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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>De l'art de dire n'importe quoi &#224; propos d'un film</title>
		<link>https://www.acrimed.org/De-l-art-de-dire-n-importe-quoi-a-propos-d-un</link>
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		<dc:date>2003-02-10T15:38:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Vincent Glenn</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Droit de r&#233;ponse</dc:subject>
		<dc:subject>2003 - Porto Alegre-Davos</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Vincent Glenn, coauteur du film &#171; Davos, Porto Alegre, et autres batailles &#187; r&#233;pond &#224; une critique du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, d&#233;sinvolte, mais politiquement &#171; correcte &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalisme-et-critique-cinema-et-musique-" rel="directory"&gt;Journalisme et critique : cin&#233;ma et musique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Monde-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Droit-de-reponse-+" rel="tag"&gt;Droit de r&#233;ponse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-2003-Porto-Alegre-Davos-+" rel="tag"&gt;2003 - Porto Alegre-Davos&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; dat&#233; du 8 janvier 2003, paraissait un article d' Isabelle R&#233;gnier consacr&#233; au film de Vincent Glenn (co-&#233;crit avec Christopher Yggdre) : &#171; Davos, Porto Alegre, et autres batailles &#187;. Vincent Glenn r&#233;pond, dans une lettre ouverte que nous publions ici&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;avec un titre d'Acrimed.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; un exercice de critique d&#233;sinvolte, mais politiquement &#171; correcte &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Montreuil, le 8 f&#233;vrier 2003&lt;br/&gt;
A l'attention d'Isabelle R&#233;gnier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai que maintenant le temps de vous &#233;crire ces quelques lignes pour vous remercier de l'attention que vous avez su apporter &#224; notre travail (votre article &#171; &lt;strong&gt;Quand les m&#233;chants skient en Suisse, les gentils dansent au Br&#233;sil&lt;/strong&gt; &#187; publi&#233; le 8 janvier 2003). Au nom des dizaines de camarades qui nous ont permis de faire ce film, je vous transmets quelques-unes de nos impressions &#224; la lecture de votre texte. Je vais essayer de faire au plus court, mais l'exercice sera difficile car il y a peu de phrases dans votre article qui ne m&#233;ritent correctif ou d&#233;menti pur et simple. Parmi tous les articles &#233;crits &#224; l'occasion de la sortie de notre film, le v&#244;tre est de loin le plus riche en inexactitudes et le cas est suffisamment isol&#233; pour &#234;tre &#233;tudi&#233; d'un peu plus pr&#232;s. Au-del&#224; d'un &#233;l&#233;mentaire droit de r&#233;ponse, je ne serais pas f&#226;ch&#233; d'avoir quelques explications sur ce qui peut conduire quelqu'un comme vous &#224; &#233;crire sur ce film avec un &#171; &#224; peu pr&#232;s &#187; &#233;rig&#233; en m&#233;thode et une volont&#233; de nuire mal dissimul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord le titre : tr&#232;s dr&#244;le, on a beaucoup ri. Merci encore donc. Ainsi, quand les &#171; &lt;strong&gt;m&#233;chants skient &#224; Davos, les gentils dansent &#224; Porto Alegre&lt;/strong&gt; &#187;&#8230; Je me permets de vous rappeler sur ce point quelques &#233;l&#233;ments factuels. Si on passe rapidement en revue l'ensemble des intervenants de Davos, il y a dans le film : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;deux PDG, Marilyn Nelson &amp; Charles Holliday (frappant plus par leur superficialit&#233; intellectuelle que par leur m&#233;chancet&#233; ou leur &#171; paternalisme &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;Vandana Shiva (que beaucoup de ceux connaissant ses engagements s'attendaient plut&#244;t &#224; rencontrer &#224; Porto Alegre et qui ne m&#226;che pas plus ses mots sur les &#171; m&#233;faits de la mondialisation &#187; que Lula r&#233;cemment &#224; la m&#234;me tribune de Davos) &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;le syndicaliste am&#233;ricain John Sweenie, (parlant avec beaucoup de ferveur du &#171; tournant de Seattle &#187;) &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;-&lt;/i&gt;le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU, Kofi Annan (dans un discours que ne renierait pas la Ligue communiste r&#233;volutionnaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ceux-l&#224;, pendant le duplex (&#171; &lt;strong&gt;ce moment de v&#233;rit&#233; assez poignant &lt;/strong&gt; &#187;) s'ajoutent les voix du sp&#233;culateur George Soros, (qui se d&#233;clare en faveur de la taxe Tobin, et qui ne montre pas non plus de &#171; m&#233;chancet&#233; &#187; particuli&#232;re) et enfin de Marc Malloch-Brown, (du Programme des nations unies pour le d&#233;veloppement). &lt;br/&gt;
Partant de cette liste exhaustive, vous conc&#233;derez que je puisse ne pas me reconna&#238;tre pleinement dans le choix de vos termes, lorsqu'&#224; propos des intervenants du film vus &#224; Davos, vous parlez de &#171; &lt;strong&gt;m&#233;chants&lt;/strong&gt; &#187;, de &#171; &lt;strong&gt;cyniques qui dirigent le monde en affamant les pauvres &#187; ou de &#171; propos paternalistes des patrons de la plan&#232;te&lt;/strong&gt; &#187;. &lt;br/&gt;
Si vous avez regard&#233; le film jusqu'au bout, vous vous souviendrez peut-&#234;tre &#233;galement de l'&#233;vocation du &#171; patron &#233;colo &#187;, par l'&#233;conomiste Bernard Maris, qui indique assez pr&#233;cis&#233;ment combien le probl&#232;me n'est pas une question de &#171; bons et de m&#233;chants &#187;. Bernard Maris expose en particulier dans cette s&#233;quence du film que la dynamique du capitalisme - de l'&#233;nergie brute, dit-il - est tourn&#233;e vers un objectif, le profit, et que toute autre finalit&#233; lui est secondaire. Ainsi, polluer rapporte, en termes de PNB, comme le fait de d&#233;polluer (d'un point de vue capitaliste, c'est dans les deux cas une &#171; augmentation de la richesse &#187;). Ainsi, l'augmentation des crimes rapporte objectivement &#224; ceux qui investissent dans les prisons priv&#233;es, l'augmentation du nombre de malades aux industries de la pharmacie, la multiplication des guerres aux marchands d'armes etc. Etait-il impensable pour vous de relever ces quelques indices sur le capitalisme et &#171; sa nature profonde &#187; plut&#244;t que de commencer votre article en expliquant que nos pr&#233;occupations &#233;taient tout &#224; fait autres ? &lt;br/&gt;
Qu'il y ait par ailleurs sensiblement plus de musique dans le film que de &#171; &lt;strong&gt;danse&lt;/strong&gt; &#187;, c'est sans doute un d&#233;tail qui vous importe peu, puisque votre perception veut que les &#171; gentils dansent &#187;&#8230; Pourtant, non, les paysans sans terre ne dansent pas, ni les rappeurs de Sao Paulo, musiciens, dans le film, mais pas danseurs. Ni 98% des personnages du film. Mais : oui, il y a aussi beaucoup de grilles et de barbel&#233;s au Br&#233;sil, et l'esprit s&#233;curitaire qui leur est li&#233; n'a de toute &#233;vidence d'exclusivit&#233; ni avec la Suisse, ni avec les pays riches en g&#233;n&#233;ral. C'est assez clair dans le film, mais il fallait aller jusqu'&#224; la derni&#232;re image, ce que vous n'avez manifestement pas eu la patience de faire. Oui, encore, la danse a plus de droit de cit&#233; au Br&#233;sil qu'en Suisse ou ailleurs en Europe. Est-ce le probl&#232;me ? Est-ce que vraiment le film se r&#233;duit &#224; &#231;a ? Si on y regarde bien, de Bernard Maris &#224; Bernard Cassen, de la m&#232;re de la Place de mai &#224; Eduardo Galeano, les plus &#171; m&#233;chants &#187;, ceux qui expriment les attaques les plus f&#233;roces ne sont-ils pas du c&#244;t&#233; de Porto Alegre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;strong&gt;Au pr&#233;texte qu'&#224; Davos la presse &#233;tait tenue &#224; l'&#233;cart, aucun des intervenants n'a &#233;t&#233; interview&#233;&lt;/strong&gt; &#187;. Vous avez l&#224; deux expressions impropres en une ligne : o&#249; avez-vous lu ou vu que &#171; &lt;strong&gt;la presse est tenue &#224; l'&#233;cart &#224; Davos&lt;/strong&gt; &#187;. Ce n'est en tout cas pas dans le film o&#249; ne se trouve aucune assertion de cette sorte, nous y avons suffisamment fait attention. Si vous demandez une accr&#233;ditation &#224; Davos en tant que journaliste &#233;crivant pour &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, il y a des chances que vous soyez re&#231;ue sans trop de probl&#232;mes. Mettez-vous en revanche trente secondes &#224; la place de nos deux complices (&#224; la cam&#233;ra et au micro) qui, &#224; Davos, n'auront pas eu la plus petite chance de rencontrer un seul des &#171; global leaders &#187; (malgr&#233; les d&#233;marches que nous avions entreprises plusieurs mois auparavant), et vous comprendrez que nous n'avons pas cherch&#233; de &#171; &lt;strong&gt;pr&#233;texte&lt;/strong&gt; &#187;. En r&#233;alit&#233;, nous avons subi une distance qui nous &#233;tait impos&#233;e par des gens pour qui nous n'&#233;tions tout simplement pas assez importants. Mais la roue tourne et pour que vous ne vous m&#233;preniez pas une autre fois sur nos intentions, sachez que nous sommes depuis quelque temps en discussion avec le nouveau directeur de la communication de Davos, qui a vu le film et jug&#233; bon de nous rencontrer dans la perspective d'un travail documentaire de fond sur le Forum &#233;conomique mondial. Vous voyez que tout arrive et que nous arrivons finalement &#224; parler avec ceux qu'une journaliste du Monde appelle &#171; &lt;strong&gt;les m&#233;chants&lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;strong&gt;A Porto Alegre, tout est ouvert, il fait beau, les gens marchent pieds nus, interview&#233;s dans l'herbe ou attabl&#233;s dans une buvette, les intervenants, sympathiques, tiennent des discours humanistes&lt;/strong&gt; &#187;. Essayons de voir, au-del&#224; du m&#233;pris qui circule sous l'&#233;vocation des &#171; pieds nus &#187;, ces &#171; gentils &#187;, un peu sous-d&#233;velopp&#233;s mais sympas... Une petite fille film&#233;e sur la plage &#233;tait effectivement pieds nus, comme vous et moi l'aurions &#233;t&#233; probablement &#224; cet endroit. Avez-vous vraiment vu d'autres &#171; pieds nus &#187; dans le film ? Quant aux &#171; interview&#233;s dans l'herbe &#187;, avez-vous chang&#233; de canal sur votre t&#233;l&#233;viseur en cours de projection ? Pas une fois cette situation n'a &#233;t&#233; ne serait-ce que film&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est s&#251;r, c'est que votre imaginaire a projet&#233; tout cela, et que vous avez transform&#233; quelques faits r&#233;els plus ou moins anodins en clich&#233;s suffisamment grossis par vos soins pour devenir des actes signal&#233;s de na&#239;vet&#233; confondante de notre part : le fond vert donn&#233; &#224; l'&#233;cran par les plantations de l'universit&#233; de Porto Alegre donnera dans votre r&#233;tine, des intervenants &#171; interview&#233;s dans l'herbe &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, est-ce vraiment nous, Isabelle R&#233;gnier, qui simplifions le r&#233;el jusqu'&#224; le r&#233;duire en &#171; clich&#233;s &#187; ? Nous qui suivons de pr&#232;s les mouvements sociaux et &#233;cologistes internationaux depuis des ann&#233;es, qui passons 18 mois &#224; r&#233;aliser un film d'une heure