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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Recrutements &#224; P&#244;le Emploi : &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; tombe dans le sensationnalisme </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Recrutements-a-Pole-Emploi-Envoye-Special-tombe</link>
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		<dc:date>2021-04-02T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Eustache</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Ch&#244;mage, emploi</dc:subject>
		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;M&#233;lange des genres sur France 2.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-572-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Envoye-special-1361-+" rel="tag"&gt;&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Chomage-emploi-+" rel="tag"&gt;Ch&#244;mage, emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L139xH150/arton6326-c6f4e.png?1776735021' class='spip_logo spip_logo_right' width='139' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 25 mars 2021, l'&#233;mission &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; diffusait un reportage en immersion &#8211; entendre &#171; en cam&#233;ra cach&#233;e &#187; &#8211; sur le quotidien d'une conseill&#232;re P&#244;le Emploi (la journaliste stagiaire) tout juste recrut&#233;e. &#192; la faveur d'un curieux &#171; m&#233;lange des angles &#187;, le cadrage passe &#224; c&#244;t&#233; des contraintes structurelles qui p&#232;sent sur les agents&#8230; au d&#233;triment des allocataires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 23 ao&#251;t 2020, &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; lan&#231;aient la nouvelle : &#171; Plan de relance : P&#244;le emploi va recruter des milliers de CDD pour aider les ch&#244;meurs &#187;. Le journaliste r&#233;percutait alors sagement la communication du gouvernement qui, &lt;i&gt;&#171; outre [l'investissement de] plusieurs centaines de millions d'euros pour moderniser le secteur de la formation professionnelle &#187;&lt;/i&gt; affirmait, par la voix de la ministre du Travail &#201;lisabeth Borne, &lt;i&gt;&#171; &#034;plaide[r] pour un renforcement des effectifs de P&#244;le emploi [&#8230;] si on veut avoir un accompagnement de qualit&#233; des demandeurs d'emploi&#034;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une d&#233;claration qui faisait suite &#224; celle d'Emmanuel Macron dans Ouest (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Sept mois plus tard, l'&#233;mission &#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187; diffus&#233;e sur France 2 d&#233;cide de confronter la communication de l'&#201;tat et de P&#244;le Emploi au terrain. Un point de d&#233;part salutaire&#8230; qui ne sera pas men&#233; &#224; bien.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Saucissonnage, anecdote et &#171; m&#233;lange des angles &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;En introduction, &#201;lise Lucet pr&#233;sente un &lt;i&gt;&#171; document d&#233;routant &#187;&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;&#171; l'envers du d&#233;cor de P&#244;le Emploi &#187;&lt;/i&gt;. Un reportage &lt;i&gt;&#171; en immersion &#187;&lt;/i&gt;, dont les images sont tourn&#233;es par une journaliste qui s'est fait embaucher pendant quatre semaines comme conseill&#232;re P&#244;le Emploi dans une &#171; petite agence &#187; g&#233;rant 7 000 demandeurs d'emploi. Et dans la premi&#232;re partie de l'&#233;mission, on peut dire qu'&#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; tient sa promesse, celle de montrer &lt;i&gt;&#171; les coulisses de ce grand recrutement &#187;&lt;/i&gt;. La journaliste donne &#224; voir les &lt;i&gt;&#171; formations exp&#233;ditives &#187;&lt;/i&gt; dont &#171; b&#233;n&#233;ficient &#187; les jeunes recrues. Des formations r&#233;alis&#233;es &lt;i&gt;&#171; sur le tas &#187;&lt;/i&gt;, dont on comprend qu'elles incombent &#224; d'autres salari&#233;s, peu qualifi&#233;s pour ce faire, contraints d'improviser de nouvelles t&#226;ches &#224; la va-vite et sur leur propre temps de travail. L'int&#233;r&#234;t journalistique ne fait ici aucun doute, permettant en outre d'observer &lt;i&gt;in situ&lt;/i&gt; les traductions de la communication de P&#244;le Emploi et du gouvernement autour des politiques de recrutement &#8211; chatoyantes sur le papier, mais visiblement peu reluisantes sur le terrain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; la moiti&#233; du reportage, l'affaire se corse ! &lt;i&gt;&#171; Aucun conseiller de cette agence n'aurait contact&#233; ces ch&#244;meurs depuis des ann&#233;es, alors qu'ils devraient &#234;tre parmi les plus suivis [&#8230;]. Comment expliquer que ces ch&#244;meurs n'aient plus aucun contact avec P&#244;le Emploi ? &#187;&lt;/i&gt;. C'est en effet sur cette question que le reportage change de braquet, pour se focaliser sur le manque de professionnalisme des conseillers. Pour le dire clairement, l'angle est d&#233;sormais celui d'une traque des &#171; tire-au-flanc &#187;. Le reportage choisit ainsi de diffuser les rushs d'une s&#233;ance d'observation, que la journaliste effectue aupr&#232;s d'un &#171; &lt;i&gt;salari&#233; qui a la r&#233;putation d'arriver souvent en retard&lt;/i&gt; &#187;. Et la voix off d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Il arrive effectivement une demi-heure apr&#232;s tout le monde, &#224; 9h30. Il a rat&#233; un premier entretien.&lt;/i&gt; &#187; Journaliste ou contrema&#238;tre ? Apr&#232;s avoir point&#233; du doigt le d&#233;faillant qui &#171; &lt;i&gt;nettoie son bureau et regarde son emploi du temps&lt;/i&gt; &#187; au lieu de travailler ses dossiers, la voix off conclut : &#171; &lt;i&gt;Je l'ai vite compris ici, les pauses sont sacr&#233;es, surtout le vendredi [&#8230;]. La pause va durer une heure vingt, alors que la majorit&#233; des conseillers n'a badg&#233; que 45 minutes [&#8230;]. Des pauses &#224; rallonges, des matin&#233;es sans occupation, le temps de travail semble parfois inexploit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e n'est pas de nier ces &#171; r&#233;alit&#233;s &#187;, mais de questionner une articulation pour le moins &#171; d&#233;routante &#187;. Car en basculant ainsi sur le plan de &#171; l'anecdotique &#187;, le cadrage fait &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; reposer la responsabilit&#233; des dysfonctionnements de l'agence&#8230; sur ses agents. Ainsi, nous ne saurons rien (ou presque) des contraintes structurelles qui p&#232;sent sur eux. D'ailleurs, aucun &#233;change avec la direction de P&#244;le Emploi ne sera donn&#233; &#224; voir, le reportage focalisant toute son attention sur les conseillers eux-m&#234;mes. Si quelques minutes sont bel et bien d&#233;di&#233;es aux formations, ce cadrage initial ne semble pas appeler davantage de questions pour &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187;. Ou plut&#244;t si&#8230; mais ces derni&#232;res sont laiss&#233;es en friche.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Marginalisation de la parole scientifique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Quelques minutes avant la fin du reportage, une question traverse la journaliste : &lt;i&gt;&#171; Je suis surprise de ce que j'ai d&#233;couvert dans cette agence : des recrues mal form&#233;es, des agents d&#233;s&#339;uvr&#233;s, des ch&#244;meurs oubli&#233;s. Je me pose alors une question : est-ce un exemple isol&#233;, une agence mal organis&#233;e, ou le sympt&#244;me d'un service public d&#233;faillant ? &#187;&lt;/i&gt; Pour y r&#233;pondre, &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; pr&#233;tend donner la parole &#224; deux sociologues, sp&#233;cialistes de P&#244;le Emploi : Jean-Marie Pillon et Hadrien Clouet, invit&#233;s &#224; commenter une partie des images r&#233;colt&#233;es par la journaliste en immersion. Leur temps de parole ? 40 secondes, montre en main, relance de la journaliste comprise. Soit la possibilit&#233; de ne rien dire, en plus de ne pas r&#233;pondre &#224; la question pos&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une parole scientifique r&#233;duite &#224; la portion congrue, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; quand l'entretien des sociologues a dur&#233;, selon leur t&#233;moignage que nous avons pu recueillir, pas moins de 2h30 ! Un choix &#233;ditorial que critique Hadrien Clouet : &lt;i&gt;&#171; Une image en tant que telle ne dit jamais rien : elle fournit un support pour penser des choses, mais il faut l'analyser. L'int&#233;r&#234;t de nous joindre au dispositif vise justement &#224; &#233;largir le propos, en expliquant ce que ces images disent de choses invisibles, comme les politiques d'emploi, la r&#233;forme de l'assurance-ch&#244;mage, les attentes vis-&#224;-vis de P&#244;le emploi&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Jean-Marie Pillon compl&#232;te : &lt;i&gt;&#171; Sans doute que nos propositions d'explication ne corroboraient pas leur propre lecture de leurs mat&#233;riaux. L'angle d&#233;fendu par les journalistes peut s'affranchir de la parole scientifique, [&#8230;] &#224; condition de d&#233;fendre une explication &#233;tay&#233;e. Or, ce qui pose probl&#232;me, c'est que le traitement du sujet ne propose pas de contextualiser, d'expliquer et d'interpr&#233;ter les images qui ont &#233;t&#233; capt&#233;es. Le spectateur est invit&#233; &#224; la sid&#233;ration, &#224; l'&#233;tonnement sans chercher &#224; comprendre. C'est l&#224; o&#249; la parole scientifique aurait pu avoir sa place et c'est dommage qu'elle ne soit finalement remplac&#233;e par rien du tout. C'est un peu probl&#233;matique pour un reportage d'information &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus probl&#233;matique que leur intervention &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment pens&#233;e dans le but de pallier un traitement m&#233;diatique tristement ordinaire : &lt;i&gt;&#171; Une des raisons pour laquelle on s'astreint &#224; r&#233;pondre aux journalistes est la suivante : quand on n'est pas consult&#233;, on observe le cadrage classique selon lequel P&#244;le Emploi dysfonctionne parce qu'il y a dans ses rangs des mauvais travailleurs : des mauvais managers et des conseillers incomp&#233;tents ou feignants. C'est un cadrage r&#233;current depuis l'ANPE et les ann&#233;es 90 &#187;&lt;/i&gt;, poursuit Jean-Marie Pillon. Mais un cadrage auquel le reportage n'&#233;chappe pas, on l'a vu, et ce malgr&#233; l'intervention des deux sociologues&#8230; Ce que critique d'ailleurs Hadrien Clouet : &lt;i&gt;&#171; Ce cadrage rend le reportage contradictoire. Si les probl&#232;mes de P&#244;le Emploi reposent sur des d&#233;faillances individuelles, alors ces dysfonctionnements ne sont pas significatifs, mais si on part du principe que ces dysfonctionnements sont significatifs, alors l'explication par les comportements individuels ne suffit pas&#8230; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi que l'information finit mutil&#233;e. Car balayer l'approche structurelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Est-ce un exemple isol&#233;, une agence mal organis&#233;e, ou le sympt&#244;me d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au profit de l'anecdotique entra&#238;ne in&#233;vitablement un certain nombre d'angles morts. Et en particulier, des mises en perspective historiques pourtant cruciales pour comprendre les ph&#233;nom&#232;nes auxquels l'enqu&#234;te journalistique pr&#233;tend s'int&#233;resser. Ainsi, selon Jean-Marie Pillon, le reportage passe &#224; c&#244;t&#233; d'une analyse structurelle pour, au final, laisser ses questions en suspens (est-ce que cette agence est un cas &#224; part ?) et retomber dans l'anecdotique. Pour le sociologue, le reportage omet une question cruciale : celle &lt;i&gt;&#171; des moyens et des m&#233;thodes qui sont accord&#233;s &#224; P&#244;le emploi pour remplir ses missions &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Cam&#233;ra cach&#233;e &#187; : information ou sensationnalisme ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cette tension entre information et sensationnalisme se refl&#232;te &#233;galement dans l'usage du dispositif de la cam&#233;ra cach&#233;e &#8211; un proc&#233;d&#233; dont sont friands les journalistes t&#233;l&#233;&#8230; jusqu'&#224; ce qu'ils en soient eux-m&#234;mes victimes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'on se reporte au film &#171; Pas vu pas pris &#187; de Pierre Carles !