<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
	<link>https://www.acrimed.org/</link>
	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.acrimed.org/spip.php?id_auteur=4983&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
		<url>https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-505bf.png?1776672965</url>
		<link>https://www.acrimed.org/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les m&#233;dias fran&#231;ais et la CIJ : quand l'absence devient un choix &#233;ditorial</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-medias-francais-et-la-CIJ-quand-l-absence</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-medias-francais-et-la-CIJ-quand-l-absence</guid>
		<dc:date>2025-06-23T16:08:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Amina Kalache</dc:creator>


		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Droit international</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un t&#233;moignage de la journaliste Amina Kalache.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2023-Israel-Palestine-le-7-octobre-et-apres-" rel="directory"&gt;2023-... : Isra&#235;l-Palestine, le 7 octobre et apr&#232;s&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Israel-+" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Palestine-+" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Droit-international-+" rel="tag"&gt;Droit international&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH100/cij_logo-e8fd0.jpg?1776737279' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Amina Kalache est journaliste ind&#233;pendante. Pour Le M&#233;dia, elle couvre r&#233;guli&#232;rement les mobilisations en soutien du peuple palestinien et anime des entretiens. Tout r&#233;cemment, elle a par exemple organis&#233; &lt;a href=&#034;https://www.lemediatv.fr/emissions/2025/500-morts-en-72h-gaza-massacree-et-affamee-la-france-silencieuse-mKNMKJK5TOaIiqBDXZnGmg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la table ronde &#171; 500 morts en 72h : Gaza massacr&#233;e et affam&#233;e, la France silencieuse &#187;&lt;/a&gt; (20/05), qui r&#233;unissait Jean-Francois Corty, pr&#233;sident de M&#233;decins du Monde, Christophe Oberlin, chirurgien fran&#231;ais, Khadija Toufik, reporter en Cisjordanie et Rafa&#235;lle Maison, professeure en droit international. Elle nous livre ici un t&#233;moignage sur la d&#233;sertion m&#233;diatique des audiences de la Cour internationale de justice consacr&#233;es &#224; la question palestinienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le grand hall de la Cour internationale de justice &#233;tait silencieux, solennel. En cette derni&#232;re semaine du mois d'avril 2025, on y plaidait l'impensable : la famine utilis&#233;e comme arme de guerre &#224; Gaza, la destruction m&#233;thodique du peuple palestinien, des actes de g&#233;nocide pr&#233;sum&#233;s. L'ONU, via sa rapporteuse sp&#233;ciale Francesca Albanese, a estim&#233; qu'il existait des &#171; motifs raisonnables &#187; de croire &#224; la mat&#233;rialit&#233; de plusieurs actes entrant dans cette qualification. Face aux juges de La Haye, l'Afrique du Sud, la Malaisie, l'Irlande, le Qatar ou encore la France se sont exprim&#233;s sur les souffrances d'une population enferm&#233;e, bombard&#233;e et affam&#233;e. Et pourtant, la presse francophone n'&#233;tait pas pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une justice sans t&#233;moins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Peu de micros, peu de cam&#233;ras. Comme si cet &#233;v&#233;nement n'&#233;tait pas digne d'&#234;tre racont&#233;. Les audiences ont certes &#233;t&#233; requises dans l'urgence. Mais le sujet &#233;tait de taille : l'&#233;crasement de tout un syst&#232;me humanitaire, notamment au travers du cas de l'UNRWA. L'agence onusienne, cr&#233;&#233;e en 1949, est le principal pilier humanitaire pour les r&#233;fugi&#233;s palestiniens, fournissant &#233;ducation, soins de sant&#233; et aide alimentaire &#224; environ 5,9 millions de personnes. En octobre 2024, le Parlement isra&#233;lien a adopt&#233; deux lois interdisant ses activit&#233;s dans les territoires palestiniens occup&#233;s, aggravant notamment l'acc&#232;s &#224; l'aide vitale &#224; Gaza. Une d&#233;cision qualifi&#233;e de &#171; catastrophe humanitaire &#187; par de nombreuses ONG, mais aussi lors de ces audiences anticip&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour couvrir cet &#233;v&#233;nement, des acteurs majeurs de la presse internationale &#233;taient pr&#233;sents, et en nombre, comme lors des premi&#232;res audiences &#224; La Haye en janvier et f&#233;vrier 2024 : Al Jazeera, Middle East Eye, &lt;i&gt;Le Temps&lt;/i&gt;, Al Araby ou encore &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt;. Mais de