; Dites &#224; votre ami Farkas de cesser de radioguider les manifestants, il nous complique la t&#226;che &#187;, &lt;/i&gt;il rappelle que les 250 journalistes de l'ORTF sont sur le point d'&#234;tre vir&#233;s, et July signale que les deux radios Europe 1 et RTL ont fini par s'arr&#234;ter ce qui entra&#238;ne cet aveu de Charles Pasqua : &lt;i&gt;&#171; Parce qu'on s'est d&#233;cid&#233; &#224; leur couper le sifflet. &#187;&lt;/i&gt; Pasqua en rigole, Laurence Ferrari aussi : et le m&#234;me Pasqua ajoute un peu apr&#232;s, avec un aplomb qui ne choque personne : &lt;i&gt;&#171; Dieu merci, on tient l'ORTF. &#187;&lt;/i&gt; Laurence Ferrari se contente d'en rire : &lt;i&gt;&#171; C'est la vision de Charles Pasqua qui est pour la libert&#233; de la presse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge July, lui (journaliste : on ne se lasse pas de le r&#233;p&#233;ter&#8230;) n'a pas retenu la censure, mais les reportages des radios comme RTL ou Europe1 :&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; Mais &#231;a contribue, je vous entendais, on conna&#238;t bien tous les extraits, &#231;a contribue &#224; dramatiser. Y a une dramatisation qui est faite sur le m&#233;dia par le m&#233;dia. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fallait-il donc inviter les reporters &#224; plus de retenue, voire au silence (auquel ont &#233;t&#233; contraints les journalistes de l'ORTF) ? En tout cas, sur le licenciement des journalistes, pas d'objection. Et Charles Pasqua peut se pavaner sans susciter la moindre critique ni de Cohn-Bendit ni &#8211; il faut le souligner &#8211; des journalistes pr&#233;sents dans le studio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il d'&#233;voquer les objectifs et les enjeux politiques du mouvement &#233;tudiant et de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ? Il suffira de constater que ce n'&#233;tait pas une r&#233;volution qui &#233;tait &#224; l'ordre du jour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;bat &#187; : Serge July : - &#171; La plupart des minist&#232;res sont &#224; d&#233;couvert, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Laurence Ferrari laisse dire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il d'&lt;i&gt;analyser&lt;/i&gt; le discours de De Gaulle apr&#232;s son retour de Baden Baden et sa d&#233;cision de dissoudre l'Assembl&#233;e Nationale ? Ce sera pour &lt;i&gt;saluer&lt;/i&gt; un &lt;i&gt;&#171; coup de g&#233;nie &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;bat &#187; : Laurence Ferrari : - &#171; Parce que ce sera la vague bleue &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de doute : &lt;i&gt;&#171; Les passions sont retomb&#233;es &#187;&lt;/i&gt;, comme s'en f&#233;licitait Laurence Ferrari au d&#233;but de l'&#233;mission. Un cri du c&#339;ur que les journalistes-animateurs partagent avec leurs aimables invit&#233;s, les uns et les autres &#233;tant bien d&#233;cid&#233;s &#224; gommer les points de &#171; divergences &#187; pour mettre l'accent sur ce qui fait consensus. Laurence Ferrari s'affole vite lorsqu'elle sent qu'une dispute pourrait &#233;clater et s'empresse d'y mettre fin : &lt;i&gt;&#171; Messieurs, on va avancer un petit peu &#187;,&lt;/i&gt; dit-elle alors, &#224; plusieurs reprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-il ressortir d'un tel d&#233;bat dont les enjeux n'ont cess&#233; d'&#234;tre masqu&#233;s par des rires et des plaisanteries ? Pas grand-chose si ce n'est que les adversaires d'hier sont devenus ce qu'on attend qu'ils soient dor&#233;navant : des partenaires &#224; peine rivaux qui, du m&#234;me coup, sont les &#171; bons clients &#187; du journalisme complaisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce journalisme-l&#224;, mettre mai 68 en d&#233;bat, c'est d&#233;samorcer, sous un flot de paroles, toutes les questions que ce mouvement pourrait encore soulever. C'est aussi comm&#233;morer l'inoubliable&#8230; pour le faire oublier, ainsi que le sugg&#232;re Daniel Cohn-Bendit dans sa derni&#232;re intervention : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Oubliez 68.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; C'est un autre monde, une autre soci&#233;t&#233;, on a chang&#233;. 68 a permis que ce monde change et maintenant on a d'autres probl&#232;mes. Et &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d'ailleurs je me suis retrouv&#233; avec Charles Pasqua&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Lui il &#233;tait pr&#233;sident d'un groupe un peu de droite, un peu beaucoup, au Parlement europ&#233;en, moi des Verts. On est dans une autre situation, et qu'on arr&#234;te maintenant avec 68. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oublier 68 ? Laurence Ferrari peut &#234;tre satisfaite ; son &#233;mission &#8211; une variante souriante de &#171; l'Union sacr&#233;e &#187; - aura contribu&#233; &#224; donner raison &#224; Daniel Cohn-Bendit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui renouvelle son invitation &#224; oublier Mai 68 dans T&#233;l&#233;rama du 26 mars 2006 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : bavarder sur 68 est &#224; l'&#233;vidence, du moins sur RTL, le meilleur moyen de ne rien en dire et de ne rien dire ni de son &#233;ventuelle actualit&#233;, ni des probl&#232;mes d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurence Ferarri &#233;tait ravie : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait formidable, on aurait encore pu faire deux heures d'&#233;mission &#8230; On va continuer le d&#233;bat en studio. &#187; &lt;/i&gt;Un d&#233;bat, vraiment ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadine Floury et Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'&#233;tait l'objet d'un reportage diffus&#233; dans l'&#233;mission &#171; Droit d'inventaire &#187; du 23 janvier 2008 sur France3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; D&#233;bat &#187; :&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; La plupart des minist&#232;res sont &#224; d&#233;couvert, comme des conseillers sont partis, des employ&#233;s, y a plus personne dans les minist&#232;res, c'est ce moment o&#249; c'aurait pu basculer dans quelque chose d'insurrectionnel, c'est-&#224;-dire s'il y avait eu occupation par exemple de 1, 2, 3, 4 minist&#232;res, le minist&#232;re des Finances, la chancellerie etc, &#231;a changeait &#233;videmment la face des &#233;v&#232;nements, il se trouve que &#231;a n'int&#233;ressait, voil&#224;, personne. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Suit un &#233;change particuli&#232;rement savoureux entre l'homme &#171; de gauche &#187; et l'homme qui se dit ouvertement de droite :&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Charles Pasqua : - &lt;i&gt;&#171; Et nous, nous avons cru que &#231;a risquait d'arriver parce que nous avions occup&#233; un certain nombre de minist&#232;res. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br /&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : - &lt;i&gt;&#171; Parce que vous aviez une id&#233;e compl&#232;tement vieillotte de la r&#233;volution qui n'avait rien &#224; voir avec ce qui se passait, c'&#233;tait &#231;a votre probl&#232;me ; vous &#233;tiez les Trotskistes du pouvoir. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Charles Pasqua : - &lt;i&gt;&#171; Et vous, vous &#233;tiez de faux r&#233;volutionnaires. &#187;&lt;/i&gt;Et tous de rire bien-entendu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; D&#233;bat &#187; :&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurence Ferrari : - &lt;i&gt;&#171; Parce que ce sera la vague bleue &#224; l'assembl&#233;e nationale et c'est la fin de Mai 68, Daniel Cohn-Bendit ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohn-Bendit : - &lt;i&gt;&#171; Oui, le coup de g&#233;nie, le coup de g&#233;nie parce qu'il a essay&#233; le r&#233;f&#233;rendum et toutes ces b&#234;tises, le coup de g&#233;nie, c'est pourquoi les &#233;lections.. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Charles Pasqua : - &lt;i&gt;&#171; Il a fait ce que vous aviez tent&#233;, c'est-&#224;-dire il a politis&#233; la situation et il a politis&#233; au moment opportun. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurence Ferrari : - &lt;i&gt;&#171; Sur vos conseils, Charles Pasqua ? &#187; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; Vous jouez un r&#244;le l&#224;-dedans, hein, Charles Pasqua ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui renouvelle son invitation &#224; oublier Mai 68 dans &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; du 26 mars 2006 : &lt;i&gt;&#171; Discuter sans fin sur Mai 68 est une mani&#232;re d'&#233;viter de parler des probl&#232;mes d'aujourd'hui &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mai 68 - Une tranche de &#171; comm&#233;moration &#187; sur France Inter.</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Mai-68-Une-tranche-de-commemoration-sur-France-Inter</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Mai-68-Une-tranche-de-commemoration-sur-France-Inter</guid>
