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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Comment la finance contr&#244;le le d&#233;bat &#233;conomique</title>
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		<dc:date>2011-11-28T02:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertrand Roth&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Connivences</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Experts&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Cohen</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#201;conomistes ou banquiers ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Connivences-+" rel="tag"&gt;Connivences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Experts-+" rel="tag"&gt;&#034;Experts&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Cohen-+" rel="tag"&gt;Daniel Cohen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune et avec l'accord de son auteur, un article paru le 16 novembre sur &lt;a href=&#034;http://www.marianne2.fr/BertrandRothe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le blog de Bertrand Roth&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise fait rage, mais le d&#233;bat n'avance pas. La seule solution qui &#233;merge, se serrer la ceinture pour payer les banques. Mais n'est ce pas la d&#233;finition m&#234;me de la crise : &lt;i&gt;&#171; quand le vieux se meurt et que le jeune h&#233;site &#224; na&#238;tre &#187;&lt;/i&gt; ? Sauf que cette fois la formule d'Antonio Gramsci ne fonctionne pas : les &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes, les Lordon, Sapir, Gr&#233;au&#8230; ont des solutions. Le vrai probl&#232;me : ils ne sont pas entendus. Est-ce surprenant ? La finance contr&#244;le le d&#233;bat &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y en a que pour les banquiers&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Qui nous a inform&#233; sur la crise cet &#233;t&#233; ? Essentiellement des banquiers. En ao&#251;t, dix articles du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; traitent du fond du probl&#232;me dans les pages d&#233;bat. Sur ces 10 articles, 16 citations proviennent d'individus li&#233;s aux institutions financi&#232;res, et 6 d'individus non li&#233;s directement &#224; la finance. 76,6 % de citations pour les financiers, c'est beaucoup pour les responsables de la crise. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; n'est pas le seul. Le 11 ao&#251;t, &lt;i&gt;Le Nouvel Obs&lt;/i&gt; titre sur : &lt;i&gt;&#171; Les incendiaires. Comment ils nous plong&#233; dans la crise &#187;&lt;/i&gt;. L&#224; encore les banquiers ne sont pas les incendiaires, mais les experts ! Anton Brender, autrefois r&#233;put&#233; de gauche, directeur des &#233;tudes &#233;conomiques de Dexia Asset Management &#8211; vu les performances de son entreprise, on s'attendrait &#224; davantage d'humilit&#233; &#8211;, dispose de deux pages pour clamer que : &lt;i&gt;&#171; Ce ne sont pas les march&#233;s qui sont en cause mais l'impuissance politique &#187;&lt;/i&gt;. G&#233;niale novlangue : les march&#233;s remplacent les banques, car ce sont elles qui sp&#233;culent contre l'euro. Mais comment un &#233;conomiste pourrait-il cracher dans la main qui le nourrit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les journalistes sont-ils si prompts &#224; gober pareilles mystifications ? Leur r&#233;ponse est invariable : &#171; On n'a pas le temps &#187;. Et c'est le g&#233;nie des banques de l'avoir compris, comme l'explique une journaliste de &lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Les banquiers savent r&#233;pondre vite, ils sont pay&#233;s pour &#231;a. Ce qui n'est pas le cas des universitaires qui r&#233;fl&#233;chissent, et dont les nuances sont difficiles &#224; retranscrire &#187;&lt;/i&gt;. Et c'est vrai, la pression est importante. Au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, une journaliste &#233;conomique a sign&#233; 29 articles au mois d'ao&#251;t, soit plus d'un par jour travaill&#233;, une autre en a sign&#233; 18, et ce n'est pas le journal le plus mal dot&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Sapir pense diff&#233;remment. Il distingue les journaux grand public, charg&#233;s de faire la p&#233;dagogie du lib&#233;ralisme, et les m&#233;dias &#233;conomiques pour lesquels l'information a une vraie valeur marchande et qui, paradoxalement, sont plus ouverts : en pleine crise, &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt; ont ainsi &#233;dit&#233; un suppl&#233;ment tr&#232;s int&#233;ressant sur le &#171; bon &#187; capitalisme. Comme le signale le journaliste Fran&#231;ois Ruffin (&lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;), &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, qui pose une &#8211; bonne &#8211; question : &lt;i&gt;&#171; L'inflation peut-elle r&#233;sorber les dettes publiques ? &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;ussit &#224; publier&#8230; six experts qui condamnent l'inflation, sans m&#234;me un autre son de cloche. La &lt;i&gt;Pravda&lt;/i&gt; n'aurait pas os&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus les banques ont compris que la presse est le m&#233;dia de r&#233;f&#233;rence. Les t&#233;l&#233;visions et les radios viennent y puiser leur inspiration. Ainsi, la t&#233;l&#233; permet aux banques de faire entendre leurs voix bien plus loin que le simple cercle des lecteurs. Une pierre, deux coups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un enseignant peut cacher un suppl&#233;tif du syst&#232;me financier&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le syst&#232;me peut &#234;tre un peu plus complexe. Le 12 ao&#251;t, en pleine d&#233;route financi&#232;re, l'Autorit&#233; des march&#233;s financiers interdit la vente &#224; d&#233;couvert pendant quinze jours, pour v&#233;rifier si la d&#233;cision r&#233;duit la volatilit&#233; des march&#233;s. &#192; mi-parcours &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; enqu&#234;te. Verdict publi&#233; le 20 ao&#251;t : &lt;i&gt;&#171; La suspension des &#8220;ventes &#224; d&#233;couvert&#8221; ne permet par d'&#233;viter de lourdes chutes en Bourse &#187;&lt;/i&gt;. Cette fois-ci, c'est du s&#233;rieux, seul un banquier juge que l'&lt;i&gt;&#171; on ne peut pas arr&#234;ter tous les bandits &#187;&lt;/i&gt;. Chapeau ! La journaliste a interrog&#233; deux professeurs de l'Edhec, une des plus c&#233;l&#232;bres &#233;coles de gestion fran&#231;aises. Interdire les ventes &#224; d&#233;couvert est &lt;i&gt;&#171; au mieux d&#233;magogique, au pire dangereux &#187;&lt;/i&gt;. La messe est dite. Sauf que l'on d&#233;couvre, moyennant deux clics sur Google, que le laboratoire de ces deux sp&#233;cialistes est financ&#233; par la banque Rothschild. Et l&#224;, de clics en clics, on apprend que le m&#234;me labo vend de la formation aux professionnels&#8230; 2 000 &#8364; pour deux jours et par participant, logement non compris. Excusez du peu. Si vous avez dix &#233;l&#232;ves&#8230; &#192; ce prix-l&#224;, mieux vaut &#233;viter de se f&#226;cher avec ses clients. Les ventes &#224; d&#233;couvert sont tr&#232;s r&#233;mun&#233;ratrices pour les institutions financi&#232;res. On reste sur la Toile et l'on d&#233;couvre que l'un des experts est aussi le patron de l'Edhec, No&#235;l Armenc, pour lequel &lt;i&gt;&#171; le d&#233;bat entre march&#233; et science n'a pas lieu d'&#234;tre dans une grande &#233;cole de commerce ! &#187;&lt;/i&gt;. Circulez, pas de d&#233;bat. Dommage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Aucun n'est directement corrompu, mais la plupart sont pay&#233;s par les banques&#8230; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Reste la t&#233;l&#233;vision et la radio... L&#224; pas d'experts inconnus, pas de seconds couteaux, seules les stars sont invit&#233;es, comme Elie Cohen, que les cha&#238;nes se disputent, lui qui, en juin, nous expliquait que la crise &#233;tait derri&#232;re nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de ce genre de fantaisiste, pour avoir acc&#232;s &#224; ces m&#233;dias les banques prennent comme consultants des professeurs d'&#233;cole prestigieuses : Ulm, Sciences Po Paris, Dauphine et Polytechnique. Difficile de r&#233;sister. M&#234;me les plus grands ont accept&#233; cette compromission. Michel Aglietta, par exemple, conseille Groupama Asset Management. Lequel pr&#233;cise &#224; la fin de ses livres qu'il est r&#233;mun&#233;r&#233; par cette institution. Tout le monde ne le fait pas. Daniel Cohen, par exemple, signale tr&#232;s rarement qu'il travaille pour la banque Lazard. Il pr&#233;f&#232;re rappeler qu'il forme les futurs Jean-Paul Sartre de la rue d'Ulm, r&#233;servant son engagement chez Lazard aux lecteurs de &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi se cacher quand on est entre amis ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour l'ordinaire, les institutions financi&#232;res embauchent des seconds r&#244;les. Anton Brender s'est retrouv&#233; directeur des &#233;tudes &#233;conomiques de Dexia, Jean Paul Betb&#232;ze s&#233;vit au Cr&#233;dit lyonnais, puis au Cr&#233;dit agricole. En choisissant de passer du c&#244;t&#233; obscur de la force, nos hommes sont moins demand&#233;s pour les grands m&#233;dias, mais ils vont pouvoir porter la bonne parole parmi les importants. Jean-Luc Gr&#233;au, qui a &#339;uvr&#233; pour le Medef, rappelle que le d&#233;bat &#233;conomique sert aussi &#224; prendre des d&#233;cisions