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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Gr&#232;ve &#224; Radio France : entretien avec Lionel Thompson (SNJ-CGT)</title>
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		<dc:date>2023-04-03T08:00:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lionel Thompson, Maxime Friot</dc:creator>


		<dc:subject>SNJ-CGT</dc:subject>
		<dc:subject>CGT Radio France</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves</dc:subject>
		<dc:subject>Retraites</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; On aimerait bien que &#231;a tienne, que &#231;a se durcisse, mais ce n'est pas &#233;vident. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisation-contre-la-reforme-des-retraites-2023-" rel="directory"&gt;Mobilisation contre la r&#233;forme des retraites (2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-SNJ-CGT-+" rel="tag"&gt;SNJ-CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-CGT-Radio-France-+" rel="tag"&gt;CGT Radio France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Greves-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Retraites-+" rel="tag"&gt;Retraites&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les salari&#233;s des m&#233;dias sont aussi concern&#233;s par la r&#233;forme des retraites. Et dans les r&#233;dactions, ils sont parfois nombreux &#224; participer &#224; la mobilisation sociale. C'est le cas &#224; Radio France : entretien avec Lionel Thompson (CGT Radio France).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acrimed : Le 7 mars, la CGT Radio France a d&#233;pos&#233; &lt;a href=&#034;https://cgt-radiofrance.org/PREAVIS-DE-GREVE-ILLIMITEE-DU-7-MARS-2023.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un pr&#233;avis de gr&#232;ve illimit&#233;e&lt;/a&gt;. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lionel Thompson :&lt;/strong&gt; Jusque d&#233;but mars, on avait uniquement d&#233;pos&#233;, avec l'ensemble des autres syndicats, des pr&#233;avis de 24 heures sur les journ&#233;es de gr&#232;ve et de manifestations nationales &#224; l'appel des conf&#233;d&#233;rations. &#192; partir de mars, on a d&#233;cid&#233; qu'il fallait aller plus loin. Les autres syndicats n'ont pas suivi, malheureusement. Ils continuent de d&#233;poser des pr&#233;avis de 24 heures. Nous, dans notre esprit, &#231;a permettait symboliquement de passer un cran au-dessus : sur les manifestations localement, le week-end, &#231;a permet &#224; des gens de faire gr&#232;ve et d'aller manifester. On est soumis &#224; cinq jours de pr&#233;avis normalement, donc notre pr&#233;avis permet de couvrir les gens m&#234;me quand une journ&#233;e de gr&#232;ve est d&#233;pos&#233;e trop tardivement : ce fut le cas pour la journ&#233;e de gr&#232;ve du mardi 28 mars. Dans un autre registre, on peut signaler, parmi les perturbations ponctuelles couvertes par ce pr&#233;avis illimit&#233;, que le concert France Inter &#224; la Maison de la Radio jeudi 30 mars (La Femme et Georgio) a &#233;t&#233; impact&#233; : certains techniciens &#233;tant en gr&#232;ve, le concert a d&#251; se d&#233;rouler sans public, ce qui a d&#251; &#234;tre mentionn&#233; &#224; l'antenne. La direction commence d'ailleurs &#224; s'agacer de ces perturbations et &#224; faire pression sur les gr&#233;vistes. Il a toutes ces raisons d'&#234;tre ce pr&#233;avis illimit&#233;, et heureusement qu'on l'a fait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Comment la mobilisation se d&#233;roule-t-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve est suivie, il y a des hauts et des bas, des journ&#233;es mieux suivies que d'autres. C'est difficile pour nous de savoir, on est dans l'incapacit&#233; mat&#233;rielle de calculer nous-m&#234;mes les taux de gr&#233;vistes avec une entreprise qui est &#233;clat&#233;e sur 44 stations locales et des dizaines de directions diff&#233;rentes &#224; Paris. On a eu un d&#233;compte de la direction g&#233;n&#233;rale pour une des premi&#232;res journ&#233;es, o&#249; la participation &#233;tait assez forte. En tout cas, on a toujours la capacit&#233;, jusque-l&#224;, sur les grosses journ&#233;es, de faire en sorte que la gr&#232;ve s'entende. Sur France Inter, souvent, &#231;a se traduit par des matinales o&#249; il n'y a que des flashs de trois minutes, des &#233;missions qui sautent. Pareil sur France Culture. Sur France Info, c'est plus compliqu&#233;, mais &#231;a fait belle lurette que France Info s'est organis&#233; de fa&#231;on &#224; ce que les gr&#232;ves s'entendent moins, malheureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme habituellement, ce ne sont pas les journalistes qui sont les plus mobilis&#233;s. C'est plut&#244;t au niveau des techniciens et de la production, un petit peu les administratifs, chez les agents d'accueil et de s&#233;curit&#233;&#8230; Mais ce qui fait qu'on l'entend, c'est quand les gens d'antenne font gr&#232;ve, et en particulier les techniciens. La r&#233;forme des retraites nous concerne tous ici. Particuli&#232;rement pour toute la production, o&#249; il y a beaucoup d'intermittents, beaucoup de carri&#232;res hach&#233;es. On a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; touch&#233; par les pr&#233;c&#233;dentes r&#233;formes&#8230; Chez les journalistes, il y a peut-&#234;tre aussi plus de r&#233;signation ou de d&#233;faitisme, les carri&#232;res commen&#231;ant souvent au-del&#224; de 25 ans, les gens ont presque int&#233;gr&#233; qu'ils vont devoir bosser jusqu'&#224; 65 ou 67 ans. Et donc ce n'est malheureusement pas mobilisateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a fait quelques assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, mais on n'est pas tr&#232;s suivis par les autres organisations syndicales l&#224;-dessus. Depuis qu'on a d&#233;pos&#233; le pr&#233;avis illimit&#233;, on a pu en faire trois. Il y avait &#224; chaque fois une petite centaine de personnes, au plus fort, ce qui n'est pas &#233;norme &#8211; on a fait des AG avec beaucoup plus de personnes que &#231;a. C'est un mouvement assez atypique. On fait le maximum, on communique &#224; chaque grosse journ&#233;e pour rappeler que le pr&#233;avis court toujours, qu'ils peuvent faire gr&#232;ve tant que le pr&#233;avis court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, dans les manifestations, on est toujours avec la banderole CGT Radio France, qui nous permet d'&#234;tre visibles. Mais il y a d'autres salari&#233;s de Radio France qui d&#233;filent par ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_13648 