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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>La saga de l'immigration et des cit&#233;s sur France 3</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-saga-de-l-immigration-et-des-cites-sur-France-3</link>
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		<dc:date>2002-11-15T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mogniss H. Abdallah</dc:creator>


		<dc:subject>France 3</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La fin de &#034;Saga-Cit&#233;s&#034;, magazine hebdomadaire de la ville et des banlieues sur France 3, a suscit&#233; une certaine &#233;motion publique, d'autant que les m&#233;dias s'interrogent depuis le 21 avril sur leur r&#244;le dans la surench&#232;re s&#233;curitaire actuelle.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Racisme-antisemitisme-xenophobie-homophobie-" rel="directory"&gt;Racisme m&#233;diatique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-3-+" rel="tag"&gt;France 3&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans la revue &lt;a href=&#034;http://www.hommes-et-migrations.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Hommes et Migrations&#034;&lt;/a&gt;, septembre-octobre 2002, publi&#233; ici avec l'autorisation de l'auteur : Mogniss H. Abdallah (agence IM'm&#233;dia).(&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La fin de &#034;Saga-Cit&#233;s&#034;, magazine hebdomadaire de la ville et des banlieues sur France 3, a suscit&#233; une certaine &#233;motion publique, d'autant que les m&#233;dias s'interrogent depuis le 21 avril sur leur r&#244;le dans la surench&#232;re s&#233;curitaire actuelle. Mais la cha&#238;ne affirme vouloir faire encore mieux, avec plus de moyens. Cependant, les premiers concern&#233;s ne sont ni associ&#233;s, ni m&#234;me consult&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;C'est une ville, Vaulx-en-Velin. Pourquoi on dit que c'est une cit&#233; ? On a une mairie, une poste, et m&#234;me une &#233;glise. C'est une ville, bordel !&#034;&lt;/i&gt; Cette exclamation d'un jeune vaudais devant la cam&#233;ra pourrait r&#233;sumer l'&#233;tat d'esprit qui a pr&#233;valu &#224; &lt;i&gt;Saga-Cit&#233;s&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;&#034;magazine de la ville et des banlieues&#034;&lt;/i&gt; diffus&#233; sur France 3 durant plus de dix ans.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Saga-Cit&#233;s, cr&#233;&#233;e en 1991, &#233;tait diffus&#233;e le mardi &#224; 16h et le samedi &#224; 9h (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais voila, la direction de la cha&#238;ne publique d&#233;di&#233;e &#224; la proximit&#233; et aux r&#233;gions a annonc&#233; par voie de presse sa d&#233;cision unilat&#233;rale de supprimer l'&#233;mission. Le 22 juin 2002, &lt;i&gt;Saga-Cit&#233;s&lt;/i&gt; se termine donc avec &#034;la der des der&#034;, un floril&#232;ge de t&#233;moignages d'habitants des banlieues recueillis durant toutes ces ann&#233;es. L'ensemble est habill&#233; avec des images graves mais n&#233;anmoins festives des manifestations g&#233;antes de l'entre-deux tours des pr&#233;sidentielles, pour rappeler que des centaines de milliers d'hommes et de femmes ont alors exprim&#233; &lt;i&gt;&#034;leur refus du racisme et de la haine&#034;&lt;/i&gt;, &#034;leur attachement &#224; une France multiculturelle&#034; et &#224; la devise de la R&#233;publique : &#034;libert&#233; - &#233;galit&#233; - fraternit&#233;&#034;. Regroup&#233;s par th&#232;mes (&#034;L'image des quartiers&#034; ; &#034;Tous &#233;gaux ?&#034; ; &#034;La politique et les jeunes&#034;), les propos sont livr&#233;s &#224; l'&#233;tat brut, sans intercession autre que celle des responsables du magazine qui en guise d'adieux s'autorisent dans un commentaire succint &#034;un brin d'immodestie&#034; : &lt;i&gt;&#034;Nous avons le sentiment d'avoir donn&#233; chaque semaine la parole &#224; cette fameuse France d'en bas, comme disent ceux qui aujourd'hui la regardent d'en haut et font mine de la red&#233;couvrir&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La responsabilit&#233; des m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, mission accomplie ? A &#233;grener les r&#233;criminations cinglantes des diff&#233;rents habitants de la ville et des banlieues, &#034;la der des der&#034; sugg&#232;re plut&#244;t un abandon contraint au beau milieu d'un chantier t&#233;l&#233;visuel inachev&#233;, pourtant si vital afin de ne pas voir &#034;la France d'en bas&#034; sombrer dans la &#034;morbidit&#233;&#034; ou l'instrumentalisation fanatique. Et cela au moment o&#249; la plupart des m&#233;dias, dans la foul&#233;es des r&#233;centes joutes &#233;lectorales, versent dans la surench&#232;re s&#233;curitaire et diffusent une image trop n&#233;gative des banlieues. &lt;i&gt;&#034;M&#233;dias manipulation&#034;, &#034;Il faut que &#231;a change&#034;&lt;/i&gt; : les banderoles des manifestations capt&#233;es &#224; l'&#233;cran relaient l'invitation &#224; parler de la banlieue autrement &#224; la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un style plus direct, une p&#233;tition &#233;manant de l'&#233;quipe de &lt;i&gt;Saga-Cit&#233;s&lt;/i&gt; adress&#233;e &#224; la direction de France 3 a &#233;t&#233; sign&#233;e par plus de trois mille personnes, parmi lesquelles des militants associatifs, des journalistes et autres professionnels des m&#233;dias, ainsi que des ex-ministres de gauche ou de droite (Martine Aubry, Eric Raoult, Claude Bartolone, Alain Madelin) . Les signataires consid&#232;rent que, &lt;i&gt;&#034;dans le contexte actuel, alors que le Front National s'est largement exprim&#233; dans les urnes et que la responsabilit&#233; des m&#233;dias est invoqu&#233;e, il parait indispensable de pr&#233;server un espace d'expression et de r&#233;flexion comme Saga-Cit&#233;s qui n'a jamais vers&#233; dans le discours s&#233;curitaire.