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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>&#171; Pourquoi j'ai d&#233;missionn&#233; du Telegraph &#187;, par Peter Oborne</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Pourquoi-j-ai-demissionne-du-Telegraph-par-Peter-Oborne</link>
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		<dc:date>2015-03-04T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Peter Oborne</dc:creator>


		<dc:subject>Censures</dc:subject>
		<dc:subject>Pressions</dc:subject>
		<dc:subject>Grande Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand &#171; l'affaire HSBC &#187; r&#233;v&#232;le d'importants conflits d'int&#233;r&#234;ts au sein du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Pressions-censures-et-collusions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Pressions, censures et collusions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Censures-+" rel="tag"&gt;Censures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pressions-+" rel="tag"&gt;Pressions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Grande-Bretagne-738-+" rel="tag"&gt;Grande Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Independance-+" rel="tag"&gt;Ind&#233;pendance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons un texte publi&#233; le 17 f&#233;vrier dernier par Peter Oborne, ex-r&#233;dacteur en chef du service politique du journal britannique le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.opendemocracy.net/ourkingdom/peter-oborne/why-i-have-resigned-from-telegraph&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site OpenDemocracy&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet article est publi&#233; sous licence Creative Commons, donc librement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Peter Oborne y explique les raisons de son d&#233;part du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, au premier rang desquelles un sous-traitement de la r&#233;cente &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/02/08/swissleaks-revelations-sur-un-systeme-international-de-fraude-fiscale_4572319_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; affaire HSBC &#187;&lt;/a&gt; (&#171; SwissLeaks &#187;), r&#233;v&#233;latrice selon lui d'importants conflits d'int&#233;r&#234;ts qui mettent en danger le travail des journalistes du quotidien. Un exemple exemplaire des menaces qui p&#232;sent au quotidien sur la libert&#233; de la presse et de l'information, au-del&#224; du cas du seul &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a cinq ans, on m'a propos&#233; de devenir r&#233;dacteur en chef (rubrique politique) du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;. C'&#233;tait un poste que j'&#233;tais tr&#232;s fier d'accepter. Cela fait longtemps que le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; est le plus important des journaux d'orientation conservatrice en Grande Bretagne, autant admir&#233; pour son int&#233;grit&#233; que pour son excellente couverture de l'information. Lorsque j'ai pris mon poste, le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; venait de r&#233;v&#233;ler le scandale des d&#233;penses des d&#233;put&#233;s, le scoop politique le plus important du 21&#232;me si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;v&#233;lation en 2009 par le Telegraph de m&#233;susages d'argent public allou&#233; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais bien conscience de m'inscrire dans une formidable tradition de commentariat politique. Je passais l'&#233;t&#233; de mes vacances pr&#233;c&#233;dant ma prise de fonction d'&#233;ditorialiste &#224; lire les essais du grand Peter Utley, publi&#233;s par Charles Moore et Simon Heffer, deux autres ma&#238;tres en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne n'a jamais mieux exprim&#233; qu'Utley la respectabilit&#233; et le pragmatisme tranquilles du conservatisme britannique. Le &lt;i&gt;Mail&lt;/i&gt; est tapageur et populaire, alors que le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt; va fi&#232;rement dans le sens du vent en tant que voix de la classe officielle. Le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, lui, s'est toujours inscrit dans une tradition diff&#233;rente. Il est lu par le pays tout entier, pas seulement par la City&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Centre g&#233;ographique et historique de Londres, qui en est actuellement son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Westminster&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autre quartier londonien, c&#339;ur politique o&#249; r&#233;side la famille royale.