politiques. Et l&#224; aussi les banquiers ont souhait&#233; &#234;tre pr&#233;sents. Sur les trois &#233;conomistes qui si&#232;gent au prestigieux Si&#232;cle, deux, Christian de Boissieu et Daniel Cohen, sont li&#233;s &#224; des banques et si&#232;gent au Conseil d'analyse &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Conseil d'analyse &#233;conomique, cr&#233;&#233; par Lionel Jospin, est aussi une citadelle imprenable de la plan&#232;te finance. L'enjeu est de taille. Le CAE conseille le Premier ministre. La finance monopolise cet acc&#232;s &#224; l'oreille du gouvernement. Sur les 28 membres, 19 sont directement ou indirectement li&#233;s &#224; la finance. La Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, le Cr&#233;dit agricole, HSBC et Natixis sont ainsi repr&#233;sent&#233;s directement par leurs subordonn&#233;s. On d&#233;couvre &#224; la lecture des CV des membres que l'on peut &#234;tre professeur &#224; Dauphine et conseiller du directoire de la Compagnie financi&#232;re Rothschild, comme Jean-Herv&#233; Lorenzi. Les jeunes ne sont pas en reste. Augustin Landier enseigne &#224; la Toulouse School of Economics, mais a aussi cr&#233;&#233; un hedge fund. &#192; Claire Derville, qui lui demandait si on avait raison de penser que les fonds sp&#233;culatifs avait foment&#233; cette crise, il r&#233;torque : &lt;i&gt;&#171; Non... Au contraire, en corrigeant les exc&#232;s des march&#233;s, ils contribuent &#224; les assainir. Mais c'est vrai qu'en &#233;tant oblig&#233; de liquider leurs positions&#8230;, ils ont amplifi&#233; la spirale baissi&#232;re. Ce sont les victimes collat&#233;rales de la crise du cr&#233;dit &#187;&lt;/i&gt;. Il fallait oser pr&#233;senter les fonds sp&#233;culatifs comme des victimes de la crise... Le pr&#233;sident du conseil a aussi ses pudeurs, et on le comprend, notre homme est gourmand, il ne mange pas &#224; un seul r&#226;telier. Le CV de Christian de Boissieu, qui affiche ses titres universitaires, ferait rougir de jalousie n'importe quel colonel de retour d'Afghanistan : &#233;conomiste de l'ann&#233;e, laur&#233;at &#224; deux reprises, puis des titres en anglais non traduits, total respect&#8230; Mais notre pr&#233;sident oublie de pr&#233;ciser qu'il conseille aussi un hedge fund, excusez du peu, du Cr&#233;dit agricole, qu'il si&#232;ge au conseil de surveillance d'une banque priv&#233;e, une paille, et la liste est encore plus longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on interroge les membres de cette institution sur les d&#233;rives que peut g&#233;n&#233;rer ce quasi monopole de la finance dans le CAE, la r&#233;ponse fuse : &lt;i&gt;&#171; On est libre, Patrick Artus propose par exemple d'augmenter les salaires depuis longtemps &#187;&lt;/i&gt;. L'institution accepte un ou deux trublions &#224; condition qu'ils ne mettent rien en cause d'essentiel. Au CAE et au Cercle des &#233;conomistes, c'est la fonction de Patrick Artus. L'homme est sans danger. Il a de nombreux fils &#224; la patte. Le directeur des &#233;tudes de la banque Natixis &#8211; aussi administrateur de Total, g&#233;n&#233;reusement pay&#233; 55 000 &#8364; par an pour sept r&#233;unions &#8211; ne se pr&#233;cipitera pas pour inviter &#224; la r&#233;volution, ni pour augmenter la fiscalit&#233; du CAC 40. Il s'est aussi vant&#233; de conseiller les dirigeants chinois dans des cercles priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#192; la soupe &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les banques sont les premiers employeurs d'&#233;conomistes. Les d&#233;bouch&#233;s pour les &#233;conomistes sont tr&#232;s r&#233;duits. Traditionnellement, l'enseignement arrivait en t&#234;te, et il existe quelques postes dans la fonction publique. Aujourd'hui, les banques ont &#233;norm&#233;ment augment&#233; leurs effectifs : dans les salles de march&#233;, les risques pays, les services marketing&#8230; Il est fr&#233;quent de passer du public au priv&#233;. Les conditions de travail sont meilleures, les salaires aussi, entre 4 000 &#8364; par mois pour un &#233;conomiste confirm&#233; et 15 000 &#8364; pour une star, bien plus qu'un agr&#233;g&#233; d'&#233;conomie en fin de carri&#232;re. Et voil&#224; nos &#233;conomistes dans le toboggan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, quand ils passent au priv&#233;, ils se jurent bien de ne pas changer. Sauf que Philippe Labarde, dans sa longue et belle carri&#232;re qui l'a men&#233; du service &#233;conomique du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#224; France Inter, se souvient d'&#233;volutions : &lt;i&gt;&#171; Quand celui&#8211;l&#224; travaillait dans un organisme public, il n'avait pas le m&#234;me discours que depuis qu'il dirige le service d'une grande banque &#187;&lt;/i&gt;. &#201;videmment personne n'a envie de revenir en arri&#232;re. Le paradoxe de cette histoire c'est que les &#233;conomistes ont invent&#233; un terme pour expliquer cette &#171; laisse &#187; qui n'annonce pas son nom. C'est &#224; Joseph Stiglitz que l'on doit le &#171; salaire d'efficience &#187;. Sa description est relativement simple : comment s'assurer de la fid&#233;lit&#233; de ses salari&#233;s ? Il suffit de les payer un peu au-dessus du march&#233;, et par peur de perdre ce petit avantage, ils fourniront un maximum d'efforts et se comporteront en chiens fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'habitude, c'est ceinture et bretelles, il est &#233;videmment interdit de dire du mal de son employeur, voire des clients de son employeur, &#233;tats ou autres. Le chemin est &#233;troit. Antoine Brunet, un ancien de chez HBC, nous affirme avoir sign&#233; une clause qui lui interdisait de publier des livres sans l'autorisation de sa hi&#233;rarchie. Il existe des cas de licenciements. Un &#233;conomiste que nous avons rencontr&#233; nous a expliqu&#233; sa situation : sa banque s'est s&#233;par&#233;e de lui pour avoir dit du mal de la Chine. Comme il a n&#233;goci&#233; son d&#233;part, il refuse que l'on cite son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertrand Roth&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je tiens &#224; remercier Antoine Brunet, ancien &#233;conomiste de HSBC, Google, Philippe Labarde, ancien membre du Conseil sup&#233;rieur de l'audiovisuel, Fr&#233;d&#233;ric Lordon, du CNRS, Fran&#231;ois Ruffin de &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;, Jacques Sapir, de l'EHESS, Jean-Luc Gr&#233;au et ceux qui ont accept&#233; de me parler &#224; condition que je ne les cite pas pour &lt;i&gt;&#171; continuer &#224; &#234;tre invit&#233; dans les colloques &#187;&lt;/i&gt;, voire d'int&#233;grer un jour une banque. Sans eux, je n'aurais pas pu &#233;crire cet article.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#171; Crise des dettes &#187; ? &#171; Notre hymne &#224; la rigueur &#187;, par les experts m&#233;diatiques</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Crise-des-dettes-Notre-hymne-a-la-rigueur-par-les-experts-mediatiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Crise-des-dettes-Notre-hymne-a-la-rigueur-par-les-experts-mediatiques</guid>
		<dc:date>2011-09-04T22:19:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Le Point</dc:subject>
		<dc:subject>France 5</dc:subject>
		<dc:subject>Alain Minc</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Cohen</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il n'y a pas d'alternative, qu'ils disent&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalistes-et-experts-" rel="directory"&gt;Journalistes et experts&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Point-+" rel="tag"&gt;Le Point&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-5-22-+" rel="tag"&gt;France 5&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Alain-Minc-+" rel="tag"&gt;Alain Minc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Cohen-+" rel="tag"&gt;Daniel Cohen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Est-ce parce que l'&#233;conomie, la finance et la dette publique sont des sujets trop complexes pour les journalistes &#233;conomiques ? On n'ose le croire&#8230; Est-ce parce qu'ils ont besoin de la caution d'autorit&#233;s que eux-m&#234;me consacrent ? Ce serait &#233;trange&#8230; Est-ce parce que les experts qu'ils consultent donnent du poids &#224; ce qu'ils pensent d&#233;j&#224; ? Ce serait d&#233;routant&#8230; Toujours est-il que les m&#233;dias dominants donnent la parole &#224; des &#171; experts &#187; qui chantent en ch&#339;ur, en d&#233;pit de quelques voix dissonantes et de quelques fausses notes, la m&#234;me chansonnette (dont on peut parcourir les diverses versions dans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique419.