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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Quelle critique des m&#233;dias ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Quelle-critique-des-medias-5683</link>
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		<dc:date>2018-02-22T21:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acrimed</dc:creator>


		<dc:subject>Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Objectifs d'Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Quelle(s) critique(s) ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur les fondements de la critique des m&#233;dias pratiqu&#233;e par Acrimed depuis plus de vingt ans.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Quelle-critique-des-medias-" rel="directory"&gt;Quelle critique des m&#233;dias ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Acrimed-214-+" rel="tag"&gt;Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Objectifs-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;Objectifs d'Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quelle-s-critique-s-+" rel="tag"&gt;Quelle(s) critique(s) ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton5683-5ef5c.jpg?1726232511' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Notre association s'est r&#233;unie en Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale le 3 f&#233;vrier 2018 et a adopt&#233; la Charte d'orientation suivante. Parce que le paysage de la critique des m&#233;dias se diversifie, pour le meilleur mais aussi bien souvent pour le pire, il nous a sembl&#233; important de revenir sur les fondements de celle que nous essayons de mettre en &#339;uvre, depuis plus de vingt ans. Nous abordons dans ce texte trois points essentiels : Pourquoi critiquer les m&#233;dias ? Quelle critique pour Acrimed ? Quel rapport notre association entretient-elle avec les m&#233;dias ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la suite des grandes gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre 1995 contre le &#171; plan Jupp&#233; &#187; de r&#233;forme des retraites et de la s&#233;curit&#233; sociale, et en raison de &#171; la mani&#232;re d&#233;testable &#187; dont les grands m&#233;dias en avaient rendu compte, &#233;tait lanc&#233; en mars 1996 un &#171; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Appel-pour-une-action-democratique-sur-le-terrain-des-medias-1996&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Appel pour une action d&#233;mocratique sur le terrain des m&#233;dias&lt;/a&gt; &#187; &#224; partir duquel devait &#234;tre constitu&#233;e, un mois plus tard, notre association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'&#233;tions ni les premiers ni les seuls. Depuis le XIXe si&#232;cle au moins, la critique des m&#233;dias a toujours accompagn&#233; l'histoire des m&#233;dias. Et Acrimed est n&#233;e dans un contexte marqu&#233; par la parution de &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt; de Pierre Bourdieu (1996), puis des &lt;i&gt;Nouveaux Chiens de garde&lt;/i&gt; de Serge Halimi (1997) et la diffusion du documentaire de Pierre Carles, &lt;i&gt;Pas vu, pas pris&lt;/i&gt; (1998). Un &#171; p&#244;le de radicalit&#233; &#187; s'est constitu&#233; qui, dans toute sa diversit&#233; et parfois avec ses divergences, a compris et parfois comprend encore, outre Acrimed, les journaux &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; puis &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt;, les documentaires de Pierre Carles, les images et les sons du collectif Nada ou du site de &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187;, les articles du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; et, embl&#233;matique, le film &lt;i&gt;Les Nouveaux Chiens de garde&lt;/i&gt;, entre autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1996, date de la constitution de notre association, le paysage de la critique des m&#233;dias s'est profond&#233;ment modifi&#233;. La critique des m&#233;dias prolif&#232;re et ne cesse de se r&#233;pandre. Le pire voisine le meilleur. Celle de notre association n'est pas d&#233;nu&#233;e de pr&#233;suppos&#233;s auxquels adh&#232;rent globalement nos adh&#233;rent&#183;e&#183;s. Les voici.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pr&#233;ambule : - Pour quelles raisons ? &#8211; Pourquoi critiquer les m&#233;dias ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La critique des m&#233;dias telle que nous la concevons se justifie par ses enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; Si, sous certaines conditions, pour peu qu'ils soient ind&#233;pendants et pluralistes, les m&#233;dias sont indispensables &#224; la d&#233;mocratie, la critique des m&#233;dias leur est indispensable. C'est dire qu'elle est elle aussi indispensable &#224; la d&#233;mocratie, de quelque mani&#232;re qu'on la d&#233;finisse ou l'envisage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels qu'en soient les supports, les formes et les genres, les m&#233;dias sont indispensables &#224; la diffusion des informations et des d&#233;bats, ainsi qu'&#224; celle de la culture et du divertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fonctions n&#233;cessaires, mais mal remplies quand les m&#233;dias restent plac&#233;s sous la double d&#233;pendance, plus ou moins affirm&#233;e, des pouvoirs &#233;conomique et politique. &lt;strong&gt;La critique des m&#233;dias se doit d'&#234;tre vigilante quant aux mutilations, induites par cette double d&#233;pendance, qui affectent la diversit&#233; et la qualit&#233; des productions m&#233;diatiques&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Si les m&#233;dias exercent des pouvoirs, ces pouvoirs doivent se voir opposer, si faibles soient-ils, des contre-pouvoirs. Les m&#233;dias ne sont pas tout-puissants. Ils ne sont pas aussi puissants qu'on le croit commun&#233;ment ou qu'ils le pr&#233;tendent, quand ils s'affichent comme un &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187;. Mais ils exercent des pouvoirs (de cons&#233;cration ou de stigmatisation, d'incitation et de dissuasion, de prescription et de probl&#233;matisation, de cadrage et d'exclusion). Quand ces pouvoirs s'exercent dans le m&#234;me sens, les m&#233;dias exercent une domination symbolique. &#192; ce titre, ce sont des auxiliaires, voire des rouages de toutes les formes de domination : &#233;conomique, sociale et politique. &lt;strong&gt;La critique des m&#233;dias oppose ses contre-pouvoirs aux pouvoirs des m&#233;dias et &#224; leur domination symbolique&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Si les m&#233;dias exercent des pouvoirs, ils les exercent dans tous les domaines. Les m&#233;dias ne constituent pas un secteur dont les activit&#233;s seraient ind&#233;pendantes de toutes les autres et dont toutes les autres seraient ind&#233;pendantes. Toutes les dimensions de l'existence des hommes et des femmes sont concern&#233;es par les m&#233;dias et par leur m&#233;diatisation : qu'il s'agisse de leurs dimensions nationales ou internationales, et de toutes les dimensions de la vie &#233;conomique, sociale, culturelle ou politique. Une d&#233;plorable routine, quand ce n'est pas un complet aveuglement, incite pourtant &#224; traiter les questions que soul&#232;vent les m&#233;dias comme des questions sectorielles, voire marginales : un domaine d'analyse, d'observation et, le cas &#233;chant, de contestation, parmi d'autres. Autrement dit, un front secondaire. &lt;strong&gt;L'observation et la critique des m&#233;dias doivent avoir pour objectifs de leur reconna&#238;tre la place centrale qu'ils occupent et la place transversale qui est la leur&lt;/strong&gt;, ainsi que d'inciter tous les acteurs de la vie sociale &#224; faire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;4.&lt;/strong&gt; Si un autre monde est n&#233;cessaire, d'autres m&#233;dias le sont aussi. L'ordre social et politique existant, national et international, n'est pas immuable. S'il n'appartient pas &#224; la critique des m&#233;dias de proposer les objectifs et les moyens de sa transformation, elle en est n&#233;cessairement partie prenante. Et entre toutes les options possibles, la n&#244;tre est d'&#234;tre partie prenante du mouvement altermondialiste (selon une appellation qui semble &#234;tre tomb&#233;e en d&#233;su&#233;tude) et d'une gauche de gauche que chacun&#183;e peut d&#233;finir comme il l'entend pour peu que cette gauche soit effectivement en lutte contre toutes les formes d'exploitation et d'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est donc le principal motif de notre critique des m&#233;dias : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Si un autre monde est possible, d'autres m&#233;dias le sont aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour qu'un autre monde soit possible, d'autres m&#233;dias sont n&#233;cessaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;I &#8211; Quelle critique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une critique radicale&lt;/strong&gt;. Notre critique est une critique &lt;strong&gt;radicale&lt;/strong&gt; parce qu'elle s'efforce de prendre les choses &#224; la racine ou aux racines. Et les racines, quand il s'agit des m&#233;dias, ce sont notamment leurs formes d'appropriation, les d&#233;terminations sociales des journalistes, leurs rapports aux pouvoirs &#233;conomique et politique. Notre critique se d&#233;fend des raccourcis et se d&#233;fie des survols. Des raccourcis qui, par exemple, attribuent &#224; des manipulations intentionnelles toutes les malfa&#231;ons et d&#233;rives m&#233;diatiques. Des survols qui sont souvent ceux de la critique m&#233;diatique des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette critique se borne g&#233;n&#233;ralement &#224; relever des manquements &#224; la &#171; d&#233;ontologie &#187; : elle d&#233;crit des pratiques journalistiques et d&#233;plore des fautes professionnelles, mais sans mettre en &#233;vidence les contraintes qui les expliquent ; elle d&#233;nonce des &#171; pressions &#187;, &#233;conomiques et politiques, mais sans s'attarder sur ce qui les rend possibles et efficaces ; elle pourfend les censures visibles, mais n&#233;glige les censures invisibles ; elle conc&#232;de des &#171; d&#233;rapages &#187; propagandistes, mais s'accommode de la pens&#233;e de march&#233; ; elle prescrit des corrections &#224; la marge, mais sans mettre en cause l'ordre m&#233;diatique existant. Cette critique est insuffisante, surtout quand elle se pr&#233;sente comme autosuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre critique s'efforce d'expliquer et d'&#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;A. Une critique explicative, une critique normative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Notre critique est &lt;strong&gt;explicative&lt;/strong&gt;. C'est une critique des formes d'appropriation des m&#233;dias, des logiques &#233;conomiques et sociales qui les gouvernent, de la marchandisation de l'information et de la culture qui en d&#233;coule : tout ne s'explique pas par elles, mais rien ne s'explique sans elles. Pour ne pas verser dans un &#233;conomisme &#224; courte vue, notre critique s'&#233;tend aux conditions sociales et politiques d'exercice des m&#233;tiers du journalisme : aux rapports de comp&#233;tition et de domination qui r&#232;gnent dans les m&#233;dias, ainsi qu'aux formes de subordination des m&#233;dias aux gouvernants et &#224; l'organisation des pouvoirs publics. &lt;br class='autobr' /&gt;
La critique que nous proposons s'efforce de rendre visible ce qui ne l'est pas ou pas totalement. Mais elle n'attribue pas &#224; l'action de quelques acteurs les malfa&#231;ons de l'information et les distorsions de l'espace public. Eux-m&#234;mes ne sont, &#224; bien des &#233;gards, que des sympt&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il le pr&#233;ciser ? Les journalistes ne sont pas &#171; tous pourris &#187;. Rouages d'une machinerie qu'ils ne contr&#244;lent pas, m&#234;me quand ils se croient ind&#233;pendants, la plupart d'entre eux sont des ex&#233;cutants, comme dans nombre de professions, surtout au niveau subalterne. Ils ne sont pas responsables des raisons sociales de leur d&#233;pendance. C'est pourquoi notre critique s'efforce de diff&#233;rencier les propri&#233;taires et les tenanciers des m&#233;dias d'une part et, de l'autre, les soutiers de l'information qui d&#233;sinforment, quand ils le font, sans toujours le vouloir : tout simplement parce qu'ils ont int&#233;rioris&#233; des contraintes marchandes (l'audience, la diffusion, le formatage) comme des qualit&#233;s professionnelles. Cette m&#234;me critique invite &#224; distinguer les ex&#233;cutants dociles et complaisants, heureux de n'&#234;tre que des rouages, et les rouages indociles ou r&#233;calcitrants qui tant&#244;t se r&#233;signent &#224; faire ce qu'on leur demande &#171; parce qu'il faut bien vivre &#187;, tant&#244;t tentent et parfois r&#233;ussissent &#224; introduire quelques grains de sable dans la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une critique explicative n'est pas condamn&#233;e &#224; &#234;tre doctrinaire. Notre critique ne jure pas en permanence par Marx et par Bourdieu. Elle tire le meilleur parti possible de l'analyse &#233;conomique des m&#233;dias (quand elle n'est pas lib&#233;ralo-capitaliste), de la sociologie des journalismes (quand elle porte sur des positions sociales et des relations et non sur de simples descriptions). &#192; ce titre, nous devons faire fl&#232;che et faire feu des meilleurs bois parmi les critiques des m&#233;dias qui existent en dehors de nous et en tirer parti, pour pr&#233;ciser et renouveler notre critique, pour ne pas &#234;tre condamn&#233;s au ressassement de v&#233;rit&#233;s premi&#232;res. Certes, dans la mesure o&#249; elles changent peu (mais elles changent&#8230;), les m&#234;mes causes produisent les m&#234;mes effets : notre critique est in&#233;vitablement r&#233;p&#233;titive, mais elle ne devrait pas &#234;tre routini&#232;re. Les meilleurs bois nous incitent &#224; actualiser sans cesse ses contenus et ses formes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les fondements explicatifs de notre critique, voir annexe II.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; Notre critique est &lt;strong&gt;normative&lt;/strong&gt;. Notre critique n'est pas seulement explicative, mais elle &#233;value les transformations des m&#233;dias, les &#233;volutions du journalisme et de ses pratiques, les qualit&#233;s et les d&#233;fauts des informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une critique normative n'est pas condamn&#233;e &#224; &#234;tre id&#233;aliste. Notre critique n'oppose pas un journalisme id&#233;al dont nous inventerions les normes au journalisme r&#233;ellement existant. Ce journalisme pr&#233;tendument id&#233;al aurait toutes les chances d'&#234;tre strictement partisan et &#233;litaire. Notre critique, au contraire, prend pour normes les id&#233;aux, voire les mythes, auxquels se r&#233;f&#232;re le journalisme r&#233;ellement existant et les met &#224; l'&#233;preuve de la r&#233;alit&#233;. Vous dites &#171; ind&#233;pendance des journalistes &#187;, &#171; pluralisme des opinions &#187;, &#171; diversit&#233; et exactitude (voire objectivit&#233;) des informations &#187; ? V&#233;rifions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, cette critique n'est pas prioritairement destin&#233;e aux journalistes ou, plus g&#233;n&#233;ralement, aux professionnels des m&#233;dias. Elle s'adresse &#224; la fois aux acteurs et aux usagers de l'information et de la culture. Elle s'efforce de contribuer &#224; une &#233;ducation aux m&#233;dias, dont les enjeux d&#233;mocratiques ne sont pas exclusivement p&#233;dagogiques et &#224; une contestation des m&#233;dias qui ne se limite pas &#224; leur examen acad&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;B. Une critique intransigeante, une critique politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Une critique intransigeante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre critique est ind&#233;pendante. Acrimed est une association qui ne d&#233;pend d'aucun pouvoir (&#233;conomique, m&#233;diatique ou politique), elle n'est affili&#233;e &#224; aucun parti politique, elle ne se pr&#233;vaut d'aucune &#233;cole ou groupe de pression et n'est financ&#233;e par aucun m&#233;c&#232;ne capitaliste. Et parce qu'elle est ind&#233;pendante, notre critique peut, sans transiger sur ses valeurs et ses &lt;br class='autobr' /&gt;
analyses, se livrer &#224; une d&#233;nonciation sans complaisance de l'ordre m&#233;diatique et de ses gardiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre critique est intransigeante parce qu'elle ne se laisse pas intimider par les m&#233;dias dominants et l'&#233;ditocratie qui les dirige. Parce qu'elle &#233;nonce sans fard et d&#233;nonce sans pruderie, mais sans jamais renoncer &#224; expliquer, cette critique s'expose &#224; la vindicte des tenanciers des m&#233;dias, des chefferies &#233;ditoriales et des experts consacr&#233;s par ces derniers. Qu'importe ! Nous n'entendons pas nous laisser intimider par leur pouvoir. Ce pouvoir et le &#171; pouvoir &#187; des m&#233;dias, ce sont aussi et peut-&#234;tre surtout ceux qui leur sont conc&#233;d&#233;s par ceux qui les subissent. L'&#171; autorit&#233; &#187; des sommit&#233;s m&#233;diatiques (et particuli&#232;rement celle des experts pour m&#233;dias) est d'abord celle que leur conf&#232;re leur omnipr&#233;sence. Ce &#171; pouvoir &#187; et cette &#171; autorit&#233; &#187; s'incarnent dans des personnes. Pourquoi faudrait-il taire leurs noms, du moins quand ces noms incarnent des positions de pouvoir &#8211; que d'autres &#171; noms &#187; pourraient occuper ? Avec les m&#234;mes effets, si rien ne change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une telle critique peut d&#233;boucher sur des r&#233;formes, tant mieux ! mais ce n'est pas en &#233;moussant son tranchant qu'elle esp&#232;re y parvenir. Si une telle critique est incompatible avec les r&#232;gles de la biens&#233;ance m&#233;diatique que cherchent &#224; imposer ceux qui contr&#244;lent l'acc&#232;s aux m&#233;dias dominants, tant pis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Notre critique est intransigeante, mais elle n'est pas sectaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Tout ce qui n'est pas semblable &#224; nous n'est pas uniform&#233;ment contre nous. Notre critique hi&#233;rarchise ses cibles. Sa radicalit&#233; ne se mesure pas &#224; sa virulence. Elle ne s'adresse pas &#224; des consommateurs de contestation d'autant plus contestataires qu'ils se bornent &#224; consommer leurs indignations. Elle ne confond pas position et posture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Notre critique ne cultive pas un splendide isolement qui, quelle que soit son audience, nous condamnerait &#224; la marginalit&#233;. Elle distingue ceux qu'il faut convaincre de ceux qu'il faut combattre. Elle ne confond pas ses adversaires et ses partenaires, les divergences de fond et les divergences de d&#233;tail qui ne sont parfois que de simples diff&#233;rences. Mieux : elle cherche &#224; faire converger ces diff&#233;rences pour b&#226;tir un front commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, une telle critique n'est ni un exutoire, ni un divertissement de dilettante. Elle s'efforce de rendre sensible la n&#233;cessit&#233;, voire l'urgence de transformations du monde des m&#233;dias et, par cons&#233;quent, de formuler et de justifier les propositions correspondantes. C'est donc une critique politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Une critique politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre critique est politique. Mais en quel sens et dans quelles limites ? Cette critique n'a pas pour objectif d'opposer une orientation politique aux orientations politiques des m&#233;dias. En ce sens ce n'est pas une critique de parti-pris (qui pourrait &#234;tre celle d'une formation politique) que nous opposerions aux partis-pris politiques des m&#233;dias que nous critiquons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre critique est politique d'abord et principalement parce qu'elle entend faire de la question des m&#233;dias et des journalismes une question politique &#8211; la principale (sinon la seule) question politique qui nous occupe et fait l'objet de prises de position publiques. Elle est politique parce qu'elle attribue les d&#233;pendances des journalistes, les mutilations du pluralisme et les ravages de la mal-information &#224; des faits de domination &#233;conomique, sociale et politique, commun&#233;ment et g&#233;n&#233;riquement contest&#233;s par la gauche quand elle est de gauche : une &#171; gauche de gauche &#187; dont il ne nous appartient pas de donner une d&#233;finition partisane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Si notre critique est une critique politique, c'est en raison de ses fondements et de ses objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les fondements de notre critique ne sont pas, en effet, sans cons&#233;quences. Comment pourrait-il en &#234;tre autrement s'il est vrai que ce sont les formes d'appropriation des m&#233;dias, les contraintes capitalistes auxquelles ils sont assujettis, les rapports de concurrence commerciale qui les r&#233;gissent, les rapports de force et de lutte au sein du microcosme m&#233;diatique qui conditionnent et infl&#233;chissent &#224; la fois les orientations &#233;ditoriales, la d&#233;pendance des journalistes et les mutilations du pluralisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les objectifs politiques de notre critique sont coh&#233;rents avec sa radicalit&#233;. C'est logiquement qu'ils prennent pour cibles non seulement les effets du lib&#233;ralisme &#233;conomique, mais aussi des formes pr&#233;cises de domination sociale et politique. C'est non moins logiquement que cette critique de l'ordre m&#233;diatique existant, des fonctions qu'il remplit et des conditions sociales et politiques de sa reproduction est une critique politique qui nourrit des propositions alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Comment s'&#233;tonner d&#232;s lors si nous en appelons &#224; une gauche de gauche &#8211; associative, syndicale et politique &#8211; qui serait en mesure, quels que soient ses contours et ses diff&#233;rences, de poser, &#224; nouveau et enfin, les questions de l'information et de la culture comme des questions d&#233;mocratiques et politiques essentielles &#8211; et de contester, proposer, mobiliser en cons&#233;quence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journalistes pr&#233;tendent souvent (mais pas toujours) &#224; &#171; l'objectivit&#233; &#187; et &#224; la &#171; neutralit&#233; &#187;. Nous n'en demandons pas tant. Informer, c'est choisir : encore faudrait-il que ces choix ne soient pas arbitraires et mutil&#233;s. Acrimed pr&#233;tend &#224; l'exactitude et non &#224; &#171; l'objectivit&#233; &#187; ou &#224; la &#171; neutralit&#233; &#187;. Invoquer la neutralit&#233;, c'est entretenir une illusion qui dissimule tous les partis pris. Une pr&#233;tendue neutralit&#233; de la critique neutraliserait toute critique. Rien d'&#233;tonnant, par cons&#233;quent, &#224; ce que cette neutralit&#233; soit exig&#233;e par toutes celles et tous ceux qui veulent se d&#233;rober &#224; toute critique, &#224; commencer par la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, sans en faire un programme et encore moins notre programme, nous n'h&#233;sitons pas &#224; nous pr&#233;valoir de la critique du capitalisme et de l'Europe lib&#233;rale, de celle du sexisme et du racisme, des guerres imp&#233;riales et des oppressions coloniales. Entre autres&#8230; Mais Acrimed ne critique pas directement les m&#233;dias pour les positions id&#233;ologiques et politiques qu'ils adoptent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pr&#233;cis&#233;ment parce que nous d&#233;fendons le pluralisme, cette critique politique n'est pas ou pas prioritairement une critique de parti pris contre les partis pris des m&#233;dias ou de certains d'entre eux. En d&#233;masquant la propagande &#224; sens unique, il ne s'agit pas de faire de l'observation critique une simple occasion de contre-propagande, ou de contester une orientation &#233;ditoriale pour formuler une orientation politique alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question politique qui nous occupe est celle d'une n&#233;cessaire transformation des m&#233;dias. Notre critique est celle de leurs formes d'appropriation et la mise &#224; l'&#233;preuve des id&#233;aux dont se pr&#233;vaut le journalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;(4) &lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Notre critique est politique, mais elle n'est pas partisane&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acrimed n'est pas la commission m&#233;dias d'un parti politique (r&#233;el ou imaginaire), d'un syndicat g&#233;n&#233;raliste (ou cat&#233;goriel), d'une association globalisante (ou sp&#233;cifique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas vocation &#224; statuer sur le fond des sujets trait&#233;s par les m&#233;dias. Nombre de critiques auxquelles nous avons recours ne sont, pour l'essentiel, que des &#233;clairages. Qu'il s'agisse de la critique du lib&#233;ralisme &#233;conomique (car il en existe de toutes sortes, y compris au sein de la gauche qui n'est pas vraiment de gauche) ou de l'Europe lib&#233;rale (car elle comporte de nombreuses vari&#233;t&#233;s, des partisans d'une Europe sociale &#224; ceux d'une sortie de l'Union europ&#233;enne). Qu'il s'agisse du racisme ou du sexisme. Qu'il s'agisse des questions dites &#171; environnementales &#187; (car l'&#233;cologie est tr&#232;s diverse, et qu'il existe par exemple des partisans du nucl&#233;aire au nom de l'&#233;cologie) ou des questions internationales (des droits qui doivent &#234;tre d&#233;fendus, mais de plusieurs points de vue) et des guerres qui sont men&#233;es (qui ne m&#233;ritent aucun suivisme). Entre autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela bien que nous puissions nous pr&#233;valoir de la critique du capitalisme et de l'Europe lib&#233;rale, de celle du sexisme et du racisme, des guerres imp&#233;riales et des oppressions coloniales. Mais tout cela, d'abord et toujours, pour mettre en &#233;vidence les d&#233;pendances du journalisme, les mutilations de la diversit&#233; des informations et de la pluralit&#233; des opinions, les inexactitudes et les mensonges qu'alimentent notamment des partis pris dissimul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;II - Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quels rapports entretenir avec les m&#233;dias, et en particulier avec les m&#233;dias dominants ? Inlassablement, nous soumettons cette question aux associations, aux syndicats, aux formations politiques, aux acteurs des mobilisations sociales qui, sans doute, se la posent sans nous. Inlassablement, nous leur proposons quelques analyses du &#171; champ de bataille &#187; et nous les interpellons, non pour leur prescrire ce qu'ils doivent faire, mais pour qu'ils ne se bornent pas &#224; traiter les m&#233;dias comme des instruments, plus ou moins dociles, mais neutres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelles sont les r&#233;ponses qu'Acrimed, pour son propre compte et en fonction des particularit&#233;s de son action, apporte &#224; cette question ? Discut&#233;es lors d'une Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale tenue en juin 2007, les quelques propositions qui suivent ne marquent qu'une &#233;tape dans un d&#233;bat toujours ouvert. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quels m&#233;dias l'association Acrimed s'adresse-t-elle directement pour faire conna&#238;tre ses analyses et ses propositions ? &#192; quelles conditions l'association Acrimed intervient-elle dans les m&#233;dias qu'elle observe et qu'elle critique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Acrimed n'est presque jamais invit&#233; dans les grands m&#233;dias, ce n'est &#233;videmment pas en raison de ces conditions !&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;A. En toute ind&#233;pendance&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Ind&#233;pendante&lt;/strong&gt;, l'association Acrimed, consciente des risques d'instrumentalisation, de r&#233;cup&#233;ration et de banalisation, fait d'abord conna&#238;tre ses critiques et ses propositions par ses propres moyens et ses propres m&#233;dias. Mais elle s'appuie aussi, pour les diffuser, sur d'autres m&#233;dias et sur d'autres forces : sur les m&#233;dias alternatifs dans la mesure o&#249; ils sont la critique en acte des m&#233;dias dominants et pour peu qu'ils pratiquent ouvertement la critique de ces m&#234;mes m&#233;dias ; sur les m&#233;dias qui soutiennent les mouvements sociaux au sein de la galaxie de la gauche de gauche et pour peu qu'ils respectent notre ind&#233;pendance ; sur les syndicats et associations de journalistes dans la mesure o&#249; ils d&#233;fendent le droit d'informer dans toutes ses dimensions et pour peu qu'ils se battent pour une information lib&#233;r&#233;e des contraintes impos&#233;es par sa marchandisation ; sur les composantes du mouvement altermondialiste dans la mesure o&#249; elles contestent l'ordre marchand et pour peu qu'elles int&#232;grent &#224; leur combat la contestation de l'ordre m&#233;diatique existant. C'est &#224; ces priorit&#233;s que sont subordonn&#233;es nos interventions dans d'autres m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;D&#233;mocratique&lt;/strong&gt;, l'Association Acrimed entend naturellement exercer sa vigilance sur elle-m&#234;me. Elle veille &#224; garder la ma&#238;trise du choix de ses porte-parole, refuse de l'abandonner &#224; des journalistes (voire &#224; des acteurs collectifs) en qu&#234;te de &#171; personnalit&#233;s &#187; et cherche &#224; &#233;viter toute personnification de son action collective, alors m&#234;me que les m&#233;dias (confort&#233;s en cela par un individualisme sans frein) concourent &#224; cette forme de politique de la d&#233;politisation qui d&#233;grade le d&#233;bat public et la vie d&#233;mocratique en spectacle m&#233;diatique : une d&#233;gradation dont nous ne saurions &#234;tre les acteurs consentants ou les t&#233;moins silencieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Critique &#224; l'&#233;gard des m&#233;dias dominants&lt;/strong&gt;, Acrimed entend tirer les cons&#233;quences de cette critique, en choisissant elle-m&#234;me ses modes d'intervention, sans se soumettre aux conditions impos&#233;es par ces m&#234;mes m&#233;dias. Son r&#244;le principal est d'informer sur ces m&#233;dias et sur leurs sollicitations et non de r&#233;pondre &#224; ces sollicitations ; de contester leurs insuffisances, voire leur nocivit&#233;, et non de leur servir d'alibi ou d'en tirer parti. Nous n'entendons pas laisser banaliser ou neutraliser cette critique en acceptant sans broncher des conditions et les formats d'expression qui d&#233;bouchent, souvent sans que les journalistes le veuillent et m&#234;me sans qu'ils le voient, sur une information-marchandise appauvrie, notamment par le culte de l'image, de l'instantan&#233;, de la bri&#232;vet&#233; et de la rapidit&#233;, ainsi que par la pol&#233;mique vide pour plateau t&#233;l&#233; ou par &#171; tribunes &#187; interpos&#233;es. Si elle se laissait couler dans ce moule, la critique des m&#233;dias, ne r&#233;sisterait pas mieux que d'autres &#171; produits &#187; d&#233;j&#224; d&#233;glutis et dig&#233;r&#233;s par les grands estomacs m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;(4)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Acteur du d&#233;bat public&lt;/strong&gt;, Acrimed entend contribuer &#224; son animation en multipliant les espaces de discussion et de confrontation, sans se laisser s&#233;duire par les formes m&#233;diatiques des d&#233;bats, g&#233;n&#233;ralement &#224; sens unique, m&#234;me quand ils sont &#224; plusieurs voix ou quand ils accordent un strapontin ou des &#171; niches &#187; aux contestataires. Nous n'entendons pas conc&#233;der aux m&#233;dias de masse le monopole auquel ils pr&#233;tendent. Se juger soumis &#224; l'alternative compromission m&#233;diatique / silence social reviendrait &#224; conc&#233;der aux tenanciers des m&#233;dias une immense victoire : l'id&#233;e qu'il est impossible de s'informer et de d&#233;battre, d'agir et de vivre sans eux. Or d&#233;battre de ce que disent les m&#233;dias, ce n'est pas prioritairement s'&#233;battre en leur sein. Mais, qu'il s'agisse d'informer, d'argumenter ou de d&#233;battre, Acrimed, si elle n'entend pas se soumettre aux conditions impos&#233;es par les m&#233;dias dominants, n'entend pas non plus renoncer &#224; s'exprimer dans ces m&#233;dias, &#224; participer en leur sein aux conflits sur le droit d'informer et de d&#233;battre dont ils peuvent &#234;tre la cible et l'instrument et &#224; faire pr&#233;valoir dans ce but ses propres conditions d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; d&#233;terminer ce qu'elles peuvent &#234;tre, sans transiger sur les quelques principes qui pr&#233;c&#232;dent et qui valent particuli&#232;rement pour une association de critique des m&#233;dias susceptible d'intervenir dans les m&#233;dias qu'elle critique.