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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Nous, journalistes pigistes, exigeons le respect de nos droits</title>
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		<dc:date>2019-02-21T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif Ras La Plume</dc:creator>


		<dc:subject>Associations de pigistes</dc:subject>
		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une tribune de collectifs de journalistes pigistes&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-precaire-" rel="directory"&gt;Le journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journalisme-precaire-+" rel="tag"&gt;Journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH140/arton5876-f8d0e.png?1776737327' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='140' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions la tribune du collectif Ras La Plume, qui rappelle les conditions de travail difficiles auxquelles sont confront&#233;&#183;e&#183;s les journalistes pigistes, et exige le respect de leurs droits ainsi que des conditions d&#233;centes de r&#233;mun&#233;ration. Ce texte est paru initialement le 5 f&#233;vrier sur le &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/debats/2019/02/05/nous-journalistes-pigistes-exigeons-le-respect-de-nos-droits_1707497&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Il est ouvert &#224; signatures (voir le lien &#224; la fin du texte). Le collectif Ras La Plume est &#233;galement signataire de la d&#233;claration commune &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Reapproprions-nous-les-medias&#034;&gt;&#171; R&#233;approprions-nous les m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;. (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes r&#233;dacteurs et r&#233;dactrices, photographes, journalistes reporters d'images, enqu&#234;teurs et enqu&#234;trices, secr&#233;taires de r&#233;daction, iconographes, dessinateurs et dessinatrices, reporters, correspondant&#183;e&#183;s &#224; l'&#233;tranger. Nous sommes toutes et tous journalistes professionnel&#183;le&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, pigistes, faisons le m&#234;me m&#233;tier que nos confr&#232;res et cons&#339;urs int&#233;gr&#233;&#183;e&#183;s aux r&#233;dactions. Comme eux, nous sommes des salari&#233;&#183;e&#183;s. Nous travaillons souvent pour plusieurs m&#233;dias et nous sommes pay&#233;&#183;e&#183;s &#224; la pige, c'est-&#224;-dire que nous sommes cens&#233;&#183;e&#183;s percevoir un salaire pour chaque pige &#8211; article, documentaire, photo&#8230; &#8211; command&#233;e par une r&#233;daction. Mais, encore plus que nos coll&#232;gues en poste, nous devons nous battre chaque jour pour faire respecter nos droits. Dans de trop nombreux m&#233;dias, nous sommes r&#233;mun&#233;r&#233;&#183;e&#183;s &#224; des tarifs indignes, au lance-pierre, souvent deux ou trois mois apr&#232;s le travail fourni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, notre travail est vital pour les r&#233;dactions qui ont besoin de nos id&#233;es, de nos reportages et de nos enqu&#234;tes pour enrichir le contenu de vos journaux, de vos stations de radio et de vos &#233;missions de t&#233;l&#233;vision. Un travail &#224; la qualit&#233; reconnue : r&#233;guli&#232;rement des journalistes pigistes sont prim&#233;&#183;e&#183;s. Trois des journalistes r&#233;compens&#233;&#183;e&#183;s par le prestigieux prix Albert Londres en 2018 &#233;taient des pigistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me l'audiovisuel public &#8211; les radios et les cha&#238;nes que vous &#233;coutez et regardez tous les jours &#8211; contribue &#224; cette pr&#233;carit&#233;, en multipliant les piges et les CDD pour des journalistes qui se doivent d'&#234;tre toujours disponibles, et ce, sur plusieurs ann&#233;es. En presse &#233;crite, les r&#233;dacteurs, r&#233;dactrices et les photographes sont r&#233;mun&#233;r&#233;&#183;e&#183;s &#224; la taille de l'article ou au nombre d'images, alors que le temps de travail n&#233;cessaire varie fortement selon les sujets. Une enqu&#234;te de quatre pages peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Une interview de la m&#234;me taille demandera, elle, quelques jours de travail. Mais les tarifs impos&#233;s par les r&#233;dactions prennent rarement en compte cette diff&#233;rence. En cons&#233;quence, le travail d'investigation n'est pas toujours r&#233;mun&#233;r&#233; &#224; sa juste valeur au regard du temps investi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, nous &#233;tions 6 550 journalistes r&#233;mun&#233;r&#233;&#183;e&#183;s &#224; la pige sur les &lt;a href=&#034;http://www.ccijp.net/article-33-cartes-attribuees-en.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;35 000 d&#233;tenteur&#183;ice&#183;s de la carte de presse&lt;/a&gt;, r&#233;parti&#183;e&#183;s en France et &#224; l'&#233;tranger. En 2016, le salaire m&#233;dian des journalistes pigistes de presse &#233;crite, radio et t&#233;l&#233;vision &#233;tait de 1 931 &#8364; brut par mois, soit environ 1 500 &#8364; nets. Ces chiffres, provenant d'un rapport de la commission de la carte d'identit&#233; des journalistes professionnels, ne prennent pas en compte les tr&#232;s nombreux&#183;ses journalistes pigistes qui n'ont pas acc&#232;s &#224; la carte de presse. Celles et ceux qui gagnent moins de la moiti&#233; d'un Smic par mois se la voient refuser. Pourtant, ces journalistes existent bel et bien et assurent une large part du contenu informatif des m&#233;dias. Selon la m&#234;me &#233;tude, &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/les-journalistes-en-france-en-2018-moins-nombreux-plus-de-femmes-et-plus-precaires-93167&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les femmes sont majoritaires parmi les plus pr&#233;caires&lt;/a&gt;. Elles repr&#233;sentent 53% des journalistes r&#233;mun&#233;r&#233;&#183;e&#183;s &#224; la pige, alors qu'elles ne sont que 19% de d&#233;tentrices d'une carte de directeur&#183;trice de r&#233;daction&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tarifs de la pige stagnent la plupart du temps, voire diminuent. Les frais professionnels et d'&#233;quipement restent g&#233;n&#233;ralement &#224; notre charge. Nos conditions de travail se d&#233;gradent. Nous nous rendons parfois sur des terrains compliqu&#233;s et dangereux pour des reportages, &#224; l'autre bout du monde ou dans des manifestations pr&#232;s de chez nous. Et si, dans ce contexte, nous avons un accident de travail ou tombons tout simplement malades ? Nous ne sommes alors pas toujours prot&#233;g&#233;&#183;e&#183;s. C'est le cas de nombreux correspondant&#183;e&#183;s &#224; l'&#233;tranger, qui aimeraient b&#233;n&#233;ficier pleinement de leur statut de salari&#233;s, avec une vraie protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de sanctions, les directions de nombreux m&#233;dias, agences ou bo&#238;tes de production n'h&#233;sitent pas &#224; imposer aux pigistes le statut d'auto-entrepreneur qui les prive de toute cotisation salariale et des couvertures sociales, retraite et ch&#244;mage qui y sont li&#233;es. Ce statut ill&#233;gal fragilise les pigistes. M&#234;me quand nous sommes pay&#233;&#183;e&#183;s en salaire, comme le dispose la loi, la faiblesse des r&#233;mun&#233;rations est souvent telle que nombre d'entre nous d&#233;couvrent &#224; l'occasion d'un arr&#234;t maladie ou d'un cong&#233; maternit&#233; n'avoir droit &#224; aucune indemnit&#233; journali&#232;re, alors que nous avons cotis&#233; des ann&#233;es. Et pour celles et ceux qui en b&#233;n&#233;ficient, obtenir le compl&#233;ment employeur de cette indemnit&#233; rel&#232;ve du parcours du combattant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, journalistes pigistes, ne sommes ni des for&#231;ats de l'info, ni la variable d'ajustement des m&#233;dias. Nous souhaitons &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;&#183;e&#183;s &#224; un tarif d&#233;cent, et &#224; la fin du mois o&#249; nous rendons notre sujet. Certain&#183;e&#183;s d'entre nous ont publi&#233; des articles ou des photos depuis plus d'un an et attendent toujours leurs salaires. Nous sommes souvent oblig&#233;&#183;e&#183;s de relancer plusieurs fois les r&#233;dactions afin de recevoir notre paie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; la loi du 4 juillet 1974 dite &#171; loi Cressard &#187;, nous exigeons d'&#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;&#183;e&#183;s en salaire, et non sur facture ou en droits d'auteurs. Nous demandons aussi que certains m&#233;dias arr&#234;tent d'int&#233;grer abusivement les cong&#233;s pay&#233;s, le treizi&#232;me mois et l'anciennet&#233; dans le tarif annonc&#233; et convenu. Tous les frais doivent aussi nous &#234;tre rembours&#233;s quand un reportage a &#233;t&#233; command&#233; en amont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons aussi et surtout une revalorisation g&#233;n&#233;rale des tarifs de piges. Celle-ci devra prendre en compte la r&#233;alit&#233; de notre travail, avec une inscription syst&#233;matique des salaires des pigistes dans les n&#233;gociations annuelles obligatoires pour pouvoir b&#233;n&#233;ficier des m&#234;mes augmentations que les journalistes int&#233;gr&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous invitons tou&#183;te&#183;s les journalistes et citoyen&#183;ne&#183;s &#224; nous soutenir et &#224; partager cette tribune pour mener ce combat avec nous. Lectrices, lecteurs, nous avons besoin de vous pour d&#233;fendre nos droits, pour que nous puissions continuer de vous proposer un journalisme de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Le collectif Ras La Plume, avec le soutien de plusieurs collectifs, syndicats et associations.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Les collectifs, syndicats et associations signataires :&lt;/strong&gt; Collectif Youpress - Collectif Les Incorrigibles - Collectif La Fourmili&#232;re - Collectif Le Terrier - Collectif Press On - Collectif 2026 - Collectif We Report - Collectif Les Journalopes - Collectif Argos - Collectif Extra-Muros - Collectif Les Plum&#233;&#183;e&#183;s - Collectif Spartacus des correspondants de radios francophones - Collectif des pr&#233;caires de RFI - Collectif de pigistes du Monde - Collectif Antidotes - Collectif Presse-Papiers - Collectif Premi&#232;re Personne - Collectif Pigeons ! - Collectif item - Collectif Singulier - Collectif Paye toi un journaliste - Collectif Tu Piges ! - Collectif La Friche - Paye Ta Pige - Collectif le Schmilblick - Collectif Premi&#232;re Personne - L'Union des Photographes professionnels - Hans Lucas - Haytham - Divergence Images - Prenons La Une - Profession Pigiste - La F&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne des Journalistes - Syndicat National des Journalistes CGT - Union syndicale des journalistes CFDT - Info-com'CGT - Syndicat interprofessionnel de la presse, des m&#233;dias, de la culture et du spectacle - Syndicat g&#233;n&#233;ral du Livre et de la Communication &#233;crite CGT, section des correcteurs- Association des journalistes scientifiques de la presse d'information - Association des journalistes &#233;ducation-recherche - Club de la Presse de Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://docs.google.com/document/d/1coOMauxe3_jmP6c0aNZlL22RQA_Wuq71hqfJ6JccLrc/edit?ts=5c5999db&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La liste des signatures individuelles.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour signer le texte c'est &lt;a href=&#034;https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeXcLzHRgAv45DZSDqbTYaW7hC6J_RmvOdWGkqJufhXksjosw/viewform?vc=0&amp;c=0&amp;w=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pigistes : &#171; Nous ne voulons plus &#234;tre les for&#231;ats de l'info &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Pigistes-Nous-ne-voulons-plus-etre-les-forcats-de</link>
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		<dc:date>2017-03-16T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Nous pigistes, journalistes ind&#233;pendants, nous vivons la crise des m&#233;dias de plein fouet. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH120/arton5476-b5c06.jpg?1776737327' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous une &#171; tribune &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sign&#233;e par plusieurs collectifs de pigistes (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ok on prend le sujet. On te fera un bulletin de salaire &#224; ton nom et ensuite tu t'arranges avec le photographe. Ah, c'est pas possible ? Ben, on prend pas le sujet alors &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Des indemnit&#233;s de cong&#233;s maternit&#233;... Hum, pas s&#251;r que vous en ayez &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Oups, on a oubli&#233; de vous payer ce mois-ci, &#231;a arrivera &#224; la fin du mois prochain &#187;&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un floril&#232;ge de la vie de pigiste... en France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pigistes, journalistes ind&#233;pendants, nous vivons la crise des m&#233;dias de plein fouet. En cause, l'arriv&#233;e du tout gratuit sur Internet, la baisse de la pub dans les journaux papiers qui ne font plus le plein de lecteurs, la concentration des m&#233;dias aux mains de quelques gros groupes, le statut d'auto-entrepreneur - ill&#233;gal pour nous mais largement utilis&#233;, parfois &#224; la demande des r&#233;dactions - qui permet aux journaux d'&#233;conomiser les cotisations sociales, alors que dans certaines r&#233;dactions, les salaires d&#233;mesur&#233;s des chefs en feraient p&#226;lir plus d'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Variable d'ajustement des journaux, nous subissons depuis 2008 une baisse constante des tarifs des articles et une d&#233;gradation croissante de nos conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peut accepter d'&#234;tre pay&#233; parfois plus d'un an apr&#232;s parution d'un article ? D'avancer tous ses frais de reportage, c'est-&#224;-dire de payer pour travailler ? De voir le tarif fix&#233; d'un article revu &#224; la baisse en cours ou en fin de production, quand il n'est pas simplement annul&#233; sans contrepartie ? De n'avoir pas de r&#233;ponse des r&#233;dacteurs en chef, qui sont, certes nos sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques mais aussi des confr&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous nous appelons, avec un brin d'autod&#233;rision, les &#171; for&#231;ats de l'information &#187;, c'est parce que, derri&#232;re les pages bien calibr&#233;es de vos journaux, l'information est souvent propos&#233;e, relay&#233;e, v&#233;rifi&#233;e par des pigistes, qui proposent des angles originaux, partent en reportage en France et &#224; l'&#233;tranger et fournissent du travail de qualit&#233;, &#224; moindre co&#251;t pour les r&#233;dactions. Mais qui sait comment survivent la plupart d'entre nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre tribune s'alarme de la pr&#233;carisation de notre r&#233;mun&#233;ration, quel que soit le nombre d'ann&#233;es d'&#233;tudes ou d'exp&#233;rience, avec de nombreux pigistes qui gagnent seulement quelques centaines d'euros mensuels pour des semaines de 70 heures. Elle remet aussi en question une fa&#231;on de travailler que nous voyons comme la garante d'une ind&#233;pendance et d'une qualit&#233; journalistiques indispensables pour r&#233;tablir la confiance avec les lecteurs/t&#233;l&#233;spectateurs/auditeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre notre parcours du combattant, voici les grandes &#233;tapes de notre quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Quand on propose le sujet &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a y est, &#224; force de recherches - un temps long, n&#233;cessaire, mais non r&#233;mun&#233;r&#233; - le pigiste a trouv&#233; LA bonne id&#233;e de sujet. Synopsis (r&#233;sum&#233;) &#233;crit, il l'envoie par mail aux r&#233;dactions. Et attend&#8230; Souvent, obtenir une r&#233;ponse, un &#171; oui &#187; ou m&#234;me un &#171; non &#187;, rel&#232;ve du parcours du combattant. Il faut &#171; relancer &#187;, par mail, par t&#233;l&#233;phone, parfois durant des semaines. Et une incompr&#233;hension : r&#233;pondre par mail ne prend que quelques instants, alors pourquoi ne pas faire l'effort ? &#171; C'est qu'ils ne sont pas int&#233;ress&#233;s &#187; ? Que nenni. Il nous est tous arriv&#233; de vendre des sujets &#224; des magazines qui ont r&#233;pondu &#224; force de relances ! Mais quand la r&#233;ponse arrive - all&#233;luia - tout n'est pas gagn&#233;. Alors que les r&#233;dactions ont souvent conscience du faible salaire qu'elles proposent, certaines refusent que le pigiste &#171; revende &#187; (r&#233;&#233;crit, sous une autre forme) son sujet &#224; un autre support, m&#234;me non concurrentiel. C'est pourtant souvent pour le pigiste l'unique solution de gagner d&#233;cemment sa vie. Car passer une semaine sur un sujet pay&#233; 200 euros, non, ce n'est pas viable.