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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>&#171; L'ar&#232;ne de France &#187;, le d&#233;bat en Bern</title>
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		<dc:date>2006-12-27T12:55:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une parodie d&#233;magogique des d&#233;bats d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-572-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la rentr&#233;e de septembre 2006, France 2 a confi&#233; &#224; St&#233;phane Bern une &#233;mission de divertissement intitul&#233;e &#171; L'Ar&#232;ne de France &#187; et diffus&#233;e, trois mercredis par mois, en seconde partie de soir&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'une &#233;mission enregistr&#233;e, donc coup&#233;e, mont&#233;e sous le contr&#244;le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#034;S'affrontent&#034; dans deux d&#233;bats de &#034;soci&#233;t&#233;&#034;, deux &#034;camps&#034;, soutenus par deux v&#233;ritables avocats du barreau, avec au centre deux &#034;grands t&#233;moins&#034;, l'un en promotion, l'autre en &#034;sage&#034; selon la description du site Internet de l'&#233;mission. Celle-ci m&#233;rite que l'on en fasse une premi&#232;re analyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette &#233;mission m&#233;lange les genres. Ce m&#233;lange des genres, St&#233;phane Bern le revendique &lt;i&gt; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt;, 6 septembre 2006) :&lt;i&gt; &#171; La vie m&#233;lange les genres ! Au bureau, &#231;a chauffe quand on parle politique, mais on rit en m&#234;me temps &#187;. &lt;/i&gt;Quant au concept, il le d&#233;finissait ainsi dans &lt;i&gt;L'Express &lt;/i&gt;(31 ao&#251;t 2006) &lt;i&gt; : &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;Il s'agit d'un magazine de divertissement, instructif et humoristique &#224; la fois. J'y animerai des d&#233;bats de soci&#233;t&#233; autour de th&#232;mes citoyens, d&#233;rangeants et pol&#233;miques : &#034;Faut-il enfermer les psys ?&#034; ou &#034;S&#233;gol&#232;ne Royal peut-elle diriger la France ?&#034; &#187; &lt;/i&gt;Apr&#232;s avoir stigmatis&#233; le&lt;i&gt;&#171; politiquement correct&lt;/i&gt; &#187;, ce nouveau poncif qui exon&#232;re &#224; bon compte le recours aux lieux communs les plus acerbes, il ne craignait pas de se placer sous les parrainages illustres de&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Desproges ou Coluche&lt;i&gt; &#171; qu'on ne laisserait plus s'exprimer aujourd'hui &#187;.&lt;/i&gt; Comme dans les autres &#233;missions de cet acabit, le panel des invit&#233;s est extr&#234;mement limit&#233;. St&#233;phane Bern ne cache d'ailleurs pas cette s&#233;lectivit&#233;, puisqu'il proclame le 4 octobre 2006 dans la pr&#233;sentation du d&#233;bat &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes ? &#187; : &lt;i&gt;&#171; Ce soir encore, nous allons aborder deux grands sujets de soci&#233;t&#233; qui divisent et passionnent les fran&#231;ais. Je vous rappelle que deux camps, chacun compos&#233; de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;personnalit&#233;s,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;grands t&#233;moins,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; vont &#233;changer leurs points de vue, avec courtoisie, je l'esp&#232;re, mais aussi en m&#234;me temps, avec dynamisme &#187;. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc muni de ce &#171; cadrage &#187; offert par St&#233;phane Bern que nous entrons dans &#171; l'ar&#232;ne &#187;. Une ar&#232;ne, o&#249; tout est fait pour susciter la joute verbale et la discussion de comptoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dispositif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; le m&#233;lange des genres et la construction artificielle des pol&#233;miques sont hautement revendiqu&#233;s, le dispositif de l'&#233;mission est destin&#233; &#224; les entretenir et &#224; maintenir ainsi &#171; l'int&#233;r&#234;t &#187; du t&#233;l&#233;spectateur. La confusion est d&#233;lib&#233;r&#233;e. Une pr&#233;tendue parodie de la confusion des discussions de bistrot qui est aussi une parodie des d&#233;bats d&#233;mocratiques. Ce n'est pas faire preuve d'un esprit de s&#233;rieux exag&#233;r&#233; que de souligner qu'en imitant les premi&#232;res ce sont les seconds que l'on contribue &#224; discr&#233;diter. Vous avez dit &#171; d&#233;magogie &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu de mots aguicheur qui sert de titre &#224; l'&#233;mission est renforc&#233; par l'ambigu&#239;t&#233; volontaire du logo : l'ar&#232;ne qui figure en permanence en bas de l'&#233;cran ressemble furieusement &#224; une couronne ! Un jeu de mots qui en copie un autre, puisque son &#233;mission sur France Inter s'intitule &#171; Le fou du roi &#187; ? Rien d'&#233;tonnant puisque l'animateur, &#233;galement chroniqueur mondain au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, est un sp&#233;cialiste des monarques et des cours princi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion qui se veut humoristique est redoubl&#233;e d'une autre : par l'organisation du plateau qui imite &#224; la fois une v&#233;ritable ar&#232;ne (avec le public autour et les &#171; gladiateurs &#187; de la parole qui se font face au centre) et une cour de justice. Le public est en effet invit&#233; &#224; voter &#171; pour &#187; ou &#171; contre &#187;, d'abord au d&#233;but, puis en fin de d&#233;bat, apr&#232;s les plaidoiries parodiques d'avocats &#171; commis d'office &#187; par le &#171; fou de l'ar&#232;ne &#187;, pour &#171; v&#233;rifier &#187; si l'ensemble de la discussion (ou du &#171; proc&#232;s &#187;) a &#233;t&#233; de nature &#224; le faire changer d'avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux questions soulev&#233;es, elles sont &#171; &lt;i&gt;provocatrices forc&#233;ment &#187;, &lt;/i&gt;selon les termes de St&#233;phane Bern lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire r&#233;ductrices quand elles ne sont pas d&#233;nu&#233;es de sens : &#171; L'&#233;cole fabrique-t-elle des cr&#233;tins ? &#187;, &#171; Les Fran&#231;ais sont-ils des privil&#233;gi&#233;s ? &#187;, &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes ? &#187;, &#171; Faut-il croire aux ph&#233;nom&#232;nes inexpliqu&#233;s ? &#187;, &#171; La dictature de la beaut&#233; est-elle dangereuse ? &#187;, &#171; Les politiques sont-ils des &lt;i&gt;peoples&lt;/i&gt; comme les autres ? &#187;, &#171; Faut-il donner tous les droits aux homos ? &#187;, &#171; Hommes-femmes : vivent-ils sur la m&#234;me plan&#232;te ? &#187;, etc. Leur formulation incite &#224; la caricature et au positionnement binaire et faussement &#034;radical&#034; (oui ou non, sans nuance) de chacun des protagonistes. Pour preuve que ces questions sont un simple pr&#233;texte : les th&#232;mes annonc&#233;s sont parfois transform&#233;s en cours de d&#233;bat. Ainsi la question &#171; peut-on critiquer la religion &#187; est tr&#232;s vite devenue : &#171; les religions manquent-elles d'humour ? &#187; ; &#171; la dictature de la beaut&#233; est-elle dangereuse ? &#187; devient une discussion sur les mannequins anorexiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#234;l&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chiffre parle de lui-m&#234;me : pour 45 &#224; 50 minutes de d&#233;bat, une vingtaine d'intervenants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; dispositif &#187; oppose frontalement 8, 10 voire 12 &#171; d&#233;batteurs &#187; (dont beaucoup sont l&#224; pour faire leur propre promotion). Pour compl&#233;ter la m&#234;l&#233;e, il faut ajouter &#224; cet amas l'invit&#233; principal qui, venu vendre sa marchandise, intervient en priorit&#233; dans les d&#233;bats, le chroniqueur qui conclut la discussion (Fran&#231;ois Reynaert, journaliste au &lt;i&gt;Nouvel Observateur, &lt;/i&gt;par ailleurs &lt;i&gt; &#171; complice &#187;&lt;/i&gt;, selon ses propres termes, de St&#233;phane Bern dans l'&#233;mission &#171; le Fou du roi&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;sur France Inter), et deux ou trois t&#233;moins suppl&#233;mentaires. Pour que le divertissement soit &#224; son comble et que la discussion soit aussi futile que possible quel que soit le sujet, la cam&#233;ra cach&#233;e de S&#233;bastien Thi&#233;ry propose des sujets sens&#233;s &lt;i&gt; &#171; poser le probl&#232;me &#187;&lt;/i&gt; et qui sont &lt;i&gt; &#171; &#224; charge forc&#233;ment &#187;&lt;/i&gt;, (&lt;i&gt;dixit&lt;/i&gt; l'animateur avec son &#233;norme sourire satisfait), et des appels &#171; comiques &#187; du standardiste Fabrice Thibault pour d&#233;tendre l'atmosph&#232;re artificiellement surchauff&#233;e. Enfin (ouf !), les plaidoiries des avocats dont le r&#244;le est &lt;i&gt; &#171; d'influencer par leur brillance, le vote final du public &#187;&lt;/i&gt; concluent la confrontation. Comme seule compte l'&#233;loquence de ces auxiliaires de la confusion g&#233;n&#233;ralis&#233;e, peu importe leurs convictions, peu importe les id&#233;es des uns et des autres : tout est ramen&#233; &#224; de la pure rh&#233;torique : l'art de &lt;i&gt;parler bien pour ne rien dire &lt;/i&gt;et de r&#233;sumer ainsi l'esprit de l'&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; d&#233;bat &#187; opposant deux &#171; camps &#187;, les protagonistes sont, forc&#233;ment distribu&#233;s dans l'un des deux. Forc&#233;ment, et arbitrairement. Ainsi, dans le &#171; d&#233;bat &#187; &#171; Peut-on critiquer la religion ? &#187;, Monsieur Di Falco, &#233;v&#234;que, plac&#233; d'office du c&#244;t&#233; de ceux qui devaient r&#233;pondre n&#233;gativement, a voulu rejoindre le camp adverse, en d&#233;clarant qu'il n'est pas du tout oppos&#233;, &#224; la critique de la religion. Mouloud Aounit, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MRAP a &#233;t&#233; plac&#233; aux c&#244;t&#233;s d'un rabbin, d'un &#233;v&#234;que et d'un imam, comme s'il &#233;tait lui-m&#234;me un dignitaire religieux, tout &#231;a parce qu'il a port&#233; plainte contre des caricatures qu'il jugeait racistes (&#224; tort ou &#224; raison, &#233;videmment l&#224; n'est pas la question). De m&#234;me, lors du &#171; d&#233;bat &#187; sur la place des jeunes par rapport aux vieux, Pierre Bellemare ne se reconnaissait pas du tout dans le camp des vieux qui s'accrochent alors que Sin&#233; se demandait ce qu'il faisait l&#224;. On se le demande aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette d&#233;ferlante, le t&#233;l&#233;spectateur est compl&#232;tement &#171; noy&#233; &#187; et n'a pas le temps de reprendre son souffle et donc de r&#233;fl&#233;chir. Ce n'est d'ailleurs pas ce qui lui est demand&#233;. On flatte plut&#244;t ses r&#233;actions &#233;motionnelles, &#224; travers le choix binaire du &#171; d&#233;bat &#187;(pour ou contre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arbitre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au centre de &#171; l'ar&#232;ne &#187;, St&#233;phane Bern : l'arbitre du match monopolise la mise en sc&#232;ne et la parole. Pour tenter de donner un sens &#224; la question &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes ? &#187; (4 octobre 2006), St&#233;phane Bern s'est octroy&#233; 12 minutes et 27 secondes soit 26,34 % du temps de la &#171; discussion &#187; (46 minutes et 58 secondes) (Voir les d&#233;tails de la r&#233;partition du temps de parole &#224; la fin de l'article). Arbitre... et chef d'orchestre qui attise la pol&#233;mique, la relance et la rythme pour que l'attention des t&#233;l&#233;spectateurs ne s'effrite pas. C'est &#224; peine s'il &#233;coute ce qui se dit et tient compte de ce qu'il demande lui-m&#234;me. En s'octroyant une libert&#233; permanente et sans limite d'interrompre &#224; son gr&#233; les intervenants, en multipliant ainsi les coq &#224; l'&#226;ne, il alimente le &#171; zapping interne &#187; &#224; l'&#233;mission, d&#233;j&#224; entretenu par les intrusions du pseudo-standardiste et des cam&#233;ras cach&#233;es. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour distraire encore plus (et distraire l'attention...), l'&#233;mission recourt &#224; la cam&#233;ra cach&#233;e, cette roue de secours archi-us&#233;e du comique &#224; la t&#233;l&#233;vision : en l'occurrence, les personnes interrog&#233;es, des gens de la rue, sont syst&#233;matiquement tourn&#233;es en ridicule, sous les applaudissements du public et devant des invit&#233;s hilares qui ovationnent la prouesse quand on revient sur le plateau. Ridiculiser, ce peut &#234;tre aussi faire &#233;talage d'un &#171; royal &#187; m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re ce simulacre de &#171; d&#233;bat &#187;, c'est bien une pens&#233;e politique et soci&#233;tale terriblement conformiste&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;qui s'impose, celle qui est dans l'air du temps et plus pr&#233;cis&#233;ment d'un temps qui est &#224; la r&#233;signation, &#224; la d&#233;politisation des questions politiques. A cet &#233;gard, le d&#233;bat sur les vieux et les jeunes, est un bon exemple puisqu'il se concluait sur l'id&#233;e pr&#233;sent&#233;e comme &#233;vidente et consensuelle selon laquelle il &#233;tait n&#233;cessaire de retarder le d&#233;part &#224; la retraite si l'on voulait garder notre syst&#232;me de retraite. En cours de route, la revendication exprim&#233;e tout au long de l'&#233;mission &#8220;de laisser la place aux jeunes&#8221; avait disparu comme par enchantement...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, l'&#233;mission an&#233;mie compl&#232;tement le d&#233;bat qu'elle pr&#233;tend organiser. Son dispositif chaotique et pl&#233;thorique laisse peu de temps en r&#233;alit&#233; aux invit&#233;s pour s'exprimer, &#224; quoi s'ajoute une grande in&#233;galit&#233; devant le temps de parole accord&#233; &#224; chacun (dans le m&#234;me d&#233;bat : 5'51'' pour Pierre Bellemare et 57'' pour une jeune femme inconnue). Les interventions sont toujours tr&#232;s courtes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour r&#233;pondre &#224; la question : &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui emp&#234;che tout d&#233;veloppement d'une argumentation et favorise les raccourcis, les g&#233;n&#233;ralit&#233;s et les formules pol&#233;miques. Ce contresens d&#233;mocratique est pourtant l&#233;gitim&#233; par la pr&#233;sence de nombreux &#233;lus notamment. La parodie est un genre comique qui est une forme de critique. Mais toutes le parodies ne se valent pas et n'ont pas le m&#234;me sens. Celle-ci est une parodie qui disqualifie le d&#233;bat d&#233;mocratique, d&#233;j&#224; fort compromis par ses versions r&#233;put&#233;es &#171; s&#233;rieuses &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si les &#233;missions qui m&#233;langent les genres ont pris une telle place dans les programmes, c'est en raison du co&#251;t r&#233;duit des &#171; talk shows &#187; compar&#233; &#224; celui de programmes de reportages, de vari&#233;t&#233;s ou de fictions beaucoup plus chers. Des programmes d'autant moins co&#251;teux que les invit&#233;s s'y bousculent volontiers pour faire la promotion de leurs &#171; &#339;uvres &#187; ou de leur personne. Mais ces &#233;missions rencontrent aussi des publics qui souhaitent se distraire en manifestant en m&#234;me temps un r&#233;el int&#233;r&#234;t pour des questions de soci&#233;t&#233;, voire des probl&#232;mes politiques. &#171; S'informer &#187; ne s'oppose pas n&#233;cessairement &#224; &#171; se divertir &#187; : la lecture d'un journal peut &#234;tre aussi un moment de d&#233;tente. Et l'on n'assiste pas toujours &#224; un d&#233;bat pour prendre part, depuis son fauteuil, &#224; un pur &#233;change d'arguments. Mais les choix de donner la priorit&#233; &#224; des informations destin&#233;es &#224; distraire et de transformer les &#171; d&#233;bats de soci&#233;t&#233; &#187; en spectacles de vari&#233;t&#233;s rel&#232;ve d'une politique des programmes - car c'est bien de politique qu'il s'agit alors - qui, sous couvert de favoriser une t&#233;l&#233;vision relationnelle qui prend les t&#233;l&#233;spectateurs &#224; t&#233;moin affiche un m&#233;pris ostensible pour l'information, pour les d&#233;bats et pour les t&#233;l&#233;spectateurs. A la t&#233;l&#233;vision, les &#233;missions de m&#233;lange des genres n'ont cess&#233; de se multiplier. Mais tr&#232;s peu jusqu'&#224; pr&#233;sent - m&#234;me celles d'Ardisson, de Ruquier et de Fogiel - &#233;taient parvenues, sur une cha&#238;ne du &#171; service public &#187; &#224; discr&#233;diter &#224; la fois les jeux du cirque et les d&#233;bats de soci&#233;t&#233;. On voudrait croire que St&#233;phane Bern n'est qu'une imitation d'Arlette Chabot et son &#233;mission un pastiche de &#171; Mots crois&#233;s &#187;. Il n'est de l'une et de l'autre que la grotesque caricature, dont le seul m&#233;rite sera peut-&#234;tre d'inciter les &#233;missions de d&#233;bats &#224; se distinguer de &#171; L'Ar&#232;ne de France &#187; de peur qu'on les prenne pour des imitations. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s un travail collectif d'Acrimed&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2777 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/121Arene_de_France.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 106.2 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;Annexe&lt;br /&gt;
Distribution du temps de parole lors de &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes ? &#187; (4 octobre 2006)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce minutage ne tient pas compte des moments o&#249; plusieurs personnes parlent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
St&#233;phane BERN : 12'27&#034; - Invit&#233; : Yann Moix - 3'44&#034;&lt;br /&gt;
Pierre Bellemare , Producteur - Animateur : 5'51&#034;&lt;br /&gt;
Sin&#233; , &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; : 2' 5&#034;&lt;br /&gt;
Andr&#233; Santini , D&#233;put&#233;-Maire (UDF) d'Issy-les-Moulineaux : 2'09&#034;&lt;br /&gt;
Pr Jacques Soubeyrand, Chef de service g&#233;riatrie : 2'50&#034;
&lt;br /&gt;
Jean-Marc Segati , Directeur g&#233;n&#233;ral de Senioragency : 3'38&#034;&lt;br /&gt;
Roxane Decorte, Elue UMP - Conseil de Paris : 2'20&#034;
&lt;br /&gt;
D&#233;borah, Stagiaire Pi : 57&#034;
&lt;br /&gt;
Jacqueline R&#233;my, R&#233;dactrice en chef de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nos enfants nous ha&#239;ront &#187; - Seuil : 2'32&#034;&lt;br /&gt;
St&#233;phane Capron, &#233;tudiant &#224; Dauphine &#224; l'origine de la p&#233;tition &#171; Nous ne paierons pas vos dettes &#187; : 1'12&#034;&lt;br /&gt;
Jacques de Guillebon : 1'33&#034;&lt;br /&gt;
Laurent Delvolv&#233;, avocat au barreau de Paris, ancien secr&#233;taire de la conf&#233;rence Prestation de serment en 1997 : 3'04&lt;br /&gt;
Vincent Ollivier, avocat &#224; La Cour : 2'26&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit d'une &#233;mission enregistr&#233;e, donc coup&#233;e, mont&#233;e sous le contr&#244;le et selon les crit&#232;res de la seule production. Le choix de ce qui est diffus&#233; l'est donc en toute connaissance de cause.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la question : &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes &#187;, la plus longue intervention cons&#233;cutive dure 1 minute et 16 secondes et elle est, comme par hasard, de St&#233;phane Bern !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce minutage ne tient pas compte des moments o&#249; plusieurs personnes parlent en m&#234;me temps. Pas trop souvent, mais cela arrive.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Clash en direct sur France Culture</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Clash-en-direct-sur-France-Culture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Clash-en-direct-sur-France-Culture</guid>
		<dc:date>2006-12-13T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Champagne</dc:creator>


		<dc:subject>France Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Attali</dc:subject>
