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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Pour une critique de l'&#233;dition dominante</title>
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		<dc:date>2010-06-16T21:37:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Schwartz</dc:creator>


		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Le groupe Lagard&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Critique litt&#233;raire</dc:subject>
		<dc:subject>Florence Aubenas</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Parce que le livre est un m&#233;dia, son &#233;dition ne peut pas &#233;chapper &#224; la critique des m&#233;dias....&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Florence-Aubenas-+" rel="tag"&gt;Florence Aubenas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce que le livre est un m&#233;dia, il ne peut pas &#233;chapper &#224; la critique des m&#233;dias. Son industrie est concern&#233;e par des probl&#233;matiques similaires &#224; celles de la presse &#233;crite ou de la t&#233;l&#233;vision : exigence de rentabilit&#233; et de rapidit&#233;. Etouff&#233;e par un puissant oligopole qui fabrique, diffuse et promeut une grande partie des livres, l'&#233;dition alternative doit se retrousser les manches pour survivre. Nous reproduisons ci-dessous l'intervention d'Antoine Schwartz lors du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3373.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jeudi d'Acrimed&lt;/a&gt; du 27 mai 2010 consacr&#233; &#224; ce sujet. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1999, l'&#233;diteur franco-am&#233;ricain Andr&#233; Schiffrin publiait un ouvrage au titre &#233;quivoque (et fort bien trouv&#233;) : &lt;i&gt;L'&#233;dition sans &#233;diteurs&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En r&#233;alit&#233;, ce titre reprenait celui d'un article de J&#233;rome Lindon dans Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (La Fabrique). Il y racontait la mani&#232;re dont la maison &#224; laquelle il appartenait, Pantheon Books, s'&#233;tait fait racheter par des g&#233;ants du secteur. R&#233;put&#233;e pour son catalogue exigeant, elle avait alors subi une restructuration drastique au point que Schiffrin d&#233;cide de la quitter pour fonder sa propre boutique, ind&#233;pendante et engag&#233;e, The New Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, Pierre Bourdieu publiait dans la revue scientifique, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, un article intitul&#233; &#171; R&#233;volution conservatrice dans l'&#233;dition &#187; (n&#176;126-127, ann&#233;e 1999). Le sociologue y d&#233;crivait le secteur de l'&#233;dition comme un espace autonome organis&#233; selon des logiques &#224; la fois &#233;conomiques et symboliques : tout oppose, par exemple, la grande maison d'&#233;dition commerciale qui privil&#233;gie les best-sellers am&#233;ricains au petit &#233;diteur qui met un point d'honneur &#224; publier des &#233;crivains difficile d'acc&#232;s, et &#224; la diffusion restreinte. Bourdieu soulignait en conclusion l'emprise croissante des logiques &#233;conomiques sur le secteur, et le risque pour l'&#233;dition fran&#231;aise de subir une normalisation men&#233;e au nom des diktats de la rentabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits donnaient raison &#224; ces inqui&#233;tudes. Un processus de concentration &#233;tait &#224; l'&#339;uvre : en 2004, il devait prendre un tour spectaculaire avec, d'une part le rachat du Seuil par La Martini&#232;re, et d'autre part celui de la majeure partie du g&#233;ant de l'&#233;dition, Editis, propri&#233;t&#233; de Vivendi, par Wendel Investissement. Tout un symbole : Wendel Investissement &#233;tait en effet, non pas un groupe d'&#233;dition, mais un holding financier &#8211; &#224; ce titre peu pr&#233;occup&#233; de po&#233;sie &#8211;, qui plus est dirig&#233; par une personnalit&#233; bien connue, le baron Ernest Antoine Seilli&#232;re, alors pr&#233;sident du MEDEF (Mouvement des entreprises de France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il aujourd'hui ?&lt;i&gt; &#171; La situation actuelle est bien pire que ce que je d&#233;peignais&lt;/i&gt; [il y a dix ans], &lt;i&gt;pire que ce &#224; quoi je m'attendais &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit Schiffrin en ouverture de son nouvel ouvrage &lt;i&gt;L'argent et les mots&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Schiffrin, L'argent et les mots, Paris, La Fabrique, 2010, p.9.