		<dc:date>2008-03-25T06:11:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;gory Rzepski, Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Joffrin</dc:subject>
		<dc:subject>1968 - Le mouvement de mai-juin</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Val</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard Guetta</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Demorand</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand des acteurs de 68 devenus les notaires de son interpr&#233;tation confisquent les commentaires de ce printemps-l&#224;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mai-68-Quarante-ans-apres-" rel="directory"&gt;Mai 68... Quarante ans apr&#232;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Val-+" rel="tag"&gt;Philippe Val&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Guetta-+" rel="tag"&gt;Bernard Guetta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nicolas-Demorand-+" rel="tag"&gt;Nicolas Demorand&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 21 mars 2007, France Inter organisait une &#171; journ&#233;e sp&#233;cial printemps 68 &#187; en partenariat avec l'INA et &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Une journ&#233;e pendant laquelle pr&#232;s de 20 heures de programmes sont consacr&#233;es aux &#233;v&#233;nements de 1968 en France et dans le monde. Bien que cette programmation ne puisse &#234;tre appr&#233;ci&#233;e totalement &#224; l'aune de la tranche 7h-9h, celle-ci - l'une des plus &#233;cout&#233;e &#224; la radio - permet quand m&#234;me de prendre la temp&#233;rature et la mesure du traitement m&#233;diatique de la comm&#233;moration par France Inter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une tranche matinale assez &#171; sp&#233;ciale &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le tranche matinale des &#233;missions de France Inter, de 7 heures &#224; 10 heures, s'intitule, ing&#233;nieusement, &#171; Le 7/10 &#187;. Habituellement, on peut y entendre, en alternance, des journaux radiophoniques, des chroniques, Nicolas Demorand et &#171; ses &#187;invit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; &#171; journ&#233;e sp&#233;ciale &#187;, &#233;mission &#171; sp&#233;ciale &#187; : si l'agencement est, &#224; peu pr&#232;s, respect&#233;, le &#171; printemps 68 &#187; est pr&#233;sent partout, journaux radiophoniques inclus. &#171; Le 7/10 &#187; est ponctu&#233; d'archives sonores et de jingles qui rappellent que l'&#233;v&#233;nement sur France Inter, c'est d'abord que France Inter propose une &#171; journ&#233;e sp&#233;ciale &#187;. Toutes les chroniques sont, exceptionnellement, consacr&#233;es &#224; 68. Et Nicolas Demorand et ses invit&#233;s &lt;i&gt;&#171; sont en direct du Quartier Latin &#187;.&lt;/i&gt; Ambiance &#171; exceptionnelle &#187; et invit&#233;s &#171; exceptionnels &#187; : quels sont, en effet, parmi les acteurs de 1968, les mieux plac&#233;s pour en parler, sinon ceux qui sont devenus les notables notaires de ce printemps-l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entendra donc, lors d'une &#171; premi&#232;re table ronde &#187; (de 7h15 &#224; 7h30) : Alain Geismar (en promotion &#224; l'occasion de la publication de son livre sur 68), Patrick Rotman (en promotion &#224; l'occasion de la publication de son livre sur 68) et Bernard Guetta, en sa double qualit&#233; de journaliste de 2008 et de lyc&#233;en de 1968. De 7h 45 &#224; 8h, ce sera le tour de G&#233;rard Fromanger, artiste, &lt;i&gt;&#171; l'un des plus grands en France &#187;&lt;/i&gt;, et fondateur de l'Atelier des Beaux-Arts en mai 68. Il est suivi &#224; 8h20 de Romain Goupil, en tant que cin&#233;aste et &lt;i&gt;&#171; cr&#233;ateur &#187;&lt;/i&gt; du Comit&#233; d'actions lyc&#233;ens. Enfin, lors d'une deuxi&#232;me &#171; table ronde &#187; (de 8h40 &#224; 9h), la parole sera donn&#233;e ou redonn&#233;e &#224; Alain Touraine, Patrick Rotman, Alain Geismar, G&#233;rard Fromanger, Romain Goupil et Virginie Linhart, sociologue et auteure d'un livre sur son p&#232;re, Robert Linhart qui fut dirigeant mao&#239;ste et &#233;tabli (8 h 40 &#8211; 9h). Entre temps Philippe Val et Bernard Guetta auront &#171; chroniqu&#233; &#187; l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'&#233;tonner d&#232;s lors si, au fil des s&#233;quences de ce &#171; 7/10 &#187;, l'&#233;v&#233;nement, scand&#233; par son &#233;vocation sonore, est absorb&#233; par des commentaires qui d&#233;vorent l'information. Comment s'&#233;tonner surtout si s'impose progressivement une version exclusive et consensuelle de Mai 68 pr&#233;sent&#233; essentiellement comme une exp&#233;rience g&#233;n&#233;rationnelle, estudiantine et juv&#233;nile ; une mobilisation fort peu ouvri&#232;re, une r&#233;volte plut&#244;t &lt;i&gt;&#171; rimbaldienne &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le mot d'un des invit&#233;s, Patrick Rotman.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et, finalement, un mouvement d'ajustement de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise &#224; la modernit&#233;, dont la seule dimension politique aurait &#233;t&#233; un anticommunisme g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trajectoires sociales et les trajets politiques des invit&#233;s et des chroniqueurs pouvaient difficilement laisser esp&#233;rer autre chose. Nicolas Demorand pouvait-il l'ignorer ? Retour sur les deux premi&#232;res heures du &#171; 7/10 &#187;, pour mesurer les effets de choix &#233;ditoriaux&#8230; ou de la simple routine, fut-elle &#171; sp&#233;ciale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'&#233;tait qu'un bon d&#233;but&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Dans le journal de 7h, le pr&#233;sentateur, Bruno Duvic, annonce une &#233;mission sur &lt;i&gt;&#171; les &#233;tudiants, les artistes &#187;. &lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Mais&lt;/i&gt;, dit il, &lt;strong&gt; &lt;i&gt;pour l'instant,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; int&#233;ressons nous &#224; d'autres acteurs de ce printemps : les ouvriers. Il y a eu jusqu'&#224; 10 millions de gr&#233;vistes. &#187; &lt;/i&gt;Apr&#232;s la diffusion d'une archive sonore dat&#233;e du 27 mai 68, o&#249; l'on entend un fragment du compte-rendu, par Georges S&#233;guy, du r&#233;sultat des n&#233;gociations de Grenelle devant les ouvriers de Renault, le pr&#233;sentateur encha&#238;ne : &lt;i&gt;&#171; Il y avait donc eu 10 millions de gr&#233;vistes au mois de mai 68. Ceux qui avaient lanc&#233; le mouvement, c'&#233;taient les ouvriers qualifi&#233;s de Sud Aviation (...) &#187;&lt;/i&gt; pr&#232;s de Nantes. L'occasion de retourner pour un reportage sur les lieux o&#249; l'usine existe toujours et est devenue un site Airbus. Le reportage d'H&#233;l&#232;ne Roussel &#233;voque l'occupation de l'usine (&lt;i&gt;&#171; un mois et demi &#187;&lt;/i&gt;) et les revendications. En d&#233;pit de la bri&#232;vet&#233; du &#171; format &#187;, la journaliste parvient &#224; faire entendre ce qui &#233;tait en cause, en donnant la parole &#224; quelques acteurs du conflit (dont un &lt;i&gt;&#171; secr&#233;taire CGT &#187;&lt;/i&gt;) qui reviennent sur cette exp&#233;rience de lutte et son issue : &lt;i&gt;&#171; plus de libert&#233;s syndicales et une hausse des salaires. &#187; &lt;/i&gt;Interrog&#233; sur l' &#171; h&#233;ritage &#187; du mouvement, un syndicaliste explique : &lt;i&gt;&#171; Il est certain que tout ce qu'on a obtenu en 68 donc y a un certain nombre de choses que le patronat a r&#233;ussi &#224; remettre en cause ne serait-ce que sur les salaires. &#187; &lt;/i&gt;Un autre salari&#233; : &lt;i&gt;&#171; dans le monde ouvrier, il faut toujours remettre &#231;a parce que les patrons ils sont toujours pr&#234;ts quand ils vous ont donn&#233; 20 centimes, ils veulent en reprendre 30. &#187;&lt;/i&gt; Et la journaliste de conclure en citant le syndicaliste, &lt;i&gt;&#171; Nous on &#233;tait plein d'espoir, dans les usines maintenant, c'est le d&#233;sespoir. (&#8230;) L'apparition du ch&#244;mage a tu&#233; la contestation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Sur les deux heures d'&#233;mission, ce seront, sur la gr&#232;ve proprement dite, les seules paroles ouvri&#232;res que l'on entendra.