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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Quand la guerre au Proche-Orient est racont&#233;e dans la langue de ceux qui la m&#232;nent</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Quand-la-guerre-au-Proche-Orient-est-racontee</link>
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		<dc:date>2026-04-22T07:36:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ziad Majed</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Gaza</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un texte du politiste Ziad Majed.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2023-Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-" rel="directory"&gt;2023-... : Isra&#235;l-Palestine, le 7 octobre et apr&#232;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Palestine-+" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Gaza-+" rel="tag"&gt;Gaza&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/langageguerre-0f127.png?1776843411' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions, sous forme de tribune, un texte du politiste franco-libanais Ziad Majed. Il est l'auteur, notamment, de l'ouvrage &lt;i&gt;Le Proche-Orient, miroir du monde&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.editionsladecouverte.fr/le_proche_orient_miroir_du_monde-9782348089732&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La D&#233;couverte, 2025&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 7 octobre 2023, une part importante de la couverture m&#233;diatique audiovisuelle fran&#231;aise de la guerre isra&#233;lienne &#224; Gaza, puis de la guerre au Liban, a r&#233;v&#233;l&#233; une incapacit&#233; &#224; informer avec justesse, et une crise plus profonde des cat&#233;gories &#224; travers lesquelles le Proche-Orient est rendu intelligible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est impos&#233; dans une majorit&#233; de cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision n'est donc pas seulement un biais politique r&#233;dactionnel, une asym&#233;trie compassionnelle ou une hi&#233;rarchie des urgences. C'est une v&#233;ritable reconfiguration du regard. Le r&#233;cit isra&#233;lien de la guerre et sa terminologie militaire ont &#233;t&#233; adopt&#233;s, puis se sont progressivement soustraits &#224; l'histoire, aux sciences sociales et au droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, les soci&#233;t&#233;s vis&#233;es par les &#171; op&#233;rations isra&#233;liennes &#187; ont cess&#233; d'appara&#238;tre comme des mondes habit&#233;s, travers&#233;s par des rapports sociaux, des m&#233;moires, des institutions, des aspirations, ainsi que par des exp&#233;riences individuelles et collectives. Elles sont devenues des espaces d'interventions &#171; chirurgicales &#187;, des terrains de man&#339;uvre, des cartes satur&#233;es d'objectifs et de risques. La cons&#233;quence d'un tel d&#233;placement fut d&#233;cisive : en substituant au politique un commentaire froid, cette couverture ne s'est pas content&#233;e d'appauvrir l'analyse, elle a contribu&#233; &#224; rendre acceptables des formes extr&#234;mes de violence et de criminalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La terminologie biais&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;L'un des sympt&#244;mes de cette d&#233;rive r&#233;side dans la place accord&#233;e &#224; la technologie militaire. Les cha&#238;nes d'information en continu, mais aussi une partie des &#233;missions de d&#233;bat, ont abondamment comment&#233; les capacit&#233;s de renseignement isra&#233;liennes, les syst&#232;mes de surveillance, la &#171; pr&#233;cision &#187; des frappes, l'efficacit&#233; suppos&#233;e des &#171; &#233;liminations cibl&#233;es &#187;, la qualit&#233; des interceptions ou encore l'ing&#233;niosit&#233; des op&#233;rations clandestines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette focalisation fascin&#233;e n'a rien d'anodin. Elle a produit un effet de d&#233;centrement : au lieu d'appr&#233;hender la guerre &#224; partir de ses cons&#233;quences humaines, elle a saisi certains de ses &#233;pisodes &#224; travers les moyens de leur mise en &#339;uvre. Le regard s'est fix&#233; sur les instruments, sur les &#233;crans, sur les images a&#233;riennes, sur les performances techniques. La destruction elle-m&#234;me a fini par &#234;tre per&#231;ue comme le r&#233;sultat d'une op&#233;ration ma&#238;tris&#233;e, et non comme un possible crime de guerre et comme une catastrophe sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tour par la technique a instaur&#233; une distance morale autant qu'intellectuelle. Il a permis de parler pendant de longues minutes d'une &#171; frappe &#187; sans jamais &#233;voquer les corps qu'elle d&#233;chire, les familles qu'elle disperse, les logements qu'elle pulv&#233;rise, les &#233;coles et les h&#244;pitaux qu'elle met hors d'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette esth&#233;tisation technicienne r&#233;pond une mutation du langage. L'une des caract&#233;ristiques les plus frappantes de la couverture audiovisuelle a &#233;t&#233; la reprise quasi imm&#233;diate du vocabulaire produit par les appareils militaires isra&#233;liens. Les termes d'&#171; &#233;limination &#187;, de &#171; neutralisation &#187;, de &#171; cible &#187;, de &#171; nettoyage &#187;, de &#171; zone tampon &#187;, de &#171; bastion terroriste &#187; ou encore de &#171; dommage collat&#233;ral &#187; ont circul&#233; avec une remarquable aisance, comme s'ils relevaient d'un registre descriptif ordinaire. Or ce lexique n'a rien d'innocent. Il n'informe pas seulement sur la guerre ; il en r&#233;organise la perception. Il substitue des r&#233;sultats &#224; des morts, des secteurs op&#233;rationnels &#224; des quartiers en ruine. Il d&#233;place l'attention des victimes palestiniennes et libanaises vers la rationalit&#233; suppos&#233;e de l'action arm&#233;e isra&#233;lienne. Une telle langue euph&#233;mise l'atroce, l'inscrit dans un horizon de n&#233;cessit&#233; et en att&#233;nue la port&#233;e morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, elle en occulte la qualification politique et juridique. D&#232;s lors que des immeubles r&#233;sidentiels deviennent des &#171; cibles &#187;, que des civils tu&#233;s deviennent des &#171; boucliers humains &#187; et que des territoires ravag&#233;s deviennent des &#171; zones s&#233;curis&#233;es &#187;, la guerre cesse d'appara&#238;tre comme un probl&#232;me de responsabilit&#233; pour se pr&#233;senter comme un probl&#232;me de gestion. Ce langage ne d&#233;crit pas simplement la r&#233;alit&#233;, il la reformule de mani&#232;re &#224; la rendre supportable. Et la pr&#233;sence r&#233;guli&#232;re du porte-parole francophone de l'arm&#233;e isra&#233;lienne sur les plateaux ou dans les bulletins d'information, comme celle &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Dans-l-audiovisuel-un-tapis-rouge-pour-l&#034;&gt;de l'ambassadeur isra&#233;lien&lt;/a&gt; &#224; Paris, souvent seul et sans contradiction, a offert un acc&#232;s direct &#224; la propagande isra&#233;lienne, lui permettant de se d&#233;ployer et de s'adresser librement aux t&#233;l&#233;spectateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Entre d&#233;shumanisation et invisibilisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;C'est dans cet espace discursif que s'op&#232;re la d&#233;shumanisation. Encore faut-il s'entendre sur le sens du terme. D&#233;shumaniser ne consiste pas seulement &#224; minorer la souffrance ou &#224; manquer d'empathie. Il s'agit d'un processus par lequel des individus et des groupes se voient d&#233;pouill&#233;s des attributs qui les inscrivent dans l'horizon commun de l'&#233;galit&#233; humaine. D&#233;shumaniser, c'est remplacer la personne par une cat&#233;gorie, et la biographie par un chiffre. C'est faire en sorte que certaines victimes, isra&#233;liennes, soient racont&#233;es &#224; travers leurs histoires, leurs liens, leurs noms et leurs visages, leurs projets interrompus, tandis que d'autres, palestiniennes ou libanaises, soient fondues dans des bilans, des controverses statistiques ou des soup&#231;ons automatiques. Certaines vies appellent spontan&#233;ment le deuil et la solidarit&#233;, d'autres doivent d'abord prouver qu'elles m&#233;ritent d'&#234;tre reconnues comme pleinement humaines. La d&#233;shumanisation constitue un m&#233;canisme raciste central dans les situations de violence extr&#234;me. Car elle rend possible ce qui, sans elle, appara&#238;trait comme insoutenable. Elle pr&#233;pare les esprits &#224; accepter que des populations enti&#232;res soient bombard&#233;es, d&#233;plac&#233;es, affam&#233;es ou trait&#233;es comme un probl&#232;me logistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne se mesure aussi &#224; travers les mots qui manquent. Le probl&#232;me de la couverture audiovisuelle dominante ne tient pas seulement aux termes employ&#233;s, mais &#224; ceux qu'elle &#233;carte, retarde ou entoure de pr&#233;cautions &#171; disproportionn&#233;es &#187;. Des notions telles qu'occupation, colonisation, blocus, impunit&#233;, apartheid, nettoyage ethnique, crime de guerre, crime contre l'humanit&#233; et crime de g&#233;nocide ont trop souvent &#233;t&#233; trait&#233;es comme des formulations suspectes, imm&#233;diatement renvoy&#233;es au militantisme, alors qu'elles rel&#232;vent d'abord de cadres historiques, juridiques et analytiques indispensables. Une langue qui renonce &#224; nommer l'occupation emp&#234;che de comprendre la structure du rapport de domination. Une langue qui tait la colonisation efface la continuit&#233; de la d&#233;possession territoriale. Une langue qui r&#233;cuse d'avance toute discussion sur l'apartheid s'interdit de penser la dimension institutionnelle de la discrimination et de la violence. Quant &#224; la n&#233;gation des crimes isra&#233;liens, notamment du crime de g&#233;nocide, pourtant invoqu&#233; par la grande majorit&#233; des organisations internationales, des juristes et des experts du sujet, elle constitue le v&#233;ritable militantisme pro-isra&#233;lien adopt&#233; par certains m&#233;dias dans leur volont&#233; affich&#233;e de nier ou de relativiser les crimes d'Isra&#235;l. Car ce qui n'est pas nomm&#233; demeure difficile &#224; penser, et ce qui demeure difficile &#224; penser devient plus facile &#224; tol&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le recul des sciences sociales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cette r&#233;duction du vocabulaire disponible s'inscrit aussi dans un contexte plus large : le recul des sciences sociales dans l'espace m&#233;diatique. L&#224; o&#249; l'on attendrait des &#233;clairages sur les configurations &#233;tatiques, les trajectoires historiques, les &#233;conomies politiques et les m&#233;moires collectives, les formes de mobilisations et les structures ou les effets sociaux des conflits, se d&#233;ploie trop souvent une expertise de flux, rapide, interchangeable, port&#233;e vers les diagnostics simplificateurs et approximatifs. Elle laisse prosp&#233;rer un culturalisme paresseux qui pr&#233;sente le Proche-Orient comme un espace naturellement vou&#233; &#224; la violence, travaill&#233; par des passions irrationnelles ou prisonnier de haines imm&#233;moriales. Une telle lecture n'est pas seulement pauvre, elle est id&#233;ologiquement fonctionnelle. Elle dispense d'examiner les politiques d'occupation, les effets diff&#233;renci&#233;s de la guerre et les formes concr&#232;tes d'impunit&#233;. Elle remplace l'histoire par l'essence, la domination par la culture, et les structures politiques par des identit&#233;s suppos&#233;es closes sur elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 7 octobre 2023, cette tendance culturaliste s'est articul&#233;e &#224; une droitisation plus g&#233;n&#233;rale du d&#233;bat public fran&#231;ais. Le cadrage s&#233;curitaire s'est impos&#233; avec d'autant plus de force que les acteurs arm&#233;s oppos&#233;s &#224; Isra&#235;l &#233;taient ais&#233;ment rabattus sur l'&#233;tiquette du terrorisme. Que ces organisations soient islamistes ou arm&#233;es a suffi, dans une grande partie du commentaire, &#224; &#233;tendre &#224; l'ensemble des territoires et des populations palestinienne et libanaise une lecture dans laquelle la guerre isra&#233;lienne apparaissait d'abord comme une r&#233;ponse l&#233;gitime &#224; une menace. Dans cette logique, la destruction isra&#233;lienne des h&#244;pitaux, des &#233;coles, des ponts, des centrales &#233;lectriques et des lieux de culte, le meurtre de m&#233;decins, d'enseignants et de journalistes, le d&#233;placement forc&#233; de populations, la politique de la famine, le blocus interdisant le passage de m&#233;dicaments et de nourriture d'enfants, la torture des prisonniers, et les violations r&#233;p&#233;t&#233;es du droit international, ont &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233;s &#224; l'arri&#232;re-plan. Le terme de terrorisme a ainsi &#233;t&#233; transform&#233; en op&#233;rateur g&#233;n&#233;ral de justification. Il a contamin&#233; le regard port&#233; sur Gaza et le sud du Liban, autorisant une lecture o&#249; la soci&#233;t&#233; dispara&#238;t derri&#232;re &#171; l'ennemi barbare &#187;, et o&#249; la population civile se trouve insensiblement absorb&#233;e dans un environnement r&#233;put&#233; hostile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas du Liban est particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur des ravages de ce sch&#233;ma. Car si les Palestiniens, notamment &#224; Gaza, subissent depuis des d&#233;cennies un culturalisme et une d&#233;shumanisation qui se sont manifest&#233;s lors des guerres pr&#233;c&#233;dentes, en 2008, 2012, 2014 et 2021, les Libanais pouvaient se croire &#224; l'abri, au vu du souvenir d'un traitement consid&#233;r&#233; comme plut&#244;t objectif par les m&#233;dias fran&#231;ais jusqu'en 2006. R&#233;duire la guerre isra&#233;lienne d&#233;vastatrice, qui a fait plus de 2 000 morts, 7 000 bless&#233;s et plus d'un million de d&#233;plac&#233;s, &#224; &#171; une riposte d'Isra&#235;l au terrorisme du Hezbollah &#187;, revient &#224; effacer presque tout ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; de la situation. Et consid&#233;rer le Hezbollah exclusivement comme un mouvement terroriste justifiant &#171; l'op&#233;ration &#187; isra&#233;lienne interdit de saisir ce qui fait de lui un acteur enracin&#233; dans une histoire particuli&#232;re, li&#233;e &#224; l'occupation isra&#233;lienne du Sud-Liban, commenc&#233;e en 1978, soit cinq ans avant la cr&#233;ation du Hezbollah, &#224; des formes d'encadrement social, &#224; une base militante, &#224; des rapports de force confessionnels internes, &#224; une relation organique avec l'Iran, &#224; un effondrement &#233;conomique durable et une crise profonde de l'&#201;tat libanais et &#224; des m&#233;moires de guerre encore vives. Comprendre cela permet de penser le Liban autrement que comme un th&#233;&#226;tre vide offert aux narratifs isra&#233;liens.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La censure et l'autocensure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&#192; tout cela s'ajoute la question de la censure, qu'il faut entendre dans un sens large. Il ne s'agit pas seulement d'interdictions explicites ou de d&#233;cisions institutionnelles spectaculaires. La censure relative &#224; Isra&#235;l, au g&#233;nocide &#224; Gaza et &#224; la destruction, officiellement annonc&#233;e, de dizaines de villes et de villages libanais, op&#232;re aussi par atmosph&#232;re, par intimidation diffuse, par d&#233;l&#233;gitimation pr&#233;ventive et par instrumentalisation mena&#231;ante de la lutte contre l'antis&#233;mitisme. Certains mots deviennent co&#251;teux, certaines solidarit&#233;s interdites. Il se cr&#233;e ainsi un espace public o&#249; la prudence ne consiste plus &#224; &#234;tre rigoureux, mais &#224; &#233;viter ce qui d&#233;range un ordre dominant. Cette contraction du dicible affecte les m&#233;dias, l'universit&#233;, les institutions culturelles et les lieux de production du savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se redouble d'un autre ph&#233;nom&#232;ne : le contr&#244;le de la visibilit&#233; elle-m&#234;me. Lorsqu'un territoire bombard&#233; est ferm&#233; &#224; la presse internationale, lorsque les journalistes locaux paient un tribut humain exorbitant, plus de deux cents tu&#233;s &#224; Gaza, six au Liban, pour documenter la guerre, lorsque les images sont filtr&#233;es, contextualis&#233;es par les seules sources militaires ou soumises &#224; des conditions drastiques de circulation, ce n'est pas seulement l'information qui est entrav&#233;e. C'est la structure m&#234;me de la preuve qui est modifi&#233;e. Le t&#233;moignage des victimes devient plus facile &#224; relativiser et la narration de la guerre se trouve partiellement confisqu&#233;e par ceux qui la m&#232;nent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle configuration interdit de comprendre ce que l'histoire de la r&#233;gion montre pourtant avec constance : ni les invasions ni la force brute d'Isra&#235;l ne produisent de stabilit&#233;. En Palestine comme au Liban, l'effacement du temps long permet de pr&#233;senter chaque s&#233;quence de violence comme un commencement absolu, alors qu'elle s'inscrit dans des continuit&#233;s anciennes d'agressions et d'impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Ziad Majed&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans l'audiovisuel, un tapis rouge pour l'ambassadeur d'Isra&#235;l</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Dans-l-audiovisuel-un-tapis-rouge-pour-l</link>
