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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Les Nouveaux chiens de garde : Avant-propos &#224; la troisi&#232;me &#233;dition</title>
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		<dc:date>2022-02-24T14:28:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>


		<dc:subject>Pluralisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un texte de Serge Halimi.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pluralisme-+" rel="tag"&gt;Pluralisme&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L121xH150/arton6451-fac14.jpg?1776733140' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions l'avant-propos de la troisi&#232;me &#233;dition des &lt;i&gt;Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;, parue aux &#233;ditions &lt;a href=&#034;https://www.raisonsdagir-editions.org/catalogue/les-nouveaux-chiens-de-garde/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raisons d'agir&lt;/a&gt; le 4 f&#233;vrier 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;right&gt;&lt;i&gt;Nous n'accepterons pas &#233;ternellement que le respect&lt;br class='autobr' /&gt;
accord&#233; au masque des philosophes ne soit finalement&lt;br class='autobr' /&gt;
profitable qu'au pouvoir des banquiers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Nizan, &lt;i&gt;Les Chiens de garde&lt;/i&gt;&lt;/right&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;La premi&#232;re &#233;dition de ce livre a &#233;t&#233; publi&#233;e il y a vingt-cinq ans. Un auteur est parfois tent&#233; d'exag&#233;rer l'actualit&#233; de ses ouvrages pr&#233;c&#233;dents pour en justifier la lecture quelques d&#233;cennies plus tard. Autant pr&#233;venir le lecteur que celui-ci s'inscrit dans un temps en partie r&#233;volu. Quiconque s'est habitu&#233; &#224; l'atmosph&#232;re &#233;lectrique faite de clans et de clashs des ann&#233;es 2020 peut &#224; peine imaginer l'homog&#233;n&#233;it&#233; id&#233;ologique des m&#233;dias &#224; la fin du si&#232;cle dernier et le ballet d'un quarteron de journalistes dominants &#233;voluant sur la sc&#232;ne politique avec la docilit&#233; d'un &#171; majordome anglais qui apporte des toasts beurr&#233;s au prince de Galles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lewis Lapham, L'Am&#233;rique ba&#238;llonn&#233;e, Paris, Saint-Simon, 2004, p.100-101.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Tout ceci cr&#233;ait l'ennui, un sentiment d'enfermement d'autant plus puissant que le discours m&#233;diatique dominant reposait sur une base sociologique en voie de r&#233;tr&#233;cissement. Et que, d&#233;j&#224;, le consensus n&#233;olib&#233;ral s'effritait. Un autre trait des ann&#233;es 1990 peut aujourd'hui para&#238;tre d&#233;fier l'entendement : les journalistes jouissaient d'un certain cr&#233;dit ; la plupart croyaient encore exercer leur magist&#232;re en toute ind&#233;pendance. Sugg&#233;rer que les propri&#233;taires des grands moyens d'information pouvaient vouloir orienter les contenus &#233;ditoriaux d&#233;clenchait donc des bouff&#233;es d'indignation vertueuses dont le lecteur se fera une id&#233;e en consultant l'annexe de ce livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, mille raisons militaient d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque contre cette illusion de libert&#233;. La prise en main de Canal Plus et de ses cha&#238;nes satellites par Vincent Bollor&#233; devrait l'avoir aujourd'hui dissip&#233;e. M. Bollor&#233; rach&#232;te &#224; tour de bras m&#233;dias et &#233;diteurs (Vivendi, Editis, Prisma), convoite Europe 1, &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Journal du dimanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, taille dans les d&#233;penses, &#233;crase les gr&#232;ves, &#233;pure les r&#233;dactions. Au mitan des ann&#233;es 1980, &#171; Canal &#187;, cr&#233;&#233;e &#224; la demande de Fran&#231;ois Mitterrand, confi&#233;e au d&#233;part &#224; l'un de ses proches, se voulait amusante, impertinente, plut&#244;t destin&#233;e &#224; un public qu'on n'appelait pas encore &#171; bourgeois-boh&#232;me &#187; &#8211; &#224; la fois amateur de cin&#233;ma, de football et de pornographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que M. Bollor&#233; y s&#233;vit, l'orientation &#233;ditoriale de la cha&#238;ne d'information du groupe s'est m&#233;tamorphos&#233;e. i-T&#233;l&#233; est devenu Cnews, a tripl&#233; son audience en offrant chaque soir l'antenne &#224; &#201;ric Zemmour jusqu'&#224; ce que, enhardi par sa notori&#233;t&#233;, le chroniqueur du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; devienne un des t&#233;nors de l'extr&#234;me droite. CNews a &#233;galement recrut&#233; tout ce que la francophonie compte d'&#233;ditorialistes obs&#233;d&#233;s par l'ins&#233;curit&#233;, l'&#171; ensauvagement &#187;, le &#171; grand remplacement &#187;. Pour que le tableau de son pluralisme soit tout &#224; fait complet, la cha&#238;ne diffuse chaque semaine une &#233;mission destin&#233;e aux catholiques int&#233;gristes. Ainsi, par la seule volont&#233; de M. Bollor&#233; dont la famille a pour devise &#171; &#192; genoux devant Dieu, debout devant les hommes &#187;, la messe du dimanche a remplac&#233; &#171; Le journal du hard &#187;. Rattacher l'orientation &#233;ditoriale d'un m&#233;dia &#224; l'identit&#233; de son propri&#233;taire ne devrait donc plus passer pour sacril&#232;ge. Il y a vingt-cinq ans, on nous opposait qu'il s'agissait l&#224; d'un &#171; faux proc&#232;s &#187; donnant &#171; une vision simpliste, platement d&#233;terministe &#187; de la r&#233;alit&#233;. D'autant plus fautive en v&#233;rit&#233; que la d&#233;ontologie des journalistes serait toujours assez puissante pour contredire un &#171; &#233;conomisme &#187; aussi rudimentaire. De telles d&#233;n&#233;gations, parfois sinc&#232;res, permettaient de l&#233;gitimer les pr&#233;tentions d&#233;mocratiques de l'information. Ainsi que celles de l'ordre social auquel elle &#233;tait &#8211; et demeure &#8211; encastr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, cet ordre social n'avait pas eu grand-chose &#224; redouter. La s&#233;r&#233;nit&#233; de ses partisans les conduisait m&#234;me &#224; croire que la Terre promise &#233;tait en vue et &#224; entonner l'air de la &#171; fin de l'histoire &#187;, de la &#171; normalisation &#187; de la France. En janvier 1989, Alain Minc, dont on imagine mal aujourd'hui le r&#244;le qu'il joua &#224; cette &#233;poque &#8211; &#224; la fois industriel et essayiste, proche de la gauche de droite et de la droite de gauche, petit prodige de la classe dirigeante fran&#231;aise et boussole d'une bourgeoisie intellectuelle raisonneuse et pr&#233;tentieuse &#8211; avait r&#233;sum&#233; la satisfaction de ses client&#232;les : &lt;i&gt;&#171; La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise a absorb&#233; toutes les contraintes &#233;conomiques. La grande l&#233;gitimit&#233; du gouvernement de gauche des ann&#233;es 1981 &#224; 1986 a &#233;t&#233; d'avoir fait rentrer la France dans l'&#233;conomie de march&#233;. [...] La France a formidablement chang&#233;. Au fond, ce pays &#233;tait le pays du dissensus, du retard &#233;conomique et de l'id&#233;ologie. [...] La modernisation &#233;conomique a &#233;t&#233; formidable et l'acceptation des contraintes &#233;conomiques internationales et des r&#232;gles de l'&#233;conomie de march&#233; s'est faite en quelques ann&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Minc, &#034;Radioscopie&#034;, France Inter, 18 janvier 1989.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Et l'homme qui se trouvait d&#233;j&#224; au carrefour des strat&#233;gies m&#233;diatiques des grands industriels fran&#231;ais (Bollor&#233;, Pinault, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, Lagard&#232;re) compl&#233;ta son tableau idyllique de la situation en &#233;voquant la presse : &lt;i&gt;&#171; Pour la premi&#232;re fois, le contre-pouvoir de la presse joue en France comme dans une vraie d&#233;mocratie [...]. Le travail qu'elle fait montre qu'elle s'&#233;rige enfin en contre-pouvoir. C'est formidable ! &#187;&lt;/i&gt; Formidable, en effet, que les journalistes s'&#233;puisent &#224; d&#233;noncer des &#171; scandales &#187; &#224; r&#233;p&#233;tition en &#233;vitant de les rattacher au syst&#232;me &#233;conomique qui les produit, formidable que le capitalisme se trouve ainsi purifi&#233; des scories susceptibles de le rendre impopulaire, formidable en somme que l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique b&#233;tonn&#233;e par le &#171; contre-pouvoir &#187; garantisse &#224; l'ordre social une s&#233;r&#233;nit&#233; presque absolue. Lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1995, sans que cela semble &#233;trange, Minc appuya successivement le candidat lib&#233;ral &#201;douard Balladur et le dirigeant socialiste Lionel Jospin. Mauvaise pioche pour lui, mauvais pr&#233;sage pour ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;cennie de torpeur relative, de d&#233;syndicalisation, de d&#233;faites paraissait avoir assur&#233; la tranquillit&#233; des avocats du &#171; cercle de la raison &#187; quand l'orage se leva. D'importantes mobilisations sociales se form&#232;rent et elles n'&#233;pargn&#232;rent pas les socialistes qui depuis une d&#233;cennie se partageaient le pouvoir avec la droite en &#171; cohabitant &#187; avec elle dans une relative harmonie. Car apr&#232;s le virage de la &#171; rigueur &#187; (1983), la chute du mur de Berlin (1989), la guerre du Golfe (1990-1991), le trait&#233; de Maastricht (1992), on peinait &#224; distinguer ce qui opposait encore les deux &#171; camps &#187; en mati&#232;re de politique &#233;conomique et sociale, d'Europe, d'alliances internationales. Une telle &#232;re de la b&#233;atitude apais&#233;e, de la &#171; R&#233;publique du centre &#187;, du mol &#233;dredon, s'acheva au moment de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1995. Cet ouvrage (qui fut r&#233;&#233;dit&#233; et compl&#233;t&#233; une dizaine d'ann&#233;es apr&#232;s sa premi&#232;re publication) insiste sur deux grandes occasions lors desquelles l'apparente paix des cimeti&#232;res fut interrompue par une insurrection populaire : en novembre-d&#233;cembre 1995, le refus du plan Jupp&#233; de r&#233;forme de la s&#233;curit&#233; sociale ; dix ans plus tard, le rejet du trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Chacun de ces soul&#232;vements suscita l'opposition f&#233;roce de la quasi-totalit&#233; des grands m&#233;dias, publics comme priv&#233;s. Malgr&#233; cela, le plan Jupp&#233; fut retir&#233; et le non l'emporta largement lors du r&#233;f&#233;rendum de mai 2005. La classe dirigeante et l'oligarchie m&#233;diatique qui lui servait de caisse de r&#233;sonance n'avaient plus l'habitude de tels revers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois les projets gouvernementaux rejet&#233;s par le peuple &#8211; la foule des manifestants en 1995, le vote majoritaire des &#233;lecteurs hostiles au trait&#233; europ&#233;en dix ans plus tard &#8211; furent finalement ent&#233;rin&#233;s gr&#226;ce &#224; des artifices de proc&#233;dure. La chose prit juste un peu plus de temps. Au final l'&#171; Europe &#187; a avanc&#233;, les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de la s&#233;curit&#233; sociale ont &#233;t&#233; remis en cause, le statut des cheminots a disparu, la concurrence des chemins de fer s'est d&#233;ploy&#233;e. Pour ceux qui en doutaient encore il y a vingt-cinq ans, la preuve est faite que ce syst&#232;me social ne produira jamais, durablement, des politiques contraires aux int&#233;r&#234;ts de sa classe dirigeante. Retour &#224; l'envoyeur en somme. Cette ruse des gouvernants doubl&#233;e d'une forfaiture des &#233;lus produira n&#233;anmoins des effets qui, eux, n'ont pas disparu. En particulier l'amplification du soup&#231;on que la voie d&#233;mocratique est d'autant plus bouch&#233;e que l'ordre m&#233;diatique privil&#233;gie, accompagne, voire r&#233;clame un lib&#233;ralisme autoritaire chaque fois que l'apathie populaire c&#232;de la place &#224; la col&#232;re. Une porte a &#233;t&#233; secou&#233;e &#224; plusieurs reprises, mais son verrou n'a pas c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s cette r&#233;alisation am&#232;re, un bourgeonnement des r&#233;seaux sociaux enfante l'id&#233;e qu'il est devenu possible de contourner la porte verrouill&#233;e. Et de cr&#233;er &#224; c&#244;t&#233; d'elle des m&#233;dias ou des programmes qui &#233;chappent &#224; la pens&#233;e dominante, sans qu'un tel objectif r&#233;clame des investissements hors de port&#233;e. D&#232;s 2005, l'&#233;ditorialiste de France inter Bernard Guetta, ancien r&#233;dacteur en chef du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; et futur d&#233;put&#233; europ&#233;en d'Emmanuel Macron, s'inqui&#232;te que les m&#233;dias traditionnels (ceux que lui et ses amis quadrillent) soient en train de perdre la ma&#238;trise du d&#233;bat public : &lt;i&gt;&#171; La mobilisation, les conversions se font de bouche-&#224;-oreille, amplifi&#233;es par internet, ses &#8220;chats&#8221;, ses &#8220;blogs&#8221; &#187;&lt;/i&gt;. Progressivement, deux familles politiques oppos&#233;es vont manifester une dext&#233;rit&#233; particuli&#232;re dans l'art de se faire conna&#238;tre au-del&#224; de leur public habituel. D'un c&#244;t&#233;, la droite identitaire qui pourfend &#171; mondialisation heureuse &#187; non pas parce que celle-ci serait capitaliste mais en raison de sa nature mondiale vou&#233;e &#224; pr&#233;cipiter le m&#233;tissage des populations et la submersion de l'Occident. Face &#224; elle, une &#171; gauche culturelle &#187; fait le pari que le basculement du monde sera porteur de diversit&#233;, d'effacement des nations, de connexion instantan&#233;e entre les mouvements sociaux de la plan&#232;te. Elle ne se rallie pas au capitalisme, mais le prend surtout pour cible quand les pratiques des multinationales mettent en p&#233;ril la survie de la plan&#232;te ou quand les repr&#233;sentants des femmes et des minorit&#233;s ne trouvent pas leur place au sein de la classe dirigeante. Chacun de ces camps dispose de ses m&#233;dias, de ses sites, se pr&#233;tend assi&#233;g&#233; par un ennemi implacable autant que dangereux, et prend la douce habitude de ne plus fr&#233;quenter d'autre paysage que le sien. Ce qu'il peut faire gr&#226;ce &#224; la Toile vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Entre eux, le combat est parfois in&#233;gal, mais le tintamarre, permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place que ces deux camps ont conquis dans les d&#233;bats publics et sur les moteurs de r&#233;f&#233;rencement doit beaucoup au fait que les parts de march&#233; ne se gagnent plus au centre. D&#233;sormais, c'est l'exacerbation des divisions politiques &#8211; et surtout culturelles &#8211; qui alimente l'audience, mobilise les lecteurs et g&#233;n&#232;re du profit. Cette recette de la division, M. Bollor&#233; ne l'a pas invent&#233;e m&#234;me s'il a su en tirer le plus grand b&#233;n&#233;fice. En 2005, quand il lance sa nouvelle cha&#238;ne, Direct 8, il confie une de ses &#233;missions, &#171; Face &#224; Alain Minc &#187;, &#224; un visage familier. Quinze ans plus tard, l'intervenant vedette d'une autre cha&#238;ne du groupe Bollor&#233; a pour nom &#201;ric Zemmour. Et cette fois l'audience est au rendez-vous, sa seule pr&#233;sence &#224; l'antenne redresse les comptes de la cha&#238;ne. M. Bollor&#233;, tr&#232;s lib&#233;ral, autoritaire, &#233;tranger &#224; la &#171; R&#233;publique du centre &#187;, se r&#233;jouit sans doute que l'onctuosit&#233; pateline ne soit plus de saison. Et il encourage un journalisme de racolage destin&#233; &#224; l'extr&#234;me droite et des &#171; d&#233;bats &#187; qui ne co&#251;tent pas cher tout en rapportant gros&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui n'emp&#234;che pas Bernard-Henri L&#233;vy de lui servir de caution. Le 23 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il aime satisfaire ses caprices personnels (la messe, par exemple), c'est avant tout un entrepreneur capitaliste qui r&#233;pond &#224; une demande rentable &#224; un moment o&#249;, un peu partout, des publics enferm&#233;s dans leurs chambres d'&#233;cho respectives arment leurs convictions en choisissant des m&#233;dias qui confortent leurs obsessions. L'homog&#233;n&#233;it&#233; m&#233;diatique d'hier cr&#233;ait une sorte de torpeur. Celle d'aujourd'hui est caract&#233;ris&#233;e par la peur. Peur du terrorisme, de l'islam, de l'extr&#234;me droite, de la d&#233;sinformation, du &#171; politiquement correct &#187;, de la Russie, des vaccins. Les colporteurs de panique occupent le terrain. Car la mont&#233;e aux extr&#234;mes sur des sujets tr&#232;s balis&#233;s (ins&#233;curit&#233;, voile, discriminations) n'&#233;pargne pas la presse mod&#233;r&#233;e. Hier assise sur la manne publicitaire, elle recherchait une audience de masse qu'elle cajolait en simulant l'objectivit&#233;. Dor&#233;navant, elle aussi prosp&#232;re en alimentant des guerres culturelles aupr&#232;s de publics polaris&#233;s. Pour autant, l'univers des nouveaux chiens de garde des ann&#233;es 1990 n'a pas disparu. L'&#233;lection surprise de M. Donald Trump a certes dissip&#233; le mirage d'une soci&#233;t&#233; de march&#233; pacifi&#233;e par les vertus de l'&#233;ducation et de la communication. Le mouvement des Gilets jaunes a &#233;galement r&#233;v&#233;l&#233; les capacit&#233;s de mobilisation de groupes sociaux que la bourgeoisie imaginait inoffensifs en raison de leur isolement et de leur fragmentation. Mais le syst&#232;me qu'Alain Minc c&#233;l&#233;brait il y a trente ans reste solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, il n'a pas fondamentalement chang&#233;. Le bruit de fond m&#233;diatique est plus &#226;pre, l'autorit&#233; des journalistes dominants moins assur&#233;e, et l'&#233;clat de certains des affid&#233;s du th&#233;oricien de &#171; la mondialisation heureuse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Minc, La Mondialisation heureuse, Paris, Plon, 1997.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; Jean-Marie Colombani, Bernard-Henri L&#233;vy, Nicolas Sarkozy &#8211; a p&#226;li en m&#234;me temps que le sien. Mais d'autres les ont remplac&#233;s, comme Vincent Bollor&#233; qu'il a &#233;galement conseill&#233;. il y a vingt-cinq ans, on renvoyait les critiques de la pens&#233;e unique &#224; leur ignorance des lois de la pesanteur n&#233;olib&#233;rale, tr&#232;s largement popularis&#233;es du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et de TF1 &#224; Arte. Une bonne &#171; p&#233;dagogie &#187; devait les instruire, les d&#233;niaiser de leur archa&#239;sme politique h&#233;ritier de tr&#232;s anciennes cat&#233;gories de pens&#233;e d&#233;mocratiques et r&#233;volutionnaires. Lesquelles de toute fa&#231;on s'effaceraient avec le temps, le passage des g&#233;n&#233;rations, l'empreinte de la &#171; modernit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;vidence, ce rem&#232;de naturel ne peut plus op&#233;rer quand un public appr&#233;ciable, jeune qui plus est, se dirige vers les informations &#171; alternatives &#187; dispens&#233;es par les blogs, comptes Twitter, cha&#238;nes YouTube qui prolif&#232;rent &#224; c&#244;t&#233; des grands m&#233;dias. Les fausses nouvelles deviennent alors un probl&#232;me, une obsession, puisque l'exclusivit&#233; de leur diffusion &#233;chappe d&#233;sormais &#224; ceux &#8211; journalistes et responsables politiques &#8211; qui en d&#233;tenaient le monopole. La demande du public &#233;tait proclam&#233;e sacr&#233;e tant qu'elle servait &#224; l&#233;gitimer la cr&#233;ation de nouvelles cha&#238;nes priv&#233;es qui toutes c&#233;l&#233;breraient l'entreprise et le royaume de la marchandise. Mais cette m&#234;me demande est r&#233;put&#233;e accoucher d'un monstre sit&#244;t qu'elle se porte vers des m&#233;dias qui contestent, &#224; tort ou &#224; raison, un &#171; politiquement correct &#187; que chacun voit prolif&#233;rer ailleurs que chez lui. Disqualifi&#233;s pour avoir relay&#233; trop ouvertement la pens&#233;e de march&#233;, les grands m&#233;dias mod&#233;r&#233;s esp&#232;rent &#234;tre r&#233;habilit&#233;s en prenant les habits de v&#233;rificateurs de la v&#233;rit&#233;. Pourtant, en mati&#232;re de propagande et de fausses nouvelles, difficile de faire plus percutant que la guerre d'Irak et le bobard des &#171; armes de destruction massive &#187; qui la justifia, ou le &#171; Russiagate &#187; qui, &#224; coups d'assertions mensong&#232;res sur une collusion entre le pr&#233;sident russe et son homologue am&#233;ricain, consuma la pr&#233;sidence de Donald Trump. Or, dans un cas comme dans l'autre, les principaux pourvoyeurs d'informations parano&#239;aques ne furent pas des d&#233;sax&#233;s op&#233;rant depuis l'Ukraine dans les profondeurs du web, mais le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt;. C'est-&#224;-dire deux quotidiens trustant les prix Pulitzer et diffus&#233;s dans le monde entier aupr&#232;s d'une bourgeoisie p&#233;trie de culture et de civilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux journaux dont les m&#233;dias fran&#231;ais &#171; de qualit&#233; &#187; ne cessent de suivre les pas, m&#234;me si ceux-ci ont men&#233; &#224; des op&#233;rations de manipulation &#224; c&#244;t&#233; desquelles celles des complotistes pr&#233;sum&#233;s s'apparentent &#224; de l'artisanat. Les barons de l'information cit&#233;s dans ce livre ont qualifi&#233; de &#171; d&#233;lation &#187; le simple rappel de leurs propos publics, et de th&#233;orie du complot la mise en cause de leur r&#244;le au service de l'ordre social. Le journaliste, objectait par exemple Philippe Tesson, joue un r&#244;le &#171; second &#187; dans la stabilit&#233; du capitalisme, celui d'un &#171; simple agent de transmission &#187;. Remettre en cause ce syst&#232;me social revenait donc selon lui &#224; se d&#233;fier de la d&#233;mocratie puisque les d&#233;tenteurs du pouvoir politique &#233;taient &#233;lus et que les pouvoirs, &#233;conomiques comme m&#233;diatiques, d&#233;pendaient de la demande des clients. soudain, cette admirable transparence qui ignore les effets de domination, de monopole ou de propagande a cess&#233; d'&#234;tre mise en avant. Le ton est devenu plus &#226;pre, les mesures de censure et de coercition plus nombreuses, la libert&#233; d'expression moins d&#233;fendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; ? Assur&#233;ment, les attaques terroristes ont jou&#233;. Le massacre &#224; l'arme automatique d'une r&#233;daction comptant les caricaturistes les plus appr&#233;ci&#233;s du pays, puis celui d'une centaine de participants &#224; un concert du vendredi soir &#224; Paris, sans oublier plus de 80 promeneurs &#233;cras&#233;s &#224; Nice un soir de 14 juillet, ne pouvaient que remettre en cause les c&#233;l&#233;brations d'une &#171; fin de l'histoire &#187; d&#233;j&#224; assombries par la r&#233;currence des crises financi&#232;res et des &#171; th&#233;rapies de choc &#187; qui immanquablement les suivaient. C'est toutefois avec le vote du Brexit, suivi quatre mois plus tard par l'&#233;lection de Donald Trump, que le consensus dominant se fissure pour de bon. Et que le durcissement devient nouveau mode de gouvernement. Pas seulement chez les &#171; hommes forts &#187; : du c&#244;t&#233; des lib&#233;raux aussi. Puisque nul parmi eux n'avait pr&#233;vu de tels camouflets &#233;lectoraux, c'est que le syst&#232;me avait &#233;t&#233; d&#233;voy&#233;, que la Russie s'en &#233;tait m&#234;l&#233;e et surtout que les &#233;lecteurs avaient trahi la confiance de la classe dirigeante en cessant d'accepter ses pr&#233;f&#233;rences. Le d&#233;raillement du r&#233;f&#233;rendum europ&#233;en avait servi de signal d'alerte en 2005, mais le train avait ensuite repris sa route. Cette fois l'accident &#233;tait plus inqui&#233;tant : il intervenait dans la capitale du monde et d&#233;fiait &#8211; la corr&#233;lation du vote en faveur du parti d&#233;mocrate avec le niveau de dipl&#244;me de l'&#233;lecteur le montrait assez &#8211; tout ce qu'elle comptait de gens civilis&#233;s, universitaires et journalistes m&#234;l&#233;s. R&#233;sultat, ceux-l&#224; m&#234;mes qui, quelques ann&#233;es plus t&#244;t, raillaient les pourfendeurs des m&#233;dias en les renvoyant &#224; leur pr&#233;tendue parano&#239;a, n'h&#233;sitent pas, apr&#232;s l'&#233;lection de Trump, &#224; pr&#233;tendre que le nouveau pr&#233;sident est tenu par le Kremlin depuis qu'il aurait &#233;t&#233; film&#233;, quelques ann&#233;es plus t&#244;t, en compagnie de prostitu&#233;es en train d'uriner dans une chambre d'h&#244;tel de Moscou. Les m&#234;mes refusaient aussi d'admettre qu'ils profitaient d'un conditionnement m&#233;diatique en objectant que l'&#233;mission d'un message ne disait rien de sa r&#233;ception, filtr&#233;e par l'intelligence des citoyens. Mais sit&#244;t que ceux-ci s'avisent de &#171; mal &#187; voter, leur intelligence pr&#233;sum&#233;e s'est &#233;vapor&#233;e. Et ils deviennent un troupeau de jobards manipul&#233;s par des clips russes de tr&#232;s m&#233;diocre qualit&#233;. La mise en avant de &#171; th&#233;ories du complot &#187; et l'id&#233;e d'un rapport &#233;troit entre &#233;tat de l'opinion et propagande d&#233;barquent alors dans le camp de ceux qui en r&#233;servaient l'exclusivit&#233; aux procureurs du journalisme de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le pouvoir et ses relais multiplient donc les instruments de &#171; d&#233;cryptage &#187;, les instances de v&#233;rification, les filtres de contr&#244;le. M. Macron a m&#234;me fait voter une loi contre les &#171; fake news &#187;, autrement dit contre la d&#233;sinformation non homologu&#233;e par les services de l'&#201;lys&#233;e et par les organes de presse qui leur servent de relais. son texte ne sanctionne donc ni l'homog&#233;n&#233;it&#233; id&#233;ologique et sociale des &#233;ditorialistes, ni l'intoxication publicitaire, ni les renvois d'ascenseur entre journalistes, ni la d&#233;tention des m&#233;dias par des milliardaires amis du pr&#233;sident de la R&#233;publique. Doit-on en d&#233;duire que le mouvement de critique des m&#233;dias n'a atteint aucun de ses objectifs ? Dans la mesure o&#249; la question du conditionnement m&#233;diatique, qui n'&#233;tait presque plus pos&#233;e &#224; la fin des ann&#233;es 1980, est devenue une obsession quotidienne, cette conclusion n'aurait gu&#232;re de sens. L'id&#233;e que l'information frelat&#233;e ne devrait pas &#234;tre une fatalit&#233; s'est install&#233;e. Mieux, en France ce r&#233;sultat a &#233;t&#233; atteint sans que les principaux critiques passent par les grands m&#233;dias, se soumettent &#224; leur filtre, se m&#233;tamorphosent eux-m&#234;mes en produit m&#233;diatique. ils ont ainsi d&#233;montr&#233; qu'on pouvait encore d&#233;fendre efficacement des id&#233;es en refusant la quincaillerie de provocations et de faux d&#233;bats qui transforme toutes les convictions en marchandises. La critique des m&#233;dias s'est install&#233;e dans le d&#233;bat public et elle a &#233;t&#233; constitu&#233;e en question politique, c'est-&#224;-dire justiciable d'une d&#233;lib&#233;ration collective. Par ailleurs, elle ne s'est pas content&#233;e, comme la chose &#233;tait courante il y a vingt-cinq ans, de cibler TF1 et la t&#233;l&#233;vision poubelle, histoire de sugg&#233;rer que des m&#233;dias plus nobles, c'est-&#224;-dire plus intellectuels, c'est-&#224;-dire fr&#233;quent&#233;s par la bourgeoisie cultiv&#233;e, &#233;taient aur&#233;ol&#233;s d'une autre l&#233;gitimit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Pierre Bourdieu, &#171; Le racisme de l'intelligence &#187;, in : Interventions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle a jug&#233; que la digue avait c&#233;d&#233; entre une presse &#171; vulgaire &#187; et sa concurrente &#171; de r&#233;f&#233;rence &#187;, entre une information populaire et une autre d'&#233;lite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Patrick Champagne, &#171; La fin d'un magist&#232;re &#187;, in : La double (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et elle a r&#233;serv&#233; ses coups &#224; la seconde. Inutile n&#233;anmoins de dissimuler l'&#233;vidence : la popularit&#233; croissante de la critique des m&#233;dias, sa g&#233;n&#233;ralisation m&#234;me, ont accru le risque que celle-ci devienne banalis&#233;e, r&#233;cup&#233;r&#233;e, et surtout soit d&#233;voy&#233;e. La question essentielle de la d&#233;mocratisation de l'information, c'est-&#224;-dire la fin du monopole bourgeois sur celle-ci, n'est en effet presque jamais soulev&#233;e. Cette exigence, qui l'exprime aujourd'hui ? La dissimulation de la violence des rapports sociaux op&#233;rait autrefois gr&#226;ce &#224; un vocabulaire amidonn&#233; de triomphalisme et de &#171; bienveillance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se manifeste toujours d&#232;s lors que le combat contre cette domination sociale est presque syst&#233;matiquement pr&#233;sent&#233; comme moins prioritaire que d'autres. En particulier dans les m&#233;dias. La mise en cause des &#171; v&#233;rit&#233;s officielles &#187; est, quant &#224; elle, devenue un th&#232;me qu'agitent des groupuscules parano&#239;aques souvent proches de l'extr&#234;me droite afin de mieux r&#233;cuser toutes sortes de faits scientifiques ou historiques. Toutefois ce danger serait moindre si les gouvernants et les m&#233;dias dominants n'y avaient pas pr&#234;t&#233; le flanc en multipliant erreurs et manipulations. Est-il devenu &#224; ce point redoutable qu'il nous faudrait dor&#233;navant mod&#233;rer ou museler notre critique par crainte de &#171; faire le jeu de l'adversaire &#187; ? En v&#233;rit&#233;, rien ne lui serait plus profitable. D'une part, ce terrain porteur nous appartient. Par ailleurs, toute action politique et sociale comporte un risque de confusion ou d'amalgame. Nul ne peut agir collectivement ni agir tr&#232;s longtemps en ayant pour principal souci voire pour obsession unique d'&#233;viter les mauvaises fr&#233;quentations. Contester, manifester, voter, c'est accepter de c&#244;toyer des gens dont les id&#233;es diff&#232;rent des siennes en esp&#233;rant un jour les convaincre de rejoindre d'autres combats que celui qui vous r&#233;unit ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XIXe si&#232;cle, les critiques socialistes de la presse lui reprochaient non pas de se situer trop &#224; droite ou pas assez &#224; gauche, mais d'&#234;tre accapar&#233;e par la bourgeoisie. Les syndicalistes r&#233;volutionnaires fran&#231;ais avaient coutume de dire : &#171; n'ach&#232;te pas un journal : tu ram&#232;nerais un patron &#224; la maison. &#187; En d&#233;cembre 2018, au plus fort du mouvement des Gilets jaunes, deux intellectuels proches du pouvoir macronien ont confirm&#233; cette v&#233;rit&#233; sociale pour rameuter un parti de l'ordre qu'ils jugeaient insuffisamment mobilis&#233; contre des protestataires issus des milieux populaires : &#171; Les journalistes, avertissaient &#201;lie Cohen et G&#233;rard Grunberg, doivent se rappeler qu'ils ne sont pas de simples observateurs mais qu'ils font partie des &#233;lites dont le r&#244;le est aussi de pr&#233;server le pays du chaos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lie Cohen et G&#233;rard Grunberg, &#171; Les Gilets jaunes : une double r&#233;gression (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En somme, ce sont plus que jamais d'autres structures, un autre syst&#232;me qu'il nous faut imaginer, r&#233;clamer et obtenir. sans &#171; &#233;lites &#187; et sans privil&#232;ges. Pour la presse comme pour le reste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Pierre Rimbert, &#171; Projet pour une presse libre &#187;, Le Monde Diplomatique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans cette exigence, il n'y a pas de critique radicale des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Serge Halimi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lewis Lapham, &lt;i&gt;L'Am&#233;rique ba&#238;llonn&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, Saint-Simon, 2004, p.100-101.