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Repenser et renouveler les programmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertrand Mosca, directeur des programmes de France 3, a eu l'insigne honneur de leur r&#233;pondre de mani&#232;re circonstanci&#233;e par courrier &#233;lectronique, d&#232;s le 13 juin 2002.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ch&#232;re Madame, Cher Monsieur, vous avez sign&#233; la p&#233;tition pour &#034; la survie de Saga-Cit&#233;s &#034;(...) Apr&#232;s dix ans d'existence, il fallait repenser et renouveler la fa&#231;on d'aborder la lutte contre les discriminations et les questions urbaines. L'&#233;quipe des Programmes de France 3 souhaite non seulement amplifier la port&#233;e de tels sujets, mais surtout leur accorder des moyens financiers plus cons&#233;quents et les exposer &#224; des horaires de meilleure &#233;coute. Tout comme vous, France 3 est attach&#233;e &#224; sa mission de service public : entre autres, faire partager &#224; un vaste public, la vie quotidienne des populations d'origine &#233;trang&#232;re et rendre compte de la richesse et de la diversit&#233; des cultures constitutives de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s la rentr&#233;e, un rendez-vous alternera documentaires et reportages de 52 minutes. Nous continuerons aussi &#224; d&#233;velopper des magazines en ce sens dans notre offre r&#233;gionale telle que T&#233;l&#233;-Cit&#233;. De plus, nous comptons mobiliser une semaine par an, l'ensemble de nos programmes autour du combat contre les discriminations, de quelques natures qu'elles soient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, au travers des fictions, France 3 d&#233;sire refl&#233;ter plus nettement la r&#233;alit&#233; pluriculturelle fran&#231;aise tant pour le choix des acteurs que pour celui des th&#232;mes. Par ailleurs, avec le FASILD (Fonds d'Action et de Soutien &#224; l'Int&#233;gration et de Lutte contre les Discriminations), France 3 met en place des liens institutionnels qui permettent de sensibiliser plus r&#233;guli&#232;rement l'ensemble de nos &#233;quipes de programmes &#224; ces questions (s&#233;minaire annuel commun, comit&#233; &#233;ditorial, poste relais.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, France 3 &#233;tudie un projet de magazine quotidien qui se ferait l'&#233;cho des initiatives citoyennes d'associations capables d'am&#233;liorer les conditions du &#034; vivre ensemble &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme vous, France 3 est fi&#232;re d'avoir programm&#233; pendant plus de dix ans le magazine &lt;/i&gt;Saga-Cit&#233;s.&lt;i&gt; C'est une originalit&#233; de France 3 qui remonte assez loin, puisque &lt;/i&gt;Saga-Cit&#233;s&lt;i&gt; avait succ&#233;d&#233; &#224; &lt;/i&gt;Premier Service&lt;i&gt; et &lt;/i&gt;Mosa&#239;que.&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mission de France 3 est de contribuer &#224; changer les mentalit&#233;s, d'offrir une vision positive des banlieues mais aussi des Fran&#231;ais d'origine immigr&#233;e. Il nous a sembl&#233; qu'il fallait amplifier notre effort et aller au-del&#224; des seules obligations l&#233;gales inscrites &#224; notre cahier des charges.&#034; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. le site de l'association ACRIMED (Action-critique-m&#233;dias) : (lien p&#233;rim&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avec une telle r&#233;ponse, inattendue, qui se veut &#224; la fois cordiale et manifestement exhaustive, la direction de France 3 entend sans doute couper l'herbe sous les pieds de ses d&#233;tracteurs. D&#233;mentant d'entr&#233;e l'argument des p&#233;titionnaires selon lequel &lt;i&gt;&#034;rien n'a &#233;t&#233; pr&#233;vu pour remplacer &lt;/i&gt;Saga-Cit&#233;s&lt;i&gt;&#034;&lt;/i&gt;, France 3 affiche au contraire une politique de programmation plus ambitieuse et, surtout, une impressionnante coh&#233;rence d'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Navigation &#224; vue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est qu'on reste dans le registre des d&#233;clarations d'intention d'ordre g&#233;n&#233;ral, sans contenus ni partenaires pr&#233;cis. Quand bien m&#234;me elle mettrait effectivement en oeuvre tout ou partie des projets annonc&#233;s, France 3 ne ferait que se conformer aux directives maintes fois r&#233;it&#233;r&#233;es par le Conseil sup&#233;rieur de l'audiovisuel (CSA)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. la lettre du CSA, n&#176; 129, juin 2000&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et aux recommandations d'organismes comme la Commission europ&#233;enne contre le racisme et l'intol&#233;rance (ECRI), qui d&#233;plorent &lt;i&gt;&#034;le manque d'&#233;missions illustrant l'apport r&#233;el des communaut&#233;s minoritaires au patrimoine culturel national.&#034;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ECRI, rapport sur la France 1999,&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, France 3 semble davantage naviguer &#224; vue. Ainsi, Vincent Meslet, directeur-adjoint des programmes, avait annonc&#233; qu'une case documentaire mensuelle apr&#232;s le Soir 3 pourrait s'appeler &lt;i&gt;Black-Blanc-Beur&lt;/i&gt; pour valoriser l'apport de l'immigration.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Monde, 8 juin 2002.