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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Coronavirus : les patrons de presse brocardent les postiers &#171; d&#233;serteurs &#187;</title>
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		<dc:date>2020-05-22T11:01:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Distribution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; alors que tant d'autres se comportent en h&#233;ros. (cr&#233;dit photo : Amre Ghiba)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Crise-du-coronavirus-" rel="directory"&gt;Crise du coronavirus&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L132xH150/arton6166-74563.png?1727834311' class='spip_logo spip_logo_right' width='132' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 25 mars, Philippe Wahl, Pdg de La Poste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Wahl, nomm&#233; &#224; la direction de La Poste en 2013, et reconduit tout (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d&#233;cide de r&#233;duire la distribution du courrier &#224; trois jours cons&#233;cutifs par semaine (mercredi, jeudi et vendredi) &#224; partir du 30 mars. L'objectif affich&#233; : prot&#233;ger les personnels de La Poste de la pand&#233;mie. De nombreux patrons de presse et &#233;ditorialistes ne l'ont pas entendu de cette oreille : arguant du fait que les abonnements distribu&#233;s par La Poste subiraient un retard tr&#232;s pr&#233;judiciable aux lecteurs et aux journaux, ils ont vivement protest&#233;. Allant parfois jusqu'&#224; brocarder les postiers, et les traiter de &#171; d&#233;serteurs &#187;. Toute d&#233;cence confin&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Haro sur La Poste !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Quelques &#233;l&#233;ments de contexte : depuis le d&#233;but de la pand&#233;mie, les syndicats de La Poste avaient alert&#233; la direction sur les carences dans la protection des personnels, surtout pour les facteurs et factrices, d&#233;pourvus de masques, de gants, etc., ainsi que dans les centres de tri, sans &#233;crans de s&#233;paration, ni masques. La f&#233;d&#233;ration Sud-PTT avait m&#234;me assign&#233; La Poste en r&#233;f&#233;r&#233; pour la contraindre &#224; mettre en place des mesures de s&#233;curit&#233; pour ses agents. La situation difficile des personnels de La Poste a d'ailleurs &#233;t&#233; relat&#233;e par de nombreux journaux, par exemple par &lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-des-facteurs-refusent-de-distribuer-le-courrier-faute-de-masques-de-protection-6783518&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, ou encore &lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/societes/coronavirus-la-poste-s-adapte-et-reduit-ses-tournees-20200325&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/17/coronavirus-des-facteurs-font-valoir-leur-droit-de-retrait-par-crainte-d-etre-contamines_6033441_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/coronavirus-plus-de-300-postiers-des-hauts-de-seine-exercent-leur-droit-de-retrait-17-03-2020-8282232.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, ou &lt;a href=&#034;https://www.20minutes.fr/societe/2746307-20200323-coronavirus-boule-ventre-tous-matins-inquietude-postiers-premiere-ligne-malgre-confinement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le ton change du tout au tout apr&#232;s le 25 mars et l'annonce de Philippe Wahl, qui limitait aux mercredi, jeudi et vendredi, la distribution du courrier et donc des abonnements. Les patrons de presse et leurs &#233;ditorialistes affid&#233;s entrent alors en guerre m&#233;diatique contre La Poste et les postiers. Leur syndicat, l'Alliance de la presse d'information g&#233;n&#233;rale (APIG, 298 journaux adh&#233;rents), dirig&#233; par Jean-Michel Baylet, lance la campagne avec la tribune &lt;a href=&#034;https://www.letelegramme.fr/dossiers/lepidemie-de-coronavirus/a-nos-lecteurs-et-abonnes-la-poste-nous-abandonne-27-03-2020-12532808.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La Poste nous abandonne &#187;&lt;/a&gt;, d&#233;clarant notamment : &lt;i&gt;&#171; Il faut respecter ses clients et assurer la continuit&#233; du service public aux citoyens &#187;&lt;/i&gt; et que La Poste &lt;i&gt;&#171; bafoue ses engagements contractuels tant vis-&#224;-vis des &#233;diteurs qu'envers l'&#201;tat et les contribuables, qui lui versent 100 millions d'euros par an pour assurer la distribution. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour nuancer cette affirmation, rappelons que cette somme n'est pas un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains quotidiens reprendront la tribune de l'APIG, comme &lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;La Montagne&lt;/i&gt;. Plus belliqueux encore, le banquier d'affaires Philippe Villin, ancien Pdg du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, parle de &lt;i&gt;&#171; d&#233;sertion de La Poste &#187;&lt;/i&gt; (Figarovox, 29/03). Et &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt;, le journal de Baylet, ne dit pas moins : &lt;i&gt;&#171; &#034;Nous sommes en guerre&#034; donc, et La Poste d&#233;serte&#8230; &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt;, 27/03) &lt;i&gt;La Gazette du Var&lt;/i&gt; propose une autre version : &lt;i&gt;&#171; Ces postiers qui ont trahi leur entreprise&#8230; &#187;&lt;/i&gt; et poursuit : &lt;i&gt;&#171; Avant m&#234;me les premi&#232;res heures du combat, 10 000 postiers ont exerc&#233; leur droit de retrait pour se confiner chez eux, sur leur terrasse, sur leur balcon, dans leur jardin&#8230; &#187;&lt;/i&gt; (14/04) Ne manque que la d&#233;nonciation rituelle de la &#171; prise d'otages &#187;, &lt;i&gt;La Montagne&lt;/i&gt; y pourvoit : &lt;i&gt;&#171; Comme vous, nous sommes pris en otage. Par une entreprise qui se revendique du service public et qui ne l'est d'&#233;vidence plus. &#187; &lt;/i&gt; (27/03) Sous la plume de sa directrice des r&#233;dactions (Sandrine Thomas), le Groupe Centre France se fend m&#234;me d'une &lt;a href=&#034;https://www.change.org/p/direction-de-la-poste-m-le-pr%C3%A9sident-de-la-poste-maintenez-le-passage-du-courrier-au-moins-1-jour-sur-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;p&#233;tition aux accents mis&#233;rabilistes&lt;/a&gt;, laissant entendre que les abonn&#233;s &#224; la PQR n'ont pour seul lien avec la soci&#233;t&#233; que leur journal quotidien. Loin de nous l'id&#233;e de nier l'importance d'un tel lien, mais le ton enfantin de la p&#233;tition semble davantage prendre pr&#233;texte de ces populations que s'en soucier r&#233;ellement... Le texte, qui r&#233;clame une distribution un jour sur deux, a recueilli au bout d'un mois 12 500 signatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubli&#233;s les articles de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente o&#249; il &#233;tait question des conditions de travail des postiers et posti&#232;res, de l'absence de masques de protection pour les facteurs qui vont au travail &#171; la boule au ventre &#187;, des risques de contamination dus &#224; leurs multiples contacts, du fait que nombre d'entre eux ont &#233;t&#233; effectivement contamin&#233;s. Comme si le fait que les journaux soient ici directement concern&#233;s les dispensait d'une approche un tant soit peu &#233;quilibr&#233;e de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la presse quotidienne, les &#233;ditorialistes ne sont pas en reste. Pr&#232;s de deux mois plus tard, le pilier de comptoir m&#233;diatique Olivier Truchot semble ne pas vouloir l&#226;cher l'affaire : &lt;i&gt;&#171; Il faudra quand-m&#234;me &#224; un moment donn&#233; se poser la question : pourquoi La Poste n'a pas, au d&#233;but, accompli son r&#244;le de service public ? [&#8230;] On ne peut pas &#224; la fois plaider pendant toute l'ann&#233;e pour le maintien du service public et, quand on a plus que jamais besoin du service public, ils sont aux abonn&#233;s absents ! &#187;&lt;/i&gt; (&#171; Grandes Gueules &#187;, RMC, 20/05). Ce qui ne saurait faire oublier qu'avant lui, un &#233;ditocrate de la m&#234;me trempe s'&#233;tait jet&#233; dans la bataille : Jean Quatremer.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le caquet de Jean Quatremer&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;D&#233;j&#224; remarqu&#233;, entre autres, comme &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Jean-Quatremer-grand-pourvoyeur-de-fake-news-ur&#034;&gt;pourvoyeur de fake news&lt;/a&gt;, Jean Quatremer a tenu, tr&#232;s t&#244;t, &#224; participer &#224; la cur&#233;e anti-poste :&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_12231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L455xH600/quatremer-2-61cba.png?1727834311' width='455' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Dans un premier tweet (27/03), le journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; affirme que La Poste &lt;i&gt;&#171; ne distribue plus les journaux &#187;&lt;/i&gt;. On se demande o&#249; Jean Quatremer trouve ses informations pour sortir une telle contrev&#233;rit&#233;. Certes, il a rectifi&#233; avec son second tweet (sans doute renseign&#233; par un lecteur charitable). Dans ce second tweet justement, il apporte, &#233;crit-il, une &#171; pr&#233;cision &#187;. En fait de &#171; pr&#233;cision &#187; il s'agit du contraire de ce qu'il affirmait dans le premier tweet, mais &#171; pr&#233;cision &#187; fait partie du langage des &#233;ditocrates pour faire croire qu'en r&#233;alit&#233; ils ne se sont pas tromp&#233;s : ils n'ont pas &#233;t&#233; assez &#171; pr&#233;cis &#187;. La &#171; pr&#233;cision &#187;, c'est que &lt;i&gt;&#171; le courrier est en fait diffus&#233; trois fois par semaine &#187;&lt;/i&gt;, ce qui est exact, en passant sur la confusion que fait Quatremer entre diffusion et distribution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les lecteurs et lectrices qui ne sont pas forc&#233;ment au courant de ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis il affirme aussit&#244;t, avec une certaine dose de mauvaise foi, que cela &lt;i&gt;&#171; ne change rien pour les quotidiens &#187;&lt;/i&gt;. L&#224;, on est quasiment perplexe sur l'&#233;tat de la pens&#233;e quatremarine. Trois jours, c'est mieux que pas du tout, et certes moins bien que six jours ; en tout cas, &#231;a change quelque chose pour les quotidiens. Mais que ne dirait-on pas pour se donner raison ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour finir, une injonction : &lt;i&gt;&#171; Et qu'on ne nous rabatte plus les oreilles sur la &#034;continuit&#233;&#034; du service public. Les entreprises priv&#233;es assurent cette continuit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; une bonne nouvelle, les journaux vont &#234;tre contents ! Et dans cette saillie finale, encore une erreur (on ne peut qu'&#234;tre &#233;tonn&#233; d'en voir autant dans le peu de mots que permet un tweet), certes anecdotique, mais dont on se permettra de sourire : en bon fran&#231;ais on ne dit pas &#171; rabattre &#187; mais &#171; rebattre &#187; les oreilles. &#171; Rabattre &#187; s'emploie, par exemple, dans l'expression &#171; rabattre le caquet &#187;. &#192; bon entendeur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Les postiers r&#233;agissent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Les r&#233;actions des postiers ne se sont pas fait attendre, notamment par la voix de leurs syndicats. R&#233;actions peu audibles cependant car peu relay&#233;es, alors que certains m&#233;dias orchestraient une campagne contre eux. Il faudra &lt;a href=&#034;http://www.snj.fr/article/sant%C3%A9-et-service-public-ne-sont-pas-les-priorit%C3%A9s-des-dirigeants-de-la-presse-ni-de-la-poste-1873447388&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un communiqu&#233; significativement conjoint de Sud-PTT et du Syndicat national des journalistes (SNJ)&lt;/a&gt;, d&#232;s le 1er avril, pour entendre un autre son de cloche, qui d&#233;nonce &#224; la fois les patrons de presse et ceux de La Poste :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, patrons de la presse et dirigeants de La Poste, au-del&#224; des divergences affich&#233;es, font preuve de la m&#234;me l&#233;g&#232;ret&#233; quant &#224; la sant&#233; et &#224; la s&#233;curit&#233; des posti&#232;res et des postiers, comme de la population. La nouvelle organisation de la distribution du courrier s'est faite sous la pression des personnels (notamment via l'exercice massif du droit de retrait) et des organisations syndicales postales. Cela permet certes aux postier&#183;e&#183;s de souffler un peu, mais les risques de contamination demeurent. La d&#233;cision de distribuer le courrier trois jours d'affil&#233;e dans la semaine a, de plus, &#233;t&#233; prise unilat&#233;ralement.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me sens, la &lt;a href=&#034;http://www.cgt-fapt.fr/2020/04/la-maltraitance-des-postiers-ca-suffit/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CGT de La Poste : &#171; La maltraitance des postiers, &#231;a suffit ! &#187;&lt;/a&gt; (10/04) et &lt;a href=&#034;https://www.dici.fr/actu/2020/04/29/alpes-de-haute-provence-cfdt-denonce-conditions-de-travail-postiers-seraient-de-plus-plus-1391973&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la CFDT : &#171; La Cfdt d&#233;nonce les conditions de travail des postiers qui seraient de plus en plus probl&#233;matiques &#187;&lt;/a&gt; (29 avril). &#192; lire &#233;galement, publi&#233; par &lt;a href=&#034;https://www.lepostillon.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Postillon&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Postillon est un bimestriel ind&#233;pendant et sans publicit&#233; de Grenoble, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le &lt;a href=&#034;https://www.lepostillon.org/Un-postier-repond-au-lynchage-mediatique.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;moignage instructif d'un postier&lt;/a&gt; &#233;c&#339;ur&#233; par le &lt;i&gt;&#171; lynchage m&#233;diatique &#187;&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Et puis la d&#233;ferlante m&#233;diatique s'est transform&#233;e en lynchage en r&#232;gle contre les postiers. Tandis que les infirmi&#232;res et les caissi&#232;res &#233;taient des h&#233;ro&#239;nes, nous, les postiers, on &#233;tait des salauds, des d&#233;serteurs [&#8230;] Alors tout &#231;a m'a mis en col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et de d&#233;crire la situation pour le moins alarmante des postiers dans sa r&#233;gion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Entass&#233;s casiers contre casiers, les facteurs tombaient malade les uns (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le Pdg de La Poste n'a pas attendu pour reconna&#238;tre &lt;i&gt;&#171; une erreur &#187;&lt;/i&gt;, s'excuser aupr&#232;s des patrons des journaux, et s'accorder avec l'APIG pour une distribution sur quatre jours, effective pour les journaux d&#232;s le 6 avril, et sur cinq jours un peu plus tard. Et pour cela, mobiliser en catastrophe &lt;i&gt;&#171; plus de 3000 personnes suppl&#233;mentaires avec des volontaires, des salari&#233;s de la filiale Mediapost (distribution de publicit&#233;s), des int&#233;rimaires et des CDD. &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, 01/04). Le 14 avril, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; c&#233;l&#233;brait d'ailleurs cette entente retrouv&#233;e entre patrons en r&#233;alisant une &lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/medias/la-poste-s-est-engagee-a-distribuer-les-journaux-cinq-jours-par-semaine-20200414&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;interview commune &#224; Philippe Wahl, Jean-Michel Baylet, et Marc Feuill&#233;e (directeur du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;)&lt;/a&gt;, repr&#233;sentant respectivement La Poste, la presse r&#233;gionale et la presse nationale &#224; l'APIG. Tout est donc rentr&#233; dans l'ordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pourquoi tant de haine ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;On peut se demander pourquoi les m&#233;dias, surtout les journaux, se sont lanc&#233;s dans une campagne si v&#233;h&#233;mente contre La Poste et les postiers. Pourquoi avoir mis dans le m&#234;me sac le Pdg et les personnels de La Poste, alors qu'il &#233;tait clair que la d&#233;cision sur les trois jours &#233;tait le fait du seul Pdg, et que plusieurs syndicats &#233;taient favorables &#224; la m&#234;me solution qui fut propos&#233;e par le groupe de presse Centre France, soit une distribution altern&#233;e un jour sur deux ? Il eut &#233;t&#233; plus logique d'interpeller le seul Philippe Wahl, d'ailleurs tout dispos&#233; &#224; r&#233;trop&#233;daler, comme la suite l'a montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une information digne de ce nom aurait ainsi pu interroger la d&#233;cision de ce dernier, tout en prenant en consid&#233;ration la situation des personnels : leurs protections jug&#233;es insuffisantes par les syndicats, suffisantes par la direction ; le fait qu'ils ne b&#233;n&#233;ficient pas, comme les personnels hospitaliers et policiers de gardes d'enfants dans les cr&#232;ches et les &#233;coles, d'o&#249; un absent&#233;isme plus important ; les conditions de travail des facteurs et dans les centres de tri ; le nombre de contamin&#233;s par le coronavirus, sans oublier tous ceux qui ont fait leur tourn&#233;e malgr&#233; les conditions difficiles (des h&#233;ros ?), etc. Toutes ces questions auraient pu faire l'objet de v&#233;ritables enqu&#234;tes ou reportages, qui auraient permis de mieux comprendre la situation de La Poste dans son ensemble, sans pour autant att&#233;nuer la revendication d'une distribution mieux ordonn&#233;e des abonnements ; peut-&#234;tre m&#234;me cette contextualisation l'e&#251;t-elle plus solidement soutenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, le journalisme de commentaire a produit des dol&#233;ances en s&#233;rie contre le service public postal. Dol&#233;ances venues en particulier de la presse de droite, lui r&#233;clamant opportun&#233;ment une meilleure qualit&#233;, et surtout une plus grande continuit&#233; &#8211; et ce &lt;i&gt;&#171; apr&#232;s trois d&#233;cennies d'&#233;ditos favorables &#224; la &#034;restructuration&#034; de la Poste &#187;&lt;/i&gt;, comme le soulignait Arr&#234;t sur images&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La Poste : presse de droite ch. Service public &#187; (01/04)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car en effet : qu'est devenu le service public du courrier ? Et surtout : patrons de presse et &#233;ditocrates ont-ils jamais document&#233; (avec continuit&#233; !) ou protest&#233; contre les trente ann&#233;es de mise en pi&#232;ces de ce service public, et contre sa privatisation rampante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les occasions n'ont pourtant pas manqu&#233; : ouverture &#224; la concurrence (1991), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ont-ils protest&#233; lorsque la Cour des comptes &lt;a href=&#034;https://www.ccomptes.fr/system/files/2020-02/20200225-10-TomeI-service-postal-face-baisse-courrier.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans son dernier rapport de f&#233;vrier 2020&lt;/a&gt; (pr&#233;monitoire ?), a propos&#233; de r&#233;duire le nombre de tourn&#233;es des facteurs et factrices &#224; cinq jours au lieu de six, voire &#224; trois jours altern&#233;s pendant une semaine, et deux jours la suivante ? Ph&#233;nom&#232;ne que relatait certes &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt; du &lt;a href=&#034;https://www.ladepeche.fr/2020/02/26/la-poste-le-courrier-pourrait-bientot-etre-distribue-moins-souvent,8757662.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;26 f&#233;vrier dernier&lt;/a&gt;, sans exprimer alors la moindre irritation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Questions rh&#233;toriques : pour les tenants de l'id&#233;ologie lib&#233;rale, il en est des services publics comme des aides de l'&#201;tat : &#224; circonscrire ou privatiser par principe, &#224; r&#233;clamer avec la plus grande fermet&#233; quand ils leur sont utiles&#8230; Par exemple, &#224; l'heure de fustiger les d&#233;penses publiques, on ne trouvera pas &#233;ditocrate qui vive pour &#233;voquer le dossier des aides &#224; la presse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un exemple r&#233;cent, lire &#171; Fran&#231;ois Pinault et Le Point, rendez l'argent ! &#187;&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il est toujours des cibles plus faciles que d'autres pour les sommit&#233;s des m&#233;dias. &#192; ce propos, on soulignera enfin le fl&#233;chage &#224; sens unique de leurs cris d'orfraie, qui &#233;trillent La Poste, mais prennent grand soin d'&#233;pargner les annonceurs, pourtant responsables des plus grandes difficult&#233;s de la &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/La-presse-imprimee-au-temps-du-coronavirus-6157&#034;&gt;presse imprim&#233;e&lt;/a&gt; pendant la crise sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence est simple : annonceurs et patrons de presse &#8211; certains, de plus en plus nombreux, sont d'ailleurs les deux &#224; la fois ! &#8211; font partie des dominants desquels d&#233;pendent les chefferies des m&#233;dias, et les m&#233;dias eux-m&#234;mes. Une pression &#233;conomique, on en conviendra, bien plus cons&#233;quente que celle que pouvait en r&#233;alit&#233; repr&#233;senter la restriction de la distribution des journaux...&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;H&#233;ros et d&#233;serteurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Dans la guerre d&#233;clar&#233;e au coronavirus par le pr&#233;sident Macron, il y a, pour certains, les h&#233;ros&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera que la p&#233;tition lanc&#233;e par La Montagne range ostensiblement les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, soit le personnel soignant, les caissi&#232;res, les &#233;boueurs, etc., et les d&#233;serteurs : ici les postiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relayant le pr&#233;sident et son gouvernement, les m&#233;dias dominants et leurs t&#234;tes de gondoles, ont t&#244;t fait de remercier, de glorifier, d'&#233;lever au rang de &#171; h&#233;ros &#187; les salari&#233;s indispensables &#224; la survie de la population et au fonctionnement du syst&#232;me sanitaire. Mais la proclamation de leur h&#233;ro&#239;sme et les applaudissements associ&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous ne nions nullement, &#233;videmment, le courage et l'humanit&#233; de toutes ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont aussi des invitations &#224; rester &#224; leur place, &#224; d&#233;faut d'encouragements plus mat&#233;riels, toujours remis &#224; demain. Idem pour les soi-disant &#171; d&#233;serteurs &#187;, m&#234;me traitement, mais en sens inverse, le vocable infamant succ&#233;dant &#224; la louange pour les faire rentrer dans le rang. Sous les termes de &#171; h&#233;ros &#187; &#171; et &#171; d&#233;serteurs &#187; ce n'est jamais que l'injonction ordinaire faite &#224; la France d'en bas d'aller bosser quoi qu'il en co&#251;te, affubl&#233;e d'un vocabulaire de propagande de guerre, m&#233;diatiquement ass&#233;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe Wahl, nomm&#233; &#224; la direction de La Poste en 2013, et reconduit tout r&#233;cemment, le 4 mars, par Emmanuel Macron est un lib&#233;ral pur sucre. Banquier de formation, il est un assidu du &#171; d&#238;ner du Si&#232;cle &#187; o&#249; se r&#233;unit l'&#233;lite politique, &#233;conomique et m&#233;diatique. Il est &#233;galement membre de la direction de l'Institut Montaigne, think tank ultra lib&#233;ral, &#224; l'origine d'une tr&#232;s r&#233;cente note sur le temps de travail dont nous avons analys&#233; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/L-Institut-Montaigne-fait-la-Une-Travaillez-plus&#034;&gt;la surexposition m&#233;diatique lors de sa parution&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour nuancer cette affirmation, rappelons que cette somme n'est pas un cadeau &#224; La Poste, mais une aide &#224; la presse vers&#233;e &#224; La Poste en compensation des tarifs r&#233;duits qu'elle doit accorder aux journaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour les lecteurs et lectrices qui ne sont pas forc&#233;ment au courant de ces notions famili&#232;res aux journalistes, surtout dans la presse imprim&#233;e (comme &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; o&#249; travaille Jean Quatremer), nous pr&#233;cisons que le diffuseur est le marchand de journaux, tandis que le distributeur, entre autres, c'est La Poste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Postillon&lt;/i&gt; est un bimestriel ind&#233;pendant et sans publicit&#233; de Grenoble, &lt;i&gt;&#171; avec pour unique business plan d'occuper le cr&#233;neau porteur et n&#233;anmoins compl&#232;tement d&#233;laiss&#233; de la presse locale critique &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Entass&#233;s casiers contre casiers, les facteurs tombaient malade les uns apr&#232;s les autres et les centres courriers devenaient des foyers de contagion du virus, des clusters postaux. &#192; Saint-Laurent du Pont, Moirans, Saint-Marcellin, Grenoble, des facteurs se sont saisis du droit de retrait pour d&#233;noncer le manque de mesures de pr&#233;vention et de protection. Des alertes pour &#034;danger grave et imminent&#034; ont &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;es par les syndicats dans plein de centres, comme &#224; Moirans o&#249; six salari&#233;s ont &#233;t&#233; contamin&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;https://www.arretsurimages.net/articles/la-poste-presse-de-droite-ch-service-public&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La Poste : presse de droite ch. Service public &#187;&lt;/a&gt; (01/04)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les occasions n'ont pourtant pas manqu&#233; : ouverture &#224; la concurrence (1991), suppressions continues de postes (100 000 sur 350 000), transformation en soci&#233;t&#233; anonyme (2010), suppressions de bureaux de poste (de 17 000 &#224; 9 000). Derni&#232;re &#233;tape toute r&#233;cente : le 4 mars 2020, La Poste quitte le giron de l'&#201;tat (la premi&#232;re fois depuis Louis XI, selon &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;) pour passer sous le contr&#244;le de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations (66 % du capital). On imagine facilement que le contr&#244;le de cette institution financi&#232;re ne va pas faciliter le transport du courrier dans les campagnes profondes, et favoriser plut&#244;t des activit&#233;s plus &#171; rentables &#187;. A-t-on entendu les patrons de journaux et leurs &#233;ditocrates protester &#224; cette occasion ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un exemple r&#233;cent, lire &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Francois-Pinault-et-Le-Point-rendez-l-argent&#034;&gt;&#171; Fran&#231;ois Pinault et &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, rendez l'argent ! &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera que la p&#233;tition lanc&#233;e par &lt;i&gt;La Montagne&lt;/i&gt; range ostensiblement les &#233;diteurs (= patrons) de presse parmi ceux-ci : &lt;i&gt;&#171; Partout en France, les &#233;diteurs de presse quotidienne r&#233;alisent des prouesses incroyables pour maintenir une offre d'information, de service et de distraction, en imprimant tous les soirs [le] journal, avec un maximum de s&#233;curit&#233; sanitaire pour tous les m&#233;tiers de la cha&#238;ne de production. &#187;&lt;/i&gt; On applaudit !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous ne nions nullement, &#233;videmment, le courage et l'humanit&#233; de toutes ces personnes, bien au contraire. Il s'agit ici de souligner le caract&#232;re int&#233;ress&#233; de certains de leurs laudateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La presse imprim&#233;e au temps du coronavirus</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-presse-imprimee-au-temps-du-coronavirus-6157</link>
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		<dc:date>2020-05-05T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Distribution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'&#233;puisement d'un mod&#232;le &#233;conomique.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Crise-du-coronavirus-" rel="directory"&gt;Crise du coronavirus&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L125xH150/arton6157-62d0e.jpg?1726660889' class='spip_logo spip_logo_right' width='125' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La presse imprim&#233;e, depuis longtemps en grandes difficult&#233;s, se trouve particuli&#232;rement affect&#233;e par les cons&#233;quences de l'&#233;pid&#233;mie de coronavirus. Les ventes en boutiques (maisons de la presse, kiosques, etc.) baissent sensiblement avec les mesures de confinement ; qui plus est, cette presse se trouve dans une p&#233;riode o&#249; sa distribution &#171; au num&#233;ro &#187; est mise en p&#233;ril par l'effondrement de son principal acteur, Presstalis. Si on ajoute &#224; cela la chute historique de ses recettes publicitaires, ce sont toutes les ressources de la presse imprim&#233;e qui sont touch&#233;es par les effets de l'&#233;pid&#233;mie. L'occasion, sans nul doute, de reconsid&#233;rer son mod&#232;le &#233;conomique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'exception de ceux qui font partie des &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/La-Coordination-permanente-des-medias-libres-CPML&#034;&gt;m&#233;dias ind&#233;pendants du tiers secteur&lt;/a&gt;, de revues (comme &lt;i&gt;M&#233;diacritiques&lt;/i&gt;), et de quelques journaux comme &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Charlie hebdo&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Sin&#233; mensuel&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, l'immense majorit&#233; de ce que l'on appelle d&#233;sormais la &#171; presse papier &#187; ou &#171; presse imprim&#233;e &#187; repose sur deux ressources : les ventes et la publicit&#233;. Le confinement de la population depuis le 16 mars a s&#233;rieusement affect&#233; ces ressources, quoique &#224; des degr&#233;s diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une baisse sensible des ventes&#8230; et des abonnements stationnaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Ce fut presque un &#233;tonnement quand le gouvernement a compt&#233; parmi les besoins vitaux dont la satisfaction devait rester accessible &#224; la population confin&#233;e, celui de lire la presse. Une mesure qui a probablement permis la survie de nombre de publications de moyenne ou petite audience, qui auraient peut-&#234;tre succomb&#233; &#224; une fermeture g&#233;n&#233;rale des points de vente ; et qui a &#233;galement permis aux personnes attach&#233;es &#224; la lecture sur papier, plus nombreuses qu'on ne pense, de trouver encore, dans le tr&#232;s large &#233;ventail des revues et des journaux, de quoi nourrir et distraire leur esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; dire que l'amour de la presse ou le sort de ces populations a motiv&#233; la d&#233;cision du gouvernement, il y a un grand pas&#8230; que nous ne franchirons pas. A fortiori quand on sait que ses inclinations le portent davantage sur les &#171; premiers de cord&#233;e &#187;, incluant les grands propri&#233;taires de presse (peu nombreux tant le secteur est concentr&#233;), dont les int&#233;r&#234;ts furent menac&#233;s d&#232;s le d&#233;but de la crise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain nombre de ces points de vente ont cependant baiss&#233; le rideau de fer, et parmi eux, la totalit&#233; des Relay Hachette des gares et a&#233;roports, et 40 % des kiosques parisiens, tandis que d'autres r&#233;duisaient leurs horaires d'ouverture. Mais sur l'ensemble, plus de 80 % d'entre eux sont rest&#233;s ouverts au public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des magazines, qui constituent la plus grande partie des rayonnages des marchands de presse, les ventes semblent avoir fl&#233;chi, mais sans effondrement, et pas dans tous les domaines, comme l'indiquent les chiffres des Messageries lyonnaises de presse (MLP) qui en distribuent une grande partie.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_12176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH318/presse-bd3c7.jpg?1726660889' width='500' height='318' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.mlp.fr/outils-et-services/covid-19-rester-informe/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MLP (17 avril 2020)&lt;/a&gt;