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Quand on fait le sujet &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Premier challenge : avoir un engagement ferme de la r&#233;daction. Parce que oui, avant de partir en reportage &#224; c&#244;t&#233; de chez nous, au fin fond de la for&#234;t amazonienne ou dans une zone o&#249; la s&#233;curit&#233; laisse &#224; d&#233;sirer, nous avons besoin de savoir au nom de quel m&#233;dia nous travaillons et de nous assurer que le sujet sera bien publi&#233;/diffus&#233; et donc pay&#233;. Pourtant, combien de fois entendons-nous :&lt;i&gt; &#171; sujet int&#233;ressant, faites-le et on avise &#224; votre retour &#187; &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si la r&#233;daction ne prend finalement pas le sujet, j'aurais fait le reportage pour rien ? Qui travaille ainsi, sans garantie ? Et s'il m'arrive quoi que ce soit en reportage, qui me couvre ? Une situation d'autant plus alarmante que les m&#233;dias rechignent de plus en plus &#224; envoyer leurs propres journalistes sur des terrains compliqu&#233;s, notamment en zone de conflit, pr&#233;f&#233;rant faire appel &#224; des pigistes. Moins prot&#233;g&#233;s par les r&#233;dactions, donc plus vuln&#233;rables en cas de probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre d&#233;fi &#224; relever par le pigiste avant de faire son sujet : faire prendre en charge les frais de reportage par la r&#233;daction. Jusqu'&#224; preuve du contraire, un article ne sort jamais d'une pochette surprise. Cela demande du temps, des d&#233;placements, un investissement financier. Pourquoi nous refuse-t-on alors de payer un billet de train ? Ou une nuit d'h&#244;tel parce qu'il n'est pas possible de faire l'aller-retour dans la journ&#233;e ? Refuser de prendre en charge les frais de reportage revient &#224; faire payer un pigiste pour qu'il fasse son travail. Y'a pas comme un hic ? Et pendant ce temps l&#224;, pour les journalistes int&#233;gr&#233;s &#224; une r&#233;daction la question ne se pose m&#234;me pas : s'ils partent en reportage, &#233;videmment que leurs d&#233;jeuners/nuit&#233;s/transports/taxis seront pay&#233;s par le m&#233;dia !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pour le pigiste, pas d'autre choix que de se transformer en roi du syst&#232;me D. Coucou la g&#233;n&#233;ration reportage-couch-surfing !&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Quand on rend le sujet &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une fois le sujet termin&#233;, le pigiste n'a en g&#233;n&#233;ral AUCUNE nouvelle de son article. Cela convient-il ? Y a-t-il des corrections &#233;ventuelles ? Souvent, la r&#233;daction s'agite 24h avant le bouclage ultime, alors que cela fait 3 semaines que l'article a &#233;t&#233; rendu, et que malheureusement, le pigiste est d&#233;j&#224; sur d'autres dossiers, quand pas au fin fond de la savane en reportage. Evidemment, sans ses carnets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans compter le travail de r&#233;&#233;criture. Un peu, c'est normal, mais reprendre trois ou quatre fois l'article quand la r&#233;daction a chang&#233; d'avis sur la forme de l'article, c'est du temps non r&#233;mun&#233;r&#233; et non pass&#233; sur d'autres piges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, parfois, les sujets sont publi&#233;s, mont&#233;s avec des erreurs ajout&#233;es par les r&#233;dacteurs en chef. Non, cette citation n'a jamais &#233;t&#233; prononc&#233;e, et le titre putassier, qu'on ne nous a pas fait valider, va &#224; l'encontre de votre angle. Mais qui va faire face &#224; un interlocuteur outr&#233; ? Le pigiste, bien s&#251;r, et non son chef ! Vous avez dit crise de confiance des lecteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Quand on est pay&#233; (si on est pay&#233;)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plupart des r&#233;dactions ont ainsi pour habitude de payer les piges seulement apr&#232;s parution. Or selon la p&#233;riodicit&#233; des m&#233;dias mais aussi les al&#233;as li&#233;s &#224; l'actualit&#233; et aux d&#233;cisions &#233;ditoriales, il peut s'&#233;couler un (tr&#232;s) long moment entre le jour o&#249; l'on transmet le fruit de notre travail et le jour o&#249; celui-ci est publi&#233;. Il n'est donc pas rare d'attendre plusieurs mois pour obtenir notre d&#251;. Un d&#233;calage difficile &#224; g&#233;rer alors que nos revenus nous permettent rarement d'avoir des &#233;conomies de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce syst&#232;me a une autre cons&#233;quence perverse : la tentation pour certains m&#233;dias de ne tout simplement pas r&#233;mun&#233;rer notre travail si celui-ci n'est finalement pas publi&#233;. Et cela tout en nous affirmant que sa qualit&#233; n'est pas remise en cause. Pourtant, le code du travail pr&#233;cise bien dans son article L7113-2 que &#171; &lt;i&gt;Tout travail command&#233; ou accept&#233; par l'&#233;diteur d'un titre de presse (...) est r&#233;mun&#233;r&#233;, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;m&#234;me s'il n'est pas publi&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;. Des consid&#233;rations dont s'encombrent peu certains r&#233;dacteurs en chef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cela peut sembler anecdotique mais ce ne l'est pas dans nos rapports avec l'administration et les services de l'Etat, il est &#233;galement fr&#233;quent que la date de la paie et la p&#233;riode de travail mentionn&#233;e sur le bulletin de salaire ne soient pas en ad&#233;quation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci est d'ailleurs souvent une surprise. La fourchette est ainsi tr&#232;s large entre les r&#233;mun&#233;rations propos&#233;es par les diff&#233;rents m&#233;dias. Entre un tarif &#224; 30 &#8364; le feuillet (1500 signes) et un autre &#224; 250 &#8364;, en passant par des r&#233;mun&#233;rations au forfait, il nous est difficile de nous y retrouver. Sans parler des grilles encore moindre propos&#233;es le plus naturellement du monde par certains m&#233;dias en ligne, par ailleurs salu&#233;s pour la qualit&#233; des articles qu'ils publient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, il nous est &#233;galement particuli&#232;rement difficile d'acc&#233;der aux avantages dont peuvent b&#233;n&#233;ficier les autres salari&#233;s des m&#233;dias auxquels nous collaborons. Comit&#233; d'entreprise, ticket restaurant, mutuelle maison ou prise en charge d'une partie du transport, ne font pas vraiment partie de notre vocabulaire. Quelques r&#233;dactions accordent cependant ce genre d'avantages &#224; leurs pigistes, mais &#224; condition de r&#233;aliser un certain volume de pige dans l'ann&#233;e, ce qui n'est pas ais&#233; quand on multiplie les employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Et les photographes ?&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='31' class='spip_cadre spip_cadre_block' dir='ltr'&gt;Les droits et les r&#233;mun&#233;rations des photographes sont chaque jour un peu plus rogn&#233;s. En cause, certaines r&#233;dactions qui refusent de fournir deux fiches de paie lorsque le travail est effectu&#233; par un bin&#244;me journaliste-photographe, quitte &#224; ce que cela soit, dans les faits, du travail dissimul&#233;. En cause aussi les contrats propos&#233;s par de plus en plus de r&#233;dactions pour &#171; syndiquer &#187; c'est &#224; dire, redistribuer nos photos, via diff&#233;rents canaux et plateformes, en &#233;change d'un maigre pourcentage, et cela alors que nos archives sont des sources de revenus non-n&#233;gligeables et que nous avons d&#233;j&#224; nos propres agences ou plateformes de diffusion. Les bar&#232;mes des prix, prenant en compte le tirage du m&#233;dia et la taille de l'image sont de plus en plus difficiles &#224; faire appliquer ; les forfaits &#224; la journ&#233;e et les frais se r&#233;duisent drastiquement, alors que les exigences de ces m&#234;mes r&#233;dactions et le co&#251;t du mat&#233;riel sont extr&#234;mement &#233;lev&#233;s. De m&#234;me, la multiplication des banques d'images aux co&#251;ts d&#233;risoires a habitu&#233; certaines r&#233;dactions aux images quasi gratuites, g&#233;n&#233;riques et sans int&#233;r&#234;t journalistique et ont grandement contribu&#233; &#224; la d&#233;valorisation de notre m&#233;tier et de notre savoir-faire. Enfin, le vol de photos sur internet pour illustrer des articles est une pratique courante&lt;/textarea&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'apr&#232;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vu le tarif auquel nous travaillons, beaucoup d'entre nous fr&#233;quentent P&#244;le Emploi ou cumulent des activit&#233;s annexes.&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Comme pour les intermittents, les entreprises de presse se reposent sur le contribuable pour r&#233;mun&#233;rer ceux qui travaillent pour elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement voil&#224; nous surfons en permanence sur les marges de la l&#233;galit&#233;. Ce que dit la loi Cressard, qui r&#233;git notre statut ? &#171; Toute convention par laquelle une entreprise de presse s'assure, moyennant r&#233;mun&#233;ration, le concours d'un journaliste professionnel &#187; est &#171; pr&#233;sum&#233;e &#234;tre un contrat de travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'agit-il d'un CDD ou d'un CDI ? Le flou r&#232;gne, car nous ne signons jamais aucun contrat de travail. Alors, par d&#233;faut, P&#244;le Emploi comme nos employeurs nous traitent, administrativement, comme des CDD &#224; r&#233;p&#233;tition. Bien que ce soit ill&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La collecte des attestations d'employeur prend un temps d&#233;lirant. &#192; notre charge d'appeler, de rappeler les services paie de tous nos employeurs pour d&#233;crocher tous les fameux s&#233;sames. Certains employeurs rechignent &#233;galement &#224; nous les donner. Ensuite, il faut que les attestations en question soient correctement remplies. Une t&#226;che ardue, vue la complexit&#233; de notre statut. Mais une feuille erron&#233;e, c'est un trop-per&#231;u de vers&#233;, des d&#233;marches &#224; recommencer&#8230; Si l'on compte le temps pris par notre conseiller P&#244;le Emploi &#224; essayer de comprendre comment g&#233;rer notre situation, le n&#244;tre &#224; demander les papiers, leur rectification, l'envoi de nos bulletins de salaires ET de nos attestations, cela repr&#233;sente une part non n&#233;gligeable de notre temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Une profession qui se pr&#233;carise&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='10' class='spip_cadre spip_cadre_block' dir='ltr'&gt;Sur les 36 000 journalistes encart&#233;s, 22% sont des pigistes. Ce chiffre grossit d'ann&#233;e en ann&#233;e, puisque 66% des nouvelles cartes sont d&#233;livr&#233;es &#224; des CDD ou des pigistes. Contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, nous ne sommes pas des &#034;petits jeunes&#034;, puisque 57% d'entre nous ont plus de 35 ans. Le salaire m&#233;dian est de 1961 euros bruts, contre 3469 euros chez les CDI en r&#233;daction ! 30% des pigistes gagnent eux moins de 1500 euros bruts. Pr&#233;cisons que nous ne connaissons pas les 35h et que nos semaines sont &#233;lastiques &#224; l'infini.&lt;/textarea&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Les femmes, plus pr&#233;caires&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;
&lt;textarea readonly='readonly' cols='40' rows='7' class='spip_cadre spip_cadre_block' dir='ltr'&gt;Les sp&#233;cialistes de l'emploi remarquent que la f&#233;minisation d'une profession va souvent de pair avec sa pr&#233;carisation. Le journalisme n'y &#233;chappe pas ! Alors que seulement 36% des femmes sont r&#233;dactrices en chef en presse &#233;crite, le chiffre tombe &#224; 23% en TV et en radio. Quant &#224; la pige, les femmes sont d&#233;sormais majoritaires, repr&#233;sentant 51,5% des ind&#233;pendants et 56% des CDD.&lt;/textarea&gt;&lt;/center&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Cons&#233;quences &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de nos cas individuels, c'est la qualit&#233; m&#234;me du journalisme qui est remise en question. Travailler constamment dans l'urgence, passer moins de temps sur nos sujets, quitte &#224; aller trop vite, &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233; au lance-pierres, c'est aussi faire du travail de moins bonne qualit&#233; et cr&#233;er les conditions de la perte de confiance des lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sortir du constat victimaire, nous aimerions fournir des outils pour restaurer un &#171; partenariat &#187; sain avec les r&#233;dactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; M&#234;me d&#233;bord&#233;s, les r&#233;dacteurs en chef doivent r&#233;pondre aux pigistes, m&#234;me rapidement, aux propositions qui leur sont faites. Sans nos propositions, les pages des journaux et les programmes TV seraient bien vides !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ils doivent s'engager fermement avant les reportages, gr&#226;ce &#224; un bon de commande. D&#233;finir les conditions de la collaboration avant le d&#233;part : tout est clair (sujet, format, tarif, date de rendu&#8230;), pour les deux parties. Pourtant, une majorit&#233; des r&#233;dactions ne le font pas. Mais si jamais le sujet est publi&#233; sur plus de pages que pr&#233;vu, il faut pr&#233;voir une augmentation de la r&#233;mun&#233;ration pour les journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les pigistes doivent &#234;tre pay&#233;s au rendu de l'article : libre &#224; la r&#233;daction de publier le sujet 6 mois plus tard, mais le pigiste n'a pas &#224; supporter ce d&#233;lai, qui creuse son budget de fa&#231;on cons&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le journalisme sur Internet, qui sera sans doute le support du futur, doit faire des efforts pour payer d&#233;cemment les pigistes. Nous ne pouvons fournir des enqu&#234;tes approfondies avec 10 photos pour 100 euros bruts, quand nous avons travaill&#233; 3 semaines enti&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le tarif des piges doit &#234;tre revu &#224; la hausse parce qu'il n'y a aucune raison qui justifie de telles diff&#233;rences de r&#233;mun&#233;ration entre un journaliste en poste et un journaliste r&#233;mun&#233;r&#233; &#224; la pige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nous demandons &#224; ce que les r&#232;gles avec P&#244;le Emploi soient &#233;claircies et que les r&#233;dactions prennent en compte les complexit&#233;s et particularit&#233;s de notre statut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Liste des signataires&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; compl&#233;ter &#233;ventuellement &#8211; note d'Acrimed.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.youpress.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le collectif Youpress&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/collectifpremierepersonne/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le collectif Premi&#232;re personne&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://medium.com/@LesJournalopes/les-journalopes-nouveau-collectif-de-journalistes-ind%C3%A9pendants-a438a6a48b49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Journalopes&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://collectif-lafourmiliere.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Fourmili&#232;re&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://press-on.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Press On&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lesincorrigibles.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Incorrigibles&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.leterrier.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Terrier&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.c2026.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le collectif 2026&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.presse-papiers.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Presse-Papiers&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cestlest.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le collectif de l'Est&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/atterres/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Journalistes atterr&#233;s&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.collectifargos.com/le-collectif&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le collectif Argos&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://lesplumees.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les plum&#233;.e.s&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.callipige.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Callipige&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://extra-muros.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extra-Muros&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;seau Spartacus&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://pigiste.org/pigiste.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Profession : pigiste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une version plus courte de cette tribune fait l'objet d'&lt;a href=&#034;https://www.change.org/p/les-entreprises-de-presse-nous-ne-voulons-plus-%C3%AAtre-les-for%C3%A7ats-de-l-info?recruiter=321846591&amp;utm_source=share_petition&amp;utm_medium=copylink&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une p&#233;tition&lt;/a&gt; propos&#233;e par les collectifs Youpress et La Fourmili&#232;re et adress&#233;e aux entreprises de presse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas n&#233;cessairement toutes les positions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; compl&#233;ter &#233;ventuellement &#8211; note d'Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pigistes, enfer social : le d&#233;plorable exemple d'un m&#233;dia web fran&#231;ais (Ijsberg)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Pigistes-enfer-social-le-deplorable-exemple-d-un-media-web-francais-Ijsberg</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Pigistes-enfer-social-le-deplorable-exemple-d-un-media-web-francais-Ijsberg</guid>
