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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>L'&#233;dition &#224; l'heure des trous noirs</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-edition-a-l-heure-des-trous-noirs</link>
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		<dc:date>2005-01-10T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Durand</dc:creator>


		<dc:subject>Le groupe Lagard&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique (m&#233;dias de)</dc:subject>
		<dc:subject>Concentrations</dc:subject>
		<dc:subject>Le fonds Wendel Investissement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En France et en Belgique, notamment, &#171; l'&#233;dition &#233;chappe &#224; l'&#233;dition &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Edition-" rel="directory"&gt;&#201;dition&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Belgique-medias-de-+" rel="tag"&gt;Belgique (m&#233;dias de)&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-fonds-Wendel-Investissement-+" rel="tag"&gt;Le fonds Wendel Investissement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tant en France qu'en Belgique, les concentrations &#233;ditoriales sont &#224; l'ordre du jour. &#201;volution logique pour les uns. Mise en coupe r&#233;gl&#233;e du pluralisme pour les autres. Le plus grand p&#233;ril qui menace l'&#233;dition est avant tout celui d'une perte d'autonomie &#224; l'&#233;gard de contraintes qui ne sont pas seulement &#233;conomiques et financi&#232;res. On a raison de s'en inqui&#233;ter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novembre 1999, un coup de tonnerre &#233;branlait le ciel &#233;ditorial de la Belgique francophone : les v&#233;n&#233;rables &#233;ditions Casterman, install&#233;es &#224; Tournai depuis la fin du 18&#232;me si&#232;cle, venaient d'&#234;tre rachet&#233;es par Flammarion. L'un des rares fleurons durables de l'&#233;dition belge, l'un des piliers les plus solides du march&#233; de la bande dessin&#233;e, que l'on croyait prot&#233;g&#233; par sa taille &#233;conomique et son prestige accumul&#233; dans un secteur traditionnellement porteur en Belgique, passait ainsi sous le contr&#244;le d'un groupe fran&#231;ais, lequel devait, quelques semaines plus tard, &#234;tre absorb&#233; par le groupe italien Rizzoli (RCS Media Group).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; en croire Pierre Hazette, en charge &#224; l'&#233;poque de la Culture, il n'y avait pas l&#224; de quoi fouetter un chat. Les dessinateurs et sc&#233;naristes, disait-il, trouveraient d&#233;sormais &#224; &#234;tre publi&#233;s &#224; Paris et s'en trouveraient aussi bien, sinon mieux. Cette &#233;volution &#233;tait inscrite dans l'azur (et plus exactement les &#233;toiles) du ciel europ&#233;en. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes &#233;conomiques possibles. Le ministre des Arts et des Lettres n'eut pas un mot, par contre, pour saluer le patrimoine culturel que repr&#233;sentait cette vieille maison, ni pour s'alarmer de voir le seul secteur &#233;ditorial belge de port&#233;e internationale &#224; son tour satellis&#233; par le champ &#233;ditorial franco-parisien, dont chacun sait la force d'attraction &#233;norme qu'il exerce sur l'&#233;dition plus sp&#233;cifiquement litt&#233;raire. Avaient d&#233;j&#224; pr&#233;c&#233;d&#233; dans ce m&#234;me mouvement, les &#233;ditions du Lombard, aspir&#233;es dans le tourbillon du groupe M&#233;dia-Participation (ex Amp&#232;re). Et allait suivre en juillet 2004 le rachat des &#233;ditions Dupuis au baron Albert Fr&#232;re, cette derni&#232;re op&#233;ration faisant de M&#233;dia-Participations le premier groupe europ&#233;en de la bande dessin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un in&#233;gal rapport de forces&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224;, historiquement comme synchroniquement, l'&#233;dition en Belgique pr&#233;sentait une in&#233;gale r&#233;partition des forces entre &#233;dition paralitt&#233;raire et &#233;dition litt&#233;raire. Puissance des genres mineurs d'un c&#244;t&#233; : ceux de la bande dessin&#233;e (Casterman, Dupuis, Le Lombard), du livre pour la jeunesse (Marabout, Duculot, Hemma), du livre d'actualit&#233; (Luc Pire) et du livre scolaire ou universitaire (Labor, De Boeck). Faiblesse des genres majeurs de l'autre : ceux de la litt&#233;rature, dispers&#233;s entre plusieurs petites maisons &#224; faible rayonnement (Les &#201;peronniers, Talus d'approche, Le Pr&#233; aux Sources, Luce Wilquin ou le Daily-Bul) et ceux de l'essai lettr&#233; ou de cr&#233;ation (Mardaga, Complexe, La Lettre vol&#233;e, Yellow Now). Entre ces deux p&#244;les, un semis de micro-niches &#233;ditoriales, donnant pour les unes dans l'&#233;dition locale &#224; compte d'auteur (Dricot) et pour d'autres, &#224; leur &#233;chelle, dans de plus ambitieuses strat&#233;gies pens&#233;es en termes de genres (ainsi du th&#233;&#226;tre aux &#233;ditions Lansman ou de la po&#233;sie aux &#233;ditions de l'Arbre &#224; Paroles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;partition du march&#233; apparaissait comme le double r&#233;sultat d'une histoire et d'un rapport de forces d&#233;s&#233;quilibr&#233;. L'histoire d'un secteur r&#233;gional/national sous