Ventes enregistr&#233;es entre le 16 mars et le 5 avril compar&#233;es &#224; la m&#234;me p&#233;riode de 2019&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Comme le notent les MLP, &#171; &lt;i&gt;les ludiques, la presse pour adolescents et pour enfants ainsi que la presse people ont conserv&#233; la pr&#233;f&#233;rence des consommateurs&lt;/i&gt; &#187; en cette p&#233;riode, tandis que les magazines d'actualit&#233; ont maintenu leurs ventes, au contraire des magazines d&#233;di&#233;s &#224; l'art et &#224; la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, parmi les magazines d'information politique, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; signale que sa diffusion au num&#233;ro s'est &#224; peu pr&#232;s maintenue pendant la p&#233;riode de confinement, de m&#234;me celle de &lt;i&gt;L'Obs&lt;/i&gt;, avec un l&#233;ger fl&#233;chissement. &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; dit &#233;galement avoir maintenu ses ventes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les quotidiens nationaux, les ventes au num&#233;ro ont baiss&#233; pour chacun d'entre eux et &#224; hauteur de 24% pour l'ensemble (source ACPM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alliance pour les chiffres de la presse et des m&#233;dias.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), except&#233; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, pour lequel elles se sont maintenues. Ce n'est certes pas un effondrement, mais tout de m&#234;me une chute sensible si l'on consid&#232;re que les chiffres portent sur le mois de mars entier alors que les 15 premiers jours n'ont pas &#233;t&#233; confin&#233;s. La baisse risque d'&#234;tre plus rude en avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la presse quotidienne r&#233;gionale (PQR), malgr&#233; l'absence de chiffres de diffusion la concernant (selon l'ACPM, ils para&#238;tront en septembre), on peut supposer, &#224; partir de divers t&#233;moignages convergents : &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, qui perdrait 4 000 ventes par jour (CB News, 24 mars), &lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt;, 20 % (76 actu, 16 avril), et Jean-Michel Baylet qui parle d'une baisse de 20 % en moyenne (France Inter, L'instant M, 25 avril), que sa situation est comparable &#224; celle des quotidiens nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journaux vendus au num&#233;ro doivent de surcro&#238;t affronter une autre menace, celle qui tient &#224; la situation de Presstalis, probl&#233;matique depuis de nombreuses ann&#233;es, et qui s'est encore aggrav&#233;e r&#233;cemment. Le principal distributeur de journaux (75%) a du d&#233;poser son bilan le 20 avril. Le plan de redressement, que nous &#233;voquions dans notre &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-3&#034;&gt;Petite histoire de la distribution de la presse&lt;/a&gt;, &#233;labor&#233; fin 2018 et plut&#244;t drastique, n'a pas eu les effets escompt&#233;s. Le distributeur se retrouvait d&#233;but 2020 dans une situation pire que fin 2018 &lt;i&gt;&#171; avec pr&#232;s de 500 millions d'euros de fonds n&#233;gatifs, un milliard de dettes et une perte de 70 millions d'euros fin 2019 &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emmanuel Schwartzenberg, &#171; La presse papier en plein collapsus &#187;, Blog (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le d&#233;p&#244;t de bilan de Presstalis, initialement pr&#233;vu pour le 25 mars, a &#233;t&#233; report&#233; face &#224; la crise sanitaire. Il est finalement intervenu le 20 avril, mais avec continuation d'activit&#233;, ce qui &#233;vite un arr&#234;t de la distribution. L'avenir du secteur est d&#233;sormais suspendu aux derni&#232;res n&#233;gociations entre Bercy et les deux groupes oppos&#233;s, et m&#234;me hostiles, des quotidiens et des magazines, sans oublier le syndicat du livre (SGLCE-CGT), qui devaient intervenir &#224; la fin du mois d'avril. Bien &#233;videmment, la baisse constat&#233;e des ventes de journaux et de magazines n'arrange pas les affaires de la distribution, dont les revenus d&#233;pendent du nombre de journaux distribu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en partie &#224; cause des difficult&#233;s de la distribution que de nombreuses publications ont recours, depuis plusieurs ann&#233;es, aux abonnements. Ces derniers constituent aujourd'hui la principale modalit&#233; de vente de la presse imprim&#233;e, 53 % en 2018 (source ACPM). Les deux tiers de ces abonnements sont distribu&#233;s par portage, un dispositif sp&#233;cifique assur&#233; par les &#233;diteurs qui r&#233;mun&#232;rent des particuliers ou des soci&#233;t&#233;s qui apportent, au petit matin, le journal au domicile des abonn&#233;s. Le portage fait l'objet d'aides sp&#233;cifiques importantes de l'&#201;tat, et il semble qu'il ait continu&#233; de fonctionner sans accrocs durant le confinement. Certains journaux comme &lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme de Brest&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;La voix du Nord&lt;/i&gt; sont vendus &#224; 80% par abonnements port&#233;s. Le portage est surtout r&#233;pandu au nord du pays et dans la PQR. Le dernier tiers des abonnements, soit 20% de l'ensemble des ventes, est distribu&#233; par La Poste. Pendant le confinement, le r&#244;le de cette derni&#232;re a d'ailleurs donn&#233; lieu &#224; des d&#233;m&#234;l&#233;s significatifs, sur lesquels nous reviendrons en d&#233;tail dans un prochain article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que les abonnements de la presse imprim&#233;e, qu'il s'agisse du portage ou de La Poste, ont &#233;t&#233;, dans l'ensemble, distribu&#233;s, m&#234;me si parfois avec retard. Le nombre des abonn&#233;s s'est &#233;galement maintenu, avec un tr&#232;s l&#233;ger fl&#233;chissement (moins de 1 %), d&#251; sans doute &#224; un transfert vers des abonnements num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'effondrement des recettes publicitaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Mais la crise actuelle met surtout en relief la d&#233;pendance de la presse vis-&#224;-vis de la publicit&#233;. Les pertes en recettes dues &#224; l'&#233;pid&#233;mie affectent en effet tous les m&#233;dias qui y ont plus ou moins recours. Pour ceux qui ne vivent que de cela, la situation est grave : les journaux dits &#171; gratuits &#187; ne paraissent plus depuis l'&#233;tablissement du confinement, tandis que les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et les stations de radio priv&#233;es, financ&#233;es surtout par la publicit&#233; (70% pour TF1), sont en grande difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journaux imprim&#233;s (hors gratuits), de leur c&#244;t&#233;, ont perdu autour de 50% (de 30 &#224; 80% selon une &#233;tude Kantar cit&#233;e par &lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/medias/publicite-le-decrochage-est-severe-depuis-le-16-mars-20200330&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;) de leurs revenus publicitaires, qui repr&#233;sentent en moyenne&#8230; &#224; peu pr&#232;s le tiers de leurs recettes. Une situation qui n'&#233;tonnera personne, et r&#233;v&#232;le plut&#244;t l'incurie de mod&#232;les &#233;conomiques qui consacrent leur pr&#233;carit&#233; structurelle en axant leur d&#233;pendance sur des ressources instables. Comme le note &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; en pr&#233;vision de la r&#233;cession &#224; venir, les entreprises coupent leurs budgets publicitaires, qui sont syst&#233;matiquement l'un des premiers postes d'&#233;conomies en p&#233;riode de crise. &#187;&lt;/i&gt; Les milliardaires propri&#233;taires de m&#233;dias ont d'ailleurs &#233;t&#233; les premiers &#224; couper les vivres publicitaires de ces m&#233;dias, comme le rapporte Emmanuel Schwartzenberg dans l'article pr&#233;c&#233;demment cit&#233;, &#171; La presse papier en plein collapsus &#187; : &lt;i&gt;&#171; Quand l'&#233;pid&#233;mie de coronavirus ne concernait encore que la Chine, Bernard Arnault d&#233;cida que le groupe LVMH cesserait tout investissement publicitaire dans les m&#233;dias pendant six mois. Il a &#233;t&#233; imm&#233;diatement suivi par le groupe Kering de Fran&#231;ois Pinault. Depuis, tous les annonceurs ont suspendu sine die leurs achats dans les m&#233;dias. &#187;&lt;/i&gt; Pour rappel, Bernard Arnault est propri&#233;taire du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;&#201;chos&lt;/i&gt; et Fran&#231;ois Pinault, du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;. On se doute que ces farouches amoureux de l'information ont &#233;t&#233; d&#233;chir&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'une telle d&#233;cision ! Reste que cet &#233;pisode confirme l'&#233;vidence : dans les p&#233;riodes difficiles, les grands annonceurs n'h&#233;sitent pas &#224; retirer leur financement au secteur des m&#233;dias &#8211; quand bien m&#234;me ils sont eux-m&#234;mes patrons de presse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, on peut citer un certain nombre de journaux dont les chiffres ont &#233;t&#233; publi&#233;s. Ainsi, &lt;i&gt;L'Obs&lt;/i&gt; perd 70% de ses revenus publicitaires (2 pages de pub au lieu de 15 &#224; 20), &lt;i&gt;La Voix du Nord&lt;/i&gt; fait &#233;tat de la perte de toute sa recette publicitaire, soit 25% de chiffre d'affaires, &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; annonce une perte de 70%, &lt;i&gt;Ouest France&lt;/i&gt; de 60%, soit autour de 15% du chiffre d'affaires, et &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, de 50%. Pour l'ensemble de la presse r&#233;gionale, Jean-Michel Baylet parle de 80 % de pertes en moyenne (France Inter, L'instant M, 25 avril). Variables selon les secteurs, les pertes de recettes publicitaires sont dans tous les cas tr&#232;s importantes et compromettent l'&#233;quilibre &#233;conomique, d&#233;j&#224; fragilis&#233; depuis longtemps, de la presse imprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux propositions non exclusives l'une de l'autre ont &#233;t&#233; envisag&#233;es pour soulager la douleur des m&#233;dias priv&#233;s de publicit&#233;. La premi&#232;re vient de Nicolas de Tavernost, pr&#233;sident de M6. Elle consiste tout bonnement &#224; r&#233;server aux &lt;a href=&#034;https://www.rtl.fr/culture/medias-people/coronavirus-nicolas-de-tavernost-propose-la-suspension-de-la-publicite-dans-le-secteur-public-7800380116&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;groupes priv&#233;s les ressources publicitaires&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les lecteurs ne nous en voudrons pas d'&#233;voquer cette initiative qui ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'avait d'ailleurs pas attendu la crise du coronavirus pour soumettre cette belle id&#233;e, d&#233;j&#224; avanc&#233;e &lt;a href=&#034;https://www.sudouest.fr/2018/02/11/nicolas-de-tavernost-souhaite-une-suppression-totale-de-la-pub-sur-le-service-public-4191798-4693.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au d&#233;but 2018&lt;/a&gt;. Une telle mesure &#8211; qui revient &#224; supprimer la publicit&#233; dans l'audiovisuel public &#8211; pr&#234;te &#224; d&#233;bat, comme nous l'&#233;crivions dans un &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Pour-une-refondation-de-l-audiovisuel-public-La-question-du-financement&#034;&gt;pr&#233;c&#233;dent article&lt;/a&gt;. A minima, elle devrait s'accompagner de s&#233;rieuses compensations pour le service public ! Ce qui ne semble pas &#8211; mais alors pas du tout ! &#8211; , se profiler avec &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Retrecir-l-audiovisuel-public-pour-le-sauver&#034;&gt;le projet de r&#233;forme de l'audiovisuel public&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Signalons tout de m&#234;me que M6, que pr&#233;side Monsieur de Tavernost, fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quoi qu'il en soit, il semble que cette proposition n'ait pas eu de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me proposition, non moins audacieuse, vient pr&#233;cis&#233;ment de la rapporteure de ce projet de loi : Aurore Berg&#233; (LREM). Il s'agirait tout simplement de d&#233;duire les d&#233;penses publicitaires des imp&#244;ts des annonceurs. La part d&#233;ductible n'est pas indiqu&#233;e &#224; ce stade. En Italie, o&#249; une telle mesure a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; prise, elle est de 30% (pour les d&#233;penses publicitaires faites dans la presse imprim&#233;e et dans les radios et t&#233;l&#233;visions locales). La critique argument&#233;e de cette provocation a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e par l'Association R&#233;sistance &#224; l'agression publicitaire (RAP), dont nous avons relay&#233; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Credit-d-impot-sur-les-depenses-des-annonceurs&#034;&gt;la publication&lt;/a&gt; aux c&#244;t&#233;s de la tribune d'un &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Pour-un-renouveau-de-la-liberte-de-la-presse-le&#034;&gt;groupe de m&#233;dias ind&#233;pendants&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons au passage que les d&#233;penses publicitaires des entreprises ne sont d&#233;j&#224; pas imposables (sauf certaines, et seulement &#224; hauteur de 1%). Les rendre en outre d&#233;ductibles des imp&#244;ts, c'est-&#224;-dire pay&#233;es par le contribuable, reviendrait &#224; faire de ce dernier le double financeur de la publicit&#233;, puisque les frais de publicit&#233; sont int&#233;gr&#233;s au prix des marchandises qu'il ach&#232;te. Aurore Berg&#233; invoque comme argument la situation difficile des TPE et PME, mais ce sont surtout les grandes entreprises qui b&#233;n&#233;ficieraient de cette mesure. Elle avance aussi que sa proposition vise &#224; &#171; &lt;i&gt;soutenir le r&#244;le d&#233;mocratique que joue la presse&lt;/i&gt; &#187;. Un second pr&#233;texte, qui d&#233;guise surtout un soutien &#224; l'industrie publicitaire, aux agences de publicit&#233; en grande difficult&#233; du fait du retrait des annonceurs de la presse, mais aussi de tous les autres supports (affichage, prospectus, radio, t&#233;l&#233;vision, Internet, cin&#233;ma). Venir au secours de ce secteur parasitaire peut difficilement passer pour un objectif prioritaire visant &#224; pallier les effets de la crise. Si le gouvernement veut soutenir la presse, il peut le faire directement, sans arroser en m&#234;me temps les publicitaires Havas, Publicis, etc. et les annonceurs Arnault, Pinault, Drahi, Bollor&#233;, etc., qui ne manqueraient pas de retirer leurs publicit&#233;s d&#232;s l'extinction de cette mesure d'exception (si extinction il y avait...), sans se soucier davantage du &#171; &lt;i&gt;r&#244;le d&#233;mocratique que joue la presse&lt;/i&gt; &#187; ! Aux derni&#232;res nouvelles, le projet Berg&#233; n'aurait pas &#233;t&#233; abandonn&#233; malgr&#233; les vives protestations qu'il a suscit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si l'on tient compte du fait que les pertes de ventes au num&#233;ro et d'abonnements aux journaux papier sont en partie compens&#233;es par la forte croissance des abonnements num&#233;riques (voir plus loin), c'est l'effondrement des ressources publicitaires qui appara&#238;t comme le principal responsable de la situation difficile et parfois dramatique de la presse imprim&#233;e en ces temps d'&#233;pid&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Cons&#233;quences sur les journaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Dans ces nouvelles conditions, les journaux ont pris diverses mesures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines publications ont suspendu leur version imprim&#233;e, a priori seulement pendant la p&#233;riode de confinement. C'est le cas des quotidiens &#171; gratuits &#187; (&lt;i&gt;20 minutes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;CNews&lt;/i&gt;, etc.) et de l'ensemble de la presse professionnelle (par exemple &lt;i&gt;Strat&#233;gies&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;CB-News&lt;/i&gt;, Infopro Digital, qui poss&#232;de quarante titres), vendue uniquement sur abonnement &#224; des professionnels ayant d&#233;sert&#233; leurs bureaux. Ont &#233;galement fait ce choix &lt;i&gt;Sin&#233; Mensuel&lt;/i&gt; (pour risque de contamination dans des locaux &#233;troits), le people &lt;i&gt;Point de vue&lt;/i&gt;, le people f&#233;minin &lt;i&gt;Grazia&lt;/i&gt; (pour d&#233;ficit de publicit&#233;), &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Paris Turf&lt;/i&gt; (faute de courses de chevaux), et &lt;i&gt;Voici&lt;/i&gt; (faute de stars &#224; l'air libre !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tr&#232;s nombreux journaux ont r&#233;duit leur pagination, en raison de l'absence de publicit&#233;, mais pas seulement : certaines rubriques ont disparu suite aux mesures de confinement (comp&#233;titions sportives, cin&#233;ma, th&#233;&#226;tre, tourisme, etc.), et des reportages ont &#233;t&#233; annul&#233;s. Par ailleurs les conditions de travail des techniciens, &#224; domicile, ne permettent pas toutes les op&#233;rations de fabrication des journaux. Sans parler de la r&#233;duction du nombre des collaborateurs, non sollicit&#233;s, malades ou au ch&#244;mage partiel. Dans la PQR, le nombre d'&#233;ditions a quant &#224; lui &#233;t&#233; fortement r&#233;duit : &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt; est pass&#233; de 16 &#233;ditions &#224; une seule, &lt;i&gt;La Voix du Nord&lt;/i&gt;, de 20 &#233;ditions &#224; 4, &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; de 53 &#224; 12, et &lt;i&gt;Nice matin&lt;/i&gt;, de 9 &#224; 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un certains nombre de publications ont d&#251; avoir recours au ch&#244;mage partiel, comme &lt;i&gt;Midi libre&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; (760 salari&#233;s sur 2 200), &lt;i&gt;La Nouvelle R&#233;publique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, le groupe So Press et &lt;i&gt;L'Obs&lt;/i&gt;. La liste n'est &#233;videmment pas exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re disparition d&#233;finitive, et la seule pour l'instant, fut celle du magazine &lt;i&gt;Playboy&lt;/i&gt;, apr&#232;s 66 ans de pr&#233;sence dans les points de vente. La crise a aussi port&#233; un coup fatal &#224; &lt;i&gt;Paris Normandie&lt;/i&gt;. D&#233;j&#224; fortement endett&#233;, il a perdu 90 % de ses recettes publicitaires, et a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; en liquidation judiciaire le 21 avril, avec poursuite de l'activit&#233;. Il dispose de trois mois pour trouver un repreneur. Il y a peu de chances que &lt;i&gt;Paris Normandie&lt;/i&gt; disparaisse des kiosques, car il est tr&#232;s improbable que le gouvernement laisse deux d&#233;partements (Haute Normandie et Eure) sans journal quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les effets du confinement, l'orientation d'une partie du public des journaux vers les consultations et abonnements num&#233;riques appara&#238;t &#224; certains comme positive et prometteuse. L'audience du site du &lt;i&gt;T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt;, par exemple, a doubl&#233; en mars par rapport &#224; f&#233;vrier, comme celle du site de &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt;, dont les abonnements num&#233;riques sont en progression constante depuis le d&#233;but du confinement. Selon Slate (5/04), le site de &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; a vu quant &#224; lui sa fr&#233;quentation augmenter de 156 % entre le 16 et le 22 mars. Entre les mois de f&#233;vrier et mars, les abonnements num&#233;riques aux quotidiens nationaux (sauf pour &lt;i&gt;L'&#201;quipe&lt;/i&gt;) ont &#233;galement nettement progress&#233; (22 000 unit&#233;s au total), particuli&#232;rement pour &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (+ 8 000) et &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; (+ 8 000). &#192; noter &#233;galement, dans la PQR, la progression des abonnements num&#233;riques du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; (+ 7 000). Le processus semble g&#233;n&#233;ral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me Le Canard encha&#238;n&#233;, peu port&#233; sur le web, apr&#232;s avoir r&#233;duit de moiti&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, certainement facilit&#233; par des prix d'abonnement parfois brad&#233;s et des acc&#232;s gratuits fr&#233;quents pour tout ce qui concerne l'&#233;pid&#233;mie. Il est probable que la bascule du papier vers le web, constante depuis plusieurs ann&#233;es, aura connu l&#224; une nette acc&#233;l&#233;ration, dont au moins une partie sera p&#233;rennis&#233;e apr&#232;s le confinement. Mais cela ne suffit pas, du moins pour l'instant, &#224; combler les pertes dues aux moindres ventes de la production imprim&#233;e, et surtout au retrait brutal de la publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une presse sans publicit&#233; est possible, la preuve : elle existe d&#233;j&#224;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&#192; l'issue de ce tour d'horizon (forc&#233;ment incomplet), on peut conclure que le mod&#232;le &#233;conomique de la presse imprim&#233;e, fond&#233; sur les deux piliers que sont les ventes et la publicit&#233;, a v&#233;cu. Jusque dans les ann&#233;es 1970, cette presse &#233;tait le principal b&#233;n&#233;ficiaire des investissements publicitaires (71,3% en 1970). La situation s'est d&#233;grad&#233;e au fil des ann&#233;es en raison de la concurrence d'autres supports, la t&#233;l&#233;vision et Internet ayant successivement pris la t&#234;te des b&#233;n&#233;ficiaires. En 2018, la presse concentrait ainsi 15,9 % des investissements publicitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retrait aussi g&#233;n&#233;ral que brutal des annonceurs r&#233;v&#232;le &#224; quel point la logique publicitaire est pr&#233;judiciable au secteur des m&#233;dias. Il va sans dire que les entreprises qui ach&#232;tent des espaces publicitaires ne le font pas pour aider la presse, encourager sa libert&#233;, mais accro&#238;tre leur surface d'influence et leurs profits. Et si tel n'est plus le cas, elles s'en vont, sans pr&#233;avis. Un parasitage qui s'ajoute aux effets d&#233;l&#233;t&#232;res de cette relation sur la marche d'un journal, que nous ne cessons de critiquer : censures, autocensures des journalistes, publir&#233;dactionnel, publireportages, auto-promotion de l'entreprise qui poss&#232;de le journal, culte de l'audience pour attirer les annonceurs, etc. Sans oublier les prospectus publicitaires d&#233;guis&#233;s en journaux que sont &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/La-presse-quotidienne-que-l-on-dit-gratuite&#034;&gt;les quotidiens dits &#171; gratuits &#187;&lt;/a&gt;. L'&#233;loge et la promotion des marchandises n'ont rien &#224; voir avec le projet d'une information libre et honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est encore difficile de savoir quel sera le sort des nombreux magazines et journaux dont la situation risque d'&#234;tre tr&#232;s pr&#233;caris&#233;e &#224; l'issue du confinement. Il est reconnu que la publicit&#233; s'en va plus vite qu'elle ne revient. En tout cas, nous ne pouvons que les inviter &#224; rejoindre les nombreuses publications ind&#233;pendantes, qui vivent sans publicit&#233;, et &#224; lutter avec elles pour que les aides publiques &#224; la presse leur soient r&#233;serv&#233;es. Entre autres solutions, dont certaines sont &#224; inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.acpm.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alliance pour les chiffres de la presse et des m&#233;dias&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emmanuel Schwartzenberg, &#171; La presse papier en plein collapsus &#187;, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/emmanuel-schwartzenberg/blog/070320/la-presse-papier-en-plein-collapsus&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blog Mediapart&lt;/a&gt;, 9 mars 2020&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les lecteurs ne nous en voudrons pas d'&#233;voquer cette initiative qui ne concerne que le domaine audiovisuel dans un article consacr&#233; &#224; la presse imprim&#233;e : elle nous a paru significative dans le cadre des enjeux tournant autour de la publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Signalons tout de m&#234;me que M6, que pr&#233;side Monsieur de Tavernost, fait partie du groupe allemand Bertelsmann, dont le chiffre d'affaires s'&#233;levait en 2018 &#224; 17,6 milliards d'euros, soit largement de quoi soutenir la cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, peu port&#233; sur le web, apr&#232;s avoir r&#233;duit de moiti&#233; sa pagination, a propos&#233; sur son site internet une &#233;dition num&#233;rique payante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petite histoire de la distribution de la presse (3/3) : menaces et enjeux actuels</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-3</link>
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		<dc:date>2018-11-29T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Distribution</dc:subject>
		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Menace sur la loi Bichet : la distribution aux abois&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5829-bd21d.png?1727834311' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir retrac&#233; dans &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-1&#034;&gt;un premier article&lt;/a&gt; la gen&#232;se, et dans un &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-2&#034;&gt;deuxi&#232;me article&lt;/a&gt; le parcours des NMPP-Presstalis et de la loi Bichet de 1947 &#224; nos jours, notre petite histoire de la distribution de la presse se termine par un aper&#231;u de la situation actuelle. Celle-ci s'av&#232;re lourde de menaces, avec le dernier plan de redressement du distributeur, ainsi que les propositions du Rapport Schwartz visant &#224; ouvrir la distribution &#224; la concurrence sauvage en abrogeant la loi Bichet. Nous plaiderons en conclusion pour une r&#233;forme raisonn&#233;e de cette loi fondatrice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Dernier plan de redressement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2012, Presstalis se trouve au bord de la faillite. L'Etat, les &#233;diteurs et le distributeur s'accordent alors sur un plan de redressement, avec &#224; la cl&#233; une aide publique de 250 millions d'euros, une r&#233;duction de moiti&#233; du nombre des salari&#233;s (de 2 500 &#224; 1 250) et le nombre des d&#233;p&#244;ts est r&#233;duit de 140 &#224; 63. Peine perdue, et rebelote fin 2017 : Presstalis compte 350 millions d'euros de fonds propres n&#233;gatifs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan de la nouvelle directrice (depuis septembre 2017), Mich&#232;le Benbunan, consiste &#224; renflouer le navire en ponctionnant l'ensemble des &#233;diteurs de presse, d'abord de 25% de leurs recettes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Retenus en d&#233;cembre 2017 et janvier 2018, et qui devaient &#234;tre rembours&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ensuite de 2,25 % de leur chiffre d'affaire pendant cinq ans, tout en licenciant 200 &#224; 300 salari&#233;s sur les 1200 actuels ! Il faut ajouter &#224; cela un pr&#234;t de l'&#201;tat de 90 millions d'euros et une contribution de 53 millions des gros &#233;diteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plan, impos&#233; par les gestionnaires de Presstalis, p&#233;nalise gravement les petits &#233;diteurs. Nombre d'entre eux risquent la faillite, &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Sauvez-Canard-PC?recherche=%26quot%3Bcanard-PC%26quot%3B&#034;&gt;comme Canard-PC&lt;/a&gt;. Montr&#233;es du doigt, les erreurs de gestion de l'&#233;quipe en place en 2012 sont manifestes (plan informatique co&#251;teux, finalement inadapt&#233; et abandonn&#233;, cr&#233;ation de plateformes de distribution surdimensionn&#233;es, diversification &#224; contre emploi, indemnit&#233;s de d&#233;part tr&#232;s &#233;lev&#233;es, etc.). Mais surtout la pr&#233;sidente, Anne-Marie Couderc et le directeur Vincent Rey ont annonc&#233; des r&#233;sultats positifs tout au long de la p&#233;riode 2012-2017 avant d&#8216;admettre, in fine, que Presstalis &#233;tait au bord du d&#233;p&#244;t de bilan. Apparemment tr&#232;s surpris par la situation, dont ils auraient ignor&#233; la gravit&#233;, les administrateurs (gros &#233;diteurs) de Presstalis ont remplac&#233; les d&#233;sign&#233;s coupables par une nouvelle &#233;quipe dirig&#233;e par Madame Benbunan, &#233;galement tr&#232;s surprise de ce qu'elle a d&#233;couvert en prenant ses fonctions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera en passant que la gestion d&#233;sastreuse de Presstalis par Anne-Marie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter &#224; cela que, selon l'enqu&#234;te men&#233;e pour &lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt; par Philippe Kieffer, les gros &#233;diteurs auraient b&#233;n&#233;fici&#233;, chez les MLP et chez Presstalis, de &#171; &#034;remises&#034;, de &#034;ristournes&#034;, de &#034;marges arri&#232;re&#034;, de prestations sold&#233;es&#8230; [&#8230;] Estimation la plus admise : entre 10 et 12 millions d'euros &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La m&#234;me enqu&#234;te, unique en son genre, fait &#233;tat pour le personnel dirigeant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'o&#249; la col&#232;re compr&#233;hensible des petits et moyens &#233;diteurs, qui s'exprime vertement par la voix de leur syndicat (SAEP), associ&#233; pour l'occasion &#224; l'association des diffuseurs (AADP) et au syndicat des kiosquiers (SDK). Ils &lt;a href=&#034;http://www.saepresse.fr/wp-content/uploads/2018/02/Communique%CC%81-Conjoint-06-02-18.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;refusent le nouveau plan de redressement&lt;/a&gt;, et demandent, ainsi que &lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt;, la constitution d'une commission d'enqu&#234;te parlementaire, tandis que d'autres &#233;diteurs manifestent publiquement &lt;a href=&#034;https://www.sofoot.com/crise-a-presstalis-7-editeurs-de-presse-independants-font-entendre-leur-voix-452469.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;leur m&#233;contentement&lt;/a&gt;, et que d'autres encore&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Financi&#232;re de loisirs (L'&#201;cran fantastique, Graffiti art), Arxis presse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;https://static.mediapart.fr/files/2018/03/10/plainte-contre-x.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;portent plainte au p&#233;nal&lt;/a&gt; contre la coop&#233;rative des magazines pour &#171; pr&#233;sentation de faux bilans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra trouver r&#233;voltant, et symptomatique de notre &#233;poque illusionniste, de voir ces milliardaires, les Dassault, Bollor&#233;, Drahi, Arnault, Lagard&#232;re, Niel, Pigasse, propri&#233;taires de journaux en d&#233;clin mais toujours influents, dont la distribution est financ&#233;e en partie par l'&#201;tat, en partie par l'ensemble des autres &#233;diteurs, au nom de la solidarit&#233; coop&#233;rative, et parmi eux les petits &#233;diteurs au risque de leur faillite, de voir ces milliardaires recevoir encore, pour leurs journaux respectifs, des aides de l'&#201;tat repr&#233;sentant jusqu'&#224; 15% de leur chiffre d'affaires, au nom du pluralisme, sans rire, de voir ces milliardaires qui font tourner la distribution &#224; leur profit jusqu'&#224; en creuser la crise et, tout &#224; coup oublieux de leur id&#233;ologie lib&#233;rale, en appeler sans g&#234;ne &#224; l'&#201;tat pour qu'il relance la machine, et l'&#201;tat paie, jusqu'&#224; la prochaine fois o&#249; il paiera encore, pour d&#233;fendre la libert&#233; d'expression si bien repr&#233;sent&#233;e par ces messieurs. Et &#224; en croire &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Lire-Les-patrons-de-la-presse-nationale-Tous-mauvais-de-Jean-Stern?recherche=stern&#034;&gt;Jean Stern&lt;/a&gt;, ils ne sont m&#234;me pas affect&#233;s par les pertes de leurs journaux qu'ils d&#233;duisent de leurs imp&#244;ts au niveau des holdings de leurs groupes. Alors, quand ils se livrent en plus &#224; des man&#339;uvres d'arri&#232;re boutique, au m&#233;pris de la loi, pour grappiller quelques rabais sur les bar&#232;mes de distribution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le rapport Schwartz et la mise &#224; mort de la loi Bichet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un premier rapport demand&#233; &#224; G&#233;rard Rameix (ancien pr&#233;sident de l'autorit&#233; des march&#233;s financiers et d&#233;j&#224; auteur d'un rapport sur Presstalis en 2012), remis fin 2017, concluait &#224; la n&#233;cessit&#233; d'un d&#233;p&#244;t de bilan de Presstalis. Il ne fut pas publi&#233;, malgr&#233; les r&#233;clamations des petits &#233;diteurs. Que fallait-il cacher ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me rapport, demand&#233; &#224; Marc Schwartz (ex chef de cabinet de l'ancienne ministre de la Culture, Fran&#231;oise Nyssen, et conseiller-ma&#238;tre &#224; la Cour des comptes), remis en juin 2018, ne propose rien moins que l'abrogation de la loi Bichet et la livraison de la distribution de la presse &#224; la concurrence sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose est bien envelopp&#233;e : le &lt;a href='https://www.acrimed.org/Document2http:/www.culture.