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre rubrique&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; 2011 est marqu&#233; par un nouveau coup de massue sur les march&#233;s financiers. La dette des &#201;tats-Unis a &#233;t&#233; r&#233;trograd&#233;e, par l'une des agences de notation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les agences de notations sont des entreprises charg&#233;es de &#171; noter &#187; les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de la note AAA &#224; AA+, faisant craindre un risque de d&#233;faut de paiement aupr&#232;s des investisseurs. Apr&#232;s la Gr&#232;ce, c'est le prolongement de la &#171; crise des dettes &#187;. En France, l'inqui&#233;tude grandit, bien que la salutaire note AAA soit conserv&#233;e. Le gouvernement fran&#231;ais, pour r&#233;duire le d&#233;ficit du budget de l'&#201;tat propose alors de mettre en place un plan, que l'on dit &#171; de rigueur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les m&#233;dias, la dette est un sujet complexe. Le plus simple est de donner la parole &#224; des experts, &#233;conomistes pour la plupart. Logique. Probl&#232;me : ces experts sont toujours les m&#234;mes et partagent pour l'essentiel des positions identiques. Trois exemples pour illustrer cette (lourde) tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les experts du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 ao&#251;t 2011, l'hebdomadaire de Fran&#231;ois Pinault, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, donne la parole &#224; plusieurs &#233;conomistes et experts habitu&#233;s des m&#233;dias. Peu de diversit&#233;s dans leurs pr&#233;conisations pour sortir de la crise qui se concluent toutes &#224; peu pr&#232;s ainsi : davantage d'Europe politique et davantage de lib&#233;ralisme &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pour Christian Saint-&#201;tienne (professeur d'&#233;conomie, conseiller municipal &#224; Paris, &#233;lu sur la liste de Jean Tiberi en 2008, et consultant financier au sein de Conseil strat&#233;gique europ&#233;en SA) il faut &lt;i&gt;&#171; f&#233;d&#233;rer la zone europ&#233;enne &#187;&lt;/i&gt;, puis il pr&#233;cise que, &lt;i&gt;&#171; s'agissant de la France, si elle ne prend pas des mesures de lib&#233;ralisation de son syst&#232;me &#233;conomique, elle aura encore des mois de crise devant elle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Daniel Cohen (conseiller &#8211; &#171; senior adviser &#187; &#8211; aupr&#232;s de la Banque Lazard, membre du Conseil d'analyse &#233;conomique et proche de Martine Aubry) souhaite que l'on donne (encore) plus de pouvoir &#224; la Banque centrale europ&#233;enne car &lt;i&gt;&#171; elle est la seule capable de r&#233;soudre la crise &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pour Jean Arthuis (s&#233;nateur centriste) il faut all&#233;ger les charges sur les entreprises : &lt;i&gt;&#171; la France ne reconquerra son industrie et sa comp&#233;titivit&#233; et elle ne retrouvera l'&#233;quilibre de ses finances publiques que si elle all&#232;ge les charges qui frappent la production. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Alain Minc (pr&#233;sident d'AM Conseil, ami de Fran&#231;ois Pinault et de Nicolas Sarkozy, et plagiaire condamn&#233;), quant &#224; lui, ne voit pas d'autres solutions : &lt;i&gt;&#171; Pour la majorit&#233;, cela implique un budget 2012 tr&#232;s rigoureux. Pour l'opposition, m&#234;me chose : ses arguments de campagne doivent prouver qu'elle a compris dans quel monde nous vivons. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Enfin, pour Jean-Pierre Jouyet (pr&#233;sident de l'Autorit&#233; des march&#233;s financiers), &lt;i&gt;&#171; il y a trop de disparit&#233;s de croissance, trop de divergences mon&#233;taires, trop de r&#233;formes engag&#233;es solitairement par chaque pays.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;La gouvernance europ&#233;enne doit &#234;tre &#224; la hauteur des &#233;v&#233;nements : c'est le signe qu'attendent les march&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Plus d'Europe pour satisfaire les march&#233;s, et plus de march&#233; pour satisfaire l'Europe. L'Europe a bon dos, les march&#233;s aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prises une &#224; une, ces positions n'engagent que ceux qui les prennent et rel&#232;vent donc de la libert&#233; d'opinion. On notera pourtant que tous ces interlocuteurs sont proches du pouvoir financier, et qu'il serait surprenant qu'ils le critiquent vraiment. Mais surtout &#8211; du m&#234;me coup ? &#8211; il n'existe aucune diff&#233;rence notable de point de vue entre les experts invit&#233;s &#224; s'exprimer, et aucune variante significative entre les analyses propos&#233;es. Qui peut croire que c'est parce que la science &#233;conomique a des assises aussi solides que les sciences physiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les experts du &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; opte pour la m&#234;me strat&#233;gie : poser une question et convoquer des experts pour y r&#233;pondre. Une strat&#233;gie qui n'est, somme toute qu'un stratag&#232;me, puisque les interlocuteurs sont similaires et que leurs r&#233;ponses, une fois encore, ne divergent que par des nuances. Ainsi, le quotidien vesp&#233;ral s'interroge (17 ao&#251;t 2011) : &lt;i&gt;&#171; L'inflation peut-elle r&#233;sorber les dettes publiques ? &#187;&lt;/i&gt; et lance le d&#233;bat &#8230; avant de le clore aussit&#244;t. En effet, sur les six experts invit&#233;s &#224; s'exprimer sur ce sujet&#8230; six trouvent que cette solution est &#224; exclure. &#201;tonnamment, tous sont favorables &#224; l'Union europ&#233;enne et &#224; la mondialisation capitaliste, ils affichent une r&#233;elle empathie &#224; l'&#233;gard de l'&#233;conomie de march&#233; et sont proches, pour la plupart aussi, du milieu de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pour Jean-Pierre Landau, sous-gouverneur de la Banque de France, &lt;i&gt;&#171; l'inflation est immorale&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Elle d&#233;clenche la d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des gouvernants. &lt;/i&gt;[Elle est] &lt;i&gt;dangereuse, car elle d&#233;courage les investisseurs de long terme qui ont besoin de stabilit&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- De son c&#244;t&#233;, Christian de Boissieu (dont nous avons d&#233;j&#224; trac&#233; le portrait &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3496.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt;) explique que &lt;i&gt;&#171; l'inflation des actifs n'all&#232;ge en rien le poids de la dette. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pour Michel Didier, pr&#233;sident de Coe-Rexecode, &lt;i&gt;&#171; la hausse des prix n'est pas ma&#238;trisable. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L'&#233;conomiste de la Banque Lazard, Daniel Cohen, juge &lt;i&gt;&#171; compl&#232;tement en dehors des clous &#187; &lt;/i&gt;la proposition de r&#233;duire la dette par l'inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pour Jacques Delors, l'inflation est une mauvaise option car &lt;i&gt;&#171; le dumping social interdit toute hausse &#187;&lt;/i&gt; des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Et pour Olivier Blanchard, &#233;conomiste en chef du Fonds mon&#233;taire international, &lt;i&gt;&#171; toute inflation destin&#233;e &#224; raboter la dette&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;s'apparente &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; &#224; une expropriation &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aura compris que, pour les experts s&#233;lectionn&#233;s par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, jouer avec l'inflation afin de r&#233;duire la dette n'est pas une bonne solution&#8230; alors que d'autres sp&#233;cialistes &#8211; non convi&#233;s dans le quotidien &#8211; trouvent la solution pertinente. Par exemple, Denis Clerc explique dans le mensuel &lt;i&gt;Alternatives &#201;conomiques&lt;/i&gt; (septembre 2011) que cet instrument a &#233;t&#233; utilis&#233; en France au cours des ann&#233;es 1950 &#224; 1975 : &lt;i&gt;&#171; gr&#226;ce &#224; l'&#233;ponge de l'inflation, les emprunts souscrits dix ou vingt ans auparavant &#233;taient facilement rembours&#233;s en monnaie d&#233;pr&#233;ci&#233;e. &#187; &lt;/i&gt;Il ajoute que &lt;i&gt;&#171; la mesure peut &#234;tre b&#233;n&#233;fique, &#224; condition que l'inflation soit ma&#238;tris&#233;e par les banques centrales. &#187;&lt;/i&gt; Ce point de vue n'aura pas &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; par les invit&#233;s du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les experts de France 5&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le mois d'ao&#251;t, l'&#233;mission &#171; C dans l'air &#187;, sur France 5, a consacr&#233; neuf &#233;ditions &#224; l'actualit&#233; &#233;conomique (la crise financi&#232;re, la dette am&#233;ricaine, le plan de rigueur&#8230;), conviant souvent les m&#234;mes invit&#233;s. Les habitu&#233;s, comme &#201;lie Cohen (professeur &#224; Sciences Po, administrateur chez Orange et d&#233;j&#224; invit&#233; 44 fois depuis janvier 2008) et Christophe Barbier (directeur de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; et invit&#233; 149 fois depuis janvier 2008), ont &#233;videmment &#233;t&#233; de la partie deux fois chacun, Emmanuel Lechypre (r&#233;dacteur en chef du service &#201;conomie g&#233;n&#233;rale de &lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;) a r&#233;pondu pr&#233;sent &#224; quatre reprises, Philippe Dessertine (professeur de finances &#224; l'universit&#233; Paris-X-Nanterre et directeur de l'Institut de haute finance du groupe IFG) a dit oui trois fois, et de nombreux autres invit&#233;s sont venus &#171; d&#233;battre &#187; deux fois : Jean-Fran&#231;ois Gilles (associ&#233;-g&#233;rant du fonds d'actions europ&#233;ennes FCP mon PEA), Jean-Pierre Gaillard (pr&#233;sident d'une soci&#233;t&#233; de conseil et du Cercle des &#233;pargnants), Ga&#235;l Sliman (directeur g&#233;n&#233;ral adjoint de l'institut d'&#233;tudes de march&#233; et d'opinion BVA) et Philippe Fr&#233;meaux (directeur de la r&#233;daction d'&lt;i&gt;Alternatives &#201;conomiques&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un total de 36 cartons d'invitation distribu&#233;s (chaque &#233;mission compte quatre invit&#233;s), 10 seulement ont &#233;t&#233; octroy&#233;s &#224; des personnes qui n'ont pas de lien direct avec le monde de la finance ou de l'entreprise (voir annexe). Mais parmi ces 10, figurent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Yves Thr&#233;ard (directeur adjoint de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;) et Fran&#231;ois Lenglet (ancien directeur de la r&#233;daction du mensuel &lt;i&gt;Enjeux-Les &#201;chos&lt;/i&gt; et du quotidien &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;), que l'on ne peut pas soup&#231;onner d'&#234;tre des farouches opposant au capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Jean-Marc Daniel (professeur d'&#233;conomie &#224; l'ESCP-EAP), d&#233;fenseur, somme toute, du lib&#233;ralisme &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Et&#8230; Christophe Barbier, qui entonne pour la &#233;ni&#232;me fois sa chansonnette, lors de l'&#233;mission du 25 ao&#251;t 2011 : &lt;i&gt;&#171; il vaut mieux laisser l'argent dans les poches des gens, parce qu'ils l'utilisent mieux que l'&#201;tat, qui souvent le gaspille. &#192; condition qu'on aille v&#233;rifier que les gens l'ont bien utilis&#233; ! Que les riches aient bien d&#233;pens&#233; leur argent, c'est-&#224;-dire l'aient investi &#8211; alors l&#224; il faut leur faire des cadeaux fiscaux &#8211; ou l'aient consomm&#233; en France pour cr&#233;er des emplois en France &#8211; et l&#224; aussi on peut les aider en les taxant pas trop. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent quelques voix dissidentes, relativement filtr&#233;es. On put entendre ainsi le tr&#232;s m&#233;diatique Jean-Fran&#231;ois Kahn, le tr&#232;s m&#233;diatique Bernard Maris (&lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; et France Inter), Philippe Fr&#233;meaux donc, mais aussi Guillaume Duval (r&#233;dacteur en chef d'&lt;i&gt;Alternatives &#201;conomiques&lt;/i&gt;) et Thierry Pech (&lt;i&gt;Alternatives &#201;conomiques&lt;/i&gt;). Mais que l'on ne s'y trompe pas, si le mensuel &lt;i&gt;Alternatives &#201;conomiques&lt;/i&gt; porte parfois une analyse h&#233;t&#233;rodoxe sur la crise &#233;conomique, certaines positions d&#233;fendues par ses journalistes dans l'&#233;mission &#171; C dans l'air &#187; ne sont gu&#232;re iconoclastes. Ainsi, le 19 ao&#251;t 2011, Thierry Pech explique &#8211; c'est une vieille rh&#233;torique lib&#233;rale &#8211; que le march&#233; et la d&#233;mocratie sont indissociables : &lt;i&gt;&#171; On a le sentiment d'&#234;tre au bout d'un cycle, qui n'est certainement pas la fin du cycle de l'&#233;conomie de march&#233;, je ne crois pas du tout, parce que &#231;a fait syst&#232;me avec la d&#233;mocratie, le march&#233;, il faut le r&#233;guler, il faut le domestiquer, il faut le discipliner, tout ce qu'on veut, mais le march&#233;, &#231;a fait syst&#232;me avec l'&#233;galit&#233; d&#233;mocratique. C'est une conqu&#234;te du XVIIIe si&#232;cle et de la R&#233;volution. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a compris, l'&#233;mission &#171; C dans l'air &#187; donne la parole, &#224; de tr&#232;s rares exceptions, aux d&#233;fenseurs de la finance et aux porte-voix du capitalisme. Les commentaires critiques sur l'&#233;conomie de march&#233;, sur les mesures gouvernementales ou sur la crise financi&#232;re sont livr&#233;s au compte-goutte. Rien d'&#233;tonnant quand on entend l'animateur de l'&#233;mission, Axel de Tarl&#233; (rempla&#231;ant d'Yves Calvi durant l'&#233;t&#233;), s'inqui&#233;ter pour les riches : &lt;i&gt;&#171; on sent monter une ranc&#339;ur anti-riche ou, en tous cas, entre les pauvres et les riches, c'est presque le retour de la guerre des classes, je ne sais pas comment dire&#8230; Est-ce que ce n'est pas malsain et dangereux ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Alors que les journalistes les pr&#233;sentent bard&#233;s de titres universitaires, ils oublient de rappeler que, comme &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3496.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Christian de Boissieu&lt;/a&gt;, la plupart des experts convi&#233;s pour commenter l'actualit&#233; &#233;conomique ont un pied (voire les deux) dans la finance. Une telle ind&#233;pendance, on s'en doute, ne peut que conforter celle des journalistes : ainsi se referme le cercle de la domination et de son &#171; pluralisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathias Reymond&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Annexe&lt;/strong&gt; : Invit&#233;s dans &#171; C dans l'air &#187; durant le mois d'ao&#251;t 2011 ayant un lien avec la finance et le monde de l'entreprise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Philippe Dessertine (professeur de finances &#224; l'universit&#233; Paris-X-Nanterre et directeur de l'Institut de haute finance du groupe IFG) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#201;lie Cohen (professeur &#224; Sciences Po et administrateur chez Orange) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jean-Fran&#231;ois Gilles (associ&#233;-g&#233;rant du fonds d'actions europ&#233;ennes FCP mon PEA) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jean-Pierre Gaillard (pr&#233;sident d'une soci&#233;t&#233; de conseil et pr&#233;sident du Cercle des &#233;pargnants) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ga&#235;l Sliman (directeur g&#233;n&#233;ral adjoint de l'institut d'&#233;tudes de march&#233; et d'opinion BVA) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#201;ric Chaney (chef &#233;conomiste du groupe Axa) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Nicolas Bouzou (directeur d'&#233;tudes du MBA Droit des affaires et management &#224; Paris-II Assas, il dirige une soci&#233;t&#233; d'analyse et de pr&#233;visions &#233;conomiques) ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Philippe Waechter (directeur des &#233;tudes &#233;conomiques et de la recherche chez Natixis Asset Management) ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Jean-Michel Six (chef &#233;conomiste Europe de Standard &amp; Poor's) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jean-Paul Betb&#232;ze (chef &#233;conomiste de Cr&#233;dit agricole SA et pr&#233;sident de la Commission des affaires &#233;conomiques et financi&#232;res de l'Union des conf&#233;d&#233;rations de l'industrie et des employeurs d'Europe (Unice)) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jean-Pierre Petit (pr&#233;sident du cabinet de conseil en strat&#233;gie d'investissements Les Cahiers verts de l'&#233;conomie, et ancien chef &#233;conomiste chez Exane BNP Paribas) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- J&#233;r&#244;me Sainte-Marie (institut de sondage CSA).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les agences de notations sont des entreprises charg&#233;es de &#171; noter &#187; les acteurs &#233;conomiques (&#201;tats, entreprises&#8230;) selon des crit&#232;res de risque financier. Une mauvaise note signifiant qu'il y a un risque financier &#224; investir dans telle entreprise ou &#224; pr&#234;ter &#224; tel &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lu, vu, entendu : &#171; France inter dans tous ses &#233;tats &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Lu-vu-entendu-France-inter-dans-tous-ses-etats</link>
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		<dc:date>2011-03-09T23:57:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Boderault</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Val</dc:subject>
		<dc:subject>Pascale Clark</dc:subject>
		<dc:subject>A suivre</dc:subject>
		<dc:subject>Brigitte Jeanperrin</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Cohen</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;France Inter conjugue avec bonheur capitalisme, s&#233;curitarisme et verbalisme.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Lu-vu-entendu-" rel="directory"&gt;Lu, vu, entendu&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Val-+" rel="tag"&gt;Philippe Val&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pascale-Clark-+" rel="tag"&gt;Pascale Clark&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-A-suivre-+" rel="tag"&gt;A suivre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Brigitte-Jeanperrin-+" rel="tag"&gt;Brigitte Jeanperrin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Cohen-+" rel="tag"&gt;Daniel Cohen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le &#171; &lt;i&gt;vaisseau amiral&lt;/i&gt; &#187; de &lt;a href=&#034;http://www.radiofrance.fr/lentreprise/offres/les-chaines/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio France&lt;/a&gt; conjugue avec bonheur capitalisme, s&#233;curitarisme et verbalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Capitalisme&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brigitte Jeanperrin, actuellement animatrice et productrice de l'&#233;mission &#171; Le Carrefour de l'&#233;conomie &#187;, et bien connue pour son aptitude &#224; &#234;tre &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2231.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au service des PDG et de l'entreprise priv&#233;e sur le service public&lt;/a&gt;, re&#231;oit enfin la juste r&#233;compense de son travail en figurant dans la promotion du nouvel an de &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/01/01/legion-d-honneur-du-nouvel-an-jeannie-longo-fadela-amara-et-christine-boutin-promues_1460089_3224.