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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Ce que les m&#233;dias font &#224; la justice</title>
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		<dc:date>2020-07-29T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acrimed, Elsa Johnstone, Vincent Sizaire</dc:creator>


		<dc:subject>Justice</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une contribution d'Acrimed pour la revue D&#233;lib&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Acrimed-dans-les-medias-" rel="directory"&gt;Acrimed dans les m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Justice-+" rel="tag"&gt;Justice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton6200-e22f8.jpg?1726418573' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/revue-deliberee/blog/110720/ce-que-les-medias-font-la-justice&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; tir&#233; du n&#176;9 de la revue &lt;i&gt;D&#233;lib&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#233;dit&#233;e par le Syndicat de la magistrature. Il s'interroge sur &#171; ce que les m&#233;dias font &#224; la justice &#187;, et rend compte du renoncement des m&#233;dias dominants &#224; faire conna&#238;tre et comprendre la justice. Ou comment l'information-spectacle maltraite l'actualit&#233; judiciaire, et entretient une d&#233;politisation mortif&#232;re de ses enjeux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les m&#233;dias, par leur double souci de cultiver le pluralisme des id&#233;es et de d&#233;voiler l'exercice du pouvoir, sont parfois glorieusement qualifi&#233;s de &lt;i&gt;quatri&#232;me pouvoir&lt;/i&gt; et plac&#233;s ainsi sur le m&#234;me plan que les institutions, gouvernementales, parlementaires et judiciaires. Malheureusement, il s'en faut de beaucoup pour que la contribution m&#233;diatique &#224; la vie publique corresponde un tant soit peu &#224; cette construction s&#233;duisante. En t&#233;moignent, par exemple, les travers bien connus de la couverture m&#233;diatique de l'actualit&#233; politique : personnalisation &#224; outrance, omnipr&#233;sence des petites phrases, complaisances voire connivences &#224; l'&#233;gard des puissants, d&#233;politisation et spectacularisation des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales transform&#233;es en &#171; course de petits chevaux &#187;. On &#233;voque cependant plus rarement ce que les m&#234;mes travers m&#233;diatiques font &#224; un autre &#171; contre-pouvoir &#187; : la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique de la justice est pourtant probl&#233;matique &#224; plusieurs &#233;gards. Il souffre, d'abord, d'une d&#233;formation li&#233;e &#224; une fuite en avant &#171; informationnelle &#187; o&#249; le spectacle en flux continu l'emporte &lt;i&gt;toujours&lt;/i&gt; sur l'analyse patiente. C'est la dimension m&#234;me de justice comme &#171; contre-pouvoir &#187; qui dispara&#238;t &#224; travers un tel traitement m&#233;diatique, produisant une m&#233;connaissance totale des enjeux politiques qui sont pourtant au c&#339;ur de la vie juridique et judiciaire et donc d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une information spectacle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Inutile de convaincre ici sur le r&#244;le primordial des m&#233;dias dans un r&#233;gime d&#233;mocratique. Rappelons toutefois qu'il leur appartient d'&#233;clairer les questions d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral qui traversent le d&#233;bat public et politique, et d'en rendre compte de mani&#232;re pluraliste, ind&#233;pendante et &#233;quitable. &#192; ce titre, les questions ayant trait &#224; la justice &#8211; qu'il s'agisse des d&#233;cisions rendues &lt;i&gt;au nom du peuple fran&#231;ais&lt;/i&gt; ou de son fonctionnement &#8211; rel&#232;vent sans conteste de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, et doivent faire l'objet d'un traitement m&#233;diatique. Mais en tant qu'expression d'une exigence d&#233;mocratique, ce traitement ne peut se limiter &#224; une pr&#233;sentation superficielle tant elle doit permettre &#224; chaque citoyen d'appr&#233;hender de fa&#231;on suffisamment fine et compl&#232;te