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;B. &#8230; Face aux m&#233;dias dominants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Exercer notre droit d'informer&lt;/strong&gt;. Les journalistes invoquent, g&#233;n&#233;ralement &#224; juste titre, le droit d'informer. Mais certains d'entre eux pr&#233;tendent le monopoliser. Notre droit d'informer n'est pas moins respectable que le leur. Et pour &#234;tre respect&#233;, il doit &#234;tre compatible avec ce que nous voulons dire et la fa&#231;on de le dire. Qu'il s'agisse d'entretiens ou de &#171; tribunes &#187; dans la presse &#233;crite, d'interviews ou de participations &#224; des d&#233;bats dans l'audiovisuel ou sur Internet, notre participation doit avoir pour seul objectif de faire conna&#238;tre nos positions, nos prises de position et nos interventions pour ce qu'elles sont et telles qu'elles sont, sans en &#233;mousser le tranchant ni en diluer l'originalit&#233;. Bref, en refusant de servir de caution d&#233;corative, dispos&#233;e &#224; laisser neutraliser sa contestation et banaliser ses analyses, sous pr&#233;texte de se faire conna&#238;tre ou reconna&#238;tre (y compris des m&#233;dias, des espaces ou des &#233;missions qui nous sont les moins d&#233;favorables). Si nous devons chercher &#224; nous faire conna&#238;tre ou reconna&#238;tre, c'est pour ce que nous pensons et ce que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est plus facile &#224; dire qu'&#224; faire. Mais l'on ne se prot&#232;ge pas des risques en refusant de les prendre&#8230; sous certaines conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions que nous nous posons et que nous posons &#224; notre expression dans les m&#233;dias dominants sont partie int&#233;grante de notre critique. En l'occurrence il s'agit de rendre (et de nous rendre) difficiles les gestes trop faciles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos acceptations comme nos refus doivent &#234;tre toujours circonstanci&#233;s. Mais bien qu'ils varient selon les circonstances (et n'ob&#233;issent pas, en tous points, &#224; des prescriptions, &#224; tous &#233;gards, imp&#233;ratives), on peut se fixer quelques r&#232;gles g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Savoir refuser&lt;/strong&gt;. Nous devons refuser les contraintes qui contreviennent &#224; notre droit d'informer conform&#233;ment &#224; ce que nous avons &#224; dire. Nous devons refuser :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'injonction de rapidit&#233;&lt;/i&gt; : le journalisme, ordinairement, impose des r&#233;actions &#224; chaud sur les sujets les plus divers. R&#233;pondre s&#233;ance tenante aux injonctions des journalistes sur les sujets de leur fantaisie interdit g&#233;n&#233;ralement que cette r&#233;ponse soit autre chose qu'une r&#233;action superficielle d&#233;nu&#233;e d'int&#233;r&#234;t et/ou une r&#233;action individuelle, d&#233;connect&#233;e de toute d&#233;lib&#233;ration collective. C'est pourquoi nous devons veiller &#224; ce qu'elle ne soit ni l'une ni l'autre dans les rares cas o&#249; une r&#233;action instantan&#233;e semblerait s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'injonction de bri&#232;vet&#233;&lt;/i&gt; : le journalisme, ordinairement, propose et se propose de faire bref. Sauf exception (appel &#224; une action, par exemple), cette exigence est incompatible avec le contenu de notre critique. Elle expose au simplisme, alors m&#234;me que l'on nous accuse g&#233;n&#233;ralement d'&#234;tre simplistes : comment pourrions-nous r&#233;pondre &#224; des invitations &#224; nous tirer une balle dans le pied ? C'est pourquoi nous devons veiller au nombre de signes qui nous sont allou&#233;s et au temps de parole qui nous est imparti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'injonction de confiance&lt;/i&gt; : le journalisme, ordinairement, revendique la ma&#238;trise de la r&#233;daction ou du montage des propos qu'il recueille. Si nous n'avons pas la ma&#238;trise du contexte (que nous devrons, si n&#233;cessaire, savoir refuser), nous devons avoir la ma&#238;trise des propos qui nous sont attribu&#233;s, et exiger, sauf exception, la relecture avant publication (ou laisser libre le journaliste de se servir de nos propos mais sans les citer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'injonction de biens&#233;ance&lt;/i&gt; : le journalisme, ordinairement, consid&#232;re qu'en nous interrogeant il nous fait une faveur qui nous oblige &#224; ne pas le contredire ou &#224; nous taire sur le m&#233;dia pour lequel il travaille. Soucieux de pr&#233;server notre ind&#233;pendance critique et de ne pas devenir l'instrument d'un grand m&#233;dia contre un autre, nous devons essayer, chaque fois que la situation l'exige, d'informer des &#233;ventuels manquements du m&#233;dia ou de l'interlocuteur qui nous accorde la parole, en sachant d&#233;jouer les pi&#232;ges d'une apparente &#171; tol&#233;rance &#187; destin&#233;e &#224; t&#233;moigner de l'ouverture d'esprit de notre h&#244;te et &#224; donner l'image d'une association qui aboie mais qui ne mord pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;(3)&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;S'inscrire dans le d&#233;bat public&lt;/strong&gt;. Le d&#233;bat m&#233;diatique constitue un moyen habituel de civiliser, de discipliner (voire de soudoyer) les opposants &#224; l'ordre m&#233;diatique existant. Nous n'avons pas pour vocation de jouer les contestataires (ou les &#171; experts &#187;) de service et de promouvoir nos propres professionnels du d&#233;bat dans les m&#233;dias. C'est pourquoi nous devons exercer une vigilance particuli&#232;re sur l'objet du d&#233;bat, sur la nature des m&#233;dias et des &#233;missions concern&#233;s, le dispositif du d&#233;bat et les participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, il est exceptionnel que toutes les conditions requises puissent &#234;tre r&#233;unies. L'exiger reviendrait &#224; pr&#233;coniser sans le dire le boycott syst&#233;matique des m&#233;dias dominants ou &#224; n'accepter que quelques &#171; niches &#187; dont nous ferions ainsi la promotion. Ne pas se laisser enfermer dans cette alternative ne va pas sans risques. Mais se servir des m&#233;dias dominants sans leur &#234;tre asservis, les traiter comme des espaces de confrontation et donc de conflits, refuser d'endosser le r&#244;le d'une association obscure, obtuse et r&#233;tive aux d&#233;bats, qui confond son ind&#233;pendance avec son insularit&#233; : tout cela n'impose aucune compromission. Si des compromis peuvent s'av&#233;rer utiles, voire n&#233;cessaires, c'est dans les limites d'une position dont les pr&#233;suppos&#233;s doivent &#234;tre connus publiquement. Voil&#224; qui est fait.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Si un autre monde est possible, d'autres m&#233;dias le sont aussi.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour qu'un autre monde soit possible, d'autres m&#233;dias sont n&#233;cessaires.&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Annexe I : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Appel-pour-une-action-democratique-sur-le-terrain-des-medias-1996&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Appel pour une action d&#233;mocratique sur le terrain des m&#233;dias (1996)&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Annexe II : Les fondements explicatifs de notre critique des m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;La critique des m&#233;dias, des journalismes et des informations n'est pleinement critique que dans la mesure o&#249; elle est explicative. Deux disciplines offrent alors leurs services : l'&#233;conomie et la sociologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;1. La critique des m&#233;dias se fonde sur l'&#233;conomie des m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ne s'explique pas par l'&#233;conomie, mais rien ne s'explique sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;1.1.&lt;/strong&gt; Rien ne s'explique, dans le monde des m&#233;dias sans examen de leur &#233;conomie. Notre critique est une critique des formes d'appropriation des m&#233;dias, des logiques &#233;conomiques qui les gouvernent, de la marchandisation de l'information et de la culture qui en d&#233;coule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;1.2.&lt;/strong&gt; Mais tout ne s'explique pas, dans le monde des m&#233;dias, par leur &#233;conomie. Les contraintes &#233;conomiques s'exercent sur le microcosme social des journalistes qui ne d&#233;pend pas d'elles, du moins directement et m&#233;caniquement, et sans, le plus souvent, qu'ils les per&#231;oivent comme telles. Un &#233;conomisme &#224; coute vue ne permet pas de comprendre ce microcosme qui est l'objet m&#234;me de la sociologie des m&#233;dias et des journalismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;2. La critique des m&#233;dias se fonde sur la sociologie des m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas verser dans un &#233;conomisme &#224; courte vue, notre critique s'&#233;tend aux conditions sociales et politiques d'exercice des m&#233;tiers du journalisme : aux rapports de comp&#233;tition et de domination qui r&#232;gnent dans les m&#233;dias, ainsi qu'aux formes de subordination des m&#233;dias aux gouvernants et &#224; l'organisation des pouvoirs publics. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une telle critique &lt;strong&gt;n'est pas une critique acad&#233;mique&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire une critique qui &lt;strong&gt;s'abrite&lt;/strong&gt; derri&#232;re ses pr&#233;tentions scientifiques pour s'en tenir &#224; l'&#233;tude de son objet et &#224; la mise &#224; distance (critique par cons&#233;quent) des pr&#233;jug&#233;s. C'est une critique qui &lt;strong&gt;s'adosse&lt;/strong&gt; &#224; la sociologie. Mais quelle sociologie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;2.1.&lt;/strong&gt; La sociologie peut &#234;tre critique dans les sens et selon les modalit&#233;s les plus divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La sociologie peut &#234;tre critique, en un premier sens, dans la mesure o&#249; elle &lt;strong&gt;rend visible ce qui est visible&lt;/strong&gt; (pour reprendre, en dehors de son contexte, une expression de Michel Foucault), mais en s'effor&#231;ant de g&#233;n&#233;raliser des observations partielles et de fonder cette observation g&#233;n&#233;ralis&#233;e : ce n'est pas n&#233;gligeable, mais c'est insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas n&#233;gligeable, quand ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme imm&#233;diatement ou ais&#233;ment visible, ce sont les caract&#233;ristiques sociales (origines, formations, &#226;ge, sexe, statut) des journalistes, mais aussi l'ampleur et la composition des r&#233;dactions, la r&#233;partition des m&#233;tiers et des sp&#233;cialit&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La sociologie est ou peut-&#234;tre critique en un second sens, parce qu'elle &lt;strong&gt;rend visible ce qui est cach&#233;&lt;/strong&gt; : les conditions (sociales) de possibilit&#233; de ce que l'on observe. Des logiques sociales sous-jacentes et non des intentions mal&#233;fiques et concert&#233;es, voire des complots ou des conspirations, auxquels nous renvoient quelques esprits forts en falsifications qui ne veulent rien savoir d'autre que ce qu'ils pr&#233;tendent voir ou qu'ils promettent de savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;2.2. &lt;/strong&gt; Pour aller du visible au moins visible, plusieurs formes de sociologie peuvent offrir leurs services. Parmi elles, on peut en distinguer deux, tr&#232;s sch&#233;matiquement, il faut l'avouer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- une sociologie qui s'efforce de rendre compte &lt;strong&gt;des interactions entre des acteurs&lt;/strong&gt;, qu'il s'agisse des interactions entre les journalistes eux-m&#234;mes ou des interactions entre les journalistes et d'autres interlocuteurs, des mondes &#233;conomique, politique ou culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- une sociologie qui s'efforce de rendre compte &lt;strong&gt;des relations entre des positions sociales&lt;/strong&gt; et des effets des contraintes &#233;conomiques et sociales qui p&#232;sent sur ces positions et des effets des filtres (pour parler comme Chomsky) qui conditionnent l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Ces deux approches ne sont nullement exclusives. Mais les apports de la premi&#232;re (qui s&#233;duit les journalistes car ils ont ainsi l'impression que l'on parle dans les termes qu'eux-m&#234;mes utilisent de leur vie quotidienne) ne prennent tout leur sens qu'en fonction de la seconde (que nombre de journalistes aiment beaucoup moins&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les interactions entre les acteurs du microcosme m&#233;diatique, d'une part, et entre eux et les autres acteurs sociaux, d'autre part, se r&#233;f&#232;rent &#224; des r&#232;gles, tacites ou explicites, qui peuvent &#234;tre respect&#233;es ou transgress&#233;es. Une sociologie des interactions qui met ces r&#232;gles &#224; jour et les confronte aux pratiques professionnelles, ainsi qu'aux justifications et rationalisations de leurs pratiques avanc&#233;es par les acteurs, peut &#234;tre qualifi&#233;e de proc&#233;durale. Cette sociologie qui s'attache aux interactions professionnelles en ent&#233;rinant les contraintes &#233;conomiques et sociales qui p&#232;sent sur elles, se condamne elle-m&#234;me &#224; n'&#234;tre rien d'autre qu'une critique d&#233;ontologique, rehauss&#233;e des couleurs de la science &#8211; critique d&#233;ontologique qui remplit les m&#234;mes fonctions et reprend les m&#234;mes motifs que la critique interne/endog&#232;ne p&#233;riodiquement produite par le monde m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une toute autre perspective, certains sociologues analysent les relations entre des positions sociales qui gouvernent les pratiques professionnelles et qui ob&#233;issent &#224; des d&#233;terminations plus g&#233;n&#233;rales qui rel&#232;vent des structures &#233;conomiques et politiques. Une sociologie qui se r&#233;f&#232;re &#224; ces relations et &#224; ces d&#233;terminations peut &#234;tre sommairement qualifi&#233;e de structurale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En permettant de saisir les cha&#238;nes d'interd&#233;pendance qui relient le monde journalistique aux autres sous-espaces qui constituent le champ du pouvoir, de comprendre comment les individus les mieux dot&#233;s en capitaux sociaux et culturels occupent les positions de pouvoir au sein des r&#233;dactions, ou encore comment des journalistes, par le seul jeu des concurrences professionnelles, et parfois &#224; leur corps d&#233;fendant, peuvent accr&#233;diter des versions de l'information et des visions du monde relayant toutes les formes de domination, cette sociologie structurale rec&#232;le des potentiels critiques puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, opter pour une telle sociologie n'implique, pour une association, aucune all&#233;geance particuli&#232;re &#224; un auteur ou &#224; une &#233;cole. Tout simplement parce que nous n'avons pas pour objectif de d&#233;velopper la sociologie, mais de nous appuyer sur elle. Nous ne sommes, collectivement du moins, pas plus bourdieusiens, chomskiens, marxistes que n'importequoi-istes, contrairement &#224; ce qu'affectent de croire les testeurs de vins qui se contentent de lire les &#233;tiquettes qu'ils collent eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les fondements explicatifs de notre critique, voir annexe II.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sortie de M&#233;diacritique(s) n&#176;22 : Autocritique m&#233;diatique</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Sortie-de-Mediacritique-s-no22-janvier-mars-2017</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Sortie-de-Mediacritique-s-no22-janvier-mars-2017</guid>
		<dc:date>2017-01-17T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acrimed</dc:creator>


		<dc:subject>Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Quelle(s) critique(s) ?</dc:subject>
		<dc:subject>La revue d'Acrimed</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Janv.-mars 2017.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mediacritiques-" rel="directory"&gt;M&#233;diacritiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Acrimed-214-+" rel="tag"&gt;Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quelle-s-critique-s-+" rel="tag"&gt;Quelle(s) critique(s) ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-revue-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;La revue d'Acrimed&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L106xH150/une22-31d25.jpg?1774699649' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le n&#176;22 de &lt;i&gt;M&#233;diacritique(s)&lt;/i&gt;, notre magazine trimestriel, avec un dossier consacr&#233; &#224; l'autocritique m&#233;diatique, vient de sortir de l'imprimerie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; compter d'aujourd'hui, les nouvelles commandes et les nouveaux abonnements concernent &lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/?view=product&amp;lang=fr_FR&amp;product_id=29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce num&#233;ro&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; chaque sortie de &lt;i&gt;M&#233;diacritique(s)&lt;/i&gt;, une rencontre est organis&#233;e au bar Le Lieu-dit (Paris 20e), pour pr&#233;senter le nouveau num&#233;ro et discuter autour d'un verre avec des membres d'Acrimed :&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Rendez-vous le samedi 28 janvier &#224; 17h au Lieu-Dit &lt;br class='manualbr' /&gt;(6 rue Sorbier, M&#176; M&#233;nilmontant)&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_9160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/?view=product&amp;lang=fr_FR&amp;product_id=29&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH564/une22site-4b16c.png?1726833662' width='400' height='564' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce num&#233;ro ne sera pas plus diffus&#233; en kiosques que les pr&#233;c&#233;dents. Vous pourrez cependant le trouver dans quelques rares - mais d'autant plus pr&#233;cieuses - librairies list&#233;es plus bas, ainsi que &lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/?view=product&amp;lang=fr_FR&amp;product_id=29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur notre boutique en ligne&lt;/a&gt;. Par La Poste et par nos soins, chaque num&#233;ro isol&#233; ne vous co&#251;tera que 5,50 euros, frais de port inclus. L'abonnement pour un an et 4 num&#233;ros ? 15 euros tout compris. Pour les commandes et abonnements, &lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/mediacritiques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;c'est ici&lt;/a&gt;. Et pour l'offre abonnements et adh&#233;sion pour 50 euros, &lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/4-adhesion.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;c'est l&#224;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#176;22 sera exp&#233;di&#233; &#224; partir du 20 janvier 2017 au tarif &#233;conomique, afin de garantir les frais de port et tarifs d'abonnement les plus bas possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour patienter, nous vous proposons d'ores et d&#233;j&#224; de d&#233;couvrir le sommaire de ce num&#233;ro :&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_9156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/?view=product&amp;lang=fr_FR&amp;product_id=29&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L398xH750/capture_d_e_cran_2017-01-16_a_15.50.11-0ed64.png?1726833662' width='398' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_7509 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH225/Mediacritique_s_en_librairies_300px-bc967.jpg?1726833662' width='300' height='225' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pouvez trouver &lt;i&gt;M&#233;diacritique(s)&lt;/i&gt; en vente dans les librairies suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 (Finist&#232;re)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;La petite librairie&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
4 bis rue Danton 29200 Brest&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;33 (Gironde)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Librairie Mollat&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
89 rue Porte Dijeaux 33080 Bordeaux Cedex&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;38 (Is&#232;re)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Librairie Lucioles&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
13 place Charles de Gaulle 38200 Vienne&lt;br&gt;
T&#233;l. : 04 74 85 53 08&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;44 (Loire-Atlantique)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Librairie Vent d'Ouest&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
5 place du bon pasteur 44000 Nantes&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;46 (Lot)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Libraith&#232;que&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
68 rue Louise Michel 46000 Cahors&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;49 (Maine et Loire)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Les Nuits Bleues&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
21 rue Maille 49100 Angers&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;69 (Rh&#244;ne)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Le Bal des Ardents&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
17 rue Neuve 69001 Lyon&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Librairie Passages&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
11 rue de Brest 69002 Lyon&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Gryffe&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
5 rue S&#233;bastien-Gryfe 69007 Lyon&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Terre des Livres&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
86 rue de Marseille 69007 Lyon&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;75 (Paris)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Point du Jour&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
58 rue Gay-Lussac 75005 Paris &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Friche&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
36 rue L&#233;on-Frot 75011 Paris &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Publico&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
145 rue Amelot 75011 Paris&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quilombo&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
23 rue Voltaire 75011 Paris&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Manoeuvre&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
58 rue de la Roquette 75011 Paris &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Br&#232;che&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
27 rue Taine 75012 Paris &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monte en l'Air&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
2 rue de la Mare 75020 Paris &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;93 (Seine-Saint-Denis)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Folies d'encre&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
14 place du Caquet 93200 Saint-Denis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;92 (Hauts-de-Seine)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Les Caract&#232;res&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
17 rue du Mar&#233;chal Joffre 92700 Colombes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Suisse&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Librairie Basta !&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
L'Anthropole 1015 Dorigny&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_7508 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/?view=category&amp;lang=fr_FR&amp;category_id=8&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH141/Anciens_numeros_300px-2ebe7.jpg?1726833662' width='300' height='141' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez commander les anciens num&#233;ros encore disponibles &lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/?view=category&amp;lang=fr_FR&amp;category_id=8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; cette adresse&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_7510 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH106/Numeros_epuises_300px-e0350.jpg?1726833662' width='300' height='106' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les quelques num&#233;ros de &lt;i&gt;M&#233;diacritique(s)&lt;/i&gt; d&#233;j&#224; &#233;puis&#233;s sont disponibles gratuitement au format .pdf.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cliquez &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4348.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici pour le num&#233;ro 1&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4423.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici pour le num&#233;ro 11&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4637.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici pour le num&#233;ro 12&lt;/a&gt; et enfin &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Cadeau-Mediacritique-s-notre-trimestriel-imprime?recherche=M%C3%A9diacritique%28s%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici pour le num&#233;ro 18&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.acrimed.org/IMG/pdf/mediacritiques22.pdf" length="25170345" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philippe Poutou (NPA) : &#171; Nous sommes d&#233;pendants du bon vouloir des r&#233;dactions &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Philippe-Poutou-NPA-Nous-sommes-dependants-du-bon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Philippe-Poutou-NPA-Nous-sommes-dependants-du-bon</guid>
		<dc:date>2016-07-05T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>LCR-NPA</dc:subject>
		<dc:subject>BFM-TV</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Poutou</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des m&#233;dias entre m&#233;pris et d&#233;l&#233;gitimation.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Election-presidentielle-de-2017-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2017&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-LCR-NPA-+" rel="tag"&gt;LCR-NPA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-BFM-TV-+" rel="tag"&gt;BFM-TV&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Poutou-+" rel="tag"&gt;Philippe Poutou&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L141xH150/arton5306-a1065.png?1726253844' class='spip_logo spip_logo_right' width='141' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question des m&#233;dias, et plus pr&#233;cis&#233;ment du rapport aux m&#233;dias, doit se poser pour les organisations politiques de la &#171; gauche de gauche &#187;. Or, passer dans les m&#233;dias quand on conteste leur domination ne va pas sans quelques conflits et les acteurs des organisations politiques se trouvent rapidement confront&#233;s aux probl&#232;mes, voire aux contradictions, que soul&#232;ve leur m&#233;diatisation... ou leur non-m&#233;diatisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, lire notre compte rendu du film de Damien Doignot : &#171; Jos&#233; Bov&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aborder ces questions &#8211; et d'autres &#8211; nous avons interview&#233; Philippe Poutou, candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) en 2012 et en 2017, en abordant notamment avec lui le r&#244;le jou&#233; par les m&#233;dias dans la s&#233;lection des &#171; bons clients &#187; et ses cons&#233;quences pour une organisation politique qui essaie de diversifier ses porte-parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous essaierons de reproduire l'exercice avec d'autres personnalit&#233;s politiques dans les mois &#224; venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors de l'&#233;mission de BFM-TV du 1er mai 2016, la cha&#238;ne a choisi Olivier Besancenot pour venir commenter les mobilisations sociales du jour. Pourquoi lui et pas vous ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps c'est Olivier [Besancenot] qui est invit&#233;, que ce soit sur BFM-TV, i-T&#233;l&#233; ou sur les radios. Depuis quelques semaines nous proposions &#224; nouveau que ce soit moi qui participe aux &#233;missions, en tant que candidat &#224; la prochaine pr&#233;sidentielle mais aussi en tant que porte-parole du parti, histoire de montrer un autre visage du NPA. Parfois, les t&#233;l&#233;visions acceptent, mais c'est rare. On nous r&#233;pond souvent : &lt;i&gt;&#171; C'est promis, on invitera Poutou la prochaine fois ! &#187;&lt;/i&gt; et puis la fois suivante, c'est encore Olivier. Tous agissent de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;mission du dimanche 1er mai sur BFM-TV, nous avons insist&#233; pour que j'y aille, mais le ton de BFM-TV s'est durci. En substance, ils nous ont avertis par une phrase du genre : &lt;i&gt;&#171; Si Besancenot ne vient pas, nous n'inviterons plus le NPA, nous n'inviterons plus Poutou &#187;&lt;/i&gt;. Ils nous ont expliqu&#233; qu'ils avaient d&#233;j&#224; fait la bande annonce, que tout &#233;tait pr&#234;t pour Besancenot, que ce n'&#233;tait pas possible de faire autrement et de d&#233;commander Besancenot. Un m&#233;lange de menace, de chantage et de &lt;i&gt;&#171; comprenez nous &#187;&lt;/i&gt;. Finalement, nous avons accept&#233;, Olivier y est all&#233;. Une &#233;mission qui a &#233;t&#233; lourde, sur les d&#233;bordements dans les manifs, les journalistes ont carr&#233;ment harcel&#233; Olivier pour qu'il d&#233;nonce les violences des &#171; casseurs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article d'Acrimed &#224; ce sujet.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques jours plus tard, BFM-TV vous a finalement invit&#233;. Comment s'est pass&#233; l'entretien ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, j'ai &#233;t&#233; invit&#233; la semaine qui a suivi, un soir de mobilisation, pour &#234;tre interrog&#233; sur le mouvement social mais surtout &#8211; et encore ! &#8211; sur les violences (des vitrines cass&#233;es &#224; Nantes, des permanences du PS tagu&#233;es&#8230;). L'interview d'Olivier Truchot a &#233;t&#233; sans finesse, me coupant la parole, me sommant de d&#233;noncer les violences... Comme d'habitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
De quelle fa&#231;on les journalistes se sont comport&#233;s avec vous en off ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus cocasses encore furent les r&#233;flexions m&#233;prisantes de Truchot et d'un autre journaliste de BFM-TV &#224; mon &#233;gard. En off, j'ai eu droit &#224; des remarques du style &lt;i&gt;&#171; Poutou, celui qui se plaint de ne pas &#234;tre invit&#233; &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; vous voyez bien qu'on vous invite &#187;&lt;/i&gt;. Ironiques, d&#233;sagr&#233;ables. Mais encore une fois, comme d'habitude...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, pensez-vous rentrer dans le cadre des entretiens t&#233;l&#233;vis&#233;s ? Autrement dit : selon vous, &#234;tes-vous &#171; un bon client &#187; pour les journalistes ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re, avec Olivier, les m&#233;dias ont un &#171; bon client &#187;. Du point de vue de l'audience, il est populaire, il est efficace. Et puis ils y sont habitu&#233;s. Etant donn&#233; tout &#231;a, les journalistes de ces cha&#238;nes ne voient pas pourquoi ils changeraient, m&#234;me pour quelques plateaux. Ils ne se posent pas trop de questions, d&#232;s qu'il faut un &#171; contestataire &#187;, c'est Olivier. Certes, ils ne pensent pas &#224; moi, je ne les int&#233;resse pas, mais c'est infiniment plus compliqu&#233; pour d'autres militants du NPA comme Christine Poupin qui est notre porte-parole. Moi encore, ayant &#233;t&#233; candidat &#224; la pr&#233;sidentielle, je suis un peu connu. Mais quand on propose Christine, ils s'en moquent compl&#232;tement, ils ne se sentent aucune obligation puisque ce sont eux qui choisissent et qui d&#233;cident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La question du rapport aux m&#233;dias est probl&#233;matique pour les partis de la gauche de gauche. Doit-on y aller ? &#192; quelles conditions ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans une position de &#171; demandeurs &#187; parce que nous souhaitons &#233;videmment faire entendre nos id&#233;es : les plateaux t&#233;l&#233;s sont des tribunes. Depuis 2002, nous avons Olivier qui passe bien, qui va r&#233;guli&#232;rement dans les m&#233;dias, nous nous y sommes habitu&#233;s et les m&#233;dias &#233;galement. Il est devenu le porte-parole du parti et le visage du parti. C'&#233;tait une bonne chose, nous en &#233;tions tous satisfaits&#8230; Mais quelque part nous nous sommes &#233;galement pi&#233;g&#233;s dans cette relation ambigu&#235; avec les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que nous essayons de faire passer d'autres camarades, d'autres visages, nous voyons bien que nous ne maitrisons rien, que nous sommes d&#233;pendants du bon vouloir des r&#233;dactions. Avec Olivier, les m&#233;dias ont une &#171; personnalit&#233; &#187; qui parle bien, qui fait le buzz, qui est appr&#233;ci&#233;, qui a les qualit&#233;s requises pour passer &#224; la t&#233;l&#233;. Cela nous allait bien tant qu'on ne se posait pas plus de questions, quand Olivier passait, &#171; on &#187; passait &#224; la t&#233;l&#233;. &#192; partir du moment o&#249; l'on souhaite montrer un autre visage du parti, un visage plus collectif, que l'on veut diversifier nos porte-parole, on se rend compte des difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi les journalistes semblent vous &#171; oublier &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est difficile de dire ce qui se joue vraiment dans la t&#234;te des journalistes. Est-ce seulement une question d'audience ? Est-ce aussi une question de m&#233;pris social ? Pourquoi Olivier est-il trait&#233; aussi diff&#233;remment de moi ? Est-ce seulement une question de bien parler, d'efficacit&#233;, une question de l'image qu'on donne, de dirigeant, d'homme politique ? Olivier est dans la case de repr&#233;sentant politique mais moi dans quelle case me mettent-ils ? Ont-ils d&#233;cid&#233; que je ne pouvais pas &#234;tre un repr&#233;sentant digne, que je n'en ai pas les comp&#233;tences, que je suis trop amateur, que je ne parle pas assez bien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 juin, sur i-T&#233;l&#233;, il faut entendre ce qu'a pu dire Bruce Toussaint &#224; Olivier disant qu'il voterait Poutou en 2017 notamment parce que je ne suis pas un politicien professionnel : &lt;i&gt;&#171; sans vouloir &#234;tre d&#233;sagr&#233;able, &#231;a se voit &#187;&lt;/i&gt; a-t-il r&#233;torqu&#233;. Ou encore Laurent Ruquier sur France 2, le 25 juin, toujours pour r&#233;pondre &#224; Olivier qui disait encore qu'il voterait Poutou en 2017 : &lt;i&gt;&#171; vous nous ressortez encore celui-l&#224; ? &#187;&lt;/i&gt;. Il y a une chose qu'ils n'admettent pas, ils ont tous comme un regret : que ce ne soit pas Olivier Besancenot le candidat du NPA. Qu'est-ce que cela signifie vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, quelles que soient leurs motivations, d'un point de vue personnel, cela ne me d&#233;range pas de ne pas &#234;tre invit&#233;, je revendique le droit &#224; la diff&#233;rence. Mais du point de vue collectif, celui du parti, c'est un probl&#232;me auquel nous sommes confront&#233;s et que nous tentons de r&#233;soudre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;/br&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Mathias Reymond, le 3 juillet 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, lire &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Un-film-a-voir-et-a-debattre-Jose-Bove-le-cirque-mediatique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre compte rendu du film de Damien Doignot : &#171; Jos&#233; Bov&#233; : le cirque m&#233;diatique &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Loi-travail-matraquages-mediatiques-sur-les&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'article d'Acrimed &#224; ce sujet&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>B&#233;n&#233;ficier de l'hospitalit&#233; des grands m&#233;dias pour les critiquer ? (&#224; propos d'un choix de Daniel Schneidermann)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Beneficier-de-l-hospitalite-des-grands-medias-pour-les-critiquer-a-propos-d-un</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Beneficier-de-l-hospitalite-des-grands-medias-pour-les-critiquer-a-propos-d-un</guid>