		<dc:subject>Ali Baddou </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand un journaliste sait mieux que l'auteur qu'il a invit&#233; ce que celui-ci a &#233;crit.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Culture-" rel="directory"&gt;Culture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Culture-+" rel="tag"&gt;France Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jacques-Attali-+" rel="tag"&gt;Jacques Attali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ali-Baddou-+" rel="tag"&gt;Ali Baddou &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;mission quotidienne &lt;i&gt;Les Matins de France Culture&lt;/i&gt; re&#231;oit chaque jour de la semaine entre 7h40 et 9h une personnalit&#233; politique, intellectuelle ou culturelle. Elle fut anim&#233;e pendant longtemps par Jean Lebrun - toujours sur France culture mais qui fait le malin d&#233;sormais dans l'&#233;mission &lt;i&gt;Travaux publics&lt;/i&gt; tous les jours entre 18h30 et 19h30 - puis un temps par Pierre Assouline avant de l'&#234;tre jusqu'en juillet 2006 par Nicolas Demorand pass&#233; &#224; France Inter en septembre dernier. Le journaliste-animateur actuel est Ali Baddou. Ce type d'&#233;mission suppose de la part de l'interviewer subtilit&#233;, modestie et comp&#233;tence : un ensemble de qualit&#233;s difficiles &#224; r&#233;unir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'auteur invit&#233; est &#171; suffisant &#187; et le journaliste &#171; insuffisant &#187; ou, si l'on pr&#233;f&#232;re une formulation moins pol&#233;mique, lorsque le journaliste se prend pour un auteur et lorsque l'auteur oublie qu'il est devant un journaliste, la rencontre risque de provoquer un m&#233;lange d&#233;tonant qui peut faire appara&#238;tre le non-dit de cette relation singuli&#232;re. C'est ce qui s'est produit le jeudi 7 d&#233;cembre 2006 entre Ali Baddou et Jacques Attali (et que l'on peut &#233;couter en cours d'article).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jacques Attali &#233;tait donc invit&#233; pour parler de son dernier livre &lt;i&gt;Une br&#232;ve histoire de l'avenir&lt;/i&gt; (Fayard). Apr&#232;s que celui-ci ait expliqu&#233; qu'il &#233;tait utile de pr&#233;voir l'avenir pour essayer de le ma&#238;triser (une proposition simple qui ne brille pas, au demeurant, par sa complexit&#233;), Ali Baddou, le journaliste-pr&#233;sentateur, pose une question qui s'appuie apparemment sur une citation du livre (ce qui est destin&#233; en g&#233;n&#233;ral &#224; faire croire que le journaliste a lu le livre), mais qui va manifestement &#224; contresens de ce que Attali tentait d'expliquer depuis plusieurs minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Affrontements&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;change tourne alors &#224; l'affrontement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Ali Baddou : - &lt;i&gt;Pourquoi &#233;crivez-vous qu'il est absurde de pr&#233;voir l'avenir ? Je vous cite&lt;/i&gt; &#171; car toutes les r&#233;flexions &#224; son sujet ne sont en g&#233;n&#233;ral que des &#233;lucubrations sur le pr&#233;sent &#187;.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali [&#233;tonn&#233;] : - &lt;i&gt;Non, si vous relisez bien la phrase, ce n'est pas cela que j'ai dit&lt;/i&gt;. &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou [s&#251;r de lui] : - &lt;i&gt;Je la lis &#224; la lettre m&#234;me&lt;/i&gt; : &#171; absurde de tenter de pr&#233;voir l'avenir car toutes les r&#233;flexions &#224; son sujet ne sont en g&#233;n&#233;ral que des &#233;lucubrations sur le pr&#233;sent &#187;.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali : - &lt;i&gt;Non ! non !&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou [triomphant] : - &lt;i&gt;C'est votre phrase, page 13 du livre.&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali [irrit&#233;] : - &lt;i&gt;Non ! ce n'est pas ma phrase ! Ma phrase dit &lt;/i&gt;&#171; certains pensent que... il est absurde de &#187;&lt;i&gt; et j'explique pourquoi ce n'est pas vrai. Donc, ne lisez pas un demi quart de phrase.&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou [insistant] : - &#171; Certains pensent que... &#187;&lt;i&gt;, vous venez de l'inventer, ce n'est pas dans le livre !&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali [de plus en plus &#233;nerv&#233;] : - &lt;i&gt;Vous voulez me donner le livre s'il vous pla&#238;t ?&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou [un peu rigolard] : - &lt;i&gt;Je vous le donne, houp la, voil&#224; ! c'est page 13 de cette &lt;/i&gt;Br&#232;ve histoire de l'avenir&lt;i&gt; que vous publiez chez Fayard, Jacques Attali&lt;/i&gt;.&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali [avec force] : - &#171; Entreprise absurde, dira-t-on &#187;. &#171; Dira-t-on &#187;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#231;a veut dire que certains disent que..., pas moi. J'explique pourquoi &lt;/i&gt;&#171; certains pensent que... &#187;&lt;i&gt; et j'explique apr&#232;s pourquoi ce n'est pas tout &#224; fait exact de dire cela car il existe des voies de l'avenir. Soyez gentil, quand on cite un texte, il faut le citer exactement.&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou [insistant] : - &lt;i&gt;C'est ce que je faisais tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment&lt;/i&gt;.&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali : - &lt;i&gt;Non monsieur !&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou : - &#171; Dira-t-on &#187;, &lt;i&gt;vous l'avez invent&#233; &#224; l'instant, ce n'est pas pr&#233;sent dans le texte, dans la phrase.&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali [furieux] : - &lt;i&gt;Monsieur, vous me traitez de menteur alors que ce &lt;/i&gt;&#171; dira-t-on &#187;&lt;i&gt; se trouve exactement dans le texte...&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou [cherchant &#224; conclure] : - &lt;i&gt;En l'occurrence chacun, je l'esp&#232;re, sait lire et donc on peut renvoyer tous les lecteurs et tous les auditeurs &#224; la page 13 de ce livre...&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali [furieux] : - &lt;i&gt;Monsieur je ne supporterai pas de me faire traiter de menteur en direct &#224; une radio !&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou : - &lt;i&gt;Jacques Attali, je ne vous traite pas de menteur...&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali : - &lt;i&gt;Vous m'avez trait&#233; de menteur &#224; l'instant. &lt;/i&gt;&#171; Dira-t-on &#187;&lt;i&gt; se trouve dans le texte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes plus tard un bref &#233;change les oppose &#224; nouveau :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Jacques Attali : - ... &lt;i&gt;Vos questions ne portent pour l'instant que sur les 10 premi&#232;res pages...&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou [l'interrompant avec vigueur] : - &lt;i&gt;On en est d&#233;j&#224; &#224; la page 13 !&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali : - &lt;i&gt;J'esp&#232;re que vous avez lu jusqu'au bout...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore peu apr&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Jacques Attali [se voulant p&#233;dagogique] : - &lt;i&gt;Si je vous dis que dans 5 secondes ou dans 10 secondes une pierre va tomber du ciel exactement l&#224; o&#249; vous &#234;tes...&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou : - &lt;i&gt;Je ne le souhaite pas ! C'est peut-&#234;tre votre v&#339;u ce matin parce que je vous ai &#233;nerv&#233; mais en l'occurrence &#233;pargnons-nous cette...&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali [rassurant] : - &lt;i&gt;Non, non. Justement, en vous disant cela, j'esp&#232;re que vous aurez l'intelligence de lever la t&#234;te, de regarder la pierre et de vous d&#233;placer.&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en &#233;tions l&#224; quand...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arbitrage&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Dans la derni&#232;re partie de l'&#233;mission consacr&#233;e en principe &#224; un dialogue de l'invit&#233; avec les divers chroniqueurs qui interviennent aux &lt;i&gt;Matins de France Culture&lt;/i&gt;, le professeur Olivier Duhamel, l'un des chroniqueurs attitr&#233;s des &#171; Matins de France Culture &#187;, va s'aviser de jouer les pompiers de service et tenter, par un &#171; arbitrage &#187; du diff&#233;rend, de restaurer les apparences pour sauver en fait la r&#233;putation de l'&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel Salomon, notre professeur de droit, en mal de recherche d'un &#233;quilibre, va donc essayer de sauver la face du journaliste-pr&#233;sentateur par une argumentation qui tient plus de l'intervention d'un instituteur s&#233;parant des garnements turbulents qui se disputent dans une cour de r&#233;cr&#233;ation que d'une contribution &#224; une &#233;change raisonn&#233; d'arguments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Olivier Duhamel [prudemment] : - &lt;i&gt;Je voudrais vous poser une question non pas pour relancer une pol&#233;mique mais tenter d'arbitrer le petit conflit que vous avez eu dans la premi&#232;re partie de l'&#233;mission qui portait sur le fait qu'Ali Baddou voyait dans l'avant-propos de votre livre une mise en garde sur l'impossibilit&#233; de pr&#233;voir et que vous disiez que vous &#233;criviez exactement l'inverse. Alors j'ai relu le texte avant de venir ici et je me suis aper&#231;u, ce qui va peut-&#234;tre vous f&#226;cher l'un et l'autre, que vous avez tous les deux raison. Vous avez litt&#233;ralement raison sur le &lt;/i&gt;&#171; dit-on &#187;&lt;i&gt; qui ne figure pas &#224; la page 13 mais &#224; la page 12.&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Ali Baddou : - &lt;i&gt;...&#192; la page 12 !&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali [confirmant] : - &lt;i&gt;En introduction du paragraphe&lt;/i&gt;.&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Olivier Duhamel : - &lt;i&gt;... Du long d&#233;veloppement, c'est plus qu'un paragraphe. Et vous avez raison l'un et l'autre sur le fond. C'est-&#224;-dire raison, Ali Baddou, vous expliquez qu'il y a eu beaucoup de pr&#233;visions qui &#233;taient faites depuis tr&#232;s tr&#232;s longtemps, qui n'avaient pas de sens, qui &#233;taient erron&#233;es et pourquoi elles l'&#233;taient. Et vous avez raison, vous aussi, parce que vous expliquez que malgr&#233; cela, en s'y prenant autrement, il est possible de pr&#233;voir. Est-ce que cet arbitrage conciliateur vous sied ?&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jacques Attali : - &lt;i&gt;Il me sied tout &#224; fait dans la mesure o&#249; il reconna&#238;t que mon texte n'est pas contradictoire avec ce que j'ai exprim&#233;.&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; qu'il s'agit de masquer est banale : le journaliste n'a pas lu (ou mal lu) le livre de l'invit&#233;. Il avait sur ses fiches (ou sous les yeux) une citation du livre qu'il a compris de travers et qui, manifestement, n'&#233;tait pas la &#171; pens&#233;e &#187; de l'auteur. D'o&#249; la question absurde qu'il pose &#224; ce dernier. Mais au lieu de passer &#224; une autre question lorsque l'auteur le reprend, le journaliste, qui croit pouvoir &#171; se payer &#187; en direct un &#171; intello &#187; (ce qui est, pour des raisons structurelles, dans la gibeci&#232;re de nombre de journalistes), insiste sans voir qu'il va plus encore mettre en &#233;vidence ses propres insuffisances. Et l'auteur, au lieu de glisser sur cette maladresse, insiste &#224; son tour, estimant sans doute que &#171; sa pens&#233;e &#187; est importante et m&#233;rite donc d'&#234;tre mieux trait&#233;e par les journalistes qui m&#233;ritent qu'on leur donne publiquement une le&#231;on. Il va donc d&#233;noncer leur l&#233;g&#232;ret&#233; et dire explicitement - ce que beaucoup savent mais ne disent pas - qu'ils ne lisent pas les livres qu'ils pr&#233;sentent. C'est ce que Jacques Attali ne manque pas, sit&#244;t sorti du studio, de souligner &lt;a href=&#034;http://blogs.lexpress.fr/attali/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son blog de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Souvent interrog&#233;, par la presse &#233;crite ou audiovisuelle, &#224; propos de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_2412 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_left spip_document_left&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-2412 &#034; data-id=&#034;0d78a8c0fb0b3472d2c4bcc5fb9a280f&#034; src=&#034;IMG/mp3/france_culture_attali.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript4488972666a279cf3e17e45.90955215&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzc5NTQ5MjQ2JyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3Nzk1NDkyNDYnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; : &lt;strong&gt;Morceaux choisis de l'&#233;mission&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non-dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bref (et rare) incident entre un journaliste et un essayiste, en portant au jour l'implicite et le cach&#233; de la relation qui s'instaure ordinairement entre les journalistes et les intellectuels, devrait aider l'auditeur ou le t&#233;l&#233;spectateur &#224; mieux d&#233;crypter ce qu'il voit et ce qu'il entend dans ces entretiens. Tous les auteurs qui passent dans une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision ou de radio savent que les journalistes qui les interrogent n'ont pas lu leurs livres en g&#233;n&#233;ral (il y a fort heureusement des exceptions...), qu'ils les ont seulement distraitement parcourus, quand ils ne se sont pas content&#233;s de lire la 4&#232;me de couverture pour trouver les deux ou trois questions passe-partout qui permettront &#224; l'auteur de dire, en r&#233;ponse, quelque chose pour que le public ait envie de les lire. Souvent d'ailleurs, les journalistes s'accordent avec leurs invit&#233;s sur les questions qu'ils feront semblant de leur poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les journalistes-pr&#233;sentateurs qui ont une certaine pr&#233;tention intellectuelle (c'est souvent le cas sur France Culture) mettent leur point d'honneur &#224; faire croire qu'ils ont r&#233;ellement lu les livres pr&#233;sent&#233;s et qu'ils ont des questions tr&#232;s pertinentes &#224; poser &#224; leurs auteurs. Ils peuvent alors recourir &#224; des astuces, elles aussi bien connues, comme celle qui consiste &#224; mettre des signets dans les livres pr&#233;sent&#233;s, &#224; citer des phrases (souvent prises plus ou moins au hasard) pour faire croire au public sinon &#224; l'auteur, en posant des questions pr&#233;cises, qu'ils ont lu attentivement le livre pr&#233;sent&#233;. Certains journalistes, mieux lotis, peuvent m&#234;me &#234;tre aid&#233;s par des assistants qui lisent &#224; leur place les ouvrages et leur font des fiches, ce qui leur permet d'intervenir largement et de produire l'illusion d'un d&#233;bat entre l'invit&#233; et le journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus souvent, cette relation artificielle reste dans le non-dit. Le journaliste a besoin des auteurs pour faire son &#233;mission mais il estime leur rendre service en les invitant &#224; &#171; son &#187; &#233;mission et donc attend de leur part qu'ils collaborent et acceptent les contraintes propres aux m&#233;dias. D'ailleurs, l'invit&#233; bien souvent ne manque pas de remercier, &#224; la fin de l'&#233;mission, le journaliste qui l'a invit&#233;. Et durant l'entretien, les auteurs laissent patiemment le journaliste poser des questions parfois interminables qui ont pour seule fin de faire croire au public que le journaliste est &#224; la hauteur de ses invit&#233;s et qu'il est inform&#233; de ce dont il parle. Bref, qu'il est un intellectuel parmi les intellectuels. M&#234;me si les auteurs jugent les questions que le journaliste leur pose absurdes, stupides ou hors sujet, ils commencent en g&#233;n&#233;ral leurs r&#233;ponses par des expressions toutes faites telles que &#171; vous avez tout &#224; fait raison &#187;, &#171; vous soulevez en effet un point important &#187;, &#171; et j'irais m&#234;me plus loin &#187;, &#171; je vous remercie de cette question &#187;, etc. autant, en fait, de simples marques de politesse visant &#224; manifester une consid&#233;ration largement diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait probl&#232;me, en r&#233;alit&#233;, c'est le dispositif m&#234;me de ce type d'&#233;mission qui place le journaliste-pr&#233;sentateur dans une situation difficile &#233;tant donn&#233; la diversit&#233; des sujets abord&#233;s et l'impossibilit&#233; mat&#233;rielle, pour celui-ci, de lire r&#233;ellement et, plus encore, de comprendre les enjeux des livres qui sont cens&#233;s &#234;tre discut&#233;s quasiment chaque jour. Il faut &#234;tre tr&#232;s modeste et tr&#232;s fort &#224; la fois pour tenir une position aussi inconfortable de faire-valoir de l'invit&#233; qui se doit de ne pas appara&#238;tre comme telle. Durant les quinze jours pr&#233;c&#233;dents par exemple, les &lt;i&gt;Matins de France Culture&lt;/i&gt; avaient re&#231;u successivement un homme politique (Edouard Balladur), un journaliste (Laurent Joffrin), un sociologue (Louis Chauvel), un politologue (Ren&#233; R&#233;mond), un philosophe (Yves Michaud), un &#233;conomiste (Bernard Maris), un arch&#233;ologue professeur au Coll&#232;ge de France (Jean Guilaine), etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On pourra, pour avoir une id&#233;e de cette diversit&#233;, se reporter au site de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait &#234;tre r&#233;ellement g&#233;nial pour &#234;tre capable de lire et de discuter en connaissance de cause les travaux de personnalit&#233;s aussi diff&#233;rentes qui, de plus, appartiennent &#224; des disciplines aussi diverses. Et si quelqu'un &#233;tait capable d'une telle performance, nul doute qu'il serait ailleurs que sur une radio, fut-ce France Culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ritable exception dans le paysage radiophonique, France Culture ne peut le demeurer, malgr&#233; toutes les d&#233;rives que nous d&#233;non&#231;ons depuis 1999, qu'&#224; la condition de confier des &#233;missions &#224; des m&#233;diateurs culturels qui, de semaine en semaine, voire de mois en mois (et non jour apr&#232;s jour), pr&#233;parent des &#233;missions en s'informant r&#233;ellement de ce dont ils parlent (m&#234;me s'il s'agit des ouvrages de Jacques Attali). Ce n'est manifestement pas le cas des &#171; Matins de France Culture &#187;, sous-trait&#233;s &#224; des chroniqueurs et &#224; un animateur qui se croient omniscients ou affectent de l'&#234;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, par exemple &#171; France Culture, d&#233;fendre sa diff&#233;rence &#187; (25 septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Champagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;cision (18-12-2006)&lt;/strong&gt; : La &#171; pens&#233;e &#187; de Jacques Attali est d'une telle &#171; complexit&#233; &#187; qu'il est parfois difficile d'en suivre le cours ! Page 13 de son imp&#233;rissable ouvrage, il &#233;crit bien : &#171; &lt;i&gt;Absurde aussi de tenter de pr&#233;voir l'avenir, car toutes les r&#233;flexions &#224; son sujet ne sont en g&#233;n&#233;ral que des &#233;lucubrations sur le pr&#233;sent.&lt;/i&gt; &#187; Mais cette phrase n'a de sens qu'en fonction de la page 12 o&#249; l'on peut lire en effet : &#171; &lt;i&gt;Entreprise absurde, dira-t-on. Tant d'&#233;v&#233;nements, tant d'individus peuvent en inverser le cours !&lt;/i&gt; &#187;. Et de la page 12 &#224; la page 13, Jacques Attali expose les arguments qu'il conteste. Ali Baddou a lu une phrase de la page 13 sans prendre en compte ce qui la pr&#233;c&#232;de : &#171; Entreprise absurde, dira-t-on &#187; ! Mais s'il vaut mieux avoir lu l'ouvrage de Jacques Attali quand on l'interroge, nul n'est oblig&#233; de lire le livre de Jacques Attali...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Souvent interrog&#233;, par la presse &#233;crite ou audiovisuelle, &#224; propos de l'un ou l'autre de mes livres, mon r&#233;flexe est toujours de regarder l'exemplaire du livre pos&#233; devant l'interviewer. Si, comme ce fut encore le cas ce matin, le livre est neuf, sans aucune trace de son ouverture, c'est que le journaliste n'a m&#234;me pas fait semblant de l'avoir lu. En g&#233;n&#233;ral, les questions ne portent alors que sur la quatri&#232;me de couverture, ou sur les dix premi&#232;res pages, ou sur l'air du temps. C'est malheureusement de plus en plus souvent le cas. J'encourage les spectateurs de ces &#233;missions, lorsqu'elles sont t&#233;l&#233;vis&#233;es, &#224; se poser cette question, &#224; regarder l'exemplaire eux aussi, &#224; voir si des signets y sont gliss&#233;s, si des pages sont corn&#233;es. J'encourage les auteurs &#224; en faire autant et &#224; le dire ouvertement &#224; ceux qui les interrogent. La r&#233;ciproque doit &#234;tre vraie : l'autre jour, &#224; Gen&#232;ve, une journaliste que je remerciais d'avoir si s&#233;rieusement lu mon livre avant de m'interroger, me r&#233;pondit : &#034; Je vous remercie de l'avoir &#233;crit, car nous rencontrons de plus en plus d'auteurs qui non seulement n'ont pas &#233;crit, mais n'ont m&#234;me pas lu le livre qu'ils signent&#034;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourra, pour avoir une id&#233;e de cette diversit&#233;, se reporter au &lt;a href=&#034;http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/matins/archives.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de cette &#233;mission&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, par exemple &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1543.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; France Culture, d&#233;fendre sa diff&#233;rence &#187;&lt;/a&gt; (25 septembre 1999).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur BFM, les aboiements de Philippe Mani&#232;re, porte-voix de l'Institut Montaigne</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Sur-BFM-les-aboiements-de-Philippe-Maniere-porte-voix-de-l-Institut-Montaigne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Sur-BFM-les-aboiements-de-Philippe-Maniere-porte-voix-de-l-Institut-Montaigne</guid>
		<dc:date>2006-12-11T07:57:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Institut Montaigne</dc:subject>
