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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Petite histoire de la distribution de la presse (3/3) : menaces et enjeux actuels</title>
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		<dc:date>2018-11-29T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Distribution</dc:subject>
		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Menace sur la loi Bichet : la distribution aux abois&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5829-bd21d.png?1776736400' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir retrac&#233; dans &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-1&#034;&gt;un premier article&lt;/a&gt; la gen&#232;se, et dans un &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-2&#034;&gt;deuxi&#232;me article&lt;/a&gt; le parcours des NMPP-Presstalis et de la loi Bichet de 1947 &#224; nos jours, notre petite histoire de la distribution de la presse se termine par un aper&#231;u de la situation actuelle. Celle-ci s'av&#232;re lourde de menaces, avec le dernier plan de redressement du distributeur, ainsi que les propositions du Rapport Schwartz visant &#224; ouvrir la distribution &#224; la concurrence sauvage en abrogeant la loi Bichet. Nous plaiderons en conclusion pour une r&#233;forme raisonn&#233;e de cette loi fondatrice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Dernier plan de redressement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2012, Presstalis se trouve au bord de la faillite. L'Etat, les &#233;diteurs et le distributeur s'accordent alors sur un plan de redressement, avec &#224; la cl&#233; une aide publique de 250 millions d'euros, une r&#233;duction de moiti&#233; du nombre des salari&#233;s (de 2 500 &#224; 1 250) et le nombre des d&#233;p&#244;ts est r&#233;duit de 140 &#224; 63. Peine perdue, et rebelote fin 2017 : Presstalis compte 350 millions d'euros de fonds propres n&#233;gatifs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de la nouvelle directrice (depuis septembre 2017), Mich&#232;le Benbunan, consiste &#224; renflouer le navire en ponctionnant l'ensemble des &#233;diteurs de presse, d'abord de 25% de leurs recettes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Retenus en d&#233;cembre 2017 et janvier 2018, et qui devaient &#234;tre rembours&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ensuite de 2,25 % de leur chiffre d'affaire pendant cinq ans, tout en licenciant 200 &#224; 300 salari&#233;s sur les 1200 actuels ! Il faut ajouter &#224; cela un pr&#234;t de l'&#201;tat de 90 millions d'euros et une contribution de 53 millions des gros &#233;diteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plan, impos&#233; par les gestionnaires de Presstalis, p&#233;nalise gravement les petits &#233;diteurs. Nombre d'entre eux risquent la faillite, &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Sauvez-Canard-PC?recherche=%26quot%3Bcanard-PC%26quot%3B&#034;&gt;comme Canard-PC&lt;/a&gt;. Montr&#233;es du doigt, les erreurs de gestion de l'&#233;quipe en place en 2012 sont manifestes (plan informatique co&#251;teux, finalement inadapt&#233; et abandonn&#233;, cr&#233;ation de plateformes de distribution surdimensionn&#233;es, diversification &#224; contre emploi, indemnit&#233;s de d&#233;part tr&#232;s &#233;lev&#233;es, etc.). Mais surtout la pr&#233;sidente, Anne-Marie Couderc et le directeur Vincent Rey ont annonc&#233; des r&#233;sultats positifs tout au long de la p&#233;riode 2012-2017 avant d&#8216;admettre, in fine, que Presstalis &#233;tait au bord du d&#233;p&#244;t de bilan. Apparemment tr&#232;s surpris par la situation, dont ils auraient ignor&#233; la gravit&#233;, les administrateurs (gros &#233;diteurs) de Presstalis ont remplac&#233; les d&#233;sign&#233;s coupables par une nouvelle &#233;quipe dirig&#233;e par Madame Benbunan, &#233;galement tr&#232;s surprise de ce qu'elle a d&#233;couvert en prenant ses fonctions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera en passant que la gestion d&#233;sastreuse de Presstalis par Anne-Marie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter &#224; cela que, selon l'enqu&#234;te men&#233;e pour &lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt; par Philippe Kieffer, les gros &#233;diteurs auraient b&#233;n&#233;fici&#233;, chez les MLP et chez Presstalis, de &#171; &#034;remises&#034;, de &#034;ristournes&#034;, de &#034;marges arri&#232;re&#034;, de prestations sold&#233;es&#8230; [&#8230;] Estimation la plus admise : entre 10 et 12 millions d'euros &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La m&#234;me enqu&#234;te, unique en son genre, fait &#233;tat pour le personnel dirigeant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'o&#249; la col&#232;re compr&#233;hensible des petits et moyens &#233;diteurs, qui s'exprime vertement par la voix de leur syndicat (SAEP), associ&#233; pour l'occasion &#224; l'association des diffuseurs (AADP) et au syndicat des kiosquiers (SDK). Ils &lt;a href=&#034;http://www.saepresse.fr/wp-content/uploads/2018/02/Communique%CC%81-Conjoint-06-02-18.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;refusent le nouveau plan de redressement&lt;/a&gt;, et demandent, ainsi que &lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt;, la constitution d'une commission d'enqu&#234;te parlementaire, tandis que d'autres &#233;diteurs manifestent publiquement &lt;a href=&#034;https://www.sofoot.com/crise-a-presstalis-7-editeurs-de-presse-independants-font-entendre-leur-voix-452469.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;leur m&#233;contentement&lt;/a&gt;, et que d'autres encore&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Financi&#232;re de loisirs (L'&#201;cran fantastique, Graffiti art), Arxis presse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://static.mediapart.fr/files/2018/03/10/plainte-contre-x.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;portent plainte au p&#233;nal&lt;/a&gt; contre la coop&#233;rative des magazines pour &#171; pr&#233;sentation de faux bilans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra trouver r&#233;voltant, et symptomatique de notre &#233;poque illusionniste, de voir ces milliardaires, les Dassault, Bollor&#233;, Drahi, Arnault, Lagard&#232;re, Niel, Pigasse, propri&#233;taires de journaux en d&#233;clin mais toujours influents, dont la distribution est financ&#233;e en partie par l'&#201;tat, en partie par l'ensemble des autres &#233;diteurs, au nom de la solidarit&#233; coop&#233;rative, et parmi eux les petits &#233;diteurs au risque de leur faillite, de voir ces milliardaires recevoir encore, pour leurs journaux respectifs, des aides de l'&#201;tat repr&#233;sentant jusqu'&#224; 15% de leur chiffre d'affaires, au nom du pluralisme, sans rire, de voir ces milliardaires qui font tourner la distribution &#224; leur profit jusqu'&#224; en creuser la crise et, tout &#224; coup oublieux de leur id&#233;ologie lib&#233;rale, en appeler sans g&#234;ne &#224; l'&#201;tat pour qu'il relance la machine, et l'&#201;tat paie, jusqu'&#224; la prochaine fois o&#249; il paiera encore, pour d&#233;fendre la libert&#233; d'expression si bien repr&#233;sent&#233;e par ces messieurs. Et &#224; en croire &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Lire-Les-patrons-de-la-presse-nationale-Tous-mauvais-de-Jean-Stern?recherche=stern&#034;&gt;Jean Stern&lt;/a&gt;, ils ne sont m&#234;me pas affect&#233;s par les pertes de leurs journaux qu'ils d&#233;duisent de leurs imp&#244;ts au niveau des holdings de leurs groupes. Alors, quand ils se livrent en plus &#224; des man&#339;uvres d'arri&#232;re boutique, au m&#233;pris de la loi, pour grappiller quelques rabais sur les bar&#232;mes de distribution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le rapport Schwartz et la mise &#224; mort de la loi Bichet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un premier rapport demand&#233; &#224; G&#233;rard Rameix (ancien pr&#233;sident de l'autorit&#233; des march&#233;s financiers et d&#233;j&#224; auteur d'un rapport sur Presstalis en 2012), remis fin 2017, concluait &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un d&#233;p&#244;t de bilan de Presstalis. Il ne fut pas publi&#233;, malgr&#233; les r&#233;clamations des petits &#233;diteurs. Que fallait-il cacher ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me rapport, demand&#233; &#224; Marc Schwartz (ex chef de cabinet de l'ancienne ministre de la Culture, Fran&#231;oise Nyssen, et conseiller-ma&#238;tre &#224; la Cour des comptes), remis en juin 2018, ne propose rien moins que l'abrogation de la loi Bichet et la livraison de la distribution de la presse &#224; la concurrence sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose est bien envelopp&#233;e : le &lt;a href='https://www.acrimed.org/Document2http:/www.culture.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Reforme-de-la-loi-Bichet-publication-du-rapport-de-Marc-Schwartz-et-lancement-d-une-consultation-publique' class=&#034;spip_out&#034;&gt;rapport fait 74 pages&lt;/a&gt; et pr&#233;voit notamment, en remplacement de la libert&#233; de distribution de la loi Bichet, un &#171; droit &#224; la distribution &#187; qui contraindrait les distributeurs &#171; agr&#233;&#233;s &#187; &#224; accepter les demandes des &#233;diteurs. Mais ne sont pr&#233;cis&#233;es ni les conditions de cette acceptation, car elles sont pr&#233;vues, ni les crit&#232;res d'agr&#233;ment des distributeurs par une nouvelle autorit&#233; de r&#233;gulation, l'Arcep&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autorit&#233; de r&#233;gulation des communications &#233;lectroniques et des Postes, dont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont la comp&#233;tence en la mati&#232;re est contest&#233;e par nombre d'acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le statut de coop&#233;rative pour la distribution d'&#233;diteurs group&#233;s ne serait plus obligatoire, ni son corollaire, l'&#233;galit&#233; &#171; un &#233;diteur = une voix &#187;. Tout &#233;diteur serait donc, dans le projet Schwartz, soumis aux d&#233;cisions de la soci&#233;t&#233; distributrice, o&#249; les plus gros &#233;diteurs seront &#233;videmment les d&#233;cideurs, sauf s'il fait partie d'une coop&#233;rative. Autre point important : pour r&#233;pondre &#224; l'encombrement des lin&#233;aires des marchands de presse, le projet de loi leur donne la possibilit&#233; de choisir les publications qu'ils vendront (hors du carr&#233; obligatoire de la presse d'information politique et g&#233;n&#233;rale). Une &#171; possibilit&#233; &#187; de pure forme au regard du rapport de force entre kiosquiers et &#233;diteurs, ces derniers &#233;tant en position d'imposer leurs publications moyennant une r&#233;mun&#233;ration plus attractive pour le d&#233;taillant. Par ailleurs, la p&#233;riode de transition entre le syst&#232;me actuel et celui propos&#233; par le projet de loi n'est pas du tout envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet de loi ne va pas, c'est le moins que l'on puisse dire, dans le sens d'une plus grande libert&#233; de la presse, ce qui n'&#233;tonnera personne au vu des &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/La-macronie-en-marche-pour-mettre-les-medias-au&#034;&gt;pratiques r&#233;centes de la macronie&lt;/a&gt;. Comme l'expose fort bien Emmanuel Schwartzenberg dans son blog, &#171; le gouvernement soutient une loi qui d&#233;truit le syst&#232;me de distribution h&#233;rit&#233; de la Lib&#233;ration sans proposer d'alternative concr&#232;te. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lecteur int&#233;ress&#233; par ces questions consultera avec profit le blog (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions ne se sont pas fait attendre. Les MLP, la plupart des organismes repr&#233;sentant les petits et moyens &#233;diteurs, les d&#233;positaires, les marchands de presse, les kiosquiers et les syndicats de travailleurs ont fait savoir leur opposition, pour des raisons souvent diff&#233;rentes selon leur place dans le processus de distribution, mais toujours argument&#233;es et document&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir entre autres, pour les MLP, pour les diffuseurs, du c&#244;t&#233; de la CGT (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ailleurs, l'incertitude sur l'avenir a conduit de nombreux &#233;diteurs &#224; donner &#224; Presstalis leur pr&#233;avis de d&#233;part (le 5 octobre, E. Schwartzenberg parle d'un tiers d'entre eux), de mani&#232;re &#224; &#234;tre pr&#234;ts en temps utiles pour se tourner vers d'&#233;ventuels autres distributeurs n&#233;s sur les cendres de Presstalis, voire participer &#224; leur constitution. Le projet de loi devait &#234;tre d&#233;pos&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale au mois de novembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pour une r&#233;forme de la loi Bichet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un aspect positif de l'avant-projet de loi de Marc Schwartz est son article L.98-9&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Article L. 98-9. &#8211; Aucun service de communication au public en ligne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui &#233;tend &#224; la distribution num&#233;rique le &#171; droit &#224; la distribution &#187; tel que d&#233;fini par cet avant-projet. Mais cette r&#233;forme serait &#233;galement possible dans le cadre de la loi Bichet, en &#233;tendant au domaine num&#233;rique l'obligation de distribution faite aux coop&#233;ratives, avec les ajustements n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, et malgr&#233; les profondes mutations du domaine de la presse et de sa distribution, il n'est pas &#233;vident que la loi Bichet soit &#224; ce point anachronique et ne garde pas un int&#233;r&#234;t tr&#232;s actuel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. La forme coop&#233;rative&lt;/strong&gt;, m&#234;me si elle n'a pas emp&#234;ch&#233; la domination des gros &#233;diteurs et surtout de Hachette en tant que distributeur, a tout de m&#234;me exerc&#233; une forme de pression voire de menace pour pr&#233;venir les abus qu'une forme d'organisation purement capitaliste aurait autoris&#233;s. Quand un certain nombre d'&#233;diteurs se plaignent de la gestion d'Hachette &#224; la fin des ann&#233;es 1960 et des ann&#233;es 2000, Hachette compose. Quand les petits &#233;diteurs se sont d&#233;plac&#233;s en nombre &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale 2016 des MLP pour voter contre le renouvellement du CA sortant (ce qui n'arrive tout de m&#234;me pas tous les jours), ils l'emportent. Le principe &#171; un associ&#233; = une voix &#187; a alors jou&#233; pleinement son r&#244;le. Si une r&#233;forme de la loi Bichet devait intervenir, elle pourrait renforcer ce r&#244;le, en facilitant par exemple la participation des petits &#233;diteurs &#224; la gestion des coop&#233;ratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. L'obligation de distribuer tous les &#233;diteurs candidats et selon les m&#234;mes bar&#232;mes&lt;/strong&gt;, autre pilier de la loi Bichet, m&#234;me si elle a eu des effets pervers comme la multiplication des invendus et l'encombrement des rayonnages des marchands de presse, a aussi permis un d&#233;veloppement, sans &#233;quivalent dans le monde, de la presse magazine. Si les gros &#233;diteurs se plaignent de payer pour les autres alors qu'ils pourraient b&#233;n&#233;ficier de rabais sur les bar&#232;mes en raison de leurs gros tirages, ils se f&#233;licitent par ailleurs quand tous les &#233;diteurs de magazines participent, au nom du m&#234;me principe de solidarit&#233;, au financement de la distribution de leurs quotidiens. Et en ce qui concerne les marchands de presse, des am&#233;nagements sont possibles pour plafonner les livraisons (ce qui se fait d&#233;j&#224;) et r&#233;guler les assortiments qu'ils re&#231;oivent. Pas selon leur bon vouloir, ou pas seulement, mais gr&#226;ce &#224; une n&#233;gociation avec les d&#233;positaires, qui sont les mieux plac&#233;s pour cette coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Sur la gestion de la distribution&lt;/strong&gt; &#8211; S'il y a une responsabilit&#233; de la loi Bichet dans la d&#233;confiture de Presstalis, c'est bien celle de son article 4, qui a permis &#224; Hachette de contr&#244;ler la distribution, et dont nous avons dit qu'il &#233;tait le seul, mais d&#233;cisif, &#224; n'&#234;tre pas conforme &#224; &#171; l'esprit de la R&#233;sistance &#187;. Hachette n'a aucunement anticip&#233; ni provisionn&#233;, pendant les ann&#233;es fastes et alors que les signes d'une crise profonde de la presse papier s'accumulaient, pour finalement se d&#233;filer avant la d&#233;route. L'abrogation de l'article 4&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du moins, de sa derni&#232;re phrase : &#171; Si les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives d&#233;cident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permettrait aux coop&#233;ratives d'assurer directement et collectivement la distribution, comme c'est d&#233;j&#224; le cas aux MLP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Quant &#224; l'autorit&#233; de r&#233;gulation, de la m&#234;me mani&#232;re, il faudrait que les diff&#233;rents protagonistes de la distribution soient mieux et plus &#233;quitablement repr&#233;sent&#233;s&lt;/strong&gt; : &#233;diteurs, kiosquiers, d&#233;positaires, syndicats de travailleurs, et peut-&#234;tre aussi des journalistes et des repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile, naturellement concern&#233;s par les questions de distribution de la presse. Une organisation mieux concert&#233;e et des bar&#232;mes &#233;quitables donnant toute sa place au principe de solidarit&#233; pourraient permettre un retour au monopole ; ce qui, au regard des effets mortif&#232;res de la concurrence entre Presstalis et les MLP (concurrence &#224; la baisse des tarifs ruineuse pour les deux messageries), pourrait repr&#233;senter une porte de sortie aux probl&#232;mes actuels.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;La loi Bichet a bon dos. Il faut un pr&#233;texte aux d&#233;tenteurs du pouvoir pour d&#233;manteler ce qui reste d'une conqu&#234;te d&#233;mocratique de l'apr&#232;s-guerre, et en m&#234;me temps, r&#233;duire le toujours encombrant syndicat du Livre. Quand on veut tuer son chien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans faire fi des s&#233;rieuses difficult&#233;s que rencontre le syst&#232;me de la distribution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme nous l'avons longuement fait dans cette s&#233;rie d'articles !&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut se demander si l'argument d'anachronisme n'est pas un cache-mis&#232;re. En d'autres termes, ce n'est peut-&#234;tre pas tant &#224; cause de ses &#171; insuffisances &#187; ou de son &#171; inadaptation &#187; au monde contemporain, comme le pr&#233;tend le rapport Schwartz, que le gouvernement cherche &#224; se d&#233;barrasser de la loi Bichet, mais bien &#224; cause de ses qualit&#233;s d&#233;mocratiques. Des qualit&#233;s d&#233;mocratiques qui, malgr&#233; bien des dysfonctionnements, entravent tout de m&#234;me la pr&#233;dation insatiable des plus gros acteurs et qui, de ce fait, ne cadrent que tr&#232;s moyennement avec l'air du temps et la vulgate capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obligation faite aux coop&#233;ratives d'accueillir tous les &#233;diteurs, grands et petits, le droit de tous &#224; &#234;tre distribu&#233;s, et selon les m&#234;mes bar&#232;mes, la mutualisation des moyens de distribution (m&#234;me les concurrents Presstalis et MLP utilisent souvent les m&#234;mes circuits)... autant d'&#233;l&#233;ments t&#233;moignant d'un esprit d&#233;mocratique que l'on ne trouve pas beaucoup ailleurs, par les temps (lib&#233;raux) qui courent, et qui, bien loin d'&#234;tre d&#233;pass&#233;s, devraient &#234;tre pens&#233;s au contraire comme des pr&#233;misses perfectibles dans le cadre d'une refonte bien plus globale du syst&#232;me m&#233;diatique, pour une presse libre, telle que l'envisage par exemple Pierre Rimbert dans son &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Projet-pour-une-presse-libre&#034;&gt;Projet pour une presse libre&lt;/a&gt;. Ou encore dans le cadre d'une r&#233;appropriation d&#233;mocratique des m&#233;dias, &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/-Transformer-les-medias-Nos-propositions-&#034;&gt;telle qu'elle est discut&#233;e au sein de notre association Acrimed&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Retenus en d&#233;cembre 2017 et janvier 2018, et qui devaient &#234;tre rembours&#233;s rapidement, ce qui n'est toujours pas fait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera en passant que la gestion d&#233;sastreuse de Presstalis par Anne-Marie Couderc ne lui aura pas trop port&#233; pr&#233;judice, puisque d&#232;s sa sortie, elle fut nomm&#233;e &#224; la direction d'Air France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La m&#234;me enqu&#234;te, unique en son genre, fait &#233;tat pour le personnel dirigeant de &#171; tr&#232;s hauts salaires (entre 80 000 et 150 000 euros annuels), restaurants, voyages, h&#244;tels, luxueux s&#233;minaires&#8230; le tout menant &#224; un montant annuel de notes de frais qu'on d&#233;couvrira chiffr&#233; en millions d'euros. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Financi&#232;re de loisirs (L'&#201;cran fantastique, Graffiti art), Arxis presse, MGMP (Nexus), RPP et Rigel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Autorit&#233; de r&#233;gulation des communications &#233;lectroniques et des Postes, dont les membres &#171; ind&#233;pendants &#187; sont nomm&#233;s par les deux chambres et le pr&#233;sident de la R&#233;publique, comme ceux du CSA, et qui ne para&#238;t pas plus interventionniste que lui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le lecteur int&#233;ress&#233; par ces questions consultera avec profit le &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/schwartzenberg/blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog d'Emmanuel Schwartzenberg&lt;/a&gt;, une mine d'informations et d'analyses dans un domaine o&#249; la plupart des m&#233;dias, pour des raisons &#233;videntes, sont d'une grande discr&#233;tion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir entre autres, pour les &lt;a href=&#034;https://www.mlp.fr/fileadmin/user_upload/Communiques_de_presse/contributions/Contribution-SAEP-Rapport-Schwartz.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MLP&lt;/a&gt;, pour les &lt;a href=&#034;https://static.blog4ever.com/2011/08/520736/Contribution-rapport-Schwartz-AADP.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;diffuseurs&lt;/a&gt;, du c&#244;t&#233; de la &lt;a href=&#034;https://www.filpac-cgt.fr/wp-content/uploads/2018/09/sglce6sept18.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CGT&lt;/a&gt; (voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.filpac-cgt.fr/wp-content/uploads/2018/06/LETTRE-FEDERALE-NS-7-6-2018.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le projet CGT de r&#233;forme de la distribution&lt;/a&gt;), de celui de la &lt;a href=&#034;https://f3c.cfdt.fr/portail/f3c/secteurs-d-activites/journalistes-presse-messagerie-de-presse/actualites/presse-consultation-publique-sur-l-avant-projet-de-loi-de-m-marc-schwartz-srv1_617408&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CFDT&lt;/a&gt;, et enfin, concernant les &lt;a href=&#034;https://www.mlp.fr/fileadmin/user_upload/Communiques_de_presse/contributions/SNDP_-_Contribution_reforme_loi_BIchet.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;positaires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Article L. 98-9. &#8211; Aucun service de communication au public en ligne assurant la diffusion num&#233;rique group&#233;e de services de presse en ligne ou de versions num&#233;ris&#233;es de journaux ou publications de presse ne peut s'opposer &#224; la diffusion d'un service de presse en ligne d'information politique et g&#233;n&#233;rale ou de la version num&#233;ris&#233;e d'un titre d'information politique et g&#233;n&#233;rale, dans des conditions techniques et financi&#232;res raisonnables et non-discriminatoires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Du moins, de sa derni&#232;re phrase : &#171; Si les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives d&#233;cident de confier l'ex&#233;cution de certaines op&#233;rations mat&#233;rielles &#224; des entreprises commerciales, elles devront s'assurer une participation majoritaire dans la direction de ces entreprises, leur garantissant l'impartialit&#233; de cette gestion et la surveillance de leurs comptabilit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme nous l'avons longuement fait dans cette s&#233;rie d'articles !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petite histoire de la distribution de la presse (2/3) : splendeur et d&#233;cadence des NMPP-Presstalis</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-2</link>
