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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Les &#233;lucubrations de St&#233;phane Bern sur l'&#233;cole au Moyen &#194;ge</title>
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		<dc:date>2019-09-04T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Catherine Rideau-Kikuchi, Florian Besson</dc:creator>


		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>
		<dc:subject>France 2</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'histoire une nouvelle fois mal trait&#233;e sur France T&#233;l&#233;visions&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L94xH150/arton5994-eb960.png?1776745061' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mardi 27 ao&#251;t, France 2 diffusait &#171; &lt;a href=&#034;https://www.france.tv/france-2/la-fabuleuse-histoire/1050103-de-l-ecole.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La fabuleuse histoire de l'&#233;cole&lt;/a&gt; &#187;, nouvel &#233;pisode d'une s&#233;rie de vulgarisation historique portant sur un th&#232;me transversal, comme l'hygi&#232;ne, la maison, le restaurant... En soi, le principe d'une &#233;mission grand public, mobilisant de gros moyens (acteurs en costumes, reconstitution de diff&#233;rentes &#233;poques &#224; travers lesquels le pr&#233;sentateur voyage, etc.) et diffus&#233;e sur une cha&#238;ne du service public &#224; une heure de grande &#233;coute est int&#233;ressant. Seul probl&#232;me : comme pour la plupart de ses &#233;missions historiques, France 2 fait (une nouvelle fois) appel &#224; l'in&#233;narrable St&#233;phane Bern, qui gratifie (une nouvelle fois) les t&#233;l&#233;spectateurs de ses approximations et de sa vision caricaturale de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous publions, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cet article des historiens Catherine Rideau-Kikuchi et Florian Besson, d&#233;velopp&#233; pour Acrimed &#224; partir des r&#233;actions &#224; l'&#233;mission initialement exprim&#233;es sur Twitter par le &lt;a href=&#034;https://actuelmoyenage.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collectif Actuel Moyen &#194;ge&lt;/a&gt;, dont ils sont tous les deux membres. De m&#234;me, en annexe, est reproduit un extrait de &lt;a href=&#034;https://echosdeslumieres.home.blog/2019/09/02/la-frauduleuse-histoire-de-lecole/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'article&lt;/a&gt; du doctorant en histoire contemporaine Guillaume Lancereau, critique du volet de l'&#233;mission consacr&#233;e &#224; l'&#233;poque moderne.(Acrimed)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t la propension de St&#233;phane Bern, dans son &#233;mission &#171; Secrets d'histoire &#187;, &#224; laisser libre cours &#224; son penchant pour une histoire aristocratique, voire royaliste, centr&#233;e sur les grandes figures de l'histoire de France. Plus r&#233;cemment, dans une &#233;mission sur le Paris r&#233;volutionnaire, il diffusait avec Lor&#224;nt Deutsch une vision dat&#233;e et r&#233;actionnaire de cette p&#233;riode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : &#224; ce sujet, voir nos articles : &#171; &#034;Laissez-vous guider&#034; (France 2) : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet choisi pour cette &#233;mission de &#171; La fabuleuse histoire &#187;, l'&#233;cole, semblait a priori moins pol&#233;mique que ne peut l'&#234;tre la R&#233;volution fran&#231;aise ou la pr&#233;sidence de De Gaulle. Mais on y retrouve en r&#233;alit&#233; les m&#234;mes d&#233;fauts, les m&#234;mes erreurs, le m&#234;me message politique sous-jacent. L'&#233;mission, d&#232;s lors, pose en creux la m&#234;me question lancinante que &#171; Secrets d'histoire &#187; : comment se fait-il qu'une cha&#238;ne du service public laisse un tel monopole sur l'histoire &#224; une personnalit&#233; m&#233;diatique qui n'est pas un historien, et qui &#8211; ce qui est beaucoup plus g&#234;nant &#8211; propose syst&#233;matiquement des perspectives d&#233;connect&#233;es de l'historiographie contemporaine ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Qui a d&#233;truit l'&#233;cole... ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Les approximations et erreurs factuelles sont d'autant plus frustrantes que l'&#233;mission cherche explicitement &#224; rompre avec certains clich&#233;s. Ainsi entend-on &#224; raison que Charlemagne n'a pas invent&#233; l'&#233;cole, m&#234;me si cette affirmation est un peu contrebalanc&#233;e par le choix de commencer l'&#233;mission au Moyen &#194;ge, alors qu'il existe des institutions d'&#233;ducation dans l'Antiquit&#233;. Plus loin, St&#233;phane Bern propose une belle d&#233;monstration de l'abaque, ces tables &#224; calculer m&#233;di&#233;vales, et on pr&#233;cise que les m&#233;di&#233;vaux &#171; &lt;i&gt;savaient compter tr&#232;s loin&lt;/i&gt; &#187;, maniant couramment des unit&#233;s de grandeur de l'ordre des centaines de milliers. Mais cette volont&#233; de d&#233;faire les id&#233;es re&#231;ues reste superficielle et, le plus souvent, l'animateur reprend sans les discuter un ensemble de clich&#233;s sur l'&#233;ducation au Moyen &#194;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons rapidement sur les erreurs factuelles, m&#234;me si celles-ci sont assez r&#233;v&#233;latrices. Ainsi St&#233;phane Bern s'enthousiasme-t-il sur la Sorbonne, &#171; &lt;i&gt;la premi&#232;re universit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Une jolie vision patriotique &#224; souhait&#8230; mais assez fausse. De nombreuses &#233;coles existaient en effet partout en Europe, et leur institutionnalisation se fait progressivement, et quasi simultan&#233;ment : Bologne, Paris, Parme ou encore Oxford se constituent en universit&#233; entre la fin du XIIe et le d&#233;but du XIIIe si&#232;cle. De m&#234;me, le terme m&#234;me de &#171; Sorbonne &#187; est largement anachronique, puisqu'on parle &#224; l'&#233;poque de l'universit&#233; de Paris. En plus de ces erreurs, l'&#233;mission multiplie les raccourcis et reste le plus souvent &#224; un niveau purement anecdotique : parlant de l'universit&#233;, la voix off explique combien les &#233;tudiants de l'&#233;poque aiment faire la f&#234;te (ce qui est vrai), mais on ne saura rien des mati&#232;res enseign&#233;es, des dipl&#244;mes, des examens, de la p&#233;dagogie. Ces petites erreurs et rapidit&#233;s, nombreuses et r&#233;p&#233;t&#233;es, sont probl&#233;matiques (car on ass&#232;ne des choses fausses ou tr&#232;s partielles) mais la construction globale de la s&#233;quence l'est plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Bern choisit de se situer sur un chantier m&#233;di&#233;val reconstitu&#233;, au XIIIe si&#232;cle, &#233;poque marqu&#233;e en effet par un dynamisme &#233;conomique et intellectuel majeur. En soi, ce choix est int&#233;ressant : il rappelle l'importance des savoirs non-lettr&#233;s durant l'&#233;poque m&#233;di&#233;vale &#8211; on voit comment les tailleurs de pierre comptent, mesurent, calculent, etc. &#8211; et attire l'attention sur des lieux non-scolaires de formation. Il permet en outre de mettre &#224; l'honneur le formidable travail que font aujourd'hui des ouvriers et artisans qui, dans une perspective d'arch&#233;ologie exp&#233;rimentale, cherchent &#224; retrouver les gestes et les techniques du pass&#233; (pensons au &lt;a href=&#034;https://www.arte.tv/fr/videos/082723-000-A/guedelon-ii-une-aventure-medievale/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chantier de Gu&#233;d&#233;lon&lt;/a&gt; par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons cependant que St&#233;phane Bern exag&#232;re totalement la situation : on l'entend en effet expliquer qu'&#224; l'&#233;poque, &#171; &lt;i&gt;la plupart des enfants&lt;/i&gt; &#187; sont sur ces chantiers, ce qui est &#233;videmment une absurdit&#233; d&#233;mographique vu le petit nombre de tailleurs de pierre... &#192; une &#233;poque o&#249; la paysannerie repr&#233;sente au minimum 90 % de la population, on peut sans risque avancer que &#171; la plupart &#187; des enfants vivent aupr&#232;s de leurs parents, &#224; la campagne, et que c'est l&#224;, entre les champs, le village, l'&#233;glise et la maison familiale, que se fait l'essentiel de leurs apprentissages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, l'insistance de l'animateur &#224; r&#233;p&#233;ter que ces chantiers sont alors une v&#233;ritable &#171; &lt;i&gt;&#233;cole de la vie&lt;/i&gt; &#187; (l'expression revient trois fois en vingt minutes) interroge : s'agit-il, par opposition, de d&#233;nigrer nos &#233;coles contemporaines, auxquelles St&#233;phane Bern reprocherait d'&#234;tre trop th&#233;oriques, et donc &#171; d&#233;connect&#233;es du r&#233;el &#187; ? Dans cette premi&#232;re partie, son invit&#233;, l'humoriste Jarry, rench&#233;rit &#224; la fin de la s&#233;quence : cette &#171; &lt;i&gt;&#233;cole m&#233;di&#233;vale&lt;/i&gt; &#187; est &#171; &lt;i&gt;super&lt;/i&gt; &#187; car elle transmet du concret. On a l'impression &#8211; impression du reste confirm&#233;e dans la suite de l'&#233;mission &#8211; qu'il s'agit surtout de diffuser un message critiquant l'&#233;cole d'aujourd'hui, sous couvert d'une nostalgie discr&#232;te pour une &#233;poque o&#249; les enfants, sur les chantiers d&#232;s huit ans, &#171; &lt;i&gt;apprenaient un m&#233;tier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Sombre Moyen &#194;ge&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cette nostalgie n'est pas sans ambigu&#239;t&#233;, car la s&#233;quence reprend dans le m&#234;me temps une vision tout &#224; fait classique du Moyen &#194;ge, pr&#233;sent&#233; d'un bout &#224; l'autre comme une p&#233;riode sombre, violente, primitive, marqu&#233;e par la brutalit&#233; des m&#339;urs et l'ignorance des gens. Jarry note ainsi avec ironie que &#171; &lt;i&gt;les gens sont assez mal habill&#233;s&lt;/i&gt; &#187; : il s'agit bien s&#251;r d'une plaisanterie, mais l'humour permet de faire passer des &#233;l&#233;ments qu'on aurait plus de mal &#224; affirmer sur un ton s&#233;rieux. Dans des &#233;missions aussi &#171; &#233;crites &#187; que peut l'&#234;tre celle-ci, force est de constater que l'humour n'est en tout cas pas utilis&#233; pour retourner certains clich&#233;s, mais plut&#244;t pour les ent&#233;riner. C'est d'ailleurs encore Jarry qui s'offusque en voyant des enfants boire du vin. Fa&#231;on, l&#224; encore, de pr&#233;senter la p&#233;riode comme un &#226;ge primitif et assez fruste : le fait de pr&#233;ciser que ce vin est en r&#233;alit&#233; tr&#232;s peu alcoolis&#233; (et qu'il se boit en outre largement coup&#233; d'eau) ne change pas la premi&#232;re impression produite par la s&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin, St&#233;phane Bern explique qu'au Moyen &#194;ge, &#171; &lt;i&gt;les gens ne savaient ni lire ni compter&lt;/i&gt; &#187;, ce qui est totalement caricatural. Si la ma&#238;trise de l'&#233;crit reste en effet souvent le privil&#232;ge d'une &#233;lite sociale et intellectuelle, il n'emp&#234;che qu'elle se diffuse dans la soci&#233;t&#233;, notamment &#224; partir du XIIIe si&#232;cle. Cette &#233;poque est marqu&#233;e par la multiplication des &#233;crits qui p&#233;n&#232;trent toutes les couches de la soci&#233;t&#233; : l'administration se d&#233;veloppe et avec elle, la &#171; paperasse &#187; en tout genre ; les individus passent des contrats pour tout type de transaction et m&#234;me des vagabonds font r&#233;diger des testaments devant un notaire. Une part non n&#233;gligeable de la population sait lire et &#233;crire &#8211; peut-&#234;tre un quart, m&#234;me si c'est difficile &#224; chiffrer &#8211;, tandis qu'une part encore plus grande sait lire et signer de son nom. Rappelons par ailleurs qu'il existait au Moyen &#194;ge de &#171; petites &#233;coles &#187;, la&#239;ques ou religieuses, qui se d&#233;veloppent &#224; partir du XIIIe si&#232;cle et accueillent les enfants &#224; partir de 5 ans ; m&#234;me si elles ne concernent qu'une part minoritaire de la population &#8211; un quart des gar&#231;ons florentins en 1480 par exemple &#8211;, elles contribuent largement au progr&#232;s de l'alphab&#233;tisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est donc tr&#232;s loin de l'image d'un Moyen &#194;ge analphab&#232;te... Le fait de reprendre ainsi ce clich&#233; tr&#232;s dat&#233;, qu'on retrouve dans de nombreuses &#339;uvres de fiction, est r&#233;v&#233;lateur d'un point de vue tr&#232;s &#233;loign&#233; de l'histoire comme discipline scientifique. Le d&#233;calage est d'autant plus flagrant en cette ann&#233;e 2019, o&#249; &#171; l'&#233;crit &#187; est justement la question d'histoire m&#233;di&#233;vale qui est au programme de l'agr&#233;gation d'histoire : il aurait litt&#233;ralement suffi &#224; St&#233;phane Bern d'ouvrir le premier manuel venu, ou de feuilleter le dernier num&#233;ro du mensuel &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt;, pour actualiser son propos. M&#234;me la page Wikip&#233;dia consacr&#233;e &#224; l'enseignement au Moyen &#194;ge est plus actuelle que le discours de l'animateur, parvenant &#224; nier en quelques secondes vingt ans de recherches historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas fini ! Quelques minutes plus tard, la jeune chanteuse Ang&#233;lina note quant &#224; elle que &#171; &lt;i&gt;la vie des filles au Moyen &#194;ge n'&#233;tait pas trop trop cool&lt;/i&gt; &#187;. Rebondissant sur cette affirmation, que l'on aurait pu d&#233;construire pour faire &#339;uvre de vulgarisation historique, la voix off rench&#233;rit : les femmes nobles sont certes lettr&#233;es, mais doivent &#171; &lt;i&gt;renoncer &#224; leurs &#233;tudes&lt;/i&gt; &#187; lorsqu'elles se marient. Non seulement ce vocabulaire contemporain n'a pas de sens appliqu&#233; &#224; la p&#233;riode, mais le propos global est surtout erron&#233; : le mariage n'est en effet pas forc&#233;ment synonyme de mort intellectuelle pour les femmes de l'&#233;poque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On pourrait ainsi convoquer d'illustres exemples, de la comtesse Marie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La voix off poursuit en pr&#233;cisant, avec une d&#233;lectation mise en valeur par la bande sonore, que les filles peuvent alors &#234;tre mari&#233;es &#224; treize ans &#8211; ce qu'Ang&#233;lina, elle-m&#234;me &#226;g&#233;e de douze ans, commente d'une moue l&#233;g&#232;rement d&#233;go&#251;t&#233;e. Encore une fois, le Moyen &#194;ge est pr&#233;sent&#233; comme une p&#233;riode barbare, teint&#233;e de p&#233;dophilie, sans que cette pratique (en effet attest&#233;e m&#234;me si en rien syst&#233;matique) ne soit jamais remise en contexte. Il aurait fallu, au minimum, rappeler qu'on est alors, &#224; cet &#226;ge-l&#224;, consid&#233;r&#233; comme adulte, et qu'on peut donc se marier certes, mais aussi diriger un royaume ou exercer un m&#233;tier. On aurait &#233;galement pu aller plus loin en soulignant que c'est au Moyen &#194;ge que s'impose, du fait des efforts de l'&#201;glise, le mod&#232;le d'un mariage consensuel, c'est &#224; dire qui repose, au moins en th&#233;orie, sur la libre volont&#233; des deux &#233;poux. Bref, on aurait pu partir de la surprise d'Ang&#233;lina &#8211; tout &#224; fait compr&#233;hensible et l&#233;gitime &#8211; pour enseigner la complexit&#233; de la situation, au lieu de rester sur un constat qui a tout du jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission continue en expliquant qu'&#224; l'&#233;poque, les femmes ne peuvent pas acc&#233;der aux m&#234;mes m&#233;tiers que les hommes (ou plut&#244;t que &#171; &lt;i&gt;les filles&lt;/i&gt; &#187; ne font pas les m&#234;mes m&#233;tiers que &#171; &lt;i&gt;les gar&#231;ons&lt;/i&gt; &#187;, un vocabulaire enfantin qui est en lui-m&#234;me assez r&#233;v&#233;lateur). Il s'agit d'une erreur majeure &#8211; ou &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt; d'un raccourci probl&#233;matique &#8211;, reposant sur une vision tr&#232;s orient&#233;e de la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale. Certes, des voies sont r&#233;serv&#233;es aux hommes, ne serait-ce que la cl&#233;ricature : impossible pour une femme de devenir pr&#234;tre, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; abb&#233; ou pape. N&#233;anmoins, on trouve pendant toute la p&#233;riode des femmes qui travaillent dans de tr&#232;s nombreux domaines, comme l'atteste du reste l'existence d'un vocabulaire professionnel f&#233;minin consid&#233;rablement plus d&#233;velopp&#233; que le n&#244;tre : doctoresse et forgeronne, marchande d'or ou mar&#233;chale-ferrande, banqui&#232;re ou seigneuresse, etc. Il existe des m&#233;tiers majoritairement masculins, d'autres majoritairement f&#233;minins, mais on trouve pourtant, malgr&#233; la repr&#233;sentation que propose St&#233;phane Bern, des femmes sur des chantiers de construction, o&#249; elles sont porteuses ou tailleuses de pierres. C'est au contraire au XVIe si&#232;cle, dans un contexte professionnel et intellectuel tr&#232;s particulier, que les m&#233;tiers se ferment progressivement aux femmes. Au XIXe si&#232;cle triomphe un message bourgeois qui exclut les femmes du monde du travail, message qui impr&#232;gne en profondeur le r&#233;cit historique : ainsi continue-t-on souvent &#224; dire que c'est la Premi&#232;re Guerre mondiale qui permet aux femmes de &#171; &lt;i&gt;prendre la place des hommes&lt;/i&gt; &#187;, en niant le fait qu'une grande partie d'entre elles travaillent depuis des si&#232;cles (sans m&#234;me parler de l'importance de leur travail domestique, totalement invisibilis&#233; par de tels discours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision permet &#224; nouveau de noircir l'image du Moyen &#194;ge : Ang&#233;lina explique ainsi qu'elle n'aurait pas aim&#233; vivre &#224; cette &#233;poque, car maintenant, au moins, elle peut devenir &#171; &lt;i&gt;ce qu'elle veut&lt;/i&gt; &#187; (notons qu'on ne lui a visiblement jamais parl&#233; du plafond de verre, et qu'elle se pr&#233;pare une m&#233;chante d&#233;convenue). La conclusion de tout ce passage est laiss&#233;e &#224; la chanteuse : &#171; &lt;i&gt;ils &#233;taient tr&#232;s m&#233;chants&lt;/i&gt; &#187;. La na&#239;vet&#233; du propos peut &#233;videmment faire sourire. Reste que cette affirmation n'est ni discut&#233;e, ni nuanc&#233;e, et mise litt&#233;ralement sur le m&#234;me plan que la parole de l'historienne invit&#233;e pour cette s&#233;quence. Le jugement moral (&#171; &lt;i&gt;m&#233;chants&lt;/i&gt; &#187;) se conjugue &#224; un jugement historique globalisant (&#171; &lt;i&gt;ils &#233;taient ainsi&lt;/i&gt; &#187;) pour mieux donner &#224; voir un Moyen &#194;ge uniform&#233;ment sombre et arri&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Moyen &#194;ge &#171; &lt;i&gt;pas tr&#232;s tr&#232;s cool&lt;/i&gt; &#187; s'ach&#232;ve, &#233;videmment, par l'invention de l'imprimerie, explicitement pr&#233;sent&#233;e comme une &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187; par St&#233;phane Bern. L&#224; encore, il s'agit de r&#233;activer un c&#233;l&#232;bre clich&#233;, pourtant battu en br&#232;che par les recherches r&#233;centes, qui insistent au contraire sur la progressivit&#233; des changements induits par l'invention. Selon l'&#233;mission, l'imprimerie provoque en effet un bouleversement imm&#233;diat du paysage &#233;ducatif, permettant &#171; &lt;i&gt;heureusement&lt;/i&gt; &#187; aux moines de ne plus avoir &#224; copier les textes &#224; la main, ou entra&#238;nant l'apparition d'&#233;coles diffusant &#171; une instruction sommaire &#187; aux pauvres. &#192; nouveau, le jugement moral (&#171; &lt;i&gt;heureusement&lt;/i&gt; &#187;) s'articule &#224; l'erreur historique (il y avait d&#233;j&#224; des &#233;coles urbaines bien avant l'imprimerie, et celle-ci n'a en aucun cas amen&#233; une alphab&#233;tisation massive et soudaine), pour mieux d&#233;peindre un Moyen &#194;ge obscur dont on sort avec soulagement, pour bondir en un saut brutal jusqu'&#224; l'&#233;poque de Louis XIV. Une deuxi&#232;me s&#233;quence elle-m&#234;me emplie d'erreurs, comme l'ont montr&#233; &lt;a href=&#034;https://echosdeslumieres.home.blog/2019/09/02/la-frauduleuse-histoire-de-lecole/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plusieurs historiens modernistes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Qui parle, et de quoi parle-t-on ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Au-del&#224; de ces erreurs et errements historiques, l'&#233;mission interroge quant aux modalit&#233;s de distribution de la parole. Deux s&#233;quences sont accord&#233;es &#224; Nathalie Gorochov, m&#233;di&#233;viste et professeure &#224; l'universit&#233;. Elle propose un &#233;clairage nuanc&#233; et mesur&#233;, qui entre par ailleurs en contradiction avec ce que dit St&#233;phane Bern : quand celui-ci explique que seuls les clercs savaient lire et &#233;crire, l'historienne pr&#233;cise que les &#233;coles sont eccl&#233;siastiques &#171; &lt;i&gt;jusqu'&#224; la fin du XIe si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;, ce qui sous-entend qu'elles cessent de l'&#234;tre ensuite. Mais ce propos n'intervient qu'au second plan : on entend ainsi davantage l'humoriste Jarry plaisanter sur ses faibles talents manuels que l'historienne sp&#233;cialiste de la question &#8211; ce qui semble tout de m&#234;me tr&#232;s &#233;trange dans une &#233;mission historique. Le propos de la m&#233;di&#233;viste b&#233;n&#233;ficie en outre d'une exposition bien moindre &#8211; et est mis sur le m&#234;me plan &#8211; que celui d'Ang&#233;lina : sans d&#233;nigrer ni les savoirs des enfants, ni l'int&#233;r&#234;t que constitue leur pr&#233;sence dans des d&#233;marches de vulgarisation historique, un tel choix pose question dans la mesure o&#249; il revient &#224; relativiser la parole de l'historienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chercheuse est, par ailleurs, film&#233;e dans une biblioth&#232;que, ou dans son bureau, en tout cas dans un d&#233;cor int&#233;rieur tapiss&#233; de livres. Une fa&#231;on certes classique d'illustrer &#224; la t&#233;l&#233; la posture de l'universitaire sp&#233;cialiste, mais qui entretient &#233;galement le clich&#233; de l'historien enferm&#233; dans sa tour d'ivoire, pendant que St&#233;phane Bern, lui, va dans le &#171; vrai monde &#187;, au contact des gens et des pratiques. Enfin, notons que l'historienne ne r&#233;pond &#224; personne : elle ne dialogue pas avec St&#233;phane Bern, ni m&#234;me avec la voix off (contrairement &#224; Ang&#233;lina). Elle ne semble pas non plus avoir eu acc&#232;s au texte du pr&#233;sentateur avant de tourner la s&#233;quence &#8211; dans le cas contraire, on a en effet du mal &#224; imaginer qu'elle ne l'ait pas repris. Sa parole semble ainsi d&#233;connect&#233;e, et coup&#233;e de la trame des dialogues. D'une fa&#231;on insidieuse, l'&#233;mission d&#233;construit la parole de la sp&#233;cialiste en feignant de lui laisser une place. Bien plus, et du fait de l'absence d'&#233;changes, sa pr&#233;sence donne une caution &#224; ce qui est racont&#233; par l'animateur, et semble l'avaliser. En d'autres termes, les deux minutes de parole de l'universitaire l&#233;gitiment les vingt-huit minutes o&#249; elle ne parle pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, on peut se demander si, en tant qu'historiens, il vaut mieux refuser de participer &#224; ces &#233;missions &#8211; ce qui pose le probl&#232;me de se couper de m&#233;dias potentiellement utiles, et de laisser le monopole de la parole &#224; des non-historiens &#8211; ou