<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
	<link>https://www.acrimed.org/</link>
	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.acrimed.org/spip.php?id_auteur=54&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
		<url>https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-505bf.png?1776672965</url>
		<link>https://www.acrimed.org/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Nouvelles technologies - Et demain, y aura quoi &#224; la t&#233;l&#233; ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Nouvelles-technologies-Et-demain-y-aura-quoi-a-la-tele</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Nouvelles-technologies-Et-demain-y-aura-quoi-a-la-tele</guid>
		<dc:date>2000-09-30T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Edith Alouf</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nos six mis&#233;rables petites cha&#238;nes analogiques hertziennes, c'est presque du pass&#233;. Avec le num&#233;rique hertzien, l'offre va exploser. Reste &#224; savoir de quoi seront remplis les tubes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le num&#233;rique hertzien c'est un peu la hotte du P&#232;re No&#235;l. Une pluie de cha&#238;nes nouvelles, sans abonnement au c&#226;ble ou au satellite, juste en multipliant les pressions du pouce sur la zapette. En termes plus techniques, le num&#233;rique hertzien (ou terrestre), c'est la compression des six fr&#233;quences existantes (TF (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Projets-et-menaces-1997-2007-" rel="directory"&gt;T&#233;levisions publiques : Projets et menaces (1997-2007)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nos six mis&#233;rables petites cha&#238;nes analogiques hertziennes, c'est presque du pass&#233;. Avec le num&#233;rique hertzien, l'offre va exploser. Reste &#224; savoir de quoi seront remplis les tubes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;rique hertzien c'est un peu la hotte du P&#232;re No&#235;l. Une pluie de cha&#238;nes nouvelles, sans abonnement au c&#226;ble ou au satellite, juste en multipliant les pressions du pouce sur la zapette. En termes plus techniques, le num&#233;rique hertzien (ou terrestre), c'est la compression des six fr&#233;quences existantes (TF 1, France 2, France 3, Arte-La Cinqui&#232;me, Canal plus, M6) en 36 nouvelles cha&#238;nes (au moins), visibles gr&#226;ce &#224; l'actuelle antenne &#034; r&#226;teau &#034; assortie d'un d&#233;codeur num&#233;rique int&#233;gr&#233; ou non dans le t&#233;l&#233;viseur. Et tout &#231;a pour quand ? Fin 2001, au pire d&#233;but 2002. Un cadeau de la loi Trautmann, et la principale nouveaut&#233; de cette r&#233;forme de l'audiovisuel accouch&#233;e aux forceps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui diffusera quoi ? La loi pr&#233;voit une r&#233;partition service par service (cha&#238;ne par cha&#238;ne) d'un m&#234;me multiplexe (bloc de cha&#238;nes sur une m&#234;me fr&#233;quence). Le dispositif juridique propos&#233; permettra d'autoriser de nouveaux op&#233;rateurs nationaux de t&#233;l&#233;vision mais aussi des cha&#238;nes locales notamment associatives. Et qu'est-ce qu'on y verra, sur ces blocs ? Eh bien avec Cultures en France et Cultures du monde, Arte devrait enfoncer son clou culturel. France T&#233;l&#233;vision planche sur une cha&#238;ne d&#233;volue au sport, une cha&#238;ne d'informations, une cha&#238;ne &#034; r&#233;gions &#034;, une cha&#238;ne &#034; jeunes &#034; en collaboration avec La Cinqui&#232;me, une cha&#238;ne &#034; arts et spectacles &#034; et une cha&#238;ne de multidiffusion. Quant &#224; TF 1, elle s'active, entre autres projets, &#224; une cha&#238;ne jeune et f&#233;minine, pr&#233;vue dans un premier temps pour le c&#226;ble, pr&#234;te &#224; basculer sur le num&#233;rique hertzien d&#232;s qu'il existera. Un peu de diversit&#233; ne saurait nuire. Mais il ne suffit pas de multiplier les cha&#238;nes, encore faut-il savoir ce qu'on compte y mettre. En ce qui concerne l'audiovisuel public, c'est une chance &#224; saisir pour r&#233;fl&#233;chir au sens des mots &#034; service public &#034;. Qu'est-ce qu'on veut dire, &#224; qui, de quelle mani&#232;re, avec quels moyens, pour concurrencer, dans le bon sens du terme, la sph&#232;re commerciale ? Mou et hybride dans sa forme actuelle, il ne va pas miraculeusement affirmer son identit&#233; par la gr&#226;ce des nouvelles technologies.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.-E. A.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034; On va vers un d&#233;mant&#232;lement de l'audiovisuel public &#034;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/On-va-vers-un-demantelement-de-l-audiovisuel-public</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/On-va-vers-un-demantelement-de-l-audiovisuel-public</guid>
