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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Venezuela 2002 : retour sur un &#171; coup d'&#201;tat m&#233;diatique planifi&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Venezuela-2002-retour-sur-un-coup-d-Etat</link>
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		<dc:date>2016-09-05T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>George Ciccariello-Maher</dc:creator>


		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Extraits de La R&#233;volution au Venezuela, de George Ciccariello-Maher (&#233;ditions La Fabrique).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L103xH150/arton5339-512ac.png?1776733164' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=961&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paru r&#233;cemment aux &#233;ditions La Fabrique&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La R&#233;volution au Venezuela&lt;/i&gt; propose &#8211; comme l'indique le sous-titre &#8211; une &#171; histoire populaire &#187; du processus de transformation sociale impuls&#233; par Hugo Ch&#225;vez en 1998, mais surtout des mouvements de contestation sociale et politique qui ont pr&#233;par&#233; ce processus, des ann&#233;es 1950 aux ann&#233;es 1990, et se sont maintenus depuis. George Ciccariello-Maher y d&#233;crit de mani&#232;re pr&#233;cise le r&#244;le crucial qu'ont jou&#233; ces mouvements et sans lesquels la &#171; r&#233;volution bolivarienne &#187; demeurerait incompr&#233;hensible, dans sa long&#233;vit&#233; comme dans sa radicalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit donc pas d'un livre sur les m&#233;dias, du Venezuela et d'ailleurs. Toutefois, l'auteur consacre une partie de son analyse au r&#244;le sp&#233;cifique jou&#233; par les m&#233;dias dominants durant ce qu'il nomme un &lt;i&gt;&#171; coup d'&#201;tat m&#233;diatique planifi&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Les classes dominantes v&#233;n&#233;zueliennes avaient en effet cherch&#233;, en 2002, &#224; mettre un coup d'arr&#234;t au changement social et politique alors en cours par le renversement de Ch&#225;vez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;pisode rappelle tr&#232;s utilement que les &#171; grands &#187; m&#233;dias ne sont pas tout-puissants, comme l'avait d&#233;j&#224; montr&#233; - &#224; une &#233;chelle moindre - la victoire du &#171; non &#187; en France lors du r&#233;f&#233;rendum sur le trait&#233; de constitution europ&#233;enne en 2005 ; mais il signale &#233;galement que seule une vaste mobilisation populaire peut permettre de contester r&#233;ellement le pouvoir qu'ils exercent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'aimable autorisation des &#233;ditions La Fabrique, nous reproduisons donc ici l'analyse que George Ciccariello-Maher propose de cette &lt;i&gt;&#171; guerre de l'information &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB : La publication de ces extraits, pr&#233;vue depuis plusieurs semaines, n'est &#233;videmment pas &#224; lire comme une prise de position par rapport aux &#233;v&#233;nements en cours au Venezuela et au r&#244;le qu'y jouent les m&#233;dias (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un coup d'&#201;tat m&#233;diatique planifi&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 11 avril 2002, l'opposition v&#233;n&#233;zu&#233;lienne activa des snipers qui firent feu sur la foule majoritairement pro-Ch&#225;vez qui s'&#233;tait rassembl&#233;e pr&#232;s du palais Miraflores pour d&#233;fendre le pr&#233;sident contre la menace d'une manifestation agressive de l'opposition. Cette manifestation, il est vrai massive, avait b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien ind&#233;fectible et unanime des m&#233;dias priv&#233;s anti-chavistes ; pendant des jours, les m&#233;dias avaient appel&#233; la population non seulement &#224; y participer, mais &#224; faire le n&#233;cessaire pour se d&#233;barrasser une fois pour toute du &#171; tyran &#187;. Ce jour-l&#224;, les forces d'opposition se r&#233;unirent au Parque del Este pour une manifestation en direction du si&#232;ge de la compagnie p&#233;troli&#232;re d'&#201;tat PDVSA. C'est l&#224; que les leaders de