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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Eric Le Boucher pense pour nous, en toute ind&#233;pendance</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Eric-Le-Boucher-pense-pour-nous-en-toute-independance</link>
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		<dc:date>2007-12-18T06:25:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathias Roux</dc:creator>


		<dc:subject>Eric Le Boucher</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment la double qualit&#233; de journaliste et d'expert permet d'exclure du d&#233;bat ce qui pourrait faire d&#233;bat.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Eric-Le-Boucher-+" rel="tag"&gt;Eric Le Boucher&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme de nombreux autres journalistes et &#233;ditorialistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ce jour et entre autres : Jean-Marie Colombani (France Inter, France (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Eric Le Boucher a profit&#233; de l'engouement actuel de Nicolas Sarkozy pour les commissions en tous genres. Il a, en effet, &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; pour participer &#224; celle que pr&#233;side Jacques Attali. Son ind&#233;pendance n'en subissant selon lui aucun dommage, c'est avec la conviction de l'expert qu'il peut d&#233;sormais &#233;dicter les limites de l'&#233;conomiquement pensable et d&#233;cider des arguments qui m&#233;ritent d'&#234;tre publiquement exprim&#233;s et d&#233;battus. Illustration&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les lundis, France Culture propose &#171; L'&#233;conomie en questions &#187;, un programme anim&#233; par Xavier de la Porte et Olivier Pastr&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une &#233;mission que le site de France Culture pr&#233;sente ainsi : &#171; L'objectif de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; La commission Attali : objectif 3% &#187;, tel &#233;tait le titre de l'&#233;mission propos&#233;e le 5 novembre 2007 &#224; l'occasion de la communication publique des premi&#232;res mesures sugg&#233;r&#233;es par la commission pour la lib&#233;ration de la croissance fran&#231;aise. Un d&#233;bat auquel &#233;taient invit&#233;s Eric Le Boucher, r&#233;dacteur au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et membre de ladite commission et Li&#234;m Hoang-Ngoc, &#233;conomiste, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; Paris I-Panth&#233;on Sorbonne (et, incidemment, dirigeant du Nouveau Parti socialiste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion qui s'amor&#231;a ce jour-l&#224; ou qui, plus pr&#233;cis&#233;ment, n'eut pas lieu, illustre la fa&#231;on dont certaines pratiques journalistiques, tr&#232;s loin de relayer la diversit&#233; des avis qui animent la soci&#233;t&#233; civile ou savante et la pluralit&#233; des arguments qui s'&#233;laborent et s'&#233;changent, d&#233;limitent le p&#233;rim&#232;tre restreint et les crit&#232;res de l&#233;gitimit&#233; des questions &#171; pertinentes &#187; et des types de solutions envisageables &#224; des probl&#232;mes dont la formulation va de soi, exer&#231;ant ainsi une sorte de censure implicite ou n&#233;gative. De d&#233;bat, il n'y en eu donc pratiquement aucun. Comment ? Pourquoi ?&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Une double appartenance&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au d&#233;but de l'&#233;mission, l'un de ses animateurs, Xavier de la Porte, souhaite rappeler les conditions de formation et de fonctionnement de la commission &#224; laquelle participe Eric Le Boucher. C'est pourquoi il interroge ce dernier sur cette participation et ses cons&#233;quences sur son travail de journaliste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- X. de La Porte : - &#171; &lt;i&gt;Question un peu anodine, vous &#234;tes journaliste, qu'en est-il historiquement de la pr&#233;sence de journalistes dans les commissions et ensuite, comment pouvez-vous, vous, en rendre compte dans votre journal ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette double question - qui est loin d'&#234;tre &#171; anodine &#187; - Eric Le Boucher r&#233;pond&#8230; comme si une autre lui avait &#233;t&#233; pos&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- E. Le Boucher : - &#171; &lt;i&gt;C'est d'abord une question de libert&#233;. Est-ce que cette participation risquait de me priver d'une certaine libert&#233; de ton et de parole vis-&#224;-vis du pouvoir ? La r&#233;ponse est oui &lt;/i&gt;[&#233;norme lapsus !]&lt;i&gt; car Attali est libre par rapport au pouvoir et peut faire ce qu'il veut. Attali est donc libre par rapport &#224; Sarkozy. De plus, me concernant, je me sens parfaitement libre par rapport &#224; Attali de dire, proposer etc. Une libert&#233; au carr&#233; enti&#232;re &lt;/i&gt;(sic)&lt;i&gt; donc.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons sur le lapsus. Invit&#233; &#224; s'expliquer sur sa double appartenance &#224; la commission et &#224; la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, Eric Le Boucher r&#233;pond en biaisant et en invoquant sa libert&#233;. En substance, je reste libre car &#8230; je suis quelqu'un de libre. En guise d'argumentation, une tautologie&#8230; au carr&#233; : puisqu'Attali est libre par rapport &#224; Sarkozy et que je me sens libre par rapport &#224; Attali, je suis libre ! S'autoriser de la libert&#233; de Jacques Attali par rapport au pouvoir en place sans en rien la d&#233;montrer puis du sentiment de sa propre ind&#233;pendance ne mange pas de pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent, lorsque leur ind&#233;pendance est, ou semble, mise en question, il suffit &#224; nombre de journalistes de proposer, en guise d'arguments, une proclamation de bonne volont&#233; gag&#233;e sur l'affirmation de leur conscience professionnelle. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Le cercle des experts&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Quelques minutes plus tard, le second animateur de l'&#233;mission &#8211; Olivier Pastr&#233; &#8211; fait remarquer &#224; Eric Le Boucher qu'il n'y a presque pas de repr&#233;sentants syndicaux ou associatifs au sein de la commission alors que l'on compte plus d'une vingtaine de patrons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On consultera avec profit, sur le site de la &#171; Commission pour la Lib&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- O. Pastr&#233;&lt;i&gt; : - &#171; Beaucoup de patrons, pas beaucoup de syndicalistes. Ce n'&#233;tait pas comme &#231;a du temps des commissions du Plan o&#249; il y avait une forme de parit&#233;. A l'&#233;poque il y avait d&#233;j&#224; des journalistes. &lt;/i&gt;[Pastr&#233; cite, comme exemple, Jean Boissonnat puis reprend :]&lt;i&gt; L&#224;, il y a 21 patrons et un syndicaliste. N'y a-t-il pas une disproportion ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Pastr&#233; prolonge sa question en mentionnant le probl&#232;me de la repr&#233;sentation des consommateurs et Le Boucher r&#233;pond :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- E. Le Boucher&lt;i&gt; : - &#171; Nous ne repr&#233;sentons pas la France, il s'agit de proposer des id&#233;es. Il ne s'agit pas de faire un consensus des forces sociales pour arriver &#224; faire quelque chose. Attali a nomm&#233; des experts qu'il croit intelligents, avec des choses &#224; dire de diff&#233;rentes sortes. Ce n'est qu'une commission &lt;/i&gt;(il insiste)&lt;i&gt;, contrairement au Plan qui &#233;tait un organe d'Etat avec une obligation de parit&#233;. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Faut-il supposer alors que l'intelligence et l'expertise sont &#233;trang&#232;res au monde syndical et associatif ? Faut-il comprendre que les syndicats et les associations ne sont &#233;ventuellement convoqu&#233;s que lorsque la &#171; parit&#233; &#187; sociale est impos&#233;e et seulement &#224; titre de figuration repr&#233;sentative (une pr&#233;sence de t&#233;moignage en quelque sorte) ? La lettre de mission du Pr&#233;sident de la R&#233;publique &#233;tait pourtant claire puisqu'elle s'adresse en ces termes &#224; Jacques Attali : &#171; &lt;i&gt;Pour remplir cette mission, vous vous entourerez d'une commission rassemblant les diff&#233;rentes comp&#233;tences et&lt;/i&gt; &lt;i&gt;sensibilit&#233;s &#233;conomiques et sociales&lt;/i&gt;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; 21 patrons et un syndicaliste &#187;&lt;/i&gt; mais pas n'importe lequel : Jean Kaspar&#8230; qui n'exerce plus de fonctions syndicales. L'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CFDT &lt;i&gt;&#171; g&#232;re depuis dix ans son propre cabinet de conseil, sp&#233;cialis&#233; dans les relations sociales &#187;, &lt;/i&gt;comme l'indique le site Liberationdelacroissance.fr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul syndicaliste, donc. Soit autant que de psychiatres. Sans doute parce que pour lever les obstacles &#224; la croissance, il est n&#233;cessaire d'agir sur les cerveaux. L'avis d'un psychiatre aussi m&#233;diatique que Boris Cyrulnik, n'est pas de trop pour &#231;a&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce propos On ach&#232;te bien les cerveaux, la publicit&#233; et les m&#233;dias, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la fausse na&#239;vet&#233; d'Eric Le Boucher confine au cynisme. Justifier l'&#233;viction des syndicalistes sous pr&#233;texte que la commission n'a jamais eu comme vocation de repr&#233;senter qui que ce soit est fallacieux, voire mensonger. Qui peut croire en effet que le gouvernement ne se pr&#233;vaudra pas des r&#233;sultats de cette commission comme de l'avis &lt;strong&gt;repr&#233;sentant&lt;/strong&gt; le consensus de l'expertise &#233;conomique en France ? Et qu'Eric Le Boucher cautionne la pr&#233;sence massive des patrons et l'&#233;viction des syndicalistes comme une garantie de la qualit&#233; de l'expertise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est qu'une commission&lt;/i&gt; &#187;, certes&#8230; mais install&#233;e au tout d&#233;but d'un mandat dit &#171; de rupture &#187; et destin&#233;e &#224; orienter et justifier la politique &#233;conomique pour les cinq prochaines ann&#233;es&#8230; Interview&#233; par &lt;i&gt;Challenges &lt;/i&gt;(8.11.07), Robert Rochefort, directeur du Credoc, reconnaissait comme allant de soi le r&#244;le politique jou&#233; par les experts charg&#233;s de r&#233;diger des rapports au sein de commissions pr&#233;sent&#233;es modestement comme de simples bo&#238;tes &#224; id&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Le changement dans nos soci&#233;t&#233;s complexes n&#233;cessite un consensus, Or il se fabrique par des fa&#231;onnages progressifs de l'opinion . Lorsqu'une mesure d&#233;rangeante propos&#233;e dans un rapport finit par &#234;tre appliqu&#233;e, c'est souvent parce qu'elle figurait dans une demi-douzaine de travaux pr&#233;c&#233;dents. &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; On peut aussi comparer cela aux coups de boutoir. La porte de la forteresse c&#232;de avec le dernier coup de b&#233;lier, mais tous ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; ont eu leur utilit&#233;. C'est ce dont doivent se convaincre tous les auteurs de ces rapports. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le cercle des arguments&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La suite de l'&#233;mission montre comment Janus-Le Boucher, journaliste ind&#233;pendant et commissionnaire pr&#233;sidentiel, participe directement &#224; la construction de ce consensus en s'interdisant et en interdisant &#224; son interlocuteur la simple formulation d'angles politiques et &#233;conomiques diff&#233;rents de l'unique approche de la relance de la croissance permise, c'est-&#224;-dire la sienne. Apr&#232;s la fermeture du cercle des experts, celle du cercle des arguments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les derni&#232;res minutes de l'&#233;mission, L. Hoang-Ngoc fait remarquer que, selon lui, la v&#233;ritable question est celle du partage de la richesse cr&#233;&#233;e entre le capital et le travail. En clair, il s'agit de savoir si l'on veut politiquement mettre en place une relance par la demande et non seulement par l'offre comme le laissent sugg&#233;rer les premi&#232;res conclusions de la commission. Avant de proposer de supprimer le caract&#232;re constitutionnel du principe de pr&#233;caution (mesure plus symbolique qu'autre chose figurant dans le premier ensemble de recommandations de la commission et visant &#224; lib&#233;rer les &#233;nergies, le go&#251;t d'entreprendre, et la prise de risque ; le saccage des entr&#233;es de ville par la quasi-disparition des r&#232;gles d'installation des grandes surfaces en est une autre), c'est la question des salaires, d'apr&#232;s L. Hoang-Ngoc, qu'il faut avoir d'abord en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L. Hoang-Ngoc : - &#171; &lt;i&gt;Le vrai probl&#232;me, c'est les bas salaires et ces &lt;/i&gt;instruments [la hausse du smic]&lt;i&gt; sont &#224; la disposition du gouvernement. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- E. Le Boucher&lt;i&gt; : - &#171; C'est une discussion qu'on n'a pas, c'est vraiment quelque chose derri&#232;re nous. C'est une discussion des ann&#233;es 80, aujourd'hui la possibilit&#233; de hausser les salaires d'un coup de baguette magique, personne n'y croit. (&#8230;) &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Le Boucher ne peut contenir un certain agacement : la question de l'arbitrage et du partage entre capital et travail est une question d&#233;su&#232;te que l'on ne se pose plus depuis les ann&#233;es 80. Peu surprenant pour l'auditeur&lt;i&gt; &lt;/i&gt;qui a l'habitude de lire la fiche de lecture hebdomadaire derri&#232;re laquelle il s'abrite pour diffuser sa &#171; pens&#233;e &#187; et qui lui tient lieu de chronique tous les samedis dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; Le parti de la presse, le Parti socialiste et l'orthodoxie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il insiste, son interlocuteur aussi. Comme sur un plateau de t&#233;l&#233;vision, il somme alors son interlocuteur de dire comment il s'y prendrait pour &#233;lever les salaires (plusieurs fois), &#233;tant entendu, selon lui, qu'il n'y a pas de marges de man&#339;uvre et qu'il ne saurait y en avoir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- E. Le Boucher : - &lt;i&gt;&#171; Au contraire, la question que l'on se pose est m&#234;me de savoir si l'on n'a pas trop pouss&#233; le Smic, ce qui fait que &#231;a a sorti beaucoup de gens non qualifi&#233;s du march&#233; du travail. Car figurez vous que le travail a un co&#251;t. Et qu'on ne peut pas surpayer les gens&#8230; Mais tout &#231;a, (&#224; propos du niveau du Smic), c'est des discussions d'il y a vingt ans et que plus personne ne se pose &lt;/i&gt;(sic) &lt;i&gt;aujourd'hui. &#187; &lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- L. Hoang-Ngoc : - &lt;i&gt;&#171; Mais les gens attendent des revalorisations de salaires ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- E. Le Boucher : - &lt;i&gt;&#171; Mais comment vous faites ? &lt;/i&gt;[deux fois]&lt;i&gt;. &#187; &lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- L. Hoang-Ngoc : - &lt;i&gt;&#171; C'est pas par d'hypoth&#233;tiques heures suppl&#233;mentaires&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Le ton tr&#232;s condescendant de Le Boucher souligne &#224; quel point il m&#233;prise &#224; la fois les questions qu'il entend exclure de la discussion et l'interlocuteur qui entend les poser. Le chroniqueur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; a certes le droit de penser ce qu'il veut. Eric Le Boucher a le droit d'estimer que les 35 heures sont une catastrophe pour la France, que le travail co&#251;te trop cher &#224; cause du niveau du Smic, que l'id&#233;e de reposer la question d'un arbitrage politique pour la r&#233;partition de la richesse cr&#233;&#233;e est une vue de l'esprit ou encore que l'Etat ne dispose d'aucune marge de man&#339;uvre et d'aucun instrument budg&#233;taire, fiscal ou mon&#233;taire pour intervenir. Mais il est incapable de concevoir que d'autres options m&#233;ritent d'&#234;tre mises en d&#233;bat. On peut alors interroger la pr&#233;tendue ind&#233;pendance qu'il revendique en d&#233;but d'&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une double d&#233;pendance&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
De quelle libert&#233; intellectuelle peut se pr&#233;valoir un journaliste qui a int&#233;gr&#233; tous les fondements de la doctrine &#233;conomique dominante et du programme du parti au pouvoir en France au point de ne plus &#234;tre en mesure de discuter avec quelqu'un qui ne les partage pas ? Quelle ind&#233;pendance peut revendiquer le responsable &#233;ditorial d'un quotidien de r&#233;f&#233;rence qui, non seulement pense comme le pouvoir, mais participe activement au processus de d&#233;cision du pouvoir au travers d'une commission nomm&#233;e par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste (et expert commissionn&#233;), en toute ind&#233;pendance, &#233;pouse la vulgate de son temps. Expert (et journaliste patent&#233;), en toute ind&#233;pendance, r&#233;pond aux attentes des gouvernants qui le consultent. Et c'est &#224; ce double titre &#8211; mais surtout en se pr&#233;valant de sa qualit&#233; de journaliste &#171; ind&#233;pendant &#187; &#8211; que, dans l'exercice effectif de la confrontation des opinions, il est tellement accapar&#233; par sa fonction de relais du discours dominant qu'il ne veut m&#234;me pas entendre les propositions qui rel&#232;vent d'une autre tradition &#233;conomique que celle qu'il honore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, les positions et la posture d'Eric Le Boucher confirment l'analyse propos&#233;e par Fr&#233;d&#233;ric Lebaron pour comprendre la fabrication de l'h&#233;g&#233;monie lib&#233;rale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; La construction de l'opinion &#233;conomique par les m&#233;dias &#187;.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, notre journaliste-expert proc&#232;de &#224; une v&#233;ritable &lt;i&gt;naturalisation de l'histoire&lt;/i&gt; (c'est-&#224;-dire &#224; sa neutralisation) en jouant sur l'opposition moderne/d&#233;pass&#233; (les discussions d'hier, celles d'aujourd'hui) qui fait du cours du monde un processus aussi irr&#233;versible qu'un ph&#233;nom&#232;ne d'&#233;volution naturelle. Le poids de la contrainte (comment on fait ?, on a tout essay&#233;&#8230;) participe de cette naturalisation qui &#233;clipse la teneur politique du choix. La contrainte est telle que seule l'expertise (incarn&#233;e par Le Boucher) peut aborder une r&#233;ponse technique &#224; un probl&#232;me qui n'est plus politique ni historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, notre expert-journaliste recourt &#224; &lt;i&gt;l'imposition d'un point de vue&lt;/i&gt; qui, comme le montrait Fr&#233;d&#233;ric Lebaron, nie simplement qu'un autre soit possible.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Dans le cas pr&#233;sent, les r&#233;actions d'Eric Le Boucher indiquent bien que le probl&#232;me de la croissance s'envisage uniquement par le biais de l'offre, c'est-&#224;-dire de la comp&#233;titivit&#233;, de la concurrence, de la lib&#233;ration du travail, de la dynamisation du march&#233; des biens et services etc. En conformit&#233; avec les termes m&#234;mes du discours officiel qui a accompagn&#233; la mise en place de la commission : lettre de mission du Pr&#233;sident de la R&#233;publique, d&#233;cret d'installation, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;pris que Le Boucher affiche pour un chercheur (ma&#238;tre de conf&#233;rence &#224; l'universit&#233; Paris I) qui a pourtant publi&#233; un livre chez le m&#234;me &#233;diteur et dans la m&#234;me collection que lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vive l'imp&#244;t ! Grasset, Paris, 2007 par Li&#234;m Hoang-Ngoc. Du m&#234;me, on peut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et, &#224; travers ce dernier, pour toute une &#233;cole de pens&#233;e est parfaitement significatif des m&#233;thodes d'imposition du point de vue dominant. Il lui suffit de d&#233;clarer impensable ce qu'il ne veut pas penser. Et de s'indigner, par exemple, que des gens comp&#233;tents puissent encore sugg&#233;rer que la relance de la croissance est autant une question de demande que d'offre ou soutenir qu'envisager l'une sans l'autre conduit &#224; une impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une censure pr&#233;ventive&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Remettons les choses dans leur contexte. E. Le Boucher vient rendre compte des premi&#232;res recommandations de la commission Attali. Elles ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es au d&#233;part comme des mesures destin&#233;es &#224; am&#233;liorer l'offre globale, notamment en favorisant conjointement distribution et concurrence. Mais, dans le m&#234;me temps, la commission a fait savoir qu'elle allait d&#233;sormais s'int&#233;resser aux moyens d'am&#233;liorer le fameux pouvoir d'achat et, donc, incidemment, poser la question des revenus. Bref, c'est d&#233;sormais la demande qui est &#224; l'ordre du jour. Or, si on &#233;coute bien Eric Le Boucher, la question des revenus est d&#233;j&#224; r&#233;solue avant m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; trait&#233;e sp&#233;cifiquement par la commission puisque quand Li&#234;m Hoang-Ngoc &#233;voque la possibilit&#233; d'une hausse des salaires comme celle d'un instrument qui reste, quoi qu'on en dise, &#224; la disposition du gouvernement, il souligne avec d&#233;dain que ce genre de recours n'est plus envisageable depuis plus de 20 ans et que ces vieilles lunes keyn&#233;siennes ne font pas l'objet de la moindre discussion : &#171; &lt;i&gt;C'est une discussion qu'on n'a pas, c'est vraiment quelque chose derri&#232;re nous. C'est une discussion des ann&#233;es 80. &#187; &lt;/i&gt;La cl&#244;ture du p&#233;rim&#232;tre de l'&#233;conomiquement pensable est telle que l'on peut se faire du souci pour les prochaines recommandations concernant la stimulation de la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concours qu'apportent les m&#233;dias dominants &#224; la domination ne tient pas seulement &#224; leurs partis pris ; il d&#233;pend surtout de leur contribution &#224; la d&#233;limitation implicite du p&#233;rim&#232;tre du d&#233;bat l&#233;gitime. Plus exactement, leur parti-pris s'exerce &#224; travers cette d&#233;limitation. Le probl&#232;me n'est pas tant l'absence de neutralit&#233; que la neutralisation de la dimension conflictuelle de l'espace public de la discussion, des th&#232;ses et des arguments. Dans le r&#244;le du garde-fronti&#232;re, &#224; l'antenne de France Culture, Eric Le Boucher s'acquitta fort bien de sa fonction : en proc&#233;dant &#224; une tentative de censure du pluralisme des argumentations au moment m&#234;me o&#249; il proclame sa libert&#233; de pens&#233;e (une &#171; &lt;i&gt;libert&#233; au carr&#233; &#187;,&lt;/i&gt; dit-il). Ce jour-l&#224;, ce n'est ni un journaliste libre ni un m&#233;chant propagandiste qui s'exprimait, juste un simple &#171; communicant &#187; au service du pouvoir et ce, en toute ind&#233;pendance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathias Roux&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_4343 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/138_Eric_Le_Boucher.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 100.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce jour et entre autres : Jean-Marie Colombani (France Inter, France Culture, LCP, &lt;i&gt;Challenges)&lt;/i&gt; charg&#233; du th&#232;me de l'adoption, Luc Ferry (LCI, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;) r&#233;fl&#233;chissant &#224; l'Europe, Jean-Claude Casanova pr&#233;occup&#233; par la r&#233;forme des institutions, Jacques Attali (&lt;i&gt;L'Express, &lt;/i&gt;Europe 1, LCP) travaillant &#224; lever les freins &#224; la croissance&#8230; Bien d'autres encore : lire ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2699.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le pouvoir UMP s'ouvre &#224; la nomenklatura m&#233;diatique. &#187;&lt;/a&gt;. Lire aussi &#171; Sarkozy go&#251;te les journalistes &#187; dans &lt;a href=&#034;http://www.leplanb.org/sommaires/le-plan-b-n-11---sommaire.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Plan B&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; n&#176;11 ou, dans une autre br&#232;ve, cette citation de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (15 ocobre 2007) : &lt;i&gt;&#171; Jean-Marc Plantade, coordonnateur de la cellule enqu&#234;te du &lt;/i&gt;Parisien-Aujourd'hui en France, &lt;i&gt;a ralli&#233; le cabinet de la ministre de l'Economie en tant que conseiller pour la communication. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une &#233;mission que le site de France Culture &lt;a href=&#034;http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/economie/presentation.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;sente ainsi&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; L'objectif de l'&#233;mission chaque lundi matin est de questionner l'&#233;conomie pour tenter de comprendre l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s contemporaines, de la rapprocher des pr&#233;occupations des citoyens en mettant en &#233;vidence les facteurs sociaux, de montrer son implication dans les choix des pouvoirs publics et dans les &#233;changes internationaux de toutes natures, sans la diaboliser ni la sacraliser. A travers l'apport d'informations et les analyses des experts, il s'agit de fournir des &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion pour juger des grands enjeux en cours ou &#224; venir &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On consultera avec profit, sur le site de la &#171; Commission pour la Lib&#233;ration de la Croissance Fran&#231;aise &#187;, en ayant &#224; l'esprit l'exigence de pluralisme formul&#233;e par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique au moment de l'installation de la commission. (site en reconstruction, 2-12-2012)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce propos &lt;i&gt;On ach&#232;te bien les cerveaux, la publicit&#233; et les m&#233;dias,&lt;/i&gt; Raisons d'agir, Paris, 2007 par Marie B&#233;nilde et, du m&#234;me auteur, &#171; La publicit&#233; s'implique dans les neurosciences, scanner les cerveaux pour mieux vendre &#187;, &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique,&lt;/i&gt; novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2604.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le parti de la presse, le Parti socialiste et l'orthodoxie lib&#233;rale &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article419.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La construction de l'opinion &#233;conomique par les m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Vive l'imp&#244;t !&lt;/i&gt; Grasset, Paris, 2007 par Li&#234;m Hoang-Ngoc. Du m&#234;me, on peut lire aussi &lt;i&gt;Dix questions sur la dette&lt;/i&gt;, Michalon, Paris, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cinq minutes de proc&#232;s contre Hugo Ch&#225;vez sur Canal +, cinq minutes de d&#233;sinformation</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Cinq-minutes-de-proces-contre-Hugo-Chavez-sur-Canal-cinq-minutes-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Cinq-minutes-de-proces-contre-Hugo-Chavez-sur-Canal-cinq-minutes-de</guid>
		<dc:date>2007-12-05T08:53:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Renaud Lambert</dc:creator>


		<dc:subject>Canal +</dc:subject>
		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>
		<dc:subject>Chroniques</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Deux caricatures d'un dictateur qui soumet une r&#233;forme constitutionnelle &#224; r&#233;f&#233;rendum et qui s'incline quand le r&#233;sultat est n&#233;gatif.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Loin-de-l-Amerique-Latine-" rel="directory"&gt;Loin de l'Am&#233;rique Latine&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Canal-plus-+" rel="tag"&gt;Canal +&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Chroniques-+" rel="tag"&gt;Chroniques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'on en croit nombre de commentateurs, la victoire du &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum du 2 d&#233;cembre 2007 sur la r&#233;forme de la Constitution au Venezuela aurait sign&#233; la d&#233;faite d'un projet de dictature et celle d'un dictateur. Un dictateur qui a pourtant soumis, lui, les transformations de la Constitution &#224; r&#233;f&#233;rendum ; une dictature dans laquelle le pr&#233;tendu dictateur et ses soutiens s'inclinent devant le r&#233;sultat du suffrage universel...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de revenir (comme nous l'avons fait depuis la publication des lignes qui suivent dans notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2781.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Filtres et alambics de l'information sur le r&#233;f&#233;rendum du 2 d&#233;cembre au Venezuela &#187;&lt;/a&gt;) sur le traitement m&#233;diatique de ce scrutin, voici un exemple de ce que peut le journalisme quand il renonce &#224; informer : quand le courage de d&#233;noncer &#171; les caricatures &#187; revient&#8230; &#224; proposer l'inventaire des caricatures de Ch&#225;vez et de la situation au Venezuela&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme celle d'autres pays, la situation sociale et politique au Venezuela suscite des questions l&#233;gitimes. Et comme celle d'autres responsables politiques d&#233;mocratiquement &#233;lus, la personnalit&#233; d'Hugo Ch&#225;vez et son r&#244;le politique, &#233;galement. Une particuli&#232;re vigilance est m&#234;me requise de la part de celles et ceux qui sont solidaires des conqu&#234;tes d&#233;mocratiques et des conqu&#234;tes sociales obtenues et esp&#233;r&#233;es par le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Quant &#224; ceux qui redoutent ou qui combattent ces m&#234;mes conqu&#234;tes, leur opposition, en principe, ne devrait pas les dispenser du devoir d'exactitude et les autoriser &#224; transgresser, comme ils le font si souvent, les r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires de l'information. Leur journalisme de propagande ne conna&#238;t alors aucune limite. Il peut atteindre des sommets. En voici un parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Cinq minutes pour convaincre&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le 20 novembre 2007, l'&#171; Edition sp&#233;ciale &#187; de Samuel Etienne, sur Canal +, &#233;voque la visite en France du pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien, Hugo Ch&#225;vez. Celui-ci doit, le jour m&#234;me rencontrer Nicolas Sarkozy pour discuter de ses d&#233;marches visant &#224; la lib&#233;ration d'Ingrid Betancourt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le point de d&#233;part d'une s&#233;quence de l'&#233;mission dont le titre (&#171; &lt;i&gt;Le Ch&#225;vez World Tour &#224; Paris &lt;/i&gt; &#187;) &#233;tait d&#233;j&#224; la promesse que la rigueur journalistique n'abandonnerait rien aux d&#233;rives sensationnalistes. Une s&#233;quence que l'on peut voir sur Dailymotion (lien p&#233;rim&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moins de six minutes, &#171; Edition sp&#233;ciale &#187; va parvenir non seulement &#224; faire le tour des poncifs les plus rebattus de la critique anti-chaviste, mais surtout &#224; ne donner absolument aucune information sur le pays, son histoire ou encore la politique men&#233;e par son pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout en deux chroniques successives qui, dans des styles diff&#233;rents, s'attachent toutes deux &#224; discr&#233;diter le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien. D'abord, la journaliste Anne-Elisabeth Lemoine &#8211; tissant la trame de son intervention avec les fils de l'ironie et du m&#233;pris &#8211; s'int&#233;resse &#224; la &#171; forme &#187; du discours d'Hugo Ch&#225;vez pour dresser le portrait d'un &lt;i&gt;&#171; clown &#187;&lt;/i&gt; ridicule&#8230; mais &#171; &lt;i&gt;inqui&#233;tant&lt;/i&gt; &#187; (comme le dira le pr&#233;sentateur de l'&#233;mission). Puis, Ariel Wizman pr&#233;sent&#233; comme &#171; analyste &#187; de la politique d'Hugo Ch&#225;vez, se pare de la robe d'un &#171; procureur-joailler &#187; pour enfiler, en moins de deux minutes, l'int&#233;gralit&#233; des perles de la d&#233;sinformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Critiquer la forme pour d&#233;nigrer le fond&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Elisabeth Lemoine entame son portrait politique d'Hugo Ch&#225;vez (patronyme qu'elle prononce &#171; Ch&#226;&#226;&#226;v&#232;ze &#187; (une prononciation apparemment irr&#233;prochable, mais qui laisse transpara&#238;tre le m&#233;pris social omnipr&#233;sent dans les critiques les plus acerbes formul&#233;es contre Ch&#225;vez) par une &#233;vocation d'&#171; Alo Presidente &#187;, l'&#233;mission hebdomadaire anim&#233;e par le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien. La journaliste explique que ce programme est diffus&#233; &#171; &lt;i&gt;tous les jeudis&lt;/i&gt; &#187; et &#171; lance &#187; alors une s&#233;quence en images d'une de ces &#233;missions, dat&#233;e&#8230; du 16 f&#233;vrier 2007, soit un vendredi. Approximation b&#233;nigne, certes, mais ce ne sera pas la seule&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un ton ironique et d&#233;daigneux, elle s'amuse : &#171; &lt;i&gt;Regardez, il y a m&#234;me un g&#233;n&#233;rique &lt;/i&gt; &#187;. &#192; l'&#233;cran, Ch&#225;vez applaudit, comme il le fait souvent, &#224; l'attention des t&#233;l&#233;spectateurs qui le regardent. Finaude, elle commente : &lt;i&gt;&#171; Il s'applaudit lui-m&#234;me &lt;/i&gt; &#187;. Et, sur le plateau, le public, bien &#233;lev&#233;, applaudit (s'applaudit ?) lui aussi. Anne-Elisabeth Lemoine rench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;Alors il fait tout, il fait l'intervieweur, l'interview&#233;, il fait des revues de presse, il montre des journaux dans lesquels, &#233;videmment, il est &#224; la &#8220; Une &#8221; &lt;/i&gt; &#187;. Ce sera l&#224; la seule &#233;vocation pendant toute l'&#233;mission de relation qu'entretient le pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien avec &#171; &lt;i&gt;des journaux&lt;/i&gt; &#187; dont la quasi-totalit&#233; est aux mains d'un secteur priv&#233; qui a appuy&#233; le Coup d'Etat d'avril 2002&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, &#224; ce sujet, les articles disponibles sur le site d'Acrimed.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Passons...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ni Habitat, ni Ikea&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire de l'image : Ch&#225;vez est assis &#171; &lt;i&gt;derri&#232;re un magnifique petit bureau rectangulaire &lt;/i&gt; &#187; dans une &lt;i&gt;&#171; d&#233;co un poil stalinienne derri&#232;re, mais enfin bon, tout va bien&lt;/i&gt; &#187;. La &#171; &lt;i&gt;d&#233;co&lt;/i&gt; &#187; en question n'est peut-&#234;tre pas du meilleur go&#251;t. Mais la pr&#233;sentation de cette image (alors que &#171; Al&#244; Pr&#233;sidente &#187; est tourn&#233; dans les cadres les plus divers) n'est l&#224; que pour justifier l'imputation de stalinisme. Faudrait-il s'inqui&#233;ter du fait que le Pr&#233;sident fran&#231;ais, Nicolas Sarkozy, soit amen&#233; &#224; s'asseoir dans un mobilier &#171; un poil Empire &#187; (dans les salons de l'Elys&#233;e) et craindre qu'il ne r&#233;v&#232;le &#8211; par cons&#233;quent &#8211; une ambition &#171; imp&#233;riale &#187; ? La journaliste nous gratifie ainsi d'une &#171; hypallage &#187;, cette figure de style par laquelle on &#171; &lt;i&gt;attribue &#224; certains termes d'un &#233;nonc&#233; ce qui devrait logiquement &#234;tre rattach&#233; &#224; d'autre termes de cet &#233;nonc&#233; &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le site Etudes-litt&#233;raires.com.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le caract&#232;re &#171; &lt;i&gt;stalinien &lt;/i&gt; &#187; de la &#171; &lt;i&gt;d&#233;co &lt;/i&gt; &#187; n'&#233;tant qu'une qualification rh&#233;torique&#8230;du pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sentateur n'est pas en reste, car manque &#224; cette description un &#233;l&#233;ment &#233;minemment politique de la &#171; &lt;i&gt;d&#233;co&lt;/i&gt; &#187; : le globe terrestre que l'on aper&#231;oit &#224; l'image. Samuel Etienne rench&#233;rit donc avec un sourire : &#171; &#8230; &lt;i&gt;avec &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; globe du dictateur ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est nous qui soulignons ici et plus loin.