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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Lire : L'invention du journalisme en France, de Thomas Ferenczi (1993) </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Lire-L-invention-du-journalisme-en-France-de-Thomas-Ferenczi-1993</link>
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		<dc:date>2008-08-13T04:46:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Thomas Ferenczi</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; &#224; la fin du 19e si&#232;cle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Thomas-Ferenczi-+" rel="tag"&gt;Thomas Ferenczi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Thomas Ferenczi,&lt;i&gt; L'invention du journalisme en France&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Naissance de la presse moderne &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle&lt;/i&gt;, Paris, Payot, F&#233;vrier 1996, Petite biblioth&#232;que Payot, 274 pages. [Premi&#232;re &#233;dition : Plon, 1993].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;sum&#233; sera compl&#233;t&#233; ult&#233;rieurement et assorti de commentaires critiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ce livre Thomas Ferenczi s'efforce de montrer comment est n&#233; le journalisme moderne en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt; : Exposant ce qu'il d&#233;signe comme &lt;i&gt;&#171; l'acte d'accusation dress&#233; le plus souvent contre la presse &#187;&lt;/i&gt; aujourd'hui, Thomas Ferenczi soutient l'id&#233;e suivante : &#171; En remontant &#224; sa source, c'est-&#224;-dire &#224; la naissance de la profession, on observera que ses particularit&#233;s historique ne sont probablement pas &#233;trang&#232;res aux proc&#232;s qui lui sont intent&#233;s. En l'occurrence, deux traits r&#233;currents : son lien avec la politique, sa relation avec la litt&#233;rature. On laissera ici provisoirement de c&#244;t&#233; cette &#233;valuation des critiques actuelles de la presse et des traits r&#233;currents qui permettraient de la juger, pour prendre l'ouvrage de Thomas Ferenczi pour ce qu'annonce son titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le premier chapitre &#8211; &#171; Entre litt&#233;rature et politique &#187;&lt;/strong&gt; - s'efforce de d&#233;gager les principales tendances de la presse et de tracer le portrait du journalisme de la cinquantaine d'ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;de le d&#233;but des ann&#233;es 1890 : une activit&#233; marqu&#233;e par &lt;i&gt;&#171; le go&#251;t des mots et des id&#233;es &#187;,&lt;/i&gt; exerc&#233;e par des journalistes qui ne sont pas des professionnels du journalisme, mais par des &#233;crivains ou des politiques qu'incarnent les figures respectives de Chateaubriand et de Thiers. Tandis qu'un Emile de Girardin est un conseiller du prince, un Granier de Cassagnac est &#224; la fois politique et homme de lettres. Le journalisme se trouve au carrefour de la litt&#233;rature et de la politique. Une dualit&#233; dont &lt;i&gt;Le journal des D&#233;bats&lt;/i&gt; est un bon exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, un-demi si&#232;cle plus tard, tout a chang&#233;. &lt;i&gt;&#171; Aux progr&#232;s quantitatifs &#187;&lt;/i&gt; (augmentation des tirages et multiplication des titres) &lt;i&gt;&#171; s'ajoutent des transformations qualitatives, dont la plus spectaculaire et sans doute la plus significative est la place croissante occup&#233;e dans la profession par les reporters &#187;&lt;/i&gt; qui n'offrent aux lecteurs, aux dires de l'un de ceux qui les rejettent, qu'un &lt;i&gt;&#171; amas d informe, indigeste, de petits faits &#187;&lt;/i&gt; (Francisque Sarcey)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reporters introduisent l' &#171; interview &#187; (ou, plut&#244;t, la &#171; conversation &#187;), contribuent &#224; la multiplication des &#171; &#233;chos &#187; et font &#233;voluer les &#171; chroniques &#187;. Le reportage devient le genre &#224; la mode, &lt;i&gt;&#171; celui qui plaisait au grand public en irritant les lecteurs les plus attach&#233;s &#224; la tradition &#187;&lt;/i&gt;. Mais cette nouvelle logique du journalisme n'emp&#234;che pas la persistance du double h&#233;ritage, litt&#233;raire et politique, qui fait l'originalit&#233; de la presse fran&#231;aise. Sous la Troisi&#232;me r&#233;publique, &#233;crivains et journalistes sont &lt;i&gt;&#171; d&#233;sormais minoritaires, mais ils continuent de donner le ton. &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;** Les chapitres suivants (2 &#224; 4) montrent d'abord comment le journalisme de ces ann&#233;es-l&#224; se tient &#171; &lt;i&gt;dans le voisinage de la litt&#233;rature dont il tend &#224; s'affranchir&lt;/i&gt; &#187;. C'est ce que montre l'analyse de plusieurs genres : le reportage (chap.2) la chronique (chap.3), la critique (chap, 4)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le chapitre 2 - &#171; Le reportage comme genre litt&#233;raire &#187;&lt;/strong&gt; - tente d'analyser comment &#171; &lt;i&gt;avec le grand reportage, le journalisme re&#231;oit &#224; la fois ses lettres de noblesse et son identit&#233; &lt;/i&gt; &#187;, mais aussi, comment il reste marqu&#233;, en France, par la tradition litt&#233;raire, comme le montrent les enqu&#234;tes des correspondants de guerre, les &#171; enqu&#234;tes &#187; de Jules Huret, la tentative hardie de Fernand Xau, ou les activit&#233;s de Gaston Leroux et Pierre Mille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le chapitre 3 &#8211; &#171; Messieurs de la chronique &#187;&lt;/strong&gt; - montre comment le reportage a fait &#233;voluer le genre de la chronique, notamment tel que Jules Vall&#232;s et S&#233;verine le pratiquent et le pensent de fa&#231;on exemplaire. Avec cette &#233;volution, la chronique devient &lt;i&gt;&#171; un objet de dispute entre &#233;crivains et hommes de lettres &#187;&lt;/i&gt;.Et Thomas Ferenczi d'&#233;voquer la figure de plusieurs de ces chroniqueurs : Henry Foulquier, Nestor Roqueplan, Aur&#233;lien Scholl, Henri Rochefort, L&#233;on Daudet. Avec cette conclusion : la chronique &lt;i&gt;&#171; est sans doute l'un des genres o&#249; la parent&#233; entre litt&#233;rature et journalisme ressort le plus nettement, attirant sur le m&#233;tier de journaliste la consid&#233;ration dont il craint toujours de manquer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le chapitre 4 - &#171; La nouvelle critique &#187;&lt;/strong&gt; - s'attache &#224; mettre en &#233;vidence les transformations de la critique litt&#233;raire inaugur&#233;es par Francisque Sarcey. Thomas Ferenczi illustre ces transformations par les portraits d'une trentaine de chroniqueurs dramatiques. Quels sont les traits distinctifs de ce journalisme et de ceux qui le pratiquent ? C'est, selon l'auteur, un critique dot&#233; de la facult&#233; d'improvisation, un t&#233;moin qui raconte ce qu'il voit, un professionnel de plus en plus en plus sp&#233;cialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;** Apr&#232;s avoir ainsi montr&#233; comment le journalisme de ces ann&#233;es-l&#224; tout &#224; la fois s'affranchit de la litt&#233;rature et en perp&#233;tue les traditions, Thomas Ferenczi se tourne vers les rapports entre le journalisme et la politique et montre comment pendant ces m&#234;mes ann&#233;es, le journalisme reste encore d&#233;pendant de la politique (Chap. 5) avant d'entrer dans une nouvelle phase de son histoire avec l'affaire Dreyfus (Chap. 6)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le chapitre 5 - &#171; Les antichambres du pouvoir &#187;&lt;/strong&gt; - permet donc de d&#233;couvrir des journalistes encore tr&#232;s d&#233;pendants de leurs rapports avec l'activit&#233; politique. Trois personnalit&#233;s illustrent, diversement, des liens &#233;troits entre journalisme et politique : Alexandre Millerand, Victor Simond, Jean Dupuy. Trois figures qui permettent de distinguer, approximativement, trois cat&#233;gories : les hommes d'Etat, les id&#233;ologues, les patrons de presse. Premier type : les hommes d'Etat pass&#233;s par le journalisme, comme Aristide Briand et Jean Jaur&#232;s. Deuxi&#232;me type : les journalistes tent&#233;s par la politique, comme Edouard Drumont, Ernest Judet, Auguste Vacquerie ou Hector Pessard. Troisi&#232;me type : les directeurs de journaux, comme Joseph Reinach, Yves Guyot, Adrien H&#233;brard. Pourtant ces figures jalonnent l'&#233;mergence de la presse moderne, &lt;i&gt;&#171; avant que l'affaire Dreyfus ne la mette &#224; nouveau &#224; l'&#233;preuve &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le chapitre 6 &#8211; &#171; Autour de l'affaire Dreyfus &#187;&lt;/strong&gt; - rappelle d'abord la place prise par la presse lors de l'affaire Dreyfus et par des &#171; grands noms &#187; comme ceux de Cl&#233;menceau et Zola. Or autour d'eux, sont r&#233;unis, le 12 juillet 1898, quand Zola donne lecture de sa &lt;i&gt;Lettre au Pr&#233;sident de la R&#233;publique&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;J'accuse &lt;/i&gt;-, cinq hommes : cinq incarnations des d&#233;buts de la profession, qui illustrent sa double gen&#232;se, politique et litt&#233;raire. Thomas Ferenczi pr&#233;sente ainsi : Ernest Vaughan qui, de la Commune &#224; l'Aurore&lt;i&gt;, &#171; peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le repr&#233;sentant d'un journalisme qui tend &#224; conqu&#233;rir son autonomie par rapport au jeu politique &#187;&lt;/i&gt; ; Bernard Lazare qui, en journaliste de m&#233;tier, est gagn&#233; &#224; la cause de Dreyfus et la lutte contre l'antis&#233;mitisme par &lt;i&gt;&#171; une longue et scrupuleuse enqu&#234;te &#187;&lt;/i&gt; ; Arthur Ranc qui, h&#233;ritier de Gambetta, est l'un de ceux qui assurent la transition vers un journalisme politique qui n'est plus seulement un prolongement de la politique elle-m&#234;me, mais devient une activit&#233; &#224; part enti&#232;re ; Octave Mirbeau, le pamphl&#233;taire, qui , distant &#224; l'&#233;gard de la presse de son temps, n'en revendique pas moins son appartenance au monde du journalisme ; Gustave Geffroy, le d&#233;fenseur des impressionnistes, qui a contribu&#233; &#224; faire de la critique d'art une sp&#233;cialit&#233; journalistique. Par comparaison &#224; ces cinq hommes qui incarnent &lt;i&gt;&#171; chacun &#224; sa fa&#231;on, les d&#233;buts de la profession &#187;&lt;/i&gt;, Cl&#233;menceau et Zola, appartiennent encore au monde pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;** Les deux derniers chapitres sont consacr&#233;s aux controverses suscit&#233;es par la naissance du journalisme moderne sur la fonction de la presse (Chap.7) et sur la professionnalisation du journalisme (Chap.8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le chapitre 7 &#8211; &#171; Les enqu&#234;tes de &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la Revue Bleue&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &#187; &lt;/strong&gt;- prend appui sur le diagnostic sur le r&#244;le pr&#233;tendument n&#233;faste de la presse pos&#233; par le philosophe Alphonse Fouill&#233;e et Henry B&#233;renger, pr&#233;sentateur d'une enqu&#234;te de la revue bleue qui oppose &#224; une presse &#233;ducative une presse malade de l'argent et de l'importance accord&#233;e aux faits divers. Mais l'entr&#233;e de la presse dans l'&#232;re industrielle n'a-t-elle que des effets pervers, se demande l'auteur. Les participants au d&#233;bat ouvert par &lt;i&gt;la Revue Bleue&lt;/i&gt; soutient que l'argent (la recherche du profit) et le nombre ( la l'obligation d'atteindre un large public) ont des effets corrupteurs, tandis que d'autres sp&#233;cialistes estiment que l'argent et le nombre loin d'&#234;tre une cause de d&#233;g&#233;n&#233;rescence, pouvaient au contraire favoriser son renouveau, en favorisant la r&#233;v&#233;lation des faits cach&#233;s et, plus g&#233;n&#233;ralement, l'information. Entre les traditions dont elle h&#233;rite et les perspectives qu'elle ouvre, la