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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Un &#338;il sur le Mali : quand le service public informe</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Un-OEil-sur-le-Mali-quand-le-service-public-informe</link>
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		<dc:date>2013-05-07T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Blaise Magnin, Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Guerres</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; il arrive que cela m&#233;rite d'&#234;tre vu et discut&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Loin-d-Afrique-du-nord-au-sud-" rel="directory"&gt;Loin d'Afrique (du nord au sud)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Guerres-+" rel="tag"&gt;Guerres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;mission trimestrielle cr&#233;&#233;e en 2002, &#171; Un &#338;il sur la plan&#232;te &#187; se pr&#233;sente (modestement&#8230;) comme &#171; le magazine g&#233;opolitique de la r&#233;daction de France 2 &#187;. Personnalis&#233;e par son pr&#233;sentateur &#8211; &#201;tienne Leenhardt &#8211;, elle d&#233;pend d'abord d'&#233;quipes de reportage qui r&#233;alisent, pour chaque &#233;mission, plusieurs sujets sur un pays d&#233;termin&#233;. C'est ainsi que les derni&#232;res &#233;missions ont &#233;t&#233; successivement consacr&#233;es &#224; la Pologne, au Qatar, &#224; la Birmanie et, &lt;a href=&#034;http://oeil-sur-la-planete.france2.fr/?page=emissions&amp;id_rubrique=114&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le 22 avril 2013, au Mali&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la d&#233;cision du gouvernement d'engager l'arm&#233;e fran&#231;aise contre les groupes islamistes qui contr&#244;laient le nord du Mali, ce pays s'invite r&#233;guli&#232;rement au centre de l'actualit&#233;. Ou plut&#244;t, le Mali appara&#238;t comme le d&#233;cor exotique d'op&#233;rations militaires o&#249; se joueraient le prestige international de la France, la capacit&#233; de son arm&#233;e &#224; intervenir sur un autre continent ou la stature de chef de guerre de Fran&#231;ois Hollande&#8230; De ce point de vue, la couverture de la premi&#232;re semaine de l'intervention fran&#231;aise avait &#233;t&#233;, du moins &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3982.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans les JT de TF1 que nous avions observ&#233;s, caricaturale&lt;/a&gt;. Or, si le journalisme de guerre, lorsque la France est engag&#233;e dans un conflit, est plus ou moins condamn&#233; &#224; n'&#234;tre qu'un journalisme d'accompagnement de l'arm&#233;e fran&#231;aise, on pourrait au moins attendre des m&#233;dias qu'ils informent correctement sur le contexte social, &#233;conomique et politique des pays concern&#233;s. Ce qui fut fait, beaucoup mieux qu'&#224; l'accoutum&#233;e, avec l'&#233;mission &#171; Un &#338;il sur la plan&#232;te &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Mali faut-il crier victoire ? &#187; : ce titre aux accents patriotiques laissait augurer le pire. Mais le pire fut largement &#233;vit&#233;, ne serait-ce que parce que ce titre r&#233;ducteur ne rend nullement compte de la diversit&#233; des cinq reportages propos&#233;s : si le magazine se penche bien sur les cons&#233;quences de l'intervention fran&#231;aise au Mali, son int&#233;r&#234;t repose surtout sur les informations qu'il apporte sur divers aspects d&#233;cisifs de la r&#233;alit&#233; malienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le premier reportage, &#171; Chroniques de Gao &#187;, montre la reprise de la ville aux djihadistes, les combats cons&#233;cutifs &#224; l'intrusion de combattants islamistes pendant les premi&#232;res semaines de pr&#233;sence fran&#231;aise sur place et le retour des habitants dans une ville que nombre d'entre eux avaient fuie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le deuxi&#232;me reportage, &#171; La bataille des Ifoghas &#187;, revient sur les op&#233;rations militaires en elles-m&#234;mes, et en l'occurrence sur la traque, dans le massif des Ifoghas, des combattants fuyant l'avanc&#233;e des forces fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le troisi&#232;me reportage, &#171; La question Touareg &#187;, s'efforce de rendre compte de la complexit&#233; de cette question en donnant largement la parole &#224; des repr&#233;sentants du Mouvement national de lib&#233;ration de l'Azawad (MNLA) et &#224; des civils, mais aussi &#224; un ancien ministre devenu patron de presse qui d&#233;fend des positions proches de celles des gouvernants de Bamako.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le reportage suivant, &#171; La mal&#233;diction de l'or &#187;, se penche sur la mis&#232;re des populations qui vivent aux alentours des grandes mines d'or exploit&#233;es par une multinationale australienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Enfin, le dernier reportage, &#171; Quel islam pour le Mali ? &#187;, pr&#233;sente les deux courants principaux, soufi et wahhabite, qui traversent l'islam malien contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si aucun r&#233;sum&#233; ne peut se substituer aux reportages eux-m&#234;mes, rien n'interdit de souligner d'ind&#233;niables faiblesses et de criantes impasses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Sur la forme d'abord. La mise en sc&#232;ne, en situation, du pr&#233;sentateur, destin&#233;e, sans doute, &#224; authentifier sa pr&#233;sence