		<dc:date>2000-09-30T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aline Pailler, Marie-Edith Alouf</dc:creator>


		<dc:subject>Politis</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien avec Aline Pailler sur le service public audiovisuel paru dans &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Projets-et-menaces-1997-2007-" rel="directory"&gt;T&#233;levisions publiques : Projets et menaces (1997-2007)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Politis-+" rel="tag"&gt;Politis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour Aline Pailler (ex-d&#233;put&#233;e europ&#233;enne, journaliste-productrice &#224; &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt;), le service public audiovisuel souffre de n'&#234;tre pas pens&#233; politiquement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politis &lt;/strong&gt; : Quelques mois apr&#232;s la gr&#232;ve, qui avait agit&#233; Radio-France cet hiver, comment voyez-vous la situation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aline Pailler&lt;/strong&gt; : Je constate que nous avions malheureusement raison sur plusieurs points. Nous avions peur que l'application des 35 heures n'aille dans le sens d'un projet de d&#233;mant&#232;lement de l'audiovisuel public. De fait, on se retrouve avec un manque criant de personnel et des conditions de travail, notamment pour les producteurs, de plus en plus difficiles. Certains m&#233;tiers vont dispara&#238;tre ou devenir polyvalents, pour pallier le manque d'effectifs d&#251; aux 35 heures, ce qui, &#233;videmment, aura des cons&#233;quences sur la qualit&#233; et l'originalit&#233; des programmes. Prenez le cas de Yann Parantho&#235;n [artiste du son, producteur des produisait les Ateliers de cr&#233;ation radiophonique, ndlr]. Son parcours et ses cr&#233;ations sont typiquement embl&#233;matiques du service public mais il n'y a pas de rel&#232;ve car il n'a pu former personne. On va perdre de formidables comp&#233;tences techniques. Des studios d'enregistrement de dramatiques, avec des bruiteurs, o&#249; on faisait des choses extraordinaires, ont &#233;t&#233; laiss&#233;s &#224; l'abandon pendant des ann&#233;es avant d'&#234;tre transform&#233;s en cellules de montage o&#249; l'on travaille seul sur un ordinateur ! C'est un g&#226;chis &#233;norme. Et non seulement des comp&#233;tences se perdent, mais les formations aux nouveaux outils, comme le num&#233;rique, ne sont m&#234;me pas assur&#233;es. On va prendre des jeunes qui sortent d'&#233;coles, qu'on va payer des clopinettes, avec des statuts mis&#233;rables. Et ceux qui pourraient faire la transition avec eux, pour penser la mati&#232;re, seront ringardis&#233;s et mis sur le bord de la route.&lt;br /&gt;
Je vois se profiler la perte de cha&#238;nes comme &lt;i&gt;France-Culture &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;France-Musique&lt;/i&gt;, ou l'externalisation de la production, comme ce fut le cas &#224; la t&#233;l&#233;vision avec la &#034; casse &#034; de la SFP. On demandera &#224; des producteurs vedettes d'avoir leur propre bo&#238;te et d'amener des &#233;missions cl&#233; en main, avec obligation de rentabilit&#233;. On nous dit d&#233;j&#224; que nous, producteurs, sommes des &#034; clients &#034; de Radio-France. Nous sommes assimil&#233;s &#224; des ind&#233;pendants &#224; qui on demande de fournir des &#233;missions &#233;labor&#233;es, r&#233;fl&#233;chies avec des moyens d&#233;risoires. C'est une radio de diffusion de flux qui est en fait l'horizon de ces bouleversements.&lt;br /&gt;
On sent bien que les directeurs de cha&#238;nes, Laure Adler comme Jean-Luc Hees, sont g&#234;n&#233;s aux entournures. Ils sont partag&#233;s entre leurs vrais go&#251;ts pour ce m&#233;tier et ce manque criant de projets au-dessus d'eux. La tutelle ne joue pas un r&#244;le politique (au sens noble) comme elle le devrait, mais un r&#244;le purement technocratique. Quel projet a-t-elle pour l'audiovisuel public ? Pour &lt;i&gt;Radio-France &lt;/i&gt; ? Pour une cha&#238;ne culturelle, musicale, d'information ? A ces questions-l&#224;, aucune r&#233;ponse !&lt;br /&gt;
Le constat peut-il s'&#233;tendre &#224; l'ensemble du service public audiovisuel ?&lt;br /&gt;