jouer le jeu, en sachant que nos propos vont &#234;tre utilis&#233;s pour renforcer des discours faux et biais&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : sur ce sujet, voir notre entretien : &#171; L'histoire racont&#233;e par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de ces trente minutes &#8211; seulement ! &#8211; d'&#233;mission, qu'a-t-on appris ? On aura retenu que les chantiers m&#233;di&#233;vaux sont des lieux o&#249; se transmettent des savoirs complexes, notamment abstraits : c'est une bonne chose. Mais on n'aura rien entendu sur les &#233;coles urbaines, sur la p&#233;dagogie m&#233;di&#233;vale, sur les usages de l'&#233;crit, sur le profil sociologique des ma&#238;tres ou des &#233;tudiants. On aura, par contre, entendu beaucoup d'erreurs, de clich&#233;s, d'affirmations dat&#233;es, rejet&#233;es depuis plusieurs d&#233;cennies par les historiens et historiennes. On n'aura pas parl&#233; des &#233;volutions internes &#224; la p&#233;riode m&#233;di&#233;vale, qui n'est pr&#233;sent&#233;e que comme un bloc dont on finit &#171; heureusement &#187; par sortir gr&#226;ce &#224; l'imprimerie. On n'aura jamais rien dit des sources qui permettent d'&#233;tudier l'enseignement au Moyen &#194;ge. Pour le dire autrement et le r&#233;sumer d'un mot, malgr&#233; le titre de l'&#233;mission, on n'aura pas fait d'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cette &#171; fabuleuse histoire de l'&#233;cole &#187; s'av&#232;re ainsi tenir bien plus de la fable que de l'histoire. Ce genre d'&#233;missions &#8211; diffus&#233;es sur une cha&#238;ne du service public et donc r&#233;alis&#233;es en partie, rappelons-le sans cesse, avec l'argent de tous et toutes &#8211; font &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; plus de mal que de bien. Elles donnent, face &#224; une audience de pr&#232;s de deux millions de t&#233;l&#233;spectateurs, le monopole de la parole historique &#224; des non-historiens qui s'en servent pour diffuser des erreurs grossi&#232;res et, plus discr&#232;tement, un certain nombre de visions politiques tr&#232;s connot&#233;es (&#171; &lt;i&gt;l'&#233;cole &#233;tait mieux avant&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;les &#233;tudiants font la f&#234;te&lt;/i&gt; &#187;). Un bilan que ne parvient pas &#224; contrebalancer la pr&#233;sence d'historiens et d'historiennes sp&#233;cialistes de la question, qui participe finalement, gr&#226;ce &#224; la caution de &#171; sachants &#187; qu'elle fournit, &#224; l&#233;gitimer les discours dominants de l'&#233;mission, enrob&#233;s dans de belles reconstitutions et dans les sourires de l'animateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me que les initiatives de diffusion de la recherche se multiplient, de Twitter &#224; YouTube en passant par des podcasts et des bandes dessin&#233;es, la t&#233;l&#233;vision reste la chasse-gard&#233;e d'une poign&#233;e de pseudo-historiens, dont le discours est en r&#233;alit&#233; anti-historique. C'est d'autant plus dommage que ces nouvelles formes de diffusion de la recherche allient art du r&#233;cit et de la mise en sc&#232;ne et rigueur du propos. Des r&#233;alisateurs, des dessinateurs, des metteurs en sc&#232;ne et des chercheurs travaillent de plus en plus ensemble pour proposer des &#339;uvres et des divertissements qui diffusent des visions historiques &#224; jour. L'histoire est suffisamment vaste et riche pour offrir un merveilleux terrain de jeu pour les cr&#233;ateurs et beaucoup d'historiens sont pr&#234;ts &#224; la faire d&#233;couvrir &#224; un public aussi large que possible. La t&#233;l&#233;vision publique gagnerait probablement &#224; se mettre &#224; l'&#233;cole de ces initiatives qui peuplent aujourd'hui internet, les th&#233;&#226;tres aussi bien que les librairies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Catherine Rideau-Kikuchi&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Florian Besson&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Annexe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme nous le mentionnions plus haut, le doctorant en histoire contemporaine et enseignant Guillaume Lancereau s'est &#233;galement livr&#233; &#224; &lt;a href=&#034;https://echosdeslumieres.home.blog/2019/09/02/la-frauduleuse-histoire-de-lecole/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une analyse critique du volet de l'&#233;mission consacr&#233; &#224; l'&#233;poque moderne&lt;/a&gt;. Avec son autorisation, nous reproduisons ci-dessous les deux derniers paragraphes de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : un plaidoyer &lt;i&gt;pro domo &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#233;l&#233;vision persiste donc &#224; malmener l'histoire, avec le soutien des institutions culturelles et p&#233;dagogiques les plus l&#233;gitimes, puisque Lor&#225;nt Deutsch continue d'&#234;tre invit&#233; dans divers coll&#232;ges et &#233;coles publics en pr&#233;sence d'&#233;lus, tandis que St&#233;phane Bern poursuit son entreprise de vulgarisation traditionaliste sur le service public et re&#231;oit la cons&#233;cration de l'Institut de France sous la forme d'une &#171; Fondation St&#233;phane Bern pour l'histoire et le patrimoine &#187;. De surcro&#238;t, ce travail m&#233;diatique s'op&#232;re, dans le cas de l'&#233;mission concern&#233;e, au nom d'un principe dont il livre lui-m&#234;me la justification : il faut apprendre en s'amusant, par opposition aux savoirs scolaires et universitaires pos&#233;s comme r&#233;barbatifs et intellectualistes. Ce postulat transpara&#238;t nettement lorsque l'animateur c&#233;l&#232;bre les aristocratiques acad&#233;mies d'Ancien R&#233;gime au sein desquelles &lt;i&gt;&#171; on apprenait en s'amusant &#187;&lt;/i&gt; (postulat au demeurant bien discutable), ce que les enseignants de notre soci&#233;t&#233; contemporaine seraient incapables d'entendre &#8211; d'o&#249; la l&#233;gitimit&#233; suppos&#233;e des &#233;missions d'un St&#233;phane Bern. Au-del&#224; du fait que cette lecture ignore tout de la pr&#233;sence effective du jeu dans nos salles de classe, cette d&#233;finition promeut en d&#233;finitive une bien m&#233;diocre d&#233;finition de la vulgarisation des savoirs, en mettant dos &#224; dos s&#233;rieux et l'amusant, la connaissance et le divertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au nom d'une conception toute contraire que nous continuons et continuerons &#224; d&#233;crypter et pointer du doigt les limites des contenus m&#233;diatiques de ce type. Notre but ne consiste pas ici &#224; pousser les vices de notre m&#233;tier d'enseignants jusqu'&#224; pr&#233;tendre corriger des contenus t&#233;l&#233;visuels comme nous corrigeons nos copies, de distribuer des bons et de mauvais points en fl&#233;trissant inlassablement les mauvais &#233;l&#232;ves, au risque de l'acharnement. Le fond de notre d&#233;marche vise, plus simplement, &#224; affirmer que le service public et les personnes qui y recourent pour d&#233;couvrir le pass&#233;, m&#233;ritent mieux ; &#224; affirmer que les contenus rigoureusement compos&#233;s, empiriquement fond&#233;s, intellectuellement stimulants, devraient &#234;tre un bien commun et non pas l'apanage lointain et jaloux des c&#233;nacles universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas n&#233;cessairement toutes les positions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDLR : &#224; ce sujet, voir nos articles : &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Laissez-vous-guider-France-2-la-balade&#034;&gt;&#171; &#034;Laissez-vous guider&#034; (France 2) : la balade r&#233;actionnaire de Bern et Deutsch dans le Paris r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Secrets-d-histoire-le-magazine-royaliste-de-France-2&#034;&gt;&#171; &#034;Secrets d'histoire&#034;, le magazine royaliste de France 2 ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourrait ainsi convoquer d'illustres exemples, de la comtesse Marie de Champagne (1174-1204), qui tient une cour prestigieuse dans laquelle artistes et po&#232;tes se pressent, &#224; Christine de Pisan (1364-1431), veuve &#224; 25 ans et qui devient la premi&#232;re &#233;crivaine &#224; vivre de sa plume.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDLR : sur ce sujet, voir notre entretien : &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/L-histoire-racontee-par-les-medias-un-entretien&#034;&gt;&#171; L'histoire racont&#233;e par les m&#233;dias : un entretien crois&#233; &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>&#171; Laissez-vous guider &#187; (France 2) : la balade r&#233;actionnaire de Bern et Deutsch dans le Paris r&#233;volutionnaire</title>
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		<dc:date>2019-05-28T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Naudin, Guillaume Lancereau, Manon Bril</dc:creator>


		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>
		<dc:subject>Pluralisme</dc:subject>
		<dc:subject>France 2</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Monopole des deux clients m&#233;diatiques sur l'histoire &#224; la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH149/arton5947-cbc86.jpg?1776685780' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 2 mai en premi&#232;re partie de soir&#233;e, France 2 diffusait le second num&#233;ro de &#171; Laissez-vous guider &#187;, la derni&#232;re &#233;mission grand public de France 2, anim&#233;e (et produite) par St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;mission est produite par Prod et Compagnie, Morgane Production, Carpo 16 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; grands renforts d'effets sp&#233;ciaux, cette &#233;mission a &#233;t&#233; l'occasion pour les deux &#171; historiens de garde &#187; de revisiter la R&#233;volution fran&#231;aise en multipliant les impr&#233;cisions et les points de vue biais&#233;s dont ils sont coutumiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant d'&#233;voquer ce nouveau num&#233;ro de &#171; Laissez-vous guider &#187;, il est int&#233;ressant de revenir sur le choix, de la part de France 2, de laisser les cl&#233;s d'une nouvelle &#233;mission historique &#224; deux figures m&#233;diatiques aux accointances monarchistes, St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le choix de France 2 : la R&#233;volution racont&#233;e par deux monarchistes m&#233;diatiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&#192; commencer par St&#233;phane Bern. L'animateur n'a jamais cach&#233; ses sympathies royalistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la postface des Historiens de garde.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; son &#233;mission &#171; Secrets d'histoire &#187; consiste d'ailleurs, la plupart du temps, en un &#233;loge des t&#234;tes couronn&#233;es &#8211; l'histoire du peuple n'int&#233;ressant pas le public, selon Bern lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors d'un passage &#224; l'&#233;mission &#171; M&#233;dias le Magazine &#187; (France 5), 19 mai 2013.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet &#233;pisode de &#171; Laissez-vous guider &#187; se pr&#233;sente lui-m&#234;me comme un passage en revue de l'histoire r&#233;volutionnaire, &lt;i&gt;&#171; de la prise de la Bastille o&#249; tout a commenc&#233;, &#224; la place de la Concorde qui a vu l'ex&#233;cution du roi de France &#187;&lt;/i&gt; &#8211; et o&#249;, laisse-t-on entendre, tout aurait fini !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lor&#224;nt Deutsch d&#233;fend lui aussi la monarchie, et sa vision de la R&#233;volution interroge&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; J'ai des sympathies, je ne m'en cache pas, pour la monarchie, a-t-il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En 2011, il d&#233;clare dans &lt;i&gt;Le Figaro TV magazine&lt;/i&gt; que le moment r&#233;volutionnaire met &lt;i&gt;&#171; fin &#224; notre civilisation &#187;&lt;/i&gt;, et d&#233;plore un &#233;v&#233;nement qui aurait &lt;i&gt;&#171; coup&#233; la t&#234;te &#224; nos racines &#187;&lt;/i&gt;. Dans &lt;i&gt;M&#233;tronome&lt;/i&gt;, il se montre particuli&#232;rement virulent au sujet de cette p&#233;riode historique, insistant beaucoup sur la violence du peuple en R&#233;volution, sur les mensonges des r&#233;volutionnaires, et sur les pr&#233;tendues destructions de patrimoine. Lor&#224;nt Deutsch est &#233;galement un fervent partisan de la th&#233;orie du g&#233;nocide vend&#233;en, notamment relay&#233;e dans les grands m&#233;dias par l'interm&#233;diaire d'un &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Un-enieme-proces-de-la-Revolution-francaise-par&#034;&gt;&#233;ditorialiste tel qu'&#201;ric Brunet&lt;/a&gt; ; un r&#233;cit id&#233;ologiquement marqu&#233; et caract&#233;ristique d'une droite catholique, traditionaliste et contre-r&#233;volutionnaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Cl&#233;ment Martin, La Vend&#233;e de la m&#233;moire, Paris, Seuil 1989 ; ou encore (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut difficilement croire que France T&#233;l&#233;visions ignorait le caract&#232;re id&#233;ologique des productions de St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch. Une explication possible &#224; ce choix est celle d'une logique d'audience : les deux animateurs b&#233;n&#233;ficieraient d'une image de vulgarisateurs &#224; m&#234;me de &#171; passionner &#187; les spectateurs &#8211; ne sont-ils pas eux-m&#234;mes &lt;i&gt;&#171; deux grands passionn&#233;s d'histoire et de patrimoine &#187;&lt;/i&gt;, comme l'annonce l'&#233;mission d&#232;s ses premi&#232;res secondes ? Pourtant, les succ&#232;s d'audience sont loin d'&#234;tre toujours au rendez-vous pour les deux &#171; historiens de garde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diffus&#233; sur France 2 le 27 mars 2018, le premier num&#233;ro de &#171; Laissez-vous guider &#187;, consacr&#233; &#224; Paris et Marseille, n'avait gu&#232;re convaincu, n'attirant que 2,4 millions de t&#233;l&#233;spectateurs pour 10,4 % de parts de march&#233;. Un r&#233;sultat en demi-teinte, provoquant d'ailleurs un recentrage de l'&#233;mission sur Paris. Le concept de d&#233;part &#233;tait une balade entre deux villes fran&#231;aises. Pour expliquer la faible audience, Lor&#224;nt Deutsch affirme &lt;a href=&#034;http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/lorant-deutsch-il-faut-vulgariser-l-histoire-pour-la-rendre-accessible_cd2d9e3e-6b2c-11e9-864e-4083dec1dab1/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans une interview&lt;/a&gt; que la premi&#232;re &#233;mission aurait perturb&#233; le public, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle se passait dans deux villes. Une analyse qui se passe de commentaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que si les &#233;missions de St&#233;phane Bern continuent de bien &#171; fonctionner &#187;, l'image d'&#233;ternel ado sympa de Lor&#224;nt Deutsch semble un peu ternie depuis quelques temps. Il y a d'abord eu les pol&#233;miques autour de &lt;i&gt;M&#233;tronome&lt;/i&gt;. Le com&#233;dien a &#233;t&#233; vilipend&#233; pour sa vision partisane de l'histoire. Il a r&#233;pondu en tentant de discr&#233;diter les historiens critiques, les accusant d'&#234;tre des id&#233;ologues. Puis, fin 2013, son approche de la bataille de Poitiers, dans son livre &lt;i&gt;Hexagone&lt;/i&gt; pose &#224; nouveau question&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, lire &#171; Lor&#224;nt Deutsch et le mythe de l'invasion musulmane &#187;.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, trois ans plus tard, le site Buzzfeed enqu&#234;te sur un vrai-faux compte Twitter (et Facebook) dans lequel le com&#233;dien, ou quelqu'un se faisant passer pour lui, attaque violemment ses adversaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Insultes, menaces : les myst&#233;rieux tweets cach&#233;s de Lor&#224;nt Deutsch &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pol&#233;miques, ainsi que les ventes un peu d&#233;cevantes d'&lt;i&gt;Hexagone&lt;/i&gt; et m&#234;me &lt;i&gt;M&#233;tronome 2&lt;/i&gt;, ont contribu&#233; &#224; une relative perte de vitesse du com&#233;dien. Parall&#232;lement &#224; la sortie d'un ouvrage sur la langue fran&#231;aise (&lt;i&gt;Romanesque&lt;/i&gt;), qui lui vaut &#233;galement une (nouvelle) petite pol&#233;mique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment lorsque le com&#233;dien argua de la pr&#233;sence de 600 mots d'arabe dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de nouveaux proc&#232;s en incomp&#233;tence (et toujours beaucoup de promo t&#233;l&#233;), le com&#233;dien lance fin 2018 sa chaine Youtube, &#171; &#192; toute berzingue &#187;, dont le concept de d&#233;part est d'apprendre l'histoire des principales villes de France en cinq minutes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; noter qu'une des &#233;missions de cette cha&#238;ne, d&#233;di&#233;e &#224; Gen&#232;ve, a &#233;galement &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cha&#238;ne qui compte, &#224; ce jour, un peu plus de 3000 abonn&#233;s, ce qui reste incroyablement anecdotique, si l'on compare ce chiffre aux ventes de livres du com&#233;dien, et surtout aux principales chaines Youtube sp&#233;cialis&#233;es dans l'histoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La principale chaine fran&#231;aise Youtube d'histoire, &#171; Nota Bene &#187;, compte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant&#8230; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Un-documentaire-sur-la-tournee-de-BHL-finance-par&#034;&gt;Comme dans le cas de BHL&lt;/a&gt;, ces diff&#233;rents signes n'emp&#234;chent pas les grands m&#233;dias et les cercles du pouvoir de continuer &#224; maintenir les deux bons clients de la t&#233;l&#233; sous respiration artificielle. En les consacrant comme les deux charg&#233;s &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; des sujets d'histoire, mais &#233;galement en entretenant leur capital symbolique &#224; grand renfort de prix, et autres reconnaissances institutionnelles. Ainsi St&#233;phane Bern fut-il consacr&#233; officiellement par Emmanuel Macron, qui l'a nomm&#233; &#224; la t&#234;te d'une &#171; Mission patrimoine &#187; en novembre 2017. Par ailleurs, l'Institut de France, qui fait office depuis le 19&#232;me si&#232;cle d'instance de validation de la production historique anecdotique, a ajout&#233; sa propre cons&#233;cration &#224; la &#171; Fondation St&#233;phane Bern pour l'histoire et le patrimoine &#187;. Cette structure cr&#233;&#233;e en 2016 r&#233;compense ainsi chaque ann&#233;e des ouvrages ou initiatives en faveur du patrimoine au moyen de deux prix, de 5 000 et 25 000 euros, somme bien rondelette en ces temps de disette impos&#233;e des universit&#233;s publiques o&#249; s'enseigne l'histoire ! Le tout agr&#233;ment&#233; d'une m&#233;daille &#224; l'effigie de l'animateur-producteur, prouvant une fois de plus que le ridicule ne tue pas les tenants du pouvoir m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pol&#233;miques m&#233;diatiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Autre explication du choix de France 2 : les deux animateurs proposant &#224; la fois un r&#233;cit simpliste et pol&#233;mique de la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; Paris, ils ne manqueront pas de faire parler de l'&#233;mission, cr&#233;er un buzz et apporter de l'audience. Et de fait, les r&#233;actions n'ont pas manqu&#233;. Dans les m&#233;dias et sur les r&#233;seaux sociaux plus encore, des historiens et historiennes, des vulgarisateurs et vulgarisatrices d'histoire, mais aussi des politiques, ont finalement choisi d'interpeller France T&#233;l&#233;visions, et de s'&#233;tonner publiquement de ce choix. Dans &lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualite/medias/france-2-la-revolution-francaise-vue-par-bern-et-deutsch-fait-grincer-des-dents_2072186.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par exemple, Jean-Christophe Piot exprime &lt;i&gt;&#171; une m&#233;fiance de principe &#187;&lt;/i&gt;, craignant que la R&#233;volution ne soit r&#233;sum&#233;e &#224; ses &lt;i&gt;&#171; aspects noirs et d'en oublier ce qui en est rest&#233; d'un peu plus positif &#187;&lt;/i&gt;. Dans le m&#234;me article, l'historienne Mathilde Larr&#232;re, &#233;galement tr&#232;s active sur les r&#233;seaux sociaux, d&#233;plore le choix de France T&#233;l&#233;visions, service public, alors que d'autres historiens &#233;taient tout &#224; fait capables de raconter cette p&#233;riode. Surtout, elle voudrait que France T&#233;l&#233;visions annonce clairement le &lt;i&gt;&#171; biais monarchiste &#187;&lt;/i&gt; des deux animateurs, par honn&#234;tet&#233; pour le public, alors que Guillaume Mazeau, historien sp&#233;cialiste de la R&#233;volution, regrette le &lt;i&gt;&#171; monopole &#187;&lt;/i&gt; de Bern et Deutsch sur l'histoire &#224; la t&#233;l&#233;vision publique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#244;t&#233; politiques, comme ce fut le cas lors de la sortie de M&#233;tronome, c'est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; leur habitude, St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch ont r&#233;pondu en se d&#233;fendant d'&#234;tre des historiens, mais uniquement des &lt;i&gt;&#171; conteurs &#187;&lt;/i&gt; : Bern se pr&#233;sente m&#234;me en &lt;i&gt;&#171; visiteur un peu na&#239;f &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;duisant les critiques &#224; des &lt;i&gt;&#171; donneurs de le&#231;ons &#187;&lt;/i&gt;, tout en s'estimant victime de&#8230; &lt;i&gt;&#171; proc&#232;s en sorcellerie &#187;&lt;/i&gt; ! Le discours de St&#233;phane Bern joue sur l'ambigu&#239;t&#233; de ce type de programme, pr&#233;tendant notamment qu'il ne s'agit pas d'une &#233;mission d'histoire, mais d'&lt;i&gt;&#171; une &#233;mission de patrimoine &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; nouveau cet article de L'Express.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pratique !&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une &#233;mission &#171; d'histoire-entertainment &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Sur le fond, l'&#233;mission a &#233;t&#233; critiqu&#233;e avant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'historienne Sophie Wahnich, notamment, a pu y avoir acc&#232;s.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pendant et apr&#232;s sa diffusion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, l'&#233;mission d'Arr&#234;t sur images &#224; ce sujet.