		<dc:date>2016-02-08T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un cas (parmi bien d'autres) de maltraitance des pigistes.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-precaire-" rel="directory"&gt;Le journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journalisme-precaire-+" rel="tag"&gt;Journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L119xH150/arton4858-c4f6c.png?1776737327' class='spip_logo spip_logo_right' width='119' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un journal qui arbore fi&#232;rement son &#171; Prix Google/Sciences Po de l'innovation en journalisme 2014 &#187;, mais qui ne risque pas de gagner le prix de l'excellence sociale. Ijsberg, m&#233;dia web (fran&#231;ais), propose &#224; ses lecteurs de prendre leur temps pour lire de longs reportages &#171; calmement &#187;. Du calme et de la patience, il en faut manifestement aussi pour les pigistes qui y travaillent : salaires pay&#233;s tr&#232;s en retard (quand il sont pay&#233;s), publication des mois apr&#232;s r&#233;ception de l'article, paiement des piges sur factures (plut&#244;t qu'avec des fiches de paie), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emball&#233;s par la promesse, vendue par les fondateurs, d'un m&#233;dia qui se voulait novateur, faisant large place &#224; des sujets non trait&#233;s ailleurs et ouvert &#224; la collaboration de journalistes d&#233;butants, certains pigistes d'Ijsberg ont pay&#233; cette ouverture au prix de conditions de travail d&#233;plorables. Aujourd'hui, ils m&#232;nent campagne pour faire valoir leurs droits. Acrimed soutient cette campagne et publie ici des t&#233;moignages de journalistes concern&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la demande de leurs auteurs, nous avons anonymis&#233; les t&#233;moignages, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ijsberg est loin de repr&#233;senter un cas isol&#233; dans la maltraitance des pigistes. &#192; ce titre, la presse web semble particuli&#232;rement concern&#233;e. Alors qu'Internet accueille des exp&#233;rimentations journalistiques qui peuvent &#234;tre riches, les &#171; pure-players &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;dias uniquement sur le web.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont aussi, parfois, des enfers pour pigistes. Nous y reviendrons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Depuis ses d&#233;buts, Ijsberg n'a d&#233;clar&#233; aucun de ses pigistes. Il s'agit donc de travail dissimul&#233; &#224; grande &#233;chelle. &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pigiste depuis un bon moment, j'ai roul&#233; ma bosse avec pas mal de m&#233;dias mainstream et d'autres plus confidentiels. J'ai co-&#233;crit deux reportages au tr&#232;s long format pour Ijsberg, de 25 &#224; 40000 signes en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je les avais sollicit&#233;s &#224; l'&#233;poque car leur projet laissait la place libre au r&#233;cit, &#224; la longueur et &#224; des sujets disons trop atypiques pour d'autres supports qui ont refus&#233; ces sujets. J'ai &#233;t&#233; pay&#233; 150 euros par publication. Une somme d&#233;risoire que j'ai accept&#233;e parce que les sujets me tenaient &#224; c&#339;ur mais aussi parce qu'il me semblait normal de filer un coup de pouce &#224; ce m&#233;dia qui pr&#244;nait une autre vision du journalisme. Nous nous &#233;tions mis d'accord &#224; l'&#233;poque avec les responsables d'Ijsberg pour que je sois r&#233;mun&#233;r&#233; en salaire, je refuse par principe d'&#234;tre pay&#233; en auto-entrepreneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai re&#231;u un virement deux mois plus tard, sans jamais obtenir les bulletins de salaires malgr&#233; mes demandes r&#233;p&#233;t&#233;es. Un artiste qui a illustr&#233; l'un des r&#233;cits que j'ai co-&#233;crit n'a quant &#224; lui jamais &#233;t&#233; pay&#233;, sous pr&#233;texte qu'il n'avait pas de carte vitale. Ce qui au passage prouve bien qu'Ijsberg &#233;tait dans la d&#233;marche d'&#233;tablir des fiches de paie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; particuli&#232;rement choqu&#233; du story-telling &#034;jolie r&#233;ussite d'un m&#233;dia transparent, ind&#233;pendant et gratuit&#034; [que les fondateurs d'Ijsberg] r&#233;pandent depuis quelques mois sur les r&#233;seaux sociaux. Car la r&#233;ussite d'Ijsberg s'appuie surtout sur les contributions d'une centaine de collaborateurs dont ils bafouent les droits les plus &#233;l&#233;mentaires. Nous autres pigistes, avons besoin de salaires pour faire valoir nos droits aupr&#232;s de P&#244;le emploi et de la carte de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fiches de paie manquantes, &#231;a peut paraitre anodin, mais pour nous autres pr&#233;caires c'est la base de notre &#034;survie&#034; dans un milieu d&#233;j&#224; hostile. Depuis ses d&#233;buts, Ijsberg n'a d&#233;clar&#233; aucun de ses pigistes. Il s'agit donc de travail dissimul&#233; &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but je pensais qu'ils faisaient preuve d'une incomp&#233;tence enfantine. Aujourd'hui, le doute n'est plus permis : il s'agit d'une fraude massive. Quand nous avons commenc&#233; notre lev&#233;e de boucliers sur les r&#233;seaux sociaux, Ijsberg nous a promis ces fameuses fiches de paie en proposant une compensation. Je leur ai demand&#233; 1000 euros. C'est une requ&#234;te symbolique. L'argent ne compte pas : sinon il y a belle lurette que j'aurais arr&#234;t&#233; ce m&#233;tier ou en tout cas la pige. Il est n&#233;cessaire qu'ils stoppent d&#232;s que possible ces m&#233;thodes de (jeunes) patrons voyous, et surtout que plus personne ne tombe dans le panneau. Ijsberg attire des jeunes journalistes, qui (pensaient-ils) ne savent pas forc&#233;ment se d&#233;fendre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Apr&#232;s trois ou quatre relances, j'ai &#233;t&#233; pay&#233;... au noir. Ni facture, ni fiche de paie, rien. &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai publi&#233; un long format sur Ijsberg. Le tarif convenu &#233;tait de 150 euros, c'est-&#224;-dire rien pour un 35 000 signes r&#233;alis&#233; &#224; l'&#233;tranger. Mais j'avais accept&#233; le tarif car l'article &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;crit et que c'&#233;tait le seul moyen de vendre et de publier un reportage long format r&#233;alis&#233; six mois auparavant. Le sujet me tenait vraiment &#224; c&#339;ur, et j'ai donc accept&#233; un tarif que je refuse habituellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publication en f&#233;vrier, je relance en mars pour savoir quand et comment j'allais &#234;tre pay&#233; vu que rien ne venait de leur part. Et apr&#232;s trois ou quatre relances tr&#232;s proches dans le temps j'ai &#233;t&#233; pay&#233;... au noir en avril. Ni facture, ni fiche de paie, rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis parti avec un photographe. Ils avaient convenu de le payer 150 euros lui aussi. En fait, j'ai l'impression que les longs formats &#233;taient pay&#233;s 300 euros et qu'ils ont profit&#233; d'avoir un photographe sur mon sujet pour diviser la note par deux et ne jamais payer la deuxi&#232;me moiti&#233;... Le photographe les a relanc&#233;s, leur a envoy&#233; une facture, les a relanc&#233;s et relanc&#233;s et n'a jamais &#233;t&#233; pay&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils nous avaient accept&#233; un deuxi&#232;me sujet, mais en voyant qu'ils ne payaient ou ne d&#233;claraient pas, on a refus&#233; de leur filer une autre pige gratuitement&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; [Ijsberg] ne r&#233;pondait plus &#224; mes messages ni &#224; mes appels t&#233;l&#233;phoniques ou Skype. J'ai d&#251; faire appel &#224; un avocat. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai &#233;crit un article court et un mini dossier qui me tenait &#224; c&#339;ur (35 000 signes). Je pense que comme beaucoup d'autres j'ai &#233;t&#233; charm&#233; par leur volont&#233; de traiter de mille sujets diff&#233;rents tout en laissant une libert&#233; dans l'&#233;criture. Les tarifs (bien bas, certes), j'&#233;tais pr&#234;t &#224; m'en contenter un moment pour que d'autres lisent des articles int&#233;ressants. Apr&#232;s pas mal de boulot et plusieurs corrections Florent Tamet [co-fondateur d'Ijsberg] m'a demand&#233; mes infos pour un virement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224; je n'ai pas paniqu&#233;. En revanche, j'ai commenc&#233; &#224; trouver tout cela suspect quand la r&#233;daction m'a dit qu'il &#233;tait impossible de faire un virement sur mon compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire de banque, mon num&#233;ro SWIFT qui ne serait pas suffisant... Sauf que des virements j'en ai d&#233;j&#224; re&#231;us et qu'il ne faut pas un extrait d'ADN et le sang de douze vierges pour que &#231;a fonctionne. Puis j'ai contact&#233; d'autres journalistes d'Ijsberg. L'un n'avait jamais eu de probl&#232;mes avec eux &#224; l'&#233;poque. [&#8230;] L'autre n'avait pas encore &#233;t&#233; pay&#233; non plus mais il avait une entente avec eux. S'en sont suivis des mails sans r&#233;ponses, des messages Facebook et des interpellations sur Twitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florent [Tamet] ne r&#233;pondait plus &#224; mes messages ni &#224; mes appels t&#233;l&#233;phoniques ou Skype. J'ai d&#251; faire appel &#224; un ami avocat ici. La mise en demeure a &#233;t&#233; rapide. Moins d'une semaine plus tard je recevais un mail de Florent Tamet &#224; toutes mes adresses mail :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#034;Bonsoir, le ch&#232;que relatif &#224; la mise en demeure transmise par votre avocat partira au courrier de lundi matin. Il arrivera dans un d&#233;lai raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'ai eu droit &#224; 245 euros et m&#234;me au vouvoiement. Quelques jours plus tard j'ai re&#231;u le ch&#232;que (plus d'un an apr&#232;s ma premi&#232;re publication). J'ai eu la chance d'&#234;tre pay&#233; et d'avoir eu envie d'insister. Ce qui me met le plus en col&#232;re ce n'est pas les paiements manqu&#233;s mais la mauvaise foi, le silence radio quand on insiste pour avoir ce qui nous revient (alors que les tarifs sont franchement ind&#233;cents).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a tous fait face &#224; des r&#233;dactions pas toujours au point sur les paiements ou un peu lentes. Mais rouler des dizaines de personnes sans explication avec arrogance &#231;a ne passe pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; On leur [a] livr&#233; un reportage. Un an apr&#232;s, on n'a toujours pas &#233;t&#233; publi&#233;s ni pay&#233;s. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons r&#233;alis&#233; un reportage pour Ijsberg, suite &#224; une de leur commande. 23 000 signes pour un long format qu'ils devaient nous payer environ 300 euros (un beau cadeau d&#233;j&#224;...). S&#233;bastien Bossi [fondateur d'Isjberg] nous fait tourner en bourrique depuis ce temps-l&#224;. On leur avait livr&#233; un reportage tr&#232;s terrain, le tout ponctu&#233; de l'analyse de LA sp&#233;cialiste du sujet. Un an apr&#232;s, on n'a toujours pas &#233;t&#233; publi&#233;s ni pay&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Les articles sont &#233;crits par des journalistes aux quatre coins du monde pour qui il n'y a aucune consid&#233;ration. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai &#233;crit plusieurs articles pour [Ijsberg], pay&#233; 25-30 euros, et un dossier pay&#233; 250 euros pour 7 papiers. C'est tr&#232;s peu, mais j'&#233;tais pr&#233;venu, et comme beaucoup ici, le but &#233;tait de publier, qui plus est dans un m&#233;dia &#034;novateur et prometteur&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils m'ont tout pay&#233;, par contre je n'ai re&#231;u qu'une facture pour mes deux premiers articles, rien par la suite. J'avoue que &#231;a m'a peu pr&#233;occup&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent mais maintenant que je grandis et que je vais devoir d&#233;clarer mes imp&#244;ts, &#231;a risque d'&#234;tre emb&#234;tant effectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis dit qu'ils d&#233;butaient, qu'ils devaient avoir peu de moyens, que ces &#034;erreurs&#034; &#233;taient dues &#224; leur jeunesse et inexp&#233;rience, et que commencer l'aventure d&#232;s le d&#233;but serait un moyen de tisser de bonnes relations pour des futures collaborations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me sid&#232;re, comme d'autres, c'est cette fa&#231;on de se prendre pour les nouveaux Albert Londres alors que les mecs n'ont pas &#233;crit un papier. Le concept du m&#233;dia est tr&#232;s styl&#233; et l'esth&#233;tique r&#233;ussie, tr&#232;s bien. Mais les articles sont &#233;crits par des journalistes aux quatre coins du monde pour qui il n'y a aucune consid&#233;ration. Quand je bossais [pour Ijsberg] je m'arrachais les cheveux pour avoir des retours de Florent Tamet [co-fondateur d'Ijsberg], qui a finalement publi&#233; sans me montrer le r&#233;sultat... ni m&#234;me r&#233;pondre &#224; mes mails apr&#232;s coup, pour faire un bilan sur ces publications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais demand&#233; &#224; S&#233;bastien [Bossi, fondateur d'Ijsberg] un peu plus d'infos sur Ijsberg, son &#233;volution, ses perspectives... Je dois &#234;tre parmi les premiers contributeurs et &#231;a me semblait l&#233;gitime d'en savoir plus sur un m&#233;dia pour lequel j'&#233;cris. Sa r&#233;ponse en dit long sur sa fa&#231;on de voir les choses :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mon job (et celui de l'&#233;quipe) est de g&#233;rer l'entreprise, vous de me proposer des articles. Je comprends que vous souhaitiez en savoir plus, mais ce qui vous concerne c'est &#8220;prennent-ils mes articles, font-ils tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir une publication de qualit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; J'ai demand&#233; pendant des mois &#224; recevoir une fiche de paie, on m'a toujours r&#233;pondu &#034;la semaine prochaine&#034;. Ces pratiques sont la norme chez Ijsberg. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans mon cas, j'ai vendu un reportage photo et &#233;crit &#224; Ijsberg. C'&#233;tait un reportage &#224; l'&#233;tranger pour lequel j'ai re&#231;u un virement bancaire de 300 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai demand&#233; pendant des mois &#224; recevoir une fiche de paie, ce &#224; quoi on m'a toujours r&#233;pondu &#034;la semaine prochaine&#034;. Ces pratiques sont la norme chez ijsberg. Un an plus tard, je n'ai toujours pas de fiche de paie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Ijsberg ont le pire salaire jamais con&#231;u &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai r&#233;dig&#233; un papier de taille &#034;normale&#034; pay&#233; au bout de 4 mois puis un article au long cours (45 000 signes, avec vid&#233;os et tout le tralala) pay&#233; en deux temps, car ils ne m'avaient vers&#233; au d&#233;but que 90 euros sur les 150 euros pr&#233;vus (j'ai d&#251; les relancer). Je n'ai jamais re&#231;u de fiche de paye, bien que j'aie demand&#233; &#224; &#234;tre factur&#233; et qu'ils m'aient indiqu&#233; qu'ils s'en occuperaient au plus vite &#8211; ils ont apparemment oubli&#233;, c'&#233;tait il y a plus d'un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cision, au d&#233;but, je voulais faire un essai, voir o&#249; ce m&#233;dia allait. J'&#233;tais plut&#244;t de ceux qui le d&#233;fendaient, malgr&#233; ses tarifs&#8230; je ne trouve pas le mot ! Je trouvais le concept novateur, le m&#233;dia bien foutu, etc. Et je le trouve toujours. Mais tout de m&#234;me, j'ai fait ce long reportage car j'ai gagn&#233; une bourse, sinon je n'aurais jamais pu le financer. Le format d'Ijsberg convenait pour publication, mais j'ai d&#233;cid&#233; ensuite d'arr&#234;ter de les laisser profiter d'un travail si cons&#233;quent pour un prix si merdique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, ce qui &#233;tait une condition li&#233;e au lancement d'un m&#233;dia jeune semble avoir &#233;t&#233; un peu plus que cela : la volont&#233; de profiter de pigistes disponibles et pr&#234;ts &#224; tout pour voir leur histoire publi&#233;e. L'autosuffisance n'est pas condamnable p&#233;nalement, mais le travail au noir l'est, et en voyant que beaucoup n'ont pas &#233;t&#233; pay&#233;s et que personne n'a eu de vraie facture, je suis enclin &#224; rejoindre la campagne [men&#233;e actuellement par des journalistes contre les pratiques d'Ijsberg] pour leurs demander des comptes. J'ai moi aussi demand&#233; une fiche de paie et une compensation de 1000 euros pour pr&#233;judices. Ils n'ont pas r&#233;pondu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ijsberg n'est pas le seul m&#233;dia &#224; enfreindre certaines r&#232;gles, notamment ne pas faire de contrat de travail, mais ils ont tout de m&#234;me le pire salaire jamais con&#231;u. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; 85 euros tout rond. Pour les deux articles ou un seul ? Aucune id&#233;e. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai rendu un papier en octobre (suite &#224; une proposition accept&#233;e par les chefs d'Ijsberg), [7 mois plus tard] je n'&#233;tais toujours pas pay&#233;. L'article a &#233;t&#233; publi&#233; 6 mois apr&#232;s, sans m'avertir au pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre papier a &#233;t&#233; rendu le m&#234;me mois (toujours suite &#224; une proposition accept&#233;e par les chefs d'Ijsberg). Idem, [7 mois plus tard] je n'&#233;tais toujours pas pay&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le mois suivant, quelle merveilleuse surprise que de d&#233;couvrir de bon matin un versement de la part d'Ijsberg : 85 euros tout rond. Pour les deux articles ou un seul ? Aucune id&#233;e. En salaire ou au noir ? Itou. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; &#192; mes questions sur le sujet [statut du pigiste], on me sortait un statut de correspondant de presse. &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour ma part, j'ai fait un papier de 15 000 signes pay&#233; 30 euros (40 peut-&#234;tre, je ne sais plus). Pas de fiche de paie malgr&#233; ma demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai collabor&#233; avec eux au lancement d'Ijsberg, j'avais m&#234;me eu un genre d'entretien avec la clique du d&#233;but &#224; Paris. &#192; l'&#233;poque j'&#233;tais hyper emball&#233; par le projet mais je sentais un peu l'anguille sous roche niveau statut/r&#233;mun&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mes questions sur le sujet, on me sortait un statut de correspondant (qui n'existe qu'en PQR &#8211; &#034;correspondant de presse&#034; &#8211; selon mes recherches), ce que je trouvais d&#233;j&#224; curieux vu que j'&#233;tais bas&#233; &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'info sur le montant de la r&#233;mun&#233;ration, mais j'avoue avoir peu insist&#233; car j'avais vraiment envie d'&#233;crire pour eux, et besoin de faire des articles (je cherchais du boulot et j'&#233;tais un peu dans la lose). Je me suis dit que &#231;a allait &#234;tre dans les tarifs de pure-players et voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me rappelle d'un mail collectif de [Florent] Tamet [co-fondateur d'Ijsberg] de septembre 2014 parlant de la r&#233;mun&#233;ration et des d&#233;marches. Quand j'ai vu le mot &#034;facture&#034; je me suis dit que c'&#233;tait n'importe quoi. J'ai donc demand&#233; une fiche de paie, je n'ai jamais eu de r&#233;ponse. Sur le coup &#231;a m'a pr&#233;occup&#233;, puis je suis pass&#233; &#224; autre chose... Quand j'ai vu le manque de s&#233;rieux et la faible r&#233;mun&#233;ration, j'ai d&#233;cid&#233; de ne pas leur livrer l'autre papier que je pr&#233;parais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Post-Scriptum&lt;/i&gt; (8 f&#233;vrier, 13h) : Un correspondant nous signale que &lt;a href=&#034;https://medium.com/making-of/nous-levons-120-000-pour-acc%C3%A9l%C3%A9rer-les-projets-d-ijsberg-59b08c991fa1#.ocbluwouf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans un billet publi&#233; le 19 janvier&lt;/a&gt;, Ijsberg promettait de &lt;i&gt;&#171; double[r] la r&#233;mun&#233;ration des piges pour l'ann&#233;e 2016 &#187;&lt;/i&gt; gr&#226;ce &#224; une lev&#233;e de fonds. Affaire &#224; suivre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; la demande de leurs auteurs, nous avons anonymis&#233; les t&#233;moignages, et supprim&#233; des indications permettant de les identifier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#233;dias uniquement sur le web.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Pigistes de tous les pays, unissez-vous ! &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Pigistes-de-tous-les-pays-unissez-vous</link>
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		<dc:date>2015-04-13T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Oudit</dc:creator>


		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un r&#233;sum&#233; alarmant de la situation des journalistes ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-precaire-" rel="directory"&gt;Le journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journalisme-precaire-+" rel="tag"&gt;Journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un texte de Patricia Oudit, pigiste depuis 1995 pour de nombreux titres de presse g&#233;n&#233;raliste et sp&#233;cialis&#233;e, qui d&#233;crit et d&#233;nonce les conditions de travail de plus en plus d&#233;grad&#233;es des pigistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note de l'auteure (avril 2015)&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Ce texte &#233;crit en 2010, avec un sentiment d'impuissance et de col&#232;re, listait toutes les d&#233;rives dont nous sommes les victimes frontales. Si je l'ai ressorti aujourd'hui, c'est que tous les beaux discours de l'apr&#232;s &lt;/i&gt;Charlie&lt;i&gt; sur la presse et sa libert&#233; sont retomb&#233;s comme un souffl&#233;. Plus que jamais la m&#234;me indiff&#233;rence &#224; nos conditions de travail, toujours plus de b&#226;tons dans les roues, et cette impression de devoir mendier en permanence : pour monter un sujet et pour se le faire payer (tout court ou le moins mal possible, mais jamais en rapport avec l'&#233;nergie et le stress d&#233;pens&#233;). Certains d'entre nous se battent depuis des ann&#233;es pour pouvoir faire leur job correctement avec des bouts de ficelle et bient&#244;t on aura m&#234;me plus des bouts de ficelle. &#192; ce petit jeu, beaucoup ont abandonn&#233; ou ont perdu leur carte de presse. Et quand on ne fera plus, faute de moyens, que du copier-coller sur internet et jamais plus de terrain, l&#224;, on fera comme pour &lt;/i&gt;Charlie&lt;i&gt; : on pleurera tous bruyamment, mais, &#224; post&#233;riori, sur un m&#233;tier qu'on a au mieux, pas d&#233;fendu, au pire contribu&#233; &#224; faire crever &#224; petit feu. Ce texte est la somme de mon exp&#233;rience personnelle et de ce que je vois et j'entends, tout le temps, depuis des ann&#233;es, comme un disque ray&#233;. Je ne suis pas Serge July, je n'ai pas sa force de frappe pour clamer que je suis amoureuse de mon m&#233;tier. Mais depuis trop longtemps, je me sens comme une amante &#233;conduite. Et je voudrais que &#231;a s'arr&#234;te avant de devenir compl&#232;tement cocue.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pigistes de tous les pays, unissez-vous !
&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Ou le r&#233;sum&#233; alarmant de la situation des journalistes ind&#233;pendants, situation qui n'est pas certes pas nouvelle mais qui s'est dramatiquement aggrav&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Travailler plus pour gagner moins.
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Pigiste sous-pay&#233; serait-il devenu un pl&#233;onasme ?&lt;/strong&gt; Pigistes voudrait-il dire pigeons ? Oui, si l'on en croit le manque de pugnacit&#233; de ces derniers &#224; contester les baisses de salaire affolantes de ces derni&#232;res ann&#233;es. De peur de perdre une collaboration r&#233;guli&#232;re, la majorit&#233; s'&#233;crase. Et finit par &#234;tre &#233;cras&#233;e. Au pays des pigistes, les fiches de paie ont &#233;t&#233; amput&#233;es de moiti&#233;, au bas mot, en quelques ann&#233;es, pour une charge de travail toujours plus grande et des d&#233;lais de bouclage toujours plus courts doubl&#233;s d'une programmation approximative, bref un inconfort de travail jamais atteint. Des grands groupes de presse qui baissent les salaires de 20 &#224; 30% sans vous en avertir ou alors, si, mais la veille de No&#235;l... Cerise sur le g&#226;teau : la presse gratuite qui pratique des prix d&#233;fiant l'entendement (10 euros du feuillet dans certains cas !). Quand vous &#234;tes pay&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de pigistes tournent aujourd'hui &#224; une moyenne de 1.000 euros mensuels. Peu importe, il leur est demand&#233; de faire une enqu&#234;te en avan&#231;ant les frais, le pigiste passant pour une sorte de clone interchangeable qui n'a pas de loyer &#224; payer ni de famille &#224; nourrir (et qui ne prenant jamais de vacances, peut &#234;tre d&#233;rang&#233; &#224; tous moments de l'ann&#233;e). Quand lass&#233;s d'avoir &#233;t&#233; taillables et corv&#233;ables, sans mercis, les moins endurants cessent purement et simplement leur activit&#233; de journaliste, les quelques tricards-smicards plus r&#233;sistants perdent aussi leur carte de presse parce qu'oblig&#233;s de devenir r&#233;dacteurs ailleurs pour boucler leurs fins de mois. Et que dire de cette culture de la gratuit&#233; qui s'est si vite install&#233;e pour les photographes de presse ? La plupart sont d&#233;sormais oblig&#233;s de d&#233;marcher d'autres clients pour vivre au risque de perdre &#224; terme, eux aussi, leur carte de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Du travail suppl&#233;mentaire&lt;/strong&gt;. Ainsi de plus en plus souvent, on demande aux pigistes de faire des synopsis qui peuvent n&#233;cessiter un travail de pr&#233;-enqu&#234;te cons&#233;quent qu'il n'est pas question de r&#233;tribuer. Si au final, cette pr&#233;-enqu&#234;te ne justifie pas une suite (et ce pour d'obscures raisons, souvent d'ordre financier), tout ce temps pass&#233; &#224; mettre &#224; contribution des contacts, que vous risquez de perdre au passage, n'aura servi &#224; rien. Il nous est &#233;galement demand&#233; de g&#233;rer la partie iconographie (recherche d'images) en fournissant des visuels libres de droit aux magazines. Ce qui induit &#233;galement un &#233;norme manque &#224; gagner pour les photographes ind&#233;pendants, qui sont de plus en plus oblig&#233;s de travailler pour les marques et les &#233;v&#233;nements lors desquels, bien souvent, une &#233;quipe r&#233;duite de photographes, voire un seul, arrose les magazines en images libres de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Des d&#233;lais de paiement de plus en plus longs&lt;/strong&gt;. Ainsi le magazine d&#233;cale, souvent sans vous pr&#233;venir, un sujet cens&#233; para&#238;tre le 15 du mois et se laisse la possibilit&#233; de le passer des semaines voire des mois plus tard tout en maintenant le paiement &#224; parution. Et se r&#233;serve aussi le droit de vous faire changer les textes sans vous payer en plus, quand la faute en incombe uniquement au d&#233;faut de planification des services concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Oralit&#233; des contrats&lt;/strong&gt;. &#192; part quelques groupes de presse qui ont, suite aux demandes r&#233;p&#233;t&#233;es des pigistes, &#233;labor&#233; des bons de commande &#233;crits, nous n'avons aucun recours en cas de non-parution. Certes nous pouvons parfois compter sur l'honn&#234;tet&#233; de la personne qui nous a command&#233; le sujet, mais nul n'est &#224; l'abri d'un changement de direction du journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#201;conomies de bouts de chandelles&lt;/strong&gt;... faites sans cesse sur le dos des pigistes (plus d'abonnement syst&#233;matique, suspicion g&#233;n&#233;ralis&#233;e sur les notes de frais&#8230;) Enfin, cela d&#233;pend l&#224; aussi, si on est riches ou mis&#233;rables, le traitement des notes de frais sera plus ou moins rapide et complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Des r&#233;utilisations sur le web&lt;/strong&gt; d'une masse de textes consid&#233;rable en &#233;change d'une somme &#171; forfaitaire &#187; ridicule. Quelques euros par mois le plus souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Et si on n'est pas d'accord ?&lt;/strong&gt; On peut partir, en effet, la porte nous est plus que grande ouverte. Mais il ne fait pas bon dehors pour les pigistes, peu d'occasions de collaborations r&#233;guli&#232;res se pr&#233;sentent. Il est aussi tr&#232;s difficile de se d&#233;fendre avec un statut b&#226;tard comme le n&#244;tre : un pigiste ne se fait jamais virer du jour au lendemain, c'est beaucoup plus subtil que cela. On lui fait comprendre qu'il va moins travailler. Moins ? Ca veut parfois dire 90% d'articles en moins. Que peut-il faire ? Rien ! On ne pourra coller notre employeur aux prud'hommes que s'il nous licencie et esp&#233;rer toucher ainsi quelques indemnit&#233;s. Et un pigiste qu'on licencie, &#231;a n'existe pas. Ceci explique cela&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L480xH336/500_______7-nous-pigeons-dans-la-presse_74-424dc.jpg?1776737327' width='480' height='336' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Adieu les magazines d'information ?
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La publicit&#233; qui conditionne les sujets, ce n'est pas nouveau&lt;/strong&gt;. La diff&#233;rence aujourd'hui, c'est que de plus en plus souvent, les r&#233;dacteurs en chef qui jusque-l&#224; tentaient de maintenir un semblant d'ind&#233;pendance r&#233;dactionnelle, ont bien trop souvent baiss&#233; les bras. D&#233;sormais, lorsqu'un pigiste propose un sujet, on appelle sans scrupule la pub devant lui pour savoir si le sujet en question peut en g&#233;n&#233;rer. Il arrive &#233;galement qu'un sujet refus&#233; cat&#233;goriquement la veille soit accept&#233; le lendemain, parce qu'entre temps, une pub en rapport avec le sujet est rentr&#233;e. L'int&#233;r&#234;t du sujet n'a que peu d'importance. Du moment qu'il ne co&#251;te rien. On a tous entendu : ah oui, super ton sujet ! Tu peux nous le rendre quand ? Sous-entendu, tu te d&#233;brouilles tout seul pour financer tout &#231;a et si &#231;a tient la route, on le publiera, ton reportage. Quand ? Ben, quand il y aura de la place&#8230; Faut pas trop en demander tout de m&#234;me &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Plus aucune prise en compte de la valeur ajout&#233;e d'un sujet&lt;/strong&gt;. Aussi bien de son caract&#232;re exclusif que du temps pass&#233; en enqu&#234;te ou reportage. Une v&#233;ritable n&#233;gation du travail de terrain, le sel de notre m&#233;tier, et une prime &#224; la m&#233;diocrit&#233; puisque le pigiste ne voit plus l'int&#233;r&#234;t, &#233;tant pay&#233; la m&#234;me somme (encore ce fameux forfait qui permet aux r&#233;dactions de payer moins) entre un sujet de desk (copier/coller sur internet, avec v&#233;rification pour les plus s&#233;rieux) et un reportage sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remise en question de la valeur de notre travail et interchangeabilit&#233; des plumes : puisqu'un travail de desk peut &#234;tre accompli par un stagiaire mal form&#233; mais sous pay&#233;, pourquoi s'en priver ? &#192; l'avenir, et c'est d&#233;j&#224; souvent le cas dans la presse gratuite, disparition du regard, de l'angle, et de l'esprit critique qui pr&#233;vaut lorsqu'on vit les choses sur le terrain et qu'on a &#233;t&#233; form&#233;s pour le faire. Sans oublier, &#224; terme, un ass&#232;chement des contacts et une perte de connaissance du milieu tout &#224; fait pr&#233;judiciable pour les pigistes qui sont sollicit&#233;s aussi et surtout pour l'importance de leurs carnets d'adresses et l'&#233;tendue de leurs r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Des journaux qui ne produisent plus aucun sujet.&lt;/strong&gt; Ou si peu. Le pigiste se voit donc dans l'obligation de ne recourir qu'&#224; des voyages de presse (en groupe ou &#171; sur-mesure &#187;, c'est &#224; dire individuel). M&#234;me les journaux qui ne les fr&#233;quentaient pas il y a encore quelques ann&#233;es, les acceptent aujourd'hui. On trouverait aujourd'hui incongru de prendre en charge un billet de train aller-retour. Le pigiste se retrouve alors dans une situation &#233;thiquement contestable et l&#224; encore dans un grand inconfort de travail. D'autant que ces m&#234;mes magazines vous demandent en prime l'exclusivit&#233; du sujet, tout en se r&#233;servant le droit de ne pas le faire para&#238;tre, malgr&#233; les frais engag&#233;s et le travail effectu&#233; par le journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutez &#224; cela que le voyage de presse, si individuel soit-il, ne permet pas, dans la majorit&#233; des cas au journaliste d'exercer -ou alors si peu- son droit de critique. S'il n'en parle pas, autre solution, il n'est pas pay&#233;. O&#249; est le choix, la libert&#233; d'exercer ? Faut-il gagner au loto ou &#234;tre rentier pour pouvoir faire son m&#233;tier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le voyage de presse m&#232;ne tout droit &#224; une uniformisation de l'information. Un petit pince-fesse au Seychelles ? Allez hop, les quatre &#233;toiles luxe sur plages de sables blanc envahissent les rubriques tourisme... Pour ne citer qu'un exemple de sujet l&#233;ger, je vous laisse imaginer les sommets de connivence atteints quand il s'agit d'un sujet &#233;conomique ou politique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On marche sur la t&#234;te : dans bien des cas, sans le soutien des services de presse, on ne pourrait plus faire son travail. Et que dire des ces journaux qui osent mettre en une d'un grand reportage &#171; de notre reporter &#187; ou de notre &#171; envoy&#233; sp&#233;cial &#187;, ce qui laisse croire aux lecteurs que c'est le journal qui l'a envoy&#233; tous frais pay&#233;s, alors que ce reporter est un pigiste qui a d&#251; batailler ferme et ouvrir son porte-monnaie pour pouvoir partir, le tout sans garantie, sans couverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pratiques &#224; d&#233;noncer, sp&#233;cifiquement en presse magazine qui clame pourtant sans cesse son attachement au photo-journalisme, il y a aussi le sujet refus&#233; parce que le photographe co&#251;te trop cher. Les affreux mots de banque d'images, photo libres de droit, ne sont jamais longs &#224; arriver dans une n&#233;gociation bien souvent st&#233;rile et perdue d'avance. Enfin, dans certaines r&#233;dactions, il arrive que le journaliste &#224; l'origine du sujet ne participe pas du tout &#224; son suivi : la maquette lui arrive avec les calibrages, sans qu'on ait lu son papier au pr&#233;alable, pas plus qu'on ne lui renvoie le BAT pour relecture finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Et la qualit&#233; de l'info dans tout &#231;a ?