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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>&#171; AcTualiTy &#187; sur France 2 : mis&#232;re du &#171; d&#233;cryptage &#187; de l'actualit&#233;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/AcTualiTy-sur-France-2-misere-du-decryptage-de-l</link>
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		<dc:date>2016-10-03T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Salingue, Pauline Perrenot</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Divertissement</dc:subject>
		<dc:subject>Dephine Ernotte-Cunci </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dictature du buzz, peopolisation de la politique et m&#233;lange des genres.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-572-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Dephine-Ernotte-Cunci-+" rel="tag"&gt;Dephine Ernotte-Cunci &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH148/arton5356-500bb.png?1776736253' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='148' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Actuality &#187; est l'une des nouvelles &#233;missions de la grille de France 2. Chaque jour &#224; 17h45, Thomas Thouroude (ancien d'i-T&#233;l&#233; et de Canal+) propose de &#171; d&#233;crypter &#187; l'actualit&#233; en compagnie de chroniqueurs, renomm&#233;s &#171; &#233;claireurs &#187;, qui sont majoritairement des journalistes, auxquels s'adjoignent parfois des chefs d'entreprises, des &#233;crivains ou divers &#171; sp&#233;cialistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait maintenant quatre semaines que l'&#233;mission est diffus&#233;e, soit 20 num&#233;ros, et il est d&#233;sormais possible de tirer un premier bilan d'un programme dont Delphine Ernotte-Cunci, pr&#233;sidente de France t&#233;l&#233;visions, annon&#231;ait &lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/on-prend-des-risques-30-06-2016-5926355.php#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en juin dernier&lt;/a&gt; qu'il aurait pour objectif &lt;i&gt;&#171; d'expliquer l'actualit&#233; dans un langage plus vrai, plus simple et sans cynisme &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expliquer l'actualit&#233;, vraiment ? Apr&#232;s avoir visionn&#233; l'ensemble des &#233;missions, &#233;tabli des statistiques sur les 10 premiers num&#233;ros et confront&#233; les &#171; promesses &#187; de Delphine Ernotte-Cunci et Thomas Thouroude &#224; la r&#233;alit&#233;, le moins que l'on puisse dire est que l'objectif est loin d'&#234;tre atteint. &#171; AcTualiTy &#187; est un programme de divertissement parmi d'autres qui, sous couvert de &#171; d&#233;cryptage &#187;, tombe dans des travers malheureusement bien connus : dictature du &#171; buzz &#187;, peopolisation de la politique, indigeste m&#233;lange des genres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Quelle actualit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est promis : &#171; AcTualiTy &#187; n'est pas une &#233;ni&#232;me &#233;mission dans laquelle on se soumet au &#171; flot &#187; de l'actualit&#233;. C'est en tout cas ce que d&#233;clarait Thomas Thouroude le 5 septembre sur France inter : &lt;i&gt;&#171; Dans &#034;AcTualiTy&#034;, on consid&#232;re que l'actualit&#233; est un feuilleton qui va tr&#232;s vite, avec des &#233;pisodes, et quand malheureusement on en rate un, c'est trop tard on ne comprend plus rien. Et bien nous on va faire l'inverse. C'est-&#224;-dire qu'on va aller &#224; rebours de tout ce mouvement-l&#224;, on va se poser, on va prendre cinquante minutes ou une heure pour aborder deux, trois th&#232;mes d'actualit&#233; au quotidien et prendre le temps de comprendre, d'expliquer, de mani&#232;re ludique et divertissante si possible &#187;&lt;/i&gt;. Pas question donc de &#171; subir &#187; l'actualit&#233; en &#233;tant dans le &lt;i&gt;&#171; flot m&#233;diatique incessant de la course &#224; l'information, du bon mot ou du non-mot ou du non-&#233;v&#233;nement &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promesse tenue ? Pas vraiment. On remarquera en premier lieu que le nom m&#234;me de l'&#233;mission, &#171; AcTualiTy &#187;, ne manque pas de surprendre si l'on prend Thomas Thouroude au mot : les deux &#171; T &#187; majuscules ne sont pas une faute de frappe, mais un clin d'&#339;il appuy&#233; au r&#233;seau social Twitter, sur lequel les &#171; TT &#187; sont les &#171; trending topics &#187; ou &#171; sujets tendances &#187;, c'est-&#224;-dire les sujets dont on parle le plus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; moins qu'il ne s'agisse des initiales de l'animateur de l'&#233;mission ? Nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est en r&#233;alit&#233; l'une des marques de fabrique (peu originale) d'&#171; AcTualiTy &#187; : dans l'&#233;mission de Thomas Thouroude, on parle de ce dont les autres parlent. Lorsque Julie Gayet est &#224; la &#171; une &#187; de &lt;i&gt;Paris-Match&lt;/i&gt;, on parle de Julie Gayet dans &#171; AcTualiTy &#187;. Lorsqu'Emmanuel Macron est &#224; la &#171; une &#187; de tous les grands m&#233;dias, on parle d'Emmanuel Macron dans &#171; AcTualiTy &#187;. Le magazine &lt;i&gt;Forbes&lt;/i&gt; publie son classement des personnalit&#233;s les plus riches du monde ? Parlons de l'homme le plus riche du monde dans &#171; AcTualiTy &#187; ! Natascha Kampusch, s&#233;questr&#233;e durant huit ans entre 1998 et 2006, sort un livre pour raconter son calvaire et fait le tour des m&#233;dias fran&#231;ais ? Parlons-en dans &#171; AcTualiTy &#187; ! Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement que Thomas Thouroude se refuse &#224; sombrer dans le &lt;i&gt;&#171; flot m&#233;diatique du non-&#233;v&#233;nement &#187;&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;&#171; rien qui prend une place consid&#233;rable &#187;&lt;/i&gt;. Hillary Clinton a fait un malaise et la vid&#233;o a &#233;t&#233; diffus&#233;e par tous les m&#233;dias ou presque ? Parlons-en dans &#171; AcTualiTy &#187; ! C'est ainsi que le 16 septembre Thomas Thouroude prenait grand soin d'ouvrir et de clore la s&#233;quence consacr&#233;e &#224; la sant&#233; des politiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir plus bas.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de fa&#231;on &#224; la &#171; rattacher &#224; l'actualit&#233; &#187;, en commentant la vid&#233;o du malaise d'Hillary Clinton, et en pr&#233;cisant, sans que la contradiction entre son attitude et ses critiques du &#171; flot m&#233;diatique &#187; ne semble visiblement lui sauter aux yeux, que cette vid&#233;o a fait &#171; le tour du monde &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Vous avez sans doute entendu parler du malaise d'Hillary Clinton le week-end dernier, mais &#231;a y est, elle a repris sa campagne pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles am&#233;ricaines, c'&#233;tait la nuit derni&#232;re. Elle &#233;tait en forme, elle &#233;tait heureuse, elle &#233;tait radieuse, elle est mont&#233;e sur la tribune pour rencontrer ses militants, ses partisans, et leur dire le bonheur qu'elle a eu de les retrouver apr&#232;s quelques jours d'absence. &#201;coutez-la. [Extrait vid&#233;o] Hillary Clinton, radieuse donc, quatre jours apr&#232;s ce malaise &#224; New-York, l'image a fait le tour du monde, regardez, on a isol&#233; Hillary Clinton sur cette image : elle s'&#233;vanouit, elle tombe, elle est retenue, elle est soutenue par ses gardes du corps, et ce qui est int&#233;ressant Nathalie Schuck, c'est que le jour de son malaise, elle a dit qu'elle n'avait pas grand chose, juste un vertige, avant de finalement avouer via un communiqu&#233; qu'elle avait eu une pneumonie. [&#8230;] Alors on peut ajouter enfin que pour clore son meeting, Hillary Clinton a choisi une chanson de James Brown, c'est &#171; I feel good &#187;, et on pr&#233;cise quand m&#234;me, et c'est &#231;a qui est terrible, c'est que, elle qui a &#233;t&#233; victime d'une pneumonie, et ben James Brown, lui, il est mort... d'une pneumonie. Je ne sais pas si c'&#233;tait un tr&#232;s bon choix de sa part.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un extrait que nous nous abstiendrons de commenter, mais qui donne une id&#233;e de la &#171; griffe &#187; Thomas Thouroude. Un extrait parmi bien d'autres, qui illustre la tendance dominante quant au &#171; choix &#187; des sujets trait&#233;s dans &#171; AcTualiTy &#187;, confirmant le ph&#233;nom&#232;ne, d&#233;j&#224; maintes fois constat&#233;, de &#171; circulation circulaire de l'information &#187;, et donnant raison au Chat de Philippe Geluck : &lt;i&gt;&#171; En lisant le journal, les gens croient apprendre ce qui se passe dans le monde. En r&#233;alit&#233;, ils n'apprennent que ce qui se passe dans le journal &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Retour du Chat, Casterman, Bruxelles, 2002 (1987), p. 15.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Reprenons, en vid&#233;o :&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/NPZkqM9pyOw?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Des &#171; &#233;claireurs &#187;, vraiment ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'une des sp&#233;cificit&#233;s revendiqu&#233;es d'&#171; AcTualiTy &#187; est la pr&#233;sence en plateau, aux c&#244;t&#233;s de l'animateur, de chroniqueurs, renomm&#233;s &#171; &#233;claireurs &#187;, qui sont suppos&#233;s apporter un regard de &#171; sp&#233;cialiste &#187; sur les questions trait&#233;es dans l'&#233;mission. Les &#171; &#233;claireurs &#187; sont au nombre d'une quinzaine, qui &#171; tournent &#187; d'une &#233;mission sur l'autre, et le moins que l'on puisse dire est que, s'ils sont parfois &#224; l'aise et en phase avec &#171; leur &#187; sujet, ils semblent souvent le d&#233;couvrir en m&#234;me temps que les t&#233;l&#233;spectateurs, et que les choix de r&#233;partition des interventions des uns et des autres sont souvent... &#233;tonnants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 septembre, jour de la premi&#232;re, le second d&#233;bat est ainsi consacr&#233; &#224; la question des r&#233;fugi&#233;s pr&#233;sents &#224; Calais. Si l'intitul&#233; de la discussion laisse songeur (&#171; Y a-t-il enfin quelqu'un pour sauver Calais ? &#187;), le choix de l'&#171; &#233;claireur &#187; l'est davantage encore. Il s'agit en effet d'Olivier Norek, &#233;crivain, mais surtout... ancien lieutenant de police, qui a pass&#233; 15 jours dans la &#171; jungle &#187; de Calais et qui, &#224; ce titre, nous propose un &#171; d&#233;cryptage &#187;. Apr&#232;s une tr&#232;s courte description de la situation de la &#171; jungle &#187;, Olivier Norek s'attarde longuement sur le r&#244;le des policiers. La question qui figure au bas de l'&#233;cran durant cette s&#233;quence de &#171; d&#233;cryptage &#187; est d'ailleurs la suivante : &#171; Calais : mais que fait la police ? &#187; Et on n'est pas d&#233;&#231;us du voyage :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les infractions qui sont visibles, qui sont concr&#232;tes, on ne peut pas tous les interpeller [les r&#233;fugi&#233;s], encore moins les incarc&#233;rer, on ferait juste exploser les commissariats, les prisons, les tribunaux... Alors le job des flics, c'est de d&#233;truire les barrages et, pour fluidifier cette fameuse autoroute A16, c'est de lancer de la lacrymo. &lt;strong&gt;On est environ &#224; 100 lacrymos par soir balanc&#233;es sur les migrants. Au prix actuel du co&#251;t de la lacrymo, sur 18 mois d'existence de la jungle, on va &#234;tre &#224; 2 millions d'euros de lacrymos jet&#233;es sur les migrants.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un scandale qui m&#233;rite bien une petite infographie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH285/capture_d_e_cran_2016-10-02_a_11.37.38-e79f8.png?1776736253' width='500' height='285' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Et Olivier Norek de s'insurger :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je le r&#233;p&#233;terai autant de fois qu'on m'en donnera l'occasion, ce n'est pas &#231;a le job des flics, le job des flics c'est prot&#233;ger le citoyen, pr&#233;vention, s&#233;curit&#233;, c'est tout &#231;a, ce n'est pas de balancer de la lacrymo sur les gens sans les arr&#234;ter derri&#232;re. &lt;strong&gt;Alors bien s&#251;r ils font quelque chose de tr&#232;s positif puisqu'ils fluidifient cette autoroute, donc ils permettent de continuer l'&#233;conomie et les emplois qui tournent autour de cette &#233;conomie justement. Mais ce n'est pas &#231;a leur ADN, ce n'est pas &#231;a l'ADN du flic.&lt;/strong&gt; &#192; tel point que sur les 140 policiers qui sont dans le commissariat de Calais, il y a eu cette ann&#233;e 40 demandes de mutation.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le choix de l'&#171; &#233;claireur &#187; aura donc eu pour cons&#233;quence qu'un &#171; d&#233;bat &#187; que l'on avait annonc&#233; comme traitant de la situation &#224; Calais devient un vibrant appel &#224; la solidarit&#233; avec des policiers qui &lt;i&gt;&#171; n'en peuvent plus &#187;&lt;/i&gt; et se sentent &lt;i&gt;&#171; abandonn&#233;s &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, le vendredi 9 septembre, la discussion consacr&#233;e &#224; la F&#234;te de &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; est introduite par Philippe Ridet, journaliste au Monde. &#171; Y a-t-il encore un communiste &#224; la F&#234;te de L'Huma ? &#187;, interroge &#171; AcTualiTy &#187;, une question reformul&#233;e par Thomas Thouroude : &lt;i&gt;&#171; Est-ce que la F&#234;te de L'Huma est la f&#234;te d'un parti qui existe encore ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Philippe Ridet de r&#233;pondre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Alors si on consid&#232;re les partis comme des &#233;curies pr&#233;sidentielles, c'est non. Ils n'avaient pas de candidat en 2012, ils ne sont pas s&#251;rs d'en avoir un cette ann&#233;e, enfin l'ann&#233;e prochaine, donc de ce point de vue l&#224;, ce n'est plus un parti. Par contre, si on consid&#232;re que c'est un parti avec un si&#232;ge, place du Colonel Fabien &#224; Paris, un tr&#232;s beau si&#232;ge, un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Pierre Laurent, qui n'est pas tr&#232;s connu mais qui existe quand m&#234;me, un Comit&#233; directeur, des &#233;lus, de moins en moins nombreux, des militants, de moins en moins nombreux certes, alors c'est encore un parti.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sic&lt;/i&gt;. On ne peut qu'&#234;tre impressionn&#233; par une telle profondeur, et par une telle ma&#238;trise : dire que le Parti communiste n'avait &#171; pas de candidat en 2012 &#187; est plus qu'approximatif, dans la mesure o&#249; le PC participait &#224; une alliance, le Front de gauche, qui avait un candidat en la personne de Jean-Luc M&#233;lenchon ; &#233;voquer le &#171; Comit&#233; directeur &#187; du PC t&#233;moigne d'une connaissance toute relative des instances du parti, qui n'a aucun &#171; Comit&#233; directeur &#187; ; quant &#224; Pierre Laurent, il n'est pas &#171; secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral &#187;, mais &#171; secr&#233;taire national &#187; du PC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous attachons-nous trop aux d&#233;tails ? Nous ne le pensons pas. Car ces erreurs et approximations en cascade sont en r&#233;alit&#233; r&#233;v&#233;latrices de l'un des travers majeurs de l'&#233;mission, consistant &#224; subir l'actualit&#233; et &#224; attribuer &#224; des chroniqueurs r&#233;currents la responsabilit&#233; de nous &#171; &#233;clairer &#187; sur des sujets dont ils ont une vision tr&#232;s partielle, et parfois partiale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La journaliste Isabelle Saporta est ainsi alternativement pr&#233;sent&#233;e comme &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Soulignons ainsi que Philippe Ridet est certes journaliste politique, mais qu'il est sp&#233;cialiste de... l'Italie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la page du journaliste, nous n'avons trouv&#233; aucun article consacr&#233; au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et les exemples du m&#234;me genre sont nombreux, o&#249; l'&#171; &#233;claireur &#187; (ou l'&#171; &#233;claireuse &#187;) r&#233;p&#232;te des g&#233;n&#233;ralit&#233;s qui semblent venues tout droit de Wikipedia, accumulant les clich&#233;s, les raccourcis et les approximations, le tout dans une &#233;mission qui ne consacre en d&#233;finitive que tr&#232;s peu de temps aux sujets sur lesquels elle pr&#233;tend informer.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Des pandas aux cellules de d&#233;radicalisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur deux semaines, du 5 au 15 septembre, soit 9 heures de direct, le d&#233;cryptage de grands sujets d'actualit&#233; (g&#233;n&#233;ralement au nombre de trois par &#233;mission) repr&#233;sente seulement la moiti&#233; du temps d'antenne ; le reste de l'&#233;mission s'&#233;parpille entre diff&#233;rentes rubriques, sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir. Nous avons r&#233;parti les sujets abord&#233;s en trois cat&#233;gories : la &#171; politique fran&#231;aise &#187;, les sujets de &#171; soci&#233;t&#233; &#187;, et une derni&#232;re cat&#233;gorie qu'il serait difficile de nommer tant son contenu semble fourre-tout&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout en reconnaissant le potentiel arbitraire de cette cat&#233;gorisation, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette cat&#233;gorisation, et le calcul de la dur&#233;e de chaque sujet, nous ont permis de dresser un premier panorama &#171; &#233;clairant &#187; pour qui souhaite analyser, de prime abord en surface, une &#233;mission se r&#233;clamant du &lt;i&gt;&#171; d&#233;cryptage de l'actualit&#233; &#187;&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les sujets de &#171; politique fran&#231;aise &#187; ont occup&#233; 21 % du temps total des 15 premi&#232;res &#233;missions, les sujets de soci&#233;t&#233; 17 %, et la troisi&#232;me cat&#233;gorie 14 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soit, si l'on ne retient que la dur&#233;e des &#171; d&#233;bats &#187;, 39 % pour la &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si la hi&#233;rarchie ne semble pas surprendre &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, on constate que le temps r&#233;serv&#233; aux sujets g&#233;n&#233;raux est relativement court par rapport &#224; la totalit&#233; du programme, alors que ces derniers sont pourtant pr&#233;sent&#233;s comme ses &#171; piliers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une &#233;mission pr&#233;tendant &lt;i&gt;&#171; prendre le temps &#187;&lt;/i&gt; de faire &lt;i&gt;&#171; un pas de c&#244;t&#233; &#187;&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;&#171; expliquer l'actualit&#233; &#187;&lt;/i&gt; choisit de consacrer le m&#234;me temps (pr&#232;s de 10 minutes) &#224; un sujet sur les &#171; cellules de d&#233;radicalisation &#187; (13/9/16) et &#224; une question comme &#171; Mon entrec&#244;te me rend-elle d&#233;pressif &#187; (5/9/16). De la m&#234;me mani&#232;re, &#171; AcTualiTy &#187; accorde un temps d'antenne &#233;quivalent (pr&#232;s de 11 minutes) &#224; la fraude fiscale (15/9/16) et au panda (15/9/16), et la dur&#233;e du th&#232;me &#171; Faut-il privatiser les prisons &#187; (12/9/16) est identique &#224; celle de la question &#171; Met-on en danger les enfants-chanteurs ? &#187; (9/9/16). On observera, non sans peine, la disproportion entre des sujets que l'on pourrait qualifier, sans que cela ne soit aucunement p&#233;joratif, de plus &#171; l&#233;gers &#187;, voire &#171; anecdotiques &#187;, et ceux dont un &#171; d&#233;cryptage &#187; digne de ce nom n&#233;cessiterait sans doute de plus longues explications..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une m&#234;me &#233;mission abordant g&#233;n&#233;ralement un sujet par cat&#233;gorie, &#171; AcTualiTy &#187; pratique de v&#233;ritables grand-&#233;carts de l'information, &#224; l'image de ces journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s sautant du coq &#224; l'&#226;ne, comme nous l'avions par exemple relev&#233; dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/JT-de-France-2-bref-Adama-Traore-est-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le traitement de la mort d'Adama Traor&#233; par la m&#234;me cha&#238;ne&lt;/a&gt;. Ce qui, au cours d'&#171; AcTualiTy &#187;, offre un encha&#238;nement de s&#233;quences pouvant laisser, pour le moins, pantois. Floril&#232;ge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le 6 septembre :&lt;br class='manualbr' /&gt;Pourquoi les femmes sont-elles &#233;cart&#233;es du pouvoir ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Peut-on tout dire &#224; son chien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le 8 septembre :&lt;br class='manualbr' /&gt;Fran&#231;ois Hollande fait-il vendre ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Pourquoi on nous ment sur la pomme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le 12 septembre :&lt;br class='manualbr' /&gt;Faut-il privatiser les prisons ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Pourquoi le Dala&#239;-Lama sourit-il tout le temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le 13 septembre :&lt;br class='manualbr' /&gt;J'ai travaill&#233; dans une cellule de d&#233;radicalisation&lt;br class='manualbr' /&gt;Le jambon : pourquoi c'est pas tout rose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le 15 septembre :&lt;br class='manualbr' /&gt;Qui fraude le fisc ?