Il est en effet globalement marqu&#233; par une absence de coh&#233;rence, de projet r&#233;el, de pens&#233;e. A l'arriv&#233;e, cela ne peut que se traduire par une baisse de qualit&#233;, d'exigence, de libert&#233;, d'ouverture. Bient&#244;t vont arriver les cha&#238;nes du num&#233;rique hertzien et une difficult&#233; se pose pour l'audiovisuel public. Comment va-t-il entrer dans les nouvelles technologies si son id&#233;e n'est pas d'y &#234;tre &#034; pour y &#234;tre &#034; mais d'y &#234;tre pour repr&#233;senter une diff&#233;rence ? Et non seulement on ne r&#233;fl&#233;chit pas aux contenus mais on ne r&#233;fl&#233;chit pas aux pratiques. Le temps d'&#233;coute dont disposent les gens n'est pas extensible &#224; l'infini. Comment vont se comporter auditeurs et t&#233;l&#233;spectateurs (que je me refuse &#224; appeler consommateurs - ce en quoi on veut les transformer) ? Comment vont-ils circuler l&#224;-dedans ? Cette t&#233;l&#233;, dans certains cas, on leur propose m&#234;me de la faire. Cela me conviendrait si on donnait toutes les cl&#233;s. Mais j'ai plut&#244;t l'impression que c'est une illusion de libert&#233;, une fausse ouverture &#224; l'autre. Tout ce qui est au coeur de notre soci&#233;t&#233; doit &#234;tre pens&#233; politiquement, c'est-&#224;-dire par ceux qui sont garants du bien public et avec les citoyens, les professionnels, les intellectuels.&lt;br /&gt;
La question du contenu des cha&#238;nes de service public, de leur sens, n'est pas dissociable de celle du financement. De fait, je pense qu'il est &#224; r&#233;former. Pendant longtemps j'ai &#233;t&#233; contre l'id&#233;e : &#034; au service public, financement public, au service priv&#233;, financement priv&#233; &#034;. On se retrouverait avec un service public tronqu&#233;, un RMI de service public. Pour moraliser la chose, le mieux serait de supprimer toute pr&#233;sence de la publicit&#233; sur les cha&#238;nes publiques et de pr&#233;lever une taxe sur les revenus de la publicit&#233; sur les cha&#238;nes priv&#233;es, afin de nourrir la production du service public et la presse &#233;crite. Et, parall&#232;lement, augmenter la redevance.&lt;br /&gt;
Ces id&#233;es ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; exprim&#233;es, notamment il y a douze ans, par un groupe constitu&#233; de Pierre Bourdieu, Max Gallo, Claude Marti, Jean Martin, Christian Pierret et Ange Casta. On se demande si elles pourront exister, elles entra&#238;neraient tant de bouleversements... C'est trop de bouleversements si on a des gouvernements frileux et convaincus par des orientations lib&#233;rales. Cela peut exister avec des gouvernements qui ont une ambition sociale, progressiste et qui ont le courage de faire une chose qui n'est absolument pas impossible, des simulations l'ont d&#233;j&#224; montr&#233;. Le probl&#232;me, j'en suis convaincue, est seulement politique. Quand on peut faire reculer l'Ami ou Seattle, on peut bien d&#233;cider de la mani&#232;re avec laquelle agir vis-&#224;-vis des capitaux des publicistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Marie-Edith Alouf&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Audiovisuel public : la grogne gagne du terrain</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Audiovisuel-public-la-grogne-gagne-du-terrain</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Audiovisuel-public-la-grogne-gagne-du-terrain</guid>
		<dc:date>2000-09-30T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Edith Alouf</dc:creator>


		<dc:subject>Politis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'identit&#233; des cha&#238;nes publiques s'&#233;tiole. La concurrence &#233;conomique qui les oppose au priv&#233; les tire toujours plus vers le bas. Avec l'arriv&#233;e des nouvelles cha&#238;nes hertziennes, ne vont-elles pas perdre leur raison d'&#234;tre ? Les professionnels, lass&#233;s de brader leurs convictions, se mobilisent, et se prennent &#224; r&#234;ver d'un &#034; Seattle audiovisuel &#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;t&#233;, aux terrasses des caf&#233;s, tout comme l'hiver, au fond des bistrots, survient toujours le moment o&#249; on &#034; en &#034; parle. &#199;a commence (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Projets-et-menaces-1997-2007-" rel="directory"&gt;T&#233;levisions publiques : Projets et menaces (1997-2007)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Politis-+" rel="tag"&gt;Politis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'identit&#233; des cha&#238;nes publiques s'&#233;tiole. La concurrence &#233;conomique qui les oppose au priv&#233; les tire toujours plus vers le bas. Avec l'arriv&#233;e des nouvelles cha&#238;nes hertziennes, ne vont-elles pas perdre leur raison d'&#234;tre ? Les professionnels, lass&#233;s de brader leurs