&lt;/strong&gt; Elle semble &#234;tre le dernier souci de plus en plus de journaux qui ne sont plus que des moules que l'on (pr&#233;)remplit avec une sauce plus ou moins digeste et digne d'int&#233;r&#234;t pour les lecteurs. L'int&#233;r&#234;t &#233;ditorial d'un sujet n'entre plus en ligne de compte, d&#232;s lors que l'on ne soucie plus que du co&#251;t d'un sujet. D&#233;sormais, on demande aux journalistes de rapporter un sujet pens&#233; par un r&#233;dacteur en chef et un chef de pub, un comble pour un m&#233;tier qui consiste &#224; faire exactement le contraire : revenir du terrain avec des vrais sujets et des &#171; vrais &#187; gens. Les sujets soci&#233;t&#233; se r&#233;sument, dans une certaine presse, &#224; faire du casting.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des gros probl&#232;mes r&#233;side aussi dans le fait que les d&#233;cideurs ne sortent plus de leurs bureaux hormis pour des d&#233;jeuners d'affaire, et deviennent si &#233;loign&#233;s des r&#233;alit&#233;s de terrain que nous finissons par ne plus parler le m&#234;me langage. De plus, les journaux sous-traitent de plus en plus de gros dossiers &#224; des agences dont personne ne peut attester de la qualit&#233; mais qui facturent des sommes extravagantes, sous-payant au passage les pigistes. Et ne parlons pas des chroniqueurs omnipr&#233;sents aux salaires exorbitants, ces multir&#233;cidivistes de la pige de luxe, avec lesquels il est impossible de lutter, ne jouant pas du tout dans la m&#234;me cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau n'est gu&#232;re engageant, mais c'est la r&#233;alit&#233; de notre m&#233;tier. Aujourd'hui, nous survivons dans une zone sinistr&#233;e o&#249; solidarit&#233; et confraternit&#233; n'existent plus. Bien s&#251;r, il y a ici et l&#224; quelques individualit&#233;s qui sont &#224; l'&#233;coute, mais elles ne peuvent pas grand-chose, sinon nous t&#233;moigner encouragements dans ce syst&#232;me ultralib&#233;ral, o&#249; le pigiste est, toujours, et plus que jamais, la derni&#232;re roue du carrosse. Jusqu'&#224; quand pourra-t-on tenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patricia Oudit&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vies de pigistes au Liban</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Vies-de-pigistes-au-Liban</link>
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		<dc:date>2013-10-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Florence Massena</dc:creator>


		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Enqu&#234;te sur la pr&#233;carit&#233; de celles et ceux qui nous informent sur les guerres et l'actualit&#233; internationale.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'actualit&#233; internationale est bien souvent le parent pauvre de l'information. Non seulement elle rebuterait les t&#233;l&#233;spectateurs qui ignorent souvent tout &#8211; et pour cause&#8230; &#8211; des pays qui se retrouvent plus ou moins r&#233;guli&#232;rement dans l'agenda m&#233;diatique, mais surtout elle co&#251;te cher &#224; couvrir. Le monde est vaste et entretenir un r&#233;seau de correspondants qui permette d'&#234;tre pr&#233;sent dans les principales r&#233;gions de la plan&#232;te pour y produire de l'information de premi&#232;re main de fa&#231;on ind&#233;pendante, est une charge financi&#232;re que les m&#233;dias dominants, soumis &#224; des exigences de rentabilit&#233;, n'acceptent plus d'assumer. Aussi, quand l'actualit&#233; l'exige, ils recourent massivement &#224; des pigistes vivant sur place, d&#233;pendants de la fluctuation de l'app&#233;tence des r&#233;dactions parisiennes pour le pays qu'ils traitent, et de ce fait, soumis &#224; la pr&#233;carit&#233;. Enqu&#234;te, par l'une d'entre eux, sur ces soutiers de l'information internationale. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cjr.org/feature/womans_work.php?page=all&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le t&#233;moignage de la journaliste ind&#233;pendante italienne Francesca Borri le 1er juillet dernier&lt;/a&gt; sur son exp&#233;rience de la couverture du conflit syrien a fait couler beaucoup d'encre dans le monde du journalisme. &#192; Beyrouth, tous les pigistes que je connais se sont empress&#233;s de le partager sur Facebook et Twitter, en soutien et en reconnaissance de leur coll&#232;gue. &#192; quelques heures seulement de la rage et des souffrances syriennes, les th&#233;matiques abord&#233;es par l'Italienne retentissent avec force dans le quotidien d'une poign&#233;e d'ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;barquant &#224; Beyrouth de Paris, le nombre de pigistes fran&#231;ais vivant dans cette ville peut surprendre, sans compter les arriv&#233;es r&#233;guli&#232;res de &#171; temporaires &#187;, ceux qui viennent en cas d'&#233;v&#233;nement sp&#233;cial ou juste pour quelques mois, apprendre l'arabe et voyager tout en travaillant un peu. Au fil du temps, j'ai appris &#224; conna&#238;tre les &#171; permanents &#187;, ceux qui restent entre un et huit ans, et qui se donnent du mal pour vivre dans de bonnes conditions, malgr&#233; un terrain difficile et un m&#233;tier de plus en plus pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte de Francesca Borri n'est pas tomb&#233; dans l'oreille de sourds au Liban, o&#249; les pigistes, qu'ils aillent ou non en Syrie, sont confront&#233;s &#224; des r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques difficiles. L&#233;a&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s &#224; la demande des personnes interview&#233;es.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Entre mes souvenirs d'enfance des reporters sur le terrain et la r&#233;alit&#233; aujourd'hui, je me rends compte que l'international prend de moins en moins de place dans les r&#233;dactions. En tant qu'ind&#233;pendants nous n'avons pas de salaire fixe, donc nous sommes tout le temps mobilis&#233;s sur le terrain pour ne rien louper et tout comprendre, mais ce travail n'est pas r&#233;mun&#233;r&#233; &#224; sa juste valeur&lt;/i&gt; &#187;. Julie, qui a pu se rendre &#224; ses risques et p&#233;rils en Syrie, arrive parfois &#224; &#234;tre financ&#233;e pour ses reportages : &#171; &lt;i&gt;Cela d&#233;pend de ce qui a &#233;t&#233; convenu auparavant avec les m&#233;dias. Parfois je rentre tout juste dans mes frais, et parfois je fais des b&#233;n&#233;fices et cela m'encourage &#224; continuer &lt;/i&gt; &#187;. Cette derni&#232;re nuance le t&#233;moignage de la pigiste italienne : &#171; &lt;i&gt;On peut se rendre en Syrie pour une courte p&#233;riode, quatre jours sur le terrain &#224; travailler jour et nuit, et &#234;tre accueilli par des familles et des activistes non arm&#233;s. Je pense que les conditions de travail d&#233;pendent en grande partie des zones couvertes, les risques et les co&#251;ts ne sont pas les m&#234;mes&lt;/i&gt; &#187;. Cependant, pas de traitement de faveur pour un journaliste se mettant en danger : &#171; &lt;i&gt;En g&#233;n&#233;ral il n'y a pas de diff&#233;rence de prix pour les zones de guerre, on peut parfois n&#233;gocier en double pige certains reportages risqu&#233;s, mais cela reste rare&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Julie. Face aux critiques des r&#233;dactions europ&#233;ennes concernant une prise de risque inutile pour &#234;tre si peu pay&#233;, Karim r&#233;agit : &#171; &lt;i&gt;&#192; ceux qui se demandent pourquoi cette journaliste va dans un pays en guerre pour gagner si peu : pour moi il s'agit davantage de documenter un conflit que de gagner de l'argent&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me si &#171; &lt;i&gt;apr&#232;s huit ans d'&#233;tudes sup&#233;rieures, gagner aux alentours de 1000 euros par mois, quand je vois le temps que je passe &#224; travailler et les risques que je prends parfois, c'est ind&#233;cent&lt;/i&gt; &#187;. De son c&#244;t&#233;, L&#233;a regrette la pr&#233;carit&#233; de sa position : &#171; &lt;i&gt;Nous ne faisons pas le poids. Et du fait de notre statut de pigiste nous n'avons personne pour nous d&#233;fendre dans les r&#233;dactions. Il n'est pas facile de dire &#224; son r&#233;dacteur en chef : je ne travaille plus pour vous. Tu prends le travail qu'on te donne&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pr&#233;carit&#233; au quotidien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le Liban reste un terrain &#171; chaud &#187; largement couvert par rapport &#224; d'autres zones du monde, la m&#233;diatisation des sujets internationaux a chut&#233; dans les r&#233;dactions fran&#231;aises depuis les ann&#233;es 1980. Comme l'explique le chercheur Olivier Baisn&#233;e, enseignant &#224; Sciences Po Toulouse, &#171; &lt;i&gt;l'un des premiers signes d'une modification du traitement de l'information internationale est la baisse du nombre de correspondants &#224; l'&#233;tranger&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, TF1 n'a plus que cinq bureaux en-dehors de Paris, &#224; J&#233;rusalem, Moscou, Londres, Washington et Rome ; FR3 ne dispose que d'un seul correspondant &#224; Bruxelles, tandis que France 2 maintient dix bureaux &#224; l'&#233;tranger. Les services sp&#233;cialis&#233;s, dont l'international, ont aussi tendance &#224; dispara&#238;tre des r&#233;dactions, par exemple &#224; TF1 depuis 1996, et &#224; France 2 depuis 2003. L'international devient un sujet comme les autres, et ce d&#233;sint&#233;r&#234;t est encourag&#233; par la forte pr&#233;carit&#233; des journalistes &#8211; 39,5 % de journalistes non-employ&#233;s en CDI en 2008 contre 8,5 % en 1975. Karim s'interroge : &#171; &lt;i&gt;Le m&#233;tier de correspondant &#224; l'&#233;tranger est en voie de disparition. Seule Radio France a au Liban un correspondant permanent salari&#233;. Tout le reste des m&#233;dias fran&#231;ais fonctionnent avec des pigistes, les rubriques internationales sont de plus en plus petites. Quel est notre avenir ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salaires mensuels des pigistes au Liban varient selon le type de m&#233;dia pour lequel ils travaillent, la t&#233;l&#233;vision &#233;tant la plus rentable. Les directs t&#233;l&#233; et radio sont des bonus p&#233;cuniaires qu'ils ne refusent pas, que ce soit des appels &#224; 5h du matin ou &#224; seulement dix minutes du passage &#224; l'antenne. Beaucoup de ces journalistes travaillent dans le local pour s'assurer un petit salaire fixe capable de compenser les moments o&#249; les r&#233;dactions ne sont pas int&#233;ress&#233;es par l'actualit&#233; locale, &#224; l'exemple d'&#201;tienne : &#171; &lt;i&gt;J'ai gagn&#233; en moyenne 1500 dollars par mois sur l'ann&#233;e 2013, mais cela peut aller de 700 &#224; 3000 dollars par mois selon l'actualit&#233; et les d&#233;lais de paiements, se partageant &#224; &#233;galit&#233; entre presse libanaise et presse &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, et de L&#233;a : &#171; &lt;i&gt;Les m&#233;dias libanais m'assurent environ 900 dollars par mois puis &#231;a fluctue en fonction de mes collaborations pour la France, pouvant aller jusqu'&#224; plus de 1000 euros suppl&#233;mentaires en cas d'actualit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des rapports fluctuants avec les r&#233;dactions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on interroge les pigistes fran&#231;ais au Liban, &#224; l'image des comportements d&#233;crits par Francesca Borri, une certaine crispation existe entre eux et les r&#233;dactions fran&#231;aises. &#171; &lt;i&gt;Dans la presse fran&#231;aise, il n'y a parfois pas de retour pour savoir si l'article est bien arriv&#233;. Pour n'importe quel papier command&#233; et non publi&#233;, il faut parfois insister pendant plusieurs mois pour &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;, ou pour se faire rembourser les frais de fixeur&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la fois interpr&#232;tes, guides, interm&#233;diaires et logisticiens, les fixeurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;i&gt; Il y a le sentiment d'un deux poids deux mesures, avec les envoy&#233;s sp&#233;ciaux salari&#233;s qui ont des moyens nettement plus importants quand ils se d&#233;placent au Liban&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce un journaliste souhaitant rester anonyme. Pour Charline, le plus frustrant est &#171; &lt;i&gt;quand une news internationale fait les gros titres et qu'on oublie ton pays pour deux ou trois mois, ou quand tu expliques qu'un &#233;v&#233;nement est important et qu'on ne t'&#233;coute pas &lt;/i&gt; &#187;, mais &#171; &lt;i&gt;je ne pense pas que ce soit diff&#233;rent d'&#234;tre pigiste au Liban, aux Bahamas ou &#224; Pavalas-les-Flots, il faut comprendre et cibler ce que les r&#233;dactions cherchent et proposer en fonction&lt;/i&gt; &#187;. Cette crispation est donc &#224; nuancer, comme le d&#233;crit P&#233;n&#233;lope : &#171; &lt;i&gt;Il y a des refus polis, des gens qui t'ignorent, des gens qui ne veulent pas payer et qu'il faut harceler, des comptables qui t'oublient, des r&#233;dactions que &#231;a n'int&#233;resse pas du tout, d'autres un peu moins mais qui se moquent de savoir si tu as engag&#233; des frais pour faire ton reportage&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Tout d&#233;pend des gens. Mais des r&#233;ponses plus r&#233;guli&#232;res, m&#234;me pour refuser une id&#233;e, feraient du bien au moral, histoire de savoir que l'on a tout de m&#234;me &#233;t&#233; lu&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain manque d'empathie est notable de la part des r&#233;dactions parisiennes, &#224; l'image de l'exp&#233;rience de Julie : &#171; &lt;i&gt;Un de mes employeurs m'a demand&#233; de travailler les heures qui suivaient mon retour de Syrie sans se pr&#233;occuper de mon niveau de fatigue et mon &#233;tat moral&lt;/i&gt; &#187;. Cette situation n'est toutefois pas la norme. &#171; &lt;i&gt;La plupart des r&#233;dactions pour lesquelles je travaille sont conscientes des risques. En ce moment je travaille sur un sujet dans une zone sensible du Liban, et le r&#233;dacteur en chef int&#233;ress&#233; par le sujet comprend la situation et ne me force pas &#224; prendre des risques et &#224; aller plus vite que la musique&lt;/i&gt; &#187;, explique L&#233;a. Au final, elle estime que &#171; &lt;i&gt;le plus difficile &#224; g&#233;rer est le d&#233;calage qui existe entre les personnes dans les r&#233;dactions parisiennes, ce qu'elles te demandent de traiter, et la r&#233;alit&#233;. Il faut parfois faire des pirouettes pour arriver &#224; d&#233;crire la situation telle que tu la ressens et non telle qu'on voudrait qu'elle soit&lt;/i&gt; &#187;. Face &#224; cela, Julie a choisi de rester ferme : &#171; &lt;i&gt;Certains tentent d'orienter le reportage avec leurs opinions sans attendre le retour du terrain, mais je ne m'y plie pas quand leur jugement est bien loin de la r&#233;alit&#233; et personne n'a jamais refus&#233; mes travaux&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, les journalistes regrettent un manque de compr&#233;hension de la part des r&#233;dactions fran&#231;aises, notamment en cas de reportage en Syrie : &#171; Je &lt;i&gt;pense que dans leur grande majorit&#233;, jusqu'&#224; ce que les kidnappings se multiplient, les r&#233;dactions n'y voyaient rien de sp&#233;cial. Il m'est arriv&#233; qu'on me commande un papier et qu'&#224; mon retour, je d&#233;couvre que le chef du magazine &#233;tait parti en vacances sans pr&#233;venir personne &#224; la r&#233;daction que j'&#233;tais parti en Syrie&lt;/i&gt; &#187;, raconte Karim. &#192; cela s'ajoute le besoin m&#233;diatique d'aller au plus vite, sans consid&#233;rer les r&#233;alit&#233;s du terrain : &#171; &lt;i&gt;On m'a command&#233; un papier sur un sujet tr&#232;s dangereux avec une deadline d'une semaine ou deux. J'avais l'impression qu'on me demandait de partir aux Bahamas. Comment bien pr&#233;parer son reportage, v&#233;rifier ses sources, ses contacts, puis financer, partir et &#233;crire son reportage en si peu de temps dans un pays en guerre ? Cela t&#233;moigne moins d'un m&#233;pris que d'une m&#233;connaissance profonde du terrain&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce-t-il. Le sociologue Erik Neveu parle du glissement vers un &#171; journalisme de march&#233; &#187; : les aptitudes professionnelles et le r&#244;le civique du journaliste se heurtent aux logiques commerciales qui am&#232;nent les responsables des r&#233;dactions &#224; privil&#233;gier les sujets &#171; faits divers &#187; et &#171; choc &#187;, visuellement marquants, pour