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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Les m&#233;dias fran&#231;ais et la CIJ : quand l'absence devient un choix &#233;ditorial</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-medias-francais-et-la-CIJ-quand-l-absence</link>
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		<dc:date>2025-06-23T16:08:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amina Kalache</dc:creator>


		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Droit international</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un t&#233;moignage de la journaliste Amina Kalache.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2023-Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-" rel="directory"&gt;2023-... : Isra&#235;l-Palestine, le 7 octobre et apr&#232;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Palestine-+" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Droit-international-+" rel="tag"&gt;Droit international&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH100/cij_logo-e8fd0.jpg?1776737279' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Amina Kalache est journaliste ind&#233;pendante. Pour Le M&#233;dia, elle couvre r&#233;guli&#232;rement les mobilisations en soutien du peuple palestinien et anime des entretiens. Tout r&#233;cemment, elle a par exemple organis&#233; &lt;a href=&#034;https://www.lemediatv.fr/emissions/2025/500-morts-en-72h-gaza-massacree-et-affamee-la-france-silencieuse-mKNMKJK5TOaIiqBDXZnGmg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la table ronde &#171; 500 morts en 72h : Gaza massacr&#233;e et affam&#233;e, la France silencieuse &#187;&lt;/a&gt; (20/05), qui r&#233;unissait Jean-Francois Corty, pr&#233;sident de M&#233;decins du Monde, Christophe Oberlin, chirurgien fran&#231;ais, Khadija Toufik, reporter en Cisjordanie et Rafa&#235;lle Maison, professeure en droit international. Elle nous livre ici un t&#233;moignage sur la d&#233;sertion m&#233;diatique des audiences de la Cour internationale de justice consacr&#233;es &#224; la question palestinienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le grand hall de la Cour internationale de justice &#233;tait silencieux, solennel. En cette derni&#232;re semaine du mois d'avril 2025, on y plaidait l'impensable : la famine utilis&#233;e comme arme de guerre &#224; Gaza, la destruction m&#233;thodique du peuple palestinien, des actes de g&#233;nocide pr&#233;sum&#233;s. L'ONU, via sa rapporteuse sp&#233;ciale Francesca Albanese, a estim&#233; qu'il existait des &#171; motifs raisonnables &#187; de croire &#224; la mat&#233;rialit&#233; de plusieurs actes entrant dans cette qualification. Face aux juges de La Haye, l'Afrique du Sud, la Malaisie, l'Irlande, le Qatar ou encore la France se sont exprim&#233;s sur les souffrances d'une population enferm&#233;e, bombard&#233;e et affam&#233;e. Et pourtant, la presse francophone n'&#233;tait pas pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une justice sans t&#233;moins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Peu de micros, peu de cam&#233;ras. Comme si cet &#233;v&#233;nement n'&#233;tait pas digne d'&#234;tre racont&#233;. Les audiences ont certes &#233;t&#233; requises dans l'urgence. Mais le sujet &#233;tait de taille : l'&#233;crasement de tout un syst&#232;me humanitaire, notamment au travers du cas de l'UNRWA. L'agence onusienne, cr&#233;&#233;e en 1949, est le principal pilier humanitaire pour les r&#233;fugi&#233;s palestiniens, fournissant &#233;ducation, soins de sant&#233; et aide alimentaire &#224; environ 5,9 millions de personnes. En octobre 2024, le Parlement isra&#233;lien a adopt&#233; deux lois interdisant ses activit&#233;s dans les territoires palestiniens occup&#233;s, aggravant notamment l'acc&#232;s &#224; l'aide vitale &#224; Gaza. Une d&#233;cision qualifi&#233;e de &#171; catastrophe humanitaire &#187; par de nombreuses ONG, mais aussi lors de ces audiences anticip&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour couvrir cet &#233;v&#233;nement, des acteurs majeurs de la presse internationale &#233;taient pr&#233;sents, et en nombre, comme lors des premi&#232;res audiences &#224; La Haye en janvier et f&#233;vrier 2024 : Al Jazeera, Middle East Eye, &lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt;, Al Araby ou encore &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt;. Mais de France, presque rien, en dehors d'une correspondante pour l'AFP et &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;. J'&#233;tais seule. Par cons&#233;quent, ces actualit&#233;s d&#233;cisives pour le droit international et la m&#233;moire collective ont &#233;t&#233; tr&#232;s peu relay&#233;es dans les m&#233;dias fran&#231;ais. &#192; Paris, les r&#233;dactions ont regard&#233; ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce refus de rendre compte d'un proc&#232;s qui interroge jusqu'au c&#339;ur de notre humanit&#233; ? Ce n'est pas un oubli. C'est un choix. Comme en janvier 2024, une justice rendue sans cam&#233;ras devient, dans le d&#233;bat public fran&#231;ais, une justice sans regard, sans d&#233;bat, sans m&#233;moire nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;sint&#233;r&#234;t n'est pas une nouveaut&#233;. Au cours des dix-neuf derniers mois, la couverture m&#233;diatique de Gaza &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Cisjordanie-grande-oubliee-des-medias&#034;&gt;mais aussi de la Cisjordanie&lt;/a&gt; &#8211; a &#233;t&#233; partielle, lointaine, voire restreinte au minimum. Selon des donn&#233;es agr&#233;g&#233;es par les observatoires ind&#233;pendants comme Acrimed ou Arr&#234;t sur images, les grandes audiences internationales sur Gaza, qu'elles soient judiciaires, diplomatiques ou humanitaires, ont tr&#232;s rarement fait la Une. M&#234;me chose sur le terrain. Les correspondants &#224; Rafah ou en Cisjordanie ne sont pas ou peu sollicit&#233;s par les grands m&#233;dias fran&#231;ais. Ce d&#233;s&#233;quilibre ne s'explique pas uniquement par un manque de moyens ou de comp&#233;tences : il r&#233;v&#232;le des priorit&#233;s, une hi&#233;rarchisation de l'information et une g&#234;ne croissante &#224; couvrir frontalement ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'autojustification des r&#233;dactions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Pourquoi les m&#233;dias mainstream fran&#231;ais, dans leur grande majorit&#233;, ont-ils d&#233;tourn&#233; le regard alors que la justice internationale s'interrogeait sur la possibilit&#233; d'un g&#233;nocide en cours &#224; Gaza ? En coulisse, les r&#233;dactions invoquent g&#233;n&#233;ralement trois raisons : la temporalit&#233; peu m&#233;diatique du droit international, la peur des controverses et le manque de moyens. Mais &#224; bien y regarder, ces arguments ne suffisent pas &#224; expliquer ce silence&#8230; et encore moins &#224; l'excuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re : le temps long de la justice contre le temps court de l'information. Les proc&#233;dures devant la CIJ, nous dit-on, s'inscrivent dans un calendrier lent, sans &#171; images-chocs &#187; ; le droit international n'a pas le rythme de l'information continue : il produit des audiences, des rapports, des ordonnances mais rarement du &#171; buzz &#187; ou des &#171; scoops &#187;. Habitu&#233;s &#224; r&#233;agir &#224; l'instant, &#224; calibrer leurs sujets pour l'audimat, les m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes seraient alors confront&#233;s &#224; des difficult&#233;s pour couvrir les audiences. Ces arguments confortent plut&#244;t ce qui rel&#232;ve de d&#233;cisions et de croyances parmi les chefferies &#233;ditoriales. Ils naturalisent des pratiques journalistiques et des formats impos&#233;s. Comment ne pas consid&#233;rer comme &#171; historique &#187; le fait qu'en janvier 2024, la plus haute juridiction internationale reconnaisse un risque de g&#233;nocide &#224; Gaza ? Contrairement aux t&#233;l&#233;visions fran&#231;aises, CNN, la BBC mais aussi Sky News ou encore Fox News avaient d'ailleurs bascul&#233; en &#171; &#233;dition sp&#233;ciale &#187; pour donner &#224; entendre le rendu de la CIJ. Par ailleurs, il n'est pas rare que les m&#233;dias fran&#231;ais d&#233;cident de retransmettre en direct des &#233;v&#233;nements ou des discours, &#233;manant du champ judiciaire ou politique par exemple, qu'ils jugent vraisemblablement d'&#171; int&#233;r&#234;t public &#187;. &#192; tous &#233;gards, leur d&#233;sint&#233;r&#234;t &#224; l'&#233;gard de la CIJ, notamment, dissimule mal ce qui rel&#232;ve plut&#244;t d'un renoncement &#224; leur mission principale : informer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde raison invoqu&#233;e tient &#224; la crainte d'un sujet &#171; pi&#233;g&#233; &#187;. Dans un paysage m&#233;diatique fran&#231;ais o&#249; le &#171; conflit isra&#233;lo-palestinien &#187; &#8211; comme il continue d'&#234;tre majoritairement (mal) nomm&#233; &#8211; est per&#231;u comme &#171; hyper-politis&#233; &#187;, de nombreux journalistes se confient, en priv&#233;, redouter de &#171; mal dire &#187;, de &#171; s'exposer &#187;. La peur d'&#234;tre accus&#233; d'antis&#233;mitisme ou d'&#234;tre &#233;cart&#233; de leurs r&#233;dactions les pousse parfois &#224; l'autocensure. Pour certains, &#233;voquer les souffrances palestiniennes revient &#224; s'exposer &#224; des repr&#233;sailles symboliques, politiques ou &#233;conomiques. Mais l&#224; encore, comme nous le confiait l'historien Dominique Vidal, &#171; &lt;i&gt;ce silence contribue &#224; une perception d&#233;s&#233;quilibr&#233;e du conflit, et alimente une vision d&#233;shumanis&#233;e des Palestiniens&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient enfin l'argument budg&#233;taire, beaucoup de r&#233;dactions g&#233;n&#233;ralistes avan&#231;ant le manque de moyens comme justification &#224; leur retrait. Envoyer des journalistes &#224; La Haye, maintenir des correspondants en Palestine, produire des formats longs&#8230; : tout cela a un co&#251;t. En crise, le mod&#232;le &#233;conomique des grands m&#233;dias ne permettrait pas ces d&#233;ploiements. Les dirigeants de m&#233;dias savent pourtant trouver des ressources quand ils le jugent &#171; n&#233;cessaire &#187;&#8230; En janvier 2020 par exemple, ils n'auront pas l&#233;sin&#233; sur les moyens pour d&#233;p&#234;cher nombre de leurs &#233;quipes et t&#234;tes d'affiche au Liban ou au Japon afin que ces derni&#232;res arrachent des &#171; scoops &#187; concernant l'&#233;vasion de Carlos Ghosn, l'ancien patron de Renaud-Nissan-Mitsubishi&#8230; Encore une fois, c'est donc une question de choix. &lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; lorsqu'on constate que certains m&#233;dias, au mod&#232;le &#233;conomique autrement plus pr&#233;caire, produisent une couverture incroyablement plus riche de la situation en Palestine. Et ce, sans m&#234;me parler de la possibilit&#233; de relayer les t&#233;moignages du terrain, qu'ils proviennent de journalistes palestiniens ou de multiples autres acteurs accessibles, de retour de Gaza ou sur place. Mais rien n'y fait. M&#234;me les m&#233;dias ind&#233;pendants, souvent per&#231;us comme plus sensibles aux luttes sociales ou aux causes internationales, ne se d&#233;gagent pas de cette responsabilit&#233;. Ils ne peuvent pas &#171; tout faire &#187;, certes. Mais pourquoi si peu d'articles sur les audiences de la CIJ ? Pourquoi si peu de paroles palestiniennes relay&#233;es dans des formats approfondis ? Je l'ai v&#233;cu en tant que journaliste ind&#233;pendante. J'ai pu me rendre trois fois &#224; La Haye et la question de l'argent revenait toujours. &#171; Tu peux t'y rendre, mais pour 2 jours seulement &#187;, m'a-t-on r&#233;torqu&#233; une premi&#232;re fois en f&#233;vrier 2024, apr&#232;s plusieurs jours &#224; n&#233;gocier et d&#233;battre de l'importance de ces audiences. &#171; Pas de budget, d&#233;sol&#233;e &#187;, ai-je entendu la deuxi&#232;me fois. &#171; On ne peut pas te payer plus d'une pige &#187;, m'a-t-on dit la troisi&#232;me fois&#8230; Le manque d'argent ne saurait &#234;tre une excuse universelle. Il y a toujours de la place pour le choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choisir de ne pas couvrir Gaza, c'est aussi choisir de couvrir autre chose &#224; la place. Quand les r&#233;dactions g&#233;n&#233;ralistes ont choisi, mois apr&#232;s mois, de ne pas parler de Gaza, de ne pas couvrir la justice internationale, de ne pas exposer les r&#233;cits palestiniens, elles ont fabriqu&#233; un silence politique. Elles ont d&#233;politis&#233; l'histoire, affaibli la m&#233;moire collective et nourri l'indiff&#233;rence. Quand elles ont choisi de ne pas rapporter les tortures, de ne pas faire &#233;tat des violations du droit humanitaire et d'ignorer les acteurs du droit international, elles ont contribu&#233; &#224; d&#233;cr&#233;dibiliser la justice. Francesca Albanese, la rapporteuse sp&#233;ciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occup&#233;s, s'en &#233;meut depuis dix-neuf mois : &#171; &lt;i&gt;L'indiff&#233;rence m&#233;diatique permet la r&#233;p&#233;tition des crimes&lt;/i&gt; &#187;, nous confiait-elle lors de son passage &#224; Paris le 5 avril 2025 aux Assises pour la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir d'informer ne consiste pas &#224; relater ce qui fait le plus de bruit. Il implique de regarder l&#224; o&#249; les projecteurs dominants ne vont plus, de documenter les marges, de faire entendre ce que d'autres veulent faire taire, de redonner une voix &#224; ceux qui en sont priv&#233;s. Le choix de regarder ailleurs est politique. Et il aura, demain &#8211; comme il en avait hier &#8211; un co&#251;t professionnel, moral et d&#233;mocratique de grande ampleur au sein des grands m&#233;dias fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Amina Kalache&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Un Palestinien dans les m&#233;dias fran&#231;ais</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jadd Hilal</dc:creator>


		<dc:subject>Palestine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un texte de l'&#233;crivain Jadd Hilal.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2023-Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-" rel="directory"&gt;2023-... : Isra&#235;l-Palestine, le 7 octobre et apr&#232;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Palestine-+" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH83/jadd_hilal-fe103.png?1776754367' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et avec son accord, un texte de l'&#233;crivain franco-libano-palestinien Jadd Hilal, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/jadd-hilal/blog/140625/un-palestinien-dans-les-medias-francais&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;paru initialement le 14 juin sur son blog Mediapart&lt;/a&gt;. (Acrimed)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'entends souvent dire que les choses ont chang&#233;. C'est &#171; incomparable &#187; aujourd'hui. La Palestine a sa place dans les m&#233;dias fran&#231;ais, l'opinion a bascul&#233; du tout au tout. Un tel revirement a de quoi &#233;tonner et pour cause, il n'en est pas un. La fa&#231;on dont la Palestine est racont&#233;e aujourd'hui n'est pas m&#233;liorative, elle est normale. Il n'y a aucune compensation, aucun favoritisme envers la Palestine qui viendrait &#233;quilibrer un passif discriminatoire dans le traitement m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un retour &#224; la normale, &#224; la rigueur, oui, car rien ne l'a &#233;t&#233; depuis le 7 octobre 2023. Je ne donnerai aucun nom pour ne pas porter tort &#224; ceux qui ont eu le bon sens, malgr&#233; tout, de porter la voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dirai seulement que des journalistes d'un grand quotidien fran&#231;ais m'ont affirm&#233; recevoir des pressions de leur direction pour ne pas parler des Palestiniens, par peur &#171; d'embraser la France &#187;. Que j'ai attendu six heures avant de passer sur le plateau d'une grande cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision, &#233;t&#233; inform&#233; du sujet et des invit&#233;s dix minutes avant, re&#231;u une tape sur l'&#233;paule &#224; mon entr&#233;e tandis qu'on me chuchotait &#224; l'oreille &#171; bonne chance et au fait, vous &#234;tes sur un m&#233;dia pro-isra&#233;lien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai consacr&#233; cinq heures de pr&#233;paration et une heure de questions-r&#233;ponses pour une &#233;mission o&#249; j'ai &#233;t&#233; le seul coup&#233; au montage. J'ai vu mon interview sur un m&#233;dia du service public d&#233;cal&#233;e d'un mois car les journalistes recevaient des menaces de groupes pro-isra&#233;liens. J'ai appris tr&#232;s r&#233;cemment que j'&#233;tais suppos&#233; &#234;tre seul interview&#233; pour un long format mais que cela &#233;tait jug&#233; trop dangereux pour la direction, qu'il fallait me faire dialoguer avec une ou un Isra&#233;lien, ce qui n'avait jamais &#233;t&#233; impos&#233; dans l'autre sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai entendu avant un plateau &#171; &lt;i&gt;vous &#234;tes mod&#233;r&#233; et c'est ce qu'on veut pour nos invit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; et ai partag&#233; ensuite ce dernier avec un Isra&#233;lien qui a ouvert une de ses prises de parole par la phrase &#171; &lt;i&gt;on ne peut parler de g&#233;nocide &#224; la moindre sensibilit&#233; subjective&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; contact&#233; pour une &#233;mission suppos&#233;ment bienveillante et me suis aper&#231;u, apr&#232;s quelques recherches, qu'elle impliquait d'&#234;tre seul &#171; contre &#187; (ou &#171; vs &#187; pour reprendre les termes du titre &#224; venir) quatre Isra&#233;liens dont l'un &#233;tait membre de l'arm&#233;e. J'ai vu des invit&#233;s refuser de me serrer la main, ne pas me regarder dans les yeux quand elles ou ils le faisaient, parler dans mon dos aux pr&#233;sentateurs apr&#232;s quoi je n'&#233;tais plus rappel&#233;, cela sans que personne, jamais, n'invoque la d&#233;ontologie, l'ing&#233;rence que repr&#233;sente le chuchotement &#224; l'oreille d'un journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une question, &#224; chaque fois, sur le trajet du retour. Une question dans les nuits agit&#233;es qui s'ensuivaient : comment en est-on arriv&#233;s l&#224; ? Il n'y a pas une seule r&#233;ponse, bien s&#251;r. Toujours est-il que celles qu'on nous renvoie, nous Palestiniens, ne sont pas les bonnes. Le boycott m&#233;diatique isra&#233;lien, l'impossibilit&#233; de se documenter sur place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu &#233;quilibrer alors, ne pas donner autant de largeur &#224; ces voix anti-palestiniennes qu'on a si amplement entendues dans les colonnes et les plateaux. La soi-disant raret&#233; des Palestiniens &#224; m&#234;me de parler avec &#171; mod&#233;ration &#187; (comme si c'&#233;tait toujours souhaitable) ? L&#224; encore, tant d'invit&#233;s qui n'ont pas eu &#224; s'encombrer de pincettes, qui ont associ&#233; &#224; l'envie les Gazaouis au Hamas, &#224; Daech&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fa&#231;on de botter en touche ne dit ni comment nous en sommes arriv&#233;s l&#224;, ni surtout o&#249; nous allons. Le d&#233;ni de cette catastrophe m&#233;diatique bannit toute le&#231;on possible, tout avenir. Plus on continuera &#224; se d&#233;douaner dans les r&#233;dactions, &#224; dire que ce n'&#233;tait pas de la faute des petites mains, que cela venait de tr&#232;s haut, qu'on n'avait pas acc&#232;s, plus les Palestiniens souffriront du double standard et de la surdit&#233; des journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait affronter le probl&#232;me, d&#232;s aujourd'hui, dans ces r&#233;dactions, &#233;num&#233;rer les atteintes &#224; la d&#233;ontologie depuis le 7 octobre, comprendre d'o&#249; venaient les b&#226;tons dans les roues, qui a dit &#171; non &#187; ? Des journalistes ? Des charg&#233;s de r&#233;daction ? Des directeurs de publication ? Des investisseurs ? Et pourquoi ? Pourquoi avoir dit non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois questions &#224; poser, seulement trois, c'est ce que l'on demande, le plus t&#244;t possible, d&#232;s la prochaine r&#233;union de r&#233;daction peut-&#234;tre : 1) Quels ont &#233;t&#233; les moments o&#249; donner de la visibilit&#233; &#224; la cause palestinienne a &#233;t&#233; v&#233;cu comme une prise de risque, ou un danger ? 2) En quoi cela l'&#233;tait-il effectivement ? 3) Aupr&#232;s de qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, Palestiniens, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre &#233;cout&#233;s, aurons au moins la consolation de comprendre pourquoi on ne l'a pas &#233;t&#233;. De ne pas nous entendre dire dans la rue que l'on exag&#232;re, qu'il n'y a pas eu de biais m&#233;diatique. Non pas pour avoir raison, mais pour &#233;viter que cela se reproduise, que nous soyons de nouveau r&#233;duits au silence. Car s'il y a une chose que nous avons apprise, nous autres, c'est que l'Histoire a la m&#233;moire courte, et que l'oubli, lui, a la m&#233;moire longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Jadd Hilal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'association Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> France Inter : dans les coulisses d'une douce machinerie n&#233;olib&#233;rale</title>