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		<dc:date>2026-03-30T15:10:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Perrenot</dc:creator>


		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Guerres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Propagande.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/ambassadeurtv-60553.png?1776672969' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au lendemain de &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Iran-l-editocratie-en-renfort-d-une-guerre-juste&#034;&gt;l'agression isra&#233;lo-am&#233;ricaine contre l'Iran&lt;/a&gt;, le 28 f&#233;vrier 2026, l'ambassadeur d'Isra&#235;l en France, Joshua Zarka, d&#233;bute une intense tourn&#233;e m&#233;diatique. Propagande &#224; foison, invisibilisation des victimes, contradiction atone : &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/-2023-Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-&#034;&gt;on pensait avoir tout vu, tout entendu&lt;/a&gt;. C'&#233;tait sans compter une s&#233;quence in&#233;dite, qui se r&#233;p&#233;tera sur trois plateaux diff&#233;rents en dix jours&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre le 1er et le 11 mars 2026, l'ambassadeur d'Isra&#235;l en France, Joshua Zarka, a cumul&#233; 19 interviews dans l'audiovisuel. Alors qu'il est accus&#233; de g&#233;nocide devant la Cour internationale de justice et que son Premier ministre est sous mandat d'arr&#234;t de la Cour p&#233;nale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanit&#233;, l'&#201;tat d'Isra&#235;l voit son ambassadeur d&#233;filer dans les m&#233;dias fran&#231;ais &#224; une fr&#233;quence in&#233;gal&#233;e. Aucun de ses homologues ne b&#233;n&#233;ficie d'une telle caisse de r&#233;sonance&#8230; ni d'une telle complicit&#233; m&#233;diatique. La complaisance des chefferies &#233;ditoriales, comme des journalistes les plus en vue, est vertigineuse.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Dix-neuf cocons de propagande&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Le 1er mars, au lendemain de l'agression isra&#233;lo-am&#233;ricaine contre l'Iran, le pr&#233;sentateur de Franceinfo, Renaud Blanc, revendique son &#171; exclusivit&#233; &#187; : &#171; &lt;i&gt;C'est la premi&#232;re fois qu'un repr&#233;sentant d'Isra&#235;l prend la parole &#224; l'international&lt;/i&gt; &#187;, lance-t-il aux auditeurs, avant de remercier son invit&#233; &#171; &lt;i&gt;d'avoir choisi&lt;/i&gt; &#187; la radio de service public. S'ensuivent quinze longues minutes de propagande, racont&#233;es dans le d&#233;tail par &lt;a href=&#034;https://www.arretsurimages.net/chroniques/sur-le-gril/iran-propagande-israelienne-en-exclusivite-sur-franceinfo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Arr&#234;t sur images (7/03)&lt;/a&gt;. &#171; L'exclusivit&#233; &#187; Franceinfo ne fut pas garantie tr&#232;s longtemps puisque l'ambassadeur a l'occasion de r&#233;it&#233;rer son la&#239;us quelques heures plus tard sur BFM-TV, sans plus de contradiction. Joshua Zarka d&#233;plore-t-il lors de cette &#233;dition sp&#233;ciale que le pouvoir iranien &#171; &lt;i&gt;[fasse] en sorte d'essayer de toucher le plus possible des civils pour qu'il y ait un co&#251;t humain &#224; cette guerre&lt;/i&gt; &#187; ? La r&#233;partie de la pr&#233;sentatrice est impitoyable : &#171; &lt;i&gt;Vous voulez dire qu'il n'y a pas d'objectif militaire dans les frappes iraniennes ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, 2 mars, Joshua Zarka est l'invit&#233; de la matinale de TF1, dont il quitte les studios pour rejoindre ceux de RTL : deuxi&#232;me matinale&#8230; et nouvelle promenade de sant&#233;, ponctu&#233;e d'une seule timide interruption (en dix minutes) de la journaliste C&#233;line Landreau. Cette derni&#232;re ne manque pas d'&#233;voquer les &#171; &lt;i&gt;premiers d&#233;c&#232;s de soldats am&#233;ricains&lt;/i&gt; &#187; ni d'interroger l'ambassadeur quant au &#171; &lt;i&gt;bilan humain qui est d&#233;j&#224; lourd&lt;/i&gt; &#187;, mais la journaliste fait ici r&#233;f&#233;rence aux dix victimes isra&#233;liennes : les centaines de civils iraniens et libanais tu&#233;s, les &#233;coli&#232;res de Minab &#233;cras&#233;es sous les bombes deux jours plus t&#244;t n'auront pas droit &#224; un seul mot. L'ambassadeur d&#233;clare-t-il &#224; deux reprises que l'objectif d'Isra&#235;l, &#171; &lt;i&gt;c'est [de] vivre en paix dans notre petit coin du Moyen-Orient et qu'on nous laisse tranquilles&lt;/i&gt; &#187; ? Cela ne suscite chez la journaliste aucune relance. La veille sur BFM-TV, Joshua Zarka avait du reste &#233;prouv&#233; mot pour mot cet &#233;l&#233;ment de langage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'il r&#233;p&#233;tera &#224; l'envi au cours des interviews suivantes.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, enrichi d'un commentaire du m&#234;me calibre &#8211; &#171; &lt;i&gt;On veut [&#8230;] que nos voisins, proches et lointains, cessent d'essayer de nous exterminer&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, sans d&#233;clencher le moindre hol&#224; en plateau, o&#249;, comme ailleurs, le g&#233;nocide des Palestiniens rel&#232;ve &#224; l'&#233;vidence de l'histoire ancienne&#8230; quand il n'est pas purement et simplement ni&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 mars, on retrouve Joshua Zarka sur CNews, o&#249; il s'&#233;tait d&#233;j&#224; rendu la veille, et (de nouveau) sur BFM-TV. Au cours de cette derni&#232;re interview de pr&#232;s de quinze minutes, Maxime Switek et Ulysse Gosset poseront 21 questions &#224; l'ambassadeur d'Isra&#235;l. Aucune ne mentionnera les victimes civiles des bombardements en Iran et au Liban&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ulysse Gosset &#233;voquera toutefois les r&#233;fugi&#233;s libanais.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En seulement deux jours, les 2 et 3 mars, on comptabilise d&#233;j&#224; pas moins de sept apparitions sur six m&#233;dias diff&#233;rents (TF1, RTL, CNews, LCI, BFM-TV, RMC). Ce n'&#233;tait l&#224; qu'un d&#233;but&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 mars, Joshua Zarka b&#233;n&#233;ficie d'un nouvel entretien sur Europe 1 ; le 5, dans la matinale de France 2 mais aussi sur Radio J et le 6, dans la matinale de Radio Classique, o&#249; le journaliste Marc Bourreau s'illustre lui aussi par son mordant &#8211; et sa d&#233;fense &#224; tout crin du droit international &#8211;, en particulier lorsque Joshua Zarka jure la main sur le c&#339;ur que le but d'Isra&#235;l &#171; &lt;i&gt;n'est pas d'envahir des pays voisins [&#8230;], malgr&#233; toutes les rumeurs que certains antis&#233;mites, qu'ils soient en France ou autres, aiment publier ; notre but n'est pas de prendre des territoires, d'agrandir notre territoire&lt;/i&gt; &#187;. Alors qu'Isra&#235;l envahit alors le Liban et acc&#233;l&#232;re le processus d'annexion de la Palestine, tant &#224; Gaza qu'en Cisjordanie occup&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le dernier reportage de Jean Stern, &#171; Palestine. &#192; Naplouse, &#034;pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la r&#233;action du journaliste est l&#224; encore &#224; couper le souffle : ce sera un silence radio&#8230; agr&#233;ment&#233; d'un hochement de t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 mars, l'ambassadeur d'Isra&#235;l poursuit sa tourn&#233;e m&#233;diatique sur Franceinfo puis, pour la troisi&#232;me fois en une semaine, sur CNews. Le 9, il est invit&#233; sur le plateau de France 24, mais aussi dans l'&#233;mission sp&#233;ciale de France 2, &#171; L'&#233;v&#233;nement &#187;, pr&#233;sent&#233;e par Caroline Roux. Puis, quand il ne f&#233;licite pas les experts tout terrain sur X en relayant ici une outrance de Jean Quatremer (11/03), l&#224; une chronique de Sophia Aram sur France Inter qui se moque de &#171; &lt;i&gt;ceux qui r&#233;duisent les bombardements contre un r&#233;gime islamique &#224; une &#034;offensive contre le droit international&#034;&lt;/i&gt; &#187; (10/03), ou encore une &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s bonne analyse&lt;/i&gt; &#187; d'Alain Bauer sur LCI (10/03), il continue son d&#233;fil&#233; sous les auspices des hauts grad&#233;s du journalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 mars, il est ainsi convi&#233; une deuxi&#232;me fois par Apolline de Malherbe, cette fois-ci dans le fauteuil le plus expos&#233; de la matinale de RMC, diffus&#233;e simultan&#233;ment sur BFM-TV, et le lendemain, Europe 1 le gratifie d'une seconde invitation dans ses studios. &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons aucune dispute avec le Liban, rien&lt;/i&gt;, soutient Joshua Zarka face &#224; Apolline de Malherbe. &lt;i&gt;Nous n'avons pas de dispute territoriale, c'est un pays qui pourrait &#234;tre un pays ami, nous avions m&#234;me un accord de paix en 1983 ; la seule raison pour laquelle il y a ces hostilit&#233;s, c'est le Hezbollah qui est dirig&#233; par le Ha&#8230; par l'Iran.&lt;/i&gt; &#187; Dans pareil cas, une journaliste refuserait de tenir le haut-parleur : elle rappellerait &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/index/sujet/guerredulibanb&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2006&lt;/a&gt;, au moins, l'occupation du sud du Liban par l'arm&#233;e isra&#233;lienne pendant vingt-deux ans &#224; partir de 1978, surtout, et, s'agissant de la p&#233;riode r&#233;cente, se saisirait instantan&#233;ment des innombrables ressources mises &#224; disposition par les Nations unies (en g&#233;n&#233;ral), la Finul (en particulier) et les ONG afin de contrecarrer ces &#233;l&#233;ments de langage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En faisant valoir, par exemple, les violations quotidiennes du &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comment a donc r&#233;agi Apolline de Malherbe ? En posant la question suivante : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi vous n'avez pas pr&#233;venu la France ?&lt;/i&gt; &#187; CQFD.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Treize interviews sans aucune r&#233;f&#233;rence aux victimes civiles en Iran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Nous avons &#233;cout&#233; la totalit&#233; de ces interviews. Comme on a commenc&#233; &#224; l'entrevoir, le journalisme est aux abonn&#233;s absents &#224; peu pr&#232;s partout. Aussi ces dispositifs ont-ils contribu&#233; &#224; doper &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Iran-l-editocratie-en-renfort-d-une-guerre-juste&#034;&gt;un r&#233;cit m&#233;diatique align&#233; sur la propagande isra&#233;lo-am&#233;ricaine&lt;/a&gt;, dont l'un des versants consiste &#224; invisibiliser les crimes commis par ces deux &#201;tats. Les m&#233;dias dominants jouent ici brillamment leur partition : dans treize interviews sur dix-neuf, les journalistes aux commandes se sont dispens&#233;s, par exemple, de toute r&#233;f&#233;rence aux victimes civiles iraniennes.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_16479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/ambassadeur.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH228/ambassadeur-445f4.png?1776672969' width='500' height='228' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Dans les six cas restants, la moisson n'est gu&#232;re plus glorieuse. Sur Franceinfo, si Renaud Blanc &#233;voque bien &#171; &lt;i&gt;200 morts [et] 500 bless&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, la question qui accompagne ce bilan se passe de commentaire : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que vous avez un message, si je puis dire, aux Iraniens qui ont &#233;t&#233; durement frapp&#233;s, [&#8230;] &#224; la population iranienne ?&lt;/i&gt; &#187; Le 4 mars, la d&#233;marche du journaliste d'Europe 1 est sensiblement la m&#234;me : passer les plats pour mieux blanchir les crimes. &#171; &lt;i&gt;On sait qu'il y a d&#233;j&#224; des pertes civiles&lt;/i&gt;, avance le journaliste Charles Luylier. &lt;i&gt;Est-ce qu'une r&#233;flexion est men&#233;e pour qu'elles soient aussi faibles que possible ?&lt;/i&gt; &#187; L'occasion, pour l'ambassadeur, de disserter sur la capacit&#233; fort connue d'Isra&#235;l &#224; &#171; &lt;i&gt;cibl[er] seulement les institutions gouvernementales et bien s&#251;r les institutions militaires&lt;/i&gt; &#187; et &#224; &#171; &lt;i&gt;minimiser au maximum les pertes civiles&lt;/i&gt; &#187; sous les acquiescements du studio &#8211; alors que dans le cas d'esp&#232;ce, l'un comme l'autre des propos &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/Iran-Le-visage-de-la-guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;taient d&#233;j&#224; d&#233;mentis par les faits&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur France 2 cinq jours plus tard (9/03), c'est encore pire. Si la journaliste de France 24 Mariam Pirzadeh tente d'ouvrir le chapitre du bombardement am&#233;ricain de l'&#233;cole de Minab, celui-ci est clos instantan&#233;ment par Joshua Zarka&#8230; avec le renfort de la pr&#233;sentatrice Caroline Roux, qui relaie en prime la fake news (d&#233;j&#224; d&#233;bunk&#233;e) de Donald Trump :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Mariam Pirzadeh :&lt;/strong&gt; Si vous dites que vous vous coordonnez [avec les &#201;tats-Unis], &#231;a veut dire que vous avez des informations sur l'&#233;cole de fillettes &#224; Minab, il y a plus de 160 petites filles qui ont &#233;t&#233;&#8230; [coup&#233;e]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Joshua Zarka :&lt;/strong&gt; Ce n'&#233;tait pas Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Mariam Pirzadeh :&lt;/strong&gt; Ce n'&#233;tait pas Isra&#235;l, donc &#231;a veut dire que c'est les Am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Joshua Zarka :&lt;/strong&gt; Ce n'&#233;tait pas Isra&#235;l. C'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Mariam Pirzadeh :&lt;/strong&gt; Quand vous vous &#234;tes d&#233;cid&#233; d'attaquer&#8230; [coup&#233;e]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Caroline Roux :&lt;/strong&gt; Donald Trump a dit, juste, il a &#233;t&#233; interrog&#233; sur cette question hier et il a dit : c'est les Iraniens.