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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Laurent Ruquier re&#231;oit Philippe Poutou (NPA) dans son cabaret</title>
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		<dc:date>2011-11-08T01:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Julien Salingue</dc:creator>


		<dc:subject>Divertissement</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Ruquier</dc:subject>
		<dc:subject>Audrey Pulvar</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Poutou</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;On n'est pas couch&#233;&#034;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D&#233;rision, paternalisme, condescendance et m&#233;pris social&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Elections-de-2012-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2012&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Ruquier-+" rel="tag"&gt;Laurent Ruquier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audrey-Pulvar-+" rel="tag"&gt;Audrey Pulvar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Poutou-+" rel="tag"&gt;Philippe Poutou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-On-n-est-pas-couche-+" rel="tag"&gt;&#034;On n'est pas couch&#233;&#034;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 29 octobre 2011, Philippe Poutou, candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, &#233;tait invit&#233; &#224; l'&#233;mission de Laurent Ruquier, &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; (France 2). Il a &#233;t&#233; confront&#233; pendant pr&#232;s d'une heure au principal animateur de ce programme et &#224; ses deux chroniqueuses, Natacha Polony et Audrey Pulvar, ainsi qu'aux autres invit&#233;s. Rien ne lui a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;. Comment ? Pourquoi ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Volontairement ou pas, rien n'a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233; &#224; Philipe Poutou pour le tourner en ridicule&#8230; pour le plus grand bonheur de ceux qui n'&#233;prouvent aucune sympathie pour le candidat et sont en d&#233;saccord avec les positions politiques de son parti, et pour la plus grande d&#233;ception, voire la plus grande col&#232;re de ceux qui partagent des sentiments et des opinions plus ou moins favorables &#224; l'invit&#233; et &#224; sa formation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, si l'on tient &#224; distance ces r&#233;actions compr&#233;hensibles (ainsi que les &#233;valuations, n&#233;cessairement marqu&#233;es par le parti pris, sur la prestation du candidat du Nouveau Parti anticapitaliste), il reste &#224; d&#233;crypter l'essentiel : ce qu'un spectacle de cabaret ou de cirque peut produire de pire quand un ouvrier, militant syndical et candidat d'un &#171; petit parti &#187; accepte d'y participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme &#171; On n'est pas couch&#233; &#187;, en effet, est pr&#233;sent&#233;, sur le site de France 2, comme une &lt;i&gt;&#171; &#233;mission de divertissement &#187;&lt;/i&gt;. Il s'agit, pour &#234;tre plus pr&#233;cis, d'une &#171; &#233;mission de m&#233;lange des genres &#187;, qui marie divertissement et politique, humour et pol&#233;mique. &#192; cette fin, elle tente de r&#233;unir, en un m&#234;me lieu, des acteurs, des &#233;crivains, des humoristes, des musiciens, des chanteurs (en charge de la promotion de leurs &#339;uvres) mais aussi des intellectuels et des politiques (en vue de nourrir les d&#233;bats d'id&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que, lors de l'&#233;mission du 29 octobre, se trouvaient sur le m&#234;me plateau, autour de Laurent Ruquier, Audrey Pulvar et Natacha Polony, Florent Pagny (chanteur), Omar Sy (acteur et humoriste, connu notamment pour le &#171; Service apr&#232;s-vente des &#233;missions &#187;), Michel Onfray (Michel Onfray), Leila Bekhti (actrice) et Radu Mihaileanu (r&#233;alisateur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;missions qui m&#233;langent ainsi les genres portent en elles la transformation de la politique en un spectacle comme les autres. Et l'invit&#233; politique qui, par manque d'aisance ou d'habitude, ne ma&#238;trise pas les codes et les r&#232;gles de ce type de dispositif t&#233;l&#233;visuel, peut devenir, bien malgr&#233; lui, le personnage principal du spectacle, offert en p&#226;ture &#224; un public que l'on encourage &#224; rire, &#224; applaudir ou &#224; huer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Philippe Poutou, un candidat pour rire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui est arriv&#233; &#224; Philippe Poutou, dont c'&#233;tait la premi&#232;re prestation dans ce type de programme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A l'exception d'un court passage dans l'&#233;mission &#171; Salut les Terriens &#187;, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il a eu droit &#224; un v&#233;ritable &#171; bizutage &#187;, selon la juste expression de Didier Porte, dans sa pertinente chronique visible sur le site d'Arr&#234;t sur Images sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4441&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Porte au secours de Poutou, bizut&#233; par Ruquier &#187;&lt;/a&gt;. La vid&#233;o que l'on verra plus loin permet de le v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;rision&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e, Laurent Ruquier souligne avec insistance que Philippe Poutou, &#224; la diff&#233;rence d'Olivier Besancenot, est inconnu du grand public, qu'il s'agit de la premi&#232;re grande &#233;mission &#224; laquelle il participe et qu'il peut en &#234;tre inquiet, mais que les questions de l'animateur ont pour objet de permettre de mieux le faire conna&#238;tre. Vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; Y a votre nom qui vous sauve &#187;&lt;/i&gt; (rires), s'exclame Laurent Ruquier au d&#233;but de l'interview. &lt;i&gt;&#171; Poutou, &#231;a s'oublie pas ! &#187;&lt;/i&gt; (rires). Et l'invit&#233; de reconna&#238;tre que sa r&#233;cente m&#233;diatisation a &#233;t&#233; accompagn&#233;e de nombreuses blagues au sujet de son patronyme, sign&#233;es, entre autres, de Laurent Ruquier himself et d'Omar Sy, pr&#233;sent sur le plateau. Ce dernier nous r&#233;chauffe la m&#233;moire en nous rappelant le sketch du &#171; Service apr&#232;s-vente &#187; : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un nouveau candidat, c'&#233;tait au d&#233;but, donc on lui souhaite bonne chance et on lui fait plein de petits poutous &#187;&lt;/i&gt; (rires et applaudissements). Et plus tard, dans l'&#233;mission, Omar Sy remet le couvert : &lt;i&gt;&#171; Vraiment, on a envie de vous faire des poutous ! &#187;&lt;/i&gt; (rires et applaudissements), tandis qu'en fin d'interview, alors que Philippe Poutou parle du Front national, Audrey Pulvar se sent oblig&#233;e, sourire au l&#232;vres, de scander &lt;i&gt;&#171; Poutou Pr&#233;sident ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit l'intention des uns et des autres, force est de constater que cette lourde insistance sur le caract&#232;re pr&#233;tendument amusant du nom de l'invit&#233; contribue &#224; le d&#233;l&#233;gitimer : comment prendre au s&#233;rieux un candidat dont on s'amuse, &#224; peine est-il install&#233; sur le plateau ? Le climat ainsi cr&#233;&#233;, m&#234;me s'il r&#233;sulte d'intentions sympathiques, ne place pas le candidat du NPA dans un posture de porte-parole politique s&#233;rieux et cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de comparer cet exemplaire de l'&#233;mission &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; avec d'autres pour savoir que l'invit&#233; politique est habituellement trait&#233; sans m&#233;nagement et peut faire l'objet de moqueries et de jeux de mots, plus ou moins taquins ou assassins. Mais, d&#233;f&#233;rence oblige, il est exceptionnel qu'il soit trait&#233; en personnage d'un sketch et que son nom en soit le th&#232;me, dans une ambiance qui entretient les rires des autres participants et du public lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La pr&#233;sentation du &#171; CV &#187; de Philippe Poutou confirme que, sans qu'il soit n&#233;cessaire d'y voir une intention maligne, l'humour contredit l'objectif affich&#233; de permettre de faire connaissance avec Philippe Poutou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Laurent Ruquier : &lt;i&gt;&#171; Vous avez multipli&#233; les petits boulots apr&#232;s avoir rat&#233; le bac&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Poutou : &lt;i&gt;&#171; Ouais&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes sans dipl&#244;me ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Poutou : &lt;i&gt;&#171; Ouais&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : &lt;i&gt;&#171; Vous, vous avez rat&#233; le concours de la Poste ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Poutou : &lt;i&gt;&#171; Oui. &#199;a va continuer comme &#231;a, l&#224;, longtemps ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Rires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire est que l'on ne peut pas exclure que Laurent Ruquier ait eu pour objectif de souligner positivement la singularit&#233;, dans le &#171; paysage politique fran&#231;ais &#187;, du candidat Philippe Poutou. Mais chacun aura compris que, dans l'atmosph&#232;re de l'&#233;mission, le CV de l'invit&#233;, tel qu'il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;, &#224; la suite des jeux de mots et des rires sur son patronyme, n'a pas contribu&#233; &#224; renforcer la l&#233;gitimit&#233; de la parole de Philippe Poutou. Un humoriste vit aux d&#233;pens de celui qu'il tourne en d&#233;rision, &#224; moins que celui-ci ne r&#233;plique sur le m&#234;me ton. Ce fut &#224; peine le cas. Faut-il qu'un porte-parole soit &#233;galement chansonnier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque, rigolard, Laurent Ruquier, jouant sur les premier et second degr&#233;s, laisse entendre que le candidat du NPA est un alli&#233; de Nicolas Sarkozy, presque tout est dit. Le ton est donn&#233; pour toute la s&#233;quence consacr&#233;e &#224; Philippe Poutou : de la d&#233;rision &#224; la condescendance, voire au m&#233;pris social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Condescendance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le style de l'&#233;mission et de son principal animateur incite &#224; la familiarit&#233; et &#224; la na&#239;vet&#233;, plus ou moins feinte. Mais, en ce cas plus que dans d'autres, elles ont pour effet d'entretenir la distance en affectant de l'abolir. Elles se traduisent par l'adoption d'un ton paternaliste et condescendant, pour ne pas dire franchement m&#233;prisant, doubl&#233; de tentatives d'infantiliser Philippe Poutou, ses interlocuteurs s'adressant &#224; lui comme &#224; un gamin. C'est ainsi, par exemple, que Laurent Ruquier a parl&#233; au candidat du NPA de sa &lt;i&gt;&#171; maman &#187;&lt;/i&gt; et de son &lt;i&gt;&#171; papa &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi que l'a relev&#233; Didier Porte dans sa chronique.