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		<dc:date>2018-11-26T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>
		<dc:subject>Distribution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des &#171; 40 glorieuses &#187; &#224; la crise de Presstalis&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5825-9dc24.jpg?1776736400' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-1&#034;&gt;un premier article&lt;/a&gt; consacr&#233; aux origines tumultueuses, apr&#232;s-guerre, du syst&#232;me actuel de distribution de la presse avec l'adoption de la loi Bichet (1947), ce deuxi&#232;me article &#233;voquera son histoire marqu&#233;e par deux grandes p&#233;riodes. La premi&#232;re, qui s'&#233;tend jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, est celle de la prosp&#233;rit&#233; des Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), des &#233;diteurs et des travailleurs du Livre. La deuxi&#232;me, qui est toujours en cours, est celle de la crise de la presse &#233;crite qui a touch&#233; d'abord les quotidiens, puis les magazines. Affect&#233;es de surcro&#238;t par la concurrence nouvelle des Messageries lyonnaises de presse, les NMPP-Presstalis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Presstalis est la nouvelle appellation depuis 2009 des NMPP. Dans cet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont vu alors leurs atouts de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente se transformer en autant de handicaps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Les 40 glorieuses des NMPP-Presstalis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant une quarantaine d'ann&#233;es apr&#232;s la loi Bichet, ni les hauts salaires des ouvriers (mais aussi des cadres !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Wikip&#233;dia, les salaires des ouvriers du livre se situent entre 4 200 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ni les multiples gr&#232;ves n'ont emp&#234;ch&#233; les NMPP-Presstalis de prosp&#233;rer. Les salaires des ouvriers, les b&#233;n&#233;fices de Hachette et ceux des autres &#233;diteurs ont progress&#233; de conserve &#224; la satisfaction g&#233;n&#233;rale. Roger Lancry, qui fut pr&#233;sident du syndicat du Livre entre 1975 et 1989, en convient : &#171; &lt;i&gt;Oui, nous avons connu, au Livre, la facilit&#233;. Et nous l'avons g&#233;r&#233;e. De la Lib&#233;ration jusqu'au milieu des ann&#233;es 70, les patrons des journaux &#8211; qui y trouvaient leur int&#233;r&#234;t &#8211; ont accept&#233; sans beaucoup rechigner d'accorder des hausses de salaires, des primes, des cong&#233;s suppl&#233;mentaires, des avantages sociaux, qui repr&#233;sentaient un ensemble de bonifications sans &#233;quivalent dans le monde du travail. La presse parisienne &#233;tait &#224; l'aise financi&#232;rement &#224; l'&#233;poque. Elle avait besoin de nous. Les termes de l'&#233;change prenaient en compte ces deux donn&#233;es&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roger Lancry, La saga de la presse. D'&#201;milien Amaury &#224; Robert Hersant, Lieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me les affaires du papier livr&#233; &#224; Cuba et de l'arsenal r&#233;cup&#233;r&#233; de Manufrance n'ont pas fait l'objet d'une plainte des NMPP-Presstalis, soucieuses de pr&#233;server la paix sociale. Lorsque les ouvriers obtenaient une augmentation de salaire, les &#233;diteurs augmentaient le prix des journaux, leurs b&#233;n&#233;fices &#233;taient maintenus ainsi que la redevance vers&#233;e &#224; Hachette et tout le monde s'y retrouvait, m&#234;me si les journaux fran&#231;ais sont ainsi devenus les plus chers d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode, qui recouvre les &#171; trente glorieuses &#187; et s'&#233;tend au-del&#224;, fut aussi celle o&#249; les NMPP-Presstalis ont su g&#233;rer au mieux la distribution, modernisant leurs techniques de gestion (m&#233;canographie, puis informatique), leurs techniques de vente (marketing, formation des diffuseurs), &#233;tendant leur r&#233;seau sur tout le territoire (alors qu'au d&#233;part la presse nationale &#233;tait surtout distribu&#233;e &#224; Paris), augmentant sa vitesse de distribution (trains sp&#233;ciaux, avions sp&#233;ciaux), d&#233;veloppant leurs infrastructures (huit nouvelles imprimeries en province)&#8230; et leurs b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les belles ann&#233;es des quotidiens populaires comme &lt;i&gt;Paris-Presse&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;France soir&lt;/i&gt; (plus d'un million d'exemplaires jusqu'en 1970), &lt;i&gt;Le Parisien lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt; (800 000 jusqu'en 1975), des journaux d'information politique comme &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (qui progressera jusqu'&#224; 500 000 exemplaires dans les ann&#233;es 1970), et des journaux sp&#233;cialis&#233;s comme &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; et surtout &lt;i&gt;L'&#201;quipe&lt;/i&gt;. C'est en 1968 que la presse quotidienne est &#224; son apog&#233;e, avec 13 millions d'exemplaires vendus (PQR comprise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les magazines sont alors eux aussi en pleine expansion : &#171; En 1958, &lt;i&gt;Paris-Match&lt;/i&gt;, lanc&#233; par Prouvost neuf ans auparavant, tire &#224; 1,8 millions d'exemplaires, &lt;i&gt;France-Dimanche&lt;/i&gt; &#224; 805 000, &lt;i&gt;Ici-Paris&lt;/i&gt; &#224; 736 000, &lt;i&gt;Jours de France&lt;/i&gt; &#224; 497 000 [&#8230;] &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, fond&#233; en 1945 par H&#233;l&#232;ne Gordon-Lazaref, [&#8230;] d&#233;passe chaque semaine les 700 000 exemplaires &#187;. (D'Alm&#233;dia et Delporte, &lt;i&gt;Histoire des m&#233;dias en France&lt;/i&gt;, 2010, pp. 181-182). C'est aussi pendant cette p&#233;riode que se d&#233;veloppent la presse tr&#232;s sp&#233;cialis&#233;e et la presse professionnelle. C'est m&#234;me gr&#226;ce &#224; la prosp&#233;rit&#233; des magazines que la bonne sant&#233; des NMPP-Presstalis se maintiendra jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Les d&#233;buts de la crise des NMPP-Presstalis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les premiers signes d'un malaise apparaissent d&#232;s la fin des ann&#233;es 1960, p&#233;riode qui a vu la grande majorit&#233; des m&#233;nages (63 % en 1968, 86 % en 1973) s'&#233;quiper de t&#233;l&#233;viseurs. Partout en France, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, les ventes des quotidiens baissent. C'est &#224; ce moment qu'une partie des &#233;diteurs, men&#233;s par &#201;milien Amaury (&lt;i&gt;Le Parisien lib&#233;r&#233;)&lt;/i&gt; et Jacques Sauvageot (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;) rompent pour la premi&#232;re fois le statu quo entre les &#233;diteurs et Hachette, contestant la gestion des NMPP-Presstalis par Hachette, leur politique opaque et les prix impos&#233;s aux &#233;diteurs, tr&#232;s sup&#233;rieurs &#224; ceux de la distribution de la presse r&#233;gionale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Girard, dans son histoire des NMPP, &#233;voque les arguments des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout au d&#233;but des ann&#233;es 1980 que la situation s'aggrave. Le tirage global des quotidiens nationaux est pass&#233; en 10 ans (1970-1980) de 4,2 millions d'exemplaires &#224; moins de 3 millions. Parmi eux, &lt;i&gt;France soir&lt;/i&gt; perd 200 000 lecteurs, &lt;i&gt;Le Parisien lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt;, 400 000. Mais plusieurs facteurs vont contribuer pour un temps &#224; sous-&#233;valuer la gravit&#233; de la situation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les recettes publicitaires sont toujours d'autant plus importantes que les journaux en sont les principaux b&#233;n&#233;ficiaires. La publicit&#233; est interdite &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision, qui ne feront une v&#233;ritable concurrence aux journaux qu'&#224; partir des ann&#233;es 1990, apr&#232;s la privatisation des chaines de t&#233;l&#233;vision et la lib&#233;ralisation des radios. De m&#234;me, les petites annonces, tr&#232;s r&#233;mun&#233;ratrices, n'ont pas encore migr&#233; sur internet et sont donc encore le monopole de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les journaux augmentent leur prix pour compenser la baisse des tirages. De 1970 &#224; 1988, le prix des quotidiens est multipli&#233; par 8 alors que le co&#251;t de la vie l'est par 4 ; de 2008 &#224; 2018, ce prix est multipli&#233; par deux. Ces augmentations sont, de toute &#233;vidence, des mesures &#224; courte vue, puisqu'elle dissuadent un certain nombre d'acheteurs parmi les moins fortun&#233;s ou les moins motiv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les pertes des quotidiens, qui s'aggravent d'ann&#233;e en ann&#233;e, sont compens&#233;es au niveau de la distribution par la situation florissante des magazines : l'information politique et g&#233;n&#233;rale (&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;), les suppl&#233;ments magazine des quotidiens (&lt;i&gt;Figaro magazine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Madame Figaro&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde magazine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Courrier international&lt;/i&gt;), les &#171; f&#233;minins &#187; (&lt;i&gt;Femme actuelle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Marie-Claire&lt;/i&gt;, etc.), les &#171; people &#187; (&lt;i&gt;France dimanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Match&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Gala&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Closer&lt;/i&gt;), les magazines de programmation t&#233;l&#233; (&lt;i&gt;T&#233;l&#233; 7 jours&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233; Star&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;TV magazine&lt;/i&gt;). Ils sont nombreux et leurs tirages souvent tr&#232;s importants (plus de 500 000 pour les magazines politiques, plus d'un million pour un f&#233;minin comme &lt;i&gt;Femme actuelle&lt;/i&gt;, et plusieurs millions pour &lt;i&gt;T&#233;l&#233; 7 jours&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;TV magazine.&lt;/i&gt;), ce qui contribue &#224; faire de la presse magazine fran&#231;aise la premi&#232;re du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et au passage, Lagard&#232;re-Hachette le premier groupe mondial de cette presse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tant au niveau de sa production que de son lectorat. Cette croissance de la presse magazine atteindra son maximum en 2006, puis elle est &#224; son tour touch&#233;e par la crise. Au niveau des NMPP-Presstalis, un syst&#232;me de p&#233;r&#233;quation li&#233; &#224; la &#171; solidarit&#233; coop&#233;rative &#187; permet de compenser les pertes des quotidiens par les gains apport&#233;s par les magazines. Un syst&#232;me qui ne convient pas toujours aux &#233;diteurs de magazines et qui va propulser l'apparition d'un concurrent dont les NMPP-Presstalis se seraient bien pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La concurrence des Messageries Lyonnaises de Presse (MLP)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps, les MLP, n&#233;es en 1945, ne furent que des sous-traitantes des NMPP-Presstalis, distribuant quelques mensuels ou bimestriels, soit quelque 2% de l'ensemble des publications. C'est &#224; partir de 1990 qu'elles se sont pos&#233;es en concurrentes, alors que les NMPP-Presstalis commen&#231;aient &#224; avoir de s&#233;rieuses difficult&#233;s, et que certains &#233;diteurs de magazines cherchaient une solution moins on&#233;reuse de distribution. Entre 1990 et 2000, les MLP passent ainsi de 2 &#224; 15 % de la distribution hors quotidiens, r&#233;cup&#233;rant nombre de p&#233;riodiques au tirage limit&#233; et m&#234;me quelques gros poissons : l'hebdomadaire &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, les &#171; people &#187; &lt;i&gt;Nous deux&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Point de vue&lt;/i&gt;. &#192; vrai dire, les prix propos&#233;s par les MLP &#233;taient plus int&#233;ressants pour les &#233;diteurs que ceux des NMPP-Presstalis, et cela pour plusieurs raisons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les MLP ne distribuant pas de quotidiens, elles furent longtemps dispens&#233;es de contribuer au financement de leur distribution (jusqu'en 2012), contrairement aux p&#233;riodiques distribu&#233;s par les NMPP-Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- N'&#233;tant pas affili&#233;s au syndicat du livre CGT, mais majoritairement &#224; la CFDT, les salari&#233;s des MLP, sont moins bien r&#233;mun&#233;r&#233;s que ceux travaillant chez les NMPP-Presstalis ; d'o&#249; des co&#251;ts de distribution diminu&#233;s (et moins de gr&#232;ves !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les MLP sont une coop&#233;rative d'&#233;diteurs qui g&#232;re directement la distribution, sans avoir recours &#224; une soci&#233;t&#233; d&#233;di&#233;e comme c'est le cas des coop&#233;ratives g&#233;rant les NMPP-Presstalis. Elles n'ont ainsi pas &#224; assumer le co&#251;t d'une structure suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action, et pour freiner l'h&#233;morragie des magazines, les NMPP-Presstalis ont r&#233;duit leurs co&#251;ts d'intervention, passant de 14 % en 1994 &#224; 6 % en 2003. Malgr&#233; cela, d'autres magazines ont continu&#233; de passer chez les MLP, comme des publications du groupe Mondadori (&lt;i&gt;T&#233;l&#233; Star&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233; Poche&lt;/i&gt;, etc.) ou l'hebdomadaire &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, portant &#224; 25% la part des MLP dans la distribution hors quotidiens. Elles distribuent &#233;galement Charlie-hebdo, dont le c&#233;l&#232;bre num&#233;ro 1178, suivant les attentats du 7 janvier 2015, s'est vendu &#224; plus de 7 millions d'exemplaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres mesures, jouant en d&#233;faveur des MLP, ont &#233;t&#233; prises ult&#233;rieurement. Elles ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;es par le CSMP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le CSMP (Conseil sup&#233;rieur des messageries de presse) est un organisme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et obligent les MLP &#224; participer au financement de la distribution des quotidiens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'obligation de cette contribution a m&#234;me fait l'objet, en avril 2015, d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus, le CSMP a &#233;galement impos&#233; un d&#233;lai minimum aux &#233;diteurs qui souhaitent changer de distributeur, entre 3 et 12 mois, en fonction de leur capital et de leur anciennet&#233; dans la coop&#233;rative, d&#233;lai encore augment&#233; de 6 mois en 2017. La comp&#233;tence du CSMP s'&#233;tend &#224; l'ensemble de la distribution ; d'o&#249; le caract&#232;re coercitif de ses d&#233;cisions vis &#224; vis des MLP, peu influentes dans une assembl&#233;e o&#249; elles sont tr&#232;s minoritaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est reconnu par les autres membres du CSMP que les gros &#233;diteurs des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela dit, bien qu'elles aient connu une grave crise en 2016, &#224; la suite de laquelle elles ont licenci&#233; plus du tiers de leurs salari&#233;s (pass&#233;s de 500 &#224; 320), les MLP continuent d'afficher des r&#233;sultats positifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mais leurs fonds propres sont n&#233;gatifs, quoique dans une mesure bien moindre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Renversement du paysage de la presse&#8230;et de sa distribution&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps et surtout depuis quelques ann&#233;es, la concurrence des MLP, les profondes transformations et la crise du secteur de la presse papier ont boulevers&#233; l'organisation des NMPP-Presstalis et les principes qui les fondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan des publications, le changement est consid&#233;rable. La loi Bichet fut vot&#233;e en 1947 alors qu'il y avait un grand nombre de quotidiens, notamment issus de la r&#233;sistance (203 quotidiens en 1946, dont 28 nationaux), et une vingtaine de magazines. En 2018, nous en sommes &#224; une vingtaine de quotidiens nationaux, dont une dizaine d'information politique et g&#233;n&#233;rale, et des milliers de magazines (2 200 distribu&#233;s par les NMPP-Presstalis et 3 106 par les MLP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres indiqu&#233;s par les deux messageries. Les MLP distribuent de nombreux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Or, la loi Bichet a &#233;t&#233; con&#231;ue pour favoriser principalement la cr&#233;ation et la distribution des quotidiens d'information politique et g&#233;n&#233;rale. On notera &#224; ce propos que depuis 1973, ann&#233;e de la cr&#233;ation de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, soit depuis 45 ans, il n'y a eu aucune cr&#233;ation de quotidien &#224; l'exception des &#171; gratuits &#187; et, signe des temps, de &lt;i&gt;L'Opinion&lt;/i&gt;, fond&#233; en 2013, journal qui se pr&#233;sente sans fard comme &#171; lib&#233;ral, europ&#233;en et pro-business &#187;, financ&#233; par Bernard Arnault et la famille Bettencourt. Par contre, un certain nombre de quotidiens ont disparu, comme r&#233;cemment &lt;i&gt;France soir&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;. &#192; l'inverse, les cr&#233;ations de magazines ont prolif&#233;r&#233;. Ce sont eux, surtout, qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la facilit&#233; de distribution permise par la loi Bichet, &#233;tendant ainsi bien au-del&#224; de l'information politique et g&#233;n&#233;rale le droit &#224; &#234;tre diffus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan de la propri&#233;t&#233; des journaux, la transformation est totale. Au moment de la loi Bichet, aucun grand groupe ne dominait le secteur de la presse, ceux d'avant-guerre ayant &#233;t&#233; dissous pour collaboration. M&#234;me si la loi Bichet ouvrait la porte au retour de Hachette, la tendance g&#233;n&#233;rale &#224; l'issue de la guerre &#233;tait au refus des concentrations et de toute emprise de l'&#233;conomie sur les journaux. Ce n'est que progressivement que les Hersant, Hachette, Amaury et consorts ont constitu&#233;, au m&#233;pris &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Petite-histoire-des-ordonnances-de-1944-sur-la&#034;&gt;d'ordonnances qui ne furent pas appliqu&#233;es&lt;/a&gt;, des groupes puissants dans la presse &#233;crite. La situation actuelle &#8211; qui voit quelques milliardaires se partager la quasi-totalit&#233; des quotidiens et la majorit&#233; des magazines d'information politique et g&#233;n&#233;rale &#8211; est aux antipodes de celle de l'imm&#233;diate apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, en court-circuitant le r&#233;seau traditionnel de distribution et de vente de la presse, Internet a &#233;videmment op&#233;r&#233; une profonde mutation dans le rapport aux clients-lecteurs. Les contenus des journaux y sont presque imm&#233;diatement accessibles, soit &#224; l'article (gratuit ou payant, au gr&#233; des questionnements sur les moteurs de recherche), soit sur leurs sites, directement (gratuitement pour une partie, et sur abonnement ou p&#233;age &#224; l'article pour le reste), ou encore en passant par des kiosques num&#233;riques (LeKiosk, Sfr Presse, ePresse), grandes surfaces de la presse pratiquant des prix de gros. Ainsi LeKiosk propose l'acc&#232;s &#224; 1 600 titres &#224; prix sold&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;0,99 euros le premier mois, puis 9,99 euros les suivants.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette concurrence, ainsi que celle d'abonnements brad&#233;s, est &#233;videmment tr&#232;s pr&#233;judiciable &#224; la vente papier au num&#233;ro par des marchands de journaux, au demeurant fort mal r&#233;mun&#233;r&#233;s, et dont les lin&#233;aires sont presque ing&#233;rables du fait de la prolif&#233;ration de magazines qu'ils sont oblig&#233;s de proposer &#224; la vente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution des journaux papier a &#233;volu&#233; en cons&#233;quence. Les d&#233;positaires (collecteurs r&#233;gionaux qui alimentent les points de vente) sont pass&#233;s de 4 000 en 1980 &#224; 700 en 1995 ; en 2017, ils ne sont plus que 64. Cette r&#233;duction extr&#234;mement importante, due &#224; une r&#233;gionalisation de la gestion et &#224; des progr&#232;s techniques, s'explique aussi par une baisse sensible de l'activit&#233; et par des r&#233;ductions d'effectifs, surtout concentr&#233;s dans les d&#233;p&#244;ts. Ces effectifs, qui &#233;taient chez les NMPP-Presstalis de 5 300 en 1985, sont tomb&#233;s &#224; 2 500 en 2 000, puis &#224; 1 200 en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On observe une tendance similaire au troisi&#232;me niveau, celui des points de vente (marchands de journaux), dont le nombre est pass&#233; de 40 000 en 1980 &#224; 23 000 en 2018 ; il se r&#233;duit chaque ann&#233;e d'un millier d'unit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution du syst&#232;me de l'information, assez radicale sur beaucoup de points, a fini par convertir certains aspects du syst&#232;me de la distribution, positifs pendant la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, en leur contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le syst&#232;me des coop&#233;ratives&lt;/strong&gt; &#8211; Les huit coop&#233;ratives copropri&#233;taires des NMPP-Presstalis sont d&#233;sormais deux (quotidiens et magazines). Hachette n'en est plus l'op&#233;rateur et aucune soci&#233;t&#233; ne lui ayant succ&#233;d&#233; (on ne s'est pas bouscul&#233; !), ce sont les repr&#233;sentants des deux coop&#233;ratives qui sont aux manettes. Les NMPP-Presstalis se trouvent directement aux mains des grands &#233;diteurs, et sans le contrepoids de l'un d'entre eux en tant qu'op&#233;rateur de la distribution. Les petits et moyens &#233;diteurs, bien que beaucoup plus nombreux, ne sont pas ou tr&#232;s peu repr&#233;sent&#233;s dans les instances de direction, faute de disponibilit&#233; et d'organisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier syndicat les repr&#233;sentant, la SAEP, fut cr&#233;&#233; en 2008.