les activit&#233;s de la justice, ses diff&#233;rent&#183;es protagonistes, son fonctionnement, ses difficult&#233;s, la l&#233;gitimit&#233; des critiques qui lui sont faites... Or, le malaise dans le traitement m&#233;diatique de la justice commence &#224; cet endroit pr&#233;cis : celui du renoncement &#224; donner acc&#232;s &#224; la complexit&#233; des tenants et des aboutissants de l'activit&#233; judiciaire. Pourtant c'est bien dans les mati&#232;res d&#233;mocratiques les plus techniques que les m&#233;dias ont les plus grandes responsabilit&#233;s : sans eux, comment assurer une connaissance &#233;gale de ces enjeux ? Derri&#232;re chaque petite n&#233;gligence de journaliste dans son oeuvre de d&#233;cryptage, c'est en r&#233;alit&#233; le pouvoir des sachant&#183;es qui s'en trouve renforc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cet abandon quasi g&#233;n&#233;ralis&#233; de la vulgarisation du complexe dans le monde m&#233;diatique ? Une premi&#232;re r&#233;ponse est incontestablement de nature &#233;conomique. Appartenant &#224; la fois au monde civique et au monde marchand&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Garapon, &#171; Le gardien des Promesses ? Le Juge et la d&#233;mocratie &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le travail m&#233;diatique est soumis &#224; des contraintes multiples sur le plan financier (et temporel donc), l'&#233;conomie des m&#233;dias ayant un impact direct sur la rigueur journalistique. Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, l'explosion des exigences de rentabilit&#233; et l'acc&#233;l&#233;ration du temps ont fait la part belle aux contenus insignifiants, rapidement &#171; produits &#187; &#8211; et consomm&#233;s...&#8211; &#224; l'info-buzz et autres formats courts et d&#233;mat&#233;rialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant de tendances peu compatibles avec la culture du d&#233;cryptage, de l'analyse approfondie, et du recoupement exigeant... Dans ce contexte, le traitement m&#233;diatique des sujets dits &#171; techniques &#187;, l'analyse des politiques publiques et des institutions se trouvent compl&#232;tement d&#233;grad&#233;s et la situation atteint un stade paroxystique en mati&#232;re judiciaire, o&#249; le manque de culture juridique (quasi) totale des journalistes, et leur m&#233;connaissance des enjeux proc&#233;duraux et institutionnels rendent encore plus visible l'absence de travail patient et approfondi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces contraintes financi&#232;res et temporelles qui g&#233;n&#232;rent un traitement d&#233;grad&#233;, s'ajoute une &#233;pineuse question structurelle. En effet, en mati&#232;re de justice, le travail journalistique est particuli&#232;rement d&#233;pendant des sources institutionnelles. Cette contrainte peut &#233;videmment entrer en collision &#8211; voire en contradiction &#8211; avec le r&#244;le d'&#233;clairage du d&#233;bat public, et notamment de l'activit&#233; de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute d'analyse patiente et de mise en contexte rigoureuse de l'activit&#233; judiciaire, se substitue alors bien trop souvent une mise en spectacle de la justice. Celle-ci n'est pas nouvelle, comme le rappelle G&#233;rard Noiriel &#224; propos du journalisme &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'art du r&#233;cit, que Paul Ricoeur a appel&#233; &#171; la mise en intrigue &#187;, fut un moyen de traduire les r&#233;alit&#233;s sociales et politiques dans un langage transformant les faits singuliers en g&#233;n&#233;ralit&#233;s et les entit&#233;s abstraites (comme les &#201;tats, les partis politiques, les classes sociales, etc) en personnages s'agitant sur une sc&#232;ne. La structure des r&#233;cits criminels qui impliquent toujours des victimes, des agresseurs et des justiciers, fut alors mobilis&#233;e pour familiariser le grand public avec la politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard Noiriel, &#171; La fait-diversion de l'actualit&#233; &#187;, Acrimed.org, 15 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ce mod&#232;le, que l'on pourrait qualifier &#171; d'information spectacle &#187;, que furent trait&#233;es