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il a confiance en ses propres valeurs : il est depuis toujours connu pour la pr&#233;cision de ses reportages. J'imagine que ses lecteurs sont des notaires de campagne, de petits entrepreneurs en difficult&#233;, des secr&#233;taires assistants d'ambassades &#233;trang&#232;res surmen&#233;s, des instituteurs, des militaires, des agriculteurs &#8211; des gens respectables concern&#233;s par leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon grand p&#232;re, le lieutenant-colonel Tom Oborne, &#233;tait d&#233;j&#224; un lecteur du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;. Il &#233;tait aussi bedeau et joua un r&#244;le dans la &#171; Petersfield Conservative Association &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parti politique local du Hampshire.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il avait un casier sp&#233;cial sur la table du petit d&#233;jeuner et lisait le journal attentivement en mangeant ses &#339;ufs au bacon, scrutant les &#233;ditos. J'ai souvent pens&#233; &#224; mon grand-p&#232;re quand j'&#233;crivais mes chroniques dans le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Vous n'avez aucune putain d'id&#233;e de ce dont vous parlez ! &#187;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les tirages &#233;taient en nette perte de vitesse quand j'ai rejoint le journal en septembre 2010, et je suspecte que cela ait fait paniquer les propri&#233;taires. Les vagues de licenciements commenc&#232;rent, et la direction fit clairement comprendre qu'elle croyait que l'avenir de la presse britannique serait num&#233;rique. Murdoch MacLennan, le directeur g&#233;n&#233;ral, m'invita &#224; d&#233;jeuner &#224; l'h&#244;tel Goring pr&#232;s de Buckingham Palace, o&#249; les dirigeants du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; aiment faire leurs affaires. Je le pressai de ne pas jeter trop vite la version papier du journal aux oubliettes, indiquant qu'il avait encore un tirage tr&#232;s honorable de plus d'un demi-million d'exemplaires. J'ajoutai que nos lecteurs &#233;taient fid&#232;les, que le journal restait tr&#232;s rentable et que les propri&#233;taires n'avaient pas le droit de le d&#233;truire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les licenciements continu&#232;rent. Peu apr&#232;s je rencontrai M. MacLennan par hasard parmi la foule de gens qui se recueillaient aux obs&#232;ques de Magaret Thatcher et une fois encore le pressai de ne pas n&#233;gliger les lecteurs du Telegraph version papier. Il r&#233;pondit : &lt;i&gt;&#171; Vous n'avez aucune putain d'id&#233;e de ce dont vous parlez &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; n'a cess&#233; de se d&#233;grader. En janvier 2014, c'est le r&#233;dacteur en chef, Tony Gallagher, qu'on a vir&#233;. Il avait &#233;t&#233; un excellent r&#233;dacteur en chef, tr&#232;s respect&#233; de l'&#233;quipe du journal. M. Gallagher fut remplac&#233; par un Am&#233;ricain appel&#233; Jason Seiken, qui occupa un poste appel&#233; &#171; directeur du contenu &#187;. Au cours des 81 ann&#233;es entre 1923 et 2004, le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; eut six r&#233;dacteurs en chefs, et autant de personnages imposants : Arthur Watson, Colin Coote, Maurice Green, Bill Deedes, Max Hastings et Charles Moore. Depuis que les fr&#232;res Barclay ont achet&#233; le journal il y a onze ans, il y en a eu &#224; peu pr&#232;s six de plus, bien qu'il soit difficile d'en &#234;tre s&#251;r puisque depuis l'arriv&#233;e de M. Seiken, le titre de r&#233;dacteur en chef a &#233;t&#233; aboli, puis remplac&#233; par un directeur du contenu (du lundi au vendredi). Il y a eu trois r&#233;dacteurs en chef diff&#233;rents (ou directeurs du contenu) pour la seule ann&#233;e 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des douze derniers mois les probl&#232;mes ont tr&#232;s largement empir&#233;. Le service &#171; &#233;tranger &#187; - merveilleux sous la houlette de David Munk et David Wastell &#8211; a &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;. Comme tous les journalistes le savent, aucun journal ne peut fonctionner sans r&#233;dacteur efficace. Or la moiti&#233; d'entre eux a &#233;t&#233; vir&#233;e, et le r&#233;dacteur en chef adjoint, Richard Oliver, est parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sol&#233;cismes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Erreur de syntaxe.