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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Famili, magazine familial, familier des st&#233;r&#233;otypes sexistes</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Famili-magazine-familial-familier-des-stereotypes-sexistes</link>
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		<dc:date>2013-04-23T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thibault Roques, Vincent Bollenot</dc:creator>


		<dc:subject>Sexisme</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Marie Claire</dc:subject>
		<dc:subject>Femmes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un magazine d&#233;di&#233; d'abord aux mamans, qui sont mamans d'abord et assign&#233;es au t&#226;ches domestiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-La-presse-feminine-laboratoire-de-l-information-publicitaire-" rel="directory"&gt;La presse f&#233;minine, laboratoire de &#034;l'information&#034; publicitaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sexisme-+" rel="tag"&gt;Sexisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Marie-Claire-+" rel="tag"&gt;Le groupe Marie Claire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Femmes-+" rel="tag"&gt;Femmes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Magazine du groupe &#171; Marie Claire &#187;, &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; se pr&#233;sente &#8211; c'est du moins ce qu'indique son nom &#8211; comme un magazine &#224; destination des futurs et nouveaux parents en g&#233;n&#233;ral. On pourrait donc attendre qu'il s'adresse autant ou presque aux hommes/p&#232;res qu'aux femmes/m&#232;res. Or tant dans la version papier que sur le site internet, ce titre de presse relaie, plus ou moins ouvertement, les visions les plus traditionnelles de la r&#233;partition des r&#244;les entre les sexes : une r&#233;partition socialement construite et dominante dans la r&#233;alit&#233; que le magazine, plut&#244;t que de la remettre en cause, contribue, par voie m&#233;diatique, &#224; diffuser, voire &#224; renforcer aupr&#232;s de ses lecteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que laisserait penser son titre m&#234;me, &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; non seulement ne concerne que les couples h&#233;t&#233;rosexuels et leurs enfants, mais a en r&#233;alit&#233; tout du &#171; magazine f&#233;minin &#187;, con&#231;u d'abord et avant tout &#171; pour les femmes &#187; et &#171; pour les mamans &#187;. C'est dire, d'une certaine fa&#231;on, que la famille, c'est d'abord et avant tout la maman et les enfants, le p&#232;re &#233;tant essentiellement charg&#233; de se substituer provisoirement &#224; la m&#232;re quand les circonstances (exceptionnelles) l'exigent. &lt;i&gt;Famili &lt;/i&gt;est donc d&#233;di&#233; aux mamans d'abord (1) qui sont&#8230; mamans d'abord (2) et assign&#233;es aux t&#226;ches domestiques (3) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Les mamans d'abord&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes sont en effet l'objet, explicite ou non, de la tr&#232;s grande majorit&#233; des sujets, articles et autres rubriques, comme en t&#233;moignent les titres des dossiers en unes des num&#233;ros de d&#233;cembre-janvier 2012-2013 ou d'avril-mai 2013 : &#171; Future maman : mon b&#233;b&#233;, mon homme, mon job&#8230; &#187; (voir plus loin) et &#171; Mission survie apr&#232;s b&#233;b&#233; : &#224; la maternit&#233;, &#224; la maison avec son mec, secret de supermams &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6354 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L426xH560/famili-_avril-mai_2013-b901b.jpg?1776678927' width='426' height='560' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#8230; sans savoir au juste qui sont ces &#171; supermams &#187;, aucune trace jusqu'ici, en une ou dans les pages int&#233;rieures, de &#171; superpaps &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple d'adresse aux mamans, ce passage (num&#233;ro d'ao&#251;t-septembre 2012, p.106), &#224; propos de l'enfant qui quitte ses parents pour la premi&#232;re fois : &lt;i&gt;&#171; Il risque de passer de l'excitation &#224; la crainte, d'osciller entre fanfaronnade &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; et repli dans &lt;strong&gt;vos&lt;/strong&gt; bras (&#8220;&lt;/i&gt;Maman, je ne veux pas te quitter&#8221;&lt;i&gt;). &#187; &lt;/i&gt;Et plus loin (dans le m&#234;me num&#233;ro, p.108), &#224; propos des m&#232;res forc&#233;ment en charge de tout ce qui concerne l'alimentation : &lt;i&gt;&#171; Les glaces j'en donne, ou pas ? &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; Tous les &#233;t&#233;s, c'est la m&#234;me chose, &lt;strong&gt;on&lt;/strong&gt; s'interroge : &lt;strong&gt;je&lt;/strong&gt; c&#232;de ou pas ? Toutes les r&#233;ponses &#224; &lt;strong&gt;vos questions de maman&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces adresses aux mamans qui se posent des questions sont confort&#233;es par un usage des pronoms personnels qui en dit long sur le vrai &#171; c&#339;ur de cible &#187; de la r&#233;daction. Le papa, lui, par d&#233;finition, ne se pose pas de question, n'&#233;tant pas concern&#233; ou n'ayant pas voix au chapitre. Alors qu'&#224; chaque fois, le &lt;i&gt;je&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;on&lt;/i&gt; ou le &lt;i&gt;vous&lt;/i&gt; pourrait &#234;tre ind&#233;termin&#233;, renvoyant &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; indiff&#233;remment au p&#232;re ou &#224; la m&#232;re, il ressort clairement que c'est surtout - voire exclusivement - aux m&#232;res que &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; s'adresse. Il y a bien ici ou l&#224; des petits encarts &#171; Pour les papas &#187; ou &#171; Allez les papas &#187; pour les inciter &#224; participer ou &#224; pr&#234;ter main forte. Mais jamais aucune rubrique compl&#233;mentaire en miroir &#171; Pour les mamans &#187; qui semblerait probablement incongrue tellement il va de soi qu'elles ne peuvent qu'&#234;tre les seules vraiment