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme s'il &#233;tait en train d'interviewer l'un des jeunes acteurs de &lt;i&gt;La nouvelle guerre des boutons&lt;/i&gt;. Ou encore que le professeur Onfray a ponctu&#233; la le&#231;on qu'il a inflig&#233;e &#224; l'&#233;l&#232;ve Poutou d'un petit geste protecteur de la main (voir la vid&#233;o ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains des invit&#233;s ont sembl&#233;, par moment, prendre conscience de ce qui &#233;tait en train de se jouer. C'est ainsi qu'Omar Sy, alors que Laurent Ruquier insiste lourdement sur le CV &#171; atypique &#187; de Philippe Poutou, s'exclame : &lt;i&gt;&#171; On peut dire d'autres trucs que : &#8220;Il a eu z&#233;ro partout, et machin&#8221; &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Parlons de son programme ! &#187;&lt;/i&gt; Mais lorsque vint le moment de l'entretien politique avec Natacha Polony et Audrey Pulvar, le s&#233;rieux des questions &#233;tait d&#233;j&#224; prisonnier de la tonalit&#233; paternaliste et m&#233;prisante de la premi&#232;re s&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma&#238;trise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clou du spectacle nous fut offert par Michel Onfray, invit&#233; &#224; conclure les d&#233;bats. Son Excellence a dispos&#233; de &lt;strong&gt;sept minutes, sans la moindre interruption,&lt;/strong&gt; pour parfaire l'instruction de Philippe Poutou et lui dispenser des conseils en strat&#233;gie et en communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, on peut &#234;tre libertaire (ou, du moins, se pr&#233;senter comme tel) et ne gu&#232;re se pr&#233;occuper des in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s &#224; la parole dans les m&#233;dias ; non moins manifestement, on peut &#234;tre fondateur d'une universit&#233; populaire et tenter d'accomplir cette impossible mission : lui annexer &#171; On n'est pas couch&#233; &#187;. Or s'il est toujours p&#233;rilleux d'user de sa ma&#238;trise de la rh&#233;torique au risque d'en abuser, dans le cas pr&#233;sent, jouer de cette ma&#238;trise et de sa notori&#233;t&#233; c'est conforter la domination symbolique inscrite dans le dispositif de cette &#233;mission et dans son d&#233;roulement. Il est vrai, si l'on en croit Michel Onfray, qui n'a pas manqu&#233; de le souligner &#8211; toute fausse modestie dehors &#8211;, qu'il aurait &#233;t&#233; pressenti pour &#234;tre candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, il ne semble pas que ce soit la personnalisation inh&#233;rente &#224; cette &#233;lection qui l'ait retenu. Quant &#224; la le&#231;on de coh&#233;rence politique, chacun pourra l'appr&#233;cier en suivant la note&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notre conseiller en strat&#233;gie n'h&#233;site pas &#224; faire conna&#238;tre ses intentions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration en vid&#233;o du bizutage, gr&#226;ce &#224; un montage r&#233;alis&#233; &#224; l'aide du travail des &#233;quipes d'Arr&#234;ts sur Images pour la &lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4441&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chronique de Didier Porte&lt;/a&gt;. Un best of des rapports de domination, en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe title=&#034;Laurent Ruquier re&#231;oit Philippe Poutou (NPA) dans son cabaret&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/05qsme_jvGA?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Philippe Poutou pris dans un guet-apens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Poutou est-il tomb&#233; dans un guet-apens ? Pas exactement, et moins qu'il y para&#238;t, si l'on entend par l&#224; que celui-ci lui aurait &#233;t&#233; volontairement tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe, au fond, de savoir si Laurent Ruquier et ses comparses &#233;taient bien ou mal intentionn&#233;s. Il est m&#234;me probable que l'intention de certains d'entre eux n'&#233;tait pas d'humilier l'invit&#233; mais, au contraire, de le mettre &#224; l'aise, sans renoncer pour autant &#224; le questionner comme n'importe quel responsable politique ou candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, le dispositif et le d&#233;roulement de l'&#233;mission ont &#233;t&#233; assez largement conformes &#224; ce qu'ils sont habituellement. Le candidat du NPA l'a reconnu lui-m&#234;me dans un texte publi&#233; quelques jours apr&#232;s la diffusion du programme (voir Annexe).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme d'habitude&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Ruquier, comme d'habitude, s'est efforc&#233; d'&#234;tre taquin mais sympathique, intervenant dans le d&#233;bat politique mais pour le d&#233;samorcer ou le d&#233;politiser par des incises humoristiques, et pr&#233;f&#233;rant le d&#233;l&#233;guer aux chroniqueuses. Celles-ci ont interpr&#233;t&#233; leur partition habituelle, dans un registre qui se voulait l&#233;ger, certes, mais s&#233;rieux et pertinent. Audrey Pulvar a entrepris de d&#233;montrer que le r&#233;alisme prime, et Natacha Polony, que la la&#239;cit&#233; est en danger. Comme d'habitude. Les r&#244;les ainsi distribu&#233;s dans un sc&#233;nario immuable qui, pour l'essentiel, se r&#233;p&#232;te d'&#233;mission en &#233;mission, ont permis &#224; chaque membre du trio de faire valoir ses talents d'acteur dans l'emploi qui lui est r&#233;serv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;mission n'a donc pas &#233;chapp&#233; &#224; la r&#232;gle : un m&#233;lange de questions des journalistes politiques, de traits d'humour de l'humoriste, de remarques de l'artiste exil&#233; fiscal sur les effets de la loi des trente-cinq heures en France, de jeux de mots de Laurent Ruquier, etc. Un tel pot-pourri place en r&#233;alit&#233; les invit&#233;s politiques (qui acceptent, en r&#233;pondant aux invitations, de se plier au jeu) dans une situation qui &#233;tait encore assez inhabituelle il y a une dizaine d'ann&#233;es : ils doivent &#234;tre tout aussi cr&#233;dibles lorsqu'ils parlent de leur programme que lorsqu'ils rient aux blagues des humoristes, tout aussi &#224; l'aise lorsqu'ils r&#233;pondent &#224; des questions politiques que lorsqu'ils doivent faire preuve de r&#233;partie pour faire face aux invectives de tel ou tel pr&#233;sentateur plus ou moins impertinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; Mais plus que d'habitude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;rapages, dans un tel contexte, ne sont pas des accidents mais des cons&#233;quences de la dynamique plus ou moins incontr&#244;l&#233;e de l'&#233;mission, comme le montre l'exemple, analys&#233; ici m&#234;me, du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3143.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;harc&#232;lement collectif d'Erika Moulet&lt;/a&gt;, journaliste de LCI. Encore faut-il que l'animateur et les participants soient dispos&#233;s &#224; la surench&#232;re et, dans le cas pr&#233;sent, &#224; laisser libre cours au happening et &#224; la condescendance m&#233;prisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence de ce happening ? Il suffit de comparer la r&#233;partition des temps de parole durant l'&#233;mission du 29 octobre et durant celle du 3 septembre, o&#249; Martine Aubry &#233;tait l'invit&#233;e politique :&lt;br class='manualbr' /&gt;- 29 octobre : 51 min d'interview ; Poutou 19 min ; Ruquier + Pulvar + Polony 20 min ; autres invit&#233;s 12 min.&lt;br class='manualbr' /&gt;- 3 septembre : 58 min d'interview ; Aubry 41 min ; Ruquier + Pulvar + Polony 17 min.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soit 71 % de temps de parole pour Aubry lors de son interview, et 37 % pour Poutou&lt;/strong&gt;. Ces chiffres ne disent pas tout, mais ils confirment que Philippe Poutou a eu droit &#224; un traitement de d&#233;faveur particuli&#232;rement prononc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien dire des coupes effectu&#233;es au montage et qui ont un peu plus alt&#233;r&#233; les propos, par ailleurs h&#233;sitants, du candidat du NPA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des t&#233;moins pr&#233;sents lors de l'enregistrement de l'&#233;mission nous ont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que r&#233;v&#232;le le traitement r&#233;serv&#233; &#224; Philippe Poutou, ce sont en r&#233;alit&#233; les m&#233;canismes les plus insidieux de la &#171; politique-spectacle &#187; telle qu'elle est mise en sc&#232;ne dans des &#233;missions comme &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L'invit&#233; politique s'exprime dans un environnement en r&#233;alit&#233; peu propice au d&#233;bat politique,&lt;i&gt; a fortiori &lt;/i&gt; lorsque son statut est interpr&#233;t&#233; par les chroniqueurs et les invit&#233;s comme un encouragement &#224; multiplier les rires et les interventions intempestives.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Il doit en outre &#234;tre &#171; rod&#233; &#187; aux joutes verbales et aux changements de ton et de configuration de la discussion, au cours de laquelle chaque chroniqueur et chaque invit&#233; tente de sortir du lot par ses questions et ses remarques. &lt;br class='manualbr' /&gt;- Il doit enfin accepter de sacrifier une partie du temps de parole consacr&#233; &#224; ses positions politiques pour se conformer au sc&#233;nario de l'&#233;mission, et se plier, en cons&#233;quence, au jeu des boutades, bons mots et questions &#171; d&#233;cal&#233;es &#187;. &lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Philippe Poutou n'est pas tomb&#233; dans un pi&#232;ge qui aurait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; &#224; son intention, force est de constater que c'est le principe m&#234;me de ce genre d'&#233;mission qui constitue un guet-apens. L'&#233;pisode du 29 octobre met en effet en &#233;vidence l'incompatibilit&#233; entre les jeux du cirque (auxquels on ne peut participer qu'&#224; condition d'en accepter les effets et de disposer des savoir-faire correspondants) et la contestation d'une soci&#233;t&#233; dont le tout-venant m&#233;diatique est un rouage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Comment une telle contestation des jeux du cirque serait-elle possible &#171; de l'int&#233;rieur &#187; quand elle vient d'acteurs qui n'interpr&#232;tent pas les r&#244;les attendus parce qu'ils ne veulent pas et/ou ne savent pas les interpr&#233;ter ? Un tel refus est l&#233;gitime, et l'inexp&#233;rience ne m&#233;rite aucune critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les associations, syndicats ou partis politiques doivent-ils choisir prioritairement, voire exclusivement, leurs porte-paroles en fonction de leur aptitude &#224; construire une personnage ajust&#233; aux exigences du cirque m&#233;diatique ? Un tel choix &#233;quivaudrait &#224; en devenir l'otage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les &#233;missions de m&#233;lange des genres sont-elles un lieu dans lequel des candidats ayant le profil de Philippe Poutou (refus de la personnalisation &#224; outrance, de la professionnalisation politique et de l'int&#233;gration des &#171; codes &#187; m&#233;diatiques) peuvent s'imposer et se faire entendre ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tel &#233;tait le pari revendiqu&#233; par l'ex-LCR avec Olivier Besancenot : &#171; Nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Nous l'&#233;crivions &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3591.