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, impensables jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment, sont maintenant monnaie courante. On a r&#233;cemment pr&#233;sent&#233; au lecteur un certain Duc de Wessex. Or le Prince Edward porte le titre de comte de Wessex. Il y eut un article en &#171; une &#187; concernant la chasse aux cerfs. L'article concernait en fait la traque des cerfs, activit&#233; totalement diff&#233;rente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme de chasse aux cerfs (&#171; Deer Hunting &#187;) est r&#233;serv&#233;, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'&#233;vidence, la direction n'a que faire de distinctions subtiles comme celles-ci. Mais les lecteurs si, et le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; y &#233;tait tr&#232;s attentif jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de M. Seiken a co&#239;ncid&#233; avec l'arriv&#233;e de la culture du clic. Les histoires ne semblaient plus &#234;tre jug&#233;es selon leur importance, leur pr&#233;cision ou leur int&#233;r&#234;t pour ceux qui ach&#232;tent le journal. La mesure la plus importante semblait &#234;tre le nombre de visites web. Le 22 septembre, le site du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; publia un article &#224; propos &lt;a href=&#034;http://www.telegraph.co.uk/women/womens-life/11113452/Third-boob-woman-I-had-a-third-breast-implant-so-I-can-turn-off-men.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'une femme &#224; trois seins&lt;/a&gt;. Un dirigeant d&#233;sesp&#233;r&#233; m'a dit qu'on savait l'histoire fausse avant m&#234;me de la publier. Aucun doute que ce fut publi&#233; pour g&#233;n&#233;rer du trafic sur le site, en quoi ce fut peut-&#234;tre une r&#233;ussite. Je ne dis pas que le trafic sur le site n'est pas important, mais &#224; long terme, cependant, ce type d'&#233;pisodes fait beaucoup de mal &#224; la r&#233;putation du journal.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Ouvert aux affaires ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Open for business &#187; est &#233;galement la mention par laquelle les commerces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'affaissement des normes s'est accompagn&#233; d'une &#233;volution plus funeste encore. Il a longtemps &#233;t&#233; &#233;vident dans le journalisme britannique de qualit&#233; que la branche publicit&#233; et la r&#233;daction devaient &#234;tre tenues rigoureusement s&#233;par&#233;es. Il est non moins &#233;vident qu'au &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, cette s&#233;paration s'est effondr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e derni&#232;re, je me suis mis &#224; travailler sur le g&#233;ant bancaire international HSBC. Des musulmans britanniques connus avaient re&#231;u du jour au lendemain des lettres d'HSBC les informant que leurs comptes avaient &#233;t&#233; ferm&#233;s. Aucune raison n'&#233;tait donn&#233;e, et il &#233;tait sp&#233;cifi&#233; qu'aucun recours n'&#233;tait possible. &lt;i&gt;&#171; C'est comme se faire couper l'eau &#187;&lt;/i&gt; me dit une des victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je soumis l'article pour publication sur le site du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, on me dit d'abord qu'il n'y aurait aucun probl&#232;me. Lorsqu'il ne fut pas publi&#233;, je posai quelques questions. On m'amadoua avec des excuses, puis on me dit qu'il y avait un probl&#232;me juridique. Quand je demandai au d&#233;partement juridique, les avocats n'&#233;taient au courant d'aucune difficult&#233;. Me faisant plus insistant, un dirigeant me prit &#224; part et dit qu' &lt;i&gt;&#171; il y [avait] un petit probl&#232;me &#187;&lt;/i&gt; avec HSBC. Je finis par abandonner, d&#233;sesp&#233;r&#233;, et offris l'article &#224; &lt;a href=&#034;https://www.opendemocracy.