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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Bataille rang&#233;e dans le groupe Infopro Digital</title>
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		<dc:date>2022-05-27T09:02:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Eustache</dc:creator>


		<dc:subject>SNJ-CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Info Pro (ex-Moniteur)</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe GISI</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien avec Pablo Aiquel.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Presse-ecrite-" rel="directory"&gt;Presse &#233;crite&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Moniteur-+" rel="tag"&gt;Le groupe Info Pro (ex-Moniteur)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-GISI-+" rel="tag"&gt;Le groupe GISI&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton6482-18861.jpg?1776699835' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Infopro Digital est un groupe de presse professionnelle, qui d&#233;tient des titres comme &lt;i&gt;L'Usine Nouvelle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Gazette des communes&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Moniteur des travaux publics et du b&#226;timent&lt;/i&gt;. D&#233;tenu par un fonds d'investissement anglo-am&#233;ricain, le groupe s'appr&#234;te &#224; &#234;tre revendu pour un montant d'environ 2 milliards d'euros. Secr&#233;taire du syndicat CGT Groupe Moniteur, et &#233;lu au sein du CSE, Pablo Aiquel d&#233;nonce un climat social tendu au sein de l'entreprise, au d&#233;triment des conditions de travail et de la qualit&#233; de l'information. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acrimed : Plusieurs gr&#232;ves et d&#233;brayages ont eu lieu au sein d'Infopro Digital ces derni&#232;res semaines. Pouvez-vous nous en dire plus sur le contexte dans lequel s'inscrivent ces mobilisations ?&lt;/strong&gt; &lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pablo Aiquel&lt;/strong&gt; : La premi&#232;re information &#224; retenir, c'est qu'Infopro Digital est sous LBO (leveraged buy out ou rachat avec effet levier, il s'agit d'un montage financier qui permet &#171; &lt;a href=&#034;https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F31713&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le rachat d'une entreprise en ayant recours &#224; beaucoup d'endettement&lt;/a&gt; &#187;). C'est-&#224;-dire que ceux qui ach&#232;tent, les propri&#233;taires de la bo&#238;te ne sont que des actionnaires minoritaires, et l'actionnaire majoritaire leur pr&#234;te de l'argent. Ceux qui pr&#234;tent de l'argent &#224; ces actionnaires sont des fonds d'investissement ou des fonds de pension. Donc ils pr&#234;tent des centaines de millions d'euros dans l'objectif de revenir sur leur investissement au bout de quelques ann&#233;es. Ils se paient sur le dos de la b&#234;te. Les entreprises qui sont dans le groupe Infopro produisent des b&#233;n&#233;fices, mais ces derniers servent &#224; payer l'argent que le fonds d'investissement a pr&#234;t&#233; aux actionnaires pour acheter l'entreprise. C'est important de le savoir car c'est une des raisons pour lesquelles des entreprises qui sont tr&#232;s rentables ne partagent pas beaucoup leur b&#233;n&#233;fice avec les salari&#233;s, voire pas du tout. La rentabilit&#233;, ils l'utilisent pour financer le rachat de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Est-ce une sp&#233;cificit&#233; d'Infopro Digital d'&#234;tre d&#233;tenu par un fonds d'investissement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est courant dans d'autres secteurs, mais ce n'&#233;tait pas si courant dans la presse. Je ne suis pas s&#251;r qu'il y ait beaucoup d'autres entreprises de presse qui soient sous LBO, c'est-&#224;-dire qui appartiennent majoritairement &#224; des fonds d'investissement ou &#224; des fonds de pension. Des titres comme &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; appartiennent &#224; des milliardaires. &#199;a fait des ann&#233;es que ces bo&#238;tes-l&#224;, notamment donc le groupe Moniteur, passent de LBO en LBO. Infopro a rachet&#233; en 2014 le groupe Moniteur, via le fonds d'investissement Apax partners. Et deux ans apr&#232;s, ils se refinancent. Apax revend ses parts &#224; TowerBrook, un fonds d'investissement anglo-am&#233;ricain. Nous avons appris par la presse que TowerBrook allait vendre Infopro. Le prix de vente, c'est un facteur multiplicateur de l'EBITDA (b&#233;n&#233;fices avant imp&#244;ts, int&#233;r&#234;ts, d&#233;pr&#233;ciation, amortissement). Ils veulent le vendre environ 2 milliards d'euros, ils l'ont achet&#233; 700 millions d'euros. Nous pensons que cette vente pourrait avoir lieu en juin ou en tout cas avant la fin de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Quelles est la cons&#233;quence de cette financiarisation sur la qualit&#233; de la presse professionnelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence de cette financiarisation c'est que les r&#233;dactions sont en grande partie compos&#233;es de journalistes en &#171; contrats pr&#233;caires &#187;. Il y a beaucoup plus de journalistes &#224; la pige que de journalistes post&#233;s. &#192; chaque &#171; revente &#187; ou changement d'actionnaire, beaucoup de journalistes partent, et une part de la m&#233;moire se perd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;duction de la pagination, ainsi qu'une tr&#232;s forte r&#233;duction des budgets &#171; piges &#187; durant la pand&#233;mie (moins 30%) provoquent forc&#233;ment un appauvrissement de l'information. En ce qui concerne le num&#233;rique, il y peu de cr&#233;ation et d'innovation, rien ne se fait si ce n'est pas &#171; sponsoris&#233; &#187;. Autre exemple : Il y a quelques ann&#233;es, la r&#233;daction de la &lt;i&gt;Gazette des communes&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; somm&#233;e de choisir entre avoir un abonnement &#224; l'AFP ou garder un budget piges important. Ils ont choisi de garder le budget allou&#233; aux piges. Mais &#231;a a dur&#233; deux ans, et plus tard ce budget a quand m&#234;me &#233;t&#233; r&#233;duit. Plusieurs dizaines de journalistes &#224; la pige participent &#224; la r&#233;daction des titres du p&#244;le collectivit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que