		<dc:date>2015-10-05T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Martin Coutellier </dc:creator>


		<dc:subject>Daniel Schneidermann</dc:subject>
		<dc:subject>Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Arr&#234;t sur images</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entre Arr&#234;t sur images et Acrimed, une simple diff&#233;rence ou une notable divergence ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Acrimed-dans-les-medias-" rel="directory"&gt;Acrimed dans les m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Schneidermann-+" rel="tag"&gt;Daniel Schneidermann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Acrimed-214-+" rel="tag"&gt;Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Arret-sur-images-836-+" rel="tag"&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L147xH150/arton4768-537dc.png?1726616171' class='spip_logo spip_logo_right' width='147' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Critique-des-medias-sur-France-Culture-la-parole-est-encore-a-l-Ifrap&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Critique des m&#233;dias sur France Culture : la parole est (encore) &#224; l'Ifrap &#187;&lt;/a&gt; : c'est sous ce titre que nous avons consacr&#233; un article au &#171; d&#233;bat &#187; propos&#233; par France Culture sur les m&#233;dias et les oligarques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Quand les oligarques rach&#232;tent les m&#233;dias : quels risques pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et pipeaut&#233; par l'invitation d'Agn&#232;s Verdier-Molini&#233;, directrice de l'Ifrap, lobbyiste ultra-lib&#233;rale omnipr&#233;sente dans les m&#233;dias. Cet article nous a valu un &#171; rebond &#187; de Daniel Schneidemann (&lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/chroniques/2015-09-29/Bollore-retour-sur-un-debat-de-France-Culture-id8074&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Bollor&#233; : retour sur un d&#233;bat de France Culture &#187;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rebondissons &#187; &#224; notre tour, non pour entretenir une vaine querelle, mais pour expliquer quelques diff&#233;rences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le directeur du site arretsurimage.net, avant d'en venir &#224; la question qu'il pose lui-m&#234;me (&lt;i&gt;&#171; Ai-je eu raison d'accepter, en compagnie de l'&#233;conomiste Julia Cag&#233;, une invitation &#224; d&#233;battre du cas Bollor&#233; avec la directrice du think tank de droite lib&#233;rale IFRAP ? &#187;&lt;/i&gt;) nous propose de visiter les coulisses de l'&#233;mission. Invit&#233; &#224; participer &#224; un d&#233;bat sur France Culture, il a eu le choix, pour lui donner la r&#233;plique en compagnie de Julia Cag&#233;, entre Elisabeth L&#233;vy et Agn&#232;s Verdier-Molinier. Ayant contest&#233; la pr&#233;sence de la premi&#232;re, il a h&#233;rit&#233; de la seconde. Disons-le dans un sourire : Daniel Schneidermann n'a d&#233;cid&#233;ment pas de chance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout en reconnaissant qu'il peut &#234;tre l&#233;gitime de&lt;i&gt; &#171; refuser de d&#233;battre avec un interlocuteur estim&#233; ill&#233;gitime, dans un cadre inappropri&#233; &#187;&lt;/i&gt;, il explique ainsi les raisons de son choix de participer &#224; l'&#233;mission :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation, en 2008, notre site est totalement, radicalement, implacablement ignor&#233; par les medias mainstream. Si nos enqu&#234;tes sont parfois chichement cit&#233;es dans la presse en ligne, rien, jamais, pas un mot, dans les revues de presse radiophoniques. Mes propres invitations &#224; m'exprimer &#224; la t&#233;l&#233; fran&#231;aise se comptent, chaque ann&#233;e, sur les doigts d'une main [&#8230;] On ne s'en plaint pas sp&#233;cialement, ni n'en tirons gloire. [&#8230;]&lt;br class='manualbr' /&gt;Bref, nous devons bien vivre avec cette mise en quarantaine. &lt;strong&gt;Or, pour pouvoir conserver un niveau d'abonn&#233;s nous permettant de rester &#224; l'&#233;quilibre, il nous est indispensable d'&#234;tre visibles&lt;/strong&gt; [soulign&#233; par nous]. Et pas seulement propag&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux par nos vaillants abonn&#233;s, mais visibles sur les medias mainstream, qui ont conserv&#233;, que cela nous plaise ou non, une partie de leur pouvoir de prescription d'avant Facebook et Twitter. Voil&#224; donc, chers camarades d'Acrimed, pourquoi je suis all&#233; d&#233;battre avec Agn&#232;s Verdier-Molini&#233;. Et je continuerai, le cas &#233;ch&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un tel choix a au moins le m&#233;rite de la clart&#233; : cela n'aurait sans doute pas &#233;t&#233; le n&#244;tre. Simple diff&#233;rence ou notable divergence ? Quoi qu'il en soit, les raisons de Daniel Schneidermann mettent en &#233;vidence qu'il existe entre Arr&#234;t sur images et Acrimed une diff&#233;rence de vocation (qui peut recouvrir des divergences de fond, quelles que soient les convergences que l'on peut constater sur certaines questions). Et comme nous sommes r&#233;guli&#232;rement interrog&#233;s par des acteurs et consommateurs de contestation sur ce qui s&#233;pare Acrimed et Arr&#234;t sur images, il vaut la peine de s'y arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance d'Arr&#234;t sur images est celle d'une petite entreprise m&#233;diatique, dont les articles et les &#233;missions sont essentiellement d&#233;di&#233;s au &#171; d&#233;cryptage &#187; des m&#233;dias ; l'ind&#233;pendance d'Acrimed est celle d'une association militante, dont les activit&#233;s et critiques ont pour vis&#233;e la &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/-Quelles-transformations-des-medias-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;transformation des m&#233;dias&lt;/a&gt;. Le site d'Arr&#234;t sur images est un site payant dont le financement d&#233;pend de ses abonn&#233;s ; le site d'Acrimed est un site gratuit et la face la plus visible d'une association dont le financement d&#233;pend de ses adh&#233;rents et donateurs. Ces diff&#233;rences de vis&#233;e et de statut ne sont pas sans cons&#233;quences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces diff&#233;rences, et leurs cons&#233;quences, ont &#233;t&#233; plus ou moins largement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : non seulement il serait possible de montrer que nos articles en portent la marque, mais l'animation de notre site est loin d'&#234;tre notre seule activit&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;n&#233;ficier de l'hospitalit&#233; parcimonieuse des grands m&#233;dias n'est donc pas une condition de notre efficacit&#233; et de notre p&#233;rennit&#233;. De son c&#244;t&#233;, comme Daniel Schneidermann le reconna&#238;t : &#171; Arr&#234;t sur images &#187; d&#233;pend pour une part de sa visibilit&#233; m&#233;diatique dans les grands m&#233;dias, au risque d'avoir &#224; leur conc&#233;der beaucoup pour tenter d'y avoir acc&#232;s. Acrimed se prive volontairement d'un tel risque : non en boycottant les grands m&#233;dias, mais en mettant &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Acrimed-dans-les-medias-2752&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des conditions rigoureuses &#224; sa participation&lt;/a&gt;. Non par caprice, mais par souci de coh&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; dire vrai, nous n'avons gu&#232;re eu &#224; poser de telles conditions : en bient&#244;t 20 ans d'existence, insidieusement censur&#233;s sur France Culture par Laure Adler second&#233;e par l'actuelle directrice de France Inter, Laurence Bloch&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire : &#171; Quand Laure Adler censurait Acrimed sur France Culture &#187;.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, nous n'avons &#233;t&#233; invit&#233;s qu'une seule fois dans un grand m&#233;dia (dans l'&#233;mission &#171; Ce soir (ou jamais !) &#187; du 22 novembre 2013. Et si l'un des r&#233;alisateurs du film &lt;i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; invit&#233; dans la m&#234;me &#233;mission, le film lui-m&#234;me a &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Les-Nouveaux-chiens-de-garde-censures-sur-France-TV-Une-preuve-d-independance&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;censur&#233; sur France T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt;. Pis : sa diffusion sur &#171; La Cha&#238;ne Parlementaire &#187; (LCP) a &#233;t&#233; suivi d'un d&#233;bat r&#233;serv&#233; aux chiens de gardes eux-m&#234;mes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment : Grognements dans le chenil de LCP contre le film Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, pour parler comme Daniel Schneidermann, &#171; nous n'en tirons pas gloire &#187;, force est d'admettre que la censure &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; d'Acrimed et de ses amis les plus proches est le prix pay&#233; de notre ind&#233;pendance et de notre radicalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'abonnements &#224; prospecter, mais des adh&#233;sions &#224; multiplier. &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Soutenez-la-critique-des-medias-Adherez-a-Acrimed&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Maintenant !&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Martin Coutellier et Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-quand-les-oligarques-rachetent-les-medias-quels-risques-pour-la-democra&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand les oligarques rach&#232;tent les m&#233;dias : quels risques pour la d&#233;mocratie ?&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces diff&#233;rences, et leurs cons&#233;quences, ont &#233;t&#233; plus ou moins largement discut&#233;es lors de &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Acrimed-sur-le-plateau-d-Arret-sur-images-l-integrale-en-10-videos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre invitation sur le plateau d'Arr&#234;t sur images en avril 2010&lt;/a&gt; en 2010 (en particulier le chapitre III). NB : la lecture des vid&#233;os peut poser probl&#232;me sous certains navigateurs, veuillez nous en excuser. Nous travaillons &#224; la r&#233;solution du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Quand-Laure-Adler-censurait-Acrimed-sur-France-Culture&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Quand Laure Adler censurait Acrimed sur France Culture &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notamment : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Grognements-dans-le-chenil-de-LCP-contre-le-film-Les-Nouveaux-Chiens-de-garde&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Grognements dans le chenil de LCP contre le film &lt;i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Debat-sur-Les-Nouveaux-Chiens-de-garde-LCP-s-enfonce-en-tentant-de-se-justifier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; D&#233;bat sur &lt;i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt; : LCP s'enfonce en tentant de se justifier &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'art et la mani&#232;re d'ignorer la question des m&#233;dias</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-art-et-la-maniere-d-ignorer-la-question-des-medias</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/L-art-et-la-maniere-d-ignorer-la-question-des-medias</guid>
		<dc:date>2015-04-22T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>


		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Lire - &#233;couter - voir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Datant de 2007, une intervention de Serge Halimi qui n'a rien perdu de son actualit&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Lire-ecouter-voir-+" rel="tag"&gt;Lire - &#233;couter - voir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-dessous, avec son accord, un article de Serge Halimi (paru en 2007 et d&#233;j&#224; publi&#233; avec l'aimable autorisation des &lt;a href=&#034;http://atheles.org/editionsducroquant/champsocial/pouruneanalysecritiquedesmedias/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;ditions du Croquant&lt;/a&gt; sur le &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/societe/media/halimi/pouracrimed/extraits1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de l'Homme moderne&lt;/a&gt;). Cet article est extrait de &lt;i&gt;Pour une analyse critique des m&#233;dias &#8212; Le d&#233;bat public en danger&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233; sous la direction de Jacques Bouveresse et &#201;veline Pinto, Collection (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il n'a rien perdu de son actualit&#233;. (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1985, &#224; l'apog&#233;e de l'&#232;re Reagan, John Galbraith publia un texte titr&#233; &#171; Comment avoir la conscience tranquille face &#224; la pr&#233;sence des pauvres ? &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Galbraith, &#171; How to get the poor off our conscience &#187;, Harper's, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cet article, l'&#233;conomiste recensait les techniques permettant, face &#224; la question des in&#233;galit&#233;s sociales, de ne rien entreprendre, mais sans se sentir coupable : invocation de l'&#171; effet pervers &#187; des solutions de redistribution propos&#233;es, obligation de recourir &#224; un &#201;tat qui d&#233;motive ceux qu'il aide, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayons d'entreprendre un exercice du m&#234;me genre, mais sur le sujet qui nous r&#233;unit. La question serait alors : comment faire, quand on est un intellectuel, un chercheur, un universitaire, pour ne pas engager le combat pour les m&#233;dias tout en sachant, la plupart du temps, qu'il est d&#233;cisif, y compris dans l'univers des intellectuels ? Quand on est un intellectuel, un chercheur raisonnablement instruit de ce dont il s'agit, comment feindre de ne pas voir ce qu'on a vu et ce qu'on voit, avec d'autant plus d'application qu'on y a souvent int&#233;r&#234;t ? Certains d'entre nous se reconna&#238;tront peut-&#234;tre dans l'&#233;nonc&#233; des justifications qui vont suivre et peut-&#234;tre m&#234;me, moi compris, avons-nous d&#233;j&#224; eu recours &#224; plusieurs d'entre elles &#224; la fois. Mais on reproche souvent, &#224; juste titre, aux journalistes leur mauvaise gr&#226;ce &#224; se soumettre &#224; tout exercice d'&#171; objectivation &#187;, d'&#171; auto-analyse &#187; ou, pour le dire plus simplement, de retour critique sur leurs comportements. La m&#234;me r&#233;pugnance &#224; l'autocritique ne saurait-elle caract&#233;riser les universitaires, aussi &#233;clair&#233;s que prompts &#224; dispenser aux autres leur v&#233;rit&#233; sur le monde social ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette intervention fut suivie d'interpellations particuli&#232;rement v&#233;h&#233;mentes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES JUSTIFICATIONS LES PLUS FR&#201;QUEMMENT ENTENDUES PAR LES JOURNALISTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; On ne conna&#238;t pas bien ces sujets-l&#224;. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, lors de l'universit&#233; d'&#233;t&#233; d'Attac, nous avons &#233;t&#233; quelques-uns &#224; analyser les rapports entre des contestataires et des m&#233;dias dominants que ces contestataires auraient eu beaucoup de raisons de contester. &#192; la fois parce que ces m&#233;dias appartiennent &#224; des grands groupes capitalistes et parce qu'ils diffusent une pens&#233;e, une orthodoxie, largement conformes aux int&#233;r&#234;ts de ces groupes, pour des raisons bien connues : pouvoir de l'actionnaire, commercialisation de l'information, r&#244;le et place de la publicit&#233;, formation et origine sociale des journalistes, etc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je renvoie ici aux interventions successives, lors de cette universit&#233; d'&#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons insist&#233; sur le constat suivant : lorsqu'un intervenant critique de l'ordre social va dans les m&#233;dias, il ne critique jamais l'ordre des m&#233;dias. Lors d'un des ateliers qui suivirent, Jos&#233; Bov&#233; intervint pour pr&#233;ciser qu'une des raisons de son mutisme sur le sujet &#233;tait qu'il ne ma&#238;trisait pas bien la question des m&#233;dias. Depuis, plusieurs ann&#233;es ont pass&#233; et on n'a pas observ&#233; de sa part ou de celle d'autres militants de gauche, d'extr&#234;me gauche, etc. un d&#233;sir &#233;perdu d'apprendre. Afin, le cas &#233;ch&#233;ant, de pouvoir faire avancer dans les m&#233;dias le travail d'&#233;ducation populaire auquel tous se disent tr&#232;s attach&#233;s, mais quand il s'agit d'autres th&#232;mes que les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Tout ce que vous dites, on le sait d&#233;j&#224;. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout &#231;a, on le sait d&#233;j&#224; &#187; est la plaidoirie habituelle de qui, ne souhaitant pas diffuser un savoir, pr&#233;texte qu'il est r&#233;pandu. Ceux qui, &#224; Sciences Po ou ailleurs, psalmodient leurs ritournelles l&#233;gitimistes ne se soucient pas en revanche de renouvellement intellectuel. Car, apr&#232;s tout, qu'il n'existe qu'&#171; une seule politique possible &#187;, que la France qui &#171; tombe &#187; ait besoin de &#171; r&#233;formes &#187;, que le peuple soit trop &#171; populiste &#187;, les patrons &#171; &#233;cras&#233;s par les charges &#187;, et le monde devenu &#171; de plus en plus complexe &#187;, on le sait d&#233;j&#224;. Cela n'emp&#234;che pas les chroniqueurs &#233;conomiques et les intellectuels de pouvoir de nous le r&#233;p&#233;ter matin, midi et soir. Pour, justement, qu'on ne l'oublie pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, quand les premiers livres de la collection Raisons d'agir sont sortis en 1996-1997-1998, leurs auteurs ont eu plus d'une fois le sentiment que tout un savoir contestataire, dont on disait qu'il ne faisait que rab&#226;cher ce que chacun savait d&#233;j&#224;, int&#233;ressait encore bien du monde. L'un des bons moyens de ne pas engager les combats qui co&#251;tent est de feindre qu'ils ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; remport&#233;s. Et que l'exquise dignit&#233; qu'on s'attribue ne saurait se m&#234;ler &#224; une t&#226;che aussi vulgaire que l'instruction ordinaire &#224; destination de ceux qui ignorent ce que soi-m&#234;me et quelques autres, on a d&#233;j&#224; compris. La r&#232;gle qui devrait pr&#233;valoir serait plut&#244;t celle du : &#171; Ils continuent ? Alors nous aussi on continue. &#187; La critique sociale n'est pas un exercice de style destin&#233; &#224; &#234;tre &#233;l&#233;gant, original, salu&#233; par ses coll&#232;gues. Elle est la marque de la volont&#233; de transformer le monde social, ou au moins d'avoir des effets sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias, c'est plus complexe que votre th&#233;orie du complot &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le refrain des conservateurs, mais aussi celui d'essayistes, d'universitaires et de responsables associatifs, &#224; la fois capables d'appr&#233;cier l'impact politique croissant de la critique radicale des m&#233;dias, de mesurer les contraintes qu'elle risque d'imposer &#224; leur propre comportement d'auteur m&#233;diatis&#233;, et qui vont faire de la &#171; complexit&#233; &#187; de la presse un parapet les pr&#233;munissant de toute observation sardonique relative aux pr&#233;venances dont ils b&#233;n&#233;ficient dans les m&#233;dias. Ici, ils agiront un peu comme ces responsables politiques soucieux d'enterrer un probl&#232;me en affectant &#224; sa solution une commission d'experts, laquelle substituera de la confusion pr&#233;tendument &#233;rudite &#224; une &#171; simplicit&#233; &#187; trop propre &#224; enflammer les c&#339;urs et les esprits. Sous des formes assez peu diff&#233;rentes, Dominique Wolton, Cyril Lemieux, G&#233;raldine Muhlmann, et &lt;i&gt;alii&lt;/i&gt;, interpr&#232;tent cette partition. Un de ses choristes universitaires les plus &#233;prouv&#233;s, Philippe Corcuff, aime l'antienne de la complexit&#233; &#171; m&#233;lancolique &#187; l'opposant &#224; &#171; certaines tendances r&#233;gressives, en particulier une rh&#233;torique gauchiste enfermant la gauche dans une d&#233;nonciation simpliste du n&#233;olib&#233;ralisme et des m&#233;dias appr&#233;hend&#233;s comme des &#8216;&#8216;complots'' mal&#233;fiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 19 octobre 2005. Dans une nouvelle tribune de Lib&#233;ration, le 20 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Quand il pr&#233;cise qui sont ces individus qui appr&#233;henderaient les m&#233;dias comme des &#171; complots mal&#233;fiques &#187;, Corcuff identifie plusieurs auteurs qui ont consacr&#233; une partie appr&#233;ciable de leur existence &#224; argumenter le contraire de ce qu'il leur impute. Quand on veut noyer son chien &#8212; ou la critique des m&#233;dias non consensuelle, non convenue, non labellis&#233;e par les journalistes dominants &#8212; on l'accuse d'avoir la rage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, la connaissance de la r&#233;alit&#233; sociale ou politique, c'est aussi, parfois, la d&#233;couverte que les choses sont plus simples qu'on l'imaginait, que les pi&#232;ces s'embo&#238;tent, et pas n&#233;cessairement le d&#233;sir d'oublier les causalit&#233;s, les d&#233;terminismes, de tout nuancer afin de ne rien faire tant les choses seraient complexes, molles, enchev&#234;tr&#233;es. Plus prosa&#239;quement, s'il est un domaine dans lequel on peut aboutir &#224; une conclusion simple sans recourir &#224; la nuance et &#224; l'&#233;l&#233;gance, c'est celui-ci : l'exposition journalistique des individus est en g&#233;n&#233;ral proportionnelle &#224; leur disposition &#224; fustiger le simplisme de la critique radicale du journalisme. Qu'on ne cherche nulle &#171; th&#233;orie du complot &#187; dans cette observation tout &#224; fait ordinaire : un syst&#232;me qui fait appel &#224; vos menus services et qui vous promeut ne saurait &#234;tre enti&#232;rement mauvais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; &#199;a a toujours exist&#233;. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un historien &#171; m&#233;diatique &#187; comme Jean-No&#235;l Jeanneney, par ailleurs membre du conseil d'administration de la Soci&#233;t&#233; des lecteurs du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, s'est un peu fait une sp&#233;cialit&#233; de l'exercice consistant &#224; minorer les turpitudes du pr&#233;sent en invoquant les affres du pass&#233;. En mati&#232;re de presse, la situation actuelle est assur&#233;ment meilleure que celle de l'Ancien r&#233;gime ou, plus pr&#232;s de nous, de l'Occupation, sans doute pr&#233;f&#233;rable aussi &#224; la v&#233;nalit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e par le scandale de Panama, mais elle est aussi moins enviable que le bouillonnement pluraliste connu au moment de la Lib&#233;ration. Au reste, bien que l'esclavage ait jadis caract&#233;ris&#233; nos soci&#233;t&#233;s, le fait qu'il ait largement disparu ne nous conduit pas, j'imagine, &#224; estimer que les probl&#232;mes sociaux d'aujourd'hui seraient relatifs, voire anodins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de m&#233;dias, le &#171; &#199;a a toujours exist&#233; &#187; s'accompagne souvent d'un &#171; C'&#233;tait encore pire du temps de l'ORTF &#187;. Il y a quelques ann&#233;es Patrick Poivre d'Arvor expliquait par exemple : &#171; Contrairement &#224; ce que croient les Fran&#231;ais, la libert&#233; est plus grande qu'on ne l'imagine, en tout cas elle est infiniment plus grande qu'il y a ne serait-ce que 25 ans [...] &#224; l'ORTF de l'&#233;poque. Aujourd'hui, on est enfin libres, les uns et les autres. &#187; Exigence d'inventaire... Quand Jean-Pierre Elkabbach, nomm&#233; PDG d'Europe 1 par Arnaud Lagard&#232;re en personne, interroge Arnaud Lagard&#232;re sur Europe 1, dans un studio nomm&#233; &#171; Lagard&#232;re &#187;, n'en viendrait-on pas &#224; regretter la sonnette avec laquelle Alain Peyrefitte convoquait les r&#233;dacteurs en chef du journal t&#233;l&#233;vis&#233; de l'ORTF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Moi, je connais quelqu'un qui se bat dans sa r&#233;daction. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pr&#233;texte au mutisme qu'avancent presque tous ceux qui connaissent ces sujets (diff&#233;rent de la justification n&#176;1), qui savent que des logiques structurelles sont &#224; l'&#339;uvre (diff&#233;rent de la justification n&#176;3), qui n'ignorent pas que le p&#244;le commercial du journalisme est plus pesant encore qu'il y a trente ans (diff&#233;rent de la justification n&#176;4) et qui, pourtant, veulent croire &#8212; ou faire croire &#8212; qu'eux parviendront &#224; se pr&#233;server de la loi de la gravitation journalistique. Ou bien, on le verra plus bas, ils surestiment leurs capacit&#233;s man&#339;uvri&#232;res en imaginant qu'ils sortiront &#224; leur avantage de la rencontre m&#233;diatique. Ou bien ils susurrent qu'ils connaissent &#171; quelqu'un qui se bat dans sa r&#233;daction &#187; gr&#226;ce &#224; qui ils transformeront le plomb de la d&#233;sinformation en or de l'analyse sociale. Chaque m&#233;dia est en g&#233;n&#233;ral assez habile pour d&#233;p&#234;cher &#224; l'intellectuel critique des m&#233;dias, &#224; l'universitaire ou au contestataire du syst&#232;me un journaliste qui se pr&#233;sentera comme en sympathie ou en &#233;coute et qui, le cas &#233;ch&#233;ant, confiera quelques &#233;chos de boutique. &#192; charge de revanche. Ces &#233;claireurs (soucieux d'&#234;tre &#233;clair&#233;s) tutoient leurs interlocuteurs, disposent de leurs num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone portable. Ils font presque partie de la famille, surtout quand la famille se d&#233;chire et confie au journaliste &#171; ami &#187; la fonction de juge de paix &#8212; ou esp&#232;re alors utiliser ses articles ou indiscr&#233;tions pour affaiblir ses concurrents sans mettre directement la main &#224; la p&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelqu'un qui se bat &#224; &lt;i&gt;Paris Match &lt;/i&gt;ou au &lt;i&gt;Monde des Livres &lt;/i&gt;n'emp&#234;chera jamais que &lt;i&gt;Paris Match &lt;/i&gt;fasse du &lt;i&gt;people&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;Le Monde des Livres &lt;/i&gt;de constituer, comme dit Jacques Bouveresse, un exemple d&#233;plorable de copinage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. son entretien avec Lib&#233;ration, 4-5 ao&#251;t 2001.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un article hors norme ne contredit pas l'existence d'une norme &#224; laquelle se plieront la masse des autres articles, y compris certains de ceux que r&#233;dige la personne &#171; qui se bat dans la r&#233;daction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Je ne peux pas risquer de griller mon terrain de recherche en d&#233;voilant ce que j'ai appris. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs cherchent. Et souvent ils trouvent, ou ils apprennent. Mais, comme ils ne le font pas toujours savoir, bien des disques durs gonflent sans que la transmission de la connaissance avance. Tout &#231;a, on le sait d&#233;j&#224; &#8230; puisque Nizan l'observait en 1932 dans &lt;i&gt;Les Chiens de garde &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Que font les penseurs de m&#233;tier au milieu de ces &#233;branlements ? Ils gardent encore leur silence. Ils n'avertissent pas. Ils ne d&#233;noncent pas. Ils ne sont pas transform&#233;s. Ils ne sont pas retourn&#233;s. L'&#233;cart entre leur pens&#233;e et l'univers en proie aux catastrophes grandit chaque semaine, chaque jour, et ils ne sont pas alert&#233;s. Et ils n'alertent pas. L'&#233;cart entre leurs promesses et la situation des hommes est plus scandaleux qu'il ne fut jamais. Et ils ne bougent point. Ils restent du m&#234;me c&#244;t&#233; de la barricade. Ils tiennent les m&#234;mes assembl&#233;es, publient les m&#234;mes livres. Tous ceux qui avaient la simplicit&#233; d'attendre leurs paroles commencent &#224; se r&#233;volter, ou &#224; rire. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la question &#224; r&#233;soudre n'est pas facile. Nombre d'interlocuteurs, de &#171; sources &#187;, ne s'expriment qu'&#224; condition que leurs propos demeurent tus, un peu comme le chr&#233;tien livre sa confession en confiance. Ceci dit, quelle serait l'utilit&#233; sociale d'un universitaire ou d'un chercheur, r&#233;tribu&#233; par la collectivit&#233;, qui ne diffuserait son savoir ni &#224; ses &#233;tudiants ni &#224; l'ext&#233;rieur ? Sa pr&#233;tention &#224; l'&#233;thique ou &#224; la biens&#233;ance peut appara&#238;tre utilitaire, carri&#233;riste, cynique. &#171; &lt;i&gt; En passant la ligne sacr&#233;e de la biens&#233;ance, on donne des armes &#224; ceux qui n'ont pour eux que le respect de la biens&#233;ance, qui fait la dignit&#233; du corps des professionnels&lt;/i&gt;, observait Pierre Bourdieu.