presse moderne naissante se trouve, selon l'auteur, &lt;i&gt;&#171; au milieu du gu&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le chapitre 8 - &#171; Le journalisme est-il un m&#233;tier ? &#187;&lt;/strong&gt; - oppose &#224; ceux qui alors s'inqui&#232;tent de voir le journalisme un m&#233;tier comme un autre &#171; au m&#234;me titre que les ma&#231;ons et les notaires &#187;, l'&#233;mergence et la naissance d'un &#171; v&#233;ritable d'esprit d'association &#187; (confirm&#233; par les premiers Congr&#232;s internationaux de journalistes) et la professionnalisation du journalisme, dont la t&#226;che prioritaire devient l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt; &#8211; La conclusion &#8211; sur laquelle nous reviendrons &#8211; soutient que les critiques de la presse de nos jours ne sont gu&#232;re diff&#233;rentes de celles qui pr&#233;valaient au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, que ces critiques sont aliment&#233;es par des causes similaires. A quoi Thomas Ferenczi oppose le professionnalisme lui-m&#234;me, dont l'esprit tiendrait en deux mots : &#171; rigueur et modestie &#187;. Un journalisme qui n'ob&#233;irait qu'&#224; ses propres r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire de la naissance du journalisme moderne &#224; la fin du XIX&#232; si&#232;cle, fond&#233;e sur des portraits de leurs acteurs les plus en vue, la mise en perspective des d&#233;bats qui l'ont jalonn&#233;e et l'&#233;volution de certains genres du journalisme est tr&#232;s &#233;clairante. Elle permet de mieux appr&#233;hender certaines particularit&#233;s du &lt;i&gt;&#171; journalisme &#224; la fran&#231;aise &#187;&lt;/i&gt; - journalisme &#224; la fran&#231;aise &#187; que l'on oppose habituellement au &#171; mod&#232;le anglo-am&#233;ricain en d&#233;pit des &lt;i&gt;&#171; limites de cette opposition &#187; &lt;/i&gt;(pour reprendre les termes du r&#233;sum&#233; de cette opposition qu'en propose Erik Neveu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Erik Neveu, Sociologie du journalisme, Rep&#232;res, Editions La D&#233;couverte, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Elle &#233;claire en particulier la faiblesse relative du journalisme d'enqu&#234;te par rapport au journalisme d'opinion. En revanche, parce que cette &#233;tude s'inscrit tr&#232;s peu dans le cadre d'une analyse d'ensemble des entreprises de presse elle-m&#234;me, elle n'est que partiellement explicative et doit &#234;tre compl&#233;t&#233;e par d'autres &#233;tudes. Et l'on peut douter, contrairement &#224; ce qu'esp&#232;re l'auteur, qu'elle permette de comprendre les racines des critiques dont le journalisme est aujourd'hui l'objet. Des critiques que l'auteur habille en &lt;i&gt;&#171; proc&#232;s &#187;&lt;/i&gt;, alors qu'il repose sur des constats qui ne sont pas le fait des &lt;i&gt;&#171; d&#233;tracteurs &#187;&lt;/i&gt; du journalisme, mais de ses critiques et ne concernent pas le journalisme en g&#233;n&#233;ral, mais les conditions de son exercice, le r&#244;le que remplissent ses sommets et la place qu'y occupent ses sommit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H.M.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Erik Neveu, &lt;i&gt;Sociologie du journalism&lt;/i&gt;e, Rep&#232;res, Editions La D&#233;couverte, 2001, pp. 9-18. Voir une br&#232;ve recension &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article371.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Monde censure son m&#233;diateur</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-Monde-censure-son-mediateur</link>
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		<dc:date>2003-03-05T23:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Lemaire</dc:creator>


		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Censures</dc:subject>
		<dc:subject>Thomas Ferenczi</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Schneidermann</dc:subject>
		<dc:subject>Edwy Plenel</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;diateur</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Georges </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En censurant grossi&#232;rement le m&#233;diateur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, la direction du journal se tire une balle dans le pied.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-La-face-cachee-du-Monde-et-ses-suites-" rel="directory"&gt;La face cach&#233;e du Monde et ses suites&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Livre-+" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Censures-+" rel="tag"&gt;Censures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Thomas-Ferenczi-+" rel="tag"&gt;Thomas Ferenczi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Schneidermann-+" rel="tag"&gt;Daniel Schneidermann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Edwy-Plenel-+" rel="tag"&gt;Edwy Plenel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Mediateur-+" rel="tag"&gt;M&#233;diateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pierre-Georges-+" rel="tag"&gt;Pierre Georges &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En censurant le m&#233;diateur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, la direction du journal se tire une balle dans le pied.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La rubrique r&#233;siduelle du m&#233;diateur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; n'est jamais apparue comme un inexpugnable foyer de r&#233;sistance &#224; la tragique &#233;volution du quotidien du soir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les articles consultables &#224; partir du &#034;th&#232;me associ&#233;&#034; m&#233;diateur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malgr&#233; les remous provoqu&#233;s par le livre-enqu&#234;te de P. P&#233;an et Ph. Cohen &lt;i&gt;La Face cach&#233;e du&lt;/i&gt; Monde (ed. Mille et une nuits), la chronique du m&#233;diateur qui a suivi la parution de l'ouvrage, du moins &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3232--311312-,00.