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Qu'en est-il advenu ? Il est vrai que cette symbolique de &#034;la France qui gagne&#034; a perdu de sa pertinence depuis la d&#233;sastreuse campagne des footballeurs tricolores en Asie. Les images de Zidane le nez dans le gazon et les manchettes des journaux sur &#034;la France sans but&#034; hantent encore les esprits.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A propos de l'effet Mondial 1998 sur les m&#233;dias &#233;crits et audiovisuels, cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais peut-&#234;tre France 3 saura-t-elle nous &#233;pater &#224; la rentr&#233;e en allant &#224; contre-courant du regain de pessimisme ambiant. En attendant, elle nous annonce d&#233;j&#224; &lt;i&gt;&#034;une nouvelle vitrine pour les r&#233;gions&#034;,&lt;/i&gt; pr&#233;vue en remplacement de l'&#233;mission &lt;i&gt;Un jour en France&lt;/i&gt;. A partir de septembre, &lt;i&gt;C'est mieux ensemble&lt;/i&gt; sera propos&#233;e les jours de semaine &#224; 8h45. Il s'agira en 26 mn de &lt;i&gt;&#034;faire l'&#233;loge du collectif contre le chacun pour soi&#034;&lt;/i&gt; et de mettre en avant &lt;i&gt;&#034;le bonheur de vivre&#034;&lt;/i&gt;. L'&#233;mission reprendrait ainsi certaines pr&#233;rogatives de &lt;i&gt;Saga-Cit&#233;s.&lt;/i&gt; &#034;Du reste, m&#234;me si ce sont ses capacit&#233;s professionnelles qui ont pr&#233;valu, c'est une journaliste fran&#231;aise d'origine kabyle, Nadjette Maouche, &#226;g&#233;e de 32 ans, qui assurera la pr&#233;sentation&#034;, commente de mani&#232;re fort alambiqu&#233;e &lt;i&gt;le Parisien&lt;/i&gt; du 25 juillet 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les banlieues, entre &#034;reconqu&#234;te&#034; et &#034;d&#233;codage&#034;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question d'importance reste pour l'instant sans r&#233;ponse : qui a &#233;t&#233; associ&#233; aux nouveaux projets annonc&#233;s ? Hormis le FASILD (ex-FAS), dont on peut regretter le silence en mati&#232;re de communication sur le sujet alors qu'il y consacre des financements importants, il est surtout question de recours &#224; des prestataires ext&#233;rieurs. Ce faisant, la cha&#238;ne poursuit aussi son objectif d'externalisation de la production de ses magazines. &lt;i&gt;&#034;Elle vit le fantasme de l'usine sans ouvriers&#034;,&lt;/i&gt; dit Roger T&#233;lo, ex-r&#233;dacteur en chef avec Bernard Loche de &lt;i&gt;Saga-Cit&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 22 juin 2002.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#034;ouvriers&#034; de Saga-Cit&#233;s sont amers. Ils s'&#233;norgueillissent d'une exp&#233;rience qui a su se d&#233;gager des contingences de l'actualit&#233; br&#251;lante, en se donnant davantage de temps avec les habitants et les associations pour construire une image plus complexe des banlieues. Ils ne pr&#233;tendent certes pas au monopole de l'expertise, mais se pr&#233;valent d'un savoir-faire n&#233;cessaire qu'ils auraient aim&#233; valoriser, proposant eux-m&#234;mes des am&#233;liorations. Non seulement ils n'ont pas &#233;t&#233; &#233;cout&#233;s, mais on leur fait savoir par des propos peu am&#232;nes que &lt;i&gt;&#034;l'&#233;mission a fait le tour de sa formule&#034;.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vincent Meslet, Le Monde, 8 juin 2002&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Et ils s'offusquent de ne pas avoir &#233;t&#233; consult&#233;s sur les nouveaux projets, bien qu'ils fassent statutairement partie de France 3. Pourtant, en interne, les r&#233;dactions r&#233;gionales ou nationale discutent en ce moment beaucoup de comment travailler en banlieue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, il y a ceux qui int&#233;riorisent le discours de la reconqu&#234;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. &#034;La banlieue, un terrain &#224; reconqu&#233;rir pour la t&#233;l&#233;vision&#034;, La Croix, 26 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui n'h&#233;sitent pas &#224; embo&#238;ter le pas aux spectaculaires op&#233;rations de police mises en place sous l'&#233;gide du minist&#232;re de l'int&#233;rieur. De l'autre, il y a ceux qui souhaiteraient une meilleure formation pour &#034;d&#233;coder&#034; la banlieue, et quelques bonnes volont&#233;s individuelles bien esseul&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s l'agression contre la journaliste Marianne Buisson lors d'un tournage, la r&#233;daction de France 3 Paris-Ile-de-France a-t-elle r&#233;uni un groupe de r&#233;flexion, dont une des pistes compr&#233;hensives serait de &lt;i&gt;&#034;prendre appui sur le maillage institutionnel et les associations de quartier&#034;&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;&#034;tisser des liens de confiance&#034;.&lt;/i&gt; Une formule qui ne brille gu&#232;re par son originalit&#233;. Elle &#233;tait m&#234;me &#224; l'origine de l'&#233;mission &lt;i&gt;Saga-Cit&#233;s.&lt;/i&gt; En effet, afin de restaurer dialogue et confiance entre les jeunes et les m&#233;dias apr&#232;s la mort de Djamel Chetou, tu&#233; le 26 mars 1991 &#224; la cit&#233; des Indes - Sartrouville, Yvelines -, Patrick Damien, journaliste de la r&#233;daction Ile-de-France de FR 3 avait lanc&#233; Vivacit&#233;s, une association qui aspirait &#224; rassembler journalistes et habitants des cit&#233;s en vue d'engager un travail de r&#233;flexion sur les relations m&#233;dias-ville, et de mener des projets audiovisuels communs. Ce projet s'est perdu en cours de route, au profit de &lt;i&gt;Saga-Cit&#233;s.&lt;/i&gt; Depuis, habitants et associations ont fourni beaucoup de mati&#232;re premi&#232;re, ils ont longuement pu t&#233;moigner, mais l'&#233;mission a aussi pris une tournure plus institutionnelle, proche des pr&#233;occupations de la DIV (d&#233;l&#233;gation interminist&#233;rielle &#224; la ville).