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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>&#171; Pigistes de tous les pays, unissez-vous ! &#187;</title>
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		<dc:date>2015-04-13T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patricia Oudit</dc:creator>


		<dc:subject>Journalisme pr&#233;caire</dc:subject>
		<dc:subject>Pigistes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un r&#233;sum&#233; alarmant de la situation des journalistes ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-precaire-" rel="directory"&gt;Le journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journalisme-precaire-+" rel="tag"&gt;Journalisme pr&#233;caire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pigistes-+" rel="tag"&gt;Pigistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un texte de Patricia Oudit, pigiste depuis 1995 pour de nombreux titres de presse g&#233;n&#233;raliste et sp&#233;cialis&#233;e, qui d&#233;crit et d&#233;nonce les conditions de travail de plus en plus d&#233;grad&#233;es des pigistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note de l'auteure (avril 2015)&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Ce texte &#233;crit en 2010, avec un sentiment d'impuissance et de col&#232;re, listait toutes les d&#233;rives dont nous sommes les victimes frontales. Si je l'ai ressorti aujourd'hui, c'est que tous les beaux discours de l'apr&#232;s &lt;/i&gt;Charlie&lt;i&gt; sur la presse et sa libert&#233; sont retomb&#233;s comme un souffl&#233;. Plus que jamais la m&#234;me indiff&#233;rence &#224; nos conditions de travail, toujours plus de b&#226;tons dans les roues, et cette impression de devoir mendier en permanence : pour monter un sujet et pour se le faire payer (tout court ou le moins mal possible, mais jamais en rapport avec l'&#233;nergie et le stress d&#233;pens&#233;). Certains d'entre nous se battent depuis des ann&#233;es pour pouvoir faire leur job correctement avec des bouts de ficelle et bient&#244;t on aura m&#234;me plus des bouts de ficelle. &#192; ce petit jeu, beaucoup ont abandonn&#233; ou ont perdu leur carte de presse. Et quand on ne fera plus, faute de moyens, que du copier-coller sur internet et jamais plus de terrain, l&#224;, on fera comme pour &lt;/i&gt;Charlie&lt;i&gt; : on pleurera tous bruyamment, mais, &#224; post&#233;riori, sur un m&#233;tier qu'on a au mieux, pas d&#233;fendu, au pire contribu&#233; &#224; faire crever &#224; petit feu. Ce texte est la somme de mon exp&#233;rience personnelle et de ce que je vois et j'entends, tout le temps, depuis des ann&#233;es, comme un disque ray&#233;. Je ne suis pas Serge July, je n'ai pas sa force de frappe pour clamer que je suis amoureuse de mon m&#233;tier. Mais depuis trop longtemps, je me sens comme une amante &#233;conduite. Et je voudrais que &#231;a s'arr&#234;te avant de devenir compl&#232;tement cocue.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Pigistes de tous les pays, unissez-vous !
&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Ou le r&#233;sum&#233; alarmant de la situation des journalistes ind&#233;pendants, situation qui n'est pas certes pas nouvelle mais qui s'est dramatiquement aggrav&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Travailler plus pour gagner moins.