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le diagnostic critique formul&#233; &#224; l'&#233;poque par cet auteur (et d'autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. en particulier l'ouvrage de Janine et Greg Br&#233;mond, L'&#233;dition sous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) conserverait, &#224; l'entendre, toute son actualit&#233;. On se propose donc d'y revenir, bri&#232;vement, en quatre points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;tau de la rentabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier probl&#232;me se trouve &#234;tre, bien s&#251;r, celui de la concentration, qui soumet des pans entiers du secteur &#224; des grandes multinationales qui, pour certaines, contr&#244;lent toute la cha&#238;ne du livre, depuis sa conception jusqu'&#224; sa distribution dans les points de vente. Aujourd'hui, en France, deux mastodontes dominent le secteur. Le premier est Hachette Livre, qui appartient au groupe Lagard&#232;re. Avec un chiffre d'affaire de 2 159 millions d'euros en 2008 (et pr&#232;s de 20% de part de march&#233;), il est le premier &#233;diteur fran&#231;ais et le 2e groupe d'&#233;dition au niveau mondial. Il poss&#232;de des dizaines de &#171; marques &#187; &#8211; selon l'expression des gestionnaires &#8211; telles Armand Colin, Calmann-L&#233;vy, Stock, Fayard, Grasset, Hachette, Hatier, Latt&#232;s, Larousse, etc. Le deuxi&#232;me g&#233;ant est Editis, achet&#233; 650 millions d'euros par Wendel Investissement et revendu pour plus d'un milliard &#224; Planeta, une entreprise espagnole &#8211; une op&#233;ration dont le b&#233;n&#233;fice fait figure de record en la mati&#232;re. Editis comprend, entre autres, La D&#233;couverte, Le Cherche-midi, Perrin, Plon, Robert Laffont, XO, Nathan, etc. D'autres groupes (un peu) moins puissants p&#232;sent &#233;galement de tout leur poids, tels Albin Michel, Flammarion (RSC Mediagroup), Gallimard, France Loisirs (Bertelsmann), La Martini&#232;re et M&#233;dias-participation. Aux marges de l'oligopole, les petites et moyennes maisons d'&#233;ditions se comptent en revanche par centaines, et m&#234;me par milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette concentration traduit en fait quelque chose de plus profond : l'emprise croissante de la logique financi&#232;re sur le secteur. C'est le deuxi&#232;me point. Ce n'est pas que les &#233;diteurs rechignaient par le pass&#233; &#224; faire du profit &#8211; publier des livres est un commerce, et aucun &#233;diteur ne saurait se soustraire &#224; ces contraintes, sous peine de p&#233;ricliter. Mais en exigeant des taux de rentabilit&#233; toujours plus &#233;lev&#233;s, on a boulevers&#233; insensiblement toute l'&#233;conomie du secteur. &lt;i&gt;&#171; Pendant tout le XIXe si&#232;cle et l'essentiel du XXe si&#232;cle, le b&#233;n&#233;fice moyen des maisons d'&#233;dition en Europe et aux &#201;tats-Unis se situait autour de 3-4% par an &#187;&lt;/i&gt; indique Schiffrin, qui pr&#233;cise que &lt;i&gt;&#171; ce rendement paraissait tout &#224; fait normal&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Schiffrin, L'argent et les mots, op. cit., p.17.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Dans les grands groupes, on peut exiger d&#233;sormais des taux s'&#233;levant &#224; 10, 15, voir 25 %. Or, quand la logique de la rentabilit&#233; prime, toute une s&#233;rie de livres exigeants, qui se vendent peu et n&#233;cessitent du temps pour trouver leur public, deviennent probl&#233;matiques. La course au best-seller imprime ses marques, celle du temps court et du succ&#232;s commercial &#8211; contrairement au temps long des livres qui se vendent moins mais fondent un catalogue digne de ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette observation ne signifie aucunement que les grandes maisons ne publient que des livres de pi&#232;tre int&#233;r&#234;t ou de grande consommation. Quiconque, par exemple, appr&#233;cie les ouvrages de sciences humaines et sociales, n'ignore certainement pas que Fayard (qui appartient &#224; Lagard&#232;re) ou La D&#233;couverte (propri&#233;t&#233; d'Editis), en publient d'excellents dans ces domaines &#8211; y compris des ouvrages engag&#233;s &#224; gauche. Simplement, de fait, l'audace en mati&#232;re de cr&#233;ation