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH296/serge_d_ignazio-e3fea.jpg?1776699835' width='500' height='296' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.flickr.com/photos/119524765@N06/52676431740/in/album-72177720305866018/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Photo Serge D'ignazio, 11/03/23&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous la suite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est comme tout le monde. On est dans l'expectative sur la suite du mouvement, on est un peu d&#233;pendants de ce que vont faire et dire les conf&#233;d&#233;rations parce que nous, on n'est pas vraiment moteurs dans le mouvement. On aimerait bien que &#231;a tienne, que &#231;a se durcisse, mais l&#224;, ce n'est pas &#233;vident. &#199;a va &#234;tre int&#233;ressant de voir si on aura la capacit&#233; de vraiment perturber les antennes jeudi prochain par exemple. Mais on sent que &#231;a s'effiloche un peu. Et puis il y a des gens qui commencent &#224; avoir un certain nombre de jours de gr&#232;ve, et avec des journ&#233;es de gr&#232;ve un peu plus ch&#232;res : la direction de Radio France a chang&#233; le mode de calcul des retenues sur salaires en cas de gr&#232;ve. On est en train de regarder avec notre avocat la l&#233;galit&#233; du proc&#233;d&#233;, parce qu'on est une entreprise de service public, mais de droit priv&#233;, et ils nous appliquent un peu au gr&#233; de ce qui les arrange. On est &#224; la fois soumis au pr&#233;avis de 5 jours, mais au lieu de nous soumettre aux m&#234;mes r&#232;gles que dans le public, l&#224;, ils nous appliquent comme dans le priv&#233; &#224; l'heure et au prorata des jours ouvr&#233;s. C'est un facteur qui joue contre la mobilisation. On a mis en place &lt;a href=&#034;https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/caisse-de-greve-de-la-cgt-radio-france&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une caisse de gr&#232;ve&lt;/a&gt; d'ailleurs&#8230; et on maintient le pr&#233;avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Le 24 mars, des techniciens se sont mis en gr&#232;ve et une interview d'Olivier V&#233;ran, sur France Info, &lt;a href=&#034;https://www.ozap.com/actu/france-info-un-mouvement-de-greve-imprevu-perturbe-l-antenne-l-interview-d-olivier-veran-annulee-en-derniere-minute/629705&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;a d&#251; &#234;tre annul&#233;e&lt;/a&gt;. Est-ce qu'il y a d'autres exemples de programmes annul&#233;s ? Cela vient-il d'une d&#233;marche collective pour peser sur des &#233;missions en particulier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;avis de gr&#232;ve illimit&#233;e permet de temps en temps &#224; des gens de se mettre en gr&#232;ve quand ils veulent. C'est ce qu'il s'est pass&#233; &#224; France Info. C'est le cas le plus embl&#233;matique, mais on ne peut pas l'organiser en revanche : l&#233;galement on n'a pas le droit d'organiser des gr&#232;ves tournantes ou des gr&#232;ves perl&#233;es. Il me semble aussi que, contrairement &#224; ce qui se fait normalement, la vid&#233;o de l'&#233;mission &#171; Questions politiques &#187; avec Olivier Dussopt (France Inter, 26/03), n'a pas &#233;t&#233; mise en ligne sur le site, parce qu'ils y avaient des gr&#233;vistes parmi les gens qui doivent faire &#231;a normalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Le 27 mars, la soci&#233;t&#233; des journalistes de France 3 a publi&#233; &lt;a href=&#034;https://twitter.com/sdjfrance3rn/status/1640287621401255936&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un communiqu&#233;&lt;/a&gt; critiquant le traitement m&#233;diatique du mouvement sur les antennes de France T&#233;l&#233;visions. Semblable d&#233;marche existe-elle &#224; Radio France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, je n'ai pas l'impression que &#231;a ait provoqu&#233; grand d&#233;bat, comme assez souvent&#8230; Sur les violences polici&#232;res, et c'est bien, je trouve qu'on en a parl&#233; beaucoup plus rapidement qu'on ne l'avait fait au moment du mouvement des Gilets jaunes par exemple, o&#249; on avait beaucoup tard&#233; &#224; le faire, on l'avait fait quand c'&#233;tait vraiment impossible de ne plus en parler. Sinon, j'ai trouv&#233;, globalement, qu'&#224; chaque variation du nombre de manifestants, on disait &#171; ah, le mouvement s'essouffle &#187;. Mais sur un mouvement sur la longueur comme &#231;a, c'est normal qu'il y ait des hauts, des bas et qu'il y ait certaines journ&#233;es de manif o&#249; il y a un peu moins de monde qu'&#224; la pr&#233;c&#233;dente, &#231;a ne veut pas dire pour autant que le mouvement s'essouffle. Aussi, au d&#233;part, il y avait une esp&#232;ce de truc&#8230; mais qui est un peu le discours ambiant et dans la ligne de la comm' du gouvernement, de dire : &#171; Bon, &#231;a manifeste mais de toute fa&#231;on, c'est pli&#233; quoi &#187;. Avec aussi parfois, des questions &#224; des invit&#233;s qui d&#233;fendaient le mouvement, et &#224; qui on disait presque : &#171; Au fond, pourquoi vous continuez &#224; manifester, de toute fa&#231;on c'est pli&#233; &#187;. Il y avait une tonalit&#233; comme &#231;a quand m&#234;me &#224; un moment donn&#233;. &#199;a ne provoque pas forc&#233;ment un immense d&#233;bat dans la r&#233;daction, parce que les temps de d&#233;bats sont malheureusement tr&#232;s r&#233;duits...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Les gr&#233;vistes de Radio France ont-ils pu parler de leur lutte sur les antennes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, il y a juste le message : &#171; &lt;i&gt;En raison d'un appel &#224; la gr&#232;ve illimit&#233;e de la CGT Radio France d&#233;pos&#233; dans le cadre de la mobilisation contre la r&#233;forme des retraites, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l'int&#233;gralit&#233; de nos programmes habituels. Nous vous prions de nous en excuser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Maxime Friot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Radio France : les s&#233;vices publics de Sibyle Veil</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Radio-France-les-sevices-publics-de-Sibyle-Veil</link>
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		<dc:date>2019-11-20T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lionel Thompson, Lucile Girard, Pauline Perrenot</dc:creator>


		<dc:subject>SNJ-CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves</dc:subject>