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce qu'il en est paru dans le quotidien (en date des 2-3 mars)&lt;/a&gt;, ne semblait gu&#232;re d&#233;mentir l'indulgence pateline qui domine d'ordinaire ses &#233;crits (voir notre article &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-mediateur-peine-a-se-voiler-la-face-cachee' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Le m&#233;diateur peine &#224; se voiler la &#034;face cach&#233;e&#034;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-attaque en rangs serr&#233;s de l'entreprise semblait suivre son cours, jusqu'&#224; ce matin du mercredi 5 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascale Clark recevait dans &lt;a href=&#034;http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/tamtam/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034; Tam tam &#034; sur France Inter&lt;/a&gt; les deux auteurs de &lt;i&gt;La Face cach&#233;e...&lt;/i&gt;, et... Daniel Schneidermann, &#233;minent chroniqueur en chef du &lt;i&gt;Monde T&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; et arbitre des convenances audiovisuelles dans &#034;Arr&#234;t sur images&#034; le dimanche sur France 5. C'est la premi&#232;re fois qu'un journaliste du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; acceptait de s'exprimer publiquement sur &#034; l'affaire &#034;, de surcro&#238;t dans un d&#233;bat contradictoire avec P&#233;an et Cohen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le dernier quart d'heure de l'&#233;mission, apr&#232;s avoir longuement pilonn&#233; les auteurs (en s'en tenant &#224; quelques pages d'un livre qui en comporte plus de 600), Daniel Schneidermann l&#226;chait le &#034; scoop &#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034; Quelque chose de sans pr&#233;c&#233;dent s'est pass&#233; dans le journal, la chronique du m&#233;diateur Robert Sol&#233; a &#233;t&#233; censur&#233;e, a &#233;t&#233; amput&#233;e de quelques lignes. Robert Sol&#233; demandait &#224; la fin de son papier de samedi matin&lt;/i&gt; [dat&#233; dimanche-lundi, ndlr] &lt;i&gt;des explications &#224; la direction du &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt;, qui va bien devoir un jour s'expliquer. Ce qui est tr&#232;s grave car le m&#233;diateur est au c&#339;ur de la relation de confiance entre le journal et son lectorat. Le m&#233;diateur, il est ind&#233;pendant de la r&#233;daction, il est l&#224; pour prendre position sur les grandes questions qui concernent la r&#233;daction. Son r&#244;le, son statut, son pouvoir, sont &#233;crits dans la charte du journal, c'est-&#224;-dire que c'est un engagement que nous prenons par rapport &#224; nos lecteurs, et il est clairement pr&#233;cis&#233; qu'en aucun cas son article ne peut &#234;tre coup&#233; sans son accord. Or, il s'av&#232;re, qu'apparemment, dans la fi&#232;vre du bouclage, on a essay&#233; de le joindre, on n'y est pas arriv&#233; et on a coup&#233; quelques lignes de son papier. &#034;&lt;/i&gt; &lt;br/&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Retranscrit par le site du Nouvel Observateur.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233; le soir m&#234;me par un lecteur au cours d'une discussion en ligne organis&#233;e par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, Pierre Georges, directeur adjoint de la r&#233;daction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui remplace au pied lev&#233; Edwy Plenel, &#034;tr&#232;s pris par l'&#233;laboration des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, r&#233;pond :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034; Je sais effectivement qu'un paragraphe, un seul&lt;/i&gt; (sic)&lt;i&gt;, de la derni&#232;re tribune du m&#233;diateur a &#233;t&#233; coup&#233; samedi en fin d'&#233;dition. Ce paragraphe faisait r&#233;f&#233;rence &#224; la publication, pour mardi, donc hier, d'un suppl&#233;ment consacr&#233; au livre, suppl&#233;ment envisag&#233; &#224; ce moment-l&#224;. La direction de la r&#233;daction, ayant annul&#233; ce suppl&#233;ment, a coup&#233; cette annonce. &#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la discussion publi&#233;e sur le site du Monde.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, question : &lt;strong&gt;que contenait le passage &#034; caviard&#233; &#034; ? Simplement l'&lt;i&gt;&#034; annonce &#034;&lt;/i&gt; d'&lt;i&gt;&#034; un suppl&#233;ment consacr&#233; au livre, suppl&#233;ment envisag&#233; &#224; ce moment-l&#224; &#034;&lt;/i&gt;, comme le dit Pierre Georges, ou Robert Sol&#233; y demandait-il &lt;i&gt;&#034; des explications &#224; la direction du &lt;/i&gt;Monde &#034;, comme l'affirme Daniel Schneidermann ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034; Ce que je veux simplement croire, c'est que, dans sa prochaine chronique, Robert Sol&#233; aura tout loisir et toute libert&#233; de revenir sur cet incident et de le raconter aux lecteurs du Monde &#034;&lt;/i&gt;, poursuivait Schneidermann. On n'ose penser que celui-ci a rendu publique cette censure sans l'accord de la victime. Pour l'instant, Robert Sol&#233; n'a pas souhait&#233; r&#233;pondre aux questions de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (qui rapporte l'&#233;pisode dans son &#233;dition du 6 mars).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'emp&#234;che pas &lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2007-01-19/entretien-avec-edwy-plenel-rien-ne-tient-dans-ce-livre-pas-une-virgule/917/0/53403&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Edwy Plenel, directeur de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, de r&#233;pondre &#224; la question du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (article republi&#233; le 19 janvier 2007 sur le site du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;) : &lt;i&gt;&#034; Justement, dans l'affaire Vivendi, pourquoi ne pas avoir mentionn&#233; que Pierre Lescure, limog&#233; par Messier, &#233;tait administrateur du &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt; ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;E. Plenel : &lt;i&gt;Nous avons eu ce d&#233;bat. C'est une r&#232;gle qui figure dans notre livre de style. Nous aurions d&#251; nous en souvenir. Mais je rappelle quand m&#234;me que nous &lt;br class='autobr' /&gt;