et son importance, n'&#233;vite pas de transformer les images de la mis&#232;re en clich&#233;s touristiques (par exemple avec le lancement du sujet sur les mines d'or r&#233;alis&#233; depuis un bidonville). Le ton des commentaires les apparente souvent &#224; une dramatisation&#8230; th&#233;&#226;trale. La mise en sc&#232;ne des combats &#224; Gao, avec infographie et musique angoissantes est superflue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Sur le fond surtout. Le reportage sur la bataille des Ifoghas n'apprend rien sur l'essentiel de &#171; la guerre &#187; telle qu'elle s'est d&#233;roul&#233;e dans les zones habit&#233;es dans les premi&#232;res semaines, et a surtout pour objectif de montrer des images spectaculaires, &#201;tienne Leenhardt pouvant se f&#233;liciter d'avoir &#171; &lt;i&gt;eu acc&#232;s &#224; toutes celles que l'arm&#233;e a accept&#233; de nous montrer&lt;/i&gt; &#187; (sic)&#8230; Le contexte &#8211; g&#233;opolitique, justement &#8211; de l'intervention fran&#231;aise et l'existence d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques fran&#231;ais dans le pays, comme la pr&#233;sence des principales mines d'approvisionnement de la France en uranium &#224; quelques centaines de kilom&#232;tres de Bamako sont &#224; peine &#233;voqu&#233;s ; la situation politique interne du Mali est pour l'essentiel &#233;lud&#233;e (malgr&#233; une int&#233;ressante rencontre avec un mouvement de citoyens agissant pour le &#171; &lt;i&gt;renouveau d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187;), de m&#234;me que les structures &#233;conomiques du pays ou que la situation sociale et sanitaire de la population. Quelques images et quelques phrases sur la corruption et la mis&#232;re (hormis celle qui r&#232;gne &#224; Gao) et c'est presque tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez dire que cette &#233;mission est discutable. Mais en un sens tr&#232;s pr&#233;cis : elle m&#233;rite d'&#234;tre discut&#233;e, alors que tant d'autres restent largement en dessous de toute discussion possible. En effet, malgr&#233; de troublantes lacunes, les reportages donnent &#224; voir et &#224; comprendre autre chose que ce qu'auraient apport&#233; les &#171; sujets &#187; b&#226;cl&#233;s des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, les reportages strictement sensationnalistes de tant d'autres &#233;missions, les savoirs pr&#233;tendument analytiques dispens&#233;s par des sp&#233;cialistes et les points de vue de pr&#233;tendus experts. Les reportages propos&#233;s par l'&#233;mission, &#233;quilibr&#233;s, donnant la parole aux int&#233;ress&#233;s, alternent le g&#233;n&#233;ral et le particulier, et permettent d'incarner les r&#233;alit&#233;s abord&#233;es et de leur donner une consistance autre, mais non moins importante, que de pseudo-discours savants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images elles m&#234;mes, quand elles ne c&#232;dent au go&#251;t du pittoresque et &#224; un esth&#233;tisme hors de propos, permettent de se figurer le pays, ses paysages, son urbanisme et le cadre de vie des populations, mais aussi, souvent, la dure r&#233;alit&#233; de leur d&#233;tresse et de leur d&#233;nuement. Qu'il s'agisse de combattants apparemment fanatis&#233;s, qui s'av&#232;rent souvent &#234;tre en r&#233;alit&#233; de pauvres h&#232;res affam&#233;s et ou des adolescents en &#233;tat de sid&#233;ration, ou encore qu'il s'agisse de la d&#233;f&#233;rence et de la ferveur des partisans d'un guide spirituel soufi, les images propos&#233;es, correctement contextualis&#233;es, rendent sensible ce qu'aucun discours rationnel ne peut restituer quand il se pr&#233;sente comme autosuffisant. Au commentaire de d&#233;livrer le sens de ces images et de faire appel &#224; l'intelligence ainsi soutenue des t&#233;l&#233;spectateurs, dans une &#233;mission de large audience et non dans un m&#233;dia sp&#233;cialis&#233; ou plus confidentiel et plus engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disant cela, notre objectif n'est pas de d&#233;cerner un grand prix &#224; l'&#233;quipe de ce magazine tr&#232;s in&#233;gal, ni de consacrer un chef d'&#339;uvre du journalisme documentaire ou du reportage d'investigation, mais de montrer qu'il est possible d'apporter des informations dans le cadre d'&#233;missions et de m&#233;dias &#171; grand public &#187;. Ce qui est suffisamment rare pour &#234;tre soulign&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre journalisme est donc possible pour peu qu'il s'en donne et qu'on lui en donne les moyens. La preuve ? Il arrive que, aussi discutable et imparfait soit-il, il existe d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blaise Magnin, Henri Maler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guerre au Mali : les JT de TF1 en premi&#232;re semaine</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Guerre-au-Mali-les-JT-de-TF1-en-premiere-semaine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Guerre-au-Mali-les-JT-de-TF1-en-premiere-semaine</guid>
		<dc:date>2013-01-23T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Blaise Magnin, Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>TF1</dc:subject>
		<dc:subject>Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Envoy&#233; sp&#233;cial</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;rifications / recoupements</dc:subject>
		<dc:subject>Sources</dc:subject>