convictions, se mobilisent, et se prennent &#224; r&#234;ver d'un &#034; Seattle audiovisuel &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;t&#233;, aux terrasses des caf&#233;s, tout comme l'hiver, au fond des bistrots, survient toujours le moment o&#249; on &#034; en &#034; parle. &#199;a commence g&#233;n&#233;ralement par : &#034; T'as pas vu, hier soir ? &#034; Et si, bien s&#251;r, on a vu. Enfin, si l'on fait partie des 98 % de Fran&#231;ais qui poss&#232;dent un t&#233;l&#233;viseur. Et p&#233;riodiquement, des programmes viennent d&#233;frayer les conversations. Cet &#233;t&#233;, le d&#233;j&#224; culte &#034; Qui veut gagner des millions &#034; de Jean-Pierre Foucault, sur TF 1, tint facilement le haut du pav&#233;. Mais le chaud prime time de France 3 (les moments croustillants d'un talk show nomm&#233; &#034; C'est mon choix &#034;, qui passe ordinairement en milieu de journ&#233;e, c'est-&#224;-dire dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale) fit aussi l'objet de parlottes anim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ma gauche, un jeu un brin cynique o&#249; d&#233;gouline l'argent, comme au bon vieux temps des largesses de La Cinq de Berlusconi. A ma droite, des confessions graveleuses (je drague comme un mec, je suis soumise &#224; mon mari, j'ai deux fois l'&#226;ge de mon compagnon), comment&#233;es, parfois cruellement, par le public, dans le plus pur style reality-show d'antan. A ma gauche une cha&#238;ne priv&#233;e. A ma droite une cha&#238;ne publique. Match nul, si l'on ose dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'amuser &#224; continuer l'exercice. Sur quelle cha&#238;ne &#034; Bouvard des succ&#232;s &#034;, avec Philippe Grosses-T&#234;tes Bouvard, ses blagues machistes, ses sous-entendus homophobes ? Sur France 2. Sur quelle cha&#238;ne &#034; &#199;a va faire m&#226;le &#034;, o&#249; Karine Lemarchand et Marine Vignes &#034; titillent les hommes &#034;, ambiance basse-cour (de r&#233;cr&#233;) et gloussements de filles &#233;nerv&#233;es ? Ben, sur France 2 aussi, tiens. Bref, cet &#233;t&#233;, il fallait &#234;tre plus fort qu'un candidat de &#034; Qui veut gagner des millions &#034; pour distinguer une cha&#238;ne publique d'une cha&#238;ne priv&#233;e (et gagner rien du tout).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation des grilles de rentr&#233;e des cha&#238;nes n'a pas infirm&#233; la tendance. Quels sont les programmes de France 2 que Mich&#232;le Cotta, directrice de la cha&#238;ne, a voulu mettre en avant, comme preuve de r&#233;ussite de sa grille de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente ? &#034; Un gars, une fille &#034;, mini-s&#233;rie de 10 minutes, toute en humour lourdingue et consid&#233;rations sexistes ; et le show d'access prime time de Julie Snyder (qui d'hebdomadaire devient quotidien) : un divertissement sans caract&#232;re, r&#233;solument tourn&#233; vers les artistes en promo, o&#249; l'explosive sant&#233; de l'animatrice (elle paye de son exub&#233;rante personne) tient lieu de concept. Quant aux fictions, elles sont le leitmotiv des cha&#238;nes priv&#233;es comme publiques, le gage de qualit&#233; par excellence, le pari f&#233;d&#233;rateur. R&#233;sultat : des polars &#224; la pelle, du &#034; patrimoine &#034; par tombereaux et une &#233;gale &#034; qualit&#233; France &#034;, lisse et de bon aloi, dans une course concurrentielle &#224; la limite du gavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bien s&#251;r, si l'on observe de pr&#232;s, on se dit qu'il faut nuance garder. &#034; Envoy&#233; sp&#233;cial &#034; n'est certes pas &#034; 52 sur la Une &#034;, Jean-Luc Delarue n'est pas Julien Courbet (m&#234;me si ce dernier l'imite) et Claude S&#233;rillon n'a rien d'une Claire Chazal. Et puis France 2 h&#233;berge toujours Bernard Pivot et son &#034; Bouillon de culture &#034; Mais de plus en plus tard - souvent apr&#232;s 23 h. Et, apr&#232;s bien des rumeurs concernant sa mise en retraite, l'animateur vient d'annoncer son d&#233;part. Quid, pour l'avenir, du livre &#224; la t&#233;l&#233;vision ? Quant &#224; &#034; La Vingt-Cinqui&#232;me Heure &#034;, ambitieux programme documentaire, il a disparu des grilles. L'ambition, l'originalit&#233; prennent leurs quartiers aux heures tardives de France 3 (riche en excellents documentaires) ou sur la bien commode Cinqui&#232;me, cha&#238;ne du savoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;l&#233; publique, t&#233;l&#233; priv&#233;e, m&#234;me course &#224; l'audience, m&#234;me niveau faiblard d'exigence : le constat n'est pas nouveau. La configuration