litt&#233;raire, et la critique sociale en mati&#232;re de politique, se situent essentiellement du c&#244;t&#233; des petits &#233;diteurs ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des &#171; documents choc &#187; vite oubli&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me point : qui dit logique commerciale dit aussi ing&#233;rence des logiques de marketing pour d&#233;multiplier les ventes. On observe ainsi, de mani&#232;re croissante, une profusion de livres qui sont (plus ou moins) con&#231;us &#224; la va-vite, pens&#233;s comme des coups marketings, et promus comme tels dans les grands m&#233;dias. Les auteurs de romans de gare &#224; succ&#232;s (type Dan Brown ou Marc L&#233;vy) ne sont pas seuls en cause. Il faut aussi avoir &#224; l'esprit tous ces essais (g&#233;n&#233;ralement inconsistants) publi&#233;s par des &#233;ditorialistes ou des intellectuels m&#233;diatiques, syst&#233;matiquement pr&#233;sent&#233;s dans la grande presse comme des chefs d'&#339;uvre de la pens&#233;e. Ce n'est pas un hasard si parmi les secteurs tr&#232;s lucratifs figure celui du &#171; document d'actualit&#233; &#187;, dont le succ&#232;s repose souvent sur du sensationnel : de 1990 &#224; 2005, son chiffre d'affaire a augment&#233; de 124 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Martine Prosper, Edition, l'envers du d&#233;cor, Paris, Lignes, 2009, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Depuis l'&#233;lection de Nicolas Sarkozy, et la profusion de livres le concernant, tout laisse &#224; penser que le ph&#233;nom&#232;ne s'est poursuivi, et m&#234;me amplifi&#233;. C'est aujourd'hui le genre de livre qui recouvre les &#233;talages des libraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la promotion marketing fait vendre et rapporte gros. Un exemple, celui l'ouvrage de Florence Aubenas, intitul&#233; &lt;i&gt;le Quai de Ouistreham&lt;/i&gt; (&#233;ditions de l'Olivier), dans lequel la journaliste raconte son exp&#233;dition de Paris &#224; Caen, des quartiers cossus de la capitale au monde des travailleurs pr&#233;caires &#8211; une intr&#233;pidit&#233; que le gratin du journalisme parisien a jug&#233;e digne des reportages d'Albert Londres ou de Joseph Kessel&#8230; en oubliant cependant que l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, une jeune journaliste avait d&#233;j&#224; men&#233; une enqu&#234;te de ce type, dans des conditions tr&#232;s semblables, sans que le milieu ne s'en &#233;meuve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elsa Fayner, Et pourtant je me suis lev&#233;e t&#244;t&#8230; Une immersion dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il est vrai que tous les ouvrages ne b&#233;n&#233;ficient pas, comme le document choc d'Aubenas, d'un plan de lancement aussi soign&#233; : tandis que &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, o&#249; officie la journaliste, y consacre sa Une et en a publi&#233; les bonnes feuilles, les autres r&#233;dactions, afin de cr&#233;er la surprise, ne re&#231;oivent le livre que quelques jours avant sa parution ; campagne de promotion oblige, Aubenas se lance ensuite dans une tourn&#233;e fr&#233;n&#233;tique, multipliant les interviews dans les journaux, la t&#233;l&#233;vision et la radio&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article d'Acrimed : &#171; La m&#233;diatisation de l'enqu&#234;te de Florence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. R&#233;sultat, &#224; peine sorti, le livre se trouve propuls&#233; en t&#234;te des meilleures ventes. Deux mois apr&#232;s sa sortie, les ventes atteignent 120 000 exemplaires (&lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, 12 avril 2010) &#8211; un chiffre certainement sup&#233;rieur &#224; la diffusion du fameux &lt;i&gt;Quai de Wigan&lt;/i&gt; de George Orwell, auquel le titre de l'ouvrage de Aubenas fait (malheureusement) r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons, en passant, qu'il arrive (certes rarement !) que la promotion m&#233;diatique &#233;choue : &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; r&#233;v&#233;lait ainsi que Bernard-Henri L&#233;vy, malgr&#233; une campagne m&#233;diatique proprement ph&#233;nom&#233;nale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article d'Acrimed : Le lynchage m&#233;diatique de Bernard-Henri L&#233;vy : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'avait vendu &#171; que &#187; 3 700 exemplaires de ses Pi&#232;ces d'identit&#233;s (Grasset), et 5 000 exemplaires de sa Guerre en philosophie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ils r&#234;vaient d'un best-seller&#8230; &#187;, Le Parisien, 12 avril 2010.