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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Suicides &#224; France T&#233;l&#233;com selon RTL : &#171; Syndicats, circulez, y a rien &#224; voir &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Suicides-a-France-Telecom-selon-RTL-Syndicats-circulez-y-a-rien-a-voir</link>
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		<dc:date>2009-09-21T22:43:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;gory Salle</dc:creator>


		<dc:subject>Alain-G&#233;rard Slama</dc:subject>
		<dc:subject>Anne-Sophie Mercier</dc:subject>
		<dc:subject>RTL</dc:subject>
		<dc:subject>Ivan Rioufol</dc:subject>
		<dc:subject>&#034; On refait le monde &#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Christophe Hondelatte</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Luc Mano</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des suicides si intimes et si complexes que les conditions de travail n'y seraient pour presque rien !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Travail-salaires-emploi-etc-" rel="directory"&gt;Travail, salaires, emploi, etc.&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Alain-Gerard-Slama-+" rel="tag"&gt;Alain-G&#233;rard Slama&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Anne-Sophie-Mercier-+" rel="tag"&gt;Anne-Sophie Mercier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RTL-+" rel="tag"&gt;RTL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Yvan-Rioufol-+" rel="tag"&gt;Ivan Rioufol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-On-refait-le-monde-+" rel="tag"&gt;&#034; On refait le monde &#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christophe-Hondelatte-+" rel="tag"&gt;Christophe Hondelatte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Luc-Mano-+" rel="tag"&gt;Jean-Luc Mano&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque soir, de 19h15 &#224; 20h, Christophe Hondelatte (parfois remplac&#233; par l'un de ses acolytes) s'entoure d'une brochette de &#171; &lt;i&gt;pol&#233;mistes&lt;/i&gt; &#187; pour &#171; &lt;i&gt;refaire le monde&lt;/i&gt; &#187; sur RTL&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avions d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; cette &#233;mission en 2005 : lire &#171; Sur RTL, &#034;On refait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour pr&#233;ciser la mesure de cette ambition dont l'intitul&#233; fait d&#233;j&#224; froid dans le dos, le site de la radio annonce le &#171; &lt;i&gt;concept&lt;/i&gt; &#187; de l'&#233;mission : &#171; &lt;i&gt;une grande libert&#233; de parole et de ton, une pointe d'impertinence, et beaucoup de pertinence !&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 septembre dernier, Jean-Luc Mano, Alain-G&#233;rard Slama, Anne-Sophie Mercier et Ivan Rioufol se partageaient le micro. L'&#233;mission se cl&#244;t sur le nombre aberrant de suicides chez les salari&#233;s de France T&#233;l&#233;com dans la p&#233;riode r&#233;cente. Certes, il n'y a sans doute pas mati&#232;re &#224; s'&#233;tonner que le traitement de cette question sur RTL soit m&#233;diocre, voire franchement indigne. Mais on n'en attendait pas tant, c'est-&#224;-dire si peu : non seulement la question est trait&#233;e h&#226;tivement dans les toutes derni&#232;res minutes, mais elle fait l'objet de commentaires &#233;difiants. Avec une id&#233;e fixe et commune : exon&#233;rer l'organisation du travail comme facteur causal, pour mieux individualiser et psychologiser le probl&#232;me, &#224; l'encontre d'un si&#232;cle d'h&#233;ritage sociologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Christophe Hondelatte lance ainsi le d&#233;bat :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je voudrais - il nous reste vraiment que quelques minutes &#8211; qu'on parle des suicides chez France T&#233;l&#233;com : il y a eu 22 suicides depuis janvier 2008, dont 6 suicides depuis mi-juillet sur l'ensemble des personnels France T&#233;l&#233;com. Avec un d&#233;bat qui a quand m&#234;me fait douter certains syndicats : est-ce qu'on peut faire un usage revendicatif de ces suicides, est-ce que ces suicides ont des explications li&#233;es aux conditions de travail, est-ce qu'on peut s'emparer syndicalement, politiquement d'&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; suicide pour en faire un combat syndical ? Voil&#224;, je vous pose la question, je vous laisse absolument libres d'intervenir dans l'ordre que vous voulez.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On peut difficilement imaginer une entr&#233;e en mati&#232;re plus biais&#233;e. Elle soul&#232;ve non pas une question, mais une s&#233;rie de questions distinctes, que leur succession amalgame au b&#233;n&#233;fice d'une mise en accusation du mouvement syndical &#224; peine voil&#233;e, bien que d&#233;guis&#233;e en interrogation. Non seulement Christophe Hondelatte se garde bien de mentionner le nom de ces syndicats qui &#171; doutent &#187;, mais en plus, gr&#226;ce &#224; un glissement subreptice du pluriel au singulier, la derni&#232;re question ne parle plus que d'&lt;i&gt;un&lt;/i&gt; suicide, effa&#231;ant du m&#234;me coup ce qui fonde la l&#233;gitimit&#233; de l'intervention syndicale : la fr&#233;quence inqui&#233;tante de leur nombre. Pour &#171; refaire le monde &#187;, on se garde donc de poser directement la vraie question qui m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e : quelles sont ces conditions de travail qui contribuent &#224; pousser les agents de France T&#233;l&#233;com au suicide ? Et pour contourner cette question, il suffit de renvoyer &#224; un &#233;change d'opinions, comme si les connaissances sur les d&#233;g&#226;ts sociaux de la souffrance au travail &#233;taient inexistantes. En r&#233;alit&#233;, celles-ci sont document&#233;es, si bien que la charge de la preuve incombe &#224; ceux qui pr&#233;tendent que tous ces suicides &lt;i&gt;ne&lt;/i&gt; sont &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; li&#233;s aux conditions de travail. Comment croire qu'ils ne sont rien d'autre qu'un soubresaut statistique r&#233;sultant de l'addition de hasards individuels ? On demande &#224; voir la d&#233;monstration&#8230; et ce n'est pas ici qu'on l'obtient, loin s'en faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour &#233;viter le reproche de la critique facile, effor&#231;ons-nous d'&#234;tre indulgent, d'invoquer une certaine maladresse de formulation, d'admettre qu'il y a peut-&#234;tre, dans le fond de la question pos&#233;e par l'animateur, un enjeu &#233;thique et politique r&#233;el, dont il serait possible de faire un usage pertinent ou en tout cas contr&#244;l&#233;. Difficile &#224; savoir tant la suite ne fait pas dans la nuance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Requiem pour Durkheim ? L'h&#233;ritage sociologique enterr&#233; vivant en direct sur RTL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte I : l'&#233;vidence (Jean-Luc Mano)&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;La&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; r&#233;ponse &#224; votre question est relativement, enfin, directe : &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;non &#233;videmment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. D&#232;s l'instant o&#249; on consid&#232;re que le suicide c'est un acte intime &#8211; et c'est sans doute l'un des plus intimes, peut-&#234;tre m&#234;me le plus intime qu'on puisse accomplir &#8211; son interpr&#233;tation est forc&#233;ment extr&#234;mement compliqu&#233;e. La plupart des psychologues, des psychanalystes s'accordent &#224; reconna&#238;tre que souvent il y a un faisceau multiple de raisons, et qu'il n'y a pas qu'un d&#233;terminant, et donc : ce n'est pas un argument de tract, &#231;a ne peut pas &#234;tre un argument de tract&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Non, &#233;videmment&lt;/i&gt; &#187; : un chroniqueur de l'envergure de Jean-Luc Mano (qui dans une vie ant&#233;rieure a commenc&#233; sa carri&#232;re &#224; &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;&#8230;) ne se soucie pas de se donner le temps de la r&#233;flexion. La question para&#238;t m&#234;me inutile puisque la r&#233;ponse est l&#224;, toute pr&#234;te, &#171; &#233;vidente &#187; ; c'est d'ailleurs &#171; &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; &#187; r&#233;ponse, non &#171; une &#187; opinion. Si l'interpr&#233;tation des suicides est, selon lui, &#171; &lt;i&gt;forc&#233;ment extr&#234;mement compliqu&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, mani&#232;re noble de noyer le poisson, on constate que sa r&#233;ponse, elle, ne s'embarrasse gu&#232;re de cette exigence de complexit&#233;. De la dimension intime incontestable de chaque suicide &#224; l'omission de toute dimension sociale, il y a de nombreux pas que Jean-Luc Mano franchit d'un seul coup. Et, plus grossi&#232;rement encore, il conclut &#224; l'omission de la dimension sociale de leur accumulation. M&#234;lant fausse &#233;vidence et argument d'autorit&#233;, il r&#233;cuse ce qu'il d&#233;signe comme &#171; un argument de tract &#187;, formule qui cache mal un m&#233;pris de principe pour l'action syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument d'autorit&#233; &#8211; quand Jean-Luc Mano fait parler, &#224; la mani&#232;re d'un ventriloque, &#171; la plupart &#187; des psychologues et des psychanalystes &#8211; est totalement s&#233;lectif. Excluant toute une partie des professionnels, les m&#233;decins et les sociologues du travail par exemple, il place d&#233;j&#224; le d&#233;bat sur un terrain psychologique, et non sociologique. Et puis, qui convoque-t-il exactement, en faisant croire &#224; un consensus des experts du psychisme ? On aimerait bien en savoir un peu plus sur ces sources qui l'autorisent &#224; cong&#233;dier absolument le r&#244;le de l'organisation du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, il ne s'agit pas de Christophe Dejours, sp&#233;cialiste reconnu de la souffrance au travail. Car l'auteur de &lt;i&gt;Travail, usure mentale&lt;/i&gt; raccorde lui explicitement les suicides aux transformations de l'organisation du travail, lesquelles sont &#233;troitement li&#233;es &#224; la privatisation de l'entreprise. En ao&#251;t 2009, il faisait d&#233;j&#224; part de sa col&#232;re vis-&#224;-vis du d&#233;ni de cette dimension, rappelant &#224; cette occasion que les suicides au travail ne sont pas un ph&#233;nom&#232;ne &#233;ternel, mais ont une histoire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis en col&#232;re, car cet &#233;v&#233;nement souligne une d&#233;gradation du &#034;vivre ensemble&#034; chez France T&#233;l&#233;com qui, depuis sa privatisation, pratique une r&#233;organisation d'une grande brutalit&#233;, d'apr&#232;s les enqu&#234;tes dont j'ai eu connaissance. Je suis effondr&#233;, car cela montre que le travail que nous avons essay&#233; de faire, depuis les premiers suicides au travail, il y a une douzaine d'ann&#233;es, pour favoriser la prise de conscience de la souffrance au travail, est sans effet.&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Il y a trente ou quarante ans, le harc&#232;lement, les injustices existaient, mais il n'y avait pas de suicides au travail. Leur apparition est li&#233;e &#224; la d&#233;structuration des solidarit&#233;s entre les salari&#233;s. Celles-ci ont &#233;t&#233; broy&#233;es par l'&#233;valuation individuelle des performances, qui cr&#233;e de la concurrence entre les gens, de la haine m&#234;me. Cette &#233;valuation doit &#234;tre remise en question, et je connais des entreprises qui le font. Il faut se r&#233;interroger sur ce qu'est le travail collectif, la coop&#233;ration. Cette derni&#232;re passe par l'instauration de r&#232;gles de m&#233;tier, qui organisent le &#034;vivre ensemble&#034;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien de Christophe Dejours dans Le Monde : &#171; Le suicide au travail est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le pauvre Jean-Luc Mano n'a vraiment pas de chance : non seulement nombre de travaux r&#233;cents d&#233;mentent l'&#233;vidence de sa prise de position, mais il ignore que c'est notamment en prenant pour objet le suicide que la sociologie (particuli&#232;rement la sociologie fran&#231;aise), a jet&#233; ses fondements. &#201;mile Durkheim (1858-1917) dans &lt;i&gt;Le suicide&lt;/i&gt;, paru en 1897, avait d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233; que les causes du suicide sont &#224; chercher au-del&#224; de la complexion individuelle, du temp&#233;rament personnel, des difficult&#233;s existentielles priv&#233;es et surmont&#233; la repr&#233;sentation atomiste et psychologisante du suicide comme ph&#233;nom&#232;ne purement &#171; intime &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En effet, explique Durkheim, &#171; La cause productrice du ph&#233;nom&#232;ne &#233;chappe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'un si&#232;cle plus tard, l'information n'est pas parvenue &#224; Jean-Luc Mano qui ne sait rien sans doute, des travaux qui ont discut&#233;, corrig&#233; et parfois invalid&#233; sous certains aspects l'&#339;uvre pionni&#232;re de Durkheim, mais sans retour en arri&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;ritier de Durkheim, Maurice Halbwachs (1877-1945) est ainsi l'auteur d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte II : la science (Alain-G&#233;rard Slama)&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette premi&#232;re sentence d&#233;finitive et indiscutable, il convenait d'&#233;lever le d&#233;bat. Par chance, c'est au tour d'Alain-G&#233;rard Slama, l'intellectuel patent&#233; de la bande (apr&#232;s l'histoire des id&#233;es politiques, il enseigne d&#233;sormais &#224; Sciences Po les rapports entre le droit et la litt&#233;rature), de prendre la parole. Et fid&#232;le &#224; ce statut, il entreprend d'&#233;lever le niveau, t&#226;che au demeurant fort peu p&#233;rilleuse, en parlant sociologie. C'est en tout cas ce qu'il fait croire pendant quelques secondes, avant d'entamer une curieuse spirale, qui s'ach&#232;vera en chute libre. La &#171; d&#233;monstration &#187; s'op&#232;re en trois temps, comme &#224; l'Ecole Normale Sup&#233;rieure, dont il est issu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Premier temps : invoquer la science.