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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>&#171; Le Premier pouvoir &#187; pris de compassion pour Herv&#233; Gaymard et les &#171; &#233;lites &#187;</title>
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		<dc:date>2005-03-17T23:24:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Philippe Monti</dc:creator>


		<dc:subject>France Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Elisabeth L&#233;vy</dc:subject>
		<dc:subject>Connivences</dc:subject>
		<dc:subject>Gilles Casanova</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Le Premier pouvoir&#034;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Enfin ! Quand on a huit enfants, il faut quand m&#234;me les loger ! &#187; &lt;/i&gt;(Elisabeth L&#233;vy)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Premier-pouvoir-+" rel="tag"&gt;&#034;Le Premier pouvoir&#034;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous en avons d&#233;sormais l'habitude : &#171; Le Premier Pouvoir &#187; n'est pas un &#233;mission de d&#233;bat, ni m&#234;me une tribune, mais un tribunal (except&#233; quand son animatrice re&#231;oit ses amis). Dans le r&#244;le secondaire des juges et des jur&#233;s, quelques invit&#233;s permanents. Mais le r&#244;le principal revient &#224; Madame la Procureure. Et chaque semaine (ou presque), Madame la Procureure - Elisabeth L&#233;vy -, second&#233;e par Gilles Casanova, m&#232;ne le proc&#232;s, exclusivement &#224; charge : elle EST le &#171; premier pouvoir &#187;. Un proc&#232;s tout &#224; fait singulier puisqu'il commence par le r&#233;quisitoire et est scand&#233; uniquement par des t&#233;moignages (des extraits sonores) destin&#233;s &#224; l'&#233;tayer. Enfin, pour que rien ne soit laiss&#233; au hasard, les questions aux &#171; invit&#233;s &#187; et la pr&#233;sentation des extraits sont, semble-t-il, pr&#233;alablement r&#233;dig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 mars 2005, Elisabeth L&#233;vy s'est offert les services d'un procureur auxiliaire en la personne de Jean-Fran&#231;ois Colossimo pour stigmatiser le complot m&#233;diatique qui aurait abouti &#224; la chute d'Herv&#233; Gaymard (le ministre, modeste et sinc&#232;re, selon nos inquisiteurs, qui voulait &#171; d&#233;sintoxiquer les fran&#231;ais de la d&#233;pense publique &#187; sans, cependant, s'appliquer &#224; lui-m&#234;me sa propre m&#233;decine). Dans le r&#244;le de l'accus&#233;, Herv&#233; Nathan, journaliste &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Pour la d&#233;fense, il y avait dans le studio un journaliste de &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; : Antoine Perrot &#224; qui on laissa le temps de bredouiller quelques mots que le sc&#233;nario de l'&#233;mission rendait inoffensifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'abord place au r&#233;quisitoire qui ouvre l'&#233;mission.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;quisitoire de Madame la Procureure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre &#224; lui seul trace le programme : &#171; Affaire Gaymard : lynchage m&#233;diatique ou progr&#232;s d&#233;mocratique ? &#187; Mais le texte n'est pas mal non plus. Extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait, parait-il un intol&#233;rable scandale d'Etat. Un affront fait aux Fran&#231;ais qui souffrent. Qu'un ministre de la R&#233;publique - p&#232;re de famille nombreuse -, soit log&#233; aux frais de l'Etat dans un appartement un peu trop grand dans un quartier un peu trop chic, pour un loyer, nous a-t-on serin&#233;, beaucoup trop cher, cela valait bien que la fine fleur du journalisme de notre pays se lance &#224; ses trousses, toutes affaires cessantes. Et quand les journalistes cherchent, ils trouvent. Surtout quand ils cherchent en meute. Ceux pour qui d&#233;mocratie est synonyme de transparence n'ont pas boud&#233; leur plaisir.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;On ne plaisante pas avec la vertu. Enfin, avec celle des autres. Et encore moins avec l'argent du contribuable.&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, apr&#232;s avoir d&#233;plor&#233; &#171; &lt;i&gt;la surveillance f&#233;roce qui s'exerce d&#233;sormais sur les politiques&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Reste que si certains se r&#233;jouissent de cette avanc&#233;e d&#233;mocratique, on peut, &#224; l'inverse, se d&#233;soler avec Stendhal de voir la France livr&#233;e &#224; ces passions tristes que sont &#171; l'envie, la jalousie et la haine impuissante&lt;/i&gt; &#187;. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission fut donc l'occasion pour notre Procureure et ses adjoints de t&#233;moigner interminablement leur sympathie pour un ministre qui aurait &#233;t&#233; l'innocente victime d'une campagne de presse inhumaine, jouant, par pure d&#233;magogie, avec la jalousie du petit peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le&#231;ons de journalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine la lecture du r&#233;quisitoire est-elle achev&#233;e qu'Elisabeth L&#233;vy en reprend imm&#233;diatement le contenu, avant de lancer &#224; Herv&#233; Nathan : &#171; &lt;i&gt;Etes vous fier du r&#244;le jou&#233; par la presse ?&lt;/i&gt; &#187; Le journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; est donc charg&#233; d'expier pour tous ces journalistes - condamn&#233;s en bloc et sans nuance - qui ont pers&#233;cut&#233; Herv&#233; Gaymard et qui, plus g&#233;n&#233;ralement, pers&#233;cutent nos &#233;lites (notamment les loups qui officient au &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Nathan aura beau objecter que la question de l'usage de l'argent public est une question importante. Il aura beau souligner le contraste entre le montant du loyer de M. Gaymard (14 000 euros, soit le salaire moyen par an en France) et l'attente depuis pr&#232;s de deux ans d'une revalorisation des allocations logement. Il aura beau conc&#233;der que la traque des enfants Gaymard n'&#233;tait ni indispensable &#224; l'enqu&#234;te, ni tr&#232;s d&#233;cente, etc. : peine perdue. Antoine Perrot aura beau souligner que les m&#233;dias sont g&#233;n&#233;ralement forts avec les faibles et faibles avec les forts, rappeler qu'&#224; la diff&#233;rence de l'affaire Salengro (ou de l'affaire Al&#232;gre), Herv&#233; Gaymard a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; des accusations parfaitement fond&#233;es, etc. : peine perdue. Tout cela ne servait &#224; rien : Elisabeth L&#233;vy et ses comparses avaient d&#233;cid&#233; que le proc&#232;s devait confirmer le r&#233;quisitoire initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, &#224; peine Herv&#233; Nathan a-t-il esquiss&#233; une r&#233;ponse &#224; Madame la Procureure sur la question de l'usage de l'argent public que celle-ci se lance dans une nouvelle philippique (vraisemblablement r&#233;dig&#233;e d'avance et lue &#224; l'antenne) pour mettre en cause Jean-Marie Colombani pour l'affaire des NMPP, Karl Z&#233;ro pour l'invitation de Patricia (d&#233;non&#231;ant Dominique Baudis dans l'affaire Al&#232;gre), Thierry Ardisson pour son invitation de Thierry Meyssan. A l'audition de ce pot-pourri (condens&#233; de toutes les d&#233;testations possibles, mais non de critiques lucides qui inviteraient &#224; faire le tri entre ces mises en question h&#233;t&#233;roclites), l'auditeur mal r&#233;veill&#233; peut jubiler un instant. Mais le propos d'Elisabeth L&#233;vy, on le comprend aussit&#244;t est d'exon&#233;rer les politiques en chargeant les journalistes : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi cette tol&#233;rance maximale &#224; l'&#233;gard des journalistes qui s'&#233;rigent en professeurs de vertu et cette tol&#233;rance z&#233;ro &#224; l'&#233;gard des politiques ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il (ce qui ne nous d&#233;plairait gu&#232;re ...) d'inviter &#224; une &#233;gale vigilance ? Que nenni ! C'est une invitation &#224; faire preuve de compassion &#224; l'&#233;gard de M. Gaymard. A cette fin, tous les arguments sont bons &#224; prendre, pour tenter d'&#233;tablir que Saint Gaymard ne serait qu'un bouc -&#233;missaire, comme Jean-Fran&#231;ois Colossimo n'h&#233;sitera pas &#224; le dire. Ainsi, la presse nous aurait fait prendre des vessies pour des lanternes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Premier argument : Gilles Casanova ironise sur &#171; &lt;i&gt;la volont&#233; des journalistes de permettre aux journalistes d'appr&#233;hender la r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &#187; quand ils se consacrent &#224; l'affaire Gaymard la semaine m&#234;me o&#249; l'on annonce des profits record des entreprises et l'augmentation du ch&#244;mage. Comme s'il s'agissait de discuter de la hi&#233;rarchie de l'information. Comme si, justement, le contraste ne faisait pas probl&#232;me ou, comme le dit Herv&#233; Nathan, ne faisait pas partie de &#171; &lt;i&gt;la m&#234;me histoire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Deuxi&#232;me argument : la presse aurait laiss&#233; croire que le loyer de Gaymard &#171; plombait &#187; les comptes publics. Rien de tel n'ayant &#233;t&#233; dit, il suffit d'affirmer le contraire.&lt;br /&gt;
Elisabeth L&#233;vy s'interroge : &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'on ne se paie pas notre t&#234;te en mettant sur le m&#234;me plan le loyer d'Herv&#233; Gaymard et sa politique de r&#233;duction de la puissance&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;publique&lt;/i&gt; [...] ? &lt;i&gt;Est-ce que vous n'&#234;tes pas en train d'embobiner les fran&#231;ais en leur laissant croire... Est-ce qu'un seul fran&#231;ais vit mieux depuis que Gaymard a d&#233;m&#233;nag&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;
Jean-Fran&#231;ois Colossimo, lui, est &#171; &lt;i&gt;sid&#233;r&#233; &lt;/i&gt; &#187; : &lt;i&gt;&#171; Le loyer n'ajoutait pas un euro au d&#233;ficit de la France [...] Comment est-ce qu'on peut consid&#233;rer [...] qu'une attribution budg&#233;taire puisse devenir un vol, si ce n'est que, en fait, on se fait une id&#233;e des privil&#232;ges qui remonte aux sans-culottes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra plus loin que ce privil&#232;ge qui n'en serait pas un l'est d'autant moins ... qu'il serait totalement justifi&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le&#231;ons de politique morale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interrogatoire ayant commenc&#233; depuis 20', il est temps, pour Elisabeth L&#233;vy, de diffuser une chronique d'Europe 1 qui r&#233;sume &#171; &lt;i&gt;les cafouillages de Gaymard&lt;/i&gt; &#187;. Ceux-ci n'inqui&#232;tent gu&#232;re Elisabeth L&#233;vy qui pr&#233;f&#232;re dresser la liste des &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; subalternes pour continuer &#224; ergoter sur ce qui peut &#234;tre reproch&#233; &#224; Herv&#233; Gaymard. Il en ressort qu'il n'aurait pas vraiment menti en affirmant &lt;i&gt;&#171; Je n'ai pas de fric&lt;/i&gt; &#187; (bien qu'il s'acquitte de l'Imp&#244;t sur le Fortune...) et que, de toutes fa&#231;ons, c'est politiquement et moralement sans importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, les faits et les &#171; cafouillages &#187; n'auraient pas la moindre importance politique. C'est du moins ce que soutient Gilles Casanova : &#171; [...] &lt;i&gt;Si on parlait des appartements des autres ministres, ce sont effectivement des Palais tout &#224; fait convenables. Palais parfaitement justifi&#233;s d'ailleurs : c'est l'histoire de France&lt;/i&gt;. [...] &#187;. Et Elisabeth L&#233;vy, toujours &#224; l'aff&#251;t d'une nuance et d'une confidence suppl&#233;mentaire , d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;J'avoue que je dois &#234;tre anormale mais le patrimoine des ministres, &#231;a ne m'int&#233;resse pas&lt;/i&gt;. &#187;. Plus tard, quand sera &#233;voqu&#233;e la publication par Arnaud Montebourg (sur son site internet) du montant de son patrimoine &#187;, Elisabeth L&#233;vy confiera &#224; nouveau : &#171; &#171; &lt;i&gt;Mais moi, &#231;a ne m'int&#233;resse pas le patrimoine d'Arnaud Montebourg.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; Jean-Fran&#231;ois Colossimo, il tranchera en affirmant que si Herv&#233; Gaymard a &#233;t&#233; p&#233;nalis&#233;, c'est pour avoir consid&#233;r&#233; qu'il avait une vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, tout cela n'aurait aucune importance morale. Tout le monde croit la journaliste de &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt; et personne Herv&#233; Gaymard, s'indignera encore Elisabeth L&#233;vy qui ne manque pas l'occasion d'infliger une nouvelle le&#231;on de morale politique. Cela fait plus de 26' que le proc&#232;s est commenc&#233; quand on entend ceci : &#171; [...] &lt;i&gt;Supposons m&#234;me que face au harc&#232;lement des journalistes il ait menti, supposons que paniqu&#233;, il ait menti &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;Est-ce qu'il est si incompr&#233;hensible et si impardonnable dans notre monde de dire une moiti&#233; de v&#233;rit&#233; et m&#234;me parfois un mensonge ? Vous ne mentez jamais ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion entre mensonges priv&#233;s et mensonges publics - qui exon&#232;rent les seconds au nom des premiers - nous a fait atteindre de tels sommets de la philosophie morale qu'on se demande comment il a &#233;t&#233; possible d'en gravir de plus &#233;lev&#233;s encore. Et pourtant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saint Gaymard...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrompant brutalement Herv&#233; Nathan, Elisabeth L&#233;vy croit que le moment est venu d'infliger une grande le&#231;on de compassion pour les &#171; &#233;lites &#187; qu'elle r&#233;v&#232;re. A go&#251;ter, pour l'exquise d&#233;licatesse du propos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; Il y a une chose qui m'a vraiment &#233;tonn&#233;e : c'est l'absence totale d'indulgence et m&#234;me d'humanit&#233;. On trouve des explications et parfois des justifications aux pires agissements des pires terroristes ou aux d&#233;linquants ordinaires. Et l&#224;, qu'une famille de dix personnes soit oblig&#233;e de d&#233;m&#233;nager en 24 heures, &#231;a ne suscite que des rires gras. Franchement, le &lt;/i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;i&gt; du 23 f&#233;vrier &#233;tait, mais..., absolument incroyable de ce point de vue-l&#224;. Pourquoi est-ce que, eux &lt;/i&gt;[c'est-&#224;-dire les ministres],&lt;i&gt; ne sont pas des &#234;tres humains ? Ils n'ont pas le droit &#224; notre mis&#233;ricorde comme les autres, comme les terroristes, comme les... ??? &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auditeur reste tout &#233;tourdi par la trame grossi&#232;rement r&#233;actionnaire de ce discours lib&#233;ral-s&#233;curitaire caricatural...