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Grasset) &#8211; un ouvrage pourtant m&#233;morable en ce qu'il &#233;voque un philosophe, M. Botul&#8230; qui n'existe pas. Pour &#171; BHL &#187;, c'est peu de dire que de tels chiffres sonnent comme une d&#233;confiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier point concerne la distribution et la diffusion des livres. En ces domaines &#233;galement, la concentration a imprim&#233; sa marque puisque le 1er distributeur n'est autre que Hachette-Livre, le 1er &#233;diteur &#8211; son Centre de Distribution du livre &#224; Maurepas verrait passer chaque ann&#233;es plus 180 millions de volumes &#224; destination de 20 000 points de vente. S'agissant des ces points de vente, on estime, en ordre de grandeur, que 80% du chiffre d'affaire est r&#233;alis&#233; par seulement 20 % des librairies. Si le prix unique du livre constitue un garde-fou essentiel, il n'en reste pas moins que la sant&#233; financi&#232;re des librairies ind&#233;pendantes &#8211; auquel le sort de la petite &#233;dition est intimement li&#233; &#8211; apparait tr&#232;s fragile, tant la concurrence avec les grandes enseignes et internet (la librairie Amazon notamment) s'av&#232;re rude. D'autant qu'une incertitude r&#233;elle r&#232;gne quant aux effets de la r&#233;volution num&#233;rique sur le commerce de livre, qu'il s'agisse de l'introduction des liseuses num&#233;riques ou des vis&#233;es gargantuesques de Google&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le cas Google, lire Robert Darnton, &#171; La biblioth&#232;que universelle, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, au-del&#224; des sp&#233;culations sur le futur, il est un effet imm&#233;diat, tr&#232;s visible et particuli&#232;rement n&#233;faste, caus&#233; par les transformations &#233;conomiques : la surproduction de livres, qui enrichit les distributeurs et permet aux grands &#233;diteurs d'asseoir leur pr&#233;sence sur le march&#233; et les chances de succ&#232;s. En 2009, sont parues 63 000 nouveaut&#233;s et r&#233;&#233;ditions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s le Centre national du Livre.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cinq ann&#233;es auparavant, en 2004, c'&#233;tait environ 10 000 titres de moins &#8211; dix ans avant, 25 000 de moins ! Cela implique concr&#232;tement que tous les livres ne peuvent figurer sur les &#233;talages des librairies et qu'il existe une rotation tr&#232;s importante diminuant d'autant les chances pour le livre de trouver son public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle audience pour les &#233;diteurs engag&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que retenir de ces quatre points ? Essentiellement que le renforcement g&#233;n&#233;ral des logiques commerciales dans le milieu de l'&#233;dition exerce des effets puissants, &#224; la fois sur les types de livres susceptibles d'&#234;tre publi&#233;s et sur les types de livre qui ont une chance de trouver un large public. Le probl&#232;me se pose tout particuli&#232;rement pour les ouvrages publi&#233;s par les maisons d'&#233;ditions engag&#233;es. Les id&#233;es dissidentes, on le sait, sont structurellement marginalis&#233;es dans le d&#233;bat politique ; leurs chances de se faire conna&#238;tre d'une large audience et de peser dans le d&#233;bat public sont relativement minces. C'est peu dire, par exemple, que les livres contestataires sont &#224; peu pr&#232;s invisibles dans l'espace m&#233;diatique dominant ; ou qu'ils subissent les censures insensibles du syst&#232;me de distribution des livres, avec la surproduction et la rotation rapide qui le caract&#233;risent. Au mieux, ces ouvrages sont emport&#233;s, pour ne pas dire noy&#233;s, dans le grand flux des nouveaut&#233;s, des livres de bric-et-de broc qui alimentent la grande chaudi&#232;re de la surconsommation m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, il importe toujours de rappeler, comme le fait Andr&#233; Schiffrin au d&#233;but de L'&#233;dition sans &#233;diteurs, &#171; &lt;i&gt; qu'il n'a pas toujours &#233;t&#233; admis que le grand public ne souhaite que du divertissement &#187;&lt;/i&gt; &#8211; qui plus est, du mauvais divertissement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Schiffrin, op. cit., p.7.