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'une des principales critiques porte sur l'&#233;clatement de la chronologie, qui ne permet pas de comprendre l'enchainement des &#233;v&#233;nements, et fait perdre toute coh&#233;rence. Pour Bern et Deutsch, &lt;i&gt;&#171; tout commence &#224; la Bastille &#187;&lt;/i&gt;, oubliant par exemple les &#201;tats G&#233;n&#233;raux ou le Serment du Jeu de Paume. L'omission appara&#238;t assez amusante quand on sait que les historiens de garde, et les conservateurs en g&#233;n&#233;ral (notamment le ministre de l'&#201;ducation nationale) se plaignent r&#233;guli&#232;rement de &#171; la fin de la chronologie &#187; dans l'histoire scolaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite l'absence du peuple, ce que remarque en particulier Sophie Wahnich&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations qui suivent sont extraites de l'article des Inrockuptibles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon elle, &lt;i&gt;&#171; de ce qui fait de la r&#233;volution un &#233;v&#233;nement politique populaire, on ne saura rien. Le peuple comme acteur politique dou&#233; de libert&#233; est absent&#233; &#187;&lt;/i&gt;. L'historienne rel&#232;ve &#233;galement &lt;i&gt;&#171; un tropisme royaliste et contre-r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/i&gt;, avec l'insistance sur l'&#233;motion au moment d'&#233;voquer le sort du couple royal, leurs conditions de d&#233;tention &lt;i&gt;&#171; &#233;pouvantables &#187;&lt;/i&gt;, la suppos&#233;e cruaut&#233; de Marat ou la fin de Louis XVI, annonc&#233;e par une musique des plus dramatiques. Les autres critiques pointent p&#234;le-m&#234;le des erreurs factuelles, des id&#233;es re&#231;ues, l'absence d'historiens sp&#233;cialistes (les intervenants, simplement d&#233;sign&#233;s comme &#171; historiens &#187;, sont le plus souvent conf&#233;renciers ou consultants en histoire, et par ailleurs habitu&#233;s de l'&#233;mission de Bern, &#171; Secrets d'histoire &#187;), et l'aspect &lt;i&gt;entertainment&lt;/i&gt; d'un produit marketing qui r&#233;duit l'histoire &#224; des anecdotes et des reconstitutions 3D spectaculaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au passage, nombre d'historiens attach&#233;s &#224; une vraie d&#233;mocratisation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel bilan tirer de tout cela ? On peut, pour commencer, s'&#233;tonner du choix de France 2 de confier une &#233;mission sur la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; deux monarchistes sans que rien n'en soit dit aux t&#233;l&#233;spectateurs. Un choix dont on peut gager qu'il s'explique par des logiques d'audience anticip&#233;e... quoiqu'en grande partie d&#233;menties par la r&#233;alit&#233; des chiffres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S'ils ne sont pas nuls, les r&#233;sultats d'audience restent en effet en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble ainsi qu'il ne soit pas possible, pour France 2, d'envisager de se passer de ses &#171; historiens de garde &#187; patent&#233;s, devenus de v&#233;ritables entrepreneurs m&#233;diatiques. Pourtant, le succ&#232;s des &#233;missions de vulgarisation historique sur Youtube par exemple, montre que d'autres &#233;missions d'histoire, s&#233;rieuses, sourc&#233;es et n&#233;anmoins divertissantes, sont possibles. Mais tout porte &#224; croire qu'il demeure une cloison entre deux mondes : la t&#233;l&#233;vision d'une part, internet et les r&#233;seaux sociaux d'autre part, ainsi que leurs publics respectifs. En t&#233;moigne le faible nombre d'abonn&#233;s &#224; la chaine Youtube de Deutsch. Autre illustration : la pol&#233;mique sur l'&#233;mission n'a &#233;t&#233; r&#233;ellement visible que sur le net &#8211; Twitter notamment, ou des articles en ligne de journaux. Pas un mot, &#224; notre connaissance, sur les chaines infos ou dans les diff&#233;rents talkshows &#224; succ&#232;s. Ni m&#234;me d'ailleurs &#224; la radio.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;La t&#233;l&#233;vision demeure encore le principal m&#233;dia et le plus regard&#233;. Un m&#233;dia qui continue d'&#234;tre la chasse gard&#233;e des &#171; historiens de garde &#187;, particuli&#232;rement dans le cas du service public. Cette situation conduit &#224; arroger un quasi-monopole &#224; des discours conservateurs et r&#233;actionnaires sur l'histoire, au m&#233;pris du pluralisme. Au-del&#224; de la critique n&#233;cessaire des &#171; historiens de garde &#187;, de leur position de pouvoir dans les champs m&#233;diatique et politique, et de leur production &#233;ditoriale, c'est bien cette captation des savoirs, d'autant plus contestable qu'elle concerne l'audiovisuel public, qu'il convient inlassablement de remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Christophe Naudin&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Guillaume Lancereau&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Manon Bril&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;mission est produite par Prod et Compagnie, Morgane Production, Carpo 16 (la bo&#238;te de production de &lt;a href=&#034;https://carpo16prod.wixsite.com/carpo16prod&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lor&#224;nt Deutsch&lt;/a&gt;) et Kisayang (celle de &lt;a href=&#034;https://www.challenges.fr/media/audiovisuel/maison-de-production-pourquoi-stephane-bern-devient-un-pdg-animateur_486867&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.editionslibertalia.com/IMG/pdf/libertalia-les_historiens_de_garde-postface2018.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la postface des &lt;i&gt;Historiens de garde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lors d'un passage &#224; l'&#233;mission &#171; M&#233;dias le Magazine &#187; (France 5), 19 mai 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai des sympathies, je ne m'en cache pas, pour la monarchie, a-t-il reconnu. Mais en tant que d&#233;mocrate ! Comme tous les d&#233;mocrates, je m'int&#233;resse aux meilleurs syst&#232;mes politiques possibles. Et il se trouve que les pays d'Europe o&#249; on a la sensation que la d&#233;mocratie s'exprime le mieux, c'est syst&#233;matiquement dans les monarchies du Nord, &#224; savoir des monarchies parlementaires &#187;&lt;/i&gt;, affirme-t-il dans un entretien &#224; &lt;a href=&#034;https://www.voici.fr/news-people/actu-people/laissez-vous-guider-lorant-deutsch-repond-aux-critiques-contre-lui-et-stephane-bern-659341&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Voici&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2/05/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Cl&#233;ment Martin, &lt;i&gt;La Vend&#233;e de la m&#233;moire&lt;/i&gt;, Paris, Seuil 1989 ; ou encore du m&#234;me Jean-Cl&#233;ment Martin, &#171; La Vend&#233;e dans la m&#233;moire des droites &#187;, dans Jean-Fran&#231;ois Sirinelli (dir.), &lt;i&gt;Histoire des droites en France&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1992, tome II, p. 437-469. &#192; ce sujet, voir &#224; nouveau &lt;i&gt;Les historiens de garde&lt;/i&gt;, Libertalia, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, lire &lt;a href=&#034;https://www.huffingtonpost.fr/christophe-naudin/lorant-deutsch-hexagone_b_4015871.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Lor&#224;nt Deutsch et le mythe de l'invasion musulmane &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; Insultes, menaces : les myst&#233;rieux tweets cach&#233;s de Lor&#224;nt Deutsch &#187; sur &lt;a href=&#034;https://www.buzzfeed.com/fr/paulaveline/insultes-menaces-les-mysterieux-tweets-caches-de-lorant-deut&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site de Buzzfeed&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment lorsque le com&#233;dien argua de la pr&#233;sence de 600 mots d'arabe dans la langue fran&#231;aise actuelle pour en conclure qu'il ne voyait &lt;a href=&#034;https://www.huffingtonpost.fr/2018/10/24/lorant-deutsch-ne-voit-aucun-interet-a-apprendre-larabe-a-lecole_a_23570305/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; aucun int&#233;r&#234;t &#187;&lt;/i&gt; &#224; enseigner l'arabe &#224; l'&#233;cole !&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; noter qu'une des &#233;missions de cette cha&#238;ne, d&#233;di&#233;e &#224; Gen&#232;ve, a &#233;galement &#171; fait pol&#233;mique &#187; et surtout&#8230; d&#233;clench&#233; les rires de nos voisins helv&#232;tes &#224; cause de plusieurs erreurs grossi&#232;res. Lor&#224;nt Deutsch a m&#234;me &#233;t&#233; oblig&#233; de faire une mise au point sur sa chaine Youtube, remerciant au passage les 1500 abonn&#233;s qui le suivent&#8230; La d&#233;marche des deux stars m&#233;diatiques a &#233;galement r&#233;cemment inspir&#233; &#224; l'historien Laurent Turcot une parodie appliqu&#233;e au cas de Montr&#233;al, intitul&#233;e &#171; Secrets de Montr&#233;al &#187;, un &#233;pisode diffus&#233; sur sa cha&#238;ne Youtube &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=-uMuUsDB5uc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'histoire nous le dira &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La principale chaine fran&#231;aise Youtube d'histoire, &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCP46_MXP_WG_auH88FnfS1A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Nota Bene &#187;&lt;/a&gt;, compte plus de 900 000 abonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#244;t&#233; politiques, comme ce fut le cas lors de la sortie de &lt;i&gt;M&#233;tronome&lt;/i&gt;, c'est le d&#233;put&#233; de la France insoumise, Alexis Corbi&#232;re, qui est mont&#233; au cr&#233;neau, en &lt;a href=&#034;https://www.marianne.net/medias/alexis-corbiere-avec-stephane-bern-et-lorant-deutsch-ne-comprend-pas-la-naissance-de-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;non&#231;ant le &lt;i&gt;&#171; biais id&#233;ologique &#187;&lt;/i&gt; de l'&#233;mission&lt;/a&gt;. Le jour m&#234;me de l'&#233;mission, Jean-Luc M&#233;lenchon y est all&#233; lui aussi de &lt;a href=&#034;https://twitter.com/jlmelenchon/status/1124032537150541824?lang=bg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son tweet&lt;/a&gt;, estimant que les &lt;i&gt;&#171; deux royalistes pas m&#234;me historiens d&#233;figurent la glorieuse r&#233;volution qui a cr&#233;&#233; le peuple fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; nouveau &lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualite/medias/france-2-la-revolution-francaise-vue-par-bern-et-deutsch-fait-grincer-des-dents_2072186.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'historienne Sophie Wahnich, notamment, a pu y avoir acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, par exemple, &lt;a href=&#034;https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/bern-deutsch-tout-est-fait-pour-susciter-lempathie-pour-marie-antoinette&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'&#233;mission d'Arr&#234;t sur images&lt;/a&gt; &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les citations qui suivent sont extraites de l'article des &lt;a href=&#034;https://www.lesinrocks.com/2019/04/30/medias/medias/on-a-fait-regarder-lemission-de-stephane-bern-et-lorant-deutsch-sur-la-revolution-francaise-a-une-historienne/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Inrockuptibles&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (30/04/19), &#171; On a fait regarder l'&#233;mission de St&#233;phane Bern et Lor&#224;nt Deutsch sur la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; une historienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au passage, nombre d'historiens attach&#233;s &#224; une vraie d&#233;mocratisation des savoirs n'ont clairement pas de tels moyens &#224; disposition !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;S'ils ne sont pas nuls, les r&#233;sultats d'audience restent en effet en demi-teinte. Le lendemain de l'&#233;mission, France 2 s'est f&#233;licit&#233;, dans un tweet, du bon score de l'&#233;mission. Pourtant, si la part de march&#233; est un peu meilleure que lors du premier &#233;pisode (12,1 % contre 10,4 %), le nombre de spectateurs n'a pas &#233;volu&#233; de mani&#232;re extraordinaire, passant de 2,4 &#224; 2,5 millions. La pol&#233;mique a-t-elle vraiment contribu&#233; &#224; faire gagner 100 000 curieux ? Ce n'est en tout cas pas spectaculaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title> &#171; Secrets d'Histoire &#187; sur France 2 : de Gaulle couronn&#233;, de Gaulle sanctifi&#233;, de Gaulle peopolis&#233;</title>
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		<dc:date>2014-09-22T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>R&#233;mi L&#233;pinay</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Documentaires</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De Gaulle, le dernier roi de France ? Comment faire l'apologie d'un homme d'&#201;tat pendant 1h30 en ne faisant qu'effleurer son action politique&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Documentaires-+" rel="tag"&gt;Documentaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 28 ao&#251;t dernier sur France 2, St&#233;phane Bern pr&#233;sentait un nouveau num&#233;ro de l'&#233;mission &#171; Secrets d'Histoire &#187;. Ce programme, sous couvert de vulgarisation historique, n'est pour l'essentiel qu'un assemblage de sujets st&#233;r&#233;otyp&#233;s m&#234;lant anecdotes superficielles et parti pris simplistes, et se pr&#233;sente &#233;galement, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4409.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme nous l'avions relev&#233; dans un pr&#233;c&#233;dent article, comme le magazine royaliste de France 2&lt;/a&gt;. Le num&#233;ro du 28 ao&#251;t, intitul&#233; &#171; De Gaulle, le dernier des g&#233;ants &#187;, n'a pas d&#233;rog&#233; &#224; la r&#232;gle. De Gaulle, le dernier des rois de France ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'embl&#233;e, le titre choisi annonce un parti pris &#233;vident que la liste des intervenants ne peut que renforcer : sur les quatorze personnes sollicit&#233;es par St&#233;phane Bern, sept sont d'anciens proches du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, collaborateurs ou membres de la famille. Un choix qui interdit presque &#224; coup s&#251;r que soit port&#233; un regard distanci&#233; sur la personne du g&#233;n&#233;ral, et moins encore une r&#233;flexion critique sur son &#339;uvre politique&#8230; Si au moins les sept autres intervenants avaient &#233;t&#233; choisis pour faire contrepoint. Il n'en fut rien, &#233;videmment. Nous retrouvons par exemple Jean-Louis Debr&#233;, dont le p&#232;re fut Premier ministre de de Gaulle (ce qui n'est jamais pr&#233;cis&#233; dans de l'&#233;mission), et dont on se doute que les interventions n'&#233;reinteront pas trop le grand homme... Bref, ce qui &#233;tait &#224; craindre d&#232;s le d&#233;but de l'&#233;mission se confirme par la suite : ce n'est pas &#224; un documentaire de vulgarisation historique que nous avons affaire mais &#224; une v&#233;ritable hagiographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La naissance d'une b&#234;te m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien en phase avec le journalisme politique tel qu'il se pratique aujourd'hui, l'&#233;mission appr&#233;hende la politique essentiellement sous l'angle du spectacle et des petites phrases. Ainsi, apr&#232;s une premi&#232;re visite de la Boisserie o&#249; l'on apprend, d&#233;tail essentiel, que le t&#233;l&#233;phone est cach&#233; &#171; dans le cagibi, sous l'escalier &#187;, la voix off annonce sur fond de musique th&#233;&#226;trale : &#171; &lt;i&gt;Rebelle, insoumis, sarcastique, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle est &lt;strong&gt;le premier homme politique fran&#231;ais &#224; faire de la communication une arme de persuasion massive pour changer le cours de l'histoire&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; (sic). Pour tenter d'appuyer cette affirmation p&#233;remptoire, une premi&#232;re s&#233;rie d'intervenants nous vante les talents de communicant du g&#233;n&#233;ral de Gaulle. Que m&#233;rite d'&#234;tre abord&#233;e la mani&#232;re dont de Gaulle utilise les outils de communications modernes pour construire sa propre image, notamment pendant ses deux mandats pr&#233;sidentiels, cela ne fait pas de doute. Mais cette question n'est jamais &#233;voqu&#233;e, et la ma&#238;trise de sa communication par de Gaulle n'est abord&#233;e que pour mieux vanter la grandeur du personnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis, les grandes &#233;tapes de son parcours sont revues sous le seul angle du potentiel m&#233;diatique. Ainsi, la Seconde Guerre mondiale est principalement per&#231;ue comme un premier essai concluant de de Gaulle sous les feux des projecteurs. Des d&#233;buts qui ont &#233;t&#233; rendus possible par l'impr&#233;sario de circonstance du g&#233;n&#233;ral, un certain&#8230;Winston Churchill qui souhaite &#171; &lt;i&gt;lui donner les moyens de ses ambitions &lt;/i&gt; &#187; et d&#233;cide de &#171; &lt;i&gt;tout miser sur cet illustre inconnu &lt;/i&gt; &#187;. Il s'en suit une s&#233;rie d'interventions, photographies d'&#233;poque &#224; l'appui, sur les campagnes m&#233;diatiques que de Gaulle effectue dans le but de conqu&#233;rir le c&#339;ur du public. Une bien belle histoire, dont on ignore trop souvent le versant show-business !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On encha&#238;ne ensuite sur le retour en France en 1944 et la descente triomphale des Champs-&#201;lys&#233;es, au cours de laquelle &#171; &lt;i&gt;toutes les cam&#233;ras sont braqu&#233;es sur l'homme providentiel&lt;/i&gt; &#187; (on notera au passage l'anachronisme, &#224; une &#233;poque ou les principaux m&#233;dias sont encore la presse &#233;crite et la radio). Le temps de passer un extrait du fameux discours &#224; la Mairie de Paris et c'en est fini de la guerre. Ainsi, vu par &#171; Secrets d'Histoire &#187;, la place de de Gaulle dans la Seconde Guerre mondiale se r&#233;sume pour l'essentiel &#224; celle d'un produit m&#233;diatique cr&#233;&#233; de toute pi&#232;ce et dont le succ&#232;s serait m&#234;me devenu incontr&#244;lable : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;La cr&#233;ature m&#233;diatique finit cependant par &#233;chapper &#224; son cr&#233;ateur&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gaulle r&#232;gne sur la politique fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapide passage sur le gouvernement provisoire permet d'encha&#238;ner sur la &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;travers&#233;e du d&#233;sert m&#233;diatique&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; et le &#171; &lt;i&gt;retour fracassant&lt;/i&gt; &#187; de 1958. Inutile de dire que la mani&#232;re dont sont trait&#233;es les onze ann&#233;es de pr&#233;sidence de de Gaulle sont du m&#234;me acabit que ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233;. Sans surprise, les conf&#233;rences de presse constituent le premier point sur lequel l'&#233;mission s'attarde sans aucune distance critique. Seulement des commentaires d'intervenants b&#233;ats : &#171; &lt;i&gt;Les gens se battaient pour aller &#224; la conf&#233;rence de presse du g&#233;n&#233;ral De Gaulle. &lt;strong&gt;C'est un show !&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; raconte Jacques Vendroux, journaliste sportif et accessoirement&#8230; petit neveu de de Gaulle. Pour Alain Duhamel, &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;c'est un com&#233;dien prodigieux &lt;/strong&gt; ! Mais vraiment prodigieux ! Mais qui travaillait beaucoup... Ses discours, il les pronon&#231;ait sans note. Mais il les m&#233;morisait. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux &#233;v&#233;nements survenus au cours des deux mandats pr&#233;sidentiels sont bien &#233;voqu&#233;s. Mais lorsqu'ils ne sont pas pr&#233;sent&#233;s sous le seul angle de la vie priv&#233;e, ils en deviennent si sch&#233;matiques et anecdotiques qu'ils en perdent toute substance politique. Ainsi, sur la Guerre d'Alg&#233;rie, on serait tent&#233; de croire que le fait de dire &#171; Je vous ai compris &#187; a permis &#224; de Gaulle de se faire admettre unanimement comme le seul recours possible ; que sa rencontre avec le Chancelier Adenauer en 1963 se r&#233;sume pour l'essentiel &#224; un conflit familial pour savoir si ce dernier doit coucher &#224; la Boisserie ; ou que la &#171; Troisi&#232;me voie &#187; voulue comme alternative aux mod&#232;les am&#233;ricain et sovi&#233;tique, n'est qu'une mani&#232;re de &#171; &lt;i&gt;faire de la France l'arbitre de ce combat de titans &lt;/i&gt; &#187; ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la politique int&#233;rieure, ce n'est pas mieux. D'abord, alors qu'il &#233;voque la conception qu'avait de Gaulle de la France, St&#233;phane Bern ne peut s'emp&#234;cher de nous servir ses propres emballements monarchistes. Choisissant de se rendre &#224; Versailles pour nous faire visiter le Trianon-sous-Bois, r&#233;am&#233;nag&#233; en lieu de r&#233;sidence pr&#233;sidentielle &#224; la demande de De Gaulle, il introduit le sujet d'une dr&#244;le de mani&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Restaurer la grandeur de la France. Mais pas seulement : le g&#233;n&#233;ral de Gaulle veut aussi la r&#233;concilier avec son pass&#233; et souvenez-vous : son p&#232;re est monarchiste&lt;/i&gt; &#187; &#8230; Avant d'insister, quelques minutes plus tard : &#171; &lt;i&gt;Le g&#233;n&#233;ral de Gaulle a voulu restaurer la place de la France dans l'histoire en faisant de ce lieu le symbole d'une grandeur recouvr&#233;e &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre aspect incontournable de la personnalit&#233; de de Gaulle sur laquelle l'&#233;mission s'appesantit : ses rapports avec les artistes du show business et les sportifs. Pas d'inqui&#233;tude, ces rapports sont excellents, nous dit-on. Et s'agissant des sportifs, nous assistons &#224; une dr&#244;le de d&#233;monstration, consistant &#224; reprendre sans aucune distance un extrait des actualit&#233;s film&#233;es de l'&#233;t&#233; 1960 relatant le passage du Tour de France &#224; Colombey-les-Deux-&#201;glises, fief de la famille de Gaulle. Le journaliste de l'&#233;poque annonce que, &#171; grande surprise &#187;, de Gaulle est apparu &#171; au milieu des villageois de Colombey &#187; pour assister au passage du tour incognito. Si le caract&#232;re spontan&#233; de cette sc&#232;ne telle que rapport&#233;e par le reportage d'&#233;poque est plus que douteux, il est pourtant corrobor&#233; par le grand t&#233;moin convoqu&#233; par St&#233;phane Bern, Jacques Vendroux, qui pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Lui, il y a &#233;t&#233; tranquillement avec ses lunettes, comme un supporter... &#231;a a mis une pagaille, mais une pagaille ! Mais il y a des coureurs, des coureurs, mais des grands coureurs de l'&#233;poque hein, ils se sont arr&#234;t&#233;s, parce que c'&#233;tait le g&#233;n&#233;ral, mais leur seul souci c'&#233;tait de faire une photo en pleine comp&#233;tition avec le g&#233;n&#233;ral de Gaulle. C'&#233;tait extraordinaire.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s une telle d&#233;monstration, comment reprocher au reportage de conclure ce chapitre en faisant le constat que le g&#233;n&#233;ral de Gaulle &#233;tait adul&#233; des sportifs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gaulle au c&#339;ur de Mai 68&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus aberrant encore, le passage de l'&#233;mission consacr&#233; aux &#233;v&#233;nements de Mai 68. Alain Duhamel commence par expliquer doctement que &#171; &lt;i&gt;&#231;a faisait dix ans qu'il &#233;tait au pouvoir et les Fran&#231;ais sont les Fran&#231;ais, dix ans pour eux c'est toujours tr&#232;s long, m&#234;me si on a affaire au plus grand homme fran&#231;ais du XX&#232;me si&#232;cle &lt;/i&gt; &#187;. Les Fran&#231;ais, donc, en plus d'&#234;tre versatiles et incapables de reconna&#238;tre un &#171; grand homme &#187; quand ils en tiennent un, seraient des ingrats, ajoute l'historien &#8211; ou &#224; la lecture de ce qui suit, pr&#233;tendu tel &#8211; et chroniqueur au Point, Fran&#231;ois Kersaudy : &#171; &lt;i&gt;Il a quand m&#234;me redonn&#233; une extraordinaire prosp&#233;rit&#233; &#224; la France et d'un seul coup, il se fait traiter de dictateur par des gamins qui sont des gosses de riches en plus &lt;/i&gt; &#187;. Voil&#224; pour l'origine des &#233;v&#233;nements : une r&#233;bellion d'&#233;tudiants friqu&#233;s, bas du front et indignes du g&#233;n&#233;ral !