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Argument (toujours de la bouche d'Elisabeth L&#233;vy, qui semble de plus en plus consid&#233;rer son &#233;mission comme le porte-voix de ses seuls aveuglements personnels) : il fallait bien que l'&#233;poux de la fille du Professeur Lejeune (inoubliable animateur, catholique int&#233;griste, de l'association anti-IVG &lt;i&gt;Laissez-les-vivre !&lt;/i&gt;) loge sa nombreuse famille : &lt;i&gt;&#171; Enfin ! Quand on a huit enfants, il faut quand m&#234;me les loger ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien ce que doivent se dire des millions de mal-log&#233;s ou de pas log&#233;s du tout ! Mais ils se contenteraient sans doute de bien moins luxueux que la famille Gaymard ! Et sans piocher dans l'argent public... D&#233;cid&#233;ment, Elisabeth L&#233;vy sait choisir ses &#171; victimes &#187; avec distinction. Et ses &#233;lans compassionnels sont s&#233;lectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un reportage diffus&#233; sur France Inter reprochant &#224; Herv&#233; Gaymard de ne pas savoir ou vouloir communiquer fournit l'occasion d'une larme suppl&#233;mentaire : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas s&#251;re qu'on tol&#233;rerait un instant qu'un homme politique parle d'une journaliste avec une telle d&#233;sinvolture et avec ce ton &#224; la fois goguenard et m&#234;me malveillant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense des responsables politiques contre les journalistes bat son plein. Colossimo d&#233;couvre un bouc-&#233;missaire. Gilles Casanova s'apitoie sur la faiblesse de leur pouvoir et leur vuln&#233;rabilit&#233; face &#224; &#171; &lt;i&gt;ceux qui d&#233;tiennent aujourd'hui le vrai pouvoir, c'est-&#224;-dire les financiers et les m&#233;dias - les m&#233;dias qui appartiennent aux financiers, c'est aussi souvent un peu la m&#234;me chose&lt;/i&gt; [...] &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; A ce micro, plusieurs fois, St&#233;phane Roz&#232;s nous a dit que ce que les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et de souligner que le revenu des ministres n'est rien compar&#233; &#224; celui des PDG les plus riches (oubliant, une fois encore que Gaymard s'acquitte de l'ISF)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Un tout petit chiffre simplement pour avoir des notions de patrimoine : si (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sainte &#233;conomie de march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un auditeur distrait aurait pu croire un instant que Gilles Casanova et Elisabeth L&#233;vy contestaient la disproportion entre les critiques adress&#233;es aux politiques et l'indulgence dont b&#233;n&#233;ficieraient les chefs d'entreprise pour se livrer &#224; une critique &#171; radicale &#187; (quelle horreur !) de toutes les formes de domination. Rien n'est moins s&#251;r, comme le montre cet &#233;change suscit&#233; par l'&#233;vocation des revenus de nos chers PDG :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Herv&#233; Nathan, avec une pointe de scepticisme, plus ou moins r&#233;sign&#233; : &lt;i&gt;&#171; Le probl&#232;me, c'est que les citoyens ont accept&#233; l'&#233;conomie de march&#233;. Qui remet en cause ? Quel est le programme politique majoritaire en France qui remettrait en cause l'&#233;conomie de march&#233; ? On ne voit plus &#231;a depuis 1986, &#224; peu pr&#232;s, donc, oui... voil&#224; !&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Elisabeth L&#233;vy, press&#233;e d'effacer ce demi aveu d'impuissance par un peu d'enthousiasme : &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Non, mais, certes, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;nous avons accept&#233; l'&#233;conomie de march&#233;, et nous nous en trouvons sans doute fort bien.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;[...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;loge inconditionnel de l'&#233;conomie de march&#233;, prononc&#233; sans &#233;mettre la moindre nuance, sans m&#234;me &#233;voquer une &#233;ventuelle r&#233;gulation, sans mettre en question les in&#233;galit&#233;s qu'elle g&#233;n&#232;re et les d&#233;g&#226;ts qu'elle provoque, revient &#224; lui attribuer une vocation messianique. Mais si cette acceptation dont &#171; nous &#187; nous trouvons &#171; sans doute fort bien &#187; &#233;tait aussi universelle que le pr&#233;tend Elisabeth L&#233;vy, il devient inexplicable qu'elle emploie tant d'&#233;nergie et de fougue &#224; communiquer chaque samedi sa r&#233;vulsion contre ceux qui ne communient pas dans cette foi lib&#233;rale (le mouvement social, les altermondialistes, la critique radicale des m&#233;dias, etc.) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tous cas, apr&#232;s cette confession touchante de sinc&#233;rit&#233;, il sera d&#233;sormais difficile &#224; l'animatrice du &lt;i&gt;Premier pouvoir&lt;/i&gt; de r&#233;cuser l'appellation de &#171; journaliste de march&#233; &#187; ... &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elisabeth L&#233;vy glisse pourtant : &#171; &lt;i&gt;Ce qui est peut-&#234;tre plus contestable, si vous voulez, c'est qu'on d&#233;nonce des in&#233;galit&#233;s absolument insupportables pour le citoyen &#224; propos des ministres. Et que peut-&#234;tre ces ministres sont un petit arbre qui cache une bien grande for&#234;t ? &lt;/i&gt; &#187; Nous ne saurons pas ce qu'il conviendrait de dire au sujet de cette for&#234;t qui prolif&#232;re quand triomphe les versions les plus lib&#233;rales de l'&#233;conomie de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Saintes &#233;lites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Pardonnez-moi Herv&#233; Nathan, on doit avancer un petit peu si vous voulez&lt;/i&gt;. &#187; &#171; Avancer &#187;, on l'a compris, cela signifie &#233;pouser le sc&#233;nario pr&#233;alablement &#233;crit par Madame la Procureure. En effet, l'&#233;mission est commenc&#233;e depuis plus de 36 minutes, quand Elisabeth L&#233;vy pose enfin la question qui la tenaille :&#171; &lt;i&gt;Pendant toute la semaine les journalistes se sont interrog&#233;s avec des tr&#233;molos dans la voix sur le discr&#233;dit des politiques. Eh bien, moi, je voudrais vous interroger sur la haine des &#233;lites&lt;/i&gt;. &#187; On commen&#231;ait &#224; s'en douter...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos &#233;lites &#233;tant n&#233;cessairement bonnes avec &#171; nous &#187; puisqu'elles nous ont construit en vingt ans un monde dans lequel le march&#233; r&#232;gne sans partage (lib&#233;ralisations, privatisations, capitalisme actionnarial, destruction progressive de la protection sociale, augmentation des in&#233;galit&#233;s, pillage de la plan&#232;te, etc.), il ne restait donc plus qu'&#224; faire de Gaymard le bouc-&#233;missaire exemplaire d'un populisme malsain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour preuve, une chronique entendue sur RTL qui nous vaut cette question : &#171; &lt;i&gt;Croyez-vous vraiment important, Herv&#233; Nathan, que les politiques devraient &#234;tre comme nous, &#224; notre image, partager nos probl&#232;mes de fin de mois et nos difficult&#233;s de logement. Est-ce cela qu'on attend d'eux ? Est-ce qu'on ne peut pas avoir une autre id&#233;e de la politique ? Est-ce que ?... Est-ce que la repr&#233;sentation ne devrait pas aussi supposer ou en tous les cas accepter une certaine distance ? Est-ce que ce serait si choquant, je veux dire, que le ministre, ce ne soit pas Monsieur-tout-le-monde ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Nathan n'est pas d'accord : &#171; &lt;i&gt;Moi &#231;a me choquerait qu'un Ministre ne soit pas un peu Monsieur-tout-le-monde&lt;/i&gt; [...] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui lui vaut cette r&#233;plique de Jean-Fran&#231;ois Colossimo. &#171; &lt;i&gt;Juste un constat, de diff&#233;rence culturelle. Aux Etats-Unis, il r&#232;gne un immense puritanisme, mais personne&lt;/i&gt; [vraiment ?] &lt;i&gt;ne s'&#233;tonne que Mr Dick Cheney y soit m&#234;l&#233; &#224; des affaires qui sont de v&#233;ritables affaires p&#233;troli&#232;res. En France, &#224; la volont&#233; de morale s'ajoute une tr&#232;s, tr&#232;s nuisible passion &#233;galitaire qui finit non pas par tout &#233;galiser, mais tout rabaisser.&lt;/i&gt; &#187; Cette musique r&#233;actionnaire sur la jalousie des pauvres &#224; l'&#233;gard des riches, des altermondialistes niveleurs (et sans-culottes) contre les puissants qui cumulent tous les pouvoirs ne suscite aucune r&#233;plique. Au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilles Casanova surench&#233;rit : &lt;i&gt;&#171; On peut s'&#233;tonner que dans un pays o&#249; on lutte activement contre la corruption, on consid&#232;re que c'est en payant tr&#232;s mal ceux qui ont un pouvoir &#233;norme qu'on va leur permettre d'&#233;chapper &#224; la corruption. &#187;.&lt;/i&gt; L'auditeur verse une larme sur la mis&#232;re de ceux qui nous gouvernent : grande &#233;cole, grand corps de l'Etat, postes dor&#233;s dans une administration, passage au priv&#233; avec tr&#232;s gros salaires (avec retour parfois : Thierry Breton...), juteux conseils d'administration, etc. A croire que l'&#233;cho de ces r&#233;alit&#233;s n'a jamais atteint le studio du &lt;i&gt;Premier pouvoir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il comprendre que, l'&#233;conomie de march&#233; sans limites assignables et sans contestation possible, &#233;tant devenue - enfin ! - l'horizon ind&#233;passable de notre temps, seuls les &#233;lites et, surtout, nos malheureux ministres, sont des exclus de ce bonheur universel ? Ils seraient parfois scandaleusement accul&#233;s &#224; la d&#233;mission, victimes innocentes d'une presse qui agit en &#171; meute &#187; et par &#171; haine des &#233;lites &#187;. Par un renversement consternant, la suppos&#233;e analyse critique des m&#233;dias de France-Culture d&#233;fend alors avec fureur les privil&#232;ges des puissants contre la jalousie des petits excit&#233;e par la presse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elisabeth L&#233;vy, retrouvant les accents de son r&#233;quisitoire initial, o&#249; elle d&#233;non&#231;ait, en citant Stendhal, &#171; &lt;i&gt;ces passions tristes que sont &#171; l'envie, la jalousie et la haine impuissante&lt;/i&gt; &#187;. &#187; : &#171; &lt;i&gt;On se r&#233;jouit que d&#233;sormais les ministres soient limit&#233;s &#224; 80 m2 plus 20 m2 par enfant, obligeant certains &#224; payer la diff&#233;rence de leur poche. Franchement, c'est une victoire de la d&#233;mocratie ou une victoire de l'envie ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rh&#233;torique, le plus souvent r&#233;actionnaire, du ressentiment, de l'envie et de la jalousie des pauvres face aux riches, des faibles face aux forts, des domin&#233;s face aux dominants fonctionne &#224; plein r&#233;gime. On se doute qu'elle s'offre en bouclier &#224; toutes les pr&#233;tendues &#233;lites (&#233;conomiques, politiques, m&#233;diatiques) dont &#171; Le Premier Pouvoir &#187; prend ici la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin de partie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Malheureusement nous devons nous arr&#234;ter pour aujourd'hui. Mais je suis s&#251;re que cette discussion ne s'arr&#234;te pas pour autant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous devons nous arr&#234;ter &#187;, mais pas Elisabeth L&#233;vy qui se r&#233;serve le mot de la fin qui reprend presque mot pour mot le r&#233;quisitoire du d&#233;but :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Interrog&#233; sur France Inter, Fran&#231;ois Bayrou s'est demand&#233; si nos anc&#234;tres avaient fait la r&#233;volution pour qu'un ministre se fasse loger au frais de la Princesse, dans le luxe. Eh bien ! Je ne suis pas s&#251;re qu'ils l'aient faite cette r&#233;volution, pour que nous vivions au rythme des chasses aux sorci&#232;res lanc&#233;es contre des puissants qui le sont de moins en moins. Et je me demande si nous trouverons encore longtemps des volontaires pour exercer des responsabilit&#233;s publiques. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun aura pu mesurer la puissance subversive de cette &#233;mission : le mouvement social ? Un chaos (&#233;mission du 5 f&#233;vrier 2005) ! La critique radicale des m&#233;dias ? Rien (&#233;mission du 6 novembre 2004) ! Les journalistes ? Une cl&#233;ricature (&#233;mission du 9 octobre 2004) complice des gr&#233;vistes (&#233;mission du 5 f&#233;vrier 2005) ! L'actionnaire ? Une garantie pour l'ind&#233;pendance de la presse (&#233;mission du 2 octobre) ! Un seul probl&#232;me donc : les d&#233;traqu&#233;s qui n'avouent pas que le march&#233; nous veut du bien et nous fait du bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle session du Tribunal. En attendant, &#233;coutez l'&#233;mission suivante - &#171; R&#233;pliques &#187; d'Alain Finkielkraut - pour b&#233;n&#233;ficier de la m&#234;me orientation &#171; culturelle &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;A ce micro, plusieurs fois, St&#233;phane Roz&#232;s nous a dit que ce que les fran&#231;ais reprochent aux hommes politiques, c'est de ne pas faire de politique, de ne pas faire ce pour quoi ils ont &#233;t&#233; &#233;lus, et que ce reproche-l&#224; fait qu'ensuite les fran&#231;ais sont disponibles pour n'importe quelle attaque sur n'importe quel homme politique. Et c'est cela qu'utilisent ceux qui d&#233;tiennent aujourd'hui le vrai pouvoir, c'est-&#224;-dire les financiers et les m&#233;dias - les m&#233;dias qui appartiennent aux financiers, c'est aussi souvent un peu la m&#234;me chose - pour reprendre ce qui reste encore de pouvoir aux hommes politiques qui parce qu'ils en utilisent peu se font mal voir des citoyens ; et, parce qu'ils se font mal voir des citoyens, se font d&#233;finitivement mettre hors jeu par ceux qui ont le vrai pouvoir, les financiers et les journalistes qui d&#233;tiennent le vrai pouvoir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Un tout petit chiffre simplement pour avoir des notions de patrimoine : si le salaire moyen d'un fran&#231;ais c'est 50 cm, les ministres sont log&#233;s au 2e &#233;tage, Lindsay Owen-Jones, PDG de L'Or&#233;al au sommet de la tour Eiffel. Si le patrimoine moyen d'un fran&#231;ais c'est 50 cm, les ministres sont en moyenne entre le 2e et le 10e &#233;tage d'un immeuble, Liliane Bettancourt, principale actionnaire de L'Or&#233;al, au sommet du Mont-Blanc.&lt;/i&gt; &#187; Donc ? S'agit-il de d&#233;noncer l'ensemble des in&#233;galit&#233;s sociales, au risque de passer pour un ... populiste ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le Premier pouvoir &#187; : Analyse d'un non passage &#224; l'antenne (1)</title>