&lt;/strong&gt; Malgr&#233; tout, un autre ouvrier pourra s'exprimer, mais sur un autre sujet, dans un autre journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno Duvic poursuit la pr&#233;sentation du journal : &lt;i&gt;&#171; Et les revendications ont-elles chang&#233; en quarante ans ? &#187;&lt;/i&gt; La question du rapport entre les luttes de 68 et celles d'aujourd'hui sur le &#171; pouvoir d'achat &#187; est ainsi clairement pos&#233;e pour lancer un reportage sur des &lt;i&gt;&#171; d&#233;brayages &#224; la Caisse des d&#233;p&#244;ts et &#224; la FNAC &#187; &lt;/i&gt;o&#249; &lt;i&gt;&#171; les ouvriers veulent leur part du g&#226;teau. &#187;&lt;/i&gt; Limpide, le reportage lui-m&#234;me &#233;voque les b&#233;n&#233;fices de ces entreprises et les revendications des syndicats en donnant la parole &#224; leurs repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Sur deux heures d'&#233;mission, ce sera la seule tentative d'esquisser un rapprochement entre 1968 et l'actualit&#233; sociale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; Mais leur combat continue &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Fin du journal. Page de publicit&#233;. Il est 7h13. Archive sonore : on entend Alain Geismar annoncer l'occupation des &#233;tablissements universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Demorand pr&#233;sente alors les intervenants convi&#233;s &#224; ce qu'il appelle une &lt;i&gt;&#171; premi&#232;re table ronde &#187;&lt;/i&gt; : Alain Geismar et Patrick Rotman Le premier nomm&#233; tente de replacer le mouvement dans son contexte : le pouvoir du G&#233;n&#233;ral De Gaulle qui, dit-il, entre autres, &lt;i&gt;&#171; avait oubli&#233; l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Et d'expliquer : en 68, &lt;i&gt;&#171; la soci&#233;t&#233; et l'&#233;conomie se sont lev&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; &#192;ses yeux, la r&#233;volte &#233;tudiante s'explique d'abord par l'existence d'une &lt;i&gt;&#171; Universit&#233; ferm&#233;e et archa&#239;que &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Demorand, en avocat des diablotins, pose alors &#224; Patrick Rotman la question qui f&#226;che : &lt;i&gt;&#171; Qui sont ces &#233;tudiants qui se r&#233;voltent ? On a beaucoup dit que c'&#233;tait des enfants de la bourgeoisie ? &#187;&lt;/i&gt; Rotman s'inscrit en faux (&lt;i&gt;&#171; c'est un clich&#233;, cette histoire de fils &#224; papa. &#187;&lt;/i&gt;) en soulignant &lt;i&gt;&#171; l'inflation num&#233;rique &lt;/i&gt;[qui]&lt;i&gt; a port&#233; un renouvellement &#187;&lt;/i&gt; du milieu &#233;tudiant, &lt;i&gt;&#171; c'&#233;tait plus les fils &#224; papa &#187;&lt;/i&gt;. Au &#171; clich&#233; &#187;, Rotman oppose une version de la mobilisation comme &lt;i&gt;&#171; r&#233;volte juv&#233;nile un peu rimbaldienne, contre une soci&#233;t&#233;, un ordre moral un peu confit (&#8230;) alors qu'il y avait une modernisation &#233;conomique, sur le plan des m&#339;urs (&#8230;) et c'est cette contradiction qui a provoqu&#233; ce sursaut &#233;tudiant. &#187;&lt;/i&gt; Bernard Guetta qui participe &#224; la discussion surench&#233;rit. &lt;i&gt;&#171; Pour rebondir sur ce que dit Patrick &lt;/i&gt; &#187;, il met en avant &lt;i&gt;&#171; une des raisons &#187;&lt;/i&gt; de 68, &lt;i&gt;&#171; la d&#233;mocratisation de l'enseignement sup&#233;rieur et l'intrusion sur la sc&#232;ne universitaire d'une grande, grande proportion de la g&#233;n&#233;ration des baby-boomers. Il n'y avait pas de place pour notre g&#233;n&#233;ration quand nous sommes arriv&#233;s &#224; l'Universit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Alain Geismar intervient dans le m&#234;me sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il explique : &#171; Les jeunes qui arrivaient &#224; l'universit&#233; avaient d&#233;j&#224; trouv&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s, alors qu'il n'a lui-m&#234;me invit&#233; que des anciens &#233;tudiants ou enseignants, contribuant &#224; l'occultation partielle de la dimension ouvri&#232;re de 68, Nicolas Demorand pose cette judicieuse question : &lt;i&gt;&#171; Comment expliquer que cet aspect-l&#224; &lt;/i&gt;[la mobilisation &#233;tudiante &#224; Paris] &lt;i&gt;ait un petit peu fait obstacle, tout de m&#234;me &#224; l'immense mouvement social qu'a &#233;t&#233; aussi Mai 68, avec des millions &lt;/i&gt;[il insiste] &lt;i&gt;de gr&#233;vistes. L'historiographie semble avoir (ou peut-&#234;tre l'imaginaire), semble avoir choisi la commune plus que l'autre aspect de mouvement social. &#187;&lt;/i&gt; L'historiographie que conna&#238;t Demorand&#8230; C'est-&#224;-dire celle qui occupe le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique. Mais &#224; sa question pr&#233;cise il ne sera pas r&#233;pondu, ses interlocuteurs s'effor&#231;ant d' &#171; expliquer &#187; la gr&#232;ve des salari&#233;s, et non son occultation.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, apr&#232;s que Patrick Rotman ait relev&#233;, tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Apr&#232;s cet interm&#232;de prol&#233;tarien, il ne sera plus question de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Pour entendre parler des ouvriers ou des syndicalistes, il fallait se lever nettement plus t&#244;t.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet du dispositif et du choix des invit&#233;s, l'&#233;vocation de mai 68 ne quitte pas Nanterre et le Quartier latin ; la comm&#233;moration tourne &#224; la promotion de quelques acteurs et de leurs livres qui, tous porteurs d'un discours quasi-uniforme, tendent &#224; imposer leur vision d'une l'histoire qu'ils enterrent sous leurs interpr&#233;tations exclusives. La version de la droite &#171; d&#233;complex&#233;e &#187; est presque r&#233;duite au silence ce matin-l&#224;. Ne nous inqui&#233;tons pas : l'antenne, en g&#233;n&#233;ral lui est largement ouverte. Mais, pour l'essentiel, le consensus dominant de 2008 dicte les interpr&#233;tations de mai 1968, dont les seuls h&#233;ritiers seraient ses notables et ses notaires&#8230; dont le directeur de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, lui-m&#234;me auteur d'un tr&#232;s r&#233;cent livre sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sous les pav&#233;s, Joffrin &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#8230; Devinez donc&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#224; qui France Inter confie &#224; compter du 21 mars, chaque vendredi, jusque fin mai, une chronique (intitul&#233;e sobrement &#171; Sous les pav&#233;s, Joffrin &#187;) sur mai 68 dans le monde ? Laurent Joffrin, historien &#233;m&#233;rite de 1968 et directeur de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; qui consacre chaque jour plusieurs pages &#224; l'&#233;v&#233;nement. Deux promotions pour le prix d'une : gratuites et de service public. Et justement, ce 21 mars, Laurent Joffrin d&#233;crit le 22 mars comme un moment de convergence qui &lt;i&gt;&#171; r&#233;unit tous les groupuscules &#187;&lt;/i&gt; et qui consacre &lt;i&gt;&#171; l'&#233;mergence d'un leader &#187;&lt;/i&gt; : Daniel Cohn-Bendit &lt;i&gt;&#171; qui a le regard bleu, le verbe ironique et une tchatche pas possible &#187;&lt;/i&gt;. D'ailleurs, le journal de Laurent Joffrin, &lt;i&gt;&#171; sur deux pages, raconte le 22 mars &#187;&lt;/i&gt;. L'occasion de vanter le &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;du jour (un num&#233;ro en partie con&#231;u par les &#233;tudiants de Nanterre d'aujourd'hui, &lt;i&gt;&#171; un num&#233;ro vigoureux, moral &#187;&lt;/i&gt;) et