dans les collectivit&#233;s, la &lt;i&gt;Gazette des communes&lt;/i&gt;, c'est la bible. Ce n'est ni &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt;, ni &lt;i&gt;L'Huma&lt;/i&gt;, c'est la &lt;i&gt;Gazette&lt;/i&gt;. C'est le cas &#233;galement pour &lt;i&gt;Le Moniteur des BTP&lt;/i&gt; dans son secteur et pour d'autres titres. On ne le dit pas assez mais il y a beaucoup d'argent public car les abonnements sont pay&#233;s avec de l'argent public et d'autre part, si des fonctionnaires veulent s'abonner d'eux-m&#234;mes, ils peuvent enlever &#231;a de leurs frais professionnels. Soit c'est pay&#233; avec l'argent des collectivit&#233;s, soit c'est pay&#233; par de l'argent d&#233;ductible des imp&#244;ts, donc par le contribuable. C'est pour &#231;a que les taux d'abonnement et de r&#233;abonnement de la &lt;i&gt;Gazette&lt;/i&gt;, du &lt;i&gt;Moniteur&lt;/i&gt; sont si &#233;lev&#233;s. C'est du 90%. Ce sont des machines &#224; fric, et cet argent, au lieu d'&#234;tre r&#233;investi dans une meilleure information pour les &#233;lus locaux et les fonctionnaires des collectivit&#233;s territoriales, cet argent part aux &#201;tats-Unis et en Angleterre chez Towerbrook. Il est &#233;galement utilis&#233; pour acheter d'autres bo&#238;tes en Espagne, en Angleterre, en Suisse. Je pense que l'information pour les collectivit&#233;s territoriales devrait &#234;tre g&#233;r&#233;e par un organisme semi-public ou au moins faire l'objet d'un certain contr&#244;le. Cela n'a pas de sens de prendre tout le b&#233;n&#233;fice et l'envoyer &#224; l'&#233;tranger comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Les pigistes ont-ils pris part aux mobilisations ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril, les journalistes pigistes du p&#244;le collectivit&#233; se sont organis&#233;s et ont bloqu&#233; leurs papiers pendant une semaine. Cela a eu un impact sur les titres, notamment les newsletters sp&#233;cialis&#233;es. La &lt;i&gt;Gazette des communes&lt;/i&gt; a plusieurs newsletters th&#233;matiques : le club finance, le club RH, le club s&#233;curit&#233;, le club sport, le club &#233;ducation&#8230; Tout &#231;a, ce sont des abonnements &#171; premium &#187; et ces lettres-l&#224; n'ont eu que la moiti&#233; de la production car les journalistes pigistes se sont organis&#233;s pour ne pas rendre les papiers, demander &#224; ce que les papiers qui avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; publi&#233;s sur la version papier ne soient pas repris sur le web, ou ne pas couvrir les &#233;v&#233;nements pr&#233;vus cette semaine. La mobilisation des pigistes a eu un impact, m&#234;me s'il n'y a pas forc&#233;ment un r&#233;sultat tout de suite. Pour nous, c'&#233;tait une mani&#232;re de secouer le cocotier et de marquer les esprits en vue d'autres mobilisations. Il est tout de m&#234;me invraisemblable et inacceptable qu'une entreprise qui fait autant de b&#233;n&#233;fices les partage aussi peu avec les salari&#233;s. Cette soci&#233;t&#233; n'a vers&#233; aucune &#171; prime Macron &#187; et ne compte pas le faire, malgr&#233; les r&#233;sultats exc&#233;dentaires et l'inflation galopante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui explique un climat aussi tendu au sein d'une entreprise qui se porte bien financi&#232;rement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e de TowerBrook en 2016/2017, le patron historique d'Infopro, Christophe Czajka, prend de la distance et met en place son successeur, Julien Elmaleh, qui vient de la finance. Julien Elmaleh a mis en place une relation brutale avec les syndicats, il n'y a pas de n&#233;gociation possible. C'est un rapport de &#171; rouleau compresseur &#187;. Pour eux la n&#233;gociation se r&#233;sume &#224; faire une proposition, puis une deuxi&#232;me, et &#224; l'imposer, sans jamais &#233;couter les propositions des repr&#233;sentants des salari&#233;s. Avant, il y avait un DRH un peu paternaliste, qui pr&#233;f&#233;rait &#233;viter les conflits. Depuis que ce DRH est parti, non seulement ils ont ferm&#233; des magazines, sans consulter les instances, mais en plus ils ont maltrait&#233; des journalistes pigistes permanents, qui &#233;taient de gros contributeurs, sans faire de licenciement &#233;conomique, bafouant ainsi les droits de ces salari&#233;s pr&#233;caires, et la loi Cressard de 1974, un pilier du journalisme en France. Ces journalistes pigistes se sont retrouv&#233;s aux prud'hommes et plus de deux ans apr&#232;s, ce n'est toujours pas fini, c'est vraiment la gal&#232;re. [Les journalistes pigistes sont des salari&#233;s, consid&#233;r&#233;s comme &#233;tant en CDI. Sans licenciement, ils ne peuvent b&#233;n&#233;ficier de leurs droits au ch&#244;mage et d'indemnit&#233;s de licenciement, ndlr.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Comment cette absence de n&#233;gociation se traduit-elle sur les conditions mat&#233;rielles des salari&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2017, les NAO (n&#233;gociations annuelles obligatoires) se sont sold&#233;es par un &#233;chec. Cette ann&#233;e, on en est au sixi&#232;me &#233;chec cons&#233;cutif. Pand&#233;mie, pas pand&#233;mie. Peu importe les r&#233;sultats mirobolants, les propositions salariales sont tellement mis&#233;rables en NAO que les syndicats disent : on ne peut pas signer, c'est trop peu. Il y a des salari&#233;s sans augmentation de salaire depuis 3 ans. Pour la direction c'est la faute des syndicats car ils ne signent pas. Mais ce n'est pas signable, on ne peut pas accepter des propositions si basses, dans une entreprise qui fait des profits mirobolants. Cette ann&#233;e, avec l'inflation, les salari&#233;s ont protest&#233; &#224; travers des d&#233;brayages et des mouvements de gr&#232;ve. Le 16 mars, pendant les NAO, il y a eu un premier d&#233;brayage. Le 12 avril, apr&#232;s les NAO qui s'&#233;taient sold&#233;es par un &#233;chec, &#231;a a &#233;t&#233; plus large, avec plein de magazines impliqu&#233;s. Les gens sont sur les rotules, c'est une bo&#238;te qui gagne tellement d'argent et qui pressurise tellement ses salari&#233;s qu'ils n'en peuvent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lus du CSE d'une autre filiale, le Groupe Territorial, bas&#233; &#224; Voiron, ont d&#233;missionn&#233; collectivement. L'absence d'&#233;coute et le