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Minc, &#034;Radioscopie&#034;, France Inter, 18 janvier 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qui n'emp&#234;che pas Bernard-Henri L&#233;vy de lui servir de caution. Le 23 septembre 2021, il &#233;crit dans son bloc-notes du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; : &#171; Vincent Bollor&#233; ne ressemble pas &#224; la caricature que l'on en fait. Un conservateur chr&#233;tien, certes oui, avec ce que l'alliage de ceux de termes induit de r&#233;probation chez les sp&#233;cialistes du proc&#232;s d'intention. Mais un extr&#233;miste, non. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Minc, &lt;i&gt;La Mondialisation heureuse&lt;/i&gt;, Paris, Plon, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Pierre Bourdieu, &#171; Le racisme de l'intelligence &#187;, &lt;i&gt;in : Interventions 1961-2001&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2022 [2002].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Patrick Champagne, &#171; La fin d'un magist&#232;re &#187;,&lt;i&gt; in : La double d&#233;pendance&lt;/i&gt;, Paris, Raisons d'Agir, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;lie Cohen et G&#233;rard Grunberg, &#171; Les Gilets jaunes : une double r&#233;gression &#187;, Telos, 7 d&#233;cembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Pierre Rimbert, &#171; Projet pour une presse libre &#187;, &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jeudi d'Acrimed avec Serge Halimi et Pierre Rimbert : &#171; Histoire d'une critique radicale et sardonique des m&#233;dias &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Jeudi-d-Acrimed-avec-Serge-Halimi-et-Pierre</link>
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		<dc:date>2018-11-16T14:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acrimed</dc:creator>


		<dc:subject>Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bats d'Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Quelle(s) critique(s) ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 29 novembre, &#224; la Bourse du travail de Paris. Avec Serge Halimi, Pierre Rimbert (&#171; Monde Diplomatique &#187;), et Mathias Reymond pour Acrimed.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-Jeudis-d-Acrimed-1996-2023-" rel="directory"&gt;Les Jeudis d'Acrimed (1996-2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Acrimed-214-+" rel="tag"&gt;Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats d'Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quelle-s-critique-s-+" rel="tag"&gt;Quelle(s) critique(s) ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton5821-240b3.jpg?1776733140' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bilan et perspective de la critique des m&#233;dias avec le directeur du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt; Serge Halimi, Pierre Rimbert, journaliste au &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, et Mathias Reymond pour Acrimed.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; travers un retour sur les ann&#233;es &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt;, deux co-fondateurs des bimestriels diffus&#233;s de 2000 &#224; 2010 analyseront les &#233;volutions de la critique des m&#233;dias. Depuis plus de vingt ans, le paysage s'est profond&#233;ment modifi&#233;. La critique des m&#233;dias prolif&#232;re et ne cesse de se r&#233;pandre. Le pire (souvent) voisine le meilleur (rarement). Les politiques se sont d&#233;sormais empar&#233;s de la question des m&#233;dias pour en faire&#8230; une question politique, ou plut&#244;t politicienne : loin de recouvrir les revendications structurelles port&#233;es par Acrimed (entre autres) depuis des ann&#233;es, ces critiques restent g&#233;n&#233;ralement superficielles, circonstanci&#233;es et opportunistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique des m&#233;dias a toujours accompagn&#233; l'histoire des m&#233;dias. Et Acrimed est n&#233;e dans un contexte marqu&#233; par la parution de &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; de Pierre Bourdieu (1996), puis des &lt;i&gt;Nouveaux Chiens de garde&lt;/i&gt; de Serge Halimi (1997) et la diffusion du documentaire de Pierre Carles, &#171; Pas vu, pas pris &#187; (1998). Un &#171; p&#244;le de radicalit&#233; &#187; s'est constitu&#233; qui, dans toute sa diversit&#233;, a compris et parfois comprend encore, outre Acrimed, les journaux &lt;i&gt;PLPL &lt;/i&gt; puis &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt;, les documentaires de Pierre Carles, les images et les sons du collectif Nada ou du site de &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187;, les articles du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; et le film &#171; Les Nouveaux Chiens de garde &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En invitant Serge Halimi et Pierre Rimbert, journalistes au &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, mais surtout co-fondateurs (avec Thierry Discepolo, Pierre Carles et Marc Pantanella) du bimestriel &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt;), nous reviendrons avec eux sur une histoire de la critique des m&#233;dias. Une histoire joyeuse et sardonique. Cette histoire est la leur. Et elle est aussi un peu la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Rendez-vous jeudi 29 novembre 2018 &#224; 19h&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;strong&gt;&#224; la Bourse du travail de Paris &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;&lt;strong&gt;3 rue du Ch&#226;teau-d'Eau, Paris 10e (m&#233;tro R&#233;publique)&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;strong&gt;Entr&#233;e libre&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'art et la mani&#232;re d'ignorer la question des m&#233;dias</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-art-et-la-maniere-d-ignorer-la-question-des-medias</link>
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		<dc:date>2015-04-22T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>


		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Lire - &#233;couter - voir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Datant de 2007, une intervention de Serge Halimi qui n'a rien perdu de son actualit&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Lire-ecouter-voir-+" rel="tag"&gt;Lire - &#233;couter - voir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-dessous, avec son accord, un article de Serge Halimi (paru en 2007 et d&#233;j&#224; publi&#233; avec l'aimable autorisation des &lt;a href=&#034;http://atheles.org/editionsducroquant/champsocial/pouruneanalysecritiquedesmedias/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;ditions du Croquant&lt;/a&gt; sur le &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/societe/media/halimi/pouracrimed/extraits1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de l'Homme moderne&lt;/a&gt;). Cet article est extrait de &lt;i&gt;Pour une analyse critique des m&#233;dias &#8212; Le d&#233;bat public en danger&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; sous la direction de Jacques Bouveresse et &#201;veline Pinto, Collection (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'a rien perdu de son actualit&#233;. (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1985, &#224; l'apog&#233;e de l'&#232;re Reagan, John Galbraith publia un texte titr&#233; &#171; Comment avoir la conscience tranquille face &#224; la pr&#233;sence des pauvres ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Galbraith, &#171; How to get the poor off our conscience &#187;, Harper's, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cet article, l'&#233;conomiste recensait les techniques permettant, face &#224; la question des in&#233;galit&#233;s sociales, de ne rien entreprendre, mais sans se sentir coupable : invocation de l'&#171; effet pervers &#187; des solutions de redistribution propos&#233;es, obligation de recourir &#224; un &#201;tat qui d&#233;motive ceux qu'il aide, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayons d'entreprendre un exercice du m&#234;me genre, mais sur le sujet qui nous r&#233;unit. La question serait alors : comment faire, quand on est un intellectuel, un chercheur, un universitaire, pour ne pas engager le combat pour les m&#233;dias tout en sachant, la plupart du temps, qu'il est d&#233;cisif, y compris dans l'univers des intellectuels ? Quand on est un intellectuel, un chercheur raisonnablement instruit de ce dont il s'agit, comment feindre de ne pas voir ce qu'on a vu et ce qu'on voit, avec d'autant plus d'application qu'on y a souvent int&#233;r&#234;t ? Certains d'entre nous se reconna&#238;tront peut-&#234;tre dans l'&#233;nonc&#233; des justifications qui vont suivre et peut-&#234;tre m&#234;me, moi compris, avons-nous d&#233;j&#224; eu recours &#224; plusieurs d'entre elles &#224; la fois. Mais on reproche souvent, &#224; juste titre, aux journalistes leur mauvaise gr&#226;ce &#224; se soumettre &#224; tout exercice d'&#171; objectivation &#187;, d'&#171; auto-analyse &#187; ou, pour le dire plus simplement, de retour critique sur leurs comportements. La m&#234;me r&#233;pugnance &#224; l'autocritique ne saurait-elle caract&#233;riser les universitaires, aussi &#233;clair&#233;s que prompts &#224; dispenser aux autres leur v&#233;rit&#233; sur le monde social ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette intervention fut suivie d'interpellations particuli&#232;rement v&#233;h&#233;mentes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES JUSTIFICATIONS LES PLUS FR&#201;QUEMMENT ENTENDUES PAR LES JOURNALISTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; On ne conna&#238;t pas bien ces sujets-l&#224;. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, lors de l'universit&#233; d'&#233;t&#233; d'Attac, nous avons &#233;t&#233; quelques-uns &#224; analyser les rapports entre des contestataires et des m&#233;dias dominants que ces contestataires auraient eu beaucoup de raisons de contester. &#192; la fois parce que ces m&#233;dias appartiennent &#224; des grands groupes capitalistes et parce qu'ils diffusent une pens&#233;e, une orthodoxie, largement conformes aux int&#233;r&#234;ts de ces groupes, pour des raisons bien connues : pouvoir de l'actionnaire, commercialisation de l'information, r&#244;le et place de la publicit&#233;, formation et origine sociale des journalistes, etc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je renvoie ici aux interventions successives, lors de cette universit&#233; d'&#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons insist&#233; sur le constat suivant : lorsqu'un intervenant critique de l'ordre social va dans les m&#233;dias, il ne critique jamais l'ordre des m&#233;dias. Lors d'un des ateliers qui suivirent, Jos&#233; Bov&#233; intervint pour pr&#233;ciser qu'une des raisons de son mutisme sur le sujet &#233;tait qu'il ne ma&#238;trisait pas bien la question des m&#233;dias. Depuis, plusieurs ann&#233;es ont pass&#233; et on n'a pas observ&#233; de sa part ou de celle d'autres militants de gauche, d'extr&#234;me gauche, etc. un d&#233;sir &#233;perdu d'apprendre. Afin, le cas &#233;ch&#233;ant, de pouvoir faire avancer dans les m&#233;dias le travail d'&#233;ducation populaire auquel tous se disent tr&#232;s attach&#233;s, mais quand il s'agit d'autres th&#232;mes que les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Tout ce que vous dites, on le sait d&#233;j&#224;. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout &#231;a, on le sait d&#233;j&#224; &#187; est la plaidoirie habituelle de qui, ne souhaitant pas diffuser un savoir, pr&#233;texte qu'il est r&#233;pandu. Ceux qui, &#224; Sciences Po ou ailleurs, psalmodient leurs ritournelles l&#233;gitimistes ne se soucient pas en revanche de renouvellement intellectuel. Car, apr&#232;s tout, qu'il n'existe qu'&#171; une seule politique possible &#187;, que la France qui &#171; tombe &#187; ait besoin de &#171; r&#233;formes &#187;, que le peuple soit trop &#171; populiste &#187;, les patrons &#171; &#233;cras&#233;s par les charges &#187;, et le monde devenu &#171; de plus en plus complexe &#187;, on le sait d&#233;j&#224;. Cela n'emp&#234;che pas les chroniqueurs &#233;conomiques et les intellectuels de pouvoir de nous le r&#233;p&#233;ter matin, midi et soir. Pour, justement, qu'on ne l'oublie pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, quand les premiers livres de la collection Raisons d'agir sont sortis en 1996-1997-1998, leurs auteurs ont eu plus d'une fois le sentiment que tout un savoir contestataire, dont on disait qu'il ne faisait que rab&#226;cher ce que chacun savait d&#233;j&#224;, int&#233;ressait encore bien du monde. L'un des bons moyens de ne pas engager les combats qui co&#251;tent est de feindre qu'ils ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; remport&#233;s. Et que l'exquise dignit&#233; qu'on s'attribue ne saurait se m&#234;ler &#224; une t&#226;che aussi vulgaire que l'instruction ordinaire &#224; destination de ceux qui ignorent ce que soi-m&#234;me et quelques autres, on a d&#233;j&#224; compris. La r&#232;gle qui devrait pr&#233;valoir serait plut&#244;t celle du : &#171; Ils continuent ? Alors nous aussi on continue. &#187; La critique sociale n'est pas un exercice de style destin&#233; &#224; &#234;tre &#233;l&#233;gant, original, salu&#233; par ses coll&#232;gues. Elle est la marque de la volont&#233; de transformer le monde social, ou au moins d'avoir des effets sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias, c'est plus complexe que votre th&#233;orie du complot &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le refrain des conservateurs, mais aussi celui d'essayistes, d'universitaires et de responsables associatifs, &#224; la fois capables d'appr&#233;cier l'impact politique croissant de la critique radicale des m&#233;dias, de mesurer les contraintes qu'elle risque d'imposer &#224; leur propre comportement d'auteur m&#233;diatis&#233;, et qui vont faire de la &#171; complexit&#233; &#187; de la presse un parapet les pr&#233;munissant de toute observation sardonique relative aux pr&#233;venances dont ils b&#233;n&#233;ficient dans les m&#233;dias. Ici, ils agiront un peu comme ces responsables politiques soucieux d'enterrer un probl&#232;me en affectant &#224; sa solution une commission d'experts, laquelle substituera de la confusion pr&#233;tendument &#233;rudite &#224; une &#171; simplicit&#233; &#187; trop propre &#224; enflammer les c&#339;urs et les esprits. Sous des formes assez peu diff&#233;rentes, Dominique Wolton, Cyril Lemieux, G&#233;raldine Muhlmann, et &lt;i&gt;alii&lt;/i&gt;, interpr&#232;tent cette partition. Un de ses choristes universitaires les plus &#233;prouv&#233;s, Philippe Corcuff, aime l'antienne de la complexit&#233; &#171; m&#233;lancolique &#187; l'opposant &#224; &#171; certaines tendances r&#233;gressives, en particulier une rh&#233;torique gauchiste enfermant la gauche dans une d&#233;nonciation simpliste du n&#233;olib&#233;ralisme et des m&#233;dias appr&#233;hend&#233;s comme des &#8216;&#8216;complots'' mal&#233;fiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 19 octobre 2005. Dans une nouvelle tribune de Lib&#233;ration, le 20 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Quand il pr&#233;cise qui sont ces individus qui appr&#233;henderaient les m&#233;dias comme des &#171; complots mal&#233;fiques &#187;, Corcuff identifie plusieurs auteurs qui ont consacr&#233; une partie appr&#233;ciable de leur existence &#224; argumenter le contraire de ce qu'il leur impute. Quand on veut noyer son chien &#8212; ou la critique des m&#233;dias non consensuelle, non convenue, non labellis&#233;e par les journalistes dominants &#8212; on l'accuse d'avoir la rage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, la connaissance de la r&#233;alit&#233; sociale ou politique, c'est aussi, parfois, la d&#233;couverte que les choses sont plus simples qu'on l'imaginait, que les pi&#232;ces s'embo&#238;tent, et pas n&#233;cessairement le d&#233;sir d'oublier les causalit&#233;s, les d&#233;terminismes, de tout nuancer afin de ne rien faire tant les choses seraient complexes, molles, enchev&#234;tr&#233;es. Plus prosa&#239;quement, s'il est un domaine dans lequel on peut aboutir &#224; une conclusion simple sans recourir &#224; la nuance et &#224; l'&#233;l&#233;gance, c'est celui-ci : l'exposition journalistique des individus est en g&#233;n&#233;ral proportionnelle &#224; leur disposition &#224; fustiger le simplisme de la critique radicale du journalisme. Qu'on ne cherche nulle &#171; th&#233;orie du complot &#187; dans cette observation tout &#224; fait ordinaire : un syst&#232;me qui fait appel &#224; vos menus services et qui vous promeut ne saurait &#234;tre enti&#232;rement mauvais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; &#199;a a toujours exist&#233;. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un historien &#171; m&#233;diatique &#187; comme Jean-No&#235;l Jeanneney, par ailleurs membre du conseil d'administration de la Soci&#233;t&#233; des lecteurs du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, s'est un peu fait une sp&#233;cialit&#233; de l'exercice consistant &#224; minorer les turpitudes du pr&#233;sent en invoquant les affres du pass&#233;. En mati&#232;re de presse, la situation actuelle est assur&#233;ment meilleure que celle de l'Ancien r&#233;gime ou, plus pr&#232;s de nous, de l'Occupation, sans doute pr&#233;f&#233;rable aussi &#224; la v&#233;nalit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par le scandale de Panama, mais elle est aussi moins enviable que le bouillonnement pluraliste connu au moment de la Lib&#233;ration. Au reste, bien que l'esclavage ait jadis caract&#233;ris&#233; nos soci&#233;t&#233;s, le fait qu'il ait largement disparu ne nous conduit pas, j'imagine, &#224; estimer que les probl&#232;mes sociaux d'aujourd'hui seraient relatifs, voire anodins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de m&#233;dias, le &#171; &#199;a a toujours exist&#233; &#187; s'accompagne souvent d'un &#171; C'&#233;tait encore pire du temps de l'ORTF &#187;. Il y a quelques ann&#233;es Patrick Poivre d'Arvor expliquait par exemple : &#171; Contrairement &#224; ce que croient les Fran&#231;ais, la libert&#233; est plus grande qu'on ne l'imagine, en tout cas elle est infiniment plus grande qu'il y a ne serait-ce que 25 ans [...] &#224; l'ORTF de l'&#233;poque. Aujourd'hui, on est enfin libres, les uns et les autres. &#187; Exigence d'inventaire... Quand Jean-Pierre Elkabbach, nomm&#233; PDG d'Europe 1 par Arnaud Lagard&#232;re en personne, interroge Arnaud Lagard&#232;re sur Europe 1, dans un studio nomm&#233; &#171; Lagard&#232;re &#187;, n'en viendrait-on pas &#224; regretter la sonnette avec laquelle Alain Peyrefitte convoquait les r&#233;dacteurs en chef du journal t&#233;l&#233;vis&#233; de l'ORTF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Moi, je connais quelqu'un qui se bat dans sa r&#233;daction. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pr&#233;texte au mutisme qu'avancent presque tous ceux qui connaissent ces sujets (diff&#233;rent de la justification n&#176;1), qui savent que des logiques structurelles sont &#224; l'&#339;uvre (diff&#233;rent de la justification n&#176;3), qui n'ignorent pas que le p&#244;le commercial du journalisme est plus pesant encore qu'il y a trente ans (diff&#233;rent de la justification n&#176;4) et qui, pourtant, veulent croire &#8212; ou faire croire &#8212; qu'eux parviendront &#224; se pr&#233;server de la loi de la gravitation journalistique. Ou bien, on le verra plus bas, ils surestiment leurs capacit&#233;s man&#339;uvri&#232;res en imaginant qu'ils sortiront &#224; leur avantage de la rencontre m&#233;diatique. Ou bien ils susurrent qu'ils connaissent &#171; quelqu'un qui se bat dans sa r&#233;daction &#187; gr&#226;ce &#224; qui ils transformeront le plomb de la d&#233;sinformation en or de l'analyse sociale. Chaque m&#233;dia est en g&#233;n&#233;ral assez habile pour d&#233;p&#234;cher &#224; l'intellectuel critique des m&#233;dias, &#224; l'universitaire ou au contestataire du syst&#232;me un journaliste qui se pr&#233;sentera comme en sympathie ou en &#233;coute et qui, le cas &#233;ch&#233;ant, confiera quelques &#233;chos de boutique. &#192; charge de revanche. Ces &#233;claireurs (soucieux d'&#234;tre &#233;clair&#233;s) tutoient leurs interlocuteurs, disposent de leurs num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone portable. Ils font presque partie de la famille, surtout quand la famille se d&#233;chire et confie au journaliste &#171; ami &#187; la fonction de juge de paix &#8212; ou esp&#232;re alors utiliser ses articles ou indiscr&#233;tions pour affaiblir ses concurrents sans mettre directement la main &#224; la p&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelqu'un qui se bat &#224; &lt;i&gt;Paris Match &lt;/i&gt;ou au &lt;i&gt;Monde des Livres &lt;/i&gt;n'emp&#234;chera jamais que &lt;i&gt;Paris Match &lt;/i&gt;fasse du &lt;i&gt;people&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;Le Monde des Livres &lt;/i&gt;de constituer, comme dit Jacques Bouveresse, un exemple d&#233;plorable de copinage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. son entretien avec Lib&#233;ration, 4-5 ao&#251;t 2001.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un article hors norme ne contredit pas l'existence d'une norme &#224; laquelle se plieront la masse des autres articles, y compris certains de ceux que r&#233;dige la personne &#171; qui se bat dans la r&#233;daction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Je ne peux pas risquer de griller mon terrain de recherche en d&#233;voilant ce que j'ai appris. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs cherchent. Et souvent ils trouvent, ou ils apprennent. Mais, comme ils ne le font pas toujours savoir, bien des disques durs gonflent sans que la transmission de la connaissance avance. Tout &#231;a, on le sait d&#233;j&#224; &#8230; puisque Nizan l'observait en 1932 dans &lt;i&gt;Les Chiens de garde &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Que font les penseurs de m&#233;tier au milieu de ces &#233;branlements ? Ils gardent encore leur silence. Ils n'avertissent pas. Ils ne d&#233;noncent pas. Ils ne sont pas transform&#233;s. Ils ne sont pas retourn&#233;s. L'&#233;cart entre leur pens&#233;e et l'univers en proie aux catastrophes grandit chaque semaine, chaque jour, et ils ne sont pas alert&#233;s. Et ils n'alertent pas. L'&#233;cart entre leurs promesses et la situation des hommes est plus scandaleux qu'il ne fut jamais. Et ils ne bougent point. Ils restent du m&#234;me c&#244;t&#233; de la barricade. Ils tiennent les m&#234;mes assembl&#233;es, publient les m&#234;mes livres. Tous ceux qui avaient la simplicit&#233; d'attendre leurs paroles commencent &#224; se r&#233;volter, ou &#224; rire. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la question &#224; r&#233;soudre n'est pas facile. Nombre d'interlocuteurs, de &#171; sources &#187;, ne s'expriment qu'&#224; condition que leurs propos demeurent tus, un peu comme le chr&#233;tien livre sa confession en confiance. Ceci dit, quelle serait l'utilit&#233; sociale d'un universitaire ou d'un chercheur, r&#233;tribu&#233; par la collectivit&#233;, qui ne diffuserait son savoir ni &#224; ses &#233;tudiants ni &#224; l'ext&#233;rieur ? Sa pr&#233;tention &#224; l'&#233;thique ou &#224; la biens&#233;ance peut appara&#238;tre utilitaire, carri&#233;riste, cynique. &#171; &lt;i&gt; En passant la ligne sacr&#233;e de la biens&#233;ance, on donne des armes &#224; ceux qui n'ont pour eux que le respect de la biens&#233;ance, qui fait la dignit&#233; du corps des professionnels&lt;/i&gt;, observait Pierre Bourdieu.