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'issue de la crise, &#171; Secrets d'histoire &#187; n'y voit qu'une explication : le &#171; coup de comm' &#187; g&#233;nial de de Gaulle lors de sa &#171; disparition &#187; &#224; Baden-Baden&#8230; Jacques Vendroux, encore lui, nous donne la cl&#233; de la psych&#233; des Fran&#231;aises et des Fran&#231;ais face &#224; l'&#233;v&#233;nement : &#171; &lt;i&gt;Tout le monde s'inqui&#232;te, tout le monde s'affole, et tout le monde se dit : &#8220;Ben finalement le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, c'est pas si mal que &#231;a&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. Et la voix off d'approuver : &#171; &lt;i&gt;Une disparition de deux heures qui va renverser la situation : le 30 mai, 500 000 personnes d&#233;filent sur les Champs-&#201;lys&#233;es aux cris de &#8220;Vive de Gaulle&#8221; ! &lt;/i&gt; &#187;. Plusieurs interventions viennent par la suite exalter encore les talents de de Gaulle pour les coups de poker m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sentation des choses est doublement simpliste, pour ne pas dire absurde. D'une part, la personnalisation atteint ici son paroxysme en ramenant le vaste bouillonnement social, culturel et politique, doubl&#233; de la plus grande gr&#232;ve ouvri&#232;re du XXe si&#232;cle en France, que fut mai 68, &#224; la seule question du maintien au pouvoir de de Gaulle. D'autre part, celle focalisation sur &#171; la communication &#187; et les &#171; strat&#233;gies m&#233;diatiques &#187;, d&#232;s qu'il s'agit de son action politique, ainsi que le r&#233;cit presque heure par heure de leur d&#233;roulement et de leurs effets, sont pour le moins excessifs, &#224; une &#233;poque o&#249; ni les sondages, ni les cha&#238;nes d'info en continu ne scandaient la vie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gaulle intime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission de St&#233;phane Bern ne serait pas ce qu'elle est sans cette avalanche d'anecdotes insignifiantes concernant la vie priv&#233;e et sentimentale de ceux dont il est question. Dans ce num&#233;ro, le ton est tout de suite donn&#233; : &#171; &lt;i&gt;On conna&#238;t l'homme public, moins l'homme priv&#233;, profond&#233;ment &#233;pris de sa femme Yvonne &lt;/i&gt; &#187;. Sur l'homme priv&#233;, l'&#233;mission tient effectivement toutes ses promesses, avec toute l'emphase m&#226;tin&#233;e de fausse pudeur qui fait le charme de l'exercice : &#171; &lt;i&gt;L'histoire de ce couple est indissociable de celle de la France&lt;/i&gt; &#187; ; les trois enfants de Charles et Yvonne de Gaulle sont le &#171; &lt;i&gt;ciment de cet amour&lt;/i&gt; &#187;, et tout particuli&#232;rement Anne, &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;leur fille trisomique &lt;/strong&gt;n&#233;e en 1928&lt;/i&gt; &#187;, dont nous apprendrons que la mort &#224; l'&#226;ge de 20 ans ne fera &#171; &lt;i&gt;que renforcer &lt;strong&gt;l'affection profonde qui unit ce couple de l&#233;gende&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, apr&#232;s avoir assist&#233; &#224; l'&#233;talage complet de ses infirmit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout : &#171; &lt;i&gt;Si Charles est visiblement tr&#232;s &#233;pris de son &#233;pouse, il n'en est pas pour autant insensible au charme de la gente f&#233;minine. Yvonne ne semble pas avoir de motif de jalousie, m&#234;me si parfois, elle peut montrer quelques signes d'agacement &lt;/i&gt; &#187; ose la voix off. L'honneur est sauf, semble-t-il, puisque, selon Alexandre Duval-Stalla, &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;la seule ma&#238;tresse qu'on conna&#238;t au g&#233;n&#233;ral de Gaulle, c'est la France&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire s'aventure ainsi tr&#232;s, trop longuement sur le terrain de la vie conjugale des de Gaulle et de la psychologie intime des deux protagonistes : &#171; &lt;i&gt;D'abord ils s'installent dans un petit appartement &#224; Paris, o&#249; c'est moche hein, c'est petit, il y a le m&#233;tro qui passe tout le temps, elle fait les courses, elle fait la cuisine, elle cire le plancher, [&#8230;], lui il est constamment en exp&#233;dition dans le d&#233;sert, elle est seule avec les enfants, &lt;strong&gt;jamais elle ne se plaint &lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, explique Christine Clerc. &#192; l'endurance d'Yvonne r&#233;pondent les failles cach&#233;es de Charles : &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le g&#233;n&#233;ral de Gaulle a toujours &#233;t&#233; un m&#233;lancolique&lt;/strong&gt;. Et peut-&#234;tre un peu un d&#233;pressif, un d&#233;pressif intermittent. &#199;a n'est pas un homme gai et &#231;a n'est pas un homme positif&lt;/i&gt; &#187; explique Alain Duhamel, avant que Christine Clerc ne revienne &#224; la charge : &#171; &lt;i&gt;Elle (Yvonne) conna&#238;t cette sensibilit&#233; cach&#233;e qu'il ne faut pas montrer, &lt;strong&gt;elle sait &#224; quel point il a souffert de ses &#233;checs&lt;/strong&gt;, de la naissance, du d&#233;veloppement et des crises de la petite Anne, &lt;strong&gt;elle voit &#224; quel point il souffre et elle ne le supporte pas&lt;/strong&gt; pour lui, elle cherche &#224; le prot&#233;ger &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;mission se termine par une critique &#224; mots couverts de certains aspects de l'action de de Gaulle, comme le m&#233;pris qu'il vouait &#224; ses opposants du fait d'une conception excessive de son propre r&#244;le politique, ou sa rencontre avec Franco en 1970, ces quelques objections, empil&#233;es dans les dix derni&#232;res minutes de l'&#233;mission, n'entament en rien le ton apolog&#233;tique qui pr&#233;vaut dans l'ensemble du film.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; l'accoutum&#233;e, l'&#233;mission de St&#233;phane Bern ne nous &#233;pargne donc pas les d&#233;tails futiles sur la vie intime de celui auquel elle se consacre, d&#233;tails que l'on tente na&#239;vement de faire passer pour les r&#233;sultats d'une investigation historique. Ce go&#251;t pour les anecdotes insignifiantes r&#233;v&#232;le surtout une extraordinaire confusion entre la vie collective d'une soci&#233;t&#233; &#224; une certaine &#233;poque et la vie intime de ceux qui en sont les acteurs les plus en vue. Pis, cette personnalisation extr&#234;me sugg&#232;re implicitement que l'histoire n'est que le produit de la volont&#233; et des d&#233;cisions de ceux qui gouvernent, de leur g&#233;nie, de leur clairvoyance et de leur charisme&#8230; Personnalisation et peopolisation : tel est le secret de &#171; Secrets d'histoire &#187;. C'est aussi la recette du journalisme politique du temps pr&#233;sent. Co&#239;ncidence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;mi L&#233;pinay (avec Blaise Magnin)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Secrets d'histoire &#187;, le magazine royaliste de France 2 ?</title>
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		<dc:date>2014-07-21T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Blaise Magnin</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Documentaires</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e par St&#233;phane Bern, sp&#233;cialiste m&#233;diatique des t&#234;tes couronn&#233;es, l'&#233;mission, sous couvert de proposer un divertissement instructif, fait passer une tr&#232;s singuli&#232;re version de l'histoire de France.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233;e par l'animateur-amuseur multicartes St&#233;phane Bern, et dot&#233;e d'un titre qui &#233;voque on ne sait quels myst&#232;res, &#171; Secrets d'histoire &#187;, l'&#233;mission historique de France 2, diffus&#233;e depuis 2007, n'a pas pour vocation d'attirer les sp&#233;cialistes, ni m&#234;me les amateurs &#233;clair&#233;s. Elle n'a pas non plus pour objectif de proposer au plus grand nombre une vision accessible et &#233;quilibr&#233;e de sujets historiques vari&#233;s, faisant &#233;tat des points de consensus dans la communaut&#233; historienne, tout en laissant une place suffisante au doute et au d&#233;bat. Elle n'est tout au plus qu'un divertissement audiovisuel qui prend quelques pr&#233;cautions historiennes. Le genre n'est pas &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; m&#233;prisable. Mais sous couvert de proposer un divertissement instructif, &#171; Secrets d'histoire &#187; fait passer une tr&#232;s singuli&#232;re version de l'histoire de France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, au moment o&#249; r&#233;appara&#238;t une &#171; histoire identitaire &#187;, dont la petite entreprise &#233;ditoriale de Lor&#224;nt Deutsch constitue l'exemple le plus frappant, et qui s'applique &#224; reconstruire une histoire nationale (ou plut&#244;t nationaliste) simpliste et fantasm&#233;e, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4230.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme on peut le lire ici m&#234;me&lt;/a&gt;, on s'assurera aussi que l'&#233;mission &#233;vite toute instrumentalisation grossi&#232;re du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6947 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L399xH355/secrets_d_histoire-c5697.jpg?1776733433' width='399' height='355' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e tant le choix de confier la pr&#233;sentation de cette &#233;mission &#224; St&#233;phane Bern est d&#233;concertant. Ni sa formation (il est dipl&#244;m&#233; de l'&#201;cole sup&#233;rieure de commerce de Lyon), ni son parcours m&#233;diatique ant&#233;rieur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon sa fiche Wikipedia, il fut r&#233;dacteur en chef du magazine Dynastie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'invitent &#224; penser qu'il d&#233;tient quelque comp&#233;tence en la mati&#232;re. &#192; moins de consid&#233;rer qu'une passion &#224; toute &#233;preuve pour tout ce qui a trait aux t&#234;tes couronn&#233;es, une sp&#233;cialisation journalistique (et mondaine) en la mati&#232;re, et surtout des convictions&#8230; royalistes jamais d&#233;menties conf&#232;rent &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; une l&#233;gitimit&#233; pour traiter de sujets historiques ! Enfin, si l'on peut encore parler de &#171; sujets historiques &#187; &#224; propos du contenu de &#171; Secrets d'histoire &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la recension des sujets diffus&#233;s depuis 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur Wikipedia.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permet de constater que St&#233;phane Bern (gr&#226;ce au concours des auteurs et des r&#233;alisateurs de l'&#233;mission) ne s'est pas priv&#233; de laisser libre cours &#224; sa fascination : pas moins de 50 sujets sur 85 traitent d'un roi ou d'une reine, d'un empereur ou d'une imp&#233;ratrice, d'un pharaon ou d'une pharaonne, ou encore d'un sultan ! Et encore, ce bilan est-il en partie trompeur, puisque l'ann&#233;e 2008, avec seulement 8 sujets &#171; monarque &#187; sur 21, fait baisser la moyenne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, &#171; Secrets d'histoire &#187; s'applique &#224; n'aborder que des sujets historiquement anecdotiques, qui prennent la forme d'&#233;nigmes insignifiantes et recuites (&#171; Quel est le myst&#232;re de la b&#234;te du G&#233;vaudan ? &#187; ; &#171; O&#249; est cach&#233; le tr&#233;sor des Templiers ? &#187;), ou qui font, encore, la part belle aux &#171; grands hommes &#187;, qu'il s'agisse de &#171; c&#233;l&#233;brit&#233;s &#187; historiques diverses et vari&#233;es (J&#233;sus, Barbe-Bleue, Casanova, Nostradamus, Robin des Bois), de g&#233;nies artistiques (Moli&#232;re, Mozart, Monet, Hugo), ou de quasi contemporains (Clemenceau, De Gaulle, &#171; les milliardaires am&#233;ricains depuis la Guerre de S&#233;cession &#187;). Et comme un souverain digne de ce nom ne se con&#231;oit pas sans son palais f&#233;&#233;rique, St&#233;phane Bern ne manque pas d'y conduire r&#233;guli&#232;rement les t&#233;l&#233;spectateurs (les r&#233;sidences d'&#233;t&#233;, le Vatican, l'&#201;lys&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est du mode de traitement choisi, le portrait &#8211; autant dire l'hagiographie &#8211; domine largement, mais St&#233;phane Bern ne se refuse pas, pour varier les plaisirs, &#224; s'int&#233;resser r&#233;guli&#232;rement aux amours royales et aux amants ou aux maitresses des souveraines et des souverains. La presse &#224; scandales et le journalisme de trou de serrure n'existant pas &#224; ces &#233;poques, on sait gr&#233; &#224; St&#233;phane Bern de combler ces lacunes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les sommaires complets des saisons 2013 et 2014 permettront de mieux se figurer le menu indigeste et monomaniaque de l'&#233;mission :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;2013&lt;/strong&gt; : 15 janvier 2013 - Moli&#232;re tombe le masque ! ; 19 f&#233;vrier 2013 - Juan Carlos, le roi des Espagnols ; 26 mars 2013 - Si les murs du Vatican pouvaient parler ; 9 avril 2013 - Le myst&#232;re Picasso ; 7 mai 2013 - Un homme nomm&#233; J&#233;sus ; 14 juillet 2013 - 14 juillet 1789 : le matin du grand soir ; 6 ao&#251;t 2013 - Sarah Bernhardt, sa vie, ses folies ; 13 ao&#251;t 2013 - Richelieu le ciel peut attendre ; 20 ao&#251;t 2013 - Mozart : la libert&#233; ou la mort ! ; 27 ao&#251;t 2013 - La reine Am&#233;lie, une Fran&#231;aise au Portugal ! ; 3 septembre 2013 - Moi, Charles Quint, ma&#238;tre du monde ; 1er octobre 2013 - Gatsby et les magnifiques (portraits des milliardaires am&#233;ricains depuis la Guerre de S&#233;cession : John Davison Rockefeller, John Jacob Astor IV, John Pierpont Morgan, William Henry Vanderbilt et Andrew Carnegie) ; 5 novembre 2013 - Fr&#233;d&#233;ric II : le roi de Prusse est un peu baroque ; 3 d&#233;cembre 2013 - Georges Clemenceau : un tigre au grand c&#339;ur ; 26 d&#233;cembre 2013 - Gayatri Devi : une princesse au pays des Maharajas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;2014&lt;/strong&gt; : 25 f&#233;vrier 2014 - Nicolas II : le dernier tsar de Russie ; 28 juin 2014 - Fran&#231;ois-Ferdinand ou la fin du monde ; 14 juillet 2014 - Danton : aux armes citoyens ! ; 15 juillet 2014 - Vacances royales. Portrait des r&#233;sidences du pouvoir ; 22 juillet 2014 - La Pompadour ou le roi amoureux ; 29 juillet 2014 - Agn&#232;s Sorel, premi&#232;re des favorites ; 12 ao&#251;t 2014 - Saint Louis, sur la terre comme au ciel ; 19 ao&#251;t 2014 - Portrait de La Castiglione, ma&#238;tresse de Napol&#233;on III ; 25 ao&#251;t 2014 - De Gaulle, le dernier des g&#233;ants ; non encore programm&#233;s : La Grande-Duchesse de Luxembourg ; Gloire et douleurs de Maria Callas ; Les reines de Paris ; Portrait de Louis XIV dit Le Roi Soleil ; Portrait d'Anne de Bretagne ; L'irr&#233;sistible ascension de Madame de Maintenon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, selon France 2 et St&#233;phane Bern, l'histoire est avant tout l'histoire priv&#233;e &#8211; et m&#234;me intime &#8211; de celles et ceux qui ont r&#233;gn&#233; et gouvern&#233; par le pass&#233;. &#171; Secrets d'histoire &#187; est &#224; l'histoire ce que le fait divers, quand il n'est pas dramatique, est souvent &#224; l'information : une occasion de se divertir en racontant des histoires qui s&#233;duisent un large public. Or les belles histoires qui nous sont ainsi cont&#233;es, avec le concours et la caution de quelques historiens, ne sont pas seulement des divertissements que l'on aurait tort de m&#233;priser au nom de la &#171; haute culture &#187;. Elles affichent aussi des pr&#233;tentions savantes pour le moins f&#226;cheuses, quand on sait que depuis les ann&#233;es&#8230; 1930 et la fondation de l'&#201;cole des annales, les historiens s'efforcent de ne plus se focaliser sur les &#233;v&#233;nements militaires et politiques, ni sur leurs acteurs dominants, mais ambitionnent de rendre compte des ph&#233;nom&#232;nes culturels, &#233;conomiques et sociaux, et donc des modes de vie des masses anonymes du pass&#233; &#8211; ainsi que de leur &#233;volution &#8211;, dans leur totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vision du pass&#233; propos&#233;e par &#171; Secrets d'histoire &#187; ne souffre pas seulement d'&#234;tre &#233;triqu&#233;e et partielle &#224; un point tel qu'elle en devient grotesque. Le propos, souvent apolog&#233;tique et tr&#232;s psychologisant, fait la part belle &#224; la vie sentimentale et familiale des souverains, &#224; leurs traits de caract&#232;re et &#224; leurs tourments int&#233;rieurs, &#224; leurs joies et &#224; leurs peines, interdisant toute mise en perspective critique &#8211; et toute mise en perspective tout court... Si bien que, m&#234;me assez inoffensive, l'&#233;mission est loin d'&#234;tre neutre politiquement. Certes, on est tr&#232;s loin des emportements nationalistes de Lor&#224;nt Deutsch et de ses &#233;pigones, mais diss&#233;quer sans fin les us et coutumes, les &#233;tats d'&#226;me et la libido des rois et des reines, pour, le plus souvent, se p&#226;mer sans retenue devant leur bon go&#251;t, leur grandeur, leur courage ou leur lucidit&#233; d&#233;note une conception de l'histoire et du monde social pour le moins partiale, et si d&#233;politis&#233;e qu'elle en devient&#8230; tr&#232;s politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, avec cette &#233;mission &#171; historique &#187;, &#224; mi chemin entre le reportage people et le manifeste monarchiste, France 2 se fourvoie une fois de plus en s'asseyant sur ses missions de service public, avec comme seul objectif, de maximiser l'audience. Proposer des documentaires historiques sous une forme divertissante ? Pourquoi pas ? Encore faudrait-il que le choix des sujets et leur mise en forme ne servent pas une version de l'histoire qui est tout sauf anodine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blaise Magnin&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Bern&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa fiche Wikipedia&lt;/a&gt;, il fut r&#233;dacteur en chef du magazine &lt;i&gt;Dynastie&lt;/i&gt; de 1985 &#224; 1987, ann&#233;e au cours de laquelle il collabore au magazine &lt;i&gt;Voici&lt;/i&gt;, avant de devenir journaliste &#224; &lt;i&gt;Jours de France&lt;/i&gt; en 1988. En 1992, St&#233;phane Bern entame une carri&#232;re radiophonique et t&#233;l&#233;visuelle fructueuse qui le voit animer ou participer &#224; quelques unes des plus grandes &#233;missions de divertissement sur France Inter, Europe 1 et RTL, ou, entre autres, assurer la pr&#233;sentation de &#171; grands &#233;v&#232;nements &#187; (comme en 2011 les mariages britannique et mon&#233;gasque) sur France 2. Depuis 1999, il est &#233;galement r&#233;dacteur en chef adjoint (rubrique &#201;v&#233;nements) du magazine &lt;i&gt;Le Figaro Madame&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Disponible sur &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Secrets_d'histoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France 2 c&#233;l&#232;bre la monarchie espagnole</title>
		<link>https://www.acrimed.org/France-2-celebre-la-monarchie-espagnole</link>
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		<dc:date>2014-06-16T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Palierne, Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Abdication du roi Juan Carlos Ier. Sur le plateau du JT de France 2, un tr&#244;ne pour deux experts et dans la rue quelques trouble-f&#234;tes.&lt;/p&gt;

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/ 
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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; 10h30 le lundi 2 juin, le premier ministre espagnol Mariano Rajoy annon&#231;ait lors d'une allocution t&#233;l&#233;vis&#233;e la d&#233;cision du roi Juan Carlos Ier d'abdiquer, mettant fin &#224; presque quarante ans de r&#232;gne depuis son arriv&#233; sur le tr&#244;ne apr&#232;s la mort de Franco en 1975. Ce fut, sur France 2, une occasion de c&#233;l&#233;brer la monarchie, son pass&#233;, son pr&#233;sent, son avenir, alors que son r&#244;le exact dans la transition d&#233;mocratique apr&#232;s la mort de Franco est discut&#233;, et surtout, que son maintien fait l'objet de controverses politiques en Espagne m&#234;me. Sur le plateau du JT, un tr&#244;ne pour deux experts et dans la rue quelques trouble-f&#234;tes.