trente avec un financement d&#233;risoire, puis plus d'un an pour le voir finalement sortir en salle, et d&#233;sormais en route pour des d&#233;bats organis&#233;s dans plus de soixante villes en France avec des universitaires, des syndicalistes, des journalistes, des militants&#8230; ? Ou les quelques lignes vite et mal &#233;crites sur un film que vous avez vite et mal vu, et encore moins &lt;i&gt;&#233;cout&#233;&lt;/i&gt; ? Je reconnais que rien sur les difficult&#233;s li&#233;es &#224; notre d&#233;marche n'avait besoin d'&#234;tre relev&#233; en face du &#171; manque de talent &#187; &#233;crasant que vos phrases pr&#233;f&#233;raient mettre en &#233;vidence. Mais vous vient-il &#224; l'esprit, parfois, que dans votre position, la livraison de vos jugements et impressions suppose quelque exigence de vocabulaire ? Ne croyez-vous pas qu'un semblant d'exigence devrait plus particuli&#232;rement s'imposer lorsque, comme vous, on participe doctement &#224; des d&#233;bats s'interrogeant sur les &#171; &lt;i&gt;prescripteurs &#187; qui guident aujourd'hui les cin&#233;philes et contribuent &#224; l'acc&#232;s de nouveaux territoires cin&#233;philes &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais continuons de relire vos termes : &#171; &lt;strong&gt;Un footballeur finance une &#233;cole pour &#233;l&#232;ves d&#233;favoris&#233;s, qu'&#224; cela ne tienne, on l'accompagne pour constater les bienfaits de son action&lt;/strong&gt; &#187;. Premi&#232;rement, &#171; un footballeur &#187; s'appelle Ra&#239;. Je le confesse, je ne suis pas un grand amateur de football. Mais je connaissais Ra&#239;, parce que, comme Zidane, c'est une star mondiale. Champion du monde avec l'&#233;quipe du Br&#233;sil en 1994, il a &#233;t&#233; aussi capitaine de l'&#233;quipe du Paris-St Germain pendant des ann&#233;es. &lt;br/&gt;
Partant de l&#224;, ce que vous exprimez sur le ton de quelqu'un qui n'en peut plus de &#171; tous ces bons sentiments &#187;, c'&#233;tait plut&#244;t, dans notre cas, une assez forte surprise : un joueur de foot, consid&#233;r&#233; comme un demi-Dieu dans son pays, multimillionnaire, qui vient au Forum social mondial, parle de politique et de son propre pouvoir... Oui, j'avoue que je reste frapp&#233; par les positions de ce footballeur-l&#224; ! Mais je r&#233;alise aussi que de votre point de vue, &#231;a doit &#234;tre terriblement lassant de voir ces sportifs prestigieux qui passent tant de temps &#224; vouloir aider les pauvres. De voir tous ces gamins qui retrouvent le sourire apr&#232;s avoir &#233;t&#233; dans des conditions d'abandon et de mis&#232;re absolues. P&#233;nibles, ces bons sentiments qui suintent de partout... Qui de plus, ne prouvent rien. C'est vrai, qu'est-ce que &#231;a prouve des m&#244;mes qui rigolent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai, dites-vous, &#171; &lt;strong&gt;envoy&#233; &lt;/strong&gt; &#187; deux &#233;quipes. Prenez-le temps de lire le dossier de presse et nous nous entendrons peut-&#234;tre pour dire que les choses ne se sont pas du tout pass&#233;es comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;strong&gt;Opposition facile entre le chaud et le froid &lt;/strong&gt; &#187;. D&#233;sol&#233;, nous n'avons pas d&#233;cid&#233; des d&#233;tails du d&#233;cor, encore moins du climat. Souvenez-vous, il s'agit d'un film tourn&#233; au moment o&#249; l'hiver &#233;tait bien au-dessus de Davos, c'est-&#224;-dire au moment o&#249; l'&#233;t&#233; &#233;tait d&#233;j&#224; bien install&#233; &#224; Porto Alegre. Si froideur humaine il y avait sans doute (la fa&#231;on avec laquelle nous avons &#233;t&#233; accueillis &#224; Davos en aurait refroidi plus d'un), on ne peut tout de m&#234;me pas reprocher aux Suisses qu'il fasse froid l'hiver, et nous n'avons de toute &#233;vidence pas cherch&#233; &#224; souligner cela. Seulement, les faits sont comme vous savez t&#234;tus, et il y avait bel et bien de la neige &#224; Davos. L&#224; encore, avec une assez nette volont&#233; de nuire, il ne restait plus qu'&#224; produire le clich&#233;, et &#224; le mettre en rayon &#224; la page cin&#233;ma du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;strong&gt;Le titre annon&#231;ait un programme dense. On esp&#233;rait une version 2002 de &#171; I love dollar &#187;, ce film o&#249; Johan van der Keuken interviewait longuement, au milieu des ann&#233;es 80, les principaux centres financiers du globe.