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Reforme-de-la-loi-Bichet-publication-du-rapport-de-Marc-Schwartz-et-lancement-d-une-consultation-publique' class=&#034;spip_out&#034;&gt;rapport fait 74 pages&lt;/a&gt; et pr&#233;voit notamment, en remplacement de la libert&#233; de distribution de la loi Bichet, un &#171; droit &#224; la distribution &#187; qui contraindrait les distributeurs &#171; agr&#233;&#233;s &#187; &#224; accepter les demandes des &#233;diteurs. Mais ne sont pr&#233;cis&#233;es ni les conditions de cette acceptation, car elles sont pr&#233;vues, ni les crit&#232;res d'agr&#233;ment des distributeurs par une nouvelle autorit&#233; de r&#233;gulation, l'Arcep&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autorit&#233; de r&#233;gulation des communications &#233;lectroniques et des Postes, dont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont la comp&#233;tence en la mati&#232;re est contest&#233;e par nombre d'acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le statut de coop&#233;rative pour la distribution d'&#233;diteurs group&#233;s ne serait plus obligatoire, ni son corollaire, l'&#233;galit&#233; &#171; un &#233;diteur = une voix &#187;. Tout &#233;diteur serait donc, dans le projet Schwartz, soumis aux d&#233;cisions de la soci&#233;t&#233; distributrice, o&#249; les plus gros &#233;diteurs seront &#233;videmment les d&#233;cideurs, sauf s'il fait partie d'une coop&#233;rative. Autre point important : pour r&#233;pondre &#224; l'encombrement des lin&#233;aires des marchands de presse, le projet de loi leur donne la possibilit&#233; de choisir les publications qu'ils vendront (hors du carr&#233; obligatoire de la presse d'information politique et g&#233;n&#233;rale). Une &#171; possibilit&#233; &#187; de pure forme au regard du rapport de force entre kiosquiers et &#233;diteurs, ces derniers &#233;tant en position d'imposer leurs publications moyennant une r&#233;mun&#233;ration plus attractive pour le d&#233;taillant. Par ailleurs, la p&#233;riode de transition entre le syst&#232;me actuel et celui propos&#233; par le projet de loi n'est pas du tout envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet de loi ne va pas, c'est le moins que l'on puisse dire, dans le sens d'une plus grande libert&#233; de la presse, ce qui n'&#233;tonnera personne au vu des &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/La-macronie-en-marche-pour-mettre-les-medias-au&#034;&gt;pratiques r&#233;centes de la macronie&lt;/a&gt;. Comme l'expose fort bien Emmanuel Schwartzenberg dans son blog, &#171; le gouvernement soutient une loi qui d&#233;truit le syst&#232;me de distribution h&#233;rit&#233; de la Lib&#233;ration sans proposer d'alternative concr&#232;te. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lecteur int&#233;ress&#233; par ces questions consultera avec profit le blog (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions ne se sont pas fait attendre. Les MLP, la plupart des organismes repr&#233;sentant les petits et moyens &#233;diteurs, les d&#233;positaires, les marchands de presse, les kiosquiers et les syndicats de travailleurs ont fait savoir leur opposition, pour des raisons souvent diff&#233;rentes selon leur place dans le processus de distribution, mais toujours argument&#233;es et document&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir entre autres, pour les MLP, pour les diffuseurs, du c&#244;t&#233; de la CGT (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ailleurs, l'incertitude sur l'avenir a conduit de nombreux &#233;diteurs &#224; donner &#224; Presstalis leur pr&#233;avis de d&#233;part (le 5 octobre, E. Schwartzenberg parle d'un tiers d'entre eux), de mani&#232;re &#224; &#234;tre pr&#234;ts en temps utiles pour se tourner vers d'&#233;ventuels autres distributeurs n&#233;s sur les cendres de Presstalis, voire participer &#224; leur constitution. Le projet de loi devait &#234;tre d&#233;pos&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale au mois de novembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pour une r&#233;forme de la loi Bichet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un aspect positif de l'avant-projet de loi de Marc Schwartz est son article L.98-9&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Article L. 98-9. &#8211; Aucun service de communication au public en ligne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui &#233;tend &#224; la distribution num&#233;rique le &#171; droit &#224; la distribution &#187; tel que d&#233;fini par cet avant-projet. Mais cette r&#233;forme serait &#233;galement possible dans le cadre de la loi Bichet, en &#233;tendant au domaine num&#233;rique l'obligation de distribution faite aux coop&#233;ratives, avec les ajustements n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, et malgr&#233; les profondes mutations du domaine de la presse et de sa distribution, il n'est pas &#233;vident que la loi Bichet soit &#224; ce point anachronique et ne garde pas un int&#233;r&#234;t tr&#232;s actuel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. La forme coop&#233;rative&lt;/strong&gt;, m&#234;me si elle n'a pas emp&#234;ch&#233; la domination des gros &#233;diteurs et surtout de Hachette en tant que distributeur, a tout de m&#234;me exerc&#233; une forme de pression voire de menace pour pr&#233;venir les abus qu'une forme d'organisation purement capitaliste aurait autoris&#233;s. Quand un certain nombre d'&#233;diteurs se plaignent de la gestion d'Hachette &#224; la fin des ann&#233;es 1960 et des ann&#233;es 2000, Hachette compose. Quand les petits &#233;diteurs se sont d&#233;plac&#233;s en nombre &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale 2016 des MLP pour voter contre le renouvellement du CA sortant (ce qui n'arrive tout de m&#234;me pas tous les jours), ils l'emportent. Le principe &#171; un associ&#233; = une voix &#187; a alors jou&#233; pleinement son r&#244;le. Si une r&#233;forme de la loi Bichet devait intervenir, elle pourrait renforcer ce r&#244;le, en facilitant par exemple la participation des petits &#233;diteurs &#224; la gestion des coop&#233;ratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. L'obligation de distribuer tous les &#233;diteurs candidats et selon les m&#234;mes bar&#232;mes&lt;/strong&gt;, autre pilier de la loi Bichet, m&#234;me si elle a eu des effets pervers comme la multiplication des invendus et l'encombrement des rayonnages des marchands de presse, a aussi permis un d&#233;veloppement, sans &#233;quivalent dans le monde, de la presse magazine. Si les gros &#233;diteurs se plaignent de payer pour les autres alors qu'ils pourraient b&#233;n&#233;ficier de rabais sur les bar&#232;mes en raison de leurs gros tirages, ils se f&#233;licitent par ailleurs quand tous les &#233;diteurs de magazines participent, au nom du m&#234;me principe de solidarit&#233;, au financement de la distribution de leurs quotidiens. Et en ce qui concerne les marchands de presse, des am&#233;nagements sont possibles pour plafonner les livraisons (ce qui se fait d&#233;j&#224;) et r&#233;guler les assortiments qu'ils re&#231;oivent. Pas selon leur bon vouloir, ou pas seulement, mais gr&#226;ce &#224; une n&#233;gociation avec les d&#233;positaires, qui sont les mieux plac&#233;s pour cette coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Sur la gestion de la distribution&lt;/strong&gt; &#8211; S'il y a une responsabilit&#233; de la loi Bichet dans la d&#233;confiture de Presstalis, c'est bien celle de son article 4, qui a permis &#224; Hachette de contr&#244;ler la distribution, et dont nous avons dit qu'il &#233;tait le seul, mais d&#233;cisif, &#224; n'&#234;tre pas conforme &#224; &#171; l'esprit de la R&#233;sistance &#187;. Hachette n'a aucunement anticip&#233; ni provisionn&#233;, pendant les ann&#233;es fastes et alors que les signes d'une crise profonde de la presse papier s'accumulaient, pour finalement se d&#233;filer avant la d&#233;route. L'abrogation de l'article 4&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Du moins, de sa derni&#232;re phrase : &#171; Si les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives d&#233;cident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permettrait aux coop&#233;ratives d'assurer directement et collectivement la distribution, comme c'est d&#233;j&#224; le cas aux MLP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Quant &#224; l'autorit&#233; de r&#233;gulation, de la m&#234;me mani&#232;re, il faudrait que les diff&#233;rents protagonistes de la distribution soient mieux et plus &#233;quitablement repr&#233;sent&#233;s&lt;/strong&gt; : &#233;diteurs, kiosquiers, d&#233;positaires, syndicats de travailleurs, et peut-&#234;tre aussi des journalistes et des repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile, naturellement concern&#233;s par les questions de distribution de la presse. Une organisation mieux concert&#233;e et des bar&#232;mes &#233;quitables donnant toute sa place au principe de solidarit&#233; pourraient permettre un retour au monopole ; ce qui, au regard des effets mortif&#232;res de la concurrence entre Presstalis et les MLP (concurrence &#224; la baisse des tarifs ruineuse pour les deux messageries), pourrait repr&#233;senter une porte de sortie aux probl&#232;mes actuels.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;La loi Bichet a bon dos. Il faut un pr&#233;texte aux d&#233;tenteurs du pouvoir pour d&#233;manteler ce qui reste d'une conqu&#234;te d&#233;mocratique de l'apr&#232;s-guerre, et en m&#234;me temps, r&#233;duire le toujours encombrant syndicat du Livre. Quand on veut tuer son chien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans faire fi des s&#233;rieuses difficult&#233;s que rencontre le syst&#232;me de la distribution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme nous l'avons longuement fait dans cette s&#233;rie d'articles !&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut se demander si l'argument d'anachronisme n'est pas un cache-mis&#232;re. En d'autres termes, ce n'est peut-&#234;tre pas tant &#224; cause de ses &#171; insuffisances &#187; ou de son &#171; inadaptation &#187; au monde contemporain, comme le pr&#233;tend le rapport Schwartz, que le gouvernement cherche &#224; se d&#233;barrasser de la loi Bichet, mais bien &#224; cause de ses qualit&#233;s d&#233;mocratiques. Des qualit&#233;s d&#233;mocratiques qui, malgr&#233; bien des dysfonctionnements, entravent tout de m&#234;me la pr&#233;dation insatiable des plus gros acteurs et qui, de ce fait, ne cadrent que tr&#232;s moyennement avec l'air du temps et la vulgate capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obligation faite aux coop&#233;ratives d'accueillir tous les &#233;diteurs, grands et petits, le droit de tous &#224; &#234;tre distribu&#233;s, et selon les m&#234;mes bar&#232;mes, la mutualisation des moyens de distribution (m&#234;me les concurrents Presstalis et MLP utilisent souvent les m&#234;mes circuits)... autant d'&#233;l&#233;ments t&#233;moignant d'un esprit d&#233;mocratique que l'on ne trouve pas beaucoup ailleurs, par les temps (lib&#233;raux) qui courent, et qui, bien loin d'&#234;tre d&#233;pass&#233;s, devraient &#234;tre pens&#233;s au contraire comme des pr&#233;misses perfectibles dans le cadre d'une refonte bien plus globale du syst&#232;me m&#233;diatique, pour une presse libre, telle que l'envisage par exemple Pierre Rimbert dans son &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Projet-pour-une-presse-libre&#034;&gt;Projet pour une presse libre&lt;/a&gt;. Ou encore dans le cadre d'une r&#233;appropriation d&#233;mocratique des m&#233;dias, &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/-Transformer-les-medias-Nos-propositions-&#034;&gt;telle qu'elle est discut&#233;e au sein de notre association Acrimed&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Retenus en d&#233;cembre 2017 et janvier 2018, et qui devaient &#234;tre rembours&#233;s rapidement, ce qui n'est toujours pas fait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera en passant que la gestion d&#233;sastreuse de Presstalis par Anne-Marie Couderc ne lui aura pas trop port&#233; pr&#233;judice, puisque d&#232;s sa sortie, elle fut nomm&#233;e &#224; la direction d'Air France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La m&#234;me enqu&#234;te, unique en son genre, fait &#233;tat pour le personnel dirigeant de &#171; tr&#232;s hauts salaires (entre 80 000 et 150 000 euros annuels), restaurants, voyages, h&#244;tels, luxueux s&#233;minaires&#8230; le tout menant &#224; un montant annuel de notes de frais qu'on d&#233;couvrira chiffr&#233; en millions d'euros. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Financi&#232;re de loisirs (L'&#201;cran fantastique, Graffiti art), Arxis presse, MGMP (Nexus), RPP et Rigel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Autorit&#233; de r&#233;gulation des communications &#233;lectroniques et des Postes, dont les membres &#171; ind&#233;pendants &#187; sont nomm&#233;s par les deux chambres et le pr&#233;sident de la R&#233;publique, comme ceux du CSA, et qui ne para&#238;t pas plus interventionniste que lui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le lecteur int&#233;ress&#233; par ces questions consultera avec profit le &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/schwartzenberg/blog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog d'Emmanuel Schwartzenberg&lt;/a&gt;, une mine d'informations et d'analyses dans un domaine o&#249; la plupart des m&#233;dias, pour des raisons &#233;videntes, sont d'une grande discr&#233;tion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir entre autres, pour les &lt;a href=&#034;https://www.mlp.fr/fileadmin/user_upload/Communiques_de_presse/contributions/Contribution-SAEP-Rapport-Schwartz.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MLP&lt;/a&gt;, pour les &lt;a href=&#034;https://static.blog4ever.com/2011/08/520736/Contribution-rapport-Schwartz-AADP.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;diffuseurs&lt;/a&gt;, du c&#244;t&#233; de la &lt;a href=&#034;https://www.filpac-cgt.fr/wp-content/uploads/2018/09/sglce6sept18.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CGT&lt;/a&gt; (voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.filpac-cgt.fr/wp-content/uploads/2018/06/LETTRE-FEDERALE-NS-7-6-2018.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le projet CGT de r&#233;forme de la distribution&lt;/a&gt;), de celui de la &lt;a href=&#034;https://f3c.cfdt.fr/portail/f3c/secteurs-d-activites/journalistes-presse-messagerie-de-presse/actualites/presse-consultation-publique-sur-l-avant-projet-de-loi-de-m-marc-schwartz-srv1_617408&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CFDT&lt;/a&gt;, et enfin, concernant les &lt;a href=&#034;https://www.mlp.fr/fileadmin/user_upload/Communiques_de_presse/contributions/SNDP_-_Contribution_reforme_loi_BIchet.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;positaires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Article L. 98-9. &#8211; Aucun service de communication au public en ligne assurant la diffusion num&#233;rique group&#233;e de services de presse en ligne ou de versions num&#233;ris&#233;es de journaux ou publications de presse ne peut s'opposer &#224; la diffusion d'un service de presse en ligne d'information politique et g&#233;n&#233;rale ou de la version num&#233;ris&#233;e d'un titre d'information politique et g&#233;n&#233;rale, dans des conditions techniques et financi&#232;res raisonnables et non-discriminatoires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Du moins, de sa derni&#232;re phrase : &#171; Si les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives d&#233;cident de confier l'ex&#233;cution de certaines op&#233;rations mat&#233;rielles &#224; des entreprises commerciales, elles devront s'assurer une participation majoritaire dans la direction de ces entreprises, leur garantissant l'impartialit&#233; de cette gestion et la surveillance de leurs comptabilit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme nous l'avons longuement fait dans cette s&#233;rie d'articles !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Petite histoire de la distribution de la presse (2/3) : splendeur et d&#233;cadence des NMPP-Presstalis</title>
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		<dc:date>2018-11-26T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>
		<dc:subject>Distribution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des &#171; 40 glorieuses &#187; &#224; la crise de Presstalis&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5825-9dc24.jpg?1727834311' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-1&#034;&gt;un premier article&lt;/a&gt; consacr&#233; aux origines tumultueuses, apr&#232;s-guerre, du syst&#232;me actuel de distribution de la presse avec l'adoption de la loi Bichet (1947), ce deuxi&#232;me article &#233;voquera son histoire marqu&#233;e par deux grandes p&#233;riodes. La premi&#232;re, qui s'&#233;tend jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980, est celle de la prosp&#233;rit&#233; des Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), des &#233;diteurs et des travailleurs du Livre. La deuxi&#232;me, qui est toujours en cours, est celle de la crise de la presse &#233;crite qui a touch&#233; d'abord les quotidiens, puis les magazines. Affect&#233;es de surcro&#238;t par la concurrence nouvelle des Messageries lyonnaises de presse, les NMPP-Presstalis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Presstalis est la nouvelle appellation depuis 2009 des NMPP. Dans cet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont vu alors leurs atouts de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente se transformer en autant de handicaps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Les 40 glorieuses des NMPP-Presstalis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant une quarantaine d'ann&#233;es apr&#232;s la loi Bichet, ni les hauts salaires des ouvriers (mais aussi des cadres !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Wikip&#233;dia, les salaires des ouvriers du livre se situent entre 4 200 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ni les multiples gr&#232;ves n'ont emp&#234;ch&#233; les NMPP-Presstalis de prosp&#233;rer. Les salaires des ouvriers, les b&#233;n&#233;fices de Hachette et ceux des autres &#233;diteurs ont progress&#233; de conserve &#224; la satisfaction g&#233;n&#233;rale. Roger Lancry, qui fut pr&#233;sident du syndicat du Livre entre 1975 et 1989, en convient : &#171; &lt;i&gt;Oui, nous avons connu, au Livre, la facilit&#233;. Et nous l'avons g&#233;r&#233;e. De la Lib&#233;ration jusqu'au milieu des ann&#233;es 70, les patrons des journaux &#8211; qui y trouvaient leur int&#233;r&#234;t &#8211; ont accept&#233; sans beaucoup rechigner d'accorder des hausses de salaires, des primes, des cong&#233;s suppl&#233;mentaires, des avantages sociaux, qui repr&#233;sentaient un ensemble de bonifications sans &#233;quivalent dans le monde du travail. La presse parisienne &#233;tait &#224; l'aise financi&#232;rement &#224; l'&#233;poque. Elle avait besoin de nous. Les termes de l'&#233;change prenaient en compte ces deux donn&#233;es&lt;/i&gt;&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roger Lancry, La saga de la presse. D'&#201;milien Amaury &#224; Robert Hersant, Lieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me les affaires du papier livr&#233; &#224; Cuba et de l'arsenal r&#233;cup&#233;r&#233; de Manufrance n'ont pas fait l'objet d'une plainte des NMPP-Presstalis, soucieuses de pr&#233;server la paix sociale. Lorsque les ouvriers obtenaient une augmentation de salaire, les &#233;diteurs augmentaient le prix des journaux, leurs b&#233;n&#233;fices &#233;taient maintenus ainsi que la redevance vers&#233;e &#224; Hachette et tout le monde s'y retrouvait, m&#234;me si les journaux fran&#231;ais sont ainsi devenus les plus chers d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode, qui recouvre les &#171; trente glorieuses &#187; et s'&#233;tend au-del&#224;, fut aussi celle o&#249; les NMPP-Presstalis ont su g&#233;rer au mieux la distribution, modernisant leurs techniques de gestion (m&#233;canographie, puis informatique), leurs techniques de vente (marketing, formation des diffuseurs), &#233;tendant leur r&#233;seau sur tout le territoire (alors qu'au d&#233;part la presse nationale &#233;tait surtout distribu&#233;e &#224; Paris), augmentant sa vitesse de distribution (trains sp&#233;ciaux, avions sp&#233;ciaux), d&#233;veloppant leurs infrastructures (huit nouvelles imprimeries en province)&#8230; et leurs b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les belles ann&#233;es des quotidiens populaires comme &lt;i&gt;Paris-Presse&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;France soir&lt;/i&gt; (plus d'un million d'exemplaires jusqu'en 1970), &lt;i&gt;Le Parisien lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt; (800 000 jusqu'en 1975), des journaux d'information politique comme &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (qui progressera jusqu'&#224; 500 000 exemplaires dans les ann&#233;es 1970), et des journaux sp&#233;cialis&#233;s comme &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; et surtout &lt;i&gt;L'&#201;quipe&lt;/i&gt;. C'est en 1968 que la presse quotidienne est &#224; son apog&#233;e, avec 13 millions d'exemplaires vendus (PQR comprise).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les magazines sont alors eux aussi en pleine expansion : &#171; En 1958, &lt;i&gt;Paris-Match&lt;/i&gt;, lanc&#233; par Prouvost neuf ans auparavant, tire &#224; 1,8 millions d'exemplaires, &lt;i&gt;France-Dimanche&lt;/i&gt; &#224; 805 000, &lt;i&gt;Ici-Paris&lt;/i&gt; &#224; 736 000, &lt;i&gt;Jours de France&lt;/i&gt; &#224; 497 000 [&#8230;] &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, fond&#233; en 1945 par H&#233;l&#232;ne Gordon-Lazaref, [&#8230;] d&#233;passe chaque semaine les 700 000 exemplaires &#187;. (D'Alm&#233;dia et Delporte, &lt;i&gt;Histoire des m&#233;dias en France&lt;/i&gt;, 2010, pp. 181-182). C'est aussi pendant cette p&#233;riode que se d&#233;veloppent la presse tr&#232;s sp&#233;cialis&#233;e et la presse professionnelle. C'est m&#234;me gr&#226;ce &#224; la prosp&#233;rit&#233; des magazines que la bonne sant&#233; des NMPP-Presstalis se maintiendra jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Les d&#233;buts de la crise des NMPP-Presstalis&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les premiers signes d'un malaise apparaissent d&#232;s la fin des ann&#233;es 1960, p&#233;riode qui a vu la grande majorit&#233; des m&#233;nages (63 % en 1968, 86 % en 1973) s'&#233;quiper de t&#233;l&#233;viseurs. Partout en France, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, les ventes des quotidiens baissent. C'est &#224; ce moment qu'une partie des &#233;diteurs, men&#233;s par &#201;milien Amaury (&lt;i&gt;Le Parisien lib&#233;r&#233;)&lt;/i&gt; et Jacques Sauvageot (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;) rompent pour la premi&#232;re fois le statu quo entre les &#233;diteurs et Hachette, contestant la gestion des NMPP-Presstalis par Hachette, leur politique opaque et les prix impos&#233;s aux &#233;diteurs, tr&#232;s sup&#233;rieurs &#224; ceux de la distribution de la presse r&#233;gionale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Girard, dans son histoire des NMPP, &#233;voque les arguments des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout au d&#233;but des ann&#233;es 1980 que la situation s'aggrave. Le tirage global des quotidiens nationaux est pass&#233; en 10 ans (1970-1980) de 4,2 millions d'exemplaires &#224; moins de 3 millions. Parmi eux, &lt;i&gt;France soir&lt;/i&gt; perd 200 000 lecteurs, &lt;i&gt;Le Parisien lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt;, 400 000. Mais plusieurs facteurs vont contribuer pour un temps &#224; sous-&#233;valuer la gravit&#233; de la situation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les recettes publicitaires sont toujours d'autant plus importantes que les journaux en sont les principaux b&#233;n&#233;ficiaires. La publicit&#233; est interdite &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision, qui ne feront une v&#233;ritable concurrence aux journaux qu'&#224; partir des ann&#233;es 1990, apr&#232;s la privatisation des chaines de t&#233;l&#233;vision et la lib&#233;ralisation des radios. De m&#234;me, les petites annonces, tr&#232;s r&#233;mun&#233;ratrices, n'ont pas encore migr&#233; sur internet et sont donc encore le monopole de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les journaux augmentent leur prix pour compenser la baisse des tirages. De 1970 &#224; 1988, le prix des quotidiens est multipli&#233; par 8 alors que le co&#251;t de la vie l'est par 4 ; de 2008 &#224; 2018, ce prix est multipli&#233; par deux. Ces augmentations sont, de toute &#233;vidence, des mesures &#224; courte vue, puisqu'elle dissuadent un certain nombre d'acheteurs parmi les moins fortun&#233;s ou les moins motiv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les pertes des quotidiens, qui s'aggravent d'ann&#233;e en ann&#233;e, sont compens&#233;es au niveau de la distribution par la situation florissante des magazines : l'information politique et g&#233;n&#233;rale (&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;), les suppl&#233;ments magazine des quotidiens (&lt;i&gt;Figaro magazine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Madame Figaro&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde magazine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Courrier international&lt;/i&gt;), les &#171; f&#233;minins &#187; (&lt;i&gt;Femme actuelle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Marie-Claire&lt;/i&gt;, etc.), les &#171; people &#187; (&lt;i&gt;France dimanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Match&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Gala&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Closer&lt;/i&gt;), les magazines de programmation t&#233;l&#233; (&lt;i&gt;T&#233;l&#233; 7 jours&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233; Star&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;TV magazine&lt;/i&gt;). Ils sont nombreux et leurs tirages souvent tr&#232;s importants (plus de 500 000 pour les magazines politiques, plus d'un million pour un f&#233;minin comme &lt;i&gt;Femme actuelle&lt;/i&gt;, et plusieurs millions pour &lt;i&gt;T&#233;l&#233; 7 jours&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;TV magazine.&lt;/i&gt;), ce qui contribue &#224; faire de la presse magazine fran&#231;aise la premi&#232;re du monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et au passage, Lagard&#232;re-Hachette le premier groupe mondial de cette presse, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tant au niveau de sa production que de son lectorat. Cette croissance de la presse magazine atteindra son maximum en 2006, puis elle est &#224; son tour touch&#233;e par la crise. Au niveau des NMPP-Presstalis, un syst&#232;me de p&#233;r&#233;quation li&#233; &#224; la &#171; solidarit&#233; coop&#233;rative &#187; permet de compenser les pertes des quotidiens par les gains apport&#233;s par les magazines. Un syst&#232;me qui ne convient pas toujours aux &#233;diteurs de magazines et qui va propulser l'apparition d'un concurrent dont les NMPP-Presstalis se seraient bien pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La concurrence des Messageries Lyonnaises de Presse (MLP)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps, les MLP, n&#233;es en 1945, ne furent que des sous-traitantes des NMPP-Presstalis, distribuant quelques mensuels ou bimestriels, soit quelque 2% de l'ensemble des publications. C'est &#224; partir de 1990 qu'elles se sont pos&#233;es en concurrentes, alors que les NMPP-Presstalis commen&#231;aient &#224; avoir de s&#233;rieuses difficult&#233;s, et que certains &#233;diteurs de magazines cherchaient une solution moins on&#233;reuse de distribution. Entre 1990 et 2000, les MLP passent ainsi de 2 &#224; 15 % de la distribution hors quotidiens, r&#233;cup&#233;rant nombre de p&#233;riodiques au tirage limit&#233; et m&#234;me quelques gros poissons : l'hebdomadaire &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, les &#171; people &#187; &lt;i&gt;Nous deux&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Point de vue&lt;/i&gt;. &#192; vrai dire, les prix propos&#233;s par les MLP &#233;taient plus int&#233;ressants pour les &#233;diteurs que ceux des NMPP-Presstalis, et cela pour plusieurs raisons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les MLP ne distribuant pas de quotidiens, elles furent longtemps dispens&#233;es de contribuer au financement de leur distribution (jusqu'en 2012), contrairement aux p&#233;riodiques distribu&#233;s par les NMPP-Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- N'&#233;tant pas affili&#233;s au syndicat du livre CGT, mais majoritairement &#224; la CFDT, les salari&#233;s des MLP, sont moins bien r&#233;mun&#233;r&#233;s que ceux travaillant chez les NMPP-Presstalis ; d'o&#249; des co&#251;ts de distribution diminu&#233;s (et moins de gr&#232;ves !