		<dc:subject>CGT Radio France</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien avec Lionel Thompson (SNJ-CGT).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-En-direct-de-Radio-France-" rel="directory"&gt;Radio France&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Greves-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-CGT-Radio-France-+" rel="tag"&gt;CGT Radio France&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L135xH150/arton6041-599c9.png?1776756958' class='spip_logo spip_logo_right' width='135' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les 13 et 14 novembre, la direction de Radio France d&#233;voilait une partie du &#171; Projet 2022 de transformation num&#233;rique &#187;. Un carnage : 299 suppressions de postes, fermeture de bureaux d'information r&#233;gionale &#224; Toulouse et Marseille, r&#233;duction des captations de concerts &#224; France Musique, suppression de la r&#233;daction de FIP, &lt;i&gt;et c&#230;tera&lt;/i&gt;. Au sujet de cette derni&#232;re mesure, qui entra&#238;nera la disparition des flash infos, la directrice de FIP B&#233;r&#233;nice Ravache a rivalis&#233; de cynisme, &lt;a href=&#034;https://twitter.com/snj_rf/status/1194988884188368898&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;selon des propos rapport&#233;s par le SNJ Radio France&lt;/a&gt; : la cha&#238;ne sera ainsi &lt;i&gt;&#171; &#224; l'abri des violences du monde &#187;&lt;/i&gt;... Quant aux violences du management &#224; Radio France, que les salari&#233;s se rassurent : Sibyle Veil pr&#233;voit d'ouvrir un &#171; Centre d'&#233;coute psychologique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette r&#233;union, les salari&#233;s se mobilisent &#224; nouveau, attendant l'annonce du reste des mesures, pr&#233;vue le 25 novembre prochain. L'occasion pour nous de mettre &#224; la &#171; une &#187; l'interview r&#233;alis&#233;e avec Lionel Thompson, et dont la version &#233;crite qui suit est parue dans notre &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Sortie-de-Mediacritiques-no33-Ou-va-le&#034;&gt;&lt;i&gt;M&#233;diacritiques&lt;/i&gt; n&#176;33&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet entretien a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; le 5 juillet 2019. Il est disponible en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En juillet, le journaliste &#224; France Inter et repr&#233;sentant SNJ-CGT faisait d&#233;j&#224; la &#171; chronique d'une mort annonc&#233;e &#187;&#8230; (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acrimed : Pouvez-vous revenir sur ce qui a g&#233;n&#233;r&#233; la mobilisation massive des salari&#233;s de Radio France le 18 juin 2019 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Lionel Thompson :&lt;/strong&gt; On a d&#233;j&#224; subi un premier plan d'&#233;conomies et de suppression d'emplois sur la p&#233;riode 2015-2019. Alors qu'on arrive &#224; la fin, Sibyle Veil annonce un nouveau plan de 60 millions, ce qui est &#233;norme. 60 millions d'ici 2022, &#231;a ne fait pas loin de 10 % d'un budget annuel de Radio France. 270 &#224; 390 suppressions d'emplois, &#231;a correspond peu ou prou, pour la fourchette haute, &#224; 10 % de l'effectif ! Cette barre des 10 %, on a l'impression que c'est la toise &#224; Bercy. Quand on regarde ce qui se fait &#224; France T&#233;l&#233;visions par exemple, c'est &#224; peu pr&#232;s les m&#234;mes ordres de grandeur ; la logique n'est pas n&#233;cessairement en rapport &#224; l'&#233;conomie de l'entreprise, mais se justifie par elle-m&#234;me : &#171; Il faut couper &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau plan d'&#233;conomies arrive alors qu'on nous a d&#233;j&#224; demand&#233; des efforts, qui ont &#233;t&#233; faits au prix d'une r&#233;gression dans ce qui est produit, aussi bien en volume qu'en qualit&#233;. Le plan pr&#233;c&#233;dent nous &#233;tait pr&#233;sent&#233; comme quelque chose d'absolument n&#233;cessaire pour revenir &#224; l'&#233;quilibre financier &#8211; on &#233;tait effectivement en situation de d&#233;ficit, mais on n'&#233;tait pas tout &#224; fait d'accord avec la direction sur les raisons de ce d&#233;ficit. On est revenu &#224; l'&#233;quilibre financier, on a m&#234;me &#233;t&#233; exc&#233;dentaire en 2018, et l&#224;, boum ! On nous rebalance un plan de 60 millions d'&#233;conomies : 20 millions parce que le gouvernement baisse ses dotations ; 20 millions pour &#171; &lt;i&gt;financer le d&#233;veloppement du num&#233;rique&lt;/i&gt; &#187; (selon Sibyle Veil) ; et encore 20 millions dus &#224; un &#171; &lt;i&gt;accroissement m&#233;canique des charges de l'entreprise, notamment des charges salariales&lt;/i&gt; &#187; (toujours selon la direction).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que les gens ont v&#233;cu cela comme une injustice tr&#232;s forte, plus forte encore qu'en 2015, o&#249; certains &#233;taient encore perm&#233;ables et sensibles aux discours de la direction. L&#224;, il y a ce sentiment d'injustice parce que financi&#232;rement, l'entreprise ne va pas si mal. Bien s&#251;r, des choses posent souci, notamment le chantier pharaonique de la Maison de la radio qui n'est toujours pas termin&#233;, qui va s'&#233;tendre jusqu'en 2024 probablement. Mais pour nous, la sant&#233; financi&#232;re de Radio France ne justifie absolument pas de devoir faire encore 60 millions d'&#233;conomies. Et puis les audiences sont bonnes. Ce n'est pas tout, on ne se raccroche surtout pas &#224; cela, mais c'est un fait incontestable. Les pr&#233;c&#233;dentes &#233;conomies ont d&#233;j&#224; d&#233;grad&#233; les conditions de travail. Beaucoup de services sont en tension &#224; cause des suppressions d'emplois. On alerte sans cesse la direction sur les cas de souffrance au travail et de burn-out, qui commencent &#224; se multiplier. La direction fait la sourde oreille et fait mine de regarder ailleurs. On n'est pas encore dans le syndrome France T&#233;l&#233;com, mais sinc&#232;rement, cela nous inqui&#232;te. Il y a un &#233;puisement, une perte de sens dans certains services &#224; cause de l'intensification du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Pourriez-vous donner davantage d'exemples de l'incidence de ces politiques sur les conditions de travail et sur la qualit&#233; de l'information ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Prenons par exemple la production &#224; France Inter. De plus en plus, on demande aux r&#233;alisateurs de travailler sur deux voire trois &#233;missions &#224; la fois. C'est une tr&#232;s grosse contrainte. On demande aux producteurs, aux r&#233;alisateurs et aux assistants de pr&#233;parer les &#233;missions dans un temps de plus en plus restreint : par exemple, depuis la rentr&#233;e, les hebdomadaires doivent &#234;tre pr&#233;par&#233;es en deux jours. En fait, bien souvent, ils n'y arrivent pas. Donc