pilotage court-termiste, uniquement bas&#233; sur le profit, nuisent &#224; la sant&#233; des salari&#233;s. Cela a &#233;t&#233; prouv&#233; par une expertise RPS (risques psychosociaux) r&#233;alis&#233;e au Groupe Moniteur, mais dont beaucoup de salari&#233;s d'autres filiales partagent les conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;C'est-&#224;-dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enveloppe pour les augmentations correspond &#224; 0,02% des b&#233;n&#233;fices de l'ann&#233;e derni&#232;re. Sur 100 euros de b&#233;n&#233;fices, ils donnent 2 centimes &#224; partager entre les salari&#233;s les moins bien pay&#233;s ! C'est moins qu'une aum&#244;ne, c'est insultant, surtout quand on fait de tels niveaux de b&#233;n&#233;fices (EBITDA &#224; 30% environ). On a un EBITDA sup&#233;rieur &#224; celui de l'Or&#233;al, donc ils ne peuvent pas dire qu'ils ne font pas de b&#233;n&#233;fices faramineux. Au Groupe Moniteur, l'enveloppe pour les augmentations collectives est inf&#233;rieure &#224; la somme des exon&#233;rations et d&#233;ductions des cotisations sociales, notamment sur les bas salaires. Au Groupe Moniteur, c'est entre 250 000 et 280 000 euros par an d'exon&#233;rations et de d&#233;ductions de cotisations sociales, tandis que l'enveloppe pr&#233;vue pour les augmentations collectives, c'est entre 35 et 40 000 euros. Ils nous font des augmentations de salaires sur une partie de ce que l'&#201;tat leur rend comme argent. C'est hallucinant. C'est comme si on n'utilisait que l'argent qu'ils re&#231;oivent de nos imp&#244;ts pour financer les augmentations ! En revanche, pour &#233;viter de trouver un accord avec les organisations syndicales, il semblerait que les augmentations individuelles ont &#233;t&#233; beaucoup plus nombreuses que les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes. Sans doute pour calmer la col&#232;re. Mais nous n'avons pas d'information transparente, cela reste tr&#232;s opaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;En plus de la lutte pour les salaires, vous avez ouvert un nouveau front, concernant les droits d'auteur. Pouvez-vous nous expliquer l'enjeu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, nous avons d&#233;nonc&#233; l'accord Hadopi de 2012. Il s'agit du premier accord Hadopi cass&#233; en France depuis la mise en place de cette loi (la plupart des accords datent de 2010 &#224; 2012). Comme ils ne n&#233;gocient rien, &#231;a n'avance pas. Nous avons pass&#233; un an sans nous mettre d'accord. Ils ont saisi la nouvelle commission des droits d'auteurs de journalistes, en mars dernier. Et nous avons &#233;t&#233; auditionn&#233;s en avril, par des rapporteurs, puis en mai en session pl&#233;ni&#232;re. Nous avons vraiment l'espoir d'&#234;tre enfin entendus. Il s'agit de l'entreprise qui touche le plus d'argent de droits de reprographie papier et reproduction num&#233;rique, via le CFC (Centre fran&#231;ais de la copie) et il est invraisemblable de redistribuer aussi peu d'argent aux journalistes. Cela prend beaucoup de temps, mais nous avons appris la patience, en fait. La patience, c'est l'arme des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, tout passe par le num&#233;rique. En 2012, les licences n'existaient pas, les usages se sont depuis multipli&#233;s. Tout cela m&#233;rite une r&#233;mun&#233;ration pour la cession des droits d'exploitation car les journalistes sont aussi des autrices et des auteurs. Nous exigeons tout simplement du respect et de la reconnaissance pour la valeur de notre travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Sophie Eustache&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Droits d'auteur : Infopro Digital pas mieux que Bollor&#233; [SNJ - SNJ-CGT]</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Droits-d-auteur-Infopro-Digital-pas-mieux-que</link>
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		<dc:date>2017-07-11T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>SNJ</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>SNJ-CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Info Pro (ex-Moniteur)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les droits d'auteur des journalistes mis en cause.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-droits-d-auteur-des-journalistes-et-createurs-" rel="directory"&gt;Les droits d'auteur des journalistes et cr&#233;ateurs&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-SNJ-+" rel="tag"&gt;SNJ&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Communiques-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-SNJ-CGT-+" rel="tag"&gt;SNJ-CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Moniteur-+" rel="tag"&gt;Le groupe Info Pro (ex-Moniteur)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, annot&#233; par Acrimed, un communiqu&#233; du SNJ et du SNJ-CGT. Il soul&#232;ve une question g&#233;n&#233;rale qui d&#233;passe le cas particulier de la presse professionnelle : celle du droit d'auteur des journalistes, d&#233;j&#224; attaqu&#233; par le patron de Canal +, Vincent Bollor&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; Vincent Bollor&#233; ose tout au d&#233;triment des cr&#233;ateurs, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le litige qui oppose depuis plus de deux ans 73 journalistes &#224; la direction d'Infopro Digital &#8211;repreneur du Groupe Moniteur fin 2013&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, dans Le Figaro du 20 d&#233;cembre 2013, &#171; Infopro rach&#232;te Le Moniteur pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211;, les deux principaux syndicats de journalistes, le SNJ et le SNJ-CGT, apportent leur soutien juridique et financier aux plaignants afin d'appeler le Centre fran&#231;ais d'exploitation du droit de copie (CFC), l'organisme de gestion collective, &#224; s'expliquer &#224; la barre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour en savoir un peu plus sur ses missions, voir sur le site du CFC.