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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Les vautours de Timisoara</title>
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		<dc:date>2000-09-30T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>


		<dc:subject>Timisoara</dc:subject>
		<dc:subject>1989 - Les &#034;massacres&#034; de Timisoara</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avant la guerre du Golfe, avant le Kosovo, une autre &#034; juste cause &#034; avait mobilis&#233; les m&#233;dias occidentaux...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Timisoara-+" rel="tag"&gt;Timisoara&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-1989-Les-massacres-de-Timisoara-+" rel="tag"&gt;1989 - Les &#034;massacres&#034; de Timisoara&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Avant la guerre du Golfe, avant le Kosovo, une autre &#034; juste cause &#034; avait mobilis&#233; les m&#233;dias occidentaux...&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a un peu plus de dix ans, quelques jours avant No&#235;l. L'actualit&#233; &#233;tait &#224; l'&#233;poque occup&#233;e par deux &#233;v&#233;nements de politique internationale. A Panama, l'arm&#233;e am&#233;ricaine intervenait pour expatrier manu militari avant de le juger &#224; Miami le chef de l'Etat panam&#233;en, Manuel Noriega, un ancien agent de la CIA qui avait cess&#233; d'&#234;tre utile &#224; George Bush, lui m&#234;me ancien directeur de la CIA devenu pr&#233;sident des Etats-Unis. Cette op&#233;ration de police internationale fut pr&#233;sent&#233;e par la plupart des grands m&#233;dias comme une promenade de campagne. On apprendrait plus tard qu'elle avait fait pr&#232;s de 2000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a un peu plus de dix ans, quelques jours avant No&#235;l. En Roumanie, une dictature s'&#233;croulait devant les cam&#233;ras. On parla beaucoup de sang. TF1 expliqua : &#034; &lt;i&gt;Ceaucescu, atteint de leuc&#233;mie, aurait eu besoin de changer son sang tous les mois. Des jeunes gens vid&#233;s de leur sang auraient &#233;t&#233; d&#233;couverts dans la for&#234;t des Carpates. Ceaucescu vampire ? Comment y croire ? La rumeur avait annonc&#233; des charniers. On les a trouv&#233;s &#224; Timisora. Et ce ne sont pas les derniers.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Jean-Claude Guillebaud, &#034; Roumanie : qui a menti ? &#034;, Le Nouvel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034; &lt;i&gt;L'Ev&#233;nement du jeudi&lt;/i&gt; titra : &#034; Dracula &#233;tait communiste. &#034; (28/12/1989)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parla de &#034; &lt;i&gt;g&#233;nocide&lt;/i&gt; &#034;, de &#034; &lt;i&gt;charniers&lt;/i&gt; &#034;, de &#034; &lt;i&gt;massacres&lt;/i&gt; &#034;, de &#034; &lt;i&gt;femmes enceintes &#233;ventr&#233;es&lt;/i&gt; &#034;, de &#034; &lt;i&gt;tortures&lt;/i&gt; &#034;, de &#034; &lt;i&gt;corps br&#251;l&#233;s dans un cr&#233;matorium&lt;/i&gt;&#034;. On &#233;voqua ces &#034; &lt;i&gt;chauffeurs de camions qui transportaient des m&#232;tres cubes de corps, qui &#233;taient abattus d'une balle dans la nuque par la police secr&#232;te pour &#233;liminer tout t&#233;moin.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Ignacio Ramonet, &#034; T&#233;l&#233;vision n&#233;crophile &#034;, Le Monde diplomatique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034; On parla de 70 000 morts en quelques jours. Sur TF1, G&#233;rard Carreyrou lan&#231;a un appel &#224; la formation de brigades internationales pr&#234;tes &#224; &#034; Mourir &#224; Bucarest. &#034; Il ne dit pas s'il aurait &#233;t&#233; volontaire. Mais on devina que non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parla de Timisoara. Timisoara, 350 000 habitants. Ville martyre. Le 23 d&#233;cembre 1989, on chiffrait &#224; plus de 10 000 morts le nombre des victimes de la Securitate, la police du r&#233;gime. Selon l'envoy&#233; sp&#233;cial d'El Pais, &lt;i&gt;&#034; A Timisoara, l'arm&#233;e a d&#233;couvert des chambres de torture o&#249;, syst&#233;matiquement, on d&#233;figurait &#224; l'acide les visages des dissidents et des leaders ouvriers pour &#233;viter que leurs cadavres ne soient identifi&#233;s. &#034;&lt;/i&gt; On d&#233;couvrit un charnier gigantesque. D'ailleurs, &#224; titre d'exemple, mais seulement &#224; titre d'exemple, on exposa devant les cam&#233;ras dix-neuf corps, c&#244;te &#224; c&#244;te, plus ou moins d&#233;compos&#233;s. Dont celui d'un b&#233;b&#233; pos&#233; sur le cadavre d'une femme, qu'on imaginait &#234;tre sa maman. Tous extraits d'une fosse commune. Le 22 d&#233;cembre, les agences hongroise, est-allemande et yougoslave, qui seront reprises par l'AFP &#224; 18h 54, parlaient de 4 632 cadavres de victimes des &#233;meutes des 17 et 19 d&#233;cembre, &lt;i&gt;&#034; soit par balles soit par ba&#239;onnette &#034;&lt;/i&gt; (Tanjung), de 7 614 manifestants fusill&#233;s par la Securitate. Un chapeau du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;annon&#231;ait 4 000 &#224; 5000 morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la Cinq, Guillaume Durand donna le chiffre de 4 630 corps comme un &lt;i&gt;&#034; bilan tristement officiel.