gagner l'int&#233;r&#234;t du public, et &#224; consid&#233;rer que des sujets longs et &#171; compliqu&#233;s &#187; le feront fuir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pigiste, un m&#233;tier prenant moralement et physiquement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce climat de travail, les pigistes d&#233;veloppent souvent une certaine fatigue, due notamment au rythme de travail : &#171; &lt;i&gt;Travailler comme journaliste ind&#233;pendant en presse &#233;crite permet tout juste de vivre correctement, mais sans pouvoir r&#233;aliser aucune &#233;conomie ni faire aucun plan d'avenir. En t&#233;l&#233;vision, l'&#233;quation est diff&#233;rente, le m&#233;tier est mieux r&#233;mun&#233;r&#233;, mais les places sont encore plus ch&#232;res que dans la presse &#233;crite. J'imaginais d&#233;j&#224; ces r&#233;alit&#233;s en &#233;cole, mais le vivre sur la dur&#233;e est parfois stressant &lt;/i&gt; &#187;, raconte &#201;tienne. Et quand l'actualit&#233; s'acc&#233;l&#232;re, &#224; l'image de la s&#233;rie d'attentats qu'a connue le Liban en ao&#251;t, les journalistes doivent se mobiliser enti&#232;rement pour couvrir les &#233;v&#233;nements, au d&#233;triment de leur &#233;quilibre : &#171; &lt;i&gt;Les p&#233;riodes o&#249; tu travailles le plus sont aussi les p&#233;riodes les plus difficiles &#224; g&#233;rer personnellement : tu vas sur le terrain, mais tu sais aussi que &#231;a peut affecter ta vie ici&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille L&#233;a. &#192; cette fatigue physique et morale s'ajoute aussi l'&#233;motion, &#224; laquelle les journalistes vivant sur le long terme dans un pays ne peuvent &#233;chapper : &#171; &lt;i&gt;Les m&#233;dias se concentrent sur ce qui ne va pas et tu dois essayer de rendre compte de la situation sans exag&#233;rer, mais cela t'affecte, comme le conflit syrien, cette guerre touche des personnes qui me sont proches. Je ne peux pas regarder tout &#231;a avec un regard froid, et ce que je dis est encore plus pes&#233;&lt;/i&gt; &#187;, continue-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fatigue et l'&#233;motion d&#233;crites sont encore plus appuy&#233;es chez les pigistes couvrant les terrains dangereux, comme Julie : &#171; &lt;i&gt;Les tensions sont de plus en plus r&#233;guli&#232;res et cela affecte mon moral parfois, surtout quand il s'agit de reporter des massacres, des attentats et des combats&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je me rends compte que cela m'affecte. Depuis mon dernier voyage en Syrie et certainement aussi &#224; cause de la situation au Liban qui est loin d'&#234;tre paradisiaque dans certains coins du pays, je fais r&#233;guli&#232;rement des r&#234;ves de bombardements et de course-poursuite. Mais d&#232;s que je me r&#233;veille, tout va bien !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame Karim. Ayant pass&#233; plusieurs ann&#233;es sur place, &#201;tienne s'est habitu&#233; aux urgences s&#233;curitaires libanaises mais &#171; &lt;i&gt;il faut g&#233;rer l'inqui&#233;tude des proches, tout en gardant un &#233;trange sentiment m&#234;l&#233; d'adr&#233;naline et de peur quand il s'agit d'aller sur un terrain dangereux. Je songe m&#234;me &#224; acheter un gilet pare-balles ! Parfois aussi, le fait de faire t&#233;moigner des personnes en d&#233;tresse peut affecter le moral et donner un sentiment d'impuissance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La passion du terrain avant tout&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue ext&#233;rieur, on serait tent&#233; de conseiller &#224; ces journalistes de rentrer en France, mais c'est ignorer leur passion pour le terrain et pour leur m&#233;tier. Tous sont venus pour des raisons diff&#233;rentes au Liban, que ce soit par amour, par impossibilit&#233; de vivre en Syrie, ou juste par attachement pour le pays. &#171; &lt;i&gt;J'ai choisi de m'installer ici par pulsion, j'aime ce pays&lt;/i&gt; &#187;, raconte Charline, et ce malgr&#233; les difficult&#233;s, comme l'exprime Karim : &#171; &lt;i&gt;Certes je ne roule pas sur l'or, mais je d&#233;couvre une nouvelle soci&#233;t&#233;, des parcours de vie singuliers. Je trouve que je suis chanceux d'avoir v&#233;cu autant de belles rencontres&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailler &#224; Paris n'est pas une option pour la plupart des pigistes rencontr&#233;s &#224; Beyrouth : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas envie d'avoir un boulot de JRI (journaliste reporter d'images) &#224; Paris, car attendre cinq heures sous la pluie que DSK apparaisse pour cinq secondes d'images inutiles ne m'int&#233;resse pas&lt;/i&gt; &#187;, ironise Charline. Un choix professionnel &#233;galement appuy&#233; par L&#233;a : &#171; &lt;i&gt;Le r&#244;le de correspondant &#224; l'&#233;tranger est primordial car tu es sur le terrain, et dans un pays au contexte politique si complexe il faut du temps pour comprendre et pour pouvoir donner des infos les plus fiables possibles&lt;/i&gt; &#187; et P&#233;n&#233;lope : &#171; &lt;i&gt;C'est un choix r&#233;fl&#233;chi et assum&#233;. Je n'ai pas fait ce m&#233;tier pour faire des sujets neige. C'est intellectuellement passionnant et stimulant de travailler ici, et, je l'avoue, quelque peu excitant&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je resterai pigiste, car c'est aussi une vraie libert&#233;. Je ne sais pas o&#249; je serai, mais s&#251;rement au Moyen-Orient car c'est cette r&#233;gion que je veux couvrir. Je suis consciente des difficult&#233;s du m&#233;tier, mais le statut de pigiste me permet dans une certaine mesure de choisir les sujets que je traite, et de me battre pour faire passer certaines id&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, ajoute L&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les relations entre les pigistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de pigiste est &#233;galement ponctu&#233;e d'anecdotes, &#224; l'image des r&#233;cits des directs t&#233;l&#233;phoniques en sous-v&#234;tements dans son lit, un caf&#233; &#224; la main, voire dans une sup&#233;rette entre des bouteilles de shampoings et des rouleaux de papiers toilette, ou de reportages finissant en demande en mariage de la part d'un combattant interview&#233;. Pour partager ces histoires et se d&#233;tendre apr&#232;s des moments stressants, les journalistes peuvent compter les uns sur les autres. &#171; &lt;i&gt;Les relations sont bonnes. Ce qui est chouette car cela permet de se serrer les coudes, se refiler des tuyaux, boire des coups et se remonter le moral mutuellement, ce qui est indispensable vu notre situation professionnelle instable, dans un pays pas franchement stable non plus&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille P&#233;n&#233;lope. &#171; &lt;i&gt;J'avais entendu tellement d'histoires n&#233;gatives, de comp&#233;tition entre journalistes qui se faisaient des coups bas, que j'ai &#233;t&#233; plut&#244;t tr&#232;s agr&#233;ablement surpris. On est un petit groupe de jeunes journalistes et on s'entraide, cela m'apporte beaucoup humainement et professionnellement&lt;/i&gt; &#187;, rench&#233;rit Karim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce, malgr&#233; la concurrence : &#171; &lt;i&gt;On est nombreux, des fois on aurait bien aim&#233; vendre quelque chose &#224; ce journal ou cette &#233;mission, ce que vient de faire justement notre confr&#232;re ou cons&#339;ur. Il faut se rappeler que les autres ne sont pas l&#224; pour nous tirer dans les pattes, mais que l'on s'en sort mieux en demandant des coups de main&lt;/i&gt; &#187;, estime P&#233;n&#233;lope. Un avis que partage L&#233;a : &#171; &lt;i&gt;Il y a une concurrence c'est certain, car le territoire est tout petit, et la place qui lui est accord&#233;e dans les journaux, hors p&#233;riode de tensions, pas tr&#232;s importante. Mais avec les personnes que je connais vraiment, il y a une vraie solidarit&#233; : on s'&#233;change des contacts, on se donne des conseils, parfois on va sur le terrain ensemble&lt;/i&gt; &#187;. La conscience de leur pr&#233;carit&#233; joue donc un r&#244;le dans les relations qu'entretiennent les journalistes entre eux : &#171; &lt;i&gt;Il y a parfois de l'entraide entre pigistes, m&#234;me si l'on travaille dans des journaux concurrents, que ce soit pour des raisons de s&#233;curit&#233;, ou pour partager des frais de fixeur&lt;/i&gt; &#187;, raconte &#201;tienne. Pour lui, &#171; &lt;i&gt;il y a globalement un respect mutuel entre les pigistes fran&#231;ais, et il est rare que les uns marchent sur les plates-bandes des autres&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florence Massena&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s &#224; la demande des personnes interview&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; la fois interpr&#232;tes, guides, interm&#233;diaires et logisticiens, les fixeurs (francisation de l'anglais &lt;i&gt;fixer&lt;/i&gt;), ou accompagnateurs, sont souvent des locaux qui facilitent, voire permettent le travail des journalistes &#233;trangers dans les zones difficiles, comme les pays en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage : l'exp&#233;rience &#233;difiante d'une pigiste occasionnelle sur un site participatif </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Temoignage-l-experience-edifiante-d-une-pigiste-occasionnelle-sur-un-site</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Temoignage-l-experience-edifiante-d-une-pigiste-occasionnelle-sur-un-site</guid>
		<dc:date>2012-11-01T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eurydice Vial</dc:creator>


		<dc:subject>Censures</dc:subject>
		<dc:subject>Internet</dc:subject>
		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>
		<dc:subject>Autocensures</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; et la culture du clic : comment fabriquer des d&#233;bats convenus en g&#233;n&#233;rant du flux &#224; peu de frais&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Pressions-censures-et-collusions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Pressions, censures et collusions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Censures-+" rel="tag"&gt;Censures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Internet-179-+" rel="tag"&gt;Internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journalisme-precaire-+" rel="tag"&gt;Journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Autocensures-+" rel="tag"&gt;Autocensures&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le t&#233;moignage que nous publions ci-dessous permet de constater que les logiques de fonctionnement et de production de l'information d'un m&#233;dia en ligne tel que &lt;a href=&#034;http://www.newsring.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, pour &#171; participatif &#187; qu'il soit, connaissent les m&#234;mes contraintes et d&#233;rives que celles de ses homologues de la presse &#233;crite, radio ou t&#233;l&#233;diffus&#233;e. Et notamment que les pigistes y sont en butte &#224; la m&#234;me pr&#233;carit&#233;, &#224; la m&#234;me course &#224; l'audience, au suivisme et au conformisme de leur hi&#233;rarchie. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L478xH362/newsring-db3b4.jpg?1776737327' width='478' height='362' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tadd&#233;&#239; parrain, recruteur et produit d'appel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2012, le compte Twitter de Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; affiche ce tweet &#233;nigmatique : &#171; Recherche de futur(e)s Tadde&#239; &#187;. Intrigu&#233;e, je r&#233;ponds, et Tadde&#239; me demande alors de lui faire parvenir des id&#233;es de sujets et d'invit&#233;s originaux pour des d&#233;bats. Je me pr&#234;te assez facilement au jeu qui est plut&#244;t amusant. Apr&#232;s quelque temps, je re&#231;ois un nouveau message : il souhaite me rencontrer. Le rendez-vous a lieu, apr&#232;s maintes p&#233;rip&#233;ties et oublis de sa part, dans les locaux de &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, rue de Rome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, c'est un site de d&#233;bats n&#233; en en d&#233;cembre 2011, en m&#234;me temps qu'une flopp&#233;e de sites d'information participative tels que &lt;i&gt;Le Plus du Nouvel Observateur&lt;/i&gt; ou encore le &lt;i&gt;Huffington Post&lt;/i&gt;. En d'autres termes, il s'agit de faire participer l'internaute, blogueur ou autre, pour r&#233;duire les co&#251;ts. La particularit&#233; de &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; ? Le site est parrain&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; dont l'objectif est, selon le discours qu'il me tient, d'en faire l'&#233;quivalent en ligne de &lt;i&gt;Ce soir ou jamais&lt;/i&gt;, &#224; la seule diff&#233;rence que chacun pourrait s'y exprimer. Il me propose d'y lancer des d&#233;bats sur l'histoire, puisque telle est ma sp&#233;cialit&#233;, tout en &#233;tant r&#233;mun&#233;r&#233;e. En tant que doctorante toujours en qu&#234;te de petits boulots, c'est le genre de proposition qui ne se refuse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, plusieurs &#233;l&#233;ments me posent question. Tadde&#239; aime &#224; dire qu'il ne regarde pas la t&#233;l&#233;vision mais il semble aussi qu'il ne fr&#233;quente pas le web tr&#232;s souvent. Ainsi, je suis assez interloqu&#233;e lorsque, au fil de la conversation, il m'explique que &#171; &lt;i&gt;de toute fa&#231;on, le web penche toujours naturellement &#224; gauche&lt;/i&gt; &#187; et que c'est pour &#231;a qu'il ne faut pas h&#233;siter &#224; laisser s'exprimer des gens d'extr&#234;me droite. Ma lecture des commentaires d'internautes sur divers sites de presse, terrains privil&#233;gi&#233;s des groupuscules extr&#233;mistes de tout poil, &#233;taient loin de me laisser cette impression. Lorsque j'invoque cette objection, il r&#233;plique : &#171; &lt;i&gt;Non, il n'y a pas de danger sur&lt;/i&gt; Newsring &lt;i&gt;parce qu'on est oblig&#233; de s'inscrire sous sa v&#233;ritable identit&#233; par Twitter ou Facebook, tout ce qui est publi&#233; sur &lt;/i&gt;Newsring&lt;i&gt; l'est aussi sur vos r&#233;seaux sociaux&lt;/i&gt; &#187;. Dans ma t&#234;te, je me disais : &#171; &lt;i&gt;Comment te dire, Fr&#233;d&#233;ric ? Les faux comptes Twitter et Facebook sont l&#233;gion&#8230;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rencontrai ensuite Julien Jacob, PDG de &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, qui m'expliqua le fonctionnement du site et m'annon&#231;a les tarifs : 500 euros les huit d&#233;bats, comptabilis&#233;s comme des piges : &#171; &lt;i&gt;Ca n'est pas beaucoup mais c'est calcul&#233; pour que vous n'y passiez pas trop de temps, le but c'est que vous vous amusiez. Et puis, &#231;a pourra &#234;tre ren&#233;goci&#233; plus tard&lt;/i&gt; &#187;, me dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un directeur de la r&#233;daction sachant prendre des risques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Jacob quittait &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; moins d'une semaine plus tard. En juin 2012, d&#233;j&#224;, Chlo&#233; Leprince, r&#233;dactrice en chef, et Pierre-Antoine Souchard, son adjoint, avaient &#233;galement quitt&#233; le navire. Rappelons que le premier r&#233;dacteur en chef, Philippe Couve, avait abandonn&#233; l'aventure seulement &lt;a href=&#034;http://www.lesinfluences.fr/Newsring-se-debat-dans-une-crise.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un mois apr&#232;s la cr&#233;ation du site&lt;/a&gt;. Un site d'information qui perd deux r&#233;dacteurs en chef et son PDG en moins d'un an, &#231;a ne sent pas tr&#232;s bon...