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Fine &#187; allusion de cin&#233;phile (nous sommes sur &#171; la cha&#238;ne du cin&#233;ma &#187;...) au &#171; Dictateur &#187; de Charlie Chaplin, qui permet de tracer une &#233;quivalence entre Ch&#225;vez et Hitler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi que nous l'ont signal&#233; plusieurs correspondants, &#224; la lecture de cet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;globe&lt;/i&gt; &#187; ? C'est bien connu : tout dictateur se signale par la pr&#233;sence d'un globe &#224; ses c&#244;t&#233;s. Et l'absence de cette sph&#232;re disqualifie d'embl&#233;e les plus motiv&#233;s des pr&#233;tendants au totalitarisme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la chansonnette de Ch&#225;vez &#224; l'accord&#233;on de VGE &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis notre chroniqueuse poursuit en relatant les r&#233;centes visites de &#171; stars &#187; au Venezuela (il ne citera que les acteurs Sean Penn et Kevin Spacey ainsi que l'ancienne &#171; top model &#187; Naomi Campbell). Plut&#244;t que citer leurs propres commentaires &#8211; plut&#244;t favorables &#8211; sur les raisons de leurs visites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sean Penn, plut&#244;t favorable, par exemple dans le Late Show de David (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, celle-ci pr&#233;f&#232;re attribuer leur pr&#233;sence &#224; un motif de son cru : &#171; &lt;i&gt;peut-&#234;tre qu'ils se font un peu pi&#233;ger&lt;/i&gt; &#187;. Peut-&#234;tre aussi que les stars sont de grands enfants et les chroniqueuses de Canal + des machines &#224; d&#233;coder les pi&#232;ges des dictateurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient alors ce qui pour Anne-Elisabeth Lemoine est sans doute le &#171; coup de gr&#226;ce &#187; : Ch&#225;vez serait un &#171; &lt;i&gt;saltimbanque, un intermittent du spectacle &lt;/i&gt; &#187; explique-t-elle, car &#171; &lt;i&gt;pendant ses shows t&#233;l&#233;, il chante. Ecoutez, c'est magnifique. &lt;/i&gt; &#187; S'en suivent rires et applaudissements moqueurs. Mais pour que ce fragment pr&#234;te &#224; rire, il a fallu le couper de son contexte et du contexte de sa r&#233;ception par le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien. De quoi se demander ce qui est ainsi tourn&#233; en d&#233;rision ? Et &#224; quoi tend cette charge ? Suffisait-il, il y a quelques dizaines d'ann&#233;es, &#224; Val&#233;ry Giscard d'Estaing de jouer quelques notes d'accord&#233;on pour le disqualifier d&#233;finitivement ? Comme le note un contributeur au forum de Dailymotion (lien p&#233;rim&#233;) : &#171; &lt;i&gt;Ch&#225;vez qui chante est un fou... Clinton qui joue du sax est un g&#233;nie... Y aurait-il un parti pris ?&lt;/i&gt; &#187;. La question peut, en effet, se poser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La satire, parce qu'elle s'exerce contre la tendance des m&#233;dias &#224; &#171; institutionnaliser la parole institutionnelle &#187;, peut avoir des effets salutaires. Encore faudrait-il qu'elle s'annonce clairement comme telle, que la d&#233;rision ne se substitue pas &#224; l'information et qu'elle ne travestisse pas la pure et simple propagande : ce n'est manifestement pas le cas ici. Lourdement charg&#233;e d'une hostilit&#233; politique non dissimul&#233;e, la charge d'Anne-Elisabeth Lemoine est un simple prologue : il introduit la performance d'Ariel Wizman qui, lui, parle en sp&#233;cialiste et pr&#233;tend s'attaquer au &#171; fond &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Caricaturer le fond&#8230; pour ne rien n'en dire&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pr&#233;sentateur de l'&#233;mission qui se charge de confirmer que la satire n'&#233;tait qu'un hors d'&#339;uvre. Il explique : &#171; &lt;i&gt;Alors&lt;/i&gt; [passage incompr&#233;hensible], &lt;i&gt;on a un pr&#233;sident qui a l'air tr&#232;s sympathique comme &#231;a, haut en couleur, mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;c'est vrai&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, Ariel, quand on se penche sur la politique de ce monsieur, le clown devient vraiment inqui&#233;tant&lt;/i&gt; &#187;. Ch&#225;vez n'a pas &#233;t&#233; peint en &#171; clown &#187; : c'est un &#171; clown &#187;. Un &#171; clown inqui&#233;tant &#187;. Et puisque &#171; c'est vrai, Ariel &#187;, l'acte d'accusation qui suit fait office d'information&#8230; indiscutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Caricatures&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une performance : en une grosse centaine de secondes, Ariel Wizman, parvient &#224; &#171; caser &#187; la quasi-totalit&#233; des grands classiques de l'opposition &#224; Ch&#225;vez. Approximations et mensonges de propagande tiennent lieu de fait v&#233;rifi&#233;s et v&#233;rifiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;voquer Hugo Ch&#225;vez - &#171; &lt;i&gt;ce type-l&#224; &lt;/i&gt; &#187;, dit-il -, Wizman commence par l'&#233;vocation d'une r&#233;cente altercation qui l'opposa au roi d'Espagne, Juan Carlos Bourbon. En vidant l'altercation de son contenu, il s'agit, sans doute, de sugg&#233;rer que Ch&#225;vez, le trublion des sommets diplomatiques, n'a eu que ce qu'il m&#233;ritait. Pour Wizman, l'affaire se r&#233;sume ainsi : &#171; &lt;i&gt;Souvenez-vous&lt;/i&gt;, [Ch&#225;vez]&lt;i&gt; avait quasiment claqu&#233; le beignet au Roi d'Espagne, au point que le roi d'Espagne lui dit&lt;/i&gt; &#034;Mais, pourquoi tu ne la fermes pas ?&#034; &#187; Sauf que le r&#233;cit est factuellement faux. Et s'il y a bien eu une altercation, Ch&#225;vez ne r&#233;pondait pas au Roi d'Espagne, mais au Pr&#233;sident du gouvernement espagnol&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappel des faits (&#224; partir d'un article de Romain Migus, paru [sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). R&#233;unis lors du 17&#232;me sommet ib&#233;ro-am&#233;ricain, en novembre dernier, le pr&#233;sident du gouvernement espagnol, Jos&#233; Luis Zapatero, termine son allocution en ces termes : &#171; &lt;i&gt;un pays ne pourra jamais avancer s'il cherche dans des facteurs ext&#233;rieurs des justifications quant &#224; ce qui emp&#234;che son d&#233;veloppement.&lt;/i&gt; &#187; Jugeant qu'il est bon de rappeler que des &#171; &lt;i&gt;facteurs ext&#233;rieurs&lt;/i&gt; &#187; tel qu'un putsch soutenu par l'Espagne et les Etats Unis ont &#171; emp&#234;ch&#233; le d&#233;veloppement &#187; du Venezuela, Hugo Ch&#225;vez intervient alors en affirmant que, pour lui, l'ancien pr&#233;sident du gouvernement espagnol (Aznar) &#8211; qui avait donc soutenu le coup d'Etat de 2002 -, &#233;tait tout bonnement &#171; &lt;i&gt;fasciste &lt;/i&gt; &#187;. Une intervention vigoureuse qui d&#233;clenche aussit&#244;t la col&#232;re du roi Juan Carlos Bourbon, lequel, violant les r&#232;gles du protocole diplomatique, se permet d'interrompre Ch&#225;vez en le sommant de &#171; la fermer &#187;.]].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chroniqueur en vient alors &#224; la &#171; substance &#187; de son analyse : &#171; &lt;i&gt;Alors, Ch&#225;vez, c'est l'h&#233;ritier d'une id&#233;ologie qui est tenace en Am&#233;rique latine, qui est, en fait, la cons&#233;quence d'agissements imp&#233;rialistes des Etats-Unis, hein, dans ce continent dans les ann&#233;es 70&lt;/i&gt; &#187;. Cette id&#233;ologie, &#171; tenace &#187; comme une t&#226;che dont on ne parvient pas &#224; se d&#233;faire, n'est pas tant discr&#233;dit&#233;e pour ce qu'elle est (une d&#233;nonciation de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain en Am&#233;rique latine), mais comme un h&#233;ritage archa&#239;que qui remonte aux ann&#233;es 70. Et comme Wizman n'oserait pas pr&#233;senter une chronique sur Canal+ en &#171; pattes d'&#233;l&#233;phant &#187; et en chemise &#224; fleur, il d&#233;cr&#232;te que les options politiques doivent suivre la mode, sous peine de passer pour un h&#233;ritage ringard, une vielle id&#233;ologie. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle id&#233;ologie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie de Ch&#225;vez, &lt;i&gt;&#171; c'est un m&#233;lange de populisme, de gu&#233;varisme, de &#034;fol-klo-risme&#034;&lt;/i&gt; [il d&#233;tache les syllabes comme pour souligner la difficult&#233; qu'il y a &#224; d&#233;crire la bouillie politique qu'il a lui-m&#234;me pr&#233;par&#233;e] &lt;i&gt;et surtout de tiers-mondisme avec toutes les caricatures. Il y a &#233;videmment &#224; ses c&#244;t&#233;s, le Pr&#233;sident bolivien Evo Morales, Lula, au Br&#233;sil, l'aime bien aussi, Fidel Castro, et puis, alors, toute la cohorte des dictateurs dans le monde : Mugabe, Ahmadinejad. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expert en &#171; &lt;i&gt;caricatures &lt;/i&gt; &#187;, Wizman, amalgame tout et n'importe quoi et avec la pr&#233;tention d&#233;sinvolte et arrogante du &#171; politologue &#187; de pacotille qui escompte que les suffixes en &#171; isme &#187; donnent des gages de s&#233;rieux. A ses yeux le tiers-mondisme se confond avec ses &#171; caricatures &#187;. Et les relations diplomatiques du Pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien &#8211; aussi discutables soient-elles &#8211; avec des dictateurs av&#233;r&#233;s suffisent &#224; r&#233;sumer sa politique. On ne doute pas que Wizman r&#233;duise, ainsi, les deux mandats de George W. Bush &#224; ses rapports avec Pervez Musharraf, ceux de Jacques Chirac &#224; ses liens avec l'alg&#233;rien Bouteflika et la politique de Nicolas Sarkozy &#224; ses coups de t&#233;l&#233;phone avec N'Djam&#233;na (capitale du Tchad).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion de l'&#233;num&#233;ration : &lt;i&gt;&#171; Alors, heu, &#231;a se fonde sur &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;une id&#233;ologie rouge-brun&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, en quelque sorte. &#187;&lt;/i&gt; Puisqu'on vous le dit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mensonges&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;gratign&#233; au passage le mouvement altermondialiste (&lt;i&gt;&#171; &#224; l'ext&#233;rieur, c'est tr&#232;s sympathique, &#231;a fait tr&#232;s altermondialisme Manu Chao, tr&#232;s Michael Moore. &#187;&lt;/i&gt;), le journaliste continue : Ch&#225;vez, &#171; &lt;i&gt; c'est un type qui est ouvertement antis&#233;mite &lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;&#171; Antis&#233;mite &#187;&lt;/i&gt; ? L'accusation lanc&#233;e en France par &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, faute d'arguments, a &#233;t&#233; class&#233;e sans suite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment ici m&#234;me : &#171; &#171; Le journalisme d'imputation : Ch&#225;vez accus&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'adverbe &lt;i&gt;&#171; ouvertement &#187; &lt;/i&gt;vaut pourtant ici d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non content d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;antis&#233;mite &lt;/i&gt; &#187;, Ch&#225;vez &#171; &lt;i&gt;c'est &#233;galement quelqu'un qui instaure une r&#233;pression avec des bandes arm&#233;es, des escadrons de la mort, une confiscation des ressources, un b&#226;illonnement de la presse en g&#233;n&#233;ral dans son pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;&#171; Une r&#233;pression avec des bandes arm&#233;es, des escadrons de la mort &lt;/i&gt; &#187; ? Des camps de concentration peut-&#234;tre ? D&#232;s lors qu'on abolit la n&#233;cessit&#233; d'apporter la moindre preuve, pourquoi s'arr&#234;ter en chemin ?&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Une &#171; &lt;i&gt;confiscation des ressources &lt;/i&gt; &#187; ? Des nationalisations pourtant pay&#233;es &#224; leur prix de march&#233;&#8230;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; &lt;i&gt;Un b&#226;illonnement de la presse en g&#233;n&#233;ral &lt;/i&gt; &#187; ? Celle, bien s&#251;r, dont les journalistes ne sont pas encore tomb&#233;s aux mains des &#171; escadrons de la mort &#187;&#8230; M&#234;me Reporters sans Fronti&#232;res n'avait pas encore os&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, Wizman prend de la hauteur : le Venezuela est un pays qui &#171; &lt;i&gt;n'est pas diff&#233;rent des autres pays du Tiers-Monde, &#224; savoir qu'il y a une &#233;lite tr&#232;s riche et un pays tr&#232;s pauvre, tout simplement &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Tout simplement &lt;/i&gt; &#187;, la situation d'extr&#234;me in&#233;galit&#233; sociale du pays est si ordinaire qu'elle en devient presque naturelle &#8230; puisqu'elle existe partout. Il suffit donc, &#171; tout simplement &#187;, de s'y faire&#8230; Estimant que son expos&#233; vaut d&#233;monstration, Wizman ach&#232;ve alors son chef d'&#339;uvre par un &#171; &lt;i&gt;donc &lt;/i&gt; &#187; r&#233;capitulatif : &#171; &lt;i&gt;Donc, Ch&#225;vez est cet esp&#232;ce de Caudillo dont on se demande s'il va nous amener un bon cadeau de P&#232;re No&#235;l, &#224; savoir la lib&#233;ration d'Ingrid B&#233;tancourt. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinq minutes de proc&#232;s&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de ces cinq minutes de proc&#232;s, qu'aura-t-on appris ? Tout d'abord :&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- qu'il arrive &#224; Ch&#225;vez de parler dans des d&#233;cors qui ne sont pas du go&#251;t des journalistes de Canal+ ;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- qu'il pr&#233;sente une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision, laquelle a son propre g&#233;n&#233;rique, et pendant laquelle il lui arrive de parler plus de sept heures durant ;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- qu'il arrive &#224; Ch&#225;vez de chanter ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des conditions de cette &#233;mission, de ses motifs, de sa construction, de sa fonction et de ses contenus, on ne saura rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aura &#233;galement appris :&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- que Juan Carlos Bourbon lui a demand&#233; de &#171; la fermer &#187; ;&lt;/ br /&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- que l'id&#233;ologie qui l'anime est aussi &#171; &lt;i&gt;archa&#239;que &lt;/i&gt; &#187; que les in&#233;narrables &#171; ponchos &#187; latino-am&#233;ricains &#224; l'&#233;poque du Gore-tex ;&lt;/ br /&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- qu'Hugo Ch&#225;vez, est un &#171; rouge-brun &#187;, &#171; antis&#233;mite &#187; &#224; la t&#234;te d'un Etat r&#233;pressif qui lance des &#171; escadrons de la mort &#187; &#224; l'assaut de ses opposants, mais qui, apparemment, n'est pas p&#233;dophile et ne mange pas ses femmes ;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- qu'il est &#224; la t&#234;te d'un pays dont la structure sociale ne peut &#234;tre modifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques et sociales du pays, des raisons qui ont men&#233; une grande partie de la population &#224; rejeter le mod&#232;le capitaliste mondialis&#233; et &#224; souhaiter tenter de construire un &#171; socialisme du XXIe si&#232;cle &#187;, des enjeux et du contenu de la Constitution soumise au vote et rejet&#233;e quelques jours apr&#232;s la diffusion de l'&#233;mission, on ne saura rien. Le public, auquel on retire la possibilit&#233; m&#234;me de se forger sa propre opinion sur un processus politique d&#233;rangeant, sera donc somm&#233; de s'en remettre &#224; la condamnation experte de ceux qui savent, et qui n'ont pas besoin de prouver&#8230; Apr&#232;s tout, l'objectif n'&#233;tait pas d'informer, mais de rire d'un &#171; clown &#187; et de condamner un tyran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renaud Lambert et Henri Maler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;********************&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe : Transcription de la chronique d'Ariel Wizman&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pr&#233;sentateur : - &lt;i&gt;&#171; Alors &lt;/i&gt;(incompr&#233;hensible), &lt;i&gt;on a un pr&#233;sident qui a l'air tr&#232;s sympathique comme &#231;a, haut en couleur, mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;c'est vrai&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, Ariel, quand on se penche sur la politique de ce monsieur, le clown devient vraiment inqui&#233;tant &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Ariel Wizman (AW) : - &lt;i&gt;&#171; Eh bien, moi, je plains la famille Betancourt dont le sort d'Ingrid d&#233;pend, au fond, de Ch&#225;vez, de ce type-l&#224; et d&#233;j&#224; j'esp&#232;re que la rencontre Ch&#225;vez-Sarkozy se passera mieux que la rencontre Juan Carlos Ch&#225;vez. Souvenez-vous, il avait quasiment claqu&#233; le beignet au Roi d'Espagne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Une s&#233;quence vid&#233;o du forum ib&#233;ro-latino-am&#233;ricain o&#249; eut lieu l'altercation suit, avec un &#171; son &#187; (r&#233;p&#233;t&#233;) du roi espagnol qui dit : &#171; Porque no te callas ? &#187; traduit &#224; l'&#233;cran par &#171; Pourquoi tu ne te tais pas ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- AW : - &lt;i&gt;&#171; Au point que le roi d'Espagne lui dit &#171; Mais, pourquoi tu ne la fermes pas ? &#187;. Alors, Ch&#225;vez, c'est l'h&#233;ritier d'une id&#233;ologie qui est tenace en Am&#233;rique latine, qui est, en fait, la cons&#233;quence d'agissements imp&#233;rialistes des Etats-Unis, hein, dans ce continent dans les ann&#233;es 70. Je suis s&#251;r, Nicolas, que vous avez port&#233; un poncho par solidarit&#233;&#8230; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nicolas Domenach : - &lt;i&gt;&#171; Eh oui, et j'ai m&#234;me chant&#233; les Calchakis&lt;/i&gt; ?groupe de musique andine ? &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- AW :&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;- &lt;i&gt;&#171; Voil&#224;, alors, c'est un m&#233;lange de populisme, de gu&#233;varisme, de &#8220;folklorisme&#8221; &lt;/i&gt;[il d&#233;tache les syllabes comme pour souligner la difficult&#233; qu'il y a &#224; d&#233;crire une telle bouillie politique]&lt;i&gt; et surtout de tiers-mondisme avec toutes les caricatures. Il y a &#233;videmment &#224; ses c&#244;t&#233;s, le pr&#233;sident bolivien Evo Morales, &lt;/i&gt;[une incrustation d'un article du journal Le Figaro appara&#238;t &#224; l'&#233;cran, dont on ne lit que le titre &#171; La tentation cubaine de Hugo Ch&#225;vez &#187;], &lt;i&gt;Lula, au Br&#233;sil, l'aime bien aussi, Fidel Castro, et puis, alors, toute la cohorte des dictateurs dans le monde : Mugabe, Ahmadinejad avec lesquels, il a d&#233;cid&#233;, &#224; l'instar de son ennemi, Bush, de former, lui, un axe du bien. Alors, heu, &#231;a se fonde sur une id&#233;ologie rouge-brun, en quelque sorte. A l'ext&#233;rieur, c'est tr&#232;s sympathique, &#231;a fait tr&#232;s altermondialisme Manu Chao, tr&#232;s Michael Moore. &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;C'est un type qui est ouvertement antis&#233;mite, c'est &#233;galement quelqu'un qui instaure une r&#233;pression avec des bandes arm&#233;es, des escadrons de la mort, une confiscation des ressources, un b&#226;illonnement de la presse en g&#233;n&#233;ral dans son pays. Et, ce pays, le Venezuela, qui est assis sur d'&#233;normes ressources p&#233;troli&#232;res, n'est pas diff&#233;rent des autres pays du tiers-Monde, &#224; savoir qu'il y a une &#233;lite tr&#232;s riche et un pays tr&#232;s pauvre, tout simplement, donc&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Ch&#225;vez est cette esp&#232;ce de Caudillo dont on se demande s'il va nous amener un bon cadeau de P&#232;re No&#235;l, &#224; savoir la lib&#233;ration d'Ingrid B&#233;tancourt. Il a une relation &#233;pistolaire avec le chef des FARC&lt;/i&gt; [incrustation d'une caricature sign&#233;e Plantu, du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;du 20 novembre 2007, de Ch&#225;vez en magicien] &lt;i&gt;et il dit &#8220;je vais aller dans la jungle&#8221;et Sarkozy dit, para&#238;t-il, &#8220;je vais le suivre pour aller chercher Ingrid B&#233;tancourt &#8221;. Quand on a pass&#233; ses vacances chez Bush, c'est quand m&#234;me assez paradoxal, je trouve. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pr&#233;sentateur&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; : - &lt;i&gt;&#171; Merci Ariel et, en effet, maintenant on attend le r&#233;sultat de ce d&#233;jeuner &#224; l'Elys&#233;e avec le pr&#233;sident Sarkozy. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, &#224; ce sujet, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/mot349.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les articles disponibles sur le site d'Acrimed&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon le site &lt;a href=&#034;http://www.etudes-litteraires.com/bac-francais/figures-de-style.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Etudes-litt&#233;raires.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est nous qui soulignons ici et plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi que nous l'ont signal&#233; plusieurs correspondants, &#224; la lecture de cet article. (&lt;i&gt;Pr&#233;cision et note post&#233;rieures &#224; sa mise en ligne&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sean Penn, plut&#244;t favorable, par exemple dans le &lt;i&gt;Late Show&lt;/i&gt; de David Letterman (le 1er octobre 2007), consultable sur Youtube (lien p&#233;rim&#233;) - Kevin Spacey, plut&#244;t favorable, comme le refl&#232;te notamment &lt;a href=&#034;http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601086&amp;sid=awgWdAMPyfU8&amp;refer=latin_america&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une d&#233;p&#234;che de &lt;i&gt;Bloomberg&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; du 25 septembre 2007 - Naomi Campbell, plut&#244;t favorable, elle aussi, comme le souligne notamment une d&#233;p&#234;che de l'AFP, du 1er novembre 2007, consultable &lt;a href=&#034;http://afp.google.com/article/ALeqM5hImezj8_ApLGeAWJB7yVLDYsudxA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappel des faits (&#224; partir d'un article de Romain Migus, paru [sur le site &lt;i&gt;Le Grand soir&lt;/i&gt;[[Dont le lien est p&#233;rim&#233;,f&#233;vrier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notamment ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2241.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#171; Le journalisme d'imputation : Ch&#225;vez accus&#233; d'antis&#233;mitisme &#187;&lt;/a&gt;, 11 janvier 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Georges-Marc Benamou, commis de Lagard&#232;re devenu scribe de Sarkozy</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Georges-Marc-Benamou-commis-de-Lagardere-devenu-scribe-de-Sarkozy</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Georges-Marc-Benamou-commis-de-Lagardere-devenu-scribe-de-Sarkozy</guid>
		<dc:date>2007-12-04T09:40:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;gory Rzepski</dc:creator>


		<dc:subject>Bernard-Henri L&#233;vy</dc:subject>
		<dc:subject>Georges-Marc Benamou </dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Sarkozy</dc:subject>
		<dc:subject>Arnaud Lagard&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Introduction &#224; la sociologie du rouage. Une &#233;tude de cas.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalistes-et-politiques-" rel="directory"&gt;Journalistes et politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Henri-Levy-+" rel="tag"&gt;Bernard-Henri L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Georges-Marc-Benamou-+" rel="tag"&gt;Georges-Marc Benamou &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nicolas-Sarkozy-+" rel="tag"&gt;Nicolas Sarkozy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Arnaud-Lagardere-+" rel="tag"&gt;Arnaud Lagard&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qui est Georges-Marc Benamou ? Par-del&#224; ses frasques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un r&#233;cit des plus r&#233;centes, lire &#171; Le courroux de Benamou &#187;.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une sorte d'arch&#233;type. Un personnage embl&#233;matique, notamment, de l'interd&#233;pendance entre le pouvoir politique et les entreprises m&#233;diatiques. Cette interd&#233;pendance trouve son expression dans une &lt;i&gt;&#171; nouvelle configuration &#187;&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#233;voqu&#233;e r&#233;cemment par Serge Halimi, qui&lt;i&gt; &#171; parach&#232;ve la fusion de quelques composantes de l'&#233;lite&lt;/i&gt; &lt;i&gt;fran&#231;aise : dirigeants &#233;conomiques, faiseurs d'opinion, responsables politique de droite comme de gauche &#8211; pourvu qu'ils soient lib&#233;raux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; L'oligarchie, le Parti socialiste et Bernard-Henri L&#233;vy &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2748.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;BHL&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2670.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zaki La&#239;di&lt;/a&gt; sont parmi les id&#233;ologues de cette fusion. Mais elle a aussi ses hommes de main comme Georges-Marc Benamou. D&#233;f&#233;rent &#224; l'&#233;gard des puissances politiques, &#233;conomiques et &#233;ditoriales qui lui en savent gr&#233;, Benamou est la caricature du personnage de r&#233;seaux qui &#339;uvre &#224; cette int&#233;gration du pouvoir&#8230; et qui en profite. &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt; a r&#233;cemment publi&#233; un article qui analyse la co&#239;ncidence symptomatique de son itin&#233;raire politique avec celui d'une partie de la gauche fran&#231;aise depuis pr&#232;s de vingt-cinq ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Quand la serpill&#232;re de BHL cire les parquets de l'Elys&#233;e &#187;, Le Plan B n&#176;10.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Zoom, ici, sur sa carri&#232;re d'homme de m&#233;dias, symptomatique, elle aussi. Car Benamou est sans doute un acteur, mais c'est d'abord un sympt&#244;me. C'est &#224; ce titre qu'il est &#171; int&#233;ressant &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui suit n'est pas un portrait&#8230; A la diff&#233;rence de celui que &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a publi&#233; le 21 novembre 2007 sous le titre &#171; Georges-Marc Benamou, l'ombre des puissants &#187; : un long article consacr&#233; au parcours du conseiller pour la culture et l'audiovisuel de Nicolas Sarkozy. Comme d'habitude avec les portraits du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ces portraits, on peut lire ici m&#234;me : Vous avez dit &#171; peopolisation &#187; ? (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en th&#233;&#226;tralisant et en r&#233;duisant la politique &#224; un jeu de destins individuels, cet article &#233;vacue la dimension politique du personnage. Comme d'habitude avec &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; les apparences de la puissance ne sont jamais travers&#233;es pour s'int&#233;resser &#224; l'exercice de la puissance en lui-m&#234;me au sein du lieu que l'on est cens&#233; investir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme nous le relevions au sujet d'une s&#233;rie d'&#233;t&#233; consacr&#233;e aux &#171; puissants &#187;.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Ce qui suit n'est pas un portrait, mais une introduction &#224; la sociologie du rouage. Une &#233;tude de cas.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Au service des patrons&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;une formidable nouvelle&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; pour un journal qu'un industriel l'ach&#232;te pour 240 millions d'euros. &#187;&lt;/i&gt; Sur BFM, le 6 novembre 2007, Georges-Marc Benamou se r&#233;jouit du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2751.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rachat des &lt;i&gt;Echos&lt;/i&gt; par Bernard Arnault, premi&#232;re fortune de France&lt;/a&gt;. Cet enthousiasme spontan&#233; fait &#233;cho &#224; la satisfaction du m&#234;me Benamou, il y a presque dix ans, &#224; la suite de l'augmentation de la part du groupe Lagard&#232;re au capital du journal qu'il dirigeait alors, &lt;i&gt;L'Ev&#233;nement du jeudi&lt;/i&gt;. Dans son &#233;ditorial du 21 mai 1998, il annon&#231;ait ainsi en post-scriptum : &lt;i&gt;&#171; Le groupe Lagard&#232;re, par sa filiale Holpa, s'engage pleinement dans &lt;/i&gt;L'Ev&#233;nement du jeudi, &lt;i&gt;en augmentant de 48% &#224; 92% sa part dans notre capital. (&#8230;) Cette implication plus grande du groupe Lagard&#232;re dans &lt;/i&gt;l'Edj &lt;i&gt;est, &#224; l'&#233;vidence, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;une excellente nouvelle&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; pour la p&#233;rennit&#233; et la qualit&#233; de notre journal. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges-Marc Benamou, on le voit, a le go&#251;t des investissements industriels et/ou financiers qui garantissent la &#171; qualit&#233; &#187; de la presse. Conc&#233;dons qu'il a quelques raisons de t&#233;moigner de sa reconnaissance : lui-m&#234;me doit sa carri&#232;re de directeur de journaux &#224; des m&#233;c&#232;nes g&#233;n&#233;reux qui ont soutenu, jusqu'aux naufrages, ses titres syst&#233;matiquement d&#233;ficitaires : Pierre Berg&#233; pour &lt;i&gt;Globe&lt;/i&gt; que Benamou dirigea de 1985 &#224; 1993 puis la famille Lagard&#232;re pour &lt;i&gt;L'Ev&#233;nement du jeudi &lt;/i&gt;de 1997 &#224; 1999, ann&#233;e o&#249; l'hebdomadaire est rebaptis&#233; &lt;i&gt;L'Ev&#233;nement. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois apr&#232;s le renflouement du titre par Lagard&#232;re, &lt;i&gt;Lib&#233;ration, &lt;/i&gt;le 1er juin 1999, &lt;i&gt; &lt;/i&gt;publie un article expliquant que, de nouveau, &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;L'Ev&#233;nement&lt;i&gt; traverse une crise. Une de plus. R&#233;daction d&#233;mobilis&#233;e, ligne &#233;ditoriale floue, ventes moins bonnes que pr&#233;vu (...). La diffusion a d&#233;gringol&#233; de 16,4 % en 1998 par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. (...) Le journal fourmille d'anecdotes sur les couvertures refaites au dernier moment, les articles command&#233;s et jamais parus, la valse des r&#233;dacteurs en chef et des journalistes, le copinage intensif, les chefs de service contourn&#233;s et d&#233;savou&#233;s (...). Outre la pagaille qu'il fait r&#233;gner dans le journal, une partie de la r&#233;daction reproche &#224; Georges-Marc Benamou &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;une &#8220;connivence&#8221; excessive avec certains grands patrons&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et, surtout, une pr&#233;f&#233;rence marqu&#233;e pour le commentaire par rapport &#224; l'information. (&#8230;) l'actionnaire majoritaire &lt;/i&gt;[le groupe Lagard&#232;re] &lt;i&gt;soutient Georges-Marc Benamou contre vents et mar&#233;es. C'est Jean-Luc Lagard&#232;re en personne qui a plaid&#233;, il y a deux ans, pour qu'il soit nomm&#233; &#224; la t&#234;te de la r&#233;daction. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le contact s'est nou&#233; par l'interm&#233;diaire de Bernard-Henri L&#233;vy, proche de l'un et de l'autre.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;On va y revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son &#233;chec &#224; la t&#234;te de cet hebdomadaire qui cesse de para&#238;tre en octobre 1999, la famille Lagard&#232;re reclasse Georges-Marc Benamou comme &#233;ditorialiste dans des m&#233;dias qu'elle contr&#244;le alors : &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Nice Matin &lt;/i&gt; et Europe 1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les quotidiens m&#233;ridionaux ont r&#233;cemment &#233;t&#233; vendus &#224; Hersant.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rappel de ce soutien permanent des puissants permet, incidemment, d'appr&#233;cier &#224; sa juste valeur la le&#231;on du moraliste Benamou qui, dans les colonnes de &lt;i&gt;Nice Matin&lt;/i&gt; le 12 mars 2006, &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; Les jeunes fran&#231;ais veulent, le plus souvent, &#234;tre berc&#233;s par une sorte d'&#233;tat nourricier, protecteur, de la naissance &#224; la mort. A vingt ans, moi, la pr&#233;carit&#233; ne me faisait pas peur&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par L'Oursaint n&#176;9.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Elle l'a m&#234;me toujours rong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serviteur bien servi par ses patrons, Georges-Marc Benamou n'est pas un cas isol&#233;. Avec d'autres, il assume une fonction sociale pr&#233;cise, sans laquelle les relations de connivence ne seraient que des amiti&#233;s personnelles qui n'auraient que des incidences priv&#233;es. C'est &#224; ce titre que Benamou est &#171; int&#233;ressant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au service des sommit&#233;s &#233;ditoriales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a dit : avant de devenir le bouffon de Sarkozy, avant m&#234;me d'&#234;tre le boy de Lagard&#232;re, Benamou &#233;tait &#171; un proche &#187; (comme &#233;crivait &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;) de Bernard-Henri L&#233;vy ; &#224; dire vrai, son homme de main. BHL participe &#224; la cr&#233;ation de &lt;i&gt;Globe&lt;/i&gt; en 1985. Le journal lui servira de tribune permanente jusqu'&#224; sa disparition en 1994.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4331 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH387/BHL_Globe-2-d59b6.jpg?1776735521' width='300' height='387' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1997, redevable au m&#234;me BHL (intime de Jean-Luc Lagard&#232;re) de sa nomination &#224; la direction de &lt;i&gt;L'&#201;v&#233;nement du jeudi&lt;/i&gt;, Georges-Marc Benamou met de nouveau les colonnes de son journal au service de son ma&#238;tre &#224; penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le jeudi 16 octobre 1997, le dernier livre du plumassier (&lt;i&gt;Com&#233;die, &lt;/i&gt;Grasset) est en vente chez les libraires. Ce m&#234;me jour, le magazine de Benamou lui consacre un article de trois pages. Deux semaines plus tard, le 30 octobre, &lt;i&gt;L'&#201;v&#233;nement du Jeudi&lt;/i&gt; publie&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;sous le titre &#171; B.-H.L., d&#233;cid&#233;ment ! &#187; un d&#233;bat qui oppose le point de vue &#233;logieux de Jean-Fran&#231;ois Kerv&#233;an au point de vue critique de Patrice Delbourg. Quelques semaines passent et, en janvier 1998, sous le titre &#171; Bernard-Henri L&#233;vy &#233;crivain de guerre &#187;, l'hebdomadaire consacre une colonne dithyrambique &#224; deux reportages sur l'Alg&#233;rie de BHL publi&#233;s dans &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;en janvier 1998&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Le ridicule n'est pas fr&#244;l&#233;, il est atteint : &lt;i&gt;&#171; Les deux longs papiers publi&#233;s par l'auteur de &lt;/i&gt;la Barbarie &#224; visage humain &lt;i&gt;dans &lt;/i&gt;Le Monde &lt;i&gt;renouent avec la tradition du grand, du tr&#232;s grand journalisme. Ce n'est plus de l'&#233;ditorial, cette forme moderne du sermon, c'est du reportage, ce grand oubli&#233; de nos m&#233;dias. Ils sont de la veine &#224; tout le moins d'un Lucien Bodard ou d'un Pierre-Albin Martel, pour ceux qui se refusent &#224; &#233;voquer &#224; leur propos un Albert Londres ou un Joseph Kessel. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1998, toujours, m&#234;me la r&#233;&#233;dition des vieux livres de BHL mobilise le journal de Benamou. Dans son &#233;dition du 6 ao&#251;t 1998, &lt;i&gt;L'&#201;v&#233;nement du jeudi &lt;/i&gt;consacre un dossier de trois pages &#224; la r&#233;&#233;dition&lt;i&gt; &lt;/i&gt;en poche de &lt;i&gt;L'Id&#233;ologie fran&#231;aise&lt;/i&gt;, chef d'&#339;uvre imp&#233;rissable de Bernard-Henri L&#233;vy, commis en 1981, et qui cherchait &#224; d&#233;montrer que tous les intellectuels fran&#231;ais ou presque avaient &#233;t&#233; fascistes &#8211; m&#234;me quand ils avaient &#233;t&#233; antifascistes. L'essentiel de ce grand dossier d'&#233;t&#233; (deux pages et demi sur trois) est consacr&#233; &#224; un texte de BHL expliquant &#224; quel point son livre de 1981 &#233;tait g&#233;nial. La preuve ? L'opposition qu'il avait rencontr&#233;e, venant selon BHL lui-m&#234;me d'&lt;i&gt;&#171; une sorte de parti, aux fronti&#232;res ind&#233;cises mais assez vaste, puisqu'il va du &lt;/i&gt;D&#233;bat &lt;i&gt;&#224; &lt;/i&gt;Esprit, &lt;i&gt;de l'Action fran&#231;aise, ou de ce qu'il en reste, au Parti communiste et aux r&#233;seaux personnalistes &#8211; un parti donc, ou un axe, qui semble n'avoir d'autre objet que de discr&#233;diter ce livre-d&#233;lit &lt;/i&gt;(...) &#187; Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Jamais je n'ai pens&#233; qu'un livre de moi p&#251;t d&#233;clencher pareille haine &#8211; et si durable. Dix-sept ans apr&#232;s encore, l'orage n'a pas fini de gronder. &#187; &lt;/i&gt;Assez servilement, &lt;i&gt;L'&#201;v&#233;nement du jeudi &lt;/i&gt;confirme alors, sous la plume d'un de ses employ&#233;s, la m&#233;galomanie du grand intellectuel : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;L'Id&#233;ologie fran&#231;aise&lt;i&gt; d&#233;range toujours parce que, plus qu'un livre d'histoire, c'est un livre politique et engag&#233; qui ose &#233;tablir des passerelles dont on s'&#233;tait jusqu'alors bien gard&#233;. Depuis 1981, on pouvait croire la pol&#233;mique apais&#233;e : il n'en est rien&lt;/i&gt; (...)