&lt;i&gt; Je me suis dit qu'il n'est pas possible, quand on est un peu responsable, de garder le silence, de ne pas essayer de dire un peu de ce qu'on croit avoir appris, &lt;/i&gt;aux frais de tous&lt;i&gt;, sur ce monde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, in Yvette Delsaut et Marie-Christine Rivi&#232;re, Bibliographie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187; &#171; Aux frais de tous &#187; &#233;tait soulign&#233; dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; La science ne doit jamais para&#238;tre &#8216;&#8216;militante&#8221; &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tachement universitaire, destin&#233; &#224; pr&#233;server la science, y compris sociale, des impuret&#233;s de l'engagement est une question qui a d&#233;j&#224; vid&#233; des millions d'encriers. Transform&#233;s en cat&#233;chisme par nombre d'universitaires, la vulgate des textes de Max Weber opposant scientifique et politique constitue une croyance pesante, en particulier chez les universitaires assez rou&#233;s pour ne d&#233;busquer la &#171; croyance &#187; que chez les autres, plus militants ou plus courageux qu'eux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire sur le sujet le texte cinglant de Lucien S&#232;ve, &#171; Intellectuels (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutefois, l'engagement politique des &#171; savants &#187;, qui pourrait aller de soi eu &#233;gard &#224; la gen&#232;se m&#234;me du groupe des &#171; intellectuels &#187;, demeure exceptionnel et r&#233;serv&#233; &#224; des profils particuliers dans des conjonctures de fortes mobilisations. Pour la majorit&#233; des universitaires, l'investissement politique, sur la question des m&#233;dias (ou sur une autre) est jug&#233; &#224; la fois contre-productif et malvenu. Ils aspirent, nous le savons bien, &#224; mijoter tranquillement leur petite &#8212; ou leur grande &#8212; science dans leur petit coin, sans qu'il leur soit m&#234;me n&#233;cessaire de se pr&#233;valoir de quelque &#171; neutralit&#233; axiologique &#187; que ce soit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'emprunte une partie de ces r&#233;flexions &#224; Edward Said, Des intellectuels et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, de l'aveu d'Alain Minc lui-m&#234;me, des normaliens qu'on imagine de gauche n'ont pas h&#233;sit&#233;, pour compl&#233;ter leurs revenus, &#224; s'&#171; engager &#187; en devenant les suppl&#233;tifs r&#233;dactionnels des essais (semestriels) commis par le pr&#234;tre de la &#171; mondialisation heureuse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Bourdieu a admis avoir &#233;t&#233; longtemps victime de &#171; ce moralisme de la neutralit&#233;, de la non-implication du scientifique &#187; qui lui a interdit de tirer certaines cons&#233;quences politiques de son travail d'enqu&#234;te. C'est press&#233; par un sentiment d'urgence politique et sociale qu'il s'est senti tenu de descendre plus carr&#233;ment dans l'ar&#232;ne. Mais de m&#234;me qu'il n'est pas envisageable de parler des m&#233;dias sans faire de politique, il n'est plus possible de &lt;i&gt;ne pas &lt;/i&gt;en parler en pr&#233;tendant demeurer neutre. Surtout quand on a d&#233;cid&#233; d'avoir recours aux avantages que la m&#233;diatisation procure. Car, dans une telle hypoth&#232;se, non seulement on ne fait rien contre un syst&#232;me de domination, mais on y collabore en affaiblissant le poids relatif de ceux qui s'y opposent, en se portant caution du syst&#232;me et du pluralisme qui le l&#233;gitime et dont il se pr&#233;vaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les non militants militent &#224; leur mani&#232;re. Leur d&#233;sint&#233;ressement scientifique est d'autant plus douteux qu'on peut parfois les soup&#231;onner de vouloir avant tout &#233;viter le parasitage de leurs micro-trouvailles par un &#171; savoir engag&#233; &#187; qui saurait se satisfaire des r&#233;sultats d'une recherche plus ancienne &#8212; et plus performante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas scientifique de donner des noms : &#231;a tape &#224; c&#244;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique radicale des m&#233;dias (Noam Chomsky, Pierre Bourdieu, Acrimed, &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt;) ne s'interdit pas de d&#233;signer ceux qu'elle d&#233;signe. Or, quand il s'agit du monde intellectuel ou souvent de celui des m&#233;dias il faudrait dire sans dire. En tout cas, dire sans nommer. Nul ne reprocherait pourtant &#224; un &#233;conomiste ou &#224; un journaliste &#233;conomique de d&#233;signer Edouard Michelin, Bill Gates, les fr&#232;res Walton, Liliane Bettencourt. Quand il s'agit des m&#233;dias, on devrait en revanche essayer de comprendre et de faire comprendre, par exemple les logiques de connivence et d'inter-connaissances sans jamais identifier les agents de ces logiques. Car l&#224;, il para&#238;t que &#231;a ne se fait pas, que ce ne serait pas digne de la science&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en revient ici &#224; l'&#233;trange biens&#233;ance &#233;voqu&#233;e tout &#224; l'heure. Et qu'ajouter de plus &#224; la d&#233;claration d'intention de Pierre Bourdieu, proclam&#233;e dans les lignes m&#234;mes de la revue scientifique qu'il dirigeait : &#171; &lt;i&gt; Dans un univers o&#249; les positions sociales s'identifient souvent &#224; des &#8216;&#8216;noms&#8221;, la critique scientifique doit parfois prendre la forme d'une critique &lt;/i&gt;ad hominem&lt;i&gt;. Comme l'enseignait Marx, la science sociale ne d&#233;signe &#171; des personnes que pour autant qu'elles sont la personnification &#187; de positions ou de dispositions g&#233;n&#233;riques &#8212; dont peut participer celui qui les d&#233;crit. Elle ne vise pas &#224; imposer une nouvelle forme de terrorisme mais &#224; rendre difficiles toutes les formes de terrorisme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration d'intention du n&#176; 5-6, novembre 1975, Actes de la Recherche en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; quelques-unes des techniques qui permettent &#224; des universitaires, &#224; des chercheurs, &#224; des intellectuels, de ne pas s'occuper, ou de mal s'occuper, de la question des m&#233;dias. Mais s'il y a le comment, il y a aussi le pourquoi. Apr&#232;s les raisons qu'on invoque, parfois de bonne foi, il y a celles qu'on a. Dans l'univers des chercheurs, des universitaires, les positions dans un espace social expliquent aussi les dispositions et les prises de position au cours d'un d&#233;bat &#224; caract&#232;re politique. Cette r&#232;gle, que d'aucuns savent diss&#233;quer quand il s'agit, par exemple, d'analyser la disposition des intellectuels r&#233;volutionnaires &#224; plier la science aux int&#233;r&#234;ts pr&#233;sum&#233;s du &#171; parti de la classe ouvri&#232;re &#187;, n'est pas forc&#233;ment moins probante &#8212; ou plus d&#233;sint&#233;ress&#233;e &#8212; quand on l'applique &#224; un savant, capable de d&#233;nicher la th&#233;orie des m&#233;dias la mieux ajust&#233;e &#224; ses priorit&#233;s de recherche et &#224; sa valorisation individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;POURQUOI ON NE VEUT PAS VOIR CE QU'ON VOIT &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par int&#233;r&#234;t&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains intellectuels ou universitaires, qui ont d&#233;j&#224; accept&#233; l'implication dans le monde de l'entreprise et de la publicit&#233; - Alain Etchegoyen &#224; Usinor, Jorge Semprun &#224; Vivendi, Daniel Cohen &#224; la banque Lazard, Fran&#231;ois Ewald au Medef - l'int&#233;r&#234;t est assez clair m&#234;me si on peut toujours le maquiller sous les couleurs d'une ouverture &#224; la soci&#233;t&#233; civile, assur&#233;ment un peu diff&#233;rente de celle qui conduisit Robert Linhart &#224; devenir &#233;tabli. Or s'ouvrir &#224; la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; et &#224; ses gratifications mat&#233;rielles via le monde de l'entreprise m&#232;ne rarement &#224; d&#233;daigner l'univers des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'un chercheur, une telle exposition m&#233;diatique peut s'accompagner d'avantages professionnels, universitaires par exemple (on parle alors de &#171; valorisation de la recherche &#187;) ou de facilit&#233;s d'&#233;dition (le livre command&#233; est r&#233;put&#233; pouvoir se vendre d&#232;s lors que l'auteur ne r&#233;pugne pas &#224; s'afficher). Inversement, ceux qui endosseraient les critiques radicales des m&#233;dias, voire les prolongeraient par leurs propres travaux, encourent rappels &#224; l'ordre puis mises &#224; l'index ; les pages &#171; Livres &#187; de certains p&#233;riodiques &#8212; &lt;i&gt;Le Monde, Lib&#233;ra&lt;/i&gt;tion, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Inrockuptibles&lt;/i&gt;, en particulier &#8212; en fournissent des d&#233;monstrations probantes. On comprend, dans ces conditions, que le tressage de lauriers m&#233;diatiques soit devenu un petit commerce en expansion. Y compris chez les universitaires. Ils attaqueront volontiers TF1 (qui ne les conviera jamais sur un plateau, pour des raisons li&#233;es &#224; l'audimat), mais trouveront bien des m&#233;rites &#224; France Culture nonobstant toutes les normalisations et &#233;purations que cette station a subies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il s'agit, au contraire, de &lt;i&gt;ne pas &lt;/i&gt;s'impliquer, de &lt;i&gt;ne pas &lt;/i&gt;participer &#224; la controverse sur la question des m&#233;dias (quitte &#224; &#234;tre m&#233;diatis&#233; de temps en temps), l'int&#233;r&#234;t op&#232;re de mani&#232;re plus indirecte. Si des intellectuels, des chercheurs, des universitaires, ne se soucient pas des questions les plus centrales relatives &#224; l'information, c'est parfois qu'ils estiment qu'elles ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; tranch&#233;es scientifiquement et sont par cons&#233;quent peu productives. De fait, les questions relatives au contr&#244;le capitalistique de la presse, &#224; son pouvoir d'imposition id&#233;ologique, &#224; l'influence de la publicit&#233;, ont bien donn&#233; lieu &#224; une infinit&#233; d'&#233;tudes depuis un si&#232;cle. Nombre de chercheurs vont donc leur pr&#233;f&#233;rer des probl&#233;matiques lat&#233;rales, plus &#171; stimulantes &#187;, plus susceptibles de d&#233;boucher sur des publications cot&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; entendre les t&#233;moignages de syndicalistes dans des entreprises de presse, d'un c&#244;t&#233;, et les analyses de sociologues des m&#233;dias, de l'autre, on est d'ailleurs saisi par un contraste. Les premiers, bien qu'ils appartiennent g&#233;n&#233;ralement au p&#244;le le plus intellectuel des entreprises d'information (documentaristes, reporters chevronn&#233;s&#8230;), avancent des explications simples et souvent peu nombreuses de la d&#233;gradation de l'information : le contr&#244;le capitaliste, la concurrence qui pousse &#224; faire vite, &#224; faire pas cher pour faire comme les autres et pour faire de l'audience, la mise en place de hi&#233;rarchies militaires dans les r&#233;dactions. Certains universitaires au contraire, d&#233;veloppent des analyses toujours plus emberlificot&#233;es, qui excipent de la &#171; complexit&#233; du r&#233;el &#187; pour justifier &#224; la fois la prolongation de leurs travaux et leur non engagement dans des combats &#224; leurs yeux douteux parce qu'insuffisamment subtils. La volont&#233; de se distinguer de l'analyse produite par les journalistes eux-m&#234;mes, ne pousse-t-elle pas des &#171; scientifiques &#187; press&#233;s de &#171; rompre avec le sens commun &#187; &#224; explorer des voies imp&#233;n&#233;trables au profane afin de justifier leur position de savants au-dessus de la m&#234;l&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Pierre Rimbert, &#171; Les rapports entre journalistes et intellectuels : cul (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par l'effet d'une peur l&#233;gitime.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche, justement, n'est pas - ou n'est plus - un oc&#233;an d'&#233;toiles cartographi&#233; par un g&#233;ographe dont le seul souci serait de faire d&#233;couvrir les arcanes de la voie lact&#233;e. Elle est produite par un syst&#232;me &#233;conomique qui veut installer au sommet de la pyramide les outils intellectuels et les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels lui permettant de se reproduire. Ailleurs, sur les contrebas de l'&#233;difice, la pr&#233;carit&#233; contrarie ou att&#233;nue les dispositions rebelles. Bourdieu r&#233;sumait : &#171; Vous voulez les faire bosser, rendez-les pr&#233;caires ! &#187; On pourrait compl&#233;ter : Vous voulez que les universitaires se montrent plus dociles face aux militaires, &#224; la police, au patronat, &#224; la Commission europ&#233;enne, aux multinationales de la presse ? Faites les d&#233;pendre, eux et leurs laboratoires, de partenariats avec la Nasa, l'Otan, le minist&#232;re de l'int&#233;rieur, les entreprises, la commission de Bruxelles. Sans oublier de les faire d&#233;pendre de la promotion de leurs travaux dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les pratiques n&#233;olib&#233;rales ont envahi toutes les sph&#232;res de la vie culturelle et sociale. Les universitaires sont de plus en plus d&#233;pendants de la commande, des appels d'offre, qui d&#233;terminent les moyens et donc la direction dans laquelle s'orienteront leurs recherches. Concernant la d&#233;pendance par rapport aux m&#233;dias, Michel Wieviorka, directeur d'&#233;tudes &#224; l'EHESS, a confi&#233; : &#171; Tous nos coll&#232;gues pr&#233;f&#232;rent un article dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, ou venir chez vous Alain Finkielkraut, plut&#244;t que d'attendre trois ans la publication d'un article dans une revue scientifique o&#249; on leur reprochera d'avoir oubli&#233; une virgule &#224; tel endroit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;mission &#171; R&#233;plique &#187;, France Culture, 19 mars 2003.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; On a quand m&#234;me rep&#233;r&#233; quelques chercheurs qui r&#233;sistent au d&#233;sir de passer chez Alain Finkielkraut&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'universit&#233; pratiquant d&#233;j&#224; la technique des promotions incestueuses, des comp&#232;res et des renvois d'ascenseur, la logique m&#233;diatique a peut-&#234;tre simplement confort&#233; certaines dispositions d&#233;j&#224; bien install&#233;es dans la cit&#233; savante. D'autant que conform&#233;ment &#224; une observation pessimiste formul&#233;e par Jacques Bouveresse, parfois, plus on sait comment les choses se passent, mieux on est instruit de la mani&#232;re d'en tirer parti, et moins on se montre dispos&#233; &#224; en bouleverser les r&#232;gles du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par souci de &#171; faire conna&#238;tre ses id&#233;es &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas de figure, il ne s'agit ni d'un calcul financier, ni d'un souci de promotion, de notori&#233;t&#233;, de carri&#232;re, mais de faire avancer, par des canaux qu'on sait impurs, des id&#233;es qui le sont moins. La d&#233;valorisation des pratiques militantes conduit &#224; ne pas imaginer d'autres mani&#232;res de transmettre un savoir que ceux qu'offre une tribune dans la presse &#171; de qualit&#233; &#187; ou un &#171; d&#233;bat &#187; dans les m&#233;dias. Ce genre de d&#233;pendance peut imposer au scientifique de ne pas dire des choses qu'il tiendrait pour importantes, mais qui seraient mal ajust&#233;es &#224; l'&#233;mission &#224; laquelle il participe &#8212; et mal accept&#233;es par l'h&#244;te qui le re&#231;oit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 2003, Jean-Luc Hees, alors directeur de France Inter, est amen&#233; &#224; s'expliquer sur le renvoi de Martin Winkler, que certains imaginent li&#233; aux pressions du lobby pharmaceutique (pour lequel Hees a fait des &#171; m&#233;nages &#187;). Hees expliqua plut&#244;t que le renvoi &#233;tait imputable au manque de reconnaissance de son ancien chroniqueur : &#171; Si moi je me conduis pas bien dans un d&#238;ner et que je suis pas r&#233;invit&#233;, je m'acharne pas &#224; sonner &#224; la porte, je reviens pas, j'essaie de me dire que la prochaine fois je me conduirai bien. M. Winkler doit beaucoup &#224; France Inter, je crois qu'il le sait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains universitaires, intellectuels, chercheurs ont appris &#224; bien se conduire. Et plus ils sont nombreux &#224; &#234;tre sages, plus les r&#233;fractaires leur paraissent intempestifs. Toutes proportions gard&#233;es, la dynamique de la compromission m&#233;diatique rappelle alors une observation de Patrick Champagne relative au paysan qui rompt avec son milieu pour faire fortune &#224; la ville : le premier &#224; partir passe pour un tra&#238;tre ; le dernier &#224; le faire, pour un imb&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par exc&#232;s de confiance en soi et par refus de r&#233;fl&#233;chir &#224; la signification collective des choix individuels.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui n'a entendu, &#224; la suite d'une prestation m&#233;diatique rat&#233;e, l'intellectuel, le chercheur, l'universitaire, bl&#226;mer les journalistes en ces termes : &#171; Ils m'avaient promis de&#8230; ; c'est vrai, j'ai eu tort de leur faire confiance &#187;. C'est-&#224;-dire tort de croire qu'on me laisserait parler sans m'interrompre &#224; chaque instant, tort de penser qu'on ne couperait pas le passage auquel je tenais le plus (et qui me d&#233;douanait du reste), tort d'imaginer qu'on n'allait pas &#233;craser mon texte d'un titre me pla&#231;ant, contre mon gr&#233;, au c&#339;ur d'une pol&#233;mique concoct&#233;e par les m&#233;dias et dans laquelle je n'ai que faire. L'amusant dans ce registre, c'est qu'il conduit des &#171; savants &#187; qui consacrent leur existence &#224; &#233;laborer des codes permettant d'expliquer des comportements collectifs &#224; agir comme si l'exp&#233;rience des autres n'avait plus la plus petite utilit&#233; d&#232;s lors qu'il s'agissait d'eux. Chacun veut &#171; faire son exp&#233;rience &#187; et puis, exp&#233;rience faite, recommencer &#224; faire son exp&#233;rience pour &#234;tre dup&#233; &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;mission diffus&#233;e il y a quelques ann&#233;es sur LCI, la journaliste Daniela Lumbroso recevait l'auteur Patrick Poivre d'Arvor, par ailleurs responsable d'une autre &#233;mission &#171; culturelle &#187; sur LCI.) Suivent quelques extraits de leur dialogue : &lt;br class='autobr' /&gt;
DL : &#8212; &#192; propos du m&#233;pris des uns par les autres, &#224; un moment vous &#233;crivez &#224; propos des intellectuels : &#171; Ah, les mis&#233;rables intellectuels, on vous voit venir. La t&#233;l&#233;, vous d&#233;testez comme ce mis&#233;rable Artaban et pourtant vous ne r&#234;vez que d'une chose, c'est d'y passer. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
PPDA : &#8212; Daniela, vous en avez re&#231;u ici m&#234;me. J'en ai re&#231;u &#224; &#171; Place aux livres &#187;, j'en ai re&#231;u &#224; &#171; Ex libris &#187;, j'en ai re&#231;u dans le journal [de TF1] &#187;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
DL : &#8212; Et vous pensez que si on r&#234;ve de passer &#224; la t&#233;l&#233;vision, &#231;a emp&#234;che de critiquer la t&#233;l&#233;vision. C'est pas antinomique&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
PPDA : &#8212; Non, sauf qu'ils s'abstiennent en g&#233;n&#233;ral. Quand ils viennent, ils profitent et puis apr&#232;s ils critiquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par sous-estimation de l'importance de la question des m&#233;dias.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;action du genre : &#171; Vous attachez trop d'importance &#224; ce sujet, il n'y a pas que &#231;a qui compte &#187;, etc. Ici, rien de nouveau sous le soleil : tous les militants de toutes les causes se voient un jour objecter le caract&#232;re trop obsessionnel ou trop exclusif de leur militantisme, en particulier par ceux qui font autre chose &#8212; ou qui ne font rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reproche n'est pas n&#233;cessairement ill&#233;gitime. En th&#233;orie, quand on combat sur d'autres fronts, pris par d'autres urgences, on peut estimer que les bavures polici&#232;res, le racisme, le sexisme sont des questions &#171; secondaires &#187; ou subordonn&#233;es. Chacun est n&#233;anmoins fond&#233; &#224; s'interroger sur l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle de qui minorerait l'importance des questions pr&#233;cit&#233;es si ce dernier se trouvait &#234;tre en m&#234;me temps CRS, propri&#233;taire d'esclaves ou souteneur. Or, trop souvent, ceux qui formulent des objections visant &#224; relativiser la place des m&#233;dias sont &#233;galement ceux qui s'emploient &#224; passer dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il ne faut pas imaginer que l'invitation chez Ardisson, ce soit toujours les autres, jamais les universitaires. Un simple coup de fil peut faire fondre une banquise &#8230; Dominique Wolton, par exemple, a particip&#233; &#224; l'&#233;mission &lt;i&gt;Tout le monde en parle &lt;/i&gt;le 27 avril 2003. L'entretien &#8212; confus, bavard, anodin &#8212; fut suivi de cette phrase d'anthologie prononc&#233;e par l'animateur : &#171; Vous restez avec nous Dominique Wolton. C'est la premi&#232;re fois qu'un chercheur du CNRS participera &#224; notre &lt;i&gt;blind test&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le &#171; blind test &#187; est un jeu consistant &#224; identifier des chansons d&#232;s leurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Wolton avancera sans doute qu'il a touch&#233; ce soir-l&#224; un public plus socialement diversifi&#233; que celui auquel il s'adresse en capacit&#233; d'universitaire. Preuve qu'il serait, lui, vraiment d&#233;mocrate, davantage en tout cas que les &#171; &#233;litistes &#187; qui &#171; m&#233;prisent &#187; les m&#233;dias et qui ignorent les voies imp&#233;n&#233;trables de la &#171; r&#233;ception &#187; d'un programme de t&#233;l&#233;vision couramment d&#233;cri&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sans vouloir imputer &#224; des petits calculs les conclusions de Dominique Wolton, qu'on veut imaginer produites par ses seules recherches au CNRS, on con&#231;oit sans effort que notre chercheur m&#233;diatis&#233; n'appr&#233;cie gu&#232;re la critique radicale des m&#233;dias, mais aussi qu'il soit r&#233;guli&#232;rement invit&#233; par les journalistes &#224; la commenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par lassitude&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand bien m&#234;me la connaissance du probl&#232;me et de son importance existerait chez les universitaires, quand bien m&#234;me ils n'auraient pas un int&#233;r&#234;t particulier &#224; dissimuler sa gravit&#233;, ils peuvent arguer de leur lassitude eu &#233;gard au peu d'effet des explications et des d&#233;nonciations pr&#233;c&#233;dentes. Quiconque a d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233; et fait conna&#238;tre l'&#233;tendue des pressions industrielles et publicitaires sur l'information, les r&#233;seaux de connivence et les renvois d'ascenseur, ne peut avoir un jour &#233;chapp&#233; &#224; un tel sentiment de d&#233;couragement (&#171; &#199;a recommence ! &#187;) en mesurant les capacit&#233;s intactes d'une machine dont on a pourtant examin&#233; et d&#233;mont&#233; chacun des rouages. Philippe Cohen rappelle que, dans le cas de Bernard-Henri L&#233;vy, bien des intellectuels, des universitaires, ont tent&#233;, lors de la parution de ses trois ouvrages &#224; pr&#233;tention scientifique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La barbarie &#224; visage humain, L'id&#233;ologie fran&#231;aise, Le testament de Dieu. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'administrer une sorte de &#171; correction &#187; &#224; l'auteur. Mais notant que leurs coups, r&#233;els, n'avaient pas emp&#234;ch&#233; les livres suivants de l'imp&#233;trant philosophe de se vendre, ils ont renonc&#233;, comme s'ils sentaient que de toute fa&#231;on les m&#233;dias avaient pris le pas sur l'universit&#233;. La plupart d'entre eux se sont alors lass&#233;s de combattre avec les armes de l'intelligence une machine carburant &#224; la connivence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non contents de cesser de se battre, certains ont rejoint en rechignant la troupe de ceux qui d&#233;f&#232;rent aux logiques et aux contraintes de la m&#233;diatisation. Les mondes de l'universit&#233; et de l'intelligentsia n'&#233;tant pas beaucoup plus purs, moins sensibles que les autres, &#224; la concurrence et aux crocs-en-jambe, chacun peut toujours, s'il le souhaite, justifier ses compromissions par celles du coll&#232;gue, du rival, et par le d&#233;sir de ne pas trop leur abandonner le terrain. Ceux qui ont renonc&#233; en veulent parfois aux autres qui ne capitulent pas parce qu'ils estiment encore que &#171; ce n'est qu'un d&#233;but, continuons le combat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Halimi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Publi&#233; sous la direction de Jacques Bouveresse et &#201;veline Pinto, Collection Champ social, &#201;ditions du Croquant, janvier 2007, 240 pages, pp.195-210.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Galbraith, &#171; How to get the poor off our conscience &#187;, &lt;i&gt;Harper's&lt;/i&gt;, novembre 1985. Traduit dans &lt;i&gt;Le Monde diplomatique &lt;/i&gt;d'octobre 2005 sous le titre &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2005/10/GALBRAITH/12812&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'art d'ignorer les pauvres&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette intervention fut suivie d'interpellations particuli&#232;rement v&#233;h&#233;mentes de la part de quelques participants &#224; la r&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je renvoie ici aux interventions successives, lors de cette universit&#233; d'&#233;t&#233; d'Attac, de Gilles Balbastre, de Pierre Rimbert et de moi-m&#234;me sur ces sujets. L'analyse de la question particuli&#232;re des rapports entre contestataires et m&#233;dias a fait l'objet d'une publication en ligne &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/societe/media/halimi/attac.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de L'homme moderne&lt;/a&gt; et d'un travail plus universitaire : Serge Halimi et Pierre Rimbert, &#171; Contestation des m&#233;dias ou contestation pour les m&#233;dias &#187;, &lt;i&gt;in M&#233;dias et censure. Les figures de l'orthodoxie&lt;/i&gt;, sous la direction de Pascal Durand, Universit&#233; de Li&#232;ge, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 19 octobre 2005. Dans une nouvelle tribune de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, le 20 janvier 2006, Philippe Corcuff a pourfendu l'id&#233;e d'un &#171; &#8216;&#8216;grand complot n&#233;olib&#233;ral'' suppos&#233; r&#233;unir capitalistes-politiciens-intellectuels-journalistes, qui fait tellement fr&#233;tiller de manich&#233;isme quelques critiques simplistes des m&#233;dias et leurs lecteurs. &#187; Sur l'invention d'une &#171; th&#233;orie du complot &#187;, ensuite pr&#234;t&#233;e aux critiques radicaux de l'ordre m&#233;diatique, Serge Halimi et Arnaud Rindel, &#171; La conspiration : Quand les journalistes (et leurs favoris) falsifient l'analyse critique des m&#233;dias &#187;, &lt;i&gt;Agone&lt;/i&gt;, n&#176; 34, 2005 ; Patrick Champagne, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1572.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Philippe Corcuff, critique &#8216;&#8216;intelligent'' de la critique des m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. son entretien avec &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 4-5 ao&#251;t 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt;Yvette Delsaut et Marie-Christine Rivi&#232;re, &lt;i&gt;Bibliographie des travaux de Pierre Bourdieu&lt;/i&gt;, Le Temps des Cerises, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire sur le sujet le texte cinglant de Lucien S&#232;ve, &#171; Intellectuels communistes : peut-on en finir avec le parti pris ? &#187;, &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;, n&#176; 15, janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'emprunte une partie de ces r&#233;flexions &#224; Edward Said, &lt;i&gt;Des intellectuels et du pouvoir&lt;/i&gt;, Seuil, 1994, &#224; Russell Jacoby, &lt;i&gt;Dogmatic Wisdom : How the Culture Wars Divert Education and Distract America&lt;/i&gt; et, pour la France, &#224; Pierre Rimbert (lire en particulier &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1809.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les rapports entre journalistes et intellectuels : cul et chemise ? &#187;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;claration d'intention du n&#176; 5-6, novembre 1975, &lt;i&gt;Actes de la Recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Interventions&lt;/i&gt;, Agone, Marseille, 2002, p. 129.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Pierre Rimbert, &#171; Les rapports entre journalistes et intellectuels : cul et chemise ? &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;mission &#171; R&#233;plique &#187;, France Culture, 19 mars 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &#171; blind test &#187; est un jeu consistant &#224; identifier des chansons d&#232;s leurs premi&#232;res notes, chaque joueur appartenant &#224; une &#233;quipe de trois personnes affrontant une autre &#233;quipe. En sus de l'&#171; intellectuel &#187; de service, chaque &#233;quipe comprend souvent un comique ou une actrice plus ou moins habill&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La barbarie &#224; visage humain&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'id&#233;ologie fran&#231;aise&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le testament de Dieu.&lt;/i&gt; Lire Ph. Cohen, &lt;i&gt;BHL&lt;/i&gt;, Fayard, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journ&#233;e de la critique des m&#233;dias : &#171; &#192; quoi sert la critique des m&#233;dias ? &#187; </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Journee-de-la-critique-des-medias-A-quoi-sert-la-critique-des-medias</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Journee-de-la-critique-des-medias-A-quoi-sert-la-critique-des-medias</guid>