s'est dessin&#233;e puis accrue &#224; la suite de la privatisation de TF 1, en 1988. Mais le contexte change, qui nous force &#224; nous poser la question de la l&#233;gitimit&#233; de l'existence de cha&#238;nes de service public, voire de leur survie. L'imminence de l'arriv&#233;e de nouvelles cha&#238;nes th&#233;matiques hertziennes, via le num&#233;rique, va modifier le paysage : quelle place, quelle sp&#233;cificit&#233;, nos cha&#238;nes publiques y auront-elles ? Faute de d&#233;finir rigoureusement leurs engagements, de repenser leur mode de financement, elles pourraient devenir obsol&#232;tes, inconsistantes. Or il est frappant de constater que, si on a beaucoup parl&#233; de l'audiovisuel public, au moment des discussions sur la loi Trautmann puis, tout au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, quand Laurent Fabius a lanc&#233; le p&#233;tard d'une &#233;ventuelle suppression de la redevance, on n'a pas abord&#233; ce qui est pourtant l'essentiel : le contenu de ces cha&#238;nes, les buts, les missions des programmes de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le philosophe Henri Maler, l'un des animateurs de l'Acrimed (Action-Critique-M&#233;dias), le probl&#232;me est d'abord un probl&#232;me de vocabulaire : &#034; Il ne suffit pas, explique-t-il, qu'il existe un secteur public de t&#233;l&#233;vision pour qu'existe un service public de t&#233;l&#233;vision. &#034; Ce glissement de termes, dans la bouche des dirigeants, revient &#224; borner la discussion &#224; des consid&#233;rations strictement &#233;conomiques : est public ce qui n'est pas priv&#233; &#034; On ent&#233;rine le double secteur sur le mod&#232;le anglo-saxon, il sera donc vraisemblablement maintenu, et prot&#233;g&#233; des attaques du priv&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des groupes priv&#233;s de plusieurs pays europ&#233;ens ont port&#233; plainte devant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, poursuit Henri Maler. Par contre, l'id&#233;e d'un service d&#251; au public est abandonn&#233;e au nom de la lib&#233;ralisation &#034;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Etre rentable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On avait l'exemple de la Poste ou de la SNCF, o&#249; l'on a vu appara&#238;tre le d&#233;licat concept de &#034; clients non rentables &#034;. Aujourd'hui, les gens qui font l'audiovisuel public ont le sentiment qu'on leur demande aussi d'&#234;tre &#034; rentables &#034;. Le producteur de radio Claude Villers, qui officie sur France-Inter, poussait r&#233;cemment un coup de gueule dans une revue professionnelle : &#034; Le mot est l&#226;ch&#233; : la rentabilit&#233; ! C'est leur seul crit&#232;re, le crit&#232;re de ces dirigeants qui sont tous issus du m&#234;me moule, qu'on trouve un jour chez Elf, un jour chez nous - &#224; la radio-t&#233;l&#233;vision publique. Ils n'ont rien &#224; fiche du service public . Tout ce qui n'est pas rentable doit mourir. Ou ne pas na&#238;tre. J'ai propos&#233; une nouvelle &#233;mission de reportages &#224; France-Inter. Trop cher ! Si je veux que mon &#233;mission voie le jour, il faut que j'am&#232;ne un sponsor. Dans le service public ! &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;TTC (Th&#233;&#226;tre T&#233;l&#233;vision Cin&#233;ma), mars 2000.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aline Pailler, productrice &#224; &lt;i&gt;France-Culture&lt;/i&gt;, porte elle aussi des accusations, dans une tribune parue cet hiver sur le site internet de l'&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt; : &#034; La direction de &lt;i&gt;Radio-France&lt;/i&gt; ne cache pas dans son nouveau langage que cette maison doit devenir une entreprise comme les autres : nous entendons rentable et racoleuse. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quand on parle de la &#034; sp&#233;cificit&#233; &#034; du service public, de quoi parle-t-on ? &#034; A part la messe, je ne vois gu&#232;re d'&#233;mission dont on puisse dire aujourd'hui qu'elle est embl&#233;matique du service public &#034;, ironise le r&#233;alisateur Jean-Pierre Marchand, membre de la SRF et de la SACD o&#249; il s'occupe des questions audiovisuelles. &#034; Ce sont les annonceurs qui font la politique des programmes des cha&#238;nes, celle de France 2 comme celle de TF1. &#034; Sa longue carri&#232;re de r&#233;alisateur lui a permis de prendre la mesure de la &#034; d&#233;g&#233;n&#233;rescence &#034; du service public. &#034; J'ai connu la t&#233;l&#233;vision publique d'avant 1988, c'est-&#224;-dire l'abandon de TF 1 &#224; Bouygues. Malgr&#233; tous