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les MLP sont une coop&#233;rative d'&#233;diteurs qui g&#232;re directement la distribution, sans avoir recours &#224; une soci&#233;t&#233; d&#233;di&#233;e comme c'est le cas des coop&#233;ratives g&#233;rant les NMPP-Presstalis. Elles n'ont ainsi pas &#224; assumer le co&#251;t d'une structure suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action, et pour freiner l'h&#233;morragie des magazines, les NMPP-Presstalis ont r&#233;duit leurs co&#251;ts d'intervention, passant de 14 % en 1994 &#224; 6 % en 2003. Malgr&#233; cela, d'autres magazines ont continu&#233; de passer chez les MLP, comme des publications du groupe Mondadori (&lt;i&gt;T&#233;l&#233; Star&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233; Poche&lt;/i&gt;, etc.) ou l'hebdomadaire &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, portant &#224; 25% la part des MLP dans la distribution hors quotidiens. Elles distribuent &#233;galement Charlie-hebdo, dont le c&#233;l&#232;bre num&#233;ro 1178, suivant les attentats du 7 janvier 2015, s'est vendu &#224; plus de 7 millions d'exemplaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres mesures, jouant en d&#233;faveur des MLP, ont &#233;t&#233; prises ult&#233;rieurement. Elles ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;es par le CSMP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le CSMP (Conseil sup&#233;rieur des messageries de presse) est un organisme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et obligent les MLP &#224; participer au financement de la distribution des quotidiens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'obligation de cette contribution a m&#234;me fait l'objet, en avril 2015, d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus, le CSMP a &#233;galement impos&#233; un d&#233;lai minimum aux &#233;diteurs qui souhaitent changer de distributeur, entre 3 et 12 mois, en fonction de leur capital et de leur anciennet&#233; dans la coop&#233;rative, d&#233;lai encore augment&#233; de 6 mois en 2017. La comp&#233;tence du CSMP s'&#233;tend &#224; l'ensemble de la distribution ; d'o&#249; le caract&#232;re coercitif de ses d&#233;cisions vis &#224; vis des MLP, peu influentes dans une assembl&#233;e o&#249; elles sont tr&#232;s minoritaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est reconnu par les autres membres du CSMP que les gros &#233;diteurs des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela dit, bien qu'elles aient connu une grave crise en 2016, &#224; la suite de laquelle elles ont licenci&#233; plus du tiers de leurs salari&#233;s (pass&#233;s de 500 &#224; 320), les MLP continuent d'afficher des r&#233;sultats positifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mais leurs fonds propres sont n&#233;gatifs, quoique dans une mesure bien moindre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Renversement du paysage de la presse&#8230;et de sa distribution&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps et surtout depuis quelques ann&#233;es, la concurrence des MLP, les profondes transformations et la crise du secteur de la presse papier ont boulevers&#233; l'organisation des NMPP-Presstalis et les principes qui les fondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan des publications, le changement est consid&#233;rable. La loi Bichet fut vot&#233;e en 1947 alors qu'il y avait un grand nombre de quotidiens, notamment issus de la r&#233;sistance (203 quotidiens en 1946, dont 28 nationaux), et une vingtaine de magazines. En 2018, nous en sommes &#224; une vingtaine de quotidiens nationaux, dont une dizaine d'information politique et g&#233;n&#233;rale, et des milliers de magazines (2 200 distribu&#233;s par les NMPP-Presstalis et 3 106 par les MLP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres indiqu&#233;s par les deux messageries. Les MLP distribuent de nombreux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Or, la loi Bichet a &#233;t&#233; con&#231;ue pour favoriser principalement la cr&#233;ation et la distribution des quotidiens d'information politique et g&#233;n&#233;rale. On notera &#224; ce propos que depuis 1973, ann&#233;e de la cr&#233;ation de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, soit depuis 45 ans, il n'y a eu aucune cr&#233;ation de quotidien &#224; l'exception des &#171; gratuits &#187; et, signe des temps, de &lt;i&gt;L'Opinion&lt;/i&gt;, fond&#233; en 2013, journal qui se pr&#233;sente sans fard comme &#171; lib&#233;ral, europ&#233;en et pro-business &#187;, financ&#233; par Bernard Arnault et la famille Bettencourt. Par contre, un certain nombre de quotidiens ont disparu, comme r&#233;cemment &lt;i&gt;France soir&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;. &#192; l'inverse, les cr&#233;ations de magazines ont prolif&#233;r&#233;. Ce sont eux, surtout, qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la facilit&#233; de distribution permise par la loi Bichet, &#233;tendant ainsi bien au-del&#224; de l'information politique et g&#233;n&#233;rale le droit &#224; &#234;tre diffus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan de la propri&#233;t&#233; des journaux, la transformation est totale. Au moment de la loi Bichet, aucun grand groupe ne dominait le secteur de la presse, ceux d'avant-guerre ayant &#233;t&#233; dissous pour collaboration. M&#234;me si la loi Bichet ouvrait la porte au retour de Hachette, la tendance g&#233;n&#233;rale &#224; l'issue de la guerre &#233;tait au refus des concentrations et de toute emprise de l'&#233;conomie sur les journaux. Ce n'est que progressivement que les Hersant, Hachette, Amaury et consorts ont constitu&#233;, au m&#233;pris &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Petite-histoire-des-ordonnances-de-1944-sur-la&#034;&gt;d'ordonnances qui ne furent pas appliqu&#233;es&lt;/a&gt;, des groupes puissants dans la presse &#233;crite. La situation actuelle &#8211; qui voit quelques milliardaires se partager la quasi-totalit&#233; des quotidiens et la majorit&#233; des magazines d'information politique et g&#233;n&#233;rale &#8211; est aux antipodes de celle de l'imm&#233;diate apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, en court-circuitant le r&#233;seau traditionnel de distribution et de vente de la presse, Internet a &#233;videmment op&#233;r&#233; une profonde mutation dans le rapport aux clients-lecteurs. Les contenus des journaux y sont presque imm&#233;diatement accessibles, soit &#224; l'article (gratuit ou payant, au gr&#233; des questionnements sur les moteurs de recherche), soit sur leurs sites, directement (gratuitement pour une partie, et sur abonnement ou p&#233;age &#224; l'article pour le reste), ou encore en passant par des kiosques num&#233;riques (LeKiosk, Sfr Presse, ePresse), grandes surfaces de la presse pratiquant des prix de gros. Ainsi LeKiosk propose l'acc&#232;s &#224; 1 600 titres &#224; prix sold&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;0,99 euros le premier mois, puis 9,99 euros les suivants.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette concurrence, ainsi que celle d'abonnements brad&#233;s, est &#233;videmment tr&#232;s pr&#233;judiciable &#224; la vente papier au num&#233;ro par des marchands de journaux, au demeurant fort mal r&#233;mun&#233;r&#233;s, et dont les lin&#233;aires sont presque ing&#233;rables du fait de la prolif&#233;ration de magazines qu'ils sont oblig&#233;s de proposer &#224; la vente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution des journaux papier a &#233;volu&#233; en cons&#233;quence. Les d&#233;positaires (collecteurs r&#233;gionaux qui alimentent les points de vente) sont pass&#233;s de 4 000 en 1980 &#224; 700 en 1995 ; en 2017, ils ne sont plus que 64. Cette r&#233;duction extr&#234;mement importante, due &#224; une r&#233;gionalisation de la gestion et &#224; des progr&#232;s techniques, s'explique aussi par une baisse sensible de l'activit&#233; et par des r&#233;ductions d'effectifs, surtout concentr&#233;s dans les d&#233;p&#244;ts. Ces effectifs, qui &#233;taient chez les NMPP-Presstalis de 5 300 en 1985, sont tomb&#233;s &#224; 2 500 en 2 000, puis &#224; 1 200 en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On observe une tendance similaire au troisi&#232;me niveau, celui des points de vente (marchands de journaux), dont le nombre est pass&#233; de 40 000 en 1980 &#224; 23 000 en 2018 ; il se r&#233;duit chaque ann&#233;e d'un millier d'unit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution du syst&#232;me de l'information, assez radicale sur beaucoup de points, a fini par convertir certains aspects du syst&#232;me de la distribution, positifs pendant la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, en leur contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le syst&#232;me des coop&#233;ratives&lt;/strong&gt; &#8211; Les huit coop&#233;ratives copropri&#233;taires des NMPP-Presstalis sont d&#233;sormais deux (quotidiens et magazines). Hachette n'en est plus l'op&#233;rateur et aucune soci&#233;t&#233; ne lui ayant succ&#233;d&#233; (on ne s'est pas bouscul&#233; !), ce sont les repr&#233;sentants des deux coop&#233;ratives qui sont aux manettes. Les NMPP-Presstalis se trouvent directement aux mains des grands &#233;diteurs, et sans le contrepoids de l'un d'entre eux en tant qu'op&#233;rateur de la distribution. Les petits et moyens &#233;diteurs, bien que beaucoup plus nombreux, ne sont pas ou tr&#232;s peu repr&#233;sent&#233;s dans les instances de direction, faute de disponibilit&#233; et d'organisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier syndicat les repr&#233;sentant, la SAEP, fut cr&#233;&#233; en 2008.&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malgr&#233; le principe coop&#233;ratif &#233;galitaire &#171; un coop&#233;rateur = une voix &#187;, il est &#233;vident que, comme dans la fable d'Orwell&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ferme des animaux.&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, certains sont plus &#233;gaux que d'autres. Qui trouve-t-on dans le conseil de g&#233;rance des NMPP-Presstalis, &#233;lus par les coop&#233;ratives ? Pour la coop&#233;rative des quotidiens : &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; (Dassault), &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (Niel-Pigasse), &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; (Arnault) ; pour la coop&#233;rative des magazines : Altice M&#233;dia (Drahi), Prisma (Bertelsmann), Hachette (Lagard&#232;re), Mondadori (Berlusconi), Bauer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe allemand, 5 magazines en France, 600 dans le monde.&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Pressmaker&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;12 magazines dans la presse jeunesse et les magazines culinaires.&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Autant dire que la brochette de milliardaires qui accaparent la presse dirigent &#233;galement les NMPP-Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les relations coop&#233;rateur/op&#233;rateur&lt;/strong&gt; &#8211; Une caract&#233;ristique des coop&#233;ratives r&#233;side dans le fait que ses propri&#233;taires sont aussi ses clients. Ce qui ne peut fonctionner sans accrocs, dans le cas des NMPP-Presstalis, que si l'activit&#233; de messagerie n'entre pas en opposition avec les int&#233;r&#234;ts des coop&#233;ratives. Or, en l'occurrence, il est &#233;vident que l'int&#233;r&#234;t du distributeur, relativement autonome, est de rentabiliser au maximum la distribution, tandis que celui des coop&#233;ratives est d'obtenir les prix de distribution les plus bas possible. Pendant les &#171; 40 glorieuses &#187;, malgr&#233; quelques frottements, les coop&#233;rateurs et l'op&#233;rateur s'entendaient plut&#244;t bien, les coop&#233;rateurs pouvant supporter des prix de distribution parfois &#233;lev&#233;s, qui permettaient en plus de g&#234;ner des petits &#233;diteurs financi&#232;rement fragiles. Mais en p&#233;riode de crise, et a fortiori face &#224; la concurrence des MLP, la contradiction entre les int&#233;r&#234;ts des uns et de l'autre se creuse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'&#233;crit fort pertinemment la Cour des comptes dans son dernier rapport (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'o&#249; les tensions r&#233;currentes, dans les ann&#233;es 2000, entre les &#233;diteurs-coop&#233;rateurs et l'op&#233;rateur Hachette, somm&#233; de renoncer &#224; ses privil&#232;ges et d'apporter son &#233;cot au financement du redressement des NMPP-Presstalis. Hachette-Lagard&#232;re finira en 2011 par quitter prudemment les NMPP-Presstalis, alors en grande difficult&#233;. Mais si, depuis cette date, la crise des NMPP-Presstalis est devenue insoutenable, c'est bien en grande partie parce que les gros &#233;diteurs qui la dirigent font d&#233;sormais tourner la machine &#224; leur avantage, sans opposition et quitte &#224; la ruiner, certains que l'&#201;tat viendra la renflouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les relations avec le syndicat du Livre&lt;/strong&gt; &#8211; Dans les rapports entre le distributeur et le syndicat du Livre, le retournement est &#233;galement impressionnant. Tant que la presse prosp&#232;re, le syndicat et les NMPP-Presstalis aboutissent toujours &#224; un compromis. Un &#233;v&#233;nement est &#224; ce titre symptomatique : en 1975, le conflit entre Amaury et le syndicat du Livre, conflit qui a tout de m&#234;me dur&#233; plus de deux ans (28 mois), n'a suscit&#233; aucune solidarit&#233; de la part des autres grands &#233;diteurs vis &#224; vis du groupe Amaury, alors que la solidarit&#233; syndicale jouait &#224; fond. C'est qu'Amaury voulait non seulement briser le monopole d'embauche du syndicat du Livre, mais &#233;galement se retirer des NMPP-Presstalis pour se distribuer lui-m&#234;me ; ce qui e&#251;t &#233;t&#233; un manque &#224; gagner important (&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; tirait alors &#224; 800 000 exemplaires) pour les NMPP-Presstalis, et donc les autres &#233;diteurs, &#233;galement pour certains d'entre eux des concurrents d'Amaury. En s'y opposant, le syndicat du Livre d&#233;fendait aussi, objectivement bien qu'indirectement, les int&#233;r&#234;ts de ces derniers. D'o&#249; leur abstention int&#233;ress&#233;e dans le conflit. Ce n'est qu'en 1989 que les grands &#233;diteurs de quotidiens et les NMPP-Presstalis feront front commun, mettant fin &#224; la toute puissance du syndicat du Livre, comme le confirmera la s&#233;rie de &#171; plans sociaux &#187; qui suivront (suppression de 2 500 emplois sur 5 000 en 10 ans). Le syndicat gardera et garde une grande puissance de n&#233;gociation, notamment en ce qui concerne les conditions de d&#233;part des personnels licenci&#233;s, mais l'entente tacite ou, si l'on veut, l'alliance objective avec les &#233;diteurs, est termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la gravit&#233; de la situation des NMPP-Presstalis, le gouvernement et les &#233;diteurs ont mis en place un &#233;ni&#232;me plan de redressement, tr&#232;s pr&#233;judiciable aux petits &#233;diteurs, tandis qu'un rapport d'un des supp&#244;ts de la macronie (Marc Schwartz) propose carr&#233;ment l'abrogation de la loi Bichet. L'approche critique de ces initiatives fera l'objet du troisi&#232;me et dernier article de cette s&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Presstalis est la nouvelle appellation depuis 2009 des NMPP. Dans cet article, comme pour le pr&#233;c&#233;dent, nous utiliserons l'appellation NMPP-Presstalis, y compris pour la p&#233;riode couverte par les NMPP.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon Wikip&#233;dia, les salaires des ouvriers du livre se situent entre 4 200 et 5 000 euros par mois, et ceux des cadres, particuli&#232;rement nombreux, de 5 700 &#224; 7 100 euros en moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Roger Lancry, &lt;i&gt;La saga de la presse. D'&#201;milien Amaury &#224; Robert Hersant&lt;/i&gt;, Lieu Commun, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Girard, dans son histoire des NMPP, &#233;voque les arguments des contestataires : &#171; L'&#201;conomiste de Paris &lt;i&gt;consacre tout un dossier &#224; Hachette dont le titre&lt;/i&gt; (outrageusement sexiste par ailleurs, NDLR) &lt;i&gt;ne trompe pas&lt;/i&gt; : &#034;Quand les &#233;diteurs fran&#231;ais entretiennent une vieille dame.&#034; &lt;i&gt;Toute l'argumentation tourne autour des revenus que la Librairie retire de sa participation aux NMPP : ils feraient l'essentiel de ses b&#233;n&#233;fices.&lt;/i&gt; &#187; Cit&#233; par Girard, l'auteur de l'article affirme que sans eux, Hachette &#171; &lt;i&gt;pourrait en arriver &#224; un compte d'exploitation d&#233;ficitaire. [&#8230;] L'action Hachette vaut aujourd'hui 540 francs. Il est permis de se poser la question suivante : quelle serait l'incidence sur son cours si &#8211; &#224; l'instant m&#234;me du placement prochain d'obligations &#8211; les pouvoirs publics se penchaient attentivement sur le probl&#232;me aussi important que d&#233;licat des modalit&#233;s financi&#232;res tr&#232;s sp&#233;ciales reliant Hachette et les NMPP. &lt;/i&gt; &#187; (Cit&#233; dans &lt;a href=&#034;http://loi-bichet.blogspot.com/2007/03/22-des-diteurs-plus-exigeants.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Des Journaux plein les mains &#8211; L'histoire des NMPP, 1945-1990&lt;/i&gt;, Bernard Girard, chapitre 22&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et au passage, Lagard&#232;re-Hachette le premier groupe mondial de cette presse, avec 260 titres diffus&#233;s dans 34 pays pour 2,3 milliards de chiffre d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le CSMP (Conseil sup&#233;rieur des messageries de presse) est un organisme de r&#233;gulation charg&#233; par la loi Bichet de veiller &#224; son bon fonctionnement : il est compos&#233; des repr&#233;sentants des diverses parties int&#233;ress&#233;es &#224; la distribution de la presse. Jusqu'en 2011, le CSMP &#233;tait compos&#233; de 27 membres parmi lesquels l'&#201;tat &#233;tait (largement) repr&#233;sent&#233;, ainsi que la SNCF, Air France et le transport routier, en plus des &#233;diteurs, des coop&#233;ratives et des divers syndicats. Il n'avait alors qu'un r&#244;le consultatif. En 2011, face &#224; la crise des NMPP-Presstalis, le gouvernement a voulu lui donner un pouvoir de d&#233;cision, tout en r&#233;duisant le nombre de ses membres &#224; 20. Ce pouvoir de d&#233;cision est contr&#244;l&#233; par un organisme nouveau, plus ind&#233;pendant du secteur de la distribution, l'Autorit&#233; de r&#233;gulation de la distribution de la presse (ARDT), compos&#233; de quatre personnes (un conseiller d'&#201;tat, un magistrat de la Cour de cassation, un magistrat de la Cour des comptes, et un repr&#233;sentant de l'Autorit&#233; de la concurrence).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'obligation de cette contribution a m&#234;me fait l'objet, en avril 2015, d'une modification de la loi Bichet dans son article 12 : &#171; &lt;i&gt;[&#8230; ] le respect des principes de solidarit&#233; entre coop&#233;ratives [&#8230;] permettent &#233;galement de r&#233;partir entre toutes les entreprises de presse adh&#233;rant aux coop&#233;ratives, de fa&#231;on objective, transparente et non discriminatoire, la couverture des co&#251;ts de la distribution, y compris des surco&#251;ts sp&#233;cifiques induits par la distribution des quotidiens et qui ne peuvent &#234;tre &#233;vit&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est reconnu par les autres membres du CSMP que les gros &#233;diteurs des NMPP-Presstalis dominent cette institution et sa politique ; comme l'affirment clairement les d&#233;put&#233;s rapporteurs Laurent Garcia et George Pau Langevin, &#171; &lt;i&gt;la composition du CSMP le rendrait donc sensible aux int&#233;r&#234;ts des &#233;diteurs, ou du moins de &#171; gros &#187; &#233;diteurs (adoss&#233;s pour la plupart &#224; d'importantes fortunes).&lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-info/i0861.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Assembl&#233;e nationale, avril 2018&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mais leurs fonds propres sont n&#233;gatifs, quoique dans une mesure bien moindre que ceux des NMPP-Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chiffres indiqu&#233;s par les deux messageries. Les MLP distribuent de nombreux magazines &#224; petit tirage et dont le prix de vente est assez &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;0,99 euros le premier mois, puis 9,99 euros les suivants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le premier syndicat les repr&#233;sentant, la SAEP, fut cr&#233;&#233; en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La ferme des animaux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Groupe allemand, 5 magazines en France, 600 dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;12 magazines dans la presse jeunesse et les magazines culinaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme l'&#233;crit fort pertinemment la Cour des comptes dans son dernier rapport &#224; propos des &#233;diteurs : &#171; &lt;i&gt;Entre les tarifs auxquels ceux-ci doivent consentir pour la diffusion de leurs journaux et leur responsabilit&#233; au regard des fonds propres des coop&#233;ratives, voire de leur rentabilit&#233;, l'arbitrage qui s'op&#232;re depuis longtemps penche en faveur de leurs int&#233;r&#234;ts de clients, renvoyant &#224; l'&#201;tat le soin de couvrir les d&#233;ficits qui en r&#233;sultent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petite histoire de la distribution de la presse (1/3) : les origines de Presstalis</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Petite-histoire-de-la-distribution-de-la-presse-1</link>
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		<dc:date>2018-11-21T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>
		<dc:subject>Distribution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Presstalis, la loi Bichet et le Syndicat du Livre.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5824-1324d.jpg?1727834311' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il ne suffit pas que la libert&#233; de la presse soit garantie par la loi pour exister dans la pratique : encore faut-il que les moyens mat&#233;riels de cette libert&#233; en assurent l'effectivit&#233;. Parmi ces moyens, la distribution dite &#034;vente au num&#233;ro&#034; qui permet de transporter chaque jour les journaux dans les points de vente, marchands de journaux o&#249; viendront les acheter les particuliers, est, en France, essentielle. Or la baisse constante de la diffusion de la presse &#233;crite, depuis plusieurs d&#233;cennies, provoque une crise chronique de ce syst&#232;me de distribution, dont l'op&#233;rateur principal, Presstalis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nouvelle appellation depuis 2009 des Nouvelles messageries de la presse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se trouve dans une situation tr&#232;s difficile en 2017, avec 350 millions d'euros de fonds propres n&#233;gatifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux soci&#233;t&#233;s se partagent la distribution de la vente au num&#233;ro de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La chute de Presstalis provoquerait des bouleversements dans toute l'organisation en place depuis la fin de la guerre qui &#233;tait cens&#233;e garantir &#8211; en principe du moins &#8211; une certaine solidarit&#233; entre les titres afin de pr&#233;server le pluralisme et de garantir le droit &#224; l'information : c'est dire que les enjeux de cette situation sont tout autant &#233;conomiques que d&#233;mocratiques. Ce premier article qui pr&#233;sentera la loi Bichet r&#233;gulant le secteur, ainsi que deux de ses acteurs incontournables (Hachette et le Syndicat du Livre), permettra de situer la gen&#232;se de la crise actuelle. Dans un deuxi&#232;me article, nous verrons comment la distribution de la presse a suivi les &#233;volutions de la presse elle-m&#234;me, avant de conclure, avec un troisi&#232;me article, sur la situation actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre cette crise, il nous a paru d'abord n&#233;cessaire de faire un retour sur les conditions d'adoption de la loi Bichet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Loi n&#176; 47-585 du 2 avril 1947 relative au statut des entreprises de groupage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui organise depuis plus de 70 ans la distribution des quotidiens et des magazines. Dans la suite de l'article, nous &#233;voquerons le r&#244;le important du syndicat du Livre.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La loi Bichet : l'option priv&#233;e l'emporte&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De 1864 &#224; 2011, ann&#233;e de son retrait de Presstalis, la soci&#233;t&#233; Hachette a r&#233;gn&#233; sur la distribution des journaux et des livres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'ensemble de l'activit&#233; de la Librairie Hachette, faite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sans interruption, &#224; l'exception d'un bref intervalle de deux ans (1945-1947). Intervalle qui nous int&#233;resse ici particuli&#232;rement, puisque c'est celui au cours duquel sont n&#233;es les NMPP, devenues Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er septembre 1945, les messageries de la presse de Hachette &#8211; en pleine prosp&#233;rit&#233;, y compris pendant l'occupation allemande &#8211; sont mises sous s&#233;questre pour fait de collaboration avec l'ennemi, et ses locaux et mat&#233;riels de la rue R&#233;aumur, &#224; Paris, r&#233;quisitionn&#233;s. Une nouvelle soci&#233;t&#233; est cr&#233;&#233;e sous la forme d'une coop&#233;rative, les Messageries fran&#231;aises de presse (MFP), par les journaux issus de la r&#233;sistance qui prennent en main la distribution. Hachette ne s'avoue pas vaincue pour autant. Gr&#226;ce &#224; un concours substantiel des banques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banque nationale de Paris et des Pays-Bas (Paribas), Banque d'Indochine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle acquiert une petite soci&#233;t&#233; de distribution en difficult&#233;, l'Exp&#233;ditive, et fait une concurrence farouche aux MFP, d&#233;bauchant ses salari&#233;s et certains de ses journaux les plus prosp&#232;res (France-soir, Combat, le Populaire, le Parisien lib&#233;r&#233;) gr&#226;ce &#224; des salaires et des tarifs de distribution plus attractifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti communiste, alors premier parti de France (28,8 % des voix aux &#233;lections l&#233;gislatives de novembre 1946), s'oppose vigoureusement au trust Hachette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour donner une id&#233;e de la chaude ambiance d'alors, voici l'extrait d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Deux projets sont alors en concurrence au Parlement. Un projet de nationalisation et de service public de la distribution des journaux, pr&#233;sent&#233; par le socialiste Albert Gazier et soutenu surtout par le PCF et les socialistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En avril 1947, il n'a manqu&#233; au projet Gazier, concurrent du projet Bichet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et un autre projet dit Bichet, qui confie cette distribution au secteur priv&#233; (en fait aux &#233;diteurs) d&#233;fendu principalement par le MRP (Mouvement r&#233;publicain populaire), parti centriste d&#233;mocrate chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte de la distribution publique par les MFP &#8211; alors marqu&#233; par de s&#233;rieuses difficult&#233;s financi&#232;res et de nombreuses gr&#232;ves (un mois entier en f&#233;vrier-mars 1947) &#8211; fait pencher les d&#233;bats du c&#244;t&#233; de l'option priv&#233;e, ratifi&#233;e par le Parlement avec le vote de la loi du 2 avril 1947 dite Loi Bichet, du nom de son auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son dernier ouvrage, &#034; L'&#226;ge d'or de la corruption parlementaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, contrairement &#224; une id&#233;e tr&#232;s r&#233;pandue dans les m&#233;dias selon laquelle la loi Bichet serait une application directe du programme du Conseil national de la R&#233;sistance, celle-ci est bien plut&#244;t une r&#233;gression par rapport &#224; ce programme, qui pr&#233;voyait notamment &#171; la libert&#233; de la presse, son honneur et son ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'&#201;tat, des puissances d'argent &#187;. La nationalisation de la distribution de la presse, dot&#233;e d'un statut qui la pr&#233;serve de l'emprise de l'&#201;tat et l'&#233;tablissement d'un v&#233;ritable service public de la distribution, dont le projet Gazier &#233;tait proche, eussent &#233;t&#233;, assur&#233;ment, dans la droite ligne de ce programme. Car in fine, la loi Bichet livre en r&#233;alit&#233; la distribution de la presse &#224; Hachette, quand bien m&#234;me ses promoteurs juraient d'en finir avec la Librairie. C'est que Monsieur Bichet avait un certain sens de la mesure : &#171; Nationaliser Hachette aurait &#233;t&#233; un peu gros &#187;, d&#233;clarait-il alors. Pas pour tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, bien que l'option priv&#233;e l'ait emport&#233; sur l'option publique, la loi Bichet, amend&#233;e par ses opposants, est rest&#233;e largement marqu&#233;e par l'esprit de la R&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La loi Bichet et la R&#233;sistance : esprit, es-tu l&#224; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, dans son premier article, cette loi &#233;tablit une libert&#233; de distribution qui semble marqu&#233;e du sceau du plus pur lib&#233;ralisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La diffusion de la presse imprim&#233;e est libre. Toute entreprise de presse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cette disposition doit &#234;tre comprise comme une r&#233;action aux ann&#233;es de guerre o&#249; la presse &#233;tait &#233;troitement contr&#244;l&#233;e, et surtout comme le maintien, pour les journaux de la PQR (presse quotidienne r&#233;gionale), de la possibilit&#233; de se distribuer eux-m&#234;mes, comme avant-guerre, en raison du p&#233;rim&#232;tre r&#233;duit de leur zone de vente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De ce fait, demeur&#233;e ext&#233;rieure &#224; Presstalis, la PQR n'est pas affect&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui n'est pas le cas des journaux et p&#233;riodiques ayant vocation &#224; &#234;tre distribu&#233;s dans tout le pays et &#224; l'&#233;tranger : pour organiser leur distribution, ceux-l&#224; sont plus ou moins contraints de se grouper, pour d'&#233;videntes raisons d'&#233;conomies d'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi Bichet d&#233;finit les conditions de ces regroupements dans son article 2&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le groupage et la distribution de plusieurs journaux et publications (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et leur impose une forme de soci&#233;t&#233;, la coop&#233;rative. Autrement dit, si plusieurs &#233;diteurs souhaitent s'associer (&#171; groupage &#187;) pour distribuer leurs journaux, ils sont oblig&#233;s par la loi de se constituer en soci&#233;t&#233; coop&#233;rative. Cette obligation a pour objectif d'emp&#234;cher un ou plusieurs de ces &#233;diteurs, mieux dot&#233;s en capital que les autres et/ou d&#233;tenteurs de plusieurs journaux, d'utiliser la distribution &#224; leur profit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le souvenir d'Hachette sabotant la distribution de Messidor, mensuel de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives fonctionnent selon le principe &#171; un associ&#233; = une voix &#187;, quelle que soit la part de capital de l'associ&#233; dans la coop&#233;rative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette r&#232;gle commune &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives, est reprise &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 1947, la plupart des journaux &#233;tant issus de la R&#233;sistance, ce fonctionnement d&#233;mocratique ne pouvait que leur &#234;tre favorable. D'ailleurs, les Messageries lyonnaises de presse, ant&#233;rieures &#224; la loi Bichet, fonctionnaient d&#233;j&#224; sur le mod&#232;le coop&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, contrairement &#224; ce qui est souvent affirm&#233; trop rapidement dans les m&#233;dias, Presstalis n'est pas elle-m&#234;me une coop&#233;rative, mais une SARL jusqu'en 2011, et depuis, une &#171; soci&#233;t&#233; par actions simplifi&#233;e &#187; (SAS), c'est-&#224;-dire une soci&#233;t&#233; priv&#233;e commerciale classique. Sa sp&#233;cificit&#233; tient au fait que son capital doit &#234;tre d&#233;tenu majoritairement, selon la loi Bichet, par des coop&#233;ratives de presse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article 4 : &#171; Si les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives d&#233;cident de confier l'ex&#233;cution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Durant le plus clair de son existence, NMPP-Presstalis fut ainsi la propri&#233;t&#233; de cinq, puis de huit coop&#233;ratives pour 51% de son capital, et de la soci&#233;t&#233; Hachette, qui n'a rien d'une coop&#233;rative, pour les 49% restants. Depuis 2011, date &#224; laquelle Hachette abandonna Presstalis, cette derni&#232;re est la propri&#233;t&#233; de deux coop&#233;ratives, la Coop&#233;rative de distribution des quotidiens (25%) et la Coop&#233;rative de distribution des magazines (75%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, les MLP sont une coop&#233;rative g&#233;rant directement la distribution. Cette diff&#233;rence n'est pas sans cons&#233;quences. La formule Presstalis permet certainement aux coop&#233;rateurs de se dispenser de la gestion quotidienne de la distribution, mais par ailleurs, en plus du co&#251;t important g&#233;n&#233;r&#233; par une structure suppl&#233;mentaire, elle conf&#232;re &#224; la distribution une grande autonomie par rapport aux membres des coop&#233;ratives. Autonomie qui peut conduire &#224; des d&#233;rives, surtout lorsque la m&#234;me soci&#233;t&#233;, Hachette, pour ne pas la nommer, en tient les r&#234;nes pendant 64 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin, tr&#232;s loin alors, de &#171; l'esprit de la R&#233;sistance &#187;. &#192; la fin des ann&#233;es 1960, la gestion d'Hachette fut par exemple vivement contest&#233;e par les &#233;diteurs, men&#233;s par &#201;milien Amaury (&lt;i&gt;Le Parisien lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt;) et Jacques Sauvageot (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;), en raison de ses prix excessifs et de l'opacit&#233; de sa gestion. &#8211; une opacit&#233; qui demeure malgr&#233; le d&#233;part de Hachette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En t&#233;moigne cette d&#233;claration stup&#233;fiante de Louis Dreyfus, pr&#233;sident du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par contre, il semble qu'aux MLP, la d&#233;mocratie coop&#233;rative fonctionne mieux. En 2016, une r&#233;volte des petits &#233;diteurs &#233;clate contre la politique du CA, trop favorable, &#224; leur go&#251;t, aux gros &#233;diteurs. Alors mis en minorit&#233;, ce CA a d&#251; d&#233;missionner collectivement, et un autre a &#233;t&#233; &#233;lu, faisant une meilleure part aux petits &#233;diteurs. Depuis, les MLP semblent bien se porter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme en t&#233;moigne &#171; Arr&#234;t sur images &#187;.