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		<dc:date>2004-11-12T12:44:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Philippe Monti</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Laure Adler</dc:subject>
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		<dc:subject>Censures</dc:subject>
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		<dc:subject>Elisabeth L&#233;vy</dc:subject>
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		<dc:subject>Bernard Cassen</dc:subject>
		<dc:subject>Observatoire fran&#231;ais des m&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Cohen</dc:subject>
		<dc:subject>Gilles Casanova</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Le Premier pouvoir&#034;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment pr&#233;parer un proc&#232;s par contumace...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Leurs-critiques-et-la-notre-" rel="directory"&gt;Leurs critiques et la n&#244;tre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laure-Adler-+" rel="tag"&gt;Laure Adler&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Joffrin-+" rel="tag"&gt;Laurent Joffrin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Censures-+" rel="tag"&gt;Censures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Acrimed-214-+" rel="tag"&gt;Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-PLPL-+" rel="tag"&gt;PLPL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Attac-+" rel="tag"&gt;Attac&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Citations-anonymes-+" rel="tag"&gt;Citations anonymes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Cassen-+" rel="tag"&gt;Bernard Cassen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Observatoire-francais-des-medias-+" rel="tag"&gt;Observatoire fran&#231;ais des m&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Cohen-+" rel="tag"&gt;Philippe Cohen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Gilles-Casanova-+" rel="tag"&gt;Gilles Casanova&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Premier-pouvoir-+" rel="tag"&gt;&#034;Le Premier pouvoir&#034;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 6 novembre 2004, l'&#233;mission &#171; Le Premier pouvoir &#187;, anim&#233;e sur France Culture par Elisabeth L&#233;vy, se penche sur la &#171; critique radicale des medias &#187;.&lt;br/&gt;
En 1996, apr&#232;s un passage &#224; l'&#233;mission &#171; Arr&#234;t sur images &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Arr&#234;t sur images &#187;, La Cinqui&#232;me, 23 janvier (en pr&#233;sence de Pierre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Pierre Bourdieu publiait dans &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; une &#171; Analyse d'un passage &#224; l'antenne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde Diplomatique, avril, 1996, p.25. Article reproduit sous le titre &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui mettait notamment en &#233;vidence les contraintes impos&#233;es par un dispositif qui &#171; du plus visible au plus cach&#233; &#187; finissait par priver de parole (ou du moins de toute parole significative) celui &#224; qui on pr&#233;tendait la donner. On imagine ce que peut donner une &#233;mission o&#249; la censure pr&#233;alable &#233;limine de l'antenne ceux que l'on pr&#233;tend critiquer et o&#249; les censures moins visibles ach&#232;vent de les disqualifier en leur absence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux br&#232;ves citations de l'article cit&#233; de Pierre Bourdieu, &#224; propos de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En nous inspirant librement de la d&#233;marche de Pierre Bourdieu, nous voudrions proposer ici une &#171; Analyse d'un non passage &#224; l'antenne &#187;. Non pour d&#233;fendre notre association dans le proc&#232;s par contumace qui a &#233;t&#233; intent&#233; contre elle (ainsi que contre Pierre Carles et &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;) et encore moins pour vider des &#171; querelles de personnes &#187;, mais parce que l'&#233;mission du &#171; Premier pouvoir &#187; diffus&#233;e le 6 novembre 2004 - &#171; &lt;i&gt;Explication ou d&#233;nonciation : &#224; quoi sert la critique radicale des m&#233;dias ?&lt;/i&gt; &#187; - a valeur d'exemple pour tous ceux qui refusent, non de d&#233;battre, comme on ne cesse de le r&#233;p&#233;ter non sans niaiserie, mais de &#171; d&#233;battre &#187; n'importe comment et &#224; n'importe quelles conditions : c'est-&#224;-dire aux conditions impos&#233;es par les animateurs multicartes qui contr&#244;lent l'acc&#232;s &#224; l'espace m&#233;diatique dominant et le soumettent &#224; leur emprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
I. Un proc&#232;s par contumace&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prologue. &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La pr&#233;sentation de l'&#233;mission dressait l'acte d'accusation. Il suffit d'inverser le dispositif, comme nous nous sommes amus&#233;s &#224; le faire, pour en faire voir les biais (y compris &#224; ceux qui nous l'imposent). Pourtant,les responsables de l'&#233;mission s'indignent qu'on puisse ainsi leur poser des conditions qu'ils trouvent normal d'imposer &#224; leurs &#8220; invit&#233;s &#8221; (Lire &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-premier-pouvoir-l-emission-a-laquelle-vous-avez-echappe-sur-France-Culture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Le premier pouvoir &#187; : l'&#233;mission &#224; laquelle vous avez &#233;chapp&#233; sur France Culture&lt;/a&gt; &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elisabeth L&#233;vy pr&#233;sente ainsi &#171; son &#187; &#233;mission :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ils sont les impitoyables procureurs&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;des m&#233;dias, les adversaires d&#233;clar&#233;s de ce qu'ils appellent &#8220;l'ordre m&#233;diatique existant&#8221;. Traquant sans rel&#226;che connivences et d&#233;pendances, recensant sans indulgence b&#233;vues et d&#233;rapages, d&#233;non&#231;ant sans nuances&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;les &#8220;chiens de garde de l'ordre m&#233;diatique&#8221;, ils affirment d&#233;fendre contre toutes les censures une information livr&#233;e en bloc aux forces obscures de l'argent et des id&#233;es dominantes &lt;/i&gt;[de qui &#233;manent ces affirmations caricaturales ?]. &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Ils parlent des m&#233;dias, mais refusent, par principe, de parler aux m&#233;dias&lt;/i&gt; [C'est faux]. &lt;i&gt;Les auteurs de cette critique qualifi&#233;e de radicale ne s'expriment que dans leur propre r&#233;seau&lt;/i&gt; [C'est faux]. &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Une fois n'est pas coutume&lt;/i&gt; [sic], &lt;i&gt;cet apr&#232;s-midi, ils joindront pourtant leurs forces &#224; celles des nombreuses associations, partis et syndicats qui ont appel&#233; &#8220;tous les cerveaux non disponibles&#8221; &#224; manifester devant le minist&#232;re de la Culture pour une information libre, de qualit&#233; et pluraliste. &lt;br /&gt;
Reste &#224; savoir si cette critique militante&lt;/i&gt; [Quelle horreur !] &lt;i&gt;qui s'estime la seule authentique&lt;/i&gt; [vraiment ?] &lt;i&gt;est l'indispensable poil &#224; gratter d'une corporation peu vers&#233;e dans l'autocritique ou si elle finit par l&#233;gitimer en actes ce qu'elle pr&#233;tend combattre&lt;/i&gt; [Avec une telle alternative, l'affaire est conclue d'avance]. &lt;br/&gt;
&lt;i&gt;Nous en parlerons avec Bernard Cassen, directeur du &lt;/i&gt;Monde diplomatique&lt;i&gt; et ancien pr&#233;sident d'Attac. Nous avons &#233;galement interrog&#233; Laurent Joffrin, directeur de la r&#233;daction du &lt;/i&gt;Nouvel Observateur&lt;i&gt; qui est fr&#233;quemment la cible des attaques de nos justiciers&lt;/i&gt; [Comme si la participation de cet invit&#233; quasi-hebdomadaire (et omnipr&#233;sent) avait besoin d'une telle justification (et d'une telle caricature emprunt&#233;e au western)]. [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que cette pr&#233;sentation &#171; sans nuances &#187; qui d&#233;nonce &#171; en bloc &#187;, en multipliant approximations pol&#233;miques et contre v&#233;rit&#233;s flagrantes est un acte d'accusation qui prononce la sentence avant l'audition des parties. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les absents ont toujours tort&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend d&#232;s lors que Mme la Procureure se soit pass&#233;e de la pr&#233;sence des principaux accus&#233;s : Pierre Carles, &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt; et Acrimed. Le premier n'a &#233;t&#233; pr&#233;venu de l'existence de l'&#233;mission qu'apr&#232;s sa diffusion. &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt;, invit&#233; pour l'&#233;mission pr&#233;c&#233;dente, a r&#233;pondu par la n&#233;gative et, comme on le verra, s'en est expliqu&#233;. Quant &#224; l'association Acrimed, ind&#233;sirable sur France Culture, elle ne fut m&#234;me pas contact&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence va tellement de soi pour &#171; Le premier pouvoir &#187; qu'il n'est nullement utile de l'expliquer. Il suffit d'affirmer d'embl&#233;e que nous refusons &#171; &lt;i&gt;par principe, de parler aux m&#233;dias&lt;/i&gt; &#187; : ce qui, litt&#233;ralement, ne veut rien dire, mais qui, s'il est question de parler aux journalistes ou dans les m&#233;dias, est absolument faux. Premier mensonge (dans une longue s&#233;rie) de nos champions en d&#233;ontologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une br&#232;ve occasion, il sera question de l'absence des accus&#233;s, tr&#232;s indirectement et tr&#232;s loin dans l'&#233;mission.... uniquement pour d&#233;noncer les mauvaises mani&#232;res de &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;.&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elisabeth L&#233;vy : &#171; [...] &lt;i&gt;Est-ce qu'il s'agit si vous voulez pour cette critique de peser sur l'&#233;volution des m&#233;dias, de les influencer, disons de mieux les pousser vers une forme d'am&#233;lioration ou est-ce qu'on reste entre membres du parti et que surtout on ne s'adresse &#224; personne ? Je voudrais vous donner un exemple. Nous avions invit&#233;, lorsque nous avions voulu faire cette &#233;mission, dans un premier temps, des membres de l'&#233;quipe de &lt;/i&gt;PLPL&lt;i&gt;. Je vous lis simplement un extrait du courriel qu'ils nous ont envoy&#233; en r&#233;ponse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette information est inexacte : &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; avait &#233;t&#233; invit&#233;, mais pour l'&#233;mission pr&#233;c&#233;dente, et pas vraiment en tant qu'invit&#233; : il &#233;tait, en effet, invit&#233;... &#224; envoyer des exemplaires du journal en service de presse et &#224; r&#233;pondre par t&#233;l&#233;phone aux questions qu'on lui poserait. Pr&#233;cisions n&#233;cessaires &#224; la compr&#233;hension de la r&#233;ponse de &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; &#224; &#171; l'invitation &#187; d'Elisabeth L&#233;vy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, cette &#171; invitation &#187; vaut son pesant de journalisme d'investigation et l'extrait lu par Elisabeth L&#233;vy son pesant de censures, comme le montrent un &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/plpl/l0411/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Communiqu&#233; de l'Internationale sardonique&lt;/a&gt; et les informations qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'invitation &#187; de &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 octobre 2004, &#171; Le Premier pouvoir &#187; adressait &#224; &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; le courriel suivant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les fautes de frappe sont garanties d'origine.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Bonjour,&lt;br/&gt;
nous souhaterions parler de vous dans notre prochaine &#233;mission, qui sera diffus&#233;e samedi matin de 8h10 &#224; 9h.&lt;br/&gt;
Vous serait il possible de nous envoyer par mail vos 5 ou 6 derniers num&#233;ros afin de bien pr&#233;parer le sujet ?&lt;br/&gt;
Nous aimerions &#233;galement avoir une personne de chez vous, joignable t&#233;l&#233;phoniquement vendredi matin &#224; 10heures/10heures30 afin de lui poser plusieurs questions lors d enotre enregistrement. &lt;br/&gt;
Pouez-vous nous appeller au 06-&lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; pour nous dire qui nous pourrions joindre vendredi matin ?&lt;br/&gt;
Tr&#232;s cordialement,&lt;br /&gt;
Le 1er Pouvoir &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour &lt;i&gt;&#171; bien pr&#233;parer le sujet &#187;&lt;/i&gt;, on r&#233;clame en urgence un service de presse &#233;lectronique, et pour bien traiter ledit sujet, on conc&#232;de &#224; &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; quelques minutes au t&#233;l&#233;phone, sans que l'invit&#233;, simple t&#233;moin cit&#233; &#224; compara&#238;tre le jour m&#234;me de son ex&#233;cution, ne sache quel est ce &#171; sujet bien pr&#233;par&#233; &#187; et donc en quoi il est concern&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;, bien que tardive, est aussi sobre que peut l'&#234;tre un refus poli et motiv&#233;. Elle met clairement en &#233;vidence - non sans humour, mais &#233;tait-il possible de r&#233;pondre s&#233;rieusement ? - la dissym&#233;trie et l'in&#233;galit&#233; du dispositif impos&#233; par Elisabeth L&#233;vy, en proposant des conditions rigoureusement inverses (toutes choses qui paraissent visiblement lui &#233;chapper).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;ponse de &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;(dat&#233;e du 11 octobre 2004)&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Cher 1er pouvoir,&lt;br/&gt;