&lt;br class='manualbr' /&gt;Tiens, le pape se confesse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Hormis les grands sujets balisant l'&#233;mission, &#171; AcTualiTy &#187; est ponctu&#233; de diverses s&#233;quences qui, au total, occupent presque autant de temps que les sujets majeurs. Selon des proc&#233;d&#233;s bien connus des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, ces rubriques sont assez courtes pour pouvoir &#234;tre isol&#233;es puis relay&#233;es sur les comptes des r&#233;seaux sociaux d'une &#233;mission en mal d'audience. On assiste ainsi quotidiennement &#224; la &#171; VO/VF &#187;, petite s&#233;quence de sous-titrage au cours de laquelle Bruno Donnet &lt;i&gt;&#171; d&#233;crypte la parole politique &#187;&lt;/i&gt; avec &#171; humour &#187;, &#171; L'autre actualit&#233; de Marion Seclin &#187;, sorte de revue de presse des dessous et buzz du web, &#171; Le jeu de l'actu &#187;, ou encore &#171; La question du jour &#187;, en plus d'un apart&#233; avec un.e invit&#233;.e g&#233;n&#233;ralement issu.e du milieu culturel ou m&#233;diatique. Si ce saucissonnage n'est pas n&#233;cessairement synonyme de mauvaise information, une &#233;tude plus exhaustive des contenus des &#171; grandes questions &#187; et de la rubrique &#171; VO/VF &#187;, toujours au regard de leur volont&#233; de &lt;i&gt;&#171; d&#233;crypter l'actualit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, nous fait dire sans d&#233;tour que la mission est loin d'&#234;tre remplie.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Politique &#187; ou peopolitique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La rubrique &#171; VO/VF &#187; de Bruno Donnet r&#233;chauffe un &#224; un tous les proc&#233;d&#233;s de l'&lt;i&gt;infotainment&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Info-spectacle en bon fran&#231;ais.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; traditionnel et institutionnalise, par son format quotidien, le commentaire des &#171; petites phrases &#187;. En se focalisant sur des extraits de conf&#233;rences de presse, discours et interviews &#8211; qui ont en g&#233;n&#233;ral fait le tour des r&#233;seaux sociaux la veille ou le jour m&#234;me &#8211;, on pr&#233;tend mettre en valeur ce qu'ils disent et r&#233;v&#232;lent du monde politique et de la politique en g&#233;n&#233;ral. Mais au bout du compte, le r&#233;sultat est toujours le m&#234;me : on brode autour de ces fameuses &#171; petites phrases &#187; politiciennes, des rivalit&#233;s du petit monde politique, sans que le fond ne soit jamais abord&#233;. Ceci n'aurait que peu d'importance si cette rubrique et son auteur ne pr&#233;tendaient pas &#171; d&#233;crypter la parole politique &#187; d'une fa&#231;on qui, &#224; l'image de l'&#233;mission dans son ensemble, &#171; chercherait &#224; comprendre &#187;. Mais se donne-t-on r&#233;ellement les moyens de d&#233;crypter et comprendre quoi que ce soit en un peu moins de quatre minutes (la moyenne de la dur&#233;e de cette rubrique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur dix &#233;missions, cette rubrique de &#171; sous-politique &#187; occupe tout de m&#234;me (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et n'est-il pas tout simplement plus confortable de &#171; gonfler le rien &#187;, en se contentant de faire circuler des contenus qui saturent d&#233;j&#224; l'espace m&#233;diatique et les r&#233;seaux sociaux ? Extrait du VO/VF du 5 septembre, cens&#233; &#233;clairer la question suivante, &lt;i&gt;&#171; La primaire peut-elle faire imploser les R&#233;publicains ? &#187;&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- [Extrait vid&#233;o du discours de Nicolas Sarkozy &#224; la Baule] : Il n'y aura pas d'alternance si la campagne des primaires devait continuer sur la base d'un pugilat. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Bruno Donnet : Alors &#231;a, Thomas, d'apr&#232;s moi, &#231;a veut dire quelque chose de diff&#233;rent que l'on peut traduire de fa&#231;on nettement plus directe, puisque je pense que &#231;a veut dire &#231;a : &#171; Si on continue &#224; se balancer des boules puantes, les Fran&#231;ais vont vraiment finir par trouver qu'on sent mauvais, et c'est Hollande qui sera r&#233;&#233;lu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous disions donc ? &lt;i&gt;&#171; Traduire chaque jour la parole politique pour la comprendre &#187;&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque tel est son principe, on pourrait &#224; la rigueur comprendre que cette rubrique aborde syst&#233;matiquement les sujets politiques par le petit bout de la lorgnette. Mais que dire quand la s&#233;quence consacr&#233;e aux &#171; grandes questions de politique fran&#231;aise &#187;, anim&#233;e &#224; la fois par le pr&#233;sentateur-journaliste et un &#171; &#233;claireur &#187;, suivent la m&#234;me d&#233;marche ? Trois exemples suffisent &#224; illustrer la mis&#232;re informative &#8211; et la d&#233;politisation &#8211; du journalisme politique tel que le pratique &#171; AcTualiTy &#187;, avec en t&#234;te de file, Nathalie Schuck, &#171; grand reporter &#187; au &lt;i&gt;Parisien/Aujourd'hui en France&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#233;mission du 15 septembre, un sujet est par exemple consacr&#233; aux femmes et hommes politiques sous un angle permettant certainement de &lt;i&gt;&#171; mieux comprendre l'actualit&#233; &#187;&lt;/i&gt; : &#171; Pourquoi les politiques mentent sur leur sant&#233; &#187;. Pendant pr&#232;s de 10 minutes, de nombreuses personnalit&#233;s seront pass&#233;es au peigne fin par un pr&#233;sentateur en mal de potins croustillants et une journaliste politique reconvertie en analyste m&#233;dicale, trimbalant son lot d'anecdotes et de carnets de sant&#233; officiels. Extraits d'un grand moment de &#171; d&#233;cryptage &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Thomas Thouroude : Nicolas Sarkozy, alors lui, il est compl&#232;tement hypocondriaque. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Nathalie Schuck : Alors &#231;a, oui. Il n'y a pas beaucoup de gens qui le savent, mais c'est un grand hypocondriaque. Alors le signe, c'est que quand on lui pose la question : &#171; Comment &#231;a va ? &#187;, il r&#233;pond toujours : &#171; &#199;a va, en fin, pour l'instant &#231;a va, enfin, au dernier check-up, &#231;a allait &#187;. Voil&#224;, &#231;a, c'est le signe des hypocondriaques. Il est hant&#233; par la peur d'attraper un cancer ou Alzheimer, c'est comme &#231;a qu'il le dit d'ailleurs, il a le visage qui se crispe &#224; chaque fois d&#232;s qu'il en parle. [&#8230;] Il a la hantise des microbes, voil&#224;, il n'aime pas &#231;a non plus. Et je peux vous raconter une petite anecdote. [Thomas Thouroude : Ouais !] Quand il &#233;tait pr&#233;sident de la R&#233;publique, il y avait eu une grande campagne de vaccination contre la grippe A, le gouvernement avait command&#233; des millions de doses pour vacciner tous les Fran&#231;ais, et j'avais profit&#233; d'une conf&#233;rence de presse pour lui poser la question : &#171; Les Fran&#231;ais se font vacciner. Et vous ? Est-ce que vous vous &#234;tes fait vacciner contre la grippe A ? &#187;, et il m'avait fusill&#233;e du regard, il &#233;tait fou furieux de col&#232;re, il m'avait dit que ma question faisait honte &#224; la France, je m'&#233;tais dit &#171; Qu'est-ce que j'ai dit de si horrible ? &#187;. C'est Brice Hortefeux qui m'avait dit ensuite : &#171; Vous comprenez, vous l'avez mis dans une situation super embarrassante parce que Nicolas, le r&#233;p&#233;tez pas, il n'aime pas les piq&#251;res &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Thomas Thouroude : Il n'aime pas les piq&#251;res ? &lt;strong&gt;Nicolas Sarkozy n'aime pas les piq&#251;res ? C'est pour &#231;a qu'il ne s'&#233;tait pas fait vacciner ?&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nahalie Schuck : V&#233;ridique, v&#233;ridique.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Thomas Thouroude : &lt;strong&gt;C'est incroyable.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tout bonnement &#171; incroyable &#187; oui, pour qui pr&#233;tend d&#233;crypter l'actualit&#233; sur une cha&#238;ne du service public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une retranscription de l'int&#233;gralit&#233; de cette m&#233;morable s&#233;quence est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul titre des sujets suffit &#224; soup&#231;onner, puis &#224; r&#233;sumer, l'angle selon lequel les questions li&#233;es aux personnalit&#233;s politiques sont trait&#233;es dans l'&#233;mission. D'&#171; anecdotes &#187; en &#171; petites histoires &#187;, Nathalie Schuck raffole des bruits de couloir &#233;lys&#233;ens, et on aura beau chercher, rien ne sera consacr&#233;, par exemple, au fond des programmes de ces futurs candidats. &#192; l'image de s&#233;quences telles que &#171; &#192; quoi joue Julie Gayet ? &#187;, &#171; Fran&#231;ois Hollande fait-il vendre ? &#187; ou encore &#171; J'ai d&#233;jeun&#233; avec Macron &#187;, la &#171; peopolitique &#187; s'invite partout dans &#171; AcTualiTy &#187;. En quoi ces interrogations permettent-elles de &#171; mieux comprendre l'actualit&#233; &#187; ? Nul ne le sait. Au moment d'&#233;clairer le dernier sujet cit&#233;, Nathalie Schuck fait d'ailleurs preuve d'une clairvoyance incontestable dans l'analyse de la m&#233;diatisation d'Emmanuel Macron afin de justifier son propre travail :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'objet c'&#233;tait surtout de parler, de faire du off avec lui, parce que&lt;strong&gt; c'est quelqu'un qu'on voit peu et on a besoin de voir les politiques en direct, pour savoir ce qu'ils disent en fait.&lt;/strong&gt; [&#8230;] C'est important pour lui de faire passer des messages. On n'est pas dupes. Il fait sa comm' mais nous, on n'est pas oblig&#233;s de faire sa comm' derri&#232;re, c'est-&#224;-dire que nous derri&#232;re, on d&#233;crypte. [&#8230;] &#199;a nous permet de voir la b&#234;te, comment elle est vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si nous avons d&#233;j&#224; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Emmanuel-Macron-superstar-mediatique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comment&#233;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/La-presse-est-unanime-Emmanuel-Macron&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mis en images&lt;/a&gt; le manque d'int&#233;r&#234;t crasse de la presse envers l'ex-ministre de l'&#201;conomie, l'intervention de Nathalie Schuck permet de combler les vides. Tandis que les unes de magazines people tapissent l'&#233;cran du plateau d'&#171; AcTualiTy &#187;, nous apprendrons au cours d'un fol instant de d&#233;cryptage que &lt;i&gt;&#171; les locaux d'Emmanuel Macron sont aust&#232;res &#187;&lt;/i&gt;, qu'il y a des &lt;i&gt;&#171; meubles Ikea &#187;&lt;/i&gt;, et que l'ancien ministre n'a &lt;i&gt;&#171; pas mang&#233; sa salade de p&#226;tes &#187;&lt;/i&gt;. &#192; la faveur de son n&#233;ant informatif, l'&#233;mission dessine en creux la conception que se font certains du m&#233;tier de &#171; journaliste politique &#187; : r&#233;unions et repas &#171; off &#187; et questionnements sur les bobos des pr&#233;sidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de dernier exemple, la s&#233;quence consacr&#233;e &#224; la question &#171; Hollande fait-il vendre ? &#187; laisse d&#233;finitivement perplexe quant &#224; la capacit&#233; de cette &#233;mission &#224; &#171; &#233;clairer l'actualit&#233; &#187;. De d&#233;ballages intimes en commentaires de chiffres de vente, il ne sera &#233;videmment jamais question d'un quelconque bilan du quinquennat de Fran&#231;ois Hollande ou de mise en perspective politique. Selon une m&#233;thode propre &#224; l'&#233;mission, utilis&#233;e pour &#171; synth&#233;tiser &#187; certains sujets en fin de s&#233;quence, Thomas Thouroude liste deux points &#171; &#224; retenir &#187;, comme s'il &#233;tait n&#233;cessaire de mettre un &#171; raisonnement &#187; en bo&#238;te et d'adopter une p&#233;dagogie de bas-&#233;tage revenant &#224; prendre les t&#233;l&#233;spectateurs pour des imb&#233;ciles. Ce qui donne, en acte, l'&#233;pilogue du &#171; Si j'ai bien compris &#187;, &#233;pilogue qui, appliqu&#233; au th&#232;me de l'&#233;mission, se traduit de la fa&#231;on suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : &lt;i&gt;&#171; Si j'ai bien compris, c'&#233;tait passionnant j'ai appris plein de choses, plus le pr&#233;sident est impopulaire, plus il fait vendre, et le deuxi&#232;me point c'est que Fran&#231;ois Hollande profite de ses livres pour commencer sa campagne. Donc &#224; la question &#034;Fran&#231;ois Hollande fait-il vendre ?&#034;, bah oui, parce que &#231;a nous permet de d&#233;couvrir son intimit&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diantre ! &#192; question &#233;clairante, r&#233;ponse &#233;clairante...&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Vous regardez &#034;AcTualiTy&#034;, l'&#233;mission qui &#233;claire l'actualit&#233; et qui augmente votre quotient intellectuel gratuitement. &#187;&lt;/i&gt; La formule est de Thomas Thouroude, et le moins que l'on puisse dire est qu'apr&#232;s quatre semaines de visionnage de l'&#233;mission, elle laisse songeur. &#171; AcTualiTy &#187; est une &#233;mission de divertissement qui pr&#233;tend informer et, si nous ne sommes pas de ceux qui pensent que l'information ne peut pas &#234;tre divertissante, il faut au minimum qu'elle soit... informative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous il y a quand m&#234;me un contenu informatif, une valeur informative et une volont&#233; de d&#233;crypter et d'expliquer l'actualit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, affirmait Thomas Thouroude sur France inter le jour de la premi&#232;re. De toute &#233;vidence, c'est rat&#233;. La nouvelle &#233;mission d'&#171; information &#187; de France 2 contribue bien au contraire &#224; propager une vision peu reluisante de l'actualit&#233;, faite de buzz, de petites phrases et de non-&#233;v&#233;nements, ce que l'on ne peut que regretter au regard des objectifs affich&#233;s, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; sur une cha&#238;ne de service public. Un bilan bien sombre pour une &#233;mission d&#233;sireuse d'&#171; &#233;clairer l'actualit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Pauline Perrenot&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Julien Salingue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Annexe&lt;br class='manualbr' /&gt;Transcription int&#233;grale : &#171; Pourquoi les politiques mentent sur leur sant&#233; ? &#187; (16 septembre 2016)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- Thomas Thouroude : Vous avez sans doute entendu parler du malaise d'Hillary Clinton le week-end dernier, mais &#231;a y est, elle a repris sa campagne pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles am&#233;ricaines, c'&#233;tait la nuit derni&#232;re. Elle &#233;tait en forme, elle &#233;tait heureuse, elle &#233;tait radieuse, elle est mont&#233;e sur la tribune pour rencontrer ses militants, ses partisans, et leur dire le bonheur qu'elle a eu de les retrouver apr&#232;s quelques jours d'absence. &#201;coutez-l&#224;. [Extrait vid&#233;o] Hillary Clinton, radieuse donc, quatre jours apr&#232;s ce malaise &#224; New-York, l'image a fait le tour du monde, regardez, on a isol&#233; Hillary Clinton sur cette image : elle s'&#233;vanouit, elle tombe, elle est retenue, elle est soutenue par ses gardes du corps, et ce qui est int&#233;ressant Nathalie Schuck, c'est que le jour de son malaise, elle a dit qu'elle n'avait pas grand chose, juste un vertige, avant de finalement avouer via un communiqu&#233; qu'elle avait eu une pneumonie. Pourquoi elle a menti ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : Quand elle fait son malaise, elle sait d&#233;j&#224; qu'elle a une pneumonie. Et la raison pour laquelle elle ne l'a pas dit, c'est tout simplement parce que les &#233;lections ont lieu dans 50 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Donc elle a peur de perdre des voix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : &#201;videmment. Et d'ailleurs, elle perd des points dans les sondages, tr&#232;s fortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Alors ce mensonge d'Hillary Clinton, c'est aux &#201;tats-Unis, mais chez nous, en France, on l'a d&#233;j&#224; v&#233;cu avec des illustres pr&#233;sidents par le pass&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : On l'a v&#233;cu avec Fran&#231;ois Mitterrand, le cancer de la prostate, on se souvient que tous les bulletins de sant&#233; de Fran&#231;ois Mitterrand &#233;taient falsifi&#233;s. Et puis il y a eu Georges Pompidou juste avant, qui souffrait de la maladie de maladie de Waldenstr&#246;m alors c'est une forme de cancer du sang, rare. Ses conseillers, &#224; l'&#233;poque, nous expliquaient qu'il avait de simples grippes. Alors aujourd'hui, on ne ment plus mais on ne dit pas tout. Si vous prenez Fran&#231;ois Hollande. Pendant sa campagne, il avait promis de publier tous les six mois un bulletin de sant&#233;. On en a eu 5 en tout, le dernier date d'il y a un an tout pile hein, c'&#233;tait en septembre. Donc &#231;a veut dire &#171; promesse &#224; moiti&#233; remplie &#187;. Et le petit souci, c'est que sur ces bulletins de sant&#233;, on n'apprend pas grand chose, faut dire les choses, on apprend juste que le pr&#233;sident normal, &#231;a ne vous surprendra pas, a une sant&#233; normale. Il faut croire que le m&#233;decin de l'&#201;lys&#233;e est un petit peu taquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : On avait eu un autre bulletin officiel o&#249;, quand m&#234;me, on avait d&#233;couvert qu'il avait &#233;t&#233; hospitalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : Il n'avait pas tout dit Fran&#231;ois Hollande pendant sa campagne. On a d&#233;couvert en fait, un an apr&#232;s son &#233;lection qu'en f&#233;vrier 2011, il s'&#233;tait fait op&#233;rer pendant une semaine &#224; l'h&#244;pital Cochin &#224; Paris, pour une hypertrophie b&#233;nigne de la prostate. Alors c'est pas grave du tout, c'est l'&#233;quivalent d'une op&#233;ration de l'appendicite, 65 000 hommes sont op&#233;r&#233;s de &#231;a chaque ann&#233;e en France, mais n'emp&#234;che que du coup, &#231;a pose la question : &#171; Est-ce qu'il nous dit la v&#233;rit&#233;, est-ce qu'il nous dit tout ? &#187; Alors j'ai eu l'&#201;lys&#233;e ce matin, ils m'ont garanti qu'on aura le bulletin de sant&#233; du pr&#233;sident au mois d'octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Nicolas Sarkozy, alors lui, il est compl&#232;tement hypocondriaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : Alors &#231;a, oui. Il n'y a pas beaucoup de gens qui le savent, mais c'est un grand hypocondriaque. Alors le signe, c'est que quand on lui pose la question : &#171; Comment &#231;a va ? &#187;, il r&#233;pond toujours : &#171; &#199;a va, en fin, pour l'instant &#231;a va, enfin, au dernier check-up, &#231;a allait &#187;. Voil&#224;, &#231;a, c'est le signe des hypocondriaques. Il est hant&#233; par la peur d'attraper un cancer ou Alzheimer, c'est comme &#231;a qu'il le dit d'ailleurs, il a le visage qui se crispe &#224; chaque fois d&#232;s qu'il en parle, et il aime pas du tout, c'est un peu emb&#234;tant quand on est candidat et qu'on fait des bains de foule, il aime pas qu'on le touche, voil&#224;. Il a la hantise des microbes, voil&#224;, il aime pas &#231;a non plus. Et je peux vous raconter une petite anecdote. [Thomas Thouroude : Ouais !] Quand il &#233;tait pr&#233;sident de la R&#233;publique, il y avait eu une grande campagne de vaccination contre la grippe A, le gouvernement avait command&#233; des millions de dose pour vacciner tous les Fran&#231;ais, et j'avais profit&#233; d'une conf&#233;rence de presse pour lui poser la question : &#171; Les Fran&#231;ais se font vacciner. Et vous ? Est-ce que vous vous &#234;tes fait vacciner contre la grippe A &#187;, et