&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; qui occupe 25 minutes sur les 33 que dure le reportage. &lt;i&gt;&#171; La cam&#233;ra cach&#233;e est le seul moyen de donner &#224; voir le quotidien d'un service public comme P&#244;le Emploi, qui est une institution tr&#232;s ferm&#233;e sur elle-m&#234;me. Les journalistes ont eu de super images, c'est dommage de s'enfermer dans l'anecdotique. Le proc&#233;d&#233; n'est pas probl&#233;matique en soi. Mais il y a une r&#232;gle en sciences sociales quand on fait de l'immersion, c'est de ne pas porter atteinte aux enqu&#234;t&#233;s. Avec ce reportage, on jette les conseillers &#224; la vindicte &#187;&lt;/i&gt;, observe Jean-Marie Pillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En permettant de documenter les indigences de la formation des nouveaux conseillers, la cam&#233;ra cach&#233;e prend tout son sens. Elle en perd autant quand, dans la deuxi&#232;me phase du reportage, elle devient cam&#233;ra de surveillance. Ainsi de pr&#232;s de quatre minutes au cours desquelles la journaliste braque avec insistance sa cam&#233;ra sur une conseill&#232;re placardis&#233;e. Un terme qui n'est d'ailleurs jamais employ&#233; dans le reportage, pr&#233;f&#233;rant donner longuement &#224; voir les occupations &#171; oisives &#187; et &#171; inutiles &#187; de cette conseill&#232;re. D&#232;s lors, l'int&#233;r&#234;t de telles images (et d'une telle s&#233;quence) interroge : quelle information apportent-elles au-del&#224; du sensationnalisme, pour ne pas dire d'un racolage r&#233;alis&#233; sur le dos d'une salari&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;***&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cherchant &#224; savoir comment se concr&#233;tisent sur le terrain les mesures gouvernementales annonc&#233;es pour faire face &#224; l'explosion du ch&#244;mage, le reportage de France 2 s'enlise rapidement. Et ne semble pas r&#233;sister &#224; l'app&#226;t du sensationnalisme, auquel nous ont habitu&#233; les m&#233;dias dominants sur ce sujet. Les quelques dysfonctionnements structurels abord&#233;s &#8211; cons&#233;quences des politiques men&#233;es par les gouvernements successifs vis-&#224;-vis de P&#244;le Emploi &#8211; sont mis sur le m&#234;me plan que les comportements individuels. Quand les premiers ne sont pas tout simplement &#233;vacu&#233;s au profit des seconds. Un cadrage allant de pair avec la marginalisation des enqu&#234;tes sociologiques produites sur P&#244;le Emploi, et qu' &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; pr&#233;tendait pourtant mobiliser. R&#233;sultat ? Une information au rabais et beaucoup de g&#226;chis, les (bonnes) questions initiales restant&#8230; sans r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Sophie Eustache&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une d&#233;claration qui faisait suite &#224; celle d'Emmanuel Macron dans &lt;i&gt;Ouest France&lt;/i&gt; (6 juillet 2020) : &#171; &lt;i&gt;Nous devons collectivement rompre avec ce qui est la maladie fran&#231;aise : la pr&#233;f&#233;rence pour le ch&#244;mage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Est-ce un exemple isol&#233;, une agence mal organis&#233;e, ou le sympt&#244;me d'un service public d&#233;faillant ? &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Les embauches sont-elles &#224; la hauteur des enjeux ? &#187;&lt;/i&gt; Des questions pourtant pos&#233;es dans le reportage&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qu'on se reporte au film &#171; Pas vu pas pris &#187; de Pierre Carles !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Des m&#233;dias soutiennent &#171; Compl&#233;ment d'enqu&#234;te &#187; et &#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Des-medias-soutiennent-Complement-d-enquete-et</link>
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		<dc:date>2017-11-28T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Compl&#233;ment d'enqu&#234;te&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Contre le renoncement de France T&#233;l&#233;vision &#224; assurer ses missions de service public d'information.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Sous-le-regne-d-Emmanuel-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques : Sous le r&#232;gne d'Emmanuel Macron&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Communiques-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Complement-d-enquete-+" rel="tag"&gt;&#034;Compl&#233;ment d'enqu&#234;te&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Envoye-special-1361-+" rel="tag"&gt;&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH130/arton5631-f5c57.jpg?1776739248' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='130' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un texte sign&#233; par Arr&#234;t sur images, Basta, &lt;i&gt;Causette&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Accent bourguignon&lt;/i&gt;, Marsactu, Mediapart, &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;, Reporterre, ou encore Street Press, r&#233;agissant contre le sombre projet de la direction de France T&#233;l&#233;visions d'asphyxier budg&#233;tairement et, partant, &#233;ditorialement, les &#233;missions de reportage et d'investigation de France 2. Pour consternante qu'elle soit, cette nouvelle attaque contre le secteur public audiovisuel, qui viendrait se surajouter aux &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Le-gouvernement-s-attaque-a-l-audiovisuel-public&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;formes draconiennes envisag&#233;es par le gouvernement&lt;/a&gt;, n'est que &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Poursuite-de-la-lente-asphyxie-de-France&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; la poursuite de la lente asphyxie de France T&#233;l&#233;visions &#187;&lt;/a&gt; que nous d&#233;crivions il y a quelques semaines, op&#233;r&#233;e par &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/France-Televisions-un-management-qui-pretend&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; un management qui pr&#233;tend faire mieux avec moins &#187;&lt;/a&gt;. En s'attaquant &#224; ces &#233;missions, la direction menace les journalistes et ob&#232;re toute chance que le secteur public audiovisuel devienne un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Pour-une-refondation-de-l-audiovisuel-public&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;v&#233;ritable service public&lt;/a&gt;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est avec stup&#233;faction que nous avons appris que la direction de France T&#233;l&#233;visions a l'intention de r&#233;duire drastiquement les budgets et le nombre des journalistes des deux &#233;missions d'investigation, &#171; Compl&#233;ment d'enqu&#234;te &#187; et &#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet, qui vise les tr&#232;s rares lieux sur les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision o&#249; un journalisme soucieux de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et ind&#233;pendant des pouvoirs peut pleinement assurer sa mission d'information, est un mauvais coup port&#233; &#224; la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, m&#233;dias ind&#233;pendants et journalistes libres, assurons les &#233;quipes de &#171; Compl&#233;ment d'enqu&#234;te &#187; et d'&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187; de notre soutien, et exigeons le retrait du projet de r&#233;duire leurs moyens de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage stigmatisant : la Villeneuve d&#233;bout&#233;e, &#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187; d&#233;masqu&#233; </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Reportage-stigmatisant-la-Villeneuve-deboutee-Envoye-special-demasque</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Reportage-stigmatisant-la-Villeneuve-deboutee-Envoye-special-demasque</guid>
		<dc:date>2014-07-28T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Bradford </dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Bidonnages&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Quartiers populaires</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce que le proc&#232;s contre France 2 a r&#233;v&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-medias-et-les-quartiers-populaires-" rel="directory"&gt;Les m&#233;dias et les quartiers populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bidonnages-+" rel="tag"&gt;&#034;Bidonnages&#034;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Envoye-special-1361-+" rel="tag"&gt;&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous mettons en ligne, avec l'autorisation du site Terrain de luttes, qui l'a publi&#233; le 21 juillet, un &lt;a href=&#034;http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3721&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article revenant sur le verdict du proc&#232;s opposant une association d'habitants du quartier de La Villeneuve &#224; Grenoble et France 2&lt;/a&gt;. &lt;br/ &gt;
&lt;br/ &gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; affaire &#187; que &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4239.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nous avions d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e sur notre site&lt;/a&gt;, qui fait suite &#224; &lt;i&gt;&#171; la diffusion, dans l'&#233;mission &#034;Envoy&#233; Sp&#233;cial&#034; du 26 septembre, d'un reportage intitul&#233; &#034;La Villeneuve le r&#234;ve bris&#233;&#034;, reprenant tous les st&#233;r&#233;otypes m&#233;diatiques, mis&#233;rabilistes et obnubil&#233;s par &#034;la violence &#034;, sur les quartiers populaires &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le tribunal de Grenoble a d&#233;bout&#233;, le 26 juin dernier, l'association d'habitants du quartier de La Villeneuve qui avait d&#233;pos&#233; plainte pour diffamation contre France 2 apr&#232;s la diffusion du reportage &#171; La Villeneuve : le r&#234;ve bris&#233; &#187; dans l'&#233;mission Envoy&#233; sp&#233;cial, en septembre 2013 (&lt;a href=&#034;http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3506&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire la pr&#233;sentation du reportage et de la mobilisation&lt;/a&gt;). Malgr&#233; la d&#233;ception, le proc&#232;s a toutefois rempli deux objectifs majeurs : m&#233;diatiser le point de vue de ces habitants mobilis&#233;s depuis 8 mois pour obtenir un droit de r&#233;ponse, et mettre &#224; jour le fonctionnement de l'univers journalistique qui a conduit &#224; la production de ce reportage &#171; stigmatisant &#187;, selon les propres termes du CSA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bout&#233;s. Comme ils le craignaient, les habitants de La Villeneuve (Grenoble) ont appris le 26 juin 2014 que l' &#171; Association des Habitants de la Crique Sud &#187; qui avait d&#233;pos&#233; la plainte en diffamation contre France 2 n'&#233;tait pas fond&#233;e &#224; le faire. Le jugement stipule en effet que les associations (ou syndicats) ne peuvent engager des poursuites lorsqu'elles ne sont pas vis&#233;es &#171; personnellement &#187;, m&#234;me si elles se sont donn&#233;es pour objectif dans leurs statuts de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des habitants. Le tribunal n'a donc pas eu &#224; se prononcer sur le fond du dossier, c'est-&#224;-dire sur le caract&#232;re effectivement diffamatoire (ou non) de certains extraits du reportage d'Amandine Chambelland, &#171; La Villeneuve, le r&#234;ve bris&#233; &#187;, diffus&#233; le 28 septembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Frustration judiciaire, revanche m&#233;diatique
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision de justice, les habitants s'y &#233;taient pr&#233;par&#233;s mais elle reste n&#233;anmoins difficile &#224; encaisser d'autant que son annonce a &#233;t&#233; vite exp&#233;di&#233;e : &lt;i&gt;&#171; &#231;a a dur&#233; 28 secondes &#187;&lt;/i&gt; se d&#233;sole Alain Manac'h, l'un des principaux animateurs de la mobilisation, venu &#233;couter le jugement. L'exp&#233;rience de l'ar&#232;ne judiciaire s'est av&#233;r&#233;e d&#233;cid&#233;ment rude pour la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce que, le 15 mai dernier, sur les quelques 200 habitants venus entendre leur avocat plaider leur cause, seulement une quarantaine ont pu entrer dans la petite salle d'audience o&#249; se d&#233;roulaient les d&#233;bats. &lt;i&gt;&#171; C'est quand m&#234;me du m&#233;pris, &#231;a devrait &#234;tre la transparence, la justice devrait se rendre devant nous car c'est la justice de la r&#233;publique ! &#187;&lt;/i&gt;, peste une habitante retrait&#233;e, rest&#233;e debout devant la porte. Ceux qui ont pu entrer dans la salle d'audience constatent, eux, que les deux pr&#233;sentatrices Ghislaine Chenu et Fran&#231;oise Joly &#224; qui ils r&#233;clament un droit de r&#233;ponse depuis huit mois, ne se sont toujours pas d&#233;plac&#233;es. La journaliste Amandine Chambelland est &#233;galement absente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les habitants, trois personnes &#8211; la pr&#233;sidente de l'association, l'ancien premier adjoint &#224; la mairie de Grenoble et une femme interview&#233;e dans le reportage &#8211; ont t&#233;moign&#233; &#224; la barre, d'une part, du d&#233;calage ressenti entre le projet de reportage pr&#233;sent&#233; pendant le tournage par la journaliste et le reportage effectivement diffus&#233; (&lt;i&gt;&#171; une trahison &#187;&lt;/i&gt;), et, d'autre part, du pr&#233;judice subi par le quartier. L'avocat de la cha&#238;ne s'est quant &#224; lui attach&#233; &#224; d&#233;montrer que la plainte n'&#233;tait recevable ni dans sa forme juridique, ni sur le fond, en pointant notamment le &lt;i&gt;&#171; s&#233;rieux de l'enqu&#234;te journalistique &#187;&lt;/i&gt;. Des arguments souvent difficiles &#224; entendre pour des habitants qui secouent la t&#234;te en signe de consternation. Alors que l'avocat de France 2 souligne qu'un policier est vis&#233; &#224; l'image &lt;i&gt;&#171; par un caillou &#187;&lt;/i&gt;, un habitant ne peut s'emp&#234;cher de rectifier en criant dans la salle que &lt;i&gt;&#171; c'&#233;tait une pomme de terre &#187;&lt;/i&gt;. Mais plut&#244;t que de conc&#233;der un manque de nuance dans le tableau apocalyptique dress&#233; sur le quartier, le d&#233;fenseur de la cha&#238;ne n'h&#233;site pas &#224; invoquer le droit &#224; l'information pour justifier une production d'Envoy&#233; sp&#233;cial que m&#234;me le Conseil Sup&#233;rieur de l'Audiovisuel (CSA) a critiqu&#233; pour son manque de respect des principes d&#233;ontologiques : &lt;i&gt;&#171; on vous demande de dire en 2014 comment on doit faire un reportage, mais il y a des r&#232;gles &#224; respecter sur la libert&#233; de la presse en France. Si on s'en &#233;carte, la soci&#233;t&#233; en p&#226;tira &#187;&lt;/i&gt;, ass&#232;ne-t-il. Il va m&#234;me jusqu'&#224; inverser le pr&#233;judice subi en mati&#232;re de stigmatisation, en regrettant qu'on ne puisse &lt;i&gt;&#171; aller dans un quartier pour filmer des actes de violences sans se faire stigmatiser devant un tribunal correctionnel ! &#187;&lt;/i&gt;. Il d&#233;nonce enfin que l'association utilise le &lt;i&gt;&#171; pr&#233;toire correctionnel &#187;&lt;/i&gt; pour assouvir &lt;i&gt;&#171; le d&#233;sir de s'exprimer sur un reportage &#187;&lt;/i&gt;. A ce titre, il conclut sa plaidoirie en demandant non seulement que l'association soit &lt;i&gt;&#171; d&#233;bout&#233;e de ses demandes &#187;&lt;/i&gt;, mais qu'elle soit &#233;galement condamn&#233;e &#224; payer la somme de 5000 euros pour proc&#233;dure abusive. Une demande que le tribunal ne satisfera heureusement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les habitants n'ont pas r&#233;ussi &#224; faire rectifier, par voie de justice, l'image qui a &#233;t&#233; diffus&#233;e sur la Villeneuve par France 2, ils ont gagn&#233; en revanche la 2&#232;me manche m&#233;diatique. La mobilisation qui a &#233;merg&#233; apr&#232;s la diffusion du reportage en septembre de 2013 et la longue marche vers le proc&#232;s ont permis de f&#233;d&#233;rer des centaines de riverains, et de faire lire et entendre dans la presse imprim&#233;e, web et audiovisuelle leur point de vue sur le reportage de France 2 et plus largement sur la vie &#224; La Villeneuve. De nombreux journalistes &#233;taient d'ailleurs pr&#233;sents &#224; l'audience du 15 mai, et lui ont accord&#233; un compte rendu : l'AFP, &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Vie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Dauphin&#233; Lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt;, T&#233;l&#233;grenoble,&#8230; M&#234;me France 3 Is&#232;re qui appartient, comme France 2, au groupe France T&#233;l&#233;visions s'est fait l'&#233;cho du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout, le proc&#232;s a &#233;galement apport&#233; des r&#233;ponses aux questions que se posaient les habitants mobilis&#233;s sur les logiques m&#233;diatiques qui conduisent &#224; la fabrication de discours journalistiques si r&#233;ducteurs sur leur quotidien. Il a notamment permis de porter &#224; la connaissance des juges et de la partie civile le contrat de production qui liait France 2 et la soci&#233;t&#233; de production Ligne de Mire qui a confectionn&#233; le reportage. Les termes de cette relation intriguaient depuis longtemps &#224; La Villeneuve. Le contrat &#233;voqu&#233; &#224; l'audience r&#233;v&#232;le ainsi combien le contenu du reportage &#233;tait pr&#233;-&#233;tabli avant le d&#233;but de l'enqu&#234;te de terrain et combien la soci&#233;t&#233; de production &#233;tait soumise aux exigences de la cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une &#171; vraie enqu&#234;te &#187;&#8230; aux conclusions pr&#233;-&#233;tablies
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233; fin d&#233;cembre 2012, ce contrat de production pr&#233;voit un titre de reportage qui fixe d&#233;j&#224; la conclusion de l'enqu&#234;te journalistique avant que celle-ci ne commence : &#171; La Villeneuve : de l'Utopie &#224; l'Enfer &#187;. Car &#171; l'enqu&#234;te &#187; dans le quartier n'a en effet d&#233;but&#233; qu'en 2013 comme l'explique Ghislaine Chenu sur la radio France Bleu Is&#232;re en octobre 2013 : &lt;i&gt;&#171; Amandine, elle y est all&#233;e 3 fois. Elle a fait un premier rep&#233;rage de 5 ou 6 jours, sans cam&#233;ra, d&#233;but 2013, pour parler aux gens et pour se pr&#233;senter, pr&#233;senter son projet. Elle y est retourn&#233;e deux fois au printemps, pour tourner, chaque fois 5 jours, donc vous voyez, c'est quand m&#234;me un reportage (pour lequel) on a pris du temps, c'est une vraie enqu&#234;te &#187;&lt;/i&gt;, se d&#233;fend alors la pr&#233;sentatrice de l'&#233;mission qui pr&#233;cise un peu plus tard dans cette interview radiophonique : &lt;i&gt;&#171; en janvier lorsque Amandine Chambelland commence son enqu&#234;te&#8230; &#187;&lt;/i&gt;. Cette chronologie atteste ainsi que la pr&#233;sentation journalistique du quartier de La Villeneuve s'est d&#233;cid&#233;e en amont de la venue de la reporter, dans les locaux de la cha&#238;ne, dans le 15e arrondissement &#224; Paris. Sur quoi les responsables de l'&#233;mission et la reporter s'appuient-elles donc pour forger cette commande de reportage, si ce n'est sur une enqu&#234;te de terrain pr&#233;alable ? L&#224; encore, la plaidoirie de l'avocat de la cha&#238;ne a apport&#233;, &#224; son insu, des pistes de r&#233;ponses. A l'audience, pour justifier la repr&#233;sentation criminog&#232;ne de La Villeneuve, il sugg&#232;re aux juges de se reporter au &lt;i&gt;&#171; dossier de presse du minist&#232;re (de l'int&#233;rieur) &#187;&lt;/i&gt; sur le classement du quartier de La Villeneuve parmi les &#171; nouvelles zones de s&#233;curit&#233; prioritaires &#187; cr&#233;&#233;es en novembre 2012 par le gouvernement. Cet argument rappelle ici, apr&#232;s de nombreuses &#233;tudes de sociologie des m&#233;dias, l'emprise des discours politiques et administratifs sur la perception qu'ont les journalistiques des milieux populaires. Plut&#244;t que de chercher &#224; questionner, par leurs propres investigations, ces cat&#233;gories d'&#233;tat, les grands m&#233;dias s'y r&#233;f&#233;rent et les diffusent. De la m&#234;me mani&#232;re, Laurent Bonelli avait montr&#233; comment la cat&#233;gorie &#171; violences urbaines &#187;, forg&#233;e par les services des Renseignements g&#233;n&#233;raux au tournant des ann&#233;es 90, s'&#233;tait av&#233;r&#233;e &#234;tre un&lt;i&gt; &#171; pr&#234;t-&#224;-penser &#187; &#171; particuli&#232;rement adapt&#233; au questionnement journalistique &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurent Bonelli, &#171; Renseignements g&#233;n&#233;raux et violences urbaines &#187;, Actes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les cinq productions journalistiques sur La Villeneuve avanc&#233;es par la d&#233;fense de France 2 pour attester du bien fond&#233; de &#171; l'angle du reportage &#187; d'Envoy&#233; sp&#233;cial sont plus encore r&#233;v&#233;latrices des logiques de fonctionnement journalistique. Sont ainsi invoqu&#233;s un reportage intitul&#233; &#171; Enqu&#234;te au c&#339;ur de l'ultraviolence &#187; diffus&#233; sur France 3 dans l'&#233;mission Pi&#232;ces &#224; conviction, en octobre 2010, et quatre articles de presse &#233;crite parus en 2012 et d&#233;but 2013 : &#171; La Villeneuve : les plaies d'un quartier &#187; (&lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 9 octobre 2012), &#171; Grenoble : de l'utopie &#224; l'horreur &#187; (&lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, 11 octobre 2012), &#171; Drame d'Echirolles : qui sont ces nouveaux barbares ? &#187; (&lt;i&gt;VSD&lt;/i&gt;, 11 octobre 2012), et &#171; Une utopie bien abim&#233;e &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 30 mars 2013). Si le reportage d'Amandine Chambelland semble confirmer le diagnostic pos&#233; par d'autres journalistes avant elle&#8230; c'est surtout que ces productions semblent avoir constitu&#233; de v&#233;ritables mod&#232;les &#224; son travail. La lecture et le visionnage de ces &#171; enqu&#234;tes &#187; sont en effet troublants tant les proc&#233;d&#233;s et les discours sont tr&#232;s souvent identiques. Ainsi, le reportage d'Amandine Chambelland commence par une sc&#232;ne de patrouille de la police dans le quartier&#8230; comme le reportage de France 3 et l'article de Valeurs actuelles. De m&#234;me, comme le font les journalistes dans ces deux reportages, elle se met en sc&#232;ne, bravant le danger (&lt;i&gt;&#171; de bienveillants contacts nous mettent en garde &#187;&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Malgr&#233; les mises en garde, trop dangereux, trop compliqu&#233;, je passerai du temps dans ce quartier &#187;&lt;/i&gt;, Amandine Chambelland / France 2).&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, mod&#232;le de reportage du service public ?
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus que tous les autres articles, celui de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, publi&#233; environ trois mois avant la signature du contrat de production liant France 2 &#224; Ligne de Mire, semble avoir fortement inspir&#233; la reporter d'Envoy&#233; sp&#233;cial. Alors que cet hebdomadaire pr&#233;cise que &lt;i&gt;&#171; pour circuler dans la cit&#233;, il faut recourir &#224; un protecteur, comme en zone de conflit, (&#8230;) le notre est un g&#233;ant noir &#187;&lt;/i&gt;, Amandine Chambelland choisit aussi de mettre en sc&#232;ne &lt;i&gt;&#171; son interm&#233;diaire &#187;&lt;/i&gt; sans qui &lt;i&gt;&#171; il est impossible de les filmer (les jeunes qui font r&#233;gner leur loi). Mon guide s'appelle Nabil &#187;&lt;/i&gt; pr&#233;vient-elle. Avant de filmer un homme cagoul&#233; qui s'appr&#234;te &#224; tirer en pleine nuit sur une pancarte devant les immeubles, elle pr&#233;cise que &lt;i&gt;&#171; r&#233;guli&#232;rement me dit-il, il tire pour s'entra&#238;ner ou s'amuser dans la cit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. L'article de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, s'achevait, lui, sur cette phrase : &lt;i&gt;&#171; les tireurs ont dit qu'ils voulaient s'amuser &#187;&lt;/i&gt;. Entre ces deux &#171; enqu&#234;tes &#187;, il en est des similitudes jusqu'&#224; leur titre : &#171; Grenoble : de l'utopie &#224; l'horreur &#187; pour l'article de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; publi&#233; en octobre 2012, &#171; La Villeneuve : de l'Utopie &#224; l'Enfer &#187; dans le contrat de production sign&#233; par France 2 en d&#233;cembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le reportage d'Envoy&#233; sp&#233;cial s'apparente &#224; une redite du reportage de France 3 de 2010 (jusque dans la reprise des m&#234;mes images d'archives sur les premi&#232;res ann&#233;es du quartier), et plus encore &#224; une mise en image de l'article du journal Valeurs actuelles. Qu'un reportage diffus&#233; &#224; une heure de grande &#233;coute dans une &#233;mission consid&#233;r&#233;e comme embl&#233;matique de l'information de service public puisse &#234;tre ainsi rapproch&#233; d'un magazine class&#233; &#224; &#171; droite &#187; et souvent assimil&#233; &#224; l'extr&#234;me droite, atteste du glissement continu des grandes cha&#238;nes, y compris publiques, vers une ligne &#233;ditoriale accordant toujours plus de place aux faits divers et &#224; la mise en sc&#232;ne des d&#233;viances. Certes, le reportage d'Amandine Chambelland ne formule pas explicitement de lien de causalit&#233; entre immigration et ins&#233;curit&#233; comme l'article de Valeurs actuelles, mais l'association est faite indirectement, quand la journaliste rappelle que les &lt;i&gt;&#171; 315 &#233;l&#232;ves &#187;&lt;/i&gt; du coll&#232;ge sont &lt;i&gt;&#171; de 24 nationalit&#233;s diff&#233;rentes &#187;&lt;/i&gt; avant de poursuivre &lt;i&gt;&#171; Absence de mixit&#233; sociale et violences &#187;&lt;/i&gt;. De m&#234;me, insiste-t-elle &#224; deux reprises sur la nationalit&#233; &lt;i&gt;&#171; angolaise &#187;&lt;/i&gt; de l'un des protagonistes du reportage particuli&#232;rement violents (&lt;i&gt;&#171; la rage aux ventre &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; incontr&#244;lable &#187;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire des trois autres articles cit&#233;s en r&#233;f&#233;rence par la d&#233;fense de France 2 ? L'article de &lt;i&gt;VSD&lt;/i&gt;, magazine sp&#233;cialis&#233; dans l'actualit&#233; &#171; people &#187; et les reportages &#171; chocs &#187;, d&#233;peint aussi un quartier habit&#233; par de &lt;i&gt;&#171; nouveaux barbares &#187;&lt;/i&gt; et une &lt;i&gt;&#171; jeunesse capable de basculer dans l'ultra-violence &#187;&lt;/i&gt;. Notons toutefois qu'Envoy&#233; sp&#233;cial s'av&#232;re parfois capable de se d&#233;marquer des conclusions des enqu&#234;tes journalistiques invoqu&#233;es. C'est surtout le cas avec celle publi&#233;e dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;. De m&#234;me qu'aucun des habitants mobilis&#233;s &#224; La Villeneuve ne contestent la r&#233;alit&#233; des violences (certains participent m&#234;me aux r&#233;unions sur la pr&#233;vention dans le quartier), l'article de L'Humanit&#233; retrace, comme ses confr&#232;res, les derniers drames qui ont secou&#233; La Villeneuve et d&#233;crit l'ampleur du &lt;i&gt;&#171; trafic de stup&#233;fiants et des braquages &#187;&lt;/i&gt;. Il y est m&#234;me question d'un quartier &lt;i&gt;&#171; qui change de visage &#187;&lt;/i&gt; la nuit. Toutefois, l'article insiste &#233;galement longuement sur les causes sociales de la situation locale (ch&#244;mage, pr&#233;carit&#233;) et notamment sur les licenciements et les mobilisations successives des enseignants et des &#233;ducateurs contre la suppression de postes dans les services publics du quartier. Un &#233;tat des lieux des besoins d'encadrement des &#171; jeunes &#187; compl&#232;tement absent d'Envoy&#233; sp&#233;cial. Quand Amandine Chambelland se rend, elle, au coll&#232;ge de La Villeneuve, c'est pour filmer un &lt;i&gt;&#171; groupe de parole &#187;&lt;/i&gt; r&#233;unissant des psychologues et des &#233;l&#232;ves &lt;i&gt;&#171; qui ont des probl&#232;mes avec la violence &#187;&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;&#171; comprendre &#187;&lt;/i&gt; ainsi que &lt;i&gt;&#171; tr&#232;s t&#244;t les jeunes ne connaissent que la loi du quartier &#187;&lt;/i&gt;. De m&#234;me, quand &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; tire un bilan pourtant inquiet du projet d'urbanisme &#224; l'origine de La Villeneuve et parle d'un &lt;i&gt;&#171; quartier fatigu&#233; &#187;&lt;/i&gt; et d'une &lt;i&gt;&#171; utopie abim&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, La Villeneuve n'est plus, dans Envoy&#233; sp&#233;cial, qu'un &lt;i&gt;&#171; r&#234;ve bris&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Une surench&#232;re par rapport &#224; l'analyse d'un quotidien incarnant pourtant &#171; l'excellence journalistique &#187; dans la profession, qui r&#233;v&#232;le encore les options prises par France 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats du proc&#232;s ont ainsi confirm&#233; les effets du processus de &#171; circulation circulaire de l'information &#187; mis au jour par Pierre Bourdieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, Sur la t&#233;l&#233;vision, Raisons d'agir, 1996, p. 22-29.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, autrement dit le fait que les journalistes se lisent et se regardent (et au final se copient) les uns les autres, engendrant une &#171; homog&#233;n&#233;it&#233; des produits (m&#233;diatiques) propos&#233;s &#187;. Dans le cas d'Envoy&#233; sp&#233;cial, c'est le diagnostic pos&#233; sur La Villeneuve par les autorit&#233;s (minist&#232;re de l'Int&#233;rieur) et les autres journaux qui conditionnent plus que tout la d&#233;finition initiale du contenu du reportage, avant m&#234;me le d&#233;but de &#171; l'enqu&#234;te &#187; de la journaliste sur le terrain. Bien qu'ils disposent d'un temps de production plus cons&#233;quent, les professionnels des &#233;missions de &#171; grand reportage &#187; tendent ainsi &#224; pr&#233;-d&#233;finir en amont &lt;i&gt;&#171; une banlieue hors-sol &#187;&lt;/i&gt;, comme le font leurs coll&#232;gues du journal t&#233;l&#233;vis&#233; de France 2 &#233;tudi&#233;s par J&#233;r&#244;me Berthaut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Berthaut, La Banlieue du &#171; 20 heures &#187;. Ethnographie de la production (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cet exemple d&#233;montre aussi que les productions journalistiques pr&#233;-existantes ont une influence in&#233;gale sur les journalistes travaillant pour l'&#233;mission, puisque la &#171; vraie enqu&#234;te &#187; d'Envoy&#233; sp&#233;cial para&#238;t surtout align&#233;e sur les reportages produits dans les m&#233;dias situ&#233;s au pole commercial (&lt;i&gt;VSD&lt;/i&gt;) et &#233;tiquet&#233; &#8211; tr&#232;s &#8211; &#224; droite du paysage m&#233;diatique (&lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le proc&#232;s indirect des logiques &#233;conomiques