contrainte, tardivement constitu&#233; au tournant des 19&#232;me et 20&#232;me si&#232;cles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur ce point Pascal Durand et Yves Winkin, &#171; Des &#233;diteurs sans &#233;dition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui, plac&#233; dans l'orbite de la puissante &#233;dition fran&#231;aise, dot&#233;e d'un plus fort pouvoir de &#171; griffe &#187; aux yeux des &#233;crivains belges aspirant &#224; la cons&#233;cration intellectuelle ou litt&#233;raire, n'avait pu maintenir une emprise durable que sur le domaine des genres traditionnellement domin&#233;s (BD, paralitt&#233;rature, livres instrumentaux) ou sur celui des productions adoss&#233;es aux deux institutions de l'&#201;cole et de l'Universit&#233;. De sa mis&#232;re de position plus que de condition, l'&#233;dition belge &#233;tait parvenue &#224; tirer quelques atouts : une moindre soumission aux modes hexagonales, le maintien d'un esprit frondeur h&#233;rit&#233; des aventures surr&#233;alistes et de Cobra (au Daily-Bul ou aux Mar&#233;es de la Nuit, par exemple) et, surtout, une grande inventivit&#233;, doubl&#233;e d'une excellence technique dans le registre des productions graphiques et du livre pour la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution r&#233;cente du march&#233; de l'&#233;dition incite &#224; retoucher ce tableau et montre que la Belgique n'est pas &#224; l'abri des processus de restructuration et de concentration dont ce secteur fait l'objet &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faillites plus ou moins r&#233;centes des &#233;ditions Quorum, Artis Historia ou du Grand Miroir, le marasme financier de La Renaissance du Livre, mais aussi la l&#233;thargie dans laquelle est entr&#233;e une enseigne de renom telle que Les &#233;peronniers (ayant pris la suite des &#233;ditions Jacques Antoine) ne constituent, dans ce cadre, que des &#233;piph&#233;nom&#232;nes, regrettables sans doute, mais imputables &#224; des facteurs locaux et individuels plut&#244;t que structurels. Probl&#232;mes de gestion, d'ambitions surdimensionn&#233;es ou de contingences personnelles. Plus significatives et inqui&#233;tantes sont, en revanche, l'absorption des industries de la bande dessin&#233;e par de grands groupes ou le tout r&#233;cent rachat des &#233;ditions Labor par une soci&#233;t&#233; sp&#233;cialis&#233;e dans le packaging &#233;ditorial et les op&#233;rations de promotion de presse (TXT M&#233;dia Services). Une logique macro-&#233;conomique est ici &#224; l'&#339;uvre, dont le champ d'action d&#233;passe de toutes parts les fronti&#232;res de la Communaut&#233; fran&#231;aise de Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'&#233;dition &#233;chappe &#224; l'&#233;dition &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voracit&#233; commerciale des grands groupes - doubl&#233;e d'une croisade proprement religieuse dans le cas du fondateur du groupe M&#233;dia-Participations, dont la rencontre avec Jean-Paul II stimula l'ambition de reconqu&#233;rir l'ensemble du march&#233; des publications destin&#233;es &#224; la jeunesse - n'est pas seule en cause. Et ne sont pas seuls en jeu les processus de regroupement, de rachat ou de prise de participation, tout port&#233;s qu'ils soient par une logique de profit et de comp&#233;tition internationale. Le rachat de Labor par TXT, f&#251;t-ce avec l'assentiment de l'ancienne direction, rappelle, toutes proportions gard&#233;es, celui des &#233;ditions du Seuil par le groupe La Martini&#232;re, c'est-&#224;-dire d'une v&#233;ritable maison d'&#233;dition, &#224; fort prestige symbolique, par une soci&#233;t&#233; de production aux reins &#233;conomiques solides mais n'ayant pour lors &#224; son cr&#233;dit que quelques albums de photographies plan&#233;tairement diffus&#233;s et de solides bailleurs de fonds. Autrement dit, il est &#224; craindre que nous assistions au passage acc&#233;l&#233;r&#233; du secteur &#233;ditorial sous le contr&#244;le d'entreprises pour lesquelles non seulement le livre ne repr&#233;sente qu'un produit industriel comme un autre, mais pour lesquelles &#233;galement ce dernier, et plus largement la production intellectuelle, ne constituent pas la raison sociale fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1997, Fabrice Piault, excellent observateur du march&#233; &#233;ditorial, avait eu cette formule : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;dition &#233;chappe &#224; l'&#233;dition&lt;/i&gt; &#187;. Les &#233;volutions r&#233;centes confirment et aggraveraient son diagnostic. Un duopole dominait jusqu'il y a peu, en concurrence, le paysage &#233;ditorial fran&#231;ais. D'un c&#244;t&#233;, le groupe Hachette, &#233;manation certes de la maison cr&#233;&#233;e au milieu du 19&#232;me si&#232;cle par Louis Hachette et dominant du plus haut l'&#233;dition scolaire, mais filiale &#224; 100%, depuis 1980, du groupe Matra-Lagard&#232;re, sp&#233;cialis&#233; dans l'industrie de l'a&#233;ronautique et de l'armement (chiffre d'affaires en 1999 : 80,5 milliards de francs fran&#231;ais). De l'autre, le groupe Vivendi-Publishing, g&#233;ant constitu&#233; au sein de Vivendi Universal (chiffre d'affaires en 1999, avant fusion avec le canadien Seagram : 273 milliards de francs), double excroissance monumentale du groupe des Presses de la Cit&#233; et de la Compagnie G&#233;n&#233;rale des Eaux, et qui sous la conduite fringante de Jean-Marie Messier devint, juste avant sa d&#233;b&#226;cle, le n&#176; 2 mondial de la communication, apr&#232;s AOL-Time Warner. On sait ce qu'il en advint : fin 2002, l'empire Messier est d&#233;mantel&#233; et son p&#244;le &#233;dition c&#233;d&#233; &#224; Hachette-Lagard&#232;re, assurant &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; &#224; celui-ci un quasi-monopole sur la production de livres en France (dont 60 % de l'&#233;dition en poche et 80 % du march&#233; du livre scolaire).