		<dc:subject>BFM radio</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Mani&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cole, universit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Que se passe-t-il quand un &#171; invit&#233; &#187; a l'outrecuidance de sortir du r&#244;le d&#233;coratif qui lui est assign&#233; par le ma&#238;tre de maison ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalisme-et-sciences-" rel="directory"&gt;Journalisme et sciences&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Institut-Montaigne-+" rel="tag"&gt;Institut Montaigne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-BFM-+" rel="tag"&gt;BFM radio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Maniere-+" rel="tag"&gt;Philippe Mani&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ecole-universite-+" rel="tag"&gt;&#201;cole, universit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque semaine sur BFM, l'&#233;mission &#171; Les Grands D&#233;bats du mardi &#187; donne l'occasion &#224; Philippe Mani&#232;re, directeur g&#233;n&#233;ral de l'Institut Montaigne - pr&#233;sent&#233; comme tel - de s'entourer &#171; d'experts, d'acteurs politiques et de contributeurs de l'Institut Montaigne &#187; et d'interroger &#171; ses &#187; invit&#233;s sur les r&#233;formes n&#233;cessaires. Cela s'intitule &#171; Les politiques publiques pass&#233;es au crible... &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le site de BFM pr&#233;sente ainsi l'&#233;mission : &#171; Pendant 2 heures, avec le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 28 novembre, de 10 &#224; 11h l'&#233;mission avait pour titre : &#171; Que proposent la gauche et la droite pour redynamiser la recherche ? &#187;, avec Daniel Garrigue, D&#233;put&#233; UMP de la Dordogne ; Yves Durand, D&#233;put&#233; PS du Nord, Secr&#233;taire national charg&#233; de l'Enseignement sup&#233;rieur et de la Recherche ; Georges Debr&#233;geas, Vice-pr&#233;sident du collectif &#171; Sauvons la Recherche &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce que l'on va lire (et entendre) est d'une telle grossi&#232;ret&#233; que nous avons interrog&#233; le convive qui, invit&#233; non &#224; participer &#224; un d&#233;bat, mais &#224; passer les plats, a eu l'outrecuidance de sortir du r&#244;le qui lui &#233;tait assign&#233; par le ma&#238;tre de maison.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Acrimed : - &lt;i&gt;Dans quelles conditions avez-vous accept&#233; de participer &#224; l'&#233;mission ?&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas : - &lt;i&gt;Je n'avais aucune id&#233;e de ce qu'&#233;tait BFM, et encore moins l'&#233;mission &#8220; les Grands D&#233;bats du mardi &#8221; de Philippe Mani&#232;re, lorsque j'ai re&#231;u il y a une semaine une invitation &#224; y participer en tant que membre de l'association Sauvons la Recherche. J'ai cependant sugg&#233;r&#233; &#224; la personne qui m'invitait de me faire d&#233;battre dans la premi&#232;re heure d'&#233;mission, avec deux d&#233;put&#233;s PS et UMP, de la recherche fran&#231;aise, plut&#244;t que dans la seconde heure consacr&#233;e &#224; la comparaison des syst&#232;mes fran&#231;ais... et belge. Quelques jours apr&#232;s, je me renseigne n&#233;anmoins sur BFM, et sur Philippe Mani&#232;re. Je connaissais d&#233;j&#224; de r&#233;putation l'Institut Montaigne, ce think-tank tr&#232;s lib&#233;ral dirig&#233; par le &#8220; patron du capitalisme fran&#231;ais &#8221; (dixit Lib&#233;) Claude B&#233;b&#233;ar, PDG d'AXA. J'apprends alors que Philippe Mani&#232;re en est le directeur g&#233;n&#233;ral, et que cette officine vient de commettre un rapport sur l'enseignement sup&#233;rieur intitul&#233; &#8220; avoir des leaders dans la comp&#233;tition universitaire mondiale&#8221;, dont le titre lui-m&#234;me donne une id&#233;e assez pr&#233;cise du genre de &#8220; r&#233;formes &#8221; qui y sont propos&#233;es. En arrivant dans le studio le mardi matin, je croise Alain Madelin - il a beaucoup vieilli... - qui, me glisse-t-on, a annonc&#233; il y a peu son intention de ne pas se pr&#233;senter aux pr&#233;sidentielles. Ca rigole, &#231;a se tape dans le dos avec Philippe Mani&#232;re et les deux d&#233;put&#233;s. Madelin me serre la main comme &#224; tous les gens qu'il croise, et j'h&#233;site alors &#224; lui signaler nos 2 points communs : (1) je ne me pr&#233;sente pas aux &#233;lections (2) tout le monde s'en fout... Mais je fais profil bas.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission commence...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;bellion du thermom&#232;tre&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s nous avoir fait subir les actualit&#233;s &#233;conomiques essentielles &#224; l'avenir de l'humanit&#233; - les fluctuations horaires du CAC-40 - Philippe Mani&#232;re, puis Graziella Rodriguez peuvent commencer leur topo introductif au &#8220; grand d&#233;bat &#8221;. Il y est question d'&lt;i&gt;&#8220; une recherche qui se sent mal aim&#233;e, et que beaucoup disent &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d&#233;sorganis&#233;e et inefficace&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#8221;&lt;/i&gt; car &lt;i&gt;&#8220; ce n'est pas nouveau en mati&#232;re de recherche, la France est loin d'&#234;tre un pays mod&#232;le. Un constat que confirme d'ailleurs &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la chute r&#233;guli&#232;re de la France dans les classements internationaux&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#8221;.&lt;/i&gt; Il y est question du programme de la droite qui &lt;i&gt;&#8220; souhaite proposer des vrais contrats de recherche d'une dur&#233;e minimale de 5 ans &#8221;&lt;/i&gt;. De&lt;i&gt; &#8220; vrais contrats &#8221;&lt;/i&gt;, pas des rentes de situation auxquelles les fonctionnaires statutaires sont habitu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette introduction qui est, comme on va le voir, soustraite &#224; tout d&#233;bat, Philippe Mani&#232;re donne imm&#233;diatement la parole &#224; Georges Debr&#233;geas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Mani&#232;re : - &lt;i&gt;On va regarder un petit peu o&#249; on en est sur cette histoire de recherche. Georges Debr&#233;geas, &#231;a a &#233;t&#233; une esp&#232;ce de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;crispation nationale&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, comme la France en a le secret, il y a un an &#224; peu pr&#232;s, et maintenant on en parle beaucoup moins, [...] c'est plus des d&#233;bats acad&#233;miques et th&#233;oriques sur la recherche. Les chercheurs sont-ils calm&#233;s, sont-ils contents de ce qu'on a fait pour eux ? Dites-nous un petit peu o&#249; en sont les chercheurs, o&#249; en est leur vision du monde et de leur avenir. &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc &#224; titre de t&#233;moin que Georges Debr&#233;geas est pr&#233;sent dans le studio : une sorte de thermom&#232;tre qui doit livrer les variations de la temp&#233;rature de la &#171; grogne &#187; et de la &#171; crispation &#187; chercheuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Georges Debr&#233;geas n'entend manifestement pas &#234;tre confin&#233; dans ce r&#244;le et accepter les termes dans lesquels le probl&#232;me de la recherche a &#233;t&#233; pos&#233;. En aura-t-il le droit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Georges Debr&#233;geas : - [...]&lt;i&gt; Vous avez parl&#233; d'une recherche d&#233;sorganis&#233;e, inefficace, mal aim&#233;e, d'une chute r&#233;guli&#232;re dans les classements, et c'est vrai que c'est un discours que l'on entend particuli&#232;rement &#224; droite, que l'on entend particuli&#232;rement &#224; l'Institut Montaigne dont vous &#234;tes le Directeur g&#233;n&#233;ral. J'ai ici le rapport de l'Institut Montaigne sur l'Universit&#233; o&#249; vous dites par exemple que la France est au quinzi&#232;me rang en termes de publications scientifiques. C'est faux, elle est au cinqui&#232;me rang... &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;vidence, le thermom&#232;tre est d&#233;r&#233;gl&#233;, et il est urgent d'interrompre ses fac&#233;ties avant qu'il ne commence &#224; argumenter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Mani&#232;re&lt;i&gt; : - Pardonnez-moi mais vous &#234;tes le premier qui me dit &#231;a et &#231;a me para&#238;t difficile de contester des classements qui sont absolument reconnus comme tels. Ce n'est pas &#8220; l'opinion &#8221; de l'Institut Montaigne. &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que des classements soient reconnus comme des classements, c'est effectivement incontestable. Et quoi qu'il en soit, l'Institut Montaigne, comme on l'apprendra plus tard, n'a pas d'opinion. Georges Debr&#233;geas reprend alors la parole :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Georges Debr&#233;geas : - &lt;i&gt;Laissez-moi finir, j'ai ici un texte de l'Observatoire des Sciences et Technologies qui dit &#8220; &#224; l'int&#233;rieur de l'Union, la France s'installe sur la troisi&#232;me marche du podium pr&#233;c&#233;d&#233;e par l'Allemagne et le Royaume Uni et elle p&#232;se 5,2% de la production scientifique mondiale, niveau quasi-stable depuis 1995 &#8221; &lt;/i&gt;[...]&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re : -&lt;i&gt; Vous avez trouv&#233; une source qui diverge.&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; C'est peut-&#234;tre vous qui avez raison mais vous conviendrez que c'est une source bien divergente. Tout ce qu'on lit et &#233;crit sur le sujet, et tous les gens qui travaillent sur le sujet depuis 5 ou 6 ans constatent que il y a un vrai retard de la France, faut qu'on parle de ces documents que vous avez en main.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, l'invit&#233; de Philippe Mani&#232;re n'y conna&#238;t rien : il ne fait pas partie de &#171; tous ces gens qui travaillent sur le sujet &#187; ni du &#171; on &#187; qui lit et &#233;crit - ou p&#233;rore &#224; la radio - et ressemble &#233;trangement au cercle tr&#232;s ferm&#233; des &#8220; experts &#8221; de l'Institut Montaigne : on lit ce qu'on (ou ses amis) &#233;crivent, et on &#233;crit ce qu'on (ou ses amis) liront. Hors de ce cercle, point de salut !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivent quelques &#233;changes sur la valeur relative de ce qu' &#171; on &#187; &#233;crit dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; et &#224; l'Institut Montaigne et de ce qu'&#233;crit dans son rapport officiel l'Observatoire des Sciences et Technologies. Jusqu'au moment o&#249; Philippe Mani&#232;re tente de trouver une &#233;chappatoire : tout d&#233;pendrait de la &#171; mani&#232;re dont on compte &#187;, dans la mesure o&#249;, dit-il, &#171; &lt;i&gt;quand un chercheur signe, il ne signe pas toujours au nom de l'Universit&#233; dans laquelle il est quand il est rattach&#233; &#224; une universit&#233;, il signe parfois CNRS, il signe parfois pour un organisme de recherche &lt;/i&gt;[...] &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le crime de l&#232;se-Institut Montaigne&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le &#171; t&#233;moin &#187; invit&#233; par Philippe Mani&#232;re&lt;i&gt; &lt;/i&gt;n'est pas d'accord, entend le faire savoir et commet l'irr&#233;parable : le crime de l&#232;se-Institut Montaigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Georges Debr&#233;geas : - &lt;i&gt;L&#224; n'est pas la question, est-ce que la fa&#231;on de compter...&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re [coupe] : - &lt;i&gt;Tout le monde trouve que &#231;a baisse sauf vous...&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas [coupe] : - &lt;i&gt; Non, pas tout le monde : l'Institut Montaigne dirig&#233; par Claude B&#233;b&#233;ar, pr&#233;sident d'AXA, qui lui-m&#234;me a des int&#233;r&#234;ts particuliers &#224; l'Universit&#233; puisqu'un de ses principaux conseillers vient de d&#233;clarer qu'il souhaiterait &#8220; faire de chaque &#233;tudiant un apprenti &#8221; afin en particulier d'avoir des fili&#232;res de formations propres &#224; chaque m&#233;tier.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Mani&#232;re n'aime pas que l'on touche &#224; son ma&#238;tre. Les premiers jappements n'ayant pas suffi, il sort les crocs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Mani&#232;re [&#233;nerv&#233;]&lt;i&gt; : - Normalement, dans ces Grands D&#233;bats, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;on ne fait pas ce genre de choses&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; alors &lt;/i&gt;je peux pas vous laisser faire.&lt;i&gt; L'institut Montaigne, puisque vous voulez que je plaide, est une organisation ind&#233;pendante...&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas : - &lt;i&gt;Mais ind&#233;pendante de quoi ?&lt;/i&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re : - &lt;i&gt;...Avec dans le comit&#233; directeur autant de gens de gauche et de droite qui n'a jamais pris de positions politiques &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;et si vous, vous en prenez, vous allez me trouver. &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas : - &lt;i&gt;Claude B&#233;b&#233;ar ne prend pas de position politique ?&lt;/ br &gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re [simultan&#233;ment] : - &lt;i&gt;Donc s'il vous pla&#238;t vous restez sur le fond du sujet &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;et vous n'attaquez personne sinon je vais m'occuper du cas de votre organisation !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Parlons calmement&lt;/i&gt; [sic]&lt;i&gt;, vous repr&#233;sentez les chercheurs, je vous invite en tant que repr&#233;sentant des chercheurs, vous parlez comme repr&#233;sentant des chercheurs. Vous n'attaquez pas : &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;on &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;n'en est plus au moment de &#8220; d'o&#249; parles-tu camarade ? &#8221; sauf vous peut-&#234;tre.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout y est. Le rappel des r&#232;gles de la biens&#233;ance que l'on &#233;dicte soi-m&#234;me (mais sans les respecter) pour les imposer aux contradicteurs : &#171; &lt;i&gt;On ne fait pas ce genre de choses &#187;. &lt;/i&gt;Les menaces : si l'interlocuteur n'est pas l&#224; pour &#231;a et prend une position politique (quelle horreur !), il va &#171; &lt;i&gt;trouver &lt;/i&gt; &#187; l'animateur ... apolitique. Et s'il conteste les &#171; expertises &#187; de l'Institut Montaigne, son porte-voix va &#171; &lt;i&gt;s'occuper du cas de [son] organisation&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Debr&#233;geas est invit&#233; comme &#171; repr&#233;sentant des chercheurs &#187;, mais uniquement pour t&#233;moigner. Et un &#171; repr&#233;sentant des chercheurs &#187;, &#231;a ne s'occupe pas des rapports de l'Institut Montaigne sur l'universit&#233;, &#231;a ne fait pas de politique, &#231;a parle de pipettes et de signatures sur des articles. Parfois, &#231;a grogne, puis &#231;a se calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Georges Debr&#233;geas : - &lt;i&gt;Vous comprenez, vous nous faites une analyse de la situation de la recherche. &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re [en m&#234;me temps] : - &lt;i&gt;Moi je fais rien, je vous invite ...&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait rien du tout, pas de politique, il invite des gens de droite et de gauche, il est gentil lui, il aime la d&#233;mocratie, il n'a rien demand&#233; &#224; personne, il fait juste son boulot de caniche, pourquoi on l'emb&#234;te...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Georges Debr&#233;geas : -&lt;i&gt; Mais non vous avez fait une introduction en disant &#8220; tout le monde reconna&#238;t que &#8221;. Je dis que, avant de pouvoir parler de r&#233;forme, il faut pouvoir poser des diagnostics. Je dis que ces diagnostics sont orient&#233;s. Je dis que l'Institut Montaigne sur ses diagnostics est orient&#233;. Je suis &#224; une radio et &#224; un d&#233;bat dont l'animateur fait partie de cet Institut, donc je dois d'abord poser les bases... &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re [coupe] : -&lt;i&gt; Mais j'ai jamais dit que j'en faisais pas partie. Je voudrais simplement que vous r&#233;pondiez aux questions et que l'on parle calmement &lt;/i&gt;[sic].&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas&lt;i&gt; &lt;/i&gt;[simultan&#233;ment]&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : - &lt;i&gt;Il y a un mensonge sur ...&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re [coupe]&lt;i&gt; &lt;/i&gt; : - &lt;i&gt;Si vous &#234;tes l&#224; c'est pr&#233;cis&#233;ment que le d&#233;bat est contradictoire. &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas : -&lt;i&gt; Ne vous &#233;nervez pas. &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re : -&lt;i&gt; Ce qu'il faudrait, ce qui serait bien, c'est que vous nous disiez ce que vous pensez au fond plut&#244;t que d'essayer de discr&#233;diter les gens qui ne pensent pas comme vous, ce que MOI, je ne fais jamais.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, il n'a pas &#224; les discr&#233;diter, il a juste &#224; ne pas les inviter, &#224; ne pas en parler. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Mani&#232;re est alors sauv&#233; par le gong. C'est la premi&#232;re pause, qui permettra de conna&#238;tre l'&#233;volution palpitante du CAC-40 dans les derni&#232;res 10 minutes. Il en profite pour un petit rappel &#224; l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Mani&#232;re : - &lt;i&gt;On va marquer une pause [...] Je vais juste vous demander SVP de cesser les attaques personnelles et &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d'aller au fond, comme moi je le fais&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, toutes les semaines, vous allez le faire avec nous... Dans un instant on donne la parole &#224; nos amis repr&#233;sentants des partis politiques, Yves Durand et Daniel Garrigue apr&#232;s cette entr&#233;e en mati&#232;re. &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des attaques personnelles ? Il n'y en a eu aucune. Une simple mise en question de la pr&#233;sentation de l'&#233;mission et de l'Institut Montaigne qui la patronne. Heureusement, il y a les &#171; &lt;i&gt;amis&lt;/i&gt; &lt;i&gt;repr&#233;sentants des partis politiques&lt;/i&gt; &#187;, certainement mieux intentionn&#233;s que l'importun de service, qui calmement, lui, refuse de servir de potiche d&#233;corative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une pause et un tunnel&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque c'est la &#171; pause &#187;, marquons nous aussi une pause. En r&#233;&#233;coutant (presque) tout depuis le d&#233;but : m&#234;me partielle la transcription a affadi l'&#233;trange agitation de l'animateur de &#171; Grands d&#233;bats &#187;. Six minutes de bonheur radiophonique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A noter que, au cours de &#171; l'&#233;change &#187;, Georges Debr&#233;geas confond Caroline (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attention lien erron&#233;. Mais le t&#233;l&#233;chargement, marche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;De quoi poser une deuxi&#232;me question &#224; Georges Debr&#233;geas :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Acrimed : - &lt;i&gt;Avez-vous &#233;t&#233; pris au d&#233;pourvu par cette attitude ? Cette mobilisation &#171; crescendo &#187; d'interruptions et de menaces, ce comportement col&#233;rique assorti d'appels au calme, alors que vous n'en avez jamais manqu&#233;. &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas : - &lt;i&gt;Surpris du ton, oui. Mais hors antenne, c'est encore mieux : pendant la pause, en off, Philippe Mani&#232;re se fait de nouveau mena&#231;ant&lt;/i&gt; : &#8220; &#231;a va mal se passer, si vous me demandez pour qui je vote !&lt;i&gt; &#8221;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Bizarrement, cette question ne m'&#233;tait jamais venue &#224; l'esprit. A plusieurs reprises, il me parle de &#8220; vous et vos amis &#8221;, allusion que je saisis mal, mais qui doit &#234;tre limpide dans le CA de l'Institut Montaigne. Il me signale &#233;galement, triomphateur, que ce fameux rapport a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par&lt;/i&gt; &#8220; quelqu'un de [mon] bord &#8221; : &lt;i&gt;Philippe Val. Je me demande comment l'infatigable d&#233;fenseur de la libert&#233; d'expression (de Philippe Val) a pu tomber si bas, mais renseignement pris, il s'agit de Philippe Wahl, l'un des proches &#8220; conseillers &#8221; de Vincent Bollor&#233;... Je n'avais aucune id&#233;e que mon &#8220; bord &#8221; allait si loin. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;A la reprise, et jusqu'&#224; la pause suivante (le CAC a beaucoup baiss&#233; dans cette p&#233;riode), Georges Debr&#233;geas n'aura pas la parole. Philippe Mani&#232;re la donne &lt;i&gt;&#224; ses &#171; amis repr&#233;sentants des partis politiques&lt;/i&gt;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il tente vainement de faire dire au d&#233;put&#233; UMP que son parti souhaite faire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce long tunnel, nouvelle pause et nouvel interm&#232;de de CAC-40. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; l'on touche le fond&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Mani&#232;re est tout requinqu&#233;, et pr&#234;t &#224; redonner la parole au thermom&#232;tre d&#233;r&#233;gl&#233;. Il s'adresse &#224; lui, d&#233;cid&#233; cette fois &#224; dresser de hauts murs autour de sa prochaine intervention. Il lui faudra une bonne minute pour &#233;noncer la question... et la r&#233;ponse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Mani&#232;re : -&lt;i&gt; Alors je voudrais qu'on revienne sur la question que vous avez tous abord&#233;e qui est la question de l'articulation recherche/universit&#233; &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; D'abord je voudrais demander &#224; Georges Debr&#233;geas ce qu'il pense de ce sujet. Y a un diagnostic - vous allez me dire c'est peut-&#234;tre encore un diagnostic fantasmatique - mais y a des gens qui disent &#8220; un des probl&#232;mes qu'on a c'est qu'&#224; la diff&#233;rence de beaucoup d'autres pays du monde, on n'a pas des chercheurs attach&#233;s &#224; une universit&#233; &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; et on n'a pas du coup de p&#244;les universitaires majeurs qui apparaissent, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;c'&#233;tait d'ailleurs un peu le point du document que vous avez fustig&#233; tout &#224; l'heure&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, c'est-&#224;-dire qu'on a peut-&#234;tre de tr&#232;s bons universitaires, peut-&#234;tre de tr&#232;s bons chercheurs mais du coup on n'a pas de p&#244;les visibles au niveau mondial [...] Qu'est-ce que vous pensez de cette analyse Georges Debr&#233;geas ?