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malgr&#233; le principe coop&#233;ratif &#233;galitaire &#171; un coop&#233;rateur = une voix &#187;, il est &#233;vident que, comme dans la fable d'Orwell&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ferme des animaux.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, certains sont plus &#233;gaux que d'autres. Qui trouve-t-on dans le conseil de g&#233;rance des NMPP-Presstalis, &#233;lus par les coop&#233;ratives ? Pour la coop&#233;rative des quotidiens : &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; (Dassault), &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (Niel-Pigasse), &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; (Arnault) ; pour la coop&#233;rative des magazines : Altice M&#233;dia (Drahi), Prisma (Bertelsmann), Hachette (Lagard&#232;re), Mondadori (Berlusconi), Bauer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe allemand, 5 magazines en France, 600 dans le monde.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Pressmaker&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;12 magazines dans la presse jeunesse et les magazines culinaires.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Autant dire que la brochette de milliardaires qui accaparent la presse dirigent &#233;galement les NMPP-Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les relations coop&#233;rateur/op&#233;rateur&lt;/strong&gt; &#8211; Une caract&#233;ristique des coop&#233;ratives r&#233;side dans le fait que ses propri&#233;taires sont aussi ses clients. Ce qui ne peut fonctionner sans accrocs, dans le cas des NMPP-Presstalis, que si l'activit&#233; de messagerie n'entre pas en opposition avec les int&#233;r&#234;ts des coop&#233;ratives. Or, en l'occurrence, il est &#233;vident que l'int&#233;r&#234;t du distributeur, relativement autonome, est de rentabiliser au maximum la distribution, tandis que celui des coop&#233;ratives est d'obtenir les prix de distribution les plus bas possible. Pendant les &#171; 40 glorieuses &#187;, malgr&#233; quelques frottements, les coop&#233;rateurs et l'op&#233;rateur s'entendaient plut&#244;t bien, les coop&#233;rateurs pouvant supporter des prix de distribution parfois &#233;lev&#233;s, qui permettaient en plus de g&#234;ner des petits &#233;diteurs financi&#232;rement fragiles. Mais en p&#233;riode de crise, et a fortiori face &#224; la concurrence des MLP, la contradiction entre les int&#233;r&#234;ts des uns et de l'autre se creuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'&#233;crit fort pertinemment la Cour des comptes dans son dernier rapport (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'o&#249; les tensions r&#233;currentes, dans les ann&#233;es 2000, entre les &#233;diteurs-coop&#233;rateurs et l'op&#233;rateur Hachette, somm&#233; de renoncer &#224; ses privil&#232;ges et d'apporter son &#233;cot au financement du redressement des NMPP-Presstalis. Hachette-Lagard&#232;re finira en 2011 par quitter prudemment les NMPP-Presstalis, alors en grande difficult&#233;. Mais si, depuis cette date, la crise des NMPP-Presstalis est devenue insoutenable, c'est bien en grande partie parce que les gros &#233;diteurs qui la dirigent font d&#233;sormais tourner la machine &#224; leur avantage, sans opposition et quitte &#224; la ruiner, certains que l'&#201;tat viendra la renflouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les relations avec le syndicat du Livre&lt;/strong&gt; &#8211; Dans les rapports entre le distributeur et le syndicat du Livre, le retournement est &#233;galement impressionnant. Tant que la presse prosp&#232;re, le syndicat et les NMPP-Presstalis aboutissent toujours &#224; un compromis. Un &#233;v&#233;nement est &#224; ce titre symptomatique : en 1975, le conflit entre Amaury et le syndicat du Livre, conflit qui a tout de m&#234;me dur&#233; plus de deux ans (28 mois), n'a suscit&#233; aucune solidarit&#233; de la part des autres grands &#233;diteurs vis &#224; vis du groupe Amaury, alors que la solidarit&#233; syndicale jouait &#224; fond. C'est qu'Amaury voulait non seulement briser le monopole d'embauche du syndicat du Livre, mais &#233;galement se retirer des NMPP-Presstalis pour se distribuer lui-m&#234;me ; ce qui e&#251;t &#233;t&#233; un manque &#224; gagner important (&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; tirait alors &#224; 800 000 exemplaires) pour les NMPP-Presstalis, et donc les autres &#233;diteurs, &#233;galement pour certains d'entre eux des concurrents d'Amaury. En s'y opposant, le syndicat du Livre d&#233;fendait aussi, objectivement bien qu'indirectement, les int&#233;r&#234;ts de ces derniers. D'o&#249; leur abstention int&#233;ress&#233;e dans le conflit. Ce n'est qu'en 1989 que les grands &#233;diteurs de quotidiens et les NMPP-Presstalis feront front commun, mettant fin &#224; la toute puissance du syndicat du Livre, comme le confirmera la s&#233;rie de &#171; plans sociaux &#187; qui suivront (suppression de 2 500 emplois sur 5 000 en 10 ans). Le syndicat gardera et garde une grande puissance de n&#233;gociation, notamment en ce qui concerne les conditions de d&#233;part des personnels licenci&#233;s, mais l'entente tacite ou, si l'on veut, l'alliance objective avec les &#233;diteurs, est termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la gravit&#233; de la situation des NMPP-Presstalis, le gouvernement et les &#233;diteurs ont mis en place un &#233;ni&#232;me plan de redressement, tr&#232;s pr&#233;judiciable aux petits &#233;diteurs, tandis qu'un rapport d'un des supp&#244;ts de la macronie (Marc Schwartz) propose carr&#233;ment l'abrogation de la loi Bichet. L'approche critique de ces initiatives fera l'objet du troisi&#232;me et dernier article de cette s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Presstalis est la nouvelle appellation depuis 2009 des NMPP. Dans cet article, comme pour le pr&#233;c&#233;dent, nous utiliserons l'appellation NMPP-Presstalis, y compris pour la p&#233;riode couverte par les NMPP.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon Wikip&#233;dia, les salaires des ouvriers du livre se situent entre 4 200 et 5 000 euros par mois, et ceux des cadres, particuli&#232;rement nombreux, de 5 700 &#224; 7 100 euros en moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Lancry, &lt;i&gt;La saga de la presse. D'&#201;milien Amaury &#224; Robert Hersant&lt;/i&gt;, Lieu Commun, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Girard, dans son histoire des NMPP, &#233;voque les arguments des contestataires : &#171; L'&#201;conomiste de Paris &lt;i&gt;consacre tout un dossier &#224; Hachette dont le titre&lt;/i&gt; (outrageusement sexiste par ailleurs, NDLR) &lt;i&gt;ne trompe pas&lt;/i&gt; : &#034;Quand les &#233;diteurs fran&#231;ais entretiennent une vieille dame.&#034; &lt;i&gt;Toute l'argumentation tourne autour des revenus que la Librairie retire de sa participation aux NMPP : ils feraient l'essentiel de ses b&#233;n&#233;fices.&lt;/i&gt; &#187; Cit&#233; par Girard, l'auteur de l'article affirme que sans eux, Hachette &#171; &lt;i&gt;pourrait en arriver &#224; un compte d'exploitation d&#233;ficitaire. [&#8230;] L'action Hachette vaut aujourd'hui 540 francs. Il est permis de se poser la question suivante : quelle serait l'incidence sur son cours si &#8211; &#224; l'instant m&#234;me du placement prochain d'obligations &#8211; les pouvoirs publics se penchaient attentivement sur le probl&#232;me aussi important que d&#233;licat des modalit&#233;s financi&#232;res tr&#232;s sp&#233;ciales reliant Hachette et les NMPP. &lt;/i&gt; &#187; (Cit&#233; dans &lt;a href=&#034;http://loi-bichet.blogspot.com/2007/03/22-des-diteurs-plus-exigeants.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Des Journaux plein les mains &#8211; L'histoire des NMPP, 1945-1990&lt;/i&gt;, Bernard Girard, chapitre 22&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et au passage, Lagard&#232;re-Hachette le premier groupe mondial de cette presse, avec 260 titres diffus&#233;s dans 34 pays pour 2,3 milliards de chiffre d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le CSMP (Conseil sup&#233;rieur des messageries de presse) est un organisme de r&#233;gulation charg&#233; par la loi Bichet de veiller &#224; son bon fonctionnement : il est compos&#233; des repr&#233;sentants des diverses parties int&#233;ress&#233;es &#224; la distribution de la presse. Jusqu'en 2011, le CSMP &#233;tait compos&#233; de 27 membres parmi lesquels l'&#201;tat &#233;tait (largement) repr&#233;sent&#233;, ainsi que la SNCF, Air France et le transport routier, en plus des &#233;diteurs, des coop&#233;ratives et des divers syndicats. Il n'avait alors qu'un r&#244;le consultatif. En 2011, face &#224; la crise des NMPP-Presstalis, le gouvernement a voulu lui donner un pouvoir de d&#233;cision, tout en r&#233;duisant le nombre de ses membres &#224; 20. Ce pouvoir de d&#233;cision est contr&#244;l&#233; par un organisme nouveau, plus ind&#233;pendant du secteur de la distribution, l'Autorit&#233; de r&#233;gulation de la distribution de la presse (ARDT), compos&#233; de quatre personnes (un conseiller d'&#201;tat, un magistrat de la Cour de cassation, un magistrat de la Cour des comptes, et un repr&#233;sentant de l'Autorit&#233; de la concurrence).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'obligation de cette contribution a m&#234;me fait l'objet, en avril 2015, d'une modification de la loi Bichet dans son article 12 : &#171; &lt;i&gt;[&#8230; ] le respect des principes de solidarit&#233; entre coop&#233;ratives [&#8230;] permettent &#233;galement de r&#233;partir entre toutes les entreprises de presse adh&#233;rant aux coop&#233;ratives, de fa&#231;on objective, transparente et non discriminatoire, la couverture des co&#251;ts de la distribution, y compris des surco&#251;ts sp&#233;cifiques induits par la distribution des quotidiens et qui ne peuvent &#234;tre &#233;vit&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est reconnu par les autres membres du CSMP que les gros &#233;diteurs des NMPP-Presstalis dominent cette institution et sa politique ; comme l'affirment clairement les d&#233;put&#233;s rapporteurs Laurent Garcia et George Pau Langevin, &#171; &lt;i&gt;la composition du CSMP le rendrait donc sensible aux int&#233;r&#234;ts des &#233;diteurs, ou du moins de &#171; gros &#187; &#233;diteurs (adoss&#233;s pour la plupart &#224; d'importantes fortunes).&lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-info/i0861.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Assembl&#233;e nationale, avril 2018&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mais leurs fonds propres sont n&#233;gatifs, quoique dans une mesure bien moindre que ceux des NMPP-Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chiffres indiqu&#233;s par les deux messageries. Les MLP distribuent de nombreux magazines &#224; petit tirage et dont le prix de vente est assez &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;0,99 euros le premier mois, puis 9,99 euros les suivants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le premier syndicat les repr&#233;sentant, la SAEP, fut cr&#233;&#233; en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Groupe allemand, 5 magazines en France, 600 dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;12 magazines dans la presse jeunesse et les magazines culinaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme l'&#233;crit fort pertinemment la Cour des comptes dans son dernier rapport &#224; propos des &#233;diteurs : &#171; &lt;i&gt;Entre les tarifs auxquels ceux-ci doivent consentir pour la diffusion de leurs journaux et leur responsabilit&#233; au regard des fonds propres des coop&#233;ratives, voire de leur rentabilit&#233;, l'arbitrage qui s'op&#232;re depuis longtemps penche en faveur de leurs int&#233;r&#234;ts de clients, renvoyant &#224; l'&#201;tat le soin de couvrir les d&#233;ficits qui en r&#233;sultent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petite histoire de la distribution de la presse (1/3) : les origines de Presstalis</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-1</link>
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		<dc:date>2018-11-21T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>
		<dc:subject>Distribution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Presstalis, la loi Bichet et le Syndicat du Livre.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5824-1324d.jpg?1776736400' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il ne suffit pas que la libert&#233; de la presse soit garantie par la loi pour exister dans la pratique : encore faut-il que les moyens mat&#233;riels de cette libert&#233; en assurent l'effectivit&#233;. Parmi ces moyens, la distribution dite &#034;vente au num&#233;ro&#034; qui permet de transporter chaque jour les journaux dans les points de vente, marchands de journaux o&#249; viendront les acheter les particuliers, est, en France, essentielle. Or la baisse constante de la diffusion de la presse &#233;crite, depuis plusieurs d&#233;cennies, provoque une crise chronique de ce syst&#232;me de distribution, dont l'op&#233;rateur principal, Presstalis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouvelle appellation depuis 2009 des Nouvelles messageries de la presse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se trouve dans une situation tr&#232;s difficile en 2017, avec 350 millions d'euros de fonds propres n&#233;gatifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux soci&#233;t&#233;s se partagent la distribution de la vente au num&#233;ro de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La chute de Presstalis provoquerait des bouleversements dans toute l'organisation en place depuis la fin de la guerre qui &#233;tait cens&#233;e garantir &#8211; en principe du moins &#8211; une certaine solidarit&#233; entre les titres afin de pr&#233;server le pluralisme et de garantir le droit &#224; l'information : c'est dire que les enjeux de cette situation sont tout autant &#233;conomiques que d&#233;mocratiques. Ce premier article qui pr&#233;sentera la loi Bichet r&#233;gulant le secteur, ainsi que deux de ses acteurs incontournables (Hachette et le Syndicat du Livre), permettra de situer la gen&#232;se de la crise actuelle. Dans un deuxi&#232;me article, nous verrons comment la distribution de la presse a suivi les &#233;volutions de la presse elle-m&#234;me, avant de conclure, avec un troisi&#232;me article, sur la situation actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre cette crise, il nous a paru d'abord n&#233;cessaire de faire un retour sur les conditions d'adoption de la loi Bichet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loi n&#176; 47-585 du 2 avril 1947 relative au statut des entreprises de groupage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui organise depuis plus de 70 ans la distribution des quotidiens et des magazines. Dans la suite de l'article, nous &#233;voquerons le r&#244;le important du syndicat du Livre.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La loi Bichet : l'option priv&#233;e l'emporte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De 1864 &#224; 2011, ann&#233;e de son retrait de Presstalis, la soci&#233;t&#233; Hachette a r&#233;gn&#233; sur la distribution des journaux et des livres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'ensemble de l'activit&#233; de la Librairie Hachette, faite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sans interruption, &#224; l'exception d'un bref intervalle de deux ans (1945-1947). Intervalle qui nous int&#233;resse ici particuli&#232;rement, puisque c'est celui au cours duquel sont n&#233;es les NMPP, devenues Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er septembre 1945, les messageries de la presse de Hachette &#8211; en pleine prosp&#233;rit&#233;, y compris pendant l'occupation allemande &#8211; sont mises sous s&#233;questre pour fait de collaboration avec l'ennemi, et ses locaux et mat&#233;riels de la rue R&#233;aumur, &#224; Paris, r&#233;quisitionn&#233;s. Une nouvelle soci&#233;t&#233; est cr&#233;&#233;e sous la forme d'une coop&#233;rative, les Messageries fran&#231;aises de presse (MFP), par les journaux issus de la r&#233;sistance qui prennent en main la distribution. Hachette ne s'avoue pas vaincue pour autant. Gr&#226;ce &#224; un concours substantiel des banques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banque nationale de Paris et des Pays-Bas (Paribas), Banque d'Indochine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle acquiert une petite soci&#233;t&#233; de distribution en difficult&#233;, l'Exp&#233;ditive, et fait une concurrence farouche aux MFP, d&#233;bauchant ses salari&#233;s et certains de ses journaux les plus prosp&#232;res (France-soir, Combat, le Populaire, le Parisien lib&#233;r&#233;) gr&#226;ce &#224; des salaires et des tarifs de distribution plus attractifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti communiste, alors premier parti de France (28,8 % des voix aux &#233;lections l&#233;gislatives de novembre 1946), s'oppose vigoureusement au trust Hachette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour donner une id&#233;e de la chaude ambiance d'alors, voici l'extrait d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Deux projets sont alors en concurrence au Parlement. Un projet de nationalisation et de service public de la distribution des journaux, pr&#233;sent&#233; par le socialiste Albert Gazier et soutenu surtout par le PCF et les socialistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En avril 1947, il n'a manqu&#233; au projet Gazier, concurrent du projet Bichet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et un autre projet dit Bichet, qui confie cette distribution au secteur priv&#233; (en fait aux &#233;diteurs) d&#233;fendu principalement par le MRP (Mouvement r&#233;publicain populaire), parti centriste d&#233;mocrate chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte de la distribution publique par les MFP &#8211; alors marqu&#233; par de s&#233;rieuses difficult&#233;s financi&#232;res et de nombreuses gr&#232;ves (un mois entier en f&#233;vrier-mars 1947) &#8211; fait pencher les d&#233;bats du c&#244;t&#233; de l'option priv&#233;e, ratifi&#233;e par le Parlement avec le vote de la loi du 2 avril 1947 dite Loi Bichet, du nom de son auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son dernier ouvrage, &#034; L'&#226;ge d'or de la corruption parlementaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, contrairement &#224; une id&#233;e tr&#232;s r&#233;pandue dans les m&#233;dias selon laquelle la loi Bichet serait une application directe du programme du Conseil national de la R&#233;sistance, celle-ci est bien plut&#244;t une r&#233;gression par rapport &#224; ce programme, qui pr&#233;voyait notamment &#171; la libert&#233; de la presse, son honneur et son ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'&#201;tat, des puissances d'argent &#187;. La nationalisation de la distribution de la presse, dot&#233;e d'un statut qui la pr&#233;serve de l'emprise de l'&#201;tat et l'&#233;tablissement d'un v&#233;ritable service public de la distribution, dont le projet Gazier &#233;tait proche, eussent &#233;t&#233;, assur&#233;ment, dans la droite ligne de ce programme. Car in fine, la loi Bichet livre en r&#233;alit&#233; la distribution de la presse &#224; Hachette, quand bien m&#234;me ses promoteurs juraient d'en finir avec la Librairie. C'est que Monsieur Bichet avait un certain sens de la mesure : &#171; Nationaliser Hachette aurait &#233;t&#233; un peu gros &#187;, d&#233;clarait-il alors. Pas pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, bien que l'option priv&#233;e l'ait emport&#233; sur l'option publique, la loi Bichet, amend&#233;e par ses opposants, est rest&#233;e largement marqu&#233;e par l'esprit de la R&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La loi Bichet et la R&#233;sistance : esprit, es-tu l&#224; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, dans son premier article, cette loi &#233;tablit une libert&#233; de distribution qui semble marqu&#233;e du sceau du plus pur lib&#233;ralisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La diffusion de la presse imprim&#233;e est libre. Toute entreprise de presse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cette disposition doit &#234;tre comprise comme une r&#233;action aux ann&#233;es de guerre o&#249; la presse &#233;tait &#233;troitement contr&#244;l&#233;e, et surtout comme le maintien, pour les journaux de la PQR (presse quotidienne r&#233;gionale), de la possibilit&#233; de se distribuer eux-m&#234;mes, comme avant-guerre, en raison du p&#233;rim&#232;tre r&#233;duit de leur zone de vente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De ce fait, demeur&#233;e ext&#233;rieure &#224; Presstalis, la PQR n'est pas affect&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui n'est pas le cas des journaux et p&#233;riodiques ayant vocation &#224; &#234;tre distribu&#233;s dans tout le pays et &#224; l'&#233;tranger : pour organiser leur distribution, ceux-l&#224; sont plus ou moins contraints de se grouper, pour d'&#233;videntes raisons d'&#233;conomies d'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi Bichet d&#233;finit les conditions de ces regroupements dans son article 2&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le groupage et la distribution de plusieurs journaux et publications (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et leur impose une forme de soci&#233;t&#233;, la coop&#233;rative. Autrement dit, si plusieurs &#233;diteurs souhaitent s'associer (&#171; groupage &#187;) pour distribuer leurs journaux, ils sont oblig&#233;s par la loi de se constituer en soci&#233;t&#233; coop&#233;rative. Cette obligation a pour objectif d'emp&#234;cher un ou plusieurs de ces &#233;diteurs, mieux dot&#233;s en capital que les autres et/ou d&#233;tenteurs de plusieurs journaux, d'utiliser la distribution &#224; leur profit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le souvenir d'Hachette sabotant la distribution de Messidor, mensuel de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives fonctionnent selon le principe &#171; un associ&#233; = une voix &#187;, quelle que soit la part de capital de l'associ&#233; dans la coop&#233;rative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette r&#232;gle commune &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives, est reprise &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 1947, la plupart des journaux &#233;tant issus de la R&#233;sistance, ce fonctionnement d&#233;mocratique ne pouvait que leur &#234;tre favorable. D'ailleurs, les Messageries lyonnaises de presse, ant&#233;rieures &#224; la loi Bichet, fonctionnaient d&#233;j&#224; sur le mod&#232;le coop&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, contrairement &#224; ce qui est souvent affirm&#233; trop rapidement dans les m&#233;dias, Presstalis n'est pas elle-m&#234;me une coop&#233;rative, mais une SARL jusqu'en 2011, et depuis, une &#171; soci&#233;t&#233; par actions simplifi&#233;e &#187; (SAS), c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; priv&#233;e commerciale classique. Sa sp&#233;cificit&#233; tient au fait que son capital doit &#234;tre d&#233;tenu majoritairement, selon la loi Bichet, par des coop&#233;ratives de presse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article 4 : &#171; Si les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives d&#233;cident de confier l'ex&#233;cution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Durant le plus clair de son existence, NMPP-Presstalis fut ainsi la propri&#233;t&#233; de cinq, puis de huit coop&#233;ratives pour 51% de son capital, et de la soci&#233;t&#233; Hachette, qui n'a rien d'une coop&#233;rative, pour les 49% restants. Depuis 2011, date &#224; laquelle Hachette abandonna Presstalis, cette derni&#232;re est la propri&#233;t&#233; de deux coop&#233;ratives, la Coop&#233;rative de distribution des quotidiens (25%) et la Coop&#233;rative de distribution des magazines (75%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, les MLP sont une coop&#233;rative g&#233;rant directement la distribution. Cette diff&#233;rence n'est pas sans cons&#233;quences. La formule Presstalis permet certainement aux coop&#233;rateurs de se dispenser de la gestion quotidienne de la distribution, mais par ailleurs, en plus du co&#251;t important g&#233;n&#233;r&#233; par une structure suppl&#233;mentaire, elle conf&#232;re &#224; la distribution une grande autonomie par rapport aux membres des coop&#233;ratives. Autonomie qui peut conduire &#224; des d&#233;rives, surtout lorsque la m&#234;me soci&#233;t&#233;, Hachette, pour ne pas la nommer, en tient les r&#234;nes pendant 64 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin, tr&#232;s loin alors, de &#171; l'esprit de la R&#233;sistance &#187;. &#192; la fin des ann&#233;es 1960, la gestion d'Hachette fut par exemple vivement contest&#233;e par les &#233;diteurs, men&#233;s par &#201;milien Amaury (&lt;i&gt;Le Parisien lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt;) et Jacques Sauvageot (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;), en raison de ses prix excessifs et de l'opacit&#233; de sa gestion. &#8211; une opacit&#233; qui demeure malgr&#233; le d&#233;part de Hachette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En t&#233;moigne cette d&#233;claration stup&#233;fiante de Louis Dreyfus, pr&#233;sident du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par contre, il semble qu'aux MLP, la d&#233;mocratie coop&#233;rative fonctionne mieux. En 2016, une r&#233;volte des petits &#233;diteurs &#233;clate contre la politique du CA, trop favorable, &#224; leur go&#251;t, aux gros &#233;diteurs. Alors mis en minorit&#233;, ce CA a d&#251; d&#233;missionner collectivement, et un autre a &#233;t&#233; &#233;lu, faisant une meilleure part aux petits &#233;diteurs. Depuis, les MLP semblent bien se porter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme en t&#233;moigne &#171; Arr&#234;t sur images &#187;.