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alert&#233;es par un collectif d'&#233;diteurs ind&#233;pendants et d'intellectuels, les autorit&#233;s europ&#233;ennes ordonn&#232;rent la scission du groupe, rebaptis&#233; &#201;ditis et d&#233;sormais d&#233;tenu pour 60 % par le groupe financier Wendel-Investissement et pour 40 % par Hachette. Sage d&#233;cision en apparence, mais qui a permis &#224; Ernest-Antoine Seill&#232;re, pr&#233;sident de Wendel et accessoirement patron du MEDEF, de devenir en juin 2004, le deuxi&#232;me &#233;diteur de France. C'est ainsi que Le Robert, Bordas, Nathan, Plon, Perrin, Julliard, Nil, Omnibus, La D&#233;couverte, les Presses de la Cit&#233;, Belfond, Pocket, 10/18 ou encore Fleuve Noir all&#232;rent au groupe Wendel. Arnaud Lagard&#232;re obtint quant &#224; lui Larousse, Dunod, Armand Colin, parmi d'autres filiales de l'ex-groupe Vivendi, et Fayard, Grasset, Stock, Calmann-L&#233;vy, Latt&#232;s ou Hachette, ses possessions de longue date (sans compter tout un solide r&#233;seau de distribution). A leurs c&#244;t&#233;s, quelques groupes de moindre taille, tels Flammarion ou Gallimard, et quelques &#233;diteurs ind&#233;pendants, tels Minuit ou Actes Sud, dont rien n'assure qu'&#224; terme ils ne risquent pas d'&#234;tre aspir&#233;s &#224; leur tour par le grand trou noir qui s'est form&#233; au c&#339;ur de la production &#233;ditoriale fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;br /&gt;
Propos de Cassandre ? Il y a certes, en contrepartie, bien des Pangloss pour ne voir dans ces regroupements que la constitution de structures solides, dont le livre, articul&#233; &#224; d'autres m&#233;dias, saura tirer b&#233;n&#233;fice, et pour rappeler, &#224; juste raison, que les ph&#233;nom&#232;nes de cession et rachat sont aussi vieux que le march&#233; du livre imprim&#233;. Reste qu'il y a lieu de s'inqui&#233;ter de voir l'apparente diversit&#233; des maisons que pr&#233;sente le paysage &#233;ditorial contemporain recouvrir une structure duopolistique, aux d&#233;pens du pluralisme si essentiel &#224; la production esth&#233;tique et intellectuelle. Mais aussi de voir le livre (et plus largement la presse et la communication) passer entre les mains de grands groupes industriels, pour lesquels le contr&#244;le de la production des &#171; biens symboliques &#187; pourrait bien repr&#233;senter le moyen d'exercer, au-del&#224;, une tutelle sur l'opinion et sur les politiques dont ils ont besoin pour se d&#233;velopper au moindre co&#251;t. L'autonomie de la production litt&#233;raire et intellectuelle, conqu&#234;te de plusieurs si&#232;cles de luttes contre le pouvoir d'&#201;tat et les logiques commerciales, est peut-&#234;tre bien en train d'entrer aujourd'hui dans un processus de r&#233;gression, qui n'emp&#234;chera pas les livres de cro&#238;tre et de multiplier, mais risque bien d'&#233;touffer sous leur poids les ferments de libert&#233; et de pens&#233;e critique dont la vieille culture du livre aura &#233;t&#233; longtemps porteuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'affaissement r&#233;cent des Presses Universitaires de France, la mont&#233;e en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. TF1 n'&#233;tait pas la danseuse de Francis Bouygues. On peut douter, tout autant, que Hachette soit celle de l'armurier Lagard&#232;re et &#201;ditis celle du baron Seill&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pascal Durand&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal Durand est professeur &#224; l'Universit&#233; de Li&#232;ge et directeur du Centre d'&#201;tudes du Livre Contemporain (CELIC)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur ce point Pascal Durand et Yves Winkin, &#171; Des &#233;diteurs sans &#233;dition ? Gen&#232;se et structure de l'espace &#233;ditorial belge francophone &#187;, dans &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, n&#176; 130, d&#233;cembre 1999, pp. 48-65.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'affaissement r&#233;cent des Presses Universitaires de France, la mont&#233;e en force dans le champ universitaire des &#233;ditions L'Harmattan montrent d&#233;j&#224; combien la publication dans le domaine de la recherche devient un parcours du combattant, ou du r&#233;sign&#233; d'avance &#224; des solutions de compromis. Sur la situation aux &#201;tats-Unis, qui anticipe sur celle en train de se mettre en place en Europe, voir Andr&#233; Schiffrin, &#171; Les presses universitaires am&#233;ricaines et la logique de profit &#187;, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, n&#176; 130, d&#233;cembre 1999, pp. 77-80.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Fond Wendel Investissement (et le baron Seilli&#232;re)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-Fond-Wendel-Investissement-et-le-baron-Seilliere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Le-Fond-Wendel-Investissement-et-le-baron-Seilliere</guid>