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		<dc:date>2023-05-18T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Cochelin</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Reprise d'un texte paru chez lundimatin.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-En-direct-de-Radio-France-" rel="directory"&gt;Radio France&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH117/lundimatin_logo-9abf9.png?1776754355' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions, avec leur accord et sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce &#171; t&#233;moignage d'un attach&#233; de production &#187; paru &lt;a href=&#034;https://lundi.am/France-Inter-dans-les-coulisses-d-une-douce-machinerie-neoliberale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de lundimatin&lt;/a&gt; le 16 mai 2023.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec &#224; peu pr&#232;s cinq millions d'auditeurs quotidiens, France Inter caracole en t&#234;te des audiences radio du pays. Apr&#232;s son stage &#224; la Maison de la Radio, Maxime Cochelin y a effectu&#233; des remplacements en tant qu'attach&#233; de production. Une fois pass&#233;s les portiques de s&#233;curit&#233;, il nous emm&#232;ne dans les couloirs labyrinthiques de Radio France. Il y a bien s&#251;r, les hi&#233;rarchies rigides, les contrats flex, les fiches de paie incompr&#233;hensibles, les bureaux en bordel, et les &#233;tages en travaux &#8211; mais aussi, un certain rapport &#224; la &lt;i&gt;production d'information&lt;/i&gt; : faire de l'actualit&#233;, ce n'est pas la m&#234;me chose que simplement raconter la v&#233;rit&#233;. Des choix &#233;ditoriaux &#224; la composition de r&#233;pertoires d'experts polyvalents disponibles pour d&#233;cliner leurs analyses &#224; toutes les sauces, il nous d&#233;taille les m&#233;canismes de fonctionnement d'une machine o&#249; tout semble bien rouler, sans que personne ne se parle vraiment.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;J'arrive par la ligne 6 du m&#233;tro, en a&#233;rien. Petit coup d'&#339;il vers la tour Eiffel, &#224; quelques centaines de m&#232;tres sur ma droite quand je passe sur le pont Bir Hakeim. Je descends &#224; Passy. C'est les vacances scolaires, les rues du XVIe arrondissement de la capitale sont plut&#244;t vides. Outre les &#233;boueurs, les gardiennes d'immeuble (des femmes, bien s&#251;r) ou les travailleurs du b&#226;timent, il n'y a pas grand monde. La plupart des riverains se sont &#233;chapp&#233;s pour rallier leur demeure provinciale. Je longe une s&#233;rie d'immeubles haussmanniens avec vue sur la Seine, un &#233;pais tapis rouge d&#233;bute au rez-de-chauss&#233;e, des petites piaules tout en haut, et entre les deux des grandes fen&#234;tres. C'est tout propre, rien ne d&#233;passe, rien ne se passe. J'ai toujours la m&#234;me remarque en t&#234;te : ce quartier est d'un ennui total. Pas de charme, pas d'&#233;l&#233;gance, &#231;a transpire juste l'argent. J'aper&#231;ois la Maison de la radio (et de la musique, depuis peu) au bout de la rue. Je ne suis pas en avance, j'acc&#233;l&#232;re le pas. Je me rends dans les bureaux de France Inter pour effectuer un &#233;ni&#232;me &#171; remplacement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours des gal&#232;res pour franchir la s&#233;curit&#233;. Portiques fa&#231;on a&#233;roport, plusieurs gardes sont arm&#233;s. J'explique ma situation. Mon badge n'est pas &#224; jour car je ne suis que de passage, je fais des remplacements. Oui on est au courant de mon arriv&#233;e. D'accord d'accord, ce sont les consignes, quelqu'un va venir me chercher. L'ascenseur nous emm&#232;ne directement au 5e &#233;tage. On p&#233;n&#232;tre dans la machine. Tous les couloirs sont exactement les m&#234;mes, elliptiques, &#231;a ne s'arr&#234;te jamais. Les postes de travail sont regroup&#233;s par &#233;mission. En face de la direction, &#171; Le 6/9h30 &#187; aussi appel&#233; &#171; La matinale &#187;, toujours en bazar, des livres s'entassent jusqu'au plafond. Au-dessus, &#171; C'est encore nous &#187;, Charline Vanhoenacker et son &#233;quipe s'affairent derri&#232;re une baie vitr&#233;e satur&#233;e d'affiches humoristiques. Au fond du couloir, apr&#232;s &#171; Le 18/20 &#187; o&#249; un silence concentr&#233; domine autour de Fabienne Sintes, on aper&#231;oit la case attribu&#233;e &#224; &#171; La terre au carr&#233; &#187;, d&#233;cor&#233;e de quelques plantes.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;1. Appr&#233;hender les r&#232;gles du jeu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Comme des engrenages, les bureaux en s&#233;rie, identiques, structurent le vaste m&#233;canisme de la premi&#232;re radio de France. C'est impressionnant, tr&#232;s peu de gens se parlent mais tout se d&#233;roule sans accroc. Un fois install&#233; derri&#232;re l'ordinateur, le travail peut commencer. En fait non, j'avais oubli&#233; : je dois d'abord r&#233;activer ma session et mon adresse mail professionnelle. J'oublie toujours qui je dois appeler. L'assistance informatique ? Je n'ai pas le droit de faire la d&#233;marche moi-m&#234;me, il faut que je passe par mon responsable. Excuse-moi, peux-tu envoyer une demande pour ma session ? &#199;a r&#226;le. Ah bon, c'est &#224; moi de m'occuper de &#231;a ? Tu devrais appeler Christophe, il va t'aiguiller, ou peut-&#234;tre Eric ? Allez, c'est reparti. La porte C, c'est o&#249; d&#233;j&#224; ? Punaise, il y a des travaux ici, j'avais oubli&#233;. Demi-tour. Un bureau pour les crayons, un autre pour les bouteilles d'eau, c'est au rez-de-chauss&#233;e pour obtenir son badge et au 10e &#233;tage pour l'activer. Dans ce labyrinthe administratif, je me fais comme &#224; chaque fois renvoyer d'un endroit &#224; l'autre comme une balle de ping-pong. Apr&#232;s plusieurs coups de fil et une bonne petite randonn&#233;e &#171; indoor &#187;, victoire, je r&#233;initialise mon mot de passe et me voil&#224; pris dans le tourbillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes t&#226;ches sont plut&#244;t claires, je commence &#224; bien les conna&#238;tre apr&#232;s tout ce temps. Tant&#244;t nomm&#233; &#171; attach&#233; de production &#187;, &#171; collaborateur &#187; ou &#171; programmateur &#187;, je suis charg&#233; de structurer les sujets des &#233;missions, de d&#233;gager des axes de r&#233;flexion, et surtout de trouver les personnes pertinentes pour en parler. Je suis mobilis&#233; en remplacement sur les tranches dites &#171; actu &#187;, c'est-&#224;-dire le matin (entre 6h et 9h30), le midi (entre 13h et 14h) et le soir (entre 18h et 20h). Mes choix et propositions se confrontent &#224; la direction de la r&#233;daction (derni&#232;re d&#233;cisionnaire sur les th&#233;matiques &#224; &#233;voquer), et la production (la voix qui occupe l'antenne). Les autres &#233;missions, appel&#233;es &#171; programmes &#187;, se r&#233;f&#232;rent &#224; une autre hi&#233;rarchie. Ma marge de man&#339;uvre d&#233;pend donc des contextes et des personnes. Parfois, je peux me sentir &#224; l'initiative du d&#233;but &#224; la fin, d'autres fois je dois &#171; faire le boulot &#187; car &#171; l'actualit&#233; le r&#233;clame &#187; (prosopop&#233;e classique des conf&#233;rences de r&#233;daction, j'y reviendrai).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;missions ne pourraient avoir lieu sans les attach&#233;s de production. C'est une position de pivot primordiale. Ceux que l'on d&#233;signe oralement comme les &#171; atta pro &#187; anticipent et font face aux impr&#233;vus, doivent &#234;tre force de proposition et sont les garants du bon d&#233;roulement de l'antenne. Si cela se passe mal, c'est sur eux que &#231;a retombera. Peu importe que les effectifs n'aient cess&#233; d'&#234;tre r&#233;duits et que le temps imparti pour la pr&#233;paration de chaque &#233;mission soit de plus en plus court. Apr&#232;s tout, les &#171; voix &#187; de l'antenne ne sont que des &#171; bouffeurs de micro &#187; (citation d'une discussion avec un c&#233;l&#232;bre animateur de France Inter) et la direction a d'autres chats &#224; fouetter. De la d&#233;finition de la th&#233;matique abord&#233;e jusqu'&#224; l'accompagnement des invit&#233;s pour les installer en plateau, ce sont les atta pro qui sont aux manettes. Arch&#233;type de l'&#232;re n&#233;olib&#233;rale, ce m&#233;tier est un interstice pour lequel l'importance est inversement proportionnelle &#224; la reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position symbolique est aussi, et peut-&#234;tre surtout, formelle. Certains coll&#232;gues sont toujours employ&#233;s &#224; travers des contrats hebdomadaires, alors m&#234;me qu'ils occupent le m&#234;me poste &#224; temps plein depuis plusieurs ann&#233;es. C'est &#224; la fronti&#232;re du l&#233;gal, mais soit. Les fameux CDD-U (Contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e d'usage), sont reconductibles &#224; l'infini sans d&#233;lai de carence et sans indemnit&#233; de fin de contrat. Cens&#233;e &#234;tre juridiquement destin&#233;e &#224; des emplois pour lesquels le CDI est inadapt&#233;, dans l'h&#244;tellerie-restauration ou dans l'&#233;v&#233;nementiel notamment, cette forme de contrat est mobilis&#233;e sans distinction pour faire fonctionner les m&#233;dias. Le jour o&#249; les salaires sont vers&#233;s est toujours une tragi-com&#233;die. Combien ce mois-ci ? Quatorze fiches de payes diff&#233;rentes, dont deux qui indiquent 0 euro et une qui indique un chiffre n&#233;gatif. Bravo, nouveau record ! Tu vas bien t'amuser &#224; faire comprendre &#231;a &#224; P&#244;le Emploi maintenant. Indispensables au monde m&#233;diatique, les attach&#233;s de production y occupent le haut du tableau de la pr&#233;carit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;2. Hi&#233;rarchiser l'information&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Tous ces remplacements ont fait suite &#224; un stage : les couloirs de la Maison de la Radio (et de la musique, depuis peu) sont arpent&#233;s par des dizaines de jeunes &#233;tudiants en qu&#234;te de validation de leur module &#171; exp&#233;rience professionnelle &#187;. Bien que ce soit contraire &#224; la loi, les stagiaires dans les &#233;missions de radio du service public occupent souvent un poste bien pr&#233;cis. Charg&#233;s de la documentation et de l'&#233;criture des r&#233;sum&#233;s qui accompagnent les podcasts des &#233;missions sur le site internet, la charge de travail &#233;quivaut &#224; un salari&#233; temps plein. Jusqu'&#224; encore peu, les stagiaires n'&#233;taient pas r&#233;mun&#233;r&#233;s (leur convention s'arr&#234;tant apr&#232;s 1 mois et 30 jours) mais r&#233;compens&#233;s par un ch&#232;que de quelques centaines d'euros &#224; la fin de leur mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on me propose d'occuper pour la premi&#232;re fois un &#171; vrai &#187; poste sur la grille d'&#233;t&#233;, pas de formation ou de r&#233;union un peu officielle. Je n'ai que des bribes de trucs et astuces, ultra- lacunaires, transmises pendant le stage. Je suis le bin&#244;me d'un atta pro plus aguerri et je programme l'&#233;mission quotidienne &#171; Le t&#233;l&#233;phone sonne &#187; en direct de 19h &#224; 20h. Quatre invit&#233;s par jour, 5 sujets par semaine. Je ne suis pas journaliste et n'ai aucune formation en ce sens. C'est un peu impressionnant. D&#233;but de syndrome de l'imposteur, en quoi suis-je l&#233;gitime &#224; d&#233;finir les sujets &#224; &#233;voquer et l'angle pour les traiter de mani&#232;re int&#233;ressante ? Comment vais-je r&#233;ussir &#224; trouver des bons invit&#233;s &#224; chaque fois ? La panique s'estompe rapidement, je comprends vite que mes mains ne sont pas aussi libres que &#231;a : l'actu, l'actu, l'actu, l&#224; est le combustible du moteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ma session professionnelle, je peux acc&#233;der &#224; un fil regroupant les d&#233;p&#234;ches de l'AFP et de Reuters. Dans cet espace se m&#234;lent les derniers chiffres du CAC 40, une disparition inqui&#233;tante dans le Doubs, les derni&#232;res d&#233;clarations de Bruno Le Maire, ou encore une &#233;ni&#232;me man&#339;uvre militaire chinoise au large de Ta&#239;wan. Cela ne s'arr&#234;te jamais et peut avoir un effet hypnotique fa&#231;on Tik Tok. Cette seule lecture n'est pas suffisante pour sentir le &#171; pouls de l'actualit&#233; &#187;. Avec l'objectif de trouver des sujets, j'&#233;pluche tous les matins les quotidiens nationaux (France Inter n'a pas de codes pour acc&#233;der &#224; la presse quotidienne r&#233;gionale). C'est &#224; partir des autres qu'on se calibre. Un chiffre, une phrase, une personnalit&#233; fait la une du Monde ? On en a pas encore parl&#233; chez nous ? &#199;a pourrait &#234;tre notre sujet de mardi. Et ainsi de suite, de jour en jour, en plus des &#171; marronniers &#187; r&#233;p&#233;t&#233;s chaque ann&#233;e, on arrive &#224; &#171; trouver &#187; des choses &#224; dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'envie me prend de proposer un sujet que les autres m&#233;dias n'ont pas d&#233;j&#224; dig&#233;r&#233;, je vais devoir le d&#233;fendre. En g&#233;n&#233;ral, la direction de la r&#233;daction, tout comme la production, demandera quelle est &#171; l'accroche d'actualit&#233; &#187;. Pour obtenir le droit d'en parler, il sera imp&#233;ratif de r&#233;ussir &#224; trouver un pr&#233;texte, aussi inconsistant soit-il. Les petites phrases des responsables politiques sont tr&#232;s efficaces, les &#233;tudes &#224; la m&#233;thodologie douteuse produites par les think tanks aussi. Tout cela est limit&#233; par les capacit&#233;s de compr&#233;hension des interlocuteurs d&#233;cisionnaires, tous &#226;g&#233;s de plus de 40 ans. Je nous revois expliquer pendant plusieurs minutes, avec mon coll&#232;gue atta pro, ce qu'&#233;tait la &#171; souverainet&#233; num&#233;rique &#187; et pourquoi il &#233;tait important d'en parler. Pour cette fois, nous avons r&#233;ussi notre coup. L'&#233;mission a &#233;t&#233; faite. &#192; l'inverse, pour la guerre civile &#233;thiopienne, &#233;v&#233;nement majeur du XXIe si&#232;cle ayant entra&#238;n&#233; plusieurs centaines de milliers de morts, je n'ai essuy&#233; que des refus d'incompr&#233;hension. Personne n'en parle, donc ce n'est pas assez &#171; fort &#187;. D'accord.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;3. Inviter des gens respectables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Une fois les sujets d&#233;termin&#233;s et arr&#234;t&#233;s, je dois remplir le plateau &#171; d'experts &#187;. Premi&#232;re contrainte, la disponibilit&#233;. La Maison de la Radio se trouve &#224; Paris. Les &#233;missions sont programm&#233;es quelques jours en avance dans le meilleur des cas, mais &#231;a peut parfois &#234;tre du matin pour le soir. Soit on habite &#224; Paris et on peut &#234;tre l&#224; rapidement, soit on habite loin, on est pr&#233;venu &#224; l'avance et donc on s'organise pour venir mais &#231;a sera &#224; ses propres frais. J'ai le droit de commander des taxis pour les gens d'&#206;le-de-France, mais France Inter ne rembourse jamais les d&#233;placements plus longs en train, et les invit&#233;s ne sont bien s&#251;r pas r&#233;mun&#233;r&#233;s pour leur participation &#224; une &#233;mission. Pour venir depuis une &#171; ville moyenne &#187;, il faut avoir une maison d'&#233;dition ayant pr&#233;vu un budget promo, ou pouvoir &#234;tre capable d'investir de sa poche. &#199;a filtre d&#233;j&#224; beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la voix. Parler dans un micro est un exercice particulier. Certaines personnes sont consid&#233;r&#233;es comme des &#171; bons clients &#187;, s'expriment de mani&#232;re intelligible, connaissent les r&#232;gles et savent rebondir, tandis que pour d'autres, &#231;a ne fonctionne pas. Le format des &#233;missions r&#233;clame des interventions concises, courtes, avec un d&#233;but et une fin. &#171; Ici, on est pas chez les violets &#187; m'a- t-on plusieurs fois r&#233;p&#233;t&#233;, mani&#232;re d'exprimer que les auditeurs de France Inter ont une capacit&#233; d'&#233;coute plus inconsistante que ceux de France Culture (ce sont eux &#171; les violets &#187;, en r&#233;f&#233;rence &#224; la couleur du logo). Si vous voulez &#234;tre le plus pr&#233;cis possible dans vos explications et donc que vous avez besoin de temps pour choisir vos mots, d&#233;velopper votre propos, vous ne serez pas invit&#233;. M&#234;me chose si votre &#233;loquence ne respecte pas les r&#232;gles canoniques de l'expression dominante (bourgeoise). Ici, il faut avancer au galop et la forme est prioris&#233;e sur le fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'atta pro, je suis charg&#233; d'organiser la couverture quotidienne de sujets aussi divers que la fr&#233;quentation des campings du sud de la France, l'explosion dans le port de Beyrouth, l'alliance politique de coulisse entre macronistes et r&#233;publicains. &#192; chaque fois, je dois r&#233;ussir &#224; mettre rapidement la main sur les &#171; r&#233;f&#233;rences &#187; li&#233;es aux sujets &#233;voqu&#233;s, comprenez des gens d&#233;j&#224; connus des m&#233;dias, qui se sont d&#233;j&#224; exprim&#233;s, et ainsi consid&#233;r&#233;s comme des personnalit&#233;s &#171; respectables &#187;, avec un &#171; statut &#187;. C'est ce qui est attendu par la direction. Ce sont des patrons de f&#233;d&#233;ration, des charg&#233;s d'&#233;tude, des universitaires qui ont compris le jeu. &#201;videmment, uniquement des gens ayant acquis ou fait perdurer une condition sociale en haut de l'&#233;chelle. &#171; Ma femme de m&#233;nage ne repr&#233;sente personne &#187; aimait me marteler une pr&#233;sentatrice de la station pour appuyer sur ce principe. Ici, c'est France Inter, les autres m&#233;dias nous &#233;coutent. Les interventions de personnalit&#233;s &#171; paillettes &#187; (jargon interne), c'est-&#224;-dire avec une grosse notori&#233;t&#233;, pourront &#234;tre reprises dans des d&#233;p&#234;ches AFP ou sur les r&#233;seaux sociaux. &#199;a fait partie des grands objectifs du schmilblick.