les catastrophes, les crimes, les proc&#232;s, qui occup&#232;rent une place de plus en plus importante dans l'actualit&#233;. Comme le notait d&#233;j&#224; le chercheur Guy Pineau en 2003 :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;M&#233;dias et justice entretiennent des relations complexes [&#8230;] les journalistes t&#233;lescopent souvent le cours de la justice, lent et ritualis&#233;, antinomique des coups m&#233;diatiques recherch&#233;s par les r&#233;dactions pour faire de l'audimat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Pineau (dir.), La justice saisie par la t&#233;l&#233;vision, dossiers de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La tendance ne s'est pas d&#233;mentie jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'obsession s&#233;curitaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Par leur pouvoir d'agenda, de probl&#233;matisation et de cadrage, les m&#233;dias occultent certaines questions qui n'acc&#232;dent jamais au d&#233;bat public, quand d'autres font l'objet d'un traitement quasi obsessionnel, sans qu'aucune logique proprement journalistique ne puisse justifier ces asym&#233;tries. De la m&#234;me fa&#231;on, en usant de la cons&#233;cration ou de la stigmatisation, en choisissant les discours l&#233;gitimes et ceux qui ne le sont pas, les m&#233;dias installent des angles automatiques pour aborder telle ou telle question. Appliqu&#233;e au traitement de la justice, cette situation conduit non seulement &#224; une d&#233;formation de la justice p&#233;nale mais &#233;galement &#224; une invisibilisation d'autres questions de justice pourtant tr&#232;s sensibles, comme celles li&#233;es &#224; l'organisation judiciaire ou encore de fa&#231;on embl&#233;matique, les contentieux civil et administratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement de la justice p&#233;nale se caract&#233;rise ainsi par une asym&#233;trie radicale des approches m&#233;diatiques des actes de d&#233;linquance, qu'ils se rapportent journalistiquement &#224; la cat&#233;gorie de &#171; l'ins&#233;curit&#233; &#187; ou qu'ils soit imputables aux cols blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, l'on peut relever un d&#233;s&#233;quilibre quantitatif dans le traitement de ces questions. Une &#233;tude des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s (JT) r&#233;alis&#233;e en 2012 par l'Institut National de l'Audio&#173;visuel a permis de constater que cette ann&#233;e l&#224;, les &#171; atteintes aux personnes &#187;, le &#171; vandalisme &#187; et les &#171; bagarres collectives &#187; repr&#233;sentaient plus de 60 % de l'ensemble des faits divers trait&#233;s dans les JT, soit en moyenne pr&#232;s de trois sujets par jour relatant agressions, meurtres, enl&#232;vements, viols, etc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Blaise Magnin et Henri Maler, &#171; Flamb&#233;e de faits divers dans les Journaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la r&#233;currence de ces sujets, s'ajoute une forme de syst&#233;matisme du cadrage, concentr&#233; &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; sur le sort des victimes et la d&#233;signation plus ou moins explicite de cat&#233;gories de coupables (&#171; &lt;i&gt;les bandes de jeunes des cit&#233;s HLM&lt;/i&gt; &#187;), concourant ainsi &#224; une construction m&#233;diatique du probl&#232;me de l'ins&#233;curit&#233; dont les implications sont d'une autre importance que la seule question de la hi&#233;rarchie ou de la qualit&#233; de l'information&#8230; Ces faits divers, loin de &#171; faire diversion &#187;, quittent ainsi r&#233;guli&#232;rement cette rubrique pour s'inviter au coeur de l'actualit&#233; et du d&#233;bat public, et &lt;i&gt;faire l'agenda&lt;/i&gt; de la vie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peu dire que la d&#233;linquance en col blanc ne fait pas l'objet du m&#234;me traitement : en mati&#232;re de fraude fiscale, de corruption ou de violation des r&#232;gles d'attribution des march&#233;s publics, ni insistance, ni r&#233;currence, ni focalisation sur les cons&#233;quences pour les victimes, ou d&#233;signation d'une cat&#233;gorie de coupables ni m&#234;me r&#233;cup&#233;ration