		<dc:date>2004-06-24T08:34:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Sauvaget</dc:creator>


		<dc:subject>Fonds d'investissement</dc:subject>
		<dc:subject>Le fonds Wendel Investissement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une holding, un clan, un chef...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Concentration-et-financiarisation-" rel="directory"&gt;Concentration et financiarisation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Fonds-d-investissement-+" rel="tag"&gt;Fonds d'investissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-fonds-Wendel-Investissement-+" rel="tag"&gt;Le fonds Wendel Investissement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une holding, un clan, un chef...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;H&#233;ritage, sur le terrain financier, de l'ancien empire sid&#233;rurgique Wendel/Schneider qui s'est effondr&#233; il y a trente ans et qui a &#233;t&#233; nationalis&#233; (ou plus exactement &lt;i&gt;rachet&#233;&lt;/i&gt;par l'Etat), c'est un fonds d'investissement organis&#233; en holding familiale, dirig&#233; par Ernest-Antoine Seilli&#232;re de Laborde, descendant d'un financier associ&#233; aux Wendel du Creusot, et aussi petit-neveu, par sa m&#232;re de Fran&#231;ois de Wendel, qui pr&#233;sidait le Comit&#233; des Forges. E.-A. Seilli&#232;re, bien connu &#224; son tour comme dirigeant du patronat fran&#231;ais, a r&#233;organis&#233; les structures des groupes financiers de la famille en 2002, et modifi&#233; ses strat&#233;gies suite aux d&#233;boires des soci&#233;t&#233;s o&#249; le groupe d&#233;tenait des int&#233;r&#234;ts : catastrophe d'Air Libert&#233;-AOM, difficult&#233;s de Cap Gemini, pertes de Val&#233;o, d&#233;sillusion des investissements dans la Nouvelle &#233;conomie. Wendel Investissement est la principale structure qui g&#232;re le patrimoine de la grande famille. Wendel Participations, c'est-&#224;-dire la holding familiale, y d&#233;tient 34,7 % du capital, mais 50,1 % des droits de vote - aux cot&#233;s d'actionnaires divers, dont ceux qu'on appelle &lt;i&gt;investisseurs&lt;/i&gt; institutionnels, relais de fonds de pension et autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wendel Investissement d&#233;tient des parts du capital d'entreprises dont la diversit&#233; n'apporte pas la preuve d'une coh&#233;rence industrielle, mais la simple et logique volont&#233; d'un retour sur investissement profitable : p&#233;trole, immobilier, pharmacie, &#233;quipement automobile, industrie &#233;lectrique, services informatiques. Ses filiales &#224; 100% sont dans l'&#233;nergie et l'immobilier (Oranje-nassau, aux Pays-Bas) et la production d'abrasifs industriels (Wheelabrator Allevard). Wendel Participations d&#233;tient d'autres filiales purement financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La particularit&#233; de la finance Wendel vient de ce que Michel Pin&#231;on et Monique Pin&#231;on-Charlot (&lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, septembre 2001) ont nomm&#233; le &#171; &lt;i&gt; mode de gestion significatif de la noblesse de l'argent&lt;/i&gt; &#187;, et les alliances multiples, y compris matrimoniales, autour de la fortune l&#233;gu&#233;e par l'histoire industrielle et financi&#232;re des familles Wendel, Seilli&#232;re, Demachy, Schneider, ont renforc&#233; les solidarit&#233;s &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, un certain Florentin Seilli&#232;re a &#233;t&#233; l'un des commanditaires de Wendel &#224; la cr&#233;ation de la Fonderie Royale du Creusot. La banque Seilli&#232;re fusionnera avec la Banque Demachy, tandis que les Wendel se concentrent sur les usines lorraines et les Schneider sur le Creusot, le Second Empire fa	isant de Wendel un de Wendel et de Seilli&#232;re un baron. De nombreuses unions matrimoniales scellent les alliances entre les descendants - ainsi Ernest-Antoine est-il n&#233; du mariage entre le baron Jean Seilli&#232;re et une de Wendel. Aujourd'hui, le clan, au sens ethnographique du terme comprend de nombreuses personnalit&#233;s marqu&#233;es &#224; droite, qu'un reportage r&#233;cent de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;(17 juin 2004) a rapidement pass&#233; en revue : Fran&#231;oise de Panafieu, Yves Gu&#233;na, Josselin de Rohan, Jean-Fran&#231;ois Poncet, Hubert Leclerc de Hautecloque, etc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E.