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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Reporterre censur&#233; par France 24 </title>
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		<dc:date>2015-02-03T12:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emmanuel Daniel</dc:creator>


		<dc:subject>Censures</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvements sociaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; L'&#233;mission comprenant votre interview n'a pas &#233;t&#233; mise en ligne en raison des critiques que vous avez &#233;mises &#224; l'&#233;gard de notre travail &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Pressions-censures-et-collusions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Pressions, censures et collusions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Censures-+" rel="tag"&gt;Censures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Mouvements-sociaux-+" rel="tag"&gt;Mouvements sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons, avec l'aimable autorisation de Reporterre, un article paru le 21 janvier dernier &lt;a href=&#034;http://www.reporterre.net/Reporterre-censure-par-France-24&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du &#171; Quotidien de l'&#201;cologie &#187;&lt;/a&gt; (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est beau, les odes &#224; la libert&#233; d'expression en l'honneur de Charlie Hebdo. Mais quand vous ne dites pas ce qui convient &#224; la t&#233;l&#233;vision, la t&#233;l&#233;vision vous censure. Enfin, France 24, qui a carr&#233;ment balay&#233; les propos de notre reporter.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais vous raconter l'histoire d'une absurde censure. Le r&#233;cit commence mercredi 14 janvier en d&#233;but d'apr&#232;s-midi. Mon t&#233;l&#233;phone sonne. &#192; l'autre bout du fil Herv&#233; Kempf, r&#233;dacteur en chef de Reporterre. Il m'explique que France 24 cherche un interlocuteur pour parler des ZAD (zones &#224; d&#233;fendre) en direct &#224; la t&#233;l&#233;vision. Personne d'autre &#224; Reporterre n'est disponible. N'&#233;tant pas trop &#224; l'aise face cam&#233;ra et ayant quelques probl&#232;mes avec le journalisme t&#233;l&#233;, je ne promets rien, si ce n'est d'en discuter avec l'&#233;quipe de France 24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes plus tard, la journaliste de la cha&#238;ne m'appelle et me fait part de sa difficult&#233; &#224; trouver un intervenant. Je lui demande des pr&#233;cisions sur le d&#233;roulement de l'interview. Elle m'explique qu'un reportage d'environ cinq minutes sera diffus&#233;, suivi d'une interview avec l'invit&#233; du jour. Elle m'envoie le script du reportage. &#192; la lecture de celui-ci, la moutarde me monte au nez : comme la plupart de ceux diffus&#233;s &#224; la t&#233;l&#233;, il est caricatural et r&#233;ducteur. Il ne permet pas de comprendre ce qui se vit et se joue sur les ZAD. Je la rappelle en lui disant tout le mal que je pense du travail de leur journaliste et lui explique que j'accepte d'intervenir, si elle ne trouve pas d'autres volontaires, afin d'apporter un autre point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, je traverse Paris en m&#233;tro jusqu'&#224; Issy les Moulineaux, si&#232;ge de la cha&#238;ne. J'arrive &#224; l'heure indiqu&#233;e et refuse de me faire maquiller, ce qui me laisse du temps pour discuter avec une journaliste du JT. Je lui dis une nouvelle fois ce que je pense du reportage. Elle me r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Tu auras l'occasion de le dire &#224; l'antenne &#187;&lt;/i&gt;. Ca tombe bien, c'est pour cela que je suis venu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Portant l'une de mes rares chemises, je rentre sur le plateau, tremblant &#224; l'id&#233;e de passer en direct &#224; la t&#233;l&#233;vision pour la premi&#232;re fois de ma vie. Une fois &lt;a href=&#034;http://www.france24.com/fr/20150115-france-barrage-sivens-zad-zadistes-remi-fraisse/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le film d'environ cinq minutes diffus&#233;&lt;/a&gt;, le journaliste se tourne vers moi. Il commence l'interview en faisant remarquer que