&lt;i&gt;. Ne jamais m&#233;sestimer le travail, forc&#233;ment souterrain, d'un livre comme &lt;/i&gt;L'Id&#233;ologie fran&#231;aise &lt;i&gt;au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvert d'esprit, Georges-Marc Benamou n'a jamais r&#233;serv&#233; ses services au seul Bernard-Henri L&#233;vy. Dans son &#233;ditorial de &lt;i&gt;L'Ev&#233;nement &lt;/i&gt;du 4 f&#233;vrier 1999, &#233;voquant la manifestation anti-Pacs organis&#233;e par Christine Boutin, il d&#233;nonce &lt;i&gt;&#171; une France puritaine et nostalgique d'un XIX&#232;me si&#232;cle idyllique. Justement cette France &#8220; moisie &#8221; que d&#233;non&#231;ait Philippe Sollers dans &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un texte qui restera&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Le 11 mars 2000, sur Europe 1, il encense Guillaume Durand qui a &lt;i&gt;&#171; fait un livre magnifique, qui ressemble &#224; &lt;/i&gt;L'Arrangement &lt;i&gt;d'Elia Kazan &#187;&lt;/i&gt;. Au m&#234;me micro, le 16 septembre 2001, il s'enflamme pour un &#233;ditorial de Jean-Marie Colombani&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; C'est la phrase de la semaine : Nous sommes tous des A-m&#233;-ri-cains ! Elle est de Jean-Marie Colombani, le directeur du journal &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt;. [&#8230;] Elle est parfaite&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce grand moment d'unanimit&#233; &#233;ditorial, lire ici m&#234;me &#171; &#8220;Nous sommes tous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Benamou ne se lasse pas d'admirer tout ce qui brille, m&#234;me en toc. Des amuseurs, autant que des intellectuels. Dans &lt;i&gt;Nice Matin&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations extraites de Nice Matin proviennent de L'Oursaint.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le 10 d&#233;cembre 2006, il confesse : &lt;i&gt;&#171; St&#233;phane Bern a beaucoup de talent. Il est un formidable journaliste et conteur des r&#234;ves europ&#233;ens. Il est un tr&#232;s bon animateur de radio sur France Inter. &#187; &lt;/i&gt;Le 8 avril 2007, dans les m&#234;mes colonnes, il c&#233;l&#232;bre Philippe Bouvard : &lt;i&gt;&#171; On f&#234;tait cette semaine les trente ans de l'&#233;mission de radio la plus populaire de France, les Grosses T&#234;tes, de Philippe Bouvard. On peut &#234;tre accro ou pas, trouver qu'ils ont font trop ou pas dans la gaudriole mais on doit saluer cette v&#233;ritable institution du rire en France. Qui pourrait faire ce que fait Bouvard tous les jours avec ses acolytes ? (&#8230;) Qui pourrait imaginer que Philippe Bouvard soit un jour rempla&#231;able &#187;&lt;/i&gt;. Utile pr&#233;cision : Bouvard et Benamou travaillent alors tous deux &#224; &lt;i&gt;Nice Matin&lt;/i&gt;. Dans le quotidien ni&#231;ois, les flagorneries de Georges-Marc Benamou ne connaissent aucune exclusive. Le 29 avril 2007, par exemple, c'est un sondologue qu'il consacre : &lt;i&gt;&#171; Le vainqueur de ce premier tour, c'est bien s&#251;r Nicolas Sarkozy avec ses 31%... Mais il ne faut pas oublier l'autre vainqueur. Le sondeur qui ne s'est pas tromp&#233; : Pierre Giacometti, de l'institut IPSOS. Comme on dit en langage de turf, il l'avait bien donn&#233;, depuis longtemps, dans cet ordre et avec ces chiffres. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serviteur des petites et grandes c&#233;l&#233;brit&#233;s m&#233;diatique, auxquelles il doit une partie de sa notori&#233;t&#233;, Georges-Marc Benamou n'est pas seulement un admirateur aux go&#251;ts discutables : il est, avec d'autres, un rouage du microcosme dont il contribue &#224; tracer la fronti&#232;re. Au-del&#224; des &#171; id&#233;ologies &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au service du pouvoir politique&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Georges-Marc Benamou est peut-&#234;tre un &#171; homme de convictions &#187;. Mais lesquelles ? Le dernier num&#233;ro de &lt;i&gt;L'Ev&#233;nement&lt;/i&gt; (le 7 octobre 1999), republie, pour le &#171; best of &#187;, une &#233;tude o&#249; Louis Harris interrogeait les Fran&#231;ais afin de savoir si le couscous, le boudin, le beuf-carottes, l'a&#239;oli, la t&#234;te de veau, le gigot, le saumon et le caviar &#233;taient &lt;i&gt;&#171; plut&#244;t de gauche &lt;/i&gt;[les quatre premiers] &lt;i&gt;ou plut&#244;t de droite &lt;/i&gt;[les quatre derniers]&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Appliquons ce test &#224; Georges-Marc Benamou : est-il &#171; plut&#244;t boudin &#187; ou &#171; plut&#244;t caviar &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'en croire, ainsi qu'il l'explique le 12 mars 2007 sur France Inter, Benamou est plut&#244;t de gauche, mais ne d&#233;teste pas le saumon et le caviar. Ce jour-l&#224;, Nicolas Sarkozy a choisi de l'inviter dans le cadre de la matin&#233;e de campagne que lui consacre Nicolas Demorand. Le candidat UMP fait la promotion du r&#233;cent livre de Georges-Marc Benamou, &lt;i&gt;Le Fant&#244;me de Munich, &#171; un livre &#224; mettre entre toutes les mains &#187; &lt;/i&gt;selon Nicolas Sarkozy. &lt;i&gt;&#171; Je reste &#224; gauche &#187; &lt;/i&gt;pr&#233;cise Benamou en faisant l'&#233;loge de Sarkozy. Il r&#233;p&#232;te : &lt;i&gt;&#171; Je suis un homme de gauche et un homme de gauche peut parler et fr&#233;quenter Nicolas Sarkozy. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fr&#233;quentation qui se traduit par l'obtention d'un nouvel emploi : le 16 mai 2007, l'ancien confident de Fran&#231;ois Mitterrand est nomm&#233; &#224; l'Elys&#233;e. L'aboutissement et le sommet de la carri&#232;re du courtisan ? Rien n'est moins s&#251;r puisqu'on pr&#234;te au conseiller l'ambition de devenir pr&#233;sident de France T&#233;l&#233;vision ou de la future holding regroupant l'audiovisuel ext&#233;rieur fran&#231;ais (France 24, RFI, TV5), holding qu'il tente lui-m&#234;me de constituer en tant que charg&#233; de mission&#8230; Dans ses nouvelles attributions, pourtant, la r&#233;ussite de Benamou est comparable &#224; celle qui fut la sienne en tant que directeur de journaux. Ainsi, selon &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt; du 12 novembre 2007, &lt;i&gt;&#171; le projet de Georges-Marc Benamou&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(&#8230;) de cr&#233;er une &#8220;marque ombrelle&#8221; coiffant TV5, France 24 et RFI a suscit&#233; un toll&#233; &#187;&lt;/i&gt;, notamment chez les actionnaires francophones belges, suisses et qu&#233;b&#233;cois de TV5. Ce projet mobilise &#233;galement contre lui &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2701.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les syndicats, notamment ceux de RFI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, sous les ors de la R&#233;publique, Benamou poursuit, son travail d'homme de r&#233;seaux. Petit coursier des uns et des autres, il se d&#233;voue pour favoriser les bonnes relations entre les gouvernants et quelques personnalit&#233;s du monde de la culture, comme lors du d&#233;jeuner r&#233;unissant, &#224; la table de Nicolas Sarkozy, &lt;i&gt;&#171; l'acad&#233;micienne H&#233;l&#232;ne Carr&#232;re d'Encausse, le philosophe Andr&#233; Glucksmann, l'historien Max Gallo, le cin&#233;aste Claude Lanzmann, et l'essayiste et professeur de litt&#233;rature &#224; Paris-VII, Eric Marty &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;du 5 juillet 2007). Il remplit son office en relayant dans les cercles du pouvoir &#8211; aux c&#244;t&#233;s de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la communication (avec laquelle il est en rivalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Georges-Marc Benamou aimerait bien voir ma t&#234;te plant&#233;e sur un piquet et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) &#8211; les int&#233;r&#234;ts des oligarques des m&#233;dias qu'il a longtemps servis. Un travail de lobbying au d&#233;triment du service public, &#233;videmment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me &#171; L'audiovisuel dans le collimateur de la droite &#8220;d&#233;complex&#233;e&#8221; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un travail de lobbying qui embarrasse quand m&#234;me s'il devient trop voyant quand, par exemple, Benamou s'emballe pour la &#171; formidable nouvelle &#187; du rachat des &lt;i&gt;Echos&lt;/i&gt; par Arnault. Au point que, selon &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; du 14 novembre 2007, les maladresses et les sorties de Georges-Marc Benamou agaceraient certains hauts fonctionnaires minist&#233;riels &lt;i&gt;&#171; qui r&#233;clament sa mise en veilleuse &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Homme de main, homme d'influence et homme de r&#233;seaux, le personnage de Georges-Marc Benamou s'&#233;vanouirait alors sur le fond blafard des m&#233;diocrit&#233;s du temps ; un temps dont il &#233;pouse les variations depuis plus de vingt ans en occupant dans l'espace o&#249; se croisent leur repr&#233;sentants la fonction modeste mais utile de portier et de petit porteur de l'interd&#233;pendance des puissances politiques, &#233;conomiques et m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;gory Rzepski&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4342 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/138Benamou.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 115.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un r&#233;cit des plus r&#233;centes, lire &lt;a href=&#034;http://www.bakchich.info/france/2007/10/24/le-courroux-de-benamou-51045&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le courroux de Benamou &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; L'oligarchie, le Parti socialiste et Bernard-Henri L&#233;vy &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://web.archive.org/web/20080207134724/http://www.leplanb.org/medias/quand-la-serpillere-de-bhl-cire-les-parquets-de-l-elysee.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Quand la serpill&#232;re de BHL cire les parquets de l'Elys&#233;e &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Plan B &lt;/i&gt;n&#176;10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ces portraits, on peut lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2542.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vous avez dit &#171; peopolisation &#187; ? (2) : L'art du portrait selon &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme nous le relevions au sujet d'une &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2723.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s&#233;rie d'&#233;t&#233; consacr&#233;e aux &#171; puissants &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les quotidiens m&#233;ridionaux ont r&#233;cemment &#233;t&#233; vendus &#224; Hersant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par &lt;a href=&#034;http://www.loursaint.c.la/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Oursaint&lt;/i&gt; n&#176;9&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce grand moment d'unanimit&#233; &#233;ditorial, lire ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article478.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#8220;Nous sommes tous Am&#233;ricains&#8221; : (2) Les copistes &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les citations extraites de &lt;i&gt;Nice Matin&lt;/i&gt; proviennent de &lt;a href=&#034;http://www.loursaint.c.la/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Oursaint&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Georges-Marc Benamou aimerait bien voir ma t&#234;te plant&#233;e sur un piquet et promen&#233;e dans tout Paris &#187;&lt;/i&gt; aurait expliqu&#233;e la ministre cit&#233;e par &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233; &lt;/i&gt;du 28 novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2731.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'audiovisuel dans le collimateur de la droite &#8220;d&#233;complex&#233;e&#8221; &#187;&lt;/a&gt; ou L'Actualit&#233; des m&#233;dias &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2714.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;60&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2729.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;61&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Christine Ockrent, ministre de la propagande et de la p&#233;dagogie </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Christine-Ockrent-ministre-de-la-propagande-et-de-la-pedagogie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Christine-Ockrent-ministre-de-la-propagande-et-de-la-pedagogie</guid>
		<dc:date>2007-12-03T07:41:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Perais, Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>France 3</dc:subject>
		<dc:subject>Christine Ockrent</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bats audiovisuels</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Marseille</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur une caricature de d&#233;bat d&#233;mocratique...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-de-2007-et-2008-" rel="directory"&gt;Mobilisations de 2007 et 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-3-+" rel="tag"&gt;France 3&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christine-Ockrent-+" rel="tag"&gt;Christine Ockrent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-audiovisuels-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats audiovisuels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jacques-Marseille-+" rel="tag"&gt;Jacques Marseille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; chaque fois que des &#171; r&#233;formes &#187; sont confront&#233;es &#224; des mobilisations sociales, la plupart des pr&#233;tendus arbitres des d&#233;bats audiovisuels tracent le p&#233;rim&#232;tre du politiquement acceptable. Retour sur une &#233;mission particuli&#232;re : &#171; Duel sur la 3 &#187; pr&#233;sent&#233;e par l'infatigable Christine Ockrent, lors des mobilisations de novembre 2007 (18 novembre 2007, France 3).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment prendre acte d'un conflit social en lui donnant la forme d'un d&#233;bat ? &#192; cette question difficile, la r&#233;ponse de Christine Ockrent est simple : en transformant son &#233;mission en fabrique d'illusions. Trois illusions : illusion de d&#233;mocratie, en composant un plateau apparemment &#233;quilibr&#233; ; illusion de neutralit&#233;, en affectant ne poser que des questions ; illusion de p&#233;dagogie, en invitant des &#171; experts &#187; pr&#233;tendument affranchis de toute id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le th&#233;&#226;tre de France 3, la repr&#233;sentation &#8211; une farce ? &#8211; peut commencer. &#192; classer dans le genre apparemment in&#233;puisable des &lt;i&gt;&#171; d&#233;bats vraiment faux ou faussement vrais &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, Sur la t&#233;l&#233;vision, 1996, Raisons d'agir, pp. 32-37.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise en sc&#232;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition du plateau est toujours significative. Ce soir-l&#224;, parmi les sept invit&#233;s, les deux principaux repr&#233;sentaient les deux &#171; camps &#187; : Jacques Marseille, &#233;ditorialiste au &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, &#233;conomiste, historien, &lt;i&gt;face &#224;&lt;/i&gt; Christian Mahieux, secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral du syndicat SUD-Rail. Un grand adepte du lib&#233;ralisme &#233;conomique, partisan des r&#233;formes gouvernementales, et groupie de Nicolas Sarkozy &lt;i&gt;face &#224;&lt;/i&gt; un syndicaliste oppos&#233; &#224; la &#171; r&#233;forme &#187; des r&#233;gimes sp&#233;ciaux. Un duel, comme l'annonce le titre de l'&#233;mission ? Pas du tout. &#192; ces deux invit&#233;s, s'ajoutent deux politiques, apparemment oppos&#233;s puisqu'il s'agit de Manuel Valls (PS) et de Patrick Devedjian (UMP), flanqu&#233;s de deux &#171; jokers &#187; (jokers pour qui ?), Philippe Lemoine (PDG de Laser) et Bernard Brunhes (vice-pr&#233;sident de BPI), tout deux pas vraiment oppos&#233;s &#224; la &#171; r&#233;forme &#187; des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, et confort&#233;s par un &#171; expert &#187;, Jean-Louis Thieriot, biographe de Margaret Thatcher et favorable aux r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parodie de d&#233;mocratie. Christian Mahieux est en r&#233;alit&#233; le seul opposant aux r&#233;formes sur les r&#233;gimes sp&#233;ciaux. Comme il l'expliquera lui-m&#234;me, Manuel Valls (PS &#8211; Parti &lt;i&gt;socialiste&lt;/i&gt;) est en effet, lui aussi, un partisan effr&#233;n&#233; de cette r&#233;forme&#8230; Le face &#224; face est une farce puisqu'une seule personne en affronte six. Six ? Huit, si l'on ajoute les deux journalistes (Christine Ockrent et Jean-Michel Blier) qui ne cachent pas leur attachement pour la r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;mission, Christian Mahieux s'est exprim&#233; pendant 13 minutes et 58 secondes, Jacques Marseille pendant 11 minutes et 37 secondes, Bernard Brunhes : 5'57&#034;, Philippe Lemoine : 3'44&#034;, Jean-Louis Thieriot : 5'41&#034;, Manuel Valls (PS) : 10'21&#034;, Patrick Devedjian : 7'58&#034;. Soit 13 minutes et 58 secondes pour les gr&#232;ves, contre 47 minutes et 18 secondes pour la r&#233;forme. Et si l'on ajoute les 13 minutes de Christine Ockrent et 2 minutes 30 de Jean-Michel Blier, cela fait &lt;strong&gt;79% du temps de discussion partag&#233; entre les sympathisants de la r&#233;forme&lt;/strong&gt;. Robert M&#233;nard (de RSF) peut &#234;tre content : c'est quand m&#234;me mieux que les d&#233;bats que l'on peut lire dans les colonnes du &lt;i&gt;Rodong Sinmun&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Journal des Travailleurs&lt;/i&gt;), le quotidien national Nord-Cor&#233;en !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;guis&#233;e en arbitre de la confrontation, Christine Ockrent penche syst&#233;matiquement du &#171; bon &#187; c&#244;t&#233;&#8230; Bienveillante avec Jacques Marseille, inflexible avec Christian Mahieux, elle demande &#224; ce dernier &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;s'expliquer&lt;/i&gt; alors qu'elle demande au premier &lt;i&gt;d'expliquer&lt;/i&gt;. D'ailleurs c'est &#224; l'&#233;conomiste de service qu'elle donne d'embl&#233;e la parole : &#171; &lt;i&gt;Mais d'abord une question &#224; vous Jacques Marseille&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le timbre de sa voix, la formulation de ses questions, le fond de ses remarques r&#233;v&#232;lent un &#233;vident parti-pris. Quand Mahieux &lt;i&gt;s'explique&lt;/i&gt; sur les cons&#233;quences des gr&#232;ves (&lt;i&gt;&#171; Evidemment que les usagers des transports sont g&#234;n&#233;s quand... &#187;&lt;/i&gt;), Ockrent le coupe : &lt;i&gt;&#171; &#199;a, c'est le moins qu'on puisse dire. Tous les gens qui vont devoir aller bosser demain matin... &#187;&lt;/i&gt; Essayant de &lt;i&gt;s'expliquer&lt;/i&gt;, Mahieux est de nouveau agress&#233; : &lt;i&gt;&#171; Et &#231;a, &#231;a ne vous g&#234;ne pas ? &#187;&lt;/i&gt; Alors qu'il pr&#233;cise que la qualit&#233; du service public de la SNCF, asphyxi&#233;e par la logique de rentabilit&#233;, se d&#233;t&#233;riore, l'animatrice d&#233;couvre et condamne un vrai coupable : &lt;i&gt;&#171; Mais l&#224; franchement, oui d'accord, vous n'arrangez pas la situation. &#187;&lt;/i&gt; Des petites phrases qui nuisent &#224; la clart&#233; d'une explication, et qui influent sur le d&#233;bat. Sans parti-pris, Ockrent ? Quand elle aborde les mobilisations &#224; venir, elle mime un geste du ras-le-bol et s'exclame : &lt;i&gt;&#171; Et l&#224;, les &#233;tudiants et les lyc&#233;ens appellent &#224; manifester jeudi, eux, alors on n'est pas sorti de l'auberge ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propagande &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re arme : l'encadrement du &#171; d&#233;bat &#187;. Une fois le cadre de l'&#233;mission pos&#233;, le &#171; d&#233;bat &#187; peut commencer par le couplet habituel : l'impossibilit&#233; de r&#233;former le pays. Aux yeux illumin&#233;s de nos chers &#171; p&#233;dagogues &#187;, il va de soi qu'il ne peut y avoir de r&#233;forme que lib&#233;rale. Le reste est &#171; archa&#239;sme &#187; et &#171; retour en arri&#232;re &#187;. Taxer le capital pour financer les retraites ne serait pas une r&#233;forme, mais une erreur &#233;conomique. D&#232;s lors, contester une r&#233;forme &lt;i&gt;lib&#233;rale&lt;/i&gt;, c'est rendre &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;r&#233;forme impossible. Ce que le titre de l'&#233;mission - &#171; La r&#233;forme est-elle possible en France ? &#187; - se bornait &#224; laisser entendre est amplement confirm&#233; par son contenu. &#201;mu, Jean-Michel Blier annonce : &lt;i&gt;&#171; Jeudi, la gal&#232;re continue &#187;. &lt;/i&gt;Et il pose la seule question qui vaille : &lt;i&gt;&#171; La r&#233;forme est-elle &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d&#233;cid&#233;ment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;impossible&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; en France ? &#187;&lt;/i&gt; M&#234;me tonalit&#233; dans la pr&#233;sentation de Christine Ockrent : &lt;i&gt;&#171; Pour discuter de la situation sociale dans le pays, et de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la difficult&#233; manifeste&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de r&#233;former en France, j'ai le plaisir d'accueillir&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'animatrice se fait porte-voix du gouvernement (dont son compagnon, Bernard Kouchner, est membre) :&lt;i&gt; &#171; Alors, Xavier Bertrand &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; a dit tout &#224; l'heure que cette r&#233;union &#233;tait un premier pas dans la bonne direction mais que cela supposait &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#233;videmment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; la reprise du travail, d'ici mercredi. &#187;&lt;/i&gt; Qui parle ? La construction de la phrase peut laisser croire que c'est Xavier Bertrand, mais c'est Christine Ockrent qui ajoute le &#171; &#233;videmment &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me arme : les petits faits faux ou biais&#233;s. Impossible &#224; v&#233;rifier en direct, des contre-v&#233;rit&#233;s sont ass&#233;n&#233;es par les intervenants. D'accord sur le fond, les journalistes acquiescent et ne bronchent pas. Quand Jacques Marseille dit et r&#233;p&#232;te &lt;i&gt;&#171; Ce sont les cheminots qui ont l'esp&#233;rance de vie la plus longue apr&#232;s leur d&#233;part &#224; la retraite &#187;, &lt;/i&gt;personne ne le conteste ou ne l'interroge sur une telle affirmation. Pourquoi ? Parce qu'ils n'en savent rien, et la d&#233;sinformation s'accommode tr&#232;s bien de l'ignorance des intervieweurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Jacques Marseille dit qu'il faut financer &lt;i&gt;&#171; 500 000 retrait&#233;s &#187;&lt;/i&gt; cheminots, il grossit le chiffre de 66% puisqu'il n'y en a que 300 000. Quand Ockrent souligne que Sud-Rail &lt;i&gt;&#171; est le deuxi&#232;me syndicat &#224; la SNCF &#187;&lt;/i&gt; derri&#232;re la CGT, elle oublie l'UNSA, deuxi&#232;me depuis 2006. Jubilant devant l'&#339;uvre de Thatcher, elle rappelle, &#224; deux reprises, que celle-ci &#233;tait au pouvoir, &lt;i&gt;&#171; il y a de &#231;a 35 ans &#187;.&lt;/i&gt; Or la Dame de Fer acc&#232;de au poste de Premier Ministre en 1979, et le quitte en 1990, il y a de &#231;a 28 ou 17 ans, c'est selon. Jean-Michel Blier s'extasie devant le Livre Blanc de Rocard, et le date de 1988. Or celui-ci fut publi&#233; en 1991. Dans une autre diatribe, l'animatrice l&#226;che : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Mais le probl&#232;me de Sud, c'est que vous n'&#234;tes pratiquement pas pr&#233;sent dans le secteur priv&#233;.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Donc, votre strat&#233;gie, c'est quoi ? C'est de renforcer vos bastions qui sont essentiellement la SNCF et la RATP&lt;/i&gt; &lt;i&gt;et puis le reste, &#231;a &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;vous est &#233;gal &lt;/strong&gt;et les salari&#233;s du priv&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;c'est pas votre truc alors ? &#187;&lt;/i&gt; Une exag&#233;ration de Christine Ockrent car Sud (et Solidaires dont Sud est une composante) a de nombreux syndicats dans le priv&#233;. L'ignorance d'Ockrent peut rendre hilare, surtout quand elle se propage dans d'autres m&#233;dias. Ainsi, le lendemain (19 novembre) sur Europe 1, Laurent Ruquier l'interroge : &lt;i&gt;&#171; Mais que veut dire SUD ? &#187; &#171; Solidarit&#233; Union des Travailleurs, quelque chose comme &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt; r&#233;pond-t-elle. En fait, &#231;a veut dire &lt;i&gt;Solidaires Unitaires D&#233;mocratiques&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me arme : le recours &#224; l'argument propagandiste. Dans le cas pr&#233;sent : le choc d&#233;mographique contraint &#224; faire travailler les actifs plus longtemps pour financer les retraites. &lt;i&gt;&#171; Comment on paye tout &#231;a, comment on paye tout &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt; s'&#233;nerve &#224; ce sujet Devedjian.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les autres arguments, qu'on les tienne pour fond&#233;s ou pas, ne sont m&#234;me pas mentionn&#233;s. De quoi reste-t-il alors &#224; d&#233;battre ? Nombreux sont ceux pourtant qui affirment que les calculs de nos bons &#171; r&#233;formateurs &#187; sont biais&#233;s. Que disent ces opposants r&#233;duits au silence ? Que les salari&#233;s travaillent pour les inoccup&#233;s (retrait&#233;s, mais aussi demandeurs d'emploi, handicap&#233;s&#8230;) et que le ratio qu'il faut observer n'est pas salari&#233;s/retrait&#233;s, mais salari&#233;s/inoccup&#233;s. Qu'une diminution du nombre de ch&#244;meurs permettrait de r&#233;duire la part qui leur est globalement attribu&#233;e et permettrait d'augmenter le nombre de cotisants pour les retraites. Que le r&#233;el probl&#232;me du financement des retraites est le ch&#244;mage. Etc. Ces contre-arguments d&#233;velopp&#233;s par les gr&#233;vistes n'&#233;tant pas valables aux yeux des experts convi&#233;s dans les m&#233;dias, ils ne sont ni &#233;voqu&#233;s ni discut&#233;s. Ils sont tous simplement m&#233;pris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il suffit &#224; Jacques Marseille d'enregistrer, sans m&#234;me les d&#233;fendre, l'augmentation du nombre d'ann&#233;es de cotisation des salari&#233;s du priv&#233; (1993), puis celle des salari&#233;s du public (2003), pour qu'il ass&#232;ne :&lt;i&gt; &#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Pour &lt;strong&gt;une question de parfait bon sens&lt;/strong&gt;, aujourd'hui, il n'est pas tol&#233;rable, il n'est pas tol&#233;rable qu'une petite partie des Fran&#231;ais continuent de b&#233;n&#233;ficier de ces 37 ans et demi. &#187;&lt;/i&gt; M&#234;me &#171; &#233;vidence &#187; dans la bouche de Manuel Valls (PS) : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Il y a un devoir de v&#233;rit&#233;, on ne reviendra pas vers les 37 annuit&#233;s et demi, c'est &#233;vident et donc cette harmonisation des r&#233;gimes de retraite est indispensable. &#187; &lt;/i&gt;Les salari&#233;s des r&#233;gimes sp&#233;ciaux ont des cotisations plus &#233;lev&#233;es ? Ils ont des pensions plus basses ? Peu importe, il faut qu'ils travaillent comme tout le monde. Il sera temps, un jour, d'augmenter les cotisations des autres salari&#233;s et de baisser les pensions du r&#233;gime g&#233;n&#233;ral, pour harmoniser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complicit&#233; qui r&#232;gne sur ce plateau fait (presque) plaisir &#224; voir. Quand Valls (PS) regrette que son parti n'ait pas fait la r&#233;forme des retraites, il compl&#232;te : &lt;i&gt;&#171; L'opinion soutient l'id&#233;e d'une harmonisation &#224; 40 ans. &#187;&lt;/i&gt; Ce qui &#233;merveille Devedjian : &lt;i&gt;&#171; J'ai du mal &#224; m'opposer &#224; Manuel Valls parce que je le trouve d'une grande honn&#234;tet&#233; et sur les 40 ans, nous sommes d'accord. &#187; &lt;/i&gt;Le choix pour les partisans de la r&#233;forme (soient 8 des 9 personnes pr&#233;sentes est simple. Jacques Marseille le r&#233;sume : &lt;i&gt;&#171; Il n'y a qu'une seule solution : soit de baisser les retraites, soit d'accro&#238;tre les cotisations des actifs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;soit travailler plus longtemps. Travailler plus longtemps, c'est ce que tous les autres font. &#187;&lt;/i&gt; Taxer le capital ? Les profits ? Compter sur la baisse du ch&#244;mage (avec les d&#233;parts &#224; la retraite) pour compenser les effets de la redistribution ? Taxer Jacques Marseille pour chacun de ses passages dans les m&#233;dias ? (On pourrait m&#234;me rembourser la dette publique&#8230;) Les solutions, quoi qu'on en pense, ne manquent pas. Pourquoi ne sont-elles pas mises en d&#233;bat ?&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Et pour couronner le tout, des opinions pol&#233;miques ass&#233;n&#233;es comme des faits scientifiques. Ainsi Jean-Louis Thi&#233;riot : &lt;i&gt;&#171; On a beaucoup plus piti&#233; d'un mineur qui voit son puits ferm&#233; que d'un cheminot &#224; qui on demandera d'arr&#234;ter sa machine &#224; 55 ans. &#187;&lt;/i&gt; Cette rengaine Marseille la ressert : &lt;i&gt;&#171; Quand les cheminots prennent leur retraite &#224; 55 ans en moyenne, ils sont en pleine sant&#233;, ils p&#232;tent le feu. &#187; &lt;/i&gt;Mahieux a beau essayer d'expliquer que les 3/8, que la r&#233;paration des rails dans des endroits inaccessibles, ce n'est pas si facile, il se heurte &#224; des murs de m&#233;pris sur lesquels rebondissent ses paroles. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez dit &#171; Propagande &#187; ? Non : &#171; P&#233;dagogie &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
P&#233;dagogie&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Comme on l'a vu, Mahieux est le seul invit&#233; qui doit &lt;i&gt;s'expliquer&lt;/i&gt;, les autres &#233;tant l&#224; pour &lt;i&gt;expliquer&lt;/i&gt;, et surtout pour &lt;i&gt;faire comprendre&lt;/i&gt;. Faire comprendre la n&#233;cessit&#233; de cette r&#233;forme. Etre de bons p&#233;dagogues en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jacques Marseille, l'expert attitr&#233;, &lt;i&gt;&#171; Il fallait pas n&#233;gocier ! Il fallait pas n&#233;gocier ! &lt;/i&gt;(&#8230;)&lt;i&gt; Vous vous rendez compte le temps qu'on a perdu &#224; vouloir n&#233;gocier, je dis bien n&#233;gocier, parce qu'il n'y avait rien &#224; n&#233;gocier. &#187; &lt;/i&gt;C'est clair ? Pourquoi ne fallait-il pas n&#233;gocier ? Parce que c'&#233;tait pr&#233;vu par Sarkozy dans son programme (et comme il a &#233;t&#233; &#233;lu, son programme l'a &#233;t&#233; aussi&#8230;), mais surtout parce que les Fran&#231;ais &lt;i&gt;&#171; avaient parfaitement &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;compris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; pendant la campagne pr&#233;sidentielle &#187;&lt;/i&gt;. Avant les Fran&#231;ais &#233;taient sots, maintenant ils sont brillants : &lt;i&gt;&#171; En 95, les Fran&#231;ais n'avaient pas encore &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;compris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; l'enjeu des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, aujourd'hui, ils l'ont parfaitement &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;compris.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Ils ont parfaitement &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;compris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; que c'est intol&#233;rable. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&#171; Duel sur la 3 &#187; est une &#233;mission de service public et Christine Ockrent prend &#224; c&#339;ur son m&#233;tier : &#234;tre une animatrice de qualit&#233; consiste &#224; &#234;tre une p&#233;dagogue appliqu&#233;e. Alors que Christian Mahieux essaye de d&#233;velopper son point de vue, elle le fait taire, et se tourne vers Marseille : &lt;i&gt;&#171; Jacques Marseille, &#231;a veut dire que la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;p&#233;dagogie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qui consiste &#224; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;expliquer&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#224; la fois la d&#233;mographie, &#224; la fois la dette publique, &#224; la fois le financement par ce syst&#232;me de r&#233;partition, qui vous le rappeliez, date de 1945, que au fond, il reste des gens de bonne foi, qui &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;n'ont pas compris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &#187; &lt;/i&gt;Puis, quelques minutes plus tard, elle lance un reportage avec une rare neutralit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Alors justement, vous dites que les Fran&#231;ais, que dans leur majorit&#233;, Jacques Marseille, &#224; vous entendre, ont &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;compris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;(&#8230;)&lt;i&gt; C'est ce que va nous rappeler Dominique Rotival : &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la tr&#232;s tr&#232;s difficile p&#233;dagogie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; sur la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;n&#233;cessaire&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; r&#233;forme des r&#233;gimes de retraite. &#187; &lt;/i&gt;M&#234;me impartialit&#233; quand elle s'adresse &#224; Bernard Brunhes : &lt;i&gt;&#171; Le fait que l'opinion, d'apr&#232;s les sondages, est pour le moment hostile &#224; ce mouvement de gr&#232;ve, est-ce que c'est en fonction de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ce progr&#232;s dans la p&#233;dagogie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; comme le disait Jacques Marseille ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Jacques Marseille n'est pas le seul &#224; faire &#339;uvre de p&#233;dagogie. Jean-Louis Thieriot, avocat d'affaires, cadre imm&#233;diatement son intervention : &lt;i&gt;&#171; Dans la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher comme dans la France d'aujourd'hui, la majorit&#233; de l'opinion estimait qu'une r&#233;forme &#233;tait &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;n&#233;cessaire.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Les Fran&#231;ais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ont tr&#232;s bien compris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qu'avec l'allongement de la dur&#233;e de vie, une retraite pour un certain nombre de personnes, favoris&#233;es d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#224; 37 ans au lieu de 40 ans, &#231;a c'&#233;tait inacceptable. &#187; &lt;/i&gt;Et Manuel Valls (PS) en harmonie avec les r&#233;formes du gouvernement : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;L'opposition doit jouer son r&#244;le de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;p&#233;dagogue&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; par rapport aux &#233;volutions de la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, le p&#233;dagogue en chef, Jacques Marseille, avoue qu'il a m&#234;me converti ses parents : &lt;i&gt;&#171; Mes parents cheminots &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ont parfaitement compris,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;c'est quand m&#234;me la preuve que la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;p&#233;dagogie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; peut quand m&#234;me fonctionner. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Le bilan d'une telle &#233;mission est &#233;loquent : c'est une &#233;mission de propagande dans laquelle s'exercent des proc&#233;d&#233;s de censure, d'exclusion, de fabrique de l'opinion. C'est une &#233;mission, qui relaye la vulgate dominante et qui r&#233;duit la pluralit&#233; effective des arguments et des opinions &#224; la portion congrue. Une &#233;mission de service public, d'une &lt;i&gt;apparente&lt;/i&gt; diversit&#233;, qui bafoue les obligations inscrites dans le cahier des charges de France 3 ? Celui-ci indique que la cha&#238;ne se doit d'assurer &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;l'honn&#234;tet&#233;, l'ind&#233;pendance et le pluralisme de l'information ainsi que l'expression pluraliste des courants de pens&#233;e et d'opinion&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; La soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt;[France 3]&lt;i&gt; s'interdit de recourir &#224; des proc&#233;d&#233;s susceptibles de nuire &#224; la bonne information du t&#233;l&#233;spectateur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;cret n&#176;94-813 du 16 septembre 1994 portant approbation du cahier des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons la Reine Christine r&#234;ver &#8211; c'est son dernier bon mot - &#224; la disparation d&#233;finitive des gr&#232;ves dans les transports collectifs : &lt;i&gt;&#171; Voil&#224;, vive la t&#233;l&#233;-transportation, mais nous n'en sommes pas l&#224; ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathias Reymond et Denis Perais&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, 1996, Raisons d'agir, pp. 32-37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;cret n&#176;94-813 du 16 septembre 1994 portant approbation du cahier des missions et des charges de la soci&#233;t&#233; France 3, modifi&#233; par le d&#233;cret n&#176;2002-750 du 2 mai 2002, Chapitre 1, article 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;dias contestables, m&#233;dias contest&#233;s par des &#233;tudiants en lutte</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Medias-contestables-medias-contestes-par-des-etudiants-en-lutte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Medias-contestables-medias-contestes-par-des-etudiants-en-lutte</guid>
		<dc:date>2007-11-30T14:44:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Marie-Anne Boutoleau</dc:creator>