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Alors l&#224;, je me r&#233;f&#233;rerai &#224; un livre, pardon, qui &#233;tait la th&#232;se de Jean Baechler sur le suicide&#8230;&lt;/i&gt; [Mano : &#171; &lt;i&gt;&#231;a peut arriver, hein, de citer un livre, c'est pas&#8230;&lt;/i&gt; &#187;] &lt;i&gt;&#8230; Oh oui mais c'est un vieux livre l&#224;, &#231;a nous renvoie, &#231;a va encore nous nous renvoyer aux calendes grecques &#231;a&lt;/i&gt; [Mano : &#171; &#8230; &lt;i&gt;d&#233;j&#224;&#8230; num&#233;ris&#233; par Google&lt;/i&gt; &#187; ; on entend Hondelatte rire &#224; ce formidable trait d'esprit]. &lt;i&gt;Mais ce livre est int&#233;ressant parce qu'il reposait sur des donn&#233;es statistiques. Et quelles &#233;taient les statistiques sur lesquelles il s'appuyait ? Elles montraient que le suicide est le plus souvent une d&#233;marche strat&#233;gique. Autrement dit le suicid&#233; a besoin &#224; travers son geste d'envoyer un message &lt;/i&gt;contre&lt;i&gt; : contre sa belle-m&#232;re, contre l'entreprise qui l'emploie, contre etc., de &lt;/i&gt;faire payer aux autres&lt;i&gt; en quelque sorte, par le sacrifice de soi, les souffrances qu'il a endur&#233;es&lt;/i&gt;. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Admirons la man&#339;uvre. D'abord, Alain-G&#233;rard Slama r&#233;ussit la performance de citer le travail sociologique le moins &#233;clatant sur la question, mais qui a le &#171; m&#233;rite &#187; d'&#234;tre l'&#339;uvre d'un intellectuel notoirement class&#233; &#224; droite. Ce choix a donc un sens politique clair : valider par une caution scientifique (l'usage magique de la r&#233;f&#233;rence statistique, comme si les illustres pr&#233;d&#233;cesseurs de Baechler ignoraient la quantification) une conception r&#233;ductrice du suicide, comme action strat&#233;gique d'un individu uniquement m&#251; par le libre-arbitre afin d'&#233;mettre d'un message. Nouvelle mani&#232;re, aux apparences savantes, de rabattre le sens du ph&#233;nom&#232;ne sur l'individu. Et, par l&#224; m&#234;me, d'exon&#233;rer toute influence des conditions sociales et, en particulier, des conditions de travail. Donc, par extension, de maintenir l'honorabilit&#233; de l'ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est loin de Durkheim, dont les positions politiques furent pourtant mod&#233;r&#233;es, lorsqu'il expliquait que &#171; &lt;i&gt;l'alt&#233;ration du temp&#233;rament moral&lt;/i&gt; &#187; r&#233;v&#233;l&#233;e par le suicide &#171; &lt;i&gt;atteste une alt&#233;ration profonde de notre structure sociale&lt;/i&gt; &#187;, ajoutant que pour &#171; &lt;i&gt;gu&#233;rir l'une, il est donc n&#233;cessaire de r&#233;former l'autre&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 446. Durkheim faisait ainsi du suicide un t&#233;moin fiable, une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. R&#233;former la structure sociale, &#224; commencer par l'organisation du travail ? Mais vous n'y pensez pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Deuxi&#232;me temps : revenir au point de d&#233;part. Le suicide ayant selon Alain-G&#233;rard Slama une vis&#233;e strat&#233;gique, celle-ci est &#233;lev&#233;e au rang de cause, au point que les conditions de travail ne sont plus qu'une cible &#233;ventuelle. Une cible qui, d'ailleurs, est peut-&#234;tre vis&#233;e &#224; mauvais escient par les suicid&#233;s-strat&#232;ges, comme semble le sugg&#233;rer A-G. Slama lorsqu'il &#233;carte une partie essentielle de l'enjeu comme &#233;tant une &#171; autre affaire &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Alors, en faire &#233;tat au nom du respect d&#251; &#224; l'acte du suicid&#233;, c'est un peu ambivalent. Parce que peut-&#234;tre que l'intention du suicid&#233; &#233;tait justement qu'on en parle de son suicide, et qu'on r&#232;gle des comptes avec ceux qu'il pointe du doigt. La question est de savoir &#233;videmment si ceux qu'il pointe du doigt le m&#233;ritent, &#231;a c'est une autre affaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; donc bien avanc&#233;s. Mais on n'a encore rien vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, apr&#232;s un envol p&#233;nible et un vol plan&#233; incertain, la spirale argumentative d'Alain-G&#233;rard Slama amorce une chute brutale et finit par s'&#233;craser au sol avec fracas. Car voici comment &#8211; accrochez-vous bien &#8211; l'agr&#233;g&#233; de lettres ach&#232;ve, sans transition aucune, sa prise de parole :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Et quand dans l'entreprise en question vous avez 22 suicides, c'est quand m&#234;me beaucoup en un an, il y a quand m&#234;me quelque chose qui ne tourne pas rond,&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; et je trouve que France Telecom de toute fa&#231;on pousse un petit peu trop ses tarifs&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;sinvolture cynique et ind&#233;cente ne sera pas la derni&#232;re sortie du savant homme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte III : la r&#233;flexion (Anne-Sophie Mercier)&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pouvait s'attendre &#224; ce que, en tant que journaliste &#224; &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, Anne-Sophie Mercier r&#233;introduise un peu de conscience sociale dans ce d&#233;bat, ou un peu de consistance explicative, en rappelant par exemple les liens entre les formes extr&#234;mes d'expression de la souffrance au travail et ses formes moins dramatiques (stress, consommation de tranquillisants, absent&#233;isme, etc.). Voyons.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Moi je ne pense pas qu'on puisse en faire un, moi non plus je vois pas comment on peut en faire un combat syndical, c'est trop complexe, trop intime, trop d&#233;licat. En revanche, il peut y avoir une r&#233;flexion sur des m&#233;thodes de management qui peuvent &#234;tre particuli&#232;rement atroces de la part de petits chefaillons, qui mettent les gens en ins&#233;curit&#233;, soi-disant pour accro&#238;tre les performances, pour les faire bosser, pour les faire se remettre en question, tous ces petits chefaillons qui&lt;/i&gt; [verbe inaudible] &lt;i&gt;l'essentiel du management, et qui trouvent l&#224;-dedans des justifications &#224; leurs actes, ils n'ont pas le sentiment de sadiser&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;et pourtant ils sadisent profond&#233;ment. Peut-&#234;tre qu'il y aurait une r&#233;flexion &#224; avoir dans les &#233;coles de commerce&lt;/i&gt;. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Anne-Sophie Mercier s'indigne elle aussi&#8230; de l'intervention du mouvement syndical et reprend &#224; son compte l'argument central de nos &#171; pol&#233;mistes &#187; : un nombre exceptionnellement &#233;lev&#233; de suicides se produit sur une courte p&#233;riode dans la m&#234;me entreprise, et il est ill&#233;gitime que les syndicats, organisations de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s, s'emparent de la question ! Pourquoi ? Parce que l'explication de ces suicides est d&#233;cr&#233;t&#233;e commod&#233;ment impossible, pour cause d'intimit&#233; et de complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Sophie Mercier est &#233;galement indign&#233;e par le comportement des &#171; petits chefaillons &#187;. Fort bien. Mais c'est encore une fa&#231;on d'individualiser le probl&#232;me en concentrant l'attention sur des individus d&#233;viants et minoritaires, sans mettre en cause les logiques &#233;conomiques et sociales dont ils sont les agents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ne boudons pas notre plaisir, et appr&#233;cions tout de m&#234;me la conclusion en forme de gag involontaire : confier aux lieux de production de l'id&#233;ologie manag&#233;riale &#8211; dont le document divulgu&#233; par Bakchich.info le 15 septembre constitue un &#233;chantillon suffisamment &#233;loquent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Le clin deuil de France T&#233;l&#233;com &#224; ses salari&#233;s &#187;.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#8211; la t&#226;che de &#171; r&#233;fl&#233;chir &#187; aux maux qu'elle engendre&#8230; Comment ne pas rester admiratif devant une telle prouesse : cong&#233;dier le mouvement syndical, invit&#233; &#224; se taire sur les suicides (et les conditions de travail qui les favorisent ?) et confier la r&#233;flexion sur le management aux &#233;coles de commerce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour d'autres aper&#231;us de la &#171; pens&#233;e &#187; d'Anne-Sophie Mercier, se reporter (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auditeurs qui ont r&#233;ussi &#224; tenir jusqu'ici sont r&#233;compens&#233;s : la d&#233;mystification aura lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acte IV : la clairvoyance (Ivan Rioufol)&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clairvoyant Ivan Rioufol, dernier &#224; intervenir, sait en effet nous dessiller et d&#233;signer les bonnes cibles. Il commence par disqualifier l'expression des revendications syndicales en l'assimilant &#224; une s&#233;ance de spiritisme : il affirme fi&#232;rement qu'on &#171; &lt;i&gt;ne fait pas parler les morts&lt;/i&gt; &#187;. Et il a bien compris, lui, le but r&#233;el des man&#339;uvres indignes des syndicats :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Oui, eh bien on ne fait pas parler les morts, et donc cette r&#233;cup&#233;ration syndicale est d'autant plus choquante qu'on voit bien quel est le gros fil rouge qui est tress&#233; l&#224;-dessus, c'est de dire que depuis qu'il y a la privatisation de France T&#233;l&#233;com, il y a eu des cadences, des stress, et des choses comme &#231;a &lt;/i&gt;(sic)&lt;i&gt;, qui ont fait en sorte que les employ&#233;s sont, se sentent malheureux &lt;/i&gt;[Mercier : &#171; &lt;i&gt;&#231;a peut arriver, &#231;a peut arriver&lt;/i&gt; &#187;]&lt;i&gt;. Il est de dire que la privatisation rend malheureux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut le constater, Ivan Rioufol n'a, lui, recours &#224; aucun &#171; gros fil rouge &#187; pour cong&#233;dier les syndicats et d&#233;fendre contre vents et mar&#233;es la privatisation en sugg&#233;rant qu'elle n'a rien &#224; voir l&#224;-dedans. Il a, h&#233;las, &#224; peine le temps de d&#233;rouler sa &#171; pens&#233;e &#187; (on pouvait escompter quelque avis tranch&#233; sur l'indolence coupable des fonctionnaires)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alain-G&#233;rard Slama en effet lui vole le mot de la fin : &#171; &lt;i&gt;C'est surtout un moyen de p&#233;naliser le fameux harc&#232;lement moral dont on abuse beaucoup&lt;/i&gt; &#187;&#8230; De m&#234;me que France T&#233;l&#233;com &#171; &lt;i&gt;pousse un peu trop sur les tarifs&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;nonciation de ces &#171; abus &#187; ne suffit pas pour que celui qui, parmi les nombreuses positions qu'il occupe, est membre de la commission nationale consultative des droits de l'homme, soit &#233;lu par les auditeurs, selon la coutume de l'&#233;mission, &#171; langue de vip&#232;re &#187; du jour, titre qui vient r&#233;compenser le plus pol&#233;mique des pol&#233;mistes. Ce soir l&#224;, l'heureux &#233;lu est Jean-Luc Mano. Il gagne une tribune le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Nos quatre commentateurs de l'&#233;mission refont donc le monde dans le m&#234;me sens : en le faisant tourner sur lui-m&#234;me pour pr&#233;server le &lt;i&gt;statu quo&lt;/i&gt;. Ce mouvement giratoire sur place fait sans doute partie du &#171; concept &#187; de l'&#233;mission, bien pens&#233; pour &#233;viter de d&#233;sorienter l'auditeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette &#233;mission ne r&#233;sume pas le traitement m&#233;diatique des suicides &#224; France T&#233;l&#233;com, comme on a pu s'en rendre compte ces deux derni&#232;res semaines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, apr&#232;s le 23&#232;me suicide, qui eut lieu trois jours apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il ne s'agit apr&#232;s tout que de quatre &#233;ditorialistes en roue libre, qui profitent de positions privil&#233;gi&#233;es dont b&#233;n&#233;ficient bien peu de journalistes, &#224; commencer par ceux qui voudraient enqu&#234;ter sur les effets sociaux nocifs des transformations de l'organisation du travail dans l'industrie et les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en trois minutes, en ajustant leur d&#233;bit sur le temps dont ils disposent, quatre &#233;l&#233;phants m&#233;diatiques, cornaqu&#233;s par un bateleur, ont enterr&#233; une nouvelle fois les suicid&#233;s de France T&#233;l&#233;com, et avec eux, le mouvement syndical et tous ceux pour lesquels la souffrance au travail est devenu insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutez, c'est un grand moment de radio :