&#034;&lt;/i&gt; Sur France Inter, le correspondant de la station annon&#231;a &#224; son tour comme une certitude av&#233;r&#233;e la d&#233;couverte de 4630 cadavres &#224; Timisoara. Derri&#232;re lui, en plateau, le commentateur reprit : &lt;i&gt;&#034; 4630 cadavres, vous avez bien entendu, dans une seule fosse commune !&#034;&lt;/i&gt; A quatre reprises au cours de ce journal, le chiffre de 4 630 cadavres fut cit&#233; sans que nulle source ne f&#251;t jamais indiqu&#233;e. Dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (23/12/1989), un titre sur deux pages fit &#233;tat des 4 630 cadavres ; il &#233;tait accompagn&#233; d'un &#233;ditorial de Serge July titr&#233; &#034; Boucherie &#034;. On lisait : &lt;i&gt;&#034; Timisoara lib&#233;r&#233; d&#233;couvre un charnier. Des milliers de corps nus tout juste exhum&#233;s, terreux et mutil&#233;s, prix insupportable de son insurrection. &#034;&lt;/i&gt; Le r&#233;dacteur en chef, Dominique Pouchin, expliqua : &lt;i&gt;&#034; Tout nous laissait penser, y compris les images qui arrivaient, que l'info &#233;tait vraie&lt;/i&gt;. &#034; (&lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt;, 4/4/90) &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; f&#233;licita &lt;i&gt;La Cinq&lt;/i&gt; d'avoir &lt;i&gt;&#034; r&#233;v&#233;l&#233; l'horrible charnier des victimes des manifestations du dimanche ?pr&#233;c&#233;dent ? &#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 24/12/1989.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan officiel des victimes pour toute la Roumanie est de 689 morts, pas 70 000. A Timisoara, il y aurait eu entre 90 et 147 victimes, pas 12 000. Et, comme le remarqua Jean-Claude Guillebaud, &lt;i&gt;&#034; 90 morts dans une ville de province, c'est beaucoup. &#034;&lt;/i&gt; La maman pr&#233;sum&#233;e avait succomb&#233; &#224; une cirrhose du foie le 8 novembre 1989. La petite fille, qui n'&#233;tait pas sa fille, avait p&#233;ri de la mort subite du nourrisson&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 4/4/1990.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On avait d&#233;terr&#233; leurs corps de la fosse commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Panama, il y avait eu 2000 morts, civils pour la plupart, soit trois fois plus de victimes qu'en Roumanie. Personne n'avait cependant parl&#233; de &#034; g&#233;nocide panam&#233;en &#034; ou de &#034; charnier &#034;. On s'&#233;tait m&#234;me amus&#233; des techniques de l'arm&#233;e am&#233;ricaine qui, pendant des jours entiers, essaya de d&#233;loger Manuel Noriega du b&#226;timent consulaire o&#249; il &#233;tait r&#233;fugi&#233; en jouant au volume maximum la musique qu'il d&#233;testait le plus. Tant d'humanit&#233; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme il est dur, dans ce m&#233;tier, en France, de faire son autocritique. Trois mois apr&#232;s l'imposture de Timisoara, Guillaume Durand pr&#233;tendait encore : &lt;i&gt;&#034; Le bilan est satisfaisant professionnellement. Si les &#233;ditorialistes assis dans leurs fauteuils cherchent la bagarre, ils vont l'avoir. &#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Ev&#233;nement du jeudi, 15/3/1990.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Un an apr&#232;s la guerre du Kosovo, Jacques Julliard a l'audace de se montrer tout aussi offensif : &lt;i&gt;&#034; Nous n'avons que faire, je le dis hautement, de ces r&#233;quisitoires de procureurs et de pions ; de ces tonitruants discours de tranche-montagnes, entrecoup&#233;s des g&#233;missements de tous les d&#233;&#231;us de l'Histoire. Nous sommes de bonne volont&#233;. Mais si l'on nous cherche, on nous trouvera. &#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Nouvel Observateur, 20/4/2000.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Halimi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans La Vache folle n&#176;27, ao&#251;t-octobre 2000, p. 9&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Jean-Claude Guillebaud, &#034; Roumanie : qui a menti ? &#034;, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 5/4/1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Ignacio Ramonet, &#034; T&#233;l&#233;vision n&#233;crophile &#034;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mars 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 24/12/1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 4/4/1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Ev&#233;nement du jeudi&lt;/i&gt;, 15/3/1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 20/4/2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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