&lt;i&gt; Je me suis dit qu'il n'est pas possible, quand on est un peu responsable, de garder le silence, de ne pas essayer de dire un peu de ce qu'on croit avoir appris, &lt;/i&gt;aux frais de tous&lt;i&gt;, sur ce monde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, in Yvette Delsaut et Marie-Christine Rivi&#232;re, Bibliographie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187; &#171; Aux frais de tous &#187; &#233;tait soulign&#233; dans le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; La science ne doit jamais para&#238;tre &#8216;&#8216;militante&#8221; &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tachement universitaire, destin&#233; &#224; pr&#233;server la science, y compris sociale, des impuret&#233;s de l'engagement est une question qui a d&#233;j&#224; vid&#233; des millions d'encriers. Transform&#233;s en cat&#233;chisme par nombre d'universitaires, la vulgate des textes de Max Weber opposant scientifique et politique constitue une croyance pesante, en particulier chez les universitaires assez rou&#233;s pour ne d&#233;busquer la &#171; croyance &#187; que chez les autres, plus militants ou plus courageux qu'eux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire sur le sujet le texte cinglant de Lucien S&#232;ve, &#171; Intellectuels (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutefois, l'engagement politique des &#171; savants &#187;, qui pourrait aller de soi eu &#233;gard &#224; la gen&#232;se m&#234;me du groupe des &#171; intellectuels &#187;, demeure exceptionnel et r&#233;serv&#233; &#224; des profils particuliers dans des conjonctures de fortes mobilisations. Pour la majorit&#233; des universitaires, l'investissement politique, sur la question des m&#233;dias (ou sur une autre) est jug&#233; &#224; la fois contre-productif et malvenu. Ils aspirent, nous le savons bien, &#224; mijoter tranquillement leur petite &#8212; ou leur grande &#8212; science dans leur petit coin, sans qu'il leur soit m&#234;me n&#233;cessaire de se pr&#233;valoir de quelque &#171; neutralit&#233; axiologique &#187; que ce soit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'emprunte une partie de ces r&#233;flexions &#224; Edward Said, Des intellectuels et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, de l'aveu d'Alain Minc lui-m&#234;me, des normaliens qu'on imagine de gauche n'ont pas h&#233;sit&#233;, pour compl&#233;ter leurs revenus, &#224; s'&#171; engager &#187; en devenant les suppl&#233;tifs r&#233;dactionnels des essais (semestriels) commis par le pr&#234;tre de la &#171; mondialisation heureuse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Bourdieu a admis avoir &#233;t&#233; longtemps victime de &#171; ce moralisme de la neutralit&#233;, de la non-implication du scientifique &#187; qui lui a interdit de tirer certaines cons&#233;quences politiques de son travail d'enqu&#234;te. C'est press&#233; par un sentiment d'urgence politique et sociale qu'il s'est senti tenu de descendre plus carr&#233;ment dans l'ar&#232;ne. Mais de m&#234;me qu'il n'est pas envisageable de parler des m&#233;dias sans faire de politique, il n'est plus possible de &lt;i&gt;ne pas &lt;/i&gt;en parler en pr&#233;tendant demeurer neutre. Surtout quand on a d&#233;cid&#233; d'avoir recours aux avantages que la m&#233;diatisation procure. Car, dans une telle hypoth&#232;se, non seulement on ne fait rien contre un syst&#232;me de domination, mais on y collabore en affaiblissant le poids relatif de ceux qui s'y opposent, en se portant caution du syst&#232;me et du pluralisme qui le l&#233;gitime et dont il se pr&#233;vaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les non militants militent &#224; leur mani&#232;re. Leur d&#233;sint&#233;ressement scientifique est d'autant plus douteux qu'on peut parfois les soup&#231;onner de vouloir avant tout &#233;viter le parasitage de leurs micro-trouvailles par un &#171; savoir engag&#233; &#187; qui saurait se satisfaire des r&#233;sultats d'une recherche plus ancienne &#8212; et plus performante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas scientifique de donner des noms : &#231;a tape &#224; c&#244;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La critique radicale des m&#233;dias (Noam Chomsky, Pierre Bourdieu, Acrimed, &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt;) ne s'interdit pas de d&#233;signer ceux qu'elle d&#233;signe. Or, quand il s'agit du monde intellectuel ou souvent de celui des m&#233;dias il faudrait dire sans dire. En tout cas, dire sans nommer. Nul ne reprocherait pourtant &#224; un &#233;conomiste ou &#224; un journaliste &#233;conomique de d&#233;signer Edouard Michelin, Bill Gates, les fr&#232;res Walton, Liliane Bettencourt. Quand il s'agit des m&#233;dias, on devrait en revanche essayer de comprendre et de faire comprendre, par exemple les logiques de connivence et d'inter-connaissances sans jamais identifier les agents de ces logiques. Car l&#224;, il para&#238;t que &#231;a ne se fait pas, que ce ne serait pas digne de la science&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en revient ici &#224; l'&#233;trange biens&#233;ance &#233;voqu&#233;e tout &#224; l'heure. Et qu'ajouter de plus &#224; la d&#233;claration d'intention de Pierre Bourdieu, proclam&#233;e dans les lignes m&#234;mes de la revue scientifique qu'il dirigeait : &#171; &lt;i&gt; Dans un univers o&#249; les positions sociales s'identifient souvent &#224; des &#8216;&#8216;noms&#8221;, la critique scientifique doit parfois prendre la forme d'une critique &lt;/i&gt;ad hominem&lt;i&gt;. Comme l'enseignait Marx, la science sociale ne d&#233;signe &#171; des personnes que pour autant qu'elles sont la personnification &#187; de positions ou de dispositions g&#233;n&#233;riques &#8212; dont peut participer celui qui les d&#233;crit. Elle ne vise pas &#224; imposer une nouvelle forme de terrorisme mais &#224; rendre difficiles toutes les formes de terrorisme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;claration d'intention du n&#176; 5-6, novembre 1975, Actes de la Recherche en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; quelques-unes des techniques qui permettent &#224; des universitaires, &#224; des chercheurs, &#224; des intellectuels, de ne pas s'occuper, ou de mal s'occuper, de la question des m&#233;dias. Mais s'il y a le comment, il y a aussi le pourquoi. Apr&#232;s les raisons qu'on invoque, parfois de bonne foi, il y a celles qu'on a. Dans l'univers des chercheurs, des universitaires, les positions dans un espace social expliquent aussi les dispositions et les prises de position au cours d'un d&#233;bat &#224; caract&#232;re politique. Cette r&#232;gle, que d'aucuns savent diss&#233;quer quand il s'agit, par exemple, d'analyser la disposition des intellectuels r&#233;volutionnaires &#224; plier la science aux int&#233;r&#234;ts pr&#233;sum&#233;s du &#171; parti de la classe ouvri&#232;re &#187;, n'est pas forc&#233;ment moins probante &#8212; ou plus d&#233;sint&#233;ress&#233;e &#8212; quand on l'applique &#224; un savant, capable de d&#233;nicher la th&#233;orie des m&#233;dias la mieux ajust&#233;e &#224; ses priorit&#233;s de recherche et &#224; sa valorisation individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;POURQUOI ON NE VEUT PAS VOIR CE QU'ON VOIT &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par int&#233;r&#234;t&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains intellectuels ou universitaires, qui ont d&#233;j&#224; accept&#233; l'implication dans le monde de l'entreprise et de la publicit&#233; - Alain Etchegoyen &#224; Usinor, Jorge Semprun &#224; Vivendi, Daniel Cohen &#224; la banque Lazard, Fran&#231;ois Ewald au Medef - l'int&#233;r&#234;t est assez clair m&#234;me si on peut toujours le maquiller sous les couleurs d'une ouverture &#224; la soci&#233;t&#233; civile, assur&#233;ment un peu diff&#233;rente de celle qui conduisit Robert Linhart &#224; devenir &#233;tabli. Or s'ouvrir &#224; la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; et &#224; ses gratifications mat&#233;rielles via le monde de l'entreprise m&#232;ne rarement &#224; d&#233;daigner l'univers des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas d'un chercheur, une telle exposition m&#233;diatique peut s'accompagner d'avantages professionnels, universitaires par exemple (on parle alors de &#171; valorisation de la recherche &#187;) ou de facilit&#233;s d'&#233;dition (le livre command&#233; est r&#233;put&#233; pouvoir se vendre d&#232;s lors que l'auteur ne r&#233;pugne pas &#224; s'afficher). Inversement, ceux qui endosseraient les critiques radicales des m&#233;dias, voire les prolongeraient par leurs propres travaux, encourent rappels &#224; l'ordre puis mises &#224; l'index ; les pages &#171; Livres &#187; de certains p&#233;riodiques &#8212; &lt;i&gt;Le Monde, Lib&#233;ra&lt;/i&gt;tion, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Inrockuptibles&lt;/i&gt;, en particulier &#8212; en fournissent des d&#233;monstrations probantes. On comprend, dans ces conditions, que le tressage de lauriers m&#233;diatiques soit devenu un petit commerce en expansion. Y compris chez les universitaires. Ils attaqueront volontiers TF1 (qui ne les conviera jamais sur un plateau, pour des raisons li&#233;es &#224; l'audimat), mais trouveront bien des m&#233;rites &#224; France Culture nonobstant toutes les normalisations et &#233;purations que cette station a subies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il s'agit, au contraire, de &lt;i&gt;ne pas &lt;/i&gt;s'impliquer, de &lt;i&gt;ne pas &lt;/i&gt;participer &#224; la controverse sur la question des m&#233;dias (quitte &#224; &#234;tre m&#233;diatis&#233; de temps en temps), l'int&#233;r&#234;t op&#232;re de mani&#232;re plus indirecte. Si des intellectuels, des chercheurs, des universitaires, ne se soucient pas des questions les plus centrales relatives &#224; l'information, c'est parfois qu'ils estiment qu'elles ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; tranch&#233;es scientifiquement et sont par cons&#233;quent peu productives. De fait, les questions relatives au contr&#244;le capitalistique de la presse, &#224; son pouvoir d'imposition id&#233;ologique, &#224; l'influence de la publicit&#233;, ont bien donn&#233; lieu &#224; une infinit&#233; d'&#233;tudes depuis un si&#232;cle. Nombre de chercheurs vont donc leur pr&#233;f&#233;rer des probl&#233;matiques lat&#233;rales, plus &#171; stimulantes &#187;, plus susceptibles de d&#233;boucher sur des publications cot&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; entendre les t&#233;moignages de syndicalistes dans des entreprises de presse, d'un c&#244;t&#233;, et les analyses de sociologues des m&#233;dias, de l'autre, on est d'ailleurs saisi par un contraste. Les premiers, bien qu'ils appartiennent g&#233;n&#233;ralement au p&#244;le le plus intellectuel des entreprises d'information (documentaristes, reporters chevronn&#233;s&#8230;), avancent des explications simples et souvent peu nombreuses de la d&#233;gradation de l'information : le contr&#244;le capitaliste, la concurrence qui pousse &#224; faire vite, &#224; faire pas cher pour faire comme les autres et pour faire de l'audience, la mise en place de hi&#233;rarchies militaires dans les r&#233;dactions. Certains universitaires au contraire, d&#233;veloppent des analyses toujours plus emberlificot&#233;es, qui excipent de la &#171; complexit&#233; du r&#233;el &#187; pour justifier &#224; la fois la prolongation de leurs travaux et leur non engagement dans des combats &#224; leurs yeux douteux parce qu'insuffisamment subtils. La volont&#233; de se distinguer de l'analyse produite par les journalistes eux-m&#234;mes, ne pousse-t-elle pas des &#171; scientifiques &#187; press&#233;s de &#171; rompre avec le sens commun &#187; &#224; explorer des voies imp&#233;n&#233;trables au profane afin de justifier leur position de savants au-dessus de la m&#234;l&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Pierre Rimbert, &#171; Les rapports entre journalistes et intellectuels : cul (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par l'effet d'une peur l&#233;gitime.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche, justement, n'est pas - ou n'est plus - un oc&#233;an d'&#233;toiles cartographi&#233; par un g&#233;ographe dont le seul souci serait de faire d&#233;couvrir les arcanes de la voie lact&#233;e. Elle est produite par un syst&#232;me &#233;conomique qui veut installer au sommet de la pyramide les outils intellectuels et les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels lui permettant de se reproduire. Ailleurs, sur les contrebas de l'&#233;difice, la pr&#233;carit&#233; contrarie ou att&#233;nue les dispositions rebelles. Bourdieu r&#233;sumait : &#171; Vous voulez les faire bosser, rendez-les pr&#233;caires ! &#187; On pourrait compl&#233;ter : Vous voulez que les universitaires se montrent plus dociles face aux militaires, &#224; la police, au patronat, &#224; la Commission europ&#233;enne, aux multinationales de la presse ? Faites les d&#233;pendre, eux et leurs laboratoires, de partenariats avec la Nasa, l'Otan, le minist&#232;re de l'int&#233;rieur, les entreprises, la commission de Bruxelles. Sans oublier de les faire d&#233;pendre de la promotion de leurs travaux dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les pratiques n&#233;olib&#233;rales ont envahi toutes les sph&#232;res de la vie culturelle et sociale. Les universitaires sont de plus en plus d&#233;pendants de la commande, des appels d'offre, qui d&#233;terminent les moyens et donc la direction dans laquelle s'orienteront leurs recherches. Concernant la d&#233;pendance par rapport aux m&#233;dias, Michel Wieviorka, directeur d'&#233;tudes &#224; l'EHESS, a confi&#233; : &#171; Tous nos coll&#232;gues pr&#233;f&#232;rent un article dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, ou venir chez vous Alain Finkielkraut, plut&#244;t que d'attendre trois ans la publication d'un article dans une revue scientifique o&#249; on leur reprochera d'avoir oubli&#233; une virgule &#224; tel endroit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;mission &#171; R&#233;plique &#187;, France Culture, 19 mars 2003.&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; On a quand m&#234;me rep&#233;r&#233; quelques chercheurs qui r&#233;sistent au d&#233;sir de passer chez Alain Finkielkraut&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'universit&#233; pratiquant d&#233;j&#224; la technique des promotions incestueuses, des comp&#232;res et des renvois d'ascenseur, la logique m&#233;diatique a peut-&#234;tre simplement confort&#233; certaines dispositions d&#233;j&#224; bien install&#233;es dans la cit&#233; savante. D'autant que conform&#233;ment &#224; une observation pessimiste formul&#233;e par Jacques Bouveresse, parfois, plus on sait comment les choses se passent, mieux on est instruit de la mani&#232;re d'en tirer parti, et moins on se montre dispos&#233; &#224; en bouleverser les r&#232;gles du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par souci de &#171; faire conna&#238;tre ses id&#233;es &#187;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas de figure, il ne s'agit ni d'un calcul financier, ni d'un souci de promotion, de notori&#233;t&#233;, de carri&#232;re, mais de faire avancer, par des canaux qu'on sait impurs, des id&#233;es qui le sont moins. La d&#233;valorisation des pratiques militantes conduit &#224; ne pas imaginer d'autres mani&#232;res de transmettre un savoir que ceux qu'offre une tribune dans la presse &#171; de qualit&#233; &#187; ou un &#171; d&#233;bat &#187; dans les m&#233;dias. Ce genre de d&#233;pendance peut imposer au scientifique de ne pas dire des choses qu'il tiendrait pour importantes, mais qui seraient mal ajust&#233;es &#224; l'&#233;mission &#224; laquelle il participe &#8212; et mal accept&#233;es par l'h&#244;te qui le re&#231;oit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 2003, Jean-Luc Hees, alors directeur de France Inter, est amen&#233; &#224; s'expliquer sur le renvoi de Martin Winkler, que certains imaginent li&#233; aux pressions du lobby pharmaceutique (pour lequel Hees a fait des &#171; m&#233;nages &#187;). Hees expliqua plut&#244;t que le renvoi &#233;tait imputable au manque de reconnaissance de son ancien chroniqueur : &#171; Si moi je me conduis pas bien dans un d&#238;ner et que je suis pas r&#233;invit&#233;, je m'acharne pas &#224; sonner &#224; la porte, je reviens pas, j'essaie de me dire que la prochaine fois je me conduirai bien. M. Winkler doit beaucoup &#224; France Inter, je crois qu'il le sait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains universitaires, intellectuels, chercheurs ont appris &#224; bien se conduire. Et plus ils sont nombreux &#224; &#234;tre sages, plus les r&#233;fractaires leur paraissent intempestifs. Toutes proportions gard&#233;es, la dynamique de la compromission m&#233;diatique rappelle alors une observation de Patrick Champagne relative au paysan qui rompt avec son milieu pour faire fortune &#224; la ville : le premier &#224; partir passe pour un tra&#238;tre ; le dernier &#224; le faire, pour un imb&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par exc&#232;s de confiance en soi et par refus de r&#233;fl&#233;chir &#224; la signification collective des choix individuels.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui n'a entendu, &#224; la suite d'une prestation m&#233;diatique rat&#233;e, l'intellectuel, le chercheur, l'universitaire, bl&#226;mer les journalistes en ces termes : &#171; Ils m'avaient promis de&#8230; ; c'est vrai, j'ai eu tort de leur faire confiance &#187;. C'est-&#224;-dire tort de croire qu'on me laisserait parler sans m'interrompre &#224; chaque instant, tort de penser qu'on ne couperait pas le passage auquel je tenais le plus (et qui me d&#233;douanait du reste), tort d'imaginer qu'on n'allait pas &#233;craser mon texte d'un titre me pla&#231;ant, contre mon gr&#233;, au c&#339;ur d'une pol&#233;mique concoct&#233;e par les m&#233;dias et dans laquelle je n'ai que faire. L'amusant dans ce registre, c'est qu'il conduit des &#171; savants &#187; qui consacrent leur existence &#224; &#233;laborer des codes permettant d'expliquer des comportements collectifs &#224; agir comme si l'exp&#233;rience des autres n'avait plus la plus petite utilit&#233; d&#232;s lors qu'il s'agissait d'eux. Chacun veut &#171; faire son exp&#233;rience &#187; et puis, exp&#233;rience faite, recommencer &#224; faire son exp&#233;rience pour &#234;tre dup&#233; &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;mission diffus&#233;e il y a quelques ann&#233;es sur LCI, la journaliste Daniela Lumbroso recevait l'auteur Patrick Poivre d'Arvor, par ailleurs responsable d'une autre &#233;mission &#171; culturelle &#187; sur LCI.) Suivent quelques extraits de leur dialogue : &lt;br class='autobr' /&gt;
DL : &#8212; &#192; propos du m&#233;pris des uns par les autres, &#224; un moment vous &#233;crivez &#224; propos des intellectuels : &#171; Ah, les mis&#233;rables intellectuels, on vous voit venir. La t&#233;l&#233;, vous d&#233;testez comme ce mis&#233;rable Artaban et pourtant vous ne r&#234;vez que d'une chose, c'est d'y passer. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
PPDA : &#8212; Daniela, vous en avez re&#231;u ici m&#234;me. J'en ai re&#231;u &#224; &#171; Place aux livres &#187;, j'en ai re&#231;u &#224; &#171; Ex libris &#187;, j'en ai re&#231;u dans le journal [de TF1] &#187;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
DL : &#8212; Et vous pensez que si on r&#234;ve de passer &#224; la t&#233;l&#233;vision, &#231;a emp&#234;che de critiquer la t&#233;l&#233;vision. C'est pas antinomique&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
PPDA : &#8212; Non, sauf qu'ils s'abstiennent en g&#233;n&#233;ral. Quand ils viennent, ils profitent et puis apr&#232;s ils critiquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par sous-estimation de l'importance de la question des m&#233;dias.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la r&#233;action du genre : &#171; Vous attachez trop d'importance &#224; ce sujet, il n'y a pas que &#231;a qui compte &#187;, etc. Ici, rien de nouveau sous le soleil : tous les militants de toutes les causes se voient un jour objecter le caract&#232;re trop obsessionnel ou trop exclusif de leur militantisme, en particulier par ceux qui font autre chose &#8212; ou qui ne font rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reproche n'est pas n&#233;cessairement ill&#233;gitime. En th&#233;orie, quand on combat sur d'autres fronts, pris par d'autres urgences, on peut estimer que les bavures polici&#232;res, le racisme, le sexisme sont des questions &#171; secondaires &#187; ou subordonn&#233;es. Chacun est n&#233;anmoins fond&#233; &#224; s'interroger sur l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle de qui minorerait l'importance des questions pr&#233;cit&#233;es si ce dernier se trouvait &#234;tre en m&#234;me temps CRS, propri&#233;taire d'esclaves ou souteneur. Or, trop souvent, ceux qui formulent des objections visant &#224; relativiser la place des m&#233;dias sont &#233;galement ceux qui s'emploient &#224; passer dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il ne faut pas imaginer que l'invitation chez Ardisson, ce soit toujours les autres, jamais les universitaires. Un simple coup de fil peut faire fondre une banquise &#8230; Dominique Wolton, par exemple, a particip&#233; &#224; l'&#233;mission &lt;i&gt;Tout le monde en parle &lt;/i&gt;le 27 avril 2003. L'entretien &#8212; confus, bavard, anodin &#8212; fut suivi de cette phrase d'anthologie prononc&#233;e par l'animateur : &#171; Vous restez avec nous Dominique Wolton. C'est la premi&#232;re fois qu'un chercheur du CNRS participera &#224; notre &lt;i&gt;blind test&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le &#171; blind test &#187; est un jeu consistant &#224; identifier des chansons d&#232;s leurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Wolton avancera sans doute qu'il a touch&#233; ce soir-l&#224; un public plus socialement diversifi&#233; que celui auquel il s'adresse en capacit&#233; d'universitaire. Preuve qu'il serait, lui, vraiment d&#233;mocrate, davantage en tout cas que les &#171; &#233;litistes &#187; qui &#171; m&#233;prisent &#187; les m&#233;dias et qui ignorent les voies imp&#233;n&#233;trables de la &#171; r&#233;ception &#187; d'un programme de t&#233;l&#233;vision couramment d&#233;cri&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sans vouloir imputer &#224; des petits calculs les conclusions de Dominique Wolton, qu'on veut imaginer produites par ses seules recherches au CNRS, on con&#231;oit sans effort que notre chercheur m&#233;diatis&#233; n'appr&#233;cie gu&#232;re la critique radicale des m&#233;dias, mais aussi qu'il soit r&#233;guli&#232;rement invit&#233; par les journalistes &#224; la commenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Par lassitude&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand bien m&#234;me la connaissance du probl&#232;me et de son importance existerait chez les universitaires, quand bien m&#234;me ils n'auraient pas un int&#233;r&#234;t particulier &#224; dissimuler sa gravit&#233;, ils peuvent arguer de leur lassitude eu &#233;gard au peu d'effet des explications et des d&#233;nonciations pr&#233;c&#233;dentes. Quiconque a d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233; et fait conna&#238;tre l'&#233;tendue des pressions industrielles et publicitaires sur l'information, les r&#233;seaux de connivence et les renvois d'ascenseur, ne peut avoir un jour &#233;chapp&#233; &#224; un tel sentiment de d&#233;couragement (&#171; &#199;a recommence ! &#187;) en mesurant les capacit&#233;s intactes d'une machine dont on a pourtant examin&#233; et d&#233;mont&#233; chacun des rouages. Philippe Cohen rappelle que, dans le cas de Bernard-Henri L&#233;vy, bien des intellectuels, des universitaires, ont tent&#233;, lors de la parution de ses trois ouvrages &#224; pr&#233;tention scientifique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La barbarie &#224; visage humain, L'id&#233;ologie fran&#231;aise, Le testament de Dieu. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'administrer une sorte de &#171; correction &#187; &#224; l'auteur. Mais notant que leurs coups, r&#233;els, n'avaient pas emp&#234;ch&#233; les livres suivants de l'imp&#233;trant philosophe de se vendre, ils ont renonc&#233;, comme s'ils sentaient que de toute fa&#231;on les m&#233;dias avaient pris le pas sur l'universit&#233;. La plupart d'entre eux se sont alors lass&#233;s de combattre avec les armes de l'intelligence une machine carburant &#224; la connivence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non contents de cesser de se battre, certains ont rejoint en rechignant la troupe de ceux qui d&#233;f&#232;rent aux logiques et aux contraintes de la m&#233;diatisation. Les mondes de l'universit&#233; et de l'intelligentsia n'&#233;tant pas beaucoup plus purs, moins sensibles que les autres, &#224; la concurrence et aux crocs-en-jambe, chacun peut toujours, s'il le souhaite, justifier ses compromissions par celles du coll&#232;gue, du rival, et par le d&#233;sir de ne pas trop leur abandonner le terrain. Ceux qui ont renonc&#233; en veulent parfois aux autres qui ne capitulent pas parce qu'ils estiment encore que &#171; ce n'est qu'un d&#233;but, continuons le combat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge Halimi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Publi&#233; sous la direction de Jacques Bouveresse et &#201;veline Pinto, Collection Champ social, &#201;ditions du Croquant, janvier 2007, 240 pages, pp.195-210.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Galbraith, &#171; How to get the poor off our conscience &#187;, &lt;i&gt;Harper's&lt;/i&gt;, novembre 1985. Traduit dans &lt;i&gt;Le Monde diplomatique &lt;/i&gt;d'octobre 2005 sous le titre &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2005/10/GALBRAITH/12812&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'art d'ignorer les pauvres&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette intervention fut suivie d'interpellations particuli&#232;rement v&#233;h&#233;mentes de la part de quelques participants &#224; la r&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je renvoie ici aux interventions successives, lors de cette universit&#233; d'&#233;t&#233; d'Attac, de Gilles Balbastre, de Pierre Rimbert et de moi-m&#234;me sur ces sujets. L'analyse de la question particuli&#232;re des rapports entre contestataires et m&#233;dias a fait l'objet d'une publication en ligne &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/societe/media/halimi/attac.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de L'homme moderne&lt;/a&gt; et d'un travail plus universitaire : Serge Halimi et Pierre Rimbert, &#171; Contestation des m&#233;dias ou contestation pour les m&#233;dias &#187;, &lt;i&gt;in M&#233;dias et censure. Les figures de l'orthodoxie&lt;/i&gt;, sous la direction de Pascal Durand, Universit&#233; de Li&#232;ge, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 19 octobre 2005. Dans une nouvelle tribune de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, le 20 janvier 2006, Philippe Corcuff a pourfendu l'id&#233;e d'un &#171; &#8216;&#8216;grand complot n&#233;olib&#233;ral'' suppos&#233; r&#233;unir capitalistes-politiciens-intellectuels-journalistes, qui fait tellement fr&#233;tiller de manich&#233;isme quelques critiques simplistes des m&#233;dias et leurs lecteurs. &#187; Sur l'invention d'une &#171; th&#233;orie du complot &#187;, ensuite pr&#234;t&#233;e aux critiques radicaux de l'ordre m&#233;diatique, Serge Halimi et Arnaud Rindel, &#171; La conspiration : Quand les journalistes (et leurs favoris) falsifient l'analyse critique des m&#233;dias &#187;, &lt;i&gt;Agone&lt;/i&gt;, n&#176; 34, 2005 ; Patrick Champagne, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1572.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Philippe Corcuff, critique &#8216;&#8216;intelligent'' de la critique des m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. son entretien avec &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 4-5 ao&#251;t 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt;Yvette Delsaut et Marie-Christine Rivi&#232;re, &lt;i&gt;Bibliographie des travaux de Pierre Bourdieu&lt;/i&gt;, Le Temps des Cerises, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire sur le sujet le texte cinglant de Lucien S&#232;ve, &#171; Intellectuels communistes : peut-on en finir avec le parti pris ? &#187;, &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;, n&#176; 15, janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'emprunte une partie de ces r&#233;flexions &#224; Edward Said, &lt;i&gt;Des intellectuels et du pouvoir&lt;/i&gt;, Seuil, 1994, &#224; Russell Jacoby, &lt;i&gt;Dogmatic Wisdom : How the Culture Wars Divert Education and Distract America&lt;/i&gt; et, pour la France, &#224; Pierre Rimbert (lire en particulier &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1809.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les rapports entre journalistes et intellectuels : cul et chemise ? &#187;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;claration d'intention du n&#176; 5-6, novembre 1975, &lt;i&gt;Actes de la Recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Interventions&lt;/i&gt;, Agone, Marseille, 2002, p. 129.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Pierre Rimbert, &#171; Les rapports entre journalistes et intellectuels : cul et chemise ? &#187;, art. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;mission &#171; R&#233;plique &#187;, France Culture, 19 mars 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &#171; blind test &#187; est un jeu consistant &#224; identifier des chansons d&#232;s leurs premi&#232;res notes, chaque joueur appartenant &#224; une &#233;quipe de trois personnes affrontant une autre &#233;quipe. En sus de l'&#171; intellectuel &#187; de service, chaque &#233;quipe comprend souvent un comique ou une actrice plus ou moins habill&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La barbarie &#224; visage humain&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'id&#233;ologie fran&#231;aise&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le testament de Dieu.&lt;/i&gt; Lire Ph. Cohen, &lt;i&gt;BHL&lt;/i&gt;, Fayard, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobilisation sociale et critique des m&#233;dias au Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Mobilisation-sociale-et-critique-des-medias-au-Quebec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Mobilisation-sociale-et-critique-des-medias-au-Quebec</guid>