concern&#233;es, &#224; tous les sens du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du st&#233;r&#233;otype entretenu dans certains articles consistant &#224; consid&#233;rer comme allant de soi l'omnipr&#233;sence f&#233;minine (et partant l'invisibilit&#233; masculine) d&#232;s lors qu'il s'agit du foyer ou des enfants, d'autres clich&#233;s ont la vie dure dans &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt;. Ici comme ailleurs, la maman (comme toute femme dans la plupart des &#171; f&#233;minins &#187;&#8230;) est r&#233;duite &#224; son apparence, son look et sa beaut&#233; : &lt;i&gt;&#171; N'h&#233;sitez pas &#224; dire &#224; votre compagne que son r&#244;le de maman lui va bien. C'est bon &#224; entendre quand on est fatigu&#233;e, que les seins sont douloureux et que la cicatrice de l'&#233;pisio tiraille&#8230; Et si, pour lui faire plaisir, vous lui rapportiez ce T-shirt sympa qui vous tend les bras dans la vitrine ? Nouveau v&#234;tement, nouvelle femme ! &#187;&lt;/i&gt; (avril-mai 2013, p.77)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien connu, c'est la tenue et le style qui redonneront le moral &#224; une femme qui vient d'accoucher. Sous des dehors sympas, ces slogans enjou&#233;s &#171; Nouveau v&#234;tement, nouvelle femme &#187; ou plus loin &#171; tenues petit mec et maman branch&#233;e &#187; en disent long sur la valeur et les valeurs associ&#233;es aux femmes. Ici comme ailleurs, pour les femmes, le superficiel prime : le bien-&#234;tre est toujours d'abord un bien-para&#238;tre (les innombrables pages de publicit&#233; vantant les m&#233;rites de telle cr&#232;me ou de tel article de pr&#234;t-&#224;-porter en attestent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; son fameux &#171; r&#244;le de maman &#187; (qui &#171; lui va bien &#187;, cela va sans dire !), il renferme toutes les fonctions les plus traditionnellement &#171; f&#233;minines &#187; : ainsi, le souci premier de la m&#232;re, ce sont forc&#233;ment ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. &#8230; Qui sont mamans d'abord&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En une du num&#233;ro de fin d'ann&#233;e, ce titre : &#171; Mon b&#233;b&#233;, mon homme, mon job &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L316xH420/famili-_dec-_2012_-janv-_2013-b3482.jpg?1776678927' width='316' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un ordre d'occupation et de pr&#233;occupation qui n'a rien d'anodin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le meilleur des cas, les &#171; mamans d'abord &#187; sont invit&#233;es &#224; jongler avec des emplois qui conviennent &#224; leur premier r&#244;le : des emplois que c&#233;l&#232;bre l'&#233;ditorial du num&#233;ro de f&#233;vrier mars 2013 intitul&#233; &#171; Vive les crises ! &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Lorsqu'on devient parent, maman en particulier, on est pr&#234;t(e) &#224; tout pour ses enfants. &#192; se r&#233;inventer de nouveaux espoirs, &#224; changer de vie. Et, entre autres, &#224; travailler autrement. M&#234;me en temps de crise, les mamans ont des id&#233;es. Elles font preuve d'une imagination et d'une &#233;nergie incroyable, comme ces mampreneurs qui ont quitt&#233; le confort du salariat pour cr&#233;er leur propre entreprise. Et profiter de leurs enfants &#224; 100 %. Une aventure pas toujours de tout repos mais tellement stimulante ! En tout cas, une belle le&#231;on de vie pour chacun(e) d'entre nous. Alors, cette ann&#233;e, promis, on profite des crises pour grandir ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploit ultime, pour les femmes, c'est de continuer &#224; faire ce que la plupart d'entre elles font d&#233;j&#224; : toujours d'arriver &#224; faire des choses, d'autres choses, sans jamais perdre de vue que leur premier r&#244;le est de s'occuper et profiter des enfants &#224; plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. &#8230; et assign&#233;es au travail domestique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, certains encarts publicitaires dans le magazine (avril-mai 2012, p.41-42) renforcent cette vision de la division du travail au sein du couple : la m&#232;re est par essence maternante et tourn&#233;e vers ses enfants tandis que le p&#232;re est ce chef responsable, parfois h&#233;ro&#239;s&#233;, qui regarde la route&#8230; ou regarde ailleurs. Dans la publicit&#233; pour le nouveau Toyota Verso, naturellement, seul le p&#232;re est &#233;voqu&#233; et visible : &lt;i&gt;&#171; mon p&#232;re est un h&#233;ros, sa voiture est un Verso &#187;&lt;/i&gt;, tandis que dans la publicit&#233; sur la page suivante pour le si&#232;ge auto de la marque B&#233;b&#233; Confort, papa est au volant (normal, direz-vous&#8230;) alors que c'est &#233;videmment maman qui est retourn&#233;e pour s'occuper de b&#233;b&#233; et de son doudou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le st&#233;r&#233;otype le plus fr&#233;quemment v&#233;hicul&#233; reste quand m&#234;me celui de la m&#232;re aux fourneaux (d&#233;cembre-janvier 2012-2013, p.114) : &lt;i&gt;&#171; il ne mange rien &#224; la cantine, je fais quoi &#224; d&#238;ner ? &#187; &lt;/i&gt;Question a priori universelle et universellement partag&#233;e. Mais qui est &lt;i&gt;je&lt;/i&gt;, au juste ? R&#233;ponse imm&#233;diate de la journaliste pour qui les enfants &lt;i&gt;&#171; doivent apprendre &#224; &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;accepter une alimentation diff&#233;rente de celle que maman leur pr&#233;pare &#224; la maison. &#187;&lt;/i&gt; Dans la continuit&#233;, et avec la m&#234;me &#233;vidence, &lt;i&gt;&#171; Nombreuses sont les cantines qui font des efforts pour proposer des repas vari&#233;s et de qualit&#233;. Le probl&#232;me des m&#232;res de famille, c'est davantage le soir. &#187; &lt;/i&gt;Car oui, les p&#232;res de famille, eux, n'ont par d&#233;finition, qu'&#224; se mettre les pieds sous la table&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici encore, la publicit&#233; - pour les biberons Dodie - ne peut qu'accentuer ce