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Format &lt;i&gt;mp3&lt;/i&gt; - Dur&#233;e : 3' 29&#034; - T&#233;l&#233;chargeable &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/IMG/mp3/Hondelatte_suicides_FT_080909_2.mp3&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;gory Salle (Merci &#224; Paul pour le signalement)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avions d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; cette &#233;mission en 2005 : lire &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2180.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Sur RTL, &#034;On refait le monde&#034; contre les gr&#232;ves &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien de Christophe Dejours dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; : &#171; Le suicide au travail est le plus souvent li&#233; &#224; une transformation de l'organisation &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 14 ao&#251;t 2009. L'entretien est lisible en int&#233;gralit&#233; sur &lt;a href=&#034;http://colblog.blog.lemonde.fr/2009/08/17/christophe-dejours-suicide-et-travail-que-faire/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le blog du psychiatre et psychanalyste Christian Colbeaux &#171; Colblog &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En effet, explique Durkheim, &#171; &lt;i&gt;La cause productrice du ph&#233;nom&#232;ne &#233;chappe n&#233;cessairement &#224; qui n'observe que des individus ; car elle est en dehors des individus. Pour la d&#233;couvrir, il faut s'&#233;lever au-dessus des suicides particuliers et apercevoir ce qui fait leur unit&#233;&lt;/i&gt;. (&#8230;) &lt;i&gt;En effet, si, au lieu de n'y voir que des &#233;v&#233;nements particuliers, isol&#233;s les uns des autres et qui demandent &#224; &#234;tre examin&#233;s chacun &#224; part, on consid&#232;re l'ensemble des suicides commis dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e pendant une unit&#233; de temps donn&#233;e, on constate que le total ainsi obtenu n'est pas une simple somme unit&#233;s ind&#233;pendantes, un tout de collection, mais qu'il constitue par lui-m&#234;me un fait nouveau et &lt;/i&gt;sui generis&lt;i&gt;, qui a son unit&#233; et son individualit&#233;, sa nature propre par cons&#233;quent, et que, de plus, cette nature est &#233;minemment sociale&lt;/i&gt;. &#187; &#187;(E. Durkheim, &lt;i&gt;Le suicide&lt;/i&gt;, PUF, 1930 [1897], p. 366-367 et p. 8). Une nature &#171; &#233;minemment sociale &#187; qu'il sait r&#233;sumer avec force : &#171; &lt;i&gt;Chaque soci&#233;t&#233; a donc, &#224; chaque moment de son histoire, une aptitude d&#233;finie pour le suicide&lt;/i&gt; &#187;, autrement dit &#171; &lt;i&gt;Chaque soci&#233;t&#233; est pr&#233;dispos&#233;e &#224; fournir un contingent d&#233;termin&#233; de morts volontaires&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 10 et 14.). Il se trouve que le terme &#171; soci&#233;t&#233; &#187; inclut, au m&#234;me titre que la religion, la famille ou la patrie, les groupes professionnels et corporations, entendus comme &#171; &lt;i&gt;association de tous les travailleurs du m&#234;me ordre&lt;/i&gt; &#187; ; on dirait aujourd'hui : l'entreprise. Durkheim y voyait en effet un milieu social propice, &#224; condition d'&#234;tre organis&#233; judicieusement, &#224; g&#233;n&#233;rer une &#171; &lt;i&gt;puissance morale&lt;/i&gt; &#187;, faite notamment de solidarit&#233;, apte &#224; r&#233;duire les tendances suicidog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;H&#233;ritier de Durkheim, Maurice Halbwachs (1877-1945) est ainsi l'auteur d'un autre ouvrage fondateur, &lt;i&gt;Les causes du suicide&lt;/i&gt; (1930), qui en r&#233;vise certaines th&#232;ses, en reconsid&#233;rant notamment les rapports entre niveaux individuel et collectif. Mais tout s&#233;pare de telles lectures critiques de l'ignorance totale et d&#233;complex&#233;e qui a cours ici.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 446. Durkheim faisait ainsi du suicide un t&#233;moin fiable, une pierre de touche de la coh&#233;sion sociale : &#171; &lt;i&gt;Ce que prouve ce nombre exceptionnellement &#233;lev&#233; de morts volontaires, c'est l'&#233;tat de perturbation profonde dont souffrent les soci&#233;t&#233;s civilis&#233;es et il en atteste la gravit&#233;. On peut m&#234;me dire qu'il en donne la mesure&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 450.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.bakchich.info/Le-clin-deuil-de-France-Telecom-a,08691.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le clin deuil de France T&#233;l&#233;com &#224; ses salari&#233;s &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour d'autres aper&#231;us de la &#171; pens&#233;e &#187; d'Anne-Sophie Mercier, se reporter aux &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/mot227.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;articles qui la mentionnent&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, apr&#232;s le 23&#232;me suicide, qui eut lieu trois jours apr&#232;s l'&#233;mission de RTL, on a pu ainsi entendre, par exemple, le r&#233;dacteur en chef de la revue &lt;i&gt;Sant&#233; &amp; Travail&lt;/i&gt; Fran&#231;ois Desriaux, le 14 septembre sur France Inter (au journal de 9h du &#171; Sept/Dix &#187;), parler d'un &#171; d&#233;voiement &#187; de la m&#233;decine du travail. Critiquant les mesures prises, alors que le ph&#233;nom&#232;ne &#233;tait si pr&#233;occupant que le ministre du Travail Xavier Darcos se voyait contraint de convoquer le PDG de l'entreprise, il rappelait en effet que les m&#233;decins du travail ne sont pas au service de l'entreprise, mais de la sant&#233; publique et des salari&#233;s, quand on leur sommait de participer &#224; l' &#171; &lt;i&gt;adaptation de l'homme au travail&lt;/i&gt; &#187; au lieu de l'inverse. Il ne se montrait pas &#233;tonn&#233; du ph&#233;nom&#232;ne &#233;tant donn&#233; le bouleversement des syst&#232;mes instaur&#233;s de coop&#233;ration au travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Lu, vu, entendu : &#171; Les sommets de l'imp(r)udence &#187;</title>
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		<dc:date>2008-04-29T06:59:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>Edwy Plenel</dc:subject>
		<dc:subject>Anne-Sophie Mercier</dc:subject>
		<dc:subject>Robert M&#233;nard</dc:subject>
		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est un comble ? Non, car il y a en a plusieurs.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un comble ? Non, car il y a en a plusieurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le comble du copinage &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Mediapart, le site d'Edwy Plenel, Jean-Michel Helvig salue Jacques Julliard (5 avril 2008) dans un article flagorneur &#224; souhait (&lt;i&gt;&#171; Un Prix politique qui tombe &#224; pic &#187;&lt;/i&gt;) apr&#232;s que le chroniqueur du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; a re&#231;u le prix du livre politique des mains de R&#233;gis Debray, pr&#233;sident du jury dont Helvig &#233;tait membre. Le monde est petit&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Tr&#232;s petit. Le 15 avril 2008, sur France Inter, dans le 7-10 anim&#233; par Nicolas Demorand, Edwy Plenel et G&#233;raldine Mulhmann &#233;taient les invit&#233;s de Colombe Schneck pour un livre de Robert Park qu'ils ont pr&#233;fac&#233;. Un livre &#233;dit&#233; par Nicolas Demorand, directeur de collection&#8230; Le 22 avril, c'est Jean-Christophe Lagarde qui est l'invit&#233; du 7-10 pour un livre d'entretien avec Jean-Fran&#231;ois Achili, journaliste &#224;&#8230; France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France Inter : service public ou service de presse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Le comble de la critique&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une certaine critique des m&#233;dias est &#224; la mode : celle qui s'en prend, souvent sans rimes ni raisons, &#224; Internet, par exemple. Dans son &#233;mission &lt;i&gt;R&#233;pliques&lt;/i&gt; sur France Culture, le 9 f&#233;vrier 2008, avec son outrance habituelle, Alain Finkielkraut se d&#233;cha&#238;ne ainsi contre le Web qui serait, selon lui, &lt;i&gt;&#171; le rendez-vous mondial des passions basses, que la haine s'y donne libre cours. Sur Internet, on se lache. Et le spectacle de ce d&#233;bridement est effrayant. &#187;&lt;/i&gt; Avec une l&#233;g&#232;ret&#233; comparable, dans son &#233;ditorial de &lt;i&gt;Charlie Hebdo &lt;/i&gt;du 13 f&#233;vrier 2008, Philippe Val s'emporte contre Internet qui serait &lt;i&gt;&#171; le paradis des schizophr&#232;nes, des combinards, des grugeurs, des voleurs, des pilleurs, des menteurs, des maquereaux, des pirates, des saboteurs. La culture majoritaire de la Toile, c'est celle de la transgression et de l'appropriation illicite. [&#8230;] La preuve ? Le trader de la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale est d&#233;j&#224; un h&#233;ros. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de tel sur les autres supports et dans les autres m&#233;dias. La preuve&#8230;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le comble de la d&#233;ontologie&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Elkabbach, grand manitou d'Europe 1, annonce dans &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt; (11 avril 2008), qu'il cr&#233;e un comit&#233; d'&#233;thique &#224; Europe 1. Une blague ? Non, il semble s&#233;rieux. Et il d&#233;finit ses cibles : &lt;i&gt;&#171; Les nouvelles technologies posent des probl&#232;mes in&#233;dits &#224; notre m&#233;tier. Si elles permettent d'&#233;largir l'offre &#224; la plan&#232;te et de favoriser comme jamais l'acc&#232;s &#224; l'information pour tous, elles s'accompagnent par ailleurs d'une suspicion : quelle est la part du vrai et du faux, de l'annonce et du ragot, du savoir et de l'opinion. &#187;&lt;/i&gt; Et d'enfoncer le clou : &lt;i&gt;&#171; La tentation est grande pour des sites de taper fort afin de se faire entendre, quitte &#224; ne pas v&#233;rifier ou &#224; ne pas donner la parole aux personnes qu'ils attaquent. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Payant de sa personne, Jean-Pierre Elkabbach s'est employ&#233; aussit&#244;t &#224; administrer la preuve de l'existence de cette tentation&#8230; qui ne date pas d'Internet et s'en passe fort bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; Elkabbach soi-m&#234;me en effet que l'on doit l'annonce, par erreur (d&#232;s l'ouverture du journal de 19h00 sur Europe 1 le 21 avril) de la mort Pascal Sevran, l'animateur de &#171; La Chance aux chansons &#187;. Un journaliste d'Europe 1, membre du SNJ, explique sur &lt;a href=&#034;http://www.lepost.fr/article/2008/04/22/1184397_affaire-sevran-elkabache-nous-a-donne-l-ordre-d-annoncer-la-mort-de-l-animateur.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site lepost.fr&lt;/a&gt; que Jean-Pierre Elkabbach aurait donn&#233; lui-m&#234;me l'ordre d'annoncer cette nouvelle. &lt;i&gt;&#171; La rumeur a commenc&#233; &#224; monter&lt;/i&gt; &lt;i&gt;un peu apr&#232;s 18h, &lt;/i&gt;explique le journaliste (&#8230;) &lt;i&gt;A 18h56, on se demandait encore ce qu'il fallait faire lorsque le patron &lt;/i&gt;[Jean-Pierre Elkabbach]&lt;i&gt; nous a dit : &lt;/i&gt;&#034;C'est confirm&#233;, allez-y &#224; fond&#034;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Le m&#234;me journaliste pr&#233;cise Puis il prolonge : &lt;i&gt;&#171; Le patron nous a dit : &lt;/i&gt;&#034;J'assume personnellement une erreur collective&#034;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;(&#8230;) &lt;i&gt;Nous sommes offusqu&#233;s qu'il ait utilis&#233; ce mot &lt;/i&gt;&#034;collective&#034;&lt;i&gt;. C'est lui qui nous a donn&#233; l'ordre. &#187;&lt;/i&gt; Elkabbach a rectifi&#233; depuis : il assume presque personnellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : &lt;i&gt;&#171; La tentation est grande pour des Elkabbach de taper fort afin de se faire entendre, quitte &#224; ne pas v&#233;rifier &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'on peut v&#233;rifier que la d&#233;ontologie ne p&#232;se pas lourd face aux dures lois de la concurrence. Laquelle n'interdit pas une confraternelle biens&#233;ance au cas o&#249;&#8230; &#192; de rares exceptions pr&#232;s (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;), les m&#233;dias qui s'abritent derri&#232;re le parapluie trou&#233; de la d&#233;ontologie ont relev&#233; la faute professionnelle avec beaucoup de discr&#233;tion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi que l'a soulign&#233; Daniel Schneidermann dans la chronique de Lib&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Internet s'est av&#233;r&#233; beaucoup moins d&#233;ontologique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Le comble de l'amn&#233;sie &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur France Inter, 15 avril 2008, Edwy Plenel se rem&#233;more ses combats pass&#233;s :&lt;i&gt; &#171; Nous avons la presse dont tous les acteurs &#233;conomiques - y compris ceux, c'est la derni&#232;re bataille que j'ai perdue, qui sont rentr&#233;s au&lt;/i&gt; Monde,&lt;i&gt; c'est-&#224;-dire le groupe Lagard&#232;re - qui ont tous des int&#233;r&#234;ts qui n'ont rien &#224; voir avec les m&#233;dias : l'armement, l'industrie, le luxe, l'aviation, c'est stup&#233;fiant !