-A. Seilli&#232;re aurait dit un jour : &#171; Quand on n'est pas de gauche &#224; 20 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur le plan financier, le clan se composerait aujourd'hui de 450 b&#233;n&#233;ficiaires directs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ernest-Antoine Seilli&#232;re de Laborde, n&#233; en 1937 &#224; Neuilly, a fait un parcours classique : coll&#232;ge anglais, sciences-po, ENA puis Harvard. Il a figur&#233; entre 1969 et 1973 dans les cabinets minist&#233;riels de Chaban-Delmas, Messmer, Schumann, Galley. Dirigeant la gestion des affaires de la grande famille, il est &#233;lu en 1997, avec le soutien de B&#233;b&#233;ar et de Pinault, entre autres, pr&#233;sident du CNPF, qui devient sous sa houlette le MEDEF. C'est un homme d'affaires et un actif producteur d'id&#233;ologie entrepreneuriale - une curiosit&#233; : le fonds Wendel finance une chaire dite &#171; de la grande entreprise familiale &#187; &#224; l'INSEAD, institut priv&#233; pour la formation de cadres, o&#249; l'on enseigne que &#171; &lt;i&gt;une entreprise familiale pr&#233;sente un forme diff&#233;rente de capitalisme, tr&#232;s loin de l'anonymat du march&#233; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Daniel Sauvaget&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire : &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Quand-Wendel-Seilliere-rachete-Editis-derriere-les-apparences' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quand Wendel-Seilli&#232;re rach&#232;te Editis : derri&#232;re les apparences&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;E.-A. Seilli&#232;re aurait dit un jour : &#171; &lt;i&gt;Quand on n'est pas de gauche &#224; 20 ans, c'est qu'on n'a pas de c&#339;ur. Quand on n'est pas de droite &#224; 40 ans, c'est qu'on n'a pas de t&#234;te.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand Wendel-Seilli&#232;re rach&#232;te Editis : derri&#232;re les apparences</title>
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		<dc:date>2004-06-24T08:25:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Sauvaget</dc:creator>


		<dc:subject>Le groupe Lagard&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Financiarisation</dc:subject>
		<dc:subject>Fonds d'investissement</dc:subject>
		<dc:subject>Le fonds Wendel Investissement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Vainqueurs : ...Lagard&#232;re et les strat&#233;gies financi&#232;res&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Edition-" rel="directory"&gt;&#201;dition&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Lagardere-+" rel="tag"&gt;Le groupe Lagard&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Financiarisation-+" rel="tag"&gt;Financiarisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Fonds-d-investissement-+" rel="tag"&gt;Fonds d'investissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-fonds-Wendel-Investissement-+" rel="tag"&gt;Le fonds Wendel Investissement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me acte de l'affaire Editis, soit la revente de 60% de l'ancienne Vivendi Universal Publishing &#224; un groupe financier dirig&#233; par le baron Seilli&#232;re, ci-devant pr&#233;sident du MEDEF, n'a pas suscit&#233; autant de commentaires que le premier acte : on se souvient des protestations qui avait accompagn&#233; l'acquisition du N&#176;2 de l'&#233;dition fran&#231;aise par le N&#176;1, en d'autres termes l'absorption de l'ancien groupe &#233;ditorial Havas qui avait plong&#233;avec Vivendi, par son principal concurrent, Hachette-Lagard&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pourtant bien des choses &#224; dire, sur l'attitude des autorit&#233;s, sur la passivit&#233; des professionnels, sur la proc&#233;dure de d&#233;cision, sur la strat&#233;gie du vendeur et sur celle de l'acheteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; &#171; Le baron et le marchand de canon &#187; (Editions Syllepse) &#187;.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur la valse des apparences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Wendel Investissement, le candidat de Lagard&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier constat : Lagard&#232;re, le candidat pr&#233;f&#233;r&#233; du Gouvernement fran&#231;ais en 2003, a d&#251; l&#226;cher une partie de son acquisition non pas &#224; cause d'une quelconque instance de r&#233;gulation fran&#231;aise, mais du fait des autorit&#233;s anti-concurrentielles de l'Union europ&#233;enne. L'analyse du dossier - &#224; laquelle Lagard&#232;re a rechign&#233; &#224; contribuer -et la recherche du compromis ont dur&#233; plus d'un an. Ce qui, soit dit en passant, a permis &#224; Vivendi et &#224; Lagard&#232;re de r&#233;aliser de bonnes affaires aux moindres frais, car ce sont les r&#233;sultats d'Editis qui ont permis de r&#233;mun&#233;rer la banque charg&#233;e de g&#233;rer la transition ; et au passage Lagard&#232;re aurait (conditionnel de rigueur) r&#233;alis&#233; un b&#233;n&#233;fice de 110 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lagard&#232;re est gagnant sur toute la ligne, non seulement parce qu'il a pu maximiser son int&#233;r&#234;t, bien que vendeur sous la contrainte, mais aussi parce que c'est lui qui a choisi celui qui deviendrait le principal concurrent de sa propre maison Hachette. Et il a pu ainsi agrandir le foss&#233; qui s&#233;pare Hachette-Livres de ses concurrents. Un universitaire, Pascal Fouch&#233;, y voit une triste innovation, favoris&#233;e par l'absence de syst&#232;me de r&#233;gulation et de dispositifs anti-concentration : le plus important acteur de l'&#233;dition fran&#231;aise a &#171; &lt;i&gt;d&#233;cid&#233; du sort de son challenger, Editis, en en ma&#238;trisant totalement la vente, et donc en choisissant qui deviendra son principal concurrent&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tribune du Monde,19 mai 2004, page 13.