Nous n'avons pu r&#233;pondre &#224; votre courrier avant l'enregistrement de l'&#233;mission mais la situation ne s'en trouve pas fondamentalement chang&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, &lt;/i&gt;PLPL&lt;i&gt; n'assure pas de service de presse. Pour vous procurer des exemplaires de notre journal, il suffit de vous abonner (ou de vous r&#233;abonner : il vous en co&#251;tera 20 euros) et / ou de commander une collection compl&#232;te (m&#234;me tarif). Commande et r&#232;glement sont &#224; adresser &#224; &lt;/i&gt;PLPL&lt;i&gt;, BP 70072 F-13192, Marseille cedex 20. Ce petit investissement vous permettra &#224; coup s&#251;r de &#034;bien pr&#233;parer&#034; nombre de sujets de votre &#233;mission. En cas d'urgence, vous pouvez &#233;galement vous rendre &#224; la librairie Publico, 145, rue Amelot 75011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les membres de l'&#233;quipe de &lt;/i&gt;PLPL&lt;i&gt; seraient ravis de d&#233;battre avec vous, mais dans les conditions exactement inverses de celles que vous nous proposez. Par exemple, l'&#233;mission serait enregistr&#233;e lors d'une des nombreuses r&#233;unions publiques que nous organisons : &#224; la tribune, des membres de l'&#233;quipe de &lt;/i&gt;PLPL&lt;i&gt; examineraient les ressorts de la critique consensuelle des m&#233;dias devant une assembl&#233;e de 200 militants lillois et vous seriez invit&#233;s &#224; r&#233;pondre &#224; nos questions par t&#233;l&#233;phone (2 ou 3 minutes, pas plus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car enfin, &lt;/i&gt;PLPL&lt;i&gt; se refuse &#224; intervenir de quelque mani&#232;re que ce soit sur la station France Culture. Vous n'&#234;tes pas sans savoir que cette cha&#238;ne fait l'objet d'une entreprise de d&#233;molition conduite depuis plusieurs ann&#233;es par Mme Laure Adler dont vous &#234;tes - entre autre - l'instrument : remplacement des journalistes maison par des producteurs ext&#233;rieurs, colonisation de l'antenne par le &lt;i&gt;QVM&lt;/i&gt;, injection massive dans la grille des programmes de chroniqueurs aussi bavards que nuls, obsession de &#034;l'actualit&#233;&#034;, racisme social, sans parler des nuisances inflig&#233;es aux auditeurs par Sylvain Bourmeau, laur&#233;at de notre prestigieuse Laisse d'Or.&lt;br class='autobr' /&gt;
Confraternellement,&lt;br/&gt;
&lt;/i&gt;PLPL&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notre rubrique rubrique 46 et, sur le site de PLPL la Laisse d'or &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine plus tard, pour une &lt;i&gt;autre &lt;/i&gt;&#233;mission, Elisabeth L&#233;vy cite &#224; l'antenne le courrier re&#231;u, mais en censurant prudemment le dernier paragraphe consacr&#233;, comme par hasard, &#224; France Culture, par un &#171; &lt;i&gt;Alors bon je vous passe la suite&lt;/i&gt; &#187; qui semble dire qu'il n'y a rien de bien int&#233;ressant. Or, cette coupure est bien, comme la suite le confirme, une censure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et Acrimed ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acrimed, en effet, n'a pas connu l'insigne honneur d'une citation &#224; compara&#238;tre : aucun courriel r&#233;dig&#233; &#224; la h&#226;te, aucun coup de t&#233;l&#233;phone intempestif, rien... rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons en conna&#238;tre le motif : de source bien inform&#233;e (comme disent les journalistes...) Laure Adler se serait fort inqui&#233;t&#233;e (au point d'interdire ?) de notre &#233;ventuel passage &#224; l'antenne, sous pr&#233;texte que nous contestons l'orientation destructrice qu'elle a imprim&#233;e &#224; la station. Elisabeth L&#233;vy, qu'elle ait ob&#233;i aux ordres ou les ait devanc&#233;s, s'est sagement priv&#233;e de heurter sa chef, illustrant ainsi cette &#171; servitude volontaire &#187; dont Philippe Val nous parlera au cours de l'&#233;mission, avec tout l'humour involontaire dont il est capable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Des &#171; invit&#233;s &#187; tri&#233;s sur le volet&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui d&#232;s lors, commis d'office, fut appel&#233; pour d&#233;fendre la critique radicale ? Bernard Cassen qui, pourtant, n'&#233;tait mandat&#233; ni par l'Observatoire Fran&#231;ais des m&#233;dias ni par les accus&#233;s : il &#233;tait cens&#233; r&#233;pondre en son nom... pour les absents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'abord pr&#233;sent&#233; comme &#171; cr&#233;ateur de l'Observatoire Fran&#231;ais des m&#233;dias &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'&#233;tait pas encore assez. Bernard Cassen, invit&#233; principal, devait &#234;tre confront&#233; &#224; Laurent Joffrin, mais en l'absence de ce dernier : la &lt;i&gt;&#171; cible des attaques de nos justiciers &#187;&lt;/i&gt;, bavard multim&#233;dia et interlocuteur r&#233;gulier du &#171; Premier pouvoir &#187;, &#233;tait enregistr&#233; pour r&#233;pliquer &#224; des absents, en sp&#233;cialiste qui dut avouer qu'il ne connaissait rien &#224; la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel t&#233;moin &#224; charge &#233;tant manifestement insuffisant, Elisabeth L&#233;vy s'entoura &#233;galement de Gilles Casanova (son fid&#232;le partenaire), de Philippe Cohen (un coll&#232;gue qui, cependant, ne joua pas vraiment le jeu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir rubrique 204 et rubrique 226.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et de Philippe Val (remis de sa &lt;a href='https://www.acrimed.org/Tentative-de-suicide-Philippe-Val-dans-l-arene-de-Thierry-Ardisson' class=&#034;spip_in&#034;&gt;tentative de suicide chez Thierry Ardisson&lt;/a&gt;). L'invit&#233; principal devint ainsi une pi&#232;ce presque secondaire du dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s par contumace pouvait alors s'ouvrir. En v&#233;rit&#233;, il avait d&#233;j&#224; commenc&#233; lors d'&#233;missions pr&#233;c&#233;dentes. Apr&#232;s avoir grossi&#232;rement chapitr&#233; dans une premi&#232;re &#233;mission les critiques grossi&#232;res (lire notre article &lt;a href='https://www.acrimed.org/Independance-de-la-presse-de-grands-journalistes-papotent-sur-France-Culture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ind&#233;pendance de la presse : de &#171; grands &#187; journalistes papotent sur France Culture... &lt;/a&gt;), puis apr&#232;s avoir tent&#233; dans une deuxi&#232;me d'enr&#244;ler R&#233;gis Debray contre le spectre de la critique radicale des m&#233;dias (lire notre article &lt;a href='https://www.acrimed.org/Independance-de-la-presse-le-spectre-de-la-critique-radicale-sur-France-Culture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ind&#233;pendance de la presse : le spectre de la critique radicale sur France Culture&lt;/a&gt;), Elisabeth L&#233;vy pouvait enfin leur consacrer une &#233;mission en l'absence des accus&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais y aurait-il eu des diff&#233;rences si ceux-ci avaient &#233;t&#233; pr&#233;sents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute aucune, comme on peut en juger par le &#171; fil conducteur de l'&#233;mission &#187; : c'est-&#224;-dire par les ressources rh&#233;toriques qu'elle mobilise et par les m&#233;thodes qu'elle emploie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert de s'interroger sur le r&#244;le de la critique radicale des m&#233;dias, il fut (presque) uniquement question de ses &#171; m&#233;thodes &#187;. Et pour parler de ces &#171; m&#233;thodes &#187; - nous y reviendrons -, les animateurs de l'&#233;mission n'ont pas l&#233;sin&#233; sur les leurs : un enregistrement tronqu&#233; du film de Pierre Carles, une citation de deux phrases d'Henri Maler pour Acrimed (pour 1700 articles publi&#233;s sur ce site et une centaine de d&#233;bats publics), des propos &#171; vol&#233;s &#187; sur la liste de discussion interne de l'Observatoire, des affirmations aussi fausses que p&#233;remptoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref : apr&#232;s la censure pr&#233;alable des accus&#233;s, leur censure (quasiment) invisible au cours de l'&#233;mission, par le recours syst&#233;matique au pr&#233;tendu simplisme qu'on r&#233;cuse (questions de rh&#233;torique) et aux moyens que l'on condamne (questions de m&#233;thode). Comme on va le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Philippe Monti et Henri Maler&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
pour Acrimed&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lire la suite :&lt;/i&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Premier-pouvoir-Analyse-d-un-non-passage-a-l-antenne-2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;II. La mise en forme du proc&#232;s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Arr&#234;t sur images &#187;, La Cinqui&#232;me, 23 janvier (en pr&#233;sence de Pierre Bourdieu) et 27 mars 1996 (r&#232;glement de comptes en l'absence de l'accus&#233;, Pierre Bourdieu).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, avril, 1996, p.25. Article reproduit sous le titre &#171; La t&#233;l&#233;vision peut-elle critiquer la t&#233;l&#233;vision ? &#187;, dans &lt;i&gt;Pierre Bourdieu, Interventions 1961-2001&lt;/i&gt;, Editions Agone, f&#233;vrier 2002, pp. 409-416.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux br&#232;ves citations de l'article cit&#233; de Pierre Bourdieu, &#224; propos de la seconde &#233;mission r&#233;alis&#233;e en son absence :&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; &lt;i&gt;On ne s'est g&#232;re inqui&#233;t&#233;, en ce cas, d'opposer des &#8220;contradicteurs&#8221; aux trois spadassins charg&#233;s de l'ex&#233;cution critique des propos pr&#233;sent&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; &lt;i&gt;Ceux qui auraient encore pu douter, apr&#232;s avoir vu la premi&#232;re&lt;/i&gt; [&#233;mission]&lt;i&gt;, que la t&#233;l&#233;vision est un formidable instrument de domination devraient, cette fois, &#234;tre convaincus : Daniel Schneidermann, producteur de l'&#233;mission, en a fait la preuve, malgr&#233; lui, en donnant &#224; voir que la t&#233;l&#233;vision est le lieu o&#249; deux pr&#233;sentateurs peuvent triompher sans peine de tous les critiques de l'ordre t&#233;l&#233;visuel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les fautes de frappe sont garanties d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notre rubrique &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=46'&gt;rubrique 46&lt;/a&gt; et, sur le site de &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/plpl/n21/p1-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la Laisse d'or &#224; Sylvain Bourmeau&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'abord pr&#233;sent&#233; comme &#171; cr&#233;ateur de l'Observatoire Fran&#231;ais des m&#233;dias &#187; sur le site de France Culture, Bernard Cassen fut, sans doute &#224; sa demande, priv&#233; de ce titre nobiliaire lors de la pr&#233;sentation orale. Pourtant c'est comme membre de l'OFM qu'il fut interrog&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=204'&gt;rubrique 204&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=226'&gt;rubrique 226&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ind&#233;pendance de la presse : le spectre de la critique radicale sur France Culture</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Independance-de-la-presse-le-spectre-de-la-critique-radicale-sur-France-Culture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Independance-de-la-presse-le-spectre-de-la-critique-radicale-sur-France-Culture</guid>
		<dc:date>2004-10-17T08:27:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Monti</dc:creator>


		<dc:subject>France Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>1999 - Guerre au Kosovo</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bats d'Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Elisabeth L&#233;vy</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Fran&#231;ois Kahn</dc:subject>
		<dc:subject>2003 - Guerre am&#233;ricaine contre l'Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Gilles Casanova</dc:subject>
		<dc:subject>La revue &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Elisabeth L&#233;vy invite R&#233;gis Debray pour tenter de lui faire dire ce qu'elle a envie d'entendre.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Liberte-sous-conditions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Libert&#233; sous conditions...&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Culture-+" rel="tag"&gt;France Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-1999-Guerre-au-Kosovo-+" rel="tag"&gt;1999 - Guerre au Kosovo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats d'Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Elisabeth-Levy-+" rel="tag"&gt;Elisabeth L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Francois-Kahn-+" rel="tag"&gt;Jean-Fran&#231;ois Kahn&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-2003-Guerre-americaine-contre-l-Irak-+" rel="tag"&gt;2003 - Guerre am&#233;ricaine contre l'Irak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Gilles-Casanova-+" rel="tag"&gt;Gilles Casanova&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-revue-Medias-+" rel="tag"&gt;La revue &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 2 octobre 2004, Le &lt;i&gt;Premier pouvoir&lt;/i&gt; avait ouvert ses micros &#224; des invit&#233;s de marque pour bavarder sur l'ind&#233;pendance de la presse (Lire &lt;a href='https://www.acrimed.org/Independance-de-la-presse-de-grands-journalistes-papotent-sur-France-Culture' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; De &#8220;grands&#8221; journalistes papotent sur France Culture &#187;&lt;/a&gt;). Le 9 octobre, c'est un &#171; grand &#187; intellectuel que re&#231;oivent Elisabeth L&#233;vy et Gilles Casanova : R&#233;gis Debray, &#171; m&#233;diologue &#187; venu expliquer pourquoi il ne souhaite plus affronter la &lt;i&gt;&#171; cl&#233;ricature m&#233;diatique &#187;&lt;/i&gt;. Avec Jean-Fran&#231;ois Kahn dans le r&#244;le de faire-valoir.
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
Si, d'une semaine &#224; l'autre, le ton change, il demeure cependant au moins deux constantes : la d&#233;n&#233;gation d'une &#233;ventuelle interf&#233;rence de l'&#233;conomique (avec, cette fois, quelques contradictions remarquables) ; la stigmatisation de la critique &#171; radicale &#187; des m&#233;dias (d&#233;velopp&#233;e avec pugnacit&#233; par Gilles Casanova et Elisabeth L&#233;vy en fin d'&#233;mission).