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un dernier enseignement majeur peut &#234;tre tir&#233; du proc&#232;s. En r&#233;clamant la condamnation de la soci&#233;t&#233; de production Ligne de Mire, en cas de condamnation de France 2, conform&#233;ment au contrat de production sign&#233; entre les deux parties, l'avocat de la cha&#238;ne donne aussi &#224; voir la double soumission &#233;conomique et juridique dans laquelle les sous-traitants de l'audiovisuel sont plac&#233;s vis &#224; vis des cha&#238;nes. Dans ce type de contrat de production, les soci&#233;t&#233;s de productions s'engagent en effet &#224; respecter le projet de reportage valid&#233; en amont avec la cha&#238;ne, &#224; faire visionner par cette derni&#232;re le montage final, et &#224; int&#233;grer toutes les demandes de modifications du diffuseur avant diffusion. Pourtant, on le voit, la cha&#238;ne se r&#233;serve encore le droit de se d&#233;solidariser de ce prestataire &#224; qui elle a pu imposer, &#224; chaque &#233;tape, ses attentes sur le fond du reportage. Si la relation entre diffuseurs et soci&#233;t&#233;s de production (qui emploient les journalistes) peut &#234;tre aussi d&#233;s&#233;quilibr&#233;e, c'est que la concurrence est vive entre les seconds pour d&#233;crocher les commandes des cha&#238;nes qui permettent &#224; ces entreprises de vivre. Le proc&#232;s r&#233;v&#232;le ainsi de mani&#232;re criante les logiques &#233;conomiques qui p&#232;sent sur la production de ces &#171; vraies enqu&#234;tes &#187;, puisqu'au moment de l'audience au tribunal, la soci&#233;t&#233; Ligne de Mire venait d'&#234;tre plac&#233;e&#8230; en liquidation judiciaire. Dans les luttes pour les parts d'audimat que se livrent les grandes cha&#238;nes, et celles que se livrent les soci&#233;t&#233;s de production pour commercialiser leurs reportages et assurer leur survie &#233;conomique, la m&#233;diatisation de d&#233;viances, notamment dans les quartiers populaires, semble donc constituer plus que jamais l'une des solutions privil&#233;gi&#233;es par les professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sur le service public, on n'ose plus esp&#233;rer que le temps et les moyens accord&#233;s &#224; ces productions standardis&#233;es soient consacr&#233;s &#224; des enqu&#234;tes qui analyseraient plut&#244;t la transformation locale du march&#233; de l'emploi et les conditions d'existence des habitants dans toutes leurs dimensions. Pour cela, il faudrait d'abord rompre avec les logiques de productivit&#233; et de sous-traitance qui pr&#233;valent dans les programmes de France T&#233;l&#233;visions. Pour l'heure, le collectif des habitants de La Villeneuve entend tirer ses propres enseignements de cette m&#233;saventure m&#233;diatique et judiciaire en organisant des d&#233;bats en octobre prochain, un an apr&#232;s la diffusion du reportage. D&#233;bout&#233;e de sa plainte collective en diffamation par la justice face &#224; une cha&#238;ne du service public qui s'appr&#234;tait &#224; se retourner contre une soci&#233;t&#233; de production&#8230; d&#233;sormais repr&#233;sent&#233;e par un liquidateur judiciaire (!), la mobilisation devrait relancer une r&#233;flexion sur les moyens efficaces de contester les discours des m&#233;dias dominants, en croisant les retours d'exp&#233;riences d'autres quartiers populaires ayant eu &#224; subir le m&#234;me traumatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albert Bradford&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin : &lt;i&gt;J&#233;r&#244;me Berthaut, La Banlieue du &#171; 20 heures &#187;. Ethnographie de la production d'un lieu commun journalistique&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site &lt;a href=&#034;http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Terrains de luttes &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurent Bonelli, &#171; Renseignements g&#233;n&#233;raux et violences urbaines &#187;, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt; 1/2001 (n&#176; 136-137), p. 95-103.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 1996, p. 22-29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Berthaut, &lt;i&gt;La Banlieue du &#171; 20 heures &#187;. Ethnographie de la production d'un lieu commun journalistique&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2013, p. 106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobilisation et plainte des habitants d'un quartier populaire grenoblois contre le pr&#233;sident de France T&#233;l&#233;visions</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Mobilisation-et-plainte-des-habitants-d-un-quartier-populaire-grenoblois-contre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Mobilisation-et-plainte-des-habitants-d-un-quartier-populaire-grenoblois-contre</guid>
		<dc:date>2014-01-09T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Les pratiques du journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Violence &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Quartiers populaires</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ils ripostent &#224; un reportage stigmatisant diffus&#233; par &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187;, intitul&#233; &#171; La Villeneuve, le r&#234;ve bris&#233; &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-medias-et-les-quartiers-populaires-" rel="directory"&gt;Les m&#233;dias et les quartiers populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Les-pratiques-du-journalisme-+" rel="tag"&gt;Les pratiques du journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Violence-+" rel="tag"&gt;&#171; Violence &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quartiers-populaires-+" rel="tag"&gt;Quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Envoye-special-1361-+" rel="tag"&gt;&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la suite de la diffusion, dans l'&#233;mission &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; du 26 septembre, d'un reportage intitul&#233; &#171; La Villeneuve le r&#234;ve bris&#233; &#187;, reprenant tous les st&#233;r&#233;otypes m&#233;diatiques, mis&#233;rabilistes et obnubil&#233;s par &#171; la violence &#187;, sur les quartiers populaires, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4155.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nous avions relay&#233;&lt;/a&gt; la p&#233;tition et les r&#233;actions indign&#233;es d'habitants du quartier en question, La Villeneuve, &#224; Grenoble. Apr&#232;s que leur demande de droit de r&#233;ponse (adress&#233;e au pr&#233;sident et au m&#233;diateur de France 2, ainsi qu'&#224; la r&#233;dactrice en chef d'Envoy&#233; Sp&#233;cial) est rest&#233;e lettre morte, le collectif d'habitants et l'Association des habitants de la Crique sud &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/ici.villeneuve&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sont rest&#233;s mobilis&#233;s&lt;/a&gt; et ont d&#233;cid&#233; de porter plainte pour diffamation publique contre le pr&#233;sident de France T&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Afin de faire conna&#238;tre leur action et de d&#233;noncer l'atteinte port&#233;e &#224; l'image et &#224; la r&#233;putation de leur quartier, les initiateurs de la mobilisation ont r&#233;alis&#233; le dossier disponible ci-dessous en format pdf et dont sont extraits les passages qui suivent. Il comprend &#171; la citation &#224; pr&#233;venu &#187; et un ensemble de t&#233;moignages et d'analyses d&#233;montrant que le film diffus&#233; par France 2, non seulement ne refl&#232;te pas la r&#233;alit&#233;, mais la met en sc&#232;ne, la tronque et la d&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6573 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/dossier-de-presse.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 555.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Voil&#224; en premier lieu comment la citation &#224; compara&#238;tre devant la 2e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Grenoble adress&#233;e &#224; R&#233;my Pflimlin, pr&#233;sente les griefs et le pr&#233;judice des habitants de La Villeneuve au nom desquels agit l'Association des habitants de la Crique sud. Extraits&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La partie civile, naturellement, &#224; travers cette action ne poursuit pas un but lucratif. Elle entend simplement d&#233;montrer que le reportage d&#233;valorise de mani&#232;re durable l'image, la r&#233;putation et la consid&#233;ration du quartier La Villeneuve, et plus particuli&#232;rement la partie L'Arlequin, o&#249; la majeure partie des images a &#233;t&#233; tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la diffusion de ce reportage, il est port&#233; atteinte &#224; l'honneur et &#224; la consid&#233;ration des habitants de La Villeneuve dont l'association entend d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet social de cette association est de valoriser le quartier dont la r&#233;putation a dans le pass&#233;, &#233;t&#233; d&#233;grad&#233;e. Les propose rapport&#233;s en eux-m&#234;mes ainsi qu'au regard du contexte dans lesquels ils sont tenus, contreviennent &#224; cet objectif et remettent en cause ce travail de valorisation qu'elle entreprend &#224; travers les activit&#233;s sportives, culturelles ainsi que les partenariats qu'elle su mettre en place avec d'autres acteurs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 26 minutes, France 2 d&#233;montre que l'action de cette association est vaine, vou&#233;e &#224; l'&#233;chec face &#224; ces maux qu'elle &#233;gr&#232;ne sans recul, sans volont&#233; de comprendre et analyser. Amandine Chambelland est rest&#233;e quatre semaines &#224; La Villeneuve : elle n'a pas men&#233; une enqu&#234;te approfondie, s&#233;rieuse et objective, se contentant de rechercher tout ce qui pouvait conforter la vision qu'elle avait de ce quartier avant m&#234;me d'y aller, cette vision qui est dominante dans plusieurs m&#233;dias, et alimente un sentiment d'ins&#233;curit&#233;, de peur et partant, nombre de fantasmes sur ce qu'on appelle &#171; la banlieue &#187;, o&#249; r&#232;gnent les hordes, les seules lois du trafic et de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce reportage, la cha&#238;ne de service public France 2, contribue volontairement &#224; cette d&#233;valorisation, confortant dans l'esprit du t&#233;l&#233;spectateur des pr&#233;con&#231;us, des pr&#233;jug&#233;s qui sont bien &#233;loign&#233;s de la r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Concern&#233;es au premier chef, deux des personnes apparaissant dans le reportage disent leur amertume d'avoir accept&#233; de participer &#224; ce qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre une construction journalistique instrumentalisant leur t&#233;moignage. Extraits &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#171; Nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s surprises en regardant le reportage du 26 septembre 2013 d'Envoy&#233; Sp&#233;cial que vous avez r&#233;alis&#233; sur La Villeneuve, car nous n'avons pas retrouv&#233; nos propos et m&#234;me certains montages ont transform&#233; nos discours. [...] Nous avons pass&#233; un grand moment avec vous et rien de notre entretien qui montrait aussi du positif &#224; La Villeneuve n'est apparu. Pourtant c'&#233;tait dans ce sens &#034;&#233;tant nouvelle &#224; La Villeneuve&#034; qu'on m'avait contact&#233;e. Je me sens trahie. [...] Ce reportage a eu aussi des effets n&#233;gatifs sur nos relations actuelles dans le quartier. [...] Nous avons la certitude d'avoir &#233;t&#233; manipul&#233;es. Tous les intervenants dans le reportage ont eu le m&#234;me sentiment. [...] Ma famille de l'Aveyron depuis qu'elle a vu le reportage ne veut pas mettre les pieds dans le quartier. Vous avez cach&#233; vos vraies intentions m&#234;me dans les questions. L'effet miroir dont vous parlez ne correspond vraiment pas &#224; la v&#233;rit&#233;. Vous m'avez fait passer pour une menteuse car certains qui me connaissent depuis longtemps (sur un autre quartier) m'ont reproch&#233; de m'&#234;tre fait passer pour une femme seule alors que ce n'est pas ce que je vous ai dit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#171; Mais quel na&#239;f ai-je donc &#233;t&#233; de