&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; analyse &#187;, rien que &#231;a... Mais au passage Philippe Mani&#232;re cite enfin ses sources. La r&#233;ponse figurant dans la &#171; question &#187;, Georges Debr&#233;geas tente alors d'orienter la discussion vers le probl&#232;me des modes de financements. Sans doute pour essayer de montrer les risques d'une prise de contr&#244;le sur la recherche par l'Etat et les entreprises, que d&#233;fend l'Institut Montaigne. Mais l'animateur, tenace, tente une nouvelle fois de le ramener sur LA question qui le pr&#233;occupe au plus haut point : faut-il que les chercheurs signent ou non au nom de leur universit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Mani&#232;re : - &lt;i&gt; Je voudrais qu'on revienne &#224; la question que je posais, est-ce que ce serait mieux, moins bien, d'&#233;voluer vers un syst&#232;me qui est plut&#244;t le syst&#232;me qui existe &#224; l'&#233;tranger, o&#249; les chercheurs non seulement comme vous le disiez vous-m&#234;me sont localis&#233;s dans l'universit&#233; mais sont en quelque sorte salari&#233;s des universit&#233;s et portent haut les couleurs de l'Universit&#233; de telle mani&#232;re qu'elles aient une visibilit&#233; mondiale. Vous avez raison y a des agences partout mais g&#233;n&#233;ralement on signe pas au nom de l'agence et on est rattach&#233; d'abord &#224; une universit&#233;. Le syst&#232;me fran&#231;ais de ce point de vue l&#224; est assez diff&#233;rent, en quoi &#231;a peut &#234;tre un avantage ou un inconv&#233;nient. Bri&#232;vement si vous le voulez bien.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce doit &#234;tre l'un de ces questions &#171; de fond &#187; qui passionnent Philippe Mani&#232;re, au point que toute tentative de poser les probl&#232;mes diff&#233;remment soul&#232;ve une col&#232;re tout &#224; fait conforme &#224; son r&#244;le d'animateur de &#171; Grands d&#233;bats &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Georges Debr&#233;geas : -&lt;i&gt; Tr&#232;s bri&#232;vement, on est tout &#224; fait favorable &#224; ce que l'Universit&#233; se d&#233;veloppe, on veut qu'elle se d&#233;veloppe avec une certaine autonomie, autonomie ne voulant pas dire par exemple ce que nous dit le patron d'AXA &#224; savoir que les industriels rentrent dedans et d&#233;finissent des fili&#232;res. On veut une vraie autonomie scientifique...&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re [coupe] : - &lt;i&gt;Je ne crois pas avoir entendu &#231;a. &lt;/i&gt;&lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas : - &lt;i&gt;Il l'a dit dans &lt;/i&gt;Le Figaro&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude B&#233;b&#233;ar a effectivement dit cela par la voix de son conseiller Daniel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. Le probl&#232;me n'est pas l&#224;, le probl&#232;me est un probl&#232;me de principe, est-ce qu'on veut comme vous le dites, une recherche qui soit directement contr&#244;l&#233;e par l'Etat et les industriels, ou est-ce qu'on veut une recherche qui soit...&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe Mani&#232;re [coupe] : - &lt;i&gt;J'ai pas dit &#231;a, je vous ai demand&#233; si ...&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georges Debr&#233;geas &lt;i&gt; &lt;/i&gt;n'a pas attribu&#233; un quelconque propos &#224; Philippe Mani&#232;re ; il a simplement essay&#233; de poser ce qui est &#224; ses yeux le vrai probl&#232;me. Mais c'en &#233;tait trop. A cet instant, tout bascule. L'animateur se redresse sur sa chaise, tire tr&#232;s fort sur sa laisse, et aboie...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Mani&#232;re [tr&#232;s violemment] : - &lt;i&gt;Ecoutez, faut que vous arr&#234;tiez de d&#233;former tout ce qu'on dit sinon on va pas arriver &#224; parler. Je n'ai jamais dit &#231;a, je vous demande s'il est pr&#233;f&#233;rable de signer au nom d'une universit&#233; comme c'est le cas mondial, ou dans le cadre d'une agence comme c'est principalement le cas fran&#231;ais. &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; c'est quand m&#234;me f&#226;cheux &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;que vous essayiez de ne pas r&#233;pondre aux questions et seulement de discr&#233;diter l'interlocuteur&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas &lt;i&gt; &lt;/i&gt;(calmement) : - &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Non, mais je n'ai pas fini...&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Mani&#232;re&lt;i&gt; &lt;/i&gt;[coupe] : - &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Ouais, mais le probl&#232;me c'est que je ne veux pas vous laisser finir.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous n'en croyez pas vos yeux ? Alors &#233;coutez :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attention lien erron&#233;. Mais le t&#233;l&#233;chargement, marche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Format &lt;i&gt;mp3&lt;/i&gt; - Dur&#233;e : 1' 27&#034; - T&#233;l&#233;chargeable &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/IMG/mp3/bfm_grands_debats_mardi_281106_2.mp3&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; l'arm&#233;e, le chef a toujours raison ! Surtout face &#224; un invit&#233; qui refuse de r&#233;pondre &#224; une question stupide, alors que &#231;a fait cinq fois qu'on lui donne la r&#233;ponse. Et qui, comble d'outrecuidance, r&#233;pond politiquement aux pr&#233;tentions du porte-voix de l'Institut Montaigne dont le caract&#232;re apolitique est av&#233;r&#233;. C'est ce que Philippe Mani&#232;re appelle &#171; essayer de discr&#233;diter l'interlocuteur &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de cet instant, Georges Debr&#233;geas n'aura plus la parole : il est au piquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Epilogue&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#171; le Grand D&#233;bat &#187; &#233;tant une &#233;mission moderne, les auditeurs sont invit&#233;s eux aussi &#224; s'y exprimer. Par une sorte de miracle, tous ces messages confirment les th&#232;ses de tous ces &#8220; gens &#8221; qui disent ces choses si raisonnables - et sur lesquelles Philippe Mani&#232;re n'a aucun avis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N'ayant aucun avis, il se borne &#224; traduire le sentiment de l'opinion (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Acrimed : - &lt;i&gt;Et comment s'est achev&#233; ce &#171; Grand d&#233;bat&lt;/i&gt; &#187; ? &lt;/ br&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Georges Debr&#233;geas : - &lt;i&gt;En quittant le studio, j'ai eu droit &#224; quelques noms d'oiseaux de l'animateur-think-tanker et en guise de salut, un chaleureux : &lt;strong&gt;&#8220; maintenant, vous d&#233;gagez tout de suite, dehors ! &#8221;.&lt;/strong&gt; Je suis alors parti, laissant Philippe Mani&#232;re reprendre ses esprits pour affronter la question &#233;pineuse des int&#233;r&#234;ts compar&#233;s des syst&#232;mes de recherche belge et fran&#231;ais. Quelques heures apr&#232;s cette &#233;mission, Philippe Mani&#232;re a appel&#233; Alain Trautmann, ancien porte-parole de Sauvons la Recherche, pour lui demander de condamner mon attitude et de prendre des mesures &#224; mon encontre. Sur ce point, je lui reconnais une qualit&#233; : il a le sens de la hi&#233;rarchie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; [...] aller au fond, comme moi je le fais &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;clarait Philippe Mani&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Maler&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.radiobfm.com/index.php?id=emissiondebatsm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le site de BFM pr&#233;sente ainsi l'&#233;mission&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Pendant 2 heures, avec le directeur g&#233;n&#233;ral de l'Institut Montaigne, brain-storming, controverse et p&#233;dagogie autour de sujets li&#233;s aux politiques publiques. De 10h &#224; 11h Philippe Mani&#232;re et ses invit&#233;s se posent cette question : &#171; Faut-il r&#233;former ? &#187; et proposent leurs solutions. De 11h &#224; 12h Philippe Mani&#232;re et ses invit&#233;s se demandent &#171; Comment font les autres ? &#187;, et &#233;valuent les politiques publiques men&#233;es &#224; l'&#233;tranger. Pour d&#233;battre de ces sujets Philippe Mani&#232;re est entour&#233; d'experts, d'acteurs politiques et de contributeurs de l'Institut Montaigne&lt;/i&gt;. &#187;. Le logo de l'Institut Montaigne tr&#244;ne sur la page.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A noter que, au cours de &#171; l'&#233;change &#187;, Georges Debr&#233;geas confond Caroline Demalet avec Caroline Fourrest.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il tente vainement de faire dire au d&#233;put&#233; UMP que son parti souhaite faire dispara&#238;tre le CNRS, &#224; coup de &#8220; il y a des gens qui disent &#8221;, &#8220; il y a des pays o&#249; &#8221;. Apr&#232;s moult acquiescements et encouragements, la parole est donn&#233;e &#224; &#8220; la gauche &#8221; (=le PS). Acquiescements serviles, l&#224; encore, de Philippe Mani&#232;re, qui parvient &#224; illustrer (sans prendre parti) les dires de Yves Durand sur la fuite des cerveaux en jetant &#224; la vol&#233;e : &lt;i&gt;&#8220; j'ai un mail d'un auditeur qui va exactement dans ce sens &#8221;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude B&#233;b&#233;ar a effectivement dit cela par la voix de son conseiller Daniel Laurent, dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; du 3 octobre : &#171; &lt;i&gt;Au-del&#224; du m&#233;c&#233;nat qui ferait que le Cr&#233;dit Agricole financerait une licence en comptabilit&#233; analytique ou Nouvelles Fronti&#232;res un mast&#232;re en tourisme, le conseiller de Claude B&#233;b&#233;ar pense qu'il faudrait commencer par transformer les &#233;tudiants en apprentis.&lt;/i&gt; &#187; Il est &#233;tonnant que Philippe Mani&#232;re ne l'ait jamais entendu, Daniel Laurent &#233;tant lui-m&#234;me membre de l'Institut Montaigne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N'ayant aucun avis, il se borne &#224; traduire le sentiment de l'opinion publique sur le d&#233;bat, en lisant quelques-uns des &#8220; tr&#232;s nombreux messages &#8221; qui lui sont parvenus sur ce sujet &#8220; qui passionne &#8221;. Par une sorte de miracle, tous ces messages confirment les th&#232;ses de tous ces &#8220; gens &#8221; qui disent ces choses si raisonnables. L'un des messages - celui de Bruno, ing&#233;nieur de recherche - vient m&#234;me r&#233;pondre &#224; cette fameuse question qu'il a pos&#233;e pendant pr&#232;s d'une heure : &#8220; nous sommes frein&#233;s par les multiples tutelles &#8221;. Un autre fervent auditeur dont le message a &#233;t&#233; tir&#233; au sort, sugg&#232;re &#224; Philippe Mani&#232;re : &#8220; N'insistez pas, vous ne ferez jamais reconna&#238;tre &#224; un fonctionnaire du CNRS que le syst&#232;me fran&#231;ais n'est pas le meilleur, et que c'est pour &#231;a que tout le monde nous envie &#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les invit&#233;s des matinales de la radio (septembre-novembre 2006)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-invites-des-matinales-de-la-radio-septembre-novembre-2006</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-invites-des-matinales-de-la-radio-septembre-novembre-2006</guid>
		<dc:date>2006-12-08T06:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>France Culture</dc:subject>
		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Europe 1</dc:subject>
		<dc:subject>RMC</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Pierre Elkabbach</dc:subject>
		<dc:subject>RTL</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Demorand</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est d&#233;j&#224; le second tour sur les ondes : sur 161 invit&#233;s politiques, 130 appartiennent au PS ou &#224; l'UMP.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Election-presidentielle-de-2007-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2007 &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Culture-+" rel="tag"&gt;France Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Europe-1-+" rel="tag"&gt;Europe 1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RMC-+" rel="tag"&gt;RMC&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Pierre-Elkabbach-+" rel="tag"&gt;Jean-Pierre Elkabbach&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RTL-+" rel="tag"&gt;RTL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nicolas-Demorand-+" rel="tag"&gt;Nicolas Demorand&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la rentr&#233;e politique (4 septembre 2006), Acrimed proc&#232;de &#224; une observation et &#224; un comptage pr&#233;cis de diff&#233;rentes &#233;missions de radio. Le recensement des invit&#233;s des tranches matinales de 5 radios g&#233;n&#233;ralistes (France Inter, France Culture, RTL, RMC, Europe 1) est sans &#233;quivoque : les radios roulent pour le bipartisme. Explications.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des chiffres&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Royal face &#224; Sarkozy : sur les 161 invit&#233;s politiques des matinales (du 4 septembre au 30 novembre), 62 appartiennent au PS et 68 &#224; l'UMP, soit plus de 80% des invit&#233;s. Les 31 places restantes sont partag&#233;es entre l'UDF (12 invitations), l'extr&#234;me-gauche et la gauche antilib&#233;rale (8)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regroupant la LCR, le PC, les porte-parole de la gauche antilib&#233;rale et LO (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'extr&#234;me droite (6)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regroupant le Front National (FN) et le Mouvement Pour la France (MPF).&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les Verts (3) et le Mouvement R&#233;publicain des Citoyens (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sarkozy face &#224; Royal : les chiffres r&#233;v&#232;lent que la diversit&#233; politique dans les m&#233;dias s'efface devant ce duo. Le premier tour est d&#233;j&#224; pli&#233;. S&#233;gol&#232;ne Royal affrontera Nicolas Sarkozy au second, donc.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Nombre d'invit&#233;s de chaque parti toutes radios confondues&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_2376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L497xH240/fig11-0a23c.jpg?1780980979' width='497' height='240' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Gavant comme des oies les auditeurs des tranches matinales, les radios (et leurs animateurs) ne cessent d'encadrer une parodie de d&#233;bat politique. Un an et demi apr&#232;s le &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, les chroniqueurs restent les m&#234;mes, et il n'y a pas de nouvelles voix pour donner un autre son de cloche. Sarkozy-Royal, Royal-Sarkozy...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Avec la campagne de d&#233;signation du candidat socialiste, les &#171; t&#233;nors &#187; du PS ont pu b&#233;n&#233;ficier de multiples invitations. Si Fran&#231;ois Hollande ou Laurent Fabius ont &#233;t&#233; invit&#233;s six fois, c'est Dominique Strauss-Kahn qui d&#233;tient le record sur trois mois, avec huit repr&#233;sentations, soit autant que tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la gauche de gauche. Cit&#233;s quotidiennement dans les journaux d'informations, S&#233;gol&#232;ne Royal et Nicolas Sarkozy n'ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#171; que &#187; trois fois chacun, mais leurs bras droits l'ont parfois &#233;t&#233; plus qu'eux-m&#234;mes. Ainsi Fran&#231;ois Fillon et Patrick Devedjian (fid&#232;les de Sarkozy) se sont exhib&#233;s quatre fois chacun dans les tranches matinales. Fran&#231;ois Bayrou, grand exclu du bipartisme, &lt;i&gt;dixit&lt;/i&gt; lui-m&#234;me, a toutefois &#233;t&#233; invit&#233; six fois... &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Encore des chiffres&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
RTL et, dans une moindre mesure, RMC sont les radios les moins exclusives, mais contribuent largement comme les autres &#224; la caricature du d&#233;bat politique en proc&#233;dant &#224; la circulation circulaire des invitations. Une invitation &#171; fait l'&#233;v&#233;nement &#187; le lundi sur France Inter ; cet &#171; &#233;v&#233;nement &#187; s'amplifie le mardi sur RTL et atteint son apog&#233;e la semaine suivante sur Europe 1. Et puis on encha&#238;ne, dans cet ordre ou dans un autre, sur un nouveau d&#233;fil&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Nombre d'invit&#233;s de chaque parti par radio&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_2377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH229/fig2-d21c2.jpg?1780980979' width='500' height='229' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;En septembre, Lionel Jospin a &#171; fait &#187; quatre radios (et des interviews dans la presse &#233;crite et &#224; la t&#233;l&#233;vision). Le 4 sur France Inter, il confirme qu'il est disponible. Mais se pr&#233;sente-t-il officiellement ? Pas de r&#233;ponse, ni le 14 sur RMC, ni le 25 sur Europe 1. Il faut attendre le 27 sur RTL pour que l'ancien Premier Ministre cesse de faire durer un suspense insoutenable pour la batterie des intervieweurs matinaux. Sa r&#233;ponse est &#171; non &#187;. Il ne sera plus invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques &#233;piph&#233;nom&#232;nes provoquent des rondes m&#233;diatiques particuli&#232;res. Val&#233;ry Giscard d'Estaing sort un livre. Et on le retrouve sur Europe 1 le 28/09, sur RTL le 5/10 et sur RMC le 13/10. Nicolas Hulot sort un livre, des sondages lui sont favorables dans &lt;i&gt;le Journal du Dimanche&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; lui consacre sa &#171; une &#187; et France Inter, Europe 1 et RMC le convient. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et la mani&#232;re...&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les disproportions quantitatives sont renforc&#233;es par les distorsions qualitatives. Les invit&#233;s ne b&#233;n&#233;ficient pas des m&#234;mes honneurs selon leur appartenance politique. C'est un fait. Jean-Pierre Elkabbach, aux petits soins avec Nicolas Sarkozy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici-m&#234;me.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ne daigne pas interviewer Marie-George Buffet (la seule candidate de la &#171; gauche antilib&#233;rale &#187; invit&#233;e sur Europe 1 en trois mois) : il laisse Marc Tronchot accomplir cette (basse ?) besogne (14 novembre). Quand Nicolas Sarkozy p&#233;rore sur France Inter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici-m&#234;me.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la revue de presse pr&#233;vue &#224; 8h30 est d&#233;plac&#233;e express&#233;ment &#224; 8h50, car le ministre de l'Int&#233;rieur doit partir plus t&#244;t. Lorsque Gilles de Robien ne peut terminer sa r&#233;ponse &#224; 9h, Demorand reprend la parole dans l'&#233;mission qui suit et donne la r&#233;ponse compl&#232;te de son invit&#233; (France Inter, 10 octobre)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces petites faveurs &#224; l'&#233;gard des &#171; grands &#187; sont symptomatiques. M&#234;me si Demorand se d&#233;m&#232;ne face &#224; un Sarkozy dont il ne partage pas certaines orientations, le Ministre-candidat b&#233;n&#233;ficie d'un traitement digne de son rang : communiqu&#233; de France Inter envoy&#233; &#224; l'ensemble de la presse, exclusion quasi-totale des auditeurs, etc. En revanche, les repr&#233;sentants des &#171; petits partis &#187; ne b&#233;n&#233;ficient pas du m&#234;me ramdam m&#233;diatique. Ni des m&#234;mes &#233;gards. Moins exp&#233;riment&#233;s que les t&#233;nors de la politique, ils doivent faire face &#224; des sommations : sur France Inter, Brigitte Jeanperrin ordonne &#224; Cl&#233;mentine Autain de r&#233;pondre &#224; sa question (20 novembre). Une fois, deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la venue de Cl&#233;mentine Autain justement, un auditeur appelle : &lt;i&gt;&#171; Bonjour France Inter et merci pour vos &#233;missions. J'esp&#232;re qu'apr&#232;s avoir aid&#233; &#224; la campagne du Parti Socialiste, vous allez aider &#224; la campagne de la gauche anti-lib&#233;rale... &#187;&lt;/i&gt; Rire jaune de Nicolas Demorand : &lt;i&gt;&#171; Ah, ah, ah, nous n'avons aid&#233; &#224; rien du tout Daniel. Nous avons juste couvert des &#233;v&#232;nements. Allez, posez votre question. &#187;&lt;/i&gt; Couvrir des &#233;v&#232;nements... Qu'est-ce qu'un &#233;v&#232;nement ? Qui le d&#233;termine comme tel ? Pourquoi la d&#233;signation du candidat de la &#171; gauche antilib&#233;rale &#187; ne serait pas un &#233;v&#232;nement ? Ce sont les intervieweurs et chroniqueurs qui co-produisent les &#171; &#233;v&#233;nements &#187;, les montent en &#233;pingle, et justifient la n&#233;cessit&#233; de les &#171; couvrir &#187; puisque ...ce sont des &#233;v&#232;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le seul &#233;v&#232;nement m&#233;diatique de la pr&#233;-campagne pr&#233;sidentielle est le suivant : du d&#233;but septembre &#224; la fin novembre, sur 161 invit&#233;s politiques, 130 appartenaient au PS ou &#224; l'UMP. Point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathias Reymond&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS &#224; l'attention des &lt;i&gt;Inrockuptibles&lt;/i&gt; (et de leurs tr&#232;s &#233;ventuels imitateurs) : si vous reprenez ce chiffrage, merci de citer vos sources&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire : &#171; Les Inrockuptibles copient Acrimed &#187; et, pour m&#233;moire, &#171; Arr&#234;t sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Regroupant la LCR, le PC, les porte-parole de la gauche antilib&#233;rale et LO (qui n'a pas encore eu d'invit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Regroupant le Front National (FN) et le Mouvement Pour la France (MPF).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://www.acrimed.org/Jean-Pierre-Elkabbach-sert-la-soupe-a-Nicolas-Sarkozy-sur-Europe-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href='https://www.acrimed.org/France-Inter-le-7-9h30-sans-les-auditeurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-Inrockuptibles-copient-Acrimed' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Les Inrockuptibles&lt;/i&gt; copient Acrimed &#187;&lt;/a&gt; et, pour m&#233;moire, &lt;a href='https://www.acrimed.org/Arret-sur-pillages-2' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Arr&#234;t sur pillage (2002) &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vid&#233;o - S&#233;gol&#232;ne Royal selon TF1 : l'ic&#244;ne m&#233;diatique</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Video-Segolene-Royal-selon-TF1-l-icone-mediatique</link>