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;opendemocracy&lt;/a&gt; qu'on peut lire &lt;a href=&#034;https://www.opendemocracy.net/alex-delmarmorgan-peter-oborne/open-for-business&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici (en anglais)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fis des recherches sur la couverture d'HSBC par le journal. J'appris que Harry Wilson, l'admirable &#171; Monsieur finance &#187; au &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, avait publi&#233; un article en ligne sur HSBC bas&#233; sur un rapport d'un analyste Hongkongais qui pr&#233;tendait qu'il y avait un &#171; trou noir &#187; dans les comptes d'HSBC. Cette histoire fut rapidement retir&#233;e du site du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, bien qu'il n'y e&#251;t aucun probl&#232;me juridique. Lorsque je demandai &#224; HSBC si la banque s'&#233;tait plainte de l'article de Wilson, ou avait jou&#233; un r&#244;le quelconque dans la d&#233;cision de le retirer, la banque d&#233;clina tout commentaire. On peut lire les tweets de M. Wilson se r&#233;f&#233;rant &#224; cet article &lt;a href=&#034;https://twitter.com/search?q=from%3Aharrynwilson%20since%3A2014-01-16%20until%3A2014-01-17&amp;src=typd&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;. L'article lui-m&#234;me, cependant, n'est plus disponible sur le site, comme n'importe quelle personne essayant de suivre le lien s'en apercevra. M. Wilson souleva courageusement le probl&#232;me en public lorsque M. Seiken se pr&#233;senta &#224; l'&#233;quipe. Il a quitt&#233; le journal depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le 4 novembre 2014, plusieurs journaux rapport&#232;rent un revers pour HSBC, li&#233; &#224; la provision de plus d'un milliard de livres sterling pour compensation des clients, et une enqu&#234;te pour truquage des march&#233;s de change. Cette histoire fut publi&#233;e en bonne place dans le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Guardian&lt;/i&gt;, et le &lt;i&gt;Mail&lt;/i&gt;, avec un appel en une de l'Independent. J'examinai alors la couverture du sujet par le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; : il avait en tout et pour tout produit cinq paragraphes en page cinq de la rubrique &#233;co.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles sur HSBC r&#233;v&#232;lent un probl&#232;me plus large. Le 10 mai de l'ann&#233;e derni&#232;re le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; publia dans la revue de presse un long article sur le paquebot de croisi&#232;re Queen Mary II de l'entreprise Cunard. Cet &#233;pisode ressemblait pour beaucoup &#224; un coup de pouce &#224; un annonceur sur une page habituellement r&#233;serv&#233;e &#224; l'analyse s&#233;rieuse des informations. Je rev&#233;rifiai et il fut manifeste que les concurrents du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; ne consid&#233;r&#232;rent pas le paquebot de Cunard comme une information majeure. Or Cunard est un annonceur important du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commentaires du journal sur les manifestions &#224; Hong Kong l'ann&#233;e derni&#232;re furent &#233;tranges. On aurait attendu du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; plus encore que d'autres journaux qu'il s'y int&#233;resse particuli&#232;rement et adopte une position claire. Pourtant (en contraste flagrant avec des concurrents comme le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;) je ne trouvai aucun &#233;ditorial sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du mois de d&#233;cembre, le &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;, et le &lt;i&gt;Guardian&lt;/i&gt; ont tous publi&#233; des &#233;ditoriaux v&#233;h&#233;ments sur le refus du gouvernement chinois d'autoriser un comit&#233; de parlementaires britanniques &#224; se rendre &#224; Hong Kong. Le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, de son c&#244;t&#233;, a gard&#233; le silence. Or il y a selon moi peu de sujets qui pr&#233;occupent et int&#233;ressent davantage les lecteurs du Telegraph.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 septembre, le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; publia une r&#233;action de l'ambassadeur de Chine, juste avant le lucratif suppl&#233;ment China Watch. Le titre de l'article de l'ambassadeur frisait le ridicule : &lt;a href=&#034;http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/asia/hongkong/11097844/Lets-not-allow-Hong-Kong-to-come-between-us.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Ne laissons pas Hong Kong s'interposer entre nous &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Le 17 septembre, il y eut un suppl&#233;ment mode d&#233;tachable de quatre pages au milieu des informations, lui assurant plus de visibilit&#233; qu'au r&#233;f&#233;rendum &#233;cossais. Les faux comptes de Tesco&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cha&#238;ne de supermarch&#233;s internationale bas&#233;e essentiellement en Grande-Bretagne.