sentiment d'un ordre du monde immuable : on nous dit que cette marque de biberons est &lt;i&gt;&#171; n&#176; 1 dans le c&#339;ur des mamans &#187;&lt;/i&gt;. C'est renvoyer la m&#232;re &#224; la fois &#224; sa fonction nourrici&#232;re, une fois de plus, mais aussi souligner sa fibre affective (comme on peut le v&#233;rifier sur le site de &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt;, bri&#232;vement analys&#233; en compl&#233;ment de cet article). Les papas, quant &#224; eux, soit n'ont pas de c&#339;ur soit ne s'occupent pas des biberons, c'est entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, dans &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt;, il est rappel&#233;, plus ou moins indirectement, que le domestique ne peut &#234;tre le domaine privil&#233;gi&#233; que de la femme, comme le souligne parfaitement le passage qui suit (avril-mai 2013, p.77) : &lt;i&gt;&#171; Rappelez-lui qu'il faut qu'elle se repose. Ce qu'elle a de mieux &#224; faire, c'est se caler sur le rythme du b&#233;b&#233; et de laisser les autres &#8211; mari, famille &#8211; s'agiter autour d'elle. Agissez ! Par exemple, interdisez-lui l'aspirateur et peu importe si le m&#233;nage laisse &#224; d&#233;sirer. Prenez les courses en main et la pr&#233;paration des repas si possible&#8230; Ou invitez (belle-)maman &#224; venir passer quelques jours&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interdire l'aspirateur &#224; sa femme : quelle audace ! Ne pas se formaliser si elle n'a pas pu astiquer la maison : l'homme est d&#233;cid&#233;ment trop bon ! Ou, solution ultime, inviter les membres de la famille &#8211; f&#233;minins de pr&#233;f&#233;rence - &#224; la suppl&#233;er. Tout ceci serait simplement cocasse si &#231;a ne mettait pas au jour un impens&#233; r&#233;current dans ce type de magazines : il va de soi que femme et (entretien du) foyer sont intimement li&#233;s et que cet ordre des choses ne peut &#234;tre boulevers&#233; que dans quelques rares situations exceptionnelles, n&#233;cessairement vou&#233;es &#224; ne pas (trop) durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, dans la rubrique &#171; &#192; la mater, j'en profite un max &#187; (avril-mai 2013, p.70), les femmes sont invit&#233;es &#224; &lt;i&gt;&#171; Profite&lt;/i&gt;[r]&lt;i&gt; de &lt;/i&gt;[leur]&lt;i&gt; s&#233;jour &#224; la maternit&#233; pour faire connaissance avec &lt;/i&gt;[leur]&lt;i&gt; enfant &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; puisqu'&lt;/i&gt;[elles sont]&lt;i&gt; temporairement d&#233;barrass&#233;es des contingences mat&#233;rielles de la maison. &#187;&lt;/i&gt; En d'autres termes, qui dit retour &#224; la maison dit &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; retour de la femme au foyer, en tous les sens du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand les journalistes osent promouvoir telle position plus progressiste (&#171; le partage des t&#226;ches, tu reverras &#187;), voil&#224; leur conseil adress&#233; aux femmes : &lt;i&gt;&#171; Faites preuve de diplomatie. Il y a fa&#231;on et fa&#231;on de faire vos demandes &lt;/i&gt;&#8220;Qu'est-ce que tu aimerais le mieux prendre en charge, mon ch&#233;ri ?&#8221;, &lt;i&gt;&#231;a marche mieux que :&lt;/i&gt; &#8220;&#192; partir de maintenant, je ne m'occupe plus des courses. Si tu veux manger, tu remplis le frigo !&#8221; &#187; (num&#233;ro d'avril-mai 2013, p.79). Il suffit d'imaginer un instant la situation inverse dans laquelle c'est l'homme qui viendrait s'enqu&#233;rir en ces termes tr&#232;s diplomatiques des d&#233;sirs de sa compagne concernant le partage des t&#226;ches pour se rendre compte &#224; quel point la domination masculine a &#233;t&#233; int&#233;rioris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si relais il y a, c'est &#224; une femme que l'on songe en priorit&#233;. Ainsi Malinka Dauvern&#233;, psychoth&#233;rapeute pour &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt;, propose-t-elle une solution dans son article &#171; &#202;tre parent : pas facile, mais exaltant ! &#187; (d&#233;cembre-janvier 2012-2013, p.77) : &#171; &#8220;Que dois-je faire si je n'y arrive pas ? Chercher de l'aide tout simplement !&#8221;. &lt;i&gt;C'est ainsi qu'elle se d&#233;cidera &#224; appeler sa m&#232;re, une amie ou une baby-sitter. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le tierc&#233; gagnant : m&#232;re, amie ou une baby-sitter. Les hommes, de leur c&#244;t&#233;, sont une fois de plus aux abonn&#233;s absents. Quant &#224; la rubrique intitul&#233;e &#171; Le meilleur conseil de ma (belle-)m&#232;re &#187;, elle n'a pas, &#224; ce jour, d'&#233;quivalent du c&#244;t&#233; des (beaux-)p&#232;res. Or &#224; force d'envisager les femmes de la famille ou de l'entourage comme seules alternatives possibles, elles finissent par devenir les seules alternatives pensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me que &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; esp&#232;re que &lt;i&gt;&#171; l'&#201;ducation nationale s'attaquera aussi au &lt;/i&gt;&#8220;d&#233;poussi&#233;rage&#8221;&lt;i&gt; des manuels scolaires, qui v&#233;hiculent encore trop de st&#233;r&#233;otypes du type&lt;/i&gt; &#8220;papa lit le journal, maman est aux fourneaux&#8221; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; et que la formation dispens&#233;e aux enseignants les aidera &#224; prendre conscience des &lt;i&gt;&#171; petites discriminations qu'ils pratiquent malgr&#233; eux &#187;&lt;/i&gt; (f&#233;vrier-mars 2013), le magazine n'est pas le dernier, dans certains de ses articles, &#224; reproduire tout ou partie de ces m&#234;mes st&#233;r&#233;otypes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait sans doute d&#233;raisonnable d'attendre de &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; qu'il soit syst&#233;matiquement &#224; l'avant-garde du combat pour une vraie &#233;galit&#233; hommes/femmes tant les in&#233;galit&#233;s subsistent, ne serait-ce que dans la vie domestique r&#233;elle. On pourrait n&#233;anmoins attendre de ses journalistes un peu plus de