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la L&#233;gion d'honneur au grade de chevalier&lt;/a&gt;. Pour f&#234;ter cela elle invite &#224; &#171; d&#233;battre &#187;, dans son &#233;mission du 1er janvier 2011, Mathilde Lemoine et Christian Saint-&#201;tienne, membres du Conseil d'analyse &#233;conomique, un conseil &#171; &lt;i&gt;plac&#233; aupr&#232;s du premier ministre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brigitte Jeanperrin pr&#234;che la bonne parole capitaliste aux adultes, et pour les enfants, c'est No&#235;lle Br&#233;ham qui se charge du cat&#233;chisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous le relevions &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2558.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;mission&lt;/i&gt; &#034;Les P'tits Bateaux&#034;&lt;i&gt; sur France Inter propose &#224; de jeunes auditeurs (6-12 ans) de poser par l'interm&#233;diaire d'un r&#233;pondeur des questions que l'animatrice, No&#235;lle Br&#233;ham, s'occupe ensuite de soumettre &#224; d'&#233;minents sp&#233;cialistes, qui s'efforcent de r&#233;pondre de fa&#231;on claire et adapt&#233;e &#224; leur jeune &#226;ge. L'exercice, souvent r&#233;ussi, est cependant difficile et impose in&#233;vitablement raccourcis et/ou simplifications. Mais il offre aussi l'occasion de voir la p&#233;dagogie se transformer en pure propagande&lt;/i&gt; [...] &#187;. Le 23 janvier 2011 ces propos ont &#224; nouveau &#233;t&#233; illustr&#233;s dans &#171; Les P'tits Bateaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- L&#233;na : &#171; &lt;i&gt;Bonjour, je m'appelle L&#233;na, j'ai 11 ans, et je voudrais savoir pourquoi il y a des enfants qui travaillent dans des conditions impossibles dans les pays pauvres. Merci, au revoir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- No&#235;lle Br&#233;ham : &lt;i&gt;&#171; Bonsoir L&#233;na, tu vas vite. C'est Daniel Cohen qui a &#233;crit&lt;/i&gt; &#034;La Prosp&#233;rit&#233; du vice&#034; &lt;i&gt;&#233;dit&#233; chez Albin Michel, Daniel Cohen qui est professeur &#224; l'&#201;cole normale sup&#233;rieure, qui va te r&#233;pondre L&#233;na. &lt;strong&gt;Pourquoi il y a des enfants qui travaillent dans des conditions pas possibles dit-elle dans des pays pauvres ?&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohen : &#171; &lt;i&gt;Eh bien justement parce qu'ils vivent dans des pays pauvres. Lorsqu'un pays est pauvre tout est cher, tout est cher pour les parents comme pour les enfants. &lt;strong&gt;Envoyer les enfants &#224; l'&#233;cole &#231;a co&#251;te cher aux parents&lt;/strong&gt;. &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; Dans un pays pauvre les parents gagnent de l'argent gr&#226;ce au travail de leurs enfants et souvent ce travail des enfants est indispensable &#224; la vie de la famille. Il est indispensable parce qu'il y a des enfants plus jeunes encore dont il faut s'occuper et il est indispensable parce que quand on est tr&#232;s tr&#232;s pauvre tout argent gagn&#233; compte pour le bien &#234;tre, si on peut dire, de la famille. C'est la raison pour laquelle dans les pays les plus pauvres on donne souvent de l'argent aux parents pour qu'ils envoient les enfants &#224; l'&#233;cole, comme si l'&#201;tat permettait aux parents les plus pauvres de gagner quand m&#234;me de l'argent alors m&#234;me que leurs enfants ne travaillent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- No&#235;lle Br&#233;ham : &#171; &lt;i&gt;Il compense un manque &#224; gagner.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohen : &#171; &lt;i&gt;Il compense ce qui appara&#238;t aux enfants et aux parents comme un manque &#224; gagner. Dans les pays riches aucun parent ne consid&#232;re qu'il y a un manque &#224; gagner quand un enfant de 10 &#224; 15 ans va &#224; l'&#233;cole. Mais dans un pays pauvre lorsqu'un enfant de 10 &#224; 15 ans va &#224; l'&#233;cole, pour les parents c'est per&#231;u comme une d&#233;pense parce que c'est per&#231;u comme un manque &#224; gagner.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- No&#235;lle Br&#233;ham : &lt;i&gt;&#171; &lt;strong&gt;Mais autrefois dans nos pays riches c'&#233;tait un petit peu la m&#234;me chose ?&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Daniel Cohen : &#171; &lt;i&gt;Ce qui se passe aujourd'hui dans les pays les plus pauvres s'est &#233;videmment pass&#233; chez nous aussi. &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; Et souvent dans les pays les plus pauvres la question est moins de savoir est-ce que les enfants vont ou pas &#224; l'&#233;cole que la question de savoir si en m&#234;me temps qu'ils vont &#224; l'&#233;cole on leur demande aussi de travailler quand ils rentrent de l'&#233;cole, et c'est &#233;videmment &#231;a qui rend la situation des enfants pauvres qui sont scolaris&#233;s tout &#224; fait injuste par rapport &#224; ceux qui peuvent se contenter d'aller &#224; l'&#233;cole.&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- No&#235;lle Br&#233;ham : &#171; &lt;i&gt;Daniel Cohen merci. En Suisse, qui n'est pas un pays pauvre, les vacances de la Toussaint s'appelaient jusqu'&#224; il y a peu &lt;/i&gt; &#034;les vacances de patates&#034; &lt;i&gt;pour lib&#233;rer les enfants pour aller donner un coup de main dans les champs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Cohen et No&#235;lle Br&#233;ham ne remettent pas en question le travail des enfants, ils glosent sur les &#171; &lt;i&gt;conditions pas possibles&lt;/i&gt; &#187; dans lesquelles travaillent ces enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Cohen est membre du Conseil d'analyse &#233;conomique &#171; &lt;i&gt;plac&#233; aupr&#232;s du premier ministre&lt;/i&gt; &#187; et No&#235;lle Br&#233;ham, bien que r&#233;mun&#233;r&#233;e par une radio de service public, joue la rabatteuse pour &lt;a href=&#034;http://www.poweo.com/operateur-electricite/temoignages-clients.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Poweo&lt;/a&gt;, une entreprise priv&#233;e qui participe activement au d&#233;mant&#232;lement du service public de l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5221 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L425xH363/Breham-2f2fc.jpg?1726247583' width='425' height='363' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;curitarisme&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 16 juillet 2010, Le t&#233;l&#233;phone sonne a pour sujet &#171; Questions sur les violences gratuites, les lynchages&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation sur le site de &lt;a href=&#034;http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/index.php?id=93613&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;mission :&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Lynchage tout r&#233;cemment sur une sortie d'autoroute pour un refus de remplir un constat amiable apr&#232;s un accrochage entre voitures, coup de couteau pour une cigarette refus&#233;e, des bandes qui agressent les clients d'un parc d'attraction pr&#232;s de Paris. Comment expliquer cette violence&#8230; Comment la combattre&#8230; ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
invit&#233;s&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Laurent Mucchielli sociologue, et directeur de recherche au CNRS, qui a co&#233;crit avec Peter Spierenburg,&lt;/i&gt; &#171; Histoire de l'homicide en Europe &#187;&lt;i&gt;, aux &#201;ditions La D&#233;couverte, 2009, (&lt;a href=&#034;http://www.laurent-mucchielli.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.laurent-mucchielli.org&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Sebastian Roch&#233;, criminologue, et directeur de recherche au CNRS. &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Herv&#233; Niel, contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral de la police, et sous-directeur des services territoriaux au sein de la Direction centrale de la s&#233;curit&#233; publique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est devenu une habitude, le site de France Inter et l'animateur de l'&#233;mission (Pierre Weill dans le cas pr&#233;sent) ne donnent pas toutes les informations qui permettent de comprendre les prises de positions des invit&#233;s, et du coup c'est un auditeur s&#233;lectionn&#233; pour passer &#224; l'antenne qui se charge de ce travail :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pierre Weill : &#171; &lt;i&gt;Alban dans le Val de Marne nous appelle, bonsoir Alban&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Alban : &#171; &lt;i&gt;Bonsoir&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pierre Weill : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes sur l'antenne&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Alban : &#171; &lt;i&gt;Oui bien, sachant que Sebastian Roch&#233; a eu le Prix litt&#233;raire de la Gendarmerie nationale (cat&#233;gorie &#338;uvres de r&#233;flexion) en 1997, compte-t-il concourir pour le prix de po&#233;sie de l'arm&#233;e fran&#231;aise ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pierre Weill : &#171; &lt;i&gt;Ah &#233;coutez l&#224;, je crois que..., l'&#233;mission est s&#233;rieuse, on aborde un sujet s&#233;rieux, si vous souhaitez lancer des, des phrases comme &#231;a, &#231;a n'apporte strictement rien, vous ne respectez pas les r&#232;gles du jeu de, de l'&#233;mission, on parle ce soir de la violence gratuite avec des avis qui sont divergents, je regrette vraiment que vous profitiez de cette &#233;mission pour lancer comme &#231;a des, des phrases qui n'ont absolument aucun sens et surtout aucun int&#233;r&#234;t. Alors on va continuer les, les appels, je crois qu'on a Paul dans les Bouches-du-Rh&#244;ne qui souhaite nous appeler. Paul, vous &#234;tes avec nous ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Paul : &#171; &lt;i&gt;Oui, bonsoir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Pierre Weill : &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est une &#233;mission en direct, alors on a quelques fois des plaisantins qui s'amusent.