<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
	<link>https://www.acrimed.org/</link>
	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.acrimed.org/spip.php?id_mot=592&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
		<url>https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-505bf.png?1776672965</url>
		<link>https://www.acrimed.org/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les m&#233;dias contre la gauche</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-medias-contre-la-gauche-6909</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-medias-contre-la-gauche-6909</guid>
		<dc:date>2025-04-18T07:37:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Perrenot</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Introduction &#224; la r&#233;&#233;dition.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L92xH150/lesmediascontrelagauche2025-2-fc6ae.jpg?1776678564' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Publi&#233; en 2023, notre livre &lt;/i&gt;Les m&#233;dias contre la gauche&lt;i&gt; montre comment les m&#233;dias dominants jouent un r&#244;le actif dans la droitisation du d&#233;bat public depuis quarante ans. Un processus qui s'est encore acc&#233;l&#233;r&#233; ces deux derni&#232;res ann&#233;es, en m&#234;me temps que se d&#233;gradaient les conditions d'expression et d'existence m&#233;diatique de la gauche. Apr&#232;s plusieurs milliers d'exemplaires vendus, notre &#233;diteur (Agone) a d&#233;cid&#233; de le r&#233;&#233;diter en poche. Il sera disponible en librairie &#224; partir du 18 avril. Il est aussi possible de le commander &lt;a href=&#034;https://boutique.acrimed.org/-livre-les-medias-contre-la-gauche.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur notre boutique en ligne&lt;/a&gt;. Nous en publions ici l'introduction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_16054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/lesmediascontrelagauche2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH653/lesmediascontrelagauche2025-c50c7-9a8b8.jpg?1776678564' width='400' height='653' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Il y a quarante ans, en mars 1983, Fran&#231;ois Mitterrand, premier pr&#233;sident de gauche de la Ve R&#233;publique, &#233;lu en 1981 sur un programme de rupture avec le capitalisme, amorce un &#171; tournant de la rigueur &#187; et renonce de ce fait &#224; poursuivre la politique pour laquelle il a &#233;t&#233; &#233;lu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, Quand la gauche essayait. Les le&#231;ons du pouvoir (1924, 1936, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'y aura pas de retour en arri&#232;re. Au cours des ann&#233;es et des d&#233;cennies suivantes, les m&#233;dias qui s'opposaient au pouvoir gaulliste puis giscardien et avaient soutenu le candidat socialiste s'abstiennent d'interroger trop ouvertement &#8211; et &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; de critiquer &#8211; ce fait politique majeur. Au nom du r&#233;alisme, du s&#233;rieux et de la culture de gouvernement, ils l'accompagnent m&#234;me avec z&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, qui est pourtant alors embl&#233;matique de la gauche post-soixante-huitarde (quotidien fond&#233; en 1973 autour de Jean-Paul Sartre), donne un compte rendu enthousiaste d'une &#233;mission sp&#233;ciale r&#233;alis&#233;e par la cha&#238;ne de service public Antenne 2, &#171; Vive la crise ! &#187;, qui chante les louanges de l'aust&#233;rit&#233;, les vertus du march&#233; et l'obsolescence de l'&#201;tat-providence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Rimbert, &#171; Il y a quinze ans, &#8220;Vive la crise !&#8221; &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au cours des ann&#233;es 1980, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, hebdomadaire de la gauche intellectuelle et culturelle qui s'&#233;tait engag&#233; en faveur de Fran&#231;ois Mitterrand, devient l'organe de propagande de la faction du Parti socialiste la plus anticommuniste et la plus droiti&#232;re, acquise &#224; l'&#233;conomie de march&#233; la plus d&#233;brid&#233;e ; il s'accommode &#233;videmment fort bien des reniements gouvernementaux, quand il ne les appelle pas de ses v&#339;ux. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, qui tient &#224; son statut de quotidien &#171; de r&#233;f&#233;rence &#187; et &#224; sa ligne de centre gauche, s'aligne sans scrupules sur la nouvelle doxa &#233;conomique et politique. Les m&#233;dias se ferment &#224; l'&#233;conomie h&#233;t&#233;rodoxe (marxiste et m&#234;me keyn&#233;sienne) comme &#224; la critique sociale. Partout, le n&#233;olib&#233;ralisme est h&#233;g&#233;monique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, Le Grand Bond en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que connaissant une embellie &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1990, les organisations de gauche fid&#232;les &#224; l'histoire du mouvement ouvrier, qu'elles soient partisanes, syndicales, intellectuelles ou associatives, sont marginalis&#233;es et disqualifi&#233;es. Les mobilisations parfois massives contre les r&#233;formes lib&#233;rales (de la s&#233;curit&#233; sociale, des retraites, du droit du travail, de la SNCF, etc.) provoquent syst&#233;matiquement une contre-mobilisation m&#233;diatique et subissent les quolibets, le m&#233;pris et la vindicte de l'&#233;ditocratie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, Les Nouveaux Chiens de garde, Raisons d'agir, 2022.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la foul&#233;e des &#171; intellectuels contre la gauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michael Christofferson, Les Intellectuels contre la gauche. L'id&#233;ologie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, retournement qui a marqu&#233; les ann&#233;es 1970, les m&#233;dias ne cessent d'entonner leur cr&#233;do : la gauche sera &#171; moderne &#187; et &#171; modernisatrice &#187;&#8230; ou ne sera pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quarante ann&#233;es de n&#233;olib&#233;ralisme portent aussi dans leur sillage une crise sociale et une crise politique qui ont nourri une progression constante des id&#233;es et des scores &#233;lectoraux de l'extr&#234;me droite. Au cours des ann&#233;es 1980 et 1990, si Jean-Marie Le Pen est en partie d&#233;cri&#233; dans les m&#233;dias dominants, des titres comme &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; et dans une moindre mesure &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, mais aussi TF1 &#8211; qui domine alors outrageusement le paysage audiovisuel &#8211;, portent r&#233;guli&#232;rement les th&#233;matiques et les probl&#233;matiques qui font &#233;cho aux th&#232;ses du Front national : l'immigration, l'islam et l'ins&#233;curit&#233;. En 2002, c'est d'ailleurs &#224; l'issue d'une campagne o&#249; ce dernier th&#232;me aura occup&#233; une place totalement disproportionn&#233;e dans les m&#233;dias que Jean-Marie Le Pen acc&#232;de au second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Au cours de la d&#233;cennie suivante, la strat&#233;gie politique de Nicolas Sarkozy &#8211; qui braconne ouvertement sur les terres du FN tout en saturant un espace m&#233;diatique fascin&#233; par le personnage &#8211; puis l'ascension politique de Marine Le Pen acc&#233;l&#232;rent la banalisation de son parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette configuration du d&#233;bat public, la gauche de gauche est doublement perdante. D'une part, la question sociale, qu'il s'agisse des retraites, des salaires, du logement ou des services publics, est rel&#233;gu&#233;e dans les tr&#233;fonds des d&#233;bats &#8211; quand elle n'est pas pr&#233;empt&#233;e par Marine Le Pen sans que les vedettes du journalisme politique y trouvent &#224; redire. D'autre part, d&#232;s lors qu'un ou plusieurs des termes du triptyque immigration&#8211;islam-ins&#233;curit&#233; occupent l'agenda m&#233;diatique, c'est &#224; travers le cadrage et les grilles de lecture de la droite qu'ils sont discut&#233;s, d'autant plus que le PS, en pleine &#171; mue s&#233;curitaire &#187;, n'en finit pas de durcir son discours. Au cours des ann&#233;es 2010, et plus encore &#224; partir de 2015, &#224; la suite de la s&#233;rie d'attentats qui ont endeuill&#233; le pays, on assiste &#224; une l&#233;gitimation graduelle de mots d'ordre s&#233;curitaires, autoritaires, nationalistes et identitaires. Ces th&#233;matiques s'imposent dans une presse magazine en perte de vitesse, et surtout dans le secteur audiovisuel o&#249; la concurrence est exacerb&#233;e, notamment depuis que coexistent quatre cha&#238;nes d'information (bas de gamme) en continu. Une partie du traitement m&#233;diatique de ces th&#232;mes repose sur une mise en accusation de la gauche, syst&#233;matiquement suspect&#233;e d'ing&#233;nuit&#233; et de laxisme, de d&#233;ni et de complaisance. Prisonni&#232;re d'un d&#233;bat mutil&#233;, dont les termes ne sont pas les siens, o&#249; le pluralisme n'existe pas, la gauche ne parvient plus &#224; imposer sa mani&#232;re d'aborder ces sujets ; les d&#233;saccords qui la traversent, les analyses qu'elle propose, les r&#233;ponses alternatives qu'elle apporte deviennent m&#233;diatiquement inaudibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me m&#233;diatique para&#238;t donc, &#224; peu pr&#232;s partout et tout le temps, ouvertement hostile &#224; la gauche &#8211; et dans le m&#234;me temps tr&#232;s affable avec les politiques et intellectuels qui ont capitul&#233; devant le monde tel qu'il va. Sondages et doctes analyses politologiques &#224; l'appui, les &#233;ditocrates diront qu'ils ne font que refl&#233;ter l'&#233;tat du d&#233;bat public, rendre compte des attentes de l'opinion, des &#233;volutions des rapports de force et des positionnements des formations politiques. Qu'en aucun cas ils n'exercent quelque influence que ce soit. Les &#233;ditocrates aiment se d&#233;peindre comme de simples et humbles serviteurs de la d&#233;mocratie et du d&#233;bat public &#8211; qu'ils contribuent, de fait, &#224; organiser. L'information qu'ils produisent, la pr&#233;sentation qu'ils font des enjeux et des rapports de force politiques ne seraient que les reflets d'une r&#233;alit&#233; qui s'imposerait &#224; eux. Ils ne seraient que des miroirs du r&#233;el dont ils tenteraient de rendre compte en toute ind&#233;pendance et en toute objectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les m&#233;dias ne sont pas ind&#233;pendants ni autonomes. Au contraire, ils sont les faire-valoir et les relais d'influence de leurs propri&#233;taires. Et s'ils ne sont pas directement d&#233;pendants de ce pouvoir capitalistique, qui ne se manifeste frontalement que rarement, la plupart des grands m&#233;dias et des producteurs d'information (pris collectivement) se trouvent dans des situations d'interd&#233;pendance &#233;troite &#224; l'&#233;gard des pouvoirs politique et &#233;conomique, vis-&#224;-vis desquels ils ne sont donc pas en position de jouer leur r&#244;le de contre-pouvoir. Par ailleurs, ils ne peuvent pr&#233;tendre &#224; une quelconque objectivit&#233;, dirig&#233;s et contr&#244;l&#233;s qu'ils sont par des chefferies &#233;ditoriales sociologiquement solidaires des int&#233;r&#234;ts et des points de vue des classes dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les m&#233;dias ne d&#233;cident pas de l'actualit&#233;. En revanche, ils choisissent de porter leur regard ici plut&#244;t que l&#224;, hi&#233;rarchisent les informations qui leur parviennent, distinguent celles qu'ils estiment devoir &#234;tre trait&#233;es comme telles de celles qui doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des &#171; non-&#233;v&#233;nements &#187;, s&#233;lectionnent celles dignes d'&#234;tre &#171; mont&#233;es en une &#187; et rel&#232;guent celles qui ne m&#233;ritent que des &#171; br&#232;ves &#187;. Les m&#233;dias ne fixent pas l'agenda politique. Ils se contentent de suivre servilement celui des institutions, des partis dominants, des multinationales, etc. Les m&#233;dias ne fixent pas les termes du d&#233;bat public. Mais ils savent ignorer ou, quand ils ne le peuvent pas, disqualifier ceux qui leur d&#233;plaisent, et au contraire porter voire imposer ceux qui leur conviennent ; ils savent &#233;galement choisir &#224; dessein les questions soumises aux sond&#233;s, s&#233;lectionner les &#171; petites phrases &#187; et entretenir les pol&#233;miques. Les m&#233;dias ne s&#233;lectionnent pas les repr&#233;sentants politiques. Mais ils d&#233;cident de faciliter ou non leur expression, de leur pr&#233;senter ou non des signes de d&#233;f&#233;rence, de pr&#234;ter ou non du cr&#233;dit &#224; leurs propos, tout comme ils savent favoriser les &#171; bons clients &#187; et ignorer les plus r&#233;tifs ou les moins &#224; l'aise. Les m&#233;dias ne font &#233;videmment pas les &#233;lections. Mais ils p&#232;sent sur l'ensemble du processus &#233;lectoral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mathias Reymond et Gr&#233;gory Rzepski, Tous les m&#233;dias sont-ils de droite ?, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, les m&#233;dias jouent un r&#244;le actif dans l'histoire sans fin de la droitisation du d&#233;bat public depuis quarante ans. Et comme nous le montrerons tout au long de cet ouvrage, ce processus s'est encore acc&#233;l&#233;r&#233; au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, en m&#234;me temps que se d&#233;gradaient les conditions d'expression et d'existence m&#233;diatique de la gauche, dans toutes ses composantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, la candidature &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle d'Emmanuel Macron, qui promettait d'achever la normalisation lib&#233;rale de la France, fait l'objet d'une hyperm&#233;diatisation et d&#233;clenche des vagues d'enthousiasme incontr&#244;l&#233; dans nombre de r&#233;dactions, du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#224; la presse quotidienne r&#233;gionale, en passant par France T&#233;l&#233;visions, &lt;i&gt;L'Obs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; et BFM-TV. Une fois Emmanuel Macron &#233;lu, le journalisme politique donne toute sa mesure : personnalisation outranci&#232;re du pr&#233;sident, focalisation sur sa communication, service apr&#232;s-vente d&#233;complex&#233; des r&#233;formes engag&#233;es comme de toutes ses initiatives, fascination pour les jeux politiciens agitant le pouvoir en place, etc. Un v&#233;ritable journalisme de cour, qui montrera &#224; nouveau tout son savoir-faire lors de la campagne pr&#233;sidentielle 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ce premier quinquennat, dont l'un des objectifs d&#233;clar&#233;s &#233;tait pourtant de lutter contre le Front national, l'assise &#233;lectorale du parti de Marine Le Pen a encore progress&#233;, tout comme l'enracinement m&#233;diatique de l'extr&#234;me droite, avec, notamment, la circulation d'un commentariat ultra r&#233;actionnaire aux quatre coins du paysage de l'information et le d&#233;veloppement par Vincent Bollor&#233; de son empire m&#233;diatique. Le journalisme politique installe d&#232;s 2017 le &#171; duel Macron-Le Pen &#187; &#224; la une pour en faire le centre de gravit&#233; de la vie politique, au d&#233;triment notamment de Jean-Luc M&#233;lenchon, qui avait obtenu pr&#232;s de 20 % des voix au premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Pendant cinq ans se succ&#232;dent les chasses politico-m&#233;diatiques aux ennemis de la R&#233;publique &#8211; dont la gauche fait les frais &#8211;, et l'agenda m&#233;diatique est r&#233;guli&#232;rement polaris&#233; par les obsessions de l'extr&#234;me droite. Une longue banalisation qui culmine en 2022 avec le traitement m&#233;diatique triomphal r&#233;serv&#233; aux candidatures d'&#201;ric Zemmour et de Marine Le Pen &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le d&#233;bat public porte sur des questions socio-&#233;conomiques, on pourrait penser que la gauche est &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; sur un terrain qui lui est plus favorable. C'est loin d'&#234;tre le cas tant pr&#233;vaut dans les m&#233;dias dominants ce qu'il faut bien appeler un &#171; journalisme de classe &#187;. Le journalisme &#233;conomique stricto sensu ne tol&#232;re pas le moindre &#233;cart au pr&#234;t-&#224;-penser lib&#233;ral. Il est la chasse gard&#233;e d'une poign&#233;e de sp&#233;cialistes dont les erreurs d'analyse, les partis pris et les conflits d'int&#233;r&#234;ts sont proverbiaux mais qui continuent de clamer leur d&#233;testation de l'intervention publique et de l'&#201;tat social, comme leur croyance en l'efficience de march&#233;s omnipotents. Au-del&#224; des seules rubriques &#233;conomiques, le pluralisme est aussi en berne : les m&#233;dias multiplient les partenariats avec le patronat au pr&#233;texte d'&#339;uvrer pour l'emploi, les dirigeants de multinationales sont trait&#233;s avec une consid&#233;ration inversement proportionnelle au m&#233;pris qui accueille les revendications des salari&#233;s comme leurs mobilisations pour prot&#233;ger les acquis sociaux. Quant aux pr&#233;occupations et aux modes de vie des classes populaires, ils sont litt&#233;ralement absents des grands m&#233;dias, qui n'ont d'yeux que pour les classes sup&#233;rieures, seules &#224; m&#234;me d'attirer les annonceurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette &#233;clipse de l'enqu&#234;te sociale n'est pas nouvelle, &#224; l'inverse il est une forme de journalisme qui a prolif&#233;r&#233; pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron : le journalisme de pr&#233;fecture. La couverture de la mobilisation contre la loi Travail en 2016 avait marqu&#233; une &#233;tape d&#233;cisive dans l'accompagnement m&#233;diatique du durcissement r&#233;pressif et autoritaire de l'&#201;tat. Avec le mouvement des Gilets jaunes, cette tendance s'est encore accentu&#233;e. Les violences polici&#232;res massives subies par les manifestants ont mis des mois &#224; percer le mur d'indiff&#233;rence m&#233;diatique, alors que les r&#233;dactions relayaient en boucle les images des affrontements tout en saluant et en documentant avec d&#233;lectation la militarisation du maintien de l'ordre. Depuis, qu'il s'agisse de couvrir la moindre manifestation d'ampleur nationale, une nuit de r&#233;volte dans un quartier populaire, un fait divers crapoteux ou l'installation d'une zone &#224; d&#233;fendre (ZAD), la plupart des m&#233;dias dominants ont recours au prisme s&#233;curitaire du maintien de l'ordre. Les points de vue qui contredisent la communication des institutions r&#233;pressives sont le plus souvent ignor&#233;s et, quand les nombreuses organisations de gauche mobilis&#233;es sur ces questions trouvent &#224; s'exprimer, leurs explications ou leurs propositions sont d&#233;nigr&#233;es. Les moyens d'action politique (happenings, blocages, gr&#232;ves, etc.) ne sont plus consid&#233;r&#233;s que comme des perturbations de l'ordre&#8230; qu'il faut r&#233;tablir urgemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de ce quinquennat, toutes les composantes de la gauche ont &#233;t&#233; &#224; un moment ou &#224; un autre la cible de cabales m&#233;diatiques. Comme &#224; l'accoutum&#233;e, &#224; l'occasion de chaque mouvement social, les syndicats furent vilipend&#233;s, leurs responsables morig&#233;n&#233;s en direct sur toutes les antennes. R&#233;guli&#232;rement, les organisations &#233;cologistes qui r&#233;clament des mesures vigoureuses pour lutter contre le r&#233;chauffement climatique et le d&#233;sastre environnemental sont tourn&#233;es en ridicule et caricatur&#233;es en &#171; khmers verts &#187; par les plus grandes vedettes du journalisme. &#192; plusieurs reprises, les m&#234;mes ont entrepris de traquer d'introuvables &#171; islamo-gauchistes &#187; ou leurs succ&#233;dan&#233;s &#171; wokistes &#187; et &#171; d&#233;coloniaux &#187; qui gangr&#232;neraient La France insoumise ou, pire, l'Universit&#233;. Jusqu'au feu d'artifice final contre la Nouvelle Union populaire &#233;cologique et sociale (Nupes) lors des &#233;lections l&#233;gislatives de juin 2022. Dans la plupart des m&#233;dias se d&#233;cha&#238;na une campagne d'une violence inou&#239;e contre l'accord et chacun de ses protagonistes. Il ne s'agissait alors plus d'information mais bien d'une mobilisation de toute l'&#233;ditocratie, unanime contre une alliance et un programme remettant en cause la soumission de la gauche &#224; un certain nombre de dogmes lib&#233;raux et n'entendant pas c&#233;der au cours autoritaire de la vie politique. Une union clairement camp&#233;e &#224; gauche, dont l'existence m&#234;me et le relatif succ&#232;s dans les urnes constituent un camouflet pour les m&#233;dias dominants.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Deux ans plus tard, la guerre m&#233;diatique contre la coalition du Nouveau Front populaire, constitu&#233;e en vue des &#233;lections l&#233;gislatives apr&#232;s la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale par Emmanuel Macron en juin 2024, a pris des allures de &lt;i&gt;bis repetita&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mathias Reymond, &#171; Les m&#233;dias en guerre contre le Nouveau front populaire &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Feuilletonnant les &#171; batailles pour Matignon &#187; jusqu'&#224; plus soif, les m&#233;dias dominants ont r&#233;ussi &#224; faire oublier la victoire de la gauche aux &#233;lections, normalisant le coup de force antid&#233;mocratique du camp pr&#233;sidentiel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#233;mie Moualek, &#171; La &#034;bataille pour Matignon&#034; : comment les m&#233;dias ont fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La France insoumise est demeur&#233;e, &#224; cette p&#233;riode, leur cible privil&#233;gi&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pauline Perrenot, &#171; Le &#034;chaos&#034; de l'&#034;alliance brun-rouge&#034; : face &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la roue du pouvoir politique et de tr&#232;s nombreux partis d'opposition, gauche comprise, les grands m&#233;dias sont m&#234;me parvenus &#224; accoler au mouvement dirig&#233; par Jean-Luc M&#233;lenchon le stigmate de &#171; parti antis&#233;mite &#187; depuis le 7 octobre 2023. D&#232;s le lendemain des massacres commis par le Hamas, le journalisme dominant a &#233;pous&#233; le r&#233;cit du gouvernement d'extr&#234;me droite isra&#233;lien et a &#233;touff&#233; l'ensemble des voix et des mouvements de solidarit&#233; avec le peuple palestinien. S'est ainsi enclench&#233;e la plus vaste et la plus violente campagne de diabolisation que la sph&#232;re politico-m&#233;diatique ait entreprise &#224; l'endroit de mouvements sociaux et politiques contestataires au cours des derni&#232;res d&#233;cennies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Isra&#235;l-Palestine, le naufrage du d&#233;bat public &#187;, M&#233;diacritiques, n&#176;49, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mani&#232;re d'un redoutable acc&#233;l&#233;rateur, la question palestinienne a cristallis&#233; un processus &#224; l'&#339;uvre depuis plus de dix ans dans les champs politique et journalistique, consistant &#224; vilipender la gauche dite &#171; extr&#234;me &#187;, tout en promouvant l'extr&#234;me droite&#8230; et ses visions du monde. Gardiennes autoproclam&#233;es du &#171; cercle de la raison &#187;, les chefferies &#233;ditoriales se radicalisent et s'alignent toujours plus ouvertement sur le p&#244;le r&#233;actionnaire de la vie publique, avec lequel elles communient dans une fuite en avant autoritaire et islamophobe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;rant pr&#233;cis&#233;ment &#224; la mani&#232;re d'un trait d'union, la mouvance d'extr&#234;me centre gravitant autour du Printemps r&#233;publicain occupe de nouveau un r&#244;le majeur dans la conjoncture. L'influence dont jouit ce petit nombre d'&#233;ditorialistes, essayistes et pol&#233;mistes au sein du champ journalistique &#8211; et des sph&#232;res de pouvoir, plus g&#233;n&#233;ralement &#8211; est d'autant plus importante qu'ils disposent d'un organe de presse &#224; leur image et fait par eux, &lt;i&gt;Franc-Tireur&lt;/i&gt;, largement l&#233;gitim&#233;, repris et cit&#233; par les grands m&#233;dias en d&#233;pit, ou plus pr&#233;cis&#233;ment en raison de sa nature indigente : un condens&#233; d'&#233;ditorialisation et une synth&#232;se du pr&#234;t-&#224;-penser dominant. Sous la coupe du groupe Czech Media Invest &#8211; propri&#233;t&#233; du milliardaire Daniel Kretinsky et dont la pr&#233;sidence est assur&#233;e par l'illustre Denis Olivennes &#8211;, l'hebdomadaire devrait m&#234;me b&#233;n&#233;ficier d'une &#171; d&#233;clinaison &#187; sur la TNT en 2025. Tandis que l'empire Bollor&#233; continue de doper la droitisation et le confusionnisme ambiants, le pluralisme n'en finit plus de s'&#233;tioler&#8230; Dans un tel contexte, c'est la possibilit&#233; m&#234;me de l'existence de la gauche dans le d&#233;bat public &#8211; c'est-&#224;-dire une apparition qui ne soit pas pr&#233;alablement entach&#233;e de discr&#233;dit voire de diffamation syst&#233;matique &#8211; qui est tout simplement en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans ont pass&#233;&#8230; et ce sont bien l'ensemble des dynamiques d&#233;crites dans ces pages qui ont redoubl&#233; d'intensit&#233;. Mobilisation de l'&#233;ditocratie contre les opposants &#224; la r&#233;forme des retraites d&#233;but 2023&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Retraites : l'&#233;ditocratie avec Macron &#187;, M&#233;diacritiques, n&#176;46, avril-juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; rappels &#224; l'ordre et triomphe des injonctions s&#233;curitaires au moment des r&#233;voltes des quartiers populaires en juin 2023&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mathias Reymond, &#171; Mort de Nahel : de l'appel au calme au rappel &#224; l'ordre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; accompagnement de la r&#233;pression lors des manifestations &#233;cologistes, notamment &#224; Sainte-Soline&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Acrimed, &#171; Sur BFM-TV, la police fait l'information &#187;, dans Avoir vingt ans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; surexposition outranci&#232;re de Jordan Bardella, la t&#234;te de liste du Rassemblement national aux &#233;lections europ&#233;ennes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Acrimed, &#171; Ascension de l'extr&#234;me droite : les m&#233;dias complices et coupables (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; rel&#233;gation du journalisme social face &#224; la supr&#233;matie des actionnaires du CAC40, qui accaparent les b&#233;n&#233;fices de la politique &#233;conomique d'Emmanuel Macron &#224; mesure qu'ils licencient massivement partout en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Acrimed, &#171; Journalisme &#233;conomique : 40 ans de propagande au service du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne compte plus les sympt&#244;mes de la d&#233;b&#226;cle du &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187;, d&#233;voyant les missions d'information et de pluralisme qui, en th&#233;orie, le consacrent historiquement comme un pilier de la d&#233;mocratie. Nous ne tirons aucune satisfaction &#224; voir les diagnostics ici pos&#233;s demeurer d'une br&#251;lante actualit&#233;. Plut&#244;t la conviction que le combat pour une r&#233;appropriation d&#233;mocratique des m&#233;dias est, aujourd'hui encore davantage qu'hier, une n&#233;cessit&#233; politique de premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Pauline Perrenot, &lt;i&gt;Les m&#233;dias contre la gauche&lt;/i&gt;, Agone, 2025, p. 7-19.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &lt;i&gt;Quand la gauche essayait. Les le&#231;ons du pouvoir (1924, 1936, 1944, 1981)&lt;/i&gt;, Agone, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Rimbert, &#171; Il y a quinze ans, &#8220;Vive la crise !&#8221; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, f&#233;vrier 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &lt;i&gt;Le Grand Bond en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; au monde&lt;/i&gt;, Agone, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &lt;i&gt;Les Nouveaux Chiens de garde&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michael Christofferson, &lt;i&gt;Les Intellectuels contre la gauche. L'id&#233;ologie antitotalitaire en France (1968-1981)&lt;/i&gt;, Agone, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mathias Reymond et Gr&#233;gory Rzepski, &lt;i&gt;Tous les m&#233;dias sont-ils de droite ?&lt;/i&gt;, Acrimed &amp; Syllepse, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mathias Reymond, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Les-medias-en-guerre-contre-le-Nouveau-Front&#034;&gt;Les m&#233;dias en guerre contre le Nouveau front populaire&lt;/a&gt; &#187;, Acrimed, 5 juillet 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#233;mie Moualek, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/La-bataille-pour-Matignon-comment-les-medias-ont&#034;&gt;La &#034;bataille pour Matignon&#034; : comment les m&#233;dias ont fait oublier l'&#233;lection&lt;/a&gt; &#187;, Acrimed, 15 octobre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pauline Perrenot, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Le-chaos-de-l-alliance-brun-rouge-face-a-la&#034;&gt;Le &#034;chaos&#034; de l'&#034;alliance brun-rouge&#034; : face &#224; la censure, l'&#233;ditocratie en roue libre&lt;/a&gt; &#187;, Acrimed, 6 d&#233;cembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Isra&#235;l-Palestine, le naufrage du d&#233;bat public &#187;, &lt;i&gt;M&#233;diacritiques&lt;/i&gt;, n&#176;49, janvier-mars 2024 ; &#171; Maccarthysme m&#233;diatique &#187;, &lt;i&gt;M&#233;diacritiques&lt;/i&gt;, n&#176;51, juillet-septembre 2024 et &#171; M&#233;dias et Palestine &#187;, &lt;i&gt;M&#233;diacritiques&lt;/i&gt; n&#176;53, hiver 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Retraites : l'&#233;ditocratie avec Macron &#187;, &lt;i&gt;M&#233;diacritiques&lt;/i&gt;, n&#176;46, avril-juin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mathias Reymond, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Mort-de-Nahel-de-l-appel-au-calme-au-rappel-a-l&#034;&gt;Mort de Nahel : de l'appel au calme au rappel &#224; l'ordre&lt;/a&gt; &#187;, Acrimed, 12 juillet 2023 et Pauline Perrenot, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Nahel-et-revoltes-urbaines-promenade-a-travers-la&#034;&gt;Nahel et r&#233;voltes urbaines : promenade &#224; travers la PQR&lt;/a&gt; &#187;, Acrimed, 17 juillet 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Acrimed, &#171; Sur BFM-TV, la police fait l'information &#187;, dans &lt;i&gt;Avoir vingt ans &#224; Sainte-Soline&lt;/i&gt;, sous la direction du Collectif du Loriot, La Dispute, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Acrimed, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Extreme-droite-les-medias-complices-et-coupables&#034;&gt;Ascension de l'extr&#234;me droite : les m&#233;dias complices et coupables&lt;/a&gt; &#187;, Blast, 25 juin 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Acrimed, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Journalisme-economique-40-ans-de-catechisme&#034;&gt;Journalisme &#233;conomique : 40 ans de propagande au service du capital&lt;/a&gt; &#187;, Blast, 3 novembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Politiser la haine : la strat&#233;gie du buzz</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Politiser-la-haine-la-strategie-du-buzz</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Politiser-la-haine-la-strategie-du-buzz</guid>
		<dc:date>2025-03-27T11:16:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samuel Bouron</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Un extrait du livre de Samuel Bouron, &#171; Politiser la haine &#187;, La Dispute, 2025.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L93xH150/politiserlahaine_logo-90f16.jpg?1776678564' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions un extrait du livre de Samuel Bouron, &lt;a href=&#034;https://ladispute.fr/catalogue/politiser-les-affects/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Politiser la haine&lt;/i&gt;, La Dispute, 2025&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_16040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/politiserlahaine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L350xH563/politiserlahaine-9ac44-24def.jpg?1776678564' width='350' height='563' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Se placer du c&#244;t&#233; des &#171; gens respectables &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Dans leur r&#244;le de cadrage des probl&#232;mes publics, les identitaires associent un langage propre &#224; chacune de leurs actions : &#171; Fran&#231;ais de souche &#187;, &#171; racisme antiblancs &#187;, &#171; francocide &#187; ou encore &#171; grand remplacement &#187;. Ces mots constituent un moyen pour eux de fabriquer des raccourcis interpr&#233;tatifs. Les musulmans sont notamment associ&#233;s &#224; l'ins&#233;curit&#233; (ils sont assimil&#233;s &#224; des &#171; racailles &#187;) en m&#234;me temps qu'&#224; des mauvais pauvres (ils viendraient b&#233;n&#233;ficier des aides sociales). Surtout, les immigr&#233;s sont rendus responsables de leur sort, puisque leur comportement serait imputable &#224; leur essence (leur culture, leur religion, leur personnalit&#233;) plut&#244;t qu'&#224; des logiques sociales, collectives et structurales. De cette fa&#231;on, les actions m&#233;diatiques des identitaires op&#232;rent un acte de minoration des populations musulmanes, qui sont construites comme des alt&#233;rit&#233;s radicales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Guillaumin, L'Id&#233;ologie raciste. Gen&#232;se et langage actuel, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, inf&#233;rioris&#233;es par rapport &#224; la population majoritaire. En relayant ces actions, les m&#233;dias participent &#224; la diffusion de ces cha&#238;nes de causalit&#233; et &#224; la construction de la stigmatisation des populations musulmanes, dans un contexte o&#249; celles-ci sont invisibilis&#233;es dans l'espace public, en particulier les femmes, plus encore lorsqu'elles portent le voile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre T&#233;vanian, Le Voile m&#233;diatique. Un faux d&#233;bat : &#171; l'affaire du foulard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces raccourcis interpr&#233;tatifs auraient peu de chances de s'imposer s'ils n'&#233;taient pas align&#233;s sur certains pr&#233;suppos&#233;s id&#233;ologiques d&#233;j&#224; pr&#233;sents dans les m&#233;dias grand public. Les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s ont tendance &#224; parler des minorit&#233;s &#8211; comme c'est le cas des habitants racis&#233;s des banlieues &#8211; pour y souligner, souvent &#224; partir des cas les plus extr&#234;mes, les suppos&#233;s probl&#232;mes d'ins&#233;curit&#233; (vols, drogue, rod&#233;os, etc.) et de communautarisme religieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Berthaut, La Banlieue du &#171; 20 heures &#187;. Ethnographie d'un lieu commun (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette m&#233;diatisation des banlieues offre un miroir saisissant de celle, folkloriste, propos&#233;e par le JT de 13 heures de TF1, des villages &#171; authentiques &#187; d'une France rurale des terroirs et des traditions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Leroux, Philippe Teillet, &#171; La politique de l'apolitique. Le &#034;13 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le cadrage audiovisuel des territoires populaires place insidieusement le normal du c&#244;t&#233; du peuple blanc, par opposition &#224; des minorit&#233;s racis&#233;es qui sont pr&#233;sent&#233;es par rapport &#224; un &#233;cart avec la norme majoritaire et blanche. Certes, la r&#233;ception de ces programmes t&#233;l&#233;vis&#233;s ne vaut pas automatiquement adh&#233;sion et l'on sait que leur r&#233;ception induit parfois des formes de r&#233;sistance ou d'attention oblique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cl&#233;mentine Berjaud, &#171; Retour empirique sur l'attention oblique. Le cas des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutefois, ce constat n'emp&#234;che pas d'interroger la place des m&#233;dias dans la construction des rapports sociaux de classe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Masclet, L'Invit&#233; permanent. La r&#233;ception de la t&#233;l&#233;vision dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de race et la fa&#231;on dont ils donnent la possibilit&#233; au public de r&#233;affirmer ses positions au sein de cette structure sociale et raciale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maxime Cervulle, Dans le blanc des yeux. Diversit&#233;, racisme et m&#233;dias, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En cela, l'audiovisuel n'offre pas tant des id&#233;ologies racistes explicites que des principes de vision et de division du monde social et racial qui concordent avec les impens&#233;s de la population majoritaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Franck Rebillard et Camille No&#251;s, &#171; La m&#233;diatisation analys&#233;e au prisme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui concordent avec les visions du monde des identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, dans l'audiovisuel priv&#233; en particulier, la gauche, bien plus que l'extr&#234;me droite, semble nager &#224; contre-courant. Les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de ces cha&#238;nes fournissent un cadre normatif propice &#224; la mise &#224; distance des formes jug&#233;es ill&#233;gitimes d'expression de l'injustice. Les mouvements de gr&#232;ve sont d'autant plus disqualifi&#233;s lorsqu'ils troublent l'ordre &#233;conomique &#8211; blocage des raffineries, gr&#232;ve des transports, etc. &#8211; ou l'ordre s&#233;curitaire &#8211; &#171; violences &#187; des manifestants, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Acrimed, Les M&#233;dias contre la rue. 25 ans de d&#233;mobilisation sociale, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le micro-trottoir aupr&#232;s des voyageurs rest&#233;s en gare du fait d'une gr&#232;ve des cheminots ou les porte-parole somm&#233;s de condamner les d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels caus&#233;s par des manifestants apparaissent comme autant d'invitations &#224; ce que le public s'identifie davantage aux usagers et consommateurs des biens et des services qu'aux travailleurs dont les motivations et la col&#232;re restent souvent incomprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de divertissement suivent une logique similaire, offrant des conseils pour optimiser ses achats, acqu&#233;rir un logement, mais aussi l'am&#233;nager et le d&#233;corer. Ils enseignent &#233;galement comment cuisiner, s'habiller ou &#233;duquer ses enfants, participant ainsi &#224; d&#233;finir les bonnes normes et &#224; dessiner les contours de la respectabilit&#233; sociale. Cette offre m&#233;diatique mat&#233;rialise des distances entre groupes sociaux au sein des classes populaires, en valorisant plut&#244;t les propri&#233;taires par rapport aux locataires, ceux qui travaillent par rapport &#224; ceux qui font gr&#232;ve, etc. La construction symbolique des groupes sociaux qu'op&#232;re cette offre m&#233;diatique et politique incline bien plus le public &#224; regarder vers le bas, c'est-&#224;-dire vers les fractions des classes populaires plus vuln&#233;rables, aupr&#232;s desquelles il faut maintenir co&#251;te que co&#251;te une distance &#233;conomique et culturelle, au d&#233;triment d'un regard port&#233; vers le haut, c'est-&#224;-dire vers les groupes sociaux mieux dot&#233;s, et qui semblent plus figurer comme des mod&#232;les &#224; suivre que comme des mod&#232;les &#224; &#233;viter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Olivier Schwartz, &#171; Haut, bas, fragile : sociologies du populaire. Entretien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, sur les territoires o&#249; le vote RN semble &#234;tre le mieux install&#233;, &#234;tre du c&#244;t&#233; de Marine Le Pen revient &#224; se placer du c&#244;t&#233; des gens respectables, si bien qu'il n'est plus du tout un vote indicible, mais au contraire un motif de fiert&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Beno&#238;t Coquard, Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en d&#233;clin, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'inverse, voter &#224; gauche revient &#224; se placer du c&#244;t&#233; des &#171; cassos &#187; &#8211; les fractions les plus fragilis&#233;es des classes populaires &#8211; et des immigr&#233;s, per&#231;us comme des groupes moins respectables que le sien. Pour ces sympathisants RN, ils viendraient en France et feraient des enfants pour profiter des aides sociales, vendraient ou consommeraient de la drogue, commettraient des vols, auraient une hygi&#232;ne douteuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapha&#235;l Challier, &#171; S'engager au Front national pour ne plus &#234;tre des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, dans les faits divers qu'ils politisent, les identitaires se placent toujours du c&#244;t&#233; des &#171; gens respectables &#187;, de la majorit&#233; blanche. Dans un atelier consacr&#233; &#224; la construction d'actions pour attirer l'attention des m&#233;dias, on apprend &#224; les accompagner d'une s&#233;mantique racialisante. Le formateur-militant fait &#233;tat de quatre piliers que tout bon militant devrait avoir en t&#234;te lorsqu'il imagine une future action : &#171; l'originalit&#233;, l'audace, la finesse et l'insolence &#187;. &#171; Surtout, &#233;vitez d'&#233;noncer directement des g&#233;n&#233;ralit&#233;s et pr&#233;f&#233;rez partir d'un fait. &#187; Les identitaires aiment en effet s'appuyer sur des faits divers plac&#233;s sous les feux de l'actualit&#233;, qui suscitent une vive &#233;motion : l'affaire Ren&#233; Galinier, le d&#233;c&#232;s de soldats fran&#231;ais en Afghanistan, etc.