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat Filpac-CGT, de son c&#244;t&#233;, a rappel&#233; une &#233;vidence qui ne semble pas troubler beaucoup d'interlocuteurs : la position dominante d'Hachette sort renforc&#233;e de toutes ces p&#233;rip&#233;ties. En effet, d'apr&#232;s les estimations disponibles, Hachette-Livres disposerait aujourd'hui, gr&#226;ce aux 40% de l'ancien Vivendi Publishing conserv&#233;s par Lagard&#232;re, d'un volume d'affaires deux fois sup&#233;rieur &#224; celui d'Editis, quatre fois sup&#233;rieur &#224; ceux de Seuil-Martini&#232;re et Gallimard...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour satisfaire Bruxelles, Lagard&#232;re aurait donc fait mine de vendre au plus offrant - mais il n'y a pas eu d'ench&#232;res, comme certains l'ont cru, et le fonds Wendel aurait b&#233;n&#233;fici&#233; d'informations qui n'auraient pas &#233;t&#233; communiqu&#233;es aux autres candidats au rachat - c'est ce qui fonde la plainte des Editions Odile Jacob (candidate au rachat, appuy&#233;e elles aussi par un fonds d'investissement et une banque) devant les tribunaux... On a appris ult&#233;rieurement qu'un autre candidat aurait propos&#233; une somme sup&#233;rieure &#224; celle (660 millions d'euros) qui doit &#234;tre vers&#233;e par Wendel Investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux risques d'infl&#233;chissement qui pourraient affecter la politique &#233;ditoriale des maisons d'&#233;dition devenant la propri&#233;t&#233; d'un groupe dirig&#233; par le patron des patrons, dont les opinions de droite sont clairement affirm&#233;es (La D&#233;couverte, en premier lieu, mais aussi les enseignes sp&#233;cialis&#233;es dans les ouvrages de r&#233;f&#233;rence, de Nathan et Bordas &#224; Retz et au Quid), ils ont &#233;t&#233; peu &#233;voqu&#233;s - il est vrai que l'actualit&#233; &#233;tait simultan&#233;ment occup&#233;e par les cons&#233;quences de la reprise par Dassault de l'ancien empire de presse Hersant ! C'est l'association des professeurs d'&#233;conomie qui s'est inqui&#233;t&#233;e du contr&#244;le des manuels scolaires &#171; &lt;i&gt;par ceux qui, depuis plus de deux ans, m&#232;nent une campagne calomnieuse &#224; l'encontre des manuels de sciences &#233;conomiques et sociales&lt;/i&gt; &#187;, visant explicitement le patron du MEDEF. Le pr&#233;sident du directoire d'Editis, Alain Klouck, s'empresse de r&#233;pondre que &#171; &lt;i&gt;ce qui est important, c'est de savoir si l'actionnaire se m&#234;le ou non de la ligne &#233;ditoriale&lt;/i&gt; &#187; (en effet), et il se d&#233;clare &#171; &lt;i&gt;convaincu que tout le monde aura &#224; c&#339;ur de montrer qu'il n'y aura pas d'interf&#233;rences &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Strat&#233;gies industrielles ou strat&#233;gies financi&#232;res ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque des grands patrons investissent dans les m&#233;dias, ils ob&#233;issent &#224; plusieurs strat&#233;gies : volont&#233; d'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique, surtout dans les m&#233;dias d'information, ou, &#224; l'oppos&#233;, politique de prestige (exemple : l'homme d'affaires qui a vendu &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; et Le &lt;i&gt;Journal des Finances&lt;/i&gt; &#224; Dassault a conserv&#233; la vieille &lt;i&gt;Revue des Deux Mondes&lt;/i&gt;, ou encore, tr&#232;s simplement : recherche de nouveaux secteurs permettant des profits. C'est le cas le plus fr&#233;quemment rencontr&#233; dans les m&#233;dias, la communication, les magazines, l'audiovisuel, certains secteurs d'Internet, etc. Aujourd'hui l'&#233;dition proprement dite, comme d'autres activit&#233;s culturelles, n'&#233;chappe pas &#224; cette emprise et on voit les fonds d'investissement s'impliquer de plus en plus dans le secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des libraires a eu raison de pointer la mont&#233;e des groupes financiers dans l'&#233;dition. Mais s'il y a danger, ce n'est pas seulement parce qu'il y a irruption de pouvoirs qui ne sont pas issus de l'univers professionnel, mais aussi et surtout parce que les financiers s'imposent dans l'&#233;dition avec des perspectives de gain &#224; court terme et non pour injecter des capitaux dans le long terme, comme le montre notamment le cas du Fonds Cirven&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, ici m&#234;me : &#171; La presse sp&#233;cialis&#233;e &#224; l'encan &#187;.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient peut-&#234;tre que lors de la vente &#224; Lagard&#232;re, le ministre de la culture de l'&#233;poque, Aillagon, s'&#233;tait &#233;lev&#233; contre les fonds d'investissement, d&#233;peceurs d'entreprises. Plus r&#233;cemment il d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;Ce que je redoute, ce sont les solutions men&#233;es par les fonds d'investissement press&#233;s de r&#233;aliser sur le court terme leurs plus-values, sans se soucier du d&#233;veloppement national et international de l'ensemble&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Strat&#233;gies N&#176; 1319, 25 mars 2004.