l'opposition prirent la parole, poussant la foule &#224; des actions plus violentes contre le gouvernement, et c'est l&#224; que Carlos Ortega, chef de la conf&#233;d&#233;ration syndicale discr&#233;dit&#233;e et corrompue CTV (lire chapitre 7), appela &#224; une manifestation non pr&#233;vue et non autoris&#233;e vers le palais pr&#233;sidentiel, &#224; une dizaine de kilom&#232;tres &#224; l'ouest, o&#249; des milliers de chavistes &#233;taient d&#233;j&#224; r&#233;unis. &#192; mesure que la manifestation de l'opposition se rapprochait du palais, la confrontation apparaissait de plus en plus in&#233;vitable et les slogans &#171; Ch&#225;vez, Fuera ! &#187; (Ch&#225;vez dehors !) se heurt&#232;rent bient&#244;t aux &#171; No Pasar&#225;n ! &#187; (Ils ne passeront pas !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce point qu'une soci&#233;t&#233; entre en &#233;bullition, et c'est &#224; ce moment pr&#233;cis que les balles commenc&#232;rent &#224; pleuvoir sur la foule en contrebas. Alors que des innocents des deux camps &#233;taient tomb&#233;s sous le feu des snipers, une vid&#233;o de la fusillade qui montrait des chavistes ripostant contre les snipers depuis Puente Llaguno fut int&#233;gr&#233;e &#224; une strat&#233;gie m&#233;diatique pr&#233;fabriqu&#233;e, avec images pass&#233;es en boucle et commentaires en voix off, afin de convaincre la population v&#233;n&#233;zu&#233;lienne que les partisans du gouvernement &#233;taient responsables des morts et qu'ils avaient agi directement sur les ordres de Ch&#225;vez&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La strat&#233;gie de l'opposition et les man&#339;uvres des forces militaires et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si les m&#233;dias manipulaient d&#233;lib&#233;r&#233;ment leur propre population, la presse internationale fut &#233;galement un terrain fertile pour la d&#233;sinformation, les m&#233;dias aux &#201;tats-Unis et ailleurs r&#233;p&#233;tant sans la moindre nuance la version de l'opposition, aujourd'hui discr&#233;dit&#233;e. Ainsi, Ray Suarez, de PBS, rapporta les &#233;v&#233;nements de la sorte : &lt;i&gt;&#171; Hier, Ch&#225;vez ordonna aux soldats de la garde nationale et &#224; des civils arm&#233;s de tirer sur les 200 000 manifestants pour les emp&#234;cher d'approcher de son palais&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; The NewsHour with Jim Lehrer &#187;, 12 avril 2002. M&#234;me le Guardian a commis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'opposition ait planifi&#233; le massacre d'innocents, c'est ce qui ressort clairement de la d&#233;claration publique de membres du haut commandement militaire, citant un nombre pr&#233;cis de victimes (cinq morts) et appelant Ch&#225;vez &#224; d&#233;missionner, d&#233;claration film&#233;e bien avant qu'il n'y ait en effet des morts&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bartley et &#211; Briain, The Revolution Will Not Be Televised. Ce message a &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Que le r&#244;le des m&#233;dias ait &#233;t&#233; primordial, c'est ce que r&#233;v&#232;le le fait que cette d&#233;claration ait &#233;t&#233; enregistr&#233; chez le journaliste de l'opposition et pr&#233;sentateur de l'&#233;mission &#171; 24 Horas &#187; Napole&#243;n Bravo. C'est d'ailleurs dans cette &#233;mission que beaucoup de V&#233;n&#233;zu&#233;liens apprirent pour la premi&#232;re fois ce qui s'&#233;tait pass&#233; pendant la nuit. Bravo commen&#231;a son &#233;mission du 12 avril par la d&#233;claration suivante, incroyablement mielleuse vu les circonstances : &lt;i&gt;&#171; Bonjour, il est 6 h 14. Gr&#226;ce &#224; la soci&#233;t&#233; civile et aux forces arm&#233;es, nous nous r&#233;veillons diff&#233;rents. Bonjour, nous avons un nouveau pr&#233;sident &#187;&lt;/i&gt;. Bravo poursuivit en lisant une fausse lettre de d&#233;mission de Ch&#225;vez et en discutant du coup d'&#201;tat apparemment victorieux avec certains de ses leaders qui, t&#233;moignant d'une honn&#234;tet&#233; peu commune, exprim&#232;rent leur gratitude envers &lt;i&gt;&#171; tous les m&#233;dias priv&#233;s &#187;&lt;/i&gt; qui avaient rendu ce coup d'&#201;tat possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias sont une force avec laquelle il faut compter et c'est une chose que l'on sait depuis longtemps au Venezuela, o&#249; m&#234;me les pr&#233;sidents en place ont subi la col&#232;re du &#171; veto m&#233;diatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lorsque Luis Herrera Campins interdit la publicit&#233; pour les cigarettes et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Mais &#224; mesure que le vieux syst&#232;me des partis s'effondrait, ce pouvoir critique de &#171; veto &#187; devint un pouvoir plus nettement incitatif, les m&#233;dias priv&#233;s s'engouffrant dans la br&#232;che pour remplir le vide laiss&#233; par les partis discr&#233;dit&#233;s et constituer ce que Luis Britto Garc&#237;a a appel&#233; un &lt;i&gt;&#171; quatri&#232;me pouvoir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luis Britto Garc&#237;a, Dictadura Medi&#225;tica en Venezuela, Caracas, MPPCI, 2008.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt; Le coup d'&#201;tat de 2002 &#233;tait le couronnement de cette force m&#233;diatique grandissante, que l'un des leaders du coup d'&#201;tat d&#233;signa ouvertement comme leur &lt;i&gt;&#171; arme la plus puissante &#187;&lt;/i&gt;. Mais ce qui est tout aussi clair r&#233;trospectivement, c'est le fait que ces &lt;i&gt;golpistas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Putschistes (note d'Acrimed).&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avaient surestim&#233; le contr&#244;le h&#233;g&#233;monique que ces m&#233;dias exer&#231;aient sur l'ensemble de la population. T&#233;moignant d'un manque d'int&#233;r&#234;t aussi commun qu'arrogant pour les couches les plus pauvres de la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, fond&#233; sur le pr&#233;suppos&#233; que les masses populaires sont essentiellement inertes, stupides et incapables d'action autonome, les personnes &#224; la t&#234;te du gouvernement ill&#233;gitime ont consid&#233;r&#233; qu'il suffisait de disposer du contr&#244;le de l'arm&#233;e et des m&#233;dias. Si l'histoire nous apprend quoi que ce soit, c'est que quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, cette strat&#233;gie est victorieuse, et elle l'aurait certainement &#233;t&#233; ailleurs et &#224; un autre moment&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cela s'applique &#233;galement au coup d'&#201;tat de 2009 contre le pr&#233;sident du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais malgr&#233; la complicit&#233; de presque tous les m&#233;dias et malgr&#233; le black-out m&#233;diatique qui suivit l'&#233;viction de Ch&#225;vez, le coup d'&#201;tat fut de courte dur&#233;e. La question fondamentale &#224; poser est : pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est dans l'expression populaire r&#233;cente, &lt;i&gt;&#171; tout 11 a son 13 &#187;&lt;/i&gt;. La r&#233;bellion populaire contre le coup d'&#201;tat fut imm&#233;diate ; des millions de V&#233;n&#233;zu&#233;liens pauvres afflu&#232;rent apparemment spontan&#233;ment des &lt;i&gt;cerros&lt;/i&gt;, les collines qui entourent Caracas. Pour Samuel Moncada, ancien ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur et professeur d'histoire &#224; l'Universit&#233; centrale, cette r&#233;action populaire massive pulv&#233;risa en un instant des si&#232;cles d'id&#233;ologie &#233;litiste : &lt;i&gt;&#171; Ces intellectuels qui disaient qu'il s'agissait d'un gouvernement de brutes [&#8230;] et que nous sommes la lumi&#232;re du pays, eh bien, ce sont les plus &#8220;obscurs&#8221;, les gens des barrios, qui ont reconnu qu'ils s'&#233;taient r&#233;veill&#233;s sans leurs droits ce samedi [12 avril]. [&#8230;] le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien a compris qu'on &#233;tait en train de les transformer en esclaves &#187;&lt;/i&gt;. En effet, malgr&#233; les d&#233;formations des faits par les m&#233;dias, les participants aux premi&#232;res mobilisations du 12 avril t&#233;moign&#232;rent d'une compr&#233;hension remarquable de la situation : on pouvait voir des pancartes accusant la &#171; droite fasciste &#187; d'avoir provoqu&#233; la mort des manifestants chavistes le 11 avril et exigeant que les droits humains des ministres de Ch&#225;vez