		<dc:date>2015-02-06T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;bats d'Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Quelle(s) critique(s) ?</dc:subject>
		<dc:subject>Quelles propositions ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un bilan, un combat - par Serge Halimi&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Premiere-journee-de-la-critique-des-medias-2015-" rel="directory"&gt;Premi&#232;re journ&#233;e de la critique des m&#233;dias (2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats d'Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quelle-s-critique-s-+" rel="tag"&gt;Quelle(s) critique(s) ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quelles-propositions-+" rel="tag"&gt;Quelles propositions ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4545.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premi&#232;re journ&#233;e de la critique des m&#233;dias&lt;/a&gt;, tenue le 31 janvier 2015, s'est achev&#233;e avec les interventions de Serge Halimi (&#171; &#192; quoi sert la critique des m&#233;dias ? &#187;) et d'Henri Maler (&#171; Nous avons des propositions &#187;). En attendant d'autres comptes rendus et d'autres textes, ainsi que la ou les vid&#233;os de la rencontre, nous publions la contribution de Serge Halimi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un peu plus de quinze ans apr&#232;s la renaissance d'une critique radicale des m&#233;dias, apr&#232;s des dizaines de livres, des documentaires &#224; succ&#232;s, des milliers de r&#233;unions publiques, on est en droit de se demander : &#224; quoi a-t-elle servi, &#224; quoi sert-elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi sert-elle quand cet exercice devient un genre tellement courant qu'il dispose dor&#233;navant d'&#233;missions attitr&#233;es dans nombre de m&#233;dias ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi sert-elle quand n'importe quel moteur de recherche permet &#224; quiconque le souhaite de d&#233;nicher des propos de journalistes qui l'indignent, pour s'en d&#233;clarer ensuite indign&#233; sur son blog. Lequel n'est fr&#233;quent&#233; que par des gens tout aussi indign&#233;s d'avance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi sert-elle quand la d&#233;fiance envers les m&#233;dias est &#224; la fois g&#233;n&#233;ralis&#233;e et souvent sans cons&#233;quence. Car le discours m&#233;diatique - sur les privil&#232;ges suppos&#233;s des fonctionnaires, sur les dangers pr&#233;sent&#233;s comme imminents de la dette, etc. - demeure relay&#233; au quart de tour, y compris par ceux qui pr&#233;tendent qu'ils ne font pas confiance aux m&#233;dias ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi sert la critique des m&#233;dias quand des journalistes, qu'on entend et qu'on voit en permanence partout, pr&#233;tendent qu'ils sont les Jean Moulin d'aujourd'hui, les bannis des ondes, les Zola r&#233;actualisant J'accuse, les victimes de la presse d'industrie et du politiquement correct ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &#224; quoi sert la critique des m&#233;dias quand elle est de plus en plus fr&#233;quemment d&#233;voy&#233;e par des groupuscules parano&#239;aques, en g&#233;n&#233;ral proches de l'extr&#234;me droite, qui cherchent &#224; faire de cette critique l'outil de leurs th&#233;ories du complot ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre critique des m&#233;dias devient alors pour eux un moyen de mettre en cause tout ce qu'ils appellent &#171; la version officielle &#187; des &#233;v&#233;nements (guerre, attentats, massacres, etc.) chaque fois que cette pr&#233;tendue &#171; version officielle &#187;, qui est parfois aussi la relation objective et froide des faits, ne correspond pas &#224; ce qui les arrange. Ce qui les arrange ? Un monde o&#249; tous les crimes sont toujours maniganc&#233;s et commis par la CIA, Isra&#235;l, les juifs, l'Empire, et en g&#233;n&#233;ral les quatre &#224; la fois. Avec, d'ailleurs, une efficacit&#233; telle qu'elle d&#233;couragerait n'importe qui de combattre ces puissances diaboliques - capables de toujours tout pr&#233;voir et d'&#234;tre toujours organisatrices de tout - autrement qu'en ricanant derri&#232;re son &#233;cran d'ordinateur qu'il n'est pas dupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre sommes-nous victimes de notre succ&#232;s : on a cr&#233;&#233; un terrain ; les autres ont d&#233;couvert que ce terrain &#233;tait fr&#233;quent&#233; ; et chacun vient y jouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre hypoth&#232;se : nous ne sommes pas victimes de notre succ&#232;s, mais avons perdu. D'une part, parce que la r&#233;cup&#233;ration d'une fraction de nos analyses nous a banalis&#233;s, et nos analyses avec. Mais aussi parce que, dans la r&#233;alit&#233;, peu de choses ont chang&#233;. L'espace des m&#233;dias n'est gu&#232;re plus d&#233;mocratique qu'il y a quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'en soyons pas trop surpris. Les id&#233;es peuvent devenir des forces mat&#233;rielles, mais encore faut-il qu'elles soient relay&#233;es au plan social et politique. Cela n'a pas &#233;t&#233; suffisamment le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des principaux aspects de notre critique - et c'&#233;tait bien la n&#244;tre pas celle des autres - sont d&#233;sormais connus :&lt;br class='manualbr' /&gt;1. &#171; Des capitalistes s'emparent de la presse &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;2. &#171; Des rapports &#233;troits existent entre hommes politiques, industriels et m&#233;dias, qui ruinent le postulat selon lequel les m&#233;dias seraient au service de l'information des citoyens &#187;. &lt;br class='manualbr' /&gt;3. &#171; La connivence, bien davantage que la concurrence ou l'&#233;mulation, marquent le monde du journalisme dominant, et le font ressembler &#224; univers de cumulards interchangeables et inamovibles dans un espace socialement clos. &#187; Le poids id&#233;ologique et la surface m&#233;diatique de ce journalisme dominant sont tels qu'ils nous font parfois oublier que l'univers social des m&#233;dias est largement habit&#233; par des salari&#233;s pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces critiques sont connues, et m&#234;me archi-connues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. &#171; Des capitalistes s'emparent de la presse &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, c'est connu mais cette connaissance n'a apparemment aucune cons&#233;quence. Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; puis &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; ont cess&#233; d'appartenir &#224; leurs journalistes et ils appartiennent dor&#233;navant l'un et l'autre &#224; un banquier et &#224; un industriel des t&#233;l&#233;communications. Edouard de Rothschild puis Patrick Drahi dans le premier cas, Matthieu Pigasse et Xavier Niel dans le second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, tout candidat &#224; la direction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; comme de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; est d'abord d&#233;sign&#233; par le (ou les) propri&#233;taires du titre. Ce n'&#233;tait pas le cas il y a quinze ans. Ainsi, alors m&#234;me que la critique radicale des m&#233;dias se d&#233;veloppait, le r&#244;le des actionnaires s'est consid&#233;rablement accru presque partout. Et celui des soci&#233;t&#233;s de r&#233;dacteurs s'est r&#233;duit d'autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le dire autrement, la liste des ma&#238;tres de la presse parisienne &#233;pouse aujourd'hui plus &#233;troitement qu'il y a quinze ans le classement des milliardaires fran&#231;ais. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; de Bernard Arnault (1re fortune fran&#231;aise),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; de Fran&#231;ois Pinault (3e),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; de Serge Dassault (4e),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; de Patrick Drahi (6e),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; de Xavier Niel (7e),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Direct Matin&lt;/i&gt; et Canal Plus de Vincent Bollor&#233; (10e).&lt;br class='manualbr' /&gt;Et je vous ai &#233;pargn&#233; Bouygues, Tapie, quelques autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;oise Giroud l'&#233;crivait d&#233;j&#224; - en son temps :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Journaliste, je d&#233;pends de ceux qui poss&#232;dent les journaux. Attendre des repr&#233;sentants du capital qu'ils vous fournissent gracieusement des armes - c'est-&#224;-dire en l'occurrence des journaux - pour s'&#233;lever contre une forme de soci&#233;t&#233; qui leur convient, et une morale qui est la leur, cela porte un nom : l'imb&#233;cillit&#233;. Mais la plupart de ceux qui travaillent dans les grands journaux sont, en gros, d'accord avec cette soci&#233;t&#233; et cette morale. Ils ne sont pas achet&#233;s ; ils sont acquis. La nuance est importante. Ceux qui ne sont pas achet&#233;s peuvent, en th&#233;orie, cr&#233;er d'autres organes pour exprimer leurs vues. En pratique, les fonds n&#233;cessaires &#224; la cr&#233;ation d'une telle entreprise ne se trouvent pas dans les poches des r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sur tous ces plans, peu de choses ont chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, depuis quinze ans, quelque chose d'autre s'est modifi&#233;. Les industriels et banquiers s'emparent de la presse m&#234;me si &#231;a ne leur rapporte plus rien. Et les journalistes sont d'autant moins en mesure de s'opposer &#224; ces patrons et aventuriers que la presse va mal. Et que de tr&#232;s nombreux titres recherchent, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, les rares actionnaires que la presse int&#233;resse encore. Une presse qu'ils ach&#232;tent &#224; pr&#233;sent pour une fraction mis&#233;rable du prix qu'ils auraient pay&#233; il y a quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s ses propri&#233;taires, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; perdait l'ann&#233;e derni&#232;re chaque jour 22.000 euros, soit pr&#232;s de 16 % de son chiffre d'affaires. Serge Dassault aurait perdu avec &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; 15 millions d'euros en moyenne par an depuis cinq ans. Bernard Arnault a accumul&#233; plus de 30 millions de pertes depuis le rachat des &lt;i&gt;&#201;chos&lt;/i&gt;. Claude Perdriel tournait &#224; 5 millions de d&#233;ficit avant qu'il ne c&#232;de son &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; et Rue89 aux propri&#233;taires du Monde qui, eux aussi, perdent de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ach&#232;tent-ils encore des titres de presse, quand ils savent que &#231;a ne leur rapportera rien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Patrick Drahi, patron milliardaire de Numericable, a cependant d&#233;cid&#233; d'engloutir 14 millions d'euros dans le sauvetage de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, c'est qu'il en attend un autre retour sur investissement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les g&#233;ants de l'industrie du num&#233;rique, il s'agit d'acheter &#224; bon prix des contenus pour leurs tuyaux. &#192; terme, l'&#233;dition num&#233;rique de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; pourrait, par exemple, devenir une prime offerte aux abonn&#233;s de Num&#233;ricable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas le seul motif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On y regarde &#224; deux fois avant d'attaquer le patron d'un journal,&lt;/i&gt; rappelait Capital en ao&#251;t dernier. &lt;i&gt;L'obscur boss de Numericable, Patrick Drahi, n'&#233;tait qu'un &#034;nobody&#034; quand il est parti &#224; l'assaut de SFR. Moyennant quoi, il fut attaqu&#233; sur tous les fronts : exil fiscal, holdings douteuses aux Bahamas, nationalit&#233; fran&#231;aise incertaine... D'o&#249; Lib&#233;ration. Ce n'est pas TF1, bien s&#251;r, mais l'effet dissuasif n'est pas nul. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Xavier Niel, &lt;/i&gt; poursuivait le m&#234;me article de Capital, &lt;i&gt;est, lui, pass&#233; du statut de pirate des t&#233;l&#233;coms &#224; celui de membre de l'establishment depuis qu'il est devenu copropri&#233;taire du Monde en 2010. Et cela &#224; peu de frais : sa fortune varie chaque jour en Bourse de plus de 30 millions d'euros, la somme qu'il a investie dans le quotidien du soir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes s'emparent de la presse : la critique des m&#233;dias l'a beaucoup expliqu&#233;. On le sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on sait aussi pourquoi &#231;a continue. Que sait-on &#233;galement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. &#171; Des rapports &#233;troits existent entre politiques et m&#233;dias &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rapports, ce journalisme de r&#233;v&#233;rence ont fait l'objet d'innombrables enqu&#234;tes et d&#233;couvertes de notre part. Mais depuis Sarkozy, &#224; quoi bon perdre encore son temps &#224; d&#233;crypter quoi que ce soit ? Tout est devenu tellement aveuglant, il y a eu la soir&#233;e du Fouquet's, quand les grands patrons qui sont aussi de gros patrons de presse - Dassault, Arnault, Pinault, Bollor&#233;, Lagard&#232;re - furent ouvertement les piliers de la droite, de l'UMP, de Nicolas Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sait-on encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. &#171; La connivence, plus que la concurrence ou l'&#233;mulation, marquent le monde du journalisme &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, on le sait, mais d&#233;cid&#233;ment rien n'y fait l&#224; non plus. Le Point, dont Giesbert est l'&#233;ditorialiste vedette, consacre une partie de sa Une au livre de Franz-Olivier Giesbert. &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, dont Jacques Julliard est &#233;ditorialiste, consacre un dossier ou un long article &#224; chaque livre de Jacques Julliard. Eric Zemmour, &#233;ditorialiste au &lt;i&gt;Figaro Magazine&lt;/i&gt;, fait la manchette du &lt;i&gt;Figaro Magazine&lt;/i&gt;. BHL, Attali, Barbier, Joffrin, Elkabbach, paraissent insubmersibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, bien s&#251;r, on aimerait varier les cibles, d&#233;crire autre chose que : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ce journalisme de r&#233;v&#233;rence, ce journalisme de classe,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ces m&#233;dias de march&#233; avec ces &#233;conomistes &#224; gages qui conseillent des banques, qui si&#232;gent dans leurs conseils d'administration,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cette petite soci&#233;t&#233; de connivence qui occupe le devant de la sc&#232;ne et qui dissimule tout un univers de journalisme pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement voil&#224; : nous ne sommes pas l&#224; pour la beaut&#233; de l'art, pour jouer les virtuoses. Nous menons un combat. Ils nous imposent toujours les m&#234;mes : ce sont donc les m&#234;mes qu'on doit cibler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme la critique du capitalisme. On la conna&#238;t d&#233;j&#224;. Faut-il cesser de l'exposer &#224; ceux qui ne la conna&#238;traient pas ? &#192; ceux qui n'&#233;taient pas l&#224; quand d&#233;j&#224; on avait tout dit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes engag&#233;s dans la bataille des id&#233;es, nous faisons de la politique. Et nous ne pouvons donc avoir qu'une r&#232;gle : ils continuent, alors on continue aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique des m&#233;dias est &#224; la fois trop facile et elle n'est pas facile. Elle est trop facile pour les raisons que je viens d'&#233;voquer : les m&#234;mes font la m&#234;me chose depuis parfois trente ou quarante ans. Mais elle est difficile aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est handicap&#233;e par une illusion : celle qu'elle ne serait plus n&#233;cessaire. Non pas qu'elle serait inutile, parce que, comme on l'a vu, tout recommence toujours avec les m&#234;mes, ou d'autres identiques. Mais, nous dit-on souvent, parce que la critique des m&#233;dias serait devenue superflue en raison des nouvelles technologies. Et des enclaves lib&#233;r&#233;es que ces nouvelles technologies laisseraient appara&#238;tre. Ces enclaves donnent en effet le sentiment &#224; ceux qui les fr&#233;quentent que tout a chang&#233;. Cependant m&#234;me que, pour les autres, beaucoup plus nombreux, qui ne passent pas leur vie dans ces niches, sur ces blogs, ces forums, tout ou presque reste pareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, la critique est-elle encore utile ? Internet ne permet-il pas, comme certains le croient ou le disent, de se d&#233;gager du paysage m&#233;diatique dont la nocivit&#233; serait par cons&#233;quent amoindrie, et la mise en cause moins n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il y a Internet, les blogs que nous fr&#233;quentons, les sites dont on nous envoie les liens et qui nous font parfois croire que tout ce que nous savons est ouvert et utilis&#233; par tous les autres. Et que donc le savoir critique, universel, a gagn&#233;. Jusqu'au jour o&#249; nous d&#233;couvrons que nous ne sommes pas plus nombreux qu'avant &#224; lire, mais autrement, ce que nous lisons, &#224; partager les m&#234;mes passions et obsessions. Jusqu'au jour o&#249; nous d&#233;couvrons qu'en somme nous vivons toujours dans une bulle assez peu visit&#233;e. Jusqu'au jour o&#249; nous comprenons que Internet, qui est peut-&#234;tre pour nous un instrument de savoir et d'&#233;mancipation, est pour d'autres, plus puissants que nous, un instrument de d&#233;lation, de fichage, et une machine &#224; vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut &#234;tre que, en d&#233;finitive, le mieux pour &#233;chapper aux difficult&#233;s crois&#233;es de la r&#233;cup&#233;ration de notre travail par nos adversaires et de l'absence de r&#233;sultat concret, visible, de notre critique, serait de sortir de ces probl&#232;mes par le haut. En formulant des propositions &#224; la fois s&#233;rieuses et suffisamment radicales pour n'&#234;tre pas r&#233;cup&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissez-moi en rappeler une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre dernier, Pierre Rimbert a pr&#233;sent&#233; dans les colonnes du &#171; Diplo &#187; un &#171; Projet pour une presse libre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Rimbert, &#171; Projet pour une presse libre &#187;, d&#233;cembre 2014.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est un outil p&#233;dagogique, pr&#233;cis, mais c'est aussi un instrument de mobilisation politique. P&#233;dagogique et pr&#233;cis parce qu'il s'appuie sur des dispositifs juridiques et institutionnels qui existent d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La s&#233;paration entre presse d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et presse r&#233;cr&#233;ative ou professionnelle comme crit&#232;re d'allocation d'aide de la collectivit&#233;. Cette s&#233;paration figure dans les premiers textes sur les tarifs postaux pr&#233;f&#233;rentiels de 1796 et court jusqu'&#224; l'article 39 bis A du code actuel des imp&#244;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette distinction est au c&#339;ur des Ordonnances de 1944.&lt;br class='manualbr' /&gt;2. La cr&#233;ation d'un service mutualis&#233; d'infrastructures de l'information pour la presse imprim&#233;e et en ligne. La mutualisation des infrastructures fonde les messageries de presse.&lt;br class='manualbr' /&gt;3. Le financement de l'ensemble par une cotisation information. La cotisation, c'est le principe de la s&#233;curit&#233; sociale (pour la sant&#233; et la retraite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Projet pour une presse libre se contente de radicaliser ces principes pour en faire les points d'appui d'une strat&#233;gie de r&#233;appropriation d&#233;mocratique de la presse. Le contexte d'effondrement du syst&#232;me de la presse rend ces mesures plus audibles qu'il y a quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il y a plus de terre promise que de terrain gagn&#233; &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crivait Victor Hugo &#224; propos de la R&#233;volution fran&#231;aise. Mais le terrain que nous avons gagn&#233;, nous pouvons aussi le mesurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quinze ans, la critique radicale des m&#233;dias a &#233;t&#233; une composante essentielle des grandes batailles progressistes : &lt;br class='manualbr' /&gt;- sociales, comme au moment des grandes gr&#232;ves de d&#233;fense de la s&#233;curit&#233; sociale et des mobilisations contre la pr&#233;carit&#233; et le CPE en 2006 ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- diplomatiques, comme au moment de notre engagement contre les guerres du Kosovo, d'Afghanistan, d'Irak ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#233;lectorale, puisqu'au fil des scrutins pr&#233;sidentiels, sans doute un peu gr&#226;ce &#224; nous, le nombre de candidats mettant en cause la partialit&#233; des m&#233;dias n'a cess&#233; de cro&#238;tre.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Sans oublier ce grand moment du r&#233;f&#233;rendum sur le TCE, o&#249; notre travail a jou&#233; un r&#244;le non n&#233;gligeable dans la victoire du &#171; non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons amoindri le prestige, le cr&#233;dit et le pouvoir de nuisance des grands m&#233;dias. Mais la structure &#233;conomique et sociale qui les conforte demeure en place. Il ne d&#233;pend pas seulement de nous qu'elle vacille, nous le savons. Mais nous escomptons qu'elle recevra ses prochains coups en Gr&#232;ce, en Espagne, ailleurs. Et l&#224; encore, nous serons du bon c&#244;t&#233;. Car nous sommes ici ce soir. Mais nous &#233;tions en Gr&#232;ce dimanche dernier, et &#224; Madrid tout &#224; l'heure quand s'est rassembl&#233;e une foule immense, drapeaux grecs et r&#233;publicains espagnols m&#234;l&#233;s, pour r&#233;clamer la fin des politiques d'aust&#233;rit&#233; europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur combat est le n&#244;tre. Et, d&#233;sormais, nous sommes pr&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Halimi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Rimbert, &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/RIMBERT/51030&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Projet pour une presse libre &#187;&lt;/a&gt;, d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les trous de m&#233;moire d'Edwy Plenel : &#192; propos des Nouveaux Chiens de garde, de Serge Halimi</title>
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		<dc:date>2012-01-25T01:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Edwy Plenel</dc:subject>