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;sidents &#233;trangers priv&#233;s d'expression sur France T&#233;l&#233;vision&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout, le droit de regard des associations - et des t&#233;l&#233;spectateurs - sur les contenus et les choix &#233;ditoriaux va en s'amenuisant. Certains se souviennent encore du d&#233;barquement mouvement&#233; de &lt;i&gt;Mosa&#239;que&lt;/i&gt; en 1987. L'arr&#234;t de cette &#233;mission destin&#233;e aux communaut&#233;s immigr&#233;es avait au moins &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; d'un d&#233;bat public. Associations et professionnels avaient ainsi &#233;t&#233; associ&#233;s aux travaux qui ont d&#233;bouch&#233; sur le bilan et les propositions du rapport Gaspard, qui ont contribu&#233; &#224; redessiner le paysage culturel issu de l'immigration.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;oise Gaspard, &#034;L'information et l'expression culturelle des communaut&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Rien de tel aujourd'hui. L'audiovisuel reste un des derniers domaines r&#233;serv&#233;s o&#249; les usagers ne peuvent s'exprimer bien que, comme le rappelle l'association Les Pieds dans le PAF (paysage audiovisuel fran&#231;ais), la cr&#233;ation d'un &#034; Conseil consultatif des programmes &#034; au sein de France T&#233;l&#233;vision compos&#233; de t&#233;l&#233;spectateurs soit pr&#233;vue dans l'art. 46 de la loi sur l'audiovisuel du 1er ao&#251;t 2000. Cette situation est d'autant plus pr&#233;judiciable que de nouvelles discriminations risquent si l'on n'y prend garde de se banaliser : ainsi, les r&#233;sidents &#233;trangers, grands consommateurs de la petite lucarne payant leur redevance comme les autres, se voient-ils exclure toute expression r&#233;guli&#232;re par le service public de t&#233;l&#233;vision.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A cet &#233;gard, les inexactitudes et confusions du directeur des programmes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Inexorablement, ils sont pouss&#233;s vers des lots de consolation sur le c&#226;ble ou le satellite, o&#249; ils peuvent certes toujours acc&#233;der aux programmes des cha&#238;nes publiques des pays d'origine ou aux projets communautaires priv&#233;s. Mais d&#232;s lors, &#224; quoi bon leur parler d'&#034;&#233;galit&#233; de traitement&#034; et d'&#034;int&#233;gration&#034; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Saga-Cit&#233;s&lt;/i&gt;, cr&#233;&#233;e en 1991, &#233;tait diffus&#233;e le mardi &#224; 16h et le samedi &#224; 9h et obtenait une moyenne, pour 2002, de 7,8% de part d'audience (chiffre M&#233;diam&#233;trie cit&#233; par la cha&#238;ne).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. le site de l'association ACRIMED (Action-critique-m&#233;dias) : (lien p&#233;rim&#233; de l&#034;ancienne adresse supprim&#233; en ao&#251;t 2013)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf.&lt;i&gt; la lettre du CSA&lt;/i&gt;, n&#176; 129, juin 2000&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ECRI, rapport sur la France 1999, &lt;a href=&#034;http://www.coe.int/ecri/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.coe.int/ecri/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 8 juin 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A propos de l'effet Mondial 1998 sur les m&#233;dias &#233;crits et audiovisuels, cf. Mogniss H. Abdallah, &#034;La t&#233;l&#233;vision citoyenne &#224; l'&#233;preuve de la discrimination cathodique&#034;, &lt;i&gt;Hommes &amp; Migrations&lt;/i&gt; n&#176;1224, mars-avril 2000, et &#034;La presse populaire au diapason de la France Black-blanc-beur&#034;, &lt;i&gt;Hommes &amp; Migrations&lt;/i&gt; n&#176; 1226, juillet-ao&#251;t 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 22 juin 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vincent Meslet, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 8 juin 2002&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. &#034;La banlieue, un terrain &#224; reconqu&#233;rir pour la t&#233;l&#233;vision&#034;, &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, 26 juin 2002. Tewfik Far&#232;s (ex-&lt;i&gt;Mosa&#239;que&lt;/i&gt;) y d&#233;clare : &lt;i&gt;&#034;Il existe des petits ca&#239;ds dont les cit&#233;s sont devenues le territoire, et qui refusent d'&#234;tre film&#233;s. Cela rel&#232;ve de la truanderie. Il est inadmissible qu'il faille demander un passeport pour y p&#233;n&#233;trer&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;oise Gaspard, &#034;L'information et l'expression culturelle des communaut&#233;s immigr&#233;es en France&#034;, Minist&#232;re de la solidarit&#233; nationale, 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A cet &#233;gard, les inexactitudes et confusions du directeur des programmes de France 3 sont r&#233;v&#233;latrices : &lt;i&gt;Saga-Cit&#233;s,&lt;/i&gt; qui &#233;tait une &#233;mission sur la ville et les banlieues et non pas sp&#233;cifique aux &#034;Fran&#231;ais issus de l'immigration&#034; ou aux &#034;populations d'origine &#233;trang&#232;re&#034;, n'a pas &#034;succ&#233;d&#233; &#224; &lt;i&gt;Premier Service&lt;/i&gt; &#034;, une &#233;mission quotidienne matinale de F 3 propos&#233;e par le FAS et le Point du Jour diffus&#233;e... en 1993 ; ni &#224; &lt;i&gt;Mosa&#239;que,&lt;/i&gt; sp&#233;cifiquement destin&#233;es aux communaut&#233;s immigr&#233;es en majorit&#233; de nationalit&#233; &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'affaire Youssef Kha&#239;f dans les m&#233;dias</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-affaire-Youssef-Khaif-dans-les-medias</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/L-affaire-Youssef-Khaif-dans-les-medias</guid>
