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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Le Monde a trouv&#233; les armes irakiennes</title>
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		<dc:date>2003-11-08T23:20:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Lemaire</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Isnard</dc:subject>
		<dc:subject>Connivences</dc:subject>
		<dc:subject>Citations anonymes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Op&#233;ration commando en appui du discours de Bush.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Apres-l-invasion-" rel="directory"&gt;Apr&#232;s l'invasion [2003 : L'Irak et la guerre am&#233;ricaine]&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jacques-Isnard-+" rel="tag"&gt;Jacques Isnard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Connivences-+" rel="tag"&gt;Connivences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Citations-anonymes-+" rel="tag"&gt;Citations anonymes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les mois qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; l'attaque militaire contre l'Irak, l'administration &#233;tatsunienne prenait pr&#233;texte de la d&#233;tention par le r&#233;gime baasiste irakien d'un stock d' &#034; armes de destruction massives &#034;. Des milliers de pages dans les journaux, d'heures d'antenne dans les m&#233;dias audiovisuels, &#233;taient consacr&#233;s &#224; ce potentiel militaire qui &#034; mena&#231;ait la paix mondiale &#034;. Il importe de le rappeler car six mois apr&#232;s la fin officielle des hostilit&#233;s, le pr&#233;tendu surarmement du r&#233;gime d&#233;chu de Saddam Hussein est &#233;trangement n&#233;glig&#233; dans la couverture m&#233;diatique de la situation moyen-orientale.&lt;br/&gt;
Mais &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; veille au grain, qui le 5 novembre 2003 titre sur quatre colonnes en page 3 (haut de page) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Selon la CIA, l'Irak aurait dissimul&#233; jusqu'&#224; 1 million de tonnes d'armement &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article sign&#233; de Jacques Isnard, sp&#233;cialiste des arm&#233;es au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; (ou l'inverse ? Lire &lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Monde-c-etait-mieux-avant' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, c'&#233;tait &#034;mieux avant&#034; ?&lt;/a&gt;) est un mod&#232;le du genre car la plupart des phrases sont &#233;crites au conditionnel et/ou se r&#233;f&#232;rent &#224; une source unilat&#233;rale (des plus fiables...) : la CIA, les &#034; services de renseignements &#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ci-dessous, nous avons soulign&#233; dans l' &#034; article &#034; les mots les plus r&#233;v&#233;lateurs de l'absence de toute information v&#233;rifi&#233;e (verbes au conditionnel, sources ind&#233;finies ou unilat&#233;rales : la CIA, les &#034; services de renseignement &#034;, les &#034; forces am&#233;ricaines &#034;...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(chapo)&lt;/i&gt; &#034; Les missiles sol-air portables, cause particuli&#232;re d'inqui&#233;tude &lt;strong&gt;pour les services de renseignement.&lt;/strong&gt; &#034;&lt;br/&gt;
&lt;i&gt;(texte)&lt;/i&gt; &#034; &lt;strong&gt;La CIA (Central Intelligence Agency) estimait, d&#233;but octobre,&lt;/strong&gt; entre 600 000 et 1 million de tonnes les stocks d'armes et de munitions que les forces irakiennes &lt;strong&gt;auraient dissimul&#233;s&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;selon ses agents&lt;/strong&gt;, sur l'ensemble du territoire avant m&#234;me le d&#233;clenchement, fin mars, de la guerre contre le r&#233;gime de Saddam Hussein. Ce qui repr&#233;sente, &lt;strong&gt;de m&#234;me source&lt;/strong&gt;, le tiers des stocks d'armes globalement d&#233;tenus par la seule arm&#233;e de terre am&#233;ricaine, hormis les deux autres arm&#233;es et les marines, sur le sol m&#234;me des Etats-Unis.&lt;br/&gt;
Cette &#233;valuation est fond&#233;e sur la panoplie des moyens - v&#233;hicules de toute nature, avions et h&#233;licopt&#232;res - &lt;strong&gt;estim&#233;e&lt;/strong&gt; en possession de l'Irak par la CIA avant le d&#233;but du conflit, en rapport avec la puissance de feu.&lt;br/&gt;
Apparemment, cette &lt;strong&gt;estimation de la CIA&lt;/strong&gt; est contest&#233;e par ce que l'on a appris, depuis, du v&#233;ritable &#233;tat de l'arsenal irakien. En effet, des ann&#233;es d'embargo, d&#233;cr&#233;t&#233; apr&#232;s l'invasion du Kowe&#239;t par l'arm&#233;e de Saddam Hussein en ao&#251;t 1990, et les difficult&#233;s financi&#232;res de Bagdad, suite au contr&#244;le des revenus de son p&#233;trole, ont contribu&#233; au fait que l'Irak a d&#251; emprunter des voies compliqu&#233;es et peu fiables pour moderniser ses forces. &lt;br/&gt;
N&#233;anmoins, les arm&#233;es am&#233;ricaines ont lanc&#233;, d&#232;s le mois de mai, une vaste traque, dans tout l'Irak, pour tenter de d&#233;couvrir les caches d'armes et de r&#233;cup&#233;rer les &#233;quipements en &#233;tat de fonctionner. Cette recherche les a men&#233;es dans des &#233;coles, des h&#244;pitaux, des mosqu&#233;es - o&#249; des stocks d'armes &lt;strong&gt;&#233;taient suppos&#233;s &#234;tre diss&#233;min&#233;s&lt;/strong&gt; - souvent &#224; partir de d&#233;nonciations par d'anciens soldats ou de voisins. &lt;strong&gt;On rapporte&lt;/strong&gt; que, pour recevoir une telle aide, les Am&#233;ricains auraient distribu&#233; 1 million de dollars en primes vers&#233;es &#224; ceux qui les ont inform&#233;s. La prime moyenne est de 500 dollars pour chaque stock d&#233;couvert. &lt;br/&gt;
MARCH&#201; NOIR&lt;br/&gt;
Le tonnage exact et complet des armes qui ont &#233;t&#233; ainsi r&#233;cup&#233;r&#233;es n'a pas &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;. &lt;strong&gt;On sait seulement&lt;/strong&gt; que, des stocks o&#249; elles ont eu acc&#232;s, &lt;strong&gt;les forces am&#233;ricaines&lt;/strong&gt; ont pu retirer - outre quelques blind&#233;s et avions volontairement enterr&#233;s sous le sable et empaquet&#233;s dans des filets cens&#233;s les prot&#233;ger - des obus de tous calibres, des armes automatiques, des roquettes antichar, des mines, des grenades, des mortiers, des explosifs pi&#233;g&#233;s ou command&#233;s &#224; distance et des missiles antia&#233;riens portables ou fixes. Les missiles sol-air portables &#224; l'&#233;paule - le Stinger am&#233;ricain, le Strela SA-7 russe ou le Mistral fran&#231;ais - &lt;strong&gt;sont des outils militaires particuli&#232;rement redout&#233;s.&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Selon un document non classifi&#233; de l'arm&#233;e de terre am&#233;ricaine&lt;/strong&gt;, diffus&#233; avant l'attaque contre un h&#233;licopt&#232;re Chinook &#224; l'ouest de Bagdad, quelque 300 missiles sol-air portables &lt;strong&gt;auraient &#233;t&#233; saisis&lt;/strong&gt; depuis mai, date &#224; laquelle George Bush a d&#233;clar&#233; achev&#233;es les op&#233;rations militaires &#034;majeures&#034; en Irak.&lt;br/&gt;
Il existe un march&#233; noir pour ce type d'armement, qui a &#233;t&#233; export&#233; &#224; plus de 100 000 exemplaires, par leurs fabricants, dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es. Un SA-7 se vendrait 5 000 dollars. &lt;strong&gt;Selon le Centre du renseignement sur le terrorisme&lt;/strong&gt;, &#224; Londres, une trentaine de r&#233;seaux terroristes en d&#233;tiennent. Les avions de ligne dans le monde pourraient &#234;tre vis&#233;s, autant que les a&#233;ronefs militaires. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera l'habile glissement, &#224; la fin de l'article, des sp&#233;culations de l'arm&#233;e am&#233;ricaine sur les armes irakiennes, vers des donn&#233;es relatives au &#034; march&#233; &#034; des armements, sans qu'aucun lien ne soit &#233;tabli entre les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits du &lt;i&gt;&#034; Style du&lt;/i&gt; Monde &#034; (publi&#233; par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 2002), chapitre &#034; R&#232;gles et usages &#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conditionnel. &lt;i&gt;&#034; L'usage du conditionnel de pr&#233;caution est restreint &#034;.&lt;/i&gt;&lt;br/&gt;