vous faire confiance lorsque vous m'avez sollicit&#233; pour participer &#224; votre reportage objectif sur La Villeneuve qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre, jeudi 26, une &#034;entreprise de d&#233;molition&#034;. Lors de notre premier entretien je vous ai dit toute ma r&#233;ticence &#224; me livrer en p&#226;ture &#224; une certaine gente journalistique, eu &#233;gard aux d&#233;convenues pr&#233;c&#233;dentes dans ma vie professionnelle et associative. Mais je ne fais pas dans l'amalgame : tous vos confr&#232;res et cons&#339;urs ne sont pas du m&#234;me acabit et ob&#233;issent &#224; une d&#233;ontologie digne de ce nom : le moins de partialit&#233; possible dans l'expos&#233; des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Na&#239;vement, j'ai cru pouvoir faire confiance &#224; une journaliste d&#233;p&#234;ch&#233;e par une cha&#238;ne publique dont la pr&#233;tention est de faire des investigations approfondies sur les questions de soci&#233;t&#233;. Je vous ai dit pourquoi je vis &#224; La Villeneuve, mes engagements actuels. Sans nier les probl&#232;mes de soci&#233;t&#233; qui ne sont pas propres &#224; notre beau quartier, je vous ai demand&#233; de pr&#234;ter attention aux magnifiques aspects de La Villeneuve. Vous sembliez partager ma vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque vous m'avez demand&#233; de recevoir chez moi des militants du quartier que VOUS inviteriez pour une interview collective, j'ai d'abord exprim&#233; ma r&#233;serve en vous disant que la ville met &#224; notre disposition des &#034;locaux collectifs r&#233;sidentiels&#034; faits pour cela. Vous avez insist&#233; et j'ai malheureusement c&#233;d&#233;. La s&#233;quence tourn&#233;e dans mon appartement est d'un ridicule absolu : les cinq habitants r&#233;unis par vous, vous les pr&#233;sentez comme un club de vieux copains autour d'un &#034;ap&#233;ro&#034;. Dans la mise en forme de cette minute, vous n'avez cure de reprendre nos propos. Pire encore ! Comme nous ne vous avions pas livr&#233; le lot de noirceurs que vous attendiez de cette rencontre, vous avez ins&#233;r&#233; dans cette s&#233;quence le r&#233;cit de l'agression dont a &#233;t&#233; victime l'un d'entre nous, que vous &#234;tes all&#233;e recueillir chez lui. [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Si ce reportage est un exemple symptomatique du naufrage que conna&#238;t le journalisme d'enqu&#234;te sociale, la r&#233;action de certains confr&#232;res ou futurs confr&#232;res de la journaliste d'Envoy&#233; Sp&#233;cial permet de ne pas totalement d&#233;sesp&#233;rer&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Avec d'abord ce t&#233;moignage d'un journaliste de France 3 Grenoble &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne suis pas le seul journaliste de la r&#233;daction de France 3 Alpes &#224; &#234;tre choqu&#233; par votre reportage sur La Villeneuve de Grenoble. Votre &#233;mission, pourtant fleuron de l'information sur le service public, a jet&#233; en p&#226;ture aux t&#233;l&#233;spectateurs un quartier o&#249; seul transpara&#238;t le n&#233;gatif, la violence, la peur, la haine, la mis&#232;re. Pr&#233;textant un tragique fait divers, le lynchage il y a un an de Kevin et Sofiane, par des jeunes du quartier, dont il ne sera jamais vraiment question dans le reportage, votre journaliste a multipli&#233; les clich&#233;s, montr&#233; des jeunes assoiff&#233;s de haine, une police pr&#234;te &#224; en d&#233;coudre, instrumentalis&#233; les rares habitants qui ont accept&#233; de se confier. De la femme de m&#233;nage qui veut prot&#233;ger ses enfants au m&#233;decin qui console une vieille dame abandonn&#233;e par ses enfants, jusqu'au groupe d'anciens, eux-m&#234;mes victimes d'agressions... Quant au jeune angolais totalement d&#233;socialis&#233;, il n'est m&#234;me pas habitant du quartier&#8230; Par ailleurs ceux qui font leur show devant la cam&#233;ra et pr&#233;tendent qu'ils n'ont jamais mis les pieds en montagne ni chauss&#233; les skis&#8230; connaissent bien les associations locales, les MJC qui organisent chaque ann&#233;e avec la municipalit&#233; des sorties montagne et escalade, nous en avons film&#233; plusieurs ces derni&#232;res ann&#233;es&#8230; accompagnant m&#234;me ces jeunes jusqu'au mont Blanc ou au d&#244;me des &#201;crins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'allusion au pass&#233; et &#224; l'utopie fondatrice de ce quartier n&#233; il y a quarante ans, &#233;lude compl&#232;tement les raisons politiques et sociales qui ont progressivement fait dispara&#238;tre la mixit&#233; sociale qui caract&#233;risait La Villeneuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste local, je suis amen&#233; avec mes coll&#232;gues &#224; faire r&#233;guli&#232;rement des reportages dans ce quartier fragile mais o&#249; le lien social existe encore : la semaine derni&#232;re, nous avons tourn&#233; un sujet sur l'implication d'habitants dans une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre qui a m&#234;me &#233;t&#233; jou&#233;e &#224; la Cartoucherie de Vincennes cet &#233;t&#233; &#224; l'invitation d'Ariane Mnouchkine. Votre journaliste &#233;tait au courant de cette aventure humaine et aurait pu sans probl&#232;me rencontrer ces jeunes&#8230; pas assez vendeur pour Envoy&#233; Sp&#233;cial peut-&#234;tre ! Sachez aussi que de tels reportages (voir le Pi&#232;ces &#224; conviction de France 3 sur le m&#234;me quartier &#224; l'automne 2010) nous expose, nous journalistes locaux, &#224; de r&#233;els risques et compromet le lien que nous tentons de maintenir avec la majorit&#233; des habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes comme vous journalistes de France T&#233;l&#233;visions, un groupe de cha&#238;nes de service public&#8230; avec le souci d'enqu&#234;ter, d'informer et de relater des faits et non pas de transformer ou de noircir volontairement une situation dans le seul but de faire de l'info spectacle ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Mais aussi, &lt;a href=&#034;http://www.lavantpost.info/villeneuve-loeil-noir-denvoye-special/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le dossier r&#233;alis&#233; par des &#233;tudiants en journalisme de l'Institut d'&#233;tudes politiques de Grenoble, intitul&#233; &#171; La Villeneuve sous l'&#339;il noir d'Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187;&lt;/a&gt;, qui comprend deux articles d'analyse dont quelques extraits suivent, une contre-enqu&#234;te sur les conditions de r&#233;alisation du sujet d'Envoy&#233; Sp&#233;cial, et un reportage sur&#8230; la mobilisation des habitants de La Villeneuve &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.lavantpost.info/villeneuve-reve-brise-scenes-guerre/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#8220;Villeneuve, le r&#234;ve bris&#233; : sc&#232;nes de guerre&#8221; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, de Myriam Lahouari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pourquoi ce reportage a-t-il autant choqu&#233; ? Que montre-t-il ? Comment a-t-il &#233;t&#233; construit ? Les principaux &#233;l&#233;ments du reportage d&#233;crypt&#233;s avec l'expertise de Marcel Trillat, documentariste de renom, ancien grand reporter, correspondant &#224; l'&#233;tranger et chef du service soci&#233;t&#233; &#224; France 2.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indigestion de commentaires, interviews courtes, plans rapides et &#171; trembl&#233;s &#187; : &#171; il y a une coh&#233;rence entre la mani&#232;re de tourner et le discours de fond, on est soi-disant dans la vraie vie mais c'est compl&#232;tement fabriqu&#233; [...] La journaliste insiste davantage sur tout ce qu'il y a de n&#233;gatif et d'insupportable &#187;, d&#233;plore Marcel Trillat, auteur, entre autres, de &#171; Les enfants de la dalle &#187;, un documentaire sur les banlieues diffus&#233; en 1998 dans Envoy&#233; Sp&#233;cial justement. Images sensationnelles et course &#224; l'audimat. Raccourcis et clich&#233;s. Le quartier n'est pas &#233;pargn&#233;. La plupart des jeunes sont r&#233;duits &#224; l'image de &#171; racailles &#187;. &#192; en croire ce reportage, la cit&#233; ne peut &#233;chapper &#224; la violence. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise en sc&#232;ne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des bandes de jeunes difficiles &#224; approcher ? Heureusement que Nabil, &#171; une des figures de la cit&#233; &#187; (partie 1 : 08:52), joue le r&#244;le de &#171; fixeur &#187;, c'est-&#224;-dire d'interpr&#232;te et d'&#233;claireur du reporter. Cam&#233;ra embarqu&#233;e sur son scooter, le jeune homme nous entra&#238;ne dans les m&#233;andres de b&#233;ton du quartier de La Villeneuve. Les fixeurs ? Marcel Trillat s'y oppose : &#171; autant dans une guerre, &#224; l'autre bout du monde, on a besoin d'un fixeur mais en France, non. &#187; [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deux semaines de rep&#233;rage et deux semaines de tournage ne sont pas suffisantes sur un tel sujet selon Marcel Trillat : &#171; Malheureusement, les journalistes sont aujourd'hui oblig&#233;s de travailler plus rapidement &#187;, regrette-t-il. Envoy&#233; Sp&#233;cial a command&#233; son reportage &#224; une soci&#233;t&#233; de production priv&#233;e, Ligne de Mire, qui a souvent collabor&#233; &#224; l'&#233;mission Enqu&#234;te exclusive de M6 : &#171; les reportages que nous voyons &#224; la t&#233;l&#233; finissent par tous se ressembler. Du temps o&#249; je travaillais &#224; Envoy&#233; Sp&#233;cial, il y avait une patte, cela ne ressemblait pas &#224; ce que faisaient les autres, observe le documentariste. Cela me fait de la peine, c'est une &#233;mission &#224; laquelle je suis attach&#233; et qui vient par exemple de diffuser ce jeudi 14 novembre un excellent reportage sur la Russie (&#171; Au c&#339;ur du goulag moderne &#187;, ndlr) avec une vraie enqu&#234;te. &#187; [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.lavantpost.info/medias-banlieues-les-stereotypes-vie-dure/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; M&#233;dias et banlieues : les st&#233;r&#233;otypes ont la vie dure &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, de Bonnehorgne Xavier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une fois de plus, l'histoire se r&#233;p&#232;te. D&#233;linquance, trafics de stup&#233;fiants, affrontements avec la police : &#171; Le r&#234;ve bris&#233; &#187;, comme beaucoup d'autres reportages, accumule les st&#233;r&#233;otypes m&#233;diatiques sur la banlieue. Explications avec Erwan Ruty, directeur de Ressources Urbaines qui se pr&#233;sente comme l'agence des quartiers et J&#233;r&#244;me Berthaut, sociologue des m&#233;dias et auteur de &lt;/i&gt;La Banlieue du 20 heures. Ethnographie de la production d'un lieu commun journalistique (&#201;ditions Agone, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour J&#233;r&#244;me Berthaut, ce reportage &#171; perp&#233;tue les standards journalistiques &#187;. &#171; Les quartiers populaires sont toujours pr&#233;sent&#233;s comme des &#238;lots coup&#233;s du monde, qui g&#233;n&#232;rent leurs propres probl&#232;mes. Si les r&#233;alisateurs avaient voulu sortir des clich&#233;s, peut-&#234;tre auraient-ils pu chercher &#224; replacer l'&#233;volution du quartier dans les transformations &#233;conomiques et sociales qu'ont connu l'agglom&#233;ration grenobloise et la r&#233;gion &#187;, analyse-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ce n'est ni le premier, ni le dernier &#187;, l&#226;che Erwan Ruty au sujet du reportage d'Envoy&#233; Sp&#233;cial. Depuis pr&#232;s de vingt ans, ce journaliste qui a travaill&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 90 pour le premier magazine consacr&#233; aux banlieues, Pote &#224; Pote, organe de SOS Racisme, avant de fonder l'agence de presse Ressources Urbaines, consacre tout son temps &#224; donner une meilleure image des quartiers. Lorsqu'il voit ce type de reportage, Erwan Ruty s'exasp&#232;re tout en rappelant, un peu lass&#233; : &#171; D&#233;j&#224; en 1998, un reportage de Paris Match sur les quartiers &#224; Grigny, intitul&#233; &#034;J'ai v&#233;cu dans la cit&#233; qui fait peur&#034;, avait provoqu&#233; un grand d&#233;bat. Le vrai probl&#232;me c'est que, de plus en plus, ce genre de reportage sur les quartiers &#224; caract&#232;re sensationnel se reproduit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la s&#233;rie a en effet continu&#233;. En 2008, le reportage &#171; Un &#233;t&#233; dans la cit&#233; &#187;, diffus&#233; par la cha&#238;ne M6 dans l'&#233;mission &#171; 66 minutes &#187; et consacr&#233; aux quartiers de Sarcelles (95), cr&#233;e la pol&#233;mique par l'image qu'il donne de la cit&#233;. Deux ans plus tard, le documentaire &#171; La cit&#233; du m&#226;le &#187; diffus&#233; par Arte provoque un toll&#233;. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Berthaut tient d'ailleurs &#224; &#171; nuancer la responsabilit&#233; individuelle de la journaliste &#187; qui a r&#233;alis&#233; ce reportage : &#171; Il est probable que la r&#233;daction de France 2 ou la soci&#233;t&#233; de production Ligne de mire aient pu imposer &#224; la journaliste un angle tr&#232;s pr&#233;cis comme cela se fait souvent pour les reportages du journal t&#233;l&#233;vis&#233;. Dans ces cas-l&#224;, s'en tenir aux st&#233;r&#233;otypes, pour la journaliste, permet de collecter rapidement des images et des propos qui vont satisfaire la commande des chefs. &#187; [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias influencent l'esprit des t&#233;l&#233;spectateurs sur la banlieue mais celui des journalistes aussi. Guilaine Chenu, aujourd'hui pr&#233;sentatrice de l'&#233;mission Envoy&#233; Sp&#233;cial avec Fran&#231;ois Joly a fait ses armes dans le magazine &#171; Le Droit de savoir &#187;, &#233;mission phare d'investigation de TF1, notamment durant la d&#233;cennie 1990. &#171; &#192; ses d&#233;buts, elle a collabor&#233; &#224; la production de cette &#233;mission. Elle a re&#231;u une formation particuli&#232;re et a baign&#233; dans un univers m&#233;diatique commercial tourn&#233; vers la m&#233;diatisation des d&#233;viances. Tout comme certains de ses coll&#232;gues tels que Beno&#238;t Duquesne, aujourd'hui pr&#233;sentateur de l'&#233;mission &#034;Compl&#233;ment d'Enqu&#234;te&#034; et David Pujadas, pr&#233;sentateur du 20h sur France 2 &#187;, prend soin de d&#233;montrer le sociologue, J&#233;r&#244;me Berthaut. &#171; Aujourd'hui, tous les trois se retrouvent &#224; la t&#234;te des principales &#233;missions d'information et de reportage de France 2 et cela a des effets sur la fa&#231;on dont ils traitent des quartiers populaires dans leurs &#233;missions respectives &#187;, ajoute-t-il. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.lavantpost.info/contre-enquete-reportage-biaise/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Contre-enqu&#234;te sur un reportage biais&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, de Xavier Bonnehorgne et Romain Lantheaume (avec Sidonie Hadoux)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos d&#233;form&#233;s, t&#233;moins d&#233;sabus&#233;s, confiance rompue. En privil&#233;giant le sensationnel &#224; l'information sur le quartier, le reportage &#171; Villeneuve : le r&#234;ve bris&#233; &#187; d'Amandine Chambelland, r&#233;alisatrice et journaliste, interroge la d&#233;ontologie journalistique. Comme elle nous avons men&#233; l'enqu&#234;te&#8230; sur les &#233;tapes d'un reportage tr&#232;s contest&#233;.&lt;/i&gt; [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.lavantpost.info/villeneuve-contre-attaque/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La Villeneuve contre-attaque &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, de Romain Lantheaume et Sidonie Hadoux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;passer l'indignation. &#192; peine pass&#233; l'&#233;moi suscit&#233; par la diffusion du reportage d'Envoy&#233; Sp&#233;cial sur la Villeneuve de Grenoble, le 26 septembre, les habitants du quartier ripostent. Ils ne manquent pas d'id&#233;es pour redorer l'image de leur cit&#233;. Retour sur un mois de mobilisations.&lt;/i&gt; [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre articles rigoureux dans leur construction et pertinents dans leur propos qui montrent non seulement qu'un autre journalisme est possible, mais surtout qu'il existe d&#233;j&#224; ou est en passe d'&#233;clore et ne demande en tout cas qu'&#224; trouver &#224; s'exprimer dans les grands m&#233;dias&#8230; Quant &#224; la proc&#233;dure engag&#233;e par le collectif des habitants de La Villeneuve contre France T&#233;l&#233;visions, elle n'est qu'un &#233;l&#233;ment d'une mobilisation plus large, et quel que soit son r&#233;sultat, on ne peut que saluer une combativit&#233; qui repr&#233;sente un bel exemple de critique, en actes, des m&#233;dias.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des habitants d'un quartier populaire grenoblois r&#233;pliquent &#224; &#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Des-habitants-d-un-quartier-populaire-grenoblois-repliquent-a-Envoye-special</link>
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		<dc:date>2013-10-04T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;linquances</dc:subject>
		<dc:subject>Quartiers populaires</dc:subject>
		<dc:subject>En bref...</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ils lancent une p&#233;tition et laissent des commentaires cinglants sur le site de l'&#233;mission.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-medias-et-les-quartiers-populaires-" rel="directory"&gt;Les m&#233;dias et les quartiers populaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Delinquances-+" rel="tag"&gt;D&#233;linquances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quartiers-populaires-+" rel="tag"&gt;Quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-En-bref-+" rel="tag"&gt;En bref...&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Envoye-special-1361-+" rel="tag"&gt;&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 26 septembre 2013, &#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;, &lt;i&gt;&#171; magazine de la r&#233;daction &#187;&lt;/i&gt; de France 2 et &#233;mission phare de la cha&#238;ne publique en mati&#232;re de reportages, diffusait un sujet sur le quartier de La Villeneuve, &#224; Grenoble. Plut&#244;t que de revenir, un peu plus de quarante ans apr&#232;s sa cr&#233;ation en 1972, sur l'histoire et les transformations de ce &#171; grand ensemble &#187; embl&#233;matique d'une certaine utopie urbaine et sociale, le reportage, intitul&#233; &#171; La Villeneuve : le r&#234;ve bris&#233; &#187; et toujours &lt;a href=&#034;http://www.france2.fr/emissions/envoye-special/la-villeneuve-le-reve-brise_125272&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;visionnable sur le site de l'&#233;mission&lt;/a&gt;, est une caricature du genre, qui adopte un seul angle : la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la violence&#8230; de ce traitement m&#233;diatique, des habitants du quartier n'ont pas tard&#233; &#224; r&#233;agir. D'abord en lan&#231;ant &lt;a href=&#034;http://www.petitions24.net/apres_villeneuve__le_reve_brise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une p&#233;tition&lt;/a&gt; pour exiger un droit de r&#233;ponse, dont voici le texte :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous habitants de La Villeneuve de Grenoble et de tous les quartiers populaires, citoyens, &#233;lus, sommes choqu&#233;s, bless&#233;s et indign&#233;s par le reportage diffus&#233; sur France 2 le 26 septembre 2013 dans l'&#233;mission &#034;Envoy&#233; sp&#233;cial&#034; : &#034;Villeneuve, le r&#234;ve bris&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en col&#232;re, car ce reportage ne montre qu'une face de notre quartier. En col&#232;re car il c&#232;de &#224; la facilit&#233; et au sensationnel. Il est tendancieux, ce qui est indigne de notre service public de l'audio-visuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce reportage ruine des ann&#233;es d'efforts d&#233;ploy&#233;s des habitants, des professionnels et des &#233;lus de notre quartier. C'est inadmissible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exigeons que soit organis&#233; par France 2 un droit de r&#233;ponse pour exprimer notre d&#233;pit et r&#233;tablir la v&#233;rit&#233;. Nous demandons qu'un nouveau reportage conforme &#224; la r&#233;alit&#233; soit diffus&#233; &#224; une heure de grande &#233;coute, dans le cadre d'une nouvelle &#233;mission d'Envoy&#233; sp&#233;cial. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, de nombreux habitants du quartier ont laiss&#233; des commentaires de protestation sur le site de l'&#233;mission, souvent cinglants, dont les extraits qui suivent pointent la construction &#233;hont&#233;ment racoleuse, univoque et unilat&#233;rale du reportage, tout en tentant de r&#233;tablir, sans l'&#233;dulcorer, une certaine v&#233;rit&#233; sur ce qu'est la r&#233;alit&#233; de ce quartier. En tout cas, ces quelques lignes sont infiniment plus riches et suggestives que les trente longues minutes que dure le reportage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Certes il y a des probl&#232;mes de violence, comme dans n'importe quel lieu o&#249; la pr&#233;carit&#233; est pr&#233;sente de mani&#232;re forte, et nous devons en &#234;tre conscient et &#339;uvrer pour am&#233;liorer cela, et c'est d'ailleurs ce que la majorit&#233; des habitants font, pourquoi ne parlez-vous pas de cela ? Pourquoi ne parlez-vous pas de toute les actions men&#233;es par les associations sportives, sociales et culturelles du quartier, de tous les &#233;v&#233;nements et les activit&#233;s organis&#233;s chaque ann&#233;e. &#034;Le r&#234;ve de mixit&#233; et de diversit&#233;&#034; est bel et bien pr&#233;sent mais vous avez refus&#233; de le filmer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; &#034;Reportage&#034; du niveau d'Enqu&#234;te d'action sur W9... Parti pris pitoyable et r&#233;ducteur. Sur les 14000 habitants du quartier, on ne voit qu'une d&#233;pressive longue dur&#233;e, une m&#232;re c&#233;libataire qui gal&#232;re, des teneurs de murs, une poign&#233;e d'intellos de la premi&#232;re heure... Quelle rigolade ! On commence par une immersion en zone de non droit aux c&#244;t&#233;s des flics, et on termine par les Roms, qui m&#234;me eux ont du mal &#224; s'int&#233;grer tellement c'est le ghetto !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les &#034;autres&#034; habitants (les 13980 et quelques) mais c'est vrai qu'ils ont peur de prendre la parole... peur de quoi de qui on ne sait pas mais peur quand m&#234;me, et c'est bien l&#224; le message que vous voulez faire passer. Et puis ils ne sortent pas la nuit alors que voulez-vous&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation du &#034;reportage&#034; laissait pourtant penser (esp&#233;rer) qu'il y aurait un regard plus objectif de la situation du quartier, mais non. Votre pauvre journaliste a mis des semaines (sic) &#224; pouvoir entrer en contact avec les jeunes du quartier... La pauvre... &#199;a devient dur pour les journaleux de vendre de la peur aux gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation du quartier est dure, il ne faut surtout pas &#233;dulcorer les choses, mais vos 30 minutes de parano sont une INSULTE aux gens qui y vivent et surtout &#224; ceux qui s'investissent dans la vie de ce quartier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Quel reportage bidon !!! Moi j'ach&#232;te tout juste - ing&#233;nieur avec 20 ans de m&#233;tier, est ce que &#231;a fait de moi un de ces &#034;plus pr&#233;caires qui seuls acceptent de s' [y] installer&#034; &#224; la Villeneuve ???&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je connais les squats des couloirs dans les blocs les plus ext&#233;rieurs de l'Arlequin, avec les types qui fument le cana vers 19h et s'ab&#238;ment &#224; l'alcool lourd tout &#224; la fois jusque vers les 3 heures du mat. Et &#231;a oui c'est l'enfer pour les habitants du bloc en question - les vrais (car en plus, parfois les squatteurs viennent d'ailleurs de la cit&#233; Mistral &#224; 5 km de l&#224;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je connais aussi le parc (magnifique) avec les m&#244;mes dans le lac quand il fait bien chaud - ambiance plage. Et une foultitude de services. Et les meilleures biblioth&#232;ques de Grenoble. Et la vue sur les montagnes depuis les appartements - qui ne sont pas vilains d'ailleurs. Et le march&#233; le samedi. Et puis de la convivialit&#233;, extr&#234;mement sympa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre chose qu'une cit&#233; dortoir impersonnelle genre Meylan-le-Haut/la ZIRST, l&#224; c'est un ghetto, un vrai, o&#249; on ne croise que des gens tous pareils, des cadres, chacun y vit de son cot&#233;, c'est triste &#224; mourir, non ? Et &#224; Saint-Ismier, Biviers, vous y croisez de la profession lib&#233;rale, du politique, du cadre dirigeant ou de la Marie-Chantal, c'est pas folichon, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez beau dire, &#224; la Villeneuve, il y a bien - sporadiquement - des &#233;v&#233;nements qui sont tr&#232;s &#233;nervants voire insupportables pour les quelques qui sont en contact direct (et pour eux, ce n'est pas sporadique mais permanent). Mais il y a d'autres aspects qui au contraire sont r&#233;jouissants et qu'on ne trouve pas ailleurs, et &#231;a il n'en est pas fait &#233;tat le moins du monde dans le reportage. En fait, Madame Chambelland fait une confusion entre une petite partie de la Villeneuve, et un projet politique des ann&#233;es 70, ce qui est autre chose, et encore la r&#233;alit&#233; de l'ensemble urbain actuel (car au bout du compte, il y a un parc et plusieurs petites Villeneuve diff&#233;rentes tout autour) et &#231;a c'est encore autre chose, etc. Il lui faudra donc revenir pour r&#233;viser sa copie, et apparemment il lui faudra du temps pour y comprendre quelque chose puisqu'elle dit y avoir pass&#233; plusieurs semaines. Je crois qu'elle devrait y venir am&#233;nager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cordialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Que les habitants de Meylan-le-Haut et Saint-Ismier me pardonnent, mais il para&#238;t qu'on peut se l&#226;cher et raconter n'importe quoi des lieux de vie des uns et des autres, aussi je ne me suis gu&#232;re g&#234;n&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#201;chirollois &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Garder les &#339;ill&#232;res pour juger toute une population d'un lieu que vous ne connaissez pas est la plus incroyable preuve de votre incomp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il est inconscient de votre part de penser pouvoir comprendre un quartier sans m&#234;me y avoir habit&#233;. Le reportage est certes un exercice difficile mais dont toute la richesse doit r&#233;sider dans l'ouverture d'esprit des r&#233;alisateurs. Vous vous &#234;tes content&#233;s d'arriver avec vos aprioris dans le seul but de documenter vos id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, puis de recracher tout cela joliment enrob&#233; de musique angoissante, agr&#233;ment&#233; des t&#233;moignages les plus extr&#234;mes. Youpi, &#231;a fait vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r qu'il y a de la violence, qu'il y a de la d&#233;ception parmi les sentiments qu'on peut ressentir en vivant ici. Mais s'arr&#234;ter &#224; ce constat alarmiste, ce n'est pas du journalisme. Vous ne vous &#234;tes pas r&#233;ellement demand&#233; comment et pourquoi les choses ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Il n'y a rien l&#224; dessus. Rien non plus sur les initiatives des associations et des habitants. Heureusement que l'avis des officiers de Police est l&#224; pour nous &#233;clairer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous trouvez cela difficile de venir &#224; la rencontre des gens, de trouver des t&#233;moignages, mais n'est-ce pas normal, connaissant l'image que les M&#233;dias (d&#233;sormais vous y compris) v&#233;hiculent de notre Quartier ? &#201;videmment, lorsqu'on voit arriver des cam&#233;ras et leurs gros sabots, leurs grosses id&#233;es in&#233;branlables, leurs profondes questions (&#8220;Est-ce que vous avez peur ?&#8221;), on sait d'avance comment cela va finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnez-nous tort ! Montrez-nous qu'on peut faire du reportage intelligemment ! Que vous &#234;tes pr&#234;ts &#224; changer d'avis ! Qu'il y a un humain derri&#232;re votre cam&#233;ra, une &#226;me derri&#232;re votre obligation d'audimat ! Mais non. Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout cela, vous parlez de r&#233;actions positives dans les M&#233;dias, mais n'&#233;coutez d&#233;cid&#233;ment que celles qui vous encensent. Maintenant que vous &#234;tes bien contentes de soulever la pol&#233;mique, vous oubliez un peu plus l'impact d&#233;sastreux que vous avez sur ceux qui se battent chaque jour pour faire avancer les choses et changer l'image de notre quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapeau bas &#224; votre bonne conscience qui arrive &#224; fermer les yeux sur tout cela. &#192; quand un reportage sur l'&#233;troitesse d'esprit des journalistes, et les cerveaux en autarcie, repli&#233;s sur eux-m&#234;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoy&#233; sp&#233;cial ? Non. Envoy&#233; PARTIAL. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons rien &#224; ajouter !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un portrait m&#233;diatique d'Olivier Besancenot en personnage m&#233;diatique</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Un-portrait-mediatique-d-Olivier-Besancenot-en-personnage-mediatique</link>