vigilance, par exemple quand ils &#233;voquent &lt;i&gt;&#171; le bavardage incessant des copines pipelettes ravies de se retrouver &#224; votre chevet &#187;&lt;/i&gt;. Vivement le &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; nouvelle formule dans lequel on nous promet &#171; + de chroniques un brin d&#233;jant&#233;es &#187; ; et un brin moins caricaturales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent Bollenot et Thibault Roques&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment : Sur Internet, aussi &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La version internet du magazine est cens&#233;e &#234;tre plus interactive. En principe, n'importe quel inscrit sur le site peut r&#233;diger un article en plus de l'&#233;quipe de journalistes. Mais une &#233;quipe de mod&#233;rateurs veille au grain et les articles restent largement d&#233;termin&#233;s par les contenus de la version papier puisque le m&#234;me type de pr&#233;suppos&#233;s s'y colporte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de la journaliste Katrin Acou-Bouaziz intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.famili.fr/,les-expressions-bebe-a-eviter-au-boulot,639,344331.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le langage de b&#233;b&#233; &#224; &#233;viter au boulot &#187;&lt;/a&gt; commence par un incipit annon&#231;ant la couleur des 332 mots &#224; suivre : &lt;i&gt;&#171; &#192; force de parler avec des enfants, il arrive que le niveau de langage des m&#232;res d&#233;gringole de quelques &#233;tages. &lt;/i&gt;Short-list&lt;i&gt; des expressions qui d&#233;notent au bureau. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la femme (puisque c'est elle qui parle &#171; le langage de b&#233;b&#233; &#187;, et non son compagnon) parait incapable de raison et de mise &#224; distance. Toute enti&#232;re prise dans ses pr&#233;occupations priv&#233;es et dans son lien uniquement affectif avec le b&#233;b&#233;, elle ne pourrait penser &#224; autre chose qu'&#224; son enfant et certainement pas parler d'un autre sujet. Mais, bien plus, elle ne pourrait parler autrement que comme un enfant. Par cons&#233;quent, la femme, et plus particuli&#232;rement la jeune m&#232;re, se trouve radicalement infantilis&#233;e. Or &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; se pr&#233;sente comme un magazine non seulement &#224; destination de la &#171; future maman &#187;, mais aussi du &#171; futur papa &#187;, des &#171; jeunes parents &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quand, par cons&#233;quent, un article sur les gazouillis du jeune papa retournant &#224; son m&#233;tier apr&#232;s un cong&#233; paternit&#233; ? Et s'il dispose d'une rubrique consacr&#233;e &#224; &#171; &#234;tre m&#232;re et travailler &#187;, le site de &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; n'en propose pas d'&#233;quivalente pour les jeunes p&#232;res. Une telle in&#233;galit&#233; de traitement m&#233;diatique, si elle refl&#232;te des repr&#233;sentations largement diffus&#233;es, contribue aussi &#224; les entretenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, on apprend dans le court corps de l'article que &lt;i&gt;&#171; les pires ennemis des mamans qui reprennent le chemin du travail &#187;&lt;/i&gt; sont les onomatop&#233;es : &lt;i&gt;&#171; &#034;Oups&#034; (&#034;j'ai perdu un dossier&#034;), &#034;zut&#034; (&#034;il n'y a plus d'encre dans l'imprimante&#034;), &#034;hop hop hop&#034; (&#034;faut que j'y aille moi&#034;), &#034;zou&#034; (&#034;c'est boucl&#233;&#034;), &#034;t-t-t&#034; (pour dire non), viiiii (pour dire oui), boum (quand l'agrafeuse tombe par terre). Tr&#232;s pro. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, ces quelques mots entretiennent sans aucun recul une certaine vision de la femme dans son milieu professionnel. Selon ce clich&#233;, celle-ci travaille bien s&#251;r dans un bureau, et il semble qu'il s'agisse d'un emploi r&#233;p&#233;titif et peu stimulant, qui ne requiert pas trop de dext&#233;rit&#233; intellectuelle mais plut&#244;t des gestes incorpor&#233;s, du moins est-ce cet aspect qui est exclusivement &#233;voqu&#233; dans l'article de &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; : on &#171; boucle [un] dossier &#187; visiblement envisag&#233; comme une corv&#233;e, on change la cartouche d' &#171; encre [de] l'imprimante &#187;, on agrafe des pages. Pourquoi ne pas prendre l'exemple d'un dialogue de haute vol&#233;e entre une avocate et un(e) client(e) ? Car cela ne correspond pas &#224; la repr&#233;sentation la plus diffus&#233;e, en tous cas apparemment &#224; la r&#233;daction du magazine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre article typique, r&#233;dig&#233; cette foi par &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire de fa&#231;on participative et/ou par l'&#233;quipe du magazine, et intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.famili.fr/,dur-dur-de-reprendre-le-travail-apres-bebe,639,11649.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Dur dur de reprendre le travail apr&#232;s b&#233;b&#233;&#8230; &#187;&lt;/a&gt;, il est question du malaise que non pas certains parents mais seulement certaines femmes pourraient ressentir en reprenant le travail apr&#232;s la naissance d'un b&#233;b&#233;. Certes les hommes ne connaissent pas de cong&#233; d&#251; &#224; la grossesse, mais eux aussi pourraient &#233;ventuellement &#234;tre travers&#233;s d'affects dans ces p&#233;riodes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lit dans cet article que &lt;i&gt;&#171; C'est normal, au retour d'un cong&#233; de maternit&#233;, d'&#234;tre submerg&#233;e d'&#233;motions &#187;. &lt;/i&gt;Plus loin,&lt;i&gt; &#171; Le malaise persiste ? &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; Est-ce le besoin irr&#233;pressible de sentir votre b&#233;b&#233; contre vous ? L'angoisse que la personne qui le garde ne s'occupe pas de lui aussi bien que vous ? La culpabilit&#233; de ne pas remplir votre mission de m&#232;re ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens constamment sous-jacent est l'ultra &#233;motivit&#233; de la m&#232;re. Certes, celle-ci est habit&#233;e de sentiments et a sa sensibilit&#233; propre, mais pourquoi toutes les pr&#233;occupations ici &#233;voqu&#233;es le sont sur le plan de l'affectif ? La jeune m&#232;re est ainsi constamment &#171; submerg&#233;e d'&#233;motions &#187; et travers&#233;e de sentiments &#171; irr&#233;pressibles &#187;. La femme n'est donc pas capable d'un minimum de mise &#224; distance de ses pr&#233;occupations, elle envisage la garde de son enfant seulement comme une s&#233;paration. De plus, il existerait la &#171; mission de m&#232;re &#187; consistant &#224; garder soi-m&#234;me le b&#233;b&#233; et par cons&#233;quent, &#171; culpabiliser &#187; de reprendre le travail serait l&#233;gitime. Que le p&#232;re se rassure, sa mission de patriarche ne consiste qu'&#224; nourrir un foyer qui l'accueille les soirs et les fins de semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion de ce bref article : &lt;i&gt;&#171; Enfin, si vous avez perdu tout int&#233;r&#234;t pour votre travail, il est temps de songer &#224; une &#233;volution de carri&#232;re. Il y a fort &#224; parier que l'attrait de la nouveaut&#233; vous redynamisera ! &#187;&lt;/i&gt; CQFD, assujettie par ses &#233;motions, la m&#232;re manquerait de motivation et d'ambition professionnelle, donc d'investissement et de dynamisme dans l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &lt;a href=&#034;http://www.famili.fr/,comment-reussir-a-travailler-en-open-space,639,11647.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Comment r&#233;ussir &#224; travailler en opens space ? &#187;&lt;/a&gt;, article r&#233;dig&#233; &#224; nouveau par &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt;, compl&#232;te l'analyse puisque sont &#233;voqu&#233;es les femmes en g&#233;n&#233;ral et plus uniquement les m&#232;res. Le d&#233;but de l'article a pourtant une sonorit&#233; plus &#171; sociale &#187; et reconnait m&#234;me la capacit&#233; des femmes de r&#233;fl&#233;chir ! &lt;i&gt;&#171; Travailler sur un plateau n'est pas une mince affaire. Surtout si votre job demande de la r&#233;flexion &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelles solutions face &#224; des conditions de travail difficiles ? Se syndiquer pour gagner un poids dans l'organisation du travail ? N&#233;gocier avec la direction ? Mobiliser le collectif par une campagne de tract ? Que nenni !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Au lieu de subir votre environnement, obligez-vous &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; l'usage que vous voulez faire de votre bureau. S'agit-il d'un lieu purement utilitaire que vous occupez en pro ? Ou bien d'un endroit dans lequel vous passez une partie de votre vie et que vous aimeriez retrouver avec plaisir ? Dans ce cas, il va falloir faire un effort pour l'investir. D&#233;limitez votre espace et personnalisez-le. Orientez votre table de travail de fa&#231;on &#224; ne pas avoir votre voisin sous le nez, servez-vous de votre ordinateur et de vos dossiers pour cr&#233;er une zone d'intimit&#233;, ajoutez une lampe, des fleurs, des photos, des coupures de presse&#8230; bref, tout ce qui apporte une petite touche personnelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc essentiellement une solution &#233;motionnelle qui est &#224; nouveau propos&#233;e : quelques photos de famille, et les dures conditions de travail seront vite oubli&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pourtant pas l'unique solution avanc&#233;e par &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Dites-vous bien aussi que la vie en groupe, &#231;a s'organise. &#201;dictez ensemble des r&#232;gles de bonne conduite : par exemple, mettre les t&#233;l&#233;phones portables sur vibreur. Sortir de la pi&#232;ce quand on a des conversations personnelles. Communiquer par mail plut&#244;t que par t&#233;l&#233;phone. Cela limitera la g&#234;ne&#8230; mais ne l'&#233;vitera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous ne parvenez pas &#224; vous concentrer tellement vos coll&#232;gues font du bruit ? N'h&#233;sitez pas &#224; r&#233;clamer le silence. Mais sans agressivit&#233;. N'oubliez pas qu'il y a deux heures, la &#034;chieuse&#034; qui racontait son week-end, c'&#233;tait vous ! Vous pouvez aussi vous isoler en mettant un casque ou des boules Quies. Le tout &#233;tant de pr&#233;venir que vous le faites par souci d'efficacit&#233; et non par rejet du groupe. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le groupe est vu comme le probl&#232;me. Ce n'est plus l'open space qui est consid&#233;r&#233; comme la cause de mauvaises conditions de travail mais les &#171; coll&#232;gues &#187; qui &#171; font du bruit &#187;, le &#171; groupe &#187;. Pour &lt;i&gt;Famili&lt;/i&gt;, il ne faut donc pas changer les choses mais changer les gens. L'open space est une mauvaise condition pour travailler ? Le travailleur doit n&#233;anmoins s'y soumettre, s'y accoutumer et le supporter gr&#226;ce &#224; des bricolages, et certainement pas remettre en cause le syst&#232;me et y proposer des alternatives. Et les &#171; copines pipelettes &#187; qui jacassaient tout &#224; l'heure n'ont d'&#233;gal que &#171; la chieuse qui racont[e] son week-end &#187; que vous &#234;tes. Ou l'art de pr&#233;senter la femme sous son meilleur jour, avec finesse et subtilit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Climat de fin de r&#232;gne &#224; Marie-Claire </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Climat-de-fin-de-regne-a-Marie-Claire</link>
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		<dc:date>2004-02-10T21:30:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Le groupe Cond&#233; Nast</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Lagard&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Marie Claire</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Bertelsmann</dc:subject>