Sources. &lt;i&gt;&#034; L'existence d'une source ne suffit pas &#224; valider une information &#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Un an et demi plus tard, alors que l'administration Bush a elle-m&#234;me renonc&#233; &#224; affirmer que le r&#233;gime de Saddam Hussein disposait d'&#034; armes de destruction massive &#034; (ADM) en Irak (ordonnant il y a plusieurs mois aux militaires &#233;tatsuniens en Irak de cesser les recherches), &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; accorde aux locataires de la Maison Blanche le b&#233;n&#233;fice de la bonne foi.&lt;br/&gt;
En effet, au d&#233;tour d'un article sur une affaire de &#034; fuites &#034; qui depuis deux ans empoisonne les relations entre la presse et la Maison Blanche (&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-669096@51-641217,0.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034; Un conseiller de George Bush aurait r&#233;v&#233;l&#233; l'identit&#233; d'un agent secret &#034;&lt;/a&gt;), &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (5 juillet 2005) avance :&lt;br/&gt;
&lt;i&gt;&#034; A l'&#233;poque&lt;/i&gt; (il y a deux ans)&lt;i&gt;, les Etats-Unis croyaient encore &#224; l'existence des armes de destruction massive en Irak &#034;&lt;/i&gt;.&lt;br/&gt;
On appr&#233;cie la concision : ce n'est pas seulement l'administration Bush qui &lt;i&gt;&#034; croyait &#034;&lt;/i&gt;, mais &lt;i&gt;&#034; les Etats-Unis &#034;&lt;/i&gt;...&lt;br/&gt;
Alors m&#234;me que les forces &#233;tatsuniennes ont &#233;t&#233; incapables de d&#233;celer la moindre trace d'ADM en Irak, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; tient donc pour acquis que l'affirmation de la pr&#233;sence d'ADM, principal argument de l'administration Bush pour justifier l'intervention militaire en Irak, n'&#233;tait pas un pr&#233;texte infond&#233; et ne relevait pas d'une volont&#233; de manipuler l'opinion... &lt;i&gt;(note de P.L., juillet 2005)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Monde et le Rwanda : des livres qui d&#233;rangent</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-Monde-et-le-Rwanda-des-livres-qui-derangent</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Le-Monde-et-le-Rwanda-des-livres-qui-derangent</guid>
		<dc:date>2002-07-29T14:01:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Isnard</dc:subject>
		<dc:subject>Rwanda</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand Jean-Paul Gouteux analyse la d&#233;sinformation&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Loin-d-Afrique-du-nord-au-sud-" rel="directory"&gt;Loin d'Afrique (du nord au sud)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jacques-Isnard-+" rel="tag"&gt;Jacques Isnard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Rwanda-+" rel="tag"&gt;Rwanda&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voici ces livres qui d&#233;rangent : &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Paul Gouteux, &lt;i&gt;Un g&#233;nocide, secret d'Etat&lt;/i&gt;, Editions Sociales, mars 1998. Jean-Paul Gouteux, &lt;i&gt;Le Monde, un contre-pouvoir ? D&#233;sinformation et manipulation sur le g&#233;nocide rwandais&lt;/i&gt;&#034;, L'Esprit frappeur, octobre 1999, 203 p. 20 F.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici pourquoi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mars 1998, para&#238;t aux Editions Sociales, un ouvrage intitut&#233; &#034;&lt;i&gt;Un g&#233;nocide, secret d'Etat&lt;/i&gt;&#034;, &#233;crit par Jean-Paul Gouteux qui, en quelques pages, met en cause la fa&#231;on dont &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt; et, singuli&#232;rement, Jean-Marie Colombani et Jacques Isnard, n'ont pas rendu compte du g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; au Rwanda, au moment o&#249; celui-ci avait lieu. La Soci&#233;t&#233; Le Monde et les deux journalistes pr&#233;-cit&#233;s intentent un proc&#232;s en diffamation et r&#233;clament la bagatelle de 600 000f. Le proc&#232;s a lieu le 15 mars 1999 : les demandeurs sont d&#233;bout&#233;s (et d&#233;cident de faire appel). *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivant son enqu&#234;te, Jean-Paul Gouteux fait para&#238;tre en octobre 1999 un nouveau livre, enti&#232;rement consacr&#233; &#224; notre &#034;quotidien de r&#233;f&#233;rence&#034; : &#034;&lt;i&gt;Le Monde, un contre-pouvoir ? D&#233;sinformation et manipulation sur le g&#233;nocide rwandais&lt;/i&gt;&#034;, L'Esprit frappeur, octobre 1999, 203 p. 20 F.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est accablant. Le lecteur d&#233;couvre comment &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; - mais il ne fut pas le seul - a &#233;pous&#233; la version d'un conflit ethnique (d&#233;menti par tous les africanistes qui connaissent le sujet), accr&#233;dit&#233; la version pr&#233;sent&#233;e par les services de renseignement fran&#231;ais et pr&#233;sent&#233; les Tutsis comme aussi dangereux, si ce n'est plus, que les g&#233;nocidaires. L'analyse de Jean-Paul Gouteux met &#233;galement en &#233;vidence comment m&#234;me des informations exactes peuvent &#234;tre une condition de diffusion de la d&#233;sinformation et comment &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a confi&#233; &#224; quelques prises de position dans les pages &#034;D&#233;bats&#034; le soin de dire une v&#233;rit&#233; que l'on ne parvenait &#224; d&#233;couvrir ni dans ses &#233;ditoriaux ni dans ses articles d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter que Jean-Paul Gouteux propose une analyse intransigeante, mais nuanc&#233;e. Il distingue entre les journalistes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et surtout, entre les p&#233;riodes : le quotidien a consid&#233;rablement rectifi&#233;, mais sans le dire, son point de vue initial. M&#234;me si le bouquin est centr&#233; sur &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, les autres organes de presse - quand il le faut - ne sont pas &#233;pargn&#233;s. Une &#233;tude exhaustive reste sans doute &#224; faire, notamment sur la pr&#233;sentation du g&#233;nocide &#224; la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fran&#231;afrique : les m&#233;dias complices ? (2)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Francafrique-les-medias-complices-2</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Francafrique-les-medias-complices-2</guid>
		<dc:date>2001-01-31T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois-Xavier Verschave</dc:creator>