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Pigiste sous-pay&#233; serait-il devenu un pl&#233;onasme ?&lt;/strong&gt; Pigistes voudrait-il dire pigeons ? Oui, si l'on en croit le manque de pugnacit&#233; de ces derniers &#224; contester les baisses de salaire affolantes de ces derni&#232;res ann&#233;es. De peur de perdre une collaboration r&#233;guli&#232;re, la majorit&#233; s'&#233;crase. Et finit par &#234;tre &#233;cras&#233;e. Au pays des pigistes, les fiches de paie ont &#233;t&#233; amput&#233;es de moiti&#233;, au bas mot, en quelques ann&#233;es, pour une charge de travail toujours plus grande et des d&#233;lais de bouclage toujours plus courts doubl&#233;s d'une programmation approximative, bref un inconfort de travail jamais atteint. Des grands groupes de presse qui baissent les salaires de 20 &#224; 30% sans vous en avertir ou alors, si, mais la veille de No&#235;l... Cerise sur le g&#226;teau : la presse gratuite qui pratique des prix d&#233;fiant l'entendement (10 euros du feuillet dans certains cas !). Quand vous &#234;tes pay&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de pigistes tournent aujourd'hui &#224; une moyenne de 1.000 euros mensuels. Peu importe, il leur est demand&#233; de faire une enqu&#234;te en avan&#231;ant les frais, le pigiste passant pour une sorte de clone interchangeable qui n'a pas de loyer &#224; payer ni de famille &#224; nourrir (et qui ne prenant jamais de vacances, peut &#234;tre d&#233;rang&#233; &#224; tous moments de l'ann&#233;e). Quand lass&#233;s d'avoir &#233;t&#233; taillables et corv&#233;ables, sans mercis, les moins endurants cessent purement et simplement leur activit&#233; de journaliste, les quelques tricards-smicards plus r&#233;sistants perdent aussi leur carte de presse parce qu'oblig&#233;s de devenir r&#233;dacteurs ailleurs pour boucler leurs fins de mois. Et que dire de cette culture de la gratuit&#233; qui s'est si vite install&#233;e pour les photographes de presse ? La plupart sont d&#233;sormais oblig&#233;s de d&#233;marcher d'autres clients pour vivre au risque de perdre &#224; terme, eux aussi, leur carte de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Du travail suppl&#233;mentaire&lt;/strong&gt;. Ainsi de plus en plus souvent, on demande aux pigistes de faire des synopsis qui peuvent n&#233;cessiter un travail de pr&#233;-enqu&#234;te cons&#233;quent qu'il n'est pas question de r&#233;tribuer. Si au final, cette pr&#233;-enqu&#234;te ne justifie pas une suite (et ce pour d'obscures raisons, souvent d'ordre financier), tout ce temps pass&#233; &#224; mettre &#224; contribution des contacts, que vous risquez de perdre au passage, n'aura servi &#224; rien. Il nous est &#233;galement demand&#233; de g&#233;rer la partie iconographie (recherche d'images) en fournissant des visuels libres de droit aux magazines. Ce qui induit &#233;galement un &#233;norme manque &#224; gagner pour les photographes ind&#233;pendants, qui sont de plus en plus oblig&#233;s de travailler pour les marques et les &#233;v&#233;nements lors desquels, bien souvent, une &#233;quipe r&#233;duite de photographes, voire un seul, arrose les magazines en images libres de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Des d&#233;lais de paiement de plus en plus longs&lt;/strong&gt;. Ainsi le magazine d&#233;cale, souvent sans vous pr&#233;venir, un sujet cens&#233; para&#238;tre le 15 du mois et se laisse la possibilit&#233; de le passer des semaines voire des mois plus tard tout en maintenant le paiement &#224; parution. Et se r&#233;serve aussi le droit de vous faire changer les textes sans vous payer en plus, quand la faute en incombe uniquement au d&#233;faut de planification des services concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Oralit&#233; des contrats&lt;/strong&gt;. &#192; part quelques groupes de presse qui ont, suite aux demandes r&#233;p&#233;t&#233;es des pigistes, &#233;labor&#233; des bons de commande &#233;crits, nous n'avons aucun recours en cas de non-parution. Certes nous pouvons parfois compter sur l'honn&#234;tet&#233; de la personne qui nous a command&#233; le sujet, mais nul n'est &#224; l'abri d'un changement de direction du journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#201;conomies de bouts de chandelles&lt;/strong&gt;... faites sans cesse sur le dos des pigistes (plus d'abonnement syst&#233;matique, suspicion g&#233;n&#233;ralis&#233;e sur les notes de frais&#8230;) Enfin, cela d&#233;pend l&#224; aussi, si on est riches ou mis&#233;rables, le traitement des notes de frais sera plus ou moins rapide et complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Des r&#233;utilisations sur le web&lt;/strong&gt; d'une masse de textes consid&#233;rable en &#233;change d'une somme &#171; forfaitaire &#187; ridicule. Quelques euros par mois le plus souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Et si on n'est pas d'accord ?&lt;/strong&gt; On peut partir, en effet, la porte nous est plus que grande ouverte. Mais il ne fait pas bon dehors pour les pigistes, peu d'occasions de collaborations r&#233;guli&#232;res se pr&#233;sentent. Il est aussi tr&#232;s difficile de se d&#233;fendre avec un statut b&#226;tard comme le n&#244;tre : un pigiste ne se fait jamais virer du jour au lendemain, c'est beaucoup plus subtil que cela. On lui fait comprendre qu'il va moins travailler. Moins ? Ca veut parfois dire 90% d'articles en moins. Que peut-il faire ? Rien ! On ne pourra coller notre employeur aux prud'hommes que s'il nous licencie et esp&#233;rer toucher ainsi quelques indemnit&#233;s. Et un pigiste qu'on licencie, &#231;a n'existe pas. Ceci explique cela&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L480xH336/500_______7-nous-pigeons-dans-la-presse_74-424dc.jpg?1726315418' width='480' height='336' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Adieu les magazines d'information ?