ils ne respectent pas leur temps de travail, et prennent sur leur propre temps. On est &#224; la limite du possible pour continuer &#224; avoir la qualit&#233; et le fond que l'on veut produire. Autre exemple : les r&#233;dactions du r&#233;seau France Bleu. L'id&#233;e est clairement de se concentrer sur les matinales, au d&#233;triment du reportage. De plus en plus de choses se font en interviews par t&#233;l&#233;phone ; on ne se d&#233;place pas parce que c'est devenu compliqu&#233;, parce que les matinales sont devenues tr&#232;s gourmandes en pr&#233;sentateurs. Et cela ne va pas s'arranger avec l'id&#233;e des matinales film&#233;es communes avec France 3 : &#231;a va mobiliser des gens qui seront encore moins disponibles pour faire du reportage. La tendance est la m&#234;me sur les grandes cha&#238;nes nationales : le reportage doit co&#251;ter le moins possible voire, dans certains cas, ne se fait pas du tout parce qu'il n'y aucun budget. Alors il arrive des cas o&#249; des journalistes commencent &#224; &#234;tre tent&#233;s quand une ONG propose de payer, le billet d'avion par exemple, ce qui pose &#233;videmment un vrai probl&#232;me &#233;ditorial de mon point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres exemples sont clairement perceptibles pour les auditeurs. Depuis un moment d&#233;j&#224;, on n'a plus de programmes originaux en direct la nuit sur France Inter. Ce sont des rediffusions. Alors oui, il y a moins d'auditeurs la nuit, mais il nous semble que la mission de service public, c'est que l'on doit &#224; ces auditeurs autre chose que de la radio en bo&#238;te. De m&#234;me, les grilles d'&#233;t&#233; ont tendance &#224; se prolonger : elles reviennent moins cher, entre autres parce qu'elles fonctionnent elles aussi avec beaucoup de rediffusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore un exemple : l'&#233;norme baisse de la captation de musique &lt;i&gt;live&lt;/i&gt;, &#224; France Musique notamment. Il y a eu une r&#233;duction de production de fictions originales, et donc une diminution du nombre d'emplois de com&#233;diens. Les &#233;conomies touchent aussi des services qui sont moins directement li&#233;s aux antennes : la direction a externalis&#233; beaucoup de choses, comme le m&#233;nage ou la s&#233;curit&#233;. Radio France est tr&#232;s content d'avoir trouv&#233; une nouvelle bo&#238;te prestataire pour les agents de m&#233;nage, qui est huit millions moins ch&#232;re que la pr&#233;c&#233;dente. Mais &#224; ce tarif-l&#224;, &#233;videmment, on est oblig&#233; de faire tr&#232;s attention &#224; la mani&#232;re dont les gens sont trait&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Dans ses interventions, Sibyle Veil rab&#226;che sans cesse que Radio France doit prendre le &#171; &lt;i&gt;tournant du num&#233;rique&lt;/i&gt; &#187;. Quelles sont les politiques &#224; l'&#339;uvre en la mati&#232;re et qu'est-ce qui, selon vous, pose probl&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;D&#233;j&#224;, il y a un amalgame : on ne sait jamais trop si on nous parle d'Internet ou de la t&#233;l&#233;vision. Je pense qu'on n'a vraiment pas grand int&#233;r&#234;t &#224; faire de la t&#233;l&#233;vision. Donnons les moyens &#224; France T&#233;l&#233; de faire ce qu'il faut faire en t&#233;l&#233; et donnons &#224; la radio les moyens de continuer &#224; faire de la bonne radio et de se d&#233;ployer sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on a l'impression qu'on veut mettre tous les &#339;ufs dans le m&#234;me panier, c'est-&#224;-dire qu'on veut investir &#224; fond dans les podcasts et notamment les podcasts natifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les podcasts qui ne proviennent pas d'&#233;missions diffus&#233;es &#224; l'antenne, mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour l'instant, les podcasts proviennent &#224; quasi 100 % des &#233;missions diffus&#233;es &#224; l'antenne, qu'on met telles quelles ou qu'on d&#233;coupe sur Internet. Ils parlent du &#171; tout Internet &#187;, du &#171; tout podcast &#187;, du &#171; il faut d&#233;velopper des plateformes de contenus &#187;. On ne serait plus que des producteurs de contenus pour des plateformes de contenus, si on les &#233;coute ! Ils ne parlent plus de radio, ils parlent d'audio. Ce sont des glissements auxquels il faut qu'on fasse tr&#232;s attention et dont nous ne mesurons pas encore toutes les cons&#233;quences. Bien s&#251;r, on n'est pas fous. On voit bien qu'il y a une &#233;rosion progressive du m&#233;dia radio, encore plus dans un pays comme les &#201;tats-Unis par exemple, mais &#231;a ne veut pas dire que la radio va dispa-ra&#238;tre. Il faut continuer &#224; investir dans la radio. Ils le font en partie avec la RNT, mais on a l'impression qu'ils ont trop vite tendance &#224; consid&#233;rer que la radio FM de flux, c'est un truc de vieux et de d&#233;pass&#233;. Alors oui, les podcasts natifs, c'est int&#233;ressant, c'est une fa&#231;on de faire vivre la radio sur Internet, mais &#224; condition qu'on nous donne les moyens d'investir l&#224;-dedans sans d&#233;poi-ler la radio, parce que sinon, on scie la branche sur laquelle on est assis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut aussi s'interroger sur les intentions. Internet permet de faire payer les podcasts, ce qui n'est pas tr&#232;s &#171; service public &#187;. Si vous voulez, leur grande obsession, qui est aussi celle du pouvoir politique je pense, c'est de concurrencer les GAFAM. D'abord, il va peut-&#234;tre falloir y mettre un moyen un peu plus cons&#233;quent, parce que ce n'est pas avec nos pauvres 15 millions d'investissement dans l'Internet qu'on va concurrencer les GAFAM ! Et puis sur ce terrain, il peut y avoir beaucoup de glissements par rapport aux missions de service public : les logiques marketing, qui impliquent de s&#233;lectionner davantage les auditorats, prennent beaucoup plus de place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;La radio film&#233;e pose elle aussi question : pour en faire quoi ? Prenons l'exemple de ces moments-cl&#233;s des grilles que sont les matinales. Si leurs captations servent &#224; isoler des pastilles pour ensuite faire de la communication sur les r&#233;seaux sociaux, c'est une strat&#233;gie dont on peut discuter la pertinence&#8230; &lt;i&gt;A fortiori&lt;/i&gt; quand on sait &#224; quel point les m&#233;dias publics sont en concurrence avec d'autres matinales du priv&#233; et de la t&#233;l&#233;. En ce sens, le rapport &#224; l'image n'est pas, lui non plus, tout &#224; fait d&#233;connect&#233; d'int&#233;r&#234;ts concurrentiels, voire