sommes le seul journal &#224; publier des rectificatifs au m&#234;me endroit, &#224; nous imposer des droits de r&#233;ponse sans reparties assassines de la r&#233;daction, &lt;strong&gt;&#224; poss&#233;der un m&#233;diateur ind&#233;pendant&#8230;&lt;/strong&gt; &#034; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soulign&#233; par nous.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, une phrase de ladite chronique du m&#233;diateur n'en prend que davantage de relief. Robert Sol&#233; &#233;crit : &lt;i&gt;&#034; J'en profite pour rappeler que le m&#233;diateur est ext&#233;rieur &#224; la r&#233;daction, qu'il jouit d'une enti&#232;re libert&#233; et n'a jamais eu &#224; se plaindre d'une quelconque censure &#034;.&lt;/i&gt; Il &#233;tait en effet utile de le pr&#233;ciser. Une derni&#232;re fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'il fut investi de l'auguste magist&#232;re, Robert Sol&#233;, malgr&#233; quelques remarques frondeuses le plus souvent entre les lignes, pouvait sembler embo&#238;ter le pas de son pr&#233;decesseur Thomas F&#233;renczi, pass&#233; ma&#238;tre dans l'autopromotion du journal et la justification de d&#233;rapages pourtant flagrants pour le commun des lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'eau ti&#232;de peut encore &#233;chauffer les esprits, pour peu que le climat s'y pr&#234;te. L'actuelle direction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; a sans doute estim&#233; que - apr&#232;s l'incartade du m&#234;me Daniel Schneidermann, la veille&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sa chronique &#034; Contre soi-m&#234;me &#034; et sur ce site Daniel Schneidermann (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; -, une dissonance trop manifeste du m&#233;diateur finirait de ruiner l'harmonieuse litanie des protestations indign&#233;es et creuses &#233;gren&#233;es depuis le 26 f&#233;vrier. C'est ainsi que - mouvement de panique ? Vaniteuse vell&#233;it&#233; d'affirmer une autorit&#233; deliquescente ? - un m&#233;diateur &#224; l'indulgence styl&#233;e se trouverait presque &#233;rig&#233; en &#034; martyr &#034; du navire &#224; la d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la curiosit&#233; amus&#233;e, l'&#233;pisode para&#238;t comme un &#034;d&#233;g&#226;t collat&#233;ral&#034; d'une d&#233;fense absurde qui alimente ce qu'elle pr&#233;tend combattre. Cette censure grossi&#232;re ne manquera pas d'alimenter la th&#232;se de P&#233;an et Cohen quant au &lt;i&gt;management&lt;/i&gt; autocratique de la direction du journal. Le masque commencerait-il &#224; tomber pour la &lt;i&gt;face cach&#233;e&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lire notre rubrique &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=204'&gt;&#034; La face cach&#233;e du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#034;&lt;/a&gt;, ainsi que &lt;a href='https://www.acrimed.org/Revelations-d-un-autre-Monde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#034;R&#233;v&#233;lations d'un autre &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;&#034;&lt;/a&gt;. &lt;br/&gt;
Sur &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, notre rubrique &lt;a href='https://www.acrimed.org/-Le-groupe-Le-Monde-81-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, un &#034;quotidien de r&#233;f&#233;rence&#034;&lt;/a&gt;, et les articles consultables &#224; partir du &#034;th&#232;me associ&#233;&#034; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (ci-contre, colonne de gauche).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir les articles consultables &#224; partir du &#034;th&#232;me associ&#233;&#034; &lt;i&gt;m&#233;diateur&lt;/i&gt; (ci-contre, colonne de gauche) &lt;i&gt;(Note d'Acrimed)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Retranscrit par le &lt;a href=&#034;http://permanent.nouvelobs.com/culture/20030304.OBS7710.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qui remplace au pied lev&#233; Edwy Plenel, &lt;i&gt;&#034;tr&#232;s pris par l'&#233;laboration des trois pages que &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt; consacrera demain au livre de P&#233;an et Cohen,&lt;/i&gt; [il] &lt;i&gt;supervise ce travail. &#034;&lt;/i&gt; Lire &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le r&#233;sultat de ce travail tr&#232;s prenant&lt;/a&gt; (&#224; partir de l'encadr&#233; &#034;A nos lecteurs &#034; dans la colonne de droite de la page d'accueil du site du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3208--311810-,00.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la discussion publi&#233;e sur le site du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soulign&#233; par nous.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3208--311064-,00.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa chronique &#034; Contre soi-m&#234;me &#034;&lt;/a&gt; et sur ce site &lt;a href='https://www.acrimed.org/Une-autre-face-cachee-Daniel-Schneidermann-contre-soi-meme' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Daniel Schneidermann &#034;contre soi-m&#234;me&#034;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;sidentielle de 2002 : Le Monde, les faux proph&#232;tes et leurs clients</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Presidentielle-de-2002-Le-Monde-les-faux-prophetes-et-leurs-clients</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Presidentielle-de-2002-Le-Monde-les-faux-prophetes-et-leurs-clients</guid>
		<dc:date>2002-04-29T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Sondages</dc:subject>