		<dc:subject>Guerres</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Journalisme d'accompagnement, journalisme de remplissage.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Envoye-special-+" rel="tag"&gt;Envoy&#233; sp&#233;cial&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Verifications-recoupements-+" rel="tag"&gt;V&#233;rifications / recoupements&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sources-+" rel="tag"&gt;Sources&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Guerres-+" rel="tag"&gt;Guerres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 11 janvier 2013 marque le d&#233;but de l'intervention militaire fran&#231;aise au Mali. Guerre de lib&#233;ration ou guerre imp&#233;riale, voire imp&#233;rialiste ? La seconde hypoth&#232;se ne sera m&#234;me pas envisag&#233;e dans les grands m&#233;dias. Guerre de la communaut&#233; internationale ou guerre de la Fran&#231;afrique ? La question sera &#224; peine effleur&#233;e dans les d&#233;bats abrit&#233;s par les grands m&#233;dias. Guerre ajust&#233;e &#224; la lutte contre des fanatiques arm&#233;s, ou guerre contre-productive, ne serait-ce que de ce point de vue ? Notre propos ici n'est pas de prendre position. Mais d'examiner si les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, ceux de TF1 en l'occurrence, ont livr&#233; pendant la premi&#232;re semaine les informations n&#233;cessaires &#224; une compr&#233;hension du conflit : les op&#233;rations militaires, les contextes malien et sah&#233;lien, le cadre g&#233;opolitique, etc. La r&#233;ponse est s&#232;che : il n'en est rien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre le 11 et le 18 janvier, dans les JT de TF1, le journalisme d'information est rest&#233;, bon gr&#233; mal gr&#233;, un journalisme d'accompagnement, et ce, non seulement parce qu'il a tenu pour acquis que la guerre &#233;tait l&#233;gitime, mais plus prosa&#239;quement parce qu'il a suivi le d&#233;ploiement d'une arm&#233;e qui interdit tout acc&#232;s aux zones de combat et d&#233;livre plus que chichement des &#233;l&#233;ments sur les op&#233;rations qu'elle m&#232;ne. Ce journalisme est rest&#233; un journalisme de remplissage qui, &#224; d&#233;faut d'informations et d'enqu&#234;tes v&#233;ritables, &#171; fabrique &#187; de &#171; l'information &#187; : une &#171; information &#187; &#224; la fois pauvre, r&#233;p&#233;titive, impr&#233;cise, voire contradictoire, calqu&#233;e sur la communication gouvernementale, et comme telle, &#171; patriotique &#187;. Du remplissage d'antenne teint&#233; de propagande en quelque sorte. Mais le journalisme de JT, par temps de guerre, peut-il proposer autre chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Un journalisme d'accompagnement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1)&lt;/strong&gt; Pris de court par une op&#233;ration militaire que rien n'annon&#231;ait jusque-l&#224;, les journalistes de TF1, pendant les deux premiers jours, adoptent la pr&#233;sentation des &#233;v&#232;nements qu'en donnent les autorit&#233;s fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 12 janvier, Claire Chazal ne se soucie gu&#232;re de mettre en question les &#233;l&#233;ments d'explication fournis par l'&#233;tat-major et le gouvernement : &#171; &lt;i&gt;de nombreux groupes terroristes sont d&#233;ploy&#233;s en Afrique et dans le nord du Mali, on l'a vu &#224; l'instant. &lt;strong&gt;Ces groupes proches d'Al Qaeda gagnent du terrain, d'o&#249; l'op&#233;ration de la France&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;la France a r&#233;pondu &#224; la demande des autorit&#233;s de Bamako&lt;/strong&gt;, elle a donc lanc&#233; l'op&#233;ration baptis&#233;e Serval, elle &lt;strong&gt;sera d'ailleurs rejointe d&#232;s demain par d'autres pays africains&lt;/strong&gt; &#187;, &#171; &lt;strong&gt;l'engagement en vertu des r&#233;solutions des Nations unies&lt;/strong&gt; se fait par voie a&#233;rienne et terrestre &lt;strong&gt;au c&#244;t&#233; des forces maliennes&lt;/strong&gt; pour contrer l'avanc&#233;e des islamistes &lt;/i&gt; &#187;. L'absolue n&#233;cessit&#233; de l'engagement fran&#231;ais, son opportunit&#233;, sa l&#233;gitimit&#233; et sa l&#233;galit&#233; internationales sont donc pr&#233;sent&#233;es comme indiscutables et ne seront d'ailleurs jamais discut&#233;es, du moins pendant la premi&#232;re semaine de la guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le 20h du 13 janvier, la contribution d'autres forces &#224; l'intervention fran&#231;aise est pr&#233;sent&#233;e comme d'ores et d&#233;j&#224; acquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Selon Claire Chazal : &#171; &lt;i&gt;550 militaires fran&#231;ais d&#233;j&#224; pr&#233;sents, d'autres unit&#233;s des forces sp&#233;ciales devraient les rejoindre rapidement, de m&#234;me que des soldats africains du Nig&#233;ria et du Togo ; les &#201;tats-Unis et la Grande-Bretagne ont, eux, annonc&#233; leur soutien technique et mat&#233;riel alors que l'Alg&#233;rie a autoris&#233; le survol de son territoire par les avions fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- De son c&#244;t&#233;, Patricia All&#233;moni&#232;re, en direct depuis Bamako a du mal &#224; cacher son enthousiasme devant le leadership fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;Des forces africaines devraient compl&#233;ter le dispositif, des soldats venus du S&#233;n&#233;gal, du B&#233;nin, du Niger, du Nig&#233;ria sont attendus sur place, les premiers &#233;l&#233;ments sont d&#233;j&#224; arriv&#233;s ici. &lt;strong&gt;En fait l'offensive islamiste a permis quelque chose qui paraissait impensable il y a encore une semaine : mobiliser la communaut&#233; internationale derri&#232;re la France pour d&#233;loger les djihadistes du nord Mali&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Quant &#224; Michel Scott, grand reporter au service &#233;tranger, il joue en plateau le r&#244;le de &#171; l'expert &#187;, et son optimisme sur la suite des op&#233;rations fait plaisir &#224; entendre, m&#234;me s'il met quelques b&#233;mols sur l'imminence de l'arriv&#233;e des renforts africains : &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;la puissance de feu a&#233;rienne qui a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e ces derni&#232;res heures&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; &lt;strong&gt;va ouvrir un boulevard aux forces maliennes&lt;/strong&gt; pour reconqu&#233;rir ces trois grandes villes du nord du Mali, &lt;strong&gt;&#224; charge pour elles de se lancer dans cette reconqu&#234;te avec l'aide pays amis&lt;/strong&gt;, de pays africains, &lt;strong&gt;mais &#231;a ce n'est peut-&#234;tre pas pour tout de suite&#8230;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe en l'occurrence que ces pr&#233;visions soient ou non ult&#233;rieurement v&#233;rifi&#233;es : ce qui fait probl&#232;me c'est qu'elles reposent exclusivement sur la communication gouvernementale qu'elles &#233;pousent sans le dire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Jusqu'au moment o&#249;, le 15 janvier, sur cette d&#233;licate question du soutien international, le commentaire s'abrite derri&#232;re les propos du pr&#233;sident fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;avec le soutien des pays africains et celui des europ&#233;ens&lt;/strong&gt;, Fran&#231;ois Hollande se dit confiant dans les capacit&#233;s des forces fran&#231;aises &#224; agir rapidement&lt;/i&gt; &#187;. Or, le 16, les renforts africains pourtant annonc&#233;s depuis trois jours sur TF1 se font toujours attendre et leur arriv&#233;e est encore repouss&#233;e : &#171; &lt;i&gt;la force ouest-africaine qui doit prendre le relais de des forces fran&#231;aises acc&#233;l&#232;re sa mise en place, &lt;strong&gt;les premiers &#233;l&#233;ments de cette force de 3300 hommes sont attendus au Mali dans 48h&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel cr&#233;dit peut-on accorder &#224; des pr&#233;visions toujours report&#233;es et pr&#233;sent&#233;es sans grande prudence ? Des informations floues qui minent la cr&#233;dibilit&#233; des autres informations. Et cela d'autant plus que ces reports successifs semblent subitement saper le moral et la confiance des journalistes de TF1 qui s'impatientent du peu d'&#233;volutions sur le terrain et s'inqui&#232;tent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, le 14 janvier, le pr&#233;sentateur du 20h, Gilles Bouleau, s'&#233;tait rendu compte que &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;ce n'est pas une simple op&#233;ration de police mais bien une guerre &lt;/strong&gt;qui se d&#233;roule &#224; 4000 km de Paris&lt;/i&gt; &#187; ; le 17 janvier, il pouvait donc annoncer, avec gravit&#233;, le &#171; &lt;i&gt;7e jour de guerre, &lt;strong&gt;une guerre d'usure&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, tandis que Patricia All&#233;moni&#232;re, si enthousiaste et confiante quatre jours auparavant poussait ce cri d'alarme : &#171; &lt;i&gt;Enfin ce qu'il faut voir au-del&#224; de toutes ces informations Gilles, ce qui compte le plus ce soir, c'est que ces djihadistes, ces islamistes arm&#233;s, sont d&#233;cid&#233;s &#224; se battre jusqu'au bout, &lt;strong&gt;la partie ne sera pas facile, la France ce soir est bien seule et elle a besoin de renforts&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2)&lt;/strong&gt; En cinq jours, l'intervention militaire de la France en compagnie d'alli&#233;s d&#233;j&#224; mobilis&#233;s est donc devenue un &#226;pre conflit dans lequel l'arm&#233;e fran&#231;aise s'est engag&#233;e seule ou presque, au moins du point de vue militaire&#8230; Le climat d'attente qui a &#233;t&#233; entretenu aux c&#244;t&#233;s de &#171; nos &#187; soldats, appesanti par les quelques doutes qui pointent dans les 20h des 17 et 18 janvier sur les difficult&#233;s de cette guerre et le d&#233;ficit de soutien militaire d'autres pays a laiss&#233; en suspens bien d'autres questions, autrement d&#233;cisives&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'empressement des journalistes &#224; se porter au c&#244;t&#233; de l'arm&#233;e fran&#231;aise, &#224; grand renfort d'informations hasardeuses, a interdit, du moins provisoirement et dans les JT, non seulement de s'interroger sur la nature de cette guerre, mais plus simplement de fournir des informations qui permettent de r&#233;pondre &#224; ces interrogations : l'avanc&#233;e des &#171; groupes terroristes &#187; sur le territoire malien justifiait-elle l'empressement de la France &#224; intervenir ? quelle forme a pris la sollicitation des autorit&#233;s de Bamako ? que dit exactement la r&#233;solution de l'ONU sur la base de laquelle l'arm&#233;e fran&#231;aise pr&#233;tend intervenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t quasi exclusif port&#233; au d&#233;ploiement militaire de &#171; nos &#187; soldats et de ceux qui devaient les rejoindre a &#233;vacu&#233;, du moins des JT de TF1, toute information sur la situation politique au Mali (instable depuis plusieurs ann&#233;es, secou&#233; r&#233;cemment par un coup d'&#201;tat et dirig&#233; par un pr&#233;sident de transition). Comment dans ces conditions se faire