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. R&#233;sultat des courses, c'est bien un fonds d'investissement qui l'a emport&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seilli&#232;re, connaissant par c&#339;ur objections et r&#233;ticences des milieux professionnels, s'est employ&#233; &#224; convaincre une presse bienveillante qu'il a d&#233;fini pour Editis une strat&#233;gie industrielle, fond&#233;e sur de vigoureux investissements. Mais il faudra bien qu'il rende des comptes aux autres h&#233;ritiers Wendel et &#224; tous les actionnaires, attentifs &#224; maintenir les taux de rendement qui leur ont &#233;t&#233; promis en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, en particulier ceux qui, au sein du fonds, sont les relais de fonds de pension anglais et am&#233;ricains, dont on sait qu'ils ne plaisantent pas avec le calcul du retour sur investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; objective n'emp&#234;che pas &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, qu'on a connu plus ironique vis-&#224;-vis de Seilli&#232;re &#224; l'&#233;poque de la chute d'Air Libert&#233;, se joigne au ch&#339;ur des na&#239;fs : &#171; &lt;i&gt;Seilli&#232;re semble avoir un penchant pour les soci&#233;t&#233;s qui cherchent &#224; sauvegarder leur identit&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 20 mai 2004.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela pour &#233;voquer son intervention dans Legrand (mat&#233;riel &#233;lectrique, rachet&#233; &#224; 37,5% &#224; Schneider 2002, mais en association avec un fonds am&#233;ricain), et Valeo (dans lequel Wendel est vite pass&#233; de 33 &#224; 10 % du capital apr&#232;s d&#233;graissage des effectifs) - alors m&#234;me que Wendel Investissements est en train de se d&#233;sengager de plusieurs secteurs industriels, ainsi BioM&#233;rieux, dont il met ses actions en bourse le 7 juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;dition de librairie, comme la presse et les magazines et tous les m&#233;dias, est en proie &#224; l'absolutisme de la financiarisation, avec primes &#224; la rentabilit&#233; imm&#233;diate, strat&#233;gies de placements financiers et refus de politique &#224; long terme, pressions sur la gestion et restructurations, recherche de synergies et d&#233;graissages - et la fameuse &#171; cr&#233;ation de valeur &#187; (valeur actionnariale, bien s&#251;r)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt; (19 mai 2004) semble se f&#233;liciter de la &#171; victoire &#233;clatante &#187; de Seilli&#232;re, un financier qui se pr&#233;sente comme &#171; actionnaire-entrepreneur &#187; et qui a coiff&#233; les professionnels sur le poteau, on mesure bien le consensus id&#233;ologique qui r&#232;gne dans certains milieux - toutefois, dans les m&#234;mes colonnes on reconna&#238;t que le v&#233;ritable vainqueur est Lagard&#232;re lui-m&#234;me, tandis que dans la page voisine un autre article (candide ou malicieux ?) &#233;voque &#224; propos de la r&#233;ussite de Wendel Investissements, le &#171; &lt;i&gt;capitalisme relationnel&lt;/i&gt; &#187; (sic), qui sait mettre &#224; profit les relations avec les banquiers, les administratifs, les entrepreneurs, pour d&#233;celer les bons investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-ce que c'est bien nouveau, cette connivence dans la conduite des affaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Daniel Sauvaget&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire : &lt;a href='https://www.acrimed.org/1656 &#187;'&gt;&#171; Le Fond Wendel Investissement&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lire &#233;galement : &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Menaces-sur-l-edition-scolaire' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Menaces sur l'&#233;dition scolaire&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-baron-et-le-marchand-de-canon-Editions-Syllepse' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Le baron et le marchand de canon &#187; (Editions Syllepse)&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tribune du Monde,19 mai 2004, page 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, ici m&#234;me : &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/La-presse-specialisee-a-l-encan' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La presse sp&#233;cialis&#233;e &#224; l'encan&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Strat&#233;gies N&#176; 1319, 25 mars 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 20 mai 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Menaces sur l'&#233;dition scolaire</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Menaces-sur-l-edition-scolaire</link>
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		<dc:date>2004-06-23T07:35:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Le groupe Lagard&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>La Marseillaise</dc:subject>