		<dc:subject>Thomas Ferenczi</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#034;[...] c'est la responsabilit&#233; des m&#233;dias, autant et plus que celle des sondeurs, qui se trouve engag&#233;e&#034; (Thomas Ferenczi).&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Sondologie-et-sondomanie-Sondages-et-elections-" rel="directory"&gt;Sondologie et sondomanie : Sondages et &#233;lections&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Thomas-Ferenczi-+" rel="tag"&gt;Thomas Ferenczi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a publi&#233; un article tr&#232;s int&#233;ressant de Thomas Ferenczi qui m&#233;riterait d'&#234;tre cit&#233; enti&#232;rement et qui doit &#234;tre lu jusqu'&#224; la fin pour en saisir toute la port&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#233;sultat du premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle constitue-t-il &#034;une formidable d&#233;faite pour les instituts de sondage&#034;, comme l'a d&#233;clar&#233; M. Sarkozy [...] ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; est que les intentions de vote mesur&#233;es par les instituts de sondage depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e sont assez diff&#233;rentes du r&#233;sultat final [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il en conclure que les sondeurs se sont tromp&#233;s ? A cette accusation, ceux-ci opposent plusieurs arguments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier, classique, est que les sondages pr&#233;&#233;lectoraux ne sont pas des pr&#233;visions, mais, selon l'expression traditionnelle, des photographies instantan&#233;es de l'opinion. Il se trouve, ajoutent-ils, que depuis 1958 les anticipations des sondeurs se sont globalement v&#233;rifi&#233;es le jour du scrutin. Ces succ&#232;s ne doivent pas conduire &#224; les appr&#233;cier selon un tel crit&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me argument, non moins classique, consiste &#224; souligner la marge d'erreur des sondages, qui est de 2 % &#224; 3 % pour des &#233;chantillons de 1 000 personnes [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me argument : jamais le nombre d'ind&#233;cis, c'est-&#224;-dire de personnes qui, tout en choisissant un candidat, affirmaient pouvoir encore changer d'avis, n'a &#233;t&#233; aussi important, augmentant m&#234;me au cours de la derni&#232;re semaine[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me argument : les instituts ne se sont pas tromp&#233;s sur les &#233;volutions [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que retenir de cette pol&#233;mique ? D'abord que les instituts de sondage se sont heurt&#233;s &#224; des difficult&#233;s techniques inattendues, que r&#233;v&#232;lent certaines incertitudes li&#233;es aux redressements et aux m&#233;thodes d'entretien [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me le&#231;on de l' &#034;&#233;chec&#034; des sondages est que la mobilit&#233; de l'&#233;lectorat rend de plus en plus al&#233;atoire le recours aux enqu&#234;tes d'opinion comme instrument de pr&#233;vision. Cette utilisation a toujours &#233;t&#233; abusive, comme le r&#233;p&#232;tent les sondeurs, mais elle trouvait jusqu'&#224; pr&#233;sent un semblant de justification dans la relative ad&#233;quation entre les intentions de vote et les r&#233;sultats r&#233;els [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, au-del&#224; des effets suppos&#233;s des sondages sur le vote du corps &#233;lectoral, il reste que leur multiplication tend &#224; transformer la campagne en comp&#233;tition sportive, le d&#233;bat politique passant au second plan tandis que se renforce la personnalisation du syst&#232;me. De ce point de vue, c'est la responsabilit&#233; des m&#233;dias, autant et plus que celle des sondeurs, qui se trouve engag&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien vu... Seulement voil&#224; : cet article de Thomas Ferenczi est paru - sous le titre &lt;i&gt;&#034; Les sondeurs, faux proph&#232;tes &#034;&lt;/i&gt; dans l'&#233;dition du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; du 25 avril... 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux questions simples d'Acrimed : Ces d&#233;rives &#224; r&#233;p&#233;tition sont-elles seulement dues &#224; des &#171; fautes professionnelles &#187; ou bien celles-ci s'expliquent-elles par des causes plus profondes ? La critique professionnelle de la profession est-elle suffisante ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Thomas Ferenczi, critique de Pierre Bourdieu</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Thomas-Ferenczi-critique-de-Pierre-Bourdieu</link>
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		<dc:date>2002-01-28T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Thomas Ferenczi</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand un journaliste du &#034;Monde&#034; &#034;d&#233;fend&#034; le journalisme ... du &#034;Monde&#034;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Leurs-critiques-et-la-notre-" rel="directory"&gt;Leurs critiques et la n&#244;tre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Thomas-Ferenczi-+" rel="tag"&gt;Thomas Ferenczi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans plusieurs articles publi&#233;s dans le num&#233;ros du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; des 25 et 26 janvier 2002, Thomas Ferenczi - &#224; la diff&#233;rence de tant de ses conf&#232;res des autres m&#233;dias et ... du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; lui-m&#234;me - rend compte avec rigueur de plusieurs aspects de l'&#339;uvre et de l'action de Pierre Bourdieu. C'est une raison suffisante de lui pr&#234;ter attention lorsqu' il manifeste son &#034;irritation&#034; qui, curieusement, devient explicite quand il est question... du journalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les huit pages que &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; dat&#233; du 26 janvier 2002 a consacr&#233; &#224; Pierre Bourdieu, Thomas Ferenczi, ancien m&#233;diateur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, revient - sous le titre &#034; Le journalisme critiqu&#233; et honor&#233; &#034; sur &#034;les critiques de Pierre Bourdieu contre le journalisme&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Son article commence ainsi : &lt;i&gt;&#034;Les critiques de Pierre Bourdieu contre le journalisme ont souvent irrit&#233; les journalistes, qui se sont rarement reconnus dans l'image donn&#233;e d'eux par le sociologue.