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;il y a quelques mois&lt;/a&gt; lorsqu'Olivier Besancenot a annonc&#233; son intention de ne pas se pr&#233;senter &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La personnalisation est inh&#233;rente &#224; la fonction, m&#234;me temporaire et contr&#244;l&#233;e, de porte-parole. Elle l'est encore plus quand le porte-parole est candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Dans tous les cas, c'est aux formations collectives, durables (associations, syndicats, partis) ou plus &#233;ph&#233;m&#232;res (assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, coordinations), d'en d&#233;finir les conditions et d'en fixer les limites. Mais cette personnalisation, quand elle s'exprime dans les m&#233;dias (quand ce n'est pas pour eux, voire directement par eux&#8230;), devient plus ou moins captive de la personnalisation m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;- Et enfin : peut-on d&#233;jouer les pi&#232;ges de la politique-spectacle dans des &#233;missions dont le principal ressort est pr&#233;cis&#233;ment de transformer la politique en spectacle ? La r&#233;ponse n'est-elle pas, au moins partiellement, dans la question ? Du moins si l'on accepte de la poser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler et Julien Salingue&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment : Une r&#233;action de Philippe Poutou (publi&#233;e sur le profil Facebook du candidat)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'on en pense, le texte qui suit n'est pas seulement un t&#233;moignage, mais une contribution &#224; un d&#233;bat qui est loin de concerner le seul NPA et les seules formations politiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] Il n'y a pas eu de surprise, aucun scoop, aucune d&#233;couverte. C'est une &#233;mission de divertissement o&#249; les animateurs sont l&#224; pour se faire plaisir, pour se montrer, pour briller, c'est leur m&#233;tier. L'invit&#233; semble &#234;tre plus un faire-valoir qu'autre chose. Et ce samedi, c'est moi qui ai servi &#224; &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#233;mission, je n'avais pas d'adversaires, d'ennemis. Je n'&#233;tais pas dans une r&#233;union avec le patron ou avec des politiciens. Je n'avais pas &#224; faire le &#8220;viril&#8221; ou le &#8220;matador&#8221;. J'avais juste &#224; d&#233;fendre mes id&#233;es dans un contexte inhabituel et compliqu&#233;. C'est &#231;a que j'ai beaucoup de difficult&#233;s &#224; r&#233;ussir en ce moment. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y avait de la condescendance, du m&#233;pris social, du paternalisme, un regard hautain sur cet ouvrier candidat. Oui, mais il fallait s'y attendre. Onfray a le droit de faire le prof et de profiter de sa ma&#238;trise de la parole pour &#8220;enfoncer&#8221; un ouvrier avec qui il n'est pas d'accord politiquement. Pareil pour les journalistes et animateurs qui n'&#233;prouvent pas beaucoup de sympathie pour les id&#233;es du NPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis inexp&#233;riment&#233;, un novice, et c'est logiquement, malheureusement, que je n'ai pas r&#233;ussi &#224; &#8220;rivaliser&#8221;, &#224; &#8220;faire le poids&#8221; dans cette confrontation. Je le regrette mais sans plus. Je dois apprendre, je dois trouver une place. Cela devrait venir petit &#224; petit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quoi qu'il arrive par la suite, je ne deviendrai pas le &#8220;super-candidat&#8221; comme certains aimeraient que je le devienne. Je ne serai pas le &#8220;super-ouvrier&#8221; qui claquera le bec &#224; tous ses contradicteurs. Aujourd'hui, je ne suis d&#233;j&#224; pas le &#8220;super-militant&#8221; ou le &#8220;super-syndicaliste&#8221;. Je suis un ouvrier syndicaliste et militant, tout simplement. Je suis un &#8220;anonyme&#8221; parmi des millions d'anonymes, tout simplement. J'esp&#232;re, par contre, faire entendre la voix de la r&#233;volte contre un syst&#232;me capitaliste injuste et inhumain. C'est d&#233;j&#224; &#233;norme ! [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div class='spip_document_5761 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/243Laurent_Ruquier_rec_oit_Philippe_Poutou_NPA_dans_son_cabaret.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 111.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A l'exception d'un court passage dans l'&#233;mission &#171; Salut les Terriens &#187;, le 24 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi que l'a relev&#233; Didier Porte dans sa chronique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notre conseiller en strat&#233;gie n'h&#233;site pas &#224; faire conna&#238;tre ses intentions de vote. C'est &#233;videmment son droit. Elles sont instables ? C'est encore son droit. Pour m&#233;moire : en 2007, Michel Onfray a d'abord soutenu la candidature de Jos&#233; Bov&#233;, avant de se raviser et d'appeler &#224; voter pour Olivier Besancenot, puis de se raviser &#224; nouveau optant pour le &#171; vote utile &#187;, c'est-&#224;-dire, &#224; ses yeux, pour S&#233;gol&#232;ne Royal aux deux tours du scrutin. Avant de se raviser une derni&#232;re fois, et, d&#233;couvrant soudainement que S&#233;gol&#232;ne Royal &#233;tait un &#171; candidate lib&#233;rale &#187;, d'exclure de voter pour elle, avant de choisir, en guise de vote utile de voter blanc. Pour 2012, Michel Onfray a annonc&#233; qu'il voterait pour le Front de gauche, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de se m&#234;ler de la primaire du Parti socialiste en apportant son appui &#224; Arnaud Montebourg. De telles variations politiques ne regarderaient que lui si elles n'&#233;taient celles d'un cam&#233;l&#233;on m&#233;diatique. Bernard-Henri L&#233;vy a enfin un rival !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des t&#233;moins pr&#233;sents lors de l'enregistrement de l'&#233;mission nous ont confirm&#233; que plusieurs des r&#233;ponses de Philippe Poutou avaient &#233;t&#233; &#171; coup&#233;es au montage &#187; : ainsi, alors qu'Audrey Pulvar l'interroge sur la sortie du nucl&#233;aire, Philippe Poutou affirme qu'il ne peut r&#233;pondre dans les d&#233;tails car il n'est pas sp&#233;cialiste de la question. Ce que n'ont pas vu les t&#233;l&#233;spectateurs, c'est que Philippe Poutou a n&#233;anmoins &#233;voqu&#233; les &#233;conomies d'&#233;nergie, le lien entre politique &#233;nerg&#233;tique et politique des transports, les n&#233;cessaires cr&#233;ations d'emploi, etc. Cette s&#233;quence tranchait-elle trop avec le personnage h&#233;sitant qui nous a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; voir dans la version mont&#233;e de l'&#233;mission ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tel &#233;tait le pari revendiqu&#233; par l'ex-LCR avec Olivier Besancenot : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes conscients des dangers de cette &#8220;personnalisation&#8221; de la politique, qui a souvent pour cons&#233;quence de &#8220;d&#233;politiser&#8221; les personnes, admettait Alain Krivine. Malheureusement, une petite organisation comme la n&#244;tre n'a pas tellement d'autre choix pour faire passer un message &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt;, 5 mai 2003). Les bilans de cette strat&#233;gie m&#233;diatique ont-ils vraiment &#233;t&#233; tir&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les indignations s&#233;lectives d'Audrey Pulvar </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-indignations-selectives-d-Audrey-Pulvar</link>
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		<dc:date>2010-12-22T01:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ugo Palheta</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Christine Ockrent</dc:subject>
		<dc:subject>Connivences</dc:subject>
		<dc:subject>Entretiens audiovisuels</dc:subject>
		<dc:subject>Audrey Pulvar</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ou comment la journaliste de France Inter sermonne un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-En-direct-de-Radio-France-" rel="directory"&gt;Radio France&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christine-Ockrent-+" rel="tag"&gt;Christine Ockrent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Connivences-+" rel="tag"&gt;Connivences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Entretiens-audiovisuels-1222-+" rel="tag"&gt;Entretiens audiovisuels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audrey-Pulvar-+" rel="tag"&gt;Audrey Pulvar&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous avez aim&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3460.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;David Pujadas grondant le d&#233;l&#233;gu&#233; des &#171; Conti &#187; Xavier Mathieu&lt;/a&gt; et exigeant un repentir ? Jean-Michel Apathie vous a &#233;mu dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3141.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa d&#233;fense des patrons de Caterpillar&lt;/a&gt; face au sanguinaire Olivier Besancenot ? D&#232;s lors, vous aimerez sans nul doute &lt;a href=&#034;http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/controverse/index.php?id=99036&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le sermon d'Audrey Pulvar&lt;/a&gt; &#224; l'adresse de Laurent Jourdas, d&#233;l&#233;gu&#233; du syndicat du Livre CGT et en gr&#232;ve durant deux semaines pour la pr&#233;servation des emplois &#224; SPPS (Soci&#233;t&#233; Presse Paris Service), filiale de Presstalis, qui distribue les titres de presse en &#206;le-de-France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un livre dont Franz-Olivier Giesbert, Laurent Joffrin ou Philippe Val ne s'&#233;taient pas empress&#233;s de faire la promotion, S&#233;bastien Rouquette avait montr&#233;, il y a quelques ann&#233;es, que les classes populaires sont &#224; peu de choses pr&#232;s exclues des d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'impopulaire t&#233;l&#233;vision populaire, Paris, L'Harmattan, 2001. Voir le r&#233;sum&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Outre cette extr&#234;me sous-repr&#233;sentation, il est patent que, lorsque des ouvriers ou des employ&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons ici que ces cat&#233;gories repr&#233;sentent actuellement environ 55 % de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mobilis&#233;s sont invit&#233;s sur les plateaux de t&#233;l&#233;vision ou sur les ondes, c'est moins pour y exposer les raisons de leurs gr&#232;ves ou leurs revendications qu'en vue d'&#234;tre r&#233;primand&#233;s par des journalistes soucieux de l'ordre public et prompts &#224; d&#233;nicher des salari&#233;s &#171; privil&#233;gi&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Les kiosquiers souffrent &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en est-il d'Audrey Pulvar qui, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3465.