		<dc:subject>Fran&#231;ois-Xavier Verschave</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Isnard</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bats d'Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Bulletins d'Acrimed</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;afrique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le syst&#232;me &#034;Fran&#231;afrique&#034; et le r&#244;le des m&#233;dias.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Loin-d-Afrique-du-nord-au-sud-" rel="directory"&gt;Loin d'Afrique (du nord au sud)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Francois-Xavier-Verschave-124-+" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois-Xavier Verschave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jacques-Isnard-+" rel="tag"&gt;Jacques Isnard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats d'Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bulletins-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;Bulletins d'Acrimed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Francafrique-+" rel="tag"&gt;Fran&#231;afrique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Fran&#231;afrique : les m&#233;dias complices ? &#187; Sous ce titre Acrimed a organis&#233;, le 18 Janvier 2001, dans le cadre de ses &#034;Jeudis&#034; quasi-mensuels, un d&#233;bat avec Fran&#231;ois-Xavier Verschave, pr&#233;sident de l'association &#034;Survie&#034; et auteur du livre &lt;i&gt;Noir Silence&lt;/i&gt; (&#233;ditions Les Ar&#232;nes, 2000), poursuivi par trois pr&#233;sidents africains, Omar Bongo, Idriss D&#233;by et Denis Sassou Nguesso (d&#233;fendus par Me Jacques Verg&#232;s), qui ont d&#233;pos&#233; plainte pour &#034;offense &#224; Chef d'Etat &#233;tranger&#034;. On lira ci dessous l'intervention de Fran&#231;ois-Xavier Verschave lors du d&#233;bat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant d'aborder le r&#244;le sp&#233;cifique des m&#233;dias dans les relations fran&#231;africaines depuis quarante ans, je vais essayer de vous expliquer le contexte historique qui a rendu possible l'installation du syst&#232;me Fran&#231;afrique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;titres et sous-titres d'Acrimed&#034; id=&#034;nh_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Origines de la Fran&#231;afrique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, quand il acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, doit affronter une situation internationale nouvelle, celle o&#249; les colonies de la France du sud du Sahara affirment leur volont&#233; d'acc&#233;der &#224; l'ind&#233;pendance. De Gaulle fait mine d'accepter. Mais dans le m&#234;me temps, il charge, d&#232;s 1958, son plus proche collaborateur, Jacques Foccart, de cr&#233;er un syst&#232;me de r&#233;seaux qui emmaillotent les anciennes colonies dans un ensemble d'accords de coop&#233;rations politique, &#233;conomique et militaire qui les placent enti&#232;rement sous tutelle. Ainsi, il charge son bras droit de faire le contraire de ce qu'il dit, c'est-&#224;-dire d'installer la d&#233;pendance par un certain nombre de moyens qui sont forc&#233;ment ill&#233;gaux, inavouables, occultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels moyens ? Citons notamment la s&#233;lection d'un certain nombre de chefs d'Etat amis, la guerre civile dissuasive (de 100 000 &#224; 400 000 morts dans la guerre ind&#233;pendantiste au Cameroun en 1960 : ce qui ne figure dans aucun manuel d'histoire) ; le meurtre (assassinat de Sylvanus Olympio, premier pr&#233;sident &#233;lu au Togo) ; la fraude &#233;lectorale, qu'on verra r&#233;appara&#238;tre dans les ann&#233;es 1990... Un seul chef d'Etat d'une ancienne colonie a &#233;chapp&#233; &#224; ce syst&#232;me : S&#233;kou Tour&#233;, en Guin&#233;e. Mais il a fait l'objet de tant de complots vrais en deux ans qu'il a fini par en voir des faux partout &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour veiller &#224; ce que ce syst&#232;me tienne bien en place, Jacques Foccart a install&#233; des r&#233;seaux : des moyens de tenir ces pays au b&#233;n&#233;fice de la France gr&#226;ce &#224; une organisation barbouzarde sophistiqu&#233;e. L&#224; encore, quels moyens ? Des officiers plac&#233;s aupr&#232;s de chaque chef d'Etat, charg&#233;s de les prot&#233;ger mais parfois aussi de les &#233;liminer ; des entreprises faux-nez des services secrets (M Le Floch Prigent a ainsi avou&#233; qu'Elf avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour servir d'instrument aux services secrets) ; tout un tas de petites entreprises de s&#233;curit&#233;, enfin, dont les prestations surfactur&#233;es permettaient de payer les soci&#233;t&#233;s de mercenaires... Bref, un syst&#232;me &#233;labor&#233; d'installation de forces parall&#232;les. Et puis il y a eu l'instauration du franc CFA, pr&#233;sent&#233; comme un cadeau fait &#224; l'Afrique, et qui est en r&#233;alit&#233; un instrument magnifique de convertibilit&#233; en Suisse d'un certain nombre de richesses africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donner une id&#233;e de cet enrichissement mutuel entre les commanditaires fran&#231;ais et les potentats africains ? Pour cela, il suffit de chiffrer ce qu'a rapport&#233; la rente p&#233;troli&#232;re du Gabon en l'espace de quarante ans : peut-&#234;tre 200 milliards de francs. Or le Gabon est aussi le pays qui a le plus mauvais syst&#232;me de sant&#233; en Afrique. On pense bien que ces 200 milliards ne sont pas all&#233;s aux Gabonais. Ils ont &#233;t&#233; partag&#233;s entre Omar Bongo, ses proches, et les commanditaires. M&#234;me chose pour les fortunes d'Houphou&#235;t-Boigny (60 milliards de francs), d'Eyadema, de Moussa Traore, de Mobutu &#8230; souvent &#233;gales &#224; l'endettement de leurs pays respectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#233;canisme d'&#233;conomie de rente consiste &#224; capter la diff&#233;rence entre les mati&#232;res premi&#232;res pay&#233;es &#224; tr&#232;s bas prix et leur prix de vente. A cela s'ajoute le d&#233;tournement d'une bonne partie de l'aide publique au d&#233;veloppement (au moins la moiti&#233;, l'autre servant &#224; des objectifs g&#233;opolitiques, ou de &#034;lubrifiant&#034; &#224; l'extraction de la rente : il faut bien faire tourner un minimum les Etats pill&#233;s par leurs r&#233;gimes &#8230;). A tout cela, ajoutons encore le fardeau insupportable de la dette : la baisse du cours des mati&#232;res premi&#232;res a oblig&#233; les potentats &#224; s'endetter &#224; bas taux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout de m&#234;me, au bout d'un certain temps, les r&#233;gimes n'ont pas pu continuer &#224; dire : &#034;Nous sommes l&#224; pour le d&#233;veloppement ou le progr&#232;s de nos peuples.&#034; Ils ont donc d&#251; utiliser l'arme ultime du politique, qui est le bouc &#233;missaire. Leur discours s'est adapt&#233; &#224; cette situation. Il est devenu le suivant : &#034;Je ne suis pas l&#224; pour le mieux &#234;tre mais parce que si ce n'est pas moi, ce sera votre adversaire ethnique de toujours&#034; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu comment ce discours ethnique, apparu &#224; la fin des ann&#233;es 1980 dans des r&#233;gimes en bout de course, a conduit au g&#233;nocide au Rwanda. Aujourd'hui, la situation en C&#244;te d'Ivoire est du m&#234;me ordre : un r&#233;gime en fin de parcours, en situation d'&#233;puisement, de ruine &#233;conomique, qui commence &#224; utiliser l'arme ethnique avec tous les risques que cela peut avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature de la d&#233;gradation des r&#233;gimes &#034;aid&#233;s&#034; par la France peut tenir en une formule : l'aide publique au d&#233;veloppement est devenue une aide secr&#232;te au contre-d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'est accompagn&#233;e d'une d&#233;gradation en France m&#234;me. On est ainsi pass&#233; du r&#233;seau centralis&#233; de Foccart, install&#233; &#224; l'Elys&#233;e, &#224; la dispute entre Foccart et Pasqua, puis &#224; l'apparition des r&#233;seaux Giscard, Mitterrand, Madelin, Rocard, etc. Soit 4 ou 5 r&#233;seaux politico-affairistes, mais aussi 3 ou 4 grandes entreprises menant leurs propres strat&#233;gies : Elf, Bouygues (qui g&#233;rait les services publics en C&#244;te d'Ivoire), Bollor&#233; (qui acquiert un monopole des transports et du tabac en Afrique, et qui est en train de remplacer Elf comme faux-nez des services secrets).