&#034; id=&#034;nh5-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esprit de la R&#233;sistance &#187; transpara&#238;t surtout dans l'article 6 de la loi Bichet, inchang&#233; jusqu'&#224; ce jour : &#171; Devra &#234;tre obligatoirement admis dans la soci&#233;t&#233; coop&#233;rative tout journal ou p&#233;riodique qui offrira de conclure avec la soci&#233;t&#233; un contrat de transport (ou de groupage et de distribution) sur la base du bar&#232;me des tarifs vis&#233; &#224; l'article 12 ci-apr&#232;s. &#187; Ainsi, chaque journal, chaque magazine peut (doit) &#234;tre distribu&#233; par le r&#233;seau des NMPP-Presstalis, quel que soit son tirage, selon les m&#234;mes tarifs. C'est un droit effectif &#224; la distribution qui est instaur&#233;, notamment pour les petits &#233;diteurs qui n'auraient pas les moyens de se distribuer eux-m&#234;mes. V&#233;ritable appel d'air apr&#232;s les ann&#233;es de restrictions de la guerre, cette mesure a favoris&#233; la cr&#233;ation de nombreuses publications, notamment de magazines, m&#234;me si, &#224; l'&#233;poque, elle visait surtout &#224; promouvoir le pluralisme de l'information politique, majoritairement port&#233; par les quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, c'est essentiellement la porte laiss&#233;e ouverte par l'article 4 au retour en force de la Librairie Hachette qui &#233;carte la loi Bichet de ce que l'on peut appeler &#171; l'esprit de la R&#233;sistance &#187;, en favorisant l'arriv&#233;e d'un trust, qui plus est de sinistre m&#233;moire, &#224; la direction des messageries.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le triomphe de Hachette&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le compromis issu de la loi Bichet est tout &#224; l'avantage de la Librairie Hachette, point sur lequel nous insistions dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Lire-Hachette-le-geant-aux-ailes-brisees-de-Jean-Yves-Mollier?recherche=%26quot%3BJean-Yves%20Mollier%26quot%3B&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre compte-rendu du livre de Jean-Yves Mollier&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; de gestion des messageries de presse est constitu&#233;e, dans laquelle Hachette est formellement minoritaire avec 49% des parts contre 51% &#224; cinq coop&#233;ratives de presse ; mais en r&#233;alit&#233;, apr&#232;s avoir achet&#233; &lt;i&gt;France soir&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Paris presse&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;France dimanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Journal du dimanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, Hachette est en fait majoritaire. De plus, c'est elle qui est charg&#233;e statutairement de nommer le directeur des Messageries.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et de fait, aucun changement notable ne viendra modifier cette organisation jusqu'en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Hachette, l'affaire est en effet tr&#232;s b&#233;n&#233;fique. En nommant le directeur des Messageries, &#233;videmment toujours parmi les cadres de sa direction&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera que m&#234;me apr&#232;s le d&#233;part de Hachette de Presstalis en 2011 cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle garde la haute main sur leur organisation. Cela n'est pas anodin pour un groupe qui p&#232;se &#233;galement dans le milieu de l'&#233;dition, propri&#233;taire de quelques journaux au d&#233;part, et qui deviendra au d&#233;but des ann&#233;es 1980 le premier &#233;diteur de magazines en France (et aussi dans le monde)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suite aux rachats d'Hachette et Hachette-magazine par Daniel Filipacchi et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le groupe est &#233;galement pr&#233;sent au niveau de la diffusion, gr&#226;ce &#224; son r&#233;seau de Relais H, puis Relay, petites boutiques qui essaiment dans les gares, stations de m&#233;tros, a&#233;roports et autres lieux de transit, proposant journaux, best-sellers, sandwichs et autres utilit&#233;s pour voyageurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Relay, dont le nombre est en diminution, sont encore 644 en France en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#201;diteur majeur, assurant le pilotage du syst&#232;me de distribution et diffuseur de premier plan, Hachette devenait ainsi un acteur central &#224; chaque &#233;tape du processus de production et de mise en circulation de la presse &#233;crite. On peut donc supposer, sans grand risque de se tromper, que l'&#233;diteur Hachette fut bien distribu&#233; par le distributeur Hachette chez les diffuseurs Hachette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cerise sur le g&#226;teau, pour &#171; la mise &#224; disposition des locaux de la rue R&#233;aumur et du mat&#233;riel &#187;, Hachette percevra chaque ann&#233;e une somme forfaitaire &#224; partir de 1946, et &#224; partir de 1951 &#171; 1 % du chiffre d'affaires &#187; des NMPP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;quivalent de 7,5 millions d'euros en 1951, et de 30 millions en 1972.&#034; id=&#034;nh5-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ajoutons &#224; tout cela qu'en tant que distributeur, Hachette disposait chaque jour d'une quantit&#233; faramineuse de liquidit&#233;s issues des ventes des journaux (plusieurs millions d'euros par jour), qui lui permettaient nombre d'op&#233;rations et asseyaient la confiance des banques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les avantages qu'Hachette retirait de la gestion des NMPP-Presstalis, on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'&#233;tonner que le r&#244;le d'Hachette dans l'histoire des NMPP-Presstalis soit si peu &#233;voqu&#233; dans les journaux traitant cette question ; le dossier de l'hebdomadaire &lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt;, fort int&#233;ressant par ailleurs, ne le mentionne pas, pas plus que la plupart des articles de presse consacr&#233;s &#224; cette question ; quant au rapport Schwartz&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir infra.&#034; id=&#034;nh5-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il ne le cite que &#171; pour m&#233;moire &#187; dans la p&#233;riode de cr&#233;ation de la messagerie. Pourtant, bien qu'Hachette se soit retir&#233;e de la direction de Presstalis en 2011 (il y a &#224; peine huit ans et apr&#232;s tout de m&#234;me 64 ans de pilotage de la distribution de la presse), la soci&#233;t&#233; de Lagard&#232;re est toujours bien pr&#233;sente dans la diffusion (Relay), chez les &#233;diteurs (son repr&#233;sentant &#224; Presstalis, Richard Lenormand, pr&#233;side la coop&#233;rative des magazines), et dans la distribution &#8211; la nouvelle pr&#233;sidente de Presstalis, Mich&#232;le Benbunan, vient de ses rangs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant de pr&#233;sider Presstalis, elle &#233;tait directrice de la branche Services (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de m&#234;me que la pr&#233;c&#233;dente, Anne-Marie Couderc. Il serait pour toutes ces raisons difficile de lui d&#233;nier une quelconque responsabilit&#233; dans la crise actuelle de Presstalis, nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'en venir &#224; la p&#233;riode r&#233;cente, il nous faut, pour achever de planter le d&#233;cor, revenir sur l'histoire d'un autre acteur qui, situ&#233; &#224; l'oppos&#233; du p&#244;le contr&#244;l&#233; par Hachette, va marquer l'histoire des NMPP-Presstalis : le SGLCE-CGT, Syndicat du livre et de la communication &#233;crite CGT, commun&#233;ment d&#233;sign&#233; comme &#171; le syndicat du Livre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le syndicat du Livre et l' &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est le g&#233;n&#233;ral de Gaulle qui, pour s'assurer du soutien des journaux &#224; la Lib&#233;ration, confia &#224; la CGT, avant la fin de la guerre, le monopole de l'embauche des ouvriers de l'imprimerie. M&#234;me si ce monopole ne fut pas &#233;tendu aux travailleurs de la distribution, ces derniers eurent un statut et un fonctionnement tr&#232;s proches de leurs camarades imprimeurs. Cette proximit&#233; se traduit par une quasi-exclusivit&#233; syndicale de la CGT et en cons&#233;quence, des mots d'ordre de gr&#232;ve suivis &#224; 100 %. Une configuration particuli&#232;rement favorable donc, dans un domaine o&#249; il n'y a pas de concurrence (celle des MLP n'interviendra que dans les ann&#233;es 1990) et o&#249; les pertes dues aux gr&#232;ves sont irr&#233;parables (l'information n'est vendable que le jour-m&#234;me)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un doute persiste sur la strat&#233;gie du syndicat du Livre au moment du vote de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au fil des gr&#232;ves, et au grand dam des bourgeois horrifi&#233;s, les ouvriers du Livre ont conquis des augmentations de salaires, qui se hiss&#232;rent aux niveaux de ceux des cadres. Ult&#233;rieurement, cette &#171; aristocratie ouvri&#232;re &#187; sera jug&#233;e responsable de tous les malheurs des messageries par de nombreux patrons de presse arguant qu'elle co&#251;tait inhabituellement cher et faisait gr&#232;ve pour un oui ou pour un non&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut croire que la prosp&#233;rit&#233; de ces ouvriers ne les a pas trop ramollis, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;milien Amaury, patron de presse particuli&#232;rement autoritaire (surnomm&#233; &#171; Jupiter &#187; !) a tent&#233; de se retirer des NMPP-Presstalis pour se distribuer lui-m&#234;me en 1975 ; une initiative qui lui a valu un affrontement avec le syndicat du Livre, dont il voulait briser le monopole d'embauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il projetait de fermer son imprimerie parisienne, de licencier 300 de ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s une gr&#232;ve de 28 mois, soutenue par l'ensemble des syndiqu&#233;s du Livre qui donnaient 10% de leur salaire &#224; la caisse de secours, et nombre d'actions, parfois violentes, pour emp&#234;cher la distribution du &lt;i&gt;Parisien lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt;, le conflit s'est termin&#233; &#224; la mort accidentelle d'Amaury, sans que celui-ci ait obtenu satisfaction. &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; a perdu dans la bataille la moiti&#233; de ses lecteurs (pass&#233;s de 800 000 &#224; 400 000), et par la suite, aucun &#233;diteur ne prendra le risque d'affronter seul le syndicat. &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; n'obtiendra le droit de se distribuer lui-m&#234;me que plus de 25 ans plus tard, en 2001, encore qu'un montage juridique le maintint alors formellement dans NMPP-Presstalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re d&#233;faite du syndicat du Livre date de 1989 : apr&#232;s dix jours de gr&#232;ve pour des augmentations de salaires, les ouvriers baissent les bras face &#224; la r&#233;solution des &#233;diteurs, faisant bloc, et des NMPP-Presstalis. Dans ce conflit, v&#233;ritable tournant pour le syndicat, la distribution fut assur&#233;e malgr&#233; la gr&#232;ve. Sous la menace d'un lock-out, les ouvriers ont repris le travail. Et enfin, chose jamais vue au Livre, les journ&#233;es de gr&#232;ve furent retenues sur les salaires. La situation avait chang&#233; : la distribution, comme la presse en g&#233;n&#233;ral, entrait alors dans une phase de d&#233;clin. Avant cela, NMPP-Presstalis avait cependant connu de longues ann&#233;es de prosp&#233;rit&#233;, sur la base du compromis de la loi Bichet, soutenue par les deux piliers que furent Hachette et le syndicat du Livre. Nous y reviendrons plus en d&#233;tail dans un second article &#224; para&#238;tre, intitul&#233; &#171; Splendeur et d&#233;cadence de Presstalis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jean P&#233;r&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nouvelle appellation depuis 2009 des Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP). Dans cet article, pour en simplifier la lecture, nous utiliserons l'appellation Presstalis ou NMPP-Presstalis, y compris pour la p&#233;riode couverte par les NMPP.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux soci&#233;t&#233;s se partagent la distribution de la vente au num&#233;ro de la presse : Presstalis et Les Messageries lyonnaises de presse (MLP) &#224; raison de 75 % pour Presstalis et 25 % pour les MLP. La vente au num&#233;ro repr&#233;sente &#224; peu pr&#232;s le tiers de l'ensemble de la distribution. Les deux autres tiers sont assur&#233;s par les abonnements (via La Poste et le portage &#8211; livraison &#224; domicile par porteur sp&#233;cial &#8211; assur&#233; par les journaux) et par la presse r&#233;gionale, qui se distribue par ses propres moyens. Si l'on ajoute les &#171; gratuits &#187; qui se distribuent &#233;galement eux-m&#234;mes, c'est largement moins d'un tiers de la distribution qui est repr&#233;sent&#233; par la &#171; vente au num&#233;ro &#187;. En termes d'audience, incluant les lectures sur &#233;crans, Presstalis ne repr&#233;sente plus, selon l'AADP (Association pour l'avenir des diffuseurs de presse), que 14% de la distribution. Ainsi m&#234;me si la crise de Presstalis est tr&#232;s grave, les consid&#233;rations ci-dessus, g&#233;n&#233;ralement omises par la plupart des commentaires, permettent d'en relativiser l'ampleur et les cons&#233;quences sur la distribution de la presse papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Loi n&#176; 47-585 du 2 avril 1947 relative au statut des entreprises de groupage et de distribution des journaux et publications p&#233;riodiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour l'ensemble de l'activit&#233; de la Librairie Hachette, faite d'opportunisme, de censure et de man&#339;uvres politico-financi&#232;res, on se r&#233;f&#232;rera &#224; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Lire-Hachette-le-geant-aux-ailes-brisees-de-Jean-Yves-Mollier?recherche=hachette&#034;&gt;notre recension du livre de Jean-Yves Mollier, Hachette, le g&#233;ant aux ailes bris&#233;es&lt;/a&gt; ou encore mieux, au livre lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Banque nationale de Paris et des Pays-Bas (Paribas), Banque d'Indochine (Indosuez), CIC.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour donner une id&#233;e de la chaude ambiance d'alors, voici l'extrait d'un tract intitul&#233; &#171; La presse libre en danger : le trust Hachette rel&#232;ve la t&#234;te &#187; : &#171; Hier au service des boches, Hachette et les banques d'affaires, &#224; coup d'argent et avec la complicit&#233; du ministre de l'Information, veulent &#233;trangler les messageries libres cr&#233;&#233;es &#224; la Lib&#233;ration&#8230; Il faut emp&#234;cher ce scandale par la nationalisation des messageries de presse &#187; (in Jean-Yves Mollier, Op.cit., p. 95).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En avril 1947, il n'a manqu&#233; au projet Gazier, concurrent du projet Bichet, que 8 voix sur 574 d&#233;put&#233;s pour l'emporter. S'il avait &#233;t&#233; choisi, la face du monde de la distribution en aurait &#233;t&#233; chang&#233;e. Car le projet Gazier ne proposait rien moins que la nationalisation de Hachette et le monopole de la distribution de la presse, consid&#233;r&#233;e comme un service public. Une soci&#233;t&#233; coop&#233;rative de presse, dont le CA devait &#234;tre compos&#233; de 21 membres, dont 7 repr&#233;sentants l'&#201;tat, 7 des &#233;diteurs, 7 du personnel, aurait organis&#233; et r&#233;gul&#233; cette distribution, dont les moyens mutualis&#233;s auraient &#233;t&#233; au service de l'ensemble de la profession. Les adversaires de ce projet accusaient ses promoteurs de vouloir exercer un contr&#244;le politique de la presse. Ce que l'avenir n'a pas pu v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans son dernier ouvrage, &#034; L'&#226;ge d'or de la corruption parlementaire 1930-1980&#034;, Jean-Yves Mollier revient longuement sur cet &#233;pisode qui a vu triompher Hachette (pourtant bien compromise, deux ans &#224; peine apr&#232;s la fin de la guerre) et sur les man&#339;uvres de la &#171; pieuvre verte &#187; dans une atmosph&#232;re de guerre froide naissante o&#249; le parti communiste devenait une cible privil&#233;gi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La diffusion de la presse imprim&#233;e est libre. Toute entreprise de presse est libre d'assurer elle-m&#234;me la distribution de ses propres journaux et publications p&#233;riodiques par les moyens qu'elle jugera les plus convenables &#224; cet effet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De ce fait, demeur&#233;e ext&#233;rieure &#224; Presstalis, la PQR n'est pas affect&#233;e par la crise qui secoue la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le groupage et la distribution de plusieurs journaux et publications p&#233;riodiques ne peuvent &#234;tre assur&#233;s que par des soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives de messageries de presse soumises aux dispositions de la pr&#233;sente loi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le souvenir d'Hachette sabotant la distribution de Messidor, mensuel de la CGT, en 1936, est encore dans toutes les t&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette r&#232;gle commune &#224; toutes les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives, est reprise &#224; l'article 10 de la loi Bichet : &#171; Quel que soit le nombre des parts sociales dont il est titulaire, chaque soci&#233;taire ne pourra disposer, &#224; titre personnel, dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, que d'une seule voix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article 4 : &#171; Si les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives d&#233;cident de confier l'ex&#233;cution de certaines op&#233;rations mat&#233;rielles &#224; des entreprises commerciales, elles devront s'assurer une participation majoritaire dans la direction de ces entreprises, leur garantissant l'impartialit&#233; de cette gestion et la surveillance de leurs comptabilit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En t&#233;moigne cette d&#233;claration stup&#233;fiante de Louis Dreyfus, pr&#233;sident du directoire du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, membre du conseil de gestion de Presstalis et actuel pr&#233;sident de la Coop&#233;rative des quotidiens (a priori pas le perdreau de l'ann&#233;e) &#224; Philippe Kieffer, enqu&#234;tant pour &lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt; sur Presstalis : &#171; Quand on nous pr&#233;sentait les comptes [&#8230;], on ne nous montrait que la ligne &#034;r&#233;sultat d'exploitation&#034;, qui affichait plus ou moins l'&#233;quilibre, parfois des b&#233;n&#233;fices de 1 ou 2 millions d'euros. D'accord, mais ce qui compte vraiment, ce n'est pas le &#034;r&#233;sultat d'exploitation&#034;, mais les lignes qui sont normalement en dessous, celles des &#034;charges&#034; et du &#034;r&#233;sultat net&#034;. Pendant des mois j'ai r&#233;clam&#233; ces chiffres. On a fini par les obtenir au printemps 2017, et l&#224;, &#233;videmment, il y a eu comme un choc&#8230; &#187; (&lt;i&gt;Le 1&lt;/i&gt;, 4 avril 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme en t&#233;moigne &lt;a href=&#034;https://www.arretsurimages.net/articles/oui-la-distribution-de-presse-peut-etre-rentable-lexemple-des-mlp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Arr&#234;t sur images &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera que m&#234;me apr&#232;s le d&#233;part de Hachette de Presstalis en 2011 cette pratique a continu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suite aux rachats d'Hachette et Hachette-magazine par Daniel Filipacchi et Jean-Luc Lagard&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les Relay, dont le nombre est en diminution, sont encore 644 en France en 2017, plus nombreux que les kiosques (522), et presque autant &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;quivalent de 7,5 millions d'euros en 1951, et de 30 millions en 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les avantages qu'Hachette retirait de la gestion des NMPP-Presstalis, on consultera avec profit un rare t&#233;moignage, ici sous forme de br&#251;lot &lt;a href=&#034;http://www.fondation-seligmann.org/ApresDemain/AD159/AD_159_12_1973_AR1755.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Hachette, une puissance occulte &#187;&lt;/a&gt;, article de Gabriel Enkiri publi&#233; en 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir infra.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Avant de pr&#233;sider Presstalis, elle &#233;tait directrice de la branche Services et Op&#233;rations d'Hachette Livre et membre du Comit&#233; ex&#233;cutif du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un doute persiste sur la strat&#233;gie du syndicat du Livre au moment du vote de la loi Bichet. Il est clair que la longue gr&#232;ve de f&#233;vrier-mars 1947 (30 jours) aux MFP n'a pas favoris&#233; le projet de nationalisation des messageries et a jou&#233; en faveur de la loi Bichet. D'ailleurs, cette gr&#232;ve n'&#233;tait pas soutenue par le PCF, dont des comit&#233;s furent re&#231;us par les gr&#233;vistes de la rue R&#233;aumur avec&#8230; des lances &#224; incendie. Certains mauvais esprits (conspirationnistes ?) ont m&#234;me soup&#231;onn&#233; Hachette d'avoir soutenu la gr&#232;ve en sous-main. Il semblerait plut&#244;t, selon Yves Mollier, que certains syndicats au sein du Livre, hostiles au PC et &#224; la CGT, aient pouss&#233; au maximum &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut croire que la prosp&#233;rit&#233; de ces ouvriers ne les a pas trop ramollis, ceux-ci ayant continu&#233; jusqu'&#224; ce jour &#224; d&#233;fendre fermement leurs int&#233;r&#234;ts et, selon Emmanuel Schwartzenberg (&#171; Sp&#233;ciale derni&#232;re : Qui veut la mort de la presse fran&#231;aise ? &#187;, Calmann-L&#233;vy, 2007) aliment&#233; Cuba en papier pendant les ann&#233;es 1980 aux frais des NMPP-Presstalis, et m&#234;me constitu&#233; un v&#233;ritable arsenal, d&#233;couvert en 1991, avec les armes d&#233;tourn&#233;es de Manufrance, manufacture de Saint-&#201;tienne, au moment de sa faillite, et stock&#233;es chez NMPP-Presstalis, dans la perspective du &#171; grand soir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il projetait de fermer son imprimerie parisienne, de licencier 300 de ses 600 salari&#233;s, et d'embaucher des ouvriers syndiqu&#233;s &#224; FO dans deux nouvelles imprimeries ultra modernes en province, avec des salaires inf&#233;rieurs &#224; ceux des syndiqu&#233;s CGT du Livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Projet pour une presse libre</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Projet-pour-une-presse-libre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Projet-pour-une-presse-libre</guid>
		<dc:date>2015-05-28T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Rimbert</dc:creator>


		<dc:subject>Financiarisation</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde diplomatique</dc:subject>
		<dc:subject>Distribution</dc:subject>
		<dc:subject>Quelles propositions ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Soustraire les m&#233;dias &#224; l'emprise de l'argent et de l'&#201;tat en cr&#233;ant un service mutualis&#233; &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-En-provenance-de-la-presse-ecrite-" rel="directory"&gt;En provenance de la presse &#233;crite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Financiarisation-+" rel="tag"&gt;Financiarisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-diplomatique-+" rel="tag"&gt;Le Monde diplomatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quelles-propositions-+" rel="tag"&gt;Quelles propositions ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L130xH150/arton4674-c2cc1.png?1726295191' class='spip_logo spip_logo_right' width='130' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; un article de Pierre Rimbert, paru en d&#233;cembre 2014 dans &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/RIMBERT/51030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Pierre Rimbert sera notre invit&#233; lors du prochain jeudi d'Acrimed, organis&#233; le jeudi 11 juin &#224; 19h &#224; la Bourse du travail (3, rue du Ch&#226;teau d'Eau, Paris 10e), pour discuter notamment des propositions pr&#233;sent&#233;es dans ce texte (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alors que la presse fran&#231;aise titube, l'exigence s'affirme d'un mod&#232;le radicalement diff&#233;rent. Quel serait son cahier des charges ? Produire une information de qualit&#233; soustraite &#224; la loi du march&#233; comme aux pressions du pouvoir, loger num&#233;rique et papier &#224; la m&#234;me enseigne, inventer un mode de financement solide et juste. Surprise, les outils n&#233;cessaires &#224; la mise en place d'un tel syst&#232;me sont sous nos yeux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nagu&#232;re, les nouveaux riches soucieux de parfaire leur int&#233;gration &#224; la bonne soci&#233;t&#233; s'offraient un haras, une voiture ancienne ou une villa &#224; Cabourg. D&#233;sormais, pour asseoir leur statut, ils s'ach&#232;tent un journal. MM. Bernard Arnault et Fran&#231;ois Pinault, deuxi&#232;me et troisi&#232;me fortunes fran&#231;aises, ont depuis longtemps chacun le leur, respectivement &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Point.&lt;/i&gt; Les voici rejoints par de nouveaux venus, MM. Xavier Niel et Patrick Drahi, industriels des t&#233;l&#233;communications, renfloueurs respectifs du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; (2010) et de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (2014). Financiers autant que philanthropes, ils ont inaugur&#233; leur magist&#232;re par une r&#233;duction drastique des d&#233;penses. Paradoxe : les moyens techniques et intellectuels n&#233;cessaires pour produire et diffuser une information de qualit&#233; abondent ; mais, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, la presse imprim&#233;e et num&#233;rique chancelle, incapable de juguler la d&#233;gradation de ses contenus et de stabiliser son assise &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; s'en tenir aux trois derni&#232;res d&#233;cennies, on rep&#232;re une s&#233;quence presque toujours identique. Un journal, ou un groupe de presse, frapp&#233; par la baisse des ventes ou l'amenuisement de ses ressources publicitaires cherche des capitaux ; l'arriv&#233;e d'un investisseur s'accompagne d'un plan social et de la r&#233;duction des moyens r&#233;dactionnels ; le titre red&#233;marre avec une d&#233;pendance accrue vis-&#224;-vis du p&#244;le &#233;conomique. &lt;i&gt;&#171; Nous connaissons assez le capitalisme pour savoir qu'il n'y a pas de s&#233;paration entre le contr&#244;le et la propri&#233;t&#233; &#187;,&lt;/i&gt; expliquaient les r&#233;dacteurs du &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; (1er ao&#251;t 2007) apr&#232;s la reprise du quotidien d'affaires par le magnat de la presse Rupert Murdoch. Et la routine reprend, jusqu'&#224; la prochaine crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; rachet&#233; successivement par M. J&#233;r&#244;me Seydoux en 1995, par M. Edouard de Rothschild en 2005, puis par MM. Bruno Ledoux et Drahi en 2013-2014, comme on se repasse une patate chaude &#8212; encore que ses colonnes &#233;voquent plut&#244;t une pur&#233;e ti&#232;de. Au &lt;i&gt;Monde,&lt;/i&gt; les restructurations du capital s'encha&#238;nent &#224; un rythme quasi quinquennal : 1985, 1991, 1995, 1998, 2004, 2010. En l'espace d'une d&#233;cennie, &lt;i&gt;Les Echos, Le Figaro, L'Express, Marianne, Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; ainsi qu'une ribambelle de quotidiens r&#233;gionaux et d'hebdomadaires locaux ont eux aussi tendu les bras vers le m&#234;me horizon, la m&#234;me illusion : s'acheter un surcro&#238;t de survie au prix d'un nouveau propri&#233;taire. Pour &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;France-Soir,&lt;/i&gt; le rideau final est tomb&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rectificatif : en ce qui concerne La Tribune, si l'&#233;dition quotidienne sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le mod&#232;le mixte expire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; en croire les analystes dominants de la presse, deux facteurs favorisent les sinistres &#224; r&#233;p&#233;tition. Le premier tiendrait au poids &#233;crasant du Syndicat du livre, qui pousserait l'inconvenance jusqu'&#224; payer les ouvriers d'impression et de distribution presque aussi bien que des cadres. Le second remonterait &#224; l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre et aux fameuses ordonnances de 1944 : le propri&#233;taire d'un quotidien d'information g&#233;n&#233;rale et politique ne peut poss&#233;der un autre titre de cette cat&#233;gorie. Dit autrement, l'&#201;tat proscrit alors la concentration de la presse la plus sensible sur le plan id&#233;ologique et politique. Cette disposition, conforme aux pr&#233;conisations du Conseil national de la R&#233;sistance, fut transgress&#233;e par des personnages comme Robert Hersant, qui b&#226;tit un empire en rachetant des quotidiens r&#233;gionaux &#224; coups de millions gagn&#233;s dans la presse magazine, non concern&#233;e par les ordonnances. Entre autres effets pervers, expliquent les adversaires de la r&#233;glementation, ces dispositions auraient engendr&#233; une sous-capitalisation structurelle de la presse fran&#231;aise. Ainsi les journaux p&#226;tiraient-ils de l'absence de groupes m&#233;diatiques capables, &#224; l'instar de Springer et de Bertelsmann en Allemagne, de Pearson au Royaume-Uni ou de News Corporation de M. Murdoch, d'absorber les chocs de la conjoncture. Pareille d&#233;faillance aurait ouvert la voie aux amateurs de danseuses qui s'offrent un journal non point comme un actif mais comme un levier d'influence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette th&#232;se convenue est d&#233;fendue notamment par l'historien Patrick Eveno. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni les d&#233;rives de la presse contr&#244;l&#233;e par M. Murdoch ni les restructurations du capitalisme m&#233;diatique outre-Rhin n'ont entam&#233; la certitude des dirigeants de la presse fran&#231;aise : chacune de leurs difficult&#233;s, pensent-ils, appelle une solution financi&#232;re au coup par coup. Et qu'importe le sort du concurrent si l'on parvient &#224; restaurer pour un temps ses fonds propres. Avec la mont&#233;e en puissance du num&#233;rique et l'&#233;vaporation des ressources publicitaires, il devient difficile d'&#233;chapper &#224; l'&#233;vidence : le v&#233;ritable probl&#232;me se pose non pas &#224; l'&#233;chelle d'un titre en particulier mais &#224; l'ensemble de la production d'information ; il ne provient pas d'une sous-capitalisation mais, pr&#233;cis&#233;ment, des contraintes exerc&#233;es par la capitalisation elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pareille c&#233;cit&#233; tient &#224; une ambivalence vieille de deux si&#232;cles : l'information est pens&#233;e comme un bien public, mais produite comme une marchandise. Substrat indispensable &#224; la formation des jugements politiques, elle concourt &#224; forger des esprits libres, des imaginaires collectifs, des groupes mobilis&#233;s. C'est l'arme &#224; mettre entre toutes les mains. Et parce qu'aucune soci&#233;t&#233; &#233;mancip&#233;e ne saurait s'en priver, l'Assembl&#233;e constituante de 1789 proclame que &lt;i&gt;&#171; la libre communication des pens&#233;es et des opinions est un des droits les plus pr&#233;cieux de l'homme &#187;&lt;/i&gt; et que &lt;i&gt;&#171; tout citoyen peut donc parler, &#233;crire, imprimer librement &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen, article 11.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. H&#233;las, le l&#233;gislateur, toujours plus &#224; l'aise dans la po&#233;sie des id&#233;es que dans la prose du quotidien, n'a pas sanctuaris&#233; les moyens de son ambition. Enqu&#234;ter, corriger, mettre en pages, stocker, illustrer, maquetter, administrer et, en ce qui concerne la presse imprim&#233;e, fabriquer et distribuer, tout cela co&#251;te cher. Et bient&#244;t le droit &lt;i&gt;&#171; universel &#187;&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;&#171; r&#233;pandre, sans consid&#233;rations de fronti&#232;res, les informations et les id&#233;es par quelque moyen d'expression que ce soit&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration universelle des droits de l'homme, article 19.