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par exemple, le restaurant &#034;Chez papa&#034; emploie des clandestins alors qu'il sert des produits du terroir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En janvier 2009, une cinquantaine de militants avaient fait irruption dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. R&#233;fl&#233;chissez &#224; l'angle. Qu'est-ce que vous voulez d&#233;noncer ? Qu'est-ce que vous voulez faire ressortir ? Dans ce cas, d&#233;noncer le patronat c'est trop vague, mais on peut pr&#233;ciser de quels patrons on parle. R&#233;fl&#233;chissez aussi &#224; qui revendiquera l'action : une association ? Les jeunes identitaires ? Le Bloc identitaire ? Ayez &#224; l'esprit que l'objectif d'une action est double. Elle a comme objectif premier de faire interdire des concerts, comme dans le cas de la campagne contre Sniper (un groupe de rap), ou de d&#233;noncer la malbouffe. Mais il y a un enjeu secondaire qui consiste &#224; faire entrer une id&#233;e ou un concept dans la t&#234;te, comme &#034;sanctuarisation du domicile&#034; dans le cas de l'affaire Galinier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2010, Ren&#233; Galinier avait bless&#233; deux femmes qui s'&#233;taient introduites (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, r&#233;fl&#233;chissez &#224; la fa&#231;on de m&#233;diatiser, &#224; travers un communiqu&#233; de presse, des photos ou des vid&#233;os, en sachant qu'il faut toujours publier avant le lendemain. Dans le cas d'une prise vid&#233;o, r&#233;fl&#233;chissez &#224; tout, &#224; filmer le cadre de l'action et &#224; faire des plans g&#233;n&#233;raux, &#224; bien positionner la banderole par rapport &#224; la cam&#233;ra. Travaillez une mise en sc&#232;ne, comme on l'avait fait pour l'action du Quick halal : &#034;Vous ne servez pas de cochon, ils vont venir &#224; vous !&#034;. Donc pr&#233;voyez des slogans, des banderoles, des tracts. La banderole est int&#233;ressante parce qu'elle fixe le message. N'oubliez pas en la r&#233;alisant que le plus important, c'est la vid&#233;o, pas les gens qui sont l&#224;. Et ne cherchez pas non plus &#224; copier ou &#224; faire du r&#233;chauff&#233;. Essayez toujours d'innover. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, l'immigration devient dans le sens commun la principale cause des maux sociaux, &#233;clipsant les cadrages concurrents de la gauche. Cette derni&#232;re est rendue inaudible sur les questions d'immigration, dont l'extr&#234;me droite est devenue propri&#233;taire. Elle parvient plus difficilement &#224; exposer ses propres cha&#238;nes de causalit&#233; dans les m&#233;dias, et notamment la fa&#231;on dont les rapports de pouvoir se perp&#233;tuent. Il n'en a pourtant pas toujours &#233;t&#233; ainsi. Jusque dans les ann&#233;es 1970, le discours dominant &#224; propos de l'immigration reposait sur un cadrage &#171; humanitaire &#187;, mettant l'accent sur la vuln&#233;rabilit&#233; d'immigr&#233;s qui b&#233;n&#233;ficient de peu de droits et qui subissent des discriminations racistes. Mais il est concurrenc&#233; &#224; partir des ann&#233;es 1990 par un discours conservateur qui associe l'immigration &#224; un trouble &#224; l'ordre public et &#224; une menace pour l'unit&#233; de la nation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rodney Benson, L'Immigration au prisme des m&#233;dias, Rennes, PUR, 2017 (2013).&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De personnes &#224; d&#233;fendre, les immigr&#233;s deviennent ainsi progressivement des individus &#224; combattre. Militants et sympathisants d'extr&#234;me droite se mobilisent pour faire valoir leur point de vue, et quand les m&#233;dias relaient le cadrage conservateur du ph&#233;nom&#232;ne migratoire, ils participent dans le m&#234;me temps &#224; invisibiliser le cadrage &#171; humanitaire &#187; concurrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Rassemblement national, l'activit&#233; m&#233;diatique des identitaires est une aubaine. Le parti se propose de &#171; remettre en ordre &#187; la nation, en l'&#233;purant de ses membres dont il pr&#233;sume qu'ils menacent son &#233;quilibre. La prise en charge politique du probl&#232;me &#8211; moins de tol&#233;rance, s&#233;curisation du territoire, etc. &#8211; est align&#233;e sur le cadrage des identitaires, qui constituent ainsi des alli&#233;s objectifs du RN. Plus encore, les identitaires contraignent les politiques &#224; se situer par rapport &#224; un probl&#232;me qu'ils sont parvenus &#224; formuler et &#224; imposer dans l'espace m&#233;diatique. La droite, et parfois au-del&#224;, en concurrence avec le RN pour le m&#234;me &#233;lectorat, peut alors &#234;tre tent&#233;e de reprendre la rh&#233;torique de l'extr&#234;me droite et les propositions qu'elle formule pour tirer un b&#233;n&#233;fice politique de ce cadrage m&#233;diatique. Indirectement, la strat&#233;gie m&#233;tapolitique des identitaires contribue ainsi &#224; tirer vers elle le d&#233;bat public. On voit toute l'importance pour l'extr&#234;me droite positionn&#233;e dans le champ politique, principalement le Rassemblement national, d'&#234;tre indirectement soutenue par des alli&#233;s positionn&#233;s de fa&#231;on homologue dans le champ m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Samuel Bouron, &lt;i&gt;Politiser la haine&lt;/i&gt;, La Dispute, 2025, p. 63-70.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Colette Guillaumin, &lt;i&gt;L'Id&#233;ologie raciste. Gen&#232;se et langage actuel&lt;/i&gt;, Paris, Folio, 2002 (1972).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre T&#233;vanian, &lt;i&gt;Le Voile m&#233;diatique. Un faux d&#233;bat : &#171; l'affaire du foulard islamique &#187;&lt;/i&gt;, Paris, Raisons d'Agir, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Berthaut, &lt;i&gt;La Banlieue du &#171; 20 heures &#187;. Ethnographie d'un lieu commun journalistique&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Leroux, Philippe Teillet, &#171; La politique de l'apolitique. Le &#034;13 heures de TF1&#034; &#187;, &lt;i&gt;Mots&lt;/i&gt;, n&#176; 67, 2001, p. 59-69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cl&#233;mentine Berjaud, &#171; Retour empirique sur l'attention oblique. Le cas des discours t&#233;l&#233;vis&#233;s d'Hugo Ch&#225;vez &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt;, n&#176; 190-191, 2015, p. 217-246.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Olivier Masclet, &lt;i&gt;L'Invit&#233; permanent. La r&#233;ception de la t&#233;l&#233;vision dans les familles populaires&lt;/i&gt;, Malakoff, Armand Colin, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maxime Cervulle, &lt;i&gt;Dans le blanc des yeux. Diversit&#233;, racisme et m&#233;dias&lt;/i&gt;, Paris, Amsterdam, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Franck Rebillard et Camille No&#251;s, &#171; La m&#233;diatisation analys&#233;e au prisme de la racialisation. Ant&#233;riorit&#233;s &#233;tats-uniennes et tendances de la recherche fran&#231;aise &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt;, n&#176; 223, 2020, p. 9-42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Acrimed, &lt;i&gt;Les M&#233;dias contre la rue. 25 ans de d&#233;mobilisation sociale&lt;/i&gt;, Paris, Adespote, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Olivier Schwartz, &#171; Haut, bas, fragile : sociologies du populaire. Entretien avec Annie Collovald et Olivier Schwartz &#187;, &lt;i&gt;Vacarme&lt;/i&gt;, n&#176; 37, 2006, p. 50-55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Beno&#238;t Coquard, &lt;i&gt;Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en d&#233;clin&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapha&#235;l Challier, &#171; S'engager au Front national pour ne plus &#234;tre des &#034;cassos&#034; ? Le r&#244;le du m&#233;pris de classe dans une campagne municipale &#187;, &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233;s contemporaines&lt;/i&gt;, n&#176; 119, 2020, p. 61-87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En janvier 2009, une cinquantaine de militants avaient fait irruption dans le restaurant &#171; Chez papa &#187; qui avait &#233;t&#233; &#224; la t&#234;te, l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, du mouvement des travailleurs sans-papiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2010, Ren&#233; Galinier avait bless&#233; deux femmes qui s'&#233;taient introduites par effraction dans son domicile, suscitant la cr&#233;ation d'un comit&#233; de soutien d'extr&#234;me droite. Les identitaires soutiendront de la m&#234;me mani&#232;re en 2013 le &#171; bijoutier de Nice &#187;, qui avait tu&#233; un homme apr&#232;s s'&#234;tre fait braquer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rodney Benson, &lt;i&gt;L'Immigration au prisme des m&#233;dias&lt;/i&gt;, Rennes, PUR, 2017 (2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bollorisme, un journalisme de guerre culturelle</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-bollorisme-un-journalisme-de-guerre-culturelle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Le-bollorisme-un-journalisme-de-guerre-culturelle</guid>
		<dc:date>2025-03-11T09:13:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie B&#233;nilde</dc:creator>


		<dc:subject>Vincent Bollor&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un extrait du livre de Marie B&#233;nilde, &#171; Le p&#233;ril Bollor&#233; &#187;, La Dispute, 2025.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-L-empire-Bollore-" rel="directory"&gt;L'empire Bollor&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Vincent-Bollore-+" rel="tag"&gt;Vincent Bollor&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L93xH150/leperilbollore-5fe32.jpg?1776675496' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions un extrait du livre de Marie B&#233;nilde, &lt;a href=&#034;https://ladispute.fr/catalogue/le-peril-bollore/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le p&#233;ril Bollor&#233;&lt;/i&gt;, La Dispute, 2025&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_16015 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/leperilbollore.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L350xH563/leperilbollore-bcff4-ecb64.jpg?1776675496' width='350' height='563' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&#171; Je suis d&#233;mocrate-chr&#233;tien et je n'ai aucun projet id&#233;ologique, [&#8230;] je suis tout doux et d&#233;bonnaire, pas du tout un Attila&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Commission d'enqu&#234;te sur l'attribution, le contenu et le contr&#244;le des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; affirme Vincent Bollor&#233;, le 13 mars 2024, devant une commission d'enqu&#234;te de l'Assembl&#233;e nationale. Le milliardaire y assure que les &#171; contenus du groupe Canal+ n'ont qu'un objectif : servir ses abonn&#233;s et ses t&#233;l&#233;spectateurs &#187;. Ou encore que &#171; CNews est un succ&#232;s parce que CNews raconte la v&#233;rit&#233;, re&#231;oit tout le monde, du moins ceux qui le souhaitent, et offre un espace de libert&#233; &#187;. La v&#233;rit&#233; est une mati&#232;re tr&#232;s mall&#233;able pour ce grand patron, huiti&#232;me fortune fran&#231;aise, qui se garde bien de confirmer un quelconque projet id&#233;ologique. &#192; l'&#233;couter, l'industriel ne serait qu'un simple patron lib&#233;ral comme il y en a tant. Son entr&#233;e dans les m&#233;dias ? Elle ne serait mue que par les perspectives financi&#232;res : &#171; le secteur des m&#233;dias est le deuxi&#232;me secteur d'activit&#233; le plus rentable du monde, apr&#232;s le luxe &#187;, dit-il encore &#224; la commission. Et s'il s'est vu affubler par une presse hostile du qualificatif &#171; d'extr&#234;me droite &#187;, c'est pour la simple raison qu'il &#171; [met] fin &#224; une f&#234;te &#187; &#224; Canal+ o&#249; &#171; le champagne coulait &#224; flots &#187; en 2014- 2015, ce qui d&#233;plairait &#224; une certaine intelligentsia proche des milieux de la culture qui chercherait &#224; lui nuire. Pourtant, ces derni&#232;res ann&#233;es, Vincent Bollor&#233; a fait entrer son empire m&#233;diatique dans une bataille culturelle, au sens gramscien du terme. Son projet, longtemps cach&#233;, se dessine ainsi de plus en plus nettement.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Bollor&#233;, combattant civilisationnel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Au fil des ann&#233;es, Bollor&#233; a troqu&#233; son costume de parfait patron pour celui de combattant civilisationnel. Sa mission ? D&#233;fendre une France qu'il fantasme menac&#233;e par un islam radicalis&#233;, un wokisme d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, une modernit&#233; contraire aux grandes valeurs fran&#231;aises, ou encore par la bien-pensance d'une gauche qui musellerait les voix critiques. Dramatisation d'une nation au bord d'un p&#233;ril identitaire et existentiel, agitation des passions et des peurs, d&#233;signation de boucs &#233;missaires (immigr&#233;s, LGBTQ+, &#233;cologistes, bobos, etc.) et mobilisation du &#171; bon sens &#187; autorisent d&#232;s lors toutes les surench&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me sers de mes m&#233;dias pour mener un combat civilisationnel &#187;, d&#233;clare-t-il en petit comit&#233;, selon Vincent Beaufils, directeur de &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;. Pour mener ce combat &#224; bien, Bollor&#233; peut compter sur de fid&#232;les destriers, pr&#233;sentateurs et &#233;ditorialistes, qui lui sont d'autant plus loyaux que le milliardaire les prot&#232;ge, les r&#233;mun&#232;re grassement ou leur offre l'occasion de relancer une carri&#232;re en berne. Lors de ses auditions parlementaires, le milliardaire s'est souvent d&#233;fendu d'avoir fait un choix id&#233;ologique en recrutant &#201;ric Zemmour. Ce journaliste politique n'&#233;tait-il pas d&#233;j&#224; employ&#233; par des m&#233;dias tr&#232;s respectables avant de rejoindre sa cha&#238;ne d'information ? On pouvait en effet le retrouver dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, France 2, RTL, I-T&#233;l&#233;, Canal+, Paris Premi&#232;re et M6. D&#233;j&#224;, il parlait d'&#171; invasion &#187; ou d'&#171; envahisseurs &#187; &#224; propos des migrants. Et il faisait la promotion de ses livres sur toutes les antennes. En f&#233;vrier 2015, avant l'arriv&#233;e de Bollor&#233;, le groupe Canal+ avait d&#233;cid&#233; de suspendre sa participation &#224; la cha&#238;ne apr&#232;s ses propos tenus dans le &lt;i&gt;Corriere della Sera&lt;/i&gt; parlant de &#171; d&#233;portation &#187; de musulmans de France &#8211; un terme qu'&#201;ric Zemmour nie avoir prononc&#233;, lui pr&#233;f&#233;rant celui de &#171; remigration &#187; &#8211; et d'un avenir de &#171; chaos &#187; et de &#171; guerre civile &#187; li&#233; &#224; &#171; cette situation d'un peuple dans le peuple &#187;. On le voit, celui que la presse appelait encore frileusement le &#171; pol&#233;miste &#187; n'a pas attendu Bollor&#233; pour r&#233;v&#233;ler son vrai visage. Ce qui prouve deux choses : les m&#233;dias fran&#231;ais avaient d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; promouvoir des id&#233;es r&#233;actionnaires ; et c'est bien en connaissance de cause qu'&#201;ric Zemmour a &#233;t&#233; recrut&#233; par Bollor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre Bollor&#233; et les autres patrons de m&#233;dias qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; ne tient pas tant au message diffus&#233; par &#201;ric Zemmour &#8211; il reste &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me dans le fond chez le chroniqueur de &lt;i&gt;Face &#224; l'info&lt;/i&gt; sur CNews &#8211; qu'&#224; la capacit&#233; de l'homme d'affaires &#224; r&#233;sister aux &#171; campagnes de presse &#187; contre son prot&#233;g&#233; et &#224; faire fi des condamnations judiciaires. En septembre 2020, l'&#233;ditorialiste est condamn&#233; en premi&#232;re instance pour injures publiques et provocation &#224; la haine raciale apr&#232;s ses propos tenus &#224; la convention de la droite le 28 septembre 2019. Un jugement confirm&#233; en cassation par la cour d'appel en 2024. C'est sur LCI, qui retransmettait alors la convention en direct, qu'on a pu entendre ses propos comparant les immigr&#233;s &#224; des &#171; colonisateurs &#187; et parlant d'&#171; islamisation de la rue &#187;, utilisant le voile et la djellaba comme &#171; les uniformes d'une arm&#233;e d'occupation &#187;. Une fois arriv&#233; sur CNews, il ne varie pas de registre mais monte d'un cran dans les outrances racistes en affirmant &#224; propos des mineurs &#233;trangers que ce sont des &#171; voleurs &#187;, des &#171; assassins &#187; et des &#171; violeurs &#187;, ce qui lui vaut en janvier 2022 une condamnation pour provocation &#224; la haine et injure raciale. Jusqu'&#224; l'officialisation de son entr&#233;e dans la course &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, le 30 novembre 2021, &#201;ric Zemmour a toutefois pu compter sur un soutien &#224; toute &#233;preuve de celui qui l'appelle, dans un signifiant lapsus lors de son audition au S&#233;nat un mois et demi plus tard, &#171; pr&#233;sident de la R&#233;publique &#187;. &#171; Je sais que, pour en avoir discut&#233; avec lui, Vincent Bollor&#233; est tr&#232;s conscient du danger de civilisation qui nous guette, de remplacement de civilisation &#187;, confiait Zemmour le 21 janvier 2022 sur LCI : &#171; Il veut l&#233;guer &#224; ses enfants et &#224; ses petits-enfants la France qu'on lui a l&#233;gu&#233;e. &#187; Et c'est donc tout naturellement qu'il se sert des deux cha&#238;nes de Bollor&#233;, CNews et C8, comme d'une rampe de lancement de sa future campagne &#233;lectorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec sa faconde de journaliste sportif et son go&#251;t du spectacle d'ancien &#233;tudiant en art dramatique, Pascal Praud ne m&#233;nage pas non plus ses efforts pour s'int&#233;grer parfaitement dans la bo&#238;te &#224; musique de la maison Bollor&#233;. Le 26 avril 2021, il fait la promotion sur CNews d'une tribune parue dans &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; et sign&#233;e par une vingtaine de g&#233;n&#233;raux factieux &#224; la retraite qui accusent des &#171; partisans haineux et fanatiques d'une guerre raciale &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; l'islamisme &#187; et les &#171; hordes de banlieue &#187;, de vouloir le &#171; d&#233;litement &#187; de la France. Le pr&#233;sentateur s'en sortira avec une remontrance de la ministre des Arm&#233;es Florence Parly (&#171; C'est irresponsable &#187;) et une mise en garde du CSA. &#192; l'occasion des &#233;lections l&#233;gislatives de 2024, o&#249; Dani&#232;le Obono a &#233;t&#233; &#233;lue d&#233;put&#233;e LFI par 64 % des voix, il reprend &#224; son tour la th&#233;orie de Renaud Camus en d&#233;clarant que dans cette circonscription &#171; on peut parler de grand remplacement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de l'investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2025, il exulte sur CNews cette &#171; aspiration des Am&#233;ricains renvoie &#224; celles des Fran&#231;ais qui est sur beaucoup de points identique &#187; : &#171; Le camp du bien a perdu le monopole des id&#233;es, il ne contr&#244;le plus le r&#233;cit, la victoire de Trump porte un coup terrible au wokisme, au progressisme, &#224; la pens&#233;e unique. Sa r&#233;ussite &#8211; si r&#233;ussite il y a &#8211; enterrera les id&#233;es les plus folles qui ont gangren&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es le d&#233;bat public. &#187; Il est vrai que Pascal Praud emprunte beaucoup au discours trumpien et parle comme sur Fox News, la cha&#238;ne ultraconservatrice aux &#201;tats-Unis. &#171; Folle &#187;, &#171; dingue &#187;, &#171; hyst&#233;rique &#187;, peut-on entendre dans son &#233;mission du 6 mai 2019 &#224; l'adresse de la militante &#233;cologiste Claire Nouvian qui lui demande si elle n'est pas dans une &#233;mission climatosceptique. Le titre du d&#233;bat ? &#171; Le &#034;refroidissement&#034; climatique ? &#187; sous pr&#233;texte qu'il fait &#171; moins trois degr&#233;s ce matin dans les Yvelines &#187;. Le 18 septembre 2024, il entend d&#233;fendre la &#171; libert&#233; d'expression &#187; pour s'indigner dans le &lt;i&gt;JDNews&lt;/i&gt; : &#171; Amusez-vous &#224; critiquer un rapport du GIEC ! La plan&#232;te br&#251;le. L'homme est responsable. C'est une v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le soutien des catholiques int&#233;gristes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Les id&#233;es de Vincent Bollor&#233; sont aussi religieuses. Donateur et ma&#238;tre d'&#339;uvre du foyer Jean Bosco, l'industriel est proche de son directeur, l'abb&#233; Grimaud, qui passe pour son confesseur et conseiller spirituel. Est-ce aupr&#232;s de lui que le Breton aurait trouv&#233; cette qualit&#233; remarquable qu'il confesse sur sa pratique religieuse : &#171; La religion catholique est formidable : je p&#232;che, je me confesse, je recommence &#187; ? (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 25 juillet 2021). Toujours est-il que ce pr&#234;tre traditionaliste va influer sur les m&#233;dias de Bollor&#233;. En 2020, en plein Covid, le milliardaire rach&#232;te &lt;i&gt;La France catholique&lt;/i&gt;, hebdomadaire dont le directeur de la r&#233;daction est Aymeric Pourbaix, coordinateur, avec l'abb&#233; conservateur, du &#171; p&#232;lerinage du monde des m&#233;dias &#187;. Ensemble, ils installent sur CNews puis, en 2024, sur Europe 1, l'&#233;mission dominicale &lt;i&gt;En qu&#234;te d'esprit&lt;/i&gt;. Militant contre la profanation des &#233;glises, la d&#233;christianisation et l'avortement, il ne craint pas de consacrer des th&#233;matiques &#224; l'&#339;uvre du diable, comme ce 29 septembre 2024 o&#249; son programme est intitul&#233; &#171; Comment le d&#233;mon agit dans le monde ? &#187;. Entre deux &#233;crans de publicit&#233; pour Castorama, Google ou Cartier, le p&#232;re Duloisy, pr&#234;tre &#171; exorciste &#187; au dioc&#232;se de Paris, explique comment le tentateur nous d&#233;tourne des grands principes chr&#233;tiens : &#171; On ach&#232;te des paires de chaussures plus qu'il n'en faut ou on joue en Bourse, on prend des d&#233;riv&#233;s du bonheur. &#187; Aymeric Pourbaix se fait alors l'avocat du diable : &#171; C'est un peu comme la publicit&#233;, le d&#233;mon&#8230; &#187; R&#233;ponse du sp&#233;cialiste : &#171; Ah ! Je pense que les &#233;coles de commerce ont un grand talent pour vider votre porte-monnaie dans la direction o&#249; elles veulent vous envoyer pour augmenter votre consommation : au lieu de vous vendre un yaourt, on vous en vend douze. &#187; Ni la r&#233;gie publicitaire de CNews, ni l'agence Havas, ni le ma&#238;tre en op&#233;rations boursi&#232;res Vincent Bollor&#233; n'ont saisi l'Arcom devant une telle profanation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission ne se limite toutefois pas &#224; ces joyaux de critique de la consommation et du capitalisme. Le 25 f&#233;vrier 2024, une &#233;mission consacr&#233;e au droit &#224; l'IVG pr&#233;sente &#224; l'&#233;cran une infographie reprenant des chiffres du site Worldometer et faisant du recours &#224; l'IVG &#171; la premi&#232;re cause de mortalit&#233; dans le monde &#187; avec &#171; 73 millions en 2022, soit 52 % des d&#233;c&#232;s &#187;. &#171; Pour le cancer, c'est 10 millions ; et pour le tabac, c'est 6,2 millions &#187;, ajoute le pr&#233;sentateur. Un point de vue d&#233;livr&#233; sans contradiction et nourri par des intervenants qui d&#233;ploient en toute libert&#233; et pendant 48 minutes des propos anti-IVG. De quoi mettre en cause l'honn&#234;tet&#233; du traitement de l'information, m&#234;me si la direction, devant le scandale d&#233;clench&#233; par cette infographie, plaide l'erreur technique et pr&#233;sente ses excuses. Le m&#234;me montage est pourtant diffus&#233; une seconde fois malgr&#233; l'&#233;moi suscit&#233;. Le rapporteur saisi par l'Arcom apr&#232;s 40 000 signalements d&#233;cide d'abord de ne pas demander de sanctions compte tenu du fait qu'il s'agit d'une &#233;mission de d&#233;bats dans une approche &#171; philosophico-spirituelle &#187;, mais il engage le r&#233;gulateur &#224; &#171; intervenir promptement et fermement en vue de r&#233;guler ces d&#233;rives de nature confessionnelle &#187; peu respectueuses de la la&#239;cit&#233;. La cha&#238;ne sera finalement condamn&#233;e par l'Arcom &#224; payer 100 000 euros en novembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement pour diffuser un film contre l'avortement, &lt;i&gt;Unplanned&lt;/i&gt;, produit par un studio &#233;vang&#233;lique am&#233;ricain proche de Donald Trump, que Bollor&#233; utilise C8 en 2021. Mais c'est aussi aux innombrables messes et c&#233;r&#233;monies li&#233;es au calendrier chr&#233;tien que l'on peut reconna&#238;tre l'empreinte d'une certaine tradition religieuse dans la programmation audiovisuelle de la cha&#238;ne. Le 15 ao&#251;t 2021, pas moins de douze heures sont consacr&#233;es &#224; des programmes catholiques, un record pour une cha&#238;ne priv&#233;e de la TNT qui dispose d'une fr&#233;quence gratuite conc&#233;d&#233;e par la puissance publique. Ce jour-l&#224;, f&#234;te de Marie dans le calendrier chr&#233;tien, c'est Dominique Rey, &#233;v&#234;que de Fr&#233;jus-Toulon qui c&#233;l&#232;bre la messe. Ce dernier autorise les pr&#234;tres de ses &#233;glises, comme &#224; Saint-Fran&#231;ois-de-Paule dans le centre de Toulon, &#224; refuser aux chr&#233;tiens la communion d&#232;s lors qu'ils ne veulent pas s'agenouiller devant l'hostie et ouvrir la bouche, comme le font les traditionalistes. L'&#233;v&#234;que, qui faisait venir Marion Mar&#233;chal &#224; une universit&#233; d'&#233;t&#233; catholique en 2015, a d&#251; d&#233;missionner &#224; la demande du pape Fran&#231;ois dix ans plus tard apr&#232;s un audit sur son dioc&#232;se. Il reste tr&#232;s proche de Vincent Bollor&#233; au point de pouvoir exprimer les convictions profondes de l'homme d'affaires dans &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt; : &#171; Pour lui, une certaine vision de l'homme est aujourd'hui menac&#233;e &#187; (12 novembre 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bollor&#233; le catholique a peu en commun avec le chef de son &#201;glise, le souverain pontife, qui appelle &#224; l'accueil des migrants en d&#233;non&#231;ant un &#171; nationalisme exag&#233;r&#233; et agressif &#187;, les &#171; tentations id&#233;ologiques ou populistes &#187; ou encore &#171; la r&#233;apparition de courants agressifs envers les &#233;trangers &#187;. Cela ne l'emp&#234;che pas de se r&#233;clamer du catholicisme et surtout de faire de la d&#233;fense de &#171; l'occident chr&#233;tien &#187; le grand et dernier but de sa vie. En d&#233;cembre 2024, dans la Revue des m&#233;dias de l'INA, Dominique Greiner, le directeur g&#233;n&#233;ral de Bayard Presse (groupe fond&#233; par la congr&#233;gation des assomptionnistes), a dress&#233; un tableau sombre mais lucide de la situation : &#171; L'&#201;glise catholique se retrouve aujourd'hui en difficult&#233; pour se positionner, notamment face &#224; Vincent Bollor&#233; et Pierre-&#201;douard St&#233;rin. Ils polluent le d&#233;bat par leur puissance &#233;conomique et financi&#232;re et promeuvent une forme du catholicisme. Qui n'est que &#231;a : une forme du catholicisme. Tr&#232;s &#233;troite, par ailleurs. Ils ont arros&#233; tous les mouvements de l'&#201;glise, qui aujourd'hui ne peuvent plus se passer de leurs fonds. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#338;uvrer &#224; l'union des droites&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Mais Bollor&#233; cherche surtout &#224; prendre part &#224; des combats plus directement politiques et partisans. D'abord proche de Nicolas Sarkozy &#8211; qu'il a depuis nomm&#233; administrateur du groupe Lagard&#232;re, rachet&#233; par ses soins &#8211;, Vincent Bollor&#233; encourage la candidature d'&#201;ric Zemmour en 2022 avant de jouer la carte Marine Le Pen-Jordan Bardella contre le cordon sanitaire qui se met en place en juillet 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ses m&#233;dias, ni le Rassemblement national ni m&#234;me Reconqu&#234;te n'appartiennent &#224; ce que l'on appelle &#171; l'extr&#234;me droite &#187;. S'il consid&#232;re Marine Le Pen comme trop sociale en raison de son programme de d&#233;penses publiques en soutien &#224; sa politique de pr&#233;f&#233;rence nationale, il voit d'un bon &#339;il Jordan Bardella, pr&#233;sident du RN, dont il appr&#233;cie la clart&#233; du discours r&#233;actionnaire, la souplesse sur la question de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite (le pr&#233;sident du RN a &#233;voqu&#233; 66 ans pour ceux qui ont commenc&#233; &#224; travailler &#224; 24 ans) et &#171; le virage lib&#233;ral assum&#233; qui place l'entreprise au c&#339;ur de son projet &#233;conomique &#187;, comme le dit &#201;ric Ciotti (&lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;, 4 juillet 2024). Le milliardaire per&#231;oit aussi le besoin d'appui du pr&#233;sident du RN pour mener &#224; bien son ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la dissolution surprise de l'Assembl&#233;e nationale en juin 2024, Bollor&#233; fait entrer ses m&#233;dias en campagne. L'objectif est d'abord de rejeter toute id&#233;e de &#171; front r&#233;publicain &#187; contre le RN puis d'accoutumer l'opinion &#224; l'id&#233;e qu'il n'y a pas d'alternative &#224; une alliance avec cette formation politique. D&#232;s le 10 juin, &#201;ric Ciotti, alors pr&#233;sident de LR, rend visite &#224; Vincent Bollor&#233;, avec lequel il d&#233;jeune une fois par mois &#224; Paris, selon Le Monde, pour orchestrer son ralliement au RN. Apr&#232;s l'&#233;chec d'&#201;ric Zemmour &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, le grand patron lib&#233;ral-conservateur entend en effet promouvoir une formation d&#233;fendant &#171; l'occident chr&#233;tien &#187; par son combat contre l'immigration et en faveur de l'ordre, tout en s'appuyant sur des politiques sensibles aux int&#233;r&#234;ts de l'argent et de ses affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les plateaux de CNews, Pascal Praud met alors en mots et en images les consignes de son pr&#233;sident-actionnaire. &#171; &#201;ric Ciotti a &#233;cout&#233; ses militants &#187;, vante-t-il, tout en raillant &#171; les chefs &#224; plumes des R&#233;publicains [qui] ont r&#233;cus&#233; cet accord au nom de la morale &#187; et accusant la droite d'&#234;tre &#171; d&#233;connect&#233;e du terrain, sans courage, sans id&#233;es et sans avenir, qui d&#233;cid&#233;ment ne comprend rien &#224; rien, et surtout pas ses &#233;lecteurs &#187; (12 juin 2024). Quand il re&#231;oit des figures traditionnelles de la droite rest&#233;es fid&#232;les &#224; leur famille lib&#233;rale, il ne manque d'ailleurs jamais d'interroger : &#171; Mais puisque vous &#234;tes d'accord avec Jordan Bardella sur l'immigration, pourquoi ne pas travailler avec lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapha&#235;lle Bacqu&#233;, &#171; Comment &#201;ric Ciotti a orchestr&#233; avec Vincent Bollor&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? &#187; Puis, il s'emploie &#224; soutenir une ligne favorable &#224; une alliance avec le RN sous les gouvernements successifs de Michel Barnier et de Fran&#231;ois Bayrou, en applaudissant les concessions faites pour complaire &#224; ses repr&#233;sentants. &#171; Cela ne s'appelle pas faire monter les ench&#232;res &#187;, d&#233;clare le 18 d&#233;cembre le pr&#233;sentateur de &lt;i&gt;L'Heure des pros&lt;/i&gt; pour saluer la qualit&#233; d'arbitre de l'h&#233;riti&#232;re historique de l'extr&#234;me droite, &#171; c'est faire ce que fait Marine Le Pen &#224; juste titre. La logique serait le programme commun de la droite, ce qu'a fait Giorgia Meloni en Italie [&#8230;]. &#192; partir du moment o&#249; vous dites que le RN c'est des fascistes, vous aurez du mal &#224; trouver une majorit&#233; &#187;. La nomination de Michel Barnier l'int&#233;resse aussi pour la place qu'y prend son ministre de l'Int&#233;rieur, Bruno Retailleau, qui est qualifi&#233; de &#171; vice-premier ministre &#187; sur CNews. Laurence Ferrari se d&#233;sole, quant &#224; elle, du &#171; psychodrame &#187; cr&#233;&#233;e par la direction non-ciottiste de LR. Les m&#233;dias Bollor&#233; tentent aussi de rabibocher Reconqu&#234;te et le Rassemblement national, comme sur &lt;i&gt;TPMP&lt;/i&gt;, devant plus de deux millions de t&#233;l&#233;spectateurs, le jeudi 13 juin, quand Cyril Hanouna t&#233;l&#233;phone en direct &#224; Jordan Bardella et tend le t&#233;l&#233;phone &#224; Sarah Knafo pour un appel &#224; l'union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette bataille pour l'union des droites, Bollor&#233; ne m&#233;nage pas ses efforts. Il lance en urgence une nouvelle &#233;mission sur Europe 1, taill&#233;e sur mesure pour le pr&#233;sentateur phare de &lt;i&gt;TPMP&lt;/i&gt; et laisse courir de fausses rumeurs sur le site du &lt;i&gt;Journal du dimanche&lt;/i&gt;, vendredi 5 juillet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Gabriel Attal d&#233;nonce une &#034;fausse information&#034; du JDD publi&#233;e juste avant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, quelques heures seulement avant la fin de campagne, en affirmant que le gouvernement s'appr&#234;terait &#224; suspendre la loi sur l'immigration, ou qu'Emmanuel Macron songerait &#224; un d&#233;part anticip&#233;, deux rumeurs imm&#233;diatement d&#233;menties par l'ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Marie B&#233;nilde, &lt;i&gt;Le p&#233;ril Bollor&#233;&lt;/i&gt;, La Dispute, 2025, p. 67-78.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Commission d'enqu&#234;te sur l'attribution, le contenu et le contr&#244;le des autorisations de services de t&#233;l&#233;vision &#224; caract&#232;re national sur la t&#233;l&#233;vision num&#233;rique terrestre, d&#233;pos&#233; le jeudi 28 mars 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapha&#235;lle Bacqu&#233;, &#171; Comment &#201;ric Ciotti a orchestr&#233; avec Vincent Bollor&#233; l'annonce de son ralliement au RN &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 13 juin 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Gabriel Attal d&#233;nonce une &#034;fausse information&#034; du &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt; publi&#233;e juste avant la fin de la campagne des l&#233;gislatives &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 6 juillet 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les faits divers, industrie m&#233;diatique et arme id&#233;ologique pour l'extr&#234;me droite</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-faits-divers-industrie-mediatique-et-arme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-faits-divers-industrie-mediatique-et-arme</guid>
		<dc:date>2024-09-20T14:40:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samuel Bouron</dc:creator>