les d&#233;fauts qu'on pouvait reconna&#238;tre dans ce syst&#232;me, nous &#233;tions infiniment plus libres que maintenant. Il &#233;tait rare que l'on fasse pression sur un auteur pour qu'il modifie son texte, ou sur un r&#233;alisateur pour qu'il prenne un com&#233;dien plut&#244;t qu'un autre. Aujourd'hui, c'est monnaie courante. Si on se rebiffe, on ne travaille plus. Si un auteur arrive avec un sc&#233;nario et qu'on lui dit : &#034; C'est bien, mais on va le faire refaire par un autre &#034;, et qu'il pr&#233;tend le reprendre, c'est fini pour lui. On dira partout que c'est un chieur. Alors on pratique l'autocensure. M&#234;me si on a honte de ce qu'on fait. &#034; Ce qui est vrai pour la fiction l'est aussi pour le documentaire. Les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ont compris l'attrait du public pour ce genre. Aussi formulent-elles une demande de plus en plus cibl&#233;e, tr&#232;s format&#233;e, aupr&#232;s des cr&#233;ateurs. Ainsi la r&#233;alisatrice Claire Simon estime que son film &lt;i&gt;Co&#251;te que co&#251;te&lt;/i&gt; (les vicissitudes d'une petite entreprise soumise aux dures lois du march&#233;), r&#233;alis&#233; en 1995, ne serait pas pris aujourd'hui sur Arte, cha&#238;ne pourtant peu suspecte de pratiquer le racolage. Cette pr&#233;occupation s'est abondamment exprim&#233;e au cours des Etats g&#233;n&#233;raux du documentaire de Lussas, &#224; la fin du mois d'ao&#251;t. &#034; Les cha&#238;nes, et m&#234;me les cha&#238;nes th&#233;matiques, d&#233;non&#231;ait le directeur Jean-Marie Barbe, ne financent que les films qui correspondent &#224; leurs besoins. Il y a donc un renforcement du pouvoir des t&#233;l&#233;visions sur la nature m&#234;me de lacr&#233;ation. &#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration du 26-27 ao&#251;t.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'une logique gestionnaire est forc&#233;ment une entrave &#224; l'innovation, aux prises de risques. Christian Boss&#233;no, grand scrutateur de la t&#233;l&#233;vision devant l'Eternel (il publie chaque ann&#233;e, avec une &#233;quipe de collaborateurs, une Saison t&#233;l&#233;vis&#233;e qui est une recension critique de tous les programmes diffus&#233;s sur le r&#233;seau hertzien), remarque : &#034; TF 1 et France 2 sont des clones. Le service public ne propose rien d'original. Mais le comble, c'est que ce qu'on aimerait voir sur les cha&#238;nes publiques, on le trouve chez les concurrentes commerciales. En mati&#232;re d'animation ou de courts-m&#233;trages, par exemple, les choses vraiment bien, innovantes, sont sur Canal plus. &#034; Encore plus flagrant est le cas Monte-Cristo. Une fiction avec G&#233;rard Depardieu, tir&#233;e de l'|uvre d'Alexandre Dumas. De la bonne t&#233;l&#233;vision populaire. Elle aurait d&#251; exister sur France 2S&lt;caron&gt; on l'a vue sur les &#233;crans de TF 1. &#034; Le probl&#232;me, explique Henri Maler, c'est d'avoir une v&#233;ritable politique de la production audiovisuelle. Et l&#224; il n'y a pas trente-six solutions. Ou c'est le march&#233;, et c'est une politique dict&#233;e par des imp&#233;ratifs publicitaires, ou c'est les pouvoirs publics. Le choix des pouvoirs publics n'ayant pas &#233;t&#233; fait, eh bien c'est le march&#233;. On aboutit donc &#224; cette situation paradoxale que, du coup, ce sont les cha&#238;nes g&#233;n&#233;ralistes qui ont les parts de march&#233; les plus importantes qui peuvent s'offrir le luxe de faire de la grande production populaire de qualit&#233;. On est &#224; la merci d'une politique commerciale qui trouve une partie de sa justification dans une plus-value culturelle que les t&#233;l&#233;s publiques ne peuvent plus, ou difficilement, s'offrir &#034;. Le cas des &lt;i&gt;Mis&#233;rables&lt;/i&gt; vient confirmer cette analyse. La derni&#232;re oeuvre du trio Didier Decoin-Jos&#233;e Dayan-G&#233;rard Depardieu, diffus&#233;e en ce moment sur TF 1, tir&#233;e de l'oeuvre de Victor Hugo, compte, avec un budget de 165 millions de francs, parmi les fictions les plus ch&#232;res jamais r&#233;alis&#233;es par la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pour une d&#233;mocratie num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec l'arriv&#233;e imminente des cha&#238;nes num&#233;riques hertziennes (voir page 19), les probl&#232;mes vont se poser de mani&#232;re diff&#233;rente. Comment ne pas craindre que les cha&#238;nes th&#233;matiques ne &#034; bouffent &#034; nos petites g&#233;n&#233;ralistes, si celles-ci ne font pas l'effort de muscler leur contenu, ou de prendre un cap clairement diff&#233;renci&#233; ? D'autre