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
Un spectre hante l'&#233;mission : le spectre de la critique radicale. Aux l&#233;gendes du spectre de la critique radicale, faut-il vraiment opposer sa v&#233;rit&#233; ? Pas s&#251;r... Quelques remarques cependant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la question &#171; Peut-on critiquer les m&#233;dias ? &#187; Elisabeth L&#233;vy en substitue d'embl&#233;e une autre, l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente : &lt;i&gt;&#171; Reste &#224; savoir si cette critique &lt;/i&gt;[la critique des m&#233;dias]&lt;i&gt; peut-&#234;tre audible, surtout quand elle ne vient pas des journalistes ? &#187; &lt;/i&gt;Au terme de l'&#233;mission, on aura compris que la r&#233;ponse est n&#233;gative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Leurs critiques et la n&#244;tre (note d'Acrimed).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a deux cas de figure : R&#233;gis Debray ne peut se faire entendre car il est trop savant et trop pertinent. La critique qui &lt;i&gt;&#171; se dit radicale &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;dixit &lt;/i&gt;Gilles Casanova qui s'abstiendra cependant de r&#233;v&#233;ler &#224; qui il pense) ne le peut pas davantage. Mais, elle, c'est parce qu'elle est par nature sectaire et &#171; &lt;i&gt;violente&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;dixit &lt;/i&gt;Elisabeth L&#233;vy qui ne per&#231;oit manifestement aucun indice de violence ou de sectarisme dans cette condamnation qui tombe sur un accus&#233; dont l'identit&#233; ne sera jamais connue de l'auditeur, et avant m&#234;me que le proc&#232;s ait &#233;t&#233; instruit) !&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Tout cela sera enrob&#233; dans des assauts r&#233;p&#233;t&#233;s de mutuelle d&#233;f&#233;rence : R&#233;gis Debray nous dira qu'il souhaite convaincre Jean-Fran&#231;ois Kahn qu'il ferait un &lt;i&gt;&#171; excellent candidat aux &#233;lections pr&#233;sidentielles &#187;&lt;/i&gt; ; Elisabeth L&#233;vy cite, avec le respect scrupuleux qui sied au disciple impressionn&#233; par son ma&#238;tre, des passages entiers de la sainte litt&#233;rature produite par R&#233;gis Debray. Ce dernier, manifestement g&#234;n&#233;, finira par l&#226;cher : &lt;i&gt;&#171; On ne va pas faire une petite soci&#233;t&#233; d'admiration mutuelle... &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais venons-en au &#171; fond &#187; du &#171; d&#233;bat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Emprise du clerg&#233; m&#233;diatique et/ou emprise de l'&#233;conomie ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s son &#171; ex-communication &#187; m&#233;diatique lors de la guerre du Kosovo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir 1999 : Guerre du Kosovo (note d'Acrimed).&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, R&#233;gis Debray publie &lt;i&gt;L'Emprise&lt;/i&gt; - un essai descendu en flammes par la cohorte des &#233;ditorialistes dans des conditions tellement significatives qu'elles m&#233;ritaient d'&#234;tre analys&#233;es par l'un d'entre nous (lire : &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-maitres-tanceurs-entre-le-sceptre-et-le-goupillon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les ma&#238;tres-tanceurs, entre le sceptre et le goupillon&lt;/a&gt; &#187;). Dans cet essai, R&#233;gis Debray d&#233;fend la th&#232;se de la constitution d'un clerg&#233; et d'une cl&#233;ricature m&#233;diatiques. Si la description est suggestive, l'explication est tr&#232;s discutable. Et c'est pour en discuter que nous avions invit&#233; l'auteur, en novembre 2000, pour un &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-debats-d-Acrimed-a-Paris-1996-2002' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Jeudi d'Acrimed intitul&#233; : &#171; Journalisme et cl&#233;ricature &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette analyse que R&#233;gis Debray commence par exposer dans l'&#233;mission d'Elisabeth L&#233;vy. Mais sa pr&#233;sence et ses propos sont rapidement mis au service, non d'une critique de ladite &#171; cl&#233;ricature &#187;, mais d'une critique... de la critique des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la semaine pr&#233;c&#233;dente, la question sans cesse refoul&#233;e - mais qui fait sans cesse retour - est celle de l'ind&#233;pendance de la presse. Tr&#232;s vite, R&#233;gis Debray &#233;carte l'hypoth&#232;se d'un pouvoir de l'actionnaire sur le contenu du m&#233;dia : &lt;i&gt;&#171; C'est vrai que l'instance &#233;conomique p&#232;se de plus en plus lourd. Je ne crois pas qu'elle soit d&#233;terminante - au contraire de certains analystes. &#187;&lt;/i&gt; L'essentiel tiendrait donc, selon lui, dans l'&#233;mergence du &lt;i&gt;&#171; clerg&#233; m&#233;diatique &#187;&lt;/i&gt; (dont il va abondamment expliciter le mode de fonctionnement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gis Debray re&#231;oit le renfort de Jean-Fran&#231;ois Kahn : &lt;i&gt;&#171; C'est &#231;a le probl&#232;me ! C'est pas le probl&#232;me de l'infrastructure &#233;conomique, du r&#244;le du capital... &#187;. &lt;/i&gt;Ce disant, Jean-Fran&#231;ois Kahn recycle &#224; l'antenne, le contenu de son intervention dans la revue &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; (n&#176;2), o&#249; l'on peut lire cette remarque pleine de finesse : &#171; &lt;i&gt;Je ne partage pas du tout la rh&#233;torique &#8220;halimiesque&#8221; ou &#8220;bourdieusienne&#8221; n&#233;o-marxiste sur le capital qui impose sa loi. Je ne dis pas que demain Dassault n'imposera pas sa ligne au &lt;/i&gt;Figaro&lt;i&gt;, mais pour l'instant ce n'est pas &#231;a. C'est en toute libert&#233; que les journalistes expriment des opinions auxquelles ils croient sinc&#232;rement&lt;/i&gt; &#187; (page 32).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A croire que, pour &#234;tre &#171; pr&#233;sentable &#187; sur France Culture, la critique des m&#233;dias doit d'abord clamer son hostilit&#233; &#224; l'id&#233;e que le poids de la &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=60'&gt;publicit&#233;&lt;/a&gt;, de &lt;a href='https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;l'appropriation priv&#233;e et des concentrations commerciales&lt;/a&gt; pose un probl&#232;me d&#233;cisif !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; diverses reprises, R&#233;gis Debray, embarqu&#233; sans le savoir dans un proc&#232;s qui n'est pas forc&#233;ment le sien, va contredire son affirmation initiale (affirmation dont ses interlocuteurs ne retiendront que la brutalit&#233;). Mais, qu'il s'agisse d'une contradiction flagrante ou d'une contradiction apparente, nous n'aurons droit &#224; aucune explication. Citations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#171; &lt;i&gt;Un journal est une entreprise, &#231;a veut dire qu'elle doit gagner de l'argent, elle doit d&#233;gager des marges de profit ; ce qui est une contrainte consid&#233;rable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#171; &lt;i&gt;A la limite, on peut dire que l'&#233;conomique gouverne au m&#233;diatique qui gouverne au politique.&lt;/i&gt; &#187; [Un tel raccourci - pourtant suggestif &#224; d&#233;faut d'&#234;tre rigoureux - aurait valu &#224; d'autres des protestations v&#233;h&#233;mentes et des condamnations d&#233;finitives.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#171; &lt;i&gt;Chacun sait qu'il y avait beaucoup plus de diversit&#233; dans l'ORTF des ann&#233;es 60 - diversit&#233; des programmes et de ton - qu'il n'y en a aujourd'hui dans cette presse pr&#233;tendument lib&#233;r&#233;e et qui a remplac&#233; la d&#233;pendance envers le gouvernement par la d&#233;pendance envers les annonceurs. Autrement dit, de l'Etat ou du fric, quel est le moindre mal ? &lt;/i&gt; &#187; [Une telle alternative - qui sugg&#232;re que la peste n'est pas gu&#233;rie par le chol&#233;ra - aurait valu &#224; d'autres une le&#231;on de lib&#233;ralisme.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectre d'une certaine radicalit&#233; plane encore. Le moment est donc venu de le terrasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Haro sur la critique &#171; radicale &#187; des m&#233;dias !&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Gilles Casanova entreprend alors de r&#233;gler son compte &#224; cette mauvaise critique :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; La critique qui se dit radicale voit dans les structures &#233;conomiques, dans la structure capitalistique des journaux, la cl&#233; de la compr&#233;hension de ce qu'ils disent et des buts qu'ils poursuivent. &#187; &lt;/i&gt;Bon... Mais apparemment ce que Gilles Casanova ne sait pas, c'est que personne n'a pr&#233;tendu que cette cl&#233; ouvrait toutes les portes et qu'il &#233;tait inutile de savoir s'en servir. Il tient en effet un argument qui fait fr&#233;mir tous les d&#233;tenteurs de cl&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Si on regarde cette comparaison France/Etats-Unis, on s'aper&#231;oit que ce n'est pas la structure capitalistique qui nous dit pourquoi dans un endroit on est capable d'organiser un d&#233;bat sur pourquoi nous nous sommes tromp&#233;s sur les armes de destruction massive et pourquoi ce n'est pas dans la presse fran&#231;aise qu'on a un d&#233;bat ou une capacit&#233; de retour sur soi-m&#234;me pour dire qu'on se serait un moment tromp&#233; m&#234;me si on peut imaginer que dans les vingt derni&#232;res ann&#233;es, ce soit arriv&#233;. &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en relisant trois fois ce que l'auditeur n'a entendu qu'une fois, on reste confondu : il faudrait comprendre que la m&#234;me structure &#171; capitalistique &#187; produisant ou ne produisant pas un &#171; d&#233;bat &#187; sur le traitement de la guerre en Irak par les m&#233;dias (selon qu'on se trouve d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre de l'Atlantique)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir 2003 : L'Irak et la guerre am&#233;ricaine (note d'Acrimed).&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'hypoth&#232;se m&#234;me d'une influence d&#233;cisive de l'&#233;conomique sur le champ journalistique doit &#234;tre balay&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caricature est le plus court chemin pour tenter d'invalider la critique qu'on nomme avec horreur &#171; radicale &#187;, mais seulement parce que c'est une voie de garage. Il suffira de donner au spectre l'un de ses noms possibles et de citer, par exemple, Pierre Bourdieu (comme Debray &#233;voquait Althusser ou Gramsci, bien qu'en d&#233;plorant leurs limites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je pense qu'on rate un peu avec cette analyse qui a &#233;videmment sa base (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) : &lt;i&gt;&#171; Par exemple, on ne peut pas expliquer ce qui se fait &#224; TF1 par le seul fait que cette cha&#238;ne est poss&#233;d&#233;e par Bouygues. Il est &#233;vident qu'une explication qui ne prendrait pas en compte ce fait serait insuffisante mais celle qui ne prendrait en compte que cela ne serait pas moins insuffisante. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la t&#233;l&#233;vision, p.44.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bourdieu ne fait ici que rappeler que son analyse du journalisme, parce qu'elle recourt &#224; la notion de champ, rejette la r&#233;duction m&#233;canique &#224; la seule d&#233;termination &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;gis Debray (que l'on sent un peu encombr&#233; par la brutalit&#233; confuse de la d&#233;molition) : &#171; &lt;i&gt;Oui. Ces critiques de type &#233;conomiste me semblent int&#233;ressantes. Elles ne me semblent pas d&#233;cisives. Si vous voulez, je ne crois pas que ce soit la structure du capital qui d&#233;termine le consensus m&#233;diatique. Chacun sait - ou je crois savoir - que les r&#233;dactions sont et veulent - et peuvent &#234;tre - ind&#233;pendantes de l'actionnaire ou des actionnaires.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;En tous cas, ce qui est clair, c'est qu'on ne peut pas faire jouer l'infrastructure m&#233;caniquement sur la superstructure, pour parler comme on ne parle plus.&lt;/i&gt; &#187; &#171; M&#233;caniquement &#187;, certes non. Mais pour se d&#233;barrasser du &#171; mat&#233;rialisme court associ&#233; &#224; la tradition marxiste &#187; que critiquait Pierre Bourdieu, est-il indispensable de tenir pour acquise l'ind&#233;pendance des r&#233;dactions &#224; l'&#233;gard des forces et des enjeux propres &#224; l'espace &#233;conomique ? Et que gagnerait-on &#224; passer d'un mat&#233;rialisme court &#224; un symbolisme borgne ?&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce parce qu'elle pressent qu'il s'agit d'un faux d&#233;bat un peu d&#233;suet ? Est-ce parce qu'elle consid&#232;re que la cause est entendue, m&#234;me s'il n'y a pas de cause ? Elisabeth L&#233;vy sollicite &#224; nouveau R&#233;gis Debray (augmentant ainsi son embarras) pour tracer une d&#233;marcation encore plus nette : &#171; &lt;i&gt;Mais est-ce que ce courant qui s'est, finalement, autoproclam&#233; radical et dont vous &#234;tes proche de certaines personnalit&#233;s&lt;/i&gt; [l'allusion exige un d&#233;codeur sp&#233;cial que nous n'avons pas &#224; notre disposition, les auditeurs encore moins]&lt;i&gt; n'oppose pas une foi &#224; une autre, un dogme &#224; un autre, et finalement une violence &#224; une autre ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elisabeth L&#233;vy ne s'inqui&#233;tait gu&#232;re de cette pr&#233;tendue violence quand nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponse de R&#233;gis Debray : &lt;i&gt;&#171; Oh ! Ecoutez ! De toutes fa&#231;ons, c'est une violence ultra-minoritaire. Je dirais que la r&#233;sistance est toujours bonne mais, &#233;videmment, un certain degr&#233; de radicalit&#233; condamne &#224; un certain sectarisme ou une certaine inefficacit&#233;. Et puis, tout radical rencontre un plus radical que lui qui va le juger moins radical ; et donc voil&#224;... Je ne rentre pas dans ce terme de radicalit&#233; parce qu'il me semble &#224; la limite faire le jeu de l'officialit&#233; puisque, comme chacun sait, la nouvelle officialit&#233; est faite de radicalit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Ouf ! Ce discours convenu et sentencieux permet &#224; R&#233;gis Debray de se sortir d'embarras et laisse Elisabeth L&#233;vy &#224; la satisfaction d'avoir r&#233;gl&#233; son compte &#224; la critique qui fait de la critique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est bien, et l'&#233;mission peut s'achever sereinement avec la promotion de &lt;i&gt;Medium&lt;/i&gt;, la future revue patronn&#233;e par R&#233;gis Debray. Pendant une heure, R&#233;gis Debray fut pri&#233; de dire pourquoi il se ferait d&#233;sormais silencieux sur la question des m&#233;dias. Mais pourquoi Elisabeth L&#233;vy l'a-t-elle invit&#233; ? Pour c&#233;l&#233;brer &#224; plusieurs reprises le lancement de sa nouvelle revue ? Pour l'inclure dans le cercle de ses amis, au sein d'une fraction du &#171; clerg&#233; m&#233;diatique &#187; ? C'est ce que laisse penser cette conclusion : &lt;i&gt;&#171; Je constate, cher R&#233;gis Debray que vous n'&#234;tes pas tr&#232;s post-moderne... Je voudrais vous citer, en conclusion, ce que vous dites &#224; votre jeune interlocuteur &lt;/i&gt;[...] :&lt;i&gt; &#034;&lt;/i&gt;&#224; 20 ans une &#226;me bien n&#233;e est faite pour faire la guerre civile, &#224; 60 tout homme un peu cens&#233; est une guerre civile... et, immobile sur sa chaise du matin jusqu'au soir, court d'un c&#244;t&#233; de la barricade &#224; l'autre&lt;i&gt;.