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;apr&#232;s s'&#234;tre indign&#233;e des propos tenus par Jean-Luc M&#233;lenchon concernant David Pujadas&lt;/a&gt;, a pu faire la le&#231;on &#224; Laurent Jourdas. Celui-ci m&#232;ne en effet, avec ses coll&#232;gues de SPPS, une gr&#232;ve contre un plan de &#171; r&#233;organisation &#187;, synonyme de ch&#244;mage et de pr&#233;carisation pour les salari&#233;s du secteur de la distribution de presse. Face &#224; un mouvement social dont les m&#233;dias dominants ont tent&#233; d'&#233;viter les effets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera la r&#233;action du Monde diplomatique, qui a &#171; refus&#233; d'&#234;tre distribu&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le sermon d'Audrey Pulvar concentre, en quelques minutes, toutes les ficelles du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La &lt;strong&gt;culpabilisation&lt;/strong&gt;, par l'&#233;vocation des &#171; souffrances &#187; engendr&#233;es par la gr&#232;ve : &lt;i&gt;&#171; &#199;a veut dire que &lt;strong&gt;les kiosquiers qui souffrent&lt;/strong&gt; depuis quinze jours de ne pas pouvoir vendre les magazines que vous ne leur distribuez plus, peuvent avoir un espoir de reprendre leur activit&#233; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La &lt;strong&gt;mise en accusation&lt;/strong&gt;, sous pr&#233;texte d'un &lt;i&gt;&#171; saccage &#187;&lt;/i&gt; commis par les gr&#233;vistes lors d'une action de blocage d'un d&#233;p&#244;t. On se permet sur ce point de citer int&#233;gralement le &#171; dialogue &#187; (qui dure deux minutes, soit presque le tiers de l'interview), car il est &#233;clairant quant &#224; la hargne s&#233;lective des journalistes dominants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Laurent Jourdas [en r&#233;ponse &#224; la question cit&#233;e pr&#233;c&#233;demment] : &lt;i&gt;&#171; Les kiosquiers ont &#233;t&#233;, je crois savoir, servis ces derniers jours par des plateformes dites plan de secours&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Audrey Pulvar [le coupant] : &lt;i&gt;&#171; Quand elles n'ont pas &#233;t&#233; &lt;strong&gt;saccag&#233;es&lt;/strong&gt;... &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Laurent Jourdas : &lt;i&gt;&#171; Mais non, on saccage rien du tout. On a simplement &#233;t&#233; bloquer un d&#233;p&#244;t en proche banlieue. Vous savez, c'est un grand fantasme&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Audrey Pulvar [le coupant de nouveau, en &#233;levant la voix : on n'entend &#224; peine le mot &#171; fantasme &#187;] :&lt;i&gt; &#171; Enfin, des images d'une vingtaine de personnes toutes v&#234;tues de noir &lt;strong&gt;et portant des capuches&lt;/strong&gt;, rentrant dans un d&#233;p&#244;t de journaux, jetant les journaux et partant, c'est quoi ? &lt;strong&gt;Ce sont des images manipul&#233;es ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;[Se r&#233;p&#232;te]&lt;i&gt; Ce sont des images manipul&#233;es&#8230; Enfin, c'est c'que j'ai vu, mais &lt;strong&gt;elles sont peut-&#234;tre fausses ces images&#8230;&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Jourdas [manifestement g&#234;n&#233; par l'ironie de la journaliste] :&lt;i&gt; &#171; Ceci dit &#8220;toutes v&#234;tues de noir&#8221; c'est tout simplement le parka qui nous est fourni, puisque nous travaillons &#224; l'ext&#233;rieur, sur des quais, donc voil&#224;, on a tous &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me parka. Mais n&#233;anmoins y a pas eu de saccages&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Audrey Pulvar [le coupant une nouvelle fois] : &lt;i&gt;&#171; Enfin, je sais pas l'&#233;tat dans lequel les journaux &#233;taient &#224; la fin de votre passage n'est pas vraiment compatible avec une vente. &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Jourdas : &lt;i&gt;&#171; S'il y avait des paquets qui &#233;taient sur une table, pr&#234;ts &#224; &#234;tre trait&#233;s, qui aient &#233;t&#233; renvers&#233;s&#8230; Il est &#233;vident que &#231;a met terriblement en col&#232;re des salari&#233;s qui vont voir leur emploi dispara&#238;tre et qui vont &#234;tre sous-trait&#233;s&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Audrey Pulvar [n'&#233;coutant manifestement pas] : &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;Et vous le d&#233;noncez &#231;a, le fait&#8230;&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Jourdas [croyant que la journaliste parle des emplois qui vont dispara&#238;tre] : &lt;i&gt;&#171; Mais bien s&#251;r qu'on le d&#233;nonce ! &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Audrey Pulvar [le reprenant instantan&#233;ment] : &lt;i&gt;&#171; &#8230; &lt;strong&gt; le fait qu'il y ait des violences ? Enfin, vous estimez sans doute que ce ne sont pas des violences&#8230;&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Jourdas : &lt;i&gt;&#171; Y a aucune violence. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Audrey Pulvar :&lt;i&gt; &#171; Ou, en tout cas, que des journaux aient &#233;t&#233; ainsi mis hors de la circulation, jet&#233;s des tables, bouscul&#233;s, etc. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Jourdas : &lt;i&gt;&#171; Ah, mais nous assumons de mettre hors de la circulation les journaux en question, sinon on bloquerait pas nos ateliers. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le &#171; &lt;strong&gt;r&#233;formisme&lt;/strong&gt; &#187;. L'admonestation s'ach&#232;ve sur une nouvelle coupure de la part d'une Audrey Pulvar impatiente d'en venir &#224; sa question (ou plut&#244;t &#224; son affirmation) : &lt;i&gt;&#171; La SPPS est d&#233;ficitaire, structurellement d&#233;ficitaire dit-on. 2 millions d'euros perdus par mois. 26 millions d'euros de d&#233;ficits pr&#233;vus pour cette ann&#233;e. 150 millions d'euros ont &#233;t&#233; inject&#233;s dans cette filiale de Presstalis depuis six ans. &lt;strong&gt;Combien de temps on peut continuer comme &#231;a, sans restructurer, sans r&#233;former ?&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Comme toujours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'ouvrage M&#233;dias et mobilisations sociales, Syllepse, 2007.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est le pr&#233;tendu immobilisme des salari&#233;s qui est &#233;pingl&#233; par la journaliste. Oubliant sur ce point de mentionner que le syndicat du Livre a lui-m&#234;me propos&#233; une r&#233;organisation du travail afin d'obtenir des gains de productivit&#233;, Pulvar pose une question qui n'appelle pas de r&#233;ponse. L'accumulation de chiffres &#233;tourdissants suffit pour opposer une fin de non-recevoir aux revendications des gr&#233;vistes et justifier la n&#233;cessit&#233; de &lt;i&gt;&#171; r&#233;former &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; C'est un petit peu plus que la moyenne des Fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dernier proc&#233;d&#233; journalistique : l'imputation aux salari&#233;s en gr&#232;ve de &lt;strong&gt;privil&#232;ges&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;d'avantages&lt;/strong&gt; indus. Expliquant que la distribution de presse a toujours &#233;t&#233; d&#233;ficitaire &#224; Paris depuis la Lib&#233;ration, Laurent Jourdas a ainsi le malheur d'&#233;voquer, en passant, les &lt;i&gt;&#171; co&#251;ts &#187;&lt;/i&gt;. Bien mal lui en a pris, car Audrey Pulvar reprend la balle au bond : &lt;i&gt;&#171; On peut parler des co&#251;ts salariaux, peut-&#234;tre. &#187;&lt;/i&gt; L&#224; encore, ne laissant pas le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical r&#233;pondre sur ce point (&lt;i&gt;&#171; je voudrais r&#233;pondre sur le volet industriel &#187;&lt;/i&gt;) et le coupant une &#233;ni&#232;me fois, la journaliste de France Inter se lance dans un interrogatoire quasi-policier, et il vaut la peine de montrer avec quelle pr&#233;cision elle enjoint au d&#233;l&#233;gu&#233; syndical de s'expliquer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Audrey Pulvar : &lt;i&gt;&#171; L&#224; aussi &lt;strong&gt;j'ai des chiffres&lt;/strong&gt;, j'aimerais bien que vous me disiez s'ils sont exacts.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;On nous parle d'un salaire moyen de 4 000 &#224; 5 000 &#8364; par mois sur quatorze mois, de trente-deux heures hebdomadaires et dix semaines de cong&#233;s pay&#233;s. Est-ce que ces chiffres-l&#224; sont exacts ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Laurent Jourdas : &lt;i&gt;&#171; Donc j'invite tous ceux qui annoncent ce genre de choses de me faire le ch&#232;que de la diff&#233;rence. &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Audrey Pulvar : &lt;i&gt;&#171; Donc ces chiffres-l&#224; sont faux&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Laurent Jourdas :&lt;i&gt; &#171; Le salaire SPPS, mensuellement, en net, est de 2 500 &#8364;. Je vous am&#232;ne les bulletins de salaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Audrey Pulvar : &lt;i&gt;&#171; Sur quatorze mois ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Laurent Jourdas : &lt;i&gt;&#171; Sur quatorze mois, bien entendu, avec toutes les contraintes, etc. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Audrey Pulvar : &lt;i&gt;&#171; Avec trente-deux heures ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Laurent Jourdas :&lt;i&gt; &#171; Trente-cinq heures, Madame. &#187; &lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Audrey Pulvar : &lt;i&gt;&#171; Et dix semaines de cong&#233;s annuels&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Laurent Jourdas :&lt;i&gt; &#171; Neuf semaines de cong&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Audrey Pulvar : &lt;i&gt;&#171; Neuf semaines de cong&#233;s annuels. &lt;strong&gt;C'est un petit peu plus que la moyenne des Fran&#231;ais.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien d'intervieweurs ont d&#233;j&#224; pos&#233; ce genre de questions, avec une telle insistance et un tel souci de pr&#233;cision, &#224; des responsables politiques ou patronaux ? Quand a-t-on vu des experts m&#233;diatiques interrog&#233;s, par les journalistes qui les invitent, sur les sources et le montant de leurs revenus ? Imagine-t-on Laurent Jourdas, ou tout autre salari&#233; invit&#233; dans les m&#233;dias, demander &#224; Audrey Pulvar son niveau de r&#233;mun&#233;ration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les extraits en vid&#233;o :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe title=&#034;Les indignations s&#233;lectives d'Audrey Pulvar&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/WifKelvpbmU?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire l'analyse propos&#233;e tr&#232;s r&#233;cemment par Acrimed du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3496.