		<dc:date>2002-01-14T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mogniss H. Abdallah</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Policier ou &#034;jeune de banlieue&#034; : pour la justice et les m&#233;dias, une vie ne vaut pas toujours une vie...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-pyromanes-de-l-insecurite-" rel="directory"&gt;Les pyromanes de l'ins&#233;curit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ici, avec l'autorisation de l'auteur, un article publi&#233; en janvier 2002 dans la revue &lt;a href=&#034;http://vacarme.eu.org/article234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vacarme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Depuis dix ans, les policiers m'ont nargu&#233; sans cesse, me disant : ce que vous faites pour votre fils, &#231;a ne sert &#224; rien. Vous ne pouvez rien contre nous. Nous sommes les plus forts !&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mme Khe&#239;ra Kha&#239;f, m&#232;re de Youssef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 septembre 2001, la Cour d'assises de Versailles a acquitt&#233; le policier Pascal Hiblot qui, dix ans auparavant, avait tu&#233; Youssef Kha&#239;f, 23 ans, d'une balle dans la nuque, alors que ce dernier s'&#233;loignait &#224; bord d'une voiture vol&#233;e. Prononc&#233; dans un contexte surd&#233;termin&#233; par la nouvelle hantise de l'&#171; hyperterrorisme islamiste &#187; et par une surench&#232;re s&#233;curitaire pr&#233;-&#233;lectorale, ce verdict a cependant suscit&#233; une vague d'indignation au-del&#224; des milieux d&#233;j&#224; mobilis&#233;s contre l'impunit&#233; polici&#232;re, notamment sous l'&#233;gide du MIB, le Mouvement de l'immigration et des banlieues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. par ex. la p&#233;tition &#171; La Fabrique de la haine &#187;, sign&#233;e par 250 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant la justice, exit l'&#233;galit&#233; de traitement. &#192; la question &#171; Que vaut la vie de Youssef ? &#187;, la r&#233;ponse est sans &#233;quivoque : selon qu'il s'agisse d'un jeune des banlieues ou d'un policier, une vie ne vaut pas une vie. Rappelons que Sa&#239;di Lhadj, le jeune homme qui a accidentellement tu&#233; une polici&#232;re, Marie-Christine Baillet, au m&#234;me endroit et une demi-heure plus t&#244;t, a, lui, d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; pour ce drame &#224; dix ans de r&#233;clusion criminelle. Le message est compris comme un &#171; permis de tuer pour la police &#187;, selon la formule de Mme Kha&#239;f, la m&#232;re de Youssef. En effet, au vu de l'&#233;vidence des faits &#233;tablis par l'instruction, les t&#233;moins et l'audience elle-m&#234;me, la th&#232;se de la l&#233;gitime d&#233;fense a bien &#233;t&#233; &#233;cart&#233;e par la Cour. Qu'importe ! En d&#233;pit des faits, la Cour a dit NON &#224; la culpabilit&#233; du policier Hiblot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour comprendre un tel d&#233;ni de justice, il faudra sans doute se pencher sur les pratiques partisanes de certains magistrats de Versailles. Mais il est aussi n&#233;cessaire d'interpeller les politiques, qui apr&#232;s avoir stigmatis&#233; Youssef comme un &#171; voyou &#187; au moment des faits, sont rest&#233;s &#233;trangement silencieux pendant le proc&#232;s, et qui pour certains distillent depuis l'id&#233;e que Youssef et les &#171; sauvageons &#187; en g&#233;n&#233;ral se sont plac&#233;s eux-m&#234;mes &#171; en situation d'agression &#187;. En clair, ces &#171; irr&#233;cup&#233;rables &#187; seraient responsables de leur propre mort&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. lettre ouverte de Jacques Heuclin, d&#233;put&#233;-maire PS de Pontault-Combault, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, le r&#244;le des m&#233;dias comme faiseurs d'opinion a &#233;t&#233; d&#233;terminant dans la banalisation d'une version officielle du meurtre de Youssef Kha&#239;f, pass&#233; sur le compte des pertes et profits des nouvelles &#171; violences urbaines &#187;. Une version int&#233;rioris&#233;e par beaucoup, y compris parmi ceux qui ont exprim&#233; leur indignation face &#224; l'acquittement. Nous nous proposons ici de faire un essai de d&#233;cryptage de la couverture m&#233;diatique de l'affaire au moment du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Surd&#233;termination s&#233;curitaire, inversion des r&#244;les&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e fort r&#233;pandue, les proc&#232;s de policiers comparaissant aux assises pour homicide avec arme dans l'exercice de leur fonction sont g&#233;n&#233;ralement assez m&#233;diatis&#233;s. Le cas Hiblot n'a pas d&#233;rog&#233; &#224; la r&#232;gle. Il s'agit donc plut&#244;t de discuter de la forme m&#234;me de cette couverture m&#233;diatique et de ses incidences concr&#232;tes sur l'opinion publique, voire sur la conduite et le r&#233;sultat des d&#233;bats judiciaires eux-m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans leurs rappels des faits, les m&#233;dias &#233;crits ou audiovisuels ont &#233;voqu&#233; de mani&#232;re syst&#233;matique et r&#233;p&#233;t&#233;e un &#171; rod&#233;o &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; parle m&#234;me d'une &#171; nuit d'&#233;meute &#187;) qui, dans un m&#234;me mouvement, aurait provoqu&#233; coup sur coup la mort d'une polici&#232;re, Marie-Christine Baillet, puis celle de Youssef Kha&#239;f. Deux &#233;v&#233;nements