&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esprit de la R&#233;sistance &#187; transpara&#238;t surtout dans l'article 6 de la loi Bichet, inchang&#233; jusqu'&#224; ce jour : &#171; Devra &#234;tre obligatoirement admis dans la soci&#233;t&#233; coop&#233;rative tout journal ou p&#233;riodique qui offrira de conclure avec la soci&#233;t&#233; un contrat de transport (ou de groupage et de distribution) sur la base du bar&#232;me des tarifs vis&#233; &#224; l'article 12 ci-apr&#232;s. &#187; Ainsi, chaque journal, chaque magazine peut (doit) &#234;tre distribu&#233; par le r&#233;seau des NMPP-Presstalis, quel que soit son tirage, selon les m&#234;mes tarifs. C'est un droit effectif &#224; la distribution qui est instaur&#233;, notamment pour les petits &#233;diteurs qui n'auraient pas les moyens de se distribuer eux-m&#234;mes. V&#233;ritable appel d'air apr&#232;s les ann&#233;es de restrictions de la guerre, cette mesure a favoris&#233; la cr&#233;ation de nombreuses publications, notamment de magazines, m&#234;me si, &#224; l'&#233;poque, elle visait surtout &#224; promouvoir le pluralisme de l'information politique, majoritairement port&#233; par les quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, c'est essentiellement la porte laiss&#233;e ouverte par l'article 4 au retour en force de la Librairie Hachette qui &#233;carte la loi Bichet de ce que l'on peut appeler &#171; l'esprit de la R&#233;sistance &#187;, en favorisant l'arriv&#233;e d'un trust, qui plus est de sinistre m&#233;moire, &#224; la direction des messageries.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le triomphe de Hachette&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le compromis issu de la loi Bichet est tout &#224; l'avantage de la Librairie Hachette, point sur lequel nous insistions dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Lire-Hachette-le-geant-aux-ailes-brisees-de-Jean-Yves-Mollier?recherche=%26quot%3BJean-Yves%20Mollier%26quot%3B&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre compte-rendu du livre de Jean-Yves Mollier&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; de gestion des messageries de presse est constitu&#233;e, dans laquelle Hachette est formellement minoritaire avec 49% des parts contre 51% &#224; cinq coop&#233;ratives de presse ; mais en r&#233;alit&#233;, apr&#232;s avoir achet&#233; &lt;i&gt;France soir&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Paris presse&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;France dimanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Journal du dimanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, Hachette est en fait majoritaire. De plus, c'est elle qui est charg&#233;e statutairement de nommer le directeur des Messageries.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et de fait, aucun changement notable ne viendra modifier cette organisation jusqu'en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hachette, l'affaire est en effet tr&#232;s b&#233;n&#233;fique. En nommant le directeur des Messageries, &#233;videmment toujours parmi les cadres de sa direction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera que m&#234;me apr&#232;s le d&#233;part de Hachette de Presstalis en 2011 cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle garde la haute main sur leur organisation. Cela n'est pas anodin pour un groupe qui p&#232;se &#233;galement dans le milieu de l'&#233;dition, propri&#233;taire de quelques journaux au d&#233;part, et qui deviendra au d&#233;but des ann&#233;es 1980 le premier &#233;diteur de magazines en France (et aussi dans le monde)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suite aux rachats d'Hachette et Hachette-magazine par Daniel Filipacchi et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le groupe est &#233;galement pr&#233;sent au niveau de la diffusion, gr&#226;ce &#224; son r&#233;seau de Relais H, puis Relay, petites boutiques qui essaiment dans les gares, stations de m&#233;tros, a&#233;roports et autres lieux de transit, proposant journaux, best-sellers, sandwichs et autres utilit&#233;s pour voyageurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Relay, dont le nombre est en diminution, sont encore 644 en France en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#201;diteur majeur, assurant le pilotage du syst&#232;me de distribution et diffuseur de premier plan, Hachette devenait ainsi un acteur central &#224; chaque &#233;tape du processus de production et de mise en circulation de la presse &#233;crite. On peut donc supposer, sans grand risque de se tromper, que l'&#233;diteur Hachette fut bien distribu&#233; par le distributeur Hachette chez les diffuseurs Hachette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cerise sur le g&#226;teau, pour &#171; la mise &#224; disposition des locaux de la rue R&#233;aumur et du mat&#233;riel &#187;, Hachette percevra chaque ann&#233;e une somme forfaitaire &#224; partir de 1946, et &#224; partir de 1951 &#171; 1 % du chiffre d'affaires &#187; des NMPP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;quivalent de 7,5 millions d'euros en 1951, et de 30 millions en 1972.&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ajoutons &#224; tout cela qu'en tant que distributeur, Hachette disposait chaque jour d'une quantit&#233; faramineuse de liquidit&#233;s issues des ventes des journaux (plusieurs millions d'euros par jour), qui lui permettaient nombre d'op&#233;rations et asseyaient la confiance des banques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les avantages qu'Hachette retirait de la gestion des NMPP-Presstalis, on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'&#233;tonner que le r&#244;le d'Hachette dans l'histoire des NMPP-Presstalis soit si peu &#233;voqu&#233; dans les journaux traitant cette question ; le dossier de l'hebdomadaire &lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt;, fort int&#233;ressant par ailleurs, ne le mentionne pas, pas plus que la plupart des articles de presse consacr&#233;s &#224; cette question ; quant au rapport Schwartz&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir infra.&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il ne le cite que &#171; pour m&#233;moire &#187; dans la p&#233;riode de cr&#233;ation de la messagerie. Pourtant, bien qu'Hachette se soit retir&#233;e de la direction de Presstalis en 2011 (il y a &#224; peine huit ans et apr&#232;s tout de m&#234;me 64 ans de pilotage de la distribution de la presse), la soci&#233;t&#233; de Lagard&#232;re est toujours bien pr&#233;sente dans la diffusion (Relay), chez les &#233;diteurs (son repr&#233;sentant &#224; Presstalis, Richard Lenormand, pr&#233;side la coop&#233;rative des magazines), et dans la distribution &#8211; la nouvelle pr&#233;sidente de Presstalis, Mich&#232;le Benbunan, vient de ses rangs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant de pr&#233;sider Presstalis, elle &#233;tait directrice de la branche Services (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de m&#234;me que la pr&#233;c&#233;dente, Anne-Marie Couderc. Il serait pour toutes ces raisons difficile de lui d&#233;nier une quelconque responsabilit&#233; dans la crise actuelle de Presstalis, nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'en venir &#224; la p&#233;riode r&#233;cente, il nous faut, pour achever de planter le d&#233;cor, revenir sur l'histoire d'un autre acteur qui, situ&#233; &#224; l'oppos&#233; du p&#244;le contr&#244;l&#233; par Hachette, va marquer l'histoire des NMPP-Presstalis : le SGLCE-CGT, Syndicat du livre et de la communication &#233;crite CGT, commun&#233;ment d&#233;sign&#233; comme &#171; le syndicat du Livre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le syndicat du Livre et l' &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est le g&#233;n&#233;ral de Gaulle qui, pour s'assurer du soutien des journaux &#224; la Lib&#233;ration, confia &#224; la CGT, avant la fin de la guerre, le monopole de l'embauche des ouvriers de l'imprimerie. M&#234;me si ce monopole ne fut pas &#233;tendu aux travailleurs de la distribution, ces derniers eurent un statut et un fonctionnement tr&#232;s proches de leurs camarades imprimeurs. Cette proximit&#233; se traduit par une quasi-exclusivit&#233; syndicale de la CGT et en cons&#233;quence, des mots d'ordre de gr&#232;ve suivis &#224; 100 %. Une configuration particuli&#232;rement favorable donc, dans un domaine o&#249; il n'y a pas de concurrence (celle des MLP n'interviendra que dans les ann&#233;es 1990) et o&#249; les pertes dues aux gr&#232;ves sont irr&#233;parables (l'information n'est vendable que le jour-m&#234;me)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un doute persiste sur la strat&#233;gie du syndicat du Livre au moment du vote de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au fil des gr&#232;ves, et au grand dam des bourgeois horrifi&#233;s, les ouvriers du Livre ont conquis des augmentations de salaires, qui se hiss&#232;rent aux niveaux de ceux des cadres. Ult&#233;rieurement, cette &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187; sera jug&#233;e responsable de tous les malheurs des messageries par de nombreux patrons de presse arguant qu'elle co&#251;tait inhabituellement cher et faisait gr&#232;ve pour un oui ou pour un non&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut croire que la prosp&#233;rit&#233; de ces ouvriers ne les a pas trop ramollis, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;milien Amaury, patron de presse particuli&#232;rement autoritaire (surnomm&#233; &#171; Jupiter &#187; !) a tent&#233; de se retirer des NMPP-Presstalis pour se distribuer lui-m&#234;me en 1975 ; une initiative qui lui a valu un affrontement avec le syndicat du Livre, dont il voulait briser le monopole d'embauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il projetait de fermer son imprimerie parisienne, de licencier 300 de ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s une gr&#232;ve de 28 mois, soutenue par l'ensemble des syndiqu&#233;s du Livre qui donnaient 10% de leur salaire &#224; la caisse de secours, et nombre d'actions, parfois violentes, pour emp&#234;cher la distribution du &lt;i&gt;Parisien lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt;, le conflit s'est termin&#233; &#224; la mort accidentelle d'Amaury, sans que celui-ci ait obtenu satisfaction. &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; a perdu dans la bataille la moiti&#233; de ses lecteurs (pass&#233;s de 800 000 &#224; 400 000), et par la suite, aucun &#233;diteur ne prendra le risque d'affronter seul le syndicat. &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; n'obtiendra le droit de se distribuer lui-m&#234;me que plus de 25 ans plus tard, en 2001, encore qu'un montage juridique le maintint alors formellement dans NMPP-Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re d&#233;faite du syndicat du Livre date de 1989 : apr&#232;s dix jours de gr&#232;ve pour des augmentations de salaires, les ouvriers baissent les bras face &#224; la r&#233;solution des &#233;diteurs, faisant bloc, et des NMPP-Presstalis. Dans ce conflit, v&#233;ritable tournant pour le syndicat, la distribution fut assur&#233;e malgr&#233; la gr&#232;ve. Sous la menace d'un lock-out, les ouvriers ont repris le travail. Et enfin, chose jamais vue au Livre, les journ&#233;es de gr&#232;ve furent retenues sur les salaires. La situation avait chang&#233; : la distribution, comme la presse en g&#233;n&#233;ral, entrait alors dans une phase de d&#233;clin. Avant cela, NMPP-Presstalis avait cependant connu de longues ann&#233;es de prosp&#233;rit&#233;, sur la base du compromis de la loi Bichet, soutenue par les deux piliers que furent Hachette et le syndicat du Livre. Nous y reviendrons plus en d&#233;tail dans un second article &#224; para&#238;tre, intitul&#233; &#171; Splendeur et d&#233;cadence de Presstalis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nouvelle appellation depuis 2009 des Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP). Dans cet article, pour en simplifier la lecture, nous utiliserons l'appellation Presstalis ou NMPP-Presstalis, y compris pour la p&#233;riode couverte par les NMPP.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux soci&#233;t&#233;s se partagent la distribution de la vente au num&#233;ro de la presse : Presstalis et Les Messageries lyonnaises de presse (MLP) &#224; raison de 75 % pour Presstalis et 25 % pour les MLP. La vente au num&#233;ro repr&#233;sente &#224; peu pr&#232;s le tiers de l'ensemble de la distribution. Les deux autres tiers sont assur&#233;s par les abonnements (via La Poste et le portage &#8211; livraison &#224; domicile par porteur sp&#233;cial &#8211; assur&#233; par les journaux) et par la presse r&#233;gionale, qui se distribue par ses propres moyens. Si l'on ajoute les &#171; gratuits &#187; qui se distribuent &#233;galement eux-m&#234;mes, c'est largement moins d'un tiers de la distribution qui est repr&#233;sent&#233; par la &#171; vente au num&#233;ro &#187;. En termes d'audience, incluant les lectures sur &#233;crans, Presstalis ne repr&#233;sente plus, selon l'AADP (Association pour l'avenir des diffuseurs de presse), que 14% de la distribution. Ainsi m&#234;me si la crise de Presstalis est tr&#232;s grave, les consid&#233;rations ci-dessus, g&#233;n&#233;ralement omises par la plupart des commentaires, permettent d'en relativiser l'ampleur et les cons&#233;quences sur la distribution de la presse papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Loi n&#176; 47-585 du 2 avril 1947 relative au statut des entreprises de groupage et de distribution des journaux et publications p&#233;riodiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour l'ensemble de l'activit&#233; de la Librairie Hachette, faite d'opportunisme, de censure et de man&#339;uvres politico-financi&#232;res, on se r&#233;f&#232;rera &#224; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Lire-Hachette-le-geant-aux-ailes-brisees-de-Jean-Yves-Mollier?recherche=hachette&#034;&gt;notre recension du livre de Jean-Yves Mollier, Hachette, le g&#233;ant aux ailes bris&#233;es&lt;/a&gt; ou encore mieux, au livre lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Banque nationale de Paris et des Pays-Bas (Paribas), Banque d'Indochine (Indosuez), CIC.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour donner une id&#233;e de la chaude ambiance d'alors, voici l'extrait d'un tract intitul&#233; &#171; La presse libre en danger : le trust Hachette rel&#232;ve la t&#234;te &#187; : &#171; Hier au service des boches, Hachette et les banques d'affaires, &#224; coup d'argent et avec la complicit&#233; du ministre de l'Information, veulent &#233;trangler les messageries libres cr&#233;&#233;es &#224; la Lib&#233;ration&#8230; Il faut emp&#234;cher ce scandale par la nationalisation des messageries de presse &#187; (in Jean-Yves Mollier, Op.cit., p. 95).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En avril 1947, il n'a manqu&#233; au projet Gazier, concurrent du projet Bichet, que 8 voix sur 574 d&#233;put&#233;s pour l'emporter. S'il avait &#233;t&#233; choisi, la face du monde de la distribution en aurait &#233;t&#233; chang&#233;e. Car le projet Gazier ne proposait rien moins que la nationalisation de Hachette et le monopole de la distribution de la presse, consid&#233;r&#233;e comme un service public. Une soci&#233;t&#233; coop&#233;rative de presse, dont le CA devait &#234;tre compos&#233; de 21 membres, dont 7 repr&#233;sentants l'&#201;tat, 7 des &#233;diteurs, 7 du personnel, aurait organis&#233; et r&#233;gul&#233; cette distribution, dont les moyens mutualis&#233;s auraient &#233;t&#233; au service de l'ensemble de la profession. Les adversaires de ce projet accusaient ses promoteurs de vouloir exercer un contr&#244;le politique de la presse. Ce que l'avenir n'a pas pu v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans son dernier ouvrage, &#034; L'&#226;ge d'or de la corruption parlementaire 1930-1980&#034;, Jean-Yves Mollier revient longuement sur cet &#233;pisode qui a vu triompher Hachette (pourtant bien compromise, deux ans &#224; peine apr&#232;s la fin de la guerre) et sur les man&#339;uvres de la &#171; pieuvre verte &#187; dans une atmosph&#232;re de guerre froide naissante o&#249; le parti communiste devenait une cible privil&#233;gi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La diffusion de la presse imprim&#233;e est libre. Toute entreprise de presse est libre d'assurer elle-m&#234;me la distribution de ses propres journaux et publications p&#233;riodiques par les moyens qu'elle jugera les plus convenables &#224; cet effet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De ce fait, demeur&#233;e ext&#233;rieure &#224; Presstalis, la PQR n'est pas affect&#233;e par la crise qui secoue la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le groupage et la distribution de plusieurs journaux et publications p&#233;riodiques ne peuvent &#234;tre assur&#233;s que par des soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives de messageries de presse soumises aux dispositions de la pr&#233;sente loi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le souvenir d'Hachette sabotant la distribution de Messidor, mensuel de la CGT, en 1936, est encore dans toutes les t&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette r&#232;gle commune &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives, est reprise &#224; l'article 10 de la loi Bichet : &#171; Quel que soit le nombre des parts sociales dont il est titulaire, chaque soci&#233;taire ne pourra disposer, &#224; titre personnel, dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, que d'une seule voix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article 4 : &#171; Si les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives d&#233;cident de confier l'ex&#233;cution de certaines op&#233;rations mat&#233;rielles &#224; des entreprises commerciales, elles devront s'assurer une participation majoritaire dans la direction de ces entreprises, leur garantissant l'impartialit&#233; de cette gestion et la surveillance de leurs comptabilit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En t&#233;moigne cette d&#233;claration stup&#233;fiante de Louis Dreyfus, pr&#233;sident du directoire du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, membre du conseil de gestion de Presstalis et actuel pr&#233;sident de la Coop&#233;rative des quotidiens (a priori pas le perdreau de l'ann&#233;e) &#224; Philippe Kieffer, enqu&#234;tant pour &lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt; sur Presstalis : &#171; Quand on nous pr&#233;sentait les comptes [&#8230;], on ne nous montrait que la ligne &#034;r&#233;sultat d'exploitation&#034;, qui affichait plus ou moins l'&#233;quilibre, parfois des b&#233;n&#233;fices de 1 ou 2 millions d'euros. D'accord, mais ce qui compte vraiment, ce n'est pas le &#034;r&#233;sultat d'exploitation&#034;, mais les lignes qui sont normalement en dessous, celles des &#034;charges&#034; et du &#034;r&#233;sultat net&#034;. Pendant des mois j'ai r&#233;clam&#233; ces chiffres. On a fini par les obtenir au printemps 2017, et l&#224;, &#233;videmment, il y a eu comme un choc&#8230; &#187; (&lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt;, 4 avril 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme en t&#233;moigne &lt;a href=&#034;https://www.arretsurimages.net/articles/oui-la-distribution-de-presse-peut-etre-rentable-lexemple-des-mlp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Arr&#234;t sur images &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera que m&#234;me apr&#232;s le d&#233;part de Hachette de Presstalis en 2011 cette pratique a continu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suite aux rachats d'Hachette et Hachette-magazine par Daniel Filipacchi et Jean-Luc Lagard&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les Relay, dont le nombre est en diminution, sont encore 644 en France en 2017, plus nombreux que les kiosques (522), et presque autant &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;quivalent de 7,5 millions d'euros en 1951, et de 30 millions en 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les avantages qu'Hachette retirait de la gestion des NMPP-Presstalis, on consultera avec profit un rare t&#233;moignage, ici sous forme de br&#251;lot &lt;a href=&#034;http://www.fondation-seligmann.org/ApresDemain/AD159/AD_159_12_1973_AR1755.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Hachette, une puissance occulte &#187;&lt;/a&gt;, article de Gabriel Enkiri publi&#233; en 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir infra.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant de pr&#233;sider Presstalis, elle &#233;tait directrice de la branche Services et Op&#233;rations d'Hachette Livre et membre du Comit&#233; ex&#233;cutif du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un doute persiste sur la strat&#233;gie du syndicat du Livre au moment du vote de la loi Bichet. Il est clair que la longue gr&#232;ve de f&#233;vrier-mars 1947 (30 jours) aux MFP n'a pas favoris&#233; le projet de nationalisation des messageries et a jou&#233; en faveur de la loi Bichet. D'ailleurs, cette gr&#232;ve n'&#233;tait pas soutenue par le PCF, dont des comit&#233;s furent re&#231;us par les gr&#233;vistes de la rue R&#233;aumur avec&#8230; des lances &#224; incendie. Certains mauvais esprits (conspirationnistes ?) ont m&#234;me soup&#231;onn&#233; Hachette d'avoir soutenu la gr&#232;ve en sous-main. Il semblerait plut&#244;t, selon Yves Mollier, que certains syndicats au sein du Livre, hostiles au PC et &#224; la CGT, aient pouss&#233; au maximum &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut croire que la prosp&#233;rit&#233; de ces ouvriers ne les a pas trop ramollis, ceux-ci ayant continu&#233; jusqu'&#224; ce jour &#224; d&#233;fendre fermement leurs int&#233;r&#234;ts et, selon Emmanuel Schwartzenberg (&#171; Sp&#233;ciale derni&#232;re : Qui veut la mort de la presse fran&#231;aise ? &#187;, Calmann-L&#233;vy, 2007) aliment&#233; Cuba en papier pendant les ann&#233;es 1980 aux frais des NMPP-Presstalis, et m&#234;me constitu&#233; un v&#233;ritable arsenal, d&#233;couvert en 1991, avec les armes d&#233;tourn&#233;es de Manufrance, manufacture de Saint-&#201;tienne, au moment de sa faillite, et stock&#233;es chez NMPP-Presstalis, dans la perspective du &#171; grand soir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il projetait de fermer son imprimerie parisienne, de licencier 300 de ses 600 salari&#233;s, et d'embaucher des ouvriers syndiqu&#233;s &#224; FO dans deux nouvelles imprimeries ultra modernes en province, avec des salaires inf&#233;rieurs &#224; ceux des syndiqu&#233;s CGT du Livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;dias versus plateformes num&#233;riques, le d&#233;bat crucial des &#171; droits voisins &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Medias-versus-plateformes-numeriques-le-debat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Medias-versus-plateformes-numeriques-le-debat</guid>