part, le service public est largement partie prenante de ces nouvelles cha&#238;nes, et l&#224; aussi, on l'attend au tournant pour affirmer ses missions. France T&#233;l&#233;vision doit lancer six cha&#238;nes sur le num&#233;rique hertzien dans un tr&#232;s proche avenir sans qu'aucun de ses dirigeants n'ait fait la moindre d&#233;claration sur le sens qu'on allait leur donner. Il n'y a gu&#232;re eu qu'Herv&#233; Bourges, pr&#233;sident du CSA, pour insister sur &#034; l'enjeu de citoyennet&#233; &#034; que repr&#233;sente &#034; la nouvelle d&#233;mocratisation des images et du son &#034; avec le num&#233;rique hertzien et attirer l'attention de France T&#233;l&#233;vision sur le fait qu'elle doit en &#234;tre &#034; l'acteur essentiel &#034;. De fait, le r&#233;alisateur Jean-Pierre Marchand reste sceptique sur la diversification promise. &#034; Croyez-vous que l'offre t&#233;l&#233;visuelle va se multiplier parce qu'on va multiplier les canaux ? Pour cela, il faudrait produire. Or, on est d&#233;j&#224; extr&#234;mement s&#233;lectif sur ce qu'on diffuse. Tout ce qui n'attire pas le public en quantit&#233; est &#233;cart&#233;. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun doute, il faut produire. Oui mais quoi ? &#034; Une vraie t&#233;l&#233;vision de service public devrait avant tout &#234;tre extr&#234;mement ouverte, affirme Jean-Pierre Marchand. Ouverte &#224; tous les genres, tous les go&#251;ts, tous les talents. &#034; Mais attention de ne pas se tromper de combat. &#034; Il faut sortir de la logique qui a longtemps pr&#233;valu &#224; gauche, &#034; t&#233;l&#233; p&#233;dago contre t&#233;l&#233; d&#233;mago &#034;, pr&#233;vient Henri Maler. Une t&#233;l&#233; de service public, ce n'est pas une t&#233;l&#233; qui pr&#233;tend savoir &#224; la place des gens ce qui est bon pour eux. Il faut prendre les choses sous l'angle de la cr&#233;ation, c'est-&#224;-dire sous l'angle du temps. Les temps de la cr&#233;ation - &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; en art ou en litt&#233;rature mais aussi en t&#233;l&#233;vision - sont longs. La t&#233;l&#233;vision et la radio d&#233;vorent du programme. Elles d&#233;vorent de l'artiste de vari&#233;t&#233;s, qui passe un &#233;t&#233;, puis dispara&#238;t, du t&#233;l&#233;film, que plus personne n'ose rediffuser dix ans apr&#232;s tellement c'est nul. Une v&#233;ritable t&#233;l&#233;vision de service public, c'est une t&#233;l&#233;vision qui, ayant des assises financi&#232;res qui ne sont pas assujetties au march&#233;, pourrait caler ses rythmes sur les rythmes de la cr&#233;ation, dans tous les domaines, de la vari&#233;t&#233; au haut de gamme. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est-&#224;-dire, poursuit Henri Maler, une t&#233;l&#233;vision qui, &#034; avant d'&#234;tre une pseudo t&#233;l&#233;vision des citoyens, serait une t&#233;l&#233;vision des cr&#233;ateurs. Avec du temps, de l'argent, de l'inventivit&#233;, de la cr&#233;ativit&#233;. Et ce, sans faire de distinction entre des contenus &#034; d'&#233;lite &#034; et des contenus &#034; pauvres &#034;. Jean-Christophe Averty faisait bien des &#233;missions excellentes avec Dalida ! A partir du moment o&#249; on part de ces principes-l&#224;, on peut poser ensuite les probl&#232;mes : comment se d&#233;gager des contraintes de programmation dict&#233;es par l'audimat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voeux pieux ? Il semble que non. On observe, dans les milieux professionnels, une mobilisation significative. Est-ce l'effet du succ&#232;s croissant des mouvements antimondialisation, des mobilisations citoyennes ? Les professionnels de l'audiovisuel se prennent &#224; r&#234;ver &#224; leur &#034; Seattle &#034; du son et de l'image. La r&#233;f&#233;rence leur vient d'ailleurs spontan&#233;ment &#224; l'esprit. &#034; Dans mon milieu, affirme Jean-Pierre Marchand, les rencontres se multiplient. On se concerte, on bouge. Des associations de sc&#233;naristes se cr&#233;ent, ce qui est nouveau. Les cr&#233;ateurs ont conscience qu'ils ne veulent pas continuer comme &#231;a. Je ne dis pas qu'on va d&#233;monter des McDo, comme Jos&#233; Bov&#233; et ses amis mais, sur le fond, c'est un peu la m&#234;me chose. &#034; Aux Etats g&#233;n&#233;raux de la cr&#233;ation audiovisuelle, qui se sont tenus au printemps dernier au th&#233;&#226;tre de Chaillot, ils ont au moins pu se faire entendre et marteler leur col&#232;re, et ils ont &#233;t&#233; re&#231;us par la ministre, Catherine Tasca, qui leur a pr&#234;t&#233; une oreille plus qu'attentive. Et Jean-Pierre Marchand l'affirme : ils ne vont pas en rester l&#224;. Des projets d'actions sont en cours.