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, apr&#232;s le rachat de Groupe Moniteur, Infopro Digital d&#233;cide unilat&#233;ralement de ne plus verser les droits d'auteur dits CFC, consid&#233;rant qu'ils sont compris dans les accords qui ont suivi la loi Hadopi. Or, le droit de reprographie est r&#233;gi par une autre loi, datant de 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Groupe Moniteur, les sommes revers&#233;es par le CFC varient entre 850 000 et 1 million d'euros par an. Pour les journalistes de Groupe Moniteur, cela repr&#233;sentait 240 000 &#224; 300 000 euros, distribu&#233;s traditionnellement en juillet. Mais, &#224; l'&#233;t&#233; 2014, plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrant la situation, le CE du Groupe Moniteur a port&#233; plainte au p&#233;nal, pour d&#233;lit d'entrave, et 73 des journalistes l&#233;s&#233;s ont port&#233; plainte au civil pour r&#233;cup&#233;rer leur d&#251;. Dans les deux affaires, la justice leur a donn&#233; tort en premi&#232;re instance. Ils ont d&#233;cid&#233; de faire appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats des journalistes se solidarisent de cette cause, qui concerne toute la profession : les journalistes sont &#233;galement des auteurs et, dans le respect des lois, les &#233;diteurs doivent partager avec les auteurs dans une &#171; r&#233;partition &#233;quitable &#187; les sommes collect&#233;es au titre de l'exploitation des droits de copie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Infopro Digital devenu, apr&#232;s le rachat du Groupe Moniteur, le premier groupe de presse professionnelle de France, ne fait qu'appliquer les m&#233;thodes qui &#233;taient les siennes avant son &#233;largissement : &#233;viter le partage de ce type de revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CFC doit s'expliquer sur les sommes vers&#233;es et le respect de la &#171; r&#233;partition &#233;quitable &#187;. Quels engagements ? Quel contr&#244;le ? Quel enjeu financier ? Il ne saurait y avoir aucune collusion entre les organismes de collecte et de r&#233;partition des droits et les patrons de presse, sous peine de d&#233;s&#233;quilibrer encore plus les rapports entre les salari&#233;s et les entreprises. C'est pourquoi le SNJ et le SNJ-CGT se f&#233;licitent &#233;galement du soutien de la SCAM aux journalistes de Groupe Moniteur dans leur lutte pour d&#233;fendre leurs droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re fois qu'une cour d'appel est amen&#233;e &#224; se prononcer sur la nature des droits des journalistes en la mati&#232;re, sur leur r&#233;partition. C'est pourquoi les syndicats consid&#232;rent que ce proc&#232;s peut avoir des cons&#233;quences sur toute la profession et souhaitent attirer l'attention de la Cour des comptes et du minist&#232;re de la Culture et de la Communication sur les d&#233;rives et les attaques r&#233;p&#233;t&#233;es du patronat contre les droits des auteurs, mais aussi sur les obligations du CFC, qui doit veiller au respect des droits des journalistes et pas seulement servir les &#233;diteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'audiovisuel, le patron de Canal +, Vincent Bollor&#233;, a &#233;galement d&#233;cid&#233; de s'attaquer aux droits d'auteur, en cessant de les verser aux soci&#233;t&#233;s de gestion collective, qui ont saisi la justice. Cela montre, une fois encore, que certains &#233;diteurs ne reculeront devant rien afin d'augmenter les marges, y compris au d&#233;triment des auteurs et des journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 5 juillet 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Source : &lt;a href=&#034;http://www.snj.fr/article/droits-dauteur-infopro-digital-pas-mieux-que-bollor%C3%A9-194629008&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du SNJ&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Vincent-Bollore-ose-tout-au-detriment-des&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Vincent Bollor&#233; ose tout au d&#233;triment des cr&#233;ateurs, auteurs et journalistes &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; du 20 d&#233;cembre 2013, &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/medias/2013/12/20/20004-20131220ARTFIG00468-infopro-rachete-lemoniteur-pour-former-le-leader-de-l-information-professionnelle.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Infopro rach&#232;te Le Moniteur pour former le leader de l'information professionnelle &#187;&lt;/a&gt;. Quelques titres du groupe : &lt;i&gt;L'Usine nouvelle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Libre Service Actualit&#233;s&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Argus de l'assurance&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Gazette des communes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Moniteur des travaux publics&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour en savoir un peu plus sur ses missions, voir &lt;a href=&#034;http://www.cfcopies.com/cfc/missions&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du CFC&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Groupe Moniteur : Eric Licoys, le chaos (CGT et CFDT)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Groupe-Moniteur-Eric-Licoys-le-chaos-CGT-et-CFDT</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Groupe-Moniteur-Eric-Licoys-le-chaos-CGT-et-CFDT</guid>
		<dc:date>2010-05-23T07:11:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>La presse professionnelle</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Info Pro (ex-Moniteur)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un exemple exemplaire de l'emprise des groupes financiers et des fonds de pension sur la presse sp&#233;cialis&#233;e.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Concentration-et-financiarisation-" rel="directory"&gt;Concentration et financiarisation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-presse-professionnelle-+" rel="tag"&gt;La presse professionnelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Communiques-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Moniteur-+" rel="tag"&gt;Le groupe Info Pro (ex-Moniteur)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un communiqu&#233; de la CGT et de la CFDT du &#171; Groupe Moniteur &#187;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;http://www.groupemoniteur.