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Fin de l'histoire. Personne ne bronche. Personne n'y reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_16482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/ambassadeur_france2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH279/ambassadeur_france2-44df3.png?1776672969' width='500' height='279' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cet entretien et celui de RMC (3/03) &#8211; au cours duquel Joshua Zarka &#233;voque par deux fois &#171; &lt;i&gt;une erreur de frappe iranienne&lt;/i&gt; &#187; sans &#234;tre contredit &#8211; seront les deux seuls cas (sur dix-neuf) o&#249; des auditeurs et t&#233;l&#233;spectateurs entendront parler, pendant quelques secondes, du massacre de Minab. L'ambassadeur d'Isra&#235;l a beau s'enorgueillir &#224; longueur d'antenne d'une &#171; &lt;i&gt;coordination totale&lt;/i&gt; &#187; (France 2, 9/03) entre les arm&#233;es isra&#233;lienne et am&#233;ricaine, les journalistes ne lui r&#233;clament aucun compte. Mention sp&#233;ciale au chroniqueur de France Inter Pierre Haski qui, en toute fin d'interview lors de l'&#233;mission sp&#233;ciale de France 2, fait part &#224; l'ambassadeur &#171; &lt;i&gt;des informations qui nous parviennent tous les jours de la violence des colons en Cisjordanie, pendant que tout le monde a les yeux fix&#233;s sur l'Iran&lt;/i&gt; &#187;. Sa question est donc &#171; logiquement &#187; la suivante :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Haski :&lt;/strong&gt; Est-ce que ce qui se passe en Cisjordanie, et l'arm&#233;e laisse faire visiblement, n'est pas totalement contre-productif du point de vue isra&#233;lien ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sid&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les victimes civiles au Liban sont &#233;voqu&#233;es un peu plus fr&#233;quemment par les journalistes &#8211; dans huit entretiens sur dix-sept&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons exclu du d&#233;compte les deux interviews du 1er mars puisque les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211;, elles sont la plupart du temps, elles aussi, mentionn&#233;es de mani&#232;re p&#233;riph&#233;rique, sans consid&#233;ration r&#233;elle, &#224; l'exception d'Apolline de Malherbe (sur BFM-TV/RMC le 10 mars) et d'Achren Verdian (sur France 24 le 8 mars), les deux seules intervieweuses &#224; insister davantage sur leur cas, &#224; trois reprises. Pas de quoi contrebalancer l'imaginaire des &#171; dommages collat&#233;raux &#187;, n&#233;anmoins. Pourquoi ? Parce qu'il ne s'agit presque jamais d'avancer ces faits dans les termes et le cadre du droit international humanitaire, ce qui favorise &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Palestine-Des-victimes-sans-visages-des-crimes&#034;&gt;le r&#233;cit dominant de &#171; crimes sans criminels &#187;&lt;/a&gt;. Ainsi les journalistes neutralisent-ils syst&#233;matiquement leurs interviews en les d&#233;pouillant du fond, c'est-&#224;-dire de tout rappel concret au g&#233;nocide des Palestiniens et de toute r&#233;f&#233;rence solide au droit international, auxquels les journalistes pr&#233;f&#232;rent g&#233;n&#233;ralement des consid&#233;rants inoffensifs du type : &#171; Jusqu'o&#249; Isra&#235;l est-il pr&#234;t &#224; aller ? &#187; ; ou ses variantes : &#171; &lt;i&gt;Jusqu'&#224; quel objectif allez-vous continuer &#224; frapper ?&lt;/i&gt; &#187; (TF1) ; &#171; &lt;i&gt;Jusqu'o&#249; Isra&#235;l va poursuivre ses op&#233;rations dans le pays ?&lt;/i&gt; &#187; (France 24)&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous dites quoi &#224; vos enfants qui vivent avec ces alertes en permanence ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Las&#8230; Non seulement le tapis rouge fut presque syst&#233;matiquement de mise, mais pour couronner le tout, ce d&#233;fil&#233; a donn&#233; lieu &#224; une s&#233;quence &#224; notre connaissance in&#233;dite dans l'histoire de la t&#233;l&#233;vision. &#171; &lt;i&gt;Bonsoir Joshua Zarka, merci d'&#234;tre avec nous&lt;/i&gt;, l'accueille Maxime Switek sur BFM-TV (3/03). &lt;i&gt;Je vous ai vu tout de suite regarder votre t&#233;l&#233;phone portable en arrivant dans ce studio. Pourquoi ?&lt;/i&gt; &#187; L'ambassadeur &#233;voque alors &#171; &lt;i&gt;une application qui sonne &#224; chaque fois que des missiles tombent sur [ses] enfants&lt;/i&gt; &#187;. Sic. Les journalistes l'&#233;coutent attentivement, la compassion est de mise. Ils en feront tout autant lorsque son t&#233;l&#233;phone sonnera quelques secondes plus tard, comme leurs confr&#232;res et cons&#339;ur sur Franceinfo et CNews, o&#249; l'&#233;pisode se r&#233;p&#233;tera (en pire) le 7 mars. Trois s&#233;quences qui r&#233;sument, &#224; elles seules, les &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-2-doubles&#034;&gt;compassions s&#233;lectives&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Liberations-en-Israel-Palestine-le-deux-poids&#034;&gt;la hi&#233;rarchie raciste des vies humaines&lt;/a&gt; auxquelles se livrent, consciemment ou non, les commentateurs les plus en vue. Pour le croire, mieux vaut le voir :&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe title=&#034;Ambassadeur d'Isra&#235;l sur les plateaux TV, mars 2026&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://videos.globenet.org/videos/embed/3uVJaCqk4Ezc1vwRyR2Wht&#034; style=&#034;border: 0px;&#034; allow=&#034;fullscreen&#034; sandbox=&#034;allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;La t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise est obsc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;D&#233;but mars 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) recensait &lt;a href=&#034;https://www.ochaopt.org/content/reported-impact-snapshot-gaza-strip-11-march-2026&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;21 283 enfants palestiniens massacr&#233;s par Isra&#235;l &#224; Gaza depuis octobre 2023&lt;/a&gt;. Selon &lt;a href=&#034;https://www.unicef.fr/article/gaza-plus-de-100-enfants-ont-ete-tues-depuis-le-cessez-le-feu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Unicef (13/01)&lt;/a&gt;, &#171; &lt;i&gt;plus de 100 enfants [y] ont &#233;t&#233; tu&#233;s [&#8230;] depuis le cessez-le-feu d&#233;but octobre [2025]&lt;/i&gt; &#187;, soit &#171; &lt;i&gt;environ un enfant tu&#233; chaque jour&lt;/i&gt; &#187;. L'ONG &lt;a href=&#034;https://www.savethechildren.net/news/gaza-20000-children-killed-23-months-war-more-one-child-killed-every-hour&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Save the children (6/09/2025)&lt;/a&gt; fait &#233;tat de dizaines de milliers d'enfants bless&#233;s, souffrant d'un handicap permanent, port&#233;s disparus ou pr&#233;sum&#233;s ensevelis sous les d&#233;combres. Dans la nuit du 14 au 15 mars 2026, en voiture de retour de Naplouse, Mohamed et Othman, respectivement &#226;g&#233;s de 5 et 6 ans, ont &#233;t&#233; assassin&#233;s avec leurs parents par l'arm&#233;e isra&#233;lienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Apr&#232;s le meurtre d'une famille par l'arm&#233;e isra&#233;lienne, la terreur &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, portant &#224; 233 le nombre d'enfants palestiniens tu&#233;s par Isra&#235;l en Cisjordanie occup&#233;e entre le 7 octobre 2023 et le 15 mars 2026&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'agr&#233;gateur de donn&#233;es du Bureau de la coordination des affaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour tous ceux-l&#224;, &lt;a href=&#034;https://www.lorientlejour.com/article/1499758/la-guerre-au-liban-tue-et-blesse-lequivalent-dune-classe-denfants-par-jour-denonce-lunicef-depuis-beyrouth.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pour ceux du Liban&lt;/a&gt; et d'Iran, le temps des cha&#238;nes d'info ne s'est jamais suspendu. Et aucune alarme n'a retenti sur les plateaux de t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Pauline Perrenot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qu'il r&#233;p&#233;tera &#224; l'envi au cours des interviews suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ulysse Gosset &#233;voquera toutefois les r&#233;fugi&#233;s libanais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire le dernier reportage de Jean Stern, &#171; Palestine. &#192; Naplouse, &#034;pour tenir, il ne faut plus penser au lendemain&#034; &#187;, &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/Palestine-A-Naplouse-pour-tenir-il-ne-faut-plus-penser-au-lendemain&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Orient XXI, 24/02&lt;/a&gt; et &#171; Dans la bande de Gaza, l'enfer de la &#034;ligne jaune&#034; &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/06/dans-la-bande-de-gaza-l-enfer-de-la-ligne-jaune_6669702_3210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 6/03&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En faisant valoir, par exemple, &lt;a href=&#034;https://www.lorientlejour.com/article/1486124/infographies-plus-de-12-000-violations-israeliennes-au-liban-en-un-an-de-cessez-le-feu.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les violations quotidiennes du &#171; cessez-le-feu &#187;&lt;/a&gt; par l'&#201;tat d'Isra&#235;l depuis sa mise en place le 27 novembre 2024 ; les &lt;a href=&#034;https://digitallibrary.un.org/record/4095082?ln=en&amp;v=pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;adresses r&#233;p&#233;t&#233;es du repr&#233;sentant permanent du Liban aupr&#232;s des Nations unies&lt;/a&gt; concernant les atteintes &#224; la souverainet&#233; du Liban, parmi lesquelles &#171; &lt;i&gt;la construction d'un mur [qui] aura pour effet de grignoter des terres libanaises d'une superficie estim&#233;e &#224; 4 100 m&#232;tres carr&#233;s&lt;/i&gt; &#187; (25/11/2025) ; mais aussi les alertes d'ONG libanaises et internationales concernant les (multiples) violations du droit international humanitaire par Isra&#235;l, recens&#233;es succinctement dans une lettre ouverte aux autorit&#233;s libanaises (&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.fr/communiques/liban-les-victimes-de-crimes-de-guerre-doivent-obtenir-justice-verite-et-reparations/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Amnesty International, 27/02&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous avons exclu du d&#233;compte les deux interviews du 1er mars puisque les bombardements isra&#233;liens n'avaient pas encore &#171; (re)commenc&#233; &#187; du point de vue de l'histoire&#8230; m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/180326/apres-le-meurtre-d-une-famille-par-l-armee-israelienne-la-terreur-son-paroxysme-en-cisjordanie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Apr&#232;s le meurtre d'une famille par l'arm&#233;e isra&#233;lienne, la terreur &#224; son paroxysme en Cisjordanie &#187;&lt;/a&gt;, Mediapart, 18/03.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon &lt;a href=&#034;https://www.ochaopt.org/data/casualties&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'agr&#233;gateur de donn&#233;es&lt;/a&gt; du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, qui, au total, recensait 1 071 Palestiniens tu&#233;s au 15 mars 2026.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Nous, journalistes pigistes et de m&#233;dias ind&#233;pendants, nous nous d&#233;solidarisons de la couverture m&#233;diatique de la guerre au Moyen-Orient &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Nous-journalistes-pigistes-et-de-medias</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Nous-journalistes-pigistes-et-de-medias</guid>
		<dc:date>2026-03-25T10:31:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Iran</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Guerres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Tribune.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Loin-du-Proche-et-du-Moyen-Orient-" rel="directory"&gt;Loin du Proche et du Moyen-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Iran-1480-+" rel="tag"&gt;Iran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-USA-+" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Guerres-+" rel="tag"&gt;Guerres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH80/tribune_moyenorient-39d05.png?1776675139' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une soixantaine de journalistes ont publi&#233; &lt;a href=&#034;https://docs.google.com/document/d/17M2nOM4M70LeqKrJMnmq6nfNJymFIrI14x9HrDvqLbg/edit?tab=t.0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une tribune&lt;/a&gt; pour se &#171; d&#233;solidariser de la couverture m&#233;diatique de la guerre au Moyen-Orient &#187;. Nous la relayons ici. (Acrimed)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes journalistes, reporters, photojournalistes pigistes et de m&#233;dias ind&#233;pendants, exer&#231;ant en France et &#224; l'international. Depuis les attaques conjointes lanc&#233;es par les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l sur l'Iran, ainsi que la guerre enclench&#233;e au Liban depuis le 2 mars, nous assistons, indign&#233;s, &#224; une couverture m&#233;diatique d&#233;faillante, lacunaire, d&#233;s&#233;quilibr&#233;e et, trop souvent, complaisante envers certains r&#233;cits officiels. Une d&#233;faillance qui ne date pas d'hier et qui s'inscrit dans une longue histoire de conflits perp&#233;tuels, notamment au Liban Sud, dans les territoires palestiniens occup&#233;s et &#224; Gaza, o&#249; le traitement m&#233;diatique reste syst&#233;matiquement le m&#234;me : simpliste, orient&#233; et r&#233;p&#233;titif, donnant l'impression d'un &#8220;nouveau&#8221; conflit &#224; chaque escalade alors qu'il s'agit en r&#233;alit&#233; d'une continuit&#233; tragique ignor&#233;e ou minimis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons qu'&#224; une guerre asym&#233;trique ne soit pas appos&#233; un traitement m&#233;diatique asym&#233;trique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans essentialiser l'ensemble des m&#233;dias, force est de constater que trop de journaux, de magazines, de cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et de radios produisent une lecture partielle de cette actualit&#233; pourtant majeure, aux cons&#233;quences humaines, politiques et g&#233;opolitiques consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne comprenons pas les choix &#233;ditoriaux concernant les invit&#233;&#183;es convi&#233;&#183;es &#224; commenter ces &#233;v&#233;nements. Trop souvent, les plateaux sont occup&#233;s par des intervenant&#183;es insuffisamment qualifi&#233;&#183;es pour analyser des situations d'une telle complexit&#233;. Couvrir ces conflits exige pourtant une connaissance fine du terrain, une ma&#238;trise des contextes historiques et une capacit&#233; &#224; mobiliser des analyses g&#233;opolitiques rigoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;non&#231;ons &#233;galement un manque criant de pluralisme. Les prises de parole de repr&#233;sentants isra&#233;liens sont fr&#233;quentes, parfois h&#233;g&#233;moniques, alors m&#234;me que le chef du gouvernement fait l'objet d'un mandat d'arr&#234;t international. Dans le m&#234;me temps, les repr&#233;sentants politiques des autres parties impliqu&#233;es sont marginalis&#233;s, disqualifi&#233;s ou absents des grands espaces de d&#233;bat. Cette asym&#233;trie dans l'acc&#232;s &#224; la parole contribue &#224; orienter la perception du public et &#224; appauvrir la compr&#233;hension du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous condamnons fermement les commentaires de plateau qui, sous couvert d'analyse, rel&#232;vent trop souvent de prises de position approximatives ou id&#233;ologiques. Ils participent &#224; une d&#233;shumanisation des victimes, r&#233;duisant les morts iraniens, libanais et palestiniens &#224; des donn&#233;es chiffr&#233;es, d&#233;connect&#233;es de toute r&#233;alit&#233; humaine, sociale et historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous souhaitons &#233;galement attirer l'attention sur les usages s&#233;mantiques profond&#233;ment diff&#233;renci&#233;s selon les parties concern&#233;es. L&#224; o&#249; certains &#171; meurent &#187;, d'autres sont &#171; tu&#233;s &#187;, voire &#171; assassin&#233;s &#187;. L&#224; o&#249; certaines op&#233;rations sont pr&#233;sent&#233;es comme des &#171; frappes pr&#233;ventives &#187;, d'autres sont imm&#233;diatement qualifi&#233;es d'&#171; attaques &#187;. Ces choix lexicaux ne sont pas neutres : ils hi&#233;rarchisent implicitement les vies et orientent la lecture morale des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, le recours