		<dc:subject>Faits divers</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Extrait du livre &#171; Extr&#234;me droite : la r&#233;sistible ascension &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Faits-divers-+" rel="tag"&gt;Faits divers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L104xH150/amsterdam-couv-extreme-droite-1063x1536-7dcce.jpg?1776678564' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions un extrait du chapitre &#171; Les faits divers, industrie m&#233;diatique et arme id&#233;ologique pour l'extr&#234;me droite &#187;, contribution du sociologue Samuel Bouron &#224; l'ouvrage collectif &lt;a href=&#034;http://www.editionsamsterdam.fr/extreme-droite-la-resistible-ascension/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Extr&#234;me droite : la r&#233;sistible ascension&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, qui vient de para&#238;tre aux &#201;ditions Amsterdam&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extr&#234;me droite : la r&#233;sistible ascension, Ugo Palheta (dir.), Institut La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous signalons au passage que Pauline Perrenot (Acrimed) y est l'autrice du chapitre &#171; M&#233;dias et extr&#234;me droite : de la banalisation &#224; la promotion &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le meurtre de Lola, &#224; Paris en 2022, et celui de Thomas, &#224; Cr&#233;pol en 2023, ont &#233;t&#233; l'occasion de v&#233;ritables campagnes de diffusion d'une s&#233;mantique racialisante de la part de repr&#233;sentants politiques, d'&#233;ditorialistes et de m&#233;dias d'extr&#234;me droite. &#201;ric Zemmour a par exemple cherch&#233; &#224; mettre en circulation &#224; partir de ces faits divers la cat&#233;gorie de &#171; francocide &#187;. Si ce terme pr&#233;tend d&#233;signer l'homicide d'une personne fran&#231;aise par un &#233;tranger en raison de sa nationalit&#233;, on comprend, au regard de son usage par l'extr&#234;me droite, qu'il repose davantage sur une repr&#233;sentation raciale que sur une dimension de nationalit&#233; : il d&#233;signe le meurtre de personnes fran&#231;aises blanches par des personnes non blanches (issues de l'immigration extra-europ&#233;enne, qu'elles soient &#233;trang&#232;res ou de nationalit&#233; fran&#231;aise). D&#232;s lors, il permet de diffuser sans le dire la vieille obsession du &#171; g&#233;nocide blanc &#187; propre aux franges les plus radicales de l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces meurtres ont en outre &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s comme le sympt&#244;me d'un &#171; ensauvagement &#187; par plusieurs cadres des R&#233;publicains, ainsi que par le ministre de l'Int&#233;rieur G&#233;rald Darmanin, donnant &#224; voir la circulation des mots et des id&#233;es de l'extr&#234;me droite bien au-del&#224; de cette derni&#232;re. On mesure, &#224; partir de ces exemples, &#224; quel point les droites et extr&#234;mes droites ont entrepris, &#224; une &#233;chelle jamais vue auparavant, de politiser les faits divers, en balayant d'un revers de main l'&#233;vident reproche de &#171; r&#233;cup&#233;ration politique &#187;. Le commentaire et l'interpr&#233;tation &#8211;&#8192;orient&#233;e id&#233;ologiquement&#8192;&#8211; des faits divers, leur association automatique, du c&#244;t&#233; de l'extr&#234;me droite et d'une partie de la droite, &#224; l'immigration, sont ainsi devenus des armes courantes dans les luttes politiques et id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces tentatives de politisation des faits divers ne constituent pas des pratiques nouvelles, la structuration contemporaine de l'espace m&#233;diatique assure une diffusion croissante aux cadrages propos&#233;s par l'extr&#234;me droite, au d&#233;triment des cadrages avanc&#233;s par la gauche. En d'autres termes, une partie des m&#233;dias semble servir de &#171; haut-parleur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression est d'Erik Neveu, Sociologie des probl&#232;mes publics, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#224; des visions du monde r&#233;actionnaires, s&#233;curitaires et racistes, centr&#233;es en particulier sur la menace que constituerait l'immigration pour la s&#233;curit&#233; et l'unit&#233; de la nation. L'une des raisons les plus &#233;videntes tient &#224; la constitution de l'empire m&#233;diatique Bollor&#233; (CNews, Canal+, C8, Europe 1, JDD), qui ne dissimule gu&#232;re sa proximit&#233; avec l'extr&#234;me droite. On peut &#233;galement souligner la radicalisation de m&#233;dias historiquement associ&#233;s &#224; la droite conservatrice (&lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; et m&#234;me &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;) ou encore &#224; la mont&#233;e en puissance de la &#171; fachosph&#232;re &#187; (Fdesouche, &#201;galit&#233; et R&#233;conciliation, Riposte la&#239;que,&#8192;etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la croissance de m&#233;dias class&#233;s &#224; l'extr&#234;me droite ne suffit pas &#224; expliquer la capacit&#233; de cette famille politique &#224; produire des &#171; paniques morales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si ce concept n'est pas sans ambigu&#239;t&#233;. Voir Lilian Mathieu, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ces faits divers se diffusent en effet bien au-del&#224; de la galaxie de l'extr&#234;me droite, dans des m&#233;dias grand public, et notamment dans les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, sur les cha&#238;nes d'information en continu, et dans la presse quotidienne r&#233;gionale. Pour expliquer comment les faits divers sont devenus un tel support de diffusion des visions du monde de l'extr&#234;me droite, il s'agira donc d'analyser &#233;galement la transformation des m&#233;dias mainstream ou, mieux, les transformations de la structure du champ journalistique.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Contraintes &#233;conomiques et inflation des faits divers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Une premi&#232;re r&#233;ponse se trouve dans les contraintes qui structurent la production de l'information. J&#233;r&#244;me Berthaut, &#201;ric Darras et Sylvain Laurens ont enqu&#234;t&#233; sur la fabrication de l'actualit&#233; d'un journal de presse locale. Ils ont montr&#233; que l'attractivit&#233; &#233;conomique des faits divers, mais aussi la d&#233;pendance des journalistes aux sources polici&#232;res et judiciaires, suscitent la production de contenus qui am&#232;nent une lecture racialisante des probl&#232;mes sociaux, qui contribue &#224; stigmatiser les minorit&#233;s racis&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Berthaut, &#201;ric Darras et Sylvain Laurens, &#171; Pourquoi les faits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La production journalistique est en fait prise dans un ensemble de contraintes &#8211;&#8192;rapport au temps, poids de la hi&#233;rarchie, d&#233;pendance aux sources, format,&#8192;etc. &#8211;&#8192;qui peuvent expliquer que l'extr&#234;me droite tire plus facilement parti des transformations de l'espace m&#233;diatique et notamment des logiques d'audience qui s'y imposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons, &#224; cet &#233;gard, les propos pr&#233;monitoires du sociologue Pierre Bourdieu dans &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; : &#171; La t&#233;l&#233;vision [&#8230;] fait courir un danger tr&#232;s grand aux diff&#233;rentes sph&#232;res de la production culturelle, art, litt&#233;rature, science, philosophie, droit [&#8230;]. Je pourrais en faire ais&#233;ment la preuve en analysant le traitement que, pouss&#233;e par la recherche de l'audience la plus large, la t&#233;l&#233;vision, suivie par une partie de la presse, a accord&#233; aux fauteurs de propos et d'actes x&#233;nophobes et racistes ou montrant les concessions qu'elle fait chaque jour &#224; une vision &#233;troite et &#233;troitement nationale, pour ne pas dire nationaliste, de la politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, Sur la t&#233;l&#233;vision. Suivi de L'Emprise du journalisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Bourdieu expliquait que le poids croissant des contraintes commerciales dans le champ journalistique agissait comme une forme de censure, notamment en emp&#234;chant l'&#233;mergence d'une pens&#233;e critique, au profit de raccourcis et d'id&#233;es re&#231;ues, souvent r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, les logiques ne sont pas nouvelles. L'expansion des faits divers dans les colonnes des journaux est contemporaine du d&#233;veloppement de la presse populaire. Elle conna&#238;t son &#226;ge d'or &#224; la veille de la Premi&#232;re Guerre mondiale : c'est &#224; cette &#233;poque qu'&#233;merge le reportage et que les r&#233;dacteurs sont amen&#233;s &#224; se d&#233;placer sur le terrain, &#224; commencer par les commissariats, et font parfois preuve d'audace et de roublardise pour d&#233;nicher des histoires sulfureuses. Le fait divers est alors un genre journalistique mineur, principalement destin&#233; aux d&#233;butants, qui paie mal et ne conf&#232;re aucune s&#233;curit&#233; de l'emploi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Khalifa, &#171; Les t&#226;cherons de l'information : petits reporters et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. R&#233;put&#233;s tr&#232;s lus, les faits divers constituent un moyen de diffuser les journaux vers un lectorat plus populaire. La presse d'extr&#234;me droite s'en saisit d&#233;j&#224; pour acqu&#233;rir une notori&#233;t&#233; dans l'espace m&#233;diatique : par exemple, &#201;douard Drumont, auteur du pamphlet antis&#233;mite &lt;i&gt;La France juive&lt;/i&gt;, publi&#233; en 1886, donne &#224; voir dans le journal populaire &lt;i&gt;La Libre Parole&lt;/i&gt; les pr&#233;tendues agressions des juifs &#224; l'encontre des Fran&#231;ais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Noiriel, Le Venin dans la plume. &#201;douard Drumont, &#201;ric Zemmour et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourdieu soulignait que les &#171; faits divers&#8192;font diversion &#187;, parce qu'ils favorisent des contenus anecdotiques au d&#233;triment d'informations aux enjeux plus importants, concernant de possibles modifications des structures &#233;conomiques et politiques. Mais ils ne font pas que cela : ils livrent une information souvent vectrice d'une forte charge &#233;motionnelle et capable de retenir l'attention du public, sans exiger de comp&#233;tence particuli&#232;re pour saisir d'&#233;ventuels enjeux sous-jacents. C'est pourquoi ils tendent &#224; int&#233;resser tout le monde et fragmentent peu le public. Bourdieu disait donc qu'ils sont &#171; omnibus &#187;, au sens o&#249; ils semblent ne pas soulever d'enjeux directement politiques. &#192; ce titre, ils parviennent d'autant plus &#224; susciter des formes de consensus, notamment s&#233;curitaires, qu'ils ne reposent pas sur des arguments mais mobilisent des affects (par exemple, dans tous les cas o&#249; ce sont des enfants qui sont en jeu). Pour l'extr&#234;me droite, les faits divers constituent donc un instrument id&#233;al pour faire infuser ses visions du monde aupr&#232;s d'un plus grand public. La part qu'ils prennent dans l'espace m&#233;diatique, et le poids des m&#233;dias dans l'acc&#232;s aux repr&#233;sentations politiques, se sont consid&#233;rablement accrus ces derni&#232;res d&#233;cennies. La lib&#233;ralisation des ondes &#224; la fin des ann&#233;es 1970 augmente l'offre radiophonique, mais surtout, la privatisation d'une partie de l'audiovisuel dans les ann&#233;es 1980 (notamment la cession de la premi&#232;re cha&#238;ne, TF1, au groupe Bouygues), exacerbe la concurrence entre cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision pour l'obtention de la plus grande part du g&#226;teau publicitaire. Selon cette logique, la garantie de fortes audiences permet de faire monter les tarifs des annonceurs. Les faits divers peuvent alors constituer un levier de cette strat&#233;gie commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, l'&#233;mergence des cha&#238;nes d'information en continu (LCI en 1994, i-T&#233;l&#233; en 1999, qui deviendra&#8192;plus tard CNews, puis BFM en 2005), conjugu&#233;e au relatif d&#233;clin de la presse &#233;crite, contribue encore davantage &#224; d&#233;placer le centre de gravit&#233; du champ journalistique vers l'audiovisuel. Dans ce contexte, les faits divers grignotent une part croissante de la surface r&#233;dactionnelle des m&#233;dias. Entre 2002 et 2012, leur part augmente de 73&#8192;% dans les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s selon le barom&#232;tre de l'Institut national de l'audiovisuel (INA)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les faits divers dans les JT : toujours plus &#187;, INA Stat, n&#176;&#8192;30, juin&#8192;2013.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Presque inexistants dans celui d'Arte (1&#8192;% du JT), ils repr&#233;sentent plus de 9&#8192;% de la composition de celui de M6, avec en premier lieu des actes de violence contre des personnes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Claude Picard, &#171; Les faits divers &#187;, Communication, vol. 19/1, 1999, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en particulier des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur part dans la composition du journal et leur traitement varient selon les modes de financement des m&#233;dias. Les journaux les plus contraints par des logiques commerciales et, dans une moindre mesure, les m&#233;dias de diffusion locale tendent &#224; leur accorder une place plus importante. Les faits divers pr&#233;sentent pour eux l'avantage de r&#233;pondre &#224; la contrainte de produire l'information dans l'urgence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Marchetti et Olivier Baisn&#233;e, &#171; L'&#233;conomie de l'information en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus, leur production est largement routinis&#233;e : les sources polici&#232;res et judiciaires &#233;tant dispos&#233;es &#224; collaborer avec les journalistes, l'information devient peu co&#251;teuse &#224; produire. Pour les m&#233;dias qui tendent &#224; &#234;tre les plus d&#233;pendants des logiques d'audience, les faits divers pr&#233;sentent ainsi des propri&#233;t&#233;s id&#233;ales, ce qui explique pourquoi les journalistes en sont particuli&#232;rement friands.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'extr&#234;me droite comme fonds de commerce des m&#233;dias&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;De fa&#231;on concomitante &#224; l'inflation des faits divers, l'extr&#234;me droite est devenue plus visible dans l'espace m&#233;diatique. Alors qu'ils &#233;taient cantonn&#233;s aux marges de l'espace m&#233;diatique jusque dans les ann&#233;es 1980, ses acteurs ont d&#233;sormais la possibilit&#233; de s'exprimer sur les r&#233;seaux sociaux (X/Twitter, YouTube, TikTok), sur les &#233;missions de plateau (CNews, C8, BFM) ou dans une presse magazine &#224; fort tirage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les cha&#238;nes d'information en continu comblent une partie de leur important temps d'antenne en invitant, notamment aux heures creuses, des d&#233;put&#233;s, s&#233;nateurs ou repr&#233;sentants d'associations qui, par le pass&#233;, avaient moins la possibilit&#233; d'appara&#238;tre face cam&#233;ra. C'est en particulier le cas des &#233;lus Rassemblement national qui, depuis qu'ils disposent d'un groupe parlementaire, sont bien plus fr&#233;quemment invit&#233;s &#224; la t&#233;l&#233;vision qu'auparavant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Darras, &#171; Ordre politique et d&#233;sordre m&#233;diatique. Que sait-on de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour tirer son &#233;pingle du jeu de ce &#171; second march&#233; m&#233;diatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Leroux, Philippe Riutort, La Politique sur un plateau. Ce que le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, il faut se conformer aux codes de l'information en continu, en mobilisant l'art des &#171; petites phrases &#187; destin&#233;es &#224; &#234;tre reprises par d'autres m&#233;dias et sur les r&#233;seaux sociaux. Susciter le buzz pour exister en politique devient d&#232;s lors la strat&#233;gie privil&#233;gi&#233;e de ceux qui sont positionn&#233;s en marge du champ, m&#234;me si les acteurs centraux n'h&#233;sitent pas &#224; en user eux-m&#234;mes, par exemple pour influer sur l'agenda m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Peu importe qu'on parle du FN en bien ou en mal, l'important, c'est qu'on en parle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les propos de Jean-Marie Le Pen rapport&#233;s par Jacques Le Bohec, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Tel &#233;tait d&#233;j&#224; le credo de Jean-Marie Le Pen, qui usait de d&#233;clarations racistes pour provoquer ses adversaires, susciter des pol&#233;miques et imposer sa pr&#233;sence &#224; la Une des journaux. N&#233;anmoins, les r&#233;actions m&#233;diatiques d'adversaires politiques mieux &#233;tablis ont longtemps suffi &#224; maintenir un &#171; cordon sanitaire &#187;. C'est pourquoi le sociologue Cas Mudde affirme que les m&#233;dias sont, pour l'extr&#234;me droite, &#224; la fois des amis et des ennemis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cas Mudde, Populist Radical Right Parties in Europe, Cambridge, Cambridge (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais le FN s'est, de cette fa&#231;on, et avec l'aide des commentateurs du jeu politique, construit une image de parti antisyst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, les m&#233;dias grand public et une partie de l'extr&#234;me droite sont structuralement des alli&#233;s objectifs, et les faits divers constituent le registre journalistique qui les unit. La parole d'extr&#234;me droite comme les faits divers favorisent en effet un traitement sensationnaliste de l'actualit&#233;, en valorisant des informations qui ont une forte charge pol&#233;mique et &#233;motionnelle mais aussi un discours opposant un &#171; nous &#187; &#224; des groupes ext&#233;rieurs construits comme des alt&#233;rit&#233;s radicales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Guillaumin, L'Id&#233;ologie raciste. Gen&#232;se et langage actuel, Paris/La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette configuration d&#233;passe le seul cas fran&#231;ais. Plusieurs enqu&#234;tes montrent que l'ascension politique de personnalit&#233;s politiques d'extr&#234;me droite a &#233;t&#233; favoris&#233;e dans les &#233;conomies capitalistes par des m&#233;dias fortement d&#233;pendants de logiques commerciales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gianpietro Mazzoleni, lulianne Stewart et Bruce Horsfield, The Media and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les logiques d'audience incitent aussi une partie des m&#233;dias conservateurs &#224; renforcer le poids des faits divers dans leur mod&#232;le r&#233;dactionnel. Dans les ann&#233;es 2000, certains m&#233;dias de droite revoient leur mod&#232;le &#233;conomique et choisissent de radicaliser leur ligne &#233;ditoriale pour augmenter leurs b&#233;n&#233;fices. &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; constitue l'un des exemples les plus significatifs de ce r&#233;alignement. En 2013, Yves de Kerdrel arrive &#224; la direction du groupe Valmonde. Il est &#224; la fois proche de la presse de droite (chroniqueur au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, &#233;ditorialiste aux &lt;i&gt;&#201;chos&lt;/i&gt;) et du Medef (Commission pour la lib&#233;ration de la croissance fran&#231;aise, ancien membre du Conseil pour la diffusion de la culture &#233;conomique). Pour redresser &#233;conomiquement l'hebdomadaire, il s'appuie sur une &#233;tude marketing aupr&#232;s de son lectorat, qui l'invite notamment &#224; se positionner contre la &#171; bien-pensance &#187; et dans la lign&#233;e d'une droite &#171; d&#233;complex&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alan Ouakrat et J&#233;r&#244;me Pacouret, &#171; Les logiques politiques, &#233;conomiques et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La nouvelle formule, lanc&#233;e en janvier&#8192;2013, permet d'augmenter significativement les ventes, qui passent de 98&#8192;000 exemplaires en 2013 &#224; 123&#8192;000 en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le relatif r&#233;tablissement &#233;conomique de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; se conjugue, selon la m&#234;me strat&#233;gie de recherche commerciale, au lancement en 2014 du FigaroVox, la plateforme d'id&#233;es du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, et la vente chez les marchands de journaux d'autres revues conservatrices et r&#233;actionnaires, comme &lt;i&gt;Causeur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Incorrect&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments&lt;/i&gt;. Les cadres de l'empire Bollor&#233; tentent eux aussi de l&#233;gitimer leur ligne en arguant des chiffres d'audience. CNews est ainsi la cha&#238;ne d'information continue dont les audiences ont le plus augment&#233; en 2023 (+0,4 point), la rapprochant de celles de BFM. Europe 1 a, quant &#224; elle, vu ses audiences se redresser en 2023, alors qu'elles diminuaient depuis dix ans. Toutefois, un certain nombre d'exemples montrent la fragilit&#233; de ce mod&#232;le. Canal+, C8 et CNews restent d&#233;ficitaires &#8211;&#8192;respectivement, de 26 millions, 23 millions et 4 millions d'euros en 2022&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces chiffres proviennent de l'audit confidentiel r&#233;alis&#233; &#224; la demande des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les ventes de &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt; ont quant &#224; elles fortement reflu&#233; entre 2021 et 2022 (&#8211;&#8192;9,12&#8192;%). Enfin, la prise en main du &lt;i&gt;Journal du dimanche&lt;/i&gt;, en 2023, par Vincent Bollor&#233; a provoqu&#233; la fuite d'une partie des annonceurs traditionnels, qui n'ont pas &#233;t&#233; remplac&#233;s en totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Samuel Bouron&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Extrait de &lt;i&gt;Extr&#234;me droite : la r&#233;sistible ascension&lt;/i&gt;, Ugo Palheta (dir.), Institut La Bo&#233;tie, &#201;ditions Amsterdam, 2024, p. 129-138.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Extr&#234;me droite : la r&#233;sistible ascension&lt;/i&gt;, Ugo Palheta (dir.), Institut La Bo&#233;tie, &#201;ditions Amsterdam, 2024, p. 129-138.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression est d'Erik Neveu, &lt;i&gt;Sociologie des probl&#232;mes publics&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, p.&#8192;88-93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me si ce concept n'est pas sans ambigu&#239;t&#233;. Voir Lilian Mathieu, &#171; L'ambigu&#239;t&#233; sociale des paniques morales &#187;, &lt;i&gt;Sens-dessous&lt;/i&gt;, n&#176;&#8192;15, 2015, p.&#8192;5-13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Berthaut, &#201;ric Darras et Sylvain Laurens, &#171; Pourquoi les faits divers stigmatisent-ils ? L'hypoth&#232;se de la discrimination indirecte &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt;, n&#176;&#8192;157-158, 2009, p.&#8192;89-124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;. Suivi de &lt;i&gt;L'Emprise du journalisme&lt;/i&gt;, Paris, Raisons d'agir, 2016, p.&#8192;5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Khalifa, &#171; Les t&#226;cherons de l'information : petits reporters et faits divers &#224; la &#8220;Belle &#233;poque&#8221; &#187;, &lt;i&gt;Revue d'histoire moderne et contemporaine&lt;/i&gt;, vol. 40, n&#176;&#8192;4, 1993, p.&#8192;578-603.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Noiriel, &lt;i&gt;Le Venin dans la plume. &#201;douard Drumont, &#201;ric Zemmour et la part sombre de la R&#233;publique&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les faits divers dans les JT : toujours plus &#187;, &lt;i&gt;INA Stat&lt;/i&gt;, n&#176;&#8192;30, juin&#8192;2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Claude Picard, &#171; Les faits divers &#187;, &lt;i&gt;Communication&lt;/i&gt;, vol. 19/1, 1999, p.&#8192;99-118.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Marchetti et Olivier Baisn&#233;e, &#171; L'&#233;conomie de l'information en continu. &#192; propos des conditions de production dans les cha&#238;nes d'information en g&#233;n&#233;ral et &#224; Euronews en particulier &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt;, n&#176;&#8192;114, 2002/4, p.&#8192;181-214.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ric Darras, &#171; Ordre politique et d&#233;sordre m&#233;diatique. Que sait-on de la m&#233;diatisation du Front national ? &#187; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; L.&#8192;Barrault-Stella, B.&#8192;Ga&#239;ti et P.&#8192;Lehingue (dir.), &lt;i&gt;La Politique d&#233;senchant&#233;e ? Perspectives sociologiques autour des travaux de Daniel Gaxie&lt;/i&gt;, Rennes, PUR, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Leroux, Philippe Riutort, &lt;i&gt;La Politique sur un plateau. Ce que le divertissement fait &#224; la repr&#233;sentation&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon les propos de Jean-Marie Le Pen rapport&#233;s par Jacques Le Bohec, &lt;i&gt;Sociologie du ph&#233;nom&#232;ne Le Pen&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2005, p.&#8192;25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cas Mudde, &lt;i&gt;Populist Radical Right Parties in Europe&lt;/i&gt;, Cambridge, Cambridge University Press, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Colette Guillaumin, &lt;i&gt;L'Id&#233;ologie raciste. Gen&#232;se et langage actuel&lt;/i&gt;, Paris/La&#8192;Haye, Mouton, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gianpietro Mazzoleni, lulianne Stewart et Bruce Horsfield, &lt;i&gt;The Media and Neo-Populism : A Contemporary Comparative Analysis&lt;/i&gt;, Westport, Praeger, 2003 ; Leonie de Jonge, &lt;i&gt;The Success and Failure of Right-Wing Populist Parties in the Benelux Countries&lt;/i&gt;, Londres, Routledge, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alan Ouakrat et J&#233;r&#244;me Pacouret, &#171; Les logiques politiques, &#233;conomiques et m&#233;diatiques d'un journalisme d'extr&#234;me droite, le cas &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; &#187;, communication, 9e&#8192;congr&#232;s de l'Association fran&#231;aise de sociologie, 6&#8192;juillet 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces chiffres proviennent de l'audit confidentiel r&#233;alis&#233; &#224; la demande des instances du personnel par le cabinet sp&#233;cialis&#233; Sextant et r&#233;v&#233;l&#233; par la Lettre A, &#171; Avec C8, CNews et m&#234;me Canal+, Vincent Bollor&#233; engrange les pertes par millions &#187;, 3&#8192;juillet 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jacques Julliard, pour m&#233;moire</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Jacques-Julliard-pour-memoire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Jacques-Julliard-pour-memoire</guid>
		<dc:date>2023-10-05T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


		<dc:subject>Jacques Julliard</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un extrait du livre &#171; Les &#201;ditocrates 2 &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jacques-Julliard-+" rel="tag"&gt;Jacques Julliard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L92xH150/arton6538-2-394f6.jpg?1776678564' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les hommages m&#233;diatiques &#224; Jacques Julliard, mort le 8 septembre, se sont multipli&#233;s ces derni&#232;res semaines. Contre l'amn&#233;sie journalistique et en contrepoint de ces &#233;loges unanimes, nous publions, avec l'accord de l'auteur, le chapitre que lui consacrait S&#233;bastien Fontenelle dans &lt;a href=&#034;https://www.editionsladecouverte.fr/les_editocrates_2-9782707196132&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les &#201;ditocrates 2&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; en 2018&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;bastien Fontenelle, Mona Chollet, Olivier Cyran, Laurence de Cock, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans sa premi&#232;re et lointaine vie, le normalien et agr&#233;g&#233; d'Histoire Jacques Julliard [...] &#233;tait un historien cr&#233;dible du mouvement ouvrier, grand admirateur du syndicaliste r&#233;volutionnaire Fernand Pelloutier (1867-1901) &#8211; lequel souhaitait ardemment &#171; annihiler la r&#233;sistance du capitalisme et de ses moyens de coercition &#187;. Julliard lui-m&#234;me pratiquait alors le syndicalisme &#8211; &#224; la CFDT, certes, mais apr&#232;s tout, cette centrale, en ce temps-l&#224;, n'&#233;tait pas encore tout &#224; fait la cellule d'accompagnement psychologique des gouvernements lib&#233;raux qu'elle est devenue par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Un capitalisme assum&#233; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Puis, Jacques Julliard devient &#233;ditorialiste. Au &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, d'abord, o&#249; il entre en 1978. Il va y rester trente-deux ans, qu'il consacrera pour l'essentiel, &#224; la sainte mission d'installer ses lecteurs dans l'adoration, relativement &#233;loign&#233;e des id&#233;aux d'un Pelloutier, d'un &#171; capitalisme r&#233;el, assum&#233;, mais r&#233;gul&#233; et moralis&#233; par des gens de gauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Rimbert, &#171; D&#233;gringolade &#187;, Le Monde diplomatique, f&#233;vrier 2017.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il confessera en 2004 : &#171; Notre cr&#233;neau, que voulez-vous, c'est la gauche socialiste, c'est la gauche mod&#233;r&#233;e. &#192; ceci pr&#232;s, n'oubliez pas, que 40 % de nos lecteurs votent &#224; droite. C'est consid&#233;rable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par &#233;gard, peut-&#234;tre, pour ce si cons&#233;quent segment de sa client&#232;le, Julliard entrecoupe parfois ses odes &#224; l'ordo-capitalisme de pr&#234;ches dans lesquels pointe d&#233;j&#224; le publiciste reconverti dans l'impr&#233;cation v&#233;n&#233;neuse qui, vingt-cinq ans plus tard, fera se p&#226;mer la droite dure. En 1995, par exemple, il &#233;tablit pos&#233;ment &#171; un lien &#233;vident entre l'immigration et une d&#233;linquance v&#233;cue comme insupportable &#187;. Deux ans plus tard, il donne, toujours dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, cet avis, d'une rare puissance &#233;m&#233;tique, sur le &#171; f&#233;minisme &#224; l'am&#233;ricaine &#187;, qualifi&#233; par lui de &#171; solution finale &#187; &#8211; nous verrons plus loin qu'il a le go&#251;t des amalgames et raccourcis renvoyant au IIIe Reich : les &#233;tudiantes am&#233;ricaines sont, assure-t-il, &#171; si bien parvenues &#224; dissimuler leurs caract&#232;res sexuels secondaires &#187; que &#171; perp&#233;trer dans ces conditions les agressions dont elles se pr&#233;tendent menac&#233;es rel&#232;ve, non de la transgression, mais de l'h&#233;ro&#239;sme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; in Pierre Tevanian, &#171; Les bienfaits de la culture fran&#231;aise : retour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il cosigne, en 1998, avec d'autres vigilants gardiens des biens&#233;ances hexagonales, comme l'historien Max Gallo et le m&#233;diologue R&#233;gis Debray, une tribune, publi&#233;e par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, exhortant les &#171; r&#233;publicains &#187; &#224; ne &#171; plus &#187; avoir &#171; peur &#187;. Selon ces ombrageux hussards &#8211; qui pr&#233;sentent bien s&#251;r leurs divagations chauvinistes et masculinistes comme autant de gages de leur r&#233;alisme &#8211;, la France n'est plus elle-m&#234;me depuis qu'elle n'est plus structur&#233;e par l'&#171; encha&#238;nement de respects ancestraux &#187; dont les &#171; maillons s'appelaient jadis : le p&#232;re, l'instituteur, le maire, le lieutenant, le copain d'atelier, le secr&#233;taire de cellule ou de section syndicale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans ces m&#226;les &#8211; et viriles &#8211; tutelles, &#171; la sauvagerie &#187; r&#232;gne &#171; en ville &#187;, et &#171; les quartiers en t&#234;te pour les probl&#232;mes de violence sont ceux o&#249; l'immigration irr&#233;guli&#232;re est la plus r&#233;pandue (pauvret&#233; et ch&#244;mage obligent) &#187; : c'est dit, affirment les signataires, sans &#171; c&#233;der aux sir&#232;nes du racisme &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis encore, Julliard d&#233;livre, en 2003, cette hideuse d&#233;monstration, o&#249; le foulard musulman est explicitement pr&#233;sent&#233; comme une incitation &#224; la violence sexuelle contre celles qui le portent : &#171; Inversez les deux voyelles, et dans voile, vous trouverez viol. En dissimulant ostensiblement le sexe au regard, f&#251;t-ce sous la forme symbolique de la chevelure, vous le d&#233;signez &#224; l'attention ; en enfermant le corps f&#233;minin, vous le condamnez &#224; subir l'effraction. &#187; Il ajoute : &#171; &#192; force de vouloir se laver du p&#233;ch&#233; d'occidentalo-centrisme, la sociologie compassionnelle a fini par renoncer &#224; tout syst&#232;me de valeurs coh&#233;rent ; elle est devenue &#224; force de tol&#233;rance l'agent de la p&#233;n&#233;tration de l'intol&#233;rance dans le corps social fran&#231;ais. &#187; Autrement dit : c'est le voile qui incite au viol, et c'est l'antiracisme qui fabrique du racisme. Et de conclure : &#171; Je ne demande pas mieux que de lire de savantes r&#233;f&#233;rences historiques ou th&#233;ologiques &#224; la tol&#233;rance de l'islam. J'y adh&#232;re. Mais l&#224; n'est pas aujourd'hui le probl&#232;me : si l'islam est tol&#233;rant, qu'il le montre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; in Pierre Tevanian, &#171; Quelques remarques sur l'id&#233;ologie &#034;national- (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Au contact du peuple &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Pour se divertir, peut-&#234;tre, de la duret&#233; d'un quotidien qui lui fait endurer, parmi d'autres supplices, la d&#233;linquance des immigr&#233;s et la rudesse crypto-nazie des f&#233;ministes am&#233;ricaines, Jacques Julliard, lorsqu'il ne r&#233;dige pas des diatribes phallocrates ou des philippiques islamophobes pour &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, tient alors, pour la post&#233;rit&#233;, la chronique d&#233;taill&#233;e de ses jours et de ses soir&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son journal de l'ann&#233;e 1995, publi&#233; par un &#233;diteur complice, dit ainsi l'&#233;tendue, choisie, de sa sociabilit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations qui suivent sont tir&#233;es de : Jacques Julliard, L'Ann&#233;e des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le 9 f&#233;vrier, par exemple, il d&#238;ne &#171; chez Anne Sinclair, avec Dominique Strauss-Kahn, Olivier Duhamel et &#201;velyne &#187;. Quelques semaines plus tard, le 13 mars, il est du nombre des &#233;minents participants &#224; un &#171; d&#233;jeuner avec Jacques Chirac au &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; &#187;. En plus de l'&#233;tat-major du journal, souligne-t-il, &#171; on avait invit&#233; une brochette de patrons prestigieux : Vincent Bollor&#233;, Michel David-Weill, Jean-Luc Lagard&#232;re, Didier Pineau-Valencienne, Antoine Riboud, Serge Trigano, etc. &#187; Que de mixit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 mars : &#171; D&#238;ner chez Caroline Lang &#187;, fille de Jack, avec &#171; tout le gratin de la presse, Giesbert, PPDA, Christine Ockrent, quelques intellectuels, BHL, etc. &#187; Le 25 mars &#8211; le rythme des agapes est, on le voit, soutenu, pour ne pas dire effr&#233;n&#233; : &#171; Joyeux et sympathique d&#238;ner chez Pierre et Blandine Rosanvallon. &#187; Vendredi 31 mars : &#171; D&#238;ner avec Nicolas Sarkozy chez Bernard-Henri L&#233;vy. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De loin en loin, l'&#233;ditocrate, las peut-&#234;tre de tant de fr&#233;n&#233;sies parisiennes, s'octroie dans les recoins des provinces fran&#231;aises des escapades gourmandes, o&#249; il red&#233;couvre, pour le modique prix de quelques &#233;cus, les joies rustiques de l'asc&#232;se : &#171; L'autre jour, &#224; l'Esplan de Saint-Paul-Trois-Ch&#226;teaux, j'ai fait pour 97 francs [15 euros] un d&#238;ner qui m'a donn&#233; plus de plaisir que le dernier repas que l'on m'a offert chez Guy Savoy. Contre-snobisme ? Affectation de simplicit&#233; ? Je ne le crois pas. Ce soir-l&#224;, c'&#233;tait meilleur, tout simplement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres fois encore, il prend des vacances qui l'emm&#232;nent jusqu'en Am&#233;rique latine &#8211; et cela le fait philosopher, depuis le haut des havres cossus o&#249; il go&#251;te un repos m&#233;rit&#233; : &#171; Faut-il l'avouer, de loin, la nuit, surtout &#224; cause du mur de lumi&#232;re qu'elle tend au-dessus de la ville, une favela, c'est tr&#232;s beau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il revient &#224; son m&#233;tier, qui est de dessiller son lectorat, pour constater, effondr&#233;, que : &#171; Si la gauche a perdu le contact avec le peuple, c'est que ses dirigeants se d&#233;sint&#233;ressent de lui et pr&#233;f&#232;rent fr&#233;quenter les &#233;lites : patrons, intellectuels, journalistes. En France, les &#233;lites vivent entre elles. &#187; Il se dit m&#234;me qu'elles se font certaines fois inviter chez Guy Savoy.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Syndicaliste obtus ou gauchiste fanatis&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Mais, d&#233;cid&#233;ment, la contribution de Jacques Julliard au d&#233;bat public tient &#224; l'&#233;poque, pour l'essentiel, dans la promotion d'un capitalisme dont l'avidit&#233; pr&#233;datrice est toujours pr&#233;sent&#233;e comme une maladie infantile &#8211; et dont les poss&#233;dants sauront se gu&#233;rir seuls, si du moins &#171; la gauche &#187;, qui se voit dot&#233;e l&#224; d'une mission &#224; sa mesure, veut bien les aider &#224; mieux se canaliser. Et bien s&#251;r : un tel credo oblige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il contraint notamment celui qui le r&#233;p&#232;te &#224; longueur d'&#233;ditoriaux &#224; se montrer soyeux lorsqu'il loue par exemple, en 1995, l'audace d'Alain Jupp&#233;, Premier ministre de droite qui &#171; a pr&#233;sent&#233; un plan de r&#233;forme de la S&#233;curit&#233; sociale qui t&#233;moigne de courage et d'une v&#233;ritable ardeur r&#233;formatrice&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; in Pierre Rimbert, loc. cit.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. L'&#233;ditocrate se fait en revanche infiniment plus r&#226;peux quand il tance, plein de m&#233;pris, les syndicalistes que cette hardiesse h&#233;risse, comme les &#171; deux gros &#187; secr&#233;taires g&#233;n&#233;raux de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (CGT) et de Force ouvri&#232;re (FO)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ainsi de suite : lorsqu'en 2003 des intermittents du spectacle commettent l'effronterie caract&#233;ris&#233;e de perturber une repr&#233;sentation de &lt;i&gt;La Traviata&lt;/i&gt; &#224; Orange (Vaucluse), o&#249; lui-m&#234;me a, aux Chor&#233;gies &#8211; un festival de belle r&#233;putation &#8211;, ses habitudes d'esth&#232;te d'&#233;t&#233;, Julliard, la semaine d'apr&#232;s, narre, pour ses lecteurs, qu'il a tr&#232;s mal v&#233;cu de voir &#171; le duo de Violetta et d'Alfredo massacr&#233; par un syndicaliste obtus ou un gauchiste fanatis&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a pire encore, selon lui, que les repr&#233;sentants du salariat : il y a, dans toute sa hideur, la pl&#232;be r&#233;tive aux r&#233;formes &#8211; qui regimbe encore, de loin en loin, contre le triste destin que lui fait le patronat, et pr&#233;tend m&#234;me user, parfois, de ses derni&#232;res autonomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2002, Julliard proclame, dans une interview au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, que &#171; le peuple &#187; &#8211; dont il a donc trouv&#233; le temps de sonder l'&#226;me entre un d&#238;ner (avec Nicolas Sarkozy) chez Bernard-Henri L&#233;vy et un repas (offert) chez Guy Savoy &#8211; est &#171; devenu objectivement &#187; un conglom&#233;rat de pleutres, au sein duquel r&#232;gne &#171; la peur de l'&#233;volution, de l'Europe, de la mondialisation, de la lib&#233;ration des m&#339;urs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; in &#171; Les d&#233;cerveleurs &#187;, PLPL, juin-ao&#251;t 2002.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ann&#233;e d'apr&#232;s, en 2003 : il invective &#8211; &#224; l'unisson, comme toujours, d'une &#233;ditocratie qui est alors unanime &#224; fustiger une foule &#171; malade &#187; &#8211; les &#171; zozos &#187; qui manifestent contre un &#233;ni&#232;me projet gouvernemental de r&#233;forme des retraites, port&#233; cette fois par Fran&#231;ois Fillon : il y a l&#224;, d'apr&#232;s le docteur Julliard, m&#233;decin fameux des masses, &#171; un corps psychotique [&#8230;] en proie [&#8230;] aux peurs collectives et aux fantasmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; in Henri Maler et Mathias Reymond, M&#233;dias et mobilisations sociales : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus tard, en mai 2005, son diagnostic, apr&#232;s que les Fran&#231;ais ont majoritairement dit non &#224; la ratification du trait&#233; &#233;tablissant une Constitution europ&#233;enne s'est encore affin&#233; &#8211; pour s'accorder, une fois de plus, avec celui de ses pairs en &#233;ditocratie, &#233;galement d&#233;cha&#238;n&#233;s contre une populace domin&#233;e par &#171; l'&#233;motionnel &#187; : seules &#171; la fi&#232;vre &#187;, &#171; la fureur &#187; et &#171; la rage &#187; expliquent selon lui cette insubordination collective&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; in Olivier Cyran, &#171; Le &#034;Oui&#034; repasse en t&#234;te &#187;, CQFD, juin 2005.