		<dc:date>2012-06-11T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean P&#233;r&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec (m&#233;dias du)</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L&#224;-bas comme ici ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-en-Europe-et-en-Amerique-du-Nord-2010-2012-et-au-dela-" rel="directory"&gt;Mobilisations en Europe et en Am&#233;rique du Nord : 2010-2012, et au-del&#224;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quebec-medias-du-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec (m&#233;dias du)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois poursuivent leur gr&#232;ve, la plus longue de l'histoire universitaire du pays, contre la hausse du montant des droits d'inscription &#224; l'universit&#233; et contre la loi 78, qui limite le droit de manifester, le r&#244;le des m&#233;dias dans ce mouvement a &#233;t&#233; mis en cause, non sans virulence parfois, par les acteurs de la mobilisation. Il vaut la peine d'essayer de comprendre pourquoi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ph&#233;nom&#232;ne qui ne manque pas d'int&#233;r&#234;t et qui n'a gu&#232;re d'&#233;quivalent en France (&#224; de trop rares exceptions pr&#232;s) : des journalistes, universitaires et blogueurs se sont efforc&#233;s, &#224; leur fa&#231;on, de se livrer &#224; un examen critique, t&#233;moignant ainsi &#224; cette occasion d'une certaine vigilance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un rapide survol du paysage m&#233;diatique qu&#233;b&#233;cois et des instruments de cette vigilance permet de comprendre cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concentration des m&#233;dias, observations des m&#233;dias&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Un blogueur proposait, le 9 mai, sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.vigile.net/Pourquoi-pas-enfin-une-manif&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pourquoi pas, enfin, une manif contre nos deux empires m&#233;diatiques ? &#187;&lt;/a&gt;, d'organiser une manifestation devant le si&#232;ge des deux grands groupes qui se partagent les m&#233;dias au Qu&#233;bec : Qu&#233;b&#233;cor et Gesca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier, Qu&#233;b&#233;cor, que nous avons d&#233;j&#224; largement &#233;voqu&#233; ici d&#233;tient notamment &lt;i&gt;Le Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Qu&#233;becor et Le Journal du Qu&#233;bec, voir &#171; Quinze mois de conflit au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ainsi que la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision TVA, qui a la plus forte audience au Qu&#233;bec. Le mastodonte concurrent, Gesca, est une filiale de la Power Corporation du Canada, pr&#233;sid&#233;e par Paul Desmarais, cinqui&#232;me fortune du pays et soutien actif de l'ex-pr&#233;sident fran&#231;ais Nicolas Sarkozy (il &#233;tait au Fouquet's). Gesca d&#233;tient le quotidien &lt;i&gt;La Presse,&lt;/i&gt; ainsi que six autres quotidiens et trois hebdomadaires. La concentration de la presse payante francophone bat au Qu&#233;bec tous les records des pays occidentaux : 97,2 % des journaux qu&#233;b&#233;cois appartiennent aux deux groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le quotidien &lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (3,5 % du tirage qu&#233;b&#233;cois, 30 &#224; 40 000 exemplaires, 349 000 lecteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Donn&#233;es 2008, selon Wikip&#233;dia, qui se r&#233;f&#232;re au Print Measurement Bureau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; demeure ind&#233;pendant depuis sa naissance, en 1910.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision publique, Radio Canada, accus&#233;e d'affinit&#233;s avec le gouvernement lib&#233;ral du Qu&#233;bec, elle a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e &#171; Radio Cadenas &#187; ou encore &#171; Radio Gesca &#187;, en raison de ses relations tr&#232;s amicales avec ce groupe, lui-m&#234;me tr&#232;s proche du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est notamment &#224; cause de cette extr&#234;me concentration des m&#233;dias, mais aussi des probl&#232;mes que soul&#232;vent les pratiques journalistiques, que s'est d&#233;velopp&#233;e de longue date et, donc, longtemps avant la mobilisation des &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois, une critique des m&#233;dias relativement autonome. Malgr&#233; son faible tirage, le quotidien &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; y contribue, en raison de son ind&#233;pendance, de la r&#233;putation de qualit&#233; de ses articles, notamment de sa rubrique &#171; M&#233;dias &#187;, tenue par St&#233;phane Baillargeon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une &#233;tude approfondie de ce quotidien a &#233;t&#233; publi&#233;e par la revue qu&#233;b&#233;coise (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il n'est pas un m&#233;dia lui-m&#234;me, le &lt;a href=&#034;http://conseildepresse.qc.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conseil de presse du Qu&#233;bec&lt;/a&gt; joue un r&#244;le plus important. Cet organisme, o&#249; sont repr&#233;sent&#233;s &#224; &#233;galit&#233; les journalistes, les entreprises de m&#233;dias et le public (qui a une voix de plus), semble jouir d'une grande autorit&#233;, m&#234;me s'il ne dispose pas de pouvoir autre que moral. Cela dit, ses d&#233;cisions, sont toujours accompagn&#233;es de la mention : &lt;i&gt;Le Conseil de presse du Qu&#233;bec rappelle que : &#171; Lorsqu'une plainte est retenue, l'entreprise de presse vis&#233;e par la d&#233;cision a l'obligation morale de la publier ou de la diffuser. &#187; (R&#232;glement n&#176; 3, article 8. 2)&lt;/i&gt;. L'ind&#233;pendance du Conseil de la presse a d&#233;j&#224; provoqu&#233; le d&#233;part de certains de ses membres, dont Qu&#233;becor, ce qui fragilise son financement, d&#233;j&#224; modeste. Le Conseil de presse diffuse chaque jour sur son site une revue de presse et, r&#233;guli&#232;rement, des articles sur les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, moins r&#233;put&#233; que le Conseil de la presse, un dernier organisme m&#233;rite d'&#234;tre mentionn&#233; : Projet J (pour Projet Journalisme) qui se d&#233;finit comme un &#171; Observatoire du journalisme &#187;. Soutenu par la &lt;a href=&#034;http://cjf-fjc.ca/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fondation pour le journalisme canadien&lt;/a&gt;, Projet J, se pr&#233;sente comme &lt;i&gt;&#171; Observatoire ind&#233;pendant &#187; qui &#171; [&#8230;] vise &#224; favoriser l'excellence journalistique en proposant un espace de r&#233;flexion critique et des outils de perfectionnement. &#187; &lt;/i&gt;Ainsi, &#171; &lt;i&gt; il y est question, entre autres, de formation, d'&#233;thique et de recherche sur le journalisme. Il s'agit &#233;galement d'un lieu d'&#233;changes et de d&#233;bats entre journalistes, enseignants et &#233;tudiants sur les enjeux actuels et l'avenir du m&#233;tier. &#187;. &lt;/i&gt;Compos&#233; de journalistes, d'enseignants, de chercheurs et d'&#233;tudiants, Projet J diffuse sur son site des articles d'information et de r&#233;flexion ainsi que des recherches sur les m&#233;dias.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette liste de trois p&#244;les d'ind&#233;pendance n'est nullement exhaustive. Toute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vigilance (1) : &#233;ditorialistes et journalistes de terrain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours du mouvement des &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois contre la hausse des frais de scolarit&#233;, la plupart des m&#233;dias dominants (ou, du moins, les commentateurs) ont pris position contre les &#233;tudiants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce parti pris qu'entend d&#233;montrer, par exemple, une vid&#233;o critique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En m&#234;me temps, pendant les manifestations, des reporters, cameramen ou photographes ont &#233;t&#233; malmen&#233;s par les &#233;tudiants parce qu'ils travaillaient pour tel journal, telle ou telle cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision. Pourquoi malmen&#233;s ? A cause des positions hostiles aux &#233;tudiants prises par les &#233;ditorialistes de leur m&#233;dia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ils condamnent sans r&#233;serve la mise en cause des journalistes de terrain et les violences parfois exerc&#233;es contre eux, nombre d'observateurs s'interrogent, plus ou moins timidement, sur leurs causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Colette Brin, ex-journaliste de presse, t&#233;l&#233;vision et radio, professeure au D&#233;partement d'information et de communication de l'Universit&#233; Laval &#224; Qu&#233;bec dans un article paru sur le site de Projet J, invite &#224; ne pas confondre journalistes de terrain et &#233;ditorialistes : &lt;i&gt;&#171; [&#8230;] pour les journalistes de terrain, la couverture d'une manifestation qui tourne mal est d'autant plus risqu&#233;e que certaines personnes d&#233;cident de s'en prendre &#224; eux &#8211; parfois physiquement &#8211; pour les opinions de leurs coll&#232;gues chroniqueurs ou &#233;ditorialistes. Il faut &#233;videmment d&#233;noncer de tels gestes, qui portent atteinte non seulement &#224; l'int&#233;grit&#233; des personnes, mais aussi &#224; la libert&#233; de presse. Et rappeler que dans la tradition des quotidiens nord-am&#233;ricains, la salle de r&#233;daction et l'&#233;quipe &#233;ditoriale sont des entit&#233;s s&#233;par&#233;es&#8230; &#224; d&#233;faut d'&#234;tre compl&#232;tement ind&#233;pendantes&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Brin,&#171; Le conflit &#233;tudiant : spectacle m&#233;diatique interactif et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins mesur&#233;, mais dans le m&#234;me sens, le pr&#233;sident du Conseil de presse du Qu&#233;b&#233;c, John Gomery, dans un communiqu&#233; diffus&#233; le 17 mai 2012, d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; Je remarque une radicalisation du discours de certains journalistes et commentateurs. Rarement aura-t-on pu lire ou entendre des opinions aussi virulentes que lors de ce conflit, et ce simple constat doit nous amener &#224; nous demander si une plus grande mod&#233;ration dans la libre expression des points de vue ne diminuerait pas le risque d'exacerber et de radicaliser le conflit, en plus de mieux respecter les droits de chacun. Cela &#233;tant dit, que certains journalistes aient p&#233;ch&#233; par exc&#232;s de z&#232;le ou non, rien n'excuse les gestes d'intimidation et de violence dont nous avons &#233;t&#233; t&#233;moin qui briment la libert&#233; d'expression, le droit &#224; l'information et la libert&#233; de presse &#187;&lt;/i&gt;. Un simple appel &#224; la mod&#233;ration, suivi d'une ferme condamnation, mais qui l&#233;gitime la critique de l'omnipr&#233;sence et de la virulence des commentateurs &#224; sens unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus radical, une fois de plus sur Projet J, dans un article au titre &#233;loquent &#8211; &#171; L'opinion nuit au journalisme &#187; &#8211; le professeur Normand Landry, sp&#233;cialiste des questions de libert&#233; d'expression et enseignant-chercheur, ne se borne pas &#224; rappeler une n&#233;cessaire distinction, mais souligne &#224; quel point et &#224; quel prix le journalisme de commentaires &#233;crase le journalisme d'information : &lt;i&gt;&#171; Quand on donne deux ou trois pages &#224; des chroniqueurs qui mart&#232;lent les m&#234;mes arguments et que de l'autre c&#244;t&#233; on a des journalistes extr&#234;mement comp&#233;tents qui font un travail de terrain fabuleux, mais auxquels on donne un espace plus limit&#233;, moins int&#233;ressant dans le journal, &#231;a n'aide pas &#224; changer la perception du public, explique-t-il. C'est difficile dans ce contexte de leur montrer que le journal n'est pas l&#224; pour prendre part au conflit et l'orienter, mais pour les aider &#224; le comprendre. &#187;&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le m&#234;me de conclure : &lt;i&gt;&#171; C'est beaucoup plus payant d'avoir quelques chroniqueurs vedettes qui assurent un grand lectorat qu'une arm&#233;e de journalistes qui font un travail d'analyse objectif sur le terrain. Je pense qu'il y a du grand journalisme qui se fait au Qu&#233;bec en ce moment, y compris sur la crise. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le probl&#232;me ne vient pas des journalistes, il vient des institutions m&#233;diatiques. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Des institutions qui ont la propension &#224; vendre de la copie plus qu'&#224; faire de l'information&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans &#171; L'opinion nuit au journalisme &#187;, Projet J, 25 mai 2012&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, St&#233;phane Baillargeon, journaliste au quotidien &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, chroniqueur &#224; la Radio Premi&#232;re Cha&#238;ne de Radio Canada et professeur charg&#233; de cours &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al : &#171; &#8230; &lt;i&gt;Une deuxi&#232;me opposition m&#233;diatique concerne les reporters et les chroniqueurs. Les premiers font globalement tr&#232;s bien leur travail : ils rapportent. Les seconds, enfin certains d'entre eux, ont pass&#233; les quinze derni&#232;res semaines &#224; jeter de l'huile sur le feu. &#201;videmment, chacun a le droit de s'exprimer, et absolument rien ne justifie les attaques contre les journalistes. On souhaiterait tout de m&#234;me un peu plus de respect de l'&#8220;&#233;thique de la communication&#8221; [&#8230;] de la part des communicateurs professionnels. En plus, maintenant, chaque m&#233;dia relaie des dizaines de chroniques et de blogues alors, quand tout le monde appuie dans le m&#234;me sens, ou presque, &#231;a finit par peser&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le&#231;on sur les donneurs de le&#231;ons &#187;, Le Devoir, 22 mai 2012.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en croit donc ces analystes, ce sont les &#233;ditocrates qu&#233;b&#233;cois qui suscitent l'hostilit&#233; des &#233;tudiants, mais ce sont les journalistes de terrain qui re&#231;oivent les coups. Ce qui ressort de ces observations convergentes, c'est la contradiction entre l'engagement partisan des &#233;ditorialistes et le souci d'exactitude inh&#233;rent au reportage, contradiction dont les journalistes de terrain, cameramen et porteurs de micros, font les frais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut &#233;videmment penser que les journalistes de terrain sont politiquement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. A noter que ces m&#234;mes journalistes sont &#233;galement souvent la cible de violences polici&#232;res. Ce qui n'emp&#234;che pas leurs chefferies &#233;ditoriales de pr&#234;ter main forte &#224; cette police lorsque celle-ci le demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vigilance (2) : m&#233;dias et police &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias doivent-ils &#234;tre des auxiliaires de la police ? A la suite d'un avis de recherche lanc&#233; par la police de Montr&#233;al, les m&#233;dias ont d&#251; se demander s'ils devaient participer ou non &#224; l'identification de quatre &#233;tudiants photographi&#233;s par un quidam apr&#232;s qu'ils eurent jet&#233; des bombes fumig&#232;nes dans des stations de m&#233;tro de Montr&#233;al. Alors que les m&#233;dias dominants s'empressaient de participer au travail de la police, en publiant les photos et, dans un second temps, en identifiant (c'est-&#224;-dire en les nommant) les personnes recherch&#233;es, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, et aussi Radio Canada, ont eu une attitude plus circonspecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes du Qu&#233;bec (FPJQ), principal syndicat de journalistes, ne s'est pos&#233; aucune question sur la d&#233;lation de personnes pr&#233;sum&#233;e innocentes, sur le r&#244;le d'auxiliaires du maintien de l'ordre attribu&#233; aux journalistes &#171; &lt;i&gt;La FPJQ appuie la divulgation dans les m&#233;dias de l'identit&#233; des personnes suspect&#233;es par la police d'avoir lanc&#233; les bombes fumig&#232;nes. C'est une information d'int&#233;r&#234;t public qui permet &#224; la justice de s'exercer au vu et au su de tout le monde et non en cachette comme dans un &#201;tat totalitaire. Il y a un int&#233;r&#234;t l&#233;gitime &#224; cette information pour &#233;viter r&#233;p&#233;tition de tels &#233;v&#233;nements&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La FPJQ d&#233;nonce l'intimidation des manifestants &#224; l'encontre des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil de presse du Qu&#233;bec, dans un article intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://conseildepresse.qc.ca/actualites/chroniques/des-tetes-mises-a-prix/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Des t&#234;tes mises &#224; prix &#187;&lt;/a&gt;, s'est situ&#233; sur un terrain strictement d&#233;ontologique pour commenter l'attitude des diff&#233;rents m&#233;dias et leurs justifications, notamment en regard de la pr&#233;somption d'innocence que doivent respecter les journalistes qu&#233;b&#233;cois selon les termes m&#234;mes des codes de d&#233;ontologie du Conseil de presse et de la FPJQ &#8211; qui, comme on vient de le lire, ne s'est gu&#232;re pos&#233; de question d&#233;ontologique et a fortiori, politique. Pas plus qu'Eric Trottier, r&#233;dacteur en chef du quotidien &lt;i&gt;La Presse,&lt;/i&gt; qui avait relay&#233; imm&#233;diatement l'avis de recherche de la police et livr&#233; au public les noms des suspects. Voici ce qu'il r&#233;pond, dans l'article cit&#233; du Conseil de la Presse, sur la question de la pr&#233;somption d'innocence : &#171; &#8230;&lt;i&gt;&#201;ric Trottier, lorsqu'on lui demande s'il faut un tr&#232;s haut degr&#233; de certitude avant de nommer des suspects comme &lt;/i&gt;La Presse&lt;i&gt; l'a fait. &#8220;Bien s&#251;r. On l'a fait parce qu'on avait plusieurs sources qui nous confirmaient leur identit&#233;, notamment des gens qui les connaissent tr&#232;s bien.&#8221; Combien de sources ? &#8220;Trois.&#8221; Des sources cr&#233;dibles ? &#8220;Tr&#232;s.&#8221; &#187; &lt;/i&gt;Or, dans une mise &#224; jour du lendemain, le Conseil notait que parmi les quatre personnes nomm&#233;es par &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, il y en avait deux qui l'&#233;taient par erreur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore sur le terrain de la pr&#233;somption d'innocence et d'une d&#233;ontologie invitant aux plus grandes pr&#233;cautions dans le d&#233;voilement par les m&#233;dias des noms de personnes suspect&#233;es que s'est situ&#233; Projet J, dans un article &lt;a href=&#034;http://projetj.ca/article/suspects-du-metro-des-visages-des-noms-et-des-adresses-publies&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Suspects du m&#233;tro : des visages, des noms et des adresses publi&#233;s &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence appuy&#233;e aux codes de d&#233;ontologie par le Conseil de presse et Projet J, alors que, singuli&#232;rement, le syndicat des journalistes s'asseoit dessus (et notamment sur le sien !), peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme une invitation faite aux journalistes de respecter leurs propres r&#232;gles &#233;ventuellement &#224; l'encontre de leurs donneurs d'ordres. Mais le peuvent-ils quand ils d&#233;pendent des directions de la r&#233;daction des &#233;normes groupes de m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois ? Ces rappels de la d&#233;ontologie suffisent-ils quand ils sont invit&#233;s &#224; pr&#234;ter main forte &#224; la police alors que le gouvernement cherche &#224; dramatiser &#224; l'exc&#232;s les cons&#233;quences du lancer de fumig&#232;nes, allant jusqu'&#224; inculper les enfumeurs d'&#171; incitation &#224; craindre un acte terroriste &#187; relevant de la l&#233;gislation antiterroriste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont donc des &#233;tudiants qui ont r&#233;agi le plus vivement &#224; cette association police-m&#233;dias. Ainsi Force &#233;tudiante critique, groupe dissident de la Classe (Coalition large de l'Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante) qui f&#233;d&#232;re la majorit&#233; des syndicats &#233;tudiants mobilis&#233;s, a publi&#233;, le 12 mai sur son site, une lettre dans laquelle on peut lire&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Nous constatons qu'avant m&#234;me que des accusations formelles ne soient port&#233;es par le Service de police de la Ville de Montr&#233;al, les personnes soup&#231;onn&#233;es d'&#234;tre &#224; l'origine de l'action de jeudi matin dans le m&#233;tro de Montr&#233;al ont eu droit &#224; une inqui&#233;tante pr&#233;somption de culpabilit&#233;, relay&#233;e sans g&#234;ne par les m&#233;dias. Leurs adresses personnelles ont &#233;t&#233; d&#233;voil&#233;es, leur vie priv&#233;e scrut&#233;e &#224; la loupe, les commentaires d&#233;sobligeants de faux amis ont &#233;t&#233; publi&#233;s comme une v&#233;rit&#233; indiscutable. Leurs opinions politiques ont &#233;t&#233; ostracis&#233;es, en d&#233;pit de la pr&#233;somption d'innocence qui, dans un pays o&#249; les &#233;lites politiques et le consortium m&#233;diatique s'empressent &#224; tout bout de champs d'en vanter les m&#233;rites d&#233;mocratiques, semble ici avoir &#233;t&#233; curieusement balay&#233;e du revers de la main par les pi&#232;tres enqu&#234;teur-es et chroniqueur-es bas de gamme. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et d'en tirer cette cons&#233;quence, quelques lignes plus bas :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;En symbiose avec le pouvoir, les m&#233;dias d&#233;lateurs sont des cibles de choix pour les actions &#224; venir. &#187;&lt;/i&gt; Cette phrase ayant &#233;t&#233; ressentie comme une menace par le quotidien &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, les auteurs de la lettre ont ajout&#233; ult&#233;rieurement un &#171; post-scriptum &#187; dans lequel on peut lire que leur intention n'&#233;tait pas de &#171; leur faire peur &#187; : Les actions auxquelles nous faisions r&#233;f&#233;rence &#233;taient du type de celles &#233;num&#233;r&#233;es dans notre texte : vigile, manif, piquetage. &#187;&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.forceetudiantecritique.org/2012/05/show-must-go-down.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; The show must be down &#187;&lt;/a&gt;, 14 mai 2012)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici comme ailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#233;riodes de crise sociale exacerbent les tensions entre les acteurs de mobilisation et les journalistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;moignent explicitement de ces tensions les &#171; mandats de m&#233;fiance &#187; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, entre le droit d'informer des premiers et le droit d'informer des seconds li&#233; &#224; l'exercice de la libert&#233; de la presse. Alors que la soci&#233;t&#233; se divise progressivement en deux camps antagonistes, les conditions d'une information journalistique, sinon objective, du moins exacte et &#233;quilibr&#233;e, sont fragilis&#233;es. Si, comme au Qu&#233;bec, les journalistes d'information ne veulent pas &#234;tre confondus avec les pr&#233;pos&#233;s aux commentaires qui choisissent massivement le camp gouvernemental (comme ils l'avaient fait, en France, au moment du r&#233;f&#233;rendum de 2005), s'ils ne veulent pas &#234;tre trait&#233;s en auxiliaires de la police, du maintien de l'ordre, il est indispensable de mener cet autre combat pour la libert&#233; de l'information : celui qui vise les grands groupes m&#233;diatiques et des chiens de garde omnipr&#233;sents. C'est assez dire l'importance de lieux et de personnes, d'institutions qui observent et critiquent le fonctionnement des m&#233;dias et qui s'expriment avec le maximum d'ind&#233;pendance, au Qu&#233;bec comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean P&#233;r&#232;s (avec Henri Maler et un correspondant au Qu&#233;bec)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PS (&lt;/strong&gt;13 juin 2012). Un de nos lecteurs actuellement au Qu&#233;bec nous signale &#224; juste titre le r&#244;le important de contre-information que joue, notamment pour les internautes, la t&#233;l&#233;vision &#233;tudiante de l'universit&#233; de Concordia CUTV&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Semble ne plus &#233;mettre, f&#233;vrier 2014&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pr&#233;sent&#233;e sur le &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/blog/collectif22/310512/cutv-montreal-la-television-etudiante-socialement-engagee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog du Collectif 22&lt;/a&gt;, h&#233;berg&#233; par M&#233;diapart. Cette t&#233;l&#233;vision soutient le mouvement &#233;tudiant, notamment en filmant les actions de la police au cours des manifestations ; ce qui vaut &#224; ses journalistes d'&#234;tre particuli&#232;rement vis&#233;s par ladite police.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5999 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/269Mobilisation_sociale_et_critique_des_me_dias_au_Que_bec.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 137.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1760743042' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur Qu&#233;becor et &lt;i&gt;Le Journal du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2505.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Quinze mois de conflit au Journal du Qu&#233;bec &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Donn&#233;es 2008, selon Wikip&#233;dia, qui se r&#233;f&#232;re au Print Measurement Bureau (PMB), organisme canadien qui mesure l'audience des publications&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une &#233;tude approfondie de ce quotidien a &#233;t&#233; publi&#233;e par la revue qu&#233;b&#233;coise &lt;i&gt;Communication,&lt;/i&gt; en mars 2012. Elle est accessible sur le portail &lt;a href=&#034;http://communication.revues.org/index2591.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revues.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette liste de trois p&#244;les d'ind&#233;pendance n'est nullement exhaustive. Toute information compl&#233;mentaire sera la bienvenue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est ce parti pris qu'entend d&#233;montrer, par exemple, une vid&#233;o critique r&#233;alis&#233;e par un enseignant sur son blog &lt;a href=&#034;http://sergeadam.blogspot.fr/2012/05/la-demagogie-des-medias-sur-le-conflit.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La d&#233;magogie des m&#233;dias sur le conflit &#233;tudiant au Qu&#233;bec &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.blogues.ulaval.ca/colette-brin/le-conflit-tudiant-un-spectacle-mdiatique-interactif-et-en-direct/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Colette Brin,&#171; Le conflit &#233;tudiant : spectacle m&#233;diatique interactif et en direct &#187;&lt;/a&gt; ; Projet J repris du blogue de Colette Brin sur Contact, le 24 mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &lt;a href=&#034;http://projetj.ca/article/lopinion-nuit-au-journalisme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'opinion nuit au journalisme &#187;&lt;/a&gt;, Projet J, 25 mai 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/societe/medias/350554/medias-lecon-sur-les-donneurs-de-lecons&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le&#231;on sur les donneurs de le&#231;ons &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le Devoir,&lt;/i&gt; 22 mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut &#233;videmment penser que les journalistes de terrain sont politiquement d'accord avec les &#233;ditorialistes du m&#234;me m&#233;dia, mais ce n'est pas forc&#233;ment le cas. Le choix de travailler dans un organe conforme &#224; ses opinions n'est pas, en effet, au Qu&#233;bec peut-&#234;tre plus qu'ailleurs, d'une grande libert&#233; ; et on peut supposer, sans grand risque de se tromper, que les journalistes qui doivent gagner leur vie comme tout le monde, ne choisissent pas souvent de travailler pour Qu&#233;b&#233;cor ou Gesca parce qu'ils adh&#232;rent aux &#171; id&#233;es &#187; que ces groupes d&#233;fendent&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.newswire.ca/fr/story/974121/la-fpjq-denonce-l-intimidation-des-manifestants-a-l-encontre-des-journalistes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La FPJQ d&#233;nonce l'intimidation des manifestants &#224; l'encontre des journalistes&lt;/a&gt;, 14 mai 2012&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;T&#233;moignent explicitement de ces tensions les &#171; mandats de m&#233;fiance &#187; &#224; l'&#233;gard des grands m&#233;dias adopt&#233;s par certaines associations d'&#233;tudiants affili&#233;es &#224; la Classe, ainsi que le rapporte Radio Canada &lt;a href=&#034;http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/06/06/003-associations-etudiantes-mandat-mefiance-medias.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les m&#233;dias objets de m&#233;fiance &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Semble ne plus &#233;mettre, f&#233;vrier 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;diatisation et personnalisation (&#224; propos d'une lettre d'Olivier Besancenot)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Mediatisation-et-personnalisation-a-propos-d-une-lettre-d-Olivier-Besancenot</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Mediatisation-et-personnalisation-a-propos-d-une-lettre-d-Olivier-Besancenot</guid>
		<dc:date>2011-05-12T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Julien Salingue</dc:creator>


		<dc:subject>Personnalisation</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Besancenot</dc:subject>
		<dc:subject>LCR-NPA</dc:subject>
		<dc:subject>Journalisme politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; Personnalisation et d&#233;politisation m&#233;diatiques d'une d&#233;cision politique&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Elections-de-2012-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2012&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Personnalisation-+" rel="tag"&gt;Personnalisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Olivier-Besancenot-+" rel="tag"&gt;Olivier Besancenot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-LCR-NPA-+" rel="tag"&gt;LCR-NPA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-journalisme-politique-+" rel="tag"&gt;Journalisme politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 mai 2011, dans un long mail envoy&#233; sur les listes internes du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), et rapidement rendu public, Olivier Besancenot a annonc&#233; aux membres de cette formation politique sa d&#233;cision de ne pas &#234;tre candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012. Pas plus qu'il n'appartient &#224; une association de critique des m&#233;dias comme la n&#244;tre de se prononcer sur les orientations g&#233;n&#233;rales des partis politiques, il ne nous appartient d'&#233;valuer cette d&#233;cision elle-m&#234;me. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une r&#233;serve pr&#232;s. Olivier Besancenot, pour justifier son choix, invoque les risques de personnalisation excessive et, &#224; ses yeux, dommageable : l'occasion pour nous de revenir sur la dimension m&#233;diatique de la personnalisation politique&#8230; que la m&#233;diatisation de la d&#233;cision de l'ancien porte-parole du NPA met &#224; nu, par une sorte de d&#233;monstration par l'absurde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Personnalisation politique et personnalisation m&#233;diatique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels rapports des intellectuels, des syndicats, des associations, des formations politiques peuvent-ils entretenir avec les m&#233;dias sans leur &#234;tre totalement subordonn&#233;s ? &lt;br /&gt;
&#8230; Sans les consid&#233;rer comme des instruments socialement et politiquement neutres ? &lt;br /&gt;
&#8230; Sans renoncer &#224; toute critique des m&#233;dias dominants, et en particulier &#224; toute critique des m&#233;dias dans les m&#233;dias ? &lt;br /&gt;
&#8230; Sans r&#233;duire la question des m&#233;dias &#224; une question subalterne alors qu'elle requiert des propositions pour leur transformation qui ne peuvent vivre sans contestation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons cess&#233; de poser ces questions depuis la fondation d'Acrimed, comme on peut le v&#233;rifier en suivant cette note&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Quels rapports entretenir avec les m&#233;dias ? &#187; Une question sur laquelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pour prescrire &#224; quiconque un quelconque comportement, mais pour interpeller, par une analyse du champ de bataille, tous qui ceux se laissent instrumentaliser par les m&#233;dias en croyant les instrumentaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Personnalisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La personnalisation est inh&#233;rente &#224; la fonction, m&#234;me temporaire et contr&#244;l&#233;e, de porte-parole. Elle l'est encore plus quand le porte-parole est un candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Dans tous les cas, c'est aux formations collectives durables (associations, syndicats, partis) ou plus &#233;ph&#233;m&#232;res (assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, coordinations) d'en d&#233;finir les conditions et d'en fixer les limites. Mais cette personnalisation, quand elle s'exprime dans les m&#233;dias (quand ce n'est pas pour eux, voire directement par eux&#8230;), devient plus ou moins captive de la personnalisation m&#233;diatique. Sur les co&#251;ts et les risques de celle-ci, une association comme la n&#244;tre peut avoir son mot &#224; dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avions soulign&#233; en ces termes dans notre livre &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2850.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Tous les m&#233;dias sont-ils de droite ?&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mathias Reymond et Gr&#233;gory Rzepski pour Acrimed, Tous les m&#233;dias sont-ils de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (qui r&#233;unit les observations que nous avons effectu&#233;es lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2007) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le traitement m&#233;diatique de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle se coule en quelque sorte dans les institutions de la Ve R&#233;publique, dont le pr&#233;sidentialisme originaire a &#233;t&#233; accentu&#233; par l'&#233;lection au suffrage universel &#224; deux tours et l'alignement de cette &#233;lection sur celle des d&#233;put&#233;s &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Cette &#233;lection favorise le bipartisme et la personnalisation : deux raisons parmi d'autres de s'interroger sur son caract&#232;re effectivement d&#233;mocratique, comme l'ont fait jadis tous les partis politiques de gauche, conscients que les institutions de la Ve R&#233;publique et ses modes de scrutin imposaient des modalit&#233;s de conqu&#234;te et d'exercice du pouvoir incompatibles avec un authentique projet de transformation sociale. S'il n'appartient pas &#224; la critique des m&#233;dias de se prononcer sur ce point, il est l&#233;gitime de mettre en question la partition que les m&#233;dias interpr&#232;tent dans ce cadre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, la personnalisation institutionnelle se double d'une personnalisation m&#233;diatique qui conforte la premi&#232;re. Pis : cette personnalisation m&#233;diatique atteint son sommet, si l'on peut dire, avec la &#171; peopolisation &#187; : une promotion de la vie priv&#233;e des politiques qui, &#224; l'instar de celles des &#171; stars &#187; du show-business et sous couvert de proximit&#233;, transforme les citoyens en consommateurs d'&#233;motions intimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Personnages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#171; peopolisation &#187; ou pas (il arrive encore que certains responsables politiques tentent de s'en pr&#233;server&#8230;), la personnalisation m&#233;diatique repose sur la construction d'un personnage m&#233;diatique, souvent avec le concours de porte-paroles, de responsables ou de candidats qui &#233;laborent, &#224; leur fa&#231;on, un personnage pour m&#233;dias. Mais, &#224; grands renforts de portraits, de reportages, d'entretiens, de commentaires et de st&#233;r&#233;otypes, les m&#233;dias jouent d'abord leur propre partition dans la construction de ces personnages : des personnages m&#233;diatiques, cr&#233;atures qui &#233;chappent &#224; leurs cr&#233;ateurs quand ceux-ci sont les porte-paroles eux-m&#234;mes et leur entourage ; cr&#233;atures offertes en p&#226;ture &#224; l'admiration ou &#224; la d&#233;testation des publics qui, aussi militants soient-ils, sont invit&#233;s &#224; les consommer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A titre d'exemple, voir ce que nous &#233;crivions, &#224; propos de la campagne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que nombre de journalistes eux-m&#234;mes confondent le personnage m&#233;diatique que les m&#233;dias contribuent &#224; cr&#233;er avec l'original dissimul&#233; derri&#232;re sa copie d&#233;form&#233;e, voire sa caricature. Jos&#233; Bov&#233;, porte-parole l&#233;gitime de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne, devient ainsi &lt;i&gt;&#171; Le paysan-du-Larzac-&#224;-moustaches-qui-fume-la-pipe-et-d&#233;monte-les-McDo &#187;&lt;/i&gt;, et Olivier Besancenot &lt;i&gt;&#171; Le facteur-de-Neuilly-qui-circule-&#224;-bicyclette-et-soutient-les-violences-ouvri&#232;res &#187;&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ce sujet, voir le film de Damien Doignot : &#171; Jos&#233; Bov&#233; : le cirque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis : le personnage m&#233;diatique ainsi construit, d&#233;connect&#233; du collectif qu'il repr&#233;sente et des positions qu'il d&#233;fend, peut faire l'objet d'une d&#233;construction, par certains m&#233;dias, de ce qu'ils ont eux-m&#234;mes produit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Bov&#233;, par exemple, avait d&#233;j&#224; fait les frais de telles tentatives, comme on pouvait le lire ici m&#234;me en 2002 (&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article832.