soient respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une r&#233;cente comm&#233;moration des morts de Puente Llaguno, j'ai parl&#233; &#224; quelqu'un qui avait particip&#233; au soul&#232;vement populaire ce jour-l&#224;. Le plus frappant, se souvenait-il, &#233;tait la masse de gens qui descendaient des &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; pauvres, bloquant toutes les avenues et toutes les rues et convergeant vers le centre historique de Caracas pour entourer le palais Miraflores. Le choc de ce t&#233;moin, dans un pays o&#249; il n'est pas rare de voir plus d'un million de personnes dans les rues, en dit long sur la magnitude de la r&#233;bellion. Pendant que nous discutons, je re&#231;ois plusieurs vigoureuses tapes dans le dos : on m'invite &#224; &lt;i&gt;&#171; rencontrer un h&#233;ros &#187;&lt;/i&gt;. En me retournant, je me trouve face &#224; Jorge Recio, assis dans un fauteuil roulant. Recio prenait des photos sur le pont le jour du coup d'&#201;tat lorsqu'il fut touch&#233; par une balle de sniper, qui vint se loger dans son dos, le rendant infirme jusqu'&#224; la fin de ses jours. Avec d'autres photographes, il repr&#233;sentait des m&#233;dias d'un autre type, risquant sa vie en prenant des photos et en dissimulant ses films &#224; la police pour r&#233;v&#233;ler la v&#233;rit&#233; sur le 11 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la mobilisation devant le palais pr&#233;sidentiel le 12 avril, une foule importante se rassembla &#233;galement pr&#232;s de Fuerte Tiuna, une base militaire au sud de la ville o&#249; avaient lieu des n&#233;gociations agit&#233;es entre les participants au coup d'&#201;tat, civils comme militaires, et devant la base militaire de Maracay, si&#232;ge de l'ancien r&#233;giment de parachutiste de Ch&#225;vez. L&#237;dice Navas, ancienne gu&#233;rill&#233;ra et militante f&#233;ministe radicale, se souvient avoir re&#231;u un appel de Nora Casta&#241;eda &#224; 7 heures le matin du 12 avril lui demandant de rejoindre la manifestation de Fuerte Tiuna. Quand elle arriva sur place vers 9 h 30, il n'y avait qu'une trentaine de personnes, mais la foule grossit consid&#233;rablement au cours de la journ&#233;e. Agust&#237;n Prieto, un ing&#233;nieur &#233;lectrique qui contribua &#224; l'organisation des mobilisations devant Fuerte Tiuna, se souvient du choc que le coup d'&#201;tat a provoqu&#233;, mais aussi de la lutte d&#233;termin&#233;e qu'il a d&#233;clench&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Ce processus, pour beaucoup de V&#233;n&#233;zu&#233;liens, nous a co&#251;t&#233; trop de sacrifices et tant d'ann&#233;es de luttes. C'est pour cela que je dis qu'on n'effacera jamais de nos m&#233;moires ce qui s'est pass&#233; le 11 avril et ce qui s'est pass&#233; le 12. [&#8230;] Nous avons commenc&#233; &#224; inciter &#224; la mobilisation de tous les habitants de Caracas devant Fuerte Tiuna, et c'est l&#224; que tout a commenc&#233; le 12 &#224; partir de midi&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cr&#243;nica de un golpe, parte 2, &#171; El Rostro del Fascismo &#187; (documentaire).&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression fut rapide et brutale. &#192; Fuerte Tiuna, la Police m&#233;tropolitaine attendit la tomb&#233;e de la nuit pour attaquer la foule rassembl&#233;e avec du gaz lacrymog&#232;ne, des v&#233;hicules blind&#233;s arm&#233;s de canons &#224; eau et des tirs &#224; balles r&#233;elles. Des vid&#233;os montrent la foule se dispersant &#224; 22 h 45, et une victime d&#233;clarant dans un h&#244;pital voisin : &lt;i&gt;&#171; nous sommes en dictature &#187;&lt;/i&gt;. Comme le dit Moncada : &lt;i&gt;&#171; en un seul jour, on a viol&#233; plus de droits humains que, non dans les trois derni&#232;res ann&#233;es, mais les trente derni&#232;res ann&#233;es &#187;&lt;/i&gt;. Perquisitions et d&#233;tentions ill&#233;gales, chasse aux sorci&#232;res et humiliations publiques contre les leaders chavistes, assaut contre l'ambassade cubaine et des dizaines de morts dans les rues : telle &#233;tait la fureur fanatique du fascisme v&#233;n&#233;zu&#233;lien. Le visage souriant de ce fascisme n'&#233;tait autre que celui de Pedro Carmona Estanga, le chef