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Beaucoup de choses &#224; se dire &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Bien &#233;videmment : cette scrupuleuse orthodoxie, o&#249; son commentaire se coule constamment dans la doxa dominante, vaut &#224; Jacques Julliard d'&#234;tre beaucoup sollicit&#233;, et nanti de quelques durables sin&#233;cures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'entend puis le voit ainsi d&#233;battre, au tournant du si&#232;cle, &#224; la radio d'abord (sur Europe 1), puis &#224; la t&#233;l&#233;vision (sur LCI, groupe TF1), avec le directeur de l'&#233;poque de l'hebdomadaire &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; (droite) : son &#171; cher &#187; Claude Imbert. L'int&#233;ress&#233; a des lubies, et certaines fois des hantises, qui peuvent d&#233;ranger : en 2003, il se d&#233;clare &#171; un peu islamophobe &#187;. Mais personne, dans une &#233;poque o&#249; la fustigation des musulmans devient une discipline journalistique &#224; part enti&#232;re, ne lui tient grief d'une si consensuelle audace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout pas Jacques Julliard, que ne heurtent nullement ces menues obsessions &#8211; lui-m&#234;me, apr&#232;s tout, a, sur des sujets voisins, comme on a vu et reverra, quelques id&#233;es &#171; iconoclastes &#187; &#8211;, et gardera de ces discussions de comptoir &#233;rig&#233;es en acm&#233; de l'&#233;ducation populaire un souvenir excellent : &#171; Pendant six ans, et au-del&#224;, je me suis rendu &#224; l'immeuble de TF1 avec l'all&#233;gresse que l'on &#233;prouve lorsque l'on s'appr&#234;te &#224; retrouver un ami, avec lequel on a beaucoup de choses &#224; se dire : en l'occurrence, tout ce qui s'&#233;tait pass&#233; durant la semaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis de pr&#233;ciser : &#171; C'est Luc Ferry, autre ami et ancien du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, qui lui succ&#233;da avec le m&#234;me bonheur. &#187; Entre le philosophe de m&#233;dias qui fut ministre de Jacques Chirac et l'ex-syndicaliste &#8211; entre &#171; la droite (molle) et la gauche (flasque) &#187;, diront, cruels, deux journalistes de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapha&#235;l Garrigos et Isabelle Roberts, &#171; Les d&#233;bats dans les hauts &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211;, l'entente est, de fait, si cordiale qu'il arrive m&#234;me que les deux comp&#232;res se d&#233;localisent de concert, loin de l'immeuble de TF1, pour une parenth&#232;se ensoleill&#233;e. En 2009, par exemple : ils participent, ensemble, et avec un troisi&#232;me larron &#8211; l'essayiste r&#233;actionnaire Pascal Bruckner &#8211;, &#224; une croisi&#232;re organis&#233;e par le mensuel &lt;i&gt;Philosophie magazine&lt;/i&gt;, durant laquelle ils animent, chaque apr&#232;s-midi ou presque, pour l'&#233;dification d'un large public de retrait&#233;s conquis, des conversations o&#249; leur communion est, sur la plupart des sujets, si totale qu'elle en devient terriblement &#233;molliente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours de l'un de ces happenings, Luc Ferry, apr&#232;s avoir gravement expliqu&#233; que &#171; la mondialisation, c'est l'ouverture de la comp&#233;tition vers le grand large &#187; et copieusement vilipend&#233; &#171; les altermondialistes &#187;, vend du reste la m&#232;che : &#171; Jacques Julliard est de gauche, moi je suis r&#233;put&#233; &#234;tre de droite, mais entre nous il y a l'&#233;paisseur d'une feuille de papier &#224; cigarette, on est d'accord sur tout &#224; 99,9 %, on pourrait fonder un parti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir S&#233;bastien Fontenelle, &#171; Dix jours en mer avec trois astres de la pens&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Une fuite en avant sans pr&#233;c&#233;dent &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;L'ann&#233;e suivante, pourtant, Jacques Julliard fait la r&#233;volution. Elle n'est que personnelle, mais tout de m&#234;me : l'&#233;ditocratie s'en trouve profond&#233;ment commotionn&#233;e pendant plusieurs longues minutes. Car il est rare que l'un des siens succombe &#8211; f&#251;t-ce tr&#232;s bri&#232;vement &#8211; &#224; ce qui, au regard de ses normes, s'apparente presque &#224; un acc&#232;s de bolchevisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans auparavant, la crise financi&#232;re de 2008, o&#249; des centaines de milliards d'euros d'argent public ont &#233;t&#233; investis dans le sauvetage d'un syst&#232;me bancaire devenu fou, a tr&#232;s nettement confirm&#233; qu'en trois d&#233;cennies, alors m&#234;me que des socialistes lui avaient dans toute l'Europe prodigu&#233; des soins assidus, le capitalisme ne s'&#233;tait pas du tout assaini. Pour Jacques Julliard, qui avait, on se le rappelle, pr&#233;dit tout autre chose, cette r&#233;v&#233;lation a semble-t-il &#233;t&#233; un choc &#8211; et le d&#233;but d'un remuement intime qui lui fait finalement r&#233;diger, en 2010 donc, une longue et rageuse tribune, publi&#233;e par le quotidien &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits, que l'on croirait presque pris dans un libelle altermondialiste : &#171; Nous vivons un nouvel &#226;ge du capitalisme. [...] Les actionnaires [...] r&#233;clament des profits imm&#233;diats et &#233;normes, jusqu'&#224; 15 % du capital investi. [...] Ce nouveau capitalisme consacre le triomphe de l'hyperlib&#233;ralisme. Il est de nature essentiellement financi&#232;re et bancaire, le plus souvent d&#233;connect&#233; de l'&#233;conomie r&#233;elle. Il est donc avant tout sp&#233;culatif. Il [...] a choisi de ressusciter son pouvoir de classe dans sa nudit&#233;. Il s'est install&#233; &#224; la faveur de l'effondrement des r&#233;gimes communistes. Sans concurrence ni contestation, il a pu imposer ses exigences sans en craindre des cons&#233;quences politiques et sociales. Il a multipli&#233; les licenciements sp&#233;culatifs, les d&#233;localisations, sans redouter les r&#233;actions exclusivement d&#233;fensives de la classe ouvri&#232;re. Il a &#233;limin&#233; toute concertation globale, tant avec l'&#201;tat qu'avec les syndicats. Dans le domaine bancaire, il s'est lanc&#233; dans une fuite en avant sans pr&#233;c&#233;dent, multipliant les sp&#233;culations risqu&#233;es et inventant des produits financiers d&#233;riv&#233;s sans contrepartie &#233;conomique r&#233;elle. Sans &#233;gard pour les situations sociales souvent dramatiques qu'il suscitait, il a fait sauter le vernis de civilisation qui, depuis la Seconde Guerre mondiale, recouvrait le capitalisme &#233;volu&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Julliard, &#171; Vingt th&#232;ses pour repartir du pied gauche &#187;, Lib&#233;ration, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transmut&#233; par la tardive r&#233;v&#233;lation &#8211; il conc&#233;dera par la suite qu'elle lui est venue &#171; avec dix ans de retard &#187;, sans que jamais cet aveu n'&#233;corne dans la presse dominante son image de &#171; th&#233;oricien &#187; hors pair &#171; des d&#233;boires de la gauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Jacques Julliard est-il de droite ? &#187;, Le Point, 26 mai 2016.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#8211; que les capitalistes sont, m&#234;me apr&#232;s que de tr&#232;s larges pans de &#171; la gauche &#187; les ont ralli&#233;s, nettement moins autor&#233;gul&#233;s et moins p&#233;tris de l'envie de se moraliser qu'il ne l'a constamment pr&#233;tendu pendant trois d&#233;cennies, Jacques Julliard, d&#233;cid&#233;ment d&#233;cid&#233; &#224; en finir avec sa vie de thurif&#233;raire du libre-&#233;change, quitte alors &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, dont la ligne &#233;ditoriale n'est plus assez rouge pour lui : &#171; Je craignais, expliquera-t-il, que le journal ne s'engage &#224; fond dans un soutien &#224; Dominique Strauss-Kahn &#187; (chez qui il &#233;tait pourtant si agr&#233;able de d&#238;ner, quelques ann&#233;es plus t&#244;t).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, Julliard passe donc chez&#8230; &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;. Son alunissage est acclam&#233; par le directeur de la publication de l'&#233;poque, Maurice Szafran, qui le pr&#233;sente comme l'arriv&#233;e d'une esp&#232;ce de messie : &#171; Il y a des bonheurs qu'on est heureux de partager, car ils rendent plus forts. L'arriv&#233;e de Jacques Julliard parmi nous [...] est de ces &#233;v&#233;nements intellectuels, politiques et journalistiques [...]. Nous poursuivons une histoire qui avait besoin du style de Julliard, de son talent, de son envie aussi de bouger avec nous les autorit&#233;s ill&#233;gitimes de la pens&#233;e comme du pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La part du r&#234;ve&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Dans ce nouvel espace de vie, o&#249; le n&#233;or&#233;publicanisme se porte en bandouli&#232;re, Julliard va pleinement s'&#233;panouir : lui-m&#234;me, d&#233;sormais, accorde &#171; plus d'importance &#187; &#224; la R&#233;publique que &#171; dans [sa] p&#233;riode &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; &#187;, et &#171; l'oppose &#187; m&#234;me &#171; &#224; la d&#233;mocratie, qui repose sur l'opinion &#187;, trop &#171; fluctuante &#187; &#8211; &#244; pl&#232;bes versatiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il se recadre, temp&#233;rant finalement les nouvelles ardeurs anticapitalistes qui l'ont amen&#233; l&#224; : la &#171; vraie gauche &#187;, d'accord. Mais avec mod&#233;ration. Car, tout compte fait : &#171; Les coups de barre port&#233;s &#224; la social-d&#233;mocratie sont autant de coups de mains apport&#233;s au populisme de droite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2012, repris de l'envie d'emprunter les m&#234;mes raccourcis qui lui ont d&#233;j&#224; fait prof&#233;rer que le f&#233;minisme am&#233;ricain &#233;tait une &#171; solution finale &#187;, il &#233;crit, quinze jours avant le premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, que &#171; dans une campagne &#233;lectorale &#187;, il faut bien s&#251;r &#171; faire sa part au r&#234;ve &#187;, avec des candidatures comme celle de Jean-Luc M&#233;lenchon, qui porte alors, &#224; gauche, un projet de rupture avec le socialisme thatch&#233;ris&#233;. Mais c'est pour pr&#233;ciser aussit&#244;t que lui-m&#234;me, par l'effet, peut-&#234;tre, d'un &#171; exc&#232;s d'individualisme &#187;, se &#171; m&#233;fie &#187; des gens qui &#171; se donnent pour mission &#187; de le &#171; faire r&#234;ver &#187;. (Car il se sent &#171; assez grand pour r&#234;ver tout seul &#187;.) Puis de conclure, inconscient peut-&#234;tre que les meetings &#233;lectoraux du candidat du Front de gauche ne sont pas encore pavois&#233;s d'oriflammes &#224; croix gamm&#233;e : &#171; Les enthousiasmes collectifs organis&#233;s, tels qu'on les pratiquait dans l'Allemagne nazie et la Russie sovi&#233;tique, tr&#232;s peu pour moi. &#187; La relative radicalit&#233; du m&#233;lenchonisme, o&#249; s'&#233;gare un &#233;lectorat qui n'a sans doute pas assez lu &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, rel&#232;ve donc, d'une part, du &#171; r&#234;ve &#187; : elle est par cons&#233;quent irrationnelle. D'autre part, et plus gravement : elle suscite une ferveur pour le moins suspecte, puisqu'elle rappelle les engouements collectifs du IIIe Reich et du totalitarisme sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de l'&#233;crire, et tout devient tellement plus simple.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; La fin de l'islamol&#226;trie compassionnelle &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Julliard, chez &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; &#8211; o&#249; l'ex&#233;cration des gauchistes &#171; bien-pensants &#187; et autres &#171; complices de l'islamisme &#187; est, il est vrai, une discipline discursive &#224; part enti&#232;re &#8211; c&#232;de d&#233;finitivement &#224; l'inclination qui lui inspirait nagu&#232;re, sur les immigr&#233;s ou les musulmans, les tristes consid&#233;rations que l'on a dites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long du mois de novembre 2015, il se f&#233;licite ainsi, dans les semaines qui suivent les abominables attentats qui ont endeuill&#233; Paris, et sans jamais se laisser entraver par la moindre pudeur, de ce qu'il appelle &#171; la fin de l'islamol&#226;trie compassionnelle &#187;. Il explique : &#171; L'un des effets les plus paradoxaux et les plus b&#233;n&#233;fiques du d&#233;cha&#238;nement de la barbarie et de la b&#234;tise que nous venons de conna&#238;tre, c'est la r&#233;int&#233;gration des musulmans dans la communaut&#233; nationale. Car leur victimisation syst&#233;matique de la part d'une poign&#233;e d'intellos d&#233;voy&#233;s, mais influents, avait eu pour effet de les s&#233;parer du reste de la nation. &#187; (Mais, pr&#233;cise-t-il : &#171; depuis &#187; ces attentats, &#171; parce qu'ils &#233;taient vis&#233;s comme les autres par les djihadistes islamistes, les musulmans fran&#231;ais sont des Fran&#231;ais comme les autres. Ce n'est pas trop t&#244;t. &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'il n'avait jamais entendu, depuis le d&#233;but du nouveau si&#232;cle, aucune des insultantes remarques que des ministres d'&#201;tat formulent publiquement et sans discontinuer &#8211; pour s'alarmer par exemple, comme Claude Gu&#233;ant en 2011, de &#171; l'accroissement du nombre de fid&#232;les musulmans &#187; &#8211;, ni vu aucune des couvertures anxiog&#232;nes que la presse magazine consacre r&#233;guli&#232;rement &#224; &#171; la peur de l'islam &#187;, il ajoute : &#171; Rappelez-vous : il y a moins de trois semaines, il y avait des mots [...] interdits, comme &#034;islamisme, islamisation, identit&#233;, civilisation&#034; ; d'autres suspects, tels que &#034;la&#239;cit&#233;, peuple, France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Julliard, &#171; La parole lib&#233;r&#233;e &#187;, Marianne, 28 novembre 2015.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le renversement orwellien de la r&#233;alit&#233; auquel proc&#232;de l'&#233;ditocrate lorsqu'il attribue la responsabilit&#233; de la stigmatisation des musulmans &#224; ceux-l&#224; m&#234;mes qui ne cessent au contraire de la d&#233;noncer &#8211; la &#171; poign&#233;e d'intellos &#187;, jamais nomm&#233;s, et pour cause, qu'il accable de son m&#233;pris &#8211;, et sugg&#232;re donc une nouvelle fois, comme d&#233;j&#224; en 2003, que c'est l'antiracisme qui fabrique du racisme, pr&#233;sente un avantage non n&#233;gligeable : il permet de creuser encore le sillon de cette fustigation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Julliard lui-m&#234;me, &#233;videmment, ne se prive pas de collaborer &#224; cette excavation &#8211; jusqu'au d&#233;lire, parfois, quand il assure, en f&#233;vrier 2016, que 2015 n'a &#233;t&#233; marqu&#233;e, en France, par &#171; aucun incident grave contre les musulmans &#187;, alors m&#234;me que le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a constat&#233; que les faits antimusulmans avaient, cette ann&#233;e-l&#224;, plus que tripl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou lorsque, succombant au mois de septembre suivant &#224; un nouvel acc&#232;s de rage contre ce qu'il appelle l'&#171; islamogauchisme &#187;, il emprunte encore une fois &#224; un obsc&#232;ne raccourci vers le IIIe Reich &#8211; il aime d&#233;cid&#233;ment ces traverses &#8211; pour d&#233;livrer, dans &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, cette ahurissante mercuriale : &#171; Chaque fois que la France est menac&#233;e dans son existence et dans ses raisons d'&#234;tre, il se forme dans ses marges un parti collabo. Bourguignons de la guerre de Cent Ans, frondeurs du d&#233;but du r&#232;gne de Louis XIV, &#233;migr&#233;s de Coblence sous la R&#233;volution, vichystes et pronazis de la Seconde Guerre mondiale. D'ordinaire, ce parti est d'extr&#234;me droite et se confond avec la r&#233;action. Aujourd'hui, il est d'extr&#234;me gauche. [...] Pas d'amalgame ! allez-vous encore dire. Vous n'allez pas comparer les complices de l'Allemagne nazie avec d'honn&#234;tes d&#233;fenseurs de l'islam ! Je ne compare pas des culpabilit&#233;s, j'examine des &#233;tats d'esprit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Julliard, &#171; Contre le parti collabo &#187;, Marianne, 2 septembre 2016.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces prof&#233;rations ne restent bien s&#251;r pas impunies : parce qu'elles sont en parfaite ad&#233;quation avec les obsessions m&#234;mes dont elles nient la r&#233;alit&#233;, et compl&#232;tement dans l'air du temps, leur auteur y gagne quelques nouveaux jetons de pr&#233;sence. En 2016, il se voit ainsi proposer de r&#233;diger, en sus des &#233;ditoriaux qu'il continue de confectionner toutes les semaines pour &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, une tribune mensuelle pour &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, o&#249; sa prose, d&#232;s lors, s'additionnera, sous le sceau, il va de soi, du d&#233;bat d'id&#233;es, &#224; celles d'autres rh&#233;teurs de renom &#8211; comme le r&#233;cr&#233;atif politologue Laurent Bouvet ou l'incitatif bateleur &#201;ric Zemmour &#8211;, facilement reconnaissables &#224; ce qu'ils sont min&#233;s par de communes obsessions : l'islam, l'islam et l'islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, Julliard, poussant encore son exploration de la presse droitiste, s'&#233;panche dans la tr&#232;s conservatrice &#171; revue d'&#233;cologie int&#233;grale &#187; &lt;i&gt;Limite&lt;/i&gt;, dont il re&#231;oit une r&#233;dactrice en chef, Eug&#233;nie Basti&#233; &#8211; laquelle officie &#233;galement au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; &#8211;, &#171; en short dans sa villa pr&#232;s d'Avignon, o&#249; il passe une partie de l'ann&#233;e avec Suzanne, sa femme et complice depuis pr&#232;s de 60 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eug&#233;nie Basti&#233;, &#171; Jacques Julliard : &#034;La gauche est redevenue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Et lorsqu'il donne &#224; la revue de la Nouvelle Droite, &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments pour la civilisation europ&#233;enne&lt;/i&gt;, un long entretien dans lequel il d&#233;plore que &#171; la gauche &#187; ait &#171; tout mis&#233; sur les immigr&#233;s &#187; : c'est Alain de Benoist, th&#233;oricien de l'&#171; ethnodiff&#233;rencialisme &#187; et figure tut&#233;laire de la droite &#171; anticonformiste &#187;, qui, par un comble du raffinement, recueille ces propos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain de Benoist, &#171; Jacques Julliard : &#034;La gauche a tout mis&#233; sur les immi- (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Jacques Julliard est-il de droite ? &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;L'hebdomadaire &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, o&#249; l'on sait la valeur de tels engagements, pose alors la grave question qui taraude l'Occident : &#171; Jacques Julliard est-il de droite ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;ress&#233;, interrog&#233;, nie et se r&#233;crie, manifestement &#233;bahi qu'on puisse m&#234;me le soup&#231;onner d'une telle reconversion sur la seule foi d'indices aussi peu probants que son nouveau z&#232;le identitaire ou sa diversification dans de r&#234;ches publications droiti&#232;res : ce sont les autres, qui ont chang&#233;, assure-t-il. Pas lui. &#171; S'il y a eu un glissement, il n'est pas de [s]on fait. Il vient de cette gauche partag&#233;e entre l'islamogauchisme et le bobo&#239;sme &#187;, qui ne s'int&#233;resse plus qu'au &#171; peuple immigr&#233; &#187;, quand il conviendrait, comme Jacques Julliard lui-m&#234;me s'y astreint d&#233;sormais, de d&#233;fendre &#171; le peuple tout entier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, loin d'&#234;tre le r&#233;sultat d'un choix dict&#233; par des motivations id&#233;ologiques, son arriv&#233;e au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; lui a en quelque sorte &#233;t&#233; impos&#233;e par les circonstances : &#171; Dans un premier temps, j'ai &#233;t&#233; en pourparlers avec &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, car ma vocation naturelle &#233;tait de rejoindre ce journal, mais cela n'a pas abouti. D&#232;s lors, je me suis senti libre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quant &#224; son interview &#224; la revue de la Nouvelle Droite : c'est &#171; une provocation &#187; que Julliard &#8211; dont le courage devrait, s'il y avait une justice, &#234;tre partout chant&#233; dans les si&#232;cles des si&#232;cles &#8211; &#171; assume &#187; d'autant plus facilement qu'il a demand&#233; jadis &#224; Alain de Benoist &#171; s'il &#233;tait raciste &#187;, et que celui-ci lui a &#171; r&#233;pondu qu'il l'avait &#233;t&#233;, mais qu'il ne l'&#233;tait plus &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Jacques Julliard est-il de droite ? &#187;, loc. cit.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle magnanimit&#233;, o&#249; il suffit de protester de sa vertu antiraciste pour &#234;tre cru, n'est pas compl&#232;tement rare chez Julliard, puisqu'il estime aussi que le Front national (FN), &#171; au vu de ses d&#233;clarations, ne m&#233;rite plus stricto sensu &#187; l'&#171; accusation &#187; de racisme que d'aucuns s'obstinent encore &#224; porter contre lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marianne, 12 f&#233;vrier 2016.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant : cette bienveillance a ses limites. Lorsqu'il s'agit de juger de la sinc&#233;rit&#233; des militants de gauche qu'&#233;meut la banalisation du racisme antimusulman, l'&#233;ditocrate, soudain, se montre beaucoup moins confiant et compr&#233;hensif qu'&#224; l'endroit d'Alain de Benoist ou de la formation de Marine Le Pen, et lance d'horribles impr&#233;cations contre cet &#171; antiracisme d&#233;vergond&#233;, [...] tout entier ax&#233; sur une pr&#233;tendue &#034;islamophobie fran&#231;aise&#034; &#187;, qui &#171; aboutit paradoxalement &#224; racialiser la question de l'immigration et conduit tout droit &#224; la guerre civile entre Fran&#231;ais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Julliard en effet &#8211; on a vu d&#233;j&#224; que ces tours &#233;taient chez lui un peu anciens &#8211;, c'est &#171; cet antiracisme en trompe-l'&#339;il et en peau de lapin &#187; qui a &#171; permis &#224; la probl&#233;matique du FN sur l'immigration de s'imposer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marianne, 17 mars 2017.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Les copains journalistes de Fran&#231;ois Hollande &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Pour bien profiter de ce qui suit, il convient de se rem&#233;morer que les gens qui font &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; n'aiment rien tant que de dispenser, entre deux jurements s&#233;curitaires, des le&#231;ons d'&#233;thique journalistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois d'avril 2016, par exemple, ils d&#233;noncent, dans un virulent dossier &#224; charge, &#171; des m&#233;dias sous influence &#187;. Puis, cinq mois plus tard, en septembre, ils tonnent contre &#171; les m&#233;dias &#187; qui &#171; se couchent &#187;, moquent cruellement &#8211; apr&#232;s que celui-ci, directeur de l'information de France T&#233;l&#233;visions, a &#233;vinc&#233; d'une &#233;mission politique une syndicaliste qui mena&#231;ait de s'en prendre au pr&#233;sident Hollande &#8211; &#171; Michel Field, courtisan double face &#187;, et se gaussent des &#171; copains journalistes de Fran&#231;ois Hollande &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moyennant quoi, le 3 octobre suivant, moins de trois semaines, donc, apr&#232;s la publication de cette derni&#232;re d&#233;nonciation, r&#226;peuse, des complaisances et connivences &#8211; et autres compromissions &#8211; o&#249; la gent m&#233;diatique s'&#233;gare si souvent, une foule compacte, mais soigneusement tri&#233;e, se presse dans la salle des f&#234;tes de l'&#201;lys&#233;e. Il y a l&#224;, racontera une journaliste du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, &#171; l'ancien patron de la CFDT, Edmond Maire &#187;. Et puis : &#171; Jack Lang. Et puis, les historiens Pierre Nora, Jean-No&#235;l Jeanneney et Mona Ozouf. &#187; Dans un recoin : &#171; les patrons de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ce m&#234;me magazine, insistons-y un peu lourdement, qui a si rudement tanc&#233;, vingt jours plus t&#244;t, &#171; les copains journalistes &#187; de l'h&#244;te de l'&#201;lys&#233;e &#8211; &#171; devisent avec celui du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; &#187;, cependant que &#171; Jean d'Ormesson fait des baisemains &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapha&#235;lle Bacqu&#233;, &#171; Julliard &#224; Hollande : &#034;Parmi les candidats d&#233;clar&#233;s, je (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'assembl&#233;e, on le constate, est soigneusement tri&#233;e : &#171; le peuple entier &#187; n'a pas &#233;t&#233; convi&#233; du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font l&#224; ces convives choisis ? Ils sont venus assister &#224; une touchante c&#233;r&#233;monie : Fran&#231;ois Hollande, conquis sans doute par ses hom&#233;lies r&#233;actionnaires, remet une cravate de commandeur de la L&#233;gion d'honneur &#224; Jacques Julliard, qui de son c&#244;t&#233; &#8211; joie de recevoir, plaisir d'offrir &#8211;, oint le chef de l'&#201;tat d'un peu de &#171; baume &#187;, en lui signifiant qu'il esp&#232;re le voir candidater &#224; sa propre succession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis le temps reprend son cours, et ce n'est qu'un an apr&#232;s cette charmante festivit&#233; que &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, o&#249; Jacques Julliard continue d'officier toutes les semaines, publie, le 1er septembre 2017, dans les jours qui suivent l'embauche d'un journaliste &#224; l'&#201;lys&#233;e, de nouvelles attaques, au vitriol, contre &#171; ces plumes qui vont &#224; la soupe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renaud D&#233;ly, directeur de la r&#233;daction, remontre pour l'occasion, dans un &#233;ditorial &#233;difiant, qu'&#171; entre le monde des m&#233;dias et celui des pouvoirs, politique et &#233;conomique, une insupportable promiscuit&#233; sociale, culturelle et m&#234;me affective ne cesse donc de s'aggraver &#187;. Au point, explique-t-il, que &#171; journalistes et politiques finissent par se servir mutuellement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, qui consacre plusieurs pages &#224; cette si &#233;pineuse question de l'&#233;thique journalistique, est sans appel : &#171; L'affolante endogamie culturelle et sociale du monde m&#233;diatico-politique ronge un peu plus &#224; chaque fois la cr&#233;dibilit&#233; d&#233;clinante des journalistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est vrai, assur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Fontenelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#233;bastien Fontenelle, Mona Chollet, Olivier Cyran, Laurence de Cock, &lt;i&gt;Les &#201;ditocrates 2. Le cauchemar continue&#8230;&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Rimbert, &#171; D&#233;gringolade &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, f&#233;vrier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Pierre Tevanian, &#171; Les bienfaits de la culture fran&#231;aise : retour sur la lep&#233;nisation de Jacques Julliard &#187;, lmsi.net, 6 septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Pierre Tevanian, &#171; Quelques remarques sur l'id&#233;ologie &#034;national- r&#233;publicaine&#034; &#187;, &lt;i&gt;Lignes&lt;/i&gt;, n&#176; 37, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les citations qui suivent sont tir&#233;es de : Jacques Julliard, &lt;i&gt;L'Ann&#233;e des dupes&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1996 (cit&#233; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; &#171; Ces fats qui nous informent &#187;, &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2006-janvier 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Pierre Rimbert, &lt;i&gt;loc. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; &#171; Les d&#233;cerveleurs &#187;, &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;, juin-ao&#251;t 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; in Henri Maler et Mathias Reymond, &lt;i&gt;M&#233;dias et mobilisations sociales : la morgue et le m&#233;pris ?&lt;/i&gt;, Syllepse, Paris, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Olivier Cyran, &#171; Le &#034;Oui&#034; repasse en t&#234;te &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, juin 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapha&#235;l Garrigos et Isabelle Roberts, &#171; Les d&#233;bats dans les hauts &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 16 d&#233;cembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir S&#233;bastien Fontenelle, &#171; Dix jours en mer avec trois astres de la pens&#233;e fran&#231;aise &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, ao&#251;t 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Julliard, &#171; Vingt th&#232;ses pour repartir du pied gauche &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 18 janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Jacques Julliard est-il de droite ? &#187;, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 26 mai 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Julliard, &#171; La parole lib&#233;r&#233;e &#187;, &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, 28 novembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Julliard, &#171; Contre le parti collabo &#187;, &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, 2 septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eug&#233;nie Basti&#233;, &#171; Jacques Julliard : &#034;La gauche est redevenue individualiste&#034; &#187;, &lt;i&gt;Limite&lt;/i&gt;, 14 novembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain de Benoist, &#171; Jacques Julliard : &#034;La gauche a tout mis&#233; sur les immi- gr&#233;s, dont elle a d&#233;cid&#233; de faire un prol&#233;tariat de rechange&#034; &#187;, &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments&lt;/i&gt;, mars-avril 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Jacques Julliard est-il de droite ? &#187;, &lt;i&gt;loc. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, 12 f&#233;vrier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, 17 mars 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapha&#235;lle Bacqu&#233;, &#171; Julliard &#224; Hollande : &#034;Parmi les candidats d&#233;clar&#233;s, je ne vois pas de social-d&#233;mocrate&#034; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 4 octobre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; bas la presse bourgeoise ! Deux si&#232;cles de critique anticapitaliste des m&#233;dias : un extrait du livre de Dominique Pinsolle</title>
		<link>https://www.acrimed.org/A-bas-la-presse-bourgeoise-Deux-siecles-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/A-bas-la-presse-bourgeoise-Deux-siecles-de</guid>
		<dc:date>2022-11-07T07:57:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Pinsolle</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Agone, 2022.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L93xH150/arton6552-64d11.jpg?1776678564' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'historien Dominique Pinsolle vient de faire para&#238;tre chez Agone &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/a-bas-la-presse-bourgeoise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; bas la presse bourgeoise ! Deux si&#232;cles de critique anticapitaliste des m&#233;dias. De 1836 &#224; nos jours&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Pour l'occasion, nous organisons le 24/11 un Jeudi d'Acrimed avec l'auteur (19h, Bourse du travail de Paris, entr&#233;e libre et gratuite). Et, en attendant, nous publions ci-dessous le chapitre XI : &#171; Renoncement des socialistes, triomphe du capitalisme m&#233;diatique (du d&#233;but des ann&#233;es 1980 au milieu des ann&#233;es 1990) &#187; (p. 173-188).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si la question des m&#233;dias n'a rien d'anecdotique au moment o&#249; Fran&#231;ois Mitterrand prend ses fonctions &#224; l'&#201;lys&#233;e, les mesures pr&#233;vues par les socialistes ne brillent pas par leur pr&#233;cision. En mati&#232;re de presse, aucune nouvelle loi anti-concentration n'est pr&#233;vue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite, l'&#233;chec de la loi anticoncentration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Concernant la radio et la t&#233;l&#233;vision, le PS, contrairement au PCF, n'a jamais &#233;labor&#233; de plan coh&#233;rent de r&#233;organisation du secteur apr&#232;s Mai 68&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Filiu, Mai 68 &#224; l'ORTF. Une radio-t&#233;l&#233;vision en r&#233;sistance, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'action qui sera men&#233;e dans l'audiovisuel suit surtout un principe &#233;nonc&#233; par le chef du gouvernement, Pierre Mauroy, en Conseil des ministres : &#171; Il n'est pas normal que tous les &#233;ditorialistes soient de droite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Bourdon, Haute fid&#233;lit&#233; : pouvoir et t&#233;l&#233;vision, 1935-1994, Seuil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position des socialistes au pouvoir s'av&#232;re finalement tr&#232;s floue, tant pour la t&#233;l&#233;vision que pour la radio. Dans l'urgence, le gouvernement doit clarifier la situation des stations clandestines. En novembre 1981, une loi provisoire pr&#233;cise les conditions permettant aux centaines de radios locales priv&#233;es d'&#233;mettre l&#233;galement : &#234;tre associatives, sans but lucratif, ind&#233;pendantes, sans publicit&#233; et respecter un rayon d'&#233;mission de 30 km&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agn&#232;s Chauveau, &#171; La politique de l'audiovisuel &#187;, in Serge Berstein, Pierre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais la question du financement publicitaire, qui divisait d&#233;j&#224; les radios libres, cr&#233;e des clivages au sein du pouvoir. Plusieurs conseillers &#224; l'&#201;lys&#233;e (comme Jacques Attali) y sont favorables, tout comme le ministre de la Communication Georges Fillioud (qui s'y r&#233;sout avec prudence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-No&#235;l Jeanneney, Une histoire des m&#233;dias. Des origines &#224; nos jours, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), tandis que le Premier ministre (Pierre Mauroy) et le ministre de l'Int&#233;rieur (Gaston Defferre, par ailleurs patron du journal &lt;i&gt;Le Proven&#231;al&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anne-Laure Ollivier, &#171; Notabilit&#233; et modernit&#233; politique. Le cas de Gaston (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) y restent hostiles. Le 21 septembre 1981, Mauroy r&#233;it&#232;re son rejet des &#171; radios fric &#187; sur France Inter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; in Agn&#232;s Chauveau, &#171; La politique de l'audiovisuel &#187;, art. cit&#233;, p. 921.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ligne dure semble encore &#234;tre &#224; l'ordre du jour pour l'audiovisuel, du moins dans les discours, au cours de la premi&#232;re ann&#233;e d'exercice du pouvoir des socialistes. Le 26 avril 1982, Georges Fillioud assure, en s'adressant aux d&#233;put&#233;s de l'opposition, que rien n'est plus &#233;tranger au gouvernement qu'une lib&#233;ralisation marchande de la t&#233;l&#233;vision :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un lieu de d&#233;saccord fondamental [&#8230;] entre les orientations fermement choisies par le gouvernement et les th&#232;ses profess&#233;es par certains d'entre vous qui, hier, lorsqu'ils &#233;taient au pouvoir, voulaient garder la ma&#238;trise compl&#232;te de tous les syst&#232;mes audiovisuels, [&#8230;] qu'ils proposent aujourd'hui de livrer au march&#233;. Eh bien, non ! il n'y aura pas de mise &#224; l'encan, pas de coupe r&#233;gl&#233;e dans le domaine des ondes. T&#233;l&#233;-fric et Satellite Coca-Cola ne sont pas au programme. D&#233;chantez, marchands d'images et marchands d'espaces ! Ou bien allez chanter ailleurs, et sur un autre ton !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journal officiel de la R&#233;publique fran&#231;aise. D&#233;bats parlementaires, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces envol&#233;es lyriques, dans les trois domaines d'information (presse &#233;crite, radio et t&#233;l&#233;vision), les principes anticapitalistes cens&#233;s guider l'action des socialistes s'&#233;vaporent rapidement. Apr&#232;s avoir remplac&#233; les responsables de la radio-t&#233;l&#233;vision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monique Sauvage et Isabelle Veyrat-Masson, Histoire de la t&#233;l&#233;vision (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le gouvernement renonce en quelques mois &#224; maintenir le monopole d'&#201;tat. La loi du 29 juillet 1982, en &#233;cho &#224; celle du 29 juillet 1881 sur la presse, &#233;tablit que &#171; la communication audiovisuelle est libre &#187;. La radio et la t&#233;l&#233;vision demeurent soumises &#224; un r&#233;gime d'autorisation pr&#233;alable et de concession de service public. Mais la porte est ouverte &#224; l'instauration d'un double secteur, en partie public et en partie priv&#233;. Son ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du gouvernement repose sur une Haute autorit&#233; de la communication audiovisuelle (HACA), dont les membres (choisis par les pr&#233;sidents de la R&#233;publique, de l'Assembl&#233;e et du S&#233;nat) nomment les responsables des soci&#233;t&#233;s h&#233;rit&#233;es de la suppression de l'ORTF en 1974&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 163-164.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi du 29 juillet 1982, suivie de la cr&#233;ation de la HACA, ent&#233;rine la l&#233;galit&#233; des radios locales priv&#233;es (tout en interdisant toujours leur financement par la publicit&#233;), et pr&#233;pare l'arriv&#233;e de nouveaux investisseurs dans le secteur t&#233;l&#233;visuel, qui promet d'immenses profits. Alors qu'une &#233;crasante majorit&#233; de foyers s'&#233;quipe de t&#233;l&#233;viseurs dans les ann&#233;es 1980 (le taux d'&#233;quipement atteint 85 % en 1989), les recettes publicitaires de la t&#233;l&#233;vision d&#233;passent celles de la presse magazine d&#232;s 1983 &#8211; deux ans apr&#232;s la mise au point des premiers bo&#238;tiers permettant de mesurer l'audimat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Cusset, La D&#233;cennie. Le grand cauchemar des ann&#233;es 1980, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La proximit&#233; avec les socialistes au pouvoir facilite l'obtention d'une part de ce march&#233; en pleine expansion : Andr&#233; Rousselet, directeur de cabinet de Mitterrand avant d'acc&#233;der &#224; la t&#234;te de Havas, peut ainsi lancer la premi&#232;re cha&#238;ne priv&#233;e (payante), Canal +, qui commence &#224; &#233;mettre en novembre 1984&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monique Sauvage et Isabelle Veyrat-Masson, Histoire de la t&#233;l&#233;vision (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; vient ensuite le tour de J&#233;r&#244;me Seydoux (PDG de la compagnie de navigation Chargeurs R&#233;unis) et Silvio Berlusconi (magnat de la t&#233;l&#233;vision en Italie), qui lancent La Cinq &#224; grand renfort de paillettes et de s&#233;ries am&#233;ricaines en f&#233;vrier 1986. Le chef de l'&#201;tat y aurait vu (aveuglement ou cynisme ?) un moyen d'assurer ses arri&#232;res au moment o&#249; la droite remettrait la main sur l'audiovisuel public. Au m&#234;me moment, une cha&#238;ne priv&#233;e musicale, TV6, est attribu&#233;e &#224; un consortium comprenant Publicis et NRJ (Nouvelle Radio des jeunes), tandis que commencent &#224; se d&#233;velopper les r&#233;seaux du c&#226;ble et du satellite (Paris Premi&#232;re, Canal J, etc.). La Sept, cha&#238;ne pr&#233;figurant Arte, fera office de lot de consolation pour les aficionados d'une t&#233;l&#233;vision culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce renoncement &#224; pr&#233;server un monopole constituant la base d'un service public de l'audiovisuel, l'opposition de centre droit (Union pour la d&#233;mocratie fran&#231;aise, UDF) et de droite (Rassemblement pour la R&#233;publique, RPR) se rallie au principe d'une domination du secteur priv&#233;. La d&#233;fense de la mainmise &#233;tatique est-elle moins tentante lorsqu'on n'exerce plus le pouvoir ? Il faut dire que le vent tourne partout en Europe en faveur d'une t&#233;l&#233;vision commerciale, dont l'orientation divertissante et la nature publicitaire peuvent s'av&#233;rer pr&#233;cieuses lorsque la situation &#233;conomique s'assombrit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Bourdon, Haute fid&#233;lit&#233;&#8230;, op. cit., p. 261.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une fois revenue au pouvoir apr&#232;s les &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1986, la droite qui &#171; cohabite &#187; avec le pr&#233;sident socialiste ent&#233;rine ainsi le double secteur audiovisuel. Et elle permet &#224; Hersant de mettre la main sur La Cinq et &#224; M6 de se constituer avec des capitaux provenant, entre autres, de la Lyonnaise des eaux. Mais le gouvernement dirig&#233; par Jacques Chirac va plus loin encore en d&#233;cidant de privatiser une des anciennes cha&#238;nes de l'ORTF. C'est un coup brutal (et sans &#233;quivalent &#224; l'&#233;tranger) port&#233; au service public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-No&#235;l Jeanneney, Une histoire des m&#233;dias&#8230;, op. cit., p. 337.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. TF1 est confi&#233;e en f&#233;vrier 1987 &#224; l'entrepreneur des travaux publics Francis Bouygues. Coiff&#233; au poteau, Jean-Luc Lagard&#232;re, patron du groupe Hachette, sera consol&#233; avec La Cinq, bient&#244;t abandonn&#233;e par Hersant. Avec TF1 privatis&#233;e, un g&#233;ant m&#233;diatique vient de na&#238;tre, qui n'h&#233;sitera pas &#224; servir les int&#233;r&#234;ts du groupe de BTP dont il d&#233;pend, soit en favorisant l'obtention de march&#233;s publics, soit en promouvant tel ou tel candidat politique conforme aux vis&#233;es de son patron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre P&#233;an et Christophe Nick, TF1, un pouvoir, Fayard, 1997.&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'extension du capitalisme m&#233;diatique dans la presse et la radio, les socialistes ont &#233;chou&#233; ou capitul&#233; avant m&#234;me de commencer. Afin de pr&#233;server un semblant de pluralisme, les aides attribu&#233;es aux quotidiens (comme &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;) qui profitent moins de la manne publicitaire que d'autres sont certes augment&#233;es entre 1981 et 1984&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite&#8230; &#187;, art. cit&#233;, p. 901.