il m'avait fusill&#233;e du regard, il &#233;tait fou furieux de col&#232;re, il m'avait dit que ma question faisait honte &#224; la France, je m'&#233;tais dit &#171; Qu'est-ce que j'ai dit de si horrible ? &#187;. C'est Brice Hortefeux qui m'avait dit ensuite : &#171; Vous comprenez, vous l'avez mis dans une situation super embarrassante parce que Nicolas, le r&#233;p&#233;tez pas, il aime pas les piq&#251;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Il aime pas les piq&#251;res ? Nicolas Sarkozy n'aime pas les piq&#251;res ? C'est pour &#231;a qu'il s'&#233;tait pas fait vacciner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : V&#233;ridique, v&#233;ridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : C'est incroyable. Quand il &#233;tait pr&#233;sident, il avait fait un malaise vagal pendant un footing, &#231;a, on l'avait vu pour le coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : Oui, c'&#233;tait en 2009 et il avait tout de suite &#233;t&#233; transport&#233; au Val de Gr&#226;ce pour faire plein d'examens. Alors il y avait un de ses conseillers sur place qui m'avait racont&#233; qu'il &#233;tait couvert de sondes, de fils, pour &#233;couter son c&#339;ur, prendre sa tension, et il s'&#233;tait mis &#224; engueuler tous ses conseillers, parce qu'il ne supporte pas d'&#234;tre dans un h&#244;pital, &#231;a le rend malade. Il pr&#233;f&#232;re plut&#244;t mettre en avant sa sant&#233; de fer. [Images de Nicolas Sarkozy qui court, en v&#233;lo...] On le voit tout le temps en train de courir, de faire du v&#233;lo, du footing. Est-ce que vous savez comment il se surnomme lui-m&#234;me ? Bionic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Bionic, mais sans piq&#251;re ! Pourquoi ils mentent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : En France, les politiques consid&#232;rent qu'ils ont un droit &#224; la vie priv&#233;e, droit que l'on peut opposer au fait que, quand on est chef de l'&#201;tat, on a une responsabilit&#233; qui est tellement lourde, c'est des horaires de travail qui sont tellement importants qu'on pourrait faire la transparence davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Alors en 2003, Roselyne Bachelot avait r&#233;v&#233;l&#233; elle que Jacques Chirac &#233;tait sourd et qu'il portait un sonotone. Alors c'est une bourde, sur laquelle elle est revenue r&#233;cemment au micro de nos confr&#232;res de BFMTV. &#201;coutez. &#171; Elle m'a co&#251;t&#233; mon poste au gouvernement &#187;. Mais &#224; ce point l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : Mais bien s&#251;r, c'est v&#233;ridique. La sant&#233; de Jacques Chirac, c'&#233;tait un quasi secret d'&#201;tat en fait. C'&#233;tait vraiment confin&#233; par sa fille, Claude Chirac qui s'occupait de sa communication. Pourquoi ? Parce que Jacques Chirac, il &#233;tait pas en super &#233;tat. Il a fait un AVC en 2005, on sait aujourd'hui qu'apr&#232;s cet accident vasculaire c&#233;r&#233;bral, il &#233;tait quasiment plus en &#233;tat de diriger le pays et qu'il commen&#231;ait d&#233;j&#224; &#224; avoir des sympt&#244;mes d'anosognosie, c'est une forme d'Alzheimer dont il souffre aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Alors, il ne disent pas quelle est leur sant&#233; ou en tout cas ils se prot&#232;gent quand ils ont des maladies ou des petits p&#233;pins physiques parce qu'ils sont plus tout jeunes les candidats finalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : Non, ils sont pas tout jeunes. Alors Fran&#231;ois Hollande, &#231;a va, 62 ans, Nicolas Sarkozy, 61, c'est presque des gamins &#224; c&#244;t&#233; d'Alain Jupp&#233;, lui, 71 ans, c'est le &#171; papi de la bande &#187;, passez-moi l'expression, ce n'est pas moi qui l'appelle comme &#231;a, c'est Nicolas Sarkozy, vous le savez. Et Alain Jupp&#233;, s'il est &#233;lu pr&#233;sident au mois de mai, &#231;a sera le pr&#233;sident le plus &#226;g&#233; au moment de son entr&#233;e en fonctions. M&#234;me le G&#233;n&#233;ral de Gaulle avait 68 ans, c'est un petit peu plus jeune, quand il a &#233;t&#233; &#233;lu la premi&#232;re fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : On &#233;coute Alain Jupp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : &#199;a va il a quand m&#234;me de l'humour. [Isabelle Saporta : Il est vraiment dr&#244;le.] Est-ce que &#231;a vous int&#233;resse Isabelle Saporta de savoir dans quel &#233;tat de sant&#233; se trouve le pr&#233;sident de la R&#233;publique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Isabelle Saporta : Moi je voudrais juste qu'ils fassent ce &#224; quoi ils s'engagent dans l'ensemble. Honn&#234;tement, c'est tout ce que je leur demande. Moi, &#231;a m'int&#233;resse pas tellement. Par contre, aux &#201;tats-Unis, les secrets et mentir, c'est une faute. C'est pour &#231;a que je ne comprends pas pourquoi Hillary Clinton l'a fait. Chez nous, tout le monde se fout que tout le monde mente, c'est comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : C'est vrai qu'aux &#201;tats-Unis, c'est tr&#232;s tr&#232;s diff&#233;rent parce qu'il y a une esp&#232;ce d'obligation morale de transparence. Tous les pr&#233;sidents sont oblig&#233;s de dire ce qui se passe, ce qui leur arrive. Il y avait eu une image saisissante de G.W. Bush. Il &#233;tait apparu une fois en public, il avait un bleu sur la joue. Alors on lui avait demand&#233; ce qui s'&#233;tait pass&#233;. Il aurait pu mentir et raconter des bobards. Ben non, il a racont&#233; qu'il &#233;tait devant sa t&#233;l&#233;, il a aval&#233; un bretzel de travers, paf, fausse route et il s'est retrouv&#233; par terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Ah oui, c'&#233;tait l'histoire du bretzel. &#199;a vous int&#233;resse vous Gauz de savoir que votre pr&#233;sident est en forme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Gauz : Non, pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : Non mais on a tellement menti aux Fran&#231;ais l&#224;-dessus, Mitterrand, Pompidou, Chirac aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Gauz : Le pr&#233;sident, c'est un homme au milieu d'un syst&#232;me, il faut que le syst&#232;me marche en r&#233;alit&#233;, c'est &#231;a le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : Oui, mais cet homme, si jamais il est malade, le syst&#232;me il peut s'&#233;crouler aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Gauz : La Constitution a pr&#233;vu de le remplacer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Isabelle Saporta : Oui, mais c'est vrai que nous, les histoires de fesses, de sant&#233;, tout &#231;a, dans l'ensemble, en France, on d&#233;cide de mettre un voile dessus et moi &#231;a ne me g&#234;ne pas vraiment, honn&#234;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Euh... Barack Obama, lui, il publie r&#233;guli&#232;rement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Schuck : Barack Obama, on sait tout sur lui. En fait, La Maison Blanche publie, je crois, tous les ans, un bulletin de sant&#233; tr&#232;s complet qui est quasiment un compte-rendu technique. On conna&#238;t sa taille, son poids, son taux de cholest&#233;rol, on conna&#238;t sa pression art&#233;rielle, son bilan sanguin, m&#234;me l'&#233;tat de sa prostate, mais &#231;a, on n'a pas du tout envie de le savoir. On sait par exemple que Barack Obama, sur le dernier bulletin de sant&#233; qui a &#233;t&#233; publi&#233; par la Maison Blanche, on apprend qu'il est dans une forme olympique, qu'il a perdu deux kilos, il a un rythme cardiaque qui est de 56 battements par minute, alors, c'est parfait, et une acuit&#233; visuelle de 20/20. Seul petit probl&#232;me, il souffre de reflux gastriques et il est un petit peu accro aux gommes nicotiniques, mais &#231;a, c'est le stress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Isabelle Saporta : Le reflux gastrique, c'est moins glamour que le reste hein, je ne sais pas ce que vous en pensez...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Thomas Thouroude : Alors on peut ajouter enfin que pour clore son meeting, Hillary Clinton a choisi une chanson de James Brown, c'est &#171; I feel good &#187;, et on pr&#233;cise quand m&#234;me, et c'est &#231;a qui est terrible, c'est que elle qui a &#233;t&#233; victime d'une pneumonie, et ben James Brown, lui, il est mort... d'une pneumonie. Je ne sais pas si c'&#233;tait un tr&#232;s bon choix de sa part.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; moins qu'il ne s'agisse des initiales de l'animateur de l'&#233;mission ? Nous n'osons le croire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Retour du Chat&lt;/i&gt;, Casterman, Bruxelles, 2002 (1987), p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La journaliste Isabelle Saporta est ainsi alternativement pr&#233;sent&#233;e comme &#171; sp&#233;cialiste des questions de soci&#233;t&#233; &#187;, &#171; sp&#233;cialiste des questions de vie quotidienne &#187;, &#171; sp&#233;cialiste de l'alimentation &#187;, etc. Beaucoup de &#171; sp&#233;cialit&#233;s &#187;, en somme, et une ma&#238;trise toute relative, en d&#233;finitive, des sujets sur lesquels elle nous &#171; &#233;claire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/journaliste/philippe-ridet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page du journaliste&lt;/a&gt;, nous n'avons trouv&#233; aucun article consacr&#233; au PCF. Mais peut-&#234;tre avons-nous mal cherch&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tout en reconnaissant le potentiel arbitraire de cette cat&#233;gorisation, pr&#233;cisons que nous entendons par &#171; politique fran&#231;aise &#187; des sujets comme : &#171; Y a-t-il enfin quelqu'un pour sauver Calais ? &#187; (5/9/16), &#171; Affaire Bygmalion : Sarkozy pourra-t-il &#234;tre candidat ? &#187; (5/9/16), ou encore &#171; Faut-il rendre obligatoire le service militaire ? &#187; (7/9/16). Des questions telles que &#171; &#192; quoi &#231;a sert d'&#234;tre bon en orthographe ? &#187; (7/9/16), &#171; Faut-il &#234;tre riche et en bonne sant&#233; pour avoir une bonne mutuelle ? &#187; (9/9/16), &#171; Y a-t-il encore un agriculteur heureux ? &#187; (14/9/16), nous semblent quant &#224; elles relever des &#171; sujets de soci&#233;t&#233; &#187;. La derni&#232;re rubrique comporte des th&#232;mes comme &#171; G&#233;nial ! Le panda est sauv&#233; &#187; (15/9/16), &#171; Le prix Goncourt est-il truqu&#233; ? &#187; (15/9/16) et &#171; Au fait, c'est qui Ben-Hur ? &#187; (8/9/16).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soit, si l'on ne retient que la dur&#233;e des &#171; d&#233;bats &#187;, 39 % pour la &#171; politique fran&#231;aise &#187;, contre 33 % pour les sujets de soci&#233;t&#233;, et 28 % pour ceux de la troisi&#232;me cat&#233;gorie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Info-spectacle en bon fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur dix &#233;missions, cette rubrique de &#171; sous-politique &#187; occupe tout de m&#234;me 38 minutes de temps d'antenne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une retranscription de l'int&#233;gralit&#233; de cette m&#233;morable s&#233;quence est disponible en annexe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Comment mon passage &#224; l'&#233;mission &#034;Tous ensemble&#034; de TF1 m'a pourri la vie &#187;</title>
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		<dc:date>2015-03-06T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Rousseaux</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Du r&#234;ve au cauchemar.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Deontologie-+" rel="tag"&gt;D&#233;ontologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reprenons, avec l'aimable autorisation de son auteure et du site, &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Comment-l-emission-Tous-ensemble&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un article publi&#233;&lt;/a&gt; par &lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt; le 17 f&#233;vrier dernier (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un matin, &#224; 9 heures, les cam&#233;ras ont d&#233;barqu&#233;. &lt;i&gt;&#171; Vous avez dix minutes pour prendre vos affaires. Nous d&#233;m&#233;nageons tout ce soir &#187;&lt;/i&gt;, leur a dit ensuite l'animateur de l'&#233;mission &#171; Tous ensemble &#187;, diffus&#233;e par TF1 et produite par la soci&#233;t&#233; de Julien Courbet. Cela devait &#234;tre un acte de solidarit&#233; : la r&#233;novation par des artisans b&#233;n&#233;voles d'une maison d&#233;labr&#233;e o&#249; vit une famille aux revenus modestes. Malfa&#231;ons, travaux b&#226;cl&#233;s, jalousies du voisinage : cela a &#233;t&#233; le d&#233;but d'un cauchemar pour la famille, dont &lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt; a recueilli le t&#233;moignage. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes producteurs d'&#233;mission t&#233;l&#233;, pas sp&#233;cialistes du b&#226;timent &#187;&lt;/i&gt;, se d&#233;fend la soci&#233;t&#233; de production. T&#233;moignage et r&#233;actions.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;milie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a fait appel &#224; l'&#233;mission de TF1 &#171; Tous ensemble &#187;. Un programme o&#249; l'animateur recrute des artisans et b&#233;n&#233;voles pour retaper la maison d'une famille en difficult&#233;. Mais l'envers du d&#233;cor inqui&#232;te : travaux b&#226;cl&#233;s &#224; cause de l'urgence, aucune prise en compte de la consommation &#233;nerg&#233;tique, organisation d&#233;faillante... &#192; cause de leur participation &#224; l'&#233;mission, &#201;milie, son mari et leurs quatre enfants ont connu une grande souffrance, pendant plusieurs ann&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Je souhaite t&#233;moigner pour pr&#233;venir ceux qui veulent faire appel &#224; l'&#233;mission et qui ne connaissent pas l'envers du d&#233;cor. Tout ce qui est fait n'est que fum&#233;e. Et quand le voile s'estompe, c'est le d&#233;sastre ! &#187;&lt;/i&gt;, explique cette m&#232;re de famille, qui souhaite rester anonyme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;milie a candidat&#233; plusieurs fois pour l'&#233;mission, en laissant un message sur un r&#233;pondeur. &lt;i&gt;&#171; Quand on les appelle, c'est qu'on est dans la d&#233;tresse la plus totale &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-elle. Six mois plus tard, elle est contact&#233;e par la production. Sa famille correspond au profil recherch&#233; : des conditions de vie tr&#232;s dures, une maison mal isol&#233;e qui aurait grandement besoin de travaux, des enfants en bas &#226;ge, un mari malade. La production demande alors des attestations m&#233;dicales, r&#233;alise une enqu&#234;te de voisinage et aupr&#232;s de la famille, v&#233;rifie les d&#233;clarations, r&#233;clame des attestations de ressources, des documents administratifs. Et deux mois plus tard, tout s'acc&#233;l&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Priorit&#233; &#224; l'&#233;motion
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un matin, &#224; 9 heures, les cam&#233;ras ont d&#233;barqu&#233;. On nous a envoy&#233; chez des voisins le temps de filmer la maison. Les &#233;quipes repartent puis reviennent. Dans l'apr&#232;s-midi, l'animateur de l'&#233;mission, Marc-Emmanuel, sonne &#224; la porte. On vous conditionne jusqu'&#224; son arriv&#233;e. Quand il arrive, vous craquez, vous pleurez. Tout est fait pour l'audimat. On refait les prises vid&#233;os quatre ou cinq fois, on vous demande de raconter encore et encore votre histoire. Les sc&#232;nes s'enchainent : &lt;i&gt;&#034;On coupe, on reprend, on coupe&lt;/i&gt;&#034;. J'avais l'impression d'&#234;tre dans un t&#233;l&#233;film. Ils vous parlent de proches qui sont morts, juste avant de vous mettre devant la cam&#233;ra, ils vous font pleurer. Ce que vous voyez &#224; la t&#233;l&#233;, ce n'est pas du tout ce que vous ressentez, ce que vous &#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son arriv&#233;e, Marc-Emmanuel nous dit : &lt;i&gt;&#034;Vous avez dix minutes pour prendre vos affaires. Nous d&#233;m&#233;nageons tout ce soir&lt;/i&gt;&#034;. Personne ne nous explique pour combien de temps nous partons. Une semaine ? Deux semaines ? Comment est-ce possible de s'organiser en 10 minutes, avec quatre enfants, sans savoir pour combien de temps vous quittez votre maison ? On nous laisse dans le flou le plus total. Finalement, ce sera trois semaines, pendant lesquelles nous n'aurons pas le droit de revenir dans le village. Ni &#224; l'&#233;cole, car on peut apercevoir la maison depuis l'&#233;tablissement. On nous a envoy&#233; dans un h&#244;tel, &#224; 30 kilom&#232;tres de chez nous. Nous n'avons qu'une seule voiture, mon mari en avait besoin pour aller travailler, et il n'y avait pas d'&#233;cole sur place. Mes enfants ont fait l'&#233;cole buissonni&#232;re pendant deux semaines. L'organisation a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s notre d&#233;part, l'&#233;quipe prend possession de la maison. Nos affaires sont mises dans un camion de d&#233;m&#233;nagement. Quand on regarde l'&#233;mission, on voit des gens qui prennent soin des affaires que vous ch&#233;rissez, qui aident par g&#233;n&#233;rosit&#233;, qui ont le c&#339;ur sur la main... Mais beaucoup de nos affaires ont disparu ou ont &#233;t&#233; cass&#233;es. Le jour de notre retour, la production a dit que le d&#233;m&#233;nageur ram&#232;nerait nos affaires. On m'a donn&#233; un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone sur un bout de papier. &lt;i&gt;&#034;Vous avez 24 heures pour venir chercher vos affaires, sinon je les jette &#224; la benne&#034;&lt;/i&gt;, m'a r&#233;pondu le d&#233;m&#233;nageur, lorsque que je l'appelle quelques jours plus tard. Nous avons rapidement lou&#233; un camion, pour aller les chercher, &#224; 80 km. Tout en se demandant o&#249; on allait les mettre, puisque nous avions d&#233;sormais tous les meubles en double.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de l'arriv&#233;e de l'&#233;quipe de la production, nous avons sign&#233; des papiers, des autorisations de diffusion des images vid&#233;os. Mais &#233;tait-ce seulement cela ? Je n'ai pu lire que la premi&#232;re page. Il y avait quinze pages &#224; parapher, pour chaque membre de la famille. Sans que l'on puisse faire des recherches sur internet pour essayer de comprendre de quoi il s'agissait. On est timide, on se laisse impressionner. Et puis ils ont fait tant de kilom&#232;tres pour venir nous aider... Je n'ai pas pu garder ces documents, ils ont tout repris. Je n'ai aucune garantie, aucune attestation prouvant que l'&#233;mission est bien pass&#233;e chez moi !&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Des travaux b&#226;cl&#233;s dans l'urgence