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit ! Mais il ne s'agit que d'un indice...Qu'une profession ne se reconnaisse pas dans l'analyse qui la prend pour objet ne suffit pas - parfois, c'est m&#234;me le contraire - pour disqualifier cette analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais Thomas Ferenczi est d&#233;j&#224; pass&#233; &#224; la phrase suivante. Les critiques de Pierre Bourdieu, &#233;crit-il, &lt;i&gt;&#034;ont particuli&#232;rement heurt&#233; les journalistes du &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt;, qui se sont sentis injustement pris pour cibles.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, si l'on comprend bien, ce qui est irritant dans la critique de Bourdieu, ce n'est pas qu'elle soit en g&#233;n&#233;ral infond&#233;e, mais c'est qu'elle ne rend pas justice aux particularit&#233;s que &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; revendique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les blessures narcissiques inflig&#233;es aux repr&#233;sentants d'une profession deviennent insupportables quand elles atteignent les journalistes du quotidien qui, quand il parle du &lt;i&gt;Monde,&lt;/i&gt; parle en g&#233;n&#233;ral pour toute la presse. Comme si la validit&#233; du travail de Bourdieu sur le journalisme devait porter d'abord, ne serait-ce qu'en creux, sur &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est pourquoi, selon Thomas Ferenczi, les journalistes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#034;ont d&#233;plor&#233; que Pierre Bourdieu, tout en d&#233;non&#231;ant la soumission croissante des m&#233;dias aux logiques &#233;conomiques, refuse de reconna&#238;tre que &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt; &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment un de ceux qui, dans la mesure de leurs moyens, tentaient de r&#233;sister &#224; ce mouvement.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant que &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; lui-m&#234;me - notamment dans sa rubrique &#034;Communication&#034; ou dans ses pages &#034;Economie&#034; - d&#233;nonce &#034;la soumission croissante des m&#233;dias aux logiques &#233;conomiques &#034;, on peut &#234;tre en droit de se demander&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. ce que pensent les personnels du &lt;i&gt;Midi libre&lt;/i&gt; de ces tentatives de r&#233;sistance ; &lt;br class='autobr' /&gt;
. en quoi les inflexions de la ligne &#233;ditoriale du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, de plus en plus port&#233;e &#224; &#233;pouser &#034; les logiques &#233;conomiques &#034; lib&#233;rales t&#233;moignent de ces m&#234;mes r&#233;sistances ;&lt;br class='autobr' /&gt;
. et enfin de quelle r&#233;sistance fait preuve &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; quand il pr&#233;pare son entr&#233;e en Bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais Thomas Ferenczi pr&#233;cise sa pens&#233;e dans la phrase qui suit. Les journalistes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, dit-il, &lt;i&gt;&#034;ont regrett&#233; que le sociologue mette dans le m&#234;me sac toutes les entreprises de presse et aille jusqu'&#224; se montrer plus s&#233;v&#232;re pour celles dont les id&#233;aux ne sont pourtant pas tr&#232;s &#233;loign&#233;s des siens. Pierre Bourdieu s'en &#233;tait pris ainsi &#224; la nouvelle formule du &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt;, mise en place en 1995, qu'il jugeait trop assujettie aux pressions commerciales mais aussi &#224; &lt;/i&gt;France-Culture&lt;i&gt;, qu'il voyait &#034; livr&#233;e &#224; la liquidation au nom de la modernit&#233;, de l'Audimat et des connivences m&#233;diatiques &#034;. &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant que &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; lui-m&#234;me analyse s&#233;rieusement le &#034; sac &#034; dont il pr&#233;tend s'exclure, il ne peut gu&#232;re s'attendre &#224; ce qu'on lui reconnaisse le statut d'exception qu'il revendique. Que les journalistes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; soient d&#233;&#231;us lorsque l'on met la r&#233;alit&#233; de son &#233;volution &#224; l'&#233;preuve des id&#233;aux qu'il revendique est assez compr&#233;hensible. Qu'ils regrettent de faire l'objet d'une s&#233;v&#233;rit&#233; particuli&#232;re l'est encore plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins r&#233;put&#233;e que Pierre Bourdieu et dot&#233;e de ses propres armes, Acrimed aussi a consacr&#233; une large part de ses interventions &#224; la critique du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et &#224; la d&#233;fense de &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt;. Au point que des amis n'ont pas manqu&#233; de nous le reprocher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire est ailleurs, certes. Mais si, en posant notre loupe sur l'&#233;volution du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et sur celle de &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt;, nous croyons constater que m&#234;me eux suivent la pente sur laquelle d'autres m&#233;dias ne cessent de d&#233;gringoler, nous confortons notre critique au lieu de l'affaiblir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous le faisons d'autant plus et d'autant mieux que nous ne trouvons pas, du c&#244;t&#233; du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, un quelconque alli&#233; dans une critique sans complaisance du r&#244;le de certains notables du journalisme et dans une critique sans faux-fuyants des d&#233;rives n&#233;o-lib&#233;rales des entreprises de presse et de leur orientation. C'est m&#234;me souvent le contraire qui se produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Et Thomas Ferenczi de conclure ainsi la premi&#232;re partie de son article : &lt;i&gt;&#034;Il y avait, dans cette approche globale du &#034;champ m&#233;diatique&#034;, apparemment plus attentive aux &#233;volutions d'organes de presse fid&#232;les aux valeurs essentielles de la culture qu'aux spectaculaires transformations des grandes cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, de quoi rendre perplexes ceux-l&#224; m&#234;mes qui partageaient les inqui&#233;tudes du sociologue sur le bouleversement du paysage m&#233;diatique.