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La publicit&#233; qui conditionne les sujets, ce n'est pas nouveau&lt;/strong&gt;. La diff&#233;rence aujourd'hui, c'est que de plus en plus souvent, les r&#233;dacteurs en chef qui jusque-l&#224; tentaient de maintenir un semblant d'ind&#233;pendance r&#233;dactionnelle, ont bien trop souvent baiss&#233; les bras. D&#233;sormais, lorsqu'un pigiste propose un sujet, on appelle sans scrupule la pub devant lui pour savoir si le sujet en question peut en g&#233;n&#233;rer. Il arrive &#233;galement qu'un sujet refus&#233; cat&#233;goriquement la veille soit accept&#233; le lendemain, parce qu'entre temps, une pub en rapport avec le sujet est rentr&#233;e. L'int&#233;r&#234;t du sujet n'a que peu d'importance. Du moment qu'il ne co&#251;te rien. On a tous entendu : ah oui, super ton sujet ! Tu peux nous le rendre quand ? Sous-entendu, tu te d&#233;brouilles tout seul pour financer tout &#231;a et si &#231;a tient la route, on le publiera, ton reportage. Quand ? Ben, quand il y aura de la place&#8230; Faut pas trop en demander tout de m&#234;me &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Plus aucune prise en compte de la valeur ajout&#233;e d'un sujet&lt;/strong&gt;. Aussi bien de son caract&#232;re exclusif que du temps pass&#233; en enqu&#234;te ou reportage. Une v&#233;ritable n&#233;gation du travail de terrain, le sel de notre m&#233;tier, et une prime &#224; la m&#233;diocrit&#233; puisque le pigiste ne voit plus l'int&#233;r&#234;t, &#233;tant pay&#233; la m&#234;me somme (encore ce fameux forfait qui permet aux r&#233;dactions de payer moins) entre un sujet de desk (copier/coller sur internet, avec v&#233;rification pour les plus s&#233;rieux) et un reportage sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remise en question de la valeur de notre travail et interchangeabilit&#233; des plumes : puisqu'un travail de desk peut &#234;tre accompli par un stagiaire mal form&#233; mais sous pay&#233;, pourquoi s'en priver ? &#192; l'avenir, et c'est d&#233;j&#224; souvent le cas dans la presse gratuite, disparition du regard, de l'angle, et de l'esprit critique qui pr&#233;vaut lorsqu'on vit les choses sur le terrain et qu'on a &#233;t&#233; form&#233;s pour le faire. Sans oublier, &#224; terme, un ass&#232;chement des contacts et une perte de connaissance du milieu tout &#224; fait pr&#233;judiciable pour les pigistes qui sont sollicit&#233;s aussi et surtout pour l'importance de leurs carnets d'adresses et l'&#233;tendue de leurs r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Des journaux qui ne produisent plus aucun sujet.&lt;/strong&gt; Ou si peu. Le pigiste se voit donc dans l'obligation de ne recourir qu'&#224; des voyages de presse (en groupe ou &#171; sur-mesure &#187;, c'est &#224; dire individuel). M&#234;me les journaux qui ne les fr&#233;quentaient pas il y a encore quelques ann&#233;es, les acceptent aujourd'hui. On trouverait aujourd'hui incongru de prendre en charge un billet de train aller-retour. Le pigiste se retrouve alors dans une situation &#233;thiquement contestable et l&#224; encore dans un grand inconfort de travail. D'autant que ces m&#234;mes magazines vous demandent en prime l'exclusivit&#233; du sujet, tout en se r&#233;servant le droit de ne pas le faire para&#238;tre, malgr&#233; les frais engag&#233;s et le travail effectu&#233; par le journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutez &#224; cela que le voyage de presse, si individuel soit-il, ne permet pas, dans la majorit&#233; des cas au journaliste d'exercer -ou alors si peu- son droit de critique. S'il n'en parle pas, autre solution, il n'est pas pay&#233;. O&#249; est le choix, la libert&#233; d'exercer ? Faut-il gagner au loto ou &#234;tre rentier pour pouvoir faire son m&#233;tier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le voyage de presse m&#232;ne tout droit &#224; une uniformisation de l'information. Un petit pince-fesse au