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le hiatus entre votre texte et ce que nous avons souhait&#233; faire est d'abord votre &lt;i&gt;impasse absolue sur nos propres intentions&lt;/i&gt;. Aucun int&#233;r&#234;t semble-t-il &#224; mesurer le rapport entre nos objectifs et le r&#233;sultat&#8230; Non, ch&#232;re madame, nous ne voulions pas faire &#171; &lt;strong&gt; une version 2002 de I love dollar&lt;/strong&gt; &#187; malgr&#233; mon immense respect pour le regrett&#233; Johan van der Keuken. Vous nous jugez par rapport aux attentes que vous vous faisiez &#224; partir du titre de notre film et ces attentes, nous les avons d&#233;&#231;ues. &#199;a commen&#231;ait mal. Un peu comme si, travaillant &#224; l'ex&#233;g&#232;se d'un de vos textes, je commen&#231;ais par dire, &#171; je croyais d&#233;couvrir une version 2003 du &lt;i&gt;J'accuse&lt;/i&gt; de Zola, mais ce n'est qu'Isabelle R&#233;gnier ! &#187; Les intentions, le contexte, les d&#233;marches qui ont progressivement provoqu&#233; la r&#233;alisation de ce film ne vous int&#233;ressent pas ? Qu'&#224; cela ne tienne, comme vous dites, c'est m&#234;me de bonne guerre, puisque cela revenait, sur le fond et la forme, &#224; contester le - non - travail de gens comme vous. Mais alors dites-le ! Dites : &#171; tout cela ne m'int&#233;resse pas, j'en parle seulement parce que la pige est tomb&#233;e sur moi, mais je n'y connais &#224; peu pr&#232;s rien, et de toutes fa&#231;ons, je n'ai pas le temps, je n'ai m&#234;me pas pu me lib&#233;rer pour aller aux projections de presse &#187;. (Entre parenth&#232;ses, vous auriez ainsi respect&#233; le travail de l'attach&#233;e de presse et de ceux qui d&#233;pensent leurs maigres subsides pour les organiser)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des questions de fond, vous concernant, est : Comment pouvez-vous parler avec autant de suffisance de sujets et de gens dont vous connaissez si peu de choses ? &lt;br/&gt;
Dans notre cas, si nous faisons des films, si nous &#233;crivons des textes, c'est peut-&#234;tre d'abord parce que nous pensons qu'il y a des gens, beaucoup, qui restent dou&#233;s de curiosit&#233;, et qu'il y a lieu de provoquer, partout o&#249; c'est possible l'acte de r&#233;fl&#233;chir ensemble. Avec des spectateurs comme vous, on est dans la position du cuisinier qui se r&#233;jouit de mettre en app&#233;tit ses convives avec son go&#251;t pour les saveurs, et qui voit soudain arriver chez lui un individu ballonn&#233;, vomissant bient&#244;t son trop-plein au milieu du repas. Ce qui d&#233;range profond&#233;ment, &#224; la lecture de vos consid&#233;rations, c'est le nombre d'inexactitudes. C'est plus encore de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale le ton, ce ton &#233;pouvantable des gens gav&#233;s, aupr&#232;s de qui l'utopie d'une r&#233;flexion partag&#233;e semble frapp&#233;e de la plus haute ringardise. &lt;br/&gt;