la moindre id&#233;e sur l'opportunit&#233; et l'efficacit&#233; d'un engagement de longue dur&#233;e de la France dans son ex-colonie, comme sur les significations politiques qu'il pourrait rev&#234;tir ? Comme s'il allait de soi que nous n'avions pas affaire &#224; une nouvelle version de la &#171; Fran&#231;afrique &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand des bribes d'informations sur cette situation politique sont mentionn&#233;es, elles sont rendues incompr&#233;hensibles. Ainsi, dans le 20h du 14 janvier deux &#171; analyses &#187; tout &#224; fait contradictoires se succ&#232;dent en quelques minutes. Une premi&#232;re envoy&#233;e sp&#233;ciale d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;Tout aussi inqui&#233;tant et c'est des Maliens qui nous l'ont dit, eh bien &lt;strong&gt;c'est le vide du pouvoir&lt;/strong&gt;, ils ont l'impression que leur pays n'est plus dirig&#233;, qu'il va &#224; la d&#233;rive&lt;/i&gt; &#187;. Cette inqui&#233;tude semble contredite par le reportage &#224; Bamako qui suit et dont le commentaire affirme que &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dioncouda Traor&#233; pr&#233;sident par int&#233;rim s'est mu&#233; en chef de guerre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;, ou qu'avec un &#171; &lt;i&gt;vocabulaire guerrier et conviction retrouv&#233;e, un vent de d&#233;termination et de patriotisme souffle sur le Mali&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'&#233;tat r&#233;el de l'arm&#233;e malienne reste une grande inconnue&#8230; Il est sans cesse rappel&#233; par les journalistes de TF1 que la France se contenterait de l'&#171; &lt;i&gt;appuyer&lt;/i&gt; &#187;, de se tenir &#171; &lt;i&gt;&#224; ses c&#244;t&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, mais aucun de ses officiers n'est jamais invit&#233; &#224; s'exprimer. Plus probl&#233;matique, Michel Scott, l'expert maison, ne semble pas pr&#234;ter &#224; cette arm&#233;e un grand r&#244;le dans les man&#339;uvres &#224; venir quand il affirme qu'&#171; &lt;i&gt;il va falloir &lt;strong&gt;aider les troupes africaines&lt;/strong&gt; &#224; lancer cette reconqu&#234;te&lt;/i&gt; &#187;. Par ailleurs, un reporter qui rencontre une unit&#233; &#224; un &lt;i&gt;check-point&lt;/i&gt; &#233;met des doutes sur ses capacit&#233;s op&#233;rationnelles : &#171; &lt;i&gt;ils affirment vouloir se battre mais il y a moins de 48h l'arm&#233;e malienne abandonnait aux djihadistes la ville de Diabali toute proche &#187;&lt;/i&gt; ; dans un autre reportage aupr&#232;s de quelques soldats tenant une position &#224; une trentaine de kilom&#232;tres du front, le commentaire moque &#171; &lt;i&gt;l'armement du lieutenant, les incontournables kalachnikov, une 14,5 de fabrication russe et&#8230; c'est tout&lt;/i&gt; &#187;, et ricane : alors que &#171; &lt;i&gt;tout semble calme eux ne le sont pas compl&#232;tement &#8230; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bauche de pr&#233;visions al&#233;atoires sur le d&#233;ploiement militaire et maigreur des informations pr&#233;cises sur le contexte politique : seul le l&#233;gitimisme patriotique y trouve son compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Un journalisme de remplissage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions d'opportunit&#233; et de l&#233;gitimit&#233; du conflit mises de c&#244;t&#233;, celles relatives au contexte local &#233;tant si peu et mal trait&#233;es qu'on eut pr&#233;f&#233;r&#233; qu'elles ne le soient pas du tout, les informations sur les op&#233;rations proprement militaires et leurs bilans &#233;tant inaccessibles, que restait-il &#224; dire et &#224; montrer pour accorder &#224; cette guerre fran&#231;aise la place exceptionnellement large qu'elle m&#233;ritait dans le JT ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(1) Loin des combats -&lt;/strong&gt; D&#232;s le 12 janvier, une interview aussi inoubliable qu'indispensable &#171; &lt;i&gt;pour mieux comprendre d'o&#249; viennent certains &#233;l&#233;ments de l'arm&#233;e fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187; mettait en sc&#232;ne Ludovic Romanis seul devant l'entr&#233;e de la base de Saint-Dizier, de nuit, sans qu'aucune activit&#233; soit perceptible&#8230; Ce dernier, apr&#232;s une enqu&#234;te et des d&#233;ductions audacieuses justifiait ainsi sa pr&#233;sence sur place et en direct : &lt;i&gt;&#171; La base connait une effervescence toute particuli&#232;re, des voitures arrivent en permanence, il y en a eu plus d'une centaine en moins de 3 heures, mais il y a eu aussi des convois militaires. Nous avons l'impression que cette base est plac&#233;e en pr&#233;-alerte&#8230; La France compte au total 111 rafale, 50 ici &#224; Saint-Dizier, d'autres bas&#233;s &#224; Mont-de-Marsan, donc s'il y a des renforts qui vont &#234;tre envoy&#233;s en Afrique, ils le seront fatalement d'une de ces deux bases fran&#231;aises &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, les journalistes de TF1 sont d&#233;j&#224; arriv&#233;s au Mali. Pr&#233;cisons imm&#233;diatement que ce ne sont ni leur courage, ni, du moins &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, leur volont&#233; d'informer qui sont ici en cause, mais l'incitation &#224; fournir des reportages sans avoir acc&#232;s &#224; d'autres sources que celles que les militaires leur conc&#232;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 janvier les journalistes de TF1 sont donc au Mali et rien ne nous est &#233;pargn&#233; des sc&#232;nes de d&#233;barquement, de