de la Chambre nationale de commerce (&lt;i&gt;Fedec&#225;maras&lt;/i&gt;) et leader par int&#233;rim du nouveau gouvernement. Devant une foule d&#233;lirante, Carmona annon&#231;a avec jubilation qu'il dissolvait tous les pouvoirs du gouvernement pr&#233;c&#233;dent et frappa de nullit&#233; la Constitution de 1999, qui incarnait les aspirations de plusieurs d&#233;cennies de mouvements r&#233;volutionnaires et avait &#233;t&#233; approuv&#233;e par pr&#232;s de 72 pour cent de l'&#233;lectorat &#8211; et sur ce point, les partisans du coup d'&#201;tat le trouv&#232;rent eux-m&#234;mes excessif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la haine de cette minorit&#233; enrag&#233;e ne compensait pas son petit nombre, et leur furie n'&#233;tait rien &#224; c&#244;t&#233; de celle d'un peuple auquel on avait vol&#233; ses repr&#233;sentants l&#233;gitimes. Le 13 avril, malgr&#233; la poursuite du black-out dans les m&#233;dias priv&#233;s, le conflit atteignit son paroxysme, aid&#233; en cela par l'outrance effarante de Carmona. Les millions de personnes dans la rue encourag&#232;rent les militaires loyaux &#224; passer &#224; l'action, recr&#233;ant ainsi l'&#171; alliance civile-militaire &#187; si importante depuis le d&#233;but de la r&#233;volution bolivarienne. Mais l'affirmation de l'opposition selon laquelle le retour de Ch&#225;vez fut largement le fait des militaires ne correspond pas &#224; la mani&#232;re dont les gens se rappellent l'&#233;v&#233;nement, qu'ils soient civils ou militaires. Les militaires ont agi, mais ils l'ont fait au signal du peuple, et malgr&#233; le black-out m&#233;diatique total, la fermeture de la cha&#238;ne publique Canal 8, et la r&#233;pression polici&#232;re massive, ce signal &#233;tait fort et clair pour les deux camps. Pour les &#233;l&#233;ments loyaux de l'arm&#233;e, la pr&#233;sence des masses dans la rue fut aussi d&#233;cisive qu'elle l'avait &#233;t&#233; en 1989 : elle cimenta leur conviction que non seulement il &#233;tait n&#233;cessaire de se battre, mais que le combat pouvait &#234;tre victorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Entrer dans la guerre de l'information
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;&#226;tre strat&#233;gique des op&#233;rations du coup d'&#201;tat, la sph&#232;re de l'information fut aussi un important terrain de r&#233;sistance. En d&#233;pit du black-out m&#233;diatique total, la spontan&#233;it&#233; des masses v&#233;n&#233;zu&#233;liennes s'&#233;tendit &#224; sa compr&#233;hension du r&#244;le des m&#233;dias dans le coup d'&#201;tat, et on pouvait lire sur une banderole d&#233;ploy&#233;e le 12 avril &#171; Non &#224; la dictature m&#233;diatique &#187;, tandis qu'un tract distribu&#233; le m&#234;me jour affirmait &lt;i&gt;&#171; Nous ne tol&#233;rerons pas cette dictature du pouvoir &#233;conomique et m&#233;diatique &#187;.&lt;/i&gt; Ces efforts informels pour r&#233;sister et contrecarrer la communication (ou plus exactement la non-communication) de l'information furent fondamentaux : si les &lt;i&gt;motorizados&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Livreurs &#224; moto (note d'Acrimed).&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; furent un &#233;l&#233;ment crucial de coordination des explosions diss&#233;min&#233;es qui constituaient le &lt;i&gt;Caracazo&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Manifestations et &#233;meutes qui se d&#233;roul&#232;rent durant plusieurs jours &#224; partir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, permettant leur g&#233;n&#233;ralisation et leur unification, en 2002, la coordination physique des corps en mouvement fut soutenue et facilit&#233;e par la communication massive par SMS, alertant la population sur des &#233;v&#233;nements qui n'&#233;taient pas signal&#233;s par les m&#233;dias. L&#224; encore, cette spontan&#233;it&#233; t&#233;moignait de l'existence de courants organis&#233;s, en m&#234;me temps qu'elle les renfor&#231;ait : dans la p&#233;riode de tension qui pr&#233;c&#233;da le coup d'&#201;tat, les forces populaires dans les &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; et les tout jeunes conseils populaires se r&#233;unirent pour former ce qu'on appela l'Assembl&#233;e populaire r&#233;volutionnaire (APR), que Gonzalo G&#243;mez, qui y participa, me d&#233;crivit comme &lt;i&gt;&#171; une articulation du pouvoir populaire&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Gonzalo G&#243;mez, 19 mai 2008.