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps imparti pour choisir les invit&#233;s, v&#233;rifier s'ils peuvent &#234;tre l&#224; et s'ils parlent bien, faire valider par la direction, les contacter puis attendre leur r&#233;ponse, est court. Je dois aller vite, et aller vite veut dire aller simple, et aller simple veut souvent dire aller comme d'habitude. La premi&#232;re &#233;tape est toujours la m&#234;me : sonder son r&#233;pertoire de contacts t&#233;l&#233;phoniques. France Inter a ses &#171; tauliers &#187; de premi&#232;re ligne pour chaque th&#233;matique. Ce sont les invit&#233;s, interchangeables, qu'on d&#233;signe par le pronom &#171; un &#187; suivi de leur nom de famille. Le sujet est tr&#232;s large ? J'ai des sociologues passe-partout (&#171; un Viard, un Wieviorka &#187;). Besoin de &#171; sentir l'opinion publique &#187; ? J'ai des politologues capables de l&#226;cher des chiffres car &#231;a fait bien &#224; l'antenne (&#171; un Dabi, un Fourquet &#187;). On veut prendre &#171; un peu de hauteur &#187; ? Psychiatres ou autres philosophes branch&#233;s d&#233;veloppement personnel, (&#171; un Andr&#233;, un Comte-Sponville, un Lenoir &#187;) on a aussi. Souvent des hommes dont l'&#233;go est assez gonfl&#233; pour se sentir &#224; l'aise &#224; parler de tout et de rien. Peu importe les termes pr&#233;cis du sujet, tant que &#231;a les touche plus ou moins directement, ils seront ravis et disponibles pour venir. &#199;a fonctionne un peu comme les &#233;ditorialistes des cha&#238;nes d'info en continu mais avec un peu plus de consistance intellectuelle. Bien pratiques pour combler un plateau compos&#233; de sp&#233;cialistes plus &#171; techniques &#187;, ils sont comme des piliers de comptoir pour lesquels le studio remplace le bistrot.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;4. Usiner le r&#233;el&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Pr&#233;caire, responsable de beaucoup avec peu de moyens, l'attach&#233; de production ne peut pas faire de vagues. Ce n'est pas une injonction hi&#233;rarchique qui l'impose, mais la structuration m&#234;me de son poste. Si l'atta pro veut continuer &#224; mener une vie un minimum &#233;panouie, c'est &#224; dire qui ne se limite pas &#224; son travail, il doit se m&#233;nager. Une &#233;mission &#224; peine termin&#233;e, il faudra passer &#224; la suivante. &#199;a ne peut pas &#234;tre toujours des r&#233;volutions. Pour r&#233;ussir &#224; durer dans ce m&#233;tier et &#234;tre rappel&#233; par les ressources humaines, pourquoi pas jusqu'&#224; obtenir un poste fixe (toujours avec des CDD-U &#224; la semaine, ne r&#234;vez pas), il faut co&#251;ter peu de temps : d&#233;biter des th&#233;matiques et des plateaux rapidement en ayant compris les attentes de la direction. Si vous vous faites retoquer trop d'invit&#233;s et de sujets (&#171; un peu trop engag&#233; &#187;, &#171; pas assez gros &#187;, &#171; trop France Culture &#187;), vous ne r&#233;ussirez pas &#224; tout boucler et vous emb&#234;terez la direction pour qui vous &#234;tes un simple dossier parmi d'autres. Il faut tenir le rythme de la cha&#238;ne de production ou vous en serez &#233;cart&#233;. Des centaines de personnes attendent derri&#232;re vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour &#234;tre efficace, il incombe de comprendre une chose : la mission n'est pas de rendre compte du r&#233;el mais de l'actualit&#233;.&lt;/strong&gt; Cette variation est bien plus qu'une finesse s&#233;mantique. Ce n'est pas vis-&#224;-vis du r&#233;el, pass&#233; pr&#233;sent comme futur, que le travail d'attach&#233; de production se construit. Lorsque vous choisissez les sujets &#224; aborder et les invit&#233;s avec lesquels en parler, c'est &#224; partir de &#171; l'actu &#187; que vous devez raisonner, c'est-&#224;-dire &#224; partir d'une hi&#233;rarchisation informationnelle produite et aliment&#233;e par les m&#233;dias eux-m&#234;mes de mani&#232;re r&#233;ticulaire. L'attach&#233; de production est un des outils &#224; travers lesquels le &#171; traitement de l'actualit&#233; &#187; s'&#233;mancipe des autres sph&#232;res du monde social. Cela devient un march&#233; &#224; part enti&#232;re, au m&#234;me titre que les autres. Vous ne vendez pas des planches de bois ou des voitures &#233;lectriques, mais de l'actu, et c'est &#224; partir de &#231;a que le travail s'organise. L'objectif du m&#233;dia devient d&#232;s lors d'entretenir une certaine position sur le march&#233; de l'information, et pour les gros mastodontes comme France Inter, cela est synonyme de jouer sur les m&#234;mes plates-bandes que les autres. C'est pour cette raison que tr&#232;s souvent, la direction explique en conf&#233;rence de r&#233;daction que &#171; l'actualit&#233; l'impose &#187; (&#224; l'image des fameuses &#171; humeurs du march&#233; &#187; d&#233;crites par les &#233;conomistes de plateaux), sans que cette r&#233;ification grotesque, v&#233;ritable renversement de l'acte journalistique, ne provoque la simple interrogation de qui que ce soit. L'existence d'une ligne &#233;ditoriale explicite, autour de laquelle les discussions peuvent s'agr&#233;ger, est dissoute dans la dynamique incessante de l'actu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'attach&#233; de production appr&#233;hende et respecte les r&#232;gles sans qu'on ait besoin de les lui expliciter. Il n'a pas le temps de faire autrement.&lt;/strong&gt; La d&#233;finition des sujets, tout comme le choix des invit&#233;s, s'&#233;tablit dans un rapport constant aux autres m&#233;dias. Si plusieurs m&#233;dias font quelque chose, il faudra le faire aussi. La concurrence r&#233;git la strat&#233;gie &#224; adopter. Pour France Inter, l'objectif est de se maintenir en tant que premi&#232;re radio de France. Cela se traduit par l'entretien d'une position pr&#233;sent&#233;e comme m&#233;diane, &#171; il faut parler au plus grand nombre &#187;, qui se trouve &#234;tre, dans les faits, une non-position, ou plut&#244;t une anti-position. La station organise le d&#233;fil&#233; des &#171; experts &#187; d&#233;j&#224; reconnus, des responsables politiques et syndicaux &#233;tablis, des gros chefs d'entreprise, des artistes dont l'image est g&#233;r&#233;e par des batteries d'agents et autres attach&#233;s de presse. Les plus puissants sont consid&#233;r&#233;s comme les plus repr&#233;sentatifs. Eux, ils ont r&#233;ussi, ils savent de quoi ils parlent. Elle est l&#224;, la vraie-fausse ligne &#233;ditoriale : une acceptation sans concession de l'ordre existant, conceptualis&#233;e comme la meilleure mani&#232;re d'atteindre un public le plus large possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anti-position m&#232;ne &#224; l'av&#232;nement de l'anti-r&#233;el. Une d&#233;claration abjecte d'un ministre macroniste le weekend ? Il sera invit&#233; le lundi dans la matinale (&#224; l'initiative de France Inter ou du ministre lui-m&#234;me d'ailleurs, les demandes vont dans les deux sens). On vous expliquera que c'est d'abord &#224; lui de s'expliquer, il repr&#233;sente la nation, &#171; il doit rendre des comptes &#187;, et surtout &#231;a fera des d&#233;p&#234;ches. C'est le meilleur moyen pour que tous les autres m&#233;dias vous &#233;coutent et vous reprennent (&#231;a veut dire &#231;a &#171; &#234;tre au c&#339;ur de l'actu &#187;). S'ensuit 20 minutes de tapis rouge pour un individu qui encha&#238;ne les mensonges sans &#234;tre ni rectifi&#233; ni bouscul&#233; par les journalistes intervieweurs. Sa l&#233;gitimit&#233; &#224; s'exprimer ne d&#233;coule pas du fond de ses propos, mais bien de sa position sociale. Les ministres sont des gens s&#233;rieux et, pour cette raison, des acteurs primordiaux de la structuration de &#171; l'actualit&#233; &#187;. Des &#233;l&#233;ments de langage du pouvoir s'immiscent ainsi petit &#224; petit dans le travail journalistique jusqu'&#224; cr&#233;er une anti-r&#233;alit&#233; dont le fondement n'est m&#234;me plus interrog&#233;. Les policiers ne sont pas violents, les &#171; black blocs &#187; sont des &#171; casseurs &#187; d&#233;politis&#233;s, une r&#233;forme l&#233;gale est une r&#233;forme l&#233;gitime, la lutte contre le d&#233;r&#232;glement climatique est compatible avec le capitalisme, et ainsi de suite. Bien que certaines personnalit&#233;s s&#233;rieuses invit&#233;es sur la station tentent ensuite de r&#233;tablir un semblant de v&#233;rit&#233;, c'est trop tard. La th&#233;matique, le ton de l'&#233;mission, les questions, les autres intervenants, tout est d&#233;sormais calibr&#233; vis-&#224;-vis de cette &#171; actu &#187;. Si vous osez pointer frontalement la supercherie, vous serez &#233;cart&#233; (&#171; trop de &#187; quelque chose). L'anti-r&#233;el &#233;merge de la machine, purg&#233; de toute remise en cause des hi&#233;rarchies en place, comme un tampon de validation de la fin de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;5. Face &#224; la rationalit&#233; n&#233;olib&#233;rale, saboter la machine ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;L'attach&#233; de production est un des points d'ancrage de la n&#233;olib&#233;ralisation du travail journalistique. C'est notamment autour de lui que sont observables les cons&#233;quences de la g&#233;n&#233;ralisation de la &#171; gouvernance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;finition du concept de &#171; gouvernance &#187; mobilis&#233;e dans ce texte d&#233;coule (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans les structures m&#233;diatiques : pr&#233;carisation accrue du poste de travail concomitante &#224; une sur-responsabilisation, passage d'une injonction de type haut/bas autour d'un ligne &#233;ditoriale claire &#224; des m&#233;canismes indirects de &#171; conduite des conduites &#187;, &#233;mergence du &#171; traitement de l'actualit&#233; &#187; comme un march&#233; autonomis&#233; des autres sph&#232;res de la vie sociale, g&#233;n&#233;ralisation de la promotion des &#171; bonnes pratiques &#187; bas&#233;e sur un &#171; benchmarking &#187; cens&#233; accro&#238;tre &#171; la comp&#233;titivit&#233; &#187;. L'exp&#233;rience sensible du m&#233;tier d'atta pro est paradigmatique en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, on se demande comment il est possible que tant de libert&#233; soit laiss&#233;e &#224; un jeune &#233;tudiant de M2 en sciences sociales pour construire les &#233;missions de la premi&#232;re radio de France. Au milieu, on n'a m&#234;me plus le temps d'y penser, il faut encha&#238;ner. &#192; la fin, une fois qu'on a r&#233;ussi &#224; sortir du tourbillon, on se rend compte que cette fameuse &#171; libert&#233; &#187; n'en &#233;tait en fait pas une : la seule solution existante pour honorer les missions qui sont les v&#244;tres est d'appr&#233;hender et respecter la dynamique globale de la station, dont vous devenez d&#232;s lors un des multiples maillons. Une belle gouvernance, sans vague, sans conflit, bien huil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour les autres activit&#233;s subventionn&#233;es car dites &#171; d'int&#233;r&#234;t public &#187; (poste, transports, &#233;ducation etc.), la g&#233;n&#233;ralisation du n&#233;olib&#233;ralisme dans les m&#233;dias accompagne une d&#233;pr&#233;ciation qualitative. En plus de conditions de travail internes de plus en plus fragiles, la rigueur du rapport au r&#233;el ne constitue plus la t&#226;che premi&#232;re du travail journalistique. Pour se maintenir sur le march&#233; de l'info, d'autres priorit&#233;s sont &#224; mettre en avant. Ce renversement a des r&#233;percussions sur le plan politique : la densit&#233; de la mission de formation d'un &#171; citoyen &#233;clair&#233; &#187; par la mise &#224; disposition d'une information v&#233;rifi&#233;e s'&#233;tiole, la fonction de contre-pouvoir exerc&#233;e par la critique des &#233;l&#233;ments de langage du pouvoir est de plus en plus lacunaire. La polarisation du travail autour du traitement de &#171; l'actualit&#233; &#187;, et non plus de la r&#233;alit&#233;, nourrit la dynamique contre-d&#233;mocratique inh&#233;rente au n&#233;olib&#233;ralisme. Le bal des experts en lien avec la volont&#233; de rester comp&#233;titif encadre la disparition d'une relation coh&#233;rente (donc agonistique) au r&#233;el, centr&#233;e sur les luttes, les oppositions, les dominations, auxquelles la d&#233;mocratie est cens&#233;e par d&#233;finition apporter une r&#233;ponse sans cesse renouvel&#233;e. Comme le montre l'exemple m&#233;diatique, la g&#233;n&#233;ralisation de la rationalit&#233; n&#233;olib&#233;rale ne fait pas que fragiliser les piliers essentiels d'un partage d&#233;mocratique du pouvoir : il participe &#224; faire dispara&#238;tre, &#224; travers la transfiguration de ce qui compose l'essence du r&#233;el, l'existence m&#234;me d'un id&#233;al centr&#233; sur l'int&#233;gration constante et sans bornes du plus grand nombre dans les affaires de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois qu'on se rend compte de tout &#231;a, on fait quoi ? On reste ou &#171; on se casse &#187; ? &#201;valuons la premi&#232;re possibilit&#233; : continuer &#224; faire l'atta pro pour France Inter. D&#233;j&#224;, &#231;a rapporte un peu d'argent, argument &#224; prendre en compte. Ensuite c'est sympa pour l'&#233;go quand vous rentrez dans le village de 1500 habitants o&#249; vous avez grandi et que les potes de votre m&#232;re institutrice soulignent, impressionn&#233;es, qu'elles ont entendu votre pr&#233;nom sur France Inter. Que &#231;a doit &#234;tre bien de travailler l&#224;-bas... oui oui, c'est super (haha) ! Si cette valorisation symbolique li&#233;e au fait que vous c&#244;toyez le &#171; show biz &#187; n'est pas suffisante &#224; vous faire rester, il faudra se poser la question fatidique : &#224; quel point la machine est-elle sabotable ? C'est-&#224;-dire, &#224; quel point, dans votre position d'atta pro, vous &#234;tes en capacit&#233; de court-circuiter (au moins un petit peu) la rationalisation n&#233;olib&#233;rale du travail journalistique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les couloirs de France Inter, en lien avec une certaine &#233;thique du service public assez largement partag&#233;e (les m&#233;dias priv&#233;s paient beaucoup plus, donc si vous restez &#224; Radio France, c'est que vous accordez de l'int&#233;r&#234;t &#224; des choses extra-&#233;conomiques), vous trouverez des &#171; camarades &#187; comme vous insatisfaits des &#233;volutions de l'antenne. Des journalistes, d'autres atta pro, des r&#233;alisateurs, certains techniciens, beaucoup comprennent que la pente n'est pas souhaitable et s'organisent pour lutter contre. Ces &#171; r&#233;sistances &#187;, elles s'expriment par des petites phrases en conf&#233;rence de r&#233;daction, par des combats pour le maintien des quelques programmes de grande qualit&#233; propos&#233;s par la station (il y en a, vraiment), par des refus de faire encore une fois les choses &#171; comme d'habitude &#187;, par des gr&#232;ves contre l'&#233;ni&#232;me r&#233;duction des effectifs. Des arguments existent pour rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade de la r&#233;flexion, il vous faudra prendre en compte deux observations, plus d&#233;courageantes cette fois. Premi&#232;rement, &#224; France Inter comme sans doute ailleurs (&#224; v&#233;rifier), les attach&#233;s de production, contrairement aux coll&#232;gues journalistes et techniciens, ne sont pas organis&#233;s collectivement. C'est le n&#233;ant. La nature m&#234;me du poste, ultra pr&#233;caire et interstitielle (nous ne sommes ni vraiment journaliste, ni vraiment autre chose), entrave les quelques volont&#233;s de mise en commun des initiatives de lutte. Ancrage du n&#233;olib&#233;ralisme, vous disais-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la rationalisation n&#233;olib&#233;rale se diffuse d'abord pour les heures de grande &#233;coute, &#171; La matinale &#187; en t&#234;te de file. Dans la mesure o&#249; ce processus est li&#233; &#224; la volont&#233; de France Inter (comme la plupart des autres gros m&#233;dias) de &#171; parler au plus grand nombre &#187;, c'est en toute logique dans les tranches principales d'information qu'il est le plus abouti et le plus verrouill&#233;. Si vous avez comme objectif de torpiller la machine en son c&#339;ur, c'est dans ces espaces qu'il faudra r&#233;ussir &#224; p&#233;n&#233;trer. Et l&#224;, le b&#226;t blesse. En trois ans de remplacements r&#233;guliers, je n'ai &#224; titre personnel jamais &#233;t&#233; mobilis&#233; sur la programmation de la matinale de la semaine. La directrice des ressources humaines sait pertinemment que je n'ai pas le profil ad&#233;quat pour r&#233;pondre avec le d&#233;vouement n&#233;cessaire aux attentes de madame Salam&#233; et monsieur Demorand (les attas pro de la matinale ont en effet comme principale caract&#233;ristique de ne jamais remettre en cause la pertinence de ce qu'ils produisent). La tranche principale de France Inter est une m&#233;canique cadenass&#233;e, sur-contr&#244;l&#233;e par la direction et encadr&#233;e avec poigne (pour ne pas dire autoritarisme) par la cheffe de la matinale charg&#233;e d'orienter tout ce beau monde dans la seule et unique direction possible. Pour un petit atta pro d&#233;nu&#233; de toute organisation collective, &#231;a fait beaucoup &#224; saboter.