j'ai lev&#233; les yeux au ciel en regardant le reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui r&#233;p&#232;te ce que je disais &#224; sa coll&#232;gue la veille, en substance : ce que l'on vient de voir est le type de reportage moyen que l'on peut retrouver &#224; la t&#233;l&#233;vision. Il donne une image r&#233;ductrice et caricaturale des occupants des ZAD et ne permet pas de saisir ce qui se passe l&#224; bas en termes de relations humaines, de fa&#231;ons de vivre et de s'organiser collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'explique ensuite que les opposants au barrage ne luttent pas seulement contre un grand projet inutile et impos&#233;, mais contre l'id&#233;ologie qui a pr&#233;sid&#233; &#224; la construction de ce barrage et des autres projets contest&#233;s ailleurs en France. Aspect totalement absent du reportage. Dans le reportage, on parle des riverains favorables au barrage. Je rappelle &#233;galement que nombreux sont les riverains &#224; s'y opposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sors du plateau sans avoir pu r&#233;ellement d&#233;velopper les id&#233;es que j'&#233;tais venu d&#233;fendre, faute de temps. &#192; peine la porte du studio franchie, le r&#233;dacteur en chef du JT vient &#224; ma rencontre et me reproche d'avoir critiqu&#233; le travail de son reporter, pr&#233;cisant n&#233;anmoins qu'il avait appr&#233;ci&#233; le reste de ma prise de parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reporter en question est pr&#233;sent &#224; ses c&#244;t&#233;s, je propose d'en discuter directement avec lui. Nous &#233;changeons pendant une vingtaine de minutes sur notre vision du journalisme et la fa&#231;on de le pratiquer sur les ZAD. Je pr&#233;cise d'embl&#233;e que mes critiques ne le visaient pas personnellement. C'est le journalisme &#224; la va-vite, qui pr&#233;tend pouvoir comprendre et rendre compte en quelques heures de relations humaines et politiques complexes qui me pose probl&#232;me. Son reportage n'est qu'un exemple de l'incapacit&#233; des journalistes &#224; r&#233;aliser du bon travail en peu de temps. Sans conna&#238;tre le terrain ni les codes de la ZAD, en 48h (temps qu'il a pass&#233; sur place, ce qui est d&#233;j&#224; beaucoup pour un journaliste t&#233;l&#233;), il est impossible d'en saisir le fonctionnement, les particularit&#233;s et de gagner la confiance de personnes qui depuis longtemps ne croient plus &#224; l'ind&#233;pendance des &#171; merdias &#187; de masse. Avant de prendre cong&#233;, je vais saluer le r&#233;dacteur en chef en me disant que tout est rentr&#233; dans l'ordre, chacun repartant avec une meilleure compr&#233;hension de la fa&#231;on de penser de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, je me connecte sur le site de France 24 et voit que mon intervention n'est pas disponible, alors que c'est le cas pour les autres invit&#233;s de l'&#233;mission Focus &#224; laquelle j'ai particip&#233;. J'envoie un courriel &#224; l'employ&#233;e de France 24 qui m'a d&#233;march&#233;. Pas de r&#233;ponse. Je rappelle le lundi, elle me dit qu'il doit s'agir d'une erreur. Et mardi matin, un courriel laconique de sa part vient &#233;claircir la situation :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission comprenant votre interview n'a pas &#233;t&#233; mise en ligne, sur demande de notre r&#233;dacteur en chef, en raison des critiques que vous avez &#233;mises &#224; l'&#233;gard de notre travail. Excusez-moi pour cette explication un peu tardive.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi je m'empresse de r&#233;pondre :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Merci pour cette explication.