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#243;mez, avec une longue carri&#232;re de militant syndical derri&#232;re lui, avait toujours contribu&#233; &#224; la radicalisation de l'information, d'abord en tant que r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;La Chispa&lt;/i&gt;, un journal radical fond&#233; peu apr&#232;s le renversement d'Allende, puis &#224; travers une s&#233;rie d'&#233;missions de radio et de sites Internet. Dans le contexte du coup d'&#201;tat et du black-out m&#233;diatique qui suivit, l'APR, officiellement cr&#233;&#233;e le 10 avril, d&#233;cida de faire de la radicalisation et de la d&#233;mocratisation de l'information ses priorit&#233;s. &#192; mesure que le coup d'&#201;tat approchait, ceux qui &#233;taient r&#233;unis dans l'Assembl&#233;e avaient le sentiment que &lt;i&gt;&#171; les choses n'&#233;taient pas sous contr&#244;le &#187;&lt;/i&gt; et que c'&#233;tait en partie d&#251; au fait que &lt;i&gt;&#171; le discours de l'&#201;tat ne parvenait pas &#224; mobiliser les gens &#187;&lt;/i&gt;. Le matin du 11 avril, plusieurs heures avant le coup d'&#201;tat, l'APR distribuait 100 000 tracts dans les &lt;i&gt;barrios&lt;/i&gt; autour de Caracas, appelant la population &#224; manifester devant le palais Miraflores et &#224; d&#233;fendre son gouvernement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La Asamblea Popular Revolucionaria : Origen de Aporrea.org &#187;.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un auteur partisan de l'opposition reconna&#238;t m&#234;me &#224; l'APR des capacit&#233;s fondamentales de renseignement, affirmant que des membres de l'Assembl&#233;e avaient re&#231;u des informations au sujet du plan pour d&#233;tourner la manifestation de l'opposition vers le palais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francisco Toro, &#171; Venezuela's 2002 Coup Revisited : The Evidence Two Years On &#187;.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins d'un mois plus tard, &#171; l'organisation de contingence &#187; n&#233;e dans l'urgence du coup d'&#201;tat prit la forme de ce qui est devenu depuis un &#233;l&#233;ment permanent de la vie radicale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne : Aporrea.org. Avec son nom militant qui fait du m&#233;dia populaire un gourdin m&#233;taphorique pour &#171; taper &#187; sur l'opposition, Aporrea est d&#233;sormais l'un des sites les plus populaires du Venezuela, gr&#226;ce &#224; un m&#233;lange d'informations, d'interviews, de tribunes et de contributions r&#233;guli&#232;res de penseurs v&#233;n&#233;zu&#233;liens importants de l'aile la plus radicale du mouvement chaviste. Il s'est fix&#233; pour but de pr&#233;server l'esprit d'insurrection qui a caract&#233;ris&#233; le 13 avril 2002 comme un trait permanent de la r&#233;volution bolivarienne, poussant &#224; sa radicalisation continue par le m&#233;canisme de la mobilisation populaire. Aporrea ayant pour origine tant l'APR que la lutte contre le black-out m&#233;diatique, il n'est gu&#232;re &#233;tonnant que ses initiateurs se soient ensuite consacr&#233;s au d&#233;veloppement des assembl&#233;es populaires et des conseils communaux naissants (lire la conclusion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le r&#244;le des m&#233;dias priv&#233;s dans cette fugace dictature ne se limita pas &#224; la mettre au pouvoir, et des magnats de la presse comme Gustavo Cisneros de Venevisi&#243;n, Marcel Granier de RCTV et Guillermo Zuloaga de Globovisi&#243;n n'ont pas abandonn&#233; leur poste une fois le pr&#233;sident destitu&#233;. Apr&#232;s avoir tromp&#233; le public sur les morts du 11 avril, apr&#232;s avoir encourag&#233; et soutenu le coup d'&#201;tat, et r&#233;p&#233;t&#233; que ce n'en &#233;tait pas un (d'apr&#232;s ses instigateurs, la d&#233;mission falsifi&#233;e de Ch&#225;vez avait cr&#233;&#233; une &#171; vacance de pouvoir &#187; qu'ils avaient occup&#233;e), les m&#233;dias priv&#233;s commenc&#232;rent