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perplexit&#233; pour perplexit&#233; : ce n'est pas l'&#233;volution de TF1 qui nous rend pour le moins perplexes (qui ne sait &#224; quoi s'en tenir ? ), mais celle du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quoi qu'il en soit, Thomas Ferenczi poursuit en r&#233;sumant quelques th&#232;ses de Bourdieu expos&#233;es notammment dans &lt;i&gt;L'emprise du journalisme&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#034;Pierre Bourdieu a d&#233;nonc&#233; (...) le pouvoir que &#034; les m&#233;canismes d'un champ journalistique de plus en plus soumis aux exigences du march&#233; &#034; exercent, selon lui, sur les journalistes et, en partie &#224; travers eux, sur les diff&#233;rents champs de la production culturelle.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il faille se garde de confondre, comme Bourdieu nous y invite, &#233;nonciation et d&#233;nonciation, Thomas Ferenczi cite exactement ... le d&#233;but de &lt;i&gt;L' Emprise du journalisme&lt;/i&gt;. Mais qu'en pense Thomas Ferenczi ? Et les journalistes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; ? Quelles ont les cons&#233;quences qu'ils en tirent ? Quelles r&#233;sistances opposent-ils &#224; ces m&#233;canismes ? On ne sait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Car Thomas Ferenczi est d&#233;j&#224; pass&#233; sans r&#233;pondre &#224; la suite de son expos&#233; : &lt;i&gt;&#034;Cette &#034; emprise &#034;, &#224; laquelle le d&#233;veloppement de la t&#233;l&#233;vision, devenue le m&#233;dia dominant, conf&#232;re une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent, tend &#224; renforcer dans tous les champs, explique le sociologue, le &#034;commercial&#034; au d&#233;triment du &#034; pur &#034;. &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette oposition, du moins sous une forme aussi simpliste, entre le &#034;commercial&#034; et le &#034;pur&#034;, Thomas Ferenczi le reconna&#238;tra sans difficult&#233;, n'appartient absolument pas &#224; l'analyse de Pierre Bourdieu. Elle introduit d&#233;j&#224; un biais qui sugg&#232;re que se sont des fantasmes de puret&#233; qui invitent &#224; se d&#233;fier de l'&#233;loge sans nuances du lib&#233;ralisme temp&#233;r&#233; qui fait l'ordinaire de la ligne &#233;ditoriale et de la d&#233;marche entrepreneuriale du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais nous sommes d&#233;j&#224; pass&#233; &#224; la critique suivante : &lt;i&gt;&#034;Pour Pierre Bourdieu, il ne s'agissait pas, pr&#233;cisait-il, de &#034;mettre &#224; l'index des coupables&#034;, mais d'aider plut&#244;t les journalistes &#224; se lib&#233;rer de ces &#034;contraintes cach&#233;es&#034;. Ceux-ci eurent beau jeu d'objecter que les attaques du sociologue, faute de s'appuyer sur un solide travail d'enqu&#234;te, &#233;taient d'une faible utilit&#233; pour les professionnels.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est cette critique que Ferenczi reprend quelques lignes plus loin quand, &#224; propos de &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, il &#233;crit : &lt;i&gt;&#034;Une fois de plus, les journalistes, tout en reconnaissant la justesse de certaines critiques, regrettaient que l'auteur ne s'int&#233;resse pas davantage &#224; la r&#233;alit&#233; du travail journalistique et refuse notamment de prendre en compte les r&#232;gles du m&#233;tier.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Tout en reconnaissant la justesse de certaines critiques &#034; ? Si cela est vrai, questions banales : Qui ? Quoi ? O&#249; ? Quand ? Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Pierre Bourdieu n'aurait pas aid&#233; les journalistes &#224; faire leur m&#233;tier. Question brutale : et alors ? Ou plus nuanc&#233;e : pourquoi faudrait-il subordonner l'analyse du champ m&#233;diatique &#224; celles des pratiques professionnelles qui pourtant en d&#233;pendent ? Thomas Ferenczi ne peut ignorer qu'il existe sur la sociologie du journalisme de nombreux travaux inspir&#233;s par l'analyse de Bourdieu...Il est vrai que&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt; n'en a gu&#232;re rendu compte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Pierre Bourdieu n'aurait pas fait d'enqu&#234;te. Question brutale : qu'attendent les journalistes pour faire une partie de ce travail d'investigation, au lieu de se complaire dans une vague incantation d&#233;ontologique et dans une pr&#233;sentation l&#233;gendaire de leur travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant lu dans &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; un &#034; r&#233;quisitoire &#034;, comme il le dit lui-m&#234;me, Thomas Ferenczi s'est employ&#233; &#224; r&#233;diger un plaidoyer. Un plaidoyer pour &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; qui devrait &#034; irriter &#034;... bien des confr&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un plaidoyer qui laisse, pour finir, la parole &#224; Pierre Bourdieu : &lt;i&gt;&#034;Pour lui, l'information &#233;tait devenue une affaire trop importante pour &#234;tre laiss&#233;e aux seuls journalistes.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait mieux dire ...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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