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e, elle aussi, a constitu&#233; son lobby, qui fait la politique de la France &#224; Djibouti ou au Tchad. Sans oublier les diff&#233;rents services qui se bagarrent entre eux : la DGSE, bien entendu, premi&#232;re install&#233;e en Afrique aupr&#232;s de chaque pr&#233;sidence, mais concurrenc&#233;e par la DST notamment au Maghreb, au Soudan, au Burkina Faso, au Gabon..., qui au nom du danger de l'immigration se m&#234;le des affaires int&#233;rieures d'un certain nombre de pays africains. Enfin la direction du renseignement militaire qui a jou&#233; un r&#244;le majeur dans la d&#233;sinformation au Rwanda, et la s&#233;curit&#233; militaire, DPSD, charg&#233;e de contr&#244;ler les mercenaires et les trafiquants d'armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es, on en est arriv&#233; &#224; une d&#233;composition en une douzaine de r&#233;seaux et de lobbies. Avec des alliances conjoncturelles ou durables comme celle des r&#233;seaux Mitterrand et Pasqua, autour d'un certain nombre de motivations : chantage ; gestion des flux parall&#232;les ; d&#233;tournement de navires d'exportation ; constitution de l'empire des jeux de la &#034;Corsafrique&#034; qui est un vecteur de blanchiment important ; trafics de fausses monnaies, de drogues &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on remonte dans les motivations, il y a aussi le partage de la rente ou le copinage entre militaires africains ou fran&#231;ais form&#233;s aux m&#234;mes &#233;coles. Et les sch&#233;mas g&#233;opolitiques, tr&#232;s importants, comme ce qu'on a appel&#233; le syndrome de Fachoda : la pens&#233;e selon laquelle tout ce qui peut arriver de mauvais pour la France en Afrique vient d'un complot des Anglo-saxons. Une obsession de Mitterrand, depuis l'assassinat d'Olympio au Togo jusqu'&#224; l'affaire du Rwanda... Il y a aussi la grande politique arabe : on s'allie avec le Soudan, r&#233;gime int&#233;griste et raciste, responsable de la mort de pr&#232;s de 2 millions de personnes dans une guerre civile impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce syst&#232;me compliqu&#233;, que j'appelle la partie immerg&#233;e de l'iceberg, a eu tendance &#224; s'enfoncer depuis 3 ou 4 ans. On est pass&#233; de la Fran&#231;afrique &#224; la &#034;Mafiafrique&#034;, que r&#233;v&#232;lent les derni&#232;res affaires. Pour donner une id&#233;e de cet enfoncement, je passerai bri&#232;vement du Rwanda au Congo-Brazzaville.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;De la fran&#231;afrique &#224; la mafiafrique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au Rwanda, dans les ann&#233;es 1990, gr&#226;ce &#224; des commandos actions de la DGSE, soit &#224; peu pr&#232;s un millier d'hommes, la France a form&#233; des troupes d'&#233;lite capables d'op&#233;rer de mani&#232;re d&#233;guis&#233;e, comprenez d&#233;guis&#233;es en mercenaires. Un commandement des op&#233;rations sp&#233;ciales a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, d&#233;pendant directement de l'Elys&#233;e. C'est une sorte de garde pr&#233;sidentielle &#034;&#224; l'africaine&#034;, qui permet de mener des guerres secr&#232;tes en Afrique sans interventions officielles. C'est ce qui s'est pass&#233; au Rwanda, en 1992-93, comme l'a reconnu la mission d'information parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Chirac, quand il acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence, h&#233;rite de cette garde pr&#233;sidentielle et l'utilise en 1997-98 dans la guerre civile au Congo Brazzaville. L&#224;, nous avons vu des soldats fran&#231;ais d&#233;guis&#233;s en mercenaires. Le ministre Charles Josselin l'a reconnu dans Jeune Afrique, en disant : &#034;Il y a beaucoup de confusion au Congo-Brazzaville parce que trop de mercenaires fran&#231;ais ont &#224; peine eu le temps de quitter l'uniforme qu'ils portaient hier&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a le recours croissant aux vrais mercenaires. Tous sont recrut&#233;s dans les milieux d'extr&#234;me-droite, notamment dans le DPS, la garde pr&#233;sidentielle de Le Pen, qui comportait un millier d'hommes, anciens militaires, gendarmes ou policiers pour l'essentiel, et qui s'est divis&#233;e en deux, &#224; part &#233;gale avec le DPA pour Bruno M&#233;gret. Ce sont deux r&#233;servoirs qui demeurent fonctionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne r&#233;siste pas ici au plaisir de vous raconter une histoire illustrative de la Fran&#231;afrique, celle de Bernard Courcelle. Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, il est un officier de la s&#233;curit&#233; militaire, la DPSD. Coll&#232;gue de Bruno Gollnish, il est charg&#233; du contr&#244;le des mercenaires et du trafic d'armes. Pour mieux contr&#244;ler les mercenaires, il cr&#233;e une soci&#233;t&#233; de mercenaires avec son fr&#232;re. Ensuite, il passe &#224; la s&#233;curit&#233; du groupe Luchaire qui se livrait &#224; des trafics d'armes avec l'Iran et l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, de 1989 &#224; 1993, Bernard Courcelle devient responsable de la s&#233;curit&#233; du mus&#233;e d'Orsay, en somme garde du corps de Mme Anne Pingeot, Mme &#034;Mitterrand bis&#034;, qui en &#233;tait la conservatrice. Quand vous savez les millions d&#233;pens&#233;s par Mitterrand pour prot&#233;ger l'intimit&#233; de sa vie priv&#233;e, vous imaginez bien que cette fonction n'&#233;tait pas attribu&#233;e &#224; quelqu'un qui &#233;tait &#233;loign&#233; du pouvoir. 1993, Courcelles est promu directeur de la garde pr&#233;sidentielle de Le Pen. Monsieur DPSD passe au DPS, o&#249; il y a mille hommes disponibles pour les aventures mercenaires. Il y reste jusqu'en 1999. L&#224; il devient directeur de la garde pr&#233;sidentielle de Denis Sassou Nguesso, le dictateur r&#233;tabli par la Fran&#231;afrique qui venait de commettre une s&#233;rie de crimes contre l'humanit&#233;. Et deux ou trois mois plus tard, Bernard Courcelles se retrouve &#224; la direction de la s&#233;curit&#233; des installations p&#233;troli&#232;res du port de Pointe Noire, &#233;l&#233;ment majeur de la politique p&#233;troli&#232;re fran&#231;aise en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce circuit montre des m&#233;langes qui ne peuvent s'expliquer que parce que les fonctionnements sous-terrains de la Fran&#231;afrique n'ont rien &#224; voir avec ceux pr&#233;sent&#233;s en surface. Autre exemple de ce d&#233;calage : &#224; partir de 1990, on se met &#224; parler de la Fran&#231;afrique. La Coop&#233;ration fran&#231;aise va donc cr&#233;er des zones de transparence pour que tout peuple africain puisse b&#233;n&#233;ficier des m&#233;rites de la d&#233;mocratie. Dans une cinquantaine d'&#233;lections majeures, les gens se sont mobilis&#233;s d'une mani&#232;re extraordinaire pour renverser leurs tyrans. Mais pendant ce temps, une autre coop&#233;ration a &#233;t&#233; envoy&#233;e pour installer des logiciels de centralisation des r&#233;sultats, une partie de ces coop&#233;rants &#233;taient issus de la Mairie de Paris et tout &#224; fait form&#233;s en la mati&#232;re... Et dans cinquante &#233;lections majeures, &#224; part 2 ou 3 au d&#233;but o&#249; le syst&#232;me a &#233;t&#233; pris par surprise, et 2 ou 3 &#224; la fin (Niger, Guin&#233;e Bissau, S&#233;n&#233;gal) o&#249; les Africains ont commenc&#233; &#224; trouver des parades, le r&#233;sultat a &#233;t&#233; &#224; l'oppos&#233; de la volont&#233; des populations : les gens votaient pour &#233;liminer le potentat, et ils se sont retrouv&#233; au contraire avec une l&#233;gitimation du potentat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en viens &#224; pr&#233;sent au Congo Brazzaville, objet du titre &#034;Noir Silence&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Congo Brazzaville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1990 un mouvement populaire renverse le dictateur Sassou Nguesso. Une constitution est vot&#233;e presque &#224; l'unanimit&#233;, un pr&#233;sident est &#233;lu. Celui-ci a le malheur de