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		<dc:date>2006-12-06T07:06:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>TF1</dc:subject>
		<dc:subject>Zalea TV</dc:subject>
		<dc:subject>Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;gol&#232;ne Royal</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;cryptage &#233;crit, la version vid&#233;o r&#233;alis&#233;e avec Zalea TV.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Election-presidentielle-de-2007-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2007 &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-TF1-+" rel="tag"&gt;TF1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Zalea-TV-+" rel="tag"&gt;Zalea TV&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journaux-televises-114-+" rel="tag"&gt;Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Segolene-Royal-+" rel="tag"&gt;S&#233;gol&#232;ne Royal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En invitant S&#233;gol&#232;ne Royal sur le plateau de TF1 (4 octobre 2006), Patrick Poivre d'Arvor et les r&#233;alisateurs du 20h ont contribu&#233; conjointement &#224; la d&#233;politisation de la politique. Le premier en posant des questions dont la vacuit&#233; et la complaisance ne pr&#233;sentaient gu&#232;re d'int&#233;r&#234;t du point de vue politique. Les seconds en construisant un dispositif de mise en sc&#232;ne et en images qui ent&#233;rinait et amplifiait la candidature de S&#233;gol&#232;ne Royal comme ph&#233;nom&#232;ne m&#233;diatique.&lt;/i&gt; &#187; - &#171; S&#233;gol&#232;ne Royal selon TF1, l'ic&#244;ne m&#233;diatique &#187;, publi&#233; sur le site d'Acrimed, 12 octobre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la publication sur notre site du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2461.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;cryptage &#233;crit de cet entretien&lt;/a&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acrimed et Zalea TV proposent une &lt;a href=&#034;http://www.zalea.org/spip.php?article990&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;version vid&#233;o&lt;/strong&gt;, accessible sur le site de Zalea TV&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cryptage d'Alain Verse. R&#233;alisation d'Olivier Azam et Boris Perrin&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_2371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L349xH45/Zalea_TV-9da00.jpg?1776731864' width='349' height='45' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; C'est elle que nous voulons &#187; : l'investiture de Mme Royal dans les m&#233;dias</title>
		<link>https://www.acrimed.org/C-est-elle-que-nous-voulons-l-investiture-de-Mme-Royal-dans-les-medias</link>
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		<dc:date>2006-12-05T06:53:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gr&#233;gory Rzepski</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Le Figaro</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ration</dc:subject>
		<dc:subject>Le Nouvel Obs</dc:subject>
		<dc:subject>Le Point</dc:subject>
		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>France 3</dc:subject>
		<dc:subject>LCI</dc:subject>
		<dc:subject>France Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Sondages</dc:subject>
		<dc:subject>Europe 1</dc:subject>
		<dc:subject>Le Parisien</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Julliard</dc:subject>
		<dc:subject>Claude Imbert</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard-Henri L&#233;vy</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Claude Casanova </dc:subject>
		<dc:subject>L'Express</dc:subject>
		<dc:subject>La Presse de la Manche</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Pierre Elkabbach</dc:subject>
		<dc:subject>RTL</dc:subject>
		<dc:subject>Yves Thr&#233;ard</dc:subject>
		<dc:subject>La D&#233;p&#234;che du Midi</dc:subject>
		<dc:subject>Christophe Barbier</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Michel Aphatie</dc:subject>
		<dc:subject>Nord &#201;clair</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Michel Blier</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;r&#244;me Jaffr&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Pluralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Michel Th&#233;nard</dc:subject>
		<dc:subject>Elise Lucet</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;gol&#232;ne Royal</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment interpr&#233;ter l'enthousiasme m&#233;diatique qui a suivi la d&#233;signation de l'&#233;lue picto-charentaise ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Election-presidentielle-de-2007-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2007 &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Figaro-9-+" rel="tag"&gt;Le Figaro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liberation-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Nouvel-Observateur-11-+" rel="tag"&gt;Le Nouvel Obs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Point-+" rel="tag"&gt;Le Point&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-3-+" rel="tag"&gt;France 3&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-LCI-+" rel="tag"&gt;LCI&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Culture-+" rel="tag"&gt;France Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Europe-1-+" rel="tag"&gt;Europe 1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Parisien-+" rel="tag"&gt;Le Parisien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jacques-Julliard-+" rel="tag"&gt;Jacques Julliard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Claude-Imbert-+" rel="tag"&gt;Claude Imbert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Henri-Levy-+" rel="tag"&gt;Bernard-Henri L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Claude-Casanova-+" rel="tag"&gt;Jean-Claude Casanova &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-L-Express-364-+" rel="tag"&gt;L'Express&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-Presse-de-la-Manche-+" rel="tag"&gt;La Presse de la Manche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Pierre-Elkabbach-+" rel="tag"&gt;Jean-Pierre Elkabbach&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-RTL-+" rel="tag"&gt;RTL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Yves-Threard-+" rel="tag"&gt;Yves Thr&#233;ard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-Depeche-du-Midi-+" rel="tag"&gt;La D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christophe-Barbier-+" rel="tag"&gt;Christophe Barbier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Michel-Aphatie-+" rel="tag"&gt;Jean-Michel Aphatie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nord-Eclair-+" rel="tag"&gt;Nord &#201;clair&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Michel-Blier-+" rel="tag"&gt;Jean-Michel Blier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jerome-Jaffre-+" rel="tag"&gt;J&#233;r&#244;me Jaffr&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pluralisme-+" rel="tag"&gt;Pluralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Michel-Thenard-+" rel="tag"&gt;Jean-Michel Th&#233;nard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Elise-Lucet-+" rel="tag"&gt;Elise Lucet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Segolene-Royal-+" rel="tag"&gt;S&#233;gol&#232;ne Royal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la nuit du 16 au 17 novembre 2006, on apprenait que S&#233;gol&#232;ne Royal avait emport&#233; le scrutin organis&#233; par le Parti Socialiste pour d&#233;signer son candidat. Nous ne discutons ici ni de l'opportunit&#233; ni de la l&#233;gitimit&#233; du choix effectu&#233; pour son propre compte par le Parti Socialiste, ni des options politiques de S&#233;gol&#232;ne Royal, mais des usages m&#233;diatiques de sa d&#233;signation. En effet, quasi unanimes, les commentaires ont c&#233;l&#233;br&#233; le &#171; &lt;i&gt;triomphe&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; du 18.11.2006) de &#171; &lt;i&gt;l'h&#233;ro&#239;ne radieuse&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Nord Eclair&lt;/i&gt;, le 18.11.2006). Que signifie ce consensus &#233;ditorial ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;duction de l'opinion&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Parmi les pr&#233;tendants &#224; l'investiture par le PS, la plupart des journalistes politiques (ou assimil&#233;s) ont pr&#233;sent&#233; Mme Royal comme la candidate de &#171; l'opinion &#187;. Ainsi, pour Isabelle Mandraud dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (18.11.2006), &#171; &lt;i&gt;l'originalit&#233; de Mme Royal, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;son lien avec l'opinion&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, ses libert&#233;s par rapport aux dogmes du parti font aussi partie des raisons de son succ&#232;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est nous qui soulignons ici et par la suite.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur &lt;i&gt;RTL &lt;/i&gt;(17.11.2006), Bertrand Delay, va dans le m&#234;me sens : &#171; &lt;i&gt;la strat&#233;gie de S&#233;gol&#232;ne de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;jouer l'opinion&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; au-dessus du parti a march&#233;.&lt;/i&gt; &#187; De son c&#244;t&#233;, Jean-Michel Blier, au JT de &lt;i&gt;France 3 &lt;/i&gt;(17.11.2006), &#233;voque une victoire construite &#171; &lt;i&gt;en s'appuyant d'abord&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt; sur l'opinion&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Quelle est cette opinion ? Pour paraphraser Gallup, c'est celle que les sondages enregistrent. Mais c'est aussi celle que les &#233;ditorialistes des m&#233;dias dominants croient repr&#233;senter. Comme l'&#233;crit Patrick Champagne, &#171; l&lt;i&gt;es instituts de sondage sont (...) parvenus &#224; imposer dans les champs politique et journalistique, et donc bien au-del&#224;, le fait que l' &#171; opinion publique &#187; est r&#233;ductible &#224; ce qu'ils mesurent&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Champagne, Faire l'opinion, Paris, Minuit, p. 42&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Des expressions comme &#171; lien avec l'opinion &#187; ou &#171; jouer l'opinion &#187; reposent sur la croyance qui identifie les r&#233;sultats des enqu&#234;tes d'opinion &#224; ce que l'on appelle &#171; opinion &#187;. L'un des effets de cette croyance, en l'esp&#232;ce, est que le petit monde m&#233;diatico-politique est persuad&#233; du r&#244;le d&#233;cisif que les sondages et les m&#233;dias ont jou&#233; dans l'ascension de Mme Royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;duction de l'opinion aux r&#233;sultats des enqu&#234;tes d'opinion est explicite dans certains commentaires. Ainsi celui de Christophe Barbier qui, sur LCI (17.11.2006), explique qu'&#171; &lt;i&gt;elle a r&#233;ussi son hold-up sur le Parti socialiste avec les armes du XXI&#232; si&#232;cle : des sondages et des images. Les militants l'ont pl&#233;biscit&#233;e parce que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les sympathisants et derri&#232;re les sympathisants, les sond&#233;s ont dit c'est elle que l'on veut,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; c'est elle qui a une chance de battre Nicolas Sarkozy.&lt;/i&gt; &#187; Rappelons que les instituts de sondages se sont content&#233;s d'interroger des &#233;chantillons de Fran&#231;ais (suppos&#233;s &#234;tre) repr&#233;sentatifs de ceux que les instituts de sondages d&#233;signent comme &#233;tant des &#171; sympathisants &#187; socialistes sur leurs intentions de vote au premier ou au second tour, et ce, &#224; plusieurs mois du premier tour...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des m&#233;dias et des instituts de sondages acteurs du champ politique&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pris en d&#233;faut &#224; maintes reprises ces derni&#232;res ann&#233;es, les instituts de sondage (et leurs relais m&#233;diatiques) tiendraient leur revanche avec les r&#233;sultats du scrutin organis&#233; pour l'investiture socialiste. Ainsi, pour Alexis Br&#233;zet, dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; (17.11.2006), quotidien &#171; de droite &#187; amateur de sondages : &#171; &lt;i&gt;Ses concurrents d&#233;non&#231;aient &#034; l'instrumentalisation des sondages &#034; ? Les sondages ne se sont pas tromp&#233;s&lt;/i&gt;. &#187; La presse &#171; progressiste &#187; abonde dans le m&#234;me sens puisque, selon G&#233;rard Dupuy dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (18.11.2006), quotidien &#171; de gauche &#187; amateur de sondages : &#171; &lt;i&gt;On les [les sondeurs] siffle quand ils se trompent ; donc bravo !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bravos provoquent la m&#234;me satisfaction modeste chez deux &#171; professionnels &#187; des sondages. Dans sa chronique sur &lt;i&gt;France Culture &lt;/i&gt;(17.11.2006), Olivier Duhamel estime que &#171; &lt;i&gt;le succ&#232;s de S&#233;gol&#232;ne Royal atteste d'abord de la tr&#232;s grande symbiose entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur du Parti socialiste&lt;/i&gt; &#187;. M&#234;me &#171; avis &#187; chez J&#233;r&#244;me Jaffr&#233; (toujours sur &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt;, le 18.11.2006) : la d&#233;signation de Mme Royal &#171; &lt;i&gt;&#231;a veut dire la perm&#233;abilit&#233; du Parti socialiste avec la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, il n'y a pas d'&#233;cart majeur entre les adh&#233;rents du parti socialiste et les &#233;lecteurs, il n'y a pas d'&#233;cart important.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A plus de cinq mois du premier tour, difficile pourtant de caract&#233;riser des entit&#233;s comme &#171; les &#233;lecteurs &#187; (pour Jaffr&#233;) ou &#171; l'ext&#233;rieur du Parti socialiste &#187; (pour Duhamel). Cette posture &#171; sondologique &#187; dissimule une r&#233;alit&#233; : les m&#233;dias comme les instituts de sondage sont des acteurs &#224; part enti&#232;re du champ politique et non pas de simples observateurs. Ils ont &#233;t&#233; impliqu&#233;s (mais &#224; quel degr&#233; ? Difficile &#224; dire...) dans le succ&#232;s de S&#233;gol&#232;ne Royal sur ses rivaux socialistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;lire, par exemple, ici-m&#234;me &#171; Pr&#233;sidentielle 2007 : le non-d&#233;bat des m&#233;dias &#187;.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La victoire de Mme Royal et de &#171; l'opinion &#187; au sens des commentateurs est donc aussi v&#233;cu par ces m&#234;mes commentateurs comme un succ&#232;s des m&#233;dias et des instituts de sondage dans le rapport de force qui structure le champ politique, une r&#233;affirmation du &#171; &lt;i&gt;pouvoir propre de la presse face au pouvoir politique&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Champagne, op. cit., p. 143&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut interpr&#233;ter en ce sens l'importance accord&#233;e par les commentateurs &#224; la notion de &#171; d&#233;mocratie d'opinion &#187; (oppos&#233;e classiquement &#224; la d&#233;mocratie repr&#233;sentative ou &#224; la d&#233;mocratie partisane) dans l'analyse de la victoire de Mme Royal. Sur son blog, Pierre-Luc S&#233;guillon explique, par exemple, que &#171; &lt;i&gt;c'est &#224; partir d'une popularit&#233; acquise dans l'opinion qu'elle s'est efforc&#233;e avec succ&#232;s d'imposer le caract&#232;re incontournable de sa d&#233;signation comme porte drapeau des socialistes dans la campagne pr&#233;sidentielle. (...) La d&#233;mocratie de repr&#233;sentation a c&#233;d&#233; progressivement la place &#224; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la d&#233;mocratie d'opinion&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. http://blog-pl-seguillon.lci.fr/archive-11-17-2006.html.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; M&#234;me analyse chez Michel Noblecourt dans&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt; (30.11.2006) : &#171; &lt;i&gt;Mme Royal a gagn&#233; en recourant aux armes de la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d&#233;mocratie d'opinion&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et de la d&#233;mocratie participative&lt;/i&gt; &#187;. Pour Claude Imbert dans&lt;i&gt; Le Point &lt;/i&gt;(23.11.2006), &#224; l'avenir, &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;la d&#233;mocratie d'opinion&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; dictera ses volont&#233;s et, par exemple, des primaires &#224; l'am&#233;ricaine. Elle s'imposera &#224; la politique comme le suffrage universel s'est impos&#233; &#224; la d&#233;mocratie. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tenir compte des sondages, des m&#233;dias... &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le rapport de rivalit&#233; entre m&#233;dias et partis traditionnels dans le champ politique s'est, en outre, retrouv&#233; dans les nombreuses condamnations, d&#233;non&#231;ant un &#171; &lt;i&gt;appareil devenu incompr&#233;hensible politiquement et doctrinalement&lt;/i&gt; &#187; selon St&#233;phane Roz&#232;s de l'Institut CSA (dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 23.11.2006) et, surtout, dans les railleries convenues qui prennent pour cibles des &#171; &#233;l&#233;phants &#187; d&#233;faits. Sur &lt;i&gt;LCI&lt;/i&gt; (20.11.2006), Christophe Barbier commente, par exemple, en ces termes le succ&#232;s de l'&#233;lue picto-charentaise : &#171; &lt;i&gt;Elle a &#233;t&#233; la candidate des sondages contre les &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#233;l&#233;phants&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, contre une vieille id&#233;e du Parti socialiste&lt;/i&gt;. &#187; De m&#234;me, pour Elise Lucet, au JT de &lt;i&gt;France 2 &lt;/i&gt;(le 17.11.2006), &#171; &lt;i&gt;S&#233;gol&#232;ne Royal n'&#233;tait pas la candidate id&#233;ale pour les &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#233;l&#233;phants&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; du parti. Elle a d'ailleurs men&#233; sa campagne avec sa propre &#233;quipe, en bousculant souvent la hi&#233;rarchie du PS. &lt;/i&gt; &#187; Autre style mais m&#234;me id&#233;e chez Claude Imbert dans &lt;i&gt;Le Point &lt;/i&gt;(23.11.2006) : &#171; &lt;i&gt;De l'&#233;paisse chrysalide d'un vieux parti, l'opinion aura donc fait sortir un papillon. Et du marigot des &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#233;l&#233;phants&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, une hirondelle&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un papillon s'est donc envol&#233;... Mais il faudrait aller plus loin si l'on suit G&#233;rard Grunberg (du CEVIPOF) qui, interrog&#233; par &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (17.11.2006), se fait presque comminatoire : &#171; &lt;i&gt;converti au &#034; royalisme &#034;, le parti devra se montrer beaucoup plus pragmatique et en finir avec ses exercices rh&#233;toriques dont il est si friand. Sous l'influence de Royal, le PS a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; amen&#233; &#224; s'ouvrir d'avantage &#224; la soci&#233;t&#233;, &#224; tenir compte des sondages, des m&#233;dias. Pour rester le grand parti pr&#233;sidentiel de la gauche, il ne peut plus vivre en vase clos&lt;/i&gt;. &#187; S'ouvrir donc. A qui ? A quoi ? Aux m&#233;dias et aux sondages, un peu plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mutation id&#233;ologique &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour Jean-Claude Casanova (&lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt;, le 17.11.2006), reste &#224; &#171; &lt;i&gt;voir si cela se poursuit dans l'ordre intellectuel, c'est-&#224;-dire si dans ses id&#233;es le parti socialiste se rapproche aussi de la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; De la soci&#233;t&#233; ou des options id&#233;ologiques d&#233;fendues par la grande majorit&#233; des prescripteurs d'opinion ? Les sommit&#233;s &#233;ditoriales ne s'embarrassent plus de ce genre de distinction. Quasi unanimes &#224; souhaiter la &#171; modernit&#233; &#187; et les &#171; r&#233;formes &#187; lib&#233;rales, Mme Royal est leur candidate &#224; gauche pour d&#233;fendre ce projet. Sera-t-elle &#224; la hauteur de leurs esp&#233;rances ? Christophe Barbier (sur LCI, le 17.11.2006) n'en doute pas : &#171; &lt;i&gt;elle a (...) r&#233;alis&#233; &#224; elle toute seule la mutation id&#233;ologique profonde que le PS a rat&#233; au lendemain du 21 avril 2002. Eh bien, aujourd'hui, c'est le parti d'Epinay, le parti de Mitterrand, qui dispara&#238;t &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain du 21 avril 2002, dans &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, ce m&#234;me Christophe Barbier expliquait d&#233;j&#224; que &#171; &lt;i&gt;le Premier ministre a sombr&#233; parce qu'il a voulu affronter un monde nouveau avec des m&#233;thodes archa&#239;ques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;le 25.04.2002, cit&#233; par PLPL n&#176;24&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Comme l'a ensuite montr&#233; &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;le r&#233;sultat du premier tour [des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002] aura d'abord fourni le pr&#233;texte d'une radicalisation lib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187; des commentaires m&#233;diatiques. Ceux-ci attribu&#232;rent alors massivement &#171; &lt;i&gt;l'&#233;chec du parti socialiste &#224; son archa&#239;sme doctrinal&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PLPL n&#176;24&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En juin 2006, la parution du programme du PS avait &#233;galement donn&#233; lieu &#224; un d&#233;cha&#238;nement de commentaires unanimes en ce sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici-m&#234;me &#171; M&#233;dias en (pr&#233;-)campagne, les &#233;ditorialistes contre le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec la d&#233;signation de Mme Royal, on assiste &#224; un ph&#233;nom&#232;ne similaire. Dans la semaine qui suit sa d&#233;signation par les militants du PS, le &#171; d&#233;bat &#187; entre commentateurs s'organise entre ceux qui, comme Christophe Barbier, voient en elle une incarnation de la &#171; modernit&#233; &#187; contre le &#171; vieux dogme &#187; socialiste et ceux qui la somme de devenir cette incarnation de la &#171; modernit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;gol&#232;ne Royal contre l'&#171; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;archa&#239;sme doctrinal&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &#187; d'une &#171; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;vieille gauche&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Pierre Elkabbach figure dans la premi&#232;re cat&#233;gorie. Confiant, il explique ainsi sur &lt;i&gt;Europe 1 &lt;/i&gt;(17.11.2006) qu'&#171; o&lt;i&gt;n voit bien, &#224; travers l'&#233;lection de S&#233;gol&#232;ne Royal, que le pays veut &#234;tre &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;s&#233;curis&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dynamis&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187; Sans doute parce que Mme Royal n'est &#171; &lt;i&gt;jamais &#233;mue ou impressionn&#233;e par les &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dogmes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et par les &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;tabous&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; selon Jean-Michel Aphatie (sur &lt;i&gt;RTL&lt;/i&gt;, le 17.11.2006). Dans &lt;i&gt;Le R&#233;publicain lorrain&lt;/i&gt; (18.11.2006), Philippe Waucampt croit pouvoir affirmer que &#171; &lt;i&gt;le positionnement sur les th&#232;mes de la s&#233;curit&#233;, du travail, de l'autorit&#233; et des valeurs correspond &#224; un r&#233;el besoin des Fran&#231;ais. &lt;/i&gt; &#187; Et Jean-Marcel Bouguereau, dans &lt;i&gt;La R&#233;publique des Pyr&#233;n&#233;es&lt;/i&gt; (17.11.2006) d'expliquer que &#171; s&lt;i&gt;ur la s&#233;curit&#233;, les 35 heures et le ch&#244;mage, l'enseignement et la carte scolaire, elle pose les bonnes questions et ses propositions ont &#233;t&#233;, tout au long de cette pr&#233;-campagne, au centre du d&#233;bat politique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une candidate dynamique, positionn&#233;e sur le th&#232;me de la s&#233;curit&#233; et qui ne se laisse pas intimider par les &#171; tabous &#187;... Mais surtout une candidate qui modernise le PS. Elle est ainsi &#171; &lt;i&gt;le porte-drapeau d'une &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;gauche renouvel&#233;e&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; &#187; pour Jean-Christophe Giesbert dans &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt; (17.11.2006). Et ce, dans la mesure o&#249; &#171; e&lt;i&gt;lle a su inventer &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un socialisme pragmatique, en rupture avec les na&#239;vet&#233;s&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qui avaient perdu Jospin&lt;/i&gt; &lt;i&gt;en 2002&lt;/i&gt; &#187; selon Jean-Michel Th&#233;nard dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (17.11.2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis, J&#233;r&#244;me Jaffr&#233; explique sur &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt; (18.11.2006) que &#171; &lt;i&gt;ce que les adh&#233;rents ont approuv&#233;, c'est l'id&#233;e que s'ils partaient &#224; la conqu&#234;te de l'&#201;lys&#233;e en 2007 sur les &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dogmes traditionnels&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; du Parti socialiste, eh bien le 15% de Lionel Jospin de 2002 ne seraient plus un accident &#233;lectoral mais une r&#233;p&#233;tition somme toute d'une &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;vieille gauche&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qui n'arrive plus &#224; s'adapter &#224; la situation&lt;/i&gt;. &#187; Pour Jean Levallois, dans &lt;i&gt;La Presse de la Manche&lt;/i&gt; (18.11.2006), &#171; e&lt;i&gt;lle est celle qui, quoi qu'il arrive d&#233;sormais, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;tourne de mani&#232;re volontariste une page de l'histoire socialiste&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, caract&#233;ris&#233;e jusqu'alors par un double &#233;chec, quant &#224; sa r&#233;novation, et quant &#224; sa vision d'un monde &#233;ternellement fig&#233;, avec une reprise des m&#234;mes th&#232;mes depuis tant d'ann&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, les bonimenteurs, se sont en g&#233;n&#233;ral complus, au nom de la modernit&#233; qu'ils croient incarner eux-m&#234;mes, &#224; critiquer la position de Laurent Fabius (comme par exemple Yves Thr&#233;ard, directeur adjoint du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;RTL&lt;/i&gt;, le 17.11.2006 :&#171; &lt;i&gt;Fabius, il avait pris un parti-pris &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;vieux&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;) jug&#233;e archa&#239;que au regard de la modernit&#233; incarn&#233;e par S&#233;gol&#232;ne Royal et Dominique Strauss-Kahn (comme Olivier Duhamel, sur &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt;, le 17.11.2006 : &#171; &lt;i&gt;Que DSK et S&#233;gol&#232;ne, ces deux socialistes &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;modernes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; recueillent ensemble plus de 8 sur 10 des votes exprim&#233;s hier par les militants socialistes donne une id&#233;e de l'ampleur du chemin parcouru&lt;/i&gt;. &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une le&#231;on de pluralisme &#233;ditorial &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Il y a l&#224; une belle unanimit&#233;. Cette approche de l'investiture de Mme Royal (&#171; moderne &#187;, &#171; dynamique &#187;, etc.) a f&#233;d&#233;r&#233; les radios publiques et priv&#233;es, la presse quotidienne nationale comme la presse r&#233;gionale, la presse hebdomadaire &#171; de droite &#187; et celle &#171; de gauche &#187;. Le quasi consensus dans l'analyse fait &#233;cho au quasi consensus &#233;ditorial des m&#233;dias dominants depuis le d&#233;but de la campagne. Ceux-ci n'ont en effet cess&#233; d'&#339;uvrer &#224; une r&#233;duction du p&#233;rim&#232;tre id&#233;ologique du d&#233;bat &#224; la mani&#232;re d'un J&#233;r&#244;me Jaffr&#233; &#233;voquant d&#232;s mars 2006, dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;l'inqui&#233;tude que suscitent une gauche trop &#224; gauche et une droite trop &#224; droite &lt;/i&gt; &#187; et l'int&#233;r&#234;t de la d&#233;marche de Mme Royal &#171; &lt;i&gt;plus proche des attentes des citoyens, qui r&#234;vent du bon &#233;quilibre entre la tol&#233;rance et le respect de l'autorit&#233;, entre l'ouverture &#224; l'&#233;conomie de concurrence et le maintien de la coh&#233;sion sociale&lt;/i&gt; &#187;, en bref, une candidate PS pas &#171; trop &#224; gauche &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;lire ici-m&#234;me &#171; L'ascension de S&#233;gol&#232;ne Royal dans les m&#233;dias et ses effets (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais certains &#233;ditorialistes restent n&#233;anmoins vigilants. Si l'investiture de Mme Royal est une belle promesse, elle devra &#234;tre concr&#233;tis&#233;e. Ainsi Jacques Julliard qui, dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; (23.11.2006), hebdomadaire &#171; de gauche &#187;, met en garde : &#171; &lt;i&gt;Que le Parti socialiste se d&#233;cide &#224; suivre le conseil d'Edouard Bernstein &#224; la social-d&#233;mocratie : &lt;/i&gt;&#034; Qu'elle ose enfin para&#238;tre ce qu'elle est ! &#034;&lt;i&gt; Qu'on en finisse avec l'imposture du double langage, radical dans l'opposition, ramollo au pouvoir.&lt;/i&gt; &#187; Ainsi Bernard-Henri L&#233;vy qui, dans &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; (23.11.2006), hebdomadaire &#171; de droite &#187;, pr&#233;vient &#171; &lt;i&gt;Ou bien elle [Mme Royal] va de l'avant dans ce qu'elle a, visiblement, de meilleur ; elle profite du mouvement qu'elle a cr&#233;&#233; et de la prodigieuse libert&#233; qu'il lui donne pour continuer son bon travail de briseuses d'idoles, tabous et autres totems qui &#233;touffent le discours progressiste depuis tant et tant d'ann&#233;es ; (...) &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;elle liquide les r&#233;sidus de&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;conformisme marxiste&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qui n'en finissent pas de coller &#224; la soi-disant gauche de la gauche ; elle finit de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;nous r&#233;concilier avec le march&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ; (...). Ou bien elle suit, au contraire, l'autre pente (...) qu'elle appelle d&#233;j&#224; la nostalgie de l'&#034;ordre juste&#034;(...). Gauche moderne ou populisme ? (...) Nous en sommes l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse est &#233;videmment libre de ses commentaires. Ce qui pose probl&#232;me, c'est le caract&#232;re quasi unanimement favorable des r&#233;actions m&#233;diatiques au succ&#232;s de S&#233;gol&#232;ne Royal ainsi que l'appui pseudo scientifique que leur apportent les sondologues. La d&#233;signation de Mme Royal est en fait per&#231;ue, par les &#233;ditorialistes, comme l'aboutissement victorieux d'une bataille id&#233;ologique men&#233;e depuis de longs mois pour r&#233;duire le p&#233;rim&#232;tre du politiquement pensable. Un travail politique rendu possible par la tentative de r&#233;duire l'espace du d&#233;bat public au seul espace m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#233;gory Rzepski. (Avec Jamel Lakhal pour la transcription des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s. Les citations de la presse quotidienne r&#233;gionales sont extraites de la revue de presse du Nouvelobs.com)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3041 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/124Segolene.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 114.6 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est nous qui soulignons ici et par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Champagne, &lt;i&gt;Faire l'opinion&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, p. 42&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;lire, par exemple, ici-m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2343.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pr&#233;sidentielle 2007 : le non-d&#233;bat des m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Champagne, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 143&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. &lt;a href=&#034;http://blog-pl-seguillon.lci.fr/archive-11-17-2006.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://blog-pl-seguillon.lci.fr/archive-11-17-2006.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;le 25.04.2002, cit&#233; par &lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; n&#176;24&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;PLPL&lt;/i&gt; n&#176;24&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici-m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2411.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; M&#233;dias en (pr&#233;-)campagne, les &#233;ditorialistes contre le programme du PS &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;lire ici-m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2296.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'ascension de S&#233;gol&#232;ne Royal dans les m&#233;dias et ses effets de censure sur le d&#233;bat d&#233;mocratique &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lib&#233;ration, d'un Joffrin &#224; l'autre</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Liberation-d-un-Joffrin-a-l-autre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Liberation-d-un-Joffrin-a-l-autre</guid>
		<dc:date>2006-11-30T08:39:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Lib&#233;ration</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Joffrin</dc:subject>
		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Il est logique que le propri&#233;taire fixe une orientation. &#187; (Joffrin, 2004)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Presse-ecrite-" rel="directory"&gt;Presse &#233;crite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liberation-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Joffrin-+" rel="tag"&gt;Laurent Joffrin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Independance-+" rel="tag"&gt;Ind&#233;pendance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La nomination de Laurent Joffrin comme PDG de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; laissait esp&#233;rer, nous avait-on dit, le d&#233;but d'une sortie de crise : une crise qui mena&#231;ait (et menace encore) &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; d'un d&#233;p&#244;t de bilan. Mais quelle sortie, si elle doit s'effectuer avec des effectifs r&#233;duits &#224; la suite de licenciement massifs, avec une r&#233;daction priv&#233;e de son droit de veto, avec une &#171; marque &#187; mise &#224; la disposition exclusive des principaux actionnaires qui en feront ce qu'ils voudront et, surtout, avec une &#171; offre &#233;ditoriale &#187; amaigrie et &#224; peine modifi&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pr&#233;avis de gr&#232;ve reconductible a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; pour le lundi 4 d&#233;cembre 2006 contre un &#034;plan social&#034; qui pr&#233;voit 81 suppressions et 5 cr&#233;ations de postes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une majorit&#233; a d&#233;cid&#233; le lundi 6 d&#233;cembre de ne pas recourir &#224; la gr&#232;ve. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le pire n'&#233;tant jamais s&#251;r, on ne peut que souhaiter que la lutte des salari&#233;s de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; parvienne &#224; sauver ce qui peut encore l'&#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N'ayant ni capitaux &#224; investir, ni projet &#233;ditorial &#224; proposer, ni PDG &#224; introniser, nous nous sommes jusqu'alors abstenus d'intervenir publiquement sur (et dans) la crise que traverse le quotidien &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Nous n'avons pas apport&#233; notre contribution lacrymale au torrent de larmes (sur l'ind&#233;pendance et le pluralisme de la presse) qui ont &#233;t&#233; d&#233;vers&#233;es &#224; cette occasion. Et nous avons encore moins multipli&#233; les sarcasmes (sur l'orientation &#233;ditoriale et les options &#233;conomiques du quotidien) : il n'existerait aucun motif de se r&#233;jouir de la disparition ou de l'affaiblissement d'un titre, surtout quand c'est l'emprise des investisseurs priv&#233;s qui d&#233;cide de son sort. Ni pleurnicher (ou faire mine de...) ni ricaner (ou pouffer derri&#232;re son mouchoir), mais d'abord comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'engrenage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est un engrenage apparemment inexorable, analys&#233; par Pierre Rimbert dans &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; de Sartre &#224; Rothschild &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Raisons d'agir, 2005, 143 pages, 6 euros.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (dont nous avons publi&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2205.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un extrait&lt;/a&gt;), qui a conduit &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; au bord du d&#233;p&#244;t de bilan. L'existence m&#234;me du quotidien semble d&#233;sormais ne pouvoir &#234;tre sauvegard&#233;e qu'au prix des plus lourds sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet engrenage, indissociablement &#233;conomique et politique, r&#233;sulte de la concordance entre, d'une part, une orientation &#233;ditoriale qui, sous couvert de modernit&#233; et d'ouverture, a c&#233;l&#233;br&#233; la contre-r&#233;volution lib&#233;rale et, d'autre part, une strat&#233;gie d'entreprise qui, sous couvert d'un enrichissement pr&#233;sent&#233; comme le gage de son ind&#233;pendance, a confi&#233; les destin&#233;es du journal &#224; des investisseurs priv&#233;s de plus en plus voraces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'emprise de ces investisseurs qui a unilat&#233;ralement infl&#233;chi l'orientation du titre ; ce n'est pas cette inflexion qui, &#224; elle seule, a motiv&#233; les investisseurs. Mais cette emprise et cette inflexion sont devenues interd&#233;pendantes : interd&#233;pendance entre, d'une part, l'ancrage politique du journal, dont la chefferie &#233;ditoriale est fi&#232;re d'avoir contribu&#233; &#224; r&#233;habiliter l'&#233;conomie de march&#233; dans sa version la plus rude et, d'autre part, les options &#233;conomiques de l'entreprise, dont la capitainerie gestionnaire a largement ouvert la porte &#224; des capitaux priv&#233;s. Jusqu'ici, cette conjonction n'a pas &#233;t&#233; d&#233;faite en d&#233;pit des fractures et des oppositions successives et, notamment, de la gr&#232;ve contre le &#171; plan social &#187; de novembre 2005 qui n'ont pas pu entraver la course vers l'ab&#238;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les professions de foi capitalistes de la direction de l'entreprise - Serge July en t&#234;te - n'ont pas &#233;t&#233; contest&#233;es par les principaux responsables de la r&#233;daction, c'est que leurs convictions politiques en mati&#232;re non seulement d'&#233;conomie de la presse, mais d'&#233;conomie tout court, les pr&#233;disposaient &#224; accepter la f&#233;licit&#233;-fatalit&#233; d'une soumission de plus en plus grande. Et l'ind&#233;pendance r&#233;dactionnelle dont jouissent, pris un a un, les journalistes de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; a masqu&#233; &#224; nombre d'entre eux, la d&#233;pendance collective d'une r&#233;daction et de salari&#233;s de plus en plus tributaires des actionnaires ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, la nomination de Laurent Joffrin comme PDG de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; n'est gu&#232;re de bon augure, car il est - h&#233;las - par sa position de porte-drapeau de l'actionnaire principal et par ses prises de position, pass&#233;es et pr&#233;sentes, l'homme de la situation : c'est la situation, en effet, qui semble requ&#233;rir un homme dont les professions de foi lib&#233;rales - mais de gauche... - offrent des garanties... &#224; ceux qui partagent ces professions de foi...&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Vive le lib&#233;ralisme, version &#233;ditoriale