		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Etudiants, lyc&#233;ens</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; Une contestation liberticide et d&#233;nu&#233;e de sens ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-de-2007-et-2008-" rel="directory"&gt;Mobilisations de 2007 et 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Etudiants-lyceens-+" rel="tag"&gt;Etudiants, lyc&#233;ens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les jours qui ont suivi la tenue de la coordination nationale &#233;tudiante &#224; Rennes les 10 et 11 novembre derniers, la plupart des m&#233;dias ont d&#233;plor&#233;, avec un bel unanimisme, l'accueil qui leur avait &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; : un &lt;i&gt;&#171; climat de m&#233;fiance &#187;&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;&#171; climat hostile &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Protestations et condamnations&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le 12 novembre, France 3 Bretagne, &lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; se mettent au diapason pour d&#233;noncer l'interdiction faite aux journalistes d'entrer dans le b&#226;timent de Rennes 2 o&#249; se tenaient les d&#233;bats de la coordination. Dans un article intitul&#233; &#171; M&#233;dias non grata &#224; Rennes-II &#187;, Pierre-Henri Allain correspondant de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;&#224; Rennes s'interroge gravement : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Parano&#239;a ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Posture radicale ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;Et rapporte : &#171; Pour certains &#233;tudiants de la coordination, la presse &#233;tait manifestement ind&#233;sirable ce week-end &#224; Rennes. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ici et par la suite, sauf indication contraire : c'est nous qui soulignons.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4329 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L300xH400/etudiants_Rennes_Nov07-113a3.jpg?1776722965' width='300' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4329 '&gt;&lt;strong&gt;A Rennes
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, &lt;i&gt;Ouest-France &lt;/i&gt;s'y met. Le quotidien r&#233;gional publie un encart de la r&#233;daction : &lt;i&gt;&#171; Insultes, menaces, interventions pour g&#234;ner les interviews, difficult&#233;s &#224; couvrir les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales... A Rennes et &#224; Nantes, des acteurs du mouvement &#233;tudiant cherchent &#224; nous emp&#234;cher de travailler. Heureusement, une grande majorit&#233; d'entre eux n'ont pas cette &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;attitude antid&#233;mocratique.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Le d&#233;bat et les critiques sont normaux. &lt;/i&gt;[sic] &lt;i&gt;Nous ne laisserons personne influencer nos &#233;crits et nos photos. Nous continuerons &#224; informer, en respectant &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;nos principes professionnels, honn&#234;tement et dans l'ind&#233;pendance.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour, son principal concurrent dans l'Ouest de la Bretagne, &lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt;, publie un &#171; point de vue &#187; d'Hubert Coudurier qui, sous un titre qui dit tout - &#171; Refuser le nihilisme conservateur &#187; - fulmine contre la mobilisation et explique : &lt;i&gt;&#171; La &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dictature des glandeurs ou des agitateurs&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qui les emp&#234;chent&lt;/i&gt; [les &#233;tudiants] &lt;i&gt;de travailler appara&#238;t comme la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;survivance de syst&#232;mes totalitaires&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, incongrus au XXI&#232;me si&#232;cle. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La preuve : les m&#233;dias sont malvenus&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; dans des r&#233;unions o&#249; l'on tente d&#233;sormais d'interdire le vote &#224; bulletins secrets. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14, le site &#171; ind&#233;pendant &#187; d'information rennais Rennesinfhonet donne largement la parole aux journalistes. Ceux-ci t&#233;moignent anonymement, &#224; l'instar de ce &lt;i&gt;&#171; journaliste d'un grand m&#233;dia national &#187;&lt;/i&gt; qui d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; C'est une petite minorit&#233; d'extr&#234;me gauche, m&#234;me &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;fasciste d'extr&#234;me gauche&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qui cultive la d&#233;sinformation &#224; des fins de propagande. &#187;&lt;/i&gt; &#171; Fasciste d'extr&#234;me gauche &#187; ? Rennesinfhonet d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; Ce journaliste ne m&#226;che pas ses mots et pourtant il les p&#232;se &#187;&lt;/i&gt; ! Plus loin, le site donne la parole &#224; un &#171; localier &#187; qui &#171; temp&#232;re &#187; : &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas non plus Bagdad mais quand m&#234;me... &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis&#8230; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; para&#238;t !... Le 17 novembre, dans son &#233;dition dat&#233;e du lendemain, le quotidien vesp&#233;ral publie un &#233;ditorial adoss&#233; &#224; un article (et r&#233;ciproquement) : un sermon solennel contre les acteurs des mobilisations sociales, dont nous nous sommes d&#233;lect&#233;s &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2763.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 novembre, l'AFP publie un article de Juliette Collen qui permet de relativiser tous ces cris d'orfraie. Il montre que, dans bien des cas, les rapports entre &#233;tudiant(e)s et m&#233;dias sont beaucoup moins tendus que ne le laissent entendre g&#233;n&#233;ralement les journalistes, que ce n'est pas pire que lors du CPE et que bien souvent les journalistes peuvent faire leur travail normalement. Ce sont pourtant des journalistes de France-Info, d'I-t&#233;l&#233;, de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, de France 3 qui t&#233;moignent. Autrement dit, les m&#234;mes qui se plaignent de &#171; pers&#233;cutions &#187; ailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 novembre, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, encore : le quotidien publie une &#171; analyse &#187; de Luc C&#233;delle destin&#233;e &#224; montrer combien l'analyse faite par les contestataires du contenu de la loi P&#233;cresse &#233;tait fausse. D'o&#249; cette conclusion, sur le rapport &#233;tudiant(e)s/m&#233;dias : &lt;i&gt;&#171; C'est pourquoi, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;pour prot&#233;ger son postulat de d&#233;part&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; - une loi &lt;/i&gt;&#034;qui signifie la privatisation de l'enseignement sup&#233;rieur&#034;&lt;i&gt; -, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;le mouvement est condamn&#233; &#224; la surench&#232;re anti-m&#233;dias qui, d'avance, fournira la seule explication &#224; son &#233;chec possible. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Ce postulat n'est pas tomb&#233; du ciel. Il a &#233;t&#233; m&#233;thodiquement propag&#233; par certains groupes pr&#233;sents en milieu universitaire et dont le point commun est de s'inscrire dans la mouvance de l'ultra-gauche. D'o&#249; la pol&#233;mique sur la &lt;/i&gt;&#034;poign&#233;e d'agitateurs&#034; &lt;i&gt;qui auraient artificiellement b&#226;ti un mouvement, en recourant &#224; son savoir-faire &#233;prouv&#233;. &#187; &lt;/i&gt; L'opposition aux m&#233;dias dominants, pr&#233;texte pour cacher la pr&#233;tendue inconsistance de l'opposition &#224; la &#171; la loi P&#233;cresse &#187; ? Il fallait y penser...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 novembre, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, toujours (mais aussi &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, tous se basant sur des d&#233;p&#234;ches d'agence), nous apprend &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; son site Internet que lors de la coordination nationale &#224; Lille &lt;i&gt;&#171; les journalistes &#233;taient invit&#233;s &#224; rester dans une salle, rebaptis&#233;e par certains jeunes salle de &lt;/i&gt;&#034;quarantaine&#034;&lt;i&gt;. Apr&#232;s quatre heures d'attente sans pouvoir dialoguer avec des membres de la coordination, plusieurs m&#233;dias ont d&#233;cid&#233; de ne pas la couvrir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Le 23 novembre, &lt;i&gt;Ouest-France &lt;/i&gt;r&#233;cidive et cl&#244;t (provisoirement) le bal. Dans un encart intitul&#233; &#171; Inadmissible &#187; en marge d'un article consacr&#233; &#224; la manifestation des &#233;tudiants et des lyc&#233;ens de la veille (et donc tendant &#224; dissocier deux &#233;v&#233;nements intimement li&#233;s), au cours de laquelle les bureaux de Ouest-France ont &#233;t&#233; envahis, la r&#233;daction vilipende ces &lt;i&gt;&#171; quelques dizaines d'&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#233;tudiants surexcit&#233;s&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;et ces &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; manifestants hasardeux &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qui auraient &#233;t&#233; &#171; en qu&#234;te d'un &#034;coup&#034; &#187; &lt;/i&gt;et qui ce faisant &lt;i&gt;&#171; ont mis une d&#233;sagr&#233;able pression sur le personnel d'accueil &#187;. &lt;/i&gt;Le journal proteste :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; cette d&#233;rive porte atteinte &#224; la libert&#233; de la presse. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Dans le m&#234;me num&#233;ro, &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; consacre un article au reportage d'un de ses journalistes dans un amphith&#233;&#226;tre occup&#233; de l'universit&#233; d'Angers, admettant que sa pr&#233;sence avait &#233;t&#233; autoris&#233;e par un vote &#224; main lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez dit &lt;i&gt;&#171; parano&#239;a &#187;&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Informations, d&#233;sinformations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Sur quoi repose cette mobilisation g&#233;n&#233;rale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les m&#234;mes &#171; informations &#187;, dont &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a propos&#233; une premi&#232;re &#171; synth&#232;se &#187;, dans son &#233;ditorial et son article du 18 novembre et qui reviennent en boucle. Les journalistes, &lt;i&gt;&#171; mal vus &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt;, 12 novembre), auraient &#233;t&#233; &lt;i&gt;&#171; agress&#233;s &#187; &lt;/i&gt;(12-13 France 3 Bretagne, lundi 12 novembre 2007) par une &lt;i&gt;&#171; minorit&#233; &#187;&lt;/i&gt; &#233;tudiante. En outre, les membres de la coordination auraient voulu&lt;i&gt; &#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;tout contr&#244;ler &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;de fa&#231;on &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un brin parano&#239;aque&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;parquant&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; les journalistes dans un cercle trac&#233; &#224; la craie. &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 12 novembre). Le bloqueurs refusant toute interview, les journalistes auraient &lt;i&gt;&#171; eu beaucoup de difficult&#233;s &#224; recueillir des t&#233;moignages individuels d'&#233;tudiants &#187;&lt;/i&gt; et se seraient vus opposer que &lt;i&gt;&#171; Tout est dans le tract. &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 18 novembre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur ce sujet, comme sur la mobilisation, ne manquent ni petites b&#233;vues et ni belles entreprises de d&#233;sinformation qui nourrrissent la contestation.&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants dessinent-ils au sol &lt;i&gt;&#171; un petit p&#233;rim&#232;tre dessin&#233; d'un trait figurant un fil barbel&#233; &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 12 novembre) ? &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (qui a rectifi&#233; depuis) d&#233;couvre &#171; &lt;i&gt;Un espace de quelques m&#232;tres carr&#233;s d&#233;limit&#233; par du fil de fer barbel&#233; &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me &#171; Un sermon du Monde contre les acteurs des mobilisations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident de l'universit&#233;, Marc Gontard croit-il voir &lt;i&gt;&#171; des &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;commandos&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; munis de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;battes de base-ball&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;barres de fer&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, cach&#233;s sous le manteau [qui] font r&#233;gner la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;terreur&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et ont un &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;comportement terroriste&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt; ? &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; (14 novembre) rapporte servilement ses propos. Et aussit&#244;t, &lt;i&gt;Le T&#233;l&#233;gramme&lt;/i&gt; d&#233;nonce ces &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;n&#233;osituationnistes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ultraradicaux&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, partisans des th&#232;ses de Guy Debord &#187;&lt;/i&gt;. Gontard parle-t-il de&lt;i&gt; &#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Khmers rouges&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; ? Ce vocabulaire est repris par l'ensemble de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un incendie se d&#233;clare-t-il dans un local de l'Universit&#233; Marc Bloch de Strasbourg ? Les m&#233;dias locaux l'associent &#224; la tenue, au m&#234;me moment, d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (AG) d'&#233;tudiants, certains allant jusqu'&#224; &#233;pouser les accusations totalement infond&#233;es de Val&#233;rie P&#233;cresse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; Journalisme d'insinuation et de r&#233;v&#233;rence contre des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes de Rennes II interdisent-ils l'acc&#232;s au Hall B o&#249; vivent et s'organisent les gr&#233;vistes ? M6 diffuse dans son &#233;mission &#171; 66 Minutes &#187; un reportage &#224; charge qui d&#233;crit l'universit&#233; comme un &lt;i&gt;&#171; camp retranch&#233; &#187;&lt;/i&gt; dans lequel les journalistes sont interdits d'entr&#233;e au point que les reporters du &#171; 66 minutes &#187; se sont sentis oblig&#233;s de s'introduire dans le Hall B pour le filmer en cam&#233;ra cach&#233;e&#8230; le soir de la premi&#232;re &#233;vacuation par les CRS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A voir sur Dailymotion (lien p&#233;rim&#233;).&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que dire encore des &#233;loges dont ont b&#233;n&#233;fici&#233;, dans &lt;i&gt;Les Nouvelles d'Alsace&lt;/i&gt; par exemple, les &#171; Etudiants contre le blocage &#187;, sans qu'il soit clairement indiqu&#233; qu'ils sont une &#233;manation des &#171; Jeunes Populaires &#187; (le mouvement de jeunes de l'UMP, et de l'Uni&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des &#233;tudiants de Strasbourg nous ont communiqu&#233; les informations relatives (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on ne compte plus les informations d&#233;form&#233;es, falsifi&#233;es, voire carr&#233;ment fausses relay&#233;es par la presse, qu'il s'agisse de la mobilisation proprement dite ou de la contestation des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L340xH403/mediacrite_Toulouse-e2acc.jpg?1776722965' width='340' height='403' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-4328 '&gt;&lt;strong&gt;Dans une manifestation &#224; Toulouse
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actions et enjeux&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la protestation de certains &#233;tudiants contre la pr&#233;sence des repr&#233;sentants des m&#233;dias dominants sur le campus de Rennes 2 en lutte ne s'est pas manifest&#233;e sans heurts ni violence, m&#234;me si celle-ci est surtout rest&#233;e verbale. Le plus souvent, ces &#233;tudiants, plus ou moins organis&#233;s, se sont content&#233;s de g&#234;ner le travail des journalistes. A Rennes, notamment, en obstruant leurs objectifs avec un drapeau (noir), en sifflant pendant qu'ils interviewent des gens jusqu'&#224; ce qu'ils arr&#234;tent, en leur criant divers slogans hostiles &#224; la presse dominante ou en d&#233;branchant micros et cam&#233;ras, voire en jetant des &#339;ufs ou des fruits pourris sur les journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'opposition aux m&#233;dias dominants a principalement rev&#234;tu la forme d'actions symboliques, plus ou moins humoristiques. On ne reviendra pas sur l'&#233;pisode des faux barbel&#233;s. Des graffitis et des affiches coll&#233;es dans le Hall B du campus de Rennes 2 t&#233;moignent &#233;galement de cet esprit frondeur. Ainsi cette affiche . &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Face &#224; la d&#233;sinformation, d&#233;rision&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. RDV ce soir Hall B pour un atelier carton -&gt; Montage d'un stand Pol Pot &#8211; vend barres de fer et cocktails Molotov &#224; prix libre (sous r&#233;serve de validation par le comit&#233; de gr&#232;ve) &#187;&lt;/i&gt; (soulign&#233; dans le texte). Au risque, malgr&#233; tout, d'accr&#233;diter ce qu'ils tournent en d&#233;rision ou de d&#233;savouer, malgr&#233; eux, des formes d'action ill&#233;gales, mais qui peuvent &#234;tre l&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dans plusieurs universit&#233;s, des dispositions ont &#233;t&#233; prises pour d&#233;finir de nouveaux rapports aux m&#233;dias. Le d&#233;bat sur la question du rapport aux m&#233;dias est suffisamment important au sein du mouvement pour que des d&#233;cisions aient &#233;t&#233; prises au sein des organes de luttes (AG, comit&#233;s de gr&#232;ve, coordination nationale). &#192; Montpellier 2, les &#233;tudiants ont adopt&#233; en AG une strat&#233;gie selon laquelle les gr&#233;vistes s'adressant aux m&#233;dias s'appellent tous &#171; Robert &#187; ou &#171; Martine &#187; selon leur sexe : ceci afin de lutter contre la personnalisation des luttes (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 22 novembre). &#192; Rennes 2, une commission m&#233;dias cr&#233;&#233;e par le comit&#233; de gr&#232;ve de Rennes dans le semaine qui a suivi la coordination a propos&#233; que les AG d&#233;signent des porte-parole avec mandats imp&#233;ratifs pour parler aux m&#233;dias. En m&#234;me temps, elle a permis la cr&#233;ation d'un journal mural et d'un journal papier de contre-information destin&#233; &#224; diffuser l'information &#233;manant du mouvement en ville et &#224; servir d'&lt;i&gt;&#171; organe de liaison entre les luttes &#187;&lt;/i&gt;, ainsi que d'un site d'information sur le mouvement. Enfin, l'AG du 29 novembre a m&#234;me officiellement d&#233;cid&#233; de mener des actions de contestation des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi non seulement la part de violence proprement dite, pr&#233;sente dans la contestation des m&#233;dias, n'en constitue qu'une faible part, mais, surtout, elle ne vise pas les journalistes en tant qu'individus (m&#234;me si &#8211; et c'est compr&#233;hensible &#8211; ils peuvent la consid&#233;rer comme une agression personnelle), mais leur fonction. Une fonction qu'ils remplissent, parfois sans le vouloir ou s'en rendre vraiment compte, au service de m&#233;dias hostiles au mouvement social dans son ensemble. Car si les journalistes se retrouvent en porte-&#224;-faux vis-&#224;-vis de certains &#233;tudiants, c'est avant tout parce que ceux-ci estiment r&#233;pondre aux agressions dont ils font sans cesse l'objet dans les m&#233;dias dominants. Des m&#233;dias qui, estiment-ils, les insultent &#224; longueur de reportages, d'&#233;ditoriaux et d'articles et font de la propagande contre le mouvement, relayant largement le discours du pouvoir et se portant au chevet de la &lt;i&gt;&#171; majorit&#233; silencieuse &#187;&lt;/i&gt; anti-blocage (&lt;i&gt;Aujourd'hui en France, &lt;/i&gt;10 novembre 2007) ou de &lt;i&gt;&#171; l'opinion [...] majoritairement hostile &#224; la gr&#232;ve &#187;&lt;/i&gt; (&#233;ditorial du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, 18 novembre 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces positions et ces actions, m&#234;me si elles ne sont pas partag&#233;es par l'ensemble des gr&#233;vistes, ont cependant une port&#233;e beaucoup plus grande que ne voudraient le faire croire les m&#233;dias et certains porte-parole m&#233;diatiques du mouvement qui s'emploient &#224; minimiser la contestation du r&#244;le des m&#233;dias dans l'espoir de rester &#171; cr&#233;dibles &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, &#224; l'occasion de la coordination nationale &#233;tudiante qui s'est tenue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malentendus et surdit&#233;s &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, les journalistes ne comprennent pas ou mal les actions men&#233;es contre leur pr&#233;sence sur les lieux de lutte. On peut concevoir qu'ils se sentent agress&#233;s dans leur personne, alors qu'ils ne sont, pour une large part, que les rouages d'un syst&#232;me qui les d&#233;passe. On peut comprendre qu'ils invoquent la marge de man&#339;uvre dont ils disposent parfois ou les diff&#233;rences entre les m&#233;dias : Arte et France 3 ne sont pas M6 ou TF1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un journaliste d'Arte a contact&#233; les syndicats &#233;tudiants de Rennes 2 le 20 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste que le traitement m&#233;diatique des mobilisations sociales n'est pas au-dessus de toute critique. En effet, il n'est pas seulement approximatif (quand il n'est pas mensonger) dans les articles d'information, superficiel ou anecdotique (quand il n'est pas d&#233;pr&#233;ciatif) dans les reportages audiovisuels : il est surtout marqu&#233; par la morgue et le m&#233;pris de la plupart des commentaires. Si chaque journaliste pris individuellement ne peut pas &#234;tre tenu pour responsable des formats impos&#233;s, des &#171; biais &#187; constat&#233;s et des amabilit&#233;s des &#233;ditorialistes-chroniqueurs-pr&#233;sentateurs, aucun ne peut ignorer la partition que joue l'ensemble de l'orchestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le droit d'ing&#233;rence dans les d&#233;lib&#233;rations collectives des &#233;tudiants ainsi que dans le choix de leurs modalit&#233;s de repr&#233;sentation et de leurs porte-parole n'est pas la cons&#233;quence oblig&#233;e du droit d'informer. La pr&#233;sence de journalistes dans des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales (ou des coordinations) et la substitution d'interviews individuelles &#224; l'expression des porte-parole d&#233;mocratiquement d&#233;sign&#233;s sont des formes d'intervention et pas seulement (voire pas du tout) des moyens de recherche de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or aucun article de la presse dominante consacr&#233; &#224; la question des rapports entre m&#233;dias et mobilisations sociales n'a propos&#233; de v&#233;ritable retour sur la responsabilit&#233; sociale des journalistes. Quand &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; consent &#224; l'aborder (le 23 novembre), c'est pour r&#233;duire la contestation contre l'ordre m&#233;diatique &#224; une critique totalement superficielle de Jean-Pierre Pernaut, dont l'auteur de l'article, Rapha&#235;lle Bacqu&#233;, pr&#233;tend qu'elle serait propag&#233;e par les &lt;i&gt;&#171; nouvelles bibles des manifestants &#187; &lt;/i&gt;que seraient&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Agoravox et Indym&#233;dia&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mais pas Acrimed, coupable sans doute du crime de l&#232;se-Le Monde et autres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bref &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; se d&#233;fausse de sa propre responsabilit&#233; et de celle des autres m&#233;dias en pr&#233;sentant comme un bouc &#233;missaire celui qui lui sert de bouc &#233;missaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Timide, tr&#232;s timide ouverture, en revanche, dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du vendredi 16 novembre. Sous le titre &#171; Le blues du reporter, Le Making-Of- les Coulisses de &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; &#187;, Paul Quinio fait &#233;tat du t&#233;moignage d'une reporter du Service soci&#233;t&#233; qui rapporte les propos peu am&#232;nes d'&#233;tudiants de l'Universit&#233; de Saint-Denis et qui &lt;i&gt;&#171; a mal au ventre ou plut&#244;t &#224; son m&#233;tier &#187;&lt;/i&gt; face &#224;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; l'oc&#233;an de m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des m&#233;dias &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; que notre journaliste&lt;/i&gt; vit &lt;i&gt;mal, personnellement &#187;.&lt;/i&gt; Un autre reporter, interdit d'AG &#224; la gare du Nord rapporte les propos d'un cheminot qui affirme notamment que &lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;relaient la politique de Sarkozy &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; nous font tous passer pour des nantis. &#187;&lt;/i&gt; Et Paul Quinio de commenter. &lt;i&gt;&#171; Que dire ? Que faire ? Certainement pas se boucher les oreilles. Juste entendre cette &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;part de radicalit&#233; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d&#233;nonciation antisyst&#232;me&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Et continuer d'aller dans les AG le doute au ventre, meilleure garantie pour d&#233;mentir la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;part de contre-v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de ces propos. &#187;&lt;/i&gt; Une part de contre-v&#233;rit&#233; ? Donc une part de v&#233;rit&#233;&#8230; Mais laquelle ? Il ne s'agirait pas seulement des effets de la &lt;i&gt;&#171; parano&#239;a &#187;&lt;/i&gt; ou de la &lt;i&gt;&#171; posture radicale &#187;&lt;/i&gt; ? Mais alors ? On n'en saura pas plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux r&#233;actions individuelles de journalistes, elles manifestent trop souvent un soutien sans recul &#224; la l&#233;gitimit&#233; de leurs interventions, m&#234;me si les &#233;tudiants mobilis&#233;s pensent qu'elle contrarie leur mobilisation et leur propre droit d'informer. Leur opposer, comme le font souvent les journalistes, le droit de faire leur travail et les contraintes qui p&#232;sent sur lui, c'est m&#233;conna&#238;tre que ce travail est aussi une intervention dans la mobilisation et que ces contraintes menacent tr&#232;s souvent d'en d&#233;former le sens. Des reportages qui ne d&#233;passent gu&#232;re la minute sont illustr&#233;s par des micros-trottoirs de quelques secondes qui certes mettent des noms et des visages sur les id&#233;es, mais au risque de pr&#233;f&#233;rer les visages de &#171; bons clients &#187; aux id&#233;es, elles-m&#234;mes r&#233;duites &#224; la portion congrue, et d'imposer les choix des journalistes &#224; des &#233;tudiants qui cherchent &#224; &#233;viter l' individualisation des luttes collectives et la personnalisation outranci&#232;re de leur mouvement. Ainsi, le refus de la pr&#233;sence des journalistes dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ou sur d'autres lieux de lutte est interpr&#233;t&#233; au mieux comme des entraves au &#171; droit de travailler &#187; , au pire comme des tentatives de manipulation.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'on consent &#8211; ne serait-ce que provisoirement &#8211; &#224; ne pas s'arr&#234;ter sur certaines formes d'action, qui sont loin de faire l'unanimit&#233; parmi les gr&#233;vistes, il faut prendre la mesure des enjeux de cette contestation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle oppose deux droits d'informer : le droit d'informer des journalistes et le droit d'informer des &#233;tudiants mobilis&#233;s. Qui pourrait pr&#233;tendre que le second est moins l&#233;gitime que le premier, quand on sait &#224; quels mauvais traitements (dans les deux sens du terme) sont soumises les mobilisations sociales ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elle oppose deux exigences d&#233;mocratiques : le droit d'&#234;tre inform&#233; du plus grand nombre (dont les journalistes sont ou devraient &#234;tre des m&#233;diateurs) et le droit des &#233;tudiants de faire respecter la d&#233;mocratie interne &#224; leur mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conflits sont l&#233;gitimes et pourraient &#234;tre f&#233;conds&#8230; pour peu qu'on les reconnaisse. Les journalistes hostiles au mouvement &#8211; ils sont nombreux &#8211; pr&#233;f&#232;rent ne rien entendre. D'autres choisissent trop souvent de se r&#233;fugier derri&#232;re leur devoir professionnel, quand ce n'est pas leur mission. On attend avec int&#233;r&#234;t que les uns et les autres nous ouvrent leurs conf&#233;rences de r&#233;daction ou exigent que leurs soient ouverts les conseils d'administration des grands groupes. Et puisque leur droit d'informer est si exigeant, on attend avec int&#233;r&#234;t qu'ils se mobilisent pour imposer le droit d'informer sur les conditions de travail dans les entreprises, dans lesquelles ils ne peuvent entrer qu'avec le consentement des patrons. Curieusement, dans ce dernier cas, on ne parle pas de &#171; blocus &#187; patronal, de &#171; prise en otage &#187; des salari&#233;s ni de &#171; parano&#239;a &#187; des chefs d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Anne Boutoleau&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;et Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Avec les documents et t&#233;moignages fournis par Denis, Mathieu, Pierre, la Section Rennaise de l'Internationale Sardonique, des &#233;tudiants de Rennes 2 en lutte et, &#224; leur corps d&#233;fendant, des journalistes pr&#233;sents sur les campus)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; lire aussi, sur le site d'Acrimed, sur le m&#234;me sujet : - &lt;i&gt;&#192; propos des mobilisations de l'automne 2007 :&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2763.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un sermon du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; contre les acteurs des mobilisations sociales &#187;&lt;/a&gt; &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2768.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Journalisme d'insinuation et de r&#233;v&#233;rence contre des &#233;tudiants en lutte &#187;&lt;/a&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#192;&lt;/i&gt; propos du mouvement &lt;i&gt;dit &#171; anti-CPE &#187; :&lt;/i&gt; &#171; &#034;M&#233;dias casse-toi&#034; : les &#233;tudiants gr&#233;vistes face aux m&#233;dias &#187; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2375.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article 2376.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#8211; et, plus g&#233;n&#233;ralement, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2741.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Se servir des m&#233;dias dominants sans leur &#234;tre asservis ? &#187;&lt;/a&gt; et les articles consacr&#233;s aux rapports aux m&#233;dias. Ainsi que, sur le site du &lt;i&gt;Plan B&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(au sujet du mouvement dit anti-CPE) :&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.leplanb.org/medias/coups-de-pied-dans-le-micro.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Coups de pieds dans le micro &#187;&lt;/a&gt; et les articles sur la mobilisation de 2007 &#224; para&#238;tre dans le prochain &lt;i&gt;Plan B&lt;/i&gt; (n&#176;11), d&#233;but d&#233;cembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ici et par la suite, sauf indication contraire : c'est nous qui soulignons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2763.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Un sermon du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;contre les acteurs des mobilisations sociales &#187;, Annexe&lt;/a&gt;.Le 25 novembre l'auteure de l'article a publi&#233; un erratum dans les colonnes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Une coupe malencontreuse dans l'article &#034;Les AG d'&#233;tudiants se m&#233;fient des m&#233;dias&#034; , publi&#233; dans la &#171; Fabrique de l'info &#187; du Monde dat&#233; 18-19 novembre, a laiss&#233; croire qu'un fil de fer barbel&#233; avait &#233;t&#233; d&#233;roul&#233; &#224; l'universit&#233; Rennes-II pour d&#233;limiter un espace r&#233;serv&#233; &#224; la presse, lors de la r&#233;union de la coordination &#233;tudiante contre la loi P&#233;cresse, le week-end des 10 et 11 novembre. Ce p&#233;rim&#232;tre, figurant un fil de fer barbel&#233;, avait en fait &#233;t&#233; dessin&#233; sur le sol au feutre noir, pr&#233;cision qui manquait dans le texte publi&#233; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;et r&#233;tablie d&#232;s le lundi 19 novembre dans l'&#233;dition disponible en ligne sur notre site Internet). &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2768.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Journalisme d'insinuation et de r&#233;v&#233;rence contre des &#233;tudiants en lutte &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A voir sur Dailymotion (lien p&#233;rim&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des &#233;tudiants de Strasbourg nous ont communiqu&#233; les informations relatives aux m&#233;dias alsaciens.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, &#224; l'occasion de la coordination nationale &#233;tudiante qui s'est tenue &#224; Lille les 24 et 25 novembre, lors de laquelle les journalistes avaient &#233;t&#233; enferm&#233;s dans une pi&#232;ce marqu&#233;e &#171; quarantaine &#187;, la porte-parole de l'Unef, cit&#233;e par &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;du 24 novembre, explique : &lt;i&gt;&#171; L'Unef refuse de cautionner cette ambiance tr&#232;s tendue et tr&#232;s violente &#224; la fois vis-&#224;-vis des d&#233;l&#233;gations des &#233;tudiants et de la presse &#187;&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un journaliste d'Arte a contact&#233; les syndicats &#233;tudiants de Rennes 2 le 20 novembre, soit apr&#232;s la diffusion du reportage consacr&#233; &#224; Rennes 2 sur M6, en se justifiant en ces termes : &lt;i&gt;&#171; je sais la frilosit&#233; de certains vis-&#224;-vis des m&#233;dias... mais ARTE n'est pas M6 ! &#187;&lt;/i&gt; A plusieurs reprises &#233;galement, des journalistes de France 3 (de la r&#233;daction locale notamment) ont soulign&#233; leur &#171; diff&#233;rence &#187;, indiquant qu'eux aussi faisaient gr&#232;ve et se battaient pour un service public de l'audiovisuel de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mais pas Acrimed, coupable sans doute du crime de l&#232;se-&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; et autres m&#233;dias sur cette question.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Touche pas &#224; BHL &#187;, par Ruquier et Finkielkraut</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Touche-pas-a-BHL-par-Ruquier-et-Finkielkraut</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Touche-pas-a-BHL-par-Ruquier-et-Finkielkraut</guid>
		<dc:date>2007-11-28T06:40:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;gory Rzepski, Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Alain Finkielkraut</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard-Henri L&#233;vy</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Val</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Ruquier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment les administrateurs et b&#233;n&#233;ficiaires quasi exclusifs des &#171; d&#233;bats &#187; rendent impossible ou improbable toute discussion v&#233;ritable.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-aventures-de-Bernard-Henri-Levy-" rel="directory"&gt;Les aventures de Bernard-Henri L&#233;vy&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Alain-Finkielkraut-+" rel="tag"&gt;Alain Finkielkraut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Henri-Levy-+" rel="tag"&gt;Bernard-Henri L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Val-+" rel="tag"&gt;Philippe Val&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Ruquier-+" rel="tag"&gt;Laurent Ruquier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une voix dissonante ? C'&#233;tait une de trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un paysage m&#233;diatique satur&#233; par &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2748.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la promotion du r&#233;cent livre de BHL&lt;/a&gt;, l'article paru dans &lt;i&gt;Le Monde diplomatique &lt;/i&gt;de novembre intitul&#233; &#171; L'oligarchie, le Parti socialiste et Bernard-Henri L&#233;vy &#187; fait figure d'exception. Son auteur, Serge Halimi, critique, sur le fond, l'ouvrage d'&lt;i&gt;&#171; un intellectuel au cr&#233;dit entam&#233; mais &#224; la pr&#233;sence m&#233;diatique envahissante &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dissonance qui n'a pas eu l'heur de plaire aux administrateurs du &#171; d&#233;bat &#187; m&#233;diatique puisque, si cette critique a &#233;t&#233; relay&#233;e par l'&#233;mission &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; du 5 novembre 2007 dont Serge Halimi &#233;tait l'un des invit&#233;s, elle n'a &#233;t&#233; discut&#233;e, pour elle-m&#234;me, nulle part ailleurs. Pas m&#234;me par ceux qui se pr&#233;sentent, pourtant, comme des grands amateurs de &#171; d&#233;bat &#187; d&#233;mocratique et qui sont, entres autres, vis&#233;s par cet article ou par d'autres publications de Serge Halimi : BHL soi-m&#234;me&#8230; ou Alain Finkielkraut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une impossible controverse, exemplaire des improbables discussions que pr&#233;tendent, pourtant, souhaiter les administrateurs et b&#233;n&#233;ficiaires quasi exclusifs des &#171; d&#233;bats &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. L'impossible controverse &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