distincts sont amalgam&#233;s, confondus. Le laps de temps entre la mort de la polici&#232;re et celle de Youssef est par glissements progressifs ramen&#233; de trente minutes &#224; &#171; quelques minutes &#187;. Plusieurs journalistes ont m&#234;me &#233;voqu&#233; le &#171; retour &#187; sur les lieux de voitures vol&#233;es. Un adage populaire ne dit-il pas que &#171; le criminel revient toujours sur le lieu du crime &#187; ? Ces assertions, r&#233;p&#233;t&#233;es sans cesse, provoquent un r&#233;flexe pavlovien : elles sont ent&#233;rin&#233;es comme allant de soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'image du &#171; rod&#233;o &#187; renvoie elle, irr&#233;m&#233;diablement, &#224; l'id&#233;e de confrontation directe entre jeunes et police, sur le mode de la provocation. Or, en l'esp&#232;ce, il s'agit d'une construction m&#233;diatique. Ce soir-l&#224;, il n'y avait ni &#171; rod&#233;o &#187; ni &#171; nuit d'&#233;meute &#187;. Deux groupes distincts de jeunes avaient vol&#233; des voitures, sans concertation, pour circuler. Le groupe de Youssef Kha&#239;f revenait d'une soir&#233;e dansante, et n'&#233;tait pas au courant de la mort de la femme-policier quand, une demi-heure apr&#232;s, il est arriv&#233; sur les lieux du drame. Les faits, simples, ont &#233;t&#233; &#233;tablis par l'instruction et r&#233;affirm&#233;s par les t&#233;moignages des jeunes ou de voisins. Mais il n'y a personne pour daigner les entendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le MIB aussi les a r&#233;p&#233;t&#233;s, argumentaire circonstanci&#233; &#224; l'appui. Il a diffus&#233; un quatre pages format tablo&#239;d tir&#233; &#224; 50 000 exemplaires, et fourni un copieux recueil de documents pour la presse, incluant des pi&#232;ces tir&#233;es du dossier d'instruction. Une conf&#233;rence de presse a m&#234;me &#233;t&#233; convoqu&#233;e pour le rappeler encore une fois, au troisi&#232;me et dernier jour du proc&#232;s. La presse &#233;crite et les t&#233;l&#233;visions &#233;taient l&#224;. Mais aucun m&#233;dia n'a jug&#233; utile d'en faire &#233;tat, &#224; l'exception du quotidien &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;. Comme si cette parole, cette v&#233;rit&#233;-l&#224;, n'avaient pas lieu d'&#234;tre. Cette n&#233;gation, cette occultation emp&#234;chent toute possibilit&#233; de discussion contradictoire d'une des versions en pr&#233;sence. La version imaginaire du &#171; rod&#233;o sanglant &#187; ent&#233;rin&#233; comme un fait accompli insinue l'id&#233;e selon laquelle Youssef Kha&#239;f serait revenu pour foncer sur le barrage de police. Elle d&#233;termine un contexte a priori favorable au policier Hiblot. De fait, elle est &#224; la base m&#234;me de son syst&#232;me de d&#233;fense. &#192; tel point que le r&#233;cit journalistique des &#233;v&#233;nements, mais aussi leur mise en page, se confond souvent avec la version de Hiblot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le journal &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 26 septembre, par exemple, illustre son premier papier avec une photo qui focalise l'attention sur la porti&#232;re d&#233;fonc&#233;e d'une voiture de police. La l&#233;gende, d'apparence si factuelle, dit : &#171; Vers deux heures du matin la nuit du 8 au 9 juin 1991, apr&#232;s la mort de sa coll&#232;gue, Pascal Hiblot tuait Youssef Kha&#239;f. &#187; D'entr&#233;e, l'imaginaire du lecteur est conditionn&#233; &#224; l'id&#233;e que le policier a tu&#233; sous le choc. Mais qui a relev&#233; que les pompiers ont eu le temps de venir sur les lieux entre les deux &#233;v&#233;nements mortels ? Qui a relev&#233; que le policier sous le choc n'aurait sans doute plus d&#251; &#234;tre pr&#233;sent sur les lieux (sur ce point, paradoxalement, seul l'avocat de Hiblot a &#233;voqu&#233; une d&#233;faillance de la hi&#233;rarchie polici&#232;re) ? M&#234;me le quotidien &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, qui par ailleurs a couvert le proc&#232;s avec s&#233;rieux sous la plume de S&#233;bastien Homer, pr&#233;sente Youssef dans son &#171; commentaire &#187; du 1er octobre comme &#171; un jeune homme qui avait forc&#233; un barrage au volant d'une voiture vol&#233;e &#187;. &#192; croire que les sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques de &lt;i&gt;L'Huma&lt;/i&gt; lisent &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt;, pas leur propre journal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;cor ainsi dress&#233; permet en outre les d&#233;rives les plus suggestives. Exemple : &lt;i&gt;le Figaro&lt;/i&gt; du 26 septembre met en exergue la citation suivante : &#171; J'ai vraiment eu l'impression que les jeunes &#233;taient d&#233;cid&#233;s &#224; tuer des flics. &#187; C'est entre guillemets, mais non explicitement sign&#233;. On devine que c'est Hiblot qui parle, mais pour ceux qui lisent le journal en diagonale, la cause est entendue. Encore une fois, le lecteur est amen&#233; &#224; faire corps avec la version du policier accus&#233;. On a affaire &#224; un &#171; tueur de flics &#187; ! Toujours dans &lt;i&gt;le Figaro&lt;/i&gt; du 28 septembre, jour du verdict, Max Clos, responsable de la page Id&#233;es et Opinions, franchit ouvertement un pas suppl&#233;mentaire. Il &#233;crit : &#171; Mercredi s'est ouvert devant la cour d'assises de Versailles le proc&#232;s du policier Pascal Hiblot, accus&#233; d'avoir tu&#233; en 1991, &#224; Mantes la Jolie, un jeune Alg&#233;rien conduisant un v&#233;hicule vol&#233; au cours d'un &#034;rod&#233;o&#034;, apr&#232;s qu'il eut renvers&#233; et mortellement bless&#233; une femme policier. &#187; Raccourci saisissant. &#192; lire ces