		<dc:subject>Amn&#233;sies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;... et du retour d'Edwy Plenel lui-m&#234;me sur le faux proc&#232;s qu'il avait intent&#233; en 1998 contre ce livre.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2005-2012-Haro-sur-la-critique-des-medias-" rel="directory"&gt;2005-2012 : Haro sur la critique des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Edwy-Plenel-+" rel="tag"&gt;Edwy Plenel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Amnesies-+" rel="tag"&gt;Amn&#233;sies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3735.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article pr&#233;c&#233;dent&lt;/a&gt;, consacr&#233; &#224; la fa&#231;on dont Edwy Plenel r&#233;&#233;crivait l'histoire de son opposition sans failles &#224; Denis Robert, nous &#233;crivions : &lt;i&gt;&#171; L'erreur est humaine, dit-on. Les errements aussi. Mais quand on r&#233;dige publiquement son autobiographie, on s'expose &#224; des trous de m&#233;moire et l'on impose &#224; la critique des m&#233;dias de lutter contre l'amn&#233;sie. &#187;&lt;/i&gt; Or Plenel, prenant pr&#233;texte de la publication par Mediapart d'une s&#233;rie d'articles consacr&#233;s &#224; Pierre Bourdieu &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/edwy-plenel/020112/pour-memoire-le-faux-proces-du-journalisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;&#233;dite sur son blog&lt;/a&gt;, assortie d'une sorte de pr&#233;face, un article virulent qu'il avait r&#233;dig&#233; contre &lt;i&gt;Les Nouveaux Chiens de garde&lt;/i&gt; de Serge Halimi : un article dont il avait souhait&#233; ou impos&#233; la publication dans les colonnes du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; en f&#233;vrier 1998.&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Rien ne remplace le jugement sur pi&#232;ces &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Plenel, en guise de justification de cette r&#233;&#233;dition. Force est de constater qu'il manque quelques pi&#232;ces au dossier&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#233;clairage aveuglant&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edwy Plenel pr&#233;sente comme un d&#233;bat avec Pierre Bourdieu (qui n'a jamais eu lieu) ce qui fut un combat contre Serge Halimi (et qui ne s'est pas arr&#234;t&#233; avec le court pamphlet qu'il reproduit aujourd'hui).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'on peut lire, dans la pr&#233;face de Plenel, qu'&#224; l'occasion de la publication par Mediapart des articles sur Bourdieu, &lt;i&gt;&#171; certains lecteurs rappellent &lt;strong&gt;notre diff&#233;rend&lt;/strong&gt; &#224; propos du journalisme, exprim&#233; lors de la parution sous son parrainage des &lt;/i&gt;Nouveaux Chiens de garde&lt;i&gt; de Serge Halimi &#187;. &lt;/i&gt;Or l'article que reproduit Plenel est une charge sans nuances&#8230; contre l'ouvrage d'Halimi. &#201;trange d&#233;placement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi pr&#233;senter cet article, omettant sa v&#233;ritable cible, comme une pi&#232;ce d'un diff&#233;rend avec Bourdieu ? Pour conf&#233;rer &#224; ce diff&#233;rend une noblesse qu'il n'a pas et se poser en victime d'une accusation m&#233;ritoire, mais qui serait imm&#233;rit&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Nombre de ceux qui me soup&#231;onnent d'un &lt;strong&gt;crime contre l'esprit&lt;/strong&gt; pour avoir os&#233; discuter &lt;strong&gt;l'approche du journalisme par Bourdieu&lt;/strong&gt; ne prennent pas la peine de lire, ni m&#234;me de r&#233;futer ce que j'ai tent&#233; &#224; l'&#233;poque d'expliquer. &#187;&lt;/i&gt; &#201;trange d&#233;placement, une fois encore, puisque l'audace que s'attribue Plenel, toute relative et hors de propos (&#224; d&#233;faut d'&#234;tre criminelle&#8230;), &#233;tait celle d'un proc&#232;s, et non d'une discussion, intent&#233; contre l'approche du journalisme&#8230; par Halimi. Et comme si cela ne suffisait pas, Plenel, se posant en victime d'un proc&#232;s imaginaire, invite ses critiques (de qui s'agit-il ?) &#224; se rendre sur le terrain de la discussion, &lt;i&gt;&#171; plut&#244;t que de rester sur celui de l'excommunication &lt;strong&gt;pour crime de l&#232;se-Bourdieu&lt;/strong&gt;. &#187; &lt;/i&gt;Trop, c'est trop : c'est oublier un peu vite, ou tenter de faire oublier, que le micro-pamphlet de Plenel inaugurait, position de pouvoir &#224; l'appui, une s&#233;rie de charges incessantes contre toute critique des m&#233;dias qui n'avait pas l'heur de plaire &#224; la direction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une m&#233;moire d&#233;faillante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;clairage r&#233;trospectif et aveuglant sur la cible du diff&#233;rend se double d'une amn&#233;sie compl&#232;te sur ses circonstances. En effet, usant de son pouvoir de responsable de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#8211; et alors que ce quotidien de r&#233;v&#233;rence n'avait pas consacr&#233; une ligne &#224; l'ouvrage en question &#8211;, Plenel s'imposait dans les colonnes du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;. &#192; en croire Ignacio Ramonet, il ne s'agissait que d'un souhait : &lt;i&gt;&#171; Edwy Plenel, directeur de la r&#233;daction du quotidien &lt;/i&gt;Le Monde [&#8230;], &lt;i&gt;a souhait&#233;, &#224; titre personnel, s'exprimer dans nos colonnes. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Comme l'&#233;crivait alors (non sans humour, malgr&#233; les circonstances), Halimi : &lt;i&gt;&#171; Edwy Plenel gratifie les lecteurs du &lt;/i&gt;Monde diplomatique&lt;i&gt; d'une faveur bien &#233;trange en leur offrant la primeur d'un commentaire qu'il aurait pu r&#233;server au quotidien qu'il dirige. &#187;&lt;/i&gt; Et Bourdieu s'interrogeait : &lt;i&gt;&#171; Pourquoi un livre dont &#8211; au moment o&#249; j'&#233;cris &#8211;- il n'a pas &#233;t&#233; dit un seul mot dans un quotidien soucieux de sa r&#233;putation de s&#233;rieux, et qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; lu &#224; ce jour par plus de 70 000 lecteurs, sans doute moins convaincus que les journalistes de la transparence du journalisme, fait-il l'objet d'une mise au point hautaine ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&#192; cette question, Plenel r&#233;pond enfin, quatorze ans plus tard. Faisant allusion &#224; la bataille (&lt;i&gt;&#171; fort obscure et fort pi&#233;g&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, conc&#232;de-t-il) qu'il aurait livr&#233;e avec d'autres au sein du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et pour &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, et aux convictions qui l'auraient toujours anim&#233;, il &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; Mon article de 1998 &#233;tait une d&#233;fense de ce combat contre une posture intellectuelle que je ressentais comme un renoncement et une d&#233;sertion. &#187;&lt;/i&gt; C'&#233;tait mal &#171; ressentir &#187; ce qui n'&#233;tait ni une posture, ni une d&#233;sertion. Mais c'est avouer aujourd'hui que c'est au service de son propre combat et donc de la d&#233;fense du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;que Plenel inscrivait alors dans le Code d&#233;ontologique des mauvaises postures, le crime de l&#232;se-&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (et, par extension, de l&#232;se-m&#233;dias) pour lequel furent poursuivis pendant de longues ann&#233;es tous ceux qui, d'Halimi &#224; &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; en passant par Acrimed et quelques autres, s'&#233;taient engag&#233;s dans une critique sans concession de l'ordre m&#233;diatique existant, dont &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &#233;tait d&#233;j&#224; une composante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi Plenel pr&#233;f&#233;rait alors n'avoir rien &#224; dire sur la cible du livre : un &lt;i&gt;&#171; quarteron de commentateurs multicartes tr&#232;s richement dot&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, selon l'expression d'Halimi lui-m&#234;me. Il pr&#233;f&#233;rait, comme le soulignait ce dernier, adopter une autre &#171; posture &#187; : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;S'instituant avocat d'une profession de journaliste qui ne lui a pas confi&#233; ses dossiers, il escamote la responsabilit&#233; sociale des Grands Commentateurs et autres &lt;/i&gt;&#8220;intellectuels de parodie&#8221; [&#8230;]&lt;i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&#8230; Un ordre m&#233;diatique dont&lt;i&gt; Le Monde &lt;/i&gt;&#233;tait d&#233;j&#224;, en 1998, une composante, disions-nous. Mais ceci est une autre histoire, une histoire que Plenel, toujours oublieux, r&#233;&#233;crit &#224; sa fa&#231;on. Nous y reviendrons (voir le post-scriptum &#224; cet article, en r&#233;ponse &#224; une demande de Plenel post&#233;rieure &#224; sa publication).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, tous au cin&#233;ma : le film &lt;i&gt;Les Nouveau Chiens de garde&lt;/i&gt; est sur grand &#233;cran, et Bourdieu n'y est, du moins directement, pour rien. Plenel, non plus. Mais on est en droit de se demander si, une fois de plus &#171; Hors sujet &#187;, Plenel dirait du film, en 2012, ce qu'il disait du livre, en 1998 : &lt;i&gt;&#171; Ainsi donc, &lt;strong&gt;les &lt;/strong&gt;journalistes seraient les &lt;/i&gt;&#8220;nouveaux chiens de garde&#8221;&lt;i&gt;, meute au service de l'ordre &#233;tabli et de l'id&#233;ologie dominante. C'est du moins ce que l'on retient du pamphlet de Serge Halimi. Certes, sa cible &lt;strong&gt;apparente&lt;/strong&gt; est l'&lt;/i&gt;&#8220;&#233;lite&#8221;&lt;i&gt; de la profession, ses signatures et ses pr&#233;sentateurs en vue. &lt;strong&gt;Mais&lt;/strong&gt; ils ne sont &#233;reint&#233;s &lt;strong&gt;que&lt;/strong&gt; comme l'avant-garde d'un m&#233;tier &#224; la d&#233;rive. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois le cin&#233;ma porte conseil&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur le site du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La pr&#233;sentation de la controverse par Ignacio Ramonet : &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/1998/02/RAMONET/10079&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Informer sur l'information &#187;&lt;/a&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;- La tribune d'Edwy Plenel : &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/1998/02/PLENEL/10065&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le faux proc&#232;s du journalisme &#187;&lt;/a&gt;. &lt;br class='manualbr' /&gt;- La r&#233;ponse de Serge Halimi : &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/1998/02/HALIMI/10066&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Hors sujet &#187;&lt;/a&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;- La r&#233;ponse de Pierre Bourdieu : &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/1998/02/BOURDIEU/10067&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Questions sur un quiproquo &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.-S. quelques heures plus tard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;agissant &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/edwy-plenel/020112/pour-memoire-le-faux-proces-du-journalisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son blog&lt;/a&gt; &#224; cet article, Edwy Plenel interpelle directement et personnellement son auteur en lui demandant notamment ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Pourrais-tu avoir, au moins, l'obligeance de signaler &#224; tes lecteurs que j'ai rendu compte dans un livre, d&#232;s 2006, de ce qui s'est jou&#233; au &lt;/i&gt;Monde&lt;i&gt;. Les r&#233;f&#233;rences :&lt;/i&gt; Proc&#232;s, &lt;i&gt;Stock, 2006, puis Folio, 2007. Ce livre fut suivi d'un autre, en 2007, chez Stock aussi,&lt;/i&gt; Chroniques marranes, &lt;i&gt;qui reprend mes derniers articles parus dans&lt;/i&gt; Le Monde &lt;i&gt;avec une introduction, qui est aussi une explication, intitul&#233;e&lt;/i&gt; &#8220;Autoportrait&#8221;. &lt;i&gt;Tu peux &#233;videmment trouver ces &#233;claircissements insuffisants, mais tu ne peux pas faire comme s'ils n'existaient pas. Les ignorer serait intellectuellement malhonn&#234;te&lt;/i&gt;. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cette demande soit largement &#171; Hors sujet &#187;, puisque l'article qui engage collectivement Acrimed ne porte que tr&#232;s indirectement sur &lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; (nous annon&#231;ons, &#224; ce propos, que &#171; nous y reviendrons &#187;), mais sur la r&#233;plique &#171; Hors sujet &#187; au livre de Serge Halimi et sur sa r&#233;&#233;dition &#171; Hors sujet &#187;, nous apportons volontiers les pr&#233;cisions que Plenel demande sur son histoire du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, en attendant d'y revenir, comme promis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les fabuleuses histoires de Poivre d'Arvor</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-fabuleuses-histoires-de-Poivre-d-Arvor</link>
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		<dc:date>2011-01-05T23:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Teuli&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>TF1</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Bidonnages&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;nages</dc:subject>
		<dc:subject>Censures</dc:subject>
		<dc:subject>Patrick Poivre d'Arvor</dc:subject>
		<dc:subject>Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Herv&#233; Bourges</dc:subject>
		<dc:subject>Groupes de presse</dc:subject>
		<dc:subject>Connivences</dc:subject>
		<dc:subject>Sanction(s)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; avant qu'il devienne le biographe, accus&#233; de plagiat, d'Ernest Hemingway.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Patrick-Poivre-d-Arvor-+" rel="tag"&gt;Patrick Poivre d'Arvor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journaux-televises-114-+" rel="tag"&gt;Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sanction-s-+" rel="tag"&gt;Sanction(s)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant de revenir sur l'accusation de plagiat qui le vise en qualit&#233; de biographe d'Ernest Hemingway, nous &#171; r&#233;activons &#187; ici notre article, paru le 28 avril 2003, sur les versions passablement romanc&#233;es que PPDA a d&#233;j&#224; livr&#233;es de quelques-unes de ses aventures, notamment &#171; la fausse interview de Fidel Castro &#187; et l' &#171; affaire Botton &#187;. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;... Retour sur une &#233;mission intitul&#233;e &#171; Patrick Poivre d'Arvor &#187; (enregistr&#233;e en novembre 2002, dans le cadre de la s&#233;rie &#171; T&#233;l&#233; notre histoire &#187;, de J&#233;r&#244;me Bourdon et Pierre Tchernia). En fait, il s'agit d'un entretien avec Patrick Poivre d'Arvor, sans aucun &#233;l&#233;ment compl&#233;mentaire. Le pr&#233;sentateur du &#171; 20 heures &#187; de TF1 y confirme ses talents de romancier. C'est pourquoi nous limitons strictement les commentaires (plac&#233;s entre crochets).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un petit insolent &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; : &#171; 1974, vous quittez donc d&#233;finitivement France Inter pour rejoindre un an plus tard, en 1975, apr&#232;s l'&#233;clatement de l'ORTF, la toute jeune Antenne 2. Comment vous &#234;tes entr&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision ? C'&#233;tait votre c&#244;t&#233; jeune journaliste giscardien, proche du moins ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; &lt;i&gt;PPDA&lt;/i&gt; : &#171; Non, d'abord je n'&#233;tais absolument pas jeune journaliste giscardien, j'avais &#233;t&#233; giscardien dans ma jeunesse, comme il y avait eu beaucoup de mao&#239;stes, de communistes, de trotskistes, qui avaient le droit de vivre, apparemment qui ont toujours le droit de vivre, mais en revanche quand vous pensez pas d'un bon c&#244;t&#233; c'est beaucoup moins accept&#233;. Non, non, j'&#233;tais d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233; comme un petit peu insolent, mais peu importe. J'ai eu plusieurs possibilit&#233;s [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;strong&gt;[&lt;/strong&gt;En 1987, privatisation de TF1&lt;strong&gt;]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; : &#171; Francis Bouygues, le nouveau patron de TF1, vous demande de pr&#233;senter le journal de la premi&#232;re cha&#238;ne [...] &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; &lt;i&gt;PPDA&lt;/i&gt; : &#171; [...] J'avais trois propositions, je les ai eues en avril 87. Celle de la &#8220;Deux&#8221;, revenir sur mon ancienne cha&#238;ne, ce qui me tentait parce que c'&#233;tait une cha&#238;ne que j'adorais. Celle de La Cinq, une nouvelle fois, mais cette fois-ci c'&#233;tait Robert Hersant qui me le proposait. Et celle de la &#8220;Une&#8221;, c'&#233;tait Patrick Le Lay, que je ne connaissais absolument pas auparavant, qui me le proposait. J'ai craint &#8211; &#224; tort, je crois, d'ailleurs &#8211; d'aller sur La Cinq, parce que je pensais que Robert Hersant en ferait quelque chose de politis&#233;, et je n'ai pas voulu de cela, parce que &#231;a a toujours &#233;t&#233; mon &lt;i&gt;credo&lt;/i&gt; depuis que je fais ce m&#233;tier de refuser &#224; la fois les &#233;tiquettes et les d&#233;pendances [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fausse interview de Fidel Casto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;strong&gt;[&lt;/strong&gt;Des images extraites d'une conf&#233;rence de presse de Fidel Castro avaient &#233;t&#233; &#8220;remont&#233;es&#8221; avec des questions de Poivre d'Arvor, laissant croire &#224; une interview. D&#233;but 1992, Pierre Carles r&#233;v&#233;lait la manipulation dans un sujet censur&#233; par Herv&#233; Bourges, PDG d'Antenne 2&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Pierre Carles, voir notamment sur le site Homme moderne Pierre Carles, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;strong&gt;]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; : &#171; Fin 1991, il y a le montage un peu douteux concernant l'entretien que vous avez eu avec Fidel Castro. Avec un peu de recul, vous portez quel jugement sur ce... &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; &lt;i&gt;PPDA&lt;/i&gt; : &#171; D'abord j'ai jamais eu d'entretien, &#224; cette &#233;poque en tout cas, avec Fidel Castro, c'&#233;tait une conf&#233;rence de presse, qui s'est tenue devant cent personnes. Vous pensez bien qu'il faudrait &#234;tre bien nouille, outre le fait d'&#234;tre sot et douteux, pour essayer de faire croire qu'une conf&#233;rence de presse devant 80, 90, 100 journalistes a pu &#234;tre une interview qui vous est donn&#233;e &#224; vous. Simplement, c'est vrai que R&#233;gis Faucon, qui &#233;tait avec moi et qui &#233;tait chef du service &#233;tranger, qui est un type d'une tr&#232;s, tr&#232;s grande qualit&#233;, a r&#233;alis&#233; dans des conditions... rapidement ce montage, il aurait pu le r&#233;aliser dans d'autres conditions cinq ans auparavant ou cinq ans plus tard, et on n'en aurait simplement pas parl&#233; &#224; l'&#233;poque ; il l'a r&#233;alis&#233; de mani&#232;re tr&#232;s maladroite, et en effet il y a des gens, certaines personnes, tr&#232;s peu d'ailleurs, un journal qui ne nous voulait pas du bien &#224; l'&#233;poque, ont dit : &#8220;ils ont tent&#233; de nous faire croire que...&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;strong&gt;[&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;R&#233;gis Faucon, ancien responsable de la politique &#233;trang&#232;re &#224; TF1, a quitt&#233; la cha&#238;ne le 31 d&#233;cembre 2000&lt;/i&gt; &#8220;dans la plus grande discr&#233;tion &#8211; le directeur de l'information s'&#233;tant oppos&#233; &#224; tout communiqu&#233;&#8221;. (Le Monde T&#233;l&#233;vision&lt;i&gt; du 29 juin 2002&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me &#171; TF1 : l'actualit&#233; internationale sacrifi&#233;e &#224; l'audimat &#187;.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;strong&gt;]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;PPDA&lt;/i&gt; (poursuit) : &#171; Or tout le monde a regard&#233; mes propos, j'ai dit pr&#233;cis&#233;ment qu'il s'agissait d'une conf&#233;rence de presse, &#224; aucun moment je n'ai parl&#233; d'interview, encore moins d'interview exclusive. J'ai vu beaucoup de sottises se dire depuis. J'ai vu des gens m&#234;me tenter de faire une vraie manipulation, moche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; coupable sur deux points. Le premier point, c'est que j'ai r&#233;agi tr&#232;s violemment vis-&#224;-vis de ce journal, qui s'appelle &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, qui avait &#233;t&#233; tr&#232;s tr&#232;s odieux, enfin bon, qui &#233;tait hostile &#224; TF1 depuis la privatisation &#8211; c'est son droit &#8211; mais qui avait essay&#233; de faire croire d'abord que j'&#233;tais &#224; Paris, ensuite que j'&#233;tais sur place mais que j'avais tent&#233; de faire croire &#224;... une manipulation... et j'avais pris &#231;a mal. Et puis, toujours, dans ces cas-l&#224;, on surr&#233;agit, j'ai, j'ai... comme j'avais d'autres attaques, d'une autre nature, sur le front de la vie priv&#233;e, j'avais peut-&#234;tre tendance un peu sottement &#224; penser &#224; un complot. Peut-&#234;tre &#233;tais-je parano&#239;aque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, ma deuxi&#232;me erreur, c'est que, un an plus tard, je suis all&#233; faire une interview de Fidel Castro. Alors la plupart des gens sont persuad&#233;s que cette fameuse interview est une fausse interview, alors que j'ai rencontr&#233; cet homme en 92. Bon, je suis plut&#244;t fier de l'avoir fait puisque, depuis, je crois qu'une seule interview de lui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e. C'est plut&#244;t... pas un exploit, mais enfin, une bonne affaire [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La hi&#233;rarchie de l'information&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; : &#171; Sur TF1, le sujet d'ouverture est en g&#233;n&#233;ral un sujet proche des Fran&#231;ais. Ils sont prioritaires, avant l'actualit&#233; internationale ou la politique &#233;trang&#232;re. Pourquoi ce choix, quelle est la ligne &#233;ditoriale que vous vous &#234;tes fix&#233;e dans ces ann&#233;es-l&#224; ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; &lt;i&gt;PPDA&lt;/i&gt; : &#171; On a, on a, j'ai pas chang&#233;, pas une seconde, pas une seconde, par rapport &#224; ce que j'&#233;tais, justement, quand je pr&#233;sentais le journal sur la &#8220;Deux&#8221;. Mais pas une seconde. Hier, par exemple, j'ai ouvert le journal par l'Irak, puis Ben Laden, puis des sujets &#233;trangers, Naplouse, etc. Donc, quand &#231;a me para&#238;t tr&#232;s important j'ouvre &#233;videmment sur l'&#233;tranger. Quand c'est un peu moins important on ouvre sur un sujet fran&#231;ais. Et on a fait des &#233;tudes avec Robert Namias, on a constat&#233; qu'on &#233;tait exactement, exactement, en nombre de minutages, en nombre de sujets, &#224; la m&#234;me position que France 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e qui consiste &#224; dire que parce qu'un sujet arrive en num&#233;ro un c'est plus important que le reste, c'est une id&#233;e sotte. Ce qui est le plus important, dans mon esprit, ce sont les cinq titres d'ouverture, ceux qui passent &#224; 20 heures pr&#233;cises, &#231;a, oui, c'est la &#8220;une&#8221; d'un journal pour moi. Si vous dites : &#8220;Attention, vous n'avez pas parl&#233; de ce sujet-l&#224;, &#231;a veut dire que pour vous il n'&#233;tait pas prioritaire ou il &#233;tait accessoire, et regardez comme l'histoire vous donne tort&#8221;, &#231;a, alors &#224; ce moment-l&#224; je reconna&#238;trai mes torts si vous me trouvez un exemple dans mes journaux pass&#233;s. Mais en revanche, apr&#232;s, apr&#232;s, &#231;a marche par &#8220;blots&#8221;, comme &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, comme &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, comme &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, comme &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, comme la presse r&#233;gionale le fait. C'est-&#224;-dire, quand vous commencez par un sujet fran&#231;ais, vous avez tendance &#224; passer tous les sujets de la m&#234;me nature, qu'ils soient sociaux, de soci&#233;t&#233;, d'environnement, ou autres, et puis apr&#232;s vous faites le &#8220;blot&#8221; &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, en plus, le raisonnement est assez stupide, parce que c'est vraiment dans la deuxi&#232;me partie du journal qu'on a de tr&#232;s loin la plus grosse &#233;coute, mais de tr&#232;s loin, il y a peut-&#234;tre 2 millions de diff&#233;rence, de t&#233;l&#233;spectateurs, entre 20 heures et 20 h 15. &#192; 20 heures tout le monde n'est pas encore devant l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc il n'y a pas de hi&#233;rarchie. Ce qui est important, ce sont les titres. Tout dire. Et puis apr&#232;s, tout est aussi important. La culture pour moi est capitale. Je fais une &#233;mission depuis tr&#232;s longtemps, et quand je parle du prix Nobel qui a &#233;t&#233; donn&#233; tout r&#233;cemment &#224; ce Hongrois, j'en fais un titre, j'en parle &#224; la fin du journal, mais ce n'est pas parce que j'en parle &#224; la fin du journal que pour moi &#231;a me para&#238;t moins important que le reste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;strong&gt;[&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Voici ce que R&#233;gis Faucon relevait dans &lt;/i&gt;Le Monde T&#233;l&#233;vision&lt;i&gt; du 29 juin 2002 : &lt;/i&gt;&#171; Intervenant apr&#232;s la suppression de l'important service de politique &#233;trang&#232;re en 1996, la fermeture de plusieurs postes &#224; l'&#233;tranger, l'abandon des &#233;missions sp&#233;ciales en direct de tel ou tel point du globe et la disparition des commentaires en studio destin&#233;s &#224; apporter au t&#233;l&#233;spectateur l'&#233;clairage du sp&#233;cialiste, mon d&#233;part a bien constitu&#233; l'aboutissement logique d'une politique &#233;ditoriale visant &#224; r&#233;server le traitement minimum &#224; une sp&#233;cialit&#233; qui n'int&#233;resserait pas le plus grand nombre [...] La plupart des sujets tourn&#233;s actuellement &#224; l'&#233;tranger &#8211; aussi justifi&#233;s et int&#233;ressants soient-ils &#8211; ne sont pas des sujets de politique &#233;trang&#232;re. La baisse de la criminalit&#233; &#224; New York, les p&#233;rip&#233;ties de la famille royale britannique, le go&#251;t des Allemands pour les asperges ou celui des Cor&#233;ens pour le rago&#251;t de chien, cela ne me para&#238;t pas relever de la politique internationale. Quand il ne s'agit pas d'une actualit&#233; tr&#232;s forte, comme les attentats du 11 septembre 2001 aux &#201;tats-Unis ou l'intervention am&#233;ricaine en Afghanistan, qui obligent &#224; un large traitement &#8211; ce que TF1 sait fort bien faire &#8211;, le monde ne fait plus recette&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me &#171; TF1 : l'actualit&#233; internationale sacrifi&#233;e &#224; l'audimat &#187;.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;strong&gt;]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autocensure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; : &#171; Vous vous &#234;tes d&#233;j&#224; interdit de diffuser une information qui puisse toucher quelqu'un de proche ou un dirigeant du groupe ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; &lt;i&gt;PPDA &lt;/i&gt; : &#171; Ah non, alors &#231;a, de ce point de vue, non. Non, non, je crois il n'y a pas un seul exemple qu'on nous ait reproch&#233;, d'une information qu'on n'aurait pas donn&#233;e, et qui aurait &#233;t&#233; donn&#233;e par d'autres cha&#238;nes. Jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais vous voyez, par exemple, hier, je n'ai pas donn&#233; la gr&#232;ve qu'il y avait sur la &#8220;Deux&#8221; et la &#8220;Trois&#8221;. Peut-&#234;tre parce que je n'ai pas voulu donner l'impression de les enfoncer, parce que je trouvais que ce n'est pas tr&#232;s gentil, ce soir peut-&#234;tre j'en parlerai, parce que le mouvement social a pris de l'importance, et que cela me para&#238;t aussi naturel d'&#233;voquer un conflit parmi d'autres. Mais, au contraire, j'essaie d'&#234;tre respectueux des uns et des autres, mais jamais de cacher quoi que ce soit. En revanche je me suis interdit de passer des reportages, de temps en temps, il n'y a pas tr&#232;s longtemps, il y a... deux jours, un reportage d'une violence extr&#234;me, qui nous venait de Las Vegas, sur les combats de... ce qu'ils appellent d'arri&#232;re-cour. Pour moi c'&#233;tait de la violence gratuite. J'ai refus&#233; de diffuser ce reportage qu'avait pourtant r&#233;alis&#233; l'un de nos correspondants, et, avec, &#233;videmment, beaucoup de dignit&#233;, en l'expurgeant des images, mais je ne l'ai pas trouv&#233; satisfaisant, et je me suis dit : il ne faut pas passer &#231;a. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;strong&gt;[&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Dans &lt;/i&gt;Les nouveaux chiens de garde &lt;i&gt;(Liber-Raisons d'agir, 1997), Serge Halimi note :&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Sur TF1, les seuls ministres qui comptent sont les gros clients de l'actionnaire principal. Bouygues construit la mosqu&#233;e de Casablanca et l'a&#233;roport d'Agadir : le roi du Maroc s'installe au journal t&#233;l&#233;vis&#233; de TF1. Puis le monarque encha&#238;ne avec l'&#233;mission de Jean-Pierre Foucault, la trop bien nomm&#233;e &lt;i&gt;Sacr&#233;e soir&#233;e&lt;/i&gt;. Bouygues aimerait s'occuper de plateformes &lt;i&gt;off-shore&lt;/i&gt; en Angola : Jonas Savimbi fait irruption au journal de la Une. Bouygues veut obtenir un contrat de forage de gaz en C&#244;te d'Ivoire (o&#249; son groupe contr&#244;le d&#233;j&#224; la distribution de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233;) : le pr&#233;sident ivoirien vient au journal de TF1. L'actualit&#233; internationale n'est pas toujours aussi malmen&#233;e qu'on le dit sur la principale cha&#238;ne europ&#233;enne. Et les t&#233;l&#233;spectateurs en savent tout autant sur les grands travaux en cours : pont de l'&#206;le de R&#233;, b&#226;timents prestigieux &#224; Hong Kong, pont de Normandie, grand stade de Saint-Denis... Ce dernier projet, dirig&#233; lui aussi, l'a-t-on devin&#233;, par la soci&#233;t&#233; Bouygues, a d&#233;j&#224; donn&#233; lieu &#224; une infinit&#233; de reportages, rarement irr&#233;v&#233;rencieux. Comme par exemple celui du 6 f&#233;vrier 1996 : &#8220;un gigantesque chantier&#8221;, &#8220;une fourmili&#232;re avec ses 30 compagnons&#8221;, &#8220;C'est extraordinaire !