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;parts cons&#233;cutifs consacr&#232;rent un nouveau Grand Chef, anciennement en charge de la rubrique politique, &#224; la t&#234;te de la r&#233;daction. Il devenait mon principal interlocuteur et j'appris tr&#232;s vite qu'avec lui, la donne avait chang&#233;. Hors de question de faire dans le d&#233;bat historique, il fallait ratisser large et surtout, mouiller sa chemise pour jouer les &lt;i&gt;community managers&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ou &#171; gestionnaires de communaut&#233; &#187;. Ces nouveaux m&#233;tiers consistent &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le but &#233;tait clair : du flux et du clic au prix d'un racolage sans faille. Embarrass&#233; par les r&#233;centes recrues de Tadde&#239;, le Chef n'h&#233;sita pas &#224; nous t&#233;l&#233;phoner pour nous pousser &#224; partir si nous ne voulions pas de ces nouvelles conditions, allant jusqu'&#224; menacer certains d'entre nous de ne pas nous payer si nous persistions. En suivant ce nouvel objectif, il se conformait exactement aux directives de Webedia, principal actionnaire de &lt;i&gt;Newsring &lt;/i&gt;aux c&#244;t&#233;s de Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; et Julien Jacob, propri&#233;taire de &lt;i&gt;Pure People&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Pure Media&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je persistai donc, tout en essayant de ne pas trop sacrifier au racolage. Le Chef et moi avions des visions tout &#224; fait oppos&#233;es. Il ne cessait de me parler d'attraper des &#171; gros poissons &#187; - entendre par l&#224; des personnalit&#233;s m&#233;diatiques - pour ins&#233;rer leur contribution dans les d&#233;bats. La perspective d'envoyer un SMS &#224; Luc Chatel et &#224; Luc Ferry, un appel t&#233;l&#233;phonique &#224; Tariq Ramadan, le mettait en transe alors que tout cela me laissait de marbre : une contribution originale et argument&#233;e d'un universitaire m&#233;connu me parlait bien plus que le &#233;ni&#232;me ressassement d'un habitu&#233; des plateaux t&#233;l&#233;. Comme j'avais probablement tout de l'&#233;tudiante s&#233;rieuse pr&#234;te &#224; se laisser exploiter sans se plaindre, le Chef paria sur moi quitte &#224; prendre des risques, ou du moins ce qu'il consid&#233;rait comme tel. Je pus ainsi lancer le d&#233;bat &#171; Michel Onfray est-il vraiment libertaire ? &#187; qui, selon lui, lui aurait valu d'&#234;tre grond&#233; par le directeur g&#233;n&#233;ral de &lt;i&gt;Newsring &lt;/i&gt;s'il l'avait appris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Coups de ciseaux et p&#234;che aux &#171; gros poissons &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Le meilleur &#233;tait &#224; venir avec un autre d&#233;bat que je voulais lancer &#224; propos de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Lib&#233; &lt;/i&gt;est-il toujours de gauche ? &#187; qui, toujours selon le Chef, n'&#233;tait pas pertinent parce que &#171; &lt;i&gt;personne ne s'entend sur la d&#233;finition de la gauche&lt;/i&gt;. &#187; Apr&#232;s bien des discussions, il fut finalement valid&#233; sous le titre &#171; &lt;i&gt;Lib&#233; &lt;/i&gt;a-t-il perdu son &#226;me ? &#187;, un d&#233;bat que la r&#233;daction avait pr&#233;c&#233;demment renonc&#233; &#224; lancer. Toutefois, s'il fut accept&#233; cette fois, ce ne fut pas sans un profond remaniement de l'argumentaire que j'avais d&#233;velopp&#233; pour l'accompagner, ce que je ne d&#233;couvris qu'une fois le d&#233;bat en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je me plaignais par courriel de ne pas en avoir &#233;t&#233; inform&#233;e et d'&#234;tre associ&#233;e &#224; un texte que je ne cautionnais pas, le Chef me r&#233;pondit : &#171; &lt;i&gt;C'est pourtant ainsi qu'on travaille dans la presse, depuis toujours : il faut que vous sachiez que nous sommes responsables des &#233;crits que vous publiez.&lt;/i&gt; &#187; Certes, mais dans la mesure o&#249; l'essentiel de l'argumentaire &#8211; comme tous ceux de &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; en g&#233;n&#233;ral - consistait en citations et liens vers des articles d&#233;j&#224; publi&#233;s ailleurs qui n'avaient pas fait l'objet de poursuites, le risque &#233;tait quasi inexistant. Autocensure ? Certainement pas, me r&#233;plique le vaillant journaliste : &#171; &lt;i&gt;Non, si vous me connaissiez, vous sauriez que je n'ai peur de personne &lt;/i&gt; &#187;. Diantre&#8230; Mais quelle raison alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des principaux points de d&#233;saccord r&#233;sidait dans le retrait d'un lien vers &lt;i&gt;Le Nouveau Jour J&lt;/i&gt;, journal des &#233;tudiants nanc&#233;iens, qui donnait &lt;a href=&#034;http://www.nouveaujourj.fr/njj/jeunes-et-cultives/188-ne-partez-pas-voter-sans-avoir-clique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une critique de &lt;i&gt;DSK, Hollande, etc, &lt;/i&gt;de Pierre Carles&lt;/a&gt;. Cette r&#233;f&#233;rence l'avait rendu fou : &#171; &lt;i&gt;ne pas parler de ce salaud de banquier de Rotschild, &#231;a manquait dans votre petit proc&#232;s de Moscou. La motion de d&#233;fiance des salari&#233;s &#233;tait plus convaincante. Ne citer qu'un admirateur de Pierre Carles, par contre, c'&#233;tait d&#233;cisif : Demorand, il &#233;tait mort avec votre enqu&#234;te&lt;/i&gt;. &#187; J'&#233;tais loin de soup&#231;onner ce pouvoir &#224; un petit groupe d'&#233;tudiants de l'universit&#233; de Lorraine qui venait de d&#233;couvrir le documentaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisque leur critique &#233;tait bonne, le Chef les assimilait &#224; de vulgaires groupies de Pierre Carles, sans m&#234;me envisager qu'ils aient simplement pu appr&#233;cier le documentaire, ind&#233;pendamment de tout lien et de toute connivence avec son auteur. Voil&#224; qui en dit long sur sa conception de la critique dans les m&#233;dias... Sans doute aurait-il pr&#233;f&#233;r&#233; que je renvoie aussi &#224; une recension n&#233;gative, mais les d&#233;tracteurs de ce documentaire choisissent visiblement le silence plut&#244;t que des critiques publiques que j'ai vainement recherch&#233;es. Le Chef pr&#233;f&#233;ra donc renvoyer directement &#224; un extrait du documentaire sur le site de Pierre Carles, ce qui revenait aussi &#224; le pr&#233;senter comme un homme seul, un hurluberlu s'agitant vainement dans son coin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un site se r&#233;clamant du parrainage de Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239;, pouvait-il s&#233;rieusement continuer &#224; ignorer une critique des m&#233;dias de plus en plus connue du public apr&#232;s le succ&#232;s des &lt;i&gt;Nouveaux Chiens de garde &lt;/i&gt;et le passage de Yannick Kergoat sur le plateau de&#8230; &lt;i&gt;Ce soir ou jamais &lt;/i&gt; ? Cette interrogation ne re&#231;ut qu'une r&#233;ponse ironique : &#171; &lt;i&gt;On m'en parlait encore hier dans un bistrot de Nevers ! Vous avez raison, c'est m&#234;me devenu un argument &#233;lectoral, feu sur la presse ! On pourrait en parler des heures, et il n'y aurait pas que&lt;/i&gt; Lib&#233;ration &lt;i&gt;au banc des accus&#233;s. Je vous propose - tr&#232;s s&#233;rieusement : &#034;&lt;/i&gt;Les journalistes sont-ils des salauds ?&lt;i&gt;&#034; Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; proposait : &#034;&lt;/i&gt;Les journalistes sont-ils tous des cons ?&lt;i&gt;&#034; Vous trouverez peu de gens pour les d&#233;fendre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;battre en ligne ou d&#233;battre dans le vide ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nullement d&#233;sireux de s'interroger sur les conditions, la teneur et les finalit&#233;s du d&#233;bat sur &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, le Chef est en revanche toujours &#224; l'affut de nouveaux &#171; gros poissons &#187;, ce &#224; quoi il r&#233;duisait Kergoat : &#171; &lt;i&gt;Si vous parvenez &#224; nous l'amener pour contribuer &#224; votre d&#233;bat, j'ouvre le champagne ! Je prends aussi Halimi, Lordon&lt;/i&gt; &#187;. L'actualit&#233; n'est alors qu'un pourvoyeur de d&#233;bats &#171; canailles &#187; pourvu que les huiles des m&#233;dias ne soient pas trop &#233;gratign&#233;es. &#192; c&#244;t&#233; de cela, quand je sugg&#233;rai un d&#233;bat sur le d&#233;sint&#233;r&#234;t m&#233;diatique pour les sans-papiers, on me proposait &#224; la place : &#171; Pour ou contre l'Aide M&#233;dicale d'&#201;tat &#187; que je d&#233;clinai pour des raisons &#233;thiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &lt;i&gt;Newsring &lt;/i&gt;poursuit sa qu&#234;te de flux en r&#233;mun&#233;rant les pigistes au nombre de contributions, une offre g&#233;n&#233;reuse &#224; dix euros la contribution que j'ai refus&#233;e. En d'autres termes, les pigistes sont r&#233;duits au r&#244;le de rabatteurs de contributeurs, arpentant les divers forums du web, en qu&#234;te de pourvoyeurs de contenu auxquels ils sont dans l'incapacit&#233; d'expliquer quel usage &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt; fera des donn&#233;es personnelles transmises lors de leur inscription sur le site. Autant dire que, contrairement &#224; ce qu'en dit Tadde&#239;, le site n'est m&#234;me pas l'ombre de &lt;i&gt;Ce soir ou jamais&lt;/i&gt;, et ne saurait compenser sa r&#233;duction au format hebdomadaire. Et quelles que soient les raisons de sa participation &#224; cette entreprise, est-il bien s&#233;rieux que Tadde&#239; utilise une notori&#233;t&#233; entretenue sur le service public, pour fournir de la main d'&#339;uvre corv&#233;able &#224; merci &#224; &lt;i&gt;Newsring &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eurydice Vial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_6119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L476xH290/newsring2-9c031.jpg?1776737327' width='476' height='290' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Post scriptum d'Acrimed&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce t&#233;moignage permet d'&#233;clairer utilement les conditions de fabrication de ce site &lt;i&gt;Newsring&lt;/i&gt;, qui est en apparence aussi attrayant esth&#233;tiquement que richement nourri par de nombreux articles sur tous les grands domaines de l'actualit&#233;. N&#233;anmoins, au-del&#224; de cette premi&#232;re impresssion, l'appr&#233;ciation se g&#226;te nettement&#8230; Les articles n'en sont pas r&#233;ellement et se r&#233;sument &#224; quelques paragraphes de reprise d'autres m&#233;dias. Les questions cens&#233;es amorcer les d&#233;bats qui accompagnent chaque article sont pour la plupart faussement pol&#233;miques (&#171; &#201;ducation nationale : faut-il pr&#233;ciser que Rimbaud et Jules C&#233;sar couchaient avec des hommes ? &#187;) ou vraiment rab&#226;ch&#233;es (&#171; Rolling Stones ou Beatles ? &#187;), quant &#224; l'omnipr&#233;sence de sondages permettant d'arbitrer en temps r&#233;el chaque d&#233;bat, elle pr&#234;te franchement &#224; sourire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est vrai que ce n'est pas avec quelque pigistes chichement pay&#233;s &#171; &#224; la pi&#232;ce &#187; qu'on peut faire vivre un site d'information et de d&#233;bat d'actualit&#233; digne de ce nom&#8230; Ni d'ailleurs conna&#238;tre un franc succ&#232;s, &#224; en juger par l'audience enregistr&#233;e par les &#171; D&#233;bats les plus anim&#233;s du mois &#187; : avec quelques dizaines de contributions et quelques centaines de votes, les d&#233;bats ne semblent pas drainer un public exc&#233;dant celui de blogs ou de forums &#224; succ&#232;s&#8230; mais avec de &#171; gros poissons &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ou &#171; gestionnaires de communaut&#233; &#187;. Ces nouveaux m&#233;tiers consistent &#224; superviser la pr&#233;sence et l'image d'une marque ou d'une soci&#233;t&#233; sur Internet, en y diffusant du contenu et en assurant l'animation, l'encadrement et la mod&#233;ration de forums et de blogs plus ou moins d&#233;di&#233;s (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journalistes pigistes : les patrons de presse ne manquent pas d'air (SNJ)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Journalistes-pigistes-les-patrons-de-presse-ne-manquent-pas-d-air-SNJ</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Journalistes-pigistes-les-patrons-de-presse-ne-manquent-pas-d-air-SNJ</guid>
		<dc:date>2009-06-26T22:41:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>SNJ</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230;Ils poussent &#224; mettre en place un &#171; protocole d'&#233;tape &#187; pr&#233;sent&#233; comme un progr&#232;s, alors qu'il remet en cause des dispositions l&#233;gales et est attaqu&#233; en justice par trois syndicats.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-precaire-" rel="directory"&gt;Le journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-SNJ-+" rel="tag"&gt;SNJ&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Communiques-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un communiqu&#233; du SNJ (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sans vergogne, les organisations patronales de la presse &#233;crite viennent d'annoncer qu'elles comptaient bien poursuivre la mise en place du &#171; protocole d'&#233;tape &#187; concernant les journalistes pigistes. Un texte qu'elles pr&#233;sentent comme un progr&#232;s, alors qu'il remet en cause des dispositions l&#233;gales et est attaqu&#233; en justice par le SNJ, le SNJ-CGT et le SGJ-FO. Trois syndicats de journalistes qui, il faut le rappeler, ont totalis&#233; pr&#232;s de 74 % des suffrages aux r&#233;centes &#233;lections &#224; la Commission de la carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La Correspondance de la Presse&lt;/i&gt;, les f&#233;d&#233;rations patronales ont l'audace d'&#233;crire que ce protocole permet de faire acc&#233;der les journalistes r&#233;mun&#233;r&#233;s &#224; la pige &#224; leurs droits l&#233;gaux et conventionnels. Faut-il leur rappeler que, depuis 1974, certains employeurs appliquent sans difficult&#233; tous ces droits. Et qu'&#224; d&#233;faut, la justice a su les mettre face &#224; leurs obligations. Comme, par exemple, la prise en compte des journalistes pigistes dans le calcul des effectifs. Ou le paiement des primes d'anciennet&#233; sur l'int&#233;gralit&#233; du salaire, quand aucun bar&#232;me de pige n'existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce sujet, le SNJ rappelle que c'est syst&#233;matiquement du fait de la partie patronale que les n&#233;gociations sur un bar&#232;me minimal de piges ont &#233;t&#233; interrompues ces derni&#232;res ann&#233;es. Et qu'aucune des f&#233;d&#233;rations relanc&#233;es r&#233;cemment par le SNJ pour rouvrir ces n&#233;gociations n'a encore daign&#233; r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, des effets pervers du &#171; protocole d'&#233;tape &#187; nous sont d&#233;j&#224; signal&#233;s. La prime d'anciennet&#233;, que les organisations patronales mettent volontiers en avant, est parfois int&#233;gr&#233;e dans le tarif de pige au lieu d'&#234;tre ajout&#233;e au salaire de base. Certains employeurs se contentent ainsi de la faire appara&#238;tre sur la feuille de paye sans rien changer &#224; la r&#233;mun&#233;ration finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres tentent de contourner l'obligation conventionnelle de maintien du salaire en cas de maladie, maternit&#233; et accident du travail, en renvoyant les journalistes concern&#233;s vers un r&#233;gime de pr&#233;voyance con&#231;u pour le d&#233;c&#232;s, l'invalidit&#233; et la longue maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les f&#233;d&#233;rations patronales avaient vraiment &#224; c&#339;ur de respecter les droits des journalistes pigistes, pourquoi n'ont-elles pas paraph&#233; plus t&#244;t l'accord sur la formation, longuement n&#233;goci&#233; et sign&#233; d&#232;s 2007 par les syndicats de journalistes ? Pourquoi tant de retard &#224; d&#233;signer leurs repr&#233;sentants dans la commission charg&#233;e d'examiner les dossiers de formation pr&#233;sent&#233;s par des journalistes pigistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat national des journalistes, premi&#232;re organisation de la profession, n'est pas dupe et d&#233;nonce ce double langage permanent des patrons. Il met la profession en garde contre toute application de ce protocole dont il esp&#232;re l'invalidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Paris, le 26 juin 2009&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Refusons les atteintes aux droits sociaux des journalistes (P&#233;tition)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Refusons-les-atteintes-aux-droits-sociaux-des-journalistes-Petition</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Refusons-les-atteintes-aux-droits-sociaux-des-journalistes-Petition</guid>