&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; Rebondir sur des vraies logiques qui sont des logiques d'ind&#233;pendance, d'autonomie et qui refusent l'entr&#233;e de ce cheval de Troie financier normalisateur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, en 2006, lors du d&#233;part d'Edwy Plenel du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, Lagard&#232;re &#233;tait d&#233;j&#224; dans le capital du quotidien vesp&#233;ral&lt;i&gt;...&lt;/i&gt; depuis plusieurs ann&#233;es. Pourtant, en 2001, Edwy Plenel, comme ses comparses,Colombani et Minc, militait pour l'introduction du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;en bourse. &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (23 octobre 2001) rapportait qu'&lt;i&gt;&#171; en l'absence de Jean-Marie Colombani, le directeur de la r&#233;daction du quotidien, Edwy Plenel est intervenu &#224; plusieurs reprises pour plaider la cause de l'introduction en Bourse, qui devrait apporter 100 millions d'euros au quotidien, dont la dette s'&#233;l&#232;ve &#224; 50 millions d'euros. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment le dossier d'Acrimed sur l'entr&#233;e du Monde en bourse.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Le comble de la r&#234;verie&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste &#224; &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, pipelette dans &#171; On refait le monde &#187; sur RTL, arap&#232;de de I-t&#233;l&#233;, chroniqueuse sur Canal +, Anne-Sophie Mercier voyage de m&#233;dia en m&#233;dia pour enfoncer des portes ouvertes et donner son avis sur tous les sujets. Ce jour-l&#224; (15 avril 2008), sur Canal +, elle &#233;tait en charge de commenter la victoire de Silvio Berlusconi aux l&#233;gislatives italiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir regrett&#233; &#224; demi-mot le nouveau sacre de Berlusconi, elle s'&#233;merveille : &lt;i&gt;&#171; Il y a quand m&#234;me trois bonnes nouvelles &#224; cette &#233;lection (&#8230;) essayons de positiver. &#187; &lt;/i&gt; Premi&#232;re bonne nouvelle ? Le &#171; r&#233;alisme &#187; de Berlusconi : &lt;i&gt;&#171; Semble-t-il, Berlusconi a renonc&#233; &#224; sa rh&#233;torique, &#224; ses promesses mirobolantes. Il n'est plus l'homme du miracle italien. (&#8230;) Il est tenu &#224; un minimum de maturit&#233; politique. &#187;&lt;/i&gt; Deuxi&#232;me bonne nouvelle ? La victoire du bipartisme, assortie &#8211; bien s&#251;r &#8211; du renvoi dos &#224; dos de l'extr&#234;me droite et de l'extr&#234;me gauche :&lt;i&gt; &#171; Il y a aussi la sortie pure et simple des extr&#234;mes des parlements italiens. L'extr&#234;me droite et l'extr&#234;me gauche qui n'ont pas eu assez de suffrages &#224; la chambre des repr&#233;sentants et au s&#233;nat, m&#234;me si la Ligue du Nord est pr&#233;sente dans la mouvance de Berlusconi. Il y a une installation d'un certain bipartisme en Italie, &#231;a veut dire de la stabilit&#233;. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque l&#224;, pas de quoi s'&#233;tonner : c'est la vulgate habituelle des commentateurs avis&#233;s. De tous ceux qui entonnent &#171; le chant des bipartisans &#187;, &#224; l'instar de Jean-Marie Colombani qui, en choriste, reprend le refrain dans &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt; du 17 avril : &#171; &lt;i&gt;&#171; La vie politique italienne y a sans doute gagn&#233; : le bipartisme qui s'installe, dans un pays souvent victime de ses coalitions h&#233;t&#233;roclites et &#233;ph&#233;m&#232;res (lesquelles ont, souvent, affaibli la gauche, Romano Prodi ayant &#233;t&#233; victime du plus petit parti de sa majorit&#233;), est un gage de stabilit&#233; pouvant permettre une politique suivie de modernisation. Berlusconi, en tout cas, est d&#233;sormais seul ma&#238;tre &#224; bord, flanqu&#233; - h&#233;las - d'Umberto Bossi, qui a doubl&#233; (avec 8%) les voix de la Ligue du Nord. &#187; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; Anne-Sophie Mercier. Et &#233;coutons, la troisi&#232;me &#171; bonne nouvelle &#187;, accompagn&#233;e d'une effarante maladresse que personne n'a &#233;t&#233; relev&#233;e ou corrig&#233;e le plateau : &lt;i&gt;&#171; Depuis Mussolini, on n'avait pas un chef d'Etat... enfin, un Pr&#233;sident du Conseil, qui avait cinq ans devant lui pour travailler. R&#234;vons un peu, peut-&#234;tre que l'Italie peut se remettre sur de bons rails. &#187;&lt;/i&gt;. Anne-Sophie Mercier r&#234;ve-t-elle d'un nouveau Mussolini ? Sans doute pas&#8230; Mais peut-&#234;tre parce qu'ils ne l'&#233;coutaient m&#234;me pas, les autres intervenants (No&#235;l Mam&#232;re, Ariel Wiseman,&#8230;), ne sont pas intervenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Le comble de l'information&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samuel Gontier, dans &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama &lt;/i&gt;souligne comment des informations d'une tr&#232;s pr&#233;cise impr&#233;cision font illusion, alors que l'essentiel est pass&#233; sous silence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Samuel Gontier, &#171; Quand les JT font &#233;cran &#187;, T&#233;l&#233;rama, 27 f&#233;vrier 2008.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; 18 f&#233;vrier, 6 heures du matin. Un bon millier de policiers et quelques dizaines de journalistes investissent Villiers-le-Bel pour arr&#234;ter les auteurs pr&#233;sum&#233;s des violences de novembre dernier. Aussit&#244;t, S&#233;gol&#232;ne Royal et Fran&#231;ois Bayrou d&#233;noncent un coup m&#233;diatique. Tous les JT de TF1 et France 2 (sauf celui de Jean-Pierre Pernaut) relaient leur col&#232;re et s'interrogent sur le bien-fond&#233; de leur propre mobilisation. Redoutant de se faire manipuler, les t&#233;l&#233;visions prennent des pr&#233;cautions en faisant de la couverture m&#233;diatique un des angles de leurs reportages. Mais elles sont moins sourcilleuses sur le bilan des affrontements de l'automne&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#8220;Une soixantaine de policiers bless&#233;s&#8221;, annonce Jean-Pierre Pernaut ; &lt;/i&gt;&#8220;120 bless&#233;s parmi les forces de l'ordre&lt;i&gt;&#8221;, rench&#233;rit PPDA en ouverture d'un sujet qui fait &#233;tat de&lt;/i&gt; &#8220;90 policiers atteints&#8221; &lt;i&gt; ; &lt;/i&gt;&#8220;75 fonctionnaires vis&#233;s par des armes &#224; plomb et &#224; grenaille&#8221; &lt;i&gt; &#187;, estime le 13 heures de France 2, ce qui devient &lt;/i&gt;&#171; 75 policiers bless&#233;s par des armes &#224; feu &#187; &lt;i&gt;au 20 heures. Plus grave, aucune cha&#238;ne ne s'interroge sur la n&#233;cessit&#233; ou l'efficacit&#233; du d&#233;ploiement matutinal - &lt;/i&gt;&#8220;personne ne conteste l'opportunit&#233; de cette op&#233;ration&#8221;, &lt;i&gt;tranche David Pujadas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le lendemain, il se d&#233;dit : &#8220;Hier, beaucoup s'interrogeaient sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;Rien ne vient mettre en doute la l&#233;gitimit&#233; d'une nouvelle m&#233;thode d'enqu&#234;te, les d&#233;nonciations anonymes r&#233;mun&#233;r&#233;es - seules sont relay&#233;es les d&#233;clarations des autorit&#233;s se f&#233;licitant de leur rendement. Et, &#224; ce jour, aucun JT n'a cherch&#233; &#224; savoir o&#249; en est l'enqu&#234;te sur la mort des deux jeunes qui a provoqu&#233; l'embrasement de cet automne. En voulant se pr&#233;munir de tout emballement incontr&#244;l&#233;, les t&#233;l&#233;s ont simplement oubli&#233; de traiter le sujet. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bien vu, bien dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. Le comble de la vertu&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albert du Roy, auteur de &lt;i&gt;La mort de l'information&lt;/i&gt; (2007), invit&#233; de &lt;i&gt;Je vous r&#233;veille&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le cinq sept&lt;/i&gt;, France Inter (le 13 novembre &#224; 6h20), a d&#233;couvert un rem&#232;de miracle &#224; la d&#233;pendance des journalistes et aux formes de connivences inscrites dans les relations et les proximit&#233;s sociales : la vertu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La journaliste : - &lt;i&gt;&#171; Comment fait-on pour rester ind&#233;pendant quand on est journaliste ? Vous parlez aussi de connexions qui sont parfois &#233;videntes et qui sont... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Albert du Roy : - &lt;i&gt;&#171; De connivences, oui. &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La journaliste : - &lt;i&gt;&#171; ...et de connivences qui sont parfois plus subtiles, aussi. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Albert du Roy : - &lt;i&gt;&#171; Je crois que c'est d'abord une question de courage et de volont&#233;. Je crois que c'est une question d'asc&#232;se, aussi. C'est-&#224;-dire qu'il ne s'agit pas, quand on est journaliste et, surtout, quand on occupe des fonctions de responsabilit&#233;, il ne s'agit pas de vouloir devenir une vedette et de peser sur la vie politique (ou la vie &#233;conomique si on est journaliste &#233;conomique). Il s'agit de rester &#224; sa place qui est une place d'observateur critique et de ne pas vouloir go&#251;ter du pouvoir. &#187; &lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de rem&#232;de &#224; la d&#233;pendance des journalistes et aux connivences, qui n'ont tr&#232;s g&#233;n&#233;ralement pas besoin d'&#234;tre concert&#233;es, puisqu' elles sont inscrites dans les relations et les proximit&#233;s sociales : la vertu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Le comble de la complexit&#233;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emission &#171; Revu et corrig&#233; &#187;, pr&#233;sent&#233;e pare Paul Amar , France 5, samedi 10/11/2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Question du public (M&#233;lanie du CFJ) : &lt;i&gt;&#171; J'aurais aim&#233; savoir comment vous g&#233;rez vos relations avec vos sources politiques, quel degr&#233; de proximit&#233; vous entretenez avec elles pour avoir le plus d'infos possibles et ne pas tomber dans la connivence. &#187;&lt;/i&gt; [...]&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Guy Konopnicki, Journaliste &#224; &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; : - &lt;i&gt;&#171; Belle question et vaste probl&#232;me parce que, vous verrez, avec les ann&#233;es, qu'on conna&#238;t de plus en plus d'hommes politiques &#8211; y en a qu'on conna&#238;t depuis nos &#233;tudes, ainsi de suite &#8211; et qu'effectivement la connivence peut &#234;tre un tr&#232;s grave probl&#232;me. Et que la mani&#232;re... Bien &#233;videmment, on noue des amiti&#233;s. Et, en plus, en g&#233;n&#233;ral, pas toutes du m&#234;me bord. Enfin bon... Et on se nourrit d'informations. Mais y a toujours un risque et y a toujours la n&#233;cessit&#233; de se pr&#233;server et de v&#233;rifier les informations de ceux qui sont soi-disant les plus proches. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jean-Marc Morandini : - &lt;i&gt;&#171; Mais, c'est juste, vrai dans tous les domaines. C'est vrai qu'on parle toujours de la politique, mais c'est vrai dans le domaine &#233;conomique &#233;galement [incompr&#233;hensible]. Et puis dans des domaines plus l&#233;gers que sont les domaines litt&#233;raires, la t&#233;l&#233;, c'est pareil. Quand on est pote avec quelqu'un, est-ce qu'on va casser du sucre sur lui et sur son &#233;mission ? C'est vrai dans tous les domaines. C'est une vraie question pour tous les journalistes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Robert M&#233;nard : - &lt;i&gt;&#171; C'est la vie qui est comme &#231;a aussi. Quand tu connais quelqu'un, &#233;videmment, t'es moins dur avec lui que quand tu ne le fr&#233;quentes pas... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons. La question du journalisme de fr&#233;quentation est complexe, mais la r&#233;ponse sans fronti&#232;res est simple : &#171; C'est la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. Le comble de l'ind&#233;pendance&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ce sont les journalistes eux m&#234;mes qui t&#233;moignent franchement des pressions, ouvertes ou insidieuses, exerc&#233;es par les propri&#233;taires et les publicitaires, on mesure &#224; quel point leur ind&#233;pendance est fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a entendu &#231;a dans l'&#233;mission d&#233;j&#224; cit&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Revu et corrig&#233; &#187;&lt;/i&gt;, sur France 5, le samedi 10 novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Libie Cousteau (soci&#233;t&#233; des journalistes des &lt;i&gt;Echos&lt;/i&gt;) : - &lt;i&gt;&#171; C'est justement &#231;a qui nous pose probl&#232;me. C'est-&#224;-dire que le nombre de marques et le nombre d'entreprises qu'il [Bernard Arnault] poss&#232;de ne nous permettrait pas, demain, d'exercer notre m&#233;tier en professionnels, en toute libert&#233; et avec une qui&#233;tude, une s&#233;r&#233;nit&#233; qui se doit &#224; tout journaliste qui se respecte. Voil&#224;. Y a un conflit d'int&#233;r&#234;t majeur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Daniel Vigneron (chef du service international de &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;) : &lt;i&gt;&#171; Tous les articles consacr&#233;s &#224; LVMH, consacr&#233;s aux filiales de LVMH et, plus g&#233;n&#233;ralement, &#224; toute la sph&#232;re du luxe ont &#233;t&#233; des papiers &#233;troitement contr&#244;l&#233;s, tr&#232;s souvent censur&#233;s, notamment au niveau des titres. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Ghislaine Ottenheimer (Journaliste au magazine &#233;conomique &lt;i&gt;Challenges) &lt;/i&gt; : - &lt;i&gt;&#171; Moi, je voudrais prendre l'exemple qu'on a connu du temps de&lt;/i&gt; L'Express&lt;i&gt;. Quand y a eu la crise de Vivendi &#8211; Dieu sait si c'&#233;tait une grave crise &#8211;, eh bien je vous assure que le journaliste de L'Express qui enqu&#234;tait sur Vivendi, il est dans une situation impossible. C'est tr&#232;s difficile, quand vous &#234;tes un salari&#233; de Vivendi, d'aller poser des questions. Et, m&#234;me, quand vous les &#233;crivez, les gens rigolent : vous n'&#234;tes pas cr&#233;dible. Je veux dire qu'on est dans une situation, en France, qui est extr&#234;mement difficile. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un quart d'heure plus tard, &#224; l'occasion d'un nouvel &#233;change, la m&#234;me pr&#233;cise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Ghislaine Ottenheimer : - &lt;i&gt;&#171; Il faut savoir que, dans une r&#233;daction, un directeur d'une r&#233;daction n'aime pas avoir des emmerdeurs. Il n'aime pas avoir des emmerdements. Donc, si vous publiez des articles un peu s&#233;v&#232;res... Moi, je me souviens, il y a tr&#232;s tr&#232;s longtemps, avoir &#233;crit un article un peu s&#233;v&#232;re sur Bernard Arnault et, bon... ben, le directeur a tout de suite appel&#233;... &#034;La pub&#034;, le ceci... Bon. Donc, voil&#224;. Vous pouvez sortir quelques billes, quelques d&#233;charges mais, au bout d'un moment, vous allez passer pour l'enquiquineur de service qui va vous faire perdre des budgets [?]. Donc la libert&#233; s'arr&#234;te l&#224;. La libert&#233; s'arr&#234;te l&#224; ! &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;change qui suit entre Paul Amar et Fran&#231;ois Malye, Journaliste au &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; et pr&#233;sident du Forum permanent des soci&#233;t&#233;s de journalistes, compl&#232;te le tableau&#8230; toujours inachev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Paul Amar : - &lt;i&gt;&#171; On reste sur ce qui int&#233;resse les lecteurs : c'est votre libert&#233; par rapport au groupe industriel. Vous &#234;tes libre ? Vous vous sentez libre ? Vous &#233;crivez librement ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br &gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Fran&#231;ois Malye : - &lt;i&gt;&#171; Ah ben, on n'&#233;crira pas, par exemple, au&lt;/i&gt; Point&lt;i&gt;, sur monsieur Arnault. C'est une r&#232;gle, par exemple. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Paul Amar : - &lt;i&gt;&#171; Ah ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br &gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Fran&#231;ois Malye : - &lt;i&gt;&#171; C'est une r&#232;gle parce que &#231;a a &#233;t&#233; une r&#232;gle entre eux, &#224; travers leurs m&#233;dias respectifs, par exemple entre La Tribune et Le Point. Donc il y a eu guerre quand il y avait des rachats de truc... nous, qui nous passent au-dessus de la t&#234;te de fa&#231;on euh... Donc, oui, y a des interdictions, clairement. Mais c'est pas propre au Point. C'est... Dans toutes les r&#233;dactions aujourd'hui, il y a des interdictions, qu'elles soient politiques, qu'elles soient envers le patron. Mais c'est pas les pires : c'est envers la publicit&#233;. C'est envers la publicit&#233; parce que, bien &#233;videmment, les journaux, comme ils ont moins de lecteurs sont d&#233;pendants de la publicit&#233; et, l&#224;, la pression, elle est m&#234;me ind&#233;chiffrable. On vous dit : &#034;Tel papier, ce serait bien.&#034; Puis, trois mois apr&#232;s, on voit une page de pub. Ou l'inverse. Donc, m&#234;me les journalistes au sein des r&#233;dactions ne voient pas une grande partie des manipulations. Ils ne les voient m&#234;me pas. Elles sont devenues quasiment ind&#233;chiffrables.&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes plus tard&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Fran&#231;ois Malye : - &lt;i&gt;&#171; Alors, y a la strat&#233;gie de l'&#233;vitement, quand vous &#234;tes dans une r&#233;daction. C'est-&#224;-dire faire les sujets qui ne f&#226;chent pas, les sujets dont vous savez pertinemment qu'en arrivant dans le bureau du directeur de la r&#233;daction, les missiles vont pleuvoir parce qu'on va vous dire &#034;Mais pas &#231;a !&#034; A cause de la pub, encore une fois, parce que y a un gros annonceur... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'on voit que certains t&#233;moignages de journalistes sont irrempla&#231;ables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10. Le comble de la lucidit&#233;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert M&#233;nard, on le sait, ne d&#233;teste rien et est lucide en tout. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Reporters sans fronti&#232;res, toujours sur le plateau de &#171; Revu et corrig&#233; &#187; (France 5), le 10 novembre 2007, c&#233;l&#232;bre ainsi la libert&#233; de la presse et&#8230; la qualit&#233; de l'information :&lt;i&gt;&#171; La presse, elle a jamais &#233;t&#233; aussi libre. On n'a jamais eu une information d'aussi bonne qualit&#233; aujourd'hui par rapport &#224; y a trente ans. Non non, mais enfin... Il faut arr&#234;ter les b&#234;tises [?]. Quand j'ai commenc&#233; &#224; faire du journalisme, y avait du monopole partout, la moiti&#233; de l'audiovisuel appartenait &#224; l'&#201;tat... &#187;&lt;/i&gt; A Ghislaine Ottenheimer, journaliste &#224; &lt;i&gt;Challenges,&lt;/i&gt; qui lui r&#233;torque &lt;i&gt;&#171; Oui m'enfin la presse &#233;crite n'&#233;tait pas de plus mauvaise qualit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;, Robert M&#233;nard r&#233;plique : &lt;i&gt;&#171; Non, mais la totalit&#233;... Aujourd'hui, y a pas une information qui ne trouve pas un support pour &#234;tre diffus&#233;e. C'est pas vrai ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'emprise directe de l'Etat ayant (presque) &#224; disparu, tout va (presque) bien. Pourtant quelques (petits) probl&#232;mes demeurent, admet Robert M&#233;nard quelques temps apr&#232;s : &lt;i&gt;&#171; Les grands groupes fran&#231;ais, c'est des groupes, un, qui appartiennent &#224; des gens qui ont besoin de l'&#201;tat, souvent, pour travailler. Je veux dire : dans le b&#226;timent, dans les travaux publics, dans l'armement, vous avez besoin de l'&#201;tat. Alors, &#233;videmment, y a une question qui se pose (m&#234;me si c'est pas aussi m&#233;canique que &#231;a) : quand des gens ont &#224; ce point besoin de l'&#201;tat, est-ce qu'ils sont ind&#233;pendants de l'&#201;tat ? (&#8230;) &#199;a, c'est la premi&#232;re sp&#233;cificit&#233;. &#199;a n'existe pas dans d'autres pays. &#187; &lt;/i&gt;Ce qui pose probl&#232;me donc ce n'est pas l&#233; d&#233;pendance de l'information &#224; l'&#233;gard de groupes financiers : c'est la d&#233;pendance de ces groupes &#224; l'&#233;gard de l'Etat. D'ailleurs, poursuit l'extra-lucide : &#171; &lt;i&gt;La deuxi&#232;me sp&#233;cificit&#233; : en France, la presse est pauvre et elle est d&#233;pendante du pouvoir politique comme elle ne l'est nulle part ailleurs. &#187; &lt;/i&gt;Supprimer l'aide publique &#224; la presse rendrait la presse plus ind&#233;pendante ? &#171; &lt;i&gt;Et, troisi&#232;me point (&#8230;). C'est qu'y a en France une sp&#233;cificit&#233; qui affaiblit tous les journaux qui s'appelle le monopole syndical. En France, y a un syndicat qui s'appelle la CGT du livre qui contr&#244;le toute l'impression, qui contr&#244;le la diffusion et qui a un monopole d'embauche. &#199;a n'existe nulle par ailleurs. R&#233;sultat des courses : la presse est plus ch&#232;re que dans n'importe quel pays et elle est plus affaiblie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons : livrons la presse &#224; des groupes priv&#233;s ind&#233;pendants de l'Etat, supprimons l'aide publique &#224; la presse et d&#233;barrassons-nous du syndicat du livre, et tout ira encore plus mieux, puisque tout va d&#233;j&#224; si bien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'enseigne M&#233;dias, la revue officieusement officielle de Reporters (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Avec la documentation r&#233;unie par Anna.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi que l'a soulign&#233; Daniel Schneidermann dans la chronique de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;du 28 avril 2008, intitul&#233;e &#171; Elkabbach et la confraternit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment le dossier d'Acrimed sur &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique83.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'entr&#233;e du Monde en bourse&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Samuel Gontier, &#171; Quand les JT font &#233;cran &#187;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, 27 f&#233;vrier 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Le lendemain, il se d&#233;dit :&lt;/i&gt; &#8220;Hier, beaucoup s'interrogeaient sur l'efficacit&#233; du dispositif&#8221;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, note de &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme l'enseigne &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt;, la revue officieusement officielle de Reporters sans fronti&#232;res. Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2484.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Sacro-saint lib&#233;ralisme : la revue &lt;i&gt;M&#233;dias &lt;/i&gt;se prosterne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur RTL, &#171; On refait le monde &#187; contre les gr&#232;ves</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Sur-RTL-On-refait-le-monde-contre-les-greves</link>
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		<dc:date>2005-10-27T08:08:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Serre</dc:creator>


		<dc:subject>Anne-Sophie Mercier</dc:subject>
		<dc:subject>RTL</dc:subject>
		<dc:subject>Pascale Clark</dc:subject>