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;6. &#201;pilogue. Prom&#233;th&#233;e est dans la contre-all&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Si vous choisissez de rester, vous serez sans doute petit &#224; petit &#233;cart&#233; des tranches principales pour travailler sur des &#233;missions moins importantes, traitant d'une actualit&#233; plus &#171; froide &#187;, plus &#171; magazine &#187; (et par cons&#233;quent moins n&#233;olib&#233;ralis&#233;e). La pertinence d'un suppos&#233; court-circuitage de la dynamique de ces contenus n'est d&#232;s lors pas &#233;vidente. Surtout, vous deviendrez potentiellement &#224; vos d&#233;pens coop&#233;rateur de l'avanc&#233;e n&#233;olib&#233;rale dans la station : certains programmes r&#233;put&#233;s &#171; de gauche &#187; sont instrumentalis&#233;s par la direction pour faire passer la pilule. France Inter se droitise consid&#233;rablement ? Comment pouvez-vous dire une telle chose alors qu'une bande de wokes fait des blagues tous les apr&#232;s-midi entre 17h et 18h ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte a &#233;t&#233; finalis&#233; avant l'annonce de la fin de la quotidienne port&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#201;videmment. Entre la complicit&#233; et la complaisance, la fuite vous semblera l'option la plus tenable sur le plan moral. Votre m&#232;re ne comprendra sans doute pas, certains de vos amis non plus, mais peu importe. Claquer la porte appara&#238;tra comme la seule possibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement sorti de la machine, vous serez d&#233;sormais en capacit&#233; d'observer la globalit&#233; du paysage. Quelques chiffres, comme un boomerang, retiendront votre attention : la moyenne d'&#226;ge des gens qui &#233;coutent France Inter est de 55 ans, les audiences radio ne cessent de chuter depuis plusieurs dizaines d'ann&#233;es, de moins en moins de personnes regardent la t&#233;l&#233;vision. Bien plus que depuis l'int&#233;rieur gr&#226;ce &#224; des t&#234;tes br&#251;l&#233;es &#233;clair&#233;es, la dynamique de la lutte contre la rationalisation &#233;conomique du travail journalistique vient de l'ext&#233;rieur. Malgr&#233; la robustesse de la promotion de l'anti-r&#233;el, beaucoup sont parvenus &#224; s'extirper du dispositif. Les exp&#233;riences sensibles de la quotidiennet&#233; n&#233;olib&#233;rale marqu&#233;es par la fragilisation, la d&#233;consid&#233;ration, la pr&#233;dation, l'humiliation, la r&#233;pression, la destruction, mettent en lumi&#232;re la caducit&#233; grandissante de la production m&#233;diatique &#171; grand public &#187;. Quelque part, si le n&#233;olib&#233;ralisme porte en son c&#339;ur la n&#233;gation de l'id&#233;al d&#233;mocratique, il est aussi une n&#233;gation de lui-m&#234;me. D'une mani&#232;re ou d'une autre, la machine est vou&#233;e &#224; s'autod&#233;truire. Pour les petites et moyennes structures m&#233;diatiques p&#233;riph&#233;riques engag&#233;es contre le n&#233;olib&#233;ralisme (et donc, par d&#233;finition, class&#233;es &#224; gauche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le n&#233;olib&#233;ralisme et le (n&#233;o)conservatisme, comme le pointe David Harvey (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ce constat oblige. Concentr&#233;es &#224; rendre compte avec rigueur et consistance des affres agonistiques de notre contemporan&#233;it&#233;, la responsabilit&#233; du r&#233;tablissement d'une relation saine au r&#233;el leur revient. Le besoin ne fait que de s'accro&#238;tre et les id&#233;aux seront r&#233;activ&#233;s dans son sillage. Prom&#233;th&#233;e est dans la contre-all&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Maxime Cochelin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas n&#233;cessairement toutes les positions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La d&#233;finition du concept de &#171; gouvernance &#187; mobilis&#233;e dans ce texte d&#233;coule des analyses de Michel Foucault (&lt;i&gt;Naissance de la biopolitique&lt;/i&gt;, Seuil, 2004), reprise et approfondie notamment par Wendy Brown (&lt;i&gt;D&#233;faire le d&#233;mos. Le n&#233;olib&#233;ralisme, une r&#233;volution furtive&lt;/i&gt;, &#233;ditions Amsterdam, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte a &#233;t&#233; finalis&#233; avant l'annonce de la fin de la quotidienne port&#233;e par Charline Vanhoenacker. Cette nouvelle, coupl&#233;e au mercato &#224; la direction de la r&#233;daction de France Inter (Marc Fauvelle, matinalier de France Info en num&#233;ro un, promotion de R&#233;mi Sulmont, ancien de RTL, en num&#233;ro deux et sortie de Philippe Lef&#233;bure, caution de gauche tr&#232;s appr&#233;ci&#233; des &#233;quipes), semble confirmer une acc&#233;l&#233;ration de la dynamique point&#233;e dans cet article.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme et le (n&#233;o)conservatisme, comme le pointe David Harvey (&lt;i&gt;Br&#232;ve histoire du n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/i&gt;, Les prairies ordinaires, 2014), s'alimentent l'un l'autre. Les m&#233;dias florissants d'extr&#234;me droite ne sont pas engag&#233;s dans une rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme, notamment parce qu'ils n'ont pas d'int&#233;r&#234;ts de classe &#224; ce que les r&#232;gles du jeu &#233;conomique soient remises en question.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Slate Afrique : la servitude du stagiaire</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Slate-Afrique-la-servitude-du-stagiaire</link>
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		<dc:date>2013-01-10T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eurydice Vial</dc:creator>


		<dc:subject>Internet</dc:subject>
		<dc:subject>Stagiaires</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; de l'utilit&#233; de disposer de collaborateurs corv&#233;ables et sous pay&#233;s, voire de piller leur production.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-precaire-" rel="directory"&gt;Le journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Internet-179-+" rel="tag"&gt;Internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stagiaires-+" rel="tag"&gt;Stagiaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chez Slate.fr, on aime bien faire la le&#231;on aux exploiteurs et critiquer les exc&#232;s du syst&#232;me capitaliste. Le social, &#231;a les conna&#238;t, et on se pique de d&#233;fendre les salari&#233;s. Les salari&#233;s, oui, mais quid des stagiaires ? Chez Slate Afrique, &#233;manation de Slate.fr fond&#233;e en 2011, les belles maximes semblent avoir &#233;t&#233; rang&#233;es au placard &#224; en croire les t&#233;moignages recueillis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;G&#233;raldine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est rest&#233;e deux mois chez Slate Afrique. C'est court, certes, mais d&#233;j&#224; bien trop long pour elle et si l'attente de ses maigres indemnit&#233;s de stage ne l'avaient pas retenue, elle aurait claqu&#233; la porte bien plus t&#244;t. &#171; &lt;i&gt;D&#232;s le premier jour, &#231;a a &#233;t&#233; l'enfer&lt;/i&gt; &#187; me dit-elle. Pourtant, tout s'annon&#231;ait sous un jour plut&#244;t souriant au d&#233;part. Ayant d&#233;j&#224; une bonne connaissance de l'Afrique et une s&#233;rieuse exp&#233;rience journalistique dans le domaine, G&#233;raldine avait &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;e par des huiles du site. Aussi, &#224; la suite d'un entretien &#224; la r&#233;daction : &#171; &lt;i&gt;On m'a propos&#233; un stage sous pr&#233;texte que Slate Afrique existait depuis peu de temps et n'avait pas beaucoup de moyens, mais on me disait que ce n'&#233;tait qu'une formalit&#233;, et qu'on pouvait envisager un contrat par la suite&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est donc pleine d'enthousiasme que G&#233;raldine rejoint la r&#233;daction pour son premier jour ; mais elle d&#233;chante vite. Le r&#233;dacteur en chef est absent, personne ne semble avoir &#233;t&#233; pr&#233;venu de son arriv&#233;e : on la plante devant un ordinateur avec mission de trouver sur le web de nouvelles id&#233;es d'articles sur l'Afrique. L'ambiance est pesante, personne n'ose prendre de pause, la r&#233;daction est constamment sous pression. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait terrible cette atmosph&#232;re, on n'avait pas le droit de parler entre nous, je n'osais m&#234;me pas demander quand je pouvais partir en pause d&#233;jeuner. &#192; 14 h, je ne tenais plus, je suis all&#233;e manger quelque chose. Les autres jours, c'est au moment du d&#233;part que je sentais des regards lourds. Si je ne faisais pas d'heures suppl&#233;mentaires, on me regardait de travers, mais d&#233;j&#224; que nous ne pouvions pas prendre de pause et que nous ne touchions qu'une petite indemnit&#233; de stage, je ne voulais pas rester plus longtemps. Je n'avais plus de vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au moins le stagiaire pourrait esp&#233;rer trouver un stimulant intellectuel dans son travail, la sp&#233;cialisation laissait envisager la r&#233;daction d'articles de fond sur l'Afrique, mais l&#224; encore, c'est la d&#233;ception : &#171; &lt;i&gt;Je peux comprendre que le clic soit important pour un site Internet mais j'en avais assez qu'on me demande perp&#233;tuellement des articles racoleurs pour meubler&lt;/i&gt;. &#187; Il est vrai qu'entre &lt;a href=&#034;http://www.slateafrique.com/100977/faire-portrait-robot-du-loser-2012&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le top 10 des &#171; losers africains &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.slateafrique.com/92415/zahia-les-tweets-qui-enflamment-le-web&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le bikini de Zahia&lt;/a&gt;, ou le &lt;a href=&#034;http://www.slateafrique.com/90837/madonna-zaibat-projection-privee-intouchables&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; boy friend franco-alg&#233;rien &#187; de Madonna&lt;/a&gt;, on ne sait plus tr&#232;s bien si on se trouve sur un site de commentaire et d'analyse d'actualit&#233; ou dans un tablo&#239;d faisant commerce de la vie des &#171; people &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, tant qu'&#224; trouver du contenu, autant qu'il soit d&#233;j&#224; produit. Arnaud tient ainsi un blog tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement aliment&#233; et bien inform&#233; sur un pays africain duquel il est originaire et o&#249; il r&#233;side. Un de ses amis le met un jour en contact avec le r&#233;dacteur en chef de Slate Afrique et une fructueuse collaboration est suppos&#233;e r&#233;sulter de cette rencontre. &#171; &lt;i&gt;D&#233;but janvier 2012, j'&#233;tais &#224; Paris parce que je finissais un stage chez RFI. Je devais rester deux mois de plus en France, un pays o&#249; je venais pour la premi&#232;re fois et que j'avais tr&#232;s envie de mieux conna&#238;tre. Seulement, mes conditions mat&#233;rielles &#233;taient tr&#232;s difficiles et j'&#233;tais donc enchant&#233; quand Slate m'a propos&#233; un stage r&#233;mun&#233;r&#233; pour ces deux mois. En plus, le r&#233;dacteur en chef m'a tout de suite paru sympa, il a propos&#233; de publier mon portrait et d'h&#233;berger mon blog sur leur site contre r&#233;mun&#233;ration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais entre les mots du r&#233;dacteur en chef et la r&#233;alit&#233;, il y a un monde. En fait de r&#233;mun&#233;ration, on lui propose de devenir stagiaire pour Slate, ses indemnit&#233;s de stage devant couvrir et son travail &#224; temps plein pour Slate et l'usage de son blog par le site. Mais l&#224; encore, les paroles ne sont pas des actes et il faudra &#224; Arnaud bien de la patience avant de d&#233;crocher une convention de stage en bonne et due forme. &#192; la r&#233;daction, comme les autres, il souffre de l'ambiance : &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but de mon stage, j'avais beaucoup de probl&#232;mes &#224; r&#233;gler : je devais trouver un logement, une protection sociale et il m'arrivait parfois d'arriver en retard &#224; cause de &#231;a. Le r&#233;dacteur en chef adjoint m'insultait sans m&#234;me chercher &#224; comprendre. J'ai failli partir plusieurs fois tellement je n'arrivais plus &#224; supporter cette pression, mais j'&#233;tais coinc&#233;, les 430 euros d'indemnit&#233; de stage &#233;taient ma seule source de revenu.&lt;/i&gt; &#187; Pour le blog d'Arnaud, Slate semble bien plus r&#233;actif que pour sa convention de stage : &#171; &lt;i&gt;ils ont commenc&#233; &#224; en pomper tout le contenu contre mon gr&#233; alors que je n'&#233;tais pas encore pay&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand pour la plupart des stagiaires, le calvaire a pris fin avec leur stage, pour Arnaud, le pire &#233;tait &#224; venir. Slate l'a spoli&#233; de son blog et il n'avait pas d'autre choix que d'essayer d'obtenir enfin la contrepartie financi&#232;re pr&#233;vue : &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai quitt&#233; la France, on &#233;tait convenu que je devais alimenter mon blog, au rythme de trois billets par semaine pour une r&#233;mun&#233;ration mensuelle de 300 euros. &#199;a n'&#233;tait pas facile de s'y tenir dans un pays o&#249; il n'y a quasiment pas d'&#233;lectricit&#233; ni d'Internet mais je l'ai fait. Cependant, pour obtenir ma r&#233;mun&#233;ration, je devais les inonder de mails chaque mois. J'en avais assez, eux aussi probablement, ils ont fini par me chercher des noises &#224; propos d'un billet qu'ils trouvaient vulgaire et qu'ils me for&#231;aient de retirer. Suite &#224; cette affaire, je n'ai plus rien &#233;crit pendant deux semaines et comme les lecteurs se plaignaient, ils m'ont appel&#233; pour me demander de continuer, me disant qu'ils reconnaissaient leurs torts envers moi. J'ai donc recommenc&#233; pendant un mois mais je n'ai plus re&#231;u aucun paiement. J'ai &#233;crit &#224; tout le monde, m&#234;me &#224; Colombani, des tas de mails, je n'ai jamais rien obtenu. Aujourd'hui, ils me doivent encore 600 euros, mes indemnit&#233;s pour deux mois. Je leur ai demand&#233; de retirer mon blog de leur site, ils ont toujours refus&#233; et ont juste verrouill&#233; mon acc&#232;s personnel &#224; celui-ci. Mais bon, &#224; c&#244;t&#233; de Slate, mon horizon professionnel s'&#233;claircit un peu. Je suis redevenu actif sur mon tout premier blog et j'ai pu mettre en place une collaboration avec Canal + qui se passe bien. Je ne regrette donc pas Slate car il parait que c'est de pire en pire : avec le nombre de clics qui chute, l'ambiance est encore plus tendue.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Pour les producteurs d'information officiant sur Internet, les m&#234;mes contraintes semblent produire les m&#234;mes effets. Ainsi que des t&#233;moignages publi&#233;s r&#233;cemment ici-m&#234;me sur les conditions de travail au sein des r&#233;dactions de &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3925.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Newsring&lt;/a&gt; et du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3961.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plus du Nouvel Observateur&lt;/a&gt; l'illustraient, la course &#224; l'audience et la rationalisation des co&#251;ts semblent peser avant tout sur de jeunes collaborateurs en voie de professionnalisation, pr&#233;caris&#233;s et instrumentalis&#233;s sans vergogne. Alors que la presse &#233;crite semble vouloir trouver un mod&#232;le &#233;conomique et de diffusion alternatif sur Internet, ce n'est certainement pas en p&#233;rennisant les pires pratiques des &#233;ditions papier qu'elle y parviendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eurydice Vial&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage : Une journaliste de Martinique Premi&#232;re harcel&#233;e moralement pendant vingt ans !</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Temoignage-Une-journaliste-de-Martinique-Premiere-harcelee-moralement-pendant</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Temoignage-Une-journaliste-de-Martinique-Premiere-harcelee-moralement-pendant</guid>
		<dc:date>2013-01-03T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Sanction(s)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; La direction de la cha&#238;ne et France T&#233;l&#233;visions le reconnaissent enfin, s'engagent &#224; y mettre un terme et &#224; &#171; &lt;i&gt;r&#233;examiner le d&#233;roulement de sa carri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Sous-le-regne-de-Francois-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques : Sous le r&#232;gne de Fran&#231;ois Hollande&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sanction-s-+" rel="tag"&gt;Sanction(s)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un protocole d'accord (voir en annexe) sign&#233; le 8 d&#233;cembre dernier entre, d&#8216;une part une journaliste de Martinique Premi&#232;re, Lisa David, et d'autre part les principaux responsables de la station et le directeur des r&#233;dactions de France T&#233;l&#233;visions, ces derniers reconnaissent explicitement le &#171; &lt;i&gt;harc&#232;lement moral&lt;/i&gt; &#187; subi par Lisa David durant &#171; &lt;i&gt;20 ans&lt;/i&gt; &#187;, s'engagent (enfin !) &#224; le &#171; &lt;i&gt;faire cesser&lt;/i&gt; &#187; et &#224; &#171; &lt;i&gt;r&#233;examiner le d&#233;roulement de sa carri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. En nous appuyant sur sa saisine de la Halde, nous publions ici son t&#233;moignage qui rend compte des vexations, brimades et abus qu'elle a d&#251; subir, et qui ne sont pas sans rapport avec sa conception du m&#233;tier de journaliste. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s son entr&#233;e &#224; RFO Martinique comme pigiste en janvier 1993, Lisa David r&#233;v&#232;le une affaire d'abus de bien sociaux dans laquelle des B&#233;k&#233;s sont plac&#233;s en garde en vue. L'ann&#233;e suivante, elle &#233;tablit que ce sont des tirs policiers qui ont bless&#233; un jeune Martiniquais au cours d'une manifestation, ou encore d&#233;nonce les malversations de notaires et d'huissiers. Des reportages qui, d&#232;s qu'ils concernent les autorit&#233;s ou des int&#233;r&#234;ts &#233;tablis dans l'&#238;le, lui valent d'&#234;tre convoqu&#233;e et r&#233;primand&#233;e par sa hi&#233;rarchie qui, dit-elle, la menace de ne plus recourir &#224; ses services et tente, sans succ&#232;s, de l'&#233;vincer de la cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est en effet titularis&#233;e en 1997 et est aussit&#244;t d&#233;sign&#233;e d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale SNJ-CGT. Elle s'applique d&#232;s lors &#224; obtenir l'embauche de nombreux collaborateurs de la cha&#238;ne employ&#233;s sous des statuts pr&#233;caires. Cet engagement syndical ne contribue pas pacifier ses relations avec la direction de RFO, qui ne daigne pas porter plainte lorsqu'en 1998 elle est agress&#233;e &#224; deux reprises par des planteurs qui envahissent la station, puis lors d'une manifestation. Selon son t&#233;moignage, elle subit aussi de multiples vexations administratives : on lui refuse la qualification de journaliste sp&#233;cialis&#233;e alors qu'elle est officiellement charg&#233;e de la chronique judiciaire, ou se voit infliger des retenues sur salaires injustifi&#233;es. Lisa David indique que ces pressions et ces brimades se poursuivront dans les ann&#233;es suivantes, jusqu'&#224; constituer un v&#233;ritable harc&#232;lement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lequel n'est, &#224; l'&#233;vidence, pas sans lien avec les convictions politiques et les prises de position de Lisa David en faveur de l'identit&#233; et du peuple martiniquais. Elle prend ainsi la t&#234;te en 2000 d'une mobilisation contre l'embauche pr&#233;f&#233;rentielle de cadres venus de m&#233;tropole et d&#233;fendant &#171; l'antillanisation &#187; des cadres de l'&#238;le ; elle d&#233;nonce en 2005, dans une lettre ouverte &#224; Marc Tessier, pr&#233;sident de France T&#233;l&#233;visions, la pratique de la r&#233;daction parisienne de RFO qui fait refaire les commentaires des reportages quand le journaliste a un accent antillais trop marqu&#233; ; elle interpelle encore en 2006 Patrick de Carolis, nouveau PDG de France T&#233;l&#233;visions venu rencontrer Aim&#233; C&#233;saire, pour r&#233;clamer une &#171; t&#233;l&#233; plus proche des Martiniquais &#187;. Affirmant &#234;tre r&#233;guli&#232;rement l'objet de pressions en raison de ces engagements, Lisa David se voit par exemple refuser en 2008 la prime due aux responsables d'&#233;dition, poste qu'elle occupe pourtant depuis deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, &#224; l'issue du long mouvement social qui a touch&#233; la Martinique, et au sein duquel Lisa David fut tr&#232;s active, un dysfonctionnement emp&#234;che la diffusion de la partie martiniquaise du &#171; Journal des Deux &#206;les &#187;. Lisa David d&#233;clare avoir &#233;t&#233; aussit&#244;t accus&#233;e de sabotage par ses sup&#233;rieurs. Il faudra qu'elle m&#232;ne une gr&#232;ve de la faim de quatre jours, avec le soutien de la CGTM, pour que la direction retire ses accusations. Peu apr&#232;s, une p&#233;tition demandant le remplacement de Lisa David circule au sein de la r&#233;daction sans que le r&#233;dacteur en chef adjoint, sollicit&#233; en ce sens, consente &#224; y mettre un terme ; des tracts anonymes la mettant en cause sont m&#234;me distribu&#233;s en m&#234;me temps que les fiches de paie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; durement &#233;prouv&#233;e par ces proc&#233;d&#233;s et par de nouvelles retenues sur salaire tr&#232;s importantes et injustifi&#233;es en 2010, Lisa David se voit pourtant renvoy&#233;e devant le Tribunal correctionnel de Fort-de-France pour diffamation, &#224; la suite d'une plainte de la direction de RFO&#8230; qui pr&#233;f&#232;re se d&#233;sister le jour du proc&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en 2012, apr&#232;s que la CGTM a multipli&#233; les d&#233;marches envers la direction, que Lisa David saisit la Halde, alors que sa sant&#233; physique et morale a &#233;t&#233; gravement affect&#233;e par ce harc&#232;lement et qu'elle a entam&#233; une nouvelle gr&#232;ve de la faim pour que Martinique Premi&#232;re et France T&#233;l&#233;visions en viennent &#224; s'engager pour que cesse ce traitement indigne.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Vingt ans, c'est donc le temps qu'il aura fallu &#224; France T&#233;l&#233;visions pour prendre ses responsabilit&#233;s&#8230; Et personne au sein de la profession pour s'en &#233;mouvoir. Ce qui n'est d'ailleurs gu&#232;re surprenant : si les grands m&#233;dias se font r&#233;guli&#232;rement l'&#233;cho des atteintes &#224; la libert&#233; de la presse, c'est de pr&#233;f&#233;rence lorsqu'elles ont lieu ailleurs que dans les grands pays occidentaux&#8230; Pourtant, c'est une chose que de promouvoir des lignes &#233;ditoriales r&#233;gionales aseptis&#233;es et sans enjeu (moins encore qu'au niveau national, dans la mesure o&#249; c'est possible), mais c'en est une autre que de laisser harceler les rares journalistes qui ont une autre conception de leur m&#233;tier. Et c'est d'autant plus regrettable dans une situation locale o&#249; les tensions sociales sont particuli&#232;rement marqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_6212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L475xH653/Protocole-ec257.jpg?1776703549' width='475' height='653' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage : l'exp&#233;rience &#233;difiante d'une pigiste occasionnelle sur un site participatif </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Temoignage-l-experience-edifiante-d-une-pigiste-occasionnelle-sur-un-site</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Temoignage-l-experience-edifiante-d-une-pigiste-occasionnelle-sur-un-site</guid>
		<dc:date>2012-11-01T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eurydice Vial</dc:creator>


		<dc:subject>Censures</dc:subject>
		<dc:subject>Internet</dc:subject>
		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>
		<dc:subject>Autocensures</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; et la culture du clic : comment fabriquer des d&#233;bats convenus en g&#233;n&#233;rant du flux &#224; peu de frais&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Pressions-censures-et-collusions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Pressions, censures et collusions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Censures-+" rel="tag"&gt;Censures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Internet-179-+" rel="tag"&gt;Internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journalisme-precaire-+" rel="tag"&gt;Journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Autocensures-+" rel="tag"&gt;Autocensures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le t&#233;moignage que nous publions ci-dessous permet de constater que les logiques de fonctionnement et de production de l'information d'un m&#233;dia en ligne tel que &lt;a href=&#034;http://www.newsring.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, pour &#171; participatif &#187; qu'il soit, connaissent les m&#234;mes contraintes et d&#233;rives que celles de ses homologues de la presse &#233;crite, radio ou t&#233;l&#233;diffus&#233;e. Et notamment que les pigistes y sont en butte &#224; la m&#234;me pr&#233;carit&#233;, &#224; la m&#234;me course &#224; l'audience, au suivisme et au conformisme de leur hi&#233;rarchie. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L478xH362/newsring-db3b4.jpg?1776737327' width='478' height='362' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tadd&#233;&#239; parrain, recruteur et produit d'appel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2012, le compte Twitter de Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; affiche ce tweet &#233;nigmatique : &#171; Recherche de futur(e)s Tadde&#239; &#187;. Intrigu&#233;e, je r&#233;ponds, et Tadde&#239; me demande alors de lui faire parvenir des id&#233;es de sujets et d'invit&#233;s originaux pour des d&#233;bats. Je me pr&#234;te assez facilement au jeu qui est plut&#244;t amusant. Apr&#232;s quelque temps, je re&#231;ois un nouveau message : il souhaite me rencontrer. Le rendez-vous a lieu, apr&#232;s maintes p&#233;rip&#233;ties et oublis de sa part, dans les locaux de &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, rue de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, c'est un site de d&#233;bats n&#233; en en d&#233;cembre 2011, en m&#234;me temps qu'une flopp&#233;e de sites d'information participative tels que &lt;i&gt;Le Plus du Nouvel Observateur&lt;/i&gt; ou encore le &lt;i&gt;Huffington Post&lt;/i&gt;. En d'autres termes, il s'agit de faire participer l'internaute, blogueur ou autre, pour r&#233;duire les co&#251;ts. La particularit&#233; de &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; ? Le site est parrain&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; dont l'objectif est, selon le discours qu'il me tient, d'en faire l'&#233;quivalent en ligne de &lt;i&gt;Ce soir ou jamais&lt;/i&gt;, &#224; la seule diff&#233;rence que chacun pourrait s'y exprimer. Il me propose d'y lancer des d&#233;bats sur l'histoire, puisque telle est ma sp&#233;cialit&#233;, tout en &#233;tant r&#233;mun&#233;r&#233;e. En tant que doctorante toujours en qu&#234;te de petits boulots, c'est le genre de proposition qui ne se refuse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, plusieurs &#233;l&#233;ments me posent question. Tadde&#239; aime &#224; dire qu'il ne regarde pas la t&#233;l&#233;vision mais il semble aussi qu'il ne fr&#233;quente pas le web tr&#232;s souvent. Ainsi, je suis assez interloqu&#233;e lorsque, au fil de la conversation, il m'explique que &#171; &lt;i&gt;de toute fa&#231;on, le web penche toujours naturellement &#224; gauche&lt;/i&gt; &#187; et que c'est pour &#231;a qu'il ne faut pas h&#233;siter &#224; laisser s'exprimer des gens d'extr&#234;me droite. Ma lecture des commentaires d'internautes sur divers sites de presse, terrains privil&#233;gi&#233;s des groupuscules extr&#233;mistes de tout poil, &#233;taient loin de me laisser cette impression. Lorsque j'invoque cette objection, il r&#233;plique : &#171; &lt;i&gt;Non, il n'y a pas de danger sur&lt;/i&gt; Newsring &lt;i&gt;parce qu'on est oblig&#233; de s'inscrire sous sa v&#233;ritable identit&#233; par Twitter ou Facebook, tout ce qui est publi&#233; sur &lt;/i&gt;Newsring&lt;i&gt; l'est aussi sur vos r&#233;seaux sociaux&lt;/i&gt; &#187;. Dans ma t&#234;te, je me disais : &#171; &lt;i&gt;Comment te dire, Fr&#233;d&#233;ric ? Les faux comptes Twitter et Facebook sont l&#233;gion&#8230;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rencontrai ensuite Julien Jacob, PDG de &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, qui m'expliqua le fonctionnement du site et m'annon&#231;a les tarifs : 500 euros les huit d&#233;bats, comptabilis&#233;s comme des piges : &#171; &lt;i&gt;Ca n'est pas beaucoup mais c'est calcul&#233; pour que vous n'y passiez pas trop de temps, le but c'est que vous vous amusiez. Et puis, &#231;a pourra &#234;tre ren&#233;goci&#233; plus tard&lt;/i&gt; &#187;, me dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un directeur de la r&#233;daction sachant prendre des risques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Jacob quittait &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; moins d'une semaine plus tard. En juin 2012, d&#233;j&#224;, Chlo&#233; Leprince, r&#233;dactrice en chef, et Pierre-Antoine Souchard, son adjoint, avaient &#233;galement quitt&#233; le navire. Rappelons que le premier r&#233;dacteur en chef, Philippe Couve, avait abandonn&#233; l'aventure seulement &lt;a href=&#034;http://www.lesinfluences.fr/Newsring-se-debat-dans-une-crise.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un mois apr&#232;s la cr&#233;ation du site&lt;/a&gt;. Un site d'information qui perd deux r&#233;dacteurs en chef et son PDG en moins d'un an, &#231;a ne sent pas tr&#232;s bon...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;parts cons&#233;cutifs consacr&#232;rent un nouveau Grand Chef, anciennement en charge de la rubrique politique, &#224; la t&#234;te de la r&#233;daction. Il devenait mon principal interlocuteur et j'appris tr&#232;s vite qu'avec lui, la donne avait chang&#233;. Hors de question de faire dans le d&#233;bat historique, il fallait ratisser large et surtout, mouiller sa chemise pour jouer les &lt;i&gt;community managers&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ou &#171; gestionnaires de communaut&#233; &#187;. Ces nouveaux m&#233;tiers consistent &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le but &#233;tait clair : du flux et du clic au prix d'un racolage sans faille. Embarrass&#233; par les r&#233;centes recrues de Tadde&#239;, le Chef n'h&#233;sita pas &#224; nous t&#233;l&#233;phoner pour nous pousser &#224; partir si nous ne voulions pas de ces nouvelles conditions, allant jusqu'&#224; menacer certains d'entre nous de ne pas nous payer si nous persistions. En suivant ce nouvel objectif, il se conformait exactement aux directives de Webedia, principal actionnaire de &lt;i&gt;Newsring &lt;/i&gt;aux c&#244;t&#233;s de Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; et Julien Jacob, propri&#233;taire de &lt;i&gt;Pure People&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Pure Media&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je persistai donc, tout en essayant de ne pas trop sacrifier au racolage. Le Chef et moi avions des visions tout &#224; fait oppos&#233;es. Il ne cessait de me parler d'attraper des &#171; gros poissons &#187; - entendre par l&#224; des personnalit&#233;s m&#233;diatiques - pour ins&#233;rer leur contribution dans les d&#233;bats. La perspective d'envoyer un SMS &#224; Luc Chatel et &#224; Luc Ferry, un appel t&#233;l&#233;phonique &#224; Tariq Ramadan, le mettait en transe alors que tout cela me laissait de marbre : une contribution originale et argument&#233;e d'un universitaire m&#233;connu me parlait bien plus que le &#233;ni&#232;me ressassement d'un habitu&#233; des plateaux t&#233;l&#233;. Comme j'avais probablement tout de l'&#233;tudiante s&#233;rieuse pr&#234;te &#224; se laisser exploiter sans se plaindre, le Chef paria sur moi quitte &#224; prendre des risques, ou du moins ce qu'il consid&#233;rait comme tel. Je pus ainsi lancer le d&#233;bat &#171; Michel Onfray est-il vraiment libertaire ? &#187; qui, selon lui, lui aurait valu d'&#234;tre grond&#233; par le directeur g&#233;n&#233;ral de &lt;i&gt;Newsring &lt;/i&gt;s'il l'avait appris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Coups de ciseaux et p&#234;che aux &#171; gros poissons &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Le meilleur &#233;tait &#224; venir avec un autre d&#233;bat que je voulais lancer &#224; propos de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Lib&#233; &lt;/i&gt;est-il toujours de gauche ? &#187; qui, toujours selon le Chef, n'&#233;tait pas pertinent parce que &#171; &lt;i&gt;personne ne s'entend sur la d&#233;finition de la gauche&lt;/i&gt;. &#187; Apr&#232;s bien des discussions, il fut finalement valid&#233; sous le titre &#171; &lt;i&gt;Lib&#233; &lt;/i&gt;a-t-il perdu son &#226;me ? &#187;, un d&#233;bat que la r&#233;daction avait pr&#233;c&#233;demment renonc&#233; &#224; lancer. Toutefois, s'il fut accept&#233; cette fois, ce ne fut pas sans un profond remaniement de l'argumentaire que j'avais d&#233;velopp&#233; pour l'accompagner, ce que je ne d&#233;couvris qu'une fois le d&#233;bat en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je me plaignais par courriel de ne pas en avoir &#233;t&#233; inform&#233;e et d'&#234;tre associ&#233;e &#224; un texte que je ne cautionnais pas, le Chef me r&#233;pondit : &#171; &lt;i&gt;C'est pourtant ainsi qu'on travaille dans la presse, depuis toujours : il faut que vous sachiez que nous sommes responsables des &#233;crits que vous publiez.&lt;/i&gt; &#187; Certes, mais dans la mesure o&#249; l'essentiel de l'argumentaire &#8211; comme tous ceux de &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; en g&#233;n&#233;ral - consistait en citations et liens vers des articles d&#233;j&#224; publi&#233;s ailleurs qui n'avaient pas fait l'objet de poursuites, le risque &#233;tait quasi inexistant. Autocensure ? Certainement pas, me r&#233;plique le vaillant journaliste : &#171; &lt;i&gt;Non, si vous me connaissiez, vous sauriez que je n'ai peur de personne &lt;/i&gt; &#187;. Diantre&#8230; Mais quelle raison alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des principaux points de d&#233;saccord r&#233;sidait dans le retrait d'un lien vers &lt;i&gt;Le Nouveau Jour J&lt;/i&gt;, journal des &#233;tudiants nanc&#233;iens, qui donnait &lt;a href=&#034;http://www.nouveaujourj.fr/njj/jeunes-et-cultives/188-ne-partez-pas-voter-sans-avoir-clique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une critique de &lt;i&gt;DSK, Hollande, etc, &lt;/i&gt;de Pierre Carles&lt;/a&gt;. Cette r&#233;f&#233;rence l'avait rendu fou : &#171; &lt;i&gt;ne pas parler de ce salaud de banquier de Rotschild, &#231;a manquait dans votre petit proc&#232;s de Moscou. La motion de d&#233;fiance des salari&#233;s &#233;tait plus convaincante. Ne citer qu'un admirateur de Pierre Carles, par contre, c'&#233;tait d&#233;cisif : Demorand, il &#233;tait mort avec votre enqu&#234;te&lt;/i&gt;. &#187; J'&#233;tais loin de soup&#231;onner ce pouvoir &#224; un petit groupe d'&#233;tudiants de l'universit&#233; de Lorraine qui venait de d&#233;couvrir le documentaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisque leur critique &#233;tait bonne, le Chef les assimilait &#224; de vulgaires groupies de Pierre Carles, sans m&#234;me envisager qu'ils aient simplement pu appr&#233;cier le documentaire, ind&#233;pendamment de tout lien et de toute connivence avec son auteur. Voil&#224; qui en dit long sur sa conception de la critique dans les m&#233;dias... Sans doute aurait-il pr&#233;f&#233;r&#233; que je renvoie aussi &#224; une recension n&#233;gative, mais les d&#233;tracteurs de ce documentaire choisissent visiblement le silence plut&#244;t que des critiques publiques que j'ai vainement recherch&#233;es. Le Chef pr&#233;f&#233;ra donc renvoyer directement &#224; un extrait du documentaire sur le site de Pierre Carles, ce qui revenait aussi &#224; le pr&#233;senter comme un homme seul, un hurluberlu s'agitant vainement dans son coin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un site se r&#233;clamant du parrainage de Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239;, pouvait-il s&#233;rieusement continuer &#224; ignorer une critique des m&#233;dias de plus en plus connue du public apr&#232;s le succ&#232;s des &lt;i&gt;Nouveaux Chiens de garde &lt;/i&gt;et le passage de Yannick Kergoat sur le plateau de&#8230; &lt;i&gt;Ce soir ou jamais &lt;/i&gt; ? Cette interrogation ne re&#231;ut qu'une r&#233;ponse ironique : &#171; &lt;i&gt;On m'en parlait encore hier dans un bistrot de Nevers ! Vous avez raison, c'est m&#234;me devenu un argument &#233;lectoral, feu sur la presse ! On pourrait en parler des heures, et il n'y aurait pas que&lt;/i&gt; Lib&#233;ration &lt;i&gt;au banc des accus&#233;s. Je vous propose - tr&#232;s s&#233;rieusement : &#034;&lt;/i&gt;Les journalistes sont-ils des salauds ?&lt;i&gt;&#034; Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; proposait : &#034;&lt;/i&gt;Les journalistes sont-ils tous des cons ?