		<dc:subject>Concentrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Evelyne Prouvost c&#232;de la direction du groupe &#224; son fils Arnaud. Aussit&#244;t, le groupe Lagard&#232;re passe &#224; l'attaque. 500 salari&#233;s peuvent se faire du souci.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-La-presse-feminine-laboratoire-de-l-information-publicitaire-" rel="directory"&gt;La presse f&#233;minine, laboratoire de &#034;l'information&#034; publicitaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Conde-Nast-+" rel="tag"&gt;Le groupe Cond&#233; Nast&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Lagardere-+" rel="tag"&gt;Le groupe Lagard&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Marie-Claire-+" rel="tag"&gt;Le groupe Marie Claire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Bertelsmann-+" rel="tag"&gt;Le groupe Bertelsmann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Concentrations-+" rel="tag"&gt;Concentrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette fois les chiens sont l&#226;ch&#233;s. Il a suffit qu'Evelyne Prouvost, PDG du groupe Marie-Claire, annonce qu'elle c&#233;dait la direction g&#233;n&#233;rale du groupe &#224; son fils Arnaud de Contad&#233;s, pour qu'aussit&#244;t le groupe Lagard&#232;re (avec sa filiale HFM) passe &#224; l'attaque. Les 500 salari&#233;s du groupe peuvent se faire du souci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un autre Arnaud, le fils Lagard&#232;re, (num&#233;ro &#171; un &#187; du groupe et associ&#233; &#224; 42 % dans le capital de Marie-Claire) s'est empress&#233; de d&#233;clarer, selon &lt;a href=&#034;http://www.cicsecurities.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CIC Securities&lt;/a&gt;, que &#171; &lt;i&gt;conform&#233;ment &#224; sa volont&#233; de se recentrer dans les m&#233;dias, il souhaitait se renforcer dans les groupes o&#249; il &#233;tait minoritaire&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;, 5 f&#233;v. 2004). Selon &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; du 6 f&#233;vrier 2004, il aurait &#233;voqu&#233; notamment le groupe Marie-Claire : &#171; &lt;i&gt;Toute &#233;volution capitalistique d&#233;pendra des intentions de la famille Prouvost&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte particuli&#232;rement survolt&#233; de la presse f&#233;minine (plus de 69 nouveaux titres en cinq ans, &#171; &lt;i&gt;consumers&lt;/i&gt; f&#233;minins &#187; compris, selon Emap M&#233;dia, sur fond de baisse quasi g&#233;n&#233;rale de diffusion des grands titres : - 22,73% en six ans pour &lt;i&gt;Femme Actuelle&lt;/i&gt;, - 39,39% pour &lt;i&gt;Prima&lt;/i&gt;, - 10, 59% pour &lt;i&gt;Vingt ans&lt;/i&gt; ... selon &#171; Strat&#233;gie on line &#187; (lien p&#233;rim&#233;, janvier 2011)), le groupe Marie-Claire est et demeure une proie de choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, face au g&#233;ant Hachette-Filipacchi-M&#233;dias (HFM), premier &#233;diteur de presse magazine au monde, (238 titres dont &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, dans 36 pays et un CA de 2,2 milliards d'euros) le groupe Marie-Claire France, avec un CA estim&#233; &#224; 152 millions d'euros et seulement huit titres (neuf avec le dernier n&#233;, &lt;i&gt;Mod's&lt;/i&gt;, lanc&#233; le 10 f&#233;vrier 2004), pourrait sembler assez peu &#171; attrayant &#187;. Oui mais, si le groupe Marie-Claire n'&#233;dite que neuf f&#233;minins en France, il en &#233;dite quarante sur le march&#233; mondial ! Et sa rentabilit&#233; est sup&#233;rieure &#224; 12 % ! Quant &#224; &lt;i&gt;Marie-Claire&lt;/i&gt;, son magazine phare, il r&#233;alise des pics de performance en mati&#232;re de revenus publicitaires (avec un tarif de 31 000 euros la page !), et affiche une implantation internationale quasi comparable &#224; celle de &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; (35 &#233;ditions &#233;trang&#232;res pour &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, contre 26 pour &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un march&#233; fran&#231;ais sursatur&#233; et hyper concurrentiel, tous les &#233;diteurs de presse magazine, f&#233;minins compris, savent bien que l'avenir appartiendra aux groupes et aux titres qui s'implantent fortement sur le march&#233; mondial. Pour rentabiliser encore plus ses performances et pour s'imposer face aux puissants grands mondiaux de la presse magazine (Cond&#233; Nast ou Bertelsmann), le groupe Lagard&#232;re a besoin de la conqu&#234;te et de l'absorption totale de son partenaire et associ&#233; &lt;i&gt;Marie-Claire&lt;/i&gt;. Quitte &#224; faire monter la pression. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire taire les attaques d'Arnaud Lagard&#232;re, Evelyne Prouvost, toujours vigilante, a aussit&#244;t fait savoir qu'avec son fils PDG, la holding familiale demeurait encore et toujours majoritaire &#224; 58 % dans le groupe Marie-Claire (une holding familiale qui regroupe Evelyne Prouvost, son mari Nicolas Berry, sa s&#339;ur Marie-Laure Prouvost et leurs ascendants et descendants jusqu'au troisi&#232;me degr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant combien de temps les s&#339;urs Prouvost r&#233;sisteront-elles aux app&#233;tits de Lagard&#232;re ? Commenc&#233;e en 1976, la saga Hachette/Prouvost va-t-elle se terminer par la mainmise totale de Lagard&#233;re sur le groupe Marie-Claire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976, les trois s&#339;urs Prouvost - Evelyne, Marie-Laure et Donatienne - avaient su arracher des griffes d'Hachette une partie de l'empire de leur grand-p&#232;re, Jean Prouvost, en pleine d&#233;route financi&#232;re. Mais, en 2000, avec la vente des parts de Donatienne, Evelyne et Marie-Laure ont fini par c&#233;der 42 % de leur capital au liquidateur de leur grand-p&#232;re, le groupe Lagard&#232;re HFM ! Encore 9 % et le Groupe Lagard&#232;re sera majoritaire ! Les deux s&#339;urs Prouvost ont-elles la possibilit&#233; de faire reculer Arnaud Lagard&#232;re ? Une chose est s&#251;re, si elle doit c&#233;der son groupe, Evelyne Prouvost, la dame de fer de Marie-Claire, cherchera &#224; obtenir le meilleur des prix et le maximum d'avantages pour toute sa famille ! !