demander 33 % de royalties sur le p&#233;trole au lieu des 17 % de Sassous Nguesso : un quasi doublement. On peut dire que c'est un crime de l&#232;se Fran&#231;afrique. D&#232;s lors, les r&#233;seaux s'activent pour pr&#233;parer le retour au pouvoir de Sassou Nguesso, au terme d'une sanglante guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, Jean-Charles Marchiani a fait un aveu &#233;poustouflant dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; : il a d&#233;clar&#233; que la n&#233;gociation qu'il avait men&#233;e au nom du ministre de l'Int&#233;rieur avec l'Angola avait pour but le renforcement de l'action de la France dans cette r&#233;gion et pour r&#233;sultat l'intervention militaire de l'Angola dans les deux Congo. Autrement dit, alors que la France d&#233;clare une politique de non-ing&#233;rence, elle arme l'Angola pour intervenir dans deux des plus sanglantes guerres civiles d'Afrique. C'est extraordinaire, et je m'&#233;tonne qu'il n'y ait pas eu d'avantage de gens pour relever cet aveu fantastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, via ses vrais faux mercenaires, via la pr&#233;sence d'un contingent angolais, d'un contingent tchadien jouant les tirailleurs s&#233;n&#233;galais, via la pr&#233;sence de g&#233;nocidaires du Rwanda et de r&#233;sidus de la garde de Mobutu, la France a renvers&#233; le r&#233;gime qui avait &#233;t&#233; install&#233; au terme du processus d&#233;mocratique. Tout cela est relativement commun. Mais comme le nouveau r&#233;gime de Sassous Nguesso a recommenc&#233; son pillage et ses pers&#233;cutions, la guerre civile a red&#233;marr&#233; fin 1998. Entre la fin 1998 et la fin 1999, il y a eu au Congo-Brazzaville dans une guerre pilot&#233;e depuis l'Elys&#233;e, plus de morts et de viols qu'au Kosovo, en Tch&#233;tch&#233;nie et &#224; Timor-Est r&#233;unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez la couverture m&#233;diatique de ces trois &#233;v&#233;nements, les milliers de pages qui y ont &#233;t&#233; consacr&#233;es, voyez &#224; pr&#233;sent ce que vous avez pu lire sur le Congo Brazzaville... Durant cette guerre terrible, il y a eu aussi des dizaines de milliers de viols syst&#233;matiques &#224; caract&#232;re ethnique. Quasiment rien dans la presse. Pourquoi ? Tous les reporters ont &#233;t&#233; dissuad&#233;s de s'y rendre. Des &#233;quipes en ont &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;es. Il s'est abattu un &#034;noir silence&#034; total sur une guerre qui a d&#233;truit un pays et qui a comport&#233; au moins quatre crimes contre l'humanit&#233; successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons &#224; pr&#233;sent &#224; l'Angola, bri&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angola&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce pays, on est en train de passer &#224; la &#034;Mafiafrique&#034;. Depuis son accession &#224; l'ind&#233;pendance il y a 25 ans, r&#232;gne une guerre civile &#233;pouvantable, qui a fait plus de 500 000 morts. Dans ce pays, Le Floch-Prigent a avou&#233;, et on dispose de t&#233;moignages sur ce point, que l'on avait aid&#233; les deux c&#244;t&#233;s de la guerre. Evidemment, dans ces conditions, une guerre peut durer longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Angola, c'est le Koweit du XXIe si&#232;cle, on y trouve les plus grands gisements d'Afrique. On se donne donc les moyens de les contr&#244;ler. L&#224; il n'est plus questions de syndr&#244;me de Fachoda : il y a 45 % pour Elf-Totalfina et 45 % pour une compagnie anglo-saxonne. Et puis 10 % pour une soci&#233;t&#233; qui va s'appeler, par exemple, Falcon-Oil. Monsieur Falcone, qui n'est pas plus p&#233;trolier que vous et moi, enl&#232;ve son &#034;e&#034;, met &#034;oil&#034; &#224; la fin, et il a 10 % d'un des plus gros gisements de la plan&#232;te. Autrement dit, la vente des armes est programm&#233;e dans l'exploitation p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, aujourd'hui, la programmation des ventes de biens et services militaires est clairement li&#233;e &#224; la d&#233;couverte du p&#233;trole. Quand vous regardez de pr&#232;s, quand vous observez qui sont ceux qui dirigent v&#233;ritablement les compagnies p&#233;troli&#232;res, vous vous rendez compte qu'il y a un m&#233;lange extr&#234;mement troublant entre des vendeurs de p&#233;troles et des gens qui sont en fait des vendeurs d'armes. C'est pourquoi l'affaire Elf est d'abord une affaire de ventes d'armes (Sirven &#233;tait plus un vendeur d'armes que de p&#233;trole). Et je pourrai vous donner tout un tas d'autres noms que vous connaissez moins : Pierre Lautier, Etienne Leandri, etc. Tout un tas de gens qui sont plus vendeurs d'armes, et qui sont aussi membres des services secrets ou honorables correspondants des services secrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez ainsi un triptyque : vente d'armes / vente de p&#233;trole / services secrets. Avec lui, non seulement c'est une calamit&#233; de d&#233;couvrir du p&#233;trole, car l'argent du p&#233;trole se convertit aussit&#244;t en armes et entretient la guerre civile, mais en m&#234;me temps, tout &#231;a sert &#224; constituer des cagnottes pour les services secrets, qui leur permettent de mener leurs guerres secr&#232;tes et de s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dirait Alfred Sirven, dont on a d&#233;couvert 3 milliards en Suisse qui sont une petite partie de l'argent brass&#233; : &#034;J'ai de quoi faire sauter vingt fois la classe politique fran&#231;aise&#034;. Au bout de quarante ans de m&#233;thodes de voyou mises en place dans le syst&#232;me Foccart pour contr&#244;ler l'Afrique, les gens sont devenus de vrais voyous, ils n'ob&#233;issent plus &#224; la raison d'Etat. Ils commandent aux politiques en ayant les moyens de les faire chanter. On a compl&#232;tement invers&#233; la situation. Et je ne vous parle pas des journalistes, mais vous imaginez que ces gens-l&#224; ont les moyens de faire pression sur un certain nombre d'entre eux. Ils ont vraiment beaucoup d'argent. Falcone est milliardaire, Gaydamac multimilliardaire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en viens aux branchements de la &#034;Mafiafrique&#034;, &#224; savoir que ce syst&#232;me parall&#232;le qui contribue au pillage de l'Afrique se croise maintenant dans des pays comme l'Angola avec des syst&#232;mes analogues am&#233;ricains, britanniques, sud-africains, br&#233;siliens, russes, isra&#233;liens etc. &lt;br /&gt;
La Mafiafrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, M Gaydamac travaille &#233;troitement avec les services russes et les services isra&#233;liens. A partir de 1985, le KGB et une partie de la Nomenklatura russe ont commenc&#233; &#224; &#233;tablir des comptes financiers en Suisse et &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la chute du mur de Berlin, on a vendu &#224; vil prix les stocks de p&#233;trole, d'aluminium, d'engrais (gigantesques), les armes russes, les cr&#233;ances russes, les diamants..., on les a vendus parfois au dixi&#232;me de leur valeur, et toutes ces ventes brad&#233;es ont constitu&#233; une cagnotte gigantesque &#224; l'ext&#233;rieur de la Russie qu'on peut chiffrer bien au-del&#224; d'une centaine de milliards de francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien cet argent est en train de permettre &#224; certains de prendre le contr&#244;le d'une partie du march&#233; des diamants, tr&#232;s li&#233; aux guerres civiles. Il rentre ainsi en connexion, en Angola, avec les m&#233;thodes des services secrets fran&#231;ais et am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Fran&#231;afrique, il faut aussi noter l'importance de la Grande Loge Nationale Fran&#231;aise, h&#233;riti&#232;re des lobbies coloniaux. c'est une ob&#233;dience franc-ma&#231;onne tr&#232;s &#224; droite. Je pr&#233;cise que nous n'avons