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ne furent trait&#233;s que dans la rubrique &#233;co du 23 septembre. En revanche, il en &#233;tait question dans l'appel de une, la double page int&#233;rieure et l'&#233;ditorial du &lt;i&gt;Mail&lt;/i&gt;. Non pas que le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; passe syst&#233;matiquement Tesco sous silence : le versement par Tesco de 10 millions de livres sterling pour la lutte contre le cancer, un reportage &#224; l'int&#233;rieur du jet Tesco &#224; 35 millions de livres sterling et &#171; Rencontrez le chat qui a v&#233;cu quatre ans dans un Tesco &#187; furent toutes des informations jug&#233;es dignes d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'autres cas tr&#232;s troublants, dont beaucoup furent publi&#233;s sur Private Eye&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Site d'information en ligne.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui a &#233;t&#233; une source d'information majeure pour les journalistes du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; qui voulaient comprendre ce qui se passait dans leur journal. Cela donnait in&#233;vitablement l'impression que quelque chose allait de travers dans l'appr&#233;ciation des informations par le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;. C'est &#224; ce moment-l&#224; que j'&#233;crivis une longue lettre &#224; Murdoch MacLennan exposant toutes mes inqui&#233;tudes &#224; propos du journal, et donnant ma d&#233;mission. J'adressai une copie de cette lettre au pr&#233;sident du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, Adrian Barclay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je re&#231;us une r&#233;ponse h&#226;tive de M. Barclay m'indiquant qu'il esp&#233;rait que je puisse r&#233;soudre mon diff&#233;rend avec Murdoch MacLennan. Je rendis visite au dirigeant &#224; la mi-d&#233;cembre comme il se devait. Il fut aimable, me servit le th&#233; et me demanda de retirer ma veste. Il dit que j'&#233;tais une plume appr&#233;ci&#233;e, et ajouta qu'il voulait que je reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'exprimai mes grandes inqui&#233;tudes au sujet de la direction que prenait le journal. Je lui dis que je ne quittais pas le journal pour un autre. Ma d&#233;mission &#233;tait li&#233;e &#224; un probl&#232;me de conscience. M. MacLennan admit qu'on avait laiss&#233; la publicit&#233; influencer la ligne &#233;ditoriale, mais ne s'en excusa pas, disant que &lt;i&gt;&#171; &#231;a n'&#233;tait pas si grave que cela &#187;&lt;/i&gt; et ajoutant qu'il y avait une longue tradition de ce type de pratiques au Telegraph.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai depuis consult&#233; Charles Moore, le dernier r&#233;dacteur en chef du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; avant que les Barclay ne rach&#232;tent le journal en 2004. M. Moore reconnut que les articles publi&#233; sur Hollinger Inc., holding poss&#233;dant le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;poque, ne re&#231;urent pas les v&#233;rifications qu'ils auraient m&#233;rit&#233;es. Mais aucun journal dans l'histoire n'a jamais terni l'image de son propri&#233;taire. Et outre ce cas-l&#224;, d'apr&#232;s M. Moore, il n'y avait eu aucune influence de la publicit&#233; sur la couverture des informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s mon rendez-vous avec M. MacLennan je re&#231;us une lettre du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; disant que le journal avait accept&#233; ma d&#233;mission, ainsi que ma proposition d'aller au terme de mon pr&#233;avis de six mois. Cependant on me demanda &#224; la mi-janvier de rencontrer un dirigeant du Telegraph, cette fois pour le th&#233; &#224; l'h&#244;tel Goring. Il me signifia que ma chronique hebdomadaire &#233;tait supprim&#233;e et que &lt;i&gt;&#171; nos chemins se s&#233;paraient &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#233;cisa, malgr&#233; tout, que le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; continuerait &#224; honorer mon contrat jusqu'&#224; son terme au mois de mai. Pour ma part je dis que je partirai sans faire de bruit. Je n'avais aucune envie de nuire au journal. Malgr&#233; tous ses probl&#232;mes, il continue d'employer un grand nombre de tr&#232;s bons journalistes qui ont des cr&#233;dits &#224; payer et des familles &#224; nourrir. Ils font du tr&#232;s bon boulot dans des circonstances tr&#232;s p&#233;nibles. Je commen&#231;ai &#224; me pr&#233;parer mentalement &#224; la perspective radieuse de plusieurs mois pay&#233;s &#224; jardiner.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un article, quel article ?