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1984, l'&#233;mission &#171; Vive la crise ! &#187; diffus&#233;e par France 2 &#233;tait compl&#233;t&#233;e par un suppl&#233;ment de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Ce suppl&#233;ment a confirm&#233; un tournant pris peu apr&#232;s la victoire de Mitterrand en 1981 ; rien n'est venu le corriger depuis, bien au contraire. Or qui a dirig&#233; ce suppl&#233;ment ? Laurent Joffrin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joffrin I s'y montrait fort enthousiaste : &#171; &lt;i&gt;Comme ces vieilles forteresses rel&#233;gu&#233;es dans un r&#244;le secondaire par l'&#233;volution de l'art militaire, la masse gris&#226;tre de l'Etat fran&#231;ais ressemble de plus en plus &#224; un ch&#226;teau fort inutile. La vie est ailleurs : elle sourd de la crise par l'entreprise, par l'initiative, par la communication.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Pierre Rimbert, op.cit.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Critique de l'Etat, libertaire en apparence, lib&#233;rale en v&#233;rit&#233; : ce &#171; ch&#226;teau fort &#187; &#233;tait aussi et surtout celui l'Etat social... ou de l'Etat qui dispense les aides publiques &#224; la presse. &#192; chacun ses errements... Mais rien ne prouve que Joffrin II soit revenu sur les siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, depuis, la c&#233;l&#233;bration du n&#233;o-lib&#233;ralisme et de sa version mondialis&#233;e s'est, de plus en plus souvent, entour&#233;e des pr&#233;cautions habituelles sur la n&#233;cessaire &#171; r&#233;gulation &#187;. Certes, elle n'a pas emp&#234;ch&#233; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; sur certaines questions dite &#171; de soci&#233;t&#233; &#187; (comme la lutte des &#171; sans papiers &#187; par exemple) de pr&#233;server des marges de contestation, comme elle a laiss&#233; &#224; quelques-uns de ses journalistes la possibilit&#233; de faire entendre d'autres voix. Mais la ligne directrice est rest&#233;e la m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quotidien de la gauche lib&#233;rale restera-t-il ce qu'il fut ? Joffrin II, dans de multiples d&#233;clarations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment lors de l'&#233;mission &#171; J'ai mes sources &#187; sur France Inter le 17 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; annonce qu'il souhaite que &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; devienne le porte-voix de la r&#233;volte et de la contestation sociale contre tous les pouvoirs, qu'il renonce au journalisme &#171; &lt;i&gt;de surplomb&lt;/i&gt; &#187; (S'agit-il de celui qui m&#233;prise ses lecteurs en leur infligeant des le&#231;ons d'adaptation au monde comme il va ?). Mieux : on l'entend dire qu'il souhaite que &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; devienne &#171; &lt;i&gt;la maison commune de la gauche&lt;/i&gt; &#187; (en pr&#233;cisant - ce sont ses propres mots : de la &#171; &lt;i&gt;gauche r&#233;formiste&lt;/i&gt; &#187; et de la &#171; &lt;i&gt;gauche radicale&lt;/i&gt; &#187;). Une telle conversion laisse songeur de la part d'un tel n&#233;ophyte du pluralisme interne ; elle suppose de tels bouleversements qu'on se demande comment une partie de l'&#233;quipe de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; pourrait l'accepter. En un mot, cette conversion ressemble beaucoup &#224; celle d'un cam&#233;l&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardons-nous pourtant d'injurier l'avenir au nom du pass&#233; et du pr&#233;sent. Mais le pr&#233;sent reste celui qui permit &#224; G&#233;rard Dupuy d'&#233;crire, dans un &#233;ditorial (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 18-19 novembre 2006) que S&#233;gol&#232;ne Royal doit imposer le &#171; vote utile &#187; &#224; l'ensemble de la gauche : &#171; [...] &lt;i&gt;les sondeurs (on les siffle quand ils se trompent ; donc : bravo !) ne semblent pas trouver cette t&#226;che trop ardue pour elle. Ce n'est pas &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la pitrerie des primaires &#8220;antilib&#233;rales&#8221; t&#233;l&#233;command&#233;es&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; qui les fera changer d'avis.&lt;/i&gt; &#187;. Ou &#224; Renaud D&#233;ly, r&#233;dacteur en chef au service politique, de distiller dans ses &#233;ditoriaux le venin dont il vient de r&#233;diger la synth&#232;se dans &lt;i&gt;Les tabous de la gauche&lt;/i&gt;, le livre qu'il vient de publier chez Bourin Editeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce propos l'article de Mona Chollet et Thomas Lemahieu, &#171; Reconqu&#233;rir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il le pr&#233;ciser ? Nous ne souhaitons pas les voir figurer (eux et quelques autres) parmi les futurs licenci&#233;s. Mais croire qu'ils vont abandonner le lib&#233;ralisme sectaire et les postures de surplomb serait aussi na&#239;f que de penser que Laurent Joffrin est engag&#233; par ses promesses : elles n'engagent que les journalistes et les lecteurs de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; qui les croient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout : comment l'ind&#233;pendance collective de la r&#233;daction pourrait-elle &#234;tre garantie (et, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt;, reconquise) quand le journal serait amput&#233; des moyens mat&#233;riels et statutaires de l'exercer ? Par la force de caract&#232;re des journalistes et la grandeur d'&#226;me du timonier ? C'est ce que semble croire Laurent Joffrin, en gardien d'une nouvelle ligne Maginot.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Vive le lib&#233;ralisme, version manag&#233;riale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Serge July, &#224; l'&#233;poque de Joffrin I, avait assur&#233; que la pr&#233;venance des actionnaires, en assurant la richesse du journal, &#233;tait le meilleur garant de l'ind&#233;pendance de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;(avec l'actionnariat des journalistes et leur droit de veto). Joffrin II, &#224; l'&#233;poque de Joffrin II, ne dit pas autre chose. Mais l'actionnariat des journalistes est une nouvelle fois minor&#233; et leur droit de veto en passe de dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'ind&#233;pendance de la r&#233;daction, Laurent Joffrin devrait &#234;tre, par les fonctions qu'il est amen&#233; &#224; occuper, le garant. Il n'est donc pas inutile de rappeler quelle id&#233;e il se fait de cette ind&#233;pendance. En deux occasions au moins, il s'est d&#233;j&#224; prononc&#233; sur le sujet : dans un appel &#224; p&#233;tition (en septembre 2004) et dans l'&#233;mission &#171; Le Premier pouvoir &#187; sur France Culture (2 octobre 2004). Nous renvoyons les lecteurs aux articles que nous leur avons consacr&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement : &#171; Ind&#233;pendance de la presse : Laurent Joffrin en appelle au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question d'Elisabeth L&#233;vy &#224; Laurent Joffrin , sur France Culture : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que vous avez l'impression que la presse Lagard&#232;re est une presse aux ordres, soumise aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, soumise aux marchands d'armes ?&lt;/i&gt; &#187;. La r&#233;ponse de tombe : &#171; &lt;i&gt;Non !&lt;/i&gt; &#187; Mais le souci de la nuance permet de confirmer que l'absence de soumission directe n'annule gu&#232;re la soumission : &#171; &#171; &lt;i&gt;Mais il y a toujours une puissance diffuse : il y a des gens qui sont tellement puissants qu'ils n'ont m&#234;me pas besoin de parler pour qu'on tienne compte de ce qu'ils pensent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Samedi 2 octobre 2004, lors de l'&#233;mission &#171; Le Premier pouvoir &#187; anim&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Lucidit&#233; bravache et soumission volontaire ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un danger plane sur la presse : celui de la mise sous tutelle&lt;/i&gt; &#187;, proclamait Laurent Joffrin dans son appel &#171; Pour des Etats G&#233;n&#233;raux du journalisme &#187; (qui a re&#231;u l'approbation de... 877 internautes). Avant de conc&#233;der quelques lignes plus loin : &#171; &lt;i&gt;Certes, les journalistes ne peuvent s'enfermer dans une tour d'ivoire et ignorer les contraintes commerciales ou &#233;conomiques qui permettent d'assurer l'&#233;quilibre financier - et donc l'ind&#233;pendance - des titres o&#249; ils travaillent ; de m&#234;me ils ne seraient pas fond&#233;s &#224; d&#233;finir seuls, s'agissant des commentaires et des &#233;ditoriaux, l'orientation politique de leur titre en s'affranchissant de toute concertation avec les actionnaires&lt;/i&gt; &#187;. Et sur France Culture, r&#233;pondant &#224; Elisabeth L&#233;vy, il confirmait : &#171; &lt;i&gt;Evidemment les journalistes ne peuvent pas s'&#233;riger en commune libre et d&#233;cider tout seuls de l'orientation id&#233;ologique.&lt;/i&gt; &#187;, avant de pr&#233;ciser quelques temps apr&#232;s : &#171; &lt;i&gt;Quand on cr&#233;e un journal, on ne va pas tout d'un coup donner les cl&#233;s &#224; une &#233;quipe de journalistes qu'on aurait recrut&#233;s pour les besoins de la cause. &lt;strong&gt;Il est logique que le propri&#233;taire fixe une orientation&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demande d&#232;s lors o&#249; va se nicher l'ind&#233;pendance de la r&#233;daction et qu'est-ce qui la garantit ? Laurent Joffrin, dans son appel : &#171; &#171; &lt;i&gt;En revanche, ils &lt;/i&gt;[Les journalistes]&lt;i&gt; ne sauraient abandonner, sous la pression d'int&#233;r&#234;ts ext&#233;rieurs, les r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires de traitement de l'information sous peine de perdre leur cr&#233;dit et de mettre en danger leur propre entreprise.&lt;/i&gt; &#187;. Et sur France Culture : &#171; &lt;i&gt;En revanche, ils &lt;/i&gt;[Les journalistes]&lt;i&gt; doivent garder une ind&#233;pendance quasi-totale sur les m&#233;thodes de travail, c'est-&#224;-dire qu'ils doivent appliquer un certain nombre de m&#233;thodes de traitement de l'information qui sont connues, qui ne sont pas du tout une panac&#233;e, mais, enfin, quand on ne les respecte pas on est s&#251;r de faire un journal de parti pris, un journal mal fait&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Laurent Joffrin r&#234;ve d'une s&#233;paration entre les &#233;ditoriaux et les commentaires assujettis &#224; la concertation avec les actionnaires et des informations n'ob&#233;issant qu'aux r&#232;gles du m&#233;tier. Comme si on pouvait c&#233;der sur l'orientation politique d'un titre sans c&#233;der sur l'ind&#233;pendance de l'information et r&#233;duire l'ind&#233;pendance de la r&#233;daction &#224; une ind&#233;pendance d'ex&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, nul besoin pour prot&#233;ger cette niche qui pr&#233;serve chaque journaliste pris individuellement d'une ing&#233;rence directe des actionnaires de reconna&#238;tre un statut juridique &#224; la r&#233;daction et de la doter d'un droit de veto sur l'orientation du titre et sur le choix de sa direction. Il suffit... il suffit d'une charte. L'appel citait en exemple &#171; &lt;i&gt; la&lt;/i&gt; &lt;i&gt;charte d&#233;finissant les droits et les devoirs des journalistes et des actionnaires &#187; &lt;/i&gt;dont s'est dot&#233;&lt;i&gt; Le Nouvel Observateur &#187;. &lt;/i&gt;Et sur France Culture, Laurent Joffrin, pour faire respecter l'&lt;i&gt; &#171; ind&#233;pendance quasi-totale sur les m&#233;thodes de travail &lt;/i&gt; &#187; propose&lt;i&gt; &#171; qu'on d&#233;veloppe le syst&#232;me des chartes, qui est un tr&#232;s bon syst&#232;me, qui n'est pas du tout suffisant, mais qui est une chose qu'on peut faire tout de suite, et qui est assez efficace n&#233;anmoins. &#187;. &lt;/i&gt;Leur efficacit&#233; ? Etablir un &#171; contrat de confiance avec le lecteur &#187; que le propri&#233;taire ne pourrait pas transgresser. &#187; Le renard est donc libre de g&#233;rer l'entreprise, de contribuer &#224; fixer l'orientation &#233;ditoriale et de laisser les poules qu'il consent &#224; employer se doter d'une charte d&#233;ontologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Laurent Joffrin pense (presque) comme moi &#187; aurait pu d&#233;clarer Edouard de Rothschild lorsqu'il affirmait, en arrivant &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un peu une vue utopique de vouloir diff&#233;rencier r&#233;daction et actionnaire &lt;/i&gt; &#187; (France 2, 30.9.05). L'opposition des salari&#233;s de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; au plan de licenciement est sans doute, pour nombre d'entre eux, une fa&#231;on de combattre en faveur de cette utopie. En attendant que puisse triompher cette autre : une presse d&#233;finitivement d&#233;barrass&#233;e de l'emprise des pouvoirs politiques et financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_2335 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/117Liberation_Joffrin.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 111.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; noter : L'effort d'information accompli par les journalistes de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; sur l'&#233;volution de la crise que traverse le quotidien. En t&#233;moignent, la rubrique sur &#171; Ce qui se passe &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; &#187; , accessible sur le site du journal et le site de la Soci&#233;t&#233; des lecteurs de Lib&#233;ration (lien p&#233;rim&#233;, juillet 2010)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une majorit&#233; a d&#233;cid&#233; le lundi 6 d&#233;cembre de ne pas recourir &#224; la gr&#232;ve. (Note d'Acrimed, 06-12-2006)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ditions Raisons d'agir, 2005, 143 pages, 6 euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Pierre Rimbert, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment lors de l'&#233;mission &#171; J'ai mes sources &#187; sur France Inter le 17 novembre 2006, 10h30-11h00 et lors des &#171; Matins de France culture &#187;, le 28 novembre 2006. Nous proposerons ult&#233;rieurement une transcription de ces &#233;missions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos l'article de Mona Chollet et Thomas Lemahieu, &lt;a href=&#034;http://www.peripheries.net/article305.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Reconqu&#233;rir les coachs populaires &#187;&lt;/a&gt;, sur le site de P&#233;riph&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Respectivement : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1777.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ind&#233;pendance de la presse : Laurent Joffrin en appelle au peuple &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1778.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ind&#233;pendance de la presse : de &#171; grands &#187; journalistes papotent sur France Culture &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Samedi 2 octobre 2004, lors de l'&#233;mission &#171; Le Premier pouvoir &#187; anim&#233;e par Elisabeth L&#233;vy. Faut-il accepter cette &#171; puissance &#187; et ses effets ? Un jour de 1989, celui qui &#233;tait alors directeur de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Figaro,&lt;/i&gt; Franz-Olivier Giesbert, se confia &#224; Jacques Chancel : &lt;i&gt;&#171; Tout propri&#233;taire a des droits sur son journal. D'une certaine mani&#232;re, il a les pouvoirs. Vous me parlez de mon pouvoir, c'est une vaste rigolade. Il y a des vrais pouvoirs. Le vrai pouvoir stable, c'est celui du capital. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Il est tout &#224; fait normal que le pouvoir s'exerce.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#199;a se passe dans tous les journaux. Il n'y pas un journal o&#249; cela ne se passe pas. &#187; &lt;/i&gt;(Propos rediffus&#233;s sur France Culture, 22 janvier 2005. Cit&#233;s par Pierre Rimbert, op. cit.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jean-Pierre Elkabbach sert la soupe &#224; Nicolas Sarkozy sur Europe 1 </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Jean-Pierre-Elkabbach-sert-la-soupe-a-Nicolas-Sarkozy-sur-Europe-1</link>
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		<dc:date>2006-11-21T11:10:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>Europe 1</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Pierre Elkabbach</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Sarkozy</dc:subject>
		<dc:subject>Arnaud Lagard&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un journaliste aux ordres.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Election-presidentielle-de-2007-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2007 &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Europe-1-+" rel="tag"&gt;Europe 1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Pierre-Elkabbach-+" rel="tag"&gt;Jean-Pierre Elkabbach&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nicolas-Sarkozy-+" rel="tag"&gt;Nicolas Sarkozy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Arnaud-Lagardere-+" rel="tag"&gt;Arnaud Lagard&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur Europe 1, le patron de la radio, Jean-Pierre Elkabbach, proc&#232;de chaque matin &#224; l'interview (vers 8h30) d'une personnalit&#233; politique ou simplement m&#233;diatique. Ce matin-l&#224; (30 octobre 2006) Nicolas Sarkozy, ami d'Arnaud Lagard&#232;re, propri&#233;taire de la radio, fut l'invit&#233; d'Europe 1. Homme aux multiples casquettes, l'hyperactif Ministre de l'Int&#233;rieur n'&#233;tait pas venu en ami de la famille (Arnaud Lagard&#232;re &#233;tait son t&#233;moin de mariage), et il n'&#233;tait pas l&#224; non plus pour conseiller Elkabbach (&lt;a href='https://www.acrimed.org/Sarkozy-conseiller-en-recrutement-d-Elkabbach-de-quoi-enflammer-les-redactions' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir ici-m&#234;me&lt;/a&gt;). Il faisait son m&#233;tier, simplement. Et pour ce faire un tapis rouge lui fut d&#233;roul&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Revenant sur l'incendie criminel d'un bus &#224; Marseille qui a caus&#233; une victime gri&#232;vement br&#251;l&#233;e, Jean-Pierre Elkabbach fit office de porte-micro durant vingt minutes. Echantillon d'une interview pour le moins complaisante&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un tapis rouge...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re question donne le ton : &lt;i&gt;&#171; Est-ce que les policiers sont sur une ou des pistes concernant les auteurs de l'incendie du bus qui a br&#251;l&#233; si gri&#232;vement une jeune femme &#224; Marseille ? &#187;&lt;/i&gt;. Quant aux questions qui suivent, elles garnissent le discours s&#233;curitaire de Nicolas Sarkozy : &lt;i&gt;&#171; Qui sont-ils ? &#187;&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &#171; C'est une bande ? &#187;&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &#171; Ce sont des mineurs ? &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis les questions d'Elkabbach deviennent des &#233;ditoriaux. En r&#233;pondant par avance, il pr&#233;pare m&#234;me les r&#233;ponses de Sarkozy : &lt;i&gt;&#171; Mais pourquoi &#224; votre avis ils agissent de cette mani&#232;re ? Est-ce que c'est organis&#233; ? &lt;strong&gt;On&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;dit que&lt;/strong&gt; maintenant les jeunes agissent de 12 &#224; 14 ans, et &#231;a a &#233;t&#233; le cas &#224; Marseille. Cagoul&#233;s, qu'ils montent des guets-apens, en commando. Est-ce qu'ils sont organis&#233;s ? Est-ce que vous arrivez &#224; savoir avec les policiers pourquoi et s'ils sont vraiment des groupes organis&#233;s ? &#187;&lt;/i&gt; Six phrases pour une question. Merci. Le &lt;i&gt;&#171; on dit que &#187;&lt;/i&gt; est la preuve d'un grand sens journalistique... Et quand Sarkozy s'insurge, &lt;i&gt;&#171; il faut en finir avec l'excuse permanente. (...) Rien, je dis bien rien, ne saurait justifier un acte barbare ! &#187;,&lt;/i&gt; Elkabbach - certainement en train de hocher la t&#234;te - l'accompagne &#224; plusieurs reprises d'un &lt;i&gt;&#171; &#233;videmment &#187;&lt;/i&gt; complice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attentionn&#233;, le patron d'Europe 1 se fait alors l'avocat d'un Sarkozy vilipend&#233; de toutes parts, en faisant mine de s'inqui&#233;ter des raisons de telles attaques : &#171; [Francois Hollande] &lt;i&gt;dit que votre responsabilit&#233; est engag&#233;e parce que vous avez enlev&#233; des policiers, vous avez cass&#233; la police de proximit&#233;. (...) Et vous &#234;tes la cible, au-del&#224; de la campagne &#233;lectorale, mais c'est vrai que vous avez re&#231;u tous les coups, de tous les leaders de gauche. Est-ce qu'il y a des raisons ? Pas des raisons ?&lt;/i&gt; &#187; Plut&#244;t que de poser directement le probl&#232;me de la &#171; police de proximit&#233; &#187;, Elkabbach le fait endosser au seul Fran&#231;ois Hollande : ce qui permet &#224; Sarkozy d'esquiver la question en pol&#233;miquant contre le premier secr&#233;taire du Parti Socialiste et d'encha&#238;ner sur un monologue de 2 minutes. Elkabbach tente alors poliment de l'interrompre : &lt;i&gt;&#171; on va essayer de r&#233;pondre &#224; des questions pr&#233;cises &#187;&lt;/i&gt;. Mal lui en prend. Sarkozy le coupe : &lt;i&gt;&#171; Attendez, je veux r&#233;pondre ! &#187;&lt;/i&gt; Elkabbach, d&#233;f&#233;rent, acquiesce : &lt;i&gt;&#171; oui &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;... pour un duo efficace&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques temps plus tard, Elkabbach, bienveillant, s'inqui&#232;te des &#233;tats d'&#226;me de son alter ego qu'il trouve tendu car il est (bis) &lt;i&gt;&#171; attaqu&#233; de tous les c&#244;t&#233;s &#187;.&lt;/i&gt; Celui-ci sourit (cela s'entend...) et le rassure : &lt;i&gt;&#171; je ne suis pas plus tendu que vous, et chacun conna&#238;t le caract&#232;re apais&#233; de votre temp&#233;rament, et donc &lt;strong&gt;quand on vient chez vous et &#224; votre micro on est forcement d&#233;contract&#233;&lt;/strong&gt;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette entrevue d'une rare complaisance, l'intervieweur reprend souvent les derniers mots de l'interview&#233;, histoire d'accompagner les propos. Ainsi quand Sarkozy inspire : &lt;i&gt;&#171; Je crois qu'il ne faut pas donner de publicit&#233; &#224; des actes inadmissibles, il faut donner la publicit&#233; aux victimes &#187;&lt;/i&gt;, Jean-Pierre Elkabbach expire : &lt;i&gt;&#171; raconter, sans faire la publicit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Le tandem est efficace. A propos des d&#233;clarations des dirigeants du Parti Socialiste, Sarkozy s'&#233;meut : &lt;i&gt;&#171; si dans les jours qui viennent on pouvait arr&#234;ter ceux qui ont fait &#231;a, &#224; cette petite jeune fille, et bien pour moi, elles p&#232;seraient de peu de poids, les d&#233;clarations des dirigeants socialistes &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s un long &lt;i&gt;&#171; hmmm &#187;&lt;/i&gt; approbateur l'&#233;cho reprend : &lt;i&gt;&#171; Et surtout si &#231;a pouvait ne pas recommencer, ce serait encore mieux &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle obligeance se devait d'&#234;tre salu&#233;e, d'ailleurs Sarkozy n'y manqua pas : &lt;i&gt;&#171; Merci de m'avoir invit&#233;, et merci pour la d&#233;finition de l'exemplarit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note ajout&#233;e le 22 novembre 2006 : contrairement &#224; ce que laisse supposer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; monsieur Elkabbach, je m'en souviendrai. &#187;&lt;/i&gt; Nous aussi, monsieur Elkabbach.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathias Reymond (d'apr&#232;s la transcription de Jean-Charles Dughetti)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Note ajout&#233;e le 22 novembre 2006 : contrairement &#224; ce que laisse supposer l'usage du terme &#034;exemplarit&#233;&#034;, il ne fait pas directement r&#233;f&#233;rence &#224; la complaisance &#034;exemplaire&#034; (r&#233;elle) de l'animateur &#224; l'&#233;gard de l'invit&#233;. Quelques minutes plus t&#244;t, le journaliste se demandait si le d&#233;bat interne du PS &lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#233;tait pas &#034;exemplaire&#034;... par rapport &#224; ce qui se passe &#224; l'UMP. Pour Sarkozy, &#231;a ne l'est pas. Il utilise le terme d'exemplarit&#233; avec humour, comme un clin d'oeil &#224; la conversation pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sacro-saint lib&#233;ralisme : la revue M&#233;dias se prosterne</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Sacro-saint-liberalisme-la-revue-Medias-se-prosterne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Sacro-saint-liberalisme-la-revue-Medias-se-prosterne</guid>