		<dc:date>2018-10-02T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin Lagues</dc:creator>


		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un d&#233;bat opportun&#233;ment instrumentalis&#233; par une &#233;ditocratie aux abois.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton5796-84c04.jpg?1776739625' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 12 septembre dernier, le Parlement europ&#233;en a adopt&#233; une directive sur les droits d'auteurs, laquelle cr&#233;e un droit voisin qui instaurera une taxation des grands groupes num&#233;riques (Google, Facebook&#8230;) permettant de mieux r&#233;mun&#233;rer les m&#233;dias qui leur fournissent du contenu. Le principe : de la m&#234;me mani&#232;re que les radios paient la SACEM pour diffuser de la musique afin que les auteurs soient r&#233;mun&#233;r&#233;s, les grandes plateformes num&#233;riques, comme par exemple Google et Facebook, devront dor&#233;navant payer pour la diffusion des articles, photographies et vid&#233;os qu'ils r&#233;f&#233;rencent et mettent ainsi &#224; disposition des internautes. Un objectif sans doute salutaire, mais servi par un dispositif qui a attir&#233; de nombreuses critiques. Et comme &#224; l'accoutum&#233;e, le d&#233;bat m&#233;diatique fut instrumentalis&#233; et pollu&#233; par les dirigeants des m&#233;dias dominants se pr&#233;sentant comme les remparts de la d&#233;mocratie contre l'hydre des &#171; GAFA &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'adoption de cette directive a donn&#233; lieu &#224; des prises de position particuli&#232;rement cliv&#233;es par tribunes interpos&#233;es. Les opposants &#224; la directive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi lesquels la Quadrature du Net, le Conseil national du logiciel libre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mobilisaient trois s&#233;ries d'arguments. Avec, en premier lieu, la conviction que la mise en &#339;uvre d'un droit voisin constitue une solution court-termiste, contre-productive et dangereuse aux difficult&#233;s &#233;conomiques de la presse, qui revient &#224; institutionnaliser et &#224; accentuer la d&#233;pendance des producteurs d'information envers les revenus publicitaires, d'une part, et les plateformes num&#233;riques, d'autre part. Certains acteurs ont &#233;galement mis en garde contre un risque de glissement du dispositif d'un droit d'auteur vers un droit d'&#233;diteur &#8211; les titres de presse, cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ou soci&#233;t&#233;s de production captant l'essentiel des revenus r&#233;troc&#233;d&#233;s par les plateformes au d&#233;triment des journalistes, des auteurs, des photographes ou des r&#233;alisateurs. Enfin, des militants de l'internet libre redoutent que le dispositif s'av&#232;re liberticide : en mettant en p&#233;ril le droit de citation ; en ratifiant un mod&#232;le &#233;conomique et institutionnel qui repose sur la collecte et l'exploitation des donn&#233;es personnelles des internautes &#8211; tant par les plateformes num&#233;riques que par les &#233;diteurs de presse ; en instituant, derri&#232;re le filtrage automatis&#233; des contenus, une forme de censure pr&#233;alable que les plateformes num&#233;riques auront la charge d'appliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des d&#233;fenseurs de la directive, on met essentiellement en avant deux arguments, qui en r&#233;alit&#233; n'en font qu'un. Dans une tribune parue le 29 ao&#251;t et sign&#233;e par 70 journalistes europ&#233;ens, Sammy Ketz, directeur du bureau de l'AFP &#224; Bagdad, souligne &#224; quel point produire de l'information de premi&#232;re main, notamment dans les pays en guerre, co&#251;te cher. Et il ajoute qu'il est inique et intenable que des entreprises comme Google et Facebook continuent &#224; faire des milliards de profit en diffusant des informations sans en r&#233;mun&#233;rer en retour les producteurs, qui se trouvent qui plus est, pour la plupart, exsangues financi&#232;rement. Et comme la directive a &#233;galement re&#231;u le soutien de plus de 200 personnalit&#233;s du &#171; monde de la culture &#187; &#8211; parmi lesquelles des dirigeants de m&#233;dias comme l'AFP, TF1, France T&#233;l&#233;visions ou Radio France &#8211; qui ont sign&#233; une tribune initi&#233;e par la ministre de la Culture en personne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tribune intitul&#233;e &#171; Le droit d'auteur est aujourd'hui en danger, en France (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la plupart des m&#233;dias dominants ont fait campagne en faveur du texte en d&#233;bat au Parlement europ&#233;en, et en particulier pour le &#171; droit voisin &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'on a pu lire, dans une tribune intitul&#233;e &#171; Pour &lt;strong&gt;la survie de la presse&lt;/strong&gt;, les g&#233;ants du Net doivent payer &#187;, sign&#233;e par les directeurs d'agences d'information europ&#233;ennes, dont Fabrice Fries, pr&#233;sident de l'AFP, qu'&#171; &lt;i&gt;en vingt ans, &lt;strong&gt;les g&#233;ants du Net ont lamin&#233; les m&#233;dias dits historiques&lt;/strong&gt;, en d&#233;pit des efforts de ceux-ci pour d&#233;velopper, le plus souvent avec succ&#232;s, une audience num&#233;rique.&lt;/i&gt; &#187;. L'in&#233;narrable Laurent Joffrin &#233;tait au rendez-vous dans l'&#233;ditorial du 10 septembre de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; pour d&#233;noncer avec toute la mesure qu'on lui connait &#171; Les pirates contre la presse &#187;, et le danger, au cas o&#249; la directive europ&#233;enne n'aurait pas &#233;t&#233; adopt&#233;e, d'assister &#224; une prochaine &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;mort de la presse&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;. Le registre est le m&#234;me au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, o&#249; un &#233;ditorial publi&#233; le 11 septembre sous un titre alarmiste (&#171; Google, Facebook : &lt;strong&gt;menaces sur l'information&lt;/strong&gt; &#187;), assure qu'il &#233;tait question lors de ce vote d'&#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;un d&#233;fi d&#233;mocratique majeur&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange cadrage &#233;ditocratique, pourtant : le probl&#232;me de la presse est &#233;videmment bien plus large et bien plus ancien que le manque de revenus issus de la publicit&#233; en ligne du fait de la concurrence de Google, Facebook et consorts. Une probl&#233;matique certes r&#233;elle, mais plut&#244;t r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, c'est une hypocrisie g&#233;n&#233;rale qui s'est exprim&#233;e avant et apr&#232;s le vote de la directive europ&#233;enne. Hypocrisie parce que ces m&#234;mes journaux, par leurs pratiques collectives, &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/+-Pluralisme-+&#034;&gt;amoindrissent le pluralisme&lt;/a&gt; qu'ils sont cens&#233;s garantir et d&#233;gradent la qualit&#233; de l'information &#8211; par exemple en reprenant compulsivement les d&#233;p&#234;ches aseptis&#233;es et standardis&#233;es de l'AFP&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hypocrisie aussi parce que les dirigeants de ces m&#233;dias dominants qui en appellent &#224; la bonne conscience d&#233;mocratique des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens pour sauver la presse des griffes des mastodontes californiens ne voient pas de probl&#232;me &#224; &#234;tre inf&#233;od&#233;s financi&#232;rement aux annonceurs, perfus&#233;s d'aides publiques et tr&#232;s largement contr&#244;l&#233;s par des industriels et des financiers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N'oublions pas, en effet, que la prose de Laurent Joffrin est la propri&#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;Que la presse souffre d'un probl&#232;me de financement est ind&#233;niable. Que ce probl&#232;me trouve partiellement sa source dans la captation des revenus publicitaires par les grandes entreprises du num&#233;rique qui diffusent pourtant leur contenu ne l'est pas moins. D'&#233;vidence, des m&#233;dias d'information pluralistes et bien portants sont un enjeu vital pour la d&#233;mocratie &#8211; c'est la raison m&#234;me du combat de notre association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en revanche, les patrons et dirigeants de la presse fran&#231;aise fassent le tour des m&#233;dias pour clamer l'enjeu vital pour la d&#233;mocratie que repr&#233;senterait le &#171; droit voisin &#187;, voil&#224; qui est plus probl&#233;matique. Moins qu'un noble combat, c'est plut&#244;t &#224; un num&#233;ro de tartuffes auquel les citoyens ont assist&#233;. Que d&#233;fendent, en effet, ces m&#233;diacrates via cette directive europ&#233;enne : le principe d'une presse forte et pluraliste, d'un journalisme ind&#233;pendant et d'une information de qualit&#233;&#8230; ou leur boutique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car o&#249; sont ces m&#234;mes dirigeants de presse lorsqu'il s'agit de d&#233;fendre d'autres propositions de soutien &#224; la presse, comme par exemple la &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Pour-un-service-public-de-l-information-et-de-la&#034;&gt;cr&#233;ation d'un service public de l'information et de la culture&lt;/a&gt; ? O&#249; sont-ils, ces chevaliers blancs de la d&#233;mocratie, lorsqu'il s'agit de &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Une-information-malade-c-est-une-democratie-en-danger-lntersyndicale-de&#034;&gt;lutter contre des plans sociaux tous azimuts qui d&#233;truisent la presse&lt;/a&gt; ? O&#249; sont-ils, ces valeureux combattants pour une presse forte, &#224; l'heure de la &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Lire-Journalistes-precaires-journalistes-au-quotidien-d-Alain-Accardo-et-alii&#034;&gt;pr&#233;carisation croissante du m&#233;tier&lt;/a&gt; ? O&#249; sont-ils, enfin, quand il s'agit d'assurer un minimum de pluralisme sur des questions politiques de premier plan (trait&#233;s europ&#233;ens, &#233;lections locales et nationales, etc.) ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benjamin Lagues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parmi lesquels la Quadrature du Net, le Conseil national du logiciel libre, ou le Syndicat de la presse ind&#233;pendante d'information en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tribune intitul&#233;e &#171; Le droit d'auteur est aujourd'hui en danger, en France et dans le monde entier. Avec lui, c'est tout notre mod&#232;le qui est menac&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N'oublions pas, en effet, que la prose de Laurent Joffrin est la propri&#233;t&#233; de Patrick Drahi, pr&#233;sident du g&#233;ant des t&#233;l&#233;com, Altice ; n'oublions pas non plus que les &#233;ditorialistes du Monde sont les employ&#233;s de Xavier Niel et Matthieu Pigasse, un industriel et un banquier&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand les m&#233;dias dominants parlent aux classes dominantes</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Quand-les-medias-dominants-parlent-aux-classes-dominantes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Quand-les-medias-dominants-parlent-aux-classes-dominantes</guid>
		<dc:date>2015-05-05T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thibault Roques</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Le Figaro</dc:subject>
		<dc:subject>Europe 1</dc:subject>
		<dc:subject>RMC</dc:subject>
		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les CSP+, dieu cach&#233; des m&#233;dias patent&#233;s.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Figaro-9-+" rel="tag"&gt;Le Figaro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Europe-1-+" rel="tag"&gt;Europe 1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RMC-+" rel="tag"&gt;RMC&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quel rapport les m&#233;dias dominants entretiennent-ils avec les classes domin&#233;es ? &#171; Aucun &#187; serait sans doute la r&#233;ponse la plus juste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce sujet, on lira avec profit le dernier num&#233;ro de notre magazine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car outre le traitement mis&#233;rabiliste qui leur est parfois r&#233;serv&#233;, force est de constater que le plus souvent, les classes populaires sont les grands absents des grands m&#233;dias, comme en t&#233;moignent en creux les quelques visuels qui suivent. Les m&#233;dias de masse ne s'en cachent pas : les CSP+&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cat&#233;gories socioprofessionnelles sup&#233;rieures.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; constituent leur c&#339;ur de cible et semblent les seules dignes de retenir leur attention. D&#232;s lors, comment attendre des classes populaires qu'elles adh&#232;rent &#224; des m&#233;dias qu'elles indiff&#232;rent ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;RMC, dont la hauteur de vue et la finesse des d&#233;bats ne sautent pas n&#233;cessairement aux yeux ni aux oreilles (songeons par exemple &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3689.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;aux saillies sexistes du &#171; Moscato show &#187;&lt;/a&gt; ou aux &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3879.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;diatribes r&#233;actionnaires de &#171; Carr&#233;ment Brunet &#187;&lt;/a&gt;) n'h&#233;site pas &#224; se positionner fi&#232;rement du c&#244;t&#233; des classes sup&#233;rieures, se targuant de &lt;i&gt;&#171; la matinale info la plus CSP+ &#187;&lt;/i&gt; et allant jusqu'&#224; se renommer &lt;i&gt;&#171; RMCSP+ &#187;&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7422 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L398xH485/Capture_d_ecran_2015-04-30_a_11-59-42-959b6.png?1776739625' width='398' height='485' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et dans la guerre sans merci que la radio d'Alain Weil livre &#224; sa rivale dirig&#233;e par Arnaud Lagard&#232;re, on est fort marri d'apprendre que c'est RMC qui l'emporte &lt;i&gt;&#171; avec 42% de CSP+ sur le 6h-9h vs 34% pour Europe 1 &#187;&lt;/i&gt; ; on ne saura pas, en revanche, ce qu'il en est des CSP-&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'emp&#234;che pas la radio sise rue Fran&#231;ois Ier d'enregistrer une &lt;i&gt;&#171; vague record sur les 25-59 ans et les CSP+I &#187;&lt;/i&gt; et de le claironner :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7423 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L333xH467/Capture_d_ecran_2015-04-30_a_12-00-02-f1073.png?1776739625' width='333' height='467' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les radios musicales ne sont pas en reste. &#192; l'image de RTL2, elles soulignent elles aussi leur attachement &#224; cette frange privil&#233;gi&#233;e de la population :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7424 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH380/Capture_d_ecran_2015-04-30_a_12-00-34-4e762.png?1776739625' width='500' height='380' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Moins surprenant,&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt;, &#171; quotidien vesp&#233;ral des march&#233;s &#187; dixit le regrett&#233; journal satirique PLPL, n'a pas de chiffres assez &#233;loquents et &#233;logieux &#224; l'endroit de son lectorat hupp&#233; ; d&#233;sireux de caresser ce dernier dans le sens du poil, le journal de r&#233;f&#233;rence &#224; l'usage des cadres &#224; fort pouvoir d'achat reste visiblement soucieux de t&#233;moigner sa gratitude envers ses lecteurs les mieux lotis :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7425 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH288/Capture_d_ecran_2015-04-30_a_12-00-47-9c2ce.png?1776739625' width='500' height='288' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus attendus encore, les chiffres mis en avant par &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; saluant ses &lt;i&gt;&#171; 5,7 millions d'individus CSP+ &#187;&lt;/i&gt;, marque de &lt;i&gt;&#171; puissance &#187;&lt;/i&gt; et d'&lt;i&gt;&#171; influence &#187;&lt;/i&gt; ; confirmation que le leadership m&#233;diatique ne saurait se passer d'hommes et de femmes &#171; de qualit&#233; &#187; (sociale et &#233;conomique) :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH153/Capture_d_ecran_2015-04-30_a_12-00-56-2e71e.png?1776739625' width='500' height='153' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; de la cible &#233;vidente du quotidien de Dassault et donc de tous ceux que le journal &#8211; comme et avec d'autres titres &#8211; tient pour quantit&#233; n&#233;gligeable, on notera que tout cela en dit long sur l'approche essentiellement marketing en vigueur dans les grands m&#233;dias qui semblent voir dans leurs lecteurs des portefeuilles &#224; conqu&#233;rir plus que des citoyens &#224; informer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par int&#233;r&#234;t de classe bien compris, les m&#233;dias dominants ne m&#233;nagent pas leurs efforts pour attirer davantage de lecteurs/ auditeurs/ t&#233;l&#233;spectateurs &#224; forts capitaux assimil&#233;s peu ou prou &#224; des clients, ces derniers &#233;tant ravis de se voir offrir des contenus qui leur correspondent, ou qui m&#234;me devancent parfois leurs attentes, ainsi que toutes sortes d'attentions qui les touchent ; nul ne peut alors ignorer les in&#233;vitables effets de distorsion sur la ligne &#233;ditoriale de ces organes d'information qui cherchent &#224; tout prix &#224; plaire &#224; certains plut&#244;t que de chercher &#224; les informer tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la rencontre entre m&#233;dias dominants et classes dominantes se fait pour ainsi dire tout naturellement, il en va donc tout autrement de sa relation aux couches populaires. Le pendant logique de cette obsession pour les CSP+ est la rel&#233;gation des classes domin&#233;es au rang de classe-objet ou classe parl&#233;e. Comment s'&#233;tonner que les grands m&#233;dias ne parlent pas aux classes populaires si ces m&#234;mes m&#233;dias ne font rien, ou si peu, pour leur parler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thibault Roques&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce sujet, on lira avec profit le &lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/56-mediacritiques-au-numero-mediacritiques-n-15.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dernier num&#233;ro de notre magazine trimestriel &lt;i&gt;M&#233;diacritiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qui consacre un dossier aux rapports entre m&#233;dias et classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cat&#233;gories socioprofessionnelles sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tribune : soutenir les kiosquiers</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Tribune-soutenir-les-kiosquiers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Tribune-soutenir-les-kiosquiers</guid>
		<dc:date>2015-02-09T12:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Simonnet</dc:creator>


		<dc:subject>Distribution</dc:subject>
		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; La libert&#233; de la presse est &#233;troitement li&#233;e aux conditions de sa distribution &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; un texte et une vid&#233;o mis en ligne le 14 janvier, &lt;a href=&#034;http://www.daniellesimonnet.fr/suis-charlie-soutiens-les-kiosquiers-en-video/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son blog&lt;/a&gt;, par Danielle Simonnet, &#233;lue du Parti de Gauche (PG) au Conseil de Paris. Une initiative salutaire qui attire l'attention sur &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3952.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le m&#233;tier difficile et m&#233;connu de kiosquier&lt;/a&gt; et qui n'implique - faut-il le souligner ? - aucun soutien g&#233;n&#233;ral de notre part au Parti de Gauche (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce matin, nombreux &#233;taient celles et ceux qui faisaient la queue devant leur kiosque &#224; journaux pour tenter d'acheter &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, apr&#232;s avoir manifest&#233; massivement dimanche pour exprimer leur attachement &#224; la libert&#233; d'expression, la libert&#233; de conscience et la libert&#233; de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le moment de prendre aussi conscience que cette libert&#233; de la presse est &#233;troitement li&#233;e aux conditions de sa distribution. Au bout de la chaine, les travailleurs ind&#233;pendants que sont les kiosquiers, gagnent &#224; peine 3&#8364;/heure en travaillant 6 jours/7 et pr&#232;s de 12h par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucune fatalit&#233; &#224; cela. Les kiosques sont g&#233;r&#233;s par M&#233;diakiosk, une filiale de JC Decaux dans le cadre d'une d&#233;l&#233;gation de service public avec la Ville de Paris. M&#233;diakiosk encaisse &#233;galement les recettes publicitaires des kiosques via une convention d'occupation du domaine public contract&#233;e avec la Ville. Ces deux contrats arrivent &#224; &#233;ch&#233;ance en d&#233;cembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc possible et n&#233;cessaire de repenser un autre mod&#232;le permettant aux kiosquiers de gagner au moins le SMIC horaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que les kiosquiers expriment dans cette vid&#233;o &#224; l'occasion de la &#171; f&#234;te annuelle &#187; des kiosquiers c&#233;l&#233;br&#233;e en grande pompe par Mediakiosk et la Ville de Paris :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/Uoe9goQ0pVw&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas n&#233;cessairement toutes les positions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les m&#233;thodes de TF1 : menacer de virer 200 personnes pour rendre une cha&#238;ne gratuite</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-methodes-de-TF1-menacer-de-virer-200-personnes-pour-rendre-une-chaine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-methodes-de-TF1-menacer-de-virer-200-personnes-pour-rendre-une-chaine</guid>
		<dc:date>2014-06-05T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Neveux</dc:creator>