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais au bout de deux ans de gouvernement, la fameuse application des ordonnances de 1944, &#224; laquelle le PS appelait si fermement dans son programme, n'est toujours pas d'actualit&#233;. Quant &#224; Hersant, dont la presse n'&#233;pargne pas Mitterrand, son cas n'&#233;tait toujours pas r&#233;gl&#233; depuis son inculpation en 1978. L'annonce, en mars 1983, d'un changement radical de politique &#233;conomique, le &#171; tournant de la rigueur &#187; qui m&#233;contente la base socialiste, remet la r&#233;forme de la presse &#224; l'agenda. Accus&#233; de renoncer &#224; un programme &#233;conomique et social de gauche, le gouvernement mise sur la lutte contre Hersant pour tenter de compenser son impopularit&#233;. Constatant l'insuffisance de l'ordonnance du 26 ao&#251;t 1944, affaiblie par l'absence de d&#233;crets d'application pr&#233;cis, Georges Fillioud (ministre de la Communication) et Pierre Mauroy (Premier ministre) d&#233;cident d'&#233;laborer un projet de loi anti-concentration, dirig&#233; de mani&#232;re &#224; peine implicite contre Hersant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick et Philippe Chastenet, Citizen Hersant. De P&#233;tain &#224; Mitterrand, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lors du congr&#232;s socialiste de Bourg-en-Bresse, en octobre 1983, Mauroy fait applaudir cette offensive :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'exercice de la d&#233;mocratie exige le pluralisme et la clart&#233;. Il faut donner un coup d'arr&#234;t &#224; la constitution des monopoles de presse toujours plus puissants et monolithiques. (&lt;i&gt;Applaudissements.&lt;/i&gt;) Il faut savoir qui poss&#232;de r&#233;ellement le capital des entreprises de presse. (&lt;i&gt;Tr&#232;s vifs applaudissements&#8230;&lt;/i&gt;) Je n'ai pas fini&#8230; Les r&#233;sistants l'avaient bien compris. Une ordonnance a &#233;t&#233; prise, dans ce but, en 1944, sous l'autorit&#233; du g&#233;n&#233;ral de Gaulle. Elle n'a jamais &#233;t&#233; appliqu&#233;e. Il faut lui rendre force de loi&#8230; (&lt;i&gt;applaudissements&lt;/i&gt;) en l'adaptant aux r&#233;alit&#233;s de la presse contemporaine.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite&#8230; &#187;, art. cit&#233;, p. 903.&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi &#171; visant &#224; limiter la concentration et &#224; assurer la transparence financi&#232;re et le pluralisme des entreprises de presse &#187; est enregistr&#233; par la pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e nationale le 24 novembre 1983. Le jour m&#234;me, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; fait sonner le tocsin de la libert&#233; en titrant &#171; Presse : le b&#226;illon &#187;, tandis que l'&#233;ditorial, sign&#233; Hersant, ne craint pas d'appeler &#224; la r&#233;sistance contre la &#171; vocation totalitaire &#187; du gouvernement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 904.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le texte des socialistes est pourtant bien terne compar&#233; aux projets de transformation radicale de la presse &#233;labor&#233;s depuis les ann&#233;es 1930. L'id&#233;e d'un statut particulier pour les entreprises publiant des journaux d'information n'y figure m&#234;me pas. Ne sont instaur&#233;s que des seuils de concentration &#224; ne pas d&#233;passer : 15 % des tirages des quotidiens nationaux ou r&#233;gionaux, et 10 % du tirage total des quotidiens. Dans la continuit&#233; de l'ordonnance du 26 ao&#251;t 1944, des mesures doivent assurer la transparence des soci&#233;t&#233;s &#233;ditrices, le tout sous le contr&#244;le d'une commission veillant au respect de ces nouvelles r&#232;gles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'Assembl&#233;e nationale, puis au S&#233;nat, l'opposition du centre et de la droite se mobilise contre ce projet de loi &#171; liberticide &#187;. Un texte finalement moins restrictif est adopt&#233; en septembre 1984. Un mois plus tard, le Conseil constitutionnel vide la loi de sa substance en r&#233;affirmant le principe de non-r&#233;troactivit&#233; : l'empire Hersant, constitu&#233; avant le vote n'est pas concern&#233; par ces mesures anti-concentration. L'op&#233;ration, qui se solde par un &#233;chec total, s'av&#232;re m&#234;me contre-productive : Hersant est renforc&#233; par un texte susceptible d'emp&#234;cher la constitution de groupes concurrents aussi puissants. Arriv&#233; &#224; la t&#234;te du gouvernement en 1986, Jacques Chirac profite de cette d&#233;faite humiliante pour enterrer une loi qui n'aura jamais &#233;t&#233; appliqu&#233;e. Une nouvelle l&#233;gislation est adopt&#233;e, qui instaure un seuil suffisamment &#233;lev&#233; pour ne pas freiner la concentration dans la presse quotidienne tout en laissant un boulevard aux investisseurs dans la presse magazine, dont le dynamisme aiguise les app&#233;tits. Au passage, les mythiques ordonnances de 1944 sont abrog&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ordonnance du 26 ao&#251;t 1944 sur l'organisation de la presse fran&#231;aise &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Hersant peut pousser un soupir de soulagement. Le spectre d'une presse prot&#233;g&#233;e des app&#233;tits du capital semble pour longtemps &#233;cart&#233;. Et les voix d&#233;fendant, comme &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, un statut de soci&#233;t&#233; &#224; but non lucratif pour les entreprises d'information se font de plus en plus rares&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Julien, &#171; Deux pas vers le goulag &#187;, Le Monde diplomatique, octobre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renon&#231;ant &#224; un grand service public de t&#233;l&#233;vision non marchande, incapable de faire plier le &#171; Papivore &#187;, la gauche au pouvoir, pourtant h&#233;riti&#232;re de d&#233;cennies de combat pour la libert&#233; de l'information, capitule &#233;galement devant les radios marchandes. La question du financement par la publicit&#233;, d'abord tranch&#233;e en faveur des partisans des stations associatives non lucratives, est &#224; nouveau d&#233;battue au cours de l'&#233;t&#233; 1984. Cette fois, le mod&#232;le d'une radiodiffusion commerciale sort vainqueur &#224; l'issue du vote de la loi du 1er ao&#251;t 1984. La publicit&#233;, d&#233;sormais autoris&#233;e pour les radios priv&#233;es, transforme le secteur en un vaste march&#233; que se disputeront bient&#244;t les stations n&#233;es de la lib&#233;ralisation &#8211; telles que NRJ, Fun Radio et Skyrock, respectivement n&#233;es en 1981, 1985 et 1986. Comme pour la t&#233;l&#233;vision, l'introduction d'une logique capitaliste dans ce qui devait &#234;tre une sorte de triple secteur public/associatif/priv&#233; fait aussit&#244;t pencher la balance du c&#244;t&#233; de l'argent. La Haute autorit&#233; n'est pas en situation de force face &#224; ces entreprises en plein d&#233;veloppement. En d&#233;cembre 1984, elle menace de suspension de NRJ, qui ne respecte pas les r&#232;gles en mati&#232;re de puissance d'&#233;mission &#8211; ce qui perturbe la fr&#233;quence des stations concurrentes et des services publics. Le 8 d&#233;cembre 1984, NRJ organise une manifestation &#224; Paris avec le soutien de c&#233;l&#233;brit&#233;s (dont Johnny Halliday et Dalida) : des dizaines, voire des centaines de milliers de jeunes d&#233;filent pour protester contre une suspension qui n'aura finalement pas lieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-No&#235;l Jeanneney, Une histoire des m&#233;dias&#8230;, op. cit., p. 282-283.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1984, marqu&#233;e par l'&#233;chec de la loi anti-concentration dirig&#233;e contre Hersant (en octobre) et les premi&#232;res &#233;missions de Canal + (en novembre), se termine par la victoire &#233;clatante des radios commerciales, convertissant en esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes les aspirations libertaires des stations clandestines des ann&#233;es 1977-1981. Malgr&#233; le maintien d'un secteur public, les m&#233;dias sont domin&#233;s par des entrepreneurs priv&#233;s qui s'affranchissent des r&#232;gles du jeu. Apr&#232;s 1986, comme dans l'affaire NRJ, la Commission nationale de communication et des libert&#233;s (qui remplace la Haute autorit&#233;) ne parvient pas &#224; faire respecter le cahier des charges conditionnant l'autorisation d'&#233;mission des cha&#238;nes priv&#233;es, par exemple pour les quotas de films fran&#231;ais et le volume publicitaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ivan Chupin, Nicolas Hub&#233; et Nicolas Kaciaf, Histoire politique et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps d'une l&#233;gislature, entre 1981 et 1986, le pouvoir socialiste rompt avec tous les projets de transformation des m&#233;dias historiquement port&#233;s par la gauche, dont il restait encore quelques traces dans le programme du candidat Mitterrand. Ces d&#233;cisions accompagnent simplement la &#171; rigueur &#187; &#233;conomique &#224; laquelle se sont convertis les socialistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ludivine Bantigny, La France contemporaine. X. La France &#224; l'heure du monde. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La grande vague de n&#233;olib&#233;ralisme qui vient de balayer les pays occidentaux &#8211; Margaret Thatcher devient Premi&#232;re ministre du Royaume-Uni en 1979 et Ronald Reagan pr&#233;sident des &#201;tats-Unis en 1981 &#8211;, n'a rien laiss&#233; du consensus keyn&#233;sien. En mati&#232;re d'&#233;conomie comme d'information, l'&#201;tat doit laisser libre cours aux &#233;nergies entrepreneuriales. Restructurer la presse sur des bases anticapitalistes, b&#226;tir un service public de l'audiovisuel pr&#233;serv&#233; des logiques mercantiles, voil&#224; des projets qui supposent un volontarisme &#233;tatique en total d&#233;calage avec la reconfiguration des rapports de force id&#233;ologiques et politiques internationaux des ann&#233;es 1980. L'int&#233;gration de la France dans la mondialisation &#171; heureuse &#187; et le march&#233; commun europ&#233;en frappe d'obsolescence toute volont&#233; d'affranchir les m&#233;dias des logiques &#233;conomiques qui s'imposent dans tous les pays capitalistes. D'autant que le secteur m&#233;diatique s'est d&#233;j&#224; internationalis&#233; &#8211; le groupe allemand Prisma s'implante en France en 1978. Et que la concentration capitalistique a pr&#233;c&#233;d&#233; l'arriv&#233;e des socialistes au pouvoir : rachet&#233; en 1980 par Matra (dirig&#233; par Jean-Luc Lagard&#232;re), Hachette &#233;tend son emprise dans l'&#233;dition, la distribution de journaux, la presse quotidienne et magazine, la radio (Europe 1), la t&#233;l&#233;vision (La Cinq), la production audiovisuelle, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fabrice d'Almeida et Christian Delporte, Histoire des m&#233;dias en France, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces mouvements de capitaux remodelant le paysage m&#233;diatique fran&#231;ais, plus aucune force de gauche ne consid&#232;re comme prioritaire la lutte pour des m&#233;dias affranchis de l'argent. La technophilie ambiante assimile la multiplication des r&#233;seaux et des flux de communication au progr&#232;s, et &#224; la promesse d'un avenir radieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Cusset, La D&#233;cennie&#8230;, op. cit., p. 58-65.&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le triomphe de la t&#233;l&#233;vision commerciale, qui impose son rythme, ses normes et ses codes &#224; une grande partie de l'univers m&#233;diatique mais aussi politique, fait douter d'une strat&#233;gie reposant sur la confrontation. Le combat semble perdu d'avance, et personne ne tient &#224; &#234;tre associ&#233; aux conservateurs d&#233;plorant, comme au XIXe si&#232;cle, la destruction de la &#171; Culture &#187; par les m&#233;dias de masse. Alors que les effectifs syndicaux fondent et que les forces anticapitalistes s'amenuisent, ces nouveaux canaux d'information ne pourraient-ils pas &#234;tre utilis&#233;s pour compenser cet affaiblissement et mobiliser le grand public &#8211; comme le fait &#171; SOS racisme &#187; &#224; partir de 1984 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle, un tel raisonnement &#233;tait peu envisageable &#224; propos des quotidiens &#224; grands tirages. Identifi&#233;s comme des armes de propagande aux mains de l'ennemi de classe, il fallait les affronter, et non les s&#233;duire ou s'adapter &#224; leurs attentes. Et m&#234;me si la lutte &#233;tait financi&#232;rement in&#233;gale, il &#233;tait encore imaginable d'opposer &#224; ces journaux une presse authentiquement populaire, issue de la classe ouvri&#232;re et financ&#233;e par elle. Dans les ann&#233;es 1980, aucun r&#233;seau de t&#233;l&#233;vision n'&#233;chappe aux d&#233;tenteurs de capitaux. Le syst&#232;me d'information n&#233; de la lib&#233;ralisation et les innovations techniques qui fleurissent (c&#226;ble, satellite, t&#233;l&#233;matique, informatique, etc.) privent les forces se r&#233;clamant de l'anticapitalisme d'un acc&#232;s autonome aux grands canaux de diffusion. Quant aux ondes radiophoniques, elles sont satur&#233;es par les programmes musicaux et de divertissement des stations publicitaires. Certes, nombre de radios associatives continuent de vivoter, et la presse militante ou marqu&#233;e &#224; gauche ne dispara&#238;t pas. Mais le march&#233; des &lt;i&gt;newsmagazines&lt;/i&gt; d&#233;pend d'annonceurs recherchant une client&#232;le ais&#233;e, tandis que la presse politique quotidienne poursuit son d&#233;clin. Tout concourt &#224; marginaliser l'expression des groupes et organisations persistant &#224; lutter &#224; contre-courant du joyeux n&#233;olib&#233;ralisme qui envahit &#224; peu pr&#232;s tous les grands moyens de communication. Une alternative semble alors s'imposer : s'adapter &#224; ces m&#233;dias (m&#234;me s'ils sont domin&#233;s par l'argent), ou pr&#234;cher dans le d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche baisse d'autant plus les armes que, dans le ciel des id&#233;es, la tendance est &#224; valoriser l'autonomie face aux messages m&#233;diatiques, que le grand public se r&#233;approprie, r&#233;interpr&#232;te : face aux tentatives de manipulations par les marques, l'id&#233;ologie postmoderne valorise les d&#233;tournements perp&#233;tuels des libres consommateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Armand Mattelart et &#201;rik Neveu, Introduction aux cultural studies, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les th&#233;ories critiques n'ont pas disparu (dans la filiation de l'&#201;cole de Francfort ou m&#234;me encore du marxisme), mais elles sont en perte de vitesse. Et leur force de contestation est inversement proportionnelle &#224; la puissance des entreprises de communication et &#224; l'aura dont jouissent les grands m&#233;dias. &#192; partir du moment o&#249; la lutte des classes et les organisations de masse &#8211; comme la CGT ou le PCF &#8211; qui la relayaient ont &#233;t&#233; effac&#233;es du paysage politique, rang&#233;es au rayon des vieilleries d'avant la &#171; fin de l'histoire &#187;, le b&#233;b&#233; de la question m&#233;diatique a &#233;t&#233; jet&#233; avec l'eau du bain anticapitaliste. Journaux, radios et t&#233;l&#233;visions, eux-m&#234;mes parties prenantes de l'internationalisation du capitalisme, jouent un r&#244;le actif dans ce processus, par leur autoc&#233;l&#233;bration et leur identification &#224; la modernit&#233;, &#224; la d&#233;mocratie et au progr&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, Le Grand Bond en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce discours est distill&#233; par des journalistes de plus en plus nombreux, que la position sociale ne rapproche ni des milieux populaires ni de la contestation de l'ordre dominant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Accardo, &#171; Pour une sociolanalyse des pratiques journalistiques &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces mouvements de fond, la marginalisation de la critique anticapitaliste des grands moyens d'information s'explique aussi par le patient travail r&#233;alis&#233; par de tr&#232;s m&#233;diatis&#233;s groupes intellectuels qui contribuent &#224; enraciner dans le paysage id&#233;ologique des couples de concepts fonctionnant comme des pr&#234;ts-&#224;-penser tout-terrain : d&#233;mocratie et m&#233;dias, libert&#233; et march&#233;, communication et progr&#232;s, etc. ; oppos&#233;s &#224; totalitarisme et propagande, dictature et communisme, &#233;tatisme et immobilisme, etc. Les &#171; nouveaux philosophes &#187;, dont l'in&#233;narrable Bernard-Henri L&#233;vy, se partagent le chantier avec la Fondation Saint-Simon, qui relaie, de 1982 &#224; 1999, les efforts m&#233;ritants de tout propagandiste de l'&#232;re nouvelle, de tout pourfendeur vigoureux des vieilles lunes marxistes et keyn&#233;siennes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Cusset, La D&#233;cennie&#8230;, op. cit., p. 70.&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On y retrouve les historiens Fran&#231;ois Furet et Pierre Rosanvallon, l'essayiste et consultant Alain Minc, rejoints plus tard par des vedettes du journalisme comme Anne Sinclair (pr&#233;sentatrice de l'&#233;mission &#171; 7 sur 7 &#187; sur TF1), Christine Ockrent (pass&#233;e d'Antenne 2 &#224; RTL puis &#224; TF1) et Serge July (directeur d'un &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; converti aux vertus de la publicit&#233; et aux joies du marchandage de son capital)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Rimbert, Lib&#233;ration. De Sartre &#224; Rothschild, Raisons d'agir, 2005, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce nouvel univers id&#233;ologique et m&#233;diatique, les espaces ouverts &#224; une critique anticapitaliste des m&#233;dias sont aussi minces que marginaux. Au milieu des ann&#233;es 1980, le militant homosexuel et &#233;crivain Guy Hocquenghem parvient tout de m&#234;me &#224; faire entendre une voix dissidente en brocardant les anciens soixante-huitards (comme July) acquis &#224; une doctrine culturellement libertaire et &#233;conomiquement lib&#233;rale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Hocquenghem, Lettre &#224; ceux qui sont pass&#233;s du col Mao au Rotary, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais &#224; la fin de cette d&#233;cennie, plus rien, ou presque, ne subsiste des projets d'&#233;mancipation de l'information port&#233;s par la gauche depuis plus d'un demi-si&#232;cle. Une nouvelle table rase qui, &#224; l'inverse de celle de 1944, profite cette fois aux magnats de la communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au tournant des ann&#233;es 1990, si le capitalisme m&#233;diatique triomphant n'est plus menac&#233; par aucune tentative de transformation radicale des moyens de communication, ceux-ci font l'objet d'une multitude d'analyses et de discussions. Cependant, c'est moins la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens d'information qui est questionn&#233;e que les &#171; d&#233;rives &#187; et les &#171; d&#233;rapages &#187; entra&#238;n&#233;s par la concurrence, pas toujours aussi libre et non fauss&#233;e qu'on dit. Une fois le cadre (lib&#233;ral) d&#233;finitivement pos&#233;, il suffirait d&#233;sormais d'ajuster le syst&#232;me &#224; la marge. On interroge l'&#233;thique des journalistes &#224; la suite des fausses informations sur la r&#233;volution roumaine de 1989. Intellectuels polic&#233;s et professionnels mod&#233;r&#233;s dissertent sur l'avenir du journalisme et les limites du &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Quels contre-pouvoirs au quatri&#232;me pouvoir ? &#187;, Le D&#233;bat, 1990, n&#176; 60, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La red&#233;couverte des m&#233;canismes de propagande de guerre &#8211; &#224; l'occasion de l'intervention am&#233;ricaine en Irak en 1991 &#8211; nourrit de longs d&#233;veloppements sur le discr&#233;dit des grands m&#233;dias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reporters sans fronti&#232;res, Les Mensonges du Golfe, Arl&#233;a-Reporters sans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des travaux plus tranchants continuent de d&#233;noncer la mainmise du grand patronat sur les principaux organes d'information et les effets d'une lib&#233;ralisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des m&#233;dias. Quelques francs-tireurs posent les bases d'une critique sans concession dans les colonnes du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; ou, loin de Paris, comme dans la revue &lt;i&gt;Agone&lt;/i&gt; ou dans un documentaire sur le traitement m&#233;diatique des &#233;lections municipales &#224; Bordeaux, en 1995&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, &#171; Des m&#233;dias en tenue camoufl&#233;e &#187; et &#171; Un journalisme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un nouveau vent critique vient aussi de l'universit&#233;. Dans le sillage des travaux de Pierre Bourdieu et de ses analyses de l'opinion publique, du r&#244;le des intellectuels et des m&#233;dias depuis les ann&#233;es 1970&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, Interventions, 1961-2001. Science sociale et action (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le sociologue Patrick Champagne consacre en 1990 une &#233;tude &#224; l'importance croissante accord&#233;e aux sondages, et &#224; ses effets politiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Champagne, Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique, Minuit, 1990.&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cinq ans plus tard, Alain Accardo publie un livre collectif pionnier, analysant les conditions concr&#232;tes du travail des journalistes &#224; partir de t&#233;moignages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Accardo (dir.), Journalistes au quotidien. Outils pour une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de la d&#233;cennie 1990, l'outillage intellectuel pour s'attaquer &#224; la d&#233;pendance de l'information &#224; l'&#233;gard de l'argent est disponible, mais aucune force sociale ou politique d'envergure n'est encore en mesure de s'en emparer. La critique des m&#233;dias demeure, sur le terrain militant, groupusculaire &#8211; au sein, par exemple, du R&#233;seau pour l'abolition de la t&#233;l&#233;vision (RAT) fond&#233; en 1991 dans les milieux libertaires et, un an plus tard, du groupe R&#233;sistance &#224; l'agression publicitaire (RAP). Dans un monde d&#233;barrass&#233; de l'Union sovi&#233;tique et au sein d'une Europe &#233;pousant la dynamique de la mondialisation lib&#233;rale (avec le soutien fr&#233;n&#233;tique au trait&#233; de Maastricht des &#233;ditorialistes les plus en vue lors du r&#233;f&#233;rendum de 1992&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, Les Nouveaux Chiens de garde, Raisons d'agir, 1997, p. 27-31.&#034; id=&#034;nh2-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), rien ne semble plus pouvoir contrarier les grands groupes se partageant le march&#233; de la communication, en France comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute du mur de Berlin et l'effondrement de l'URSS semblent donner raison aux th&#233;oriciens de la &#171; fin de l'histoire &#187;, proph&#233;tie soutenue sans retenue par des m&#233;dias vecteurs d'une version int&#233;ress&#233;e de la libert&#233; et de la d&#233;mocratie. Pourtant, les puissantes gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre 1995 ouvrent en France un nouvel espace contestataire dans lequel la question de l'information retrouve l'importance qu'elle avait perdue &#224; gauche. En quelques ann&#233;es, un mouvement de critique des m&#233;dias se structure dans un contexte marqu&#233; par la remise en cause de la mondialisation lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Dominique Pinsolle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Extrait du livre &lt;i&gt;&#192; bas la presse bourgeoise ! Deux si&#232;cles de critique anticapitaliste des m&#233;dias. De 1836 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Agone, 2022.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_13538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/pinsolle.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH803/pinsolle-173dd.jpg?1776678564' width='500' height='803' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite, l'&#233;chec de la loi anticoncentration de 1984 &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Serge Berstein, Pierre Milza et Jean-Louis&lt;br class='autobr' /&gt;
Bianco (dir.), &lt;i&gt;Fran&#231;ois Mitterrand. Les ann&#233;es du changement, 1981-1984&lt;/i&gt;, Perrin, 2001, p. 898-909, p. 901.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Filiu, &lt;i&gt;Mai 68 &#224; l'ORTF. Une radio-t&#233;l&#233;vision en r&#233;sistance&lt;/i&gt;, Nouveau Monde, 2008, p. 270-307.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Bourdon, &lt;i&gt;Haute fid&#233;lit&#233; : pouvoir et t&#233;l&#233;vision, 1935-1994&lt;/i&gt;, Seuil, 1994, p. 230.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agn&#232;s Chauveau, &#171; La politique de l'audiovisuel &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Serge Berstein, Pierre Milza et Jean-Louis Bianco (dir.), &lt;i&gt;Fran&#231;ois Mitterrand. Les ann&#233;es du changement, 1981-1984&lt;/i&gt;, Perrin, 2001, p. 920-923.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-No&#235;l Jeanneney, &lt;i&gt;Une histoire des m&#233;dias. Des origines &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2011, p. 281.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anne-Laure Ollivier, &#171; Notabilit&#233; et modernit&#233; politique. Le cas de Gaston Defferre, 1944-1986 &#187;, &lt;i&gt;Histoire@Politique&lt;/i&gt;, 2015, no 25, p. 103-119.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Agn&#232;s Chauveau, &#171; La politique de l'audiovisuel &#187;, art. cit&#233;, p. 921.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Journal officiel de la R&#233;publique fran&#231;aise. D&#233;bats parlementaires&lt;/i&gt;, Assembl&#233;e nationale, 27 avril 1982, p. 1305.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Monique Sauvage et Isabelle Veyrat-Masson, &lt;i&gt;Histoire de la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Nouveau Monde, 2012, p. 159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 163-164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Cusset, &lt;i&gt;La D&#233;cennie. Le grand cauchemar des ann&#233;es 1980&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2008, p. 200.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Monique Sauvage et Isabelle Veyrat-Masson, &lt;i&gt;Histoire de la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 185.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Bourdon, &lt;i&gt;Haute fid&#233;lit&#233;&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 261.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-No&#235;l Jeanneney, &lt;i&gt;Une histoire des m&#233;dias&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 337.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre P&#233;an et Christophe Nick, &lt;i&gt;TF1, un pouvoir&lt;/i&gt;, Fayard, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite&#8230; &#187;, art. cit&#233;, p. 901.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick et Philippe Chastenet, &lt;i&gt;Citizen Hersant. De P&#233;tain &#224; Mitterrand, histoire d'un empereur de la presse&lt;/i&gt;, Seuil, 1998, p. 374-376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite&#8230; &#187;, art. cit&#233;, p. 903.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 904.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006070728/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ordonnance du 26 ao&#251;t 1944 sur l'organisation de la presse fran&#231;aise&lt;/a&gt; &#187;, LegiFrance.gouv.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Julien, &#171; Deux pas vers le goulag &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, octobre 1984, p. 1, 18-20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-No&#235;l Jeanneney, &lt;i&gt;Une histoire des m&#233;dias&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 282-283.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ivan Chupin, Nicolas Hub&#233; et Nicolas Kaciaf, &lt;i&gt;Histoire politique et &#233;conomique des m&#233;dias en France&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2012, p. 83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ludivine Bantigny, &lt;i&gt;La France contemporaine. X. La France &#224; l'heure du monde. De 1981 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2019, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fabrice d'Almeida et Christian Delporte, &lt;i&gt;Histoire des m&#233;dias en France, de la Grande Guerre &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Flammarion-&#171; Champs &#187;, 2010, p. 276-277 ; sur l'arri&#232;re-plan politique de l'acquisition de Hachette par Lagard&#232;re, lire Thierry Discepolo, &lt;i&gt;La Trahison des &#233;diteurs&lt;/i&gt;, Agone, 2011, p. 62 et suiv.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Cusset, &lt;i&gt;La D&#233;cennie&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 58-65.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Armand Mattelart et &#201;rik Neveu, &lt;i&gt;Introduction aux&lt;/i&gt; cultural studies, La D&#233;couverte, 2018, p. 49-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/le-grand-bond-en-arriere&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Grand Bond en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; au monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Marseille, Agone [2004], 2006, p. 306-331 ; Fran&#231;ois Cusset, &lt;i&gt;La D&#233;cennie&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 58-67 et 125-135.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Accardo, &#171; Pour une sociolanalyse des pratiques journalistiques &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Alain Accardo (dir.), &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/journalistesprecairesjournalistesauquotidien&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Journalistes pr&#233;caires, journalistes au quotidien&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Marseille, Agone, [1995-1998] 2007, p. 15-81, p. 52-53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Cusset, &lt;i&gt;La D&#233;cennie&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Rimbert, &lt;i&gt;Lib&#233;ration. De Sartre &#224; Rothschild&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 2005, p. 39-46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guy Hocquenghem, &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/lettreouverteaceuxquisontpassesducolmaoaurotary-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lettre &#224; ceux qui sont pass&#233;s du col Mao au Rotary&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Marseille, Agone [1986, 2003], 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Quels contre-pouvoirs au quatri&#232;me pouvoir ? &#187;, &lt;i&gt;Le D&#233;bat&lt;/i&gt;, 1990, n&#176; 60, p. 114-134 ; &#171; O&#249; va le journalisme ? &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 1990, n&#176; 167, p. 5-94.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Reporters sans fronti&#232;res, &lt;i&gt;Les Mensonges du Golfe&lt;/i&gt;, Arl&#233;a-Reporters sans fronti&#232;res-T&#233;l&#233;rama-Radio France-&#171; L'Arche de la fraternit&#233; &#187;, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/1991/03/HALIMI/43331&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des m&#233;dias en tenue camoufl&#233;e&lt;/a&gt; &#187; et &#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/1995/02/HALIMI/6107&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un journalisme de r&#233;v&#233;rence&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mars 1991 et f&#233;vrier 1995 ; Thierry Discepolo, &#171; Remarques sur le journalisme. &#192; propos de la couverture par la presse fran&#231;aise de la r&#233;volution roumaine &#187;, &lt;i&gt;Agone&lt;/i&gt;, 1991, n&#176; 2-3, p. 83 et suiv. ; Pierre Carles, &lt;i&gt;Jupp&#233;, forc&#233;ment&lt;/i&gt;, CP-Production, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, [2002] 2022, p. 472-476.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Champagne, &lt;i&gt;Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique&lt;/i&gt;, Minuit, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Accardo (dir.), &lt;i&gt;Journalistes au quotidien. Outils pour une socioanalyse des pratiques journalistiques&lt;/i&gt;, Bordeaux, Le Mascaret, 1995 &#8212; r&#233;&#233;d. &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/journalistesprecairesjournalistesauquotidien&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Journalistes pr&#233;caires, journalistes au quotidien&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &lt;i&gt;Les Nouveaux Chiens de garde&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 1997, p. 27-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un journalisme de pr&#233;fecture</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Un-journalisme-de-prefecture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Un-journalisme-de-prefecture</guid>
		<dc:date>2022-10-31T10:37:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Eustache</dc:creator>


		<dc:subject>Les pratiques du journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Journalisme de pr&#233;fecture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un extrait du &#171; Nouveau Monde. Tableau de la France n&#233;olib&#233;rale &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Les-pratiques-du-journalisme-+" rel="tag"&gt;Les pratiques du journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journalisme-de-prefecture-+" rel="tag"&gt;Journalisme de pr&#233;fecture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L104xH150/arton6518-97475.jpg?1776678564' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Nouveau Monde -Tableau de la France n&#233;olib&#233;rale&lt;/i&gt; a paru aux &#233;ditions Amsterdam le 10 septembre 2021. &lt;a href=&#034;http://www.editionsamsterdam.fr/le-nouveau-monde/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce livre collectif&lt;/a&gt; accorde notamment une large place &#224; la critique des m&#233;dias et des industries culturelles. Nous publions ici un chapitre (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous &#233;coutez France Culture. Le 3 juin 2020. 7 h 35 : c'est la revue de presse internationale. Le journaliste revient sur la d&#233;mission du chef de l'&#201;tat bolivien. Evo Morales aurait, en novembre 2019, &#233;t&#233; contraint de &#171; &lt;i&gt;fuir La Paz sous la pression de grandes manifestations apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pris en flagrant d&#233;lit de falsification des r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle&lt;/i&gt; &#187;. M&#234;me revue de presse, une semaine plus tard : le chroniqueur signale en passant que le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, souvent align&#233; sur les positions du Pentagone, vient d'admettre &lt;i&gt;&#171; ses doutes, d&#233;sormais tr&#232;s forts, sur la version des faits qu'il avait lui-m&#234;me v&#233;hicul&#233;e, avec le reste de la presse internationale et nous compris, au moment de la pr&#233;c&#233;dente &#233;lection bolivienne &#187;&lt;/i&gt;. Vous &#233;coutez France Culture et jamais vous n'entendrez les petits t&#233;l&#233;graphistes admettre que la station a couvert un coup d'&#201;tat d'extr&#234;me droite contre l'un des rares gouvernements populaires d'Am&#233;rique latine. Dans les r&#233;dactions, la baisse du nombre de correspondants &#224; l'&#233;tranger et des cr&#233;dits allou&#233;s aux reportages ont fait place nette pour ce genre de d&#233;sinformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui vaut pour les affaires internationales et pour les aventures imp&#233;riales de la France &#8211; au Kosovo en 1999, en Afghanistan en 2002 ou en Lybie en 2011 &#8211; vaut aussi pour le maintien de l'ordre le plus ordinaire. Dans le traitement des r&#233;alit&#233;s hexagonales, la d&#233;pendance des journalistes au pouvoir est forte. &lt;i&gt;&#171; La presse a besoin des pouvoirs pour fonctionner tant elle d&#233;pend de leurs informations&lt;/i&gt;, observe le politiste Alain Garrigou. &lt;i&gt;Il ne s'agit pas seulement de la d&#233;pendance &#233;conomique, si banale que l'on est tent&#233; de la consid&#233;rer comme irr&#233;m&#233;diable. Les tentatives d'affranchir la presse de l'argent ont largement &#233;chou&#233; et la soumission directe aux propri&#233;taires, ou indirecte aux annonceurs, n'est pas un mythe. Elle est redoubl&#233;e d'une d&#233;pendance fonctionnelle par laquelle ce sont les pouvoirs qui produisent les informations qui alimentent la presse : grandes bureaucraties d'&#201;tat, entreprises et grandes organisations se sont dot&#233;es de services sp&#233;cialis&#233;s. Relations de coop&#233;ration plus que de pression. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Garrigou, &#171; Journalisme embarqu&#233; &#187;, blog &#171; R&#233;gime d'opinion &#187;, 9 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remontrances, outrances, points aveugles : qu'on pense &#224; la gr&#232;ve des cheminots au printemps 2018, au mouvement des Gilets jaunes &#224; l'hiver 2018-2019 ou aux manifestations contre la r&#233;forme des retraites en 2019, le traitement m&#233;diatique n'a pas vari&#233;. Les journalistes ont mis &#224; contribution les pr&#233;fectures ou les syndicats de police, et all&#233;grement. Un v&#233;ritable &#171; journalisme de maintien de l'ordre &#187;. &lt;i&gt;&#171; C'est le c&#244;t&#233; &#8220;parole sacr&#233;e&#8221; de l'&#201;tat, on ne peut pas, m&#234;me en tant que m&#233;dia, on ne peut pas ne pas croire ce que dit le ministre &#187;&lt;/i&gt;, affirmait un journaliste de France Info apr&#232;s la pr&#233;tendue attaque de l'h&#244;pital de La Salp&#234;tri&#232;re par des manifestants, le 1er mai 2019. Un mensonge prof&#233;r&#233; par le ministre de l'Int&#233;rieur lui-m&#234;me et relay&#233; avec gourmandise par les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et de radio, France Info en t&#234;te. Que les grands m&#233;dias reprennent sans recul aucun une parole officielle : il n'y a pas l&#224; une d&#233;rive du syst&#232;me m&#233;diatique, mais sa v&#233;rit&#233; m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison entre les matinales du mardi 5 novembre 2019 sur LCI, BFM TV, CNews et France Info TV permet d'objectiver, s'il en &#233;tait encore besoin, ce fonctionnement. Ce jour-l&#224;, &#224; 6 heures, France Info TV et LCI ouvrent leur journal t&#233;l&#233;vis&#233; sur un d&#233;placement officiel &#224; Chanteloup-les-Vignes. Christophe Castaner, alors ministre de l'Int&#233;rieur, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, et Julien Denormandie, ministre charg&#233; de la Ville et du Logement, se rendent dans la commune des Yvelines apr&#232;s qu'un &#171; guet-apens &#187; a &#233;t&#233; tendu &#224; la police le week-end pr&#233;c&#233;dent. Le sujet arrive en deuxi&#232;me position des JT de BFM TV et CNews, qui font le choix de le traiter en mettant en exergue la d&#233;cision du gouvernement d'instaurer &#171; des quotas d'immigration &#187;. D'une cha&#238;ne &#224; l'autre, le traitement diverge peu. Les propos tenus par le Premier ministre sur les violences urbaines &#8211; &lt;i&gt;&#171; une petite bande d'imb&#233;ciles et d'irresponsables qui pense que tout casser peut faire avancer les choses &#187;&lt;/i&gt; &#8211; sont copieusement comment&#233;s. BFM TV donne la parole &#224; &#201;douard Philippe mais aussi &#224; &#201;ric Ciotti, d&#233;put&#233; LR des Alpes-Maritimes, et &#224; Jean-Lin Lacapelle, vice-pr&#233;sident du groupe RN au conseil r&#233;gional d'&#206;le-de-France. Dans les reportages, &#233;lus de droite et syndicats de police se relaient et se rengorgent. Aucune des quatre cha&#238;nes, en revanche, ne daigne tendre le micro aux habitants. Il faut dire que leur parole est le plus souvent escamot&#233;e : micro-trottoirs, interviews tronqu&#233;es, t&#233;moignages faisant la part belle &#224; l'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;mission de d&#233;bat Les Inform&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; France Info, l'info autrement ? &#187;, Acrimed, 8 d&#233;cembre 2020.