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les 500 salari&#233;s du groupe Marie-Claire peuvent commencer &#224; se faire du souci. Selon une expertise comptable r&#233;alis&#233;e en 2000 par le cabinet Secafi Alpha, la forte rentabilit&#233; de ce groupe &#171; &lt;i&gt;a permis de financer le d&#233;veloppement international et de r&#233;mun&#233;rer fortement ses actionnaires&lt;/i&gt; &#187;. Ce qui signifie que dans ce groupe particuli&#232;rement rentable, le dialogue social est r&#233;duit au minimum, les salaires bloqu&#233;s depuis des ann&#233;es, et que les 35 heures y ont &#233;t&#233; appliqu&#233;s &#224; minima (pas d'embauche, pas de jour de RTT - simple diminution d'une heure par jour pour tout le monde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc fort &#224; parier que, dans un futur plus ou moins proche, en cas de rachat par HFM, les int&#233;r&#234;ts des journalistes et autres salari&#233;s du groupe p&#232;seront de bien peu de poids face &#224; ceux de la holding familiale Evelyne Prouvost .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une affaire &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Claude Alain&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vrais catalogues, faux magazines : la presse f&#233;minine sort ses &#171; magalogues &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Vrais-catalogues-faux-magazines-la-presse-feminine-sort-ses-magalogues</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Vrais-catalogues-faux-magazines-la-presse-feminine-sort-ses-magalogues</guid>
		<dc:date>2003-12-05T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Maurin</dc:creator>


		<dc:subject>Le groupe Cond&#233; Nast</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Marie Claire</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Prisma presse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un &#171; concept marketing &#187; en contradiction totale avec les r&#232;gles habituelles et les principes du monde de la presse.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-La-presse-feminine-laboratoire-de-l-information-publicitaire-" rel="directory"&gt;La presse f&#233;minine, laboratoire de &#034;l'information&#034; publicitaire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Conde-Nast-+" rel="tag"&gt;Le groupe Cond&#233; Nast&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Marie-Claire-+" rel="tag"&gt;Le groupe Marie Claire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Prisma-presse-+" rel="tag"&gt;Le groupe Prisma presse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle g&#233;n&#233;ration de &#171; f&#233;minins &#187; est en train de s'implanter en France ! En qu&#234;te de nouveaux cr&#233;neaux pour une rentabilit&#233; maximum, trois grands groupes industriels de la presse f&#233;minine lancent leurs &#171; magalogues &#187;. Entre &#171; magazine &#187; et &#171; catalogue &#187;, ce &#171; concept marketing &#187; s'affirme d'entr&#233;e de jeu et clairement en totale contradiction avec les r&#232;gles et les principes essentiels du monde de la presse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Premi&#232;re version : 5 d&#233;cembre 2003, compl&#233;t&#233;e et corrig&#233;e le 6&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Shopping&lt;/i&gt; : le &#171; magalogue &#187; de Prisma est apparu en mai 2003. Il se positionne comme le &#171; premier magazine de shopping de France. &lt;i&gt;Mods&lt;/i&gt;, celui du Groupe Marie Claire sortira le 15 f&#233;vrier 2004 et se pr&#233;sente comme un magazine bimestriel de shopping &#171; premier guide de mode et de beaut&#233; haut de gamme &#187;. Quant &#224; &lt;i&gt;Glamour&lt;/i&gt;, celui de Cond&#233; Nast France, il est attendu pour le 15 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois en France, sans provoquer la moindre r&#233;action, le moindre scandale, des &#233;diteurs de la presse magazine sont en train de mettre sur le march&#233;, des catalogues enti&#232;rement d&#233;di&#233;s &#224; la consommation et qui, gr&#226;ce &#224; leur &#171; label &#187; de &#171; magazine &#187;, pr&#233;sentent l'avantage d'&#234;tre payants pour les annonceurs comme pour les lectrices !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des catalogues payants !Des magazines qui n'ont plus besoin de faire de place au &#171; journalisme &#187;. Dans le num&#233;ro 3 de &lt;i&gt;Shopping&lt;/i&gt;, hors consommation, il n'y a plus ni article, ni information, investigation, interview ou de reportage. Et dans l'ours &#224; part une r&#233;dactrice en chef adjointe, la r&#233;daction ne comporte que des sp&#233;cialistes mode, beaut&#233;, d&#233;co....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alerte et questions (1) &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ne pas s'indigner qu'un tel catalogue payant ait pu obtenir l'agr&#233;ment de la commission paritaire ? A ce titre, et au nom de la libert&#233; d'expression et du pluralisme, ces catalogues payants, sont distribu&#233;s par les MNPP, mais aussi et surtout ils b&#233;n&#233;ficient des aides directes et indirectes attribu&#233;s de la presse. Quelle ironie, quel scandale, quelle honte ! Pour garantir la libert&#233; de la presse, ces catalogues payants sont tout bonnement aid&#233;s, subventionn&#233;s par l'ensemble des contribuables fran&#231;ais. Les voil&#224; exon&#233;r&#233;s de la taxe professionnelle, et b&#233;n&#233;ficiant d'un taux de TVA &#224; 2,1%, et d'avantages fiscaux, ainsi de de r&#233;duction pour leurs tarifs postaux ou SNCF. Un beau pactole !