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De nombreuses exp&#233;riences historiques t&#233;moignent que rien n'oblige les marchands de culture &#8211; hormis la recherche inconsid&#233;r&#233;e du profit &#8211; &#224; concevoir les livres exigeants et porteurs de critique sociale au seul b&#233;n&#233;fice des classes favoris&#233;es. Schiffrin cite, entre autres, les exemples de Penguin Books, dont l'ambition, &#224; ses d&#233;buts, &#233;tait d'offrir &#224; un public populaire &#224; la fois savoir et d&#233;lassement, ou du Left Book Club &#8211; qui avait publi&#233; en son temps The Road to Wigan Peer, de George Orwell, d&#233;j&#224; mentionn&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; [...] le Left Book Club mettait &#224; la disposition d'un vaste public une ph&#233;nom&#233;nale quantit&#233; de travaux et d'&#233;tudes importante. Sous leur marque parurent les livres d'Edgar Snow sur la r&#233;volution chinoise et les principaux textes analysant la mont&#233;e du nazisme et l'imminence du conflit en Europe. Ces livres qui se vendaient par dizaines de milliers d'exemplaires, &#224; des prix comparables &#224; ceux de Penguin, ont contribu&#233; &#224; cr&#233;er une opinion publique de gauche extr&#234;mement bien inform&#233;e. Il est int&#233;ressant de noter que les livres du m&#234;me type publi&#233;s aujourd'hui sortent de presses universitaires avec des tirages minuscules et des prix prohibitifs, sous le pr&#233;texte qu'il n'y a pas de public pour ce genre d'ouvrages. Pourtant cette exp&#233;rience des ann&#233;es trente, &#233;videmment appuy&#233;e sur un autre contexte politique, montre qu'il a &#233;t&#233; possible de trouver alors une grande masse de lecteurs pour des livres exigeants, sur des sujets qui devaient souvent para&#238;tre tr&#232;s &#233;loign&#233;s des pr&#233;occupations quotidiennes de la plupart des Anglais. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.28&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En France, cette conception du travail d'&#233;diteur, beaucoup l'ont partag&#233;e. Mentionnons seulement deux maisons embl&#233;matiques de la gauche communiste d'apr&#232;s-guerre : les &#233;ditions Maspero et les Editions sociales. Leur exp&#233;rience respective, rappelons-le, apparait &#233;troitement li&#233;e &#224; l'existence d'un tissu de librairies militantes &#8211; on peut lire quelques bribes de cette histoire dans un bel ouvrage, l'Histoire de la librairie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patricia Sorel et Fr&#233;d&#233;rique Leblanc (dir.), Histoire de la librairie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On y apprend, par exemple, comment le Parti communiste fran&#231;ais a construit au sortir de la guerre un grand r&#233;seau de librairies (dit de La Renaissance fran&#231;aise) attach&#233;es aux f&#233;d&#233;rations du parti ; ou bien, comment l'organisation avait cr&#233;&#233; son propre syst&#232;me de diffusion dans le but de ne pas d&#233;pendre d'Hachette ; on y d&#233;couvre aussi comment ces librairies se trouvaient associ&#233;s &#224; tous les relais culturels des villes communistes, ainsi qu'aux entreprises qui, par le biais des syndicats, faisaient acheter des quantit&#233;s de livres par les comit&#233;s d'entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1970 on comptait ainsi une quarantaine de librairies dans ce r&#233;seau &#8211; sans compter le club Diderot qui assurait la vente par courtage. Au tournant des ann&#233;es 1980, le groupe Messidor fait m&#234;me partie des dix plus grands groupes de l'&#233;dition fran&#231;aise. L'histoire des &#233;ditions Maspero s'av&#232;re, &#233;videmment, tr&#232;s diff&#233;rente : on ne saurait, toutefois, oublier que la c&#233;l&#232;bre librairie fond&#233;e par Fran&#231;ois Maspero au quartier latin (&#171; La Joie de lire &#187;) repr&#233;sente une sorte de mod&#232;le des dizaines de libraires militantes qui fleurirent dans les ann&#233;es 1960 et 1970, &#224; travers toute la France. Ces librairies ont constitu&#233; des outils essentiels de formation des militants, ainsi qu'un vecteur important de politisation des &#233;tudiants. La plupart toutefois ne devaient pas survivre &#224; la r&#233;action conservatrice des ann&#233;es 1980.