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; D&#233;montage m&#233;diatique d'un mythe m&#233;diatiquement (pr&#233;) fabriqu&#233; &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article801.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Canal + et Jos&#233; Bov&#233; : de la boue crypt&#233;e &#187;&lt;/a&gt;). R&#233;cemment encore, on a pu voir Jean-Luc M&#233;lenchon &#234;tre enferm&#233; dans le r&#244;le du &lt;i&gt;&#171; populiste-d&#233;voreur-des-journalistes &#187;&lt;/i&gt;, pour le plus grand plaisir de certains intervieweurs qui viennent le &#171; chercher &#187;, pour s'offusquer ensuite de ses r&#233;actions (voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3512.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Jean-Luc M&#233;lenchon, invit&#233; dans la salle d'interrogatoire de Nicolas Demorand &#187;&lt;/a&gt;). Olivier Besancenot, riv&#233; &#224; son personnage m&#233;diatique, a fait l'objet lui aussi l'objet de telles tentatives, comme le montre tel portrait diffus&#233; sur France 2 en 2006 (&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2392.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un portrait m&#233;diatique d'Olivier Besancenot en personnage m&#233;diatique &#187;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux versants du processus produisent les m&#234;mes effets : personnalisation du politique et d&#233;politisation des personnalit&#233;s et, pour finir, d&#233;politisation de la politique elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Comme permet de le v&#233;rifier la r&#233;ception m&#233;diatique de la lettre d'Olivier Besancenot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Personnalisation et d&#233;politisation d'une d&#233;cision&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque d'une personnalisation excessive et, &#224; ses yeux, dommageable : tel est donc le principal motif invoqu&#233; par Olivier Besancenot pour justifier sa d&#233;cision. Or, quoi que l'on pense de ce motif et de la d&#233;cision elle-m&#234;me, force est de constater que leur m&#233;diatisation permet de v&#233;rifier de fa&#231;on quasi exp&#233;rimentale comment la plupart des m&#233;dias, &#224; de rares exceptions pr&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le cas pr&#233;sent, Mediapart et Politis par exemple.&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, conjuguent personnalisation et d&#233;politisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &lt;i&gt;&#171; facteur de Neuilly &#187;&lt;/i&gt; a d&#233;cid&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la Ligue communiste r&#233;volutionnaire (LCR) d&#233;cide, en 2002, de pr&#233;senter un jeune postier &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, c'est le personnage social de Besancenot qu'elle met en avant, comme en t&#233;moignent alors les affiches : &lt;i&gt;&#171; Olivier Besancenot, 27 ans, facteur &#187;&lt;/i&gt;. Ce personnage social est pr&#233;sent&#233; du m&#234;me coup comme un personnage pour m&#233;dias, dont les m&#233;dias s'emparent et qu'ils transforment &#224; leur gr&#233; pour construire, au fil des interventions et des reportages, le personnage m&#233;diatique d'Olivier Besancenot. La m&#233;diatisation intensive d'&lt;i&gt;&#171; Olivier Besancenot, 27 ans, facteur &#187;&lt;/i&gt; (dans des conditions discutables, qui m&#233;ritent un bilan sur lequel nous reviendrons) a contribu&#233; &#224; la construction de ce personnage m&#233;diatique : le personnage pour m&#233;dias est devenu le personnage des m&#233;dias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Nous sommes conscients des dangers de cette &#034;personnalisation&#034; de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On n'en finirait pas, en effet, de d&#233;nombrer les pr&#233;sentations et les images du facteur en tourn&#233;e &#224; Neuilly. On ne sera donc pas surpris que la m&#233;diatisation de la d&#233;cision d'Olivier Besancenot pr&#233;sente celle-ci comme l'&#233;manation de son personnage m&#233;diatique : &lt;i&gt;&#171; le facteur de Neuilly &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longue d&#233;p&#234;che de l'AFP consacr&#233;e &#224; la nouvelle donne le ton : &lt;i&gt;&#171; Dans une lettre envoy&#233;e aux militants, &lt;strong&gt;le facteur de Neuilly&lt;/strong&gt;, 37 ans, &#034;assume&#034; &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;Le facteur de Neuilly&lt;/strong&gt; ne d&#233;fendra pas les couleurs du NPA lors de la prochaine pr&#233;sidentielle &#187;&lt;/i&gt;, annonce &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; &#034;Une d&#233;cision politique que j'assume&#034;, assure &lt;strong&gt;le facteur de Neuilly&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;, ajoute &lt;i&gt;France-Soir&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;Le c&#233;l&#232;bre facteur de Neuilly-sur-Seine&lt;/strong&gt; a choisi d'annoncer son retrait de la course &#224; la pr&#233;sidentielle de 2012 &#187;&lt;/i&gt;, compl&#232;te &lt;i&gt;20 minutes&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; &#233;voque &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;le facteur de Neuilly&lt;/strong&gt;, devenu la figure de proue de la gauche radicale &#187;&lt;/i&gt;. Dans cette course &#224; la concurrence mim&#233;tique, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, c'est son r&#244;le, introduit sa touche d'&#171; originalit&#233; &#187; en &#233;voquant &lt;i&gt;&#171; le pr&#233;pos&#233; de la Poste, adepte de la bicyclette pour sa tourn&#233;e de Neuilly-sur-Seine &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s insistent. Au cours du &#171; 19/20 &#187; de France 3, c'est par un trait d'esprit qui se veut sans doute d&#233;capant que le responsable du service politique d&#233;samorce la port&#233;e et le sens politique de l'information : &lt;i&gt;&#171; Devinez quoi ? &lt;strong&gt;C'est bien s&#251;r par une lettre&lt;/strong&gt; aux militants que le facteur le plus c&#233;l&#232;bre de France annonce sa d&#233;cision &#187;&lt;/i&gt;. Nous l'avons dit, l'annonce a &#233;t&#233; faite par mail. Mais chacun reconna&#238;tra que le jeu de mots e&#251;t alors &#233;t&#233; nettement moins savoureux&#8230; Au 20 heures de France 2, un sujet est consacr&#233; &#224; la nouvelle. Et, miracle de l'image, d&#232;s l'annonce des titres du journal :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L410xH228/Besancenot_JT_France_2_05-05-2011-f0f52.jpg?1726253844' width='410' height='228' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'annonce de la non-candidature d'Olivier Besancenot aura &#233;t&#233; l'occasion de nous resservir les clich&#233;s habituels du personnage m&#233;diatique tel qu'il a &#233;t&#233; construit au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es. Mais apr&#232;s tout, Besancenot n'est-il pas facteur ? Et n'est-ce pas la LCR elle-m&#234;me qui, lors des &#233;lections de 2002, avait &#171; annonc&#233; la couleur &#187; ? Certes, pour la LCR, puis pour le NPA, il s'agissait de souligner qu'Olivier Besancenot n'&#233;tait pas un &#171; politicien professionnel &#187;, mais un salari&#233; qui revendiquait le droit d'intervenir lui aussi sur le champ politique. Mais on ne cultive pas une image impun&#233;ment. Dans les m&#233;dias, l'insistance sur sa profession a fini par jouer le r&#244;le exactement inverse : il s'est agi d'assigner, en permanence, l'ex-porte-parole du NPA &#224; son &#171; vrai &#187; statut social, celui de facteur qui pr&#233;tend faire de la politique. Mais qui n'est pas un &#171; vrai homme politique &#187;. A l'image de ce titre, lu dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; L'ascension d'un &lt;strong&gt;amateur&lt;/strong&gt; qui refuse de passer pro &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;&#171; facteur &lt;strong&gt;de Neuilly&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt; n'est pas une cr&#233;ation r&#233;cente. Depuis longtemps, ce clich&#233; journalistique tient lieu de prise de distance critique avec le discours de Besancenot en le pr&#233;sentant comme un &#171; gentil facteur &#187; (au &lt;i&gt;&#171; visage poupin &#187;&lt;/i&gt; et aux &lt;i&gt;&#171; allures de Gavroche &#187;&lt;/i&gt;, d'apr&#232;s &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;), qui officie dans une ville bourgeoise, distribuant le courrier &#224; ceux auxquels il pr&#233;tend pourtant s'attaquer. La confusion entre son lieu de travail et son lieu de r&#233;sidence, entre le niveau social des habitants de la ville dans laquelle il fait ses tourn&#233;es et le sien propre, entre les beaux quartiers dans lesquels il &#233;volue et les &#171; quartiers populaires &#187; dont il souhaite repr&#233;senter les habitants, permet ainsi de tenter de d&#233;samorcer ses revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore ne s'agit-il l&#224; que du premier avatar d'une d&#233;l&#233;gitimation et d'une d&#233;politisation d'autant plus insidieuses qu'elles n'interdisent pas d'affecter une certaine sympathie pour &#171; le facteur &#187; que sa pr&#233;sence &#224; &#171; Neuilly &#187; rendrait inoffensif. &#192; moins qu'il ne s'agisse de r&#233;v&#233;ler une &#171; imposture &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &lt;i&gt;&#171; facteur de Neuilly &#187;&lt;/i&gt; est fatigu&#233;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il arrive que la critique de la personnalisation politique soit mentionn&#233;e, elle est imm&#233;diatement&#8230; personnalis&#233;e. C'est ainsi que l'on apprend, dans le &#171; portrait &#187; de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; d&#233;j&#224; cit&#233;, &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[qu']&lt;i&gt;au-del&#224; de son engagement &#034;r&#233;volutionnaire&#034; et &#034;anticapitaliste&#034;, &lt;strong&gt;l'originalit&#233; d'Olivier Besancenot&lt;/strong&gt; dans le paysage politique est d'abord ce refus d'entrer dans un syst&#232;me qu'il combat depuis son adolescence &#187;&lt;/i&gt;. Comme si ce refus &#233;tait une posture strictement personnelle. Comme si le projet politique dont Olivier Besancenot fut longtemps le porte-parole, et quoi que l'on pense de celui-ci, se confondait avec Besancenot lui-m&#234;me. Qu'importe d&#232;s lors d'informer &#8211; d'informer vraiment &#8211; sur les raisons proprement politiques qu'Olivier Besancenot, &#224; tort ou &#224; raison, met en avant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pas de plus dans la personnalisation/d&#233;politisation est franchi quand, plut&#244;t que de r&#233;sumer &#8211; simplement de r&#233;sumer&#8230; &#8211; ces raisons, la plupart des sp&#233;cialistes des ressorts cach&#233;s de la vie politique &#233;voquent uniquement la dimension strictement individuelle de la d&#233;cision prise par Besancenot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans un article publi&#233; le 6 mai sur le site du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, on peut lire : &lt;i&gt;&#171; Le jeune homme n'a jamais cach&#233; qu'&lt;strong&gt;il n'&#233;tait pas tr&#232;s enthousiaste pour le job&lt;/strong&gt;. En 2002, comme en 2007, &lt;strong&gt;il avait tra&#238;n&#233; des pieds&lt;/strong&gt; pour &#234;tre candidat &lt;/i&gt;[&#8230;]. &lt;i&gt;Ces derniers mois, &lt;strong&gt;Besancenot ne cachait pas non plus son envie de faire autre chose&lt;/strong&gt; dans le mouvement&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;Ses amis esp&#233;raient&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;le convaincre d'y retourner une troisi&#232;me fois. Mais &lt;strong&gt;le bon petit soldat&lt;/strong&gt; montre qu'il a aussi &lt;strong&gt;ses limites personnelles&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, le &lt;i&gt;&#171; bon petit soldat &#187;&lt;/i&gt; du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt; a aussi des limites professionnelles qui l'emp&#234;chent de d&#233;couvrir dans la lettre de Besancenot d'autres motifs que ceux que &lt;i&gt;&#171; le jeune homme n'a jamais cach&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; du m&#234;me jour &#233;vente, lui aussi, un secret qui n'en serait pas un : &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;La lassitude de Besancenot&lt;/strong&gt; n'&#233;tait pas un secret &#187;&lt;/i&gt;. Mais se garde bien d'&#233;voquer d'autres arguments que ceux que &lt;i&gt;France-Soir&lt;/i&gt; a d&#233;couverts : &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;Usure, fatigue, envie d'accorder du temps &#224; sa famille&lt;/strong&gt; : voici les arguments qui auraient pouss&#233; le plus m&#233;diatique des r&#233;volutionnaires &#224; jeter cette fois l'&#233;ponge &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, qu'on les approuve ou non, les arguments politiques de Besancenot ne manquent pas. Il suffit de lire le mail envoy&#233; aux militants du NPA et rendu public &#224; peine une demi-heure apr&#232;s sa diffusion interne. Les journalistes l'ont lu&#8230; et la plupart d'entre eux l'ont ignor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut y lire notamment ceci :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit d'une d&#233;cision politique assum&#233;e, [&#8230;] et sans grande surprise. Il y a quelques ann&#233;es d&#233;j&#224;, j'avais clairement pr&#233;venu que je ne comptais pas prendre un abonnement &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, parce que je n'aspirais pas &#224; en &#234;tre l'&#233;ternel candidat d'extr&#234;me gauche. Depuis de nombreux mois, je fais aussi partie de ceux qui mettent en garde notre parti contre &lt;strong&gt;les risques politiques de la personnalisation &#224; outrance&lt;/strong&gt;. Que les id&#233;es s'incarnent ponctuellement dans un contexte social et politique d&#233;termin&#233;, ou qu'il faille d&#233;l&#233;guer la t&#226;che militante de la repr&#233;sentation publique, par un mandat pr&#233;cis et limit&#233; dans le temps, est une chose. &lt;strong&gt;Jouer des ambigu&#239;t&#233;s du syst&#232;me politique et m&#233;diatique&lt;/strong&gt; pour se substituer &#224; l'action militante r&#233;elle au sein de la lutte de classe, en est une autre. [&#8230;] Or nous n'envisageons pas l'activit&#233; politique comme les autres partis. Ce serait aussi, &#224; mes yeux, une contradiction intenable : nous d&#233;non&#231;ons un syst&#232;me o&#249; la politique est devenue une valeur marchande d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre, nous commencerions involontairement &#224; nous int&#233;grer dans le d&#233;cor politique traditionnel &lt;strong&gt;en incrustant notre mouvement et nos id&#233;es dans la case &#8220;candidat rituel &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle&#8221; de notre t&#233;l&#233;viseur. C'est risquer, &#224; terme, de nous transformer en caricature de nous-m&#234;mes, voire en alibi du syst&#232;me&lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Besancenot critique du syst&#232;me politique et m&#233;diatique ? Quelle ingratitude ! Comment des m&#233;dias qui ont contribu&#233; &#224; construire un personnage sympathique et d&#233;politis&#233; auraient-il pu relever cette irr&#233;v&#233;rence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi 5 mai, lors de son &#233;ditorial politique sur Europe 1, Claude Askolovitch a ainsi offert un num&#233;ro d'&#233;quilibriste r&#233;v&#233;lateur. &#192; ses yeux, la d&#233;cision d'Olivier Besancenot serait &lt;i&gt;&#171; la d&#233;cision la plus politique de toute sa carri&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. On tr&#233;pigne. &lt;i&gt;&#171; Besancenot ne plaisantait pas du tout avec &lt;strong&gt;l'id&#233;e&lt;/strong&gt; qu'il &#233;tait un postier, un facteur ordinaire, qui entrait en politique &#187;&lt;/i&gt;, poursuit Askolovitch. Simple maladresse d'expression ? Rappelons simplement que Besancenot n'est pas postier en &#171; id&#233;e &#187;, mais en r&#233;alit&#233;. La suite n'est pas moins saugrenue : &lt;i&gt;&#171; L&#224; il sentait bien qu'il &#233;tait de moins en moins l&#233;gitime comme postier, il devenait un politicien professionnel, un &#233;l&#233;ment du grand cirque &#187;&lt;/i&gt;. Que peut bien signifier &#234;tre &lt;i&gt;&#171; de moins en moins l&#233;gitime comme postier &#187;&lt;/i&gt; ? Pourquoi Besancenot ne voulait-il pas passer pour un politicien professionnel ? Parce qu'il le devenait, tranche Askolovitch. Mais o&#249; &#231;a ? Dans &#171; le grand cirque &#187;. Bien vu ! Mais quel cirque ? On ne le saura pas. La critique de la transformation de la politique en spectacle (et l'allusion au r&#244;le des m&#233;dias dans cette transformation) est donc d&#233;samorc&#233;e. Ne reste donc que l'&#233;vocation de motivations personnelles, reformul&#233;es dans la langue d'Askolovitch : &lt;i&gt;&#171; On peut &#234;tre r&#233;volutionnaire et d&#233;fendre une certaine id&#233;e de la &lt;strong&gt;libert&#233; individuelle&lt;/strong&gt;, ou une &lt;strong&gt;&#233;thique personnelle&lt;/strong&gt;. Olivier Besancenot ne voulait pas&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;&#234;tre &lt;strong&gt;un moine-soldat&lt;/strong&gt;, il rappelle donc au NPA qu'il est un parti diff&#233;rent des autres et qu'un &lt;strong&gt;individu&lt;/strong&gt; est toujours ma&#238;tre de ses choix &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s nous avoir annonc&#233; avec fracas une &lt;i&gt;&#171; d&#233;cision politique &#187;&lt;/i&gt;, Askolovitch se rabat sur sa dimension individuelle (aussi l&#233;gitime qu'elle puisse &#234;tre par ailleurs, mais dont Besancenot ne dit rien dans sa lettre). A entendre le penseur d'Europe 1, le postier-en-id&#233;e ne critique pas d'abord un syst&#232;me, mais une formation politique qui aurait voulu faire de lui un &lt;i&gt;&#171; moine-soldat &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que devient finalement la critique de la professionnalisation et de la personnalisation de l'action politique quand quelques journalistes consentent &#224; la mentionner ? Ceci : le NPA est &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;mal &#224; l'aise avec l'id&#233;e d'une personnalisation excessive de la vie politique&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;. &#171; Etre mal &#224; l'aise avec une id&#233;e &#187; ? Avec une id&#233;e seulement ? Remercions &lt;i&gt;France-Soir&lt;/i&gt;, jamais mal &#224; l'aise quand il s'agit de &#171; peopoliser &#187; &#224; outrance, d'avoir ainsi r&#233;sum&#233; sans comprendre un &#171; malaise &#187; que n'&#233;prouvent gu&#232;re ces journalistes qui r&#233;duisent les formations politiques et leurs projets &#224; leur incarnation par des individus. Comme on peut le lire dans un article publi&#233; sur le site de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; qui, d&#233;di&#233; &#224; la d&#233;cision de Besancenot, non seulement omet consciencieusement de mentionner sa critique de la personnalisation, mais mentionne successivement &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;le Front de gauche de Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;la Fase de Cl&#233;mentine Autain&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Comme si l'on &#233;tait en train de parler, par exemple, de &#171; la voiture de Dominique Strauss-Kahn &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, qu'est ce qui importe aux fournisseurs de personnalisation &#224; outrance ? On le devine quand, par exemple, &lt;i&gt;Le JDD&lt;/i&gt; d&#233;signe les deux nouvelles porte-paroles du NPA comme &lt;i&gt;&#171; la rel&#232;ve d'Olivier Besancenot &#187;&lt;/i&gt;. Rel&#232;ve pour qui ? Probablement pour ces m&#233;dias friands non de d&#233;bats d'id&#233;e mais de combats interpersonnels sur le ring m&#233;diatique, comme le sugg&#232;re ce titre m&#233;taphorico-sportif du m&#234;me &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; 2012 : Besancenot jette l'&#233;ponge &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Besancenot renonce-t-il ? Parce qu'il est &lt;i&gt;&#171; fatigu&#233; &#187;&lt;/i&gt;, nous dit-on. Certes, les mobiles strictement personnels d'Olivier Besancenot existent, et on aurait tort de les m&#233;priser. Mais ignorer ses arguments proprement politiques, c'est, d'un m&#234;me mouvement, les traiter comme de simples alibis et achever le travail de d&#233;politisation de la politique accompli par la personnalisation m&#233;diatique, &#224; laquelle tant de responsables politiques se pr&#234;tent complaisamment et &#224; laquelle la LCR et le NPA ne semblent pas avoir &#233;chapp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, au moment m&#234;me o&#249; cette personnalisation est mise en question, l'argument est minor&#233; ou ignor&#233; : il ne colle pas avec l'image du &lt;i&gt;&#171; facteur de Neuilly &#187;&lt;/i&gt;, si sympathique, qui &lt;i&gt;&#171; refuse de passer pro &#187;&lt;/i&gt; pour des raisons qui n'engagent que lui. A quoi bon s'attarder sur une critique qui, bien au-del&#224; de Besancenot et de son parti, met en cause un syst&#232;me politique et m&#233;diatique qui favorise la personnalisation, la professionnalisation et la confiscation, au profit d'une petite minorit&#233;, de l'action politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle critique est tr&#232;s r&#233;pandue, mais, pour le commun des journalistes politiques, elle para&#238;t aussi &#233;trange que celui qui s'en fait l'&#233;cho. C'est donc sans surprise que l'on a pu lire sur le site du &lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, dans un article au titre tapageur (&lt;i&gt;&#171; Pourquoi Besancenot renonce &#187;&lt;/i&gt;), ce qui suit : &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;Premi&#232;re surprise : il n'est pas si fr&#233;quent de voir un candidat renoncer &#224; la pr&#233;sidentielle, surtout quand les sondages lui sont favorables&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;. D&#233;cid&#233;ment, ce Besancenot est vraiment un &#234;tre &#233;trange&#8230; Tellement &#233;trange que nombre de journalistes ne comprennent pas qu'en renon&#231;ant &#224; &#234;tre candidat, il ne met pas un terme &#224; son engagement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Un syst&#232;me politique et m&#233;diatique&lt;/i&gt; &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons rappel&#233; : Acrimed, depuis sa cr&#233;ation, n'a cess&#233; d'interpeller, sur son site et dans les d&#233;bats publics, les intellectuels, les associations, les formations politiques (et parmi elles la LCR, puis le NPA), sur la question des m&#233;dias, sur leur rapports aux m&#233;dias, sur la n&#233;cessit&#233; d'une critique de m&#233;dias dans les m&#233;dias : une critique dont les m&#233;diacrates et les chefferies &#233;ditoriales entendent se r&#233;server le monopole. Une critique qui suscite parmi eux des r&#233;actions de meute&#8230; ou le silence. Un silence confirm&#233; par les articles consacr&#233;s &#224; la lettre de Besancenot. Quand ceux-ci consentent &#224; mentionner la critique de la personnalisation, ils omettent g&#233;n&#233;ralement de mentionner un adjectif, discret il est vrai, mais significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critiquant la &lt;i&gt;&#171; personnalisation &#224; outrance &#187;&lt;/i&gt;, Olivier Besancenot invite, on l'a vu, les militants de son parti &#224; refuser de &lt;i&gt;&#171; jouer des ambigu&#239;t&#233;s du &lt;strong&gt;syst&#232;me politique et m&#233;diatique&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt; comme substitut, dit-il, &#224; &lt;i&gt;&#171; l'action militante r&#233;elle &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Ambigu&#239;t&#233;s &#187;&lt;/i&gt; : le terme est peut-&#234;tre faible et m&#233;rite discussion. Mais &lt;i&gt;&#171; m&#233;diatique &#187;&lt;/i&gt;. L'adjectif est clair. Rares sont les journalistes qui l'ont mentionn&#233;. Un adjectif manquant. Une omission symptomatique. Esp&#233;rons que non seulement le NPA, mais plus g&#233;n&#233;ralement toutes les forces qui se r&#233;clament d'une gauche de gauche ne l'oublieront pas, ne l'oublieront plus.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Force est de constater en effet que la question des m&#233;dias et du rapport aux m&#233;dias n'a pas re&#231;u &#8211; c'est le moins que l'on puisse dire &#8211; de r&#233;ponses &#224; la mesure des enjeux au sein de la gauche de transformation sociale. Il s'agit pourtant, chacun en conviendra, d'un enjeu majeur, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; &#224; un an d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle dont la m&#233;diatisation est d&#233;j&#224; caract&#233;ris&#233;e par la personnalisation d&#233;politis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acrimed &#8211; qui, &#233;videmment, ne soutient ni ne soutiendra aucun candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle &#8211; n'a certes pas &#224; se prononcer sur la d&#233;cision politique d'Olivier Besancenot. En revanche, les motifs invoqu&#233;s dans sa lettre nous importent parce qu'ils invitent &#224; une r&#233;flexion et &#224; des bilans, qui ne concernent pas le seul NPA, quant aux risques et aux co&#251;ts d'une m&#233;diatisation mal ma&#238;tris&#233;e. En effet, sans pr&#233;tendre nous substituer aux formations (associations, syndicats, partis, etc.) auxquelles revient de d&#233;finir notamment les conditions et les limites de leur pr&#233;sence dans les m&#233;dias (et de leur critique des m&#233;dias dans ces m&#234;mes m&#233;dias), nous continuerons &#8211; comme nous le faisons par cet article &#8211; &#224; aiguiser une contestation de la m&#233;diatisation &#224; tout prix ; une contestation sans laquelle la question de la transformation des m&#233;dias restera lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler et Julien Salingue&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/mot218.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Quels rapports entretenir avec les m&#233;dias ? &#187;&lt;/a&gt; Une question sur laquelle nous avons, en ce qui nous concerne et pour notre propre gouverne, compte tenu des particularit&#233;s de notre association, apport&#233; nos propres r&#233;ponses : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2752.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Acrimed dans les m&#233;dias ? &#187;&lt;/a&gt; Plus pr&#233;cis&#233;ment : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2741.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Comment se servir des m&#233;dias dominants sans leur &#234;tre asservis ? &#187;&lt;/a&gt; Quels sont les risques et les co&#251;ts d'une m&#233;diatisation &#224; tout prix ? A voir dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2843.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un film &#224; voir et &#224; d&#233;battre : &#034;Jos&#233; Bov&#233; : le cirque m&#233;diatique&#034; &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mathias Reymond et Gr&#233;gory Rzepski pour Acrimed, Tous les m&#233;dias sont-ils de droite ?, Syllepse, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A titre d'exemple, voir ce que nous &#233;crivions, &#224; propos de la campagne pr&#233;sidentielle de 2007 : &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=365'&gt;rubrique 365&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce sujet, voir le film de Damien Doignot : &#171; Jos&#233; Bov&#233; : le cirque m&#233;diatique &#187;, dont nous avions rendu compte &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2843.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le cas pr&#233;sent, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous sommes conscients des dangers de cette &#034;personnalisation&#034; de la politique, qui a souvent pour cons&#233;quence de &#034;d&#233;politiser&#034; les personnes, admet Alain Krivine. Malheureusement, une petite organisation comme la n&#244;tre n'a pas tellement d'autre choix pour faire passer un message &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 5 mai 2003). Risque assum&#233; ne signifie pas risque ma&#238;tris&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Eclats de voix sur France Inter : Jean-Luc M&#233;lenchon face aux journalistes </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Eclats-de-voix-sur-France-Inter-Jean-Luc-Melenchon-face-aux-journalistes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Eclats-de-voix-sur-France-Inter-Jean-Luc-Melenchon-face-aux-journalistes</guid>
		<dc:date>2009-10-07T22:32:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard Guetta</dc:subject>
		<dc:subject>Sur le vif</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Demorand</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; Nicolas Demorand et le &#171; p&#233;dagogue &#187; Bernard Guetta.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Critiques-des-medias-et-des-journalismes-" rel="directory"&gt;Critiques des m&#233;dias et des journalismes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Guetta-+" rel="tag"&gt;Bernard Guetta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sur-le-vif-+" rel="tag"&gt;Sur le vif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nicolas-Demorand-+" rel="tag"&gt;Nicolas Demorand&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce matin-l&#224;, le 5 octobre 2009, apr&#232;s une interview relativement complaisante de Val&#233;ry Giscard d'Estaing, Nicolas Demorand re&#231;oit sur France Inter Jean-Luc M&#233;lenchon (Parti de Gauche) et Marielle de Sarnez (Modem) pour commenter la victoire du &#171; oui &#187; au deuxi&#232;me r&#233;f&#233;rendum irlandais sur le Trait&#233; de Lisbonne. Jean-Luc M&#233;lenchon, hostile &#224; ce Trait&#233;, tire &#224; boulets rouges sur tout ce qui bouge&#8230; avec en ligne de mire les journalistes pr&#233;sents sur le plateau et Bernard Guetta &#8211; ardent d&#233;fenseur du &#171; oui &#187; - en particulier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'il est question de l'Europe sociale, Jean-Luc M&#233;lenchon prend la parole, et lance : &#171; &lt;i&gt;C'est la pente du moins-disant social qui l'emporte dans tous les domaines. Il n'y a pas de contre-exemple &#224; ce que je dis. &lt;strong&gt; Je ne sais pas combien vous &#234;tes autour de cette table &#224; &#234;tre partisans du oui &lt;/strong&gt;, mais qu'un seul d'entre vous me donne un exemple d'une bonne chose qui soit venue de l'Europe, qui soit autre chose que de la d&#233;r&#233;glementation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action ne se fait pas attendre longtemps, puisque Bernard Guetta, chroniqueur matinal, sp&#233;cialiste &#232;s questions internationales, lui pose une question sur les rapports de force politiques au niveau europ&#233;en. S'ensuit un &#233;change plut&#244;t &#171; muscl&#233; &#187;, comme on dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Jean-Luc M&#233;lenchon :&lt;i&gt; Les rapports de force, de quelle mani&#232;re les jouez-vous ? Moi je suis r&#233;publicain. Je les joue dans le vote. J'ai particip&#233; &#224; un vote, j'ai gagn&#233; le vote et vous vous &#234;tes assis dessus ! Et vous continuez &#224; le faire&#8230;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Bernard Guetta :&lt;i&gt; Non pas moi, pas moi, pas moi&#8230;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- M&#233;lenchon :&lt;i&gt; Oui, oui, si, si, vous aussi. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Parce que tous les matins, vous faites de la propagande pour le &#8220;oui&#8221;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Guetta &lt;i&gt; : Non, je ne vous permets pas de dire &#231;a&#8230;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Demorand&lt;i&gt; : Non, n'exag&#233;rez pas.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Guetta : &lt;i&gt;Je ne vous permets pas de dire &#231;a&#8230; &lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- M&#233;lenchon : &lt;i&gt;Vous ne me permettez pas&#8230; &lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Guetta :&lt;i&gt; &#8230; je ne parle pas tous les matins de l'Europe. Et &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;je ne fais pas de la propagande&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; monsieur, s'il vous pla&#238;t.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Guetta a raison sur un point : il ne fait pas de propagande en faveur du Trait&#233; de Lisbonne &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les matins&#8230; puisqu'il ne parle pas &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les matins de l'Europe. Mais quand il en parle, il applique ce que Pierre Rimbert appelle &#171; le th&#233;or&#232;me de Guetta &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Le Monde Diplomatique, novembre 2008&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Toute r&#233;ussite s'explique par l'Europe ; tout &#233;chec est imputable au manque d'Europe ; toute r&#233;ussite et tout &#233;chec appellent davantage d'Europe. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;or&#232;me inverse ne vaudrait sans doute gu&#232;re mieux. Toutefois, si son inventeur existe, on ne l'entend gu&#232;re sur France Inter. Comme on n'entend gu&#232;re d'&#233;ditorialiste hostile au Trait&#233; de Lisbonne, et c'est ce d&#233;faut de pluralisme qui nous importe le plus ici. On n'entend m&#234;me pas de journaliste sp&#233;cialis&#233; qui exposerait les arguments en pr&#233;sence au lieu d'ass&#233;ner exclusivement sa propre opinion. Quand Bernard Guetta d&#233;ploie ce qu'il croit &#234;tre de grands efforts de &#171; p&#233;dagogie &#187;, c'est, en l'absence de tout contradicteur, une &#171; p&#233;dagogie &#187; &#224; sens unique. Autrement dit, de&#8230; la propagande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celles et ceux qui n'auraient pas gard&#233; en m&#233;moire ce que fut cette &#171; p&#233;dagogie &#187; pour Bernard Guetta en 2005, il suffit de suivre la note&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple les articles d'Acrimed &#224; ce sujet : Lamentations des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. R&#233;futant alors, sans les comprendre, les critiques qui lui &#233;taient adress&#233;es, Bernard Guetta a poursuivi depuis sur sa lanc&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;plique de Jean-Luc M&#233;lenchon n'est donc pas d&#233;nu&#233;e de port&#233;e&#8230; &#171; p&#233;dagogique &#187;. A d&#233;faut de convaincre ses interlocuteurs, il aura au moins eu le m&#233;rite de montrer qu'il est possible et souvent n&#233;cessaire de critiquer les m&#233;dias dans les m&#233;dias. Une le&#231;on pour les contestataires qui oublieraient de contester.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'orage pass&#233;, Nicolas Demorand, qui esp&#232;re calmer les esprits, commence &#224; poser une question sur la privatisation de la Poste. Marielle de Sarnez intervient pour parler d'Europe, et M&#233;lenchon la coupe, ce qui &#233;nerve Demorand qui n'arrive pas &#224; terminer sa question. Alors il hurle (v&#233;ridique) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Laissez moi&#8230; Laissez moi FINIR MA QUESTION, S'IL VOUS PLA&#206;T ! Un peu de silence. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il y a des matins comme &#231;a, o&#249; il est agr&#233;able et m&#234;me amusant de se r&#233;veiller en &#233;coutant France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutez vous aussi : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Format &lt;i&gt;mp3&lt;/i&gt; - Dur&#233;e : 1' 40&#034; - T&#233;l&#233;chargeable &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/IMG/mp3/Inter_Melenchon_Sarnez_051009_mix_2.mp3&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;br&gt;