au terme &#171; &#233;vacuation &#187; pour d&#233;signer des d&#233;placements massifs de populations civiles m&#233;rite d'&#234;tre interrog&#233;. Lorsqu'ils sont contraints, organis&#233;s sous la menace ou dans un contexte de bombardements, ces d&#233;placements rel&#232;vent, en droit international humanitaire, de transferts forc&#233;s, voire de d&#233;portations. L'article 49 de la Quatri&#232;me Convention de Gen&#232;ve interdit explicitement &#171; les transferts forc&#233;s individuels ou massifs, ainsi que les d&#233;portations de personnes prot&#233;g&#233;es hors du territoire occup&#233; &#187;, sauf imp&#233;ratif absolu de s&#233;curit&#233;, une exception strictement encadr&#233;e et dont l'interpr&#233;tation ne saurait &#234;tre extensible &#224; des politiques de d&#233;placement g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous indignons de voir certaines informations &#233;manant des autorit&#233;s am&#233;ricaines ou isra&#233;liennes reprises sans distance critique, parfois en temps r&#233;el, tandis que des faits document&#233;s concernant des violations du droit international imputables &#224; ces m&#234;mes acteurs sont syst&#233;matiquement relativis&#233;s, minimis&#233;s ou entour&#233;s de doutes excessifs. Cette asym&#233;trie dans le traitement de la preuve fragilise la cr&#233;dibilit&#233; du travail journalistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#233;galement pr&#233;occup&#233;s par la multiplication de chroniqueurs et chroniqueuses pr&#233;sents non pas pour &#233;tablir des faits, mais pour exprimer des positions id&#233;ologiques. Ce glissement brouille la fronti&#232;re entre information et opinion, au risque de transformer certains espaces m&#233;diatiques en chambres d'&#233;cho ou en instruments de l&#233;gitimation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, nous appelons nos cons&#339;urs et confr&#232;res exer&#231;ant dans les r&#233;dactions t&#233;l&#233;vis&#233;es, radiophoniques et de presse &#233;crite &#224; large audience &#224; se montrer &#224; la hauteur de leurs responsabilit&#233;s. Leur engagement est encadr&#233; par des principes clairs, notamment ceux &#233;nonc&#233;s dans la charte de Munich : recherche de la v&#233;rit&#233;, v&#233;rification des faits, ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des pouvoirs politiques et &#233;conomiques, refus de la manipulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous les appelons &#224; sortir de l'&#233;cueil de l'autocensure, qu'elle soit impos&#233;e, int&#233;rioris&#233;e ou structurelle, qui conduit trop souvent &#224; tordre, simplifier ou &#233;dulcorer l'information. En agissant ainsi, c'est le droit fondamental des citoyennes et des citoyens &#224; une information libre, compl&#232;te et honn&#234;te qui est compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Informer, ce n'est pas relayer. Informer, ce n'est pas hi&#233;rarchiser les vies. Informer, ce n'est pas choisir ses mots au service d'un r&#233;cit dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Informer, c'est donner &#224; comprendre, avec rigueur, honn&#234;tet&#233; et courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais, face &#224; des conflits d'une gravit&#233; extr&#234;me, notre responsabilit&#233; collective est engag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;La liste compl&#232;te des signataires &lt;a href=&#034;https://docs.google.com/document/d/17M2nOM4M70LeqKrJMnmq6nfNJymFIrI14x9HrDvqLbg/edit?tab=t.0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;est consultable ici&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Isra&#235;l, &#171; terroriste &#187; ? &#171; Il peut y avoir d&#233;bat &#187;, mais pas sur France Info</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Israel-terroriste-Il-peut-y-avoir-debat-mais-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Israel-terroriste-Il-peut-y-avoir-debat-mais-pas</guid>
		<dc:date>2024-09-27T13:13:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Poche</dc:creator>


		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;diateur</dc:subject>
		<dc:subject>Terrorisme</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et nulle part ailleurs dans les m&#233;dias dominants.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2023-Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-" rel="directory"&gt;2023-... : Isra&#235;l-Palestine, le 7 octobre et apr&#232;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Mediateur-+" rel="tag"&gt;M&#233;diateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-terrorisme-1302-+" rel="tag"&gt;Terrorisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Samedi 21 septembre, les auditeurs de France Info &lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-rendez-vous-du-mediateur/liban-ukraine-l-actualite-internationale-et-les-questions-des-auditeurs_6767227.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ont &#171; rendez-vous &#187;&lt;/a&gt; avec la m&#233;diatrice de Radio France, Emmanuelle Daviet. Au menu ce jour-l&#224;, le traitement r&#233;serv&#233; aux attaques d'Isra&#235;l contre les membres du Hezbollah libanais, via leur bipeur ou leur talkie-walkie. L'occasion d'un num&#233;ro d'&#233;quilibriste de haute voltige, sign&#233; Franck Mathevon, directeur de l'information internationale de Radio France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les 5 minutes du &#171; Rendez-vous de la m&#233;diatrice &#187; sont quasiment le seul moment o&#249; les critiques des auditeurs sur le travail journalistique de France Info peuvent &#234;tre entendues &#224; l'antenne de la radio publique. Autant dire qu'il est tr&#232;s encadr&#233;. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, c'est la m&#233;diatrice qui se charge de les transmettre et de les neutraliser tout en m&#234;me temps, selon diff&#233;rentes techniques sur lesquelles nous essaierons de revenir un jour. Ce samedi 21 septembre, tout n'avait pourtant pas si mal commenc&#233;. Pour une fois, la m&#233;diatrice se contente de lire, sans l'assortir de commentaires, un courrier d'auditeur qui pose clairement le d&#233;bat :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le Proche-Orient suscite un abondant courrier depuis le d&#233;but du conflit entre Isra&#235;l et le Hamas et cette semaine en particulier, avec ce qui s'est produit au Liban. Des auditeurs s'interrogent et une th&#233;matique revient tr&#232;s souvent dans leur courrier. Je vous lis l'un d'entre eux. &#171; Apr&#232;s les attaques via bipeurs et talkies walkies, causant des milliers de bless&#233;s et plusieurs dizaines de morts, comment se fait-il que les journaux de France Info ne parlent pas de terrorisme, mais seulement d'attaques ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et en effet, on ne peut que s'&#233;tonner, apr&#232;s avoir vu l'ensemble des grands m&#233;dias, apr&#232;s le 7 octobre, exiger de tous leurs interlocuteurs, comme pr&#233;alable (et souvent comme substitut) &#224; toute &#171; discussion &#187;, de condamner l'attaque &#171; terroriste &#187; du Hamas, de ne voir ce terme jamais employ&#233; pour qualifier une attaque ayant caus&#233; des explosions aux d&#233;g&#226;ts par nature incontr&#244;lables et indiscrimin&#233;s, ayant touch&#233;, in&#233;vitablement et donc sciemment, des hommes, femmes et enfants n'ayant d'autre tort que de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Dans un cas, la d&#233;nonciation du terrorisme est indispensable, dans l'autre, loin d'&#234;tre exig&#233;e, elle n'est m&#234;me pas envisag&#233;e : rarement le double standard dont b&#233;n&#233;ficie Isra&#235;l n'aura paru plus flagrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en r&#233;alit&#233;, n'y voyez aucun d&#233;s&#233;quilibre. &#201;coutez les explications limpides de Franck Mathevon, qui commence tr&#232;s fort :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Alors c'est une excellente question que pose cet auditeur. En fait, c'est li&#233; &#233;videmment &#224; la d&#233;finition du terrorisme. Les experts sont tr&#232;s divis&#233;s sur cette question, sur ce sujet. Pour beaucoup d'entre eux, un &#201;tat ne peut pas &#234;tre l'auteur d'une attaque terroriste. C'est uniquement le fait d'une organisation telle que le Hamas, par exemple, pour les massacres du 7 octobre l'an dernier, mais &#231;a ne peut pas &#234;tre le fait d'un &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#171; excellente question &#187;, Mathevon r&#233;pond donc par un argument d'autorit&#233; mal ficel&#233; qui ferait sourire sous la plume d'un lyc&#233;en, mais qui est un peu g&#234;nant venant d'un directeur de l'information. Lui-m&#234;me doit le sentir, puisqu'il se sent contraint &#224; quelque concession :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment ce sujet est discutable. Un d&#233;bat peut tout &#224; fait s'instaurer. &#192; ce propos, il ne fait pas de doute qu'Isra&#235;l a voulu semer la terreur au sein de la population libanaise et en particulier au sein de la population du Hezbollah, ce groupe chiite qui lui est hostile. Maintenant, on peut aussi estimer &#8211; et ce serait sans doute le point de vue isra&#233;lien &#8211; que Isra&#235;l, par cette attaque &#8211; qui n'est pas encore officiellement attribu&#233;e par ailleurs, mais on peut supposer qu'elle l'est &#8211; qu'Isra&#235;l, par cette attaque, a vis&#233; des &lt;i&gt;combattants&lt;/i&gt; du Hezbollah, des militants, des hommes possiblement arm&#233;s, &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt; des r&#233;servistes et que, par cons&#233;quent, il ne s'agit pas d'une attaque terroriste. Mais je suis tout &#224; fait conscient qu'il peut y avoir un d&#233;bat &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Admirons l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle de notre journaliste, qui a conscience de l'existence d'un &#171; d&#233;bat &#187; &#8211; entre deux positions qui sont, au passage, non exclusives l'une de l'autre : qu'Isra&#235;l ait &#171; vis&#233; des combattants &#187; n'exclut nullement qu'il ait voulu &#171; semer la terreur &#187;. Mais passons : l'essentiel, c'est que si Mathevon reconna&#238;t g&#233;n&#233;reusement que la question de qualifier ou non Isra&#235;l de &#171; terroriste &#187; se pose, parmi les &#171; experts &#187; myst&#233;rieux qu'il convoque et m&#234;me &#224; ses propres yeux, cela ne lui pose manifestement aucun probl&#232;me d'avoir tranch&#233; ce d&#233;bat (en faveur, donc, du &#171; point de vue isra&#233;lien &#187;), sans m&#234;me l'avoir port&#233; &#224; la connaissance du public &#8211; puisque pr&#233;cis&#233;ment, ce que l'auditeur pointait, c'est que les journaux n'ont jamais parl&#233; de &#171; terrorisme &#187; isra&#233;lien. Ce d&#233;bat n'aura jamais eu lieu &#224; l'antenne, et pas davantage avec la &#171; m&#233;diatrice &#187;. Face &#224; tant de &#171; conscience &#187;, rassur&#233;e, elle se contentera de changer de sujet avec l'une de ces questions dont elle a le secret :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Franck Mathevon, comment &lt;strong&gt;continuez-vous &#224; respecter le principe d'&#233;quilibre&lt;/strong&gt; auquel sont tr&#232;s attach&#233;s les auditeurs pour &#233;voquer cette guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un tel sens de l'&#233;quilibre avec autant d'auto-aveuglement forcerait presque le respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Olivier Poche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vies de pigistes au Liban</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Vies-de-pigistes-au-Liban</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Vies-de-pigistes-au-Liban</guid>
		<dc:date>2013-10-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Florence Massena</dc:creator>


		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Enqu&#234;te sur la pr&#233;carit&#233; de celles et ceux qui nous informent sur les guerres et l'actualit&#233; internationale.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-precaire-" rel="directory"&gt;Le journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journalisme-precaire-+" rel="tag"&gt;Journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'actualit&#233; internationale est bien souvent le parent pauvre de l'information. Non seulement elle rebuterait les t&#233;l&#233;spectateurs qui ignorent souvent tout &#8211; et pour cause&#8230; &#8211; des pays qui se retrouvent plus ou moins r&#233;guli&#232;rement dans l'agenda m&#233;diatique, mais surtout elle co&#251;te cher &#224; couvrir. Le monde est vaste et entretenir un r&#233;seau de correspondants qui permette d'&#234;tre pr&#233;sent dans les principales r&#233;gions de la plan&#232;te pour y produire de l'information de premi&#232;re main de fa&#231;on ind&#233;pendante, est une charge financi&#232;re que les m&#233;dias dominants, soumis &#224; des exigences de rentabilit&#233;, n'acceptent plus d'assumer. Aussi, quand l'actualit&#233; l'exige, ils recourent massivement &#224; des pigistes vivant sur place, d&#233;pendants de la fluctuation de l'app&#233;tence des r&#233;dactions parisiennes pour le pays qu'ils traitent, et de ce fait, soumis &#224; la pr&#233;carit&#233;. Enqu&#234;te, par l'une d'entre eux, sur ces soutiers de l'information internationale. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cjr.org/feature/womans_work.php?page=all&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le t&#233;moignage de la journaliste ind&#233;pendante italienne Francesca Borri le 1er juillet dernier&lt;/a&gt; sur son exp&#233;rience de la couverture du conflit syrien a fait couler beaucoup d'encre dans le monde du journalisme. &#192; Beyrouth, tous les pigistes que je connais se sont empress&#233;s de le partager sur Facebook et Twitter, en soutien et en reconnaissance de leur coll&#232;gue. &#192; quelques heures seulement de la rage et des souffrances syriennes, les th&#233;matiques abord&#233;es par l'Italienne retentissent avec force dans le quotidien d'une poign&#233;e d'ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;barquant &#224; Beyrouth de Paris, le nombre de pigistes fran&#231;ais vivant dans cette ville peut surprendre, sans compter les arriv&#233;es r&#233;guli&#232;res de &#171; temporaires &#187;, ceux qui viennent en cas d'&#233;v&#233;nement sp&#233;cial ou juste pour quelques mois, apprendre l'arabe et voyager tout en travaillant un peu. Au fil du temps, j'ai appris &#224; conna&#238;tre les &#171; permanents &#187;, ceux qui restent entre un et huit ans, et qui se donnent du mal pour vivre dans de bonnes conditions, malgr&#233; un terrain difficile et un m&#233;tier de plus en plus pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte de Francesca Borri n'est pas tomb&#233; dans l'oreille de sourds au Liban, o&#249; les pigistes, qu'ils aillent ou non en Syrie, sont confront&#233;s &#224; des r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques difficiles. L&#233;a&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s &#224; la demande des personnes interview&#233;es.