&lt;/i&gt; [&#8230;] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard, vers la fin de l'&#233;mission :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Pierre Weill : &#171; [&#8230;] &lt;i&gt;S&#233;bastien Roch&#233; &lt;/i&gt;[tout au long de l'&#233;mission Pierre Weill prononce &#171; S&#233;bastien &#187; alors que son pr&#233;nom est &#171; Sebastian &#187;] &lt;i&gt;criminologue et directeur de recherche au CNRS, et pardon encore pour cet appel totalement farfelu mais c'est le direct, je n'y peux rien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 juillet 2010 on pouvait trouver dans la notice de Sebastian Roch&#233; (modifi&#233;e depuis) sur le site de l'unit&#233; de recherche &#224; laquelle il appartient, le &lt;a href=&#034;http://www.pacte.cnrs.fr/spip.php?article139&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pacte&lt;/a&gt;, les informations suivantes &#224; son sujet : &lt;br class='manualbr' /&gt;- Prix Litt&#233;raire de la Gendarmerie nationale (cat&#233;gorie &#338;uvres de r&#233;flexion) en 1997.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Conf&#233;rencier invit&#233; aux Assises nationales de la police de proximit&#233; en mars 2000 (table ronde Police partenariale au service du public).&lt;br class='manualbr' /&gt;- Conf&#233;rencier invit&#233; au colloque de Villepinte organis&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur en octobre 1997 (table ronde citoyennet&#233;). &lt;br class='manualbr' /&gt;- Expert associ&#233; au plan de pr&#233;vention de la violence en milieu scolaire par le ministre de l'&#201;ducation nationale, fin 1997. &lt;br class='manualbr' /&gt;- R&#233;alisation du diagnostic local de s&#233;curit&#233; de Marseille (en collaboration) et d'autres villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces informations montrent que Sebastian Roch&#233; est aux questions de &#171; s&#233;curit&#233;/ins&#233;curit&#233; &#187; ce que Christian de Boissieu est aux questions &#233;conomiques : un &#171; expert &#187; engag&#233; aux c&#244;t&#233;s des forces de l'ordre (&#233;tabli). Et comme pour Christian de Boissieu, les diff&#233;rentes casquettes de Sebastian Roch&#233; sont en g&#233;n&#233;ral pass&#233;es sous silence par les journalistes qui l'interviewent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il voir un effet de l'intervention d'Alban dans la disparition de ces informations dans cette notice depuis cette &#233;mission ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Verbalisme&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascale Clark, productrice et animatrice de &#171; Comme on nous parle &#187; et de &#171; 5 minutes avec... &#187;, fait deux r&#233;v&#233;lations fracassantes le 11 f&#233;vrier 2011 sur le site du &lt;a href=&#034;http://teleobs.nouvelobs.com/articles/interview&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Nouvel Observateur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;les voix f&#233;minines peuvent facilement aller dans l'aigu&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;un journaliste n'a pas de sexe&lt;/i&gt; &#187;. Pascale Clark, ou la coh&#233;rence. Et comme le dit &lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/guillon-porte-dahan-philippe-val-repond-a-ses-detracteurs-17-11-2010-1263638_52.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philippe Val&lt;/a&gt;, le directeur de France Inter : &#171; &lt;i&gt;Pascale Clark est &#224; l'&#233;coute de l'inattendu et elle essaie de le rendre familier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le 13 f&#233;vrier 2011 le site de &lt;a href=&#034;http://sites.radiofrance.fr/franceinter/radio/pres/index.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;France Inter&lt;/a&gt; (avec l'aide de notre mauvaise foi dans le d&#233;coupage de l'image) nous donne ci-dessous la derni&#232;re estimation (r&#233;aliste) de la valeur de Philippe Val, le directeur de la station :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L322xH520/Val_13-02-2011_France_Inter-d35a4.jpg?1726247583' width='322' height='520' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paroles d'expert : le communisme expliqu&#233; aux enfants </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Paroles-d-expert-le-communisme-explique-aux-enfants</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Paroles-d-expert-le-communisme-explique-aux-enfants</guid>
		<dc:date>2007-02-16T11:10:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Poche</dc:creator>


		<dc:subject>&#034;Experts&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Sur le vif</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Les p'tits bateaux &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Cohen</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La p&#233;dagogie mercantile et l'infantilisme lib&#233;ral de Daniel Cohen.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalistes-et-experts-" rel="directory"&gt;Journalistes et experts&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Experts-+" rel="tag"&gt;&#034;Experts&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sur-le-vif-+" rel="tag"&gt;Sur le vif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Les-p-tits-bateaux-+" rel="tag"&gt;&#171; Les p'tits bateaux &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Cohen-+" rel="tag"&gt;Daniel Cohen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;mission &#171; Les petits bateaux &#187; sur France Inter propose &#224; de jeunes auditeurs (6-12 ans) de poser par l'interm&#233;diaire d'un r&#233;pondeur des questions que l'animatrice, No&#235;lle Breham, s'occupe ensuite de soumettre &#224; d'&#233;minents sp&#233;cialistes, qui s'efforcent de r&#233;pondre de fa&#231;on claire et adapt&#233;e &#224; leur jeune &#226;ge. L'exercice, souvent r&#233;ussi, est cependant difficile et impose in&#233;vitablement raccourcis et/ou simplifications. Mais il offre aussi l'occasion de voir la p&#233;dagogie se transformer en pure propagande, comme nous l'avions relev&#233; d&#233;j&#224; &#224; deux reprises : quand un &#171; expert &#187;, Alain Fr&#232;rejean, s'est charg&#233; d'expliquer les in&#233;galit&#233;s Nord-Sud et un autre, Daniel Cohen, les raisons de payer &#224; bas prix des gants fabriqu&#233;s dans les pays pauvres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire : &#171; Paroles d'expert : les in&#233;galit&#233;s entre le Nord et le Sud (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est encore Daniel Cohen&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enseignant &#224; l'Ecole Normale Sup&#233;rieure, Paris-I Panth&#233;on-Sorbonne, membre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui, le 21 janvier 2007, fut charg&#233; de r&#233;pondre &#224; la question de Jean qui demandait &lt;i&gt;&#171; ce que c'est que le communisme &#187;&lt;/i&gt;. On pouvait craindre le pire : on ne fut pas d&#233;&#231;u...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Qu'est-ce que le communisme ? &#187; La question a donn&#233; lieu &#224; un expos&#233; surprenant, qui va bien au-del&#224; de la simplification, et dont l'absurdit&#233; rel&#232;ve bien plut&#244;t de la d&#233;sinformation, ou, &#224; tout le moins, r&#233;v&#232;le l'effrayant manque de rigueur d'un &#233;conomiste pourtant r&#233;put&#233;. Malheureusement, ces deux hypoth&#232;ses ne sont pas exclusives l'une de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Jean, ta question est excellente : le communisme, c'est une id&#233;e, une id&#233;e selon laquelle il est possible de sortir du capitalisme. &#187;&lt;/i&gt; &#171; Excellente &#187; question ? La suite d&#233;montre pourtant que Daniel Cohen, &#224; la diff&#233;rence de Jean (huit ans), ne se l'est jamais pos&#233;e. Mais cela ne doit pas emp&#234;cher de proc&#233;der avec m&#233;thode. Ainsi il faut commencer par une explication simple du capitalisme avant de se pencher sur &#171; l'id&#233;e &#187; communiste, et Daniel Cohen affronte ainsi la difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le capitalisme, c'est la soci&#233;t&#233; dans laquelle on vit, aujourd'hui, pour la plupart des gens de cette plan&#232;te en tout cas, c'est une soci&#233;t&#233; dans laquelle pour gagner de l'argent il faut travailler avoir un salaire pour la plupart des gens, et avec ce salaire on peut acheter des marchandises qui sont parfois celles qu'on a fabriqu&#233;es soi-m&#234;me, et le plus souvent, des marchandises qui ont &#233;t&#233; fabriqu&#233;es par d'autres. On ach&#232;te des marchandises avec de l'argent, et on est soi-m&#234;me pay&#233; avec de l'argent. C'est un monde dans lequel les choses sont payantes, en tout cas, un certain nombre de choses, et c'est pour ces choses-l&#224; qu'on