&#8221; Mais la soci&#233;t&#233; Bouygues est aussi grande animatrice de culture. Bertolucci sera donc invit&#233; &#224; l'&#233;mission d'Anne Sinclair &lt;i&gt;7 sur 7&lt;/i&gt; au moment o&#249; son film &lt;i&gt;Petit Bouddha&lt;/i&gt; sort, d&#233;di&#233; &#224;... Francis Bouygues. TF1 produit &lt;i&gt;Casino&lt;/i&gt; de Martin Scorsese avec Robert De Niro et Sharon Stone pour acteurs principaux : le 25 f&#233;vrier 1996, Sharon Stone surgit &#224; &lt;i&gt;7 sur 7&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;[&lt;/strong&gt;De m&#234;me, TF1 est muet quand la justice met en cause Bouygues, comme &#224; propos du logiciel &#171; Drapo &#187;, que nous rappelons ici en note&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux rappels : &#8211; AFP - 20/01/03 : &#171; Une affaire de pratiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;strong&gt;]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;ontologie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; : &#171; Vous vous &#234;tes fix&#233; une charte ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; &lt;i&gt;PPDA &lt;/i&gt; : &#171; Non, mais elle est dans nos t&#234;tes. [...] On d&#233;teste le zoom sur... la flaque de sang, le plan trop rapproch&#233;, l'horreur, vraiment sanguinolente [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; : &#171; Votre journal marche bien, mais, franchement, est-ce que TF1 a un jour imagin&#233; vous remplacer au 20 heures ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; &lt;i&gt;PPDA&lt;/i&gt; : &#171; Sans doute, j'imagine. Personne n'est irrempla&#231;able, hein... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Question&lt;/i&gt; : &#171; Vous l'avez peut-&#234;tre ressenti au moment de l'affaire Botton, qui vous a peut-&#234;tre un peu... &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; &lt;i&gt;PPDA&lt;/i&gt; : &#171; Non, parce que &#231;a c'est moi qui me suis propos&#233;. J'ai dit carr&#233;ment que je proposais ma d&#233;mission &#224; mon pr&#233;sident, Patrick Le Lay, parce que je ne voulais pas le g&#234;ner d'une quelconque fa&#231;on. Tout le monde avait prouv&#233; qu'il n'y avait aucune esp&#232;ce d'implication entre mes fonctions dans le journal et le fait que cet homme &#233;tait mon ami. Mais je tenais quand m&#234;me &#224; ne pas g&#234;ner la cha&#238;ne, j'ai donc propos&#233; ma d&#233;mission, qu'il a refus&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;strong&gt;[&lt;/strong&gt;Encore une fois, Poivre d'Arvor est trop modeste. &#171; Cet homme &#233;tait mon ami &#187;. Un &#171; ami &#187; qui, quand il s'occupait de promouvoir la carri&#232;re politique de son beau-p&#232;re, le maire RPR de Lyon Michel Noir, puisait dans les caisses de ses soci&#233;t&#233;s pour arroser de cadeaux la &#171; jet-set &#187; m&#233;diatique. &#192; tel point qu'en octobre 1997, Patrick Poivre d'Arvor a &#233;t&#233; reconnu coupable de recel d'abus de biens sociaux, et condamn&#233; &#224; quinze mois de prison avec sursis et &#224; une amende de 200 000 francs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment Lyon Capitale (lien p&#233;rim&#233;, ao&#251;t 2010). Lire Journalistes ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de conclusion : un t&#233;moignage de Pierre Carles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrait de &#171; Rencontre avec Pierre Carles &#187;, publi&#233; sur le site de l'Association des t&#233;l&#233;spectateurs actifs (lien p&#233;rim&#233;, ao&#251;t 2010) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; J'ai plein d'archives sur PPDA. Je poss&#232;de, par exemple, toutes les images o&#249; il parle de sa &#8220;carri&#232;re&#8221; en termes de septennat. &#8220;J'ai fait un premier septennat sur la &#8216;Deux'...&#8221;, &#8220;Si Mitterrand se repr&#233;sente, j'irai peut-&#234;tre jusqu'au bout de mon septennat...&#8221; Au d&#233;part, il le disait en rigolant. N'emp&#234;che, on d&#233;couvre petit &#224; petit que ce type-l&#224; a fini par se prendre inconsciemment &#224; un moment donn&#233; pour l'&#233;gal du pr&#233;sident de la R&#233;publique, pour son interlocuteur privil&#233;gi&#233;. Voil&#224; peut-&#234;tre pourquoi il a aussi mal r&#233;agi lorsqu'il n'a pas pu pr&#233;senter le JT, le soir de la mort de Mitterrand ! Entre eux, il y avait une sorte de longue histoire d'amour-haine. C'est lui et non Jean-Claude Narcy qui aurait d&#251; l'enterrer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fil&#233; r&#233;cemment au mensuel &#8220;Entrevue&#8221; des images d'une altercation incroyable qui a eu lieu entre un cameraman de France 2 et Patrick Poivre d'Arvor lors de sa premi&#232;re mise en examen dans l'affaire Botton. Quelques t&#233;l&#233;visions avaient montr&#233; le d&#233;but de cette s&#233;quence, jusqu'au moment o&#249; PPDA met sa main sur l'objectif de la cam&#233;ra. J'ai pu r&#233;cup&#233;rer les rushes. L'altercation dure pr&#232;s de cinq minutes. PPDA ne comprend pas qu'on puisse le filmer. En effet, jusqu'&#224; pr&#233;sent, il y avait bien eu des animateurs comme Patrick Sabatier, mais jamais des journalistes vedettes qui s'&#233;taient ainsi, en France, retrouv&#233;s dans les feux de l'actualit&#233;, de l'information, &#8220;objet&#8221; du tournage d'une cam&#233;ra. Il passe ainsi de l'autre c&#244;t&#233; du miroir, il ne le supporte pas et s'&#233;crie : &#8220;Qu'est-ce que c'est, cette cam&#233;ra...&#8221; Totalement exc&#233;d&#233;. Le cameraman r&#233;pond que c'est France 2. Et PPDA de poursuivre : &#8220;France 2, vous vous rendez compte que j'ai travaill&#233; pour vous pendant sept ans... Et moi, dans mon Journal, jamais je n'ai parl&#233; de Fran&#231;ois-Henri de Virieu...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Virieu &#233;tait &#233;galement cit&#233; dans l'affaire Botton. Implicitement, PPDA dit qu'il respecte la loi du silence et il fait la morale au cameraman : &#8220;Vous n'avez pas honte de prendre ainsi des images &#224; la vol&#233;e ?&#8221; Comme si l'on ne pratiquait pas tous les jours ainsi dans les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Jean Teuli&#232;re&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur Pierre Carles, voir notamment sur le site Homme moderne &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/images/films/pcarles/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Carles, documentariste malin&lt;/a&gt;. Et, pour se rafra&#238;chir la m&#233;moire, voir une &#233;tude (en anglais) sur &lt;a href=&#034;http://www.ejc.nl/hp/je/bribes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la fausse interview avec Fidel Castro&lt;/a&gt; sur le site de l'European Journalism Centre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me &#171; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1042.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;TF1 : l'actualit&#233; internationale sacrifi&#233;e &#224; l'audimat&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me &#171; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1042.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;TF1 : l'actualit&#233; internationale sacrifi&#233;e &#224; l'audimat&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux rappels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; AFP - 20/01/03 : &#171; Une affaire de pratiques anti-concurrentielles chez Bouygues prescrite &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'affaire du logiciel Drapo, dans laquelle huit dirigeants du groupe Bouygues et d'autres soci&#233;t&#233;s &#233;taient mis en examen depuis 1995 par le tribunal de grande instance de Versailles (Yvelines) pour &#8220;pratiques anti-concurrentielles&#8221;, est d&#233;sormais prescrite, a-t-on appris lundi de source judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;crit &lt;i&gt;Le Journal du dimanche&lt;/i&gt; dans son &#233;dition du 19 janvier 2003, c'est l'annulation de &#8220;scell&#233;s litigieux&#8221; et de proc&#232;s verbaux, demand&#233;e en avril 2002 par Me Olivier Metzner, l'avocat du groupe Bouygues, et prononc&#233;e le 11 septembre 2002 par la chambre de l'instruction de Versailles, qui a conduit le juge Laurent Lassale &#224; rendre le 26 novembre une ordonnance constatant l'annulation de l'action publique. Le dossier ne contenant plus que des actes ant&#233;rieurs au mois de juillet 1997, il devient alors prescrit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en juin 1995 que le chef du service Informatique et recherche de la Direction scientifique du groupe Bouygues avait saisi la justice. Il avait &#233;t&#233; licenci&#233; en 1993 sans pouvoir toucher les droits d'auteur de son logiciel nomm&#233; &#8220;Drapo&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sous-logiciel &#8220;am&#233;liorait&#8221; un autre logiciel d'&#233;tudes des prix qui permettait de fausser les appels d'offres des march&#233;s publics et priv&#233;s. Les entreprises du BTP pouvaient ainsi s'entendre afin de proposer des devis similaires et partager des march&#233;s. Une pratique qui permettait &#233;galement de surestimer le co&#251;t des chantiers de 5 &#224; 10 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence du logiciel &#8220;Drapo&#8221;, qui aurait &#233;t&#233; utilis&#233; pendant une dizaine d'ann&#233;es, avait &#233;t&#233; confirm&#233;e par des perquisitions de la DRPJ de Versailles au si&#232;ge social du groupe Bouygues &#224; Saint-Quentin-en-Yvelines ainsi que par les d&#233;clarations de plusieurs t&#233;moins. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 22 janvier 2003 : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'AFFAIRE avait fait trembler le gotha des b&#233;tonneurs, mais ils avaient bien tort. Il suffit parfois d'une justice un peu distraite pour que les choses s'arrangent. L'affaire du logiciel Drapo, que le groupe Bouygues &#233;tait accus&#233; d'avoir mis au point dans les ann&#233;es 90 afin de truquer les appels d'offres des plus grands chantiers de travaux publics, vient en effet, comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; RTL, d'&#234;tre d&#233;clar&#233;e prescrite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande Biblioth&#232;que, Stade de France, ligne de m&#233;tro Eole : le Drapo &#233;tait soup&#231;onn&#233; d'avoir &#233;t&#233; beaucoup agit&#233; pour &#233;viter aux b&#233;tonneurs une &#233;puisante concurrence. Les perquisitions dans les bureaux des b&#233;tonneurs avaient confirm&#233; ces soup&#231;ons. Mais la derni&#232;re d'entre elles, en juillet 1997, provoque le naufrage du dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant ce jour-l&#224; de chez Bouygues, le juge versaillais Yves Madre &#8211; qui n'avait apparemment jamais &#233;t&#233; tr&#232;s excit&#233; par le b&#233;ton &#8211; omet de poser les scell&#233;s sur les documents qu'il vient de saisir. Il ne le fera que quelques jours plus tard, continuant de mener son instruction &#224; un train de s&#233;nateur. Olivier Metzner, avocat champion toutes cat&#233;gories de la chasse aux vices de proc&#233;dure, et d&#233;fenseur de Bouygues dans cette affaire, s'avise que ces scell&#233;s pos&#233;s apr&#232;s coup rendent la perquisition nulle. Et, en septembre 2002, il obtient son annulation par la chambre de l'instruction. Le juge Laurent Lassalle, qui a succ&#233;d&#233; &#224; son coll&#232;gue Madre, doit alors se rendre &#224; l'&#233;vidence : tous les actes cons&#233;cutifs &#224; la perquisition annul&#233;e sont eux-m&#234;mes nuls, et aucune proc&#233;dure n'a &#233;t&#233; accomplie au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es. Le dossier est donc prescrit. Le coup est un peu grossier, mais c'est comme &#231;a. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment Lyon Capitale (lien p&#233;rim&#233;, ao&#251;t 2010). Lire &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article129.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journalistes ou formateurs en communication ?&lt;/a&gt;. Voir des pi&#232;ces concernant Poivre d'Arvor publi&#233;es par Pierre Botton sur son site.(En ao&#251;t 2010, le site existait encore. Mais le dossier n'&#233;tait plus en ligne/2 d&#233;cembre 2012 :le site n'existe plus).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour accueillir Noam Chomsky</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Pour-accueillir-Noam-Chomsky</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Pour-accueillir-Noam-Chomsky</guid>
		<dc:date>2010-06-02T05:30:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#8230; Et aller au-del&#224; des discours autoris&#233;s par les m&#233;dias dominants et intellectuels m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-medias-francais-et-Noam-Chomsky-" rel="directory"&gt;Les m&#233;dias fran&#231;ais et Noam Chomsky&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune et avec l'accord de son auteur, la pr&#233;sentation de Noam Chomsky &#224; La Mutualit&#233;, le 29 mai 2010 par Serge Halimi, directeur du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt; : pour accueillir Noam Chomsky et aller au-del&#224; des discours autoris&#233;s par les m&#233;dias dominants et intellectuels m&#233;diatiques. Comme le montre le texte de la conf&#233;rence qu'il a prononc&#233;e &#224; la suite de cette pr&#233;sentation et qui est disponible &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-05-31-Chomsky&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du Monde Diplomatique&lt;/a&gt;. (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s heureux d'accueillir ici Noam Chomsky au nom du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;, de l'association des Amis du Monde diplomatique qui a assur&#233; b&#233;n&#233;volement l'essentiel de l'organisation de cette r&#233;union et en votre nom &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait trente ans que Chomsky n'&#233;tait pas venu en France. Non pas par accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut l'avouer : il n'appr&#233;cie pas trop la sc&#232;ne intellectuelle fran&#231;aise, son moralisme hypocrite, la place qu'elle consacre &#224; des penseurs de petit calibre, presque toujours situ&#233;s dans un m&#234;me spectre id&#233;ologique tr&#232;s &#233;troit. Nous non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas tr&#232;s &#233;tonnant que ce petit groupe de garde barri&#232;res (&lt;i&gt;gate keepers&lt;/i&gt;) ait entendu &#233;loigner Chomsky de ses nombreux lecteurs fran&#231;ais potentiels. Car au fond sa parole et ses &#233;crits ont contredit presque point par point ce qu'eux-m&#234;mes entendaient faire de la pens&#233;e et de la politique, en France mais aussi ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui, au d&#233;but des ann&#233;es 80, d&#233;fendaient les tyrannies pro-occidentales en Am&#233;rique centrale au nom de ce qu'ils appelaient le combat pour le monde libre, pour les droits de l'homme, ceux qui signaient des p&#233;titions de soutien &#224; Ronald Reagan, largement relay&#233;es par la presse fran&#231;aise, ne pouvaient pas voir d'un tr&#232;s bon &#339;il le travail de Noam Chomsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un texte-p&#233;tition publi&#233; le 21 mars 1985, Bernard-Henri L&#233;vy, Patrick Wajsmann, Jean-Fran&#231;ois Revel, Emmanuel Leroy Ladurie et beaucoup d'autres annon&#231;aient, dramatiques, que le grand combat antitotalitaire se jouait en Am&#233;rique latine, et plus pr&#233;cis&#233;ment au Nicaragua : &lt;i&gt;&#171; La junte sandiniste&lt;/i&gt;, je cite le texte, &lt;i&gt;n'a jamais cach&#233; que son but est l'int&#233;gration de toute l'Am&#233;rique Centrale en une seule et m&#234;me entit&#233; marxiste-l&#233;niniste. &#187; &lt;/i&gt;[Pr&#233;cision ici : il ne s'agissait pas d'une &#8216;junte', mais d'un gouvernement l&#233;gal qui venait de remporter les &#233;lections et qui affrontait une insurrection arm&#233;e d'extr&#234;me droite, la contra.] &lt;i&gt; &#171; C'est pr&#233;cis&#233;ment l'objectif recherch&#233; par la strat&#233;gie sovi&#233;tique : forcer les Etats-Unis &#224; se retirer des r&#233;gions qui repr&#233;sentent une importance vitale pour eux-m&#234;mes et le Monde Libre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, les Etats-Unis, la CIA dans le cas d'esp&#232;ce, finan&#231;aient les escadrons de la mort au Guatemala, escadrons &#224; l'origine actifs dans une r&#233;pression sauvage qui provoqua la mort de 200 000 personnes. Pour l'essentiel des Mayas victimes d'une guerre d'extermination parce qu'ils &#233;taient soup&#231;onn&#233;s d'&#234;tre favorables &#224; des groupes insurg&#233;s de gauche. L&#224;, nos intellectuels et les m&#233;dias ne se mobilis&#232;rent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;tition de soutien &#224; l'extr&#234;me droite nicaraguayenne date d'il y a vingt-cinq ans.Depuis, les m&#234;mes, et de nouvelles g&#233;n&#233;rations d'intellectuels m&#233;diatiques conservateurs ont exerc&#233; une v&#233;ritable police de la pens&#233;e, appuy&#233;s par la plupart des grands journaux dans lesquels ces grands penseurs conservent table ouverte. Ces intellectuels pour m&#233;dias ont successivement soutenu la guerre du Golfe en 1991, celle du Kosovo en 1999, celle d'Afghanistan en 2001.Certains ont m&#234;me appuy&#233; la guerre d'Irak deux ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avouons-le, les &#171; guerres humanitaires &#187;, l' &#171; humanitarisme de guerre &#187;, les &#171; frappes chirurgicales &#187;, les &#171; bavures n&#233;cessaires &#187;, et tous ces autres termes orwelliens ont un peu moins la cote en ce moment. Les d&#233;sastres de la pr&#233;sidence Bush auront au moins servi &#224; &#231;a. Et, de ce fait, Noam Chomsky a moins mauvaise r&#233;putation qu'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, ses &#233;diteurs furent tr&#232;s rares. Il leur fallait bien du courage pour oser publier Noam Chomsky. Il y avait Acratie. Et Agone. C'&#233;tait &#224; peu pr&#232;s tout...Dor&#233;navant tout le monde ou presque publie Chomsky &#8211; ou aimerait le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, les seuls m&#233;dias qui &#233;voquaient ses travaux furent des p&#233;riodiques libertaires. Et puis, pour l'essentiel, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; et l'&#233;mission de Daniel Mermet &lt;i&gt;L&#224;-bas si j'y suis&lt;/i&gt;. Dor&#233;navant, Chomsky est tr&#232;s demand&#233;. M&#234;me &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, l'hebdomadaire qui compte Claude Imbert, Alain Duhamel et Bernard-Henri L&#233;vy au nombre de ses chroniqueurs r&#233;guliers &#8211; un choix de gourmets &#8211; voulait publier un entretien avec Chomsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce plan au moins, les choses changent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la r&#232;gle habituelle - apr&#232;s l'ostracisme et le silence, la r&#233;cup&#233;ration &#8211; ne risque pas, je crois, de s'appliquer &#224; Noam Chomsky. Car il est, &#224; bien des &#233;gards, pour reprendre un mot fameux de Sartre dans &lt;i&gt;les Mains sales&lt;/i&gt;, &#171; non r&#233;cup&#233;rable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non r&#233;cup&#233;rable, parce qu'il s'en prend au c&#339;ur du syst&#232;me, &#224; son moteur. Ce que le syst&#232;me fait. Et pour qui il le fait. Non pas ce qu'il dit qu'il fait. Et ses bonnes intentions proclam&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non r&#233;cup&#233;rable, parce qu'il s'en prend au clerg&#233; s&#233;culier de ce syst&#232;me : les intellectuels de pouvoir - et les experts au service du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non r&#233;cup&#233;rable, parce qu'il s'en prend &#224; l'appareil de l&#233;gitimation du syst&#232;me et de ses intellectuels de cour. C'est-&#224;-dire les m&#233;dias de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non r&#233;cup&#233;rable, enfin, parce que tout cela Chomsky le fait sans emphase, sans &#233;lever la voix, sans se bercer de mots, mais en &#233;non&#231;ant des faits, des dates, des noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant de crimes impardonnables tant il est vrai qu'une critique sans cibles pr&#233;cises ne g&#234;ne personne. Et surtout pas les cibles qui ont &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;es. Epargn&#233;es parce qu'elles avaient le pouvoir de faire payer cher ceux qui les mettraient en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chomsky s'en prend au c&#339;ur du syst&#232;me : il interroge la l&#233;gitimit&#233; des actes du pouvoir. Une part importante de ses travaux a concern&#233; un aspect essentiel de la politique am&#233;ricaine &#8211; sa politique &#233;trang&#232;re, sa politique imp&#233;riale. D&#233;mocrates et r&#233;publicains se retrouvent dans l'id&#233;e que les Etats-Unis sont bons et qu'ils font le bien. Que c'est en tout cas leur intention. Parfois, admettent-ils, l'ex&#233;cution est d&#233;ficiente, mais le dessein &#233;tait bien de faire le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour discuter rationnellement ce postulat, Chomsky n'a pas cherch&#233; &#224; provoquer, &#224; attirer l'attention des m&#233;dias par des actions d'&#233;clat. Il a lui-m&#234;me conduit ce qu'il recommande aux autres de faire : &lt;i&gt;&#171; un processus continu d'&#233;ducation, d'organisation, de r&#233;sistance et de construction d'alternatives. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est un travail tr&#232;s fastidieux de confronter un &#233;nonc&#233; et une r&#233;alit&#233;. Il impose de s'informer en permanence, d'interroger, de comparer. De mettre en rapport des &#233;l&#233;ments que le flux de l'information tend &#224; s&#233;parer. De lutter contre l'amn&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et alors, &#231;a ne colle pas toujours avec la bande dessin&#233;e officielle. Les m&#233;chants islamistes afghans ont d'abord &#233;t&#233; des gentils islamistes afghans. Ils sont aujourd'hui m&#233;chants et oppriment les femmes quand ils s'attaquent aux puissances occidentales. Ils &#233;taient gentils et ils exprimaient leur identit&#233; religieuse, certes un peu traditionaliste, quand ils opprimaient les femmes mais s'attaquaient &#224; l'Union sovi&#233;tique que Ronald Reagan qualifiait avec finesse d'empire du Mal. On est tout de m&#234;me pas oblig&#233; d'oublier cette histoire. Et Noam Chomsky nous la rappelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chomsky est &#233;galement non-r&#233;cup&#233;rable parce qu'il n'h&#233;site pas non plus &#224; s'en prendre aux intellectuels. Impossible en France d'&#233;voquer les intellectuels sans faire r&#233;f&#233;rence &#224; Zola, &#224; l'affaire Dreyfus, &#224; Sartre, aux porteurs de valises en Alg&#233;rie, &#224; Bourdieu, au soutien au mouvement social de novembre-d&#233;cembre 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, plus souvent, les intellectuels forment le clerg&#233; s&#233;culier du syst&#232;me. Chomsky a souvent mis en cause les &lt;i&gt;&#171; nouveaux mandarins &#187;&lt;/i&gt;, ces intellectuels de pouvoir au service de l'Etat et, souvent, du capital, des multinationales. La nocivit&#233; de leur action a prouv&#233; qu'il &#233;tait indispensable de ne pas laisser les &#171; savants &#187;, les &#171; experts &#187; s'occuper de ce qui nous regarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans les d&#233;mocraties&lt;/i&gt;, nous explique Chomsky, &lt;i&gt;les id&#233;es impopulaires sont r&#233;duites au silence sans censure : l'&#233;ducation, la presse, les intellectuels d&#233;finissent les limites du discours acceptable. Et ils rendent moins n&#233;cessaire l'usage de m&#233;thodes coercitives, autoritaires, polici&#232;res. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les minorit&#233;s intelligentes, ou qui se croient telles, estiment en tout cas qu'elles ont vocation &#224; gouverner. Et que, lorsque ce pouvoir leur est d&#233;ni&#233;, c'est que le syst&#232;me ne fonctionne pas, qu'il y a une &#8216;crise des d&#233;mocraties'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes aujourd'hui le 29 mai. Il y a exactement cinq ans, une large majorit&#233; des Fran&#231;ais a vot&#233; contre un trait&#233; europ&#233;en. Les gouvernants, les deux principaux partis politiques, les m&#233;dias, les intellectuels dominants se sont &#233;trangl&#233;s devant tant d'audace. Et puis, ensemble, ils ont d&#233;cid&#233; que rien ne s'&#233;tait pass&#233;, que le trait&#233; refus&#233; serait mis en ouvre quand m&#234;me. Cela ne les a naturellement pas emp&#234;ch&#233;s de continuer &#224; protester contre tel ou tel manquement &#224; la d&#233;mocratie, surtout quand il intervenait &#224; l'&#233;tranger, de pr&#233;f&#233;rence dans un pays jug&#233; hostile aux int&#233;r&#234;ts occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, l'analyse critique des intellectuels et celle des m&#233;dias vont de pair. Car c'est ensemble qu'ils d&#233;finissent les limites &#224; ne pas d&#233;passer. Ce sont, nous dit Chomsky, &lt;i&gt;&#171; eux qui disent jusqu'o&#249; il est permis de s'aventurer. &#187; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec lui, aujourd'hui, nous sommes &#224; peu pr&#232;s assur&#233;s de nous aventurer au-del&#224; de ces discours autoris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Halimi, 29 mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour &#233;couter l'intervention de Serge Halimi&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
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		<title>Philippe Val, h&#233;ritier d'Albert Londres</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Schneidermann</dc:subject>
		<dc:subject>Chroniques</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Val</dc:subject>