&lt;i&gt;&#034; Vous trouverez peu de gens pour les d&#233;fendre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;battre en ligne ou d&#233;battre dans le vide ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nullement d&#233;sireux de s'interroger sur les conditions, la teneur et les finalit&#233;s du d&#233;bat sur &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, le Chef est en revanche toujours &#224; l'affut de nouveaux &#171; gros poissons &#187;, ce &#224; quoi il r&#233;duisait Kergoat : &#171; &lt;i&gt;Si vous parvenez &#224; nous l'amener pour contribuer &#224; votre d&#233;bat, j'ouvre le champagne ! Je prends aussi Halimi, Lordon&lt;/i&gt; &#187;. L'actualit&#233; n'est alors qu'un pourvoyeur de d&#233;bats &#171; canailles &#187; pourvu que les huiles des m&#233;dias ne soient pas trop &#233;gratign&#233;es. &#192; c&#244;t&#233; de cela, quand je sugg&#233;rai un d&#233;bat sur le d&#233;sint&#233;r&#234;t m&#233;diatique pour les sans-papiers, on me proposait &#224; la place : &#171; Pour ou contre l'Aide M&#233;dicale d'&#201;tat &#187; que je d&#233;clinai pour des raisons &#233;thiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &lt;i&gt;Newsring &lt;/i&gt;poursuit sa qu&#234;te de flux en r&#233;mun&#233;rant les pigistes au nombre de contributions, une offre g&#233;n&#233;reuse &#224; dix euros la contribution que j'ai refus&#233;e. En d'autres termes, les pigistes sont r&#233;duits au r&#244;le de rabatteurs de contributeurs, arpentant les divers forums du web, en qu&#234;te de pourvoyeurs de contenu auxquels ils sont dans l'incapacit&#233; d'expliquer quel usage &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; fera des donn&#233;es personnelles transmises lors de leur inscription sur le site. Autant dire que, contrairement &#224; ce qu'en dit Tadde&#239;, le site n'est m&#234;me pas l'ombre de &lt;i&gt;Ce soir ou jamais&lt;/i&gt;, et ne saurait compenser sa r&#233;duction au format hebdomadaire. Et quelles que soient les raisons de sa participation &#224; cette entreprise, est-il bien s&#233;rieux que Tadde&#239; utilise une notori&#233;t&#233; entretenue sur le service public, pour fournir de la main d'&#339;uvre corv&#233;able &#224; merci &#224; &lt;i&gt;Newsring &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eurydice Vial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_6119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L476xH290/newsring2-9c031.jpg?1776737327' width='476' height='290' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Post scriptum d'Acrimed&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce t&#233;moignage permet d'&#233;clairer utilement les conditions de fabrication de ce site &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, qui est en apparence aussi attrayant esth&#233;tiquement que richement nourri par de nombreux articles sur tous les grands domaines de l'actualit&#233;. N&#233;anmoins, au-del&#224; de cette premi&#232;re impresssion, l'appr&#233;ciation se g&#226;te nettement&#8230; Les articles n'en sont pas r&#233;ellement et se r&#233;sument &#224; quelques paragraphes de reprise d'autres m&#233;dias. Les questions cens&#233;es amorcer les d&#233;bats qui accompagnent chaque article sont pour la plupart faussement pol&#233;miques (&#171; &#201;ducation nationale : faut-il pr&#233;ciser que Rimbaud et Jules C&#233;sar couchaient avec des hommes ? &#187;) ou vraiment rab&#226;ch&#233;es (&#171; Rolling Stones ou Beatles ? &#187;), quant &#224; l'omnipr&#233;sence de sondages permettant d'arbitrer en temps r&#233;el chaque d&#233;bat, elle pr&#234;te franchement &#224; sourire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est vrai que ce n'est pas avec quelque pigistes chichement pay&#233;s &#171; &#224; la pi&#232;ce &#187; qu'on peut faire vivre un site d'information et de d&#233;bat d'actualit&#233; digne de ce nom&#8230; Ni d'ailleurs conna&#238;tre un franc succ&#232;s, &#224; en juger par l'audience enregistr&#233;e par les &#171; D&#233;bats les plus anim&#233;s du mois &#187; : avec quelques dizaines de contributions et quelques centaines de votes, les d&#233;bats ne semblent pas drainer un public exc&#233;dant celui de blogs ou de forums &#224; succ&#232;s&#8230; mais avec de &#171; gros poissons &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ou &#171; gestionnaires de communaut&#233; &#187;. Ces nouveaux m&#233;tiers consistent &#224; superviser la pr&#233;sence et l'image d'une marque ou d'une soci&#233;t&#233; sur Internet, en y diffusant du contenu et en assurant l'animation, l'encadrement et la mod&#233;ration de forums et de blogs plus ou moins d&#233;di&#233;s (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage : journalistes aux prises avec la com' de la police</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Temoignage-journalistes-aux-prises-avec-la-com-de-la-police</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Temoignage-journalistes-aux-prises-avec-la-com-de-la-police</guid>
		<dc:date>2012-10-17T04:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#034;Bidonnages&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Photos instrumentalis&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Sur le vif</dc:subject>
		<dc:subject>Quartiers populaires</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Deux mises en sc&#232;ne de la police par elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Bidonnages-et-mensonges-" rel="directory"&gt;Bidonnages et mensonges&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bidonnages-+" rel="tag"&gt;&#034;Bidonnages&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Photos-instrumentalisees-+" rel="tag"&gt;Photos instrumentalis&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sur-le-vif-+" rel="tag"&gt;Sur le vif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quartiers-populaires-+" rel="tag"&gt;Quartiers populaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous le sceau de l'anonymat et sans pr&#233;ciser les noms et les lieux, un t&#233;moignage dont nous avons v&#233;rifi&#233; l'authenticit&#233;. Il montre comment certains journalistes sont amen&#233;s &#224; travailler et &#224; se pr&#234;ter aux mises en sc&#232;ne d'une police soucieuse de donner d'elle-m&#234;me une &#171; bonne image &#187;. (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un dossier sur les flics doit para&#238;tre dans notre quotidien r&#233;gional. Je dois participer en r&#233;alisant un petit &#034;angle&#034; sur le sujet. On me demande &#233;galement de me charger des illustrations de ce dossier. L'id&#233;e est d'avoir une photo des policiers en situation dans des zones qui craignent. Pas &#233;vident, parce que d&#233;j&#224;, pour obtenir une autorisation chez les flics, c'est le bin's total. J'appelle quand m&#234;me. Et l&#224;, miracle ! Le capitaine charg&#233; de la communication me dit : &#034;&lt;i&gt;C'est d'accord, appelez le commandant Durand&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les noms et pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;de ma part et voyez &#231;a avec lui&lt;/i&gt;&#034;. &#034;&lt;i&gt;Hourra !&lt;/i&gt;&#034; me dis-je alors. J'appelle le commandant. Il me dit &#034;&lt;i&gt;Ok&lt;/i&gt;&#034;. J'appelle dans la foul&#233;e Bertrand, le photographe, qui me dit &#034;&lt;i&gt;Ok&lt;/i&gt;&#034;. Seule condition qu'on nous donne : ne pas photographier les visages, ne prendre les flics que de dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous est pris &#224; 15h, devant une barre d'immeuble r&#233;put&#233;e pour ses trafics de drogue. &#034;&lt;i&gt;Faites attention, &#231;a craint, attendez-nous pour sortir&lt;/i&gt;&#034;, conseille le commandant Durand. &#034;&lt;i&gt;Et ne montrez pas vos appareils photo, on pourrait vous les piquer&lt;/i&gt;&#034;. Bref, on s'appr&#234;te &#224; aller en zone de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h. Nous voil&#224; sur place. Et l&#224;, on va assister &#224; une sc&#232;ne des plus loufoques. Du pur comique, ou, devrais-je dire, du grotesque. Huit policiers sont devant la barre, arm&#233;s jusqu'aux dents : boucliers, flash-ball, casques... Pendant dix minutes, ils vont nous faire une d&#233;monstration de leurs interventions type dans ce genre d'immeuble. Pour de faux, bien s&#251;r. Nous, on prend des photos d'eux qui avancent pas &#224; pas sous les consignes du chef : &#034;&lt;i&gt;Regardez bien en haut, qu'il n'y ait pas de projectiles !&lt;/i&gt;&#034; On se croirait dans un film. Mais les photos, on les a. On est contents. Emmanuelle, la chef, va &#234;tre contente. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Nous repartons, les policiers repartent. Non sans nous avoir conseill&#233; d'&#234;tre prudents : &#034;&lt;i&gt;Ils vous ont rep&#233;r&#233;s, faites attention en retournant &#224; votre v&#233;hicule !&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois heures plus tard, me voici &#224; l'h&#244;tel de police. Et l&#224;, badaboum : on me tombe sur le dos comme je ne l'aurais pas imagin&#233;... &#034;&lt;i&gt;Mais qu'est-ce que c'est que &#231;a !&lt;/i&gt; me lance le capitaine de la com'. &lt;i&gt;J'ai eu le commandant Durand, il para&#238;t que vous avez demand&#233; &#224; faire des photos en situation, avec les casques et les boucliers ! &#199;a ne va pas du tout ! Ce n'est pas du tout cette image qu'on veut donner !&lt;/i&gt;&#034; Un chef de la police, le directeur adjoint &#201;tienne Martin, me tombe dessus dans la foul&#233;e : &#034;&lt;i&gt;Pas question de publier ces photos qui montrent un &#233;tat de si&#232;ge !&lt;/i&gt;&#034; On me menace m&#234;me, si je publie de lesdites photos, de me faire interdire, &#224; l'avenir, dans l'h&#244;tel de police... Je passe les d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat, c'est qu'on rappelle Bernard, qu'on lui fixe un nouveau rendez-vous dans l'heure qui suit, pour r&#233;aliser de nouveaux clich&#233;s. Il est dans un bon jour, il accepte, il y va. Et il me raconte la situation grotesque dans laquelle il se retrouve : les policiers - les m&#234;mes que deux heures plus t&#244;t - sont cens&#233;s marcher devant la barre d'immeuble, tranquillement, sans casques ni boucliers, bien s&#251;r. Seulement, ils flippent, ils sont mal &#224; l'aise, ils se d&#233;p&#234;chent, ils ont peur. Car &#231;a ne se fait plus, ce genre de choses ! Alors l'un d'eux, qui n'appara&#238;tra pas sur la photo, suit le groupe arm&#233; d'un flash-ball. On ne sait jamais ! La photo, dans le journal, n'aura rien laissant penser &#224; un &#233;tat de si&#232;ge dans les quartiers chauds. Surtout pas de r&#233;pression ! Mais qu'est-ce qu'on sera loin, mais loin, de la r&#233;alit&#233;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les noms et pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ces journalistes ind&#233;sirables quand ils ne sont pas encart&#233;s</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Ces-journalistes-indesirables-quand-ils-ne-sont-pas-encartes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Ces-journalistes-indesirables-quand-ils-ne-sont-pas-encartes</guid>
		<dc:date>2009-03-16T06:49:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques-Olivier Teyssier</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les m&#233;saventures du r&#233;dacteur de &lt;i&gt;Montpellier journal&lt;/i&gt;. Le droit d'informer doit-il &#234;tre r&#233;serv&#233; aux titulaires d'une carte de presse ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Que-sont-les-journalistes-Ou-va-le-journalisme-" rel="directory"&gt;Que sont les journalistes ? O&#249; va le journalisme ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La floraison de sites et de blogs qui, &#224; des titres divers, se pr&#233;sentent comme des m&#233;dias d'information soul&#232;ve, une fois de plus, le probl&#232;me de la d&#233;marcation entre un journalisme qui se pr&#233;sente comme professionnel parce qu'il est salari&#233; et le journalisme de fait que pratiquent d'autres acteurs. De l&#224; cette question : le droit d'informer doit-il &#234;tre r&#233;serv&#233; aux titulaires d'une carte de presse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;saventures de Jacques-Olivier Teyssier, journaliste de formation et journaliste (encore) b&#233;n&#233;vole, illustrent les obstacles que rencontrent ceux qui veulent informer sans carte, surtout quand ils se montrent critiques &#224; l'&#233;gard des institutions et des m&#233;dias &#171; traditionnels &#187;. Nous publions ci-dessous son t&#233;moignage. La plupart des liens renvoient aux articles du site Web que Jacques-Olivier anime : &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Montpellier journal&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant deux ans, tout allait bien. De 2005 &#224; 2007, je&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet article est &#233;crit &#224; la premi&#232;re personne parce qu'il s'agit d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pouvais exercer ma fonction de journaliste &#224; peu pr&#232;s librement. Bien s&#251;r tout n'&#233;tait pas rose : &lt;a href=&#034;http://laccroche.free.fr/numeros.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;l'Accroche&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le petit journal que nous avions lanc&#233; &#224; Montpellier avec quelques coll&#232;gues, ne se vendait qu'&#224; quelques centaines d'exemplaires. Mais je recevais les communiqu&#233;s de presse des diff&#233;rentes collectivit&#233;s (mairie, agglo, r&#233;gion), je pouvais assister &#224; leurs conf&#233;rences de presse, si&#233;ger dans la tribune de presse pour suivre les conseils de ces institutions. Jamais on ne m'a demand&#233; de pr&#233;senter ma carte de presse. Heureusement car la mienne s'est p&#233;rim&#233;e en mars 2006. Normal, je ne tirais pas de revenu de &lt;i&gt;l'Accroche&lt;/i&gt;. Or, &lt;a href=&#034;http://www.ccijp.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pour obtenir la carte de presse&lt;/a&gt;, il faut tirer 50% de ses revenus d'une activit&#233; dans une publication ou une agence de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2007, &lt;i&gt;l'Accroche &lt;/i&gt;s'arr&#234;te. En octobre 2008, le virus de l'information &#233;tant toujours actif, je lance &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Montpellier journal&lt;/a&gt;. Le web &#233;tant ce qu'il est, tout se fait tr&#232;s vite. Tellement vite qu'alors que j'en &#233;tais encore en train de peaufiner l'environnement technique et graphique de Montpellier journal, je d&#233;cide d'ouvrir le site apr&#232;s avoir lu un article dans Montpellier plus, quotidien gratuit du groupe Midi Libre, qui m'avais stup&#233;fi&#233; : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2983.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'auteur y reprenait la quasi int&#233;gralit&#233; d'un communiqu&#233; de presse de la mairie&lt;/a&gt;. Et ce, sans guillemet et sans citer la source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de l&#224;, tout change. Les r&#233;actions hostiles pleuvent. En particulier &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2008/10/aurel-epingle-montpellier-plus.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;celles de l'ancien r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;Montpellier plus&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et aujourd'hui directeur d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, Didier Thomas-Radux. Ou celle de Jean-Jacques Sarciat qui va jusqu'&#224; signaler &#224; la responsable du service de presse de l'agglo, lors d'une conf&#233;rence de presse, en me montrant du doigt : &lt;i&gt;&#171; Lui, il n'a pas de carte de presse. &#187;&lt;/i&gt; Ce que j'ai interpr&#233;t&#233; &#224; l'&#233;poque comme : &#171; Il faut le virer de l&#224;. &#187; On a les arguments qu'on peut. A l'&#233;poque, m&#234;me si je prends date aupr&#232;s du Club de la presse, je consid&#232;re tout ceci comme des &#233;piph&#233;nom&#232;nes. Il s'en suit d'ailleurs une p&#233;riode relativement calme. Puis, petit &#224; petit, la m&#233;canique de l'exclusion se met en branle avec quelques rat&#233;s. A commencer par &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2008/11/georges-freche-sen-prend-a-montpellier-journal.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;pisode surr&#233;aliste du conseil d'agglo&lt;/a&gt; o&#249; Georges Fr&#234;che s'interrompt en pleine session pour me demander de regagner la tribune de presse. Finalement arrivent les &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/01/laissez-moi-faire-mon-travail.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;interdictions de conseil d'agglo&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/01/interdit-de-conference-de-presse.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;conf&#233;rences de presse&lt;/a&gt; dont je ne re&#231;ois, d'ailleurs plus les invitations. Motif officiel : je n'ai pas de carte de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me laisse pas faire et publie sur &lt;i&gt;Montpellier journal&lt;/i&gt; le r&#233;cit de ces entraves et recueille &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/01/laissez-moi-faire-mon-travail.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les r&#233;actions de journalistes ind&#233;pendants&lt;/a&gt; du pouvoir local. Puis, gr&#226;ce &#224; l'action d'Aurel, dessinateur de presse, qui faisait partie de l'aventure de &lt;i&gt;l'Accroche&lt;/i&gt;, le Club de la presse d&#233;cide de &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/01/interdit-de-conference-de-presse.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;consulter ses membres&lt;/a&gt;. Et le Club, coinc&#233; entre ceux qui ne veulent pas que l'association me soutienne, et le courrier qu'adressent &#224; ses administrateurs, &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/02/des-journalistes-ecrivent-au-club-de-la-presse.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plusieurs soutiens de poids&lt;/a&gt;, finit par publier &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/02/de-vous-a-moi-2.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;deux communiqu&#233;s&lt;/a&gt; destin&#233;s &#224; ses membres o&#249; il est notamment &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Ceux qui travaillent&lt;/i&gt; [&#224; Montpellier journal] &lt;i&gt;doivent pouvoir travailler sans entrave. &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; Le Club condamne donc cette entrave au travail de Jacques-Olivier Teyssier, lui apporte son soutien. &lt;/i&gt; &#187; Viendront ensuite un papier dans &lt;i&gt;L'Agglorieuse &lt;/i&gt;(10/02), hebdomadaire local, &lt;a href=&#034;http://www.rue89.com/marseille/2009/02/17/montpellier-teyssier-vilain-petit-canard-de-la-presse-locale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une interview publi&#233;e sur Rue89&lt;/a&gt; (17/02) et &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/03/le-monde-est-il-un-journal.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un article assez malveillant&lt;/a&gt; dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (7/03) et bien entendu, rien dans la presse &#171; install&#233;e &#187; de Montpellier si ce n'est une br&#232;ve dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3064.