lignes, Youssef a donc tu&#233; Mme Baillet ! Cette all&#233;gation diffamatoire est la cons&#233;quence directe des approximations et de la confusion plus ou moins d&#233;lib&#233;r&#233;ment entretenues sur les faits. Et, malheureusement, il semble que ce soit la version qui se g&#233;n&#233;ralise dans l'opinion publique. Les r&#244;les ainsi invers&#233;s, le policier meurtrier transform&#233; en victime, toute contestation de l'acquittement est per&#231;u par la vindicte populaire comme une apologie de &#171; la folie agressive &#187; des &#171; sauvageons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un &#171; viol de justice &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans un climat mondial marqu&#233; par les attentats du 11 septembre aux &#201;tats-Unis et par l'imminence d'une guerre en Afghanistan, les r&#233;dactions sont obnubil&#233;es par les risques d'attentats en France. Des syndicats de policiers diffusent des communiqu&#233;s alarmistes, affirmant que &#171; des appels &#224; une soi-disant Jihad, &#224; l'&#233;nonc&#233; du verdict, sont diffus&#233;s dans certains quartiers sensibles &#187;. Aussit&#244;t, les directions des m&#233;dias commandent &#224; leurs journalistes des &#233;l&#233;ments d'information en ce sens. L'&#233;quipe de TF1 traque le moindre indice d'une sympathie quelconque pour le djihad islamique, et s'attarde longuement sur les keffiehs palestiniens port&#233;s par le public venu r&#233;clamer justice pour Youssef. Le photographe de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; a m&#234;me voulu mettre en sc&#232;ne un gars du MIB, barbu, portant keffieh et T-shirt avec &#233;crit : &#171; Pas de justice, pas de paix. &#187; Il a essuy&#233; un refus cat&#233;gorique, et fait mine de se demander pourquoi ! Il faut dire que le jour m&#234;me, le journal avait publi&#233; un petit encadr&#233; intitul&#233; &#171; manifestation devant le tribunal &#187; dans lequel il est p&#234;le-m&#234;le question de visages dissimul&#233;s dans des keffieh rouges, d'intifada et, sous couvert d'une citation de l'influent syndicat de police SNPT, de &#171; remise en cause en permanence &#187;, par le MIB, des &#171; institutions r&#233;publicaines &#187;. La journaliste, Brigitte Vital-Durand, tentera de s'en excuser. &#171; C'est une b&#234;tise de ma part &#187;, r&#233;pondra-t-elle &#224; un repr&#233;sentant du Syndicat de la Magistrature, ulc&#233;r&#233;. Mais le lecteur lambda de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; n'en saura rien. Tout comme celui du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;. En effet, Max Clos, encore lui, &#233;crit : &#171; Une manifestation est organis&#233;e devant le tribunal. Les &#034;jeunes&#034; r&#233;clament &#034;justice&#034;, c'est-&#224;-dire une lourde condamnation pour le policier. Sch&#233;ma classique. &#187; Puis il fabule : &#171; Mais ils n'en restent pas l&#224;. L'affaire d&#233;g&#233;n&#232;re en d&#233;monstration pro-islamique, au cours de laquelle on acclame les chefs d'&#201;tats arabes et l'on conspue les Am&#233;ricains. &#187; &#192; nouveau, il s'agit d'all&#233;gations totalement imaginaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
En final, on retiendra le &#171; ton des slogans du MIB &#187; (dixit &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt;) comme des vocif&#233;rations haineuses. &#171; Pression inadmissible, chantage choquant, qui ont entra&#238;n&#233; le jugement scandaleux &#187;, s'&#233;trangle Fran&#231;ois Darras, du service politique de l'hebdomadaire &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, avant de conclure : &#171; Une tentative de viol de justice a provoqu&#233; la panne de la justice ! &#187; (&lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, 8 octobre 2001). Ainsi donc, la mobilisation publique serait &#224; l'origine de l'acquittement ; voire intrins&#232;quement criminog&#232;ne. Le principe m&#234;me de cette mobilisation semble poser probl&#232;me. Aucun papier, aucun sujet ne rend compte des d&#233;bats publics autour de &#171; la justice coloniale &#187;. C'est l&#224; que les m&#233;dias alternatifs demeurent irrempla&#231;ables : journaux, radios et t&#233;l&#233;s libres, listes de diffusion internet, etc. ont couvert l'&#233;v&#233;nement. Encore faut-il qu'ils montent en puissance pour rendre leur travail plus largement accessible !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le droit de critiquer une d&#233;cision de justice&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Reste que plusieurs m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes ont &#233;t&#233; sensibles &#224; certains arguments de la campagne Que vaut la vie de Youssef ? &lt;a href=&#034;http://infosuds.free.fr/082001/youssefproces.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lien p&#233;rim&#233;. Voir ici&lt;/a&gt;, notamment &#224; ceux d'une in&#233;galit&#233; de traitement programm&#233;e d'avance, et de la dignit&#233; bafou&#233;e de la famille Kha&#239;f. &lt;i&gt;France Soir&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; parmi les premiers &#224; restituer cette dignit&#233;, publiant une grande et belle photo de Youssef, et titrant plusieurs jours de suite sur l'attente de justice exprim&#233;e par la famille. Ce journal a su communiquer par ses articles l'intensit&#233; de l'&#233;motion v&#233;cue. Dont acte. Le chroniqueur judiciaire de France 2, Dominique Verdeilhan, a &#233;galement sur place fait preuve de consid&#233;ration pour la partie civile, et on a pu voir ou entendre dans plusieurs journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s des appels &#224; une justice &#233;quitable. Mais c'est