		<dc:subject>Yves Calvi</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; historien et critique du journalisme.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2005-2012-Haro-sur-la-critique-des-medias-" rel="directory"&gt;2005-2012 : Haro sur la critique des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Schneidermann-+" rel="tag"&gt;Daniel Schneidermann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Chroniques-+" rel="tag"&gt;Chroniques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Val-+" rel="tag"&gt;Philippe Val&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Yves-Calvi-+" rel="tag"&gt;Yves Calvi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous voudrions n'avoir plus rien &#224; dire de Philippe Val. Mais c'est un journaliste. Et ses opinions et divagations philosophiques et politiques nous int&#233;ressent beaucoup moins que sa conception et sa pratique du journalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est du journalisme que le patron de &lt;i&gt;Charlie hebdo&lt;/i&gt; devint, &#224; la fin d'un apr&#232;s midi du mois de janvier 2009, l'historien critique. Philippe Val, critique des m&#233;dias et du journalisme ? Mais o&#249; ? Mais quand ? Et pour dire quoi ? Cela m&#233;rite qu'on s'en informe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du lundi au jeudi de 17h &#224; 17h50, Yves Calvi anime l'&#233;mission &#171; Nonobstant &#187; et s'entretient, nous dit le site de France Inter, &lt;i&gt;&#171; avec une personnalit&#233; du monde de la culture et des arts, chez elle ou sur son lieu de travail &#187;&lt;/i&gt;. Pourquoi ? &lt;i&gt;&#171; Pour &#234;tre au plus pr&#232;s de sa r&#233;alit&#233; et de sa v&#233;rit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Sous quelle forme ? &lt;i&gt;&#171; Un face &#224; face ni complaisant, ni agressif &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 14 janvier 2009, Yves Calvi recevait l'auteur de &lt;i&gt;Si &#231;a continue &#231;a va pas durer,&lt;/i&gt; un ouvrage publi&#233; &lt;i&gt;&#171; en partenariat avec France Inter &lt;/i&gt; &#187;, &#224; para&#238;tre&#8230; le lendemain. La &#171; promo &#187; ne pouvait pas attendre. D'autant que l'auteur n'est autre que Philippe Val qui, tous les vendredis &#224; 7h55, tient une chronique qui porte son nom : &#171; L'humeur de... Philippe Val &#187;. O&#249; &#231;a ? &#8230; Sur France Inter. Et l'ouvrage en question est une s&#233;lection des &#171; humeurs &#187; de son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yves Calvi, dont le site de France Inter salue la &#171; pertinence &#187;, interrogeait donc ce jour-l&#224; un pertinent impertinent.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L266xH50/Calvi_France_Inter-b26f6.jpg?1776687224' width='266' height='50' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;On &#233;coute un extrait.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/object&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Mais pour savourer pleinement cette sociogen&#232;se du journalisme moderne, mieux vaut la lire lentement, sans rire&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Val : -&lt;i&gt; &#171; Si vous voulez, je crois que notre petit monde, comme parfois certains disent pour le relativiser - c'est vrai que c'est un petit monde &#8211; notre petit monde est tr&#232;s partag&#233; en ce moment, et c'est presque g&#233;n&#233;rationnel. &#199;a n'est pas que g&#233;n&#233;rationnel, mais c'est un peu g&#233;n&#233;rationnel. Notre g&#233;n&#233;ration, notre sc&#232;ne primitive si on peut dire, c'est la Seconde guerre mondiale, Auschwitz, etc. Et notre mod&#232;le de journalisme, c'est Albert Londres, c'est celui qui rapporte quelque chose de la r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Yves Calvi : - &lt;i&gt;&#171; Des faits, la r&#233;alit&#233;... &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Val : -&lt;i&gt; &#171; Des faits, la r&#233;alit&#233; et &#233;ventuellement de l'analyse bien s&#251;r. Tandis que la g&#233;n&#233;ration des journalistes qui arrivent maintenant leur sc&#232;ne primitive c'est le conflit isra&#233;lo-palestinien, ce n'est pas la Seconde guerre mondiale. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Et leur mod&#232;le de journalisme c'est la critique des m&#233;dias, c'est Halimi-Schneidermann. Et c'est une catastrophe. Je pense que c'est une catastrophe. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Et on a beaucoup de mal &#224; parler, on a beaucoup de mal &#224; se parler et les opinions se font &#224; partir d'opinions. Et c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;une horreur&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, et il y a beaucoup de journalistes qui font leur m&#233;tier devant Internet et ceci me semble absolument incestueux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons : Philippe Val, de la g&#233;n&#233;ration inspir&#233;e par Auschwitz, s'insurge contre les journalistes qui, inspir&#233;s par le conflit isra&#233;lo-palestinien (et on devine avec quel parti pris&#8230;), ont donc (?) choisi pour mod&#232;le&#8230; la critique des m&#233;dias, fa&#231;on &lt;i&gt;&#171; Halimi-Schneidermann &#187;&lt;/i&gt; et font par cons&#233;quent (?) leur m&#233;tier devant Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand prix du journalisme d'investigation est d&#233;cern&#233; au lecteur qui parviendra &#224; d&#233;m&#234;ler cet &#233;cheveau. C'est indispensable pour suivre le fil qui conduit du conflit isra&#233;lo-palestinien au mod&#232;le Halimi-Schneidermann, avant de se connecter &#224; Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question qui nous taraude : de Serge Halimi (que nous connaissons un peu...) ou de Daniel Schneidermann (que nous connaissons fort peu...) lequel doit &#234;tre le plus flatt&#233; de leur association dans la bouche de l'h&#233;ritier d'Albert Londres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car cet h&#233;ritier, Philippe Val, apr&#232;s avoir enqu&#234;t&#233; sur Internet et sur la critique des m&#233;dias, est devenu gr&#226;ce &#224; son mod&#232;le, Albert Londres, un critique des m&#233;dias fa&#231;on&#8230; Philippe Val&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un critique des m&#233;dias qui n'h&#233;site pas &#224; intenter un proc&#232;s aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais l'h&#233;ritier n'a pas encore per&#231;u son h&#233;ritage : dur, dur d'&#234;tre un parvenu quand on n'est pas encore arriv&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yves Rebours&lt;br class='manualbr' /&gt;- Avec Marie-Anne pour la transcription et Michel pour le son.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5845 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/159Val_Albert_Londres_2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 78.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe : Albert Val contre Internet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un &#171; incontournable &#187; &#233;dito paru dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo &lt;/i&gt;le 10 janvier 2001 (voir ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1434.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Philippe Val, &#233;purateur chronique &#187;&lt;/a&gt;) nous savions qu'Internet &#233;tait un rep&#232;re de d&#233;traqu&#233;s et de collabos : &#171; &lt;i&gt; A part ceux qui ne l'utilisent &lt;/i&gt;(Internet) &lt;i&gt;que pour bander, gagner en bourse et &#233;changer du courrier &#233;lectronique, qui est pr&#234;t &#224; d&#233;penser de l'argent &#224; fonds perdus pour avoir son petit site personnel ? Des tar&#233;s, des maniaques, des fanatiques, des m&#233;galomanes, des parano&#239;aques, des nazis, des d&#233;lateurs, qui trouvent l&#224; un moyen de diffuser mondialement leurs d&#233;lires, leurs haines, ou leurs obsessions. Internet, c'est la Kommandantur du monde ultralib&#233;ral. C'est l&#224; o&#249;, sans preuve, anonymement, sous pseudonyme, on diffame, on fait na&#238;tre des rumeurs, on d&#233;nonce sans aucun contr&#244;le et en toute impunit&#233;. Vivre sous l'Occupation devait &#234;tre un cauchemar. On pouvait se faire arr&#234;ter &#224; tout moment sur d&#233;nonciation d'un voisin qui avait envoy&#233; une lettre anonyme &#224; la Gestapo. Internet offre &#224; tous les collabos de la plan&#232;te la jouissance impunie de faire payer aux autres leur impuissance et leur m&#233;diocrit&#233;. C'est la r&#233;alit&#233; inesp&#233;r&#233;e d'un r&#234;ve pour toutes les dictatures de l'avenir. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Val, prenant pr&#233;texte d'un article niant l'existence du virus du Sida publi&#233; sur un blog h&#233;berg&#233; par M&#233;diapart, prend &#224; parti, dans sa chronique du 5 septembre 2008 sur France Inter, ce site d'information, Edwy Plenel et, plus g&#233;n&#233;ralement, Internet : &lt;i&gt;&#171; Les journalistes s'informent d&#233;sormais davantage sur la Toile qu'en mettant le nez dans le monde r&#233;el &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet &#8211; mais c'est payant ! &#8211; la r&#233;ponse de Fran&#231;ois Bonnet sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; Depuis M&#233;diapart et Edwy Plenel se sont, semble-t-il, r&#233;concili&#233;s avec &lt;i&gt;Charlie hebdo&lt;/i&gt; et Philippe Val, dans le cadre d'une Sainte-Alliance anti-Sarkozy, puisqu'ils appellent ensemble (avec &lt;i&gt;Les Inrockuptibles, Marianne, Le Nouvel Observateur,&lt;/i&gt; Rue 89 et le soutien de Reporters sans fronti&#232;res) &#224; d&#233;fendre la libert&#233; de l'information le vendredi 30 janvier, au Th&#233;&#226;tre du Ch&#226;telet).&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Val, dans un livre paru le 28 octobre 2008 - &lt;i&gt;Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous&lt;/i&gt; &#8211; s'en prend &#224; nouveau aux sites d'information sur Internet et compare &lt;i&gt;Bakchich&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Je suis partout&lt;/i&gt;, un journal des ann&#233;es 1930 et 1940, antis&#233;mite et, le moment venu, collaborationniste. Et, le jour m&#234;me de la parution du livre, il r&#233;cidive dans l'&#233;mission &#171; Les grandes gueules &#187; sur RMC&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet, sur le site de Backchich, &#171; Bakchich porte plainte contre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un critique des m&#233;dias qui n'h&#233;site pas &#224; intenter un proc&#232;s aux r&#233;alisateurs du film &#171; Choron derni&#232;re &#187;, Pierre Carles et Eric Martin, pour avoir mis son nom sur l'affiche du film. Alors que quelques ann&#233;es plus t&#244;t, il avait soutenu le film &#171; Pas vu, pas pris &#187; du m&#234;me Pierre Carles, dont l'affiche arborait les noms de quelques vedettes du petit &#233;cran. Le proc&#232;s a naturellement &#233;t&#233; perdu par Val.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &#8211; mais c'est payant ! &#8211; la r&#233;ponse de Fran&#231;ois Bonnet sur M&#233;diapart : &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/club/blog/francois-bonnet/050908/valdingue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Valdingue &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet, sur le site de Backchich, &lt;a href=&#034;http://www.bakchich.info/medias/2008/10/28/bakchich-porte-plainte-contre-philippe-val-53983&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Bakchich porte plainte contre Philippe Val &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Conte de No&#235;l : Le site de Marianne se paye Acrimed </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Conte-de-Noel-Le-site-de-Marianne-se-paye-Acrimed</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Conte-de-Noel-Le-site-de-Marianne-se-paye-Acrimed</guid>
		<dc:date>2007-12-28T13:04:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Le Monde diplomatique</dc:subject>
		<dc:subject>Sur le vif</dc:subject>
		<dc:subject>Marianne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; gratuitement. Et se plante.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2005-2012-Haro-sur-la-critique-des-medias-" rel="directory"&gt;2005-2012 : Haro sur la critique des m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-diplomatique-+" rel="tag"&gt;Le Monde diplomatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sur-le-vif-+" rel="tag"&gt;Sur le vif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Marianne-66-+" rel="tag"&gt;Marianne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les vastes bureaux d'Acrimed au dernier &#233;tage de la Tour Montparnasse r&#233;sonnent encore du fou rire collectif qui s'est empar&#233; des convives du Tout Paris que nous avions r&#233;unis &#224; l'occasion du r&#233;veillon pour donner une lecture publique d'un article publi&#233; sur le site Internet de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; le 21 d&#233;cembre 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NB : L'article qui suit ainsi que son titre ont &#233;t&#233; modifi&#233;s apr&#232;s la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le titre de ce conte de Noel ? &lt;a href=&#034;http://www.marianne2.fr/Serge-Halimi-cree-la-surprise-au-Monde-Diplomatique_a82255.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Serge Halimi cr&#233;e la surprise au &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;. Une surprise ? Soit. Mais pour qui ? &#171; Au &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt; &#187; ? C'est vrai : les journalistes du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, en apprenant qu'ils avaient choisi Serge Halimi pour succ&#233;der &#224; Ignacio Ramonet ont d&#251; &#234;tre tr&#232;s surpris&#8230; de leur propre d&#233;cision !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est du vote intervenu au sein de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Diplo&lt;/i&gt; qu'il est d'abord question : &lt;i&gt;&#171; A moins d'un ultime retournement de situation, et &lt;a href=&#034;http://www.marianne2.fr/Le-Diplo-veut-faire-bouger-son-image-pour-se-relancer_a81998.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme Marianne2 l'avait envisag&#233;,&lt;/a&gt; Serge Halimi devrait prendre la succession d'Ignacio Ramonet &#187;&lt;/i&gt;. Comme Marianne2 l'avait envisag&#233; ? Avant de se r&#233;f&#233;rer ainsi &#224; lui-m&#234;me, l'auteur de l'article &#8211; R&#233;gis Soubrouillard - aurait mieux fait de se relire. Dans son &lt;a href=&#034;http://www.marianne2.fr/Le-Diplo-veut-faire-bouger-son-image-pour-se-relancer_a81998.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article pr&#233;c&#233;dent&lt;/a&gt;, il avait proclam&#233; par sous-titre interpos&#233; : &lt;i&gt;&#171; Maurice Lemoine &#224; la t&#234;te du journal &#187;. &lt;/i&gt;Avec cette pr&#233;cision : &lt;i&gt;&#171; Maurice Lemoine para&#238;t aujourd'hui le mieux plac&#233; pour prendre la succession d'Ignacio Ramonet, mais un partage des t&#226;ches avec le journaliste Serge Halimi est largement envisageable. &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'article de &lt;i&gt;Marianne2.fr&lt;/i&gt; n'omet pas de mentionner que la nomination de Serge Halimi ne peut devenir d&#233;finitive qu'apr&#232;s validation des Amis du Monde Diplomatique et du Conseil de surveillance de la SA &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;. Mais, est-il pr&#233;cis&#233;, &lt;i&gt;&#171; c'est peut-&#234;tre d&#233;sormais l&#224; que le b&#226;t blesse car la d&#233;signation de Serge Halimi en surprendra certains. &#187;&lt;/i&gt; Qui sont ces &#171; certains &#187; ? Et pourquoi le b&#226;t blesse-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses figurent apr&#232;s un sous-titre qui &#8230; &#171; surprendra certains &#187; : &lt;i&gt;&#171; Acrimed fait l'impasse &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paragraphe qui suit commence ainsi : &lt;i&gt;&#171; Tr&#232;s critique &#224; l'&#233;gard des journalistes et des m&#233;dias, animateur du site Acrimed, de la revue &lt;/i&gt;PLPL&lt;i&gt; et du &lt;/i&gt;Plan B&lt;i&gt;, le journaliste n'&#233;tait, semble-t-il, pas le favori de la direction du groupe Le Monde qui d&#233;tient 51% des parts du Diplo. &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un joli galimatias&#8230; Non seulement &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; n'existe plus depuis 2 ans, mais &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt; est anim&#233; collectivement. Quant &#224; Acrimed, c'est une association dont le site n'est que le m&#233;dia le plus connu. Or Serge Halimi, simple adh&#233;rent actif de l'association n'a jamais eu la moindre responsabilit&#233; dans l'animation de son site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nu&#233;e d'approximations destin&#233;e - &#171; semble-t-il &#187; - &#224; cautionner &#8211; &#171; c'est l&#224; que le b&#226;t blesse &#187; - la d&#233;ception que pourrait manifester la direction du groupe Le Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, souvenez-vous : &#171; Acrimed fait l'impasse &#187;. Fichtre ! Mais avant de savoir sur quoi, il faut encore dig&#233;rer des consid&#233;rations sur la&#8230; crise du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Quand viennent enfin les derni&#232;res phrases de ce conte : &lt;i&gt;&#171; Dans sa derni&#232;re livraison&lt;/i&gt; [sic]&lt;i&gt;, le site &lt;a href=&#034;http://acrimed.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acrimed&lt;/a&gt;qui fait r&#233;guli&#232;rement le point avec un &#339;il ac&#233;r&#233;&lt;/i&gt; [re-sic]&lt;i&gt; sur la situation dans &#171; tous &#187; les m&#233;dias ignore superbement celle du Diplo. &#187;&lt;/i&gt; Diable ! (si l'on peut se permettre cette interjection hors de saison&#8230;). Qui nous dira ce que sont les &#171; livraisons d'Acrimed &#187; ? Et sur quoi nous nous taisons ? Sur les &#171; scoops &#187; tortueux publi&#233;s sur &lt;i&gt;Marianne2.fr &lt;/i&gt; ? Sur un changement en cours &#224; la direction d'un mensuel, un changement inachev&#233; qui devrait mobiliser, toutes affaires cessantes, notre &#171; &#339;il ac&#233;r&#233; &#187; ? Le journalisme professionnel a parfois de drolatiques exigences &#224; l'&#233;gard de la critique des m&#233;dias&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est en lisant l'explication de notre coupable silence que nous avons &#233;t&#233; pris d'un fou rire irr&#233;pressible :&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Attention, chien de garde&#8230; &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. Telles sont la conclusion de l'article et la moralit&#233; de ce conte de No&#235;l&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai : nous sommes de dangereux molosses en charge de la d&#233;fense du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;&#8230; et de Serge Halimi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi nous inciter &#224; exercer vraiment notre &#171; &#339;il ac&#233;r&#233; &#187;. Nous avons h&#233;sit&#233; entre une version pol&#233;mique : &#171; Les nouveaux [et authentiques] chiens de garde sont r&#233;guli&#232;rement prot&#233;g&#233;s par des caniches &#187;. Et une version litt&#233;raire encore plus d&#233;sobligeante : &#171; L'&#226;ne de Sancho Pan&#231;a se prend pour Don Quichotte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'opter finalement pour une version sociologique, la seule qui r&#233;siste &#224; l'analyse : la plupart des soutiers de l'information gagnent difficilement de quoi payer leur loyer ; certains d'entre eux doivent multiplier les &#171; piges &#187; h&#226;tivement r&#233;dig&#233;es (pour des &#171; gratuits &#187; comme &lt;i&gt;M&#233;tro&lt;/i&gt;) ou des articles d'information d&#233;sinform&#233;e (pour des sites comme Marianne2.fr). Cela n'est pas sans cons&#233;quences...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, pas rancuniers, nous souhaitons &#224; M. Soubrouillard, &#224; l'&#233;quipe de Marianne2.fr, et notamment &#224; ses journalistes pr&#233;caires, une bonne ann&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NB : L'article qui suit ainsi que son titre ont &#233;t&#233; modifi&#233;s apr&#232;s la premi&#232;re publication. Trop de traits pol&#233;miques &#8211; jeux de mots de mauvais go&#251;t notamment - nuisaient gravement &#224; son contenu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Touche pas &#224; BHL &#187;, par Ruquier et Finkielkraut</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Touche-pas-a-BHL-par-Ruquier-et-Finkielkraut</link>
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		<dc:date>2007-11-28T06:40:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;gory Rzepski, Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Alain Finkielkraut</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard-Henri L&#233;vy</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Val</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Ruquier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment les administrateurs et b&#233;n&#233;ficiaires quasi exclusifs des &#171; d&#233;bats &#187; rendent impossible ou improbable toute discussion v&#233;ritable.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-aventures-de-Bernard-Henri-Levy-" rel="directory"&gt;Les aventures de Bernard-Henri L&#233;vy&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Alain-Finkielkraut-+" rel="tag"&gt;Alain Finkielkraut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Henri-Levy-+" rel="tag"&gt;Bernard-Henri L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Val-+" rel="tag"&gt;Philippe Val&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Ruquier-+" rel="tag"&gt;Laurent Ruquier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une voix dissonante ? C'&#233;tait une de trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un paysage m&#233;diatique satur&#233; par &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2748.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la promotion du r&#233;cent livre de BHL&lt;/a&gt;, l'article paru dans &lt;i&gt;Le Monde diplomatique &lt;/i&gt;de novembre intitul&#233; &#171; L'oligarchie, le Parti socialiste et Bernard-Henri L&#233;vy &#187; fait figure d'exception. Son auteur, Serge Halimi, critique, sur le fond, l'ouvrage d'&lt;i&gt;&#171; un intellectuel au cr&#233;dit entam&#233; mais &#224; la pr&#233;sence m&#233;diatique envahissante &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dissonance qui n'a pas eu l'heur de plaire aux administrateurs du &#171; d&#233;bat &#187; m&#233;diatique puisque, si cette critique a &#233;t&#233; relay&#233;e par l'&#233;mission &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; du 5 novembre 2007 dont Serge Halimi &#233;tait l'un des invit&#233;s, elle n'a &#233;t&#233; discut&#233;e, pour elle-m&#234;me, nulle part ailleurs. Pas m&#234;me par ceux qui se pr&#233;sentent, pourtant, comme des grands amateurs de &#171; d&#233;bat &#187; d&#233;mocratique et qui sont, entres autres, vis&#233;s par cet article ou par d'autres publications de Serge Halimi : BHL soi-m&#234;me&#8230; ou Alain Finkielkraut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une impossible controverse, exemplaire des improbables discussions que pr&#233;tendent, pourtant, souhaiter les administrateurs et b&#233;n&#233;ficiaires quasi exclusifs des &#171; d&#233;bats &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. L'impossible controverse &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
De la tourn&#233;e m&#233;diatique de Bernard-Henri L&#233;vy, nous croyions avoir tout dit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me &#171; BHL, &#233;videmment &#187;.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais &#224; la fin de cette tourn&#233;e, le livre et son auteur ont encore eu droit &#224; quelques &#233;loges (voir en annexe celle de Philippe Val).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard-Henri L&#233;vy sauv&#233; par Finkielkraut (et France Inter)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er novembre, BHL est l'invit&#233; de &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; sur France 2. Laurent Ruquier l'accueille &#224; bras ouverts : &lt;i&gt;&#171; Tout le monde en parle en bien ou en mal mais on en parle. &#187; &lt;/i&gt;En mal ? Nous cherchons encore&#8230; Laurent Ruquier, en tous cas, ne dissimule pas son enthousiasme : &lt;i&gt;&#171; Celui-l&#224;, je n'ai pas votre talent et votre &#233;criture, mais je pourrais signer &#224; la fin. Moi je suis quasi d'accord avec ce que vous &#233;crivez dans ce bouquin. Ah mais alors vraiment ! &#187;&lt;/i&gt; Au cours de l'&#233;mission, seul le chroniqueur Eric Naulleau ose dire ce que nul ne peut ignorer : &lt;i&gt;&#171; Vous n'&#234;tes ni philosophe, ni de gauche &#187;&lt;/i&gt;. Une prise de distance qu'il att&#233;nue quelques instants plus tard : &lt;i&gt;&#171; Il m'arrive d'&#234;tre d'accord avec Bernard-Henri L&#233;vy, et notamment dans le droit d'ing&#233;rence, puisque nous &#233;tions dans le m&#234;me camp du temps de la Bosnie et du Kosovo. &#187;&lt;/i&gt; Bref, une &#233;ni&#232;me &#233;mission de promotion de BHL et de son livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin d'&#233;mission, tout de m&#234;me, Laurent Ruquier mentionne un article du &lt;i&gt;Monde diplomatique &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Un mot quand m&#234;me sur l'attaque du &lt;/i&gt;Monde Diplomatique&lt;i&gt; et de Serge Halimi, qui vous accusent en gros de traiter de nazie toute l'extr&#234;me gauche. Ils &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; font d'ailleurs toute la liste de ceux que vous accusez d'&#234;tre trop extr&#233;mistes et quasiment nazis. Ils vous accusent donc d'aller vers le lib&#233;ralisme, vers le conservatisme aussi, qu'est-ce que vous r&#233;pondez donc ? Ce papier il vous a fait quoi quand vous l'avez lu ? Deux pages enti&#232;res, plus la &#8220; une &#8221; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;R&#233;plique de BHL : &lt;i&gt;&#171; &#199;a c'est formidable, parce que le vrai sujet du papier, c'est pas tellement ce que vous dites, c'est comment &#231;a se fait qu'on consacre autant de place dans les journaux et dans les &#233;missions de t&#233;l&#233;vision, comment &#231;a se fait que tout le monde invite Bernard-Henri L&#233;vy et l'accueille et lui parle de son livre. Et pour dire cela, ils consacrent des pages enti&#232;res de leur propre journal plus leur &#8220; une &#8221;. &#187; &lt;/i&gt;Ruquier :&lt;i&gt; &#171; Donc, ils vous font encore de la pub. &#187; &lt;/i&gt;BHL : &lt;i&gt;&#171; Voil&#224;. Consacrer des pages de son journal &#224; me dire qu'on me donne trop de pages, c'est quand m&#234;me un certain paradoxe. &#187; &lt;/i&gt;Applaudissements. Ruquier : &lt;i&gt;&#171; Vous vous en sortez bien, bravo ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Combl&#233; par la pirouette, le pr&#233;sentateur a oubli&#233; en cours de route la question qu'il avait pos&#233;e et, metteur en sc&#232;ne de grands &#171; d&#233;bats &#187;, ne s'est gu&#232;re &#233;mu de l'absence de r&#233;ponse sur le fond &#224; l'article d'Halimi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard-Henri L&#233;vy sauv&#233; par Finkielkraut (et France Inter)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, BHL, confront&#233; &#224; une seule critique sans complaisance, esquive la confrontation. Cette critique isol&#233;e ne sera pas plus discut&#233;e par Alain Finkielkraut qui est pourtant invit&#233; &#224; le faire sur France Inter, le 10 novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, cet autre grand amateur de &#171; d&#233;bats &#187; est l'invit&#233; du &#171; Zapping de France Inter &#187; (une &#233;mission qui revient sur les grands moments de la semaine &#233;coul&#233;e). Le pr&#233;sentateur lui fait entendre un passage de l'&#233;mission &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; du 5 novembre 2007 au cours de laquelle Serge Halimi critique les analyses de Bernard-Henri L&#233;vy, sa m&#233;diatisation, et &#233;voque, notamment, les propos tr&#232;s durs de Corn&#233;lius Castoriadis sur BHL : &lt;i&gt;&#171; Sous quelles conditions sociologiques et anthropologiques, dans un pays de veille et grande culture, un &#8220;auteur&#8221; peut-il se permettre d'&#233;crire n'importe quoi, la &#171; critique &#187; le porter aux nues, le public le suivre docilement &#8211; et ceux qui d&#233;voilent l'imposture, sans nullement &#234;tre r&#233;duits au silence ou emprisonn&#233;s, n'avoir aucun &#233;cho effectif ? (&#8230;) Que cette camelote doive passer de mode, c'est certain : elle est, comme tous les produits contemporains, &#224; obsolescence incorpor&#233;e. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