De la tourn&#233;e m&#233;diatique de Bernard-Henri L&#233;vy, nous croyions avoir tout dit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me &#171; BHL, &#233;videmment &#187;.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais &#224; la fin de cette tourn&#233;e, le livre et son auteur ont encore eu droit &#224; quelques &#233;loges (voir en annexe celle de Philippe Val).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard-Henri L&#233;vy sauv&#233; par Finkielkraut (et France Inter)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er novembre, BHL est l'invit&#233; de &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; sur France 2. Laurent Ruquier l'accueille &#224; bras ouverts : &lt;i&gt;&#171; Tout le monde en parle en bien ou en mal mais on en parle. &#187; &lt;/i&gt;En mal ? Nous cherchons encore&#8230; Laurent Ruquier, en tous cas, ne dissimule pas son enthousiasme : &lt;i&gt;&#171; Celui-l&#224;, je n'ai pas votre talent et votre &#233;criture, mais je pourrais signer &#224; la fin. Moi je suis quasi d'accord avec ce que vous &#233;crivez dans ce bouquin. Ah mais alors vraiment ! &#187;&lt;/i&gt; Au cours de l'&#233;mission, seul le chroniqueur Eric Naulleau ose dire ce que nul ne peut ignorer : &lt;i&gt;&#171; Vous n'&#234;tes ni philosophe, ni de gauche &#187;&lt;/i&gt;. Une prise de distance qu'il att&#233;nue quelques instants plus tard : &lt;i&gt;&#171; Il m'arrive d'&#234;tre d'accord avec Bernard-Henri L&#233;vy, et notamment dans le droit d'ing&#233;rence, puisque nous &#233;tions dans le m&#234;me camp du temps de la Bosnie et du Kosovo. &#187;&lt;/i&gt; Bref, une &#233;ni&#232;me &#233;mission de promotion de BHL et de son livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin d'&#233;mission, tout de m&#234;me, Laurent Ruquier mentionne un article du &lt;i&gt;Monde diplomatique &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Un mot quand m&#234;me sur l'attaque du &lt;/i&gt;Monde Diplomatique&lt;i&gt; et de Serge Halimi, qui vous accusent en gros de traiter de nazie toute l'extr&#234;me gauche. Ils &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; font d'ailleurs toute la liste de ceux que vous accusez d'&#234;tre trop extr&#233;mistes et quasiment nazis. Ils vous accusent donc d'aller vers le lib&#233;ralisme, vers le conservatisme aussi, qu'est-ce que vous r&#233;pondez donc ? Ce papier il vous a fait quoi quand vous l'avez lu ? Deux pages enti&#232;res, plus la &#8220; une &#8221; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;R&#233;plique de BHL : &lt;i&gt;&#171; &#199;a c'est formidable, parce que le vrai sujet du papier, c'est pas tellement ce que vous dites, c'est comment &#231;a se fait qu'on consacre autant de place dans les journaux et dans les &#233;missions de t&#233;l&#233;vision, comment &#231;a se fait que tout le monde invite Bernard-Henri L&#233;vy et l'accueille et lui parle de son livre. Et pour dire cela, ils consacrent des pages enti&#232;res de leur propre journal plus leur &#8220; une &#8221;. &#187; &lt;/i&gt;Ruquier :&lt;i&gt; &#171; Donc, ils vous font encore de la pub. &#187; &lt;/i&gt;BHL : &lt;i&gt;&#171; Voil&#224;. Consacrer des pages de son journal &#224; me dire qu'on me donne trop de pages, c'est quand m&#234;me un certain paradoxe. &#187; &lt;/i&gt;Applaudissements. Ruquier : &lt;i&gt;&#171; Vous vous en sortez bien, bravo ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Combl&#233; par la pirouette, le pr&#233;sentateur a oubli&#233; en cours de route la question qu'il avait pos&#233;e et, metteur en sc&#232;ne de grands &#171; d&#233;bats &#187;, ne s'est gu&#232;re &#233;mu de l'absence de r&#233;ponse sur le fond &#224; l'article d'Halimi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bernard-Henri L&#233;vy sauv&#233; par Finkielkraut (et France Inter)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, BHL, confront&#233; &#224; une seule critique sans complaisance, esquive la confrontation. Cette critique isol&#233;e ne sera pas plus discut&#233;e par Alain Finkielkraut qui est pourtant invit&#233; &#224; le faire sur France Inter, le 10 novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, cet autre grand amateur de &#171; d&#233;bats &#187; est l'invit&#233; du &#171; Zapping de France Inter &#187; (une &#233;mission qui revient sur les grands moments de la semaine &#233;coul&#233;e). Le pr&#233;sentateur lui fait entendre un passage de l'&#233;mission &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; du 5 novembre 2007 au cours de laquelle Serge Halimi critique les analyses de Bernard-Henri L&#233;vy, sa m&#233;diatisation, et &#233;voque, notamment, les propos tr&#232;s durs de Corn&#233;lius Castoriadis sur BHL : &lt;i&gt;&#171; Sous quelles conditions sociologiques et anthropologiques, dans un pays de veille et grande culture, un &#8220;auteur&#8221; peut-il se permettre d'&#233;crire n'importe quoi, la &#171; critique &#187; le porter aux nues, le public le suivre docilement &#8211; et ceux qui d&#233;voilent l'imposture, sans nullement &#234;tre r&#233;duits au silence ou emprisonn&#233;s, n'avoir aucun &#233;cho effectif ? (&#8230;) Que cette camelote doive passer de mode, c'est certain : elle est, comme tous les produits contemporains, &#224; obsolescence incorpor&#233;e. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
A l'antenne, Serge Halimi s'appuie notamment sur cette citation pour r&#233;sumer sa position : &lt;i&gt;&#171; Je pense qu'en ce moment, ce &#224; quoi on est en train d'assister, c'est &#224; un climat de &#8220;Thermidor&#8221; intellectuel. (&#8230;) &lt;/i&gt;[C'est-&#224;-dire] &lt;i&gt;le fait de mettre au pinacle un certain nombre d'intellectuels, pas tr&#232;s valoris&#233;s d'ailleurs dans leur zone d'activit&#233; parce que personne parmi les philosophes ne consid&#232;re Bernard-Henri L&#233;vy comme un philosophe, mais qui, du fait qu'il dispose d'un certain nombre de r&#233;seaux, et de r&#233;seaux bien huil&#233;s puisque, apparemment, maintenant il concerne aussi France Inter (&#8230;), peuvent faire la promotion permanente de leur &#339;uvre et en fait mener toujours la m&#234;me initiative, la m&#234;me entreprise qui est de disqualifier la gauche radicale, la gauche de gauche et de promouvoir la gauche lib&#233;rale, la gauche de droite. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Au micro de France Inter, la r&#233;action d'Alain Finkielkraut, confront&#233; &#224; la rediffusion de cet extrait, est stup&#233;fiante. Ce qui dans le cas de Finkielkraut est, en v&#233;rit&#233;&#8230; sans surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir rappel&#233; qu'il a eu, avec Bernard-Henri L&#233;vy, au sujet du r&#233;cent livre de ce dernier, &lt;i&gt;&#171; un d&#233;bat que &lt;/i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;i&gt; a publi&#233; et o&#249; &lt;/i&gt;[leurs]&lt;i&gt; divergences, nombreuses, apparaissaient clairement &#187;&lt;/i&gt;, Finkielkraut consacre l'essentiel de sa fulmination &#224; esquiver toute r&#233;ponse &#224; la critique de BHL par Halimi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re cible ? L'&#233;mission de Daniel Mermet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Que Finkiekraut cherche d'autant plus &#224; accabler que le proc&#232;s en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;i&gt;&#171; Pour ce qui est de l'&#233;mission de Daniel Mermet, je suis absolument frapp&#233; par l'absence de toute d&#233;ontologie journalistique. &lt;/i&gt;[Il mart&#232;le chaque mot.]&lt;i&gt; On a le droit de penser &#231;a de Bernard Henri-L&#233;vy, mais &#224; ce moment-l&#224;, &#224; la radio notamment, on essaye de le lui dire en face. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette le&#231;on de d&#233;ontologie, venant de quelqu'un qui s'est discr&#233;dit&#233; &#224; de nombreuses reprises par son manque de rigueur, sinon de probit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, en 1995, Alain Finkielkraut expliqua dans Le Monde (2 juin 1995), que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qui organise son interminable monologue, m&#234;me en pr&#233;sence de contradicteurs, &#224; l'antenne de France Culture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dernier exemple en date : un &#171; d&#233;bat &#187; sur Pierre Bourdieu.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, t&#233;moigne d'une singuli&#232;re conception du &#171; d&#233;bat &#187; : comme si celui-ci ne pouvait avoir lieu que dans une m&#234;me &#233;mission, sans tenir compte de la formidable disproportion des conditions d'expression entre une star des m&#233;dias comme BHL et n'importe lequel de ses contradicteurs &#233;ventuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les termes de ces &#171; voyous &#187; qu'il abhorre (&#171; &lt;i&gt;on essaye de le lui dire en face&lt;/i&gt; &#187;&#8230;), Alain Finkielkraut reformule donc la r&#232;gle ordinaire du &#171; d&#233;bat &#187; m&#233;diatiquement administr&#233; tel qu'il le pratique : le m&#234;me, toujours, face &#224; un autre, occasionnellement. Et ce dernier se voit intimer un ordre : &#171; Viens, viens, &#231;a va &#234;tre ta f&#234;te ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur France Inter, Finkielkraut poursuit sa diatribe en d&#233;non&#231;ant, &#224; grand renforts de d&#233;formations, le refus de d&#233;bats&#8230; qu'il rend lui-m&#234;me impossibles.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;coute Monsieur Le Procureur :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt;
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&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Et on lit pos&#233;ment l'acte d'ex-communication :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Le propos de Daniel Mermet, c'est de d&#233;noncer les ennemis sans jamais leur donner la parole. Lorsqu'il a d&#233;fendu Tariq Ramadan, apr&#232;s que celui-ci ait fait une liste d'intellectuels communautaristes tous juifs &#224; l'exception de Taguieff - mais il croyait qu'il &#233;tait juif -, &#231;a avait cr&#233;&#233; de l'&#233;moi. Daniel Mermet avait d&#233;fendu Tariq Ramadan &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; dans une &#233;mission o&#249; il n'avait invit&#233; que des gens qui lui &#233;taient favorables &lt;/i&gt;[re-sic]&lt;i&gt;, dont Jos&#233; Bov&#233; et Daniel Bensa&#239;d, et une jeune femme qui essayait de dire que peut-&#234;tre &#233;tait-il un peu misogyne, mais sa voix avait &#233;t&#233; tr&#232;s vite &#233;touff&#233;e. C'est comme &#231;a que fonctionne quotidiennement cette &#233;mission. Et un mot nous explique pourquoi. C'est un mot effrayant : Thermidor. Bernard Henri-L&#233;vy serait thermidorien. Alors faisons un peu d'histoire : Thermidor a mit fin &#224; la Terreur. Je ne suis pas thermidorien, mais ceux qui consid&#232;rent, qui font de Thermidor une cat&#233;gorie, sont des nostalgiques de la Terreur. Ce sont des robespierristes. Ils ne peuvent pas couper les t&#234;tes, ils n'en ont pas absolument les moyens, donc ils les coupent imaginairement dans des &#233;missions qu'ils leur consacrent, parce que pour eux, la politique, c'est comme le pensait Robespierre, la guerre de l'humanit&#233; contre ses ennemis : on n'invite pas les ennemis de l'humanit&#233;, on les injurie. Que cela ait lieu sur le service public n'honore pas le service public. Et je dirai un dernier mot, un dernier mot sur Castoriadis : j'ai &#233;t&#233; l'ami de Castoriadis. Et simplement, Castoriadis en effet pouvait &#234;tre tr&#232;s s&#233;v&#232;re. Mais qui &#233;taient ses amis ? C'&#233;taient des gens qui ne pensaient pas comme lui, c'&#233;tait Pierre Manent, c'&#233;tait Philippe Raynaud, c'&#233;tait Luc Ferry, des gens avec lesquels il se disputait jusqu'&#224; trois heures du matin. Jamais ces gens-l&#224; n'auront l'honneur d'une citation au &lt;/i&gt;Monde Diplomatique&lt;i&gt; ou chez Daniel Mermet, sauf pour &#234;tre injuri&#233;s. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Donc je retire &#224; Serge Halimi le droit de se r&#233;clamer de Castoriadis&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, et j'ajoute pour finir que j'ai essay&#233; de l'inviter, moi, Serge Halimi, &#224; mon &#233;mission, lorsqu'il avait fait &lt;/i&gt;Les nouveaux chiens de garde&lt;i&gt;, il n'est pas venu. Jamais ces gens-l&#224; ne parlent avec des gens qui ne pensent pas comme eux. Ils les injurient, c'est tout ce qu'ils font. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;II. D'improbables &#171; d&#233;bats &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Que Finkielkraut (comme BHL) soit un excommunicateur professionnel qui bannit de la communaut&#233; d&#233;mocratique ceux-l&#224; m&#234;mes avec qui il pr&#233;tend &#171; d&#233;battre &#187; n'a rien de surprenant. Mais qu'aveugl&#233; sur lui-m&#234;me par la lumi&#232;re qu'il diffuse, il ne voit pas qu'il guillotine (verbalement &#8230;) ceux qui ne partagent pas ses fulgurantes analyses n'est pas seulement un sympt&#244;me avant-coureur d'une c&#233;cit&#233; grandissante : ses propos sont le sympt&#244;me de maux plus profonds qui rendent improbables, voire impossibles les &#171; d&#233;bats &#187; qu'administrent ces pr&#233;tendus adorateurs de &#171; d&#233;bats &#187;. Le plaidoyer de Finkiekraut est leur Manifeste. Il m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
1) Ils ne discutent pas les arguments&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Comment proc&#232;de Alain Finkielkraut ? Comme BHL dans l'&#233;mission de Laurent Ruquier, il &#171; r&#233;plique &#187; &#224; c&#244;t&#233;. Ruminant sans cesse les m&#234;mes d&#233;testations, il laisse la critique de Serge Halimi sans r&#233;ponse pour s'en prendre d'abord &#224; l'&#233;mission de Daniel Mermet, puis &#224; Serge Halimi. Les arguments ne sont jamais examin&#233;s pour eux-m&#234;mes et le &#171; d&#233;bat &#187; est syst&#233;matiquement le pr&#233;texte au ressassement des m&#234;mes condamnations aussi sommaires que d&#233;finitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de nouveau sous le soleil, en effet. En 1997, d&#233;j&#224;, dans une tribune publi&#233;e par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (&#171; Le monde de la haine et des slogans &#187;, le 12 d&#233;cembre 1997), le m&#234;me essayiste s'en &#233;tait pris &#224; Serge Halimi &#224; l'occasion de la parution de la premi&#232;re &#233;dition des &lt;i&gt;Nouveaux chiens de garde&lt;/i&gt;. Il &#233;crivait alors : &lt;i&gt;&#171; La pens&#233;e unique est un vrai sujet, ainsi d'ailleurs que la triste exception fran&#231;aise du copinage g&#233;n&#233;ralis&#233;, mais au lieu de le traiter, Serge Halimi accomplit dans &lt;/i&gt;Les Nouveaux chiens de garde&lt;i&gt; le prodige r&#233;tro de constituer tous les non-marxistes de France en serviteurs du Grand Capital. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, lors des &#171; rencontres de P&#233;trarque &#187; diffus&#233;es par France Culture le dimanche 15 ao&#251;t 1999, Alain Finkielkraut expliquait, au sujet du m&#234;me livre, qu'&lt;i&gt;&#171; il existe aujourd'hui une critique totalitaire du conformisme m&#233;diatique. Le conformisme m&#233;diatique existe mais il m&#233;rite une critique d&#233;mocratique. &#187; &lt;/i&gt;Cette critique d&#233;mocratique, huit ans plus tard, on l'attend toujours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Comme le soulignait Jacques Bouveresse en 1999 : &lt;i&gt;&#171; Finkielkraut s'est scandalis&#233; que l'on puisse utiliser &#224; nouveau une expression comme &#8220;chiens de garde&#8221;, parce qu'il n'y a plus, selon lui, que des marxistes sectaires qui puissent avoir l'id&#233;e de le faire. (&#8230;) Comme la pens&#233;e unique, le copinage lui semble un vrai sujet et il pense que Serge Halimi ne l'a pas trait&#233;. Mais, dans ce cas, qu'est-ce qui l'emp&#234;che de le faire lui-m&#234;me ? Il dispose s&#251;rement d'une exp&#233;rience de tout premier ordre dans ce domaine et le r&#233;sultat ne manquerait pas d'&#234;tre au plus haut point int&#233;ressant. Mais j'ai bien peur que le copinage g&#233;n&#233;ralis&#233; ne fasse surtout partie de ces choses abstraites que l'on doit toujours mentionner en passant, pour montrer que l'on sait &#224; quoi s'en tenir, mais qui ne m&#233;rite jamais que l'on s'y attarde concr&#232;tement. &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Prodiges et vertiges de l'analogie&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 1999, pp. 123-124)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Ils injurient et ils affabulent&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; J'ai essay&#233; de l'inviter, moi, Serge Halimi, &#224; mon &#233;mission, lorsqu'il avait fait &lt;/i&gt;Les nouveaux chiens de garde&lt;i&gt;, il n'est pas venu. Jamais ces gens-l&#224; ne parlent avec des gens qui ne pensent pas comme eux. Ils les injurient, c'est tout ce qu'ils font. &#187;&lt;/i&gt; Ces reproches sont prof&#233;r&#233;s par quelqu'un dont le sens de la mesure et le calme olympien sont l&#233;gendaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; quoi rimerait la discussion avec quelqu'un qui commence par vous d&#233;finir comme un &#171; nostalgique de la Terreur &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa tribune publi&#233;e par &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;en 1999, Finkielkraut expliquait d&#233;j&#224; : &lt;i&gt;&#171; Quand l'imposture totalitaire a fini par &#233;clater, j'ai cru qu'une &#233;poque se terminait et que l'intelligentsia entrait dans l'&#232;re de la d&#233;lib&#233;ration, de l'&#233;change d'arguments et des d&#233;saccords civilis&#233;s. Je r&#234;vais. &#187;&lt;/i&gt; Alain Finkielkraut surestimait surtout sa propre capacit&#233; &#224; faire son entr&#233;e dans cette &#171; nouvelle &#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel sens y aurait-il &#224; d&#233;battre avec quelqu'un qui voit en vous un supp&#244;t intellectuel du totalitarisme pass&#233; et, surtout, &#224; venir ? C'est le m&#234;me Finkielkraut qui dans la revue &lt;i&gt;M&#233;dias, &lt;/i&gt;en septembre 2004, proclamait : &lt;i&gt;&#171; Serge Halimi ne peut pas pratiquer autre chose que l'insulte : &lt;/i&gt;Les nouveaux chiens de garde&lt;i&gt;, comme leur nom &#233;l&#233;gant l'indique, sont &#224; la fois des ignorants &#8211; la v&#233;rit&#233; est progressiste &#8211; et des m&#233;chants, puisqu'ils mettent leur talent purement rh&#233;torique au service de l'injustice et de l'oppression. Le totalitarisme ne commence pas avec &#8220;Big Brother&#8221;, il faut bien une pens&#233;e qui nous m&#232;ne &#224; lui. Or, cette pens&#233;e, c'est pr&#233;cis&#233;ment la division de l'humanit&#233; en deux blocs. Au bout du compte, l'humanit&#233; v&#233;ritable est r&#233;serv&#233;e &#224; un seul camp, et nous ne sommes rien d'autre que les ennemis du genre humain &#187;&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Finkielkraut ne se rend m&#234;me pas compte qu'il d&#233;nonce d'abord &#8211; exception faite, peut-&#234;tre, de la lutte contre l'oppression &#8211; sa propre rh&#233;torique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui insulte ? Qui partage l'humanit&#233; en deux blocs ? Entre les doux amis de la d&#233;mocratie et les m&#233;chants fourriers du totalitarisme ? Qui insulte qui ? Quels sont les propos insultants dans l'extrait de l'&#233;mission &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; ? Quels sont-ils dans l'article du &lt;i&gt;Monde diplomatique &lt;/i&gt; ? Si le moindre trait pol&#233;mique est une insulte, alors que dire des charges pol&#233;miques et du m&#233;pris &#233;crasant dont abusent &#224; longueur d'antennes et de colonnes de pr&#233;tendues victimes que l'on entend et lit partout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire de la d&#233;sinvolture d' Alain Finkielkraut laissant Jean-Claude Milner qualifier d'antis&#233;mite un livre de Pierre Bourdieu et de Jean-Claude Passeron puis proposant un &#171; d&#233;bat &#187; sur cette grande question avant de se r&#233;tracter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Nouvelle insanit&#233; contre Bourdieu : Finkielkraut propose d'en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire aussi de la d&#233;sinvolture de Bernard-Henri L&#233;vy qui peut inventer des citations comme &#171; synarchies new-yorkaises &#187; et les attribuer au &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;, pour les besoins de sa d&#233;monstration et de sa promotion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me &#171; BHL, &#233;videmment &#187;.&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Faut-il tenir pour n&#233;gligeables les amalgames qui transforment en nazis tous ceux qui ne s'agenouillent pas devant le mausol&#233;e que BHL se construit pour l'habiter de son vivant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune injure, aucun m&#233;pris, aucune bassesse sous la plume de BHL ? Il suffit de le lire (p.196 de &#171; ma bible &#187;) : &lt;i&gt;&#171; Et puis &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;chez les &#233;pigones&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;enfin, chez &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les tout petits bourdivins&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, disciples trop press&#233;s d'une &#8220;pens&#233;e critique&#8221; o&#249; ils croient que critique veut dire d&#233;testation ou d&#233;lation, chez ces courri&#233;ristes approximatifs d'une idiotisme altermondialiste griff&#233; &lt;/i&gt;Monde diplo&lt;i&gt; qui semblent sinc&#232;rement persuad&#233;s que &#171; philosophie du soup&#231;on&#8221;, dans les textes de leurs ma&#238;tres, signifiait &#8220;philosophie de juges d'instruction et de flics&#8221;, chez ces cyniques qui, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;n'en &#233;tant pas &#224; une bassesse pr&#232;s vont jusqu'&#224; insulter le cadavre de Paul Nizan en d&#233;tournant le titre et le sens de ses Chiens de garde&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et tentant de s'emparer du bel esprit de col&#232;re qui y s&#233;vissait, chez les &#233;pigones, donc, cette notion de &#8220;connivence&#8221; qui gardait encore, chez Bourdieu, un semblant de signification structurale d&#233;g&#233;n&#232;re un peu plus et se d&#233;grade comme sous l'empire d'une entropie qui s'acc&#233;l&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; BHL ne s'abaisse m&#234;me pas &#224; citer le nom de quelqu'un qui insulterait &lt;i&gt;&#171; le cadavre de Paul Nizan &#187;&lt;/i&gt; : un bel exemple de &#171; d&#233;saccord civilis&#233; &#187;, comme dirait Finkielkraut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retenons nos larmes. Mais appr&#233;cions &#224; sa juste valeur la biens&#233;ance commune &#224; nos excommunicateurs : quand l'un prive Halimi du &lt;i&gt;&#171; droit de se r&#233;clamer de Castoriadis &#187;&lt;/i&gt;, l' autre lui interdit de se r&#233;clamer de Paul Nizan ! Et quand l'un comme l'autre attribuent &#224; leurs contestataires les filiations de leur choix ? Totalitaires, forc&#233;ment. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
3) Ils racontent n'importe quoi&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'&#233;vocation de Castoriadis fournit en outre &#224; Finkielkraut l'occasion de r&#233;futer un argument par un t&#233;moignage. Quand Serge Halimi cite un texte tr&#232;s pr&#233;cis, tr&#232;s long et tr&#232;s argument&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte est disponible sur le site pierre-vidal-naquet.net &#224; la suite de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Finkielkraut lui oppose son amiti&#233; personnelle pour Corn&#233;lius Castoriadis, et s'en pr&#233;vaut pour prendre la d&#233;fense de leurs amis communs : &lt;i&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; l'ami de Castoriadis. Et simplement, Castoriadis en effet pouvait &#234;tre tr&#232;s s&#233;v&#232;re. Mais qui &#233;taient ses amis ? C'&#233;taient des gens qui ne pensaient pas comme lui, c'&#233;tait Pierre Manent, c'&#233;tait Philippe Raynaud, c'&#233;tait Luc Ferry, des gens avec lesquels il se disputait jusqu'&#224; trois heures du matin. Jamais ces gens-l&#224; n'auront l'honneur d'une citation au &lt;/i&gt;Monde Diplomatique&lt;i&gt; ou chez Daniel Mermet, sauf pour &#234;tre injuri&#233;s &lt;/i&gt;[sic]. &lt;i&gt;Donc je retire &#224; Serge Halimi le droit de se r&#233;clamer de Castoriadis. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art avec lequel Alain Finkielkraut transforme la moindre anecdote en le&#231;on de morale lui tient lieu de philosophie. Mais n'est pas Montaigne qui veut ! &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Ni Inquisiteur qui tente de l'&#234;tre, quand il s'efforce de d&#233;tecter le &#171; signe du diable &#187; pour condamner les sorci&#232;res : &lt;i&gt;&#171; C'est un mot effrayant : Thermidor. Bernard Henri-L&#233;vy serait thermidorien. Alors faisons un peu d'histoire : Thermidor a mis fin &#224; la Terreur. Je ne suis pas thermidorien, mais ceux qui consid&#232;rent, qui font de Thermidor une cat&#233;gorie, sont des nostalgiques de la Terreur. Ce sont des robespierristes. Ils ne peuvent pas couper les t&#234;tes, ils n'en ont pas absolument les moyens, donc ils les coupent imaginairement dans des &#233;missions qu'ils leur consacrent, parce que pour eux, la politique, c'est comme le pensait Robespierre, la guerre de l'humanit&#233; contre ses ennemis : on n'invite pas les ennemis de l'humanit&#233;, on les injurie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans revenir aux manuels d'Histoire pour lyc&#233;ens dont Alain Finkielkraut tourne les pages avec des moufles, il suffit de remarquer que c'est lui-m&#234;me qui transforme Thermidor en &#171; cat&#233;gorie &#187;, alors qu'il s'agit plus simplement d'une expression qui d&#233;signe les involutions r&#233;actionnaires qui remettent en cause les conqu&#234;tes de l'&#233;galit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et qu'appellent de leur v&#339;u, par exemple, certains commentateurs m&#233;diatiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui construit la &#171; cat&#233;gorie &#187; des &lt;i&gt;&#171; robespierriste &#187;&lt;/i&gt; qui &lt;i&gt;&#171; coupent imaginairement &lt;/i&gt;[des t&#234;tes] &lt;i&gt;dans des &#233;missions &#187;. &lt;/i&gt;Ce qui a, &#224; peu pr&#232;s, autant de sens que de constituer en antis&#233;mites ceux qui critiquent la politique d'Isra&#235;l, comme le fait en permanence Finkielkraut, pr&#233;f&#233;rant, sur ce sujet comme sur tant d'autres, &lt;i&gt;&#171; l'enflure &#224; la mesure et, pour tout dire, le mensonge &#224; la v&#233;rit&#233; &#187;&lt;/i&gt; ainsi que l'&#233;crit S&#233;bastien Fontenelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Position du penseur couch&#233;. R&#233;pliques &#224; Alain Finkielkraut, Priv&#233;, 2007, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours prompt &#224; attribuer &#224; autrui les passions tristes qui l'animent et &#224; s'affranchir des r&#232;gles minimales qui garantissent la probit&#233; et l'&#233;quilibre de l'argumentation, Alain Finkielkraut d&#233;samorce par avance la possibilit&#233; m&#234;me d'une discussion rationnelle. &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
4) Ils b&#233;n&#233;ficient toujours du dernier mot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Mais enfin, et surtout, ce qui rend presque impossible tout d&#233;bat rationnel avec ceux qui les administrent &#224; leur profit quasi exclusif, c'est que l'apparence d'une distribution &#233;quitable de la parole (fond&#233;e sur l'existence de quelques &#171; niches &#187; conc&#233;d&#233;es &#224; ceux qui les contestent) n'est, pr&#233;cis&#233;ment, qu'une apparence : s'en tenir &#224; cette apparence, ce serait oublier tout ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233; et qui a contribu&#233; &#224; imposer comme des &#233;vidences les sch&#233;mas de pens&#233;e et de discours de personnages comme BHL ou Finkielkraut&#8230; et leur omnipr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur statut de &#171; bons clients &#187; leur vaut une telle fr&#233;quence d'invitations qu'ils auront, dans les m&#233;dias qui les consacrent, toujours le dernier mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin de son passage sur France Inter, Alain Finkielkraut s'exprimait dans sa tribune permanente : &#171; son &#187; &#233;mission, &#171; R&#233;pliques &#187; sur France Culture. Et le lendemain, il &#233;tait l'invit&#233; de Christine Ockrent dans &#171; Duel sur la 3 &#187; sur France 3. Lors de cette &#233;mission, sans insulter et en examinant dans le d&#233;tail les revendications des &#233;tudiants, il expliquait :&lt;i&gt; &#171; C'est un mouvement path&#233;tique. Ils militent comme si la clochardisation des universit&#233;s allait faire leur salut. Un mouvement s&#233;nile&lt;/i&gt; [...],&lt;i&gt; un mouvement odieux parce qu'il entre en politique par la voie de l'intimidation. &#187;&lt;/i&gt; Enfin, le m&#234;me jour, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(&#233;dition dat&#233;e du 11 d&#233;cembre) consacrait un grand entretien &#224; Paul Thibaud&#8230; et Alain Finkielkraut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, alors que Bernard-Henri L&#233;vy a joui d'une campagne m&#233;diatique exceptionnelle, et que les critiques lui furent toutes favorables, la seule contradiction est emport&#233;e par le vent des &#171; d&#233;bats &#187; de plateaux et de studios.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui nous dira quels d&#233;bats sont possibles dans de telles conditions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler et Gr&#233;gory Rzepski (avec Antoine, Mathias et Ricar).&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Annexe : &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La nouvelle groupie de Bernard-Henri L&#233;vy, Philippe Val, apr&#232;s avoir salu&#233; son livre dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, se sent oblig&#233; de lui frictionner les souliers, lors de la venue de son idole sur Paris Premi&#232;re (&#171; &#231;a balance &#224; Paris &#187;, 4 novembre) : &lt;i&gt;&#171; C'est un livre qui propose d&#233;j&#224; une analyse des probl&#232;mes philosophiques de la gauche actuelle, et des marqueurs &#224; partir desquels on peut dire, on peut affirmer que la gauche et la droite c'est pas pareil. En quelque sorte c'est un bouquin de philosophie politique, Bernard-Henri L&#233;vy est un philosophe, il fait son travail de philosophe. &#187;&lt;/i&gt; Pour ceux qui, il y a quelques ann&#233;es encore, pensaient, avec Philippe Val, que BHL &#233;tait &lt;i&gt;&#171; le Aim&#233;e Jacquet de la philosophie &#187;&lt;/i&gt;, il y a de quoi &#234;tre surpris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Par ailleurs,&lt;/i&gt; continue l'adulateur, &lt;i&gt;on lui a reproch&#233; de d&#233;finir ce que c'&#233;tait que la gauche &#224; partir notamment de Mai 68, de la colonisation, de l'affaire Dreyfus et de Vichy. &#8220;Oui, mais l&#224; dedans o&#249; est le social ?&#8221;, on va dire hein : &#8220;la gauche c'est aussi le social&#8221;&#8230; Mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#231;a va de soi que c'est aussi du social la gauche&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Et c'est un mauvais reproche qu'on fait &#224; Bernard-Henri L&#233;vy parce que je pense que ces quatre marqueurs sont vraiment essentiels, tr&#232;s importants, il ne faut pas qu'il en manque un pour pouvoir avoir une pens&#233;e de gauche&#8230; &#187; &lt;/i&gt;Pourtant, m&#234;me pour l'aile droite du PS, dans les critiques qu'ont sign&#233;es (pour &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;ou le &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt;) ses cadres (Manuel Valls, Pierre Moscovici), le livre de BHL p&#234;che de ne pas aborder le social. Et Val de r&#233;pliquer en reprenant... l'argument utilis&#233; comme un refrain par Bernard-Henri L&#233;vy quand il est interrog&#233; sur ce point : &lt;i&gt;&#171; C'est important et il parle aussi du social dans un chapitre assez d&#233;cisif sur la banlieue, sur la banlieue l&#224; o&#249; il se d&#233;marque de tous ses anciens amis, qui sont peut-&#234;tre encore ses amis d'ailleurs, mais il se d&#233;marque de ses compagnons de route qui sont tous pass&#233;s chez Sarkozy entre autres sur la question des &#233;meutes de banlieues. (&#8230;) Lui il dit non, attendez : &#8216;il y a un probl&#232;me de justice sociale l&#224;', on ne peut pas r&#233;sumer les &#233;meutes de banlieues &#224; des &#233;meutes de purs voyous, et l&#224; il fait une analyse assez fine&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Le flot de compliments ne s'arr&#234;te pas&#8230; Et Philippe Val conclut : &lt;i&gt;&#171; Je pense c'est un livre utile, c'est un livre de mise au point, c'est un livre qui donne un dessein &#224; partir duquel on peut r&#233;fl&#233;chir &#224; ce que &#231;a veut dire &#234;tre de gauche aujourd'hui, et c'est pas mal quand m&#234;me&#8230; &#187;&lt;/i&gt; C'est pas mal quand m&#234;me de se dire aussi que le prochain livre de Val aura une bonne critique dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2748.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; BHL, &#233;videmment &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Que Finkiekraut cherche d'autant plus &#224; accabler que le proc&#232;s en antis&#233;mitisme contre l'animateur de &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; a &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article247.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;perdu par ses amis&lt;/a&gt;. Un proc&#232;s dans lequel Alain Finkielkraut a &#233;t&#233; cit&#233; comme t&#233;moin &#224; l'appui des parties civiles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ainsi, en 1995, Alain Finkielkraut expliqua dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (2 juin 1995), que le jury du festival de Cannes avait &lt;i&gt;&#171; honor&#233; un illustrateur servile et tape-&#224;-l'&#339;il de clich&#233;s criminels ; il a port&#233; aux nues la version rock, postmoderne, d&#233;coiffante, branch&#233;e, am&#233;ricanis&#233;e, et tourn&#233;e &#224; Belgrade de la propagande serbe la plus mensong&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; Il d&#251; avouer peu apr&#232;s la publication de cette tribune l'avoir &#233;crite&#8230; sans avoir vu le film de Kusturica.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dernier exemple en date : un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2762.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; d&#233;bat &#187; sur Pierre Bourdieu&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2545.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Nouvelle insanit&#233; contre Bourdieu : Finkielkraut propose d'en d&#233;battre sur France Culture &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2748.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; BHL, &#233;videmment &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte est disponible sur le site &lt;a href=&#034;http://www.pierre-vidal-naquet.net/spip.php?article49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pierre-vidal-naquet.net&lt;/a&gt; &#224; la suite de la critique du &lt;i&gt;Testament de Dieu&lt;/i&gt; de Bernard-Henri L&#233;vy par Pierre Vidal-Naquet dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; en juin 1979 et de la r&#233;ponse de BHL.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et qu'appellent de leur v&#339;u, par exemple, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2740.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;certains commentateurs m&#233;diatiques au sujet de l'&#233;cole&lt;/a&gt; . Mais c'est un autre &#171; d&#233;bat &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Position du penseur couch&#233;. R&#233;pliques &#224; Alain Finkielkraut&lt;/i&gt;, Priv&#233;, 2007, p. 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>TF1 contre les gr&#233;vistes d&#232;s le d&#233;but du mouvement</title>
		<link>https://www.acrimed.org/TF1-contre-les-grevistes-des-le-debut-du-mouvement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/TF1-contre-les-grevistes-des-le-debut-du-mouvement</guid>
		<dc:date>2007-11-20T09:28:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Perais, Henri Maler, Jamel Lakhal</dc:creator>


		<dc:subject>TF1</dc:subject>