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; cas Boissieu &#187;&lt;/a&gt;, il appara&#238;t tr&#232;s clairement que les experts ne sont jamais questionn&#233;s sur ce point ou sur leurs &#233;moluments extra-universitaires, et qu'on leur attribue ainsi &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; un cr&#233;dit de neutralit&#233; et d'objectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233;, on se souviendra de &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3458.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;B&#233;atrice Sch&#246;nberg demandant &#224; un cheminot, en plein mouvement social contre la r&#233;forme des retraites&lt;/a&gt;, le montant de sa future pension. Le commentaire faussement interrogatif de la journaliste devant l'exhibition &#233;hont&#233;e de la fortune &#224; venir du salari&#233; avait valeur de conclusion : &lt;i&gt;&#171; 2 000 &#8364; bruts ? Et vous ne consid&#233;rez pas que vous &#234;tes, peut-&#234;tre, les derniers dinosaures de ce syst&#232;me ? &#187;&lt;/i&gt; (6 septembre 2010, France 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preuve encore du caract&#232;re s&#233;lectif des interrogations et indignations propres aux journalistes dominants : &lt;a href=&#034;http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/controverse/index.php?id=98989&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'interview propos&#233;e la veille par Audrey Pulvar de sa cons&#339;ur Christine Ockrent&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; des accusations lanc&#233;es et des le&#231;ons administr&#233;es par la journaliste de France Inter &#224; Laurent Jourdas, elle appara&#238;t cette fois particuli&#232;rement effac&#233;e, y compris lorsque Christine Ockrent pointe une &lt;i&gt;&#171; orchestration m&#233;diatique &#224; partir de rien &#187;&lt;/i&gt;. Ainsi l'interview commence-t-elle par une r&#233;ponse d'une minute et 35 secondes de Christine Ockrent &#224; la premi&#232;re question pos&#233;e par Audrey Pulvar, l&#224; o&#249; le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical se voyait automatiquement coup&#233; dans ses d&#233;veloppements. Plus pr&#233;cis&#233;ment, Christine Ockrent parvient, durant toute l'interview, &#224; conserver la parole, y compris lorsque Pulvar tente de l'interrompre, et ce pour la bonne raison que la journaliste de France Inter insiste nettement moins dans ses interventions pour la reprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-ci, d'ailleurs, Audrey Pulvar &#171; oublia &#187; de demander le montant de son salaire &#224; Christine Ockrent&#8230; Un salaire de 315 000 &#8364; par an, et donc plus &#233;lev&#233; (mais si peu) que celui &lt;i&gt;&#171; de la moyenne des Fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;. Oubli ? On rappellera tout de m&#234;me qu'Ockrent s'&#233;tait montr&#233;e prompte &#224; apporter son soutien &#224; Audrey Pulvar &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3491.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lorsque l'&#233;mission de cette derni&#232;re avait &#233;t&#233; suspendue sur i-T&#233;l&#233;&lt;/a&gt;.&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; d'un possible renvoi d'ascenseur, ces styles d'interview diam&#233;tralement oppos&#233;s laissent entrevoir tous les effets de l'in&#233;gale proximit&#233; sociale entre questionneurs et questionn&#233;s. Si la journaliste de France Inter manifeste une si faible volont&#233; de pousser dans ses retranchements la directrice d&#233;l&#233;gu&#233;e de l'Audiovisuel ext&#233;rieur de la France, alors qu'elle ne se prive pas de couper &#224; chaque phrase le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, si la r&#232;gle du jeu est &#8211; comme l'&#233;crivait Pierre Bourdieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Sur la t&#233;l&#233;vision, Paris, Raisons d'agir, 1996, p. 34.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#171; &#224; g&#233;om&#233;trie variable &#187;&lt;/i&gt;, c'est qu'interviennent de mani&#232;re invisible toutes les censures et les connivences, toutes les libert&#233;s et les interdits qui d&#233;finissent les r&#244;les de l'intervieweur et de l'interview&#233; selon leurs positions respectives dans l'espace social. &#192; l'ex-pr&#233;sentatrice vedette, aujourd'hui directrice d'une holding, le respect et l'&#233;coute. Au d&#233;l&#233;gu&#233; syndical justifiant et expliquant une gr&#232;ve, la morgue et le m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ugo Palheta&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'impopulaire t&#233;l&#233;vision populaire&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 2001. Voir &lt;a href=&#034;http://www.homme-moderne.org/plpl/n11/p8-2.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le r&#233;sum&#233; qu'en proposait &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons ici que ces cat&#233;gories repr&#233;sentent actuellement environ 55 % de la population active&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On notera &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-12-10-A-nos-lecteurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la r&#233;action du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, qui a &lt;i&gt;&#171; refus&#233; d'&#234;tre distribu&#233; par d'autres que les salari&#233;s dont c'est le m&#233;tier &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'ouvrage &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2570.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;M&#233;dias et mobilisations sociales&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Syllepse, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, Paris, Raisons d'agir, 1996, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Suspension d'Audrey Pulvar : l'arbre qui cache la for&#234;t </title>
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		<dc:date>2010-12-01T23:32:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Salingue</dc:creator>


		<dc:subject>Sexisme</dc:subject>
		<dc:subject>Canal +</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>CNews (ex-iT&#233;l&#233;)</dc:subject>
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		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>
		<dc:subject>Audrey Pulvar</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le bal des hypocrites.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Pressions-censures-et-collusions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Pressions, censures et collusions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sexisme-+" rel="tag"&gt;Sexisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Canal-plus-+" rel="tag"&gt;Canal +&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-I-television-+" rel="tag"&gt;CNews (ex-iT&#233;l&#233;)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Connivences-+" rel="tag"&gt;Connivences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sanction-s-+" rel="tag"&gt;Sanction(s)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Independance-+" rel="tag"&gt;Ind&#233;pendance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audrey-Pulvar-+" rel="tag"&gt;Audrey Pulvar&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La suspension injustifi&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut faire &#224; Audrey Pulvar bien d'autres reproches que celui d'&#234;tre la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'&#233;mission politique d'Audrey Pulvar sur i-T&#233;l&#233; apr&#232;s l'annonce de la candidature d'Arnaud Montebourg aux primaires socialistes pose la question de la &#171; proximit&#233; &#187; entre le pouvoir politique et les m&#233;dias. Mais cette question ne concerne-t-elle que les &#171; conjoints &#187; comme le laissent entendre les commentateurs politiques ? Ne devrait-elle pas prendre en compte la vari&#233;t&#233; et la multiplicit&#233; des connivences entre les journalistes et les centres de d&#233;cision ? N'est-ce pas la question plus g&#233;n&#233;rale de l'endogamie sociale des &#233;lites qui m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le 22 novembre 2010,&lt;br class='autobr' /&gt;
La direction d'i-T&#233;l&#233;, apr&#232;s discussion avec Audrey Pulvar, a d&#233;cid&#233; de suspendre d&#232;s aujourd'hui lundi 22 novembre 2010 le rendez-vous quotidien d'information et de politique &#034;Audrey Pulvar Soir&#034; diffus&#233; du lundi au vendredi de 19h &#224; 20h et pr&#233;sent&#233; par celle-ci. Cette d&#233;cision a &#233;t&#233; prise en raison de la d&#233;claration de candidature d'Arnaud Montebourg &#034;&#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique&#034; en 2012, et de ce fait, d&#232;s &#224; pr&#233;sent aux primaires du Parti Socialiste et sera effective pour la dur&#233;e de la campagne. Audrey Pulvar et la direction d'i-T&#233;l&#233; r&#233;fl&#233;chissent actuellement &#224; l'&#233;laboration d'un nouveau format pour la cha&#238;ne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communiqu&#233; de la direction d'i-T&#233;l&#233;.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision d'i-T&#233;l&#233;, et donc de Canal+, n'aura pas tra&#238;n&#233;. D&#232;s le lendemain de l'annonce, par Arnaud Montebourg, de sa d&#233;cision de se porter candidat &#224; la candidature socialiste &#224; la pr&#233;sidentielle, Audrey Pulvar est priv&#233;e d'antenne. Sa faute ? &#202;tre la compagne d'un homme politique qui se lance dans la course &#224; l'investiture pour 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur de la r&#233;daction d'i-T&#233;l&#233;, Albert Ripamonti, a justifi&#233; ce choix : &lt;i&gt;&#171; C'est une mesure de prudence, d'&#233;thique et de d&#233;ontologie.&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;&#192; partir du moment o&#249; le rendez-vous &#034;Audrey Pulvar Soir&#034; (de 19 heures &#224; 20 heures) est tourn&#233; vers la politique, il &#233;tait difficile de maintenir l'&#233;mission avec une journaliste compagne d'un candidat d&#233;clar&#233; &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Cela pouvait &#234;tre de nature &#224; jeter une forme de suspicion, &#224; entacher sa cr&#233;dibilit&#233; ainsi que celle de la cha&#238;ne.&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Mais, bien entendu, cela ne remet nullement en cause l'impartialit&#233; et l'honn&#234;tet&#233; d'Audrey Pulvar. Je n'ai aucun doute l&#224;-dessus &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site du Point.