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un roi abdique ? &#171; Vive le Roi &#187; et au suivant&#8230; Tout autre point de vue sera &#224; peine mentionn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et cela commen&#231;a d&#232;s l'annonce de l'abdication&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'&#233;clairer le t&#233;l&#233;spectateur, Elise Lucet avait invit&#233; sur le plateau du JT de 13h un expert : Vincent Meylan, le responsable du service Royaut&#233; de &lt;i&gt;Point de &lt;/i&gt;vue, un magazine appartenant au groupe Express-Roularta (&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&#8230;), sp&#233;cialis&#233; dans la vie des t&#234;tes couronn&#233;es. &#192; chaque &#233;dition son expert, David Pujadas recevait le soir l'in&#233;vitable et fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me St&#233;phane Bern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est 13 heures : un consultant du &#171; service Royaut&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que Vincent Meylan ne r&#233;ponde &#224; ses questions, Elise Lucet lance un reportage cens&#233; nous r&#233;sumer la vie, mais surtout le r&#232;gne de Juan Carlos Ier. Ce reportage, m&#234;me s'il a au moins le m&#233;rite de mentionner le fait que Juan Carlos Ier a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; par Franco lui-m&#234;me pour lui succ&#233;der &#224; sa mort - et qu'il a donc jur&#233; fid&#233;lit&#233; aux principes du &lt;i&gt;Movimiento Nacional&lt;/i&gt; -, ne sert finalement que mieux le r&#233;cit officiel de la Transition idyllique &#224; la d&#233;mocratie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est cette lecture qui servira de paradigme &#224; toute la litt&#233;rature (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous passons ainsi de la &lt;i&gt;&#171; marionnette manipul&#233;e par les militaires &#187;&lt;/i&gt; au roi de tous les Espagnols qui &lt;i&gt;&#171; va tourner la page du franquisme et conduire l'Espagne vers la d&#233;mocratie &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;mocratie qu'il ne se contente d'ailleurs pas d'&#233;tablir mais de &lt;i&gt;&#171; sauver &#187;&lt;/i&gt; en renvoyant dans leurs casernes les militaires responsables de la tentative du coup d'&#233;tat du 23 f&#233;vrier 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour sur le plateau. Vincent Meylan, que le ton du reportage aura sans doute ravi, consid&#232;re que l'abdication du roi arrive au &lt;i&gt;&#171; bon moment &#187;&lt;/i&gt; :&lt;i&gt; &#171; &#192;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;mon avis, il a pris la derni&#232;re grande bonne d&#233;cision de son r&#232;gne. Il l'aurait fait il y a un an, au moment o&#249; il y avait toutes ces affaires de corruption et ce probl&#232;me de chasse &#224; l'&#233;l&#233;phant au Zimbabwe, il aurait &#233;t&#233; en plein c&#339;ur des probl&#232;mes, on l'aurait peut-&#234;tre accus&#233; de fuir. L&#224;, il a attendu que &#231;a se calme un peu, la situation &#233;conomique est un peu meilleure en Espagne, c'est le bon moment pour se retirer de la sc&#232;ne sans laisser les choses dans un chaos total. &#187;&lt;/i&gt; Passons sur le fait que la fameuse photo de la chasse &#224; l'&#233;l&#233;phant a &#233;t&#233; prise au Botswana et non au Zimbabwe &#8211; il est vrai que Vincent Meylan est chef du service Royaut&#233;, pas du service G&#233;ographie ou Afrique &#8211; et laissons-nous guider par les connaissances du politologue auto-proclam&#233; de &lt;i&gt;Point de Vue&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans surprise qu'au r&#233;cit officiel du r&#244;le du roi dans la Transition espagnole succ&#232;de la justification de la d&#233;cision et du moment de l'abdication, par l'interpr&#233;tation m&#233;canique de la baisse de popularit&#233; de la monarchie. Des journalistes moins &#171; experts &#187; en Royaut&#233;, mais meilleurs connaisseurs de la situation en Espagne auraient peut-&#234;tre reli&#233; l'&#233;v&#232;nement aux derniers r&#233;sultats des &#233;lections europ&#233;ennes qui ne remontaient qu'&#224;&#8230;une semaine. Celles-ci avaient &#233;t&#233; marqu&#233;es par une perte de vitesse in&#233;dite des deux partis principaux constituant le bipartisme historique (Parti Populaire et Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) et une notable progression &#8211; voire m&#234;me une apparition concernant la formation Podemos &#8211; de formations plus minoritaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La somme des r&#233;sultats du PP et du PSOE &#233;tant pass&#233; de 74,9 % (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces r&#233;sultats rendent significatives &#8211; aurait pu souligner un journaliste inform&#233; non de l'&#233;tat des couronnes royales, mais de la situation espagnole &#8211; l'annonce seulement une semaine apr&#232;s, de la d&#233;cision d'abdiquer de Juan Carlos Ier et sa suite imm&#233;diate : la mani&#232;re pr&#233;cipit&#233;e avec laquelle le PP (arm&#233; de sa majorit&#233; absolue), soutenu par le PSOE (en tant qu'opposition principale), a g&#233;r&#233; la r&#233;daction et la soumission au vote de la loi organique devant r&#233;guler les processus d'abdication et de succession&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Approuv&#233;e sans surprise par le Congr&#232;s le mercredi 11 juin par 299 voix (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, allant jusqu'&#224; faire voter par le S&#233;nat sa future &lt;a href=&#034;http://www.publico.es/politica/525635/la-chapuza-expres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;approbation &lt;i&gt;express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par lecture unique du projet de loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre saugrenue, cette mise en perspective aurait permis de relativiser les seules raisons avanc&#233;es par le reportage et amplement confirm&#233;es par Vincent Meylan pour justifier le &lt;i&gt;&#171; bon moment &#187;&lt;/i&gt; choisi par le monarque pour annoncer son abdication&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est d'ailleurs ce que laisseraient penser les sources auxquelles a eu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les certitudes de Vincent Meylan ne s'arr&#234;tent pas l&#224;. Elise Lucet lui demande : &#171; &#192; quel point [l']image [du roi] a-t-elle &#233;t&#233; r&#233;ellement ternie ? Reste-t-il, malgr&#233; les affaires, un v&#233;ritable h&#233;ros pour les Espagnols ? &#187;. Et Vincent Meylan, assumant fi&#232;rement son nouveau statut d'analyste politique, r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Vous savez, je crois qu'il faut se garder de ce qu'on va dire aujourd'hui &lt;/i&gt; [sauf de ce que dit Vincent Meylan, cela va de soi]. &lt;i&gt;Ce roi peut se r&#233;sumer en quelques mots qui sont : d&#233;mocratie, libert&#233; des partis politiques, r&#233;sistance au coup d'&#233;tat du colonel Tejero, entr&#233;e de l'Espagne dans l'Europe. Aucun chef d'&#233;tat dans toute l'histoire de l'Espagne n'a donn&#233; &#224; l'Espagne ce qu'il a donn&#233;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on magistrale avec laquelle Vincent Meylan allie l'art d&#233;licat de l'&#233;loge hyperbolique &#224; un esprit de synth&#232;se hors-norme m&#233;riterait d'&#234;tre c&#233;l&#233;br&#233;e si sa lecture de l'histoire espagnole n'&#233;tait pas pour le moins singuli&#232;re : l'attribution exclusive de la &lt;i&gt;&#171; d&#233;mocratie &#187;&lt;/i&gt; et de la &lt;i&gt;&#171; libert&#233; des partis politiques &#187;&lt;/i&gt; &#224; la seule &#339;uvre du roi comporte en effet une charge pr&#233;occupante d'omissions et d'inexactitudes, qu'Elise Lucet s'est abstenue de relever&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour m&#233;moire, rappelons que Juan Carlos Ier a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; par le g&#233;n&#233;ral (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour affirmer, comme le fait M. Meylan, que Juan Carlos Ier est le seul et unique &#224; avoir &lt;i&gt;&#171; donn&#233; &#187;&lt;/i&gt; toutes ces avanc&#233;es sociales et politiques aux Espagnols, il faut oublier ceci : ce que notre &#171; expert &#187; consid&#232;re comme un don n'est en fait que la restitution l&#233;gitime des droits acquis il y a plus de 80 ans. Mais surtout, l'interpr&#233;tation propos&#233;e par notre monarchologue m&#233;prise le r&#244;le jou&#233; par les mobilisations sociales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et sous-estime celui fondamental d'Adolfo Su&#225;rez, d&#233;sign&#233; par le roi Juan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans le processus de transition politique espagnol, m&#233;pris d'autant moins supportable qu'il tient pour nul ce que l'engagement politique en pleine dictature franquiste a pu signifier, notamment face une sanglante r&#233;pression. Tout cela &#8211; il faut l'esp&#233;rer &#8211; un correspondant permanent en Espagne, connaissant l'histoire de ce pays, n'aurait pas pu omettre de le mentionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rempla&#231;ant temporaire de St&#233;phane Bern sur le tr&#244;ne pl&#233;b&#233;ien des affaires royales, le journaliste de &lt;i&gt;Point de Vue &lt;/i&gt;a profit&#233; &lt;a href=&#034;http://videos.lexpress.fr/lifestyle/vip/video-sans-juan-carlos-almodovar-n-aurait-jamais-existe-d-apres-vincent-meylan_1548174.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'une invitation de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; pour r&#233;p&#233;ter presque point par point ce qui constituait selon lui la quintessence du r&#232;gne de Juan Carlos Ier, l'agr&#233;mentant m&#234;me de commentaires tels que : &lt;i&gt;&#171; Personne ne l'a fait avant lui. &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Bah ce n'est pas si mal hein. &#187;,&lt;/i&gt; ironisant ainsi &#224; l'encontre de ceux qui cracheraient encore dans la soupe monarchique. Et d'ajouter, pour d&#233;samorcer par avance toute manifestation d'ingratitude : &lt;i&gt;&#171; Si les Espagnols vont voter aujourd'hui, c'est parce qu'il y a eu Juan Carlos. S'ils ont vot&#233; aux &#233;lections europ&#233;ennes, c'est parce qu'il y a eu Juan Carlos. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Et &#231;a, les jeunes g&#233;n&#233;rations ne s'en rendent sans doute pas assez compte. &#187;&lt;/i&gt; En effet, que demande le peuple ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ex-premier ministre socialiste Felipe Gonz&#225;lez &#8211; &#171; groupie juan carliste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention de Vincent Meylan nous fait ainsi assister &#224; une double transformation : celle de Juan Carlos Ier en &#171; super-monarque &#187; qui aurait &lt;i&gt;&#171; an&#233;anti la dictature &#187;&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; &#171; amen&#233; la d&#233;mocratie &#187; &lt;/i&gt;et&lt;i&gt; &#171; la libert&#233; d'expression &#187; &lt;/i&gt; ; et celle de Vincent Meylan lui-m&#234;me en historien du cin&#233;ma, affirmant qu'il n' &lt;i&gt;&#171; y aurait pas d'Almod&#243;var aujourd'hui si y'avait pas eu Juan Carlos, faut se le mettre dans la t&#234;te ! &#187; &lt;/i&gt;Sans Franco non plus, pourrait-on ajouter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; Elise Lucet, Vincent Meylan ne manque pas non plus d'aplomb quand il livre son appr&#233;ciation des derniers scandales ayant pourtant entach&#233; profond&#233;ment le prestige de la monarchie espagnole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La derni&#232;re enqu&#234;te du Centro de Investigaciones Sociol&#243;gicas. concluant sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est sans doute parce que notre cher monarchologue consid&#232;re cette baisse de popularit&#233; imm&#233;rit&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Tout le reste, c'est vrai que c'est important, mais ce n'est pas lui qui est impliqu&#233; dans des scandales financiers, c'est son gendre. Ce n'est pas Bernard Madoff, c'est sur quelques centaines de milliers d'euros. C'est de l'argent, mais ce n'est pas la crise de la Bourse totale. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons sur l'indulgence dont fait preuve Vincent Meylan face &#224; l'enrichissement frauduleux d'escrocs haut-plac&#233;s et noblement apparent&#233;s, alors qu'une partie croissante de la population espagnole tente de survivre aux ravages d'une crise &#233;conomique et sociale dont la sortie demeure de l'ordre du mirage &#233;lectoraliste. Rappelons seulement que les &lt;i&gt;&#171; scandales financiers &#187;&lt;/i&gt; auxquels il fait r&#233;f&#233;rence concernent probablement un peu plus que la bagatelle de &lt;i&gt;&#171; quelques centaines de milliers d'euros &#187;&lt;/i&gt;. Cela, un journaliste correspondant en Espagne aurait peut-&#234;tre pu en informer les t&#233;l&#233;spectateurs, qui seront sans doute contents d'apprendre, de la bouche de Vincent Meylan, ce qu'il conviendrait d'attendre du changement de t&#234;te couronn&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Tout le challenge pour &lt;/i&gt;[Felipe]&lt;i&gt;, c'est de ne rien changer. &#187;&lt;/i&gt;. On ne saurait mieux dire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est 20 heures : Un expert chasse l'autre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-lundi-2-juin-2014_609541.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;JT de 20h de France 2 du 1er juin&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; ouvert par l'abdication du roi d'Espagne qui b&#233;n&#233;ficia de 10 minutes d'informations et de commentaires, avec, dans le r&#244;le du consultant... St&#233;phane Bern, l'expert des t&#234;tes couronn&#233;es, dont la prestation a d&#233;j&#224; b&#233;n&#233;fici&#233; de toute l'attention qu'elle m&#233;rite sur le Blog de Samuel Gontier &lt;i&gt;Ma vie au poste&lt;/i&gt;, sous le titre &lt;a href=&#034;http://television.telerama.fr/television/du-grand-journal-au-jt-abdication-et-bernisation,113367.php?xtatc=INT-86&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Du &#733;Grand Journal&#733; au JT, abdication et bernisation &#187;,&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'annonce des titres, la continuit&#233; de la monarchie, bien que controvers&#233;e, &#233;tait officialis&#233;e par David Pujadas : &lt;i&gt;&#171; Un nouveau roi pour l'Espagne &#187;&lt;/i&gt;, annonce triomphalement David Pujadas d&#232;s l'ouverture du journal. &lt;i&gt;&#171; Son fils Felipe lui succ&#232;dera &#187;&lt;/i&gt;. Circulez, il n'y a rien &#224; contester ! Il ne restait qu'&#224; remercier officiellement Juan Carlos, au nom de la totalit&#233; du peuple espagnole (&#224; qui l'on n'a pas demand&#233; son avis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera chose faite dans un premier reportage qui s'ouvre sur la place de la Puerta del Sol et un plan sur un kiosque &#224; journaux, avec ce commentaire : &lt;i&gt;&#171; &#192; la une des &#233;ditions sp&#233;ciales de ces quotidiens espagnols, un &#8221;&lt;/i&gt;gracias&lt;i&gt;&#8221;, merci au roi d'Espagne. &#187;&lt;/i&gt; Pour preuve, un gros plan sur la une du quotidien &lt;i&gt;La Raz&#243;n&lt;/i&gt; titrant en gras : &lt;i&gt;&#171; Gracias, Don Juan Carlos &#187;&lt;/i&gt;. Si les principaux quotidiens espagnols ont en effet sorti une &#233;dition sp&#233;ciale dans l'apr&#232;s-midi du lundi, apr&#232;s l'annonce du premier ministre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le montre une compilation des diff&#233;rentes unes propos&#233;e par eldiario.es.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, seule la &#171; Une &#187; de &lt;i&gt;La Raz&#243;n&lt;/i&gt; a titr&#233; si triomphalement sur des remerciements. Absence de discernement ou choix d&#233;lib&#233;r&#233; ? France 2 a exhib&#233; la &#171; une &#187; de l'une des publications les plus conservatrices et monarchistes&#8230; mais a omis, il est vrai, de montrer toute la &#171; une &#187; sp&#233;ciale de &lt;i&gt;La Raz&#243;n&lt;/i&gt; &#8211; une double &#171; une &#187; en v&#233;rit&#233; &#8211;, avec au verso une photo pleine page du prince Felipe surmont&#233;e du titre : &lt;i&gt;&#171; Le futur lui appartient &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et St&#233;phane Bern enfin parla. On en apprit de bien belles... Que &#171; la monarchie &#233;tait chancelante, &#224; l'image du Roi qui a du mal &#224; marcher &#187; Que selon St&#233;phane Bern, qui l'a, dit-il, &#171; rencontr&#233; plusieurs fois &#187;, &#171; c'est un homme qui a un charisme incroyable &#187;. Et surtout : &#171; C'est l'homme qui a restaur&#233; la d&#233;mocratie (&#8230;) pour permettre &#224; la Movida d'exister. &#187; Certes, &#171; la fin de r&#232;gne est un peu plus tourment&#233;e &#187;, &#171; par les scandales &#187;. Mais &#171; politiquement il p&#232;se &#187;. La raison ? &#171; La couronne c'est ce qui permet l'unit&#233; dans la diversit&#233;. Tout cela cohabite gr&#226;ce au Roi. Le Roi c'est l'unit&#233; &#187;. Tout cela pourrait se discuter. Pas sur France 2 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on enchaine : &lt;i&gt;&#171; Qui est le nouveau roi qui va r&#233;gner sur l'Espagne ? &#187;&lt;/i&gt;. France 2 l'a d&#233;j&#224; couronn&#233;, au moment m&#234;me o&#249; une partie de la population espagnole le refuse. Pour France 2, ce soir-l&#224;, c'est sans importance. Mieux, apr&#232;s la diffusion d'un portait du &#171; &lt;i&gt;nouveau roi qui va r&#233;gner &#187;&lt;/i&gt;, David Pujadas demande beno&#238;tement : &lt;i&gt;&#171; Qu'attend l'Espagne de son nouveau Roi ? &#187;&lt;/i&gt; Car il est bien &#233;vident que l'Espagne, une et indivisible, attend d'un seul c&#339;ur quelque chose et la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des trouble-f&#234;tes &#224; peine entrevus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment m&#234;me o&#249; St&#233;phane Bern mobilisait toute sa science, des manifestations pour r&#233;clamer l'organisation d'un r&#233;f&#233;rendum et l'abolition de la monarchie commen&#231;aient &#224; se d&#233;rouler en Espagne. Mais France 2, ce soir-l&#224; n'en savait rien ou ne voulait rien en savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TF1, dont le go&#251;t pour les monarques n'est pourtant pas moins prononc&#233;, a au moins aper&#231;u des R&#233;publicains : ce que France 2 n'a pas d&#233;couvert. Sur la cha&#238;ne priv&#233;e, le JT de 20 heures de ce 2 juin, a m&#234;me officialis&#233; la pr&#233;sence d' &lt;a href=&#034;http://videos.tf1.fr/jt-20h/2014/espagne-un-millier-de-manifestants-demande-un-referendum-sur-8429096.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; un millier de manifestants &#187;&lt;/a&gt;, qui se rassemblaient au moment du &#171; direct &#187; sur la Place de la Puerta del Sol &#224; Madrid. Seulement voil&#224; : le rassemblement commen&#231;ait &#224; peine. S'ils &#233;taient un millier au moment du direct, ils &#233;taient au moins 20000 quelques temps apr&#232;s. LCI d&#232;s le 2 juin &#224; 19h16, relevait que le PP et le PSOE d&#233;fendaient des positions similaires, alors que le r&#233;sultat des &#233;lections et la crise sociale &#233;branlaient les institutions. Et, diffusant une prise de position de Pablo Iglesias, leader de Podemos, soulignait &#8211; c'est le titre de la vid&#233;o &#8211; que &lt;a href=&#034;http://videos.tf1.fr/infos/2014/abdication-de-juan-carlos-les-indignes-demandent-un-referendum-8429066.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; les indign&#233;s demandent un r&#233;f&#233;rendum &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur France 2, ce soir-l&#224; ? Rien. Mais comme France 2 nous invite r&#233;guli&#232;rement &#224; consulter, pour en savoir plus, le site de FranceTVinfo, il suffisait de s'y rendre pour aller droit &#224; l'essentiel : &lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/abdication-du-roi-d-espagne/qui-est-felipe-le-futur-roi-d-espagne_612109.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Qui est Felipe, le futur roi d'Espagne ?&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au JT de 13 h du 3 juin, 24 minutes apr&#232;s son d&#233;but, que l'&lt;a href=&#034;http://www.francetvinfo.fr/espagne-le-refus-de-la-royaute_613211.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;on apprit&lt;/a&gt; qu' &lt;i&gt;&#171; une partie de la population r&#233;clame la fin de la monarchie &#187;&lt;/i&gt; et, reportage &#224; la cl&#233;, aussi bri&#232;vement que possible que des rassemblements avaient eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt mille personnes r&#233;unies spontan&#233;ment sur la place de la Puerta del Sol, qui n'avait jamais &#233;t&#233; aussi remplie depuis les assembl&#233;es du mouvement du 15 mai 2011, et des rassemblements dans tout le pays, cela m&#233;ritait pourtant qu'on s'y arr&#234;te. Il suffisait pour cela&#8230; de lire les deux principaux quotidiens espagnols qui, le soir m&#234;me de l'abdication ont mentionn&#233; tr&#232;s t&#244;t ces manifestations. &lt;i&gt;El Mundo&lt;/i&gt; publiait d&#232;s 17 h une &lt;a href=&#034;http://www.elmundo.es/espana/2014/06/02/538c98ecca4741e92a8b457f.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;liste de concentrations pour la R&#233;publique et pour un r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;, et donnait un peu plus tard quelques informations sur les rassemblements &#224; &lt;a href=&#034;http://www.elmundo.es/cataluna/2014/06/02/538cbf15ca47413a798b4570.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Barcelone&lt;/a&gt;, en Andalousie, &lt;a href=&#034;http://www.elmundo.es/baleares/2014/06/02/538cc588e2704edb338b456b.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224;&lt;/a&gt; Palma et &#224; Valencia, ainsi qu'un article, actualis&#233; le lendemain consacr&#233; &#224; des &lt;a href=&#034;http://www.elmundo.es/espana/2014/06/02/538c4ad622601daa258b4570.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; dizaines de milliers de voix r&#233;publicaines dans les rues&lt;/a&gt; et un album de photos des protestations. Et &lt;i&gt;El Pa&#237;s &lt;/i&gt;consacrait &#233;galement plusieurs articles aux &lt;a href=&#034;http://politica.elpais.com/politica/2014/06/02/actualidad/1401717635_165428.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; milliers de personnes qui r&#233;clament un r&#233;f&#233;rendum sur la Monarchie &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que resta-t-il de tout cela au JT de France 2, ce 3 juin &#224; 13h ? Sur le fond, les d&#233;saccords en Espagne m&#234;me qui avaient &#233;t&#233; &#233;lud&#233;s la veille devaient, semble-t-il, &#234;tre rappel&#233;s. Or &#224; peine le reportage a-t-il accord&#233; quelques secondes &#224; trois manifestants pour expliquer leurs raisons de s'opposer &#224; la monarchie et souhaiter un r&#233;f&#233;rendum sur la forme future de l'Etat que le commentaire se charge de changer le sens et la port&#233;e de cette opposition : &lt;i&gt;&#171; Du Palais Royal o&#249; se tiennent en temps ordinaire les festivit&#233;s de la Monarchie, le futur roi Felipe VI a d&#251; entendre le message. Il sait qu'il doit redonner confiance aux Espagnols. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le commentaire d'enchainer :&lt;i&gt; &#171; Pour cela, il a encore le soutien de l'ancienne g&#233;n&#233;ration. &#187;&lt;/i&gt; Une ancienne g&#233;n&#233;ration mentionn&#233;e en opposition &#224; &lt;i&gt;&#171; la majorit&#233; de jeunes&lt;/i&gt; &#187; qui constituait, selon la journaliste, l'ensemble des manifestants sur la place de Sol. Sans doute l'envoy&#233;e sp&#233;ciale de France 2 a-t-elle eu &#224; sa disposition une technologie d&#233;mographique de pointe pour transformer une opposition politique en conflit de g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les exemplaires de &lt;i&gt;&#171; l'ancienne g&#233;n&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; furent particuli&#232;rement virulents. Ainsi, la premi&#232;re personne interrog&#233;e consid&#232;re que &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;[la]&lt;i&gt; pr&#233;c&#233;dente R&#233;publique a &#233;t&#233; une catastrophe. Les politiques ont pass&#233; leur temps &#224; se quereller et &#231;a nous a men&#233;s &#224; la guerre &lt;/i&gt;[civile]&lt;i&gt;. Donc la Monarchie, c'est ce qu'il y a de mieux. &#187; &lt;/i&gt;Un point de vue tout en nuances que vient renforcer le deuxi&#232;me t&#233;moignage : &lt;i&gt;&#171; La R&#233;publique, &#231;a a &#233;t&#233; le bazar, on a fini avec une dictature. La Monarchie, ce n'est pas comme &#231;a. &#187; &lt;/i&gt;Des analyses personnelles qui pourraient &#224; la rigueur servir &#224; illustrer la crispation qui caract&#233;rise encore la soci&#233;t&#233; espagnole quant &#224; son histoire r&#233;cente mais qui, faute d'explications de la part de la journaliste, ne peuvent que renforcer l'id&#233;e selon laquelle d'une part, la guerre civile et la dictature qui lui succ&#233;da &#233;taient in&#233;vitables ; et d'autre part, que l'exp&#233;rience d&#233;mocratique constitu&#233;e par la Seconde R&#233;publique, rendue coupable sans autre forme de proc&#232;s du coup d'Etat et de tout ce qui s'ensuivit, est &#224; mettre au ban de l'histoire, laissant ainsi le champ libre au roi Juan Carlos pour qu'il apporte enfin la d&#233;mocratie au peuple espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce traitement des mobilisations, &#233;cart&#233;es du processus en cours comme elles l'ont &#233;t&#233; du r&#233;cit de la transition, est d'autant plus lamentable que leur prise en compte &#8211; ne serait-ce qu'&#224; la hauteur du nombre de personnes qu'elles avaient rassembl&#233;es &#8211; aurait permis de resituer de mani&#232;re moins superficielle la confrontation qui existe en Espagne sur la forme de l'Etat. Revendiquer un r&#233;f&#233;rendum (alors que le PP et le PSOE se sont empress&#233;s de solder le changement de monarque), ou, plus pr&#233;cis&#233;ment encore revendiquer l'abolition de la monarchie et le retour &#224; la R&#233;publique, dans un pays o&#249; elle a &#233;t&#233; balay&#233;e par un coup d'Etat, n'est &#8211; quoi qu'on en pense &#8211; nullement anecdotique. Les aspirations des manifestants &#233;taient sans doute fort diverses, mais force est de constater l'omnipr&#233;sence du drapeau tricolore de la 2nde R&#233;publique, symbole de la lutte anti-franquiste mais avant tout d'un mod&#232;le de d&#233;mocratie sociale&#8230; qui ne semble pas &#234;tre celui que d&#233;fendent le PP ou le PSOE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait-ce trop demander aux r&#233;dactions des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision fran&#231;aises, m&#234;me dans les limites d'un journal t&#233;l&#233;vis&#233;, d'en rendre compte au lieu de couronner le Roi d'Espagne &#8230; plus d'une semaine avant son couronnement ? En effet, sur France 2 (entre autres&#8230;) le 3 juin &#224; 20 h, la monarchie espagnole &#233;tait d&#233;finitivement confort&#233;e sans d&#233;bat, puisqu'on apprit, seulement 23 minutes apr&#232;s le d&#233;but du journal, que &lt;i&gt;&#171; L'Espagne se pr&#233;pare &#224; la rel&#232;ve &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est cette lecture qui servira de paradigme &#224; toute la litt&#233;rature universitaire issue de la &#034;transitologie&#034;, n&#233;ologisme regroupant des travaux se chargeant de justifier plus que d'&#233;tudier ces processus de changement politique dirig&#233;s depuis la sph&#232;re des &#233;lites politiques et &#233;conomiques, et marginalisant les mobilisations sociales et forces politiques exprimant une vision plus radicale de ces processus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La somme des r&#233;sultats du PP et du PSOE &#233;tant pass&#233; de 74,9 % (respectivement 42,12 % (24 si&#232;ges sur un total de 54) + 38,78 % (23 si&#232;ges)) en 2009 &#224; 49,06 % (26, 06 % (16 si&#232;ges) + 23 % (14 si&#232;ges)) en 2014. Avec un taux d'abstention quasiment similaire &#224; celui de 2009 (et ayant m&#234;me baiss&#233; d'un point : de 55,1 % &#224; 54,16 %), cette d&#233;saffection des citoyens envers les deux organisations constituant le bipartisme historique depuis l'acc&#232;s au pouvoir du PSOE en 1982 a signifi&#233; une dispersion des votes vers d'autres formations plus minoritaires, en particulier celles se r&#233;clamant de la gauche plus radicale telles que la coalition Izquierda Plural (&#171; Gauche plurielle &#187;, passant de 3,71 % &#224; 9,99 % (de 2 &#224; 6 si&#232;ges)), ou la jeune formation Podemos (&#171; Nous pouvons &#187;, men&#233;e par le professeur de sciences politiques, pr&#233;sentateur de t&#233;l&#233;vision et invit&#233; fr&#233;quent des d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s Pablo Iglesias), particuli&#232;rement influenc&#233;e par le mouvement des &lt;i&gt;Indignados&lt;/i&gt; de mai 2011 et ayant obtenu, en seulement cinq mois d'existence, 5 si&#232;ges au Parlement Europ&#233;en (7,97 % des suffrages exprim&#233;s). M&#234;me si les suffrages exprim&#233;s le 25 mai dernier peuvent constituer un mauvais pr&#233;sage, il ne semble pas s&#233;rieux de les extrapoler aux futures &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales de 2015 (municipales et l&#233;gislatives) : la diff&#233;rence des enjeux et du mode de scrutin rendent largement pr&#233;cipit&#233;e et hasardeuse toute &#233;vocation d'une d&#233;faite du bipartisme, comme se (com)plaisent &#224; l'annoncer certains m&#233;dias et instituts de sondages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Approuv&#233;e sans surprise par le Congr&#232;s le mercredi 11 juin par 299 voix pour, 19 contre et 23 abstentions&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est d'ailleurs ce que laisseraient penser les sources auxquelles a eu acc&#232;s la journaliste du quotidien &lt;i&gt;El Mundo&lt;/i&gt; Victoria Prego et qu'elle cite dans son article du 8 juin 2014 : &lt;a href=&#034;http://www.elmundo.es/cronica/2014/06/08/5392ca0ce2704e615f8b456e.