A l'antenne, Serge Halimi s'appuie notamment sur cette citation pour r&#233;sumer sa position : &lt;i&gt;&#171; Je pense qu'en ce moment, ce &#224; quoi on est en train d'assister, c'est &#224; un climat de &#8220;Thermidor&#8221; intellectuel. (&#8230;) &lt;/i&gt;[C'est-&#224;-dire] &lt;i&gt;le fait de mettre au pinacle un certain nombre d'intellectuels, pas tr&#232;s valoris&#233;s d'ailleurs dans leur zone d'activit&#233; parce que personne parmi les philosophes ne consid&#232;re Bernard-Henri L&#233;vy comme un philosophe, mais qui, du fait qu'il dispose d'un certain nombre de r&#233;seaux, et de r&#233;seaux bien huil&#233;s puisque, apparemment, maintenant il concerne aussi France Inter (&#8230;), peuvent faire la promotion permanente de leur &#339;uvre et en fait mener toujours la m&#234;me initiative, la m&#234;me entreprise qui est de disqualifier la gauche radicale, la gauche de gauche et de promouvoir la gauche lib&#233;rale, la gauche de droite. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Au micro de France Inter, la r&#233;action d'Alain Finkielkraut, confront&#233; &#224; la rediffusion de cet extrait, est stup&#233;fiante. Ce qui dans le cas de Finkielkraut est, en v&#233;rit&#233;&#8230; sans surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir rappel&#233; qu'il a eu, avec Bernard-Henri L&#233;vy, au sujet du r&#233;cent livre de ce dernier, &lt;i&gt;&#171; un d&#233;bat que &lt;/i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;i&gt; a publi&#233; et o&#249; &lt;/i&gt;[leurs]&lt;i&gt; divergences, nombreuses, apparaissaient clairement &#187;&lt;/i&gt;, Finkielkraut consacre l'essentiel de sa fulmination &#224; esquiver toute r&#233;ponse &#224; la critique de BHL par Halimi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re cible ? L'&#233;mission de Daniel Mermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que Finkiekraut cherche d'autant plus &#224; accabler que le proc&#232;s en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Pour ce qui est de l'&#233;mission de Daniel Mermet, je suis absolument frapp&#233; par l'absence de toute d&#233;ontologie journalistique. &lt;/i&gt;[Il mart&#232;le chaque mot.]&lt;i&gt; On a le droit de penser &#231;a de Bernard Henri-L&#233;vy, mais &#224; ce moment-l&#224;, &#224; la radio notamment, on essaye de le lui dire en face. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette le&#231;on de d&#233;ontologie, venant de quelqu'un qui s'est discr&#233;dit&#233; &#224; de nombreuses reprises par son manque de rigueur, sinon de probit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, en 1995, Alain Finkielkraut expliqua dans Le Monde (2 juin 1995), que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qui organise son interminable monologue, m&#234;me en pr&#233;sence de contradicteurs, &#224; l'antenne de France Culture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dernier exemple en date : un &#171; d&#233;bat &#187; sur Pierre Bourdieu.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, t&#233;moigne d'une singuli&#232;re conception du &#171; d&#233;bat &#187; : comme si celui-ci ne pouvait avoir lieu que dans une m&#234;me &#233;mission, sans tenir compte de la formidable disproportion des conditions d'expression entre une star des m&#233;dias comme BHL et n'importe lequel de ses contradicteurs &#233;ventuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les termes de ces &#171; voyous &#187; qu'il abhorre (&#171; &lt;i&gt;on essaye de le lui dire en face&lt;/i&gt; &#187;&#8230;), Alain Finkielkraut reformule donc la r&#232;gle ordinaire du &#171; d&#233;bat &#187; m&#233;diatiquement administr&#233; tel qu'il le pratique : le m&#234;me, toujours, face &#224; un autre, occasionnellement. Et ce dernier se voit intimer un ordre : &#171; Viens, viens, &#231;a va &#234;tre ta f&#234;te ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur France Inter, Finkielkraut poursuit sa diatribe en d&#233;non&#231;ant, &#224; grand renforts de d&#233;formations, le refus de d&#233;bats&#8230; qu'il rend lui-m&#234;me impossibles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;coute Monsieur Le Procureur :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Format &lt;i&gt;mp3&lt;/i&gt; - Dur&#233;e : 2' 02&#034; - T&#233;l&#233;chargeable &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/IMG/mp3/zapping_inter_finkie_halimi3_2c_101107.mp3&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Et on lit pos&#233;ment l'acte d'ex-communication :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Le propos de Daniel Mermet, c'est de d&#233;noncer les ennemis sans jamais leur donner la parole. Lorsqu'il a d&#233;fendu Tariq Ramadan, apr&#232;s que celui-ci ait fait une liste d'intellectuels communautaristes tous juifs &#224; l'exception de Taguieff - mais il croyait qu'il &#233;tait juif -, &#231;a avait cr&#233;&#233; de l'&#233;moi. Daniel Mermet avait d&#233;fendu Tariq Ramadan &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; dans une &#233;mission o&#249; il n'avait invit&#233; que des gens qui lui &#233;taient favorables &lt;/i&gt;[re-sic]&lt;i&gt;, dont Jos&#233; Bov&#233; et Daniel Bensa&#239;d, et une jeune femme qui essayait de dire que peut-&#234;tre &#233;tait-il un peu misogyne, mais sa voix avait &#233;t&#233; tr&#232;s vite &#233;touff&#233;e. C'est comme &#231;a que fonctionne quotidiennement cette &#233;mission. Et un mot nous explique pourquoi. C'est un mot effrayant : Thermidor. Bernard Henri-L&#233;vy serait thermidorien. Alors faisons un peu d'histoire : Thermidor a mit fin &#224; la Terreur. Je ne suis pas thermidorien, mais ceux qui consid&#232;rent, qui font de Thermidor une cat&#233;gorie, sont des nostalgiques de la Terreur. Ce sont des robespierristes. Ils ne peuvent pas couper les t&#234;tes, ils n'en ont pas absolument les moyens, donc ils les coupent imaginairement dans des &#233;missions qu'ils leur consacrent, parce que pour eux, la politique, c'est comme le pensait Robespierre, la guerre de l'humanit&#233; contre ses ennemis : on n'invite pas les ennemis de l'humanit&#233;, on les injurie. Que cela ait lieu sur le service public n'honore pas le service public. Et je dirai un dernier mot, un dernier mot sur Castoriadis : j'ai &#233;t&#233; l'ami de Castoriadis. Et simplement, Castoriadis en effet pouvait &#234;tre tr&#232;s s&#233;v&#232;re. Mais qui &#233;taient ses amis ? C'&#233;taient des gens qui ne pensaient pas comme lui, c'&#233;tait Pierre Manent, c'&#233;tait Philippe Raynaud, c'&#233;tait Luc Ferry, des gens avec lesquels il se disputait jusqu'&#224; trois heures du matin. Jamais ces gens-l&#224; n'auront l'honneur d'une citation au &lt;/i&gt;Monde Diplomatique&lt;i&gt; ou chez Daniel Mermet, sauf pour &#234;tre injuri&#233;s. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Donc je retire &#224; Serge Halimi le droit de se r&#233;clamer de Castoriadis&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, et j'ajoute pour finir que j'ai essay&#233; de l'inviter, moi, Serge Halimi, &#224; mon &#233;mission, lorsqu'il avait fait &lt;/i&gt;Les nouveaux chiens de garde&lt;i&gt;, il n'est pas venu. Jamais ces gens-l&#224; ne parlent avec des gens qui ne pensent pas comme eux. Ils les injurient, c'est tout ce qu'ils font. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;II. D'improbables &#171; d&#233;bats &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Que Finkielkraut (comme BHL) soit un excommunicateur professionnel qui bannit de la communaut&#233; d&#233;mocratique ceux-l&#224; m&#234;mes avec qui il pr&#233;tend &#171; d&#233;battre &#187; n'a rien de surprenant. Mais qu'aveugl&#233; sur lui-m&#234;me par la lumi&#232;re qu'il diffuse, il ne voit pas qu'il guillotine (verbalement &#8230;) ceux qui ne partagent pas ses fulgurantes analyses n'est pas seulement un sympt&#244;me avant-coureur d'une c&#233;cit&#233; grandissante : ses propos sont le sympt&#244;me de maux plus profonds qui rendent improbables, voire impossibles les &#171; d&#233;bats &#187; qu'administrent ces pr&#233;tendus adorateurs de &#171; d&#233;bats &#187;. Le plaidoyer de Finkiekraut est leur Manifeste. Il m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
1) Ils ne discutent pas les arguments&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Comment proc&#232;de Alain Finkielkraut ? Comme BHL dans l'&#233;mission de Laurent Ruquier, il &#171; r&#233;plique &#187; &#224; c&#244;t&#233;. Ruminant sans cesse les m&#234;mes d&#233;testations, il laisse la critique de Serge Halimi sans r&#233;ponse pour s'en prendre d'abord &#224; l'&#233;mission de Daniel Mermet, puis &#224; Serge Halimi. Les arguments ne sont jamais examin&#233;s pour eux-m&#234;mes et le &#171; d&#233;bat &#187; est syst&#233;matiquement le pr&#233;texte au ressassement des m&#234;mes condamnations aussi sommaires que d&#233;finitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de nouveau sous le soleil, en effet. En 1997, d&#233;j&#224;, dans une tribune publi&#233;e par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (&#171; Le monde de la haine et des slogans &#187;, le 12 d&#233;cembre 1997), le m&#234;me essayiste s'en &#233;tait pris &#224; Serge Halimi &#224; l'occasion de la parution de la premi&#232;re &#233;dition des &lt;i&gt;Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;. Il &#233;crivait alors : &lt;i&gt;&#171; La pens&#233;e unique est un vrai sujet, ainsi d'ailleurs que la triste exception fran&#231;aise du copinage g&#233;n&#233;ralis&#233;, mais au lieu de le traiter, Serge Halimi accomplit dans &lt;/i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;i&gt; le prodige r&#233;tro de constituer tous les non-marxistes de France en serviteurs du Grand Capital. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, lors des &#171; rencontres de P&#233;trarque &#187; diffus&#233;es par France Culture le dimanche 15 ao&#251;t 1999, Alain Finkielkraut expliquait, au sujet du m&#234;me livre, qu'&lt;i&gt;&#171; il existe aujourd'hui une critique totalitaire du conformisme m&#233;diatique. Le conformisme m&#233;diatique existe mais il m&#233;rite une critique d&#233;mocratique. &#187; &lt;/i&gt;Cette critique d&#233;mocratique, huit ans plus tard, on l'attend toujours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Comme le soulignait Jacques Bouveresse en 1999 : &lt;i&gt;&#171; Finkielkraut s'est scandalis&#233; que l'on puisse utiliser &#224; nouveau une expression comme &#8220;chiens de garde&#8221;, parce qu'il n'y a plus, selon lui, que des marxistes sectaires qui puissent avoir l'id&#233;e de le faire. (&#8230;) Comme la pens&#233;e unique, le copinage lui semble un vrai sujet et il pense que Serge Halimi ne l'a pas trait&#233;. Mais, dans ce cas, qu'est-ce qui l'emp&#234;che de le faire lui-m&#234;me ? Il dispose s&#251;rement d'une exp&#233;rience de tout premier ordre dans ce domaine et le r&#233;sultat ne manquerait pas d'&#234;tre au plus haut point int&#233;ressant. Mais j'ai bien peur que le copinage g&#233;n&#233;ralis&#233; ne fasse surtout partie de ces choses abstraites que l'on doit toujours mentionner en passant, pour montrer que l'on sait &#224; quoi s'en tenir, mais qui ne m&#233;rite jamais que l'on s'y attarde concr&#232;tement. &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Prodiges et vertiges de l'analogie&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 1999, pp. 123-124)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Ils injurient et ils affabulent&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; J'ai essay&#233; de l'inviter, moi, Serge Halimi, &#224; mon &#233;mission, lorsqu'il avait fait &lt;/i&gt;Les nouveaux chiens de garde&lt;i&gt;, il n'est pas venu. Jamais ces gens-l&#224; ne parlent avec des gens qui ne pensent pas comme eux. Ils les injurient, c'est tout ce qu'ils font. &#187;&lt;/i&gt; Ces reproches sont prof&#233;r&#233;s par quelqu'un dont le sens de la mesure et le calme olympien sont l&#233;gendaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; quoi rimerait la discussion avec quelqu'un qui commence par vous d&#233;finir comme un &#171; nostalgique de la Terreur &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa tribune publi&#233;e par &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;en 1999, Finkielkraut expliquait d&#233;j&#224; : &lt;i&gt;&#171; Quand l'imposture totalitaire a fini par &#233;clater, j'ai cru qu'une &#233;poque se terminait et que l'intelligentsia entrait dans l'&#232;re de la d&#233;lib&#233;ration, de l'&#233;change d'arguments et des d&#233;saccords civilis&#233;s. Je r&#234;vais. &#187;&lt;/i&gt; Alain Finkielkraut surestimait surtout sa propre capacit&#233; &#224; faire son entr&#233;e dans cette &#171; nouvelle &#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel sens y aurait-il &#224; d&#233;battre avec quelqu'un qui voit en vous un supp&#244;t intellectuel du totalitarisme pass&#233; et, surtout, &#224; venir ? C'est le m&#234;me Finkielkraut qui dans la revue &lt;i&gt;M&#233;dias, &lt;/i&gt;en septembre 2004, proclamait : &lt;i&gt;&#171; Serge Halimi ne peut pas pratiquer autre chose que l'insulte : &lt;/i&gt;Les nouveaux chiens de garde&lt;i&gt;, comme leur nom &#233;l&#233;gant l'indique, sont &#224; la fois des ignorants &#8211; la v&#233;rit&#233; est progressiste &#8211; et des m&#233;chants, puisqu'ils mettent leur talent purement rh&#233;torique au service de l'injustice et de l'oppression. Le totalitarisme ne commence pas avec &#8220;Big Brother&#8221;, il faut bien une pens&#233;e qui nous m&#232;ne &#224; lui. Or, cette pens&#233;e, c'est pr&#233;cis&#233;ment la division de l'humanit&#233; en deux blocs. Au bout du compte, l'humanit&#233; v&#233;ritable est r&#233;serv&#233;e &#224; un seul camp, et nous ne sommes rien d'autre que les ennemis du genre humain &#187;&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Finkielkraut ne se rend m&#234;me pas compte qu'il d&#233;nonce d'abord &#8211; exception faite, peut-&#234;tre, de la lutte contre l'oppression &#8211; sa propre rh&#233;torique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui insulte ? Qui partage l'humanit&#233; en deux blocs ? Entre les doux amis de la d&#233;mocratie et les m&#233;chants fourriers du totalitarisme ? Qui insulte qui ? Quels sont les propos insultants dans l'extrait de l'&#233;mission &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; ? Quels sont-ils dans l'article du &lt;i&gt;Monde diplomatique &lt;/i&gt; ? Si le moindre trait pol&#233;mique est une insulte, alors que dire des charges pol&#233;miques et du m&#233;pris &#233;crasant dont abusent &#224; longueur d'antennes et de colonnes de pr&#233;tendues victimes que l'on entend et lit partout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire de la d&#233;sinvolture d' Alain Finkielkraut laissant Jean-Claude Milner qualifier d'antis&#233;mite un livre de Pierre Bourdieu et de Jean-Claude Passeron puis proposant un &#171; d&#233;bat &#187; sur cette grande question avant de se r&#233;tracter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Nouvelle insanit&#233; contre Bourdieu : Finkielkraut propose d'en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire aussi de la d&#233;sinvolture de Bernard-Henri L&#233;vy qui peut inventer des citations comme &#171; synarchies new-yorkaises &#187; et les attribuer au &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;, pour les besoins de sa d&#233;monstration et de sa promotion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me &#171; BHL, &#233;videmment &#187;.&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Faut-il tenir pour n&#233;gligeables les amalgames qui transforment en nazis tous ceux qui ne s'agenouillent pas devant le mausol&#233;e que BHL se construit pour l'habiter de son vivant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune injure, aucun m&#233;pris, aucune bassesse sous la plume de BHL ? Il suffit de le lire (p.196 de &#171; ma bible &#187;) : &lt;i&gt;&#171; Et puis &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;chez les &#233;pigones&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;enfin, chez &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les tout petits bourdivins&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, disciples trop press&#233;s d'une &#8220;pens&#233;e critique&#8221; o&#249; ils croient que critique veut dire d&#233;testation ou d&#233;lation, chez ces courri&#233;ristes approximatifs d'une idiotisme altermondialiste griff&#233; &lt;/i&gt;Monde diplo&lt;i&gt; qui semblent sinc&#232;rement persuad&#233;s que &#171; philosophie du soup&#231;on&#8221;, dans les textes de leurs ma&#238;tres, signifiait &#8220;philosophie de juges d'instruction et de flics&#8221;, chez ces cyniques qui, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;n'en &#233;tant pas &#224; une bassesse pr&#232;s vont jusqu'&#224; insulter le cadavre de Paul Nizan en d&#233;tournant le titre et le sens de ses Chiens de garde&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et tentant de s'emparer du bel esprit de col&#232;re qui y s&#233;vissait, chez les &#233;pigones, donc, cette notion de &#8220;connivence&#8221; qui gardait encore, chez Bourdieu, un semblant de signification structurale d&#233;g&#233;n&#232;re un peu plus et se d&#233;grade comme sous l'empire d'une entropie qui s'acc&#233;l&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; BHL ne s'abaisse m&#234;me pas &#224; citer le nom de quelqu'un qui insulterait &lt;i&gt;&#171; le cadavre de Paul Nizan &#187;&lt;/i&gt; : un bel exemple de &#171; d&#233;saccord civilis&#233; &#187;, comme dirait Finkielkraut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retenons nos larmes. Mais appr&#233;cions &#224; sa juste valeur la biens&#233;ance commune &#224; nos excommunicateurs : quand l'un prive Halimi du &lt;i&gt;&#171; droit de se r&#233;clamer de Castoriadis &#187;&lt;/i&gt;, l' autre lui interdit de se r&#233;clamer de Paul Nizan ! Et quand l'un comme l'autre attribuent &#224; leurs contestataires les filiations de leur choix ? Totalitaires, forc&#233;ment. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
3) Ils racontent n'importe quoi&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'&#233;vocation de Castoriadis fournit en outre &#224; Finkielkraut l'occasion de r&#233;futer un argument par un t&#233;moignage. Quand Serge Halimi cite un texte tr&#232;s pr&#233;cis, tr&#232;s long et tr&#232;s argument&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte est disponible sur le site pierre-vidal-naquet.net &#224; la suite de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Finkielkraut lui oppose son amiti&#233; personnelle pour Corn&#233;lius Castoriadis, et s'en pr&#233;vaut pour prendre la d&#233;fense de leurs amis communs : &lt;i&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; l'ami de Castoriadis. Et simplement, Castoriadis en effet pouvait &#234;tre tr&#232;s s&#233;v&#232;re. Mais qui &#233;taient ses amis ? C'&#233;taient des gens qui ne pensaient pas comme lui, c'&#233;tait Pierre Manent, c'&#233;tait Philippe Raynaud, c'&#233;tait Luc Ferry, des gens avec lesquels il se disputait jusqu'&#224; trois heures du matin. Jamais ces gens-l&#224; n'auront l'honneur d'une citation au &lt;/i&gt;Monde Diplomatique&lt;i&gt; ou chez Daniel Mermet, sauf pour &#234;tre injuri&#233;s &lt;/i&gt;[sic]. &lt;i&gt;Donc je retire &#224; Serge Halimi le droit de se r&#233;clamer de Castoriadis. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art avec lequel Alain Finkielkraut transforme la moindre anecdote en le&#231;on de morale lui tient lieu de philosophie. Mais n'est pas Montaigne qui veut ! &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Ni Inquisiteur qui tente de l'&#234;tre, quand il s'efforce de d&#233;tecter le &#171; signe du diable &#187; pour condamner les sorci&#232;res : &lt;i&gt;&#171; C'est un mot effrayant : Thermidor. Bernard Henri-L&#233;vy serait thermidorien. Alors faisons un peu d'histoire : Thermidor a mis fin &#224; la Terreur. Je ne suis pas thermidorien, mais ceux qui consid&#232;rent, qui font de Thermidor une cat&#233;gorie, sont des nostalgiques de la Terreur. Ce sont des robespierristes. Ils ne peuvent pas couper les t&#234;tes, ils n'en ont pas absolument les moyens, donc ils les coupent imaginairement dans des &#233;missions qu'ils leur consacrent, parce que pour eux, la politique, c'est comme le pensait Robespierre, la guerre de l'humanit&#233; contre ses ennemis : on n'invite pas les ennemis de l'humanit&#233;, on les injurie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans revenir aux manuels d'Histoire pour lyc&#233;ens dont Alain Finkielkraut tourne les pages avec des moufles, il suffit de remarquer que c'est lui-m&#234;me qui transforme Thermidor en &#171; cat&#233;gorie &#187;, alors qu'il s'agit plus simplement d'une expression qui d&#233;signe les involutions r&#233;actionnaires qui remettent en cause les conqu&#234;tes de l'&#233;galit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et qu'appellent de leur v&#339;u, par exemple, certains commentateurs m&#233;diatiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui construit la &#171; cat&#233;gorie &#187; des &lt;i&gt;&#171; robespierriste &#187;&lt;/i&gt; qui &lt;i&gt;&#171; coupent imaginairement &lt;/i&gt;[des t&#234;tes] &lt;i&gt;dans des &#233;missions &#187;. &lt;/i&gt;Ce qui a, &#224; peu pr&#232;s, autant de sens que de constituer en antis&#233;mites ceux qui critiquent la politique d'Isra&#235;l, comme le fait en permanence Finkielkraut, pr&#233;f&#233;rant, sur ce sujet comme sur tant d'autres, &lt;i&gt;&#171; l'enflure &#224; la mesure et, pour tout dire, le mensonge &#224; la v&#233;rit&#233; &#187;&lt;/i&gt; ainsi que l'&#233;crit S&#233;bastien Fontenelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Position du penseur couch&#233;. R&#233;pliques &#224; Alain Finkielkraut, Priv&#233;, 2007, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours prompt &#224; attribuer &#224; autrui les passions tristes qui l'animent et &#224; s'affranchir des r&#232;gles minimales qui garantissent la probit&#233; et l'&#233;quilibre de l'argumentation, Alain Finkielkraut d&#233;samorce par avance la possibilit&#233; m&#234;me d'une discussion rationnelle. &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
4) Ils b&#233;n&#233;ficient toujours du dernier mot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Mais enfin, et surtout, ce qui rend presque impossible tout d&#233;bat rationnel avec ceux qui les administrent &#224; leur profit quasi exclusif, c'est que l'apparence d'une distribution &#233;quitable de la parole (fond&#233;e sur l'existence de quelques &#171; niches &#187; conc&#233;d&#233;es &#224; ceux qui les contestent) n'est, pr&#233;cis&#233;ment, qu'une apparence : s'en tenir &#224; cette apparence, ce serait oublier tout ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233; et qui a contribu&#233; &#224; imposer comme des &#233;vidences les sch&#233;mas de pens&#233;e et de discours de personnages comme BHL ou Finkielkraut&#8230; et leur omnipr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur statut de &#171; bons clients &#187; leur vaut une telle fr&#233;quence d'invitations qu'ils auront, dans les m&#233;dias qui les consacrent, toujours le dernier mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin de son passage sur France Inter, Alain Finkielkraut s'exprimait dans sa tribune permanente : &#171; son &#187; &#233;mission, &#171; R&#233;pliques &#187; sur France Culture. Et le lendemain, il &#233;tait l'invit&#233; de Christine Ockrent dans &#171; Duel sur la 3 &#187; sur France 3. Lors de cette &#233;mission, sans insulter et en examinant dans le d&#233;tail les revendications des &#233;tudiants, il expliquait :&lt;i&gt; &#171; C'est un mouvement path&#233;tique. Ils militent comme si la clochardisation des universit&#233;s allait faire leur salut. Un mouvement s&#233;nile&lt;/i&gt; [...],&lt;i&gt; un mouvement odieux parce qu'il entre en politique par la voie de l'intimidation. &#187;&lt;/i&gt; Enfin, le m&#234;me jour, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(&#233;dition dat&#233;e du 11 d&#233;cembre) consacrait un grand entretien &#224; Paul Thibaud&#8230; et Alain Finkielkraut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, alors que Bernard-Henri L&#233;vy a joui d'une campagne m&#233;diatique exceptionnelle, et que les critiques lui furent toutes favorables, la seule contradiction est emport&#233;e par le vent des &#171; d&#233;bats &#187; de plateaux et de studios.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui nous dira quels d&#233;bats sont possibles dans de telles conditions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler et Gr&#233;gory Rzepski (avec Antoine, Mathias et Ricar).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Annexe : &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La nouvelle groupie de Bernard-Henri L&#233;vy, Philippe Val, apr&#232;s avoir salu&#233; son livre dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, se sent oblig&#233; de lui frictionner les souliers, lors de la venue de son idole sur Paris Premi&#232;re (&#171; &#231;a balance &#224; Paris &#187;, 4 novembre) : &lt;i&gt;&#171; C'est un livre qui propose d&#233;j&#224; une analyse des probl&#232;mes philosophiques de la gauche actuelle, et des marqueurs &#224; partir desquels on peut dire, on peut affirmer que la gauche et la droite c'est pas pareil. En quelque sorte c'est un bouquin de philosophie politique, Bernard-Henri L&#233;vy est un philosophe, il fait son travail de philosophe. &#187;&lt;/i&gt; Pour ceux qui, il y a quelques ann&#233;es encore, pensaient, avec Philippe Val, que BHL &#233;tait &lt;i&gt;&#171; le Aim&#233;e Jacquet de la philosophie &#187;&lt;/i&gt;, il y a de quoi &#234;tre surpris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Par ailleurs,&lt;/i&gt; continue l'adulateur, &lt;i&gt;on lui a reproch&#233; de d&#233;finir ce que c'&#233;tait que la gauche &#224; partir notamment de Mai 68, de la colonisation, de l'affaire Dreyfus et de Vichy. &#8220;Oui, mais l&#224; dedans o&#249; est le social ?&#8221;, on va dire hein : &#8220;la gauche c'est aussi le social&#8221;&#8230; Mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#231;a va de soi que c'est aussi du social la gauche&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Et c'est un mauvais reproche qu'on fait &#224; Bernard-Henri L&#233;vy parce que je pense que ces quatre marqueurs sont vraiment essentiels, tr&#232;s importants, il ne faut pas qu'il en manque un pour pouvoir avoir une pens&#233;e de gauche&#8230; &#187; &lt;/i&gt;Pourtant, m&#234;me pour l'aile droite du PS, dans les critiques qu'ont sign&#233;es (pour &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;ou le &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt;) ses cadres (Manuel Valls, Pierre Moscovici), le livre de BHL p&#234;che de ne pas aborder le social. Et Val de r&#233;pliquer en reprenant... l'argument utilis&#233; comme un refrain par Bernard-Henri L&#233;vy quand il est interrog&#233; sur ce point : &lt;i&gt;&#171; C'est important et il parle aussi du social dans un chapitre assez d&#233;cisif sur la banlieue, sur la banlieue l&#224; o&#249; il se d&#233;marque de tous ses anciens amis, qui sont peut-&#234;tre encore ses amis d'ailleurs, mais il se d&#233;marque de ses compagnons de route qui sont tous pass&#233;s chez Sarkozy entre autres sur la question des &#233;meutes de banlieues. (&#8230;) Lui il dit non, attendez : &#8216;il y a un probl&#232;me de justice sociale l&#224;', on ne peut pas r&#233;sumer les &#233;meutes de banlieues &#224; des &#233;meutes de purs voyous, et l&#224; il fait une analyse assez fine&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Le flot de compliments ne s'arr&#234;te pas&#8230; Et Philippe Val conclut : &lt;i&gt;&#171; Je pense c'est un livre utile, c'est un livre de mise au point, c'est un livre qui donne un dessein &#224; partir duquel on peut r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que &#231;a veut dire &#234;tre de gauche aujourd'hui, et c'est pas mal quand m&#234;me&#8230; &#187;&lt;/i&gt; C'est pas mal quand m&#234;me de se dire aussi que le prochain livre de Val aura une bonne critique dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2748.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; BHL, &#233;videmment &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Que Finkiekraut cherche d'autant plus &#224; accabler que le proc&#232;s en antis&#233;mitisme contre l'animateur de &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; a &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article247.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;perdu par ses amis&lt;/a&gt;. Un proc&#232;s dans lequel Alain Finkielkraut a &#233;t&#233; cit&#233; comme t&#233;moin &#224; l'appui des parties civiles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, en 1995, Alain Finkielkraut expliqua dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (2 juin 1995), que le jury du festival de Cannes avait &lt;i&gt;&#171; honor&#233; un illustrateur servile et tape-&#224;-l'&#339;il de clich&#233;s criminels ; il a port&#233; aux nues la version rock, postmoderne, d&#233;coiffante, branch&#233;e, am&#233;ricanis&#233;e, et tourn&#233;e &#224; Belgrade de la propagande serbe la plus mensong&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; Il d&#251; avouer peu apr&#232;s la publication de cette tribune l'avoir &#233;crite&#8230; sans avoir vu le film de Kusturica.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dernier exemple en date : un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2762.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; d&#233;bat &#187; sur Pierre Bourdieu&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2545.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Nouvelle insanit&#233; contre Bourdieu : Finkielkraut propose d'en d&#233;battre sur France Culture &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2748.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; BHL, &#233;videmment &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte est disponible sur le site &lt;a href=&#034;http://www.pierre-vidal-naquet.net/spip.php?article49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pierre-vidal-naquet.net&lt;/a&gt; &#224; la suite de la critique du &lt;i&gt;Testament de Dieu&lt;/i&gt; de Bernard-Henri L&#233;vy par Pierre Vidal-Naquet dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; en juin 1979 et de la r&#233;ponse de BHL.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et qu'appellent de leur v&#339;u, par exemple, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2740.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;certains commentateurs m&#233;diatiques au sujet de l'&#233;cole&lt;/a&gt; . Mais c'est un autre &#171; d&#233;bat &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Position du penseur couch&#233;. R&#233;pliques &#224; Alain Finkielkraut&lt;/i&gt;, Priv&#233;, 2007, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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