		<dc:subject>TF1</dc:subject>
		<dc:subject>LCI</dc:subject>
		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Bouygues</dc:subject>
		<dc:subject>TNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les salari&#233;s de LCI font les frais du chantage &#224; l'emploi de Nonce Paolini dans ses n&#233;gociations avec le CSA.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-TF1-+" rel="tag"&gt;TF1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-LCI-+" rel="tag"&gt;LCI&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Bouygues-+" rel="tag"&gt;Le groupe Bouygues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-TNT-+" rel="tag"&gt;TNT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le groupe TF1 veut que sa cha&#238;ne d'information LCI devienne accessible gratuitement sur la TNT, alors qu'il faut aujourd'hui payer pour y acc&#233;der. Et dans la bouche de son pdg, Nonce Paolini, tous les arguments sont bons, y compris celui recourant &#224; la menace de licencier 200 personnes si d'aventure le CSA n'acc&#233;dait pas &#224; sa demande...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme il doit &#234;tre agr&#233;able d'&#234;tre un salari&#233; de LCI, la cha&#238;ne d'information du groupe TF1, en ce moment. Jugez plut&#244;t : le premier groupe audiovisuel priv&#233; de France (pr&#232;s de 30 % d'audience cumul&#233;e sur l'ensemble de ses cha&#238;nes) a tr&#232;s envie que LCI, qui n'est disponible que dans les offres c&#226;ble, satellite et ADSL (CanalSat, SFR, Orange, Numericable&#8230;) et sur la TNT payante, soit d&#233;sormais accessible sur la TNT gratuite, aux c&#244;t&#233;s de BFM TV (groupe NextRadio TV) et i&gt;T&#233;l&#233; (groupe Canal+). TF1 en avait d&#233;j&#224; fait la demande au CSA en 2011, mais ce dernier avait refus&#233; en convoquant plusieurs arguments, dont ceux-ci : premi&#232;rement, une nouvelle cha&#238;ne d'information sur la TNT gratuite n'apporterait rien au pluralisme ; deuxi&#232;mement, &lt;a href=&#034;http://www.lesechos.fr/07/12/2011/LesEchos/21074-083-ECH_lci-et-paris-premiere-ne-pourront-pas-basculer-sur-la-tnt-gratuite.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;il doutait d'avoir la capacit&#233; l&#233;gale &#224; donner son autorisation&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout a chang&#233; avec la loi relative &#224; l'ind&#233;pendance de l'audiovisuel entr&#233;e en vigueur au 15 novembre dernier. Occasionnant un petit imbroglio entre l'Assembl&#233;e nationale et la ministre de la Culture, Aur&#233;lie Filippetti, &lt;a href=&#034;http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=F7828052E40FD66C14CB086B0C58FC67.tpdjo08v_2?idArticle=JORFARTI000028199674&amp;cidTexte=JORFTEXT000028199587&amp;dateTexte=29990101&amp;categorieLien=id&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un amendement&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; introduit dans le texte par les d&#233;put&#233;s socialistes pour donner au CSA le pouvoir d'autoriser le passage d'une cha&#238;ne de la TNT payante sur la TNT gratuite, moyennant une &#233;tude d'impact. C'est donc tout naturellement que TF1 a d&#233;pos&#233; sa candidature pour LCI au d&#233;but de l'ann&#233;e, suivi par M6 pour sa cha&#238;ne Paris Premi&#232;re, puis Canal+ pour Plan&#232;te+.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; quels arguments croyez-vous que recourt le pdg de TF1, Nonce Paolini, pour convaincre le CSA de l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de rendre LCI gratuite ? Certes, il affirme qu'elle sera d'une qualit&#233; sup&#233;rieure &#224; ses concurrentes. Mais surtout, il n'h&#233;site pas &#224; menacer les 200 salari&#233;s de la cha&#238;ne de licenciement d&#232;s le 1er janvier 2015, date &#224; laquelle prend fin le contrat en vertu duquel Canal+ distribue LCI sur la TNT payante. &#171; &lt;i&gt;Je suis un chef d'entreprise qui se bat pour sa cha&#238;ne et ses 200 collaborateurs qui attendent de savoir si la loi va &#234;tre vot&#233;e. Au 31 d&#233;cembre 2014 &#224; minuit, ils n'ont plus d'emploi si je ne parviens pas &#224; convaincre le CSA&lt;/i&gt; &#187;, disait-il ainsi en septembre lors d'une audition au S&#233;nat. Et rebelote le 7 mai, d'une voix grave, lors de &lt;a href=&#034;http://csa.fr/Etudes-et-publications/Les-dossiers-d-actualite/Examen-de-la-demande-de-passage-de-la-chaine-LCI-en-TNT-gratuite-audition-de-la-chaine-par-le-CSA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son grand oral devant le CSA&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;LCI aura bient&#244;t vingt ans. Et vingt ans, ce n'est pas un &#226;ge pour mourir&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TF1 serait-il au pied du mur ? On a du mal &#224; le croire, le groupe ayant d&#233;gag&#233; &lt;a href=&#034;https://s.tf1.fr/mmdia/a/16/1/11098161zvdgp.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;137 millions d'euros de b&#233;n&#233;fices en 2013&lt;/a&gt;. D'ailleurs, en cas de fermeture de LCI, TF1 serait oblig&#233; de proposer un reclassement aux salari&#233;s de sa filiale avant de les licencier, mais Nonce Paolini pr&#233;f&#232;re les menacer publiquement d'aller pointer au ch&#244;mage. Un chantage &#224; l'emploi que n'a d'ailleurs par manqu&#233; de relever le principal adversaire &#224; une LCI gratuite, Alain Weill, le pdg de NextRadio TV, qui poss&#232;de BFM TV. Non pas qu'il soit anim&#233; par des intentions plus pures : sa cha&#238;ne, qui flirte avec les 2 % de part d'audience, s'est impos&#233;e loin devant la concurrente i&gt;T&#233;l&#233; avec les m&#233;thodes que l'on sait, sensationnalisme : remplissage de vide, musiques tonitruantes, feuilletonnage d'une actualit&#233; politique qui n'en a pas besoin. Lui aussi recourt &#224; des arguments quelque peu arrang&#233;s. Au premier rang desquels celui selon lequel BFM TV serait une vraie cha&#238;ne d'information ind&#233;pendante, par opposition &#224; LCI, propri&#233;t&#233; d'un groupe d&#233;pendant de la commande publique. C'est certes le cas, mais le m&#234;me Alain Weill s'est plaint il y a quelques semaines d'avoir vu &lt;a href=&#034;http://www.europe1.fr/Medias-Tele/La-radio-RMC-privee-de-publicite-Bouygues-dement-2121111/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ses recettes publicitaires fondre de 6 %&lt;/a&gt; car le groupe Bouygues aurait annul&#233; plusieurs campagnes pour Bouygues Telecom pr&#233;vues sur sa cha&#238;ne&#8230; Ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'&#201;tat, peut-&#234;tre, mais pas d'un de ses concurrents directs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doit-on s'&#233;tonner de ces pratiques ? Aux yeux de TF1, tout est bon pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts, y compris d'utiliser ses propres salari&#233;s (et l'instrument de production) comme &#171; monnaie d'&#233;change &#187; dans ses n&#233;gociations avec les autorit&#233;s publiques ! &#201;videmment, tout aussi avide que son concurrent, le groupe M6 menace lui aussi de fermer Paris Premi&#232;re si le CSA ne l'autorise pas &#224; devenir gratuite, sans toutefois &#233;voquer des suppressions d'emploi. La d&#233;marche de Canal+, elle, est diff&#233;rente : le groupe explique pr&#233;f&#233;rer que sa cha&#238;ne reste sur la TNT payante, mais pas si les deux autres deviennent gratuites. La d&#233;cision du CSA sur le sort de LCI est attendue pour juillet, et pr&#233;figurera celle des deux autres cha&#238;nes. Et c'est ainsi que va le capitalisme m&#233;diatique : sous l'aiguillon de la concurrence et des petites et grandes man&#339;uvres des grands groupes dans la guerre qu'ils se livrent, la qualit&#233; de l'information et le sort des journalistes qui la fabriquent deviennent de simples variables d'ajustement au service de la rentabilit&#233; des cha&#238;nes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Neveux&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lib&#233;ration, mode d'emploi (2) : une d&#233;rive manag&#233;riale et une d&#233;route commerciale</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Liberation-mode-d-emploi-2-une-derive-manageriale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Liberation-mode-d-emploi-2-une-derive-manageriale</guid>
		<dc:date>2013-12-11T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>Lib&#233;ration</dc:subject>
		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Demorand</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;sultat, n'en d&#233;plaise &#224; Nicolas Demorand : une qualit&#233; &#233;ditoriale en chute libre&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Presse-ecrite-" rel="directory"&gt;Presse &#233;crite&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liberation-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nicolas-Demorand-+" rel="tag"&gt;Nicolas Demorand&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4052.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un article paru en avril dernier&lt;/a&gt;, nous insistions sur les atermoiements et l'incoh&#233;rence de la politique &#233;ditoriale du quotidien dirig&#233; par Nicolas Demorand. Un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4202.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;contorsionnisme &#233;ditorial&lt;/a&gt; que nous relevions encore r&#233;cemment. Le quotidien &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; semble en effet aller tr&#232;s mal. Alors que la diffusion chute, que les formules num&#233;riques ne prennent pas, et que les salari&#233;s s'agacent des choix de la direction, les actionnaires viennent de renouveler leur confiance &#224; Nicolas Demorand.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation du quotidien est telle que les salari&#233;s ont vot&#233; une motion pour demander le d&#233;part du PDG et du DG (&#224; 187 sur 290 inscrits). &#192; la suite de cette &#171; motion de d&#233;part &#187;, c'est un repr&#233;sentant des actionnaires, Fran&#231;ois Moulias, (et non pas Nicolas Demorand, &#233;cart&#233; des discussions) qui a pour mission de mettre en place le plan de rigueur avec comme objectif de r&#233;aliser un plan d'&#233;conomie de quatre millions d'euros, et notamment de r&#233;duire les salaires de 10 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paragraphe corrig&#233; le 12 d&#233;cembre 2013, gr&#226;ce aux pr&#233;cisions fournies par un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode de crise que conna&#238;t actuellement le quotidien est une illustration particuli&#232;re d'un ph&#233;nom&#232;ne bien plus global. Mais pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un constat accablant pour la presse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de quotidiens nationaux d'information g&#233;n&#233;rale est pass&#233; de 28 en 1946 &#224; 8 aujourd'hui. Le nombre de quotidiens r&#233;gionaux est pass&#233; de 175 en 1946 &#224; 56 aujourd'hui. Ajoutons qu'il existe d&#233;sormais 14 journaux dits &#171; gratuits &#187; en r&#233;gions. Ce constat chiffr&#233; se double d'une autre donn&#233;e bien r&#233;elle : le chiffre d'affaire des quotidiens &#8211; nationaux ou r&#233;gionaux &#8211; diminue. Et, de fait, les recettes totales &#8211; en euros constants &#8211; baissent continuellement depuis 2000. Et &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, bien plus que les autres, n'&#233;chappe pas &#224; cette chute vertigineuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs explications peuvent permettre d'&#233;clairer la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- 1. D'abord, la stagnation puis la baisse des ventes. La diffusion pay&#233;e quotidienne de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; est pass&#233;e de 169 011 exemplaires en 2000 &#224; 104 568 en juin 2013 (soit une chute d'environ 39 % en 13 ann&#233;es). Les ventes du journal viennent de passer sous la barre des 100 000 en septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- 2. L'arriv&#233;e en force de nouveaux entrants sur le march&#233; de l'information : Internet et ses &#171; pure players &#187; d'information (Rue89, Atlantico, Mediapart...), les quotidiens financ&#233;s par la publicit&#233; (&lt;i&gt;Direct Matin&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;M&#233;tro&lt;/i&gt;...) ; et le d&#233;veloppement de nouveaux outils qui permettent, entre autres, de diffuser de l'information : Twitter, Facebook, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- 3. La baisse des recettes publicitaires qui touche fortement les quotidiens. La part du chiffre d'affaire li&#233;e &#224; la publicit&#233; (commerciale ou annonces judiciaires et l&#233;gales) dans les quotidiens nationaux &#233;tait de 406 millions d'euros en 2006, et elle n'est plus &#171; que &#187; de 243 millions en 2012. Les annonceurs se sont report&#233;s vers de nouveaux secteurs (Internet) et ont modifi&#233; leurs m&#233;thodes de marketing, engageant ainsi un cercle vicieux : le prix de l'encart dans la presse est en chute libre ; donc moins d'euros pour les quotidiens ; donc diminution de la qualit&#233; ; donc baisse des ventes ; et donc (&lt;i&gt;bis repetita&lt;/i&gt;) chute des recettes publicitaires. Se pose donc, ici, le probl&#232;me de ce march&#233; &#224; deux versants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir P. Le Floch, et N. Sonnac, &#201;conomie de la presse &#224; l'&#232;re num&#233;rique, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; les annonceurs subventionnent l'information...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- 4. &#192; ces &#233;l&#233;ments, s'ajoutent aussi la transformation des modes de consommation avec l'essor du num&#233;rique, la primeur donn&#233;e &#224; l'instant et la baisse de la place du papier dans les loisirs culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- 5. Enfin, le scepticisme &#224; l'&#233;gard des m&#233;dias traditionnels car peu diversifi&#233;s, et accumulant bourdes, erreurs ou mensonges explicites, couronne le tout.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le marketing comme solution&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir de ce marasme, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; &#8211; comme les autres quotidiens &#8211; a opt&#233; pour des strat&#233;gies que l'on enseigne aux &#233;tudiants des &#233;coles de commerce et qui s'appliquent d&#232;s qu'il est question de vendre du parfum ou du cassoulet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re strat&#233;gie est celle de la hausse des prix. &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; augmente de 10 centimes chaque ann&#233;e (de 1,40 euro en 2011, il est pass&#233; &#224; 1,60 euro en 2013, soit une augmentation de 14 % en deux ans... bien plus que l'inflation qui a pris 4 % sur la m&#234;me p&#233;riode) et rien n'y fait : les ventes d&#233;gringolent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde strat&#233;gie est celle de la num&#233;risation des articles afin de capter des nouvelles publicit&#233;s (sur Internet) et des nouveaux publics (usagers de portables et de tablettes). Le site de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; reste plut&#244;t bien consult&#233; : il est le 87e site fran&#231;ais le plus visit&#233; selon le &lt;a href=&#034;http://www.alexa.com/topsites/countries;3/FR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;classement Alexa&lt;/a&gt;, mais il arrive (loin) derri&#232;re les sites des quotidiens concurrents : &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (16e), &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; (17e), &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; (47e), &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; (50e) et &lt;i&gt;Les &#201;chos &lt;/i&gt;(75e)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Classement du 11 d&#233;cembre 2013.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;dition num&#233;rique du journal &#8211; adapt&#233;e notamment pour les tablettes &#8211; n'est pas un franc succ&#232;s : elle plafonne &#224; 10 600 exemplaires vendus par jour sur l'ann&#233;e 2013. &#192; titre de comparaison, l'&#233;dition du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; est en constante augmentation : en juin 2013, elle &#233;tait achet&#233;e par 33 760 lecteurs et avait gagn&#233; 6 000 lecteurs au cours des six pr&#233;c&#233;dents mois. M&#234;me celle du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; &#8211; qui touche un public moins tourn&#233; vers le num&#233;rique &#8211; cro&#238;t de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re : de 7 760 exemplaires vendus en moyenne lors du mois de juillet 2012, le format num&#233;rique du quotidien de Serge Dassault &#233;tait diffus&#233; en 10 913 exemplaires en juin 2013...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me option, vou&#233;e &#224; attirer les annonceurs, consiste &#224; gonfler les diffusions. Pour ce faire, rien de plus simple : vendre le journal &#224; 50 % de son tarif &#224; des grandes entreprises qui vont le donner gracieusement &#224; leurs clients. On appelle cela &#171; les ventes pay&#233;es par des tiers &#187; : les compagnies a&#233;riennes et les grands h&#244;tels &#233;tant les principaux clients des quotidiens. Pr&#232;s de 30 % de la diffusion de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; se fait de cette fa&#231;on (20 % pour &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, une derni&#232;re strat&#233;gie tr&#232;s pris&#233;e par les journaux pour amasser des pellet&#233;es d'euros consiste &#224; multiplier les ventes li&#233;es ou les suppl&#233;ments. D'abord, les &#233;diteurs de presse cherchent &#224; vendre des &#171; contenus &#187; additionnels : un DVD ici, un livre l&#224;, un almanach en fin d'ann&#233;e, etc. Mais le comble se produit lorsque &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; propose un panier garni &#224; ses lecteurs : &lt;i&gt;&#171; Tous les mois, la r&#233;daction de &lt;/i&gt;Lib&#233;ration&lt;i&gt; s&#233;lectionne 1 vin et 5 produits d'une r&#233;gion fran&#231;aise &#224; partir de 29,90 &#8364;/mois. Se faire plaisir ou offrir la Lib&#233;Box, c'est l'assurance de d&#233;couvrir le meilleur de nos r&#233;gions ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notre article &#224; ce sujet.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Tous les moyens sont bons pour s&#233;duire le chaland, et &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; compte sur la gourmandise de ses (potentiels) lecteurs pour vendre ce produit d&#233;riv&#233;. Malin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit, il y a l'arnaque du samedi, appel&#233;e par les &#233;diteurs de presse, &#171; l'&#233;dition du week-end &#187;. Le samedi, entre le caf&#233; en terrasse et les courses au march&#233;, les lecteurs de quotidien prennent plus le temps d'acheter &#171; la presse &#187; que les autres jours de la semaine. Les journaux le savent, les annonceurs aussi. On va donc vendre l'&#233;dition du week-end plus cher : le &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du samedi est ainsi vendu &#224; 2,50 euros (soit une augmentation de 64% par rapport &#224; son prix de la veille) et 3,50 euros une fois par mois. Et pour justifier cette hausse colossale des prix, on ajoute un (ou plusieurs) suppl&#233;ment(s), qui permet(tent) de capter plus de pages de publicit&#233;. Une fois par mois, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; joint un catalogue publicitaire (&lt;i&gt;Next Mensuel&lt;/i&gt;) dans lequel se noient quelques articles sur les modes de vie des riches, les stars et la culture branch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Exit LVMH, vive Herm&#232;s !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La publicit&#233; est donc un obscur objet de d&#233;sir pour cette presse en &#171; crise &#187; : on l'attend, on l'appelle, on la caresse, on la cajole. Mais, le lundi 10 septembre 2012, patratras, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; fait sa &#171; une &#187; sur Bernard Arnault &#8211; qui avait menac&#233; de quitter la France &#8211; en titrant &#171; Casse-toi riche con ! &#187;. Courageux. Dans la foul&#233;e, le patron de LVMH annonce que le quotidien ne pourra plus compter sur lui pour alimenter ses pages d'annonces. &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; venait de tuer sa poule aux &#339;ufs d'or. S'en est suivi un manque &#224; gagner &lt;a href=&#034;http://fr.finance.yahoo.com/actualites/conflit-arnault-lib%C3%A9ration--le-quotidien-perd-500-000-euros-de-pub.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en terme de recettes publicitaires&lt;/a&gt;, qu'il a vite fallu combler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas d'inqui&#233;tude, car&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt; a toujours multipli&#233; les preuves d'amour &#224; l'&#233;gard des &#171; cr&#233;ateurs &#187; de luxe, eux-m&#234;mes annonceurs de luxe (voir les suppl&#233;ments hebdomadaires et mensuel &lt;i&gt;Next&lt;/i&gt;). Exit LVMH donc, et vivent Chanel, Longchamp, Boss ou Herm&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herm&#232;s, justement. La derni&#232;re page du quotidien du week-end, ou du suppl&#233;ment mensuel &lt;i&gt;Next&lt;/i&gt;, accueille r&#233;guli&#232;rement des publicit&#233;s pour la marque de luxe (c'&#233;tait le cas, fin novembre et d&#233;but d&#233;cembre 2013) et la quatri&#232;me de couverture est celle qui rapporte le plus au journal : de l'ordre de 64 000 euros pour le quotidien et de 48 000 euros pour &lt;i&gt;Next&lt;/i&gt;. Co&#239;ncidence ou non, le 24 octobre 2013, &#201;lisabeth Franck-Dumas appara&#238;t dans l'ours du quotidien au titre de &#171; r&#233;dactrice en chef adjointe &#187; des pages cultures (alors qu'il y en a d&#233;j&#224; un : Bayon). &#201;pouse d'Axel Dumas, num&#233;ro un de Herm&#232;s, elle est arriv&#233;e au journal en janvier 2011 (dans le suppl&#233;ment &lt;i&gt;Next&lt;/i&gt; justement) en tant que r&#233;dactrice et son ascension a &#233;t&#233; pour le moins rapide... Hasard ? Durant cette p&#233;riode, LVMH est entr&#233;e en force dans le capital de Herm&#232;s, au grand d&#233;sarroi des familles Dumas, Puech et Guerrand, actionnaires historiques du groupe, et &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; a couvert cette affaire de mani&#232;re plut&#244;t favorable &#224; Herm&#232;s (sous l'angle du gentil artisan familial menac&#233; par le m&#233;chant financier globalis&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La qualit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces strat&#233;gies, aussi fumeuses soient-elles, n'y font rien : les recettes sont plomb&#233;es et les ventes ne suivent pas... Paradoxalement, aucune remise en question des (d&#233;s)orientations &#233;ditoriales n'a sembl&#233; surgir dans les strat&#233;gies choisies. Il ne vient &#224; l'id&#233;e de personne que si &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; ne se vend pas, c'est aussi pour des raisons qualitatives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans faire ici le proc&#232;s d'un journal en sursis, rappelons les &#233;garements qui ont pu troubler le lecteur et que la Soci&#233;t&#233; civile des personnels de Lib&#233;ration (SPCL) avait d&#233;j&#224; signal&#233;s dans un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3801.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233; de presse en avril 2012&lt;/a&gt;. En ces termes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Des Unes racoleuses qui tant&#244;t d&#233;figurent &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, tant&#244;t vont &#224; l'encontre des valeurs qui ont toujours &#233;t&#233; les siennes. &lt;br class='manualbr' /&gt;- De pseudos &#233;v&#233;nements bas&#233;s sur des interviews et non sur des reportages et enqu&#234;tes.