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		<dc:date>2006-06-22T06:34:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Personnalisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Besancenot</dc:subject>
		<dc:subject>LCR-NPA</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;... Un portrait soigneusement d&#233;politis&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Election-presidentielle-de-2007-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2007 &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Envoye-special-1361-+" rel="tag"&gt;&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Olivier-Besancenot-+" rel="tag"&gt;Olivier Besancenot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-LCR-NPA-+" rel="tag"&gt;LCR-NPA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 12 janvier 2006, l'&#233;mission &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187;, sur France 2, pr&#233;sentait un reportage intitul&#233; : &#171; Portrait : Olivier Besancenot, la r&#233;volution &#224; la lettre &#187;. A la lettre ? Subtile allusion au m&#233;tier de facteur du personnage mis en sc&#232;ne dans un portrait soigneusement d&#233;politis&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une seule question-r&#233;ponse sous-tend ce portrait d'une dur&#233;e d'une demi-heure : Besancenot est-il ou non un produit marketing cr&#233;&#233; de toutes pi&#232;ces par la direction de la LCR pour &#234;tre plus populaire aupr&#232;s de l'&#233;lectorat, notamment des jeunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marketing pour plaire aux jeunes, voil&#224; un crime qu'une cha&#238;ne comme France 2 ne commettrait jamais, elle...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;mission &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; est pr&#233;sent&#233;e par deux femmes jeunes au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici, image par image ou presque, l'analyse minutieuse de ce document.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bonne question&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la diffusion du reportage, les deux pr&#233;sentatrices de l'&#233;mission annoncent la couleur : Olivier Besancenot est &#171; &lt;i&gt;un bon client, comme on dit dans le m&#233;tier&lt;/i&gt; &#187;. Il est &#171; &lt;i&gt;bien plus populaire que son organisation&lt;/i&gt; &#187;. Olivier Besancenot nous est encore pr&#233;sent&#233; comme &#171; &lt;i&gt;porte-voix du NON&lt;/i&gt; &#187; &#224; la constitution (un &#171; Non &#187; qui, rappelons-le, n'a pas vraiment eu besoin de porte-voix m&#233;diatiques pour l'emporter, et pour cause : ceux-ci avaient toutes les peines du monde &#224; se faire entendre) et &#171; &lt;i&gt;amateur de rap et proche du chanteur Joey Starr&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage commence par une s&#233;quence de nuit. Olivier Besancenot, dans sa voiture, se rend &#224; son travail. Voix &lt;i&gt;off &lt;/i&gt;de la journaliste, Alix Bouilhaguet : &#171; Ce&lt;i&gt;rtains en doutent encore, mais il est vraiment facteur&lt;/i&gt; &#187;. Un doute largement imaginaire... Mais nous apprendrons peu &#224; peu que si Besancenot est vraiment facteur, ce n'est pas un vrai facteur...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment facteur. A l'entr&#233;e de la Poste, un simple panneau sur une porte (sans vigile, ni code) stipule : &#171; Entr&#233;e interdite &#224; toute personne &#233;trang&#232;re au service &#187;. Ce qu'Alix traduit par : &#171; &lt;i&gt;La Poste ne nous autorise pas &#224; entrer &#187;&lt;/i&gt;. Faisant sans doute allusion aux conditions de travail des postiers (mais nous n'en saurons rien...), Besancenot r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Il y a des choses qu'on ne veut pas vous montrer ici&lt;/i&gt; &#187;. Et Alix Bouilhaguet de commenter : &#171; &lt;i&gt;Olivier Besancenot d&#233;range jusque sur son lieu de travail&lt;/i&gt; &#187;. Besancenot ou les journalistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment facteur, donc. Mais pas un vrai facteur : un personnage. C'est ce que nous apprend aussit&#244;t (en l'absence de Besancenot parti travailler...), une question perspicace en voix &lt;i&gt;off &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Qui se cache derri&#232;re le personnage ?&lt;/i&gt; &#187; Un personnage que les m&#233;dias (et donc ce portrait) contribuent &#224; fabriquer. Mais s'il cache quelqu'un, comment les m&#233;dias qui le construisent pourraient-ils le d&#233;busquer ? Il faut alors que celui qui se cache derri&#232;re le personnage soit... un autre personnage, r&#233;sum&#233; par cette question-r&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Une cr&#233;ature fabriqu&#233;e de toutes pi&#232;ces par un parti en mal de publicit&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement de d&#233;cor : le reportage nous emm&#232;ne &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; de la LCR, dans &#171; &lt;i&gt;les coulisses de l'&#233;curie du jeune champion&lt;/i&gt; &#187;. M&#233;taphore sportive qui en dit long sur la vision de la politique par Alix Bouilhaguet. Celle-ci poursuit : &#171; &lt;i&gt;Alain Krivine, l'inusable patron de la LCR, veille sur son poulain&lt;/i&gt; &#187;. Ce terme &#171; &lt;i&gt;inusable &lt;/i&gt; &#187;, employ&#233; ici avec un certain m&#233;pris, n'a jamais &#233;t&#233; utilis&#233; sur France 2, &#224; notre connaissance, pour qualifier MM Chirac ou Giscard d'Estaing. Mais pour les m&#233;dias, si un leader d'extr&#234;me gauche a pass&#233; la cinquantaine, il est &#171; inusable &#187;, s'il est jeune, c'est &#171; &lt;i&gt;une cr&#233;ature fabriqu&#233;e de toutes pi&#232;ces par un parti en mal de publicit&#233; &lt;/i&gt; &#187; ! Et Alix Bouilhaguet enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;Entre les deux hommes [...], une m&#234;me obsession : ne jamais faire passer Olivier Besancenot pour une cr&#233;ation marketing&lt;/i&gt; &#187;. Inutile, les m&#233;dias s'en chargent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images suivantes : lors d'un meeting en faveur du &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum sur le Trait&#233; Constitutionnel Europ&#233;en. On y voit Jos&#233; Bov&#233; et Marie-Georges Buffet, qui ne seront pas interview&#233;s. L'&#233;quipe d'Envoy&#233; Sp&#233;cial a-t-elle soigneusement &#233;vit&#233; d'interroger ceux qui pourraient d&#233;fendre&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Olivier Besancenot ? Les seules personnes qui s'exprimeront lors du reportage, hormis des membres de la LCR et quelques rappeurs, seront en effet des journalistes de march&#233; et des membres du PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage se poursuit par un &#171; flash-back &#187; sur l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2002, au soir du premier tour, avec ce commentaire : &#171; &lt;i&gt;Alain Krivine peut &#234;tre satisfait, son pari est gagn&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Toujours cette image du grand manitou qui tire les ficelles du pantin Besancenot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Artifices&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste s'attarde alors sur l'engagement politique d'Olivier Besancenot : &#171; &lt;i&gt;Il n'a connu ni la pauvret&#233;, ni la privation&lt;/i&gt; &#187;, prend-elle soin de pr&#233;ciser. Pas plus que la plupart des journalistes de France 2. &#171; &lt;i&gt;A la maison, pas de r&#233;volutionnaire, il ira chercher son ma&#238;tre &#224; penser ailleurs. Ce p&#232;re en politique&lt;/i&gt; &#187;, c'est Pierre Vandewoorde, son ancien professeur d'Allemand. Un &#171; maitre &#224; penser &#187;, bien s&#251;r. Alix Bouilhaguet lui pose alors une question truculente : &#171; &lt;i&gt;En 4&#232;me, il &#233;tait comment : il &#233;tait d&#233;j&#224; grande gueule, r&#233;volutionnaire... p&#233;nible ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis : &#171; &lt;i&gt;C'est pas d&#233;licat aussi avec les parents, quand... ? Il a commenc&#233; jeune !&lt;/i&gt; &#187;. Face au silence qui suit ce morceau de phrase incompr&#233;hensible, charg&#233; d'insinuation, la journaliste triomphe : &#171; &lt;i&gt;La question&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;d&#233;range !&lt;/i&gt; &#187;. Finalement, quelqu'un se risque &#224; une r&#233;ponse. &#171; &lt;i&gt;G&#233;rard Pr&#233;vot, un autre militant, r&#233;pond &#224; sa place&lt;/i&gt; &#187;, remarque Alix Bouilhaguet. A la place de Besancenot ? Mais en disant &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;IL&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; a commenc&#233; jeune&lt;/i&gt; &#187;, la journaliste a clairement signifi&#233; que la question ne lui &#233;tait pas pos&#233;e directement. Rien de plus normal, donc, qu'Olivier Besancenot ne r&#233;ponde pas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Vandewoorde d&#233;clare un peu plus loin : &#171; &lt;i&gt;Ce qui fait la diff&#233;rence entre nous et une secte, c'est qu'une secte c'est difficile &#224; quitter. Nous, on n'est pas difficile &#224; quitter &lt;/i&gt; &#187;. A quelle question r&#233;pond cette comparaison ? Nous ne le saurons pas. Mais le contexte sugg&#232;re que c'est Alix Bouilhaguet elle-m&#234;me qui l'a risqu&#233;e hors antenne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre question d&#233;cisive soulev&#233;e par notre &#171; enqu&#234;trice &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ses parents ont-ils nourri des inqui&#233;tudes ? Impossible de leur demander&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Pourquoi est-ce impossible ? Et pourquoi ses parents auraient-ils nourri plus d'inqui&#233;tudes que s'il s'&#233;tait inscrit au Mouvement des Jeunes Socialistes ou chez les Jeunes Giscardiens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Alix Bouilhaguet, tout est marketing chez Besancenot. Quand il tape dans un ballon, comme des millions de jeunes de son &#226;ge, c'est du marketing : &#171; &lt;i&gt;Marketing ou pas, lui, quand il fait du sport, c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;forc&#233;ment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; un sport populaire &lt;/i&gt; &#187;. Et s'il refuse le marketing, c'est encore... du marketing ! &#171; &lt;i&gt;Rester en dehors du courant, c'est une marque de fabrique ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivant la biographie d'Olivier Besancenot, Alix Bouilhaguet nous apprend alors que pendant ses &#233;tudes, &#171; &lt;i&gt;sa priorit&#233;, c'&#233;tait SA r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187; (et non pas LA r&#233;volution). Puis elle nous emm&#232;ne au supermarch&#233; Shoppi de Levallois, o&#249; Besancenot a &#233;t&#233; employ&#233; pendant un temps. &#171; &lt;i&gt;Pas de chance pour le patron, le r&#233;volutionnaire en herbe lui impose l'&#233;lection d'un d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel&lt;/i&gt; &#187;. A quel &#226;ge un r&#233;volutionnaire cesse-t-il d'&#234;tre &#171; en herbe &#187; ?&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Moi, &lt;/i&gt;t&#233;moigne alors le patron&lt;i&gt;, j'ai des relations plut&#244;t, on va dire, familiales avec mes employ&#233;s, n'importe qui peut venir me voir quand il veut. Lui il voulait &#234;tre beaucoup plus proc&#233;durier, il me parlait de syndicat !