		<dc:subject>&#034; On refait le monde &#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;raldine Muhlmann</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un feu d'artifice d'hostilit&#233;, o&#249; la rage le dispute au ridicule. Un chorus sans fausse note.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mouvements-de-2004-a-2006-" rel="directory"&gt;Mouvements de 2004 &#224; 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Anne-Sophie-Mercier-+" rel="tag"&gt;Anne-Sophie Mercier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RTL-+" rel="tag"&gt;RTL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pascale-Clark-+" rel="tag"&gt;Pascale Clark&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-On-refait-le-monde-+" rel="tag"&gt;&#034; On refait le monde &#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Greves-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Geraldine-Muhlmann-+" rel="tag"&gt;G&#233;raldine Muhlmann&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; On refait le monde &#187;, une &#233;mission de RTL anim&#233;e par Pascale Clark &#224; une heure de grande &#233;coute (19h20-20h), r&#233;unit des &#171; pol&#233;mistes &#187; autour de th&#232;mes d'actualit&#233;. Parmi les habitu&#233;s, &#224; l'exception du communiste Claude Cabanes, rares sont ceux que l'on peut tenir pour des opposants farouches au lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission du 3 octobre dernier portait, entre autres th&#232;mes, sur la journ&#233;e de gr&#232;ve et de manifestations du lendemain. Parmi les &#171; pol&#233;mistes &#187;, ce jour-l&#224;, pas un seul n'&#233;tait dispos&#233;, si peu que ce soit, &#224; soutenir les gr&#233;vistes. On assista donc &#224; un feu d'artifice d'hostilit&#233;, o&#249; la rage le disputait au ridicule. Un chorus sans fausse note.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mardi noir &#187; ? Les pol&#233;mistes voient rouge...&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commentaires sont g&#233;n&#233;ralement superflus : il suffit de citer longuement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les passages en gras sont soulign&#233;s par nous.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pascale Clark [lance le d&#233;bat] : - &#171; &lt;i&gt;Les syndicats affirment esp&#233;rer plus fort que les manifs du 10 mars dernier qui avaient envoy&#233; 1 million de personnes dans la rue, front syndical uni&lt;/i&gt; (...). &lt;i&gt;Alors voil&#224; c'est notre question ce soir, l'une de nos questions : ce &#171; 4 octobre &#187; est-il un mouvement comme un autre &lt;/i&gt;(sic) &lt;i&gt;ou est-ce le d&#233;but d'un grand mouvement social de m&#233;contentement&lt;/i&gt; (...) ? &lt;i&gt;Clara Dupont Monod&lt;/i&gt; (...), &lt;i&gt;vous l'abordez comment ce mouvement de demain, ce &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;mardi noir &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disqualification est comprise dans cette d&#233;signation. Elle sera d'autant plus grande que l'ignorance des motifs du mouvement permet de le juger de haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Clara Dupont-Monod (&#233;ditrice chez Deno&#235;l) : - &#171; &lt;i&gt;Ce mardi noir, moi je l'aborde comme une esp&#232;ce de &lt;/i&gt;(...) &lt;strong&gt; &lt;i&gt;rituel,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un peu comme la dinde de no&#235;l&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, quand faut y aller faut y aller. Je peux comprendre moi qu'on manifeste pour une question d&#233;limit&#233;e et assez circonscrite, par exemple la d&#233;fense de l'&#233;cole publique, l'insalubrit&#233; des logements, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;des choses qui &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;a priori&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; me touchent&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; mais quand j'entends qu'on manifeste pour l'emploi ou pour la croissance c'est tellement vaste et &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;tellement un peu flou&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; que j'ai un peu de mal &#224; y adh&#233;rer&lt;/i&gt; (...). &lt;i&gt;Ce que j'ai envie de dire aux manifestants, c'est que si vous manifestez pour la croissance et le plein emploi, sachez que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; : Un, Dominique de Villepin aussi, donc &#231;a sert &#224; rien de manifester &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;[re-sic], &lt;i&gt;et deux, &#231;a me rappelle un peu moi un dessin de Semp&#233; o&#249; on voit un petit bonhomme au milieu d&#8216;un boulevard avec un panneau o&#249; il y a &#233;crit &#171; non &#187; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;et puis il est tout seul et il marche comme &#231;a&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. &#187;. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Anne-Sophie Mercier [journaliste &#224; Arte au &#171; forum des europ&#233;ens &#187;] : - &#171; &lt;i&gt;Clara a pas tort, on a l'impression qu'on l'a vu dix fois. C'est le m&#234;me mot d'ordre flou, alors il y avait la croissance, la d&#233;fense du service public... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pascale Clark : - &#171; &lt;i&gt;La d&#233;fense du pouvoir d'achat&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Anne-Sophie Mercier [d'un ton assez m&#233;prisant]&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : - &lt;i&gt;&#171; Le pouvoir d'achat, contre la mort, contre l'hiver...&lt;/i&gt; &#187; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pascale Clark [abondant dans le m&#234;me sens, en toute impartialit&#233;] : - &#171; &lt;i&gt;Contre la maladie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Anne-Sophie Mercier : - &#171; &lt;i&gt;Contre la maladie d'accord... M&#234;me contexte salarial depuis quelques ann&#233;es, un contexte salarial strict, aussi bien pour le public que pour le priv&#233;, une m&#234;me faiblesse du pouvoir politique qui a moiti&#233; peur, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;qui a pas coup&#233; dans les effectifs de la fonction publique comme il s'y &#233;tait engag&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, faut-il le faire ou pas le faire. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pascale Clark [l'interrompant] : - &#171; &lt;i&gt;Moins us&#233; que sous Raffarin&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Anne-Sophie Mercier : - &#171; &lt;i&gt;Oui, mais d&#233;j&#224; assez faiblard&lt;/i&gt; (...) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette complainte sur la pr&#233;tendue &#171; faiblesse d'un gouvernement qui n'aurait pas les moyens d'&#233;tancher la soif de contre-r&#233;formes de nos joyeux drilles, n'est pas le point final du r&#233;cital de propos m&#233;prisants pour les gr&#233;vistes et manifestants... Car c'est au tour de Ted Stanger, un &#233;crivain am&#233;ricain qui vit en France et joue, en lib&#233;ral grand teint, le r&#244;le de l'observateur sarcastique, d'intervenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Ted Stanger : - &#171; (...) &lt;i&gt;Pour moi c'est l'occasion dans la vie d'un Fran&#231;ais&lt;/i&gt; [dit-il, en parlant du jour de gr&#232;ves et de manifestations] &lt;strong&gt; &lt;i&gt;de r&#233;fl&#233;chir un petit peu quand m&#234;me&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;il para&#238;t que les Fran&#231;ais ont besoin de r&#233;fl&#233;chir sans travailler&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; parce &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;qu'ils sont tellement pris par le travail &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;qu'ils ont pas le temps de penser o&#249; va le pays &lt;/i&gt;(...). &lt;i&gt;Je constate qu'aucun homme de droite ne peut guider ce pays face &#224; des syndicats qui peuvent mobiliser beaucoup de monde et qui peuvent &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;arr&#234;ter le pays&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. (...) &lt;i&gt;La gauche peut encore, s'il existe une gauche r&#233;formatrice qui peut travailler avec les syndicats, mais la droite est toujours handicap&#233;e par le syndrome Jupp&#233; de 95&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Clara Dupont Monod : - &#171; (...) &lt;i&gt;Les syndicats aujourd'hui sont quand m&#234;me une force principalement d'opposition beaucoup plus que de proposition. Les syndicats sont extr&#234;mement affaiblis et du coup la r&#233;forme des retraites en 2003 s'est faite sous leur nez&lt;/i&gt; (...) ; &lt;i&gt;le fameux CNE ils &#233;taient pas d'accord : les pouvoirs politiques n'ont m&#234;me pas consult&#233; les syndicats et du coup dans leur c&#244;t&#233; un peu &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;belliqueux d'appel &#224; la gr&#232;ve, &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;moi j'ai le sentiment d'assister &#224; une esp&#232;ce d'&#233;preuve de force o&#249; il s'agit plus d'imposer un pr&#233;tendu pouvoir qu'ils auraient encore.&lt;/i&gt; &#187; (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette s&#233;quence de d&#233;plorations et de sarcasmes en tous genres, vient alors le moment de parler, malgr&#233; tout, des sondages. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sondages &#224; reprendre&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'habituellement, ceux-ci ne font l'objet d'aucune contestation, cette fois Pascale Clark multiplie les pr&#233;cautions et la temp&#234;te &#171; critique &#187; fait rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pascale Clark : - &#171; &lt;i&gt;Il y a quand m&#234;me un argument que vous semblez mettre de c&#244;t&#233;, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;bon ce sont des sondages &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;(sic),&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; alors bon, on peut les prendre pour argent comptant ou pas&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, mais enfin ce sondage indique que ce mouvement est tr&#232;s populaire. 74% l'approuvent &lt;/i&gt;enqu&#234;te &lt;i&gt;CSA pour l&lt;/i&gt;'Huma&lt;i&gt; et, &#224; l'instant, dans &lt;/i&gt;Les Echos&lt;i&gt;, toujours BVA (sic), plus de 72 %, alors...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ted Stanger : - &lt;i&gt;&#171; Parce que &#231;a tombe dans le politiquement correct !&lt;/i&gt; &#187; [ ???]&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- G&#233;raldine Muhlmann ou Clara Dupont Monod [en col&#232;re]&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : - &#171; &lt;i&gt;Mais qu'est ce que c'est que ces sondages, c'est quoi ces sondages ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ted Stanger : - &#171; &lt;i&gt;Il est interdit quand on est fran&#231;ais d'&#234;tre contre le droit de gr&#232;ve.&lt;/i&gt; &#187; ( !!!)&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pascale Clark, &lt;i&gt;calmant les ardeurs &lt;/i&gt;(...) - &#171; &lt;i&gt;&#199;a me para&#238;t plus massif que d'ordinaire mais bon...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- G&#233;raldine Muhlmann ou Clara Dupont Monod : - &#171; &lt;i&gt;Pascale, j'ai pas vu le contenu de ces sondages mais si les questions pos&#233;es c'est &#171; est-ce que vous &#234;tes m&#233;contents ? &#187;, ils vont avoir un &#171; oui &#187; &#224; 90 %.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pascale Clark : &#171; &lt;i&gt;&#199;a porte&lt;/i&gt; [elle parle des sondages] &lt;i&gt;sur le mouvement de demain&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Professeure de sciences politiques et chroniqueuse au &#171; Bateau-livres &#187; de France 5, G&#233;raldine Mulhmann, philosophe du journalisme adul&#233;e pour son conformisme &#233;rudit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lus comme une contestation du caract&#232;re pr&#233;tendument anti-d&#233;mocratique de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , est aussi philosophe des mouvements sociaux. La preuve...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- G&#233;raldine Muhlmann : - &#171; &lt;i&gt;Mais je sais bien, j'ai pas fait l'enqu&#234;te non plus, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;c'est difficile de critiquer les sondages lorsqu'on n'a pas fait l'enqu&#234;te&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;l'impression&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; que j'ai quand m&#234;me c'est que, certes, beaucoup de gens sont m&#233;contents, certes, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ne sont pas tr&#232;s loin d'aller dans la rue&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, &lt;i&gt; mais je crois aussi qu'ils ne se reconnaissent pas dans des mots d'ordre de syndicats qu'ils consid&#232;rent comme peu repr&#233;sentatifs de leur probl&#232;me, assez corporatistes dans la mani&#232;re de penser les probl&#232;mes et je crois que l'usage routinier du droit de gr&#232;ve en permanence o&#249; encore une fois &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;on&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ne va pas pouvoir circuler ou aller au boulot ou encore une fois &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les gens&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qui souffrent socialement vont encore se faire avoir demain, sont oblig&#233;s d'organiser leur journ&#233;e de travail, faire garder leurs gosses, enfin c'est compliqu&#233; pour &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les gens&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; un jour de gr&#232;ve. Une fois de plus, je crois que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les gens&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; sont irrit&#233;s par les syndicats qui organisent &#231;a. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ils&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ont l'impression que c'est pas pour &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;eux&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qu'on fait cette gr&#232;ve demain, &#231;a ne veut pas dire que sur le fond, un mouvement social ILS soient contre, &#231;a veut dire que la mani&#232;re dont c'est fait je pense pas qu'&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ils&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; s'y reconnaissent tant que &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de l'enqu&#234;te (qu'elle n'a pas faite), notre philosophe critique les sondages... en leur opposant ce qu'elle croit et en faisant parler des &#171; gens &#187; qui, curieusement, accr&#233;ditent ses croyances. Si c'est pas de la philosophie, &#231;a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Anne-Sophie Mercier, hargneuse, surench&#233;rit en mettant sur le compte de la schizophr&#233;nie des salari&#233;s l'opposition entre ses souhaits et la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Sophie Mercier : - &#171; &lt;i&gt;Eh bien, c'est un grand myst&#232;re, il y a une vraie &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;schizophr&#233;nie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; des salari&#233;s du priv&#233; en France. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ces gr&#232;ves les exasp&#232;rent &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et &#224; chaque fois pour eux c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;une esp&#232;ce de gr&#232;ve par procuration &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;qu'ils soutiennent. Ils peuvent pas faire gr&#232;ve, leur boite est pas forc&#233;ment en bonne sant&#233;, ils ont pas envie d'&#234;tre licenci&#233;s ou d'&#234;tre mis sur la touche, ils peuvent pas faire gr&#232;ve mais la gr&#232;ve par procuration depuis Jupp&#233;, &#231;a fait 10 ans qu'on voit &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Service minimum, chorus maximum&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue &#171; page de publicit&#233; &#187;, Pascale introduit la deuxi&#232;me partie de l'&#233;mission, consacr&#233;e au &#171; service minimum &#187; : un sujet tellement consensuel parmi les chroniqueurs et &#233;ditorialistes que Pascal Clark le pr&#233;sente ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;Pascale Clark : - &#171; (...) &lt;strong&gt; &lt;i&gt;En marge des cort&#232;ges de demain&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la traditionnelle question&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;(sic) : &lt;i&gt;faut-il une loi imposant le service minimum dans les transports ? Deux acteurs &lt;/i&gt;(sic) &lt;i&gt;se sont exprim&#233;s l&#224;-dessus sur RTL, Bernard Thibaut de la CGT au Grand Jury RTL le Figaro et Nicolas Sarkozy ce matin, toujours sur RTL, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;du coup ils se r&#233;pondent&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, on commence par Sarkozy&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Le montage sonore de deux extraits issus de deux &#233;missions diff&#233;rentes est si habile que l'auditeur a l'impression d'assister &#224; un dialogue.&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Nicolas Sarkozy : - &#171; &lt;i&gt;Je consid&#232;re que le service minimum est la contrepartie du service public, j'ai du mal &#224; voir un argument qui pourrait justifier qu'on ne le fasse pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Bernard Thibaut : - &#171; &lt;i&gt;Eh bien que la majorit&#233; actuelle le fasse imm&#233;diatement, &#231;a nous promet des beaux jours ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;- Pascale Clark : - &#171; &lt;i&gt;Voil&#224; Sarko, Thibaut, dans le bateau du service minimum (sic). Intention&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;, et puis menaces&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, Ted, vous en dites quoi ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ted Stanger : &#171; &lt;i&gt;Je pense qu'&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;on&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; s'y prend tr&#232;s mal. Je suis en principe pour une loi parce que la France &#233;tant un pays assez rebelle, assez contestataire, a besoin d'une certaine discipline.&lt;/i&gt; &#187; (...) &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pascale Clark : - &#171; &lt;i&gt;Clara, vous en dites quoi ? Est ce qu'il faut une loi pour le service minimum ? ON en parle &#224; chaque fois, &#224; chaque fois &#231;a ressort et finalement &#231;a n'est jamais... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Clara Dupont-Monod : (...) &#171; &lt;i&gt;L&#224; o&#249; je partage le point de vue de Ted, c'est qu'il y a &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;quelque chose de tr&#232;s infantile dans le comportement de la France&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;[la France ?] (...)&lt;i&gt; En France c'est quand m&#234;me le principe de : on descend &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, on &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;r&#226;le&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;[elle insiste sur le mot] &lt;i&gt;et ensuite seulement on veut bien discuter et donc je trouve qu'il y a que chose d'assez infantile, oui, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;de la part de la France&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; vis-&#224;-vis du service public et moi je serais pour une loi. J'vois pas pourquoi, apr&#232;s c'est la fameuse prise d'otages, mais j'vois pas pourquoi on serait &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; immobilis&#233;s. Il y a une esp&#232;ce de prise d'otages qui moi me met mal &#224; l&#8216;aise, tant pis si c'est r&#233;ac et un peu poujado&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;mais moi cette prise d'otages me met tr&#232;s mal &#224; l'aise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah oui la fameuse prise d'otages, &#171; on &#187; avait oubli&#233;... Remarquons une autre variante du &#171; On &#187; ou du &#171; les gens pensent que &#187; : le &#171; Nous &#187; (un peu moins l&#226;che, il faut bien l'avouer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Sophie Mercier, elle, s&#8216;attaque au gouvernement. Ce n'est pourtant pas pour lui reprocher sa politique sociale mais pour d&#233;plorer... qu'il &#233;coute les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Anne-Sophie Mercier : &#171; - &lt;i&gt;Oui, moi ce qui m'amuse c'est que... &#201;videmment &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ON est tous pour une loi&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; parce que &#231;a ne marche pas, la r&#233;gulation ne marche pas, le dialogue ne marche pas. On est tous plus ou moins pour une loi, simplement il n'y a aucune chance qu'elle voit le jour dans les 18 mois. On est &#224; 16 mois d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Bernard Thibaut commence d&#233;j&#224; &#224; agiter la menace&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; (...). &lt;i&gt;Donc quand il y aura tous les syndicats de toute la fonction publique qui vont descendre dans la rue pour emp&#234;cher le service minimum, le pouvoir public (sic) va reculer, comme c'est l'habitude depuis d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Cette classe politique a un probl&#232;me avec la rue, ON a peur de la rue, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ON a peur de l'affronter&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, y compris dans un dialogue un peu dur ou un peu carr&#233; donc moi je crois qu'il n'y aura vraiment pas de loi.&lt;/i&gt; &#187; (...)&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ted Stanger : &#171; &lt;i&gt;A partir de 2007, il pourrait y avoir une loi.&lt;/i&gt; &#187; (...)&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Clara Dupont-Monod : - &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;en profitant d'un &#233;tat de gr&#226;ce &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;hypoth&#233;tique, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;tr&#232;s vite&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Intervient &#224; ce moment-l&#224; la philosophe du journalisme : &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- G&#233;raldine Muhlmann : &#171; &lt;i&gt;Je trouve que le fait m&#234;me qu'on parle d'une loi&lt;/i&gt; [on = Nicolas Sarkozy ?]&lt;i&gt; et que quelqu'un qui dirige un des plus grands syndicats de ce pays &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;r&#233;ponde par la menace &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;montre o&#249; en sont les syndicats.&lt;/i&gt; (...) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis G&#233;raldine Muhlmann se lance dans une tirade &#233;mouvante dans laquelle elle explique que les syndicats ne parlent jamais des usagers dans leurs revendications ! Sans doute n'a-t-elle pas eu le temps, au cours de ses longues ann&#233;es d'&#233;tudes, de lire le moindre tract syndical. Et elle poursuit sur sa lanc&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- G&#233;raldine Muhlmann : - &#171; &lt;i&gt;Le fait qu'on parle d'une loi, &#231;a prouve qu'on est compl&#232;tement bloqu&#233; et que les syndicats sont dans une perte de cr&#233;dibilit&#233; mais... mais ...absolue.&lt;/i&gt; &#187; (...)&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Clara Dupont-Monod : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt; Les sondages dont Pascale parlait tout &#224; l'heure montrait qu'il y avait un regain de sympathie par rapport &#224; il y a un an vis a vis des syndicats...&lt;/i&gt; &#187; &lt;/ br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; G&#233;raldine Muhlmann [&#233;nerv&#233;e et coupant la parole &#224; Clara Dupont Monod]&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : - &#171; &lt;i&gt;Ils devraient faire &#231;a tout seul, d'eux-m&#234;mes, ils devraient poser les exigences du service minimum avant toute loi, c'est un &#233;chec pour eux ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Clara Dupont-Monod : - &#171; Bien s&#251;r mais... &lt;/i&gt; &#187; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Clara Dupont-Monod : - &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r mais&lt;/i&gt; [pendant quelques fractions de secondes on s'attend &#224; entendre une voix discordante], &lt;i&gt;l&#224; ou je suis d'accord avec G&#233;raldine, c'est exactement ce qu'elle dit : &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ils sont tout le temps en train de d&#233;fendre le cas particulier&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Or &#231;a, c'est pr&#233;cis&#233;ment de l'anti-service public.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- G&#233;raldine Muhlmann : - &#171; &lt;i&gt;Ils sont en train de plomber le droit de gr&#232;ve, c'est quand m&#234;me un tr&#232;s bel outil social et &#224; force de le routiniser&lt;/i&gt; (sic), &lt;i&gt;de le ritualiser, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d'en faire une esp&#232;ce de truc de droit.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;(...) &lt;i&gt;C'est pas &#224; eux, c'est aux &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;gens&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; le droit de gr&#232;ve !&lt;/i&gt; (...) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'on apprend que les gr&#233;vistes du 4 octobre n'&#233;taient sans doute pas des &#171; gens &#187;... Il ne reste plus alors qu'&#224; conseiller les gouvernants. Dans le r&#244;le du strat&#232;ge, Ted Stanger qui propose - d&#233;mocratiquement - de prendre l'adversaire par surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Ted Stanger : - &#171; &lt;i&gt;Mais en parlant du service minimum, on a toujours parl&#233; de l'imposer aux syndicats et c'est l&#224; que l'on se trompe je pense. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pascale Clark &lt;i&gt; &lt;/i&gt; : - &#171; Il faut n&#233;gocier vous dites ? &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ted Stanger : - &#171; &lt;i&gt;Il faut n&#233;gocier, il faut leur proposer quelque chose, je ne sais pas exactement quoi, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;en attendant le bon moment par exemple apr&#232;s 2007&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Anne-Sophie Mercier : - &lt;i&gt;&#171; Moi je crois que la n&#233;gociation est malheureusement impossible parce qu'en France &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la culture de la gr&#232;ve &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;est tr&#232;s particuli&#232;re. La gr&#232;ve, c'est pas un constat d'&#233;chec, c'est pas ce qui vient quand on a tout essay&#233;, un peu la mort dans l'&#226;me &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;parce que tout le monde est un peu perdant, &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;c'est la premi&#232;re chose&lt;/i&gt; &#187; (...)&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pascale Clark : - &#171; &lt;i&gt;C'est le r&#233;flexe ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Anne-Sophie Mercier : - &#171; &lt;i&gt;C'est le r&#233;flexe !&lt;/i&gt; &#187; (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; r&#233;flexes &#187; de nos choristes unanimes, on ne saura rien, venant d'eux. Mais il suffisait de les &#233;couter pour entendre &#224; quel point ces r&#233;flexes sont des r&#233;flexes conditionn&#233;s... par le pluralisme, &#233;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Daniel Serre&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tous les passages en gras sont soulign&#233;s par nous.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lus comme une contestation du caract&#232;re pr&#233;tendument anti-d&#233;mocratique de la critique des m&#233;dias que nous partageons, ses livres, parus ces derni&#232;res ann&#233;es, - et notamment &lt;i&gt;Du journalisme en d&#233;mocratie&lt;/i&gt;- ont &#233;t&#233; encens&#233;s comme des sommets de la pens&#233;e critique par les d&#233;fenseurs de l'ordre m&#233;diatique existant. Lire ici-m&#234;me : &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Monde-contre-les-critiques-antimedias' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; contre &#171; les critiques antim&#233;dias &#187;, antid&#233;mocrates et antis&#233;mites&lt;/a&gt; &#187; et &#171; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Philippe-Corcuff-critique-intelligent-de-la-critique-des-medias' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Philippe Corcuff, critique &#171; intelligent &#187; de la critique des m&#233;dias &lt;/a&gt; &#187;. (&lt;i&gt;note d'Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est officiel : au Nouvel Observateur, on &#171; nettoie &#187; les &#171; d&#233;tritus &#187;</title>