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On en &#233;tait l&#224; quand, lundi de la semaine derni&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 9 f&#233;vrier.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, BBC Panorama&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;mission d'investigation hebdomadaire diffus&#233;e sur BBC One.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; diffusa son enqu&#234;te sur HSBC et sa filiale bancaire suisse, all&#233;guant une &#233;vasion fiscale organis&#233;e &#224; grande &#233;chelle, tandis que le &lt;a href=&#034;http://www.theguardian.com/news/series/hsbc-files&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Guardian&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et le &lt;a href=&#034;http://www.icij.org/project/swiss-leaks&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Consortium International de Journalistes d'Investigation&lt;/a&gt; publiaient leurs &#171; dossiers HSBC &#187;. Tous les journaux prirent imm&#233;diatement conscience qu'il s'agissait d'un &#233;v&#233;nement majeur. Le &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; en fit des appels de une deux jours de suite, le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Mail&lt;/i&gt; le couvrirent largement sur plusieurs pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait se munir d'un microscope pour savoir ce qu'en disait le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; : rien le lundi, six maigres paragraphes en bas &#224; gauche de la page deux le mardi, sept paragraphes noy&#233;s dans les pages &#233;conomiques le mercredi. Le travail du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; s'am&#233;liora seulement lorsque l'affaire r&#233;v&#233;la des d&#233;clarations concernant les imp&#244;ts de personnes li&#233;es au parti travailliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s beaucoup de tourments, j'en suis venu &#224; la conclusion que j'ai le devoir de rendre tout cela public. Il y a deux raisons essentielles &#224; cela : La premi&#232;re concerne l'avenir du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; sous la f&#233;rule des fr&#232;res Barclay. Cela peut sembler un peu pompeux &#224; dire, mais je crois que le journal est un &#233;l&#233;ment significatif de l'architecture civique de la Grande-Bretagne. C'est la voix la plus importante du conservatisme sceptique et civilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lecteurs du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; sont des gens intelligents, raisonnables et bien inform&#233;s. Ils ach&#232;tent le journal parce qu'ils ont le sentiment de pouvoir lui faire confiance. Si les priorit&#233;s des annonceurs peuvent influencer les d&#233;cisions &#233;ditoriales, comment les lecteurs peuvent-ils continuer &#224; &#233;prouver une telle confiance ? La couverture r&#233;cente d'HSBC par le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; s'apparente &#224; une escroquerie pour ses lecteurs puisque le journal a plac&#233; ce qu'il pense &#234;tre les int&#233;r&#234;ts d'une grande banque internationale au-dessus de son devoir d'informer ses lecteurs. Il n'y a qu'un seul mot pour d&#233;crire cette situation : tragique. Imaginez que la BBC &#8211; si souvent la cible des attaques du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; &#8211; se soit conduite de cette fa&#231;on. Le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; aurait &#233;t&#233; impitoyable. Il aurait insist&#233; pour que des t&#234;tes tombent, non sans raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m'am&#232;ne au second point, encore plus important, qui ne tient pas qu'&#224; l'avenir d'un journal mais &#224; la vie publique tout enti&#232;re. Une presse libre est essentielle &#224; une saine d&#233;mocratie. Le journalisme a un but, qui n'est pas seulement de divertir. Qui n'est pas d'&#234;tre docile avec le pouvoir politique, les grandes entreprises ou les hommes riches. Les journaux ont un devoir quasi-constitutif de dire la v&#233;rit&#233; &#224; leurs lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; n'est pas le seul en cause en l'occurrence. Les derni&#232;res ann&#233;es ont vu &#233;merger des dirigeants qui d&#233;cident en coulisses quelles v&#233;rit&#233;s peuvent &#234;tre diffus&#233;es ou au contraire tues par les m&#233;dias dominants. Les actes criminels des journaux du groupe News International&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Grand groupe de m&#233;dias, d&#233;tenu par Rupert Murdoch, au