rien contre la franc-ma&#231;onnerie qui a jou&#233; un r&#244;le &#233;minent dans l'institution de la R&#233;publique et dans la conqu&#234;te des droits sociaux en France. Mais il y a au moins une ob&#233;dience qui a largement d&#233;rap&#233; et il y a eu, dans les autres ob&#233;diences, des d&#233;rapages par int&#233;r&#234;t personnel ou parce que les services secrets ont toujours &#233;t&#233; tent&#233;s d'infiltrer ce cercle d'initi&#233;s. Mais la plupart des potentats africains sont &#224; la GLNF : Idriss Deby, du Tchad, Sassou Nguesso, du Congo-Brazzaville, Bongo, Compaor&#233;, le g&#233;n&#233;ral Gue&#239;, etc. Le d&#233;mocrate r&#233;cemment &#233;lu au Niger va s'y faire initier sous peu - apparemment, il ne pourrait survivre sans cela -, Michel Roussin, comme Jacques Godfrain, ex-ministres de la Coop&#233;ration, y sont aussi, de m&#234;me que la plupart des grands corrupteurs fran&#231;ais de ces derniers temps : M&#233;ry, Pacary, Crozemarie, Schuller. L'&#233;tat-major de TF1 est aussi &#224; la GLNF, nombre de responsables des services sp&#233;ciaux fran&#231;ais sont &#224; la GLNF, Sirven y &#233;tait aussi, on ne pouvait acc&#233;der au commandement des troupes coloniales marines qu'en y &#233;tant, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela fait un croisement important. La GLNF se flatte sur son site d'avoir recrut&#233; les 200 principales personnalit&#233;s gabonaises. C'est un peu le c&#339;ur de la Fran&#231;afrique. Un certain nombre de m&#233;dias, de juges, de magistrats, d'experts sont aussi sous sa coupe. Tout cela fait un petit peu probl&#232;me pour la R&#233;publique. Alors j'avance...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a un syst&#232;me parall&#232;le qui a largement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; : au lieu d'&#234;tre centralis&#233;, il est compos&#233; d&#233;sormais d'une douzaine de r&#233;seaux et de lobbies fortement rattach&#233;s &#224; l'appareil d'Etat, puisque les vrais faux mercenaires d&#233;pendent directement de l'Elys&#233;e et un certain nombre d'entreprises impliqu&#233;es sont tr&#232;s fortement en lien avec les pouvoirs publics. Donc on a ce syst&#232;me parall&#232;le qui en croise d'autres, dans d'autres pays, le tout facilit&#233; par la mont&#233;e des paradis fiscaux et l'impunit&#233; totale de la criminalit&#233; financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'explique le juge Van Ruymbecke, un mafieux peut en 24 heures faire quatre virements par quatre paradis fiscaux. Il faut deux ans et demi en moyenne au juge pour remonter un virement, donc dix ans pour remonter ce qu'un mafieux a fait en 24 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, aujourd'hui, devant la grande criminalit&#233; internationale, la justice est totalement impuissante. Ils sont assur&#233;s de l'impunit&#233;, ce qui ne vous appara&#238;t peut-&#234;tre pas puisqu'on ne parle que des affaires. Mais il ne faut pas oublier que comme dans toutes les mafias, un clan de temps en temps balance l'autre, et que si les juges s'en sortent, c'est parce qu'ils trouvent dans leur bo&#238;te aux lettres le num&#233;ro de compte de l'adversaire, sans quoi ils n'auraient aucune chance. Devant ce type de ph&#233;nom&#232;ne, les points de rencontre entre les d&#233;veloppements consid&#233;rables de ces cagnottes parall&#232;les sont en train d'exploser, et ce ne sont plus les Etats qui gouvernent les services secrets, ce sont certains anciens des services secrets qui gouvernent les Etats. On est donc devant des d&#233;fis extraordinaires pour la d&#233;mocratie et aussi pour la presse. J'y viens maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La presse et la Fran&#231;afrique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, c'est assez simple &#224; comprendre. Cette Fran&#231;afrique mise en place par des gens qui appartiennent aux services secrets est un domaine r&#233;serv&#233;, quasi militaire. Que fait-on dans les domaines militaires ? Depuis toujours, de la d&#233;sinformation. C'est une arme essentielle de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis toujours, les responsables des services secrets sont charg&#233;s de contr&#244;ler &#233;troitement ce qui se passe dans diff&#233;rents pays. Si vous lisez les m&#233;moires de Claude Silberzahn ancien directeur de la DGSE, ou d'Yves Bonnet, ancien directeur de la DST, il y a plusieurs pages o&#249; ils nomment leurs amis dans la presse, certains dans le plus c&#233;l&#232;bre des quotidiens fran&#231;ais. Et ils expliquent comment on peut faire ami-ami avec certains journalistes pour faire passer discr&#232;tement les th&#232;ses de leurs services. Il y a donc une strat&#233;gie permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ont ainsi fait l'&#233;tymologie du terme &#034;khmers noirs&#034;, montrant comment &#224; partir de 1993, les services ont distill&#233; dans quelques m&#233;dias choisis cette notion, qui visait &#224; diaboliser le FPR et les Tutsis et qui a concouru &#224; pr&#233;parer le g&#233;nocide. Vous avez donc une manipulation courante des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est le seul pays d&#233;mocratique, &#224; ma connaissance, qui a une police des m&#233;dias : il existe 57000 fiches de journalistes au RG. Je ne comprends pas que la presse tol&#232;re &#231;a. C'est quelque chose d'insupportable. Dans ces fiches, on trouve &#233;videmment tous les petits probl&#232;mes personnels des gens, leurs probl&#232;mes d'imp&#244;ts... Moyennant quoi, un certain nombre de journalistes peuvent &#234;tre discr&#232;tement tenus. Rappelez-vous un &#233;pisode formidable, il y a quelques jours, sur TF1. Quand PPDA a os&#233; parler de blanchiment, Charles Pasqua a r&#233;pondu : &#034;M Poivre d'Arvor, si je n'&#233;tais pas votre ami, je vous r&#233;pondrais sur un autre ton. Rappelez-vous que j'ai &#233;t&#233; deux fois ministre de l'Int&#233;rieur.&#034; Publiquement ! Comprenne qui pourra !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces moyens de chantage sont importants. Une journaliste sp&#233;cialis&#233;e sur les questions africaines me disait un jour : il y a trois moyens de tenir les journalistes sp&#233;cialis&#233;s sur l'Afrique, qui sont relativement peu nombreux. Il y a l'argent, le sexe et l'alcool. Parfois les trois ensemble. Des moyens classiques, souvent les bons. Il en existe un quatri&#232;me : le dopage. Sachant qu'il est tr&#232;s difficile d'avoir des informations sur ces questions, vous procurez &#224; des journalistes que vous choisissez des informations de premier ordre, des &#034;scoops&#034;. Ces journalistes deviennent des t&#233;nors de l'information, mais si vous ne leur fournissez plus d'informations, ils sont en manque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu l'un des principes de base de la d&#233;sinformation, c'est qu'il faut avoir de la tr&#232;s bonne information. Donc les d&#233;sinformateurs sont ceux chez lesquels on trouve en permanence la meilleure des informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez aussi les journalistes au service de tel ou tel clan de la Fran&#231;afrique. Vous rep&#233;rez &#224; un moment donn&#233; qu'ils tirent toujours sur le m&#234;me clan, ce qui signifie qu'ils sont aliment&#233;s par le clan adverse. C'est un peu comme pour l'affaire Elf. Il faut savoir que chacun des journalistes tr&#232;s bien renseign&#233;s a en fait acc&#232;s au dossier par l'avocat de l'une des parties. Donc il va tout balancer sauf ce qui concerne sa partie. Dans un autre journal, vous avez un autre avocat, etc. Donc vous pouvez rep&#233;rer un certain nombre de biais. Cela, c'est du d&#233;cryptage &#233;l&#233;mentaire des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parfois, cela va plus loin. Comme dans l'affaire du Rwanda, o&#249; il y a eu des cas de d&#233;sinformation extraordinaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. Le Monde, un contre-pouvoir ?, de Jean-Paul Gouteux, ed. L'Esprit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au Congo, cette d&#233;sinformation est all&#233;e jusqu'&#224; censurer quasiment une guerre civile. Seul un journaliste a r&#233;ussi &#224; s'y rendre, de T&#233;moignage Chr&#233;tien, et quand il est revenu, on s'est arrang&#233; pour faire sombrer son papier et l'&#233;touffer de mani&#232;re sordide. TF1 a voulu envoyer une &#233;quipe, elle a &#233;t&#233; d&#233;command&#233;e &#224; la derni&#232;re minute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre cas bien connu. Mon &#233;diteur Laurent Beccaria a travaill&#233; avec une journaliste, Dominique Lorentz, qui a d&#233;couvert que l'ensemble de l'affaire des prises d'otages et des attentats &#224; Paris dans les ann&#233;es 1980 &#233;tait un chantage permanent de l'Iran pour obtenir l'uranium enrichi promis au shah &#224; la fin des ann&#233;es 1970 de mani&#232;re &#224; disposer de la bombe atomique. Elle explique comment Chirac et Mitterrand ont c&#233;d&#233; au chantage, tandis que Michel Barouin, qui s'y opposait, a &#233;t&#233; supprim&#233; pour cela. Dominique Lorentz, dans &#034;Une Guerre&#034;, explique aussi comment l'uranium enrichi est parti du Gabon. Ce livre a re&#231;u les &#233;loges des plus grandsexperts.Quand Laurent Beccaria est arriv&#233; chez son patron de chez Stock, Claude Durand, qui avait pris l'avis de Lagard&#232;re, il lui a dit : ce livre est imparable, mais impubliable. Il ne faut pas casser la machine. Donc Beccaria est parti imprimer ce livre en Espagne. Il a fond&#233; sa maison d'&#233;ditions, les Ar&#232;nes, il a tir&#233; &#034;Une Guerre&#034; &#224; 10 000 exemplaires partis comme des bouch&#233;es de pain : le tout Paris renseign&#233; l'a lu. Eh bien il y a eu huit articles pr&#233;par&#233;s dans les plus grands m&#233;dias, ils ont tous &#233;t&#233; bloqu&#233;s. Ce livre majeur pour comprendre un &#233;l&#233;ment tr&#232;s important de l'histoire de France des ann&#233;es 1980 a &#233;t&#233; totalement censur&#233;. A ma connaissance, seul un journaliste, Mathieu Aron, en a parl&#233; sur France Info, ainsi qu'un journal f&#233;minin. Tout le reste a &#233;t&#233; censur&#233;. Connaissez-vous une d&#233;mocratie occidentale o&#249;, sur un livre aussi important, on est capable de faire un silence total ? On aurait pu tr&#232;s bien d&#233;molir ce livre. On aurait pu dire : ce livre ne vaut rien. Non. Le silence total ! On est face &#224; une capacit&#233; de pression absolument exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, je voudrais faire un sort rapide &#224; la presse franco-africaine : D'abord &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;. Son directeur B&#233;chir Ben Yahmed a avou&#233; que depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980, il mangeait tous les mois avec Jacques Foccart. Cela s'est tellement bien pass&#233; que Foccart a fait de &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt; le l&#233;gataire universel de ses &#339;uvres. &#199;a annonce la couleur... D'apr&#232;s ce que j'ai pu comprendre, &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt; est peut-&#234;tre plus riche des articles qu'il n'a pas publi&#233;s que de ceux qu'il a publi&#233;s. C'est-&#224;-dire que ces excellents articles &#233;taient soumis &#224; ceux qui &#233;taient vis&#233;s, et remis&#233;s, moyennant sans doute des compensations. Vous avez ainsi dans &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;, en permanence, des publi-reportages extr&#234;mement co&#251;teux. &lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt; a donc souvent &#233;t&#233; partie prenante dans les mauvaises causes. Mais ce magazine suit le mouvement, c'est-&#224;-dire que, de temps en temps, il se pose en r&#233;volutionnaire : une tactique habituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Africa international&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; fond&#233; par deux &#233;minences de la Fran&#231;afrique, Jean-Yves Ollivier, qui a jou&#233; et qui joue encore un r&#244;le majeur dans toute cette histoire, et le colonel L&#233;thier, ancien num&#233;ro deux de la DGSE, qu'on trouve au c&#339;ur d'un certain nombre d'op&#233;rations d'Elf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel &lt;i&gt;Afrique Asie&lt;/i&gt;, journal r&#233;volutionnaire, doit parfois conc&#233;der &#224; certains tyrans notoires car il faut bien vivre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc c'est assez difficile de se faire une id&#233;e de ce qui se passe en Afrique dans la presse sp&#233;cialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'activit&#233; de Survie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et nous, &#224; Survie, comment travaillons-nous ? Nous croisons quatre sources. D'abord l'ensemble de la presse et de la documentation fran&#231;aise. Quand on conna&#238;t le pedigree et la g&#233;n&#233;alogie de l'ensemble des journalistes, on rep&#232;re qu'il y en a une quinzaine qui, malgr&#233; toutes ces conditions d&#233;favorables, malgr&#233; parfois leur r&#233;daction, font magnifiquement leur travail. Les meilleurs articles sortis depuis dix ans sur la Fran&#231;afrique ont &#233;t&#233; publi&#233;s par Patrick de Saint-Exup&#233;ry dans le Figaro. Car il ne faut pas faire de manich&#233;isme : il y a des journalistes libres dans tous les m&#233;dias. Un journaliste m'a accueilli pendant une heure sur LCI la cha&#238;ne de Bouygues, pour parler de la Fran&#231;afrique. Au milieu j'ai parl&#233;, parmi les r&#233;seaux, de Bouyues. Je me suis quand m&#234;me excus&#233; &#224; la fin en lui disant que j'&#233;tais d&#233;sol&#233; parce que j'allais sans doute lui attirer des ennuis. Il m'a dit : &#034;Bof ! Tant que je suis l&#224;, je suis l&#224;&#034;. Il a fini par &#234;tre vir&#233;, mais il y a des gens courageux. Donc ne soyons pas manich&#233;ens, car la libert&#233; existe et il y a des gens qui l'exercent tous les jours et que l'on peut rep&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi rep&#233;rer les d&#233;sinformateurs. A condition d'y aller avec des pincettes, on trouvera aussi chez eux de la tr&#232;s bonne information. Quand M Silberzahn dit que Jacques Isnard, qui rend compte des questions militaires dans Le Monde et qui cite en permanence ses sources dans les services secrets, est un tr&#232;s bon ami, ce que dit Isnard n'est peut-&#234;tre pas v&#233;rit&#233; d'&#233;vangile mais pour conna&#238;tre le point de vue de la DGSE, c'est excellent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc vous trouvez pas mal de choses dans la presse fran&#231;aise, mais c'est insuffisant. Il faut la croiser avec la presse &#233;trang&#232;re qui a d'autres biais. Il y a les presses belge, anglaise, am&#233;ricaine, sud-africaine, d'autres pays d'Afrique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons aussi un r&#233;seau de correspondants que nous avons tiss&#233; : experts, journalistes, responsables d'associations &#224; travers le monde avec qui nous confrontons nos informations. Et puis il y a une source &#233;norme d'informations, c'est le millier d'Africains qui, eux, ne peuvent publier, sinon au risque de leur vie, et qui viennent aupr&#232;s de ceux qui veulent parler, fournir un certain nombre de choses.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, ce n'est pas non plus une source enti&#232;rement fiable, mais quand vous la croisez avec les autres, vous rep&#233;rez des informations viables. Et tout &#231;a finit par faire une force d'informations non n&#233;gligeable. Vous savez, bien que j'aie intitul&#233; ce livre &#034;Noir silence&#034; en avril 2000, parce que nous &#233;tions persuad&#233; qu'il y aurait un boycott total dans les m&#233;dias, ce qui n'a pas manqu&#233; de se produire, &#224; deux exceptions pr&#232;s (RFI et France Culture), eh bien quand les affaires ont &#233;clat&#233;, un certain nombre de journalistes non sp&#233;cialistes de l'Afrique se sont rendus compte que c'&#233;tait bizarre : la liste des mises en examens ressemblait &#224; l'index de &#034;Noir Silence&#034; ! A partir de l&#224;, on a commenc&#233; &#224; parler du livre un peu partout...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes _2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;titres et sous-titres d'Acrimed&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. &lt;i&gt;Le Monde, un contre-pouvoir&lt;/i&gt; ?, de Jean-Paul Gouteux, ed. L'Esprit frappeur, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fran&#231;afrique : les m&#233;dias complices ? (1)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Francafrique-les-medias-complices-1</link>