&#8221;&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; J'esp&#232;re que votre guerre civile int&#233;rieure vous m&#232;nera encore de temps en temps &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;de notre c&#244;t&#233; de la barricade&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la semaine prochaine, pour une nouvelle c&#233;l&#233;bration de l'ind&#233;pendance de la presse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Philippe Monti&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_176 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/17Premierpouvoir_Le_spectre.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 126.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1760743042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://www.acrimed.org/-Leurs-critiques-et-la-notre-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Leurs critiques et la n&#244;tre&lt;/a&gt; &lt;i&gt;(note d'Acrimed)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://www.acrimed.org/-1999-Guerre-du-Kosovo-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;1999 : Guerre du Kosovo&lt;/a&gt; &lt;i&gt;(note d'Acrimed)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://www.acrimed.org/-2003-L-Irak-et-la-guerre-americaine-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2003 : L'Irak et la guerre am&#233;ricaine&lt;/a&gt; &lt;i&gt;(note d'Acrimed)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Je pense qu'on rate un peu avec cette analyse qui a &#233;videmment sa base objective, mais on rate un peu la sp&#233;cificit&#233; de ce que c'est que l'Autorit&#233;. L'autorit&#233; ! C'est-&#224;-dire le pouvoir moral, c'est-&#224;-dire le facteur immat&#233;riel et n&#233;anmoins d&#233;cisif qui fait de l'opinion la reine du monde. Il y a l&#224; je dirais une dimension qui &#233;chappe &#224; Karl Marx. Gramsci ou Althusser ont tout de m&#234;me entam&#233; une r&#233;flexion sur l'id&#233;ologie, une r&#233;flexion sur les croyances, sur l'autorit&#233;, elle n'est pas me semble-t-il encore aboutie&lt;/i&gt;. [...]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, p.44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elisabeth L&#233;vy ne s'inqui&#233;tait gu&#232;re de cette pr&#233;tendue violence quand nous d&#233;fendions vigoureusement son droit d'expression (et celui de R&#233;gis Debray) contre les basses pol&#233;miques que leur ont valu leurs prises de position lors de la guerre du Kososvo (Lire, par exemple, &lt;a href='https://www.acrimed.org/II-Telerama-et-Elisabeth-Levy' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; et Elisabeth L&#233;vy &#187;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;).&lt;/i&gt; Mais, dans &lt;i&gt;Le Figaro Magazine&lt;/i&gt;, quelques temps plus tard, elle s'inqui&#233;tait soudain de &#171; l'intol&#233;rance &#187; du site d'Acrimed &#171; tr&#232;s radical-chic &#187; (Lire : &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Antisemitisme-Langlois-repond-au-Nouvel-Obs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Antis&#233;mitisme : Langlois r&#233;pond au &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#187;). Amusant !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ind&#233;pendance de la presse : de &#171; grands &#187; journalistes papotent sur France Culture... </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Independance-de-la-presse-de-grands-journalistes-papotent-sur-France-Culture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Independance-de-la-presse-de-grands-journalistes-papotent-sur-France-Culture</guid>
		<dc:date>2004-10-06T08:12:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Monti</dc:creator>


		<dc:subject>France Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Joffrin</dc:subject>
		<dc:subject>Elisabeth L&#233;vy</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Val</dc:subject>
		<dc:subject>Claude Askolovitch</dc:subject>
		<dc:subject>Franz-Olivier Giesbert</dc:subject>
		<dc:subject>Gilles Casanova</dc:subject>
		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;... dans l'&#233;mission hebdomadaire anim&#233;e par Elisabeth L&#233;vy. Le probl&#232;me est rapidement r&#233;gl&#233;. D'ailleurs, y a-t-il seulement un probl&#232;me ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Liberte-sous-conditions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Libert&#233; sous conditions...&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Culture-+" rel="tag"&gt;France Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Joffrin-+" rel="tag"&gt;Laurent Joffrin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Elisabeth-Levy-+" rel="tag"&gt;Elisabeth L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Val-+" rel="tag"&gt;Philippe Val&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Claude-Askolovitch-+" rel="tag"&gt;Claude Askolovitch&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Franz-Olivier-Giesbert-+" rel="tag"&gt;Franz-Olivier Giesbert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Gilles-Casanova-+" rel="tag"&gt;Gilles Casanova&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Independance-+" rel="tag"&gt;Ind&#233;pendance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Samedi 2 octobre, &lt;i&gt;Le Premier pouvoir&lt;/i&gt; - l'&#233;mission hebdomadaire de &lt;i&gt;France Culture,&lt;/i&gt; anim&#233;e par Elisabeth L&#233;vy, qui pr&#233;tend analyser le pouvoir des m&#233;dias - a pour titre &#171; L'avenir du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; &#187;. Occasion, apr&#232;s le rachat de la Socpresse par Serge Dassault et la d&#233;signation de Nicolas Beytout &#224; la t&#234;te de la r&#233;daction, de s'interroger sur les menaces qui p&#232;sent sur l'ind&#233;pendance de la presse. &lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
R&#233;sultats de cette m&#233;ditation polyphonique ? Avec une touchante unanimit&#233;, les participants s'accorderont &#224; estimer que tout le probl&#232;me tient &#224; la plus ou moins forte &#171; personnalit&#233; &#187; des journalistes - ceux qui sont autour du micro sont manifestement convaincus qu'ils n'en manquent pas - pour r&#233;sister &#224; leurs propri&#233;taires. Une petite concession &#224; la critique, cependant : il faudra peut-&#234;tre les aider &#224; en avoir un peu plus en leur offrant une &#171; charte &#187; sign&#233;e par la r&#233;daction et par le propri&#233;taire du journal !
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
Quant au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, tout son probl&#232;me vient de la stupidit&#233; et de l'inculture de Serge Dassault (ceux qui sont autour du micro sont convaincus de ne pas manquer d'intelligence) : ce &#171; th&#232;me &#187; sera repris avec insistance tout au long de l'&#233;mission.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette &#233;mission a donc surtout &#233;t&#233; l'occasion d'entendre quelques &#171; perles &#187; de Gilles Casanova, de Franz-Olivier Giesbert (qui est forc&#233;ment un expert puisqu'il a l'avantage de venir du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;, d'&#234;tre longuement pass&#233; par le &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, avant d'atterrir au &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; et dans le service public), de Laurent Joffrin (venu faire la promotion de sa p&#233;tition, de son magazine et de sa charte), d'Armelle Heliot (pr&#233;sidente de la soci&#233;t&#233; des r&#233;dacteurs du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; dont elle s'empresse de pr&#233;ciser qu'il ne s'agit pas d'un soviet qui &#233;lirait son r&#233;dacteur en chef), de Claude Askolovitch (qui s'acharnera &#224; nier l'&#233;vidence en r&#233;p&#233;tant &#224; tout bout de champ qu'il est un &#171; journaliste de gauche &#187; et qui r&#233;cusera avec effroi l'id&#233;e que la r&#233;daction de son magazine puisse ressembler &#224; un soviet dans lequel les journalistes pourraient choisir leur responsable), et Philippe Val (qui s'effor&#231;a d'&#234;tre complaisant avec les journalistes et les journaux dominants et m&#233;prisant avec tous les autres, de Serge Dassault aux lecteurs de la presse). Quant &#224; Elisabeth L&#233;vy, il lui arriva d'essayer d'&#233;lever le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques morceaux choisis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un Dassault et des journalistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A une premi&#232;re question - qui croit le flatter en &#233;voquant &#171; l'esprit critique &#187; du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; quand il traite le dossier du rachat du &lt;i&gt;Figaro &lt;/i&gt;par Serge Dassault -, Franz-Olivier Giesbert, effray&#233;, r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Esprit critique ? Vous y allez un peu fort ! Nous avons regard&#233; ce qui se passait au &lt;/i&gt;Figaro&lt;i&gt; avec le plus d'honn&#234;tet&#233; possible. Je peux dire que je regarde m&#234;me ce qui se passe aujourd'hui au &lt;/i&gt;Figaro&lt;i&gt; avec un &#339;il extr&#234;mement favorable.&lt;/i&gt; &#187; Trente ans de bons et loyaux services rendus au parti de la presse et de l'argent pour s'entendre accuser d'esprit critique ! Pauvre Giesbert ! Et, quant au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, &#231;a commence fort puisqu'on apprend d'embl&#233;e que le probl&#232;me de l'&#233;mission n'en est pas un !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elisabeth L&#233;vy se tourne vers Philippe Val, esp&#233;rant alors, sans doute, un peu plus de &#171; critique &#187; : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que l'interventionnisme de l'actionnaire est &#233;vitable ?&lt;/i&gt; &#187;, et prend pour exemple &lt;i&gt;Charlie Hebdo. &lt;/i&gt;Philippe Val se d&#233;robe et se d&#233;fend : lui, actionnaire de &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt;, ne peut avoir une mauvaise influence sur &#171; son &#187; journal puisqu'il ne vend rien d'autre. Comment son journal pourrait-il &#234;tre d&#233;pendant d'une force ext&#233;rieure ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, comment un journal quelconque serait-il d&#233;pendant de son propri&#233;taire si celui-ci ne vend rien d'autre ? Comme s'il suffisait - ce serait d&#233;j&#224; un pas en avant que personne, pourtant, n'&#233;voquera - d'interdire la possession des m&#233;dias &#224; des groupes qui d&#233;pendent de march&#233;s publics ! A croire que le seul danger avec Dassault, c'est qu'il vend des armes avant de vendre des journaux ! Le sophisme qui en d&#233;coule va devenir la th&#232;se de l'&#233;mission : si on a affaire &#224; un propri&#233;taire dont les int&#233;r&#234;ts financiers sont centr&#233;s sur les m&#233;dias, il est logiquement impossible qu'il menace l'ind&#233;pendance de ses journalistes, sauf s'il intervient personnellement et directement. A partir de cette th&#232;se, le cas du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; est vite r&#233;gl&#233; : &#171; Le Figaro&lt;i&gt; est quand m&#234;me un journal noble malgr&#233; tout, hein,&lt;/i&gt; [n'y cherchez aucune ironie, il n'y en avait manifestement pas !], &lt;i&gt;et il faut qu'il le reste&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armelle Heliot, pour atteindre ce &#171; noble &#187; r&#233;sultat, insiste particuli&#232;rement sur la dimension proprement humaine du probl&#232;me de l'ind&#233;pendance des journalistes du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; qui, contrairement &#224; ce que pensent des esprit mal intentionn&#233;s, ne d&#233;pend pas des structures capitalistes de l'entreprise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#171; &lt;i&gt;Serge Dassault, il faut avoir un dialogue, je dirais, viril avec lui&lt;/i&gt;. &#187; L'expression laisse songeur... De quoi se demander &#224; quoi pourrait ressembler un dialogue &#171; viril &#187; avec le vieux Serge...&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; &lt;i&gt;Il est de droite ; il s'est achet&#233; un grand journal ; il ne comprend pas pourquoi il donnerait la parole &#224; ses ennemis id&#233;ologiques, &#224; ses ennemis politiques. Mais il suffit de dialoguer, de lui apprendre qu'un journal c'est fait pour d&#233;bats-opinions&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'il &#171; suffit de dialoguer &#187;, Gilles Casanova parvient sans mal &#224; renverser le probl&#232;me. En faisant mine de r&#233;sumer la pens&#233;e d'Armelle H&#233;liot, il appuie son propos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commentaire revu apr&#232;s v&#233;rification de la transcription (16.11.2004).&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : contrairement &#224; ce que le sens commun pourrait croire, ce n'est pas le propri&#233;taire qui profite, directement et indirectement, de son pouvoir, ce sont les journalistes qui ne savent pas s'imposer &#224; leurs propri&#233;taires : &#171; &lt;i&gt;L'ind&#233;pendance du journal est li&#233;e &#224; la capacit&#233; de la r&#233;daction de l'imposer au propri&#233;taire, finalement. Ou bien elle accepte une auto-censure qu'elle s'impose elle-m&#234;me et va au devant des d&#233;sirs - qu'elle sollicite m&#234;me - du propri&#233;taire. Ou bien elle fait son travail et rend compte de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re des r&#233;sultats en termes de lectorat rassembl&#233;, en termes de capacit&#233; &#224; produire quelque chose de qualit&#233;. C'est &#231;a votre id&#233;e ?&lt;/i&gt; &#187; Donc, le probl&#232;me vient du manque de courage des journalistes : en travaillant &#171; bien &#187;, ils vendront beaucoup et leur actionnaire encaissera en la bouclant ! Notre expert en m&#233;dias oublie quand m&#234;me de pr&#233;ciser que, dans cette logique, &#171; bien &#187; travailler, &#231;a veut forc&#233;ment dire ne pas &#233;crire contre les int&#233;r&#234;ts financiers de l'actionnaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armelle Heliot surench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;Je pense qu'on est la force. On est ceux qui &#233;crivent, qui font le journal.