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Groupe Moniteur&lt;/a&gt; - &#233;diteur notamment d'une vingtaine de magazines et de revues sp&#233;cialis&#233;es, dont &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Moniteur des travaux publics et du b&#226;timent Les Cahiers techniques du B&#226;timent&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Contrats publics&lt;/i&gt;, de la Gazette des communes et d'&lt;i&gt;AMC (&#171; Architecture Mouvement Continuit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, revue sp&#233;cialis&#233;e dans l'actualit&#233; architecturale) - traverse une grave crise que subissent les salari&#233;s du Groupe. Un exemple exemplaire de l'emprise des groupes financiers et des fonds de pension sur la presse sp&#233;cialis&#233;e. Voir notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1284.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La presse sp&#233;cialis&#233;e &#224; l'encan &#187;&lt;/a&gt;, octobre 2003 (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Eric Licoys, qui doit prochainement compara&#238;tre devant le tribunal correctionnel pour des malversations pr&#233;sum&#233;es chez Vivendi, vient de d&#233;missionner de la pr&#233;sidence du Groupe Moniteur en laissant derri&#232;re lui une entreprise d&#233;sorganis&#233;e, des managers qui ont perdu confiance et un personnel en souffrance. &lt;a href=&#034;http://www.bridgepoint.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bridgepoint&lt;/a&gt;, le fonds d'investissement anglo-saxon qui l'a rachet&#233;e 410 M&#8364; en 2006, pourrait donc avoir quelques difficult&#233;s &#224; la revendre. Au second semestre 2009, un coefficient &#171; m&#233;dian &#187; (dans les conditions d'alors des march&#233;s financiers) de 8 fois l'EBITDA 2008 ( 44 M&#8364; contre 50 M&#8364; en 2007) aurait valoris&#233; le Groupe &#224; 352 M&#8364;, soit un montant insuffisant pour rembourser les 418 M&#8364; de dette financi&#232;re, ce qui aurait engendr&#233; une perte potentielle de la totalit&#233; de la mise des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le but d'obtenir rapidement du cash, la branche &#171; Salons et Congr&#232;s &#187; &#8211; Salon des maires et des collectivit&#233;s locales (SMCL), Salon de l'immobilier d'entreprise (SIMI) &#8211; serait prochainement c&#233;d&#233;e &#224; GL Events (lien p&#233;rim&#233;, octobre 2013). La majorit&#233; des 56 managers parties prenantes au LBO, qui d&#233;tient 26,2% du capital, a demand&#233; et obtenu le remboursement partiel ou total de sa mise. Plusieurs avaient pr&#233;c&#233;demment d&#233;clar&#233; s'&#234;tre plac&#233;s dans des situations financi&#232;res difficiles et avoir par exemple d&#251; hypoth&#233;quer leurs biens immobiliers pour r&#233;pondre aux &#171; sollicitations &#187; de la Direction les enjoignant d'entrer dans le LBO. Le d&#233;part de l'un d'entre eux, Pierrick Guingu&#233;n&#233;, directeur du service Technologies et Solutions, est annonc&#233; pour le 28 mai &#171; au terme d'une d&#233;cision prise d'un commun accord &#187;, &#233;crivait hier soir aux personnels Guillaume Prot, nouveau pr&#233;sident du groupe et autre homme lige de Bridgepoint. Un autre manager &#171; historique &#187;, Christian Bommelaer, directeur g&#233;n&#233;ral adjoint, partira en juillet prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Eric Licoys, destructeur de valeur ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233; &#224; la pr&#233;sidence du groupe en avril 2009 par Bridgepoint, dont il se dit &#171; tr&#232;s proche &#187;, Eric Licoys a lanc&#233; en ao&#251;t 2009 un plan social visant &#224; supprimer 10% des effectifs. Ce plan intervenait apr&#232;s 45 d&#233;parts, dont seuls 22% ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par des &#8230; CDD. Mis en &#339;uvre dans les semaines qui viennent dans la version issue d'une n&#233;gociation partiellement d&#233;loyale, un plan de d&#233;parts volontaires (PDV), ce plan vise principalement les r&#233;dactions (22 postes sur 55). Celles du p&#244;le &#171; Construction &#187;, &#233;diteur du titre phare du groupe, &#171; Le Moniteur des Travaux publics et du B&#226;timent &#187;, concentrent &#224; elles seules 36% des destructions de postes. Pourtant, les revenus de la presse traditionnelle constituent encore la majeure partie des recettes et l'information professionnelle sur le Net est annonc&#233;e, dans le cadre du PSE-PDV, comme support des nouveaux relais de croissance par Eric Licoys lui-m&#234;me. Jusqu'&#224; ce jour, la strat&#233;gie du groupe n'a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e ni au comit&#233; d'entreprise, ni aux salari&#233;s, et tous sont fond&#233;s &#224; se demander si elle existe. Elle sera peut-&#234;tre finalement &#233;labor&#233;e par le Boston Consulting Group (BCG), qui intervient curieusement apr&#232;s l'&#233;criture du PSE d'abord, du PDV ensuite, et m&#232;ne actuellement un audit visant &#224; &#171; valider des tendances &#187;. Le BCG rendra son rapport final en juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier, une expertise demand&#233;e par le CHSCT au cabinet Alternatives Ergonomiques r&#233;v&#233;lait que &#171; l'annonce du PSE &lt;i&gt;(avait) &lt;/i&gt;entra&#238;n&#233; un effet de d&#233;motivation et de doute, jusqu'&#224; la perte de confiance &#187; y compris de la part des managers appartenant au LBO, alors que &#171; le Groupe Moniteur se situe dans un secteur de prestations intellectuelles &lt;i&gt;(et qu'il)&lt;/i&gt; n'est pas pensable de conduire les &#233;volutions d'un groupe du secteur de l'information, quelles que soient les formes qu'on lui donnera, sans l'engagement de ses acteurs &#187;. &#171; Beaucoup &lt;i&gt;(de salari&#233;s disaient alors) &lt;/i&gt;ne pas envisager que la Direction confirme d&#233;lib&#233;r&#233;ment la perte de qualit&#233; inscrite dans &lt;i&gt;(le plan de r&#233;organisation cons&#233;cutif au PSE)&lt;/i&gt; et quelques-uns &lt;i&gt;(consid&#233;raient que la Direction avait) &lt;/i&gt;probablement manqu&#233; d'information dans sa prise de d&#233;cisions. D'autres &lt;i&gt;(pensaient) &lt;/i&gt;au contraire que la structure &#233;conomique en LBO ferme toute perspective, la haute Direction n'ayant d'autre ambition que financi&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre, Alter, l'expert mandat&#233; par le CE dans le cadre du PSE confirmait &#171; qu'il &lt;i&gt;(manquait)&lt;/i&gt; le projet GM &#187; &lt;i&gt;(Groupe Moniteur)&lt;/i&gt; et posait cette question&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; : &#171; Avec quels produits/services, avec quelle technologie, pour quels clients, l'entreprise assurera-t-elle