v&#233;rification ou de rangement des &#233;quipements, des militaires se brossant les dents, mangeant dans des gamelles en fer blanc, ou se reposant en groupes &#224; l'ombre d'un hangar, des all&#233;es-venues des avions cargo, du r&#233;glage des canons des chars ou de la fixation des bombes sous les ailes des Mirage, avec au passage l'in&#233;vitable promotion du &lt;i&gt;made in France&lt;/i&gt; avec le &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;blind&#233; Sagaie, rapide et mall&#233;able&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;[sic] &lt;i&gt;dans le d&#233;sert&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Le 14 janvier, les reportages arrivent de Bamako comme celui qui montre, micro-trottoir &#224; l'appui, avec interview d'un vendeur de drapeaux ambulant et d'un passant, que &#171; &lt;i&gt;les drapeaux du pays et ceux de la France ont fait leur apparition dans la rue, ils pullulent sur les trottoirs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 janvier, enfin, Gilles Bouleau peut affirmer : &#171; &lt;i&gt;Une de nos &#233;quipes s'est approch&#233;e de cette ligne de front, l&#224; o&#249; les forces sp&#233;ciales fran&#231;aises et les rebelles islamistes s'affrontent&lt;/i&gt; &#187;. Le reportage qui suit fait monter la tension d'un cran : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes en zone rouge interdite, les &lt;i&gt;check-point&lt;/i&gt; se succ&#232;dent, les autorisations donn&#233;es par les autorit&#233;s ne suffisent pas, nous sommes escort&#233;s aupr&#232;s du commandant de zone&lt;/i&gt; &#187;. Apr&#232;s avoir repris la route, les journalistes rencontreront les m&#234;mes difficult&#233;s avec leurs accr&#233;ditations dans une autre localit&#233;, et termineront leur reportage en &#233;tant parvenus &#224; &#171; &lt;i&gt;voler ces quelques images ; &lt;strong&gt;interdit de filmer les militaires, l'heure est &#224; la contre-offensive&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois jours plus tard, dans le 20h du 18 janvier, nouveau reportage qui n'apprend rien d'autre que les tribulations des &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;premiers journalistes fran&#231;ais sur place&lt;/strong&gt;, non loin des combats&lt;/i&gt; &#187;, cette fois &#224; Mopti, que Patricia All&#233;moni&#232;re a rejoint en passant par &#171; &lt;i&gt;une route quasi d&#233;serte que nous avons d&#251; emprunter et sur pr&#232;s de &lt;strong&gt;400 km nous n'avons crois&#233; aucun, aucun camion&lt;/strong&gt;. Il nous a fallu montrer patte blanche aux nombreux gendarmes et militaires nerveux qui gardaient les barrages que nous avons finalement franchis. Chaque fois nous avons d&#251; parlementer&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Mopti c'est aussi sa base a&#233;rienne o&#249; sont bas&#233;es les forces sp&#233;ciales fran&#231;aises qui partent combattre les djihadistes. Mais &lt;strong&gt;cette base nous est ce soir totalement ferm&#233;e&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 janvier, m&#234;me sc&#233;nario : les reporters du 20h remontent jusqu'&#224; &#171; &lt;i&gt;la ville strat&#233;gique de Markala &#224; 250 km au nord de Bamako&lt;/i&gt; &#187; avec une colonne de blind&#233;s fran&#231;ais. Apr&#232;s quelques images de la route de nuit, on aper&#231;oit &#171; au petit matin &#187; le pont que les militaires fran&#231;ais doivent tenir. On y apprend que &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;l'ennemi restera invisible et lointain, les Fran&#231;ais statiques et pr&#234;ts &#224; r&#233;agir&lt;/strong&gt;, au soulagement de la population. Officiellement, seules les forces du COS, le commandement des op&#233;rations sp&#233;ciales, combattent au sol, celles pr&#233;cis&#233;ment dont le minist&#232;re de la D&#233;fense refuse syst&#233;matiquement de parler&lt;/i&gt; &#187;, et l'envoy&#233; sp&#233;cial pr&#233;cise m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;Ces commandos rayonnent pourtant &#224; partir de cette caserne, &lt;strong&gt;nous pouvons m&#234;me les croiser sans avoir bien s&#251;r le droit de les filmer&lt;/strong&gt; ; je peux juste vous dire gr&#226;ce &#224; une indiscr&#233;tion radio qu'ils sont une quarantaine vraisemblablement avec une dizaine de v&#233;hicules, cela sans compter &#233;videmment les autres &#233;quipes qui op&#232;rent dans le reste de l'immensit&#233; malienne&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 janvier encore, c'est &#224; Diabali, &#224; 30 km de &#171; &lt;i&gt;la ligne de front&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;donc tr&#232;s pr&#232;s&lt;/i&gt; &#187;, que l'envoy&#233;e sp&#233;ciale de TF1 a &#171; &lt;i&gt;vu beaucoup de forces sp&#233;ciales fran&#231;aises, elles &#233;taient dans cette localit&#233;, elles travaillaient avec l'arm&#233;e malienne, mais &lt;strong&gt;comme vous pouvez l'imaginer elles ne nous ont pas fait de confidences, surtout &#224; des journalistes&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(2) Sans images&lt;/strong&gt; - S'ils n'apprennent rien sur la r&#233;alit&#233; de la situation dans les zones o&#249; ont lieu les combats, et bien peu de choses sur les cons&#233;quences du conflit dans le reste du Mali, ces reportages ont l'immense m&#233;rite d'avoir permis &#224; TF1 de se constituer, &#224; partir du 16 janvier, un stock d'images &#171; fra&#238;ches &#187; &#8211; quitte &#224; en faire un usage pour le moins&#8230; discutable : ainsi des plans du pont de Markala qui, dans le 20h du 17 janvier, servirent d'illustration pendant l'interview de Patricia All&#233;moni&#232;re, intervenant en direct de&#8230; S&#233;gou !