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On nous a demand&#233; nos pr&#233;f&#233;rences, nos go&#251;ts, nos souhaits. Mais la production n'en a pas tenu compte. R&#233;sultat, une surprise tr&#232;s d&#233;cevante. Ils nous ont remis les clefs dans la nuit, vers trois heures du matin, nous &#233;tions fatigu&#233;s. Il y avait des projecteurs partout pour mettre en &#233;vidence la maison... et pour masquer les d&#233;fauts ! On est &#233;bloui. Quand on reprend ses esprits, on r&#233;alise que certaines choses ne sont pas termin&#233;es. &#224; l'int&#233;rieur, l'animateur nous emm&#232;ne d'une pi&#232;ce &#224; une autre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#034;Voici le salon&#034;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#034;whoua !!&#034;&lt;/i&gt; Mais dans votre t&#234;te, c'est : &lt;i&gt;&#034;O&#249; est ma chemin&#233;e ??&#034;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#034;Voici la cuisine&#034;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#034;whoua !!&#034;&lt;/i&gt; Et dans votre t&#234;te, c'est plut&#244;t : &lt;i&gt;&#034;Quelle horreur cette couleur !&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin, tout le monde vient vous dire &lt;i&gt;&#034;bravo&#034;&lt;/i&gt;. On doit r&#233;pondre : &lt;i&gt;&#034;Merci pour cette nouvelle vie !&#034;&lt;/i&gt;... Deux jours avant, la production vous demande d'&#233;crire un petit discours simple de remerciement, on vous dit ce que vous devez &#233;crire et apprendre par c&#339;ur. Puis l'&#233;quipe de production, les b&#233;n&#233;voles, rentrent chez eux. Et c'est l&#224; que commencent les probl&#232;mes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la salle de bains, les canalisations ont &#233;t&#233; mal faites, l'eau ne s'&#233;coule pas, et remonte dans le lavabo. Quand on tire la chasse d'eau, &#231;a ressort dans la baignoire ! Tout &#233;tait raccord&#233; au m&#234;me endroit. Un d&#233;sastre ! Mon mari a tout repris : &#233;coulement de la baignoire, des W.C... J'ai refait toutes les peintures, car au bout de six mois, elles s'effritaient partout, ainsi que le carrelage, car ils ont march&#233; dessus pendant qu'ils le posaient, donc forc&#233;ment... Ils ont mis un meuble pour changer le b&#233;b&#233;, qui s'est d&#233;mantibul&#233; au bout de trois semaines. Les tiroirs nous restaient dans les mains, et il a fini par s'effondrer ! J'ai eu tr&#232;s peur pour mon petit. Ils ont aussi oubli&#233; des portes. Et enlev&#233; un balcon, sans autorisation de d&#233;molition. Heureusement que le maire de la commune n'a pas &#233;t&#233; trop pointilleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulions une maison chaleureuse, ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; des couleurs neutres, froides. Ils s'&#233;taient engag&#233;s &#224; faire une chambre pour chacun de mes enfants et n'ont pas respect&#233; leur promesse. Notre magnifique chemin&#233;e, pay&#233;e &#224; cr&#233;dit, a &#233;t&#233; cass&#233;e. Je leur avais pourtant dit que j'y tenais... Elle a &#233;t&#233; remplac&#233;e par des radiateurs &#233;lectriques. Avant, nous avions une petite facture d'&#233;lectricit&#233;, avec un chauffage de 2000 Watts et une chemin&#233;e, aliment&#233;e par du bois que nous r&#233;cup&#233;rions en for&#234;t. Nous sommes pass&#233;s de 800 euros par an d'&#233;lectricit&#233; &#8211; sans isolation sous le toit et avec un trou dans le plancher &#8211; &#224; 3000 euros par an, avec l'isolation refaite. Nous utilisions aussi la chemin&#233;e pour cuisiner : je faisais cuire les pizzas au feu de bois, pour faire des &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous nous sommes install&#233;s dans cette maison, au d&#233;but nous avons pass&#233; six mois sans eau, sans &#233;lectricit&#233;, avant que mon mari ne puisse commencer les gros travaux, car il travaillait. Nous allions au lavoir pour la vaisselle, pour le linge. L'hiver, il fallait casser la glace... Puis nous avons eu l'&#233;lectricit&#233; et l'eau. De l'eau froide d'abord, pendant trois ou quatre mois, puis de l'eau chaude. Pendant quatre ans, j'ai lav&#233; le linge et la vaisselle dans la baignoire. Apr&#232;s avoir v&#233;cu quatre ans sans gazini&#232;re, nous en avions achet&#233; une six mois avant les travaux. Nous avons attendu quatre ans pour avoir trois sous &#224; d&#233;penser pour am&#233;liorer un peu la situation. Cela restait pr&#233;caire. Je pensais que mes enfants iraient mieux apr&#232;s le passage de l'&#233;mission, mais je me suis tromp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Notre maison appartient aux t&#233;l&#233;spectateurs et aux voisins
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;mission, des curieux viennent voir la maison, regardent par les fen&#234;tres, sonnent &#224; la porte. Cela leur semble normal : &lt;i&gt;&#034;J'ai particip&#233; &#224; l'&#233;mission, &#224; la r&#233;novation, j'ai le droit de visiter&#034;&lt;/i&gt;. Notre maison est devenue un site touristique ! Au d&#233;but, on en rit, mais au bout d'un an, on n'en peut plus ! Nous n'avions plus d'intimit&#233;. J'ai d&#251; repousser des gens de chez moi en les tirant par le bras. Une fois, en sortant de ma salle de bain, je suis tomb&#233;e nez-&#224;-nez avec des gens qui m'ont dit : &lt;i&gt;&#034;C'&#233;tait ouvert alors on est entr&#233;&lt;/i&gt;s&#034; ! On doit s'enfermer &#224; cl&#233; pour &#234;tre tranquille, laisser les volets ferm&#233;s. On doit remercier ces gens &#8211; que l'on ne connait pas, mais qui eux nous reconnaissent &#8211; pour leur participation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est un stress quotidien, sans compter les critiques, la jalousie que cela suscite. Je n'en pouvais plus. Nous &#233;tions trait&#233;s comme des parias dans le village. Tags, jet d'ordures, crottes d'animaux sur les murs, crachats, insultes, javel dans nos fleurs, gerbe mortuaire devant la porte... Cela a dur&#233; deux ans. M&#234;me &#224; l'&#233;cole, ce fut l'angoisse, le m&#233;pris ou la violence des profs ou des &#233;l&#232;ves envers mes enfants. Pourquoi toute cette haine, cette jalousie ? Parce que j'ai demand&#233; de l'aide ? L'&#233;mission ne nous a pas offert une maison gratuite : nous avons un cr&#233;dit sur 30 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes enfants ont &#233;norm&#233;ment souffert. L'un d'eux a fait une anorexie mentale, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; frapp&#233; et humili&#233; par un adulte. Un autre de mes enfants a fait de la boulimie. Mon mari est tomb&#233; en d&#233;pression. Cela a &#233;t&#233; tr&#232;s dur. Nous avons d&#251; quitter cette maison en urgence, &#224; cause de la sant&#233; de mes enfants et de mon mari, et des factures d'&#233;nergies que nous n'arrivions plus &#224; payer. C'&#233;tait une question de vie ou de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes r&#233;sign&#233;s &#224; vendre cette maison du malheur&#8230; Une vente &#224; perte. Cela fait deux ans que nous sommes partis. Nous habitons aujourd'hui dans une autre r&#233;gion, dans une maison en location. Quand il y a une rediffusion de l'&#233;mission, nous avons peur que les gens nous reconnaissent, recommencent &#224; poser des questions. Alors nous nous sommes install&#233;s au milieu de nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai plus de contact avec l'&#233;mission, je ne veux plus avoir &#224; faire &#224; eux. Je pr&#233;f&#232;rerais me couper la main, plut&#244;t que de le refaire. Je suis tellement &#233;c&#339;ur&#233;e que je change de cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision le samedi soir quand je tombe sur l'&#233;mission. Ceci est un t&#233;moignage d'avertissement, pour tous ceux qui pensent qu'avec l'&#233;mission &#034;Tous ensemble&#034;, tout est rose et flamboyant. Je souhaite bon courage aux autres familles qui sont pass&#233;es ou passeront dans l'&#233;mission... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;De plus en en plus de critiques contre l'&#233;mission
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs familles ont r&#233;cemment manifest&#233; leur m&#233;contentement, apr&#232;s leur passage dans l'&#233;mission&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici, ici et ici.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elles d&#233;crivent des travaux b&#226;cl&#233;s, et un d&#233;calage entre ce qui est montr&#233; &#224; l'&#233;cran et la r&#233;alit&#233;. &lt;i&gt;&#171; C'est tout beau tout rose ce que l'on voit &#224; la t&#233;l&#233;, &#231;a brille, mais quand on vit dedans, &#231;a n'a rien &#224; voir &#187;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.voici.fr/news-people/actu-people/tous-ensemble-une-famille-denonce-des-malfacons-et-envisage-de-porter-plainte-544894&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;explique&lt;/a&gt; Nathalie, dont la maison a &#233;t&#233; r&#233;nov&#233;e, dans l'Eure : meubles qui se d&#233;crochent du mur, sani&#173;taires inuti&#173;li&#173;sables, lavabo sans siphon, &#233;vacuation de la ventilation d&#233;bouchant dans les combles... et une maison qui n'a pas &#233;t&#233; raccor&#173;d&#233;e &#224; l'eau courante. Natha&#173;lie regret&#173;terait presque son ancien syst&#232;me avec une bassine et un r&#233;ser&#173;voir d'eau de pluie : &#171; &lt;i&gt; Avant, au moins, j'avais un point d'eau qui fonc&#173;tion&#173;nait &#187;&lt;/i&gt;... Une autre famille explique que les tuiles sur le toit n'ont pas &#233;t&#233; fix&#233;es. Un vrai danger. Une pol&#233;mique qui n'est pas du go&#251;t de Julien Courbet, producteur de &#171; Tous ensemble &#187;, via sa soci&#233;t&#233; La Concepteria. &lt;i&gt;&#171; On ne porte pas plainte contre une &#233;mission qui vient de te donner 200.000 euros ! &#187;&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;http://tvmag.lefigaro.fr/le-scan-tele/polemiques/2014/10/31/28003-20141031ARTFIG00082-polemique-de-tous-ensemble-le-coup-de-gueule-de-julien-coubert.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'enflamme-t-il&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est un manque de respect pour les 200 b&#233;n&#233;&#173;voles qui ont accom&#173;pli un travail ph&#233;no&#173;m&#233;&#173;nal &#187;&lt;/i&gt;, s'indigne l'animateur Marc-Emmanuel. Sauf que des b&#233;n&#233;voles aussi d&#233;noncent les conditions de r&#233;alisation de ces travaux. &lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt; a publi&#233; en 2010 le &lt;a href=&#034;http://www.bastamag.net/Comment-TF1-saccage-une-maison-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;moignage&lt;/a&gt; d'un artisan des Pyr&#233;n&#233;es Orientales : &lt;i&gt;&#171; Sans aucune &#233;tude architecturale ou thermique pr&#233;alable, les travaux commencent de suite en fonction des artisans et des mat&#233;riaux disponibles, donn&#233;s par les fournisseurs &#187;&lt;/i&gt;. Combien de temps faudra-t-il avant que tout ne pourrisse derri&#232;re les cloisons ?, interrogeait-il. Qui sera responsable ? TF1 ? Les artisans ? (lire aussi &lt;a href=&#034;http://tractopelle.canalblog.com/archives/2013/11/07/28378788.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;) &lt;i&gt;&#171; Il est ind&#233;niable que ces gens avaient besoin d'&#234;tre aid&#233;s. Leur maison &#233;tait plus proche du taudis que d'une habitation. Visuellement, le r&#233;sultat est &#233;poustouflant. C'est tout ce que TF1 demande : de l'&#233;motion, du bling-bling, et vogue la gal&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Nous sommes producteurs d'&#233;mission t&#233;l&#233;, pas sp&#233;cialistes du b&#226;timent &#187;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'autres b&#233;n&#233;voles d&#233;noncent les malfa&#231;ons dans les travaux, et s'&#233;tonnent que les familles ne soient pas plus nombreuses &#224; porter plainte. Comme Florian, b&#233;n&#233;vole sur une r&#233;novation &#224; Di&#232;me (Rh&#244;ne-Alpes) en 2011, qui &lt;a href=&#034;http://www.voici.fr/news-people/actu-people/tous-ensemble-un-benevole-d-un-chantier-deplore-la-mauvaise-qualite-du-travail-517184&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;crit&lt;/a&gt; les m&#233;thodes exp&#233;ditives de la production et des professionnels. &lt;i&gt;&#171; Rien que pour l'&#233;lectricit&#233;, ils &#233;taient trois diff&#233;rents et c'est moi qui ai fini par rattraper les conneries, explique-t-il. Ils ont branch&#233; toute la maison sur l'enrouleur et tout a fondu. &#199;a a failli mettre le feu &#224; la maison. &#187;&lt;/i&gt; Les b&#233;n&#233;voles ne sont pas toujours &#233;cout&#233;s quand ils essayent d'&#233;voquer ces probl&#232;mes. &lt;i&gt;&#171; Tout est comme &#231;a, se d&#233;sole Florian. On est juste l&#224; pour faire beau &#224; la t&#233;l&#233;, que &#231;a passe bien &#224; la cam&#233;ra. &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en pense la soci&#233;t&#233; de production ? &lt;i&gt;&#171; Nous ne sommes pas des sp&#233;cialistes du b&#226;timent ! Il n'y a aucun professionnel du b&#226;timent dans notre &#233;quipe. Nous ne sommes pas ma&#238;tres d'&#339;uvre. Ce sont les artisans b&#233;n&#233;voles qui sont responsables de leur partie, qui g&#232;rent les travaux sur le chantier &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise &#224; &lt;i&gt;Basta !&lt;/i&gt; Florence Chalom, directrice de La Concepteria, la soci&#233;t&#233; qui produit l'&#233;mission pour TF1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sollicit&#233;e, TF1 n'a pas r&#233;pondu &#224; nos questions et nous a renvoy&#233; vers la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes producteurs d'&#233;mission. Les gens ont parfois du mal &#224; voir jusqu'o&#249; va le r&#244;le d'un producteur, mais nous n'avons aucun l&#233;gitimit&#233; ni autorit&#233; dans le domaine de la construction. Notre r&#244;le est de f&#233;d&#233;rer et filmer un &#233;lan de solidarit&#233; autour d'un probl&#232;me, de produire des images. &#187;&lt;/i&gt; Pour &#233;viter les r&#233;clamations, &lt;i&gt;&#171; depuis le d&#233;but de la saison, j'ai demand&#233; &#224; ce qu'on fasse le tour de la maison avant, pour voir ce qui va et ne va pas. Et pareil apr&#232;s, pour voir ce qui marche ou pas &#187;&lt;/i&gt;, explique Florence Chalom. &lt;i&gt;&#171; Les gens imaginent des moyens colossaux, parce que c'est la t&#233;l&#233;. Nous ne sommes pas faiseurs de miracles, poursuit la directrice. Et on ne va pas faire un service apr&#232;s vente &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission a d&#233;j&#224; r&#233;nov&#233; 190 maisons, et r&#233;alise r&#233;guli&#232;rement des records d'audience. Avec le risque, &#233;videmment, de susciter quelques m&#233;contentements. &lt;i&gt;&#171; TF1 donne son feu vert pour chaque cas que nous leur proposons. Nous faisons une &#233;mission &#224; la fois pour aider, mais il faut aussi que cela fonctionne [d'un point de vue t&#233;l&#233;visuel]. On filme les r&#233;actions des gens, ce n'est pas nous qui leur demandons de pleurer, on n'appuie pas sur un bouton pour qu'ils pleurent &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;crit Florence Chalom. &lt;i&gt;&#171; Je conti&#173;nue&#173;rai &#224; produire cette &#233;mis&#173;sion qui cartonne, &lt;a href=&#034;http://www.voici.fr/news-people/actu-people/tous-ensemble-toutes-les-familles-se-plaignent-des-travaux-avoue-julien-courbet-545737&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;vient&lt;/a&gt; Julien Courbet. C'est la seule que je regarde sans me lasser, devant laquelle je pleure &#224; chaque fois et que je montre &#224; mes enfants en leur disant : &lt;/i&gt;&#034;Tu vois, papa quand il va se coucher, il va &#234;tre fier de lui.&#034;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Le spectacle doit-il primer sur le professionnalisme, sur le respect des personnes aid&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agn&#232;s Rousseaux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://tvmag.lefigaro.fr/le-scan-tele/polemiques/2014/10/21/28003-20141021ARTFIG00178--tous-ensemble-une-famille-veut-porter-plainte-contre-l-emission.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.voici.fr/news-people/actu-people/tous-ensemble-une-famille-denonce-des-malfacons-et-envisage-de-porter-plainte-544894&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/television/79070/tous-ensemble-%28tf1%29-encore-la-cible-de-mecontentement.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sollicit&#233;e, TF1 n'a pas r&#233;pondu &#224; nos questions et nous a renvoy&#233; vers la soci&#233;t&#233; de production.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La politique, un divertissement m&#233;diatique comme un autre ? &#187; (vid&#233;o d'un Jeudi d'Acrimed) </title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-politique-un-divertissement-mediatique-comme-un-autre-video-d-un-Jeudi-d</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/La-politique-un-divertissement-mediatique-comme-un-autre-video-d-un-Jeudi-d</guid>
		<dc:date>2014-11-28T07:22:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>D&#233;bats d'Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Divertissement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Que font les divertissements t&#233;l&#233;visuels &#224; la repr&#233;sentation politique ? Avec Philippe Riutort, sociologue.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-Jeudis-d-Acrimed-en-videos-" rel="directory"&gt;Les Jeudis d'Acrimed en vid&#233;os&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats d'Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 16 octobre 2014, Philippe Riutort &#233;tait notre invit&#233; dans le cadre d'un &#171; Jeudi d'Acrimed &#187; pour d&#233;battre de la place prise par les &#233;missions de divertissement dans la m&#233;diatisation des responsables politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec le projet original de d&#233;sacraliser la politique, de refuser la &#171; langue de bois &#187; et finalement de r&#233;nover le spectacle politique, les animateurs-producteurs pionniers du genre ont particip&#233;, &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1990, &#224; la &#171; peopolisation &#187; des gouvernants et &#224; la red&#233;finition de la figure publique de l'&#233;lu autour de qualit&#233;s ajust&#233;es aux plateaux des &#233;missions de divertissement. Alors qu'il s'agissait au d&#233;part de rompre avec un cadre journalistique qui aurait contribu&#233; &#224; favoriser le d&#233;sint&#233;r&#234;t des citoyens pour la chose publique, on pourra s'interroger sur les vertus d&#233;mocratiques d'une telle &#233;volution et notamment sur l'efficacit&#233; de ces dispositifs pour capter l'audience des cat&#233;gories de la population statistiquement les moins int&#233;ress&#233;es aux affaires publiques, et qui s'informent peu par les &#233;missions proprement politiques : les classes populaires et les jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces &#233;missions se voulaient dans un premier temps provocatrices, la n&#233;cessit&#233; de s'assurer la venue de personnalit&#233;s politiques &#233;minentes a conduit animateurs et invit&#233;s &#224; s'entendre sur des approches moins attentatoires &#224; l'ordre politique, ce qui conduit les premiers &#224; feindre de prendre la politique au s&#233;reux. Mais quelle place ces programmes r&#233;servent-ils au contenu proprement politique ? Les s&#233;quences faisant intervenir des responsables politiques au cours d'&#233;missions de divertissement constituent-elles des &#171; vecteurs implicites de politisation &#187; comme les &#171; communicants &#187; se plaisent &#224; le penser, ou finissent-elles au contraire par dissoudre la politique dans le spectacle ? Finalement, les responsables politiques, en se pr&#234;tant au petit jeu de la mise en sc&#232;ne t&#233;l&#233;visuelle de leur personne, plus que de leur action, ne contribuent-ils pas &#224; nourrir un certain d&#233;senchantement de la politique, plut&#244;t qu'&#224; y rem&#233;dier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Philippe Riutort, professeur de sciences sociales et chercheur, sp&#233;cialiste de sociologie des m&#233;dias et de la communication (voir notamment &lt;i&gt;Sociologie de la communication politique&lt;/i&gt;, Paris, La d&#233;couverte, 2013), auteur, avec Pierre Leroux, chercheur et professeur &#224; l'Universit&#233; catholique de l'Ouest, de &lt;i&gt;La politique sur un plateau&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; Ce que la t&#233;l&#233;vision fait &#224; la repr&#233;sentation&lt;/i&gt;, Paris, Presses universitaires de France, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Partie 1 : pr&#233;sentation du d&#233;bat et intervention de Philippe Riutort
&lt;/h3&gt;&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/QXmPxLMH_Fg&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Partie 2 : questions et d&#233;bat&lt;/h3&gt;&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/tjGr55gojRQ&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand TF1 fait son miel de &#171; Confessions intimes &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Quand-TF1-fait-son-miel-de-Confessions-intimes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Quand-TF1-fait-son-miel-de-Confessions-intimes</guid>
		<dc:date>2014-03-18T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent Bollenot</dc:creator>


		<dc:subject>TF1</dc:subject>