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien entendu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une d&#233;cision sexiste &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est visiblement pas l'avis de l'int&#233;ress&#233;e, bien qu'elle ait &#224; plusieurs reprises assur&#233; qu'elle &lt;i&gt;&#171; comprenait &#187;&lt;/i&gt; la d&#233;cision de la cha&#238;ne, notamment &lt;a href=&#034;http://www.europe1.fr/Medias-Tele/Pulvar-comprend-la-decision-d-i-Tele-315630/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lors d'une interview sur Europe 1&lt;/a&gt;, le 23 novembre, dans l'&#233;mission de Marc-Olivier Fogiel : &lt;i&gt;&#171; C'est s&#251;r que ce n'est pas le moment le plus agr&#233;able de ma vie professionnelle, mais je comprends. Il y a une d&#233;cision qui a &#233;t&#233; prise et je la respecte&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#232;s le 24 novembre, &lt;a href=&#034;http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/a-rebousse-poil/index.php?id=98073&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lors de sa chronique quotidienne sur France Inter&lt;/a&gt; (&#171; &#192; rebrousse-poil &#187;, du lundi au vendredi &#224; 6 h 13), Audrey Pulvar indique, de mani&#232;re &#224; peine voil&#233;e, que si elle a pu affirmer &lt;i&gt;&#171; respecter &#187;&lt;/i&gt; la d&#233;cision de la cha&#238;ne, elle n'en pense pas moins. Citant longuement &lt;i&gt;&#201;mile ou de l'&#201;ducation&lt;/i&gt;, de Jean-Jacques Rousseau, Pulvar d&#233;nonce le caract&#232;re sexiste de la d&#233;cision d'i-T&#233;l&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;(&#8230;) &lt;i&gt;Les femmes sont-elle capables d'un solide raisonnement ? Importe-t-il qu'elles le cultivent ? Le cultiveront-elles avec succ&#232;s ? Cette culture est-elle utile aux fonctions qui leur sont impos&#233;es ? Compatible avec la simplicit&#233; qui leur convient ? Les diverses mani&#232;res d'envisager et de r&#233;soudre ces questions font que les uns font de la femme la premi&#232;re servante du ma&#238;tre, tandis que les autres, non contents d'assurer ses droits, lui font encore usurper les n&#244;tres ; car la laisser au-dessus de nous dans les qualit&#233;s propres &#224; son sexe et la rendre notre &#233;gale dans tout le reste, qu'est-ce autre que transporter &#224; la femme la primaut&#233; que la nature donne au mari ?&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de conclure sobrement par trois mots et une date : &lt;i&gt;&#171; Lib&#233;r&#233;e, &#233;gale, suspendue. Novembre 2010 &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le surlendemain, dans une tribune publi&#233;e par &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;(lien p&#233;rim&#233;, d&#233;cembre 2013), elle ne se contente plus d'un d&#233;tour par Rousseau :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La femme, cet &#234;tre fragile et &#233;motif comme chacun sait, pas assez autonome pour affronter seule une &#233;ventuelle attaque (verbale !) d'un interlocuteur malhonn&#234;te, pas assez arm&#233;e pour faire la part entre sa vie priv&#233;e et son engagement professionnel ? Un cerveau in-disponible en quelque sorte, parce que colonis&#233; par celui de l'homme qu'elle aime&#8230; La question ne concerne pas que moi. Elle est le quotidien de milliers de femmes ayant r&#233;ussi, &#224; force de travail, &#224; construire une carri&#232;re, &#224; exercer des responsabilit&#233;s, &#224; porter l'image d'une grande entreprise, d'un groupe, d'un parti politique. Un proc&#232;s permanent en incomp&#233;tence, manque de ma&#238;trise ou hyst&#233;rie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend donc que l'argument principal d'Audrey Pulvar est celui du sexisme de la d&#233;cision qui a conduit &#224; sa mise &#224; l'&#233;cart. Sa position est en effet selon elle probl&#233;matique, mais si elle n'avait pas &#233;t&#233; une femme, la direction de la cha&#238;ne aurait fait preuve de moins de pr&#233;cipitation : &lt;i&gt;&#171; Non, je ne vis pas dans une bulle, indiff&#233;rente &#224; la critique ou au questionnement. Oui, je sais que ma vie de personne publique suppose une rectitude priv&#233;e permanente. Oui, concr&#232;tement, aimer un responsable politique n'est pas la configuration la plus simple &#224; g&#233;rer pour une journaliste politique. J'ai cru pouvoir &#234;tre jug&#233;e sur pi&#232;ces&#8230; &#192; tort. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de dirigeants politiques ont eux aussi d&#233;nonc&#233; la mise &#224; l'&#233;cart de Pulvar en insistant sur son caract&#232;re sexiste : (entre autres) Martine Aubry (&lt;a href=&#034;http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ho4PPSE7MsedyaRWmLdIsloH5jLg?docId=CNG.75ac2b3e6aecdf0bd6f8e43d75363d7e.191&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; un petit c&#244;t&#233; machiste&lt;/i&gt; (&#224; consid&#233;rer) &lt;i&gt;que les femmes journalistes sont influenc&#233;es par leurs hommes &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), un collectif de d&#233;put&#233;es socialistes et vertes (&#171; une atteinte inacceptable aux droits des femmes &#187; (lien rompu, janvier 2011)) et m&#234;me, pour la plus grande surprise de certains, comme &lt;a href=&#034;http://blogs.lexpress.fr/rock-n-pol/2010/11/25/miracle/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ludovic Vigogne, de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Jean-Luc M&#233;lenchon, dans un &lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.com/2010/11/send-them-away-fichez-les-dehors/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;long billet dat&#233; du 24 novembre&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je crois que madame Pulvar ne doit pas &#234;tre trait&#233;e comme une enfant mais comme une adulte.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Parmi tous les conditionnements qui s'exercent sur elle comme sur tout &#234;tre humain pourquoi avoir d&#233;cr&#233;t&#233; que ses sentiments &#224; l'&#233;gard de son compagnon annuleraient la perception que les autres ont de son autonomie de pens&#233;e ? Parce qu'elle est une femme. Il n'y a pas d'autres r&#233;ponses sugg&#233;r&#233;es par cette d&#233;cision. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy lui-m&#234;me y est all&#233; de son commentaire anti-sexiste. D'apr&#232;s &lt;i&gt;Le Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; du 24 novembre, il aurait ainsi lanc&#233; devant quelques journalistes : &lt;i&gt;&#171; Je trouve &#231;a incroyable. Je suis toujours choqu&#233; quand je vois des femmes devoir d&#233;pendre de la carri&#232;re de leur mari. &#187;&lt;/i&gt; Nous ne commenterons pas le commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du c&#244;t&#233; des journalistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les grands quotidiens et hebdomadaires nationaux ont fait preuve d'une frilosit&#233; &#224; premi&#232;re vue surprenante. Ils se sont content&#233;s de relayer, factuellement, l'information et les d&#233;clarations des dirigeants politiques. Aucun d'entre eux n'a engag&#233; plus loin la pol&#233;mique ou pris fermement position en faveur de leur coll&#232;gue. &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; a certes ouvert ses colonnes &#224; Audrey Pulvar, mais pour une tribune qui n'engage pas le journal en tant que tel. Seul le journal &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, dans son &#233;dition du 24 novembre, a sembl&#233; protester, tout en se limitant lui aussi &#224; la probl&#233;matique du sexisme : &lt;a href=&#034;http://humanite.fr/23_11_2010-machisme-sur-i-t%C3%A9l%C3%A9-458372&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Machisme sur i-T&#233;l&#233; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques femmes journalistes de renom ont n&#233;anmoins pris position &#224; titre individuel : Claire Chazal (&lt;a href=&#034;http://www.republicain-lorrain.fr/fr/permalien/article/4200833/Suspension-d-Audrey-Pulvar-Claire-Chazal-scandalisee.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; scandalis&#233;e &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), Christine Ockrent (&lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/actualite-people-medias/pulvar-privee-de-i-tele-je-le-regrette-pour-elle-estime-christine-ockrent-23-11-2010-1162024.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Je le regrette pour elle &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;) et Mich&#232;le Cotta (&lt;i&gt;&#171; Je pense qu'on n'aurait pas fait la m&#234;me chose si un homme journaliste couchait avec une femme politique &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;France-Soir du 23 novembre.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Mais dans les trois cas, il s'agit d'un t&#233;moignage de soutien &#224; leur cons&#339;ur et non d'une quelconque volont&#233; d'ouvrir un d&#233;bat sur les relations entre m&#233;dias et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arlette Chabot a de son c&#244;t&#233; estim&#233; que &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[cette d&#233;cision &#233;tait] &lt;i&gt;injuste en ce qui concerne Audrey &#187;&lt;/i&gt;, mod&#233;rant aussit&#244;t son propos : &lt;i&gt;&#171; c'est vrai que c'est un petit peu t&#244;t &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Grand Journal de Canal Plus &#187;, vendredi 26 novembre.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle introduit ici LA nuance qui est en r&#233;alit&#233; la boussole des quelques journalistes &#171; grand public &#187; qui, &#224; partir d'une d&#233;fense (parfois tr&#232;s relative) d'Audrey Pulvar, ont tent&#233; de produire un tant soit peu d'analyse. Nous retiendrons ici trois exemples qui, malgr&#233; de r&#233;elles diff&#233;rences d'appr&#233;ciation, ont en r&#233;alit&#233; de significatives similitudes, notamment en raison de ce qu'elles ne disent pas : Catherine Nay, Chistophe Barbier et Jean-Michel Aphatie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine Nay, invit&#233;e du &lt;i&gt;Grand Journal de Canal+&lt;/i&gt; le vendredi 26 novembre, aux c&#244;t&#233;s d'Arlette Chabot et d'Audrey Pulvar elle-m&#234;me, s'explique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce principe de pr&#233;caution est tr&#232;s d&#233;sobligeant pour une cons&#339;ur qui fait merveilleusement bien son travail.&lt;/i&gt; (&#8230;) [Montebourg] &lt;i&gt;est candidat &#224; la candidature. Qu'est-ce que &#231;a change, du jour au lendemain ? Rien. D'ailleurs ira-t-il jusqu'au bout ? On n'en sait rien. Ce qui pose probl&#232;me, moi la seule fois o&#249; je m'&#233;tais dit il y a un probl&#232;me c'est par exemple quand le pr&#233;sident Mitterrand avait &#233;t&#233; interview&#233; par deux journalistes dont les &#233;poux &#233;taient ministres. L&#224; je trouvais qu'il y a quand m&#234;me un probl&#232;me, bon.&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Parce qu'elles participent au pouvoir, parce qu'elles participent aux d&#233;cisions du pouvoir&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Catherine Nay, le probl&#232;me n'est donc pas tant le caract&#232;re sexiste de la d&#233;cision d'i&gt;TELE que le fait qu'Audrey Pulvar n'aurait pas d&#251; &#234;tre &#233;vinc&#233;e de son &#233;mission quotidienne sur i&gt;TELE dans la mesure o&#249; Arnaud Montebourg n'est &#171; que &#187; candidat &#224; la candidature &#224; la pr&#233;sidentielle, qu'il est dans l'opposition, et qu'il n'est donc pas dans une position o&#249; il exercerait effectivement le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe Barbier, dans un &lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/actualite/politique/pour-audrey-pulvar_939425.