&lt;/i&gt; &#187;. Peut-&#234;tre faudrait-il avertir la camarade pr&#233;sidente (de la Soci&#233;t&#233; des journalistes du &lt;i&gt;Figaro)&lt;/i&gt;, que ce genre de discours conduit tout droit &#224;... socialiser la propri&#233;t&#233; des moyens de production ! La r&#233;daction du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; serait-elle un soviet clandestin ? Nous verrons que, bien s&#251;r, il n'en est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudainement et brutalement, pour d&#233;jouer le soup&#231;on de complaisance, Elisabeth L&#233;vy confesse les motivations de son grand souci pour le &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;J'aurais d&#251; pr&#233;ciser que je collabore au&lt;/i&gt; Figaro Magazine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Askolovitch - dont on aura appris qu'il est un journaliste de gauche parce qu'il n'aime pas Serge Dassault - reprend et en rajoute : &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e de lui&lt;/i&gt; [Serge Dassault] &lt;i&gt;expliquer qu'il n'y a pas de monde id&#233;al, que s'il s'assoit ou fait s'asseoir ses laquais sur une information, elle sortira ailleurs : dans&lt;/i&gt; Le Point&lt;i&gt;, dans&lt;/i&gt; l'Obs, dans&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Le Monde, &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; Charlie, &lt;i&gt;peu importe ! Et qu'il ne peut pas bloquer les choses. On ne vit plus dans un monde o&#249; quand on est le patron d'un journal, on tient l'univers dans le creux de sa main. Lui montrer qu'au contraire il a int&#233;r&#234;t que son journal soit le plus beau du monde. Et alors tout le monde - m&#234;me Philippe Val, peut-&#234;tre - enverra des fleurs &#224; Serge Dassault.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons sur la description de Dassault en r&#234;veur nostalgique. Passons aussi sur le m&#233;pris violent pour des journalistes trait&#233;s de &#8220;laquais&#8221;. Retenons que, pour le journalisme de gauche de cette &#233;mission d'un consternant conformisme, le march&#233; r&#232;gle naturellement la question de l'ind&#233;pendance : gr&#226;ce &#224; la concurrence, toutes les informations sortent n&#233;cessairement ! Point &#224; la ligne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Paradoxe&lt;/i&gt; &#187;, vraiment, comme le sugg&#232;re Elisabeth L&#233;vy, &#171; &lt;i&gt;que quelqu'un mette de l'argent - beaucoup d'argent : un milliard, euh... trois cent millions d'euros quand m&#234;me, ce qui fait dix milliards de nos vieux francs, &#231;a fait beaucoup de sous ! - pour sauver &lt;/i&gt;Le Figaro&lt;i&gt;, dont les h&#233;ritiers Hersant voulaient se d&#233;barrasser&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commentaire revu apr&#232;s v&#233;rification de la transcription (16.11.2004).&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec na&#239;vet&#233;, Armelle H&#233;liot reconna&#238;t qu'il y avait un probl&#232;me au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; La grande id&#233;e de Dassault, c'&#233;tait qu'il ne fallait pas faire de mal aux entreprises fran&#231;aises et aux siennes propres, &#233;videmment&lt;/i&gt; [petit rire]. Heureusement, elle calme tr&#232;s vite notre inqui&#233;tude : &#171; &lt;i&gt;Je pense qu'on va rentrer dans une p&#233;riode de dialogue : cet homme-l&#224; ne conna&#238;t pas la presse ; il est pr&#234;t &#224; nous entendre, il est pr&#234;t &#224; nous &#233;couter&lt;/i&gt; &#187;. Si on se souvient bien, &#231;a risque d'&#234;tre &#8220;viril&#8221; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Askolovitch d&#233;place subitement la discussion : en homme de gauche ouvert et moderne, il va rayer la question de la propri&#233;t&#233; pour ne plus &#233;voquer que celle de l'id&#233;ologie : &#171; &lt;i&gt;Des id&#233;ologues d'Etat&lt;/i&gt; [Dassault ?!?] &lt;i&gt;qui d&#233;barquent dans un journal - et je suis de gauche - la droite n'en a pas le monopole !&lt;/i&gt; &#187; Ce n'est donc pas des int&#233;r&#234;ts de son propri&#233;taire qu'un journal doit &#234;tre ind&#233;pendant, mais de toute id&#233;ologie ! Peut-&#234;tre de toute id&#233;e, surtout critique ! Comme le &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; : catalogue publicitaire &#8220;de gauche&#8221; qui soutient toutes les &#171; r&#233;formes &#187; anti-sociales de droite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous passe alors un entretien avec Serge Dassault - qui a refus&#233; de venir se faire &#233;charper par tous ces gens qui savent qu'il ne comprend rien &#224; la presse. Les extraits sont bien choisis pour que l'auditeur mesure la b&#234;tise du personnage : &#171; &lt;i&gt;Moi, j'ai toujours pens&#233; qu'un journal doit faire vite parce que je n'ai pas le temps de lire les journaux.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;D'ailleurs, je lis tr&#232;s peu&lt;/i&gt; &#187;. Evidemment, cet aveu d'illettrisme donne une image affligeante de notre s&#233;nateur patron de presse. Alors, avec humanit&#233;, Elisabeth L&#233;vy va essayer d'adoucir l'ex&#233;cution : &#171; &lt;i&gt;Il&lt;/i&gt; [Dassault] &lt;i&gt;dit une chose que moi je trouve assez juste : les gens ont l'information brute par la t&#233;l&#233;, par Internet, par les gratuits, effectivement. Nos quotidiens devraient donner du commentaire, mettre en perspective&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, l'auditeur attentif ne comprend plus rien : tout &#224; l'heure il fallait rejeter la crainte phobique d'une intervention du propri&#233;taire dans le contenu de son journal car, gr&#226;ce &#224; la concurrence, une information finit toujours par sortir. Et maintenant les journaux devraient se contenter de commenter. En bonne logique, il va donc y avoir une intervention &#171; id&#233;ologique &#187; pesante du propri&#233;taire. Autour de la table personne ne rel&#232;ve cette contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand il est question, de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, de la crise de la presse &#233;crite, Armelle Heliot en profite pour lancer un avis de d&#233;c&#232;s : &#171; &lt;i&gt;On est peut-&#234;tre en train de vivre les derni&#232;res ann&#233;es de la presse &#233;crite&lt;/i&gt; &#187;. Donc le probl&#232;me ne serait ni Dassault ni la garantie de l'ind&#233;pendance des journalistes, mais la fuite - inexplicable ? - des lecteurs. Comment poursuivre l'&#233;mission apr&#232;s cet enterrement ? Avec ent&#234;tement, Elisabeth L&#233;vy revient &#224; sa question : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que vraiment on peut dire non &#224; l'actionnaire, diriger un journal ind&#233;pendamment de celui qui le posss&#232;de ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Val mobilise alors toute la profondeur scientifique de sa pens&#233;e critique pour r&#233;pondre : &#171; &lt;i&gt;Il est possible, effectivement, de cr&#233;er un rapport de force avec l'actionnaire. &#199;a d&#233;pend de la personnalit&#233; du responsable. Faut parier sur le fait qu'il y a une r&#233;daction avec des fortes personnalit&#233;s, de l'autorit&#233;, de l'&#233;thique, etc., etc. Bon, on a rien d'autre. C'est peut-&#234;tre pas suffisant pour que la presse reste int&#233;ressante en France : parier simplement sur la personnalit&#233; des journalistes et leur capacit&#233; de r&#233;sister &#224; l'autorit&#233; d'un actionnaire ; c'est quand m&#234;me un pari hyper risqu&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Malgr&#233; la concession finale, on l'aura compris, on revient au th&#232;me fondamental de l'&#233;mission : l'ind&#233;pendance de la presse d&#233;pend de la &#8220;virilit&#233;&#8221; des r&#233;dactions ! Faut en avoir, quoi ! Pour celles et ceux qui l'auraient oubli&#233;, il faut rappeler qu'on est bien sur... &lt;i&gt;France-Culture&lt;/i&gt;, la radio intelligente de Laure Adler qui s'adresse aux gens intelligents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste encore un quart d'heure d'&#233;mission. Donc il faut faire durer et Elisabeth L&#233;vy s'y emploie en relan&#231;ant encore sa question : &#171; &lt;i&gt;Il faudrait quand m&#234;me que quelqu'un m'explique : pourquoi on mettrait aujourd'hui de l'argent dans la presse quotidienne qui, on le sait, n'en rapporte pas beaucoup, si ce n'est pour exercer une influence ?&lt;/i&gt; &#187; On prend alors peur devant ce soup&#231;on digne de ces journalistes contestataires promis par Philippe Val &#171; au destin lamentable de parasite &#187; qui d&#233;vore la charpente qui les abrite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Je ne dirai rien de la position d'Halimi, qui, comme d'autres, a de bonnes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Heureusement, Elisabeth L&#233;vy nous propose imm&#233;diatement la porte de sortie : &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'il n'y a plus de patrons de presse qui soient simplement des amoureux de la mati&#232;re imprim&#233;e ?&lt;/i&gt; &#187; Ouf ! Trouvons un capital qui aime le papier journal, et tout ira bien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Val s'engouffre dans la br&#232;che ainsi ouverte : &#171; &lt;i&gt;De toute &#233;vidence, je pense que Dassault s'est quand m&#234;me achet&#233; &lt;/i&gt;le Figaro&lt;i&gt; pour, effectivement, diffuser ses id&#233;es, ses id&#233;es personnelles. Je pense qu'il n'y arrivera pas. J'esp&#232;re qu'il n'y arrivera pas. Mais au d&#233;but, c'est &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;. On reconna&#238;t bien l&#224; la profondeur critique de Philipe Val : l'id&#233;e d'observer les m&#233;dias ne peut germer que dans les cerveaux malades de flics staliniens puisque les m&#233;dias sont tous libres et ind&#233;pendants par d&#233;finition. Seule l'intrusion de Dassault dans cet univers serein pose probl&#232;me (parce qu'il vend des avions et qu'il ne lit pas) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va alors glisser de l'ind&#233;pendance journalistique &#224; la psychanalyse de comptoir de bistrot :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#171; &lt;i&gt;&#199;a se passe aussi en termes de reconnaissance pour Dassault. Il est peut-&#234;tre n&#233; en 25, mais il reste le fils de son p&#232;re qui &#233;tait, lui, le g&#233;nie. On n'a jamais fait de bande dessin&#233;e ironique sur Serge Dassault. Tonton Marcel. Voil&#224;, il n'y a pas de Tonton Serge !&lt;/i&gt; &#187; (Claude Askolovitch)&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; &lt;i&gt;Le rapport au p&#232;re, visiblement, beaucoup de gens pensent qu'il joue un tr&#232;s grand r&#244;le.&lt;/i&gt; &#187; (Elisabeth L&#233;vy)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#232;gles et des chartes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elisabeth L&#233;vy pose alors une question dont on comprendra ensuite qu'elle avait pour seule fonction d'introduire la longue s&#233;quence d'auto-promotion de Laurent Joffrin et du &lt;i&gt;Nouvel Observateu&lt;/i&gt;r qui va suivre : &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'il faudrait des r&#232;gles qui prot&#232;geraient l'ind&#233;pendance de la r&#233;daction ?&lt;/i&gt; &#187; On a pourtant dans les oreilles une bonne demi-heure d'&#233;mission qui dit que cette ind&#233;pendance n'est menac&#233;e que par la seule personne de Serge Dassault !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit un interm&#232;de confus dans lequel tout le monde c&#233;l&#232;bre l'esprit d'ouverture et de d&#233;bat qui traverse les r&#233;dactions et les colonnes de &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;. Belle occasion de monter en &#233;pingle un seul article : celui qui, dans &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt;, &#233;tablirait l'infiltration du Forum social europ&#233;en par les islamistes. Dans cette presse &#8220;de gauche&#8221;, on est tr&#232;s ind&#233;pendant puisqu'on a une seule obsession maniaque : taper en toutes occasions sur la gauche qui reste &#224; gauche, sur les altermondialistes. Par tous les moyens : injures, campagnes, insinuations, faux scoops, etc... Pour parler sur les ondes &lt;i&gt;de France-Culture&lt;/i&gt;, si on se dit &#171; de gauche &#187; il faut &#234;tre de cette gauche-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient alors, par t&#233;l&#233;phone, le plat de r&#233;sistance : Laurent Joffrin, enfin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les journaux ind&#233;pendants sont de plus en plus rares. Un certain nombre d'industriels qui ne sont pas issus du tout du milieu de la presse souhaitent imposer des conceptions qui sont tout &#224; fait &#233;trang&#232;res aux r&#232;gles de base de ce m&#233;tier&lt;/i&gt; &#187; La couleur est clairement annonc&#233;e : le probl&#232;me n'est pas celui pos&#233; par le Conseil National de la R&#233;sistance, c'est-&#224;-dire une presse ind&#233;pendante de l'Etat et des puissances d'argent. Il faut que l'argent soit celui de la famille, du milieu de la presse et, alors, l'ind&#233;pendance sera garantie. Comme si un capital et son capitaliste pouvaient &#234;tre attach&#233;s &#224; un unique investissement et &#224; une unique activit&#233; (comme une semelle &#224; sa chaussure) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un zeste de perfidie, Elisabeth L&#233;vy d&#233;place le questionnement (le cas de Dassault &#233;tant d&#233;finitivement r&#233;gl&#233;) : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que vous avez l'impression que la presse Lagard&#232;re est une presse aux ordres, soumise aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, soumise aux marchands d'armes ?&lt;/i&gt; &#187;. La r&#233;ponse tombe : &#171; &lt;i&gt;Non !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel &#233;tant dit, Laurent Joffrin peut, sans craindre de se contredire, introduire une de ces nuances que, sous couvert de &#171; complexit&#233; &#187;, la pens&#233;e pour m&#233;dias invoque, non pour affiner l'analyse mais pour parfaire sa complaisance ; une &#171; nuance &#187; qui annule partiellement sa proclamation d'ind&#233;pendance : &#171; &lt;i&gt;Mais il y a toujours une puissance diffuse : il y a des gens qui sont tellement puissants qu'ils n'ont m&#234;me pas besoin de parler pour qu'on tienne compte de ce qu'ils pensent.&lt;/i&gt; &#187;. Mais d'o&#249; tirent-ils donc cette puissance, si ce n'est, dans le cas des m&#233;dias, de leur r&#244;le de propri&#233;taire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reste un peu perplexe devant la contradiction dans laquelle on est en train de s'enfoncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Joffrin : &#171; &lt;i&gt;&#199;a, c'est un probl&#232;me r&#233;current et permanent dans la presse puisque c'est une industrie qui n'arrive pas, tr&#232;s souvent, &#224; garder son autonomie financi&#232;re. Ce sont des gens de l'ext&#233;rieur qui viennent lui apporter les capitaux dont elle a besoin. Mais, &#233;videmment, en &#233;change, on risque d'avoir un fil &#224; la patte.