France, presque rien, en dehors d'une correspondante pour l'AFP et &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;. J'&#233;tais seule. Par cons&#233;quent, ces actualit&#233;s d&#233;cisives pour le droit international et la m&#233;moire collective ont &#233;t&#233; tr&#232;s peu relay&#233;es dans les m&#233;dias fran&#231;ais. &#192; Paris, les r&#233;dactions ont regard&#233; ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce refus de rendre compte d'un proc&#232;s qui interroge jusqu'au c&#339;ur de notre humanit&#233; ? Ce n'est pas un oubli. C'est un choix. Comme en janvier 2024, une justice rendue sans cam&#233;ras devient, dans le d&#233;bat public fran&#231;ais, une justice sans regard, sans d&#233;bat, sans m&#233;moire nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;sint&#233;r&#234;t n'est pas une nouveaut&#233;. Au cours des dix-neuf derniers mois, la couverture m&#233;diatique de Gaza &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Cisjordanie-grande-oubliee-des-medias&#034;&gt;mais aussi de la Cisjordanie&lt;/a&gt; &#8211; a &#233;t&#233; partielle, lointaine, voire restreinte au minimum. Selon des donn&#233;es agr&#233;g&#233;es par les observatoires ind&#233;pendants comme Acrimed ou Arr&#234;t sur images, les grandes audiences internationales sur Gaza, qu'elles soient judiciaires, diplomatiques ou humanitaires, ont tr&#232;s rarement fait la Une. M&#234;me chose sur le terrain. Les correspondants &#224; Rafah ou en Cisjordanie ne sont pas ou peu sollicit&#233;s par les grands m&#233;dias fran&#231;ais. Ce d&#233;s&#233;quilibre ne s'explique pas uniquement par un manque de moyens ou de comp&#233;tences : il r&#233;v&#232;le des priorit&#233;s, une hi&#233;rarchisation de l'information et une g&#234;ne croissante &#224; couvrir frontalement ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'autojustification des r&#233;dactions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Pourquoi les m&#233;dias mainstream fran&#231;ais, dans leur grande majorit&#233;, ont-ils d&#233;tourn&#233; le regard alors que la justice internationale s'interrogeait sur la possibilit&#233; d'un g&#233;nocide en cours &#224; Gaza ? En coulisse, les r&#233;dactions invoquent g&#233;n&#233;ralement trois raisons : la temporalit&#233; peu m&#233;diatique du droit international, la peur des controverses et le manque de moyens. Mais &#224; bien y regarder, ces arguments ne suffisent pas &#224; expliquer ce silence&#8230; et encore moins &#224; l'excuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re : le temps long de la justice contre le temps court de l'information. Les proc&#233;dures devant la CIJ, nous dit-on, s'inscrivent dans un calendrier lent, sans &#171; images-chocs &#187; ; le droit international n'a pas le rythme de l'information continue : il produit des audiences, des rapports, des ordonnances mais rarement du &#171; buzz &#187; ou des &#171; scoops &#187;. Habitu&#233;s &#224; r&#233;agir &#224; l'instant, &#224; calibrer leurs sujets pour l'audimat, les m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes seraient alors confront&#233;s &#224; des difficult&#233;s pour couvrir les audiences. Ces arguments confortent plut&#244;t ce qui rel&#232;ve de d&#233;cisions et de croyances parmi les chefferies &#233;ditoriales. Ils naturalisent des pratiques journalistiques et des formats impos&#233;s. Comment ne pas consid&#233;rer comme &#171; historique &#187; le fait qu'en janvier 2024, la plus haute juridiction internationale reconnaisse un risque de g&#233;nocide &#224; Gaza ? Contrairement aux t&#233;l&#233;visions fran&#231;aises, CNN, la BBC mais aussi Sky News ou encore Fox News avaient d'ailleurs bascul&#233; en &#171; &#233;dition sp&#233;ciale &#187; pour donner &#224; entendre le rendu de la CIJ. Par ailleurs, il n'est pas rare que les m&#233;dias fran&#231;ais d&#233;cident de retransmettre en direct des &#233;v&#233;nements ou des discours, &#233;manant du champ judiciaire ou politique par exemple, qu'ils jugent vraisemblablement d'&#171; int&#233;r&#234;t public &#187;. &#192; tous &#233;gards, leur d&#233;sint&#233;r&#234;t &#224; l'&#233;gard de la CIJ, notamment, dissimule mal ce qui rel&#232;ve plut&#244;t d'un renoncement &#224; leur mission principale : informer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde raison invoqu&#233;e tient &#224; la crainte d'un sujet &#171; pi&#233;g&#233; &#187;. Dans un paysage m&#233;diatique fran&#231;ais o&#249; le &#171; conflit isra&#233;lo-palestinien &#187; &#8211; comme il continue d'&#234;tre majoritairement (mal) nomm&#233; &#8211; est per&#231;u comme &#171; hyper-politis&#233; &#187;, de nombreux journalistes se confient, en priv&#233;, redouter de &#171; mal dire &#187;, de &#171; s'exposer &#187;. La peur d'&#234;tre