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Un traitement &#233;ditorial partisan en mati&#232;re politique, qui semble inf&#233;oder le journal au PS .&lt;br class='manualbr' /&gt;- La mise &#224; l'&#233;cart de continents entiers du journal, comme le social, l'environnement, l'immigration. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Des embauches de cadres r&#233;pondant &#224; une logique discr&#233;tionnaire, sur fond de pr&#233;carisation croissante des pigistes. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Des divergences &#233;videntes au sein de l'&#233;quipe de direction qui conduisent &#224; la confusion tant r&#233;dactionnelle qu'organisationnelle. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Des op&#233;rations publicitaires contestables lanc&#233;es sans consultation de la SCPL en d&#233;pit des engagements pris par la direction.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s cet appel, le quotidien n'a pas infl&#233;chi sa politique de &#171; unes &#187; racoleuses. Il est d'ailleurs amusant de voir que &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; &#171; boxe &#187; maintenant dans la m&#234;me cat&#233;gorie que &lt;i&gt;20 minutes&lt;/i&gt;, concernant par exemple le d&#233;bat r&#233;cent sur la prostitution (&#171; Unes &#187; du 27 novembre 2013)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;couvert sur le site Tout va bien.&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L322xH324/Nouvelle_image_1_-2-49bf8.jpg?1776739625' width='322' height='324' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6558 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L335xH380/Nouvelle_image_2_-20c6c.jpg?1776739625' width='335' height='380' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Troublantes aussi, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4202.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les fluctuations &#233;ditoriales des &#171; unes &#187;&lt;/a&gt; concernant Fran&#231;ois Hollande. Mensong&#232;re &#233;galement, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3576.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la &#171; une &#187; sur l'enqu&#234;te en &#171; zone interdite &#187;&lt;/a&gt; &#224; Fukushima. Glauque enfin, la &#171; une &#187; du 8 avril 2013 sur &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4045.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la fausse rumeur de compte en Suisse de Laurent Fabius&lt;/a&gt;. &#192; ce sujet, la SCPL avait d'ailleurs publi&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4043.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un nouveau communiqu&#233;&lt;/a&gt; d&#233;non&#231;ant &lt;i&gt;&#171; une faute d&#233;ontologique grave &#187;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Notre travail de journaliste ne consiste pas &#224; rendre publique une rumeur, mais &#224; enqu&#234;ter pour savoir si elle correspond &#224; des faits. Ce travail &#233;l&#233;mentaire n'a pas &#233;t&#233; fait. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; unes &#187; racoleuses, rat&#233;es ou incons&#233;quentes, traduisent un &#233;chec : le journal ne sait plus o&#249; il va. Annonc&#233; comme &#171; la maison commune de la gauche &#187; du temps de Laurent Joffrin, la direction de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; est en r&#233;alit&#233; la maison commune du Parti socialiste et n'h&#233;site pas &#224; &#233;pier chacun des faits et gestes de &#171; l'autre gauche &#187;, en l'occurrence Jean-Luc M&#233;lenchon, pour mieux la d&#233;zinguer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple la fa&#231;on dont le journal d&#233;nonce &#171; l'escalade &#187; M&#233;lenchon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aussi, avant &#171; l'affaire du Sofitel &#187;, Dominique Strauss-Kahn avait fait part de ses intentions de se pr&#233;senter &#224; une partie de l'&#233;quipe du journal, comptant sur leur soutien complice&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notre article : &#171; Affaire DSK (6) : Les journalistes savaient. Mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le quotidien s'est &#233;galement enflamm&#233; pour les primaires socialistes, &lt;i&gt;et cetera, et cetera.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la situation du quotidien est terriblement inconfortable : marqu&#233; &#224; l'extr&#234;me-gauche &#224; sa cr&#233;ation, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; a proc&#233;d&#233; &#224; une lente mais certaine involution, dans laquelle toute vell&#233;it&#233; de critique sociale et toute trace de r&#233;flexion &#233;conomique h&#233;t&#233;rodoxe ont disparu au profit des postures politiques branch&#233;es o&#249; le radicalisme de salon le dispute &#224; l'avant-gardisme culturel - dans un registre qu'on pourrait &#233;ventuellement qualifier de lib&#233;ral-libertaire. Cet &#171; engrenage &#187; &#233;ditorial s'est doubl&#233; d'un &#171; engrenage &#187; &#233;conomique, comme le rappelle Pierre Rimbert : &lt;i&gt;&#171; de 1983 &#224; 1996, 80 % du capital de &lt;/i&gt;Lib&#233;ration&lt;i&gt; est pass&#233; des mains de l'&#233;quipe &#224; celles d'actionnaires ext&#233;rieurs. Les garde-fous n&#233;goci&#233;s par les repr&#233;sentants des salari&#233;s ont saut&#233; un &#224; un &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, de Sartre &#224; Rothschild, Raisons d'agir, 2005.&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#202;tre de gauche, aujourd'hui, n'est pas chose ais&#233;e pour un journal, surtout quand on appartient &#224; un groupe financier et que l'on est nourri &#224; la publicit&#233;... Et ce paradoxe appara&#238;t d'autant plus lisible lorsqu'il est question d'Europe : chaque texte r&#233;dig&#233; et sign&#233; en son nom sera salu&#233; avec enthousiasme. M&#234;me si le texte est con&#231;u par des dirigeants de droite et accentue la pente droiti&#232;re de l'Europe ? M&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4100.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nous &#233;tions revenus&lt;/a&gt; sur la fa&#231;on dont le quotidien avait couvert la r&#233;daction et la signature du pacte de stabilit&#233; que n'importe quel &#233;tudiant en premi&#232;re ann&#233;e d'&#233;conomie aurait rang&#233; sur l'&#233;tag&#232;re &#171; Lib&#233;ralisme &#233;conomique (&#233;chevel&#233;) &#187; entre les textes de Milton Fridman et ceux (plagi&#233;s) de Alain Minc. &#201;crit par deux adversaires de la &#171; gauche &#187; (m&#234;me de celle &#171; tendance &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; &#187;), en l'occurrence Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, le texte est aussit&#244;t c&#233;l&#233;br&#233; par le journal et par Nicolas Demorand : &lt;i&gt;&#171; L'accord arrach&#233; hier soir entre Paris et Berlin contient quelques bonnes nouvelles.&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; Sont d&#233;risoires, &#224; ce stade, les querelles th&#233;ologiques qui secouent le couple franco-allemand sur le r&#244;le d&#233;volu &#224; la BCE &lt;/i&gt;[Banque centrale europ&#233;enne] &lt;i&gt;et aux formes de vertu &#224; d&#233;velopper, &#224; l'avenir, pour &#233;viter que de nouvelles crises se d&#233;ploient alors que personne n'a la moindre id&#233;e pour arr&#234;ter celle qui d&#233;vaste maintenant l'&#233;conomie. &#187;&lt;/i&gt; Il ne vient pas &#224; l'esprit de &#171; la maison commune de la gauche &#187; qu'un accord n&#233;goci&#233; entre deux personnalit&#233;s de &#171; droite &#187; et qui visent &#224; annihiler toutes politiques de relance budg&#233;taire est un accord de &#171; droite &#187; ? Apparemment non.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le cas Demorand&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Serge July, Laurent Joffrin, Nicolas Demorand&#8230; Il faut bien l'avouer, les salari&#233;s de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; ne sont pas g&#226;t&#233;s. Le premier a contribu&#233; &#224; faire entrer la publicit&#233; dans le journal en arguant que &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; ne change pas mais que &lt;i&gt;&#171; c'est la publicit&#233; qui a chang&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Elle serait m&#234;me un art : &lt;i&gt;&#171; On ne sait plus tr&#232;s bien o&#249; commence la culture et o&#249; finit la publicit&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Pierre Rimbert, op. cit., p. 49.&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le second a amplifi&#233; le doute et la crainte dans la r&#233;daction en multipliant les coupes dans les textes des journalistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple nos articles sur les papiers de Pierre Marcelle censur&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin Nicolas Demorand a r&#233;ussi &#224; se mettre &#224; dos une grande partie de la r&#233;daction comme l'expriment les communiqu&#233;s r&#233;guliers de la SPCL. S'il est encore soutenu par les actionnaires, ceux-ci commencent &#224; grincer des dents d&#232;s qu'il est question de combler l'endettement du journal. D'ailleurs &#201;douard de Rothschild, ne cache plus son envie de se d&#233;sengager&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Figaro, 25 novembre 2013.&#034; id=&#034;nh7-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre petites l&#226;chet&#233;s et gros &#233;checs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notre article lors de l'arriv&#233;e de Demorand &#224; Lib&#233;ration.&#034; id=&#034;nh7-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la carri&#232;re m&#233;diatique de Nicolas Demorand devrait &#234;tre en grande partie compromise : parti de France Culture pour France Inter en arguant que sa famille &#233;tait &#171; le service public &#187;, il justifie son arriv&#233;e &#224; Europe 1 en se disant &#171; homme de radio &#187;. C'est un &#233;chec. Et l'&#233;chec cuisant de son &#233;mission &#171; C Politique &#187; sur France 5 ne le fait pas dire &#8211; heureusement &#8211; qu'il &#233;tait aussi un &#171; homme de t&#233;l&#233;vision &#187;. Enfin, sa carri&#232;re &#224; la t&#234;te d'un journal dont la plupart des salari&#233;s le conspuent semble pr&#233;sager qu'il n'est pas non plus un &#171; homme de presse &#187;. Alors o&#249; va-t-il atterrir ? En politique ? Aux &lt;i&gt;Inrockuptibles&lt;/i&gt; ? Les paris sont lanc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Taper aujourd'hui sur Nicolas Demorand revient &#224; tirer au lance-roquette sur une ambulance en panne. Si &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; en est l&#224;, c'est le r&#233;sultat de longues ann&#233;es de d&#233;rives successives. Esp&#233;rons donc que lorsque les personnels de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; votent &#224; plus de 90 % (avec 76 % de participation) une motion de d&#233;fiance d'une rare s&#233;v&#233;rit&#233; contre leur patron ce n'est pas sa personne et sa seule &#339;uvre qu'ils visent, mais bien une orientation dont il est comptable, et dont il n'est certainement pas le seul responsable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle qui contribue &#224; la d&#233;politisation en jouant le jeu de la mise en sc&#232;ne politicienne ; celle qui, adepte de la &#171; peopolisation &#187; de la politique, multiplie les portraits ; celle qui s'int&#233;resse essentiellement aux versants les plus &#233;litistes de la vie culturelle (tendance &lt;i&gt;Les Inrockuptibles&lt;/i&gt;) ; celle qui rel&#232;gue l'international &#224; une place de second rang ; etc.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, si le quotidien n'est plus lu, ce n'est pas seulement &#224; cause des publicit&#233;s Herm&#232;s ou d'un &#233;ditorial mollasson de Sylvain Bourmeau, c'est aussi et surtout parce qu'il n'a pas de ligne claire. Et cela, seuls les journalistes peuvent le changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Mathias Reymond&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paragraphe corrig&#233; le 12 d&#233;cembre 2013, gr&#226;ce aux pr&#233;cisions fournies par un journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Qu'il en soit remerci&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir P. Le Floch, et N. Sonnac, &lt;i&gt;&#201;conomie de la presse &#224; l'&#232;re num&#233;rique&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, Paris, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Classement du 11 d&#233;cembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4176.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre article&lt;/a&gt; &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;couvert sur le site &lt;a href=&#034;http://vanessa-schlouma.blogspot.fr/2013/11/avec-nicolas-demorand-liberation-fait.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tout va bien&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple la fa&#231;on dont le journal d&#233;nonce &#171; l'escalade &#187; M&#233;lenchon lors de l'affaire Cahuzac dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4052.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre article (point n&#176; 4)&lt;/a&gt;. Ou encore lire calmement &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/politiques/2013/12/06/melenchon-la-grande-illusion_964718&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'article de St&#233;phane Guillon&lt;/a&gt; &#224; propos du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4216.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;faux bidonnage lors de l'interview de M&#233;lenchon par TF1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notre article : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3610.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Affaire DSK (6) : Les journalistes savaient. Mais quoi ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration, de Sartre &#224; Rothschild&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Pierre Rimbert, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple nos articles sur les papiers de Pierre Marcelle censur&#233;s par Laurent Joffrin : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2651.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3087.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;. Lire &#233;galement &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2824.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;celui sur la suppression d'une chronique de Daniel Schneidermann&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/medias/2013/11/25/20004-20131125ARTFIG00543--liberation-doit-se-serrer-la-ceinture.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 25 novembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3530.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre article&lt;/a&gt; lors de l'arriv&#233;e de Demorand &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;c&#232;s d'Andr&#233; Schiffrin ; un extrait en guise d'hommage</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Deces-d-Andre-Schiffrin-un-extrait-en-guise-d-hommage</link>
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		<dc:date>2013-12-03T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Schiffrin</dc:creator>


		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>
		<dc:subject>Lire - &#233;couter - voir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un &#233;diteur contre l'&#233;dition dominante.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Lire-ecouter-voir-+" rel="tag"&gt;Lire - &#233;couter - voir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Schiffrin, &#233;diteur franco-am&#233;ricain, est mort &#224; Paris le dimanche 1er d&#233;cembre. Il est connu en France (et dans le monde) pour ses ouvrages critiques sur l'&#233;volution de l'&#233;dition vers toujours plus de rentabilit&#233; au d&#233;triment des livres de qualit&#233;. Il est notamment l'auteur, en fran&#231;ais, de plusieurs ouvrages publi&#233;s aux &#233;ditions La Fabrique : &lt;i&gt;L'&#233;dition sans &#233;diteurs &lt;/i&gt;(1999), &lt;i&gt;Le contr&#244;le de la parole&lt;/i&gt; (2005) et &lt;i&gt;L'argent et les mots &lt;/i&gt;(2010).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Son histoire personnelle est marqu&#233;e notamment par deux &#233;v&#233;nements &#233;loign&#233;s de 50 ans : en 1940, sa famille doit &#233;migrer aux &#201;tats-Unis apr&#232;s que son p&#232;re, Jacques Schiffrin, l'inventeur de &#171; La Pl&#233;iade &#187;, eut &#233;t&#233; licenci&#233; par Gaston Gallimard en application des lois anti-juives. M&#234;me apr&#232;s la guerre, Jacques Schiffrin ne fut jamais d&#233;dommag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1990, c'est Andr&#233; Schiffrin qui est contraint de d&#233;missionner, avec toute son &#233;quipe, de la maison d'&#233;dition Pantheon Books, qu'il dirigeait, sur injonction de la maison m&#232;re, Random House, suite &#224; son opposition &#224; une politique &#233;ditoriale tourn&#233;e exclusivement vers le profit. D&#232;s lors, Andr&#233; Schiffrin, parall&#232;lement &#224; son activit&#233; d'&#233;diteur dans la soci&#233;t&#233; d'&#233;dition sans but lucratif qu'il a cr&#233;&#233;e, The New Press, publiera en France des &#339;uvres &#8211; cit&#233;es plus haut &#8211; tourn&#233;es r&#233;solument contre l'&#233;dition dominante, &#224; l'exception partielle de son autobiographie : &#171; Allers-retours &#187; publi&#233;e chez Liana Levi (2007). On peut &#233;galement signaler son article dans la revue fond&#233;e et alors dirig&#233;e par Pierre Bourdieu : &lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arss_0335-5322_1999_num_130_1_3313&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les presses universitaires am&#233;ricaines et la logique du profit &#187;, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, 1999, n&#176; 130, p. 77-80&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son dernier ouvrage &#8211; &lt;i&gt;L'argent et les mots &lt;/i&gt;&#8211; a fait l'objet d'une pr&#233;sentation &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3418.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par Acrimed&lt;/a&gt;. On pourra &#233;galement consulter notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3395.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pour une critique de l'&#233;dition dominante &#187;&lt;/a&gt;, qui se r&#233;f&#232;re largement &#224; l'&#339;uvre de Schiffrin. Nous remercions les &#233;ditions La Fabrique de nous permettre de publier une partie du chapitre de ce dernier livre consacr&#233; &#224; la crise de la presse. Pour rendre le texte plus accessible &#224; nos lecteurs, nous avons pris le parti d'ins&#233;rer quelques intertitres, de supprimer les notes ainsi que quelques passages qui n'&#233;taient pas indispensables pour la compr&#233;hension de l'argumentation de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La presse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, le d&#233;clin des journaux et celui des magazines &#224; un moindre degr&#233; ont fait l'objet d'un large d&#233;bat tant aux &#201;tats-Unis qu'en France. Les journaux peuvent-ils survivre en tant qu'activit&#233; lucrative ? Avec l'Internet et autres nouveaux m&#233;dias, sommes-nous &#224; la fin d'une &#232;re qui a commenc&#233; au XVIIIe si&#232;cle ? Dans les deux pays, il ne fait aucun doute que le lectorat des journaux a plong&#233; en m&#234;me temps que leurs recettes publicitaires, ce qui conduit certains analystes &#224; pr&#233;dire leur mort prochaine. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux &#201;tats-Unis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est assur&#233;ment plus dramatique aux &#201;tats-Unis qu'en France. Parmi les journaux r&#233;gionaux importants, plusieurs ont fait faillite ces derni&#232;res ann&#233;es &#8211; comme le &lt;i&gt;Chicago Tribune&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Los Angeles Times &lt;/i&gt;(tous deux rachet&#233;s par un c&#233;l&#232;bre sp&#233;culateur immobilier de Chicago, Samuel Zell) ou encore le &lt;i&gt;Minneapolis Star Tribune &lt;/i&gt;ou le &lt;i&gt;Philadelphia Inquirer&lt;/i&gt;. L'achat par Zell des deux journaux les plus importants en dehors de la c&#244;te Est montre de fa&#231;on d&#233;sesp&#233;rante certains effets de la finance. Zell a construit sa fortune en achetant de l'immobilier cribl&#233; de dettes et en utilisant des montages extr&#234;mement complexes pour en tirer de l'argent, ce qui lui a valu le sobriquet de &lt;i&gt;Grave Dancer&lt;/i&gt;, celui qui danse sur les tombes. Ken Aueletta, le sp&#233;cialiste des m&#233;dias du &lt;i&gt;New Yorker&lt;/i&gt;, a trac&#233; de lui un long portrait dans ce journal, que tout observateur ext&#233;rieur pouvait interpr&#233;ter comme une mise en garde contre son achat des deux journaux. Mais bizarrement, Aueletta donnait un tour favorable aux aventures de Zell en faisant l'&#233;loge de ses tours de magie financiers. Cependant, comme on pouvait s'y attendre, les tentatives de Zell cherchant &#224; tirer parti des dettes des journaux pour les refinancer ne tard&#232;rent pas &#224; &#233;chouer. Les r&#233;ductions r&#233;p&#233;t&#233;es d'effectifs ne servirent qu'&#224; d&#233;moraliser les &#233;quipes sans parvenir &#224; masquer la faiblesse sous-jacente de la situation financi&#232;re. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les journaux qui se portent relativement bien ont fait des coupes sombres dans leurs &#233;quipes. Au &lt;i&gt;Los Angeles Times&lt;/i&gt;, avant m&#234;me le rachat par Zell, plusieurs responsables de la r&#233;daction avaient pr&#233;f&#233;r&#233; d&#233;missionner plut&#244;t que d'avaliser les licenciements que l'on attendait d'eux. Pour finir, sur les 1100 journalistes, il n'en restait plus que 600, suite &#224; ces pressions auxquelles sont venues s'ajouter les exigences de Zell. Le &lt;i&gt;Baltimore Sun &lt;/i&gt;est pass&#233; de 400 journalistes &#224; 150, le &lt;i&gt;Philadelphia Inquirer &lt;/i&gt;de 600 &#224; 300, le &lt;i&gt;San Francisco Chronicle &lt;/i&gt;de 500 &#224; 200. Les r&#233;ductions d'effectifs portent aussi bien sur les correspondants &#233;trangers que sur la couverture des questions locales &#8211; en particulier on trouve de moins en moins d'informations sur les d&#233;bats parlementaires &#224; l'&#233;chelon des &#201;tats, domaine connu pour son haut niveau de corruption, et o&#249; la presse locale avait un r&#244;le crucial de critique et de contre-pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de la presse am&#233;ricaine est &#233;videmment critique, mais c'est le r&#233;sultat d'un processus qui &#233;volue depuis des ann&#233;es. C'est depuis 1950 que les recettes publicitaires sont en baisse : les annonceurs se sont tourn&#233;s vers la t&#233;l&#233;vision bien avant l'apparition d'Internet. La part des journaux dans la publicit&#233;, tous m&#233;dias confondus, est pass&#233;e de 26 % en 1990 &#224; 10 % environ en 2009&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt;La circulation des journaux a connu une &#233;volution similaire : Bernard Poulet cite un travail de Richard G. Picard d'apr&#232;s lequel en 1950, il se vendait quelque 54 millions d'exemplaires de journaux quotidiens. En 2004, le chiffre &#233;tait &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me, soit 54 600 000 pour une population qui avait doubl&#233; &#8211; ce qui correspond &#224; une baisse de 48 % par personne, bien avant la crise actuelle. (&#192; noter que ce chiffre correspond &#224; peu pr&#232;s &#224; celui des ventes quotidiennes au Japon, dont la population est le tiers de celle des &#201;tats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hebdomadaires, les &lt;i&gt;news &lt;/i&gt;&#8211; &lt;i&gt;Time&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Newsweek&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;US News &lt;/i&gt;&#8211; nagu&#232;re le refuge de ceux qui ne lisent pas de quotidien, sont eux aussi en baisse, pass&#233;s de 42 millions d'exemplaires achet&#233;s en 1988 &#224; 31 millions en 2004. Cette diminution, on y reviendra, n'est pas sans lien avec une perte progressive de contenu. On notera que &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, hebdomadaire anglais, reste stable avec une diffusion d'un million d'exemplaires dont beaucoup sont vendus en Am&#233;rique. Ses pages offrent bien plus d'informations que celles de ses concurrents am&#233;ricains qui, influenc&#233;s par le succ&#232;s du magazine &lt;i&gt;People&lt;/i&gt;, comptent de plus en plus sur les photos couleur et les paillettes pour retenir leurs lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation en France n'est gu&#232;re meilleure : les ventes et les recettes publicitaires ont plong&#233; de fa&#231;on spectaculaire. &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, longtemps le journal le plus prosp&#232;re, a perdu le tiers de sa publicit&#233; entre 2003 et 2007 (de 120 &#224; 80 millions d'euros), et les recettes de ses c&#233;l&#232;bres petites annonces sont pass&#233;es dans la m&#234;me p&#233;riode de 97 millions d'euros &#224; 25. De m&#234;me, les recettes publicitaires du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;sont pass&#233;es de 100 millions en 2001 &#224; tout juste la moiti&#233; en 2008. Dans les ann&#233;es 1970, la publicit&#233; repr&#233;sentait 60 % des recettes des journaux ; elle en constitue aujourd'hui &#224; peine 20 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diffusion des quotidiens nationaux &#8211; c'est-&#224;-dire parisiens &#8211; a chut&#233; dans les m&#234;mes proportions. Aucun de ces grands quotidiens n'arrive &#224; un tirage de 400 000 exemplaires (&lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;tire &#224; 340 000, &lt;i&gt;Le Figaro &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Le Parisien &lt;/i&gt;vers 330 000, alors que dans les ann&#233;es 1960, &lt;i&gt;France Soir &lt;/i&gt;tirait &#224; plus d'un million. &#192; noter que &lt;i&gt;La Croix &lt;/i&gt;parvient &#224; l'&#233;quilibre avec seulement 100 000 fid&#232;les acheteurs). Le tirage total de la presse nationale est pass&#233; de 3,8 millions en 1974 &#224; la moiti&#233; exactement (1,9 million) en 2007. Toutefois, si l'on prend en compte la totalit&#233; de la presse r&#233;gionale, on parvient au chiffre plus rassurant de 7 millions environ. Mais les co&#251;ts de production ont augment&#233;, et les points de vente de presse sont en diminution &#8211; ils sont trois fois moins nombreux qu'en Allemagne. Le nombre de jeunes lecteurs diminue r&#233;guli&#232;rement : en 1967, 59 % des jeunes de plus de 15 ans lisaient un journal tandis qu'en 2005 ils ne sont plus que 34 %, ph&#233;nom&#232;ne que l'on retrouve dans la plupart des pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Allemagne et en Angleterre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conjoncture en Allemagne est un peu meilleure, mais le g&#233;ant Bertelsmann a vu la diffusion de ses quotidiens passer de 31,4 millions en 1997 &#224; 26 millions dix ans plus tard. En Angleterre, le d&#233;clin touche surtout les tablo&#239;ds, ces journaux qui n'ont gu&#232;re d'&#233;quivalents sur le continent, avec leurs manchettes &#233;normes et leurs photos en couleur &#224; la une, en comparaison desquelles les journaux europ&#233;ens sont d'un s&#233;rieux qui &#233;voque quasiment le XIXe si&#232;cle. [&#8230;] Les journaux de bon niveau, le &lt;i&gt;Guardian &lt;/i&gt;et l'&lt;i&gt;Independant &lt;/i&gt;sont en situation aussi difficile que leurs &#233;quivalents parisiens &#8211; sauf le tr&#232;s rentable &lt;i&gt;Daily Telegraph&lt;/i&gt;. Fait int&#233;ressant, le &lt;i&gt;Financial Times &lt;/i&gt;fait exception, avec des ventes de 450 000 exemplaires, en augmentation de 2,5 % en 2008. La moiti&#233; de ses ventes se font &#224; l'&#233;tranger, succ&#232;s parall&#232;le &#224; celui de &lt;i&gt;The Economist &lt;/i&gt;aux &#201;tats-Unis et dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des erreurs strat&#233;giques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s de la presse &#233;crite en Europe de l'Ouest et aux &#201;tats-Unis ne datent donc pas d'hier et leurs causes ne se limitent pas &#224; la concurrence d'Internet. Ce qui est &#233;tonnant, c'est que ce d&#233;clin progressif n'ait pas suscit&#233; d'inqui&#233;tude plus t&#244;t. Au contraire, jusqu'&#224; une date r&#233;cente, les financiers am&#233;ricains attendaient un retour de 26 % sur leurs investissements dans la presse : on faisait maigrir les &#233;quipes et r&#233;duire la couverture &#233;ditoriale pour aboutir &#224; cette rentabilit&#233;, sans penser que ces mesures allaient faire perdre des lecteurs. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, les propri&#233;taires de journaux, ne se rendant pas compte qu'ils &#233;taient au bord du pr&#233;cipice, se sont lanc&#233;s dans de co&#251;teuses acquisitions dans les m&#233;dias. C'est ainsi que le &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt;s'est retrouv&#233; avec des dettes s'&#233;levant &#224; 1,1 milliard de dollars, ce qui repr&#233;sente plus que la valeur totale de la soci&#233;t&#233; &#8211; li&#233;es pour une bonne part &#224; la d&#233;cision de se faire construire par Renzo Piano un nouveau gratte-ciel pour 600 millions de dollars alors que l'ancien si&#232;ge, m&#234;me passablement d&#233;labr&#233;, aurait pu encore servir pendant des ann&#233;es. Le nouveau b&#226;timent a d'ailleurs &#233;t&#233; en partie lou&#233; &#224; d'autres soci&#233;t&#233;s pour r&#233;cup&#233;rer une partie de ce malencontreux investissement. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, l'exemple le plus spectaculaire d'acquisition imprudente est celui d'&lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt;, dont les dettes sont &#233;valu&#233;es &#224; plus de 2 milliards d'euros apr&#232;s l'achat de cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision espagnoles. Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, suivant la politique d'Alain Minc, a acquis plusieurs journaux de province, qu'il a &#233;t&#233; depuis oblig&#233; de revendre. Il reste endett&#233; et d&#233;ficitaire, malgr&#233; la bonne sant&#233; de son acquisition la plus rentable, l'hebdomadaire culturel &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tiolement soul&#232;ve une question : s'agit-il l&#224; du destin inexorable des journaux du monde entier ? Curieusement, elle est rarement pos&#233;e, bien que la comparaison entre ce qui se passe en Europe et la situation en Asie soit des plus frappante. Au Japon, cas exemplaire, les ventes du &lt;i&gt;Yumori Shinbun&lt;/i&gt;, le plus grand quotidien, s'&#233;l&#232;vent &#224; 14 millions d'exemplaires par jour. Son concurrent principal, le &lt;i&gt;Asahi Shinbun&lt;/i&gt;, en vend 12 millions. Quatre autres quotidiens ont des ventes de l'ordre de 4-5 millions d'exemplaires par jour. Les ventes totales des quotidiens se montaient &#224; 53 millions en 2004, contre 52,8 millions l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les 100 plus grands quotidiens du monde, 74 sont publi&#233;s en Asie. C'est la Chine qui a connu la plus forte croissance (107 millions d'exemplaires vendus quotidiennement en 2007) et l'Inde (99 millions). On peut &#233;videmment penser que dans ces deux pays la presse b&#233;n&#233;ficie de l'&#233;mergence d'une classe moyenne, mais cet argument ne tient pas pour le Japon, qui est au contraire enfonc&#233; dans une r&#233;cession de longue dur&#233;e, et o&#249; depuis longtemps le public est intoxiqu&#233; par les jeux vid&#233;os et autres divertissements &#233;lectroniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu penser que ces chiffres int&#233;resseraient les sp&#233;cialistes des m&#233;dias, fran&#231;ais et am&#233;ricains entre autres. [&#8230;] Mais les r&#233;dactions sont trop occup&#233;es de leur propre situation pour s'enqu&#233;rir de ce qu'il y aurait &#224; apprendre au loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, l'une des cons&#233;quences des difficult&#233;s &#233;conomiques de la presse am&#233;ricaine et de la recherche du profit &#224; tout prix est que le domaine &#233;tranger est moins bien couvert, avec moins de pages et moins de correspondants : leur nombre total est pass&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es de 2500 &#224; 250. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, lorsque les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ont d&#233;cid&#233; il y a quelques ann&#233;es que les &#233;missions d'information devaient &#234;tre des centres de profit comme les autres, elles ont r&#233;duit leur couverture &#224; l'&#233;tranger. Le r&#233;sultat de ces coupes est apparu de fa&#231;on spectaculaire lors de la guerre d'Irak : comme je l'ai indiqu&#233; dans &lt;i&gt;Le Contr&#244;le de la parole&lt;/i&gt;, le gouvernement &#233;tait d'autant plus &#224; l'aise pour raconter des mensonges &#224; la presse am&#233;ricaine qu'il y avait moins de reporters pour r&#233;percuter ce qui se disait dans les autres pays. Bien qu'il n'existe pas de donn&#233;es chiffr&#233;es sur le sujet, je pense que la baisse du lectorat en Am&#233;rique est en partie li&#233;e &#224; cet &#233;chec et &#224; la d&#233;sillusion qu'il a entra&#238;n&#233;e. Pendant la guerre du Vietnam, qui fut largement et honn&#234;tement couverte, je ne sache pas que la presse ait perdu des lecteurs ni la t&#233;l&#233;vision des spectateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre carence, non li&#233;e cette fois &#224; la pression gouvernementale : l'incapacit&#233; de la presse dans son ensemble &#224; pr&#233;voir la crise &#233;conomique actuelle. Certains &#233;conomistes de renom pointaient le danger mais les journalistes ne les &#233;coutaient pas : l'id&#233;ologie de Milton Friedman &#8211; le march&#233; ne peut pas se tromper &#8211; avait force de loi dans la presse comme dans les universit&#233;s. S'il y avait eu dans le &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt;ou ailleurs des signaux d'alerte, la politique gouvernementale aurait peut-&#234;tre &#233;t&#233; diff&#233;rente, et en tout cas les lecteurs auraient eu le sentiment que la presse pouvait avoir un r&#244;le de critique ind&#233;pendant sur ces sujets cruciaux. &#192; mon sens, cet &#233;chec a lui aussi fait perdre &#224; la presse bien des lecteurs d&#233;&#231;us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cercle vicieux du m&#234;me ordre est &#224; l'&#339;uvre en France, o&#249; les difficult&#233;s financi&#232;res obligent les journaux &#224; licencier de plus en plus de journalistes, ce qui conduit &#224; r&#233;duire le nombre de pages et le niveau de l'information offerte. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, par exemple, n'a pas de correspondant permanent &#224; Kaboul et sa couverture asiatique est mince, alors que c'est l&#224; que se passe une part essentielle de l'actualit&#233;. De plus, la tradition fran&#231;aise de l'autocensure est fortement enracin&#233;e : la presse &#233;vite d'exploiter des fuites sur le pouvoir qui feraient les choux gras des journaux am&#233;ricains. C'est ce qui explique le succ&#232;s du &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, dont les ventes se montent chaque semaine &#224; 550 000 exemplaires : le journal est bien rentable sans aucune publicit&#233; et se permet de recruter certain(e)s des journalistes mis(es) &#224; la porte par des journaux r&#233;put&#233;s plus s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un lectorat n&#233;glig&#233; : les jeunes et les minorit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'Internet dont il est question plus loin, l'une des raisons invoqu&#233;es pour expliquer le d&#233;clin de la presse en Occident est le d&#233;veloppement des journaux gratuits, qui sont lus par la masse des jeunes. En France, l'un des principaux gratuits, &lt;i&gt;20 minutes&lt;/i&gt;, a une diffusion de 800 000 exemplaires, soit le double du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, m&#234;me si la notion de diffusion n'est pas la m&#234;me, beaucoup de journaux gratuits &#233;tant jet&#233;s sans &#234;tre lus. Si ces journaux sont eux aussi en crise du fait de la r&#233;duction g&#233;n&#233;rale des recettes publicitaires, il n'en demeure pas moins que leur succ&#232;s a &#233;t&#233; &#233;norme, ce qui montre que les jeunes sont capables de lire des journaux sur papier, dont les articles sont certes plus courts et plus percutants que dans la presse traditionnelle. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, l'exp&#233;rience de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;n'est gu&#232;re encourageante : le journal a tent&#233; d&#233;sesp&#233;r&#233;ment d'atteindre un lectorat plus jeune en consacrant beaucoup d'espace &#224; des sujets touchant &#224; la culture populaire. Ces efforts n'ont pas d&#233;velopp&#233; la diffusion du journal qui continue &#224; tourner &#224; perte malgr&#233; le licenciement d'un bon nombre de ses journalistes. Peut-&#234;tre est-il illusoire de chercher &#224; recruter des lecteurs parmi une jeunesse habitu&#233;e &#224; des informations gratuites sur Internet ou sur ses t&#233;l&#233;phones portables ? Peut-&#234;tre, mais on n'a gu&#232;re vu d'efforts convaincants de la part des grands journaux pour traiter non pas des distractions de cette jeunesse mais des sujets qui conditionnent sa vie. Si les journaux traitaient r&#233;guli&#232;rement et concr&#232;tement des questions d'enseignement, d'emploi, de logement des jeunes, des effets de la politique gouvernementale sur leur vie quotidienne, on peut penser qu'ils recruteraient des lecteurs dans cette classe d'&#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est pas sans rapport avec celle des minorit&#233;s ethniques, de plus en plus nombreuses en Occident. Aux &#201;tats-Unis, la presse &#233;crite et les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ont su recruter des journalistes parmi les minorit&#233;s. En Grande-Bretagne, la BBC offre un contraste frappant avec la plupart des pays occidentaux : on peut y voir les nouvelles financi&#232;res pr&#233;sent&#233;es par des journalistes noirs, etc. En France, les r&#233;dactions sont solidement blanches. Lors des &#233;meutes en banlieues &#224; l'hiver 2005, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;a d&#251; faire venir de Lyon son unique journaliste d'origine alg&#233;rienne pour couvrir les &#233;v&#233;nements &#8211; trop peu, trop tard. [&#8230;] Cette s&#233;gr&#233;gation m&#233;diatique contribue &#224; la s&#233;gr&#233;gation des nouveaux immigrants, et m&#234;me des anciens, ceux qu'on d&#233;signe parfois en France par l'incroyable expression d'&#171; immigr&#233;s de la deuxi&#232;me &#8211; voire troisi&#232;me &#8211; g&#233;n&#233;ration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La concurrence d'Internet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait toutefois soutenir que m&#234;me si les journaux &#233;taient meilleurs, si leur couverture &#233;tait plus large, ils souffriraient malgr&#233; tout de la concurrence d'Internet. Il ne fait gu&#232;re de doute que les recettes publicitaires d'Internet sont &#233;normes et en croissance rapide. Bernard Poulet cite une enqu&#234;te am&#233;ricaine selon laquelle ces recettes vont augmenter de 20 % par an jusqu'en 2011, o&#249; elles atteindront 62 milliards de dollars &#8211; contre 60 pour la presse papier (avec une partie minime pour les sites des journaux) et 86 pour la radio et la t&#233;l&#233;vision. En France, les chiffres sont inf&#233;rieurs mais n&#233;anmoins impressionnants : 10 % du total de la publicit&#233; se fait sur Internet, soit 1,6 milliard d'euros en 2006, pour 7 milliards dans la presse &#233;crite, 6,3 &#224; la t&#233;l&#233;vision et 3,3 &#224; la radio. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait gu&#232;re de doute qu'Internet est l'une des grandes causes du d&#233;clin des ventes de la presse &#233;crite dans les pays dont j'ai parl&#233;. Certains journaux, en particulier en Angleterre, ont pu attirer des lecteurs en nombre sur leurs sites Internet, mais rares sont ceux qui ont vu cro&#238;tre leurs recettes publicitaires sur ces sites &#224; un niveau suffisant pour compenser les pertes de la version papier. [&#8230;] Le &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt;a estim&#233; que les recettes de l'abonnement internet payant seraient moindres que les recettes publicitaires actuellement obtenues avec un public plus &#233;tendu. En France, des journalistes venant du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;ont cr&#233;&#233; un site payant, &lt;i&gt;M&#233;diapart&lt;/i&gt;, qui fait &#233;tat de 15 000 abonnements au bout de deux ans, soit le tiers du chiffre n&#233;cessaire pour aboutir &#224; l'&#233;quilibre financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de lecteurs ont pris l'habitude de lire les nouvelles sur leur ordinateur, sur Google ou ailleurs. Pour l'essentiel, ces nouvelles proviennent de la presse &#233;crite ou des d&#233;p&#234;ches d'agences. Le patron de Google affirme que cela aide les journaux &#224; construire leur audience sur Internet et am&#233;liore donc leurs recettes publicitaires. M&#234;me si cet argument peut avoir une certaine validit&#233;, il reste que les sites internet des journaux ne permettent d'amortir qu'une minime partie des co&#251;ts li&#233;s &#224; la collecte de l'information. Le fait est qu'Internet cannibalise les journaux papier et contribue &#224; changer les m&#339;urs en poussant les lecteurs &#224; se satisfaire des gros titres de la page d'accueil sur leur ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toutefois indiscutable qu'Internet joue un r&#244;le important en diffusant des nouvelles dans des domaines que les journaux papier ignorent, censurent ou renoncent de plus en plus &#224; couvrir. Il suffit de rappeler son importance lors des &#233;v&#233;nements qui ont suivi les &#233;lections en Iran, o&#249; Internet et les t&#233;l&#233;phones portables ont &#233;t&#233; la grande source d'information, contournant les obstacles oppos&#233;s aux journalistes professionnels. (Souvenir ironique, le renversement du Chah avait &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233; par une autre technologie, la diffusion des cassettes de l'ayatollah Khomeini import&#233;es clandestinement de France.) Le r&#244;le d'Internet a &#233;t&#233; &#233;galement essentiel lors de l'invasion de l'Irak : c'est le r&#233;seau qui a assur&#233; la couverture non officielle des &#233;v&#233;nements en reprenant les articles de la presse europ&#233;enne, qui payait des correspondants pour rendre compte de ce qui se passait. On ne saurait non plus assez souligner les potentialit&#233;s d'Internet dans le domaine des actions citoyennes, comme lors de la mobilisation en faveur d'Obama lors des derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles, suivant l'exemple de &lt;i&gt;Move On &lt;/i&gt;et d'autres groupes qui avaient men&#233; l'action contre la politique de Bush en Irak. Enfin, Internet est de plus en plus utilis&#233; pour couvrir la politique locale et m&#234;me ce qui se passe dans les quartiers. De plus en plus de journaux am&#233;ricains utilisent le contenu des sites internet pour rendre compte de ce type de nouvelles, ce qui leur permet de ne plus avoir de journalistes pour traiter de la politique des &#201;tats et des communaut&#233;s locales, domaine qui a &#233;t&#233; la premi&#232;re victime des suppressions de postes. (En novembre 2009, le &lt;i&gt;Washington Post &lt;/i&gt;lui-m&#234;me a annonc&#233; la fermeture de tous ses bureaux locaux, sauf celui de Washington.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux d&#233;veloppements posent malgr&#233; tout un probl&#232;me qui va croissant : l'apparition de sites de plus en plus nombreux place l'internaute devant des choix sans fin, parfois futiles. L'un de ces sites a m&#234;me entrepris de donner des cam&#233;ras &#224; des jeunes pour couvrir les &#233;v&#233;nements dans leur &#233;cole. La fronti&#232;re entre &lt;i&gt;Facebook &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;Youtube &lt;/i&gt;et les sites d'information est de plus en plus floue ; l'&#233;norme quantit&#233; d'informations et de distractions sur Internet finit par &#234;tre contreproductive. Le besoin se fait sentir des capacit&#233;s de filtrage de la presse traditionnelle, m&#234;me s'il a souvent &#233;t&#233; utilis&#233; &#224; de mauvaises fins. Comme l'a dit Eric Schmidt, le PDG de Google, l'essentiel de l'information sur Internet est &#171; un cloaque de d&#233;sinformation &#187; (&lt;i&gt;a cesspool of misinformation&lt;/i&gt;). Parfois c'est &#224; dessein, comme dans la diffusion de fausses donn&#233;es dans le d&#233;bat am&#233;ricain sur le syst&#232;me de sant&#233; : il est impossible de dire qui &#233;crit quoi, et avec quels motifs. Le fameux &lt;i&gt;Wikipedia &lt;/i&gt;laisse les gens &#233;crire leurs propres biographies &#8211; et c'est un faible argument que de pr&#233;tendre qu'elles ne comportent pas plus d'erreurs que l'&lt;i&gt;Encyclopedia Britannica&lt;/i&gt;, laquelle ne peut gu&#232;re passer pour un mod&#232;le d'exactitude. Bref, ce qu'Internet d&#233;montre &lt;i&gt;a contrario&lt;/i&gt;, c'est la n&#233;cessit&#233; de distance, d'analyse, de commentaires fond&#233;s &#8211; ce qui est de plus en plus rare. En d'autres termes, nous avons encore besoin des activit&#233;s traditionnelles de la presse. Mais les moyens pour r&#233;pondre aux d&#233;fis actuels sont tout sauf clairs. [&#8230;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Figaro.fr entre racolage des internautes technophiles et publi-reportage</title>
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		<dc:date>2013-10-28T13:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Le Figaro</dc:subject>
		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>
		<dc:subject>En bref...</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les d&#233;lices des strat&#233;gies marketing sur internet.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Publicite-" rel="directory"&gt;Publicit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Figaro-9-+" rel="tag"&gt;Le Figaro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-En-bref-+" rel="tag"&gt;En bref...&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois, &lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/breves/2013-10-09/Quand-Le-Figarofr-devoile-par-erreur-sa-strategie-d-audience-id16201&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un article d'Arr&#234;t sur images&lt;/a&gt; s'amusait de la publication par erreur sur le Figaro.fr d'un &#233;change &#233;lectronique interne qui r&#233;v&#233;lait en ces termes la strat&#233;gie marketing et les objectifs d'audience de la rubrique &#171; Tech &amp; Web &#187; : &#171; &lt;i&gt;En octobre on va essayer de faire fort, avec de l'actu google et I-pad pour faire un bon mois malgr&#233; tout. &#192; court terme, nous visons 1 million de visites dans la rubrique par mois &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme permet de le constater cette capture d'&#233;cran r&#233;alis&#233;e le 23 octobre 2013 &#224; 12h08, le responsable &#233;ditorial (ou plut&#244;t marketing ?) de la rubrique respecte le plan &#224; la lettre, jusqu'&#224; l'absurde :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L477xH507/Lefigarofr2013102312h08-6a799.jpg?1776739625' width='477' height='507' alt='' /&gt;
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