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		<dc:date>2000-12-31T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Fran&#231;ois-Xavier Verschave</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Isnard</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;afrique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;cit d'une chronique politico-judiciaire.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Loin-d-Afrique-du-nord-au-sud-" rel="directory"&gt;Loin d'Afrique (du nord au sud)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Francois-Xavier-Verschave-124-+" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois-Xavier Verschave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jacques-Isnard-+" rel="tag"&gt;Jacques Isnard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Francafrique-+" rel="tag"&gt;Fran&#231;afrique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Fran&#231;afrique : les m&#233;dias complices ? &#187; Sous ce titre, Acrimed a organis&#233;, le 18 Janvier 2001, dans le cadre de ses &#034;Jeudis&#034; quasi-mensuels, un d&#233;bat avec Fran&#231;ois-Xavier Verschave, pr&#233;sident de l'association Survie et auteur du livre &lt;i&gt;Noir Silence&lt;/i&gt; (&#233;ditions Les Ar&#232;nes, 2000), poursuivi par trois pr&#233;sidents africains, Omar Bongo, Idriss D&#233;by et Denis Sassou Nguesso (d&#233;fendus par Me Jacques Verg&#232;s), qui ont d&#233;pos&#233; plainte pour &#034;offense &#224; Chef d'Etat &#233;tranger. En forme d'introduction au d&#233;bat, le r&#233;cit d'une chronique politico-judiciaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Episodiquement, la chronique judiciaire et politique se fait l'&#233;cho des m&#233;faits des &#034; fran&#231;africains &#034; : Michel Roussin, Jean-Christophe &#034; Papamadit &#034; Mitterrand, Barril, Verg&#232;s, etc., tous dans la descendance barbouzarde du d&#233;funt Jacques Foccart. Mais, au fond, que savons-nous de cette politique et de ces agissements qui depuis quarante ans r&#233;gissent avec une remarquable continuit&#233;, par-del&#224; les alternances ici et l&#224;-bas, les relations entre la France et ses anciennes colonies africaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, quelques ouvrages r&#233;cents d&#233;voilent largement le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1998. &lt;i&gt;La Fran&#231;afrique&lt;/i&gt; de Fran&#231;ois-Xavier Verschave, pr&#233;sident de l'association Survie (&#233;d. Stock). Sous-titre &#233;vocateur : &#034;&lt;i&gt;le plus long scandale de la r&#233;publique&lt;/i&gt;&#034;. 35 ann&#233;es de relations franco-africaines tumultueuses pass&#233;es en revue, depuis les ind&#233;pendances. Un livre qui s'est bien vendu mais qui a &#233;t&#233; peu comment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avril 2000. &lt;i&gt;Noir silence&lt;/i&gt; du m&#234;me Fran&#231;ois-Xavier Verschave (&#233;d. Les Ar&#232;nes). 600 pages consacr&#233;es aux relations incestueuses entre la France et l'Afrique au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie. Encore un bon succ&#232;s de librairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ca ne vous dit rien ? C'est bien le probl&#232;me ! Dans la &#034; grande &#034; presse, seuls en ont parl&#233; &lt;i&gt;Les Inrockuptibles&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;T&#233;moignage chr&#233;tien&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;&#8230; Des publications r&#233;serv&#233;es &#224; des lecteurs qui &#034; veulent savoir &#034;, dont les contenus ne cherchent pas &#224; coller aux sujets du 20 heures, ni aux unes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;&#8230; Si l'on se contente de lire la &#034; grande &#034; presse fran&#231;aise pour se tenir inform&#233; sur l'Afrique et ses relations avec la France, ce qui semble l&#233;gitime, il est impossible de s'y retrouver. De m&#234;me qu'il &#233;tait impossible, au printemps 1994, de comprendre la r&#233;alit&#233; du g&#233;nocide au Rwanda si on ne lisait que la &#034; grande &#034; presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 mars 2000, la Cour d'Appel de Paris d&#233;boutait Jean-Marie Colombani, directeur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, et Jacques Isnard, sp&#233;cialiste du m&#234;me journal pour les questions de d&#233;fense, de leur assignation pour diffamation contre Jean-Paul Gouteux et son livre &lt;i&gt;Un G&#233;nocide secret d'&#201;tat. La France et le Rwanda 1990-1997&lt;/i&gt; (Editions Sociales, 1998). Ce chercheur y mettait en cause la fa&#231;on dont &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; et, singuli&#232;rement, Jean-Marie Colombani et Jacques Isnard ont rendu compte du g&#233;nocide perp&#233;tr&#233; au Rwanda, au moment o&#249; celui-ci avait lieu. Poursuivant son enqu&#234;te, Jean-Paul Gouteux a fait para&#238;tre en octobre 1999 un nouveau livre, enti&#232;rement consacr&#233; au &#034; quotidien de r&#233;f&#233;rence &#034; : &lt;i&gt;Le Monde, un contre-pouvoir ? D&#233;sinformation et manipulation sur le g&#233;nocide rwandais&lt;/i&gt; (L'Esprit frappeur, 1999). Le lecteur d&#233;couvre comment &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a accr&#233;dit&#233; la version pr&#233;sent&#233;e par les services de renseignement fran&#231;ais et pr&#233;sent&#233; les Tutsis comme aussi dangereux, si ce n'est plus, que les g&#233;nocidaires (&lt;a href='https://www.acrimed.org/Le-Monde-et-le-Rwanda-des-livres-qui-derangent' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pour en savoir plus&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la parution de &lt;i&gt;Noir silence&lt;/i&gt;, trois pr&#233;sidents africains, Omar Bongo, Idriss D&#233;by et Denis Sassou Nguesso (d&#233;fendus par Me Jacques Verg&#232;s), ont d&#233;pos&#233; plainte pour &#034;offense &#224; Chef d'Etat &#233;tranger&#034; contre Fran&#231;ois-Xavier Verschave, et son &#233;diteur. L'affaire sera jug&#233;e devant la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris, les 28 f&#233;vrier et 5 et 7 mars prochains. Le d&#233;lit d'offense est le prolongement de l'ancien crime de l&#232;se-majest&#233;. Encore une fois, la &#034; grande &#034; presse est pourtant curieusement silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 janvier 2001, d&#233;bat avec Fran&#231;ois-Xavier Verschave, pr&#233;sident de l'association Survie et auteur du livre &lt;i&gt;Noir Silence&lt;/i&gt; (&#233;ditions Les Ar&#232;nes, 2000), sur le r&#244;le tr&#232;s ambigu que jouent les grands m&#233;dias (essentiellement la t&#233;l&#233;vision et les grands quotidiens) pour maintenir la chape de plomb sur les inombrables dossiers noirs de la Fran&#231;afrique qui, s'ils &#233;taient clairement d&#233;nonc&#233;s, feraient du tort &#224; beaucoup de personnages importants, et de tous bords&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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