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, diffus&#233;e quotidiennement sur France Info, les commentateurs accaparent ainsi 86 % des invitations. Entre le 1er janvier et le 30 juin 2019, sur les 135 sujets traitant du mouvement des Gilets jaunes, seule une protestataire a &#233;t&#233; re&#231;ue en plateau. &lt;i&gt;&#171; Dans une &#233;mission de d&#233;bat sur l'actualit&#233;&lt;/i&gt;, se justifie Matthieu Mondoloni, directeur adjoint de la r&#233;daction, &lt;i&gt;il nous semblait plus pertinent (j'admets que &#231;a puisse &#234;tre contest&#233; ou contestable) d'avoir des gens dont c'est le m&#233;tier. C'est-&#224;-dire des &#8220;inform&#233;s&#8221; : des communicants, des journalistes, des gens qui sont tr&#232;s au fait de l'actualit&#233; et qui sont capables de parler de plusieurs sujets. &#187;&lt;/i&gt; Et quand les premiers concern&#233;s sont miraculeusement invit&#233;s &#224; s'exprimer, c'est pour mieux les chapitrer. L'histoire m&#233;diatique r&#233;cente est jalonn&#233;e de ce type de rappels &#224; l'ordre. L'interrogatoire du syndicaliste de la CGT Continental, Xavier Mathieu, par David Pujadas le 21 avril 2009 restant un mod&#232;le du genre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Pujadas : &#171; Bonsoir Xavier Mathieu, vous &#234;tes le d&#233;l&#233;gu&#233; CGT de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcher sagement dans les rues parisiennes, passe encore. Mais avisez-vous de s&#233;questrer un patron ou d'arracher la chemise d'un DRH, et claque le coup de fouet m&#233;diatique. &#192; croire que seul le corps des puissants m&#233;rite d'&#234;tre d&#233;fendu. Lui qui n'est presque jamais expos&#233; ni au travail, ni en politique, ni dans la rue, qui est pr&#233;serv&#233; des contr&#244;les de police au faci&#232;s ou des effets mortels de l'aust&#233;rit&#233;. Un ouvrier n'aura pas droit aux m&#234;mes &#233;gards. Il n'a pourtant gu&#232;re le luxe d'oublier que le sien &#8211; de corps &#8211;peut &#234;tre ab&#238;m&#233;, violent&#233;, brim&#233;. Occult&#233;es, les violences qui ne font ni bruit ni flamme : les familles condamn&#233;es &#224; se nourrir au Secours populaire, les discriminations inflig&#233;es aux personnes handicap&#233;es et aux minorit&#233;s, aux classes populaires des banlieues et des campagnes, les humiliations et les morts au travail. Dans la presse quotidienne r&#233;gionale, les accidents du travail sont trait&#233;s comme de simples faits divers, quand ce sont pourtant des faits sociaux (650 000 victimes par an).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus souvent, les journalistes se limitent &#224; r&#233;percuter l'information transmise par la police, les pompiers ou la justice. Et m&#234;me quand il affirme mener l'enqu&#234;te et en tire quelque gloire, le &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187; reste fortement tributaire de ces m&#234;mes sources et des int&#233;r&#234;ts qui les animent. Ainsi du journalisme d'investigation &#8211; celui qui fait d&#233;missionner des ministres ou fr&#233;mir des conseillers mais beaucoup plus rarement tomber des dirigeants d'entreprise, dont Pierre P&#233;an, journaliste et investigateur hors pair, d&#233;crivait les m&#233;thodes : &lt;i&gt;&#171; Il ne s'agit pas d'enqu&#234;ter, mais d'attendre une fuite. Celle d'un proc&#232;s-verbal d'audition ou d'enqu&#234;te que transmet un juge, un policier, un avocat. Le document arrive, hier par fax, aujourd'hui par messagerie chiffr&#233;e. L'intr&#233;pide limier s'emploie ensuite &#224; le r&#233;&#233;crire en style journalistique. &#187;&lt;/i&gt; De sorte que l'investigation, si elle est parfois utile au d&#233;voilement des pratiques oligarchiques, est le plus souvent un outil de r&#233;gulation interne &#224; la classe dominante. Et P&#233;an d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; la joie mauvaise de voir tomber les corrompus a souvent pour corollaire l'impuissance face aux structures corruptrices, qui, elles, restent en place quand un ministre chasse l'autre. On se croit veng&#233;, mais rien n'a chang&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre P&#233;an, &#171; Dans les cuisines de l'investigation &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Journalisme de classe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Pour maintenir l'ordre social, en tout &#233;tat de cause, tous les coups sont permis : &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si la comparaison peut para&#238;tre scabreuse, est-il si ill&#233;gitime d'oser la formuler ? La France est soumise aujourd'hui &#224; deux menaces qui, pour &#234;tre diff&#233;rentes, n'en mettent pas moins en p&#233;ril son int&#233;grit&#233; : Daech et la CGT &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crivait l'&#233;ditorialiste Frantz-Olivier Giesbert dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; (1er juin 2016), en plein mouvement contre la loi dite &#171; travail &#187;. Cinq ans plus tard, on trouvait semblable comparaison dans le magazine &lt;i&gt;VSD&lt;/i&gt;, cette fois-ci dirig&#233;e contre une gr&#232;ve de cheminots : &lt;i&gt;&#171; Ils utilisent les salari&#233;s en France, entonnait son directeur, comme Daech utilise les femmes et les enfants en boucliers humains en Syrie &#187;&lt;/i&gt;, ce qui valut &#224; la publication d'&#234;tre condamn&#233;e par la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris pour &#171; injure publique &#187; &#224; l'encontre de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes, lui non plus, n'a pas &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; : &lt;i&gt;&#171; Taguer l'Arc de Triomphe, c'est quelque chose qui atteint les institutions. La m&#233;moire du Soldat inconnu, c'est ce qui fait le ciment de la nation &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;clarait la journaliste Ruth Elkrief sur BFM TV, tandis que Luc Ferry, sans barguigner, en appelait &#224; ouvrir le feu sur les manifestants : &lt;i&gt;&#171; On ne donne pas les moyens aux policiers de mettre fin aux violences. Quand on voit des types qui tabassent &#224; coups de pied un malheureux policier... qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois, &#233;coutez, &#231;a suffit ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Radio Classique (propri&#233;t&#233; de Bernard Arnault, PDG de LVMH), 7 janvier 2019.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;e sur le plateau de BFM TV (propri&#233;t&#233; de Patrick Drahi), la directrice adjointe de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (propri&#233;t&#233; de Patrick Drahi), Alexandra Schwartzbrod, tirait un bilan admiratif du dispositif de maintien de l'ordre mis en place pendant la manifestation du 1er mai 2019 &#224; Paris : &lt;i&gt;&#171; On peut dire que Didier Lallement, qui est le nouveau pr&#233;fet de police, a plut&#244;t bien s&#233;curis&#233; le terrain. Le terrain &#233;tait plut&#244;t bien choisi, avec des grandes avenues, avec assez peu d'endroits o&#249; se retrancher. Donc on peut dire que &#231;a a &#233;t&#233; plut&#244;t bien pr&#233;par&#233;. Et puis surtout, il y avait moins de black blocs que pr&#233;vu, on en attendait pr&#232;s de 1 500, y en a eu moiti&#233; moins quasiment [&#8230;]. En tout cas, l'ensemble [du dispositif policier] a fait que, globalement, cette manifestation s'est pass&#233;e moins violemment qu'on ne le craignait. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les privil&#232;ges des &#233;ditorialistes les acoquinent au grand patronat en m&#234;me temps qu'ils les s&#233;parent des ouvriers, des fonctionnaires, des travailleurs ind&#233;pendants ou des petits patrons. Sans commune mesure avec le salaire m&#233;dian des Fran&#231;ais (1 940 euros), les &#233;moluments de Ruth Elkrief &#224; BFM TV s'&#233;l&#232;vent &#224; 10 000 euros par mois, et &#224; 15 000 euros net pour le pr&#233;sentateur de France 2 Laurent Delahousse. Pour sa revue de presse quotidienne sur Europe 1, Natacha Polony, aujourd'hui directrice de la r&#233;daction de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, gagnait 27 400 euros par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le cas des violences polici&#232;res montre que le journalisme de pr&#233;fecture ne se limite pas aux seules chefferies. Il affecte jusqu'aux pratiques ordinaires des soutiers de l'information. Longtemps, on a invisibilis&#233; les &#171; bavures &#187;. Seule la parole institutionnelle avait droit de cit&#233; sur les plateaux ou dans les colonnes. Et la place qui leur est accord&#233;e depuis peu doit moins &#224; un sursaut civique de la profession qu'au travail opini&#226;tre du journaliste ind&#233;pendant David Dufresne et &#224; la combativit&#233; de collectifs comme Urgence notre police assassine, Justice et V&#233;rit&#233; pour Adama ou D&#233;sarmons-les. Apr&#232;s des d&#233;cennies de brutalit&#233; contre les habitants des quartiers populaires, le bilan des mutilations caus&#233;es par les forces de l'ordre pendant le mouvement des Gilets jaunes, soigneusement document&#233;, a eu raison de la c&#233;cit&#233; m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Productivisme et d&#233;pendance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Enfants de la bourgeoisie, majoritairement blancs, les journalistes n'ont aucun mal &#224; prendre pour argent comptant les communiqu&#233;s des pr&#233;fectures. Il faut dire qu'ils ne connaissent pas (ou si peu) les contr&#244;les policiers et la violence d'&#201;tat. Du reste, pourquoi douteraient-ils d'institutions (&#233;cole, police, justice, etc.) qui les ont jusqu'ici plut&#244;t tr&#232;s bien servis ? Plusieurs travaux de sociologie ont ainsi mis en &#233;vidence le privil&#232;ge d'autorit&#233; dont pouvaient disposer les points de vue officiels aupr&#232;s des journalistes. &lt;i&gt;&#171; Les sources proches du gouvernement et des milieux d'affaires ont le grand avantage d'&#234;tre reconnues et cr&#233;dibles sur la base de leur seul statut de prestige &#187;&lt;/i&gt;, observaient ainsi Noam Chomsky et Edward Hermann.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paroles des institutions et des dirigeants sont le plus souvent trait&#233;es comme des &#171; faits &#187;, non comme des &#171; discours &#187;. Et les &#171; faits-diversiers &#187; sont enclins &#224; la croyance (et &#224; la confiance) dans une &#171; objectivit&#233; de fait &#187; des institutions polici&#232;res et judiciaires, rappellent les sociologues J&#233;r&#244;me Berthaut et Sylvain Laurens. &lt;i&gt;&#171; Ce que pensent les gens ne m'int&#233;resse pas sur le plan factuel. Pour le moment, les seuls &#233;l&#233;ments concrets m'ont &#233;t&#233; apport&#233;s par le procureur &#187;&lt;/i&gt;, explique ainsi un journaliste du &lt;i&gt;Dauphin&#233; lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt; ayant couvert un accident qui a co&#251;t&#233; la vie &#224; deux jeunes grenoblois, &#224; l'issue d'une course-poursuite avec la police. Il reconna&#238;t s'en tenir &#224; ses sources (polici&#232;res) ou &#224; la version &#171; officielle &#187;, qu'il ne cherche pas &#224; confronter avec celle des habitants &#8211; avec qui il entretient d'ailleurs de tr&#232;s mauvais rapports.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; M&#233;dias et violences polici&#232;res : aux sources du &#8220;journalisme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids des sources polici&#232;res s'explique aussi par l'organisation tayloris&#233;e du travail m&#233;diatique. Cette division du travail favorise un journalisme en fauteuil d&#233;connect&#233; du terrain. &lt;i&gt;&#171; Je travaillais dans les cha&#238;nes d'info et je ne croyais pas aux violences polici&#232;res, rapporte ainsi une ancienne assistante d'&#233;dition de BFM TV. On avait seulement le point de vue des flics parce qu'&#233;videmment hormis les reporters et les JRI (journalistes reporters d'images), personne ne va sur le terrain. Quand il y a un fait de violence polici&#232;re suppos&#233; dans un quartier, le reporter sp&#233;cialiste &#8220;police-justice&#8221; va s'y rendre. Lui, il a surtout des contacts de flics, mais bon il fait son boulot de reporter, il va voir aussi la famille, les avocats, etc. Il va &#234;tre prudent. Mais les r&#233;dacteurs en chef, eux, vont &#233;couter le consultant, ils vont &#233;couter Dominique Rizet, qui est dans tous les WhatsApp de flics d'&#206;le-de-France. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contraintes de productivit&#233; qui p&#232;sent sur les journalistes renforcent aussi cette d&#233;pendance aux sources polici&#232;res : ces derniers ont besoin des informations que les policiers et gendarmes veulent bien leur fournir pour remplir leurs rubriques &#171; Faits divers &#187; et le site web du journal qu'il faut alimenter en articles toute la journ&#233;e. Le productivisme dans les m&#233;dias est tel qu'un journaliste web r&#233;dige en moyenne dix articles par jour, une cadence qui ne permet ni de v&#233;rifier ni de recouper l'information. Et pour tenir le rythme, les journalistes n'ont souvent d'autre choix que de &#171; b&#226;tonner &#187; (copier-coller des d&#233;p&#234;ches ou des communiqu&#233;s officiels en les remaniant &#224; la marge). L'autre solution, courante dans la presse quotidienne r&#233;gionale, consiste &#224; faire &#171; la tourn&#233;e des fait divers &#187; en appelant commissariats, gendarmeries et casernes de pompiers pour produire du contenu. Afin de ne pas risquer d'ass&#233;cher les pages du journal, mieux vaut donc choyer ces sources, et tisser des liens serr&#233;s avec elles. Entre 1994 et 2011, les journalistes &#171; info g&#233;n&#233; &#187; de France 2 ont ainsi &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; suivre une formation de l'Institut des hautes &#233;tudes de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (IHESI). L&#224;-bas, ils c&#244;toyaient des hauts grad&#233;s de la gendarmerie, de la police, des magistrats ou des pr&#233;fets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police sait d'ailleurs bien jouer de cette d&#233;pendance : en mars 2021, la pr&#233;fecture de Haute-Sa&#244;ne mena&#231;ait France 3 de s'opposer au tournage en cours d'un magazine avec les gendarmes du d&#233;partement, si une &#233;quipe de journalistes n'&#233;tait pas d&#233;p&#234;ch&#233;e pour couvrir la visite du ministre de l'&#201;conomie et des Finances, Bruno Le Maire, dans une entreprise locale. Et le sociologue J&#233;r&#244;me Berthaut de noter que &lt;i&gt;&#171; les relations privil&#233;gi&#233;es qu'entretiennent les reporters des informations g&#233;n&#233;rales avec les membres des services d'urgence et des services judiciaires conduisent certains d'entre eux &#224; transposer par mim&#233;tisme, dans la r&#233;daction, un jargon professionnel issu de la police (&#8220;faire une planque&#8221;, &#8220;monter au braco&#8221;, &#8220;mettre le pied dans la porte&#8221;). Mais les emprunts ne concernent pas seulement le vocabulaire. La hi&#233;rarchie des sujets de reportages est &#233;galement index&#233;e sur l'&#233;chelle de classement des services de police et de justice. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Berthaut, La Banlieue du 20 h. Ethnographie de la production d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Bobards m&#233;diatiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Comment, d&#232;s lors, s'&#233;tonner des malfa&#231;ons du journalisme de pr&#233;fecture ? L'attaque de l'h&#244;pital de la Piti&#233;-Salp&#234;tri&#232;re &#224; Paris le 1er mai 2019, l'arrestation de Xavier Dupont de Ligonn&#232;s, l'exhibition d'armes de guerre par des dealers &#224; Grenoble sont autant de fake news d&#233;menties aussi vite qu'&#233;nonc&#233;es. &#192; Grenoble, les armes de guerre &#233;taient en plastique, il s'agissait d'une mise en sc&#232;ne destin&#233;e &#224; la r&#233;alisation d'un clip de rap ; l'artiste avait relay&#233; les images sur les r&#233;seaux sociaux pour &#171; faire le buzz &#187;. Op&#233;ration de communication rondement men&#233;e, puisque ces images ont fait l'objet de reportages sur BFM TV et CNews et de commentaires sur les plateaux de ces cha&#238;nes. Si ces images ont attir&#233; l'attention des grands m&#233;dias, c'est qu'elles faisaient &#233;cho aux repr&#233;sentations que se font les journalistes des banlieues &#8211; repr&#233;sentations que le jeune rappeur a su habilement exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fiance des citoyens envers les m&#233;dias s'est amplifi&#233;e : d&#233;but 2021, 63 % des Fran&#231;ais estimaient que les journalistes ne r&#233;sistent pas aux pressions politiques et 59 % aux pressions de l'argent.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le 34e barom&#232;tre de confiance dans les m&#233;dias r&#233;alis&#233; par Kantar pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Pendant les manifestations des Gilets jaunes, plusieurs journalistes ont ainsi &#233;t&#233; pris &#224; partie, verbalement et parfois physiquement. Dans le m&#234;me temps, des rassemblements devant France T&#233;l&#233;visions et BFM TV (29 d&#233;cembre 2018) constituaient la propri&#233;t&#233; des m&#233;dias en v&#233;ritable question politique. Mais, plut&#244;t que d'y r&#233;pondre, les journalistes ont pr&#233;f&#233;r&#233; d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts en faisant de la &#171; p&#233;dagogie &#187;. Depuis l'attentat contre &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; en 2015, on ne compte plus les &#233;missions, sur France Inter notamment, visant &#224; r&#233;&#233;duquer la population. Elles ont accompagn&#233; la cr&#233;ation des rubriques de fact-checking (v&#233;rification des faits), pr&#233;sentes dans cinq m&#233;dias : les &#171; D&#233;codeurs &#187; du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, &#171; Checknews &#187; de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &#171; Factuel &#187; de l'Agence France presse (AFP), &#171; Fake off &#187; de &lt;i&gt;20 minutes&lt;/i&gt; et &#171; Vrai ou fake &#187; de France Info. Une initiative imit&#233;e par l'&#201;tat qui, au d&#233;but de la pand&#233;mie, a mis en ligne la plateforme D&#233;sinfox&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;sinfox : l'embarassant miroir &#187;, Mani&#232;re de voir, ao&#251;t-septembre 2020.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avant de la retirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve des dispositions relatives &#224; l'&#233;ducation aux m&#233;dias dans la loi de 2013 pour la refondation de l'&#233;cole comme dans celle contre les fake news ou dans le plan national de pr&#233;vention de la radicalisation du 23 f&#233;vrier 2018. En guerre contre les &#171; bobards invent&#233;s pour salir &#187;. Vot&#233;e le 20 novembre 2018, la loi contre la &#171; manipulation de l'information &#187; en p&#233;riode &#233;lectorale compl&#232;te ce dispositif. Le texte pr&#233;voit la possibilit&#233; pour un candidat ou un parti politique de saisir le juge des r&#233;f&#233;r&#233;s pour couper court &#224; la diffusion de &#171; fausses informations &#187; durant les trois mois pr&#233;c&#233;dant un scrutin national. Il accorde aussi au Conseil sup&#233;rieur de l'audio-visuel (CSA) la facult&#233; de suspendre l'&#233;mission d'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision &#171; contr&#244;l&#233;e par un &#201;tat &#233;tranger ou sous l'influence &#187; d'une puissance &#233;trang&#232;re qui diffuserait de &#171; fa&#231;on d&#233;lib&#233;r&#233;e &#187; des informations frelat&#233;es. Les cha&#238;nes d&#233;tenues par le gouvernement russe, Russia Today et Sputnik, sont particuli&#232;rement cibl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la loi &#171; s&#233;curit&#233; globale &#187; &#224; la loi sur le secret des affaires, en passant par la loi contre les &#171; fake news &#187;, la politique d'Emmanuel Macron s'est ainsi traduite par la mise en place d'un arsenal juridique visant &#224; restreindre la libert&#233; d'informer. Depuis la loi &#171; travail &#187; en 2016, les journalistes sont de plus en plus souvent entrav&#233;s dans leur travail. La loi &#171; s&#233;curit&#233; globale &#187;, d&#233;finitivement adopt&#233;e par l'Assembl&#233;e nationale le 15 avril 2021, a marqu&#233; une &#233;tape suppl&#233;mentaire dans la mise au pas de la profession : l'un de ses articles punit de 45 000 euros d'amende et d'un an de prison la diffusion de &#171; l'image du visage ou tout autre &#233;l&#233;ment d'identification &#187; d'un policier ou gendarme en fonction, dans le but de &#171; porter atteinte &#224; son int&#233;grit&#233; physique ou psychique &#187;. Tr&#232;s contest&#233;e, cette disposition a d'ailleurs valu &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais cet avertissement du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU : &lt;i&gt;&#171; L'information du public et la publication d'images et d'enregistrements relatifs &#224; des interventions de police sont non seulement essentiels pour le respect du droit &#224; l'information, mais elles sont en outre l&#233;gitimes dans le cadre du contr&#244;le d&#233;mocratique des institutions publiques. &#187;&lt;/i&gt; &#192; plus forte raison quand l'&#233;cosyst&#232;me m&#233;diatique fonctionne comme une bulle. Perm&#233;able aux sources polici&#232;res, mais imperm&#233;able aux t&#233;moignages de victimes de la r&#233;pression.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#8220;Ultra-jaunes&#8221; arr&#234;t&#233;s &#224; Bordeaux : intoxication m&#233;diatique aux sources (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Sophie Eustache&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Garrigou, &#171; &lt;a href=&#034;https://blog.mondediplo.net/2012-10-09-Journalisme-embarque&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journalisme embarqu&#233;&lt;/a&gt; &#187;, blog &#171; R&#233;gime d'opinion &#187;, 9 octobre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Franceinfo-l-info-autrement&#034;&gt;&#171; France Info, l'info autrement ? &#187;&lt;/a&gt;, Acrimed, 8 d&#233;cembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;David Pujadas : &#171; Bonsoir Xavier Mathieu, vous &#234;tes le d&#233;l&#233;gu&#233; CGT de Continental &#224; Clairoix. On comprend bien s&#251;r votre d&#233;sarroi, mais est-ce que &#231;a ne va pas trop loin ? Est-ce que vous regrettez ces violences ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Xavier Mathieu : &#171; Vous plaisantez, j'esp&#232;re ? On regrette rien&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; David Pujadas : &#171; Je vous pose la question. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Xavier Mathieu : &#171; Non, non, attendez. Qu'est-ce que vous voulez qu'on regrette ? Quoi ? Quelques carreaux cass&#233;s, quelques ordinateurs &#224; c&#244;t&#233; des milliers de vies bris&#233;es ? &#199;a repr&#233;sente quoi ? Il faut arr&#234;ter l&#224;, il faut arr&#234;ter. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
David Pujadas : &#171; Pour vous, la fin justifie les moyens. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre P&#233;an, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2019/09/PEAN/60338&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans les cuisines de l'investigation&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, septembre 2019&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Radio Classique (propri&#233;t&#233; de Bernard Arnault, PDG de LVMH), 7 janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Medias-et-violences-policieres-aux-sources-du&#034;&gt;&#171; M&#233;dias et violences polici&#232;res : aux sources du &#8220;journalisme de pr&#233;fecture&#8221; &#187;&lt;/a&gt;, Acrimed, 25 mars 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Berthaut, &lt;i&gt;La Banlieue du 20 h. Ethnographie de la production d'un lieu commun journalistique&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon le 34e barom&#232;tre de confiance dans les m&#233;dias r&#233;alis&#233; par Kantar pour &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/mav/172/EUSTACHE/62020&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;sinfox : l'embarassant miroir&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mani&#232;re de voir&lt;/i&gt;, ao&#251;t-septembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Ultra-jaunes-arretes-a-Bordeaux-intoxication&#034;&gt;&#171; &#8220;Ultra-jaunes&#8221; arr&#234;t&#233;s &#224; Bordeaux : intoxication m&#233;diatique aux sources polici&#232;res &#187;&lt;/a&gt;, Acrimed, 1er avril 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Val&#233;rie Toranian, des nouveaut&#233;s cosm&#233;tiques au p&#233;ril islamique</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Valerie-Toranian-des-nouveautes-cosmetiques-au</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Valerie-Toranian-des-nouveautes-cosmetiques-au</guid>
		<dc:date>2022-10-22T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mona Chollet</dc:creator>


		<dc:subject>Islam</dc:subject>
		<dc:subject>Elle</dc:subject>
		<dc:subject>Islamophobie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un extrait du livre &#171; Les &#201;ditocrates 2 &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Islam-+" rel="tag"&gt;Islam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Elle-1250-+" rel="tag"&gt;Elle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Islamophobie-+" rel="tag"&gt;Islamophobie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L92xH150/arton6538-83980.jpg?1776733994' class='spip_logo spip_logo_right' width='92' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir dirig&#233; &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; puis &lt;i&gt;La Revue des deux mondes&lt;/i&gt;, Val&#233;rie Toranian &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/10/17/medias-valerie-toranian-nommee-directrice-de-la-redaction-du-point_6146200_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vient d'&#234;tre nomm&#233;e&lt;/a&gt; directrice de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;. En 2018, Mona Chollet retra&#231;ait son parcours dans &lt;a href=&#034;https://www.editionsladecouverte.fr/les_editocrates_2-9782707196132&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les &#201;ditocrates 2&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;bastien Fontenelle, Mona Chollet, Olivier Cyran, Laurence de Cock, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous publions, avec l'accord de l'autrice et de l'&#233;diteur, le chapitre qui lui est d&#233;di&#233; (p. 123-138). (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_13510 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L450xH733/editocrates2_site-fdb0d.jpg?1776733994' width='450' height='733' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Trop, c'est trop. Indign&#233;e par &#171; l'avalanche de stupidit&#233;s, de malveillances et de contre&#8209;v&#233;rit&#233;s publi&#233;es dans la presse &#187; au sujet de la &lt;i&gt;Revue des deux mondes&lt;/i&gt;, sa directrice de la publication Val&#233;rie Toranian choisissait, en ce mois d'avril 2017, de faire une mise au point&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Val&#233;rie Toranian, &#171; La Revue des deux mondes, libre et ind&#233;pendante &#187;, Revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certes, elle est arriv&#233;e &#224; la t&#234;te de la revue, propri&#233;t&#233; de l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharri&#232;re, en f&#233;vrier 2015, soit apr&#232;s la p&#233;riode o&#249; Penelope Fillon, &#233;pouse de Fran&#231;ois Fillon, le candidat de la droite &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, aurait &#233;t&#233; grassement r&#233;mun&#233;r&#233;e &#8211; 5 000 euros par mois entre mai 2012 et d&#233;cembre 2013 par cette publication. Mais elle a consacr&#233; la couverture et le dossier de son num&#233;ro de f&#233;vrier&#8209;mars 2017 &#224; celui dont la France esbaudie s'appr&#234;tait alors &#224; d&#233;couvrir chaque jour un peu plus la cupidit&#233;. &#171; Dans notre dossier &#8220;De quoi Fillon est&#8209;il le nom ?&#8221;, nous abordons son positionnement &#224; l'int&#233;rieur de la famille politique de la droite, son programme &#233;conomique et la nouvelle sociologie de l'&#233;lectorat catholique suppos&#233; avoir vot&#233; pour lui, se d&#233;fend&#8209;elle. Un dernier article, enfin, s'alarme de la volont&#233; du candidat de la droite de faire payer aux seules classes populaires, par des sacrifices suppl&#233;mentaires, les faillites de quarante ans de gestion &#233;conomique. &#192; moins d'&#234;tre malintentionn&#233;, comment oser parler de complaisance ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, en effet, le mot &#171; complaisance &#187; pourrait&#8209;il venir &#224; l'esprit quand on lit, dans le dossier en question, ces lignes de Franz&#8209;Olivier Giesbert : &#171; Aussi loin que remonte ma m&#233;moire, j'ai toujours connu un Fillon bon vivant, gaulliste, provincial, catholique, c&#233;r&#233;bral, qui quittait parfois son ironie naturelle pour c&#233;der &#224; sa pente m&#233;lancolique et qui s'int&#233;ressait &#224; toutes sortes de choses, sauf &#224; la politique politicienne &#187; ? Ou encore : &#171; D'un rendez&#8209;vous avec Fran&#231;ois Fillon, on revient toujours avec des brass&#233;es d'id&#233;es d'enqu&#234;tes ou de reportages. Quand ce n'est pas d'un essai &#224; lire de toute urgence. Il est de son temps. Il a certes des airs d'enfant de ch&#339;ur, mais &#224; y regarder de pr&#232;s, ses l&#232;vres semblent toujours luisantes de vin, de messe ou pas : malgr&#233; les apparences, il est plus original que la moyenne de nos politiciens, il aime &#233;tonner, s'encanailler, sortir des clous &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Franz&#8209;Olivier Giesbert, &#171; Fran&#231;ois Fillon, l'homme des trois droites &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Non, vraiment, la malveillance des gens est sans limites.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Quand &#171; Elle &#187; fait la promotion de &#171; Causeur &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Val&#233;rie Toranian a dirig&#233; le magazine &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; pendant treize ans, avant d'&#234;tre cong&#233;di&#233;e en septembre 2014 par Denis Olivennes, P&#8209;DG de Lagard&#232;re Active, en raison de la baisse des ventes. Giesbert, ancien directeur du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, est son compagnon. L'arriv&#233;e du duo &#224; la t&#234;te de la v&#233;n&#233;rable &lt;i&gt;Revue des deux mondes&lt;/i&gt; &#8211; fond&#233;e en 1829 &#8211; a suscit&#233; un certain &#233;moi, tant le tournant r&#233;actionnaire qu'il lui a impos&#233; a &#233;t&#233; brutal. Giesbert, racontait alors &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &#171; a fait irruption en mars [2015] au comit&#233; de r&#233;daction de fa&#231;on spectaculaire puisque, aux dires de t&#233;moins effar&#233;s, ce fut pour FOG l'occasion d'une grande bouff&#233;e d'anti&#8209;intellectualisme ponctu&#233;e par ce mot d'ordre : &#8220;Il faut arr&#234;ter d'enculer les mouches.&#8221; Lanc&#233;e dans l'un des lieux les plus polic&#233;s du d&#233;bat intellectuel fran&#231;ais, la phrase a fait sensation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;douard Launet, &#171; Dr&#244;le de tournant &#224; la &#8220;Revue des deux mondes&#8221; &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, les personnalit&#233;s mises en vedette &#8211; certaines &#224; plusieurs reprises &#8211; ont donn&#233; le ton : Michel Onfray, &#201;ric Zemmour, Michel Houellebecq, Alain Finkielkraut (&#171; L'islam, la guerre et nous &#187;), R&#233;gis Debray, Jean&#8209;Pierre Chev&#232;nement (sous le titre : &#171; Peut&#8209;on encore sauver l'autorit&#233; ? &#187;), &#201;lisabeth Badinter (pour qui &#171; la gauche n'a jamais &#233;t&#233; aussi soumise aux injonctions religieuses &#187;)&#8230; Quant aux dossiers th&#233;matiques, ils sont tout aussi &#233;loquents : &#171; Chr&#233;tiens d'Orient, les oubli&#233;s &#187; (f&#233;vrier 2015) ; &#171; Peut&#8209;on penser librement en France ? &#187; (novembre 2016) ; ou encore ce num&#233;ro de f&#233;vrier&#8209;mars 2016, illustr&#233; par la photo d'un troupeau de moutons : &#171; Les bien&#8209; pensants. De Rousseau &#224; la &#8220;gauche morale&#8221;, l'histoire du camp du bien. &#187; Parmi les collaborateurs r&#233;guliers ou exceptionnels, on rel&#232;ve les noms de Robert Redeker, Pierre&#8209;Andr&#233; Taguieff, Caroline Fourest, Natacha Polony, Brice Couturier, Philippe Val, ou encore les tr&#232;s droitiers Philippe de Villiers (f&#233;vrier&#8209;mars 2016) et Alexandre Del Valle (d&#233;cembre 2015). Partag&#233;e par toutes ces signatures, l'obsession du p&#233;ril islamique suinte de chaque num&#233;ro. Entendre qualifier l'islamologue Christian Jambet de &#171; musulman fanatique &#187; a d'ailleurs contribu&#233; &#224; pousser &#224; la d&#233;mission deux membres du comit&#233; de r&#233;daction, Bernard Condominas et &#201;dith de la H&#233;ronni&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette obsession &#233;tait d&#233;j&#224; bien pr&#233;sente dans &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; durant la p&#233;riode o&#249; Val&#233;rie Toranian a dirig&#233; le magazine, mais sous une forme plus consensuelle. Distill&#233;e entre un dossier sur les progr&#232;s de la chirurgie esth&#233;tique, les nouveaut&#233;s cosm&#233;tiques &#171; anti&#8209;&#226;ge &#187;, une s&#233;rie mode mettant en sc&#232;ne un mannequin de dix&#8209;sept ans et l'annonce de la grossesse d'une actrice quelconque, elle a largement contribu&#233; &#224; forger ce que beaucoup consid&#232;rent aujourd'hui comme &#171; le &#187; f&#233;minisme : soit l'id&#233;ologie de la bourgeoise blanche qui s'inqui&#232;te d'avoir pris un kilo, se bousille les pieds et le dos sur des talons de quinze centim&#232;tres, admire les Femen apr&#232;s avoir admir&#233; Ni putes ni soumises, consid&#232;re Nicolas Bedos ou Rapha&#235;l Enthoven comme des amis des femmes, mais regarde avec commis&#233;ration ou hostilit&#233; celles de ses concitoyennes musulmanes qui, n'ayant pas la chance d'&#234;tre aussi lib&#233;r&#233;es qu'elle, ont choisi de porter le foulard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, d&#232;s le d&#233;but de la construction de l'islam comme nouvel ennemi officiel de l'Occident, avec la fin de la guerre froide, au d&#233;but des ann&#233;es 1990, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; avait d&#251;ment fourni sa part du travail de propagande. Le magazine avait notamment publi&#233; les bonnes feuilles de &lt;i&gt;Jamais sans ma fille&lt;/i&gt;, le best&#8209;seller nationaliste et caricatural de l'Am&#233;ricaine Betty Mahmoody racontant sa s&#233;questration par son mari iranien. Mais Toranian, directrice de l'hebdomadaire au cours des ann&#233;es cruciales qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 aux &#201;tats&#8209;Unis et qui ont vu la mont&#233;e de l'islamophobie en France, a lourdement accentu&#233; cette tendance. En 2013 (5 avril), trahissant les amiti&#233;s et affinit&#233;s de sa directrice, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; signalait &#224; ses lectrices l'arriv&#233;e en kiosques de &lt;i&gt;Causeur&lt;/i&gt;, version papier du site d'&#201;lisabeth L&#233;vy. &#171; Le magazine dont tout le monde parle, &#233;crivait Patrick Williams, accueille tous les penseurs m&#233;contemporains qui, au fil d'articles de fond, s'en prennent &#224; notre &#233;poque pleine de bons sentiments, de clich&#233;s progressistes, de pens&#233;e unique. &#187; Et de citer &#171; Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner, Aldo Naouri &#187;. Lequel Aldo Naouri venait justement de d&#233;clencher une pol&#233;mique en se vantant d'avoir r&#233;pondu &#224; un patient qui confiait sa frustration face au manque de d&#233;sir de sa femme apr&#232;s l'accouchement : &#171; Violez&#8209;la&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Nathalie Blu-Perou, &#171; &#8220;Violez&#8209;la !&#8221; : l'&#233;trange &#8220;humour&#8221; du p&#233;diatre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de devenir r&#233;dactrice en chef de &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, en 1998, puis de remplacer &#224; sa t&#234;te Anne&#8209;Marie P&#233;rier, partie &#233;pouser Michel Sardou, Val&#233;rie Toranian avait dirig&#233; sa rubrique beaut&#233;. &#171; Sa nomination a annonc&#233; la prise de pouvoir des r&#233;dactrices beaut&#233; dans les f&#233;minins &#224; partir des ann&#233;es 2000, commente une bonne connaisseuse du milieu. Auparavant, dans les r&#233;dactions, on les m&#233;prisait un peu, m&#234;me si certaines passaient pour de vraies divas, couvertes de cadeaux, chouchout&#233;es par la direction, &#224; cause de leurs liens privil&#233;gi&#233;s avec les annonceurs. Elles &#233;taient toujours dans leur coin, &#224; recopier les communiqu&#233;s des marques, ou en train de faire des voyages de presse. Les vedettes, c'&#233;taient les journalistes, les reporters. Tout s'est invers&#233;. L'image d'une H&#233;l&#232;ne Lazareff [fondatrice de &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; en 1945] concentr&#233;e sur les photos de mode &#233;tal&#233;es sur son bureau, pendant que le responsable de la publicit&#233; attendait une audience en tremblant, appartient au pass&#233;. Toranian s'est impos&#233;e par ses qualit&#233;s de manageuse et par son habilet&#233; &#224; naviguer au sein du groupe Lagard&#232;re. C'est un groupe o&#249; tous les d&#233;cisionnaires sont des hommes, ce qui oblige &#224; ma&#238;triser les codes d'une certaine courtisanerie. Il y a des limites &#224; ne pas d&#233;passer ; l'insolence &#224; l'&#233;gard des hommes, par exemple, doit rester de fa&#231;ade. L'article flagorneur sur &#8220;la pipe, ciment du couple&#8221; [20 juillet 2012], qui a fait grand bruit, en t&#233;moigne bien. J'ai aussi entendu un jour la jeune r&#233;dactrice en chef d'un autre magazine f&#233;minin du groupe expliquer ainsi sa nomination : &#8220;Arnaud [Lagard&#232;re] a eu tr&#232;s envie de moi.&#8221; Elle n'utilisait pas l'expression dans son sens sexuel, mais c'&#233;tait un vocabulaire r&#233;v&#233;lateur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Hommage &#224; Oriana Fallaci&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Tr&#232;s t&#244;t, Toranian a fait de son journal l'instrument d'un militantisme anti&#8209;voile forcen&#233;. Dans son num&#233;ro du 8 d&#233;cembre 2003, alors que la commission Stasi s'appr&#234;tait &#224; remettre son rapport sur la question du port du voile &#224; l'&#233;cole, le magazine adressait ainsi &#224; Jacques Chirac une p&#233;tition solennelle (&#171; &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; s'engage &#187;), sign&#233;e par des noms prestigieux du milieu culturel et relay&#233;e dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, pour demander une loi d'interdiction (vot&#233;e l'ann&#233;e suivante). En appeler, pour d&#233;fendre l'&#171; &#233;galit&#233; des sexes &#187;, &#224; un pr&#233;sident de la R&#233;publique dont on se souvient qu'il avait lanc&#233; lors d'un d&#233;placement officiel : &#171; Allons boire &#224; nos femmes, &#224; nos chevaux et &#224; ceux qui les montent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tristan Quinault Maupoil, &#171; Les 10 citations les plus savoureuses de Chirac (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; : voil&#224; une belle d&#233;monstration d'optimisme. &#171; Si le droit &#224; la diff&#233;rence consiste &#224; organiser le marquage d'un sexe par rapport &#224; un autre pour des motifs religieux ou culturels, la R&#233;publique n'a pas &#224; faire preuve de complaisance &#187;, estimait Toranian dans un &#233;ditorial quelques semaines plus t&#244;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Val&#233;rie Toranian, &#171; La face cach&#233;e du voile &#187;, Elle, 1er septembre 2003.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Organiser le marquage d'un sexe par rapport &#224; un autre &#187;, c'&#233;tait pourtant ce &#224; quoi se consacrait semaine apr&#232;s semaine son magazine. Fin 2010, &#201;lisabeth Badinter a &#233;galement eu colonnes ouvertes pour d&#233;fendre le licenciement de l'employ&#233;e voil&#233;e de la cr&#232;che Baby&#8209;Loup, affaire sur laquelle le magazine a publi&#233; plusieurs articles allant tous dans le m&#234;me sens. Voir une milliardaire (67e fortune fran&#231;aise en 2016 selon &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;) faire des pieds et des mains pour qu'une pu&#233;ricultrice perde son emploi : il faut vraiment que le matraquage islamophobe et la hantise du &#171; grand remplacement &#187; soient puissants pour que l'obsc&#233;nit&#233; de la situation n'ait pas saut&#233; aux yeux de davantage d'observateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le magazine a donn&#233; la parole &#224; l'Iranienne Chahdortt Djavann, qui, dans un discours tout en nuances, qualifiait le voile de &#171; v&#233;ritable &#233;toile jaune de la condition f&#233;minine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anne&#8209;Sophie Michat, &#171; La col&#232;re d'une Iranienne &#187;, Elle, 22 septembre 2003.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et estimait que, &#171; &#224; ce rythme&#8209;l&#224;, l'Europe sera[it] islamis&#233;e dans les si&#232;cles prochains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annick Le Floc'h Mohan, &#171; &#8220;Nous sommes face &#224; une v&#233;ritable machine de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. &#192; la parution en fran&#231;ais du pamphlet d'Oriana Fallaci &lt;i&gt;La Rage et l'Orgueil&lt;/i&gt; (Plon), dans lequel l'&#233;crivaine italienne pestait contre les musulmans qui &#171; se reproduisent comme des rats &#187;, le journaliste Philippe Tr&#233;tiack &#8211; dont on retrouve aujourd'hui la signature dans la &lt;i&gt;Revue des deux mondes&lt;/i&gt; &#8211; estimait que, m&#234;me si Fallaci &#171; d&#233;rapait aussi dans des formules d&#233;testables &#187;, elle &#171; alignait des v&#233;rit&#233;s qui d&#233;rangent &#187; : &#171; Qu'elle s'indigne de la condition faite aux femmes musulmanes un peu partout, qu'elle traite ses cons&#339;urs d'imb&#233;ciles pour cause de passivit&#233;, c'est salutaire et l'on gagnerait beaucoup &#224; appuyer son propos. &#187; Selon lui, Fallaci donnait &#224; ressentir &#171; de l'indignation, mais de la grandeur, aussi &#187;. Il regrettait que ce livre &#171; &#224; l'&#233;criture exceptionnelle &#187; n'ait pas &#233;t&#233; sign&#233; &#171; par un musulman, une musulmane, un d&#233;mocrate en r&#233;volte contre une oppression quotidienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle, 3 juin 2002.