l'acquittement pur et simple qui a pos&#233; un vrai probl&#232;me de conscience &#224; de nombreux journalistes. A-t-on le droit de critiquer une telle d&#233;cision ? Certains passent outre aux pr&#233;cautions d'usage. &#171; Oui, la justice est pourrie &#187; titre Pierre Marcelle dans &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt;, reprenant le cri de Nadia, la s&#339;ur de Youssef. M&#234;me Jean-Pierre Berthet, le chroniqueur judiciaire de TF1, se demande : les jur&#233;s &#171; ont-ils reconnu &#224; l'accus&#233; le b&#233;n&#233;fice de la l&#233;gitime d&#233;fense ou ont-ils imagin&#233; pour la circonstance, pour le cas particulier du policier Hiblot, une notion diff&#233;rente qui serait la &#034;l&#233;gitime panique&#034; ? &#187; Dans son &#233;ditorial du 30 septembre 2001 intitul&#233; &#171; Justice &#224; sens unique &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; constate : &#171; Une nouvelle fois, justice n'aura pas &#233;t&#233; rendue pour les jeunes de banlieue. Leur d&#233;fiance envers les institutions se trouve confort&#233;e. &#187; Le journal recevra de nombreuses lettres de protestations. Un lecteur estime ainsi l'acquittement du policier &#171; dans la logique de notre temps &#187;. &#171; La soci&#233;t&#233;, par jury d'assises interpos&#233;, est contrainte &#224; l'injustice d&#232;s lors qu'elle n'est plus en mesure de permettre l'exercice normal de mission de s&#233;curit&#233; dans certaines parties du territoire... &#187;. Robert Sol&#233;, le m&#233;diateur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, &#233;prouvera la n&#233;cessit&#233; de s'expliquer aupr&#232;s des lecteurs. &#171; Il n'est pas interdit de critiquer un jugement. L'article 434-25 du code p&#233;nal ne sanctionne que &#034;le fait de chercher &#224; jeter le discr&#233;dit&#034; sur la justice - la justice &#034;comme institution fondamentale de l'&#201;tat&#034;, a pr&#233;cis&#233; la Cour de cassation le 7 mars 1988. &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 14-15 octobre 2001). Sur la d&#233;fensive, il confirme n&#233;anmoins la contestation par son journal de la d&#233;cision des jur&#233;s des Yvelines. Une attitude m&#233;ritoire, face &#224; la v&#233;ritable offensive de policiers, de magistrats et de politiciens occupant ostensiblement le terrain pour faire barrage &#224; leurs contempteurs, sur le mode de l'intimidation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. par ex. Philippe Bilger, avocat g&#233;n&#233;ral pr&#232;s la cour d'appel de Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce contexte, continuer &#224; porter dans les m&#233;dias le d&#233;bat sur l'&#233;galit&#233; devant la justice est un enjeu majeur. Sans toutefois n&#233;gliger la vigilance, face &#224; la propension des journalistes, et de tout un chacun, &#224; int&#233;rioriser plus ou moins consciemment les perceptions s&#233;curitaires ambiantes et les a priori sur les militants &#171; irresponsables &#187; des banlieues. La mani&#232;re dont la plupart des m&#233;dias a redress&#233; le tir en rendant compte de l'appel du MIB au calme et &#224; une &#171; riposte politique autour d'une table &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;cf. France Soir, 01/10/2001&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est de ce point de vue un signe encourageant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pour en savoir plus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Echo des cit&#233;s&lt;/i&gt;, le journal du MIB, a publi&#233; plusieurs n&#176; sp&#233;ciaux consacr&#233;s aux affaires Youssef Kha&#239;f, A&#239;ssa Ihich, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
MIB, 26 bis rue Kl&#233;ber, 93100 Montreuil &lt;a href=&#034;http://mibmib.free.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mibmib.free.fr/&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Que vaut la vie de Youssef ? Nous sommes tous Youssef !&lt;/i&gt; Un film (60 mn) co-produit par l'agence IM'm&#233;dia, Zalea TV, le MIB. Disponible pour 100 FF + frais de port &#224; l'agence IM'm&#233;dia, BP 7, 75965 Paris cedex 20.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Note d'Acrimed. Lire &#233;galement &lt;a href='https://www.acrimed.org/La-violence-des-jeunes-un-discours-criminel' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; La violence des jeunes &#187; : un discours criminel&lt;/a&gt; (mars 2001, d'apr&#232;s le site du collectif &#034;Les mots sont importants&#034;), &lt;a href='https://www.acrimed.org/Photos-de-ces-quartiers-et-de-ces-banlieues-d-ou-vient-tout-le-mal' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Photos de ces quartiers et de ces banlieues d'o&#249; vient tout le mal...&lt;/a&gt; par O. Aubert (janvier 2002)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. par ex. la p&#233;tition &#171; La Fabrique de la haine &#187;, sign&#233;e par 250 personnalit&#233;s. Contact : proces@samizdat.net&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. lettre ouverte de Jacques Heuclin, d&#233;put&#233;-maire PS de Pontault-Combault, en r&#233;ponse &#224; l'article &#171; Jeunes de banlieue, citoyens au rabais &#187;, de Pierre T&#233;vanian, publi&#233; dans la page Rebonds de Lib&#233;ration, le 02/11/2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. par ex. Philippe Bilger, avocat g&#233;n&#233;ral pr&#232;s la cour d'appel de Paris, in &#171; Dangereuse faiblesse &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 11/10/2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;cf. &lt;i&gt;France Soir&lt;/i&gt;, 01/10/2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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