la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; de son r&#233;dacteur en chef. Nous y reviendrons dans un autre article. Joffrin, lui, renouvellera sa page de publicit&#233; une heure plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le journal de 7h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Quelques minutes plus tard, Agn&#232;s Bonfillon lance son &#233;dition de 7h30 par un tonitruant &lt;i&gt;&#171; France Inter bat effectivement le pav&#233;. (&#8230;) Quarante ans apr&#232;s la R&#233;volution, c'est comme si vous y &#233;tiez. &#187;&lt;/i&gt; Viennent les titres du journal : la mort de Chantal S&#233;bire, le nouveau message de Ben Laden, le nouveau record de Manaudou &lt;i&gt;(&#171; Elle est r&#233;aliste, elle demande l'impossible &#187;&lt;/i&gt;), la campagne &#233;lectorale am&#233;ricaine, le lancement d'un nouveau sous-marin, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, pendant ce m&#234;me journal, mai 68 &#171; revient &#187; : avec la diffusion d'archives sur les barricades dress&#233;es au Quartier latin le 3 mai et les affrontements avec les CRS. Sont alors mis en rapport les destins des vedettes comme Cohn-Bendit ou ceux qui sont devenus &lt;i&gt;&#171; philosophes ou journalistes, en tous cas haut plac&#233;s &#187;&lt;/i&gt; et puis &lt;i&gt;&#171; ceux que l'on appelle les &#233;tablis, qui ont toujours refus&#233; apr&#232;s 68 une quelconque forme de hi&#233;rarchie, de &#8220;vendre leur &#226;me&#8221; comme ils disent et donc &lt;/i&gt; &lt;i&gt;de rester ouvriers de base quelle que soit leur qualification &#187;&lt;/i&gt;. Cette pr&#233;sentation approximative (comme si l'opposition ne concernait que les &#171; &#233;tablis &#187; et les autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'exemple ainsi pr&#233;sent&#233; - celui de Gaby S&#233;roni - est-il d'ailleurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), en mettant l'accent sur la diff&#233;rence des choix ou des destins sociaux, att&#233;nue le conflit politique dont il va &#234;te question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage qui suit, d&#251; lui aussi &#224; H&#233;l&#232;ne Roussel, &#233;voque avec la figure d'un &lt;i&gt;&#171; chaudronnier soudeur &#187; &lt;/i&gt;en 68, salari&#233; des &lt;i&gt;&#171; chantiers de l'Atlantique &#224; Saint-Nazaire puis docker &#187;&lt;/i&gt; qui, toute sa vie, a refus&#233; les hi&#233;rarchies, les promotions &#8230; Et qui revient avec acidit&#233; sur ses camarades de l'&#233;poque : &lt;i&gt;&#171; Tous les copains que j'ai connus de pr&#232;s et de loin, eux, ils savaient qu'ils allaient se placer. Jacques Brel l'a bien dit, hein, &#8220;les bourgeois, c'est comme les cochons, plus &#231;a devient vieux, plus &#231;a devient con.&#8221; Aujourd'hui, c'est tous des porcs. &#187;&lt;/i&gt; Le commentaire de la journaliste : &lt;i&gt;&#171; Gaby S&#233;roni, un militant de la rue, sans concession : le combat des femmes dans les ann&#233;es 70 ; la lutte avec les vagues de licenciement au chantier dans les ann&#233;es 80 ; aujourd'hui, le soutien au sans-papiers&#8230; et encore des banderoles &#224; pr&#233;parer contre la pollution &#224; la raffinerie de Donges. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Sur les deux heures d'&#233;mission, ce seront les seules &#233;vocations d'autres h&#233;ritages de 68 que ceux qui occupent le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique.&lt;/strong&gt; Il est vrai qu'il s'agit de l'un des journaux de la r&#233;daction, et non des papotages de Nicolas Demorand et de ses &#171; invit&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le journal reprend, sans transition, suivi d'une nouvelle page de pub.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et c'est reparti&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#192; 7h45, une chronique : &#171; Que faisaient-ils en 68 ? &#187;, par Fr&#233;d&#233;ric Pommier du service politique de France Inter &#233;voque, avec ou sans leurs t&#233;moignages, les mai 68 de Sarkozy, Fillon, Dray, ou encore Devedjian et Madelin qui &#233;taient alors &#224; Occident. Un t&#233;moignage de Nadine Morano (qui avait alors 4 ans) est l'occasion pour elle de t&#233;moigner des dommages de 68 dans l'&#233;ducation tandis que Marie-George Buffet &#233;voque sa &#171; premi&#232;re exp&#233;rience de solidarit&#233; &#187;... Qu'a-t-on appris de significatif ? Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7h49. Nicolas Demorand interroge G&#233;rard Fromanger qui raconte son passage &#224; Nanterre et ce qui s'est pass&#233; &#224; partir du 15 mai aux Beaux-arts : la r&#233;alisation &#224; flux tendu d'affiches en s&#233;rigraphie. Question de Demorand : &lt;i&gt;&#171; Qu'avez-vous fait, vous comme affiches ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; Est-ce que &#231;a a influ&#233; sur votre &#339;uvre ? &#187;&lt;/i&gt; Les affiches vont &#234;tre vendues aux ench&#232;res &#224; Drouot. Qu'en pense Fromanger ? &lt;i&gt;&#171; Nous vivons comme &#231;a dans cette soci&#233;t&#233; d'argent &#187;&lt;/i&gt;. T&#233;moignage, t&#233;moignage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transition. Archive sonore. De Gaulle : &lt;i&gt;&#171; Notre pays est au bord de la paralysie &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 7h55. C'est l'heure de la chronique de Philippe Val qui a fait le choix, pour apporter &lt;i&gt;&#171; un nouveau pav&#233; au d&#233;bat &#187;&lt;/i&gt; de revenir &lt;i&gt;&#171; sur ce qui a d&#233;clench&#233; les &#233;v&#232;nements &#187;. &lt;/i&gt;En l'occurrence :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;la revendication de la mixit&#233; &#187; &#224; la Cit&#233; Universitaire de Nanterre. &lt;i&gt;[&#8230;] Le probl&#232;me d'avant 68 et dont tous ceux qui ont vingt ou trente ans aujourd'hui ne peuvent mesurer la pesanteur tient en deux principes que nul n'avait eu l'intention de remettre en question avant les fameux soixante-huitards dont tout le monde se moque aujourd'hui avec l'ingratitude de ceux qui se r&#233;galent de g&#226;teaux en m&#233;prisant les p&#226;tissiers. Premier principe : &#234;tre de gauche et anti-communiste &#233;tait impossible. L'anticommunisme vous cataloguait imm&#233;diatement &#224; droite. &lt;/i&gt;[Vraiment ? Mais de quel anticommunisme s'agit-il ?] &lt;i&gt; Staline &#233;tait mort mais ses moustaches poussaient encore. Deuxi&#232;me principe : on ne pouvait pas tirer un coup sans avoir pour alibi le d&#233;sir de faire un enfant.(&#8230;) La r&#233;bellion de 68 profond&#233;ment antifasciste et antitotalitaire &#233;tait dirig&#233;e contre deux croyances qui se voulaient raisonnables et mat&#233;rialistes et qui, au contraire, &#233;taient aberrantes et m&#233;taphysique : la croyance selon laquelle la libert&#233; pouvait na&#238;tre d'une absence de libert&#233; et la croyance selon laquelle les femmes sont avant tout des m&#232;res. [&#8230;] C'est la fin de la croyance dans la l&#233;gitimit&#233; du sacrifice de soi &#224; la foi au totalitarisme politique et &#224; la sexualit&#233; procr&#233;atrice&lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt; &#187;. &lt;/i&gt;Et c'est tout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Ce sera tout, ou presque, pendant toute l'heure qui suit. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le grand journal &#187; de 8h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Le journal de Patrick Cohen (r&#233;dacteur en chef du 7-10 ) ne s'ouvre pas sur Mai 68 mais sur l'inauguration d'un &lt;i&gt;&#171; nouveau fleuron de la dissuasion nucl&#233;aire fran&#231;aise &#187;&lt;/i&gt;. Suivent les autres actualit&#233;s du jour. Puis on revient &#224; 68, c'est-&#224;-dire, une fois encore, sur &lt;i&gt;&#171; le point de d&#233;part de la r&#233;volte du printemps 68 &#187; &lt;/i&gt;selon Patrick Cohen :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;l'occupation du campus de Nanterre le 22 mars 1968. Cette fois, c'est pour entendre un enregistrement r&#233;alis&#233; de fa&#231;on artisanale dans un amphi de Nanterre. &lt;i&gt;&#171; Parmi eux une voix se d&#233;tache, celle de Cohn-Bendit &#187;&lt;/i&gt;. Elle a &#233;t&#233; capt&#233;e par Patrice Louis, ancien journaliste &#224; France Inter et, &#224; l'&#233;poque, &#233;tudiant. Il raconte les conditions de l'enregistrement, la marque de la cassette, l'ambiance : &lt;i&gt;&#171; on se r&#233;unit en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, on vote tous &#8211; entra&#238;n&#233;s, manipul&#233;s, allez savoir, par quelques gauchistes &#8211; on vote la gr&#232;ve et puis c'est la d&#233;cision d'occuper le b&#226;timent administratif. Aujourd'hui &#231;a fait un peu ridicule, mais c'&#233;tait extr&#234;mement moderne &#224; l'&#233;poque. &#187; &lt;/i&gt;Souvenirs, souvenirs&#8230; &lt;i&gt;&#171; Nanterre c'&#233;tait quoi &#224; l'&#233;poque et c'est surtout c'&#233;tait qui ? Des gosses de riches comme on l'a dit parfois ? &#187;, &lt;/i&gt; lui demande alors Patrick Cohen. Et Patrice Louis de r&#233;pondre : &lt;i&gt;&#171; Je ne vais pas me prendre comme exemple mais moi j'habitais chez mes parents &#224; Neuilly. &#187;&lt;/i&gt; De l'art de r&#233;pondre sans en avoir l'air en laissant la question en suspens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit alors un reportage stup&#233;fiant qui laisse entendre &#8211; du moins tel qu'il est pr&#233;sent&#233; par Patrick Cohen &#8211; que la mixit&#233; obtenue en 1968 pourrait &#234;tre &#224; l'origine des agressions subies par les jeunes filles sur le campus. Un raccourci digne de Sarkozy et de ses &#233;mules. Lancement du reportage par Patrick Cohen : &lt;i&gt;&#171; Nanterre qui &#224; l'&#233;poque r&#233;clamait la mixit&#233; fille-gar&#231;on dans les dortoirs et qui aujourd'hui parfois s'inqui&#232;te des effets de cette mixit&#233;. Plusieurs filles ont &#233;t&#233; agress&#233;es ces derniers mois autour de ce vaste campus qui accueille quelques 32 000 &#233;tudiants. &#187; &lt;/i&gt;Reportage 2008. &lt;i&gt; &lt;/i&gt;De la fac au parking ou &#224; la gare,&lt;i&gt; &#171; le chemin est long et parfois angoissant pour les jeunes filles &#187; &lt;/i&gt;d&#233;clare, &#224; juste titre, la journaliste.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Une syndicaliste &#233;voque &lt;i&gt;&#171; un ph&#233;nom&#232;ne d'agression &#187; &lt;/i&gt;m&#234;me si c'est &lt;i&gt;&#171; relativement calme au global. &#187; &lt;/i&gt;Un militant de la JCR relativise et d&#233;fend &lt;i&gt;&#171; la mixit&#233; des cit&#233;s U qui ne semble pas &#234;tre remis en question par les habitants &#187;&lt;/i&gt; tout en regrettant surtout que le campus ne soit &lt;i&gt;&#171; plus un lieu de vie &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Cohen revient ensuite sur la violence des affrontements et &#233;voque &lt;i&gt;&#171; des centaines de bless&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. Nous sommes le 25 mai 68. Document d'archive : un appel lanc&#233; par les m&#233;decins pr&#233;sents &#224; la Sorbonne pour obtenir d'urgence des produits pharmaceutiques. Patrick Cohen : &lt;i&gt;&#171; Des victimes mais pas de drames majeurs. Succ&#232;s que l'ont met avec raison au cr&#233;dit d'un grand serviteur de l'Etat, Maurice Grimaud &#187;&lt;/i&gt;, que l'on entend, dans un enregistrement, se d&#233;marquer des m&#233;thodes employ&#233;e sous le r&#232;gne de son pr&#233;d&#233;cesseur, Maurice Papon, &#224; la fin de la guerre d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La g&#233;opoltique de Bernard Guetta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Au terme du journal de 8h, la chronique de Bernard Guetta pr&#233;sente Mai 68 en France comme &lt;i&gt;&#171; un moment national d'un &#233;branlement international &#187;, &lt;/i&gt;dont il retient d'abord la dimension g&#233;n&#233;rationnelle&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;i&gt; : &#171; Partout une g&#233;n&#233;ration, massive et adul&#233;e comme l'incarnation de la paix, arrivait &#224; l'&#226;ge d'homme dans des universit&#233;s d&#233;bord&#233;es par ces effectifs et dans des soci&#233;t&#233;s encore si marqu&#233;es par la Guerre qu'elles n'aspiraient certainement aux tourmentes du changement. Cette g&#233;n&#233;ration avait son uniforme, le jean, car il n'y avait plus ni gar&#231;on, ni fille, mais la jeunesse. Elle avait sa culture, le rock'n roll, car il fallait que &#231;a roule et que &#231;a secoue et une farouche volont&#233; surtout de se lib&#233;rer des tabous sexuels encore si forts &#224; l'&#233;poque.&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Et Guetta de poursuivre en &#233;voquant les effets politiques de cet &#171; &#233;branlement &#187; : &#171; &lt;i&gt;Cette g&#233;n&#233;ration voulait refaire ces pays et le monde &#224; sa main, changer la politique [&#8230;]. Le 68 fran&#231;ais a permis le retour de l'alternance en jetant les bases d'une gauche non communiste ; les jeunesses allemande, italienne, japonaise, espagnole et portugaise ont marqu&#233; la vraie rupture avec le pass&#233; fasciste (&#8230;) ; Prague et Varsovie, les 68 de l'Europe centrale ont pr&#233;par&#233; Solidarit&#233; et les &#8220;r&#233;volutions de velours&#8221; (&#8230;). Cette nouvelle g&#233;n&#233;ration a vraiment chang&#233; le monde avant de se disperser sur les nouveaux &#233;chiquiers politiques qu'elle avait cr&#233;&#233;s. Ce fut une g&#233;n&#233;ration de rupture historique qui avait l'audace de ses certitudes car on pouvait encore croire, &#224; l'&#233;poque, &#224; l'invention de 1789, la continuit&#233; du progr&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Vision discutable ? Sans doute, puisqu'elle pourrait &#234;tre discut&#233;e. Et surtout vision partielle qui neutralise la dimension proprement sociale du mouvement en France et dans d'autres pays, comme l'Italie. Et en particulier, les luttes des salari&#233;s. Il est donc grand temps de revenir au point de d&#233;part et d'y rester.&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Romain Goupil par Romain Goupil&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
8h20. Document d'archive :&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Romain Goupil se raconte. Et c'est lui que l'on retrouve, avec Nicolas Demorand, pour une ballade en direct et sous la pluie, entre la Sorbonne et l'Od&#233;on. Pr&#233;sent&#233; comme cr&#233;ateur des &lt;i&gt;&#171; comit&#233;s d'action lyc&#233;ens, &#224; la pointe de la r&#233;volte &#233;tudiante de Mai 68 &#187;&lt;/i&gt; au Quartier latin, Goupil explique que son expulsion du lyc&#233;e fut fondatrice : &lt;i&gt;&#171; &#231;a va donner naissance aux comit&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. Un peu essouffl&#233;, Goupil raconte &#171; son &#187; mai 68 entre le 22 mars et le 3 mai. Quelques questions de Nicolas Demorand donnent le ton :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; Il vous &#233;voque quoi, ce quartier latin ? &#187; &lt;/ br &gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; Tout, &#231;a c'est des bons souvenirs, Romain Goupil ? &#187;.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; Vous avez dit tout &#233;tait possible &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du bavardage essouffl&#233; avec Romain Goupil, on retiendra surtout qu'il ent&#233;rine, comme allant de soi, les &#233;volutions de certains de ses amis&lt;i&gt;. &#171; Y a un certain nombre de vos amis, Romain Goupil qui sont au gouvernement ? &#187;&lt;/i&gt; lui demande Demorand. &lt;i&gt;Comment voyez-vous ces &#233;volutions-l&#224; ? &#187;&lt;/i&gt; La premi&#232;re r&#233;ponse de Romain Goupil contourne la question et amorce la cons&#233;cration des reniements m&#233;diatiquement rentables : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;(&#8230;) &lt;i&gt;On pensait nous qu'on allait changer le monde et sur un mod&#232;le qui &#233;tait la r&#233;volution de type bolchevik, de 1917. Quarante ans apr&#232;s c'est pas du tout ce qui s'est pass&#233; et heureusement pour tout le monde. Ce qui s'est pass&#233; c'est que les milliers d'&#233;tudiants et les milliers de lyc&#233;ens qui sont descendus dans la rue ont fait en sorte que la soci&#233;t&#233; change et non pas sur le mod&#232;le que nous gauchistes ou militants d'extr&#234;me gauche voulions.