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Entre mes souvenirs d'enfance des reporters sur le terrain et la r&#233;alit&#233; aujourd'hui, je me rends compte que l'international prend de moins en moins de place dans les r&#233;dactions. En tant qu'ind&#233;pendants nous n'avons pas de salaire fixe, donc nous sommes tout le temps mobilis&#233;s sur le terrain pour ne rien louper et tout comprendre, mais ce travail n'est pas r&#233;mun&#233;r&#233; &#224; sa juste valeur&lt;/i&gt; &#187;. Julie, qui a pu se rendre &#224; ses risques et p&#233;rils en Syrie, arrive parfois &#224; &#234;tre financ&#233;e pour ses reportages : &#171; &lt;i&gt;Cela d&#233;pend de ce qui a &#233;t&#233; convenu auparavant avec les m&#233;dias. Parfois je rentre tout juste dans mes frais, et parfois je fais des b&#233;n&#233;fices et cela m'encourage &#224; continuer &lt;/i&gt; &#187;. Cette derni&#232;re nuance le t&#233;moignage de la pigiste italienne : &#171; &lt;i&gt;On peut se rendre en Syrie pour une courte p&#233;riode, quatre jours sur le terrain &#224; travailler jour et nuit, et &#234;tre accueilli par des familles et des activistes non arm&#233;s. Je pense que les conditions de travail d&#233;pendent en grande partie des zones couvertes, les risques et les co&#251;ts ne sont pas les m&#234;mes&lt;/i&gt; &#187;. Cependant, pas de traitement de faveur pour un journaliste se mettant en danger : &#171; &lt;i&gt;En g&#233;n&#233;ral il n'y a pas de diff&#233;rence de prix pour les zones de guerre, on peut parfois n&#233;gocier en double pige certains reportages risqu&#233;s, mais cela reste rare&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Julie. Face aux critiques des r&#233;dactions europ&#233;ennes concernant une prise de risque inutile pour &#234;tre si peu pay&#233;, Karim r&#233;agit : &#171; &lt;i&gt;&#192; ceux qui se demandent pourquoi cette journaliste va dans un pays en guerre pour gagner si peu : pour moi il s'agit davantage de documenter un conflit que de gagner de l'argent&lt;/i&gt; &#187;, m&#234;me si &#171; &lt;i&gt;apr&#232;s huit ans d'&#233;tudes sup&#233;rieures, gagner aux alentours de 1000 euros par mois, quand je vois le temps que je passe &#224; travailler et les risques que je prends parfois, c'est ind&#233;cent&lt;/i&gt; &#187;. De son c&#244;t&#233;, L&#233;a regrette la pr&#233;carit&#233; de sa position : &#171; &lt;i&gt;Nous ne faisons pas le poids. Et du fait de notre statut de pigiste nous n'avons personne pour nous d&#233;fendre dans les r&#233;dactions. Il n'est pas facile de dire &#224; son r&#233;dacteur en chef : je ne travaille plus pour vous. Tu prends le travail qu'on te donne&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pr&#233;carit&#233; au quotidien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le Liban reste un terrain &#171; chaud &#187; largement couvert par rapport &#224; d'autres zones du monde, la m&#233;diatisation des sujets internationaux a chut&#233; dans les r&#233;dactions fran&#231;aises depuis les ann&#233;es 1980. Comme l'explique le chercheur Olivier Baisn&#233;e, enseignant &#224; Sciences Po Toulouse, &#171; &lt;i&gt;l'un des premiers signes d'une modification du traitement de l'information internationale est la baisse du nombre de correspondants &#224; l'&#233;tranger&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, TF1 n'a plus que cinq bureaux en-dehors de Paris, &#224; J&#233;rusalem, Moscou, Londres, Washington et Rome ; FR3 ne dispose que d'un seul correspondant &#224; Bruxelles, tandis que France 2 maintient dix bureaux &#224; l'&#233;tranger. Les services sp&#233;cialis&#233;s, dont l'international, ont aussi tendance &#224; dispara&#238;tre des r&#233;dactions, par exemple &#224; TF1 depuis 1996, et &#224; France 2 depuis 2003. L'international devient un sujet comme les autres, et ce d&#233;sint&#233;r&#234;t est encourag&#233; par la forte pr&#233;carit&#233; des journalistes &#8211; 39,5 % de journalistes non-employ&#233;s en CDI en 2008 contre 8,5 % en 1975. Karim s'interroge : &#171; &lt;i&gt;Le m&#233;tier de correspondant &#224; l'&#233;tranger est en voie de disparition. Seule Radio France a au Liban un correspondant permanent salari&#233;. Tout le reste des m&#233;dias fran&#231;ais fonctionnent avec des pigistes, les rubriques internationales sont de plus en plus petites. Quel est notre avenir ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salaires mensuels des pigistes au Liban varient selon le type de m&#233;dia pour lequel ils travaillent, la t&#233;l&#233;vision &#233;tant la plus rentable. Les directs t&#233;l&#233; et radio sont des bonus p&#233;cuniaires qu'ils ne refusent pas, que ce soit des appels &#224; 5h du matin ou &#224; seulement dix minutes du passage &#224; l'antenne. Beaucoup de ces journalistes travaillent dans le local pour s'assurer un petit salaire fixe capable de compenser les moments o&#249; les r&#233;dactions ne sont pas int&#233;ress&#233;es par l'actualit&#233; locale, &#224; l'exemple d'&#201;tienne : &#171; &lt;i&gt;J'ai gagn&#233; en moyenne 1500 dollars par mois sur l'ann&#233;e 2013, mais cela peut aller de 700 &#224; 3000 dollars par mois selon l'actualit&#233; et les d&#233;lais de paiements, se partageant &#224; &#233;galit&#233; entre presse libanaise et presse &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, et de L&#233;a : &#171; &lt;i&gt;Les m&#233;dias libanais m'assurent environ 900 dollars par mois puis &#231;a fluctue en fonction de mes collaborations pour la France, pouvant aller jusqu'&#224; plus de 1000 euros suppl&#233;mentaires en cas d'actualit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des rapports fluctuants avec les r&#233;dactions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on interroge les pigistes fran&#231;ais au Liban, &#224; l'image des comportements d&#233;crits par Francesca Borri, une certaine crispation existe entre eux et les r&#233;dactions fran&#231;aises. &#171; &lt;i&gt;Dans la presse fran&#231;aise, il n'y a parfois pas de retour pour savoir si l'article est bien arriv&#233;. Pour n'importe quel papier command&#233; et non publi&#233;, il faut parfois insister pendant plusieurs mois pour &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;, ou pour se faire rembourser les frais de fixeur&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la fois interpr&#232;tes, guides, interm&#233;diaires et logisticiens, les fixeurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;i&gt; Il y a le sentiment d'un deux poids deux mesures, avec les envoy&#233;s sp&#233;ciaux salari&#233;s qui ont des moyens nettement plus importants quand ils se d&#233;placent au Liban&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce un journaliste souhaitant rester anonyme. Pour Charline, le plus frustrant est &#171; &lt;i&gt;quand une news internationale fait les gros titres et qu'on oublie ton pays pour deux ou trois mois, ou quand tu expliques qu'un &#233;v&#233;nement est important et qu'on ne t'&#233;coute pas &lt;/i&gt; &#187;, mais &#171; &lt;i&gt;je ne pense pas que ce soit diff&#233;rent d'&#234;tre pigiste au Liban, aux Bahamas ou &#224; Pavalas-les-Flots, il faut comprendre et cibler ce que les r&#233;dactions cherchent et proposer en fonction&lt;/i&gt; &#187;. Cette crispation est donc &#224; nuancer, comme le d&#233;crit P&#233;n&#233;lope : &#171; &lt;i&gt;Il y a des refus polis, des gens qui t'ignorent, des gens qui ne veulent pas payer et qu'il faut harceler, des comptables qui t'oublient, des r&#233;dactions que &#231;a n'int&#233;resse pas du tout, d'autres un peu moins mais qui se moquent de savoir si tu as engag&#233; des frais pour faire ton reportage&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Tout d&#233;pend des gens. Mais des r&#233;ponses plus r&#233;guli&#232;res, m&#234;me pour refuser une id&#233;e, feraient du bien au moral, histoire de savoir que l'on a tout de m&#234;me &#233;t&#233; lu&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un certain manque d'empathie est notable de la part des r&#233;dactions parisiennes, &#224; l'image de l'exp&#233;rience de Julie : &#171; &lt;i&gt;Un de mes employeurs m'a demand&#233; de travailler les heures qui suivaient mon retour de Syrie sans se pr&#233;occuper de mon niveau de fatigue et mon &#233;tat moral&lt;/i&gt; &#187;. Cette situation n'est toutefois pas la norme. &#171; &lt;i&gt;La plupart des r&#233;dactions pour lesquelles je travaille sont conscientes des risques. En ce moment je travaille sur un sujet dans une zone sensible du Liban, et le r&#233;dacteur en chef int&#233;ress&#233; par le sujet comprend la situation et ne me force pas &#224; prendre des risques et &#224; aller plus vite que la musique&lt;/i&gt; &#187;, explique L&#233;a. Au final, elle estime que &#171; &lt;i&gt;le plus difficile &#224; g&#233;rer est le d&#233;calage qui existe entre les personnes dans les r&#233;dactions parisiennes, ce qu'elles te demandent de traiter, et la r&#233;alit&#233;. Il faut parfois faire des pirouettes pour arriver &#224; d&#233;crire la situation telle que tu la ressens et non telle qu'on voudrait qu'elle soit&lt;/i&gt; &#187;. Face &#224; cela, Julie a choisi de rester ferme : &#171; &lt;i&gt;Certains tentent d'orienter le reportage avec leurs opinions sans attendre le retour du terrain, mais je ne m'y plie pas quand leur jugement est bien loin de la r&#233;alit&#233; et personne n'a jamais refus&#233; mes travaux&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, les journalistes regrettent un manque de compr&#233;hension de la part des r&#233;dactions fran&#231;aises, notamment en cas de reportage en Syrie : &#171; Je &lt;i&gt;pense que dans leur grande majorit&#233;, jusqu'&#224; ce que les kidnappings se multiplient, les r&#233;dactions n'y voyaient rien de sp&#233;cial. Il m'est arriv&#233; qu'on me commande un papier et qu'&#224; mon retour, je d&#233;couvre que le chef du magazine &#233;tait parti en vacances sans pr&#233;venir personne &#224; la r&#233;daction que j'&#233;tais parti en Syrie&lt;/i&gt; &#187;, raconte Karim. &#192; cela s'ajoute le besoin m&#233;diatique d'aller au plus vite, sans consid&#233;rer les r&#233;alit&#233;s du terrain : &#171; &lt;i&gt;On m'a command&#233; un papier sur un sujet tr&#232;s dangereux avec une deadline d'une semaine ou deux. J'avais l'impression qu'on me demandait de partir aux Bahamas. Comment bien pr&#233;parer son reportage, v&#233;rifier ses sources, ses contacts, puis financer, partir et &#233;crire son reportage en si peu de temps dans un pays en guerre ? Cela t&#233;moigne moins d'un m&#233;pris que d'une m&#233;connaissance profonde du terrain&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce-t-il. Le sociologue Erik Neveu parle du glissement vers un &#171; journalisme de march&#233; &#187; : les aptitudes professionnelles et le r&#244;le civique du journaliste se heurtent aux logiques commerciales qui am&#232;nent les responsables des r&#233;dactions &#224; privil&#233;gier les sujets &#171; faits divers &#187; et &#171; choc &#187;, visuellement marquants, pour gagner l'int&#233;r&#234;t du public, et &#224; consid&#233;rer que des sujets longs et &#171; compliqu&#233;s &#187; le feront fuir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pigiste, un m&#233;tier prenant moralement et physiquement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce climat de travail, les pigistes d&#233;veloppent souvent une certaine fatigue, due notamment au rythme de travail : &#171; &lt;i&gt;Travailler comme journaliste ind&#233;pendant en presse &#233;crite permet tout juste de vivre correctement, mais sans pouvoir r&#233;aliser aucune &#233;conomie ni faire aucun plan d'avenir. En t&#233;l&#233;vision, l'&#233;quation est diff&#233;rente, le m&#233;tier est mieux r&#233;mun&#233;r&#233;, mais les places sont encore plus ch&#232;res que dans la presse &#233;crite. J'imaginais d&#233;j&#224; ces r&#233;alit&#233;s en &#233;cole, mais le vivre sur la dur&#233;e est parfois stressant &lt;/i&gt; &#187;, raconte &#201;tienne. Et quand l'actualit&#233; s'acc&#233;l&#232;re, &#224; l'image de la s&#233;rie d'attentats qu'a connue le Liban en ao&#251;t, les journalistes doivent se mobiliser enti&#232;rement pour couvrir les &#233;v&#233;nements, au d&#233;triment de leur &#233;quilibre : &#171; &lt;i&gt;Les p&#233;riodes o&#249; tu travailles le plus sont aussi les p&#233;riodes les plus difficiles &#224; g&#233;rer personnellement : tu vas sur le terrain, mais tu sais aussi que &#231;a peut affecter ta vie ici&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille L&#233;a. &#192; cette fatigue physique et morale s'ajoute aussi l'&#233;motion, &#224; laquelle les journalistes vivant sur le long terme dans un pays ne peuvent &#233;chapper : &#171; &lt;i&gt;Les m&#233;dias se concentrent sur ce qui ne va pas et tu dois essayer de rendre compte de la situation sans exag&#233;rer, mais cela t'affecte, comme le conflit syrien, cette guerre touche des personnes qui me sont proches. Je ne peux pas regarder tout &#231;a avec un regard froid, et ce que je dis est encore plus pes&#233;&lt;/i&gt; &#187;, continue-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fatigue et l'&#233;motion d&#233;crites sont encore plus appuy&#233;es chez les pigistes couvrant les terrains dangereux, comme Julie : &#171; &lt;i&gt;Les tensions sont de plus en plus r&#233;guli&#232;res et cela affecte mon moral parfois, surtout quand il s'agit de reporter des massacres, des attentats et des combats&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je me rends compte que cela m'affecte. Depuis mon dernier voyage en Syrie et certainement aussi &#224; cause de la situation au Liban qui est loin d'&#234;tre paradisiaque dans certains coins du pays, je fais r&#233;guli&#232;rement des r&#234;ves de bombardements et de course-poursuite. Mais d&#232;s que je me r&#233;veille, tout va bien !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame Karim. Ayant pass&#233; plusieurs ann&#233;es sur place, &#201;tienne s'est habitu&#233; aux urgences s&#233;curitaires libanaises mais &#171; &lt;i&gt;il faut g&#233;rer l'inqui&#233;tude des proches, tout en gardant un &#233;trange sentiment m&#234;l&#233; d'adr&#233;naline et de peur quand il s'agit d'aller sur un terrain dangereux. Je songe m&#234;me &#224; acheter un gilet pare-balles ! Parfois aussi, le fait de faire t&#233;moigner des personnes en d&#233;tresse peut affecter le moral et donner un sentiment d'impuissance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La passion du terrain avant tout&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue ext&#233;rieur, on serait tent&#233; de conseiller &#224; ces journalistes de rentrer en France, mais c'est ignorer leur passion pour le terrain et pour leur m&#233;tier. Tous sont venus pour des raisons diff&#233;rentes au Liban, que ce soit par amour, par impossibilit&#233; de vivre en Syrie, ou juste par attachement pour le pays. &#171; &lt;i&gt;J'ai choisi de m'installer ici par pulsion, j'aime ce pays&lt;/i&gt; &#187;, raconte Charline, et ce malgr&#233; les difficult&#233;s, comme l'exprime Karim : &#171; &lt;i&gt;Certes je ne roule pas sur l'or, mais je d&#233;couvre une nouvelle soci&#233;t&#233;, des parcours de vie singuliers. Je trouve que je suis chanceux d'avoir v&#233;cu autant de belles rencontres&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailler &#224; Paris n'est pas une option pour la plupart des pigistes rencontr&#233;s &#224; Beyrouth : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas envie d'avoir un boulot de JRI (journaliste reporter d'images) &#224; Paris, car attendre cinq heures sous la pluie que DSK apparaisse pour cinq secondes d'images inutiles ne m'int&#233;resse pas&lt;/i&gt; &#187;, ironise Charline. Un choix professionnel &#233;galement appuy&#233; par L&#233;a : &#171; &lt;i&gt;Le r&#244;le de correspondant &#224; l'&#233;tranger est primordial car tu es sur le terrain, et dans un pays au contexte politique si complexe il faut du temps pour comprendre et pour pouvoir donner des infos les plus fiables possibles&lt;/i&gt; &#187; et P&#233;n&#233;lope : &#171; &lt;i&gt;C'est un choix r&#233;fl&#233;chi et assum&#233;. Je n'ai pas fait ce m&#233;tier pour faire des sujets neige. C'est intellectuellement passionnant et stimulant de travailler ici, et, je l'avoue, quelque peu excitant&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je resterai pigiste, car c'est aussi une vraie libert&#233;. Je ne sais pas o&#249; je serai, mais s&#251;rement au Moyen-Orient car c'est cette r&#233;gion que je veux couvrir. Je suis consciente des difficult&#233;s du m&#233;tier, mais le statut de pigiste me permet dans une certaine mesure de choisir les sujets que je traite, et de me battre pour faire passer certaines id&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, ajoute L&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les relations entre les pigistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de pigiste est &#233;galement ponctu&#233;e d'anecdotes, &#224; l'image des r&#233;cits des directs t&#233;l&#233;phoniques en sous-v&#234;tements dans son lit, un caf&#233; &#224; la main, voire dans une sup&#233;rette entre des bouteilles de shampoings et des rouleaux de papiers toilette, ou de reportages finissant en demande en mariage de la part d'un combattant interview&#233;. Pour partager ces histoires et