doit soi-m&#234;me gagner de l'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean et les autres auditeurs de son &#226;ge, en entendant cette explication, ont probablement reconnu ce que leur enseigne leur exp&#233;rience quotidienne de la vie de leurs parents. Le capitalisme est bien la soci&#233;t&#233; dans laquelle ils vivent et que Daniel Cohen pr&#233;sente tr&#232;s simplement comme une soci&#233;t&#233; marchande, en oubliant toute r&#233;f&#233;rence &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et &#224; la recherche du profit. Des omissions dict&#233;es uniquement - qui pourrait en douter ? - par un vertueux effort de p&#233;dagogie. Si l'on excepte la petite bizarrerie qui consisterait &#224; acheter des marchandises &#171; qu'on a fabriqu&#233;es soi-m&#234;me &#187; (visiblement M. Cohen pr&#233;f&#232;re dire n'importe quoi plut&#244;t qu'expliquer clairement et simplement ce qu'est le capitalisme), il lui suffit de le tenir - et de le pr&#233;senter - pour rationnel et &#171; normal &#187; : comment pourrait-il en &#234;tre autrement puisque c'est celui o&#249; &#171; l'on vit &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; la question pos&#233;e, &#171; excellente &#187; et sans &#233;quivoque : Jean voulait une d&#233;finition du communisme. Que croyez-vous qu'il arriva ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e du communisme c'est que quand j'ach&#232;te une marchandise, cette marchandise, c'est une chose qui a &#233;t&#233; fabriqu&#233;e par un autre homme, ou par une autre femme. Et donc moi je travaille, pour fabriquer des marchandises qui vont me permettre d'acheter des marchandises qui ont &#233;t&#233; fabriqu&#233;es par d'autres personnes. L'id&#233;e du communisme, c'est que si seulement on savait que derri&#232;re ces marchandises il y a des hommes, ou des femmes, comme moi, comme toi quand tu travailleras, alors que peut-&#234;tre les choses seraient plus simples, peut-&#234;tre qu'on pourrait dire &#171; au fond j'ai fabriqu&#233; cette marchandise, toi aussi, je te donne la marchandise que j'ai fabriqu&#233;e, tu me donneras la marchandise que toi tu as fabriqu&#233;e&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Le communisme, c'est l'id&#233;e selon laquelle derri&#232;re les marchandises il se cache des hommes et des femmes, et que l'on pourrait gagner, gagner en plaisir humain, mais aussi peut-&#234;tre en efficacit&#233;, &#224; savoir que derri&#232;re les choses de ce monde, il y a des personnes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduisons et r&#233;sumons ce charabia indigeste pour tous les estomacs de 7 &#224; 77 ans : la grande &#171; id&#233;e &#187; du communisme, outre la g&#233;n&#233;ralisation du troc, ce serait donc que derri&#232;re les marchandises se cachent des hommes et que si on les d&#233;couvrait, ce serait plaisant et efficace. Quelle r&#233;v&#233;lation pour tous les jeunes auditeurs avides de savoir ! Et que personne ne doute que seule la volont&#233; de simplification p&#233;dagogique a interdit &#224; Daniel Cohen d'expliquer que le communisme, tel qu'il se d&#233;finit lui-m&#234;me et quoi qu'on en pense, se propose d'abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e : aucun enfant n'aurait pu le comprendre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion s'imposait d'elle-m&#234;me. Et pourtant Daniel Cohen trouva le moyen de nous surprendre une derni&#232;re fois :&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; C'est &#233;videmment une utopie. On ne pourrait pas conna&#238;tre tous les gens qui ont fabriqu&#233; le jouet que tu vas avoir &#224; No&#235;l&lt;/i&gt;,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;ne serait-ce que parce qu'il est &#224; peu pr&#232;s s&#251;r que ce jouet sera fabriqu&#233; par quelqu'un qui vit en Chine, par exemple. Tu ne peux pas le conna&#238;tre, tu ne peux pas lui dire &#171; donne-moi ton jouet, et moi je te donnerai ce que ton papa ou ma maman a fabriqu&#233;. Mais c'est une id&#233;e, et &#224; ce titre elle nous int&#233;resse tous de comprendre &lt;/i&gt;(sic)&lt;i&gt; que derri&#232;re les choses qui sont vendues et achet&#233;es, il y a des &#234;tres humains et que ces &#234;tres humains pourraient trouver une autre mani&#232;re de se parler qu'&#224; travers les marchandises qu'ils vendent et qu'ils ach&#232;tent. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &lt;i&gt;&#171; trouver une autre mani&#232;re de se parler qu'&#224; travers les marchandises &#187;&lt;/i&gt;, il faudrait peut-&#234;tre cesser de donner la parole aux &#233;conomistes de march&#233; qui r&#233;ussissent &#224; utiliser douze fois le mot &#171; marchandise &#187; en trois minutes. Mais il faudrait surtout pouvoir s'entendre sur le sens des mots. Entre &#171; savoir &#187; qu'il y a des hommes derri&#232;re les marchandises, et les &#171; conna&#238;tre &#187; personnellement, il y a en effet une l&#233;g&#232;re diff&#233;rence s&#233;mantique que M. Cohen ignore superbement, dans un ultime tour de passe-passe digne d'un v&#233;ritable charlatan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentatrice de l'&#233;mission, subjugu&#233;e, se garda bien de demander la moindre pr&#233;cision. Elle se contenta de saluer la prestation de son invit&#233;, en montrant qu'elle avait su en profiter pour s'instruire elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Est-ce que vous y pensez vous, quand vous achetez quelque chose, est-ce que vous imaginez, vous essayez d'imaginer la ou les personnes qui l'ont fabriqu&#233; ? Je sais &#231;a para&#238;t peut-&#234;tre un peu b&#234;te, mais j'aime beaucoup les boulangeries o&#249; l'on voit en transparence ce qui se passe &#224; la fabrication du pain, ben parce que justement apr&#232;s quand on mange sa baguette on pense aux hommes et aux femmes - c'est souvent des hommes d'ailleurs - qui l'ont fabriqu&#233;e. Quoi qu'il en soit, merci, Daniel Cohen. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci en effet, merci pour ce bel exercice de vulgarisation digne du service public. Jean et ses petits camarades savent maintenant qu'&#234;tre communiste, c'est penser non seulement aux boulangers qui se cachent derri&#232;re les croissants, mais par extension &#224; tous les hommes qui se cachent derri&#232;re les marchandises. Et cela c'est une &#171; utopie &#187;. Jean voulait savoir ce qu'est le communisme : il n'en saura rien. En revanche, il saura ce qu'il faut en penser. Or quoi que l'on pense de &#171; l'id&#233;e &#187; communiste, la pr&#233;senter comme une id&#233;e infantile, sous pr&#233;texte que l'on s'adresse &#224; des enfants, t&#233;moigne d'un effort de p&#233;dagogie que rien ne distingue de la propagande. Nul doute que France Inter devait recourir &#224; un &#171; expert &#187; pour parvenir &#224; un tel r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Poche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2281.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Paroles d'expert : les in&#233;galit&#233;s entre le Nord et le Sud expliqu&#233;es aux enfants &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2272.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Question pos&#233;e &#224; France Inter : Maman les p'tits bateaux sont-ils lib&#233;raux ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Enseignant &#224; l'Ecole Normale Sup&#233;rieure, Paris-I Panth&#233;on-Sorbonne, membre du conseil d'analyse &#233;conomique aupr&#232;s du Premier ministre et &#233;ditorialiste associ&#233; au journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Question pos&#233;e &#224; France Inter : Maman les p'tits bateaux sont-ils lib&#233;raux ? </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Question-posee-a-France-Inter-Maman-les-p-tits-bateaux-sont-ils-liberaux</link>
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		<dc:date>2006-02-14T11:26:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Experts&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Les p'tits bateaux &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Cohen</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Daniel Cohen, invit&#233; comme &#171; expert &#187;, inculque la vulgate lib&#233;rale aux 6-12 ans.