		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un &#171; cadrage &#187; &#233;ditorial de parti-pris que rien n'est venu modifier. Au contraire.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-de-2007-et-2008-" rel="directory"&gt;Mobilisations de 2007 et 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-TF1-+" rel="tag"&gt;TF1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journaux-televises-114-+" rel="tag"&gt;Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mardi 20 novembre 2007. Une semaine apr&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve contre la &#171; r&#233;forme &#187; des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, alors que la plupart des m&#233;dias se pr&#233;valent des sondages d'opinion qu'ils commanditent et des r&#233;actions d' &#171; usagers &#187; qu'ils enregistrent avec une rare complaisance, il n'est pas inutile de rappeler que le &#171; cadrage &#187; de l'information a manifest&#233; d'embl&#233;e leur soutien au gouvernement et leur hostilit&#233; &#224; la gr&#232;ve. &lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
Comme pour les conflits pr&#233;c&#233;dents, les t&#233;l&#233;visions g&#233;n&#233;ralistes, publiques et priv&#233;es, ont rempli leurs fonctions d'accompagnement de l'offensive n&#233;olib&#233;rale par des proc&#233;d&#233;s d&#233;sormais habituels : effacement du conflit entre les salari&#233;s et le gouvernement au profit d'une survalorisation des difficult&#233;s des usagers et de l'hostilit&#233; de certains d'entre eux, minoration de l'expression individuelle et collective des salari&#233;s en lutte, occultation des motifs de la gr&#232;ve et concentration quasi exclusive sur ses effets. &lt;br/&gt;
&lt;br/&gt;
Retour sur les Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de 20 heures de TF1 des 13 et 14 novembre 2007, veille de la gr&#232;ve et premier jour de son d&#233;clenchement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des titres du journal &#224; la fin d'une interview de Fran&#231;ois Fillon, le JT du 13 novembre sur TF1 a consacr&#233; 23 minutes et 35 secondes au conflit. Des titres du journal &#224; la fin de la s&#233;quence consacr&#233;e &#224; la gr&#232;ve contre la remise en cause des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, le JT du 14 novembre a consacr&#233; 21 minutes au conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 novembre, 10 &#171; sujets &#187;, &#224; en croire le d&#233;coupage pr&#233;sent&#233; par le site de TF1 ont illustr&#233; le propos de Patrick Poivre d'Arvor. Le 14 novembre, selon le m&#234;me comptage, 11 &#171; sujets &#187; ont &#233;t&#233; propos&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 novembre : La veill&#233;e d'armes de TF1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;La veille du conflit, le 13 novembre, aucun &#171; sujet &#187; (sur 10 !) n'a &#233;t&#233; consacr&#233; aux motifs de la gr&#232;ve ni aux positions des organisations syndicales. En revanche, un ministre - Xavier Bertrand - a droit &#224; la parole, pour expliquer en 10 secondes : &#171; &lt;i&gt; Il n'est pas possible de revenir sur le cadre gouvernemental, les principes de la r&#233;forme : le passage &#224; 40 ann&#233;es de cotisation, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;le principe m&#234;me &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;d'une d&#233;cote et l'indexation sur les prix&lt;/i&gt; [les trois points cl&#233;s]. &lt;i&gt;Revenir sur ces principes, c'est revenir sur cette r&#233;forme et ce n'est pas pensable. &#187; &lt;/i&gt;Une autre voix lui succ&#232;de : celle de&lt;i&gt; &#8230; &lt;/i&gt;Fran&#231;ois Fillon qui b&#233;n&#233;ficie d'une interview chaleureuse de &#8230;6 minutes et 38 secondes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;5 minutes et 7 secondes sur les r&#233;gimes sp&#233;ciaux et 1 minute et 31 secondes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est vrai que le lendemain, l'impartial souci d' &#171; &#233;quit&#233; &#187; de TF1 permettra d'accorder&#8230; 6 secondes &#224; Jacques Voisin, de la CFTC qui aura ainsi le temps de d&#233;clarer :&lt;i&gt; &#171; Quel contenu en termes de pouvoir d'achat, de salaires, de garantie des retraites, de niveau des retraites, c'est ces questions-l&#224; qui sont pos&#233;es. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille de la gr&#232;ve donc, hormis la parole du pouvoir, il n'est question que&#8230; des effets de la gr&#232;ve sur les &#171; usagers &#187;. Avec les titres suivants (selon le site de TF1) : &#171; Gr&#232;ve : mercredi noir dans les transports &#187; - &#171; Gr&#232;ve : les dispositions de la SNCF &#187; - &#171; Gr&#232;ve : des usagers revendiquent le droit de... &#187; - &#171; Gr&#232;ve : la gal&#232;re avant l'heure &#224; Lille &#187; - &#171; Le point avec Sylvie Cenci &#224; la gare Montparnasse &#187; - &#171; Gr&#232;ve : la d&#233;brouille des usagers &#187; - &#171; Gr&#232;ve : des usagers d&#233;cident de dormir pr&#232;s de leur lieu de travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une exception &#224; cette revue des effets de la gr&#232;ve pr&#232;s : le portrait d'un conducteur de la RATP. Lancement du reportage par PPDA : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;On le sait&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, ces r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite ont &#233;t&#233; mis en place pour compenser la p&#233;nibilit&#233; de certains postes en entreprise. Louis Olivier et Thierry Haquet ont suivi un conducteur de bus de la RATP &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;qui admet &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;que les choses ont beaucoup chang&#233; tout en revendiquant un d&#233;part &#224; la retraite anticip&#233;. &#187; &lt;/i&gt;Probl&#232;me : dans la version qui est diffus&#233;e, le conducteur ne dit rien de tel :&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Journaliste : - &lt;i&gt;&#171; La pluie, la nuit, une circulation dense, et l'obligation de tenir ses horaires. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Olivier Cots, conducteur de bus : - &lt;i&gt;&#171; Alors l&#224;, je dois &#234;tre &#224; Saint-Michel &#224; 22 heures 04 &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; Je ne serai pas &#224; l'heure &#224; Saint&#8211;Michel. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Journaliste : - &lt;i&gt;&#171; Un rythme immuable, en tr&#232;s exactement 6 heures et 59 minutes, Olivier Cots se doit d'assurer quatre rotations, Porte d'Orl&#233;ans - Gare du Nord , Gare du Nord - Porte d'Orl&#233;ans, pas de pause d&#238;ner, entre chaque un quart d'heure de pose. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Olivier Cots : - &lt;i&gt;&#171; Normalement, on a le temps de fumer une cigarette et d'aller boire un caf&#233;. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Journaliste : - &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait &#224; l'&#233;poque un m&#233;tier physique, &lt;strong&gt;il ne l'est plus aujourd'hui&lt;/strong&gt;. Olivier Cots parle plut&#244;t d'une &lt;strong&gt; p&#233;nibilit&#233; psychologique&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Olivier Cots : - &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;J'ai d&#233;j&#224; &#233;t&#233; agress&#233; deux fois, quand je dis agress&#233;, c'est agress&#233; physiquement,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; c'est-&#224;-dire des coups, des coups forc&#233;ment. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Journaliste : - &lt;i&gt;&#171; 2 300 euros de salaire brut mensuel c'est au-dessus des moyennes fran&#231;aises et &lt;strong&gt;surtout&lt;/strong&gt; un d&#233;part &#224; la retraite &#224; 55 ans ; et c'est l&#224; la &lt;strong&gt;contradiction du personnage &lt;/strong&gt;. Olivier Cots souhaite &lt;strong&gt;l'&#233;quit&#233;&lt;/strong&gt; entre tous les salari&#233;s mais &lt;strong&gt;d&#233;fend co&#251;te que co&#251;te&lt;/strong&gt; son r&#233;gime sp&#233;cial, contrepartie de contraintes, qui selon lui, les salari&#233;s du priv&#233; n'ont pas. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Olivier Cots : - &lt;i&gt;&#171; Le fait de travailler tard la nuit, t&#244;t le matin, les jours f&#233;ri&#233;s, le week-end, de travailler en altern&#233;, la matin, l'apr&#232;s midi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Journaliste : - &lt;i&gt;&#171; Demain, il fera gr&#232;ve, avec ses coll&#232;gues, &lt;strong&gt;en doutant cette fois-ci d'obtenir gain de cause&lt;/strong&gt;. Il attend dor&#233;navant les propositions de sa direction &lt;strong&gt;pour rendre son m&#233;tier supportable jusqu'&#224; 60 ans.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;br&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut le voir, les commentaires du journaliste d&#233;vorent les propos de son interlocuteur. Pour souligner son statut de privil&#233;gi&#233;, on donne son salaire brut (fort &#233;loign&#233; du net) sans pr&#233;ciser qu'il est en fin de carri&#232;re et l'on compare ce salaire brut au salaire moyen (et non &#224; ceux des dirigeants de la SNCF&#8230;). La contradiction de sa situation (d&#233;fenseur du &#171; r&#233;gime sp&#233;cial &#187;, mais dubitatif sur l'issue du conflit) est interpr&#233;t&#233;e comme une &lt;i&gt;&#171; contradiction du personnage &#187;&lt;/i&gt;&#8230; qui &#171; n'admet &#187; rien du tout, contrairement &#224; la fi&#232;re annonce de PPDA. Vous avez dit manipulation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
14 novembre : premier jour de gr&#232;ve selon TF1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Le soir de la premi&#232;re journ&#233;e de gr&#232;ves et de manifestations, il est d&#233;j&#224; trop tard pour informer sur les motifs de la gr&#232;ve et, sans doute, beaucoup trop t&#244;t, pour rendre compte de son d&#233;roulement. En revanche, le r&#233;cit de ses effets occupe l'essentiel des reportages et du temps d'antenne.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Voici la liste des &#171; sujets &#187; propos&#233;s par le JT le plus regard&#233; de France (selon le site de TF1) : &#171; Gr&#232;ve : les pr&#233;visions du trafic pour jeudi &#187; - &#171; Gr&#232;ve : 360km de bouchons autour de Paris &#187; - &#171; R&#233;gimes sp&#233;ciaux : syndicats et gouvernement... &#187; - &#171; Gr&#232;ve : la base militante poursuit le mouvement &#187; - &#171; Les conducteurs non gr&#233;vistes victimes de menaces &#187; - &#171; Plusieurs manifestations pour d&#233;fendre les r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187; &#8211; &#171; La gr&#232;ve synonyme de journ&#233;e de gal&#232;re pour les usagers &#187; - &#171; La gr&#232;ve anticip&#233;e par les voyageurs &#187; - &#171; Gr&#232;ve : le v&#233;lo fortement pl&#233;biscit&#233; - Gr&#232;ve : grosse gal&#232;re pour les abonn&#233;s du TGV &#187; - &#171; Le centre de r&#233;gulation de la SNCF. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pot-pourri qui noie dans un flot de &#171; sujets &#187; sur ses effets l'information sur la gr&#232;ve elle-m&#234;me. C'est &#224; peine si celle-ci est &#233;voqu&#233;e &#8211; comme effet d'une &#171; base militante &#187; (sic) et imm&#233;diatement stigmatis&#233;e par le &#171; reportage &#187; sur les non-gr&#233;vistes menac&#233;s. Quelques images des manifestations, et le tour est jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petit bilan comptable de deux J.T&lt;/strong&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les chiffres qui suivent tiennent compte du fait qu'un m&#234;me &#171; sujet &#187; peut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nombre de reportages consacr&#233;s aux effets de la gr&#232;ve (comprenant ceux consacr&#233;s aux projections de trafic, aux effets de la gr&#232;ve sur les usagers - salari&#233;s et dirigeants d'entreprise -, et aux dispositions prises par la SNCF pour y rem&#233;dier) : &lt;strong&gt;15&lt;/strong&gt;, dont 9 sp&#233;cifiquement sur les cons&#233;quences pour les usagers. 28 &#171; t&#233;moignages &#187; illustrent ces reportages. &#192; titre de comparaison, dans les &#171; sujets &#187; qui leur sont vaguement consacr&#233;s, les salari&#233;s en lutte ne &#171; t&#233;moignent &#187; que 10 fois. Ce n'est pas seulement une question d'&#233;quit&#233; dans la distribution de la parole, mais surtout de qualit&#233; de l'information : en quoi des &#171; t&#233;moignages &#187; rar&#233;fi&#233;s permettent-ils de comprendre le conflit ? Pour TF1 la question ne se pose pas.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nombre de &#171; sujets &#187; destin&#233;s &#224; exposer les donn&#233;es du conflit (le contenu du projet gouvernemental, les raisons de l'opposition des syndicats, leurs revendications et la mobilisation collective qui les porte) : &lt;strong&gt;un seul&lt;/strong&gt;, mais d'un genre un peu particulier : l'interview confortable, le 13 novembre, de Fran&#231;ois Fillon qui se borne, sans &#234;tre contredit par PPDA &#224; affirmer qu'il n'y a pas d'autres solution possible. Il est vrai que le lendemain (voir plus haut) Jacques Voisin, de la CFTC disposera de 6 secondes.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nombre de &#171; sujets &#187; destin&#233;s &#224; illustrer les divisions, r&#233;elles ou suppos&#233;es, entre les syndicats ou entre les gr&#233;vistes et les directions syndicales : &lt;strong&gt;3.&lt;/ br&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nombre de &#171; sujets &#187; consacr&#233;s aux &#171; tractations &#187; entre syndicats et gouvernement autour de l'ouverture &#233;ventuelle de n&#233;gociations : &lt;strong&gt;2&lt;/ br&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nombre de reportages faisant &#233;tat de pression de gr&#233;vistes sur des non-gr&#233;vistes : &lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nombre de reportages consacr&#233;s &#224; illustrer les conditions de travail d'un chauffeur de bus et d'un conducteur de train &#224; travers deux portraits : &lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;. Le premier s'appuie sur le &#171; t&#233;moignage &#187; d'un conducteur de train non gr&#233;viste syndiqu&#233; &#224; la FGAAC (qui n'appelle pas &#224; la gr&#232;ve) ; le seconde, comme on l'a vu, fait dire au &#171; t&#233;moin &#187;&#8230; ce qu'il n'a pas explicitement dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que savons-nous du d&#233;roulement effectif de la gr&#232;ve, de ses motifs, des arguments des gr&#233;vistes ? Rien ou presque. Mais nous savons tout ce qu'il faut savoir pour comprendre quelle information l'&#233;ditorialiste anonyme du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; d&#233;fend quand le quotidien &#171; de r&#233;f&#233;rence &#187; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2763.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sermonne les acteurs des mobilisations sociales&lt;/a&gt; qui ont le &lt;i&gt;&#171; sentiment &#187;&lt;/i&gt; que les m&#233;dias sont de parti pris !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Denis Perais et Yves Rebours&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Et pendant ce temps-l&#224; sur France 2, le 13 novembre 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&#8230; C'est &#224; peine moins pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. D'abord les usagers..&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- David Pujadas pr&#233;sente les titres : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;La course aux derniers trains&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. La gr&#232;ve contre la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux commence en ce moment m&#234;me &#224; la SNCF. Nicolas Sarkozy promet de maintenir les r&#233;formes et re&#231;oit ce soir les pr&#233;sidents des entreprises publiques concern&#233;es&lt;/i&gt;. &#187; [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- David Pujadas : &#171; &lt;i&gt;C'est ce qu'on appelle un moment de v&#233;rit&#233; pour les syndicats, pour le gouvernement et pour la France. La gr&#232;ve reconductible a donc officiellement commenc&#233; dans les gares. Elle s'annonce massive et dure. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Dure surtout pour les usagers&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Ce soir, les quais sont en train de se vider, mais certains m&#233;contents ont d&#233;cid&#233; de se faire entendre. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;Le &#171; sujet &#187; commence avec des images sur les derniers trains. &#171; &lt;i&gt;Il y a moins d'une heure, la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;col&#232;re&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224;.&lt;/i&gt; &#187; Micros-trottoirs de m&#233;contents. Dispositif d'information de la SNCF et micro-trottoirs sur ce dispositif. &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mais pour la plupart des usagers que nous avons crois&#233;s, r&#233;action de&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d&#233;ception&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#8230; Un peu partout en France,&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; la pression monte face &#224; une gr&#232;ve qui s'annonce dure&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Dans quelques gares, on a m&#234;me vu des comit&#233;s d'usagers s'organiser pour protester. &#187; &lt;/i&gt;Une association qui distribue des autocollants : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Client pris en otage&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- David Pujadas : &#171; &lt;i&gt;Bonsoir Agn&#232;s Molinier. Vous &#234;tes en direct de la Gare Saint Lazare. Comment se pr&#233;sente la situation ?&lt;/i&gt; &#187; Agn&#232;s Molinier d&#233;crit : Embouteillages, ambiance plus tendue, pr&#233;visions, N&#176; de renseignement et remboursement des billets&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Bref, passage par les gr&#233;vistes&#8230; et retour aux usagers&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- David Pujadas : &#171; &lt;i&gt;Merci Agn&#232;s. Rappelons que les transports urbains dans les grandes villes des r&#233;gions ne sont pas a priori concern&#233;s. En revanche, le trafic r&#233;gional sera tr&#232;s perturb&#233;. A Marseille, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la gr&#232;ve a d&#233;j&#224; commenc&#233; pour les contr&#244;leurs qui ont cess&#233; le travail &#224; midi, apr&#232;s l'agression d'un des leurs il y a quelques jours pendant son service&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- David Pujadas : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ailleurs,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; dans tous les d&#233;p&#244;ts, les cheminots pr&#233;parent cette journ&#233;e de demain.. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Quel est leur &#233;tat d'esprit&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ? A Saint Etienne, reportage [&#8230;] &lt;/i&gt; &#187; Suit un &#171; sujet &#187; sur les conditions de travail et les raisons imm&#233;diates de la gr&#232;ve : changement du contrat de travail, s&#233;curit&#233;, p&#233;nibilit&#233;, &#8230; D&#233;but du reportage : &#171; &lt;i&gt;Ultime mobilisation avant la gr&#232;ve. Ces cheminots st&#233;phanois sont tous syndiqu&#233;s. Ils font une derni&#232;re tourn&#233;e pour s'assurer que leur coll&#232;gue de travail seront bien gr&#233;vistes demain.&lt;/i&gt; &#187; Les images montrent que les syndiqu&#233;s informent plut&#244;t sur la manifextation. Mais la voix-off repr&#233;sente cette tourn&#233;e comme une pression exerc&#233;e sur les coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- David Pujadas : &#171; &lt;i&gt;Et rappelons que le syndicat autonome, la FGAAC, qui repr&#233;sente 30% des conducteurs, n'appelle pas &#224; la gr&#232;ve. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;C&#244;t&#233; usagers&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, on se pr&#233;pare &#233;galement, d'autant que le &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;blocage&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; pourrait durer plusieurs jours. C'est en r&#233;gion parisienne que la situation sera la plus difficile. A Sevran, en Seine saint Denis, reportage, [&#8230;] &lt;/i&gt; &#187;. Le sujet commence ainsi : &#171; &lt;i&gt;Quand Fatima Bah quitte son bureau dans le centre de Paris, elle sait qu'elle est encore loin de son canap&#233; &#8230; En cette veille de gr&#232;ve, un mot d'ordre : s'organiser. Pour eux, la gr&#232;ve est une vraie contrainte qu'ils&lt;/i&gt; [Fatima et son mari] &lt;i&gt;n'acceptent pas&lt;/i&gt; &#187;.&lt;i&gt; Fatima Bah&lt;/i&gt; d&#233;crit son trajet, ses correspondances, son organisation pour la gr&#232;ve. Son mari s'interroge : Pourquoi des privil&#233;gi&#233;s, etc. ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- David Pujadas : &#171; &lt;i&gt;Voil&#224; pour les particuliers. Mais du c&#244;t&#233; des entreprises, on s'attend &#233;galement &#224; vivre une semaine chaotique, car la gr&#232;ve, rappelons-le, est reconductible et elle pourrait durer plusieurs jours. Certaines ont d&#233;j&#224; fait des stocks, au cas o&#249;, et organisent le co-voiturage. A Cergy Pontoise, reportage [&#8230;]&lt;/i&gt;. &#187; Un sujet sur une entreprise qui s'organise pour la gr&#232;ve (h&#244;tel + covoiturage) et qui paie les frais. Le patron annonce les solutions acceptables pour l'entreprise. Les salari&#233;s t&#233;moignent des d&#233;sagr&#233;ments que leur occasionne la gr&#232;ve et de leur organisation personnelle. Le sujet se conclut par : &#171; &lt;i&gt;Le patron a fait des stocks. Il pense pouvoir tenir une semaine au maximum. Son angoisse que la gr&#232;ve &#224; EDF le prive de courant et stoppe net sa production. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Pr&#233;sentation du &#171; dialogue &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- David Pujadas : &lt;i&gt;&#171; Et alors que la gr&#232;ve commence, le dialogue continue &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; entre gouvernement et syndicats, on va le voir dans un instant. D'abord, on va rappeler le plus concr&#232;tement possible en quoi consiste cette r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite qui a d&#233;j&#224; fait l'objet de plusieurs arrangements ces derni&#232;res semaines. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Voix-off : &#171; &lt;i&gt;Depuis plus d'un mois, le ministre du travail consulte les syndicats sur la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux, mais jamais il &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;n'a boug&#233; sur les principes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;[comprendre : &#171; ses &#187; principes &#187;]&lt;i&gt; : l'allongement de la dur&#233;e de cotisation de 37 ans et demi &#224; 40 ans, l'instauration d'un syst&#232;me de d&#233;cote, c'est-&#224;-dire un malus pour les salari&#233;s qui n'effectuent pas toutes ces annuit&#233;s et l'indexation de la pension sur les prix et non sur les salaires. Voil&#224; pour le cadre g&#233;n&#233;ral. La semaine derni&#232;re Xavier Bertand y avait ajout&#233; deux &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;concessions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; : d'abord la r&#233;forme s'appliquerait au 1er juillet 2008, non au 1er janvier. Ensuite, il avait assoupli le syst&#232;me de d&#233;cote de fa&#231;on &#224; ce que les agents qui effectuent deux ans et demi de plus ne perdent pas un euro. Mais les syndicats ont contest&#233; le calcul du ministre et affirment que la r&#233;forme se traduira encore par une baisse des pensions m&#234;me pour ceux qui travaillent plus longtemps. Les entreprises concern&#233;es, comme la SNCF, ont aussi fait des propositions. Dans un courrier envoy&#233; aux 160 000, la pr&#233;sidente sugg&#232;re par exemple une augmentation salariale pour les agents prolongeant leur activit&#233; au-del&#224; de 55 ans. Mais, la majorit&#233; des syndicats n'a pas &#233;t&#233; convaincue par ces propositions et appellent toujours &#224; la gr&#232;ve. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de proprement scandaleux, en apparence, mais le point de vue gouvernemental est favoris&#233; et surexpos&#233;. Aucun travail n'a &#233;t&#233; effectu&#233; pour v&#233;rifier les calculs, pourtant d&#233;cisifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence s'ach&#232;ve sur les la &#171; &lt;i&gt;nouvelle proposition sur la m&#233;thode &#187; &lt;/i&gt;de Bernard Thibault&lt;i&gt; &lt;/i&gt;(n&#233;gociation tripartite au niveau des entreprises concern&#233;es) et sur la r&#233;action de Xavier Bertrand. On ne pourra pas dire qu' l'on a rien appris.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transcription de Jamel Lakhal&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;5 minutes et 7 secondes sur les r&#233;gimes sp&#233;ciaux et 1 minute et 31 secondes sur la contestation &#233;tudiante&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les chiffres qui suivent tiennent compte du fait qu'un m&#234;me &#171; sujet &#187; peut aborder plusieurs th&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un sermon du Monde contre les acteurs des mobilisations sociales </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Un-sermon-du-Monde-contre-les-acteurs-des-mobilisations-sociales</link>
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		<dc:date>2007-11-19T07:27:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Editorial</dc:subject>
		<dc:subject>Etudiants, lyc&#233;ens</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cole, universit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans un climat de suspicion g&#233;n&#233;rale vis-&#224;-vis de m&#233;dias omnipr&#233;sents, la tentation est de les soup&#231;onner de parti pris &#187;&lt;/i&gt;. Une &#171; tentation &#187; &#233;videmment d&#233;plac&#233;e et liberticide !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-de-2007-et-2008-" rel="directory"&gt;Mobilisations de 2007 et 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Editorial-+" rel="tag"&gt;Editorial&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Etudiants-lyceens-+" rel="tag"&gt;Etudiants, lyc&#233;ens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ecole-universite-+" rel="tag"&gt;&#201;cole, universit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Haro sur les m&#233;dias ! &#187; : le titre de l'&#233;ditorial anonyme du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; dat&#233; du 18 novembre, promettait beaucoup. &#171; Enfin ! &#187;, pouvait-on se dire, le &#171; quotidien de r&#233;f&#233;rence &#187; se cabre face aux escadrons de charg&#233;s de communication qui exercent quotidiennement une pression insidieuse sur les journalistes ou face aux agences de publicit&#233; qui influent sournoisement sur les choix &#233;ditoriaux. &#171; Enfin ! &#187;, pouvait-on penser, le porte-voix de la r&#233;daction prend &#224; partie les gouvernements qui, p&#233;riodiquement, tentent de vassaliser la presse ou les industriels et financiers qui se ruent sur les m&#233;dias. &#171; Enfin ! &#187;, pouvait-on r&#234;ver, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;s'insurge contre tous ceux qui, puissamment, mettent la main sur les entreprises m&#233;diatiques, concentrent et rentabilisent, taillent dans les effectifs des r&#233;dactions, entretiennent et d&#233;veloppent la pr&#233;carit&#233; des journalistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas du tout ! &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, si timor&#233; quand il s'agit des vrais adversaires de l'ind&#233;pendance des journalistes, a (de nouveau) d&#233;busqu&#233; un ennemi plus redoutable : les acteurs des mobilisations sociales qui ne se satisfont pas d'une information qui les maltraite, et les observateurs des m&#233;dias qui, depuis 1995 au moins, ne cessent de d&#233;noncer la morgue et le m&#233;pris qu'affichent les sommit&#233;s des m&#233;dias dominants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment l&#233;gitimer et soustraire &#224; la critique la &#171; couverture m&#233;diatique &#187; des mobilisations sociales en g&#233;n&#233;ral, et des mobilisations de cet automne en particulier ? Pour y parvenir, l'&#233;ditorialiste du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, sans craindre le vertige, a escalad&#233; le mont Olympe. D'o&#249; il a pris son envol&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le journalisme d'opinion sond&#233;e et d'&#233;lection r&#233;v&#233;r&#233;e &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans le conflit social provoqu&#233; par la volont&#233; du gouvernement de r&#233;former les r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite, la bataille de l'opinion publique est d&#233;cisive. Chacun se souvient qu'en d&#233;cembre 1995, malgr&#233; les effets de la paralysie de la SNCF et des transports parisiens, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les Fran&#231;ais avaient sympathis&#233;, dans leur majorit&#233;, avec les gr&#233;vistes.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Sans doute, se dit-on, mais pas les m&#233;dias ! &lt;i&gt;&#171; Il n'en va pas de m&#234;me aujourd'hui, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;si l'on en croit les sondages&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Peut-&#234;tre. Mais en vertu de quelle conception de leur m&#233;tier, le travail des journalistes devrait-il &#234;tre subordonn&#233; &#224; la faveur ou &#224; la d&#233;faveur de l'opinion sond&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve par les sondages est si faible que l'&#233;ditorialiste du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; d&#233;gaine, sans transition, un nouvel argument pour tenter de l&#233;gitimer ce que prescrit l'ordre m&#233;diatique existant : &lt;i&gt;&#171; A la diff&#233;rence de ce qui s'&#233;tait pass&#233; il y a douze ans, le pr&#233;sident de la R&#233;publique qui vient d'&#234;tre &#233;lu et la majorit&#233; parlementaire qui le soutient ont pr&#233;sent&#233; aux &#233;lecteurs des engagements pr&#233;voyant explicitement cette r&#233;forme. Non seulement elle n'a pas &#233;t&#233; occult&#233;e pendant la campagne, mais elle a au contraire &#233;t&#233; mise en avant comme l'une des mesures symboliques du programme &#233;conomique et social propos&#233; par le candidat et par son parti. Les citoyens, qui n'ont pas chang&#233; d'avis en six mois, approuvent donc, dans leur majorit&#233;, l'alignement de la dur&#233;e de cotisation des agents des entreprises publiques sur celle des fonctionnaires et des salari&#233;s du priv&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;se d&#233;fausse sur le r&#233;sultat de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle pour travestir le soutien qu'il apporte &#224; cette &#171; r&#233;forme &#187; et pour parler non seulement en son nom propre mais encore au nom de tous les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le journalisme de parti pris sans parti pris&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La t&#226;che des m&#233;dias n'en est pas facilit&#233;e. Informer sur les faits ne pose &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;que&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; des &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;probl&#232;mes techniques&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; : il faut confronter les sources, v&#233;rifier les chiffres, fournir les indications les plus r&#233;centes et les plus compl&#232;tes possible. &#187;&lt;/i&gt; Que des probl&#232;mes techniques ? Quels m&#233;pris pour le travail des journalistes ! Mais parmi ces probl&#232;mes &#171; techniques &#187;, faut-il compter la pr&#233;sentation des arguments en pr&#233;sence, le respect de la parole des acteurs, la place accord&#233;e aux organisations syndicales ? On a quelques raisons d'en douter, surtout quand on lit la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En revanche, donner &#224; tous ceux qui sont concern&#233;s des possibilit&#233;s &#233;gales d'exposer leurs arguments est d&#233;licat. C'est le cas type d'une situation o&#249; les journalistes ne font que des m&#233;contents. Les usagers, qui subissent la gr&#232;ve, ont le sentiment que ce n'est ni assez dit ni assez montr&#233;. Les gr&#233;vistes estiment que leurs revendications sont r&#233;cus&#233;es d'avance et que leurs raisons de s'opposer &#224; la r&#233;forme ne sont pas prises en consid&#233;ration de fa&#231;on &#233;quitable. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ditorialiste du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;est un grand magicien. En quelques lignes, il a ainsi r&#233;ussi &#224; faire dispara&#238;tre de la sc&#232;ne deux acteurs et non des moindres : d'abord le gouvernement (comme si le conflit &#233;tait d'abord un conflit entre les gr&#233;vistes et les usagers) et ensuite les m&#233;dias eux-m&#234;mes (comme s'ils n'&#233;taient que de simples spectateurs, alors qu'ils se comportent en acteurs du conflit). Ne resterait alors qu'une seule question : comment donner la parole de fa&#231;on &#233;gale ou &#233;quitable &#224; deux &#171; parties &#187; qui se feraient face uniform&#233;ment - les gr&#233;vistes et les usagers - , en oubliant les deux autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient alors, avec toute la componction requise, le moment de pr&#233;parer l'atterrissage. Trois phrases d'anthologie pour d&#233;noncer des soup&#231;ons d&#233;plac&#233;s, bien s&#251;r, et liberticides, on le pressent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans un climat de suspicion g&#233;n&#233;rale vis-&#224;-vis de m&#233;dias omnipr&#233;sents, la tentation est de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les soup&#231;onner de parti pris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. L'opinion &#233;tant majoritairement hostile &#224; la gr&#232;ve, ce sont les gr&#233;vistes qui &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;se sentent&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; victimes de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la partialit&#233; suppos&#233;e&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; des organes d'information. Le m&#234;me &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;sentiment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, pouss&#233; jusqu'&#224; la diabolisation, est exprim&#233; par les &#233;tudiants qui r&#233;clament l'abrogation de la loi sur l'autonomie des universit&#233;s, vot&#233;e cet &#233;t&#233;, et qui militent pour le blocage des &#233;tablissements. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les m&#233;dias &#171; omnipr&#233;sents &#187; feraient l'objet d'injustes soup&#231;ons de parti pris. Ainsi &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; qui soutient les r&#233;formes gouvernementales les soutiendrait sans parti pris ! Ainsi, rien dans la pr&#233;sentation du conflit, de ses acteurs, de leurs motifs par les m&#233;dias de consensus que sont les radios et les t&#233;l&#233;visions g&#233;n&#233;ralistes ne sugg&#233;rerait un soutien quelconque au gouvernement. Manifestement, l'&#233;ditorialiste anonyme du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, trop occup&#233; &#224; lire &lt;i&gt;Le Monde2&lt;/i&gt; ou les suppl&#233;ments &#171; Mode &#187; du quotidien de r&#233;f&#233;rence, n'a pas le temps de regarder la t&#233;l&#233;vision ni m&#234;me de s'interroger sur les biais de l'information apparemment factuelle que publie le quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, enfin, les gr&#233;vistes et les &#233;tudiants mobilis&#233;s exprimeraient des sentiments &#8211; d'injustes sentiments &#8211; et pas des arguments, ceux-ci &#233;tant l'apanage des &#233;ditorialistes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;. De la suspicion &#224; la diabolisation, le pas est vite franchi, certes. Comme celui qui s&#233;pare la mauvaise humeur de la col&#232;re. Mais celle-ci est l&#233;gitime quand on lit le m&#233;pris qui suinte dans tous les bavardages d&#233;nu&#233;s de parti pris : depuis les commentaires d&#233;sol&#233;s de Jean-Pierre Pernaut jusqu'&#224; ceux des &#233;ditorialistes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dias, merveilleux m&#233;dias &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Encourag&#233;s par des sites Internet qui usent et abusent de la d&#233;nonciation des journalistes, les uns et les autres rendent les m&#233;dias responsables de leur propre incapacit&#233; &#224; convaincre l'opinion. Des cas d'agressions verbales ont &#233;t&#233; constat&#233;s. Des reporters ont &#233;t&#233; d&#233;sign&#233;s &#224; la vindicte ou emp&#234;ch&#233;s de faire leur travail. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;dias, merveilleux m&#233;dias qui ne portent &lt;i&gt;aucune &lt;/i&gt;responsabilit&#233; ni dans la r&#233;volte qu'ils suscitent, ni dans l'&#233;tat de &#171; l'opinion &#187; qu'ils s'efforcent &#8211; parfois en vain &#8211; de fa&#231;onner. Royaume des amn&#233;siques qui oublient la prodigieuse impartialit&#233; dont ils ont fait preuve en 1995, en 2003, en 2005 (lors du r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en), en 2006 et, d&#233;sormais, en cet automne 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;dias, merveilleux m&#233;dias qui n'exercent aucune violence, m&#234;me pas cette violence continue et r&#233;p&#233;t&#233;e qui, jour apr&#232;s jour, semaine apr&#232;s semaine, mois apr&#232;s mois, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, traite par le m&#233;pris les mobilisations sociales qui n'ont pas l'heur de leur plaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;dias, merveilleux m&#233;dias qui ne d&#233;signent jamais &lt;i&gt;&#171; &#224; la vindicte &#187;&lt;/i&gt; tout ou partie des acteurs de ces mobilisations et ne &lt;i&gt;&#171; d&#233;noncent &#187; &lt;/i&gt;jamais ces sites Internet qui les d&#233;rangent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lesquels d'ailleurs ? Acrimed, parmi eux, peut-&#234;tre ? Pourquoi ne pas le dire ? Des sites &lt;i&gt;&#171; qui usent et abusent de la d&#233;nonciation des journalistes &#187; &lt;/i&gt; ? Non pas &lt;i&gt;les&lt;/i&gt; journalistes, mais certains d'entre eux en raison de la position de pouvoir qu'ils occupent et qu'ils incarnent. Non pas &lt;i&gt;les&lt;/i&gt; journalistes, mais des pratiques journalistiques qui constituent des &lt;i&gt;&#171; agressions verbales &#187;&lt;/i&gt; permanentes. Non pas &lt;i&gt;les &lt;/i&gt;journalistes, mais une couverture m&#233;diatique des mobilisations sociales qui &lt;i&gt;&#171; emp&#234;chent &#187;&lt;/i&gt; leurs acteurs de faire respecter leur propre droit d'informer par des journalistes qui estiment qu'ils doivent en avoir le monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient alors la subtilit&#233; finale, o&#249; on lira pr&#233;cis&#233;ment une tentative de &lt;i&gt;&#171; faire pression &#187;&lt;/i&gt; et d' &lt;i&gt;&#171; intimider &#187;&lt;/i&gt;. De celles qui nous incitent &#224; poursuivre notre critique. &lt;i&gt;&#171; De m&#234;me que les r&#233;gimes politiques qui contr&#244;lent l'information, les mouvements qui font pression sur les m&#233;dias ou qui tentent de les intimider ne servent pas leur cause. Au contraire, ils l'affaiblissent. &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'en doutait : pour &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, ce sont les mouvements sociaux &#8211; et non les mouvements de capitaux &#8211; qui exercent les pressions les plus graves sur les m&#233;dias et les menacent d'une emprise semblable &#224; celle qu'exercent les r&#233;gimes autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominants domin&#233;s et aveugl&#233;s par leur propre domination, les chefferies &#233;ditoriales portent une lourde responsabilit&#233; dans les difficult&#233;s qu'&#233;prouvent les journalistes qui cherchent &#224; faire leur travail, mais seulement leur travail : enqu&#234;ter sur les mobilisations (et donc aussi sur la contestation des m&#233;dias) sans s'ing&#233;rer dans les d&#233;lib&#233;rations collectives de leurs acteurs, exercer leur droit d'informer sans pi&#233;tiner le droit d'informer de ces m&#234;mes acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_4334 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/137Un_sermon_du_Monde.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 106.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe : La preuve par &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; du m&#234;me jour &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une &#233;vidente absence de parti&#8211;pris&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de compl&#233;ment &#224; son sermon du 18 novembre, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;du m&#234;me jour publie &#171; la chronique &#233;conomique &#187; (d'Eric Le Boucher) dans laquelle on peut lire une d&#233;fense sans &#171; parti-pris &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- de la remise en cause de la dur&#233;e de cotisation des &#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux : &lt;i&gt;&#171; Quand l'allongement de l'esp&#233;rance de vie impose l'imp&#233;ratif d&#233;mographique (&#8230;), il faut bien que ces professions s'alignent &#187; &lt;/i&gt; ; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- de la &#171; r&#233;forme &#187; des Universit&#233;s par la &#171; loi P&#233;cresse &#187; : &lt;i&gt;&#171; La diversit&#233;, la comp&#233;tition, l'excellence, le financement mixte : l'universit&#233; doit s'y lancer au XXIe si&#232;cle, sans d&#233;fiance, l&#224; aussi, si l'on veut que la France existe encore dans l'&#233;conomie de la connaissance &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons &#224; celles et ceux qui ne l'auraient pas lu, qu'un &#233;ditorial du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, du 14 novembre 2007, sous le titre flamboyant &#171; L'Universit&#233; en otage &#187; prenait &#224; partie &lt;i&gt;&#171; Le mouvement de grogne ou de rejet qui se propage dans une partie des universit&#233;s fran&#231;aises &#187;&lt;/i&gt; et sugg&#233;rait fortement que &lt;i&gt;&#171; les &#233;tudiants les plus radicaux &#187;&lt;/i&gt; sont &lt;i&gt;&#171; en train de se tirer une balle dans le pied &#187;&lt;/i&gt;. L'&#233;ditorialiste anonyme soutenait en effet que la loi &lt;i&gt;&#171; s'efforce de poser les bases d'un renouveau en am&#233;liorant la gestion des universit&#233;s&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;sur la base d'un accord assez large de la communaut&#233; universitaire &#187;&lt;/i&gt; (en clair : les Pr&#233;sidents d'universit&#233;) et concluait ainsi sa le&#231;on : &lt;i&gt;&#171; Comme souvent par le pass&#233;, il &#233;tait probablement in&#233;vitable que l'universit&#233; soit prise en otage dans cette affaire. Mais c'est, pour les jeunes, le plus mauvais terrain pour manifester leur impatience ou leur r&#233;volte. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a &#233;videmment le droit de prendre parti. Mais &#224; quoi bon le dissimuler et tenter de faire croire que les sermons des &#233;ditorialistes et autres chroniqueurs n'affectent en rien, ni l'intervention du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;contre les mobilisations ni le contenu des articles d'information, comme on va le voir imm&#233;diatement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une rigoureuse enqu&#234;te de terrain &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de fondement de son sermon du 18 novembre, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du m&#234;me jour publie une &#171; enqu&#234;te &#187; intitul&#233;e &#171; Les AG d'&#233;tudiants se m&#233;fient des m&#233;dias &#187; qui, plut&#244;t que d'interroger des &#233;tudiants sur les motifs de cette m&#233;fiance, recueille des &#171; t&#233;moignages &#187; et invoque un certain nombre de faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier &#171; fait &#187; invoqu&#233; en ouverture de l'article ? &lt;i&gt;&#171; Un espace de quelques m&#232;tres carr&#233;s d&#233;limit&#233; par du fil de fer barbel&#233; : c'est l&#224; que la coordination &#233;tudiante contre la loi P&#233;cresse sur l'autonomie des universit&#233;s entendait &#034;parquer&#034; la presse, venue couvrir la r&#233;union qu'elle organisait, dimanche 11 novembre, &#224; l'universit&#233; Rennes-II. &#187;&lt;/i&gt; Probl&#232;me : il ne s'agit que d'un dessin, comme le rappelle Daniel Schneidermann, &lt;a href=&#034;http://arretsurimages.net/post/2007/11/17/Le-Monde-et-les-barbeles-de-Rennes-II&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site d' &#171; Arr&#234;t sur images &#187;&lt;/a&gt;. Une plaisanterie dont on peut ne pas go&#251;ter l'humour, mais qui est quand m&#234;me moins &#171; agressive &#187; que les caricatures de Mahomet publi&#233;es au Danemark et en France ou que tel dessin de Plantu (du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;) comme celui que l'on peut voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1282.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autres &#171; faits &#187; invoqu&#233;s : &lt;i&gt;&#171; Dans les d&#233;fil&#233;s, les m&#234;mes slogans, sur des drapeaux noirs, stigmatisent la presse, accus&#233;e de diffuser des &#034;mensonges&#034;, et d&#233;noncent le &#034;parti du pouvoir et de l'argent&#034; dont l'acronyme, &#034;PPA&#034;, est &#224; une lettre pr&#232;s - ce n'est pas un hasard - le diminutif du pr&#233;sentateur du &#034;20 heures&#034; de TF1. &#187;&lt;/i&gt; Un seul drapeau noir se transforme quasiment en for&#234;t de drapeaux. Et la cible d&#233;sign&#233;e par &lt;i&gt;Pour Lire Pas Lu&lt;/i&gt; puis par &lt;i&gt;Le Plan B&lt;/i&gt; [qui vise le &#171; Parti de la &lt;i&gt;Presse&lt;/i&gt; et de l'Argent &#187; et non le &#171; parti du pouvoir et de l'argent &#187;] se transforme &#8211; &#171; ce n'est pas un hasard &#187; - en mise en cause du seul PPDA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des probl&#232;mes &#171; techniques &#187;, comme dit l'&#233;ditorial&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'article d'amalgamer, dans une m&#234;me r&#233;probation et sans la moindre pr&#233;cision, une s&#233;rie d'autres &#171; faits &#187; :&lt;i&gt; &#171; Interdiction de p&#233;n&#233;trer dans les lieux o&#249; se tiennent les AG, refus des cam&#233;ras, insultes, menaces, tentatives d'intimidation &#187;. &lt;/i&gt;Comme s'il n'&#233;tait pas l&#233;gitime de vouloir tenir une Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale (un comit&#233; de r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;&#8230;) &#224; l'abri des cam&#233;ras.&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les t&#233;moignages de journalistes sont tr&#232;s &#233;loign&#233;s de la dramatisation solennelle de l'&#233;ditorial puisqu'un journaliste de France 3 affirme : &lt;i&gt;&#171; Certes, quelques-uns nous interpellent en nous accusant de faire la communication de Sarkozy ou de P&#233;cresse, mais cela ne nous emp&#234;che pas de travailler normalement, de filmer et de faire des interviews. &#187;&lt;/i&gt; Reste &#224; savoir si le journaliste de France 3 s'interroge sur le sens de ces interpellations. Une reporter de France Info, quant &#224; elle &lt;i&gt;&#171; reconna&#238;t que, lorsqu'elle circule aux abords des manifestations dans une voiture portant le logo de la station publique, elle se fait fr&#233;quemment &#034;alpaguer&#034; par des &#233;tudiants qui lui crient &#034;France-Info, c'est radio Sarko&#034;. &#187;&lt;/i&gt; C'est peut-&#234;tre injuste pour la journaliste concern&#233;e, mais pour France Info ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le t&#233;moignage qui ach&#232;ve et conclut l'article. &#192; cette place, il ressemble &#224; une conclusion de la journaliste du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; elle-m&#234;me. Le propos rapport&#233; &#233;mane d'un certain Gilles Kerdreux : &lt;i&gt;&#171; On sent qu'il y a parmi les membres de la coordination une volont&#233; farouche de ma&#238;triser l'information circulant sur le mouvement &#233;tudiant, Peut-&#234;tre qu'inconsciemment ils sont influenc&#233;s par Sarkozy, qui multiplie lui aussi les initiatives pour ma&#238;triser sa communication. &#187;.&lt;/i&gt; Des &#233;tudiants &lt;i&gt;&#171; inconsciemment &#187;&lt;/i&gt; sarkozystes : il fallait y penser ! Des &#233;tudiants dont les pr&#233;cautions les rendraient semblables &#224; ces &#171; &lt;i&gt;r&#233;gimes politiques qui contr&#244;lent l'information &#187;, &lt;/i&gt;comme le soutient l'&#233;ditorialiste qui s'informe s&#233;lectivement dans son propre journal. CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Christine Bravo ivre de rage contre le mouvement &#233;tudiant (avec la vid&#233;o)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Christine-Bravo-ivre-de-rage-contre-le-mouvement-etudiant-avec-la-video</link>
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		<dc:date>2007-11-19T07:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;On a tout essay&#233;&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Divertissement</dc:subject>
		<dc:subject>Christine Bravo</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Ruquier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une prestation d&#233;magogique et r&#233;actionnaire digne du service public&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-de-2007-et-2008-" rel="directory"&gt;Mobilisations de 2007 et 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-On-a-tout-essaye-+" rel="tag"&gt;&#034;On a tout essay&#233;&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Divertissement-+" rel="tag"&gt;Divertissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christine-Bravo-+" rel="tag"&gt;Christine Bravo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Ruquier-+" rel="tag"&gt;Laurent Ruquier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;mission &#171; On n'a pas tout dit &#187;, France 2, mardi 13 novembre 2007. Laurent Ruquier a convi&#233;, pour &#171; d&#233;battre &#187; de la &#171; loi P&#233;cresse &#187; et des mobilisations dans les Universit&#233;s, Emmanuelle Becker, une &#233;tudiante de l'UEC qui parle pour le mouvement &#233;tudiant, et un &#233;tudiant de droit et de droite, &#233;tudint &#224; Assas et membre d' UNI, qui &#171; repr&#233;sente &#187; les &#171; anti-bloqueurs &#187;. Vers la fin de l'&#233;mission, Christine Bravo, d&#233;cha&#238;n&#233;e, d&#233;boule sur le plateau pour vomir sa haine du mouvement &#233;tudiant et de tout ce qui, de pr&#232;s ou de loin, lui rappelle les drapeaux rouges de sa jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Bravo est coutumi&#232;re de ces &#171; sorties &#187;. D&#233;j&#224;, en juin 2004, elle avait assimil&#233; &#224; une Saint-Barth&#233;l&#233;my, les coupures de courant qui avaient affect&#233; le domicile de Jean-Marie Cavada lors d'une gr&#232;ve de l'EDF (comme on peut le lire dans l'article que nous avions publi&#233; : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1650.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Christine Bravo contre la Saint Barth&#233;lemy des compteurs EDF&lt;/a&gt;.) La r&#233;cidive est tout sauf anecdotique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article revu, le 19 novembre 2007.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;
&lt;div&gt;&lt;object width=&#034;320&#034; height=&#034;256&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x3iskw&amp;v3=1&amp;colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&amp;related=0&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/x3iskw&amp;v3=1&amp;colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&amp;related=0&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; width=&#034;320&#034; height=&#034;256&#034; allowFullScreen=&#034;true&#034; allowScriptAccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Retranscription int&#233;grale (&#224; quelques passages pr&#232;s qui sont r&#233;sum&#233;s). Elle se passe presque de commentaires&#8230; On appr&#233;ciera le genre de propos que l'on peut entendre &#224; une heure de grande &#233;coute sur l'une des principales cha&#238;nes de la t&#233;l&#233;vision publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Bravo commence par expliquer que dans sa jeunesse, lorsqu'elle &#233;tait engag&#233;e elle aussi &#171; &#224; gauche &#187;, on appelait alors &#171; fachos &#187; ceux qui s'opposaient aux blocages des universit&#233;s ; elle consid&#232;re aujourd'hui que ce terme s'appliquerait mieux aux bloqueurs. Est-ce une plaisanterie ? C'est certainement le genre d'humour qui a fait la renomm&#233;e de l'&#233;mission de Ruquier, lui&#8211;m&#234;me plus enclin &#224; faire l'&#233;loge du dernier ouvrage de BHL &#8211; comme ce fut le cas dans son &#233;mission &#171; On n'est pas couch&#233; &#187; le 3 novembre dernier &#8211; qu'&#224; laisser s'exprimer une quelconque forme de contestation. Apr&#232;s cette br&#232;ve entr&#233;e en mati&#232;re, Mme Bravo prend aussit&#244;t &#224; partie l'&#233;tudiante : &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; On parlera de la loi P&#233;cresse plus tard. Je voudrais que vous me r&#233;pondiez sur une question. Est-ce que vous trouvez d&#233;mocratique d'emp&#234;cher les &#233;tudiants d'&#233;tudier ?&#8230; pour &#233;ventuellement ne pas devenir des futurs ch&#244;meurs plus tard&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un spectateur un peu na&#239;f pourrait penser que la chroniqueuse pose une question pour entendre une r&#233;ponse. Eh bien non. A peine l'&#233;tudiante commence-t-elle &#224; r&#233;pliquer &#224; cette agression d&#233;guis&#233;e en forme de question qu'elle se trouve aussit&#244;t s&#232;chement interrompue, comme elle sera sans cesse par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; C'est un faux d&#233;bat&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Non, non, non ! Je savais que voue alliez me dire &#231;a&#8230; C'est militant, je veux une r&#233;ponse&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Mais non, ce n'est pas militant&#8230; c'est sinc&#232;re&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo (sur le ton d'un interrogatoire de police) : - &lt;i&gt;&#171; Je veux une r&#233;ponse : est-ce que c'est d&#233;mocratique d'emp&#234;cher des gens de rentrer &#224; l'Universit&#233; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Et moi je voudrais savoir si c'est d&#233;mocratique le fait que le gouvernement&#8230; &#187;&lt;/i&gt; La jeune &#233;tudiante ne peut terminer sa phrase car notre experte en d&#233;mocratie, qui veut une r&#233;ponse mais ne souhaite pas l'entendre, l'interrompt en s'exclamant :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Et voil&#224;, ils font de la politique&#8230; ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Bravo a tout compris. Oui, en effet, c'est de la politique ! Malheureusement un tel &#233;clair d'intelligence n'&#233;tait pas fait pour durer. Christine Bravo encha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo [Elle &#233;l&#232;ve la voix&#8230;] : - &lt;i&gt;&#171; R&#233;pondez-moi sur cette question Emmanuelle, est-ce que c'est d&#233;mocratique d'emp&#234;cher des gens qui veulent bosser de rentrer dans leur universit&#233; ? !! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sont d&#233;mocratiques. Val&#233;rie P&#233;cresse [&#8230;] s'exprime l&#224;-dessus en disant que tous les &#233;tudiants, qu'ils soient pour ou contre les r&#233;formes, doivent aller en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale&#8230; Donc quelque part est-ce que l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale&#8230; &#187; &lt;/i&gt;Une fois de plus, Christine Bravo ne la laisse pas terminer :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Non, vous ne r&#233;pondez pas sur la question&#8230; Allez, on encha&#238;ne&#8230; Vous ne r&#233;pondrez pas&#8230; Est-ce que vous trouvez d&#233;mocratique d'emp&#234;cher les travailleurs non gr&#233;vistes de rejoindre leurs entreprises le jour o&#249; il y a&#8230; gr&#232;ve des cheminots ? Est-ce que vous trouvez &#231;a d&#233;mocratique d'aller les aider ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuelle h&#233;site une seconde, semble se demander : &#171; mais comment r&#233;pondre &#224; une question aussi idiote et malveillante ? &#187;, puis finalement, non sans courage, trouve ses mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Je trouve que les coups port&#233;s par le gouvernement actuellement am&#232;nent les travailleurs, les &#233;tudiants, &#224; des mesures d'action qui sont les blocages&#8230; Laissez-moi r&#233;pondre &#8230; Laissez-moi r&#233;pondre. &#199;a veut dire que c'est un moyen d'action le blocage, est-ce qu'il est d&#233;mocratique ou pas &#8230; ? &#8230; c'est un blocage, la d&#233;mocratie, o&#249; elle est aujourd'hui ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Puisque vous vous sentez solidaires des travailleurs, moi j'ai envie de vous dire, que les jeunes, les &#233;tudiants, vous &#234;tes un peu solidaires pour faire parler de vous en p&#233;riode de crise, mais quand il n'y a pas de crise, on ne vous entend pas beaucoup sur les travailleurs [tandis que l'on ne cesse d'entendre Christine Bravo&#8230;], vous n'allez pas comparer vos probl&#232;mes d'argent de poche hein au pouvoir d'achat des travailleurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Peut-&#234;tre pas les &#233;tudiants communistes&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus odieuse, non seulement elle a le culot de se poser en d&#233;fenderesse du pouvoir d'achat des travailleurs, mais elle affiche sans vergogne son m&#233;pris pour des &#233;tudiants &#224; qui elle se permet d'infliger des le&#231;ons de solidarit&#233;. Emmanuelle essaye de protester. Ou simplement de prendre la parole. Mais &#233;videmment Christine Bravo ne la c&#232;de pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Excuse-moi, chez les &#233;tudiants communistes, dieu merci il n'y a pas que des fils de prol&#233;taires, moi je connais des fils de bourges qui sont communistes, dieu merci ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Etre solidaires avec les salari&#233;s c'est &#233;vident, ce n'est pas que parce que aujourd'hui on est m&#233;diatis&#233;s, parce qu'on nous voit faire des manifestations, on nous voit dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales&#8230; &#233;videmment moi, je me sens solidaire avec les salari&#233;s&#8230; je suis salari&#233;e ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; Moi je trouve que vous n'avez rien &#224; faire dans ces conflits-l&#224;&#8230;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : -&lt;i&gt; Ah bon ! J'ai rien &#224; faire dans le fait que, par exemple&#8230; la d&#233;fense du secteur public, je n'ai rien &#224; y faire ! Les franchises m&#233;dicales, je n'ai rien &#224; y faire ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Mais attendez, vous n'allez pas en plus aggraver un mouvement&#8230; Enfin c'est extraordinaire !&lt;/i&gt; [Christine s'indigne] &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Qu'est-ce que les &#233;tudiants viennent faire dans ce bordel-l&#224; ?! &#187; &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Mais les attaques du gouvernement&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi pour Mme Bravo, les mouvements sociaux ne sont rien d'autre que &#171; ce bordel-l&#224; &#187;... ! Sous pr&#233;texte qu'elle ne se sent pas concern&#233;e, nul ne devrait l'&#234;tre &#224; ses yeux. Et notre diva de la t&#233;l&#233;vision coupe l'&#233;tudiante une fois de plus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Mais arr&#234;tez avec les attaques du gouvernement ! Mais vous me faites penser aux &#233;tablis qui en 1968&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christine Bravo, nous pr&#233;cise aujourd'hui un correspondant, avait alors (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; les mecs ils voulaient aller conscientiser la masse prol&#233;tarienne &#187;&lt;/i&gt; [dit-elle avec m&#233;pris. Ruquier ricane.] &#8230; &lt;i&gt;&#171; Ils s'engageaient dans les usines, mais en r&#233;alit&#233; le soir ils rentraient chez eux, ils pleuraient dans le giron de leur m&#232;re parce qu'ils avaient des ampoules au doigt, tu vois&#8230; Faut pas d&#233;conner&#8230; &#187;&lt;/i&gt; [Rires et applaudissements] &lt;i&gt;&#171; Non, attendez, je vous jure, &#231;a part d'un bon sentiment mais c'est compl&#232;tement con et utopique&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Con &#187; et &#171; utopique &#187;. Cette tentative de rivaliser, par la caricature et l'insulte, avec le discours de Sarkozy sur mai 68 brille par sa vulgarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Le 20 novembre ils soutiendront les fonctionnaires&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo (au comble de la finesse) : - &lt;i&gt;&#171; Oui, alors les fonctionnaires&#8230; Vous allez soutenir les CRS, c'est bien. De mon temps, on ne soutenait pas les CRS&#8230; Bah oui, les CRS c'est des fonctionnaires&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Je veux revenir sur un truc : &#231;a doit &#234;tre quoi le r&#244;le de l'&#233;tudiant ? &#231;a doit &#234;tre d'aller suivre ses cours, de rentrer chez lui, revenir ainsi de suite&#8230; ou &#231;a doit &#234;tre de r&#233;fl&#233;chir sur la soci&#233;t&#233; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; C'est de r&#233;fl&#233;chir sur la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt; [Comme je le fais moi-m&#234;me tr&#232;s rarement, oublie d'ajouter la chroniqueuse&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Bravo s'adresse ensuite &#224; un &#233;tudiant d'Assas (sans doute pour r&#233;tablir l'&#233;quilibre, dangereusement rompu en faveur d'Emmanuelle&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes en fac &#224; Paris II, Panth&#233;on-Assas, et donc futur capitaliste, opprimeur des cheminots&#8230; &#187;&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas &#8211; &lt;i&gt;&#171; On l'esp&#232;re&#8230;. &#187;&lt;/i&gt; Laurent Ruquier et Pierre Perret se marrent de cette bonne blague&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo poursuit : - &lt;i&gt;&#171; Pourquoi au lieu de pleurnicher dans les m&#233;dias vous ne faites pas comme les &#233;tudiants d'Assas &#224; mon &#233;poque, on prenait des gourdins et des nunchakus et allait casser&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette incitation &#224; la violence, &#224; peine masqu&#233;e par une tentative (d&#233;sesp&#233;r&#233;e) d'&#234;tre dr&#244;le, le jeune fan de Nicolas Sarkozy r&#233;pond tr&#232;s s&#233;rieusement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Malheureusement, c'est les &#233;tudiants de Rennes qui les ont tous pris, et aujourd'hui c'est les &#233;tudiants d'extr&#234;me gauche qui ont les massues et les gourdins et qui emp&#234;chent les &#233;tudiants de rentrer&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo (enfin satisfaite) : - &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; ! OK il a r&#233;pondu ! &#187;&lt;/i&gt; Notre experte en d&#233;mocratie triomphe. Seule Emmanuelle essaye de protester &#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Je r&#233;ponds quand m&#234;me&#8230; &#231;a concerne une minorit&#233; ce qu'il est en train de raconter, tu ne peux pas dire que les 10 000 &#233;tudiants qui &#233;taient dans la rue le 8 novembre, c'&#233;tait 10 000 &#233;tudiants avec un gourdin... &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Je parle de ce qui se passe aujourd'hui&#8230; Aujourd'hui il y a un vote qui a &#233;t&#233; d&#233;mocratique pour une fois et qui montre que les &#233;tudiants&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruquier l'interrompt pour une blague d'une grande finesse :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Pierre Perret dira qu'il y en a des &#233;tudiantes qui en r&#234;vent d'un &#233;tudiant avec un gourdin. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Attendez&#8230; vous vous plaignez d'&#234;tre &#224; la merci d'une minorit&#233;&#8230; On a discut&#233; avec une de vos copines, qui est &#224; la fac de Tolbiac, qui nous disait que sur 12 000 &#233;tudiants, seuls 500 &#233;tudiants gr&#233;vistes participaient aux AG&#8230; 12 000 contre 500&#8230; bah franchement j'ai pas envie de pleurer pour les 11 500 qui se laissent manipuler&#8230; Si c'est vrai &#231;a, si ce sont eux les minoritaires, mais allez-y dans les AG, allez vous battre&#8230;. ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Si on commence &#224; faire cela&#8230; cela a &#233;t&#233; le cas &#224; Nantes d'&#233;tudiants qui voulaient voter contre les blocages dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, ils ont &#233;t&#233; refoul&#233;s &#224; l'entr&#233;e&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Par qui ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Par les &#233;tudiants bloqueurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo [scandalis&#233;e] : - &lt;i&gt;&#171; C'est grave ! Ils sont violents ces gens-l&#224; ! Mais c'est grave ! Vous &#234;tes plus nombreux ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Le probl&#232;me c'est qu'on ne veut pas aller &#224; l'escalade&#8230;. La majorit&#233; des &#233;tudiants qui aujourd'hui veulent aller en cours, ce ne sont pas des militants, ce sont des gens qui ont autre chose &#224; faire&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Il reste deux minutes pour parler de la loi P&#233;cresse, il faut quand m&#234;me dire le fond l&#224;-dessus. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2 minutes ! On imagine assez le r&#233;sultat&#8230; d'autant que Christine Bravo reprend imm&#233;diatement la parole en sa qualit&#233; d'experte des questions universitaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Christine Bravo : - &lt;i&gt;&#171; Mon point de vue c'est que le syst&#232;me universitaire fran&#231;ais ne marche plus en l'&#233;tat&#8230;. Alors l&#224; je suis d&#233;sol&#233;e, je vais vous dire&#8230; Vous dites que &#231;a risque de faire une universit&#233; &#224; deux vitesses, mais elle existe d&#233;j&#224; cette universit&#233; &#224; deux vitesses ! Les grandes &#233;coles d'un c&#244;t&#233;, les universit&#233;s publiques de l'autre&#8230; Alors moi ce que je vais faire, je vais pousser ma fille vers les grandes &#233;coles &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; et finalement qu'est-ce qui va se passer ?&#8230; Parce que moi je suis cadre, ma fille elle a de l'argent, on est sorti de la merde&#8230; Alors quoi, &#231;a veut dire qu'on va laisser dans le public les fils d'ouvriers et qu'on enverra les fils de bonne famille dans les universit&#233;s&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Laurent Ruquier : - &lt;i&gt;&#171; Elle lutte contre &#231;a ! Elle lutte contre &#231;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Christine Bravo : - &#171; &#8230; &lt;i&gt;C'est ce qui existe d&#233;j&#224; donc c'est pour &#231;a qu'il faut maintenant&#8230; &#187;&lt;/i&gt; [Faire quoi ? &#8230; La r&#233;forme P&#233;cresse ?]&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bravo Mme Bravo. Quel talent pour faire valoir ce &#171; bon sens &#187; lib&#233;ral !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; Une r&#233;forme de l'Universit&#233;, on en veut une, on est quand m&#234;me conscients de ce probl&#232;me-l&#224; &#8230; Il y a quand m&#234;me un &#233;tudiant sur 2 qui &#233;choue, il y a quand m&#234;me des &#233;tudiants qui sont aux 35 heures&#8230; quel temps il leur reste pour travailler ? Mais la r&#233;forme de l'Universit&#233; elle existe, mais les r&#233;ponses actuelles du gouvernement de vouloir privatiser les universit&#233;s, c'est peut-&#234;tre pas forc&#233;ment la bonne r&#233;ponse&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- La voix d'Assas : - &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas de privatisation&#8230; &#187;&lt;/i&gt; [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivent quelques secondes d'&#233;changes o&#249; &#171; la voix d'Assas &#187; explique que &#171; l'&#233;tudiant qui n'est pas dogmatique &#187; se fout de savoir si le livre est pay&#233; par le public ou le priv&#233;, du moment que le service est bien assur&#233; ; Emmanuelle souhaite en revanche un service public. Ruquier laisse &#224; Pierre Perret, qui semble confondre les Universit&#233;s avec les &#171; jolies colonies de vacances &#187; de sa chanson, le soin de conclure cette discussion &#171; sur le fond &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pierre Perret : - &lt;i&gt;&#171; Le n&#339;ud de ce probl&#232;me-l&#224;, c'est&#8230; il est vraiment fort dommage qu'ils soient incapables de s'entendre, parce que le but est le m&#234;me &#187;&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;&#171; L'Etat manque de moyens aujourd'hui, il est emmerd&#233; de toutes parts pour recolmater les br&#232;ches&#8230; Mais au lieu de vous diviser, au lieu d'unir vos forces pour vous bagarrer et obtenir vraiment les moyens d'&#233;tudier, sans perdre un temps fou &#8230; Parce que l&#224; vous &#234;tes en train vraiment de perdre du temps&#8230;Je trouve cela un peu dommage &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune militante semble moins enthousiasm&#233;e par cet hymne &#224; l'amour :&lt;br class='manualbr' /&gt;- Emmanuelle : - &lt;i&gt;&#171; On ne d&#233;bat pas de la loi du coup&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! Mais que veux-tu ? Les 2 minutes sont termin&#233;es : Vive le service public sur France2 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait beaucoup d'aveuglement pour consid&#233;rer l'intervention de Christine Bravo comme un tribut cher pay&#233; au divertissement : celui-l&#224; m&#234;me que promettent les &#233;missions de m&#233;lange des genres (et particuli&#232;rement celles qu'anime Laurent Ruquier). La vulgarit&#233; de Christine Bravo a valeur de sympt&#244;me de la d&#233;politisation d&#233;magogique et poujadiste que peuvent produire de tels spectacles. Sa violence t&#233;moigne du pouvoir exorbitant qu'ils conf&#232;rent &#224; des &#171; chroniqueurs &#187; dont les prestations font presque regretter qu'ils remplacent les journalistes les plus engag&#233;s. Au secours ! Rendez-nous Daniel Bilalian !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article revu, le 19 novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christine Bravo, nous pr&#233;cise aujourd'hui un correspondant, avait alors douze ans... C'est assez dire qu'elle sait de quoi elle parle... (note ajout&#233;e le 20 avril 2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi France Culture ? (&#224; propos d'un livre sur Pierre Bourdieu)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Pourquoi-France-Culture-a-propos-d-un-livre-sur-Pierre-Bourdieu</link>