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Toranian elle&#8209;m&#234;me juge qu'on ne peut parler de &#171; f&#233;minisme islamique &#187;, &#171; ou alors il faudrait accepter que des associations pr&#233;tendument f&#233;ministes sous le IIIe Reich, qui contribuaient sans sourciller &#224; la propagation des id&#233;aux nazis et &#224; la d&#233;fense de la race aryenne, fassent partie de l'h&#233;ritage f&#233;ministe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Val&#233;rie Toranian, Pour en finir avec la femme, Grasset, Paris, 2004.&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ou comment nazifier tranquillement, en trois lignes, 1,6 milliard de personnes sur la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore plus que ses confr&#232;res, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; a assur&#233; la promotion de Ni putes ni soumises, sorte de bulle m&#233;diatique totalement d&#233;pourvue d'ancrage dans la soci&#233;t&#233; et dont l'unique utilit&#233; &#233;tait de permettre de diaboliser en toute bonne conscience les immigr&#233;s musulmans et leurs descendants, pr&#233;sent&#233;s comme cong&#233;nitalement misogynes et violents, tout en d&#233;douanant les &#171; bons Fran&#231;ais &#187; de tout machisme. &#201;lev&#233;es au rang d'h&#233;ro&#239;nes, ses porte&#8209;parole &#8211; Fadela Amara, Loubna M&#233;liane &#8211; sont devenues des habitu&#233;es des pages du journal. Dans son livre &lt;i&gt;Pour en finir avec la femme&lt;/i&gt;, publi&#233; &#224; cette &#233;poque, Val&#233;rie Toranian s'enthousiasmait : &#171; Elles [les militantes de NPNS] nous ont r&#233;appris le f&#233;minisme. &#187; Du moment o&#249; on les avait d&#233;couvertes, disait&#8209;elle, &#171; il n'y avait plus uniquement Kaboul ou Islamabad, les femmes alg&#233;riennes victimes des islamistes, les petites filles b&#233;b&#233;s abandonn&#233;es en Chine, le Nigeria et ses lapidations, George Bush et ses fondamentalistes anti&#8209; avortement, le Kosovo ou le Rwanda pris dans la folie exterminatrice &#187; : il y avait aussi les banlieues fran&#231;aises&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; Pour f&#234;ter le premier anniversaire du mouvement, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; faisait poser ensemble en signe de soutien, sous le titre &#171; Le f&#233;minisme est aussi le combat des hommes &#187; (1er mars 2004), une brochette improbable : Alexandre Jardin, Patrick Bruel, Charles Berling, Stomy Bugsy, Denis Olivennes, Bernard&#8209;Henri L&#233;vy&#8230; Puis, en 2007, estimant sans doute qu'elle avait suffisamment &#171; r&#233;appris le f&#233;minisme &#187; aux fashionistas, Fadela Amara acceptait de devenir secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e de la Politique de la ville dans le gouvernement de Fran&#231;ois Fillon. Treize ans apr&#232;s la cr&#233;ation de NPNS, le m&#234;me magazine raconte la lamentable &#171; d&#233;b&#226;cle &#187; par laquelle s'ach&#232;ve son histoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Catherine Robin, &#171; Ni putes ni soumises, les dessous d'un g&#226;chis &#187;, Elle, 2 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais en attendant, l'op&#233;ration id&#233;ologique &#224; laquelle il devait servir a pleinement r&#233;ussi : &#171; fran&#231;ais &#187; (en r&#233;alit&#233; : &#171; blanc &#187;) est devenu synonyme de &#171; respectueux des femmes &#187;. Tout naturellement, quand, en 2010, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; recueille des t&#233;moignages de couples mixtes, Irina, mari&#233;e &#224; Samir, dit de son compagnon : &#171; Il est tr&#232;s fran&#231;ais sur la question de l'&#233;galit&#233; homme&#8209;femme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isabelle Duriez, &#171; L'amour en toutes diff&#233;rences &#187;, Elle, 5 novembre 2010.&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Fran&#231;ais &#187; comme Bertrand Cantat ? Comme Dominique Strauss&#8209;Kahn ? Comme Denis Baupin ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Mais qui va garder les Afghanes ? &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Plut&#244;t que comme un ph&#233;nom&#232;ne universel que, selon les endroits de la plan&#232;te, les circonstances historiques ont permis de tenir en respect, ou pas, par la lente et p&#233;nible acquisition de droits successifs, Val&#233;rie Toranian voit la domination masculine comme un fl&#233;au inh&#233;rent &#224; certaines &#171; cultures &#187;. Elle d&#233;nonce le &#171; relativisme culturel selon lequel toutes les cultures sont respectables, y compris celles qui, en France, maintiennent la femme en &#233;tat de soumission par le mariage forc&#233;, les mutilations sexuelles, le port du voile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Val&#233;rie Toranian, &#171; Marianne, r&#233;veille&#8209;toi ! &#187;, Elle, 21 mars 2005.&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. D'accord avec elle pour consid&#233;rer la condition de la femme fran&#231;aise comme l'aboutissement ultime de la civilisation universelle, et pour estimer que, sans ces barbares de musulmans, tout irait bien dans notre pays, la &#171; philosophe &#187; &#201;lisabeth Badinter est une habitu&#233;e des pages du magazine, o&#249; elle &#233;tale complaisamment son complexe de sup&#233;riorit&#233;. Elle y expliquait par exemple (7 juin 2004) pourquoi elle s'opposait &#224; l'entr&#233;e dans l'Union europ&#233;enne de la Turquie, dont l'&#233;volution d&#233;mocratique suscitait &#224; l'&#233;poque bien des espoirs : &#171; Une partie de la Turquie est tout &#224; fait occidentale et les femmes y ont, c'est vrai, leur juste place. Mais l'Anatolie reste tr&#232;s archa&#239;que. &#187; Et quand on lui faisait remarquer que, parmi les pays d&#233;j&#224; membres de l'Union, Malte n'autorisait pas le divorce, ou que l'avortement restait interdit en Pologne, elle conc&#233;dait : &#171; Bien s&#251;r, il y a encore des diff&#233;rences sur les droits des femmes entre nos pays. Mais il n'y a pas de d&#233;saccord de fond. Ces pays vont envoyer des femmes &#224; Bruxelles et, en se frottant aux institutions europ&#233;ennes, ces archa&#239;smes vont se dissoudre. &#187; Visiblement, les Turques, elles, &#233;taient incapables de se frotter &#224; quoi que ce soit et de dissoudre leurs archa&#239;smes au contact des Lumi&#232;res incarn&#233;es par les institutions europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, cependant, le magazine et sa figure tut&#233;laire se sont laiss&#233; emporter par leur z&#232;le. Dans son num&#233;ro du 25 octobre 2004, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; relayait sur une double page l'appel d'&#201;lisabeth Badinter pour sauver Jila Izadi, 13 ans, condamn&#233;e &#224; la lapidation en Iran. Or, le 12 novembre, le porte&#8209;parole du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res annon&#231;ait que, apr&#232;s enqu&#234;te, il &#233;tait arriv&#233; &#224; la conclusion que cette condamnation n'avait jamais &#233;t&#233; prononc&#233;e. &#171; On veut faire progresser un dialogue responsable et honn&#234;te avec l'Iran, et ce genre d'initiative nous d&#233;cr&#233;dibilise &#187;, d&#233;plorait un diplomate&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Affaire Jila : beaucoup de bruit pour rien ? &#187;, Le Point, 2 d&#233;cembre 2004.&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Si Mme Badinter et Ni putes ni soumises s'&#233;taient renseign&#233;es aupr&#232;s des nombreuses ONG qui s'int&#233;ressent de pr&#232;s &#224; la peine de mort en Iran, comme Amnesty International, elles auraient appris que l'Iran a mis en place en 2002 un moratoire sur les lapidations &#187;, nous disait alors une source au Quai d'Orsay, qui pr&#233;cisait encore : &#171; Nous avons appel&#233; le magazine &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; pour leur signaler que les informations qu'ils avaient diffus&#233;es &#233;taient erron&#233;es, mais ils ont pris la chose tr&#232;s &#224; la l&#233;g&#232;re, en invoquant le fait que cette double page &#233;tait une tribune d'&#201;lisabeth Badinter et n'engageait donc pas la responsabilit&#233; &#233;ditoriale de la r&#233;daction. &#187; Il fallait oser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une diligence &#233;mouvante, sous la houlette de Val&#233;rie Toranian, les dames patronnesses de &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, loin de se contenter de beaux discours, se sont efforc&#233;es d'apporter les lumi&#232;res de la civilisation, des soldes chez Zara, du cocktail detox et du smoothie &#224; la spiruline jusque dans les recoins les plus obscurs de la France et de la plan&#232;te. En 2004, elles ont cr&#233;&#233; une fondation d'entreprise destin&#233;e &#224; porter des &#171; projets li&#233;s &#224; l'&#233;ducation et &#224; la formation des femmes &#187;, dont la premi&#232;re initiative a &#233;t&#233; le financement, avec le concours de Ni putes ni soumises et de plusieurs grands noms de la mode, des &#233;tudes de trois jeunes filles issues des &#171; quartiers difficiles &#187; dans des &#233;coles de mode parisiennes. En avril 2002, d&#233;j&#224;, un an apr&#232;s avoir fait sensation en mettant en couverture une femme afghane en burqa, elles avaient pilot&#233; le lancement en Afghanistan d'un magazine f&#233;minin : &lt;i&gt;Roz&lt;/i&gt; (&#171; le jour &#187;). En 2010, le projet, en difficult&#233;, avait b&#233;n&#233;fici&#233; d'une r&#233;colte de fonds organis&#233;e lors d'une soir&#233;e mondaine chez Bernard&#8209;Henri L&#233;vy et Arielle Dombasle. Un num&#233;ro de &lt;i&gt;Roz&lt;/i&gt; &#8211; le seul que nous ayons pu voir &#8211; affichait en couverture la blondeur &#233;clatante de l'actrice am&#233;ricaine Naomi Watts : de quoi s'assurer que les grands groupes de cosm&#233;tiques pourront commencer &#224; &#233;couler des cr&#232;mes blanchissantes dans le pays d&#232;s qu'il sera d&#233;finitivement pacifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la journaliste Marie&#8209;Fran&#231;oise Colombani qui s'occupait de ce projet au sein de la r&#233;daction. Fin 2012, perp&#233;tuant le mythe d'une &#171; guerre pour les femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Christine Delphy, &#171; Une guerre pour les femmes ? &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, elle entonnait une ode &#233;plor&#233;e &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise : &#171; C'est fini. Son d&#233;part ayant commenc&#233; il y a une dizaine de jours, l'arm&#233;e fran&#231;aise aura bient&#244;t quitt&#233; &#8211; pour ne pas employer le verbe &#8220;fuir&#8221; &#8211; l'Afghanistan. &#192; &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, nous sommes plusieurs &#224; partager une autre image de cette arm&#233;e : celle de militaires enthousiastes arrivant en 2002 &#224; Kaboul avec, dans leurs avions, des ordinateurs et des imprimantes que nous n'avions pas r&#233;ussi &#224; acheminer de Paris. Ce mat&#233;riel &#233;tait destin&#233; &#224; des journalistes afghanes que nous venions aider sur place &#224; cr&#233;er leur propre journal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marie&#8209;Fran&#231;oise Colombani, &#171; Afghanes, la fin de l'espoir &#187;, Elle, 30 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Lorsque, un peu plus tard, elle&#8209;m&#234;me a d&#233;missionn&#233; de &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, une de ses coll&#232;gues a racont&#233; &#8211; apparemment tr&#232;s amus&#233;e par une saillie aussi spirituelle &#8211; que, lors du pot de d&#233;part, quelqu'un s'&#233;tait &#233;cri&#233; : &#171; Mais qui va garder les Afghanes ? &#187; Elle soupirait aussi &#224; l'id&#233;e &#171; de ne plus entendre Marie&#8209;Fran&#231;oise tenter de nous envoyer enqu&#234;ter chez les femmes opprim&#233;es du Kirghoustan inf&#233;rieur (&#8220;45 heures de voyage en h&#233;lico sovi&#233;tique et 9 vaccins n&#233;cessaires, mais c'est un vrai scandale ce qui se passe l&#224;&#8209;bas&#8221;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alix Girod de l'Ain, &#171; Elles nous ont donn&#233; des ailes &#187;, Elle, 7 d&#233;cembre 2012.&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En somme, le vaste monde qui s'&#233;tend au&#8209;del&#224; des fronti&#232;res de Levallois&#8209;Perret rec&#232;le des contr&#233;es exotiques et lointaines dont on se fait une id&#233;e si vague et si caricaturale qu'on peut sans probl&#232;me les fictionnaliser, fa&#231;on Herg&#233; dans un album de Tintin. Ces pays ne sont rien d'autre qu'un r&#233;servoir de bonnes actions permettant aux bourgeoises occidentales de prendre des poses avantageuses en secourant la veuve et l'orphelin indig&#232;nes, victimes de leur arri&#233;ration cong&#233;nitale.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Un jeu de langue suggestif pour vendre un eskimo ? &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Pour ce qui est du machisme ordinaire, des in&#233;galit&#233;s de salaire, du harc&#232;lement sexuel, du viol, des violences conjugales et de leur lot de mortes en France, &#233;vitez de trop en parler &#224; Val&#233;rie Toranian. Cela reviendrait &#224; vous &#171; victimiser &#187;, ce qui serait intol&#233;rable. C'est tout juste si les affaires Polanski et Strauss&#8209;Kahn, en 2009 et 2011, et les r&#233;actions de d&#233;fense complaisantes qu'elles ont suscit&#233;es, ont r&#233;ussi &#224; fissurer un peu ce mur de d&#233;ni dans les colonnes de &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, avec par exemple un article sur le harc&#232;lement sexuel subi par les assistantes parlementaires. Pour le reste, le parach&#232;vement de l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes en France n&#233;cessite simplement un peu moins de pleurnicheries et un peu plus de courage de la part des principales int&#233;ress&#233;es. En un mot comme en cent, le f&#233;minisme n'a plus de raison d'&#234;tre, sauf &#224; Kaboul et &#224; Trappes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait aussi la th&#232;se de Badinter dans &lt;i&gt;Fausse route&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lisabeth Badinter, Fausse route, Odile Jacob, Paris, 2003.&#034; id=&#034;nh4-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toranian s'accorde en particulier avec cette derni&#232;re, actionnaire principale et pr&#233;sidente du conseil de surveillance de Publicis (troisi&#232;me groupe mondial de communication), pour estimer que l'image de la femme dans la publicit&#233; ne pose aucun probl&#232;me. &#171; Le corps d'une femme pour vendre un yaourt ou du savon, est&#8209;ce choquant ? Un jeu de langue suggestif pour vendre un eskimo, est&#8209;ce passible de censure ?, s'interrogeait&#8209;elle gravement. Cet exc&#232;s de pr&#233;caution met mal &#224; l'aise. &#187; (Quand on dirige un magazine qui vit de la publicit&#233;, s&#251;rement, oui.) En outre, arguait&#8209;elle, on ne peut pas protester contre l'utilisation des femmes dans la publicit&#233;, car sinon, &#171; et nos amies les b&#234;tes ? Pourquoi la SPA ne les prot&#233;gerait&#8209;elle pas des instincts carnassiers du marketing animalier ? &#187;. Cela fait r&#233;fl&#233;chir, en effet. En d&#233;finitive, elle choisissait de voir dans les protestations &#224; ce sujet un signe de puritanisme : &#171; Ce qui g&#234;ne, c'est la femme dans la repr&#233;sentation ou la suggestion &#233;rotique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Val&#233;rie Toranian, Pour en finir avec la femme, op. cit.&#034; id=&#034;nh4-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En somme, si la vision d'un sandwich de forme oblongue s'approchant de la bouche fard&#233;e d'une femme aux yeux &#233;carquill&#233;s ne ranime pas imm&#233;diatement le souvenir de vos lectures d'Ana&#239;s Nin et de Guillaume Apollinaire, c'est que vous &#234;tes un peu coinc&#233;. (En juin 2016, le maire de Londres, Sadiq Khan, a annonc&#233; que les publicit&#233;s sexistes seraient bannies du m&#233;tro de la ville. Salaud de musulman imperm&#233;able &#224; nos valeurs de libertinage occidentales.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si, &#224; notre humble avis, les occasions n'auraient pas manqu&#233;, la ligne &#233;ditoriale de &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; sous le r&#232;gne de Val&#233;rie Toranian n'a fait scandale pour son racisme qu'une seule fois : lorsque, en 2012, il a publi&#233; un article intitul&#233; &#171; Black Fashion Power &#187;, dans lequel il estimait que la &#171; blackgeoisie &#187; am&#233;ricaine avait &#171; int&#233;gr&#233; tous les codes blancs &#187;, en y voyant l'&#171; effet du couple Obama &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nathalie Dolivo, &#171; Black Fashion Power &#187;, Elle, 13 janvier 2012.&#034; id=&#034;nh4-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'article a &#233;t&#233; qualifi&#233; par la journaliste Audrey Pulvar, sur France Inter, de &#171; raciste et imb&#233;cile &#187;, et a fait des vagues jusqu'aux &#201;tats&#8209;Unis. Face &#224; la pol&#233;mique, Val&#233;rie Toranian a d&#251; pr&#233;senter les excuses officielles du magazine, qui a, la semaine suivante, ouvert ses colonnes &#224; ses contradicteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son d&#233;part, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; n'est &#233;videmment pas devenu un br&#251;lot islamo&#8209;gauchiste. Il adore toujours Caroline Fourest. Mais, m&#234;me si sa nomination a pos&#233; d'autres probl&#232;mes, notamment en termes de d&#233;pendance encore accrue &#8211; si c'&#233;tait possible &#8211; du r&#233;dactionnel par rapport &#224; la r&#233;gie publicitaire, Fran&#231;oise&#8209;Marie Santucci (venue de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;) a rendu ses pages moins uniform&#233;ment blanches. Elle en a fait un magazine un peu moins obs&#233;d&#233; par &#171; l'islam &#187;, et nettement moins anxiog&#232;ne. Toranian n'aurait sans doute pas confi&#233; des reportages &#224; Rokhaya Diallo, militante f&#233;ministe et antiraciste tr&#232;s engag&#233;e contre l'islamophobie. On se demande m&#234;me si cette d&#233;claration de l'actrice iranienne Golshifteh Farahani, &#171; Je connais beaucoup de femmes plus libres en Iran qu'en France &#187;, y aurait &#233;t&#233; mise en exergue de la m&#234;me mani&#232;re (11 septembre 2015). Dans un &#233;ditorial, Santucci a estim&#233; que les femmes devaient pouvoir &#171; disposer de leur corps, de ce qu'elles mettent dessus ou pas, string ou manteau, comme bon leur semble &#187; (sans jamais &#233;crire le mot &#171; voile &#187; cependant)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;oise&#8209;Marie Santucci, &#171; La libert&#233; toute nue ? &#187;, Elle, 20 f&#233;vrier 2015.&#034; id=&#034;nh4-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. N'ayant pas r&#233;ussi &#224; redresser les ventes, elle a toutefois &#233;t&#233; remplac&#233;e en novembre 2016, soit &#224; peine deux ans apr&#232;s sa nomination, par Erin Doherty &#8211; une autre ex&#8209;journaliste beaut&#233;, pass&#233;e entre&#8209;temps par la r&#233;daction en chef de &lt;i&gt;Glamour&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Faux-nez&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Lors de l'accession de Marine Le Pen au second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, en mai 2017, un &#233;ditorial de Val&#233;rie Toranian dans la &lt;i&gt;Revue des deux mondes&lt;/i&gt;, sous couvert de livrer un &#233;tat des lieux distanci&#233;, en disait long sur sa propre vision du monde : &#171; Arr&#234;tons de hurler au fascisme et &#224; l'antis&#233;mitisme d&#232;s qu'il s'agit de Marine Le Pen. Si elle est le Diable, alors ses &#233;lecteurs sont forc&#233;ment des supp&#244;ts de Satan, ce qu'ils ne sont pas. On peut se lamenter, regretter le bon vieux temps de Jospin et Chirac, quand la France proclamait d'une voix quasi unanime son attachement au camp r&#233;publicain et descendait dans la rue pour stigmatiser Le Pen, la b&#234;te immonde. Mais cette France n'existe plus. Le Front r&#233;publicain a du plomb dans l'aile. Les bons contre les m&#233;chants, plus personne n'y croit. Les &#8220;salauds&#8221; ont des gueules sympas, les &#8220;gentils&#8221; inspirent la m&#233;fiance. L'antis&#233;mitisme prosp&#232;re aujourd'hui beaucoup plus au sein de certains groupes des communaut&#233;s arabo&#8209;musulmanes que dans les meetings du Front national. &#187; (On notera le racisme tranquille de cette derni&#232;re affirmation, pour le moins audacieuse.) Suivait un remarquable exercice d'acrobatie dialectique : &#171; La x&#233;nophobie de Marine Le Pen est ind&#233;niable ; mais la d&#233;noncer ne mobilise pas les foules : la r&#233;gulation des flux migratoires dont chacun s'accorde d&#233;sormais &#224; reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; a m&#234;me pu faire penser (&#224; tort) &#224; ses &#233;lecteurs que son discours anti&#8209;&#233;trangers &#233;tait en partie justifi&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Val&#233;rie Toranian, &#171; Marine Le Pen, la vraie candidate anti&#8209;pauvres &#187;, Revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Marine Le Pen n'aime pas les &#233;trangers : elle a raison mais elle a tort mais elle a raison mais elle a tort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;minisme comme faux&#8209;nez du racisme : si elle n'a pas, et de loin, l'apanage de ce positionnement, le parcours de Val&#233;rie Toranian l'illustre de fa&#231;on particuli&#232;rement spectaculaire. Ainsi, elle s'alarmait : &#171; Les droits des femmes sont pris en otages par les id&#233;ologies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Val&#233;rie Toranian, Pour en finir avec la femme, op. cit.&#034; id=&#034;nh4-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ce qui ne l'emp&#234;chait pas, quand &lt;i&gt;Paris-Match&lt;/i&gt; lui demandait son opinion sur Christine Boutin &#8211; repr&#233;sentante d'une id&#233;ologie d'inspiration traditionaliste et religieuse qui, pour le coup, prend franchement en otages les droits des femmes &#8211;, de r&#233;pondre : &#171; Quelles que soient leurs id&#233;es et leurs convictions, les femmes doivent entrer dans l'ar&#232;ne politique. C'est &#231;a, &#234;tre f&#233;ministe : investir les lieux du pouvoir et pas les lieux des femmes &#187; (4 novembre 2004). Miracle du traditionalisme bien de chez nous, qui vous transforme en &#171; f&#233;ministe &#187;, quand les musulmanes les plus progressistes sont, elles, compar&#233;es &#224; des h&#233;riti&#232;res du IIIe Reich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, Val&#233;rie Toranian a publi&#233; un roman, &lt;i&gt;L'&#201;trang&#232;re&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Val&#233;rie Toranian, L'&#201;trang&#232;re, Flammarion, Paris, 2015.&#034; id=&#034;nh4-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle y raconte la vie de sa grand&#8209;m&#232;re paternelle, Aravani Couyoumdjian, rescap&#233;e du g&#233;nocide arm&#233;nien. C'est un beau roman, bien &#233;crit, &#233;mouvant et &#233;maill&#233; d'humour malgr&#233; les atrocit&#233;s qui y sont rapport&#233;es. On pourrait y voir une mise en garde contre toutes les tentatives de stigmatisation, de diabolisation et de d&#233;shumanisation d'une minorit&#233;, quelle qu'elle soit. Mais on croit deviner que son auteure en a plut&#244;t retir&#233; une haine inextinguible de la religion des exterminateurs d'alors. Voil&#224; comment des Fran&#231;ais d'origine alg&#233;rienne ou marocaine du d&#233;but du XXIe si&#232;cle peuvent se retrouver &#224; payer pour les g&#233;nocidaires turcs du d&#233;but du XXe si&#232;cle. Et &#224; l'heure o&#249;, si absurde et d&#233;lirante soit&#8209;elle, la logique de l'amalgame, inh&#233;rente au racisme, s'installe de plus en plus naturellement dans les esprits, il risque de se trouver beaucoup de gens pour trouver cela compr&#233;hensible, sinon justifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Mona Chollet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S&#233;bastien Fontenelle, Mona Chollet, Olivier Cyran, Laurence de Cock, &lt;i&gt;Les &#201;ditocrates 2. Le cauchemar continue&#8230;&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Val&#233;rie Toranian, &#171; La &lt;i&gt;Revue des deux mondes&lt;/i&gt;, libre et ind&#233;pendante &#187;, &lt;i&gt;Revue des deux mondes&lt;/i&gt;, Paris, avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Franz&#8209;Olivier Giesbert, &#171; Fran&#231;ois Fillon, l'homme des trois droites &#187;, &lt;i&gt;Revue des deux mondes&lt;/i&gt;, f&#233;vrier&#8209;mars 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;douard Launet, &#171; Dr&#244;le de tournant &#224; la &#8220;Revue des deux mondes&#8221; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde des livres&lt;/i&gt;, Paris, 9 juillet 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Nathalie Blu-Perou, &#171; &#8220;Violez&#8209;la !&#8221; : l'&#233;trange &#8220;humour&#8221; du p&#233;diatre Aldo Naouri et la complaisance de &#8220;Elle&#8221; &#187;, &lt;i&gt;Le Plus&lt;/i&gt;, 17 avril 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tristan Quinault Maupoil, &#171; Les 10 citations les plus savoureuses de Chirac &#187; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;), &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, Paris, 19 mars 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Val&#233;rie Toranian, &#171; La face cach&#233;e du voile &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 1er septembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anne&#8209;Sophie Michat, &#171; La col&#232;re d'une Iranienne &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 22 septembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Annick Le Floc'h Mohan, &#171; &#8220;Nous sommes face &#224; une v&#233;ritable machine de guerre islamiste&#8221; &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 20 septembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 3 juin 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Val&#233;rie Toranian, &lt;i&gt;Pour en finir avec la femme&lt;/i&gt;, Grasset, Paris, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Catherine Robin, &#171; Ni putes ni soumises, les dessous d'un g&#226;chis &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 2 d&#233;cembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Isabelle Duriez, &#171; L'amour en toutes diff&#233;rences &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 5 novembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Val&#233;rie Toranian, &#171; Marianne, r&#233;veille&#8209;toi ! &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 21 mars 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Affaire Jila : beaucoup de bruit pour rien ? &#187;, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 2 d&#233;cembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Christine Delphy, &#171; Une guerre pour les femmes ? &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mars 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marie&#8209;Fran&#231;oise Colombani, &#171; Afghanes, la fin de l'espoir &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 30 novembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alix Girod de l'Ain, &#171; Elles nous ont donn&#233; des ailes &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 7 d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;lisabeth Badinter, &lt;i&gt;Fausse route&lt;/i&gt;, Odile Jacob, Paris, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Val&#233;rie Toranian, &lt;i&gt;Pour en finir avec la femme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nathalie Dolivo, &#171; Black Fashion Power &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 13 janvier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;oise&#8209;Marie Santucci, &#171; La libert&#233; toute nue ? &#187;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 20 f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Val&#233;rie Toranian, &#171; Marine Le Pen, la vraie candidate anti&#8209;pauvres &#187;, &lt;i&gt;Revue des deux mondes&lt;/i&gt;, 2 mai 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Val&#233;rie Toranian, &lt;i&gt;Pour en finir avec la femme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Val&#233;rie Toranian, &lt;i&gt;L'&#201;trang&#232;re&lt;/i&gt;, Flammarion, Paris, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les Nouveaux chiens de garde : Avant-propos &#224; la troisi&#232;me &#233;dition</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-Nouveaux-chiens-de-garde-Avant-propos-a-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-Nouveaux-chiens-de-garde-Avant-propos-a-la</guid>
		<dc:date>2022-02-24T14:28:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>


		<dc:subject>Pluralisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un texte de Serge Halimi.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pluralisme-+" rel="tag"&gt;Pluralisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L121xH150/arton6451-fac14.jpg?1776733140' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions l'avant-propos de la troisi&#232;me &#233;dition des &lt;i&gt;Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;, parue aux &#233;ditions &lt;a href=&#034;https://www.raisonsdagir-editions.org/catalogue/les-nouveaux-chiens-de-garde/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raisons d'agir&lt;/a&gt; le 4 f&#233;vrier 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;right&gt;&lt;i&gt;Nous n'accepterons pas &#233;ternellement que le respect&lt;br class='autobr' /&gt;
accord&#233; au masque des philosophes ne soit finalement&lt;br class='autobr' /&gt;
profitable qu'au pouvoir des banquiers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Nizan, &lt;i&gt;Les Chiens de garde&lt;/i&gt;&lt;/right&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;La premi&#232;re &#233;dition de ce livre a &#233;t&#233; publi&#233;e il y a vingt-cinq ans. Un auteur est parfois tent&#233; d'exag&#233;rer l'actualit&#233; de ses ouvrages pr&#233;c&#233;dents pour en justifier la lecture quelques d&#233;cennies plus tard. Autant pr&#233;venir le lecteur que celui-ci s'inscrit dans un temps en partie r&#233;volu. Quiconque s'est habitu&#233; &#224; l'atmosph&#232;re &#233;lectrique faite de clans et de clashs des ann&#233;es 2020 peut &#224; peine imaginer l'homog&#233;n&#233;it&#233; id&#233;ologique des m&#233;dias &#224; la fin du si&#232;cle dernier et le ballet d'un quarteron de journalistes dominants &#233;voluant sur la sc&#232;ne politique avec la docilit&#233; d'un &#171; majordome anglais qui apporte des toasts beurr&#233;s au prince de Galles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lewis Lapham, L'Am&#233;rique ba&#238;llonn&#233;e, Paris, Saint-Simon, 2004, p.100-101.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Tout ceci cr&#233;ait l'ennui, un sentiment d'enfermement d'autant plus puissant que le discours m&#233;diatique dominant reposait sur une base sociologique en voie de r&#233;tr&#233;cissement. Et que, d&#233;j&#224;, le consensus n&#233;olib&#233;ral s'effritait. Un autre trait des ann&#233;es 1990 peut aujourd'hui para&#238;tre d&#233;fier l'entendement : les journalistes jouissaient d'un certain cr&#233;dit ; la plupart croyaient encore exercer leur magist&#232;re en toute ind&#233;pendance. Sugg&#233;rer que les propri&#233;taires des grands moyens d'information pouvaient vouloir orienter les contenus &#233;ditoriaux d&#233;clenchait donc des bouff&#233;es d'indignation vertueuses dont le lecteur se fera une id&#233;e en consultant l'annexe de ce livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, mille raisons militaient d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque contre cette illusion de libert&#233;. La prise en main de Canal Plus et de ses cha&#238;nes satellites par Vincent Bollor&#233; devrait l'avoir aujourd'hui dissip&#233;e. M. Bollor&#233; rach&#232;te &#224; tour de bras m&#233;dias et &#233;diteurs (Vivendi, Editis, Prisma), convoite Europe 1, &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Journal du dimanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, taille dans les d&#233;penses, &#233;crase les gr&#232;ves, &#233;pure les r&#233;dactions. Au mitan des ann&#233;es 1980, &#171; Canal &#187;, cr&#233;&#233;e &#224; la demande de Fran&#231;ois Mitterrand, confi&#233;e au d&#233;part &#224; l'un de ses proches, se voulait amusante, impertinente, plut&#244;t destin&#233;e &#224; un public qu'on n'appelait pas encore &#171; bourgeois-boh&#232;me &#187; &#8211; &#224; la fois amateur de cin&#233;ma, de football et de pornographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que M. Bollor&#233; y s&#233;vit, l'orientation &#233;ditoriale de la cha&#238;ne d'information du groupe s'est m&#233;tamorphos&#233;e. i-T&#233;l&#233; est devenu Cnews, a tripl&#233; son audience en offrant chaque soir l'antenne &#224; &#201;ric Zemmour jusqu'&#224; ce que, enhardi par sa notori&#233;t&#233;, le chroniqueur du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; devienne un des t&#233;nors de l'extr&#234;me droite. CNews a &#233;galement recrut&#233; tout ce que la francophonie compte d'&#233;ditorialistes obs&#233;d&#233;s par l'ins&#233;curit&#233;, l'&#171; ensauvagement &#187;, le &#171; grand remplacement &#187;. Pour que le tableau de son pluralisme soit tout &#224; fait complet, la cha&#238;ne diffuse chaque semaine une &#233;mission destin&#233;e aux catholiques int&#233;gristes. Ainsi, par la seule volont&#233; de M. Bollor&#233; dont la famille a pour devise &#171; &#192; genoux devant Dieu, debout devant les hommes &#187;, la messe du dimanche a remplac&#233; &#171; Le journal du hard &#187;. Rattacher l'orientation &#233;ditoriale d'un m&#233;dia &#224; l'identit&#233; de son propri&#233;taire ne devrait donc plus passer pour sacril&#232;ge. Il y a vingt-cinq ans, on nous opposait qu'il s'agissait l&#224; d'un &#171; faux proc&#232;s &#187; donnant &#171; une vision simpliste, platement d&#233;terministe &#187; de la r&#233;alit&#233;. D'autant plus fautive en v&#233;rit&#233; que la d&#233;ontologie des journalistes serait toujours assez puissante pour contredire un &#171; &#233;conomisme &#187; aussi rudimentaire. De telles d&#233;n&#233;gations, parfois sinc&#232;res, permettaient de l&#233;gitimer les pr&#233;tentions d&#233;mocratiques de l'information. Ainsi que celles de l'ordre social auquel elle &#233;tait &#8211; et demeure &#8211; encastr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, cet ordre social n'avait pas eu grand-chose &#224; redouter. La s&#233;r&#233;nit&#233; de ses partisans les conduisait m&#234;me &#224; croire que la Terre promise &#233;tait en vue et &#224; entonner l'air de la &#171; fin de l'histoire &#187;, de la &#171; normalisation &#187; de la France. En janvier 1989, Alain Minc, dont on imagine mal aujourd'hui le r&#244;le qu'il joua &#224; cette &#233;poque &#8211; &#224; la fois industriel et essayiste, proche de la gauche de droite et de la droite de gauche, petit prodige de la classe dirigeante fran&#231;aise et boussole d'une bourgeoisie intellectuelle raisonneuse et pr&#233;tentieuse &#8211; avait r&#233;sum&#233; la satisfaction de ses client&#232;les : &lt;i&gt;&#171; La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise a absorb&#233; toutes les contraintes &#233;conomiques. La grande l&#233;gitimit&#233; du gouvernement de gauche des ann&#233;es 1981 &#224; 1986 a &#233;t&#233; d'avoir fait rentrer la France dans l'&#233;conomie de march&#233;. [...] La France a formidablement chang&#233;. Au fond, ce pays &#233;tait le pays du dissensus, du retard &#233;conomique et de l'id&#233;ologie. [...] La modernisation &#233;conomique a &#233;t&#233; formidable et l'acceptation des contraintes &#233;conomiques internationales et des r&#232;gles de l'&#233;conomie de march&#233; s'est faite en quelques ann&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Minc, &#034;Radioscopie&#034;, France Inter, 18 janvier 1989.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Et l'homme qui se trouvait d&#233;j&#224; au carrefour des strat&#233;gies m&#233;diatiques des grands industriels fran&#231;ais (Bollor&#233;, Pinault, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, Lagard&#232;re) compl&#233;ta son tableau idyllique de la situation en &#233;voquant la presse : &lt;i&gt;&#171; Pour la premi&#232;re fois, le contre-pouvoir de la presse joue en France comme dans une vraie d&#233;mocratie [...]