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ce genre d'exp&#233;riences rappelle le r&#244;le que jouent aujourd'hui les librairies engag&#233;es et les libraires consciencieux dans la diffusion des livres exigeants, et en particulier des livres porteurs de pens&#233;es r&#233;tives &#224; l'ordre &#233;tabli. N&#233;anmoins, la fa&#231;on de s'attaquer r&#233;ellement au probl&#232;me est certainement tout autre. Il convient d'imaginer &#8211; et d'imposer &#8211; des mesures qui permettraient de desserrer l'&#233;tau de la contrainte &#233;conomique qui p&#232;se si fortement sur le secteur de l'&#233;dition. Ce peut &#234;tre un encouragement donn&#233; par les pouvoirs publics &#8211; gr&#226;ce &#224; la modulation des aides publiques &#8211; au d&#233;veloppement de statuts du type &#171; soci&#233;t&#233;s &#224; but non lucratif &#187;. Ce pourrait &#234;tre aussi, un jour, le vote par ces m&#234;mes pouvoirs publics de lois anti-concentration qui viseraient &#224; restreindre consid&#233;rablement la puissance des grands groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine Schwartz&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En r&#233;alit&#233;, ce titre reprenait celui d'un article de J&#233;rome Lindon dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 9 juin 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Schiffrin, &lt;i&gt;L'argent et les mots&lt;/i&gt;, Paris, La Fabrique, 2010, p.9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. en particulier l'ouvrage de Janine et Greg Br&#233;mond, &lt;i&gt;L'&#233;dition sous influence&lt;/i&gt;, Paris, Ed. Liris, 2002. (2004). A ce sujet voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article861.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'introduction au jeudi d'Acrimed&lt;/a&gt;, du 19 d&#233;cembre 2002, consacr&#233; &#224; la concentration dans l'&#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Schiffrin, &lt;i&gt;L'argent et les mots,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p.17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Martine Prosper, &lt;i&gt;Edition, l'envers du d&#233;cor&lt;/i&gt;, Paris, Lignes, 2009, p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elsa Fayner, &lt;i&gt;Et pourtant je me suis lev&#233;e t&#244;t&#8230; Une immersion dans le quotidien des travailleurs pr&#233;caires&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions du Panama, 2008. Cet ouvrage n'a rien du coup de t&#234;te d'une diva : pour preuve, son auteur tient un blog consacr&#233; &#224; ces questions, intitul&#233; : &lt;a href=&#034;http://voila-le-travail.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Et voil&#224; le travail, chroniques de l'humain en entreprise &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article d'Acrimed : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3323.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La m&#233;diatisation de l'enqu&#234;te de Florence Aubenas : un cache-mis&#232;re ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article d'Acrimed : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3319.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le lynchage m&#233;diatique de Bernard-Henri L&#233;vy : c'est assez !&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ils r&#234;vaient d'un best-seller&#8230; &#187;, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, 12 avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le cas Google, lire Robert Darnton, &#171; La biblioth&#232;que universelle, de Voltaire &#224; Google &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mars 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s &lt;a href=&#034;http://www.centrenationaldulivre.fr/?Chiffres-cles-du-livre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le Centre national du Livre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andr&#233; Schiffrin, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p.7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid., p.28&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patricia Sorel et Fr&#233;d&#233;rique Leblanc (dir.), &lt;i&gt;Histoire de la librairie&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions du Cercle de la Librairie, 2008 ; voir les contributions de Julien Hage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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