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		<dc:date>2007-11-16T07:01:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>France Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Alain Finkielkraut</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie Heinich</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour permettre &#224; de m&#233;diocres pamphl&#233;taires de confisquer les d&#233;bats qu'ils pr&#233;tendent animer ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Culture-" rel="directory"&gt;Culture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Culture-+" rel="tag"&gt;France Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Alain-Finkielkraut-+" rel="tag"&gt;Alain Finkielkraut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nathalie-Heinich-+" rel="tag"&gt;Nathalie Heinich&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;France Culture a notamment pour vocation&lt;i&gt; &lt;/i&gt;de faire conna&#238;tre l'&#339;uvre des grandes figures intellectuelles de notre &#233;poque (et d'en d&#233;battre s&#233;rieusement). Et il arrive encore (mais pour combien de temps ?&#8230;) que certaines &#233;missions le fassent. Mais deux &#233;missions centr&#233;es sur un livre intitul&#233; &lt;i&gt;Pourquoi Bourdieu&lt;/i&gt; et une invitation dithyrambique &#224; le lire incitent &#224; se poser la question : &lt;i&gt;Pourquoi France Culture ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Pourquoi France Culture ? Pour permettre &#224; un philosophe de t&#233;moigner de son d&#233;go&#251;t pour la sociologie&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;mission &lt;i&gt;Esprit Public&lt;/i&gt; de Philippe Meyer (sociologue de formation&#8230;) , le 21 octobre 2007, on a pu entendre un philosophe recommander en ces termes, le livre de Nathalie Heinich intitul&#233; &lt;i&gt;Pourquoi Bourdieu ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paru dans la collection &#171; Le D&#233;bat &#187; chez Gallimard.&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Format &lt;i&gt;mp3&lt;/i&gt; - Dur&#233;e : 1' 10&#034; - T&#233;l&#233;chargeable &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/IMG/mp3/extrait_esprit_public_greves_18oct_211007.mp3&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Tant de rigueur et de hauteur philosophiques m&#233;ritent une transcription :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Moi, je recommande un livre de la sociologue Nathalie Heinich qui vient de publier chez Gallimard dans la collection &#171; Le D&#233;bat &#187; un livre d'&#233;valuation, de r&#233;&#233;valuation - et en m&#234;me temps c'est un peu d'autobiographie - sur Pierre Bourdieu :&lt;/i&gt; &#171; Pourquoi Bourdieu ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et effectivement, comment se fait-il que Bourdieu soit devenu &#224; ce point le sociologue fran&#231;ais mondial, universel, alors que finalement il &#233;tait - sa pens&#233;e &#233;tait &#8211; probablement beaucoup moins importante qu'il le pensait et que beaucoup le pensaient ? Que ses concepts &#233;taient extr&#234;mement vagues, c'est peut-&#234;tre pour &#231;a d'ailleurs qu'ils s&#8216;appliquaient &#224; peu pr&#232;s &#224; tout et n'importe quoi ? Domination, distinction, habitus, violence symbolique, champ &#8211; la notion de champ, hein ? C'&#233;tait tellement vague que&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il que des gens aient &#233;t&#233; s&#233;duits par Bourdieu au point de devenir quasiment des membres d'une secte ? Et comment se fait-il aussi qu'il y ait eu ce succ&#232;s quasiment universel de ce d&#233;nonciateur des oppressions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un livre qui est tr&#232;s attachant, parce que je dirais qu'il y a &#224; la fois l'analyse intellectuelle et la bonne distance personnelle de quelqu'un qui a su prendre ses distances d'avec Bourdieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, effectivement, la question qui se pose quand m&#234;me, cette fois sans le point d'interrogation, c'est vraiment &#171; Pourquoi Bourdieu &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Du livre ainsi promu avec un tel enthousiasme, nous ne dirons rien sur le fond, l'&#339;uvre de Bourdieu se d&#233;fendant tr&#232;s bien elle-m&#234;me, du moins pour ceux qui se donnent la peine de la lire. Nous dirons seulement ceci : c'est un pamphlet, travesti en enqu&#234;te sociologique, rehauss&#233; de psychanalyse sauvage, piment&#233; d'anecdotes pseudo-biographiques (dont on pourra lire un usage dans l'annexe de cet article). Mais ce n'est pas un livre qui cherche ouvertement &#224; faire passer la sociologie de Pierre Bourdieu comme une pure et simple imposture. Comme quoi le commentaire &#233;logieux d'un livre sur &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt; peut &#234;tre pire que celui-ci !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, un philosophe hexagonal d&#233;couvre que la r&#233;ception internationale de l'&#339;uvre de Bourdieu est moins m&#233;rit&#233;e que celle d'Harry Potter ! Yves Michaud, puisque c'est de lui qu'il s'agit, n'est pas seulement l'auteur injustement m&#233;connu de livres imp&#233;rissables sur la violence, la politique, la peinture et sur ce qu'il appelle &#171; la crise de l'art contemporain &#187;. Il est aussi directeur de &#171; L'Universit&#233; de Tous les Savoirs &#187; et l'un des invit&#233;s inamovibles de &lt;i&gt;L'Esprit public&lt;/i&gt;. Il montre au moins que, manifestement, il ne suffit pas d'&#234;tre le directeur de &#171; l'Universit&#233; de Tous les Savoirs &#187; pour tout savoir soi-m&#234;me et que ce titre ne prot&#232;ge pas de l'enflure et du ridicule. Mais peut-&#234;tre est-ce trop de demander &#224; certains de ceux qui, &#224; l'instar d'Yves Michaud, ont le privil&#232;ge de disposer chaque semaine du micro de France Culture de ne pas confondre la critique toujours souhaitable d'une &#339;uvre avec une ex&#233;cution sommaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Pourquoi France Culture ? Pour permettre &#224; Alain Finkielkraut de ressasser ses obsessions.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 novembre, c'est au tour d'Alain Finkielkraut d'honorer le livre de Nathalie Heinich, d'un d&#233;bat, mais de l'un de ces d&#233;bats dont Alain Finkielkraut a le secret : des d&#233;bats qui ne sont qu'autant d'occasions, pour le producteur de &#171; R&#233;pliques &#187; de ressasser ses th&#232;mes et ses phobies, de concert avec ses interlocuteurs quand leurs avis convergent, en pr&#233;sence d'un contradicteur-pr&#233;texte quand les positions divergent. Bref, des &#171; &lt;i&gt;R&#233;pliques&lt;/i&gt; &#224; moi-m&#234;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; Les pr&#233;dications d'Alain Finkielkraut (1) : &#8220;R&#233;pliques &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, pour parler de &#171; La pens&#233;e de Pierre Bourdieu &#187;, qu'il ne cesse de pourfendre d'&#233;mission en &#233;mission&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire par exemple : &#171; Les pr&#233;dications d'Alain Finkielkraut (3) : &#171; Mes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Alain Finkielkraut avait r&#233;uni autour de lui, non seulement Nathalie Hienich, mais &#233;galement G&#233;rard Mauger, auteur d'un livre d'hommages &#224; Pierre Bourdieu, dont il ne fut question que pour en citer le titre&#8230; &#224; la fin de l'&#233;mission. C'est donc autour du livre de Nathalie Heinich et des ruminations d'Alain Finkielkraut que tourna le &#171; d&#233;bat &#187;. Tr&#232;s &#233;quilibr&#233;, comme toujours, comme le montre le comptage des temps de parole&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; : sur 50'47'',&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Finkielkraut a pris la parole durant 19'32'', Heinich pendant 17'41''&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;et&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Mauger pendant 13'47''.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Soit, pour Finkielkraut, 38,5% du temps de parole, Heinich 34,8%&lt;i&gt; &lt;/i&gt;et&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Mauger 26,7%. Autrement dit, les critiques de Pierre Bourdieu ont occup&#233; pr&#232;s des &#190; du temps de parole (73,3%)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore ces chiffres n'illustrent-ils que partiellement ce que sont de tels simulacres de d&#233;bat auxquels les contradicteurs sont convoqu&#233;s &#224; compara&#238;tre par un producteur-animateur qui se r&#233;serve le premier et le dernier mot non seulement dans une &#233;mission, mais dans nombre de celles qui la pr&#233;c&#232;dent et qui lui succ&#232;dent. De quoi r&#233;fl&#233;chir s&#233;rieusement avant d'accepter l'interrogatoire, voire le guet-apens. Refuser une invitation &#171; &#224; d&#233;battre &#187; dans de telles conditions peut &#234;tre une forme d'exigence pour que s'instaurent de &lt;i&gt;vraies&lt;/i&gt; discussions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#190; du temps de parole. Mais pour dire quoi ? Que l'Ecole sociologique anim&#233;e par Pierre Bourdieu &#233;tait une secte, que le sociologue et ses &#339;uvres &#233;taient violents (tandis que Finkielkraut est d'une d&#233;licate douceur&#8230;), qu'il &#233;tait anim&#233; d'un fort ressentiment contre la culture et que son succ&#232;s s'explique par la passion &#233;galitaire et la radicalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Pourquoi France Culture ? Pour permettre &#224; un producteur-animateur de pr&#233;sider un proc&#232;s sans d&#233;fenseurs. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, le jeudi 1er novembre 2007, l'&#233;mission &#171; Du grain &#224; moudre &#187; offrait une nouvelle tribune aux adversaires de Pierre Bourdieu sous le titre &#171; Reste-t-il une sociologie en France apr&#232;s Bourdieu ? &#187;. Si Alain Finkielkraut avait eu la d&#233;cence d'inviter un contradicteur, Brice Couturier et Tara Schlegel s'en sont carr&#233;ment pass&#233;s. Ce n'est pas la premi&#232;re fois (et sans doute pas la derni&#232;re) que les responsables de cette &#233;mission usent et abusent de leur position pour agir non en m&#233;diateurs du d&#233;bat public, mais en pol&#233;mistes &#224; sens unique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; Autopsie de l'extr&#234;me-gauche par des animateurs cultiv&#233;s &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;s : Nathalie Heinich (au titre de la dissidence), Pierre Demeulenaere (en qualit&#233; de disciple de Boudon) et Michel Wieviorka (en qualit&#233; de disciple de Touraine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pour le moins &#233;trange que pour parler de la sociologie en France &#171; apr&#232;s Bourdieu &#187; aucun de ceux qui ont travaill&#233; avec lui et/ou dans le sillage de son &#339;uvre et continuent de s'en inspirer aujourd'hui n'ait &#233;t&#233; invit&#233;. Cela signifie-t-il que la sociologie de Bourdieu est d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;e et qu'il n'existe plus de sociologue &#171; bourdieusien &#187; ? Ou alors, s'agissait-il seulement de donner la parole &#224; d'autres courants sociologiques pour qu'ils fassent le point sur leurs propres travaux ? Rien de tel ! Il s'agissait simplement de permettre aux sociologues invit&#233;s de dire tout le mal qu'ils pensent de l'&#339;uvre de Pierre Bourdieu, de son auteur et de ceux qui, tr&#232;s nombreux, appartiennent, directement ou pas, &#224; son &#233;cole (en les traitant en simples &#171; &#233;pigones &#187;, comme les comp&#232;res r&#233;unis autour du micro ne cesseront de le dire). Bref : une &#233;mission de r&#232;glement de comptes, affranchie des r&#232;gles les plus &#233;l&#233;mentaires de la discussion rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprit ainsi de Nathalie Heinich (soutenue par Michel Wieviorka, dans le r&#244;le de la victime) que Bourdieu &#233;tait le chef charismatique et parano&#239;aque d'une secte, qu'il &#233;tait inutile de lire ses livres pour en parler (Pierre Demeulenaere), que ses engagements &#233;taient &#233;quivoques, voire d&#233;lirants, et que, somme toute, il n'y avait rien &#224; en dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passe encore que les invit&#233;s, certains de n'&#234;tre pas contredits, disent ce qu'ils veulent et, en l'esp&#232;ce, n'importe quoi. Mais que les producteurs-animateurs d'une &#233;mission de France Culture rench&#233;rissent sur les propos de leurs interlocuteurs et s'ing&#233;nient &#224; disqualifier la sociologie et les engagements d'un sociologue dont ils ne connaissent manifestement l'&#339;uvre qu'&#224; travers le filtre des vulgates m&#233;diatiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, dans le m&#234;me sens : L'&#339;uvre de Pierre Bourdieu et l'&#233;cran m&#233;diatique.&#034; id=&#034;nh9-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; invite &#224; s'interroger : au nom de qui et de quoi des producteurs-animateurs s'arrogent-ils le droit d'instruire syst&#233;matiquement &#224; charge, avant de se comporter en procureurs dans un proc&#232;s sans d&#233;fenseurs ? Au nom de la culture ? Vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi France Culture, somme toute ? Pour permettre &#224; des m&#233;diateurs culturels de faciliter l'acc&#232;s aux &#339;uvres (comme il arrive que certaines &#233;missions de qualit&#233; le fassent encore) ou pour permettre &#224; de m&#233;diocres pamphl&#233;taires de confisquer les d&#233;bats qu'ils pr&#233;tendent animer ? &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe : Extraits du pr&#234;t-&#224;-penser &#171; cultiv&#233; &#187; contre Bourdieu&lt;/strong&gt; (Transcriptions de Marie-Anne Boutoleau)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Pierre Bourdieu, du moins pour ceux qui la connaissent, se d&#233;fend tr&#232;s bien elle-m&#234;me. Si elle s'expose &#224; des critiques sans complaisance, toutes ne se valent pas. Les extraits qui suivent, n'ont pas d'autre objet que de mettre en &#233;vidence &#224; quelle altitude se situe parfois la critique quand elle s&#233;vit sur France Culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une secte anim&#233;e par un leader charismatique et parano&#239;aque.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte que la salle pr&#234;t&#233;e &#224; Pierre Bourdieu par la librairie li&#233;e &#224; son &#233;diteur (les Editions de Minuit) pour une rencontre avec les abonn&#233;s de sa toute nouvelle revue, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales,&lt;/i&gt; &#233;tait un sous-sol r&#233;am&#233;nag&#233; par le libraire en salle de d&#233;bat, Nathalie Heinich propose, 30 ans apr&#232;s, l'interpr&#233;tation sociologique suivante de sa premi&#232;re rencontre avec Bourdieu : &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Heinich : - &lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;ce &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;rendez-vous dans la cave &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;avec les abonn&#233;s &#233;tait un premier moment de ce que j'ai appel&#233; l'exot&#233;risation, c'est-&#224;-dire la sortie de l'&#233;sot&#233;risme qui caract&#233;rise &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les premiers moments d'une secte&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, hein, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;avec le proph&#232;te, les disciples, &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;qui donc sont dans l'id&#233;e du &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;partage du secret&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, hein, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;quasiment du complot &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et qui &#224; un moment pour ne pas crier dans le d&#233;sert doivent bien trouver d'autres disciples et &#233;tendre leur influence. Mais l'&#233;tendre sous condition, c'est-&#224;-dire &#224; conditions de rester dans l'id&#233;e qu'ils sont un petit nombre, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un petit groupe d'initi&#233;s&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; face &#224; la foule ignorante. Et donc &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;cette cave &#233;tait vraiment l'embl&#232;me &#224; la fois de l'obscurit&#233; et du petit groupe et de la chose qui se fait un petit peu en douce&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, comme &#231;a, et en m&#234;me temps de la premi&#232;re extension au-del&#224; du petit cercle des collaborateurs de Bourdieu. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Brice Couturier surench&#233;rit : - &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;il y a toujours l'id&#233;e dans la fa&#231;on dont Bourdieu et ses disciples pr&#233;sentent la circulation des id&#233;es, l'id&#233;e qu'il y a une censure, un contr&#244;le social qui est exerc&#233; et qu'il s'agit pr&#233;cis&#233;ment d'&#233;chapper &#224; cette censure et &#224; ce contr&#244;le social et &#224; les contourner. Heu... C'est... Ce qui est... Ce qui est &#233;tonnant &#233;videmment quand on est une... &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;une secte &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;comme vous dites pour reprendre l'image que vous employez de gens qui se r&#233;unissent &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;comme les premiers chr&#233;tiens dans des catacombes &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;sans plus... heu en haut du boulevard Saint-Michel, ce qui est tr&#232;s symbolique heu... C'est... C'est quand on atteint le succ&#232;s ! C'est-&#224;-dire qu'effectivement il y a une esp&#232;ce de contradiction g&#234;nante d'un personnage qui au d&#233;part d&#233;nonce les censures dont il est victime et qui finit d&#233;tenteur de la chaire de sociologie au Coll&#232;ge de France, couvert d'honneurs ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Heinich : - &lt;i&gt;&#171; Oui, c'est une des ambigu&#239;t&#233;s de son personnage, c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ce que j'ai appel&#233; les puissances de la parano&#239;a.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; C'est qu'en effet je crois qu'&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;il s'est totalement construit sur l'id&#233;e parano&#239;aque&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qu'il &#233;tait la victime de la m&#233;connaissance de ses pairs&lt;/i&gt;. [...] &lt;i&gt;Ce qui reste constant dans toute sa carri&#232;re c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;cette id&#233;e d'&#234;tre le seul &#224; d&#233;tenir la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; face &#224; la foule de ceux qui ne comprennent pas et qui en plus lui veulent du mal. Donc c'est une posture extr&#234;mement puissante parce qu'elle attire l'adh&#233;sion affective tr&#232;s forte de tous ceux qui ont &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ce type de posture mentale&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, donc &#231;a cr&#233;e &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;des groupes de parano&#239;aques extraordinairement d&#233;termin&#233;s.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Et en m&#234;me temps c'est une posture qui s'affaiblit &#224; mesure qu'elle gagne puisqu'un parano&#239;aque qui devient souverain et qui continue et qui continue &#224; se plaindre d'&#234;tre m&#233;connu, &#231;a devient un fou, hein. C'est quelque chose qui quand m&#234;me confine &#224; la perte de contact avec la r&#233;alit&#233;. Heureusement Bourdieu a &#233;chapp&#233; &#224; la folie&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. Cependant il est certain que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;cette posture parano&#239;aque&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; est rest&#233;e jusqu'au bout &lt;/i&gt;[...]. &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Michel Wieviorka (qui n'est &#171; &#233;pigone &#187; de personne, n'&#233;tant qu'un disciple tr&#232;s distant d'Alain Touraine&#8230;) confirmera le diagnostic, l'&#233;tendant m&#234;me aux &#171; &#233;pigones &#187; qui, en effet, sont, eux aussi, des parano&#239;aques lorsqu'ils croient que certains sociologues (et notamment Wieviorka) n'aiment pas Bourdieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Michel Wieviorka :&lt;i&gt; - &#171; Le compl&#233;ment n&#233;cessaire [qu'il faut] &#233;voquer, c'est les disciples, les &#233;pigones. Il faudrait vraiment, pour qu'on comprenne bien &#171; Pourquoi Bourdieu &#187;, en savoir plus sur les &#233;pigones. Moi j'ai un souvenir d'un des plus importants&#8230; &lt;/i&gt;[disciple ? &#233;pigone ?],&lt;i&gt; Roger Chartier, c'est un tr&#232;s grand historien qui vient de rentrer lui aussi au Coll&#232;ge de France. Il y a quelques ann&#233;es, il n'y a pas tr&#232;s longtemps, nous avions une discussion tr&#232;s cordiale et au cours de cette discussion il me dit : &lt;/i&gt;&#8220;mais pourquoi vous autres les sociologues, en dehors de Bourdieu pourquoi est-ce que vous d&#233;testez &#224; ce point Bourdieu&#8221;&lt;i&gt; Autrement dit la parano&#239;a &#233;tait partag&#233;e en quelque sorte ou &#233;tait port&#233;e par un certain nombre de ses disciples. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, en effet, il suffit d'&#233;couter l'&#233;mission pour se convaincre qu'il est parano&#239;aque de relever la haine de certains sociologues &#224; l'&#233;gard de Bourdieu. A vouloir trop prouver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Un ennemi de la culture&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Finkielkraut, version 2004 : - &lt;i&gt;&#171; C'est quoi, la culture ? &#187; &lt;/i&gt;s'interrogeait Finkielkraut en 2004&lt;i&gt; (&#171; R&#233;pliques &#187;, &lt;/i&gt;23 octobre 2004). Sa r&#233;ponse, en forme de r&#233;sum&#233; d'un livre de Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;La Distinction&lt;/i&gt;, un ouvrage de 650 pages traduit et comment&#233; dans le monde entier &#8211; notamment par les professionnels des sciences sociales &#8211;, est une synth&#232;se de la culture qu'il d&#233;fend, sa propre culture : &#171; &lt;i&gt;Si la valeur esth&#233;tique se confond avec une valeur de d&#233;couverte, si on consid&#232;re l'&#339;uvre si vous voulez, comme un mode de connaissance, tout change. Dans le cas o&#249; l'on ne dit pas cela, alors l'art devient un certain type de divertissement, et tr&#232;s vite on pense que c'est un divertissement snob !&lt;/i&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;C'est quand m&#234;me tout ce que dit&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; La Distinction &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &lt;i&gt;C'est-&#224;-dire on met des livres d'art sur la table basse pour impressionner ses amis, et si &#231;a rel&#232;ve du divertissement, alors &#231;a n'a pas d'importance !&lt;/i&gt; &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Finkielkraut, version 2007 : - &lt;i&gt; &#171; Je voudrais introduire un autre terme &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt;. Je parlerais personnellement plut&#244;t d'&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;absolutisme &#233;galitaire.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Et je pense qu'il y a &#231;a aussi chez Bourdieu, &lt;strong&gt;une fa&#231;on de dire aux domin&#233;s : la culture dominante ne vaut pas... ne vaut pas plus... Enfin vaut beaucoup moins que ce qu'elle dit &#234;tre et elle se pousse du col simplement pour mieux vous &#233;craser.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; [...] &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; propos de Bourdieu, qui contrairement &#224; Hoggart ne c&#233;l&#233;brerait pas l'art et la litt&#233;rature &#224; leur juste valeur : &lt;i&gt;&#171; Il y a chez Bourdieu &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un ressentiment tr&#232;s fort.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; [...] &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Et ce ressentiment l'habite toujours. Ce ressentiment contre les dominants, parfois contre la culture dominante&lt;/strong&gt; et avec cette id&#233;e que pour acc&#233;der &#224; la v&#233;rit&#233; la sociologie suffit. D&#232;s lors, &lt;strong&gt; la culture de toute fa&#231;on est d&#233;valu&#233;e.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Un ap&#244;tre de la violence et la radicalit&#233;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Alain Finkielkraut :&lt;i&gt; - Alors justement, capacit&#233; agonistique conflictuelle, donc, c'est l&#224;-dessus que je voudrais poser ma derni&#232;re question : &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;le retentissement, le succ&#232;s de l'&#339;uvre de Pierre Bourdieu ne vient-il pas aussi de sa radicalit&#233; ? Et la radicalit&#233; est une vieille tradition fran&#231;aise. La radicalit&#233; a &#233;t&#233; invent&#233;e par la France. La radicalit&#233; est robespierriste, c'est-&#224;-dire deux camps ! Et chez Bourdieu &#231;a donne &#224; la fin de sa vie le gouvernement invisible des puissants. D'o&#249; la question : y a-t-il place chez Bourdieu pour un adversaire l&#233;gitime, un d&#233;saccord acceptable ? C'est... Je ne le crois pas. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Et l&#224; je pense &#224; Malraux &#8211; c'est-&#224;-dire qu'on peut bien se moquer de Malraux mais il faut savoir que dans une conf&#233;rence de 1948, il met en cause un certain type de propagande communiste, attaqu&#233;e surtout sur le plan moral : &#171; ce qu'il faut pour ce mode de pens&#233;e ce n'est pas que l'adversaire soit un adversaire, c'est qu'il soit ce qu'on appelait au 18e si&#232;cle un sc&#233;l&#233;rat. Le son unique de cette propagande est l'indignation, c'est d'ailleurs ce qu'elle a de plus fatiguant. &#187; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Et il me semble qu'il y a un go&#251;t fran&#231;ais pour la politique sur le mod&#232;le de la guerre et de la guerre civile.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; La r&#233;cente affaire Guy M&#244;quet me semble extr&#234;mement r&#233;v&#233;latrice de cette propension fran&#231;aise. Deuxi&#232;me probl&#232;me, je pense &#224; cette phrase de Charcot : &#171; la th&#233;orie c'est bien, mais &#231;a n'emp&#234;che pas d'exister. &#187; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mais il y a des th&#233;ories qui veulent emp&#234;cher d'exister.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Le m&#233;pris de Bourdieu pour le journalisme, quelquefois, est tout &#224; fait l&#233;gitime &#8211; c'est le monde de la simplification &#8211; mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;on a l'impression&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; que c'est aussi quelquefois le m&#233;pris pour les faits que le journalisme peut rapporter et qui ne cadre pas avec la th&#233;orie. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;A un moment donn&#233; dans son livre &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; il m'attaque comme philosophe de t&#233;l&#233;vision : &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;je redonne sens &#224; l'insignifiant parce qu'&#233;videmment je mets en sc&#232;ne le port d'un fichu &#224; l'&#233;cole. Mais le port d'un fichu &#224; l'&#233;cole ce n'est pas seulement le port d'un fichu &#224; l'&#233;cole, en tout cas je ne suis pas le seul &#224; le penser, semble-t-il. Mais l&#224;, oui, simplement, le port d'un fichu &#224; l'&#233;cole c'est des domin&#233;s &#224; qui on voudrait faire la le&#231;on, et &#231;a on ne peut pas. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nathalie Heinich : - &lt;i&gt;Je voudrais quand m&#234;me dire une chose : vous avez tout &#224; fait raison, je crois, sur le radicalisme, Bourdieu surtout je crois dans les... A partir du moment o&#249; il s'est engag&#233; en personne dans l'espace politique, a tr&#232;s bien heu... surf&#233;, disons, avec des tendances radicales qui en effet sont tr&#232;s propres &#224; la... &#224; une certaine politique fran&#231;aise. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Moi il me semble que le radicalisme est une voie tr&#232;s sophistiqu&#233;e, une forme tr&#232;s sophistiqu&#233;e de la b&#234;tise, et rien d'autre.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Et malheureusement Bourdieu s'est un petit peu laiss&#233; aller &#224; cela vers la fin de sa vie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour preuve, dans son livre, Nathalie Heinich dont le travail de sociologue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Un sociologue politiquement d&#233;lirant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tara Schlegel : - &lt;i&gt;&#171; Bon. Mais ce qui est&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; tr&#232;s frappant &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;aussi, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ce que vous montrez tr&#232;s bien Nathalie Heinich&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; c'est que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;m&#234;me quand il se trompe ensuite dans son engagement politique de fa&#231;on manifeste&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, par exemple &#224; propos du voile ou &#224; d'autres moments &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dont vous allez peut-&#234;tre nous parler&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &#231;a ne remet pas en cause finalement la notori&#233;t&#233; qu'il a et l'impact de ses prises de position comme si il y avait quand m&#234;me une sorte de d&#233;connexion entre &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;le Bourdieu gourou&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de la fin des ann&#233;es quatre-vingt-dix et le Bourdieu tel qu'on le conna&#238;t quand on s'int&#233;resse &#224; la sociologie. &#187;&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Heinich passe en revue les &#171; erreurs &#187; du &#171; gourou &#187;, et notamment celle-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Nathalie Heinich : - &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[...] &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Tony Blair, qu'il assimile &#224; Hitler, en gros. &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Brice Couturier : - &lt;i&gt;&#171; A Jorg Haider, exactement &#187;.&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nathalie Heinich : - &lt;i&gt;&#171; Oui, non, non, mais Jorg Haider lui-m&#234;me &#233;tant... &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Brice Couturier : - &lt;i&gt;&#171; ...implicitement, ouais, ouais... &#187;&lt;/ br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nathalie Heinich : - &lt;i&gt;&#171; ... implicitement r&#233;f&#233;r&#233; &#224; Hitler. C'est assez. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Tara Schlegel : - &lt;i&gt;&#171; ... une sorte d'analogie un peu &#233;trange. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nathalie Heinich : - &lt;i&gt;&#171; Oui, oui heu... &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Tony Blair &#233;tait nazi selon Pierre Bourdieu&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, ce qui &#233;tait quand m&#234;me un tout petit peu excessif je dirais. Et puis... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Brice Couturier : - &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mais par contre S&#233;gol&#232;ne Royal de droite ! &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;(rires)&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nathalie Heinich : (rires) : - &lt;i&gt;&#171; Oui... &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, jamais Pierre Bourdieu n'a assimil&#233;, ni implicitement, ni explicitement Tony Blair &#224; Hitler. Il a simplement expliqu&#233; que l'analogie entre Jorg Haider et Hitler &#233;tait superficielle et que d'autres rapprochements &#233;taient n&#233;cessaires, surtout si l'on veut comprendre les raisons du succ&#232;s du leader autrichien. Pour le v&#233;rifier (et v&#233;rifier l'ampleur de la falsification), il suffit de se reporter au texte de mars 2000 auquel nos trois comparses font allusion : &#171; Pour une Autriche &#224; l'avant-garde de l'Europe &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Pierre Bourdieu. Interventions, 1961-2001. Science sociale et action (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peu importe, &#233;videmment puisque la &#171; comp&#233;tence &#187; des duettistes &#233;crase toutes les autres : &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Brice Couturier : - &lt;i&gt;&#171; Oui, parce qu'il y a eu un ouvrage d'&#233;conomie qui est vraiment un ouvrage en trop parce que l&#224; manifestement il avait atteint les limites de sa comp&#233;tence. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nathalie Heinich :- &lt;i&gt;&#171; ... de sa comp&#233;tence, probablement. &#187;&lt;br&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, ce sont tous les ouvrages de Pierre Bourdieu qui sont &#171; probablement &#187; de trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Wieviorka devait lui aussi apporter sa contribution &#224; l'entreprise de d&#233;nigrement, sous la forme d'une insinuation d'une rare &#233;l&#233;gance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Michel Wieviorka : -&lt;i&gt; &#171; Lui, pendant la guerre d'Alg&#233;rie, il &#233;tait sur place et apparemment la guerre n'existait pas. C'&#233;tait vraiment la guerre sans Bourdieu.&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Et je pense que les adversaires de Bourdieu n'ont jamais voulu aller trop loin dans l'&#233;tude de ce qu'il faisait pendant la guerre d'Alg&#233;rie, je pense qu'effectivement il vaut mieux ne pas trop creuser cette p&#233;riode-l&#224; de son existence.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La prime de l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pierre Demeulenaere : - &#171; [...] &lt;i&gt;Je vais faire une analyse boudonienne moi du succ&#232;s de Pierre Bourdieu. Alors &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#224; cet &#233;gard moi je ne l'ai pas rencontr&#233;, je n'ai pas connu cet homme, je ne l'ai m&#234;me jamais vu &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et je suis frapp&#233; &#224; la lecture du livre de Nathalie Heinich par la dimension psychologique du personnage.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;N&#233;anmoins moi je voudrais dire qu'une grande partie de son succ&#232;s tient &#224; cette opposition entre dominants et domin&#233;s qui fait que la perception des in&#233;galit&#233;s sociales peut facilement &#234;tre assimil&#233;e &#224; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;une grille de lecture sociologique enfin, plus ou moins fine, pour moi elle ne l'est pas &#233;norm&#233;ment mais bon &#231;a dit quelque chose &#224; beaucoup aux gens.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; [...] [Boudon] &lt;i&gt;c'est plus pr&#233;cis d'une certaine mani&#232;re d'un point de vue scientifique et moi j'ai du mal avec &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;cet &#233;norme pathos&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qu'il y a dans la litt&#233;rature bourdieusienne.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Tout pouvoir, toute in&#233;galit&#233; est vue par le biais de l'ill&#233;gitimit&#233; fondamentalement. Et c'est en partie vrai, mais c'est en partie faux. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Et Bourdieu qui lui n'aimait pas les nuances, enfin son travail n'est jamais analytique, fin, d&#233;taill&#233; comme &#231;a, il est massif. Il affirme des choses, il est p&#233;remptoire, etc.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Je crois que c'est en partie &#231;a qui fait son succ&#232;s aupr&#232;s du grand public&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;et en m&#234;me temps c'est cela qui explique son engagement. Moi je vois &#8211; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;enfin je connais tr&#232;s peu son parcours, son oeuvre, etc.,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; enfin je le connais comme professeur, hein, mais pas de mani&#232;re heu...&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Brice Couturier : - &#171; Ah parce que quand on est professeur de sociologie boudonien on ne lit pas Bourdieu ?&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pierre Demeulenaere : - &lt;i&gt;&#171; Ce n'est... &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Moi je n'ai pas une impression de force scientifique tr&#232;s grande &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;enfin vous voyez ce n'est pas... Mes r&#233;serves ne sont pas d'ordre politique ou d'ordre humain, etc. - je ne l'ai jamais rencontr&#233; &#8211; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;mais quand je le lis je trouve &#231;a tr&#232;s impr&#233;cis&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, voil&#224;. Heu... &#187;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelque temps plus tard&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pierre Demeulenaere : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[...] &lt;strong&gt; &lt;i&gt;tr&#232;s souvent il raisonne en termes de co&#251;ts et d'avantages&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et de b&#233;n&#233;fices suppos&#233;s &#8211; alors conscients ou inconscients &#8211; de tel ou tel type d'attitude. &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Bon je suis pas capable de dire &#8211; bon, je ne suis pas un connaisseur fin de l'&#339;uvre de Bourdieu &#8211; si c'est quelqu'un qui raisonne syst&#233;matiquement en termes de co&#251;ts et d'avantages&lt;/strong&gt; plus ou moins conscients ou si au contraire il d&#233;nonce fondamentalement ce type de repr&#233;sentations et ce type d'actions. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref : je ne le connais pas pr&#233;cis&#233;ment, mais je le trouve impr&#233;cis. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pierre Demeulenaere : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Bourdieu c'est un &#233;crivain en fait. &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Michel Wieviorka : - &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt; Mais c'est un &#233;crivain illisible ! &lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paru dans la collection &#171; Le D&#233;bat &#187; chez Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1870.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les pr&#233;dications d'Alain Finkielkraut (1) : &#8220;&lt;i&gt;R&#233;pliques&lt;/i&gt; &#224; moi-m&#234;me&#8221; &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire par exemple : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1894.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les pr&#233;dications d'Alain Finkielkraut (3) : &#171; Mes meilleures pens&#233;es et mes meilleurs ennemis &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2475.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Autopsie de l'extr&#234;me-gauche par des animateurs cultiv&#233;s &#187;&lt;/a&gt; (un d&#233;bat d'entomologistes sans les insectes &#233;tudi&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, dans le m&#234;me sens : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article179.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#339;uvre de Pierre Bourdieu et l'&#233;cran m&#233;diatique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour preuve, dans son livre&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; Nathalie Heinich dont le travail de sociologue a consist&#233;, en guise d'enqu&#234;te de terrain, &#224; choisir soigneusement les citations de ses auteurs de r&#233;f&#233;rence, qu'elle cr&#233;dite de l' &#171; analyse &#187; empirique qu'elle n'a pas eu le temps d'effectuer et qu'elle doit &#224; Didier Lapeyronnie, mentionne ceci : &lt;i&gt;&#171; Son analyse&lt;/i&gt; [&#224; Lapeyronnie]&lt;i&gt; s'appuie sur l'analyse d'un certain nombre d'initiatives ou de publications cr&#233;&#233;es ou investies par la &#034;gauche radicale&#034; qui a &#233;merg&#233; dans la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1990, notamment autour du mouvement Attac : le site Acrimed (Action Critique Media), fond&#233; &#224; la suite des gr&#232;ves de d&#233;cembre 1995 &#224; l'initiative de Patrick Champagne, sp&#233;cialiste des m&#233;dias et collaborateur de longue date de Bourdieu ; les p&#233;riodiques&lt;/i&gt; Le Monde diplomatique&lt;i&gt; et&lt;/i&gt; Les Inrockuptibles ;&lt;i&gt; ou encore&lt;/i&gt; PLPL (Pour Lire Pas Lu),&lt;i&gt; publication &#233;ph&#233;m&#232;re et confidentielle, mais dont&lt;/i&gt; &#8220;le ton, l'usage d'une rh&#233;torique emprunt&#233;e &#224; l'extr&#234;me droite qui rappelle parfois la propagande antis&#233;mite de la fin du XIX&#232;me ou des ann&#233;es vingt ou trente (animalisation, mise en cause physique, accusations de corruption, sous-entendus, appels &#224; la violence) ont suscit&#233; une violente pol&#233;mique dans la presse.&#034; &lt;i&gt;Tous ont en commun de faire r&#233;f&#233;rence - voire r&#233;v&#233;rence - &#224; Bourdieu et &#224; sa pens&#233;e. &lt;/i&gt; &#187; (Nathalie Heinich, op.cit, p. 96-97. Didier Lapeyronnie, &#171; L'acad&#233;misme radical ou le monopole sociologique. Avec qui parlent les sociologues ? &#187;, &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de sociologie&lt;/i&gt;, vol 45, n&#176;4, 2004.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Pierre Bourdieu. Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique&lt;/i&gt; (textes choisis et pr&#233;sent&#233;s par Franck Poupeau et Thierry Discepolo), Editions Agone, 2002, p. 437-439.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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