		<dc:date>2008-11-20T11:32:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; Contre l'&#171; accord &#187; g&#233;n&#233;ral &#171; pigiste &#187; presse &#233;crite et sa signature par la CFDT et la CFTC.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;P&#233;tition &#224; l'appel des collectifs et associations de journalistes : Profession : Pigiste, Objectif Plume, Presse-Papiers, P&#244;le pigiste du Club de la presse Val de Loire, &#199;a presse, Freelens, AJT-MP (association des journalistes de Toulouse et Midi-Pyr&#233;n&#233;es).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les journalistes professionnels, r&#233;mun&#233;r&#233;s &#224; la pige ou permanents, ont appris avec consternation la signature, vendredi 7 novembre 2008, de l'&#171; accord &#187; g&#233;n&#233;ral &#171; pigiste &#187; presse &#233;crite par la CFDT et la CFTC&lt;/strong&gt;. Survenant alors que jusqu'ici l'ensemble des syndicats avait manifest&#233; la plus ferme opposition tant sur le texte propos&#233; que sur la mani&#232;re dont la n&#233;gociation avait &#233;t&#233; forc&#233;e par les organisations patronales. Les syndicats SNJ, SNJ CGT et FO refusent pour leur part de signer ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte, s'il devait &#234;tre mis en &#339;uvre balayerait -pour les journalistes pay&#233;s &#224; la pige- une partie des acquis de la convention collective nationale des journalistes. Son application bousculerait plusieurs articles du code du travail dont nous peinons &#224; obtenir l'enti&#232;re application, si ce n'est devant les tribunaux.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'accord propos&#233; pr&#233;voit notamment&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-&lt;strong&gt; Des conditions quasi impossibles &#224; remplir pour que les pigistes puissent &#234;tre &#233;lecteurs et &#233;ligibles&lt;/strong&gt; lors des &#233;lections de d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel (DP), au comit&#233; d'entreprise (CE) et comit&#233; hygi&#232;ne s&#233;curit&#233; et condition de travail (CHSCT) des entreprises de presse pour lesquelles ils travaillent ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;strong&gt;La non-inscription des journalistes pigistes sur le registre unique du personnel&lt;/strong&gt; (une fa&#231;on de remettre en cause leur statut de salari&#233;) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;strong&gt;La r&#233;gularisation d'usages ill&#233;gaux, comme le paiement des cong&#233;s pay&#233;s et du 13e mois chaque mois&lt;/strong&gt; et non une fois par an comme pr&#233;vu par la Convention collective ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;strong&gt;La refonte de la clause conventionnelle sur les primes d'anciennet&#233;&lt;/strong&gt; et le risque de son int&#233;gration dans le montant de la pige comme beaucoup d'employeurs le font d&#233;j&#224; pour les cong&#233;s pay&#233;s et le 13e mois, alors que ces trois &#233;l&#233;ments de salaire doivent &#234;tre pay&#233;s en plus du montant de la pige ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;strong&gt;le contournement de l'obligation conventionnelle de maintien du salaire en cas de maladie ou maternit&#233;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste n'est pas exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#171; accord &#187; dit g&#233;n&#233;ral correspond aux int&#233;r&#234;ts des employeurs qui refusent de respecter le droit du travail et la convention collective pour leurs journalistes pigistes. Il serait, pour eux, la contrepartie de l'accord sur la formation des journalistes pigistes auxquels les syndicats de journalistes sont parvenus avec les f&#233;d&#233;rations patronales apr&#232;s plus de deux ans de n&#233;gociation. L'accord de branche presse &#233;crite de 2005 sur la formation avait remis &#224; plus tard les droits &#224; la formation des pigistes mais des n&#233;gociations avaient pu &#234;tre ouvertes sous la pression des syndicats et des journalistes pigistes eux-m&#234;mes. Le texte formation sign&#233; par six syndicats de journalistes en novembre 2007 attend depuis un an la signature patronale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons encore que le minist&#232;re du travail, l&#224; encore sur demande expresse des syndicats, a convoqu&#233; une commission paritaire au printemps 2008 pour d&#233;passer ce blocage. Une p&#233;tition avait &#233;t&#233; lanc&#233;e &#224; cette occasion par des journalistes pay&#233;s &#224; la pige fin 2007 avait alors rassembl&#233; plus de 1 300 signatures en quelques semaines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233;e ici m&#234;me sous le titre &#171; Pigistes : pas de recul sur nos droits &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte, s'il est appliqu&#233;, constituera un nouveau moyen pour les entreprises de faire porter sur les journalistes pigistes une partie des r&#233;ductions de co&#251;ts que les entreprises cherchent &#224; r&#233;aliser. Vivant le plus souvent dans des conditions &#233;conomiques instables et difficiles, les journalistes pigistes, nous sommes 7 000 en France, soit un quart des journalistes en activit&#233;, n'avions pas besoin de &lt;strong&gt;cette nouvelle preuve du&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;m&#233;pris de certains syndicats et des organisations patronales&lt;/strong&gt; qui ne savent plus envisager les journalistes que comme un co&#251;t, une main-d'&#339;uvre et non comme le ferment d'une presse de qualit&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons les organisations qui ont sign&#233; ce projet d'accord &#224; bien mesurer toutes les cons&#233;quences de leur acte, et nous appelons d&#232;s aujourd'hui tous nos confr&#232;res &#224; leur demander des comptes sur ce coup bas dont nous saurons nous souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assurons les repr&#233;sentants des employeurs de notre tr&#232;s ferme volont&#233; de d&#233;fendre nos droits et notre statut en chaque circonstance, et par tous les moyens que nous jugerons appropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons tous les syndicats, les associations, les collectifs &#224; envisager dans l'unit&#233; tous les moyens &#224; mettre en &#339;uvre pour emp&#234;cher la mise en application de ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour preuve de notre mobilisation, cette p&#233;tition sera adress&#233;e &#224; la CFDT, &#224; la CFTC&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;copie en sera faite aux deux minist&#232;res du travail et de la culture.&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Les atteintes aux droits sociaux des journalistes sont aussi des atteintes &#224; la libert&#233; et la qualit&#233; de la presse.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petition :&lt;br /&gt;
Signez la p&#233;tition pour refuser l'application de cet accord&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.gopetition.com/online/23311.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.gopetition.com/online/23311.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Publi&#233;e ici m&#234;me sous le titre &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2788.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pigistes : pas de recul sur nos droits &#187;&lt;/a&gt; (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'insupportable m&#233;pris des patrons du secteur des m&#233;dias (SNJ)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-insupportable-mepris-des-patrons-du-secteur-des-medias-SNJ</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/L-insupportable-mepris-des-patrons-du-secteur-des-medias-SNJ</guid>
		<dc:date>2008-07-10T06:40:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>SNJ</dc:subject>
		<dc:subject>Communiqu&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Droits d'auteur</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Ils renient ouvertement leur parole et s'assoient sans complexe sur les textes l&#233;gaux. Trois exemples pour s'en convaincre. &#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Que-sont-les-journalistes-Ou-va-le-journalisme-" rel="directory"&gt;Que sont les journalistes ? O&#249; va le journalisme ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Deontologie-+" rel="tag"&gt;D&#233;ontologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-SNJ-+" rel="tag"&gt;SNJ&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Communiques-+" rel="tag"&gt;Communiqu&#233;s&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un communiqu&#233; du SNJ dat&#233; du 9 juillet 2008 (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La casse sociale bat son plein ! Encourag&#233;s par une politique dont les objectifs clairement affich&#233;s ont pour nom d&#233;r&#233;glementation et remise en cause des acquis sociaux, les patrons du secteur des m&#233;dias ne se g&#234;nent plus. Ils ferment ostensiblement la porte au dialogue social, renient ouvertement leur parole et s'assoient sans complexe sur les textes l&#233;gaux. Trois exemples pour s'en convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant &lt;strong&gt;le droit d'auteur des journalistes,&lt;/strong&gt; une r&#233;flexion commune entre auteurs et &#233;diteurs a &#233;t&#233; engag&#233;e d&#232;s la fin 2005, pour tenter d'anticiper sur une r&#233;forme l&#233;gislative que la r&#233;volution num&#233;rique rendait &#224; terme in&#233;luctable. Plus de deux ann&#233;es de travail, marqu&#233;es de rencontres r&#233;guli&#232;res, ont permis de finaliser un texte susceptible de trouver un consensus au sein de la profession. Plusieurs syndicats de journalistes et groupements d'&#233;diteurs ont d&#233;j&#224; donn&#233; leur aval. Faisant fi de cette recherche commune, quelques patrons de presse ont r&#233;ussi &#224; convaincre trois s&#233;nateurs de d&#233;poser, dans le cadre de la discussion du projet de loi sur la modernisation de l'&#233;conomie, un amendement &#171; urgent &#187; qui vise &#224; an&#233;antir le droit d'auteur des journalistes et, par l&#224; m&#234;me, torpille le consensus qui &#233;tait tout pr&#232;s d'&#234;tre trouv&#233;. La profession jugera !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant &lt;strong&gt;la formation des pigistes, &lt;/strong&gt;la loi de 2004, instaurant notamment le DIF, n'est toujours pas appliqu&#233;e &#224; ces salari&#233;s. Des r&#232;gles tenant compte de la particularit&#233; de la r&#233;mun&#233;ration &#224; la pige ont pourtant &#233;t&#233; d&#233;finies paritairement apr&#232;s, l&#224; aussi, plus de deux ans de n&#233;gociation. Le dispositif est donc pr&#234;t&#8230; sur le papier. Si cinq syndicats de journalistes ont en effet paraph&#233; l'accord final, la partie patronale, qui reconna&#238;t &#234;tre d'accord sur le contenu, refuse toujours de faire de m&#234;me. Elle conditionne sa propre signature &#224; la conclusion d'un second accord sur les autres droits des pigistes, dont certaines dispositions sont en de&#231;&#224; des textes en vigueur. Pour sortir de l'impasse, une commission mixte paritaire a &#233;t&#233; mise en place sur d&#233;cision du ministre du Travail. Dans cette instance, r&#233;pondant aux objections des syndicats, le porte-parole de la partie patronale a &#233;t&#233; tout &#224; fait clair devant le repr&#233;sentant du minist&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Nous ne pouvons pas accepter des dispositions qui imposeraient &#224; l'ensemble de la branche de respecter la convention collective. &#187; &lt;/i&gt;Sans commentaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant enfin &lt;strong&gt;la d&#233;ontologie, &lt;/strong&gt;maillon fondamental de la qualit&#233; de l'information qui, seule, peut rendre leur cr&#233;dibilit&#233; aux m&#233;dias t contribuer &#224; les faire sortir durablement de la crise que conna&#238;t le secteur de l'information, le silence patronal est assourdissant. A maintes reprises, les syndicats ont propos&#233; que les chartes des droits et des devoirs des journalistes (SNJ 1918/38 et Munich 1971) soient annex&#233;es &#224; notre convention collective. En 2007, une nouvelle tentative a &#233;t&#233; faite, sous la forme d'un courrier adress&#233; &#224; toutes les organisations patronales de presse &#233;crite, demandant l'ouverture d'une n&#233;gociation sur ce th&#232;me. Une seule a r&#233;pondu verbalement. Les autres n'ont m&#234;me pas eu la correction d'accuser r&#233;ception de notre lettre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
Pour le SNJ, syndicat ultra-majoritaire chez les journalistes, le m&#233;pris affich&#233; par les patrons des m&#233;dias et leurs organisations professionnelles pour tout ce qui touche au dialogue social, au respect m&#234;me des dispositions qui ont &#233;t&#233; b&#226;ties paritairement, et &#224; toute consid&#233;ration mettant l'information au-dessus des lois du march&#233;, a franchi la limite du supportable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci est d'autant plus grave que les enjeux auxquels le secteur de l'information est confront&#233; (crise de la presse &#233;crite, perte de cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s de l'opinion, r&#233;volution num&#233;rique&#8230;) appellent au contraire une r&#233;ponse qui passe par une mobilisation de tous les savoir-faire, une adh&#233;sion de l'ensemble des salari&#233;s, un dialogue constructif et un climat social apais&#233;. Au lieu de cela, les entreprises d&#233;noncent les accords sign&#233;s, st&#233;rilisent les n&#233;gociations, remettent en cause les acquis, poussent les personnels les plus exp&#233;riment&#233;s vers la sortie, exploitent et d&#233;couragent les jeunes, bradent les contenus des journaux au plus offrant ou au mieux communicant. Un comportement mortif&#232;re pour la presse et pour les journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le SNJ, la sortie de cette spirale du moins-disant social, doubl&#233; d'un moins-disant &#233;ditorial, doit &#234;tre le th&#232;me central d'&#233;tats g&#233;n&#233;raux dignes de ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
Paris, le 9 juillet 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pigistes : pas de recul sur nos droits (P&#233;tition)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Pigistes-pas-de-recul-sur-nos-droits-Petition</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Pigistes-pas-de-recul-sur-nos-droits-Petition</guid>
		<dc:date>2007-12-14T16:18:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Formation de journalistes</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Chantage patronal qui subordonne la signature d'un accord sur le droit &#224; la formation des journalistes pigistes &#224; celle d'un second texte inacceptable en l'&#233;tat&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-precaire-" rel="directory"&gt;Le journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Formation-de-journalistes-+" rel="tag"&gt;Formation de journalistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous le texte d'une p&#233;tition &#224; laquelle nous nous sommes associ&#233;s. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Revu en ao&#251;t 2008&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte de la p&#233;tition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'accord sur le droit &#224; la formation des journalistes pigistes, n&#233;goci&#233; et sign&#233; par 5 organisations syndicales de journalistes (SNJ, SNJ-CGT,USJ-CFDT,SJ-FO et SJ-CFTC) n'attend plus que la signature des repr&#233;sentants patronaux avec lesquels il a pourtant &#233;t&#233; longuement &#233;labor&#233;. Mais apr&#232;s avoir tergivers&#233; durant des mois, et malgr&#233; un accord oral sur ce texte donn&#233; depuis des semaines, la FNPF (F&#233;d&#233;ration nationale de la presse fran&#231;aise) conditionne aujourd'hui la signature de cet accord &#224; celle d'un second texte portant sur divers droits sociaux des journalistes pigistes dans l'entreprise. Or, ce second projet est inacceptable car il introduit plusieurs d&#233;rogations aux dispositions de la Convention collective et du Code du travail qui s'appliquent &#224; tous les journalistes, y compris journalistes pigistes, et qui sont autant d'&#233;l&#233;ments constitutifs du statut du journaliste, comme le rappellent de nombreuses jurisprudences prud'homales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce second texte, patronal, pr&#233;voit entre autres des conditions tr&#232;s restrictives aux droits &#233;lectoraux des journalistes pigistes dans l'entreprise, en recul sur les dispositions l&#233;gales. Il propose des dispositions anti-conventionnelles sur le versement des cong&#233;s pay&#233;s et du 13eme mois. Il contourne l'obligation l&#233;gale faite &#224; l'employeur d'inscrire chaque pigiste sur le registre unique du personnel. Associ&#233;es au refus de la FNPF d'appliquer aux journalistes pigistes les dispositions de la Convention collective sur le versement du compl&#233;ment de l'indemnit&#233; journali&#232;re en cas de maladie, de maternit&#233; ou d'accident du travail, ces dispositions ont un but flagrant : tirer vers le bas les conditions de travail des journalistes pigistes, les marginaliser encore plus, et surtout d&#233;truire la pr&#233;somption de lien salarial avec l'entreprise qui l'emploie, pr&#233;somption sur laquelle repose l'ensemble de nos droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elles devaient &#234;tre ent&#233;rin&#233;es, les propositions patronales feraient voler en &#233;clat l'unicit&#233; de la profession et les droits sociaux que les journalistes pigistes ont mis des d&#233;cennies &#224; conqu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscients de ce danger, les syndicats de journalistes ont bien &#233;videmment refus&#233; de signer ce texte en l'&#233;tat, tout en demandant la poursuite des n&#233;gociations. L'intersyndicale des journalistes a alert&#233; aussi bien la Ministre de la Communication jeudi 29 novembre que la Direction des M&#233;dias aupr&#232;s du Premier Ministre de ce chantage inadmissible. Malgr&#233; cela, la f&#233;d&#233;ration F3C-CFDT (F&#233;d&#233;ration communication-conseil-culture de la CFDT) qui chapeaute l'USJ-CFDT, s'est d&#233;clar&#233;e pr&#234;te &#224; signer ce texte, au prix d'une retouche mineure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journalistes signataires de cette p&#233;tition exigent que la FNPF signe enfin le texte sur la formation qui a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; conjointement avec elle, et avec lequel ils ont exprim&#233; leur accord. Ils refusent le chantage patronal qui consiste &#224; subordonner cette signature &#224; celle d'un second texte inacceptable en l'&#233;tat. Ils soutiennent les organisations syndicales qui s'inscrivent dans cette d&#233;marche, et mettent en garde contre tout renoncement, tout recul circonstanciel que les journalistes pigistes paieraient demain au prix fort. Ils r&#233;affirment l'unicit&#233; de la profession et du statut de journaliste quel que soit le mode de r&#233;mun&#233;ration, et appellent &#224; d&#233;fendre avec vigilance dans toutes les entreprises de presse ce statut qui est d'abord au service de la qualit&#233; de l'information due au public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;tition sera remise aux organisations syndicales concern&#233;es par cet accord.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Revu en ao&#251;t 2008 :&lt;/strong&gt; Le recueil des signatures est clos depuis avril 2008. Le 3 avril, 1365 signatures avaient &#233;t&#233; recueilli.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Revu en ao&#251;t 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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