c&#339;ur du scandale des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pendant les ann&#233;es des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques ont constitu&#233; un exemple particuli&#232;rement caricatural de ce ph&#233;nom&#232;ne globalement d&#233;l&#233;t&#232;re. Tous les groupes de presse, &#224; l'exception salutaire du &lt;i&gt;Guardian&lt;/i&gt;, ont maintenu la culture de l'omerta autour des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques, m&#234;me si (comme le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;) ils n'&#233;taient pas directement impliqu&#233;s. Une des cons&#233;quences de cette conspiration du silence a &#233;t&#233; la nomination d'Andy Coulson, qui a depuis &#233;t&#233; incarc&#233;r&#233; et qui en outre fait d&#233;sormais face &#224; des accusations de parjure, en tant que directeur de la communication du Premier ministre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andy Coulson a occup&#233; le poste de r&#233;dacteur en chef de News Of The World de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Des r&#233;ponses urgentes &#224; apporter
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait une autre d&#233;couverte la semaine derni&#232;re. Il y a trois ans, l'&#233;quipe d'investigation du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; &#8211; la m&#234;me qui a men&#233; la superbe enqu&#234;te sur les d&#233;penses des parlementaires &#8211; re&#231;ut un tuyau sur des comptes d&#233;tenus par HSBC &#224; Jersey. Cette enqu&#234;te &#233;tait pour l'essentiel similaire &#224; celle de Panorama sur la filiale suisse d'HSBC. Apr&#232;s trois mois d'enqu&#234;te, le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; se d&#233;cida &#224; publier sur le sujet. Six articles sont actuellement en ligne, dat&#233;s du 8 au 15 novembre 2012, bien que trois d'entre eux ne soient pas accessibles aux lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors aucun nouvel article n'est paru. Les journalistes re&#231;urent l'ordre de d&#233;truire tous leurs emails, rapports et documents li&#233;s &#224; l'enqu&#234;te sur HSBC. J'ai d&#233;couvert qu'&#224; ce stade, en rupture flagrante avec la pratique habituelle, les avocats des fr&#232;res Barclay entr&#232;rent dans la danse. Lorsque j'ai demand&#233; au &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; pourquoi les fr&#232;res Barclay &#233;taient impliqu&#233;s, on refusa de commenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le moment charni&#232;re. &#192; compter de d&#233;but 2013, on d&#233;couragea l'&#233;criture d'articles critiques sur HSBC, qui suspendit ses achats de publicit&#233; dans le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;. Cette ressource &#233;tait extr&#234;mement pr&#233;cieuse, selon une source interne extr&#234;mement bien inform&#233;e. HSBC, comme me le dit un ancien dirigeant du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;, est &lt;i&gt;&#171; un annonceur que tu ne peux pas te permettre d'offenser &#187;&lt;/i&gt;. HSBC a aujourd'hui refus&#233; de r&#233;pondre lorsque je leur ai demand&#233; si la d&#233;cision d'arr&#234;ter la publicit&#233; dans le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; avait quelque lien que ce soit avec l'enqu&#234;te du journal sur les comptes &#224; Jersey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cup&#233;rer les recettes publicitaires li&#233;es &#224; HSBC devint la priorit&#233; des priorit&#233;s. Ce fut finalement le cas apr&#232;s douze mois environ. Les cadres disent que Murdoch MacLennan &#233;tait d&#233;termin&#233; &#224; n'autoriser aucune critique de la banque internationale. &lt;i&gt;&#171; Il s'inqui&#233;tait pour les titres y compris sur les affaires sans importance &#187;&lt;/i&gt;, selon un ancien journaliste du &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Tout ce qui touchait au blanchiment d'argent &#233;tait purement et simplement banni, m&#234;me lorsque la banque re&#231;ut un ultime avertissement de la part des autorit&#233;s am&#233;ricaines &#187;&lt;/i&gt;. Cette ing&#233;rence se produisait &#224; une &#233;chelle industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Adopter une orientation &#233;ditoriale ouvertement influenc&#233;e par un annonceur est une fa&#231;on classique de jouer l'apaisement. Une fois qu'un organisme puissant sait qu'il peut vous influencer, il sait qu'il peut vous menacer, t&#244;t ou tard. Cela change totalement votre rapport avec lui. Vous savez que m&#234;me si vous &#234;tes solide, vous