se d&#233;tendre apr&#232;s des moments stressants, les journalistes peuvent compter les uns sur les autres. &#171; &lt;i&gt;Les relations sont bonnes. Ce qui est chouette car cela permet de se serrer les coudes, se refiler des tuyaux, boire des coups et se remonter le moral mutuellement, ce qui est indispensable vu notre situation professionnelle instable, dans un pays pas franchement stable non plus&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille P&#233;n&#233;lope. &#171; &lt;i&gt;J'avais entendu tellement d'histoires n&#233;gatives, de comp&#233;tition entre journalistes qui se faisaient des coups bas, que j'ai &#233;t&#233; plut&#244;t tr&#232;s agr&#233;ablement surpris. On est un petit groupe de jeunes journalistes et on s'entraide, cela m'apporte beaucoup humainement et professionnellement&lt;/i&gt; &#187;, rench&#233;rit Karim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce, malgr&#233; la concurrence : &#171; &lt;i&gt;On est nombreux, des fois on aurait bien aim&#233; vendre quelque chose &#224; ce journal ou cette &#233;mission, ce que vient de faire justement notre confr&#232;re ou cons&#339;ur. Il faut se rappeler que les autres ne sont pas l&#224; pour nous tirer dans les pattes, mais que l'on s'en sort mieux en demandant des coups de main&lt;/i&gt; &#187;, estime P&#233;n&#233;lope. Un avis que partage L&#233;a : &#171; &lt;i&gt;Il y a une concurrence c'est certain, car le territoire est tout petit, et la place qui lui est accord&#233;e dans les journaux, hors p&#233;riode de tensions, pas tr&#232;s importante. Mais avec les personnes que je connais vraiment, il y a une vraie solidarit&#233; : on s'&#233;change des contacts, on se donne des conseils, parfois on va sur le terrain ensemble&lt;/i&gt; &#187;. La conscience de leur pr&#233;carit&#233; joue donc un r&#244;le dans les relations qu'entretiennent les journalistes entre eux : &#171; &lt;i&gt;Il y a parfois de l'entraide entre pigistes, m&#234;me si l'on travaille dans des journaux concurrents, que ce soit pour des raisons de s&#233;curit&#233;, ou pour partager des frais de fixeur&lt;/i&gt; &#187;, raconte &#201;tienne. Pour lui, &#171; &lt;i&gt;il y a globalement un respect mutuel entre les pigistes fran&#231;ais, et il est rare que les uns marchent sur les plates-bandes des autres&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Florence Massena&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s &#224; la demande des personnes interview&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; la fois interpr&#232;tes, guides, interm&#233;diaires et logisticiens, les fixeurs (francisation de l'anglais &lt;i&gt;fixer&lt;/i&gt;), ou accompagnateurs, sont souvent des locaux qui facilitent, voire permettent le travail des journalistes &#233;trangers dans les zones difficiles, comme les pays en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Journalisme en tenue de camouflage : un reportage de Lib&#233;ration au nord d'Isra&#235;l </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Journalisme-en-tenue-de-camouflage-un-reportage-de-Liberation-au-nord-d-Israel</link>
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		<dc:date>2010-12-20T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Salingue</dc:creator>


		<dc:subject>Lib&#233;ration</dc:subject>
		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Empathie ou parti pris ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2010-La-desinformation-continue-" rel="directory"&gt;2010-2022 : La d&#233;sinformation continue&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liberation-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le &#171; Grand angle &#187; publi&#233; le 15 d&#233;cembre dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et intitul&#233; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/monde/01012307852-kibboutzim-a-portee-de-guerre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Kibboutzim &#224; port&#233;e de guerre &#187;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; est un monument de journalisme de terrain&#8230; glissant. Ce &#171; reportage &#187; au c&#339;ur de trois localit&#233;s isra&#233;liennes proches de la fronti&#232;re libanaise enfile comme des perles les lieux communs, les approximations, les caricatures et les f&#226;cheux oublis, pour ne pas dire les mensonges par omission. D&#233;cryptage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout est dit, ou presque, d&#232;s le chapeau de l'article : &lt;i&gt;&#171; Comment vit-on dans les villages du nord d'Isra&#235;l, &#224; quelques kilom&#232;tres du Hezbollah, surarm&#233; et mena&#231;ant ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re information : les villages du nord d'Isra&#235;l ne se situent pas &#224; proximit&#233; de la &#171; fronti&#232;re libanaise &#187; ou du &#171; Sud-Liban &#187;, mais &lt;i&gt;&#171; &#224; quelques kilom&#232;tres du Hezbollah &#187;&lt;/i&gt;. Rappelons que le &#171; Hezbollah &#187; est un parti politique libanais, disposant d'une branche arm&#233;e mais aussi de d&#233;put&#233;s, de ministres et de nombreux &#233;lus locaux. &#171; Le &#187; Hezbollah ne peut donc pas d&#233;cemment se situer &#224; &#171; quelques kilom&#232;tres &#187; du nord d'Isra&#235;l, m&#234;me s'il domine politiquement le sud du Liban. La suite de l'article nous confirmera que nous n'avons pas ici affaire &#224; une figure de style qui se bornerait &#224; &#233;voquer un tout par l'une des ses parties&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une m&#233;tonymie ou une synecdoque : &#171; Washington et P&#233;kin s'opposent sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais &#224; une mise en sc&#232;ne dramatisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me information : le Hezbollah est &#171; &lt;i&gt;surarm&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Parlons &#171; chiffres &#187; : m&#234;me si les estimations varient, les sp&#233;cialistes s'accordent pour &#233;valuer les effectifs militaires du Hezbollah &#224; environ 1000 hommes, auxquels s'ajouteraient approximativement 10.000 r&#233;servistes. On apprend dans l'article que le mouvement aurait en sa possession 40.000 &#224; 50.000 roquettes, auxquelles il convient d'ajouter une centaine de missiles &#224; moyenne port&#233;e. Il y a bien &#233;videmment de quoi faire des d&#233;g&#226;ts, mat&#233;riels et humains. Mais si le Hezbollah est &#171; surarm&#233; &#187;, comment qualifier l'&#201;tat d'Isra&#235;l ? Car l'arm&#233;e isra&#233;lienne c'est, selon les autorit&#233;s elles-m&#234;mes : 176.500 soldats, 445.000 r&#233;servistes, 3340 tanks, 516 avions de combats, 171 h&#233;licopt&#232;res, 57 navires de patrouille, 15 vaisseaux de combat et 3 sous-marins. Et l'arme nucl&#233;aire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un secret de Polichinelle.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Alors, &#171; sursursurarm&#233; &#187;, l'&#201;tat d'Isra&#235;l ? Les comparaisons, si elles ne disent pas tout, permettent souvent d'&#233;viter les exc&#232;s de langage, quand bien m&#234;me ils seraient utiles pour la mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me information : le Hezbollah est &lt;i&gt;&#171; mena&#231;ant &#187;&lt;/i&gt;. Nous tenons l&#224; le fil conducteur de l'article, de ses omissions, erreurs et parti pris. Que voici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques oublis malencontreux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article s'ouvre par un &#171; focus &#187; sur une habitante du kibboutz Yiron, Ada Sereni, &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[qui] &lt;i&gt;n'a pas quitt&#233; sa terrasse&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;durant la guerre de 2006 avec le Hezbollah, malgr&#233; les 4000 roquettes qui se sont abattues sur Isra&#235;l &#187;&lt;/i&gt;. Le lecteur est ainsi invit&#233; &#224; admettre que la s&#233;r&#233;nit&#233; d'Ada Sereni, &lt;i&gt;&#171; &#233;nergique octog&#233;naire &#187;&lt;/i&gt;, force le respect. D'autant plus qu'&lt;i&gt;&#171; Ada en a vu d'autres &#187;&lt;/i&gt;, puisqu'elle &lt;i&gt;&#171; fait partie du petit groupe de combattants de la Haganah, une des forces arm&#233;es &#224; l'origine de l'arm&#233;e isra&#233;lienne, qui a particip&#233; aux combats de la guerre d'ind&#233;pendance en 1948 et a fond&#233; le kibboutz &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut &#234;tre aurait-il &#233;t&#233; judicieux de rappeler ce que fit alors la Haganah et donc ce qu'Ada a vraisemblablement &lt;i&gt;&#171; vu d'autre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le kibboutz Yiron a &#233;t&#233; fond&#233; en 1949 par des membres du Palmach, troupe d'&#233;lite de la Haganah. Ce que la journaliste ne pr&#233;cise pas, c'est que ce kibboutz a &#233;t&#233; &#233;tabli sur les ruines d'un village arabe d&#233;truit pour l'occasion, Saliha, dans lequel un v&#233;ritable massacre a &#233;t&#233; commis. L'historien isra&#233;lien Benny Morris, sp&#233;cialiste de la guerre de 1948, a &#233;tabli que ce sont entre soixante-dix et quatre-vingts villageois qui ont alors &#233;t&#233; tu&#233;s de sang-froid par la section de la Haganah qui a ensuite ras&#233; Saliha et fond&#233; Yiron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugees Problem Revisited, 2004, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On comprend, sans avoir besoin de lire entre les lignes, qu'Ada Sereni, ancienne du &lt;i&gt;&#171; petit groupe de combattants de la Haganah&lt;/i&gt; (&#8230;) [qui] &lt;i&gt;a fond&#233; le kibboutz &#187;&lt;/i&gt; &#233;tait de la partie. Alors oui, pas de doute : &lt;i&gt;&#171; elle en a vu d'autres &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me kibboutz &#233;voqu&#233; par Delphine Matthieussent, Iftah, a &#233;t&#233; &#233;tabli sur les terres du village arabe de Qadas, apr&#232;s l'&#233;vacuation forc&#233;e de la population, &#224; l'&#233;t&#233; 1948. Ses fondateurs sont eux aussi des membres du Palmach, appartenant &#224; la brigade Iftach (d'o&#249; le nom du kibboutz). Le troisi&#232;me kibboutz, Bar-Am, se tient en lieu et place du village arabe de Kafr Birim, duquel la population a &#233;t&#233; expuls&#233;e en novembre 1948. Inutile de pr&#233;ciser que ce kibboutz fut lui aussi &#233;tabli par&#8230; des membres de la Haganah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-on oblig&#233; d'&#233;tablir une histoire d&#233;taill&#233;e de chacun des lieux dans lequel on se rend pour un reportage ? Non. Mais dans le cas qui nous occupe, certaines pr&#233;cisions auraient pu s'av&#233;rer &#233;clairantes. R&#233;sumer la g&#233;n&#233;alogie des &#171; villages &#187; dans lesquels le &#171; Grand angle &#187; a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; aurait sans doute pu permettre de replacer les t&#233;moignages dans leur contexte historique et de se pr&#233;munir contre la vision anhistorique et d&#233;politis&#233;e de la &#171; menace &#187; que la suite de l'article nous propose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une menace&#8230; mena&#231;ante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Hezbollah, nous dit l'auteure du reportage, est &lt;i&gt;&#171; mena&#231;ant &#187;&lt;/i&gt;. Tout le monde le dit d'ailleurs : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&#8220;Il y a un gros risque que le Hezbollah, aid&#233; par les Syriens et les Iraniens, prenne le contr&#244;le du Liban et provoque un nouveau conflit avec Isra&#235;l&#8221;&lt;i&gt;, confie&lt;/i&gt; [Ada Sereni]&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Gabi Ashkenazy a dit craindre que le Parti de Dieu, d&#233;j&#224; en position de force sur la sc&#232;ne politique libanaise, ne cherche &#224; prendre le pouvoir &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Tsahal redoute que &lt;/i&gt;(&#8230;) &lt;i&gt;le Hezbollah lance des missiles sur Isra&#235;l afin de provoquer un embrasement de la r&#233;gion &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Dan M&#233;ridor a estim&#233; que le Hezbollah dispose &#224; pr&#233;sent de missiles couvrant l'ensemble du territoire isra&#233;lien &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; L'&#201;tat h&#233;breu soup&#231;onne en outre la Syrie d'avoir fourni des Scud, susceptibles de toucher ses grands centres urbains, &#224; la milice chiite &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Que chacune des parties en conflit se sente menac&#233;e par l'autre, cela se comprend ais&#233;ment. Mais ici, effet du &#171; Grand angle &#187;, seules les craintes isra&#233;liennes sont &#233;voqu&#233;es, sans que rien ne vienne recouper et v&#233;rifier ce qui les fonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Delphine Matthieussent ne dissimule pas l'identit&#233; de ses sources. Mais leur liste laisse une impression d&#233;plaisante. Dans l'ordre : une ancienne d&#233;put&#233; isra&#233;lienne, un chef d'&#233;tat-major isra&#233;lien, l'arm&#233;e isra&#233;lienne, le ministre du renseignement isra&#233;lien, et l'&#201;tat d'Isra&#235;l. Quand bien m&#234;me ces sources auraient raison (l'avenir nous le dira), le moins que l'on puisse dire est qu'elles ne sont pas tr&#232;s&#8230; diversifi&#233;es. De deux choses l'une : ou bien la journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; a d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi de ne se fier qu'aux sources isra&#233;liennes, ce qui n'est pas tr&#232;s professionnel ; ou bien toutes ses sources (isra&#233;liennes ou pas) disent la m&#234;me chose, et dans ce cas on n'arrive pas &#224; comprendre pourquoi elle n'a retenu que le point de vue isra&#233;lien. Dans un cas comme dans l'autre, le propos de l'article en est consid&#233;rablement appauvri. Il aurait pourtant &#233;t&#233; simple de trouver, par exemple, de nombreux discours et propos d'Hassan Nasrallah, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Hezbollah, dans lequel il prof&#232;re des &#171; menaces &#187;. Mais il aurait fallu alors constater qu'il &#171; menace &#187; toujours Isra&#235;l de &#171; riposter &#187; ou de &#171; r&#233;pondre &#187; &#224; une &#233;ventuelle attaque. Simple dissimulation, de sa part, d'objectifs conqu&#233;rants ? Seule une enqu&#234;te approfondie permettrait de l'&#233;tablir ou de le d&#233;mentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais poursuivons. De quoi les habitants des trois villages ont-ils peur ? Du Hezbollah, bien s&#251;r. Le souvenir de la guerre de 2006, au cours de laquelle nombre d'entre eux avaient d&#251; fuir et/ou se r&#233;fugier dans des abris, est omnipr&#233;sent. Et on le comprend. Mais l'article nous apprend que, &lt;i&gt;&#171; paradoxalement &#187;&lt;/i&gt;, ce n'est pas la peur des roquettes du Hezbollah qui domine : &lt;i&gt;&#171; &#192; Bar-Am, un kibboutz situ&#233; &#224; 500 m&#232;tres du territoire libanais, les &lt;strong&gt;infiltrations&lt;/strong&gt; de combattants du Hezbollah et les tentatives d'enl&#232;vements restent la principale source d'inqui&#233;tude &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[Dorit] &lt;i&gt;craint par-dessus tout une &lt;strong&gt;infiltration&lt;/strong&gt; terroriste : &lt;/i&gt;&#8220;S'ils rentrent chez toi, tu ne peux pas te sauver, tu ne peux rien faire, au moins avec les roquettes tu peux partir ou te r&#233;fugier dans un abri&#8221;.