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalistes-et-experts-" rel="directory"&gt;Journalistes et experts&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Experts-+" rel="tag"&gt;&#034;Experts&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Les-p-tits-bateaux-+" rel="tag"&gt;&#171; Les p'tits bateaux &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Cohen-+" rel="tag"&gt;Daniel Cohen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand un &#233;conomiste, invit&#233; comme &#171; expert &#187;, instruit des enfants, toutes les explications possibles se r&#233;duisent aux &#171; enseignements &#187; de la vulgate lib&#233;rale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les dimanches soirs, quelques minutes avant le sacro-saint &#171; Masque et la plume &#187;, France Inter r&#233;serve une demi-heure aux questions de ses jeunes auditeurs. &#199;a s'appelle &lt;a href=&#034;http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/bato/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les p'tits bateaux &#171; &lt;/a&gt;. Recueillies par r&#233;pondeur, les questions font l'objet de quelques minutes d'explication par des scientifiques et autres sp&#233;cialistes qui, g&#233;n&#233;ralement, font preuve d'un r&#233;el souci d'explication&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de la pr&#233;sentation de l'&#233;mission sur le site de France Inter : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Le programme ne manque pas d'int&#233;r&#234;t m&#234;me pour les adultes... qui en apprennent souvent presque autant que les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 15 janvier, sur le coup de 19 h 30, tombe la premi&#232;re question sur le r&#233;pondeur. Eve, 17 ans, a un souci : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas longtemps, j'ai achet&#233; une paire de gants &#224; un euro. J'ai trouv&#233; que c'&#233;tait une super affaire. Mais apr&#232;s, je me suis demand&#233; combien &#233;taient pay&#233;s les gens qui l'avaient fabriqu&#233;e et j'ai eu envie de la rendre&lt;/i&gt; &#187;. Plut&#244;t sympathique, donc, comme d&#233;but de prise de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui r&#233;pondre, les responsables de l'&#233;mission ont choisi Daniel Cohen, &#171; &lt;i&gt;Professeur de sciences &#233;conomiques &#224; l'Ecole normale sup&#233;rieure et &#224; l'universit&#233; de Paris-I Panth&#233;on-Sorbonne. Membre du conseil d'analyse &#233;conomique aupr&#232;s du premier ministre et &#233;ditorialiste associ&#233; au journal &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt;. Il a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; &#034;Economiste de l'ann&#233;e&#034; en 1997 par le Nouvel Economiste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auditeurs n'entendront le nom de l'intervenant qu'&#224; la fin de sa r&#233;ponse, ainsi que cette liste de titres, qui semble rendre incontestable son analyse. Du s&#233;rieux, du solide, du scientifique. En revanche, pour ce qui est de la neutralit&#233; du propos...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car visiblement, notre &#171; &lt;i&gt;&#233;conomiste de l'ann&#233;e 1997&lt;/i&gt; &#187; a eu tr&#232;s peur pour l'avenir d'Eve. Qu'elle devienne une dangereuse altermondialiste qui participerait aux contre-manifestations de Davos ou quelque chose du genre. Il s'est donc empress&#233; de la remettre sur les bons rails de la pens&#233;e orthodoxe lib&#233;rale, en lui expliquant &#224; quel point elle avait tort de se faire du souci pour ces pauvres gens qui avaient fabriqu&#233;, l&#224;-bas, des gants vendus, ici, &#224; un euro la paire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'argumentaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si vous rendiez cette paire de gants, vous rendriez un bien mauvais service &#224; ceux qui l'ont fabriqu&#233;e. Cette paire de gants que vous avez achet&#233;e, pour ces gens-l&#224;, c'est leur mani&#232;re d'acc&#233;der &#224; la richesse que vous avez d&#233;j&#224; vous-m&#234;me. Le fait que les gens soient mal pay&#233;s dans les pays pauvres, cela tient &#224; beaucoup de choses qui ont vocation &#224; changer. Cela tient au fait que ce sont des gens qui n'ont pas les machines que nous avons ici, qui sont oblig&#233;s de travailler eux-m&#234;mes avec leur travail &lt;/i&gt;[sic]&lt;i&gt; plus durement que nous n'avons besoin de le faire nous-m&#234;mes. Nous, dans une nation riche, on appuie sur un bouton et ce bouton permet de faire beaucoup de choses. Quand on n'a rien de ces choses-l&#224;, il faut le faire soi-m&#234;me et c'est pour &#231;a que le travail est moins productif, comme on dit en &#233;conomie, et qu'il faut plusieurs heures de travail pour faire une chose que nous faisons plus rapidement. Donc le travail est mal pay&#233; parce que les gens manquent de ces leviers qui permettent aux soci&#233;t&#233;s les plus riches d'&#234;tre plus productives. Le travail est mal pay&#233;, aussi, parce que ces nations sont loin de nous, il faut que... ils acceptent de gagner moins pour pouvoir trouver leur voie &#224; nos march&#233;s &#224; nous. Si c'&#233;tait au m&#234;me prix, alors on ne leur ach&#232;terait pas leur marchandise parce qu'ils habitent tr&#232;s loin. L'&#233;loignement du centre, nous, le fait que ces nations soient moins bien dot&#233;es, en machines, en &#233;ducation aussi, permet de comprendre pourquoi il sont moins bien pay&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour conclure, la touchante note d'espoir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La question est de savoir si ils seront toujours moins bien pay&#233;s que nous et l'histoire nous montre que non. Les nations tr&#232;s pauvres - l'Irlande, en Europe-, il y a encore 30 ans, gagnaient trois fois moins que nous mais gagnent aujourd'hui 30% de plus que nous et les salaires irlandais ont suivi. Les salaires chinois finiront par cro&#238;tre avec la richesse des Chinois. Ce jour-l&#224;, nous paierons nos jouets beaucoup plus cher et on d&#233;couvrira ce jour-l&#224; que les Chinois sont riches. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est beau l'&#233;conomie lib&#233;rale expliqu&#233;e aux enfants ! Et comme ce sont des enfants, pas la peine de leur encombrer le cerveau avec des consid&#233;rations plus subtiles, voire d'autres mani&#232;res d'aborder les relations commerciales entre pays riches et pays en d&#233;veloppement. Un scientifique d'un tel niveau devrait pourtant &#234;tre capable d'expliquer que, sur des questions aussi &#171; politiques &#187; (au sens noble du terme), les analyses divergent. Mais non, la v&#233;rit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;e aux enfants &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; les ondes de France Inter. Ils ne sauront donc rien du travail des enfants, des journ&#233;es interminables, de l'absence de protection sociale, de s&#233;curit&#233; au travail et de syndicats... Ne pourrait-on pas, pourtant, y trouver au minimum quelques bribes d'explication pour cette paire de gants &#224; un euro ? Trop subversif d'expliquer aux enfants que si la grande distribution arrive &#224; obtenir de tels prix, c'est qu'elle les impose &#224; ses fournisseurs ? Apparemment oui...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, la le&#231;on est plut&#244;t bien pass&#233;e et l'animatrice se charge de la r&#233;sumer : &#171; &lt;i&gt;Si j'ach&#232;te ma paire de gants un euro, je rends finalement service &#224; celui qui les a fabriqu&#233;s, m&#234;me s'il n'est pas pay&#233; lourd.&lt;/i&gt; &#187; Mais, peut-&#234;tre consciente que la ficelle est un peu grosse, m&#234;me pour une fin de week-end, elle ose tout de m&#234;me une remarque : en achetant ces gants &#224; un euro, &#171; &lt;i&gt;est-ce que je ne fais pas plonger le Fran&#231;ais qui l'aurait fabriqu&#233;e pour 10 euros ?&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;&#199;a, beaucoup plus s&#251;rement. Le Fran&#231;ais qui aurait gagn&#233; sa vie en fabriquant ces gants devient pauvre&lt;/i&gt; &#187;, admet notre &#171; &lt;i&gt;&#233;conomiste de l'ann&#233;e 1997&lt;/i&gt; &#187;. Mais l&#224; encore, l'espoir n'est pas perdu puisque &lt;i&gt;&#171; vous, achetant vos gants moins cher, avez plus de richesses qu'avant et donc vous pouvez acheter plus de choses qu'avant. Et donc ce pouvoir d'achat additionnel va cr&#233;er des emplois.&lt;/i&gt; &#187; Bon, d'accord, &#171; &lt;i&gt;ces emplois&lt;/i&gt; &#187; ne profiteront &#171; &lt;i&gt;pas &#224; celui qui a perdu le sien&lt;/i&gt; &#187;. Pourquoi ? Parce qu'&#171; &lt;i&gt;il ne saura pas faire les choses dont vous avez besoin&lt;/i&gt; &#187; et qu'il n'est &#171; &lt;i&gt;pas dans les m&#234;mes lieux&lt;/i&gt; &#187; que ceux qui profitent des cr&#233;ations. Conclusion : &#171; &lt;i&gt;Il y a beaucoup de co&#251;ts &#224; la mondialisation. Ce sont ces co&#251;ts auxquels il faut &#233;videmment faire face aussi.&lt;/i&gt; &#187; Mais bon, n'oublions pas tout de m&#234;me qu'elle transforme les pauvres en riches...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#171; Les P'tits Bateaux &#187; recherchent des sujets pour les prochaines &#233;missions, voici deux suggestions : les OGM expliqu&#233;s par un cadre de Monsanto, les bienfaits des pesticides par le PDG de Bayer... Les id&#233;es ne manquent pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ludovic Finez&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lire &#233;galement, sur la m&#234;me &#233;mission : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2281.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Paroles d'expert : les in&#233;galit&#233;s entre le Nord et le Sud expliqu&#233;es aux enfants &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait de la &lt;a href=&#034;http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/bato/presentation.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;sentation de l'&#233;mission&lt;/a&gt; sur le site de France Inter : &#171; &lt;i&gt;Chaque semaine, les enfants (6-12 ans) posent leurs questions au 01 56 40 43 57, le r&#233;pondeur t&#233;l&#233;phonique des &#171; P'tits bateaux &#187; : le dimanche &#224; 19h30, l'&#233;mission r&#233;pond aux questions. Est-ce qu'on se lavait les dents sous Louis XIV ? Pourquoi quand on se chatouille tout seul, &#231;a ne marche pas ? En quoi sont fait les yeux ? Pourquoi j'ai envie d'&#234;tre comme les autres ?...Des savants r&#233;pondent. Simplement. Clairement. Et &#233;clairent petits et grands sur l'histoire, la g&#233;ographie, la physique... bref tout ce qui constitue notre environnement. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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