son avenir ? &#187; Il pointait &#171; une vision &#224; court terme &#187; et confirmait que le PSE n'&#233;tait qu'un plan d'&#233;conomie d&#233;fensif. M&#234;me si le groupe reste tr&#232;s rentable, situation exceptionnelle dans l'univers de la presse fran&#231;aise, cette d&#233;rive propre aux fonds d'investissement, aux vis&#233;es purement financi&#232;res, laisse augurer un avenir sombre pour l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Eric Licoys, risque psychosocial ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'avenir est d'autant plus sombre que le personnel va mal depuis longtemps. C'est en effet dans un climat social d&#233;j&#224; d&#233;l&#233;t&#232;re faisant l'objet d'alertes r&#233;p&#233;t&#233;es des repr&#233;sentants du personnel depuis 2007 qu'Eric Licoys s'est install&#233; &#224; la pr&#233;sidence du groupe, dont il &#233;tait auparavant pr&#233;sident du directoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inform&#233; de cette situation d&#232;s son arriv&#233;e par la secr&#233;taire et la secr&#233;taire adjointe du comit&#233; d'entreprise, officiellement lecteur du rapport d'expertise &#171; risque grave &#187; (risques psychosociaux) rendu par Secafi courant 2009 et qui posait une hypoth&#232;se de harc&#232;lement institutionnel et strat&#233;gique, Eric Licoys, tout en se d&#233;clarant conscient que l'h&#233;morragie de comp&#233;tences provoqu&#233;e par le PDV aggravait les risques, s'est constamment gard&#233; de toute action efficace en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courant mai, les repr&#233;sentants du personnel ont donc enregistr&#233; une nouvelle menace de suicide (la sixi&#232;me en quatre mois) et une alerte grave de la part de Colbert 11, cabinet assurant, &#224; la demande insistante des &#233;lus, une mission d'accueil, de soutien et d'orientation des personnes souffrant de stress et troubles li&#233;s &#224; leurs situations de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La principale pr&#233;occupation de la Direction a &#233;t&#233; de rejeter sur les salari&#233;s et les repr&#233;sentants du personnel la responsabilit&#233; de la d&#233;gradation du climat social, allant jusqu'&#224; les accuser p&#234;le-m&#234;le d'&#234;tre hostiles &#224; leur hi&#233;rarchie, de cr&#233;er des &#171; champs de pression &#187; et, pour ce qui est des repr&#233;sentants du personnel, d'avoir provoqu&#233; la d&#233;pression dont serait actuellement victime le directeur des affaires sociales, Bruno Diemoz Rosset. Par ailleurs, au long de ces derniers mois, la Direction a multipli&#233; les annonces obscures mais alarmistes au sujet des &#233;volutions des activit&#233;s du groupe, des m&#233;tiers et des comp&#233;tences requises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant promise aux repr&#233;sentants du personnel, la n&#233;gociation d'un accord de gestion pr&#233;visionnelle des emplois et des comp&#233;tences vient, comme par hasard, d'&#234;tre report&#233;e aux calendes grecques par Guillaume Prot. Elle aurait pourtant enfin permis d'&#233;laborer des perspectives claires sur la base d'une strat&#233;gie connue. En l'absence de toute recherche de v&#233;ritables solutions passant par l'anticipation des besoins futurs de l'entreprise, comment Guillaume Prot pourra-t-il faire mieux qu'Eric Licoys ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les syndicats CGT et CFDT du GROUPE MONITEUR&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La presse sp&#233;cialis&#233;e &#224; l'encan</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-presse-specialisee-a-l-encan</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/La-presse-specialisee-a-l-encan</guid>
		<dc:date>2003-10-04T11:46:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Sauvaget</dc:creator>


		<dc:subject>La presse sp&#233;cialis&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Fonds d'investissement</dc:subject>
		<dc:subject>Presse m&#233;dicale</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Info Pro (ex-Moniteur)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La presse sp&#233;cialis&#233;e, souvent n&#233;glig&#233;e par les analystes des m&#233;dias, ne l'est pas par les fonds d'investissement.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Concentration-et-financiarisation-" rel="directory"&gt;Concentration et financiarisation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-presse-specialisee-703-+" rel="tag"&gt;La presse sp&#233;cialis&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Fonds-d-investissement-+" rel="tag"&gt;Fonds d'investissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Presse-medicale-+" rel="tag"&gt;Presse m&#233;dicale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-groupe-Moniteur-+" rel="tag"&gt;Le groupe Info Pro (ex-Moniteur)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le monde de la presse et de l'&#233;dition subit d'intenses mouvements de fusions-acquisitions ; c'est un ballet continu de rachats, de ventes et de reventes. A l'&#233;vidence, les enjeux sont importants, et ils le sont tout particuli&#232;rement dans l'univers des &#233;ditions techniques et scientifiques, qui n'a pas la visibilit&#233; des groupes de la presse magazine, ce qui explique que l'annonce de la mise en vente du groupe Le Moniteur n'a pas suscit&#233; de commentaires dans la grande presse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Se reporter &#224; &#171; Groupes de presse &#224; vendre : les m&#233;dias muets &#187;, mis en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La pr&#233;c&#233;dente transaction dont ce m&#234;me groupe avait &#233;t&#233; l'objet n'avait pas non plus fait couler beaucoup d'encre - c'&#233;tait en 2002 (ce qui n'est pas si vieux), et le vendeur n'&#233;tait autre que Vivendi, soucieux de r&#233;tablir sa situation financi&#232;re et boursi&#232;re et qui &#233;tait en pleine fr&#233;n&#233;sie de reventes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme le secteur &#233;ducatif (se reporter aux d&#233;clarations de Messier du temps de sa splendeur, mais aussi de Lagard&#232;re), l'&#233;dition scientifique, technique et professionnelle, la presse sp&#233;cialis&#233;e (droit, m&#233;decine, construction) attirent bien des convoitises, notamment dans le milieu des fonds