(&#8230;) Y avait d&#233;j&#224; des discussion entre nous sur &#8220;r&#233;formisme ou r&#233;volution&#8221;. Apr&#232;s, sur quarante ans, bien s&#251;r que tout le monde va &#233;voluer, le monde va bouger et y va y avoir certains qui vont penser que c'est mieux de faire bouger les choses directement proches du pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&#192; Demorand qui lui demande si &#231;a ne le choque pas, Goupil r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Ah ben &#231;a me choque pas du tout de voir qu'ils ont continu&#233; en pensant que c'&#233;tait plus int&#233;ressant, par exemple comme Henri Weber, comme Cohn-Bendit, d'&#234;tre d&#233;put&#233;s et de faire changer r&#233;ellement les choses plut&#244;t que de continuer &#224; faire des discours pour se faire plaisir &#224; soi-m&#234;me ou pour essayer de se donner bonne conscience. (&#8230;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quelques &#233;changes plus loin, alors que Goupil explique ce qui &#233;tait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Laurent Joffrin par Laurent Joffrin (bis)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Il est 8 h30.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;La &#171; revue de presse exceptionnelle de Laurent Joffrin &#187;,&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;essentiellement consacr&#233;e &#224; Chantal S&#233;bire, s'ach&#232;ve sur une publicit&#233; d&#233;di&#233;e &#224; l'&#233;dition du jour du quotidien qu'il dirige, r&#233;alis&#233;e en partie par les &#233;tudiants de Nanterre &#8230; &lt;i&gt;&#171; Un num&#233;ro dont je me garderai &#233;videmment de faire la promotion &#187;&lt;/i&gt; - ce qu'il est &#233;videmment en train de faire - &lt;i&gt; &#171; sinon pour en recommander la lecture des pages Rebond &#187;&lt;/i&gt;, dans lesquelles Joffrin et son journal sont critiqu&#233;s ; ce qui lui inspire ce commentaire : &lt;i&gt;&#171; l'esprit de 1968, apparemment, est toujours l&#224;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Table ronde pour tourner en rond.&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Apr&#232;s une transition musicale avec un extrait des &#171; anarchistes &#187; de Ferr&#233;, Nicolas Demorand se tourne vers des anarchistes patent&#233;s, pour une table ronde qui r&#233;unit Alain Touraine, Patrick Rotman, Alain Geismar, G&#233;rard Fromanger, Romain Goupil et Virginie Linhart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand moment de communion autour d'une seule id&#233;e : derri&#232;re la geste marxisante et archa&#239;que, se jouait l'av&#232;nement de la France &#224; la modernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Alain Touraine [mieux vaut, charitablement, ne pas tout transcrire&#8230;] &#171; d&#233;crupte &#187; ainsi les &lt;i&gt;&#171; sens &#187;&lt;/i&gt; de l'&#233;v&#233;nement : &lt;i&gt;&#171; (&#8230;) Apr&#232;s un long retard au changement parce que la Guerre, les guerres anticoloniales, etc., la reconstruction mat&#233;rielle du pays, on voit appara&#238;tre des revendications de type culturelles, la sexualit&#233;, la jeunesse, l'identit&#233; et la libert&#233;, voil&#224; les grandes choses qui arrivent. Bon, tout ceci est fondamental. Mais tout ceci ne dispose pas d'un langage et encore moins d'un parti politique (&#8230;). En m&#234;me temps, il y a, toujours fid&#232;les au poste, les gens qui eux ont un vocabulaire m&#234;me s'ils n'ont plus d'exp&#233;rience v&#233;cue, c'est-&#224;-dire, les trotskistes et les mao&#239;stes (&#8230;)&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Alain Geismar intervient alors pour souligner que la r&#233;volte de la jeunesse et des millions d'ouvriers &lt;i&gt;&#171; &#231;a l&#232;ve un grand espoir. &#187; &lt;/i&gt;Un &#171; grand espoir &#187; dont on ne saura rien, sinon ceci : &lt;i&gt;&#171; Les mots pour le dire, ils arrivent dans le vieux jargon marxiste. Et cela, &#231;a enferme le mouvement et &#231;a l'emp&#234;che d'une certaine mani&#232;re d'avoir son expression propre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Patrick Rotman confirme : &lt;i&gt;&#171; Moi, je partage ce qui vient d'&#234;tre dit par les deux Alain. (&#8230;) C'est un mouvement spontan&#233;, libertaire, d&#233;mocratique et juv&#233;nile et on peut dire m&#234;me rimbaldien qui utilise le jargon de l'&#233;poque qui &#233;tait celui qui &#233;tait &#224; notre disposition, c'est-&#224;-dire, le langage des r&#233;volutions du XIX&#232;me. &#187;&lt;/i&gt; Il fallait solder ; c'est d&#233;sormais chose faite : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes dans un autre monde, dans un autre si&#232;cle, dans un autre univers intellectuel, d'autres r&#233;f&#233;rences culturelles et donc c'est plus possible de continuer &#224; penser la modernit&#233; du XXI&#232;me si&#232;cle en r&#233;f&#233;rence &#224; cet &#233;v&#233;nement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Bernard Guetta, v&#233;h&#233;ment, atteste. Il raconte (en la r&#233;inventant quelque peu) une altercation entre Cohn-Bendit et Aragon, o&#249; le premier rappelait au second qu'il avait &#233;crit, jadis : &#171; Il nous faut un Gu&#233;p&#233;ou &#187;. Cette altercation illustrerait une le&#231;on plus g&#233;n&#233;rale : &lt;i&gt;&#171; ce mouvement qui s'inspirait, qui copiait naturellement, comme toute r&#233;volution, la r&#233;volution pr&#233;c&#233;dente, celle de 1917, &#233;tait en r&#233;alit&#233; en rupture totale, totale, avec le Parti communiste fran&#231;ais et le communisme sovi&#233;tique d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale (&#8230;). &#187; &lt;/i&gt;Deux affirmations peut-&#234;tre un peu simplificatrices. Mais qu'importe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Romain Goupil abonde et surench&#233;rit : &lt;i&gt;&#171; Ceux qui vont d&#233;clencher le mouvement ont une id&#233;ologie, (&#8230;) le mod&#232;le est quand m&#234;me 1917, avec une insurrection ouvri&#232;re et faire la dictature du prol&#233;tariat. &#199;a c'est les dirigeants dont j'&#233;tais, mais on &#233;tait une poign&#233;e de 300. Par contre, l'incroyable succ&#232;s de 68, c'est que ces 300 cr&#233;tins dont j'&#233;tais, ont &#233;t&#233; d&#233;bord&#233;s par des milliers et des milliers de lyc&#233;ens, des milliers d'&#233;tudiants et bient&#244;t rejoints par des millions de travailleurs qui eux disaient : &#8220;La France issue du XIX&#232;me si&#232;cle est une France qu'on ne supporte plus.&#8221;(&#8230;) Tout a chang&#233;. Mais, tu as raison, Patrick &lt;/i&gt;[Rotman],&lt;i&gt; tu as raison, et M. Touraine on est tout &#224; fait d'accord, on ne peut plus penser le XXI&#232;me si&#232;cle en se r&#233;f&#233;rant &#224; mai 68 (&#8230;). 68, la grille de lecture qu'on avait est une grille de lecture marxiste, obsol&#232;te et qui rime &#224; rien. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Quelques &#233;changes plus tard, le rappel rapide par Fromanger du r&#244;le des situationnistes et de l'influence du surr&#233;alisme, donne l'occasion &#224; Patrick Rotman de rebondir : &lt;i&gt;&#171; On a tendance maintenant &#224; surdimensionner la dimension politique, r&#233;volutionnaire de 68 qui a exist&#233;, qui a eu son importance mais la r&#233;alit&#233; de ce mouvement est ailleurs. Dans le vent de libert&#233;, de d&#233;mocratisation souhait&#233;e par &lt;strong&gt;cette jeunesse qui &#233;tait l'acteur social essentiel.&lt;/strong&gt; (&#8230;) Y a eu une cr&#233;ativit&#233; spontan&#233;e qui &#233;tait bien au-del&#224; de cette gangue marxiste du langage. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, on refonde la gauche moderne&#8230; Pourquoi pas ? Mais pourquoi cette seule &#171; lecture &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 9 heures du matin, du gigantesque affrontement social de 68, il ne reste que quelques poussi&#232;res. Des questions politiques qu'il a soulev&#233;es, il ne reste rien. Le conflit des interpr&#233;tations a &#233;t&#233; absorb&#233; par le consensus dominant de 2008. Ou plus exactement du &#171; consensus dominant au sein de la gauche moderne &#187;. Bref, quelques acteurs de 68 ont renouvel&#233; son enterrement d&#233;cennal. Pour entendre d'autres voix, il fallait &#233;couter deux brefs reportages. Et peut-&#234;tre la suite du marathon de 20 heures propos&#233; par France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler et Gr&#233;gory Rzepski&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon le mot d'un des invit&#233;s, Patrick Rotman.