&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; se mue en un privil&#232;ge &#8212; celui d'une poign&#233;e d'industriels suffisamment fortun&#233;s pour s'offrir les grands moyens d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, le double caract&#232;re id&#233;alement collectif et concr&#232;tement marchand de l'information s'est s&#233;diment&#233; sous la forme d'une tension entre le march&#233; et l'&#201;tat. Le premier produit et diffuse ; mais sa logique de course &#224; l'audience par le racolage tire la qualit&#233; vers le bas. Le second r&#233;gule, avec un z&#232;le mollissant, et subventionne, mais sans discernement : 1,6 milliard d'euros accord&#233; chaque ann&#233;e &#224; l'ensemble du secteur. Pour les p&#233;riodiques d'information politique et g&#233;n&#233;rale, les subsides repr&#233;sentent plus de 19 % du chiffre d'affaires. La persistance de ces aides publiques massives mais passives exprime la reconnaissance implicite d'une situation d&#233;rogatoire au droit commun des affaires : pas plus que l'&#233;ducation ou la sant&#233;, l'information de qualit&#233; ne saurait s'&#233;panouir sous la f&#233;rule de l'offre et de la demande. D&#233;tourn&#233; de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral vers les conglom&#233;rats commerciaux, le mod&#232;le mixte expire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire S&#233;bastien Fontenelle, &#171; Aides &#224; la presse, un scandale qui dure &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur quelles bases &#233;conomiques construire un nouveau syst&#232;me respectueux du cahier des charges minimal qu'imposent les le&#231;ons de l'histoire, une information con&#231;ue comme bien public &#233;chappant simultan&#233;ment aux contraintes &#233;conomiques et aux pressions politiques de l'&#201;tat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question fouette les imaginations depuis des lustres : nationalisation des infrastructures propos&#233;e par L&#233;on Blum en 1928 &lt;i&gt;(lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/A/51031&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M. Valls aurait-il os&#233; ?&lt;/a&gt; &#187;),&lt;/i&gt; cr&#233;ation de soci&#233;t&#233;s de presse &#224; but non lucratif r&#233;clam&#233;e par les soci&#233;t&#233;s de r&#233;dacteurs dans les ann&#233;es 1970&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Soci&#233;t&#233;s de r&#233;dacteurs, un r&#234;ve de journaliste &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mise en place d'une fondation nationale. &#192; rebours des r&#234;veurs, et alors que la pouss&#233;e num&#233;rique porte le syst&#232;me au bord de l'&#233;clatement, les gouvernements successifs limitent leur audace &#224; la pose de rustines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, imaginer une refondation p&#233;renne des m&#233;dias &#233;crits d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ne requiert pas un effort d'imagination surhumain. Trois &#233;l&#233;ments permettent de charpenter un cadre. Le premier consiste &#224; distinguer radicalement la presse d'information ayant vocation &#224; alimenter le d&#233;bat public de la presse r&#233;cr&#233;ative. Si les deux genres peuvent se pr&#233;valoir d'une &#233;gale dignit&#233;, seul le premier joue un r&#244;le-cl&#233; dans l'exercice par tous de la chose publique, ce qui fonde sa l&#233;gitimit&#233; &#224; percevoir des financements de la collectivit&#233;. Sur les 4 726 publications recens&#233;es en France par la direction g&#233;n&#233;rale des m&#233;dias et des industries culturelles en 2012, &#224; peine plus de 500 r&#233;pondaient &#224; la qualification de presse nationale ou locale d'information politique et g&#233;n&#233;rale, dont 75 quotidiens et pr&#232;s de 300 hebdomadaires. Le reste m&#234;le publications sp&#233;cialis&#233;es grand public ou techniques, un oc&#233;an de papier o&#249; 838 trimestriels de loisirs et 181 mensuels consacr&#233;s aux services marchands voisinent avec une poign&#233;e de p&#233;riodiques ayant sans doute vocation &#224; migrer dans la premi&#232;re cat&#233;gorie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration fiscale reconna&#238;t d'ailleurs implicitement la distinction dans l'article 39 bis A du code des imp&#244;ts, puisque celui-ci circonscrit l'exon&#233;ration sur les b&#233;n&#233;fices aux soci&#233;t&#233;s &lt;i&gt;&#171; exploitant soit un journal quotidien, soit une publication de p&#233;riodicit&#233; au maximum mensuelle consacr&#233;e pour une large part &#224; l'information politique et g&#233;n&#233;rale, soit un service de presse en ligne&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;consacr&#233; pour une large part &#224; l'information politique et g&#233;n&#233;rale &#187;.&lt;/i&gt; Allons un peu plus loin : les titres consacr&#233;s au divertissement assumeront leur statut de marchandise, ceux d&#233;volus &#224; l'information revendiqueront celui de bien collectif, avec ses servitudes et son&#8230; Service commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le deuxi&#232;me principe du mod&#232;le propos&#233; repose sur la cr&#233;ation d'un service mutualis&#233; d'infrastructures de production et de distribution de l'information. Du journaliste au kiosquier ou &#224; la page Web, la presse forme une cha&#238;ne humaine et technique. Situ&#233;s au centre du processus, les travailleurs intellectuels n&#233;gligent volontiers les autres maillons. D'autant que la division technique et sociale du travail mise en place apr&#232;s la seconde guerre mondiale a peu &#224; peu ent&#233;rin&#233; la s&#233;paration des activit&#233;s d'impression, de diffusion, de gestion des abonnements (g&#233;n&#233;ralement externalis&#233;es), de d&#233;veloppement informatique, enfin de production du journal proprement dit. Cette dispersion conduit &#224; une impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Service commun procurerait aux journaux &#8212; imprim&#233;s ou en ligne &#8212; non seulement les imprimeries, le papier, les messageries qui acheminent les liasses, une partie des kiosques, mais &#233;galement des locaux, des serveurs, des outils de stockage et de diffusion, des moyens de recherche et de d&#233;veloppement. Il fournirait &#224; toutes les entreprises de presse d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral les services administratifs, comptables, juridiques, commerciaux, et op&#233;rerait une plate-forme commune d'abonnement, de paiement et de gestion de bases de donn&#233;es. Il r&#233;mun&#233;rerait des techniciens, des d&#233;veloppeurs et des &#171; bidouilleurs &#187; informatiques qui, tout en restant int&#233;gr&#233;s au sein des &#233;quipes de chaque titre, collaboreraient pour am&#233;liorer les applications, accro&#238;tre la qualit&#233; et la puissance du kiosque en ligne, s'assurer de la s&#233;curit&#233; des donn&#233;es personnelles, am&#233;liorer la lisibilit&#233; des sites et inventer de nouvelles conceptions graphiques. Le Service int&#233;grerait l'ensemble de la fili&#232;re. De haut en bas, il engloberait les infrastructures de l'Agence France-Presse et prendrait en charge le salaire, enfin port&#233; &#224; un niveau d&#233;cent, des kiosquiers. Au centre, il financerait celui des correcteurs, secr&#233;taires de r&#233;daction, maquettistes, photograveurs, graphistes&#8230; dont les postes se trouvent actuellement menac&#233;s d'&#233;radication par la course &#224; l'automatisation, mais sans lesquels un texte prend des allures de fleuve gris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la masse salariale des entreprises de presse se r&#233;duirait aux seuls journalistes &#8212; encore que cette exception, qui vise essentiellement &#224; tuer dans l'&#339;uf le soup&#231;on de sovi&#233;tisme qu'une telle organisation collective ne manquera pas d'&#233;veiller chez les d&#233;fenseurs de l'irr&#233;ductible individualit&#233; des r&#233;dacteurs, ait vocation &#224; se r&#233;sorber. En attendant, la diff&#233;rence d'employeur n'affecterait pas les collectifs de travail : les &#233;quipes ne seraient pas s&#233;par&#233;es en fonction de leur mode de r&#233;mun&#233;ration et continueraient &#224; travailler sous le m&#234;me toit.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Partager les infrastructures&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'impression, d'administration et de logistique, la mutualisation engendrerait d'importantes &#233;conomies d'&#233;chelle. Du reste, son principe ne repr&#233;sente pas une perc&#233;e conceptuelle in&#233;dite : de nombreux services et industries de r&#233;seau (t&#233;l&#233;coms, transports, &#233;nergie) mutualisent des infrastructures co&#251;teuses &#224; construire et &#224; entretenir. Si la concurrence r&#232;gne en aval parmi les acteurs, tous empruntent le m&#234;me r&#233;seau, qui forme ce que les &#233;conomistes appellent un &#171; monopole naturel &#187; &#8212; chaque compagnie a&#233;rienne ne construit pas son a&#233;roport. C&#244;t&#233; num&#233;rique, le Service s'accorde harmonieusement avec le style de travail collaboratif des d&#233;veloppeurs de logiciels libres habitu&#233;s &#224; partager leurs trouvailles ; sa centralisation et ses moyens lui font remplir l'obligation de s&#233;curit&#233; et de confidentialit&#233; des donn&#233;es personnelles plus facilement que dans la configuration actuelle, o&#249; s'empilent des dizaines de prestataires priv&#233;s. Au moment o&#249; les g&#233;ants du Web transforment ces informations en marchandise, cette qualit&#233; ne rel&#232;ve pas de l'anecdote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; qui profiterait la mutualisation et &#224; quelles conditions ? &#192; toute la presse d'information d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, sans distinction d'opinion, de prestige ou de taille, pourvu que ses &#233;diteurs adoptent le statut d'entreprise &#224; but non lucratif (le b&#233;n&#233;fice n'est pas distribu&#233; aux actionnaires), ne poss&#232;dent pas plus d'un titre dans chaque type de p&#233;riodicit&#233; (quotidien, hebdomadaire, etc.) et proscrivent toute publicit&#233; de leurs colonnes ainsi que de leurs &#233;crans. C'est-&#224;-dire non seulement la r&#233;clame classique, sous forme d'inserts, de banni&#232;res ou de vid&#233;os surgissantes, mais &#233;galement les diverses formes d'&#233;criture publir&#233;dactionnelle que les services marketing promeuvent au sein des r&#233;dactions. L'intention ici n'est pas de r&#233;duire l'information &#224; un noyau sec d&#233;pourvu de pulpe, d'impr&#233;vu et de fantaisie, mais plut&#244;t de s'assurer qu'elle r&#233;ponde au d&#233;sir des r&#233;dacteurs et &#224; l'int&#233;r&#234;t des lecteurs plut&#244;t qu'aux exigences des annonceurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place de ce mod&#232;le provoquerait &#224; coup s&#251;r un grand courant d'air frais : cr&#233;er ou reprendre un journal ou un site d'information serait d'autant plus facile que les d&#233;penses se limiteraient aux salaires des seuls journalistes, le reste &#233;tant fourni par le Service. Enfin pourvue de moyens, la presse &#171; alternative &#187; pourrait sortir des marges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment financer le Service ? C'est le troisi&#232;me et dernier pilier du syst&#232;me, le point o&#249; s'appr&#233;cie la cr&#233;dibilit&#233; de l'ensemble. Dans notre sch&#233;ma, les recettes des ventes couvrent les salaires des journalistes ainsi qu'une partie des d&#233;penses mutualis&#233;es (environ la moiti&#233;, &lt;i&gt;lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/RIMBERT/51032&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vers la cotisation information&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt;). Reste &#224; trouver une source p&#233;renne qui remplace &#224; la fois les aides publiques, supprim&#233;es, et la publicit&#233;, abolie. Il faut &#233;carter d'embl&#233;e deux solutions souvent avanc&#233;es en pareilles circonstances : d'une part, l'imp&#244;t, qui pr&#233;sente le risque de soumettre l'information &#224; une tutelle trop directement politique ; d'autre part, la philanthropie &#8212; dont d&#233;pendent par exemple la plate-forme d'enqu&#234;te ProPublica et l'organisation First Look Media &#8212;, qui subordonne le sort de l'information &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; de quelques milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mode de financement qui ne doit rien au march&#233; ni &#224; l'&#201;tat existe d&#233;j&#224; : la cotisation sociale. Sa puissance a fond&#233; le succ&#232;s de la S&#233;curit&#233; sociale et assur&#233; le versement depuis des d&#233;cennies des pensions de retraite. Le sociologue Bernard Friot&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La cotisation, levier d'&#233;mancipation &#187;, Le Monde diplomatique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; y voit &#224; la fois le produit des luttes sociales pass&#233;es et l'embryon d'une soci&#233;t&#233; enfin soustraite aux forces du march&#233;. Les gouvernants s'acharnent sur cette preuve en actes que le tous-pour-chacun fonctionne au moins aussi bien que le chacun-pour-soi. Contrairement &#224; l'imp&#244;t, la cotisation socialise une partie de la richesse produite par le travail avant que les salaires ne soient pay&#233;s et le capital r&#233;mun&#233;r&#233;. Vers&#233;e aux caisses (sant&#233;, retraite, famille), elle n'entre pas plus dans les budgets de l'&#201;tat qu'elle ne sert de support sp&#233;culatif. Pourquoi, plaide Friot, ne pas &#233;tendre ce sch&#233;ma &#224; l'ensemble de l'&#233;conomie ? En attendant que le rapport de forces politique permette l'accomplissement d'un tel projet, une application sectorielle s'envisage ais&#233;ment : la cr&#233;ation d'une cotisation information financera le Service. Au fond, quoi de plus logique que cette conqu&#234;te sociale prenne en charge un bien collectif ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Ni imp&#244;t ni publicit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'autant que l'effort n'en serait pas un. Nos calculs &lt;i&gt;(lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/RIMBERT/51032&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vers la cotisation information&lt;/a&gt; &#187;)&lt;/i&gt; montrent que les besoins annuels de financement s'&#233;l&#232;vent &#224; 1,9 milliard d'euros, un chiffre &#224; comparer au 1,6 milliard d'aides &#224; la presse, lesquelles seront supprim&#233;es. Ce montant correspond &#224; un taux de cotisation information de 0,1 % assis sur la valeur ajout&#233;e et acquitt&#233; par toutes les entreprises et administrations. Pour la collectivit&#233;, la diff&#233;rence avec le mod&#232;le en vigueur repr&#233;sente donc un surco&#251;t de 300 millions d'euros. C'est le prix d'une information libre : moins d'un tiers de la rallonge budg&#233;taire de 1 milliard d'euros accord&#233;e par le gouvernement &#224; Dassault en janvier dernier pour moderniser le chasseur-bombardier Rafale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, les soci&#233;t&#233;s de presse d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral n'auraient plus pour seule d&#233;pense que les salaires des journalistes, que financerait la vente des journaux en ligne ou imprim&#233;s &#8212; l'exc&#233;dent &#233;tant revers&#233; au Service. Quant aux formidables &#233;conomies d'&#233;chelle engendr&#233;es par la mutualisation, elles se traduiraient par une baisse significative du prix des journaux en ligne et imprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux sceptiques qui jugeraient irr&#233;aliste l'id&#233;e d'un financement par une nouvelle cotisation, il n'est sans doute pas inutile de rappeler que, au-del&#224; du syst&#232;me paritaire h&#233;rit&#233; de l'apr&#232;s-guerre, elle fut discr&#232;tement mise en &#339;uvre en 2010 par&#8230; M. Nicolas Sarkozy pour remplacer la d&#233;funte taxe professionnelle. Ce pr&#233;l&#232;vement, baptis&#233; cotisation sur la valeur ajout&#233;e des entreprises (CVAE), s'applique actuellement aux soci&#233;t&#233;s &#224; un taux variant entre 0,5 % et 1,5 % en fonction du chiffre d'affaires. Son produit, allou&#233; au financement des investissements locaux (routes, ponts), a d&#233;pass&#233; les 15 milliards d'euros en 2013, mais il ne fait pas l'objet d'une gestion paritaire et fonctionne comme un imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;renciation radicale entre presse d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et presse de divertissement, cr&#233;ation au b&#233;n&#233;fice de la premi&#232;re d'un service mutualis&#233; d'infrastructures, financement par une cotisation information : ces piliers reposent sur des principes juridiques et des outils fiscaux qui existent. Ils esquissent un syst&#232;me capable de conjuguer qualit&#233; et p&#233;rennit&#233;, adapt&#233; aussi bien &#224; l'imprim&#233; qu'au num&#233;rique, potentiellement extensible &#224; l'audiovisuel ainsi qu'aux plates-formes de diffusion vid&#233;o num&#233;rique. Ils limitent l'appropriation priv&#233;e des moyens &#233;crits d'information d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral sans pour autant en transf&#233;rer le contr&#244;le &#224; l'&#201;tat : les entreprises de presse demeurent dans leur diversit&#233; mais avec un statut non lucratif, un p&#233;rim&#232;tre salarial restreint aux journalistes, une interdiction de la concentration. L'appropriation priv&#233;e des m&#233;dias &#233;crits telle qu'elle se pratique en France depuis des d&#233;cennies rel&#232;ve d'ailleurs plus de la prestidigitation que du capitalisme d'investisseurs, puisque, tous comptes faits, les sommes vers&#233;es par les industriels pour acheter la presse s'av&#232;rent bien maigres compar&#233;es aux prodigalit&#233;s publiques. MM. Berg&#233;, Niel et Pigasse ont achet&#233; &lt;i&gt;LeMonde&lt;/i&gt; en 2010 pour 60 millions d'euros ; entre 2009 et 2013, l'&#201;tat a vers&#233; 90 millions d'euros &#224; ce groupe (sans compter les aides indirectes). Cette ann&#233;e, M. Drahi a d&#233;bours&#233; 14 millions d'euros pour acqu&#233;rir une moiti&#233; du capital de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; ; mais, rien qu'entre 2012 et 2013, la puissance publique a gratifi&#233; ce quotidien souffreteux de 20 millions d'euros. Si la r&#232;gle du &#171; qui finance contr&#244;le &#187; s'appliquait, l'&#201;tat serait propri&#233;taire d'un tr&#232;s vaste groupe de presse&#8230; Notre mod&#232;le remet l'&#233;conomie &#224; l'endroit : la collectivit&#233; (par la cotisation) et les usagers (par l'achat) financent les infrastructures communes et jouissent de la concurrence des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre concr&#232;te de l'&#233;difice soul&#232;ve &#224; l'&#233;vidence quantit&#233; d'objections. Comment, par exemple, distinguer sans ambigu&#239;t&#233; les publications vou&#233;es &#224; l'information des titres r&#233;cr&#233;atifs ? Si le renoncement obligatoire &#224; toute forme de publicit&#233; op&#232;re un tri, des zones floues persistent. En outre, les modalit&#233;s de s&#233;paration s'av&#232;rent d&#233;licates : nombre de groupes produisent &#224; la fois une presse informative et une presse r&#233;cr&#233;ative, les deux disposant de services communs. La cr&#233;ation du Service, l'abolition des aides publiques, la non-lucrativit&#233; et la d&#233;concentration inciteraient probablement les industriels &#224; se s&#233;parer de l'information pour se recentrer sur le secteur r&#233;cr&#233;atif et sp&#233;cialis&#233;, lequel b&#233;n&#233;ficierait du transfert de la publicit&#233; bannie des titres d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (plus de 1,4 milliard d'euros en 2013 pour la seule cat&#233;gorie presse d'information politique et g&#233;n&#233;rale, une somme largement suffisante pour compenser la suppression des aides d'&#201;tat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui dirigerait le Service, cet organisme mutualiste comptant &#224; la fois plusieurs milliers de salari&#233;s et une grande vari&#233;t&#233; de m&#233;tiers ? Un mode de gestion paritaire, tel qu'il fut exp&#233;riment&#233; au sein des caisses de S&#233;curit&#233; sociale entre 1945 et 1960, d&#233;coule assez logiquement du mode de financement par la cotisation. Des repr&#233;sentants &#233;lus des diverses branches du Service, mais aussi des &#233;diteurs, des journalistes, des lecteurs d&#233;finiraient ensemble les besoins &#224; satisfaire, les orientations &#224; prendre, les investissements &#224; r&#233;aliser. Mais comment &#233;viter la bureaucratisation, comment engendrer une dynamique commune &#224; des m&#233;tiers h&#233;ritiers de traditions fortes mais &#233;clat&#233;es ? Arbitrer les conflits et r&#233;guler l'allocation des moyens du Service aux publications requiert des instances reconnues par tous comme l&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le propos&#233; ici laisse plus de trois points en suspension&#8230; Nul ne peut pr&#233;tendre isoler herm&#233;tiquement un secteur des pesanteurs du r&#233;gime &#233;conomique et des pouvoirs publics, comme l'&#233;prouvent quotidiennement les personnels d'enseignement, de sant&#233; ou de recherche. Il serait toutefois na&#239;f d'attendre qu'un bouleversement social propage ses ondes de choc jusqu'aux industries de la communication pour b&#226;tir un mod&#232;le d'information rationnel et d&#233;sirable. D'autant que, par leur fonctionnement actuel, les m&#233;dias font obstacle au changement. Notre esquisse l&#232;ve cet obstacle et propose une application sectorielle, en attendant mieux, d'une &#233;conomie mutualis&#233;e. Avec l'espoir de d&#233;mentir enfin l'&#233;crivain autrichien Robert Musil, qui d&#233;plorait il y a d&#233;j&#224; pr&#232;s d'un si&#232;cle : &lt;i&gt;&#171; Les journaux ne sont pas ce qu'ils pourraient &#234;tre &#224; la satisfaction g&#233;n&#233;rale, les laboratoires et les stations d'essai de l'esprit, mais, le plus souvent, des bourses et des magasins&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Musil, L'Homme sans qualit&#233;s, tome 1, Points, Paris, 2011 (1re &#233;d. : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Pierre Rimbert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rectificatif : en ce qui concerne &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;, si l'&#233;dition quotidienne sur papier a effectivement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, une &#233;dition num&#233;rique reste publi&#233;e chaque jour, ainsi qu'une &#233;dition sur papier chaque semaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette th&#232;se convenue est d&#233;fendue notamment par l'historien Patrick Eveno. &lt;i&gt;Cf. Histoire du journal&lt;/i&gt; Le Monde. &lt;i&gt;1944-2004,&lt;/i&gt; Albin Michel, Paris, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen, article 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;claration universelle des droits de l'homme, article 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire S&#233;bastien Fontenelle, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2014/11/FONTENELLE/50945&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aides &#224; la presse, un scandale qui dure&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique,&lt;/i&gt; novembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/05/RIMBERT/14730&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Soci&#233;t&#233;s de r&#233;dacteurs, un r&#234;ve de journaliste&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique,&lt;/i&gt; mai 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2012/02/FRIOT/47384&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La cotisation, levier d'&#233;mancipation&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique,&lt;/i&gt; f&#233;vrier 2012. &lt;i&gt;Cf.&lt;/i&gt; aussi &lt;i&gt;Puissances du salariat,&lt;/i&gt; nouvelle &#233;dition augment&#233;e, La Dispute, Paris, 2012, et &lt;i&gt;Emanciper le travail. Entretiens avec Patrick Zech,&lt;/i&gt; La Dispute, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Musil, &lt;i&gt;L'Homme sans qualit&#233;s,&lt;/i&gt; tome 1, Points, Paris, 2011 (1re &#233;d. : 1930).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Loi de modernisation du secteur de la presse : petits et grands m&#233;faits du &#171; pragmatisme &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Loi-de-modernisation-du-secteur-de-la-presse-petits-et-grands-mefaits-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Loi-de-modernisation-du-secteur-de-la-presse-petits-et-grands-mefaits-du</guid>
		<dc:date>2015-02-17T12:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Distribution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une loi fourre-tout qui m&#234;le le pire et l'insuffisant.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ni immobilisme, ni grand soir mais pragmatisme pour accompagner la modernisation de la presse &#187;&lt;/i&gt;, peut-on lire dans l'expos&#233; de la proposition de loi de modernisation du secteur de la presse telle qu'elle a &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion2224.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;enregistr&#233;e &#224; la Pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e nationale le 17 septembre 2014&lt;/a&gt;. Au nom du &#171; pragmatisme &#187;, une loi fourre-tout qui m&#234;le le pire et l'insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; nous &#233;crivons elle a &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.senat.fr/espace_presse/actualites/201501/une_proposition_de_loi_pour_moderniser_le_secteur_de_la_presse.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;amend&#233;e et adopt&#233;e par le S&#233;nat le 5 f&#233;vrier 2015&lt;/a&gt;. Elle doit &#234;tre examin&#233;e par la &#171; commission mixte paritaire &#187; ; cet article sera peut-&#234;tre modifi&#233; en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pragmatisme (1) : sur l'AFP (articles 11 &#224; 13)
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Indubitablement, c'est sur l'AFP que le pragmatisme du pire menace de provoquer les pires ravages : c'est pourquoi nous y reviendrons dans un article distinct.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pragmatisme (2) : sur la distribution de la presse (articles 1 &#224; 10)
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion2224.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L' &#171; expos&#233; des motifs &#187; de la proposition d&#233;pos&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e Nationale&lt;/a&gt; est apparemment sans appel :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le secteur de la distribution de la presse papier est le premier fragilis&#233; par le recul de la vente au num&#233;ro. Le syst&#232;me coop&#233;ratif de distribution de la presse, qui assure la diffusion au num&#233;ro, est un pilier fondamental de l'information pluraliste dans notre pays. Il conna&#238;t aujourd'hui, &#224; tous ses niveaux, une crise de structure qui fragilise les messageries, les d&#233;positaires et les diffuseurs et, partant, la capacit&#233; de nos concitoyens &#224; acc&#233;der facilement, sur l'ensemble du territoire, &#224; l'ensemble de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale soci&#233;t&#233; coop&#233;rative de presse, Presstalis, est engag&#233;e dans une restructuration d'ampleur indispensable &#224; sa p&#233;rennit&#233;. Les d&#233;positaires se r&#233;organisent &#233;galement, dans des conditions souvent complexes. Enfin, les diffuseurs voient leur activit&#233; fragilis&#233;e, d'o&#249; la fermeture de nombreux points de vente : leur nombre en France est ainsi pass&#233; de 29 749 fin 2008 &#224; 26 816 &#224; fin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et le m&#234;me expos&#233; des motifs rappelle les &lt;i&gt;&#171; acquis de la &#034;loi Bichet&#034; &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;&#171; principe de libre diffusion des titres, &#233;galit&#233; de traitement, caract&#232;re coop&#233;ratif &#187;&lt;/i&gt;) et se pr&#233;vaut de leur respect pour proposer des &lt;i&gt;&#171; &#233;volutions &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour ne pas avoir &#224; supporter les cons&#233;quences du principe de solidarit&#233;, nombre de publications parmi les plus profitables et les mieux aid&#233;es sont diffus&#233;e par les Messageries lyonnaises de presse (MLP). Dans le m&#234;me temps, l'&#201;tat a consacr&#233; des sommes faramineuses pour &#233;viter l'effondrement de Presstalis (ex-NMPP) qui assume, entre autres, toutes les cons&#233;quences du principe de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ouvrait alors un choix qui aurait r&#233;clam&#233; un peu moins de &#171; pragmatisme &#187; : ou bien pr&#233;parer la fusion des MLP et de Presstalis, ou bien exclure des aides &#224; la presse les publications qui se soustraient &#224; la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi opte pour un bricolage d'obligations et de r&#233;formettes bureaucratiques dont on s'&#233;pargnera, dans cet article, d'analyser les d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pragmatisme (3) : sur le statut d'entreprise citoyenne de presse d'information (article 14)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'article 14 de la loi pr&#233;voit qu'une &lt;i&gt;&#171; entreprise &#233;ditant une ou plusieurs publications de presse ou services de presse en ligne peut adopter le statut d'entreprise citoyenne de presse d'information &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce statut a toutes les apparences du statut d'entreprise de presse &#224; but non lucratif &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2291.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;que nous revendiquons de longue date&lt;/a&gt;. Mais&#8230; Mais il y a plusieurs &#171; mais &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une premi&#232;re condition est mise &#224; l'adoption de ce statut : &lt;i&gt;&#171; L'objet social d'une entreprise citoyenne de presse d'information est d'&#233;diter une ou plusieurs publications de presse ou services de presse en ligne consacr&#233;s pour une large part &#224; l'information politique et g&#233;n&#233;rale au sens de l'article 39 bis A du code g&#233;n&#233;ral des imp&#244;ts &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce timide pas en avant, la loi s'en tient &#224; une d&#233;finition &#224; la fois restrictive et floue de &lt;i&gt;&#171; l'information politique et g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;/i&gt; qu'un peu de &#171; pragmatisme &#187; suppl&#233;mentaire aurait d&#251;, ou bien &#233;largir &#224; toutes le formes de presse (tant il est invraisemblable que des m&#233;dias lucratif renoncent &#224; redistribuer des profits sous forme de dividendes), ou bien pr&#233;ciser (pour inclure &#224; la fois la presse associative et la presse th&#233;matique d'information citoyenne) le code g&#233;n&#233;ral des imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple en adoptant un amendement s'inspirant de la proposition du Spiil : &lt;i&gt;&#171; Sont consid&#233;r&#233;s comme relevant de l'information politique et citoyenne les publications imprim&#233;es et services en ligne qui ont pour objet principal d'apporter sur l'actualit&#233; politique et citoyenne (socio-&#233;conomique, soci&#233;tale, culturelle, scientifique ou professionnelle) des informations et des commentaires tendant &#224; enrichir le savoir des citoyens, et par l&#224; m&#234;me &#224; &#233;clairer leur jugement &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, ce statut devrait exclure les entreprises de presse appartenant &#224; des groupes multim&#233;dias priv&#233;s et inclure explicitement la presse &#233;dit&#233;e par des associations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la reconnaissance de ce statut devrait &#234;tre assortie d'une r&#233;orientation des aides &#224; la presse privil&#233;giant la presse sans but lucratif. Mais ce serait sans doute beaucoup trop demander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La deuxi&#232;me condition n'est pas moins approximative. Elle indique : &lt;i&gt;&#171; Pour la gestion de l'entreprise citoyenne de presse d'information, une fraction au moins &#233;gale &#224; 20 % des b&#233;n&#233;fices de l'exercice, est affect&#233;e &#224; la constitution d'une r&#233;serve statutaire obligatoire consacr&#233;e au maintien ou au d&#233;veloppement de l'activit&#233; de l'entreprise et une fraction au moins &#233;gale &#224; 50 % des b&#233;n&#233;fices de l'exercice est affect&#233;e au report b&#233;n&#233;ficiaire et &#224; la r&#233;serve obligatoire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange arithm&#233;tique qui n'indique pas explicitement que les b&#233;n&#233;fices ne peuvent en aucun cas &#234;tre distribu&#233;s aux propri&#233;taires et actionnaires sous forme de dividendes !&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pragmatisme (4) : sur l'&#171; amendement Charb &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un article 15 bis pr&#233;voit une &lt;i&gt;&#171; une r&#233;duction d'imp&#244;t sur le revenu &#233;gale &#224; 30 % des versements effectu&#233;s jusqu'au 31 d&#233;cembre 2018 au titre de souscriptions en num&#233;raire r&#233;alis&#233;es au capital de soci&#233;t&#233;s soumises &#224; l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s dans les conditions de droit commun et d&#233;finies au I de l'article 39 bis A. &#187;&lt;/i&gt; Autrement dit, aux entreprises &#224; but lucratif. Mais aussi une r&#233;duction d'imp&#244;t port&#233;e &#224; &lt;i&gt;&#171; 50 % lorsque la soci&#233;t&#233; b&#233;n&#233;ficiaire de la souscription a le statut d'entreprise solidaire de presse d'information au sens de l'article 2-1 de la loi n&#176; 86-897 du 1er ao&#251;t 1986 portant r&#233;forme du r&#233;gime juridique de la presse. &#187;&lt;/i&gt; Le flou, pas tr&#232;s artistique, qui entoure l'article du Code des imp&#244;ts discut&#233; ci-dessus entoure donc &#233;galement cette pr&#233;cision. Mais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un amendement &#8211; dit &#171; amendement Charb &#187;, puisqu'il s'inspire d'une disposition qu'il avait lui-m&#234;me propos&#233;e &#8211; &#233;t&#233; adopt&#233; par le S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci modifie &lt;a href=&#034;http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000018619914&amp;cidTexte=LEGITEXT000006069577&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'article 200 du Code g&#233;n&#233;ral des imp&#244;ts&lt;/a&gt; qui d&#233;taille quels sont les destinataires de dons et versements qui &lt;i&gt;&#171; ouvrent droit &#224; une r&#233;duction d'imp&#244;t sur le revenu &#233;gale &#224; 66 % de leur montant les sommes prises dans la limite de 20 % du revenu imposable &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la liste jusqu'alors en vigueur, il ajoute les dons et versements effectu&#233;s par les contribuables au profit &lt;i&gt;&#171; d'associations exer&#231;ant des actions concr&#232;tes en faveur du pluralisme de la presse, par la prise de participations minoritaires, l'octroi de subventions ou encore de pr&#234;ts bonifi&#233;s &#224; des entreprises de presse au sens de l'article de l'article 39 bis A &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel qu'il est r&#233;dig&#233; (si nous le comprenons bien, ce qui n'est pas certain), l'amendement laisse dans l'ombre l'identit&#233; des associations b&#233;n&#233;ficiaires qui semblent n'&#234;tre d&#233;finies que par une liste particuli&#232;re et limitative d'&lt;i&gt;&#171; actions concr&#232;tes en faveur du pluralisme &#187;&lt;/i&gt; (participations minoritaires, octroi de subventions, pr&#234;ts bonifi&#233;s). Dans tous les cas les dons et versements &lt;i&gt;directement&lt;/i&gt; effectu&#233;s en faveur de m&#233;dias associatifs semblent exclus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, on comprend mal si ces actions concernent ou non exclusivement les &lt;i&gt;&#171; entreprises de presse au sens de l'article de l'article 39 bis A &#187;&lt;/i&gt;. Or l'article 39 bis A mentionne exclusivement &lt;i&gt;&#171; les entreprises exploitant soit un journal quotidien, soit une publication de p&#233;riodicit&#233; au maximum mensuelle consacr&#233;e pour une large part &#224; l'information politique et g&#233;n&#233;rale, soit un service de presse en ligne reconnu &#187;&lt;/i&gt;. Ainsi, non seulement la d&#233;finition restrictive et floue de &lt;i&gt;&#171; l'information politique et g&#233;n&#233;rale &#187;&lt;/i&gt; est reconduite (voir plus haut), mais la p&#233;riodicit&#233; exig&#233;e est encore plus restrictive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence dans tous les cas : en l'absence de pr&#233;cisions &#224; la fois sur leur statut et sur la nature sp&#233;cifique des dons et versements dont ils pourraient b&#233;n&#233;ficier, la plupart des m&#233;dias associatifs sont (ou menacent d'&#234;tre) exclus du b&#233;n&#233;fice de cet amendement.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est peu probable que les dispositions les plus inacceptables soient annul&#233;es et que les insuffisances les plus notables soient toutes compens&#233;es. Mais peut-&#234;tre n'est-il pas trop tard pour que les m&#233;dias associatifs ne soient pas &#224; ce point n&#233;glig&#233;s. Qui peut penser en effet qu'un &#171; service public de l'information et de la culture &#187;, tel que nous le proposons, puisse exister sans leur essentielle contribution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tribune : soutenir les kiosquiers</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Tribune-soutenir-les-kiosquiers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Tribune-soutenir-les-kiosquiers</guid>