commerciaux&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Non, en effet. Autant sur les antennes, on a &#233;t&#233; un peu pr&#233;serv&#233; de la course &#224; l'audience, parce qu'on ne d&#233;pend pas trop des recettes publicitaires. C'est diff&#233;rent avec l'Internet, o&#249; l'id&#233;e reste que &#231;a rapporte. D&#232;s lors, le risque, c'est de d&#233;pendre financi&#232;rement des recettes publicitaires, donc d'&#234;tre dans la course au clic, donc de mettre sur Internet ce qui fait du buzz. C'est effectivement un danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, en restreignant les ressources publiques et en voulant augmenter les res-sources propres, on risque de d&#233;pendre des ressources publicitaires. Nous avons toujours dit que, dans l'absolu, &#231;a ne nous d&#233;rangerait pas qu'il n'y ait pas de pub sur nos antennes, &#224; condition que &#231;a soit &#233;videmment compens&#233; par un financement public &#224; la hauteur : il ne faut pas que ce soit un moyen de nous &#233;trangler encore plus financi&#232;rement. Autrement dit, qu'on ne nous fasse pas le coup de g&#233;nie de Sarkozy en 2008 : sucrer une partie des recettes publicitaires (&#231;a a touch&#233; surtout la t&#233;l&#233;) sans aucune contrepartie. Aujourd'hui, la publicit&#233; commerciale est arriv&#233;e sur les antennes&#8230; &#199;a donne des choses insupportables, parce que la publicit&#233; commerciale, surtout en radio, a la facult&#233; d'&#234;tre tr&#232;s b&#234;te, et je ne dis pas que la publicit&#233; institutionnelle &#233;tait mieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple : on loue de plus en plus les locaux de la Maison de la radio, pour des d&#233;fil&#233;s de mode, etc. On privatise un b&#226;timent, dont la r&#233;novation va &#233;quivaloir &#224; presque une ann&#233;e de bud-get : pas loin de 600 millions d'euros ! Et puis, on se retrouve &#224; louer des locaux, nos moyens techniques parfois, &#224; des bo&#238;tes priv&#233;es qui viennent faire des &#233;v&#233;nements. &#199;a non plus ce n'est pas tr&#232;s &#171; service public &#187;&#8230; Le chantier sert aussi de pr&#233;texte. Tout ce qu'on appelle les &#171; studios moyens &#187; sont &#224; refaire, ce qui complique la mani&#232;re dont on produit et nous contraint &#224; r&#233;duire les temps de production. Derri&#232;re &#231;a, l'id&#233;e est assez claire : une fois que nous nous serons &#171; adapt&#233;s &#187; &#224; cette contrainte, on nous dira que de fait, nous avons besoin de moins d'heures de production, et les studios flambant neuf seront lou&#233;s &#224; des productions ext&#233;rieures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Tout ce que vous d&#233;crivez correspond &#224; un d&#233;tricotage en r&#232;gle du service public. Une activit&#233;, du reste, d&#233;j&#224; largement pratiqu&#233;e par Sibyle Veil dans le secteur de la sant&#233; puisqu'en 2010, elle avait rejoint l'Assistance publique &#8211; H&#244;pitaux de Paris (AP-HP) en tant que directrice du &#171; Pilotage de la transformation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le site d'Acrimed, lire &#224; ce sujet &#171; Les candidatures &#224; la pr&#233;sidence de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'importation de logiques et de recettes manag&#233;riales, donnant la priorit&#233; &#224; la &#171; rentabilit&#233; &#187;, porte &#233;videmment un coup tr&#232;s lourd &#224; la notion de service public et &#224; son fonctionnement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Voil&#224;. Le service public, c'est l'id&#233;e qu'on s'adresse &#224; tous les publics, et c'est aussi l'id&#233;e d'assumer que certaines productions rencontreront des publics plus restreints. Des choses qui ne seront pas prises en charge par le priv&#233;. Je ne vois pas quel grand groupe priv&#233; pourrait faire une radio comme France Culture, ou ce qui est encore France Musique par exemple. Je dis &#171; ce qui est encore &#187;, parce qu'actuellement, ils ont l'air de vouloir en faire un fil musical classique et un outil de promotion des formations musicales de Radio France ; et plus du tout une cha&#238;ne qui se penche sur les savoirs musicaux et explore les musiques rares ou exp&#233;rimentales. La suppression de cinq &#233;missions assez embl&#233;matiques sur France Musique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Tapage nocturne &#187;, &#171; &#192; l'improviste &#187;, &#171; Le cri du patchwork &#187;, &#171; Ocora (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est assez notable de ce point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur France Inter, nous avions d&#233;j&#224; protest&#233; quand l'&#233;mission de Daniel Mermet avait &#233;t&#233; suppri-m&#233;e en 2014&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; a &#233;t&#233; diffus&#233;e quotidiennement sur France Inter de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Maintenir une &#233;mission quotidienne comme celle-l&#224;, qui parle &#224; la fois d'actualit&#233; sociale, de luttes, de choses qui sont tr&#232;s peu pr&#233;sentes par ailleurs, &#231;a nous paraissait important. Laurence Bloch, d&#233;j&#224; directrice de France Inter &#224; l'&#233;poque, avait fait le choix de recaser les membres de l'&#233;quipe qu'elle conservait sur une &#233;mission le samedi apr&#232;s-midi, &#224; un horaire tr&#232;s confidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez de &#171; Comme un bruit qui court &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Oui. &#171; Comme un bruit qui court &#187; &#233;tait produite par Antoine Chao, Giv Anquetil et Charlotte Perry. L'&#233;mission avait pris la suite de celle de Daniel Mermet, mais elle &#233;tait hebdomadaire et non plus quotidienne. &#201;mission que Laurence Bloch a carr&#233;ment supprim&#233;e &#224; la rentr&#233;e 2019 [Depuis sep-tembre 2019, en effet, Antoine Chao et Charlotte Perry h&#233;ritent de deux programmes d'une dur&#233;e bien moindre, diffus&#233;s l'un &#224; la suite de l'autre le samedi&#8230; &#224; 23h : &#171; C'est bient&#244;t demain &#187; (18 min) et &#171; Des vies fran&#231;aises &#187; (8 min), NDLR]. Dans les arguments qui ont servi ce choix : le co&#251;t de l'&#233;mission. Politiquement, ce n'est quand m&#234;me pas innocent. Ce genre de parole aura encore moins de place sur France Inter. Du point de vue du service public, c'est &#233;videmment une perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;En plus du &#171; rapport co&#251;t &#233;mission/nombre d'auditeurs &#187;, logique qui n'est d&#233;j&#224; pas tr&#232;s &#171; service public &#187; comme vous