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'en doutais un petit peu &#224; vrai dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourriez-vous transmettre ceci au r&#233;dacteur en chef svp :&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le focus consacr&#233; &#224; Sivens, le reporter fait passer les zadistes pour des apprentis dictateurs car ils souhaitent cont&#244;ler les images tourn&#233;es sur leur lieu de vie (ce qu'ils ne font m&#234;me pas au final). Que cette pratique d&#233;range, je le comprends parfaitement, et j'en ai parl&#233; longuement avec le reporter. Mais si cela vous pose tant de probl&#232;mes, pourquoi reproduisez-vous la m&#234;me chose chez vous ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Petit rappel des faits :&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous m'invitez &#224; donner mon avis en direct. Je traverse Paris pour parler pendant 4 minutes chrono sur un sujet qui en m&#233;riterait beaucoup plus. Avant de venir, je dis clairement &#224; la pr&#233;paratrice d'&#233;mission ce que je pense du script du reportage et pr&#233;cise que c'est uniquement pour apporter un autre point de vue que j'accepte de venir faire le pitre &#224; la t&#233;l&#233;vision. Une fois sur place, on me demande mon avis, je le donne. Et on me reproche ensuite de l'avoir donn&#233; en toute franchise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que mon manque de tact et de corporatisme vous ai titill&#233;, je le comprends. Je m'&#233;nerve parfois moi-m&#234;me. Par contre, que vous censuriez mes propos pour prot&#233;ger votre image et la sensibilit&#233; de votre journaliste est journalistiquement inacceptable (bien qu'humainement louable). En cette p&#233;riode o&#249; la libert&#233; d'expression semble &#234;tre une pr&#233;occupation pour des millions de Fran&#231;ais et l'ensemble des salles de r&#233;daction, votre geste me para&#238;t pour le moins d&#233;plac&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous serai donc gr&#233; de publier mon passage en plateau apr&#232;s le reportage, comme vous le fa&#238;tes pour toutes les autres &#233;missions Focus o&#249; des &#034;experts&#034; interviennent. Non pas pour me faire plaisir mais par d&#233;ontologie et au nom d'une certaine id&#233;e de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quelques heures plus tard, la r&#233;ponse du r&#233;dacteur en chef, Alberic de Gouville, tombe :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Merci pour vos le&#231;ons de d&#233;ontologie, j'en prends note. N&#233;anmoins, &#233;tant donn&#233; que vous consid&#233;rez vous-m&#234;me &#234;tre venu &#171; faire le pitre &#187;, nous n'avons pas jug&#233; n&#233;cessaire de mettre en ligne votre intervention. Si vous consid&#233;rez qu'il s'agit de censure, libre &#224; vous. Sachez simplement que, chaque jour, nous prenons des d&#233;cisions concernant la mise en ligne, ou non, des interventions de nos invit&#233;s, reportages et correspondances. Cela rel&#232;ve de la responsabilit&#233; &#233;ditoriale de notre chaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne regrette aucunement d'avoir personnellement insist&#233; pour que quelqu'un ayant votre profil soit invit&#233;. Votre intervention, sur le fond, &#233;tait d'ailleurs int&#233;ressante , et ne me semblait pas &#234;tre celle d'un &#171; pitre &#187;. N&#233;anmoins, vous comprendrez que le masochisme a des limites et qu'il n'est pas question que tourne en boucle sur le net l'intervention d'un invit&#233; qualifiant notre travail de &#171; moyen &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Alberic de Gouville l'a tr&#232;s bien compris, par &#171; faire le pitre &#187;, j'entendais simplement braver ma timidit&#233; pour me montrer &#224; la TV. Ceci mis &#224; part, le reste de sa r&#233;ponse a le m&#233;rite d'&#234;tre honn&#234;te : Ce n'est pas la pertinence de mon intervention qui pose probl&#232;me, mais le fait que j'ai critiqu&#233; le reportage. Il n'est pas oppos&#233; &#224; une certaine radicalit&#233; des propos, tant qu'elle ne concerne pas sa cha&#238;ne, ses journalistes ou la fa&#231;on dont ils travaillent. Sur France 24, vous &#234;tes libres de tout dire, tant que cela ne concerne pas France 24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Alberic de Gouville d&#233;cide finalement de diffuser l'interview &lt;i&gt;in extenso&lt;/i&gt;, nous serons heureux de la publier ici pour que les lecteurs puissent juger par eux-m&#234;mes du bien-fond&#233; de la d&#233;cision de France 24 de censurer mes propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Daniel&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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