&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; L'inqui&#233;tude est palpable et, une fois encore, compr&#233;hensible. Mais les r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires du travail de journalisme n'auraient-elles pas d&#251; conduire Delphine Matthieussent &#224; faire la part entre ce que ressentent ses interlocuteurs et les faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels faits ? Depuis sa naissance, en 1982, le Hezbollah a captur&#233; &lt;strong&gt;huit soldats isra&#233;liens au cours de quatre op&#233;rations&lt;/strong&gt;. Deux d'entre elles ont eu lieu au Liban (alors sous occupation isra&#233;lienne), la troisi&#232;me dans la zone dite des &#171; fermes de Chebaa &#187; (consid&#233;r&#233;e au regard du droit international comme territoire occup&#233; par Isra&#235;l), et la quatri&#232;me, en juillet 2006, &#224; la fronti&#232;re isra&#233;lo-libanaise, c&#244;t&#233; isra&#233;lien d'apr&#232;s Isra&#235;l et une commission de l'ONU, c&#244;t&#233; libanais d'apr&#232;s le Liban. Si l'on se range &#224; la version isra&#233;lienne et onusienne de l'op&#233;ration de 2006, le Hezbollah a donc, depuis 1982, franchi &lt;strong&gt;une fois&lt;/strong&gt; la fronti&#232;re pour y capturer &lt;strong&gt;deux soldats&lt;/strong&gt;. Corollaire : en vingt-huit ann&#233;es d'existence, le Hezbollah n'a &lt;strong&gt;jamais&lt;/strong&gt; men&#233; une op&#233;ration de type &#171; infiltration et enl&#232;vement de civils isra&#233;liens &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne dit, du moins &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, qu'il en ira de m&#234;me &#224; l'avenir. Mais les informations manquantes ne sont pas de simples d&#233;tails. Elles auraient pu permettre, non pas de relativiser les peurs des habitants interrog&#233;s, mais de les &#233;clairer sous un autre jour. Elles auraient, surtout, pu permettre de comprendre pourquoi le seul &#233;v&#233;nement concret auquel l'article se r&#233;f&#232;re est celui de &lt;i&gt;&#171; l'infiltration &#224; Nahariya&lt;/i&gt; (&#8230;) [au cours de laquelle] &lt;i&gt;quatre terroristes &#233;taient venus du Liban par la mer et s'&#233;taient introduits de nuit dans la maison d'une famille isra&#233;lienne &#187;&lt;/i&gt;. Delphine Matthieussent nous pr&#233;cise que cet &#233;v&#233;nement s'est produit &lt;i&gt;&#171; en 1976 &#187;&lt;/i&gt;. Il s'est en fait produit en 1979, mais peu importe. L'essentiel est ailleurs, car de nouveau les oublis sont f&#226;cheux : que ce soit en 1976 ou en 1979, le Hezbollah n'existait pas. Le commando n'&#233;tait m&#234;me pas libanais, puisqu'il &#233;tait compos&#233; de quatre palestiniens membres du Front de lib&#233;ration de la Palestine, organe dissident de l'OLP. Si l'on y ajoute le fait, rappel&#233;, celui-ci, par la journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, que l'attaque s'est produite &lt;i&gt;&#171; par la mer &#187;&lt;/i&gt;, dans une &lt;i&gt;&#171; ville c&#244;ti&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, force est de constater que le rapprochement op&#233;r&#233; entre le drame de Nahariya et l'hypoth&#233;tique &#171; infiltration &#187; du Hezbollah (&lt;i&gt;modus operandi&lt;/i&gt; qu'il n'a jamais employ&#233;), dans des kibboutzim situ&#233;s dans les terres, s'il t&#233;moigne de l'angoisse des habitants, ne devrait pas &#234;tre pris pour argent comptant par une journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action du commando fut une trag&#233;die au cours de laquelle quatre Isra&#233;liens, dont deux enfants, furent tu&#233;s. Ce n'est en rien relativiser ses cons&#233;quences imm&#233;diates que de s'interroger sur le sens de son souvenir, plus de trente ans plus tard, pour &#233;voquer une &#233;ventuelle action du Hezbollah, alors que Delphine Matthieussent s'abstient de s'interroger, m&#234;me bri&#232;vement, sur la r&#233;alit&#233; de la &#171; menace &#187; de conflit et d'introduire une dimension essentielle : celle de ses racines politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une menace inexplicable&#8230; et inexpliqu&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est comme vivre pr&#232;s d'un volcan. La question n'est pas de savoir s'il y aura la guerre mais quand &#187;&lt;/i&gt;, explique l'un des habitants interrog&#233;s par la journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Tension &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; menace &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; alerte &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; risque &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; inqui&#233;tude &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; embrasement &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Tout au long de l'article, les mots ne manquent pas pour souligner le climat qui r&#232;gne dans les villages isra&#233;liens. Mais, comme on l'a vu plus haut, les omissions, l'unicit&#233; des sources et l'absence manifeste de distance par rapport aux propos rapport&#233;s entretiennent, pour utiliser des termes &#224; la mode en France, une confusion totale entre le &#171; sentiment d'ins&#233;curit&#233; &#187; et une &#171; ins&#233;curit&#233; r&#233;elle &#187; dont rien ne permet de prendre la mesure et de saisir les causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, et m&#234;me si l'on ne peut &#233;videmment pas exiger de qui que ce soit qu'il joue les devins, la question : &#171; Que pourrait-il r&#233;ellement se passer ? &#187; n'est jamais pos&#233;e. Ce qui est regrettable. Corr&#233;lat logique de ce manque, l'absence de r&#233;ponse &#224; la question : &#171; Pourquoi cela pourrait-il se passer ? &#187; Ou, plus prosa&#239;quement : &#171; Mais pourquoi diantre le Hezbollah voudrait-il lancer des roquettes sur Isra&#235;l ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Absence de r&#233;ponse &#187;, ou presque. On trouve, &#224; la lecture de l'article, &lt;strong&gt;un&lt;/strong&gt; motif qui pourrait permettre de r&#233;pondre &#224; la question &#171; Pourquoi ? &#187; Il se trouve dans un passage que nous avons d&#233;j&#224; cit&#233;, en le coupant honteusement, et que nous re-citons ici dans son int&#233;gralit&#233; : &lt;i&gt;&#171; Tsahal redoute que, pour faire diversion &#224; l'annonce du verdict du TSL&lt;/i&gt; [Tribunal sp&#233;cial pour le Liban]&lt;i&gt;, le Hezbollah lance des missiles sur Isra&#235;l afin de provoquer un embrasement de la r&#233;gion et amener une redistribution des cartes sur la sc&#232;ne int&#233;rieure libanaise. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Explication de texte : le Tribunal sp&#233;cial pour le Liban a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par l'ONU en 2007, &#224; la demande de la majorit&#233; du gouvernement libanais. Il est charg&#233; d'enqu&#234;ter sur les circonstances de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri en f&#233;vrier 2005. Sa l&#233;gitimit&#233; est contest&#233;e par diverses forces politiques libanaises, au premier rang desquelles le Hezbollah. Le TSL a r&#233;cemment rendu ses premi&#232;res conclusions, qui accusent le Hezbollah d'&#234;tre impliqu&#233; dans l'attentat contre Hariri. Le Hezbollah qui pourrait donc, selon l'arm&#233;e isra&#233;lienne, attaquer Isra&#235;l pour &lt;i&gt;&#171; faire diversion &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi pas ? Mais peut-on s&#233;rieusement se contenter de cette &#171; explication &#187; ? Peut-on d&#233;cemment penser que le Hezbollah pourrait attaquer la premi&#232;re arm&#233;e de la r&#233;gion pour des seuls motifs de &lt;i&gt;&#171; redistribution des cartes sur la sc&#232;ne int&#233;rieure libanaise &#187;&lt;/i&gt; ? &lt;i&gt;A priori&lt;/i&gt; oui, puisqu'aucun autre motif n'est avanc&#233; dans l'article. N'y aurait-t-il donc pas de causes &#171; extra-libanaises &#187; qui pourraient permettre de comprendre la &#171; tension &#187; entre le Hezbollah et Isra&#235;l ? Le contentieux entre les deux acteurs est tout bonnement &#233;vacu&#233; de l'article. C'est dommage, car il a des racines profondes qui, si elles avaient &#233;t&#233; ne serait-ce qu'&#233;voqu&#233;es, auraient tr&#232;s probablement &#233;t&#233; fort utiles au lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anhistorique, d&#233;contextualis&#233;, d&#233;politis&#233; : un tel reportage n'est pas sans risques. L'absence de la mention des racines politiques et historiques des &#171; tensions &#187; peut parfois confiner au ridicule. T&#233;moin ce passage de l'article, un v&#233;ritable chef-d'&#339;uvre du genre : &lt;i&gt;&#171; Les tensions se sont pourtant multipli&#233;es ces derniers temps. En ao&#251;t, l'&#233;lagage d'un arbre par des soldats isra&#233;liens sur la ligne bleue, trac&#233;e par l'ONU apr&#232;s le retrait isra&#233;lien du Sud-Liban en 2000, a fait quatre morts et failli d&#233;g&#233;n&#233;rer en conflit ouvert. &#187;&lt;/i&gt; On se frotte les yeux et on relit pour &#234;tre s&#251;r de bien comprendre, en retenant seulement cette fois-ci le sujet, le verbe et le compl&#233;ment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une coupe, certes, mais qui ne trahit pas, chacun l'admettra, le sens et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &lt;strong&gt;L'&#233;lagage d'un arbre&#8230; a fait quatre morts&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que s'est-il pass&#233; ? Les &#233;lagueurs sont-ils tomb&#233;s de l'arbre ? Ou alors est-ce l'arbre qui est tomb&#233; sur une famille qui pique-niquait tranquillement ? Ou peut-&#234;tre, autre explication plausible, est-ce le Hezbollah, mouvement islamique et donc, &#224; sa fa&#231;on, &#171; vert &#187;, qui a manifest&#233; sa fibre &#233;cologiste en voulant venger la mort d'un arbre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#234;ve d'ironie : malheureusement, l'incident dit &#171; de l'arbre &#187; a, lui aussi, &#233;t&#233; tragique, se soldant par la mort de deux policiers et d'un journaliste libanais, ainsi que celle d'un officier isra&#233;lien. La seule explication qui permet de comprendre comment les choses ont ainsi pu d&#233;g&#233;n&#233;rer est bien &#233;videmment le contentieux frontalier entre Isra&#235;l et le Liban. En effet, m&#234;me si Isra&#235;l s'est retir&#233; du Liban en 2000 apr&#232;s vingt-deux ann&#233;es d'occupation, le trac&#233; de la &#171; fronti&#232;re &#187; est toujours objet de pol&#233;mique. Pol&#233;mique aussi au sujet de la zone dite des &#171; fermes de Chebaa &#187;, conquise par Isra&#235;l en 1967. Et quiconque observe la vie politique r&#233;gionale sait que c'est notamment parce qu'il revendique la souverainet&#233; arabe sur les zones occup&#233;es que le Hezbollah se consid&#232;re toujours en guerre contre Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contentieux territorial n'est pas la seule explication des &#171; tensions &#187;. Car si l'on n'a pas oubli&#233; la guerre de 2006 dans les kibboutzim du nord d'Isra&#235;l, on ne l'a pas non plus oubli&#233;e au Liban, tout particuli&#232;rement dans le sud. Aujourd'hui encore, les bombes &#224; sous-munitions largu&#233;es par Isra&#235;l en 2006 tuent au Sud-Liban. Les b&#226;timents et les infrastructures d&#233;truites en 2006 sont loin d'avoir &#233;t&#233; reconstruits dans leur int&#233;gralit&#233; et, pour des dizaines de milliers de Libanais, les conditions de vie demeurent pr&#233;caires, notamment pour ceux qui n'ont toujours pas pu retourner chez eux. D'o&#249; une certaine amertume &#224; l'&#233;gard d'Isra&#235;l. Voire, osons le terme, une certaine animosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre, ce n'est pas justifier. Au c&#339;ur d'un conflit et, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt;, d'une guerre, il est presque in&#233;vitable que l'information soit absorb&#233;e par la propagande. Mais &#224; l'&#233;cart de ce conflit et, quelle que soit la position que l'on adopte face aux camps en pr&#233;sence, rien ne justifie que le journalisme d'information, sous couvert de compr&#233;hension, volontairement ou pas, par ignorance plus ou moins d&#233;lib&#233;r&#233;e, c&#232;de devant le journalisme de guerre : condamner sans r&#233;serve le Hezbollah et soutenir plus ou moins inconditionnellement le gouvernement d'Isra&#235;l n'impose pas de le faire au d&#233;triment de l'exactitude des informations et de quelques &#233;l&#233;ments d'explication. Bien au contraire. Et l'inverse est non moins vrai. Les explications font l'objet de controverses ? Est-ce trop demander que ces controverses soient mentionn&#233;es, au lieu de n'exposer, &#224; gros traits ou en pointill&#233;s, qu'une seule version des faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est malais&#233;, si l'on ne veut pas s'inscrire dans une logique de &#171; mise en concurrence des victimes &#187; ou proc&#233;der au pseudo-&#171; r&#233;tablissement d'un &#233;quilibre &#187;. Mais comprendre suppose un minimum de distance, comme le montrent les quelques rappels effectu&#233;s plus haut &#8211; n&#233;cessaires si l'on veut rendre compte de la &#171; tension &#187; qui r&#232;gne entre Isra&#235;l et le Liban et de ses cons&#233;quences dans les kibboutzim du Nord. L'article de Delphine Matthieussent entend relater les effets de cette &#171; tension &#187;. Mais si l'on occulte totalement les causes, &#224; quoi bon relater les effets ? Loin d'informer le lecteur, ce type de reportage le d&#233;sarme, puisqu'il ne lui offre pas les moyens de comprendre et, au contraire, lui laisse entendre qu'il n'y a, en d&#233;finitive, rien &#224; comprendre. &#192; moins qu'il ne l'incite &#224; prendre parti pour un seul camp, par simple compassion pour certains de ses acteurs et en raison de leur impuissance, r&#233;elle ou pr&#233;sum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image du r&#233;veil du volcan (reprise en intertitre) est en ce sens exemplaire : que peut-on faire pour l'&#233;viter ? Rien. C'est comme &#231;a. Il faut s'y pr&#233;parer, &#171; et puis c'est tout &#187;. Telle l'&#233;ruption du volcan, l'attaque du Hezbollah peut survenir &#224; n'importe quel moment. Rien ni personne ne pourra l'emp&#234;cher. La violence du Hezbollah est comme la col&#232;re du volcan : une fatalit&#233;, une loi de la nature, auxquelles les &#234;tres humains doivent se r&#233;signer. Dans de telles conditions, l'article ne pouvait &#234;tre conclu que par la bonne parole de celle qui, pourtant, &lt;i&gt;&#171; en a vu d'autres &#187;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, je ne suis plus s&#251;re de rien. Je ne suis pas s&#251;re que je verrai un jour la paix et cela me peine profond&#233;ment &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Empathie ou parti pris ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un propos proprement politique circule au travers des citations. Et l'auteure de l'article l'accueille sans distance. Fa&#231;on pour elle de prendre parti sans en avoir l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[Ada Sereni] &lt;i&gt;partage cependant avec les plus jeunes membres du kibboutz, rest&#233;s majoritairement fid&#232;les aux id&#233;aux de gauche, un profond d&#233;sarroi face &#224; l'impasse des n&#233;gociations avec les Palestiniens et la Syrie &#187;&lt;/i&gt;. Certes, l'article n'avait pas pour objet d'analyser les causes de cette &lt;i&gt;&#171; impasse &#187;&lt;/i&gt;. Mais que sont ces &lt;i&gt;&#171; id&#233;aux de gauche &#187;&lt;/i&gt;, dont tout le contexte laisse entendre qu'ils seraient &lt;i&gt;naturellement&lt;/i&gt; pacifiques ? Quelques informations dont les lecteurs de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; auraient &#233;t&#233; en droit de disposer, permettent de mieux les cerner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yiron, Iftah et Bar-Am font partie des kibboutzim fond&#233;s dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre de 1948. Plus qu'&#233;conomique, leur r&#244;le &#233;tait essentiellement strat&#233;gique : emp&#234;cher le retour des r&#233;fugi&#233;s et &#233;tendre le territoire sous juridiction isra&#233;lienne. C'est pour cette raison qu'ils se trouvent aussi pr&#232;s des lignes d'armistice de 1949, et qu'y furent install&#233;s, pour l'essentiel, des membres des forces arm&#233;es. Comme l'&#233;crit Benny Morris, &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;part, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1948 et au d&#233;but de 1949, la principale raison politique pour laquelle les colonies furent &#233;tablies &#233;tait de d&#233;limiter les territoires et les fronti&#232;res sur lesquels les accords g&#233;n&#233;raux d'armistice seraient sign&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Benny Morris, Israel's Border's War, 1997, p. 123.