d'investissement, &#224; cause d'une permanence de revenus et d'une fid&#233;lit&#233; oblig&#233;e de sa client&#232;le. Les m&#234;mes d&#233;cideurs, ext&#233;rieurs au monde de l'&#233;dition, se passionnent pour des secteurs qui leur semblent offrir des garanties de revenus r&#233;guliers, ou mieux : des perspectives de croissance. Le rachat par Lagard&#232;re de Vivendi Universal Publishing, rebaptis&#233; r&#233;cemment Editis, n'est pas encore accept&#233; par les autorit&#233;s europ&#233;ennes de la concurrence ; d'apr&#232;s &lt;i&gt;la Tribune&lt;/i&gt; du 3 octobre, qui titre &#171; &lt;i&gt;Les app&#233;tits s'aiguisent sur les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;maisons d'&#233;dition de VUP&lt;/i&gt; &#187;, les n&#233;gociations pourraient s'accompagner de la vente de certains &#233;diteurs (&#171; nous achetons par lots &#187; explique au quotidien un capital-investisseur), peut-&#234;tre dans la branche &#233;ducation, puisque VUP d&#233;tenait non seulement Larousse, Nathan, Bordas et Armand Colin, mais aussi Dalloz et Dunod... Mais revenons &#224; l'actualit&#233; imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le groupe Le Moniteur&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
Le Moniteur&lt;/i&gt;, de son v&#233;ritable nom &lt;i&gt;Moniteur du b&#226;timent et des travaux publics&lt;/i&gt;, est un hebdo bien connu, n&#233; en 1903, qui a donn&#233; naissance &#224; un groupe de publications sp&#233;cialis&#233;es dans la construction (&lt;i&gt;Cahiers techniques du b&#226;timent&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l'Entrepreneur&lt;/i&gt;), l'architecture (&lt;i&gt;AMC, le Moniteur Architecture&lt;/i&gt;) et l'information des collectivit&#233;s locales o&#249; il occupe une position dominante (&lt;i&gt;la Gazette des communes, le Courrier des maires, Collectivit&#233;s locales&lt;/i&gt;), avec &#233;dition de livres techniques et sites Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe Moniteur a &#233;t&#233; vendu par Vivendi en 2002 en m&#234;me temps que trois autres groupes intervenant dans d'autres sp&#233;cialit&#233;s : Tests (presse informatique, dont &lt;i&gt;Micro Hebdo&lt;/i&gt;), GISI (&lt;i&gt;l'Usine Nouvelle&lt;/i&gt;) et la France Agricole (presse agricole et agro-alimentaire). Trois fonds d'investissement se sont associ&#233;s dans cette acquisition. Ils gagnent &#224; &#234;tre connus ; ils se sont alors trouv&#233;s &#224; la t&#234;te de 70 p&#233;riodiques - soit 1,5 million d'abonn&#233;s fid&#232;les - auxquels s'ajoutent l'&#233;dition de livres techniques, de guides et d'annuaires tr&#232;s rentables, et l'organisation de salons et congr&#232;s professionnels. Ce consortium rassemble sous la houlette de Cinven Carlyle et Apax partners, des &lt;i&gt;private equity funds&lt;/i&gt; anglo-am&#233;ricains, c'est-&#224;-dire des fonds dans lesquels l'&#233;quit&#233; n'a rien &#224; voir (il s'agit de capitaux non cot&#233;s en bourse), assurant des prestations notamment (c'est le cas de Cinven) &#224; des fonds de retraite. Etant donn&#233; les m&#339;urs habituelles de ce type d'acqu&#233;reur soucieux de rentabilit&#233; &#224; tr&#232;s court terme, parfois qualifi&#233; de &#171; d&#233;sosseurs &#187; &#187; ou de &#171; d&#233;peceurs &#187; (m&#234;me par le Ministre de la culture Aillagon), et la r&#233;putation sulfureuse de Carlyle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le fonds Carlyle, dont les liens avec l'industrie de l'armement aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , les journalistes du groupe Tests, en particulier, avaient exprim&#233; leur d&#233;fiance vis-&#224;-vis des acqu&#233;reurs. Non sans raison, puisqu'ils ont &#233;t&#233; l'objet d'un plan social de 120 emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre groupes c&#233;d&#233;s par Vivendi ont alors &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s au sein d'un groupe nomm&#233; Aprovia, qui, moins d'un an plus tard, envisage de se d&#233;faire de certaines unit&#233;s comme Le Moniteur au terme d'on ne sait trop quelle restructuration... Il se trouve qu'en 2002, presque simultan&#233;ment, Cinven, Carlyle et Apax, toujours group&#233;s, ont rachet&#233; &#224; Vivendi son p&#244;le d'&#233;dition m&#233;dicale, c'est-&#224;-dire le fameux Vidal et ses versions internationales, le &lt;i&gt;Quotidien du M&#233;decin&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Quotidien du Pharmacien&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;G&#233;n&#233;raliste&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;D&#233;cision Sant&#233;&lt;/i&gt;, quelques autres titres ainsi que les &#233;ditions Masson. Les nouveaux propri&#233;taires lui ont redonn&#233; le nom de Medimedia sous lequel on connaissait ce qui &#233;tait alors le p&#244;le Sant&#233; d'Havas, avec la m&#234;me structure de capital que leur filiale Aprovia et le m&#234;me PDG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, d&#232;s juillet 2003, le nouveau Medimedia a &#233;t&#233; revendu 2003 &#224; un groupe &#233;ditorial sp&#233;cialis&#233;, United Business Media. Cette vente n'est pas sans rapports avec d'autres acquisitions faites par Cinven, qu'il faut aussi &#233;voquer - apr&#232;s avoir pr&#233;cis&#233; que dans cette partie de bonneteau, Vivendi a c&#233;d&#233; en juillet les 25 % conserv&#233;s un an plus t&#244;t dans Aprovia, et que les dirigeants d'Aprovia ont c&#233;d&#233; un groupe de publications anglaises actives dans le m&#234;me domaine que &lt;i&gt;Le Moniteur&lt;/i&gt;, le domaine de la construction...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les affaires du fonds Cirven&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonds d'investissement Cinven m&#233;rite d'&#234;tre connu. Cr&#233;&#233; par le fonds de retraite des charbonnages britanniques, il a pris son ind&#233;pendance tout en conservant la &#171; client&#232;le &#187; des charbonnages, &#224; laquelle se sont ajout&#233;es celles des chemins de fer et d'autres grandes entreprises notamment bancaires. Avec la constitution d'Aprovia, Cinven n'en &#233;tait pas &#224; son coup d'essai dans les m&#233;dias. D&#233;j&#224;, au cours des ann&#233;es 1990, il a achet&#233; et revendu avec profit des groupes de presse et d'&#233;dition, ainsi que des entreprises de loisirs - par exemple un r&#233;seau de salles de cin&#233;ma britanniques, revendu apr&#232;s restructuration. Cinven a &#233;t&#233; propri&#233;taire du groupe de presse IPC, soit 69 magazines (dont &lt;i&gt;Woman's Own&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;What's on TV&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Country Life&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Melody Maker&lt;/i&gt;, etc.), achet&#233;s en 1998 &#224; Reed Elsevier, et revendus &#224; Time Warner en 2001&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Strat&#233;gies, N&#176;1282, 23 mai 2003.