par la classe politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;diatisation des affaires politico-financi&#232;res, se r&#233;duit trop souvent &#224; un vaste spec&#173;tacle o&#249; les &#233;l&#233;ments de langage &#8211; diffus&#233;s par des communicant&#183;es r&#244;d&#233;e&#183;es &#8211; inondent le r&#233;cit, foca&#173;lis&#233; sur telles circonstances particuli&#232;res ou telles trajectoires personnelles des auteurs ou autrices, sans mettre en question les structures &#233;conomiques et institutionnelles qui permettent et favorisent ces malversations ni m&#234;me leurs cons&#233;quences. Pire, ce traitement m&#233;diatique sombre parfois dans l'incons&#233;quence coupable en tournant en d&#233;rision les agissements des puissant&#183;es qui s'affranchissent de la loi, dans une forme de &#171; folklorisation &#187; o&#249; les jeux de r&#244;le et les tenues l'emportent sur le fond. &#192; ce titre, le traitement m&#233;diatique des errements p&#233;naux du couple Balkany appara&#238;t malheureuse&#173;ment symptomatique. Car derri&#232;re la mise en sc&#232;ne m&#233;diatique de la gouaille de l'une ou le cigare de l'autre, qui pour rappeler que le montant de telle fraude fiscale pourrait permettre de remettre sur pied tel service d'urgences hospitali&#232;res ou tel lyc&#233;e professionnel ? Et surtout, qui pour d&#233;crypter les carences du droit p&#233;nal en mati&#232;re &#233;conomique et financi&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;formation journalistique de la justice p&#233;nale ne se r&#233;duit pas &#224; une asym&#233;trie grossi&#232;re entre le traitement de la d&#233;linquance des puissant&#183;es et des ill&#233;galismes populaires. Elle invite d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale &#224; une vision simpliste &#8211; et hautement d&#233;politisante &#8211; de la s&#233;curit&#233; des biens et des personnes, st&#233;rilisant le d&#233;bat public entre deux options irr&#233;conciliables : le trop (r&#233;put&#233; &#171; s&#233;curitaire &#187;) ou le trop peu (r&#233;put&#233; &#171; laxiste &#187;) de r&#233;pression. Cela revient &#224; emp&#234;cher toute r&#233;flexion sur le sens et les objectifs de la justice p&#233;nale, qui ne sauraient se limiter &#224; la recherche d'efficacit&#233; et au souci de pr&#233;vention de la r&#233;cidive, et &#224; biaiser le d&#233;bat n&#233;cessaire sur la surench&#232;re s&#233;curitaire autour des lois (anti-terroristes notamment &#8211; parfois utilis&#233;es bien au-del&#224; du contexte terroriste, comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; la convocation r&#233;cente de journalistes par la DGSI&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Yemen, Benalla : huit journalistes convoqu&#233;s par les services de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ce traitement d&#233;form&#233; et d&#233;formant de la justice p&#233;nale, l'on ne peut que d&#233;plorer l'absence quasi-totale de la justice administrative dans l'espace m&#233;diatique, sauf regain d'int&#233;r&#234;t ponctuel en lien avec le terrorisme et son lot d'assignations &#224; r&#233;sidence ou les arr&#234;t&#233;s anti-burkini, autant de soubresauts du go&#251;t m&#233;diatique pour le spectaculaire... La justice administrative est pourtant celle de la limite pos&#233;e &#224; la puissance publique dans ses relations aux citoyen&#183;nes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bruno Latour, la Fabrique du Droit : une &#233;thnographie du Conseil d'Etat, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces probl&#232;mes m&#233;diatiques de focale sur la justice finissent par constituer une op&#233;ration de tromperie du r&#233;el lorsque l'on aborde la situation de la justice civile : alors qu'elle constitue 80% de l'activit&#233; judiciaire en France, elle est compl&#232;tement absente du champs m&#233;diatique. Cette justice civile, moins compatible avec le besoin d'incarnation et autres exigences de l'information spectacle, traite pourtant d'enjeux tr&#232;s sensibles comme la r&#233;gula&#173;tion des litiges familiaux, sociaux, &#233;conomiques, etc. Jusqu'o&#249; l'&#201;tat doit-il s'immiscer dans la vie des familles pour garantir