&lt;/i&gt; &#187; Il y a donc bien un probl&#232;me avec Lagard&#232;re ! Mais on &#233;vacue le probl&#232;me global avec une stup&#233;fiante na&#239;vet&#233; : pour &#234;tre ind&#233;pendante, la presse doit se financer avec des capitaux strictement internes &#224; la presse. C'est oublier facilement que les capitaux circulent et s'allient. C'est oublier qu'un capital reste un capital et qu'il occupe n&#233;cessairement une position particuli&#232;re dans l'espace social ; ce qui induit des int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques et un regard particulier (qu'on va diffuser gr&#226;ce aux m&#233;dias qu'on poss&#232;de). C'est la petite chanson du &#171; patron de gauche &#187; que transpose Laurent Joffrin : un patron de presse, s'il est de la corporation, respecte forc&#233;ment l'ind&#233;pendance des journalistes. Ce corporatisme &#233;troit qui c&#233;l&#232;bre la communaut&#233; naturelle des int&#233;r&#234;ts du patron et de ses salari&#233;s a d'&#233;tranges r&#233;sonances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;On n'y peut pas grand chose sur le plan des structures &#233;conomiques. Donc je propose que la profession - pas toute seule, avec d'autres - se r&#233;unisse pour envisager des moyens concrets, ici et maintenant, pour contrebalancer cette tendance qui &#224; mon avis, ne peut que se poursuivre et m&#234;me s'aggraver &lt;/i&gt; &#187;. On ne pourrait &#171; pas grand-chose &#187; pour inverser une &#233;volution &#233;conomique lib&#233;rale, et, en cons&#233;quence, on se fait par principe impuissant en renon&#231;ant &#224; l'inverser. De l&#224; &#224; chanter, comme le faisait Laurent Joffrin en 1984, non plus &#171; Vive la crise &#187;, mais &#171; Vive la crise de la presse &#187;, il n'y qu'un pas ... qui ne sera pas totalement franchi puisqu'on va proposer... une rustine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer une pseudo &#233;vidence : &#171; &lt;i&gt;Evidemment les journalistes ne peuvent pas s'&#233;riger en commune libre et d&#233;cider tout seuls de l'orientation id&#233;ologique.&lt;/i&gt; &#187; L'id&#233;ologie dont Claude Asklolovitch nous invitait &#224; nous m&#233;fier est de retour... et elle n'est pas choisie par les journalistes ! O&#249; est alors l'ind&#233;pendance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus simple : &#171; &lt;i&gt;En revanche, ils doivent garder une ind&#233;pendance quasi-totale sur les m&#233;thodes de travail, c'est-&#224;-dire qu'ils doivent appliquer un certain nombre de m&#233;thodes de traitement de l'information qui sont connues, qui ne sont pas du tout une panac&#233;e, mais, enfin, quand on ne les respecte pas on est s&#251;r de faire un journal de parti pris, un journal mal fait&lt;/i&gt; &#187;. Comme chacun avait pu le constater les m&#233;dias n'avaient pas un parti pris massif sur des &#233;v&#233;nements comme la guerre du Golfe ou celle du Kosovo, comme la r&#233;forme des retraites ou celle de l'assurance maladie ; ils n'en avaient pas non plus sur Maastricht et ils n'en ont aucun sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici la rustine : &#171; &lt;i&gt;C'est pourquoi je propose qu'on d&#233;veloppe le syst&#232;me des chartes.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Ce syst&#232;me est un bon syst&#232;me pour &#233;tablir un contre-pouvoir&lt;/i&gt; &#187;. Garantir l'ind&#233;pendance de la presse ? Facile : laisser le renard libre et faire une charte d&#233;ontologique pour les poules ! Et vive le march&#233; ! Commentaire excessif ? Il faut alors r&#233;tablir le passage manquant dans la citation ci-dessus et profiter pleinement (et sans commentaires !) du passage soulign&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [...] &lt;i&gt;Je propose qu'on d&#233;veloppe le syst&#232;me des chartes, qui est un tr&#232;s bon syst&#232;me, qui n'est pas du tout suffisant, hein, mais qui est une chose qu'on peut faire tout de suite, et qui est assez efficace n&#233;anmoins. D&#232;s lors qu'elle est sign&#233;e par les propri&#233;taires, &#231;a ne les prive pas de toute influence sur l'orientation &#233;videmment. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Quand on cr&#233;e un journal, on ne va pas tout d'un coup donner les cl&#233;s &#224; une &#233;quipe de journalistes qu'on aurait recrut&#233;s pour les besoins de la cause. Il est logique que le propri&#233;taire fixe une orientation&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est logique - la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard d'une orientation fix&#233;e par le propri&#233;taire - est forc&#233;ment une bonne chose, surtout quand on c&#233;l&#232;bre l'harmonie pr&#233;&#233;tablie entre le march&#233;, la d&#233;ontologie et le droit &#224; l'information des lecteurs : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s lors qu'on a des r&#232;gles de traitement de l'information et qu'on les rend publiques, &#231;a devient un contrat de confiance avec son propre lectorat. Et, du coup, le propri&#233;taire, s'il porte atteinte &#224; ce contrat de confiance, risque de porter atteinte aussi &#224; la sant&#233; &#233;conomique du journal puisque le lecteur n'aura plus confiance dans son titre et qu'il risque de s'en aller.&lt;/i&gt; &#187; C'est tellement limpide qu'on se demande bien pourquoi on n'y avait pas encore pens&#233; ! C'est beau comme la mondialisation heureuse c&#233;l&#233;br&#233;e par Alain Minc !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joffrin nous rappelle alors que se doter d'une telle charte est pr&#233;cis&#233;ment ce que le &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; vient de faire et on a le d&#233;sagr&#233;able sentiment d'&#234;tre les jouets d'une op&#233;ration d'auto-promotion de Joffrin et de son journal : l'appel &#224; des &#233;tats g&#233;n&#233;raux sert d'abord &#224; mettre en valeur l'avance &#171; d&#233;ontologique &#187; prise par cet hebdomadaire sur ses concurrents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Askolovitch expliquera cependant peu apr&#232;s que cette charte n'a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A quoi d'autre pourraient servir d'&#233;ventuels Etats g&#233;n&#233;raux de l'information s'ils doivent se conclure par ce que Laurent Joffrin proclame d&#233;j&#224; : la n&#233;cessit&#233; &#171; logique &#187; d'une soumission &#224; peine temp&#233;r&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en convenir, mais sans regrets : quand son auteur commente son propre appel, c'est encore plus r&#233;ussi que lorsque nous essayons de le faire nous-m&#234;mes dans l'article publi&#233; sur ce site sous le titre &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Independance-de-la-presse-Laurent-Joffrin-en-appelle-au-peuple' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ind&#233;pendance du journalisme : Laurent Joffrin en appelle au peuple&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des journalistes et des clients&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessert de ce banquet nous est offert par Philippe Val : &#171; &lt;i&gt;Qu'il faille des &#233;tats g&#233;n&#233;raux de la presse, c'est une &#233;vidence. Il faut que les gens de presse se parlent.&lt;/i&gt; &#187; Uniquement entre eux ? Val interrog&#233; sur la participation &#233;ventuelle des lecteurs nous gratifie de cette le&#231;on de morale, de politique et de journalisme qui, inoubliable, m&#233;rite d'&#234;tre int&#233;gralement soulign&#233;e en caract&#232;res gras :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dans ces &#233;tats g&#233;n&#233;raux, les lecteurs, pour l'instant, h&#233;las, ils n'ont pas tellement voix au chapitre : parce que si Shakespeare avait pris l'opinion du public avant d'&#233;crire &#8220;Rom&#233;o et Juliette&#8221;, il aurait &#233;crit &#8220;H&#233;l&#232;ne et les gar&#231;ons&#8221;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;H&#233;las&lt;/i&gt; &#187; ? Comment croire &#224; un regret ? En tout cas, selon Philippe Val, autour de la table ou au t&#233;l&#233;phone, on entendait donc non des journalistes, mais des h&#233;ritiers de Shakespeare&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commentaire revu apr&#232;s v&#233;rification de la transcription (16.11.2004).&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Non des serviteurs du droit &#224; une information pluraliste, voire conflictuelle, et la plus exacte possible, mais des cr&#233;ateurs. La norme de la libert&#233; de la presse ? C'est... &#171; Toute licence en art &#187; ! Et les auditeurs qui sont sans doute aussi des lecteurs (mais qui n'appartiennent, malheureusement pour eux, pas tous au cercle &#233;clair&#233; de ceux de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;) sont d'ind&#233;crottables cr&#233;tins auxquels il vaut mieux ne rien demander ! Le m&#233;pris de Philippe Val pour le puissant Serge Dassault l'exposait &#224; l'accusation de &#171; populisme &#187; - fort en vogue chez les &#233;ditorialistes. Il s'y est d&#233;sormais soustrait car son m&#233;pris hautain et affich&#233; pour la m&#233;diocrit&#233; du public est encore plus brutal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cr&#233;tins ne seraient donc que les spectateurs du (pitoyable) spectacle que leur offrent de &#171; grands &#187; journalistes ? M&#234;me pas, surench&#233;rit - ironiquement ? -Claude Askolovitch, ce ne sont que des clients : &#171; &lt;i&gt;Les lecteurs, ils votent avec leur portefeuille !&lt;/i&gt; &#187; En r&#233;sum&#233; : lecteur, paie et tais-toi ! On aimerait savoir ce qu'en pensent les chroniqueurs de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a plus de probl&#232;me !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me Askolovitch encha&#238;ne, en ressassant son th&#232;me favori : &#171; &lt;i&gt;Ce qui menace l'information du public, c'est beaucoup plus des &lt;/i&gt;a priori&lt;i&gt; id&#233;ologiques, c'est beaucoup plus des paresses, c'est beaucoup plus des enqu&#234;tes non faites, c'est beaucoup plus... on avait parl&#233; de la connivence, des r&#233;seaux, des coteries, des amiti&#233;s... pas seulement avec les politiques d'ailleurs... qu'un patron mythique qui arriverait et qui rayerait des phrases.&lt;/i&gt; &#187; Philippe Val rench&#233;rit &#224; sont tour : &lt;i&gt;&#171; Ce serait trop beau ! &lt;/i&gt; &#187; et Askolovitch reprend : &#171; &lt;i&gt;En r&#233;alit&#233;, dans le quotidien, dans la vie quotidienne, les conneries qu'on peut &#233;crire - et on en &#233;crit - viennent plus souvent de nos propres insuffisances, de nos propres paresses, de nos propres affiliations. C'est pas des patrons qui d&#233;cident qu'on va &#233;crire telle ou telle b&#234;tise !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une telle stigmatisation des (suppos&#233;es) d&#233;faillances morales des journalistes (paresse, conneries, insuffisances, &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;...) on s'&#233;tonne que ce soient les m&#234;mes qui reprochent &#224; la critique des m&#233;dias, quand elle est ind&#233;pendante de tous les pouvoirs, d'injurier en bloc la profession de journaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'ind&#233;pendance de la presse ayant une derni&#232;re fois &#233;t&#233; renvoy&#233;e &#224; la seule force de caract&#232;re des seuls journalistes, il est temps pour Elisabeth L&#233;vy de conclure : &lt;i&gt;&#171; Armelle Heliot, vous allez continuer &#224; travailler pour trouver un terrain d'entente avec votre propri&#233;taire et on vous souhaite bonne chance ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul probl&#232;me des m&#233;dias fran&#231;ais porte donc un nom : Serge Dassault. Qu'il fixe une orientation et qu'il laisse (ou fasse) bosser les journalistes ! Sans ing&#233;rence ; et &#224; l'abri de cette protection : une charte. Et rien de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Philippe Monti&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Post Scriptum (16.11.2004)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#233;mission du 06.11.2004 (&#171; Explication ou d&#233;nonciation : &#224; quoi sert la critique radicale des media ? &#187;), Elisabeth L&#233;vy a &#233;voqu&#233; le pr&#233;sent article, en d&#233;clarant qu'il s'agissait d'un &#171; &lt;i&gt;compte rendu&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;totalement hallucinant&lt;/i&gt; &#187; (Lire ici m&#234;me &#034; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Premier-pouvoir-Transcription-integrale-d-une-emission-exemplaire-pdf' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Le Premier pouvoir &#187; : Transcription int&#233;grale d'une &#233;mission exemplaire (.pdf)&lt;/a&gt;&#034;). Alert&#233;s par cette accusation &#034;hallucinante&#034;, nous avons d&#233;cid&#233; de r&#233;&#233;couter l'&#233;mission pour v&#233;rifier notre transcription de ce grand &#034;d&#233;bat&#034;. Nous avons effectivement corrig&#233; quelques erreurs. Et notamment celle-ci : Si Elisabeth L&#233;vy se perdait un peu - et perdait l'auditeur - dans des conversions entre euros et anciens francs (paragraphe signal&#233; par la note num&#233;ro 2), elle finissait tout de m&#234;me, contrairement &#224; ce que nous avions &#233;crit, par &#233;noncer le paradoxe qui la pr&#233;occupait. Nous nous &#233;tions laiss&#233;s &#034;halluciner&#034;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commentaire revu apr&#232;s v&#233;rification de la transcription (16.11.2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commentaire revu apr&#232;s v&#233;rification de la transcription (16.11.2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Je ne dirai rien de la position d'Halimi, qui, comme d'autres, a de bonnes raisons de critiquer le journal &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt;, sauf qu'&#224; sa place, pour &#233;chapper au destin lamentable de parasite dans la charpente, j'aurais d&#233;missionn&#233; du groupe &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt; afin de m'exprimer librement.&lt;/i&gt; &#187; (Philippe Val, &#233;ditorial de &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; du 24/12/03 ; r&#233;p&#233;t&#233; mot pour mot dans sa chronique sur les ondes de &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt; le 29/12/03). Lire et &#233;couter : &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Philippe-Val-recycle-son-editorial-purificateur-sur-France-Inter' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Philippe Val recycle son &#233;ditorial purificateur sur France Inter&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Askolovitch expliquera cependant peu apr&#232;s que cette charte n'a aucune utilit&#233; au &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; car, gr&#226;ce &#224; son propri&#233;taire, Claude Perdriel, les journalistes y sont tous libres et heureux. La charte avait pour unique objectif de les prot&#233;ger des abominables Plenel et Colombani qui mena&#231;aient de s'emparer de ce journal heureux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commentaire revu apr&#232;s v&#233;rification de la transcription (16.11.2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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