		<dc:subject>Les pratiques du journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Divertissement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'exploitation t&#233;l&#233;visuelle de la mis&#232;re sociale, relationnelle, affective, sexuelle, identitaire, etc.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-TF1-+" rel="tag"&gt;TF1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Les-pratiques-du-journalisme-+" rel="tag"&gt;Les pratiques du journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Confessions intimes &#187;, l'&#233;mission de divertissement et/ou de &#171; documentaire &#187; sp&#233;cialis&#233;e dans les &#171; sujets de soci&#233;t&#233; &#187; diffus&#233;e par TF1 et NT1 (dont le capital est d&#233;tenu &#224; 100 % par le groupe TF1) remporte un vif succ&#232;s. Sa meilleure audience, le 8 janvier 2007, fut ainsi de 3,9 millions de t&#233;l&#233;spectateurs. Grossi&#232;re accumulation de s&#233;quences voyeuristes et sensationnalistes, l'&#233;mission consiste &#224; mettre en sc&#232;ne des cas individuels caricaturaux, qui recouvrent en r&#233;alit&#233; diverses formes de mis&#232;re sociale, affective, relationnelle, sexuelle, identitaire, etc. Le d&#233;go&#251;t que pourrait inspirer cette exploitation t&#233;l&#233;visuelle et donc mercantile de la mis&#232;re humaine ne saurait n&#233;anmoins justifier une simple condamnation morale des t&#233;l&#233;spectateurs qui suivent ce programme. L'analyse des ressorts de l'&#233;mission doit au contraire permettre de comprendre les causes de son succ&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. &#171; Ph&#233;nom&#232;nes de foire &#187; ou &#171; cas sociaux &#187; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission se d&#233;roule toujours de la m&#234;me fa&#231;on : apr&#232;s une br&#232;ve introduction par Marion Joll&#232;s (TF1) ou Christophe Beaugrand (NT1), un reportage d'une vingtaine de minutes pr&#233;sente &#171; &lt;a href=&#034;http://www.tf1.fr/confessions-intimes/le-concept-de-l-emission-6276727.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le parcours d'hommes et de femmes qui se trouvent &#224; des moments cruciaux de leur existence&lt;/a&gt; &#187;. Le reportage est lui-m&#234;me divis&#233; en deux parties principales. Dans la premi&#232;re, est pr&#233;sent&#233; le &#171; parcours &#187; de celui ou celle qui sera l'objet de l'&#233;mission : il s'agit constamment d'une femme ou d'un homme sujet &#224; une passion ou &#224; un comportement, qui, pos&#233; comme probl&#233;matique, apparait en tout cas si envahissant qu'il en devient g&#234;nant pour son entourage. Dans la deuxi&#232;me partie du reportage, un ou une psychologue, ou &#171; coach &#187;, vient &#171; &lt;i&gt;aider&lt;/i&gt; [l'individu] &lt;i&gt;&#224; passer ce cap d&#233;licat&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; probl&#232;mes &#187; les plus fr&#233;quents sont ainsi l'ob&#233;sit&#233;, l'infid&#233;lit&#233;, le c&#233;libat, ou encore les passions &#171; insolites &#187;. Par exemple, &lt;a href=&#034;http://videos.tf1.fr/confessions-intimes/replay-confessions-intimes-du-21-fevrier-2014-8366149.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;mission diffus&#233;e le 21 f&#233;vrier 2014&lt;/a&gt; pr&#233;sente quatre cas : Christophe, 29 ans, mari&#233; mais vivant &#171; comme un c&#233;libataire &#187; puisque privil&#233;giant la p&#233;tanque, les potes et le rugby &#224; son foyer ; Guillaume, 24 ans, dont le r&#234;ve est de devenir mannequin ce qui semble irr&#233;aliste &#224; sa m&#232;re et aux r&#233;alisateurs de l'&#233;mission ; Jean Luc quinquag&#233;naire aimant faire la majorette et qui casse tout dans la maison avec son b&#226;ton, s'attirant les foudres de sa compagne. Les sous-entendus masculinistes et, par extension, &lt;a href=&#034;http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/confessions-intimes-partie-2-135595&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;homophobes&lt;/a&gt; sont constamment pr&#233;sents dans de multiples &#233;pisodes (comme dans celui intitul&#233; &#171; mon fils est accroc aux &lt;i&gt;Feux de l'amour&lt;/i&gt; &#187;). Et que dire de celui-ci : Marina, une femme de 50 ans &#171; excentrique et sexy &#187; qui &#171; joue les midinettes et se bat contre toutes les conventions &#187; et qui bichonne d&#233;mesur&#233;ment son chien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont donc syst&#233;matiquement des comportements transgressifs qui sont point&#233;s du doigt et d&#233;nonc&#233;s dans l'&#233;mission. Les concepteurs nourrissent visiblement un tropisme pour les c&#233;libataires, les couples sur le point de rompre, les hommes s'habillant en femme, ou inversement, pour des femmes dot&#233;es de comportements qui ne seraient pas jug&#233;s probl&#233;matiques chez un homme (ainsi des femmes &#171; trop autoritaires &#187; ou &#171; trop jalouses &#187;). La volont&#233; des concepteurs est de corriger ces anomalies dont l'&#233;mission se moque : apr&#232;s la mise en sc&#232;ne (voyeuriste) de ces &#171; probl&#232;mes &#187;, vient le psychologue ou le &#171; coach familial &#187; charg&#233;s de faire rentrer les &#171; cas &#187; dans la norme. &lt;i&gt;Confessions intimes&lt;/i&gt; prend donc le parti d'exposer des individus &#171; &lt;i&gt;qui se trouvent &#224; des moments cruciaux de leur existence&lt;/i&gt; &#187; de la m&#234;me fa&#231;on que l'on pr&#233;sentait jadis des &#171; b&#234;tes de foires &#187; (des noirs, des handicap&#233;s, des intersexes, etc.), et avec le m&#234;me objectif : faire rire et faire peur, inqui&#233;ter et rassurer. La diff&#233;rence n'est pas ici l'objet d'une r&#233;flexion, mais l'occasion d'une r&#233;affirmation brutale des normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition de ce qu'est un &#171; probl&#232;me &#187; est bien s&#251;r elle-m&#234;me tr&#232;s probl&#233;matique. D'une part, on l'a montr&#233;, c'est la transgression individuelle qui est d&#233;nonc&#233;e : le contexte social dans lequel elle s'inscrit n'est jamais &#233;voqu&#233; et les individus, jug&#233;s responsables de ce qu'ils sont, sont somm&#233;s de &#171; se prendre en main &#187;. Symbole de cette apologie irresponsable de la &#171; responsabilit&#233; individuelle &#187;, le coach peut aider les &#171; cas &#187; pr&#233;sent&#233;s &#224; s'amender, &#224; la seule condition que ceux-ci veuillent bien s'en donner la peine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, et c'est loin d'&#234;tre anodin, tout ceci se d&#233;roule avec pour toile de fond un environnement social plut&#244;t d&#233;favoris&#233;, sans que cela soit jamais dit explicitement. Pis, tout se passe comme si les producteurs choisissaient les participants, et surtout les mettaient en sc&#232;ne de sorte qu'ils illustrent les clich&#233;s les plus caricaturaux et d&#233;pr&#233;ciatifs sur les classes populaires. Ainsi, dans la plupart des cas, ils pr&#233;sentent des accents, sans doute tr&#232;s exotiques dans les bureaux parisien de TF1 ; ils sont d&#233;s&#339;uvr&#233;s ou oisifs (on ne les voit presque jamais travailler, comme si le travail &#233;tait &#233;tranger &#224; leur vie), ou semblent principalement pr&#233;occup&#233;es par leur apparence (contrairement &#224; la pr&#233;sentatrice de TF1 et au pr&#233;sentateur de NT1 qui ne se maquillent pas avant d'appara&#238;tre sur le plateau&#8230;) Ces personnes apparaissent par ailleurs comme braillardes, malveillantes, &#233;go&#239;stes et narcissiques, sales ou &#171; trop belles &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Faire fi de la r&#233;alit&#233; sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission fait donc de comportements potentiellement d&#233;testables (ou en tout cas pr&#233;sent&#233;s comme tels) l'apanage des plus modestes. Envoyer un coach aux actionnaires &#233;go&#239;stes ? S&#251;rement pas. Pr&#233;senter un psychologue &#224; un Balkany &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=wZNdAQSyRdg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;brutal&lt;/a&gt; ou simplement &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=PfL5jiIFsCY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;grossier&lt;/a&gt;, ou encore &#224; un Finkielkraut qui &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=rcSofsmzRu0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pique une crise&lt;/a&gt; ? Hors de question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission ent&#233;rine de surcro&#238;t les normes dominantes et v&#233;hicule un conformisme d'une &#233;troitesse confondante : quel probl&#232;me y a-t-il &#224; &#234;tre c&#233;libataire &#224; 40 ans ou &#224; &#171; faire la majorette &#187; quand on est un homme ? Le probl&#232;me n'est-il pas plut&#244;t l'intol&#233;rance de leur entourage, ou de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble ? Ignorant la construction sociale des &#171; difficult&#233;s &#187; abord&#233;es et le potentiel subversif de certaines des &#171; anomalies &#187; artificiellement mont&#233;es en &#233;pingle, le programme nie que ces difficult&#233;s ou &#171; anomalies &#187; puissent avoir la moindre dimension collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de d&#233;cortiquer les m&#233;canismes sociaux qui conduisent une femme happ&#233;e par son travail et &#233;levant seule son fils &#224; &#171; &lt;i&gt;ne plus pouvoir&lt;/i&gt; [le] &lt;i&gt;g&#233;rer &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pudeur sur les questions financi&#232;res ou simple oubli, on ne nous dira pas si (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les concepteurs de l'&#233;mission appr&#233;hendent ce genre de situation comme le produit de probl&#232;mes psychologiques, et en tout cas strictement individuels. Le jeune (irresponsable) et la (mauvaise) m&#232;re sont point&#233;s du doigt avant d'&#234;tre &#171; repris en main &#187; par les coachs &#8211; avec ce pr&#233;suppos&#233; implicite, digne du moralisme des dames patronnesses du XIXe si&#232;cle : &#171; quand on veut, on peut &#187;. Il faut donc sans doute en conclure que si les pauvres voulaient s'en sortir, ils le pourraient tr&#232;s bien, que si les enfants en difficult&#233; scolaire se &#171; mettaient au travail &#187;, ils r&#233;ussiraient, et que si les m&#232;res faisaient preuve d'une autorit&#233; &#233;l&#233;mentaire, elles parviendraient &#224; &#233;lever leurs enfants... Heureusement, qu'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision les a g&#233;n&#233;reusement pris en piti&#233; et vient les secourir &#8211; du moins ceux qu'elle juge suffisamment &#171; t&#233;l&#233;g&#233;niques &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres cas, c'est la dimension ultra marginale et anecdotique des cas pr&#233;sent&#233;s qui est ni&#233;e au profit du spectacle dr&#244;le et effrayant qu'offre &#171; l'anormal &#187;. Sans oublier que la pr&#233;sence m&#234;me de la cam&#233;ra incite &#224; la surench&#232;re et &#224; l'auto-caricature, sans oublier non plus que les r&#233;alisateurs de l'&#233;mission suscitent, &#171; corrigent &#187;, font &#171; jouer &#187; et &#171; rejouer &#187; les sc&#232;nes avant de les monter dans le d&#233;sordre, le tout confinant souvent au &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4055.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pur et simple &#171; bidonnage &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les ressorts d'un succ&#232;s &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'est-ce qui peut bien expliquer le succ&#232;s d'audience d'un tel programme, racoleur et reposant largement sur l'artifice et la mise en sc&#232;ne ? Quel int&#233;r&#234;t les t&#233;l&#233;spectateurs peuvent-ils trouver &#224; l'exhibition de st&#233;r&#233;otypes tourn&#233;s en ridicule et de pratiques marginales pr&#233;sent&#233;es comme des ph&#233;nom&#232;nes de foire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ne peut exclure qu'un certain public &#171; cultiv&#233; &#187; se d&#233;lecte, pour s'en gausser, de comportements, d'attitudes, de fa&#231;ons d'&#234;tre ou de parler qui correspondent &#224; leurs id&#233;es re&#231;ues, impr&#233;gn&#233;es de morgue sociale, sur les milieux d&#233;favoris&#233;s, on peut penser que l'&#233;mission s'adresse avant tout &#224; un public populaire. Et l'on ne saurait se satisfaire, pour expliquer le succ&#232;s de cette &#233;mission, comme d'ailleurs pour &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4159.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comprendre l'importance des &#171; faits-divers &#187; dans les JT&lt;/a&gt;, d'un m&#233;pris de classe qui conduit &#224; pr&#234;ter &#224; ces publics une propension sordide au voyeurisme &#8211; m&#233;pris qui n'est que le pendant de celui des r&#233;alisateurs du programme qui offrent une image d&#233;form&#233;e jusqu'au grotesque des classes populaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout porte &#224; croire, au contraire, que tout comme les faits divers, qui renvoient au r&#244;le du hasard, des &#171; coups du sort &#187; ou des trag&#233;dies dans la vie quotidienne, auxquels celles et ceux qui &#233;prouvent une incertitude mat&#233;rielle et sociale sont particuli&#232;rement expos&#233;s, et donc sensibles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici-m&#234;me la recension de l'ouvrage de Vincent Goulet, M&#233;dias et classes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, des &#233;missions de soci&#233;t&#233; comme &#171; Confessions intimes &#187; doivent &#234;tre comprises comme une forme de r&#233;assurance identitaire et symbolique pour les publics issus des couches les plus modestes. Les t&#233;l&#233;spectateurs dont la situation sociale et professionnelle est manifestement domin&#233;e, dont la dignit&#233; a &#233;t&#233; malmen&#233;e ou qui ont &#233;t&#233; &#233;prouv&#233;s par l'existence, peuvent ainsi trouver dans la confrontation &#224; des difficult&#233;s plus grandes encore, voire &#224; &#171; l'anormalit&#233; &#187;, des raisons de ne pas d&#233;sesp&#233;rer de leur sort et de se raccrocher aux maigres ressources et atouts qu'ils d&#233;tiennent &#8211; au premier rang desquels, une certaine &#171; normalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Confessions intimes &#187; appara&#238;t donc comme une machine &#224; individualiser et &#224; dissoudre les causes sociales de difficult&#233;s essentiellement&#8230; sociales, doubl&#233;e d'un puissant appel au conformisme. Quant aux diffuseurs et aux producteurs de l'&#233;mission ils sont doublement cyniques en exploitant d'un c&#244;t&#233; la situation mis&#233;rable d'individus invit&#233;s &#224; exhiber leurs failles intimes devant des millions de spectateurs, et de l'autre la modestie et la fragilit&#233; de la condition de ces m&#234;mes spectateurs. Une bien belle entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On peut r&#234;ver &#224; des &#233;missions de soci&#233;t&#233; qui sauraient mettre en valeur les modes de vie populaires, mettre en &#233;vidence les difficult&#233;s induites par une ins&#233;curit&#233; sociale quasi permanente, et exposer ce que ces probl&#232;mes, comme leurs solutions, peuvent avoir de collectif. Mais de telles &#233;missions sont rares et leur multiplication n'est vraisemblablement pas pour demain...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent Bollenot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pudeur sur les questions financi&#232;res ou simple oubli, on ne nous dira pas si son salaire offre &#224; cette m&#232;re une s&#233;curit&#233; et un confort mat&#233;riels suffisants pour lui permettre d'envisager l'&#233;ducation de son fils de fa&#231;on sereine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir ici-m&#234;me la recension de l'ouvrage de Vincent Goulet, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3489.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;M&#233;dias et classes populaires. Les usages ordinaires des informations&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Canal + ou Canal - ? &#171; Petit journal &#187;, grosses d&#233;sinvoltures !</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Canal-ou-Canal-Petit-journal-grosses</link>
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		<dc:date>2013-11-01T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Blaise Magnin</dc:creator>


		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Canal +</dc:subject>
		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>Divertissement</dc:subject>
		<dc:subject>Sources</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Le Petit journal&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Yann Barth&#232;s</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un reportage b&#226;cl&#233; sur la situation au Mexique doubl&#233; d'une grossi&#232;re sous estimation du nombre de victimes de la guerre d'Irak.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Canal-plus-+" rel="tag"&gt;Canal +&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Mexique-+" rel="tag"&gt;Mexique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sources-+" rel="tag"&gt;Sources&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Petit-journal-+" rel="tag"&gt;&#034;Le Petit journal&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Yann-Barthes-+" rel="tag"&gt;Yann Barth&#232;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Yann Barth&#232;s, pr&#233;sentant le sommaire du &lt;a href=&#034;http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-petit-journal/pid6515-l-emission.html#pid6515-l-emission.html?vid=961688&amp;_suid=138314232354606426345063979353&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Petit Journal &#187; du lundi 28 octobre 2013&lt;/a&gt; (lien sans doute p&#233;rissable), annonce avec emphase : &#171; &lt;i&gt;Martin Weill et F&#233;lix Seger sont dans une des villes le plus dangereuses du monde, Ciudad Ju&#225;rez, au Mexique, &lt;strong&gt;ils sont all&#233;s l&#224; o&#249; aucune cam&#233;ra n'est jamais all&#233;e, dans le quartier des narco trafiquants de la ville&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;. Un reportage all&#233;chant qui valait bien qu'on s'y attarde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un premier sujet propose une sorte de critique (inoffensive) des m&#233;dias qui pointe les artifices utilis&#233;s par l'ensemble des t&#233;l&#233;visions pour couvrir et obtenir des images de la temp&#234;te Christian. Puis, Yann Barth&#232;s se charge du lancement du morceau de choix de l'&#233;mission du jour : &#171; &lt;i&gt;Cette semaine, on a d&#233;cid&#233; d'aller dans un endroit &#233;trange&lt;/i&gt; (sic)&lt;i&gt; : deux villes se font face. Ici, au Texas, El Paso c&#244;t&#233; am&#233;ricain, et Ciudad Ju&#225;rez c&#244;t&#233; mexicain, les deux villes sont s&#233;par&#233;es par le fleuve Rio Grande, Ciudad Ju&#225;rez serait une des villes les plus dangereuses du monde, les narco trafiquants se battent pour le march&#233; de la coca&#239;ne am&#233;ricain, l'enjeu, des milliards de dollars&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques extraits de JT mexicains faisant &#233;tat de la violence quotidienne qui ensanglante la ville, Yann Barth&#232;s reprend : &#171; &lt;i&gt;Les r&#232;glements de compte ont fait depuis quatre ans pr&#232;s de &lt;strong&gt;11 000 morts dans la ville, soit plus que la guerre en Irak&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre en Irak aurait donc fait, depuis 2003, 10 000 morts, tout au plus ? Une rapide v&#233;rification permet de constater que, selon les sources, les &#233;valuations oscillent entre une peu plus de 100 000 et 500 000 victimes directes et indirectes du conflit, entre 2003 et 2011 &#8211; la r&#233;alit&#233; semblant se situer plus pr&#232;s de l'&#233;valuation haute, comme le montre cet article de synth&#232;se du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, dat&#233; du 18 octobre 2003 et intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr/monde/les-500-000-morts-de-la-guerre-en-irak-18-10-2013-1745327_24.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les 500 000 morts de la guerre en Irak &#187;&lt;/a&gt;. En r&#233;alit&#233; ce dont le comptable Yann Barth&#232;s voulait peut-&#234;tre parler, c'est du nombre de morts par attentats depuis quatre ans, c'est-&#224;-dire depuis 2009. Que ne l'a-t-il dit ? Or la m&#234;me source mentionne le chiffre de 10 000 morts depuis 2011 (et non depuis quatre ans). Et encore ne s'agit-il &#171; que &#187; des victimes d'attentats, et non de toutes les victimes de &#171; la guerre en Irak &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;rifier, recouper, pr&#233;ciser : quelle importance ? La suite du reportage sur Ciudad Ju&#225;rez &#8211; si tant est qu'on puisse qualifier ainsi le brouillon propos&#233; &#8211; confirme que le &#171; Petit journal &#187; ne devrait pas trop s'essayer au journalisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sinvolture sur l'Irak, d&#233;sinvolture sur le Mexique et Ciudad Ju&#225;rez. Yann Barth&#232;s poursuit sa pr&#233;sentation de &#171; l'endroit &#233;trange &#187; : &#171; &lt;i&gt;Martin et F&#233;lix y sont depuis vendredi et il y a d&#233;j&#224; eu cinq morts&lt;/i&gt; &#187;, avant de retrouver &#171; &lt;i&gt;Martin en duplex de tout &#224; l'heure &lt;/i&gt;(sic)&lt;i&gt; depuis le Mexique&lt;/i&gt; &#187; pour lui poser cette question que tous les t&#233;l&#233;spectateurs se posent : &#171; &lt;i&gt;Comment on arrive &#224; Ciudad Ju&#225;rez ? Vous &#234;tes arriv&#233;s par o&#249; ? &lt;/i&gt; &#187; Et Martin, devant le poste-fronti&#232;re, de raconter son &#233;pop&#233;e avec une d&#233;contraction admirable : &#171; &lt;i&gt;Bah &#233;coute, nous on est pass&#233;s par le c&#244;t&#233; am&#233;ricain, depuis El Paso, on a pass&#233; la fronti&#232;re &#224; pied, on n'avait pas de voiture.