disiez, &#171; l'augmentation m&#233;canique des charges &#187; et la &#171; masse salariale &#187; sont deux &#233;tendards brandis par la direction pour justifier les &#233;conomies. Que pouvez-vous nous en dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Chaque seconde de ce qui est diffus&#233; &#224; l'antenne est produit en interne par les salari&#233;s de Radio France : les journalistes, les producteurs, les animateurs, les attach&#233;s de production, tous les gens qui participent &#224; la production radiophonique. Contrairement &#224; la t&#233;l&#233;vision, qui devient en grande partie un diffuseur de programmes qu'elle ach&#232;te &#224; des bo&#238;tes de production, parfois assez cher. Des bo&#238;tes de production qui fonctionnent avec le mod&#232;le &#233;conomique suivant : le patron-producteur se r&#233;mun&#232;re grassement, l&#224; o&#249; les petites mains sont pay&#233;es au lance-pierre. Ce mod&#232;le-l&#224;, on esp&#232;re qu'il n'arrivera jamais &#224; la radio. D'abord, parce que &#231;a ne nous semble pas souhaitable socialement, mais en plus parce que du point de vue du service public, je ne sais pas si on paye la redevance pour r&#233;mun&#233;rer grassement certains producteurs de la t&#233;l&#233; publique, &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; leurs soci&#233;t&#233;s priv&#233;es de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous produisons tout en interne, on a donc une masse salariale importante par rapport au budget. C'est normal ! Et ces salari&#233;s, de temps en temps, il faut les augmenter. On ne vit pas hors du monde. On ne vit pas hors de l'inflation. Donc oui, il y a une &#171; progression m&#233;canique des charges &#187;. Mais on conteste qu'elle soit aussi importante que ce que pr&#233;tend la direction. Sur ce point, on peut s'appuyer sur une expertise qui a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e par le CSE central&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; social et &#233;conomique, qui, suite aux ordonnances Macron, fusionne le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et r&#233;alis&#233;e par le cabinet Tandem. Habituellement les rapports sont souvent de l'eau ti&#232;de, mais l&#224;, pour une fois, leur chiffrage est bien inf&#233;rieur &#224; celui de la direction. Et ce ne sont pas des marxistes-l&#233;ninistes ! Pour eux, &#171; l'augmentation m&#233;canique des charges &#187; ne serait que d'environ 7 millions, au lieu des 16 millions brandis par la direction. Voil&#224;. M&#234;me avant d'avoir eu cette expertise, nous contestions ce chiffre. D'abord, parce qu'on pense qu'ils sous-estiment ce qu'on appelle &#171; l'effet de noria &#187;, c'est &#224; dire les &#233;conomies qui sont faites avec le d&#233;part &#8211; et le renouvellement naturel &#8211; des gens en retraite. D'ici 2022, on n'aura pas loin de 700 d&#233;parts en retraite et l'&#226;ge moyen &#224; Radio France va plut&#244;t au-del&#224; des 45 voire 50 ans. On a serr&#233; la ceinture, les recrutements n'ont pas &#233;t&#233; &#233;normes ces derni&#232;res ann&#233;es, donc on a des salari&#233;s qui vieillissent. Donc il va y avoir des d&#233;parts. Ils sous-estiment volontairement ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons aussi qu'on a subi une d&#233;nonciation de nos accords collectifs il y a quelques ann&#233;es : ils ont d&#233;nonc&#233; la convention collective de l'audiovisuel public pr&#233;cis&#233;ment pour casser les syst&#232;mes salariaux qui contenaient des automatismes de progression de salaires. De ce fait, aujourd'hui, ces derni&#232;res sont beaucoup plus individualis&#233;es et les promotions se font au bon vouloir de la hi&#233;rarchie. Donc leur chiffrage nous parait vraiment tr&#232;s surprenant. Si la masse salariale cro&#238;t &#224; Radio France, elle ne cro&#238;t pas du tout dans la proportion donn&#233;e par la direction, et avant, l'&#201;tat accompagnait &#231;a. La redevance pouvait &#234;tre l&#233;g&#232;rement augment&#233;e. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas, et on nous coupe les vivres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Une pr&#233;carit&#233; annonc&#233;e, alors que les conditions sont d&#233;j&#224; loin d'&#234;tre id&#233;ales, notamment quand on pense au nombre de contrats pr&#233;caires &#224; Radio France&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;L'emploi pr&#233;caire est effectivement toujours tr&#232;s pr&#233;sent. Il y a les cachetiers, un mode de fonc-tionnement qui a &#233;t&#233; utilis&#233; avec les intermittents du spectacle, ou les producteurs des &#233;missions, parce qu'on consid&#232;re toujours que les directeurs de cha&#238;nes doivent pouvoir faire &#233;voluer les grilles et mettre fin &#224; une &#233;mission. C'est une forme de pr&#233;carit&#233;. Et puis il y a les CDD, pr&#233;sents dans quasiment tous les secteurs, techniques, administratifs, journalistiques. Il y a le fameux planning, d&#233;sormais reparti &#224; la hausse avec &#224; nouveau pr&#232;s de 90 journalistes : ceux-l&#224; sont une variable d'ajustement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le &#171; planning &#187; est une r&#233;serve de journalistes que Radio France emploie en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et ils sont aussi vis&#233;s par ce plan d'&#233;conomies. Parce que si on demande aux gens en CDI de restreindre leurs cong&#233;s, d'intensifier et d'accro&#238;tre leur travail, c'est pour faire 5 millions d'&#233;conomies sur les budgets CDD, les piges, etc. Il y a un march&#233; de dupes &#224; ce niveau-l&#224;, une esp&#232;ce de chantage que fait la direction en disant : &#171; &lt;i&gt;Si vous acceptez nos conditions, on supprimera 270 postes au lieu de 390&lt;/i&gt; &#187;. Mais ce sont les pr&#233;caires qui, au bout du compte, vont morfler, ce qui est &#233;videmment d&#233;gueulasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons toujours d&#233;nonc&#233; ce niveau de pr&#233;carit&#233;. On essaye de se battre. Il faut avoir l'honn&#234;-tet&#233; de reconna&#238;tre qu'on a du mal et qu'on n'y parvient pas, parce que le syst&#232;me est tr&#232;s bien verrouill&#233; et qu'il tourne justement sur ce niveau de pr&#233;carit&#233;. Un niveau inacceptable et scandaleux pour un service public de notre point de vue. Toute une partie des r&#233;dactions ne tournent que parce qu'il y a des pigistes et des CDD, dont l'entreprise a besoin en permanence. Ils sont l&#224; pour remplacer les gens sur des cong&#233;s, donc sur des absences qui sont planifiables et qui devraient &#234;tre pourvues par du CDI. C'&#233;tait d&#233;j&#224; cette