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'histoire ancienne ? Sans doute. On ne peut pas, soixante ans plus tard, se r&#233;f&#233;rer aux seules motivations qui ont conduit &#224; l'&#233;tablissement de ces kibboutzim ? Certes. Mais le r&#244;le de ceux-ci a-t-il v&#233;ritablement chang&#233; ? &#192; titre d'exemple, la journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; aurait pu rappeler qu'en ao&#251;t 2006 le kibboutz Yiron fut l'un des quatre kibboutzim isra&#233;liens &#224; se porter candidat pour recevoir une partie des cent trente jeunes juifs venus du monde entier pour accomplir leur service militaire en Isra&#235;l, dans la foul&#233;e de la guerre avec le Liban. Les habitants de Yiron ont accueilli et h&#233;berg&#233; trente et un jeunes dont les motivations, &#233;tant donn&#233; le contexte, ne faisaient gu&#232;re de doute. Ce faisant, Yiron a actualis&#233; son r&#244;le militaire strat&#233;gique. Information digne d'int&#233;r&#234;t ou non ? Pour &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, c'est non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert d'un reportage en immersion, dans lequel la parole est largement donn&#233;e &#224; de &#171; vraies gens &#187;, le &#171; Grand angle &#187; du 14 d&#233;cembre est en r&#233;alit&#233; un concentr&#233; d'omissions et d'approximations qui sous-tendent un parti pris politique dissimul&#233; par un parti pris d'humanit&#233;. Car contrairement aux apparences, l'article est &#233;minemment politique, et id&#233;ologiquement tr&#232;s orient&#233; : les choix et les oublis de Delphine Matthieussent ne l'emp&#234;chent pas, en effet, de nous raconter une histoire. Cette histoire, c'est celle d'habitants du nord d'Isra&#235;l, terroris&#233;s par une attaque du Hezbollah qui vient, pour des raisons qui n'ont rien &#224; voir avec Isra&#235;l, et contre laquelle ils ne peuvent rien. Compassion pour des victimes potentielles ? Bien s&#251;r. Mais, en ce cas, la compassion se substitue &#224; la compr&#233;hension et pr&#233;pare ainsi le lecteur &#224; &#171; choisir son camp &#187;. &#192; d&#233;faut de comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moins que &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; n'ait pr&#233;vu de publier rapidement un &#171; Grand angle &#187; r&#233;alis&#233; de l'autre c&#244;t&#233; de la &#171; fronti&#232;re &#187;. Nul doute alors que les journalistes du quotidien feront preuve de la m&#234;me empathie pour les Libanais et les Palestiniens du Liban, sans rien masquer des causes de leur situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colin Brunel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une m&#233;tonymie ou une synecdoque : &#171; Washington et P&#233;kin s'opposent sur le dossier du nucl&#233;aire iranien &#187; pour &#171; Les &#201;tats-Unis et la Chine s'opposent sur le dossier du nucl&#233;aire iranien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/monde/010169205-le-secret-de-polichinelle-de-la-bombe-atomique-en-israel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un secret de Polichinelle&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Benny Morris, &lt;i&gt;The Birth of the Palestinian Refugees Problem Revisited&lt;/i&gt;, 2004, p. 498.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une coupe, certes, mais qui ne trahit pas, chacun l'admettra, le sens et la construction originale de la phrase.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Benny Morris, &lt;i&gt;Israel's Border's War&lt;/i&gt;, 1997, p. 123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guerre du Liban : &#171; Messieurs de TF1, faites votre m&#233;tier correctement ou taisez vous ! &#187; </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Guerre-du-Liban-Messieurs-de-TF1-faites-votre-metier-correctement-ou-taisez</link>
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		<dc:date>2006-08-08T07:11:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>TF1</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Roger Assaf, directeur du Th&#233;&#226;tre de Beyrouth, s'adresse aux journalistes de TF1.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2006-Guerre-du-Liban-" rel="directory"&gt;2006 : Guerre du Liban&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-TF1-+" rel="tag"&gt;TF1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune, avec l'autorisation de son auteur, un communiqu&#233; de Roger Assaf (d&#233;j&#224; paru &lt;a href=&#034;http://www.ism-france.org/news/article.php?id=5218&amp;type=communique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de lSM&lt;/a&gt; - The International Solidarity Mouvement). Roger Assaf est directeur du Th&#233;&#226;tre de Beyrouth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que TF1 va s'empresser de v&#233;rifier et rectifier ses informations... (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Beyrouth le 3 ao&#251;t 2006 &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BASTA !!!&lt;br /&gt;
Messieurs de TF1, faites votre m&#233;tier correctement ou taisez vous ! &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis TF1 parce que c'est sur TF 1 que j'ai entendu les infos, pour les autres, je n'en sais rien.&lt;br /&gt;
L'op&#233;ration du commando isra&#233;lien sur Baalbeck&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la nuit du 1er au 2 ao&#251;t (note d'Acrimed)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; 5 membres du Hezbollah ont &#233;t&#233; enlev&#233;s :&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 -&lt;/strong&gt; La descente des parachutistes a eu lieu sur un h&#244;pital : Dar el Hekmat.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 - &lt;/strong&gt;La glorieuse bataille de ces soldats d'&#233;lite a fait 17 morts, dont huit enfants.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 -&lt;/strong&gt; Les cinq personnes enlev&#233;es sont des civils ordinaires habitant une maison voisine. Deux d'entre eux, un p&#232;re et son fils, s'appellent Nasrallah et n'ont aucun lien avec le chef du Hezbollah (Nasrallah est un patronyme r&#233;pandu non seulement au Liban, mais au Proche-Orient, ex : Youssri Nasrallah, cin&#233;aste &#233;gyptien chr&#233;tien (pardonne-moi ce distinguo mon ami Youssri, c'est pour la bonne cause) bien connu des milieux cin&#233;matographiques fran&#231;ais). Il est probable qu'ils soient sympathisants, comme plus d'un million de personnes au Liban, mais il ne s'agit pas de combattants et encore moins de &#034;cadres&#034; du Hezbollah. Un homme de plus de 70 ans fait partie des cinq personnes enlev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 -&lt;/strong&gt; La voiture qui a quitt&#233; l'h&#244;pital &#224; toute vitesse et qui a &#233;t&#233; prise en chasse par les isra&#233;liens et film&#233;e par eux, avait &#224; son bord un homme et sa femme, enceinte de 8 mois, qui se trouvaient &#224; l'h&#244;pital. Une premi&#232;re roquette atteint l'arri&#232;re du v&#233;hicule. Les deux passagers sortent de la voiture en hurlant. L'h&#233;licopt&#232;re fait demi-tour et envoie un second projectile. L'homme r&#233;ussit &#224; &#233;chapper, la femme, moins rapide, n'y parvient pas. Un peu plus tard, les gens du voisinage accourent et la trouvent, le ventre &#233;clat&#233; et le f&#339;tus projet&#233; hors d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Messieurs de TF 1, j'ai l'immense chagrin de vous faire part de la mort de Nesrine Salloum, enceinte de 8 mois, victime de l'h&#233;ro&#239;que mission d'un valeureux commando isra&#233;lien sur un repaire de terroristes. Je r&#233;clame, pour elle, une minute de silence (ce sera toujours &#231;a de gagn&#233; sur vos mensonges).
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vos envoy&#233;s sp&#233;ciaux gagnent en un jour la moiti&#233; du salaire mensuel d'un enseignant universitaire &#224; Beyrouth. Faites votre m&#233;tier correctement ou TAISEZ-VOUS ! &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger Assaf&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans la nuit du 1er au 2 ao&#251;t (&lt;i&gt;note d'Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre du Liban et le marketing &#233;ditorial : le choix des bons &#171; produits &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-guerre-du-Liban-et-le-marketing-editorial-le-choix-des-bons-produits</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/La-guerre-du-Liban-et-le-marketing-editorial-le-choix-des-bons-produits</guid>
		<dc:date>2006-08-07T06:49:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Liban</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#171; unes &#187; des hebdos g&#233;n&#233;ralistes (et pensifs) et des quotidiens r&#233;gionaux (et branch&#233;s).&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2006-Guerre-du-Liban-" rel="directory"&gt;2006 : Guerre du Liban&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A en juger par nombre de couvertures des magazines et des quotidiens r&#233;gionaux, la guerre du Liban ne fait pas vendre. Et les priorit&#233;s &#233;ditoriales d&#233;pendent du march&#233;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;strong&gt;
&lt;p&gt;Des hebdos g&#233;n&#233;ralistes et pensifs&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 3 ao&#251;t 2006. Les hebdos dat&#233;s du 3 ao&#251;t 2006 font leur gros titre de couverture sur d'urgentes questions de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paris Match &lt;/i&gt;titre sur &#171; Les amoureux de l'&#233;t&#233; &#187; (Fr&#233;d&#233;dric Beigbeder et de Laura Smet)... Et les principaux hebdos g&#233;n&#233;ralistes, exception faite de &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; (qui titre &#171; Isra&#235;l. Les cons&#233;quences d'une catastrophe &#187;) rivalisent d'ing&#233;niosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_1970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L250xH290/Hebdo_03082006-aa8f7.gif?1776741156' width='250' height='290' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;De bien belles &#171; couvertures &#187; qui font vendre. Avec, dans les pages int&#233;rieures consacr&#233;es &#224; la guerre, de biens belles analyses qui font penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des quotidiens r&#233;gionaux et branch&#233;s&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 5 ao&#251;t 2006. Gr&#226;ce aux informations diffus&#233;es par les Agences de Presse - que nous mentionnons ici parce qu'elles sont re&#231;ues par toutes les r&#233;dactions de la presse quotidienne r&#233;gionale, on pouvait apprendre notamment que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les bombardements isra&#233;liens au Liban ont fait au moins 967 morts et 3.293 bless&#233;s, au 24e jour de l'offensive isra&#233;lienne, selon un bilan &#233;tabli &#224; partir de sources officielles.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Selon la D&#233;fense civile, le bombardement isra&#233;lien, vendredi 4 ao&#251;t, d'une exploitation agricole &#224; la fronti&#232;re libano-syrienne a fait 28 morts, presque tous des ouvriers syriens.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Selon le Haut comit&#233; de secours libanais Isra&#235;l a d&#233;truit 73 ponts, 72 bretelles et 6.800 unit&#233;s d'habitations depuis le 12 juillet.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Selon des porte-paroles de l'arm&#233;e &#224; Tel-Aviv, l'aviation isra&#233;lienne a attaqu&#233; dans la nuit de vendredi &#224; samedi plus de 70 objectifs au Liban. Selon les m&#234;ms sources, t&#244;t le matin, plusieurs roquettes tir&#233;es &#224; partir du Liban sud se sont abattus sur les faubourgs nord de Ha&#239;fa, sans faire de victimes et huit militaires ont &#233;t&#233; bless&#233;s lors d'un raid de commando &#224; Tyr, dans le sud du Liban. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Quelques 4 000 obus isra&#233;liens se sont abattus, samedi 5 ao&#251;t, sur le Liban sud. &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Fran&#231;ais et Am&#233;ricains ont trouv&#233; un accord sur le projet de r&#233;solution que pr&#233;pare le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies sur le Proche-Orient.,&lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Etc. etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or voici, sans commentaires, les gros titres de &#171; Une &#187; de quelques titres de la presse quotidienne r&#233;gionale du lendemain, dimanche 6 ao&#251;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site P.Q.R [comprendre Presse Quotidienne R&#233;gionale], on peut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_1967 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/gif/Revue_de_presse_Liban_PQR.gif' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/gif&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L400xH1162/Revue_de_presse_Liban_PQR-6d517.gif?1776741156' width='400' height='1162' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Indubitablement, il n'est pas de pire &#171; cauchemar &#187; (&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;) que la d&#233;faite du PSG.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le site P.Q.R [comprendre Presse Quotidienne R&#233;gionale], on peut d&#233;couvrir un certain nombre de &lt;a href=&#034;http://unes.spqr.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Unes &#187; du jour&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guerre du Liban : un appel de journalistes italiens</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Guerre-du-Liban-un-appel-de-journalistes-italiens</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Guerre-du-Liban-un-appel-de-journalistes-italiens</guid>
		<dc:date>2006-08-06T10:19:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Liban</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Qu'en pensent les journalistes fran&#231;ais, correspondants permanents et envoy&#233;s sp&#233;ciaux ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2006-Guerre-du-Liban-" rel="directory"&gt;2006 : Guerre du Liban&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un appel de journalistes italiens, envoy&#233;s ou correspondants de leurs grands m&#233;dias respectifs. Qu'en pensent les journalistes fran&#231;ais, correspondants permanents et envoy&#233;s sp&#233;ciaux ? (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La guerre continue. Heure apr&#232;s heure. Jour apr&#232;s jour. Epouvantable. Cruelle. Horrible. Impossible de faire le compte des morts et des bless&#233;s, de trouver les mots pour exprimer les souffrances des populations rescap&#233;es des massacres &#224; ce jour, d'estimer l'ampleur des destructions. Nous, journalistes, t&#233;moins de la guerre qui est en train de d&#233;vaster le Liban et le Moyen-Orient, &#233;prouvons le devoir de relayer l'appel d&#233;sesp&#233;r&#233; des enfants, des femmes, des hommes, des bless&#233;s, des r&#233;fugi&#233;s, des malades de cette terre ensanglant&#233;e : mais o&#249; est le monde ? Faites quelque chose pour arr&#234;ter cette folie d&#233;mesur&#233;e. Exigez un cessez-le-feu imm&#233;diat. Ne restez pas silencieux. Faites-le tout de suite. Faites-le maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gianluca Ales, Sky TG24&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Giuseppe Bonavolont&#224;, Rai TG3&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Stefano Chiarini, &lt;i&gt;Il Manifesto&lt;/i&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Luca Del Re, Tg La7&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marc Innaro, Rai&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniele Mastrogiacomo, &lt;i&gt;La Repubblica&lt;/i&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Andrea Nicastro, &lt;i&gt;Corriere della Sera&lt;/i&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ferdinando Pellegrini, GR Rai &lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ennio Remondino, Rai&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Claudio Rubino, Rai TG3, &lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Barbara Schiavulli,&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Avvenire, Neliana &lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Terzigni, Rai &lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Giuseppe Zaccaria, &lt;i&gt;La Stampa&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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