imm&#233;diatement &#224; faire tout leur possible pour dissimuler la r&#233;bellion populaire massive dans les rues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'argument de la &#171; vacance de pouvoir &#187; fut renforc&#233; plus tard par une Haute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour cela, leur tactique &#233;tait le silence : Jesse Chac&#243;n, qui fut par la suite ministre de l'Int&#233;rieur, observa : &lt;i&gt;&#171; Il y a des manifestations dans le centre de Caracas, &#224; Guarenas, &#224; Petare, et on ne voit que des feuilletons et des films. Demandez-vous : pourquoi ces manifestations ne sont pas couvertes ? Pourquoi on ne nous a pas inform&#233;s sur les 20 morts hier soir &#224; Fuerte Tiuna ? O&#249; sont nos m&#233;dias ? &#187;&lt;/i&gt; Les patrons des m&#233;dias priv&#233;s, comme on a pu le constater par la suite, &#233;taient parfaitement conscients de la volont&#233; populaire de remettre Ch&#225;vez au pouvoir, mais les journalistes avaient re&#231;u l'ordre de montrer &#171; z&#233;ro chavisme &#187; &#224; l'&#233;cran, selon Andr&#233;s Izarra, alors journaliste pour l'&#233;mission de RCTV &#171; El Observador &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fils de William Izarra, l'un des camarades de conspiration de Ch&#225;vez en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si ce voile m&#233;diatique fut contourn&#233; par la prolif&#233;ration des m&#233;dias populaires et des mobilisations de rue, il fut aussi d&#233;chir&#233;, en un moment bref mais intense, lorsque le procureur g&#233;n&#233;ral Isa&#237;as Rodr&#237;guez reprit &#224; son compte l'une des strat&#233;gies m&#233;diatiques employ&#233;es par Ch&#225;vez lui-m&#234;me en 1992 : apr&#232;s avoir promis &#224; la presse d'opposition qu'il allait annoncer sa d&#233;mission en faveur du gouvernement ill&#233;gitime, Rodr&#237;guez annon&#231;a en direct &#224; la nation que le Venezuela avait subi un coup d'&#201;tat. Mais le peuple le savait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;George Ciccariello-Maher&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;La R&#233;volution au Venezuela : une histoire populaire&lt;/i&gt; (traduit de l'anglais par &#201;tienne Dobenesque), &#233;ditions La Fabrique, Paris, 2016, 384 pages, 20 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La strat&#233;gie de l'opposition et les man&#339;uvres des forces militaires et de police impliqu&#233;es furent d&#233;voil&#233;es dans le film de Kim Bartley et Donnacha &#211; Briain, &lt;i&gt;The Revolution Will Not Be Televised&lt;/i&gt;, Irlande, Power Pictures, 2003. La v&#233;racit&#233; du film a fait l'objet d'un d&#233;bat, mais dans la mesure o&#249; parmi les critiques du film figurait Phil Gunson, dont j'ai pu constater plus r&#233;cemment le manque d'int&#233;grit&#233; journalistique &#224; l'occasion des luttes &#233;tudiantes au Venezuela (lire chapitre 4), il nous est permis d'&#234;tre sceptique quant &#224; ces critiques. Lire le d&#233;bat dans &lt;i&gt;Columbia Journalism Review&lt;/i&gt; (mai-juin 2004) entre Phil Gunson, &#171; Director's Cut &#187; (p. 59-61) et Kim Bartley et Donnacha &#211; Briain, &#171; Who's Right ? The Filmmakers Respond &#187; (p. 60-61).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; The NewsHour with Jim Lehrer &#187;, 12 avril 2002. M&#234;me le &lt;i&gt;Guardian&lt;/i&gt; a commis cette erreur en affirmant que &lt;i&gt;&#171; des snipers pro-Ch&#225;vez avaient tu&#233; au moins 13 personnes &#187;&lt;/i&gt; (Alex Bellos, &#171; Ousted Chavez Detained by Army &#187;,&lt;a href=&#034;http://www.guardian.co.uk/world/2002/apr/13/venezuela.alexbellos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt; The Guardian&lt;/i&gt;, 13 avril 2002&lt;/a&gt;). La plupart des preuves accusent d&#233;sormais la fameuse Police m&#233;tropolitaine, qui aurait fourni les snipers, mais dans un premier temps, cet &#233;l&#233;ment n'aida pas &#224; &#233;claircir le d&#233;roulement des faits : comme si l'existence de diff&#233;rents maires &#224; Caracas ne suffisait pas &#224; compliquer les choses, le maire m&#233;tropolitain Alfredo Pe&#241;a, qui &#233;tait aux commandes de la Police m&#233;tropolitaine