&lt;p&gt;Mathias Reymond - Montage sonore : Ricar&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2008/11/RIMBERT/16462&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, novembre 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir par exemple les articles d'Acrimed &#224; ce sujet : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1999.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lamentations des p&#233;dagogues incompris&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2678.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bernard Guetta, &#171; p&#233;dagogue &#187; au bord de la crise de nerf&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2038.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bernard Guetta parle de Bernard Guetta&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Critique des m&#233;dias, critique dans les m&#233;dias</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Critique-des-medias-critique-dans-les-medias</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Critique-des-medias-critique-dans-les-medias</guid>
		<dc:date>2009-08-24T07:01:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lordon</dc:creator>


		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;ponse de Fr&#233;d&#233;ric Lordon &#224; Nicolas Cori&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Leurs-critiques-et-la-notre-" rel="directory"&gt;Leurs critiques et la n&#244;tre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, avec l'autorisation de son auteur, un article de Fr&#233;d&#233;ric Lordon, paru &lt;a href=&#034;http://blog.mondediplo.net/2009-08-17-Critique-des-medias-critique-dans-les-medias&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son blog&lt;/a&gt; &#8211; &#171; La pompe &#224; phynances &#187; - h&#233;berg&#233; par &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;. Il est suivi de r&#233;f&#233;rences compl&#233;mentaires qui n'engagent que notre association (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme on pouvait l'attendre d'un &#233;v&#233;nement de cette magnitude, la crise fait des d&#233;g&#226;ts bien au-del&#224; des limites de son ordre, et si les agents de l'&#233;conomie sont &#233;videmment les premiers &#224; souffrir, l'onde de choc atteint des lieux d'une autre nature, et menace de faire des victimes d'une autre sorte. Ainsi, par exemple, l'univers confin&#233; et soigneusement verrouill&#233; des &#233;conomistes acad&#233;miques est-il devenu un champ de tir o&#249; les noms d'oiseau volent bas. Il est vrai que, &#224; l'exemple de Robert Lucas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lucas est &#171; prix Nobel &#187; d'&#233;conomie. &#171; In defence of the dismal (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont on ne tirera pas un mot de regret quelle que soit l'ampleur des destructions, il faut un moral de vainqueur pour continuer de soutenir les hypoth&#232;ses de parfaite rationalit&#233; des agents et d'efficience des march&#233;s qui, ayant fait depuis tant d'ann&#233;es le charme particulier de la th&#233;orie n&#233;oclassique (dominante), ont d&#233;sormais &#224; peu pr&#232;s autant d'attrait qu'une m&#233;duse au milieu d'une baignoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est plus g&#233;n&#233;ralement tout le &#171; commentariat &#187; &#8211; &#171; experts &#187;, &#233;ditorialistes, m&#233;dias &#8211; qui d&#233;guste &#224; des degr&#233;s divers, et non sans raison si l'on veut bien se souvenir des laudes &#8211; au march&#233;, &#224; la libert&#233; d'&#234;tre flexible et &#224; la modernit&#233; financi&#232;re &#8211; dont, quelques minoritaires mis &#224; part, il nous a bassin&#233; sans rel&#226;che pendant deux d&#233;cennies&#8230; jusqu'&#224; ce que l'&#233;tat du monde si constamment c&#233;l&#233;br&#233; finisse par partir en morceaux. Quitte &#224; lui r&#233;server le creux de l'&#233;t&#233;, interroger le traitement de la crise par les m&#233;dias sans oublier, par l&#224; m&#234;me, de questionner leur r&#244;le avant la crise, n'est d&#233;cid&#233;ment pas du luxe. C'&#233;tait le th&#232;me d'une &lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2152&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;mission d'&lt;i&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, anim&#233;e par Maja Neskovic, &#224; laquelle j'ai &#233;t&#233; invit&#233;, et &#224; laquelle Nicolas Cori qui, invit&#233; &#233;galement mais n'ayant pu y participer pour des raisons de calendrier, r&#233;agit dans un &lt;a href=&#034;http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2009/08/le-traitement-de-la-crise-financi%C3%A8re-dans-les-m%C3%A9dias-pourquoi-fr%C3%A9d%C3%A9ric-lordon-a-strat%C3%A9giquement-tord.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;texte publi&#233; sur son blog&lt;/a&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2233&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;repris sur le site d'&lt;i&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les positions vis-&#224;-vis des m&#233;dias, celle de la participation (tr&#232;s) s&#233;lective, &#233;loign&#233;e aussi bien de l'abstention radicale que de l'empressement indiscrimin&#233;, est sans doute vou&#233;e &#224; la plus grande incompr&#233;hension et expos&#233;e aux reproches sym&#233;triques les plus oppos&#233;s. Pour les uns, peu est encore trop ; pour les autres, c'est presque rien, avec au surplus le double inconv&#233;nient non seulement de ne donner aucune audience &#224; des id&#233;es dissonantes mais &#233;galement d'abandonner le terrain &#171; aux m&#234;mes &#187; dans des conditions qui rendraient parfaitement ill&#233;gitime, ayant &#171; d&#233;sert&#233; &#187;, de se plaindre ensuite qu'on n'entende qu'&#171; eux &#187;. La question de la participation, cependant, m&#233;rite mieux que l'antinomie de la trahison et de la d&#233;sertion, pourvu qu'on y entre avec quelques crit&#232;res et un peu d'analyse &#8211; dont, par parenth&#232;ses, il faudrait aller chercher l'essentiel ailleurs qu'ici, aupr&#232;s de v&#233;ritables sp&#233;cialistes de la sociologie critique des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La diversit&#233; interne des m&#233;dias, ou la critique r&#233;duite aux interstices&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Cori a &#233;videmment raison de rappeler la diversit&#233; interne des m&#233;dias et leur capacit&#233; &#224; publier des informations qui semblent contredire la th&#232;se de l'asservissement id&#233;ologique aux r&#233;quisits du capital. Mais la port&#233;e r&#233;elle de ces cas ne prend la consistance d'une v&#233;ritable infirmation de la &#171; critique des m&#233;dias &#187; qu'au prix d'en donner une lecture r&#233;ductrice, au terme de laquelle le rapport des m&#233;dias aux puissances dominantes (&#233;conomiques et politiques) serait d'inf&#233;odation sans reste et d'ob&#233;issance caporalis&#233;e. Le fait est, et c'est le propre d'une &#233;poque d&#233;cid&#233;ment formidable, que l'appropriation capitalistique directe de nombreux titres, de presse &#233;crite comme audiovisuelle, par des groupes industriels op&#232;re un saisissant court-circuit de tout ce qu'une critique un peu plus fine des m&#233;dias avait tent&#233; d'&#233;laborer, pour rendre &#224; nouveau op&#233;ratoires les interpr&#233;tations les plus rustiques qui n'auraient pas besoin d'autre instrument conceptuel que le sch&#232;me de la &#171; courroie de transmission &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Cori rappelle cependant que, hors des effets du contr&#244;le capitalistique, une analyse de la logique intrins&#232;que des m&#233;dias ne perd pas tous ses droits, et il est exact que leur diversit&#233; interne interdit de les consid&#233;rer comme des ensembles monolithiques tout entiers aux ordres. Mais Nicolas Cori est bien plac&#233; pour savoir que cette diversit&#233; n'a rien de d&#233;mocratique et que, enti&#232;rement prise dans des rapports de domination, elle est condamn&#233;e, pour sa part critique, &#224; la minorit&#233; et aux interstices. On peut penser que les r&#233;dactions en chef sont les premi&#232;res conscientes de cet &#233;tat de fait et qu'elles le tol&#232;rent au nom d'un compromis doublement avantageux puisqu'il est producteur aussi bien de stabilit&#233; politique &#224; l'int&#233;rieur que d'affichage de pluralisme &#224; l'ext&#233;rieur. Nicolas Cori ne m'en voudra pas de lui faire remarquer ce qu'il sait sans doute d&#233;j&#224;, &#224; savoir que sa mise au jour des bonus de la BNP est bien utile &#224; Laurent Joffrin, aussi bien pour tenir la toute nouvelle posture de critique de la finance que pour ouvrir avec l'AFP une pol&#233;mique ostentatoire, peu co&#251;teuse et riche en profits symboliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y en a pas moins une logique absolument d&#233;fendable pour ceux qui sont dans les institutions, et qui n'y occupent pas les positions dominantes, &#224; faire de n&#233;cessit&#233; vertu et &#224; trouver une justification bien fond&#233;e &#224; des compromis qu'ils n'ont pas le choix de ne pas accepter (sauf &#224; faire d&#233;fection) en tentant d'en tirer le meilleur parti : que paraisse la r&#233;v&#233;lation des bonus de la BNP, ou d'autres informations de m&#234;me nature, est un gain objectif, m&#234;me si l'on demeure conscient du contexte de libert&#233; surveill&#233;e dans lequel il a &#233;t&#233; acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Minoritaires sous h&#233;g&#233;monie &#233;ditoriale &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour l&#233;gitime qu'il soit, le point de vue de l'&lt;i&gt;insider&lt;/i&gt;, sauf &#224; revendiquer une universalit&#233; qu'il n'a pas, ne peut sauter &#224; la conclusion g&#233;n&#233;rale, induite de ses propres &#171; gains de compromis &#187; et reflet de sa position singuli&#232;re, que pour tout le monde et en toutes circonstances &#171; il faudrait y aller &#187;. Aussi le point de vue de la critique externe demeure-t-il enti&#232;rement fond&#233; &#224; dire que les acquis des strat&#233;gies interstitielles ne rach&#232;tent pas une logique d'ensemble &#8211; et &#224; en tirer d'autres conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, il devrait &#234;tre assez clair que la publication d'informations &#171; critiques &#187; a pour strictes conditions de possibilit&#233; : 1) d'&#234;tre suffisamment &#233;parpill&#233;es au sein du journal pour ne jamais acqu&#233;rir la consistance d'une ligne &#233;ditoriale ni entamer celle de la ligne en vigueur ; et 2) de rencontrer les r&#233;quisits de la grammaire m&#233;diatique dans ce qu'elle a de plus autonome, ceux auxquels un r&#233;dacteur en chef d&#233;f&#233;rera &#224; coup presque s&#251;r (sauf censure capitalistique manifeste), &#224; savoir la grammaire du scoop, de la r&#233;v&#233;lation, du scandale ou du montage fait-diversier spectaculaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'on pense, dans ce dernier ordre d'id&#233;e, au traitement des &#171; affaires &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le filtre de la deuxi&#232;me condition est le plus apparent, le travail chronique de la premi&#232;re est le plus pernicieux. On pourrait recenser &#224; loisir les articles parus dans la presse de fausse gauche (et de vrai lib&#233;ralisme, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Nouvel Obs&lt;/i&gt;, etc.) sur des conflits sociaux, des d&#233;localisations crapoteuses, des suicides au travail et tous ces &#233;v&#233;nements ordinaires du capitalisme d'aujourd'hui, articles produits le plus g&#233;n&#233;ralement par des soutiers et remont&#233;s jusqu'au jour &#224; force de t&#233;nacit&#233; et d'habilet&#233; man&#339;uvri&#232;re par les anfractuosit&#233;s de la r&#233;daction, sans pourtant que l'ensemble de ces contributions, condamn&#233;es &#224; la pulv&#233;risation, soit jamais rassembl&#233;es de mani&#232;re syst&#233;matis&#233;e, pour qu'il s'en d&#233;gage une vision du monde capitaliste articul&#233;e, logiquement mise en ordre d'apr&#232;s la coh&#233;rence m&#234;me des choses rapport&#233;es, et qu'en soit tir&#233;e, par simple &lt;i&gt;cons&#233;quence&lt;/i&gt;, une analyse globale, un sens d'ensemble qui serait celui du journal et de son regard sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc bien multiplier les cas d'articles de cette sorte, il reste qu'au moment de hi&#233;rarchiser l'information, d'organiser le journal et, bien s&#251;r, d'&#233;ditorialiser, c'est l'engagement id&#233;ologique de la r&#233;daction en chef qui reprend le dessus et renvoie tous ces efforts &#224; leur condition minoritaire &#8211; exactement ce que vise l'id&#233;e des compromis interstitiels, en tant que, vus cette fois du c&#244;t&#233; des dominants, ils leur permettent de penser gagner sur les deux tableaux : &#224; la fois, pour entretenir l'identit&#233; &#171; de gauche &#187;, s'acquitter d'un devoir de restitution des indignations sociales, mais d'une mani&#232;re qui en op&#232;re proprement la &lt;i&gt;n&#233;gation politique&lt;/i&gt; et maintient la ligne &lt;i&gt;ne varietur&lt;/i&gt; &#8211; on mesurera la force de cette n&#233;gation politique &#224; la fa&#231;on dont les annonces annuelles des profits monstrueux du CAC 40 sont devenues un marronnier (de printemps), bien fait et bien mont&#233; pour mobiliser tous les effets (vendeurs) du sensationnalisme, mais sans qu'il s'ensuive jamais la moindre mise en cause s&#233;rieuse, par voie d'&#171; analyse &#187; ou d'&#233;ditorial, des structures de l'hyper-profitabilit&#233;, c'est-&#224;-dire du capitalisme actionnarial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je dois &#224; l'honn&#234;tet&#233; de reconna&#238;tre que, &#224; l'occasion des annonces de 2007, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travers de ce cas, particuli&#232;rement &#233;difiant, de neutralisation politique d'un fait (massif) que les m&#233;dias se targueront pourtant d'avoir fid&#232;lement restitu&#233;, mais, et c'est peut-&#234;tre pire, non seulement en n'en ayant rien fait mais en l'ayant comme vid&#233; de sa substance politique, on reconna&#238;tra l'&#233;quivalent fonctionnel de la man&#339;uvre qu'op&#232;rent pour leur propre compte les partis sociaux-d&#233;mocrates en demeurant strictement dans le registre de la d&#233;ploration sans suite &#8211; les in&#233;galit&#233;s, la pr&#233;carit&#233;, les d&#233;gradations des conditions de vie salariale &#8211;, sans jamais vouloir rapporter les choses d&#233;plor&#233;es &#224; leurs causes &#8211; il appara&#238;trait assez vite qu'elles ont toutes pour origine les grandes transformations structurelles dont ils ont &#233;t&#233; les ing&#233;nieurs (concurrence, financiarisation, Europe lib&#233;rale), et qu'ils n'ont pour l'heure aucun d&#233;sir d'y changer quoi que ce soit. Mais il y aurait beaucoup &#224; dire sur ces rapports d'homologie qui unissent grands m&#233;dias et partis, par une implication presque directe, quoique syst&#233;matiquement d&#233;ni&#233;e, des premiers dans les mouvements strat&#233;giques des seconds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque respectables qu'ils soient, les compromis qu'imposent aux &lt;i&gt;insiders&lt;/i&gt; les n&#233;cessit&#233;s de leur vie professionnelle n'ont pas &#224; &#234;tre souscrits tels quels par les outsiders &#171; critiques &#187; pour lesquels la question de l'efficacit&#233; se pose en des termes diff&#233;rents et que leur situation propre conduit &#224; dresser d'autres bilans, aussi bien politiques que personnels, de leurs possibles interventions m&#233;diatiques.&lt;br /&gt;
Sauf &#224; leur pr&#234;ter une &#233;paisse b&#234;tise, il devrait &#234;tre possible de les cr&#233;diter d'avoir conscience de tout ce &#224; quoi ils renoncent en faisant le choix de la participation rare, et notamment d'abandonner le terrain &#224; tous les &#171; experts &#187; formellement et id&#233;ologiquement ajust&#233;s. Contrairement &#224; ce que pensent spontan&#233;ment beaucoup de personnes, et que le texte de Nicolas Cori laisse d'ailleurs transpara&#238;tre, la logique du chercheur &#171; engag&#233; &#187; ne peut pas &#234;tre celle de la &#171; puret&#233; &#187; &#8211; par construction puisque, dans sa mesure &#224; lui, il &#171; y va &#187; ! &#8211;, et lui aussi tente de stabiliser des compromis pratiques &#8211; mais pas les m&#234;mes. Car il est difficile de ne pas avoir &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt; conscience de se trouver collaborer objectivement aux strat&#233;gies de la duplicit&#233; des m&#233;dias dominants &#8211; en clair, fournir des alibis de pluralisme &#224; une machine dont tous les fonctionnements &#339;uvrent en fait &#224; la reconduction du m&#234;me. Bilan : un suppl&#233;ment de (fausse) l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique pour des organes qui se seront employ&#233;s &#224; minoriser les id&#233;es g&#233;n&#233;reusement &#171; accueillies &#187; et &#224; en faire des propos de passage sans cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'o&#249; est-il enviable de jouer &#224; ce jeu ? Refuser la position du refus de principe &#233;quivaut &#224; r&#233;pondre que, oui, il y a une utilit&#233;, entendre quelques profits &#224; saisir, mais la question en fait est celle de l'utilit&#233; &lt;i&gt;nette&lt;/i&gt; &#8211; nette des co&#251;ts. Pour le coup, il y a bien l&#224; une sorte d'appr&#233;ciation pratique qui &#233;chappe aux calculs explicites de l'&#233;conomie et ressortit plut&#244;t d'une prudence, gouvern&#233;e par quelques crit&#232;res, et toujours expos&#233;e au risque de l'incoh&#233;rence. Pour un outsider &#171; critique &#187;, l'un de ces crit&#232;res tient &#224; la question de savoir ce que les conditions de prise de parole font &#224; sa parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normalisation &#8211; les nouveaux entrants dig&#233;r&#233;s par le &#171; club &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, celle-ci court tous les risques, de la normalisation &#224; la d&#233;cr&#233;pitude. Je ne reviens que bri&#232;vement sur ceux de la normalisation, dont j'ai parl&#233; lors de l'&#233;mission d'&lt;i&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/i&gt;, pour redire combien l'entr&#233;e dans le cercle des &#171; bons clients &#187; est lourde d'insidieuses d&#233;rives. Car il est probable que l'app&#233;tit m&#233;diatique vienne en mangeant et que, d'activit&#233; occasionnelle, la pr&#233;sence dans les m&#233;dias, avec tous ses profits symboliques puis institutionnels, devienne rapidement une finalit&#233; &#224; laquelle on soit pr&#234;t, de plus en plus, &#224; sacrifier. Mais sacrifier quoi au juste ? Le peu d'originalit&#233; et de libert&#233; dont on disposait avant d'y entrer, et qui va se trouver implacablement rabot&#233; par les contraintes d'un univers dont on acceptera de plus en plus les injonctions pour continuer d'y &#234;tre invit&#233; &#8211; &#224; commencer, bien s&#251;r, par celle de s'interdire de mettre en cause les logiques de l'univers lui-m&#234;me ; il ferait beau voir qu'invit&#233; des m&#233;dias on se mette &#224; critiquer les m&#233;dias...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les incitations de l'int&#233;r&#234;t individuel se joignent aux pressions sociales d'un groupe qui, comme tout groupe, socialise les nouveaux entrants selon ses normes propres, avec d'ailleurs l'active complicit&#233; de l'imp&#233;trant puisque, et ce pourrait &#234;tre une proposition d'une th&#233;orie sommaire de la socialisation, on n'entre jamais dans un groupe avec le propos d&#233;lib&#233;r&#233; de s'y faire d&#233;tester, sachant que pour s'y faire aimer il suffit de se conformer &#224; ses m&#339;urs. Nul besoin de calcul strat&#233;gique pour ce faire, les ajustements affectifs de la qu&#234;te d'int&#233;gration et de reconnaissance se font d'eux-m&#234;mes ; aussi, sans m&#234;me s'en rendre compte, les nouveaux entrants s'adaptent-ils &#224; toute une s&#233;rie d'injonctions infinit&#233;simales, d'ailleurs jamais &#233;nonc&#233;es comme telles par personne, et rectifient-ils insensiblement leur comportement pour se conformer compl&#232;tement aux normes locales de la biens&#233;ance, des choses &#224; dire et &#224; ne pas dire, du ton sur lequel on les dit, des mises en question possibles et de celles qui ne le sont pas, du degr&#233; admissible d'intercritique au sein du groupe, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai en t&#234;te un d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; entre Bernard Maris, Elie Cohen et Jean Peyrelevade o&#249; le premier ne cesse de donner aux deux autres du &#171; cher Elie &#187; et du &#171; cher Jean &#187;, cordialit&#233; qui n'a rien de r&#233;pr&#233;hensible en soi mais se trouve confirm&#233;e par le quasi-consensus dont elle est le sympt&#244;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ceux qui feraient observer que l'&#233;mission d'Arr&#234;t sur images anim&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qui offre, par le raccourci de quelques plans, une le&#231;on compl&#232;te de sociologie des &#171; &#233;lites &#187; et des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire tient sans doute au fait que ces micro-ajustements sont insensibles au sujet lui-m&#234;me qui, &#224; chaque instant peut certifier &#171; &#234;tre rest&#233; le m&#234;me &#187; et n'avoir ni vari&#233; ni conc&#233;d&#233;. C'est que les variations et les concessions demandent &#224; &#234;tre observ&#233;es sur le moyen et le long terme &#8211; mais alors, mazette, quels &#233;carts ! Cette puissance normalisatrice, qui d'ailleurs n'est pas propre qu'aux m&#233;dias mais qu'on retrouverait &#224; l'identique dans la fr&#233;quentation suivie de tous les lieux de pouvoir, est plus forte que n'importe quel libre-arbitre individuel, et il suffit pour s'en convaincre de consid&#233;rer le triste destin de quelques jadis &#171; critiques &#187; entr&#233;s dans le syst&#232;me&#8230; et jamais ressortis. Malax&#233;s, dig&#233;r&#233;s, attendris, comme on dit de la viande trop dure, ils comptent d&#233;sormais parmi les oblats les plus intransigeants du syst&#232;me qui les a accueillis avec tant de g&#233;n&#233;rosit&#233; en passant l'&#233;ponge sur leurs &#171; erreurs de jeunesse &#187; &#8211; Philippe Val dans un &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt; respectabilis&#233; jusqu'au trognon, justement r&#233;compens&#233; &#224; France Inter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Le despotisme des &#233;clair&#233;s &#187;, par Pierre Rimbert, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Michel Field &#224; LCI et bien d'autres encore, auxquels il faudrait ajouter, dans leur genre &#224; eux, tous ces &#233;conomistes qui, &#233;merveill&#233;s de se voir conseillers du prince, ont parfois commenc&#233; marxistes pour finir en disant bien des choses ad&#233;quates &#224; ce que les pouvoirs voulaient entendre &#8211; mais &#233;videmment sans jamais se sentir sous influence ni avoir eu le sentiment de conc&#233;der quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire cela n'est pas incriminer les personnes mais souligner la force des situations, incomparablement plus puissantes que les individus, et qui ne laissent &#224; ces derniers pour seule libert&#233; que l'alternative de ne pas y mettre le doigt ou bien de finir enti&#232;rement happ&#233;s. Faire le choix de la participation m&#233;diatique rar&#233;fi&#233;e, c'est donc d'abord mesurer ces forces, ne pas se croire au-dessus d'elles, et anticiper l'auto-infirmation que risque de s'infliger immanquablement l'outsider critique qui, entrant avec le ferme projet de faire entendre &#171; un autre son de cloche &#187;, finira par faire ding-ding comme tous les autres autour de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;ception &#8211; l'inanit&#233; des formats en miettes &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si encore la normalisation politique &#233;tait la seule avanie pr&#233;visible&#8230; Mais il faut compter avec les d&#233;ceptions &#224; r&#233;p&#233;tition que promet au chercheur h&#233;t&#233;rodoxe le jeu du coup d'&#233;clat m&#233;diatique. Il n'est pas certain que l'interview imaginaire de Nicolas Cori fasse un mod&#232;le g&#233;n&#233;ral et si, exceptionnellement, un ou deux coups fumants de cette sorte peuvent &#234;tre r&#233;ussis, il faut d'abord s'interroger sur la dur&#233;e des traces qu'ils laisseront, et ensuite bien voir que la plupart des situations o&#249; sont convi&#233;s &#224; intervenir les &#171; experts &#187; ne sont pas de cette nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hormis les dix secondes de rigueur de tout passage dans un JT, la situation standard est plut&#244;t celle d'un plateau &#224; plusieurs invit&#233;s, cette parodie de &#171; d&#233;bat &#187; o&#249; les m&#233;dias aiment &#224; trouver la confirmation de leur essence d&#233;mocratique, alors qu'aussi bien le d&#233;s&#233;quilibre des forces contradictoires en pr&#233;sence (quand les forces sont v&#233;ritablement contradictoires, c'est-&#224;-dire que tous les experts ne disent pas &#224; quelques variantes pr&#232;s la m&#234;me chose), la complicit&#233; active de l'animateur, g&#233;n&#233;ralement un de ces &#171; grands &#187; des m&#233;dias dont on sait de quel c&#244;t&#233; ils penchent, l'indigence des formats, c'est-&#224;-dire des temps allou&#233;s &#224; la parole, et le climat de demi-foire d'empoigne avec interruptions permanentes, conspirent pour rendre absolument impossible de d&#233;velopper un point de vue h&#233;t&#233;rodoxe, d'embl&#233;e priv&#233; de tout l'arri&#232;re-plan de (fausses) &#233;vidences, de cela-va-de-soi (&#171; on ne peut pas augmenter les imp&#244;ts &#187;, &#171; la flexibilit&#233; est n&#233;cessaire &#187;, &#171; comment peut-on envisager le protectionnisme dans une &#233;conomie mondialis&#233;e &#187;) accumul&#233;s pendant deux d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; l'expert modal peut se contenter de parler par demi-phrases et de convoquer tout ce fonds d'&#171; &#233;vidences &#187; par la mobilisation d'un simple mot, l'outsider h&#233;t&#233;rodoxe doit entreprendre de construire de z&#233;ro des arguments qui ont contre eux tout un sens commun m&#233;diatique, et ceci sans la moindre chance ou presque de pouvoir aller au bout et de ne pas &#234;tre interrompu par l'&#171; impartial animateur &#187;, ou par un contradicteur, qui d'une seule remarque laissera le raisonnement en plan, fera bifurquer la discussion vers un tout autre sujet, laissant le pauvre type emberlificot&#233; dans son laborieux d&#233;veloppement au milieu du gu&#233; et grosjean comme devant &#8211; on n'est pas forc&#233; d'aller se mettre dans des situations perdues d'avance ; pour la cause qu'on d&#233;fend, on aurait m&#234;me plut&#244;t int&#233;r&#234;t &#224; les &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appara&#238;t malheureusement que l'intervention h&#233;t&#233;rodoxe soit condamn&#233;e au dilemme de l'&#171; interview Pujadas &#187;, mais sous une forme sloganis&#233;e qui, dans l'opinion, renverra in&#233;vitablement l'intervenant au registre de l'&#171; extr&#233;misme &#187; &#8211; &#171; c'est du Besancenot &#187;, &#171; ils n'ont rien &#224; proposer &#187; &#8211; ou bien du discours argument&#233;, mais priv&#233; de ses conditions de possibilit&#233;, et certain de finir en torche. &#199;a s'appelle la condition de minoritaire, minoritaire pas seulement au sens du nombre mais au sens du d&#233;savantage syst&#233;mique, et il n'y a pas de myst&#232;re : on n'en sort que par le temps long d'une somme d'actions individuelles, sans espoir en temps r&#233;el, et dont nul n'est d'ailleurs assur&#233; de voir le bout&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cr&#233;pitude &#8211; les pentes fatales de la facilit&#233; m&#233;diatique &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a la d&#233;cr&#233;pitude intellectuelle. Car il y a pire, parce que plus insidieux, que les d&#233;convenues instantan&#233;es de ces exp&#233;riences n&#233;cessairement d&#233;sastreuses. Au chercheur qui se hasarderait &#224; jouer ce jeu et qui, d&#233;sirant le jouer avec quelque succ&#232;s, se plierait aux formats impos&#233;s pour y faire entrer son discours, il faut surtout craindre les effets de long terme d'un genre qui ne laisse pas la pens&#233;e indemne. Si la mis&#232;re du format condamne &#224; la pauvret&#233; du discours, r&#233;duit &#224; une s&#233;rie de slogans et blind&#233; dans le registre de l'assertorique, c'est-&#224;-dire des affirmations-coups de force, coup&#233;es de leurs vrais arguments puisque le temps n'est pas offert &#224; la pr&#233;sentation de ceux-ci, il ne faut surtout pas esp&#233;rer qu'il n'y aurait l&#224; qu'une suite d'inconv&#233;nients instantan&#233;s sans cons&#233;quence sur le reste de l'activit&#233; intellectuelle de l'int&#233;ress&#233;. Ce sont les illusions du sujet souverain qui conduisent certains &#224; s'imaginer qu'ils sont les garants de leur propre int&#233;grit&#233; intellectuelle et que, sortis du studio o&#249; ils se sont octroy&#233;s quelques libert&#233;s avec la rigueur argumentative, ils redeviennent exactement les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a sans doute pas plus grand risque pour un intellectuel que l'habitude de la facilit&#233; intellectuelle &#8211; o&#249; le pousse irr&#233;sistiblement l'exercice m&#233;diatique. Car d'&#171; entorse &#187; en &#171; licence &#187;, d'&#171; &#233;cart &#187; en &#171; tol&#233;rance &#187;, toujours ponctuels &#231;a va sans dire, c'est tout un habitus, celui de l'exigence analytique, du raisonnement bien articul&#233;, qui progressivement et silencieusement part en lambeaux. La fr&#233;quence des sollicitations, ne laissant plus le temps de travailler, condamne alors au recyclage des m&#234;mes questions et des m&#234;mes r&#233;ponses, vite glan&#233;es&#8230; dans la presse, seul fournisseur d'informations dans la temporalit&#233;&#8230; qui lui soit ad&#233;quate, l&#224; o&#249; le travail intellectuel vise d'abord au renouvellement de sa pens&#233;e et aussi (surtout) &#224; la formulation d'autres questions que celles que les m&#233;dias s'obstinent &#224; mettre &#224; leur agenda, en g&#233;n&#233;ral toutes plus mal b&#226;ties les unes que les autres. Il ne s'agit pas de dire ici que &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les &#233;conomistes pr&#233;sents dans les m&#233;dias subissent cette fatale d&#233;gradation, mais qu'il est un seuil, et aussi un mode, de pr&#233;sence, dont j'ai l'impression que Nicolas Cori voudrait me le voir franchir, au-del&#224; duquel on n'y &#233;chappe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre la philosophie h&#233;ro&#239;que de l'intellectuel d&#233;miurge, la division du travail &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;f&#233;rences &#224; la &#171; puret&#233; &#187;, au souci des universitaires de la pr&#233;server, de ne pas se &#171; compromettre &#187;, auraient du sens s'adressant &#224; ceux qui n'ont aucun d&#233;sir de quelque engagement que ce soit et pr&#233;f&#232;rent jouer le jeu du champ acad&#233;mique sans prendre le moindre risque &#224; l'ext&#233;rieur. Le fait est que le grand renfermement acad&#233;mique des intellectuels en deux d&#233;cennies est impressionnant. On ne saurait pour autant en tirer la conclusion oppos&#233;e qu'il leur faudrait maintenant aller partout et y faire n'importe quoi. Je pourrais bien accepter de m'entendre dire que derri&#232;re tous ces arguments, il y a aussi une sorte d'amour-propre d'intellectuel (ou d'aspirant intellectuel) inquiet de d&#233;choir &#224; ses propres yeux. Mais je demande qu'on me pr&#233;sente un seul professionnel, quel que soit son m&#233;tier, qui n'ait pas ses normes et ses points d'honneur, et qui n'y regarde &#224; deux fois au moment o&#249; on lui intime d'envoyer balader tout &#231;a et d'accepter de faire autrement &#8211; c'est-&#224;-dire mal &#8211; ce qu'il essaye d'habitude de faire &#171; bien &#187;, et ceci au nom de n&#233;cessit&#233;s sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question en fait est tout autre : elle est de savoir o&#249; on est le plus utile et &#224; quoi faire. Un chercheur est-il plus utile &#224; prendre le temps de ses recherches, &#224; cultiver autant que possible les exigences qui lui sont propres, ou bien &#224; faire le pitre multim&#233;dia avec la quasi-certitude de s'y ab&#238;mer irr&#233;versiblement &#8211; il suffit de voir l'&#233;tat intellectuel pitoyable de bon nombre de ceux qui s'y sont risqu&#233;s ? C'est probablement en ce point que se situe la faiblesse principale de l'argument de Nicolas Cori : dans une certaine philosophie h&#233;ro&#239;que de l'individu et la m&#233;sestimation corr&#233;lative des avantages de la division du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas au pouvoir d'un seul individu d'int&#233;grer en lui seul tous les maillons de la cha&#238;ne de production d'id&#233;es, depuis l'&#233;laboration la plus th&#233;orique-scientifique jusqu'&#224; l'action politique de propagande en passant par tous les interm&#233;diaires m&#233;diatiques. Certes, on peut ne pas &#234;tre insensible &#224; l'injonction de Nicolas Cori, consid&#233;rant que &lt;i&gt;&#171; la plus grande plaie aujourd'hui s'appelle le capitalisme financier &#187;&lt;/i&gt;, &#224; &lt;i&gt;&#171; faire tout ce qui est en son pouvoir pour le supprimer &#187;&lt;/i&gt;. Mais c'est que, pour ce qui me concerne, mon pouvoir, &#224; supposer que j'en aie le moindre, est tr&#232;s tr&#232;s petit, et qu'au surplus il risque de s'autod&#233;truire dans l'abus de son emploi m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est que la destruction du capitalisme financier est une entreprise collective et que chacun y prend sa part &#224; sa place ! Par un argument ricardien que les &#233;conomistes connaissent bien, chacun devrait &#234;tre l&#224; o&#249; son avantage comparatif est le plus grand : les chercheurs &#224; la production d'id&#233;es, d'autres &#224; leur adaptation et &#224; leur diffusion. Me pr&#234;tant des capacit&#233;s que je n'ai pas, Nicolas Cori me demande m&#234;me de penser &#224; la r&#233;forme des m&#233;dias ! Mais je n'ai rigoureusement aucune comp&#233;tence pour ce faire !, m&#234;me s'il m'arrive d'avoir une ou deux id&#233;es que je mets au pot commun quand elles me traversent l'esprit (c'est-&#224;-dire rarement)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors d'une conf&#233;rence faite &#224; l'un des jeudis d'Acrimed, j'ai sugg&#233;r&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule chose que je pourrais dire en cette mati&#232;re invoquerait une nouvelle fois l'argument de la division du travail et sugg&#233;rerait que, la production-diffusion des id&#233;es &#233;tant une cha&#238;ne, il faut n&#233;cessairement qu'elle ait une pluralit&#233; de maillons. De ce point de vue, et pour peu qu'on requalifie positivement le mot auquel Bourdieu avait donn&#233; une coloration plut&#244;t n&#233;gative, je dirais que ce dont nous manquons le plus, ce sont des doxosophes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bourdieu appelait doxosophes (de doxa, l'opinion, et sophia, la sagesse) ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de gauche (je veux dire vraiment de gauche), c'est-&#224;-dire des gens qui, n'appartenant pas eux-m&#234;mes au monde des producteurs intellectuels directs, en seraient cependant suffisamment proches pour conna&#238;tre les travaux qui s'y &#233;laborent, les adapter et les faire conna&#238;tre, &#233;ventuellement avec les r&#233;ductions et les approximations assum&#233;es que suppose le passage par les m&#233;dias, mais non sans efficacit&#233;. Mais, &#224; la question &#171; pourquoi y a-t-il tant de doxosophes lib&#233;raux et si peu, ou pas du tout de gauche ? &#187;, la r&#233;ponse renvoie comme toujours &#224; la s&#233;lectivit&#233; orient&#233;e des m&#233;dias qui, trahissant la vocation inscrite dans leur nom m&#234;me de m&#233;dias, c'est-&#224;-dire de m&#233;diateurs, livrant acc&#232;s &#224; l'espace du d&#233;bat public dont ils sont les &lt;i&gt;gate-keepers&lt;/i&gt; monopolistiques, ne donnent la parole que dans un seul sens (&#224; quelques alibis marginaux pr&#232;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puisque Nicolas Cori me pose la question, je lui dirai que, de tous les interm&#233;diaires appel&#233;s &#224; prendre leur part dans la cha&#238;ne de production-diffusion des id&#233;es, les journalistes ne sont pas les moindres. N'est-ce pas &#224; eux qu'il appartiendrait en principe de &lt;i&gt;faire conna&#238;tre&lt;/i&gt; au public les travaux, les analyses, les positions et les propositions &#233;labor&#233;es par les chercheurs, et pr&#233;cis&#233;ment par ceux qu'on entend le moins ? Faire conna&#238;tre : voil&#224; une t&#226;che en apparence toute simple ; il suffit de dire : &#171; Sur ce sujet, X pense ceci, Y a &#233;crit cela, Z a une analyse un peu inhabituelle et deux propositions en stock, et je porte tout &#231;a &#224; votre connaissance &#187; &#8211; une t&#226;che extraordinairement prosa&#239;que, puisque finalement il n'est question que de restituer en adaptant un peu, mais pourquoi ne restituerait-on que des &#171; faits &#187; et jamais des id&#233;es, et ne voit-on pas que dans le moyen ou long terme, cette simple restitution pourrait significativement contribuer &#224; modifier le paysage id&#233;ologique, bien davantage qu'en confiant &#224; quelques pauvres types un peu d&#233;pass&#233;s par l'ampleur de la t&#226;che et surtout (l&#233;gitimement) inquiets de s'y perdre, le soin de tout faire eux-m&#234;mes, depuis la production jusqu'&#224; la vente et l'apr&#232;s vente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira qu'il y a parfois des interviews qui font cela, mais d'abord avec toujours le m&#234;me probl&#232;me de l'acc&#232;s s&#233;lectif, et puis surtout, pourquoi aurait-on syst&#233;matiquement besoin de la bobine et de la mise en sc&#232;ne de l'interview&#233; ? &#199;a n'est pas qu'il ne soit pas parfois int&#233;ressant de lui donner la parole, mais si les conditions qui lui sont offertes n'y sont pas propices, ses travaux ne peuvent-ils pas tout autant &#234;tre restitu&#233;s au style indirect et par d'autres qui ne s'estiment pas sujets aux m&#234;mes contraintes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#233;mentarit&#233; &#8211; ici celle des registres et des contraintes relatives &#224; ces registres &#8211; est l'essence de la division du travail. C'est elle le v&#233;ritable sujet &#8211; collectif &#8211; de la production sociale et de la transformation politique des id&#233;es &#8211; et non quelques individus particuliers dont les forces propres sont risibles compar&#233;es &#224; celle d'un syst&#232;me hostile qu'ils n'ont aucune chance de bousculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de dire, comme s'y pr&#233;cipiteront vraisemblablement quelques lectures malveillantes, que le discours dans les m&#233;dias &#171; rend b&#234;te &#187; et que l'intellectuel, tr&#232;s pr&#233;occup&#233; de lui-m&#234;me, ne veut pas de cette b&#234;tise et pr&#233;f&#232;re la laisser &#224; d'autres &#8211; les interm&#233;diaires. Il est juste question de faire remarquer que ces interventions &#224; r&#233;p&#233;tition, avec tout ce qu'elles charrient insidieusement de pressions &#224; la normalisation et d'incitations &#224; la facilit&#233;, sont vou&#233;es &#224; rapidement faire de lui un &lt;i&gt;mauvais&lt;/i&gt; intellectuel et, &#224; la fin des fins, un &#171; plus intellectuel du tout &#187;, refermement tragique de cette boucle fatale qui aura conduit un individu &#224; s'engager au nom d'une sp&#233;cificit&#233; &#8211; son intellectualit&#233; &#8211;, mais selon des modalit&#233;s d'engagement qui la d&#233;truiront &#224; coup presque s&#251;r, et le feront, lui, tout autre qu'il n'&#233;tait, en particulier tout autre que ce pour quoi il lui avait &#233;t&#233; demand&#233; initialement de s'engager &#8211; il faut s'imaginer ce que deviendrait, et en combien de temps il le deviendrait, un chercheur en physique &#224; qui l'on demanderait, au nom des enjeux sup&#233;rieurs de l'&#233;ducation scientifique de la jeunesse, de laisser son laboratoire pour consacrer le plus clair de son temps &#224; la tourn&#233;e des lyc&#233;es. L'immense avantage de la division du travail (au milieu de tant de servitudes), c'est d'autoriser les agents &#224; ne pas &#234;tre ou &#224; ne pas devenir ce qu'ils ne sont pas : un chercheur n'a pas &#224; se faire doxosophe, ou alors avec parcimonie ; et inversement un doxosophe peut pleinement s'autoriser de son registre propre puisqu'il n'a pas &#224; s'imposer les contraintes de l'intellectuel &#8211; prendre du temps, s'accorder d'&#234;tre parfois obscur et long car la r&#233;flexion qui s'efforce de progresser n'est pas imm&#233;diatement claire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que chacun fasse donc ce qu'il croit lui incomber l&#224; o&#249; il est, selon ce qu'il est le plus apte &#224; faire et l&#224; o&#249; les conditions sont les meilleures pour qu'il le fasse, tel serait finalement le sens de ma r&#233;ponse &#224; Nicolas Cori. Renon&#231;ant aux chim&#232;res de l'intervenant h&#233;ro&#239;que, on s'apercevra d'ailleurs qu'il est une multitude de canaux de diffusion des id&#233;es qui, loin des m&#233;dias standard, s'offrent aux interventions des producteurs directs, depuis les livres non pas acad&#233;miques mais &#224; destination d'un plus large public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N'est-ce pas exactement le sens de la collection Raisons d'agir, cr&#233;&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tout de m&#234;me les plus ad&#233;quats &#224; l'exposition des id&#233;es &#8211; mais qui en parle ? qui les &lt;i&gt;fait conna&#238;tre&lt;/i&gt; ? &#8211;, la publication de textes sur Internet, les interventions dans les niches de l'espace m&#233;diatique, petits journaux mais qui ne comptent pas le nombre de signes, petites radios mais qui ne comptent pas les minutes, jusqu'aux d&#233;bats dans des arri&#232;re-salles de caf&#233;, des librairies ou des salles de projection, rencontres qualitativement les plus gratifiantes et quantitativement les plus mis&#233;rables, toutes choses qui passent sous les &#233;crans radars et, aux observateurs les plus superficiels, sont renvoy&#233;es &#224; l'inexistence pure et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est exact qu'on y regarde &#224; deux fois avant de se d&#233;tourner des m&#233;dias de masse et de leur capacit&#233; de diffusion &#8211; j'ai eu l'occasion d'exp&#233;rimenter, lors de la campagne sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, en 2005, tout ce qui s&#233;pare la publication confidentielle de textes sur Internet d'un simple passage &#224; &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt; (qui est tout de m&#234;me le moins massif des m&#233;dias de masse&#8230;). On ne fait pas ce genre d'exp&#233;rience sans en &#234;tre impressionn&#233; ni garder quelque regret de ce que l'on pourrait faire &#224; nouveau si&#8230; Mais ce regret n'a pas grand sens. Il n'est que le souvenir d'une exp&#233;rience limit&#233;e et l'imagination d'une chim&#232;re : la chim&#232;re de m&#233;dias autres que ce qu'ils sont. Il ne s'en suit pas que nulle intervention n'y soit possible, mais que les lieux o&#249; sont offertes des conditions de parole ad&#233;quates &#224; l'exposition convenable d'une r&#233;flexion sont compt&#233;s. Hors de ces lieux exceptionnels, il y a moins &#224; gagner qu'&#224; perdre &#224; trop fr&#233;quenter les m&#233;dias &#8211; politiquement, en rel&#233;gitimation &#224; moindre frais d'organes lib&#233;raux, et personnellement en d&#233;t&#233;rioration progressive de sa capacit&#233; de pens&#233;e critique : car on oublie que ce n'est pas le tout d'aller dans les m&#233;dias ; encore faut-il avoir quelque chose &#224; y dire, et quelque chose de significativement diff&#233;rent de ce qui sourd de la ronde des d&#233;vots &#8211; qu'on n'est pas forc&#233; d'aller grossir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon, 17 ao&#251;t 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/strong&gt; (Acrimed)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette question, nous avons publi&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/mot218.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;de tr&#232;s nombreux articles&lt;/a&gt;. Elle concerne, &#224; des titres divers, les chercheurs et les intellectuels, d'une part, les associations, les syndicats et les formations politiques, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Sur les premiers &#8211; chercheurs et intellectuels -, seuls concern&#233;s par la contribution de Fr&#233;d&#233;ric Lordon, on pourra se reporter au r&#233;sum&#233; d'une intervention d'Henri Maler lors d'un Jeudi d'Acrimed de 1997 : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article191.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Des intellectuels pour petit &#233;cran &#187;&lt;/a&gt; et, douze ans plus tard, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3115.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Lettre ouverte &#224; nos amis des Universit&#233;s &#187;&lt;/a&gt;, avril 2009. Voir &#233;galement : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1809.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la rubrique &#171; Les rapports entre journalistes et intellectuels : cul et chemise ? &#187;&lt;/a&gt;, par Pierre Rimbert, novembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Sur les seconds - associations syndicats et formations politiques - on pourra lire, notamment, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2741.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Se servir des m&#233;dias dominants sans leur &#234;tre asservis ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article d'Henri Maler, &#171; La critique des m&#233;dias et le mouvement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi qu'&#224; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1309.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Contestation des m&#233;dias ou contestation pour les m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;, intervention de Serge Halimi au Forum social Europ&#233;en de 2003&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reprise dans une version plus d&#233;taill&#233;e, r&#233;dig&#233;e avec Pierre Rimbert, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et, s'agissant de notre Association, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2752.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Acrimed dans les m&#233;dias ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Lucas est &#171; prix Nobel &#187; d'&#233;conomie. &#171; &lt;a href=&#034;http://www.economist.com/businessfinance/displayStory.cfm?story_id=14165405&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;In defence of the dismal science&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, 8 ao&#251;t 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qu'on pense, dans ce dernier ordre d'id&#233;e, au traitement des &#171; affaires &#187; Kerviel, Madoff, Stanford &amp; Co&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je dois &#224; l'honn&#234;tet&#233; de reconna&#238;tre que, &#224; l'occasion des annonces de 2007, Nicolas Cori m'avait offert de m'exprimer sous la forme d'une interview qui esquissait cette analyse et aussi une proposition (le SLAM, voir &lt;i&gt;La crise de trop&lt;/i&gt;, Fayard, 2009, chapitre 5) visant &#224; mettre des bornes &#224; la capture actionnariale (lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/02/LORDON/14458&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Enfin une mesure contre la d&#233;mesure de la finance, le SLAM !&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, f&#233;vrier 2007). Mais Nicolas Cori aura compris que, au-del&#224; de son cas propre et de quelques autres exceptions de son genre, je mets en cause ici une pratique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ceux qui feraient observer que l'&#233;mission d'&lt;i&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/i&gt; anim&#233;e par Maja Neskovic pr&#233;sente formellement les m&#234;mes caract&#233;ristiques de connivence et de pr&#233;-accord, il faudrait simplement faire remarquer que, non seulement les cartes sont d'embl&#233;e sur la table en cette mati&#232;re, mais qu'il n'a jamais &#233;t&#233; question de la donner pour un &#171; d&#233;bat contradictoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2009/06/RIMBERT/17210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le despotisme des &#233;clair&#233;s&lt;/a&gt; &#187;, par Pierre Rimbert, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lors d'une &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3075.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;conf&#233;rence&lt;/a&gt; faite &#224; l'un des jeudis d'Acrimed, j'ai sugg&#233;r&#233; par exemple, pour &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3090.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;gler le probl&#232;me de l'incrustation des &#233;ternels chroniqueurs radio&lt;/a&gt; (je pense surtout &#224; ceux de France Inter et de France Culture) et de leur fossilisation intellectuelle, de les remplacer, chacun dans leur sp&#233;cialit&#233;, par un pool d'une trentaine ou d'une quarantaine d'intellectuels, de chercheurs ou d'intervenants qualifi&#233;s (apr&#232;s tout, des syndicalistes et des salari&#233;s sont parfois aussi bien inform&#233;s et arm&#233;s pour traiter de certains sujets de l'&#233;conomie, par exemple), avec le double avantage d'organiser une rotation longue, permettant &#224; chacun d'avoir le temps de travailler et de se renouveler, et de permettre une r&#233;elle diversit&#233; en lieu et place du r&#233;gime de l'intervenant-unique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bourdieu appelait doxosophes (de &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt;, l'opinion, et &lt;i&gt;sophia&lt;/i&gt;, la sagesse) ces faux philosophes &#224; la remorque de l'opinion, et plus g&#233;n&#233;ralement ces intellectuels parodiques, aujourd'hui connus sous l'appellation &#171; d'intellectuels m&#233;diatiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N'est-ce pas exactement le sens de la collection &lt;i&gt;Raisons d'agir&lt;/i&gt;, cr&#233;&#233;e par Pierre Bourdieu, que de mettre &#224; disposition d'un public aussi large que possible les r&#233;sultats de travaux &#233;labor&#233;s en amont selon les logiques de la recherche scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article d'Henri Maler, &#171; La critique des m&#233;dias et le mouvement syndical &#187;, paru dans &lt;i&gt;Nouveaux Regards&lt;/i&gt; n&#176;33, avril-juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Reprise dans une version plus d&#233;taill&#233;e, r&#233;dig&#233;e avec Pierre Rimbert, dans &lt;i&gt;M&#233;dias et censure : figures de l'orthodoxie&lt;/i&gt; (dir. Pascal Durand), Universit&#233; de Li&#232;ge, janvier 2004 (actuellement indisponible).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Aller chez Giordano ? &#187;, La D&#233;croissance ouvre le d&#233;bat sur ses rapports aux m&#233;dias</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Aller-chez-Giordano-La-Decroissance-ouvre-le-debat-sur-ses-rapports-aux-medias</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Aller-chez-Giordano-La-Decroissance-ouvre-le-debat-sur-ses-rapports-aux-medias</guid>
		<dc:date>2009-08-09T22:35:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Poche</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Isabelle Giordano</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Faut-il participer &#224; l'&#233;mission consum&#233;riste d'Isabelle Giordano,&#8220;S&#233;vice public&#8220; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Que-faire-face-aux-medias-" rel="directory"&gt;Que faire face aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-Decroissance-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Isabelle-Giordano-+" rel="tag"&gt;Isabelle Giordano&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous le titre &#171; Aller chez Giordano ? &#187;, le journal &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt; &#187;, dans son num&#233;ro de juillet-ao&#251;t 2009, interroge et s'interroge : &lt;i&gt;&#171; Faut-il participer &#224; l'&#233;mission consum&#233;riste d'Isabelle Giordano, &#8220;S&#233;vice public&#8221; ? &#187;&lt;/i&gt; Une question de port&#233;e plus g&#233;n&#233;rale&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi une telle question ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 juin 2009, Paul Ari&#232;s, politologue, directeur du &lt;i&gt;Sarkophage&lt;/i&gt; et auteur d'un nouveau livre (&lt;i&gt;Apprendre &#224; faire le vide&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions Milan), participait, parmi d'autres invit&#233;s, &#224; &#171; Service Public &#187;, l'&#233;mission &#171; consommation &#187; de France Inter, consacr&#233;e ce jour-l&#224; &#224; &#171; la d&#233;croissance : nouvelle mode ou ph&#233;nom&#232;ne durable &#187; et pr&#233;sent&#233;e, comme tous les jours, par Isabelle Giordano, cible de choix pour les &#171; objecteurs de croissance &#187; et en particulier pour le mensuel &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt;, dont Paul Ari&#232;s dirige &#233;galement les &#171; pages politiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis longtemps, &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt; critique vertement dans ses colonnes les partis-pris consum&#233;ristes de l'&#233;mission, et les pr&#233;jug&#233;s de sa pr&#233;sentatrice &#8211; illustrations de l'hostilit&#233; des m&#233;dias en g&#233;n&#233;ral, et de France Inter en particulier, &#224; leur &#233;gard, ou &#224; l'&#233;gard des id&#233;es qu'ils d&#233;fendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en f&#233;vrier 2007, rendant compte, dans une br&#232;ve intitul&#233;e &#171; Attaque en r&#232;gle &#187;, du passage de Serge Latouche dans l'&#233;mission, &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt; s'insurge que Giordano ait livr&#233; &#171; &lt;i&gt;&#224; l'occasion les pires poncifs contre la d&#233;croissance &lt;/i&gt;[suit un &lt;i&gt;verbatim&lt;/i&gt; effectivement &#233;difiant&#8230;]&lt;i&gt; Son comp&#232;re Yves Decaens n'est pas en reste [&#8230;] Vous avez dit &#8220;Service Public&#8221; ?&lt;/i&gt; &#187; En novembre 2008, ses r&#233;dacteurs en avaient semble-t-il tir&#233; des le&#231;ons : &#171; &lt;i&gt;Quand nous avons appris qu'Isabelle Giordano, figure du monde m&#233;diatique pipole et animatrice de l'&#233;mission consum&#233;riste &#8211; mal nomm&#233;e &#8220;Service Public&#8221; &#8211;, avait d&#233;cid&#233; de parler de d&#233;croissance, nous avons craint le pire. Pas masochistes, nous avons d&#233;clin&#233; son invitation (on a d&#233;j&#224; donn&#233; !). Nous reconnaissons bien modestement qu'un certain niveau de b&#234;tise est hors de notre port&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2009, c'est la nouvelle campagne de publicit&#233; de France Inter qui est parodi&#233;e dans les pages du journal :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L321xH210/decroissance_1-a3ab7.jpg?1726394069' width='321' height='210' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4678 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L321xH206/decroissance_2-9f23b.jpg?1726394069' width='321' height='206' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4679 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L321xH212/decroissance_3-ae160.jpg?1726394069' width='321' height='212' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2009, le journal, rapportant des propos de Giordano, &#171; &lt;i&gt;appel&#233;e aussi la femme la plus intelligente du monde&lt;/i&gt; &#187;, sur la d&#233;croissance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Mouvement id&#233;ologique [&#8230;] radical, difficile &#224; envisager pour les 7 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les commente ainsi : &#171; &lt;i&gt;la propension de l'oligarchie &#224; instrumentaliser la mis&#232;re pour refuser le partage et la sobri&#233;t&#233; n'a rien d'&#233;tonnant&lt;/i&gt; &#187;. Et le mois suivant, le mensuel revient &#224; la charge contre &#171; &lt;i&gt;cette pr&#233;sentatrice tr&#232;s pipole (qui) est &#224; la pointe du naufrage de France Inter&lt;/i&gt; &#187;. Se faisant plus pr&#233;cis, il indique que Mme Giordano &#171; &lt;i&gt;a mont&#233; la soci&#233;t&#233; Tupac, &#8220;production de films et de programmes pour la t&#233;l&#233;vision&#8221;. Elle en est la g&#233;rante, et son cog&#233;rant est St&#233;phane Dottelonde, qui est non seulement son mari, mais aussi le pr&#233;sident de l'UPE, l'Union de la publicit&#233; ext&#233;rieure &#8211; un lobby d'afficheurs auquel s'oppose r&#233;guli&#232;rement Paysage de France.&lt;/i&gt; &#187; Et &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt; de s'interroger : &#171; &lt;i&gt;n'y aurait-il pas un l&#233;ger conflit d'int&#233;r&#234;ts dans les pratiques de Mme Dottelonde ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un test ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, la pr&#233;sence de Paul Ari&#232;s dans les studios de &#171; Service Public &#187; avait donc de quoi surprendre. Est-ce parce qu'il a pr&#233;f&#233;r&#233;, comme cela peut se discuter, d&#233;livrer son message sans s'attarder sur le comportement de son h&#244;tesse ? L'invit&#233; n'a pas profit&#233; du direct pour r&#233;v&#233;ler aux auditeurs de France Inter eux-m&#234;mes les informations, les questions et les critiques qu'un journal dont il est l'un des responsables juge bon de porter &#224; la connaissance de ses lecteurs, s'agissant de cette &#233;mission. Est-ce parce qu'il n'a pas su ou pas voulu le faire ? Paul Ari&#232;s s'est abstenu de saisir les occasions de mettre en &#233;vidence le &#171; niveau de b&#234;tise &#187; de &#171; l'oligarchie &#187;, ou sa &#171; propension &#224; instrumentaliser de la mis&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Echantillon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Isabelle Giordano a ainsi pr&#233;sent&#233; la d&#233;croissance en d&#233;but d'&#233;mission : &#171; &lt;i&gt; une r&#233;flexion qui, il faut bien l'avouer, est bien souvent stimulante, s&#233;duisante, mais qui n'emp&#234;che pas quelques questions. Comment en effet peut-on d&#233;fendre la d&#233;croissance en pleine crise, alors que, pour ne citer qu'un exemple, l'industrie automobile ferme ses usines et aurait bien besoin de croissance&#8230; Comment d&#233;fendre la d&#233;croissance alors que des milliers de gens condamn&#233;s au travail pr&#233;caire aimeraient bien ne pas subir ce diktat qui impose de se contenter d'achat au compte-goutte ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Citant un mail d'auditeur &#171; &lt;i&gt;qui se demande comment peut-on parler de d&#233;croissance dans une &#233;mission qui traite de la consommation, &#034;n'y aura-t-il pas un a priori n&#233;gatif ?&#034;&lt;/i&gt; &#187;, Isabelle Giordano se veut rassurante : &#171; &lt;i&gt;Ben je vous rassure tout de suite, hein, non non, y aura pas du tout d'a priori dans cette &#233;mission, y en a jamais&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Puis, pour entrer dans le c&#339;ur du sujet : &#171; &lt;i&gt;Mais y a beaucoup de gens qui en vous &#233;coutant pensent que vous pr&#244;nez un retour &#224; la bougie. Je vois par exemple [un auditeur] : &#034;la d&#233;croissance, ben voyons, &#224; quand le retour aux roues en bois, la corv&#233;e de bois pour nous chauffer, faut-il se laver dans des bassines et &#224; l'eau froide, ces gens-l&#224; sont insupportables, ils r&#233;gressent, etc., etc. foutez-nous la paix&#034;, bref je vous cite pas l'int&#233;gralit&#233; du mail visiblement c'est un auditeur en col&#232;re, mais c'est vrai qu'on a l'impression que vous pr&#244;nez un retour en arri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n&#233;gligeant de relever quelques-uns des &#171; pires poncifs contre la d&#233;croissance &#187;, emprunt&#233;s pour l'occasion &#224; &#171; un auditeur en col&#232;re &#187;, Paul Ari&#232;s pr&#233;f&#232;re n'entendre que &#171; l'interrogation &#187; qu'ils introduisent, et r&#233;pondre sur l'hypoth&#232;se d'un retour en arri&#232;re, en commen&#231;ant par ce commentaire : &#171; &lt;i&gt;c'est une excellente question&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend d&#232;s lors pourquoi &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt; ouvre le d&#233;bat. Dans ces termes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Aller chez Giordano ? &lt;/strong&gt;- Faut-il participer &#224; l'&#233;mission consum&#233;riste d'Isabelle Giordano, &#8220;S&#233;vice public&#8221; ? C'est un vrai d&#233;bat &#224; &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt;. D'un c&#244;t&#233;, c'est une opportunit&#233; de porter la connaissance hors du cercle des convaincus. De l'autre, n'est-ce pas se plier &#224; une grille de lecture o&#249; tout est r&#233;duit &#224; des choix de consommation (ce qui est l'exact contraire de ce sur quoi se fonde notre engagement) ? Ces invitations exceptionnelles ne constituent-elles pas l'opportunit&#233; pour France Inter d'affirmer que la cha&#238;ne radiophonique nous ouvre s&#233;rieusement la parole publique ? Pourquoi la d&#233;croissance ne trouve-telle pas sa place au 7/9 ou bien m&#234;me chez Daniel Mermet, reconnue comme un vrai projet de soci&#233;t&#233; ? Le 3 juin 2009, l'&#233;mission d'Isabelle Giordano a port&#233; sur la d&#233;croissance. Figure de la presse pipole, l'animatrice s'est faite &#224; une dizaine de reprises la porte-parole des masses laborieuses qui r&#233;clameraient plus de croissance. Sommes-nous contraints d'en passer par l&#224; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il ne nous appartient &#233;videmment pas de r&#233;pondre &#224; la place des collaborateurs de &lt;i&gt;La D&#233;croissance&lt;/i&gt; aux questions qu'ils se posent. Au moins peut-on se f&#233;liciter qu'elles soient pos&#233;es&#8230; en esp&#233;rant qu'ils ne renonceront pas &#224; poser des conditions &#224; leur pr&#233;sence dans les m&#233;dias dominants et &#224; contester les m&#233;dias dans ces m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sir&#232;nes m&#233;diatiques savent trouver, parfois, l'oreille des &#171; dissidents &#187;. L'attitude que ceux-ci doivent adopter envers ce que l'on peut tout aussi bien consid&#233;rer comme une opportunit&#233; ou comme un pi&#232;ge, devrait &#234;tre l'objet d'un d&#233;bat clairement ouvert, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre tranch&#233;. &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2752.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce que nous avons choisi pour notre compte&lt;/a&gt; n'est peut-&#234;tre pas transposable &#224; tous indistinctement. Mais la volont&#233; de &#171; faire passer un message &#187; ne devrait pas conduire des contestataires &#8211; et particuli&#232;rement ceux qui contestent les m&#233;dias dans leurs propres m&#233;dias &#8211; &#224; &#233;vacuer toute remise en cause des m&#233;dias dominants quand ils y ont acc&#232;s. Car cette remise en cause est elle aussi un &#171; message &#187; essentiel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Mouvement id&#233;ologique [&#8230;] radical, difficile &#224; envisager pour les 7 millions de Fran&#231;ais qui gagnent moins de 900 euros par mois&lt;/i&gt; &#187;, dans &lt;i&gt;M&#233;tro&lt;/i&gt; du 25 novembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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