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; quand les avantages pr&#233;vus pour garantir une v&#233;ritable presse d'information, de plus en plus en p&#233;ril, de plus en plus menac&#233;e, vont-ils &#234;tre d&#233;tourn&#233;s au b&#233;n&#233;fice de grands groupes industriels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; la notion d'auteur est menac&#233;e, ou le statut et la d&#233;ontologie des journalistes se font de plus en plus floues, ne faut-il pas refuser que des sp&#233;cialistes en communication, en marketing b&#233;n&#233;ficient de la carte de journalistes professionnels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le vrai visage de la presse f&#233;minine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement le seul avantage, si l'on peut dire, de ces &#171; magalogues &#187; est qu'ils d&#233;voilent le vrai visage de la presse f&#233;minine. Sans plus chercher &#224; se cacher derri&#232;re des alibis vaguement f&#233;ministes ou sous une soit disant complicit&#233; f&#233;minine, intime et toujours r&#233;actionnaire, la presse f&#233;minine, avec ses &#171; magalogues &#187;, se pose clairement comme une presse enti&#232;rement soumise &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;es, comme un outil au service d'une id&#233;ologie archi lib&#233;rale, celle de la consommation forcen&#233;e et &#224; tout prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une trahison et une catastrophe les femmes. Face &#224; une soci&#233;t&#233; paradoxale et contradictoire, qui proclame l'&#233;galit&#233; des sexes alors que les droits des femmes sont de plus en plus menac&#233;s et que leur situation &#233;conomique r&#233;gresse, les femmes n'ont plus ni rep&#232;res ni relais, ni soutien. Pas plus du c&#244;t&#233; des f&#233;minins que du c&#244;t&#233; des autres m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une plaie pour toute la presse. R&#233;serv&#233;s pour le moment &#224; la presse f&#233;minine, ces &#171; magalogues &#187; qui n'ont plus rien &#224; voir ni avec la presse, ni avec le journalisme, risquent fort en cas de succ&#232;s, de faire des petits dans toute la presse magazine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alerte et questions (2)&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Qui oserait affirmer que les lectrices en se d&#233;tournant de cette presse, pouvaient &#234;tre les seules &#224; la mettre en &#233;chec ? Comment ignorer le pouvoir de s&#233;duction dont dispose la presse f&#233;minine ? Comment ignorer qu'en d&#233;pit de tous ses titres, de son apparente extraordinaire vari&#233;t&#233;, toute la presse f&#233;minine d'aujourd'hui fonctionne selon trois m&#233;canismes bien rod&#233;s : s&#233;duction, distraction et manipulation. Et alors qu'une grande partie des femmes se d&#233;tourne de ce secteur de presse, forte du revenus de ses annonceurs, la presse f&#233;minine parvient non seulement &#224; survivre mais plus encore &#224; maximaliser ses profits. Un paradoxe, un miracle ? Non une r&#233;alit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons ensemble les comptes du prestigieux &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt;. Apr&#232;s avoir attir&#233; plus d'un Million de lectrices dans les ann&#233;es soixante, il fonctionne aujourd'hui, avec profit et b&#233;n&#233;fice, avec 400.000 lectrices, soit 7,5% de moins qu'en 97. Avec un prix kiosque &#224; 2E50 les 400.000 lectrices de &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt; rapportent mensuellement 1ME. Mais avec leurs 130 pages de pub mensuelles, &#224; 31.000E la page les annonceurs rapportent aux : 4.000.000 E.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez- vous compte : chaque mois les annonceurs de &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt; rapportent quatre fois plus que ses lectrices ! Alors quiconque persiste &#224; consid&#233;rer que les femmes sont d&#233;fendues, soutenues par la presse f&#233;minine se leurre compl&#232;tement. La presse f&#233;minine, avec ou sans &#171; magalogue &#187;, est &#224; l'enti&#232;re disposition de ses clients principaux : les annonceurs. Des clients prioritaires et de plus en plus exigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les annonceurs ne s'int&#233;ressent gu&#232;re aux femmes qui lisent ni &#224; celles qui ach&#232;tent les f&#233;minins. Plus que le score de diffusion, c'est le score d'audience des magazines qui dicte leurs choix. Ils recherchent par dessus tout, des &#171; feuilleteuses &#187;, celles qui chez une amie ou chez le coiffeur, tournent les pages et gobent sans m&#234;me le savoir les images et les messages des grandes marques. Et si aujourd'hui encore &lt;i&gt;Marie Claire&lt;/i&gt; demeure le chouchou des annonceurs, c'est qu'en terme d'audience, avec ses trois millions de &#171; feuilleteuses &#187; mensuelles, il est compte encore parmi les meilleurs des f&#233;minins. Une aubaine pour les grandes marques de mode, de parfums et de cosm&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les &#171; magalogues &#187;, ces nouveaux produits marketing, dans lesquels il n'y a plus rien ni &#224; lire, ni rien qui informe ou fait r&#233;fl&#233;chir, sont tout simplement une &#171; presse &#187; faite par et pour les annonceurs. Qui souhaitent par dessus tout que les femmes ne soient plus que des consommatrices &#171; feuilleteuses &#187; press&#233;es. Pour le plus grand profit des grandes marques de mode, de parfums et de cosm&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ? De quelles armes disposons-nous pour que les femmes ne puissent plus &#234;tre dupes ? De quelles armes disposons nous, pour que les annonceurs et les &#233;diteurs respectent les r&#232;gles de la presse et les journalistes ? Prises au pi&#233;ge, elles aussi, de plus en plus de journalistes de la presse f&#233;minine sont en alerte, doutent et s'interrogent. Demain peut-&#234;tre elles oseront prendre la parole. Pour d&#233;noncer une presse aux ordres, une presse qui manipule et qui ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ronique Maurin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire &#233;galement :&lt;a href='https://www.acrimed.org/De-la-puissance-de-la-presse-feminine' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#034;De la puissance de la presse f&#233;minine&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Premi&#232;re version : 5 d&#233;cembre 2003, compl&#233;t&#233;e et corrig&#233;e le 6&lt;/p&gt;
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