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le 12 et le 16 janvier, la p&#233;nurie d'images originales &#233;tait telle que les m&#234;mes images d'archives ont illustr&#233;, en boucle, les comptes rendus des op&#233;rations militaires &#8211; lesquels relayaient les d&#233;clarations souvent vagues de l'&#233;tat-major ou du ministre de la D&#233;fense fran&#231;ais &#8211; : des officiers autour de cartes &#224; l'&#233;tat-major de l'arm&#233;e de l'air, les d&#233;collages et les atterrissages, de pr&#233;f&#233;rence de nuit, d'avions de chasse, des Mirage en vol au-dessus d'un paysage d&#233;sertique, des h&#233;licopt&#232;res de combat, &#224; peine visibles, tr&#232;s haut dans le ciel alors &#171; &lt;i&gt;qu'ils partent ou reviennent des combats&lt;/i&gt; &#187;, les rues de Gao et son gouvernorat, des pick-up arm&#233;s de mitrailleuses lourdes et arborant un drapeau noir attribu&#233; aux islamistes, des hommes ayant l'allure de Touaregs portant des kalachnikov et pr&#233;sent&#233;s comme des djihadistes, un homme fouett&#233; par de suppos&#233;s islamistes, ou encore deux des chefs des groupes qui contr&#244;leraient le nord du Mali, Abou Zeid &#171; &lt;i&gt;l'&#233;mir d'Aqmi&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;celui que l'on surnomme le barbu rouge&lt;/i&gt; &#187;. Aucune de ces images n'&#233;taient dat&#233;es et sourc&#233;es&#8230; Mais elles avaient au moins le m&#233;rite d'agr&#233;menter un recours massif &#224; l'infographie qui pr&#233;tendait rendre compte des man&#339;uvres militaires en faisant appara&#238;tre des symboles d'explosion sur des cartes satellite du Mali&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L337xH211/carte-explosion_dim-d17e3.jpg?1776619006' width='337' height='211' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autre cons&#233;quence de la volont&#233; de remplir l'&#233;cran quand les images et surtout les informations font d&#233;faut : le recours &#224; des sources sinon farfelues, du moins inv&#233;rifiables et soustraites &#224; toute tentative de recoupement... Ainsi, le 16 janvier, c'est un site internet mauritanien dont on ne dit rien au t&#233;l&#233;spectateur et dont les pages, en arabe, d&#233;filent &#224; l'&#233;cran, qui est cit&#233; pour mettre en doute les d&#233;clarations de l'arm&#233;e malienne selon lesquelles la ville de Konna &#233;tait reprise. Et les reporters en sont r&#233;duits, pour les JT du 16 et du 18 janvier, &#224; s'en remettre &#224; un chauffeur de bus &#171; &lt;i&gt;habitu&#233; &#224; faire la route depuis Gao&lt;/i&gt; &#187; ou encore au directeur de la radio de Markala &#171; &lt;i&gt;qui a de la famille dans le nord&lt;/i&gt; &#187; pour glaner quelques maigres informations de premi&#232;re main sur la situation qui pr&#233;vaut dans la zone o&#249; se d&#233;roulent les combats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(3) En guise de contexte ? - &lt;/strong&gt;On le voit, les &#233;quipes de journalistes de TF1 disposent d'un vrai savoir-faire pour produire de &#171; l'information &#187;, si peu informative soit-elle, &#224; partir de&#8230; pas grand-chose ! Pourtant, m&#234;me ces exp&#233;dients &#224; partir d'images d'archives, de micros-trottoirs &#224; Bamako ou dans la communaut&#233; malienne de Montreuil et de reportages dans des r&#233;gions du Mali o&#249; il ne se passe rien en rapport avec la guerre, ont aussi leurs limites. C'est alors en France que les limiers du 20h trouvent leur salut, quitte &#224; s'&#233;loigner encore un peu plus de l'objectif d'informer les t&#233;l&#233;spectateurs sur le d&#233;roulement de cette guerre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutant une pinc&#233;e de voyeurisme et de drame humain dans les JT, les angoisses des familles des sept otages d&#233;tenus depuis de longs mois dans le nord du Mali offrent un sujet facile&#8230; C'est ainsi que le 12 janvier, puis &#224; nouveau le 18, la d&#233;tresse et les espoirs de diff&#233;rents proches des otages &#233;taient complaisamment expos&#233;s et qu'&#233;taient diffus&#233;s, puis rediffus&#233;s, des extraits d'un entretien avec Pierre Camatte, enlev&#233; au Mali et d&#233;tenu par Aqmi entre novembre 2009 et f&#233;vrier 2010. Pour parachever le tout, le 15 janvier, Michel Scott qui, selon le pr&#233;sentateur conna&#238;t &#171; &lt;i&gt;le Mali et&lt;/i&gt; [conna&#238;t] &lt;i&gt;les coulisses de cette guerre&lt;/i&gt; &#187;, venait expliquer que pour les otages &#171; &lt;i&gt;le risque est l&#224; et il est &#233;vident &lt;/i&gt; &#187;, mais que &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;l'intervention fran&#231;aise au Mali peut avoir toutes sortes de cons&#233;quences pour les otages&lt;/strong&gt; y compris les meilleures&lt;/i&gt; &#187;. Avec de telles analyses, les risques d'&#234;tre d&#233;mentis sont faibles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il aurait &#233;t&#233; dommage de ne pas profiter d'un tel contexte pour entretenir la crainte de l'islamisme radical et du terrorisme en France, le 20h du 15 janvier gratifie ses spectateurs d'un sujet annonc&#233; ainsi : &#171; &lt;i&gt;les djihadistes du Mali disent vouloir frapper le c&#339;ur de la France, faut-il prendre cette menace au s&#233;rieux, Pierre Baretti et Laure Debreuil &lt;strong&gt;ont enqu&#234;t&#233;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; et qui traite du