logique en 2000 quand on a sign&#233; l'accord de r&#233;duction du temps de travail (on est pass&#233; aux 35h et on a eu des jours de RTT). La cinquantaine de journalistes qui avaient &#233;t&#233; embauch&#233;s pour cette r&#233;duction de temps de travail ont &#233;t&#233; employ&#233;s pour des nouveaux rendez-vous d'antenne, et la direction en a profit&#233; pour accro&#238;tre le volume de travail &#224; fournir. Donc on est rest&#233; en tension. Actuellement, ils pr&#233;sentent la r&#233;duction des budgets CDD comme une r&#233;duction de la pr&#233;carit&#233;. C'est l'inverse : on r&#233;duit simplement le nombre de contrats qu'ont les gens, ou on les renvoie carr&#233;ment devant P&#244;le emploi s'ils n'ont plus de contrats. Donc ce n'est pas une r&#233;duction de la pr&#233;carit&#233;, c'est envoyer les gens au ch&#244;-mage ou les rendre encore plus pr&#233;caires ! Nous, on leur a toujours expliqu&#233; que r&#233;duire la pr&#233;carit&#233;, c'est embaucher les gens et cr&#233;er des postes. Ce n'est &#233;videmment pas ce qui se profile&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Et requalifier les contrats pr&#233;caires &#233;galement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Et requalifier effectivement les gens qui sont en position d'&#234;tre requalifi&#233;s. Actuellement, d&#232;s que quelqu'un va en justice pour faire requalifier son poste, il n'a plus de contrat. Quand la d&#233;cision de justice intervient, il est requalifi&#233;. Mais il est imm&#233;diatement licenci&#233; parce qu'il n'est requalifi&#233; sur aucun poste ! Donc il se retrouve avec des indemnit&#233;s, mais il n'a plus de boulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;L'actuel plan de la direction s'inscrit dans la lign&#233;e d'une saign&#233;e inflig&#233;e &#224; Radio France &#8211; comme &#224; France T&#233;l&#233;visions, depuis un bon moment. Pouvez-vous nous aider &#224; mettre les choses en perspective ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&#199;a a commenc&#233; sur le contrat d'objectifs et de moyens pr&#233;c&#233;dent, celui qui courait de 2010 &#224; 2015. Le gouvernement, qui ne se sentait pas tenu par les engagements du gouvernement pr&#233;c&#233;dent, est sorti de la trajectoire pr&#233;vue. Et il l'a fait dans les grandes largeurs : &#231;a a entra&#238;n&#233; un &#171; manque &#224; gagner &#187; d'environ 80 millions sur l'ensemble du contrat d'objectifs et de moyens. Nous, on a toujours dit que c'est ce qui avait commenc&#233; &#224; creuser le d&#233;ficit. &#199;a, et le coup du chantier. En termes d'emplois, &#231;a se traduisait d&#233;j&#224; par l'annonce de 270 suppressions de postes. Environ 240 CDI, et le reste en CDD. Ce qu'ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; faire. &#192; ce jour, ils n'ont r&#233;ussi &#224; en supprimer que 99. Et dans le m&#234;me temps, alors qu'on devait r&#233;duire le nombre de CDD, il a augment&#233; de 30 ou 40 &#233;quivalents temps plein. &#199;a montre deux choses. La premi&#232;re : eux-m&#234;mes n'arrivent pas, pour maintenir la production, &#224; supprimer autant d'emplois qu'ils le souhaitent, parce que c'est impossible ; et la deuxi&#232;me : ils sont revenus &#224; l'&#233;quilibre malgr&#233; &#231;a. Le plan 2019 arrive dans ce contexte, avec une nouvelle baisse de la dotation de l'&#201;tat, et Sibyle Veil qui en rajoute deux louches. Cette logique n'a pas de fin. Il n'y a pas de raison que &#231;a s'arr&#234;te : dans 3 ans, en 2022, on nous dira : &#171; &lt;i&gt;Eh bien finalement c'est encore 20, 40, 50 millions de plus&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;C'est comme une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s en effet, &#224; laquelle s'ajoute une &#171; strat&#233;gie du flou &#187; qui semble d&#233;lib&#233;r&#233;e de la part de la direction. Apporter des r&#233;ponses parcellaires aux salari&#233;s, gonfler les chiffres, etc. Quelle est la volont&#233; derri&#232;re &#231;a ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Dramatiser et justifier les &#233;conomies. Je pense qu'il y a aussi un petit jeu entre Delphine Ernotte et Sibyle Veil, &#224; qui jouera la meilleure &#233;l&#232;ve vis-&#224;-vis du gouvernement. Derri&#232;re la r&#233;forme annonc&#233;e de l'audiovisuel public, la seule chose qui a l'air de tenir et qui revient constamment, c'est la cr&#233;ation d'une &lt;i&gt;holding&lt;/i&gt; qui regrouperait France T&#233;l&#233;visions, Radio France, peut-&#234;tre l'INA, peut-&#234;tre France M&#233;dias Monde. Et il peut y avoir l'envie, chez Delphine Ernotte ou Sibyle Veil, de &#171; se placer &#187; pour une &#233;ventuelle pr&#233;sidence de cette &lt;i&gt;holding&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur ce point aussi, on a de grosses inqui&#233;tudes. S'il s'agissait simplement de rassembler l'au-diovisuel public pour qu'il soit plus fort, et de lui en donner les moyens... Mais il y a surtout le gros risque, d'un point de vue financier, que la radio devienne la cinqui&#232;me roue du carrosse au sein d'une entit&#233; dont on ne sait pas encore, parce qu'on ne nous l'a pas dit, comment sera fl&#233;ch&#233; son budget. Est-ce qu'il va s'agir d'un budget global qui ira &#224; la &lt;i&gt;holding&lt;/i&gt; et qui sera ensuite r&#233;parti entre les diff&#233;rentes soci&#233;t&#233;s ? Auquel cas, on peut craindre de se faire siphonner les moyens par la t&#233;l&#233;vision. Est-ce que des budgets fl&#233;ch&#233;s seront maintenus pour chaque entreprise ? Est-ce qu'il y aura toujours des contrats d'objectifs et de moyens ? Donc financi&#232;rement, on a tout &#224; en craindre, et politiquement, on peut se retrouver avec le mauvais c&#244;t&#233; de l'ORTF. Surtout quand on voit le rapport ambigu, pour ne pas dire plus, qu'entretiennent Macron et son gouvernement avec les m&#233;dias : on note tout de m&#234;me une volont&#233; de contr&#244;le assez inqui&#233;tante. Et c'est s&#251;r que c'est plus facile de contr&#244;ler un audiovisuel public regroup&#233; sous la coupe d'un seul PDG&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Lucile Girard&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Pauline Perrenot&lt;/strong&gt;, et transcrits gr&#226;ce aux adh&#233;rentes et adh&#233;rents d'Acrimed&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet entretien a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; le 5 juillet 2019. Il est disponible en int&#233;gralit&#233; en vid&#233;o &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Greve-a-Radio-France-entretien-avec-Lionel&#034;&gt;sur le site d'Acrimed&lt;/a&gt;. Quant au num&#233;ro 33 de notre revue, il est &#224; commander &lt;a href=&#034;https://boutique.acrimed.org/m%C3%A9diacritique-s-n-33.