. Le travail qu'elle fait montre qu'elle s'&#233;rige enfin en contre-pouvoir. C'est formidable ! &#187;&lt;/i&gt; Formidable, en effet, que les journalistes s'&#233;puisent &#224; d&#233;noncer des &#171; scandales &#187; &#224; r&#233;p&#233;tition en &#233;vitant de les rattacher au syst&#232;me &#233;conomique qui les produit, formidable que le capitalisme se trouve ainsi purifi&#233; des scories susceptibles de le rendre impopulaire, formidable en somme que l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique b&#233;tonn&#233;e par le &#171; contre-pouvoir &#187; garantisse &#224; l'ordre social une s&#233;r&#233;nit&#233; presque absolue. Lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1995, sans que cela semble &#233;trange, Minc appuya successivement le candidat lib&#233;ral &#201;douard Balladur et le dirigeant socialiste Lionel Jospin. Mauvaise pioche pour lui, mauvais pr&#233;sage pour ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;cennie de torpeur relative, de d&#233;syndicalisation, de d&#233;faites paraissait avoir assur&#233; la tranquillit&#233; des avocats du &#171; cercle de la raison &#187; quand l'orage se leva. D'importantes mobilisations sociales se form&#232;rent et elles n'&#233;pargn&#232;rent pas les socialistes qui depuis une d&#233;cennie se partageaient le pouvoir avec la droite en &#171; cohabitant &#187; avec elle dans une relative harmonie. Car apr&#232;s le virage de la &#171; rigueur &#187; (1983), la chute du mur de Berlin (1989), la guerre du Golfe (1990-1991), le trait&#233; de Maastricht (1992), on peinait &#224; distinguer ce qui opposait encore les deux &#171; camps &#187; en mati&#232;re de politique &#233;conomique et sociale, d'Europe, d'alliances internationales. Une telle &#232;re de la b&#233;atitude apais&#233;e, de la &#171; R&#233;publique du centre &#187;, du mol &#233;dredon, s'acheva au moment de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1995. Cet ouvrage (qui fut r&#233;&#233;dit&#233; et compl&#233;t&#233; une dizaine d'ann&#233;es apr&#232;s sa premi&#232;re publication) insiste sur deux grandes occasions lors desquelles l'apparente paix des cimeti&#232;res fut interrompue par une insurrection populaire : en novembre-d&#233;cembre 1995, le refus du plan Jupp&#233; de r&#233;forme de la s&#233;curit&#233; sociale ; dix ans plus tard, le rejet du trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Chacun de ces soul&#232;vements suscita l'opposition f&#233;roce de la quasi-totalit&#233; des grands m&#233;dias, publics comme priv&#233;s. Malgr&#233; cela, le plan Jupp&#233; fut retir&#233; et le non l'emporta largement lors du r&#233;f&#233;rendum de mai 2005. La classe dirigeante et l'oligarchie m&#233;diatique qui lui servait de caisse de r&#233;sonance n'avaient plus l'habitude de tels revers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois les projets gouvernementaux rejet&#233;s par le peuple &#8211; la foule des manifestants en 1995, le vote majoritaire des &#233;lecteurs hostiles au trait&#233; europ&#233;en dix ans plus tard &#8211; furent finalement ent&#233;rin&#233;s gr&#226;ce &#224; des artifices de proc&#233;dure. La chose prit juste un peu plus de temps. Au final l'&#171; Europe &#187; a avanc&#233;, les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de la s&#233;curit&#233; sociale ont &#233;t&#233; remis en cause, le statut des cheminots a disparu, la concurrence des chemins de fer s'est d&#233;ploy&#233;e. Pour ceux qui en doutaient encore il y a vingt-cinq ans, la preuve est faite que ce syst&#232;me social ne produira jamais, durablement, des politiques contraires aux int&#233;r&#234;ts de sa classe dirigeante. Retour &#224; l'envoyeur en somme. Cette ruse des gouvernants doubl&#233;e d'une forfaiture des &#233;lus produira n&#233;anmoins des effets qui, eux, n'ont pas disparu. En particulier l'amplification du soup&#231;on que la voie d&#233;mocratique est d'autant plus bouch&#233;e que l'ordre m&#233;diatique privil&#233;gie, accompagne, voire r&#233;clame un lib&#233;ralisme autoritaire chaque fois que l'apathie populaire c&#232;de la place &#224; la col&#232;re. Une porte a &#233;t&#233; secou&#233;e &#224; plusieurs reprises, mais son verrou n'a pas c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s cette r&#233;alisation am&#232;re, un bourgeonnement des r&#233;seaux sociaux enfante l'id&#233;e qu'il est devenu possible de contourner la porte verrouill&#233;e. Et de cr&#233;er &#224; c&#244;t&#233; d'elle des m&#233;dias ou des programmes qui &#233;chappent &#224; la pens&#233;e dominante, sans qu'un tel objectif r&#233;clame des investissements hors de port&#233;e. D&#232;s 2005, l'&#233;ditorialiste de France inter Bernard Guetta, ancien r&#233;dacteur en chef du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; et futur d&#233;put&#233; europ&#233;en d'Emmanuel Macron, s'inqui&#232;te que les m&#233;dias traditionnels (ceux que lui et ses amis quadrillent) soient en train de perdre la ma&#238;trise du d&#233;bat public : &lt;i&gt;&#171; La mobilisation, les conversions se font de bouche-&#224;-oreille, amplifi&#233;es par internet, ses &#8220;chats&#8221;, ses &#8220;blogs&#8221; &#187;&lt;/i&gt;. Progressivement, deux familles politiques oppos&#233;es vont manifester une dext&#233;rit&#233; particuli&#232;re dans l'art de se faire conna&#238;tre au-del&#224; de leur public habituel. D'un c&#244;t&#233;, la droite identitaire qui pourfend &#171; mondialisation heureuse &#187; non pas parce que celle-ci serait capitaliste mais en raison de sa nature mondiale vou&#233;e &#224; pr&#233;cipiter le m&#233;tissage des populations et la submersion de l'Occident. Face &#224; elle, une &#171; gauche culturelle &#187; fait le pari que le basculement du monde sera porteur de diversit&#233;, d'effacement des nations, de connexion instantan&#233;e entre les mouvements sociaux de la plan&#232;te. Elle ne se rallie pas au capitalisme, mais le prend surtout pour cible quand les pratiques des multinationales mettent en p&#233;ril la survie de la plan&#232;te ou quand les repr&#233;sentants des femmes et des minorit&#233;s ne trouvent pas leur place au sein de la classe dirigeante. Chacun de ces camps dispose de ses m&#233;dias, de ses sites, se pr&#233;tend assi&#233;g&#233; par un ennemi implacable autant que dangereux, et prend la douce habitude de ne plus fr&#233;quenter d'autre paysage que le sien. Ce qu'il peut faire gr&#226;ce &#224; la Toile vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Entre eux, le combat est parfois in&#233;gal, mais le tintamarre, permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place que ces deux camps ont conquis dans les d&#233;bats publics et sur les moteurs de r&#233;f&#233;rencement doit beaucoup au fait que les parts de march&#233; ne se gagnent plus au centre. D&#233;sormais, c'est l'exacerbation des divisions politiques &#8211; et surtout culturelles &#8211; qui alimente l'audience, mobilise les lecteurs et g&#233;n&#232;re du profit. Cette recette de la division, M. Bollor&#233; ne l'a pas invent&#233;e m&#234;me s'il a su en tirer le plus grand b&#233;n&#233;fice. En 2005, quand il lance sa nouvelle cha&#238;ne, Direct 8, il confie une de ses &#233;missions, &#171; Face &#224; Alain Minc &#187;, &#224; un visage familier. Quinze ans plus tard, l'intervenant vedette d'une autre cha&#238;ne du groupe Bollor&#233; a pour nom &#201;ric Zemmour. Et cette fois l'audience est au rendez-vous, sa seule pr&#233;sence &#224; l'antenne redresse les comptes de la cha&#238;ne. M. Bollor&#233;, tr&#232;s lib&#233;ral, autoritaire, &#233;tranger &#224; la &#171; R&#233;publique du centre &#187;, se r&#233;jouit sans doute que l'onctuosit&#233; pateline ne soit plus de saison. Et il encourage un journalisme de racolage destin&#233; &#224; l'extr&#234;me droite et des &#171; d&#233;bats &#187; qui ne co&#251;tent pas cher tout en rapportant gros&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui n'emp&#234;che pas Bernard-Henri L&#233;vy de lui servir de caution. Le 23 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il aime satisfaire ses caprices personnels (la messe, par exemple), c'est avant tout un entrepreneur capitaliste qui r&#233;pond &#224; une demande rentable &#224; un moment o&#249;, un peu partout, des publics enferm&#233;s dans leurs chambres d'&#233;cho respectives arment leurs convictions en choisissant des m&#233;dias qui confortent leurs obsessions. L'homog&#233;n&#233;it&#233; m&#233;diatique d'hier cr&#233;ait une sorte de torpeur. Celle d'aujourd'hui est caract&#233;ris&#233;e par la peur. Peur du terrorisme, de l'islam, de l'extr&#234;me droite, de la d&#233;sinformation, du &#171; politiquement correct &#187;, de la Russie, des vaccins. Les colporteurs de panique occupent le terrain. Car la mont&#233;e aux extr&#234;mes sur des sujets tr&#232;s balis&#233;s (ins&#233;curit&#233;, voile, discriminations) n'&#233;pargne pas la presse mod&#233;r&#233;e. Hier assise sur la manne publicitaire, elle recherchait une audience de masse qu'elle cajolait en simulant l'objectivit&#233;. Dor&#233;navant, elle aussi prosp&#232;re en alimentant des guerres culturelles aupr&#232;s de publics polaris&#233;s. Pour autant, l'univers des nouveaux chiens de garde des ann&#233;es 1990 n'a pas disparu. L'&#233;lection surprise de M. Donald Trump a certes dissip&#233; le mirage d'une soci&#233;t&#233; de march&#233; pacifi&#233;e par les vertus de l'&#233;ducation et de la communication. Le mouvement des Gilets jaunes a &#233;galement r&#233;v&#233;l&#233; les capacit&#233;s de mobilisation de groupes sociaux que la bourgeoisie imaginait inoffensifs en raison de leur isolement et de leur fragmentation. Mais le syst&#232;me qu'Alain Minc c&#233;l&#233;brait il y a trente ans reste solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, il n'a pas fondamentalement chang&#233;. Le bruit de fond m&#233;diatique est plus &#226;pre, l'autorit&#233; des journalistes dominants moins assur&#233;e, et l'&#233;clat de certains des affid&#233;s du th&#233;oricien de &#171; la mondialisation heureuse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Minc, La Mondialisation heureuse, Paris, Plon, 1997.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; Jean-Marie Colombani, Bernard-Henri L&#233;vy, Nicolas Sarkozy &#8211; a p&#226;li en m&#234;me temps que le sien. Mais d'autres les ont remplac&#233;s, comme Vincent Bollor&#233; qu'il a &#233;galement conseill&#233;. il y a vingt-cinq ans, on renvoyait les critiques de la pens&#233;e unique &#224; leur ignorance des lois de la pesanteur n&#233;olib&#233;rale, tr&#232;s largement popularis&#233;es du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et de TF1 &#224; Arte. Une bonne &#171; p&#233;dagogie &#187; devait les instruire, les d&#233;niaiser de leur archa&#239;sme politique h&#233;ritier de tr&#232;s anciennes cat&#233;gories de pens&#233;e d&#233;mocratiques et r&#233;volutionnaires. Lesquelles de toute fa&#231;on s'effaceraient avec le temps, le passage des g&#233;n&#233;rations, l'empreinte de la &#171; modernit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;vidence, ce rem&#232;de naturel ne peut plus op&#233;rer quand un public appr&#233;ciable, jeune qui plus est, se dirige vers les informations &#171; alternatives &#187; dispens&#233;es par les blogs, comptes Twitter, cha&#238;nes YouTube qui prolif&#232;rent &#224; c&#244;t&#233; des grands m&#233;dias. Les fausses nouvelles deviennent alors un probl&#232;me, une obsession, puisque l'exclusivit&#233; de leur diffusion &#233;chappe d&#233;sormais &#224; ceux &#8211; journalistes et responsables politiques &#8211; qui en d&#233;tenaient le monopole. La demande du public &#233;tait proclam&#233;e sacr&#233;e tant qu'elle servait &#224; l&#233;gitimer la cr&#233;ation de nouvelles cha&#238;nes priv&#233;es qui toutes c&#233;l&#233;breraient l'entreprise et le royaume de la marchandise. Mais cette m&#234;me demande est r&#233;put&#233;e accoucher d'un monstre sit&#244;t qu'elle se porte vers des m&#233;dias qui contestent, &#224; tort ou &#224; raison, un &#171; politiquement correct &#187; que chacun voit prolif&#233;rer ailleurs que chez lui. Disqualifi&#233;s pour avoir relay&#233; trop ouvertement la pens&#233;e de march&#233;, les grands m&#233;dias mod&#233;r&#233;s esp&#232;rent &#234;tre r&#233;habilit&#233;s en prenant les habits de v&#233;rificateurs de la v&#233;rit&#233;. Pourtant, en mati&#232;re de propagande et de fausses nouvelles, difficile de faire plus percutant que la guerre d'Irak et le bobard des &#171; armes de destruction massive &#187; qui la justifia, ou le &#171; Russiagate &#187; qui, &#224; coups d'assertions mensong&#232;res sur une collusion entre le pr&#233;sident russe et son homologue am&#233;ricain, consuma la pr&#233;sidence de Donald Trump. Or, dans un cas comme dans l'autre, les principaux pourvoyeurs d'informations parano&#239;aques ne furent pas des d&#233;sax&#233;s op&#233;rant depuis l'Ukraine dans les profondeurs du web, mais le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt;. C'est-&#224;-dire deux quotidiens trustant les prix Pulitzer et diffus&#233;s dans le monde entier aupr&#232;s d'une bourgeoisie p&#233;trie de culture et de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux journaux dont les m&#233;dias fran&#231;ais &#171; de qualit&#233; &#187; ne cessent de suivre les pas, m&#234;me si ceux-ci ont men&#233; &#224; des op&#233;rations de manipulation &#224; c&#244;t&#233; desquelles celles des complotistes pr&#233;sum&#233;s s'apparentent &#224; de l'artisanat. Les barons de l'information cit&#233;s dans ce livre ont qualifi&#233; de &#171; d&#233;lation &#187; le simple rappel de leurs propos publics, et de th&#233;orie du complot la mise en cause de leur r&#244;le au service de l'ordre social. Le journaliste, objectait par exemple Philippe Tesson, joue un r&#244;le &#171; second &#187; dans la stabilit&#233; du capitalisme, celui d'un &#171; simple agent de transmission &#187;. Remettre en cause ce syst&#232;me social revenait donc selon lui &#224; se d&#233;fier de la d&#233;mocratie puisque les d&#233;tenteurs du pouvoir politique &#233;taient &#233;lus et que les pouvoirs, &#233;conomiques comme m&#233;diatiques, d&#233;pendaient de la demande des clients. soudain, cette admirable transparence qui ignore les effets de domination, de monopole ou de propagande a cess&#233; d'&#234;tre mise en avant. Le ton est devenu plus &#226;pre, les mesures de censure et de coercition plus nombreuses, la libert&#233; d'expression moins d&#233;fendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; ? Assur&#233;ment, les attaques terroristes ont jou&#233;. Le massacre &#224; l'arme automatique d'une r&#233;daction comptant les caricaturistes les plus appr&#233;ci&#233;s du pays, puis celui d'une centaine de participants &#224; un concert du vendredi soir &#224; Paris, sans oublier plus de 80 promeneurs &#233;cras&#233;s &#224; Nice un soir de 14 juillet, ne pouvaient que remettre en cause les c&#233;l&#233;brations d'une &#171; fin de l'histoire &#187; d&#233;j&#224; assombries par la r&#233;currence des crises financi&#232;res et des &#171; th&#233;rapies de choc &#187; qui immanquablement les suivaient. C'est toutefois avec le vote du Brexit, suivi quatre mois plus tard par l'&#233;lection de Donald Trump, que le consensus dominant se fissure pour de bon. Et que le durcissement devient nouveau mode de gouvernement. Pas seulement chez les &#171; hommes forts &#187; : du c&#244;t&#233; des lib&#233;raux aussi. Puisque nul parmi eux n'avait pr&#233;vu de tels camouflets &#233;lectoraux, c'est que le syst&#232;me avait &#233;t&#233; d&#233;voy&#233;, que la Russie s'en &#233;tait m&#234;l&#233;e et surtout que les &#233;lecteurs avaient trahi la confiance de la classe dirigeante en cessant d'accepter ses pr&#233;f&#233;rences. Le d&#233;raillement du r&#233;f&#233;rendum europ&#233;en avait servi de signal d'alerte en 2005, mais le train avait ensuite repris sa route. Cette fois l'accident &#233;tait plus inqui&#233;tant : il intervenait dans la capitale du monde et d&#233;fiait &#8211; la corr&#233;lation du vote en faveur du parti d&#233;mocrate avec le niveau de dipl&#244;me de l'&#233;lecteur le montrait assez &#8211; tout ce qu'elle comptait de gens civilis&#233;s, universitaires et journalistes m&#234;l&#233;s. R&#233;sultat, ceux-l&#224; m&#234;mes qui, quelques ann&#233;es plus t&#244;t, raillaient les pourfendeurs des m&#233;dias en les renvoyant &#224; leur pr&#233;tendue parano&#239;a, n'h&#233;sitent pas, apr&#232;s l'&#233;lection de Trump, &#224; pr&#233;tendre que le nouveau pr&#233;sident est tenu par le Kremlin depuis qu'il aurait &#233;t&#233; film&#233;, quelques ann&#233;es plus t&#244;t, en compagnie de prostitu&#233;es en train d'uriner dans une chambre d'h&#244;tel de Moscou. Les m&#234;mes refusaient aussi d'admettre qu'ils profitaient d'un conditionnement m&#233;diatique en objectant que l'&#233;mission d'un message ne disait rien de sa r&#233;ception, filtr&#233;e par l'intelligence des citoyens. Mais sit&#244;t que ceux-ci s'avisent de &#171; mal &#187; voter, leur intelligence pr&#233;sum&#233;e s'est &#233;vapor&#233;e. Et ils deviennent un troupeau de jobards manipul&#233;s par des clips russes de tr&#232;s m&#233;diocre qualit&#233;. La mise en avant de &#171; th&#233;ories du complot &#187; et l'id&#233;e d'un rapport &#233;troit entre &#233;tat de l'opinion et propagande d&#233;barquent alors dans le camp de ceux qui en r&#233;servaient l'exclusivit&#233; aux procureurs du journalisme de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le pouvoir et ses relais multiplient donc les instruments de &#171; d&#233;cryptage &#187;, les instances de v&#233;rification, les filtres de contr&#244;le. M. Macron a m&#234;me fait voter une loi contre les &#171; fake news &#187;, autrement dit contre la d&#233;sinformation non homologu&#233;e par les services de l'&#201;lys&#233;e et par les organes de presse qui leur servent de relais. son texte ne sanctionne donc ni l'homog&#233;n&#233;it&#233; id&#233;ologique et sociale des &#233;ditorialistes, ni l'intoxication publicitaire, ni les renvois d'ascenseur entre journalistes, ni la d&#233;tention des m&#233;dias par des milliardaires amis du pr&#233;sident de la R&#233;publique. Doit-on en d&#233;duire que le mouvement de critique des m&#233;dias n'a atteint aucun de ses objectifs ? Dans la mesure o&#249; la question du conditionnement m&#233;diatique, qui n'&#233;tait presque plus pos&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1980, est devenue une obsession quotidienne, cette conclusion n'aurait gu&#232;re de sens. L'id&#233;e que l'information frelat&#233;e ne devrait pas &#234;tre une fatalit&#233; s'est install&#233;e. Mieux, en France ce r&#233;sultat a &#233;t&#233; atteint sans que les principaux critiques passent par les grands m&#233;dias, se soumettent &#224; leur filtre, se m&#233;tamorphosent eux-m&#234;mes en produit m&#233;diatique. ils ont ainsi d&#233;montr&#233; qu'on pouvait encore d&#233;fendre efficacement des id&#233;es en refusant la quincaillerie de provocations et de faux d&#233;bats qui transforme toutes les convictions en marchandises. La critique des m&#233;dias s'est install&#233;e dans le d&#233;bat public et elle a &#233;t&#233; constitu&#233;e en question politique, c'est-&#224;-dire justiciable d'une d&#233;lib&#233;ration collective. Par ailleurs, elle ne s'est pas content&#233;e, comme la chose &#233;tait courante il y a vingt-cinq ans, de cibler TF1 et la t&#233;l&#233;vision poubelle, histoire de sugg&#233;rer que des m&#233;dias plus nobles, c'est-&#224;-dire plus intellectuels, c'est-&#224;-dire fr&#233;quent&#233;s par la bourgeoisie cultiv&#233;e, &#233;taient aur&#233;ol&#233;s d'une autre l&#233;gitimit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Pierre Bourdieu, &#171; Le racisme de l'intelligence &#187;, in : Interventions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle a jug&#233; que la digue avait c&#233;d&#233; entre une presse &#171; vulgaire &#187; et sa concurrente &#171; de r&#233;f&#233;rence &#187;, entre une information populaire et une autre d'&#233;lite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Patrick Champagne, &#171; La fin d'un magist&#232;re &#187;, in : La double (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et elle a r&#233;serv&#233; ses coups &#224; la seconde. Inutile n&#233;anmoins de dissimuler l'&#233;vidence : la popularit&#233; croissante de la critique des m&#233;dias, sa g&#233;n&#233;ralisation m&#234;me, ont accru le risque que celle-ci devienne banalis&#233;e, r&#233;cup&#233;r&#233;e, et surtout soit d&#233;voy&#233;e. La question essentielle de la d&#233;mocratisation de l'information, c'est-&#224;-dire la fin du monopole bourgeois sur celle-ci, n'est en effet presque jamais soulev&#233;e. Cette exigence, qui l'exprime aujourd'hui ? La dissimulation de la violence des rapports sociaux op&#233;rait autrefois gr&#226;ce &#224; un vocabulaire amidonn&#233; de triomphalisme et de &#171; bienveillance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se manifeste toujours d&#232;s lors que le combat contre cette domination sociale est presque syst&#233;matiquement pr&#233;sent&#233; comme moins prioritaire que d'autres. En particulier dans les m&#233;dias. La mise en cause des &#171; v&#233;rit&#233;s officielles &#187; est, quant &#224; elle, devenue un th&#232;me qu'agitent des groupuscules parano&#239;aques souvent proches de l'extr&#234;me droite afin de mieux r&#233;cuser toutes sortes de faits scientifiques ou historiques. Toutefois ce danger serait moindre si les gouvernants et les m&#233;dias dominants n'y avaient pas pr&#234;t&#233; le flanc en multipliant erreurs et manipulations. Est-il devenu &#224; ce point redoutable qu'il nous faudrait dor&#233;navant mod&#233;rer ou museler notre critique par crainte de &#171; faire le jeu de l'adversaire &#187; ? En v&#233;rit&#233;, rien ne lui serait plus profitable. D'une part, ce terrain porteur nous appartient. Par ailleurs, toute action politique et sociale comporte un risque de confusion ou d'amalgame. Nul ne peut agir collectivement ni agir tr&#232;s longtemps en ayant pour principal souci voire pour obsession unique d'&#233;viter les mauvaises fr&#233;quentations. Contester, manifester, voter, c'est accepter de c&#244;toyer des gens dont les id&#233;es diff&#232;rent des siennes en esp&#233;rant un jour les convaincre de rejoindre d'autres combats que celui qui vous r&#233;unit ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIXe si&#232;cle, les critiques socialistes de la presse lui reprochaient non pas de se situer trop &#224; droite ou pas assez &#224; gauche, mais d'&#234;tre accapar&#233;e par la bourgeoisie. Les syndicalistes r&#233;volutionnaires fran&#231;ais avaient coutume de dire : &#171; n'ach&#232;te pas un journal : tu ram&#232;nerais un patron &#224; la maison. &#187; En d&#233;cembre 2018, au plus fort du mouvement des Gilets jaunes, deux intellectuels proches du pouvoir macronien ont confirm&#233; cette v&#233;rit&#233; sociale pour rameuter un parti de l'ordre qu'ils jugeaient insuffisamment mobilis&#233; contre des protestataires issus des milieux populaires : &#171; Les journalistes, avertissaient &#201;lie Cohen et G&#233;rard Grunberg, doivent se rappeler qu'ils ne sont pas de simples observateurs mais qu'ils font partie des &#233;lites dont le r&#244;le est aussi de pr&#233;server le pays du chaos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lie Cohen et G&#233;rard Grunberg, &#171; Les Gilets jaunes : une double r&#233;gression (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En somme, ce sont plus que jamais d'autres structures, un autre syst&#232;me qu'il nous faut imaginer, r&#233;clamer et obtenir. sans &#171; &#233;lites &#187; et sans privil&#232;ges. Pour la presse comme pour le reste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Pierre Rimbert, &#171; Projet pour une presse libre &#187;, Le Monde Diplomatique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans cette exigence, il n'y a pas de critique radicale des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Serge Halimi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lewis Lapham, &lt;i&gt;L'Am&#233;rique ba&#238;llonn&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, Saint-Simon, 2004, p.100-101.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Minc, &#034;Radioscopie&#034;, France Inter, 18 janvier 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qui n'emp&#234;che pas Bernard-Henri L&#233;vy de lui servir de caution. Le 23 septembre 2021, il &#233;crit dans son bloc-notes du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; : &#171; Vincent Bollor&#233; ne ressemble pas &#224; la caricature que l'on en fait. Un conservateur chr&#233;tien, certes oui, avec ce que l'alliage de ceux de termes induit de r&#233;probation chez les sp&#233;cialistes du proc&#232;s d'intention. Mais un extr&#233;miste, non. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Minc, &lt;i&gt;La Mondialisation heureuse&lt;/i&gt;, Paris, Plon, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Pierre Bourdieu, &#171; Le racisme de l'intelligence &#187;, &lt;i&gt;in : Interventions 1961-2001&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2022 [2002].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Patrick Champagne, &#171; La fin d'un magist&#232;re &#187;,&lt;i&gt; in : La double d&#233;pendance&lt;/i&gt;, Paris, Raisons d'Agir, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;lie Cohen et G&#233;rard Grunberg, &#171; Les Gilets jaunes : une double r&#233;gression &#187;, Telos, 7 d&#233;cembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Pierre Rimbert, &#171; Projet pour une presse libre &#187;, &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les m&#233;dias au service de la r&#233;volution conservatrice</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-medias-au-service-de-la-revolution</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-medias-au-service-de-la-revolution</guid>
		<dc:date>2022-01-24T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;Interventions de Pierre Bourdieu (Agone).&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L100xH150/arton6435-6350e.jpg?1776732615' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Agone &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/interventions-1961-2001-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vient de r&#233;&#233;diter&lt;/a&gt; &lt;i&gt;Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique&lt;/i&gt;. Nous publions, avec leur accord et &#224; l'occasion des 20 ans de la mort de Pierre Bourdieu (le 23 janvier 2002), l'introduction et le sommaire du chapitre XI, qui est d&#233;di&#233; aux interventions du sociologue sur la question m&#233;diatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13270 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH599/bourdieu-7b13a.jpg?1776732615' width='400' height='599' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Les premi&#232;res analyses de Pierre Bourdieu sur l'&#233;mergence des &#171; intellectuels-journalistes &#187; paraissent dans les ann&#233;es 1970&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Pierre Bourdieu, &#171; Contre la science de la d&#233;possession politique &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et celles sur la soumission du journalisme aux exigences du march&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 1980&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Pierre Bourdieu, &#171; Lib&#233; 20 ans apr&#232;s &#187;, ibid., p. 477.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 1992, les journalistes de Reporters sans fronti&#232;res l'invitent &#224; une &#233;mission sur la guerre du Golfe : le sociologue y analyse leur contribution inconsciente &#224; la naturalisation de la vision dominante du monde social&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Pierre Bourdieu, &#171; Questions de mots &#187;, ibid., p. 481.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et un hebdomadaire grand public (&lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;) se fait l'&#233;cho de ces critiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Pierre Bourdieu, &#171; La mis&#232;re des m&#233;dias &#187;, ibid., p. 491.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en 1996 la parution de son recueil &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, Sur la t&#233;l&#233;vision, Raisons d'agir, 1996.&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;clenche une pol&#233;mique particuli&#232;rement violente, mobilisant les plus grands quotidiens et hebdomadaires plusieurs mois durant, p&#233;riode pendant laquelle le livre est en t&#234;te de la liste des meilleures ventes. L'analyse des contraintes pesant sur le travail journalistique (urgence, concurrence, etc.), qui contribuent au &#171; d&#233;senchantement de la politique &#187;, rejoint en fait, dans cette analyse des m&#233;dias, les menaces que font peser, sur le d&#233;bat public, les intellectuels m&#233;diatiques, dont la production est ajust&#233;e aux exigences de l'audimat. Mais alors que les textes plus savants de Pierre Bourdieu avaient &#233;t&#233; relativement peu lus, &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; fait tomber la barri&#232;re de l'&#233;sot&#233;risme savant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la situation n'est pas &#224; l'apaisement, notamment apr&#232;s la parution, dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (17 janvier 1995), d'un libelle intitul&#233; &#171; Sollers tel quel &#187;, o&#249; Pierre Bourdieu d&#233;nonce le reniement des avant-gardes consacr&#233;es, condens&#233; dans l'apologie par Philippe Sollers du Premier ministre et candidat favori des pr&#233;sidentielles d'alors : &#171; Balladur tel quel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Balladur tel quel &#187; de Philippe Sollers est paru dans L'Express le 12 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce travail de d&#233;voilement est compl&#233;t&#233; par la publication, &#233;galement aux &#233;ditions Raisons d'agir, des &lt;i&gt;Nouveaux Chiens de garde&lt;/i&gt; (1997), ouvrage dans lequel Serge Halimi, alors journaliste au &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;, d&#233;crit les r&#233;seaux du &#171; journalisme de connivence &#187; et son r&#244;le d&#233;terminant dans l'installation de l'id&#233;ologie de march&#233; dans les opinions. Sur la m&#234;me ligne et dans la m&#234;me collection, un ouvrage collectif de jeunes chercheurs du Centre de sociologie europ&#233;enne, &lt;i&gt;Le D&#233;cembre des intellectuels fran&#231;ais&lt;/i&gt;, revient sur les clivages politiques que le mouvement de D&#233;cembre 95 a fait appara&#238;tre (entre les intellectuels qui ont soutenu le plan Jupp&#233; et ceux qui ont accompagn&#233; la r&#233;sistance des gr&#233;vistes) et sur le r&#244;le d&#233;cisif que jouent les m&#233;dias dans la construction du d&#233;bat public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux critiques virulentes, en particulier de la revue Esprit et de magazines (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des effets paradoxaux de &#171; publicit&#233; &#187; que la violence de la critique des &#233;ditorialistes les plus en vue a engendr&#233;s, le retentissement de ces publications peut s'expliquer par le regain des luttes sociales mais &#233;galement par l'attention croissante port&#233;e aux d&#233;rives des m&#233;dias &#8211; ce que confirment le lancement, &#171; pour une action d&#233;mocratique sur le terrain des m&#233;dias &#187;, de l'association Acrimed (Action-critique-m&#233;dias), qui fait suite au mouvement social de novembre-d&#233;cembre 1995&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe de r&#233;flexion lanc&#233; par Henri Maler et Patrick Champagne, Acrimed (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; la mobilisation en 1998 pour la diffusion du film de Pierre Carles, &lt;i&gt;Pas vu pas pris&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Command&#233; puis refus&#233; par Canal +, ce documentaire sur la connivence entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; et, deux ans apr&#232;s, associ&#233; &#224; ces initiatives, le lancement d'un journal satirique de critique radicale des m&#233;dias, &lt;i&gt;PLPL-Pour lire pas lu&lt;/i&gt;, qui regroupe aussi des membres du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; et des &#233;ditions Agone, dont le premier num&#233;ro est diffus&#233; lors du rassemblement organis&#233; &#224; Millau, en juin 2000, &#224; l'occasion du proc&#232;s des membres de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne pour le &#171; d&#233;montage &#187; d'un McDonald's&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux films de Pierre Carles t&#233;moignent de cette p&#233;riode : la pr&#233;sence de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pierre Bourdieu fait lui-m&#234;me le d&#233;placement &#224; Millau et intervient dans plusieurs tables rondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; sa visibilit&#233; croissante depuis la parution de &lt;i&gt;La Mis&#232;re du monde&lt;/i&gt; et ses prises de position tr&#232;s m&#233;diatis&#233;es en faveur de D&#233;cembre 95 vient alors s'ajouter la pol&#233;mique qui l'oppose &#224; Daniel Schneidermann apr&#232;s son passage, le 23 janvier 1996, &#224; l'&#233;mission &#171; Arr&#234;t sur images &#187; (La Cinqui&#232;me), qui propose une critique de certaines productions t&#233;l&#233;visuelles. Pierre Bourdieu &#233;tait venu expliquer qu'aucun v&#233;ritable d&#233;cryptage de la t&#233;l&#233;vision ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision car &#171; ses dispositifs s'imposent m&#234;me aux &#233;missions critiques du petit &#233;cran &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, &#171; La t&#233;l&#233;vision peut-elle critiquer la t&#233;l&#233;vision ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui aurait d&#251; &#234;tre discut&#233; comme une analyse est alors re&#231;u comme une attaque, surtout lorsque le sociologue tente d'expliquer en quoi les contraintes du milieu journalistique installent une &#171; vision cynique &#187; de la politique r&#233;duite &#224; un microcosme coup&#233; du public et d&#233;crite comme un simple affrontement d'ambitions &#233;go&#239;stes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, &#171; La t&#233;l&#233;vision, le journalisme et la politique &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;senchantement politique, m&#233;thode marketing et soumission au march&#233; concurrentiel sont &#233;galement les th&#232;mes qui motiveront la participation de Pierre Bourdieu, pendant l'automne 1999, &#224; une action, &#224; l'initiative d'Acrimed, &#171; pour la d&#233;fense de France Culture &#187;. Il s'agit alors de s'opposer au bouleversement des programmes qui a suivi la nomination de Jean-Marie Cavada &#224; la pr&#233;sidence de Radio France et de Laure Adler &#224; celle de France Culture. &#171; V&#233;ritable liquidation &#187;, une telle r&#233;forme des programmes par l'importation de &#171; &#8220;recettes&#8221; cens&#233;es avoir fait le succ&#232;s des stations publiques et priv&#233;es &#187; est accus&#233;e de transformer les radios publiques en outils &#171; &#224; peine d&#233;guis&#233;s de publicit&#233; pour les livres, les disques ou les films les plus commerciaux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Acrimed, &#171; Manifeste pour la d&#233;fense de France Culture &#187;, L'Humanit&#233;, 5 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attention du sociologue au fonctionnement des m&#233;dias dominants, de plus en plus ouvertement au service de la pens&#233;e de march&#233;, tient avant tout au fait que cette puissance fait obstacle aux luttes progressistes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Un des grands obstacles &#224; la constitution de forces de r&#233;sistance est le fait que les dominants contr&#244;lent les m&#233;dias comme jamais dans l'histoire. [&#8230;] De nos jours, tous les grands journaux fran&#231;ais sont compl&#232;tement contr&#244;l&#233;s. M&#234;me des journaux apparemment autonomes comme &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; sont en fait des soci&#233;t&#233;s d'actionnaires domin&#233;es par les grandes puissances d'argent. (2001&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, entretien avec Lino Polegato (14 d&#233;cembre 2001), Flux News (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par-del&#224; une critique des m&#233;dias, c'est le mouvement social comme &#171; internationale de la r&#233;sistance au n&#233;olib&#233;ralisme et &#224; toutes les formes de conservatisme &#187; qui est au fondement des questions que Pierre Bourdieu adresse aux &#171; ma&#238;tres du monde, ces nouveaux pouvoirs que sont les puissances conjugu&#233;es de l'argent et des m&#233;dias &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, &#171; Questions aux vrais ma&#238;tres du monde &#187;, Interventions, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Thierry Discepolo&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Franck Poupeau&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction au chapitre XI de Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique&lt;/i&gt;, Agone, 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Au sommaire du chapitre XI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#8212; &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; 20 ans apr&#232;s (1988)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Command&#233; par &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; pour accompagner des statistiques de lectorat &#224; l'usage de ses annonceurs, ce texte n'est finalement pas paru dans le quotidien mais, six ans plus tard, en version abr&#233;g&#233;e dans &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt; (mars 1994, no 101/102).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#8212; Questions de mots. Une vision plus modeste du r&#244;le des journalistes (1992)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention lors d'un colloque de Reporters sans fronti&#232;res, parue dans &lt;i&gt;Les Mensonges du Golfe&lt;/i&gt; (Arl&#233;a, 1992, p. 27-32).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#8212; Du fait divers &#224; l'affaire d'&#201;tat. Sur les effets non voulus &lt;br class='autobr' /&gt;
du droit &#224; l'information (Mars 1994)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Texte additif &#224; &#171; L'emprise du journalisme &#187;, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt; (mars 1994, no 101/102, p. 8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#8212; La mis&#232;re des m&#233;dias (F&#233;vrier 1995)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Entretien avec Fran&#231;ois Granon paru dans &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; le 15 f&#233;vrier 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#8212; Questions sur un quiproquo (F&#233;vrier 1998)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Paru dans &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; (f&#233;vrier 1998, p. 26), ce texte r&#233;pond &#224; un article d'Edwy Plenel, &#171; Le faux proc&#232;s du journalisme &#187;, remontrance du directeur de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; s'&#233;rigeant en avocat des soutiers et des artisans de la profession contre le livre de Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, et celui de Serge Halimi, &lt;i&gt;Les Nouveaux Chiens de garde&lt;/i&gt;, &#233;rig&#233;s en procureurs du journalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#8212; La t&#233;l&#233;vision peut-elle critiquer la t&#233;l&#233;vision ? Chronique d'un passage &#224; l'antenne (Janvier 1996)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Version initiale d'un texte paru avec le sous-titre &#171; Analyse d'un passage &#224; l'antenne &#187; dans &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; (avril 1996, p. 25).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;&#8212;Questions aux vrais ma&#238;tres du monde (Octobre 1999)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention aux journ&#233;es Canal+ / MTR (Paris, 11 octobre 1999) devant un parterre r&#233;unissant les patrons des plus grands groupes de l'industrie de la communication, parue deux jours plus tard dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; sous le titre &#171; Ma&#238;tres du monde, savez-vous ce que vous faites ? &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Pierre Bourdieu, &#171; Contre la science de la d&#233;possession politique &#187;, &lt;i&gt;Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique&lt;/i&gt;, Agone, 2022, p. 97.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Pierre Bourdieu, &#171; Lib&#233; 20 ans apr&#232;s &#187;, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 477.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Pierre Bourdieu, &#171; Questions de mots &#187;, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 481.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Pierre Bourdieu, &#171; La mis&#232;re des m&#233;dias &#187;, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 491.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Balladur tel quel &#187; de Philippe Sollers est paru dans &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; le 12 janvier 1995 ; paru dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; le 27 janvier 1995, &#171; Sollers tel quel &#187; est reproduit &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Contre-feux&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 2001, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aux critiques virulentes, en particulier de la revue &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt; et de magazines comme &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'&#201;v&#233;nement du jeudi&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, s'ajoute la parution d'une attaque de la sociologie de Pierre Bourdieu par l'une de ses anciennes collaboratrices, Jeannine Verd&#232;s-Leroux (&lt;i&gt;Le Savant et la politique&lt;/i&gt;, 1998). Mais on peut sans doute voir le point culminant de la r&#233;action dans l'ensemble de &#171; points de vue &#187; command&#233; par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (18 septembre 1998) &#224; Olivier Mongin pour &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, Philippe Sollers pour &lt;i&gt;L'Infini&lt;/i&gt;, Alain Finkielkraut pour &lt;i&gt;Le Messager europ&#233;en&lt;/i&gt;, Bernard-Henri L&#233;vy pour &lt;i&gt;La R&#232;gle du jeu&lt;/i&gt;, Claude Lanzmann et Robert Redeker pour &lt;i&gt;Les Temps modernes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Groupe de r&#233;flexion lanc&#233; par Henri Maler et Patrick Champagne, Acrimed produit une revue en ligne et un trimestriel, a &#233;dit&#233; plusieurs ouvrages et anime un Observatoire des m&#233;dias qui &#171; met en commun savoirs professionnels, savoirs th&#233;oriques et savoirs militants au service d'une critique ind&#233;pendante, radicale et intransigeante &#187; &#8211; voir Acrimed.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Command&#233; puis refus&#233; par Canal +, ce documentaire sur la connivence entre journalisme et politique qui interrogeait &#171; Peut-on tout montrer &#224; la t&#233;l&#233;vision ? &#187; devint un film (censur&#233; par la t&#233;l&#233;vision) sur les limites de l'autocritique &#224; la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux films de Pierre Carles t&#233;moignent de cette p&#233;riode : la pr&#233;sence de Pierre Bourdieu dans &lt;i&gt;La sociologie est un sport de combat&lt;/i&gt; (2001) et des fondateurs de &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;Fin de concession&lt;/i&gt; (2010).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &#171; La t&#233;l&#233;vision peut-elle critiquer la t&#233;l&#233;vision ? &#187;, &lt;i&gt;Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 503.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &#171; La t&#233;l&#233;vision, le journalisme et la politique &#187;, &lt;i&gt;Contre-feux, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 80.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Acrimed, &#171; Manifeste pour la d&#233;fense de France Culture &#187;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 5 novembre 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, entretien avec Lino Polegato (14 d&#233;cembre 2001), &lt;i&gt;Flux News&lt;/i&gt; (Li&#232;ge), d&#233;cembre 2001-janvier 2002, no 27, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &#171; Questions aux vrais ma&#238;tres du monde &#187;, &lt;i&gt;Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 513.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