cas&#8230; d'un Tunisien arr&#234;t&#233; en juillet 2012 parce qu'il administrait un site Internet djihadiste ! En prime, pour qui n'aurait jamais vu un webmaster d'Al Qaeda au travail, TF1 proposait cette reconstitution &#233;poustouflante en images de synth&#232;se &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L353xH215/jeu_video_internaute_al_qaeda_dim-6402b.jpg?1776619006' width='353' height='215' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(4) Au premier plan -&lt;/strong&gt; Enfin, &lt;i&gt;last but not least&lt;/i&gt;, c'est la mue de Fran&#231;ois Hollande au cours de ces quelques jours qui retient l'attention des journalistes de TF1 &#8211; comme de toute la profession d'ailleurs&#8230; La magie de la guerre aurait ainsi transform&#233; un pr&#233;sident ind&#233;cis et inconstant en homme d'&#201;tat assum&#233; et intransigeant ! La transformation aurait commenc&#233; le 15 janvier lorsqu'en visite sur une base militaire d'Abu Dhabi, Fran&#231;ois Hollande se pr&#233;sente &#171; &lt;i&gt;dans les habits du chef de guerre&lt;/i&gt; &#187; et qu'&#171; &lt;i&gt;en chef des arm&#233;es il ne m&#226;che pas ses mots&lt;/i&gt; &#187;. &#192; tel point que le journaliste se demande : &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;ce bapt&#234;me du feu a-t-il chang&#233; Fran&#231;ois Hollande&lt;/strong&gt;, lui &#224; qui certains ont reproch&#233; de ne pas savoir trancher ?&lt;/i&gt; &#187;. Et d&#232;s le lendemain, le doute n'est plus permis. Christophe Jakubyszyn, en charge du service politique de TF1 et LCI, invit&#233; en plateau pour l'occasion l'affirme : &#171; &lt;i&gt;il assume et il tranche, &lt;strong&gt;les Fran&#231;ais donc d&#233;couvrent &#224; cette occasion depuis quelques jours un nouveau pr&#233;sident&lt;/strong&gt;, excusez-moi encore d'utiliser une expression militaire, &lt;strong&gt;droit dans ses bottes&lt;/strong&gt;, comme si la gravit&#233; de la situation militaire lui avait fait tout d'un coup accepter d'endosser ce costume de pr&#233;sident qu'il semblait jusqu'&#224; pr&#233;sent, parfois, rechigner &#224; endosser&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Fran&#231;ois Hollande aime toujours la discussion, le d&#233;bat, le compromis, mais on le d&#233;couvre aujourd'hui, &lt;strong&gt;il aime aussi trancher quand il y est accul&#233;, quand il n'a pas le choix finalement et apparemment son bras dans ces cas-l&#224; ne tremble pas&lt;/strong&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que d'informer modestement sur les difficult&#233;s, voire l'impossibilit&#233; d'informer sur la dimension militaire de l'intervention fran&#231;aise au Mali, TF1 a donc pr&#233;f&#233;r&#233; pendant toute une semaine faire comme si elle &#233;tait en position de fournir une information de premi&#232;re main, fiable et de nature &#224; &#233;clairer sur le d&#233;roulement des op&#233;rations en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;plorant &#224; plusieurs reprises de couvrir &#171; &lt;i&gt;une guerre sans images&lt;/i&gt; &#187;, les journalistes ne se sont jamais attard&#233;s sur l'absence d'informations, pourtant autrement plus g&#234;nante pour l'exercice de leur m&#233;tier&#8230; D&#233;pendants des sources militaires et gouvernementales fran&#231;aises, ils ont &#224; peine questionn&#233; le r&#233;cit qu'elles leur faisaient des modalit&#233;s politiques, juridiques et internationales de l'entr&#233;e en guerre de la France. Pour combler l'absence d'images r&#233;centes, ils ont utilis&#233; des images de propagande de l'arm&#233;e fran&#231;aise et fait tourner pendant plusieurs jours des montages d'archives cens&#233;s agr&#233;menter un recours massif &#224; une infographie n'apportant rien au propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envoyant de nombreux journalistes &#171; sur le terrain &#187;, TF1 les condamnait d'avance &#224; produire des reportages qui, marchant sur les traces des militaires fran&#231;ais, puis maliens (sans pouvoir, et pour cause, placer leurs cam&#233;ras du c&#244;t&#233; des fanatiques d'en face), ne diraient des op&#233;rations militaires que ce que l'arm&#233;e leur laisse dire et voir apr&#232;s coup. Pourtant, au lieu d'en profiter pour enqu&#234;ter sur la soci&#233;t&#233; malienne, sur ses structures, son &#233;conomie, son histoire r&#233;cente et ses difficult&#233;s, ils sillonn&#232;rent les r&#233;gions dans lesquelles ils &#233;taient &#224; peu pr&#232;s libres de se d&#233;placer, cherchant le &#171; scoop &#187; au plus pr&#232;s d'un front qu'ils ne pouvaient pas m&#234;me approcher. Ils ne feront que croiser quelques pick-up de soldats maliens en armes, quelques blind&#233;s fran&#231;ais et des membres des forces sp&#233;ciales qu'ils ne pouvaient ni filmer, ni interroger&#8230; Mais en contrepartie, ils ram&#232;neront quelques images pittoresques de diverses localit&#233;s, des sc&#232;nes de rue de Bamako, et des plans de soldats fran&#231;ais &#171; sur zone &#187; utilisables dans les JT suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant et si bien qu'un t&#233;l&#233;spectateur qui aurait cherch&#233; &#224; s'informer sur cette guerre au Mali en se contentant de suivre les JT de TF1 n'en saurait presque rien&#8230; Pas m&#234;me que les journalistes qui, depuis Paris comme depuis le Mali, pr&#233;tendent l'informer, ont toutes les peines du monde &#224; collecter les maigres informations qu'on lui livre !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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