		<dc:subject>Le fonds Wendel Investissement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s la &#171; refondation sociale &#187;, la &#171; refondation &#233;ditoriale &#187; version MEDEF ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Edition-" rel="directory"&gt;&#201;dition&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Lagardere-+" rel="tag"&gt;Le groupe Lagard&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-Marseillaise-+" rel="tag"&gt;La Marseillaise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-fonds-Wendel-Investissement-+" rel="tag"&gt;Le fonds Wendel Investissement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chronique parue dans &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; du jeudi 17 juin 2004, publi&#233;e ici avec l'autorisation de l'auteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;sormais Lagard&#232;re-Hachette et Seilli&#232;re-Wendel contr&#244;lent la majeure partie de l'&#233;dition fran&#231;aise. Le &lt;i&gt;Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; r&#233;sumait la situation du secteur en y incluant la presse &#233;crite et la t&#233;l&#233;vision : &#171; &lt;i&gt;Un b&#233;tonneur propri&#233;taire de la premi&#232;re t&#233;l&#233;vision de France (TF1), deux marchands de canons (Dassault et Lagard&#232;re-Hachette) qui se partagent les plus gros morceaux de la presse quotidienne et hebdomadaire tricolore, un ma&#238;tre des forges qui devient (derri&#232;re le m&#234;me Lagard&#232;re-Hachette) deuxi&#232;me &#233;diteur du pays&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui vient de se passer en quelques semaines en France, apr&#232;s il est vrai un mouvement profond dans ce sens depuis des ann&#233;es, ce n'est rien de moins qu'une v&#233;ritable &#171; berlusconisation &#187; des m&#233;dias et de l'&#233;dition. Des dizaines de marques &#233;ditoriales sont d&#233;sormais contr&#244;l&#233;es par ces deux groupes. M&#234;me les &#233;ditions La D&#233;couverte (ex-&#233;ditions Fran&#231;ois Masp&#233;ro) et Syros (ex-maison d'&#233;dition du PSU) sont tomb&#233;es dans les mains de l'h&#233;ritier du Comit&#233; des Forges. C'est le r&#233;sultat final, il faut le rappeler, de la d&#233;cision prise par la CFDT qui &#233;tait devenu l'actionnaire principal de ces maisons d'&#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le de l'&#233;dition et des m&#233;dias par les marchands d'armes et le patron du MEDEF est lourde de menaces. Nous partageons totalement les craintes exprim&#233;es ici m&#234;me par Philippe Breton la semaine pass&#233;e. La gravit&#233; de la situation nous conduit &#224; y revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les menaces sont d'abord insidieuses. La pseudo ind&#233;pendance &#233;ditoriale de chacune des maisons d'&#233;dition de ces groupes est un leurre. La censure n'est pas forc&#233;ment directe mais larv&#233;e. Dans l'optique du profit maximum (les &#171; 20 % de rentabilit&#233; &#187; impos&#233;s), les &#233;diteurs d'Editis et de Lagard&#232;re privil&#233;gieront d'abord ce qui se vendra. Si Bov&#233; pla&#238;t toujours, Bov&#233; sera encore &#233;dit&#233;. La r&#232;gle d&#233;j&#224; largement en usage dans le monde de l'&#233;dition sera renforc&#233;e : la ligne &#233;ditoriale sera davantage encore sugg&#233;r&#233;e par la demande (le marketing) et non plus impuls&#233;e par l'offre (les choix des directeurs d'&#233;dition ou de collection).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ceux qui d&#233;sormais contr&#244;lent ces maisons d'&#233;dition seront tent&#233;s d'aller plus loin. La valse des directeurs d'&#233;ditions et de collections qui ne s'alignent pas sur la logique financi&#232;re a d&#233;j&#224; commenc&#233; avant la derni&#232;re redistribution des cartes. S'agissant des manuels scolaires, nous sommes encore plus inquiets. On peut craindre que les concepteurs de manuels auront le choix entre partir ou s'aligner afin de ne pas heurter l'id&#233;ologie patronale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hypoth&#232;se n'est pas une vue de l'esprit. A deux reprises au moins dans le pass&#233;, les milieux patronaux ont men&#233; des campagnes virulentes, relay&#233;es par la presse et des parlementaires &#224; leurs ordres, pour stigmatiser des manuels scolaires de sciences &#233;conomiques et sociales jug&#233;s partisans parce qu'ils contribuaient &#224; l'&#233;veil de l'esprit critique des &#233;l&#232;ves. Les enseignants concern&#233;s se souviennent : une bande dessin&#233;e reproduite par un des manuels vis&#233;s proposait notamment aux lyc&#233;ens de r&#233;fl&#233;chir sur les choix budg&#233;taires, elle rappelait le co&#251;t d'un navire militaire en &#233;quivalent lyc&#233;es et le co&#251;t d'un missile en &#233;quivalent mois de r&#233;mun&#233;ration d'un instituteur. Poser ces questions &#233;tait consid&#233;r&#233; par les initiateurs de la campagne de d&#233;nigrement et d'intimidation patronale comme de la propagande inadmissible... Seilli&#232;re en personne s'en &#233;tait pris &#224; la &#171; vision marxiste &#187; de ces manuels. Parions que les &#233;diteurs scolaires contr&#244;l&#233;s par le marchand d'armes Lagard&#232;re ou tomb&#233;s dans l'escarcelle du patron du MEDEF ne risquent plus de publier ce type de manuel... Aujourd'hui 80 % de l'&#233;dition scolaire est dans leurs mains, on peut craindre maintenant un v&#233;ritable contr&#244;le des esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la &#171; refondation sociale &#187;, la &#171; refondation &#233;ditoriale &#187; version MEDEF menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roland Pfefferkorn&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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