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une exigence alternative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me analyse, chez Henri Maler : &#034; Sur la question des m&#233;dias, un contre-courant existe d'exigence alternative et de d&#233;bat d&#233;mocratique. Je le vois bien &#224; l'Acrimed, o&#249; nous sommes d&#233;bord&#233;s de sollicitations auxquelles nous ne pouvons pas r&#233;pondre. Il y a incontestablement un courant porteur. L'audience des livres de Serge Halimi, mais aussi des d&#233;bats que nous organisons, pourtant sans aucun battage, sont la preuve d'un besoin de d&#233;bats. Les contre-courants antimondialisation, tels qu'Attac, s'expriment aussi sur ce terrain d'exigence d&#233;mocratique, mais, en ce qui nous concerne, la lutte est plus difficile &#224; organiser. Que prendre comme cible ? On ne va pas bombarder la Maison de la radio ! Pour donner corps et consistance &#224; ce combat il faut r&#233;ussir &#224; mener en m&#234;me temps la bataille sur le service public et la bataille sur les t&#233;l&#233;s associatives en &#233;vitant l'&#233;cueil de la r&#233;cup&#233;ration commerciale ou institutionnelle. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion logique de cette analyse : il n'y aura pas de bouleversement majeur du service public de t&#233;l&#233;vision sans bouleversement de son mode de financement. &#034; On ne peut pas dire que les responsables des cha&#238;nes de service public manquent d'intelligence ou d'ambitions : ils n'ont simplement pas les moyens de les satisfaire &#034;, remarque Jean-Pierre Marchand, emp&#234;tr&#233;s qu'ils sont dans ce paradoxe que repr&#233;sentent les &#034; cha&#238;nes commerciales d'Etat &#034;. Et la limitation de la publicit&#233;, d&#233;cid&#233;e par Catherine Trautmann, aggravera m&#234;me ce ph&#233;nom&#232;ne de soumission aux imp&#233;ratifs publicitaires : &#034; Il faut savoir, poursuit Jean-Pierre Marchand, que la moindre part du financement r&#233;serv&#233;e aux annonceurs leur permettra d'infl&#233;chir le programme dans le sens qui leur convient. &#034; Alors, pour lui, comme pour la plupart des professionnels de ce secteur, la solution r&#233;side dans une vieille id&#233;e neuve : la taxe sur les revenus publicitaires des cha&#238;nes commerciales, et l'augmentation de la redevance (la n&#244;tre est la plus basse d'Europe). L'id&#233;e fait son chemin, martel&#233;e dans les r&#233;unions et les d&#233;bats, et au sein des syndicats professionnels tels que la SRF ou la Scam. Utopique, irr&#233;aliste ? Pour un grand nombre de professionnels, dont la productrice Aline Pailler (voir entretien page suivante), ce n'est pas le cas - m&#234;me s'ils reconnaissent que la proximit&#233; de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ne cr&#233;e pas un climat propice aux gros bouleversements. Au demeurant, affirment-ils, c'est techniquement faisable, et &#233;conomiquement r&#233;aliste. Une question de &#034; volont&#233; politique &#034;. Un beau d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie-Edith Alouf&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;criture automatique (et d&#233;valorisante) n' a pas &#233;pargn&#233; Acrimed. Notre titre devrait &#234;tre corrig&#233; : &lt;i&gt;&#034; grogne &#034;&lt;/i&gt; est de ces mots qui animalisent. Lire &lt;a href='https://www.acrimed.org/La-grogne-grevistes-et-manifestants-sont-ils-des-animaux' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La &#034; &lt;i&gt;grogne&lt;/i&gt; &#034; : gr&#233;vistes et manifestants sont-ils des animaux ?&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.acrimed.org/Christophe-Hondelatte-face-a-la-grogne-des-enseignants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Christophe Hondelatte face &#224; la &#171; grogne &#187; des enseignants&lt;/a&gt; &lt;i&gt;(note d'Acrimed, f&#233;vrier 2005)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des groupes priv&#233;s de plusieurs pays europ&#233;ens ont port&#233; plainte devant l'Union europ&#233;enne contre les cha&#238;nes publiques pour &#034; concurrence d&#233;loyale &#034;, arguant de leur financement mixte (fonds publics et recettes publicitaires). Bruxelles cherche &#224; clarifier la position juridique des cha&#238;nes publiques pour les mettre &#224; l'abri de telles manoeuvres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;TTC (Th&#233;&#226;tre T&#233;l&#233;vision Cin&#233;ma), mars 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 26-27 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