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditorial vid&#233;o&lt;/a&gt; sobrement appel&#233; &#171; Pour Audrey Pulvar &#187;, dit &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Fallait-il suspendre &lt;strong&gt;aussi vite&lt;/strong&gt; Audrey Pulvar de son &#233;mission du soir sur i-T&#233;l&#233; apr&#232;s l'annonce de la candidature &#224; la candidature d'Arnaud Montebourg, son compagnon ? Non. En tout cas, &lt;strong&gt;pas si vite&lt;/strong&gt;, &#224; mon sens&lt;/i&gt;. (&#8230;) &lt;i&gt;Arnaud Montebourg n'est que candidat &#224; une primaire d'un parti, primaire qui est loin d'&#234;tre ouverte, primaire qui est surtout loin d'&#234;tre gagn&#233;e par Arnaud Montebourg. C'est pas comme s'il &#233;tait candidat &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit donc : le raisonnement est identique &#224; celui de Catherine Nay. La suspension aurait pu se justifier, mais pas si t&#244;t. Christophe Barbier essaie d'aller plus loin en se posant la question d'une hypoth&#233;tique &#171; r&#232;gle &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Alors, peut-on &#233;riger une r&#232;gle pour d&#233;terminer si des journalistes ont le droit de parler politique tout en ayant une vie priv&#233;e qui les am&#232;ne &#224; fr&#233;quenter des politiques ? Difficile. O&#249; commencerait la r&#232;gle ? Faut-il interdire aux journalistes politiques de vivre avec des gens qui sont membres d'un parti ? Oula. &#199;a va devenir compliqu&#233; d'avoir une vie de famille normale quand on fait ce m&#233;tier. Alors est-ce qu'il faut interdire aux journalistes de fr&#233;quenter dans leur vie priv&#233;e des &#233;lus ? Oui mais, qu'est-ce qu'on entend par &#233;lu ? Le moindre conseiller municipal de village, m&#234;me sans &#233;tiquette serait consid&#233;r&#233; &#224; l'&#233;gal d'un d&#233;put&#233;, ou d'un d&#233;put&#233; europ&#233;en ? O&#249; met-on la barre ? Est-ce que c'est le mandat national qui compte ? Mais il y a beaucoup de d&#233;put&#233;s qui ont bien moins de poids qu'un pr&#233;sident de conseil g&#233;n&#233;ral ou que le maire d'une grande ville de province. Tr&#232;s difficile de distinguer.&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;On voit bien comment la r&#232;gle est extr&#234;mement compliqu&#233;e &#224; &#233;tablir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On attend alors avec impatience les propositions de Barbier pour r&#233;soudre la quadrature du cercle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Moi je pense qu'il faut une r&#232;gle beaucoup plus simple : faire confiance. Faire confiance au professionnalisme&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;pour qu'en toute bonne conscience le travail&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;soit accompli dans le respect de la d&#233;ontologie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a pour &#231;a, serait-on tent&#233; de dire&#8230; &lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; lorsque l'&#233;ditorialiste de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; nuance imm&#233;diatement sa &#171; r&#232;gle &#187; : &lt;i&gt;&#171; Bien s&#251;r, &#224; partir d'un moment, &#231;a devient compliqu&#233; parce que le soup&#231;on de l'opinion sera tr&#232;s tr&#232;s fort et on sera dans ce que l'on appelle le conflit d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Eh bien cette barri&#232;re, c'est pas la taille du mandat, c'est pas la m&#233;diatisation de l'&#233;lu en question, je crois que c'est le pouvoir ex&#233;cutif. Quand on est dans un pouvoir ex&#233;cutif, &#224; la t&#234;te d'une r&#233;gion, &#224; la t&#234;te d'une grosse collectivit&#233; locale, ministre, l&#224; il faut que les conjoints prennent en consid&#233;ration ce probl&#232;me. Le pouvoir acquis par l'homme ou la femme de leur vie rend difficile la pratique du journalisme politique. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#232;gle de Christophe Barbier ne peut donc, de son propre aveu, r&#233;sister au &lt;i&gt;&#171; soup&#231;on de l'opinion &#187;&lt;/i&gt;. Il ne faut pas prendre le risque que &lt;i&gt;&#171; l'opinion &#187;&lt;/i&gt; puisse &lt;i&gt;&#171; soup&#231;onner &#187;&lt;/i&gt; les journalistes de connivence avec le pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Michel Aphatie y est all&#233; lui aussi de son commentaire. C'&#233;tait aussi dans &#171; Le Grand Journal &#187;, lundi 22 novembre : &lt;i&gt;&#171; C'est &#233;videmment une situation tr&#232;s d&#233;licate parce qu'on ne peut suspendre quelqu'un professionnellement que si on lui reproche des faits pr&#233;cis. Sinon on est dans le proc&#232;s d'intention. Donc nous sommes l&#224; face &#224; quelque chose que l'on peut avoir du mal &#224; comprendre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;fense d'Audrey Pulvar ? La suite nous apprend rapidement que non : &lt;i&gt;&#171; Et en m&#234;me temps cette suspension a &lt;strong&gt;quelque chose d'in&#233;vitable&lt;/strong&gt; parce qu'un journaliste politique doit pouvoir interroger tout le monde. Et,&lt;/i&gt; [s'adressant &#224; Montebourg] &lt;i&gt;il est certain que le fait que cette journaliste Audrey Pulvar soit votre campagne&lt;/i&gt; (sic) &lt;i&gt;l'handicape&lt;/i&gt; (resic) &lt;i&gt;dans son travail. Elle peut &#234;tre honn&#234;te et impartiale, &lt;strong&gt;le t&#233;l&#233;spectateur verra toujours d'un &#339;il particulier&lt;/strong&gt; les questions qui seront adress&#233;es par exemple &#224; vos adversaires pour la primaire &#224; l'int&#233;rieur du Parti socialiste ou bien pour vos adversaires politiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi, le probl&#232;me, c'est le soup&#231;on du &lt;i&gt;&#171; t&#233;l&#233;spectateur &#187;&lt;/i&gt;. Le t&#233;l&#233;spectateur qui, comme &lt;i&gt;&#171; l'opinion &#187;&lt;/i&gt; selon Barbier, doit avoir le dernier mot. Conclusion d'Apathie : &lt;i&gt;&#171; Donc il y a quelque chose d'injuste dans cette situation, c'est &#233;vident, et il y a aussi quelque chose d'in&#233;vitable. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;l&#233;spectateur a tranch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arbre qui cache (commod&#233;ment) la for&#234;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos trois journalistes fondent donc leur &#171; d&#233;fense &#187; d'Audrey Pulvar sur le fait que le verdict est sans doute tomb&#233; &#171; trop t&#244;t &#187;, Arnaud Montebourg n'&#233;tant pas aux responsabilit&#233;s (tendance Nay-Barbier) ou n'&#233;tant pas encore vraiment en course pour y acc&#233;der (tendance Aphatie). Ils sont n&#233;anmoins unanimes pour d&#233;noncer tout ce qui pourrait entretenir les soup&#231;ons de connivence entre journalistes et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Soyons clair, les journalistes politiques ne sont pas les seuls &#224; succomber &#224; cette tentation, assez humaine au fond. Avoir des relations privil&#233;gi&#233;es avec des informateurs, c'est l'essence m&#234;me du m&#233;tier de journaliste. Que cela se finisse de temps en temps par une histoire d'amour, c'est une question d'ordre priv&#233; bien s&#251;r ! Le probl&#232;me, c'est le m&#233;lange des genres et le conflit d'int&#233;r&#234;ts bien r&#233;el qui r&#233;sultent de ces liaisons dangereuses quels que soient l'honn&#234;tet&#233; et le professionnalisme des uns et des autres. Mais il est l&#233;gitime de souhaiter que des pr&#233;cautions soient prises. Au minimum, c'est une question de d&#233;ontologie personnelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lignes &lt;a href=&#034;http://www.francesoir.fr/medias-politique/journalistes-et-politiques-amour-et-conflit-d-interets.59075&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;crites le 23 novembre&lt;/a&gt; par R&#233;my Dassarts, directeur de la r&#233;daction de &lt;i&gt;France-Soir&lt;/i&gt;, et dans lesquelles Barbier, Nay et Aphatie se reconna&#238;traient sans aucun doute. &#192; ceci pr&#232;s que Dassarts en tire une autre conclusion :&lt;i&gt;&#171; Nous comprenons donc les dirigeants d'i-T&#233;l&#233; qui viennent de suspendre l'&#233;mission quotidienne d'Audrey Pulvar : elle et son compagnon, Arnaud Montebourg, sortiront gagnants de cette clarification. Et la d&#233;mocratie aussi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surprenant ? Pas tant que &#231;a. Car ce qui unit ici l'ensemble des m&#233;dias &#171; grand public &#187; et les quelques journalistes &#233;voqu&#233;s plus haut, ce n'est pas tant le sort d'Audrey Pulvar (dont certaines prises de position, comme &lt;a href=&#034;http://sites.radiofrance.fr/franceinter/chro/a-rebousse-poil/index.php?id=96625&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa r&#233;action aux propos racistes de Jean-Paul Guerlain&lt;/a&gt;, ne sont gu&#232;re appr&#233;ci&#233;es par nombre de ses &#171; confr&#232;res &#187;) qu'une terreur partag&#233;e du soup&#231;on de connivence. Que ce soit pour ceux qui soutiennent i-T&#233;l&#233;, ceux qui condamnent i-T&#233;l&#233;, ou ceux qui ne disent rien, l'essentiel demeure de soigneusement circonscrire le d&#233;bat aux (rares) cas des &#171; journalistes conjoints &#187;. L'arbre qui cache commod&#233;ment la for&#234;t, et dont on parle pour ne pas parler du reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux questions s'imposeraient en effet : la &#171; proximit&#233; &#187; entre &#171; pouvoir &#187; et m&#233;dias ne concerne-t-elle que les conjoints ? Le &#171; pouvoir &#187; n'est-il que politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &#233;ditorial vid&#233;o, Christophe Barbier arbore fi&#232;rement sa splendide &#233;charpe rouge. Une de ses marques de fabrique, &#224; un tel point que certains journalistes l'interrogent &#224; son sujet, &#224; l'image de Philippe Vandel dans son &#233;mission sur France Info, le 7 janvier dernier. Barbier pr&#233;cisait alors : &lt;i&gt;&#171; Sachez que celle que je porte aujourd'hui, qui n'est pas en cachemire mais en laine, m'a &#233;t&#233; offerte par Carla. C'&#233;tait dans l'hiver 2007-2008 &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Canard Encha&#238;n&#233;, 13 janvier 2010.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Carla &#187;. Tout simplement. &#171; Carla &#187; qui &#233;tait aussi pr&#233;sente, en octobre 2008, au mariage de Christophe Barbier. Savoureux d&#233;tail, &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/10/22/01001-20081022ARTFIG00393-confidentiel-carla-bruni-lit-michel-houellebecq-.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport&#233; par &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s la c&#233;r&#233;monie, &#224; la mairie du VIe, elle a lu un texte de Michel Houellebecq extrait de &lt;/i&gt;La Possibilit&#233; d'une &#238;le,&lt;i&gt; roman qu'il a r&#233;cemment adapt&#233; au cin&#233;ma. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend mieux les crit&#232;res &#233;nonc&#233;s par Christophe Barbier : Carla Bruni n'est pas son &#233;pouse mais une &#171; amie du couple &#187; et, en outre, elle n'exerce pas de responsabilit&#233;s dans les ex&#233;cutifs. &lt;i&gt;&#171; L'opinion &#187;&lt;/i&gt; serait donc bien mal avis&#233;e de &lt;i&gt;&#171; soup&#231;onner &#187;&lt;/i&gt; une quelconque connivence entre Christophe Barbier et le pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'opinion &#187;&lt;/i&gt; doit &#233;galement &#234;tre convaincue que lorsqu'il &#233;crit, apr&#232;s avoir &lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/actualite/politique/le-couple-sarkozy-au-maroc_931400.html?xtor=x&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; retrouv&#233; le couple pr&#233;sidentiel &#187;&lt;/a&gt; au Maroc &#224; la fin du mois d'octobre dernier, les lignes qui suivent, c'est uniquement le professionnel rigoureux qui s'exprime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le Pr&#233;sident sort d'un conflit social d&#233;licat et d'une r&#233;forme majeure ; son &#233;pouse a termin&#233; quatorze maquettes pour son prochain disque. Conversation &#034;off the record&#034;, avec le chef de l'&#201;tat. Retraites, fiscalit&#233;, d&#233;pendance, justice... Il est au clair sur tous les sujets, y compris sur le remaniement. Et sur l'&#233;tat de la gauche. C'est &#034;off&#034;, mais c'est tranchant&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;ontologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Michel Aphatie n'est pas l'ami des politiques. Il n'a de cesse de d&#233;noncer les &#171; magouilles &#187; et les &#171; petits arrangements entre amis &#187;. C'est ce qu'il fait chaque jour, notamment, sur le plateau de Michel Denisot. Michel Denisot, qui est, lui, l'ami de Nicolas Sarkozy. Un ami de longue date. En 1995, Denisot faisait partie des &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/portrait/0101137148-nicolas-sarkozy-quand-il-sera-grand&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;quarante privil&#233;gi&#233;s invit&#233;s par Nicolas Sarkozy&lt;/a&gt; pour f&#234;ter ses 40 ans dans un chic restaurant italien. C'est en 1995 aussi qu'ils publient ensemble un livre d'entretiens, modestement intitul&#233; &lt;i&gt;Au bout de la passion, l'&#233;quilibre&#8230;&lt;/i&gt; Denisot a d&#233;j&#224; racont&#233; la gen&#232;se de ce livre dans &lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr/actualites-medias/michel-denisot-je-reve-d-un-jacques-chirac-presentant-le-grand/1253/0/200666&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une interview au &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; L'histoire de ce livre est assez simple. J'&#233;tais pr&#233;sident du PSG et Nicolas Sarkozy venait souvent voir des matchs au Parc des Princes. Un jour, il m'invite &#224; d&#233;jeuner. Il m'a paru tout &#224; fait atypique. Tr&#232;s direct dans ses rapports, analysant tout, et avec beaucoup de pertinence. L'id&#233;e m'est venue d'un livre d'entretiens. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une relation r&#233;guli&#232;rement entretenue depuis, de l'aveu de Michel Denisot lui-m&#234;me, qui r&#233;pondait dans la m&#234;me interview :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; [Nicolas Sarkozy] &lt;i&gt;vous a-t-il adress&#233; un message cet &#233;t&#233;, apr&#232;s son &#233;lection ?&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Oui, il m'a invit&#233; &#224; d&#238;ner cet &#233;t&#233;. Une soir&#233;e formidable !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Michel Aphatie, pour qui Audrey Pulvar, du fait de sa relation avec Arnaud Montebourg, est &lt;i&gt;&#171; handicap&#233;e dans son travail &#187;&lt;/i&gt; et devait donc &#234;tre &lt;i&gt;&#171; in&#233;vitablement &#187;&lt;/i&gt; suspendue n'a pas, &#224; notre connaissance, demand&#233; &#171; l'in&#233;vitable suspension &#187; de Michel Denisot du fait de sa proximit&#233; avec Nicolas Sarkozy. Il n'a sans doute pas jug&#233; non plus que &lt;i&gt;&#171; le t&#233;l&#233;spectateur &#187;&lt;/i&gt; ait pu voir &lt;i&gt;&#171; d'un &#339;il particulier &#187;&lt;/i&gt; l'&#233;trange &#233;change entre le pr&#233;sentateur du &#171; Grand Journal &#187; et le pr&#233;sident de la R&#233;publique lors de l'entretien t&#233;l&#233;vis&#233; du 18 novembre. Pour m&#233;moire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;Monsieur Denisot, vous me pr&#234;tez, je le pense, une intelligence normale, moyenne disons&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Un peu au-dessus.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#8211; Merci.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci au cours d'une interview durant laquelle Denisot n'a pas, &#224; l'instar de ses coll&#232;gues David Pujadas et Claire Chazal, fait montre d'une verve particuli&#232;re face &#224; un pr&#233;sident pourtant en butte &#224; de nombreux &#171; dossiers &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, sur le site d'Arr&#234;t sur Images.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de tout ceci, Jean-Michel Aphatie ne parla point. La d&#233;nonciation des risques de connivence est donc, pour lui, &#224; g&#233;om&#233;trie variable. Il rejoint par l&#224; son confr&#232;re de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;. Apr&#232;s tout, nous dira-t-on, Michel Denisot n'est pas le conjoint de Nicolas Sarkozy&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Catherine Nay, qui a longtemps partag&#233; la vie d'Albin Chalandon (qui fut, entre autres, dirigeant d'Elf Aquitaine et plusieurs fois ministre), fait elle aussi preuve d'une analyse de type &#171; deux poids, deux mesures &#187;. Conseill&#232;re de Jean-Pierre Elkabbach (alors pr&#233;sident d'Europe 1) &#224; partir de 2005, elle n'a jamais reproch&#233; &#224; son patron d'&#234;tre lui aussi un proche de Nicolas Sarkozy, au point de demander conseil &#224; ce dernier, en f&#233;vrier 2006, avant le recrutement d'un journaliste sur Europe 1 ou de faire partie, en janvier 2008, de la d&#233;l&#233;gation officielle du pr&#233;sident (et non de la &#171; d&#233;l&#233;gation presse &#187;) lors d'un voyage en Inde. Ce que lui avait en revanche reproch&#233;&#8230; &lt;a href=&#034;http://www.marianne2.fr/Aphatie-et-Elkabbach-ne-passeront-pas-leurs-vacances-ensemble_a83230.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Michel Aphatie&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait &#233;galement pu parler de la pr&#233;sence d'Elkabbach, le 24 novembre dernier, au d&#238;ner du Si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur Wikipedia.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, club s&#233;lect des &#233;lites politiques, &#233;conomiques et m&#233;diatiques, dont les connivences ne semblent pas d&#233;ranger outre mesure les (plus ou moins) ardents d&#233;fenseurs d'Audrey Pulvar, aussi p&#233;tris de d&#233;ontologie et de morale soient-ils. Un club s&#233;lect dans lequel Arlette Chabot, Sylvie Pierre-Brossolette, Jean-Pierre Elkabbach, Emmanuel Chain, Jean-Marie Colombani, Mich&#232;le Cotta, Patrick de Carolis et bien d'autres c&#244;toient les principaux dirigeants politiques et &#171; capitaines d'industrie &#187; du pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, entre autres, sur le site de Bakchich.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un club s&#233;lect qui se r&#233;unissait pr&#233;cis&#233;ment la semaine de la &#171; suspension &#187; d'Audrey Pulvar pour un d&#238;ner contre lequel le r&#233;alisateur Pierre Carles et quelques autres avaient appel&#233; &#224; protester&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, entre autres, sur le site de Politis.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais &#224; ce rassemblement, Barbier, Aphatie et Nay ne se rendirent pas. Trop occup&#233;s sans doute &#224; pourfendre les connivences entre le pouvoir et les journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'affaire Pulvar &#187; est hautement r&#233;v&#233;latrice, au-del&#224; du sexisme ambiant, de l'hypocrisie de tous ceux et toutes celles qui pr&#233;tendent sauver l'ind&#233;pendance des journalistes en interdisant aux conjointes de dirigeants politiques de premier plan d'exercer leur profession et d'&#234;tre, pour reprendre la formule d'Audrey Pulvar, &#171; jug&#233;s sur pi&#232;ces &#187;. Elle devrait &#234;tre l'occasion de d&#233;noncer ceux qui essaient de faire taire la critique de l'endogamie sociale des &#233;lites en tentant de d&#233;jouer les suspicions par quelques mesures symboliques, circonscrites et limit&#233;es aux &lt;i&gt;usual suspects&lt;/i&gt;. Au milieu de l'assourdissant silence m&#233;diatique, seule une poign&#233;e de personnalit&#233;s (notamment &lt;a href=&#034;http://www.20minutes.fr/ledirect/629541/politique-noel-mamere-quand-politiques-prennent-journalistes-ca-sent-mauvais&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;No&#235;l Mam&#232;re&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.com/2010/11/send-them-away-fichez-les-dehors/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/a&gt;) ont tent&#233; de pointer ces d&#233;rives, dans un registre qui leur est d&#233;sormais habituel. C'est bien peu, au regard des enjeux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut faire &#224; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3505.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Audrey Pulvar&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3465.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bien d'autres reproches&lt;/a&gt; que celui d'&#234;tre la compagne d'un dirigeant politique...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://cache.itele.fr/content/presses/22/file/original/4cea92e02c3feSuspension_de_la_tranche_APS.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Communiqu&#233; de la direction d'i-T&#233;l&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr/politique/audrey-pulvar-suspendue-d-i-tele-pour-cause-de-relation-avec-montebourg-22-11-2010-1265475_20.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur le site du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;France-Soir&lt;/i&gt; du 23 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le Grand Journal de Canal Plus &#187;, vendredi 26 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 13 janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, &lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3536&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site d'Arr&#234;t sur Images&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Si%C3%A8cle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, entre autres, &lt;a href=&#034;http://www.bakchich.info/Le-diner-du-Siecle-avec-Dati-Chain,12265.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de &lt;i&gt;Bakchich&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, entre autres, &lt;a href=&#034;http://www.politis.fr/Le-diner-du-Siecle-etait-bien,12280.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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