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		<dc:creator>Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>Anne-Sophie Mercier</dc:subject>
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		<dc:subject>Claude Askolovitch</dc:subject>
		<dc:subject>Pascale Clark</dc:subject>
		<dc:subject>&#034; On refait le monde &#034;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;... Claude Askolovitch, journaliste de cet hebdomadaire, l'affirme sur RTL.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-medias-et-les-quartiers-populaires-" rel="directory"&gt;Les m&#233;dias et les quartiers populaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Anne-Sophie-Mercier-+" rel="tag"&gt;Anne-Sophie Mercier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RTL-+" rel="tag"&gt;RTL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Claude-Askolovitch-+" rel="tag"&gt;Claude Askolovitch&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pascale-Clark-+" rel="tag"&gt;Pascale Clark&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-On-refait-le-monde-+" rel="tag"&gt;&#034; On refait le monde &#034;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un type qui tire sur un gamin de dix ans est une ordure et un d&#233;tritus, au Nouvel Obs comme ailleurs.&lt;/i&gt; &#187; C'est par ces mots que Claude Askolovitch commente, dans l'&#233;mission &#171; On refait le monde &#187; le 21 juin 2005 sur RTL, le&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#171; &lt;i&gt;nettoyage&lt;/i&gt; &#187; pr&#233;conis&#233; par Nicolas Sarkozy dans la cit&#233; des 4 000 &#224; La Courneuve. Mais reprenons en suivant le fil des propos tenus lors de l'&#233;mission.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si Jean-Luc Mano, ancien directeur de l'information de France 2 et communicant aupr&#232;s de Mich&#232;le Alliot-Marie, est choqu&#233; par les termes du Ministre de l'Int&#233;rieur, ce n'est pas le cas de l'ensemble des intervenants de l'&#233;mission de Pascale Clark.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, Anne-Sophie Mercier, journaliste sur Arte, ne trouve pas les propos exag&#233;r&#233;s (&#171; &lt;i&gt;il fait son job&lt;/i&gt; &#187;) et Claude Askolovitch, journaliste anti-altermondialiste au &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, souhaite voir Nicolas Sarkozy passer &#224; l'acte : &#171; &lt;i&gt;Moi ce qui me g&#234;ne dans les propos de Sarkozy c'est pas qu'il dise &#034;nettoyer&#034;, c'est que je ne suis pas s&#251;r qu'on arrive &#224; effectivement nettoyer au sens propre et au sens figur&#233; du terme cette cit&#233; des 4000.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Le probl&#232;me avec Sarkozy, c'est qu'il se contente de faire le matamore, qu'il dit qu'il va nettoyer sans nettoyer, voil&#224;, &#231;a ne suffira pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rage d'informer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;La col&#232;re de Claude Askolovitch contre les d&#233;linquants n'a d'&#233;gal que sa rage d'informer et de s'informer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enerv&#233;, Askolovitch, l'est d'abord contre le Syndicat de la Magistrature (class&#233; &#224; gauche) : &#171; &lt;i&gt;Le politiquement correct a bon go&#251;t et j'invite le Syndicat de la Magistrature &#224; d&#233;placer son si&#232;ge quelque part dans la cit&#233; des 4 000. &lt;/i&gt; &#187;. Seulement voil&#224;, ledit Syndicat n'avait pas encore fait alors (sauf erreur de notre part&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une d&#233;p&#234;che de l'AFP fait &#233;tat d'une d&#233;claration &#233;manant du SM qui estimait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) de d&#233;claration. En revanche, l'Union Syndicale des Magistrats, positionn&#233;e &#224; droite avait r&#233;agi avec &#233;motion aux propos du pr&#233;sident de l'UMP en d&#233;clarant que l'Etat &#034;&lt;i&gt;devait faire appliquer les lois de la R&#233;publique &#224; tous&lt;/i&gt;&#034; et n'&#233;tait pas l&#224; &#034;&lt;i&gt;pour nettoyer&lt;/i&gt;&#034;. Dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, le pr&#233;sident de l'USM, Dominique Barella pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Le mot de nettoyage est un mot historique lourd de sens dont il faut &#233;viter l'usage&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;De quoi scandaliser, en effet, un journaliste &#171; de gauche &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enerv&#233;, Askolovitch l'est encore plus &#224; l'&#233;gard &#171; &lt;i&gt;d'abrutis comme ceux du Mrap&lt;/i&gt; &#187;, et s'interroge : &#171; &lt;i&gt;On se demande o&#249; ils voient le racisme l&#224;-dedans. Les abrutis du Mrap feraient mieux de se dire que le seul racisme qu'il y a en France, c'est qu'on consid&#232;re qu'un petit arabe peut se faire tuer plus rapidement qu'un petit blanc. &lt;/i&gt; &#187; Pourtant le Mrap n'assimile aucunement les propos de Sarkozy &#224; des propos racistes, et souligne simplement l' &#171; amalgame r&#233;voltant &#187; employ&#233; : &#171; &lt;i&gt;En d&#233;clarant, suite au meurtre d'un enfant de 11 ans, que &lt;/i&gt;&#8216;des op&#233;rations syst&#233;matiques en liaison avec le procureur de la R&#233;publique pour aller chercher des armes, pour d&#233;manteler des trafics, pour expulser des clandestins, pour rechercher des d&#233;linquants et punir des voyous'&lt;i&gt;, le ministre de l'int&#233;rieur fait un amalgame r&#233;voltant entre des immigr&#233;s sans papiers et des tueurs d'enfants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lien vers le communiqu&#233; du Mrap est ici.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le go&#251;t des mots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Le moins que l'on puisse attendre de journalistes, c'est qu'ils utilisent et &#233;valuent les mots avec discernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole de Sarkozy, tant relay&#233;e par les grands m&#233;dias, ne cesse d'&#233;blouir Anne-Sophie Mercier qui abonde dans le sens de Claude Askolovitch et soutient le ministre : &#171; &lt;i&gt;Mais si on le fait en partie&lt;/i&gt; [le nettoyage]&lt;i&gt;, c'est d&#233;j&#224; pas si mal, il y aussi de la part de Nicolas Sarkozy un minist&#232;re de la Parole, il faut pouvoir... il faut porter la parole, il faut, il faut quand m&#234;me arriver &#224; incarner quelque chose par la parole&lt;/i&gt;. &#187; N'importe quelle parole ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Luc Mano n'est pas de cet avis. Paradoxe &#233;tonnant puisqu'il a perdu depuis longtemps son label de &#171; journaliste de gauche &#187;. Il n'h&#233;site pas &#224; contredire les adulateurs du langage de Sarkozy : &#171; &lt;i&gt;Moi je suis tr&#232;s cho... tr&#232;s &#233;mu de ces f&#233;licitations adress&#233;es &#224; Nicolas Sarkozy&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;En m&#234;me temps je suis d&#233;sol&#233;, ou alors on d&#233;cide que la langue ne veut plus rien dire, mais le mot nettoyer transporte, transbahute avec lui des connotations qui de mon point de vue &lt;/i&gt;(...) &lt;i&gt;ne sont pas acceptables. Non on ne nettoie pas, il s'agit de gens. Les gens c'est pas des d&#233;tritus.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Sauf si pour &lt;/i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;i&gt;, un d&#233;linquant c'est devenu un d&#233;tritus ou une ordure, moi je crois que ce n'est pas une ordure ou un d&#233;tritus&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse p&#233;remptoire de Claude Askolovitch, journaliste de gauche mais &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s s&#233;curitaire&lt;/i&gt; &#187; (comme il le dit lui-m&#234;me), manque alors quelque peu de l&#233;g&#232;ret&#233; : &#171; &lt;i&gt;Un type qui tire sur un gamin de dix ans est une ordure et un d&#233;tritus, au Nouvel Obs comme ailleurs.&lt;/i&gt; &#187; Et &#224; Pascale Clark revient la t&#226;che de stopper cet &#233;change de haute vol&#233;e : &#171; &lt;i&gt;il faut qu'on marque une pause&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aussi. Faut-il rappeler que la rh&#233;torique du &#171; nettoyage &#187; appartient aux guerres coloniales, et en particulier &#224; la Guerre d'Alg&#233;rie ? Et que la rh&#233;torique des &#171; d&#233;tritus &#187; (ou des &#171; d&#233;chets &#187;) appartient &#224; tous ceux qui d&#233;couvrent p&#233;riodiquement une &#171; sous-humanit&#233; &#187; ? La vigilance qui s'exerce sur certains &#233;carts de langage doit-elle &#234;tre s&#233;lective ? Les journalistes n'ont-ils pas aussi pour fonction de veiller au sens et aux r&#233;sonances des mots ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Claude Askolovitch, ivre de col&#232;re, tient des propos de comptoir, quelques semaines auparavant, un autre journaliste du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, Serge Raffy p&#233;tri de sagesse, &#233;clairait le peuple qui ne pense qu'&#224; consommer : &#171; &lt;i&gt;Je pense que malheureusement il faut dire aux Fran&#231;ais : oui, les probl&#232;mes sociaux, votre petit confort personnel, eh bien, aujourd'hui &#231;a doit passer en second. Et aujourd'hui, il y a des choses beaucoup plus graves qui peuvent nous tomber sur la t&#234;te. Et il faut d&#233;fendre l'Europe ! Dans ces conditions-l&#224;, ils ne peuvent pas dire non. &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;i-t&#233;l&#233;vision, 29 mars 2005. Cit&#233; dans &#034;Les m&#233;dias en tenue de campagne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction d'Acrimed : &#171; &lt;i&gt;Acceptez donc de laisser au second plan vos probl&#232;mes sociaux et votre &#171; petit confort personnel &#187; et nous &#171; nettoierons &#187; vos quartiers de rel&#233;gation sociale !&lt;/i&gt; &#187;. Est-ce une bonne lecture du &lt;i&gt;Nouvel Observateur &lt;/i&gt; ? Aux lecteurs de juger...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mathias Reymond&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une d&#233;p&#234;che de l'AFP fait &#233;tat d'une d&#233;claration &#233;manant du SM qui estimait &#171; &lt;i&gt;qu'on est dans le registre militaire, on continue dans la d&#233;magogie.&lt;/i&gt; &#187;. Un communiqu&#233; du 22 juin (que Claude Askolovitch ne pouvait pas conna&#238;tre) pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;Le ministre de l'int&#233;rieur appelle &#224; la haine&lt;/strong&gt; Non content d'avoir d&#233;rap&#233; une premi&#232;re fois en annon&#231;ant son intention de &#034;nettoyer&#034; la cit&#233; des 4000 &#224; la Courneuve, le ministre de l'int&#233;rieur a r&#233;cidiv&#233; en r&#233;affirmant la n&#233;cessit&#233; selon lui de &#034;nettoyer&#034;, particuli&#232;rement lorsque des jeunes vendent de la drogue dans les halls d'immeubles ou lorsque des gens ne se l&#232;vent pas le matin car ils vivent de l'argent de la d&#233;linquance. Par de tels propos le ministre de l'int&#233;rieur rompt avec le pacte r&#233;publicain en entretenant d&#233;lib&#233;r&#233;ment l'amalgame entre d&#233;linquance, jeunesse et ch&#244;mage. En utilisant le terme de nettoyage il appelle explicitement &#224; la haine. Le Syndicat de la magistrature d&#233;nonce une nouvelle fois la d&#233;magogie du ministre de l'int&#233;rieur dont l'anath&#232;me constitue la seule m&#233;thode.. &#187;&lt;/i&gt; (Pr&#233;cisions d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le lien vers le communiqu&#233; du Mrap est &lt;a href=&#034;http://www.mrap.fr/droits-des-migrants-et-etrangers/legislation/nicolas-sarkozy-des-propos-choquants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;i-t&#233;l&#233;vision, 29 mars 2005. Cit&#233; dans &#034;Les m&#233;dias en tenue de campagne europ&#233;enne&#034;, &lt;i&gt; Le Monde Diplomatique &lt;/i&gt;, mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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