l'int&#233;r&#234;t des enfants ou des couples ? Et d'ailleurs, qu'est ce que l'int&#233;r&#234;t de l'enfant ? Quelle protection juste des consommateurs et consommatrices ? Qu'est ce qu'une faute d'un&#183;e salari&#233;&#183;e dans son exercice professionnel ? Comment r&#233;glementer la propri&#233;t&#233; intellectuelle ou le pouvoir des banques ? Quelle r&#233;paration pour telle personne accident&#233;e de la route ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de leur importance dans la vie sociale, ces notions juridiques qui sont le quotidien de la justice civile n'int&#233;ressent gu&#232;re le monde m&#233;diatique. Pourquoi une telle invisibilisation ? Laurence Blisson, en 2015, proposait une clef d'explication :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cette justice quotidienne, sans fard ni t&#233;nor, est aussi &#8211; &#224; bien des &#233;gards quoi que non exclusivement &#8211; la justice des pr&#233;caires. Un c&#233;nacle o&#249; se r&#233;v&#232;lent la mis&#232;re, les in&#233;galit&#233;s, l'injustice sociale, terrain de combats collec&#173;tifs parfois, mais bien souvent de d&#233;fenses isol&#233;es voire absentes d'hommes et de femmes sur lesquelles l'infor&#173;mation jette un voile pudique. Repr&#233;senter cette justice civile et sociale, ce serait mettre &#224; jour ce qui nourrit, ou pourrait nourrir, les luttes : les visages de l'injustice sociale et de la pr&#233;carit&#233;, et les effets de la loi, moins souvent expression d'une volont&#233; g&#233;n&#233;rale abstraite qu'outil concret de reproduction d'un ordre social in&#233;galitaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurence Blisson, Intervention intitul&#233;e &#171; Que fait la Justice ? &#187; aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les contraintes m&#233;diatiques conduisent &#224; pr&#233;senter la justice comme un th&#233;&#226;tre &#171; &lt;i&gt;o&#249; se joue le combat de la soci&#233;t&#233; &#8211; r&#233;duite &#224; une &#034;opinion publique&#034; largement fantasm&#233;e et mise en sc&#232;ne &#8211; contre le criminel&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, et non comme une institution o&#249; s'exercent des droits ; encore moins comme un lieu de production et de reproduction de rapports sociaux par le droit. La mise en spectacle m&#233;diatique, obs&#233;d&#233;e par le besoin d'incarnation et de simplification, pr&#233;sente la justice comme une ar&#232;ne aux r&#232;gles illisibles o&#249; s&#233;vissent des personnages pittoresques et ne met pas les citoyen&#183;nes en position de pouvoir se saisir de la justice et du droit, pour ce qu'ils sont, c'est &#224; dire des outils politiques. Et c'est la dimension m&#234;me de la justice comme &#171; contre-pouvoir &#187; qui disparait &#224; travers un tel traitement m&#233;diatique, produisant une m&#233;connaissance totale des enjeux politiques qui sont pourtant au coeur de la vie juridique et judiciaire et donc d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'oubli du politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Ce traitement singulier de l'activit&#233; judiciaire contribue, plus largement, &#224; une d&#233;politisation du droit dans le d&#233;bat public. R&#233;duit &#224; une succession de faits-divers et autres &#171; scandales &#187;, il met en sc&#232;ne un&#183;e juge qui, comme au bon vieux temps des Parlements de l'ancien r&#233;gime, semble avoir toute latitude pour trancher le litige qui lui est soumis, sans r&#232;gles particuli&#232;res &#224; respecter et faire respecter. C'est ainsi que la m&#233;diatisation dominante conduit paradoxalement &#224; escamoter du d&#233;bat public la fonction juridictionnelle de l'institution, c'est-&#224;-dire, au sens propre, la mission de dire le droit &#8211; qui est cens&#233; &#234;tre l'&#233;manation de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#8211; pour l'appliquer aux faits en cause. Cet escamotage a notamment pour cons&#233;quence de nourrir la sempiternelle ritournelle m&#233;diatique du &#171; gouvernement des juges &#187; d&#232;s lors qu'est mis&#183;e en cause un&#183;e politicien&#183;ne d'un certain rang quand la question qui devrait alors &#234;tre pos&#233;e est celle