Car de quoi s'agissait-il Isabelle R&#233;gnier, en janvier 2001 ? D'un moment international o&#249; s'&#233;chafaudait l'utopie d'un &#034;nous&#034;, d'une pens&#233;e commune, &#224; d&#233;battre, &#224; d&#233;lib&#233;rer ; d'actions communes, &#224; d&#233;battre et &#224; enclencher. Dans ce contexte, notre film n'aura &#233;t&#233; qu'une de ces actions, un des relais effectu&#233;s, ici, &#224; notre petit niveau. Un film certes tourn&#233; avec les moyens du bord, mais n'en subissant &#224; nos yeux rien de forc&#233;ment disqualifiant. Nous avons &#233;t&#233;, et nous restons anim&#233;s non pas par le d&#233;sir de nous associer &#224; une autre &#171; pens&#233;e unique &#187; mais par le besoin de partager, progressivement avec le plus grand nombre, les &#233;l&#233;ments constitutifs d'un minimum de &lt;i&gt;pens&#233;e commune&lt;/i&gt;. Ce film n'&#233;tait qu'une des tr&#232;s nombreuses aspirations &#224; faire circuler les connaissances et les analyses politiques du monde non plus seulement par des gens qui n'ont pas le temps, ni par des gens qui sont les employ&#233;s d&#233;vou&#233;s de ceux par qui, selon nous, les choses vont aussi mal : les Dassault, Lagard&#232;re, Bouygues et autres Berlusconi... Je ne peux pas vous dire s'ils sont personnellement gentils ou m&#233;chants, mais ce sont assez clairement dans notre cas, des ennemis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous parlez de &#171; &lt;strong&gt;nature profonde du capitalisme&lt;/strong&gt; &#187; sans sembler r&#233;aliser que votre propre fa&#231;on de travailler en est un des nombreux sympt&#244;mes : sympt&#244;me, par exemple, lorsque des gens comme nous, attach&#233;s depuis des ann&#233;es &#224; des pratiques &lt;i&gt;d'artisans&lt;/i&gt;, sont soumis &#224; l'influence assassine de gens comme vous, avec toutes les cons&#233;quences sur la sortie du film en salle que suppose un article aussi mensonger dans un journal comme &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;. Vous &#234;tes dans la n&#233;gation m&#234;me de notre travail : ce que vous niez, c 'est autant l'existence des questions de fond pr&#233;sentes dans le film - sur l'&#233;ducation, le capitalisme, les m&#233;dias, les mouvements sociaux&#8230;- que les pratiques dont le film proc&#232;de. R&#233;&#233;coutez les questions soulev&#233;es dans le film, ne seraient-ce que celles port&#233;es par l'extraordinaire Eduardo Galeano, et nous parlerons peut-&#234;tre d'autres choses ensemble que de gens &#171; sympathiques attabl&#233;s dans une buvette tenant des discours humanistes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vos questions valent toutes d'&#234;tre reprises : si &#171; &lt;strong&gt;un combat est possible&lt;/strong&gt; &#187; ? Voil&#224; la question type de celle qui a beaucoup de chance de ne gu&#232;re y prendre part, sinon pour renforcer l'ordre dominant aussi longtemps que possible. Que faut-il faire, si vous n'avez donc toujours pas vu ni entendu les millions de combats possibles ? A Seattle, Millau, Washington, G&#232;nes, Porto Alegre, dans des centaines d'autres villes et campagnes depuis des ann&#233;es, que ce soit par la voix des ch&#244;meurs lors des marches europ&#233;ennes, ou par celles des paysans-sans-terre qui n'en sont pas &#224; leurs premi&#232;res batailles, ni &#224; leurs premi&#232;res victoires. Sans parler des combats dans le champ de la sant&#233; (les maladies qui tuent le plus &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire &#233;tant b&#233;nignes sous nos latitudes), de l'&#233;ducation, de la dette des pays pauvres, du d&#233;sarmement&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a aussi tous les combats que nous aurons &#224; mener contre des gens comme vous, qui sont &#224; l'exigence critique ce que le Reader digest est &#224; l'encyclop&#233;die. Mais cela ne vous interdira peut-&#234;tre pas de vous r&#233;veiller : r&#233;alisez-vous, par exemple, que ceux que vous appelez encore les &#171; antimondialistes &#187; ne se reconnaissent pas dans ce nom de bapt&#234;me que seuls les moins attentifs des journalistes continuent d'utiliser ? Le mouvement est &lt;i&gt;internationaliste&lt;/i&gt;, pas &#171; anti-mondialiste &#187;. &lt;br/&gt;