&lt;/i&gt; &#187;. Pas de chance pour le patron, en effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Besancenot explique que ce n'&#233;tait pas une vocation pour lui de devenir facteur, Alix Bouilhaguet rench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;C'est pourtant le m&#233;tier qu'il a choisi&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#224; 23 ans. Pour lui, ce sont les al&#233;as de la vie. Et si, au contraire, son histoire &#233;tait celle d'un destin totalement ma&#238;tris&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;. En l'absence d'une quelconque justification, cette question n'est qu'une insinuation... d&#233;nu&#233;e de sens : qui nous dira ce qu'est un destin, s'il est totalement ma&#238;tris&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Olivier Besancenot, un facteur comme les autres ? Pas tout &#224; fait&lt;/i&gt; &#187;, susurre Alix Bouilhaguet qui, pour &#233;tablir cette diff&#233;rence, a recueilli le t&#233;moignage d'un expert en &#171; vrais &#187; facteurs, Claude Askolovitch, journaliste au &lt;i&gt;Nouvel Observateur &lt;/i&gt;dont l'hostilit&#233; au mouvement altermondialiste est un gage d'impartialit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Culturellement, ce n'est pas vrai, parce que l'environnement dans lequel il &#233;volue est un environnement beaucoup plus &#233;volu&#233; que la France d'en bas&lt;/i&gt; &#187;. Comme chacun sait, les journalistes du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; sont des sp&#233;cialistes de la France d'en bas. &#171; &lt;i&gt;Non, il n'est &#233;videmment pas comme les autres : il vit avec quelqu'un qui travaille dans le monde de l'&#233;dition&lt;/i&gt; &#187;. Directrice ou secr&#233;taire, chef de service ou sous-fifre, on ne saura pas. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas le mode de vie habituel, commun de ses petits camarades facteurs&lt;/i&gt; &#187;. Quel argument choc ! Et quel m&#233;pris pour les facteurs ! Mais cela suffit &#224; notre &#171; enqu&#234;trice &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Olivier Besancenot et les m&#233;dias &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; s'int&#233;resse aussi aux relations d'Olivier Besancenot avec les m&#233;dias. &#171; &lt;i&gt;En peu de temps, Olivier Besancenot est devenu la coqueluche des m&#233;dias&lt;/i&gt; &#187;. Qui croyait encore que c'&#233;tait Sarkozy ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit alors la &#171; coqueluche &#187; lors de son passage dans l'&#233;mission &#171; Les Grosses t&#234;tes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Question de Philippe Bouvard &#224; Besancenot : &#171; Est-ce que la possession d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour justifier ce passage, Olivier Besancenot tente une explication : &#171; &lt;i&gt;Il y a une esp&#232;ce de jugement, de m&#233;pris m&#234;me un peu social pour une &#233;mission qui est &#233;cout&#233;e par les classes populaires&lt;/i&gt; &#187;. L'argument a de quoi surprendre. &#171; La Ferme C&#233;l&#233;brit&#233; &#187; aussi est une &#233;mission populaire...O&#249; s'arr&#234;tent les compromis, o&#249; commence la compromission ? Qu'y a-t-il de plus m&#233;prisant pour les classes populaires ? M&#233;priser une &#233;mission qui les m&#233;prise ou cautionner cette m&#234;me &#233;mission ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, pour Philippe Bouvard, Olivier Besancenot &#171; &lt;i&gt;est un bon client&lt;/i&gt; &#187;. Mais, prend soin de pr&#233;ciser l'animateur, sans crainte d'&#234;tre contredit : &#171; &lt;i&gt;on sait bien que derri&#232;re cette fa&#231;ade juv&#233;nile et joviale, il y a le monstre froid d'un certain totalitarisme !&lt;/i&gt; &#187;. Nous savons d&#233;sormais &#171; qui se cache derri&#232;re le personnage &#187;...&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre t&#233;moin &#224; charge, Jean-Michel Aphatie, journaliste &#224; RTL, intervient alors : &#171; &lt;i&gt;Sans doute par son discours, il identifie un petit peu les peurs du moment&lt;/i&gt; &#187;. Pour le journaliste de march&#233;, l'opposition au syst&#232;me lib&#233;ral ne peut pas &#234;tre r&#233;fl&#233;chie, elle repose donc forc&#233;ment sur la peur. &#171; &lt;i&gt;Pour autant, la complaisance parfois, dont font preuve beaucoup de journalistes &#224; son &#233;gard est assez incompr&#233;hensible&lt;/i&gt; &#187;. D'autant plus incompr&#233;hensible que Jean-Michel n'a jamais &#233;t&#233; complaisant, surtout pas avec les patrons, ni avec les partisans du OUI &#224; la constitution...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, est-ce pour donner un exemple d'entretien sans complaisance que s'intercale ici une br&#232;ve s&#233;quence d'un entretien. Or cette s&#233;quence r&#233;v&#232;le surtout l'arrogance de l'interviewer qui conclut &#224; la place de son interlocuteur et &#224; contresens de ce qu'il vient de dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Jean-Michel Aphatie : &#171; &lt;i&gt;Vous serez candidat en 2007, Olivier Besancenot ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Olivier Besancenot : &#171; &lt;i&gt;L&#224; pour l'instant, c'est pas &#224; l'ordre du jour, je pr&#233;f&#232;re discuter du contenu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jean-Michel Aphatie : &#171; &lt;i&gt;Olivier Besancenot, futur candidat en 2007, &#233;tait l'invit&#233; d'RTL ce matin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Complaisance m&#233;diatique, mais aussi politique&lt;/i&gt;, nous explique la voix off : &lt;i&gt;on ne s'adresse pas &#224; Olivier Besancenot comme &#224; Arlette Laguiller&lt;/i&gt; &#187;. Faut-il comprendre que pour Alix Bouilhaguet, il est normal de m&#233;priser la porte-parole de Lutte Ouvri&#232;re et qu'Olivier Besancenot m&#233;rite le m&#234;me traitement ? C'est &#224; Jean-Michel Aphatie, une fois de plus qu'elle laisse le soin de r&#233;pondre : &#171; &lt;i&gt;Je me souviens notamment d'un d&#233;bat o&#249; Dominique Strauss-Kahn parlait apr&#232;s Olivier Besancenot en disant chaque fois : &#171; vous avez raison, mais... &#187;. Du coup, la cr&#233;dibilisation de Besancenot est extraordinaire&lt;/i&gt; &#187;. Besancenot cr&#233;dibilis&#233; par DSK ? On en rit encore... Mais pour Apathie, peu importe que Besancenot ait eu effectivement raison ou non, le devoir d'un homme politique respectable est de le contredire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Jean-Michel Aphatie trouve incompr&#233;hensible m&#233;ritait une explication rationnelle. Seul un expert d'envergure pouvait la donner. Le politologue Dominique Reyni&#233; s'en charge : &#171; &lt;i&gt;Contester Olivier Besancenot quand on est &#224; gauche, c'est en tr&#232;s peu de temps se retrouver contre la jeunesse, et &#224; droite&lt;/i&gt; &#187;. Naturellement, les jeunes n'ont pas d'id&#233;es, ils votent pour les jeunes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Askolovitch revient alors &#224; la charge : &#171; &lt;i&gt;Le milieu, la bonne bourgeoisie, le syst&#232;me est pr&#234;t &#224; l'accueillir. Il r&#233;siste &#224; &#231;a. Il r&#233;siste &#224; &#231;a comment ? En se montrant encore plus dur, en niant le fait qu'il &#224; &#231;a en lui &lt;/i&gt;[&#231;a quoi ?], &lt;i&gt;en insistant sur le c&#244;t&#233; populo, et en se montrant plus m&#233;chant qu'il ne l'est. S'il insiste tellement l&#224;-dessus, c'est aussi pour &#233;chapper &#224; cette esp&#232;ce de tentation : &#171; Vade Retro Satanas ! Non, pas la bourgeoisie, non pas moi ! &#187; Mais si mon vieux, tu es dedans ! &lt;/i&gt; &#187;. Inconsciemment, Askolovitch nous retracerait-il son propre parcours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images suivantes, dans une manifestation &#224; Paris. Voix off : &#171; &lt;i&gt;Olivier Besancenot n'a peut-&#234;tre pas la t&#234;te d'un r&#233;volutionnaire...&lt;/i&gt; &#187;. Ah bon ? Et c'est quoi, la t&#234;te d'un r&#233;volutionnaire ? &#171; &lt;i&gt;Combien, parmi ceux qui lui demandent des autographes, connaissent vraiment son programme ?&lt;/i&gt; &#187;, se demande Alix Bouilhaguet, soudain soucieuse des positions d&#233;fendues par son personnage. Les auditeurs passionn&#233;s par les &#171; Grosses T&#234;tes &#187; &#233;tant rares dans les manifestations, on peut penser que ceux qui viennent saluer Besancenot sont au moins des &#233;lecteurs de la LCR, sinon des militants actifs du parti. Ceux-ci doivent sans doute &#234;tre des abrutis illettr&#233;s, pour ne m&#234;me pas conna&#238;tre le programme de leur candidat...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, pour conna&#238;tre ce programme, ce n'est pas le reportage qui nous &#233;clairera beaucoup. Sur une demi-heure de jacasseries inutiles, les id&#233;es de la LCR sont r&#233;sum&#233;es en quelques phrases archi-r&#233;ductrices. G&#233;rard Filoche, un des fondateurs de la LCR, aujourd'hui membre du PS, ne nous en dira pas plus. De ses propos, il ne sera retenu que l'affirmation selon laquelle il trouve au parti &#171; &lt;i&gt;un petit c&#244;t&#233; sectaire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de d&#233;battre sur les id&#233;es, &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; pr&#233;f&#232;re nous parler des go&#251;ts musicaux d'Olivier Besancenot. Nous savions d&#233;j&#224; que &#171; &lt;i&gt;Marketing ou pas, lui, quand il fait du sport, c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;forc&#233;ment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; un sport populaire &#187;. &lt;/i&gt;Nous apprenons d&#233;sormais que quand il &#233;coute de la musique : &#171; &lt;i&gt;Son registre, c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;forc&#233;ment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; la chanson engag&#233;e, le rap&lt;/i&gt; &#187;. ... &#171; Forc&#233;ment &#187;, le &#171; portrait &#187; dessin&#233; par Alix Bouilhaguet doit mettre en lumi&#232;re - sans artifice, &#233;videmment... - les artifices du personnage qu'il construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hormis les membres de la LCR, ces rappeurs seront les seuls d&#233;fenseurs de Besancenot. Pas un seul ouvrier, syndicaliste, militant associatif ou m&#234;me simple &#233;lecteur n'aura &#233;t&#233; interrog&#233;. Aucun risque par cons&#233;quent qu'il soit question des positions du porte-parole de la LCR. Il ne doit &#234;tre question que de son image. Des propos tenus par les rappeurs, on ne retiendra donc que ceux qui la concernent : Monsieur R. : &#171; &lt;i&gt;Ce qui me pla&#238;t en lui, c'est que [...] c'est simple et c'est compr&#233;hensible&lt;/i&gt; &#187;. Joey Starr : &#171; &lt;i&gt;Le petit personnel, moi, j'en fais partie&lt;/i&gt; &#187; (sic ).&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une construction m&#233;diatique d'un personnage m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se pr&#234;tant &#224; ce &#171; portrait &#187;, quel &#233;tait l'objectif d'Olivier Besancenot ? Faire conna&#238;tre les id&#233;es de la formation politique dont il est le porte-parole ? D&#233;faire la construction m&#233;diatique d'une Am&#233;lie Poulain de la contestation ? L'&#233;chec &#233;tait pr&#233;visible. En r&#233;pondant &#224; sa place, Alix Bouilhaguet referme le pi&#232;ge que, volontairement ou pas, elle a tendu &#224; son &#171; personnage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage, en effet, touche &#224; sa fin. Alix Bouilhaguet, &#233;nigmatique, s'interroge : &#171; &#171; &lt;i&gt;Que doit-il faire pour ne pas d&#233;choir ? Peut-&#234;tre une vie sans politique ?&lt;/i&gt; &#187;. De quelle &#171; d&#233;ch&#233;ance &#187; s'agit-il ? Myst&#232;re... Une vie sans politique ? Comme si tout activit&#233; politique &#233;tait artificielle... &#171; &lt;i&gt;Un homme normal, sans artifice, sans manipulation, tout au long de ces semaines&lt;/i&gt; [oui, vous lisez bien : plusieurs semaines pour une demi-heure de reportage vide et creux], &lt;i&gt;c'est le visage qu'Olivier Besancenot a voulu nous montrer &lt;/i&gt; &#187;. Pendant une demi-heure, Alix Bouilhaguet a voulu nous montrer le contraire. Au prix de fumeuses all&#233;gations, jamais v&#233;rifi&#233;es, frisant parfois le ridicule. Et les derni&#232;res paroles du reportage ne sont pas les moins dr&#244;les : &#171; &lt;i&gt;Parce qu'un jour il ne sera plus &#224; la mode, en coulisse, la LCR pr&#233;pare d&#233;j&#224; la rel&#232;ve du porte-parole : une femme, jeune, salari&#233;e. Un nouveau casting pour que la lutte continue&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vous avez dit &#171; casting &#187; ? D'un bout &#224; l'autre du reportage, une m&#234;me question : Olivier Besancenot est-il une produit &#171; marketing &#187; ? La r&#233;ponse &#233;tait dans la question et dans le principe m&#234;me de ce &#171; portrait &#187; qui, par un &#233;trange jeu de miroir, se rend coupable, comme tant d'autres &#171; enqu&#234;tes &#187; journalistiques, de ce que l'enqu&#234;trice reproche &#224; Olivier Besancenot : marketing, culte de l'image, complaisance, distance culturelle avec les couches populaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en convaincre, amusons-nous &#224; appliquer &#224; France 2 la conclusion d'Alix Bouilhaguet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que doit faire France 2 pour ne pas d&#233;choir ? Peut-&#234;tre une cha&#238;ne sans politique ? Une &#233;mission normale, sans artifice, sans manipulation : tout au long de ces semaines c'est le visage qu'Envoy&#233; Sp&#233;cial a voulu nous montrer. Et parce qu'un jour elle ne sera plus &#224; la mode, en coulisse, France 2 pr&#233;pare d&#233;j&#224; la rel&#232;ve : une &#233;mission pour les femmes, jeunes, salari&#233;es. Avec un nouveau casting pour que le marketing continue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;mission &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; est pr&#233;sent&#233;e par deux femmes jeunes au physique plut&#244;t agr&#233;able qui ont, il y a quelques ann&#233;es, remplac&#233; deux animateurs masculins &#224; la cinquantaine bien engag&#233;e ; mais, bien s&#251;r, il ne s'agit absolument pas d'une op&#233;ration marketing destin&#233;e &#224; faire plus d'audience.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Question de Philippe Bouvard &#224; Besancenot : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que la possession d'une voiture et la propri&#233;t&#233; d'un petit appartement ne vous font pas entrer un peu dans le syst&#232;me que vous d&#233;noncez ?&lt;/i&gt; &#187; R&#233;pondre &#224; de telles questions permet certainement de faire mieux conna&#238;tre les postions de la LCR...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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