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur notre boutique en ligne&lt;/a&gt;, ou &#224; retrouver en librairie. Toutes les notes qui suivent sont de la r&#233;daction d'Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les podcasts qui ne proviennent pas d'&#233;missions diffus&#233;es &#224; l'antenne, mais dont les contenus audio sont produits sp&#233;cifiquement pour Internet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le site d'Acrimed, lire &#224; ce sujet &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Les-candidatures-a-la-presidence-de-Radio-France&#034;&gt;&#171; Les candidatures &#224; la pr&#233;sidence de Radio France : casting tragique au CSA &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Presidence-de-Radio-France-six-projets-pour-une&#034;&gt;&#171; Pr&#233;sidence de Radio France : six projets pour une m&#234;me obsession manag&#233;riale &#187;&lt;/a&gt;, avr. 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Tapage nocturne &#187;, &#171; &#192; l'improviste &#187;, &#171; Le cri du patchwork &#187;, &#171; Ocora couleurs du monde &#187; et &#171; Le portrait contemporain &#187; n'ont pas &#233;t&#233; reconduites en septembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187; a &#233;t&#233; diffus&#233;e quotidiennement sur France Inter de 1989 &#224; 2014, date &#224; laquelle Laurence Bloch signe la fin de l'&#233;mission&#8230; qui rena&#238;tra toutefois sous la forme d'un site d'information ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comit&#233; social et &#233;conomique, qui, suite aux ordonnances Macron, fusionne le Comit&#233; d'entreprise, les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel et le CHSCT (Comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &#171; planning &#187; est une r&#233;serve de journalistes que Radio France emploie en CDD plus ou moins longs, au gr&#233; des besoins de remplacement des journalistes en CDI des r&#233;dactions nationales ou locales (cong&#233;s, maladie, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ve &#224; Radio France : entretien avec Lionel Thompson (SNJ-CGT)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Greve-a-Radio-France-entretien-avec-Lionel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Greve-a-Radio-France-entretien-avec-Lionel</guid>
		<dc:date>2019-07-22T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lionel Thompson</dc:creator>


		<dc:subject>SNJ-CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves</dc:subject>
		<dc:subject>CGT Radio France</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur la mobilisation du 18 juin &#224; Radio France.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-En-direct-de-Radio-France-" rel="directory"&gt;Radio France&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-SNJ-CGT-+" rel="tag"&gt;SNJ-CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Greves-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-CGT-Radio-France-+" rel="tag"&gt;CGT Radio France&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L135xH150/arton5979-c7caf.png?1776756958' class='spip_logo spip_logo_right' width='135' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 18 juin, les salari&#233;s et les personnels de Radio France ont massivement suivi la journ&#233;e de gr&#232;ve appel&#233;e par l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD et UNSA). En cause : le plan strat&#233;gique &#171; Radio France 2022 &#187; pr&#233;sent&#233; par Sibyle Veil, articul&#233; autour d'un objectif d'&#233;conomies chiffr&#233;es &#224; 60 millions d'euros. Nous revenons sur les enjeux de cette journ&#233;e de gr&#232;ve aux c&#244;t&#233;s de Lionel Thompson, journaliste &#224; France Inter et repr&#233;sentant syndical (SNJ-CGT), que nous remercions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Irr&#233;aliste &#187;, &#171; dangereux &#187;, &#171; casse du service public &#187;&lt;/i&gt; : les syndicats sont vent debout contre les annonces de la direction, qui laissent entrevoir jusqu'&#224; 390 suppressions de postes et d'importants reculs des droits des salari&#233;s (cong&#233;s, temps de travail, etc). Des &#171; ambitions &#187; calqu&#233;es sur &lt;a href=&#034;https://www.acrimed.org/Presidence-de-Radio-France-six-projets-pour-une&#034;&gt;le projet de candidature de Sibyle Veil &#224; la pr&#233;sidence de Radio France, que nous avions d&#233;cortiqu&#233; en avril 2018&lt;/a&gt;. Bref, la direction resserre un peu plus la vis du management au m&#233;pris du service public, de ses travailleurs et de l'information de qualit&#233; qu'il est cens&#233; produire. Notre entretien avec Lionel Thompson a &#233;t&#233; l'occasion d'aborder de nombreux enjeux, list&#233;s dans le sommaire ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/U-t9pCuMESY?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Propos recueillis par &lt;strong&gt;Lucile Girard&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Pauline Perrenot&lt;/strong&gt; ; captation par &lt;strong&gt;Florent Michaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Sommaire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Une mobilisation massive et in&#233;dite : 1'30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Quelles incidences des coupes budg&#233;taires sur le travail ? : 8'40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La &#171; polyvalence &#187;, mot-cl&#233; de la direction : 15'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le &#171; d&#233;fi du num&#233;rique &#187; : quels enjeux derri&#232;re ce leitmotiv rab&#226;ch&#233; par la direction ? : 20'40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Course &#224; l'audience, n&#233;gation de la notion de &#171; service public &#187; et probl&#232;mes politiques dans les lignes &#233;ditoriales : 30'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &#171; Evolution m&#233;canique des charges &#187;, des chiffrages grossiers : 42'30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La &#171; politique du flou &#187; vis-&#224;-vis des salari&#233;s, une strat&#233;gie manag&#233;riale : 50'40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les pr&#233;caires et l'&#233;clatement des statuts &#224; Radio France : 57'50&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Mise en perspective des mouvements de gr&#232;ve &#224; Radio France ; vers une holding de l'audiovisuel ? 1:07'&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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