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a aussi achet&#233; la v&#233;n&#233;rable maison d'&#233;dition Routledge Publishing, sp&#233;cialis&#233;es dans les &lt;i&gt;academic books and journals&lt;/i&gt;, qu'il a revendue &#224; un concurrent de taille internationale, Taylor &amp; Francis. A l'&#233;vidence, comme dans le domaine de l'&#233;dition&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi les filiales fran&#231;aises de Reed-Elsevier et de Wolters-Kluwer, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , le domaine de la presse sp&#233;cialis&#233;e, scientifique, technique, professionnelle, constitue un march&#233; s&#233;duisant pour les gros investisseurs, ainsi que pour ceux qui, comme Cinven, ach&#232;tent pour revendre vite et avec profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il arrive que des strat&#233;gies soient fix&#233;es &#224; plus long terme. C'est ainsi que Cinven, parall&#232;lement &#224; la constitution d'Aprovia, s'est lanc&#233; dans d'autres acquisitions de maisons d'&#233;dition scientifiques et techniques, associ&#233; pour cela &#224; un autre fonds d'investissemnt britannique nomm&#233; Candover. En d&#233;cembre 2002, tout d'abord, Cinven et Candover ont achet&#233; Kluwer Academic Publishers (KAP) &#224; Wolters-Kluwer, le principal concurrent du leader mondial du secteur, Reed Elsevier - pour la modique somme de 600 millions d'euros, ce qui donne une id&#233;e du chiffre d'affaires de ces activit&#233;s inconnues dans les kiosques &#224; journaux. Puis en mars 2003, pour plus d'un milliard d'euros, c'est le rachat de Bertelsmann-Springer, secteur de la presse professionnelle, technique et m&#233;dicale que le grand groupe allemand avait rachet&#233; du temps de sa splendeur &#224; Springer en 1999. Cinven et Candover l'ont emport&#233; sur les autres candidats mentionn&#233;s &#224; l'&#233;poque par la presse &#233;conomique : poids lourds de l'&#233;dition sp&#233;cialis&#233;e comme Reed-Elsevier, Thomson Publishing et m&#234;me Wolters-Kluwer, ou autres fonds sp&#233;culatifs comme celui de George Soros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinven et Candover seront pr&#233;sents &#224; la prochaine Foire de Francfort sous le nom de Springer Science+Business Media - il va falloir s'y retrouver entre toutes les entreprises qui ont h&#233;rit&#233; du nom de Springer, en France comme en Allemagne. Le futur groupe qui na&#238;tra de la fusion entre le Springer/ex-Bertelsmann et KAP pourra afficher 1350 titres de p&#233;riodiques sp&#233;cialis&#233;s. La Commission europ&#233;enne, par la direction de la concurrence, a d&#233;j&#224; donn&#233; le 29 juillet son accord sous quelques r&#233;serves. Le rapport officiel signale que, compte tenu de la forte implication de Cinven dans Medimedia et dans le nouveau groupe en constitution, il disposera d'une position dominante en France dans le secteur m&#233;dical, ce qui pourrait nuire &#224; l'&#233;quit&#233; en mati&#232;re de ressources publicitaires (facteur essentiel de la presse sp&#233;cialis&#233;e dans les domaines m&#233;dicaux et pharmaceutiques). D'o&#249; la proposition faite par Cinven &#224; la Commission de c&#233;der Medimedia &#224; un autre groupe, UBM, mentionn&#233; ci-dessus, et imm&#233;diatement concr&#233;tis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera avec int&#233;r&#234;t que le rapport sign&#233; Mario Monti &#233;voque (page 8) le risque de nouvelles hausses des prix des publications sp&#233;cialis&#233;es, selon une &#233;volution des dix derni&#232;res ann&#233;es d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233;e en Europe et aux Etats-Unis par un certain nombre d'abonn&#233;s &#171; oblig&#233;s &#187; comme les universit&#233;s et les biblioth&#232;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Sauvaget&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Se reporter &#224; &lt;a href='https://www.acrimed.org/Groupe-de-presse-a-vendre-les-medias-muets' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Groupes de presse &#224; vendre : les m&#233;dias muets &#187;&lt;/a&gt;, mis en ligne le 29 septembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le fonds Carlyle, dont les liens avec l'industrie de l'armement aux Etats-Unis sont bien connus, est celui-l&#224; m&#234;me qui, en France, a tent&#233; d'acheter &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;. Il s'honore de compter parmi ses conseillers des hommes politiques tels que George Bush Senior et parmi ses dirigeants d'anciens responsables de la CIA comme Frank Carlucci (pr&#233;sident jusqu'en janvier 2003). Le distingu&#233; John Major, Premier Ministre du Royaume Uni de 1990 &#224; 1997 est devenu conseiller de la filiale europ&#233;enne en 1998, puis pr&#233;sident en 2001. Carlyle veut &#171; rompre avec l'image qui le lie &#224; l'administration Bush et au pentagone &#187; (&lt;i&gt;Strat&#233;gies&lt;/i&gt;, N&#176; 1291, 28 ao&#251;t 2003)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Strat&#233;gies, N&#176;1282, 23 mai 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi les filiales fran&#231;aises de Reed-Elsevier et de Wolters-Kluwer, inconnues du grand public sous ce nom bien que l'une d'entre elle d&#233;tienne le Salon du livre de Paris, figurent parmi les huit plus grands &#233;diteurs fran&#231;ais. Reed-Elsevier a rachet&#233; par exemple Juris-Classeur, Lexis-Nexis, Strat&#233;gies, ESF ; quant &#224; Wolters-Kluwer, il d&#233;tient le groupe Liaisons, Lamy, Dalian, Doin, les Editions Scientifiques et M&#233;dicales, la Vie Judiciaire. Chacun des deux groupes publient en France de nombreux p&#233;riodiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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