		<dc:date>2006-11-13T08:13:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>La revue &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Pluralisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une aide publique &#224; la presse &#233;crite ? Une intervention des pouvoirs publics ? Vous n'y pensez pas...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Transformer-les-medias-D-autres-propositions-" rel="directory"&gt;Transformer les m&#233;dias : D'autres propositions &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-revue-Medias-+" rel="tag"&gt;La revue &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pluralisme-+" rel="tag"&gt;Pluralisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sponsoris&#233; par Reporters sans fronti&#232;res, dont il est officiellement la revue officieuse (ou l'inverse...), le bimestriel &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; propose dans son num&#233;ro de septembre 2006, en guise d'&#233;ditorial, une ode au lib&#233;ralisme &#233;conomique, au titre kitch : &#171; Sacro-saint pluralisme &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela commence par une d&#233;claration de lassitude, ponctu&#233;e par une profession de foi : &#171; &lt;i&gt;Cela revient, p&#233;riodiquement, comme une rengaine inusable. Chaque fois qu'un journal est en p&#233;ril pour n'avoir plus assez de lecteurs, mille voix s'unissent pour appeler les pouvoirs publics &#224; voler au secours du malade au nom d'un sacro-saint pluralisme de la presse. Nous sommes naturellement les premiers &#224; nous alarmer du d&#233;clin de la presse quotidienne, souvent analys&#233; dans nos pages. Mais, disons-le tout net, nous ne croyons pas que le d&#233;faut de pluralisme soit la cause de son mal, et encore moins que l'intervention de l'Etat en soit le rem&#232;de.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe si personne, confondant la cause et les effets, n'a pr&#233;tendu (bien que la r&#233;duction de la diversit&#233; de l'offre ne soit pas sans cons&#233;quences) que le d&#233;faut de pluralisme &#233;tait la cause principale du &#171; d&#233;clin de la presse quotidienne &#187; : pour &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; tous les arguments sont bons pour atteindre l'adversaire, l'intervention des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ditorialiste collectif de &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; peut ainsi s'emporter tout &#224; son aise contre le Conseil &#233;conomique et social &#171; &lt;i&gt;qui a publi&#233; l'an dernier un rapport recommandant la cr&#233;ation d'une invraisemblable usine &#224; gaz &#233;tatique pour r&#233;soudre les probl&#232;mes de la presse d'information g&#233;n&#233;rale par la promotion du pluralisme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec plus d'un an de retard, la revue &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; a donc lu le rapport intitul&#233; &#171; Garantir le pluralisme et l'ind&#233;pendance de la presse quotidienne pour assurer son avenir &#187; (et que l'on peut t&#233;l&#233;charger &lt;a href=&#034;http://www.conseil-economique-et-social.fr/ces_dat2/2-3based/base.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du Conseil &#233;conomique et social&lt;/a&gt;, au format .pdf.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce monstre d'&#233;tatisme (&lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; dixit), r&#233;dig&#233; par Michel Muller et assorti d'un avis du Conseil &#233;conomique et social, a &#233;t&#233; adopt&#233; le 6 juillet 2005. 262 pages que &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; r&#233;sume ainsi : &#171; &lt;i&gt;Il faut d'abord et naturellement une nouvelle loi sur la presse. Comme s'il n'y en avait pas d&#233;j&#224; trop ! Il faut ensuite mettre en place une nouvelle &#171; Haute Autorit&#233; &#187; de r&#233;gulation de la presse qui coordonnera les actions publiques et priv&#233;es en faveur du pluralisme et de la cr&#233;ation de nouveaux titres&lt;/i&gt;. &#187; Le lecteur de &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; n'en saura pas plus. L'&#233;ditorialiste a d&#233;j&#224; traduit : &#171; &lt;i&gt;Autrement dit, le contribuable doit payer pour que paraissent des journaux que trop peu de gens ont envie de lire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une aide publique ? Pas question, puisque le pluralisme se porte bien : &#171; [...] &lt;i&gt;il faut reconna&#238;tre que la presse fran&#231;aise d'information g&#233;n&#233;rale, &#233;crite aussi bien qu'audiovisuelle, malgr&#233; ses travers et ses insuffisances, produit dans son ensemble &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;une information raisonnablement pluraliste.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; Comme chacun a pu le v&#233;rifier lors du r&#233;f&#233;rendum sur le Trait&#233; Constitutionnel Europ&#233;en ou &#224; l occasion des mobilisations sociales contre les r&#233;formes &#187;. Comme chacun peut s'en convaincre en suivant la pr&#233;campagne pour les &#233;lections de 2007...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons de ce miracle ? D'abord le professionnalisme des journalistes (et particuli&#232;rement, sans doute, des sommit&#233;s de la profession auxquelles &lt;i&gt;M&#233;dias &lt;/i&gt;attribue ses &#171; Unes &#187; avec complaisance) et la neutralit&#233; des propri&#233;taires : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Le professionnalisme des journalistes des principaux m&#233;dias d'information g&#233;n&#233;rale, quels qu'en soient les propri&#233;taires, assure habituellement &#224; leurs usagers une honn&#234;te vari&#233;t&#233; de points de vue sur les &#233;v&#233;nements de France et du monde. &#187; &lt;/i&gt;Ensuite, les merveilles de la technologie (qui permettent de confondre le pluralisme de l'information et celui des id&#233;es, quelle que soit leur diffusion) : &lt;i&gt;&#171; Avec les nouvelles technologies de l'information, le pluralisme des id&#233;es, bonnes ou mauvaises, est moins en p&#233;ril que jamais. L'interactivit&#233; des journaux en ligne, les forums de discussion, les blogs, permettent &#224; tous ceux qui croient avoir quelque chose &#224; dire &#224; leurs contemporains de devenir leurs propres &#233;diteurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout va bien parce que &#231;a pourrait &#234;tre pire &#187;, concluait en substance le rapport Lancelot (nous aussi, nous savons r&#233;sumer...). La revue &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; surench&#233;rit : &#171; Tout va bien puisque tout va mieux &#187;. Comme en t&#233;moigne, entre autres, la crise que traverse &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Docteur Diafoirus invente donc un diagnostic que personne ne propose pour d&#233;clarer superbement que cette maladie n'existe pas : &#171; &lt;i&gt;Si la presse quotidienne d'information est en d&#233;clin, ce n'est donc pas par d&#233;faut de pluralisme.&lt;/i&gt; &#187; Personne n'ayant pr&#233;tendu le contraire, sous une forme aussi simpliste, la question du pluralisme elle-m&#234;me est r&#233;gl&#233;e ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... Et les causes du d&#233;clin de la presse peuvent &#234;tre d&#251;ment &#233;tablies : &#171; &lt;i&gt;C'est parce que les Fran&#231;ais ne sont pas suffisamment attir&#233;s par l'information&lt;/i&gt; &lt;i&gt; et les journaux qui la leur proposent. Un peu d'info radio entre deux chansons, un peu de &#171; 20 heures &#187; t&#233;l&#233; entre deux sitcoms, &#231;a leur suffit. Ils lisent beaucoup de &#171; canards &#187; pourtant. Ils font exploser les chiffres de la presse de divertissement, des hebdos de t&#233;l&#233;, des magazines people et des sous-produits imprim&#233;s de la t&#233;l&#233;-irr&#233;alit&#233;. Ceux-l&#224; n'ont pas besoin de l'aide de l'Etat pour pluraliser leurs titres.&lt;/i&gt; &#187; Au nom de la diversit&#233;, cette g&#233;n&#233;ralit&#233; d&#233;nu&#233;e de sens : &#171; &lt;i&gt;les Fran&#231;ais ne sont pas suffisamment attir&#233;s par l'information&lt;/i&gt; &#187;. Passons... Mais une telle affirmation, si elle &#233;tait v&#233;rifi&#233;e, devrait logiquement inciter &#224; s'interroger sur les motifs de ce pr&#233;tendu d&#233;sint&#233;r&#234;t. Si la question n'est pas pos&#233;e, c'est que la r&#233;ponse implicite, pour &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt;, est &#233;vidente : les Fran&#231;ais pr&#233;f&#232;rent se divertir avec des &lt;i&gt;&#171; sous-produits &#187;&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marchandisation &#224; tout crin de toutes les formes d'information et de divertissement ? Une demande des Fran&#231;ais que seul le march&#233; r&#233;v&#232;le et que seul le march&#233; peut satisfaire. &#171; Sacro-saint lib&#233;ralisme &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pourquoi le Conseil &#233;conomique et social n'a-t-il pas pens&#233; &#224; une loi sur la lecture de la presse d'information ? Avec des sanctions pour ceux qui ne liront pas assez les quotidiens g&#233;n&#233;ralistes !&lt;/i&gt; &#187;. Ce sarcasme lib&#233;ral est sign&#233; &#171; &lt;i&gt;M&#233;dias&lt;/i&gt; &#187; qui proposerait sans doute de privatiser tous les biens publics... au nom des contribuables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>T&#233;l&#233;rama et les &#171; cumulards &#187; des m&#233;dias : une critique sarcastique et inoffensive</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Ducray</dc:creator>


		<dc:subject>T&#233;l&#233;rama</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Joffrin</dc:subject>
		<dc:subject>Patrick Poivre d'Arvor</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Fran&#231;ois Kahn</dc:subject>
		<dc:subject>Alain Duhamel</dc:subject>
		<dc:subject>Cumuls</dc:subject>
		<dc:subject> Eric Zemmour</dc:subject>
		<dc:subject>Franz-Olivier Giesbert</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour l'inauguration de sa nouvelle formule, l'hebdomadaire s'int&#233;resse aux &#171; squatteurs des m&#233;dias &#187;. A sa mani&#232;re...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Revenus-menages-et-complements-" rel="directory"&gt;Revenus, &#034;m&#233;nages&#034; et compl&#233;ments&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Telerama-+" rel="tag"&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Joffrin-+" rel="tag"&gt;Laurent Joffrin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Patrick-Poivre-d-Arvor-+" rel="tag"&gt;Patrick Poivre d'Arvor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Francois-Kahn-+" rel="tag"&gt;Jean-Fran&#231;ois Kahn&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Alain-Duhamel-+" rel="tag"&gt;Alain Duhamel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Cumuls-+" rel="tag"&gt;Cumuls&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Eric-Zemmour-+" rel="tag"&gt; Eric Zemmour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Franz-Olivier-Giesbert-+" rel="tag"&gt;Franz-Olivier Giesbert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nouvelle couverture, nouvelle maquette, nouveau contenu. &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;Pourquoi tous ces changements ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; direz-vous. Permettez-moi une r&#233;ponse lapidaire et immodeste : pour rester intelligent et utile &lt;/i&gt; &#187;. C'est de cette mani&#232;re - et &#224; grand renfort de publicit&#233; - que &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; a inaugur&#233; pudiquement sa nouvelle version le 27/09/2006. Nouvelle version, nouveaux sujets d'articles. Et critique des m&#233;dias ?&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sous diff&#233;rents angles (pol&#233;mique, people, presse alternative...), la critique des m&#233;dias fait flor&#232;s dans les magazines culturels et naturellement &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; prend le train en marche. Dans ce num&#233;ro, une enqu&#234;te, intitul&#233;e &#171; &lt;i&gt; Le squatteur de m&#233;dias &lt;/i&gt; &#187; s'int&#233;resse aux &#171; &lt;i&gt; cumulards &lt;/i&gt; &#187; que sont &#171; &lt;i&gt;Alain Duhamel, Franz-Olivier Giesbert, Laurent Joffrin, Jean-Fran&#231;ois Kahn, PPDA... &lt;/i&gt; &#187;. Le sous-titre - &#171; &lt;i&gt; Us et habitudes de ce dr&#244;le d'animal qui a le don de se cacher un peu partout &lt;/i&gt; &#187;- et les encarts &#224; c&#244;t&#233; des portraits illustr&#233;s ne laissent pas beaucoup de doute : la critique des m&#233;dias version &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; sera &#171; people &#187;. Pour chacun des &#171; &lt;i&gt;cumulards &lt;/i&gt; &#187; sont not&#233;s &#171; &lt;i&gt;ses emplois (du temps), ses livres, ses prix, ses pr&#233;sidences, sa botte secr&#232;te, sa famille &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une remise en cause radicale ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
C'est pourtant sur un ton plut&#244;t virulent que commence l'article, en reprenant des accusations s&#233;rieuses contre ces personnalit&#233;s m&#233;diatiques : &#171; &lt;i&gt;Vous les connaissez &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt; toujours les m&#234;mes &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt; ils squattent votre t&#233;l&#233;, s&#233;lectionnent vos livres, analysent votre monde, fa&#231;onnent votre conscience de citoyen &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt;. Invit&#233;s partout, invitant tout le monde, au c&#339;ur de ce syst&#232;me m&#233;diatique &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt;. Un monde o&#249; chacun est juge et partie, sujet et objet, &#233;metteur et r&#233;cepteur : je te tiens, tu me tiens, par la barbichette, le premier de nous deux qui dira du mal de l'autre sera exclu &lt;/i&gt; &#187;. Sur un ton ironique, la journaliste semble porter un regard particuli&#232;rement critique sur ces &#171; &lt;i&gt;ogres &#224; l'ego affirm&#233;&lt;/i&gt; &#187; qui vivent dans le &#171; &lt;i&gt; centre (voire le centre-ouest) de Paris, entour&#233;s d'&#233;cran plasma, de caf&#233;s confortables et de restaurants cossus &lt;/i&gt; &#187;. On croirait lire une remise en cause radicale de la position de monopole qu'occupent ces &#171; &lt;i&gt;cumulards&lt;/i&gt; &#187; qui profiteraient de leur situation pour &#339;uvrer &#224; leur auto promotion et vendre leurs propres produits : &#171; &lt;i&gt; Rappelons au passage que le cumulard est souvent un &#233;crivain abonn&#233; : 1) aux prix litt&#233;raires ; 2) aux critiques dithyrambiques &#233;crites par moult confr&#232;res d&#233;sint&#233;ress&#233;s ; 3) aux bonnes ventes &lt;/i&gt; &#187;. De plus, ils &#171; &lt;i&gt;se sont construits un monde &#224; eux, qui ne laisse gu&#232;re la place au subversif &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt; ils sont devenus des produits m&#233;diatiques qui font vendre et se d&#233;clinent &#224; l'infini &lt;/i&gt; &#187;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Bien vu, bien dit ! Mais...&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;...Mais rapidement, le ton d'abord ironique se fait complice et attendri, et c'est une certaine fascination qui transpara&#238;t derri&#232;re la description de l'emploi du temps de ces &#171; s&lt;i&gt;urhomme&lt;/i&gt;(s)&lt;i&gt; des m&#233;dias &lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;le cumulard, contrairement &#224; vous et moi, ne perd pas de temps dans le m&#233;tro &lt;/i&gt;(...),&lt;i&gt; ne sort pas les poubelles &lt;/i&gt;(...).&lt;i&gt; Apr&#232;s sa chronique radio de 7 heures, il prend un caf&#233; avec un pr&#233;sident &lt;/i&gt;(...),&lt;i&gt; joue au tennis avec un ex-champion ou un futur ministre &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt;. Le cumulard, avouons-le, a des facilit&#233;s &lt;/i&gt;(...)&lt;i&gt;, il travaille beaucoup &lt;/i&gt;(...),&lt;i&gt; en plus, il dort peu, car la nuit, confront&#233; &#224; son auguste lui-m&#234;me, il consacre son cerveau enfin disponible &#224; LA litt&#233;rature &lt;/i&gt;(...). &lt;i&gt;Il sait aussi s'extraire du bruit m&#233;diatique, le week-end, en rejoignant sa maison de Provence (de Normandie, de Bretagne, des Yvelines...) pour r&#233;fl&#233;chir &#224; la petitesse de l'homme et &#224; la grandeur de la nature &lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Le cumul, une n&#233;cessit&#233;...&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Une fois ces portraits bross&#233;s, plut&#244;t que de se risquer &#224; des explications en termes de strat&#233;gies d'occupation des positions de pouvoir m&#233;diatique, ou de monopolisation de la parole journalistique, l'auteure de l'article cite un homme du m&#233;tier, Eric Zemmour du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; et d'un peu partout... Celui-ci explique, avec &#171; &lt;i&gt; franchise et lucidit&#233; &lt;/i&gt; &#187; pr&#233;cise la journaliste, que les &lt;i&gt;&#171; cumulards &#187;&lt;/i&gt; n'ont &#171; &lt;i&gt; plus le choix &lt;/i&gt; &#187;, le cumul des postes dans les m&#233;dias se justifie par le fait que &#171; &lt;i&gt; le pouvoir n'est plus dans la presse &#233;crite. L'argent non plus. Quand je vais &#224; la t&#233;l&#233;, je vais aux putes, et j'assume...Et en plus &#231;a fait vendre mes livres ! &lt;/i&gt; &#187;. La journaliste surench&#233;rit : avec l'&#171; &lt;i&gt; effacement des fronti&#232;res entre l'&#233;crit, le son et l'image &lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;l'explosion du num&#233;rique&lt;/i&gt; &#187;, cumuler deviendrait presque un imp&#233;ratif pour qui voudrait sauver la presse &#233;crite. Cet emploi du temps &#171; &lt;i&gt;surhumain&lt;/i&gt; &#187;, ces multiples relations &#224; entretenir et ces apparitions incessantes sur les diff&#233;rentes sc&#232;nes m&#233;diatiques trouveraient ainsi leur justification dans une noble cause. Paradoxalement, les principales victimes du cumul des postes m&#233;diatiques seraient les &#171; cumulards &#187; eux-m&#234;mes, puisqu'&#171; &lt;i&gt; en voulant &#234;tre partout,&lt;/i&gt; le cumulard &lt;i&gt;risque&lt;/i&gt;rait&lt;i&gt; de se banaliser &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la premi&#232;re enqu&#234;te de cette nouvelle version de &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; illustre bien le projet : &#171; &lt;i&gt; rester intelligent et utile &lt;/i&gt; &#187;. Il fallait certainement toute l'intelligence de &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; pour &#233;mettre et neutraliser en m&#234;me temps des critiques contre l'omnipr&#233;sence de quelques omnipr&#233;sents qui ne se distinguent que par quelques nuances dont ils font les choux gras... &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; s'y emploie tout d'abord en usant d'un ton ironico-humoristique qui adoucit la critique et masque les flatteries. Ensuite, la conclusion vient naturellement d&#233;douaner ces oligarques des m&#233;dias, serviteurs bien servis d'un syst&#232;me m&#233;diatique apparemment inalt&#233;rable. Utile, bien &#233;videmment que cet article l'est, puisqu'il d&#233;samorce des critiques autrement plus d&#233;rangeantes. &#171; &lt;i&gt;Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Ducray&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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