ne serez pas soutenu et votre travail sera sap&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mes questions envoy&#233;es cet apr&#232;s-midi au &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; sur ses rapports avec les annonceurs, le journal a donn&#233; la r&#233;ponse suivante :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Vos questions sont pleines d'impr&#233;cisions, et par cons&#233;quent nous n'entendons pas y r&#233;pondre. De fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, comme n'importe quelle entreprise, nous ne faisons jamais de commentaire sur des relations commerciales particuli&#232;res, mais notre politique est on ne peut plus claire. Nous cherchons &#224; fournir &#224; nos partenaires commerciaux des services de publicit&#233; vari&#233;s, mais la s&#233;paration avec notre ligne &#233;ditoriale r&#233;compens&#233;e par plusieurs prix a toujours &#233;t&#233; fondamentale pour notre entreprise. Nous r&#233;futons en bloc toute all&#233;gation contraire.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les faits sugg&#232;rent n&#233;anmoins le contraire, et les cons&#233;quences de la r&#233;cente couverture d'HSBC par le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; ont sans doute laiss&#233; des traces. Le tr&#233;sor public aurait-il &#233;t&#233; plus &#233;nergique dans sa propre enqu&#234;te r&#233;cente sur la fraude fiscale de grande ampleur si le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; avait maintenu HSBC &#224; bonne distance apr&#232;s son enqu&#234;te de 2012 ? Les enjeux sont de taille. Il touchent au c&#339;ur de notre d&#233;mocratie, et ne peuvent plus &#234;tre ignor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter Oborne, le 17 f&#233;vrier 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction : Martin Coutellier (avec Thibault Roques)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet article est publi&#233; sous licence Creative Commons, donc librement reproductible avec lien avec l'url d'origine (note d'Acrimed).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La r&#233;v&#233;lation en 2009 par le &lt;i&gt;Telegraph&lt;/i&gt; de m&#233;susages d'argent public allou&#233; &#224; des membres du parlement d&#233;boucha en effet sur un scandale politique majeur, avec d'importantes cons&#233;quences : nombreuses d&#233;missions et renvois, excuses publiques et remboursements, ainsi que proc&#232;s et condamnations. Toutes les notes sont du traducteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Centre g&#233;ographique et historique de Londres, qui en est actuellement son c&#339;ur financier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Autre quartier londonien, c&#339;ur politique o&#249; r&#233;side la famille royale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Parti politique local du Hampshire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Erreur de syntaxe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme de chasse aux cerfs (&#171; Deer Hunting &#187;) est r&#233;serv&#233;, en Grande-Bretagne mais pas aux USA, &#224; la chasse &#224; courre, donc sans arme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Open for business &#187; est &#233;galement la mention par laquelle les commerces ayant pignon sur rue signalent qu'ils sont ouverts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cha&#238;ne de supermarch&#233;s internationale bas&#233;e essentiellement en Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Site d'information en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 9 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;mission d'investigation hebdomadaire diffus&#233;e sur BBC One.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Grand groupe de m&#233;dias, d&#233;tenu par Rupert Murdoch, au c&#339;ur du scandale des &#233;coutes t&#233;l&#233;phoniques en 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Andy Coulson a occup&#233; le poste de r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;News Of The World&lt;/i&gt; de 2003 &#224; 2007, il d&#233;missionna suite &#224; la condamnation d'un journaliste du journal dans l'affaire des &#233;coutes ill&#233;gales dans les premiers temps de cette affaire. Il occupa par la suite le poste de directeur de la communication de David Cameron jusqu'en 2011 ; il en d&#233;missionna sous la pression li&#233;e &#224; la progression de l'enqu&#234;te qui accumulait les preuves de son implication.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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