ce jour-l&#224;, avait &#233;t&#233; &#233;lu avec le soutien de Ch&#225;vez, avant de se retourner violemment contre lui dans les mois qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; le coup d'&#201;tat. Beaucoup contestent encore cela, y compris Brian Nelson dans &lt;i&gt;The Silence and the Scorpion&lt;/i&gt;, New York, Nation Books, 2009. Cependant, m&#234;me pour Nelson, la question des snipers demeure une &#171; &#233;nigme &#187;. Gregory Wilpert critique &#224; juste titre le livre de Nelson et attire l'attention sur les vid&#233;os n&#233;glig&#233;es de la Police m&#233;tropolitaine pr&#233;sentes dans le documentaire Claves de una masacre (Wilpert, &#171; The Venezuelan Coup Revisited : Silencing the Evidence &#187;, &lt;i&gt;NACLA Report&lt;/i&gt;, 42, n&#176; 4, &lt;a href=&#034;https://nacla.org/node/5944&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;juillet-ao&#251;t 2009&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bartley et &#211; Briain, &lt;i&gt;The Revolution Will Not Be Televised&lt;/i&gt;. Ce message a &#233;t&#233; film&#233; par un correspondant de CNN, Otto Neustaldt, qui d&#233;non&#231;a publiquement les personnes impliqu&#233;es et fit para&#238;tre la vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lorsque Luis Herrera Campins interdit la publicit&#233; pour les cigarettes et l'alcool &#224; la t&#233;l&#233;vision, il fut attaqu&#233; et diffam&#233; violemment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Luis Britto Garc&#237;a, &lt;i&gt;Dictadura Medi&#225;tica en Venezuela&lt;/i&gt;, Caracas, MPPCI, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Putschistes (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela s'applique &#233;galement au coup d'&#201;tat de 2009 contre le pr&#233;sident du Honduras Manuel Zelaya, qui n'avait pas le m&#234;me rapport organique avec des mouvements sociaux puissants que le r&#233;gime de Ch&#225;vez. Lire George Ciccariello-Maher, &#171; The Counter-Revolution Will Not Be Tweeted : The Honduran Coup and the Limits of Hope and Change &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.counterpunch.org/2009/07/03/the-counter-revolution-will-not-be-tweeted&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Counterpunch&lt;/i&gt;, 3 juillet 2009&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cr&#243;nica de un golpe&lt;/i&gt;, parte 2, &#171; El Rostro del Fascismo &#187; (&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=TxQzKNPwEoQ.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;documentaire&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Livreurs &#224; moto (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Manifestations et &#233;meutes qui se d&#233;roul&#232;rent durant plusieurs jours &#224; partir du 27 f&#233;vrier 1989 &#224; Caracas, et dont la violente r&#233;pression (plusieurs centaines de victimes) fut condamn&#233;e en 2002 par la Cour interam&#233;ricaine des droits de l'homme (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien avec Gonzalo G&#243;mez, 19 mai 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://aporrea.org/nosotros.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Asamblea Popular Revolucionaria : Origen de Aporrea.org&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Francisco Toro, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.proveo.org/11A.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Venezuela's 2002 Coup Revisited : The Evidence Two Years On&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'argument de la &#171; vacance de pouvoir &#187; fut renforc&#233; plus tard par une Haute Cour dans un jugement qui invalida les tentatives pour tenir les militaires impliqu&#233;s pour responsables.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fils de William Izarra, l'un des camarades de conspiration de Ch&#225;vez en 1992, Andr&#233;s Izarra s'empressa de pr&#233;senter sa d&#233;mission et depuis lors, il a travaill&#233; avec le gouvernement Ch&#225;vez, notamment &#224; la t&#234;te de la cha&#238;ne d'information internationale TeleSUR et en tant que ministre de la Communication.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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