&lt;/i&gt; &#187;. Puis, de s'&#233;tonner devant le pittoresque des vendeurs &#224; la sauvette et des laveurs de carreaux qui se faufilent entre les voitures dans les embouteillages : &#171; &lt;i&gt;Et c'est vrai qu'une fois qu'on arrive de l'autre c&#244;t&#233;, c&#244;t&#233; mexicain, le contraste avec les &#201;tats-Unis est assez frappant&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On encha&#238;ne alors imm&#233;diatement sur des images de Martin d&#233;ambulant entre des &lt;i&gt;maquiladoras&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Usines d'entreprises &#233;tats-uniennes install&#233;es &#224; la fronti&#232;re, c&#244;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour illustrer l'&#233;conomie locale, puis dans un bidonville pour illustrer la pauvret&#233; de &#171; &lt;i&gt;beaucoup de quartiers&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin en vient finalement au c&#339;ur de son sujet : la violence des cartels de la drogue. Il traque ainsi cette violence jusqu'au coin de rue o&#249; un &#233;tudiant a &#233;t&#233; assassin&#233; moins de 48 heures auparavant, &#171; &lt;i&gt;&#224; la sortie de son &#233;cole en plein jour&lt;/i&gt; &#187;, et filme l'endroit exact &#8211; photo de presse &#224; l'appui, Martin ne transigeant pas avec la rigueur de l'info &#8211; o&#249; il est tomb&#233; sous les balles de ses bourreaux, puis tourne les talons pour se diriger vers un endroit ind&#233;termin&#233; &#171; &lt;i&gt;o&#249; la police a encore trouv&#233; un corps tout &#224; l'heure, &#224; l'int&#233;rieur de cet &#233;gout&lt;/i&gt; &#187;. Et&#8230; c'est tout. L'ensemble aura dur&#233;, &#171; duplex de tout &#224; l'heure &#187; compris, &lt;strong&gt;une minute et trente-sept secondes&lt;/strong&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une minute et trente-sept secondes pour rendre compte d'une trag&#233;die sociale et politique qui confine &#224; la guerre civile et frappe non seulement Ciudad Ju&#225;rez, mais tout le Mexique depuis 2006 ! Trois plans de coupe de la ville et l'&#233;vocation de deux faits divers vendus au t&#233;l&#233;spectateur comme une plong&#233;e &#171; &lt;i&gt;l&#224; o&#249; aucune cam&#233;ra n'est jamais all&#233;e, dans le quartier des narco trafiquants de la ville&lt;/i&gt; &#187; ! &#192; quand un sujet du &#171; Petit Journal &#187; sur les techniques du &#171; Petit Journal &#187; pour faire passer, &#224; coup de sensationnalisme mystificateur, un ersatz frelat&#233; d'information pour un &#171; scoop &#187;, voire pour une analyse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blaise Magnin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N.B.&lt;/strong&gt; Un correspondant nous signale que le reportage diffus&#233; en direct comportait bien une &#171; plong&#233;e &#187;, film&#233;e avec un t&#233;l&#233;phone portable, dans le quartier pr&#233;sum&#233; des trafiquants. Qu'il ne figure pas dans le podcast sur le site de Canal + en dit long sur le pi&#232;tre int&#233;r&#234;t des images et des &#171; informations &#187; qui y &#233;taient rapport&#233;es... Le m&#234;me correspondant nous signale par ailleurs que le p&#233;riple mexicain des limiers du &#171; Petit Journal &#187; se poursuit dans les &#233;ditions suivantes de l'&#233;mission avec des reportages ou des apparitions de Martin en duplex... toujours b&#226;cl&#233;s et ne pr&#233;sentant gu&#232;re plus d'int&#233;r&#234;t !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Post-Scriptum du 26 novembre&lt;/strong&gt;. Contact&#233;s par Martin Weill, nous apprenons que l'absence, dans le podcast de l'&#233;mission du 28 octobre, de la s&#233;quence film&#233;e dans le quartier des narcos (aujourd'hui &#224; nouveau disponible &lt;a href=&#034;http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-petit-journal/pid6381-les-extraits.html?vid=961670#pid6381-les-extraits.html?vid=961670&amp;_suid=1385498697157016141876044029874&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;), visait &#224; ne pas mettre en danger l'nformateur mexicain des limiers de l'&#233;mission - alors que, sarcastiques, nous &#233;voquions ci-dessus son pi&#232;tre int&#233;r&#234;t. Pas de faux-fuyant de notre part : nous aurions d&#251; nous renseigner. Ceci dit, cette raison tout &#224; fait honorable de ne pas rediffuser le passage en question n'enl&#232;ve rien au fond de notre critique de l'&#233;mission : la qualit&#233; informative tr&#232;s limit&#233;e de la s&#233;quence (un peu plus de deux minutes de d&#233;ambulation en voiture, film&#233;es avec un t&#233;l&#233;phone portable) et plus largement du reportage dans son ensemble, lequel &#233;tait qui plus est &#171; survendu &#187; par Yann Barth&#232;s dans son lancement, sans compter la grossi&#232;re sous estimation par ce dernier du nombre de victimes de la guerre d'Irak.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Usines d'entreprises &#233;tats-uniennes install&#233;es &#224; la fronti&#232;re, c&#244;t&#233; mexicain, dans des zones o&#249; elles b&#233;n&#233;ficient d'exemptions fiscales et surtout d'une main d'&#339;uvre &#224; tr&#232;s bas co&#251;t et corv&#233;able.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Laurent Ruquier re&#231;oit Philippe Poutou (NPA) dans son cabaret</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Laurent-Ruquier-recoit-Philippe-Poutou-NPA-dans-son-cabaret</link>
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		<dc:date>2011-11-08T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Julien Salingue</dc:creator>


		<dc:subject>Divertissement</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Ruquier</dc:subject>
		<dc:subject>Audrey Pulvar</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Poutou</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;On n'est pas couch&#233;&#034;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D&#233;rision, paternalisme, condescendance et m&#233;pris social&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Elections-de-2012-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2012&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Ruquier-+" rel="tag"&gt;Laurent Ruquier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audrey-Pulvar-+" rel="tag"&gt;Audrey Pulvar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Poutou-+" rel="tag"&gt;Philippe Poutou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-On-n-est-pas-couche-+" rel="tag"&gt;&#034;On n'est pas couch&#233;&#034;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 octobre 2011, Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, &#233;tait invit&#233; &#224; l'&#233;mission de Laurent Ruquier, &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; (France 2). Il a &#233;t&#233; confront&#233; pendant pr&#232;s d'une heure au principal animateur de ce programme et &#224; ses deux chroniqueuses, Natacha Polony et Audrey Pulvar, ainsi qu'aux autres invit&#233;s. Rien ne lui a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;. Comment ? Pourquoi ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Volontairement ou pas, rien n'a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; &#224; Philipe Poutou pour le tourner en ridicule&#8230; pour le plus grand bonheur de ceux qui n'&#233;prouvent aucune sympathie pour le candidat et sont en d&#233;saccord avec les positions politiques de son parti, et pour la plus grande d&#233;ception, voire la plus grande col&#232;re de ceux qui partagent des sentiments et des opinions plus ou moins favorables &#224; l'invit&#233; et &#224; sa formation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, si l'on tient &#224; distance ces r&#233;actions compr&#233;hensibles (ainsi que les &#233;valuations, n&#233;cessairement marqu&#233;es par le parti pris, sur la prestation du candidat du Nouveau Parti anticapitaliste), il reste &#224; d&#233;crypter l'essentiel : ce qu'un spectacle de cabaret ou de cirque peut produire de pire quand un ouvrier, militant syndical et candidat d'un &#171; petit parti &#187; accepte d'y participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme &#171; On n'est pas couch&#233; &#187;, en effet, est pr&#233;sent&#233;, sur le site de France 2, comme une &lt;i&gt;&#171; &#233;mission de divertissement &#187;&lt;/i&gt;. Il s'agit, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, d'une &#171; &#233;mission de m&#233;lange des genres &#187;, qui marie divertissement et politique, humour et pol&#233;mique. &#192; cette fin, elle tente de r&#233;unir, en un m&#234;me lieu, des acteurs, des &#233;crivains, des humoristes, des musiciens, des chanteurs (en charge de la promotion de leurs &#339;uvres) mais aussi des intellectuels et des politiques (en vue de nourrir les d&#233;bats d'id&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, lors de l'&#233;mission du 29 octobre, se trouvaient sur le m&#234;me plateau, autour de Laurent Ruquier, Audrey Pulvar et Natacha Polony, Florent Pagny (chanteur), Omar Sy (acteur et humoriste, connu notamment pour le &#171; Service apr&#232;s-vente des &#233;missions &#187;), Michel Onfray (Michel Onfray), Leila Bekhti (actrice) et Radu Mihaileanu (r&#233;alisateur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;missions qui m&#233;langent ainsi les genres portent en elles la transformation de la politique en un spectacle comme les autres. Et l'invit&#233; politique qui, par manque d'aisance ou d'habitude, ne ma&#238;trise pas les codes et les r&#232;gles de ce type de dispositif t&#233;l&#233;visuel, peut devenir, bien malgr&#233; lui, le personnage principal du spectacle, offert en p&#226;ture &#224; un public que l'on encourage &#224; rire, &#224; applaudir ou &#224; huer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Philippe Poutou, un candidat pour rire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui est arriv&#233; &#224; Philippe Poutou, dont c'&#233;tait la premi&#232;re prestation dans ce type de programme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A l'exception d'un court passage dans l'&#233;mission &#171; Salut les Terriens &#187;, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il a eu droit &#224; un v&#233;ritable &#171; bizutage &#187;, selon la juste expression de Didier Porte, dans sa pertinente chronique visible sur le site d'Arr&#234;t sur Images sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4441&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Porte au secours de Poutou, bizut&#233; par Ruquier &#187;&lt;/a&gt;. La vid&#233;o que l'on verra plus loin permet de le v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;rision&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e, Laurent Ruquier souligne avec insistance que Philippe Poutou, &#224; la diff&#233;rence d'Olivier Besancenot, est inconnu du grand public, qu'il s'agit de la premi&#232;re grande &#233;mission &#224; laquelle il participe et qu'il peut en &#234;tre inquiet, mais que les questions de l'animateur ont pour objet de permettre de mieux le faire conna&#238;tre. Vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Y a votre nom qui vous sauve &#187;&lt;/i&gt; (rires), s'exclame Laurent Ruquier au d&#233;but de l'interview. &lt;i&gt;&#171; Poutou, &#231;a s'oublie pas ! &#187;&lt;/i&gt; (rires). Et l'invit&#233; de reconna&#238;tre que sa r&#233;cente m&#233;diatisation a &#233;t&#233; accompagn&#233;e de nombreuses blagues au sujet de son patronyme, sign&#233;es, entre autres, de Laurent Ruquier himself et d'Omar Sy, pr&#233;sent sur le plateau. Ce dernier nous r&#233;chauffe la m&#233;moire en nous rappelant le sketch du &#171; Service apr&#232;s-vente &#187; : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un nouveau candidat, c'&#233;tait au d&#233;but, donc on lui souhaite bonne chance et on lui fait plein de petits poutous &#187;&lt;/i&gt; (rires et applaudissements). Et plus tard, dans l'&#233;mission, Omar Sy remet le couvert : &lt;i&gt;&#171; Vraiment, on a envie de vous faire des poutous ! &#187;&lt;/i&gt; (rires et applaudissements), tandis qu'en fin d'interview, alors que Philippe Poutou parle du Front national, Audrey Pulvar se sent oblig&#233;e, sourire au l&#232;vres, de scander &lt;i&gt;&#171; Poutou Pr&#233;sident ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit l'intention des uns et des autres, force est de constater que cette lourde insistance sur le caract&#232;re pr&#233;tendument amusant du nom de l'invit&#233; contribue &#224; le d&#233;l&#233;gitimer : comment prendre au s&#233;rieux un candidat dont on s'amuse, &#224; peine est-il install&#233; sur le plateau ? Le climat ainsi cr&#233;&#233;, m&#234;me s'il r&#233;sulte d'intentions sympathiques, ne place pas le candidat du NPA dans un posture de porte-parole politique s&#233;rieux et cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de comparer cet exemplaire de l'&#233;mission &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; avec d'autres pour savoir que l'invit&#233; politique est habituellement trait&#233; sans m&#233;nagement et peut faire l'objet de moqueries et de jeux de mots, plus ou moins taquins ou assassins. Mais, d&#233;f&#233;rence oblige, il est exceptionnel qu'il soit trait&#233; en personnage d'un sketch et que son nom en soit le th&#232;me, dans une ambiance qui entretient les rires des autres participants et du public lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La pr&#233;sentation du &#171; CV &#187; de Philippe Poutou confirme que, sans qu'il soit n&#233;cessaire d'y voir une intention maligne, l'humour contredit l'objectif affich&#233; de permettre de faire connaissance avec Philippe Poutou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Laurent Ruquier : &lt;i&gt;&#171; Vous avez multipli&#233; les petits boulots apr&#232;s avoir rat&#233; le bac&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Poutou : &lt;i&gt;&#171; Ouais&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes sans dipl&#244;me ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Poutou : &lt;i&gt;&#171; Ouais&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : &lt;i&gt;&#171; Vous, vous avez rat&#233; le concours de la Poste ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Poutou : &lt;i&gt;&#171; Oui. &#199;a va continuer comme &#231;a, l&#224;, longtemps ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Rires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire est que l'on ne peut pas exclure que Laurent Ruquier ait eu pour objectif de souligner positivement la singularit&#233;, dans le &#171; paysage politique fran&#231;ais &#187;, du candidat Philippe Poutou. Mais chacun aura compris que, dans l'atmosph&#232;re de l'&#233;mission, le CV de l'invit&#233;, tel qu'il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;, &#224; la suite des jeux de mots et des rires sur son patronyme, n'a pas contribu&#233; &#224; renforcer la l&#233;gitimit&#233; de la parole de Philippe Poutou. Un humoriste vit aux d&#233;pens de celui qu'il tourne en d&#233;rision, &#224; moins que celui-ci ne r&#233;plique sur le m&#234;me ton. Ce fut &#224; peine le cas. Faut-il qu'un porte-parole soit &#233;galement chansonnier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque, rigolard, Laurent Ruquier, jouant sur les premier et second degr&#233;s, laisse entendre que le candidat du NPA est un alli&#233; de Nicolas Sarkozy, presque tout est dit. Le ton est donn&#233; pour toute la s&#233;quence consacr&#233;e &#224; Philippe Poutou : de la d&#233;rision &#224; la condescendance, voire au m&#233;pris social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Condescendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style de l'&#233;mission et de son principal animateur incite &#224; la familiarit&#233; et &#224; la na&#239;vet&#233;, plus ou moins feinte. Mais, en ce cas plus que dans d'autres, elles ont pour effet d'entretenir la distance en affectant de l'abolir. Elles se traduisent par l'adoption d'un ton paternaliste et condescendant, pour ne pas dire franchement m&#233;prisant, doubl&#233; de tentatives d'infantiliser Philippe Poutou, ses interlocuteurs s'adressant &#224; lui comme &#224; un gamin. C'est ainsi, par exemple, que Laurent Ruquier a parl&#233; au candidat du NPA de sa &lt;i&gt;&#171; maman &#187;&lt;/i&gt; et de son &lt;i&gt;&#171; papa &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi que l'a relev&#233; Didier Porte dans sa chronique.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme s'il &#233;tait en train d'interviewer l'un des jeunes acteurs de &lt;i&gt;La nouvelle guerre des boutons&lt;/i&gt;. Ou encore que le professeur Onfray a ponctu&#233; la le&#231;on qu'il a inflig&#233;e &#224; l'&#233;l&#232;ve Poutou d'un petit geste protecteur de la main (voir la vid&#233;o ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des invit&#233;s ont sembl&#233;, par moment, prendre conscience de ce qui &#233;tait en train de se jouer. C'est ainsi qu'Omar Sy, alors que Laurent Ruquier insiste lourdement sur le CV &#171; atypique &#187; de Philippe Poutou, s'exclame : &lt;i&gt;&#171; On peut dire d'autres trucs que : &#8220;Il a eu z&#233;ro partout, et machin&#8221; &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Parlons de son programme ! &#187;&lt;/i&gt; Mais lorsque vint le moment de l'entretien politique avec Natacha Polony et Audrey Pulvar, le s&#233;rieux des questions &#233;tait d&#233;j&#224; prisonnier de la tonalit&#233; paternaliste et m&#233;prisante de la premi&#232;re s&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma&#238;trise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clou du spectacle nous fut offert par Michel Onfray, invit&#233; &#224; conclure les d&#233;bats. Son Excellence a dispos&#233; de &lt;strong&gt;sept minutes, sans la moindre interruption,&lt;/strong&gt; pour parfaire l'instruction de Philippe Poutou et lui dispenser des conseils en strat&#233;gie et en communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, on peut &#234;tre libertaire (ou, du moins, se pr&#233;senter comme tel) et ne gu&#232;re se pr&#233;occuper des in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s &#224; la parole dans les m&#233;dias ; non moins manifestement, on peut &#234;tre fondateur d'une universit&#233; populaire et tenter d'accomplir cette impossible mission : lui annexer &#171; On n'est pas couch&#233; &#187;. Or s'il est toujours p&#233;rilleux d'user de sa ma&#238;trise de la rh&#233;torique au risque d'en abuser, dans le cas pr&#233;sent, jouer de cette ma&#238;trise et de sa notori&#233;t&#233; c'est conforter la domination symbolique inscrite dans le dispositif de cette &#233;mission et dans son d&#233;roulement. Il est vrai, si l'on en croit Michel Onfray, qui n'a pas manqu&#233; de le souligner &#8211; toute fausse modestie dehors &#8211;, qu'il aurait &#233;t&#233; pressenti pour &#234;tre candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, il ne semble pas que ce soit la personnalisation inh&#233;rente &#224; cette &#233;lection qui l'ait retenu. Quant &#224; la le&#231;on de coh&#233;rence politique, chacun pourra l'appr&#233;cier en suivant la note&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notre conseiller en strat&#233;gie n'h&#233;site pas &#224; faire conna&#238;tre ses intentions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration en vid&#233;o du bizutage, gr&#226;ce &#224; un montage r&#233;alis&#233; &#224; l'aide du travail des &#233;quipes d'Arr&#234;ts sur Images pour la &lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4441&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chronique de Didier Porte&lt;/a&gt;. Un best of des rapports de domination, en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe title=&#034;Laurent Ruquier re&#231;oit Philippe Poutou (NPA) dans son cabaret&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/05qsme_jvGA?