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Gazette de Montpellier&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; voulant me pr&#233;senter comme un nombriliste qui aurait voulu &#234;tre un &#171; martyr &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir les choses comme cet hebdomadaire - dont, au passage, le patron ne cache pas ses sympathies pour Georges Fr&#234;che, le pr&#233;sident de l'agglo et de la r&#233;gion - &#233;vite d'aborder les vraies questions. Car derri&#232;re toute cette affaire il y a plusieurs sujets int&#233;ressants. A commencer par celui-ci : un journaliste se d&#233;finit-il par la d&#233;tention de la carte de presse ? R&#233;ponse d'&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Rollat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alain Rollat&lt;/a&gt; sur &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/01/laissez-moi-faire-mon-travail.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Montpellier journal&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; La question de savoir si vous disposez ou non de la Carte d'identit&#233; des journalistes professionnels, qui n'est d'ailleurs pas exig&#233;e pour cr&#233;er ou diriger un journal, ne saurait donc &#234;tre l'alibi des frileux, des jaloux ou des m&#233;diocres qui ne vous aiment pas parce que votre irruption dans le paysage local met en &#233;vidence, par contraste, leurs insuffisances ou leurs connivences. &#187;&lt;/i&gt; Ces &#171; frileux, jaloux ou m&#233;diocres &#187; refond leur apparition quelques semaines plus tard &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/02/qui-en-veut-a-montpellier-journal.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans la bouche du directeur de la communication de la mairie&lt;/a&gt; de Montpellier qui justifie sa d&#233;cision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lui aura au moins eu le courage de me communiquer sa d&#233;cision directement et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Pour les conf&#233;rences de presse, nous, &#231;a nous pose un probl&#232;me d'&#233;quilibre avec les autres qui, eux, se targuent d'avoir la carte de presse et des &#233;diteurs qui ont pignon sur rue et qui veulent que ce cadre l&#224; soit le seul qui soit valable pour inviter qui que soit aux conf&#233;rences de presse. &#187; &lt;/i&gt;Interrog&#233;s, Philippe Palat, directeur de la r&#233;daction de &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; et Jean-Jacques Sarciat d&#233;mentiront toute intervention aupr&#232;s des collectivit&#233;s. Je reste sceptique sur leur sinc&#233;rit&#233; au moins sur celle de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais finalement, ce qu'il faut retenir de tout cela, c'est l'attitude des m&#233;dias &#171; traditionnels &#187; qui plut&#244;t de lutter sur le seul terrain qui en vaille la peine, &#224; savoir celui de l'information, s'arcboutent sur leurs privil&#232;ges pour essayer de maintenir le plus longtemps possible un mod&#232;le qui s'effondre. Et tente de discr&#233;diter ceux qui leur font concurrence tout en &#233;vitant soigneusement de remettre en cause la qualit&#233; de l'information que produisent leurs journaux. C'est un peu ce que r&#233;v&#232;le l'article du Monde titr&#233; &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/03/06/les-blogs-info-ou-influence_1164435_651865.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les blogs : info ou influence ? &#187;&lt;/a&gt; (7/03) dans lequel Xavier Ternisien pr&#233;sente les blogueurs comme des &lt;i&gt;&#171; prescripteurs &#187;&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;&#171; commentateurs &#187;&lt;/i&gt;. Et que dire du texte mis en exergue ? &lt;i&gt;&#171; Lorsqu'un blogueur arrive &#224; une conf&#233;rence de presse, la premi&#232;re chose qu'il fait est de se prendre en photo. &#187;&lt;/i&gt; Le journaliste cite aussi le coordinateur du service de presse du PS qui affirme : &lt;i&gt;&#171; Nous avons pour habitude de demander la carte de presse, ou sinon de v&#233;rifier que le site ou le blog sont reconnus et ont une bonne r&#233;putation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh voil&#224; ! &#171; Reconnus et ont une bonne r&#233;putation. &#187; Deuxi&#232;me question fondamentale : qui pour juger cela ? Et comment le faire ? Des institutions ont-elles le droit de choisir qui elles invitent &#224; leurs conf&#233;rences de presse ou leurs &#233;v&#233;nements ? En particulier des collectivit&#233;s ou des services de l'Etat peuvent-ils en filtrer l'acc&#232;s alors que c'est l'argent public qui finance ? Et si oui, sur quels crit&#232;res ? Faut-il agir &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; ou attendre que les conf&#233;rences de presse soient surpeupl&#233;es pour d&#233;finir une r&#232;gle ? Car &#224; Montpellier, au moment o&#249; les interdictions sont tomb&#233;es, on se montait rarement dessus. Sauf, bien s&#251;r, quand Georges Fr&#234;che tente de corriger un de ses d&#233;rapages verbaux dont il a le secret ou qu'un nouveau pr&#233;fet organise un petit d&#233;jeuner &#224; son arriv&#233;e. C'est &#224; dire dans 1% des cas, et encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me s'il devait y avoir une r&#232;gle, doit-elle &#234;tre prise unilat&#233;ralement par les services de communication et le cabinet de la t&#234;te de l'ex&#233;cutif ? Ou bien d&#233;battue d&#233;mocratiquement, au minimum, au sein des assembl&#233;es ? Mais finalement, ce qui d&#233;range peut-&#234;tre le plus le pouvoir politique et m&#233;diatique c'est que les sites ou les blogs, contrairement aux m&#233;dias dominants, sont tr&#232;s souvent financi&#232;rement ind&#233;pendants. Il est donc difficile de les soumettre et de faire en sorte qu'ils rentrent dans les plans de communications des collectivit&#233;s. En particulier quand les &#233;lections approchent. A l'image, par exemple, de &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; qui a r&#233;cemment r&#233;alis&#233; &lt;a href=&#034;http://www.montpellier-journal.fr/2009/03/midi-libre-confond-quotidien-regional-et-journal-de-la-region.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un quasi publi-reportage&lt;/a&gt; sur les TER en partenariat avec la r&#233;gion Languedoc-Roussillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques-Olivier Teyssier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet article est &#233;crit &#224; la premi&#232;re personne parce qu'il s'agit d'un t&#233;moignage. Mais qu'on ne s'y trompe pas : m&#234;me si les faits dont il s'agit ici me concernent, ils d&#233;passent largement mon cas personnel. Et c'est en &#231;a qu'ils sont int&#233;ressants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lui aura au moins eu le courage de me communiquer sa d&#233;cision directement et ne pas laisser le sale boulot &#224; ses attach&#233;es de presse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France 2 &#171; fait bouger la France &#187;&#8230; et la crise du logement : les dessous d'une &#233;mission d'inservice public</title>
		<link>https://www.acrimed.org/France-2-fait-bouger-la-France-et-la-crise-du-logement-les-dessous-d-une</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/France-2-fait-bouger-la-France-et-la-crise-du-logement-les-dessous-d-une</guid>
		<dc:date>2008-10-15T07:07:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manuel Domergue</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>B&#233;atrice Sch&#246;nberg</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, immobilier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;T&#233;moignage et analyse d'un membre du collectif &#171; Jeudi Noir &#187; invit&#233; dans une &#233;mission-traquenard.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Faits-et-mefaits-divers-" rel="directory"&gt;Faits et m&#233;faits divers&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Beatrice-Schonberg-+" rel="tag"&gt;B&#233;atrice Sch&#246;nberg&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Logement-immobilier-+" rel="tag"&gt;Logement, immobilier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mardi soir 14 octobre, France 2 diffuse l'&#233;mission &#171; Ils font bouger la France &#187;, anim&#233;e par B&#233;atrice Sch&#246;nberg. Son titre ce soir-l&#224; ? &#171; Se loger mieux et moins cher &#187;. Son contenu ? Une juxtaposition de reportages h&#233;t&#233;roclites, entrecoup&#233;s de quelques &#233;changes en plateau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chef d'&#339;uvre dans l'art de faire de la crise du logement (et des solutions globales qu'elle appelle) un &lt;i&gt;patchwork&lt;/i&gt; d'aper&#231;us et de t&#233;moignages donn&#233;s pour exemplaires. Des aper&#231;us qui nivellent tout, &#224; commencer par les in&#233;galit&#233;s sociales face au logement. Il suffit presque de mentionner (provisoirement) les titres des deux premiers reportages : &#171; Premier logement : la gal&#232;re &#187;, suivi de &#8230; &#171; Promoteurs : la grande braderie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chef d'&#339;uvre &#233;galement dans l'art de dissoudre une question sociale et politique, en d&#233;pit (ou &#224; cause&#8230;) de la pr&#233;sence de Christine Boutin, dans un pot-pourri de recettes plus ou moins cyniques et de bonnes &#339;uvres, tr&#232;s in&#233;galement g&#233;n&#233;reuses. Un &#233;change final (du moins au montage) entre Augustin Legrand, des Enfants de Don Quichotte et Christine Boutin briser pendant quelques r&#233;pliques un consensus de bon ton. Quant au collectif Jeudi Noir, on l'entendit pendant 1 minute en d&#233;but d'&#233;mission demander le blocage des loyers. Et c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or un membre de ce collectif nous avait adress&#233; d&#232;s le 12 octobre un article que nous reproduisons ici sous forme de &#171; tribune &#187;. Nous reviendrons sur le contenu de l'&#233;mission diffus&#233;e. Voici ses dessous avant le montage. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;strong&gt;
&lt;center&gt; &#171; Je l'ai dit &#224; votre mari &#187;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;- A propos de l'&#233;mission &#171; Ils font bouger la France &#187;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 14 octobre, vous pourrez voir en &lt;i&gt;prime time&lt;/i&gt; sur France 2 une &#233;mission enti&#232;re consacr&#233;e &#224; la crise du logement, intitul&#233;e &lt;i&gt;Ils font bouger la France&lt;/i&gt; [lien p&#233;rim&#233;, mars 2010]. &lt;i&gt;A priori&lt;/i&gt;, on ne peut que se f&#233;liciter que le d&#233;bat politique, sur un th&#232;me aussi crucial, s'ouvre pendant deux heures &#224; une heure de grande &#233;coute. C'est d'ailleurs pour cela que d&#232;s que les journalistes de cette &#233;mission ont contact&#233; Jeudi Noir, en juin dernier, nous avons tout fait pour les aider : des r&#233;unions avec eux, des conseils pour rencontrer des mal-log&#233;s donn&#233;s &#224; la pelle, des reportages sur nos r&#233;quisitions, l'explication de nos revendications, etc. Et quand il nous a &#233;t&#233; propos&#233; d'intervenir sur le plateau de l'&#233;mission face &#224; Christine Boutin, nous avons accept&#233;, pour porter le d&#233;bat sur sa loi qui arrive ce m&#234;me jour au Parlement, ses d&#233;fauts et ses insuffisances. Vous comprendrez en regardant l'&#233;mission pourquoi nous avons d&#233;chant&#233;&#8230; Pourtant, notre collectif a d&#233;sormais une assez grande exp&#233;rience des m&#233;dias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur le site de &#171; Jeudi noir &#187;.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et m&#234;me si nous ne nous faisons pas de grandes illusions sur leur capacit&#233; &#224; mettre en sc&#232;ne des d&#233;bats sur le fond, nous arrivons presque tout le temps &#224; glisser des &#233;l&#233;ments de compr&#233;hension sur les causes politiques de la crise du logement, et &#224; faire entendre la voix des mal-log&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en arrivant sur le plateau que nous comprenons que nous serons cantonn&#233;s aux canap&#233;s derri&#232;re le plateau lui-m&#234;me, et que nous parlerons d'en bas, en interpellant la ministre une minute, mais jamais sur un pied d'&#233;galit&#233; avec elle ou Jean Perrin, le repr&#233;sentant des propri&#233;taires de l'UNPI. Nous serons aussi les seuls sans micro &#171; HF &#187;, mais avec un micro &#224; la main, c'est-&#224;-dire que nous ne pourrons parler que quand on en donnera la permission, sans aucun droit de suite. Sur tous ces points, encore un quart d'heure avant l'&#233;mission, on nous promettait l'inverse, c'est-&#224;-dire que, dans une &#233;mission o&#249; tout &#233;tait minut&#233; (au point que la journaliste nous demandait de nous limiter &#224; telle ou telle revendication), on nous avait menti d'un bout &#224; l'autre. De m&#234;me, le reportage tourn&#233; sur Jeudi Noir et ses &#233;tudiants contraints de r&#233;quisitionner les b&#226;timents vides est finalement pass&#233; &#224; la trappe.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ca ne sert &#224; rien de prendre la parole, vous n'avez pas le micro &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'invit&#233;s, nous n'avons pas le droit de prendre la parole, m&#234;me quand Christine Boutin sort des &#233;normit&#233;s. Sans bien s&#251;r &#234;tre reprise &#224; aucun moment par Mme Sch&#246;nberg-Borloo. Premier exemple : Boutin, r&#233;volt&#233;e par la crise du logement, menace le repr&#233;sentant des propri&#233;taires d'une vague de r&#233;quisition d'appartements vacants. Mme Sch&#246;nberg-Borloo aurait pu lui rappeler qu'elle avait fait la m&#234;me promesse il y a un an &#224; l'approche de l'hiver 2007, &#171; si n&#233;cessaire &#187;. N&#233;cessit&#233; fut. Mais de r&#233;quisition point. Second exemple : pour se d&#233;douaner des &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s de son gouvernement, Mme Boutin tente d'expliquer que &lt;i&gt;&#171; la crise du logement est une cons&#233;quence de la crise financi&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Ah bon ? Pourtant, la crise du logement existe depuis pr&#232;s de dix ans. Pourtant c'est plut&#244;t la crise du logement, la bulle immobili&#232;re, les subprimes et l'id&#233;ologie du &#171; Tous propri&#233;taires &#187;, qui sont &#224; l'origine de la crise mondiale. Face &#224; cela, B&#233;atrice Sch&#246;nberg-Borloo s'en prend&#8230; au militant de Jeudi Noir : &#171; &lt;i&gt;Non, mais &#231;a ne sert &#224; rien de prendre la parole, vous n'avez pas le micro &#187;&lt;/i&gt;. L'&#233;mission est en diff&#233;r&#233;, inutile de faire un esclandre&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile non plus de dire qu'&#224; aucun moment Mme Sch&#246;nberg-Borloo ne demandera &#224; Mme Boutin si ces maisons &#224; 15 euros, qui ressemblent fortement aux maisons &#224; 100 000 euros dites aussi &#171; maisons Borloo &#187;, vont conna&#238;tre le m&#234;me &#233;chec. Christine Boutin et Jean Perrin, le repr&#233;sentant des propri&#233;taires de l'UNPI, peuvent deviser tranquillement c&#244;te &#224; c&#244;te. La ministre passe m&#234;me pour une grande humaniste compar&#233;e &#224; Jean Perrin, qui, confront&#233; aux difficult&#233;s d'une jeune m&#232;re c&#233;libataire, d&#233;clare tranquillement que &lt;i&gt;&#171; &#224; mon &#233;poque, il y avait un papa et une maman. Alors si on veut faire un b&#233;b&#233; toute seule, hein&#8230; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Pascal L&#233;gitimus &#224; Fort Boyard&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sont venus ensuite les prises de parole d'incontestables experts sur des sujets graves : la discrimination raciste dans l'acc&#232;s au logement et la conversion &#233;cologique de l'habitat. Pour le premier sujet est arriv&#233;, au dernier moment, Pascal L&#233;gitimus, c&#233;l&#232;bre membre du trio Les Inconnus qui a fait les belles heures de France 2 il y a vingt ans. &#171; Quelle est sa l&#233;gitim(us)it&#233; ? &#187; pensions-nous. En effet, hormis des blagues tombant totalement &#224; plat, le comique a d&#233;clar&#233; tout de go qu'il &#233;tait &lt;i&gt;&#171; SDF, c'est-&#224;-dire sans difficult&#233; financi&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Il &#233;tait antillais, il &#233;tait connu, il &#233;tait (cens&#233; &#234;tre) dr&#244;le, il &#233;tait de France 2, trois raisons suffisantes pour &#234;tre un expert des discriminations dans l'acc&#232;s au logement ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le second sujet, nous avons vu surgir une autre surprenante sp&#233;cialiste : Cendrine Dominguez, l'ex-animatrice de Fort Boyard de France 2 et inoubliable auteur de &lt;i&gt;Les Terrines de Cendrine&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233;e comme sp&#233;cialiste de d&#233;coration d'int&#233;rieur. Elle &#233;tait invit&#233;e pour parler de maisons &#233;cologiques, mais surtout sans politiser la question, pour dire que chacun pouvait faire son petit geste pour la plan&#232;te, gr&#226;ce aux mesures prises par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque reportage est ponctu&#233; d'applaudissements du public enregistr&#233;s &#224; l'avance, comme si cette actualit&#233; heureuse des mille et unes initiatives individuelles (rentes viag&#232;res, colocation interg&#233;n&#233;rationnelle...) &#233;tait cens&#233;e r&#233;pondre &#224; la crise du logement. A la fin, Mme Sch&#246;nberg-Borloo nous demande de tous nous r&#233;unir au centre de ce plateau sur lequel nous n'avions pu poser le d&#233;but d'un orteil, pour montrer &#224; la cam&#233;ra que tous ensemble, nous faisions bouger la France, en nous battant tous pour le logement. Oui, nous tous, y compris la ministre qui d&#233;mant&#232;le la loi SRU et prend un milliard d'euros au 1 % logement pour compenser les coupes claires dans son budget. Y compris aussi le chef des propri&#233;taires qui pense que les m&#232;res c&#233;libataires mal-log&#233;es l'ont quand m&#234;me bien cherch&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je n'ai pas eu le disque de Carla Bruni ! &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul &#233;v&#233;nement est venu perturber ce bel ordonnancement o&#249; ministre et femme de ministre se r&#233;pondent et se congratulent sous les applaudissements : un coup de gueule m&#233;morable d'Augustin Legrand, des Enfants de Don Quichotte, qui bouillait sur la banquette &#224; c&#244;t&#233; de nous. D'entr&#233;e, il parle des promesses trahies de Borloo de 2007, &lt;i&gt;&#171; votre mari &#187;&lt;/i&gt; souligne-t-il &#224; B&#233;atrice Sch&#246;nberg-Borloo. Coup de froid et de v&#233;rit&#233; sur le plateau. Sans doute pour pouvoir couper au montage cet intol&#233;rable d&#233;bordement, la pr&#233;sentatrice lui repose trois fois la m&#234;me question &lt;i&gt;&#171; mais alors, Augustin, &#224; l'approche de l'hiver, vous &#234;tes confiants ? &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s une tirade d'Augustin prouvant par A plus B les mensonges du gouvernement et le silence oblig&#233; des associations caritatives financ&#233;es par l'Etat, Mme Boutin et sa conseill&#232;re en com', qui lui chuchote &#224; l'oreille entre chaque s&#233;quence, font p&#226;le figure. Quand Augustin lui rappelle ce jour du Conseil des ministres en juillet 2008 o&#249; elle avait re&#231;u le disque de Carla Bruni, o&#249; elle avait &#233;t&#233; f&#233;licit&#233;e par le Front national&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme on peut le v&#233;rifier sur le site du F. N. (lien p&#233;rim&#233;, octobre 2013).