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il explique : &lt;i&gt;&#171; Les jeunes qui arrivaient &#224; l'universit&#233; avaient d&#233;j&#224; trouv&#233; en face d'eux une &#233;cole qui n'&#233;tait pas de taille pour les accueillir &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, apr&#232;s que Patrick Rotman ait relev&#233;, tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement, la coexistence de trois crises, Alain Geismar s'emploie &#224; d&#233;couvrir ce que la jeunesse &#233;tudiante et la jeunesse ouvri&#232;re ont alors en commun : &lt;i&gt;&#171; ils &#233;coutent les m&#234;me musique, ils vont voir les m&#234;mes films. &#187;&lt;/i&gt; Comme les &#233;tudiants confront&#233;s aux mandarins ringards, &lt;i&gt; &#171; Les jeunes ouvriers sont en face de contrema&#238;tres qui n'ont plus aucune comp&#233;tence technique &#187;. &lt;/i&gt;Le contrema&#238;tre, dit-il, est&lt;i&gt; &#171; devenu simplement quelqu'un qui donne des ordres &#187;. &lt;/i&gt;Donc &lt;i&gt;&#171; des r&#233;voltes qui miroitent assez facilement, qui se reconnaissent l'une dans l'autre. &#187;&lt;/i&gt; Ils ont des &lt;i&gt;&#171; valeurs communes &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'exemple ainsi pr&#233;sent&#233; - celui de Gaby S&#233;roni - est-il d'ailleurs vraiment celui d'un &#171; &#233;tabli &#187;, terme par lequel on d&#233;signe les &#233;tudiants ou les militants intellectuels qui ont fait le choix politique de travailler &#224; l'usine comme ouvriers ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quelques &#233;changes plus loin, alors que Goupil explique ce qui &#233;tait important &#233;tait de &lt;i&gt;&#171; faire la r&#233;volution &#187;&lt;/i&gt; Demorand le coupe un peu apr&#232;s&lt;i&gt; &lt;/i&gt;pour lui demander : &lt;i&gt;&#171; et de faire l'amour ? &#187;&lt;/i&gt; Goupil confirme&#8230; &lt;i&gt;&#171; on va se retrouver des milliers et des centaines de milliers autour des manifestations et dans la nuit des barricades donc l&#224; oui c'&#233;tait que faire l'amour&#8230; &#187;&lt;/i&gt;. Lumineux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand Serge July et Marie Drucker papotent sur 68 (vid&#233;o)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Quand-Serge-July-et-Marie-Drucker-papotent-sur-68-video</link>
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		<dc:date>2007-11-09T08:51:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France 3</dc:subject>
		<dc:subject>1968 - Le mouvement de mai-juin</dc:subject>
		<dc:subject>Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Serge July</dc:subject>
		<dc:subject>Entretiens en tous genres</dc:subject>
		<dc:subject>Marie Drucker</dc:subject>
		<dc:subject>Entretiens audiovisuels</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce qui reste de 68 ? Le divorce de Sarkozy&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mai-68-Quarante-ans-apres-" rel="directory"&gt;Mai 68... Quarante ans apr&#232;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-3-+" rel="tag"&gt;France 3&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-1968-Le-mouvement-de-mai-juin-+" rel="tag"&gt;1968 - Le mouvement de mai-juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journaux-televises-114-+" rel="tag"&gt;Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Serge-July-+" rel="tag"&gt;Serge July&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Entretiens-en-tous-genres-+" rel="tag"&gt;Entretiens en tous genres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Marie-Drucker-+" rel="tag"&gt;Marie Drucker&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Entretiens-audiovisuels-1222-+" rel="tag"&gt;Entretiens audiovisuels&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Priv&#233; de sa participation permanente &#224; l'&#233;mission &#171; France Europe Express &#187;, pour cause de suppression de cette &#233;mission patronn&#233;e par Christine Ockrent (remplac&#233;e par &#171; Duel sur la 3 &#187; patronn&#233;e par la m&#234;me), Serge July est revenu sur France 3 : pour se livrer &#224; une brillante prestation le 23 octobre 2007, &#224; l'invitation de la r&#233;daction du Soir 3 et parler de 68&#8230; et de n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul ne lui en contestera le droit. Mais que Marie Drucker lui serve la soupe pour l'aider &#224; enfouir la r&#233;volte &#233;tudiante et, surtout, le plus grand mouvement gr&#233;viste de l'histoire de France, fallait le faire !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Extraits du papotage :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe title=&#034;Quand Serge July et Marie Drucker papotent sur 68&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/M3MWDyzat44?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;
&lt;p&gt;Enfin la lumi&#232;re fut !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'ombre de &#171; l'insurrection &#187;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Marie Drucker&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; : - &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes l&#224; parce que vous publiez demain avec Jean-Louis Marzorati chez Ho&#235;beke &#171; La France en 1968 &#187;. Pourquoi un livre sur 68 ? &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; (...) C'est Lionel Ho&#235;beke qui a eu cette id&#233;e. D'abord, c'est une jolie id&#233;e de pas faire un livre sur 68, mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un livre sur... de photos sur comment &#233;tait la France il y a 40 ans. A quoi elle ressemblait : la mode, les boutiques... la vie quotidienne, tout &#231;a.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Donc c'&#233;tait une jolie id&#233;e, et il m'a demand&#233; de faire un texte pour l'introduire. Voil&#224; donc c'est ce que j'ai fait et je trouvais que c'&#233;tait une bonne occasion, un peu si j'ose dire avant les c&#233;r&#233;monies, avant qu'il arrive&#8230; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Marie Drucker : - &lt;i&gt;&#171; Voil&#224;, comme &#231;a c'est fait ! &#187;&lt;/i&gt; (rire)&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Serge July : - &lt;i&gt;&#171; Oui, c'&#233;tait une bonne occasion, j'avais un certain nombre de choses &#224; dire, voil&#224; ! &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;-&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Marie Drucker : - &lt;i&gt;&#171; Oui, vous dites : &#171; la vie en 68 &#187;, parce que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;c'est vrai que les images des &#233;meutes, de l'insurrection&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; [sic]&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;, souvent font de l'ombre... &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; ... et ses clich&#233;s ! &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Marie Drucker : - &lt;i&gt;&#171; ... &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;font de l'ombre &#224; la vie &#224; ce moment-l&#224; : la musique, le cin&#233;ma, la mode, etc.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Que reste-t-il de cet aspect-l&#224; aujourd'hui ? &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui reste de 68 ? Le divorce de Sarkozy&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Pfff !!! J'ai envie de vous dire : 1000 choses, mais il reste... Je pense par exemple au divorce de Nicolas Sarkozy, je trouve &#231;a formidable que &#231;a se passe comme &#231;a ! &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Marie Drucker : - &lt;i&gt;&#171; Formidable, c'est-&#224;-dire ? &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; Ben, qu'un pr&#233;sident de la R&#233;publique puisse divorcer ! Que ce soit finalement un homme comme tout le monde ! &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Marie Drucker (incr&#233;dule ?) : - &lt;i&gt;&#171; &#199;a, c'est un h&#233;ritage de 68 ? &#187; &lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; Alors, est-ce que c'est gr&#226;ce &#224; 68 ? Non, faudrait pas exag&#233;rer, mais les Am&#233;ricains n'en reviennent pas finalement que &#231;a se passe... m&#234;me les Britanniques. Donc il doit y avoir quelque chose comme &#231;a, un... Non, moi, j'ai pas l'id&#233;e que 68 &#224;... c'est la source de... du bonheur absolu dans toute la soci&#233;t&#233;. J'ai fait le texte, je vais vous dire : la premi&#232;re chose c'&#233;tait de dire que 68 c'est mondial, c'est pas fran&#231;ais. [&#8230;] &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la musique (et Johnny Hallyday) avant toutes choses&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Serge July : - &lt;i&gt;&#171; [&#8230;] L'ann&#233;e 68... 