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#218;ltimos d&#237;as de un rey &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;El Mundo&lt;/i&gt;, 08/06/2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour m&#233;moire, rappelons que Juan Carlos Ier a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; par le g&#233;n&#233;ral Francisco Franco en personne, pour succ&#233;der &#224; la t&#234;te de l'&#233;tat &#224; sa mort. Ce m&#234;me &lt;i&gt;Caudillo&lt;/i&gt; Franco responsable du coup d'&#233;tat du 18 juillet 1936 ayant mis fin au r&#233;gime de la 2nde R&#233;publique (1931-1936), r&#233;gime sans doute critiquable mais ayant permis la conqu&#234;te de nombreux droits et libert&#233;s politiques tels que le droit de vote pour toutes et tous, les droits concernant la protection des travailleurs, le droit &#224; une &#233;ducation publique et la&#239;que, la libert&#233; d'expression, de culte, de r&#233;union, etc. La p&#233;riode de la 2nde R&#233;publique fut certes troubl&#233;e et marqu&#233;e par l'instabilit&#233; que des changements socio-politiques d'une telle ampleur pouvaient entra&#238;ner dans une soci&#233;t&#233; espagnole souffrant d'un syst&#232;me encore trop socialement f&#233;odal par le poids des propri&#233;taires terriens et des &#233;lites &#233;conomiques, et moralement r&#233;actionnaire par celui des institutions catholiques et militaires. Un projet politique pr&#233;curseur et courageux qui, s'il n'&#233;tait pas parfait, poss&#233;dait en tous cas la l&#233;gitimit&#233; des institutions d&#233;mocratiquement &#233;lues qui voulaient le mener &#224; bien. C'est le coup d'&#233;tat franquiste de 1936, la guerre civile de trois ans qui s'ensuivit et la dictature de presque quarante ans qui mirent fin &#224; ce projet, non sans avoir entra&#238;n&#233; dans son sillage des dizaines de milliers de prisonniers politiques, d'exil&#233;s et de morts, ces derniers pour la plupart encore &lt;i&gt;disparus&lt;/i&gt; dans les innombrables fosses communes parsemant le territoire espagnol et que les artisans de la &#171; Transition mod&#232;le ont volontairement d&#233;cid&#233; d'oublier).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et sous-estime celui fondamental d'Adolfo Su&#225;rez, d&#233;sign&#233; par le roi Juan Carlos Ier pour diriger le processus de transition, et consid&#233;r&#233; comme le v&#233;ritable artisan politique de la Transition espagnole. Notons que son d&#233;c&#232;s, le 23 mars dernier, a &#233;galement donn&#233; lieu &#224; un traitement m&#233;diatique, en Espagne et &#224; l'&#233;tranger, de l'ordre de la mythification posthume &#224; la limite du supportable, comme on peut le lire dans l'article d'Emmanuel Rodr&#237;guez, &lt;a href=&#034;https://www.diagonalperiodico.net/saberes/22377-espanoles-suarez-ha-muerto.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Espa&#241;oles, Su&#225;rez ha muerto &#187;&lt;/a&gt;,&lt;i&gt;Diagonal&lt;/i&gt;, 26 mars 2014&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'ex-premier ministre socialiste Felipe Gonz&#225;lez &#8211; &#171; groupie juan carliste &#187; de conversion non encore dat&#233;e &#8211; n&#180;a d'ailleurs pas h&#233;sit&#233; &#224; &lt;a href=&#034;http://www.cadenaser.com/espana/articulo/felipe-gonzalez-decision-le-ha-influido-caso-urdangarin/csrcsrpor/20140603csrcsrnac_7/Tes?id_agr=outbrain-ser&amp;obd=obinsite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;attribuer partiellement&lt;/a&gt; la fin de la guerre froide aux comp&#233;tences diplomatiques de Juan Carlos&#8230; Avec de tels miracles &#224; son actif, c'est tout l&#233;gitimement que le dit peuple pourrait lui en demander davantage, mais place au fils prodige !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &lt;a href=&#034;http://politica.elpais.com/politica/2013/05/03/actualidad/1367578864_651105.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;derni&#232;re enqu&#234;te du &lt;i&gt;Centro de Investigaciones Sociol&#243;gicas&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. concluant sur la pire note de 3,68/10 en termes d'opinion favorable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le montre une &lt;a href=&#034;http://www.eldiario.es/politica/PORTADAS-ediciones-especiales-espanoles-abdicacion_0_266674027.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;compilation des diff&#233;rentes unes propos&#233;e par &lt;i&gt;eldiario.es&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lu, vu, entendu : &#171; Papotages, censures et d&#233;pendances &#187; </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Lu-vu-entendu-Papotages-censures-et-dependances</link>
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		<dc:date>2007-06-29T07:50:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Philippe Tesson</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Claude Narcy</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;oise Laborde</dc:subject>
		<dc:subject>Direct soir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Mondains et autocrates, petits et grands.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Lu-vu-entendu-" rel="directory"&gt;Lu, vu, entendu&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lutter contre l'amn&#233;sie, ce mal end&#233;mique du monde des m&#233;dias, en conservant pieusement quelques fragments recueillis sur la plan&#232;te &#171; m&#233;dias &#187; : tel est l'objet de ces &#171; br&#232;ves &#187; dont nous avions interrompu la parution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour lire la s&#233;rie pr&#233;c&#233;dente, voir notre rubrique, de septembre 2004 &#224; juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ci-dessous un sp&#233;cial &#171; Mondains et autocrates, petits et grands &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Papotages (Acrimed en direct du Salon de la t&#233;l&#233;) &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Du 14 au 17 juin, avait lieu &#224; Paris le 1er salon de la t&#233;l&#233;, grand raout r&#233;unissant vedettes du petit &#233;cran, groupies enamour&#233;es, et stars pas encore acad&#233;miques. Beaucoup de vent, beaucoup de faux-d&#233;bats entre quelques sp&#233;cialistes du bavardage, et bien &#233;videmment pas de critique de la t&#233;l&#233;vision. Acrimed s'&#233;tait d&#233;plac&#233; pour &#233;couter.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les militants de base doivent-ils avoir acc&#232;s &#224; la t&#233;l&#233;vision ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
A cette occasion, plusieurs d&#233;bats &#233;taient organis&#233;s. Le premier avait pour th&#232;me : &#171; Faut-il &#234;tre une b&#234;te de t&#233;l&#233; pour r&#233;ussir en politique ? &#187; et &#233;tait anim&#233; par Nicolas Poincar&#233; (RTL). Les invit&#233;s &#233;taient les journalistes Laurence Ferrari (Canal+), Fran&#231;oise Laborde (France 2), Bruno Masure (La Cha&#238;ne parlementaire) et Philippe Tesson (&#171; &lt;i&gt;journaliste de t&#233;l&#233;vision d'occasion&lt;/i&gt; &#187;, comme il se pr&#233;senta lui-m&#234;me). Des stars du petit &#233;cran en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une personne du public pose la question suivante : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Vous recevez des responsables politiques mais, moi, je m'aper&#231;ois que, dans les m&#233;dias, il y a tr&#232;s peu de place qui est faite &#224; des militants de base &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt;. Est-ce que, dans vos &#233;missions respectives, vous allez dans l'avenir, pour les futures &#233;lections, recevoir des militants qui puissent apporter un &#233;clairage un petit peu diff&#233;rent ?&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse de Fran&#231;oise Laborde est tranchante : &#171; &lt;i&gt;On va pas se payer de mots. La r&#233;ponse est non. La r&#233;ponse est non, pourquoi ? Parce que on est dans un pays d&#233;mocratique o&#249; il y a des institutions. Alors, on les aime ou on les aime pas. Mais elles fonctionnent comme &#231;a. Donc, en effet, vous appartenez &#224; une formation politique. A l'int&#233;rieur de votre formation politique, &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; vous avez des instances repr&#233;sentatives. Et c'est la r&#232;gle du jeu. &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; Je veux dire qu'il y a un moment donn&#233; aussi o&#249; il y a une structure de parti. Alors, on peut trouver que c'est dommage, que c'est du centralisme bureaucratique, que c'est stalinien, vive la d&#233;mocratie directe, etc. Moi, je crois pas trop au syst&#232;me de d&#233;mocratie directe.&lt;/i&gt; [en substance : &#171; je suis plut&#244;t stalinienne &#187;]&lt;i&gt; Je pense qu'il y a un moment donn&#233; o&#249; &#231;a n'est pas le r&#244;le de la t&#233;l&#233;vision. &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; A France 2, il ne faut pas se faire d'illusion : on ne fera pas &#231;a.&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; ce cours de d&#233;mocratie, Philippe Tesson prend le relais, et mettant un point d'honneur &#224; &#234;tre &#224; contre-courant de l'opinion dominante, il argumente : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me que vous soulevez, il est extr&#234;mement important et je crois que ce que vous avez dit exprime ce que pense la majorit&#233; de l'opinion. Mais moi, j'ai l&#224;-dessus un avis tr&#232;s tranch&#233;. Ben... C'est vrai que je suis vieux et que j'ai rien &#224; perdre, je peux le dire. Parce qu'il est pas populaire mon avis. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Je trouve que &#231;a serait la pire des choses que le militant vienne sur le plateau&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;... enfin, que &#231;a se g&#233;n&#233;ralise parce qu'il vient d&#233;j&#224;. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Je trouve qu'il vient d&#233;j&#224; trop.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Le mettre sur le plateau, je trouve que &#231;a serait la pire des choses. Parce qu'on commence comme &#231;a, et puis c'est &#231;a, c'est &#231;a... Apr&#232;s &#231;a... &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; Ca devient le bordel, &#231;a devient l'anarchie. C'est le n'importe quoi. Sans compter que... excusez-moi, c'est pas que je consid&#232;re que je suis bon mais, comme j'ai acquis le professionnalisme, je suis a priori un peu meilleur que la moyenne des gens qui viennent sur le plateau sans avoir l'exp&#233;rience. &#199;a serait incontr&#244;lable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il pr&#233;cise sa pens&#233;e : il est inutile de faire parler le militant de base... puisque c'est justement le r&#244;le du journaliste de relayer ses analyses et ses revendications ! &#171; &lt;i&gt;Le journaliste, &#233;tymologiquement &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt;, ontologiquement, fonctionnellement, le journaliste est un m&#233;diateur. C'est la beaut&#233; de ce m&#233;tier. Nous sommes des passeurs. Nous faisons passer ce que pensent Untel, Untel, Untel, ce que pense tel groupe, telle cat&#233;gorie d'activit&#233;, de pens&#233;e, etc. Nous sommes faits pour &#231;a. Si nous ne faisons pas &#231;a, nous sommes mauvais. Et il est tr&#232;s possible que la plupart des journalistes d'aujourd'hui soient mauvais. Car c'est vrai que beaucoup ne font pas &#231;a. Mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;nous sommes l&#224; pour traduire ce que pense telle ou telle cat&#233;gorie&lt;/i&gt;,&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; les diff&#233;rentes cat&#233;gories dans le pluralisme le mieux compris, les diff&#233;rentes cat&#233;gories de la population. Et ce qu'exprime, ce que voudrait exprimer, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ce que tient &#224; exprimer un militant, comme vous par exemple, eh bien c'est &#224; nous de l'exprimer&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Nous sommes votre interpr&#232;te. C'est &#231;a notre m&#233;tier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le journaliste est l&#224; pour parler &#224; la place des gens ordinaires, mais pas &#224; la place des responsables politiques, qui eux sont invit&#233;s sur les plateaux. Que vous soyez puissant ou mis&#233;rable, vous pourrez vous exprimer, ou pas. Mais que le militant &#224; l'origine de la question se rassure, il sait maintenant qu'il peut compter sur un alli&#233; de taille, Philippe Tesson, pour faire passer (et pour &#171; traduire &#187;) ses messages dans les tr&#232;s nombreuses &#233;missions o&#249; il intervient...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les bons mots de Philippe Tesson &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Toujours dans le m&#234;me d&#233;bat, Nicolas Poincar&#233; reformule &#224; destination de Philippe Tesson une question de la salle : &#171; &lt;i&gt;Est-ce bien normal que Laurent Solly, directeur-adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy devienne num&#233;ro deux de TF1 ?&lt;/i&gt; &#187; Le &#171; &lt;i&gt;journaliste de t&#233;l&#233;vision d'occasion&lt;/i&gt; &#187; relativise : &#171; &lt;i&gt;&#199;a a toujours &#233;t&#233;. C'est dans la grande tradition r&#233;publicaine fran&#231;aise, si je puis dire. Evidemment que sur un plan d'exigences morales et &#233;thiques c'est tr&#232;s choquant et que c'est encore l&#224;... Moi, je... &lt;/i&gt;[Il bafouille.]&lt;i&gt; sur mon apologie du relativisme. A la limite, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;on pourrait redouter une r&#233;publique qui serait parfaite et &#231;a rel&#232;verait de l'utopie et &#231;a serait peut-&#234;tre assez dangereux.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; Une soci&#233;t&#233; dans laquelle des r&#232;gles de morale et d'&#233;thique seraient parfaitement appliqu&#233;es pourrait donc s'av&#233;rer assez dangereuse... A l'inverse, il est visiblement rassurant que le Pr&#233;sident de la R&#233;publique place ses pions dans les m&#233;dias : cela montre peut-&#234;tre qu'il est imparfait et donc, finalement, tr&#232;s humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salon de la t&#233;l&#233; toujours. Philippe Tesson &#224; nouveau : &#171; &lt;i&gt;Moi, je suis &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; multicarte et je vais tant&#244;t sur la TNT, sur le c&#226;ble, sur les cha&#238;nes hertziennes. Tr&#232;s franchement, je me sens pas plus contraint profond&#233;ment sur les cha&#238;nes hertziennes&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. Mais il faut quand m&#234;me bien avouer qu'il y a un sentiment de libert&#233; plus grand sur les cha&#238;nes du c&#226;ble et sur les cha&#238;nes de la TNT&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. Je prends... Je sais pas, moi... Je suis &#224; i&gt;t&#233;l&#233;, par exemple. &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; Qu'est-ce que c'est qu'i&gt;t&#233;l&#233; ? C'est un immense plateau, puis y a rien d'autre. Tandis que, vous allez &#224; TF1, vous allez &#224; France 2, vous vous perdez dans les couloirs, vous voyez plusieurs plateaux, des r&#233;gies &lt;/i&gt;[?]&lt;i&gt; compliqu&#233;es, des choses... C'est un univers myst&#233;rieux. La TNT, c'est absolument transparent. BFM, c'est transparent. Vous allez chez Ruth Elkrief&lt;/i&gt; [journaliste sur BFM TV]&lt;i&gt;, vous la voyez dans un petit coin, elle est toute seule. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;C'est un peu comme sous la R&#233;sistance, j'allais dire.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Alors donc vous &#234;tes... finalement, vous &#234;tes plus vous-m&#234;me, vous &#234;tes plus spontan&#233;, vous &#234;tes plus sinc&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; Un peu comme sous la R&#233;sistance. Et Tesson c'est le Jean Moulin de la t&#233;l&#233;vision ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Censures&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- Le Fou du roi s'autocensure&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dans son &#233;mission &#171; Le fou du roi &#187; (sur France Inter, de 11 H 00 &#224; 12 H 45), St&#233;phane Bern attend de ses chroniqueurs qu'ils d&#233;bitent des (mauvais) jeux de mots au kilom&#232;tre, et certainement pas qu'ils &#233;gratignent le pr&#233;cieux invit&#233; (qui reviendra) venu faire sa promo. &lt;br /&gt;
Le 6 juin 2007, Face &#224; l'invit&#233;e du jour, la cantatrice Julia Migenes, le chroniqueur Micka&#235;l Quiroga a fait les frais d'une nouvelle forme d'autocensure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Micka&#235;l Quiroga : &lt;i&gt;je lis que vous &#234;tes adepte de la scientologie (...). Il parait que L. Ron Hubbard, le fondateur de la scientologie, a pris le nom d'une &#233;glise parce qu'aux &#201;tats-Unis, les &#233;glises ne paient pas d'imp&#244;t. &#199;a, faut pas le dire &#224; Johnny, il va vouloir rentrer au s&#233;minaire.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Julia Migenes (tr&#232;s fort) : &lt;i&gt;Arr&#234;te ! C'est pas la place, monsieur !&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- M. Quiroga (fait semblant de ne pas comprendre) : &lt;i&gt;Je ne peux pas parler de Johnny ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Non, on a fait un deal un jour avec Julia, on ne lui en parle jamais &lt;/i&gt;[de la scientologie, pas de Johnny, ndlr]&lt;i&gt;. Comme &#231;a, &#231;a lui &#233;vite de faire de la promo &#224; l'antenne.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- M. Quiroga (fait toujours semblant de...) : &lt;i&gt;Bon ben je ne vous parle plus de Johnny Hallyday, d'accord. Pas de probl&#232;me. Comme je vous disais, vous &#234;tes n&#233;e dans le Bronx...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Quiroga ne reviendra pas sur le sujet. En une seule intervention, St&#233;phane Bern aura donc r&#233;v&#233;l&#233; qu'il s'autocensure en accord avec les invit&#233;s, et qu'il n'h&#233;site pas &#224; censurer ses chroniqueurs qui ne partagent pas la m&#234;me position complaisante... Mais comme le monde est petit et qu'un ascenseur revient toujours &#224; son point de d&#233;part, &lt;br class='autobr' /&gt;
Micka&#235;l Quiroga nous apprendra plus loin que le comit&#233; d'honneur d'&lt;strong&gt;&#034;Op&#233;ra en plein air&#034;&lt;/strong&gt;, qui a invit&#233; Julia Migenes &#224; mettre en sc&#232;ne &#034;le Barbier de S&#233;ville&#034;, comprend, entre autres personnalit&#233;s, Nelson Monfort... et St&#233;phane Bern.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Censure &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; : suite&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Nous avions &#233;voqu&#233; dans un article pr&#233;c&#233;dent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me &#171; A Lib&#233;ration, les ciseaux coupent aussi &#187;.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; la censure d'un passage d'une chronique de Pierre Marcelle dans Lib&#233;ration. Nous sugg&#233;rions fortement qu'elle &#233;tait le fait du prince, Laurent Joffrin, en l'occurrence patron du journal... Un de nos envoy&#233;s sp&#233;ciaux (&#224; Strasbourg) a rencontr&#233; ledit patron, et l'a interrog&#233;. Extraits du reportage publi&#233; sur son &lt;a href=&#034;http://schlomoh.blog.lemonde.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog&lt;/a&gt;, &#171; La feuille de chou &#187; dans le n&#176; 669 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; de ce jour a sorti un cahier sp&#233;cial &lt;i&gt;Strasbourg le second souffle.&lt;/i&gt; C'est bon &#231;a coco, &#231;a fait vendre, la preuve, on l'a achet&#233;. On y trouve de tout, m&#234;me des erreurs monumentales, c'est le cas de le dire, &#224; propos de la future mosqu&#233;e (sans minaret, ni lieu culturel) qui tarde &#224; &#234;tre construite, comme par exemple ceci : &#8220;&lt;i&gt;Con&#231;ue par l'architecte italien Paolo Portoghesi, auteur de la grande mosqu&#233;e de Rome, son imposante coupole devrait un jour se mirer &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dans l'Ill&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&#8221; Miracle ! Car ses fondations sont au bord du canal du Rh&#244;ne au Rhin, face au nouvel h&#244;pital...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Joffrin tenait conf&#233;rence sur le trottoir, devant les vitrines de la librairie Kl&#233;ber, sans micro, ce dernier (le micro) &#233;tant en panne. Couvert r&#233;guli&#232;rement par le bruit du tram qui passe juste devant, ses paroles se perdaient dans le vent. Peu importe !&lt;br /&gt;