&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour avoir promis de loger &lt;i&gt;&#171; tous les Fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;, elle ne trouve &#224; balbutier que : &lt;i&gt;&#171; Ah non&#8230; non, non, je n'ai pas eu le disque de Carla Bruni &#187;&lt;/i&gt;. Touch&#233;e coul&#233;e la ministre ? Non non non, l'autre invit&#233;, le pr&#234;tre Bernard Devert, pr&#233;sident de la fondation &#171; Habitat et Humanisme &#187; vole au secours de&#8230; Christine Boutin, en disant que c'est vraiment dur d'&#234;tre ministre et qu'elle est vraiment de bonne volont&#233; etc., etc. Il faut dire que ce pr&#234;tre-agent immobilier n'est pas un farouche opposant (voir sa vid&#233;o lors de sa rencontre au ministre du logement ici (lien p&#233;rim&#233;) ou cette interview l&#224; (lien p&#233;rim&#233;), o&#249; il disait que faire du logement social une priorit&#233; nationale &lt;i&gt;&#171; tenait &#224; c&#339;ur &#224; madame la ministre &#187;&lt;/i&gt;)&#8230; Et B&#233;atrice Sch&#246;nberg-Borloo de conclure : &lt;i&gt;&#171; C'est pas facile d'&#234;tre ministre&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vieux militants, jeune producteur&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la sortie, Mme Boutin fait mine de ne pas trop s'inqui&#233;ter pour sa r&#233;forme de l'article 55 de la loi SRU, critiqu&#233;e de toute part. &lt;i&gt;&#171; Il y a aussi des &#233;lus socialistes qui sont pour la r&#233;forme de la loi SRU &#187;&lt;/i&gt;. Intox ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les coulisses, nous croisons &#233;galement Emmanuel Chain, l'ex-animateur de M6. Apprenant qu'il est producteur du programme, nous lui donnons notre avis sur cette &#233;mission biais&#233;e. Que n'avions-nous pas dit&#8230; &lt;i&gt;&#171; Vous n'allez pas m'apprendre mon m&#233;tier quand m&#234;me ! Vous ne pouvez pas juger, attendez de voir le montage &#187;&lt;/i&gt;. Comme si nos deux minutes de prise de parole allaient se transformer en 20 minutes par la joie du montage pro-Jeudi Noir de M. Chain. Peut-&#234;tre comptait-il nous monter au ralenti ? Mais surtout, puisque M. Chain, en faisant ainsi la promotion de Mme Boutin, exer&#231;ait son &lt;i&gt;&#171; m&#233;tier &#187;&lt;/i&gt;, notre critique, elle, ne pouvait &#234;tre que &lt;i&gt;&#171; politique &#187;&lt;/i&gt; n'est-ce pas, selon ses propres mots, et donc inacceptable. La sentence du toujours jeune Emmanuel Chain, amus&#233; puis agac&#233;, tombait rapidement : &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes des militants, vous &#234;tes d&#233;j&#224; vieux dans votre t&#234;te &#187;&lt;/i&gt;. Vieux, vieux, peut-&#234;tre&#8230; La BBC a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e il y a plus de 80 ans, et elle n'aurait jamais tol&#233;r&#233; un spectacle ORTF de cet acabit chez elle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manuel Domergue (Jeudi Noir)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Vous voulez une derni&#232;re preuve du s&#233;rieux de l'&#233;mission. Comme souvent, le site de France 2 conseille une bibliographie pour ceux qui veulent creuser le sujet de la crise du logement. Deux livres sont propos&#233;s : &lt;i&gt;H&#244;tels insolites&lt;/i&gt; qui propose des chambres &#171; insolites &#187; &#224; 150 euros la nuit, et le &lt;i&gt;Guide du routard&lt;/i&gt; sp&#233;cial &lt;i&gt;Nos meilleurs campings&lt;/i&gt;. Le camping, solution du mal-logement ? Mais ils auraient d&#251; inviter Franck Dubosc sur le plateau !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;PS d'Acrimed : Bibliographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bibliographie a &#233;t&#233; chang&#233;e. mais voici gr&#226;ce &#224; un extrait d'une capture d'&#233;cran (signal&#233;e par un correspondant), la premi&#232;re version :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4424 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/IMG/bmp/France_2_Logement.bmp' width='402' height='470' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur le site de &lt;a href=&#034;http://www.jeudi-noir.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Jeudi noir &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme on peut le v&#233;rifier sur le site du F. N. (lien p&#233;rim&#233;, octobre 2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bataille de pigistes : une affaire exemplaire</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Bataille-de-pigistes-une-affaire-exemplaire</link>
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		<dc:date>2004-04-22T15:34:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Trois ans de proc&#233;dures pour le paiement de piges.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-precaire-" rel="directory"&gt;Le journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journalisme-precaire-+" rel="tag"&gt;Journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Trois ans de proc&#233;dures pour le paiement de piges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Il &#233;tait une fois...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 29 mai 2001 &#224; 17h46 sur la d&#233;funte liste de discussion &#233;lectronique Jliste apparaissait un mail d'Isabelle A., annon&#231;ant que : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;diteurs&lt;/i&gt; [de l'Autre Web] &lt;i&gt;souhaitent continuer de faire para&#238;tre ce journal, qui s'est plut&#244;t bien vendu. Ils font aujourd'hui appel &#224; moi pour ranimer le projet. Nous souhaitons constituer un comit&#233; de r&#233;daction pour mettre au point une nouvelle formule. Nous recherchons des collaborateurs permanents pour faire partie de ce comit&#233;, mais aussi des journalistes qui sont passionn&#233;s de web et des intervenants ponctuels pour des billets d'humeur&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous f&#251;mes plusieurs, assez enthousiastes &#224; l'id&#233;e de participer &#224; une nouvelle aventure, &#224; embarquer dans le bateau, sans autre contrat que verbal. Nous nous r&#233;un&#238;mes, pr&#233;par&#226;mes des papiers d&#251;ment command&#233;s, chacun dans son domaine. Certains de ces articles durent &#234;tre rectifi&#233;s, comme il arrive parfois, certains firent des allers-retours pour corrections et variations. De nombreux mails furent &#233;chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 septembre Isabelle souligna que &#171; &lt;i&gt;la ligne du journal est &#034;les sites que vous ne trouverez pas dans les moteurs&#034;. JE SAIS, cela ne veut pas dire grand chose dans la mesure o&#249; c'est inv&#233;rifiable ou m&#234;me impossible, mais cela veut dire que nous allons essayer de donner des sites trouv&#233;s apr&#232;s de longs surfs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25, la m&#234;me &#233;crivit aux pigistes : &#171; &lt;i&gt;PAIE : merci de m 'envoyer par courrier &#224; mon adresse, c'est le plus s&#251;r, les renseignements n&#233;cessaires &#224; la paie, ainsi qu'un RIB. Envoyer &#233;galement une note pr&#233;cisant votre rubrique et le nombre de PAGES&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Cinq semaines de silence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but novembre 2001, quelques-uns s'&#233;crivirent pour savoir s'il y avait du nouveau. Le 14, Isabelle nous fait part d'une r&#233;union ayant eu lieu le 9, en ces termes : &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s une s&#233;ance assez houleuse durant laquelle j'avais d&#233;fendu chaque papier face &#224; un Olivier Spinelli de plus en plus sceptique sur les sujets (sujets d&#233;termin&#233;s avec lui depuis le d&#233;but), j'ai accept&#233; l'id&#233;e de changer certains sujets mais &#224; condition de payer l'ensemble aux journalistes. Un exemple : le sujet sur Napster, demand&#233; par lui en juin dernier, lui parait obsol&#232;te &#224; pr&#233;sent. Il n'a pas tort, mais le sujet a &#233;t&#233; command&#233; et il faut quand m&#234;me le payer, ce qu'il n'appr&#233;cie pas car il consid&#232;re que les articles sont assez &#034;faibles&#034; dans l'ensemble. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs d'entre nous contactent personnellement ledit Spinelli, l'un d'entre nous re&#231;oit cela :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; At 13:08 14/11/2001 -0800, M. Olivier SPINELLI wrote :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonjour,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai, moi, re&#231;u des nouvelles de l'autre web, sous forme de menace inqui&#233;tantes de Mr xxx&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'un des journalistes, ayant rendu un gros paquet de feuillets...&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons qui lui appartiennent, il affirme avoir l'intention de venir mettre le feu &#224; mon bureau, de me &#171; casser la gueule &#187; et de conduire une campagne de &#171; diffamation &#187; contre nos publications...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; de porter plainte d'une part parce que nous prenons ces menaces au s&#233;rieux, et d'autre part pour des raisons de pur principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous comprendrez, je pense, que dans un tel climat, il ne nous soit pas possible de travailler sereinement et surtout efficacement &#224; l'&#233;laboration de notre projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le regrette sinc&#232;rement, et j'ai donc d&#233;cid&#233; de repousser &#224; 2002 la publication du nouvel autre web. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La r&#233;sistance s'organise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Contact, &#233;changes d'informations, suivis d'une r&#233;union, et nous d&#233;cid&#226;mes d'aller aux Prud'hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire n'&#233;tait pas simple : il n'y avait aucune commande, aucun nombre de feuillets, aucun chiffre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nom de Publia apparaissait dans des mails d'Isabelle, mais aussi le nom de DMP dans l'adresse m&#234;me des mails des deux dirigeants, Olivier Spinelli et Olivier A., fr&#232;re d'Isabelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre d'entre nous abandonn&#232;rent ici, renon&#231;ant aux Prud'hommes : trop de travail, trop de soucis, pour peu de r&#233;sultat escompt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;f&#233;r&#233; fut enti&#232;rement pr&#233;par&#233; par l'un d'entre nous, sans avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 mars 2002, &#224; l'audience, l'avocat de Publia-DMP plaida la folie g&#233;n&#233;ralis&#233;e, la r&#233;union d'une bande de copains d&#233;cid&#233;s &#224; fabriquer un journal, en r&#233;sum&#233; une hallucination collective. Il n'avait rien &#224; voir avec Isabelle A., qui avait s&#251;rement fait tout cela de sa propre initiative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tribunal prud'homal des r&#233;f&#233;r&#233;s rejeta notre demande car ce n'&#233;tait pas de sa comp&#233;tence, la question &#233;tait de fond. Mais au d&#233;tour d'une phrase, il nous donna une id&#233;e : nous n'avions de traces de commande et de rectification que d'Isabelle, c'&#233;tait donc elle, selon le droit, qui nous avait embauch&#233;s. Elle devait donc assumer ses responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat de David contre Goliath allait commencer. Nous pr&#238;mes un avocat, et les imbrications des sources &#233;taient si confuses que nous assign&#226;mes &#224; la fois Publia, DMP et Isabelle A.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 juillet 2002, nous nous rend&#238;mes &#224; la conciliation, toujours sous l'oeil bienveillant des Prud'hommes. Nous v&#238;mes, avec surprise, arriver l'avocat des trois parties assign&#233;es : le m&#234;me pour les trois...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous semblait bien que chacun des juges comprenait la situation dont nous &#233;tions victimes, que tous &#233;taient conscients de notre bon droit, notre bonne foi et notre donquichottisme, mais que du point de vue du Droit il manquait des &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Les mois passent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La malchance jouant, notre avocate repoussa des audiences, pour cause de maladie, il y eut des vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions quatre pigistes flou&#233;s &#224; avoir continu&#233; le combat, l'un d'entre nous ne payant pas l'avocate, et ne nous donnant pas de procuration pour ester en son nom, nous rest&#226;mes trois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La date d'audience de notre affaire devant le tribunal des Prud'hommes de Paris, le 3 d&#233;cembre 2003 approchait. La veille notre avocat nous apprend qu'une conciliation est intervenue entre les avocats, au t&#233;l&#233;phone, pour paiement. Notre avocate insiste pour que ce soit un protocole d'accord devant le tribunal m&#234;me, seul accord ayant valeur de jugement. Paiement est convenu &#171; sous huitaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel accord &#233;vite un jugement dont les attendus, publics et largement diffusables, peuvent ne pas &#234;tre une bonne carte de visite pour le perdant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour J, devant la salle d'audience, l'avocate adverse - qui n'&#233;tait pas celle qui avait conclu la conciliation avec la n&#244;tre - nous parle de quinzaine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesquin...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un d'entre nous craque et s'emporte dans le couloir du tribunal, l'avocate adverse, au courant de rien, mandat&#233;e uniquement pour signer, s'excuse de ne faire que r&#233;p&#233;ter ce qu'on lui avait indiqu&#233; au t&#233;l&#233;phone. Elle finit par l&#226;cher les 8 jours promis au t&#233;l&#233;phone la veille &#224; sa consoeur...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le tribunal, donc &#224; valeur de jugement, un proc&#232;s-verbal de conciliation, ayant titre ex&#233;cutoire, est sign&#233;, Publia et Isabelle A. solidaires, pour le paiement de notre d&#251;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, au bout des huit jours fatidiques, rien ; au bout de quinze jours, pas mieux, toujours pas de ch&#232;que malgr&#233; les engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2004, nous d&#233;cid&#226;mes d'envoyer l'huissier. Notre avocate refusa, arguant qu'elle ne voulait pas &#171; trop de d&#233;penses &#187;. Il faut dire qu'on avait d&#233;j&#224; perdu le montant de la moiti&#233; de la pige pour ses &#233;moluments....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, nous f&#238;mes la proc&#233;dure seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais vous pensez bien que nos trois petits pigistes n'allaient pas y arriver si facilement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'huissier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon l'huissier, il fallait &#171; une copie ex&#233;cutoire, avec formule ex&#233;cutoire &#187;. il ne pouvait rien faire sans ce papier, bien que la conciliation ait pr&#233;cis&#233; qu'il n'y avait pas d'appel possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au tribunal, o&#249; l'on est oblig&#233; de se d&#233;placer, on ne veut pas la donner &#171; car elle n'est pas utile &#187;, chez l'huissier, on ne bouge pas sans ce tampon-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques hurlements plus tard, quelques allers-retours et d&#233;p&#244;ts de papiers officiels dans les bo&#238;tes &#224; lettre des uns et des autres plus tard, l'un de nos h&#233;ros se rend chez l'huissier, ouf !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un d'entre nous d&#233;cide de le mandater pour saisir Isabelle, les deux autres pour saisir Publia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouf ? Non, car avant cela il fallait trouver la banque de la soci&#233;t&#233; Publia. Des appels sur des listes de discussion nous faisaient penser que ce serait facile. Pas vraiment... Nous nous aper&#231;&#251;mes, &#224; cette occasion, que si beaucoup de pigistes avaient collabor&#233; et collaborent encore avec cette soci&#233;t&#233;, il semble que peu d'entre eux aient d&#233;j&#224; eu l'immense privil&#232;ge de se voir remettre un ch&#232;que pour leur travail. En tous cas, ils ne se manifest&#232;rent pas. Ce fut un travail d'Hercule que d'arriver &#224; trouver ne serait-ce que le nom de la banque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;but avril, enfin, l'huissier nous annon&#231;a que nous pouvions passer chercher l'int&#233;gralit&#233; de l'argent, int&#233;r&#234;ts ajout&#233;s, frais d'ouverture de dossier d&#233;duits.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La moralit&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il n'y en a pas, bien &#233;videmment, en tout cas pas de la part des n&#233;griers de la mati&#232;re grise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous part&#238;mes &#224; une dizaine, nous arriv&#226;mes &#224; trois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat pour faire valoir ses droits est long, celui des pigistes encore plus rude. Souvent, il couvre &#224; peine les frais d'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au moins, il donne la satisfaction d'avoir montr&#233; &#224; quelques employeurs ind&#233;licats que le journaliste pigiste ne s'aplatit pas forc&#233;ment, ne renonce pas, et peut faire valoir ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme les audiences et les jugements sont publics, cela permet &#233;galement de faire profiter les autres pigistes - et autres employeurs - de ces exp&#233;riences, si &#171; enrichissantes &#187;, de combat pour le simple respect du code du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, outre les &#233;tats de service de journalistes desdits David, ils peuvent accrocher &#224; leur CV une connaissance des arcanes du Code et des proc&#233;dures judiciaires que bon nombre de juristes leur envieraient...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Perline, Monique Neubourg&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. Nous accueillerons volontiers tous les t&#233;moignages, positifs ou n&#233;gatifs, sur l'entreprise en question et sur les autres (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'un des journalistes, ayant rendu un gros paquet de feuillets...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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