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Philippe Poutou pris dans un guet-apens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Poutou est-il tomb&#233; dans un guet-apens ? Pas exactement, et moins qu'il y para&#238;t, si l'on entend par l&#224; que celui-ci lui aurait &#233;t&#233; volontairement tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe, au fond, de savoir si Laurent Ruquier et ses comparses &#233;taient bien ou mal intentionn&#233;s. Il est m&#234;me probable que l'intention de certains d'entre eux n'&#233;tait pas d'humilier l'invit&#233; mais, au contraire, de le mettre &#224; l'aise, sans renoncer pour autant &#224; le questionner comme n'importe quel responsable politique ou candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, le dispositif et le d&#233;roulement de l'&#233;mission ont &#233;t&#233; assez largement conformes &#224; ce qu'ils sont habituellement. Le candidat du NPA l'a reconnu lui-m&#234;me dans un texte publi&#233; quelques jours apr&#232;s la diffusion du programme (voir Annexe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme d'habitude&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Ruquier, comme d'habitude, s'est efforc&#233; d'&#234;tre taquin mais sympathique, intervenant dans le d&#233;bat politique mais pour le d&#233;samorcer ou le d&#233;politiser par des incises humoristiques, et pr&#233;f&#233;rant le d&#233;l&#233;guer aux chroniqueuses. Celles-ci ont interpr&#233;t&#233; leur partition habituelle, dans un registre qui se voulait l&#233;ger, certes, mais s&#233;rieux et pertinent. Audrey Pulvar a entrepris de d&#233;montrer que le r&#233;alisme prime, et Natacha Polony, que la la&#239;cit&#233; est en danger. Comme d'habitude. Les r&#244;les ainsi distribu&#233;s dans un sc&#233;nario immuable qui, pour l'essentiel, se r&#233;p&#232;te d'&#233;mission en &#233;mission, ont permis &#224; chaque membre du trio de faire valoir ses talents d'acteur dans l'emploi qui lui est r&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;mission n'a donc pas &#233;chapp&#233; &#224; la r&#232;gle : un m&#233;lange de questions des journalistes politiques, de traits d'humour de l'humoriste, de remarques de l'artiste exil&#233; fiscal sur les effets de la loi des trente-cinq heures en France, de jeux de mots de Laurent Ruquier, etc. Un tel pot-pourri place en r&#233;alit&#233; les invit&#233;s politiques (qui acceptent, en r&#233;pondant aux invitations, de se plier au jeu) dans une situation qui &#233;tait encore assez inhabituelle il y a une dizaine d'ann&#233;es : ils doivent &#234;tre tout aussi cr&#233;dibles lorsqu'ils parlent de leur programme que lorsqu'ils rient aux blagues des humoristes, tout aussi &#224; l'aise lorsqu'ils r&#233;pondent &#224; des questions politiques que lorsqu'ils doivent faire preuve de r&#233;partie pour faire face aux invectives de tel ou tel pr&#233;sentateur plus ou moins impertinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; Mais plus que d'habitude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;rapages, dans un tel contexte, ne sont pas des accidents mais des cons&#233;quences de la dynamique plus ou moins incontr&#244;l&#233;e de l'&#233;mission, comme le montre l'exemple, analys&#233; ici m&#234;me, du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3143.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;harc&#232;lement collectif d'Erika Moulet&lt;/a&gt;, journaliste de LCI. Encore faut-il que l'animateur et les participants soient dispos&#233;s &#224; la surench&#232;re et, dans le cas pr&#233;sent, &#224; laisser libre cours au happening et &#224; la condescendance m&#233;prisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence de ce happening ? Il suffit de comparer la r&#233;partition des temps de parole durant l'&#233;mission du 29 octobre et durant celle du 3 septembre, o&#249; Martine Aubry &#233;tait l'invit&#233;e politique :&lt;br class='manualbr' /&gt;- 29 octobre : 51 min d'interview ; Poutou 19 min ; Ruquier + Pulvar + Polony 20 min ; autres invit&#233;s 12 min.&lt;br class='manualbr' /&gt;- 3 septembre : 58 min d'interview ; Aubry 41 min ; Ruquier + Pulvar + Polony 17 min.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soit 71 % de temps de parole pour Aubry lors de son interview, et 37 % pour Poutou&lt;/strong&gt;. Ces chiffres ne disent pas tout, mais ils confirment que Philippe Poutou a eu droit &#224; un traitement de d&#233;faveur particuli&#232;rement prononc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien dire des coupes effectu&#233;es au montage et qui ont un peu plus alt&#233;r&#233; les propos, par ailleurs h&#233;sitants, du candidat du NPA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des t&#233;moins pr&#233;sents lors de l'enregistrement de l'&#233;mission nous ont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que r&#233;v&#232;le le traitement r&#233;serv&#233; &#224; Philippe Poutou, ce sont en r&#233;alit&#233; les m&#233;canismes les plus insidieux de la &#171; politique-spectacle &#187; telle qu'elle est mise en sc&#232;ne dans des &#233;missions comme &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L'invit&#233; politique s'exprime dans un environnement en r&#233;alit&#233; peu propice au d&#233;bat politique,&lt;i&gt; a fortiori &lt;/i&gt; lorsque son statut est interpr&#233;t&#233; par les chroniqueurs et les invit&#233;s comme un encouragement &#224; multiplier les rires et les interventions intempestives.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Il doit en outre &#234;tre &#171; rod&#233; &#187; aux joutes verbales et aux changements de ton et de configuration de la discussion, au cours de laquelle chaque chroniqueur et chaque invit&#233; tente de sortir du lot par ses questions et ses remarques. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Il doit enfin accepter de sacrifier une partie du temps de parole consacr&#233; &#224; ses positions politiques pour se conformer au sc&#233;nario de l'&#233;mission, et se plier, en cons&#233;quence, au jeu des boutades, bons mots et questions &#171; d&#233;cal&#233;es &#187;. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Philippe Poutou n'est pas tomb&#233; dans un pi&#232;ge qui aurait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; &#224; son intention, force est de constater que c'est le principe m&#234;me de ce genre d'&#233;mission qui constitue un guet-apens. L'&#233;pisode du 29 octobre met en effet en &#233;vidence l'incompatibilit&#233; entre les jeux du cirque (auxquels on ne peut participer qu'&#224; condition d'en accepter les effets et de disposer des savoir-faire correspondants) et la contestation d'une soci&#233;t&#233; dont le tout-venant m&#233;diatique est un rouage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Comment une telle contestation des jeux du cirque serait-elle possible &#171; de l'int&#233;rieur &#187; quand elle vient d'acteurs qui n'interpr&#232;tent pas les r&#244;les attendus parce qu'ils ne veulent pas et/ou ne savent pas les interpr&#233;ter ? Un tel refus est l&#233;gitime, et l'inexp&#233;rience ne m&#233;rite aucune critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les associations, syndicats ou partis politiques doivent-ils choisir prioritairement, voire exclusivement, leurs porte-paroles en fonction de leur aptitude &#224; construire une personnage ajust&#233; aux exigences du cirque m&#233;diatique ? Un tel choix &#233;quivaudrait &#224; en devenir l'otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les &#233;missions de m&#233;lange des genres sont-elles un lieu dans lequel des candidats ayant le profil de Philippe Poutou (refus de la personnalisation &#224; outrance, de la professionnalisation politique et de l'int&#233;gration des &#171; codes &#187; m&#233;diatiques) peuvent s'imposer et se faire entendre ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tel &#233;tait le pari revendiqu&#233; par l'ex-LCR avec Olivier Besancenot : &#171; Nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous l'&#233;crivions &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3591.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;il y a quelques mois&lt;/a&gt; lorsqu'Olivier Besancenot a annonc&#233; son intention de ne pas se pr&#233;senter &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La personnalisation est inh&#233;rente &#224; la fonction, m&#234;me temporaire et contr&#244;l&#233;e, de porte-parole. Elle l'est encore plus quand le porte-parole est candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Dans tous les cas, c'est aux formations collectives, durables (associations, syndicats, partis) ou plus &#233;ph&#233;m&#232;res (assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, coordinations), d'en d&#233;finir les conditions et d'en fixer les limites. Mais cette personnalisation, quand elle s'exprime dans les m&#233;dias (quand ce n'est pas pour eux, voire directement par eux&#8230;), devient plus ou moins captive de la personnalisation m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;- Et enfin : peut-on d&#233;jouer les pi&#232;ges de la politique-spectacle dans des &#233;missions dont le principal ressort est pr&#233;cis&#233;ment de transformer la politique en spectacle ? La r&#233;ponse n'est-elle pas, au moins partiellement, dans la question ? Du moins si l'on accepte de la poser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler et Julien Salingue&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment : Une r&#233;action de Philippe Poutou (publi&#233;e sur le profil Facebook du candidat)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'on en pense, le texte qui suit n'est pas seulement un t&#233;moignage, mais une contribution &#224; un d&#233;bat qui est loin de concerner le seul NPA et les seules formations politiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] Il n'y a pas eu de surprise, aucun scoop, aucune d&#233;couverte. C'est une &#233;mission de divertissement o&#249; les animateurs sont l&#224; pour se faire plaisir, pour se montrer, pour briller, c'est leur m&#233;tier. L'invit&#233; semble &#234;tre plus un faire-valoir qu'autre chose. Et ce samedi, c'est moi qui ai servi &#224; &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#233;mission, je n'avais pas d'adversaires, d'ennemis. Je n'&#233;tais pas dans une r&#233;union avec le patron ou avec des politiciens. Je n'avais pas &#224; faire le &#8220;viril&#8221; ou le &#8220;matador&#8221;. J'avais juste &#224; d&#233;fendre mes id&#233;es dans un contexte inhabituel et compliqu&#233;. C'est &#231;a que j'ai beaucoup de difficult&#233;s &#224; r&#233;ussir en ce moment. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y avait de la condescendance, du m&#233;pris social, du paternalisme, un regard hautain sur cet ouvrier candidat. Oui, mais il fallait s'y attendre. Onfray a le droit de faire le prof et de profiter de sa ma&#238;trise de la parole pour &#8220;enfoncer&#8221; un ouvrier avec qui il n'est pas d'accord politiquement. Pareil pour les journalistes et animateurs qui n'&#233;prouvent pas beaucoup de sympathie pour les id&#233;es du NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis inexp&#233;riment&#233;, un novice, et c'est logiquement, malheureusement, que je n'ai pas r&#233;ussi &#224; &#8220;rivaliser&#8221;, &#224; &#8220;faire le poids&#8221; dans cette confrontation. Je le regrette mais sans plus. Je dois apprendre, je dois trouver une place. Cela devrait venir petit &#224; petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quoi qu'il arrive par la suite, je ne deviendrai pas le &#8220;super-candidat&#8221; comme certains aimeraient que je le devienne. Je ne serai pas le &#8220;super-ouvrier&#8221; qui claquera le bec &#224; tous ses contradicteurs. Aujourd'hui, je ne suis d&#233;j&#224; pas le &#8220;super-militant&#8221; ou le &#8220;super-syndicaliste&#8221;. Je suis un ouvrier syndicaliste et militant, tout simplement. Je suis un &#8220;anonyme&#8221; parmi des millions d'anonymes, tout simplement. J'esp&#232;re, par contre, faire entendre la voix de la r&#233;volte contre un syst&#232;me capitaliste injuste et inhumain. C'est d&#233;j&#224; &#233;norme ! [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div class='spip_document_5761 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/243Laurent_Ruquier_rec_oit_Philippe_Poutou_NPA_dans_son_cabaret.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 111.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A l'exception d'un court passage dans l'&#233;mission &#171; Salut les Terriens &#187;, le 24 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi que l'a relev&#233; Didier Porte dans sa chronique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notre conseiller en strat&#233;gie n'h&#233;site pas &#224; faire conna&#238;tre ses intentions de vote. C'est &#233;videmment son droit. Elles sont instables ? C'est encore son droit. Pour m&#233;moire : en 2007, Michel Onfray a d'abord soutenu la candidature de Jos&#233; Bov&#233;, avant de se raviser et d'appeler &#224; voter pour Olivier Besancenot, puis de se raviser &#224; nouveau optant pour le &#171; vote utile &#187;, c'est-&#224;-dire, &#224; ses yeux, pour S&#233;gol&#232;ne Royal aux deux tours du scrutin. Avant de se raviser une derni&#232;re fois, et, d&#233;couvrant soudainement que S&#233;gol&#232;ne Royal &#233;tait un &#171; candidate lib&#233;rale &#187;, d'exclure de voter pour elle, avant de choisir, en guise de vote utile de voter blanc. Pour 2012, Michel Onfray a annonc&#233; qu'il voterait pour le Front de gauche, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de se m&#234;ler de la primaire du Parti socialiste en apportant son appui &#224; Arnaud Montebourg. De telles variations politiques ne regarderaient que lui si elles n'&#233;taient celles d'un cam&#233;l&#233;on m&#233;diatique. Bernard-Henri L&#233;vy a enfin un rival !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des t&#233;moins pr&#233;sents lors de l'enregistrement de l'&#233;mission nous ont confirm&#233; que plusieurs des r&#233;ponses de Philippe Poutou avaient &#233;t&#233; &#171; coup&#233;es au montage &#187; : ainsi, alors qu'Audrey Pulvar l'interroge sur la sortie du nucl&#233;aire, Philippe Poutou affirme qu'il ne peut r&#233;pondre dans les d&#233;tails car il n'est pas sp&#233;cialiste de la question. Ce que n'ont pas vu les t&#233;l&#233;spectateurs, c'est que Philippe Poutou a n&#233;anmoins &#233;voqu&#233; les &#233;conomies d'&#233;nergie, le lien entre politique &#233;nerg&#233;tique et politique des transports, les n&#233;cessaires cr&#233;ations d'emploi, etc. Cette s&#233;quence tranchait-elle trop avec le personnage h&#233;sitant qui nous a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; voir dans la version mont&#233;e de l'&#233;mission ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tel &#233;tait le pari revendiqu&#233; par l'ex-LCR avec Olivier Besancenot : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes conscients des dangers de cette &#8220;personnalisation&#8221; de la politique, qui a souvent pour cons&#233;quence de &#8220;d&#233;politiser&#8221; les personnes, admettait Alain Krivine. Malheureusement, une petite organisation comme la n&#244;tre n'a pas tellement d'autre choix pour faire passer un message &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 5 mai 2003). Les bilans de cette strat&#233;gie m&#233;diatique ont-ils vraiment &#233;t&#233; tir&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Christine Bravo ivre de rage contre le mouvement &#233;tudiant (avec la vid&#233;o)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Christine-Bravo-ivre-de-rage-contre-le-mouvement-etudiant-avec-la-video</link>
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		<dc:date>2007-11-19T07:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;On a tout essay&#233;&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Divertissement</dc:subject>
		<dc:subject>Christine Bravo</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Ruquier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une prestation d&#233;magogique et r&#233;actionnaire digne du service public&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-de-2007-et-2008-" rel="directory"&gt;Mobilisations de 2007 et 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-On-a-tout-essaye-+" rel="tag"&gt;&#034;On a tout essay&#233;&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christine-Bravo-+" rel="tag"&gt;Christine Bravo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Ruquier-+" rel="tag"&gt;Laurent Ruquier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;mission &#171; On n'a pas tout dit &#187;, France 2, mardi 13 novembre 2007. Laurent Ruquier a convi&#233;, pour &#171; d&#233;battre &#187; de la &#171; loi P&#233;cresse &#187; et des mobilisations dans les Universit&#233;s, Emmanuelle Becker, une &#233;tudiante de l'UEC qui parle pour le mouvement &#233;tudiant, et un &#233;tudiant de droit et de droite, &#233;tudint &#224; Assas et membre d' UNI, qui &#171; repr&#233;sente &#187; les &#171; anti-bloqueurs &#187;. Vers la fin de l'&#233;mission, Christine Bravo, d&#233;cha&#238;n&#233;e, d&#233;boule sur le plateau pour vomir sa haine du mouvement &#233;tudiant et de tout ce qui, de pr&#232;s ou de loin, lui rappelle les drapeaux rouges de sa jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Bravo est coutumi&#232;re de ces &#171; sorties &#187;. D&#233;j&#224;, en juin 2004, elle avait assimil&#233; &#224; une Saint-Barth&#233;l&#233;my, les coupures de courant qui avaient affect&#233; le domicile de Jean-Marie Cavada lors d'une gr&#232;ve de l'EDF (comme on peut le lire dans l'article que nous avions publi&#233; : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1650.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Christine Bravo contre la Saint Barth&#233;lemy des compteurs EDF&lt;/a&gt;.) La r&#233;cidive est tout sauf anecdotique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article revu, le 19 novembre 2007.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;
&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;320&#034; height=&#034;256&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x3iskw&amp;v3=1&amp;colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&amp;related=0&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x3iskw&amp;v3=1&amp;colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&amp;related=0&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;320&#034; height=&#034;256&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Retranscription int&#233;grale (&#224; quelques passages pr&#232;s qui sont r&#233;sum&#233;s). Elle se passe presque de commentaires&#8230; On appr&#233;ciera le genre de propos que l'on peut entendre &#224; une heure de grande &#233;coute sur l'une des principales cha&#238;nes de la t&#233;l&#233;vision publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Bravo commence par expliquer que dans sa jeunesse, lorsqu'elle &#233;tait engag&#233;e elle aussi &#171; &#224; gauche &#187;, on appelait alors &#171; fachos &#187; ceux qui s'opposaient aux blocages des universit&#233;s ; elle consid&#232;re aujourd'hui que ce terme s'appliquerait mieux aux bloqueurs. Est-ce une plaisanterie ? C'est certainement le genre d'humour qui a fait la renomm&#233;e de l'&#233;mission de Ruquier, lui&#8211;m&#234;me plus enclin &#224; faire l'&#233;loge du dernier ouvrage de BHL &#8211; comme ce fut le cas dans son &#233;mission &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; le 3 novembre dernier &#8211; qu'&#224; laisser s'exprimer une quelconque forme de contestation. Apr&#232;s cette br&#232;ve entr&#233;e en mati&#232;re, Mme Bravo prend aussit&#244;t &#224; partie l'&#233;tudiante : &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; On parlera de la loi P&#233;cresse plus tard. Je voudrais que vous me r&#233;pondiez sur une question. Est-ce que vous trouvez d&#233;mocratique d'emp&#234;cher les &#233;tudiants d'&#233;tudier ?&#8230; pour &#233;ventuellement ne pas devenir des futurs ch&#244;meurs plus tard&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un spectateur un peu na&#239;f pourrait penser que la chroniqueuse pose une question pour entendre une r&#233;ponse. Eh bien non. A peine l'&#233;tudiante commence-t-elle &#224; r&#233;pliquer &#224; cette agression d&#233;guis&#233;e en forme de question qu'elle se trouve aussit&#244;t s&#232;chement interrompue, comme elle sera sans cesse par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; C'est un faux d&#233;bat&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Non, non, non ! Je savais que voue alliez me dire &#231;a&#8230; C'est militant, je veux une r&#233;ponse&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Mais non, ce n'est pas militant&#8230; c'est sinc&#232;re&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo (sur le ton d'un interrogatoire de police) : - &lt;i&gt;&#171; Je veux une r&#233;ponse : est-ce que c'est d&#233;mocratique d'emp&#234;cher des gens de rentrer &#224; l'Universit&#233; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Et moi je voudrais savoir si c'est d&#233;mocratique le fait que le gouvernement&#8230; &#187;&lt;/i&gt; La jeune &#233;tudiante ne peut terminer sa phrase car notre experte en d&#233;mocratie, qui veut une r&#233;ponse mais ne souhaite pas l'entendre, l'interrompt en s'exclamant :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Et voil&#224;, ils font de la politique&#8230; ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Bravo a tout compris. Oui, en effet, c'est de la politique ! Malheureusement un tel &#233;clair d'intelligence n'&#233;tait pas fait pour durer. Christine Bravo encha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo [Elle &#233;l&#232;ve la voix&#8230;] : - &lt;i&gt;&#171; R&#233;pondez-moi sur cette question Emmanuelle, est-ce que c'est d&#233;mocratique d'emp&#234;cher des gens qui veulent bosser de rentrer dans leur universit&#233; ? !! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sont d&#233;mocratiques. Val&#233;rie P&#233;cresse [&#8230;] s'exprime l&#224;-dessus en disant que tous les &#233;tudiants, qu'ils soient pour ou contre les r&#233;formes, doivent aller en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale&#8230; Donc quelque part est-ce que l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale&#8230; &#187; &lt;/i&gt;Une fois de plus, Christine Bravo ne la laisse pas terminer :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Non, vous ne r&#233;pondez pas sur la question&#8230; Allez, on encha&#238;ne&#8230; Vous ne r&#233;pondrez pas&#8230; Est-ce que vous trouvez d&#233;mocratique d'emp&#234;cher les travailleurs non gr&#233;vistes de rejoindre leurs entreprises le jour o&#249; il y a&#8230; gr&#232;ve des cheminots ? Est-ce que vous trouvez &#231;a d&#233;mocratique d'aller les aider ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuelle h&#233;site une seconde, semble se demander : &#171; mais comment r&#233;pondre &#224; une question aussi idiote et malveillante ? &#187;, puis finalement, non sans courage, trouve ses mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Je trouve que les coups port&#233;s par le gouvernement actuellement am&#232;nent les travailleurs, les &#233;tudiants, &#224; des mesures d'action qui sont les blocages&#8230; Laissez-moi r&#233;pondre &#8230; Laissez-moi r&#233;pondre. &#199;a veut dire que c'est un moyen d'action le blocage, est-ce qu'il est d&#233;mocratique ou pas &#8230; ? &#8230; c'est un blocage, la d&#233;mocratie, o&#249; elle est aujourd'hui ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Puisque vous vous sentez solidaires des travailleurs, moi j'ai envie de vous dire, que les jeunes, les &#233;tudiants, vous &#234;tes un peu solidaires pour faire parler de vous en p&#233;riode de crise, mais quand il n'y a pas de crise, on ne vous entend pas beaucoup sur les travailleurs [tandis que l'on ne cesse d'entendre Christine Bravo&#8230;], vous n'allez pas comparer vos probl&#232;mes d'argent de poche hein au pouvoir d'achat des travailleurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Peut-&#234;tre pas les &#233;tudiants communistes&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus odieuse, non seulement elle a le culot de se poser en d&#233;fenderesse du pouvoir d'achat des travailleurs, mais elle affiche sans vergogne son m&#233;pris pour des &#233;tudiants &#224; qui elle se permet d'infliger des le&#231;ons de solidarit&#233;. Emmanuelle essaye de protester. Ou simplement de prendre la parole. Mais &#233;videmment Christine Bravo ne la c&#232;de pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Excuse-moi, chez les &#233;tudiants communistes, dieu merci il n'y a pas que des fils de prol&#233;taires, moi je connais des fils de bourges qui sont communistes, dieu merci ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Etre solidaires avec les salari&#233;s c'est &#233;vident, ce n'est pas que parce que aujourd'hui on est m&#233;diatis&#233;s, parce qu'on nous voit faire des manifestations, on nous voit dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales&#8230; &#233;videmment moi, je me sens solidaire avec les salari&#233;s&#8230; je suis salari&#233;e ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; Moi je trouve que vous n'avez rien &#224; faire dans ces conflits-l&#224;&#8230;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : -&lt;i&gt; Ah bon ! J'ai rien &#224; faire dans le fait que, par exemple&#8230; la d&#233;fense du secteur public, je n'ai rien &#224; y faire ! Les franchises m&#233;dicales, je n'ai rien &#224; y faire ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Mais attendez, vous n'allez pas en plus aggraver un mouvement&#8230; Enfin c'est extraordinaire !&lt;/i&gt; [Christine s'indigne] &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Qu'est-ce que les &#233;tudiants viennent faire dans ce bordel-l&#224; ?! &#187; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Mais les attaques du gouvernement&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi pour Mme Bravo, les mouvements sociaux ne sont rien d'autre que &#171; ce bordel-l&#224; &#187;... ! Sous pr&#233;texte qu'elle ne se sent pas concern&#233;e, nul ne devrait l'&#234;tre &#224; ses yeux. Et notre diva de la t&#233;l&#233;vision coupe l'&#233;tudiante une fois de plus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Mais arr&#234;tez avec les attaques du gouvernement ! Mais vous me faites penser aux &#233;tablis qui en 1968&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Bravo, nous pr&#233;cise aujourd'hui un correspondant, avait alors (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les mecs ils voulaient aller conscientiser la masse prol&#233;tarienne &#187;&lt;/i&gt; [dit-elle avec m&#233;pris. Ruquier ricane.] &#8230; &lt;i&gt;&#171; Ils s'engageaient dans les usines, mais en r&#233;alit&#233; le soir ils rentraient chez eux, ils pleuraient dans le giron de leur m&#232;re parce qu'ils avaient des ampoules au doigt, tu vois&#8230; Faut pas d&#233;conner&#8230; &#187;&lt;/i&gt; [Rires et applaudissements] &lt;i&gt;&#171; Non, attendez, je vous jure, &#231;a part d'un bon sentiment mais c'est compl&#232;tement con et utopique&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Con &#187; et &#171; utopique &#187;. Cette tentative de rivaliser, par la caricature et l'insulte, avec le discours de Sarkozy sur mai 68 brille par sa vulgarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Le 20 novembre ils soutiendront les fonctionnaires&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo (au comble de la finesse) : - &lt;i&gt;&#171; Oui, alors les fonctionnaires&#8230; Vous allez soutenir les CRS, c'est bien. De mon temps, on ne soutenait pas les CRS&#8230; Bah oui, les CRS c'est des fonctionnaires&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Je veux revenir sur un truc : &#231;a doit &#234;tre quoi le r&#244;le de l'&#233;tudiant ? &#231;a doit &#234;tre d'aller suivre ses cours, de rentrer chez lui, revenir ainsi de suite&#8230; ou &#231;a doit &#234;tre de r&#233;fl&#233;chir sur la soci&#233;t&#233; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; C'est de r&#233;fl&#233;chir sur la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt; [Comme je le fais moi-m&#234;me tr&#232;s rarement, oublie d'ajouter la chroniqueuse&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Bravo s'adresse ensuite &#224; un &#233;tudiant d'Assas (sans doute pour r&#233;tablir l'&#233;quilibre, dangereusement rompu en faveur d'Emmanuelle&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes en fac &#224; Paris II, Panth&#233;on-Assas, et donc futur capitaliste, opprimeur des cheminots&#8230; &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas &#8211; &lt;i&gt;&#171; On l'esp&#232;re&#8230;. &#187;&lt;/i&gt; Laurent Ruquier et Pierre Perret se marrent de cette bonne blague&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo poursuit : - &lt;i&gt;&#171; Pourquoi au lieu de pleurnicher dans les m&#233;dias vous ne faites pas comme les &#233;tudiants d'Assas &#224; mon &#233;poque, on prenait des gourdins et des nunchakus et allait casser&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette incitation &#224; la violence, &#224; peine masqu&#233;e par une tentative (d&#233;sesp&#233;r&#233;e) d'&#234;tre dr&#244;le, le jeune fan de Nicolas Sarkozy r&#233;pond tr&#232;s s&#233;rieusement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Malheureusement, c'est les &#233;tudiants de Rennes qui les ont tous pris, et aujourd'hui c'est les &#233;tudiants d'extr&#234;me gauche qui ont les massues et les gourdins et qui emp&#234;chent les &#233;tudiants de rentrer&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo (enfin satisfaite) : - &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; ! OK il a r&#233;pondu ! &#187;&lt;/i&gt; Notre experte en d&#233;mocratie triomphe. Seule Emmanuelle essaye de protester &#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Je r&#233;ponds quand m&#234;me&#8230; &#231;a concerne une minorit&#233; ce qu'il est en train de raconter, tu ne peux pas dire que les 10 000 &#233;tudiants qui &#233;taient dans la rue le 8 novembre, c'&#233;tait 10 000 &#233;tudiants avec un gourdin... &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Je parle de ce qui se passe aujourd'hui&#8230; Aujourd'hui il y a un vote qui a &#233;t&#233; d&#233;mocratique pour une fois et qui montre que les &#233;tudiants&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruquier l'interrompt pour une blague d'une grande finesse :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Pierre Perret dira qu'il y en a des &#233;tudiantes qui en r&#234;vent d'un &#233;tudiant avec un gourdin. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Attendez&#8230; vous vous plaignez d'&#234;tre &#224; la merci d'une minorit&#233;&#8230; On a discut&#233; avec une de vos copines, qui est &#224; la fac de Tolbiac, qui nous disait que sur 12 000 &#233;tudiants, seuls 500 &#233;tudiants gr&#233;vistes participaient aux AG&#8230; 12 000 contre 500&#8230; bah franchement j'ai pas envie de pleurer pour les 11 500 qui se laissent manipuler&#8230; Si c'est vrai &#231;a, si ce sont eux les minoritaires, mais allez-y dans les AG, allez vous battre&#8230;. ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Si on commence &#224; faire cela&#8230; cela a &#233;t&#233; le cas &#224; Nantes d'&#233;tudiants qui voulaient voter contre les blocages dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, ils ont &#233;t&#233; refoul&#233;s &#224; l'entr&#233;e&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Par qui ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Par les &#233;tudiants bloqueurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo [scandalis&#233;e] : - &lt;i&gt;&#171; C'est grave ! Ils sont violents ces gens-l&#224; ! Mais c'est grave ! Vous &#234;tes plus nombreux ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Le probl&#232;me c'est qu'on ne veut pas aller &#224; l'escalade&#8230;. La majorit&#233; des &#233;tudiants qui aujourd'hui veulent aller en cours, ce ne sont pas des militants, ce sont des gens qui ont autre chose &#224; faire&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Il reste deux minutes pour parler de la loi P&#233;cresse, il faut quand m&#234;me dire le fond l&#224;-dessus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2 minutes ! On imagine assez le r&#233;sultat&#8230; d'autant que Christine Bravo reprend imm&#233;diatement la parole en sa qualit&#233; d'experte des questions universitaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Mon point de vue c'est que le syst&#232;me universitaire fran&#231;ais ne marche plus en l'&#233;tat&#8230;. Alors l&#224; je suis d&#233;sol&#233;e, je vais vous dire&#8230; Vous dites que &#231;a risque de faire une universit&#233; &#224; deux vitesses, mais elle existe d&#233;j&#224; cette universit&#233; &#224; deux vitesses ! Les grandes &#233;coles d'un c&#244;t&#233;, les universit&#233;s publiques de l'autre&#8230; Alors moi ce que je vais faire, je vais pousser ma fille vers les grandes &#233;coles &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; et finalement qu'est-ce qui va se passer ?&#8230; Parce que moi je suis cadre, ma fille elle a de l'argent, on est sorti de la merde&#8230; Alors quoi, &#231;a veut dire qu'on va laisser dans le public les fils d'ouvriers et qu'on enverra les fils de bonne famille dans les universit&#233;s&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Elle lutte contre &#231;a ! Elle lutte contre &#231;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &#171; &#8230; &lt;i&gt;C'est ce qui existe d&#233;j&#224; donc c'est pour &#231;a qu'il faut maintenant&#8230; &#187;&lt;/i&gt; [Faire quoi ? &#8230; La r&#233;forme P&#233;cresse ?]&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bravo Mme Bravo. Quel talent pour faire valoir ce &#171; bon sens &#187; lib&#233;ral !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Une r&#233;forme de l'Universit&#233;, on en veut une, on est quand m&#234;me conscients de ce probl&#232;me-l&#224; &#8230; Il y a quand m&#234;me un &#233;tudiant sur 2 qui &#233;choue, il y a quand m&#234;me des &#233;tudiants qui sont aux 35 heures&#8230; quel temps il leur reste pour travailler ? Mais la r&#233;forme de l'Universit&#233; elle existe, mais les r&#233;ponses actuelles du gouvernement de vouloir privatiser les universit&#233;s, c'est peut-&#234;tre pas forc&#233;ment la bonne r&#233;ponse&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas de privatisation&#8230; &#187;&lt;/i&gt; [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivent quelques secondes d'&#233;changes o&#249; &#171; la voix d'Assas &#187; explique que &#171; l'&#233;tudiant qui n'est pas dogmatique &#187; se fout de savoir si le livre est pay&#233; par le public ou le priv&#233;, du moment que le service est bien assur&#233; ; Emmanuelle souhaite en revanche un service public. Ruquier laisse &#224; Pierre Perret, qui semble confondre les Universit&#233;s avec les &#171; jolies colonies de vacances &#187; de sa chanson, le soin de conclure cette discussion &#171; sur le fond &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pierre Perret : - &lt;i&gt;&#171; Le n&#339;ud de ce probl&#232;me-l&#224;, c'est&#8230; il est vraiment fort dommage qu'ils soient incapables de s'entendre, parce que le but est le m&#234;me &#187;&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;&#171; L'Etat manque de moyens aujourd'hui, il est emmerd&#233; de toutes parts pour recolmater les br&#232;ches&#8230; Mais au lieu de vous diviser, au lieu d'unir vos forces pour vous bagarrer et obtenir vraiment les moyens d'&#233;tudier, sans perdre un temps fou &#8230; Parce que l&#224; vous &#234;tes en train vraiment de perdre du temps&#8230;Je trouve cela un peu dommage &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune militante semble moins enthousiasm&#233;e par cet hymne &#224; l'amour :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; On ne d&#233;bat pas de la loi du coup&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! Mais que veux-tu ? Les 2 minutes sont termin&#233;es : Vive le service public sur France2 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait beaucoup d'aveuglement pour consid&#233;rer l'intervention de Christine Bravo comme un tribut cher pay&#233; au divertissement : celui-l&#224; m&#234;me que promettent les &#233;missions de m&#233;lange des genres (et particuli&#232;rement celles qu'anime Laurent Ruquier). La vulgarit&#233; de Christine Bravo a valeur de sympt&#244;me de la d&#233;politisation d&#233;magogique et poujadiste que peuvent produire de tels spectacles. Sa violence t&#233;moigne du pouvoir exorbitant qu'ils conf&#232;rent &#224; des &#171; chroniqueurs &#187; dont les prestations font presque regretter qu'ils remplacent les journalistes les plus engag&#233;s. Au secours ! Rendez-nous Daniel Bilalian !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article revu, le 19 novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Bravo, nous pr&#233;cise aujourd'hui un correspondant, avait alors douze ans... C'est assez dire qu'elle sait de quoi elle parle... (note ajout&#233;e le 20 avril 2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Christine Bravo contre la Saint Barth&#233;lemy des compteurs EDF</title>
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		<dc:date>2004-06-23T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Rindel</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;On a tout essay&#233;&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Divertissement</dc:subject>
		<dc:subject>Christine Bravo</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Ruquier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; On a tout essay&#233; &#187; (&lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;) : une &#233;mission de pur divertissement ? Evidemment pas. Un exemple parmi d'autres (version sonore et transcription)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mouvements-de-2004-a-2006-" rel="directory"&gt;Mouvements de 2004 &#224; 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-On-a-tout-essaye-+" rel="tag"&gt;&#034;On a tout essay&#233;&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christine-Bravo-+" rel="tag"&gt;Christine Bravo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Ruquier-+" rel="tag"&gt;Laurent Ruquier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Jeudi 17 juin 2004, Le chansonnier Laurent Ruquier recevait dans son &#233;mission &#171; On a tout essay&#233; &#187; (&lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;) Jean-Marie Cavada, ancien pr&#233;sident de radio France, qui venait de voir l'&#233;lectricit&#233; coup&#233;e dans sa maison secondaire par des gr&#233;vistes d'EDF.&lt;br /&gt;
Une occasion pour Christine Bravo, l'une des chroniqueuses de l'&#233;mission pr&#233;sente ce jour-l&#224; sur le plateau, de prendre courageusement la d&#233;fense des compteurs EDF. Des images que l'on a pu revoir dans la s&#233;quence &#171; Zapping &#187; du lendemain sur la cha&#238;ne Canal Plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Fascisme absolu&lt;/i&gt; &#187; ?...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Christine Bravo, visiblement outr&#233;e, le visage grima&#231;ant et le verbe haineux, r&#233;agit ainsi &#224; l'action des gr&#233;vistes d'EDF : &#171; &lt;i&gt;Je trouve &#231;a scandaleux ! Je trouve &#231;a d&#233;gueulasse ! &#199;a c'est la Saint Barth&#233;lemy tu vois ! Je trouve &#231;a d&#233;gueulasse qu'on vous ait coup&#233; le courant, je trouve que c'est immonde, je trouve que c'est du fascisme absolu. Je le dis&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Mais dans quel pays on vit !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre chroniqueuse, Peri Cochin, rench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est-&#224;-dire pourquoi ils vous enl&#232;vent pas avec une demande de ran&#231;on, euh&lt;/i&gt;... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_111 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-111 &#034; data-id=&#034;d0cb9505718327ecc203d91f0884052a&#034; src=&#034;IMG/mp3/Ruquier-04.06.17-_Christine_Bravo.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript128080614269f4805066deb4.03860829&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyODEzNjUxJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI4MTM2NTEnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces deux chroniqueuses, aux revenus que l'on imagine substantiels, sont pourtant bien mal plac&#233;es pour juger de mani&#232;re aussi suffisante les r&#233;actions auxquelles peuvent amener des conditions de vie autrement difficiles que les leurs et les agressions permanentes du discours m&#233;diatique ainsi que du gouvernement, qu'elles n'ont pas non plus &#224; subir.&lt;br /&gt;
Que feraient-elles si elles se trouvaient dans une situation similaire ? Parviendraient-elle, face &#224; l'agression et l'autisme du gouvernement, &#224; respecter &#224; la lettre les &#171; principes &#187; du conformisme moral, quitte &#224; se laisser d&#233;vorer par la logique du profit ?&lt;br /&gt;
Leur condition sociale les met &#224; l'abri de tels choix, ce qui leur permet, depuis leur confortable &#171; salon &#187; parisien, de se pr&#233;valoir de r&#232;gles de morale qui ne leur demande, &#224; elles, aucun effort, pour mieux fustiger ceux qui n'acceptent pas sans broncher les sacrifices &#233;normes que leur demanderaient, &#224; eux, le respect de ses m&#234;me normes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... &lt;i&gt;&#171; Connerie stratosph&#233;rique &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Cette outrecuidance n'est pas pass&#233;e inaper&#231;ue. Le chroniqueur Didier Porte a ainsi livr&#233; &#224; ses auditeurs, dans sa chronique radio matinale sur Oui-FM, ce commentaire acerbe, qui s'en prend &#233;galement &#224; Yves Bigot, directeur de l'unit&#233; divertissement de &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [...] &lt;i&gt;Il faut quand m&#234;me savoir que l'&#233;mission de Ruquier est enregistr&#233;e. Moyennant quoi, toutes les conneries qui y sont prof&#233;r&#233;es sont pes&#233;es. Donc c'est en connaissance de cause qu'Yves Bigot a choisi de diffuser la crise de delirium hyst&#233;ro-poujadiste de l'ancienne animatrice. La &#171; Saint Barth&#233;lemy &#187; &#224; propos d'une coupure de d'&#233;lectricit&#233; sauvage dans les r&#233;sidences secondaire d'une poign&#233;e de &lt;/i&gt;people&lt;i&gt; ultra-privil&#233;gi&#233;s, il faut quand m&#234;me &#234;tre arriv&#233; &#224; un niveau de connerie stratosph&#233;rique. Ben non, pour France 2, &#231;a rel&#232;ve du divertissement. C'est la raison pour laquelle je ne saurais trop conseiller &#224; nos amis d'EDF, de se renseigner sur les coordonn&#233;es d'Yves Bigot. S'ils trouvent sa maison, il y a peu de chances qu'ils d&#233;couvrent une &#171; lumi&#232;re &#187; &#224; l'int&#233;rieur, mais qui sait, il y aura peut-&#234;tre un compteur &#224; r&#233;cup&#233;rer, ne serait-ce que pour lui changer les plombs, qui ont fondu depuis longtemps.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arnaud Rindel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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