de la capacit&#233; de l'institution judiciaire &#224; faire r&#233;ellement respecter l'&#233;galit&#233; de tous et toutes devant la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il conduit &#233;galement &#224; occulter la place centrale qu'occupe la fonction juridictionnelle dans une soci&#233;t&#233; qui se veut d&#233;mocratique. En d&#233;mocratie, c'est la norme juridique &#8211; et elle seule &#8211; qui a vocation &#224; r&#233;guler les conflits pouvant na&#238;tre entre les individus pour, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, assurer une r&#233;elle et durable coexistence des libert&#233;s. Chaque citoyen&#183;ne a d&#232;s lors le droit &#8211; pour ne pas le dire le devoir &#8211; de v&#233;rifier que la loi, mais &#233;galement les conditions dans lesquelles elle est &#233;labor&#233;e et appliqu&#233;e, garantissent une telle coexistence. Or la fa&#231;on dont le droit se donne &#224; voir dans la plupart des m&#233;dias est loin de nous assurer une telle information. Pr&#233;sent&#233; le plus souvent de fa&#231;on sinon erron&#233;e, du moins tr&#232;s approximative, il appara&#238;t au mieux comme un savoir technique laiss&#233; aux sp&#233;cialistes, au pire comme un savoir &#233;sot&#233;rique abandonn&#233; au bon vouloir des juges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il existe bien quelques tentatives de vulgariser la connaissance juridique dans des domaines tr&#232;s sp&#233;cifiques &#8211; en particulier en mati&#232;re fiscale &#8211; mais la forme choisie, celle du guide pratique, ne permet gu&#232;re de contrebalancer la d&#233;politisation qui s&#233;vit par ailleurs sur les antennes ou dans les colonnes des principaux m&#233;dias. Il s'ensuit un traitement m&#233;diatique o&#249; la production l&#233;gislative est pr&#233;sent&#233;e de fa&#231;on totalement d&#233;connect&#233;e de sa finalit&#233; suppos&#233;e dans une soci&#233;t&#233; qui se pr&#233;tend d&#233;mocratique. De la m&#234;me fa&#231;on que l'activit&#233; judiciaire y appara&#238;t d&#233;li&#233;e de toute r&#233;f&#233;rence &#224; la loi, les m&#233;dias nous donnent &#224; voir le gouvernement et le Parlement comme libres de modifier &#224; leur guise &#8211; ou selon leur humeur &#8211; l'ordre juridique, quelle que soit l'orientation choisie. Et lorsque l'on &#233;voque la contrari&#233;t&#233; de tel ou tel projet de loi avec une norme constitutionnelle ou europ&#233;enne, c'est uniquement sous l'angle de la &#171; contrainte &#187;. Oubliant ainsi de rappeler &#224; tous et toutes que notre R&#233;publique est fond&#233;e sur l'id&#233;e que &#171; &lt;i&gt;le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'Homme&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article 2 de la D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen du 26 ao&#251;t 1789.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, de sorte que le respect de ces normes constitue avant tout la garantie pour les citoyen&#183;nes que leurs repr&#233;sentant&#183;es ne s'affranchissent pas du mandat qui leur est confi&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vincent Sizaire, &#171; le juge europ&#233;en peut-il &#234;tre un contre-pouvoir au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette entreprise de d&#233;politisation ne rel&#232;ve &#233;videmment pas de la seule responsabilit&#233; des m&#233;dias. Elle est d'abord le fait des pouvoirs publics. Alors que la possession d'une culture juridique est tout aussi n&#233;cessaire &#224; l'exercice de sa citoyennet&#233; que la possession d'une culture historique, l'enseignement du droit reste du domaine quasi-exclusif de l'enseignement sup&#233;rieur, tandis que les dispositifs d'acc&#232;s au droit re&#231;oivent moins de 0,01% du budget de l'&#201;tat. La d&#233;politisation du droit est &#233;galement le fait des juristes eux-m&#234;mes, en particulier &#224; l'Universit&#233;, o&#249; pr&#233;vaut une conception de la r&#232;gle de droit aseptis&#233;e et technicis&#233;e &#224; l'extr&#234;me, au nom d'une impossible neutralit&#233; axiologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dani&#232;le Lochak, &#171; La neutralit&#233; de la dogmatique juridique : mythe ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; voire d'une certaine paresse intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins que, si vraiment ils aspirent &#224; &#234;tre &#171; les chiens de garde de la d&#233;mocratie &#187;, les m&#233;dias devraient s'attacher &#224; pr&#233;senter l'ordre juridique et l'institution judiciaire en liens avec leurs fonctions politiques, en commen&#231;ant, par exemple, par traiter de cette anomalie qui veut qu'alors que nul n'est cens&#233; ignorer la loi, personne &#8211; ou si peu &#8211; ne la conna&#238;t vraiment. D'un point de vue d&#233;mocratique, la mis&#232;re du budget de la Justice constitue sans doute un &#171; scandale &#187; d'une port&#233;e autrement plus importante que tel ou tel faits divers qui provoquent par &#224; coup des d&#233;bauches d'&#233;nergie au sein des r&#233;dactions....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, cette &lt;i&gt;sous-repr&#233;sentation de la justice&lt;/i&gt; dans les m&#233;dias, en faisant na&#238;tre des attentes mal positionn&#233;es des citoyen&#183;nes, fige le droit dans un triste r&#244;le d'hymne de l'ordre &#233;tabli, et l'institution judiciaire dans celui d'un impossible contre-pouvoir, d&#233;tournant le monde juridique de son formidable potentiel, celui de pouvoir devenir un levier puissant et pacifi&#233; de transformation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Elsa Johnstone&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Vincent Sizaire&lt;/strong&gt; (avec &lt;strong&gt;Acrimed&lt;/strong&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Garapon, &#171; &lt;i&gt;Le gardien des Promesses ? Le Juge et la d&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187;, Odile Jacob, 1996 p. 92-93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard Noiriel, &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/La-fait-diversion-de-l-actualite&#034;&gt;&#171; La fait-diversion de l'actualit&#233; &#187;, Acrimed.org&lt;/a&gt;, 15 novembre 2018, extrait de &lt;i&gt;Une histoire populaire de la France&lt;/i&gt;, Agone, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guy Pineau (dir.), &lt;i&gt;La justice saisie par la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, dossiers de l'audiovisuel n&#176;107, INA, janvier-f&#233;vrier 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Blaise Magnin et Henri Maler, &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Flambee-de-faits-divers-dans-les-JT-depuis-dix-ans&#034;&gt;&#171; Flamb&#233;e de faits divers dans les Journaux T&#233;l&#233;vis&#233;s depuis dix ans &#187;&lt;/a&gt; Acrimed.org, 14 octobre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Yemen, Benalla : huit journalistes convoqu&#233;s par les services de renseignement fran&#231;ais &#187;, &lt;i&gt;le Figaro&lt;/i&gt; 23 mai 2019 (avec AFP).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bruno Latour, &lt;i&gt;la Fabrique du Droit : une &#233;thnographie du Conseil d'Etat&lt;/i&gt;, la D&#233;couverte, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurence Blisson, Intervention intitul&#233;e &#171; Que fait la Justice ? &#187; aux journ&#233;es d'Acrimed le 9 mars 2015, en sa qualit&#233; de secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale du Syndicat de la Magistrature (&#224; retrouver &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Journee-de-la-critique-des-medias-Que-fait-la-Justice-La-construction-d-un&#034;&gt;sur Acrimed.org&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Article 2 de la D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen du 26 ao&#251;t 1789.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vincent Sizaire, &#171; le juge europ&#233;en peut-il &#234;tre un contre-pouvoir au service de la d&#233;mocratie ? &#187;, &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, janvier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dani&#232;le Lochak, &#171; La neutralit&#233; de la dogmatique juridique : mythe ou r&#233;alit&#233; ? &#187;, in P. Amselek (dir.), &lt;i&gt;Th&#233;orie du droit et science&lt;/i&gt;, PUF, L&#233;viathan, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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