		<dc:date>2015-02-09T12:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Danielle Simonnet</dc:creator>


		<dc:subject>Distribution</dc:subject>
		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; La libert&#233; de la presse est &#233;troitement li&#233;e aux conditions de sa distribution &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; un texte et une vid&#233;o mis en ligne le 14 janvier, &lt;a href=&#034;http://www.daniellesimonnet.fr/suis-charlie-soutiens-les-kiosquiers-en-video/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son blog&lt;/a&gt;, par Danielle Simonnet, &#233;lue du Parti de Gauche (PG) au Conseil de Paris. Une initiative salutaire qui attire l'attention sur &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3952.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le m&#233;tier difficile et m&#233;connu de kiosquier&lt;/a&gt; et qui n'implique - faut-il le souligner ? - aucun soutien g&#233;n&#233;ral de notre part au Parti de Gauche (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce matin, nombreux &#233;taient celles et ceux qui faisaient la queue devant leur kiosque &#224; journaux pour tenter d'acheter &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, apr&#232;s avoir manifest&#233; massivement dimanche pour exprimer leur attachement &#224; la libert&#233; d'expression, la libert&#233; de conscience et la libert&#233; de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le moment de prendre aussi conscience que cette libert&#233; de la presse est &#233;troitement li&#233;e aux conditions de sa distribution. Au bout de la chaine, les travailleurs ind&#233;pendants que sont les kiosquiers, gagnent &#224; peine 3&#8364;/heure en travaillant 6 jours/7 et pr&#232;s de 12h par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a aucune fatalit&#233; &#224; cela. Les kiosques sont g&#233;r&#233;s par M&#233;diakiosk, une filiale de JC Decaux dans le cadre d'une d&#233;l&#233;gation de service public avec la Ville de Paris. M&#233;diakiosk encaisse &#233;galement les recettes publicitaires des kiosques via une convention d'occupation du domaine public contract&#233;e avec la Ville. Ces deux contrats arrivent &#224; &#233;ch&#233;ance en d&#233;cembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc possible et n&#233;cessaire de repenser un autre mod&#232;le permettant aux kiosquiers de gagner au moins le SMIC horaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que les kiosquiers expriment dans cette vid&#233;o &#224; l'occasion de la &#171; f&#234;te annuelle &#187; des kiosquiers c&#233;l&#233;br&#233;e en grande pompe par Mediakiosk et la Ville de Paris :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;480&#034; height=&#034;270&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/Uoe9goQ0pVw&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas n&#233;cessairement toutes les positions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kiosquier, un m&#233;tier &#224; crever - Rencontre avec Pascal Cl&#233;ment</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Kiosquier-un-metier-a-crever-Rencontre-avec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Kiosquier-un-metier-a-crever-Rencontre-avec</guid>
		<dc:date>2012-12-06T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Distribution</dc:subject>
		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un entretien paru dans &lt;i&gt;L'Impossible&lt;/i&gt;, n&#176;4, juin 2012.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, avec l'autorisation de la r&#233;daction, un entretien paru dans &lt;i&gt;L'Impossible&lt;/i&gt; n&#176;4, de juin 2012, et &lt;a href=&#034;http://www.limpossible.fr/actualite/kiosquier-un-m&#233;tier-&#224;-crever-rencontre-avec-pascal-cl&#233;ment&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;reproduit sur le site de ce mensuel&lt;/a&gt; dont on lira le manifeste en &#171; Annexe &#187;. (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est Pascal Cl&#233;ment qui nous a appel&#233;s. Il voulait nous donner son avis sur le journal. Il voulait nous aider, il se souvenait de L'Autre Journal, il n'aimait pas la couverture du num&#233;ro 2 de L'Impossible, il trouvait le journal trop intello.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son kiosque est sur la place Gambetta &#224; Paris, le plus grand kiosque, de l'autre c&#244;t&#233;, celui de son ami Youssef, menac&#233;. Il nous a invit&#233;s chez lui, loin de Paris, pour parler. Dans la voiture aussit&#244;t il a racont&#233; les histoires de ceux qui ne pouvaient plus payer, des kiosques contraints de fermer, des histoires ordinaires, quotidiennes, qui naissent de la crise bien s&#251;r, mais aussi d'un syst&#232;me &#224; la fois opaque et impitoyable.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASCAL CL&#201;MENT &#8212; J'adore les magazines, je trouve &#231;a formidable. Mais je trouve qu'il y a beaucoup trop de merdes. 60 % de merdes. On ne peut plus pr&#233;senter les titres. Quand j'ai commenc&#233;, il y avait 400, 500 titres. &#199;a s'est multipli&#233; parce que les journaux, &#231;a rapporte aux &#233;diteurs. Si tu arrives &#224; passer dans ton journal une bonne pub, qui te rapporte, ton journal est pratiquement pay&#233; avant de sortir. D'ailleurs, les magazines disent qu'ils s'en foutent de vendre, ils sont pay&#233;s avant de sortir : la vente, c'est du surplus. Le fait de cr&#233;er, &#231;a te rapporte de l'argent. Les annonceurs, ce qu'ils regardent, c'est le tirage. Ce n'est pas les ventes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse s'est d&#233;truite toute seule : les gratuits, Internet, etc. Pourtant, mon appartement, c'est gr&#226;ce &#224; la presse que je l'ai pay&#233;. Gr&#226;ce &#224; mon travail. J'ai commenc&#233; il y a trente-six ans, un peu par hasard. Un ami de mon oncle &#233;tait kiosquier, et moi je voulais travailler dans la presse. C'est lui qui m'a appris le m&#233;tier. Je me levais &#224; 5 heures, j'apprenais le m&#233;tier, et parall&#232;lement j'avais un autre m&#233;tier. J'ai fait &#231;a pendant six ou sept mois. Apprendre le m&#233;tier, &#231;a veut dire apprendre toute l'organisation. Tous les matins, tu re&#231;ois de la marchandise. Tu &#171; d&#233;potes &#187; : tu prends le papier, tu coches les bordereaux, tu v&#233;rifies qu'il n'y a pas d'erreur. Titre par titre, paquet par paquet. Maintenant, &#231;a me prend environ trois quarts d'heure. Je suis encore l'un des rares &#224; me lever &#224; 4 heures du matin tous les jours : je veux que tout soit pr&#234;t avant que les clients arrivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand probl&#232;me des kiosquiers, ce sont les invendus. Il y a 1 500 titres en kiosque, et l&#224;-dessus, plus de la moiti&#233; d'invendus. C'est honteux. Et la raison en est tr&#232;s simple : n'importe qui peut d&#233;cider de sortir n'importe quel torchon, et Presstalis ou les MLP (Messageries lyonnaises de presse) sont oblig&#233;s de le diffuser. Moi, ces torchons qui ne se vendront pas, je les re&#231;ois quand m&#234;me, et j'en re&#231;ois autant que le d&#233;sire l'&#233;diteur, car ce sont les &#233;diteurs qui fixent la quantit&#233; de journaux qu'ils veulent d&#233;poser dans les kiosques. L'&#233;diteur est malin : il donne une quantit&#233; &#233;norme. Parce que c'est int&#233;ressant pour lui : s'il y a un peu de publicit&#233; dedans, il app&#226;te l'annonceur avec son tirage. Il ne dit pas les ventes, il dit le tirage. Tous les jours, il y a un nouveau journal qui para&#238;t. Sur 360 jours ouvr&#233;s. M&#234;me le dimanche, o&#249; je ne travaille pas, il y a des num&#233;ros 1 qui sortent. Par exemple l&#224;, il y a un num&#233;ro 1 qui vient de sortir, on m'en a fil&#233; 40 exemplaires. C'est du papier journal, il y a trois feuilles. 4,90 euros. Je l'ai expos&#233;, pour voir. Personne n'en veut. Mais ces exemplaires, je les ai pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#201;ATRICE LECA &#8212; On paye les journaux qu'on re&#231;oit en avance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PASCAL CL&#201;MENT &#8212; Il y a plusieurs syst&#232;mes. Moi, je suis le premier &#224; Paris &#224; avoir demand&#233; &#224; payer comptant. On s'est foutu de moi : ouais, tu avances le pognon&#8230; Mais tout le monde maintenant veut payer comptant. C'est la seule fa&#231;on de savoir o&#249; on en est, car le syst&#232;me habituel, qui est une sorte de syst&#232;me de cr&#233;dit, plante la plupart des kiosquiers. Presque tous les titres sont maintenant en RD, c'est-&#224;-dire en rel&#232;ve diff&#233;r&#233;e. Cela signifie que tu payes les journaux apr&#232;s r&#233;ception : &#224; la fin d'une semaine, tu payes une partie des semaines pr&#233;c&#233;dentes. Alors imagine : tu payes ta semaine. Ah voil&#224;, j'ai pay&#233;. Mais admettons que tu partes en vacances : tu as trois, quatre semaines de d&#233;bits diff&#233;r&#233;s &#224; payer ! Les gars arrivent de retour de vacances avec des sommes astronomiques &#224; r&#233;gler. Quelqu'un qui paye disons 2 000 euros par semaine de factures, il en paie 8 000 en rentrant de vacances. Parce que durant les quatre semaines o&#249; il &#233;tait en vacances, les d&#233;bits diff&#233;r&#233;s se sont accumul&#233;s. Alors il y en a plein qui sont pris &#224; la gorge au retour des vacances. &#192; chaque retour de vacances, il y en a qui coulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Que se passe-t-il pour les kiosquiers qui ne peuvent pas payer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; On leur &#171; coupe le papier &#187;. Mais la succursale de Presstalis, la SPPS (Soci&#233;t&#233; de presse parisienne de service) a trouv&#233; un truc vraiment formidable, un truc bien d&#233;gueulasse : ils proposent au gars qui ne peut plus payer un &#233;ch&#233;ancier. Un &#233;ch&#233;ancier &#224; 5 %. Donc le gars emprunte. Il ne gagne d&#233;j&#224; que 10 % net mais l&#224; on lui fait 5 % de frais d'&#233;ch&#233;ancier ! C'est-&#224;-dire on l'enfonce encore plus. C'est le syst&#232;me des agios &#224; la banque. Tu dois de l'argent, et on te fait payer encore plus cher. C'est ce syst&#232;me de &lt;i&gt;revolving&lt;/i&gt; qui ne va pas. Plus tu as de dettes, plus tu es tax&#233;. Pour tenir, il faut &#234;tre hyperorganis&#233;. Moi par exemple, j'ai une caisse diff&#233;rente par activit&#233; : une caisse pour les bonbons, une caisse pour les cartes parcm&#232;tres, et la caisse presse. Je me retire 10 % sur ces caisses tous les soirs, et le reste, je consid&#232;re que &#231;a ne m'appartient pas. L'argent est en banque. Je suis copain avec le type qui a le kiosque en face du mien place Gambetta, Youssef. Il a un petit kiosque, on appelle &#231;a un &#171; cercueil debout &#187;, &#231;a fait un m&#232;tre sur un m&#232;tre. Le gars, il travaille tr&#232;s bien. C'est un type formidable. Pour 6 000 euros de dettes, ils voulaient lui couper le papier ! Il n'avait pas pay&#233;, il &#233;tait un peu en retard. Je lui ai dit : &#171; T'en fais pas, si on te coupe le papier, je ferme mon kiosque avec toi. &#187; Et si mon kiosque est ferm&#233;, &#231;a les emmerde s&#233;rieusement, parce qu'il para&#238;t que mon kiosque est le meilleur chiffre d'affaires du XXe arrondissement. Alors, par solidarit&#233; avec mon copain, je ne paye plus la SPPS en ce moment. L&#224;, en deux semaines, je leur dois 11 000 euros. Je les ai d&#233;j&#224; bloqu&#233;s jusqu'&#224; 94 000 euros. Mais pourquoi, &#224; moi, on ne me coupe pas le papier &#224; 94 000, alors que lui, on lui coupe le papier &#224; 6 000 ? Parce qu'ils ont peur de moi ? Ils savent que j'ai une grande gueule ? C'est normal d'&#234;tre solidaire. Moi, c'est pas mon temp&#233;rament d'&#234;tre pognon-pognon. S'il a besoin de papier, je lui en passe, si j'en ai besoin, il m'en passe. L'autre soir, je n'avais plus&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt;, il m'a d&#233;pann&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Quand vous refusez de payer la SPPS, vous n'&#234;tes pas p&#233;nalis&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; Non. Ils ne me font rien. Mais attention : l'argent est bloqu&#233;, il est sur mon compte. C'est pour &#231;a que je conseille aux kiosquiers de ne pas se laisser berner par l'argent dans leur caisse, qui est en fait l'argent des RD (d&#233;bits diff&#233;r&#233;s), de ne prendre que 10 % dans leur caisse, et de consid&#233;rer que le reste ne leur appartient pas. C'est l'argent des &#233;diteurs : ce n'est pas notre argent. SPPS, je ne critique pas les gars. Je critique le syst&#232;me. Ils vont virer encore 1 000 personnes, sur les 2 500 qui restent. Les NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne), au d&#233;part, il n'y avait pas d'argent. &#199;a a commenc&#233; &#224; but non lucratif. Les employ&#233;s se partageaient les b&#233;n&#233;fices. Maintenant, je ne leur en veux pas individuellement : quand on divise le nombre de postes par quatre, on ne peut pas faire son travail correctement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Il y a plus de personnel aux MLP ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; Non, il y en a moins, mais pay&#233; normalement. Nous, on est clients, et on est respect&#233;s en tant que clients. On peut parler. Si on ne vend pas un titre, ils en tiennent compte. Si on veut les appeler, on a quelqu'un au bout du fil. Tandis que la SPPS, si je veux les appeler, tu vas voir : jamais ils ne d&#233;crochent. On peut les avoir, si on a de la chance, &#224; 5 heures et demie du matin. Ils disent : t&#233;l&#233;phonez quand vous avez un probl&#232;me. Mais on peut passer quatre jours &#224; leur t&#233;l&#233;phoner, ils ne d&#233;crochent pas. Ils ne veulent pas. Ils ont trop de travail. Et ils ont des payes &#171; &#224; descente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Il y a un syndicat des kiosquiers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; Oui, il y a deux syndicats, dont la CGT, qui vient de couler. Mais ils ne peuvent pas faire changer les choses, il n'ont pas les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Vous voudriez obtenir quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; Toujours la m&#234;me chose. Moi, jamais tu ne m'entendras parler de r&#233;mun&#233;ration. On est les plus mal pay&#233;s d'Europe, mais je ne parle pas de &#231;a. Nous, ce qu'on veut, c'est choisir nos quantit&#233;s. C'est notre seul probl&#232;me. Moi, j'en ai marre d'avoir tellement de journaux de gosses&#8230; La loi Bichet de 1947 dit que nous achetons le papier, mais qu'il ne nous appartient pas. Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'&#224; chaque fois que tu rends du papier avec un peu de retard, c'est-&#224;-dire si tu d&#233;passes le d&#233;lai d'un mois et cinq jours, le papier t'appartient ! On doit le payer de notre poche ! Je perds minimum par mois 40 &#224; 50 euros &#224; cause des oublis. Et je fais tr&#232;s attention ! Mais il y en a qui perdent 40 &#224; 50 euros par semaine. On oublie : tu prends un paquet, un client arrive, tu poses ton paquet l&#224;, un autre client arrive&#8230; Il y a tellement de journaux. Je perds parfois des paquets entiers comme &#231;a. &#199;a para&#238;t con. On a tellement de papier, c'est bourr&#233; jusqu'au plafond. Et des fois il y en a qui tombent derri&#232;re, hier j'en ai retrouv&#233; quatre qui &#233;taient tomb&#233;s, des revues &#224; 7,90 euros. Si au bout d'un mois et cinq jours je ne les ai pas rendus, on me les facture. C'est pour ma poche. La loi stipule pourtant bien qu'on ach&#232;te le papier, mais qu'il ne nous appartient pas. Pourquoi il nous appartiendrait au bout d'un mois et cinq jours ? Je ne suis pas d'accord. Donc je gueule, comme toujours. Le temps qu'on passe &#224; compter le papier&#8230; Et il faut aussi r&#233;pondre aux clients, parler &#224; la grand-m&#232;re, parler &#224; celui qui n'a pas de travail, et continuer &#224; travailler. Donc on finit &#224; 22 heures, 22 h 30 les invendus. Et le contr&#244;le des invendus&#8230; aux MLP, j'ai maximum trois probl&#232;mes par an avec les invendus. &#192; la SPPS, j'ai minimum deux probl&#232;mes par semaine. L'autre fois, ils m'ont trouv&#233; deux invendus pour un mensuel people. Mais ce mensuel-l&#224;, je n'en re&#231;ois qu'un seul exemplaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Comment la r&#233;partition des journaux est-elle organis&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; On a un bordereau o&#249; les quantit&#233;s re&#231;ues sont indiqu&#233;es, pour ce mois-ci et le mois pr&#233;c&#233;dent. Mais regardez : ce magazine f&#233;minin, j'en ai re&#231;u 9. &#192; 3 euros. Sur 9, j'en ai vendu 1 seul ! Eh bien ce mois-ci, on m'en remet 9 ! Notre exigence est simple : qu'on cesse de nous imposer ces quantit&#233;s de journaux. Pourquoi me redonne-t-on des quantit&#233;s d'exemplaires d'un journal que je ne vends pas ? On n'&#233;coute que l'&#233;diteur : il veut distribuer son papier, alors on nous l'impose. Et en plus, on doit payer d'avance ces exemplaires qu'on ne vend pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Vous touchez combien sur un journal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; On touche 21 % brut, quel que soit le journal. Les charges, c'est 55 %. Je paye environ 3 000 euros de charges par mois. L'emplacement, c'est pas cher. Je paye 150 euros de loyer. Tous les six mois, tu as des listes de kiosques en comp&#233;tition : les gars sont fatigu&#233;s, ou ils partent &#224; la retraite. On n'ach&#232;te pas les kiosques &#224; Paris, on les loue. Tu as une redevance mensuelle, entre 50 et 150 euros. Mais les kiosquiers ne peuvent plus gagner leur vie avec la presse. Les kiosques les plus rentables, ce sont ceux qui vendent des gadgets, des tours Eiffel, des portraits de De Gaulle&#8230; Le gars, il peut se payer une Porsche en un an et demi. Et il est aid&#233;. Les autres, ils vivent avec 1 000, 1 500 euros, en travaillant plus de 12 heures par jour, dehors, en toute saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Il y a des jeunes qui veulent devenir kiosquiers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; Non. Le plus souvent, ceux qui acceptent ce travail, ce sont des &#233;trangers. Ils sont compl&#232;tement exploit&#233;s. On leur fait croire que c'est facile, on ne leur explique rien, on n'explique pas les d&#233;bits diff&#233;r&#233;s, on ne leur dit pas qu'ils vont &#234;tre factur&#233;s des journaux qu'ils n'auront pas rendus au bout d'un mois et cinq jours, on ne leur dit pas la fauche qu'il peut y avoir dans les kiosques, on ne leur dit pas la v&#233;rit&#233;, on n'explique pas les bordereaux, les papiers officiels, etc. Les types, on les enfonce. Et puis apr&#232;s, on leur fait un &#233;ch&#233;ancier, on les emmerde. D&#233;j&#224;, il est presque impossible pour eux de conna&#238;tre le contenu des journaux, s'ils ne peuvent pas lire en fran&#231;ais. Je connais un type, un Vietnamien : il a boss&#233; pour y arriver, il a achet&#233; un caf&#233;-tabac, et crois-moi que le mec, il s'est d&#233;fonc&#233;. Mais il ne conna&#238;t pas les genres des journaux, il ne sait pas o&#249; les classer. Il a un PVC de 150 titres, mais il en a &#224; peine 50. Mais il n'est pas du m&#233;tier, et du coup, il perd du pognon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Des gens du m&#233;tier, il y en aura encore dans cinq ans, dans dix ans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; Non. Toi, tu travaillerais dans un kiosque &#224; journaux ? C'est trop dur. Regarde mes doigts : tous les jours, la peau p&#232;te. Et ce doigt-l&#224;, je n'arrive pas &#224; le soigner. Tu verrais mes pieds, j'ai d&#251; m'acheter des coussins en pharmacie. On ne peut pas s'asseoir : pendant 14 heures, on ne s'assoit pas. Pour gagner quoi ? En ce moment, je dois me faire 150-160 euros par jour. Net. Pour 14 heures de travail. Quand j'ai commenc&#233;, je vivais, j'ai pu me payer mon appartement. Maintenant, je ne pourrais plus me payer un appartement. 150 euros, tu multiplies par 25-26 jours ouvrables, &#224; la fin, &#231;a fait une belle paye, c'est vrai. Tout le monde voudrait bien gagner &#231;a. Ma femme travaille aussi. Donc c'est divis&#233; par deux. C'est vrai aussi que je ne travaille que 3 jours, &#231;a fait 42 heures. Dans l'absolu, on a une belle paye. Mais il y a encore quinze ans, je gagnais la m&#234;me valeur, la m&#234;me somme, et la vie &#233;tait moins ch&#232;re. J'&#233;tais plus riche. Je me suis appauvri. J'ai calcul&#233; qu'en dix ans, je fais 500 euros de vente de moins par jour. Ma femme faisait des samedis &#224; 2 400 euros, elle atteint aujourd'hui &#224; peine 1 200 le samedi. Et c'est la plus grosse journ&#233;e. Heureusement que des fois, je vends 10 ou 12 euros de bonbons, parce que l&#224;-dessus, je gagne environ 8 euros. Oui, on s'appauvrit. Et si moi je m'appauvris, pense aux autres ! Parce que ce n'est pas moi qu'il faut regarder : moi, je pars &#224; la retraite dans un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; La situation est la m&#234;me dans toute la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; Oui. Toute la France. Et encore, nous, on paye un loyer tr&#232;s faible, mais les autres en province avec leurs boutiques, ils ont souvent 700 ou 800 euros de loyer, alors il faut qu'ils en fassent du chiffre ! &#201;videmment ils ont les crayons, les stylos, heureusement pour eux, sinon ils ne pourraient pas s'en sortir ! Non, c'est un m&#233;tier de fou. Personne ne veut faire ce m&#233;tier. Les femmes, c'est tr&#232;s dur. T'as tous les mecs qui viennent. Un exemple : j'ai appris &#224; travailler &#224; plusieurs marchands de journaux. Un jour, j'ai pris deux femmes. Les deux &#233;taient canon. Et quand je dis canon, vraiment : des belles m&#244;mes, une vingtaine d'ann&#233;es. Elles voulaient faire ce m&#233;tier ensemble. Le premier jour, l'une arrive en mini-jupe. Les jambes d'une beaut&#233;&#8230; Je lui ai dis : je veux bien t'apprendre, mais tu viens travailler en pantalon. On est devenus amis, ma femme les adorait. Je leur laissais le kiosque, je les laissais se d&#233;merder. J'ai cette pr&#233;tention : tous les gens &#224; qui j'ai appris le m&#233;tier s'en sont sortis. Tous. Il &#233;taient &#224; l'aise. Je commence par leur expliquer comment on sait compter la monnaie, comment on d&#233;pote, comment on re&#231;oit les paquets, ce qu'il faut faire en premier, si t'as pas compris, on recommence, c'est pas grave, moi je suis pas mieux que les autres, on y va &lt;i&gt;piano piano&lt;/i&gt;. Il faut rester minimum un mois dans le kiosque. La nana, un jour, elle vient en mini-jupe. Putain ! &#171; Bonjour madame, je voudrais la revue l&#224;-haut ! &#187; J'ai jamais vu autant de mecs qui voulaient les revues l&#224;-haut. Pour mater. Ma femme, tous les samedis matin, t'as tous les mecs torch&#233;s qui ont fait la java qui viennent, ils viennent chercher des bouquins de cul, ils la traitent de salope&#8230; C'est une gonzesse : on les traite de tous les noms. Et puis attention, il y a aussi les choses ordinaires auxquelles on ne pense pas. Tu pisses o&#249; toi ? Certains kiosques, le premier caf&#233; est &#224; 300 m&#232;tres, il n'y a rien autour, il n'y a que des bureaux, que du pognon, c'est tout. Ma femme, si elle doit aller aux toilettes, elle doit fermer le kiosque. Elle a eu des probl&#232;mes de sant&#233;, elle passait 14 heures sans aller aux toilettes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BL &#8212; Jamais eu un moment o&#249; vous vous &#234;tes dit j'arr&#234;te ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PC &#8212; Si, bien s&#251;r. Mais j'aime trop. J'aime trop le papier. Ils m'emmerdent tous, mais j'y tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B&#233;atrice Leca&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le site de &lt;a href=&#034;http://www.limpossible.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'impossible&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Manifeste : &lt;a href=&#034;http://www.limpossible.fr/manifeste&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi je cr&#233;e &lt;i&gt;L'Impossible&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, par Michel Butel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 &#8211;&lt;/strong&gt; Parce que des journaux m'ont donn&#233;, d&#232;s mon plus jeune &#226;ge, des informations sur l'&#233;tat du monde. Du monde entier. Sur l'&#233;tat de la soci&#233;t&#233; dans laquelle je vivais. Parce que certains de ces journaux ont fa&#231;onn&#233; mon esprit &#8211; mon esprit critique, parce que certains journalistes dans ces journaux &#8211; ou parfois certains &#233;crivains, certains penseurs, certains artistes, certains intellectuels, certains chercheurs, certains photographes, certains dessinateurs, certains inconnus dans ces journaux, ont boulevers&#233; fugacement ou durablement mon &#233;tat d'esprit. &#192; l'&#233;gal des &#339;uvres d'art ou de pens&#233;e. &#192; l'&#233;gal de certains livres, de certains films, de certains manuels ou trait&#233;s, &#224; l'&#233;gal de certaines pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, &#224; l'&#233;gal de certains films, &#224; l'&#233;gal, parfois, de l'art entre tous &#233;nigmatique &#8211; la musique. Et aussi &#224; l'&#233;gal de certaines rencontres, de certains voyages, &#224; l'&#233;gal de certains amis, &#224; l'&#233;gal de certains enfants, &#224; l'&#233;gal de certains sages, &#224; l'&#233;gal de certaines amours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 &#8211;&lt;/strong&gt; Parce que je veux changer le monde. Je pense qu'on ne peut pas d&#233;cider, pr&#233;m&#233;diter, organiser le changement vrai du monde. Mais on peut changer l'&#233;tat d'esprit de ceux qui habitent ce monde et qui, un jour, si les circonstances le permettent, contribueront au vrai changement du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui, pour &#234;tre vrai, devra &#234;tre inspir&#233; par le souci de justice dans l'ordre de l'organisation des soci&#233;t&#233;s humaines, par le souci de loyaut&#233; dans l'exercice de la pens&#233;e, par le souci de c&#233;l&#233;bration de la beaut&#233; de la vie sur terre dans toutes ses manifestations y compris les plus folles, les moins imaginables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 &#8211;&lt;/strong&gt; Parce que l'information est morte, c'est-&#224;-dire illisible, inaudible, invisible, si elle n'est pas anim&#233;e-ranim&#233;e par les mots, par une langue, par un style, par une pens&#233;e, in&#233;dites. Un journal doit &#234;tre un &#233;v&#233;nement, au sens radical de ce mot, dans la vie de chacun. Il doit troubler. Il doit inqui&#233;ter. Il doit &#233;mouvoir. Il doit transmettre l'&#233;nergie vitale sans quoi nous nous effritons de jour en jour. Ainsi, drogue entre toutes bienfaisante, il cr&#233;era une addiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 &#8211;&lt;/strong&gt; Parce que tout part toujours d'une communaut&#233; qui se forme et qui s'identifie, puis qui, progressivement, forme une autre communaut&#233;, plus vaste qui se forme et qui s'identifie. Qui, elle-m&#234;me, se forme et qui, progressivement (ou soudainement &#8211; qui sait ?) forme une autre communaut&#233;. Ainsi d'une vague, ainsi des vagues, ainsi de la mer (ainsi parfois de la temp&#234;te). Ainsi de la premi&#232;re communaut&#233; de ceux et de celles qui cr&#233;ent ce journal. Ainsi de la communaut&#233; &#224; venir de ses lecteurs : &#224; l'impossible, nous sommes tous tenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejoignez-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Butel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prologue des Etats g&#233;n&#233;raux de la presse : l'ode de Dani&#232;le Giazzi au capitalisme m&#233;diatique</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Prologue-des-Etats-generaux-de-la-presse-l-ode-de-Daniele-Giazzi-au-capitalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Prologue-des-Etats-generaux-de-la-presse-l-ode-de-Daniele-Giazzi-au-capitalisme</guid>
		<dc:date>2008-10-06T06:47:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Concentrations</dc:subject>
		<dc:subject>Distribution</dc:subject>