&#171; &lt;strong&gt;Qu'est-ce qui les rend si m&#233;chants&lt;/strong&gt; &#187; ? (sic) &#171; &lt;strong&gt;Comment fonctionne le monde actuel&lt;/strong&gt; &#187; ? (re-sic) D&#233;sol&#233;, ces questions-l&#224;, je vous les laisse tant elles me paraissent typiques de qui fait semblant de s'interroger sur la possibilit&#233; de changer les choses. Au fait, Lula, pr&#233;sent &#224; Porto Alegre et &#224; Davos est-il un gentil ou un m&#233;chant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, votre fin. Notre film aurait manifestement d&#251; &#171; apporter des r&#233;ponses &#187;. Je suis surpris par les extraordinaires capacit&#233;s que vous avez soudain eu l'air de nous accorder&#8230; Avez-vous d&#233;j&#224; vu un film qui, dans le champ politique, &#171; apportait des r&#233;ponses &#187; ? Des faits, des indices, des chiffres, des traces, des informations, des mensonges r&#233;v&#233;l&#233;s, des explications, des histoires, certes, mais des &#171; r&#233;ponses &#187;&#8230; ? Pendant la deuxi&#232;me guerre mondiale, sans doute, comme &#224; certaines heures sovi&#233;tiques, certains films devaient apporter des r&#233;ponses. Telles n'&#233;taient pas nos intentions. Ainsi vous attendiez des r&#233;ponses alors que nous nous &#233;vertuons &lt;i&gt;&#224; chercher les bonnes questions&lt;/i&gt;. &lt;br/&gt;
Oui, un film peut soulever des questions, et en les portant au regard d'un grand nombre de gens, susciter ou accompagner des r&#233;flexions collectives. Et pour preuve, m&#234;me quelqu'un comme vous, qui &#233;crasez nos images par vos propres clich&#233;s, vous r&#233;ussissez tout de m&#234;me &#224; r&#233;aliser qu' &#171; &lt;strong&gt;en 2001 les riches ont pris conscience qu'il devenait politiquement suicidaire de nier certains m&#233;faits de la mondialisation &lt;/strong&gt; &#187;. Comme cette phrase a l'air d'&#234;tre une sorte de &#171; commentaire personnel &#187; sur ce que le film donne &#224; voir, dites-vous bien que, m&#234;me avec vous, nous n'aurons pas l'impression d'avoir tout perdu. Mais la d&#233;duction que vous en faites : &#171; &lt;strong&gt;Davos a donc organis&#233; une rencontre en duplex&lt;/strong&gt; &#187; est en revanche extraordinaire. Elle montre que vous avez d&#251; r&#233;pondre au t&#233;l&#233;phone ou faire autre chose une autre fois pendant la projection. Ce duplex &#233;tait organis&#233; par l'agence de presse audiovisuelle Article Z, une agence ind&#233;pendante qui n'avait rien &#224; voir avec Davos. Regardez une fois le film en entier, et sans doute cela deviendra plus clair. Vous y apprendrez par la bouche de Marc Malloch-Brown, que les organisateurs de Davos, ayant refus&#233; d'&#234;tre officiellement repr&#233;sent&#233;s lors de ce duplex, ne pouvaient pas en &#234;tre les initiateurs comme votre article le laisse croire. L&#224; encore, tr&#232;s peu de v&#233;rification vous aurait permis de ne pas dire n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, merci d'avoir invit&#233; aussi chaleureusement les lecteurs du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#224; aller voir notre film. Je sais bien que ce n'est pas votre r&#244;le que de faire des &#171; gentils articles &#187; et encore moins de faire de la publicit&#233; pour des films, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; s'ils vous semblent maladroits ou franchement mauvais. Mais de mieux travailler, si !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas tr&#232;s respectueusement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent Glenn&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Copies &#224; Jean-Michel Frodon, Jacques Mandelbaum, Jean-Marie Colombani, Jean-Michel Dumay.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;avec un titre d'Acrimed.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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