A la fin, juste avant de boire le cr&#233;mant dans des verres en plastique, nous lui avons pos&#233; la question que personne n'avait pos&#233;e. &lt;strong&gt;Tenait-il lui-m&#234;me les ciseaux pour censurer Pierre Marcelle ? Affirmatif !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de d&#233;plorer que Marcelle tout seul n'ait pas accept&#233; d'&#234;tre embrigad&#233; dans les condol&#233;ances du directeur, au nom de l'&#233;quipe, dans le deuil de la famille Rothschild. Puis, il se vanta d'avoir d&#233;j&#224; censur&#233; Fran&#231;oise Giroud, pour des propos homophobes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous lui faisions remarquer l'erreur signal&#233;e plus haut au sujet de la mosqu&#233;e, il demanda qui avait &#233;crit &#231;a. On n'a pas caft&#233;. Et sans rire ajouta &#8220;&lt;i&gt;je vais le licencier&lt;/i&gt;&#8220;.&lt;br /&gt;
Gaffe &#224; tes os, Fr&#233;d&#233;rique Roussel ! Et Pierre Marcelle... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. D&#233;pendances (ou &#171; Merci Patron ! &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Direct soir&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; cin&#233;phile ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Entre couvertures et pages r&#233;guli&#232;rement d&#233;di&#233;es &#224; l'actualit&#233; mondaine, fer de lance de la ligne &#233;ditoriale du quotidien gratuit &lt;i&gt;Direct soir&lt;/i&gt; (groupe Bollor&#233;), on pouvait rep&#233;rer dans les trois &#233;ditions successives des 30, 31 mai, et 1er juin 2007 la pr&#233;sence d'un petit article quelque peu inattendu. Celui-ci nous signalait la reprise au cin&#233;ma le Mac Mahon d'un film r&#233;alis&#233; en 1959 par Ranald Mac Dougall intitul&#233; &#171; Le monde, la chair et le diable &#187; (situ&#233;e avenue Mac-Mahon dans le 17&#232;me arrondissement de Paris, cette salle, &#224; l'instar de celles du Quartier Latin, constituait un lieu de sociabilit&#233; cin&#233;phile important dans les ann&#233;es 60. Sa programmation reste encore aujourd'hui tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement consacr&#233;e au cin&#233;ma hollywoodien des ann&#233;es 50 -60).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;p&#233;tition insistante de cette &#171; information &#187; pouvait-elle n&#233;anmoins t&#233;moigner d'un discret mais sinc&#232;re engagement pour la programmation cin&#233;matographique de r&#233;pertoire de la part d'un quotidien plus g&#233;n&#233;ralement connu pour son traitement &#171; people &#187; de la culture&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ce sujet, les &#171; unes &#187; et les quatre premi&#232;res pages des &#233;ditions du 31 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la revue de d&#233;tail des nombreuses participations du groupe Bollor&#233;, (lire notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2630.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Vincent Bollor&#233;, &#224; l'assaut des m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;), le souci suppos&#233; du journal de transmettre &#224; ses lecteurs une certaine app&#233;tence pour la cin&#233;philie des ann&#233;es 60 s'&#233;claire : l'heureux propri&#233;taire du Mac Mahon n'est nul autre que ... Vincent Bollor&#233;. Int&#233;r&#234;t cin&#233;phile pour &#171; un classique incontournable &#224; voir et &#224; revoir ce week-end &#187; ? Certes, mais un int&#233;r&#234;t tr&#232;s bien compris. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Jean-Claude Narcy conna&#238;t Nicolas Sarkozy depuis 25 ans. &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Et alors ? &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
En revanche, que TF1, premi&#232;re cha&#238;ne fran&#231;aise en termes d'audience, appartienne depuis 20 ans au groupe Bouygues, cela n'inqui&#232;te quasiment personne. Et surtout pas Jean-Claude Narcy. Dans une interview accord&#233;e &#224; &lt;i&gt;TV Magazine&lt;/i&gt; (groupe Dassault) le 17/06/2007, l'ancien pr&#233;sentateur du JT de TF1, qui travaille encore comme pigiste pour cette cha&#238;ne, d&#233;clare tout de go : &#171; &lt;i&gt;TF1 (...) est ind&#233;pendante depuis vingt ans...&lt;/i&gt; &#187; Sous le titre &#171; Ne faisons pas de proc&#232;s d'intention &#224; TF1 &#187;, cet entretien est cens&#233; r&#233;pondre aux &#171; &lt;i&gt;vives critiques sur son ind&#233;pendance&lt;/i&gt; &#187; dont la cha&#238;ne est la cible. En fait de r&#233;ponse, Jean-Claude Narcy n'oppose aucun argument tangible, aucune preuve mat&#233;rielle de l'ind&#233;pendance de TF1, mais nous demande de le croire sur parole. Extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- TV Magazine : &lt;i&gt;Comment interpr&#233;ter le fait que ce soit l'Elys&#233;e qui ait annonc&#233; l'arriv&#233;e d'un nouveau directeur adjoint &#224; la t&#234;te de TF1 (Laurent Solly), qui fut directeur de campagne de Nicolas Sarkozy ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- JC Narcy : &lt;i&gt;C'est un proc&#232;s d'intention !&lt;/i&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;- TV Magazine : &lt;i&gt;Quelle peut &#234;tre l'influence de Nicolas Sarkozy sur TF1 ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- JC Narcy : &lt;i&gt;Quels que soient ses liens d'amiti&#233; avec le propri&#233;taire de TF1, il n'aura pas plus d'influence que Jacques Chirac ou Fran&#231;ois Mitterrand&lt;/i&gt;. &lt;br class='manualbr' /&gt;- TV Magazine : - &lt;i&gt;Vous &#234;tes pris pour cible par &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ceux qui&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;pr&#233;tendent d&#233;montrer&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; [appr&#233;ciez la formulation !] &lt;i&gt;la collusion entre pouvoir politique et pouvoir m&#233;diatique. (...) Que r&#233;pondez-vous ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- JC Narcy : &lt;i&gt;Assez d'hypocrisie ! Ce n'est pas parce que vous &#234;tes l'ami de quelqu'un que vous ne faites pas votre boulot. (...) Les d&#233;ontologues distingu&#233;s parlent de connivence simplement parce que l'on fr&#233;quente quelqu'un. Je connais Nicolas Sarkozy depuis vingt-cinq ans, je l'ai interview&#233; une bonne vingtaine de fois, et alors ? Il ne m'a jamais demand&#233; d'&#234;tre complaisant...&lt;/i&gt; &#187;. En a-t-il seulement besoin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul argument concret avanc&#233; par Narcy : le sacro-saint audimat. Parlant de la campagne pr&#233;sidentielle, il explique : &#171; &lt;i&gt;Si la r&#233;daction avait &#233;t&#233; partisane, nous n'aurions pas eu le leadership sur les &#233;missions politiques&lt;/i&gt; &#187;. D&#233;monstration fulgurante : l'ind&#233;pendance d'un m&#233;dia se mesure &#224; l'aune de ses parts de march&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quoi bon perdre son temps &#224; donner des interviews aussi peu convaincantes ? C'est que l'exercice permet &#224; Jean-Claude Narcy de faire quelque chose de bien plus int&#233;ressant que de s'adresser &#224; quelques t&#233;l&#233;spectateurs suspicieux. Il r&#233;ussit en effet l'exploit, en deux pages, de flatter trois fois son nouveau patron, Nonce Paolini (nouveau Directeur G&#233;n&#233;ral, successeur de Patrick Le Lay), et ce alors m&#234;me qu'aucune question ne lui a &#233;t&#233; pos&#233;e &#224; son sujet. D&#233;monstration :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- JC Narcy (en r&#233;ponse &#224; la question sur la nomination de Laurent Solly) : &lt;i&gt;Nous pouvons (...) faire confiance &#224; un boss &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il veut en fait parler ici de Martin Bouygues, propri&#233;taire - et non patron (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; qui a souvent prouv&#233; qu'il avait du flair. Exemple avec Nonce Paolini, qui a d&#233;j&#224; fait les beaux jours de Bouygues et qui fera, j'en suis s&#251;r, ceux de TF1&lt;/i&gt;.&lt;br class='manualbr' /&gt;- TV Magazine : &lt;i&gt;La cha&#238;ne est-elle en train de tourner une page de son histoire ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- JC Narcy : &lt;i&gt;(...) C'est (...) &#233;videmment un formidable d&#233;fi &#224; relever pour Nonce Paolini, un homme du s&#233;rail (...). Un homme de dialogue au caract&#232;re bien tremp&#233; et d&#233;termin&#233; (...). Il ne remplace pas, il succ&#232;de.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- TV Magazine : &lt;i&gt;L'&#226;ge d'or de TF1 n'est-il pas derri&#232;re nous ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- JC Narcy : &lt;i&gt;(...) Le d&#233;fi d'aujourd'hui, c'est de devenir aussi un leader sur le terrain des nouveaux m&#233;dias. Domaine o&#249; Nonce Paolini excelle. Lui qui s'est illustr&#233; dans la t&#233;l&#233;phonie appara&#238;t comme l'homme de la situation&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les coups de langue de Narcy ne sont pas r&#233;serv&#233;s &#224; son patron. Et l'on ne serait pas un journaliste de TF1 digne de ce nom si l'on ne profitait pas d'une interview pour louanger Nicolas Sarkozy lui-m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;lection d'un jeune Pr&#233;sident, comme Nicolas Sarkozy, &#224; la t&#234;te de l'Etat est un vrai ph&#233;nom&#232;ne de soci&#233;t&#233; : l'exemple vient d'en haut (...). Il s'agit d'une v&#233;ritable rupture g&#233;n&#233;rationnelle&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;
Un jeune Pr&#233;sident, rappelons-le, que Narcy conna&#238;t depuis vingt-cinq ans. &lt;i&gt;&#171; Et alors ? &#187;&lt;/i&gt;. Alors, rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;En guise de conclusion...&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Dominique Rousseau, Professeur de Droit Public, partisan du &#171; non &#187; au TCE, et artisan de sa victoire, d&#233;clare &#224; l'un de nos envoy&#233;s sp&#233;ciaux : &lt;br /&gt;
&#171; Il faut affirmer dans la Constitution que le pluralisme de la presse est un des fondements de la d&#233;mocratie et qu'en cons&#233;quence, les entreprises de presse et les directeurs de presse &#233;crite, audio et audiovisuelle, doivent &#234;tre ind&#233;pendants du pouvoir &#233;conomique, financier et politique. &lt;br /&gt;
Il y a bien des incompatibilit&#233;s entre les fonctions de d&#233;put&#233;s et certaines fonctions du priv&#233;, il doit y avoir des incompatibilit&#233;s entre le capital d'une entreprise de presse et le capital des autres entreprises &#233;conomiques et financi&#232;res. Pour l'ind&#233;pendance de la presse par rapport aux politiques, il doit y avoir une r&#233;forme totale, compl&#232;te, profonde, radicale, du Conseil sup&#233;rieur de l'audiovisuel (CSA) afin que ce conseil ne soit plus comme aujourd'hui pr&#233;sid&#233; par une personne nomm&#233;e par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique. Que le Pr&#233;sident de la R&#233;publique ait entre les mains une majorit&#233; parlementaire pour faire appliquer son programme, soit, mais &#224; ce moment-l&#224; que, face &#224; lui, il trouve un pouvoir de la presse ind&#233;pendant et autonome, ce qui veut dire que le pr&#233;sident du CSA ne soit plus nomm&#233; par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique. Sinon, nous ne sommes plus dans une d&#233;mocratie pr&#233;sidentielle, mais dans un r&#233;gime imp&#233;rial. &lt;br /&gt;
Il faut donc affirmer dans la Constitution que le pluralisme de la presse est un des fondements de la d&#233;mocratie et donc voter en cons&#233;quence une loi qui garantisse l'autonomie des entreprises de presse par rapport aux pouvoirs &#233;conomiques, financiers et politiques &#187;. &lt;br /&gt;
(Interview de Nicolas Eth&#232;ve r&#233;alis&#233;e le 11 juin 2007)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour lire la s&#233;rie pr&#233;c&#233;dente, voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique289.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre rubrique&lt;/a&gt;, de septembre 2004 &#224; juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2651.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; A &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, les ciseaux coupent aussi &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ce sujet, les &#171; unes &#187; et les quatre premi&#232;res pages des &#233;ditions du 31 mai et du 1er juin ont &#233;t&#233; principalement consacr&#233;es &#224; la disparition du non moins mondain Jean-Claude Brialy et &#224; la prochaine actualit&#233; de la chanteuse Vanessa Paradis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il veut en fait parler ici de Martin Bouygues, propri&#233;taire - et non patron - de TF1. Cette confusion en dit long sur l'ind&#233;pendance de TF1 vis-&#224;-vis du groupe Bouygues.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'ar&#232;ne de France &#187;, le d&#233;bat en Bern</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-arene-de-France-le-debat-en-Bern</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/L-arene-de-France-le-debat-en-Bern</guid>
		<dc:date>2006-12-27T12:55:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une parodie d&#233;magogique des d&#233;bats d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-572-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la rentr&#233;e de septembre 2006, France 2 a confi&#233; &#224; St&#233;phane Bern une &#233;mission de divertissement intitul&#233;e &#171; L'Ar&#232;ne de France &#187; et diffus&#233;e, trois mercredis par mois, en seconde partie de soir&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'une &#233;mission enregistr&#233;e, donc coup&#233;e, mont&#233;e sous le contr&#244;le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#034;S'affrontent&#034; dans deux d&#233;bats de &#034;soci&#233;t&#233;&#034;, deux &#034;camps&#034;, soutenus par deux v&#233;ritables avocats du barreau, avec au centre deux &#034;grands t&#233;moins&#034;, l'un en promotion, l'autre en &#034;sage&#034; selon la description du site Internet de l'&#233;mission. Celle-ci m&#233;rite que l'on en fasse une premi&#232;re analyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette &#233;mission m&#233;lange les genres. Ce m&#233;lange des genres, St&#233;phane Bern le revendique &lt;i&gt; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt;, 6 septembre 2006) :&lt;i&gt; &#171; La vie m&#233;lange les genres ! Au bureau, &#231;a chauffe quand on parle politique, mais on rit en m&#234;me temps &#187;. &lt;/i&gt;Quant au concept, il le d&#233;finissait ainsi dans &lt;i&gt;L'Express &lt;/i&gt;(31 ao&#251;t 2006) &lt;i&gt; : &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;Il s'agit d'un magazine de divertissement, instructif et humoristique &#224; la fois. J'y animerai des d&#233;bats de soci&#233;t&#233; autour de th&#232;mes citoyens, d&#233;rangeants et pol&#233;miques : &#034;Faut-il enfermer les psys ?&#034; ou &#034;S&#233;gol&#232;ne Royal peut-elle diriger la France ?&#034; &#187; &lt;/i&gt;Apr&#232;s avoir stigmatis&#233; le&lt;i&gt;&#171; politiquement correct&lt;/i&gt; &#187;, ce nouveau poncif qui exon&#232;re &#224; bon compte le recours aux lieux communs les plus acerbes, il ne craignait pas de se placer sous les parrainages illustres de&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Desproges ou Coluche&lt;i&gt; &#171; qu'on ne laisserait plus s'exprimer aujourd'hui &#187;.&lt;/i&gt; Comme dans les autres &#233;missions de cet acabit, le panel des invit&#233;s est extr&#234;mement limit&#233;. St&#233;phane Bern ne cache d'ailleurs pas cette s&#233;lectivit&#233;, puisqu'il proclame le 4 octobre 2006 dans la pr&#233;sentation du d&#233;bat &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes ? &#187; : &lt;i&gt;&#171; Ce soir encore, nous allons aborder deux grands sujets de soci&#233;t&#233; qui divisent et passionnent les fran&#231;ais. Je vous rappelle que deux camps, chacun compos&#233; de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;personnalit&#233;s,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;grands t&#233;moins,&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; vont &#233;changer leurs points de vue, avec courtoisie, je l'esp&#232;re, mais aussi en m&#234;me temps, avec dynamisme &#187;. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc muni de ce &#171; cadrage &#187; offert par St&#233;phane Bern que nous entrons dans &#171; l'ar&#232;ne &#187;. Une ar&#232;ne, o&#249; tout est fait pour susciter la joute verbale et la discussion de comptoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dispositif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; le m&#233;lange des genres et la construction artificielle des pol&#233;miques sont hautement revendiqu&#233;s, le dispositif de l'&#233;mission est destin&#233; &#224; les entretenir et &#224; maintenir ainsi &#171; l'int&#233;r&#234;t &#187; du t&#233;l&#233;spectateur. La confusion est d&#233;lib&#233;r&#233;e. Une pr&#233;tendue parodie de la confusion des discussions de bistrot qui est aussi une parodie des d&#233;bats d&#233;mocratiques. Ce n'est pas faire preuve d'un esprit de s&#233;rieux exag&#233;r&#233; que de souligner qu'en imitant les premi&#232;res ce sont les seconds que l'on contribue &#224; discr&#233;diter. Vous avez dit &#171; d&#233;magogie &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu de mots aguicheur qui sert de titre &#224; l'&#233;mission est renforc&#233; par l'ambigu&#239;t&#233; volontaire du logo : l'ar&#232;ne qui figure en permanence en bas de l'&#233;cran ressemble furieusement &#224; une couronne ! Un jeu de mots qui en copie un autre, puisque son &#233;mission sur France Inter s'intitule &#171; Le fou du roi &#187; ? Rien d'&#233;tonnant puisque l'animateur, &#233;galement chroniqueur mondain au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, est un sp&#233;cialiste des monarques et des cours princi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion qui se veut humoristique est redoubl&#233;e d'une autre : par l'organisation du plateau qui imite &#224; la fois une v&#233;ritable ar&#232;ne (avec le public autour et les &#171; gladiateurs &#187; de la parole qui se font face au centre) et une cour de justice. Le public est en effet invit&#233; &#224; voter &#171; pour &#187; ou &#171; contre &#187;, d'abord au d&#233;but, puis en fin de d&#233;bat, apr&#232;s les plaidoiries parodiques d'avocats &#171; commis d'office &#187; par le &#171; fou de l'ar&#232;ne &#187;, pour &#171; v&#233;rifier &#187; si l'ensemble de la discussion (ou du &#171; proc&#232;s &#187;) a &#233;t&#233; de nature &#224; le faire changer d'avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux questions soulev&#233;es, elles sont &#171; &lt;i&gt;provocatrices forc&#233;ment &#187;, &lt;/i&gt;selon les termes de St&#233;phane Bern lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire r&#233;ductrices quand elles ne sont pas d&#233;nu&#233;es de sens : &#171; L'&#233;cole fabrique-t-elle des cr&#233;tins ? &#187;, &#171; Les Fran&#231;ais sont-ils des privil&#233;gi&#233;s ? &#187;, &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes ? &#187;, &#171; Faut-il croire aux ph&#233;nom&#232;nes inexpliqu&#233;s ? &#187;, &#171; La dictature de la beaut&#233; est-elle dangereuse ? &#187;, &#171; Les politiques sont-ils des &lt;i&gt;peoples&lt;/i&gt; comme les autres ? &#187;, &#171; Faut-il donner tous les droits aux homos ? &#187;, &#171; Hommes-femmes : vivent-ils sur la m&#234;me plan&#232;te ? &#187;, etc. Leur formulation incite &#224; la caricature et au positionnement binaire et faussement &#034;radical&#034; (oui ou non, sans nuance) de chacun des protagonistes. Pour preuve que ces questions sont un simple pr&#233;texte : les th&#232;mes annonc&#233;s sont parfois transform&#233;s en cours de d&#233;bat. Ainsi la question &#171; peut-on critiquer la religion &#187; est tr&#232;s vite devenue : &#171; les religions manquent-elles d'humour ? &#187; ; &#171; la dictature de la beaut&#233; est-elle dangereuse ? &#187; devient une discussion sur les mannequins anorexiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#234;l&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chiffre parle de lui-m&#234;me : pour 45 &#224; 50 minutes de d&#233;bat, une vingtaine d'intervenants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; dispositif &#187; oppose frontalement 8, 10 voire 12 &#171; d&#233;batteurs &#187; (dont beaucoup sont l&#224; pour faire leur propre promotion). Pour compl&#233;ter la m&#234;l&#233;e, il faut ajouter &#224; cet amas l'invit&#233; principal qui, venu vendre sa marchandise, intervient en priorit&#233; dans les d&#233;bats, le chroniqueur qui conclut la discussion (Fran&#231;ois Reynaert, journaliste au &lt;i&gt;Nouvel Observateur, &lt;/i&gt;par ailleurs &lt;i&gt; &#171; complice &#187;&lt;/i&gt;, selon ses propres termes, de St&#233;phane Bern dans l'&#233;mission &#171; le Fou du roi&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;sur France Inter), et deux ou trois t&#233;moins suppl&#233;mentaires. Pour que le divertissement soit &#224; son comble et que la discussion soit aussi futile que possible quel que soit le sujet, la cam&#233;ra cach&#233;e de S&#233;bastien Thi&#233;ry propose des sujets sens&#233;s &lt;i&gt; &#171; poser le probl&#232;me &#187;&lt;/i&gt; et qui sont &lt;i&gt; &#171; &#224; charge forc&#233;ment &#187;&lt;/i&gt;, (&lt;i&gt;dixit&lt;/i&gt; l'animateur avec son &#233;norme sourire satisfait), et des appels &#171; comiques &#187; du standardiste Fabrice Thibault pour d&#233;tendre l'atmosph&#232;re artificiellement surchauff&#233;e. Enfin (ouf !), les plaidoiries des avocats dont le r&#244;le est &lt;i&gt; &#171; d'influencer par leur brillance, le vote final du public &#187;&lt;/i&gt; concluent la confrontation. Comme seule compte l'&#233;loquence de ces auxiliaires de la confusion g&#233;n&#233;ralis&#233;e, peu importe leurs convictions, peu importe les id&#233;es des uns et des autres : tout est ramen&#233; &#224; de la pure rh&#233;torique : l'art de &lt;i&gt;parler bien pour ne rien dire &lt;/i&gt;et de r&#233;sumer ainsi l'esprit de l'&#233;mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; d&#233;bat &#187; opposant deux &#171; camps &#187;, les protagonistes sont, forc&#233;ment distribu&#233;s dans l'un des deux. Forc&#233;ment, et arbitrairement. Ainsi, dans le &#171; d&#233;bat &#187; &#171; Peut-on critiquer la religion ? &#187;, Monsieur Di Falco, &#233;v&#234;que, plac&#233; d'office du c&#244;t&#233; de ceux qui devaient r&#233;pondre n&#233;gativement, a voulu rejoindre le camp adverse, en d&#233;clarant qu'il n'est pas du tout oppos&#233;, &#224; la critique de la religion. Mouloud Aounit, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MRAP a &#233;t&#233; plac&#233; aux c&#244;t&#233;s d'un rabbin, d'un &#233;v&#234;que et d'un imam, comme s'il &#233;tait lui-m&#234;me un dignitaire religieux, tout &#231;a parce qu'il a port&#233; plainte contre des caricatures qu'il jugeait racistes (&#224; tort ou &#224; raison, &#233;videmment l&#224; n'est pas la question). De m&#234;me, lors du &#171; d&#233;bat &#187; sur la place des jeunes par rapport aux vieux, Pierre Bellemare ne se reconnaissait pas du tout dans le camp des vieux qui s'accrochent alors que Sin&#233; se demandait ce qu'il faisait l&#224;. On se le demande aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette d&#233;ferlante, le t&#233;l&#233;spectateur est compl&#232;tement &#171; noy&#233; &#187; et n'a pas le temps de reprendre son souffle et donc de r&#233;fl&#233;chir. Ce n'est d'ailleurs pas ce qui lui est demand&#233;. On flatte plut&#244;t ses r&#233;actions &#233;motionnelles, &#224; travers le choix binaire du &#171; d&#233;bat &#187;(pour ou contre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arbitre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au centre de &#171; l'ar&#232;ne &#187;, St&#233;phane Bern : l'arbitre du match monopolise la mise en sc&#232;ne et la parole. Pour tenter de donner un sens &#224; la question &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes ? &#187; (4 octobre 2006), St&#233;phane Bern s'est octroy&#233; 12 minutes et 27 secondes soit 26,34 % du temps de la &#171; discussion &#187; (46 minutes et 58 secondes) (Voir les d&#233;tails de la r&#233;partition du temps de parole &#224; la fin de l'article). Arbitre... et chef d'orchestre qui attise la pol&#233;mique, la relance et la rythme pour que l'attention des t&#233;l&#233;spectateurs ne s'effrite pas. C'est &#224; peine s'il &#233;coute ce qui se dit et tient compte de ce qu'il demande lui-m&#234;me. En s'octroyant une libert&#233; permanente et sans limite d'interrompre &#224; son gr&#233; les intervenants, en multipliant ainsi les coq &#224; l'&#226;ne, il alimente le &#171; zapping interne &#187; &#224; l'&#233;mission, d&#233;j&#224; entretenu par les intrusions du pseudo-standardiste et des cam&#233;ras cach&#233;es. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour distraire encore plus (et distraire l'attention...), l'&#233;mission recourt &#224; la cam&#233;ra cach&#233;e, cette roue de secours archi-us&#233;e du comique &#224; la t&#233;l&#233;vision : en l'occurrence, les personnes interrog&#233;es, des gens de la rue, sont syst&#233;matiquement tourn&#233;es en ridicule, sous les applaudissements du public et devant des invit&#233;s hilares qui ovationnent la prouesse quand on revient sur le plateau. Ridiculiser, ce peut &#234;tre aussi faire &#233;talage d'un &#171; royal &#187; m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re ce simulacre de &#171; d&#233;bat &#187;, c'est bien une pens&#233;e politique et soci&#233;tale terriblement conformiste&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;qui s'impose, celle qui est dans l'air du temps et plus pr&#233;cis&#233;ment d'un temps qui est &#224; la r&#233;signation, &#224; la d&#233;politisation des questions politiques. A cet &#233;gard, le d&#233;bat sur les vieux et les jeunes, est un bon exemple puisqu'il se concluait sur l'id&#233;e pr&#233;sent&#233;e comme &#233;vidente et consensuelle selon laquelle il &#233;tait n&#233;cessaire de retarder le d&#233;part &#224; la retraite si l'on voulait garder notre syst&#232;me de retraite. En cours de route, la revendication exprim&#233;e tout au long de l'&#233;mission &#8220;de laisser la place aux jeunes&#8221; avait disparu comme par enchantement...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, l'&#233;mission an&#233;mie compl&#232;tement le d&#233;bat qu'elle pr&#233;tend organiser. Son dispositif chaotique et pl&#233;thorique laisse peu de temps en r&#233;alit&#233; aux invit&#233;s pour s'exprimer, &#224; quoi s'ajoute une grande in&#233;galit&#233; devant le temps de parole accord&#233; &#224; chacun (dans le m&#234;me d&#233;bat : 5'51'' pour Pierre Bellemare et 57'' pour une jeune femme inconnue). Les interventions sont toujours tr&#232;s courtes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour r&#233;pondre &#224; la question : &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui emp&#234;che tout d&#233;veloppement d'une argumentation et favorise les raccourcis, les g&#233;n&#233;ralit&#233;s et les formules pol&#233;miques. Ce contresens d&#233;mocratique est pourtant l&#233;gitim&#233; par la pr&#233;sence de nombreux &#233;lus notamment. La parodie est un genre comique qui est une forme de critique. Mais toutes le parodies ne se valent pas et n'ont pas le m&#234;me sens. Celle-ci est une parodie qui disqualifie le d&#233;bat d&#233;mocratique, d&#233;j&#224; fort compromis par ses versions r&#233;put&#233;es &#171; s&#233;rieuses &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si les &#233;missions qui m&#233;langent les genres ont pris une telle place dans les programmes, c'est en raison du co&#251;t r&#233;duit des &#171; talk shows &#187; compar&#233; &#224; celui de programmes de reportages, de vari&#233;t&#233;s ou de fictions beaucoup plus chers. Des programmes d'autant moins co&#251;teux que les invit&#233;s s'y bousculent volontiers pour faire la promotion de leurs &#171; &#339;uvres &#187; ou de leur personne. Mais ces &#233;missions rencontrent aussi des publics qui souhaitent se distraire en manifestant en m&#234;me temps un r&#233;el int&#233;r&#234;t pour des questions de soci&#233;t&#233;, voire des probl&#232;mes politiques. &#171; S'informer &#187; ne s'oppose pas n&#233;cessairement &#224; &#171; se divertir &#187; : la lecture d'un journal peut &#234;tre aussi un moment de d&#233;tente. Et l'on n'assiste pas toujours &#224; un d&#233;bat pour prendre part, depuis son fauteuil, &#224; un pur &#233;change d'arguments. Mais les choix de donner la priorit&#233; &#224; des informations destin&#233;es &#224; distraire et de transformer les &#171; d&#233;bats de soci&#233;t&#233; &#187; en spectacles de vari&#233;t&#233;s rel&#232;ve d'une politique des programmes - car c'est bien de politique qu'il s'agit alors - qui, sous couvert de favoriser une t&#233;l&#233;vision relationnelle qui prend les t&#233;l&#233;spectateurs &#224; t&#233;moin affiche un m&#233;pris ostensible pour l'information, pour les d&#233;bats et pour les t&#233;l&#233;spectateurs. A la t&#233;l&#233;vision, les &#233;missions de m&#233;lange des genres n'ont cess&#233; de se multiplier. Mais tr&#232;s peu jusqu'&#224; pr&#233;sent - m&#234;me celles d'Ardisson, de Ruquier et de Fogiel - &#233;taient parvenues, sur une cha&#238;ne du &#171; service public &#187; &#224; discr&#233;diter &#224; la fois les jeux du cirque et les d&#233;bats de soci&#233;t&#233;. On voudrait croire que St&#233;phane Bern n'est qu'une imitation d'Arlette Chabot et son &#233;mission un pastiche de &#171; Mots crois&#233;s &#187;. Il n'est de l'une et de l'autre que la grotesque caricature, dont le seul m&#233;rite sera peut-&#234;tre d'inciter les &#233;missions de d&#233;bats &#224; se distinguer de &#171; L'Ar&#232;ne de France &#187; de peur qu'on les prenne pour des imitations. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'apr&#232;s un travail collectif d'Acrimed&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2777 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/121Arene_de_France.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 106.2 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;Annexe&lt;br /&gt;
Distribution du temps de parole lors de &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes ? &#187; (4 octobre 2006)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce minutage ne tient pas compte des moments o&#249; plusieurs personnes parlent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;
St&#233;phane BERN : 12'27&#034; - Invit&#233; : Yann Moix - 3'44&#034;&lt;br /&gt;
Pierre Bellemare , Producteur - Animateur : 5'51&#034;&lt;br /&gt;
Sin&#233; , &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt; : 2' 5&#034;&lt;br /&gt;
Andr&#233; Santini , D&#233;put&#233;-Maire (UDF) d'Issy-les-Moulineaux : 2'09&#034;&lt;br /&gt;
Pr Jacques Soubeyrand, Chef de service g&#233;riatrie : 2'50&#034;
&lt;br /&gt;
Jean-Marc Segati , Directeur g&#233;n&#233;ral de Senioragency : 3'38&#034;&lt;br /&gt;
Roxane Decorte, Elue UMP - Conseil de Paris : 2'20&#034;
&lt;br /&gt;
D&#233;borah, Stagiaire Pi : 57&#034;
&lt;br /&gt;
Jacqueline R&#233;my, R&#233;dactrice en chef de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nos enfants nous ha&#239;ront &#187; - Seuil : 2'32&#034;&lt;br /&gt;
St&#233;phane Capron, &#233;tudiant &#224; Dauphine &#224; l'origine de la p&#233;tition &#171; Nous ne paierons pas vos dettes &#187; : 1'12&#034;&lt;br /&gt;
Jacques de Guillebon : 1'33&#034;&lt;br /&gt;
Laurent Delvolv&#233;, avocat au barreau de Paris, ancien secr&#233;taire de la conf&#233;rence Prestation de serment en 1997 : 3'04&lt;br /&gt;
Vincent Ollivier, avocat &#224; La Cour : 2'26&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit d'une &#233;mission enregistr&#233;e, donc coup&#233;e, mont&#233;e sous le contr&#244;le et selon les crit&#232;res de la seule production. Le choix de ce qui est diffus&#233; l'est donc en toute connaissance de cause.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour r&#233;pondre &#224; la question : &#171; Les vieux doivent-ils laisser la place aux jeunes &#187;, la plus longue intervention cons&#233;cutive dure 1 minute et 16 secondes et elle est, comme par hasard, de St&#233;phane Bern !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce minutage ne tient pas compte des moments o&#249; plusieurs personnes parlent en m&#234;me temps. Pas trop souvent, mais cela arrive.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le Fou du roi &#187; et sa cour d&#233;fendent leur statut de courtisans</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-Fou-du-roi-et-sa-cour-defendent-leur-statut-de-courtisans</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Le-Fou-du-roi-et-sa-cour-defendent-leur-statut-de-courtisans</guid>
		<dc:date>2006-04-28T13:25:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Th&#233;ories du complot&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Le Fou du Roi&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De l'art de d&#233;fendre complaisances et connivences&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Pressions-censures-et-collusions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Pressions, censures et collusions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Theories-du-complot-+" rel="tag"&gt;&#034;Th&#233;ories du complot&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Fou-du-Roi-+" rel="tag"&gt;&#034;Le Fou du Roi&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'&#233;mission &#171; Le Fou du Roi &#187;, anim&#233;e par St&#233;phane Bern, tous les jours entre 11h et 12h30 sur France Inter, un &#171; Courrier des Auditeurs &#187; permet &#224; ceux-ci de donner leur avis. Mais sous couvert de leur donner la parole, le courrier est surtout l'occasion de justifier la complaisance des entretiens conduits par l'animateur et servir de faire-valoir &#224; l'&#233;quipe du &#171; Fou du Roi &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lundi 3 avril, &#171; Le Fou du Roi &#187; recevait Franz-Olivier Giesbert, directeur du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, propri&#233;t&#233; de Fran&#231;ois Pinault, grand ami de St&#233;phane Bern. Giesbert, dont la tourn&#233;e de promotion de son livre sur Chirac bat tous les records du genre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 5 avril, Charlotte Bouteloup lit le courrier des auditeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup : &#171; &lt;i&gt;Toujours sur le m&#234;me sujet, Fr&#233;d&#233;ric : &#034; Voil&#224; plusieurs &#233;missions que vous invitez des personnes pol&#233;miques traitant de sujets &#233;pineux. Dernier exemple en date, M. Giesbert pour son livre sur notre pr&#233;sident. Est-ce le r&#244;le d'une &#233;mission de divertissement de traiter de sujets lourds sur un ton plaisantin ?&#034; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette question sur le m&#233;lange des genres, la r&#233;ponse de St&#233;phane Bern est pour le moins embarrass&#233;e. Mais il est imm&#233;diatement soutenu par ses comparses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Enfin, sujet lourd, sujet lourd, c'est quand-m&#234;me une biographie du Pr&#233;sident, &#231;a va, c'est... c'est pas non plus, heu, l'extermination heu, des, des, des voil&#224;, des Tutsis ou des... au Rwanda, faut, faut... faut remettre les choses &#224; leur juste place, hein. Il s'agit du Pr&#233;sident de la R&#233;publique, on, on a le droit de... &lt;/i&gt;[S'adressant &#224; sa cour :]&lt;i&gt; Je ne sais pas. Qu'est-ce que vous en pensez, les uns les autres ? Martin ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Martin : &lt;i&gt;Ben, moi, j'ai lu ce livre, puisque je devais &#234;tre l&#224;. Euh, c'est un livre absolument jubilatoire, c'est un livre de parti pris, c'est un livre de journaliste. Y a pas de r&#233;v&#233;lation insens&#233;e, mais il a une plume, c'est un pol&#233;miste&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, sous pr&#233;texte que le livre de Giesbert serait jubilatoire, il m&#233;riterait qu'on en parle dans une &#233;mission de divertissement. Et cela serait d'autant plus justifi&#233; que ce livre n'apprendrait rien d'important. C'est l'auteur qui va &#234;tre content...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais St&#233;phane Bern n'est pas compl&#232;tement satisfait et rassur&#233; par la r&#233;ponse de Martin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Y'a pas de quoi faire une pol&#233;mique sur le fait de l'inviter ou de pas l'inviter ? C'est pas...&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Martin : &lt;i&gt;Mais pas du tout, il essaye de d&#233;cortiquer de son point de vue l'histoire du d&#233;clin de la France, bon ben il le fait, on est d'accord ou pas d'accord, c'est tout&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce propos, digne d'une &#233;mission litt&#233;raire anim&#233;e par Franz-Olivier Giesbert, n'a plus aucun rapport avec la question initiale. L'intervention suivante, moins docile que les pr&#233;c&#233;dentes, non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Un autre chroniqueur, : &lt;i&gt;Non, la seule pol&#233;mique qu'on aurait pu faire, c'est demander &#224; Giesbert pourquoi il avait mis son bouquin en couv' de son propre canard...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Je lui ai demand&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le chroniqueur indisciplin&#233; : &lt;i&gt;... en mettant son nom aussi...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;&#231;a y est, on lui a demand&#233;, on lui a demand&#233;, absolument !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce rappel &#224; l'ordre, un troisi&#232;me chroniqueur ferme le ban par une boutade sarcastique qui dissimule &#224; peine le m&#233;pris qu'elle affecte au second degr&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane [probablement St&#233;phane Guillon] : &lt;i&gt;Si les auditeurs en disent du mal, c'est que c'est certainement un tr&#232;s bon livre !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup : &lt;i&gt;Voil&#224;, bien dit !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Merci St&#233;phane.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
[Rires d'autosatisfaction]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque l&#224;, rien que de tr&#232;s banal. Un auditeur est m&#233;content de l'invitation d'un journaliste politique, auteur d'un livre politique dans une &#233;mission de divertissement. St&#233;phane Bern et sa suite se justifient par un &#233;loge de cet invit&#233; et de son livre. Mais la lettre de l'auditeur n'est pas finie. Et en lisant la suite, Charlotte Bouteloup rompt le charme des r&#233;ponses d&#233;sinvoltes et complaisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup : &lt;i&gt;Et alors toujours concernant le choix des invit&#233;s, Fr&#233;d&#233;ric conclut : &#034; Le choix des invit&#233;s est-il vraiment libre ou y a-t-il des obligations relationnelles ...&#034;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Aucune !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup : &lt;i&gt;&#034; ... dues aux amiti&#233;s de Monsieur Bern et de Monsieur Pinault notamment ? &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute les &#171; obligations relationnelles &#187; ne d&#233;pendent pas toujours des &#171; relations personnelles &#187;. Et celles-ci ne suffisent pas &#224; expliquer l'existence d'un univers de connivences. Mais en &#233;voquant des &#171; amiti&#233;s personnelles &#187;, l'auditeur s'est livr&#233; &#224; une intrusion impardonnable pour St&#233;phane Bern qui d&#233;raille alors compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phan Bern : &lt;i&gt;Oh, &#231;a y est, alors &#231;a, c'est le complot, oui !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup [essayant de faire de l'humour] : &lt;i&gt;Vous avez des prix chez La Redoute ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Oui oui oui... c'est m&#234;me un complot jud&#233;o-ma&#231;onnique, hein. &#199;a... les gens, les gens qui &#233;crivent &#231;a sont vraiment attach&#233;s &#224; toute l'id&#233;e du complot jud&#233;o-ma&#231;onnique... heu, c'est, c'est des, des vieilles...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Une chroniqueuse qu'on n'avait pas encore entendue (mais combien sont-ils ?) : &lt;i&gt;...parano&#239;as super malsaines !&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;oui, c'est tr&#232;s malsain comme climat. On invite Giesbert parce que c'est un grand journaliste !&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La fin de la s&#233;quence, sans int&#233;r&#234;t, donne lieu &#224; un nouvel encensement du &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons : Giesbert est invit&#233; chez Bern qui est l'ami de Pinault qui est le patron de Giesbert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'interroger... Et si ces relations personnelles n'expliquent pas la pr&#233;sence de Giesbert dans une &#233;mission de divertissement, pourquoi s'emporter au point d'attribuer la question d'un auditeur &#224; une &lt;i&gt;&#171; parano&#239;a super malsaine &#187;&lt;/i&gt; ? Parce que St&#233;phane Bern serait lui-m&#234;me pers&#233;cut&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et St&#233;phane Bern de surench&#233;rir sur l'usage infamant d'un terme psychiatrique, en accusant ceux qui, &#224; l'instar de l'auditeur, lui soumettent une question indiscr&#232;te d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;attach&#233;s &#224; toute l'id&#233;e du complot jud&#233;o-ma&#231;onnique&lt;/i&gt; &#187;. En clair : d'&#234;tre des antis&#233;mites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce crachat en dit plus long que de longs discours sur les proc&#232;s en &#171; th&#233;orie du complot &#187;. Ceux-ci permettent de dissimuler les connivences qui se nourrissent de l'appartenance au m&#234;me microcosme social : une commune appartenance qui, confort&#233;e ou non par des relations personnelles, explique pourquoi, aux yeux de St&#233;phane Bern, Giesbert est forc&#233;ment un grand journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La fin de la s&#233;quence, sans int&#233;r&#234;t, donne lieu &#224; un nouvel encensement du &#171; grand journaliste &#187; Giesbert. Mais qu'on se rassure, les brosses &#224; reluire n'ont pas fini de s'activer au &#171; Fou du Roi &#187; : quelques jours plus tard, St&#233;phane Bern avait invit&#233; Bernard-Henri L&#233;vy, autre grand ami de Fran&#231;ois Pinault...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>France Inter r&#233;invente la diversit&#233;</title>
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		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe Sollers</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Le Fou du Roi&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;St&#233;phane Bern et &#034;des chroniqueurs qui feront contrepoint&#034;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-En-direct-de-Radio-France-" rel="directory"&gt;Radio France&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Philippe-Sollers-+" rel="tag"&gt;Philippe Sollers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Fou-du-Roi-+" rel="tag"&gt;&#034;Le Fou du Roi&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Acte I : St&#233;phane Bern remplace Laurence Boccolini &#224; 11h00 en semaine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;PARIS, 22 f&#233;v (AFP) - Le sp&#233;cialiste du gotha et des t&#234;tes couronn&#233;es St&#233;phane Bern va succ&#233;der &#224; Laurence Boccolini sur France Inter en semaine de 11h00 &#224; 12h45, a annonc&#233; mardi la station de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de lundi 28 f&#233;vrier &#034;Le fou du roi&#034; remplacera &#034;Rien &#224; voir&#034; sur cette tranche horaire strat&#233;gique qui cherche &#224; retrouver la notori&#233;t&#233; des ann&#233;es Laurent Ruquier, ce dernier ayant c&#233;d&#233; l'an dernier aux sir&#232;nes du secteur priv&#233; en rejoignant Europe 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France Inter a pr&#233;cis&#233; dans un communiqu&#233; que la direction de la station, &#034;en accord avec Laurence Boccolini a d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter l'&#233;mission Rien &#224; voir&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de la future &#233;mission installe M. Bern dans le r&#244;le du fou du roi entour&#233; de ses bouffons qui &#034;mettront sur la sellette leur invit&#233;&#034;, la soulign&#233; la direction de France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dipl&#244;m&#233; d'une &#233;cole de commerce, St&#233;phane Bern (36 ans) a effectu&#233; une carri&#232;re de journaliste dans diff&#233;rentes publications comme Dynasties, (le magazine des grandes familles), Jours de France puis le Figaro Madame, le Figaro Magazine et enfin le quotidien du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a aussi collabor&#233; comme chroniqueur des familles royales &#224; Europe 1, anim&#233; diff&#233;rentes productions sur TF1 et particip&#233; aux Grosses T&#234;tes, l'une des &#233;missions phares de RTL. Un site internet (&lt;a href=&#034;http://www.gotha-fr.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.gotha-fr.com&lt;/a&gt;) est d'ailleurs d&#233;di&#233; &#224; St&#233;phane Bern et ses activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Acte II : Philippe Sollers en contrepoint de St&#233;phane Bern ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans un article publi&#233; par &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; le samedi 18 - dimanche 19 mars 2000 et titr&#233; &#034; Hees au bord de la crise d'inter. Malaise autour du directeur de &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;. &#034;, Annick Peigne-Giuly relate ces propos de Jean-Luc Hees : &#034;Nous nous sommes expliqu&#233;s avec Mermet [apr&#232;s son entretien publi&#233; dans &lt;i&gt;Les Inrockuptibles&lt;/i&gt; et dans lequel il critiquait certains journalistes &#034; de bureau &#034; de France Inter] C'est &#231;a le charme d'&lt;i&gt;Inter&lt;/i&gt; : on y trouve du Mermet, du Lefort et du Bern. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste poursuit : &#034;Justement, du Bern. St&#233;phane Bern, qui en plein milieu de saison est venu remplacer Laurence Boccolini (11 heures-12 h 45 depuis le 28 f&#233;vrier), n'a pas &#233;t&#233; v&#233;cu par tous les producteurs comme un choix tr&#232;s service public. &#034;C'est un choix canular, s'&#233;tonne Hees, je ne comprends pas qu'on n'en rie pas tous en choeur. Nous avons fait une erreur avec Laurence Boccolini. Bern, lui, remonte le niveau : il est mieux que son guignol... Et puis il va &#034;s'int&#233;riser&#034;. On lui cherche des chroniqueurs qui feront contrepoint.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les pressentis : Philippe Sollers, Bertrand Poirot-Delpech, la com&#233;dienne Isabelle Carr&#233;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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