Seychelles ? Allez hop, les quatre &#233;toiles luxe sur plages de sables blanc envahissent les rubriques tourisme... Pour ne citer qu'un exemple de sujet l&#233;ger, je vous laisse imaginer les sommets de connivence atteints quand il s'agit d'un sujet &#233;conomique ou politique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On marche sur la t&#234;te : dans bien des cas, sans le soutien des services de presse, on ne pourrait plus faire son travail. Et que dire des ces journaux qui osent mettre en une d'un grand reportage &#171; de notre reporter &#187; ou de notre &#171; envoy&#233; sp&#233;cial &#187;, ce qui laisse croire aux lecteurs que c'est le journal qui l'a envoy&#233; tous frais pay&#233;s, alors que ce reporter est un pigiste qui a d&#251; batailler ferme et ouvrir son porte-monnaie pour pouvoir partir, le tout sans garantie, sans couverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pratiques &#224; d&#233;noncer, sp&#233;cifiquement en presse magazine qui clame pourtant sans cesse son attachement au photo-journalisme, il y a aussi le sujet refus&#233; parce que le photographe co&#251;te trop cher. Les affreux mots de banque d'images, photo libres de droit, ne sont jamais longs &#224; arriver dans une n&#233;gociation bien souvent st&#233;rile et perdue d'avance. Enfin, dans certaines r&#233;dactions, il arrive que le journaliste &#224; l'origine du sujet ne participe pas du tout &#224; son suivi : la maquette lui arrive avec les calibrages, sans qu'on ait lu son papier au pr&#233;alable, pas plus qu'on ne lui renvoie le BAT pour relecture finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Et la qualit&#233; de l'info dans tout &#231;a ?&lt;/strong&gt; Elle semble &#234;tre le dernier souci de plus en plus de journaux qui ne sont plus que des moules que l'on (pr&#233;)remplit avec une sauce plus ou moins digeste et digne d'int&#233;r&#234;t pour les lecteurs. L'int&#233;r&#234;t &#233;ditorial d'un sujet n'entre plus en ligne de compte, d&#232;s lors que l'on ne soucie plus que du co&#251;t d'un sujet. D&#233;sormais, on demande aux journalistes de rapporter un sujet pens&#233; par un r&#233;dacteur en chef et un chef de pub, un comble pour un m&#233;tier qui consiste &#224; faire exactement le contraire : revenir du terrain avec des vrais sujets et des &#171; vrais &#187; gens. Les sujets soci&#233;t&#233; se r&#233;sument, dans une certaine presse, &#224; faire du casting.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des gros probl&#232;mes r&#233;side aussi dans le fait que les d&#233;cideurs ne sortent plus de leurs bureaux hormis pour des d&#233;jeuners d'affaire, et deviennent si &#233;loign&#233;s des r&#233;alit&#233;s de terrain que nous finissons par ne plus parler le m&#234;me langage. De plus, les journaux sous-traitent de plus en plus de gros dossiers &#224; des agences dont personne ne peut attester de la qualit&#233; mais qui facturent des sommes extravagantes, sous-payant au passage les pigistes. Et ne parlons pas des chroniqueurs omnipr&#233;sents aux salaires exorbitants, ces multir&#233;cidivistes de la pige de luxe, avec lesquels il est impossible de lutter, ne jouant pas du tout dans la m&#234;me cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau n'est gu&#232;re engageant, mais c'est la r&#233;alit&#233; de notre m&#233;tier. Aujourd'hui, nous survivons dans une zone sinistr&#233;e o&#249; solidarit&#233; et confraternit&#233; n'existent plus. Bien s&#251;r, il y a ici et l&#224; quelques individualit&#233;s qui sont &#224; l'&#233;coute, mais elles ne peuvent pas grand-chose, sinon nous t&#233;moigner encouragements dans ce syst&#232;me ultralib&#233;ral, o&#249; le pigiste est, toujours, et plus que jamais, la derni&#232;re roue du carrosse. Jusqu'&#224; quand pourra-t-on tenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patricia Oudit&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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