accus&#233; d'antis&#233;mitisme ou d'&#234;tre &#233;cart&#233; de leurs r&#233;dactions les pousse parfois &#224; l'autocensure. Pour certains, &#233;voquer les souffrances palestiniennes revient &#224; s'exposer &#224; des repr&#233;sailles symboliques, politiques ou &#233;conomiques. Mais l&#224; encore, comme nous le confiait l'historien Dominique Vidal, &#171; &lt;i&gt;ce silence contribue &#224; une perception d&#233;s&#233;quilibr&#233;e du conflit, et alimente une vision d&#233;shumanis&#233;e des Palestiniens&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient enfin l'argument budg&#233;taire, beaucoup de r&#233;dactions g&#233;n&#233;ralistes avan&#231;ant le manque de moyens comme justification &#224; leur retrait. Envoyer des journalistes &#224; La Haye, maintenir des correspondants en Palestine, produire des formats longs&#8230; : tout cela a un co&#251;t. En crise, le mod&#232;le &#233;conomique des grands m&#233;dias ne permettrait pas ces d&#233;ploiements. Les dirigeants de m&#233;dias savent pourtant trouver des ressources quand ils le jugent &#171; n&#233;cessaire &#187;&#8230; En janvier 2020 par exemple, ils n'auront pas l&#233;sin&#233; sur les moyens pour d&#233;p&#234;cher nombre de leurs &#233;quipes et t&#234;tes d'affiche au Liban ou au Japon afin que ces derni&#232;res arrachent des &#171; scoops &#187; concernant l'&#233;vasion de Carlos Ghosn, l'ancien patron de Renaud-Nissan-Mitsubishi&#8230; Encore une fois, c'est donc une question de choix. &lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; lorsqu'on constate que certains m&#233;dias, au mod&#232;le &#233;conomique autrement plus pr&#233;caire, produisent une couverture incroyablement plus riche de la situation en Palestine. Et ce, sans m&#234;me parler de la possibilit&#233; de relayer les t&#233;moignages du terrain, qu'ils proviennent de journalistes palestiniens ou de multiples autres acteurs accessibles, de retour de Gaza ou sur place. Mais rien n'y fait. M&#234;me les m&#233;dias ind&#233;pendants, souvent per&#231;us comme plus sensibles aux luttes sociales ou aux causes internationales, ne se d&#233;gagent pas de cette responsabilit&#233;. Ils ne peuvent pas &#171; tout faire &#187;, certes. Mais pourquoi si peu d'articles sur les audiences de la CIJ ? Pourquoi si peu de paroles palestiniennes relay&#233;es dans des formats approfondis ? Je l'ai v&#233;cu en tant que journaliste ind&#233;pendante. J'ai pu me rendre trois fois &#224; La Haye et la question de l'argent revenait toujours. &#171; Tu peux t'y rendre, mais pour 2 jours seulement &#187;, m'a-t-on r&#233;torqu&#233; une premi&#232;re fois en f&#233;vrier 2024, apr&#232;s plusieurs jours &#224; n&#233;gocier et d&#233;battre de l'importance de ces audiences. &#171; Pas de budget, d&#233;sol&#233;e &#187;, ai-je entendu la deuxi&#232;me fois. &#171; On ne peut pas te payer plus d'une pige &#187;, m'a-t-on dit la troisi&#232;me fois&#8230; Le manque d'argent ne saurait &#234;tre une excuse universelle. Il y a toujours de la place pour le choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choisir de ne pas couvrir Gaza, c'est aussi choisir de couvrir autre chose &#224; la place. Quand les r&#233;dactions g&#233;n&#233;ralistes ont choisi, mois apr&#232;s mois, de ne pas parler de Gaza, de ne pas couvrir la justice internationale, de ne pas exposer les r&#233;cits palestiniens, elles ont fabriqu&#233; un silence politique. Elles ont d&#233;politis&#233; l'histoire, affaibli la m&#233;moire collective et nourri l'indiff&#233;rence. Quand elles ont choisi de ne pas rapporter les tortures, de ne pas faire &#233;tat des violations du droit humanitaire et d'ignorer les acteurs du droit international, elles ont contribu&#233; &#224; d&#233;cr&#233;dibiliser la justice. Francesca Albanese, la rapporteuse sp&#233;ciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occup&#233;s, s'en &#233;meut depuis dix-neuf mois : &#171; &lt;i&gt;L'indiff&#233;rence m&#233;diatique permet la r&#233;p&#233;tition des crimes&lt;/i&gt; &#187;, nous confiait-elle lors de son passage &#224; Paris le 5 avril 2025 aux Assises pour la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir d'informer ne consiste pas &#224; relater ce qui fait le plus de bruit. Il implique de regarder l&#224; o&#249; les projecteurs dominants ne vont plus, de documenter les marges, de faire entendre ce que d'autres veulent faire taire, de redonner une voix &#224; ceux qui en sont priv&#233;s. Le choix de regarder ailleurs est politique. Et il aura, demain &#8211; comme il en avait hier &#8211; un co&#251;t professionnel, moral et d&#233;mocratique de grande ampleur au sein des grands m&#233;dias fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Amina Kalache&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