		<dc:subject>Le num&#233;rique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Intitul&#233; &#171; Les m&#233;dias et le num&#233;rique &#187;, un rapport qui tombe &#224; point nomm&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-et-publicite-" rel="directory"&gt;&#201;conomie des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Concentrations-+" rel="tag"&gt;Concentrations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Distribution-+" rel="tag"&gt;Distribution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-numerique-+" rel="tag"&gt;Le num&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Command&#233; par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique le 26 mai 2008, le rapport de Dani&#232;le Giazzi, secr&#233;taire nationale de l'UMP, - &#171; Les m&#233;dias et le num&#233;rique &#187; - a &#233;t&#233; livr&#233; &#224; son commanditaire le 11 septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de 2 &#171; Principes &#187; (&#171; D&#233;fendre le pluralisme, la qualit&#233; et l'accessibilit&#233; des contenus et de l'information &#187; et &#171; Aider les entreprises fran&#231;aises &#224; relever les d&#233;fis du num&#233;rique et &#224; devenir des champions internationaux &#187;), le rapport Giazzi fixe 8 &#171; Objectifs &#187; et formule 34 &#171; Recommandations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier survol d'un rapport qui a bien m&#233;rit&#233; de certains de ces pr&#233;d&#233;cesseurs : le rapport du tr&#232;s lib&#233;ral Alain Lancelot, les propositions du tr&#232;s lib&#233;ral Institut Montaigne, le rapport du tr&#232;s lib&#233;ral s&#233;nateur de l'UMP Louis de Broissia&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sa carri&#232;re a d'abord &#233;t&#233; celle d'un homme de presse. En 1976, appel&#233; par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; et les d&#233;clarations du tr&#232;s Pr&#233;sident Nicolas Sarkozy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les deux premiers, voir ici m&#234;me : &#171; Les extases lib&#233;rales d'Alain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La conclusion de la &#171; synth&#232;se &#187; pr&#233;tend que tout est li&#233;, mais une exigence domine toutes les autres : &lt;i&gt;&#171; Il y a donc urgence &#224; faire sauter les verrous qui emp&#234;chent de grands groupes de m&#233;dias fran&#231;ais &#224; devenir de grands groupes plurim&#233;dias mondiaux, entra&#238;nant avec eux tout le secteur des industries culturelles. &#187;&lt;/i&gt;. Et puisque tout le reste en d&#233;pendrait, c'est par l&#224; qu'il convient de commencer.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. Pr&#233;ambule et conclusion : Favoriser les concentrations capitalistes&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est apparemment l'objet du seul &#171; Objectif 6 &#187; (&#171; &lt;i&gt;Permettre la constitution de groupes de taille internationale &#187;&lt;/i&gt; et des 4 &#171; Recommandations &#187; (23 &#224; 26) qui permettraient de l'atteindre. Il suffit de les citer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Autoriser un groupe de m&#233;dias &#224; poss&#233;der une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision, une radio et un quotidien de dimension internationale. &lt;/i&gt;Autrement dit &#171; abolir &#187; la r&#232;gle dites des &#171; deux sur trois &#187; qui interdit &#224; un m&#234;me groupe de poss&#233;der simultan&#233;ment un grand quotidien national, une grande radio nationale et une grande t&#233;l&#233;vision nationale. Cette r&#232;gle, selon le rapport, constitue un &lt;i&gt;&#171; handicap &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Relever le seuil d'audience maximale pour un m&#233;dia radio&lt;/i&gt; &#187; afin &lt;i&gt;&#171; d'augmenter les march&#233;s potentiels des radios nationales, tout en veillant &#224; respecter le pluralisme des antennes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#171; Asseoir les limites &#224; la concentration de la t&#233;l&#233;vision sur une audience r&#233;elle &#224; d&#233;finir plut&#244;t que sur le nombre de cha&#238;nes &#187;. &lt;/i&gt;Autrement dit, ne pr&#233;voir d'autre limite &#224; la concentration qu'un plafond d'audience qui (cette fois on ne l'oublie pas&#8230;) concernerait &#233;galement la t&#233;l&#233;vision publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Supprimer les seuils de d&#233;tention capitalistique (49%, 15%, 5%). &lt;/i&gt;Avec cette d&#233;licieuse pr&#233;cision :&lt;i&gt; &#171; La garantie du pluralisme, qui est d&#233;j&#224; confort&#233;e par la protection de la concurrence nous semble devoir &#234;tre recherch&#233;e par d'autres voies et notamment par le renforcement de la profession de journalistes et celui de l'AFP &#187;. &lt;/i&gt;(On verra plus loin comment.)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce prologue qui soutient que les concentrations ne font courir aucun risque au pluralisme et &#224; l'ind&#233;pendance des r&#233;dactions nous avions d&#233;j&#224; r&#233;pondu par avance (Lire par exemple : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2364.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pour garantir le pluralisme, contre la concentration et la financiarisation des m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;, mai 2006). Tout le reste, dans le rapport, d&#233;coule plus ou moins de l'ambition initiale. Son analyse n'en est pas moins n&#233;cessaire, au risque qu'elle soit aussi fastidieuse que la lecture du rapport lui-m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Favoriser par tous les moyens les m&#233;dias priv&#233;s et financiaris&#233;s &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls sont concern&#233;s les m&#233;dias d&#233;j&#224; concentr&#233;s et financiaris&#233;s ou dont le rapport souhaite qu'ils le soient&#8230; puisque rien n'est dit de la plupart des m&#233;dias sans but lucratif : qu'il s'agisse de quotidiens ou de p&#233;riodiques qui ne b&#233;n&#233;ficient que de maigres ressources publicitaires ou qui ont fait le choix de se passer de publicit&#233;, de l'audiovisuel public et des m&#233;dias du tiers secteur associatif. En revanche :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Parmi les mesures destin&#233;es &#224; (&#171; Objectif 5 &#187;) &#224; &#171; Soutenir l'investissement &#187;, on trouve les &#171; Recommandations &#187; 19 &#224; 22 que voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Mettre en place des mesures d'incitation &#224; l'investissement num&#233;rique&lt;/i&gt;. En clair : plut&#244;t que de favoriser la recherche publique, r&#233;former le cr&#233;dit d'imp&#244;t recherche destin&#233; aux entreprises pour qu'il puisse devenir &#233;galement, &#224; budget constant, &lt;i&gt;&#171; un v&#233;ritable cr&#233;dit d'imp&#244;t num&#233;rique pour le secteur des m&#233;dias &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Elargir le p&#233;rim&#232;tre des aides &#224; la num&#233;risation&lt;/i&gt;. Pour &lt;i&gt;&#171; permettre aux sites d'information de journaux uniquement pr&#233;sents sur le web (Mediapart, Rue 89&#8230;) de b&#233;n&#233;ficier de ces dispositifs &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; par ailleurs &#187;&lt;/i&gt; permettre aux sites qui vendent des abonnements &#224; leurs internautes d'appliquer une TVA r&#233;duite. Voil&#224; qui pourrait faire, au moins partiellement quelques bienheureux ! Quant aux autres, qui font pourtant une grande partie de la vitalit&#233; du Web, mais ne sont ni &#171; g&#233;n&#233;ralistes &#187;, ni &#171; professionnels &#187;, ni payants, qu'ils se d&#233;brouillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#171; Soutenir financi&#232;rement la double diffusion analogique et num&#233;rique de l'audiovisuel &#187;. &lt;/i&gt;Sous forme de cr&#233;dit d'imp&#244;ts&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#8230; qui ne concernent que ceux qui en paient. Et&lt;i&gt; &#171; Elargir le p&#233;rim&#232;tre d'intervention de la Caisse des D&#233;p&#244;ts &#224; l'investissement dans les groupes de m&#233;dias &#187;. &lt;/i&gt;Priv&#233;s, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin, bien qu'elle soit destin&#233;e selon Madame Giazzi &#224; &lt;i&gt;&#171; d&#233;fendre et renforcer le pluralisme &#187;&lt;/i&gt;, on se gardera d'omettre cette audace (&#171; Recommandation n&#176; 2 &#187;)&lt;i&gt; &lt;/i&gt; :&lt;i&gt; &#171; Am&#233;liorer le financement de la presse en d&#233;veloppant le m&#233;c&#233;nat &#187;.&lt;/i&gt; Une &#171; innovation &#187; qui tient lieu de refondation de l'aide &#224; la presse et accorde aux m&#233;c&#232;nes le pouvoir disproportionn&#233; de choisir les m&#233;dias qui les m&#233;ritent et leur permet d'abord d'accro&#238;tre leur prestige et leur emprise symbolique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Parmi les mesures destin&#233;es (&#171; Objectif 8 &#187;) &#224; &lt;i&gt;&#171; soutenir les m&#233;dias fran&#231;ais face aux d&#233;fis du num&#233;rique &#187;&lt;/i&gt;, on apprend (Recommandations 30 &#224; 32), sans surprise il est vrai, que la publicit&#233;, reine des financements, m&#233;rite de devenir imp&#233;ratrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour cela il convient de &#171; &lt;i&gt;pr&#233;server les &#233;quilibres &#233;conomiques face aux &#233;volutions des march&#233;s de la publicit&#233;&lt;/i&gt; &#187; Et plus particuli&#232;rement d' &lt;i&gt;&#171; am&#233;nager les r&#232;gles de la publicit&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision.&lt;/i&gt; En r&#233;sum&#233; : transposer, mais progressivement, la directive europ&#233;enne&lt;i&gt;, &#171; afin d'&#233;viter un appel d'air trop important du m&#233;dia t&#233;l&#233; envers les annonceurs &#187;&lt;/i&gt; qui risquerait de d&#233;stabiliser la radio et la presse &#233;crite. Mais surtout : &lt;i&gt;&#171; accorder un r&#233;el statut au placement de produit &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; envisager&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;la possibilit&#233; de nouveaux formats publicitaires comme l'&#233;cran partag&#233; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est encore le march&#233; publicitaire qui est vis&#233; (et non la connaissance des publics ) quand il est question d&lt;i&gt;' &#171; optimiser et garantir les mesures d'audience et de contenu&lt;/i&gt;. L'objectif est transparent&lt;i&gt; : &#171; Ces questions prennent une grande importance dans un contexte o&#249; une fraction croissante de la d&#233;pense publicitaire se porte sur le m&#233;dia num&#233;rique, et o&#249; les nouveaux entrants, d&#233;sireux de conqu&#233;rir des parts de march&#233; ont eu tendance &#224; faire baisser les prix de la publicit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux autres recommandations visent &#224; &#171; Soutenir les m&#233;dias fran&#231;ais face aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3) &lt;/strong&gt;Parmi les mesures destin&#233;es (&#171; Objectif 3 &#187;) &#224; &#171; faciliter l'acc&#232;s au contenu par tous les canaux de diffusion &#187;, (Recommandations 10 &#224; 15) on trouve celles-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Recentrer la loi Bichet sur sa vocation d'origine &#187; &lt;/i&gt;(Recommandation n&#176; 10). Sans entrer ici dans les d&#233;tails, il suffit de rappeler que cette loi contribue au pluralisme de la distribution en organisant la solidarit&#233; entre tous les titres de presse. Le rapport propose de &lt;i&gt;&#171; revenir &#224; l'esprit d'origine de la loi Bichet en limitant son domaine d'application &#224; la seule presse d'information g&#233;n&#233;rale et politique. &#187; &lt;/i&gt;Ce recentrage fera sans doute grincer les dents des propri&#233;taires des magazines les plus mercantiles&#8230; en p&#233;nalisant tous ceux qui ne le sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Appuyer le plan des NMPP, favoriser l'ouverture des nouveaux points de vente. &#187;&lt;/i&gt; (Recommandation n&#176; 11 ) L&#224; encore il conviendrait d'entrer dans les d&#233;tails. Il suffira donc d'indiquer que le plan de &#171; modernisation &#187; des NMPP est aussi (surtout ?) une d&#233;claration de guerre au Syndicat du livre CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#171; Lib&#233;raliser la r&#233;glementation des points de vente &#187;&lt;/i&gt; (Recommandation n&#176; 12). En clair : soustraire les nouveaux points de vente &#224; l'obligation de diffuser toute la presse et laisser aux propri&#233;taires de ces points de vente la libert&#233; de ne diffuser que la presse la plus profitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Stimuler la recherche et l'innovation sur la diffusion num&#233;rique &#187;&lt;/i&gt; (Recommandation n&#176; 15). Par la constitution d'un centre de recherche parfaitement ind&#233;pendant des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s puisqu'il doit regrouper &lt;i&gt;&#171; notamment les acteurs de t&#233;l&#233;vision de la presse et de la radio, mais aussi des dirigeants des agences de publicit&#233;, les industries des t&#233;l&#233;communications&lt;/i&gt; [privatis&#233;es] &lt;i&gt;et les pure players du num&#233;rique (Google, Yahoo, etc.) &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autres recommandations (13 et 14) : &#171; D&#233;velopper la pratique du portage &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; Et comme la culture rel&#232;ve d'industries qui, (presque) enti&#232;rement livr&#233;es au march&#233;, doivent d&#233;pendre de plus en plus des groupes multim&#233;dias, parmi les mesures (&#171; Objectif 7 &#187;) destin&#233;es &lt;i&gt;&#224; &#171; Favoriser la modernisation des industries culturelles &#187;&lt;/i&gt;, on d&#233;couvre (Recommandations 27 &#224; 29) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;R&#233;soudre la question du droit d'auteur des journalistes de la presse &#233;crite &lt;/i&gt; &#187;. La solution repose sur une mesure tr&#232;s simple (&#224; peine temp&#233;r&#233;e par les autres) : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;en contrepartie d'un salaire, le journaliste c&#232;derait son contenu &#224; l'ensemble des supports d'un m&#234;me titre ou marque&lt;/i&gt; [&#8230;]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Adapter le cahier des charges des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision aux contraintes de la nouvelle donne num&#233;rique. &#187;&lt;/i&gt; Avec, entre autres propositions, celle de supprimer (au d&#233;triment la diffusion en salle&#8230;) toutes les interdictions de diffusion inscrites dans le cahier des charges Et, trouvaille compl&#233;mentaire, permettre la promotion crois&#233;e des programmes, pour mettre un terme &#224; ce scandale : &lt;i&gt;&#171; les cha&#238;nes publiques s'autorisent&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;&#224; faire la promotion crois&#233;e de leurs programmes [&#8230;] alors que cette pratique est encore interdite pour les cha&#238;nes priv&#233;es. Cette diff&#233;rence s'apparente &#224; une distorsion de concurrence&lt;/i&gt; [&#8230;]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Repenser les obligations de coproduction et les droits patrimoniaux des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;visions. &#187; &lt;/i&gt;Des &#171; r&#233;visions &#187; difficiles &#224; r&#233;sumer (et sur lesquelles il faudra revenir), mais qui visent d'abord &#224; favoriser par tous les moyens les diffuseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Professionnaliser le journalisme mercantile &lt;/strong&gt;(traduction de &#171; Objectif 2 : Favoriser l'information de qualit&#233; &#187;, Recommandations 6 &#224; 9)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Cela commence plut&#244;t bien : &lt;i&gt;&#171; Inscrire les chartes de d&#233;ontologie des journalistes dans leur Convention collective &#187;&lt;/i&gt;. Il s'agit l&#224; d'une revendication syndicale de longue date que refusent de satisfaire les patrons de presse. Cette recommandation va-t-elle devenir, si n&#233;cessaire, une obligation l&#233;gale ? Une condition d'attribution des aides &#224; la presse ? Evidemment, rien de tel n'est pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Apr&#232;s ce d&#233;but apparemment prometteur, mais qui &#8211; tel qu'il est formul&#233; &#8211; n'engage &#224; rien, &#171; l'information de qualit&#233; &#187; b&#233;n&#233;ficie de trois recommandations qui n'entretiennent que des rapports t&#233;nus ou inexistants avec elle.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mesure-phare : &lt;i&gt;&#171; Professionnaliser les sites d'information en favorisant le recrutement de journalistes &#187;.&lt;/i&gt; Professionnaliser ?&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Le professionnalisme en mati&#232;re de journalisme, est une notion passe-partout qui, invoqu&#233;e &#224; des fins, souvent l&#233;gitimes, de d&#233;marcation d'autres activit&#233;s, ne fixe pas par elle-m&#234;me des normes de qualit&#233;. N&#233;cessaire quand il s'agit de fixer les conditions d'attribution de la &#171; carte de presse &#187;, elle n'est pourtant, &#224; cette fin, qu'une mesure symbolique qui repose sur des crit&#232;res qui n'ont rien &#224; voir avec la qualit&#233; de l'information. Quant au recrutement de journalistes salari&#233;s, comment le favoriser, sans prendre des dispositions en faveur des pigistes et pr&#233;caires et sans pr&#233;voir d'aides sp&#233;cifiques aux sites d'information qui ne b&#233;n&#233;ficient pas de capitaux priv&#233;s et/ou de ressources publicitaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mesures compl&#233;mentaires : &#171; &lt;i&gt;Recentrer les aides &#224; la presse sur la presse d'information g&#233;n&#233;rale et politique &#187;. &lt;/i&gt;Pr&#233;tendre que la qualit&#233; de l'information d&#233;pend de ce recentrage est pour le moins audacieux ou &#8230; comique. Et &lt;i&gt;&#171; Doter l'Agence France Presse d'un statut et d'une direction p&#233;rennes &#187; &#8211; &lt;/i&gt;c'est sans doute parce que l'humour noir est une des qualit&#233;s essentielles du rapport que cette mesure figure au titre des mesures qui permettraient de favoriser une information de qualit&#233;, le passage de l'AFP au statut de Soci&#233;t&#233; anonyme &#233;quivalant &#224; sa privatisation, et donc &#224; la production accrue d'une information purement mercantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Pour comprendre comment le rapport Giazzi se propose de &#171; favoriser une information de qualit&#233; &#187;, il faut compl&#233;ter les recommandations qui figurent sous ce titre, par d'autres, notamment les trois uniques recommandations (16 &#224;18) qui permettraient (&#171; Objectif 4 &#187;) de &#171; Mieux anticiper l'avenir des m&#233;dias &#187; et d'abord de &#171; &lt;i&gt;soutenir une recherche et une formation ambitieuses sur les strat&#233;gies num&#233;riques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Et, dans la foul&#233;e, deux mesures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Susciter des formations marketing dans les &#233;coles de journalisme et de communication.&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Non seulement c'est la seule recommandation sur la formation des journalistes, mais elle consacre l'amalgame entre le journalisme et la communication et, surtout, elle supprime officiellement la fronti&#232;re qui devrait exister entre la formation au journalisme et la formation au commerce, fronti&#232;re d'ores et d&#233;j&#224; passoire quand on sait &#224; quel point tant de r&#233;dactions ont int&#233;gr&#233; dans leur conceptions et leurs pratiques les exigences du marketing. &#171; &lt;i&gt;Dans ce contexte, nous recommandons la mise en place d'une commission de travail, rassemblant les principales &#233;coles de journalistes et des repr&#233;sentants des entreprises de presse [&#8230;] proposant des inflexions des cursus de formation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Inciter les groupes de presse &#224; former des journalistes aux technologies num&#233;riques. &#187;&lt;/i&gt; Alors que le journalisme sp&#233;cialis&#233; d&#233;p&#233;rit au sein de nombreuses r&#233;dactions, priorit&#233; est donn&#233;e &#224; la formation de journalistes multim&#233;dias rentables, voire &#224; la fusion de tous les m&#233;tiers de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui pensent que la qualit&#233; de l'information passe par une meilleure formation g&#233;n&#233;rale des journalistes ou, mieux, que c'est le d&#233;veloppement du pluralisme, professionnel ou non, qui contraindrait les divers m&#233;dias &#224; am&#233;liorer la qualit&#233; de l'information, sont pri&#233;s d'attendre un autre rapport&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. D&#233;fendre un pluralisme rabougri &lt;/strong&gt;(traduction de l' &#171; Objectif 1 &#187; : &#171; D&#233;fendre et renforcer le pluralisme de la presse &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Et pour cela se doter de moyens &#233;bouriffants (Recommandations 1 &#224; 4) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#171; Constitutionaliser la d&#233;fense du pluralisme et de l'ind&#233;pendance de la presse. &#187; &lt;/i&gt;Pourquoi pas ? Mais &#224; quoi bon si n'est pas constitutionnalis&#233; un organisme d&#233;mocratique (par son mode de constitution) et ind&#233;pendant (sans lien avec le pouvoir ex&#233;cutif) pour en finir avec l'actuel CSA ? Par chance, d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e, une seconde mesure, - c'est assez dire son importance -, par ordre d'importance invite &#224; &lt;i&gt;&#171; am&#233;liorer le financement de la presse en d&#233;veloppant le m&#233;c&#233;nat &#187; &#8230;&lt;/i&gt;qui, &#233;videmment, b&#233;n&#233;ficiera d'abord aux m&#233;dias les plus fragiles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour faire respecter ind&#233;pendance et pluralisme, il est urgent de &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt;Cr&#233;er aupr&#232;s du Premier ministre un observatoire du pluralisme dans les m&#233;dias &#187;&lt;/i&gt;, comme si la &lt;a href=&#034;http://www.ddm.gouv.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Direction de m&#233;dias (DDM)&lt;/a&gt; ne suffisait pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les organismes de ce type ne sont bien souvent que des cache-sexe et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Que cet Observatoire soit localis&#233; &#171; aupr&#232;s &#187; du pouvoir politique ne peut que susciter une s&#233;rieuse crise de scepticisme sur son ind&#233;pendance, surtout quand rien n'est dit sur sa composition et sur les crit&#232;res d'observation. Il est vrai que le Premier ministre n'est pas le Ministre de l'Int&#233;rieur. Mais &#224; quoi diable pourrait servir une instance de contr&#244;le qui doublerait le CSA &#233;largi qui fait l'objet de la recommandation suivante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &lt;i&gt; Etendre les comp&#233;tences du CSA et le charger du respect du pluralisme. &#187; &lt;/i&gt;Que faut-il comprendre ?&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Que le CSA nouveau serait charg&#233; du respect du pluralisme &#171; observ&#233; &#187; &#224; proximit&#233; du Premier ministre ? Que l'&#233;largissement de ses comp&#233;tences n'impliquerait aucune refonte, effectivement pluraliste et d&#233;mocratique, de sa composition et de son mode de constitution ? Mais surtout : Qu'est-ce que le CSA nouveau pourrait avoir pour charge de faire respecter d&#232;s lors que l'ensemble des recommandations confient essentiellement au march&#233; et &#224; la concurrence le soin d' &#171; organiser &#187; le pluralisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux autres recommandations qui permettraient, selon le rapport, de garantir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour des propositions totalement alternatives, voir ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2335.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pour une refonte des autorit&#233;s publiques en charge de la question des m&#233;dias &#187;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; A quoi il faut ajouter que le pluralisme ne serait pas seulement garanti par&#8230; les concentrations (voir le Prologue), mais aussi par un &#171; recentrage &#187; des aides &#233;voqu&#233;es sous deux titres diff&#233;rents dans le rapport :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Recommandation n&#176; 5 :&lt;i&gt; &#171; Elargir les aides de la commission paritaire aux nouveaux supports&lt;/i&gt;. &#187; Pourquoi pas en effet ? Mais que signifie l'&#233;largissement des aides sans leur augmentation ? Surtout quand cet &#233;largissement est subordonn&#233; aux nouveaux crit&#232;res d'attribution de ces aides que l'on trouve dans la recommandation suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Recommandation n&#176; 8 :&lt;i&gt; &#171; Recentrer les aides &#224; la presse sur la presse d'information g&#233;n&#233;rale et politique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;La refonte des aides &#224; la presse est indispensable. Celles-ci b&#233;n&#233;ficient en effet &#224; un large &#233;ventail de magazines qui, vivant prioritairement de la publicit&#233;, permettent surtout aux groupes qui les poss&#232;dent de r&#233;aliser des profits redistribu&#233;s aux actionnaires. Il est peu probable qu'ils soient ravis de cette recommandation-l&#224;. Qui, surtout, tire argument des difficult&#233;s de la presse quotidienne g&#233;n&#233;raliste nationale, pour prendre pour crit&#232;re la nature de l'information diffus&#233;e et non la nature des ressources dont la presse b&#233;n&#233;ficie : l'aide &#224; la presse devrait &#234;tre r&#233;serv&#233;e prioritairement voire exclusivement &#224; la presse &#8211; toute la presse -, sans but lucratif (ou qui n'appartient pas &#224; des groupes priv&#233;s dont le profit est l'objectif &#233;conomique principal). Au lieu d'exclure, d'un m&#234;me mouvement, la presse des associations (associations, syndicats, partis) qui concourent au pluralisme de l'information et &#224; la vitalit&#233; du d&#233;bat d&#233;mocratique et les m&#233;dias associatifs du tiers secteur. Comment ne pas voir que le recentrage propos&#233; implique une r&#233;duction du pluralisme et de la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Recommandation n&#176; 33 :&lt;i&gt; &#171; Permettre &#224; la radio de relever le d&#233;fi num&#233;rique dans de bonnes conditions. &#187;&lt;/i&gt; Et pour cela r&#233;affecter une partie de la bande IIIVHF aux radios num&#233;riques pour que rapidement elle d&#233;passe les 30%, imposer des terminaux num&#233;riques sur les mobiles et dans les v&#233;hicules et leur mise sur le march&#233; d&#232;s le d&#233;but de la diffusion pr&#233;vue en 2009. Pour conna&#238;tre les radios qui pourront &#171; relever le d&#233;fi num&#233;rique &#187;, se reporter aux recommandations qui visent &#224; favoriser les concentrations&#8230; et oublier qu'il existe des radios associatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce catalogue d'intentions &#233;claire la politique qui sera suivie. Mais c'est celle-ci qui, finalement, tranchera. Il reste que l'orientation du rapport se laisse facilement r&#233;sumer :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Rien, pas un mot, sur les quotidiens ou les p&#233;riodiques qui ne b&#233;n&#233;ficient que de maigres ressources publicitaires ou qui ont fait le choix de se passer de publicit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien, pas un mot, sur la place de l'audiovisuel public dans cette strat&#233;gie miraculeuse ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rien, pas un mot, sur l'avenir des m&#233;dias du tiers secteur associatif ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout pour la marchandisation et les concentrations&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS. Nous reviendrons en d&#233;tail sur certaines recommandations, notamment sur celles qui sacralisent le pluralisme concentr&#233; et celles qui organisent, sous couvert de d&#233;fendre le professionnalisme, &#224; la fois une mise sous tutelle des journalistes et une d&#233;fiance syst&#233;matique envers la production d&#233;mocratique d'une information ind&#233;pendante du march&#233;, particuli&#232;rement sur Internet.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe : Acrimed vous offre &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les &#171; Principes &#187;, &#171; Objectifs &#187; et &#171; Recommandations &#187; du Rapport de Dani&#232;le Giazzi, secr&#233;taire nationale de l'UMP.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4416 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/Giazzi_recommande.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 67.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1760743042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sa carri&#232;re a d'abord &#233;t&#233; celle d'un homme de presse. En 1976, appel&#233; par le baron Arnould Th&#233;nard, il entre au &lt;i&gt;Bien Public&lt;/i&gt; comme directeur commercial. Quelques ann&#233;es plus tard, en 1981, il devient directeur g&#233;n&#233;ral, puis en 1992 pr&#233;sident du directoire du quotidien &lt;i&gt;C&#244;te-d'orient&lt;/i&gt;. Il entre ensuite dans le staff du groupe Hersant, en occupant pendant huit ans, de 1997 &#224; 2005, un poste de directeur d&#233;l&#233;gu&#233; de la Socpresse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les deux premiers, voir ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2304.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les extases lib&#233;rales d'Alain Lancelot sur France Culture &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2527.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'Institut Montaigne &#8220;sauve&#8221; la presse : le march&#233;, rem&#232;de universel... ou presque &#187;&lt;/a&gt; &#8211; Le rapport du s&#233;nateur de l'UMP, Louis de Broissia dat&#233; du 7 octobre 2007 &#8211; &#171; Presse quotidienne d'information : chronique d'une mort annonc&#233;e ? &#187; - peut &#234;tre consult&#233; &lt;a href=&#034;http://www.senat.fr/rap/r07-013/r07-013_mono.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du S&#233;nat&lt;/a&gt;. Dans la m&#234;me veine, l'on peut lire aussi (en .pdf) le rapport de Marc Tessier et Maxime Baffert &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/tessier/rapport-fev2007.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La presse au d&#233;fi du num&#233;rique &#187;&lt;/a&gt;, remis au ministre de la Culture et de la Communication en f&#233;vrier 2007. Quant &#224; Nicolas Sarkozy, on lira ses premi&#232;res d&#233;clarations (et leur commentaires), dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2640.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Sarkozy et les m&#233;dias, les m&#233;dias face &#224; Sarkozy&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux autres recommandations visent &#224; &lt;i&gt;&#171; Soutenir les m&#233;dias fran&#231;ais face aux d&#233;fis du num&#233;rique &#187;&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;Recommandation n&#176; 33 : Permettre &#224; la radio de relever le d&#233;fi num&#233;rique dans de bonnes conditions.&lt;/i&gt; &#187; Quelles radios, puisqu'il n'est rien dit des radios associatives (voir plus bas). &#171; &lt;i&gt;Recommandation n&#176; 34 : Appliquer un r&#233;gime de TVA unique pour les m&#233;dias, quel que soit leur support de diffusion&lt;/i&gt; &#187; &#8230; Et obtenir en cons&#233;quence que la France puisse appliquer non pas le taux normal, mais le taux r&#233;duit aux services en ligne. Tous les services ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Autres recommandations (13 et 14) : &lt;i&gt;&#171; D&#233;velopper la pratique du portage &#224; domicile &#187;&lt;/i&gt; Notamment en ins&#233;rant les aides dans les dispositifs d'aide &#224; l'emploi au titre des services (sous-pay&#233;s) d'aide &#224; la personne&lt;i&gt;. &#171; Soutenir une r&#233;forme drastique des imprimeries.&lt;/i&gt; &#187; Excellente id&#233;e, mais qui se traduit par un simple v&#339;u pieux : &lt;i&gt;&#171; Il est n&#233;cessaire aujourd'hui de rassembler les parties en pr&#233;sence (Syndicats, imprimeurs, &#233;diteurs) et d'&#233;laborer des solutions satisfaisantes pour tous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les organismes de ce type ne sont bien souvent que des cache-sexe et de v&#233;ritables outils de mise en invisibilit&#233; du politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux autres recommandations qui permettraient, selon le rapport, de garantir le pluralisme, n'entretiennent qu'un rapport tr&#232;s indirect avec lui : &lt;i&gt;Recommandation n&#176; 2 : Am&#233;liorer le financement de la presse en d&#233;veloppant le m&#233;c&#233;nat. Recommandation n&#176; 5 : Elargir les aides de la commission paritaire aux nouveaux supports&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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