68... il se passe &#233;norm&#233;ment de choses. M'enfin, &#231;a commence aux Etats-Unis, au d&#233;but des ann&#233;es 60. Voil&#224;. La musique joue un r&#244;le &#233;norme l&#224;-dedans. Les visionnaires, les r&#233;volutionnaires... des ann&#233;es 60, parce qu'il faut plut&#244;t parler des sixties plut&#244;t que (...) de 68 en particulier, c'est Bob Dylan, ce sont les Beatles, les Stones, beaucoup d'autres... Mais c'est aussi en France. C'est moins la musique, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;m&#234;me si on a Johnny Hallyday&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, et d'autres, mais on voit bien que le jazz joue un r&#244;le tr&#232;s important dans la fin des ann&#233;es 50, d&#233;but 60. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Et puis en France on a la nouvelle vague ! On a le nouveau roman, la nouvelle vague... C'est &#231;a les r&#233;volutionnaires de 68, &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;si on veut, des ann&#233;es 60 ! Jean-Luc Godard l'est assur&#233;ment plus que d'autres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Papy fait de la r&#233;sistance contre Sarkozy&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Marie Drucker : - &lt;i&gt;&#171; Vous dites qu'&#224; chaque campagne on reparle de 68, que la gauche et la droite chacun &#224; sa fa&#231;on tirent &#224; boulets rouges sur 68. M&#234;me Nicolas Sarkozy a voulu prendre de l'avance. C'est pas Mai 68, c'&#233;tait mai dernier pendant la campagne pr&#233;sidentielle (...) &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy, meeting du 29 avril (et non pas mai) 2007 : &#171; &lt;i&gt;Les h&#233;ritiers de mai 68 avaient impos&#233; l'id&#233;e que tout se valait. Qu'il n y avait donc d&#233;sormais aucune diff&#233;rence entre le bien et le mal. Aucune diff&#233;rence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherch&#233; &#224; faire croire que l'&#233;l&#232;ve valait le ma&#238;tre. La victime comptait moins que le d&#233;linquant. Ils avaient cherch&#233; &#224; faire croire qu'il ne pouvait exister aucune hi&#233;rarchie de valeurs. D'ailleurs il n'y avait plus de valeurs, plus de hi&#233;rarchie. Ils avaient r&#233;ussi, il n'y avait plus rien du tout, et m&#234;me eux, c'&#233;tait pas grand-chose !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;- Serge July (apr&#232;s une &#233;vocation du G&#233;n&#233;ral de Gaulle dont le rapport avec le discours de Sarkozy nous est rest&#233; incompr&#233;hensible, r&#233;plique sur le fond) : - &lt;i&gt;&#171; C'est un vieux r&#233;flexe dans la politique fran&#231;aise, qui consiste &#224; brandir Mai 68 pour faire voter les plus de 60 ans. Mais il se trouve que les soixante-huitards ont 60 ans maintenant ! Depuis le temps qu'ils &#233;taient le baby-boom, ils sont le papy-boom ! (...) Et donc ils vont partir &#224; la retraite. Et j'ai not&#233; que Nicolas Sarkozy avait tr&#232;s envie qu'ils partent pas tout de suite &#224; la retraite puisqu'il voudrait qu'on cotise plusieurs ann&#233;es suppl&#233;mentaires &#8211; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ce que je trouve normal par ailleurs.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Mais donc on va pas partir ! (...) &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui reste de 68 ? Serge July aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avec Ricar &#224; la vid&#233;o et Johann &#224; la transcription.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mai 68 connais pas. Arte d&#233;programme &#224; nouveau</title>
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		<dc:date>2003-06-05T08:11:11Z</dc:date>
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		<dc:subject>Arte</dc:subject>
		<dc:subject>Censures</dc:subject>
		<dc:subject>1968 - Le mouvement de mai-juin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La d&#233;programmation des &#233;missions d&#233;rangeantes est-elle en passe de devenir une sp&#233;cialit&#233; d'Arte ?Apr&#232;s le documentaire &#171; Jenine, Jenine &#187;, la cha&#238;ne d&#233;programme le film de Willam Klein sur Mai 68.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Pressions-censures-et-collusions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Pressions, censures et collusions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Arte-+" rel="tag"&gt;Arte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Censures-+" rel="tag"&gt;Censures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-1968-Le-mouvement-de-mai-juin-+" rel="tag"&gt;1968 - Le mouvement de mai-juin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;programmation des &#233;missions d&#233;rangeantes est-elle en passe de devenir une sp&#233;cialit&#233; d'Arte ? Apr&#232;s le documentaire &#171; Jenine, Jenine &#187; de Mohammed Bakri (Lire : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Arte-deprogramme-un-documentaire-sur-Jenine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Arte d&#233;programme un documentaire sur J&#233;nine &#187;&lt;/a&gt;), la cha&#238;ne d&#233;programme le film de Willam Klein sur Mai 68.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Ars&#232;ne&lt;/strong&gt; [lien p&#233;rim&#233;, mars 2010], sous le titre &#171; Grands soirs et petits matins : le film que France T&#233;l&#233;vision a d&#233;cid&#233; de censurer ! &#187; rapporte : &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;La cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision publique ARTE, qui a acquis les droits du film de William Klein sur &#034;Mai 68&#034;, avait pr&#233;vu de le diffuser en prime-time. Mais, pour ne pas donner des id&#233;es aux manifestants de &#034;Juin 2003&#034;, la programmation du film a &#233;t&#233; annul&#233;e in-extremis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 68 : les pav&#233;s parisiens sont aux mains des &#233;tudiants et des ouvriers. Derri&#232;re sa cam&#233;ra, le c&#233;l&#232;bre photographe William Klein filme, et collectionne des dizaines d'heures de rushes pris sur le vif des &#233;v&#233;nements. 1978 : dix ans plus tard, &#224; partir de ces rushes, William Klein monte un film qui reste &#224; ce jour l'un des documents les plus pr&#233;cieux sur Mai 68. 2002 : la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision publique ARTE ach&#232;te les droits du film de William Klein, l'&#233;dite imm&#233;diatement en DVD.&lt;/i&gt; (...) &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Revisiter &#187; mai 1968</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Revisiter-mai-1968</link>
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		<dc:date>2001-02-28T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Laim&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>1968 - Le mouvement de mai-juin</dc:subject>
		<dc:subject>Articles sur d'autres sites (extraits)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;... &#034;Vademecum &#224; l'usage des idiots utiles&#034;. Un article de Marc Laim&#233; sur le site d'Uzine.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-mouvement-de-1995-et-apres-" rel="directory"&gt;Le mouvement de 1995 et apr&#232;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-1968-Le-mouvement-de-mai-juin-+" rel="tag"&gt;1968 - Le mouvement de mai-juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Articles-sur-d-autres-sites-extraits-+" rel="tag"&gt;Articles sur d'autres sites (extraits)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les consternantes b&#234;tises, invraisemblables fadaises et toutes autres coquecigr&#252;es fleurissant sous couvert de &#171; d&#233;bat soci&#233;tal &#187; inspir&#233; par quelques lignes exhum&#233;es d'un fast-book commis il y a des lustres par certain rouquin ne doivent pas manquer de r&#233;jouir les observateurs attentifs des ridicules (m&#233;diatiques) de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.uzine.net/article611.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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